LAURA COX live à Paris (Trabendo, le 4 décembre 2019)

 

C’est avec quelques minutes de retard que j’arrive au Trabendo, ce qui me fait rater le début du concert de Zak Perry. L’homme, la tête couverte d’un chapeau, a la peau tannée et ridée, typique de celle qui a trop pris, volontairement ou non, le soleil du sud des USA. Et ce que j’entends semble confirmer cela: un blues rock chaleureux avec un chant qui vient des tripes et des bayous. Plus précisément, le gaillard vient du Missouri où il a fondé son groupe, The Beautiful Things, gang de rednecks au rock chaleureux à la Hogjaw, Whiskey Myers et autres revival 70’s.

Pendant 45′, le combo distille ce rock teinté de hard et de blues, chaleureux et plein de soleil. Pour autant – est-ce dû à mon arrivée tardive ? – je ne retiens pas un air plus qu’un autre. La musique de Zak donne envie de bouger, certes. Bien qu’ayant enregistré un Live sessions from France, il demande un peu maladroitement si « quelqu’un parle anglais ici? », genre, pas totalement faux, en France, on est un pays de bouseux qui ne parlent pas anglais…  Reste que ce concert fut une agréable mise en bouche.

Laura Cox, jeune prodige de la guitare qui sort son second album et célèbre ça en investissant le Trabendo? Le pari est risqué mais au regard de la foule présente ce soir, c’est un judicieux pari car la salle est quasi complète. La belle et son groupe mettent d’ailleurs les petits plats dans les grands. La batterie est montée sur une haute estrade entourée d’un mur d’amplis Orange et les lights semblent présents en nombre. Ce qui sera bientôt confirmé.

Démarrant avec le très direct Fire fire, premier extrait de son nouvel album, Laura se met en voix. C’est sans doute la seule faiblesse de la jeune chanteuse: une voix pas assez agressive. Pourtant, quelques passages (parmi d’autres, le final enragé de sa reprise de Fortunate son dont nous reparlerons) prouve qu’elle peut chanter de manière rauque et rock, et là ça le fait vraiment. Rapidement, elle va chercher le public, avec, au fil des minutes, de plus en plus d’aisance. « Trabendo! Vous êtes là? Je ne vous entends pas! » Elle fait aussi preuve d’humour et de dérision, critiquant parfois le manque de bruit et « menaçant » de partir. Précisant, en milieu de set, « qu’il manque deux choses: de la bière et des watts ». Et hop! Que je t’attrape une bouteille de bière…

Si le show fait la part belle à son nouvel album, le premier, Hard blues shot, est loin d’être oublié. Et l’on sourit avec Too nice for rock n roll que Laura va faire mentir tout au long du concert. D’abord avec sa reprise de Foxy lady de maître Hendrix, puis avec une flopée d’invités qui défilent. Et ça, c’est un signe… Serions-nous en train d’assister à la naissance d’une star? Le quatuor est d’abord rejoint par un guitariste (que je n’ai su identifier et dont le nom m’a échappé), avant d’être rejoint par la chanteuse Mary Reynaud (sur Just another game).

Puis c’est au tour de celui qui est devenu un ami d’intervenir. Nono, mythique guitariste de Trust arrive pour un Fortunate son qui démontre une belle complicité entre lui et la jeune femme. Enfin, dernier titre avant rappel, River voit la venue de l’excentrique Gaëlle Buswell.

Le rappel est composé de trois morceaux désormais emblématiques: Hard blues shot, Freaking out loud et la reprise de Heartbreaker (Pat Benatar) qui voit tous les intervenants du soir monter sur scène et sur les amplis pour offrir un final grandiose. C’est une belle, très belle, soirée que nous venons de vivre, une soirée pleine de très belles promesses. Un conseil: ne ratez pas Laura Cox en juin, au Hellfest. Ce sera une superbe mise en jambe pour ce week end!

Merci à Sabrina et Veryshow d’avoir rendu ce live report possible.

 

LINDEMANN: F&M

Allemagne, Metal (Universal, 2019)

Quelques semaines après une tournée des stades de son autre groupe, Till Lindemann revient avec un nouvel album de Lindemann, F&M, pour Frau & Mann – Femme et Homme. Cette nouvelle collaboration avec Peter Tätgren (Pain, Hypocrisy) qui s’est chargé de toute la composition, Till se concentrant sur les textes et le chant. Pour cette seconde collaboration, le duo a opté pour le chant en allemand, ce qui, immanquablement fait penser à Rammstein. Mais pas que: les mélodies, froides et puissantes aussi. Sauf que F&M est tout sauf un nouvel album de Rammstein. Lindemann trouve, malgré des similitudes (froideur, esprit SM, imagerie malsaine – regardez le livret intérieur, superbe et décadent), son identité et son univers sonore. Et surprend, parfois, comme avec cette intro de Knebel, simple guitare sèche et voix grave sur chant populaire. Un étonnement qui apporte un peu de calme (relatif, attention à l’explosion) au milieu des Steh auf, Ich weiss es nicht ou Blut, particulièrement enjoués. Le morceau titre, fun, démarre avec des « Aïe, aïe, aïe » (sans doute pas écrits à la française…) qui laissent pensif. Ce morceau dénote cependant avec l’univers sombre que le duo met en avant, et introduit l’autre facette de cet album, piochant dans le bal musette (Ach so gern) et autre sentimentalisme romantique (Schlaf ein) avant de retrouver ce qu’on connait si bien ce ce metal mécanique avec Gummi. Une vraie réussite qu’on attend de retrouver sur scène en début d’année. Attention, la date parisienne de la Cigale est déjà complète. F&M est un beau cadeau en cette fin d’année.

HELL OF A RIDE: Nine of cups

France, Heavy rock (Autoproduction, 2019)

Prenez des cow-boys moderne, de grosses bagnoles et un esprit castagneur à la Tarantino. Vous aurez une idée de ce rock lourd et direct que nous propose Hell Of A Ride avec son second album, Nine of cups. Le groupe reprend les aventures de leurs héros déjantés. John Ringsdale, « Mad Dog », a disparu, et les Pussy Riders (!) partent à sa recherche. Sur fond de metal moderne très influencé par le gros son US actuel, HOAR parvient une nouvelle fois à créer un univers sonore puissant et enjoué, chantant et entraînant. Dès les premières mesures de Stand up, le ton est donné: de la rage et de la puissance qui, après quelques hurlements de colère, font place à une voix puissante, rauque et rugueuse. Certains titres évoquent ouvertement Sixx A.M., d’autres lorgnent plus du côté d’un punk US stylé, mais toujours HOAR vise l’efficacité. Reste un mystère: la signification de ce titre, Nine of cups, forcément lié à l’univers du tarot… Reste qu’on embarque volontiers à bord de cet amas de metal, de bruit et de fureur. Hell Of A Ride a un vrai potentiel international, alors faisons croire que le groupe est américain et bénéficie du soutien d’un gros label, voulez-vous?

LES ROCKEURS ONT DU COEUR: The Lunatiks, Missing et So More Chains live

Samedi 30 novembre la salle des fêtes de Saint Jean de Braye, commune voisine d’Orléans dans le Loiret (dans le 45 pour ceux qui préfèrent) accueillait pour la cinquième année consécutive l’association Art’Scenik, organisatrice, au profit des Resto du cœur, de la soirée Les rockeurs ont du cœur. Le principe est simple: 3 groupes sont invités à donner un concert, les sessions inter-plateaux étant animées par un musicien ou un groupe. Et pour pouvoir pénétrer en ces lieux, le tarif est un simple jouet neuf. Une bonne action pour une bonne soirée.

Ce soir sont prévus dans la salle d’une capacité de 300 places The Lunatiks (pop rock), Missing (rock) et So More Chains (metal). Dans le hall, une estrade est installée qui accueille Swing K 1000, trio de jazz manouche qui fait… swinguer le public sur des reprises de tous horizons. Une variété de genres qui attire malheureusement à peine une centaine de personnes. Doit y avoir un truc à la télé…

Avec quelques minutes de retard, Mamirock, organisatrice de la soirée et, accessoirement chanteuse de Missing, ouvre le bal avec un rapide discours remerciant le public présent puis annonçant le premier groupe, The Lunatiks, « dont le chanteur vous sera peut-être familier. On l’a vu à la télé il y a peu ».  Nous y reviendrons.

Composé de 4 jeunes musiciens, The Lunatiks propose un rock pop moderne bien que teinté du son anglais des 60’s. Clem, le chanteur, se fait remarquer par sa voix douce et puissante à la fois, et propose une vaste palette montant souvent et aisément dans les aigus. Multi facettes, il joue également de la guitare et du piano et est accompagné à la guitare du discret et concentré Aymeric, de Lauraine à la batterie et d’un nouveau bassiste qui donne ce soir son premier concert avec le groupe, Max, dont le look de dandy excentrique à la Willy Deville ne passe pas inaperçu.

Du rock à la pop, le groupe séduit un public attentif, et malgré de nombreuses relance, Clem ne parvient pas à faire vraiment se rapprocher les gens de la scène. Il s’amuse des cordons fluo des bouchons d’oreilles, seule chose qui lui permette de distinguer le public. Un léger moment de froid se fait sentir lorsqu’il demande si quelqu’un l’a vu cette année à The Voice, télé-crochet auquel il a participé. Mais non, apparemment personne, ou presque, ne l’a vu. Dommage sans doute que l’asso n’ait pas fait plus de pub autour de ça, cela aurait sans doute attiré plus de gens, plus de jeunes… Reste que The Lunatiks a donné un premier concert des plus sympathiques et fait preuve d’entrain et d’originalité dans son propos musical.

 

Avec Missing, on passe à un autre propos. Le groupe mené par Mamirock (organisatrice de la soirée, faut-il le rappeler?), femme au caractère bien trempé et d’une joyeuseté à toute épreuve, propose un set de reprises d’horizons divers. La grande force de Missing, ce sera dit, est de ne pas proposer de simples reprises mais de retravailler avec soin et humour chacun des titres proposés.  Et pour le coup, il y a bon nombre de morceaux qui forment un véritable jeu de piste, qui sont un mystère jusqu’au déclic qui fait dire: « mais oui! c’est… »

En toute vraisemblance, le groupe est là uniquement pour s’amuser. La paire de guitariste David « le sérieux » et Philippe « le gai-luron » fait des merveilles, ce derniers virevoltant parfois tel Jannick Gers, va chercher le public dans la fosse quitte à se faire rappeler à l’ordre (« Philippe, non! On joue, là » lui lance David) et revenir tel un enfant pris sur le fait (« ben quoi, j’ai rien fait… »)

Le public est plus massif pour acclamer les Shout (Tears For Fears), Billie Jean (Michael Jackson), Hush (Deep Purple) et autre Another one bites the dust (Queen). une mention spéciale sera cependant portée à cette revisitation du titre phare de Eurythmics, Sweet dreams qui voit Mamirock habitée et démoniaque, donnant une toute autre interprétation, à la fois malsaine et très sexuelle, à ce hit intemporel. Là encore, Missing nous a offert une prestation enjouée, fun et entraînante. Un groupe à découvrir ou retrouver le 14 décembre au Blue Devil’s à Orléans.

 

En troisième position, nous découvrons So More Chains, un groupe de metal à la fois thrash et moderne formé il y a deux ans à peine. Le chant est partagé entre Thomas, guitariste et principal vocaliste au chant clair et puissant et Vincent, le batteur, qui apporte quelques touches extrêmes avec des growls bien sentis.

Si les musiciens sont concentrés, chacun fait le job, seul Michael, le guitariste lead, semble se donner à fond. Il reste encore des marques à trouver. La puissance des compos originales jouées rappelle parfois les débuts des grands du thrash, Metallica en tête et j’admire Bring the hell et son intro aux sonorités égyptiennes qui m’évoque The last in line de Dio.

 

Malheureusement, le concert se déroule devant un parterre au public épars. Les jeunes parents sont rentrés coucher les enfants, certains plus expérimentés restent et observent, apprécient. Les titres s’enchaînent avec comme un sentiment de manque de motivation, et c’est bien dommage, car les musiciens envoient sévère, et l’amateur de ce style que je suis se laisse facilement emporter par les riffs puissants et efficaces proposés une bonne heure durant.

Si l’on peut regretter le fait que plus de monde aurait pu se déplacer, on ne peut que saluer l’initiative d’Art’Scenik et la générosité tant des bénévoles de l’association que du public présent et, naturellement, des musiciens venus animer cette soirée. On remet ça dans un an, Mamirock?

 

SWARM: Anathema

Metalcore, France (Autoproduction, 2019)

Après un premier album paru en 2017, Division & disharmony, les Français de Swarm reviennent avec Anathema, un second essais qui pourraient bien les faire passer dans la cour des grands. Même si metalcore n’est pas mon truc, force est de reconnaître que la rage et la puissance qui se dégagent de ce disque sont exemplaires. Après une introduction aux faux airs de Judas Priest, New sun rentre dans le vif du sujet. Les guitares grasses et speed accompagnent un chant enragé plus que simplement hurlé, même si ce dernier fait nombre d’apparitions en arrière plan. L’ensemble est, à la grâce d’une rythmique qui martèle et s’emballe, syncopé et explosif. Les références au metal et au thrash sont nombreuses. Et avec ses 7’49, ce premier titre semble résumer l’esprit de l’album. Frontiers pioche également du côté de Rage Against The Machine et du rap, avec quelques clins d’œil à Slayer. Intifada parle de lui même. Le titre est guerrier, hardcore et engagé. « J’ai vu le jour alors que nous étions frères »… Oui, le monde change, il ne semble plus n’y avoir qu’ennemis partout… D’où cette référence à l’anathème, à la sentence d’excommunication…  Swarm nous apporte ici 11 morceaux qui ne se ressemblent qu’en l’énergie qu’ils dégagent. Et même si le rythme est plus qu’enlevé, les mélodies, alternant speed et lourdeur, l’auditeur est emporté dans un univers entraînant et, somme toute, lumineux. Les jalons positifs se retrouvent un peu partout, ce qui apporte sans doute ce côté frais qui manque à tant d’autres (comme ce quatrain en français qui vient clore The deed is done. Une piste à suivre? ou, juste après cette intro de Spoutnik explorer à la guitare claire qui évoque indéniablement Metallica). Brutal, efficace et… enjoué. Une belle découverte de fin d’année, en tous les cas, une belle promesse..

THE DAMNED – Black is the night

Punk, Angleterre (BMG, 2019)

Formé en 1976, The Damned fut rapidement affilié à la scène punk anglaise. Le ton, l’arrogance, l’irrévérence des textes (Democracy? et Anti-pope parlent d’eux mêmes), tout y participait, en effet, à l’exception de la musique, plus orienté rock, selon moi, que punk. A quelques exceptions près (So messed up, Machine gun etiquette aussi courts qu’explosifs et bordéliques), on est loin des Sex Pistols, G.B.H ou The Exploited. Qu’importe, plus de 40 ans plus tard, le groupe de David Vanian et Captain Sensible est encore là, et en joyeuse forme comme le prouve son dernier album en date, Evil Spirits (2018). Alors tant que les Anglais ont le vent en poupe, pourquoi ne pas proposer un récapitulatif de leur riche carrière? C’est ce que nous apporte ce Black is the night, double compilation retraçant l’histoire musicale des Damned. Avec quelque 40 titres, on se replonge dans le rock teinté ici de ska, là de presque pop, là encore de boogie, et toujours le groupe semble faire la fête. Des morceaux courts, directs qui ne dépassent que très rarement les 4′, qui se révèlent simplement encore efficace. Comment ne pas (re)succomber à Love song, Bad time for Bonzo, Melody Lee ou autre Problem child (qui n’a rien à voir avec le morceau d’AC/DC)? The Damned auraient certainement mérité plus d’exposition, mais ainsi va la vie. Reste que l’on peut aujourd’hui se rattraper avec cette très belle compilation.

AMON AMARTH live à Paris (Le Zénith, 25 novembre 2019)

C’est un Zénith en petite configuration qui accueille le grand – et brutal – cirque viking ce soir. Une affiche 100% suédoise (OK, exception faite d’une chanteuse et d’un batteur…) débarque à Paris: Hypocrisy, Arch Enemy et Amon Amarth! Mais avant de pénétrer dans ce si fameux Zénith du parc de la Villette, quelques surprises nous attendent: Peet se voit interdire de fumer une cigarette sur le gigantesque parvis en plein air tandis que je me vois invité à quitter ce même endroit où l’on n’a plus le droit de traîner et de passer un simple appel… Il y aura mieux plus tard: alors que Hypocrisy en est au milieu de son set, Phiphi, mon ami créateur du logo de Metal Eyes, erre dans les coursives pour entrer dans la salle. Les rideaux des escaliers tirés, on lui interdit le passage. Comme on le fait au théâtre une fois la pièce commencée. Pour un concert de rock, où l’on est censés circuler librement, les restrictions deviennent lourdingues…

Passons sur ce coup de gueule pour entrer dans le vif du sujet: c’est donc un Zénith en configuration presque minimaliste qui accueille quelques 3.000 spectateurs. La scène a même été très avancée, les crash également, laissant un vaste espace entre la scène et le public. Mais quand on voit la gueule des bouches à feu, on se dit que c’est sans doute mieux ainsi! Si Amon Amarth n’a pas, en France et hors festival, la capacité à remplir un Zénith, la salle s’avérera bientôt une nécessité au regard de la gigantesque production de ce soir (ce qui pourrait bien être le cas aussi pour Sabaton, en février prochain pour une autre affiche en jaune et bleu).

 

Trois groupes sont ce soir à l’affiche. Tout d’abord Hypocrisy qui ouvre les hostilités avec son death rageur. Mais voilà: la scène est noyée sous la fumée, une fumée blanche épaisse comme un mur qui empêche le public de voir une quelconque forme de spectacle. Et lorsqu’enfin ce fog se dissipe, on peu distinguer les musiciens dans une belle lumière verte ou d’un blanc sec, avant que le technicien appuie de nouveau longuement sur le bouton… Alors que dire? Superbe prestation? Loin d’être un fan invétéré du combo de Peter Tägtgren, je préfère écouter de loin, monter dans les gradins, constater qu’il y a encore beaucoup de brouillard. Une bière s’impose.

Le changement de plateau se fait en moins d’une demi-heure. Arch Enemy est visiblement très attendu. La scène est très métallique, des spots enfermés dans des cages du plus bel effet projettent l’ombre des barreaux qu’ils balayent. Michael Amott et sa bande sont certes concentrés mais sont en forme. Il faut dire que Paris, ils connaissent bien, que le public a toujours été présent. Si les regards se tournent naturellement vers Alissa White-Gulz, la vocaliste sait comment séduire ce public: comme elle le fait toujours, avec douceur et en français. Mais quelle puissance quand elle se met à growler!

Pendant près de 45′, le quintette dispense une setlist des plus puissantes superbement mise en lumières. Evidemment, certains titres résonnent plus que d’autres en ces heures troubles (War eternal, No gods, no masters) mais on se délecte des Ravenous, Under the black flag we march et autres Dead bury their dead. Arch Enemy nous a offert une très belle prestation, belle mise en bouche avant le gros morceau qui arrive!

Une immense toile noire cache la scène qu’on imagine déjà énorme. Casque ou drakkar en guise d’estrade de batterie, peu importe, ce qui compte ce soir c’est le spectacle que nous promet Amon Amarth. Cela fait maintenant plus de 3 ans que les Suédois n’ont pas mis les pieds dans notre ville, leur dernière venue remontant au 7 novembre 2016, au Casino de Paris. Le public est chaud lorsque la salle est une nouvelle fois plongée dans le noir et que retentissent les premiers couplets d’un certain Run to the hills.

Puis, dès que tombe le rideau, dès qu’apparaissent Olavi et sa bande, c’est une débauche d’énergie. De la lumière, du bruit et de la fureur pendant une heure trente. Le casque de viking sur lequel trône la batterie est désormais agrémenté de deux écrans en lieu et place des yeux. Ecrans qui permettent quelques judicieuses animations venant compléter celles in vivo. Car dès Runes to my memory, Amon plonge son public dans un enfer de flammes et de fumées, à commencer par le logo du groupe qui, disposé de chaque côté de la batterie, s’embrase et brûle tout au long de cet imparable titre. Puis les bouches à feu entrent en action. Disposées un peu partout sur scène, des colonnes de feu égaillent Death in fire.

Si chaque membre est à fond et connait parfaitement sa partition – on notera particulièrement l’acharnement de bûcheron de Jocke Wallgren, le « petit » dernier à la batterie – Johann Hegg semble particulièrement heureux d’être de retour dans notre capitale. Plus que ses paroles qui caressent le public dans le sens du poil (les classiques « Que c’est bon d’être enfin de retour à Paris! » et autre compliments), c’est son large sourire qui en dit le plus sur son état. Le chanteur semble aujourd’hui complètement remis de accident de cascade dont il avait été victime en mars dernier.

Il joue avec le public, grimpe sur son « ego riser » se prenant un jet de fumée en pleine face, ne laissant apparaître que ses bras. Et, prenant le public à contre pied, c’est en plein milieu du concert que les canons à confettis entrent en oeuvre, émaillant la salle de scintillements du plus bel effet.

Si visuellement le show est énorme, musicalement, le public est aussi servi. Naturellement orienté sur les deux derniers albums, les grands classiques d’Amon Amarth sont aussi, heureusement, de la partie. Une set list irrésistible qui résume bien la carrière des vikings. First kill, Deceiver of the gods, The way of the vikings, Guardians of Asgaard, tout y passe. Et le désormais incontournable Raise your horns annoncé par un Johann qui s’empare de sa corne « judicieusement » placée à sa ceinture, au cas où. On se doutera que ce titre ne fera plus partie de la setlist le jour où le chanteur n’en sera plus équipé…

Le rappel constitue peut-être le seul point de frustration du concert: après tant d’énergie, les deux titres finaux (The way of the vikings et Twilight of the thunder god)  passent à une vitesse folle. Mais une chose est certaine, c’est que ce soir Amon Amarth a livré un concert exemplaire et dantesque de bout en bout. Superbe soirée!