AMON AMARTH live à Paris (Le Zénith, 25 novembre 2019)

C’est un Zénith en petite configuration qui accueille le grand – et brutal – cirque viking ce soir. Une affiche 100% suédoise (OK, exception faite d’une chanteuse et d’un batteur…) débarque à Paris: Hypocrisy, Arch Enemy et Amon Amarth! Mais avant de pénétrer dans ce si fameux Zénith du parc de la Villette, quelques surprises nous attendent: Peet se voit interdire de fumer une cigarette sur le gigantesque parvis en plein air tandis que je me vois invité à quitter ce même endroit où l’on n’a plus le droit de traîner et de passer un simple appel… Il y aura mieux plus tard: alors que Hypocrisy en est au milieu de son set, Phiphi, mon ami créateur du logo de Metal Eyes, erre dans les coursives pour entrer dans la salle. Les rideaux des escaliers tirés, on lui interdit le passage. Comme on le fait au théâtre une fois la pièce commencée. Pour un concert de rock, où l’on est censés circuler librement, les restrictions deviennent lourdingues…

Passons sur ce coup de gueule pour entrer dans le vif du sujet: c’est donc un Zénith en configuration presque minimaliste qui accueille quelques 3.000 spectateurs. La scène a même été très avancée, les crash également, laissant un vaste espace entre la scène et le public. Mais quand on voit la gueule des bouches à feu, on se dit que c’est sans doute mieux ainsi! Si Amon Amarth n’a pas, en France et hors festival, la capacité à remplir un Zénith, la salle s’avérera bientôt une nécessité au regard de la gigantesque production de ce soir (ce qui pourrait bien être le cas aussi pour Sabaton, en février prochain pour une autre affiche en jaune et bleu).

 

Trois groupes sont ce soir à l’affiche. Tout d’abord Hypocrisy qui ouvre les hostilités avec son death rageur. Mais voilà: la scène est noyée sous la fumée, une fumée blanche épaisse comme un mur qui empêche le public de voir une quelconque forme de spectacle. Et lorsqu’enfin ce fog se dissipe, on peu distinguer les musiciens dans une belle lumière verte ou d’un blanc sec, avant que le technicien appuie de nouveau longuement sur le bouton… Alors que dire? Superbe prestation? Loin d’être un fan invétéré du combo de Peter Tägtgren, je préfère écouter de loin, monter dans les gradins, constater qu’il y a encore beaucoup de brouillard. Une bière s’impose.

Le changement de plateau se fait en moins d’une demi-heure. Arch Enemy est visiblement très attendu. La scène est très métallique, des spots enfermés dans des cages du plus bel effet projettent l’ombre des barreaux qu’ils balayent. Michael Amott et sa bande sont certes concentrés mais sont en forme. Il faut dire que Paris, ils connaissent bien, que le public a toujours été présent. Si les regards se tournent naturellement vers Alissa White-Gulz, la vocaliste sait comment séduire ce public: comme elle le fait toujours, avec douceur et en français. Mais quelle puissance quand elle se met à growler!

Pendant près de 45′, le quintette dispense une setlist des plus puissantes superbement mise en lumières. Evidemment, certains titres résonnent plus que d’autres en ces heures troubles (War eternal, No gods, no masters) mais on se délecte des Ravenous, Under the black flag we march et autres Dead bury their dead. Arch Enemy nous a offert une très belle prestation, belle mise en bouche avant le gros morceau qui arrive!

Une immense toile noire cache la scène qu’on imagine déjà énorme. Casque ou drakkar en guise d’estrade de batterie, peu importe, ce qui compte ce soir c’est le spectacle que nous promet Amon Amarth. Cela fait maintenant plus de 3 ans que les Suédois n’ont pas mis les pieds dans notre ville, leur dernière venue remontant au 7 novembre 2016, au Casino de Paris. Le public est chaud lorsque la salle est une nouvelle fois plongée dans le noir et que retentissent les premiers couplets d’un certain Run to the hills.

Puis, dès que tombe le rideau, dès qu’apparaissent Olavi et sa bande, c’est une débauche d’énergie. De la lumière, du bruit et de la fureur pendant une heure trente. Le casque de viking sur lequel trône la batterie est désormais agrémenté de deux écrans en lieu et place des yeux. Ecrans qui permettent quelques judicieuses animations venant compléter celles in vivo. Car dès Runes to my memory, Amon plonge son public dans un enfer de flammes et de fumées, à commencer par le logo du groupe qui, disposé de chaque côté de la batterie, s’embrase et brûle tout au long de cet imparable titre. Puis les bouches à feu entrent en action. Disposées un peu partout sur scène, des colonnes de feu égaillent Death in fire.

Si chaque membre est à fond et connait parfaitement sa partition – on notera particulièrement l’acharnement de bûcheron de Jocke Wallgren, le « petit » dernier à la batterie – Johann Hegg semble particulièrement heureux d’être de retour dans notre capitale. Plus que ses paroles qui caressent le public dans le sens du poil (les classiques « Que c’est bon d’être enfin de retour à Paris! » et autre compliments), c’est son large sourire qui en dit le plus sur son état. Le chanteur semble aujourd’hui complètement remis de accident de cascade dont il avait été victime en mars dernier.

Il joue avec le public, grimpe sur son « ego riser » se prenant un jet de fumée en pleine face, ne laissant apparaître que ses bras. Et, prenant le public à contre pied, c’est en plein milieu du concert que les canons à confettis entrent en oeuvre, émaillant la salle de scintillements du plus bel effet.

Si visuellement le show est énorme, musicalement, le public est aussi servi. Naturellement orienté sur les deux derniers albums, les grands classiques d’Amon Amarth sont aussi, heureusement, de la partie. Une set list irrésistible qui résume bien la carrière des vikings. First kill, Deceiver of the gods, The way of the vikings, Guardians of Asgaard, tout y passe. Et le désormais incontournable Raise your horns annoncé par un Johann qui s’empare de sa corne « judicieusement » placée à sa ceinture, au cas où. On se doutera que ce titre ne fera plus partie de la setlist le jour où le chanteur n’en sera plus équipé…

Le rappel constitue peut-être le seul point de frustration du concert: après tant d’énergie, les deux titres finaux (The way of the vikings et Twilight of the thunder god)  passent à une vitesse folle. Mais une chose est certaine, c’est que ce soir Amon Amarth a livré un concert exemplaire et dantesque de bout en bout. Superbe soirée!

 

MESHIAAK: Mask of all misery

Thrash, Australie (Mascot, 2019)

Il y a trois ans paraissait Alliance of thieves, le premier album des Australiens de Meshiaak qui marquait quelques bons points dans l’univers de la rugosité sonores. Le groupe de Jon Dette revient aujourd’hui avec Mask of all misery. Si la pochette est épurée et bien moins futuriste que sur l’album précédent (on observe quand même que le logo rouge entourait déjà le crane du simili terminator du premier méfait), le contenu musical ne s’est pas radoucit. Meshiaak a cependant eu la bonne idée de chercher à élargir son propos en ne se cantonnant pas qu’au thrash de ses débuts. Si les premiers titres tirent à boulets rouge – Miasma est une irrésistible entrée en matière et un nécessaire échauffement cervical – il semble, sur bonne moitié de l’album, que Jon Dette se soit laissé séduire par la nouvelle vague US. Son chant mélange rage et douceur, détermination et désillusion, sur fond plus lent et inquiétant (Bury the bodies). Quelques références sont également présentes, Avenged Sevenfold parmi d’autres, sur Tears that burnt the son, par exemple. On a même droit à une sympathique ballade avec le bien nommé Doves. Cependant, l’énergie brute prétexte à un bon moshpit ou un simple headbanging est bien présente. On retient dans ce domaine le morceau éponyme, City of ghosts et ses guitares presque shreddées, le speed et saccadé ou Adrena qui mixe un peu tout cela, ou encore l’explosif Face of stones. Meshiaak nous offre ici un album varié qui, bien que semblant chercher son public, fait preuve d’efficacité et d’ouverture.

TANKRUST: Opposite terror

Thrash death, France (Almost famous, 2019)

Quelle fin d’année brutale… Les dernières sorties françaises sont prometteuses de décibels, de rage et d’énergie explosive. Les amateurs du genre vont donc être à la fête. Les Parisiens de Tankrust, groupe formé en 2006 et auteur d’un premier album paru en 2015, The fast of Solace, participeront sans aucun doute à la cérémonie. Opposite terror, leur second album de 9 titres est un concentré de rage et de brutalité vive. Si je mets de côté ce chant hurlé que je déteste – je ne trouve le plus souvent aucune finesse dans ce genre vocal sauf s’il se mêle à d’autres modulations – la musique, elle, mélange heavy, thrash, hardcore. Les changements de rythmes sont fréquents, ce qui permet de souffler un peu. Mais voilà, au fil de l’écoute, je me sens oppressé. Si Tankrust ne me séduit pas, au moins sa musique a-t-elle un effet sur moi et ne me laisse pas indifférent. C’est déjà ça. Mais c’est pas mon truc…

Festival UN AUTRE MONDE (Orléans, parc Pasteur, le 30 août 2019)

L’association Défi fête 30 années d’existence et de militantisme en organisant une nouvelle édition du festival Un autre monde pendant 4 jours. Si les deux premiers – mercredi 28 et jeudi 29 août – sont consacrés à des apéros concerts, je me rends au Parc Pasteur pour cette soirée du vendredi qui accueille, sur deux scènes, 4 groupes. Notons également qu’une tente entière est consacrée à l’historique de l’association, ce qui permet de voir le travail énorme fait en faveur des jeunes orléanais, que les activités proposées soient locales ou extérieures. Un immense bravo à toute l’équipe pour son engagement sans failles.

Le parc Pasteur est situé à deux pas du centre ville d’Orléans, et le public présent est varié, familial, amateur de musique ou simplement venu passer un moment convivial dans une ambiance festive. Et en ce dernier week end avant la rentrée scolaire, non seulement les enfants sont en nombre mais un autre invité est bien présent: le soleil! Notons également un point négatif: si les chiens sont les bienvenus, d’autant plus que la musique n’est pas trop forte sur la majeure partie du terrain, certains traînent leurs animaux devant les scènes où, là, le volume n’est pas adapté pour nos amis quadrupèdes qui souffrent et se demandent ce qu’ils font là… Plus encore à la nuit tombée lorsqu’on ne les distingue plus et qu’ils se font bousculer ou marcher dessus. Chacun sa place…

A 19h30, Bérangère, une des membres de l’asso monte sur scène pour une annonce et rappelle que Defi fête ses 30 ans d’existence. Elle laisse la parole à Soufiane Sankhon, adjoint de la mairie d’Orléans, qui rappelle l’implication de Defi et le soutient de la mairie depuis des années, et pour longtemps encore. Puis, toute l’équipe s’en va sabrer le champagne avant que ne débutent les festivités musicales.

Sur la scène Est, la plus petite, le Gobson Groove Gang se lance un peu après 19h30. Pendant une heure, le groupe distille son reggae afro ultra groovy et rythmé. Il y a parfois des intonations de Bernard Lavilliers dans les airs proposés, et c’est assez sympathique. Le public, très réceptif, grandit rapidement et gigote tranquillement. La formation orléanaise s’est formée au studio Gobson avant de se séparer. Et de se reformer, avec visiblement beaucoup de plaisir, pour cet anniversaire. A la fin du set, Bérangère se remémore avoir vu, 30 ans plus tôt, l’un des guitaristes franchir la porte du studio de l’association disant « vouloir faire de la musique mais je sais pas comment faire »…  » Ben, entre » lui répondit-elle. Felwine Starr est aujourd’hui une vedette reconnue au Sénégal d’où il est revenu, lui aussi pour cet événement.

 

Le temps de rejoindre la scène Ouest (soit une grosse minute à pieds), alors que la nuit tombe, le public se prépare à accueillir Christian Olivier, figure des emblématiques Têtes Raides dont la carrière solo vaut vraiment le détour. Annoncé avec un temps de jeu d’1h30, la petite troupe jouera finalement pas loin de deux heures. Rapidement, Christian Olivier interpelle le public avec des « Orléans… oh! Orléans » sous entendant « bougez-vous, quoi! ».  C’est que le public, timide, laisse une jolie place entre lui et la scène. Espace qu’il ne tarde pas à remplir. Du chant qui rappelle le grand Jacques aux mimiques, regards et sourires en coin, en passant  par le sax et l’accordéon, le chanteur, parfaitement soutenu par des musiciens en phase (les deux guitaristes ont une attitude très rock, les autres restent plus en retrait mais on sent une réelle complicité) fait bouger la foule avec ses titres solos et ceux des Têtes Raides, dont un indispensable Ginette qui n’a pour unique ornement – évocation de la dite Ginette – qu’une lampe au plafond. Deux heures chaleureuses que l’artiste conclue en saluant le travail et l’investissement de l’association.

 

Retour vers la petite scène pour un peu de folie punk thrash. Cigany Möhawk est en effet la formation du jour la plus en phase avec l’esprit du webzine (cependant ouvert d’esprit, reconnaissons-le). Premier point d’étonnement, le quatuor sort des sentiers battus en incluant un accordéon. Le groupe, alors que le public arrive devant la scène, termine ses balances. A la fin, le chanteur lance un « merci! au revoir » alors que ses compagnons quittent la scène. Puis il rajoute « on s’en va et on revient quand même ». Sauf qu’au moment de revenir, le bassiste a disparu… Quelques minutes passent avant que Cigany Möhawk ne se retrouve enfin au complet pour distiller avec fureur et enthousiasme son punk direct et teinté de thrash inspiré des grands noms du genre. L’accordéon apporte une touche que ne renieraient pas les Roumains de Dirty Shirt. Ça dépote sévère et une partie du public pogote à cœur joie au grand dam des pauvres chiens qui n’y comprennent rien (voir ci-dessus ce que j’en pense).

 

La soirée se termine avec la troupe de bal musette enragé de Faut Qu’Ca Guinche. Et, devinez-quoi? L’instrument phare est encore un… accordéon! Ici, le groupe écolo et engagé invite et incite le public à danser, faire la chenille, s’enlacer… Bref, à prendre du bon temps au son des guitares (ah, ce guitariste en sandales), de la contrebasse et des textes généralement engagés. Oui, bal musette mais avec un esprit écolo et contestataire qui colle parfaitement à celui de l’association Défi. Le public a la surprise de voir se mêler à lui le guitariste et l’accordéoniste au milieu d’un moment de danse tel qu’on les imagine dans les bals populaires d’années passées. Et là est bien l’objectif de FQCG, de faire danser le public. Mission accomplie alors que la soirée arrive à son terme et que le public rentre tranquillement se reposer. C’est qu’il faut remettre ça demain pour la seconde partie de ce festival.

Vient donc le moment où je me pose une question et me fait une promesse: comment se fait-il que je ne le découvre que maintenant? Et, promis, je reviendrais l’année prochaine!

 

 

 

WARFAITH: Pint of pils

Thrash, France (Autoproduction, 2019)

C’est toujours agréable de recevoir un album avec un message personnalisé écrit à la main. Une invitation à découvrir l’objet. Et dans le cas de Warfaith, avec son Ep Pint of pills (le groupe a déjà publié un album en 2015, Wise man is dead), je n’ai pas eu beaucoup d’efforts à fournir pour adhérer au thrash  des Français. Après une intro instrumentale, carte de visite sur laquelle est écrit « Metallica, Slayer, Exodus, Testament, Death Angel, Anthrax…. » ainsi que « Thrash, Hardcore, Punk » on passe dans le vif du sujet: le son est propre, le chant hargneux, très punk, à la fois hargneux et haineux. Les guitares jouent sur les rythmes, le riff ici subtil cède le pas à du speed sans concession. La section rythmique est tout le temps explosive. Les 8 titres ne cherchent nullement à réinventer le thrash, vont droit au but (5 morceaux durent moins de 3’… Amis photographes, faudra pas les voir au Hellfest ^_^) et immanquablement font s’agiter les crinières… Les Lorrains se font plaisir, et cela s’entend de bout en bout, ce qui peut s’avérer une vraie force. A suivre, et à voir en live. Ça doit être un joyeux bordel!

SPLIT BRAIN: Discours idylliques

Thrash/Death, France (Juste une trace, 2019)

Split Brain s’est formé en 2006 sous l’impulsion du guitariste Nico et du batteur  Aco. Plusieurs Ep et quelques concerts plus tard, les voici qui proposent un premier album puissant, Discours idylliques. Ce qui marque d’emblée, après une intro légère qui sombre dans une noirceur annonçant la suite, c’est le mélange maîtrisé des genres. Les vocaux gutturaux sont chanté dans un français limpide et compréhensible, et la langue en elle même apporte une véritable originalité au projet, et la variété vocale donne à l’ensemble un aspect assez théâtral. Ensuite, on passe du power metal à du speed, doublé de thrash et de heavy pur jus. Il semble évident que ces cinq là ont grandi au son des classiques allemands (je note des traces d’Accept et de Kreator) et de la scène scandinave, In Flames et Amon Amarth en tête. Mais ce n’est pas tout. Ici et là, on note des constructions empruntées au jazz, parmi d’autres. Les discours engagés rappellent inévitablement No One Is Innocent ou Mass Hysteria. Une variété d’influences que l’on retrouve tout au long de ces 9 chansons (je ne compte pas l’intro). Puissant et explosif, ce premier album devrait positivement marquer quelques esprits. Un groupe à suivre

TORQUE

Thrash, USA (Mascot, 2019réédition de l’album de 1996)

Initialement formé en 1994 par Phil Demmel, ex-Vio-lence et Machine Head, qui se lance dans ce projet crade, direct, engagé et enragé nommé Torque. Phil, pour la première fois, s’attribue le mérite du chant lead, sale comme savaient le faire les premiers punk anglais: il éructe et dégueule son propos plus qu’il n’y cherche de la finesse. En cela, on retrouve des traces des Pistols qui ont aussi influencé Pantera. Musicalement, le thrash de la Bay area de Slayer, Exodus et Metallica est omni-présent. Les guitares de Ray Vegas charcutent, la basse de Deen Dell et la batterie de Mark Hernandez pilonnent sans répit et l’ensemble de ces 11 morceaux sont simplement sans pitié. A l’image de cette pochette, inquiétante, oppressante et répressive, rien, de H.L.S. à Breed, en passant par Nothing, Dead you lay ou Forgotten ne laisse de répit, pas même le lourd et oppressant Shhoter. Mascot ressort cet unique album en CD ainsi que dans une version vinyle rouge limitée à 1.000 exemplaires. Brutal et sanglant!

 

FOREST IN BLOOD: Pirates

Thrash/Hardcore, France (Autoproduction, 2018)

Forest In Blood est un groupe parisien formé en 1998 qui nous revient aujourd’hui avec Pirates, son… second album! Dans sa bio, le groupe note s’être formé l’année où l’équipe de France de foot devint championne du monde. Nous ne pourrons que remarquer que ce second album arrive alors que la France a remporté sa seconde étoile… Y a t-il un lien de cause à effet? Rien n’est moins sûr tant les goûts musicaux de nos joueurs sont à l’opposé de ce que nous propose Forest in Blood qui puise son inspiration dans le thrash de Slayer ou de Metallica (certains éclairs rouge sang de la pochette ressemblent à s’y méprendre au M des Horsemen…) et dans le hardcore d’un Hatebreed débridé. Les rythmiques sont d’une réelles efficacité, de celle qui fait taper du pied, et si je dois relever un défaut, c’est la redondance des guitares. Les riffs, à quelques exceptions près, semblent se répéter, parfois (écoutez les intros de My dues et Black parrot) même être identiques. Pourtant, ça marche, et le chant enragé provenant de la gorge profonde de Eric Florentin accompagne avec une brutalité défouloir les guitares rageuses de Barthélémy Vaudon et Hervé Marguet. La section rythmique, jamais en reste est à l’avenant (la basse vrombissante de Pierre Acedo soutient la batterie guerrière de Cédric Sénéchal). Heureusement, FIB nous offre également quelques intermèdes plus légers bien que pas forcément indispensable. Qui s’étonnera dès lors de lire que la production est signée de l’incontournable Francis Caste, un des meilleurs producteurs metal de son temps? Pirates est un de ces albums qui risque fort de prendre toute sa mesure sur scène. A bon entendeur…

THE BROWNING: Geist

Thrash electro, USA (Spinefarm, 2018) – sortie 26 octobre 2018

Comme avec son précédent album, Isolation paru fin 2016, The Browning revient avec un nouvel album de ce que j’avais décrit comme de « l’electhrash ». Les 12 nouveaux morceaux de Geist sont d’une brutalité organique, un résultat rendu possible par le mélange de rage gutturale et d’apports electro. La rythmique plus que soutenue est sujette à crise cardiaque, et le « chant » est aussi furieux que déterminé. Seulement, voilà: la recette semble stagner, malgré une pause bienvenue et un coucou du côté du metalcore en milieu d’album. On prend les mêmes et on recommence? Le côté ultra speed et electro, s’il a encore toute sa place, n’offre pas beaucoup d’espace à des explorations sonores plus variées. Certes, c’est bien foutu, ça speede et ça cartonne grave, il y a une recherche d’ambiances, mais j’ai l’impression que le propos se répète. Toujours pas mon truc mais les amateurs sauront apprécier. Ceci dit, j’aime beaucoup la pochette!

 

TRAUMA: As the world dies

Thrash, USA (Rivet records, 2018)

Forcément, pour les anciens comme moi, quand un groupe s’appelle Trauma, le nom évoque certainement le premier combo d’un certain Cliff Burton. Mais, bon, As the world dies parait en 2018, alors il y a peu de chance pour qu’il s’agisse du même. Et pourtant, si: les crédits indiquent bien que le chanteur est un certain Donny Hillier, et que le batteur se nomme Kris Gustofson, deux membres de la formation d’origine. Et quand je glisse le CD dans mon lecteur, je me prend une jolie claque: Lire la suite