FOREST IN BLOOD: Pirates

Thrash/Hardcore, France (Autoproduction, 2018)

Forest In Blood est un groupe parisien formé en 1998 qui nous revient aujourd’hui avec Pirates, son… second album! Dans sa bio, le groupe note s’être formé l’année où l’équipe de France de foot devint championne du monde. Nous ne pourrons que remarquer que ce second album arrive alors que la France a remporté sa seconde étoile… Y a t-il un lien de cause à effet? Rien n’est moins sûr tant les goûts musicaux de nos joueurs sont à l’opposé de ce que nous propose Forest in Blood qui puise son inspiration dans le thrash de Slayer ou de Metallica (certains éclairs rouge sang de la pochette ressemblent à s’y méprendre au M des Horsemen…) et dans le hardcore d’un Hatebreed débridé. Les rythmiques sont d’une réelles efficacité, de celle qui fait taper du pied, et si je dois relever un défaut, c’est la redondance des guitares. Les riffs, à quelques exceptions près, semblent se répéter, parfois (écoutez les intros de My dues et Black parrot) même être identiques. Pourtant, ça marche, et le chant enragé provenant de la gorge profonde de Eric Florentin accompagne avec une brutalité défouloir les guitares rageuses de Barthélémy Vaudon et Hervé Marguet. La section rythmique, jamais en reste est à l’avenant (la basse vrombissante de Pierre Acedo soutient la batterie guerrière de Cédric Sénéchal). Heureusement, FIB nous offre également quelques intermèdes plus légers bien que pas forcément indispensable. Qui s’étonnera dès lors de lire que la production est signée de l’incontournable Francis Caste, un des meilleurs producteurs metal de son temps? Pirates est un de ces albums qui risque fort de prendre toute sa mesure sur scène. A bon entendeur…

THE BROWNING: Geist

Thrash electro, USA (Spinefarm, 2018) – sortie 26 octobre 2018

Comme avec son précédent album, Isolation paru fin 2016, The Browning revient avec un nouvel album de ce que j’avais décrit comme de « l’electhrash ». Les 12 nouveaux morceaux de Geist sont d’une brutalité organique, un résultat rendu possible par le mélange de rage gutturale et d’apports electro. La rythmique plus que soutenue est sujette à crise cardiaque, et le « chant » est aussi furieux que déterminé. Seulement, voilà: la recette semble stagner, malgré une pause bienvenue et un coucou du côté du metalcore en milieu d’album. On prend les mêmes et on recommence? Le côté ultra speed et electro, s’il a encore toute sa place, n’offre pas beaucoup d’espace à des explorations sonores plus variées. Certes, c’est bien foutu, ça speede et ça cartonne grave, il y a une recherche d’ambiances, mais j’ai l’impression que le propos se répète. Toujours pas mon truc mais les amateurs sauront apprécier. Ceci dit, j’aime beaucoup la pochette!

 

TRAUMA: As the world dies

Thrash, USA (Rivet records, 2018)

Forcément, pour les anciens comme moi, quand un groupe s’appelle Trauma, le nom évoque certainement le premier combo d’un certain Cliff Burton. Mais, bon, As the world dies parait en 2018, alors il y a peu de chance pour qu’il s’agisse du même. Et pourtant, si: les crédits indiquent bien que le chanteur est un certain Donny Hillier, et que le batteur se nomme Kris Gustofson, deux membres de la formation d’origine. Et quand je glisse le CD dans mon lecteur, je me prend une jolie claque: Lire la suite

LEBOWSKII: Liquidators

France, Thrash (Music records, 2018) – sorti fin février 2018

Ce n’est que récemment que j’ai fait connaissance avec Lebowskii, formation nantaise qui nous propose un second Ep. Liquidators, ce sont 5 titres qui avoisinent la demi-heure (29′, plus précisément) et qui puisent dans un thrash à la fois old school et moderne. La production particulièrement travaillée donne cet aspect moderne à l’ensemble. Le son est profond tout en conservant cet aspect rugueux et direct. Les longs passages instrumentaux évoquent ce que faisait Metallica à ses débuts ainsi que Megadeth, et les riffs sont taillés pour un headbang cadencé à s’en décrocher la tête. C’est bigrement efficace et le temps passe trop vite. Why are we falling down?, Haunting a shell of flesh, Liquidators, Your brain is just insane et Narrow minded donnent envie d’en écouter plus. Impossible de rester de marbre, cet Ep est une réussite et la promesse, espérons le, d’un bel avenir!

PSYCHOÏD: Thrash impact

Thrash, France (Music records, 2018) – sorti en mars 2018

Dans ta face! Un direct, un… Les Parisiens de Psychoïd, remarqués avec un premier Ep sorti en 2016 (Thrash test, pour mémoire) déboulent aujourd’hui avec un premier album au titre évocateur de Thrash impact. 9 titres bruts de décoffrage qui ne font pas dans la dentelle et rappellent ouvertement les thrash old school des 80’s, celui des Metallica ou Slayer sur Anarchy, Anthrax sur True Chatter, et puise également du côté d’Exodus, Megadeth pour le côté américain. On pense aussi à d’autres dignes représentants du genres, tels les Allemands de Kreator, par exemple. Tout au long des Live… die… but buy, TV’s grime, Platoon of death, Out of control, Psychoïd nous donne une belle leçon en étalant avec une certaine passion sa culture thrash. Brut et direct, cet album, qui semble avoir été enregistré sur un 4 ou 8 pistes dans un garage tant le son est sec et claquant, risque de frapper fort. Exception faite d’un anglais compréhensible mais à l’accent français à hurler, le chant haut perché dénote de la rage habituelle du genre. Et aussi, on appréciera cette pochette pleine de clins d’œil irrévérencieux à une société bien pensante: ce pauvre diable crucifié sur a calandre d’un camion tout droit sorti de Duel va en faire rager certains!

ANTAGONISM: Thrashocalypse

Thrash, France (Ep, autoproduction, 2018)

« Old school but new school », me disait Biff Byford au sujet de sa définition de la musique actuelle de Saxon. Dès les premières mesures de LxOxT, titre d’ouverture de Thrashocalypse, premier Ep 6 titres de Antagonism, c’est ce que je me dis : la fureur d’un Metallica, la rage d’un Slayer, la syncope des guitares d’un Anthrax, le tout doté d’un son résolument gras et moderne. Les petits ont bien appris leur leçon et peuvent espérer prendre la place qu’Hemoragy a laissée vacante depuis quelques années. Le groupe nous arrive de Toulon, formé en  par le batteur Raphaël Gloaguen et le chanteur guitariste Dylan Hunger, bientôt rejoints par Félix Cleyet-Marel  et Kevin Colin, respectivement à la guitare et la basse. Déterminé, rugueux et rageur, cet Ep aborde avec brio des thèmes chers au genre, dont la guerre (Burning in Syria, d’une cruelle actualité) pou la politique (49.3). Fidèle à ses influences, Antagonism propose également une reprise de Havok (Point of no return) qui vient brillamment conclure ce premier essai au chant rugueux (un petit effort sur l’accent serait bienvenu) qui ne demande qu’à être transformé.

HELLZEIMER: Not my wars

Thrash, France (Autoptoduction, 2017)

Voici une surprise à la fois agréable et rugueuse. Hellzeimer, formé dans la région nantaise en 2009, pioche son inspiration musicale dans le gros heavy mélodique des années 80, avec quelques escapades du côté du neo thrash brutal des 90’s et du death mélodique. C’est franc du collier, direct et sans concession. Les riffs de plombs alimentent une rythmique hypnotique qui entraine l’auditeur dans les méandres de ce Not my wars. Alors, OK, le vocaliste hurle sa rage, mais on n’est à des années lumières d’un quelconque death metal. A plus d’une reprise cet album me surprend et me fait taper du pied. Les 9 titres filent à vive allure, et honorent chacun le titre de ce disque. Du morceau titre – une intro qui évoque presque Queensrÿche – au final Between, pas une seconde de répit n’est offerte. Douceur, finesse, passez votre chemin! Il n’est guère d’espace pour autre chose que la virulence et le speed ici. Amateurs de sensations fortes, vous savez ce qu’il vous reste à faire: soutenir autant que possible ce premier album au message clair.

ANNIHILATOR: For the demented

Thrash, Canada (Silver lining, 2017)

Annihilator n’a pas dit son dernier mot. ça sonne comme une conclusion? Ben oui, et alors? A la première écoute, ce For the demented, nouveau disque du groupe de Jeff Waters me semble plus efficace que le précédent opus studio, Suicide society, trop orienté Megadeth et Metallica. Ici, Waters se concentre sur ce qu’il sait faire de mieux: du thrash old school, aux rythmes endiablés. Forcément, on trouve des traces de ses mentors, mais pas que: certaines (rares) ambiances évoquent même Ghost, c’est dire! L’ensemble est compact, brutal et direct, tout au long des ces 10 morceaux d’une puissance sans pareille. dernière tournée et sur Triple threat, CD/DVD paru l’an dernier. Bien sûr, s’il chante toujours « à la » Mustaine, il semble avoir beaucoup progressé et gagné en confiance. PLutôt que de courir derrière la perle rare, autant se faire confiance, non? D’autant plus que ses accompagnants prennent un certains pouvoir, notamment Fabio Alessandrini qui s’impose comme un des meilleurs batteurs de sa génération. Mais non! Un coup d’oeil aux crédits montre qu’une fois encore, Jeff Waters s’est chargé de tout, jusqu’à la programmation de la batterie… Et ses rythmes son épileptiques et accompagnent merveilleusement un ensemble syncopé, digne d’une crise cardiaque. Vous voulez savoir? Ça sent le Hellfest à plein nez, tant ça cartonne de bout en bout… On en redemande!

SHRAPNEL: Raised on decay

Thrash – Death melodique, Royaume Uni (Candlelight/Spinefarm records, 2017)

Je m’adresse ici, avec la plus grande bienveillance qui soit, aux amateurs de hard FM, fans de hair metal, de Bon Jovi à Ratt, en passant par Poison ou Warrant: FOUTEZ-MOI LE CAMP!!! Quand un groupe s’appelle Shrapnel, il y a guère d’espoirs de l’écouter conter fleurette… C’est tranchant, explosif et dans ta face de bout en bout. Demandez donc à Tony Stark ce qu’il en pense… Sur les 11 titres ici proposés, pas un ne cherche à lever le pied ni ralentir la cadence. On reconnait volontiers les influences des Anglais, certaines évidentes telle Slayer, Exodus, Testament, mais aussi Nuclear Assault, The Haunted, sans parler du death dans sa globalité…. Si ça ne vous évoque rien, ben, tant pis. Mais si ça vous parle, vous aurez compris qu’on évoque ici du thrash pur jus, agressif et sans concession. Le chant presque black est inquiétant, les guitares aussi explosive qu’en recherche de riff mélodique et la rythmique… Sans doute est-ce le point faible tant la double est omni présente. Les amateurs de sensations fortes apprécieront sans aucun doute, les autres prendront soit une bonne décharge d’adrénaline soit la porte. Reste qu’on ne ressort pas l’expérience indemne!

BACK IN TIME : METALLICA: Kill ’em all

Thrash metal, USA (Megaforce/Music For Nations, 1983)

Personne, ou presque, ne l’a vue venir cette déferlante là. En 1983, la NWOBHM connait ses dernières heures, Iron Maiden, Saxon et Def Leppard squattant les charts metalliques européens, Van Halen ou Mötley Crüe, ceux des USA. Le heavy metal, tel un phénix, et rené de ses cendres et fait des envieux partout dans le monde. En comparaison, les groupes de hard rock américains sont, pour le uns, gentiment énervés (la vague hard FM proprette) et pour les autres, chantres du hair metal, totalement outranciers.

Mais c’était sans compter sur la virulence de certains rebelles, Californiens principalement.

Jon Zazula a convié James Hetfield (guitare, chant), Lars Ulrich (batterie), Cliff Burton (basse) à investir les studios Music America, situés à Rochester, New York. Mais Metallica, puisque c’est de lui dont il est ici question, vient de limoger Dave Mustaine, le second guitariste, et doit  en urgence trouver un remplaçant. le groupe invite alors Kirk Hammett, guitariste du très en vue Exodus, à prendre la place laissée vacante. Hammett, saute dans un bus, quitte la Californie pour rallier l’Etat de New York pour rejoindre ses nouveaux compères – il ne quittera jamais Metallica – et travaille d’arrache pieds pour être au point. En studio, Jon Z produit le disque, aidé dans sa tache par Paul Curcio à la production. Le son est quant à lui confié à Chris Bubacz, assisté d’Andy Wroblewski. Autant dire que même avec de petit moyens, Jon Z croit en ses poulains et met le paquet. l’enregistrement se déroule ainsi tout au long du mois de mai 1983, avant que l’album ne soit mixé et pressé. Metallica doit cependant faire un choix: celui du titre de l’album… Jonnhy Z leur déconseille fortement l’idée de base qui verrait les distributeurs potentiels refuser un disque intitulé Metal up your ass… En tout cas aux USA.

Si certains acharnés ont pu, par le biais d’échange – le fameux « tape trading » – découvrir les nouvelle sonorités de la côte ouest des USA, le premier album de Metallica, en prend plus d’un à la gorge à sa sortie en juillet 1983. A peine sorti du studio, Metallica balance sa première galette à la face du monde. Kill ‘em all, s’il reçoit dans un premier temps quelques échos positifs aux Etats-Unis se fait plus que remarquer sur le continent européen. Les critiques, et le public, sont estomaqués par la violence et la rage qui émanent de cet album, qui relègue Motörhead et Venom au rang de groupes de rock à peine excités ! Oui, Kill ‘em all est un album qui transpire la crasse et les relents de bière chaude. Pas un morceau ne laisse assez de temps à l’auditeur pour souffler. Pas même le phénoménal solo de basse ((Anesthesia) – Pulling teeth) qui change quelque peu des soli de guitares. Ici pourtant, la guitare est omniprésente, ultra rapide et saturée… Hit the lights, No remorse, Seek and destroy, The four horsemen… Le metal prend, avec ce disque, une tournure nouvelle qui laisse présager un avenir bien plus violent, sombre et direct. John Zazula a eut le nez fin en soutenant ce groupe, mais ses moyens sont tellement minces qu’il ne peut distribuer l’album en Europe. Par contre, son réseau relationnel, par le biais d’échanges de cassettes au niveau international, est tel qu’il propose à MFN de s’occuper du marché européen. Cette décision risquée savérera à l’avenir la meilleure pour tous les intervenants malgré les risques. Metallica ne vise vraisemblablement pas les radios. Non seulement les compositions sont violentes (rien n’arrive aujourd’hui à la cheville de Whiplash), mais le groupe sort du format habituel en écrivant pas moins de quatre titres de longues durée, au delà de trois minutes réglementaires (dans l’ordre : The four horsemen – 7’08, No remorse – 6’24, Seek and destroy – 6’50 et  Metal militia – 5’11). Les dix titres de ce disque sont tous devenus des classique du metal.

Les chevaliers de apocalypse sont là… Jeunes, boutonneux, déterminés à vaincre. La face de la musique s’en trouve métamorphosée, car Metallica démontre avec brio qu’il est possible d’allier technique, mélodie et brutalité, ce que Venom, repoussant les limites de l’extrême, n’avait pas su faire… Au fait, quant on leur demande comment ils définissent leur musique, ils répondent que c’est du « thrash metal ». Avec un H, svp! Un nouveau style qui, bientôt, entre dans les chaumières.