INTERVIEW: SMASH HIT COMBO

Entretien SMASH HIT COMBO. Rencontre avec Brice (batterie) Propos recueillis à Paris le 10 juillet 2017

Metal-Eyes : Brice, c’est notre première rencontre, je découvre Smash Hit Combo avec ce disque ; Ce que je sais du groupe c’est vous êtes Alsacien, que le groupe s’est formé en 2004, et vous sortez votre 4ème album.

Brice : Jusque-là, tout va bien !

Metal-Eyes : OK. Alors, quels ont été les moments marquants de la carrière du groupe ?

Brice : on va commencer par raconteur que la création du groupe, c’est un peu un accident. On a commencé en 2004, mais Smash Hit Combo, tel qu’il est aujourd’hui, a commencé en 2007. Au début, on faisait du hardcore, death core, rien de vraiment très original…  Il n’y avait pas de rap. On partageait notre local avec Paul, notre chanteur, qui rappait à côté. De temps en temps, il passait nous voir et il posait son chant rap sur notre metal. Un jour ion lui a proposé de faire une chanson avec nous, en mélangeant son rap avec notre death core. On a fait une chanson, on l’a enregistrée et nos potes nous ont dit que c’était notre meilleur titre. On s’est rendu compte qu’on avait quelque chose de plus original à faire… À l’époque, c’était un genre un peu oublié, le neo metal… On s’est lancés dans l’aventure, on a un peu affiné le style au fil des ans pour devenir un peu plus proche du djent, neo metal.

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses, des événements qui vous ont marqués plus particulièrement ?

Brice : A partir du premier album, on a commencé à sortir des clips, à diffuser des vidéos. On habite un tout petit bled au fond de l’Alsace et, à l’époque, on demandait beaucoup d’aide aux labels, etc. Quand tu es un jeune groupe, tu essaies toujours de faire ce qu’on te dit, « va trouver un label, va trouver un booker, va trouver des gens qui vont bosser pour toi… »  et on s’est rendu compte que, la plupart du temps, si tu fais les choses toi-même, tu t’en sors aussi bien. On a commencé à bosser sur une com’ video, on a utilisé les réseaux sociaux, on a eu beaucoup de vues sur YouTube grâce à ça, et on a été contactés par des pays étrangers. Pour nous, c’était assez fou, en tant que Français, qu’on nous propose d’aller tourner dans des pays comme la Russie, le Canada. Au départ, pour nous, Smash Hit Combo n’était pas destiné à faire ce genre de carrière. Mais à partir de ce moment-là, on a commencé à se structurer, à vraiment bosser pour faire les choses bien. Donc, je dirais que c’est ça, les premiers voyages à l’étranger qui nous ont ouvert l’esprit.

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical ?

Brice : oh, j’en ai eu beaucoup… Le premier groupe qui m’a vraiment… Je pense que c’est quand j’ai écouté Eyeless de Slipknot. J’ai mon pote qui passait chez moi et qui m’a dit « tiens, il faut que je te fasse écouter ça ! » Je lui ai dit, après, « mec, ce CD… tu repars pas avec tant que je l’ai pas gravé ! » (rires). Je pense que c’est Slipknot, mon plus gros choc musical.

Metal-Eyes : Et l’artiste, le groupe ou l’album qui t’a fait dire “c’est ce que j’ai envie de faire”, c’est quoi?

Brice : Pff… C’est difficile… C’est venu progressivement, je ne peux pas dire que j’ai eu un déclic… Mudvayne a été super important. Le premier album de Mudvayne, ou le premier album de Limp Bizkit, aussi qui est vraiment le style qui m’a fait comprendre que le rap et le metal peuvent se marier. Rage Against The Machine, aussi, tous ces groupes qui ont osé mélanger des choses…

Metal-Eyes : Tu me parlais de vos premiers voyages en Russie, au Canada, et depuis vos débuts, vous avez aussi tourné avec de grosses pointures. On pense à Gojira, à Black Bomb A, vous avez été produits par Stéphane Buriez… Comment ça s’est fait, tout ça ? Travailler avec Bubu ?

Brice : En fait, on avait des amis qui faisaient partie d’un groupe, X-Vision, qui avaient travaillé avec Buriez. On avait écouté le disque, et on avait été scotchés par la prod. C’est à l’époque où commençait à se dire que si on voulait avancer, il fallait qu’on bosse avec des pros. À l’époque, et aujourd’hui encore, pour nous, Buriez était un des plus grand producteurs, il a produit de super groupes. On s’était dit on va tenter le tout pour le tout, mettre de l’argent de côté, et au lieu de faire notre truc dans notre coin, on va bosser avec des gens qui connaissent le boulot.

Metal-Eyes : Et ça a répondu à vos attentes ?

Brice : Carrément, oui ! Il nous a cadrés… Quand tu es jeune, t’es un peu fou fou, tu veux mettre ça et ça, et lui nous disait d’enlever ça, « mettez plus de ça, soyez plus concis, plus simpels… » Donc oui, il y a un vrai travail de prod qui a été fait.

Metal-Eyes : Et Gojira, comment vous avez été amenés à ouvrir pour eux ?

Brice : Gojira ? C’était déjà très impressionnant… Tu joues avec Gojira, quoi ! Et forcément, quand tu es jeune musicien, ça te met la pression, c’est pas comme si tu jouais au bar du coin, tu peux pas faire les mêmes conneries, tu sais que la salle va être remplie, de connaisseurs, de musiciens… Ce sont des dates qui sont importantes. Je me souviens, quand Gojira a commencé, j’ai pris une petite chaise, je me suis mis derrière Mario et j’ai passé mon concert à… J’ai pas bougé ! J’ai eu mon petit concert de Gojira perso, mon petit concert de Mario pour moi, en tant que batteur… Super ! On a pu les rencontrer, discuter avec eux – ce sont des gens adorables. Une super expérience, évidemment !

Metal-Eyes : Comment vous avez été retenus ?

Brice : Tout simplement, en fait : ils jouaient près de chez nous et on a demandé à la prog si on pouvait jouer avec eux, et ils ont accepté, tout simplement. Coup de bol, on y est allés au culot, c’est tout !

Metal-Eyes : Une des spécialités de Smash Hit Combo est que vous êtes tous passionnés de jeux vidéo, dont vous parlez beaucoup, et pas forcément des meilleurs aspects. Les titres des trois premiers albums font clairement référence à cet univers. Mais quelle est la signification de L33T ? On doit vous le demander souvent…

Brice : Oui, souvent… En fait, ça peut se dire « Leet », aussi. Ça vient de « leet speak », qui est un langage des années 90 qu’utilisaient les informaticiens pour communiquer entre eux. En fait, ils remplaçaient toutes lettres par des chiffres, ce qui rendait les messages plus difficiles à lire. C’est une espèce de code de hackers. Ce que l’on voulait dire ? On utilise des références de jeux vidéo, de mangas, et beaucoup de gens nous disent que, la première fois qu’on écoute nos disques, si on ne connait pas toutes les références, si on n’a pas joué à tel jeu, on ne comprend pas toujours les textes. C’est une manière de dire que c’est une musique un peu « pour l’élite », ceux qui comprennent cet univers…

Metal-Eyes : pour les geeks

Brice : Oui, voilà, pour les geeks.

Metal-Eyes : Tiens, on va reprendre le morceau de Trust: “les geeks sont entrés sans prévenir”…

Brice (Rires): Voilà! C’est une façon de s’adresser aux gens qui sont comme nous, de cet univers, et aussi une dédicace aux années 90, qui sont des années importantes.

Metal-Eyes : Tu vas me dire que je suis un peu con, mais ça vient aussi des années 90 : l’illustration évoque la 3D, alors j’ai mis une paire de lunettes 3D mais ça reste plat…

Brice (rires) : non, c’est juste des effets qu’on a rajouté pour donner un effet 3D.

Metal-Eyes : Et il y en a d’autres qui ont essayé ?

Brice : Euh, non, tu es le premier!

Metal-Eyes : La prochaine fois, il faudra ajouter les lunettes, alors…

Brice : mais tu sais quoi? C’est carrément une bonne idée, je n’y avais pas pensé… ça ne doit pas couter beaucoup plus cher en plus…

Metal-Eyes : Il s’agit d’un double album, ou plutôt d’un album simple, mais en version anglaise et en version française. Le message il est clair : il y a une approche du marché international. Votre objectif, c’est quoi ?

Brice : Oui… et non. On avait pour projet de faire un album en anglais depuis longtemps, mais le problème est que notre rappeur, Paul, est français français. Quand tu veux rapper en anglais alors que tu es Français, c’est très compliqué. Déjà, il y a le problème de l’accent – tu me diras, ça se travaille – mais après il faut avoir le vocabulaire, le flow… L’anglais a une musicalité qui est différente dans le rap, elle est beaucoup plus chantée. On a essayé de faire de l’anglais avec Paul, mais on s’est très vite rendu compte que ça n’allait pas fonctionner, si on voulait avoir un rendu crédible. Ça ne nous a pas plu. On a laissé tomber le projet, et on fait un featuring avec None Like Joshua sur l’album précédent, qui est un rappeur d’Atlanta. On s’est rendu compte qu’il avait les mêmes affinités que nous : c’est un geek, il fait beaucoup de vidéos sur internet et ne parle quasiment que de jeux vidéo, et c’est naturellement qu’on a commencé à bosser ensemble et le projet de l’album anglais est re-né de ses cendres. À partir de là, on s’est dit « pourquoi pas faire deux choses différentes, plutôt qu’une au rabais avec uniquement Paul au chant ? Nous, on l’a repéré, Josh, parce que c’est quelqu’un qui est capable de faire du rap sur du Meshugah, par exemple… Il est batteur, il adore le metal et il utilise le rap de manière assez spéciale, avec des structures complexes… Il est très musicien

Metal-Eyes : Alors, justement : comment décrirais tu la musique de Smash Hit Combo pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Brice : pour nous, c’est du rap metal, du neo metal… On pourrait dire que c’est du rap metal 2.0, c’est-à-dire que c’est du neo boosté aux hormones. Une mise à jour de ce que pourrait être le rap metal aujourd’hui. Il y a beaucoup de gens qui, après avoir écouté l’album, nous ont dit que c’est du Linkin Park 2.0, ce que Linkin Park aurait pu faire si… On va pas en discuter… Mais beaucoup de gens nous ont dit qu’ils auraient aimé que cet album soit le prochain Linkin Park au lieu de ce qu’ils ont sorti…

Metal-Eyes :Ben c’est dommage, c’est le votre ! pour moi, et je ne suis pas spécialiste de ce genre de metal,  mais il est violent, épyleptique, syncopé. J’entends des influences Rage Against The Machine et des rythmiques à la Five Finger Death Punch (il approuve). Vous avez mis quoi d’autre dans cet album ?

Brice : Comme références musicales ? Il y a un peu de Meshuggah, mine de rien, saupoudré avec finesse de prog djent, évidemment du Limp Bizkit… Du Slipknot, aussi ! Animal As Leaders aussi, si tu connais…

Metal-Eyes : Le nom me dit quelque chose… Le trio, sans basse, qui est passé cette année au Hellfest !

Brice : Exactement ! Je ne sais pas s’ils y étaient mais c’est incroyable ce qu’ils font.

Metal-Eyes : Si vous aviez une devise, ce serait quoi ?

Brice : … (il rit) : “Jamais j’admets d’être game over” ! On dit ça dans le texte… Et c’est un peu notre leit motiv, ne jamais laisser partir notre âme d’enfant. Tous nos textes parlent un peu de ça, ne pas laisser tomber. On reste de grands enfants ; Alors, c’est sûr, on ne joue plus 15 heures par jour à la console, mais je pense qu’il faut garder l’espèce d’émerveillement de la jeunesse, l’innocence et la bêtise de la jeunesse ! Essayer de rester de grands enfants ;

Metal-Eyes : Et sur scène, ça donne quoi, cette innocence? À quoi doit-on s’attendre quand on vient vous voir ?

Brice : El live, on essaie de laisser au gens un souvenir… Il faut qu’ils aient envie de revenir. Comme je te disais, on vient d’un petit bled, et le seul moyen de faire notre promo, c’était de faire des concerts. Donc on essaie d’être le plus chaotique possible, épileptique, comme sur le CD.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de L33T pour définir ce que vous êtes ce serait lequel ?

Brice : C’est difficile, parce qu’il y a deux versions… Allez, je peux t’en donner un de chaque ! Pour la version anglaise, ce serait Evil within, et pour la française… Arkam asylum. Parce que, même si tu ne connais pas les jeux, l’ambiance explique tout, les problèmes qu’on peut avoir dans sa tête… Les jeux vidéo expriment aussi, souvent, des choses plus personnelles.

Metal-Eyes : Il y a une tournée prévuie ?

Brice : oui : là, on part au Québec, et ensuite, on fera la première partie de la fin de la tournée d’adieux de The Arrs, il y a une quinzaine de dates, dont celle du 11 novembre au Trabendo. Après, retour en Russie, au Japon…

 

INTERVIEW: WHISKEY MYERS

Entretien WHISKEY MYERS. Rencontre avec Gary Brown (basse). Propos recueillis à Paris le 31 mai 2017

C’est quelques instants avant de monter sur scène que Gary Brown, le bassiste de Whiskey Myers, a accueilli Metal Eyes pour une interview quasi improvisée.

Metal-Eyes : Aujourd’hui, c’est le dernier jour de la tournée européenne de Whiskey Myers. Comment était cette tournée ?

Gary Brown : Bien, bien, de bons publics, une belle participation, oui, plutôt bien, jusqu’à présent….

Metal-Eyes : prêts à rentrer à la maison?

Gary Brown : Oui, ça vient. C’est une envie qui commence à se faire sentir. On a donné, je crois, 12 concerts en 15 jours, ce qui est plutôt bien.

Metal-Eyes : je viens de découvrir Whiskey Myers avec Mud, son dernier album. Peux-tu me dire ce qu’est ce groupe ?

Gary Brown : Simplement ce que nous sommes, ce que nous savons faire; On a grandi dans le Sud, au Texas, à la champagne… C’est un groupe qui dit “reste fidèle à ce que tu es, n’oublies pas tes racines…”

Metal-Eyes : C’est le son de votre musique qui, si je puis dire, dégage les odeurs du Sud…

Gary Brown : Ca sent chez nous, oui…

Metal-Eyes : Si je te dis “redneck”, ça évoque quoi, pour toi?

Gary Brown : Je ne sais pas… Ça me fait penser à ce personnage de la série Les rois du Texas…

Metal-Eyes : Sur Mud, on sent beaucoup de choses: la vie, de la religion, aussi. Qu’avez-vous mis d’autre dans ce disque ?

Gary Brown : Ce genre de choses, ce qui dit qui nous sommes… On pourrait traiter un peu de politique, mais c’est pas notre truc. On préfère parler de ce qu’on a appris en grandissant au Texas, ces choses qui nous ont forgés, fait de nous ce que nous sommes. Être fidèles à nous mêem.

Metal-Eyes : Alors, qu’êtes-vous donc?

Gary Brown : oh, des gens du Sud, mec, tu vois. On a grandi à la campagne, on devait apprendre à faire les choses par nous-mêmes, pêcher, chasser… respecter les autres, et tes origines, ceux qui t’ont élevés. Je crois que cela a construit une bonne partie de ce disque.

Metal-Eyes : En effet. Au sujet de ce disque, qui sont les choristes?

Gary Brown : il n’y en a qu’une, elle s’appelle Christine Rodgers. C’est une superbe chanteuse de Nashville. Elle est fantastique. Elle a aussi chanté sur Early mornig shakes, je ne sais plus quels titres, mais elle y est.

Metal-Eyes : C’est la première fois que vous allez jouer à Paris avec Whiskey Myers. Quattendez-vous du concert de ce soir,

Gary Brown : J’espère vivre ce que nous avons vécus sur cette tournée : on a joué en Allemagne et en Pologne pour la première fois, et j’espère toucher les gens. C’est complet, il va faire chaud, et énergique. J’espère simplement que les fans vont apprécier la musique.

Metal-Eyes : doit-on s’attendre à quelque chose de spécial ce soir ? Je m’explique : WASP avait pour habitude de balancer de la viande dans le public, Stryper, c’était des Bibles. Vous pensez jeter de la boue (Mud) au public ?

Gary Brown (rires): Non, non, on ne veut pas qu’ils nous jettent quoi que ce soit, alors on ne jettera rien ! Si, des médiators, mais rien de plus…

Metal-Eyes : vous vous appelez Whiskey Myers : quel est ton Whiskey préféré ?

Gary Brown : Je ne bois plus depuis maintenant 3 ans… Mais quand je buvais, j’aimais beaucoup el Crown Royal, du Canada.

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre disque : comme nous l’avons dit, Mud est plein de vie, de cette musique du Sud, avec du banjo, de beaux chœurs… Très rock, roots et heavy. Quelle était votre intention musicale avec ce disque ? Avez-vous voulu modifier ce que vous avez fait jusque-là?

Gary Brown : Non, pas vraiment. Je ne crois pas qu’on ai jamais envisagé d’entrer en studio et de tout changer. On évolue, il y a de nouveaux membres qui apportent leurs idées. Notre producteur, Dave, nous aide sur certains points, certaines décisions, comme quels instruments inclure, comment mieux construire les chansons pour qu’elles collent au son, comment permettre à chaque partie de soutenir les autres, ce qui fait une chanson. Je crois qu’en tant que groupe, nous avons appris à le faire de mieux en mieux, avons grandi. Bien sûr, nous disposons aujourd’hui, avec les nouveaux outils, de plus de moyens pour créer de nouveaux sons. C’est sans doute ce qui différencie ce disque des précédents.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Mud pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Whiskey Myers, ce serait laquelle ?

Gary Brown : C’est une excellente question!  (Il réfléchit) Sans doute Mud, ou On the river… Cette dernière parle d’un homme qui a fait une promesse et se bat pour l’honorer, et survivre à une époque où c’était très dur. Mud a aussi du feeling, et parle de cette fidélité à ce que tu es, ce qui a fait de toi ce que tu es. Je crois que ces choses valent le coup qu’on se batte, qu’on les garde dans notre cœur.

Metal-Eyes : Et si nous parlions un peu de votre président?

Gary Brown (rires): J’ai pas grand-chose à dire à son sujet…

Metal-Eyes : Une toute dernière chose, alors : quelle pourrait être la devise de Whiskey Myers ?

Gary Brown (il rit) : hum… Ne sois pas une lavette. Sois fort et bas toi pour ce qui vaut le coup.

 

HELLTERVIEW: SKINDRED

Entretien Skindred. Rencontre avec Benji Weeb (chant) et  Dan (basse). Propos recueillis au Hellfest le 18 juin 2017

Skindred

Quelques heures avant que Skindred ne mette le feu au Hellfest, c’est un chanteur et un bassiste déjà au taquet qui répondent à Metal Eyes. Une petite idée de ce qui va se passer en live !

 

Metal-Eyes : Je vous ai découvert l’an dernier au Download, et c’est, je crois, votre seconde venue au Hellfest ?

Dan : On a joué en 2013 ou 2014, oui. On a ouvert sur une des mainstages

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous jouez un peu plus tard. Ça vous fait quoi de revenir au Hellfest ?

Benji Weeb : C’est un honneur! Ce festival est extraordinaire ! Tu sais, on joue dans des festivals à travers le monde et celui-ci est un des meilleurs.

Dan : C’est fabuleux de constater que la France propose aujourd’hui ce festival qui est une vitrine pour le monde. Un outil qui prouve que la France a une scène, une scène rock explosive !

Metal-Eyes : Quelles sont les nouvelles de Skindred ?  

Dan : On fait les festivals cet été, et ensuite on enregistrera un nouvel album qui devrait paraitre en 2018. Tu auras bientôt de nouveaux morceaux à écouter. D’abord, on va jouer au Japon, en Australie, ensuite, on enregistre.

Metal-Eyes : Donc il y aura une nouvelle tournée?

Dan : Nous sommes comme dans une roue de souris: on court et on s’arrête où on veut !

Metal-Eyes : Qu’attendez-vous de ce festival, aujourd’hui?

Benji Weeb : De l’argent!

Metal-Eyes : Et à part l’argent? Non, attends, ne me parle pas de sexe ou autres trucs du genre ?

Benji Weeb : Non, sérieusement: on espère séduire les Français et pouvoir donner des concerts dans des clubs. Et que ces concerts soit complets, à Paris, Nice, Bordeaux ou ailleurs. Nous avons toujours eu un retour extra du public, mais nous espérons pouvoir effectuer une tuornée à guichets fermés ici ! On se fout de savoir qu’il y  ait 300 personnes ou 2000, tant que c’est complet. Donc, ce qu’on attend, c’est que le public se souvienne de Skindred, du concert, qu’ils en parlent à leurs amis et qu’ils viennent aux concerts !

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous la musique de Skindred pour ceux qui ne vous connaissent pas?

Benji Weeb : Un peu de rock et un peu de reggae.

Dan : Et du groove. Une sorte de reggae agressif et de rock grovy.

Metal-Eyes : Quelques questions spéciales Hellfest: lequel des 7 péchés capitaux vous définirait le mieux, individuellement?

Benji Weeb : Tu es prêt? Incorruptible.

Metal-Eyes : Ce n’est pas un des sept péchés capitaix…

Benji Weeb : J’en ai rien à foutre, c’est mes 7 péchés! (rires)

Metal-Eyes : Donc je revois la liste, alors…

Benji Weeb : Oui, tu en fais une nouvelle!

Dan : Euh, l’apathie, c’en est un?

Metal-Eyes : La paresse, oui.

Dan : Non, pas la paresse, mais l’apathie oui!

Benji Weeb : On s’en tape des 7 péchés capitaux, on crée les nôtres !

Metal-Eyes : Pourriez-vous créer de nouvelles vertus cardinales, alors?

Benji Weeb : Tue s très religieux, dis! On n’est pas religieux, nous, on s’en fout ! (rires)

Metal-Eyes : Nous sommes au festival de l’enfer, je te rappelle!

Dan : La mauvaise attitude!

Benji Weeb : Exactement, on botte les culs! On est des vikings !

Metal-Eyes : Tu ressembles à un Viking, en effet!

Benji Weeb : Exactement! Je suis le premier Viking black que tu n’aies jamais rencontré!

Metal-Eyes : Y a-t-il quelque chose que vous regrettez l’un et l’autre d’avoir fait avec Skindred?

Dan : Tu as un papier et un crayon? La liste va être longue ! (rires) Être dans un groupe et jouer de la musique n’est pas traditionnel. Il faut que tu crées ton propre voyage. Ce faisant, tu vas faire des erreurs et en tirer des leçons…

Metal-Eyes : Comme quoi ?

Benji Weeb : Comme enregistrer des putains de morceaux electro ! ça c’était une erreur! (rires)

Dan : Dès que tu laisses quelqu’un s’occuper de tes affaires, comme les affaires créatives, ça se complique. Il s’agit de savoir ce que tu peux lâcher, ou pas. On ne fait pas partie de la scène traditionnelle : on n’est pas un groupe de rock cool, un groupe de metal dans le vent, ou de reggae… Emo, grunge… On ne fait partie de rien, et on a dû tracer notre propre route, sur laquelle il y a eu des détours. Et nous avons dû revenir sur le bon chemin.

Metal-Eyes : C’est ce que tu disais : pas de compromis…

Benji Weeb : Aucun. C’est comme quand nous avons fait ce truc, dub step, on l’a fait à notre manière. Et on excelle dans ce que l’on fait si on le fait à notre manière et ensemble.

Dan : Ton idée des 7 péchés capitaux, c’est un peu ça : si tu relâches ton attention un instant, eh bien, c’est là que les choses arrivent. On vieilli, et on a une meilleure vision des choses. Parfois, c’est douloureux, d’autres fois, c’est compliqué, mais au final, ça nous aide à retrouver le bon chemin.

Metal-Eyes : Merci beaucoup, je vous vois tout à l’heure sur scène !

Benji Weeb : Merci à toi. C’était bien ! Tu sais quoi : tes questions sont bonnes ! Tu poses de bonnes questions, tu provoques de bonnes réponses, j’ai adoré. Maintenant, fous le camp, bordel ! (rires)

Merci à Elodie Jouault et Pauline (Him Media)

 

HELLTERVIEW: THE DEAD DAISIES

Entretien THE DEAD DAISIES. Rencontre avec John Corabi (chant), David Lowy (guitare) et Brian Tichy (batterie) Propos recueillis au Hellfest le 17 juin 2017

The Dead Daisies

C’est en dernière minute ou presque que The Dead Daisies, au départ prévu pour ne donner qu’une conférence de presse, a décidé de rencontrer quelques journalistes sur place au Hellfest, dans une ambiance détendue. Une rencontre improvisée, dans la bonne humeur, avec l’un des groupes les plus chaleureux du moment !

 

Metal-Eyes : C’est votre premier Hellfest, quelles sont vos premières impressions, à chaud après votre concert?

John Corabi : Honnêtement, c’est un super festival. Je me suis baladé, j’ai regardé les décors, les bars, les tentes, la piscine, ici… C’est… C’est putain de génial, c’est vraiment cool. Je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est ma première fois, et j’ai vraiment adoré. On a eu un retour fantastique du public, la scène est superbe… j’ai hâte de revenir !

David Lowy : J’en avais déjà beaucoup entendu parler, mais ça dépasse tout ce que j’avais pu entendre… C’est géant : un super public, des installations superbes… C’est un privilège d’être ici.

Brian Tichy : J’ai pris une claque, mec ! Beaucoup de monde tôt dans la journée, du soleil, les gens sont très rock. J’ai passé un super moment !

Metal-Eyes : Bien ! Vous avez publié il y a quelques semaines Live & louder, qui est votre premier album live. Tout d’abord, merci d’avoir inclus au moins deux chansons enregistrées à Paris. Comment avez-vous choisi les chansons et les lieux qui figurent sur ce disque ?

John Corabi : Nous aurions sans doute pu simplement le faire avec un seul show, mais Doug (Aldrich, guitare) a tout écouté, chaque show, et on s’est dit que ce serait assez sympa de publier quelques chansons de cette ville, d’autres enregistrées ailleurs… Nous avons pris les meilleures versions et avons cherché à représenter l’Europe, et pas seulement une ville. Il y a Paris, Vienne, Londres, une ville en Allemagne aussi. Il y a 4 ou 5 shows sur ce disque. Nous voulions montrer l’énergie entre un groupe qui tire dans tous les sens et le public qui grossit à une vitesse incroyable en ce moment. Je pense que c’est le bon moment pour nous.

Metal-Eyes : Puisque nous parlons de Doug, la première fois que nous nous sommes rencontrés…

John Corabi : Ne parlons pas de Doug, parlons de moi! (rires)

Metal-Eyes : Nous allons parler de chacun d’entre vous… Au départ, donc, The Dead Daisies était présenté comme un groupe à configuration variable, musicalement, en fonction des disponibilités des musiciens. Il semble que Doug ait une place de plus en plus importante aujourd’hui, s’implique de plus en plus et que le line-up se stabilise, devenant ainsi un vrai groupe. Diriez-vous que The Dead Daisies est aujourd’hui un groupe à part entière ?

John Corabi : Honnêtement, c’est David qui devrait te répondre. Mais, de mon point de vue, quand j’ai intégré ce truc, il voulait vraiment fonder un groupe. Il a démarré ce groupe avec un gars qui s’appelle John Stevens, un chanteur incroyable, mais John était avec INXS, David faisait partie de différents groupes populaires en Australie. Je pense que quand ils se sont réunis, ils ont composé quelques chansons, ont utilisé les services de musiciens de sessions en studio et ont décidé, plus tard, de partir en tournée. En gros, ils ont fait les choses à l’envers. D’habitude, tu montes un groupe, tu jammes, tu composes, chacun apprend à connaitre les autres et, ensuite, tu enregistres un disque. En ce sens, il y a eu des souffrances, et la liste s’est allongée. Certains des noms de cette liste sont de très bons amis qui, pour une raison ou une autre, ne pouvait être là. La première tournée que j’ai faite avec le groupe, Brian ne pouvait être là, alors on a fait appel à Tommy Cluefedos, Richard (Fortus) a eu un accident de moto, on a fait appel à  Dave Leslie de Baby animals. Tous sont des potes qui sont venus donner quelques concerts. Mais David voulait un groupe et, aujourd’hui, il l’a ! Il en est très heureux, comme nous tous !

David Lowy : Oui, très. C’est très confortable. Il faut un peu de temps pour former et construire un nouveau groupe, que les choses s’imbriquent els unes aux autres. Je crois que la meilleure manière de décrire tout ça, c’est que nous adorons jouer ensemble, nous sommes très à l’aise. Nous avons composé de bonnes chansons, les avons enregistrées ensemble, tournons ensemble… Il a fallu un peu de temps, mais nous sommes parvenus à forger une équipe soudée. L’ensemble est bien plus agréable que la somme de ses parties, si tu comprends ce que je veux dire.

Metal-Eyes : Comme nous venons de le rappeler, deux chansons, au moins ont été captées à Paris. Quels sont vos souvenirs de ce concert parisien, au Trabendo, fin 2016 ?

John Corabi : C’est marrant, et surtout malheureux, mais nous avons joué deux fois en France, chaque fois quelque temps après une tragédie. Nous avons joué environ 10 jours après le Bataclan, et nous ne savions pas si nous devions jouer ou pas. C’est David qui a pris la décision, genre « on y va ! Merde, on ne laissera personne diminuer notre envie de jouer en France ! A chaque fois, nous avons eu un retour public extraordinaire. Je crois que les gens avaient besoin d’un peu d’amusement et de musique dans leur vie. La première fois, c’était après le Bataclan, la seconde, après les attaques de Nice. Nous avons été très surpris par la réaction du public. J’en ai parlé à notre management. Après notre premier voyage, j’ai reç cette lettre absolument incroyable d’un fan de Paris. Il disait, en gros : « marci beaucoup, vous êtes à mes yeux mes héros, pour venir jouer aussi rapidement après les attaques du Bataclan et jouer pour nous. » Il en avait besoin, et il a continué en m’expliquant qu’il était l’un des otages du Bataclan. Là j’ai pris ma claque, et je lui ai répondu en lui écrivant « Toi, tu es notre héros ! » Je lui ai envoyé plein de choses, des t-shirts, des machins en le remerciant, lui, d’être venu nous voir. Je ne sais pas si j’en aurais été capable. Paris a toujours été super, et il nous fallait représenter Paris sur ce disque.

Brian Tichy : Je me souviens de beaucoup de passion, et le fait que les gens soient ressortis après tous les événements dont a parlé John. Le concert en lui-même ? Paris rock, et nous sommes un groupe de rock, alors …

Metal-Eyes : Puisqu nous sommes au Hellfest, je vous ai préparé quelques questions sur l’enfer et le paradis. Tout d’abord, lequel des 7 péchés capitaux vous représente-t-il le mieux ?

David Lowy : Les 7 péchés capitaux ? Que sont-ils ???

Metal-Eyes : Allez, je savais qu’il faudrait les rappeler : la luxure, l’avarice, la gourmandise, la colère, l’envie, la paresse et l’orgueil.

David Lowy : Check, check, check… Tous!

John Corabi : Moi j’étais plus dans la luxure! Mais les autres aussi!

Metal-Eyes : Mais si vous deviez n’en retenir qu’un seul, ce serait lequel?

David Lowy : Ben, en réalité, comme tu le sais, ce sont les 7 premières chansons de notre prochain album ! Tu as trouvé les titres, c’est bien, bravo !

Brian Tichy : Pour définir le péché le plus correspondant, il faudrait déjà croire au péché.. Je n’ai pas envie de parler de religion aujourd’hui, alors je passe !

John Corabi : Et moi, je reste avec la luxure ! (rires)

Metal-Eyes : Ne parlons pas de religion, d’accord. De quoi va-t-on parler ? De politique ? Vous pensez quoi de votre nouveau président ?

John Corabi : Bon, ben… Euh, tu sais quoi? Parlons de religion ! (rires) Ce thème-là est un peu comme la religion…On oublie, on passe à autre chose !

Metal-Eyes : Y a-t-il une chose que chacun d’entre vous regrette avoir faite, avec The Dead Daisies ?

David Lowy (il rit) : Ce que je regrette ? Tu sais, c’est un voyage que j’ai entamé il y a un bon moment, et j’ai l’honneur que ces gars m’ait rejoint. Un voyage, c’est comme tout : il y a de bons moments, d’autres moins bons, ennuyeux, des joies et des regrets. Mais la meilleure partie de ce voyage, c’est que les fans soient avec nous. Nous voyons les choses ainsi : ce n’est pas nous sur scène, ce sont les fans dans le public, et ils participent, avec nous, à ce voyage de rock’n’roll.

John Corabi : J’ai volontairement retiré tous les rétroviseurs de ma voiture : je ne regarde pas en arrière, je regarde devant.

Brian Tichy : Je n’ai pas de regret ; Si je crois que je peux regretter quelque chose, je ne la fait pas, c’est tout.

John Corabi : Brian est un penseur, il ne fait jamais rien, il réfléchit toujours! Il est sans doute…bah… Il ne regrette rien parce qu’il ne commet pas d’erreurs !

Metal-Eyes : S’il est le penseur du groupe, vous êtes quoi, tous les deux,

John Corabi : Je suis le blagueur. David est le, le…

David Lowy : Je suis le pilote!

John Corabi : Ou Dieu, l’un des deux!

Metal-Eyes : Non, on vient de dire « pas de religion»! Vous aimez reprendre des chansons, si vous deviez ne choisir qu’une chanson à jouer à chaque concert jusqu’à la fin, ce serait laquelle ?

John Corabi : Waow! Je n’en sais rien, il faut que j’y réfléchisse! Il y a tellement de bonnes chansons… J’ai traversé la fin des 60’s et les 70’s, il y a tant de bonnes chansons, c’est impossible de répondre à cette question !

Brian Tichy : Je reprendrais Freebird (Lynyrd Skynyrd)tous les soirs. Si je devais reprendre une seule chanson, je reprendrais la meilleure, c’est tout.

Metal-Eyes : Tu as raison, John, c’est le penseur !

John Corabi : Tu me le demandais, et je peux te dire qu’il ne regrettera pas cette réponse.

Metal-Eyes : Dernière chose, vous allez profiter un peu du Hellfest ?

John Corabi : Honnêtement? On joue demain au Grasspop, alors nous allons terminer avec les medias, grignoter quelque chose et filer à l’aéroport. Nous avons une mission ! On a donné, je crois, 2 concerts en 12 heures…

David Lowy : On a fini de signer les autographes au concert d’hier à 1h du matin, et nous étions sur scène à midi trente aujourd’hui…

Metal-Eyes : Et vous ne refusez jamais les séances dédicaces…

John Corabi : Non !

David Lowy : Comme je l’ai dit, on fait, les fans et nous, le même voyage.

Metal-Eyes : Merci pour tout, et j’espère écouter bientôt un nouvel album…

John Corabi : Nous commençons à enregistrer le 1er novembre prochain, l’album sortira début 2018, et la tournée suivra.

Merci à Roger Wessier d’avoir pensé à Metal-Eyes !

Interview: SUPERSCREAM

Interview SUPERSCREAM. Rencontre avec Phil Vermont (compositeur, guitariste, producteur) et Eric Parriche (chanteur, auteur, scénographe…). Entretien réalisé à Paris, le 29 mai 2019

Metal-Eyes : Revenons un peu en arrière : Superscream avait été très remarqué avec son premier albm, Some strange heavy sound, mais depuis, 6 années se sont écoulées. Que s’est-il passé pendant cette longue période ? En dehors du changement de personnel…

Phil Vermont : Plein de choses… Ce qu’il faut comprendre, et à l’époque, on n’en a pas beaucoup parlé, c’est qu’à la base, Some strange heavy sound c’est un album qui a été conçu avec des side men, et, en gros, c’est moi qui délirait à l’époque sur mon ordinateur. Avec Eric, on travaillait dans un projet qui s’appelait Darjeeling, ça a très bien collé entre nous et on a eu envie de travailler ensemble sur ce projet-là, mais on n’avait pas prévu qu’il y ait une suite. On voulait juste sortir un disque pour se faire plaisir. Après, forcément, il a fallu monter une équipe live, répéter avec cette équipe, écrire de nouveaux morceaux, concevoir un show live… En gros, on n’avait pas du tout anticipé la charge de travail qu’il allait y avoir. Ensuite, on voulait ne pas reproduire les erreurs du premier album, et avoir tout de prêt pour ce nouvel album. Du coup, il y a eu des phases d’expérimentation, d’écriture, de choses comme ça…

Metal-Eyes : Quand tu dis « ne pas reproduire les mêmes erreurs », tu veux dire quoi ? Qu’est-ce qui représente une erreur pour toi ?

Phil Vermont : Je crois qu’il y a 8 morceaux sur Some strange heavy sound. Tout ce que tu entends, c’est tout ce que j’avais comme matière sonore. Sur The engine cries, ce que tu entends, ce sont des morceaux qui ont été sélectionnés dans une masse de morceaux que j’ai écris, ce qui veut dire que, potentiellement, on a de la matière pour enregistrer un album qui ne sortirait pas dans 6 ans. Par exemple ! (rires) Il y a aussi un DVD live qui est en cours, qu’on a enregistré avant  que l’album ne sorte, pour qu’il n’y ait pas trop d’écart entre la sortie de ce DVD et l’album. On a vraiment organisé les choses sur plusieurs années pour voir venir et entretenir l’énergie autour du groupe

Eric Parriche :  On a deux clips aussi qui vont arriver, qui ont été tournés en amont. Ça aussi, ça a demandé du temps. Il y en a un qui dure presque dix minutes, limite court-métrage, pour The engine cries, le morceau titre. Après, je ne verrais pas ça comme une erreur spécialement. Le premier album c’est fait comme ça, là n voulait juste procéder différemment. Maintenant qu’on prend les choses un peu plus au sérieux – ce n’est pas le bon mot – qu’on voudrait tourner, avoir une vraie équipe… Au début, ce n’était qu’un binôme, et c’est vrai que ça aurait pu s’arrêter là, et pour finir, on a décidé de continuer. Différemment.

Metal-Eyes : Vous étiez tous les deux, comme tu le rappelais, avec Darjeeling. Le fait qu’il y ait  eu un vrai impact positif avec Some strange heavy sound a fait que vous ayez décidé de laisser Darjeeling de côté pour vous concentrer sur Superscream ?

Phil Vermont : Darjeeling s’est arrêté avant la sortie de l’album. En fait, les tout premiers morceaux –Metal sickness par exemple – je en savais pas trop pour quoi ça allait être. Ça ne correspondait pas vraiment à Darjeeling. C’est Eric qui, à l’époque, gérait la direction artistique du groupe.

Eric Parriche : Musicalement, ça ne rentrait pas, ça ne fonctionnait pas avec ce que l’on faisait avec Darjeeling.  Pas vraiment metal, les textes étaient en français… du coup, ça engendrait une esthétique complètement différente. J’avais décidé d’arrêter ce projet, Phil avait ces quelques morceaux de côté… Phil, avec Darjeeling, a un peu renoué avec le rock et le metal qu’on ne faisait plus à l’époque et ça lui a donné l’idée de ce nouveau projet. Tu avais tes morceaux, je suis venu et je t’ai dit « allez, je vais te poser quelques lignes de chant, on va délirer un peu… » et c’est parti comme ça. J’ai mis le casque, j’ai improvisé et petit à petit, ça s’est construit dans sa tête.

Phil Vermont : Exactement. Sachant qu’on a procédé différemment pour le deuxième album.

Metal-Eyes : Justement, comment décririez-vous l’évolution entre ces deux albums ? 6 années, c’est pratiquement une vie pour un groupe…

Phil Vermont : Ca a évolué à tous points de vue. Concrètement, l’écriture a évoluée. Je voulais aller vers quelque chose de plus fédérateur, toujours avec ce côté world metal mais avec des chansons qui sont plus « existantes ».  Aujourd’hui, tu peux jouer quasiment tout The engine cries avec une guitare acoustique et Eric qui chante, ce qui n’était pas le cas de Some strange heavy sound On a évolué au niveau de la production qui, à mo sens, est bien plus réussie que sur le premier album. On a aussi procédé différemment pour l’écriture : j’ai pris en charge tout l’aspect musical et les lignes de chant, tandis qu’Eric a écrit tous les textes, à l’exception de deux. Maintenant, avec Eric, on se laisse des dossiers. Par exemple, il a complètement géré l’artwork, dont je suis très fier, il a géré complètement la production de l’album, tandis que j’ai géré la direction artistique et les aspects musicaux. Du coup, quand il tourne quelque chose en vidéo, je fais la musique… Tu vois, on est dans une vraie relation de confiance, encore plus qu’avant, et ça, ça fait avancer les choses.

Metal-Eyes :Il y a aujourd’hui une complémentarité qui s’est forgée avec le temps, donc.

Phil Vermont : Complètement ! Mais c’est vraiment du fait – je lui dis mais il ne le sait pas – c’est vraiment du fait d’Eric. Eric a vraiment vu où ça pêchait de mon côté et s’est simplement placé là pour faire telle chose. Forcément, ça booste l’affaire à 200% parce qu’on est bien plus complémentaires qu’avant.

Metal-Eyes :Tu parlais de la production, et c’est le seul point que j’ai relevé dans ma chronique : pour moi, elle n’est pas assez épaisse, grasse, pour ce type de musique…

Phil Vermont : Alors c’est complètement volontaire de notre part, et pour deux raisons. Déjà, il n’y a qu’un morceau joué à la 7 cordes, là où aujourd’hui, tout le monde joue à la 7 corde ou accordé très très grave pour avoir le son metal actuel. Moi, je ne suis pas hyper friand de ça parce que, du coup, tu as beaucoup de mal à sortir la basse du mix. Ensuite, dans beaucoup de morceaux qu’on fait, il y a des percussions. SI tu veux tout entendre et faire en sorte que tout fonctionne ensemble… Si tu retires les percus, il n’y a plus le truc qu’il faut. Pour que tout soit à sa place, il fallait une prod assez claire et brillante et qui n’aille pas trop dans un sens heavy metal actuel. Ça ne pouvait pas marcher. Avec un  morceau comme Evil cream, ça aurait pu marcher, mais pas avec le reste. Il y a autre chose, aussi : Eric a une très grande tessiture, et il ne faut pas oublier que si les groupes jouet très grave, c’est pour laisser la possibilité au chanteur de ne pas être obligé de monter dans les tours. Eric, lui, peut le faire, donc je n’ai pas de raison de m’accorder en Si.

Metal-Eyes (à Eric) : Tu couvres combien d’octaves ?

Eric Parriche : Euh, je ne sais pas du tout ! Excellente question… Je considère que l’important c’est de  bien chanter dans sa zone de confort, et peu importe la note la plus grave ou la plus aiguë qu’on peut atteindre. Maintenant, je comprends ta remarques sur la prod. Le choix de ne pas utiliser énormément d’effets, c’est vraiment (il s’adresse à Phil) une volonté de ta part. Je n’avais pas d’idée préconçue sur la question…

Phil Vermont : C’est complètement vrai, et c’est un constat sur le temps : les albums trop surproduits vieillissent souvent pas très bien. Tu prend l’album de Rage Against The Machine, Bombtrack : la prod n’est pas très saturée, les guitares sont hyper claires, ce qui fait que l’album traverse le temps. Nous, on a écouté ça dans les années 90, les mômes des années 2000, aussi, et ceux d’aujourd’hui continuent de l’écouter. C’est quelque chose qui peut  être très vrai avec les albums de Led Zeppelin. Alors que le son d’aujourd’hui se démode très vite… J’espère que The engine cries est un album qui vieillira bien et que dans 15 ans, les gens ne se diront pas qu’il a mal vieilli !

Metal-Eyes : On parlait du concept de l’Artwork tout à l’heure. C’est Stan W. Decker qui en est responsable mais, d’après ce que j’ai compris, c’est toi Eric qui a eu le concept en tête ?

Eric Parriche : Au départ, on ne savait pas du tout ce qu’on voulait. On a discuté de ce qu’on voulait mettre, quel type de pochette…

Metal-Eyes : Pour moi, c’est un peu Jules Verne rencontre Dali. Je suis oersuadé qu’il y a cependant beaucoup plus, qu’avez-vous voulu mettre dedans ?

Eric Parriche : Beau compliment… On avait un cahier des charges assez lourdement rempli – comme pour beaucoup de choses… –  et on avait envie que ce soit surréaliste, que ça fasse prog mais qu’il y ait une petite touche… humoristique. On s’est  inspiré de différents artistes. Un qui ressortait s’appelle (piste 13, 11’50 – rechercher nom) Caras Ionote (je crois que ça se prononce comme ça), qui fait des montages photos et d’autres choses. C’est un artiste de l’est. On  a essayé avec lui mais, malgré son talent, ce qu’il a fait ne nous convenait pas…

Phil Vermont : C’est un artiste, en fait, pas un gars spécialisé dans les pochettes, donc, du coup, il n’avait pas forcément le savoir faire d’un graphiste. Ça ne fonctionnait pas…

Eric Parriche :  Ca nous a donné l’impulsion de départ pour travailler avec Stan W. Decker qui a tout de suite compris ce qu’on voulait. On lui avait fait des montages avec nos moyens et avec des exemples de ce qui nous intéressait ou pas. J’avais envie qu’il y ait des remous, qu’il y ait de la matière liquide, aussi pour répondre à l’aspect de la Evil cream qu’on utilise dans cet album, et aussi en live. C’est une matière que j’ai inventée, un peu mystérieuse et dont je ne révèle pas  tous les effets…

Phil Vermont : Il vaut mieux pas, d’ailleurs !

Eric Parriche :  Non, on ne verra les effets en live. Pour révéler un petit truc, j’en consomme au début du concert. Ça a des effets… particuliers. Pendant tout le concert.

Metal-Eyes : Justement : un album, ça se défend sur scène : qu’est-ce qui est prévu ?

Phil Vermont : Le problème qu’on a avec cette question (rires), c’est qu’il y a des choses prévues mais qu’on ne peut pas y répondre ! Il n’y a pas de tournée prévue pour l’instant, mais quelques dates en première partie, mais on ne peut dire qui car rien n’est encore officiel. On va cependant essayer de tourner un maximum pour défendre l’album. On a réussi à mettre toute une équipe en place pour Superscream, mais on n’a pas encore de tourneur. Du coup, on essaye de gérer ça pour déléguer le tout à quelqu’un dont c’est le métier de gérer le booking. En fait, c’est notre politique : déléguer chaque chose à quelqu’un dont c’est le métier pour que ce soit fait le mieux possible. En tout cas, on pourra retrouver sur scène rapidement.

Metal-Eyes : E ce qui concerne  l’album lui-même : il y a beaucoup de choses : du rock, du prog, des influences orientales, metal. Qu’avez-vous voulu mettre dans The engine cries ?

Phil Vermont : Eh bien, tout ça ! Pour la petite histoire, c’est mon métier d’être musicien. ET j’ai  eu la chance de travailler dans plein de trucs différents, mais vraiment. De la bossa nova au metal, et j’avais envie de mettre tout ça dedans. Je suis aussi un amoureux des voyages – dès que je peux, je vais voir ailleurs comment ça se passe – et j’aime bien l’idée du voyage musical. Un album court où tu as envie de rappuyer sur play, qui te permette d’aller dans plein d’ambiances. Je crois que le premier qui m’a donné envie de faire ça, c’est Steve Vai avec un album live pour lequel il avait écrit un morceau par pays où il était allé. J’avais trouvé le concept génial. Après, le concept même de la musique de Superscram est né à Budapest, où j’étais en tournée. J’avais vu un gars qui jouait de l’accordéon avec des grosses guitares metal et j’avais trouvé ça génial. Je n’avais jamais entendu un truc pareil, même si aujourd’hui ça existe. Mais à l’époque, je m’étais dit qu’il y avait énormément de ponts entre les musique et qu’il suffit juste de bricoler un peu pour trouver le truc…

Eric Parriche : Au départ, j’aimais bien ce concept. On s’était d’ailleurs définis comme faisant du world metal et au final, on se rend compte que c’est plus du metal progressif, avec comme spécificités d’utiliser des musiques traditionnelles, etc…  Aussi, ça permet d’utiliser des voix différentes. Je me considère comme un chanteur à tout faire : selon les morceaux, je n’utilise pas forcément la même voix, parfois je chante plus nasal, d’autre plus metal ou plus clair, et ça m’allait bien de m’amuser un peu avec tout ça, de modifier ma voix. C’est ce qui est cool avec Superscream, la possibilité de ne rien se refuser. Parfois, ça engendre quelques complications…

Phil Vermont : Je rebondis là-dessus : « rien se refuser », ce n’est pas tout à fait le cas. Pour que ça marche, on est obligés de se refuser plein de choses. Par contre,  le truc que tu veux emboiter avec l’autre, ça ne marche pas toujours. Il faut le faire avec beaucoup de minutie et baliser le tout. On essaye d’expérimenter beaucoup, et là, on ne se refuse rien. Quand on monte le bazar en vrai, on est obligés de tailler dans le vif.

Eric Parriche : Le kazoo, on n’a pas encore réussi à le caser…

Metal-Eyes : Le triangle ?

Phil Vermont : Le triangle, Je crois qu’il y en a déjà !

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de ce disque pour expliquer ce qu’est Superscream aujourd’hui, ce serait lequel ?

Phil Vermont sans hésiter): The engine cries. C’est marrant d’ailleurs que tu nous pose cette question parce qu’on vient de faire un clip et on voulait vraiment que le premier morceau qui soit « clippé » soit représentatif de notre univers. Je le trouve représentatif parce que, déjà, il met en lumière tous les musiciens du groupe – et j’aime bien cette idée. Il y a la dimension world metal – c’est un morceau assez lourd, un refrain heavy, tu as tout le développement instrumental sur la deuxième partie – et, c’est un peu le bonus, tu as une fin qui reste en suspend, tu ne sais pas ce qu’il va se passer après.

Eric Parriche : Après ce n’est pas évident de décider d’un seul morceau représentatif. On a des morceaux tellement différents…

Phil Vermont : Mais il y a deux lignes directrices dans Superscream : le côté world metal dont on a déjà beaucoup parlé, et les morceaux de fans. Un titre comme Evil cream rentre dans les standards du prog, par exemple. L’idée de Superscream, c’est de développer les deux en même temps, de sorte que l’auditeur puisse trouver ses repères, qu’il connait déjà et qui nous ont fait tripper – et le feront tripper aussi, on espère – et cette dimension un peu plus expérimentale. On essaie de réunir le deux. En fait (il rit) la bonne question à nous poser ça aurait été « quels sont les deux morceaux ? »

Eric Parriche :

Metal-Eyes : Donc tu es en train de me dire que ma question n’est pas bonne…

Phil Vermont : Non, on, elle est très bien ! Mais pour Superscream, il en faut deux…

Metal-Eyes : Tu sais que la définition de « choisir » c’est « renoncer à » ?

Phil Vermont : Oui, mais, ça, j’ai du mal !

Eric Parriche : Beaucoup de mal…

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous considérez Superscream comme un grouoe à part entière ? Une entité ?

Phil Vermont : De ce point de vue, oui, clairement. Si tu viens nous voir en live, tu verras qu’on et branchés sur la même longueur d’ondes, qu’on travaille vraiment comme un groupe. Même pour tout le reste. On parlait tout à l’heure de nos rôles respectifs, Stéphane lui s’occupe de l’internet… On a tous plusieurs casquettes, tout le monde met les mains dans le camboui pour faire fonctionner le groue. Ensuite, là où certains ont des véléités pour composer ensemble, nous préférons déléguer. « Ca, tu sais bien faire, alors fais le ». On cherche à utiliser les capacités de chacun à son meilleur niveau et fédérer autour de ces projets. Et ça fonctionne plutôt bien.

Eric Parriche : Au début ce n’était pas une équipe fixe. Maintenant, on est ensemble depuis 4 ans, c’est quelque chose qui se précise.

Metal-Eyes : Alors quelle pourrait être la devisede Superscream aujorud’hui ?

Eric Parriche : Vers l’infini et au dela, non ? (rires) On nous l’a pas faite encore celle-là… (A Phil) C’est toi le leader, vas-y !

Metal-Eyes : Comment il se défausse !

Phil Vermont : Oui, ça me plait bien, le côté on est prêts à partir à la conquête du monde ! Il y en a plein qui pourrait convenir.  J’aimerai bien quelque chose qui aille vers les autres. Je voudrais bien développer un concept d’ouverture, en fait. Pas de fermeture que tu peux trouver chez certains metalleux qui ne se voient pas faire autre chose que ce qu’ils font. Très bien, mais nous, on veut aller vers les autres…

Metal-Eyes : Comme tu le disais tout à l’heure construire des ponts. Pas des murs…

Phil Vermont : Tout à fait. Et l’air de rien, on commence pas mal à se mordre la queu au niveau musical. On n’a jamais eu autant de productions et, paradoxalement, jamais autant qui se ressemblent. Et, à mon avis, la seule manière d’aller au-delà de ça, c’est de mélanger les genres. Haken, par exemple, ils ont plus loin, ils essaient d’amener le truc ailleurs que tous les clones de Dream Theater. Notre devise irait plutôt dans le sens de l’ouverture.

 

Interview: HYPERDUMP

Entretien HYPERDUMP. Rencontre avec Holyv (guitare) et Gaël (batterie). Propos recueillis à Paris le 16 mai 2017

 

Metal-Eyes : Comme vous avez déjà dû le faire 15 fois aujourd’hui, pouvez-vous me raconter l’histoire du groupe, comment vous vous êtes formés, d’où vous venez…

Holyv : Tout commence en 2007. A l’époque, Julien, Sylvain, à la basse, et moi-même voulions faire un nouveau groupe. A cette époque, on jouait dans un groupe de heavy metal, et on est tous fans de Devin Townsend, Strapping Young Lad… et on a voulu monter un projet qui s’en rapprochait et c’est comme ça qu’est né Hyperdump. On a sorti une première démo en 2007 qui n’a pas été vraiment commercialisée – c’était plus pour trouver notre style – et notre premier album en 2012. Fred nous a rejoint à peu près à cette période, à la seconde guitare. Un an après on a sorti un Ep qui s’appelle Saint Critism. Gaël nous a rejoints en 2015 et là, on sort notre nouvel album, The weak man.

Metal-Eyes : Qui fait référence à un célèbre jeu télévisé ?

Holyv : Euh… Non, pourquoi ?

Metal-Eyes : Le maillon faible ?

Holyv : Ah, oui (rires) ! Ça aurait pu c’est vrai, mais non ! C’est un concept album, d’après une histoire inventée par Julien, plutôt style SF, fantastique, inspirée par des auteurs comme Lovecraft. Visuellement, ça s’apparente plutôt aux années 30, 40. Grosso modo, c’est l’histoire d’un homme, le héros, qui est en prison, et il y a des démons et créatures maléfiques. Il se réveille mais ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé. Les morceaux qui suivent racontent ce qui s’est passé – en gros, que son frère a fomenté une révolution pour le faire sortir de cette prison – et le personnage principal va vouloir, à son tour, prendre la tête de la révolution pour se venger de la mort de son frère. A la fin il y a une révélation finale qu’on ne dévoilera pas ici.

Metal-Eyes : Quels sont les invités sur cet album, justement ?

Holyv : Entre autre, Blaze Bailey, ancien chanteur d’Iron Maiden, Guillaume Bideau, ancien chanteur de Mnemic, Scars et One Way Mirror, Arno Strobl de Carnival In Coal, Marc Bazil, le chanteur de DGM, groupe de prog italien… Et on a aussi des proches : l’ancien prof de chant de Julien, Kamel, un ami qui a aussi participé aux textes…

Metal-Eyes : J’imagine que vous avez ravaillé à distance pour la réalisation de cet album, ou vous avez réuni tout le monde ?

Holyv : Non, on a beaucoup travaillé à distance. On a envoyé une maquette, le chanteur a enregistré ses voix qu’on a intégré au mix…

Metal-Eyes : La technologie moderne le permet facilement. Quelles sont vos influences principales ?

Holyv : On a des influences très variées dans le groupe : Julien, par exemple, n’écoute pas de metal, moi, ça va de Dream Theater à Behemoth…

Gaël : Moi, Gojira, Slipknot…

Metal-Eyes : Je n’ai eu le temps d’écouter votre album qu’une fois. C’est donc l’occasion pour vous de me le vendre : qu’est-ce qui fait que je vais aller l’acheter dès sa sortie ?

Holyv : On pourrait dire que c’est un album de metal varié, rentre dedans, pêchu et mélodique. C’est un concept album mais pas dans l’esprit chiant de la chose, avec des morceaux qui durent 20’. Nous, on voulait que ça puisse s’écouter d’une traite, chaque chanson indépendamment. C’est assez accessible.

Metal-Eyes : Comment qualifierais-tu votre style ?

Holyv : On n’aime pas les étiquettes, mais metal moderne s’en rapproche pas mal. Après s’il faut vraiment coller une étiquette, ce serait prog, pourquoi pas…

Gaël : Avant d’entre dans le groupe, on en avait parlé. J’écoutais leur premier album sur lequel certains riffs me font penser à du Slipknot…

Metal-Eyes : … Ce qui n’est pas tout à fait progressif !

Gaël : Non, non, en effet.

Metal-Eyes : Votre éducation musicale, maintenant : comment s’est-elle faite ? Venez-vous d’un milieu musical, avez-vous pris des cours, y avait-il beaucoup de musique à la maison ?

Holyv : Je ne viens pas du tout d’un milieu musical. Je n’écoutais pas de musique, je n’envisageais pas de jouer de la guitare, et un jour, j’ai découvert Metallica à la radio et je me suis dit « je veux faire ça ! » C’était un morceau du Black album, mais je ne sais plus lequel. J’ai acheté une première guitare classique qui coutait trois fois rien, et quand mes parents ont vu que je m’y intéressais vraiment, ils m’ont acheté ma première guitare électrique et je m’y suis mis à fond. J’écoutais Malmsteen, Dream Theater…J’ai toujours appris tout seul et je ne me suis jamais arrêté.

Metal-Eyes : Et toi, Gaël ?

Gaël : Pareil : personne n’écoutait de musique. C’est un de mes amis qui m’a fait découvrir Slipknot au tout début. Avant j’étais plus branché rap américain, et j’ai eu un déclic, j’ai changé de bord ! C’est le batteur de Slipknot, Joey Jordisson, qui m’a donné envie de devenir batteur. Et je n’ai jamais arrêté non plus. J’ai pris des cours pendant un an, mais l’école a fermé. J’ai continué, en autodidacte, et maintenant, c’est une drogue. A l’automne prochain, je rentre au Music Academy International, pour un programme de 35 heures de batterie, une année de batterie, en gros.

Metal-Eyes : Tu es rentré quand dans Hyperdump ?

Gaël : Il y a deux ans maintenant…

Metal-Eyes : Donc on peut dire que vous avez trouvé un certain équilibre, que le groupe est une entité. Alors, en tant qu’entité, quelle pourrait être votre devise ?

Holyv : On ne se fixe aucune limite. « Pas de limite ». Ça peut s’entendre dans l’album, parfois certains passages sonnent oriental ou jazzy… A partir du moment où c’est cohérent, où ça sert le propos de l’album, on ne se demande pas si c’est metal, si ça rentre ou pas… Si ça nous plait, on garde, c’est tout !

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de The weak man pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Hyperdump, ce serait quel titre ?

Holyv : History, sans doute, parce qu’il y a un peu tout. Il y a le refrain un peu mélodique, le riff est pêchu – du coup, ça ferait un peu penser à Slipknot. Ça représente bien les différentes facettes du groupe.

Gaël : Moi, ce serait le dernier titre, Circling down the drain, parce qu’elle est pêchue, certains riffs t’entraînent vraiment, et restent vraiment dans le crane

Metal-Eyes : Une dernière chose : un disque ça se défend aussi sur scène, alors quels sont vos projets ?

Holyv : Pour le moment, on n’a donné qu’une date, mais en juin il y a le Black Pearl fest, dans l’Oise. On est en train de monter un projet dont le but est de faire une tournée en septembre. On contacte les assos, on démarche, et on voudrait que ce soit vraiment abouti sur scène. On voudrait coller au visuel su disque, on aura les vêtement et tout ça… On est en train de préparer quelque chose pour tourner en septembre.

Metal-Eyes : Donc il y a le concept musical et le visuel que vous développez…

Holyv : ça va même au-delà puisque Julien, qui fait du dessin et de la BD, va commencer, à partir de juin, à poster le concept, les personnages….

Metal-Eyes : Et sur scène, il y aurait aussi des invités ?

Holyv : Pff… On adorerait pouvoir les faire venir. Kamel serait partant pour venir chanter, les autres, on verra s’ils sont disponibles, autrement, on a les samples. C’est quelque chose de très important pour nous, on sera en concert avec les samples, c’est sûr.

 

 

Interview: BARE TEETH

Entretien BARE TEETH. Rencontre avec Titouan (guitare). Propos recueillis à Paris le 11 mai 2017

Metal Eyes vous a présenté il y a peu de temps le premier album des Français de Bare Teeth, First the town, then the world. Nous sommes logiquement allés à la rencontre des jeunes musiciens pour en savoir un peu plus sur cette ambition justifiée.

Metal-Eyes : Je découvre le groupe avec votre album, First the town, the the world, donc commençons de manière classiqeu : peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Titouan : Tout à commence il y a deux ans et demi, quand je suis arrive à Lille. J’avais vu une annonce de quelqu’un qui cherchait à former un groupe. C’était Greg, notre chanteur dont la formation précédente s’est arrétée d’un coup. Il avait encore pas mal de compos qu’il souhaitait pouvoir exploiter, et l’idée était, sur la base de compos déjà existantes, de les réarranger afin d’en faire quelque chose. Je suis arrivé, il y avait déjà ces compos – il y avait un autre bassiste à cette époque qui est parti l’an dernier,  on a trouvé depuis Tom. Et Jérôme nous a aussi rejoints à la batterie, après plusieurs changements, là aussi – et c’est comme ça qu’on a commencé à travailler sur ces compo. Chacun a amené sa patte, et on a aussi commencé à composer tous ensemble. Et cet Ep sort maintenant dans une semaine, le 19 mai.

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences principales?

Titouan : On a tous une base commune, le punk des années 90 qui nous a réunis pour ce projet de groupe.

Metal-Eyes : C’est un peu vaste comme style, quells groups plus particulièrement?

Titouan : plutot le skate punk, No FX, Propagandy et les grands un peu clichés, Sum 41, Blink 182 qu’on écoutait quand on était ados… Une musique qui nous parlait et qu’on aime faire… bad Religion, The Offspring, arrangé à notre style. J’avais commencé le metal, quand j’étais jeune, avec le hardcore, et, curieusement, le hip hop.

Metal-Eyes : Pourquoi “curieusement”?

Titouan : C’est peut-etre pas ce qui se resent à l’écoute de ce qu’on fait…

Metal-Eyes : On voit cependant pas mal de groups qui mélangent les genre et le résultat est probant… Quelle a été ton education musicale? Y avait-il beaucoup de musique à la maison, as-tu pris des cours?

Titouan : C’est marrant: en fait, mon père m’a fait écouter du rock quand j’étais tout petit. Il m’a fait écouter Hendrix quand j’avais 4 ans, il aimait tout le rock vintage des années 60, 70. Mais bon, jouer de la musique ? J’y comprenais rien, j’aimais bien en écouter m’ai-je n’avais jamais envisagé d’en jouer. J’étais nul en éducation musicale (rires). Et un jour, à l’aube de l’entrée au lycée, avec deux de mes meilleurs amis on s’est dit « allez, on achète tous un instrument et on essaie de faire quelque chose ! »On a chopé deux guitares et une basse, on a fait un groupe, on est parti de zéro et c’était absolument atroce au départ ! Mais on a appris à jouer ensemble, on s’est soutenus les uns, les autres et voilà où on en est aujourd’hui.

Metal-Eyes : Donc c’est plus une auto motivation, autodidacte par la motivation des autres…

Titouan : Tout à fait. J’ai pu prendre plus tard des cours pour consolider certaines choses, pour comprendre te aller un peu plus loin dans la musique – des gammes de guitares et des trucs comme ça – mais au final, je ne saurai pas lire une partition.

Metal-Eyes : Sur le disque, vous êtes mentionnés, Greg, Tom et toi à la guitare et la basse et au chant. Vous vous êtes partagé le chant ?

Titouan : Pour cet Ep, Greg est chanteur principal. Il n’y a pas, à ma connaissance, de partie où Tom et moi chantons seuls. On fait les chœurs, mais à l’avenir, on envisage d’avoir une répartition plus égale des voix.

Metal-Eyes : Vos dents, elles sont longues comment, pour appeler ainsi votre disuqe : « d’abord la ville, ensuite le monde » ?

Titouan : Moi, j’ai des petites dents mais aussi des ambitions ! C’est un peu le délire de l’album. Même si on joue dans des bars maintenant, on n’envisage pas forcément des stades dans 5 ans, mais un bar à l’autre bout du monde, pourquoi pas ?

Metal-Eyes : C’est quoi « l’autre bout du monde » ?

Titouan : Le Japon, ça peut être sympa… On a potentiellement des contacts pour y jouer, donc on va creuser.

Metal-Eyes : Qu’avez-vous mis dans ce Ep qui, pour moi, est plus proche d’un album – 7 titres et 1 bonus…

Titouan : Il est vrai… On a mis toutes nos compos qu’on pense être abouties. On a d’autres compos en ce moments mais pas terminées, donc on préfère celles dont on est sûrs, et ça fait un petit format abordable. Peut-être que ça nous permettra de sortir à nouveau quelque chose biebntôt plutôt que de devoir attendre longtemps. Le but était de sortir un peu plus qu’un Ep, pas forcément un album, qui ait du bon contenu, dans un format beau et abordable.

Metal-Eyes : En tant que groupe, il y a une certaine unité j’imagine. Quelle pourrait être la devise de Bare Teeth ?

Titouan : Ah, c’est une excellente question ! C’est la première fois qu’on me la pose ! Quelle pourriat être notre devise ??? Ca va pas être sérieux du tout (il réfléchit longuement)

Metal-Eyes : On y reviendra après, alors ! En attendant, une question qui fâche : c’est quoi ce machin (je lui tends le livret du CD) : 4 pages, il n’y a même pas vos photos, un gars comme moi, même avec mes lunettes, j’ai du mal à lire tellement c’est petit…

Titouan (un peu gêné) : C’était pratique. Ce n’est pas la première fois que je vois ça, un livret avec uniquement les paroles, et si les gens veulent voir nos tronches, ils peuvent venir en concert !

Metal-Eyes : C’est pas faux, ou alors aller sur votre site sur lequel il n’y a rien ! J’y suis allé tout à l’heure, et ça m’a sorti une « erreur 500 »…

Titouan : Ah oui ? Le facebook fonctionne, lui, mais c’est bien de me le signaler, on va y remédier. Je vais le signaler à notre chef informaticien. La plupart de notre activité se passe cependant sur Facebook.

Metal-Eyes : Tu parlais à l’instant de concerts. Un groupe de rock, un disque, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets en la matière ?

Titouan : On a déjà donné pas mal de concerts dans notre région. On a un show en juin et une tournée – 6 jours sur 7 – au Royaume Uni. On va parcourir du sud au nord, et on revient en Belgique en juillet. Après, on a tous des indisponibilités pendant la période estivale – on va lever le pied. On revient en septembre dans la région lilloise et en Belgique, et on prévoit une tournée plus conséquente à partir de novembre. Qui devrait concerner l’Europe en général.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de First the town then the world pour expliquer ce qu’est Bare Teeth à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Titouan : Le plus simple, ce serait Parted ways. D’abord parce que c’ets celui qui vient de sortir en clip, et aussi parce que c’est celui qui est le plus représentatif de ce style punk des années 90 : des rythmes rapides, beaucoup de voix, d’harmonies vocales. Il me semble que c’est celui qui représente le mieux notre entité du moment.

Metal-Eyes : Revenons à votre devise : as-tu pu y réfléchir ?

Titouan : J’en ai presqu’une… Non, c’est ridicule ! (Il réfléchit de nouveau) Ce serait une devise de tournée, un truc débile : « des bières, des bifis et Mozinor! ». On adore ses parodies sur internet !

 

Interview: DRAGONFORCE

Entretien DragonForce. Rencontre avec Frédéric Leclercq (basse). Propos recueillis à Paris le 4 avril 2017

Metal-Eyes : Revenons un peu en arrière, au mois de juin dernier. Si je me souviens bien, tu fêtais ton anniversaire lors du passage de DragonForce au Hellfest et tu as invité le public à venir boire des bières avec toi. Tu as fini dans quel état ?

Frédéric Leclercq : En fait, je ne suis pas ressorti… On a juste fait une séance de dédicaces, les gens m’apportaient des bières, j’avais déjà commencé avec d’autres choses dans les loges et je n’étais pas super clair. En fait, pendant trois jours, on n’a pas été très clairs avec ma copine. Et on est reparti, on a continué… C’est un peu traditionnel : on fête ça là bas, et ensuite on continue sur Paris. Là, on est allés au resto, on s’est fait, je crois, une raclette…

Metal-Eyes : En plein été, pas mal !

Frédéric Leclercq : Ah, j’avais envie d’une raclette, c’est mon anniversaire, je fais ce que je veux ! C’était bien lourd, bien comme il faut. Je ne suis jamais très clair quand je suis au Hellfest !

Metal-Eyes : Parlons de votre album. Je n’ai pas encore écouté une seule note de ce  disque…

Frédéric Leclercq : C’est dommage…

Metal-Eyes : C’est dommage, mais ça va venir. En revanche, ça va te donner l’occcasion de jouer le VRP pour DragonForce et de m’expliquer ce qui fait qu’en sortant d’ici, dès la sortie de l’album j’irai l’acheter.

Frédéric Leclercq : Alors, pourquoi ? Pourquoi vas-tu l’acheter ? Euh… C’est pas évident, je ne vais pas te forcer la main…

Metal-Eyes : Donne moi envie, c’est tout !

Frédéric Leclercq : ouais… il est bien, j’ai tout composé ! J’ai composé les ¾ de l’album. Il y a 11 morceaux sur la version normale, et j’en ai composé 8 et 1 en partenariat avec Sam. Du coup, j’ai un peu cassé le moule de DragonForce, là où avant c’était tout le temps des morceaux rapides de A à Z. J’ai fait un peu ce que je voulais et comme je ne suis pas fan de power metal à la base, je suis plus allé chercher dans le metal traditionnel, le thrash ou le death, et du coup, avec la personnalité forte des autres musiciens, ça reste du DragonForce. C’est ce qui est bien : on a réussi à faire quelque chose d’homogène, sans que ça parte dans tout les sens. C’est homogène, tout en étant plus varié qu’avant, et honnête au niveau la démarche. Je me suis fait plaisir, aussi, avec telle partie qui me rappelle Fear of the dark, telle autre m’évoque un morceau d’Annihilator… J’ai écrit un long morceau, Edge of the world, qui est pour moi une sorte de condensé, comme Seventh Son, ou des morceaux de Cradle ou My Dying Bride… J’ai réussi à amené ça au sein du groupe. Ce morceau commence et se termine par une intro et une outro acoustique, un peu comme l’album Seventh son. Je suis allé chercher dans mes premiers amours du style, du metal pour remettre ça dans un album avec la production actuelle et les musiciens de DragonForce. Je pense que le résultat est vraiment bien donc achète le s’il te plait ! (rires)

Metal-Eyes : Il s’est écoulé trois ans entre vos deux derniers albums, un peu plus que d’habitude. Tu viens de donner une partie de l’explication – une nouvelle façon de composer – mais y a-t-il eu autre chose, un coup de flemme, un manque d’inspiration ?

Frédéric Leclercq : Non, non. On est partis en tournée assez longtemps pour l’autre album, on a sorti le best-of…

Metal-Eyes : … et le live.

Frédéric Leclercq : Et le live. Tout ça dure assez longtemps. Tu tournes, tu rajoutes des concerts, il faut trouver le temps que le producteur soit disponible, aussi, ce n’est pas que nous. Après il y a tout un processus de promo qui doit se mettre en place avant la sortie de l’album… En ce qui me concerne, l’inspiration est venue assez facilement, même si c’était à une période où j’étais assez occupé puisque j’ai mon autre groupe, Sinsaenum, je tourne avec Loudblast en ce moment, ensuite il y a un tribute à Massacra, je travaille sur un autre album de Sinsaenum… J’ai plein de musique en tête, mais là, il nous fallait simplement un peu de temps entre Maximum overload et Reaching into infinty, qui a été composé en 2015, enregistré en 2016 et qui sort là, en 2017. On a été plutôt vite, en fait.

Metal-Eyes : L’évolution dont tu parlais et dont tu es en grande partie responsable a été, j’imagine, sujet de discussions avec les autres membres du groupe, mais comment ça a été accepté par votre label ?

Frédéric Leclercq : Ils n’ont aucun regard sur la musique. On n’a jamais eu de remarque d’un label ou d’un autre concernant nos choix artistiques, et c’est établi dès le départ : « on fait notre musique, foutez-nous la paix et occupez vous de votre métier ! » On a notre propre maison de disque et on travaille en licence avec Metal Blade aux Etats-unis, E.a.r. music en Europe, et ils ont tous apprécié l’album précédent sur lequel j’avais commencé à tout co-composer avec Sam. On commençait déjà à prendre la direction actuelle. Maximum overload a reçu un excellent accueil public et critique, du coup ils étaient content et je crois qu’ils le sont encore. Je n’ai pas discuté avec eux des morceaux, ils ne m’ont pas dit s’ils aiment ou pas… Mais ça ne m’intéresse pas trop de savoir ce qu’ils en pensent. Eux, ils faut qu’ils fassent leur travail de presse, qu’ils défendent l’album… Leur boulot c’est ça, même s’ils n’aiment pas. Ce n’est pas à eux de nous dire qu’on aurait dû faire ça différemment. Je leur poserais la question quand même.

Metal-Eyes : Tu disais avoir composé la majeure partie des morceaux…

Frédéric Leclercq : Et Sam a composé le reste, oui.

Metal-Eyes : Quel est le rôle des autres dans la conception de l’album ?

Frédéric Leclercq : Au niveau de la musique, je compose tout de A à Z puisque je joue de divers instruments. En enregistrement, je joue aussi la guitare rythmique parce que je sais ce que je veux et que ça va prendre plus de temps… La batterie, je la programme, pour le clavier, j’ai quelques idées, mais chacun apporte sa touche. Pour les solo, pareil, j’ai des idées mais… je note « solo, là » et démerdes-toi ! Pour les paroles, j’ai quelques idées et on les peaufine avec Marc, le chanteur ; on commence toujours par la musique, j’ai les bases, définies le plus près possible du résultat final, et chacun apporte sa touche.  Quand il s’agit de musique, j’aime quand c’est travaillé. Mais il ne faut pas être buté non plus, c’est pour ça que c’est bien de travailler avec un producteur : c’est lui qui te dit quand on coupe, quand ça passe pas. Edge of the world, qui dure 11’, était plus long à la base, et notre producteur nous a fait comprendre que cette partie n’apportait rien, n’avait pas lieu d’être. J’accepte aussi la critique quand elle est constructive.

Metal-Eyes : Tu parlais de ce que tu a ajouté à cet album, un peu moins de vitesse pour de la vitesse, plus de mélodie, mais comment, en dehors de ça, comment décrirais-tu l’évolution entre vos deux derniers albums ?

Frédéric Leclercq : Entre Maximum overload et Reaching into infinity ? C’est un peu ça, un passage à mes influences et celles de Sam, un peu dans une écriture à 4 mains – ou à 2 mains – 2 personnes qui co-écrivent. L’évolution est surtout dans le fait que j’ai eu quartier libre. Ça reste du DragonForce à l’ancienne, mais avec encore plus d’éléments nouveaux. L’ancien apparait sporadiquement, principalement dans les morceaux que Sam à composés, du coup, c’est rafraichissant, parce que là où c’était tout le temps comme ça, maintenant, il n’y en a que deux, de ces titres rapides.

Metal-Eyes : Donc DragonForce est un groupe qui continue d’évoluer même s’il reste dans un certain carcan que l’on reconnait.

Frédéric Leclercq : Oui, on reconnait bien. Mais je pense qu’il est important de tester de nouvelles choses et d’explorer de nouveaux horizons. Pour nous, parce que c’est important de se faire plaisir, même si on reviendra peut-être à ce que l’on faisait avant… Des morceaux rapides de 5’, on l’a fait sur tous les albums, on n’a plus rien à prouver aux gens à ce sujet. C’est plus intéressant pour nous d’apporter du prog, du death… Et le chant a évolué aussi. Avant, Marc chantait, mais n’interprétait pas forcément. Tu sais, à la Dickinson sur 22 Accacia avenue, quand il chante « madness, sadness », il le vit, et je voulais que Marc interprète vraiment. Avant, ce n’était pas possible tellement c’était rapide. Ça ferait schizo… (rires) Il n’y avait pas la place pour ça. Maintenant, on a ralentit le tempo sur certains morceaux, et le faire vivre les paroles, ou le faire chanter un peu plus thrash, ou encore une partie totalement death. Sa palette de voix s’est vraiment ouverte, et je pense que pour les fans c’est une bonne surprise. Tu vois, là je te le vends bien l’album (rires) !

Metal-Eyes : Justement, si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Reaching into infinity pour expliquer ce qu’est DragonForce aujourd’hui, quell serait-il?

Frédéric Leclercq (il réfléchit longuement): Le réduire au long morceau qui est atypique, ce serait prendre un risqué, parce qu’on n’est pas que ça… Peut-être, c’est un morceau qui me tient à cœur… C’est pas évident… Peut être Curse of darkness, mais ça montre un seul côté du groupe. Je pourrais t’en citer plusieurs, mais un seul, c’est difficile, parce qu’ils ont chacun leurs particularités, quelque chose qu’on avait déjà développé sur l’album précédent. Des côtés très mélodiques qu’on avait développé pour le Japon, Astral empire c’est bien, j’y ai mis un passage à la Annihilator (avec l’accent) – maintenant je vais tout faire avec l’accent (rires) – mais ça ne se résume pas qu’à ça… Je pourrais te citer un des morceaux de Sam, mais il n’y en a plus tellement des comme ça. Par contre, les morceaux que j’ai composés, c’est pas évident de n’en sortir qu’un seul.

Metal-Eyes : Quel est le plus surprenant comportement de fan dont tu ais été témoin à ton encontre ou à celle du groupe ?

Frédéric Leclercq : Il y a une fille qui avait raconté que le chanteur l’avait violée. Elle nous envoyait des lettres, puis, après, des emails, et elle était clairement timbrée, le chanteur ne lui avait rien fait mais elle était persuadée de ça. C’était aux Etats-Unis, elle nous envoyait des lettres. On arrivait aux salles de concerts et on nous disait « tenez, vous avez une lettre de XXX ». On était un peu surpris, on se demandait ce qu’elle avait mis dedans. Après, on n’en a plus entendu parler mais on a su qu’elle était dans un asile en Angleterre, soi-disant, et elle disait « sortez-moi de là ! Je n’ai accès à mes emails que… ils m’ont tout pris, mon argent, je suis bloquée là… » C’était flippant. Je n’y pense plus trop maintenant, mais à l’époque, je me souviens qu’on se demandait si on avait eu des nouvelle de, comment elle s’appelait ? Nadia ! On jouait et on repérait quelqu’un dans le public « putain, t’as vu, on dirait que c’est elle ! » Donc, ça c’était assez bizarre. Bizarre et pas rassurant pour le coup. A part ça, le reste du temps, les gens sont gentils, il y en a qui veulent qu’on leur signe leur cul ou leurs couilles, c’est déjà arrivé, pas à moi, en règle générale, c’est Sam qui signe des trucs comme ça. Il demande, je crois. Des gens qui se marient sur scène, mais ça a déjà été fait avec d’autres groupes, donc c’est pas très original. Des Japonaises qui te suivent partout en ville, qui restent derrière toi. Je me souviens, il y a quelques années, deux Japonaises, des fans, m’ont demandé si elles pouvaient venir avec moi. Oui. Mais je pensais qu’elles allaient m’accompagner, à côté, être avec moi et me montrer. Je connais bien Tokyo mais pas si bien, avec des Japonais, c’est toujours plus intéressant. Mais elles restaient 3m derrière. Je m’arrêtais, je me retournais et elles s’arrêtaient. Jacadi, tu vois (rires). C’est bizarre, mais c’est le Japon.

Metal-Eyes : Et qunad ils te reconnaissent dans la rue, ils te disent quoi ?

Frédéric Leclercq : C’est toujours la même chose : ils veulent discuter un peu, que je signe un truc. Il y en a qui me lancent des bonbons, d’autres qui veulent faire une blague. Des fois c’est drôle, d’autres fois, c’est pas drôle… Si, une fois, il y en a un, c’était pas un fan, c’est un pote qui me l’a présenté, « voilà, c’est Fred de DragonForce… Ah ouais, DragonForce, j’aime pas, c’est de la merde ce que tu fais ». Ce jour là, c’est pas passé, alors qu’en général, je suis quelqu’un de calme. Je lui demandé « tu fais quoi comme métier ? » Il était, je sais plus, contrôleur des impots ou un truc comme ça. Je lui ai dit « tu vois, je vais pas te dire que ton métier c’est de la merde alors que c’est vraiment ce que je pense. Mais c’est vraiment impoli, ce que tu fais, on ne se connait pas, tu te pointe et tu te permets de critiquer quelque chose alors que ça ne m’interesse pas avec ta petite vie… » j’étais vraiment en colère, au point que le mec s’est excusé. Après on a bu des coups mais ce qui m’énerve c’est que les gens viennent te voir parce que ce que tu fais est d’ordre public et ils se permettent de t’insulter. Jamais je n’irais voir un barman, par exemple, et lui dire « bonjour, juste pour vous dire que votre métier il est vraiment à chier ! ». J’avais trouvé ça très con.

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui ? A part savoir ce que tu veux pour le déjeuner…

Frédéric Leclercq : Aujourd’hui ? Ah, c’est Christian Lamet qui m’a demandé ce que je ferai si je devais faire une compilation de reprises. Parce qu’il sait que j’écoute beaucoup de chanson française. Ça m’a permis de m’évader du metal et de parler d’Alain Chanfort, et d’autres. Même si je fais beaucoup de metal, finalement, quand je rentre chez moi, j’aime écouter d’autres choses. J’ai toujours ma base, bien sûr, et ce qui se fait aujourd’hui ne m’intéresse absolument pas. Je trouve que la scène actuelle est une resucée de tout ce qui se faisait avant, et j’ai vraiment plaisir à écouter du Chanfort. Les gens s’arrêtent à Manureva, mais il a fait au débt des années 80 une paire d’albums vraiment bien et j’écoute ça pour varier les plaisirs. J’aime pouvoir parler de ça, et j’aimerais que le metalleux ne soient pas fermés comme beaucoup de gens que je connais encore et qui sont comme ça. Surtout les jeunes, ça change un peu en grandissant. Les gens qui vont au 70.000 tons of metal, la croisière metal, c’est du metal tout le temps. Pour eux c’est génial parce qu’ils ne font ça que3 jours dans l’année, mais pour moi, c’est tous les jours. Je pète un plomb, donc je m’évade. Voilà c’est le mot de la fin : écoutez Alain Chanfort !

 

Interview: ALCATRAZZ FESTIVAL fête ses 10 ans!

Entretien ALCATRAZ FESTIVAL. Rencontre avec Filip, co-fondateur du festival. Propos recueillis à Paris le 24 mars 2017

En août prochain, le festival belge Alcatraz célébrera son 10ème anniversaire. L’occasion pour Filip, un de ses fondateurs, de revenir sur l’histoire du festival situé à Courtrai, à 15’ à peine de Lille.

 

Metal-Eyes : Filip, tu es l’un des fondateurs du festival Alcatraz qui célèbre cette année son dixième anniversaire. Tout d’abord, quels sont tes principaux souvenir de ces dix années écoulées ?

Filip : La réponse de la part des groupes, je pense… Nous les avons toujours accueillis de la meilleure manière et ils parlent entre eux. Et ils reviennent. Ils adorent ce festival. Il y a quelques groupes qui ont joué au festival deux, trois ou même quatre fois, et ils sont toujours heureux de revenir.

Metal-Eyes : Quels sont tes souvenirs de la toute première édition?

Filip : La toute première? C’était très dur, vraiment! Commencer est toujours difficile… Nous avons investit un peu d’argent, mais c’était merdique, parce qu’il y avait environ 1000 spectateurs, pour 6 ou 7 groupes, en intérieur. Pas les plus gros groupes, mais nous avons tenté le coup. Avant, nous avions organisé quelques shows dans des clubs, et avec l’argent que nous avions, nous avons organisé ce festival. C’est parti d’une idée, nous avons tenté le coup et, après tout, ça fonctionne. Ça n’a pas été facile, mais on s’en est sortis. Après quelques années, encore plus difficiles financièrement. Organiser un festival exige d’avoir un budget. Il y a bien plus que le fait de s’occuper des groupes. On y est arrivés, et on a ensuite décidé d’organiser le festival en extérieur et c’était une bonne décision. La première année, nous avons doublé notre audience. Nous avons reçu une offre de Nightwish qui ne voulait pas jouer en salle. C’est ce qui nous a poussés à chercher un espace extérieur, que nous avons trouvé, grâce à mon collègue Matthias qui connait pas mal de gens. On l’a fait, point !

Metal-Eyes : Pendant ces dix années, quelles sont les difficultés principales que vous avez dû affronter et comment vous en êtes vous tirés ?

Filip : Il y a de grosses différences en salle et en extérieur. Par exemple, en salle, tu dispose d’installations, sanitaires et autres. En extérieur, tu dois tout apporter sur le terrain. Ce que nous avons fait. Ce qui est difficile, aussi, c’est de convaincre le public de revenir chaque année, au festival. C’est pourquoi nous cherchons à renouveler chaque année quelques choses. C’est encore le cas cette année, pour la 10ème édition.

Metal-Eyes : Alors que nous réserve cette édition, qu’y aura-t-il de particulier pour le public et pour les groupes ?

Filip : Il y aura plein de surprises, de décors sur le terrain pour le public, on aura des feux d’artifices. Nous aurons également notre seconde scène, ce qui est nouveau cette année, ainsi qu’une nouvelle tente où les gens pourrons se retrouver après le festival, boire un verre, ne pas avoir à rentrer directement après les derniers groupes. Il y aura le Marquee, avec plein de nouveauté, du black, du death, du stoner, ce que nous ne faisions pas avant. On n’en avait pas eu l’opportunité avant… Si tu dois placer un groupe stoner sur une scène principale en plein jour, ça ne peut pas fonctionner…Il faut créer une atmosphère. Là on va décorer une tente, créer une atmosphère qui sera cool, j’espère.

Metal-Eyes : Je ne suis pas encore allé au festival Alcatraz,

Filip : Pas encore ? Hou… honte à toi ! (rires)

Metal-Eyes : Que me dirais-tu pour me convaincre de prendre ma voiture et lme rendre au festival ?

Filip : Tu devrais tenter le coup, il y a plein de visuels et de groupe sympa. C’est un festival à taille humaine, ce n’est pas gigantesque, pas comme d’autres que j’adore. Tout est à portée de main…Ce n’est pas un mega festival.

Metal-Eyes : Quelle est la capacité maximale de l’Alcatraz ?

Filip : On peut accueillir jusqu’à 50.000 personnes par jour. On n’en attend cependant que 10.000 cette année. Pour l’affiche que nous avons, 10.000 / jour c’est faisable. Notre objectif est de devenir un festival de moyenne envergure, et accueillir 15.000 personnes par jour, ce qui devrait être réalisable dans les quelques années à venir.

Metal-Eyes : Comment sélectionnez-vous les groupes qui sont à l’affiche du festival Alcatraz ? Il y a eu de gros noms, d’autres plus obscurs, mais qu’est-ce qui vous fait décider de choisir tel ou tel groupe ?

Filip : En fait, ça dépend des offres que nous recevons. Quels groupes sont en tournée à cette période ? Ce n’est pas nous qui les contactons pour leur demander de venir, ce fut le cas au début, mais plus maintenant. Aujourd’hui, ce sont les agents qui nous contactent et nous disent avoir tels groupes en tournée à cette période « est-ce qu’on peut avoir une place à l’affiche ? » C’est faisables avec certains, pas avec d’autres, techniquement et financièrement… On n’est pas Grasspop, donc certains cachets sont hors budget ! Ils ont Rammstein cette année, nous n’en avons pas les moyens !

Metal-Eyes : Vous devez négocier, financièrement, avec certains groups pour réduire leur cachet?

Filip : Parfois, oui, c’est nécessaire. En règle générale, quand un groupe nous contacte, on leur demande de nous faire une offre, on voit ce que l’on peut faire, et ensuite on en parle. Soit les groupes peuvent le faire pour tel cachet, avec tels et tels besoins, soit ils ne le peuvent pas. C’est une négociation, mais en règle générale, ça fonctionne. Si un groupe veut jouer à l’Alcatraz, il doit être raisonnable. Mais c’est valable dans les deux sens.

Metal-Eyes : Je suis certain que tu connais le Hellfest (il confirme). Le festival communique beaucoup autour des quantités de bières écoulées en trois jours. Combien cela représente-t-il à l’Alcatraz ?

Filip : L’an dernier, il y a eu 38.000 litres de bière écoulés. On travaille avec des citernes de milliers de litres de bière et nous avons dû en commander plus que prévu !

Metal-Eyes : Quels sont les groupes que tu es vraiment fier d’avoir fait jouer à l’Alcatraz ?

Filip : L’un d’eux est Twisted Sister qui a donné son dernier concert européen l’an dernier. Ils avaient déjà joué à l’Alcatraz avant, on se connait, mais j’étais fier d’avoir ce dernier concert ; Le groupe aussi, on a organisé une fête avec un gros gâteau, ils ont adoré ! Saxon aussi, qui reste un de mes favoris, j’en suis fan depuis longtemps, ils ont déjà joué en 2009 et je suis content de les accueillir de nouveau. Ils sont encore excellents sur scène. Death Angel, aussi, ils sont un peu de la famille. Je crois que c’est leur quatrième participation…

Metal-Eyes : Une dernière chose : pourquoi avoir choisi le nom d’Alcatraz pour le festival ?

Filip : C’est une longue histoire : au début, j’avais un club à Gent. Je l’ai complètement rénové, y a i fait ajouter une scène, j’ai organisé plein de concerts avec des groupes locaux en tournée. On avait une capacité de 250 personnes, assez petit mais toujours complet quand il y avait des concerts, et ce club s’appelait Alcatraz. J’ai conservé le nom, nous avons organisé les « concerts Alcatraz » avant de tenter le festival. Le reste, c’est de l’histoire !

Metal-Eyes : Une dernière chose à ajouter pour les lecteurs français qui hésiteraient à venir ?

Filip : J’espère vraiment voir plus de spectateurs de France. Il y en a mais plus sera mieux, ils ne le regretteront pas !

 

Interview: PYOGENESIS

Entretien Pyogenesis. Rencontre avec Flo Schwarz (chant, guitare). Propos recueillis à Paris le 28 mars 2017

 

Paru fin février 2017, A kingdom to disappear, le nouvel album des Allemands de Pyogenesis  le second volet d’une trilogie traitant de l’ère industrielle. Un appel à se replonger dans nos cours d’histoire que nous raconte Flo Schwarz, son chanteur, guitariste, compositeur et capitaine qui revient aussi sur les motifs d’une bien longue absence.

 

Metal-Eyes : Que se passe-t-il, Flo ? Il vous a fallu 13 ans entre A century in the curse of time et votre album précédent, mais seulement deux ans séparent A century et A kingdom to disappear, votre dernier né ?

Flo Schwarz : En fait, il ne s’est écoulé que 18 mois entre ces 2 disques… En 2002, j’ai créé une entreprise parce que je ne savais pas si Pyogenesis me nourrirait toute ma vie. Alors j’ai fondé Hamburg records qui est une entreprise de management de groupes. Nous avons ces connaissances du management grâce à toutes les erreurs que j’ai pu commettre avec mon groupe dans le passé, et je sais ce qu’il faut éviter avec d’autres groupes. Au début, ça m’a demandé beaucoup de temps – je faisais tout tout seul. Et l’entreprise a grossi, j’ai eu assez d’employés ce qui me permet de retrouver un peu d’activité avec Pyogenesis. Avec Pyogensis, j’ai gagné assez pour fonder Hamburg records, et aujourd’hui, Hamburg records me donne assez d’autonomie financière pour relancer Pyogenesis. Les deux avancent main dans la main.

Metal-Eyes : Une relation gagnant-gagnant, donc. Ce qui explique, j’imagine en partie, les divers changements de line-up…

Flo Schwarz : Il y a encore un ancien membre, et deux nouveaux,  oui. Notre guitariste, Peter, a changé de sexe, il est aujourd’hui Sophie, et quand nous avons commencé à envisager la reformation nous en avons parlé et elle nous a dit que ça ne convenait pas à sa nouvelle vie.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre A century in the curse of time et A kingdom to disappear ?

Flo Schwarz : Je ne crois pas qu’ils soient si différents. Il s’agit d’une trilogie, A kingdom en est la seconde partie. Tu sais, pour moi, un disque doit… Au fil du temps, j’ai écrit des morceaux qui ne sont pas sur un disque. Aujourd’hui, il me semble plus important que toutes les chansons aillent ensemble, qu’elles soient organisée, je cherche à avoir une dramaturgie théâtrale – une intro, de la tension, un relâchement – et c’est ce que nous avons fait avec ce disque. A la fin de la trilogie, je veux que les trois disques puissent être écoutés d’affilée. Bien sûr, ce n’est pas une copie du précédent même s’ils vont ensemble d’un point de vue de l’esprit musical, de la production… Mais ce ne sont pas les mêmes chansons.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que le prochain album est prévu pour fin 2018 ?

Flo Schwarz : Je ne sais pas… (rires)

Metal-Eyes : Qu’as-tu mis dans ce disque? Qu’est-ce qui t’a inspiré, musicalement ?

Flo Schwarz : J’ai un studio, chez moi, et ma passion, c’est la musique. C’est un hobby de m’asseoir, de jouer de la guitare et de composer. Quand je joue, j’enregistre ce que je compose, tout. Alors le processus d’enregistrement correspond au processus d’écriture. On ne se dit pas « on a besoin d’un titre comme ci, d’une chanson comme ça, comment peut-on faire ça ? » Non, on s’installe, on va dans différentes directions et à la fin, on obtient certains sons communs, qui vont bien ensemble. C’est comme ça que nous travaillons notre musique ensemble.

Metal-Eyes : Certains groupes que tu écoutes, des livres que tu lis t’ont-ils inspirés ?  

Flo Schwarz : Des livres, oui, bien sûr, pour les paroles. Elles n’ont pas seulement été inspirées, en fait. On traite du changement de société qui a eu lieu au XIX° siècle, et ce dont je parle est vraiment arrivé. Le livre d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray, est devenu une chanson, I have seen my soul. Ce fut une première approche dans la littérature d’horreur. Sur l’album précédent, je me suis inspiré d’un auteur français, Jules Vernes, 20.000 lieux sous les mers qui a été la première approche de la science fiction. Il l’a inventée, au XIX° siècle et aujourd’hui, la science fiction envahit le cinéma et la télé !

Metal-Eyes : Serais-tu d’accord pour dire que le logo a suivi l’évolution musicale du groupe ? Selon moi, et je ne connais pas toute l’histoire de Pyogenesis, votre musique est devenue… Pas plus calme, mais moins agressive musicalement que ce qu’elle n’était, bien qu’elle le reste toujours, et votre logo est devenu également plus « facile à lire ».

Flo Schwarz : Oui (il rit)… Je vois une analogie, mais… tu as sans doute raison, mais ce n’était pas volontaire. Je vois ce que tu eux dire… Il faudra que j’y pense plus, peut-être… Tu sais, au final, notre premier logo était une sorte de crachat, et nous étions à cette époque vraiment inspirés par d’autres groupes de ce style. Je crois que le logo devrait te permettre d’imaginer à quel type de musique tu as affaire. Je crois aussi qu’aujourd’hui, un logo doit être lisible (rires). Il doit être simple, reconnaissable…

Metal-Eyes : Bien qu’il s’agisse aujourd’hui d’une trilogie basée sur l’évolution de la société, y a-t-il des thèmes que tu refuses d’aborder avec Pyogenesis, et d’autres, au contraire dont tu souhaites toujours traiter.

Flo Schwarz : Un thème serait la politique. Nous traitons de politique, mais à travaers l’histoire, les faits. La politique actuelle n’a pas sa place, bien sûr dans la trilogie, mais en plus, je ne pense pas que ce soit un sujet ppour un groupe comme Pyogenesis. Dans Pyogenesis, on doit raconter quelque chose aux gens, leur raconter l’histoire, leur rappeler d’où ils viennent. En Allemagne, il y avait Helmut Khol, qui était chancelier à la fin des années 80 et qui était ami avec François Mitterrand. Il disait que si on ne connait pas le passé, on ne peut comprendre le présent et on ne pourra pas orienter le futur. Et c’est si vrai. Avec une phrase, il a rendu un concept si compréhensible. Un exemple : le conflit entre Israël et la Palestine : si tu ne connais pas l’histoire de ces territoires, tu ne peux pas comprendre ce qu’il se passe – quand je parle du passé, c’est 2.000 ans en arrière. C’est important d’expliquer ces choses à des amateurs de musique, par les faits. C’est un bon moyen de parler de notre histoire à tous.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de A kingdom to disappear pour expliquer ce qu’est Pyogenesis aujourd’hui, la quelle serait-ce, et pour quelle raison ?

Flo Schwarz (Il réfléchit longuement) : Ce serait soit Every man for himself and God against all ou I have seen my soul, ou encore Blaze, my northern flame. Toutes trois ont fait l’objet d’un clip (rires)! Elles incluent tout ce qui fait ce que nous sommes: elles sont heavy, mélodique, mélancoliques, et elles ont un aspect plus dur, comme de courts passages de blast beats – pas parce qu’il faut qu’on joue vite et fort, simplement utilisés comme un effet.

Metal-Eyes : L’une de ces trois chansons, alors…

Flo Schwarz : Prends les toutes les trois ! Prend tout l’album ! (rires)

Metal-Eyes : Une dernière chose, quelle a été la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui?

Flo Schwarz : Tu n’as pas une autre question avant, que je puisse ensuite te dire que c’est celle là,

Metal-Eyes : Alors, si: j’imagine que vous allez défendre cet album sur scène. Quels sont vos projets de tournée ?

Flo Schwarz : On tourne en ce moment en Suisse, Italie et en Autriche. Ensuite on va aller jouer au Full metal cruise, ce festival sur un paquebot – oh, que je suis impatient d’y être ! C’est dingue – et ensuite, on a quelques festivals d’été mais je ne sais pas encore lesquels sont confirmés. On n’a pas envie de donner 120 concerts par an comme on le faisait avant le break. Moins de concert, mais on continue de s’amuser.

Metal-Eyes : Alors, quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui ?

Flo Schwarz : Celle que tu viens de me poser ! (rires). Vraiment, et personne d’autre ne demande ça ! Des questions inhabituelles, j’aime, ça.