Interview: DESPITE THE END

Interview DESPITE THE END: entretien avec Ludovic (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 26 juin 2020

 

Metal-Eyes : Votre Ep est sorti le 24 avril. En plein confinement, à cause du Covid…

Ludovic : Il y a deux mois, oui. Exactement, à cause du Covid.

 

Metal-Eyes : Est-ce que tu rends compte que ton prénom comporte chacune de lettres de cette maladie ? C’est de la provocation gratuite ?

Ludovic (il explose de rire) : Non, je n’y avais pas fait attention, c’est vrai!

 

Metal-Eyes : Il y en a deux qui n’y sont pas, mais on pourrait prendre un accent et dire “lu covid”….

Ludovic (il se marre) : On me l’avait pas faite, mais j’aime bien! Allez, Lucovid, c’est parti ! Lire la suite

Interview: HELL OF A RIDE

Interview HELL OF A RIDE : entretien avec Franck (basse). Propos recueillis par téléphone, le 20 mai 2020

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Metal-Eyes : Franck appelle pour nous parler du nouvel album de Hell Of A Ride, Nine of cups. Il est sorti quand exactement, ça fait un petit moment ?

Franck : Il est sorti en septembre dernier.

 

Metal-Eyes : Ca fait donc un peu plus de 6 mois qu’il est sorti. Quels sont les retours que vous avez eus ?

 Franck : Dans l’ensemble, extrêmement positif. On a eu quelques retours négatifs de personnes assez déstabilisées par le nouveau son. Mais dans 95% des cas, c’est extrêmement positif. « Grosses production, grosses composition, extrêmement accrocheur », donc, oui, dans l’ensemble, très positif.

 

Metal-Eyes : C’est le second album qui parle des aventures de Mad Dog qui, cette fois, a disparu. Peux-tu nous parler des circonstances de sa disparition ?

Franck : Mad Dog disparait, en fait, ça fait suite à pas mal de tergiversations au sein du groupe… On avait du mal à savoir s’il fallait continuer avec lui, il y avait un débat sur le fait que c’est une mascotte mais qu’en même temps on ne savait pas trop comment gérer son image. Du coup, il a disparu pendant quelques temps, on a laissé parler le groupe, et on l’a fait réapparaitre pour ce nouvel album en le mettant encore plus en valeur sur ce disque et sur les clips. Comme Echoes et Never give up par exemple.

 

Metal-Eyes : En dehors de ces difficultés, qu’est-ce qui l’a fait revenir ? Les Pussy Riders y sont pour quelque chose…

Franck : Oui, tout à fait. On a pris la décision qu’il serait notre mascotte. Un peu comme pour Maiden ou Megadeth. Il nous semblait intéressant de le remettre sur le devant et d’avoir une sorte de fil directeur, un guide pour tout ce qui artwork et clips.

 

Metal-Eyes : Comment définirais-tu la musique de Hell Of A Ride pour quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Franck : La définir précisément en disant que c’est du hard rock ou du heavy metal, non. Ce n’est ni l’un ni lautre, c’est une musique à la croisée de pas mal de styles différents. Je dirai que ça se rapproche de Godsmack, de Papa Roach, aussi. Sous certains aspects, ça se rapproche de Nickelback. On pourrait dire que c’est soit du gros rock, soit du rock alternatif. Mais avec la profusion aujourd’hui de groupes et de styles, c’est difficile. Hard rock, c’est sûr.

 

Metal-Eyes : C’était un peu une question piège, pour bien commencer (il rit) puisque, il y a 5 ans, en en parlant avec vous, je crois que c’est Lo qui définissait votre musique comme du heavy stunt rock…

Franck : Oui, oui, ça pourrait être ça. « Stunt » dans le sens où Mad Dog est cascadeur, donc le stunt peut s’y retrouver. Sur le premier album, le côté voitures avait été pas mal mis en avant. On n’est pas dans du rock anglais, plutôt dans un style heavy américain, californien, donc ça peut se définir aussi comme ça. Le dernier album ayant encore plus d’influences différentes, je dirais plus rock alternatif…

 

Metal-Eyes : Il y a une grosse imagerie dans votre musique, ce qui la rend assez cinématique. Ça fait très Tarantino. Est-il une référence ou une influence, ce réalisateur ?

Franck : C’est peut-etre un peu des deux. C’est évident sur le premier Ep, un peu moins sur Bête noire, le premier album, mais ça a tendance à disparaître sur Nine of cups. Il nous a beaucoup influencé au début mais on a commencé à vouloir trouver nos propres marques en mettant en scène nos propres références et nos univers.

 

Metal-Eyes : Alors comment analyserais-tu l’évolution de Hell Of A Ride entre Bête noire et Nine of cups ?

Franck : Sur Bête noire, on avait fait un travail de composition interne au groupe. Uniquement nous-mêmes. La grosse différence c’est que, sur Nine of cups, on a fait appel à des personnes extérieures au groupe. Des personnes dont on apprécie le travail soit pour la composition, soit pour des arrangements ou des paroles. On a demandé à Charles « Kallaghan » Massabo qui a produit nos précédents disques – c’est un Français qui s’est installé à Los Angeles en 2011, je crois – et qui commence à connaitre pas mal de monde là-bas. On lui a demandé si on pouvait lui donner quelques noms et s’il était possible qu’il nous mette en contact afin de savoir si ces personnes seraient prêtes à travailler sur l’album avec nous. C’est la différence majeure entre les deux albums : l’ouverture à la composition à des personnes extérieures au groupe.

 

Metal-Eyes : Ce qui a, j’imagine, un impact sur votre musicalité et les ambiances en général ?

Franck : Tout à fait. Bête noire avait, je pense, un côté assez rock’n’roll, tandis que Nine of cups a un côté plus complexe et élaboré, dû, en effet, à ces collaborations.

 

Metal-Eyes : Cinq ans, ou presque, entre deux albums, c’est long. Tu l’expliques comment ? C’est de la paresse ou la complexité de votre musique ?

Franck (il rit) : Les deux ! En fait, il y a pas mal de choses : déjà, il faut qu’on se mette d’accord à 5, ce qui n’est pas toujours facile. Il y a beaucoup de discussions, ce qui peut causer pas mal de perte de temps. Ensuite, il y a le travail sur les dates, sur l’univers musical… Il y a pas mal de boulot. Alors, c’est vrai, c’est un peu long entre deux album et on va travailler là-dessus puisque on est déjà en train de travailler sur les idées de compos du prochain album. Ce qui évitera de réitérer cette erreur de trop de temps entre deux albums.

 

Metal-Eyes : Peux-tu nous parler du titre de l’album ? Ça fait très univers du tarot…

Franck : Mais le Neuf de coupe est en effet la carte la plus forte du jeu de tarot qui, en fonction de son sens, a des significations extrêmement positives ou extrêmement négatives. C’est un peu le thème de cet album qu’on a axé du côté ésotérique et fantastique avec le clip de Never give up. Il est inspiré du minotaure et du fil d’Ariane. La carte Nine of cups annonce clairement le côté ésotérique, assez fantastique.

 

Metal-Eyes : Il y a aussi une forme de dualité…

Franck : Elle est mise en valeur dans les clips, où notre personnage principal, John Ringsdale, Mad Dog, fait face à ses propres démons. C’est la dualité de cette personne avec la carte du neuf de coupe.

 

Metal-Eyes : Maintenant que les magasins ont rouvert, je vais te demander d’être commercial et de me vendre cet album…

Franck : Très bonne demande (il rit) … Je pense que la personne qui a écouté le premier album risque d’être assez surprise. Par la production, déjà, dont la qualité est, franchement, énorme. C’est ce que l’on voulait faire mais c’est allé au-delà de nos aspirations dans le sens où la production est vraiment professionnelle. Ensuite la qualité des compositions : elles sont assez complexes, il y a pas mal d’arrangements assez riches au niveaux des voix, des samples, puisqu’on en utilise pour enrichir le tout. Donc ça donne un album assez riche et complexe, et agréable à entendre.

 

Metal-Eyes : Vous avez déjà envisagé la suite des aventures de Mad Dog ?

Franck : Oui, on les a envisagées dans les grandes lignes, donc je ne peux absolument pas être précis à ce sujet. Mais a priori on va continuer avec lui. On a déjà commencé à travailler sur les compositions sans avoir vraiment dégagé l’univers musical. Mais, oui, a priori, on va continuer avec Mad Dog.

 

Metal-Eyes : Ben… Si c’est votre mascotte, ce serait dommage de l’enterrer tout de suite…

Franck : Exactement, ou alors, il faudrait expliquer sa disparition. On n’en est pas encore là.

 

Metal-Eyes : Ce sera une bonne raison pour que les Pussy Riders continuent d’aller le chercher !

Franck : Exactement (rires) ! Bien vu !

 

Metal-Eyes : Vous pourrez aussi faire des Pussy Riders vos mascottes à la place de ce looser de Mad Dog…

Franck : J’avoue que ce serait complexe parce qu’elles sont nombreuses mais ça pourrait être pas mal !

 

Metal-Eyes : Et sur scène, ça peut donner un bon visuel. Ça ferait du monde, mais ça pourrait être sympa… Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Nine of cups pour expliquer ce qu’est Hell Of A Ride aujourd’hui, ce serait lequel ?

Franck : Sans hésiter Never give up, never surrender, donc le clip qu’on a sorti il y a une semaine. C’est un morceau très accrocheur : un riff d’intro qui annonce le morceau et qui devient ensuite vraiment très puissant avec un refrain extrêmement accrocheur qu’on retient facilement. Sans aucun doute, c’est celui-ci.

 

Metal-Eyes : Et toi, à titre personnel, quel est le morceau que tu attends vraiment de pouvoir jouer lorsque vous pourrez redonner des concerts ?

Franck : Je pense que c’est aussi Never give up… Oui

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise aujourd’hui de Hell Of A Ride ?

Franck : En gros, c’est « Never give up, never surrender », encore une fois. En gros, quels que soient les obstacles, les difficultés, ne jamais rester à terre. C’est ce qui fait la force du groupe : on sait que faire de la musique à un niveau assez élevé ou pro, c’est assez compliqué parce qu’il y a une profusion de groupes. Il y a Instagram, Facebook, tout le monde a son soundcloud, tout le monde s’y met. Le fait de se détacher, de pouvoir trouver des dates et de jouer son album, se détacher sur scène, c’est, parfois, difficile. Il y en a dans le groupe qui peuvent doute, se poser des questions. Le fait de douter n’est pas grave, ce qu’il faut, c’est pouvoir se relever par la suite.

 

Metal-Eyes : Sur ma chronique je dis que votre album a un potentiel international. Ça ne vous tenterait pas de faire croire que vous êtes un groupe étranger soutenu par un très gros label ? (NdMP : je pense à ce moment aux Allemands de John Diva qui veulent persuader tout le monde qu’ils sont Américains)

Franck : Euh… si, avoir ce genre d’atout avec nous ce serait énorme. On cherche avant tout un tourneur, plus qu’un label, pour pouvoir nous exporter ou, au moins, commencer par la France et l’Europe avant d’aller un peu partout. Faire croire qu’on est un groupe américain, ce serait quelque chose à faire tenir… Au bout d’un moment, les gens se rendraient compte que nous sommes Français, même si l’univers musical est clairement de culture américaine. C’est évident.

 

Interview: SURVIVAL ZERO

Interview SURVIVAL ZERO : entretien avec Thibault (Batterie). Propos recueillis par téléphone, le 4 mai 2020

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Metal-Eyes : Je découvre Survival Zero avec cet album. Peux-tu me raconter l’histoire du groupe.

Thibault : On s’est formés fin 2007 sous l’impulsion de Pierre, le chanteur. Il m’a contacté, m’a envoyé quelques projets de compos qui m’ont accroché. Ensuite, on a démarché les autres membres du groupe.

 

Metal-Eyes : Vous vous connaissiez déjà, avant ?

Thibault : Tout le monde se connaissait déjà, sauf moi. Les autres ont tous déjà eut des groupes ensemble, ont travaillé sur différents projets. Moi, j’étais dans un groupe de death mélodique pendant 10 ans, groupe qui a splitté. Mais je connaissais Pierre de vue. Ça a matché, on s’est lancés à fond. L’idée, c’était de présenter quelque chose de carré dès le début.En termes de visuel, de son, d’environnement du groupe.

 

Metal-Eyes : Vous êtes basés où ?

Thibault : Sur Troyes.

 

Metal-Eyes : Vous sortez votre premier album, The ascension. Le titre est assez explicite, la

Thibault : Après une chute, les épreuves de la vie…

 

Metal-Eyes : Oui, mais le groupe est encore jeune, j’imagine qu’il n’y a pas eu énormément d’épreuves…

Thibault : Oui, après on en a tous eu dans nos vies.

 

Metal-Eyes : Comment en êtes-vous venus à cet album ? Chacun arrive avec ses idées et vous travaillez autour ? Vous travaillez ensemble ?

Thibault : Comme chaque membre est arrivé au fur et à mesure… La base des compos, c’est Pierre, qui avait pas mal de compos, mais chacun y a mis sa patte. On a d’abord travaillé la rythmique, et ensuite, avec l’arrivée de Régis, on a travaillé les ambiances. Nous, on conçoit un groupe où chacun apporte ses idées.

 

Metal-Eyes : Le nom du groupe est un peu osé en ce moment…

Thibault (rires) : ben, c’était pas voulu ! C’est inspiré de Patient zéro, donc je te laisse imaginer ce que ça représente. On est partis de ça, on a un peu inversé le sens pour avoir un côté… un peu plus positif.

 

Metal-Eyes : Euh… « Positif » en parlant de Zéro survivance ?

Thibault : Pas de survie, oui…

 

Metal-Eyes : On trouve beaucoup de choses dans votre musique, du death, du thrash, des choses plus mélodique. Pareil dans le chant de Pierre. Quelles sont vos influences ?

Thibault : On a voulu partir sur une base Machine Head / Lamb Of God, avec l’idée d’utiliser les influences de tout le monde. Benoit, il a plus un côté hardcore, moi, c’est plus le death technique, Pierre, il est plus prog. Tant que ça nous parle…

 

Metal-Eyes : La pochette, elle représente quoi ?

Thibault : On en a parlé avec l’illustrateur, on lui a montré des bouquins, des BD de SF, on lui a montré les paroles, et il nous a sorti ces premiers plans de pochette. Et ça nous a vraiment plu.

 

Metal-Eyes : Plus mystérieux que la pochette, il y a votre logo, une sorte d’enclume dans un hexagone. Quelle en est la signification ?

Thibault : C’est juste un symbole pour représenter le groupe… Avec le S et le Z du nom du groupe… On voulait quelque chose d’un peu mystérieux.

 

Metal-Eyes : Maintenant que tu me dis S et Z, je les vois, ça me parait évident. Ça me fait penser à celui de Twisted Sister, avec aussi un T et un S.

Thibault : Ça ne saute pas forcément aux yeux.

 

Metal-Eyes : De quoi parlez vous dans les textes ? C’est peut-être une question à poser à Pierre…

Thibault : Il t’en parlerait mieux, mais on aborde principalement des sujets comme la dépression, de SM… Des choses sur l’espace, notre place dans tout ça.

 

Metal-Eyes : Basé sur des expériences personnelles ?

Thibault : Ben, lui a fait une dépression et il l’a retranscrite en texte. Mais il l’a fait de façon très imagée pour laisser ouverte l’interprétation de chacun. Il ne veut pas que ce soit une autobiographie.

 

Metal-Eyes : Et y a-t-il des thèmes que vous préférez ne pas aborder ?

Thibault : La Politique, c’est sûr ! On ne mettra jamais les pieds là-dedans. Après, tout reste ouvert. Ce sera assez sentimental, imagé. Des sentiments que chacun peut ressentir.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de The ascension, le plus représentatif de ce qu’est Survival Zero, ce serait lequel selon toi ?

Thibault : Le dernier… The other verse. Je pense qu’elle balaye bien toutes nos influences. C’est une compo qui est assez ouverte sur la fin. Il y a tout ce qu’on peut trouver sur l’album.

 

Metal-Eyes : Et toi, en tant que batteur, sur laquelle tu t’éclates le plus ?

Thibault : Glorious nemesis. Elle est rentre-dedans, et c’est assez plaisant à jouer.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise pour Survival Zero ? Quelque chose que vous imprimeriez sur vos T-shirts et vos albums à venir ?

Thibault : Oh, t’es méchant là (rires) ! Il y a un truc qui revient souvent, c’est « bagarre ». Maintenant, je ne sais pas si sur un T-shirt… Mais c’est vrai, quand on balance un riff, si ça nous plaît, on dit « Bagarre ! », « C’est la bagarre ! »

 

 

Interview: THERAPHOSA

Interview THERAPHOSA : entretien avec Matthieu (basse). Propos recueillis par téléphone, le 11 mai 2020

Theraphosa by Denis Goria – photo promo

Metal-Eyes : Vous êtes originaires de Chelles, en région parisienne et avez déjà enregistré deux Ep, en 2012 et en 2018. Peux-tu compléter votre histoire ?

Matthieu : C’est bien ça. Theraphosa est né en 2007. La formation n’a pas changé depuis, elle est composée de Vincent, mon frère, à la guitare et au chant, moi, à la basse et aux chœurs et du batteur, Martin. On a toujours joué en banlieue parisienne. On a effectivement sorti 2 Ep, Inject the venom en 2012 et un autre en 2018, et nous sortons aujourd’hui notre premier album.

 

Metal-Eyes : Quels ont été les grands marqueurs pour le groupe ?

Matthieu : Pour le moment, je ne pense pas que nous ayons de grands marqueurs.. Si, peut-être en 2016, lorsqu’on est allé enregistrer notre deuxième Ep à Helsinki. C’est grace au photographe Denis Coria : en enregistrant dans un studio, l’ingé son connaissait Denis avec qui il nous a mis en contact. S’en est suivie une collaboration et lorsque l’on voulait enregistrer notre premier Ep, il nous a mis en contact avec Jan d’Amorphis.  C’est ainsi que nous sommes allés l’enregistrer à Helsinki. C’était notre premier réel contact avec la sphère professionnelle de la musique, et ça a été très formateur.

 

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre musique : comment pourrais-tu définir la musique de Theraphosa pour quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Matthieu : Je dirais qu’elle est sombre et élégante, marquée de mélodies qui évoquent un tiraillement entre le bien et le mal, l’ombre et la lumière, et que le tout baigne dans une atmosphère religieuse.

 

Metal-Eyes : « Religieuse » dans le sens pieu du terme ou dans le sens spirituel ?

Matthieu : On peut y voir les deux. Personnellement, j’y vois un sens pieu, mais vous pouvez y voir le côté spirituel. Avec Vincent, nous essayons de trouver un socle commun à nos deux visions, mais aussi à celle de ceux qui nous écoutent. Qu’ils soient croyants ou non, quelle que soit leur religion, d’ailleurs

 

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences ?

Matthieu : Elles sont assez variées… Notamment du Ghost. Vous pouvez retrouver dans certaines lignes de chant et de chœurs cette ambiance que sait créer Ghost.

 

Metal-Eyes : Que peux-tu me dire de ce premier album complet ?

Matthieu : On a enrichi notre musique, on y a ajouté des influences classiques. Aussi bien romantiques que sacrées ou liturgiques. Au niveau des thèmes abordés, on a approfondi notre réflexion de sujets qu’on avait déjà abordés, notamment la transcendance. Bien sûr, et c’est un thème récurrent dans Theraphosa, on traite de la condition humaine. The curse of Cronos, par exemple, traite du temps et de la relation que l’homme entretien avec le temps. C’est un album je pense assez spirituel. Cet aspect, je pense qu’il sera récurrent, voire qu’il définira le groupe.

 

Metal-Eyes : Alors quelle est la part de la religion, de la spiritualité dans le groupe ?

Matthieu : Personnellement ? Je suis croyant, catholique pratiquant, mon frère, lui, est athée, profondément athée, comme le batteur. On peut très bien le ressentir sur ce premier album. Les influences de la musique sacrée, le côté liturgique que peut avoir le groupe. Pour ce qui concerne les thèmes abordés, la transcendance est un très bon exemple car il s’agit d’une notion théologique. Mais elle a été reprise par des philosophes athées. Dans ce cas, on parle « d’immanence ». Ce sont deux notions opposée, mais qui convergent vers la même finalité : le dépassement de soi, de sa condition. D’un point de vue moral, physique et intellectuel. Ce sont ces différences que nous avons dans le groupe qui, je crois, enrichissent ces notions que nous abordons. Bien sûr, quand vous faites de la musique, vous êtes vecteurs d’un message. Et nous faisons en sorte que ce message ne pose pas de problème aux membres du groupe.

 

Metal-Eyes : Donc sans pratiquer de prosélytisme quel qu’il soit ?

Matthieu : Exactement. On essaye d’avoir un double sens dans nos paroles. Parfois, certains morceaux sont plus orientés que d’autres, plus teintés de notions religieuses, d’autres plus athées. Mais il y a un double sens et nous espérons que chacun peut y trouver ce qu’il souhaite.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Theraphosa entre votre Ep et ce nouvel album ?

Matthieu : Du point de vue musical, je trouve que le style de Theraphosa se précise, qu’il a évolué vers quelque chose de plus riche et complexe. Je pense qu’il commence à prendre sa vraie forme. Dans nos relations et nos méthodes de travail, là aussi, les choses ont évolué par le fait que le batteur et moi nous prenions plus part au processus de création, musique et écriture. Nous avons dû développer un processus de travail principalement pour l’écriture. Je n’interférais pas avec ce qu’écrivais mon frère, je ne regardais que une fois terminé. Pour cet album, nous produisons chacun des textes que nous nous présentons, nous jugeons ceux que nous considérons de bonne qualité, ceux avec des notions de ce qu’on aimerait aborder. Ensuite, nous on voit s’il y a des retouches à faire, des choses qui ne représentent pas notre façon de penser et on fait avec.

 

Metal-Eyes : Donc il y a plus une ouverture à la discussion entre vous là où, avant, c’était imposé ?

Matthieu : C’était de fait imposé parce que Martin et moi, n’avion pas le même bagage musical que mon frère. Il avait deux ans de musique derrière lui, et nous, rien. Naturellement, il a pris en charge la composition et l’écriture. Il avait une maturité que nous n’avions pas. On est restés comme ça, naturellement. Maintenant, nous avons tous vieilli, accumulé un peu d’expérience et nous souhaitons participer plus au processus de création. Vincent n’y voit aucun inconvénient.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes que vous ne souhaitez pas aborder, qui n’ont pas leur place au sein de Theraphosa ?

Matthieu : Comme ça, il n’y pas de thème qui me semble inabordable. C’est surtout la façon dont on en parle et le message final. Je vais te donner un exemple : sur Morning star, mon frère tenait à dépeindre la noirceur de l’humanité, ce en quoi, je suis d’accord, car les faits sont là, l’homme a une part d’ombre en lui, et il est le principal créateur de ses souffrances. Seulement, je tiens à y laisser une note d’espoir. Mon but n’est pas de dépeindre la noirceur de l’humanité, de dire que l’homme est mauvais et nous liguer les uns contre les autres, mais plutôt dire que nous sommes tous gris, l’être humain est tout en nuances et qu’il faut l’accepter, accepter la réalité du conflit pour accéder à cette transcendance et accepter la réalité, trouver le moyen d’obtenir ce que l’on désire. Si, les sujets qui pourraient être interdits : ceux qui imposent Dieu ou qui l’insultent. En tant que croyant, je ne peux pas laisser faire ça. Et Vincent, qui n’est pas croyant, ne peut pas laisser un message « missionnaire ». Ce sont des terrains dans lesquels on ne s’aventurera pas dans Theraphosa, ceux qui atteignent directement nos idéaux. On peut en parler, on le fait très régulièrement entre nous, mais pas dans le groupe.

 

Metal-Eyes :  Vous n’êtes ni un groupe chrétien, ni anti chrétien, pro ou anti religieux, donc…

Matthieu : Exactement.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de votre album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Theraphosa, ce serait lequel ?

Matthieu : Ah… C’est un choix assez difficile. J’opterais pour The curse of Cronos. Parce qu’il évoque la condition humaine, sa condition par rapport au temps. C’est un thème récurrent au sein du groupe, donc vous pouvez avoir une idée de ce que le groupe peut aborder comme sujets. Musicalement, il y a beaucoup d’influences : le refrain qui est assez technique rythmiquement, assez pop aussi, dans mon rythme de basse. Dans le pont, il y a des références aussi bien classiques que black metal. Ce titre, avec tous ces mélanges, est assez progressif. Je pense que ce titre peut être le héros de l’album.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un titre que tu attends de jouer avec impatience ?

Matthieu : Tout à fait, c’est Dies irae. Parce que, déjà, j’ai participé à sa création. De plus, la ligne de chant est très agréable et la chanson est vraiment agréable à jouer. J’adore jouer ce morceau, donc en concert, ce sera vraiment un plaisir de la jouer et voir les réactions des gens.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Theraphosa ?

Matthieu : Mhh… La devise ? Pour l’instant, je ne vois pas… Si, peut-être une : ce serait cette symbolique que nous tirons de l’araignée qui est « l’élégance et la résilience »a

Interview: SILENCE OF THE ABYSS

Interview SILENCE OF THE ABYSS : entretien avec David (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 29 avril 2020

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Metal-Eyes : C’est la première fois que nous nous parlons, alors peux-tu commencer par me raconter l’histoire du groupe ?

David : Diane et moi, on est en couple depuis 14 ans. On est tous les deux fans de metal et on fait beaucoup de musique. Ça fait plus de 20 ans que je suis dans le monde de la musique, mais pas dans le metal. Diane, pareil. Un jour, on s’est dit qu’il faudrait aussi penser à se faire plaisir. C’est bien, l’alimentaire, mais on n’a jamais fait notre musique préférée. Etienne a eu, en 2017, l’envie de monter un groupe de metal. J’avais un élève qui chantait plutôt pas mal et je lui ai demandé s’il voulait faire un essai avec nous. On a fait des reprises de Motörhead et dans la foulée, on a commencé à composer et on a sorti notre premier Ep en 2018.

 

Metal-Eyes : Quelle est l’origine du nom du groupe ?

David : Alors… Là, il y a plusieurs choses… On voulait le mot abysse parce qu’on est proche de la mer et qu’on ne peut pas s’empêcher de la voir tout le temps…

 

Metal-Eyes : Vous n’êtes pas proche de la mer, vous êtes entourés par la mer ! Vous êtes Corses, c’est pour ça que la mer a décidé de vous entourer…

David : C’est ça, surement pour qu’on ne fasse pas de conneries (rires) ! Non, je déconne !

 

Metal-Eyes : Oui, moi aussi. Pour une fois qu’on peut déconner avec un Corse sans risquer de se prendre une bombe…

David : Tu as raison, il faut en profiter ! Je déconne encore !

 

Metal-Eyes : C’est surtout parce qu’on est très loin et confinés… Je ne dirais pas ça en face, tu t’en doutes! 

David : Attention à après le déconfinage (rires)! Un jour, on a pris une feuille et chacun a dit son mot. On a dit énormément de conneries, jusqu’au jour où quelqu’un a dit « Silence », on a joué avec les deux mot, Silence Of The Abyss est sorti, on a kiffé alors c’est resté.

 

Metal-Eyes : Comment définirais tu la musique de Silence Of The Abyss pour quelqu’un qui ne vous connais pas ?

David : C’est compliqué parce qu’on a déjà du mal à nous placer dans une catégorie… On a entendu plein de trucs, post thrash, death progressif… On ne s’y retrouve pas parce qu’on a beaucoup d’influences, et on essaie de créer des harmonies qui nous appartienne. On cherche des harmonies, des accords très enrichis, qui parfois nous posent des problèmes pour poser des mélodies dessus. Le truc qu’on avait trouvé, on dirait qu’on fait du metal tout court ou du metal méditerranéen. Quand on dit ça les gens nous disent que ça représente bien ce que l’on fait…

 

Metal-Eyes : Oui, ça me parle aussi.

David : On joue là-dessus, on se rapproche de ces deux styles. En plus, avec cet album, on s’est lâchés, on est partis dans tous les sens, en le faisant le plus sincèrement possible. Et en nous amusant, aussi. Jouer de la musique c’est « jouer », ce n’est pas que travailler. Des fois, il y a des gens qui me disent « là, là, ça ressemble à du Machine Head ! » J’ai jamais écouté Machine Head de ma vie, c’est un truc de fous !

 

Metal-Eyes : J’aime bien le terme de « metal méditerranéen dans la mesure où vous avez une musique assez explosive – pour des Corses, ce n’est pas étonnant.

David : C’est tout à fait normal, même (rires)!

 

Metal-Eyes : Je pense que ça va être dur cette interview (rires)! Quand j’ai écouté votre album, j’y ai trouvé des influences thash, metal, metal moderne, aussi, mais c’est un peu fourre-tout comme terme. J’ai aussi senti quelques influences orientales.

David : Oui, ça… On est en Méditerranée, c’est quelque chose qui nous appartient depuis qu’on est nés. Presque tout le monde ici est né avec une guitare dans les mains. Il y a la culture corse, les chants…

 

Metal-Eyes : Il y a aussi une culture latine, hispanique…

David : Oui, on aime beaucoup ces choses-là, la musique cubaine aussi. On adore les instruments acoustiques, tout ce qui est percussion, aussi. Si on peut l’intégrer à Silence, on le fait. Ça fait partie de nous !

 

Metal-Eyes : Il n’y a pas de limite à votre musique. Si ça vous parle, vous le mettrez dedans.

David : C’est ça. Si demain on a le plus gros riff du monde mais qu’on ne le ressent pas, on le jette. Tant qu’on respecte ce qu’on fait, qu’on le ressent…

 

Metal-Eyes : D’autant plus que les deux tiers du groupe sont en couple, alors ça permet d’éviter les engueulades à la maison !

David : C’est ça ! Parce qu’on s’est bien défoulés ailleurs aussi !

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de SOTA entre votre Ep, il y a deux ans, et votre album, Unease and unfairness ?

David : Il y a beaucoup plus de maturité sur l’album. On a beaucoup bossé entre les deux, et la maturité qui s’est dégagée a été très rapide. Les encouragements des chroniques, les compliments qu’on a reçus, je pense que nous ça nous a motivés pour bosser, bosser et trouver encore plus cette harmonie qu’on cherche depuis longtemps. Que ce soit assez original. En plus, maintenant qu’il y a Jean-Bernard, le nouveau chanteur, ça fait 15 ans qu’on le connait. Ce trio, ça fait un peu vie de famille…

 

Metal-Eyes : Votre pochette est aussi pleine d’influences : on y voit une réinterprétation de l’homme de Vitruve de de Vinci, de la science-fiction avec cette femme qui porte un masque à gaz, sa position évoque aussi la religion chrétienne avec la crucifixion. En plus, vous ne pouviez pas l’envisager, mais il y a cette boule verte qui ressemble à un virus, même s’il n’a pas la même couleur que le Covid… Vous avez voulu exprimer quoi ?

David : C’est assez incroyable, on l’a sorti le 13 mars et juste après il y a eu ce Covid… On a laissé ça à Kahinienn graphix. Quand il nous a demandé ce qu’on voulait, il nous a demandé les thèmes de nos chansons. Maltraitance animale, nihilisme, post-apocalyptique. On lui a envoyé les maquettes de chansons, il a écouté et nous a dit ce que ça lui évoquait. On a trouvé ça super, ce qu’il nous a dit collait vraiment.

 

Metal-Eyes : Ça colle aussi avec le titre : Mal-être et injustice

David : C’est exactement ça, et cette pochette évoque tous les thèmes qu’on aborde dans l’album.

 

Metal-Eyes : Quels sont les thèmes que vous abordez, justement ?

David : Ah… Ça dépend de qui écrit les textes, s c’est JB ou Diane. JB est prof de philo, alors ça peut partir loin (rires). Si j’ai vu un reportage qui m’a touché, je vais écrire la musique, eux, c’est pareil. Sur cet album, il y a la maltraitance animale, surtout, et humaine. Avant le virus, on sentait que les choses étaient en train de changer. Si c’est pas maintenant, ce sera dans 20 ou 30 ans, mais quelque chose change, d’où l’optique post apocalyptique. Ce qu’on essaie de faire, que ce soit dans la musique ou dans le textes, c’est de toujours laisser une lueur d’espoir.

 

Metal-Eyes : Metallica a une influence particulière pour vous ?

David : Pff… Oui, je crois que Metallica, ça m’a toujours suivi en musique. Énormément, oui ! Ca ne m’a jamais quitté, Metallica.

 

Metal-Eyes : Ça se sent particulièrement sur Lunar…

David : Oui, c’est fou, je n’y ai même pas pensé ! Lunar a été créé très simplement : il y a un fou qui a mis le feu, ici, chez nous et ça a cramé je ne sais pas combien de milliers d’hectares, ça a tué je ne sais pas combien de milliers d’animaux. On avait ça sous les yeux parce que la maison est très proche. On avait la haine, et de suite, les accords qui sont tombés ont été la base de Lunar. C’est un titre qu’on a fait en un jour ou deux ! La batterie a été tracée en… une demi journée, tellement on avait la haine.

 

Metal-Eyes : C’est un instrumental : pourquoi avez-vous décidé de clore ce disque avec un instrumental.

David : On l’a senti comme ça, il n’y a ni pourquoi, ni comment. On ne sentait pas de voix dessus – on a quand même essayé quelques chœurs par ci par là, mais… Il y a des morceaux qui doivent être que instrumental. Il est chargé quand même, et c’est compliqué de mettre des voix dessus.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Unease and unfairness pour expliquer ce qu’est Silence Of The Abyss, ce serait lequel ?  

David : C’est très compliqué… C’est un album qui part dans tous les sens et chaque chanson nous évoque quelque chose. C’est un album où chacun a la sienne…

 

Metal-Eyes : Et toi, si tu rencontres quelqu’un demain – bon, tu n’as pas le droit de rencontrer quelqu’un demain, tu es sensé être chez toi – mais à l’avenir, tu veux faire comprendre à cette personne ce qu’est votre musique avec un seul titre, tu lui ferais écouter lequel ?

David : Ah, c’est compliqué… Allez, Nothing at all, parce que c’est le plus représentatif de ce qu’on fait : il y a beaucoup de choses dedans, du lourd, on speed à la fin, il y a des harmonies. Mais je ne suis pas sûr du tout de ce que je dis !

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise Silence Of The Abyss en 2020 ?

David : Ah… « toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort », une connerie comme ça ! Si on est motivés, qu’on voit que les gens kiffent et qu’on a de bons retours, c’est une devise qui pourrait nous aller.

 

Metal-Eyes : Donc on passe des abysses, des profondeurs, à des sommets beaucoup plus élevés ?

David : Oui, pourquoi pas ? Bien sûr !

 

Metal-Eyes : Est-ce que vous profitez de ce temps de confinement pour préparer la suite ?

David : C’est ce qu’on s’est dit au départ, on a la chance d’avoir la batterie à la maison, d’être confinés Diane et moi. Donc, c’est super. On a cette chance énorme de pouvoir travailler. Mais bizarrement… moi, le confinement, ça m’a coupé les jambes. En créativité, ça m’a ruiné. Je n’avais même pas envie de prendre une guitare, c’est quelque chose qui ne m’est jamais arrivé. Ça a duré 3 semaines, un mois où j’avais envie de rien. Là c’est reparti, on travaille sur deux nouveaux titres qu’on a commencé à maquetter. L’envie était dure à retrouver… Diane, pas du tout, elle le vit comme un rêve absolu, le confinement, elle trouve ça super génial (rires) ! Là, on répète le show pour plus tard, on profite de ce temps pour mettre en place les choses pour après. On est sur différentes idées de nouvelles chansons…

Interview: HAUMEA

Interview HAUMEA : entretien avec Seb (batterie). Propos recueillis par téléphone, le 13 avril 2020

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Metal-Eyes : On n’a pas dû te poser beaucoup la question aujourd’hui, alors pour commencer, peux-tu raconter l’histoire d’Hauméa ?

Seb : L’histoire d’Hauméa ? On ne me l’a pas demandé aujourd’hui, en effet (rires)… Hauméa, c’est la réunion de 4 musiciens qui ont des parcours complètement différents sur la scène musicale : il y en a qui viennent du metal extrême, d’autre du rock français. On a monté un combo pour essayer de mixer tout ça, te le résultat, c’est 2 Ep, dont le dernier, Leaving vient de sortir.

 

Metal-Eyes : Vous êtes originaires d’Alençon. Le groupe s’est formé quand ?

Seb : Tout début 2018.

 

Metal-Eyes : Vous avez tous joué dans d’autres groupes avant de former Hauméa : quels étaient vos formations précédentes ?

Seb : Andy, le guitariste, était dans Erider (?), un groupe de deathcore, Lea était avec un groupe extrême qui s’appelait Rotting Face, qui a pas mal tourné, 3 ou 4 fois en Europe, ce qui n’est pas négligeable… Moi, j’étais avec Nobody’s Straight, un groupe de Hardcore et Nico, le chanteur était avec Lady Morose.

 

Metal-Eyes : Quels ont été les retours sur votre premier Ep ?

Seb : Les chroniques disaient en vouloir encore, alors on a poursuivi (rires). On a eu beaucoup de bonnes chroniques disant que c’était prometteur. Le second vient de sortir, on a déjà des éloges à son sujet, et ça, c’est plus que gratifiant.

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi ce nom d’Hauméa qui est celui d’une planète naine ? Est-ce parce que vous aussi vous gravitez autour d’une certaine sphère musicale ?

Seb : C’est un peu le délire, oui. Il y a deux idées derrières : Hauméa, c’est une musique un peu solaire, spatiale. On part dans différents univers. Mais Hauméa, c’est aussi la déesse de la fertilité dans la mythologie hawaïenne. Et à l’époque où on s’est formés, on était 4 musiciens sans groupe, et le fait de nous trouver était comme une renaissance pour nous. Il y a une double signification derrière le nom d’Hauméa.

 

Metal-Eyes : Il y a pourtant un lien évident avec la planète puisque vous avez gravé son numéro – 136108 – sur la première barre du H…

Seb : Cette planète a été repérée dans l’Orne je ne sais plus en quelle année, mais c’est pour ça qu’il y a le nombre 61 dans son intitulé.

 

Metal-Eyes : Rien à voir, donc, avec le fait que vous soyez amateurs d’astronomie ?

Seb : Pas du tout. Sinon, on n’aurait pas choisi une planète qui a une forme d’œuf (rires) !

 

Metal-Eyes : Et on en parle juste au moment de Pâques… Autre chose : c’est un peu provocateur en ce moment de publier un disque qui s’appelle Leaving en cette période de confinement…

Seb : Rien n’est prémédité. Après, quand on pense à ce qui se passe actuellement, je trouve ça excellent, la main sur la pochette est tendue, la personne veut sortir… C’est en totale contradiction avec ce qu’il se passe en ce moment.

 

Metal-Eyes : Comment définirais-tu la musique d’Hauméa pour quelqu’un qui ne la connait pas et souhaite la découvrir ?

Seb : Je dirai que c’est du rock metal, avec beaucoup d’émotion, de rage aussi. Une musique assez cadencée et lourde à la fois.

 

Metal-Eyes : Les deux premiers termes qui me soient venus à l’esprit en écoutant le disque c’est Hardcore et punk. Ça correspond à vos influences ?

Seb : Oui, on peut dire ça… C’était le milieu musical dans lequel j’évoluais avant. Notre bassiste vient du grindcore, notre guitariste, du detah, deathcore, moi, du hardcore et le chanteur vient de la chanson française. On reste tous fans de Deftones, Faith No More, Gojira. Mais aussi The Cure… On écoute tellement de choses qu’on essaie de mixer le tout.

 

Metal-Eyes : Vous ne vous imposez pas de limites j’imagine…

Seb : Chez Hauméa, il n’y a pas de limite. Notre guitariste arrive avec un riff, si ça matche, c’est adopté. On pose les textes, on fait des arrangements, et si ça matche encore, alors on le pose sur une galette.

 

Metal-Eyes : Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos textes ?

Seb : On parle principalement de sentiments, le côté émotionnel, le mal qu’on peut ressentir en soi, les addictions, à l’alcool, à la drogue. Ça peut être du vécu personnel, il y a aussi du constat écologique et humain. On aborde plusieurs thèmes sans pour autant faire de prosélytisme politique. C’est pas du tout notre fer de lance. On préfère se concentrer sur le vécu.

 

Metal-Eyes : Sur des expériences individuelles ?

Seb : Pour beaucoup, oui. Soit vécu en direct, soit interposé. Certains morceaux traitent de ce qui a pu arriver à un d’entre nous, un de nos proches. Ce sont des marqueurs d’inspiration.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que vous préférez ne pas aborder, qui n’ont, aujourd’hui, pas leur place dans Hauméa ?

Seb : La politique, ça ne nous intéresse pas. On en parle entre nous, mais on n’est pas là pour faire de la politique, on ne veut pas avoir d’étiquette politique. On pointe du doigt l’humain en tant que tel, pas un parti politique ou un gouvernement en particulier. Ça, on n’en a rien à cirer !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Leaving pour décrire ce qu’est Hauméa aujourd’hui, ce serait lequel et pourquoi ?

Seb : Celui qui nous représente le mieux ? Je dirais Breathe, celui qui a fait l’objet d’un clip. C’est celui sur lequel l’empreinte d’Hauméa est la plus palpable : il y a de l’émotion, de la puissance, de la rage, aussi. Et c’est vraiment tout l’univers d’Hauméa.

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi ce format de disque, un peu plus long qu’un Ep mais plus court qu’un album ?

Seb : Le travail d’un album est très long. C’est pas qu’on est fainéants, loin de là, mais à la suite d’Unborn, on voulait avoir une activité assez régulière, et le format Ep/lp se prête relativement bien avant de se concentrer sur la préparation d’un album. Le format Ep nous permet d’avoir une continuité dans cette dynamique de promotion avant la sortie d’un album. Pour le démarchage, aussi, au niveau de l’orga de festivals ou même des Fnac : eux-mêmes disent préférer avoir des Ep. Et pouvoir sortir quelque chose plus régulièrement montre qu’on a envie de continuer.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution musicale d’Hauméa entre vos de disques ?

Seb : Elle a été plus marquée sur les textes puisqu’on fait valoir le chant en français. C’est le chant qui a principalement évolué même si on a muri musicalement, bien sûr, mais c’est principalement au niveau des textes où on mélange l’anglais et le français. Le français est une langue poétique, c’est notre langue maternelle, et elle est plus à même de créer une métaphore que l’anglais. L’anglais est réservé pour les grosses parties avec les punchlines. On est parvenu à faire ce mélange des deux langues, ce que peu de groupes osent mettre en place.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise d’Hauméa ?

Seb : Oh, la question piège…

 

Metal-Eyes : Non, pâs piège, différente, c’est tout. Celle-là, tu ne peux pas dire qu’on te la pose tous les jours !

Seb : Oh, non… Là, tu m’as coupé l’herbe sous le pied… « De l’émotion, si tu en veux, avec Hauméa, tu l’auras »

 

Interview: ONE LIFE ALL IN

Interview ONE LIFE ALL IN: entretien avec Clem (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 24 avril 2020

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Metal-Eyes : Peux-tu commencer par raconter l’histoire du groupe qui est né de votre rencontre avec Don Fosse, chanteur de Spudmonsters, et qui a participé à un titre de ton groupe, Seekers Of The Truth en 2015 ? Vous l’avez par la suite sollicité pour participer à ce nouveau projet qu’est One Life All In.

Clem : Exactement. Au tout début, Franck et moi jouions avec Seekers Of The Truth. On a fait une date avec les Spudmonsters, l’ancien groupe de Don, sur Lyon en 2014. Ca s’est très bien passé, on a un peu échangé durant la soirée et quelques jours plus tard, Franck l’a recroisé au Hellfest puisque les Spudmonsters y jouaient aussi. Ils ont passé pas mal de temps ensemble, Don et lui, et tout s’est super bien passé. Quand on a enregistré l’album de Seekers, on voulait faire un morceau avec un featuring et on a tout de suite pensé à Don qui a accepté d’enregistrer un titre avec nous. Il l’a fait à distance, de chez lui à Cleveland, nous a tout envoyé et nous, on a remis ça au studio à Lyon. On a gardé contact, continué d’échanger. Pour moi, ça en restait là, mais pas dans la tête de Franck qui avait des morceaux en tête. On était encore avec Seekers à l’époque et il m’a demandé de lui donner un coup de main avec l’ordinateur. Il avait les idées mais il ne savait pas forcément faire. Au début, je pensais que c’était des morceaux pour Seekers, mais un peu plus tard, il m’a dit que c’était pour un autre projet, sans trop savoir qui il y aurait comme batteur, comme chanteur mais il m’a demandé de continuer de l’aider à enregistrer.

 

Metal-Eyes : A la base, c’est donc vous deux, Franco et toi ?

Clem : A la base, oui. Quand on a fini d’enregistrer les 6 premiers morceaux, on a demandé à Don si ça l’interssait de chanter dessus. On lui a envoyé les démos, ça lui a plu, il a enregistré son chant sur les 6 titres et nous les a renvoyés. On était super contents.

 

Metal-Eyes : C’est donc ce qui a donné votre premier Ep, The A7 session ?

Clem : Oui, c’est ça. On a ensuite demandé à Kevin (Foley, ex Benighted) s’il voulait nous rejoindre, il a accepté, est rentré en studio et a très rapidement enregistré la batterie. Don est venu en France pour enregistrer ses parties en studio. On a profité des quelques jours de sa présence pour enregistrer un clip.

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous fait la connaissance de Kevin ?

Clem : Il assiste à beaucoup de concert, et on se croise régulièrement. Là, c’est Franck qui a pris contact avec lui, par l’intermédiaire d’un autre ami commun. C’est arrivé à un moment où Kevin avait envie de faire autre chose que du metal extrême. Il a joué dans beaucoup de groupes, dont le plus gros est Sepultura. Dernièrement, il a joué avec Lofofora, Black Bomb A et il y en aura certainement d’autres !

 

Metal-Eyes : C’est le syndrome du batteur d’aller taper un peu partout ! Comment définirais-tu la musique de One Life All In, sachant que sur votre bio vous vous définissez déjà comme un groupe de hardcore positif. Vous entendez quoi par là ?

Clem : Je la définirais de punk hardcore, et « positif » par rapport à l’attitude et surtout aux paroles. On n’est pas du genre à dire qu’on est les meilleurs, les plus tatoués… Ce n’est pas notre nature…

 

Metal-Eyes : Vous n’êtes pas un groupe grande gueule, quoi…

Clem : Non, c’est pas notre genre, humainement, et ce n’est pas ce qu’on veut faire de notre musique, assez ouverte. Et on essaie d’avoir une attitude qui va avec notre caractère.

 

Metal-Eyes : C’est quelque chose qu’on retrouve au sein de ton précédent groupe, Seekers of The Truth, qui avait un discours très positif…

Clem : Oui. Oui, c’est quelque chose d’important. Surtout dans le style de hardcore qu’on voit maintenant, qui est beatdown, très revendicatif…

 

Metal-Eyes : Justement : il y a des thèmes que vous privilégiez dans vos paroles ?

Clem : Pas vraiment. C’est Don qui écrit les paroles, il y a beaucoup d’expériences personnelles. Il y a quelque chose qui ressort beaucoup de ses paroles, c’est quelqu’un de très positif, qui essaie toujours de voir le bon côté des choses, même quand il y a quelque chose de négatif au premier abord, il cherche à en tirer quelque chose de positif. Ce qui nous apporte beaucoup, nous pousse à tenter des choses. De toutes façons, si on n’essaie pas on ne saura jamais…

 

Metal-Eyes : Et y a-il des choses que vous préférez ne pas aborder, qui ne font pas partie de votre univers ?

Clem : Je dirais tout ce qui est négatif, politique. Musicalement, ce n’est pas un aspect qu’on aborde. On a des convictions, mais on n’en parle pas.

 

Metal-Eyes : Vous évitez tout ce qui peut être clivant pour vous concentrer sur les aspects positifs de la vie.

Clem : Oui, c’est mon ressenti. Don te dirait peut-être autre chose, il a pris le parti d’écrire des paroles plus personnelles, ce qui n’était pas le cas avec les Spudmonsters, où il pointait du doigt des choses comme la pauvreté. Je pense qu’il est peut-être dans une période de sa vie où il a besoin d’exprimer des choses plus personnelles.

 

Metal-Eyes : Vous continuez de travailler à distance, j’imagine ?

Clem : Oui, même si on a modifié certaines choses : on lui envoie la musique et lui peut corriger des passages, les raccourcir, modifier une mélodie qui ne l’accroche pas trop, qui prend trop de place. On compose de notre côté, on envoie, on modifie, déplace, enlève certains arrangements…

 

Metal-Eyes : Est-il possible que Don vous envoie des lignes de chants et que vous travaillez la musique ensuite ?

Clem : Ça pourrait arriver. Ça ne s’est pas encore produit mais, on en avait parlé, c’est quelque chose que j’aimerai bien faire : pouvoir composer un morceau en fonction d’une mélodie de chant.

 

Metal-Eyes : Eh bien voilà un projet pour le troisième CD !

Clem : Voilà !

 

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe, One Life All In ?

Clem : C’est un peu le… « carpe diem ». Faire en sorte de faire plein de choses et être bien avec ce que l’on fait. Remplir sa vie avec les meilleurs éléments possibles.

 

Metal-Eyes : Votre esprit est positif. Votre nouveau disque s’appelle Letter of forgiveness – Lettre de pardon. Vous voulez pardonner quoi et à qui ?

Clem : C’est un titre que Don a écrit… Il en parlerait mieux que moi, mais je vais tenter : il a fait certaines choses dans sa vie dont il n’est pas fier, il a des regrets, des remords. Il a eu besoin d’écrire ce titre pour lui, pour accepter de n’avoir pas fait les bons choix aux bons moments. « Excusez-moi pour le mal que j’ai pu faire, parce que j’en ai fait », c’est son message…

 

Metal-Eyes :  Tu peux parler un peu de la pochette aussi ? Une princesse un peu tribale avec cette couronne de fleurs et de fer…

Clem : Moi, ce que j’aime, c’est le côté un peu ambivalent : un visage un peu fermé, qui contraste beaucoup avec les fleurs du dessus…

 

Metal-Eyes : Elle a un regard très mélancolique, je trouve…

Clem : En plus, oui, exactement. Une courrone et des fleurs, c’est pas quelque chose qu’on trouve souvent, en tout cas, pas dans mon esprit, et j’aime bien ce paradoxe. Au départ, c’est une illustration qu’a faite Dave Pickel, un tatoueur américain ami de Don. Don avait ce visuel dans un coin, dans son ordinateur, je sais pas où mais il l’avait ! Il nous l’a proposé, on a dit OK, il a demandé à Dave si on pouvait l’utiliser, et il a accepté mais a demandé à retoucher, peaufiner certaines choses. La pochette du CD, c’est lui, le reste de l’artwork, c’est Sylvain, de Seekers, qui est aussi graphiste. Je trouve cette pochette, le contraste qu’il peut y avoir avec l’imagerie habituelle du hardcore. Ça va bien avec notre esprit et ce qu’on veut transmettre.

 

Metal-Eyes : Il y a aussi ce contraste avec votre premier CD sur lequel il n’y avait que le nom. Comment analyses-tu l’évolution de One Life All In entre vos deux disques ?

Clem : On pourrait presque croire qu’il s’agit de deux groupes différents… Sur le premier, les morceaux étaient assez basiques, directs, sans fioritures. Pour le second, on a beaucoup travaillé les mélodies, on a ajouté une seconde guitare qui apporte pas mal de choses. Au niveau de la structure des morceaux, on sort du schéma couplet-refrain. Au niveau des sonorités on a ajouté des choses un peu plus punk, sur certains morceaux, on s’est même amusés à changer de tonalités, ce que je n’avais jamais fait avec les autres groupes, avant.

 

Metal-Eyes : Vous vous connaissez mieux aussi, vous avez plus de repères communs (il acquièsce). Il y a un mot qui ressort quand j’écoute Letter of forgiveness, c’est que je le trouve plus tribal. Es-tu d’accord avec ce terme ?

Clem : Tu entends quoi par tribal ?

 

Metal-Eyes : Dans les rythmiques, surtout, que je trouve assez sèches, parfois martiales…

Clem : D’accord, ce n’est pas forcément faux.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Letter of forgiveness pour présenter à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est One Life All In, ce serait lequel ?

Clem : Je pense que ce serait 83rd dream, la reprise de The Cult. Je pense qu’elle reprend tout l’esprit du groupe. Une intro assez épurée, puis une partie un peu plus mélodique, une autre assez rentre dedans, et une fin assez metal, à la Lamb Of God. Oui, c’est un morceau qui reprend tout ce qu’on aime.

 

Metal-Eyes : Pour terminer : quelle pourrait être la devise de One Life All In, sans parler de confinement, Bien sûr !

Clem : Il y a une chose qu’on se dit souvent avec Franck : « on continue la mission ». On va continuer, l’album qui est en préparation, alors on continue et on se fait plaisir.

 

Metal-Eyes : As-tu une dernière chose à ajouter ?

Clem : Oui, je voudrai en profiter pour vous remercier, vous, webzines, de partager cette passion, en rédigeant des chroniques, en faisant des interviews. En relayant l’information et en faisant vivre la musique. Je pense aussi, surtout en ce moment, aux magazines qui vivent des moments difficiles et qu’il faut soutenir, surtout en ce moment, comme les organisateurs de concerts… C’est important aussi de se déplacer à un concert, local ou pas, c’est ce qui fait vivre la scène, toute la scène. D’acheter des CD, des T Shirts, c’est aussi ça qui fait vivre les groupes.

 

Interview: STONE OF A BITCH

Interview Stone Of A Bitch : entretien avec Alice (chant) et Ludwig (instruments). Propos recueillis par téléphone, le 7 avril 2020.

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Metal-Eyes : Stone Of A Bitch, j’ai connaissance de deux albums, mais pas de votre histoire. Pouvez-vous commencer par me la raconter ?

Alice : Le groupe vient du sud-est de la France, du côté de Nice. On s’est rencontrés sur un festival de musique auquel je participais avec un groupe de reprises. Ludwig faisait partie du comité d’organisation et s’occupait de beaucoup de choses et entre autre de musique. Ensuite, on a eu l’idée de monter un projet. C’est la naissance de Stone Of A Bitch, entre fin 2016 et début 2017.

Ludwig : Ça, c’est la genèse. Après ça, assez rapidement, on a commencé en acoustique avant de nous orienter vers l’électrique. Rapidement, on a confirmé qu’on voulait conserver le format de duo. Rapidement, on s’est retrouvés avec pas mal de chansons qu’on a packagé sous la forme d’un premier album en 2017. Un album tout noir avec nous dessus…

 

Metal-Eyes : Un album avec une tête de mort qui enlace une jolie nana assez 60’s… Cet album, je l’avais un peu égratigné à cause de l’accent anglais plus que de la musique. Comment définiriez vous la musique de Stone Of A Bitch pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Ludwig : On la qualifie de rock électro percussif. Parce qu’on est clairement dans un univers rock au niveau des sonorités, mais on veut aussi expliquer que tout le coté percussions de cet album est issu de machines, de séquenceurs. « Rock électopercussif », ça englobe assez bien notre méthode de fabrication.

Alice : Je confirme. On s’est nous-mêmes collé cette étiquette parce que, au contraire de certains groupes qui annoncent « duo » sur leur album et qui, une fois sur scène, se retrouver à 3, 4, 5 voire parfois plus, nous, on s’est lancés le défi de réaliser à deux le son que tu entends sur album.

 

Metal-Eyes : Ça veut dire qu’il y a des machines qui interviennent et que certaines personnes pourraient éventuellement remettre en doute le côté live…

Alice : Alors… oui, à partir du moment où ils voient des machines ils peuvent penser que c’est du pré enregistré. Mais j’utilise des samplers, des séquenceurs, des synthés, mais c’est moi qui reste aux commandes de la rythmique et de tout ce qui est fond sonore.

 

Metal-Eyes : Vous venez de sortir un second album, IntimAlicious. Comment analyseriez-vous, l’un et l’autre, l’évolution de Stone Of A Bitch entre ces deux disques ?

Alice : Déjà, IntimAlicious, c’est un voyage dans l’intimité d’Alice. Avec cet Ep, on s’est focalisés sur le personnage d’Alice, les menaces qui pèsent sur elle, et sur sa manière de les appréhender et d’y faire face. Ça s’est ressenti, évidemment dans notre musique, avec des sonorités, des mélodies plus sombres.

Ludwig : D’un point de vue technique, musical, entre ces deux disques il y a aussi eu la tournée qui a beaucoup influencé sur la partie dont on a travaillé cet album, qui a changé le format des nouveaux titres. C’est-à-dire qu’on les a vraiment travaillés pour la scène en termes de tempo, de rythmiques, de riffs. Ça a forcément eu un impact sur la façon dont on l’a construit, sur les nouvelles structures, les nouvelles sonorités. Et je pense qu’il y a aussi un effet, c’est qu’on voulait montrer qu’on construits aussi ces sons sur scène. Ça, ça veut dire aussi passer par des machines, et qui dit machines, dit ajouter des couches de sons qui ne laissent pas d’ambiguïté sur le fait qu’on travaille avec des machines. On introduit donc du nouveau matériel sur ce second disque, la méthode a évolué, les machines, on les emporte sur scène et on interagit beaucoup plus.

Alice : Il y a plus de liberté d’expression, de construction en live avec le nouveau format qu’avec l’ancien.

Ludwig : ça se prête plus au jam, aux échanges… On peut faire durer ; il y a des passages, si ça se passe bien sur scène avec le public, on peut les faire tourner. On fait plaisir, à nous et au public.

Alice : On se laisse cette liberté d’improviser, en fait

 

Metal-Eyes : Je vois d’autres choses aussi avec cet album, un parallèle – ou plutôt un perpendicularisme – avec votre premier disque : vous passez du noir à des couleurs plus claires, de jour, d’un duo sur la pochette à quelqu’un seul sur la plage (c’était avant le confinement…) Sur le premier, on te, voit, Alice, fumant une cigarette, et là, tu es entourée de crabes. Un rapport avec le cancer, l’évolution d’une certaine forme de maladie ?

Alice : On peut y voir ça, bien sûr, on peut y voir ce qu’on veut… Les crabes représentent toute forme de menace, pas seulement la maladie. Des menaces environnementales, venant d’horizons et d’univers différents. Alice, elle est là, au milieu de tout ça et on n’arrive pas trop à savoir si elle a conscience ou pas de ce qui se passe autour d’elle. Comment elle va faire face à tout ça, le vivre ? Est-ce qu’elle va l’encaisser et l’enfermer au fond d’elle, l’extérioriser en se battant bec et ongles, avec une certaine forme de colère…

Ludwig : Je crois qu’au fil de notre parcours de conscientisation, chacun franchit, à un moment, une étape, et réalise qu’on n’est que le maillon d’une chaine. On peut parler d’un éco-système, peut-être, mais il y a aussi cette idée que son innocence est menacée.

 

Metal-Eyes : C’est ce qu’on retrouve aussi au travers des textes, cette idée de menace…

Ludwig : Absolument. Et, d’une certaine manière, la pochette du premier album voulait aussi dire ça. Qui est la menace pour l’autre ?

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi le format Ep, alors que le premier était un album ?

Ludwig : L’Ep c’est un super format pour pouvoir explorer « en vertical » la palette sonore. Moins de titres, mais plus de recherche…

Alice : Peut-être aussi plus de mouvement au sein même d’un titre.

 

Metal-Eyes : Il y a effectivement une belle variété au travers de ces cinq titres. Et, Alice, là où je t’avais égratignée au niveau du chant en anglais, j’ai été très agréablement surpris par l’évolution de l’anglais qui est beaucoup plus fluide et passe-partout.

Alice : Ah, c’est donc toi qui m’avait démontée (rires) ?

 

Metal-Eyes : C’est agréable de constater cette évolution. Après tout, si vous choisissez de chanter en anglais, ce n’est pas pour vous contenter du marché francophone, c’est aussi pour aller voir ce qu’il se passe à l’étranger…

Alice : C’est ta critique qui m’a motivée à reprendre mon anglais ! Rassure-moi, tu ne m’égratignes pas sur autre chose, cette fois ? (rires)

 

Metal-Eyes : Non, non, vous verrez. C’est aussi pour ça que je préférais faire cette interview au téléphone, pour éviter les coups ! (rire général)

Ludwig : On a quand même ton adresse !

 

Metal-Eyes : Pour l’un et l’autre, quel est le titre d’IntimAlicious qui représente aujourd’hui le mieux Stone Of A Bitch, celui que vous présenteriez à quelqu’un en lui disant « voilà, ce qu’on fait, c’est ça » ?

Ludwig : J’opterai pour A-Twin

Alice : Oh, non ! Quel copieur celui-là !

Ludwig : On a un bon consensus, c’est bien, on ne fera qu’un titre…

Alice : La prochaine fois, on se concertera, il n’y aura qu’une chanson…

 

Metal-Eyes : Mais les raisons ne sont sans doute pas les mêmes…

Ludwig : Tu as raison. Pour moi, A-Twin est très représentatif de notre travail actuel. Il y a tout ce que j’aime, mais surtout, il y a une bonne symbiose entre ce qu’on veut faire passer, les thèmes, et le fit avec les instruments. C’est un morceau long – j’adore ce genre de choses un peu progressives – répétitif à la fin, lancinant, on peut vraiment improviser en changeant les textures du son à la fin. On a du groove avec du refrain, de gros riffs que j’adore faire à la guitare, c’est très agréable à jouer. Je ne sais pas si tu es guitariste, mais…

 

Metal-Eyes : Pour tout te dire, je ne joue que d’un instrument… Du pipeau

Alice (elle explose de rire) : Moi aussi !

Ludwig : J’espère qu’Alice a des raisons différentes…

Alice : Oui, mes raisons sont différentes. C’est le morceau que je présenterai, pas musicalement, mais au niveau des textes, parce que c’est la quête de l’identité jumelle qu’on a tous au fond de nous. Ce morceau me touche particulièrement, je lem suis beaucoup investie sur la construction, de la structure, de la disposition des sons… C’est le morceau que je peux écouter en boucle et ressentir toujours la même émotion, les mêmes frissons. Et le texte est très représentatif.

 

Metal-Eyes : Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Stone Of A Bitch en 2020 ?

Ludwig : Notre devise ? Et en 2020… Ouais, ouais, ouais… Je dirais bien « who’s your bitch ? ». Parce que c’est sous forme d’une question, donc la personne qui la lie va réfléchir, mais aussi parce que ça résume notre projet, et ça questionne la personne sur son environnement et sur qui elle est. Qu’est-ce qui te menace, qu’est-ce qui peut freiner ton évolution…

Alice : « You can be your own bitch », en réponse… On a chacun de nous une part sombre, une espèce de bitch qui nous tire vers le bas, mais on peut être tirer de la lumière de cette façon.

 

Interview: DREADFUL HIPPIES

Interview DREADFUL HIPPIES : entretien avec Nico (chant) et Stéphane (basse). Propos recueillis à Paris, le 4 mars 2020

Metal-Eyes : Dreadful Hippies est né en 2015, a sorti un Ep en 2016 et vient de publier Rover, son premier album. Mais l’histoire du groupe, c’est quoi ?

Nico : Dreadful Hippies est un groupe qui est né avec le guitariste, Eric Lorsey, et moi-même, et une bassiste qui n’est plus dans la formation, Tara. C’était l’idée de recréer un projet dont la base était de faire un rock simple. Ensuite, il a évolué. Il a évolué en Heavy Rock Simple et Efficace (il rit)

 

Metal-Eyes : Donc vous êtes les inventeurs du courant HRSE, qui est comme tu l’as précisé, un style à part entière. Ça va les chevilles ?

Nico : Ouais, ça va très bien. Parce que c’est vraiment simple et efficace, (il se marre) on a produit ce qu’on a créé, donc ça va.

 

Metal-Eyes : Le côté « simple », vous n’avez pas peur que ce soit un peu trop réducteur ?

Nico : L’idée c’est que c’est un peu un piège, parce que c’est pas si simple que ça !

 

Metal-Eyes : Alors vas-y ! Explique-nous !

Nico : Le côté simple du HRSE, ou en tout cas de la musique de Dreadful Hippies c’est la structure des morceaux. On est presque que sur du couplet-refrain-couplet-interlude- couplet-refrain-outro. C’est ça, le côté « simple ».  Mais dans les compositions, c’est beaucoup plus recherché.

 

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous l’un et l’autre, la musique de Dreadful Hippies pour quelqu’un qui ne vous connais pas ? En dehors de Heavy Rock Simple et Efficace…

Stéphane : On a été cherché des sonorités assez rock des années 90. C’est surtout ça. En cherchant à… être simples et efficaces surtout (rires) ! Tu m’as tendu la perche…

Nico : Oh, ça va être dur… très très dur comme interview ! Alors, je confirme effectivement cette recherche de son, l’idée c’était d’apporter cette touche qui nous tient à cœur dans le rock, au sens large du terme. On a travaillé là-dessus pour arriver au son qui est le nôtre aujourd’hui.

 

 

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences respectives ?  

Nico : Moi, des influences très variées. Mon père était guitariste, il jouait dans un groupe de blues à l’époque sur Marseille. Mais on a toujours été éclectiques à la maison, mes origines antillaises. Donc la musique créole, du jazz, du reggae, du jazz, du classique… On a toujours tout écouté, c’est ce qui me définit dans mon approche musicale.

Stéphane : Dans mes projets, j’aime bien travailler différentes choses : dans la chanson, avec Dreadful Hippies, beaucoup plus metal rock, et c’est pareil pour la musique que j’écoute, peu importe le style.

 

Metal-Eyes : Le plus important, c’est que vous preniez votre pied…

Nico : Et que les gens prennent leur pied aussi.

Stéphane : Il faut que ça marche dans les deux sens. J’ai pas de style favori… j’écoute beaucoup de metal plus jeune, après j’ai découvert le jazz, et d’autres choses

Nico : Ah, si, je suis fan d’opéra aussi !

 

Metal-Eyes : Vous avez donc sorti un Ep en 2016, et vous revenez aujourd’hui avec Rover, un album. Qu’a-t-il de particulier ? Vendez-le moi…

Nico : En fait, Rover c’est la continuité du Ep, qui s’appelle Burn it, qui définissait le style. On tentait de voir quel type de musique on voulait faire. Quand on a commencé à donner des concerts et qu’on a vu que les gens accrochaient, on s’est dit qu’on allait rester dans ce style. Rover est sorti en gardant les mêmes ingrédients et le même esprit que l’Ep.

Stéphane : Moi j’y vois un truc assez énergique qui est lié aux répétitions et aux concerts qu’on a pu donner. Quand j’écoute l’album, c’est le côté énergique qui ressort.

 

Metal-Eyes : Vous l’avez enregistré comment cet album ? En conditions live ou vous avez profité à plein des outils technologiques à votre disposition ?

Nico : Pour la production même de l’album, on a fait ça en studio, piste par piste. Une fois qu’on a eu toute les pistes, on a tenté de faire un produit de qualité. L’album a été co-produit avec Izakar, l’ancien guitariste de Dagoba et actuel Blazing War Machine. Il a son propre studio. Il est ingé son de formation. Pour le mastering, on a travaillé avec un studio de Montpelier.

 

Metal-Eyes : Votre mascotte, c’est quoi ?

Nico : C’est un monstre. Un vagabond, « rover » en anglais. Ce vagabond cherche à se libérer de ses fardeaux. C’est l’image de sa chute, de la chute de tout le poids qu’il porte. L’un monte et l’autre tombe…

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un thème de prédilection dans ce que vous chantez ?

Nico : Comme dans l’Ep, l’approche d’écriture c’est le voyage onirique de ce vagabond. C’était déjà le cas dans le Ep, même s’il ne sortait pas dans le nom du disque. L’idée, c’était d’avoir ce héros que l’on suit dans des aventures humaines, à travers d’émotions, par rapport à son environnement : de l’introspection, mais aussi par rapport à son environnement extérieur. Le but, c’est qu’on puisse tous se retrouver dans les textes. On a tous traversé des épreuves, amoureuses, sociales, conflictuelles, même politiques puisqu’il y a des morceaux qui sont assez engagés, et de se dire qu’il faut avancer dans la vie. D’où l’idée de la montagne. Que je perde tout ce poids et que je me libère.

 

Metal-Eyes : Quels thèmes politiques abordez-vous ? Quand on regarde les temps troubles partout dans le monde…

Nico : Ce qui est bizarre, c’est qu’entre l’écriture des deux disques, un an ou deux, ce sont toujours des sujets abordés et d’actualité : des politiques sociales en démocratie, en occident où on est censés être en démocratie mais on n’y est pas vraiment. Elle existe, mais elle est très limitée. Ces textes-là disent que, nous, on est tout petits mais que tous ensemble on peut être plus grands. The other 99, c’est l’idée du 1% qui a tout et 99% qui triment. Nous, les 99%, si on est tous ensemble, on peut vous faire plier.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il au contraire des thèmes que vous ne souhaitez pas aborder ?

Nico : Pas du tout, il n’y a pas de tabous.

Stéphane : Au niveau des textes…

Nico : Ah, pardon ! Des thèmes musicaux ? Je croyais que tu parlais de questions ! (il éclate de rire). Maintenant, les thèmes abordés dans le hip hop moderne ne nous intéressent pas du tout… Bling-bling, l’argent et tout ça, non… Ce qui est bien avec notre projet, c’est la simplicité, le fait de prendre du plaisir. Si on prend le morceau Dreadful Hippies, c’est juste une communion, tous ensemble. On est juste des hippies lamentables, on est là, libres et on partage ensemble.

 

Metal-Eyes : Justement, votre album est très festif, très rock. Qu’avez-vous voulu mettre dans cet album ? Quelle en était la ligne directrice ?

Nico : C’était ça : avoir une structure de morceaux simple, essayer d’y apporter toutes les essences, les sonorités qui nous plaisent dans ces styles musicaux. Il y a des morceaux bien stoner, ou d’autres très planants avec une rythmique qui nous permet d’être bercés, des choses plus brutes, et des choses au milieu, un peu plus expérimentales.

Stéphane : Je pense que, vous trois, en écrivant les morceaux, vous avez voulu vous faire plaisir avec des rythmiques, des chorus… Basse-batterie, c’est un peu plus basique, dans le sens où c’est pas forcément facile à jouer, mais ça ne part pas dans tous les sens. Eric va s’éclater un peu plus à la guitare.

Nico : Ce que tu pointes est vrai, car avec Eric, on a un projet annexe, de rock progressif à la King Crimson. Là on parle de structures compliquées, de rythmiques changeantes en permanence. Peut-être, effectivement que quand on s’est dit qu’il fallait qu’on ait un projet rock, simple… et efficace, notre but était d’arriver à s’éclater tout en étant efficace…

 

Metal-Eyes : Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un titre de Rover pour expliquer ce qu’est Dreadful Hippies à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel, et pour quelle raison ?

Nico : Dreadful hippies. Au-delà du nom qui est venu naturellement, c’est ces ingrédients d’énergie et de… C’est une ligne droite : de la première seconde à la dernière, tu sais où tu vas et tu ne quittes pas la route.

Stéphane : Un morceau comme Untitled, aussi, qui est à l’opposé. Il y a du groove… C’est difficile de définir l’album avec un seul morceau…

Nico : Faites-vous votre propre idée en écoutant l’album !

Stéphane : C’est vrai que le plus représentatif serait Dreadful Hippies, mais il ne représente pas non plus tout l’album.

Nico : C’est vrai que c’est celui-là qu’on fait en général écouter en premier aux amoureux du rock. Ceux qui aiment un peu moins le rock, on leur fait écouter Untitled.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Dreadfull Hippies en 2020 ?

Nico : Euh… Se faire plaisir, sachant que je connais beaucoup de groupes depuis longtemps qui ont des hauts et des bas. On en a eu, on en aura, mais c’est important de garder cette énergie commune pour avancer.

Stéphane : Laisse-moi réfléchir… En 2020 ? « Dreadful Hippies sur la route », ça peut le faire ?

 

Metal-Eyes : ça peut (note : quoique, avec le recul, le confinement ayant commencé moins de deux semaines après cette interiew…) Il n’y en a pas un qui ait dit « HRSE forever », mais bon… (ils explosent de rire)

Nico : Non, ça, on a les T-shirts !

 

 

Interview: PORN

Interview PORN: entretien avec Philippe alias Mr Strangler (chant). Propos recueillis au Black Dog à Paris, le 4 mars 2020 – Interview réalisée en commun avec Pierre Arnaud du webzine Seigneurs Du Metal (questions marquées d’un *)

Metal-Eyes * : Cet album conclue la trilogie de Mr Strangler. La trilogie est terminée ; n’es-tu pas un peu triste d’arriver à la fin ?

Philippe : Un peu triste, et content, parce que, du coup, je regarde le taff qui a été fait et je suis content d’avoir réussi à mener à terme cette trilogie qu’on a bouclée en 3 ans. Il y a toujours un peu de tristesse à se séparer d’un personnage, qui nous a aussi beaucoup apporté puisque beaucoup de choses se sont passées dans Porn grâce à cette trilogie. Mais c’est aussi bien d’en finir et pouvoir passer à autre chose, ne pas être esclaves, asservis à ce personnage et être obligés de rester dans le truc pour pouvoir continuer. Moi, je suis super content de cette trilogie, on boucle ces trois albums et on passe à autre chose.

 

Metal-Eyes : Justement, je m’adresse au chanteur, pas à Mr Strangler : on arrive effectivement à la fin d’une trilogie, mais… Il se fait prendre comment ce psychopathe ?

Philippe : Euh… Eh, bien, ça, on le découvre dans le clip à venir. Quand on suit les clips, on voit qu’il est déjà plus ou moins emprisonné – dans les derniers, notamment Some happy moments où il discute avec une psychiatre –  mais il s’avère qu’il réussit à s’évader. Dans le dernier clip, il se fait attraper – c’est un clip un peu plus d’action – et on le voit après être amené à la chaise électrique. Il y a une scène avec un assaut de police venu pour l’arrêter

 

Metal-Eyes * : Dans cet album, il est en prison ?

Philippe : Oui, il est en prison, ou il s’apprête à y aller. Mais, en gros, l’idée c’était : il est en prison, il s’évade et il se fait rattraper à la fin. Mais la thématique principale, c’est l’enfermement.

 

Metal-Eyes * : Ce que j’ai trouvé intéressant et intriguant dans l’album c’est que, alors qu’il est en prison et condamné à mort, il va se faire exécuter. Il se fait exécuter ou pas ?

Philippe : Il est exécuté.

 

Metal-Eyes : Il y a la chaise électrique sur la pochette qui est explicite…

Philippe : Et dans le clip, il finit sur cette chaise électrique. C’est exactement la même.

 

Metal-Eyes * : Musicalement, je trouve l’album moins sombre que les deux précédent alors qu’il attend la mort. Je trouve l’album très mélancolique.

Philippe : L’idée, c’était de créer une ambiance où il se montre à la fois apaisé, résigne, par ce que quand on est en prison, ben… il faut l’accepter, sinon tu vas passer un mauvais moment… Pour que ça se passe bien en prison, il faut l’accepter. Il y a ce côté « résignation » où il accepte la chose, ce côté mélancolique, parce qu’il sait qu’il va faire face à sa mort imminente puisqu’il va passer à la chaise électrique, et il y a ce petit soubresaut d’espoir, comme dans Lovely day, ou beaucoup plus sombre comme Love winter hope où, là, il est au bout du bout. Mais, oui, en effet, il est un peu plus mélancolique. On voulait un truc un peu plus éthéré, un peu plus soyeux, comme s’il était à l’article de la mort et finalement, comme s’il ne l’était plus… Il y a un peu de ça.

 

Metal-Eyes : Musicalement, on trouve effectivement différentes ambiances, ce qu’on ne trouve pas visuellement puisque les pochettes de chacun des actes sont dans des tons similaires, marron. Il y a une vraie continuité également…

Philippe : Oui, idem dans les artworks des singles qui sont tous très sombres. Par exemple, le single de A lovely day, alors que le titre est plutôt joyeux, l’artwork c’est un chiotte tout pourrave, pour Some happy moments, on a des menottes ensanglantées attachées à un radiateur… On reste dans quelque chose de très sombre parce que c’est la fin, mais on a travaillé sur des sonorités un peu différentes des précédents albums, on a incorporé de la guitare acoustique aussi, ce qui crée un truc un peu plus éthéré. Mais les thématiques restent globalement plus sombres…

 

Metal-Eyes * : D’ailleurs, musicalement – et je sais que tu adores la new wave – il est encore plus new wave, je trouve. 

Philippe : Au final, oui, mais pas tant dans la composition, où il est plus rock. Il y a ce côté un peu plus… oui, new wave que sur les autres…

 

Metal-Eyes : Lorsque nous nous étions rencontrés il y a un an, tu définissais The ogre inside comme un album « sombre », le second volet, The darkest of human desires, comme plus « exalté ». Comment définirais-tu ce dernier acte ?

Philippe : Un peu comme on a dit là : plus éthéré, plus mélancolique. Peut-être aussi un peu plus rock. J’écoutais beaucoup à ce moment l), quand on était en phase de fin de composition, de mixage, j’écoutais beaucoup Pink Floyd, Wish you were here et The wall. Pour moi, le dernier album est assez particulier et j’ai un peu de mal à le définir…

 

Metal-Eyes : Je voudrais revenir sur un symbole que l’on trouve sur cet album que sont les clés. J’en dénombre 8, or, il y a plus de 10 titres… Ont-elles un rapport avec son internement ?

Philippe : C’est surtout David qui nous avait lancés là-dessus, et j’ai trouvé ça intéressant : la symblique de l’enfermement, la clé, c’est l’ouverture des portes, la fermeture des portes. Et comme on est sur sa fin, sa mort imminente, il y a la clé de l’éternité. Il n’y a pas de symbolique particulière, juste ce rapport à l’enfermement, au fait de fermer la serrure derrière cet homme.

 

Metal-Eyes : Et donc de fermer la trilogie… Je termine avec la symbolique : avec cette trilogie, le logo de Porn a changé. Est-il amené à évoluer encore à la suite ?

Philippe : Je pense qu’il va changer. On est en train de travailler dessus. C’est une volonté sur la suite… On a une cohérence graphique sur cet album, on va tout rééditer sur un seul, un triple album pour lequel on a ce logo, mais on pense à le changer. Si on avait un label, il nous dirait de ne pas le Je trouve que c’est cohérent, ça montre qu’on passe à autre chose. Même si, dans la suite, il y a un peu de Strangler… Il n’a pas dit son dernier mot, même si ce n’est pas le personnage principal. Quelqu’un d’autre va prendre sa place, mais il y aura toujours un peu de Mister Stangler, on lui doit bien ça !

 

Metal-Eyes * : Et l’album, au niveau du son, en dehors du côté new wave dont je parlais… Il a été produit à Los Angeles, c’est ça ? Je trouve qu’il a un son très américain.

Philippe : Oui. Du coup, quand on a fait le choix de Brian Lucey, surtout quand il a accepté… Avant, on avait travaillé avec Tom Baker, qui est très ancré dans les années 2000. A la fin des années 90, il a fait tous les Marylin Manson, Nine Inch Nails, Ministry… Il a beaucoup de talent, il peut faire tout et n’importe quoi, mais l’avantage de Lucey, c’est que c’est quelqu’un qui est vraiment de son époque. Il a fait les deux dernier Manson, le Meliora de Ghost, le dernier Royal Blood. C’était intéressant de se tourner vers lui pour savoir ce qu’il pourrait faire de notre musique avec une approche totalement contemporaine. On a eu la chance que Brian Lucey ait le temps, qu’il accepte de travailler avec nous. D’entrée ça s’est passé super bien, ça a été vraiment cool, et un plaisir de travailler avec lui !

 

Metal-Eyes * : Je trouve le son de l’album nickel, impressionnant. C’est lui qui a apporté ce truc aussi majestueux ?

Philippe : Non, il a surtout finalisé. C’est moi qui ai mixé en grande partie et il a apporté la touche finale. Je pense que c’est aussi dû au fait qu’on a fait 3 albums en 3 ans, que on a tout enregistré avec le même matériel, ce qui fait une trentaine de morceaux. Donc, à moins d’être le dernier des abrutis, tu t’améliores toujours un peu. Et c’est là aussi que j’ai beaucoup appris en me demandant « mais comment faisaient tous ces groupes de l’époque pour sortir un album tous les ans ? » Le fait d’avoir enregistré tous ces morceaux nous a permis de faire des progrès. Je trouve que mes enregistrements de voix sont meilleurs sur cet album que sur le précédent, on a fait des progrès sur les guitares, même sur la composition, sur les arrangements… C’est comme quand tu fais du sport, que tu t’entraînes beaucoup : tu vas avoir de meilleurs résultats que si tu t’entraînes une fois par semaine. Je pense que c’est dû à ça et au fait d’avoir travaillé avec le même matériel. Quand tu changes de matériel trop souvent, tu redémarres à zéro sans t’en rendre compte. Tu penses que tu as emmagasiné de l’expérience, mais tu perds beaucoup de temps à redécouvrir le matériel, comment ça fonctionne… Comme avec un appareil photo, que tu fasses 500 ou 5000 photos avec le même appareil, jà la fin tu auras progressé. Je pense que ça y fait beaucoup : avoir travaillé sur un espace de temps court, bossé autant de morceaux, d’avoir mixé ces 30 morceaux là, d’avoir travaillé ce premier album seul de A à Z – on a bossé avec un tout petit studio de mastering à Lyon, après on passe avec Tom Baker… C’est de l’expérience, on n’a pas fait les mêmes erreurs qu’avec le premier. C’est pas parfait, loin de là, mais c’est ce qui nous a permis de gagner en expérience sur cet album…

 

Metal-Eyes : Je voudrais qu’on parle un peu de toi, maintenant, si tu le permets…

Philippe : C’est un beau sujet (il rit)…

 

Metal-Eyes : Oui, c’est un beau sujet. Enfin « beau », c’est un jugement de valeurs… Tu as travaillé pendant de nombreuses années avec ce personnage de Mr Strangler que tu incarnes. Vivre avec ce personnage doit laisser des traces. Alors qui est Philippe Deschemins aujourd’hui ?

Philippe : Je ne sais pas… Je dirais que… quand j’étais plus jeune, je lisais des interviews d’acteurs et je pensais qu’ils se la racontaient quand ils disaient « je me suis mis un peu trop dans le personnage, il a pris le dessus » etc, et en fait, sur The darkest of human desires, ça m’a un peu pris, j’étais à fond dans les trucs de tueurs en série, j’ai revu plein d’interview, relu plein de choses sur le sujet, et j’étais vraiment pris dans le truc. Plus que sur le dernier album où j’ai pris plus de distance. Pour répondre à ta question, je n’ai jamais été Mr Stranler, c’est une partie moi, évidemment, puisqu’on se nourrit toujours un peu de soi pour créer un personnage. Mais aussi, ce que j’ai essayé de faire, et je crois que le petit succès que nous avons avec ce personnage et cette trilogie c’est que… les gens s’approprient un peu ce personnage, ils le trouvent intéressant, parce qu’il leur rappelle un peu d’eux. Dans tous les romans, les BD qui fonctionnent bien, il y a une proximité, on trouve une proximité avec le personnage. Je pense que c’est ce qui fait que cette aventure musicale sur 3 albums a un peu de succès. Maintenant, je suis assez éloigné de Strangler mais je lui dois beaucoup. On n’a pas encore abordé la chose, mais il nous a ouvert beaucoup de portes. Qui s’ouvrent encore aujourd’hui, avec l’arrivée de ce nouvel opus, avec les nouvelles collaborations avec d’autres artistes, d’autres grands groupes, ce qu’on n’aurait pas pu faire sans Strangler. L’album va sortir, juste après, il y aura toute une série de remix qui vont sortir, qu’on a fait faire par des gars comme Orgy, Combichrist, Mindness Self Indulgence, plein de grands groupes avec qui on a pu bosser… Strangler nous a apporté ça dans une certaine mesure. On a déjà commencé ç travailler sur l’après trilogie.

 

Metal-Eyes : Juste pour finir là-dessus, l’an dernier tu me disais qu’il pouvait y avoir d’autres projets pour continuer de faire vivre Mr Strangler dont une adaptation en BD. C’est toujours d’actualité ?

Philippe : Oui, on avait commencé à bosser dessus, mais le dessinateur avec lequel on travaillait était un peu overbooké, donc on a laissé tomber pour le moment. C’est quelque chose que je voulais vraiment faire, et qu’on va faire… Strangler a encore beaucoup de choses à dire, ce sera soit sous la forme d’un comic book, ou d’un roman, d’une série de romans, ou de courtes nouvelles. J’aimerai bien aussi une série TV, il y a du potentiel pour ça…. Je pense qu’il aura de l’avenir, je pense aussi, en toute modestie, que cette trilogie fera date et qu’elle va vivre d’elle-même. On se rend compte avec le recul qu’on a réussi à faire quelque chose qui n’est pas commun, avec ses qualités et ses défauts. Mais qui interpelle et qui intéresse les gens. Je pense que ce truc aura sa propre vie. C’est un peu comme les enfants, tu acceptes qu’ils suivent leur propre chemin. Et il va apparaitre dans la suite ! Déjà, on va lui sortir son album de remixes qui sera là tout de suite après l’album. Ça s’appellera Mr Strangler’s last words, remixés par ces groupes que j’écoutais quand j’étais gamin. Jamais je n’aurais pensé que des membres de Nine Inch Nails pourraient me dire que ce que je fais est excellent et qu4on travaillerait ensemble sur des morceaux de Porn !

 

Metal-Eyes : Tu t’es aussi un peu extirpé de cette fascination pour les serial killers, tu connais tout de leurs vies, de leur univers. Tu ne l’as plus, cette fascination – enfin, « fascination », je ne sais pas si c’est le mot ?

Philippe : J’avais toujours trouvé ça intéressant parce que ce sont des marginaux par essence. Il n’y a pas plus marginal que ça. Même s’ils sont dans le monde, ils sont dans un « ailleurs ». J’ai beaucoup découvert, souvent, ce sont des pauvres types pas très intéressants, en réalité. Hormis quand on fait des Mr Strangler ou Hannibal Lecter, le plus souvent ce sont des personnages pas intéressants, miséreux et qui s’adonnent à des pratiques… Pas très cool. Tuer des gens, c’est pas très cool… pour les gens que tu tues… J’aime bien trouver quelqu’un qui est un peu plus « marrant », comme Richard Ramirez, qui assume jusqu’au bout. Il y a ceux, plus méprisable qui s’excusent pour manipuler les gens… Je ne l’ai pas eue beaucoup, cette fascination, j’étais surtout intéressé par les mécanismes et l’acceptation de soi quand on est un tueur ou un violeur en série. Parce que pour certains, le meurtre était plus… « accessoire », ils étaient plus intéressés par le viol, le fait de tuer la personne n’était pas la motivation première. Dans la suite, il y aura cette dimension de tueur, mais plus de tueur de masse et de secte plutôt que de tueur en série à proprement parler.

 

Metal-Eyes * : Justement, maintenant, la suite, tu as envie de faire quelque chose de complètement différent ?

Philippe : La suite traitera des marginalités. On part sur deux albums, je ne pense pas qu’on en fera trois. Je suis encore en train de travailler sur l’histoire pour la consolider. On est sur le thème de la marginalité autour d’un personnage un peu mystérieux qui est à la tête d’un genre de cirque caravane, et qui accueille des gens au sein de ce cirque itinérant, qui fait un peu office de secte. Ça questionne sur les marginalités, le fait de sortir des sociétés de consommation, comment les gens peuvent avoir envie d’être en dehors de la société. Alors je leur trouve des noms. Le titre de l’album est trouvé, les compositions pratiquement terminées et là, on entame les sessions d’enregistrement avec Chris Brena qui bosse sur le mix. Ce n’est pas moi qui mixerais cette fois, c’est lui. A la base, on voulait sortir du trip indus, donc les morceaux sont un peu plus rock, plus pop peut-être, et lui apporte une touche un peu rock indus, un peu plus dure dans les sonorités. C’est assez marrant, je ne pensais pas qu’on arriverait à ça, mais en fait, ça se passe bien, il est cool. On a fait un test sur un morceau, ça sonne super bien, il est adorable, donc il se charge de l’album qui sera prêt en juillet.

 

Metal-Eyes : Celui-ci fait partie d’une trilogie, donc d’un ensemble. Cependant, si tu devais ne retenir qu’un morceau de No monsters in God’s eyes pour définir ce qu’est Porn aujourd’hui, ce serait lequel ?

Philippe : Putain, c’est très difficile ça ! J’aurai tendance à te dire… soit Lovely day soit Dead in every eyes, parce que je trouve qu’il y a un peu de tout dans ces morceaux-là. Soit Love winter hope

 

Metal-Eyes : Là ça fait trois, je t’en ai demandé un seul !

Philippe : Dead in every eyes alors !

 

Metal-Eyes : C’est ce morceau que tu ferais écouter à quelqu’un en lui disant « tiens, écoute, c’est ce qu’on fait » ?

Philippe (il réfléchit longuement) : Non, ce serait plus Love winter hope alors, il y a de tout, un refrain… Alors que Dead, il n’y a pas de refrain.

 

Metal-Eyes : Love winter hope qui est aussi assez mélancolique…

Philippe : Oui, oui. C’est une composante qu’on retrouve dans toutes les trilogies quand même….

 

Metal-Eyes * : La mélancolie, elle est super forte, cet album est moins dur que les deux précédents. Il y a chez Porn un côté très metal, là, il n’y est presque pas

Philippe : Je pense que, même si beaucoup de gens ne le voient pas, la plus grande influence qu’il y a dans cette album c’est le Pink Floyd de Wish you were here, Dark side of the moon et The wall. Il y a des morceaux extrêmement mélancoliques dans Pink Floyd, mais ce n’est pas ce que les gens retiennent… Pourtant il y a des morceaux… Gilmour, quand il chante, c’est pas trop guilleret… Je pense que l’ombre de Pink Floyd plane sur ces albums.

 

Metal-Eyes * : Tu cites beaucoup Pink Floyd, mais la new wave aussi reste une influence…

Philippe : Oui, bien sûr. The Cure, ça a été l’une de mes plus grandes influences. Mais j’ai tellement écouté que, moi, ça me parait évident, je les cite moins. La patte de Cure a toujours été là, et sera toujours là. Et peut-être que la suite sonnera encore plus The Cure, parce que j’ai travaillé sur des mélanges acoustiques et des distorsions comme on trouve sur l’album The wish de The Cure. Je ne sais pas pourquoi, j’ai du mal à décrire cet album. J’ai beaucoup galéré sur le mix mais, au final, c’est sans doute le plus réussi, techniquement.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Porn en 2020 ?

Philippe : Euh… de profiter, de profiter au maximum parce que la vie, ce n’est qu’un aller simple, et le temps passe vite. Comme dans le morceau Time, de Pink Floyd. Oui, « profitez, et prenez le temps de prendre conscience de tous les instants ».