Interview: HOLISPARK

Interview HOLISPARK. Entretien avec Max (basse). Propos recueillis au Dr Feelgood des Halles, à Paris le 6r février 2018

Metal-Eyes : Je découvre Holispark avec cet album, Sonic bloom, alors commençons de manière classique : peux-tu me raconter l’histoire de Holispark dans ses grandes lignes ?

Max : Ca marche ! Holispark, c’est un trio qui a commencé avec Manon, la chanteuse, Roch, le batteur et Kevin, un des deux guitaristes qui s’est transformé en quintette…

Metal-Eyes : Qui ? Kevin ?

Max (il me regarde avec des yeux interrogateurs et explose de rire) : Non ! En gros, ils avaient besoin de gens pour venir jouer sur scène l’Ep qu’ils avaient enregistré, The harvest. Du coup, on a été embauché parce qu’ils avaient besoin d’une basse et d’une guitare. Au fur et à mesure des concerts, on est tombés d’accord sur le fait qu’on avait vraiment envie de construire quelque chose à 5. Puis on a enregistré cet album, Sonic bloom, tous ensemble.

Metal-Eyes : C’est donc le travail d’un groupe. Comment l’avez-vous conçu, cet album, avec deux nouvelles têtes ?

Max : Le process d’écriture est assez banal : on fait ça en répète, tous ensemble. Il y en a toujours un qui ramène une idée, un riff, un beat…et on rebondit tous là-dessus, avec les idées de tout le monde. Même si elles sont pas bonnes, et qu’on les transforme. Ensuite, Manon trouve la mélodie vocale et écrit ses paroles à tête reposée. Parfois, souvent, même, elle ébauche quelques mots et elle développe tout ça au calme. Souvent, ça se fait en une session, ça va relativement vite parce qu’on sait se parler, se dire quand c’est de la merde ou quand c’est cool.

Metal-Eyes : Je voudrais qu’on parle du nom du groupe, que je trouve être à l’image de la musique : multi-facettes. On peut le traduire de trois manières différentes : « l’étincelle sacrée », » le parc des saints » ou « le parc de Holy », puisque c’est aussi un prénom. Quelle est la véritable signification ?

Max : En fait il y en a deux : la première raison que tu as donnée est la meilleure : c’est vraiment l’étincelle sacrée. On a viré le « y » parce qu’on trouve ça plus joli avec un « i ». Mais « Holy », c’est aussi la fête du printemps en Inde, quand ils se balancent les poudres de couleurs. Le feu sacrée c’est une façon de dire qu’on a envie de jouer, d’enregistrer et de faire du rock. De se bouger où et quand on le peut…

Metal-Eyes : Tu parles de « feu sacré ». En réécoutant le disque, on entend sur The shadow les mots « I want to be a phoenix ». Le phénix est un oiseau qui renaît de ses cendres. Doit-on comprendre que vous voulez détruire Holispark pour mieux renaitre, transformer cette étincelle en feu sacré ?

Max : Si on prend le cas particulier des paroles, c’est des expériences qui sont toujours propres à Manon mais qui nous parlent à tous. Ce sont des expériences de vie qu’on peut ressentir. L’idée du phénix, c’est une façon de dire « quoiqu’il arrive, tu dois te relever et aller de l’avant ». Même les mauvaises expériences , tu peux en tirer profit et en revenir grandi. C’est aussi l’idée du nom de l’album, je ne sqis pas si on peut en parler maintenant…

Metal-Eyes : Vas-y, j’allais en parler aussi…

Max : Désolé, je t’enlève ton lien (rires) ! Sonic bloom, c’est l’idée de renaissance, celle à 5, Holispark en quintette. Une esthétique qui n’est pas complètement différente de l’Ep, mais qui a évolué. C’est quelque chose qu’on a pu faire à 5, ce renouveau dans notre musique.

Metal-Eyes : Tu parles du titre : quel est lien avec la pochette qui représente une serre avec des arbres exotiques. Il n’y a rien de très sonique, là-dedans, sauf si on trouve des oiseaux !

Max : Oui, ben en fait, c’est parce que moi, j’ai une formation de jardinier… Non, c’est pas vrai, j’ai essayé d’amener une blague mais… (NdMP : dommage que tu te sois arrêté, j’allais y croire !)

Metal-Eyes : Donc quand tu n’as pas ta basse, tu viens avec ta pelle et ton rateau…

Max : Voilà ! Non, l’idée de la serre, c’est un rapprochement avec la nature qui fleurit, la graine qui sort de terre. C’est l’idée de floraison qu’on a retenu. La serre, c’est une image qui, graphiquement, nous plaisait, et ce qui est végétal, ça nous parle, à Manon, aussi, beaucoup. C’est elle qui a été en contact avec le graphiste. Cette pochette c’est plus une mise en image de ,notre musique qu’un concept en lui-même.

Metal-Eyes : On peut aussi faire un lien entre cette étincelle qui est le point de départ de la vie et cette floraison, le renaissance. Parlons un peu de la musique : j’ai trouvé que l’album peut être aussi léger que brutal, plus rugueux. Par exemple, Emotionally et Failed escape sont très aériens, White flag a tout de l’hymne à faire chanter en concert… Quavez-vous mis dans cet album ? Quelles sont les influences, qu’aviez-vous envie de créer, quel était le propos ?

Max : Pour répondre, je vais devoir te parler du passé d’Holispark, celui qui me concerne : sur l’Ep, on était sur quelque chose de très pop rock, bien plus que sur Sonic bloom. On avait envie de sortir de cette image, c’était beaucoup plus gentillet qu’aujourd’hui. On avait envie de sortir de cette étiquette, d’autant plus avec une nana qui chante et, ça, c’est très vite catalogué. Quand on a composé à 5, chacun a apporté ses influences. Par exemple, moi, je viens du punk rock, je fais aussi du metal, j’aime beaucoup le hard core. Toutes ces influences font qu’il y a parfois des riffs hyper secs, et, en même temps, il y a indéniablement l’influence que la pop a sur Manon, son chant, son écriture, et aussi Roch, le batteur, qui a aussi grandi en écoutant Michael Jackson. La différence a été établie en fonction du sentiment qu’il y avait en composant le morceau. Un riff hyper serré comme Sunset, on avait envie de quelque chose qui donne envie de taper. En même temps, on est de grands amateurs de pop, et on a envie, comme sur Emotionaly, de faire des morceaux assez aériens, légers, Pour Failed escape, on avait envie d’une belle ballade… En fait, on n’a jamais cherché à conceptualiser les morceaux avant de les écrire. On a eu des idées, plein, et on a juste pris le meilleur de tout ça, qui restait dans l’esthétique de ce qu’on voulait. On a écrit des chansons qui ont fait un album, et ensuite, on les a organisées de façon à ce qu’elles soient cohérentes entre elles…

Metal-Eyes : Alors, justement, si tu devais ne retenir qu’un morceau de cet album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Holispark, ce serait lequel ?

Max : Ok. Ok, ok… Je pense que ce serait The shadow. Parce qu’il y a de gros accents pop, et aussi un riff bien vénère. Clairement, je pense que dans les paroles de Manon, il y a tout ce qu’on veut faire passer.

Metal-Eyes : Maintenant, quelle pourrait être la devise de Holispark ?

Max : Je pense que ce serait « Toujours apprendre de ses erreurs et ne rien lâcher »

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle a été la meilleure question qu’on tait posée aujourd’hui ?

Max : Ben.. Je n’ai pas envie de passer pour un fayot, mais je trouve que la question que tu m’as posée sur quelle chanson choisir pour résumer Holispark, c’est une putain de question parce que c’est la première fois qu’on me la pose et que c’est excellent pour résumer l’idée du groupe.

 

Interview: NIGHT DEMON

Interview NIGHT DEMON. Entretien avec Jarvis (chant, basse). Propos recueillis à l’Elysée Montmartre de Paris le 1er février 2018

Metal-Eyes : Jarvis, je ne connais pas très bien le groupe. D’après ce que j’en sais, Night Demon s’est formé en 2011, a publié un Ep et 2 albums. Que peux-tu me dire d’autre sur la genèse du groupe ?

Jarvis : On a formé le groupe en 2011 avec la simple intention d’enregistrer un Ep. Ce qui s’est fait très rapidement. On n’a pas rejoué véritablement avant 2012… On peut dire, alors, que le groupe a vraiment débuté en 2013, un simple trio heavymetal très influencé par la NWOBHM. Ensuite, on a tourné pendant 4 ans, ça a été super, venir en Europe a été génial… Tout se passe bien pour nous, vraiment !

Metal-Eyes : Comme tu viens de le dire, Night Demon est très influencé par la NWOBHM, tant dans le son, dans ta manière de chanter, également… les premiers groupes auxquels j’ai pensé sont, naturellement, Iron Maiden – il y a d’ailleurs un morceau intitulé Maiden hell sur votre dernier album – mais aussi Raven – vous avez d’ailleurs le même format de power trio –mais je ressens aussi des influences de Thin Lizzy dans ses aspects bluesy…

Jarvis : Absolument !

Metal-Eyes :Qu’y a-t-il d’autre ?Que mettez-vous de plus dans votre musique ?

Jarvis : Difficile à dire, on écrit ce qui nous vient… On écoute beaucoup de rock 70’s. Tout ce que tu as cité fait partie de nos influences. On a d’ailelurs fait notre toute première tournée avec Raven ! Quelques shows aux US, mais on a pas mal joué avec eux autour du monde, ils sont un peu comme nos grands frères.

Metal-Eyes : Parlons de Darkness remains, paru en 2017. Vous venez de le ressortir dans un format expanded. Pourquoi ce choix ?

Jarvis : Le label le souhaitait. En fait, ils voulaient sortir un « tour edition », pour cette tournée. L’album se vend vraiment bien, il est toujours en réimpression… On s’est dit qu’on pouvait sans doute faire les choses différemment, entre autre parce que sur cette tournée nous jouons devant de nombreux nouveaux fans. Je me suis demandé ce qu’est vraiment un » tour edition » : faut-il mettre des versions live ? C’est ce que je voudrais, mais on enregistre dans le cadre d’un live qui va paraitre cette année. Alors on s’est dit « faisons maintenant ce que les autres groupes mettent 20 ans à proposer aux fans ! On a ce qu’il faut, alors, allons-y ! » Tout simplement…

Metal-Eyes : Ce sont donc les mêmes chansons, dans des versions différentes…

Jarvis : … Avec des commentaires au sujet de chaque titre.

Metal-Eyes : Tu viens de dire que vous avez beaucoup tourné ces 4 dernières années. Alors comemnt décrirais-tu l’évolution de Night Demon entre vos deux albums ?

Jarvis : Pas tant dans un changement de style… Mais je pense que notre manière d’écrire et de composer est devenue plus mature. Avant, j’acrivais les chansons que je souhaitais, avec beaucoup d’imageire que je souhaitais utiliser, parfois un peu cliché, mais en avançant, c’est devenu un peu plus « réfléchi », tu vois ? La musique est devenue un tout petit peu plus « progressive », juste pour éviter de nous répeter, ce qui est assez facile àn faire.

Metal-Eyes : Comment enregistrez-vous vos albums ? A l’ancienne ou…

Jarvis : Oui, oui, on n’utilise pas de clic, d’isolation ou ces trucs là… On entre dans la pièce et on enregistre, c’est tout. Live, c’est la façon de faire !

Metal-Eyes :De quoi traitent vos chansons ? Tu viens de parler de clichés, alors…

Jarvis : Oui, on parle de plein de choses, plein de clichés metal ! Le mal et l’obscurité, principalement ? Ce genre de choses, des monstres, des fantômes, des choses bibliques…

Metal-Eyes :Y a-t-il, au contraire, des thèmes que tu ne souhaites pas aborder ?

Jarvis : Oui, je ne veux pas aborder des sujets religieux ou politiques, on laisse ça à d’autres. Je ne veux pas être une sorte d’influence, nous voulons être un groupe qui libère les gens de ce genre de choses!

Metal-Eyes : un groupe d’entertainement, donc?

Jarvis : Oui, totalement! On veut être un groupe important, et nous le sommes aux yeux de certains. Mais sans prise de tête, sans politique… Il y a trop de merde dans le monde. Tu sais, le monde se fout en l’air depuis qu’il existe, et ça ne va pas changer. Je n’ai pas le sentiment que nous, en tant que groupe, en faisons assez pour prétendre pouvoir précher à ce sujet. Il y a plein de gens qui pensent que sous prétexte de ma position, j’ai plus d’audience que mon voisin de pallier. Ce qui est vrai, mais je ne crois pas pour autant que j’ai suffisamment d’influence pour tenir ce genre de dsiscours. On vit nos vies, on essaye, jour après jour, de nous en sortir, pas de créer un changement social. Nous serions des hypocrites si nous tentions de faire autre chose.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Darkness remains pour expliquer à ceux qui ne connaissent pas Night Demon ce que vous êtes, ce serait laquelle?

Jarvis : Alors, je choisirais sans doute… Peut être Hollowed ground. Elle a beaucoup d’éléments different: des tempis varies, des harmonies vocals, de beaux solos, un bridge galopant…

Metal-Eyes :Si mes infos sont correctes, il s’agit ce soir de votre second concert à Paris, après un passage il y a quelques mois au Klub.

Jarvis : Oui… C’est peut-être notre troisième passage à Paris. Non, tu as raison. On est passé à cette emission télé, Un dose 2 metal il y a 3 ans. Donc, c’est notre second concert mais notre troisième passage.

Metal-Eyes : Et quells souvenirs gardes-tu du Klub?

Jarvis : Il faisait chaud! (rires) On était au sous sol, et c’était blindé!

Metal-Eyes :C’est une sale qui est blindée avec 30 personnes!

Jarvis : C’est vrai! Mais c’était cool… Tu sais, ce qui est dommage avec une ville de cette taille, c’est que la culture heavy metal a disparu. Pour le metal classique, c’est vraiment dommage, mais il y a le meme phenomena à Londres. Pour quelqu’un comme moi qui vient de Los Angeles, tout y est populaire, il n’y a pas un style qui domine, tous les genres ont leur public. Mais tu dois faire le boulot, et visiblement, le show de ce soir va être gros. On est ravis de jouer pour de nouvelles têtes!

Metal-Eyes : En fait, le metal n’est pas vraiment mort, en France; il n’a jamais vraiment été vivant, il a toujours été considéré comme une sous culture. On met en avant le rap, la musique facile à écouter, c’est ce que proposent les medias au public. Heureusement, en France, nous avons un bon nombre de festivals pour rattrapper ça. Vous allez tenter de participer à un festival en France cet été?

Jarvis : On adorerait ça, on en fait partout ailleurs. Tu sais, j’organise mon proper festival alors je sais ce que c’est! Nous sommes en contact avec de nombreuses personnes, le Hellfest serait super mais on n’a pas encore reçu d’appel de leur part.

Metal-Eyes :Comment vous-êtes vous retrouvés à l’affiche de cette tournée?

Jarvis : Un animateur radio de Cleveland a mis leur management en contact avec nous, ils ont voulu voir ce que nous donnions, leur agence nous a vus au Rock Hard festival en Allemagne et nous avons insisté. Les discussions ont commence là.

Metal-Eyes :A quoi devons nous nous attendre de la part de Night Demon ce soir?

Jarvis : Beaucoup d’énergie de la part de trios mecs épuisés! (rires)

Metal-Eyes : Parlons de toi: quell a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire “viola ce que je veux faire”?

Jarvis : Van Halen, que j’ai écouté vraiment, jeune. Deep Purple, Smoke on the water. And justice for all de Metallica, ce sont les principaux, ceux qui m’on donné une claque.

Metal-Eyes :Qu’est-ce qui t’a amené au chant, alors?

Jarvis : Pendant des années, j’ai joué dans tant de groupes, j’ai beaucoup tourney. Des groupes vraiment prometteurs qui se sont séparés parce que l’un des members principaux, comme le chanteur se barrait. Je mettais ma vie dans les mains de ces groupes, et tout reposait sur quelqu’un d’autre. A un moment je me suis dit” je vais être le gars qui ne peut être remplacé”. J’ai appris à faire les chose que le gars qui ne peut être remplacé fait, et j’ai appris à chanter et à écrire la musique.

Metal-Eyes : Une dernière question: quelle pourrait être la devise de Night Demon?

Jarvis : Oh… “Pas de scène trop grande, pas de scène trop petite”.

Metal-Eyes : J’aime bien! Merci et je vous verrais sur scène d’ici un peu plus d’une heure.

Jarvis : Avec plaisir!

 

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL. Entretien avec Haley Cramer (Batterie). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 25 janvier 2018

Metal-Eyes : Commençons avec le nouvel album : pourquoi avoir choisi de ne pas lui donner de titre autre que le nom du groupe, C’est une sorte de renaissance ?

Haley Cramer : Oui, on pourrait le voir ainsi, une renaissance. Tu sais, le groupe existe depuis 12 ans, ils ont sillonné les routes pendant 10 ans et je crois que c’était important pour eux de prendre un peu de recul, et se recentrer sur les raisons qui nous poussent à faire ce que nous faisons, pourquoi nous avons commencés tout ça. Et il y a moi, qui suis la plus récente dans le groupe. Je suis arrivée au milieu du cycle du dernier album, je suis allée sur la route avec eux, j’ai donné des concerts avec eux, mais nous n’avons jamais vraiment répété ensemble, alors il était important de s’écarter des concerts et simplement… jammer ensemble, s’amuser. Ce fut vraiment enrichissant et je pense que cela se ressent sur ce nouvel album. Prendre le temps de composer, définir les différentes tonalités, rassembler tout cela de manière cohérente, tout ça était important. Mais cette renaissance ne concerne pas que les compositions, le chant ou la musique : elle touche aussi la manière dont l’album a été produit, notre approche du studio a été différente, ça n’a pas été fait dans l’urgence. Tu sais, comme ils étaient toujours sur les routes, le travail en studio se faisait différemment : le batteur faisait son truc, les autres rentraient chez eux… Donc, ils n’étaient jamais tous ensemble. Cette fois-ci, nous avons tous pris des congés et nous sommes retrouvés en studio. Je pense vraiment que ça s’entend, ce disque a été fait de manière très organique. En ce qui concerne la batterie, oui, je dois sonner comme du Pop Evil, mais il y a beaucoup plus qui peut entre dans le sion de ce groupe. Tout ce qui est électronique… Il n’y a rien de programmé, tout a été joué, live. J’avais 3 kits de batterie prêts à servir à tout moment, H24. Un kit rock traditionnel, un autre accordé plus bas, des cymbales entassées partout et un kit électronique. C’était mon univers un peu étrange, tu vois ? Chaque chanson, si elle ne sonnait pas comme on voulait, je sautais sur un autre kit pour tester autre chose, d’autres sons. C’est quelque chose qu’ils n’on jamais fait avant. J’ai vraiment eu beaucoup de chance, chaque jour en studio, non pas d’avoir un kit de batterie, mais d’avoir une véritable palette sur laquelle travailler.

Metal-Eyes : Ceci répond en partie à ma question suivante qui était de savoir quelle est, selon toi, l’évolution de Pop Evil entre ses deux derniers albums… Vraisemblablement, la manière d’enregistrer en fait partie.

Haley Cramer : Up avait certaines de leurs meilleures chansons, mais certains anciens fans l’ont trouvé moins heavy que ce qu’ils souhaitaient. Il fallait donc trouver un compromis entre Up et ses mélodies et ce que les fans attendent, pour ce nouvel album. On adore les deux aspects de Pop Evil, et j’espère que ce nouvel album est un parfait mix de ces deux univers.

Metal-Eyes : Des concerts et festivals ont été annoncés, mais la France n’en fait pas partie. Y a-t-il une chance pour que Pop Evil vienne chez nous ?

Haley Cramer : oui, c’est plus que possible. Je crois que le Download a été confirmé, et on voudrait pouvoir trouver quelques dates à cette période en support d’un autre groupe. On voudrait vraiment, à terme, parvenir à tourner en tête d’affiche en France afin d’avoir plus de contrôle sur nos affaires. Jusque là, c’est assez délicat de faire venir les gars des USA pour jouer ici (NdMP : Hayley est Anglaise, le groupe américain. Les distances ne sont pas les mêmes…) On sent que l’intérêt grandi en France et en Allemagne, donc on veut vraiment venir plus souvent.

Metal-Eyes : Je n’ai pas eu le temps d’écouter l’album plus d’une fois, mais ce que j’en tire c’est un bon mélange entre heavy, rap, électro, des guitares dingues, une batterie folle… Comment définirais-tu la musique de Pop Evil aujourd’hui ?

Haley Cramer : Je dirais que son but est d’unir les gens. C’est une des raisons pour lesquelles je voulais rejoindre ce groupe. Pour moi, c’est une musique vraiment positive, et les paroles sont toujours écrites avec beaucoup de cœur, et la volonté de donner de la force à l’auditeur. Même les chansons dures ont un message positif.

Metal-Eyes : D’après ce que j’ai vu, Pop Evil aborde aussi des sujets sérieux, comme la politique ou l’économie…

Haley Cramer : Oui, aussi… Nous vivons une étrange période dans le monde aujourd’hui. Socialement… Je pense que les réseaux sociaux sont très difficiles à cerner, c’est dur de naviguer là-dedans. C’est très facile pour les gens de se persuader que tout le monde pense comme eux. Ce que tu vois sur ton mur te convient parce que ça vient des « amis » que tu a sélectionnés. Quand on en vient à voter, les gens se disent «  oh, oui, c’est facile, allez, on sort et on va voter ! »Ben oui, mais vas-y ! Ion ne veut pas être anti-gouvernement ou quoi que ce soit, on veut simplement que les gens se rappellent que ces gens ont le pouvoir parce que nous avons laissé cette situation se produire.

Metal-Eyes : Je ne voulais pas parler du Brexit, mais s’agissant d’un groupe américain, quelle est leur opinion, ou la tienne en tant qu’Anglaise, sur ce qu’il se passe aux USA depuis un an

Haley Cramer : Principalement, je crois que la plupart des gens sont toujours sous le choc de ce qu’il se passe. Comment on en est arrivés là ? Je crois que nombreux sont ceux qui râlent qui auraient mieux fait de s’impliquer plus tôt… Il reste une grande partie du pays qui est en accord avec ce qu’il se passe, et c’est pareil avec le Brexit : c’est dur… Est-ce que je voulais la séparation ? Non. Est-ce que je souhaite la division ? Non…. Est-ce que…

Metal-Eyes : C’est un peu ce que l’on dit en France : on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on récupère…

Haley Cramer : Exactement.

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que le groupe ne souhaite pas aborder ?

Haley Cramer : Non, je crois que si des sujets méritent un débat, alors il faut en parler. C’est le boulot d’un musicien, d’un artiste : la représentation d’un moment présent.

Metal-Eyes : Concernant l’album, il s’agit, comme nous l’avons évoqué, d’une renaissance. Pourquoi alors avoir choisi un lion et non un phœnix ?

Haley Cramer : Le lion évoque le courage de prendre une décision, quand tu te trouves à la croisée des chemins. Il y a tant de négativisme dans le monde actuel que beaucoup de personnes ont besoin de ce courage pour avancer. Et pour renaitre, le courage du lion est nécessaire.

Metal-Eyes : Il y a de nombreux symboles sur cette tête de lion : des visages humains, des aliens, d’autres symboles… Y-a-til un message derrière tout cela ?  

Haley Cramer : Je crois qu’il se passé beaucoup de choses dans l’esprit d’un lion ! Du bon et du moins bon…

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical? Le groupe ou l’artiste, l’événement, qui t’a fait dire : « voilà ce que je veux faire ! » ?

Haley Cramer : Avant tout, découvrir un kit de batterie, ça, ça a été quelque chose qui a changé ma vie. Ensuite, une équipe, c’est ce qui fait vraiment de toi ce que tu es. Skunk Anasie et No Doubt sont les deux groupes qui ont changé ma vie. Deux groupes totalement différents mais les sections rythmique, la batterie, m’ont secouée. Je voulais atteindre ce niveau. Vite, punk… Et ces deux groupes ont des femmes au caractère très affirmé. Me retrouver dans un groupe de mecs, j’ai intérêt à m’affirmer aussi !

Metal-Eyes : Comment ces gars acceptent-ils ton « britishness » (elle explose de rire) ? On connait tous l’humour anglais, comment passe-t-il avec des américains ?

Haley Cramer : Bien sûr, parfois c’est un peu « Lost in translation » et on trouve ça très drôle. Il y a des choses que je ne supporte pas, pareil de leur côté, mais on en rit très facilement !

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de l’album pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Pop Evil laquelle serait-ce et pourquoi ?

Haley Cramer : Attends que je réfléchisse un peu… Je pense que la chanson Ex-machina est assez représentative de ce que nous sommes aujourd’hui : les textes qui traitent des réseaux sociaux, et musicalement, chaque son est ce que nous voulons être aujourd’hui.

Metal-Eyes : Comment occupes-tu ton temps en dehors du groupe ?

Haley Cramer : Comment? Je promène mon chien, je cuisine beaucoup, j’adore la nouriture…

Metal-Eyes : Qu’aimes-tu cuisiner ?

Haley Cramer : En ce moment je suis à fond dans le curry… Ca fait un mois que j’en fais, mais hier soir, j’ai gouté une tajine, et je pense que je vais m’y mettre bientôt. Version rock ! Et puis j’aime simplement aller au pub. Tu sais, en Amérique il y a beacoup de bar sportifs, mais pas de pub…  J’aime vraiment aller au pub, pas pour boire et me souler, simplement pour être avec les gens ! Avec de la musique !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Pop Evil?

Haley Cramer : Oh mon dieu… “Grimper encore”. Je sais, ce sont les paroles d’une chanson, mais ça veut dire vouloir se perfectionner, faire mieux, aller chercher et atteindre tes rêves.

Metal-Eyes : Une dernière chose: quelle a été la meilleure question du jour, la plus surprenante?

Haley Cramer : Tu sais quoi? On nous a demandé plus tôt si nous allions faire un DVD live. Et la question semble normale, mais ça a entrainé une discussion assez « massive ». J’adorerais ça, mais Leigh se demande pourquoi dépenser de l’argent, nous ou le label, sur un produit qui se retrouvera instantanément sur YouTube… Tout est déjà fait, Facebook live, et tout. La question est de savoir s’il y a un intérêt pour un DVD. Oui, bien sûr ! J’aimerais pouvoir profiter des bonus, des interview, à la maison…Passer deux heures avec ce groupe que tu aimes tant ! Rien à voir avec Spotify et autre système qui te permettent de zapper facilement !

Metal-Eyes : Merci beaucoup, et j’espère vous retrouver au moins au Download!

Haley Cramer : J’espère aussi, merci à toi pour ton temps.

Interview: SAXON

Entretien avec Biff Byford (chant). Propos recueillis à Paris le 11 janvier 2018

Interviewer un personnage comme Biff Byford est toujours un plaisir. L’homme est bien plus que l’incarnation de Saxon, il est l’image, l’une des dernières qui soient, d’un rocker dans l’âme. Il est, vit et respire le metal, tant son attitude et son verbe son ceux de la passion. Et aujourd’hui l’homme est plus que de bonne humeur: il est joyeux et jovial.

Biff Byford, Paris, 11 janvier 2018

Metal-Eyes : Biff, pour commencer, nous sommes en début d’année, que je te souhaite très bonne !

Biff : Merci, bonne année aussi, ou comme on dit en français ? Bon anniversaire ou peu importe…

Metal-Eyes : Non, anniversaire, c’est Birthday, ça viendra plus tard…

Biff : Oh, d’accord, le mien est bientôt…

Metal-Eyes : La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était rapidement au Download Paris…

Biff :  Ah oui ! Le Download ! Il a encore lieu ?

Metal-Eyes : Il y a eu la seconde édition l’an dernier, et une troisième arrive cette année, en juin, encore une semaine avant le Hellfest.

Biff : Tu veux parler de…Baby Metal ? Ils ont eu des problèmes… C’était assez marrant, en fait, que tout « plante » comme ça… A l’époque du digital, passe encore. Mais, non, ça n’a pas été vraiment frustrant. On n’a plus rien à prouver… Je pense que le concert du Hellfest, l’été dernier, nous a donné une place correcte, même si j’aurai préféré jouer plus tard. Mais c’était un bon concert, au Download, les gens ont aimé, et c’était un bon concert pour Saxon. Pas autant pour Baby Metal, mais c’est ça, le Rock n Roll. Ils doivent apprendre aussi…

Metal-Eyes : Et quels sont, justement, tes souvenirs de votre dernier Hellfest, l’été dernier ?

Biff : C’était super ! J’ai adoré. Il y a des vidéos de ce concert, il y avait une bonne ambiance, le public était en forme. Certains disent que nous étions le meilleur groupe du festival, et je en vais pas les contredire… (rires)

Metal-Eyes : Au moins dans mon Top 3. Je me souviens de ton étonnement quand tu as vu cette personne en chaise roulante portée par le public : tu t’es exclamé « those are wheels of steel ! » C’était la première fois que tu voyais ça ?

Biff : Oui ! Tu ne vois pas souvent de chaises roulantes voler au-dessus du public, faire du crowdsurfing !

Metal-Eyes : Tu devrais rester tout le Hellfest alors. Rien que la journée du samedi, j’en ai compté, devant les mains stages, pas moins de 9 ou 10. C’est impressionnant, surtout quand elles arrivent au niveau du pit…

Biff : Oui, impressionnant. On a donné un très bon concert, il y avait de belles lumières…

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Battering ram est sorti il y a un peu plus de deux ans, vous avez beaucoup tourné depuis. Quels sont les moments les plus marquants de ces deux années ?

Biff : Tourner avec Motörhead, sans aucun doute. Ça a été douloureux, lorsque Lemmy est mort… J’ai eu la chance de passer du temps avec lui avant son départ. On a beaucoup tourné pour Battering ram, on a  tourné avec Fastway – Fast Eddie est mort la nuit dernière…

Metal-Eyes : Pardon ? Il est mort la nuit dernière ?

Biff : Oui… On a pu passer du temps avec lui, également…

Metal-Eyes : Attends… ça signifie qu’il n’y a plus un seul membre du Motörhead des grands jours encore en vie…

Biff : Oui, c’est triste… Dans l’ensemble ces deux ans ont été super pour nous. Saxon est très en vue en ce moment. Je crois que notre position à l’affiche du Hellfest était parfaite pour Saxon, nous avons joué à une heure parfaite…

Metal-Eyes : Et le bon jour, samedi était très orienté Heavy metal et Hard rock…

Biff : Oui, aussi.

Metal-Eyes : Puisque nous parlons de concerts, j’ai vu que vous allez bientôt ouvrir aux USA pour Judas Priest, ce qui est une autre belle affiche. Y a-t-il des chances pour que ce package vienne aussi en Europe ?

Biff : Euh… Je ne crois pas. Nous voudrions le faire, oui. Nous en avons parlé avec Judas Priest… Ce serait fantastique, pour les fans. Pas forcément pour l’équilibre financier (rires), mais pour les fans, oui ! Nous verrons bien ce que nous réserve l’avenir !

Metal-Eyes : J’ai également vu un coffret publié par BMG, centré sur les années 80. Saxon a-t-il eu son mot à dire dans ce projet ?

Biff : Un peu. Pas trop : BMG a voulu récupérer le vieux catalogue de EMI. J’ai supervisé la couverture, et un peu la sortie du produit. Ils vont sortir une bonne partie de notre back catalogue, repenser le packaging et d’autres choses. Je pense que c’est une bonne chose de ressortir ce matériel des années 80.

Metal-Eyes : Qui reste très puissant, aujourd’hui encore.

Biff : Absolument.

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre nouvel album. Thunderbolt va paraitre dans quelques jours. Comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre Battering ram et Thunderbolt. C’est toujours très heavy mais il y a, selon moi, plus de mélodie et de passages chantants, c’est moins foncièrement brut.

Biff : Tu as sans doute raison… On a voulu… En fait, on n’a pas cherché quoi que ce soit, tout s’est mis en place assez facilement pour Nibbs et moi, qui avons, une nouvelle fois, travaillé ensemble. Je cherche toujours à écrire des textes « intéressants » et des mélodies que les gens peuvent chanter, « anthémiques » si je puis dire. Je crois que c’est un des éléments qui crédibilisent Saxon. Je crois que, dans le ressenti, Thunderbolt est plus « British heavy metal » que Battering ram. Je ne peux pas vraiment te parler de l’évolution, tu le pourrais mieux que moi. On n’écoute pas nos anciens albums, on se concentre sur le nouvel album, ce que j’ai fait ces deux dernières années : écrire les textes, tester différentes idées. J’attends que l’inspiration vienne, je ne cherche pas à la forcer, à me forcer à écrire. Tout sonne, selon moi, naturel, rien ne sonne forcé. Ces textes, et ces mélodies, sont ce qui pouvait se faire de mieux pour cet album. Nous n’avons pas fait les choses à la va-vite, j’ai pris le temps d’écrire, Andy a pris le temps de le produire… J’ai travaillé de mon côté, chez moi, pour enregistrer les voix, le groupe s’est réuni pour taper le bœuf et répéter, Andy et moi avons passé du temps à tester les lignes de chant. Dès que nous avions un peu de temps libre, on travaillait. Entre 2016 et 2017, on a travaillé à l’album.

Metal-Eyes : Tu viens de mentionner le fait que tu cherches à écrire des paroles intéressantes. Tu abordes des thèemes différents, pas forcément habituels pour Saxon : la mythoilogie, voler, le fantastique… Qu’est-ce qui t’a inspiré dans cette écriture ?

Biff : Ce sont simplement, à mes yeux, des histoires intéressantes… Juste ce qui sort de mon esprit. Parfois la mélodie dicte ce que je dois écrire, parfois c’est l’inverse. Et ça devient une chanson. Ce qui me vient à l’esprit… Ca déconne là-dedans ! (rires) Je veux seulement que ce soit intéressant. J’ai passé du temps sur Nosferatu : cette chanson doit évoquer le roman de Bram Stocker, le film de la Hammer. Il mort toujours des femmes, jamais des hommes. En gros, ça traite de tous ces aspects sexuels entre Dracula et les femmes… Je voulais utiliser le concept de Dracula et je crois, je n’en suis pas sûr, que Nosferatu est le nom romain de Dracula, mais ça sonne mieux. Je voulais que ce titre soit très gothique, s’inspirant de ce film des années 20.

Metal-Eyes : L’horreur, le fantastique, ce ne sont pas des thèmes habituels pour toi.

Biff : Non, C’est assez nouveau, en effet. Les choses de la nuit, les créatures de la nuit…

Metal-Eyes : Non, les créatures de la nuit (Creatures of the night, en anglais), c’était Kiss.

Biff : Oui… Oui (rires)! Mais ce titre se devait d’être gothique !

Metal-Eyes : Une chose qui n’a pas changé depuis quelques albums, c’est que vous débutez par une introduction, ce qui est parfait pour débuter les concerts, avant de lancer la machine metal.

Biff : Oui… cependant, l’intro est toujours un morceau à part. Il y a une raison à cela : les gens peuvent la zapper et passer directement aux chansons (rires) !

Metal-Eyes : Donc, aujourd’hui, Saxon enregistre des choses qui pourraient ne pas figurer du tout sur un album? Vous passez du temps à composer des choses en pensant que les auditeurs ne vont pas écouter…

Biff : Non (il sourit)… sérieusement, je pense que ça participe à l’atmosphère générale. Ça évite de commencer très fort… Thunderbolt est un gros sujet, un thème massif. Ce qui est inhabituel avec l’intro, c’est qu’elle est entièrement jouée à la guitare.

Metal-Eyes : Tu as aussi decide de traiter de mythologie. Quelle était ton idée avec Sons of Odin ?

Biff : En fait, l’histoire des Vikings est liée à la nôtre. Ils ont envahi la Bretagne et y ont régné longtemps. Les hommes du nord et nous avons toujuors été en guerre… Je crois que depuis une trentaine d’années, les gens découvrent plus de choses au sujet des vikings que le simple fait de piller et ravager. Les vikings ont les mêmes origines que les saxons, et j’ai trouvé que le parallèle était intéressant. Les échanges, la navigation autour du monde… Il y a quelques connotations religieuses, païennes. Tu sais, les mythologies nordiques et grecques sont assez proches. C’est du bon matériel à traiter et à chanter. On la voulait dans l’esprit de Crusader, un peu plus lente et lourde.

Metal-Eyes : Qu’en est-il de The secret of flight ?

Biff : Là encore: si tu penses au fait de voler, ça ne fait pas si longtemps que l’on a découvert comment voler. C’est à peine croyable de se dire qu’il y a à peine 100 ans des gens volaient dans une caisse de bois alors que maintenant on envoie des choses sur Mars, et au-delà. J’ai tenté de relater tout cela, en 4 strophes (rires).

Metal-Eyes : Pas évident, depuis les frères Wright

Biff : De Vinci, les frères Wright, Einstein…

Metal-Eyes : Ce n‘est d’ailleurs pas la première fois que tu abordes ce thème. Le titre de cette chanson en appelle d’autres : 747, Flying on the edge, Eyes of the storm, notamment qui traitent des dangers d’un vol en avion. As-tu peur de voler ou, au contraire, voudrais-tu, comme d’autres, devenir pilote ?

Biff : Je n’aime pas voler, je l’avoue. Non, je n’ai pas envie de devenir pilote ! Je pourrais être le chauffeur de mon groupe, mais pas son pilote, jamais ! Je n’ai pas peur voler, simplement, je n’aime pas le fait de voler.

Metal-Eyes : Pourtant, il le faut, lorsque tu vas partout dans le monde…

Biff : Oui, je dois prendre l’avion, mais je ne trouve pas ça intéressant.

Metal-Eyes : Qui est à l’origine de la pochette de Thunderbolt ?

Biff : Paul Gregory… C’est son interprétation de la mythologie, avec Zeus qui domine et l’aigle qui transporte cet éclair. C’est une pochette très old school, qui aurait très bien pu illustrer Power and the glory en 84. J’aime cette relation avec l’ancienne école.

Metal-Eyes : Il y a aussi un lien avec l’aigle qui apparaissait souvent à vos débuts…

Biff : L’aigle représente la puissance et la liberté, n’est-ce pas?

Metal-Eyes : Bien sûr. Ma question cependant est de savoir si on aura de nouveau l’occasion de voir votre « Fuckin’ pigeon » sur scène en France?

Biff (rires) : On l’utilise encore… On voulait l’utiliser au Hellfest. On l’avait partout ailleurs, mais je ne sais pas pourquoi ça ne s’est pas fait… Je crois que les équipes de production scénique ne voulaient pas de l’aigle, « trop de boulot »… C’est ce que je pense… Je crois que l’orga le voulait, mais les techniciens ont dit « non… ». Ils ont eu tort, car il était là, dans le camion. On aurait pu le mettre. Tu sais, les gens en ont peur, ils croient qu’il est plus grand qu’il n’est en réalité, plus lourd… Pourtant, il est auto suffisant : il a ses propres lumières, son propre générateur. Tout ce qu’il faut faire, c’est l’accrocher, il n’a même pas besoin de voler, on peut simplement le laisser pendre en fond de scène. Ce n’est pas comme le Bomber, qui doit bouger, voler, l’aigle non… Donc pas de pigeon au dernier Hellfest (rires)

Metal-Eyes : Quelles sont vos prévision de tournée ?

Biff : On commence avec 8 concerts en février, avant d’aller tourner aux USA avec Judas Priest. Ensuite, on fera quelques festivals, pas trop, avant de sillonner l’Europe en octobre. La France sera visitée en octobre, ce sera bientôt annoncé.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Thunderbolt pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Saxon aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Biff : Euh… c’est difficile comme question… Il faut que ce soit une chanson à la fois 8O’s et moderne. Probablement Sniper, une chanson avec différents mix. « Old school but new school » en somme.

Metal-Eyes : Saxon est sur les routes depuis 4 décennies. Je sais qu’il y a des chansons que vous ne pouvez pas ne pas jouer, mais y en a-t-il que tu souhaiterais pouvoir ne plus jouer parce que tu t’en lasses ?

Biff : Non… Les chansons ont un impact différent selon les pays : Strong arm est très puissante en France, mais pas vraiment aux USA. Différentes personnes réagissent différement et font de nous ce que nous sommes.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des chansons que vous ne jouez pas et que tu voudrais pouvoir interpréter ?

Biff : Oui, il y a toujours quelques chansons qu’on voudrait jouer, mais on n’a pas le temps. Parfois, en festival on le fait, parce qu’on n’est pas en  train de promouvoir un album. On tente de les inclure, puis on les retire… La setlist de Saxon évolue toujours. Il n’y a pas deux concerts de Saxon identiques, on change toujours deux ou trois titres.

Metal-Eyes : Et comment vous occupez-vous sur la route ?

Biff : Comment on s’occupe ? Putain, on est toujours occupés sur la route : on fait des VIP, on donne des interviews, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le seul moment de tranquillité, c’est quand on va se coucher. Après le concert, on boit un peu et on va dormir.

Metal-Eyes : Je sais que tu apprécies le vin rouge, quel est ton vin préféré ?

Biff : Hum… Un Saint Emilion. Mais c’est cher…

Metal-Eyes : Remontons dans le temps: quel fut ton premier choc musical?

Biff : Je suis allé voir les Small Faces et Canned Heat, ce fut mon premier concert et ce fut un vrai choc. C’est probablement Canned Heat qui m’a donné envie de faire ce métier. Quand j’étais ado, dans les années 60, il y avait les Kinks, aussi.

Metal-Eyes : Même si j’ai déjà mon idée, quelel pourrait être la devise Saxon ?

Biff : La devise? “Never surrender”, bien sûr !

Metal-Eyes : C’est ce que je pensais, je l’avais noté en français si jamais tu avais voulu regarder mes notes! Quelle a été la meilleure question qu’on t’ai posée aujourd’hui, ou la plus surprenante ?

Biff : Euh… « Quel est le dernier message que tu as enregistré sur ton téléphone ? » Et j’annonçais la triste nouvelle de la mort de Fast eddie.

Metal-Eyes : Je te verrais en fn d’année sur scène, en attendant, Biff, merci beaucoup.

Biff : oh, tu pourrais nous voir en festival avant, aussi, on continue d’en booker, alors, on verra. Nous ne sommes qu’en janvier !

 

 

Interview: INSOLVENCY

Interview INSOLVENCY. Entretien avec Bruno Blackstard (guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 12 janvier 2018

Insolvency, Paris, 12 janvier 2018

 

Metal-Eyes : Antagonism of the soul est votre premier album, alors commençons par le traditionnel : peux-tu nous raconter l’histoire du groupe ?

Bruno : A l’origine, je n’étais pas présent dans le groupe qui a été fondé en 2012, le line up actuel date de 2014. Insolvency a été fondé par Valentin (Gondoun, guitare et chant) et un autre guitariste, et plus tard Mickael (Tamario, batterie) et Pierre (Challouet, basse et chant) les ont rejoint, et j’ai intégré le groupe en 2014 au départ de l’autre guitariste.

Metal-Eyes : Donc Valentin est le seul membre originel.

Bruno : Membre fondateur, plutôt, oui.

Metal-Eyes : Quelles ont été les grandes étapes depuis ton arrivée ?

Bruno : L’enreistrement de l’Ep – j’avais une petite expérience de l’enregistrement avec un précédent groupe. On a partagé nos expérience, on s’est super bien entendus et, du coup, on a décidé d’enregistrer cet Ep ensemble. Ensuite, on a vite voulu passer à autre chose, un album plus pro.

Metal-Eyes : Album qui est ce Antagonism of the soul. Je l’ai écouté, et je trouve qu’il est plein d’antagonismes : le chant, d’une part, qui est très agressif mais qui a 3 voix – une death une autre enragé et une plus douce. Et il y a cette violence rythmique de la batterie qui rencontre des guitares plus légères et aériennes, bien que déterminées. Qu’aviez-vous en tête en composant cet album ?

Bruno : On a tous des influences différentes, on aime différents styles de metal : du metal core, du heavy, certains aime le death, et d’autres choses qui n’ont rien à voir avec le metal. On essaye de tout combiner et de faire plaisir à chacun… Pierre et Valentin ont apporté le plus gros des compos et ensuite on arrange ensemble, on fait des tests, on voit ce qui colle ou pas, ce qu’il faut modifier et on avance.Chacun apporte des ingrédients pour apporter une variété, un mix de styles pour ne pas rester cantonné à un style en particulier.

Metal-Eyes : Ca se sent, puisqu’on entend du heavy du death, aisni qu’un peu de prog, voire du jazz…

Bruno : Effectivement, à partir du moment où c’est cohérent avec la musique. Il y a des parties qui évoluent, auxquelles on ne s’attend pas. C’est venu assez naturellement, on a voulu faire plaisir à chacun et aussi se faire plaisir.

Metal-Eyes : Vous avez choisi un nom de groupe qui est plutôt financier – insolvabilité – et un titre d’album plutôt psychologique – antagonisme de l’esprit. Vous savez où vous allez ?

Bruno (il sourit) : En fait, le nom du groupe – Insolvency – a été pensé par Valentin et son pote. Mais on n’avait aucune notion de tout ce qui est financier ; en tous cas, ce n’est pas notre volonté de faire référence à ça, même si ça y fait référence indirectement. On est plutôt philosophes, comme l’indique le titre de l’album. S’il faut retenir quelque chose, ce sont les contradictions de tous les jours, qui nous animent et qui font partie de la vie en général.

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical, ce qui t’a amené à la musique?

Bruno : J’avais des potes au collège qui m’ont fait écouter du rock et du metal. J’ai découvert The Offspring à 13 ou 14 ans et j’ai commencé à m’intéresser à d’autres choses que ce qui passe à la radio ou la télé. Ensuite, ça a été Slipknot, Nightwish, Children of Bodom et je suis tombé amoureux du metal, et du rock en général.

Metal-Eyes : Quel est le musicien ou le groupe qui t’a fait dire “voilà ce que je veux faire”?

Bruno : ça a pas mal évolué: au départ j’adorais Nightwish, notamment l’album Oceanborn – j’aimais bien le côté gothique, metal. Après, à la guitare, ce qui m’a donné un coup de peps c’est Children Of Bodom. Bullet For My Valentine, aussi… J’adore le côté à la fois technique et mélodieux des guitares. Mon groupe préféré, c’est Children Of Bodom, ce qui doit s’entendre dans mes solos…

Metal-Eyes : Quand vous avez travaillé la composition de l’album, est-ce que quelqu’un arrive avec des compos toutes prêtes ou chacun vient-il avec ses idées que vous mélangez et testez ensemble ?

Bruno : Il y a un peu des deux. Pour cet album, Pierre et Valentin avaient déjà la structure de la plupart des morceaux. Eux ont proposé leurs idées et les structures, qu’on a ensuite retravaillés ensemble, peaufiner les détails, on a modifié quelques riffs et deux trois choses ; au fil des enregistrements, chacun apporte sa touche, on voit ce qu’il faut réarranger, refaire.

metal eyes : Ce qui n’empêche pas qu’à l’avenir tu puisse arriver avec un morceau bien structuré et que vous décidiez de travailler dessus ?

Bruno : Bien sûr, aucune porte n’est fermée. Simplement, ça va dépendre de l’inspiration de chacun et du style du groupe. Il faut que ça colle. Pendant une dizaine d’année, j’étais très heavy et metal symphonique, du coup, j’ai composé mes solo, apporté mes riffs. Mais ce que j’avais de mon côté ne collait pas, je ne pouvais pas intégrer des trucs de ce style-là. De manière mesurée, ça aurait pu le faire, mais pas sur les structures principales. Mais, effectivement, la porte est ouverte et chacun peut librement apporter ses idées. On prend les meilleures idées de chacun.

metal eyes : Je devrais peut-être poser la question à Pierre : y avait-il des thèmes que vous souhaitiez aborder d’un point de vue textuel ou littéraire sur cet album ?

Bruno : C’est assez général, les textes illustrent des sentiments de la vie et nous, on a exploré un peu plus le côté sombre, notamment Death wish, En fait, dans la vie, on traverse tous des moments plus ou moins facile et nous, on aime bien mettre en illustration le côté un peu… dark de la vie.

metal eyes : Comme un exutoire ?

Bruno : C’est exactement ça. Sans no plus en faire une fatalité… Il y a le côté obscur, mais aussi le bon côté, l’espoir, la volonté de s’en sortir, notamment dans Death wish où, on le voit dans le clip, le gamin maltraité par son père n’arrive pas à se suicider, il repense à ses souvenirs de gamin et c’est ce qui le rattache à la vie et l’empêche de passer à l’acte. On aime bien illustrer ce genre de choses, tout simplement.

metal eyes : Y a-t-il des sujets que vous souhaitez, au contraire, ne pas traiter ?

Bruno : Pas directement, mais tout ce qui est économie, politique, on ne veut pas rentrer dedans. On veut faire de la musique, on ne veut pas être porte-parole de quoi que ce soit. Le but, c’est de se faire plaisir : on fait de la musique, ok, il y a un côté exutoire, mais on veut rester… Il y a toujours un message, indirectement, mais on ne veut pas être porte-parole d’un parti politique, d’une cause en particulier.

metal eyes : Si tu devais expliquer à quelqu’un qui va découvrir votre album la musique que vous faites, tu lui dirais quoi ?

Bruno : Musique à la fois metal core et heavy metal. Celui qui aime le côté technique, les riffs, qui aime la variation devrait se retrouver dans notre musique. On aime combiner différents styles, Arch Enemy, Children Of Bodom ou Architects et mélanger le tout.On essaie de combiner tout ça dans notre musique, c’est un style assez ouvert.

metal eyes : Si tu devais trouver les mots pour me convaincre de sortir d’ici et d’aller acheter l’album ?

Bruno : Si tu as pu voir nos clip, Black moon et Death wish, l’album devrait te plaire parce qu’il est dans la continuité.

metal eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul morceau de l’album pour expliquer ce que vous êtes, ce serait lequel ?

Bruno : Personnellement, mon titre préféré c’est Black moon. Ce qui revient assez souvent… Ce titre, c’est un des derniers qu’on a composes. Les autres étaient déjà pas mal avancés, alors que Black Moon a été concocté avec une autre approche. Du coup, il apporte plus de modernité sans doute que les autres : il y a à la fois des riffs assez lourds et une mélodie à la guitare, et le sentiment qui s’en dégage est plus metal core que les autres, qui, du coup, sonnent sans doute plus heavy.

metal eyes : Quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui?

Bruno : Franchement, c’est pas évident… Surtout que tu poses la question à quelqu’un qui incarne la contradiction…

metal eyes : Si tu devais trouver une devise pour le groupe, ce serait quoi?

Bruno : Persévérer et vivre ses rêves, tout en gardant les pieds sur terre.

metal eyes : Une dernière chose: un album, ça se défend sur scène. Vous avez des projets de tournée ?

Bruno : Oui, on organise une release party le 16 février à Paris, au Klub, on a également prévu de jouer à Reims, à Nancy, et à Troyes. On essaie d’organiser des dates un peu partout en France et après, il y a un projet de tournée, encore au stade de discussion.

 

Interview: HOGJAW

Interview HOGJAW : rencontre avec JB (chant, guitare) et Elvis (basse). Entretien mené le 14 novembre 2017 chez Gibson France, Paris.

 

metal-eyes: Pour ne rien vous cacher, je viens de découvrir Hogjaw avec l’album à venir, Way down younder. Il s’agit de votre 6ème album déjà, mais quelle est votre situation en France ?

Elvis: On a joué quelques fois en France, au moins une fois sur chaque tournée. On nous connait un peu par endroits. Nous sommes un groupe de rock qui joue fort. On est principalement connus pour faire partie de la scène rock sudiste, grâce au magazine Dixie qui nous a consacré un article en 2008, et ça a servi notre réputation.

JB: Ca c’était au début, oui… Depuis, il y a des fans en France que nous avons appris à connaitre, directement ou via Facebook, les réseaux sociaux. Ils nous ont beaucoup soutenus au fil des ans et certains nous ont conviés à venir jouer ici, en France.

Elvis: On a joué au Festi Rock festival, qui ne regroupait que des groupes de rock sudiste.

metal-eyes: Comment décririez-vous l’évolution de Hogjaw entre Rise to the mountains, votre album précédent, et Way down yonder, qui parait début 2018 ?

JB: Chacun de ces disques  été fait avec Jimmy Dows. On a travaillé en tant qu’équipe avec lui, à mettre les choses en place. Maintenant, je pense que le principal avec Way down yonder est que nous testons plus de choses vocalement, et nous avons « tenté » de maintenir les guitares autant que possible du point de vue de leur puissance pour faire de la place au travail sur le chant. Sur certains des morceaux…

Elvis: Je n’y avais pas pensé comme ça, c’est intéressant…

JB: Je pense que c’est une progression naturelle, comme on dit. On souhaite vraiment explorer les capacités vocales…

Elvis: C’est la première fois qu’il y a 3 chanteurs lead sur un de nos albums. Ça apporte de la variété, qui n’était pas là avant. Jimmy a un style qu’il n’y avait pas sur les albums précédents, et les morceaux qu’il a écrits apportent, beaucoup de gens nous le disent, une touche différente.

JB: Ce n’est que l’évolution du groupe au fil du temps. Pourquoi le nier ?

metal-eyes: Certains groupes s’en sortent très bien en faisant toujours la même chose…

JB: Oui.. On fait plus ou moins la même musique, mais on tente des choses. On cherche à rester nous-même, rester intègres par rapport à nos valeurs, mais en cherchant un peu de nouveauté. Donc, il faut tester les capacités du groupe.

metal-eyes: L’album propose une variété de thèmes et de tempi. Qu’avez-vous mis dedans ? En dehors de ces nouveautés vocales, dont vous venez de parler.

JB: Je ne sais pas s’il y a une formule pour l’expliquer, mais notre musique est née de jams. Tout dépend de l’esprit général lorsqu’on a commencé à écrire. Telle chanson est un peu plus sombre, telle autre plus rapide, plus lente… Je ne dirais pas que nous avons planifié ce que nous souhaitions composer, nous terminons avec ce que nous avons ! Le temps qu’il faut pour composer, arranger, et c’est fait !

Elvis: On ne commence presque jamais avec une personne qui écrit une chanson et demande au reste d’entre nous de jouer dessus. Tout commence par une idée, puis une autre vient s’y greffer… JB écrit la plupart des textes, j’en écris certains, le batteur, Kowalski, aussi et tout cela contribue à l’ensemble. Kowalski a une très bonne approche et n’hésite pas à nous dire de couper tel partie en deux, de virer ça ou de travailler ça…

JB: En ce qui concerne les guitares, c’est nous, guitaristes qui trouvons des riffs cool, et le batteur nous dit « cool, essayons ça ! » C’est vraiment un effort de groupe, collectif, on ne peut pas dire que c’est principalement le travail de l’un ou l’autre. Ca ne fonctionnerait pas…

metal-eyes: Si vous estimez qu’une idée est bonne, tout le monde travaille dessus.

JB: Exact. Ça a fonctionné depuis nos débuts et c’est une chose que nous ne changerons jamais.

metal-eyes: Parlons de quelques chansons : To hell with the rest débute en sonnant comme du ZZ Top des années 80. (JB rit et acquiesce). Quelle importance a ce groupe dans la vie de Hogjaw ?

JB: ZZ Top ? Une très grosse influence, je dirais. On cherche à choper ce truc qui les distinguait à la fin des 70’s, début 80’s. Cette chanson de Hogjaw débute avec ce type de riff et c’était incontestablement volontaire ! On adore simplement le groove qui en ressort. Il y a peu de groupes qui osent jouer de vrais riffs à la guitare, aujourd’hui. Il y en a, mais pas autant que dans les années 80.

Elvis: Et c’était une décision consciente et commune de chercher des tonalités passées, des 80’s, fin 70’s.

metal-eyes: Et comment avez-vous atteint ce son ? En enregistrant sur du vieux matériel analogique ou plutôt moderne ?

JB: La technologie est moderne, mais nous avons utilisé de vieux amplis et une approche de l’enregistrement « à l’ancienne ».

Elvis: oins de gains, ce qui permet à plus de sons de passer…

JB: ET pas de post production. On cherche à trouver la bonne tonalité, et quand on la trouve, on fonce. Pas d’égalisation à mort, on appuie sur le bouton et ça roule !

Elvis: Les guitares ressortent vraiment bien sur le CD.

metal-eyes: C’est quoi, le North Carolina way ? Je suis originaire de cet Etat, alors, expliquez moi !

JB: C’est une longue histoire que je vais raccourcir : cette chanson parle d’un de nos bons amis qui vit en Caroline du Nord. Il s’appelle, on l’appelle, Uncle Buck, de son vrai nom Scott Howard. Aux débuts du groupe, en 2009/2010, on a organisé une tournée, nous-mêmes. Il nous a dit « allez, venez jouer ici, je vais m’occuper de vous ! » On ne connaissait pas le gars, on ne l’avait jamais rencontré et il nous a traités comme si on faisait partie de la famille. Depuis cette toute première rencontre, il nous traite comme sa famille. On retourne chez lui pour jouer…

metal-eyes: Elvis: Tous les ans, ou une année sur deux, il nous fait venir en Caroline du Nord poru jouer. Et entre ces moments, c’est lui qui vient en Arizona pour nous rendre visite. On a passé des vacances ensemble, on a assisté à des concerts ensemble, on l’a emmené avec nous en tournée en 2015 pendant un mois… Il partageait notre van…

JB: En gros, c’est tout le respect qu’on doit à cet homme, tant il a fait pour nous. C’est une ode à la vie, au rock’n’roll way of life, la vie simple près d’un lac, comme la sienne…

Elvis: Un lac qui s’appelle High rock lake.

JB: Tout ça a été inspiré par sa vie, son mode de vie. Qui est exactement notre façon de vivre en Arizona. Trouver quelqu’un comme ça, dans le monde de la musique, c’est assez spécial.

metal-eyes: Et ça correspond à ce que vous mettez en avant sur votre site, cet esprit familial, une bande de pote qui font les choses comme on les fait en famille.

JB: C’est comme ça que ça devrait toujours être.

metal-eyes: Dark horse est un titre plus lent, Presque doom…

JB (il rit): En effet, oui! Il y a ce feeling… Tu le décrivais bien, tout à l’heure, Elvis…

Elvis: On ne fait pas que jouer du rock sudiste, c’est une ligne directrice, ok. Quelqu’un nous demandais quel genre de groupe nous sommes. Eh bien, nous ne sommes pas un groupe de rap, ni de stoner, nous sommes un groupe de rock sudiste. Seulement, nous jouons différentes choses : du heavy rock, du rock, de la country, du country rock… Et parfois notre côté metal ressort, comme c’est el cas sur Dark horse. C’est une chanson qui a ce feeling qui me fait penser à un vieux morceau d’AC/DC : tempo plus lent, thème plus sombre…

metal-eyes: AC/DC qui aurait rencontré Black Sabbath…

JB: oui, Black Sabbath, bien sûr!

Elvis: On l’a laissé s’exprimer sur ce titre, et JB a ensuite écrit les paroles, qui sont sombres et collent à la musique. Dès le départ, on savait que ce titre devait se retrouver sur l’album, parce qu’il est vraiment différent. Certains de nos fans vont adorer ce morceaux, d’autres risquent de le zapper quand ce sera son tour… Mais je crois qu’un bon nombre de nos fans vont l’adore, parce que, comme nous, ils aiment aussi des choses plus heavy. Et on le met sur notre album si on le souhaite !

metal-eyes: On vit toujours dans des pays libres !

JB: Oh oui, on vit dans des pays libres, et la musique devrait aller partout.

metal-eyes: Redemption est, par son titre, très biblique et la religion a une place très importante dans le sud des USA. Quelle est la place de la religion dans votre musique ?

JB: Je ne dirais pas que la religion a une part importante. Nous sommes spirituels, mais pas vraiment religieux, pas dans un sens organisé, en tout cas.

Elvis: Cette chanson parle plus de la rédemption individuelle de chacun.

JB: Elle parle de ce que nous cherchons tous, individuellement. C’est comme… comment dire ? Comment je pourrais me repentir, de quoi ? Et comment le ferait Elvis, ou toi. Nous l’avons plus abordé comme une expérience, voir ce que nous pouvions en faire

Elvis: Avec 3 chanteurs dans la même chanson…

JB: Oui, et les paroles qui traitent de rédemption, de ce que ça signifie pour nous. Elle n’est pas censée avoir de connotation religieuse. Mais nous ne sommes pas du tout un groupe religieux. Spirituel, oui, pas religieux. Nous avons tous des passés différents, j’étais catholique, baptiste comme mon père, j’ai grandi avec, et j’ai choisi en grandissant de ne pas suivre ces préceptes. Je crois en ce en quoi je crois, et c’est tout. Aucun de nous ne veut imposer quoi que ce soit aux autres. Ça te concerne, c’est personnel.

metal-eyes: Un autre sujet : Brown water traite du whisky.

JB: Absolument !

metal-eyes: Et tu en bois en ce moment. Je ne connais pas de whisky d’Arizona, alors êtes-vous plus Jack du Tennessee, Jim du Kentucky ou un autre ?

JB: Je préfère jack du Tennessee. Je suis né en Caroline du Nord, mais j’ai vécu pas mal de temps dans le Tennessee. Nous sommes des rats de l’air force, nos parents en faisaient partie et j’ai pas mal bougé. Le whisky nous a suivis… On a plusieurs chansons à ce sujet, plutôt le côté festif.

Elvis: Dans le rock sudiste, le whisky est une constante… regarde combine de chanson lui a consacré Lynyrd Skynyrd!

JB: Quelle que soit la manière d’en parler, ça me va! Attention, je ne prône pas la consommation d’alcool, simplement le fun.

Elvis: On l’appelait « eau de vie » avant ! Et c’est exactement ce que c’est, la vie.

metal-eyes: Vous parlez beaucoup de vie, de plusieurs manières. Talk about fishing, qui clôt l’album, est une pure chanson country.

Elvis: Chaque album a une chanson qui n’a que pour but de s’amuser.

JB: On s’enregistre, et on l’offre en bonus, sit u veux.

Elvis: En général, on les enregistre en dehors du studio.

metal-eyes: il y a une raison à ça?

Elvis: oui, parce que nous l’avions fait sur le premier album avec une chanson qui s’appelle Cheap whisky, que nous avions enregistrée après.

JB: Sur un vieux magnéto 4 pistes!

Elvis: Et on a continué de proposer, comme un projet en totale autonomie, sans producteur, rien que pour nous, le fun.

JB: Et cette chanson a été faite chez un ami, avec plein d’instruments. J’ai appris un peu de banjo pour l’occasion, c’est simplement fun.

metal-eyes: ça l’est, et ça dit en filigrane, « voilà, l’album se termine ». Quel a été, pour chacun de vous, le premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire » ?

JB: C’est une super question…

Elvis: Pour moi, c’était Kiss: j’étais gamin, et j’ai vu Kiss à la télé. Mes parents et mes grands-parents ont détesté. Je ne le savais pas à l’époque… C’était en 76, lors d’une émission spéciale halloween et ils ont joué God of thunder et Detroit rock city. J’ai dit « voilà, c’est ce que je veux faire, quoi qu’il arrive ». j’ai acheté les disques de Kiss, les figurines ; les lunch boxes… Tout. Ma sœur et mon oncle étaient musiciens, ils jouaient tout le temps de la musique et me donnaient des disques de Pink Floyd, Led Zepelin, les Doobie Brothers. J’écoutais tout, mais le premier qui m’a vraiment marqué, c’est Kiss. Je voulais faire ce que ces gars faisaient.

JB: Étrangement, moi ce serait plus Hank Jr. Étrangement parce que c’est de la country. Mais là où j’ai grandi, c’est ce que nous écoutions. Mon père était un grand fan et il y avait toujours de la musique. Quand tu es jeune, tu ne fais pas le tri, tu écoutes ce que tes parents écoutent. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à jouer de la guitare que je me suis plus intéressé à ce que faisaient les autres, dans les 80’s. Ensuite, il y a eu AC/DC, et là, le choc… C’est devenu de plus en plus heavy, Iron Maiden et autres.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Hogjaw aujourd’hui ?

Elvis: La devise? Intéressant…

JB: On ne nous l’a pas encore posée, celle-là, c’est bien. Garde quelques armes secrètes, c’est bien !

Elvis: Ce n’est pas vraiment une devise, mais on dit souvent « get some ! » C’est le titre d’une de nos chansons qui dit « fonce, et fais les choses »

JB: Aujourd’hui… « Fais ce que tu veux ! » On a eu des devises en tournée, du style « ne le fais pas » ou « pourquoi le faire si ce n’est pas fun ». Le diable est dans les détails, alors positivons.

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un titre de Way down yonder pour décrire ce qu’est Hogjaw aujourd’hui, ce serait laquelle ? (ils réfléchissent tous deux quelques instants)

Elvis: Je choisirai Way down yonder

JB: Moi aussi, juste parce qu’il y a tout dedans.

Elvis: Oui, elle est puissante, il y a différents passages, elle raconte une histoire…

JB: On y a mis un peu tout ce qu’il y a sur ce disque, c’est pour ça qu’on l’a choisie comme titre, aussi.

metal-eyes: Comme je découvre le groupe : Hogjaw m’évoque le sort que voulait faire subir Mason à  Hannibal Lecter. Y a-t-il un lien ou le nom du groupe n’a rien à voir,

JB: Aucun rapport, mais c’est intéressant. Hogjaw est un vieux terme du sud qui a deux significations : un, c’est une façon de dire que quelqu’un mange trop, sans penser aux autres. Deux, c’est vivre avec excès : manger, boire, se marier, vivre, le tout avec excès.

metal-eyes: Une toute dernière chose : Quelle a été la meilleure question, la plus surprenante, que l’on vous ait posée aujourd’hui ?

JB: Aujourd’hui ? La devise, mon gars ! Pas forcément la meilleure mais la plus intéressante. Ça nous change et nous force à réfléchir un peu…

Elvis: Oui, je le rejoins…On va peut être adopter cette devise.

Interview: AVATAR

Interview AVATAR : rencontre avec Jonas « Kungen » (guitares). Entretien mené le 11 décembre 2017 au siège de Sony music France, Paris.

 

Être convié à une audience royale ne se refuse pas. D’autant moins lorsque la tête couronnée en question se nomme Jonas « Kungen » Jalsby, guitariste et fondateur d’Avatar, dont le prochain album, Avatar country risque fort de marque durablement l’année 2018. On ne s’adresse pas à un roi comme à n’importe qui d’autre, alors, une fois n’est pas coutume, prenons le ton adéquat et respectueux qui sied.

metal-eyes: Avant de commencer, dois-je t’appeler Votre Majesté, Votre grandeur ou tout simpelment Jonas ?

Sa Majesté Kungen: Mmmhhh… « Votre Majesté » ou « Votre Grandeur » me semble approprié.

metal-eyes: Très bien… Avatar semble avoir trouvé sa vitesse de croisière en publiant un album tous les deux ans. Est-ce une volonté de votre Majesté ou une envie commune du groupe ?

Sa Majesté Kungen: Selon moi, c’est un assez bon rythme car lorsque vous préparez un album, vous plongez tant en vous-même que, lorsque l’enregistrement est terminé, c’est toujours agréable d’avoir un peu de répit, de faire un break pour se vider l’esprit avant de se remettre au travail.

metal-eyes: Et de remonter sur scène également j’imagine.

Sa Majesté Kungen: Bien sûr.

metal-eyes: Comment votre Grandeur décrirait-elle l’évolution d’Avatar entre Feathers and flesh et Avatar country ?

Sa Majesté Kungen: Eh bien, Feathers and flesh est un album très sombre et très sérieux. Ce nouvel album est sérieux aussi, mais il a une touche plus joyeuse. Il est un peu plus entrainant.

metal-eyes: Avatar country mélange joyeusement rugosité, cris, chant clair, du groove, des riffs hypnotiques… J’ai entendu des touches de Joe satriani ou ian Gillan… Qu’avez-vous mis dans ce disque, votre Majesté ?   

Sa Majesté Kungen: Merci… Nous avons mis beaucoup de choses. Lorsque mes ministres et moi nous asseyons pour composer, nous mélangeons toutes nos influences. En ce qui me concerne, il y a beaucoup d’Iron Maiden et du death metal extrême. C’est de là que proviennent les aspects techniques. Ensuite, Tim écoute beaucoup D.A.D qui a beaucoup d’influences country. Tim a beaucoup écouté Van Halen, également, et Ed Van Halen l’a beaucoup influencé pour ses solos. De mon côté, j’ai beaucoup emprunté à Zakk Wylde, dans sa manière de tirer mes cordes, de les attaquer. Ce sont des moments, évidemment… un autre guitariste que j’écoute beaucoup s’appelle Guthrie Govan. C’est un fabuleux  guitariste écossais.

metal-eyes: Et comment travaillez-vous, concrètement ? Est-ce que chacun arrive avec des bout des chansons, des riffs, des idées et vous mélangez le tout pour voir ce qui en ressort ou y at-t-il une direction générale sur laquelle vous travaillez tous ?

Sa Majesté Kungen: D’abord, chacun enregistre toutes les idées qui lui passe par la tête. Ensuite, nous écoutons ensemble et sélectionnons les meilleures parties. Certaines peuvent être plus proche d’une chanson, et Johannes peut alors travailler ses textes

metal-eyes: La musique précède donc les paroles ?

Sa Majesté Kungen: Oui. Lorsque Johannes compose, il peut lui arriver d’écrire d’abord les lignes de chant s’il a une idée de texte, mais normalement c’est d’abord la musique, et nous assemblons les pièces du puzzle.

metal-eyes: Avatar country est un puzzle très épique et cinématographique…

Sa Majesté Kungen: Merci.

metal-eyes: L’labum est très visuel. Pensez-vous que ce visuel peut vivre sans la musique, ou, inversement, que la musique d’Avatar country puisse vivre sans son pendant visuel ?

Sa Majesté Kungen: J’espère que la musique survivra à l’image. Cependant, cela ajoute énormément, c’est certains ! Ce serait beaucoup plus facile pour nous de mionter sur scène et de jouer sans nos costumes.

metal-eyes: j’imagine que pour cette nouvelle tournée Avatar a créé un nouveau spectacle. Qu’a suggéré votre Majesté à vos ministres ?

Sa Majesté Kungen: C’est en cours… Nous allons répéter et je suis certain d’imaginer ce qu’ils pourront faire de mieux.

metal-eyes: La statue du roi fera-t-elle partie du décor ?

Sa Majesté Kungen: Je n’en suis pas certain, ce sera compliqué de la faire venir. Mais, d’une manière ou d’une autre, elle fera partie du spectacle.

metal-eyes: Avatar country est un album conceptuel : il raconte l’histoire d’un roi, sa vie et sa mort, comment vous est venue cette idée.

Sa Majesté Kungen: En l’occurrence, j’ai toujours été un Roi.

metal-eyes: Certes, mais vous n’êtes pas encore décédé…

Sa Majesté Kungen: Vrai. En réalité, la façon dont fonctionnent mes réincarnation fait que je n’ai aucun souvenir de mes vies passées. Je ne peux parler de mes successeurs, mais Avatar country traite de ce qui fait un Roi, naturellement. Ce qui l’officialise au yeux du monde, ce qui informe les gens de son existence afin qu’ils luii soient fidèles.

metal-eyes: Et nous y arrivons, car lorsqu’on voit le public qui vient vous voir, souvent en festival, qui hurle « Avatar ! Avatar », on en est persuadé.

Sa Majesté Kungen: C’est très bien. Éducation culturelle.

metal-eyes: une nouvelle tournée est annoncée. Vous allez passer par 6 villes Françaises, dont des endroits moins souvent visités, comme Cognac. Mais étonnamment, vous ne passerez pas à Reims, ville de couronnement des rois… Pourquoi votre management n’a-t-il pas organisé cette étape ?

Sa Majesté Kungen: Je dirais que c’est parce que notre management est américain. Et ils ne connaissent ni la géographie ni l’histoire de l’Europe…

metal-eyes: Vous ne les reverrez pas à cause de cela ?

Sa Majesté Kungen: Non… Tout le monde peut faire une erreur. Il faudra simplement la corriger pour la prochaine fois.

metal-eyes: Si votre majesté devait de retenir qu’une chanson d’Avatar country pour expliquer, à quelqu’un qui ne vous connait pas encore, ce qu’est Avatar aujourd’hui, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Sa Majesté Kungen: C’est une question difficile… Vraiment difficile, car les chansons sont toutes différentes. Par exemple, Legend of the king est un morceau épique de 8’, comme un vieil anthem du metal ; The king wants you est plus dur, direct… King after king pourrait se rapprocher de choses que nous faisions avant… La construction des riffs, l’assemblage des parties de cette chanson. Je dirai King after king

metal-eyes: King after king qui clot presque l’album puisqu’il précède deux morceaux instrumentaux.

Sa Majesté Kungen: Absolument.

metal-eyes: A ce sujet, je souhaitais poser une question à votre Majesté : avez-vous pris un bain ce matin, et était-il tiède comme vous aimez ?

Sa Majesté Kungen: J’ai bien peur que je n’en ai pas eu le temps.

metal-eyes: Cela fait partie de votre discours, très humoristique, d’ailleurs…

Sa Majesté Kungen: merci. J’ai pris une bonne douche hier. Cela devra suffire pour aujourd’hui…

metal-eyes: Et qu’en est-il de vos soucis de digestion ?

Sa Majesté Kungen (il rit) : Tout va bien, aujourd’hui.

metal-eyes: Revenons à la tournée : qu’y aura-t-il de neuf, de différent ?

Sa Majesté Kungen: D’abord les costumes. Nous montons une toute nouvelle production, nous faisins fabriquer une scène différente de celle que nous utilisons depuis deux ans. C’est très excitant pour nous tous…

metal-eyes: tout est déjà prêt ?

Sa Majesté Kungen: Elle est prête, mais pas terminée. Nous allons aux USA le 3 janvier pour répéter, et il faut qu’elle soit prête à ce moment-là.

metal-eyes: Vous étiez d’ailleurs récemment aux Etats-Unis, en tournée. Quelle est aujourd’hui votre position là-bas ?

Sa Majesté Kungen: Nous sommes revenus il y a environ un mois. Je crois qu’il s’agit de notre premier marché, as par choix, mais parce que les gens nous apprécient là-bas. Ce qui nous offre la possibilité d’y retourner. C’est un rêve aussi de voir que l’Europe se rattrape.

metal-eyes: Il y a 4 ans, John Alfredsson, votre batteur, me disait qu’Avatar ne vivait pas encore de sa musiqe. Au regard de votre planning très chargé, avez-vous le temsp de faire autre chose aujourd’hui que de vous consacrer au groupe ?

Sa Majesté Kungen: Johannes et Henrik ont encore un travail à coté, mais je ne crois pas qu’ils travaillent autant qu’ils le faisaient. En ce qui me concerne, je consacre tout mon temps hors route à composer, répéter, m’entrainer, faire des choses pour le groupe.

metal-eyes: Ce qui semble naturel car vous avez à vous occuper d’un peuple, et probablement faut-il également le soumettre… pouvons-nous espérer voir votre Majesté et Avatar participer à des festivals en France l’été prochain ?

Sa Majesté Kungen: Je ne peux rien dire pour l’instant car je ne sais pas ce qui est officiel. Nous allons participer à beaucoup de festivals, l’été prochain, en Europe et aux USA. Alors… Peut-être… (Note: les affiches du Hellfest et du Download Paris ayant été dévoilées, il semble qu’Avatar ne sera présent à aucun de ces festivals. Tout peut cependant changer.)

metal-eyes: Je dirais même : probablement. Le show d’Avatar est très visuel, quiconque ayant vu le groupe ne pourra que confirmer, qu’on aime ou pas votre musique. Tout semble prévu ne laissant pas beaucoup de place à l’improvisation. Comment réussir à surprendre un fan qui vous suivrait sur plusieurs dates ?

Sa Majesté Kungen: Eh, bien, telles que sont les choses aujourd’hui, nous ne prévoyons pas tant de choses que cela : nous planifions notre entrée, certaines transitions entre les chansons, et notre sortie. Mais tout le reste est fait au feeling.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise d’Avatar, aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Mmhhh… « Un pour tous ! », me semble bien.

metal-eyes: Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires. Mais vous êtes 5 dans le groupe ! Non, pardon : il y a votre grandeur, et les 3 mousquetaires !

Sa Majesté Kungen  (rires) : exact…

metal-eyes: une dernière chose, pour conclure : quelle a été la question la plus surprenante, étonnante qu’on vous ait posée aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Oh… Maintenant il faut que je me rappelle de tout !

metal-eyes: C’est un bon moyen de vous remémorer la journée !

Sa Majesté Kungen: Oui ! (Il réfléchit) J’ai une mémoire si petite… Vraiment à court terme !

metal-eyes: Ca peut être génant sur scène…

Sa Majesté Kungen: Oui, mais là, c’est dans mon sang, ma moelle… Ah, peut-être la question au sujet de ma constipation… La question la plus surprenant a été de savoir si j’avais pris un bain ce matin !

metal-eyes: Personne d’autre ne l’a posée cette question ? C’est dans The king speaks, pourtant. Ou personne n’a osé vous le demander.

Sa Majesté Kungen: C’est probable…

metal-eyes: Votre Majesté a-t-elle une dernière chose à dire à ses admirateurs français ? 

Sa Majesté Kungen (en français) : Ça roule !

 

Interview: ROYAL REPUBLIC

Interview ROYAL REPUBLIC : rencontre avec Jonas (basse), Per (batterie) et Hannes (guitare). Entretien mené le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage (Paris).

C’est avec Royal Republic presque au complet que nous nous retrouvons coincés dans une des petites loges du Cabaret Sauvage. Seul Adam, le guitariste chanteur préfère regarder la télé, afin de préserver sa voix, un peu sensible avec le froid. Les autres sont en pleine forme ce qui se ressentira moins de deux heures plus tard sur scène. 

metal-eyes: Weekend man est sorti il y a maintenant un an et demi et vous beaucoup de choses se sont produites pour Royal Republic depuis. QuelSs ont été les moments les plus excitants de ces derniers 18 mois ?

Jonas: Wouf… Il s’est passé plein de choses… Nous avons donné nos plus gros concerts en tête d’affiche, et ce soir est notre plus grosse tête d’affiche en France. On est super contents. Mettons les choses ainsi : l’album a été très bien reçu, les gens l’ont vraiment apprécié.

Per: Et ils viennent aux concerts !

Hannes: Je crois que c’est notre troisième concert devant plus de 1.000 personnes. C’est le troisième pays où nous jouons devant plus de 1.000 personnes.

metal-eyes: D’après ce que j’ai vu, vous rentrez tout juste d’une importante tournée américaine. C’était votre premier séjour là-bas ?

Jonas: Non, le second…

Hannes: Mais la première fois qui compte vraiment. C’était super, là, on ouvrait pour Theory Of A Dead Man, la dernière fois, c’était pour Frank Carter, ce qui était super, différent, mais super. Vraiment. Et on a aussi un titre qui est entré au Billboard, ce qui, pour nous, est extraordinaire !

metal-eyes: Vous y avez donné combien de concerts ?

Per: On y est restés 3 semaines, on a dû donner 14 concerts.

Jonas: On a commencé au centre, puis on est allés à l’Est avant de rejoindre Seattle et revenir vers l’Est…

metal-eyes: Et la première fois, c’était quand ?

Jonas: En mars-avril dernier.

Per: En gros on a ouvert pour Frank Carter, mais on y était principalement pour 3 festivals. Ils ont ajouté la tournée, ce qui était parfait.

metal-eyes: C’était donc aussi sur la tournée Weekend Man, et, par conséquent c’est le premier album que vous avez soutenu là-bas.

Tous: Exact, oui.

metal-eyes: Quel a été votre show préféré aux USA ?

Jonas: Pour Hannes, ça a dû être Seattle parce que c’est de là que viennent ses héros…

Hannes: Oui, c’était extra. Je crois, que le Texas nous a aussi super bien accueilli, je ne m’y attendais pas du tout.

Per: Il y avait aussi ce concert à… Izula, ou quelque chose comme ça. On avait l’impression d’être tête d’affiche… Non, Boise, dans l’Idaho ! Ils ont des patates, là-bas, c’est tout ce qu’ils ont : des patates et un excellent public ! (rires)

metal-eyes: En dehors de Royal Republic, comment occupez vous votre temps ?

Per il rit): On n’a pas de temps pour nous ! Royal Republic nous occupe tout le temps. On a simplement eu un mois de repos en septembre, et nous sommes allés passés 3-4 semaines aux USA. Puis 2 semaines de repos et nous sommes de retour pour une tournée européenne de 3 semaines.

Jonas: Et il y a eu les festivals d’été, un autre séjour aux USA, un peu de repos… On tourne toujours.

metal-eyes: L’été dernier, vous avez joué au festival Rock en Seine et au Musilac. Vous prévoyez d’autres festivals en France pour l’été prochain ? (NdMP : au moins un fest sera bientôt annoncé, mais… chut !)

Jonas: Non, pas de festivals, on déteste ça ! (rires)

metal-eyes: Bon, alors, on passe à autre chose ! Parlons des endroits où vous avez joué : vous avez visité, à Paris, plusieurs salles : le Divan du Monde, le Trabendo, vous avez commencé au Zénith,la Flèche d’Or, ce soir vous êtes au Cabaret Sauvage… Laquelle de ces salles préférez-vous ?

Jonas: Celle-ci, j’espère !

Per: Oui, celle-ci.

Hannes: ça promet d’être épique… Elle est tellement jolie, elle ressemble à l’esprit de Royal Republic, avec ses draperies rouge, très royales…

metal-eyes: Elle va influer votre jeu, ce soir ?

Per: Sans doute, et ça pourrait devenir notre lieu de prédilection à Paris. Peut-être que nous pourrions y élire domicile.

metal-eyes: Black Stone Cherry va y jouer pour la troisième fois, ils adorent venir ici…

Jonas: On connait leur backliner, il travaille aussi pour nous.

Per: Aux USA…

metal-eyes: Parlons de différents endroits où vous avez joué : quel a été le lieu le plus grand où vous vous êtes produits ?

Hannes: Le Palladium de Cologne. Si on parle de salles en tête d’affiche…

metal-eyes: Ou festivals…

Jonas: Musilac était grand !

Per: Oui… Mais pas autant que le Rock Am Ring

Hannes: Il devait y avoir 80.000 personnes…

Per: On a donné des concerts avec Die Toten Hosen, c’est un gros groupe en Allemagne, vous ne les connaissez pas ici.

metal-eyes: Si, si, on les connais un peu…

Per: Oh, bien ! On a tourné 2 semaines avec eux, et on faisait des salles de 17-20.000 personnes. C’était étrange : chaque soir, on jouait dans un stade ! Ici, on a fait deux soirs avec The Offspring, au Zenith, environ 6.000 personnes. Pour nous, cette dernière tournée s’est faite devant 4000, 3500 personnes, à Cologne, Berlin, au Columbia Hall. On arrive au niveau d’un Zénith, doucement.

metal-eyes: Quel est le lieu le plus petit où vous ayez joué ?

Jonas: C’était… Bruneau ?

Per: Non, c’était à Prague.

Hannes: Non, le plus petit endroit, c’était une cabine téléphonique à Berlin ! (rire général) Un ascenseur aussi, pour un tournage. Mais la cabine téléphonique, il y avait 5 personnes dedans. Nous, et un fan.

Jonas: Un gigantesque et chanceux gagnant d’un concours.

Per: Nous espérions que ce soit une petite nana mignonne mais ce fut ce gars grand et baraqué comme une bête ! Genre « je suis ravi d’être là ! »

metal-eyes: C’était dans le cadre d’une vidéo, d’une performance quelconque ?

Per: C’était pour une station de radio qui a pensé ce gag. Humour allemand…

Jonas: Et dehors, il y avait 2 ou 300 personnes qui regardaient.

Hannes: Une autre fois, il y avait aussi 200 personnes, mais il n’y avait en réalité que 2 fans, les autres travaillaient pour l’équipe…

Jonas: Une fois, on a joué devant à peine 10 personnes… Il y avait un autre groupe avant nous et tous leurs copains sont venus. Quand ils sont partis faire la fête, leurs copains ont suivi…On a fini devant 5 ou 10 personnes.

Hannes: C’est très étrange car après avoir donné ces shows en tête d’affiche à Berlin, et vendu 3.500 billets, on devait donner un autre concert et notre manager nous appelle pour nous dire que le show est annulé « car vous n’avez vendu que 10 billets ! » Ca a été une petite descente.

metal-eyes: Quelle est la pire expérience vécue en salle de concert ?

Jonas: C’était hier, à Londres. J’étais censé jouer de la batterie ! Je n’y ai pas touché depuis 10 ans, et soudain, voilà que je suis censé donné ce rythme funky et groovy mais je n’ai aucune idée de ce que je fais !

Per: J’étais en train de chanter et je te voyais, au dessus de mon épaule, en train de chercher le rythme (rires) ! Mais je peux aussi voir dans ton regard le désespoir !

metal-eyes: C’était à Londres, c’est ça ?

Jonas: Oui, et ça fait partie de mon top 3 des pires expériences ! Il y a aussi eu Stockholm.

Per: Oh… oui, tu étais furax !

Jonas: Oh oui, on n’avait aucune idée d’où nous devions jouer lorsque quelqu’un nous dit « voici votre scène ! » Hein, c’est quoi ça ? Le gars du son a branché tout mon matos sur celui de Hannes, je me branche et… Merde, rien ne fonctionne ! J’étais furieux, je me suis soulé après mais…

metal-eyes: Et vous, votre pire expérience ?

Hannes: Notre pire expérience c’est quand Jonas fout tout en l’air ! (Rire général)

Per: Ou quand il joue de la batterie !

metal-eyes: Tu vas jouer de la batterie, ce soir ?

Jonas: J’espère que non ! Vraiment !

metal-eyes: Et si je reste devant et que je crie « va jouer de la batterie ! »

Jonas: Je t’enverrai une baguette au visage !

metal-eyes: Où rêveriez de jouer ?

Jonas:  Mmhh… Une île tropicale…

Per: Je ne sais pas, un gigantesque stade, est-ce trop grand pour quelqu’un ?

Hannes: Le Royal Albert Hall à Londres. Ça pourrait se faire, c’est là où ont eut lieu certains des concerts les plus mythiques : Bob Dylan, tant d’autres… Et c’est une salle de bonne taille.

Jonas: Moi, je verrai bien un endroit différent, en haut de la tour Eiffel. Il y a un restaurant, là haut ?

Per: Juste pour ajouter une chose, j’adorerai faire une tournée des stade en Suède. Le Globe, sold-out !

metal-eyes: Y a-t-il un endroit où, au contraire, vous ne souhaitez jouer pour rien au monde ?

Hannes: Oui, il y a quelques salles où nous ne jouerons jamais, au Royaume-Uni. On n’y retournera pas…

metal-eyes: Des noms ?

Jonas: Non…

Per: Je crois que l’une d’elle a fermé, alors, ça va : il y avait cet endroit appelé The Well, à Leeds. Elle portait bien son nom : la première fois que nous y sommes allés, la salle était glaciale, humide comme des marais. On est allé aux toilettes et c’est comme si personne ne les avait nettoyées depuis la veille, vraiment dégueulasse. Il y avait même une bouteille de bière coincée au fond…

Jonas: Il y a des endroits que nous avons blacklistés.

Per: Ils sont tous au Royaume-Uni…

metal-eyes: Et si on vous donne un million d’euros pour y jouer, vous dites non ?

Tous: Pour un million, on y va !

metal-eyes: Revenons à la musique : Weekend man est sorti il y a un an et demi, avez-vous travaillé sur de nouveaux morceau et quand prévoyez-vous un nouvel album ?

Per: Dès que possible. Nous allons rentrer et j’espère commencer à composer rapidement.

Hannes: Nous voudrions dire l’année prochaine, mais nous connaissant, il vaut mieux ne pas nous avancer. Nous y travaillons mais ne nous engageons pas.

Per: J’ai le sentiment que, cette fois, nous allons travailler plus vite. Mais on ne sait pas

Jonas: Tu es le premier à l’entendre : « l’album est retardé ! » (rires)

Per: Oui, on va attendre deux ans !

Jonas: C’est comme l’album des Guns, il a été retardé, quoi ??? 16 ans. Mais quand il est sorti…  Allez, 2 ans pour nous !

metal-eyes: Merci pour cette interview, et je vous retrouve dans la salle tout à l’heure.

Jonas: Super, merci à toi !

 

Interview: ATTRACTION THEORY

Interview ATTRACTION THEORY : rencontre avec Didier Chesneau (guitares). Entretien mené le 7 novembre 2017 au Hard Rock Cafe Paris.

metal-eyes: Didier, tu es ici pour assurer la promotion du premier disque de Attraction Theory, commençons par quelque chose de très original : peux-tu raconter en quelques mots l’histoire de ce nouveau groupe ?

Didier Chesneau: Oui, je peux le faire…

metal-eyes: Merci ! Passons donc à la question suivante…

Didier Chesneau: C’est ça ! (rires général) Le groupe s’est monté à l’initiative de Constance (Amelane, chant) et moi. Nous nous sommes rencontrés par le biais d’un ami commun qui est artist relation chez Ibanez et qui faisait des « hapy hours » où il invitait des musiciens, producteurs, plein de gens, pour qu’ils se rencontrent. J’ai rencontré Constance comme ça : elle est venue me voir en me disant qu’elle devait enregistrer avec un groupe que je devais produire. Finalement, ce projet n’a pas aboutit et elle m’a rappelé quelques mois après pour enregistrer des voix qu’elle devait faire avec un groupe anglais, et là, je l’ai découverte en studio. Je me suis dit « euh, ça chante plutôt vachement bien », et on a décidé de commencer à faire des titres, sans but précis, voir un peu ce qui allait se passer. Ça a évolué, le but au départ c’était de laiser des ouvertures, de collaborer avec les uns et les autres et petit à petit, chacun a commencé à vouloir mettre son grain de sel, des amis musiciens voulaient mettre une basse, « tiens, j’ai des idées, j’ai un riff, j’ai un texte »… et le groupe s’est constitué comme ça.

metal-eyes: On peut dater la naissance du groupe à quand ?

Didier Chesneau: Officiellement à l’année dernière puisqu’on a réellement commencé à enregistrer quelques titres l’année dernière, le premier concert, c’était en janvier 2017. C’est tout frais.

metal-eyes: Ce premier concert, c’était le PMFF VI. Il y a quelques personnes, pas très nombreuses, qui ont pu vous découvrir sur la petite scène..

Didier Chesneau: Oh, il y avait du monde quand même…

metal-eyes: Oui, mais c’était la petite salle qui était bien remplie, c’est vrai. Mais petite. Quels sont les souvenirs que tu gardes de ce premier concert ?

Didier Chesneau: UN super souvenir, parce que, déjà, le PMFF, c’est très familial. Phil (‘em All, l’organisateur et présentateur du Rock Fort Show) fait tout ce qu’il peut pour défendre la scène française, et c’est toujours cool. Là, c’était le premier concert du groupe, il y avait plein de potes qui jouaient dans les autres groupes autour, c’était la première confrontation avec un public, en électrique – on avait déjà joué des titres avant, tous les deux, mais dans un autre contexte. C’était en début d’année, une bonne inauguration de l’année !

metal-eyes: Aujourd’hui, vous arrivez avec Principia composé de 3 morceaux originaux, dont 2 sont en 2 versions et 1 reprise. Pourquoi avoir choisi le format plus proche du single que du Ep pour commencer plutôt que de vous lancer dans l’aventure.

Didier Chesneau: Je viens d’une époque où c’était normal de présenter les groupes avec un single ou un Ep, et en plus, aujourd’hui, on est dans une manière de consommer la musique qui est clairement différente. C’est-à-dire que les albums n’ont plus la même valeur npour certains auditeurs qu’à une certaine époque : les gens sont plus prêts à consommer des titres un par un sur itunes et ces trucs là plutôt qu’un album complet. Et du fait de nos passé respectifs, on avait plus envie de présenter le groupe pour ensuite, lorsque l’album va arriver, parler de la musique. Au moins, la question « présentation » est évacuée, et on va pouvoir parler du groupe et de l’album à ce moment là.

metal-eyes: Comment décrirais-tu la musique d’Attraction Theory pour quelqu’un qui ne connais pas le groupe ?

Didier Chesneau: Je ne la décrirais pas… Je dirais que c’est un mélange de metal, de rock… Mais c’est difficile à mettre dans une case. Comme je te l’expliquais, quand on a écris, on ne s’est pas tellement posé de questions sur le format, etc. On a d’abord écrit les titres, certains en acoustiques, d’autres guitare voix, on a envie d’un peu d’énergie, on branche… On ne s’est jamais dit qu’il fallait que ça rentre dans telle case, que ça devait être formaté de telle manière. Du rock, du metal, du prog…

metal-eyes: Il y a même de la pop…

Didier Chesneau: Oui, voilà ! Le but, c’est que ça sonne le plus personnel possible sans avoir la prétention de réinventer quoi que ce soit. Ça reste du rock, un peu énervé, mais accessible.

metal-eyes: Vous avez choisi le chant anglais. Il y aune raison particulière à ça ?

Didier Chesneau: La première raison, c’est que c’est  ce qui est venu naturellement. On a tous beaucoup tourné à l’étranger dans nos projets respectifs. En plus, la première fois qu’on a joué des titres qui allaient devenir ceux de Attraction Theory, c’était au Etats-Unis… Donc l’anglais s’est imposé comme ça, pour le côté communication. On a tous joué beaucoup à l’étranger, on a un batteur américain, il n’y avait pas forcément la volonté de se fermer, et aussi, écrire en français, il faut pouvoir le faire ! Tu n’as pas forcément les mêmes choses, les mêmes doubles-sens, le langage ne se prête pas forcément de la même manière, avec la même facilité. On est un groupe français, mais il n’est pas certains d’avoir besoin de la langue française pour s’exporter…

metal-eyes: C’est quoi, justement, cette Théorie de l’attraction ?

Didier Chesneau: Ah, ben c’est ce que tu veux y voir… C’est quoi, pour toi, la théorie de l’attraction ?

metal-eyes: (long silence…) C’est moi qui pose les questions !

Didier Chesneau: Tiens, c’est marrant, tu es le deuxième à me faire ça ! « C’est moi qui pose les questions » (Rires). C’est un peu pour ça qu’on a choisi ce nom là : selon les personne, l’appréhension ne sera pas la même/ Certains vont y voir les connotations philosophiques en premier – tu attires à toi ce que tu es, ce que tu aimes… – c’est souvent les femmes qui voient ce côté-là, ou alors, c’est Newton, concret, je prends un truc, je le lâche et ça tombe. C’est souvent plus masculin comme réflexion, plus cartésien, et pour un groupe construit autour d’un homme et d’une femme, on avait trouvé assez amusant de jouer là-dessus.

metal-eyes: D’autant plus que cet homme et cette femme sont en couple et je me souviens que Constance était enceinte au PMFF.

Didier Chesneau: Ah ouais, comment tu as vu ça ??? (rires) Il faut garder un peu de secret, mais au PMFF, ça se voyait un petit peu… Ce qui a rendu ce concert d’autant plus particulier.

metal-eyes: Pourquoi avez-vous attendu 10 mois entre le PMFF et la sortie de ce disque ?

Didier Chesneau: Parce qu’il y avait des choses à préparer… Une partie des titres n’était pas enregistrée, mais on a vraiment voulu jouer les morceaux sur scène, voir comment ça se passait, savoir ce que nous alliions en faire. Et comme tu le disais, Constance était déjà enceinte de 8 mois, ce qui était déjà… assez amusant de faire un concert dans ce contexte là…

metal-eyes: Je me souviens avoir vu une tasse avec une tisane et une paille posée là, devant la scène… Très rock n’roll !

Didier Chesneau: (rires) C’est ça ! Il fallait aussi que le temps passe, et maintenant on a un bébé rock n’roll qu’on peut se permettre de laisser un peu par moments, pour pouvoir s’occuper un peu du groupe, ce qu’on n’aurait, évidemment, pas pyu faire tout de suite après le PMFF.

metal-eyes: Rappeler Christophe Babin (Headline) à la basse, c’était une évidence pour toi ?

Didier Chesneau: Ca l’a souvent été. On a travaillé, même depuis Headline, sur beaucoup de projets ensemble. On ne s’est jamais vraiment quittés, même avec Aymeric Ribot. A partir du moment où tu inities un nouveau projet qui se veut ouvert – parce que c’est vraiment ça – tu as des amis musiciens, talentueux, amis de longue date… Pourquoi les exclure ? Il m’a appelé, il m’a demandé ce qu’on faisait, de lui faire écouter… « ah, oui, c’est bien ce que tu fais, là… Mais euh… T’as pas besoin de basse ? » Evidemment. Evidemment, c’est un excellent musicien, c’est un ami de longue date et, oui, c’est une évidence parce qu’il y a forcément des automatismes et je qais qu’avec lui, il y a une telle complicité que ça devient évident.

metal-eyes: Quel a été ton premier choc musical, le premier musicien, le premier groupe qui t’a fait dire « voilà ce que je veux faire plus tard » ?

Didier Chesneau: Je ne sais pas si c’est le « premier choc musical », mais en tous cas, à la guitare, ça a été Van Halen. Avant je jouais un peu de guitare, acoustique avec Hotel California et Jeux interdits. Et il y a eu Eruption et je me suis demandé ce que c’était que ce truc là. J’ai essayé de le jouer sur une acoustique et c’était compliqué, quand même (il sourit). J’ai un ami qui est arrivé avec une guitare électrique et une pédale de distorsion et il m’a dit « mais non, voilà comment ça se joue ! » Ah ouais… Par rapport à la guitare, ça a été ça, mon premier choc. Avant j’écoutais déjà Foreigner, AC/DC, mais le premier qui a fait un lien entre le rock et la guitare électrique, c’est Van Halen. Gary Moore et Malmsteen, le trio maléfique.

metal-eyes: Ou bénéfique…

Didier Chesneau: Ou bénéfique. Les trois conjugué font que j’ai du mal à me passer d’une guitare.

metal-eyes: Beaucoup plus pop, vous avez choisi sur Principia de faire une reprise de Mike Oldfield, To France. Pourquoi ce titre là ?

Didier Chesneau: Pareil, une sorte d’évidence : Constance était venue nous rejoindre avec Headline à l’occasion du PMFF V, et on avait clairement envie de faire la fête avec des amis. On avait joué To France, pour notre ami Phil – on est au Paris Metal France Festival… Les gens avaient aimé la version, la voix de Constance s’y prête, aussi : ça permet d’aborder deux choses qui sont dans notre musique, le côté chanson avec une mélodie pop et le côté rock. Entre le début vocalement pop et la fin où elle s’énerve un peu… Comme je te disais, on a joué certaines de nos compos à l’étranger et, finalement, à chaque fois, contrairement à l’idée préconçue, ce n’est pas préjudiciable d’être Français. Les Américains ont écouté, et c’est « Paris, France Tour Eiffel » ! Tout l’Est, aussi, on est allé à Nashville pour le NAM, on a fait la route du rock, et dès que tu arrives dans un club ou dans une boutique de musique au milieu du Tennessee, ben… le fait que tu viennes de la région parisienne, il y a un espèce de côté… Ils en sont restés à Lafayette : la France a libéré les Etats-Unis, c’est un côté assez marrant pour nous parce qu’on ne s’attend pas du tout à ça ! Surtout moi, qui n’ai pas de culture américaine particulière, je n’y suis pas beaucoup allé… On a vu beaucoup d’Etats pendant ce voyage et le fait d’être Français fait qu’il y avait déjà un a priori positif. Je m’attendais à un accueil un peu austère, surtout dans le Sud des Etats-Unis, et on n’a pas du tout ressenti ça. Finalement présenter un nouveau groupe avec ce morceau était une manière d’afficher notre origine. Et musicalement, Mike Oldfield a aussi cette ambivalence : on ne sait pas si c’est un artiste de pop, de prog, il peut faire To France et Tubular bells. Il y a cette largeur d’esprit, cette ouverture musicale qui nous intéressait. C’est un choix qui, en tout cas, nous amusait.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise du groupe ?

Didier Chesneau (sans hésiter): « Be attracted » ! (rires) Forcément !

metal-eyes: Y a-t-il encore un avenir pour Headline ou le groupe est-il définitivement enterré ?

Didier Chesneau: Il n’est pas définitivement enterré. Il est en sommeil depuis longtemps..

metal-eyes: L’avant dernier PMFF, j’ai l’impression.

Didier Chesneau: Oui, l’avant dernier PMFF, parce qu’il y a un album qui était en cours mais on a tous des envies différentes, pas forcément au même moment et chacun a un peu fait sa vie en dehors de Headline. Aymeric qui est à la fois claviers et arrangeur et surtout un super chanteur et il a exploité ce côté-là en jouant Van Helsing dans la comédie musicale Dracula pendant un an et demi. Il a fait The voice après, Christophe a fait beaucoup de sessions, il a accompagné Magalie Luyten (Nightmare) Dans des projets pédagogique, il est avec Pat O’May maintenant… Il a récemment joué avec Ian Paice (Deep Purple) et avec Ron Thal… Sylvie a fait son école de chant, et est plus portée sur l’écriture… Dirk… Soilwork et Megadeth, ça occupe un peu… Je pense qu’en plus on n’a sincèrement pas vu le temps passer, on est très proches, on a travaillé ensemble sur la plupart de ces projets, on est toujours en contact. Les choses se sont passées naturellement après Duality, on a fait les concerts, la promo et les choses int un peu trainé. Moi, j’ai ouvert un autre studio, j’ai passé du tems à l’aménager, à faire de la production pour d’autres et à un moment, j’ai eu envie de refaire de la scène, de retrouver les gens, mais le timing ‘est pas forcément le même pour tous. On n’est pas nostalgiques – Escape, ça fera bientôt 20 ans qu’il est sorti… Headline n’est pas enterré, il n’y a jamais eut de split officiel, de fâcherie… Peut être qu’un jour on surgira su bois pour faire quelque chose, mais pour le moment, c’est en sommeil.

metal-eyes: Une dernière chose, qui va te permettre de faire un petit retour sur la journée : quelle a été la meilleure question posée aujourd’hui, la plus étonnante, bizarre, surprenante ?

Didier Chesneau (il réfléchit quelques instants) : J’ai eu une question qui était très intéressante sur l’attraction et la physique dans la musique. Je ne m’attendais effectivement pas à ça dans une interview : l’impact de la physique sur les ondes, l’interaction qu’il peut y avoir. La musique est à la fois mathématique et quantique, mais ça c’était… surprenant. Ça touche effectivement à une certaine ambivalence entre les techniciens de la musique et les autodidactes, le ressenti de chacun est différent te les effets peuvent être identiques.

 

Interview: KONTRUST

Interview KONTRUST : rencontre avec Mike (guitares) et Stefan (chant). Entretien mené le 23 octobre 2017 au Hard Rock Cafe, Paris.

 

metal-eyes: J’ai récemment découvert Kontrust, qui a été formé en Autriche en 2001, a publié son premier album, Welcome home en 2005. Vous vous êtes distingués des autres groupes entre autre par le fait d’avoir deux chanteurs, et depuis, vous avez sortis 3 autres albums. Est-ce correct ?

Mike: Absolument.

metal-eyes: Pour ceux qui ne connaissent pas bien le groupe, quels ont été les moments marquants de la vie de Kontrust ?

Mike: Eh, bien, commençons par le début, en 2001. En réalité, c’est un peu plus vieux que ça, mais c’est loin de toute reconnaissance, alors… On s’appelait The Trial Face. 2001 a débuté, en gros avec des shows donnés en Autriche, concerts ou festivals. On a fait ça pendant 3 ou 4 ans et avions besoin de changer quelque chose. Ça allait, mais nous n’allions pas où nous souhaitions nous rendre… Ensuite, on s’est rendu compte que, malgré nos racines très hard rock, on apprécie beaucoup d’autres choses. Nous avons toujours apprécié la diversité, les groupes avec plus d’un chanteur. Nous avons donc décidé de chercher un second chanteur, et, visiblement, c’est une chanteuse ! Agata nous a écrit, disant qu’elle voudrait bien chanter avec nous. Elle est arrivée, et l’alchimie a été immédiate. Soudain, nous avions deux chanteurs. Ce qui nous a aussi différenciés, c’est que nous avons deux batteurs, ou plus précisément, un batteur et un percussionniste à la caisse claire, ce qui ajoute au rythme. Personne ne fait ça, c’est donc difficile de nous comparer à un autre groupe.

metal-eyes: D’autres groupes utilisent des percussions, mais pas de la même manière.

Mike: Exactement, mais ça reste très traditionnel. C’est de la force brute ! En 2005, le groupe avait trouvé ses marques, et la première reconnaissance a été de perticiper à un concours avec de très importants groupes autrichiens. Nous n’avons pas gagné, mais sommes arrivés 3ème.  Bon, les autres groupes de cette époque ne sont plus là, nous avons survécu. En avançant, nous avons participé à plus de festivals, été invité à la télé, toujours en Australie. Un des tournants importants a été 2008 lorsque nous avons été découverts par un studio en Allemagne. Les gars appréciaient notre son et nous on dit qu’ils aimeraient faire une chanson avec nous. Ensuite, ce titre a fini sur un album. C’était Bomba. Il est sorti fin 2009, n’a pas eu beaucoup de retour au début. Et en mars 2010, un animateur de radio en Hollande a découvert la chanson et a commencé à la diffuser. A 3 heures du mat’ ! Le lendemain, la radio a reçu des appels d’auditeurs qui voulaient savoir qui était ce groupe, et si la radio pouvait diffuser le morceau de nouveau. Et tout d’un coup, ça tournait en boucle. Nous avions trouvé notre place. Ensuite, c’est devenu dingue, on donnait 100 – 120 concert par an, avons donné de gros shows en Hollande devant 50.000 personnes, un gros festival où on a joué devant 300.000 personnes… En Autriche, on a aussi commencé à jouer dans des festivals, en fin d’après midi. Ensuite, on a enregistré Secondhand wonderland qui est devenu notre plus gros succès à ce jour, pour des raisons qui nous dépassent : c’était un album très coloré, très pop… Enfin, notre dernier album, Explositive, est sorti en 2014, s’est très bien vendu, a reçu de très bons retour de notre public en concert, du label, les ventes ont suivi. Maintenant… Oh, nous sommes rejoints par Stefan qui est l’un des chanteurs de Kontrust.

Stefan (en français) : Salut !

Mike: Ensuite, en juin dernier, nous avons donné notre premier concert en France, ce qui était super.

metal-eyes: Nous allons en parler dans un instant. Kontrust est généralement décrit comme un groupe crossover. J’ajouterai d’autres groupes au traditionnel System Of A Down qui revient souvent : il y a la folie d’Avatar, le côté folk et déjanté de Steve’n’Seagulls. Que mettez-vous dans votre musique ?

Mike: Trop d’alcool ! (Rires)

Stefan : On y met quoi ? Rien de spécial, en fait…

Mike: Du sel, du poivre, de l’huile et du vinaigre, du bacon frit ! Je pense que si nous parlions de nos influences, il faudrait prévoir le reste de la journée…

metal-eyes: Alors comment décrirais-tu la musique de Kontrust ?

Mike: Crossover, indiscutablement du crossover. On est ancré dans le rock et le metal, mais on y ajoute du funk, de l’électro… Tout ce qui peut trouver sa place. C’est ce que nous avons fait ces dix dernières années, et c’est ce à quoi nous sommes bons : faire de la musique qui nous rend heureux et qui, visiblement, touche une ou deux personnes aussi !

metal-eyes:  Agata votre chanteuse a quitté le groupe il y a quelque temps, pas définitivement mais parce qu’elle était enceinte. Elle a donc été remplacée pour certains concerts, dont votre premier show français en juin dernier. Qui était alors votre chanteuse ?

Mike: Agata était – est toujours apparemment – en congé maternité, et nous la félicitons pour son bébé.

Stefan : Elle  va revenir, quoiqu’il en soit…

Mike: Oui, elle va revenir, bien sûr. Nous n’avons pas encore la date exacte, mais ce sera début 2018, normalement. Elle a été remplacée par Junes alors que nous cherchions une voix complètement différente et il s’avère qu’elle est le substitu parfait d’Agata dans tous les sens du terme : non seulement a-t-elle les qualités vocales mais également l’attitude scénique, le comportement. Elle a déjà fait de la musique dans le passé, pas à notre niveau, cependant ça a été une vraie belle expérience pour elle. Nous avons beaucoup de chance de l’avoir car elle fait vraiment du bon travail sur scène. Tout le monde semble l’apprécier tout  autant.

metal-eyes: C’est donc elle qui assurera les concerts français de décembre prochain. Avez-vous commencé à travailler sur le futur album ?

Mike: Oh oui !

metal-eyes: Alors comment décririez-vous l’évolution de votre musique entre Explositive et le prochain ?

Stefan : Nous avons commencé à écrire les chansons du nouvel album il y a 8 ans ! (rire général) Nous avons des tonnes de matériel, brut, dans nos archives. Nous avons commencé à tout réécouter et il y a des chansons qui sont surper mais qui n’avaient pas leur place sur Explositive, ce qui ne signifie pas qu’elles étaient moins bonnes. Il faut avoir une certaine cohésion sur un album. Nous sommes en train de tout sélectionner, en local de répétition, testons de nouvelles choses…

Mike: Comme tu l’as dit, nous n’avons pas vraiment de limites avec le crossover, ce qui est un vrai avantage.

Stefan : Et nous n’avons pas de plan quant à notre manière de composer… Un jour c’est Peter qui va jouer des percussions, un autre, la basse, le chant… Ca reste interssant parce que ce n’est jamais ennuyeux.

metal-eyes: Vous serez de retour en France en décembre, qui ne sera que votre seconde visite en France. Tout d’abord, que retenez-vous de votre première visite française, au mois de juin  dernier, lors du Download Paris ? C’était sur une des petites scènes…

Mike: Oui, sur une des petites scènes où nous tenions la tête d’affiche, ce qui était très bien pour nous parce que nous avions un des derniers créneaux avant que les grosses têtes d’affiches ne jouent sur les mainstages. Au moment où nous somes passés, personne d’autre ne jouait, et la tente s’est très vite remplie. Il y avait beaucoup plus de monde que même les promotteurs du Download ne l’avaient envisagé. Tout le monde était très content. Dès que nous sommes montés sur scène, il y a eu une intensité… Comme si le public nous attendait. Nous ne  nous attendions à rien… Nous ne savions pas à quoi nous attedre n’ayant jamais joué en France !On savait que ce serait un festival sympa, avec une affiche cool… Ca ne pouvait pas être mauvais. Nous sommes arrivés sur scène et les gens se sont mis à chanter nos chansons. Nom de Dieu ! Même moi je ne connais pas toutes nos paroles ! Les gens qui faisaient du crowdsurfing, ceux dans des déguisements dingues, l’interaction avec le public, les circle pits, les wall of death… On a eut droit à tout ! Et il semblait qu’il y avait une telle connexion avec le public que nous avons eut peu d’effort à faire… Le contact avec Junes, c’était son second concert, a été top. Tout le monde a été ravi de notre prestation, et c’est réciproque.

metal-eyes: Maintenant que vous savez que le public français peut-être dingue, comment vous préparez-vous pour vos prochains concerts chez nous ?

Mike: On va faire un mélange : il y aura de nouvelles chansons, des « classiques de toujours » – il y a des chansons que nous devons jouer, sinon nous aurons des problèmes – et il y a plein de choses que nous n’avons pas jouées depuis des années. Concernant le show, ce ne sera pas un simple concert d’un groupe qui interprète ses chansons… Ce sera… Je ne veux pas dire « interactif » parce que ça peu faire frimeur,  mais ce sera plus une fête : que les gens ne viennent pas seulement assister à un concert, mais qu’ils viennent s’amuser, danser, s’éclater – ne vous faites pas mal, svp – et ils partiront, ils faudra que ce soit comme après une super séance d’amour : ils devront être épuisés…

Stefan : Fumer une clope, c’est ce que tu veux dire ? (rire)

Mike: Fumer une cigarette, oui… Mais il faut surtout qu’ils soient satisfaits…

metal-eyes: Vous porterez vos costumes traditionnels ?

Mike: Oui, oui…

metal-eyes: Parce que l’affiche de la tournée vous montre sans vos costumes…

Mike: C’est exact ! ça a été un sujet de promotion… Au début, nous ne portions nos costumes que le temps d’une ou deux chansons en concerts, pour les rappels. Et les gens les ont tellement réclamés que nous avons décidé de les mettre pour tout le concert. Mais nous n’avons jamais fait de session promo avec ces tenues. Des videos, oui, mais pas de photos ! Nous en avons jamais eu besoin. Mais en avançant, nos promoteurs nous ont demandé des photos « maintenant ». Les meilleurs clichés que nous ayons pu leur fournir étaient ceux des sessions noir et blanc de Secondhand wonderland, sans les tenues traditionnelles. Mais dorénavant, vous nous verrez uniquement avec nos tenues traditionnelles…

Stefan : Ca a plus été dû au manque de temps, car les concerts ont été mis sur pied assez rapidement. Les gens devraient venir, comme ça ils pourront prendre des photos de nous en costumes !

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire plus tard » ?

Mike: J’avais 11 ans, et j’ai vu un concert d’Iron Maiden. Ça a tout changé, je me suis dit « merde ! C’est ce que je veux faire plus tard ». 15 ans plus tard, je me retrouve à partager la scène avec ces gars ! Nous sommes arrivés à ce stade où nous partageons la scène avec ces grandes vedettes, ces groupes qui nous ont influencés, donné envie de jouer de la musique. Vraisemblablement, nous avons fait quelque chose de bien dans le passé.

Stefan : Il n’y a pas eu un moment en particulier… J’ai grandi, plus ou moins avec ça. Ce qui est intéressant, c’est que dans la famille rock/metal, c’est aussi Iron Maiden… Je possède tous les albums en cassette – je ne sais pas s’il y a beaucoup de gens qui savent ce que c’est qu’un lecteur cassettes !

metal-eyes: Quelles pourrait la devise de Kontrust ?

Stefan : « Tout est permis ! »

Mike: « Drugs, sex and Lederhosen ». Ce sont les pantalons traditionnels que nous portons sur scène.

metal-eyes: Quelle a été la question la plus intéressante, surprenante qu’on vous a posée aujourd’hui ?

Mike: … Il y a eu une question similaire…

metal-eyes: Quelqu’un a piqué ma question ?

Mike: Non, non, c’était quelque chose du genre : « quelle est la pire question qui vous ait été posée »…

Stefan : Il y avait cette question au sujet du groupe… Comment était-elle tournée ?

Mike: … Je crois que c’était quelque chose comme « quel groupe a influencé Kontrust mais vous ne l’avouerez jamais » ?

Stefan : Oui, oui, c’est ça !

Mike:  C’est une question piège mais je pense que quiconque joue de la musique trouvera quelque chose dans son répertoire qu’il souhaite ne pas dévoiler ! En ce qui me concerne (il chuchote), c’était Boney M. Mais j’étais jeune, je ne connaissais rien d’autre ! Et au final… Rivers of Babylon ? Un classique !

Stefan : Un classique du metal !

metal-eyes: Bonne chance avec vos prochains concerts français, je rappelle que vous serez à Paris, Strasbourg et Lille entre le 12 et le 14 décembre.

Mike: Merci beaucoup de nous avoir reçus