Interview: LITTLE CEASAR

Interview LITTLE CEASAR : entretien avec Ron Young (chant). Propos recueillis au téléphone le 9 septembre 2021

Metal-Eyes : Ron, pour te dire la vérité, je n’ai absolument pas eu le temps d’écouter votre nouvel album. Mais… il n’y a pas de nouvel album !

Ron Young : Il n’y a pas de nouvel album ! le plus récent date de 2018. Si nous avions eu cette conversation plus tôt, nous aurions pu avoir l’impression d’une sortie plus récente (rires). Mais malheureusement, tout s’est ligué pour transformer les choses en un vrai bordel. Nous tentons de reprendre où nous en étions, jouer dans des villes comme Paris où nous n’avons jamais joué, et continuer de réfléchir à un nouvel album, sortir une vidéo. Mais nous sommes un groupe quelque peu différent en ce sens que nous ne sortons pas nos albums sur un label pour le travailler 8, 10 semaines très intensément pour mieux l’oublier ensuite, on balance encore plein d’argent au groupe pour retourner en studio, composer, enregistrer… Nous faisons les choses à notre rythme, comme nous les sentons. Il y a plein de groupes aujourd’hui qui refusent d’enregistrer un nouvel album parce que ça leur cout trop cher et que personne ne les écoute. Ca me parait un peu manquer de respect, jouer de la musique pour de mauvaises raisons. Mais nous, ça nous démange d’y retourner, de pouvoir rejouer, maintenant que nous nous sentons un peu plus protégés, et que nous avons envie de retrouver notre créativité. Ressortir et nous rappeler pourquoi nous faisons les choses, et pour qui nous les faisons, dissiper le brouillard de l’an dernier, retrouver de cette magie qui se produit lorsque tout le monde se retrouve pour soutenir la musique live. C’est vrai, c’est magique…

 

Metal-Eyes : Puisque tu parles de musique, vous étiez censés lancer votre tournée européenne au Raismesfest qui a été annulé.

Ron Young : Oui. Nous avons toujours su que ce concert était « avec des si », parce qu’il y a tant de bureaucratie, de protocoles, des règles sanitaires que c’était très compliqué pour eux de tout mettre en œuvre logistiquement pour que le festival se tienne. C’est une des raisons pour lesquelles un grand nombre de groupes étirent leurs tournées. Nous avons la chance d’être « une unité commando » (rires). Nous pouvons jouer dans un club et passer sous les radars. Ce n’est pas comme jouer dans une salle plus grande qui a plus de liens avec les politiques et les autorités, qui attirent plus de regards, les règles peuvent changer, tout le monde doit avoir un pass sanitaire ou être testé sinon la salle peut être fermée, la licence retirée. La plupart des lieux où nous jouons n’ont pas ces contraintes. On joue underground, dans des petites salles, on ne voyage pas avec d’autres personnes qui pourraient être testées positives. Il y a une sorte de bénéfice à être les premiers à retrouver la route après la pandémie, et c’est ce que nous faisons. Un autre concert a été annulé en Belgique, à cause d’inondations. Des inondations qui sont le résultat du non changement climatique, c’est ce que disent certains de mes compatriotes… Certains Américains voudraient nous faire croire qu’il n’y a pas de changement climatique, et que cette pandémie n’existe pas.

 

Metal-Eyes : Donc, pour eux ce ne sont encore que des « Fake news »

Ron Young : Exactement. « Ne croyez pas ce que vous voyez, croyez ce que nous disons… » Donc, un des clubs où nous devions jouer a été très endommagé par ces inondations et ne pouvait pas être remis en état avant notre passage. En dehors de cette date et du festival, toutes les autres sont maintenues. Et tu sais quoi ? On prend les choses comme elles viennent, un jour à la fois. On verra ce qu’il se passe.

 

Metal-Eyes : C’est votre première fois en France ?

Ron Young : Non, on a déjà joué dans le Nord, à Arras et… je ne sais plus, mais on n’a jamais joué à Paris. Jamais ! Nous sommes si impatients, c’est une de ces choses qui résultent de coïncidences qui nous ont empêché de le faire, mais là, nous avons vraiment insisté pour qu’on nous trouve un endroit où jouer. Ce qui se fait, nous jouons aux Etoiles.

 

Metal-Eyes : Une salle sympa, avec une petite scène…

Ron Young : C’est ce qu’on aime, le contact direct avec le public. Il parait que c’est un lieu sympa, ce qui compte ‘est la qualité du lieux, l’intérêt du public. Ne jamais avoir joué à Paris, c’est criminel !

 

Metal-Eyes : Justement, Little Ceasar sur scène, c’est quoi ?

Ron Young : Little Ceasar sur scène, c’est un groupe honnête, reconnaissant, émotif et puissant. Nous avons conscience de la magie qui peut s’opérer entre le public et le groupe, sa spontanéité, et nous souhaitons traduire cette reconnaissance car c’est grâce aux gens qui viennent chaque soir nous voir que nous existons. Pas le contraire. Avoir la possibilité de faire ce que nous adorons faire, entre personnes qui s’adorent, c’est unique. Après le concert, nous venons rencontrer le public et remercier chacun. Comment ça va fonctionner avec le Covid, je ne sais pas. Je pense qu’il va y avoir des arrangements. Mais c’est important pour nous que les gens sachent que nous leur sommes reconnaissants. Nous sommes des fans de musique avant d’être des musiciens. Nous sommes sincères, sur scène, simples, il n’y a pas de fumée, on ne tend pas le micro au public pour qu’il chante – parce que « je ne suis plus capable de chanter des notes aussi hautes » – pour flatter mon ego ou gonfler mon portefeuille… Il n’y a rien de tout ça. C’est un voyage musical.

 

Metal-Eyes : Tu viens de dire que vous êtes « un groupe de gars qui adorent le faire ensemble ». bien sûr nous ne parlons pas ici de sexe…

Ron Young : Mais si, d’une certaine manière ça l’est ! (rires) Du sexe aural – a u r a l, pas l’autre !

 

Metal-Eyes : Si je comprends bien, tous les 5, vous regardez dans la même direction ?

Ron Young : Tout le temps, oui. Et le champ de vision est large. Nous n’inventons rien, nous nous faisons plaisir. Nous avons grandi avec les mêmes repères musicaux et nous cherchons simplement à être Little Ceasar. Lorsque nous composons une chanson, nous voulons être respectueux envers les gens que nous admirons. Ce titre a des airs d’AC/DC ? C’est juste parce que nous sommes des fans d’AC/DC… On ne va pas chercher à dire le contraire.

 

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Tu nous a dit à quoi nous attendre avec Little Ceasar sur scène, mais toi, comment imagines-tu le public parisien ?

Ron Young : Je n’en sais rien du tout…Nous avons joué dans des endroits tout petit, la sono est un peu suspecte, on en parle à notre manager, lui faisant part de nos doutes – « tu es sûr, ça craint rien ? » – et il nous répond que ç ava être la soirée la plus fun de la tournée. Ben ouais, c’est ça ! On monte sur scène, et il y a ce public qui est prêt à tout donner, qui est chaud, spontané, sans freins, et on oublie tout, pas de retour, trois spots mais on se souvient de ce concert. Alors, on n’a pas d’attentes particulière quand on monte sur scène, c’est notre boulot que d’obtenir un retour du public. J’ai grandi à Los Angeles et j’ai vu des groupes, vraiment, qui se demandaient pourquoi le public ne réagissait pas… Ils ne sont venus là que pour avoir un semblant de vie rock star, mais faire bouger le public ? Ce qu’ils voulaient c’étaient les filles, la dévotion des fans, et ils ont fait de cette vie un stéréotype… Mais, mec, si tu n’as pas de réaction du public, c’est parce que vous craignez ! Vous devriez retourner à votre local de répète et vous poser les bonnes questions.

 

Metal-Eyes : J’espère en tout cas que le public sera en nombre suffisant…

Ron Young : On vit une drôle d’époque. Les gens font attention, et 1/ les gens n’ont pas encore repris entièrement confiance et 2/ notre public est dans la tranche d’âge où les chiffres du Covid ne sont pas bons (rires) ! Mais on jouera pour 20 personnes de la même manière que pour 200.

 

Metal-Eyes : Quel pourrait être la devise de Little Ceasar ?

Ron Young : Ouh, waow ! (…) « On n’aurait pas pu le faire sans vous ». Ça inclus tout le monde, toi, le gars qui nous organise ces interviews (Olivier Garnier et Roger Wessier de Replica promotion), le proprio de ce bar… C’est une immense chaine où chacun joue un rôle.

Interview: PAT O’MAY

Interview PAT O’MAY  (Guitares, chant, composition…). Propos recueillis par Skype le 10 septembre 2021

 

Discuter avec Pat O’May, c’est toujours l’assurance de passer un bon moment. Tout y passe, de la musique à la politique en passant par le cinéma et… les chupa chupps. Mieux encore : c’est l’occasion de découvrir un moyen de gagner une guitare d’ici la fin du mois de septembre. A découvrir au cours de l’interview qui suit.

Pat O’May – photo promo

 

Metal-Eyes : Pat, pour commencer, je suis MP avec le webzine Metal Eyes…

Pat O’May : Génial !

 

Metal-Eyes : Oui, tu ne peux rien dire d’autre…

Pat O’May : C’est ce que je dis à tous les journalistes que je rencontre : « tu es bien meilleur que celui d’avant toi… »

 

Metal-Eyes : Eh, bien, merci. Cette interview est donc terminée, ça a été un plaisir…

Pat O’May : Merci, au revoir… (rires)

 

Metal-Eyes : On s’était rencontrés il y a 6 ans pour la promotion de Behind the pics. Avant que nous ne parlions du nouvel album, pourquoi un laps de temps aussi long entre ces deux productions ?

Pat O’May : Plein de choses… Il y a eu un album après Behind the pics qui était une commande de la maison de disques avec laquelle je travaillais à l’époque et qui ‘m’avait demandé d’écrire des arrangements symphoniques pour des morceaux traditionnels bretons. C’était l’album Celtia symphonia, et après, j’ai fait mon album anniversaire pour les 23 ans. C’était un double live. Tu vois qu’il y a eu pas mal de choses, et pour préparer ce concert-là, il a fallu du temps. Ensuite, il y a eu la tournée pour cet album live qui nous a amenés un peu partout et à chaque concert, j’invitais un copain à venir jammer, et ensuite, je partais pour faire cet album Welcome to a new world que j’ai écrit en novembre/décembre 2019 et janvier 2020. Il aurait dû sortir en septembre de l’an dernier en fait…

 

Metal-Eyes : Ben…que s’est-il passé dis ?

Pat O’May : Ecoute, j’ai dû… un restant de Chupa Chupps avec un virus de merde dedans et voilà (rires).

 

Metal-Eyes : Comme beaucoup d’autres, il a été victime de la crise sanitaire. C’est la première fois que tu écris un concept album (il confirme). Comment t’est venue cette idée, et de quoi traite-t-il ?

Pat O’May : A travers mon travail, j’essaie de proposer un voyage aux gens. L’idée c’est de faire voyager, et là, je me suis dit que ce serait cool de faire voyager les gens sur une heure. Quand tu fais ça en musique, ça s’appelle un concept album. Je suis allé m’isoler comme je fais d’habitude pour pouvoir écrire, être vraiment centré sur ce que je suis en train de faire. J’ai écrit ce premier morceau, I shall never surrender, et je me suis dit « ce serait bien que tous les morceaux soient liés par un sound design, un espèce de nappe. J’avais ma guitare, j’ai gratté un truc comme ça et ça a donné naissance à Grinch. Tout l’album a été construit comme un fil d’Ariane : la fin de Grinch m’a inspiré le suivant et ça a continué comme ça. L’ordre des morceaux que tu entends sur l’album est exactement l’ordre dans lequel j’ai écrit les titres.

 

Metal-Eyes : C’est quelque part un hasard si I shall never surrender qui ouvre cet album et In this town sont les deux morceaux les plus longs de l’album, ce n’est pas réfléchi ?

Pat O’May : Ah non, pas du tout. Je suis très spectateur de l’inspiration qui m’arrive. Je ne cherche pas à contrôler, pas dans ce genre d’écriture. Je laisse les choses m’arriver, je les exploite, ou non si j’estime que ce n’est pas la bonne inspiration. A ce moment, je l’écarte tout de suite, je ne cherche pas à la creuser. C’est un peu comme quand tu rencontres quelqu’un, tu sens vite s’il va y avoir des atomes crochus ou pas. Je savais que je voulais faire voyager les gens mais je n’avais pas encore l’idée du concept. Le concept est arrivé sur le quatrième titre : j’étais en train de le composer, je fais une pause et je commence à bricoler une pochette. Je regarde, je fouille sur internet et je trouve une photo comme ça, sur fond vert, un peu espace et je me dis c’est ça. Je fais une image arrêtée de ça, je continue de fouiller et je trouve ce bonhomme et je flash dessus. Je l’intègre dans Photoshop et ça donne la pochette que tu connais. Le concept est né comme ça : le mec n’a pas de visage, mais… pourquoi il n’a pas de visage ? Tout est parti de là.

 

Metal-Eyes : D’où le nom de No Face et la recherche de son histoire…

Pat O’May : C’est ça, exactement. Après, j’ai commencé à construire l’histoire avec des réflexions personnelles que je me tiens depuis longtemps. Avec le Covid, il y a une résonnance particulière à ce que j’ai écrit, parce que ce personnage de No Face se demande pourquoi il est comme ça, s’il est né comme ça ou s’il l’est devenu. Bien sûr, c’est la seconde réponse, il est devenu comme ça. Tout vient de sa gestion de la peur, la peur de lui-même, des autres et finalement il construit un univers qui lui semble confortable mais qui, en fin de compte, l’enferme dans un autisme total. Il n’a plus envie d’aller voir ce qu’il se passe à l’extérieur.

 

Metal-Eyes : Il s’auto isole… Dans les couleurs comme dans le look de ce No Face, et dans l’histoire de ce monde parallèle, il y a beaucoup d’évocation de Matrix.

Pat O’May : Complètement. Et ça aussi, ce n’est pas voulu, c’est arrivé comme ça. On est un peu à la croisée des chemins entre Tommy et Matrix.

 

Metal-Eyes : En même temps, le look que vous adoptez tous les trois sur la photo arrière, il y a un peu de Men In Black…

Pat O’May : Ah, aussi ? (Rires) C’est vrai…

 

Metal-Eyes : Puisqu’on parle de détails, il y a une chose que je trouve plaisante : la présentation qu’on trouve sur la pochette est en anglais, et c’est traduit en français.

Pat O’May : Bien sûr…

 

Metal-Eyes : Bien sûr… Ce qui me surprend c’est que vous avez traduit « Hi » par « Hello » en français…

Pat O’May (il marque une pause) : … Ah, oui, ouais… t’en fais pas (rires). Tu l’aurais traduit comment ?

 

Metal-Eyes : Ben, par « Bonjour », « Salut » … Un truc français, quoi !

Pat O’May (rires) : c’est vrai !

 

Metal-Eyes : Sur tes productions précédentes, il y avait pas mal d’invités. Tu as convié du monde ici ?

Pat O’May : J’ai juste demandé à Loïc Bléjean de faire la petite intro de cornemuse irlandaise (uileann pipes). C’est le seul invité qu’il y a. C’est un truc que je m’étais dit : comme j’ai fait beaucoup d’album avec beaucoup d’invités, j’ai voulu en faire un avec seulement le groupe. Avant l’écriture, c’est parti dessus. Jaime tellement l’énergie du groupe sur scène que j’ai voulu retrouver ça sur album : un album direct, trio, basique.

 

Metal-Eyes : C’est certainement aussi plus simple d’interpréter ces titres bruts sur scène que de se retrouver avec un orchestre celtique tout entier…

Pat O’May : C’est sûr !

 

Metal-Eyes : Et ça fait des économies au niveau des chambre d’hôtel.

Pat O’May (rires) : C’est certain, mais encore plus au niveau du bar !

 

Metal-Eyes : Au-delà du fait que ce soit ton premier concept album, comment analyses-tu ton évolution musicale entre Behind the pics, ton dernier album studio hors commande et ce nouveau, Welcome to a new world.

Pat O’May : J’ai comme le sentiment de m’être plus libéré sur cet album. D’avoir laissé plus d’espace à la liberté, mais c’est plus à toi de me le dire. C’est toujours difficile de parler de son travail sans être redondant, mais, oui, j’ai laissé plus voguer l’inspiration, la contrôler moins – c’est ma marotte de tout contrôler – mais j’ai laissé plus aller les choses.

 

Metal-Eyes : Ca rejoint ce que tu disais au début, si ça ne te convenait pas, tu mettais de côté. Le titre en lui-même, on en parle beaucoup en ce moment : ce nouveau monde, ça a un rapport avec ce « grand remplacement » ou le « great reset » chers à certains ?

Pat O’May (il se gausse) : Pu***… Zemmour, sors de ce corps ! (rires)

 

Metal-Eyes : Oh, il n’y a pas que lui…

Pat O’May : Oh, non, il y en a un paquet, ils sont légions…

 

Metal-Eyes : Tu confirmes donc que c’est bien en lien…

Pat O’May : Je… Je te confirme que ça n’a rien à voir (rires). En fait, ce nom, je l’avais trouvé dès le début de l’écriture, dès le mois de novembre 2019, et c’est vrai (son ton s’est mué en « très sérieux ») que ça a un écho particulier avec ce plan promo qu’on a monté depuis un an et demi en créant un Covid mondial. Ça nous a couté une blinde, mais bon (rire général)

 

Metal-Eyes : Donc nous connaissons aujourd’hui les origines du…

Pat O’May : … du Covid : c’est moi ! (rires) Je vais monter une entreprise de décovidage (rires)

 

Metal-Eyes : Bon, restons-en à ta guitare…

Pat O’May : Oui, il vaut mieux !

 

Metal-Eyes : Revenons-en à l’album : tu t’éloignes beaucoup de tes influences celtiques (il confirme). Comment définirais-tu la musique qu’il y a sur Welcome to a new world à quelqu’un qui ne connait pas encore ta musique ?

Pat O’May : C’est assez difficile à résumer en un mot…

 

Metal-Eyes : Tu peux faire une phrase aussi…

Pat O’May : Hein ? C’est vrai ?

 

Metal-Eyes : Même plusieurs si tu veux !

Pat O’May : Ah woaw, génial ! (re rires) Je crois que c’est un mélange de pas mal d’influences : du classic rock, du neo rock prog… je ne me pose pas de limites… Je crois que la seule limite que je m’imposerai en musique c’est de ne jamais écrire un morceau de reggae ou de rap, mais le reste…

 

Metal-Eyes : Si ça s’intègre, pourquoi pas ?

Pat O’May : Qui sait ?

 

Metal-Eyes : Il y a plusieurs surprises sur cet album. Commençons par celle que l’on trouve sur I shall never surrender qui commence par une intro parlé, la présentation de No Face, une intro celte aussi et soudain, surprise, à 4’25…

Pat O’May : Eh ouais…

 

Metal-Eyes : Le discours de Churchill. Il est mondialement connu aujourd’hui, c’est pas un peu risqué d’aller sur ce terrain-là, même si le discours fait partie du domaine public ?

Pat O’May : Non. D’une part, c’est du domaine public, mais je trouvais que ce discours est vraiment en phase avec ce qu’il se passe dans la tête de No Face. C’est quelque chose de complètement intemporel. Il y a d’ailleurs d’autres références à cette période dans l’album. Il y a Radio Londres à un moment, « Un ami viendra ce soir », et d’autres choses. Oui, ça me semblait intéressant. Il y a même un morceau où tu retrouves des mots de Trump, de Thatcher, Mussolinni, Goebells… C’est le moment où No Face se rend compte qu’il s’est vraiment fait bouffer par le discours ambiant. J’ai même cherché, à un moment, et je en déconne pas, une phrase de Zemmour qui s’intègrerait là-dedans. Vraiment, je trouve qu’il a vraiment sa place là-dedans, mais je n’ai rien trouvé avec la bonne tonalité, ça ne marchait pas.

 

Metal-Eyes : Donc, s’il y a un « matrix 2 »…

Pat O’May : Oui ! (il explose de rire)

 

Metal-Eyes : De ce que j’ai pu écouter de Welcome to a new world, j’y trouve du celtique – on ne se refait pas – du hard rock, de la mélodie, je pense à un morceau comme Anything I want avec la basse de Christophe Babin très en avant, très groovy…

Pat O’May : Alors là, je suis content que tu parles de ce titre-là ! Tu sais, je fais des maquettes très abouties. C’est pas un disque, mais ce n’en est pas loin… Sur ce titre là, la ligne de basse que tu entends, c’est Christophe qui l’a créée. Il n’a pas repris la ligne de basse que j’ai faite, il a amené ça et je l’ai trouvée d’une beauté, c’est prenant, c’est magnifique.

 

Metal-Eyes : Je trouve ce morceau entraînant et trépidant. A cette basse, s’ajoute ta guitare, ton toucher que je trouve très aérien sur ce morceau qui va venir rencontrer le titre suivant avec un esprit très western…

Pat O’May : Absolument. Sur le morceau qui suit, il y a un côté très Police sur le riff de basse…

 

Metal-Eyes : C’est un album qui s’écoute très facilement et qui est très varié.

Pat O’May : Je pense que c’est probablement l’album le plus facile à écouter de ma discographie.

 

Metal-Eyes : Si tu devais n’en retenir qu’un morceau pour définir ce que tu es musicalement, ce serait lequel ?

Pat O’May : Euh… In this town. Le dernier. Parce qu’il passe par tout un tas de choses, notamment au niveau des solos, un est très aérien, l’autre se barre dans des trucs que je n’avais jamais faits avant, limite jazzy. Une première partie cool, et ça monte avant de redescendre… J’ai vraiment cherché une dynamique.

 

Metal-Eyes : Malgré la période, y a-t-il des projets de scène ?

Pat O’May : Bien sûr. Le concert de sortie de l’album sera au Café de la Danse à Paris le 22 septembre. On a préparé une scénographie avec de la vidéo et plein de surprises dedans. On joue l’intégralité de l’album et ensuite un tout petit rappel d’une quarantaine de minute des anciens morceaux. Et en plus, c’est une info que je te donne, on va faire gagner une guitare Vola aux personnes qui seront présentes au concert. J’ai signé avec cette marque de guitare, et ils nous offrent cette grosse guitare, à 2.000 euros. Le mec, il se sera peut-être emmerdé au concert, mais il n’aura pas perdu sa journée (rires) !

 

Metal-Eyes : Et comme ce n’est pas une super grande salle… Tu sais quelles seront les conditions d’accueil, d’ailleurs ?

Pat O’May : Pass sanitaire, et demi-jauge. Donc 250 personnes.

 

Metal-Eyes : Donc ça double les chances de gagner la guitare…

Pat O’May : De fait, oui.

 

Metal-Eyes : Pour terminer : quelle pourrait être la devise de Pat O’May en 2021 ?

Pat O’May : La devise de Pat O’May en 2021 ? (Note : c’est ce qu’on appelle de l’écholalie, non ?) Je n’avais pas pensé à ça… C’est bien. Mon maitre mot, c’est « l’ouverture ». Ma musique n’est que le reflet de la personne que je suis dans la vie. Aller voir les gens, discuter, c’est important, ne pas rester enfermé dans ses certitudes. C’est ça qu’il faut pêter, c’est ce qui fait chier le monde.

 

Metal-Eyes : As-tu une dernière chose à ajouter ?

Pat O’May : Alors si tu viens… Plutôt que des sucettes, viens avec du saumon bio… (rires)

 

Metal-Eyes : Du saumon bio d’Orléans, on peut en trouver, mais on n’a plus le droit de le pêcher…

Pat O’May : Pas grave, il y en a du très bon de Chine !

 

Metal-Eyes : Bio, OK, mais ce ne sera pas écolo…

Pat O’May : Ah, c’est vrai, je n’avais pas pensé à ça (rires) ! ça n’a rien à voir…

 

Metal-Eyes : Je te souhaite plein de bonne choses avec ce nouvel album que je trouve différent de ce que tu fais et très novateur.

Pat O’May : Eh bien, ça me fait très plaisir de te l’entendre dire. C’est cool.

 

Metal-Eyes : Tu sais ce qu’on dit ? « Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute… » (il se marre). Merci, au revoir et bonne fin de journée…

Pat O’May : Ah, ah, ah ! A bientôôôôt… Merci, c’était cool !

 

 

Interview: DANKO JONES

Interview DANKO JONES : entretien avec JC Calabrese (basse). Propos recueillis par Skype le 20 août 2021

Alors que Power trio, le nouvel album des Canadiens de Danko Jones, c’est un JC Calabrese, bassiste du combo en pleine forme qui nous dit tout de la conception de ce disque et de bien plus encore. Interview joviale et détendue à l’image du bonhomme.

Danko Jones 2021 by Dustin Rabin

Metal-Eyes : Comment vas-tu aujourd’hui, JC ?

JC : Oh, je vais bien, merci de le demander ! Et merci de prendre le temps de parler de notre nouvel album, Power trio.

 

Metal-Eyes : Que je viens juste de recevoir aujourd’hui.

JC : Fantastique ! Tu peux me le montrer, je n’ai pas encore vu le produit fini, je n’ai vu que les maquettes… (Je lui montre le CD) Oh, ça donne bien.

 

Metal-Eyes : Je n’ai pas encore eu le temps de l’écouter entièrement, comme tu l’imagines. Juste avant, que donne la situation sanitaire au Canada ?

JC : Je crois que la majeure partie de la population, nous devons être 65% de la population, a reçu la double dose du vaccin. Le gouvernement impose que les travailleurs sociaux, ceux qui sont au contact des gens, qui travaillent dans le médical soient vaccinés. La situation semble meilleure que l’an dernier même s’il y a encore beaucoup d’hésitation au sujet du vaccin, comme partout. Mais au final, si ce vaccin ne nous tue pas, nous risquons de mourir d’une maladie contre laquelle il existe un vaccin. On peut s’en protéger de ce virus, on ne devrait même pas en débattre… Il y a beaucoup de discussions, de doutes à ce sujet, et c’est en grande partie dû à nos voisins (Il pointe le doigt vers le sud) Les USA… Il y a sans aucun doute de la désinformation venant de chez eux.

 

Metal-Eyes : Il y a les mêmes hésitations aussi ici, en France… Comment as-tu occupé ton temps pendant cette étrange période ?

JC : Honnêtement, ça fait plus de 25 ans que nous avons formé ce groupe, et j’ai été sur les routes depuis 20 bonnes années, sans avoir de routine, me trouvant à des endroits différents, me nourrissant à des heures variées… Et tout d’un coup, je me retrouve à dormir dans mon propre lit, me nourrir à des heures régulières au quotidien… J’ai pu lire des livres qui s’entassaient depuis des années, et ça fait un certain temps que je souhaite me remettre à courir – autant comme sport que comme passe-temps. Je m’y suis remis il y a 18 mois maintenant, et je m’y tiens. J’ai pu tirer le meilleur parti de cette situation – et nous n’aurons jamais plus autant de temps pour nous, je pense… Le principal, c’est de savoir en tirer profit et de garder son esprit occupé. Quand ton esprit pense à ce que tu ne peux pas faire, tu ne fais pas ce que tu pourrais faire. C’est un peu ce qui nous a poussés à faire cet album. J’ai incité les gars à faire cet album – « on a tellement de temps, faisons-le, maintenant ». J’ai suggéré que nous travaillons par email, tenter de travailler avec ces nouveaux procédés. Danko était hésitant au départ et ça a finalement fonctionné !

 

Metal-Eyes : Il y a tant de gens qui ont été forcés de travailler à distance qu’il n’est pas étonnant que des groupes aient fait de même. Ceci répond à une de mes questions qui portait sur le processus de création pour ce nouvel album.

JC : En gros, il y avait tant d’incertitudes avec cette pandémie – on ne savait pas si nous pourrions nous retrouver dans une même pièce, si oui, y aurait-il une distanciation obligatoire… bref, on ne pouvait pas se retrouver te travailler « à l’ancienne ». J’ai donc proposé aux autres de travailler par email, envoyé une interface à Danko pour qu’il puisse connecter sa guitare à son ordi, enregistrer ses idées, me les envoyer pour que je les arrange, les fasse parvenir à Rich (Knox, le batteur). Il recevait les bases de guitare et de basse, un morceau au clic sur lequel il pouvait ajouter sa batterie avant de me les renvoyer pour que je les arrange. Une fois fait, nous mettions le titre de côté pour y revenir plus tard et passions à autre chose. On a procédé de la même manière pour un paquet de chanson et avons trouvé notre rythme à travailler ainsi. A un certain moment, certaines restrictions ont été levées et nous avons pu nous retrouver avant d’entrer en studio afin de jouer pour la première fois des chansons que nous avions composées via internet. Le plus surprenant, c’est qu’elles sonnaient comme si nous les jouions depuis des années, sans doute parce que nous avons bénéficié de tant de temps pour les travailler, les répéter… Et, tu sais, quand tu enregistre avec trois personnes qui font beaucoup de bruit et un gars qui hurle, tu n’entends pas la même chose que si tu enregistres tes parties de basse tranquillement au calme. Nous avons été philosophes, avons tiré le meilleur de ces outils et de la situation. Ça nous a permis de faire de super bonnes démos qui ont servi de base à l’album. Un bon process. Quand tu retires la scène à un groupe qui ne fait que ça depuis des années, c’est un grand recul, mais tu ne peux pas te centrer sur ce qui n’est plus, ce que tu n’as pas. Tu dois te concentrer sur ce qui est là, ce que tu peux faire. C’est ce qui nous a permis de réaliser cet album.

 

Metal-Eyes : Donc si je te comprends bien, vous étiez déjà, avant de vous retrouver en studio, très satisfaits de vos démos ?

JC : Oui, elles ont été enregistrées pendant la pandémie. Nous avons été forcés de le faire au mieux…

 

Metal-Eyes : Ce qui sous entends qu’Eric Ratz, le producteur, n’a pas eu tant de travail que ça…

JC (rires) : Non, c’était assez marrant en fait : Eric a fait une ou deux suggestions mais en ce qui concerne les arrangements des chansons, tout était quasiment en place. Eric a donc pu bénéficier d’un peu plus de temps pour se concentrer sur les éléments sonores et dynamiques qu’il voulait obtenir pour la guitare, la basse, la batterie. Une paire supplémentaire d’oreilles est toujours la bienvenue. Nous sommes assez expérimentés en tant que musiciens, nous savions où nous voulions aller.

 

Metal-Eyes : Un son typique de Danko Jones, d’ailleurs. Il y a onze titres sur Power trio et tu viens de nous en expliquer la conception. Certains de ces morceaux sont très catchy, très rock n roll, d’autres, comme Ship of lies, très jumpy. Qu’avez-vous mis dans cet album qui a été composé chacun de son côté ?

JC :  Ship of lies, par exemple, c’est un de mes titres. Je voulais écrire une chanson avec ce rythme, un peu comme ton rythme cardiaque quand tu cours, 120 bpm. Je me suis rendu compte, avec d’autres chansons, que le public réagit vraiment bien à ce type de rythme, c’est donc ce que j’ai recherché. Je me demande toujours comment le public va réagir à telle ou telle chanson, et quand j’ai composé celle-là, je visualisais le public dansant, sautant, le sourire aux lèvres. Tu ne peux pas te planter avec ça ! (Rires)

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Danko Jones, le groupe, entre cet album et le précédent, A rock supreme ?

JC : Tu sais, pour A rock supreme, nous avons été amenés à travailler avec un de mes producteurs préférés, Garth Richardson. Garth a une telle culture… Il est issu de ce monde, son père était un grand producteur. Ce qu’il nous a apporté… sa vision, et quand tu travailles avec quelqu’un comme lui, tout déteint sur toi. Tu apprends toujours de ce type de personnes, des manières de faire un disque. Et de toute évidence, pour Power trio, nous avons dû apprendre à travailler dans de nouvelles circonstances – ne pas nous voir, ne pas nous retrouver dans une même pièce. Nous avons dû faire avec. Tu sais, la musique devrait toujours être fun, quelque chose que tu adores faire, et si tu gardes ça en tête, tu peux réaliser de beaux albums.

 

Metal-Eyes : Donc la différence principale, c’est la manière dont vous les avez réalisés…

JC : Absolument.

 

Metal-Eyes : Il y a une autre grande différence : aussi bien Wild cat que A rock supreme avaient des pochettes très colorées. Celle-ci, que tu viens de découvrir, est particulièrement sobre…

JC : Tu parles de la pochette ? Cette fois, nous avons travaillé avec un designer allemand. Il a apporté cette rigueur allemande. Pour Wildcat, c’était quelqu’un de Barcelone, et tu peux voir ce côté plus « poppy », tandis que A rock supreme, c’est un artiste suédois. Ils apportent chacun leur touche. Là, c’est pareil, et on a dit « fonce ! ». Et tu sais quoi ? Les silouhettes des photos ont été faites par un photographe français… Manu, tu connais ? Un photographe de Paris. Au fil des années, il est devenu un de mes très bons amis, entre les concerts qu’il a photographiés et nos rencontres… Parce que nous nous sommes retrouvés dans une pièces pour un shooting, j’ai suggéré d’utiliser des silhouettes. C’est intemporel et passe partout. J’ai demandé à Manu si c’était possible et il l’a fait. Les photos ont été prises à Paris…

 

Metal-Eyes : ‘Allemagne, le Canada, la France… C’est un album international…

JC (il sourit) : Oui, c’est un album international !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Power trio pour expliquer ce qu’est Danko Jones aujourd’hui, ce serait laquelle, et pourquoi ?

JC : Mmhh… Je choisirai I want out, la première de l’album. C’est une sorte de déclaration d’intentions, elle est puissante et on sait ce qu’on va écouter. Et elle compense quelque peu cette impression que nous avons trous eue, disant « je veux sortir », « Laissez moi sortir, j’en ai marre de cette situation ». C’est un morceau fun à écouter au volant, ça te donne envie d’accélérer. C’est un peu ce qu’est Danko Jones, on n’est pas des penseurs…

 

Metal-Eyes : Tu parles de sortir, de concerts. Avez-vous des plans actuellement, de concert ou de tournée ?

JC : Pour le moment, on a eu de la chance, on a pu donenr quelques concerts ici, au Canada. Je dois reconnaitre avoir été impressionné par la gestion de ces concerts, aussi bien pour nous qui donnons les concerts que pour les spectateurs. Après avoir vu ça, j’ai le sentiment que nous suivons la bonne voie. Partout dans le monde on sait que nous avons besoin de cet aspect social dans nos vies, il faut retrouver cette liberté. Ils ont finalement rouvert quelques terrasses ici, à Toronto, et quand tu vois les gens discuter de tout, de rien, de foot, ça fait plaisir. Ce sont ces petites choses qui nous manquent et que nous oublions. Que nous ne voulons pas oublier. Alors, pour les concerts, nous en avons donnés une poignée et il semble que nous tournions au Canada en décembre. Si tout va bien, nous devrions venir faire une tournée des clubs en Europe en mai, avec une date à Paris le 28 mai. Je ne sais plus où.

 

Metal-Eyes : Si je te parle de Catherine Deneuve ou d’Irène Jacob…

JC : Ah, ce sont mes actrices françaises préférées (il rit). J’ai encore le poster de Belle de jour en bas ! J’ai des sketches des Parapluies de Cherbourg… J’ai adoré Irène Jacob dans Trois couleurs, rouge, j’ai trouvé ce film fantastique. Tu as touché mon point sensible lorsque j’étais plus jeune ! Irène Jacob et Catherine Deneuve.

 

Metal-Eyes :Et puisque nous parlons de la France et de l’impossibilité actuelle de voyager, lorsque nous pourrons de nouveau nous déplacer librement, quel est l’endroit du monde où tu voudrais te rendre en priorité ?

JC : Avant tout, je veux rentrer chez moi, en Calabre, voir ma mère. Ce sera ma priorité, ensuite, j’ai tellement d’amis en Europe que je voudrais prendre le temps de les voir.

 

Metal-Eyes : Revenons un peu à la musique : comment décrirais-tu cet album pour inciter quelu’un à l’acheter ?

JC : C’est un album plein d’énergie positive, direct et sans fioriture, avec des chansons catchy qui te feront ne penser à rien.

 

Metal-Eyes : Une dernière question :quelle pourrait être la devise de Danko Jones aujourd’hui ?

JC : « Persiste, peu importe ce que les gens te disent ». Si tu crois en ce que tu fais, ne baisse pas les bras. Si nous avions écouté les gens il y a quelques années, nous n’aurions pas continué en tant que groupe. Si tu fais ce que tu aimes, si tu vis ta passion… Ce n’est pas un hobbie, un passe-temps, la musique, c’est ma vie ! L’argent est secondaire, ça ne t’enrichit pas. Ce qui t’enrichit, c’est de partager tes expériences avec autrui…

 

Metal-Eyes : Ce qui te rend riche, c’est aussi Knox… (Note : en anglais ça donne « What makes you rick is knocks », jeu de mot avec le nom du batteur, Rich Knox)

JC :  Ah, ah ! excellent. Je vais devoir l’utiliser !

 

Metal-Eyes : C’est son quatrième album avec le groupe, plus un live. Il y a une constance, une stabilité au sein de Danko Jones depuis une dizaine d’années. J’imagine que vous vous sentez de nouveau « un groupe » ?

JC : Oh, clairement, oui ! Quand il y a cette stabilité, il y a… certaines nuances dans nos façons de jouer qui se sont mises en place. Parfois, quand tu joues avec une nouvelle personne, tu dois trouver des marques. Maintenant, c’est en place.

 

Metal-Eyes : Ce qui l’a sans doute aidé dans son jeu pour ce nouvel album, il savait déjà où aller.

JC : Oui, lorsque l’occasion a frappé, il a cogné (En anglais : « When the opportunity knocked, he knocked ») pardon… un autre jeu de mots…

 

Metal-Eyes : On pourrait même le dire au présent « when the opportunity knocks, Rich Knox »…

JC : oui, excellent !

 

Metal-Eyes : JC, avant que nous ne nous quittions, as-tu quelque chose à ajouter au sujet de ce nouvel album ?

JC : C’était quoi ? la double vie de Véronique, c’est un autre film avec Irène Jacob. Un film fantastique. Je fouillais mes DVD l’autre jour, et je suis retombé dessus.

 

Metal-Eyes : A part Irène Jacob, tu souhaites ajouter autre chose ?

JC : Je suis très jaloux du Paris Saint germain ! L’équipe est extraordinaire cette année, et Messi qui vient d’arriver !

 

Metal-Eyes : Mais Messi ne joue pas ce soir à Brest…

JC : T’en fais pas, il est là. Et ce gardien ! Fantastique… (il explose une nouvelle fois de rire)

 

 

Interview: WELCOME-X

Interview WELCOME-X : entretien avec Sam Kün (chant). Propos recueillis par téléphone le 5 juillet 2021

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Metal-Eyes : On s’est rencontrés la première fois au Hard Rock cafe en janvier 2019 pour la sortie du premier album que j’avais qualifié de « barré » (il rit). Qu’avez-vous fait depuis, avant Covid ? Il s’est passé une bonne année entre la sortie du premier album et l’arrivée de la pandémie…

Sam : On avait commencé à le défendre sur scène, on a eu quelques dates, des festivals, mais on a été arrêtés en plein élan par l’arrivée du Covid… On a continué à écrire. Cet album s’appelle Vol. 2 parce qu’il est dans la continuité du premier. En fait, les morceaux étaient déjà pensés, et certains étaient même déjà écrit au moment de la sortie du premier album. La plupart des morceaux étaient composés avant le confinement. Covid free, si tu veux (rires) ! Pas un album de confinement. On a juste eu à aller en studio. Le processus n’a pas été impacté par le Covid.

 

Metal-Eyes : Si on prend un peu d’avance, ça sous-entend que votre prochain album ne s’appellera pas forcément Vol. 3…

Sam (il rit) : Alors, je vais te dire… On a composé plusieurs morceaux dont un qui n’apparait ni sur le Vol. 1 ni sur le Vol.2 et qui est dans la continuité. Donc il apparaitra forcément sur le volume 3…

 

Metal-Eyes : Vous avez 7 titres plus un instrumental. On retrouve la même folie que sur le premier. On ne peut pas parler de fusion, les choses sont assez distinctes, et comme tu l’as dit, c’est dans la continuité du premier album. Qu’avez-vous mis dans ce nouveau disque et comment se distingue-t-il du premier album ?

Sam : Déjà, il y a une personne qui est venu enregistrer cet album, Martin Antiphon (Note de MP : analysez l’étymologie de ce nom – « Contre le son » –  Un merveilleux non-sens, sinon un oxymore, pour quelqu’un chargé de la réalisation sonore et du mixage) qui s’est chargé de la prise de son de tous les instruments, qui a tout mixé, donc c’est une oreille extérieure à nous. Il a mis sa patte sur l’album, et c’est déjà beaucoup. Il y a aussi le fait qu’il y ait un nouveau batteur, Julien Charlet. Après, l’album a été enregistré presque en conditions live – les instruments ont été enregistrés ensemble, moi j’ai enregistré mes voix juste après – on était tous les 5 en studio pendant 6 jours. Voilà les différences par rapport au premier et, en plus, on était tellement contents de pouvoir se retrouver, tous, en studio, que tu sens peut-être une sorte d’explosion…

 

Metal-Eyes : La différence principale c’est donc d’avoir travaillé avec une oreilel extérieure et un nouveau membre ?

Sam : Tout à fait.

 

Metal-Eyes : Il y a la même variété que ce que l’on trouvait sur le premier album sans que ce soit une redite. Il y a quelques moments qui me marquent comme la partie introductive de Thalacyne blues, très courte avec des intonations qui évoquent à la fois AC/DC et du doom, une rage vocale sur Inevitable collapse. Qu’avez-vous voulu mettre dans cet album ?

Sam : Il est construit en trois parties, en fait. Une première partie très rentre dedans avec les deux premiers titres, et cette respiration au milieu avec Everesting light prelude, Sent of Sakura et Everesting light part II, qui sont en fait un même morceau, un peu plus aérien, et une troisième partie plus brut et mélodique, assez années 90 qui se termine par un instrumental.

 

Metal-Eyes : Vous avez aussi, sur les photos promo, développé un look assez terreux…

Sam : Ben écoute… C’est comme ça qu’on est tous les jours (il explose de rire) !

 

Metal-Eyes : Le livret aussi est assez riche, même s’il est petit. Qui en est à l’origine ?

Sam : C’est Paul, Paul Emagalaï. Il avait déjà travaillé avec nous sur le premier album. On a cette pochette un peu sobre… La première était très brute, métal, là le bleu fait penser au lit d’une rivière, il y a des éléments qu’on aime beaucoup, et l’intérieur tu découvres ce qui illustre les morceaux. On a fonctionné de la même manière : il venait nous voir en répète, on lui fournissait les morceaux et il nous a proposé ces croquis. Il a tout fait à la main, avant de numériser et de coloriser.

 

Metal-Eyes : Et ça colle bien à l’esprit visuel que vous développez depuis le début. Puisqu’on parle du visuel, il y a une dédicace au dos du CD « à James ». De qui s’agit-il ?

Sam : Il s’agit de James Mac Gaw qui a été guitariste de Magma pendant très longtemps, avec qui Philippe (Bussonnet, basse) a beaucoup travaillé. C’est un de ses amis d’enfance. James était là depuis les débuts de Welcome-X, il nous a toujours soutenus, est venu nous voir en répète. Il aurait dû participer au deuxième album mais sa maladie a été diagnostiquée et il nous a quittés. C’est un peu un autre membre à part entière de Welcome-X même s’il n’a jamais joué avec nous. Je conseille à tout le monde d’aller écouter James Mac Gaw, que ce soit avec One Shot ou avec Magma, il a toujours été fantastique.

 

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de choses sur votre album. Comme tu l’as expliqué, il y a trois parties distinctes. Ces ambiances, vous en parlez entre vous ?

Sam : On n’en parle pas du tout… Philippe s’occupe des compositions, je m’occupe des paroles et chacun apporte sa patte ensuite, mais il y a un ressenti naturel qui se fait sur scène. S’il y a quelque chose qui ne passe pas, on mettra le morceau à la trappe. Philippe connait par cœur le jeu de guitare de Joe et de Tom, donc il leur propose des parties de guitare qui leur correspondent. On se connait tellement par cœur, on aime tellement jouer ensemble que les choses viennent naturellement. C’est du ressenti.

 

Metal-Eyes : Est-ce qu’on peut considérer, comme nous en avions parlé pour le premier album, que ça se fait dans un esprit de jam continuelle ?

Sam : Oui, d’une certaine façon, mais… Il y a le côté improvisation sans improvisation. Bizarrement, c’est étrange, mais tout est écrit… C’est un peu paradoxal d’avoir ce côté ressenti de liberté et d’improvisation, mais c’est aussi comme ça qu’a été conçu le groupe. On s’est connus en jammant. Joe, le guitariste, est un bluesman, c’est ancré, c’est en lui…

 

Metal-Eyes : Un chose que j’ai remarquée : sur le premier album, pas un titre ne durait moins de 6’. Là, la moitié des morceaux n’atteint pas les 5’. Vous avez voulu le pied ? Il y a ce temps calme au milieu avec des titres de 3’ environ…

Sam : En fait, comme je te le disais, ces trois morceaux n’en font qu’un, que nous avons découpé sur l’album pour une question pratique. Mais sur scène, tu retrouveras Sent of Sakura et Everesting part II en un seul et même morceau.

 

Metal-Eyes : Finalement, il ne reste que 5 titres plus un instrumental…

Sam (il rit) : voilà ! Un instrumental qui a été composé par Tom (Thomas Coeuriot), qui est notre titre d’intro sur scène.

 

Metal-Eyes : Parlons en un peu : cet instrumental, 32GE, est très sabbathien, très doom, je trouev (il confirme). Il y a cette lourdeur indéniable qui correspond aussi à votre esprit. Mais 32GE, c’est quoi ?

Sam : Ah ! Alors, c’est comme ça qu’il l’a appelé au départ, ce qui était provisoire, mais c’est resté comme ça. 32GE, c’est le symbole chimique du germanium, qui est un composant qu’on retrouve dans les pédales de fuzz, pédales qu’on retrouve et qui a servi à faire ce morceau-là. On a décidé de garder ce titre parce qu’on voulait avoir cette résonnance de guitare, avec ce riff qu’on entend au départ et qu’on retrouve à la fin. Pour nous, c’est quelque chose de très organique, donc on a gardé ce côté « élément ».

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de ce Vol 2 pour expliquer ce qu’est Welcome-X aujourd’hui à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Sam : Ah, c’est difficile… Pour quelqu’un qui ne nous connait pas ? Je dirais Thylacine blues parce que c’est sans doute celui dans lequel tu retrouves tous les éléments, ou alors ça pourrait être…

 

Metal-Eyes : Non, non, un seul, Sam ! Ne jouez pas l’enfant, un seul titre !

Sam (il se marre) : Ok, je ne joue pas … Ce sera Thylacine blues, alors.

 

Metal-Eyes : Ce n’est sans doute pas pour rien qu’il est placé en début d’album… Une dernière chose : quelle pourrait être la devise de Welcome-X aujourd’hui ?

Sam : Notre devise ? C’est toujours « bienvenue dans l’inconnu, bienvenu à tout le monde ». On ne se met pas de barrière, alors ne vous en mettez pas non plus, soyez curieux, entrez et écoutez. Ce n’est pas du jazz, du rock, ce n’est pas avant-gardiste, c’est ouvert à tout le monde. On n’a pas de route prédéfinie, on prend celle qu’on veut, alors, faites la même chose.

Interview: DEAD TREE SEEDS

Interview DEAD TREE SEEDS : entretien avec Alex (batterie) et Aurélien (guitare). Propos recueillis par téléphone le 24 juin 2021

Ils sont Français, ils aiment le thrash et ils viennent de sortir leur second album, le remarquable Push the button. Il est désormais temps de faire plus ample connaissance avec ces furieux au metal rageur et plus que prometteur.

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Metal-Eyes : D’après ce que je sais, Dead Tree Seeds a été fondé sur les bases de Triakhantos. Quand le groupe a-t-il été formé exactement ?

Alex : Dead Tree Seeds existe depuis fin 2009/début 2010. J’avais en effet une autre formation de Thrash qui a splitté, Triakhantos. Il y avait un guitariste, Nico, qui est resté et les autres ont dit qu’ils arrêtaient. Le triacanthos, c’est un arbre févier d’Amérique. Nico a dit « Nous, on est les graines de l’arbre mort », voilà comment est venu le nom du groupe.

 

Metal-Eyes : Voilà donc les origines du nom… Les graines d’un arbre mort ne servent pas à grand-chose même si on peut encore espérer y trouver un peu de vie… Vous avez sorti un premier album en 2013, Seeds of thrash, et ensuite il y a eu pas mal de changements de line-up.

Alex : Voilà, comme pour pas mal de groupes, en fait. Il n’y a pas de tensions, c’est juste la vie qui l’a voulu, des obligations personnelles pour les uns, professionnelles pour d’autres, mais, là, on a trouvé une stabilité.

 

Metal-Eyes : Aurélien est arrivé à la guitare en 2014 (il confirme), Francesco, le chanteur, en 2018, François à la guitare en 2019 et Sidi à la basse est arrivé… je ne sais pas quand…

Aurélien : Il est arrivé en 2015, quelques mois après moi.

 

Metal-Eyes : Donc ce line-up est stable depuis 2019. Espérons qu’il le reste !

Alex : Ecoute, ce qui intéressant, je me dis qu’il a déjà passé le Covid, c’est déjà une bonne chose ! Il y a des groupes qui ont splitté à cause de ça…

 

Metal-Eyes : Vous venez de sortir Push the button, votre second album. Quel a été, justement, m’impact du Covid sur sa préparation, son enregistrement ?

Aurélien : L’album est fini depuis 2017, en fait. Il était enregistré, prêt… Il ne manquait que le chant, mais on voulait aller de l’avant. Comme tout était composé, on a décidé d’enregistrer fin 2017 : guitares, basse et batterie, et le temps de trouver un chanteur – Francesco est arrivé fin 2018 – il a enregistré le chant à l’été 2019 et le temps de faire le mixage et le reste, le Covid est arrivé. Mais ça n’a pas impacté l’enregistrement.

 

Metal-Eyes : Ca n’a donc que retardé la sortie de l’album ?

Alex : Oui, notre label, Music-Records, nous a fait repousser la sortie de quelques mois, et c’était finalement une bonne chose. Il y beaucoup de sorties en ce moment, donc, quelque part, ça ne change pas grand choses, la date de sortie. Ce qui fait la différence, c’est la promotion avec Replica promotion.

 

Metal-Eyes : Moi qui ne vous connais pas du tout, comment décririez-vous votre musique ? Que pourriez-vous me dire pour me séduire et me pousser à écouter ce que vous faites ?

Aurélien : C’est un mélange de pas mal de groupes… On est tous fans de thrash des années 80, celui de la Bay Area – Testament, Slayer, Metallica, Exodus et tous ces trucs-là… Oui, du thrash old school avec une production actuelle. Clairement, si tu aimes le thrash, c’est fait pour toi.

Alex : Moi, pour te séduire, je te dirais que je t’aime beaucoup mais que si tu es fan de ces groupes, alors tu écoutes Dead Tree Seeds et c’est le carton.

 

Metal-Eyes : Sur ce second album, toutes ces références sont évidentes : les rythmiques de plomb à la Slayer, ce chant enragé à la Exodus, cependant, je note quelques approches plus modernes notamment avec un chant qui s’approche parfois du death.

Aurélien : Totalement… Frank Vortex, notre chanteur, module pas mal sa voix, il y met quelques growls et ça apporte une touche différente.

Alex : Et ce n’est pas voulu, on propose les morceaux comme ça vient, au feeling.

 

Metal-Eyes : J’ai l’impression que les thèmes principaux que vous abordez sont liés aux monstres, à l’heroic fantasy, à la mythologie…

Alex : C’est le chanteur qui s’occupe des paroles. C’est vrai que Fangs of the white wolves est assez fantasy, après il y a des choses un peu plus engagées, comme Push the button qui dénonce la politique. Il y a plusieurs choses, mais on reste dans la veine thrash metal, politique, sociétal…

Aurélien : Enemies of Rome est aussi politique, ça parle de tout ce qui est oppression, entraves à la liberté.

 

Metal-Eyes : Parlons justement un peu de la pochette : on y voit un personnage assez trumpiste dominé par une sorte de Vic Rattlehead, ainsi que des enfants qui portent tous un masque à gaz. On est en plein dans notre époque…

Alex : Ouais, on avait vu arriver le truc, on est des précurseurs (rires) ! On n’a pas fait exprès…

Aurélien : En fait, c’est notre chanteur qui a vu un discours de Trump qui disait « si j’appuie sur un bouton, je détruis tout », ce qui a inspiré directement le morceau. Du coup, on a choisi ce thème pour titre de l’album et pour l’illustrer. En effet, il y a cet homme qui ressemble à Trump qui contrôle le bouton nucléaire et derrière, la représentation de tous les lobbies, ceux de la finance, du gouvernement… et ça abouti à cette guerre nucléaire, ce décor apocalyptique, radioactif…

 

Metal-Eyes : Alex, comment analyses-tu l’évolution du groupe entre les deux albums ? Le line-up a complètement changé…

Alex : Oui, du premier il ne reste plus que moi. Du coup, l’évolution était obligatoire parce que les morceaux étaient composés par d’autres personnes. Et ça se ressent… Je dirai que Push the button il y a plus de maturité, les morceaux sont plus approfondis et surtout plus techniques. Mais il y a toujours le côté thrash qui est présent.

 

Metal-Eyes : Si l’un et l’autre vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Push the button pour expliquer ce qu’est Dead Tree Seeds, ce serait lequel et pour quelle raison ?

Alex : Oh là, dur comme question ! Je pense que Push the button est celui qui nous représente le mieux, en fait.

 

Metal-Eyes : Il le résume de quelle manière ?

Alex : En termes de puissance, de speed, de groove, de parties lentes…

Aurélien : en matière de solos, aussi… Il y a tout dans ce morceau, il représente bien ce que l’on fait.

 

Metal-Eyes : L’album débute avec une intro hispanisante avant de rentrer dans le vif du sujet : thrash, thrash, thrash. Vous envisagez de vous calmer à un moment, de proposer quelque chose de plus soft ?

Aurélien : Non, c’est juste que, quand j’ai composé ce morceau hispanisant, je n’ai gardé que l’intro. J’aime bien les groupes qui proposent une intro instrumentale pour un album. Je trouve ça sympa, le côté « guitare acoustique », ça me fait penser au Battery de Metallica. Je trouve ça sympa en ouverture d’un album, un petit instrumental.

Alex : Quand on compose, on ne calcule pas, on fait comme ça vient, au feeling du moment. Le troisième album qui est entièrement composé, il y a une intro aussi. On ne cherche pas à savoir si on va se calmer ou pas, on le fait vraiment au feeling.

Aurélien : Il y a l’interlude au milieu, aussi, mais c’est pas tout à fait pareil. C’est juste pour avoir une petite pause au milieu de l’album.

 

Metal-Eyes : Un groupe comme le vôtre, j’imagine que c’est aussi taillé pour la scène. Maintenant que la situation semble s’améliorer, les concerts vont-ils reprendre ?

Aurélien : On n’a rien de concret pour le moment, on ne nous a rien proposé. Il y a des dates de 2020 qui ont été annulées et qui vont certainement être reportées, mais pour le moment, rien… Je pense que les gens attendent que l’été passe pour évaluer la situation sanitaire.

Alex : On espère aussi qu’avec la promotion qu’on fait aujourd’hui ça va attirer des gens… Il est efficace Roger !

 

Metal-Eyes : Non, non, il fait n’importe quoi !

Alex : Oui, oui, j’ai remarqué, c’est mal organisé (rires) ! On a commencé à 9h, on était sur place, première interview à 10h et depuis on n’arrête pas…

Aurélien : On a à peine eu le temps d’aller manger (rires) !

 

Metal-Eyes : Vous proposez votre album en différentes versions et différentes packages. Par quel biais je dois passer si je veux un album dédicacé ?

Alex : Tu peux le commander directement sur Music-Records, mais si tu le veux dédicacé, le mieux, c’est de passer par la page Facebook du groupe (https://www.facebook.com/DeadTreeSeedsThrash), là on a même en stock des photos dédicacées.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Dead Tree Seeds ?

Alex (sans hésiter) : Ah, ben on en a une, c’est Thrash ‘til death

 

Metal-Eyes : Oh, facile, ça a déjà été fait, mais bon, je l’accepte ! Vous avez quelque chose à ajouter avant de nous quitter ?

Alex : Oui, on a un Ep qui sortira le 11 février 2022 avec 3 titres du premier album entièrement refaits, plus un nouveau titre qu’on ne trouvera nulle part ailleurs.

Aurélien :

 

Metal-Eyes : Vous avez un troisième album qui est prêt et un Ep qui va sortir en février. L’album est prévu pour quand ?

Aurélien : Le troisième album ? Les morceaux sont composés mais il faut qu’on bosse dessus. D’abord la sortie de l’Ep, ensuite… chaque chose en son temps

Alex : Et ça va dépendre de plusieurs facteurs : est-ce qu’on sera sur le même label, ça dépendra aussi des finances pour l’enregistrement, de plein de choses en fait.

 

Metal-Eyes : Donc ce sera l’objet d’une prochaine interview !

Alex : Ben voilà, merveilleux !

Interview: HEVIUS

Interview HEVIUS : entretien avec Julien Ferrier (chant, guitare). Propos recueillis par Skype le 22 juin 2021

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Metal-Eyes : Hevius a été formé en 1995 en région parisienne, vous avez sorti un premier album, Derrière la lumière, en 2005, et l’an dernier, en 2020, vous avez publié Millénaire.

Julien : Exactement.

 

Metal-Eyes : C’est quoi, le groupe exactement ?

Julien (il rit): Ah, merde, on m’avait jamais posé cette question… Attends, je ne suis pas prêt (rires) ! C’est quoi l’histoire ? L’histoire c’est celle d’un groupe qui a commencé au lycée, comme beaucoup de groupes, et qui ne s’est jamais arrêté. Au final, en 15/20 ans, les gens viennent, partent, on grandi tous. Surtout, on a eu plusieurs époques, parce qu’au début, on ne faisait pas de metal, on faisait des reprises punk, The Offspring…

 

Metal-Eyes : Ouais, punk US…

Julien : Oui, punk californien. Très vite, on est passé à autre chose, on a fait des reprises metal mais à un moment, on s’est dit : des reprises, c’est sympa, mais là, il va falloir autre chose ». A partir du moment où on a composé notre premier titre, on n’a plus fait de reprises. Et en 2005, on avait un line up plutôt stable, on a sorti Derrière la lumière qu’on a complètement autoproduit – ça s’entend quand tu l’écoutes… Ça s’entend d’autant plus qu’à l’époque, c’est le chanteur qui s’est chargé du mixage, et il n’avait pas la moindre notion du mixage (rires). On a tout appris sur le tas, on a tout fait nous-mêmes, pareil pour la pochette. La seule chose qu’on n’ait pas fait nous-mêmes, c’est le pressage, mais là, ça ne dépendait pas de nous ! Après 2005, les choses ont un peu bougé : le chanteur est parti, le clavier aussi et là on s’est dits que ça allait être un peu compliqué de trouver quelqu’un. Finalement ça s’est faits, le guitariste aussi et, ce qu’il se passe au final, quand tu changes de personnel, c’est que les goûts ne sont pas forcément les mêmes. Il y a des morceaux qu’on a laissé tomber, d’autres qu’on a ajoutés, Olivier (Olivier Louis-Servais), avec sa façon de jouer de la guitare a aussi un peu changé la donne… Flo (Florian Altairac) avec ses claviers, pareil… Donc on a tout refait. Et l’album Millénaire, même s’il est sorti en 2020, on a mis du temps à le faire.

 

Metal-Eyes : On va en reparler. Le line-up actuel date de quand ?

Julien : Oh, punaise, moi et les dates… J’ai envie de te dire 2013, le dernier arrivé étant Hugo à la basse, Olivier est arrivé avant lui à la guitare… Je l’ai recruté à la source : vendeur de guitares (rires) !

 

Metal-Eyes : Entre les deux albums, l’un autoproduit, l’autre… un peu autoproduit aussi, il y a eu pas mal de mouvements de personnel. C’est dû à quoi tous ces changements ? Obligations familiales, boulot, le manque de visibilité sur l’environnement de la musique ?

Julien : Non, ça, ça n’a jamais été un problème parce qu’on n’a jamais eu comme objectif de défoncer le marché. Avant tout, c’est le plaisir de jouer. En 2005/2008, chacun devait s’affirmer dans sa vie professionnelle ou familiale et c’est comme ça que David, le chanteur, qui est parti – aussi pour des raisons musicales, ce qu’on faisait lui plaisait un peu moins. Fabio, c’était pour d’autres raisons parce qu’il commençait à avoir beaucoup de groupes, beaucoup de choses et il avait besoin de temps pour sa vie professionnelle. On était dans une période où chacun avait besoin de se stabiliser un peu. Du coup, l’avantage, c’est que les gens qu’on a trouvé étaient déjà stabilisés. Le bassiste est parti parce qu’il a déménagé et il habitait un peu trop loin, donc il a préféré arrêter.

 

Metal-Eyes : Tu parles de plaisir, c’est ce que j’ai écrit dans la chro de l’album. Vous cherchez quoi dans la musique ? Seulement du plaisir ou un peu plus ? Parce qu’avec un album tous les 15 ans…

Julien : Ouais, ça fait beaucoup, hein (rires) ! On est déjà sur la composition du prochain, un peu différent. L’objectif, c’est de faire un nouvel album plus rapidement que ça, quand même !

 

Metal-Eyes : Objectif 2034 ?

Julien : 33 (il rit). Non, je ne donne pas de date, on risque de me la ressortir après, ça la fout mal ! Notre objectif c’est de jouer… Ce qui est très frustrant, parce que cet album, on n’a pas pu le défendre sur scène. Il est sorti en plein confinement… On est vraiment un groupe de scène, et ça ne s’est pas fait. Nous faire connaitre partout dans le monde, pourquoi pas ? Mais, déjà, en chantant en français, on se ferme quelques portes. Un peu de frilosité ? Je ne sais pas, mais c’est limité.

 

Metal-Eyes : On peut, comme ADX et d’autres groupes français l’ont fait, vous dire d’aller vous faire voir chez les Grecs (il rit). Ils aiment bien le metal chanté en français…

Julien : Oui, pourquoi pas…

 

Metal-Eyes : Votre actualité, un an après la sortie de Millénaire, c’est une nouvelle vidéo, Hevius et versa, une reprise…

Julien : On a un tout petit peu plus d’actualité en ce moment avec ce clip vidéo. C’était un peu pour fêter l’anniversaire de l’album, un peu en retard. On a commencé le clip à la date anniversaire ! C’est un des morceaux bonus de l’album qui est une reprise de Vice et versa des Inconnus. Ce morceau, il a juste été taillé pour le metal, tu peux te demander pourquoi, à la base, il n’a pas été fait en version heavy metal… C’est un morceau qui est pile poil dans notre cœur de cible : les gens qui ont apprécié les années 90 et qui apprécient ce que l’on fait. Ce morceau, dans notre tranche d’âge, tout le monde le connait, et c’est un gros délire de le reprendre. Au début, on voulait un clip un peu différent, on voulait plus se rapprocher du clip d’origine pour faire un gros clin d’œil, mais on ne pouvait pas sortir. Donc, on a acheté un fond vert et on a essayé de faire la même chose…

 

Metal-Eyes : Tu parles des années 90, mais vous êtes très influencés aussi par les années 80… Quand j’écoute vos albums, j’entends beaucoup de Maiden, de Priest. du power metal à la Helloween aussi, mais beaucoup des 80’s. Vos influences, c’est quoi ?

Julien : Je ne fais pas la différence entre les années 80 et 90…

 

Metal-Eyes : Tu devrais pourtant, il y a eu Nirvana et toute la vague grunge…

Julien : Clairement, quand tu parles des influences Maiden, c’est évident, les plans à deux guitares et ces trucs-là. On ne le renie pas, c’est des choses qu’on adore et on nous le dit souvent. Ça nous fait juste plaisir… J’adore aussi des groupes comme Beast In Black ou Battle Beast… Bon, c’est la même chose, deux groupes en un, mais c’est un son moderne totalement issu des années 80. On est aussi influencés par les groupes du début des années 2000, Sonata Arctica, Stratovarius – même si ça remonte un peu plus…On reste dans le power metal, à fond.

 

Metal-Eyes : Si tu devais décrire votre musique pour votre auditoire qui ne vous connait pas encore, tu dirais quoi ?

Julien : Quand on a sorti Derrière la lumière, on nous a dit « les mecs, vous faites pas du metal »… Ben, quand même, si un peu… On avait trouvé un terme pour ça, à l’époque : on fait du metal assez mélodique, pas trop bourrin, et on avait appelé ça du « gate metal », la porte vers le metal

 

Metal-Eyes : J’ai cru que tu avais dit « gay metal » ! En même temps, pourquoi pas, ça peu être très bien aussi !

Julien (rires) : On vend des tapettes à mouche ! Merde, j’en ai pas là, mais on en vend ! Comment on pourrait le définir aujourd’hui ? Heavy power metal avec du chant en français. Le chant en français a une particularité qui ne laisse pas indifférent en général, parce qu’on écoute le texte, plus qu’en anglais, donc là, on ne peut pas déconner, on ne peut pas faire semblant sinon, très vite, tu deviens ridicule, ou tu n’assumes pas ce que tu fais. J’attache énormément d’importance aux textes.

 

Metal-Eyes : Tu dis « on écoute beaucoup le texte » et que tu y attaches « énormément d’importance ». Vous traitez de quoi dans vos chansons ?

Julien : Alors, clairement, je ne fais pas du texte à message, je reste dans le metal… Le premier album était plutôt onirique, le rêve… Millénaire a des textes qui peuvent paraître un peu plus guerriers, mais au final…

 

Metal-Eyes : Manowar ?

Julien : Alors… on n’en est pas encore aux dragons ou aux guerriers, et je n’y tiens pas spécialement, pour tout te dire. C’est le genre de choses que j’évite d’aborder, on tombe vite dans le kitch et je ne sais pas si j’assumerai. Il faudrait essayer mais on verra. On nous a dit une fois que nos textes sont super sombres, ils parlent de la guerre, de la mort. Mais si tu lis les textes jusqu’au bout, tu verras que c’est toujours teinté d’espoir. J’aime beaucoup travailler sur les contrastes : le bien/le mal, la lumière/les ténèbres… Ça peut paraître un peu bateau mais j’essaie de le faire avec un maximum d’imagerie pour que ça reste sympa à lire ou à écouter.

 

Metal-Eyes : « Imagerie », alors parlons un instant de la pochette de l’album : on voit un oiseau selon moi percé de deux flèches, un oiseau qui pourrait évoquer l’image d’un phénix. Le phénix est un oiseau qui renaît de ses cendres, Hevius a sorti son premier album il y a plus de quinze ans, quinze ans entre ses deux albums… Est-ce un signe disant que vous renaissez de vos cendres ?

Julien : Oui et non. Oui, parce que on ne peut pas nier le fait qu’on a mis du temps avant de sortir ce second album. Tu auras remarqué le nom de l’album qui évoque le fait qu’on ait mis autant de temps. Quand on a pensé au nom de l’album, on s’est dit qu’avec un titre comme Millénaire, on allait se faire tailler, mais on a décidé de jouer dessus. Le phénix n’est pas arrivé tout de suite, ce n’était pas l’idée première. Je pense qu’on a fait les choses à l’envers : on s’est demandés comment on allait appeler cet album, on a pensé que le morceau Millénaire est un bon morceau et on l’a retenu comme titre. Et comme ce morceau parle d’un phénix, l’idée est née comme ça. Finalement, ça boucle bien la boucle avec le fait que le groupe a beaucoup évolué et qu’on ait mis du temps à le faire, cet album.

 

Metal-Eyes : « Bouclé la boucle » ne signifie pas que ce soit la fin du groupe… Ce serait dommage de faire une interview si c’est la fin…

Julien : Non, non (rires)

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Millénaire qui vous représente aujourd’hui, un titre que tu me ferais écouter en me disant « voilà, c’est ça, ce que nous sommes », ce serait lequel ?

Julien : Pas forcément mon préféré, alors… Attend, il faut que je regarde quels morceaux il y a sur cet album (note : je présente l’album à la caméra pour qu’il puisse se souvenir des titres) La vache, c’est dur d’en choisir un…

 

Metal-Eyes : uU titre, pas deux… Un titre que tu ferais écouter à mon épouse qui est juste à côté (note : on entend un gros « non ! je ne suis pas à côté ! »)

Julien : Sympa la réaction (rire général) ! Je dirai Millénaire parce que c’est un titre qui envoi et il y a une partie au milieu un peu Happy metal, et ça représente bien Hevius.

 

Metal-Eyes : Ca veut dire que les autres, ils n’envoient pas ?

Julien : Oh, lui ! J’ai dit que celui-là, non seulement il envoie, mais comme les autres…

 

Metal-Eyes : Tu n’as pas dit « non seulement »… Si tu devais penser à une devise pour Hevius, ce serait quoi ?

Julien : Il y a une phrase qui revient souvent en répète, parce qu’on passe peu de temps à répéter en répète, on dit beaucoup de bêtises…

 

Metal-Eyes : C’est peut être pour ça, la production du premier album…

Julien : C’est possible (rires). En général, quand il y en a un qui dit une connerie, on dit « c’est nul, j’adore ! » Et cette phrase, elle pourrait être celle qui nous représente.

 

Metal-Eyes : Donc je peux le dire au sujet de votre album: C’est nul, j’adore! Tu parlais tout à l’heure du fait de penser à votre prochain album. Il va ressembler à quoi ? Vous évoluez vers d’autres choses ?

Julien : On a déjà composé deux morceaux, et le leitmotiv, c’est de rester dans le style tout en proposant quelque chose de différent. A chaque moment du morceau, on se demande si c’est quelque chose qu’on a déjà fait. On essaie de proposer des morceaux de rupture ou de vraies ruptures dans les morceaux pour éviter de proposer un Millénaire bis.

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : on se retrouve pour une prochaine interview… dans 14 ans ?

Julien (rires) : Ah, la provoc’, je ne suis pas habitué, moi !

 

Metal-Eyes : Demande à ton agent de t’organiser plus d’interviews ! As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?

Julien : Si les gens peuvent acheter directement l’album physique…

 

Metal-Eyes : Directement chez-vous, via Season of Mist ?

Julien : Oh… à partir du moment où ils l’ont dans les mains, moi, ça me va ! Reprenons : achetez l’album physique, on y a mis tellement de cœur ! Et le livret, il y a quelques surprises, ce serait dommage de passer à côté !

 

Metal-Eyes : Ça provoque une autre question : vous y avez « mis tellement de cœur »… mais y avez-vous mis de couilles ?

Julien : Euh, littéralement ou ???

 

Metal-Eyes : Y en a qui ont essayé…

Julien : Je crois qu’on y a mis une ou deux choses que je n’ai jamais vues dans un autre livret.

 

Interview: PRIMAL AGE

Interview PRIMAL AGE : entretien avec Benoit (guitare). Propos recueillis par téléphone le 7 juin 2021

Metal-Eyes : Benoit, Primal Age, en 2021, c’est quoi ?

Benoit : Déjà, en 2021, Primal Age c’est un groupe qui est toujours là, qui n’a pas succombé à la pandémie. C’est la sortie d’un nouvel album. C’est surtout les précurseurs du metal hardcore en France, un groupe qui a apporté le mix entre ces deux genres…

 

Metal-Eyes : Mais ça c’était hier. Tu viens de le dire, votre nouvel album sort ce mois-ci. Il s’appelle Masked enemy, ce qui se traduit par Ennemi masqué. Il sort un an après le début de la pandémie. Question quelque peu évidente : s’agit-il d’un hasard, d’une coïncidence une y a-t-il une volonté de votre part de l’intituler ainsi ?

Benoit : C’est un pur hasard… Il faut savoir que la composition a démarré il y a 3 ou 4 ans, que les textes et les titres ont été trouvé en amont. On nous le dit à chaque fois, mais, non, c’est un pur hasard…

 

Metal-Eyes : En même temps, vous parlez d’un ennemi masqué alors qu’aujourd’hui, c’est nous qui sommes masqués… Quels thèmes abordez-vous sur cet album ?

Benoit : Comme depuis les débuts du groupe : on aborde les thèmes de l’écologie, de la cause animale, de la politique, tout ce dont on a pu parler sur les albums précédents, on reste sur ces thèmes.

 

Metal-Eyes : Vous abordez également le thème du végétarisme (il confirme), ce qui est assez contradictoire avec le nom du groupe qui signifie « âge primaire ». Nos ancêtres étaient assez peu végétariens ou végétariens…

Benoit (il rit) : C’est sûr… Il y a 3 végé/végan dans le groupe, ce n’est pas moi qui pourrait le mieux t’en parler…

 

Metal-Eyes : Alors tu leur diras que le nom n’est pas cohérent par rapport à l’histoire du groupe. Tu es arrivé en 2015 avec Flo, le batteur. Tu as enregistré A silent wound et The light to purify avant celui-ci.

Benoit : Exact. Sur A silent wound, c’est Sylvain des Seekers of the truth, un ami de longue date, qui nous a dépannés sur la tournée japonaise – il a pris la place de Yohann à la guitare sur la tournée japonaise et m’a remplacé sur la tournée brésilienne.

 

Metal-Eyes : Comment me vendrais-tu Masked ennemy ?

Benoit : Je pourrais te dire que c’est un bon mix de tous les genre metal edge hard core à l’ancienne, qu’on a pu retravailler pour le moderniser, avec un bon gros son de Guillaume Doussaud au mixage et Alan Douches au mastering. On a beaucoup de retours médias positif et on attend avec impatience les retours des personnes qui ont précommandé l’album. Pour nous, c’est certainement le meilleur album produit par Primal Age ?

 

Metal-Eyes : Le meilleur album, de quel point de vue ? Compositions, production, efficacité… ?

Benoit : A tout point de vue !

 

Metal-Eyes : OK, on va faire simple, alors…

Benoit : On va faire simple et efficace ! Il y unanimité là-dessus.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Primal Age entre The light to purify et Maked enemy, toi qui a justement participé aux deux ?

Benoit : Beaucoup de modernité due aux nouvelles technologies qui ont pu arriver, dans mon cas, en ce qui concerne les amplis de guitare, mais aussi dans les micros, les techniques d’enregistrement… On s’est un peu servis de tous ce qu’on aime en matière d’effets par exemple. Je pense que notre arrivée, à Flo et moi, ça a aussi apporté un coup de « refresh » aux composition. Mais le groupe continue avec la même rage.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de ce nouvel album pour expliquer ce qu’est le groupe aujourd’hui, ce serait lequel ?

Benoit : Euh… Je vais te dire I warn you, mon titre préféré. Pour le côté bien pêchu de certains riffs, mais aussi pour le côté très technique de certains sons. Il y a aussi le côté un peu punk, c’est un peu un mix de plusieurs genres, mais que du meilleur.

 

Metal-Eyes : ça veut dire que les autres sont moins bons.

Benoit : Ah, non ! Non, ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit (rire) ! Je vais me faire taper sur les doigts après ! C’est sur ce titre-là, qu’on répète toujours en studio, que j’ai vraiment envie de sortir de mes gonds !

 

Metal-Eyes : Ça fait 6 ans que tu es dans ce groupe qui s’est formé en 1993. Comment décrirais-tu la musique de Primal Age à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Benoit : Je dirais que c’est avant tout une musique de passionnés, une musique qui transmet… Je compare ça à un défouloir, pour certains c’est le sport, nous c’est la musique. Les retours que nous avons, c’est que les gens nous disent qu’on sent qu’on vit la musique quand on la joue, c’est sincère. Même entre nous, on a beau être de plusieurs générations, on est en osmose, tous ensemble sur un même bateau. Une déferlante de rage, mais de rage positive.

 

 Metal-Eyes : Depuis sa formation, Primal Age a donné 700 concerts, a tourné au Japon, au Brésil, au Mexique, a joué en festivals mais au regard de l’ancienneté du groupe, ça fait un nombre de concerts trop peu nombreux pour que le nom de Primal Age s’impregne dans l’esprit des gens (Il approuve). Que manque-t-il à Primal Age pour passer à l’étape supérieur ?

Benoit : Ça, c’est une bonne question ! Je vais te donner mon avis : pour moi, ce serait la communication et augmenter notre présence sur scène, plus de dates, de festivals. On n’est pas un groupe professionnel, on a tous un boulot, on doit s’adapter… Peut-être que le manque de communication via les médias ou les réseaux sociaux, pas assez fait depuis le début, a freiné certaines choses. On essaye de se rattraper. Depuis que je suis arrivé dans le groupe, j’ai proposé de gérer les médias. Je suis le plus jeune du groupe – je vais avoir 24 ans – je pense connaitre un peu mieux que Didier ou Dimitri le fonctionnement des réseaux. Pour l’instant, ça porte ses fruits, même si on ne pourra jamais rattraper le temps perdu.

 

Metal-Eyes : Ce que je constate aussi c’est que, malgré un gros trou dans votre parcours, vous semblez avoir trouvé un rythme dans la sortie de vos productions avec une nouveauté tous les deux ans environ. Sans doute, en effet, que le nom du groupe s’ancrerait plus avec la communication dont tu parles.

Benoit : Oui, c’est sûr.

 

Metal-Eyes : Ce qui pourrait être un message, comme d’autres le font, c’est de repartir de zéro avec un album auto nommé.

Benoit : Oui, c’est vrai, toute idée est bonne à prendre, je n’y avais pas pensé…

 

Metal-Eyes : Si tu devais envisager une devise pour Primal Age, quelle serai-elle ?

Benoit : Mmmmhhhh…. Alors là… tu me poses une colle, terrible… J’y réfléchis, je vais te dire dans un instant…

 

Metal-Eyes : On va y revenir. Parlons de l’illustration de ce nouvel album : il s’intitule Ennemi masqué, nous voyons un cadavre dont les yeux sont bandés – on aperçoit aussi un troisième œil – et au-dessus de lui, une créature cornue qui a une capuche qui lui couvre la tête. Lequel des deux est le véritable ennemi ?

Benoit : Ça … c’est à chacun de l’imaginer après écoute de l’album… C’est Greg, de Visual Injuries, qui travaille avec nous depuis 2015. Il fait notamment des designs pour le Hellfest et il connait très bien le groupe. On lui donnait des directives, on lui demandait quelques modifications, mais pour cet album, on lui a laissé carte blanche. On lui a envoyé les textes, les sons, il nous a fait un premier envoi et ça a été du one-shot. Il nous a dit qu’il s’était senti vachement inspiré. Quand tu lis les paroles, que tu écoutes certains sons, tu fais tout de suite le lien avec certains détails.

 

Metal-Eyes : Cet album a été finalisé en pleine période de pandémie. Comment avez-vous procédé pour son enregistrement ? Vous avez modifié vos habitudes ?

Benoit : Oh, oui… Oui. Comme je te le disais, la composition a commencé il y a 3 ou 4 ans On avait encore Mehdi à la batterie, on a repris le tout premier batteur avec qui on a tourné mais quand on a commencé à penser nouvelles compositions, il nous a expliqué qu’avec son changement de travail, ça allait être compliqué. On a retrouvé un batteur, Toki de The Arrs (Note : Vincent Bertuit), qui a fait une tournée avec nous. Mais arrivés à la composition, on n’était pas sur la même longueur d’ondes. Là, on a cherché une solution, on a envoyé quelques sons à notre pote, Rudy, d’Explicit Silence, en lui demandant si ça lui parlait. Il nous a envoyé un premier son et ça l’a fait direct. On lui a proposé d’enregistrer l’album avec nous et ça nous a enlevé une grosse épine du pied. Tout ce qui est compositions, Dimitri, le bassiste, avait écrit une bonne moitié de l’album. Quand il a un son e n ête, il l’a en entier – chant, basse, guitare – et Flo a su s’imprégner de l’univers de Primal Age et il a composé l’autre partie des sons.

 

Metal-Eyes : La situation sanitaire semble commencer à s’améliorer : est-ce que vous avez commencé à ré-envisager des dates ?

Benoit : Oui, absolument. Notre tour manager a commencé à en caler quelques-unes. Si tout se passe bien, on devrait faire notre rentrée scénique en octobre. Après, je ne peux pas encore parler des projets de 2022, mais tout commence à se décanter. Ça commence à sentir bon.

 

Interview: BLIND CHANNEL

Une quinzaine d’années après la victoire d’un groupe monstrueux, la Finlande envoie une nouvelle salve métallique la représenter sur les planches de l’Eurovision. En arrivant 6ème, Blind Channel s’est joliment fait remarquer et a pu avancer de très belle manière ses pions sur l’échiquier mondial. C’est donc avec un réel plaisir que Metal Eyes a pu s’entretenir avec Niko, un des deux chanteurs au cours d’une interview plus que sympathique. Une très jolie découverte!

Interview BLIND CHANNEL : entretien avec Niko (chant). Propos recueillis par Skype le 10 juin 2021

Metal-Eyes : Niko, tout d’abord, Blind Channel, c’est quoi ?

Niko : Blind Channel est un groupe de metal qui a vu le jour en Finlande en 2013. Nous décrivons notre musique comme de la pop violente (« Violent pop »)

 

Metal-Eyes : Ce qui est le titre de votre dernier album…

Niko : Oui, c’est son titre.

 

Metal-Eyes : Vous vous êtes donc formés en 2013… Comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui ne connais pas le groupe, au-delà de simplement Violent Pop ?

Niko : C’est là qu’est justement née l’idée de pop violente : nous avions plusieurs démos de prêtes que nous devions envoyer à des radios locales. « Nu metal » nous paraissait trop ancien, démodé, « rock alternatif » nous semble être la manière la plus ennuyeuse de décrire ta musique, tu ne sais pas quoi en dire… Nous voulions quelque chose de court et catchy. C’est alors que j’ai suggéré cette idée de Violent pop, ce qui est le moyen le plus court de nous décrire. C’est du rock direct avec une touche mainstream. Nous sommes clairement un groupe de rock, mais nous aimons tout ce qui est mainstream : nous adorons la pop, le rock, le rap, le hip hop, l’électro. Si nous aimons une chanson à la radio, nous avons envie de faire la même chose en y apportant une touche de rock. Nous sommes un groupe de 6 musiciens, chacun apporte sa touche, nous mélangeons tout et nous voyons ce qui en ressort. Voilà ce qu’est la pop violent.

 

Metal-Eyes : Violent pop est sorti en 2020, c’est votre troisième album. Avant, vous avez publié Revolutions en 2016, trois ans après la formation du groupe, puis Blood brothers en 2018. C’est un bon rythme que de sortir un album tous les deux ans ?

Niko : Oui, c’est bien.

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de Blind Channel entre Blood brothers et Violent pop ?

Niko : Notre premier album, Revolutions, c’était la découverte, la première fois que nous enregistrions un disque. Tu peux entendre que c’est assez sauvage, sans retenue… Il y a certaines de mes chansons préférées, et on entend bien l’orientation musicale. Blood brothers, nous avions un peu plus d’expérience. Les paroles étaient plus personnelles, plus osées. Après cet album, nous avons écrit beaucoup de chansons et avions le sentiment que ce concept de pop violente avait atteint ce que nous recherchions. Nous avons donc appelé cet album ainsi, et si quelqu’un nous demande « mais c’est quoi cette idée de pop violente », on peut lui tendre l’album et lui dire d’écouter.

 

Metal-Eyes : Donc, l’évolution entre les deux derniers albums, c’est la réelle définition de votre identité musicale de pop violent.

Niko : Oui, définitivement. Et, aussi, nous étions assez jeunes lorsque nous avons enregistré les deux premiers albums, et entre Blood brothers et Violent pop, il s’est passé beaucoup de choses, nous avons eu des moments sombres. Nous avions la vingtaine, et il se passe de choses pas toujours drôles à cet âge. J’écris les paroles, et j’ai abordé des choses très personnelles. Je vivais des moments sombres, et c’est là que j’ai pu composer. « Putain, ouais, c’est Violent pop tout ça ! » Nous voulions écrire de chansons vraiment catchy… Beaucoup de choses nous sont arrivées depuis…

 

Metal-Eyes : Nous ne vous connaissons pas vraiment en France (il confirme). Comment vous êtes-vous rencontrés et réunis, tous les 6 ?

Niko : Nous fréquentions la même école de musique dans le nord de la Finlande. Je savais qui était ces gars, mais je ne les fréquentais pas. C’était des rockers, moi, un rappeur. Les gars jouaient dans des groupes, tournaient dans des bars en Finlande, leurs groupes se sont séparés… Ils voulaient former un nouveau groupe. Et il y a eu cette fête où nous étions tous, ils m’ont dit monter un groupe mais ne voulaient pas être un simple groupe de rock. Ils voulaient faire quelque chose de frais, neuf. Ils savaient que j’évoluais dans le rap et ont pensé que je pouvais apporter quelque chose de neuf. Je me suis dit : « pourquoi pas ? », on s’est retrouvé au local de répétition et là, tout s’est mis en place tout seul. C’était génial, ça sonnait nouveau. Nous avons commencé à composer. Alexis, le dernier arrivé, le 6ème membre, est un de nos vieux amis qui a une réputation en tant que DJ ici, en Finlande. Il est assez connu. Il est tombé amoureux de notre musique et, il y a environ un an, il nous a dit : « de toutes façons, je suis coincé ici, pourquoi ne pas m’intégrer au groupe ? » Il est officiellement le sixième membre et nous avons enfin le sentiment que Blind Channel est au complet.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Violent pop pour expliquer à quelqu’un ce qu’est votre musique, laquelle serait-ce ?

Niko : De Violent pop ? Sans hésiter, ce serait Over my dead body. C’était le premier single, et une des premières chansons que nous avons composées pour cet album et celle qui nous a permis de nous faire un nom.

 

Metal-Eyes : Es-tu fatigué de parler du concours Eurovision ou pas encore ?

Niko : Eh bien… (il agite la main et rigole). Allez, on peut parler de l’Eurovision si tu le souhaites.

 

Metal-Eyes : Certains vous ont découverts lors de votre passage à l’Eurovision. Comment un groupe comme Blind Channel se retrouve-t-il impliqué dans un tel concours ?

Niko : Ben, on ne savait pas quoi faire d’autre (rire général). Nous avons sorti Violent pop, avions une grosse tournée européenne prévue et, soudain, tout a été annulé…Nous savons tous pourquoi. Nous étions dans notre local et nous nous sommes dit que nous avions construit quelque chose pendant 7 ans, et n’avions aucune envie d’attendre. Notre guitariste nous a dit : « les gars… On devrait aller à l’Eurovision ». La plupart d’entre nous lui a dit que nous sommes un groupe de rock, que nous n’avons rien à faire là-bas…et on a commencé à y réfléchir : « et pourquoi pas, ça pourrait être top ! » Nous connaissions l’Eurovision, mais aucun de nous ne l’avait jamais regardé. Il fallait que nous y allions pour savoir ce que c’était. Et c’était une super fête, une des plus belles expériences de ma vie ! Je pourrais en parler quand je serai un vieil homme. Et ça a propulsé notre carrière : maintenant, l’Europe entière connait Blind Channel. Même si nous étions sceptiques au départ, je crois que c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver cette année.

 

Metal-Eyes : Je peux l’imaginer. Te rends-tu compte que depuis la création de l’Eurovision en 1961, la Finlande a presque toujours été représentée mais que seuls 12 groupes ou artistes ont fini dans les 10 premiers du classement. Parmi eux, seuls 2 viennent du rock/metal : vous cette année et Lordi qui est arrivé premier en 2006. Tu crois que le concours Eurovision devrait plus se tourner vers le rock que la variété ?

Niko : Absolument, regarde qui a gagé : Maneskin, un groupe rock. C’est la meilleure chose qui puisse arriver : qu’un groupe de rock gagne ce concours, et que nous soyons parmi les 10 premiers ! Les gens ont besoin de rock ! Ce n’est pas que le rock, peu importe le genre : une bonne chanson est une bonne chanson, que ce soit du jazz, de la musique classique, de l’électro… C’est avant tout un concours de pop, avec de bonnes chansons. Mais s’il y avait un spectre plus large, une plus grande représentativité des genres… Une chanson pop et une autre et une autre encore… ça devient vite lassant. Tu ne peux pas regarder ça pendant deux heures !

 

Metal-Eyes : En 2006, lorsque Lordi est rentré en Finlande, ils ont été accueillis en héros. Comment s’est passé votre retour ?

Niko : C’était très cool… un peu comme des héros aussi, bien que nous ne soyons partis que 48 heures. Mais nous étions saouls de fatigue ! A part cela, je crois que les gens étaient très contents de notre position. Un moment historique pour la Finlande qui n’a pas tant de top 10 que ça. Les gens étaient sceptiques au départ « ces gars ne vont jamais y arriver, l’Eurovision n’est pas faite pour ce genre de groupe… » ! On était content de pouvoir leur prouver le contraire. Oui, l’accueil a été assez héroïque, mais je ne m’en souviens pas tant que ça. C’était fun !

 

Metal-Eyes : Vous êtes arrivés 6èmes. Il y a 6 membres dans le groupe. Que ce serait-il passé si tu t’étais débarrassé des 5 autres membres ?

Niko : Oh, mon dieu, je n’y avais pas pensé sous cet angle… Merde, je sais que j’aurais dû le faire en solo (rires) !

 

Metal-Eyes : Le concours Eurovision a permis à Blind Channel de grossir et de toucher un plus vaste public à travers les stations de streaming ou les ventes en lignes. Comment allez-vous gérer votre image à l’issue de ce concours ?

Niko : Eh, bien… nous allons proposer de la nouvelle musique, et surtout un nouvel album. Pendant l’Eurovision, nous avons signé un gros contrat de disque, alors nous devons enregistrer un super album qui sortira l’année prochaine. Nous n’allons pas nous arrêter là. Comme je l’ai dit, l’Eurovision n’a jamais été un rêve, mais ça représente une étape dans notre carrière, un peu décalée, mais nous n’avions rien d’autre à faire. Maintenant, nous sommes vraiment reconnaissants envers tout ce que l’Eurovision a pu nous apporter, nous avons plus de followers, de fans. Mais le travail continue, notre rêve était de tourner à travers le monde avec notre musique. C’est toujours notre but. L’Eurovision fait que les attentes du public sont importantes, et c’est une bonne chose, on a faim, et on va prouver aux gens ce dont nous sommes capables !

 

Metal-Eyes : Tu disais que tout avait été annulé en 2020 alors que vous aviez une grosse tournée prévue. Où deviez-vous vous produire ?

Niko : Nous devions jouer partout en Europe. Nous étions en pleine tournée qui a commencée en janvier. Nous étions en train de tourner quand nous avons commencé à entendre parler de ce truc, « le coronavirus ». On se demandait « Mais de quoi ils parlent ? » et alors que nous faisions route vers la Finlande, il semble que toutes les frontières fermaient les unes après les autres juste derrière nous ! Là, nous avons pris conscience que ce coronavirus était réel. On pensait que ça n’arriverait jamais en Finlande, non, c’est trop loin la Finlande (rires). Nous nous préparions à la sortie de l’album avec un gros concert en tête d’affiche quand nous avons reçu cet appel nous annonçant que ce concert était annulé… On s’est sentis vraiment mal… Nous recommençons à prévoir de tourner, doucement.

 

Metal-Eyes : Tu nous a dit que tu viens du rap, mais quelles sont tes influences en matière de rock ?

Niko : Linkin Park, c’est le point commun à tous les membres du groupe. Notre amour pour Linkin Park est ce qui nous a réunis à cette fête. Je n’aimais pas les mecs qui écoutent du rock, ils n’aimaient pas les mes qui écoutent du rap et un jour, quelqu’un nous a conseillé d’couter Linkin Park. Ça nous a tous mis d’accord ! Maintenant, j’aime beaucoup Bring Me The Horizon, ils sont extra. Sur la scène pop, j’aime beaucoup Pauls Malone (ndMP : pas sûr de l’orthographe…), j’aime beaucoup depuis quelques années. Il ne fait pas que du rap, il mixe beaucoup de choses et j’aime vraiment le résultat. Plus jeune, j’écoutais Eminem, le king of rap…

 

Metal-Eyes : La Finlande figure déjà sur la carte du rock avec quelques groupes mondialement célèbres. Comment comptez-vous faire pour monter sur le podium ?

Niko : Simplement en cherchant à faire toujours mieux, repousser les barrières. Si tu te contentes de ce que tu as fait, ça ne sert à rien : va plus loin, donne-toi des défis et relève-les ! Tu as donné un super concert ? Le prochain doit être meilleur encore. Tu as écrit une bonne chanson ? Fais mieux encore ! Nous sommes nos premiers critiques. Ce n’est pas une compétition avec d’autres groupes, c’est une compétition avec nous-mêmes. Nous voulons simplement faire toujours mieux. Jusqu’à présent ça fonctionne, et nous allons continuer ainsi. Peut-être un jour en récolterons-nous les fruits. Tu sais, nous venons d’une petite ville de Finlande, et toute notre carrière a été rythmée par l’industrie de la musique, des maisons de disques, des représentants… Personne ne croyait que quoi que ce soit de bon puisse venir de Finlande… On leur dit d’aller se faire foutre et de nous regarder…

 

Metal-Eyes : Quelle est alors ta définitions d’une « bonne » chanson et d’un « bon » concert ?

Niko : Une bonne chanson, c’est celle dont tu ne te lasses pas, que tu as envie d’écouter encore et encore. Peu importe le genre… Un bon concert… Nous sommes un groupe de scène, il faut nous voir live. Nous bougeons tout le temps, nous voulons vraiment avoir un show marquant, avec de la pyrotechnie, des explosions, que le public se demande ce qu’il se passe… Qu’il ait quelque chose à voir et écouter.

 

Metal-Eyes : Une chanson comme Dark side (présentée à l’Eurovision), pourrait-elle devenir un hymne à reprendre live, en chœur ?

Niko : Beaucoup de gens le disent, je ne sais pas, je suis trop proche de cette chanson (rires) !

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle pourrait être la devise de Blind Channel ?

Niko : Nous avons une devise, mais c’est en finnois… En anglais, ça donnerait quelque chose comme « mets-toi au boulot ! »

 

Metal-Eyes : Ce qui va de pair avec votre esprit de dépassement. As-tu quelque chose à rajouter pour le public français ?

Niko : Disons… Merci pour votre soutien, et si vous ne nous connaissez pas encore, allez découvrir notre musique et rejoignez la « violent pop revolution ».

Interview: LEVARA

Interview LEVARA : entretien avec Jules Galli (chant). Propos recueillis par Skype le 18 mai 2021

Photo promo

Metal-Eyes : Tu es en Californie, il est, quoi ? 9 heures du matin chez toi ?

Jules GALLI : Il est 9 heures du matin, oui… J’ai un café bien fort pour rester éveillé et attaquer cette journée de promo.

 

Metal-Eyes : Si je comprends bien, c’est moi qui dois te réveiller pour les interviews qui vont suivre…

Jules GALLI : C’est ça, tu es ma « opening song of the show » !

 

Metal-Eyes : Le kick-off, donc… Commençons par ceci : Levara est composé d’un Français, d’un Anglais et d’un Américain. Comment avez-vous fait pour vous retrouver et former un groupe ?

Jules GALLI : On a fait ça d’une façon très naturelle et organique : on est tous allés à Los Angeles pour poursuivre nos rêves de devenir musiciens… Moi, j’y suis arrivé quand j’ai eu 19 ans, j’ai déménagé de Miami à Los Angeles où je ne connaissais personne. J’ai développé un network, comme on dit, je sortais, j’allais jouer dans les clubs, ce qui m’a permis de me former. J’ai aussi rencontré Trev (ndMp : Lukather, le fils de Steve, guitariste de Toto, lui aussi à la guitare) quelques fois. On s’est suivis sur les réseaux sociaux. Lui et Josh (ndMP : Devine, batterie) étaient amis et colocataires. Ils voulaient faire du rock vraiment à se lâcher en studio, ce qu’ils ne pouvaient pas faire dans leurs projets respectifs, plus radio pop… Ils se sont dit, juste pour nous éclater, qu’ils allaient faire une chanson en studio. Ils ont fait juste un instrumental, ils avaient besoin d’un chanteur, d’une chanson et Trev, qui me suivait sur Instagram, m’a proposé de le faire. Il m’a envoyé l’instrumental. A l’époque, je en faisais pas de rock, j’étais plus RnB, pop, funk, mais les premières mesures étaient tellement… « épiques », au-dessus de ce que je faisais… Il y avait quelque chose de si cool, si frais que j’ai écrit une chanson dessus, je leur ai envoyée, ça leur a plu et on s’est retrouvés en studio. C’est là la première fois que j’ai rencontré Josh et vraiment fait connaissance avec Trev. Au départ, c’est vraiment une chanson…

 

Metal-Eyes : Qui a été le déclencheur de Levara… Avant que nous ne parlions de la musique du groupe, quelle est la signification du nom du groupe ?

Jules GALLI : Au départ, il n’y en a pas. Sa signification, c’est la musique qu’on fait. On voulait créer quelque chose d’original pour des raisons diverses… Tous les noms de groupes ont déjà été choisi, donc c’est difficile. En lisant un nom comme Levara, tu ne te dis pas que ça veut dire quoique ce soit. C’est ouvert à chacun…

 

Metal-Eyes : Tu es français d’origine (il confirme). Tu sais donc qu’en France il y a un langage spécial qu’on appelle le verlan. En verlan, Levara, ça donne « Ravale » …

Jules GALLI (rires) : Oui, woaw, c’est… classe, hein !

 

Metal-Eyes : Oui, ça dépend du sens dans lequel on le prend, et il est encore trop tôt pour toi, donc évitons certaines considérations ! Comment décrirais-tu la musique de Levara pour quelqu’un qui va vous découvrir ?

Jules GALLI : Waow… ok, alors, ça c’est des questions, je ne suis pas très bon, surtout quand il s’agit de ma propre musique… Je vais essayer : c’est du rock « anthémique », mélodieux, très grandiose, « larger than life » et à la limite de la pop. Ce n’est pas du hard rock, c’est très mélodieux et captivant. Une fois que tu écoutes une chanson, tu t’en souviendras. C’est une musique de stade, on joue vraiment, c’est très musical. C’est écrit et joué par des musiciens.

 

Metal-Eyes : Tu mets un peu de côté l’aspect pop pour plus parler rock. Ce que j’ai écouté pourtant me donne plus l’impression que c’est du pop rock plus que du rock pop, très accessible et dansant. Je trouve même ça assez… sucré, acidulé comme la guitare rose de Trev.

Jules GALLI (rires) : Oui ! Il y a des couleurs vives dans la musique. Quand on a commencé avec le concept de Chameleon, je disais que quand je ferme les yeux, j’aimerai distinguer des couleurs vertes, bleu vif pour cette chanson. On avait beaucoup de rouge, de rose, du violet, du jaune… il y a toujours un effet de couleurs qui va avec nos chansons. On a suivi ça avec les visuels, comme tu le disais, le rose de la guitare de Trev…

 

Metal-Eyes : Vous avez d’ailleurs enregistré plusieurs vidéos pour cet album. Il y en a deux, Automatic et Ever enough qui sont tournées en entrepôt. Vous les avez tournées à la suite l’une et l’autre, même s’il y a des différences ?

Jules GALLI : Automatic, c’était la première vidéo. Je crois que c’est la seule que nous étions censés faire au départ…

 

Metal-Eyes : Il y en a cinq !

Jules GALLI : Oui, il y en a cinq ! Parce que on a changé de stratégie à cause de la pandémie. Nos tournées ont été repoussées, on a dû trouver un moyen pour continuer de faire monter la sauce, de partager avec les gens. Aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vit, tout est visuel. Une fois que le label a vu la vidéo, ils ont bien aimé et se sont dit que ce serait bien d’en faire plusieurs, comme ils ont décidé de faire plus de single. On a repoussé l’album, on a fait plus de singles. C’est génial que Mascot ait donné plus de budget pour ces vidéos. Comme tu l’as dit, il y en a 5 en tout. On a commencé avec Automatic, ensuite on en a fait trois en une semaine : Heaven knows, Chameleon, Ever enough et Ordinary… non, on en a fait quatre en dix jours ! Au départ on devait faire une lyric video pour Heaven knows mais on s’est tellement éclatés qu’on a décidé de faire une vraie vidéo. On a pu partager un peu ce qu’il se passe dans notre tête. Et se présenter au monde visuellement, c’est important, je trouve…

 

Metal-Eyes : Tu viens de le rappeler : vous êtes signés par Mascot. Comment s’est fait ce deal ? D’habitude, ils sont plus rock que ce que vous proposez (il approuve). Ou du moins, vous êtes un peu plus pop que ce qu’ils ont dans leur répertoire…

Jules GALLI : Oui, absolument… Je pense qu’on est une petite « anomalie » positive pour Mascot. On est plus pop que d’autres groupes qu’ils ont. En fait, quand on était en tournée en Europe avec Toto, on a eu un concert avec Foreigner et ils nous ont demandé de faire un « opening » acoustique. On n’avait jamais fait ça, jamais donné un concert acoustique. On a dû louer des instruments pour ce concert et on a été amené dans les loges… Trev s’échauffait en faisant des gammes, ce qui a généré Automatic. On a posé le téléphone et c’est la chanson qui a lancé ce nouveau chapitre musical. Quand on est rentrés à LA, on voulait vraiment créer un album, quelques chansons en utilisant le studio… Jusque-là, ce qu’on faisait c’était plus « live », rock, direct. C’est cette chanson qui a captivé Mascot. Notre manager l’a partagée avec plusieurs labels, et Mascot a vraiment aimé Automatic. C’est ce qui a déclenché toutes les autres chansons qu’on allait ensuite faire pour l’album en partenariat avec Mascot.

 

Metal-Eyes : Tu viens de parler de tournée avec Toto… Tu te doutes bien qu’il y a deux sujets qui vont revenir de manière très régulières dans les interviews : d’une part Trev qui se trouve être le « fils de » … A quel point son père, Steve Lukather, le guitariste de Toto vous a-t-il apporté sa contribution, son oreille, ses conseils sur vos créations ? Ou vous a-t-il complètement laissé faire ?

Jules GALLI : Il nous a laissés faire musicalement. On lui doit, à lui ainsi qu’à Toto, beaucoup de… mon français est un peu rouillé.

 

Metal-Eyes : Mon anglais est bon, tu peux changer si tu veux…

Jules GALLI (en anglais) : On leur doit beaucoup de gratitude et de reconnaissance, car sans eux, nous n’aurions pas rencontré notre manager, Steve Kharris, et c’est grâce à ça que nous avons eu l’a possibilité de jouer devant des milliers de personnes, de créer Automatic et de trouver ce deal avec Mascot. Notre carrière s’est vraiment développée par le biais de Steve et Toto. (Il reprend en français) Musicalement, par contre, on est vraiment indépendants.

 

Metal-Eyes : Trev a grandi dans un environnement baigné de musique. Mais toi, d’où vient ta culture musicale ?

Jules GALLI : Elle vient de France… Je suis de Lyon, elle a commencé à l’école où on avait des chorales. Notre prof a vu que je chantais un peu ce que je voulais à chaque fois, que je faisais mon truc à moi et elle m’a dit « Tu maies bien chanter, toi, hein ? J’ai des classes privées à la maison, tu devrais en parler à tes parents ». C’est là que j’ai commencé, à 7 ans je crois. Elle m’a appris à chanter pour de vrai, du classique d’abord. J’ai pu ensuite auditionner pour le conservatoire de Lyon, j’y suis resté quelques années. Au départ, c’était très classique, ensuite j’ai eu mes écoutes personnelles. Après, j’ai déménagé aux Etats-Unis et c’est là que j’ai commencé à écrire des chansons. A ce niveau, j’ai fait ma propre éducation, avec pleine de gens différents de collaborations, et depuis maintenant douze ans j’écris des chansons. Après, j’ai déménagé à Los Angeles et c’est là que j’ai donné le plus de concerts possible, dans tous les coins pourris de LA… J’ai juste continué à bosser, bosser, bosser… Et je suis là maintenant.

 

Metal-Eyes : Tu disais que vous avez profité de la crise sanitaire pour enregistrer les vidéos. L’album, lui, il était prêt avant le débit de la pandémie ?  

Jules GALLI : Oui, on a attendu pendant un moment. On a été très chanceux au niveau du temps : je crois que notre dernier jour de mixage était le premier jour du confinement à Los Angeles. On a fait six semaines en studio plus deux semaines de mixage, de retouches finales… Avant, on avait passé un mois et demi, deux mois à répéter et à enregistrer nos démos sur Pro-Tools avec notre batteur, Josh. On était vraiment prêts quand on est arrivés en studio et on a pu se lancer directement. En studio, on a écrit quatre nouveaux titres, c’est tout…

 

Metal-Eyes :  Donc la pandémie a impacté la sortie et ce qui en découle, promo etc… Vous êtes trois dans le groupe, toi, le chanteur, Trev à la guitare et Josh à la batterie. Il y a d’autres musiciens qui interviennent sur l’album ? J’ai parfois l’impression d’entendre des claviers, il y a de la basse…

Jules GALLI : On avait un bassiste à l’époque… Sam Porcaro, qui était avec nous depuis le début. Il est resté trois, quatre ans, il était en studio avec nous.

 

Metal-Eyes : Porcaro, un autre fils de ?

Jules GALLI : Oui, un autre « fils de ». Donc l’album a été enregistré à quatre, chant guitare basse batterie. Il n’y a pas de clavier, plutôt des guitares qui ont été synthétisées. On a voulu utilisé que les instruments qu’on avait.

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous allez devoir recruter un bassiste pour les tournées à venir. La situation, d’ailleurs, elle se débloque un peu en Californie et aux USA ?

Jules GALLI : Oui, ça commence à se rouvrir pour certains évènements, mais c’est encore chaud. Ce n’est pas le Texas ou la Floride. Aux USA, c’est différent d’Etat en Etat, certains ont tout rouvert, sans port de masque, d’autres, comme la Californie, sont plus stricts à ce niveau. Maintenant, avec les vaccins, ça s’améliore petit à petit.

 

Metal-Eyes : Deuxième sujet auquel tu n’échapperas pas : votre batteur. C’est un ancien de One Direction, un boys band. Vous ne craignez pas trop d’être raillés à ce sujet, un groupe de rock qui travaille avec un ancien batteur de boys band monté de toutes pièces ?

Jules GALLI : Ben, disons qu’il faut juste écouter Josh jouer de la batterie et les gens arrêteront d’aboyer à ce niveau-là. Parce que c’est juste un des meilleurs batteurs au monde au niveau rock. Il est sensationnel, et être batteur au sein d’un des plus grands groupes des années 2000, c’est pas si mal…

 

Metal-Eyes : « Plus grand », je ne sais pas, plus « populaire », sans doute…

Jules GALLI : C’est ça, voilà. Après, c’est de la musique. Je ne suis pas un rocker « only rock ». Oui, c’est de la musique jeune, de la pop… mais c’est un super musicien. Je pense que c’est une perte d’énergie, à la fin du compte, ce n’est que de la musique, et en début de carrière, il a fait un super job…

 

Metal-Eyes : En plus de ça, il a joué devant des foules gigantesques, dans des lieux mythiques et il a développé une expérience qu’il peut partager avec vous, un professionnalisme qu’il peut aussi vous transmettre.

Jules GALLI : Il y a ça aussi, tu as entièrement raison, oui. Il n’était batteur que pour les tournées, il ne faisait pas partie du groupe qui enregistrait des chansons bubble-gum. Non, il était là pour le live, il jouait, vraiment ! J’ai beaucoup de respect à ce niveau-là et si certains ne veulent pas écouter notre musique à cause de ça, c’est leur problème.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de votre album pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Levara, ce serait lequel ?

Jules GALLI : C’est difficile… Je dirai… Une des chansons dont je suis le plus fier et qui en dit beaucoup, ce serait Chameleon. Je ne sais pas si c’est le son définitif de Levara, mais en tant que songwritter, je trouve que c’est une des chansons les plus émouvantes et qui en dit e plus, sans en dire trop. C’est une des chansons qui en dit le plus, au niveau des paroles, du message, de l’énergie, aussi. C’est une chanson qui a besoin de la participation d’une foule, d’une audience… Après, il y a aussi Automatic

 

Metal-Eyes : Non, non, on a dit « une », pas deux !

Jules GALLI : OK, ok… Donc pour toi, c’est pas Automatic ?

 

Metal-Eyes : Si, pourquoi pas ? Elle a des touches des années 80, une belle variété de rythmes, mais c’est moi qui pose les questions, pas toi !

Jules GALLI (il explose de rire) : D’accord, vas-y !

 

Metal-Eyes : Pourrais-tu imaginer une devise pour le groupe ?

Jules GALLI : Ecoute, je te dirais ça la prochaine fois, là, je n’ai rien en tête… Ça me prendra peut-être un peu de temps… en trouver une à 9 heures du mat’… Ma devise, ça a toujours été la passion, d’avoir un impact positif sur les gens qui écoutent…

 

Metal-Eyes : C’est déjà une bonne chose, « amusons-nous et ayons un impact positif ». Une toute dernière chose, Jules : tous les disques qui sont derrière toi, c’est ta déco ?

Jules GALLI : On en a plein… Tous ceux qui sont derrière moi (NdMP : on distingue aussi bien les BO de Hair, de Saturday night fever que Bruce Springsteen, Fleetwood Mac…) Tous les vinyles, ils sont kaput, les pochettes, on les a achetées au départ juste parce qu’on aimait bien les visuels, mais on a plein de vinyles intacts. Un de mes préférés, c’est Born in the USA de Springsteen… Mais on a plein de CD ici, on a un studio tout analogique. J’habite avec plein d’artistes, j’adore où j’habite, c’est très créatif et très bohème… « bohemian paradise » !

 

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL : entretien avec Leigh Kakatay (chant). Propos recueillis par Zoom le 10 mai 2021

Pop Evil by ASHLEY OSBORN

Magie de la technologie, Skype, Zoom et autres plateformes nous permettent de nous entretenir à travers la planète plus aisément que jamais. En attendant de pouvoir nous retrouver en face à face, depuis plus d’un an maintenant, nous nous sommes réinventés et avons modifié nos manières de mener un entretien. « Clic », on allume la caméra et on peut avoir un semblant de face à face. Il est 11 heures du matin dans le Michigan d’où Leigh Kakatay, le fondateur et chanteur de Pop Evil assure la promotion du nouvel album du groupe. Pourtant… surprise ! J’allume ma caméra et lui m’annonce encore être en pyjama… Ça commence bien… Tu en fais souvent toi des promos imprévues encore en pyjama ? Allez, c’est parti pour un simple phoner. Mais agréable avec un bavard de chez bavard…

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, Leigh, comment te portes-tu ?

Leigh KAKATAY : Je vais très bien ! C’est une période assez excitante, les shows commencent à être reprogrammés… Il semble que nous retournions vers quelque chose de plus normal… Et ça me va très bien.

 

Metal-Eyes : Versatile, votre nouvel album, suit l’auto-nommé Pop Evil paru en 2018. Quand avez-vous débuté l’écriture de ce disque ?

Leigh KAKATAY : Je crois que nous avons commencé début 2019 à enregistrer quelques démos. Jusqu’au produit fini qui sort maintenant il s’est passé pas mal de temps…

 

Metal-Eyes : Haley, votre batteuse, est Anglaise. Elle vit en Angleterre ?

Leigh KAKATAY : Oui, elle vit là-bas.

 

Metal-Eyes : Alors comment avez-vous travaillé pour cet album ? Il y a des moyens techniques qui le permettent aujourd’hui, mais la période ne se prête pas vraiment au voyages, depuis plus d’un an.

Leigh KAKATAY : C’est vrai, répéter est toujours un défi… Avant le Covid, nous avons pu le faire. Mais elle est si perfectionniste, même sur le back catalog de Pop Evil, elle veut que tout soit parfait. Elle répète et s’entraîne beaucoup. C’est avant tout du travail, mais quand ça matche avec quelqu’un, peu importe d’où vient cette personne. OK, les répètes sont délicates, mais on y arrive. Elle vient ici pour un bon moment afin de répéter, ensuite, nous partons en tournée. Nous voulions quelqu’un qui puisse jouer ces morceaux, qui soit un peu différent. Avant, c’était vraiment un club de gars du Michigan… Quand notre précédent batteur est parti, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire de différent. Nous l’avons trouvée à Londres, et ça l’a fait. C’est notre second album avec elle, elle fait maintenant entièrement partie du groupe.

 

Metal-Eyes : C’est son second album avec vous. Comment analyserais-tu l’évolution du groupe entre Pop Evil et Versatile ?

Leigh KAKATAY : D’abord, je dirai qu’il est pus organique. Il y a cinq personnes dans le groupe et autant d’influences. Comme avec n’importe quel groupe, tu nous mets tous dans un studio, dans un esprit de répétition et voilà ce qui en ressort. Du point de vue « Pop Evil », nous avons repoussé nos limites. Nous faisons des meet and greet, là nous étions plus dans une approche « tête à tête », demandant à nos fans ce qu’ils attendent de nous. Il y a eu plus de demande de heavy et d’utilisation de guitare acoustique, et même des demande d’album entièrement acoustique. Des demandes opposées mais c’est cool… Avec cet album, nous avons voulu concentrer toute cette énergie que l’on retrouve sur les autres disques. Quand nous enregistrons des démos, nous y trouvons de l’énergie et ça nous plaît. Un jour, tu trouves un producteur qui ne connait peut-être pas ton groupe, et qui te demande de tout réenregistrer, de casser cette énergie. C’est quelque chose que je n’aime vraiment pas – l’expérience des albums passés. Nous avons voulu corriger cela et transformer cette énergie pour la scène. C’est une chose dont nous parlons toujours au sein du groupe : les concerts. Comment nous améliorer encore en concert, faire de notre expérience de tournées quelque chose d’encore plus excitant pour nos fans. Avec Versatile, nous savions que nous voulions quelque chose de différent. Cette énergie des démos… Quand tu es emballé par une démo, tu sais que c’est le résultat que tu veux obtenir. Et que nous enregistrions ici, dans le Michigan, ou à LA, c’est là-dessus que nous voulions nous concentrer. Nous ne voulions pas qu’un producteur entre et casse tout cela. Pour ma voix, nous avons enregistrer deux ou trois prises, nous avons pris de mes précédentes sessions aussi. Initialement, le chant est la partie la plus excitante pour moi, je n’intellectualise pas trop, je prends les choses comme elles viennent, je laisse ma voix aller là où les mélodies l’emportent. La plupart des prises de chant que tu entends proviennent des premières prises. Il n’y aurait sans doute pas la même sensation d’urgence dans mon chant s’il avait fallu faire plus de prises…

 

Metal-Eyes : Tu as dit que vous vouliez pousser vos limites mais aussi que les fans vous demandent des choses opposées. Vous vous appelez Pop Evil, tout est dit dans votre nom… De ce que j’ai pu entendre de votre nouvel album, il y a des passages très heavy et agressifs, d’autres plus pop. Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Leigh KAKATAY : L’album est similaire aux hauts et aux bas de la vie… Je ne suis pas toujours en colère, ni toujours heureux… Il y a beaucoup d’entre deux. Nous jouons avec les émotions. Nous ne sommes pas le genre de groupe à toujours jouer la même chose. Il y a des tonnes de choses qui nous influencent. C’est pareil pour chacun des membres du groupe. Et puis, nous avons grandi, nous avons des familles, nous écoutons plein de musiques différentes ce qui a un gros impact sur nous. La musique du Michigan particulièrement. Si tu comprends, outre-Atlantique, les origines de la musique du Michigan, tu sais qu’il s’agit d’un marché test – comme tout le mid-West en réalité – pour la musique. Il se passe beaucoup de choses ici. Nous avons grandi sans beaucoup d’argent et sans réelles opportunités de faire des choses, avant tout parce qu’il fait froid six ou sept mois dans l’année… Tout ce que nous avions à faire en grandissant, c’était d’aller en concerts. Chaque fois que quelqu’un venait en ville, nous allions le voir live, il n’y avait rien d’autre à faire ! Ça nous a permis de regarder les groupes. Nous avons été très influencés par de nombreux groupes des années 90… Des groupes très mélodiques, groovy, mais on écoutait aussi des choses plus heavy, Metallica, ou d’autres plus metalcore. Quand nous avons monté ce groupe, la question était de savoir comment nous pouvions intégrer toutes ces influences, comment faire ressortir tout ce spectre d’influences et donner des concerts différents de ce à quoi le public est habitué.

 

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de choses, là… Si tu devais résumer, et jouer ton rôle de vendeur, que dirais-tu pour me convaincre de courir acheter cet album à sa sortie ?

Leigh KAKATAY : Eh bien, je te dirais que c’est un album plein d’énergie, plein de groove. Si tu veux de la musique puissante sur laquelle tu puisses chanter, alors cet album est fait pour toi ! Et si tu es déjà fan de Pop Evil, alors, il s’agit là du meilleur album de Pop Evil

 

Metal-Eyes : Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un titre de Versatile pour m’expliquer ce qu’est Pop Evil aujourd’hui, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Leigh KAKATAY : Sans hésiter, je choisirai Breathe again. Cette pandémie nous a vraiment tous mis à genoux et rappelé ce qui est important dans la vie : faire ce qu’on aime. En ce qui nous concerne, écouter de la musique, découvrir de nouveaux groupes, continuer d’aimer les groupes que nous aimons… Simplement réapprendre à respirer de nouveau et ç a, c’est la camaraderie et fréquenter des gens. Aller à des concerts avec des gens que tu ne connais pas, découvrir des gens qui, eux aussi, aiment Pop Evil. Espérons que nous puissions nous retrouver, faire ce que nous aimons : aller en concerts, s’amuser…

 

Metal-Eyes : L’album débute avec Let the chaos reign. Y a-t-il un message particulier derrière ce titre ou est-ce lié à la pandémie ?

Leigh KAKATAY : En fait, il a été écrit avant la pandémie. Let the chaos reign fait référence à nos concerts : quand tu y viens, c’est un mosh-pit, un chaos contrôlé. Pop Evil est un croisé du metal, nous n’aimons pas le monde de la pop, c’est pour cela que nous avons choisi ce nom. Au début des 90’s, le rock perdait beaucoup de terrain, remplacé par la pop… Pour moi, Pop Evil était une sorte de leitmotiv qui me poussait à me lever le matin, à faire partie d’un groupe de rock pour lutter contre la pop… Je crois que ce nom nous a beaucoup aidé à trouver notre place, et à ne jamais prendre « non » comme une réponse. Le rock est très vivant, c’est une évidence ! Tu as assisté à un festival en Europe, alors tu sais de quoi je parle !

 

Metal-Eyes : Breathe again, comme tu l’as dit, semble avoir été plus inspirée par la pandémie que par la mort de George Floyd, par exemple…

Leigh KAKATAY : En fait, tout l’album a été écrit avant la pandémie. Mais c’est assez dingue de voir à quel point tout peut aujourd’hui avoir un sens différent, maintenant que nous vivons cette pandémie.

 

Metal-Eyes : De quoi traitent tes paroles ?

Leigh KAKATAY : J’aime transmettre des messages positifs. C’est quelque chose de commun au groupe. Aider une personne, le faire quand nous sommes en tournée, loin de nos familles et amis. Si nous parvenons à rendre une situation plus vivable pour quelqu’un à travers notre musique, c’est clairement une réussite.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il au contraire des thèmes que tu ne souhaites pas aborder avec Pop Evil, des sujets que tu préfères éviter ?

Leigh KAKATAY : Je ne crois pas… Je suis toujours prêt à écrire si quelque chose de positif peut en ressortir. Nous essayons d’aider. Avec la pandémie et toutes les controverses actuelles, ça va être intéressant de voir ce nous allons pouvoir en tirer. Les sujets de la pandémie vont impacter beaucoup de monde, y compris les membres du groupe. Haley a été confinée en Grande Bretagne, j’ai à peine vu les autres membres du groupe…Nous ne nous sommes pas retrouvés depuis… janvier 2020 ! Ça va vraiment être intéressant de ressentir ces émotions quand nous allons nous retrouver pour écrire… Pour le moment, nous voulons simplement retrouver la scène.

 

Metal-Eyes : Il sera aussi intéressant de voir quelle sera votre énergie scénique une fois que vous rejouerez live (il approuve). Tu as justement dit que la situation s’améliore aux USA…

Leigh KAKATAY : Oui, je veux voir les choses positivement. Notre Etat a été gravement affecté par la pandémie, mais tout semble redevenir normal, les gens ressortent… J’espère retrouver une vie normale, comme tout le monde. Nous avons des dates bookées à partir de juillet, une tournée avec Shinedown. Des dates uniquement aux USA, des festivals. C’est un bon début.

 

Metal-Eyes : Quels souvenirs gardent-tu de votre dernier concert parisien, au Trabendo ?

Leigh KAKATAY : Je me souviens de beaucoup d’énergie. J’étais, pendant notre dernière tournée en France, super malade, j’avais une bronchite carabinée et il fallait que nous fassions avec ! Je me souviens de cette énergie, du public qui chantait les paroles avec nous. Notre public croît en France, c’est une bonne chose. Il nous a fallu du temps pour venir en Europe : nous étions coincés par un contrat discographique et il nous a fallu nous en tirer après le second album. Notre label actuel, eOne, est venu à notre secours, il a fallu négocier notre sortie. Nous n’avions pas les moyens financiers de venir en Europe à nos débuts, il nous a donc fallu du temps pour venir. Je suis très reconnaissant de cette croissance en Europe, nos fans y sont extraordinaires. Et la France nous a si bien accueillis que nous sommes impatients d’y revenir. Ce qui se fera vraisemblablement avec le nouvel album. L’Europe est terre de rock et nous sommes honorés d’y apporter notre petite touche.

 

Metal-Eyes : C’est intéressant de constater que de ton côté, américain, tu considères l’Europe comme un marché important alors que pour les Européens, le marché à conquérir, c’est les USA…

Leigh KAKATAY : Etant issu d’un groupe américain, nous voyons en effet l’Europe comme une terre de rock. Il y a une passion pour le rock et pour le metal différente de ce qu’il y a aux USA. Aux Etats Unis, il y a de plus grandes foules, de plus grands… tout est plus grand, mais ça peut ne pas être une bonne chose parce qu’il y a tellement « plus ». Les fans, avant la pandémie, avaient tendance à prendre les choses pour acquises : « oh, on ira voir ce groupe la prochaine fois qu’il passe » … J’ai l’impression que les Européens apportent vraiment leur soutien aux groupes qu’ils vont voir, ils comprennent les implications, financières ou autres, et je crois qu’ils ont plus de sympathie et de passion pour les groupes américains qu’ils soutiennent. Si nous donnons 3 ou 4 concerts en France, le public sera présent. C’est pareil en Allemagne, en Angleterre et partout en Europe. Je pense que la passion des Européens pour le rock et le metal est vécue différemment, et j’aime vraiment cela. Nous devions venir l’été dernier, pour la saison des festivals, mais le Covid a frappé et ça a ruiné pas mal d’opportunités de voir le groupe grandir outre-Atlantique. Je ne pense pas que nous puissions revenir avant 2022, à cause des restrictions de voyage… Personne ne sait vraiment ce qu’il en sera. Si nous pouvons venir avant 2022, tant mieux ! Il n’y a pas de meilleur endroit pour moi que les festivals en Europe !

 

Metal-Eyes : Tu constates aussi la différence de réactions entre les fans européens et d’autres ?

Leigh KAKATAY : Les fans français, anglais et allemands nous ont toujours super bien accueillis, avec passion. C’est sans doute parce qu’ils connaissent bien notre musique… Je compare toujours avec les groupes américains où nous avons toujours tournés, deux fois par an depui 2007. J’ai l’impression qu’ici c’est « montre-moi ce que tu sais faire » tandis qu’en Europe c’est « donne-moi ce que tu as » !

 

Metal-Eyes : J’aime cette façon de voir les choses !

Leigh KAKATAY : Tu sais, nous n’avons pas rencontré le succès rapidement aux USA, nous avons tourné dans des circuits… LA première fois que nous sommes allés en Australie, les salles étaient blindées… Notre premier concert à Paris, je me souviens d’avoir rencontré des journalistes qui m’ont averti : « ne le prend pas mal, mais le public parisien est très exigeant ». Ça m’a un peu foutu la trouille, je me disais que le concert allait être très difficile mais ça a été tout le contraire…

 

Metal-Eyes : Le public parisien a cette réputation : si le public ne t’apprécie pas, tu le sauras vite, autant que s’il t’apprécie… Je me souviens, il y a une vingtaine d’années, Sting a entamé sa nouvelle tournée par une semaine à Paris, déclarant que si ça ne marchait pas ici, il n’allait pas plus loin…

Leigh KAKATAY (il rit) : J’adore, vraiment ! Mais c’est vrai. La France en général est comme ça. J’ai toujours appris le Français à l’école. Du côté de ma mère, ma famille est canadienne, ils parlent tous français. J’étais le fainéant de la famille, mon français était pitoyable, un peu comme un touriste ! Je pouvais le comprendre, mais… J’ai toujours fantasmé « j’ai envie d’aller à Paris, visiter la France ». Et maintenant que j’ai eu l’occasion de venir y jouer, il y a beaucoup de choses que j’aime dans ce pays : la culture, les gens, les paysages… Quand tu es en tournée, il y a toujours ces paysages qui résonnent en toi, te frappent, et la France en fait partie.

 

Metal-Eyes : Nous arrivons à la fin de notre interview, alors quelle pourriat être la devise de Pop Evil ?

Leigh KAKATAY : Positivité, mon ami ! Tu sais, on a commencé il y a quelques temps, et nous voyons maintenant des gamins venir avec leurs parents. On a pu tourner avec des groupes légendaires comme Judas Priest, Poison et d’autres et tous disent la même chose : « nos fans ont grandi avec nous et ils élèvent leurs enfants avec nous ». Cela a toujours fait écho en moi. Que les groupes avec lesquels j’ai grandi disent cela…  Nous avons toujours voulu avoir du succès et avoir des fans à travers la planète… Mais notre véritable ambition, c’est simplement de pouvoir apporter quelque chose aux fans, partout dans le monde… Nous avons déjà tant voyagé à travers le monde, nous avons déjà eu tant de succès… Il faut mettre les choses en perspective : pourquoi tu voyages aussi loin, pourquoi tu passes autant de temps loin des tiens… Et quand tu vois les gens venir en famille, le gamin sur les épaules de son père, horns up en train de hurler, de chanter toutes les paroles, là, ça te donne un sourire intérieur, si large et profond que ça me rappelle moi, sur les épaules de mon père à un concert de Lynnyrd Skynnyrd chantant Freebird… C’est si spécial… Quand ta musique franchit les époques, que tu peux l’écouter avec tes enfants, c’est très cool…

 

Metal-Eyes : Une dernière chose, et c’est uniquement ta faute puisque tu l’as évoqué tout à l’heure (il rit) : quelle serait ta conclusion en français

Leigh KAKATAY : Ah, man… (En français) : Je voudrais jouer un concert – ou des concerts – en France.