HELLTERVIEW: MALEMORT

Interview MALEMORT. Entretien avec Julien (guitare), Xavier (chant), JC (basse), Cédric, batterie. Propos recueillis au Hellfest le 23 juin 2018

Malemort @ Hellfest 2018

Metal-Eyes : Ball trap est sorti fin 2016, a reçu d’excellentes critiques dès sa sortie. On vous espérait au Hellfest l’an dernier, mais il a fallu attendre 2018 pour vous y retrouver. Qu’est-ce qui a demandé autant de temps d’après vous ?

Xavier : Je pense que c’est la montée du buzz, en fait. Quand tu travailles en auto production, les choses sont très progressives, parce qu’il n’y a pas de plan média. C’est à la sueur de ton front, aux preuves que tu peux apporter de ton implication. C’est vrai que les retours ont été très bons sur le deuxième album, et il a fallu que ça mature un peu. A la limite, je dirais même que c’est très bien, ça tombe bien que ça se produise cette année : l’année dernière, on n’aurait pas réussi à faire ce qu’on a fait cette année. Je considère que les choses arrivent finalement bien. D’expérience, par rapport à toute l’histoire de Malemort, j’ai appris à me rendre compte que tout ce qui t’arrive tombe au bon moment. Lire la suite

Interview: TURBOWOLF

Interview TURBOWOLF. Entretien avec Chris (chant). Propos recueillis à l’Alba Opéra Hotel, à Paris, le 16 mai 2018

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Metal-Eyes : Je découvre Turbowolf avec ce nouvel album, The free life. Il s’agit déjà de votre troisième album, mais peux-tu me raconter brièvement l’histoire de Turbowolf ?

Chris : Absolument. Nous avons débuté le groupe en 2006, à Bristol, Andy, le guitariste, et moi. Nous avons eu différents bassistes et batteurs à cette époque, mais je crois que nous avons un line-up stable désormais. Ça fait 6 ou 7 ans que nous avons le même bassiste. Notre vision, et notre « mission », dès le départ, est de créer quelque chose qui nous excite, nous, en musique rock. Pas seulement quelque chose de nouveau, quelque chose qui nous plaise. C’est encore ce que nous cherchons aujourd’hui.

Metal-Eyes : Quels sont, jusqu’à aujourd’hui, les grands moments vécus par le groupe ? Sans doute l’enregistrement du premier album ?

Chris : L’enregistrement du premier album, c’est certain ! Comme je l’ai dit, nous avons formé le groupe aux alentours de 2006 et notre premier album n’est sorti qu’en 2011. Entre temps, nous avons donné beaucoup de concerts, peaufiné notre son, travaillé et décidé quelles chansons allaient terminer sur l’album, celles que nous écartions. C’était un grand moment pour nous de faire ce premier album. De travailler avec un label, c’était la première fois que nous travaillions avec une maison de disques. Nous avons fait partie de groupes depuis que nous sommes ados, mais là c’était nouveau : il a fallu trouver qui allait sortir le disque, comment tourner plus professionnellement… Avant même la sortie de l’album, nous avons tourné, en 2010, avec Korn et Dimmu Borgir sur la même affiche. C’était une affiche très particulière mais ça a plutôt fonctionné. Nous faisions un peu tâche parce que nous ne sonnons comme aucun de ces deux groupes…

Metal-Eyes : Aucun des groupes ne sonne comme l’autre, ce sont 3 styles différents.

Chris : Exactement. C’était une affiche très diversifiée. C’était un grand moment pour nous parce que nous n’avions jamais joué devant autant de monde. Avant ça, nous jouions dans des caves, des petits clubs, et là, on joue dans des grandes salles… C’était cool. Ensuite, un autre grand moment a été l’enregistrement de notre second album avec notre ami Tom Dougherty, qui a travaillé avec Royal Blood, il vient de terminer le nouvel album de Ghost. A ce moment là Tom était simplement notre ami. Maintenant, il est ce producteur rock mondialement connu…. Mais il reste un super ami. Rabbits est devenu une sorte de hit pour nous, c’est notre chanson la plus connue aujourd’hui. Nous avons pur tourner en Amérique, où nous avons eu pas mal de passages radios et où nous avons été plutôt bien exposés… Nous avons aussi rencontré un de nos groupes préférés de tos temps, Death From Above, et avons même eu le plaisir que Sebastian, le chanteur du groupe, chante sur notre nouvel album. Voilà quelques grands moments qui nous mènent à aujourd’hui.

Metal-Eyes : Je n’ai pas pu écouter l’album entièrement, mais ce que j’en retire c’est du Black Sabbath, du psyché et beaucoup de choses heavy. Qu’avez-vous mis dans ce disque et quelles sont vos influences ?

Chris : Nos influences sont de ne pas nous laisser trop influencer. Comme je l’ai dit, dès le départ, nous avons voulu faire quelque chose de neuf dans la musique rock, trouver un son qui nous soit propre, trouver notre chemin. De nombreux groupes que nous apprécions n’entre dans aucune case : Rage Against The Machine, System Of A Down, Smashing Pumpkins… De nombreux groupes que les gens ont, plus tard, voulu catégoriser. Rap metal, grunge, neo metal… Ces groupes sont uniques, et nous souhaitons faire de même, que les gens aient du mal à nous définir. On aime ça, et si les gens ont du mal à classer notre musique, cela signifie, pour nous, que nous sommes sur la bonne voie.

Metal-Eyes : De quoi parlez-vous dans les chansons ?

Chris : J’essaye de ne pas faire de déclaration trop ouverte, littérale. De ne pas donner de réponse ouverte. Je préfère poser des questions et peindre autour d’un thème, laisser l’auditeur en tirer ce qu’il souhaite. Je trouve intéressant, en tant qu’auditeur, d’écouter un album et de me faire ma propre idée des ce qui est traité dans les paroles.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous ne souhaitez pas aborder ?

Chris : Nous voulons que le groupe soit une échappatoire de la réalité, nous ne voulons pas devenir trop politique dans notre musique.

Metal-Eyes : Pourquoi, parce que c’est trop personnel, ça marque trop une époque ?

Chris : Non, même si, évidemment, ce sont des facteurs. Nous ne voulons pas être attachés à ce monde, nous voulons créer un nouvel espace, une nouvelle dimension cosmique vers laquelle les gens puissent s’évader. Aller ailleurs avec notre musique.

Metal-Eyes : Vous ne souhaitez pas plus aborder des thèmes comme la religion ou d’autres choses intimes ?

Chris : J’ai le sentiment que je traite ces sujets en écrivant les paroles. Mais je les rends suffisamment abstraites pour que les gens y trouvent leur propre interprétation, y mettent un sens qui leur soit propre. Je trouve cela plus important de poser un sujet et d’être amené à y réfléchir, en parler, plutôt que de se voir imposer une vision. Si je peux inspirer une réflexion, je suis un homme heureux, j’ai fait mon travail !

Metal-Eyes : De même que si tu peux provoquer une discussion autour d’un sujet, j’imagine…

Chris : Bien sûr !

Metal-Eyes : Que pourrais-tu me dire pour me convaincre de filer acheter The free life dès la fin de cette entrevue ?

Chris : Je dirais… Tout d’abord, je te demanderais si tu aimes la musique bruyante. Tu pourrais me répondre que non. Je te répondrais alors : « Eh bien, même si tu n’aimes pas la musique bruyante, tu pourrais aimer ce que nous faisons. Parce la manière dont nous écrivons… nous cherchons à créer un pont entre le « bruit » et tous ces sons que les gens appellent horribles et de choses plus douces, les enrober dans du coton. Et tu devrais trouver des choses qui te plaisent dans notre groupe car il y a beaucoup de pop, de funk dans notre musique. Tu devrais donc trouver de quoi te satisfaire ». Et si tu aimes la musique bruyante, tu vas apprécier nos riffs et nos mélodies.

Metal-Eyes : Un groupe de rock joue aussi sur scène. Vous n’avez cependant pas été souvent à Paris…

Chris : On a joué à Paris… 3 ou 4 fois, je crois.

Metal-Eyes : Et y a-t-il une tournée prévue ?

Chris : Nous venons de terminer une tournée européenne, mais nous n’avons pas joué à Paris, ni en France. Je ne sais pas trop pour quelle raison… On a un agent. Il n’est plus notre agent, pas pour cette raison, mais aujourd’hui, on en a un autre. Pourquoi on n’a pas joué en France ? Nous avons donné 8 ou 9 concerts en Europe, ce qui n’est pas beaucoup. Paris, nous y jouerons en octobre. Je ne peux te donner de date, ni avec qui, mais c’est un groupe pour lequel nous ouvrirons. Dans une grande salle, mais nous ne pouvons l’annoncer pour le moment. Nous attendons que ce soit confirmer.

Metal-Eyes : Après 3 albums, et une stabilité de 8 ans, quelle pourrait être, aujourd’hui, la devise de Turbowolf ?

Chris : (il réfléchit)… Soyez différent ?

Metal-Eyes : Sympa, je prends. Maintenant si tu devais ne retenir qu’une chanson de The free life pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Turbowolf, laquelle serait-ce ?

Chris : Ok… Je choisirais… la chanson The free life, qui est la dernière chanson du disque. Parce que je pense que de nombreux sons, de nombreuses choses que nous faisons se trouvent sur ce titre. Les parties dures, un peu punk, celles un peu plus pop, des passages plus énervés…

Metal-Eyes : Et comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre vos deux derniers albums ?

Chris : Ok, d’accord. Le précédent, nous l’avons co-produit avec notre ami Tom Dougherty, celui-ci, Andy et moi l’avons produit et mixé. Nous avons pris les choses beaucoup plus au sérieux pour ce disque. Passer plus de temps afin d’obtenir les choses que nous voulions. C’est l’évolution principale, devenir de plus en plus autonomes. Musicalement et artistiquement, nous ne voulions pas répéter les deux premiers disques et en créer un qui rentre dans leur lignée. Je crois que nous y sommes parvenus.

Metal-Eyes : Une dernière choses : vous êtes ici depuis ce matin, vous répondez à de nombreuses questions : quelle a été selon toi la meilleure question, celle qui t’a le plus surpris, étonné, que tu as préféré ?

Chris : Ma question préférée ? En fait, jusqu’à présent, j’ai préféré ton interview…

Metal-Eyes : Je n’ai pas dit interview, seulement la question. Même si je suis le meilleur (rires)

Chris : Oui, tu es le meilleur, c’est ça ! Sérieusement, c’est jusqu’à présent la meilleur interview, alors bravo !

Metal-Eyes : Merci !

Chris : Je pense que parler de ce que nous ne souhaitons pas traiter directement dans nos textes était intéressant parce qu’on ne nous pose pas souvent ce genre de question. C’était une question différente.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour cette interview et bonne chance avec The free life qui est sorti en mars.

Chris : Merci à toi !

 

Interview: THE DEAD DAISIES

Interview THE DEAD DAISIES. Entretien avec John Corabi (chant). Propos recueillis au Trabendo, à Paris le 6 mai 2018

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, comment vas-tu, John ?

John Corabi : Bien, super ! Nous sommes en tournée et nous sommes prêts à prendre un peu de repos avant d’aller au Japon. Le public a été super, tous les shows au Royaume-Uni ont affiché complet et c’est presque partout complet ici en Europe. C’est assez incroyable…

Metal-Eyes : The Dead Daisies vient de sortir son 4ème album, Burn it down. Quels sont les premiers retours que vous avez eus à son sujet ?

John Corabi : Honnêtement, les retours ont été excellents. Tout le monde semble s’accorder sur le fait qu’il s’agit dune nouvelle étape, d’une progression logique pour les Daisies. Mais personnellement, je ne fais pas trop attention aux critiques car chacun aime des chansons différentes, voit différentes explications dans les paroles. Quelqu’un peut adorer le disque, quelqu’un d’autre le détester… J’essaie juste de faire au mieux et je croise mes doigts

Metal-Eyes : Tant que tu prends du plaisir à faire ce que tu fais…

John Corabi : Oui, oui, et la plupart des fans, je peux les voir chanter avec nous quand on monte sur scène. C’est génial !

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de The Dead Daisies entre Make some noise et Burn it down ?

John Corabi : Je pense que nous sommes simplement plus à l’aise les uns avec les autres, nous savons comment les choses fonctionnent, quoi faire en studio. Notre façon de faire est quelque peu inhabituelle…

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

John Corabi : Eh bien, quand on se retrouve en studio, nous n’avons pas de chanson finalisée, nous finissons tout dans ces moments. On débarque, l’un de nous suggère d’écouter tel riff, mais il y a 5 gars dans ce groupes, chacun compose, et il y a Marti Fredericksen, qui a produit plein de choses pour nous qui écrit aussi. Alors il y a 6 compositeurs qui passent leur temps à balancer des idées. C’est un process très rapide, et très étrange : quand on a fait Revolucion, il nous a fallu un mois. Pour le composer, l’enregistrer et le mixer. Make some noise, tout a été fait en, je crois, 5 semaines. Celui-ci nous a pris un peu plus de temps, Marti a pris quelques breaks parce qu’il était aussi en tournée avec Steven Tyler, mais il nous a fallu 7 semaines en tout, artwork compris. C’est rapide, mais je pense que maintenant, on sait que ça doit être fait, alors on met nos casquettes « enregistrement studio », et on donne le maximum pour le disque.

Metal-Eyes : Vous vous connaissez bien mieux, maintenant ? Quand quelqu’un a une idée qui ne vous plait pas, vous le dites simplement et l’oubliez ?

John Corabi : Tu sais, on a aussi de désaccords, mais on fait en sorte de trouver un point d’entente et, au bout  du compte, si je dis que je pense que la chanson devrait sonner ainsi mais que David, Doug ou Marco ne sont pas d’accord, alors Marti se pose comme le vote arbitraire. Il est le capitaine, le producteur, et, de toute évidence, nous faisons confiance à son expertise pour dire « John, Doug a raison », ou le contraire, tu me comprends ? C’est vraiment un process de dingue, mais c’est assez facile, somme toute.

Metal-Eyes : La dernière fois que nous nous sommes parlés, au Hellfest, tu avais justement donné des surnoms à tes camarades : Brian était le penseur, tu étais le joker et David, le pilote. Comment définis-tu les autres membres, et cette vision de vous a-t-elle évolué ?

John Corabi : Je dirais que c’est à peu près la même chose. Brian est, de toute évidence, parti, Deen est arrivé et… tu sais quoi ? Je dirais que Deen ressemble en de nombreux points à Brian : il est très énergique, il réfléchit beaucoup, c’est un super batteur doublé d’un excellent chanteur. C’est à peu de choses près pareil, mais quand on entre en studio pour enregistrer, nous avons chacun nos opinions, mais donnons tout pouvoir à Marti pour nous dire « je pense que nous devrions le faire ainsi ». Il est le producteur, nous l’engageons pour faire ça, il est une oreille extérieure et apporte ses idées sur une chose sur laquelle nous avons travaillée mais dont nous ne sommes pas sûrs. Il nous dira si on tient quelque chose… Soyons réalistes : il a eu beaucoup de succès en écrivant des chansons comme Jaded avec Steven Tyler, il a écrit avec Def Leppard, Ozzy… et tous ces grands artistes. Alors pourquoi ne l’écouterions nous pas ? Nous prenons son avis et parfois on lui donne notre point de vue. Il y réfléchit et prend une décision. Il est sans conteste le capitaine.

Metal-Eyes : Que serait Marco ?

John Corabi : Marco serait un joker, aussi. On se bat toujours pour être dans la lumière, et c’est tout bon !

Metal-Eyes : A mon avis, Burn it down est plus heavy que Make some noise. Plus sérieux, aussi. Quel est ton point de vue ?

John Corabi Je suis d’accord. Je pense qu’il est plus… politique, oui, mais il y a aussi des chansons qui traitent de nos vies, comme Set me free, Resurrected… Il est agressif un peu heavy, tout en étant plus éclectique que le précédent. Il est heavy, parfois, mais pas dans le sens dur… Je le vois plus heavy comme pouvait l’être Zeppelin ou le vieux Black Sabbath, tu vois ? Ce qui est du classic rock maintenant. Ce que tu dis est très vrai. C’est comme les paroles : beaucoup de gens nous demandent de quoi traite telle ou telle chanson. De la vie ! J’écris les paroles en dernier ; j’écoute la musique et j’écris. Rise up, par exemple, reflète la colère…

Metal-Eyes : Rise up, justement, semble comme si elle avait été écrite hier, un appel au réveil de la jeunesse. Comment réagis-tu au discours que vient d’avoir Donald Trump avec la NRA stipulant que si les Parisiens avaient été armés, il n’y aurait jamais eu autant de morts au Bataclan ?

John Corabi : Tu sais quoi ? Tout le monde se bat pour sa cause. La NRA, aux USA, donne à tous ces politiciens des centaines de milliers de dollars pour voter pour eux. Je ne suis pas forcément d’accord. Je suis simplement persuadé que ce serait le chaos total si un paquet de gens pouvaient se tirer dessus « voilà le mec, boom ! Oh, non, je me suis planté, pardon ! » C’est une situation complexe, je ne saurais pas comment en venir à bout. Je n’ai aucune envie de faire de la politique aujourd’hui, mais je ne suis pas du tout d’accord avec le président des Etats-Unis à ce sujet. Absolument pas.

Metal-Eyes : Tu conviens donc que Rise up, aujourd’hui, peut dénoncer cela, aussi ?

John Corabi : Je pense que, selon moi… Je ne fais absolument pas confiance à nos politiciens. Ma confiance envers les politiciens est identique à celle que je porte aux avocats. Ou aux vendeurs de voitures. C’est tout ce qu’ils sont. Rise up n’est pas contre Donald Trump, elle est contre les politiciens. Ma vision est que je vote, tu votes, nous les avons placés au pouvoir, leur avons donné leur poste. Si tu regardes ce qui se passe aux USA, et vraisemblablement tu t’intéresse à la politique étrangère, il y a 2 partis : les conservateurs, et les libéraux. Si tu prends une personne de chaque bord, tu  les places dans une pièce et leur dit « tout intérêt moral mis à part » – les intérêts gouvernementaux sont pour mois des intérêts moraux, le mariage gay, l’avortement, ce genre de débat j’en ai rien à foutre ! – pose leur la question « que voulez vous vraiment ? » Je pense que tous dirais vouloir travailler, gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille, pouvoir, disons, une fois par an, partir en vacances avec sa famille, avoir la sécurité sociale et en cas d’urgence, de pouvoir s’en occuper. La sécurité, tout simplement. Et je pense que c’est ce que tout le monde souhaite. Les gens souhaitent simplement une vie heureuse, ne pas payer trop d’impôts, payer des assurances sans rien obtenir en retour, tu vois ce que je veux dire ? Je suis certains que ces deux personnes découvriraient avoir beaucoup plus en commun que ce qu’elles pensent. Le reste, c’est moral, spirituel, religieux. Ça n’a rien à voir avec le gouvernement ! Je dis à tout le monde qu’ils ont votés, qu’ils ont élus ces gens, conservateurs ou libéraux, nous les avons mis au pouvoir ! Ils gagnent beaucoup d’argent à faire de la politique, alors si nous voulons que les choses changent, on ne reste pas assis à ne rien faire ou à se plaindre. On se lève, on sort, on va voter ou on se lève et on fait savoir que ça ne nous plait pas ! C’est tout ce dont traite cette chansons. Je vois des gens qui disent « merde, je déteste Trump, je le déteste ! ». Ok, tu as voté ? « non » Alors ferme ta putain de gueule !

Metal-Eyes : C’est exactement ce que je pense !

John Corabi : Tu ne te plains pas si tu ne fais pas entendre ta voix, si tu ne fais rien, même de simple, pour que ça change. A commencer par aller voter.

Metal-Eyes : Nous sommes d’accord. Vous reprenez, comme toujours, une chanson. Pourquoi avoir choisi Bitch, des Rolling Stones ?

John Corabi : Il y a un million de chansons des Stones qu’on aurait pu reprendre…

Metal-Eyes : Peut-être pas autant…

John Corabi : Non, tu as raison. Tu sais quoi? Tu viens de faire une autre remarque très juste : on adore les Stones, mais au regard de l’ensemble de notre album, le riff colle parfaitement au reste du disque. On l’a répété, on l’a rendu un peu plus heavy et ça fonctionne. Tu sais ce qui m’amuse, en revanche ?

Metal-Eyes : Dis moi…

John Corabi : Combien de personnes ne savent absolument pas qu’il s’agit d’une chanson des Rolling Stones ? Ils pensent que nous l’avons écrite… Maintenant, sur scène, je l’annonce : « OK, on va faire une chanson d’un des plus grands groupe de rock ! Vous aimez les Rolling Stones ? » Je dois leur faire savoir, parce que nombreux sont ceux qui ne savent pas que c’est une de leurs chansons. Je trouve ça dingue !

Metal-Eyes : Parlons de ce gars (je pointe Deen Castronovo, le nouveau batteur, qui est en interview à une table à côté de nous). Comment l’avez-vous sélectionné ?

John Corabi : Je ne connaissais pas Deen. J’en avais entendu parlé, mais Doug et Marco avaient travaillé avec lui. Ils l’ont appelé, il est venu, nous avons eu une très longue conversation au sujet de son passé et de certains évènements de sa vie. Il a été très honnête puis s’est assis à la batterie. Il est génial. Et pour moi, c’est super d’avoir en plus cette voix en backing vocals, il est extraordinaire au chant, tu m’entendras.

Metal-Eyes : Deux dernières choses : si tu devais retenir un seul titre de Burn it down pour expliquer ce qu’est The Dead Daisies aujourd’hui, ce serait laquelle ?

John Corabi : … Je réfléchis… Je pense que ça pourrait être soit Burn it down ou Judgement day, deux chansons qui couvrent tout le panel musical des Daisies. Elles ont beaucoup de couleurs différentes, d’ambiances aussi. L’une des deux, car elles démontrent qu’il y a plus à découvrir dans ce groupe que simplement du rock.

Metal-Eyes : Quel pourrait être la devise des Dead Daisies aujourd’hui ?

John Corabi : Mmh, mmh… Tu sais quoi ? « profites de ta vie ! » Nos vies sont si fragiles, on ne sait pas de quoi demain est fait. Le Bataclan l’a prouvé, beaucoup d’autres choses depuis, aussi. « Profites de ta vie, sois bon et amuses-toi. Et rocke ! » (rires)

Merci à Olivier Garnier et Roger Wessier (Replica promotion) d’avoir rendu cette interview possible.

 

 

Interview: ZEAL AND ARDOR

Interview ZEAL AND ARDOR. Entretien avec Manuel Gagneux (tout sauf batterie). Propos recueillis au Black Dog, à Paris Paris le 3 mai 2018

Metal-Eyes : Manuel, tout d’abord, comment vas-tu ? 

Manuel Gagneux : Bien ! Surcaféiné, donc je suis super éveillé (rires) !

Metal-Eyes : Ce qui est plutôt bien, puisque tu es en tournée de promotion pour le nouvel album de Zeal And Ardor. Comme il s’agit de notre première rencontre, je vais rester très traditionnel : peux-tu, en quelques mots, raconter l’histoire de Zeal And Ardor ? D’après ce que j’ai compris, tout est parti d’un gag…

Manuel Gagneux : Oui… J’avais l’habitude de faire un jeu en ligne où je demandais aux gens de choisir chacun un style musical, je choisissais deux des genres, les mélangeais pour en faire une chanson en une vingtaine de minutes. Un jour, un gars a suggéré « musique nègre et black metal ». Plutôt que de m’en offusquer, j’ai pensé « va te faire foutre, je vais te pondre une bonne chanson avec ça ! » Je l’ai fait, et ensuite, ça a un peu échappé à mon contrôle… Rolling Stone en a parlé et maintenant… me voici en train de donner des interviews à Paris !

Metal-Eyes : C’est bon signe ! Ta musique mélange du Black metal, de la musique noire, du blues, de la soul… Avec autant de styles, comment parviens-tu à obtenir un résultat si cohérent ?

Manuel Gagneux : C’est la force de l’erreur… La plupart des choses ne collent pas ensemble, c’est vraiment une suite d’erreurs… J’ai une idée et cherche ce qui pourrait venir la contraster de manière intéressante. Parfois ça fonctionne, d’autres fois, non. La plupart du temps, ça ne colle pas, mais quand ça marche, j’utilise tout ça comme une sorte de jeu de Lego pour en tirer une chanson.

Metal-Eyes : Et qui te conseille, décides-tu seul de ce qui est bon ou prends-tu des conseils extérieurs ?

Manuel Gagneux : Je travaille seul, la plupart du temps. Quand je termine une chanson, je la présente à des amis, pour avoir un retour. Mais c’est beaucoup plus tard !

Metal-Eyes : Tu es sur le point de sortir ton troisième album, Stranger Fruit. Comment décrirais-tu ton évolution musicale entre Devil is fine et Stranger fruit ?

Manuel Gagneux : Comme j’ai disposé d’un peu plus de temps et d’argent pour réaliser ce disque, j’ai pensé que ce serait juste de proposer un album un peu plus long, d’avoir un meilleur son et un meilleur mix. J’ai obtenu l’aide de gens compétents, même si j’ai écrit toutes les chansons. Le son de guitare, par exemple, est aussi bon grâce à Thibault Adam, un producteur autrichien qui m’a aidé, le son de la batterie ets le résultat du mix de Kirk Lew.

Metal-Eyes : As-tu eu recours à des musiciens extérieurs, y a-t-il des invités sur ce disque ?

Manuel Gagneux : Oui, il y en a un : la batterie a été enregistrée par Marco Von Allen qui joue aussi live avec nous. Mon corps est simplement trop faible pour pouvoir jouer de la batterie. Je programme la batterie, lui fais écouter ce que j’attends et, comme par magie, il le réalise ! Le reste, c’estr moi.

Metal-Eyes : Je n’ai pas eu le temps d’écouter tout l’album, cependant, je n’ai pas entendu de Black metal sur la première moitié. Où se cache ton côté Black ?

Manuel Gagneux : … Dans la seconde moitié (rires) !

Metal-Eyes : J’aurais dû m’y attendre !

Manuel Gagneux : Tu parles du genre Black metal ? Je pense qu’il se situe en des endroits intéressants. Il y a des groupes qui parviennent à proposer du très bon Black de façon traditionnelle et d’autres qui cherchent à l’amener dans d’autres directions. C’est ce que je cherche à faire. D’ici 5 ans, je pense qu’il va y avoir une explosion de sous genre liés au Black.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Stranger fruit pour décrire ce qu’est aujourd’hui Zeal And Ardor, laquelle serait-ce ?

Manuel Gagneux : Je pense que ce serait Ship on Fire, parce qu’elle résume chaque élément de l’album, à l’exception de l’interlude…

Metal-Eyes : Quelle est ton éducation musicale ?

Manuel Gagneux : Mes parents sont tous deux musiciens, mais je n’ai pas eu une éducation musicale traditionnelle. Je n’ai jamais eu de cours de musique… En fait, si : j’ai pris un cours de guitare dans une école de jazz et j’ai détesté ça… Je pense que mon éducation se résume à avoir été un ado sans petite amie et avec une guitare… J’ai appris en écoutant des choses techniques, comme Wintersun, qui m’a vraiment impressionné, et tous les dieux de la guitare comme Van Halen, Dream Theater et tous ces trucs techniques. C’était mes influences à l’époque, aujourd’hui, ce sont des musiciens comme Marc Ribaud, Mr Bungle et Zappa, des gens étranges…

Metal-Eyes : Quel pourrait être la devise de Zeal And Ardor ?

Manuel Gagneux : Une devise ? « Fais ce que tu veux sans te soucier de ce que pensent les autres ». C’est très cliché, peut-être, mais…

Metal-Eyes : Tu vas jouer au Hellfest pour la première fois cette année, à une place assez bonne sur l’affiche. Que représente le Hellfest pour toi, Américain ?

Manuel Gagneux : Ca reste un festival indépendant, avec une affiche de tueur. J’ai l’impression que les gens ne sont pas sur sollicité. C’est pas un truc de Live Nation, en gros ! En tant que musiciens qui joue en festival, on se rend vite compte si l’orga est celle de passionnés ou si ça n’est qu’un boulot. Et j’ai le sentiment que c’est un de ces festivals où les gens adorent être, même s’ils y travaillent. J’espère que ce sera spécial.

Metal-Eyes : Comment te prépares-tu pour un tel événement ? Tu es un musicien solo, mais tu seras accompagné d’un groupe.

Manuel Gagneux : En fait, on joue ensemble depuis un an, et je ne peux imaginer travailler avec d’autres personnes. Je l’ai tenté, parce qu’ils n’ont pas obtenu de visa pour les USA, où j’ai donné des concerts avec d’autres musiciens. Très bons, mais ce n’était pas pareil. On répète un max, c’est tout !

Metal-Eyes : Et eux viennent d’où ?

Manuel Gagneux : Ils sont tous de Bales, où je vis maintenant. Des amis…

Metal-Eyes : Des Suisses qui n’ont pas pu avoir de visa pour les USA ?

Manuel Gagneux : Oui, parce qu’il faut un visa de travail en tant que musiciens. Mais il faut avoir été un groupe depuis deux ans, 18 mois, pour obtenir ce type de visa. Une règle décidé je ne sais comment, mais, bon…

Metal-Eyes : Et c’est eux qui seront avec toi à Clisson ?

Manuel Gagneux : Oui…

Metal-Eyes : Et tu pourras constater ce que tu viens de dire : l’ambiance est spéciale. Tu verras des gens faire la queue pour acheter, cette année, les billets pour l’an prochain.

Manuel Gagneux : C’est dément !

Metal-Eyes : Si tu devais décrire la musique de Zeal And Ardor à quelqu’un qui ne vous connait opas, afin de le convaincre d’acheter votre album, que lui dirais-tu ?

Manuel Gagneux : Je ne veux convaincre personne d’acheter l’album s’il ne le souhaite pas, mais… Ma musique joue sur des émotions extrêmes, à la fois agressives et mélancoliques ou joyeuses. Il n’y a pas de compromis, je suis toujours dans les extrêmes. Alors, si tu aimes les extrêmes, peut-être aimeras-tu ma musique !

Metal-Eyes : Tu parviens à mélanger ces ambiances. J’entends le blues des bayous, et la souffrance mêlée de tristesse des gens qui travaillaient dans les bayous de Louisiane.

Manuel Gagneux (il lève les bras, poings fermés): Oui ! J’y suis arrivé ! C’est ce que je cherche à faire !

Metal-Eyes : Une dernière chose : tu as passé une bonne partie de ta journée en promo, quelle a été ta question préférée jusqu’ici ? La plus surprenante, intéressante…

Manuel Gagneux : La meilleure question ? Je dirais : « Quelle est la meilleure question qui t’a été posée aujourd’hui ? »

Metal-Eyes : Et pour quelle raison ?

Manuel Gagneux : … Ah, nom de Dieu ! (rires) Parce que c’est une question ouverte, qui fait réfléchir à ce qui a été demandé depuis ce matin. Une question très professionnelle à laquelle je ne peux pas répondre par « oui » ou « non ».

Metal-Eyes : Alors je prends cette réponse comme un compliment ! Bonne chance avec ce nouvel album et je te verrais au Hellfest !

Manuel Gagneux : Avec plaisir ! Et merci pour ton temps, aussi !

 

METALDAYS: le festival de rêves?

Coincée entre, à l’Ouest, l’Italie et un petit bout de mer Adriatique, au Nord, l’Autriche et au Sud, la Croatie, se situe la Slovénie. Vous iriez, spontanément, en Slovénie, vous? Perso, ce n’est pas la première destination qui me vienne à l’esprit. Mais une question: « Tolmin? Oucéksé, ça, Tolmin? »

Et pourtant… L’amateur de metal le sait bien: quelques festivals méritent de s’y intéresser et de voyager. Le Metaldays (www.metaldays.net), qui célèbre sa 15ème édition, se tiendra du 22 au 28 juillet prochain dans cette petite ville à quelques heures de vol de Paris. Et cette année, pour fêter l’événement, Govan, un des organisateurs, a décidé de faire comme les groupes qu’il reçoit: une tournée de promotion.

Certains se demanderaient pourquoi venir à Paris. « Parce que la France représente le second public du festival », rétorque le barbu tatoué. « Metaldays n’est pas le plus gros festival, on n’accueille que 12000 personnes par jour, environ. Et la France, à elle seule, représente pas moins de 2000 personnes qui viennent passer la semaine à Tolmin« .

Un sixième de la fréquentation, presque un cinquième, quand même. Juste derrière l’Allemagne (3500) et devant l’Autriche (un peu moins de 2000). Seconde nation parmi les plus de 60 (Chine, Nouvelle Zélande, Australie, USA, Canada…) dont les citoyens s’offrent une semaine dans un paysage de rêve. Car si le festival se passe sur une semaine, il ne dure en réalité que 5 jours, ce qui permet au public de « s’installer le premier jour, de se reposer après le festival« . Et pendant les 5 jours du fest, « généralement, les spectateurs font un peu de tourisme« . Oui, mais, il a quoi de si particulier, le Metaldays par rapport aux autres grands fest européens comme le Grasspop, le Wacken ou notre Hellfest? « Il n’y a pas de scénographie particulière, c’est vrai. Seulement, le site du festival est particulier puisqu’il se situe entre deux rivières. Les spectateurs peuvent donc se baigner, sortir de l’eau et venir voir jouer un groupe deux minutes après! Ou revenir d’une ballade pour assister à un concert. Metaldays combine vacances d’été et metal. C’est le lieu qui fait notre différence et rend Metaldays unique« .

Bien, mais un festival, ce sont aussi les groupes. « On est très fiers de l’affiche, mais on retrouve ces groupes sur d’autres festivals au cours de l’été. On n’investit pas dans de grosses structures style aéroport. Le Metaldays, c’est un peu d’anarchie et un peu de… Si tu viens pour la première fois, tu entres sur le sites et tu fais ce que tu veux. Tu peux croire qu’on ne sait pas ce qu’on fait, mais tout ce que tu vois a une raison d’être! »

Comment les groupes sont ils sélectionnés? Le Metaldays coure-t-il derrières eux ou sont-ce les groupes qui contactent l’orga? « Les agents travaillent avec plusieurs groupes. Ils nous envoient les disponibilités pour l’année ou les deux années à venir – on travaille déjà sur l’édition 2019 – et nous, en fonction de nos envies et des disponibilités, on organise le line-up. On essaie de ne pas faire venir les groupes trop souvent – 3 ans – mais parfois, leur actualité fait qu’on réduit les espaces« .

Avec 3 scènes, le Metaldays fait en sorte d’éviter les doublons, que deux groupes du même style ne jouent pas au même moment ou l’un juste après l’autre. Cela afin que les spectateurs puissent profiter au maximum de l’ensemble et voir un maximum de groupes.

Quand je demande à Goran ce dont il est le plus fier de ces 15 éditions, sa réponses est inattendue: « je suis particulièrement fier que nous n’ayons jamais eu de gros problèmes. Nos visiteurs sont si polis et courtois entre eux… Notre communauté est vraiment superbe. Pas de bagarre, ni de bullshit… »

Justement, qu’en est-il de la sécurité? Naturellement, elle est au cœur des préoccupations de l’organisation : »il y a les obligations légales, que nous respectons à la lettre. Aussi, les pompiers nous imposent des mesures. Mais aussi, nous avons sur le site des sauveteurs maritimes qui surveillent les baigneurs à tout moment. Des maitres nageurs, sauveteurs en mer spécialisés et diplômés, capables d’intervenir en toutes circonstances. Aussi, il y a ce que nous ajoutons en améliorant les choses d’une année sur l’autre« . Fun, metal, vacances et sécurité… tout pour séduire en somme.

Et pas que les metalleux, puisque le site se met en mode « festivals » tout au long de l’été. « Ce qui coûte le plus cher, c’est la structure, et son transport. Une fois installée, pourquoi ne pas s’en servir pour d’autres événements? » S’ajoutent ainsi 3 autres festivals de genres variés: le Punk days, Overjam – reggae – et Motörcity – qui réuni blues et grosses cylindrées. A eux 4, ces festivals vendent un total de 30.000 billets, ce qui est plus qu’encourageant pour cette région méconnue.

Terminons avec un cinquième happening qui lui se tiendra du 29 novembre au 1er décembre: il s’agit du Winter Days of Metal, festival hivernal combinant relaxation et concerts. Si ces derniers ont lieu indoor, le côté « relax » propose 2 options: soit un pass ski ou un pass « bien-être », comprenant spa, massages, jacuzzi… Et là, les spectateurs devront se rendre en montagne, à Bohijn.

Mais en attendant, c’est bientôt l’été et si vous voulez vibrer au sons de Judas Priest, Accept, Soulfly, Behemoth Epica, Black Star Riders, Coroner, Hatebreed, Girschool, Igorr et plein d’autres, préparez vous soit en avion (Paris Venise ou, moins fréquent, Paris Lubjana), soit en voiture. Une belles semaine de vacances, en somme!

Vous trouverez toutes les informations – tarifs, line-up, accès… sur le site du Metaldays: www.metaldays.net

 

 

Interview: BLACK STONE CHERRY

Interview BLACK STONE CHERRY. Entretien avec Jon Lawhon (basse) et John Fred Young (batterie). Propos recueillis à Paris, Gibson France, le 5 mars 2018

Une interview avec Black Stone Cherry ne se refuse pas. Non pas parce qu’il s’agit de mega stars interplanétaires – il ont encore beaucoup de chemin à parcourir, en tout cas en France où leur statut reste malheureusement presque confidentiel – mais tout simplement parce que ces gars sont d’une simplicité et d’une gentillesse sans pareil. En plus, Jon et John Fred sont aujourd’hui de très bonne humeur…

Metal-Eyes : La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était il y a un peu moins de deux ans, au lendemain de votre dernier concert parisien. Quels souvenirs en gardez-vous ?

John Fred : C’était génial !

Jon : C’est un des meilleurs concerts que nous ayons donnés ici.

John Fred : Oui, on a joué deux fois dans cette salle.

Jon : Il y avait deux fois plus de monde que la fois précédente !

John Fred : L’énergie qui s’est dégagée de ce concert… C’était…

Jon : Plein de gens qui montaient sur scène ! (rire général)

Metal-Eyes : On aime faire ce genre de choses…

John Fred : Crowdsurfing… C’était si cool…

Metal-Eyes : Ce concert a eu lieu avant la sortie de Kentucky, et vous étiez censés revenir soutenir cet album quelques mois plus tard. Une grande partie de la tournée européenne a été brusquement annulée ; que s’est-il passé ?

Jon : Des choses personnelles sont apparues, et on a préféré s’e occuper. On a détesté devoir annuler, mais c’était nécessaire.

John Fred : On savait qu’on reviendrait.

Metal-Eyes : Il n’y a eu aucune nouvelle ni info… Familly tree va sortir exactement 2 ans après Kentucky. Ce n’est pas si long, mais le temps a cependant paru très long…

John Fred : Oh, oui… On a enregistré Kentucky en 2015, il est sorti le 1er avril 2016.Deux ans plus tard, voici Familly tree, et, mec : on est fiers de nous !

Jon : L’attention des gens est plus courte aujourd’hui. On a toujours eu un rythme d’un an et demi à deux ans entre deux albums, ce qui semble être la limite. Au-delà, les gens commencent à t’oublier. C’est une des raisons pour lesquelles on a sorti le Ep de blues, quelque chose d’un peu différent mais qui maintient Black Stone Cherry dans l’actualité.

Metal-Eyes : C’était aussi un moyen de faire savoir aux fans que vous étiez toujours là, en vie ?

John Fred : Honnêtement, on commençait à s’ennuyer ferme ! Ce n’est pas Mascot qui nous a demandé de le faire… On a toujours aimé reprendre des morceaux de blues, alors on l’a fait ! On a pris 5 jours de studio, chez notre ami David Barrick, avec qui on a fait Kentucky et Familly tree. On n’avait aucune idée de ce qui allait en sortir. 5 jours en studio, 6 chansons… et il a fait un super travail. Et 3 des chansons sont devenues n°1 du Blues bill qui est la plus grande chaine de blues du réseau satellite, une des grosses stations rock du pays. On savait que le public était encore présent. Le gars qui anime cette station est un ami. En général, si les groupes qui ne font pas partie du circuit blues enregistrent une reprise qu’il diffuse, il reçoit des mails disant que ce n’est pas du vrai blues… Et il nous dit « vous, les gars, vous venez de vous faire un nom dans le circuit blues », et ça, c’est cool ! ça nous a redonné confiance, reprendre ces standards, un peu blue grass, les orienter dans un esprit Motown…

Metal-Eyes : Vous retrouver et retrouver cet esprit de famille qui vous a toujours unis. Familly tree va sortir le 20 avril et débute avec le titre Bad habit. Je n’ai pas lu les paroles, alors cette « mauvaise habitude » dont vous parlez est-elle responsable, en partie, de votre absence de 2 ans ? Ça sonne comme une confession…

John Fred : Non, parce qu’on n’a pas pris 2 ans de repos ! On a beaucoup tourné…

Jon : Oh, oui, on a tourné partout aux USA, et on fini par faire ce que nous devions pour cet album.

John Fred : Et cette mauvaise habitude, c’est d’être enlacés avec cette belle fille, c’est aussi simple que ça ! (Rires) Je voudrais bien te donner une explication plus profonde, mais,  non !

Metal-Eyes : Il y a aussi cette chanson intitulée « New kinda feeling ». C’est quoi, cette nouvelle sensation ?

John Fred : Tant de gens nous parlent de cette chanson… Pour moi, c’est une super chanson, mais c’est incroyable d’imaginer quelles chansons vont séduire le public et prévoir qu’on te pose des questions sur telle ou telle chanson est évident. Mais on ne s’attendait pas à celle-ci : en Angleterre, aux USA, toi, ici, maintenant, plein de gens semblent adorer cette chanson…

Jon : Pour moi, c’est un peu le reflet de l’ensemble de nos disques. Bien sûr, on peu retrouver des points communs, mais nous n’avons jamais enregistré deux fois le même disque. Certains groupes, et je en dis pas ça en mal, dès le départ, trouvent un son et s’y collent. Il n’y a pas un très grande évolution. Prends un groupe comme AC/DC, c’est AC/DC.

John Fred : C’est ce que tu attends d’eux, qu’ils fassent du AC/DC !

Jon : Au contraire, un groupe comme Led Zeppelin ne s’est jamais répété. Et nous tendons plus à être dans cet esprit. On adore AC/DC, mais on se sent plus proche de l’esprit Led Zeppelin.

Metal-Eyes : Vous ne voulez pas vous répéter…

John Fred : On ne le peut pas, en réalité. Quand on a commencé à enregistrer de la musique, on était au lycée. Quand tu es gamin, que tu commences à jouer, tu as des idées. Et ce que tu envisages gamin ne sera pas pareil dans 10 ans ; Quand tu grandis, tu réalises ce que les expériences t’ont apporté, que ce soit en tournée, dans ta vie personnelle, familiale, les événements mondiaux… C’est ce qui te permet de devenir un autre compositeur. Et nous composons tous les 4. Nos albums sont très diversifiés pour cette raison : ce ne sont pas qu’un ou deux gars qui écrivent, mais 4 qui balancent des idées. Parfois, nos albums sonnent comme… si toutes les chansons étaient différentes. C’est ce qui rend les choses intéressantes.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous l’évolution du groupe entre Kentucky et Famuilly tree ?

John Fred : Je ne peux répondre que pour moi… Je suis toujours très fier de Kentucky, comme de chacun de nos albums, qui est le premier album que nous avons produit nous-mêmes. On était encore nouveaux sur le label Mascot, et toujours un peu dans l’esprit de « comment nous travaillions avant », avec un producteur, A&R et tous ces trucs. J’ai l’impression que, bien que faisant les choses nous-mêmes, nous avions encore certains réflexes et trucs que nous avions appris avec les albums précédents. Tandis que pour cet album, nous avons franchi un pas, nous avons beaucoup plus expérimentés et tenté des choses quand on était sur la route. Exploré nos racines, fait ressortir le rock sudiste et le blues – d’où est venu le Ep Black to blues – et ça nous a permis de réaliser Familly tree. Il n’a pas été répété, il n’y a pas eu de planification, on a écrit le disque sur la route, dans le Bus. Chris est devenu un assez bon ingénieur sur la route, il enregistrait tout à l’arrière du bus, et on a tous fait des allers-retours dans ce petit espace – l’arrière du bus est plus petit que l’espace entre ces deux canapés… Etre à 4 là-dedans, on l’a fait, on est vraiment serrés ! (rires)

Metal-Eyes : J’imagine, surtout si tu installe ta batterie !

John Fred : Tu sais quoi ? Il y a un truc super avec la technologie aujourd’hui : bien sûr tu peux avoir un kit électronique, mais tu peux trouver tous les rythmes et programmer ce que tu veux à partir d’une touche de claviers. C’est comme ça qu’on travaille nos démos avant d’entrer en studio. Il y a des années, quand un groupe avait des chansons, le label lui disait d’aller en studio, et de prendre le temps nécessaire. On parle de groupes comme… Guns n Roses, par exemple. Les budgets étaient si importants, parce que les groupes vendaient des disques. Maintenant, l’industrie du disque à changé, et il n’y a pas de budget permettant à un groupe d’aller en studio pendant 6 mois. Il ne nous a fallu que 22 jours pour enregistrer Familly tree. Il y a des raisons pour qu’on enregistre vite, c’est simplement notre style : on entre en studio, on enregistre et si ça nous convient, on garde la première prise ! Ca ne doit pas être parfait, même si, en ce qui concerne la batterie, je suis perfectionniste. Mais je préfère, de loin, une partie de batterie qui a du caractère, une âme. Je garde des choses sur lesquelles j’ai foiré, mais qui sont cool. Pas toujours, mais parfois.

Jon : John Fred réécoutait ses pistes et nous disait parfois qu’il voulait refaire telle partie de batterie, et on a dû le prier de la laisser telle quelle parce qu’il y avait ce côté un peu « magique ».

John Fred : La plupart des batteurs ne sont pas capables de s’immiscer dans un morceau, de jouer avec le morceau et de frapper juste quand il faut. Parfois, je retourne deux mesures en arrière et joue pile quand il faut.

Jon : Savoir exactement quel fût frapper et quand n’est pas évident. Pour que ça marche, il faut qu’il y ait le même kit, dans la même pièce avec le même air…

John Fred : (à Jon)  J’aime bien aussi quand vous… (à moi) On enregistre live, il faut le savoir, et (à Jon), j’aime bien quand vous partez dans vos trucs…

Jon : Et John Fred a fait très fort, parce que, en dehors de chez lui, il n’avait rien travaillé avec nous ! Il a tout fait spontanément.

John Fred : Bien sûr, quand tu dois enregistrer un disque sans avoir répété, tu fais des erreurs… La spontanéité, il n’y a que ça de vrai !

Metal-Eyes : Puisque tu parles d’ennui : ça fait des années que vous jouez ensemble et que vous donnez des concerts. Y a t-il des chansons que vous voudriez pouvoir ne plus jouer ? (les deux explosent de rire) Des chansons que, pourtant, vous devez jouer parce que les fans les veulent…

John Fred : Bien sûr ! Tous les groupes du monde passent par là, tous se lassent de certaines chansons, pas parce qu’elles sont mauvaises, parce qu’ils les ont trop jouées…

Jon : Je pense que le truc pour conserver une certaine fraicheur, c’est de travailler par cycle, et de changer les setlists. Pour cela, il faut avoir un certain nombre d’albums à proposer. Nous en sommes à notre 6ème disque

John Fred : Chacun de nos albums, à l’exception d’un seul, comporte 13 chansons. Je te laisse faire le calcul : ça fait une longue liste de morceaux à proposer.

Jon : On peut facilement varier nos setlists, ce qui nous permet de conserver cette fraicheur.

John Fred : Et on peut ajouter les faces B ! Une chanson comme White trash millionaire est sans doute un des plus importants piliers de notre catalogue, elle a fait exploser notre groupe. Tu demande à n’importe quel fan de choisir un titre, il y a de fortes chances qu’il retienne celui-là ! Si tu regardes les compteurs de nos vidéos sur You Tube, Mary Jane a fait 7 millions de vues. Bon, comparé à ce que certains gamins font – 50 millions – c’est rien (rires). Mais White trash, Me and Mary Jane et Blame it on the boom boom, on ne peut pas les éviter. Mais il y a ces fans qui attendent aussi des morceaux plus obscurs et peu les connaissent. Eux vont tripper. Nous voulons avoir une certaine image. Tu sais, le dernier album qu’on a fait avant Mascot… c’était un combat de tous les jours pour garder cette identité intacte ; ils voulaient absolument nous mouler comme un de ces groupes de rock US, et on le refusait. Le premier album, on se disait « non, on ne fait pas ça ». Pour Between the devil and the deep blue sea, sur lequel il y a de super morceaux, on était un plus formatés, le label voulait qu’on soit un groupe qui passe à la radio. Alors on a travaillé avec un grand producteur, à Los Angeles. Ça a été une super expérience, mais on a découvert que ce n’était pas nous.

Jon : On m’a souvent dit, quand on était sur notre ancien label : « garde le gros son et ne  réfléchis pas ». Si tu écoutes le premier album, la basse est partout. Au point qu’on a écrit dans les crédits « basse et basse lead » tant j’en ajoutais. J’en ai moins mis sur le second, je suis resté un peu plus en retrait, et pour le troisième, j’ai fait le strict minimum. Et ensuite, pour le 4ème, j’en ai refait un peu plus. Notre producteur était musicien, alors. Et il y a eu Kentucky, et j’ai donné juste ce qu’il faut.

Metal-Eyes : Familly tree mélange d’ailleurs toutes vos influences. J’ai été très surpris par les guitares sur Burning qui sont très orientées ZZ Top.

John Fred : Oh, oui ! (rires)

Metal-Eyes : Ca sonne même comme le ZZ Top de la période Eliminator… Il y a aussi du blues, du rock, cette superbe chanson d’amour que tout le monde voudrait écrire pour son enfant, my last breath… Maintenant si vous deviez ne retenir qu’une chanson de Familly tree pour décrire ce qu’est aujourd’hui Black Stone Cherry, ce serait laquelle ? ?

Jon : Je dirais Familly tree.

John Fred : Moi aussi…Parce que musicalement et littérairement, elle décrit et représente pleinement notre expérience. Elle parle des montagnes que nous avons gravies et celle d’où nous avons chuté. Elle parle d’une manière très poétique de notre parcours, et musicalement, chacun de nous, c’est le cas sur tout le disque mais plus encore sur ce morceau, a une véritable identité. J’adore ce morceau parce que quand je l’écoute, je peux vraiment entendre John Fred Young, Jon Lawhon, Chris Robertson et Ben Wells, pas que Black Stone Cherry.

Metal-Eyes : Quel pourrait être, 17 ans après vos débuts, la devise de Black Stone Cherry ?

Jon : Oh la vache !

John Fred : Punaise ! « Continue de continuer », c’est la meilleure chose qui me vienne à l’esprit… Jon ?

Jon : Je te suis !

Metal-Eyes : Quels sont vos prévisions de tournée ? Je n’ai rien vu pour l’instant en France, une date est annoncée au Download anglais…

John Fred : J’ai demandé à notre agent s’il était possible de nous faire jouer au Download Paris, mais… je ne sais pas.

Jon : On va revenir à l’automne, c’est sûr. Il y aura au moins un show en France.

Metal-Eyes :

John Fred : Je voudrais bien qu’il y en ait au moins deux ou trois…Il y a des endroits sympa, Lille, Lyon, Clisson.

Metal-Eyes : Vous venez de donner au Dr Feelgood un show acoustique, c’était comment ?

Jon : Super. On a eu environ 50 personnes, c’était old school.

John Fred : C’est la seconde fois que nous jouions Bad habit. La première c’atit il y a quelques jours dans l’appartement de Jimi Hendrix, qui est un musée maintenant. Au Feelgood, c’était cool, on a eu un petit soundcheck, les gens était détendus…

Metal-Eyes : Vous avez été en promo toute la journée. Quelle a été la question la plus étonante, la meilleure qu’on vous a posée aujourd’hui ?

John Fred : Euh… J’ai bien aimé qu’on parle de New kinda feeling. C’est assez surprenant car, je sais que c’est un bon morceau, mais voir autant de gens nous en parlé est vraiment super. Parfois, en tant que musiciens, ti as tes préférences, mais c’est cool de constater comment les chansons affectent les auditeurs, fans, médias ou autre…

Metal-Eyes : Pour terminer : après 17 ans ensemble, que rêvez-vous d’accomplir avec Black Stone Cherry ?

Jon : Simplement de continuer de grandir. Tu sais, on a pas toujours été le groupe important que nous sommes devenus, nous avons gagné chaque centimètre, et je souhaite continuer de les gagner, un par un.

John Fred : Chacun de tes 6 centimètres, petit à petit (ils explosent de rire) !

Interview: ANVIL

Interview ANVIL. Entretien avec Lips (chant, guitare). Propos recueillis au Trabendo de Paris le 25 février 2018

Jamais trop tard pour bien faire, dit-on? Ben tant mieux, car bien c’est au mois de février que cet entretien avec le furieux leader d’Anvil a eu lieu. Pounding the pavement est encore chaud, alors retrouvons Anvil en interview avec un Lips en pleine forme juste avant de rencontrer, pour la toute première fois de l’histoire du groupe, son public parisien!

Metal-Eyes :Lips, merci de me recevoir jsute avant votre concert de ce soir. Nous allons parler de votre album, de scène et de Anvil, naturellement ! Pounding the pavement est sorti il y a un mois. Quels sont les premiers retours que tu en as ?

Lips : J’en sais rien ! Comment le pourrais-je ?

Metal-Eyes :En lisant les critiques….

Lips : Je ne lis pas la presse ! La presse ne signifie rien pour moi, absolument rien ! ça a toujours été comme ça ! depuis 40, ça ne veut absolument rien dire, ça n’a jamais rien changé, et il en sera sans doute toujours ainsi !

Metal-Eyes : Le titre de votre album peut avoir plusieurs significations…

Lips : Hein ?

Metal-Eyes : Oui, en français, « battre le pavé » peut aussi faire référence aux prostituées qui arpentent le trottoir…

Lips : Non, non ! Faire le trottoir ? Non, fuck ! C’est incroyable ce que les gens peuvent avoir l’esprit tordu ! C’est tellement à côté de la plaque, je ne peux pas le croire ! Aw ! Battre le pavé signifie simplement que tu va chercher du boulot. C’est aussi simple que ça ! C’est ce que ça veut dire, je ne sais pas où tu es allé chercher cette idée… Quoi ?

Metal-Eyes : Ben, c’est aussi ce que font certaines, arpenter les rues pour bosser…

Lips : Ce que ça veut dire, c’est comme le VRP qui vend des aspirateurs au porte à porte. Tu vas de porte en porte pour essayer de vendre ton truc. C’est en gros ce que nous faisons, on le fait depuis 40, du porte à porte, de club en club, de ville en ville, tenter de convaincre les gens que nous sommes suffisamment bons pour qu’ils achètent nos CD, t-shirts et pour qu’ils viennent  à nos concerts.

Metal-Eyes :Anvil a toujours été considéré comme un porte-parole du heavymetal classique, voire du speed metal, mais les temps ont changés en 40 ans. Alors, sans refaire l’histoire du groupe, quelle a été votre évolution entre vos deux derniers albums.

Lips : Un grand cycle… On a commencé en n’ayant pas idée de ce qu’on faisait, on a fait un paquet de découverte accidentellement exprès, avons développé un public, pas reconnu ce que nous avions créé… Des membres du groupes ont perdu de vue qui et ce que nous sommes, ont créé des tensions, sont partis, ne laissant que Robb (Reiner, batterie) et moi. Tu sais, notre guitariste originel a voulu s’approprier le crédit de « l’importance » qu’avait pris le groupe sur les 3 premiers albums sans pour autant prendre une once de responsabilité d’avoir tout foutu en l’air… Les bonnes choses mais pas les mauvaises ! Tu as le choix entre bosser avec Johnny Z., le patron de Megaforce, ou avec David Krebs, qui s’occupait de Scorpions, Aerosmith… Eh bien, tu ne vas pas t’acoquiner de ce genre de type qui s’occupe de Scorpions ou Aerosmith si tu fait du heavymetal ! Ce mec ne savait même pas qui diable nous étions. Tu te retrouve sur scène à jouer 666 et le mec vient te voir en disant « vous n’allez nulle part avec ça ! » Maintenant, 40 ans plus tard, devine quelle chanson a servi dans le film qui a fait un carton (The story of Anvil, 2008) ? 666 ! Ouais, on va nulle part avec ça ! Le guitariste à l’époque… on devait écouter tout ce qu’il disait : il nous a mis sur des dates avec Bryan Adams et Aerosmith, nous dit « voilà ce qu’on doit devenir » Hein ? Quoi ? A ce même moment, Johnny Z. prend des paris en signant Metallica, Anthrax, Testament et tous ces groupes de metal ! Il voulait signer Anvil, mais Dave ne voulait pas bosser avec lui ! Il a quitté le groupe, mais avant ça, a tout saboté. On a pu jouer avec Aerosmith devant des responsables de label, et le mec se défonçait sur cette putain de cocaïne, l’alcool, baisait n’importe où et… s’est planté en foutant en l’air toutes nos opportunités. Mais ça, il n’en assume rien ! Maintenant, on fait ce qu’on souhaite faire ! C’est pour ça que je parle de cycles : aujourd’hui, je sais exactement ce qu’on doit faire et avec qui le faire !

Metal-Eyes : Mais tu es toujours resté le même ?

Lips : Oui, et maintenant, en gros, on continue dans l’esprit dans lequel nous avons débuté, et on fonce. C’est ce que je fais !

Metal-Eyes : En 1983, Anvil connaissait une popularité similaire à celle de Metallica. Comment expliques-tu ces succès opposés par la suite ?

Lips : Parce que, entre 1983 et 1987, il n’yavait pas de disque ! Au moment le plus important de notre carrière, lorsque nous devrions proposer de nouveaux disques, partir en tournée, on fait quoi ? On reste assis et on ne fait rien ! On fait quoi ? On prépare un disque qui n’aurait jamais dû arriver. Et au moment où sort cet album, ce n’est pas le bon type de disque ! On peut toujours voir les choses avec du recul : ce qu’on aurait dû faire, c’est se séparer de cette mauvaise graine (Dave Allison), et si nous voulions avoir un second guitariste, aller chercher quelqu’un comme Marty Friedman, ou avoir un second lead guitariste comme nous l’avions fait pour l’album Worth the weight, et sortir ce disque au lieu de Strength of steel !

Metal-Eyes :Strength of steel, c’était votre choix ou vous avez subi l’influence de gens extériers?

Lips : On a été influencés ! Par David Krebs, et par Dave Allison qui a tout foutu en l’air ! C’était contre ma volonté… Tout était contre moi, j’avais à faire face à une mutinerie. Et j’avais le choix entre partir – ce que mon premier  label m’encourageait à faire : « barre toi et monte un nouveau groupe » ! – ou continuer et sombrer avec le navire. Eh bien, j’ai sombré avec le navire !

Metal-Eyes : Parce que tu en es le capitaine.

Lips : J’en suis le capitaine et… Que pouvais-je faire? Je les ai laissé monter à bord.

Metal-Eyes : Tu as sombré avec le navire, cependant, tu n’a jamais fait machine arrière.

Lips :non!

Metal-Eyes: En 2008, il y a eu le film The story of Anvil. Ressentez-vous encore les effets que ce film a eu sur votre carrière ?

Lips : Oh, bien sûr… Tu vois, ça fait partie d’un tout. Quand tout a merdé dans les années 80, je me suis dit que je continuais, que je savais ce que je devais faire et comment le faire. Je me disais qu’un jour, un de mes fans allait grandir, devenir un responsable de maisons de disques ou quelque chose, et que j’allais enfin signer un contrat, que tout irait mieux, plus tard. C’est ainsi que je voyais les choses. Je sais que je suis un bon, très bon compositeur, je savais ce que j’avais en moi, ce que j’ai créé, ce qui est à moi que personne ne peut avoir : ma voix, mon jeu de guitare, tout cela est vraiment unique et, au bout du compte, ce sera reconnu. Si je travaille suffisamment et que j’en suis vraiment convaincu, c’est ce qui se passera ! Je raconte tout ça à Johnny Z. sur un parking et il me dit que je suis complètement dingue. « On cherche d’autres gars et on met le feu maintenant ! » Mais je ne pouvais le faire à ce moment, il fallait que je laisse toute cette tension retomber. Finalement, ce gamin qu’on a rencontré en 1992 au Marquee de Londres devient… scénariste pour Steven Spielberg. 25 ans plus tard, il revient dans ma vie et me dit « je vais faire un film ! » Moi ? « Bingo !Voilà le gars que j’attendais!” Ce que je disais à Johnny Z. s’est produit ! Et pas seulement ça, mais ce gars est allé voir Johnny Z., lui a parlé et Johnny Z. est dans ce putain de film ! Tout arrive pour une raison… Le film a-t-il eu un impact ? Oui, je le savais, même avant qu’il ne soit tourné ! Aussitôt que le réalisateur a dit – et on ne parle pas d’un rigolo avec une caméra vidéo, on parle d’un mec qui travaille à Hollywood ! – dès qu’il a dit on le fait, je savais que mon moment était enfin arrivé ! ce qui est triste en revanche, c’est le fait que les gens sont stupides, le grand public est vraiment stupide : ils viennent nous dire que la seule raison pour laquelle on est célèbres c’est le film… Allons ! La raison pour laquelle je suis connu, c’est la musique ! Il n’y aurait jamais eu de film s’il n’y avait pas d’abord eu la musique ! C’est clair, non ? Mais c’est facile à oublier parce que les gens oublient le passé, ils ne voient que le présent… Et ils ne regardent pas plus loin que ça ! Maintenant… après le film, le groupe serait mort sur place s’il n’avait pas de crédibilité. Si nous n’étions pas un bon groupe, notre histoire serait morte aussi rapidement que le film est arrivé. Mais ce n’est pas le cas. Nous sommes sortis, avons tourné et battu le pavé comme jamais nous ne l’avions fait de nos vie ! Le groupe est aujourd’hui 10 fois plus important qu’il ne l’a jamais été, même au plus haut des années 80 ! Ce qui est génial pour moi ! Ça ne pouvait tomber à un meilleur moment, dans le sens où… je ne peux plus aller bosser comme livreur, c’est fini, mon dos est flingué, je ne peux plus faire ce genre de boulot ! j’en ai fini avec ces boulots, mais ce avec quoi je n’ai pas fini, c’est le rock n roll. Tu n’en finis jamais ! Tu le fais, jusqu’à ta mort ! Maintenant, je finis par faire ce que j’étais supposé faire. J’ai dû emprunter cette route difficile – qui n’était pas si difficile… Ce qu’elle m’a apporté ? Une famille, ma propre maison, la sécurité pour le reste de ma putain de vie. Il y a des musiciens qui peuvent travailler une vie entière sans jamais rien obtenir ; J’ai tout obtenu, alors il n’y a aucune amertume.

Metal-Eyes : Je n’entends aucune amertume…

Lips : Non, non… Je veux simplement que le message soit clair : le groupe ne s’est pas planté parce qu’on était mauvais, le groupe s’est planté parce qu’on s’est fait baiser. Baisés comment ? Venons-y : en 1982, Attic records a vendu nos droits à un label français, je ne sais plus lequel. Ils ont pressé, piraté, des centaines de milliers de picture discs de Hard and heavy et Metal on metal, les ont distribués à travers la planète sans nous verser un putain de centime ! Anvil a vendu des centaines de milliers d’albums qui n’ont jamais été comptabilisés.

Metal-Eyes : C’est vraiment l’histoire d’Anvil…

Lips : Oui, et personne ne peut dire qu’on pue et qu’on n’a jamais rien vendu, rien de tout ça n’est vrai. Ce sont des faits !

Metal-Eyes : Comment expliques-tu le fait de n’avoir que rarement joué en France, et jamais à Paris ?

Lips : Peut-être qu’il y a un rapport avec ces bootlegs ? Peut-être que les gens dans ce business, ici, en France, sont des branleurs malhonnêtes…J’en sais rien, pour tout te dire. Mais j’ai une punaise dans les fesses qui me gêne, et qui m’a gêné pendant des années : on a signé des dates un bon nombre de fois, et elles ont été annulées. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Metal-Eyes : Mais ce soir, vous êtes ici…

Lips : Nous sommes ici, j’en suis reconnaissant et super content, et je vais donner au public ce qu’il est venu : un spectacle que personne ne sera prêt d’oublier ! C’est ce qui va se passer ! (rires)

Metal-Eyes : Il y a deux ans, vous étiez censés jouer à Paris, mais encore une fois, ça a été annulé, mais pas la date de Lyon… Tu te souviens de la raison de l’annulation…

Lips : Non… Il y a toujours une raison, mais on ne me la donne jamais. En 1983, on devait déjà jouer au Moulin Rouge avec Overkill… Ça avait aussi été annulé ! Je ne sais pas si on déjà joué à Paris ! En 1982, on devait ouvrir pour Accept ! La veille du concert, un des gars d’Accept est tombé de scène et s’est cassé la jambe ! Ce concert aussi a été annulé ! Malchance, j’en sais rien !

Metal-Eyes : Tu a vécu beaucoup de choses avec Anvil, quels sont encore tes rêves de réalisation avec Anvil ?

Lips : il ne s’agit pas de savoir ce dont je peux rêver ; tous mes rêves sont devenus réalité, tout ce que je voulais est arrivé. Si je meurs demain, ça roule. Ma place est un bon endroit, j’adore ce que je fais et je profite de chaque instant de ma vie, à 100%.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une chanson de votre dernier album pour expliqer aux gens ce qu’est Anvil aujourd’hui, ce serait laquelle ?

Lips:Doing what I want !

Metal-Eyes : Pour quelle raison ?

Lips : Parce que je fais ce que je veux ! (rires)

 

Interview: FURIAPOLIS

Interview FURIAPOLIS. Entretien avec Robin (basse), Nico (batterie), Brice (chant, guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 22 février 2018

Metal-Eyes : Dans l’album, vous écrivez que cet album est « l’aboutissement d’un long projet ».  Question classique : devinez ce que je vais vous demander ?

Robin : « Racontez-nous l’histoire de Furiapolis » ?

Metal-Eyes : Par exemple !

Brice : Perspicace… Comment tu as fait pour deviner ? On devrait inventer une histoire…

Robin : Ouais, un truc un peu plus sexy…

Brice : C’est vrai que c’est pas très sexy… En fait, on a fait un groupe en 2009 et le seul but c’était de faire des reprises pour jouer dans des pubs, du Red Hot Chilli Peppers, Arctic Monkeys… Et petit à petit on a décidé de faire de la compo, et le line-up a un peu changé. On a recruté sur internet. Nico, on te connaissait par Simon, donc le bouche à oreille… On cherchait un batteur et Nico est arrivé en 2010. Depuis, le line-un n’a plus jamais changé, on a composé, on a sorti des Eps, et aujourd’hui, un album.

Metal-Eyes : Et vous vous êtes formés où ?

Brice : Marseille.

Metal-Eyes : A Marseille. Ok… Faut pas que je dise de conneries alors…

Brice : Non (rire général)

Metal-Eyes : Donc je ne vous dirais pas que c’est la ville du monde où j’ai eu le plus froid !

Brice : A Marseille ?

Robin : C’est sûr qu’avec 364 jours par an de soleil tu as dû venir le seul jour de mistral…

Metal-Eyes : Non, j’y ai passé 2 semaines de froid !

Brice : C’est vrai que si tu es venu avec le mistral, tu peux y aller !

Metal-Eyes : Ne dérivons pas… Vous écrivez aussi dans le livret cette citation de John Lennon qui dit que « le rock français, c’est comme le bon vin anglais ». Vous en êtes où par rapport à ça ?

Brice : J’espère qu’on a fait du bon rock français. On a rajouté une phrase juste derrière qui dit que c’est « à nous de lui prouver le contraire ».

Metal-Eyes : Et, d’après vous, vous y êtes parvenus ?

Brice : Ben… C’est à vous de nous le dire !

Robin : On, attend justement la critique pour voir si on y est arrivés…. ?

Metal-Eyes : C’est vrai que depuis quelques années, le niveau général, technique ou musical, a évolué et il n’y a pas de raison qu’on reste aussi loin derrière. Mais il n’était pas le seul le penser… Comment décririez-vous votre musique pour quelqu’un qui ne vous connait pas du tout ?

Brice : … C’est du rock, du vrai rock, avec de la distorsion, du chant soutenu mais pas crié, et c’est chanté en français. Donc du rock genre…

Metal-Eyes : Qu’est-ce que tu appelles du « vrai rock » ?

Brice : « Du vrai rock » ? C’est pas du metal, c’est pas du hard core, c’est pas non plus du pop rock avec des guitares clean et des voix fluettes, c’est du rock style Foo Fighters, Nickelback….

Nico : On parle souvent de rock alternatif

Brice : Oui, « alternatif ». Disons qu’on est un peu la version frenchie des gros standards US.

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences ? J’entends du Police, du Nickelback mais aussi par instants du Indochine (Note : deux des inteviewés me diront après en off que tous « détestent » Indochine et n’ont pas osé réagir. Dommage….) Il y a ces airs catchy et chantants, mais quelles sont vos principales influences individuelles ?

Robin : Individuelles ? Moi, c’est assez vintage parce que j’ai été élevé par un papa fan de Jimi Hendrix. Après pour ce qui est de la basse, je suis un peu plus dans le domaine du funky et compagnie, j’ai pas mal d’influences du style Les Claypool, de Primus, Markus Miller, donc là, on est carrément dans le jazz, jazz rock, et ensuite, j’adore des groupes comme Led Zeppelin, les Red Hot Chili Peppers, une influence assez majeure. Flea m’a donné envie de me mettre à la basse.

Nico : Moi, c’est… J’en ai pas du tout… Non, je déconne ! Je viens plutôt de la vague neo metal, parce que quand j’avais 14 ans, c’est ce qu’on écoutait en boucle, Linkin Park, System Of A Down, Korn… Après je suis venu vers le punk, punk rock, rock alternatif, type Blink 182, Biffy Clyro, Paramore, j’ai eu ma période Nirvana… Mais en tant que batteur, il n’y a pas forcément que des groupes, il y a aussi des batteurs, il en a plein, des pros, qui n’ont pas de groupe…Je pense notamment à Bennie Grave ou Thomas Lang qui sont dans plusieurs formations. Il y en a plein qui m’ont influencé.

Brice : Moi, j’ai été élevé avec des groupes comme Deep Purple ou Status Quo, c’est mon père qui écoutait ces groupes. Il n’y avait que des vinyles de ce type qui trainaient à la maison, et j’ai appris avec ça. J’apprenais les morceaux de guitares avec ça, je mettais le disque et je ‘entrainais à imiter. Après je suis tombé dans la dance des années 90 (il rit) et ensuite, j’ai été ramené à la réalité avec Nevermind de Nirvana. On me l’a mis entre les mains, et là, je me suis dit « OK, je reprends la guitare que j’avais laissée trainée » et je me suis remis à la musique pour de vrai.

Metal-Eyes : Votre son est d’ailleurs assez pur, parfois assez sec. Comment avez-vous travaillé l’enregistrement de ce disque ?

Brice : On travaille énormément en amont, avant le studio . On enregistre tout sur ordinateur, on travaille nos pistes séparément, on enregistre et on revoit nos arrangements de guitares – il y en a 2, donc il faut qu’on travaille les interactions pour pas qu’elles se mangent… Ce qui fait que quand on arrive en studio, c’est déjà réfléchi pour que ce soit propre et que ça sorte bien. Au-delà de ça, on a travaillé avec un ingé son qui est génial, Laurent Soluce, qui a su faire en sorte que tout soit bien dissocié. MA gratte est plus grasse, celle de Simon, plus aiguë, et au final, il nous a sorti un son très propre. Il y a du travail en amont et le savoir-faire d’un ingé son.

Robin : On a ce résultat grâce, aussi, à tout le travail de pré prod qu’on a fait.

Metal-Eyes : Ce qui est important puisque ça prouve que le live, c’est bien, mais ça se travaille aussi avant. Justement, un album de rock, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets ?

Brice : Le 3 mars on a une grosse release party sur Marseille, on part jouer à Grenoble, Toulon, et on a d’autre dates qui sont dans les tuyaux.

Nico : On a déjà 5 ou 6 dates, et d’autres arrivent.

Brice : Notre projet  c’est que, la compo et l’enregistrement, c’est derrière nous, aujourd’hui, on est sur la promo, et rapidement, on doit être sur le projet tournée. Le but du jeu, étant donné qu’on défend un album chanté en français, c’est de pouvoir rapidement aller le défendre en France et dans les pays limitrophes.

Metal-Eyes : Il faut s’attendre à quoi, avec Furiapolis sur scène ?

Robin : … Une explosion de… D’oreilles (rires)

Brice : Non… On est un groupe de live, on pense nos chansons « live ». On aime avoir une interaction avec les gens et c’est aussi pour ça qu’on a écrit nos chansons en français, pour pouvoir toucher encore plus les gens. On a énormément de plaisir après le concert à rester là et discuter avec le public, avoir leur ressenti. Si tu viens nous voir en concert, j’espère que tu auras toi aussi ce ressent, avoir autant de plaisir que nous.

Metal-Eyes : C’est important pour le public.

Brice : Oui, c’est primordial !

Metal-Eyes : Vous chantez en français, il y a quelques phrases en anglais. Quels sont les thèmes de prédilection ? Y a-t-il une ligne directrice dans vos textes ?

Robin : Les textes délivrent un message. Après, dire qu’il y a une ligne directrice, pas nécessairement/ Chaque morceau a son message et l’interprétation qui peut en découler. Chaque personne en écoutant en fait son interprétation…

Brice : C’est vrai, et ça reste de messages positifs. Il y a des chansons qui parlent d’environnement, d’autres de paix, d’amour, de respect des femmes, d’autres de chocolat, de gourmandise et d’addiction. Un peu tous les thèmes, mais à chaque fois, des sujets auquels les gens sont sensibles…

Metal-Eyes : « Tous les thèmes »… Pas plus de 13, quand, même, c’est le nombre de chansons !

Brice : Oui, c’est vrai…

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous souhaitez ne pas aborder ?

Robin : La religion, et la politique, pas si si c’est trop engagé politiquement. Hors de question… On n’est pas là pour faire de la propagande, formater le cerveau des gens et leur dire comment ils doivent penser, c’est pas notre truc.

Brice : Il n’y aura pas de couleur politique dans nos album, ni d’orientation religieuse vraiment dédiée. On reste dans des généralités.

Metal-Eyes : Donc du général, mais rien de ce qui relève des convictions ou de l’intime ?

Robin : Voilà, ça, ça appartient à tout un chacun.

Nico : Chacun est libre…

Brice : C’est moi qui écrit les textes et je sais que je n’ai pas du tout envie d’écrire au sujet de la religion… Dire « les juifs ceci, les chrétiens cela, les musulmans, ça » non, pas du tout ! Tu l’entends, d’entrée de jeu, je ne suis pas à l’aise… Pour moi, c’est quelque chose de tellement personnel, que ce n’est pas un sujet que j’ai envie de traiter. J’ai envie de traiter de sujets plus larges… L’amour, on est tous touchés par ça, en bien ou en mal.

Metal-Eyes : C’est votre premier album, mais ça fait quelques années que le groupe existe et que la formation est stable. Quelle pourrait être la devise de Furiapolis ?

Brice : Pfiu… Bonne question, ça…

Robin : Partage ? Je sais pas…

Nico : Très bonne question…

Metal-Eyes : Je l’aime bien celle-là !

Robin : Ah, ouais, et elle est très importante !

Brice : « Donner du plaisir » On en fait une vraie priorité : on ne va pas en live comme ça, on passe par une phase de résidence, on se met dans une salle de spectacle où on est juste entre nous, avec un ingé son et un régisseur lumières. On travaille le show et le seul mot d’ordre c’est « donner du plaisir aux gens ». Il faut qu’ils ne s’ennuient pas !

Robin : C’est la devise, normalement de tous les artistes. Bon, certains vont te dire « faire du fric »…

Nico : Tu crois que c’est ça, la devise de Marilyn Manson ?

Metal-Eyes : Que révez-vous de réaliser avec Furiapolis ?

Robin : Pour moi ? C’est la reconnaissance internationale (Nico rit). Je vais peut-être un peu loin, mais…

Metal-Eyes : International, c’est déjà 2 pays…

Robin : C’est vrai… On prend la France, la Suisse et la Belgique, c’est parfait ! Après, c’est sûr qu’on recherche une certaine reconnaissance, que le public soit sensible à ce qu’on fait…

Brice : Qu’on soit référencés parmi les bons groupes de rock français… « Il y a des bons groupes de rock, en France ? Oui, il y a untel, untel et aussi Furiapolis ». Ca, ce serait cool…

Nico : Ensuite, il y a aussi le fait que les gens découvrent notre musique et l’apprécient. C’est ce qu’on attend. Je trouve que c’est important parce que c’est important que les gens découvrent notre musique, et l’apprécient.

Metal-Eyes : Alors pour ceux qui vont découvrir votre musique, si chacun de vous ne devait retenir qu’un seul titre de Déesses pour expliquer ce qu’est Furiapolis, ce serait lequel ?

Brice : Je prendrais Emigrate, parce que le message est large, il parle de l’amour entre les peuples. Et d’un point de vue musical, c’est celle qui se situe au milieu de tout ce qu’on peut faire, entre le plus calme et le plus énervé, ça donne une bonne idée de ce qu’est Furiapolis. Mais ça n’engage que moi.

Nico : Dur choix, je les aime toutes… Celle qui nous représente le mieux ? C’est vrai qu’Emigrate, ça marche bien. Après, je pense essentiellement à SNCT qui est un mélange de ce qu’on faisait avant et de ce qu’on veut faire maintenant. C’est la base de ce morceau là. Les fondations, c’est de l’ancien Furiapolis, et c’est chanté en français avec un texte qui est assez marrant, qui parle de chocolat, ce qu’on ne faisait jamais avant. Oui, c’est un bon équilibre entre ce qu’on faisait avant et ce qu’on veut faire maintenant, avec cette notion d’humour..

Robin : Moi, pareil, mon cœur balance entre Emigrate et SNCT.

Metal-Eyes : Donc Emigrate arrive en premier, le titre d’ouverture. Vous avez passé pratiquement toute la journée en promo : quelle a été la meilleure question qu’on vous a posée, la plus étonnante, surprenante ?

Brice : Euh…

Robin : « Quelle est votre devise ? »

Brice : Est-ce que 007 est la BO du prochain James Bond ? On nous a posé cette question, à laquelle j’ai répondu « oui, bien sûr. Le seul truc, c’est que les producteurs du film ne le savent pas encore… » Mais on va leur dire !

Robin : Essaye de repenser à tes entretiens téléphoniques…

Nico : Oui, c’est ce que je fais… On m’a aussi posé des questions sur 007… Il y a plutôt des gens qui m’ont parlé d’un titre en particulier, De la coco, ils ont trouvé ça très drôle, et c’était le but…

Robin : Et moi… Attends, je réfléchis…

Metal-Eyes : Ca veut dire que tout à l’heure, tu fayotais vraiment ?

Robin : Quand ?

Metal-Eyes : Quand tu disais « la devise »…

Robin : Ouais, clairement !

Brice : En même temps, on ne nous l’a jamais posée celle-là, et c’est bien !

Robin : Pour l’instant, c’est vrai que c’est celle qui m’a le plus étonné, je ne m’y attendais pas. Le reste, avec les antisèches, ça aide… Mais faut pas le dire ! C’est vrai qu’il y a beaucoup de question qui sont évidente « parlez-moi de votre histoire, de l’album, que représente telle chanson ». Maintenant, c’est vrai que des questions comme ça, un peu plus philosophiques…

Metal-Eyes : Philosophique ? Ca on ne me l’a jamais fait ! Il fayote vraiment !

Brice : Il le veut son article !

Robin : Non, mais c’est vrai que c’est important, parce que ça conditionne un peu le groupe, là où on veut aller. Cette question m’a agréablement surpris, donc voilà : félicitations ! Tu es l’heureux gagnant ! (rires général)

 

Interview: MELTED SPACE

Interview MELTED SPACE. Entretien avec Pierre le Pape (chant, claviers…). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 9 mars 2018

Metal-Eyes : Darkening light est le quatrième album de ton projet Melted Space. Comment analyses-tu l’évolution de ce projet – je vois plus Melted Space comme un projet que comme un « groupe » ?

Pierre : C’est une bonne question parce que je n’ai pas encore eu le temps de prendre du recul… Ce que j’en retiens, c’est qu’il y a eu un changement à un certain moment. C’est-à-dire qu’au départ, le projet n’était pas censé être autre chose qu’un projet studio. On a commencé à faire de la scène, et à partir du moment où on a commencé à adapter les choses pour la scène, pour un public, pas mal de choses ont changé dans ma perception du projet, dans ma façon d’écrire, dans ma façon de penser, même aux prémices d’un album. En fait, quand j’ai commencé à penser à Darkening light, j’avais déjà la scène en tête. Ce qui n’était pas le cas avant. D’ailleurs, aujourd’hui, on ne joue quasiment plus aucun morceau du premier album parce que les titres sont beaucoup moins adaptés ; tout s’enchaîne et ça ferait des coupes beaucoup trop franches, sans transition, alors que ça n’aurait de sens que si on jouait tout d’un bloc. Darkening light est composé de chansons bien séparées, et là on a une évolution qui vise vraiment la scène.

Metal-Eyes : Donc la grosse différence c’est que cet album, tu l’as envisagé en pensant à la scène, ce qui n’était pas le cas avant. Il y a une autre grosse différence, c’est que pour la première fois, tu chantes.

Pierre : Oui ! (il rit)

Metal-Eyes : Tu as rôle bien définit, aussi, celui de l’Espace. Comment en es-tu arrivé à cela ?

Pierre : Au départ, je n’étais pas pour (rires) ! Je n’ai jamais voulu chanter en lead parce que je ne suis pas chanteur, ce qui est en soi une bonne raison. J’ai été chanteur dans mon premier groupe au lycée, mais je braillais plus qu’autre chose… C’était un groupe de rock punk metal, un peu fourre tout. Mais après, je n’ai pas perduré dans cette voie-là, je n’ai jamais travaillé dans ce sens là. En fait, c’est venu petit à petit parce que je chante sur les démos puisque c’est moi qui les enregistre. Du coup, que ce soit Liv Kristine, Michael Stahne ou autres me demandent régulièrement pourquoi je ne chante pas sur les albums. Je leur réponds que je laisse ça à d’autres, qui savent faire mieux que moi. Et je trouvais ça, je trouve toujours ça relativement prétentieux pour un non chanteur de dire « ben tiens : aujourd’hui je vais aller chanter avec tous ces chanteurs extraordinaires et ça va être bien, et tout le monde va être content » (il rit) !

Metal-Eyes : D’ailleurs, dans l’interview de Rock Hard 184, tu dis avoir envisagé la possibilité de ne pas utiliser ton chant si ça ne convenait pas…

Pierre : Oui, c’est ça…

Metal-Eyes : …Et tu rajoutes même : « je ne veux pas être mégalo au point d’imposer ce genre de choix ». Ma question est la suivante : à quel point es-tu mégalo ?

Pierre : Alors ça, c’est une très bonne question ! (Il explose de rire) Dans les sujets que je traite dans mes albums, qui parlent de dieux, de mythologies, de grandes choses, après c’est de la mégalomanie avec, j’espère, beaucoup de recul, dans le sens où, avec Melted Space, je n’ai pas d’autre ambition que de proposer à l’auditeur un voyage le temps d’un album, d’une chanson, peut-être même d’un court instant. J’ai un regard un peu pessimiste sur le monde dans lequel on vit, qui ça ne me fait pas rêver. Du coup, je vais me réfugier dans des choses qui, moi, me font rêver, qui sont des références, des influences qui viennent de l’enfance. Des trucs qui m’ont marqué comme Les chevaliers du zodiaque, les jeux vidéo, Les mystérieuses cités d’or… Il y a quand même un fil rouge dans tout ça : ce sont des choses grandioses, extraordinaires.

Metal-Eyes : Un monde d’utopie mélangée à de la naïveté ?

Pierre : Complètement ! Du coup, quand je fais un album, quand je crée une chanson, j’essaye, via le côté assez cinématographique de ma musique, de prendre l’auditeur par la main et lui dire « viens, on va se promener et oublier un peu tout ça. »

Metal-Eyes : Une des particularités de Melted Space c’est le nombre extraordinaire de participants. Il y a des habitués, mais d’autres moins. Comment sélectionnes-tu ces intervenants ? Les rôles ne sont pas les mêmes d’un album à l’autre. Penses-tu en particulier à quelqu’un pour interpréter tel rôle ?

Pierre : Quand j’écris l’histoire, je définis mes personnages. Là, j’ai fait un gros travail de bibliothèque pour lire des choses sur la cosmologie, sur la mythologie autre que gréco-romaine qu’on connait par cœur et qu’on a entendu 600 fois. D’ailleurs, dans Between et From the past, je suis allé chercher beaucoup d’informations scientifiques et littéraires, j’ai lu beaucoup de Stephen Hawkin qui est un très bon vulgarisateur de science. Du coup, quand je crée ces personnages, je fais une fiche par personnage en me demandant comment je le vois, quel caractère j’aimerais lui donner, ce que je voudrais lui faire exprimer, comment il pourrait réagir, quelles sont ses envies, ses attentes… De là, l’orientation vocale se définit. Ensuite, il y a ce que moi j’ai envie de faire aussi. L’exemple plus marquant dans cet album là c’est le personnage de la mort, donc le concept de fin. L’homme en a fait quelque chose de négatif, mais en réalité, il y a un début et une fin, donc ça crée un cycle. Je ne voulais pas rentrer dans le cliché de prendre un chanteur de death ou de black metal, donc tout le monde comprend qu’il est méchant. Je voulais quelque chose de plus aérien…

Metal-Eyes : D’autant plus qu’il y a des croyances qui disent que ce n’est qu’un début, que la mort n’est qu’une étape.

Pierre : C’est ça, d’où, aussi, le choix du titre de la chanson From the begining to the end, parce qu’il y a ce côté cyclique, et ce n’est pas forcément mauvais. Le choix des voix, des personnages se fait en fonction de l’histoire mais aussi de comment j’ai envie d’utiliser le personnage.

Metal-Eyes : Tu viens d’expliquer préparer tes histoires avec des recherches, la rédaction de fiches… Tes univers sont très riches, alors as-tu déjà envisagé de les retranscrire sous forme de roman ? Une grande saga d’héroic fantasy.

Pierre : Alors, de façon générale, je dirais que l’idée de passer par un autre média que la musique m’a déjà traversé l’esprit. En tout cas, ne pas se limiter à juste un disque ou un concert. Ça m’est déjà arrivé d’y penser et ça m’arrive encore. J’ai rencontré il n’y a pas longtemps une metteuse en scène pour envisager, pourquoi pas, des choses ensemble, sous une autre forme. Mais ce sont des projets qui, s’ils peuvent se montrer très enrichissants, passionnants et motivants, demandent beaucoup de travail en amont, beaucoup de temps. L’album a été assez difficile à faire, dans la mesure où l’année dernière n’a pas été terrible d’un point de vue perso et j’ai dû porter deux choses à bout de bras ce qui m’a un peu épuisé… Maintenant, j’aspire à des vacances et un peu de repos, mais ce n’est pas inenvisageable. Avant de me lancer dans un projet qui va me demander deux ou trois ans de travail en amont, à plein temps, j’ai envie de prendre le temps d’y réfléchir. Et s’y j’y vais, j’y vais à fond en ayant pesé le pour et le contre…

Metal-Eyes : Autre chose : Darkening light pourrait-il marquer la fin d’un cycle ? Je parle là d’un cycle visuel (j’aligne devant Pierre les pochettes des 4 albums), il y a des extrémités, avec From the Past et Darkening light bleu nuit, et au milieu une terre qui se détruit, poussiéreuse…

Pierre : Et ben tu sais quoi ? C’est la première fois que je vois les 4 en même temps…

Metal-Eyes : On a un effet de miroir, là…

Pierre : Complètement, oui. Je n’y ai jamais pensé… Je me suis fait la réflexion en passant, chez moi, devant From the past, qu’on était revenu à une même teinte, alors que je n’ai jamais voulu faire un album par couleur…

Metal-Eyes : Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a aussi ces teintes… maronnasse, poussiéreuses sur Between et The great lie, entourées de ces couleurs plus nocturnes.

Pierre : C’est vrai, et tu viens d’utiliser le mot poussiéreux. C’est le mot que j’avais utilisé pour décrire ce que je voulais au graphiste, alors que là, sur les deux autres, j’ai plus orienté les choses sur les grands espaces, le spatial… Pas quelque chose de cassé… Dans l’idée, je suis effectivement revenu vers quelque chose de moins poussiéreux. C’est marrant, là, de voir les 4… Ca me… ça me fait un petit truc. Comme je te disais, ce dernier je l’ai fait dans des conditions pas faciles, je l’ai reçu et mis dans un coin. J’aimerai, maintenant, prendre le temps de les écouter… dans cet ordre là, avec le début, cette espèce de demi-cadence et une fin qui reste ouverte. (NdMP : l’ordre c’est Darkening light, From the past, Between et The great lie). C’est aussi pour ça que j’ai fait cet album : quand j’ai réfléchi à quelle histoire je voulais raconter, j’ai trouvé ça plus intéressant… Jusque là, il manquait un véritable début, donc j’ai voulu expliquer le pourquoi des trois autres. Il me semblait qu’il y avait des fondations qui n’étaient pas posées, et, effectivement, tu parlais de la fin d’un cycle, je peux considérer que c’est le cas, dans le sens où on a maintenant quelque chose de posé, les dernières notes de Darkening light sont les premières de From the past, il y a aussi certaines références dans certains textes, certaines lignes de chant aux autres albums. Donc là, je sais que je peux me dire qu’il y a un gros pavé qui se tient, qu’il y a un univers étendu. J’aime énormément les univers immersifs type Marvel, Star wars ou autres. Maintenant, sur quoi ça va déboucher ? Je n’en sais rien mais aurais-je à un moment envie de raconter la suite de The great lie, est-ce que j’aurais envie de raconter autre chose, est-ce que ça finira ? Pour l’instant, je n’en sais rien. Mais là, effectivement, je pense qu’il y a quelque chose qui se tient, et dont je suis assez fier…

Metal-Eyes : Tu peux l’être, je pense. Darkening light est un tout, cependant, si tu devais ne retenir qu’un morceau de l’album pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Melted Space, ce serait le quel ?

Pierre : Hmmm… Pour répondre à ta question, je suis obligé de différencier deux choses : dans l’album, j’ai effectivement une petite chouchoute (rires) qui est Trust in me parce que c’est un combat vocal de lions, parce que Jeff Scott Soto a fait des merveilles, Michael Stahne, depuis The great lie, on est comme des frères. On s’ets revus sur des tournées, des festivals…

Metal-Eyes : C’est ta chouchoute, ce qui sous entend qu’il y en aurait une qui serait plus représentative ?

Pierre : Oui, effectivement. Je pense que dans l’évolution de l’histoire, l’orchestre est beaucoup moins utilisé que sur les autres et petit à petit, on arrive au moment où le Melted space s’est créé et on retrouve ce Melted space qui s’est créé dans les autres albums. Donc, pour donner à quelqu’un qui ne connait pas une bonne idée de ce que c’est, je pense que je prendrais la dernière, Fallen world.

Metal-Eyes : Quel est ton rêve pour Melted Space ?

Pierre : Euh… Quel est mon rêve ? J’en ai plusieurs. L’utilisation d’autres médias pourrait en faire partie, déboucher sur une vraie mise en scène avec orchestre et tout ces chanteurs qui viendraient interpréter leur rôle… Je pourrais rêver d’avoir la belle carrière que peut avoir Arjen Lucassen….

Metal-Eyes : C’est marrant, je pensais à lui ! Il vient de sortir un live avec son projet….

Pierre : Oui, j’y étais, d’ailleurs. Ce sont des moments rares et c’était… Un rêve : réussir à faire à ce point là ce qu’il a fait. C’était vraiment extraordinaire… Et là, j’ai eu envie de dire « quand je serrais grand, je veux faire ça ! »

Metal-Eyes : Ce qui est bien, c’est ton âme d’enfant qui ressort.

Pierre : Je pense que c’est une ambition saine que de vouloir pousser son concept à ce point là, avec une équipe qui le suit. Après, il a quelques années de carrière de plus. Mais ce genre de projet pourrait voir le jour, mais ça demanderait, comme lui, deux ou trois ans de travail. Certains chanteurs m’ont clairement fait comprendre que un concert comme ça, ils étaient partant.

 

Interview : DUSK OF DELUSION

Interview DUSK OF DELUSION. Entretien avec Matthieu Morand (guitare). Propos recueillis au Black Dog de Paris le 9 mars 2018

 

Metal-Eyes : Dusk of Delusion a été formé en 2016 par des musiciens issus de différents univers du metal. Comment en êtes-vous venus à former ce groupe ?

Matthieu Morand : Julien, le bassiste, et moi on se connait depuis une trentaine d’années puisqu’on était au collège ensemble. On a formé notre premier groupe au lycée en 1993, un groupe qui s’appelle Elvaron et qui est toujours en activité après 25 ans – on a sorti 5 albums déjà…

Metal-Eyes : Et qui est plutôt metal progressif, d’ailleurs.

Matthieu Morand : Carrément, c’est très très technique, complexe à réaliser sur scène. C’est technique, et en plus, j’assure également le chant. Ça fait depuis 2008 que je ne fais plus de scène avec Elvaron parce que c’est une musique qui est trop complexe à restituer. Avec Julien, on avait envie de revenir à quelque chose de plus immédiat, à une musique qui peut rapidement aller sur scène, et qui ne nous demande pas une concentration au détriment de l’énergie pure. Attention, je ne dis pas « qui ne nous mette pas en danger », au contraire.

Metal-Eyes : Donc vous préférez mettre en avant cette énergie plutôt que de devoir rester concentrés et figés sur scène…

Matthieu Morand : Exactement.

Metal-Eyes : Elvaron, c’est une chose, mais il y a également des membres de Louka dans ce nouveau groupe…

Matthieu Morand : Effectivement, Julien et moi étions membres de Louka, dans un autre registre, rock, et assez axé sur la scène. La distance géographique – on était un peu éclatés en France, le chanteur habite à Brest… –  c’était un peu complexe de se retrouver pour faire des concerts. Ça a fonctionné un temps, un temps qui nous a permis de faire trois albums. Mais ça a vécu, et avec Julien, on avait vraiment cette volonté de faire quelque chose qui soit un peu dans la continuité de Louka mais en plus immédiat.

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe ?

Matthieu Morand : Dusk Of Delusion, ça veut dire « le crépuscule des illusions ».  Pourquoi ce nom ? On trouvait que ça avait une belle consonance, et on cherchait aussi un nom qui soit unique, qui ne soit pas utilisé par d’autres groupes, nulle part ailleurs sur la planète. Et il n’y a personne d’autre avec ce nom !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous avez des ambitions internationales, vous voulez aller partout…

Matthieu Morand (il sourit): Oui, oui… L’album va sortir en France et en Europe en version physique, et on a une distribution internationale en digital. Après, toute prétention gardée, si opn peut s’exporter, ce sera bien. Mais déjà, notre ambition, c’est de se faire connaitre en France.

Metal-Eyes : Cet album, Funfair, ou Unfair puisque le F est tombé et est éteint, vous l’avez travaillé comment, vous les vieux routards ?

Matthieu Morand : Ce qu’on voulait, c’est faire une musique assez immédiate. Julien et moi avons composé des chansons pour pouvoir les tester en répétition, pour pouvoir, aussi, recruter les autres musiciens. C’est plus facile de proposer à des gens de rejoindre un groupe quand des choses sont déjà écrites, ça permet de leur faire voir la direction musicale qu’on veut suivre. On savait qu’on allait certainement travailler avec Romuald, notre batteur, puisque ça fait déjà plusieurs années qu’on était en contact avec lui. Au début on s’est demandé si on faisait ça en trio, mais je n’avais pas envie de chanter, Julien non plus, donc on a recruté un chanteur et Benoit est vraiment parfait pour le style. Lui et Romuald avait déjà enregistré pour le groupe Redline, ils étaient sans engagement musical, libre. On a commencé comme ça, à 4 pendant quelques semaines et, pour aborder  la scène, on s’est dit qu’il nous fallait un second guitariste. Et moi, pour la scène, j’avais envie d’aller vers une écriture à deux guitares, un peu à la Maiden.

Metal-Eyes : J’ai écouté l’album une première fois, et ce qui m’est venu à l’esprit c’est que ce disuqe est très visuel. Quelle est votre intention musicale ?

Matthieu Morand : Au-delà de la scène ?

Metal-Eyes : Parlons-en, alors, de la scène… Vous avez pas mal d’expérience, et un groupe de rock, ça se défend sur scène. A quoi faut-il s’attendre live et quels sont vos projets de tournée ?

Matthieu Morand : Alors, sur scène, on reste sur quelque chose d’assez brut, on mise avant tout sur l’énergie et la communication avec le public. C’est un show très communicatif, qui permet de capter le public. On tente, même si ce n’est pas toujours facile, de le faire bouger, participer, chanter… Ça fonctionne assez bien, c’est vraiment ce qu’on voulait faire. On sera en tournée fin avril – elle démarre le 21 avril à Nancy, on va jouer, ensuite, à Paris, au Klub, à Lille, Strasbourg, en Belgique…. Après on aura quelques festivals, et on a quelques projet pour l’automne, une captation vidéo pour un live. On est dans cette dynamique de concerts.

Metal-Eyes : Tu parles de show ; faut-il s’attendre à un spectacle particulier ? Sans tout dévoiler, bien sûr. Tu parles beaucoup d’énergie, mais vos concerts sont-ils aussi visuels ?

Matthieu Morand : Non, pour le moment, on n’a pas de décors… Il y a, c’est vrai, un concept autour des fêtes foraines, mais on veut que ce concept soit temporel : il est sur cet album, mais on ne veut pas s’enfermer dans une imagerie 1900 comme pourrait avoir Avatar ou des groupes comme ça. On ne veut pas s’enfermer dans un trip, on veut vraiment privilégier quelque chose de simple et de brut, même si on a une cohérence visuelle dans nos vêtements, nos costumes de scène. Mais il  n’y aura pas de décors, en tout cas, pas sur cette tournée.

Metal-Eyes : C’est intéressant que tu parles d’Avatar… A quel point ce groupe est-il une influence ?

Matthieu Morand : Ce n’est pas du tout une influence, même si ces derniers temps, quand on est en interview, c’est un groupe qui revient souvent. Et pourtant, à aucun moment on n’a voulu se rapprocher de cet univers-là. En tous cas, pas consciemment. C’est d’ailleurs un groupe que je connais mal, très peu…

Metal-Eyes : Pourtant, c’est le seul nom de groupe que tu aies cité…

Matthieu Morand : Oui, parce que je suis de près tout ce qui se fait, je suis actif, je lis beaucoup, je suis toujours abonné à des magazines. Mais écouter un titre ou voir un clip, ça ne suffit pas pour en faire une influence.

Metal-Eyes : Tu parles justement d’un titre… Si tu devais ne retenir qu’un titre d’Unfair pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Dusk of Delusion, ce serait lequel ?

Matthieu Morand : Euh… Celui qu’on a sorti en clip, White worlds, concentre pas mal l’univers et ce qu’est Dusk Of Delusion. Il y a des riffs très percutants, il est très groovy, avec des rythmes basse batterie… Il y a une partie centrale un peu… Pas atmosphérique, mais qui permet de redescendre pour repartir après, il y a un refrain catchy… Ce titre là résume assez bien notre univers.

Metal-Eyes : Et comment décrirais-tu votre musique pour quelqu’un qui vous découvres ? En gros, quels arguments utiliser pour me vendre ton album ?

Matthieu Morand : Alors… Je suis très mauvais commercial, j’ai travaillé 11 ans dans ces aspects… Je suis un passionné de musique, ce n’est pas notre métier… Tout est une question de point de vue mais on a la chance de pouvoir en faire. On travaille, on peut investir de l’argent sur notre passion sans que ça mette en péril notre vie quotidienne, donc pour nous, c’est super. On est libres de nos choix artistiques…

Metal-Eyes : D’accord, mais tout ça ne me convainc pas d’aller l’acheter !

Matthieu Morand : Oui, mais je sais pas quoi te dire moi (rires) !

Metal-Eyes : Qu’est-ce que je vais trouver dans ce disque ?

Matthieu Morand : Je pense que tu vas trouver des influences qu’il n’y a pas ailleurs. On vient tous d’univers différents : je viens du prog, Julien est un gros fan de Korn, peut-on imaginer quelque chose entre Korn et Dream Theater ? On a un concept autour des fêtes foraines, et dans le neo metal, ça n’existe pas, un album conceptuel. Et là, on est en plein dedans, alors, est-ce que ça peut convaincre les gens de jeter une oreille ? On ne révolutionne pas la roue, peut être y a-t-il quelque chose de plus moderne, de plus frais ?

Metal-Eyes : Si tu devais imaginer une devise pour Dusk Of Delusion, ce serait quoi ?

Matthieu Morand : La livre sterling ! (rires)

Metal-Eyes : Alors là, celle-là, on ne me l’a pas encore faite !

Matthieu Morand : Non, pas une monnaie… Une phrase choc ? Waow….C’est dur comme question… L’énergie ? C’est ce qui nous définit…

Metal-Eyes : Oui, mais ce n’est qu’un mot…

Matthieu Morand : « L’énergie au service de la musique » alors ?

Metal-Eyes : Que rêvez-vous de faire avec ce groupe ?

Matthieu Morand : Nos rêves ? De pouvoir commencer à toucher de plus grosses scènes, voire de plus gros festivals, et pouvoir continuer sur cette lancée.

Metal-Eyes : Tu as passé une bonne partie de la journée en promo. Jusqu’à présent, quelle a été ta question préférée, celle qui t’a le plus surpris, étonné ?

Matthieu Morand : On a eu une question, tout à l’heure de quelqu’un qui est vraiment allé au fond des textes et qui nous a posé une question très précise sur le thème abordé dans Strings on your arms, et qui reprend le thème du marionnettiste et fait une analogie avec l’endoctrinement. Benoit a écrit ce texte au moment des attentats de Paris.. Et ce gars a fait un parallèle avec les croisades qui se sont déroulées il y a 800 ans. Et finalement, les problématiques sont les mêmes : ce ne sont pas les mêmes religions, mais il s’agit d’obliger les gens à adhérer à une vision qui n’est pas la leur, jusque sur leurs terres. Quand les croisés arrivent à Jérusalem et passent au fil de l’épée 10.000 musulmans… Aujourd’hui, ce n’est pas la même religion, mais c’est finalement la même chose. C’était intéressant d’avoir ce point de vue.