Interview: PORN

Interview PORN. Entretien avec Philippe, aka Mr Strangler  (chant, compositeur, producteur). Propos recueillis à Paris, Doctor Feelgood le 29 janvier 2019

C’est un Mr Strangler heureux et bavard qui nous reçoit pour nous parler du second volet de sa trilogie racontant l’oeuvre de Mr Strangler. The darkest of human desires sera dans les bacs dès le 22 février et c’est tout un programme…

Metal-Eyes : Le groupe s’est formé à Lyon en 1999…

Mr Strangler : Oui, plus précisément à Grenoble, mais la genèse s’est faite à Lyon.

Metal-Eyes : Votre parcours a été depuis à la fois remarqué – notamment par le nom du groupe volontairement provocateur, mais également accidenté. Comment résumerais-tu l’histoire de Porn ?

Mr Strangler : Je dirais qu’on n’en est qu’au début ! Pour moi, on ne peut pas définir la carrière d’un groupe par le temps, par une histoire de longévité, mais plus par la concrétisation de l’œuvre artistique. Pour moi, une carrière musicale, c’est un marathon, elle se finit à la fin. Beaucoup de gens pensent que c’est un sprint, et pourtant… Tu peux aller vite à un moment, ensuite, tu stagnes, et puis tu peux repartir assez rapidement. Par exemple, en France… C’est un groupe que je n’écoute pas forcément, mais la carrière d’Indochine : ils ont cartonné au début, puis ils sont tombés dans les oubliettes de chez « les oubliettes », et là, ils sont revenus, doucement pour exploser. Je pense que c’est une histoire de marathon et d’endurance. C’est une discipline, plus qu’un métier. Comme quand tu veux faire un sport de combat, c’est dur. Je pense que j’aurais plus un jugement subjectif sur la qualité de ma musique plus que sur la notoriété ou ce genre de chose.

Metal-Eyes : Quelles ont été pour toi les principales étapes de votre carrière ?

Mr Strangler : Il y a eu le premier album (2004), puis The ogre inside (2017).

Metal-Eyes : Porn est un groupe qui a toujours voulu interpeler, à commencer par le nom du groupe… ça ne passe pas partout, tu fais une recherche sur internet… Merci

Mr Strangler : On a du mal à nous trouver, oui !

Metal-Eyes : Non, mais il faut rajouter quelques informations. Et ne pas avoir d’enfant à proximité ! Vous revenez aujourd’hui avec l’acte 2 de The darkest sides of human desires. Je n’ai pas réussi à trouver l’acte 1.

Mr Strangler : La première partie ? C’est The ogre inside

Metal-Eyes : D’où la numérotation des morceaux qui démarre à 10.Pourtant, il n’y a aucun titre sur The ogre inside qui s’’appelle « The darkest of human desires »…

Mr Strangler : Non, non… C’est le concept global, en fait, qui n’a pas de nom. Ca pourrait être « la vie et l’œuvre de Mr Strangler ». C’est une histoire en 3 actes, et je n’ai pas encore trouvé le nom de la troisième partie même si l’album est quasiment fini. The ogre inside, ce serait l’adolescence du personnage : c’est quelqu’un qui se découvre des pulsions meurtrières, et découvre qu’elles sont inadéquates, face à la famille, la société. Il va y avoir un biais entre les pulsions et comment les assouvir. Assouvir des pulsions meurtrières ? Ca ne le fait pas. Donc c’est quelqu’un qui comprend cela et qui est tiraillé par ses pulsions et qui est dans le refoulement. Dans l’acte 2, il est question du meurtre, le plus sombre des désirs humains. Et dans cette partie de sa vie, il est plutôt adulte et il s’assume. Il se dit « j’y vais, je vais tuer des gens ». Dans l’acte 3, il se fait attraper et là, on va parler de psychiatrie et d’emprisonnement.

Metal-Eyes : Ce qui explique aussi le lien qu’il y a entre les pochettes. J’imagine une continuité avec le troisième…

Mr Strangler : Oui, c’est la même personne qui va travailler dessus, avec la thématique de l’emprisonnement, et la psychiatrie.

Metal-Eyes : Même s’il n’y a pas eu beaucoup de temps entre ces deux derniers albums, comment analyserais-tu l’évolution de Porn ? 

Mr Strangler : Il n’y en a pas. En fait, on ne s’est jamais arrêtés dans la composition. A partir du moment, en 2016, où on a commencé à travailler sur The ogre inside, on ne s’est jamais arrêtés. Tout est fait dans la foulé. Quand on a bouclé les 10 morceaux qui, pour moi, était finalisés pour The ogre inside, ils sont partis le lendemain au mastering et dans la foulée, j’ai commencé à bosser sur le nouvel album. Celui-ci est fini depuis 2 mois, et j’ai déjà fini la composition du troisième. On va enregistrer dans pas longtemps et tous les morceaux sont quasiment finalisés. S’il y a une évolution, ben… comme j’ai la tête dans le guidon, je ne la vois pas ! Si, dans la recherche des ambiances : The ogre inside est plus sombre, mélancolique, parce que je voulais vraiment illustrer le tiraillement, la personne se sent vidée de l’intérieur. The darkest of human desire est plus exalté, plus speed, malgré de la mélancolie.

Metal-Eyes : Justement, les ambiances, il y en a plein, pas forcément du metal ou du rock, mais plein de choses typées des années 80, 90, et des choses plus électro. Qu’est-ce qui vous influence ?

Mr Strangler : Je dirais tout simplement les vieux groupes de metal industriel et de rock gothique. Type O Negative, The Cure, Paradise Lost… J’espère que comme eux, on va réussir à devenir nous-mêmes. Etre dépositaire d’un style, reconnus comme étant quelque chose d’unique, musicalement. Pour moi, c’est ça, « réussir sa carrière », c’est vers ça que je tends.

Metal-Eyes : Tu es quelqu’un de très actif, artisiquement, puisque, au-delà de lamusique tu écris. Les activités littéraires et musicales s’auto-alimentent-elles ?

Mr Strangler : Oui, totalement, et à chaque fois, k’un est venu de l’autre. Par exemple, lorsque j’ai commencé à travailler sur le deuxième album de Porn, From the void to infinite, j’étais en fait vachement inspiré par un poème de TS Elliott qui s’appelle Les hommes creux. Et c’est de là qu’est venu le concept de The ogre inside : quand je lisais et relisais ce poème, pour moi, ces hommes creux, c’est comme s’ils avaient été mangés de l’intérieur. From the void, pour moi, c’était ce vide intérieur. Et j’ai voulu développé ce concept, ce que j’ai fait dans un roman qui s’appelle Contoyen, mais qui ne parle pas que de ça. Le personnage principal dit cependant qu’il est mangé de l’intérieur par un ogre qui prend le pouvoir. Parti de la musique, c’est devenu un roman, qui a créé l’ogre intérieur, et c’est revenu à la musique. En travaillant là-dessus, j’ai inventé Mr Strangler. Peut-être qu’après la trilogie, je vais arrêter la musique un moment pour me consacrer à un comics dont le héros sera Mr Strangler !

Metal-Eyes : Tout à l’heure, tu me disais que tu ne dessines pas bien et là, tu me parles de comics…

Mr Strangler : Non, non, je ne ferais qu’écrire ! Je ne sais vraiment pas dessiner, c’est une catastrophe !

Metal-Eyes : Au-delà de la fiction, j’ai l’impression que tu portes un regard assez sombre sur la société…

Mr Strangler : Oui… Quand je parle de ce personnage, j’essais de montrer qu’en fait, i ; s’agit de tout le monde : le gamin qui a des pulsions homosexuelles, qui comprends qu’il faut les refouler avant que ça ne reprenne le dessus et que, comme certains l’ont fait, il décide d’aller tuer d’autres homosexuels. Une manière de tuer sa propre homosexualité va choisir un chemin qui ne sera pas le tien, ou pas accepter, et il y aura toujours cette forme de mélancolie, de regret : « peut-être que ça aurait pu se passer autrement… » Ici, j’exagère une situation pour qu’elle soit compréhensible. On vit dans une société normative, et quand on n’est pas normé, on va entrer en interaction et c’est là que, souvent, on est considérés comme des malades mentaux. Pour moi, la trilogie est le bon format, parce que je peux parler de ces trois étapes : l’enfance, le moment où on assume, et la fin, la phase de psychiatrisation. Est-ce qu’elle sert à quelque chose ?

Metal-Eyes : Si aujourd’hui, pour explique à quelqu’un ce qu’est Porn, tu devais ne retenir qu’un seul titre, ce serait lequel ?

Mr Strangler : Sans hésitation, je dirais Last of a million. Je pense qu’il y a un peu de tout, que c’est, à mon sens, un des plus réussis, tant esthétiquement qu’artistiquement.

Metal-Eyes : Quelle a été la meilleure question qui t’ai été posée aujourd’hui ?

Mr Strangler : Euh… Une question toute simple, en fait : « qui est Mr STrangler ». Dit comme ça, je n’ai pas su trop quoi répondre. Elle ne m’avait jamais été posée comme ça, de but en blanc, ça m’a amené à réfléchir. C’est un personnage quii est un peu en chacun de nous, je ne lui ai pas fait d’état civil…

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Porn en 2019 ?

Mr Strangler : … Quelque chose qui est en filigrane : l’émancipation. Gagner en émancipation, intellectuelle ou physique, financière. Devenir celui qu’on est… Reprendre ce vieux truc d’Aleister Crowley : Fais ce que tu veux sera la loi. Mis à côté de Rousseau : « ta liberté s’arrête où commence celle des autres ». « Deviens toi-même mais sans faire chier les autres ! »

Metal-Eyes : Crowley et Rousseau côte-à-côte, c’est original !

 

Interview: SOEN

Interview Soen. Entretien avec Joel Ekelöf (chant) et Martin Lopez (batterie) Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra de Paris le 13 décembre 2018

Metal-Eyes : J’ai découvert Soen avec Lykaia, votre précédent album. Sans revenir sur l’histoire du groupe, peux-tu m’expliquer la signification du nom du groupe ?

Joel : C’est un nom qui ne signifie rien du tout. Un mot vide de sens que nous pouvons remplir avec ce que l’on souhaite. C’était notre intention : nous avons le nom, maintenant, nous pouvons faire ce que nous voulons. C’est une sorte de symbole pour nous.

Metal-Eyes : Deux ans après sa sortie, quel regard porte-tu à Lykaia ?

Joel : Je pense que ce que nous faisions alors est ce que nous faisions. Lykaia, c’était il y a deux ans, Lotus est actuel. Lykaia était une expérience analogique. Aujourd’hui, tout est fait digitalement, alors on a tenté de… « voyons ce qu’il se passe si on fait tout en analogique, à l’ancienne ». C’était une expérience intéressante, nous n’avons pas voulu en faire trop, nous avons gardé le côté brut. Avec Lotus, nous n’avons pas voulu répéter Lykaia.

Metal-Eyes : Ce qui est normal…

Joel : Oui, chacun veut évoluer, avancer. Cette fois-ci, nous avons voulu un album moderne, direct, qui sonnerait… Fantastique. Et je crois que nous y sommes parvenus.

Metal-Eyes : Selon moi, Lotus a toujours cette approche très aérienne, mais les guitares, les riffs sont plus heavy que sur Lykaia…

Joel : Oui, je te rejoins.

Metal-Eyes : Lotus sortira le 1er février 2019. Comment, hormis ce que tu viens de m’en dire, décrirais-tu l’évolution du groupe entre ces deux albums ?

Joel : Il y a l’évidence : Markus a quitté le groupe, Cody a pris sa place à la guitare, ce qui fait une belle différence. Je pense également que nous avons plus d’éléments metal sur cet album que sur Lykaia. Nous ne voulions pas perdre nos racines metal, plus spécialement avec le passé de Martin, qui vient du metal. Peut-être que l’évolution naturelle depuis Lykaia aurait été de s’orienter encore plus vers le rock progressif, mais nous avons ressenti le contraire, il fallait conserver les aspects metal.

Metal-Eyes : L’album reste toutefois très progressif…

Joel : Absolument, il est progressif sans perdre la lourdeur ou l’agressivité du metal traditionnel.

Metal-Eyes : Ce qui vient de vos précédents groupes également. Qu’est-ce que Cody vous apporte ?

Joel : Eh bien… Il est un technicien fantastique, sa tonalité est superbe… Tu le sens dans ses solos, on peut se fier à lui, ce qui est important pour moi. Ce n’est pas un shredder, il joue beaucoup au feeling. Nous parlons beaucoup musicalement, tous. Et il s’est parfaitement intégré au groupe, à la dynamique de Soen. Il a joué avec nous à Wacken, pour son premier concert… Il nous a cloués ! Ensuite, aux USA, au Canada, et on a l’impression qu’il a toujours fait partie du groupe.

Metal-Eyes : A-t-il apporté des idées, collaboré à la construction de l’album ?

Joel : Il est le nouveau membre, mais il a apporté beaucoup dans ses solos…

Metal-Eyes : Et voici que Martin nous rejoint. Nous parlions de votre nouvel album. Joel si tu permets, je vais poser la même question à Martin : comment analyses-tu l’évolution du groupe entre vos deux derniers albums, Lykaia et Lotus ?

Martin : Je pense qu’il s’agit d’une progression naturelle. Lotus est beaucoup plus professionnelle, et la plus grosse différence peut résider dans la production de l’album, dans le son. Nous avons fait appel à un producteur professionnel qui nous a aidés à développer notre son.

Metal-Eyes : Le lotus est un symbole de zenitude et de légèreté. Comme je le disais, votre nouvel album est très aérien. Pourquoi avoir choisi ce titre d’album, dont le morceau titre est également très calme et posé ?

Joel : Le lotus est aussi une fleur, superbe, qui pousse dans un environnement très dur, sombre. Et je peux m’y retrouver, ce calme dans un univers dur et heavy… On prend ces sujets sombres, nos expériences, et les transformons en quelque chose de positif. En ce sens, il y a une transformation.

Metal-Eyes : Justement, j’ai écouté l’album mais ne me suis pas penché sur les paroles. Y a-t-il des sujets particuliers que vous abordez ?

Martin : Oui… Le principal reste d’être honnête dans les sujets traités. On n’a pas envie de parler d’histoires d’amour que nous n’avons jamais vécues, ou ce genre de choses…La politique ? C’est si facile aujourd’hui de dire que ce sujet est politique, pour nous ce n’est que du bon sens de voir que tel sujet traite de l’inégalité, de toute cette merde qui nous entoure. Il faut le mentionner et avoir quelque chose de valable à dire. Les paroles partent toujours de ce point, qu’il s’agisse d’une histoire qui nous est arrivée, qu’il s’agisse de toi ou  de la société… D’abord, ne pas se baser sur la fiction, de rester réalistes…

Joel : Je crois qu’il y a un chemin dans le metal progressif que je n’aime pas vraiment : raconter des histoires stupides de manière ironique… Je sens que nous sommes là pour dire des choses sérieuses, et nous sommes sérieux, musicalement, dans les sujets que nous traitons…

Metal-Eyes : Alors, quel est votre message ?

Joel : Sur cet album, le message est « faites quelque chose de ce qui vous arrive, trouvez une énergie positive des « mauvaises » expériences ». Il ne s’agit pas d’être cynique quand quelque chose ne va pas. Putain, trouve une solution et bouge, fait en sorte de changer, ne renonce pas, ne courbe pas le dos sans rien faire… Tu comprends ce que je veux dire ? Merde, redresse-toi et fais quelque chose. Je ne dis pas qu’il faut sortir et faire comme si tout allait bien, mais de réagir.

Metal-Eyes : Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un titre de Lotus pour exprimer ce qu’est Soen aujourd’hui, lequel serait-ce et pourquoi ?

Martin : Je pense que ça dépend du jour, de comment je me sens. Aujourd’hui, je dirais Lotus qui représente assez bien mon état d’esprit du jour. Mais il n’y a pas qu’une chanson qui nous représente. Aujourd’hui, c’est celle-là, peut-être que demain, ce sera une autre plus dure…

Joel : J’aurai aussi retenu Lotus, parce qu’elle représente aussi l’unité du groupe. C’est le genre de chanson qui transforme beaucoup l’énergie. Elle est représentative de ce que c’est que de faire partie d’un groupe, de voyager ensemble, partager un bus, et on doit se soutenir les uns les autres.

Metal-Eyes : Le groupe existe depuis maintenant plus de dix ans, quel pourrait être la devise du groupe aujourd’hui ?

Martin : La devise… Ouh, elle est difficile celle-là…

Joel (il chuchote) : Be agressive…

Martin : Non, non… (rires) Je dirais : « Garde la flamme ». Fais ce que tu aimes faire, peu importe ce qui se dresse sur ton chemin. Si tu veux être heureux, ne pas avoir de regrets, il te faut vivre à fond…

Metal-Eyes : Je suis d’accord avec toi… Quels sont vos projets de tournée ?

Joel : Nous allons jouer deux semaines en Europe en avril, puis aux USA. Et retour en Europe en septembre. La chose naturelle serait de repartir pour une tournée américaine.

Metal-Eyes : Pourquoi « naturelle » ?

Joel : Parce que nous avons un following là bas, que les gens y écoutent notre album. Nous y avons fait une petite tournée il y a deux mois

Martin : Et c’était bien… Mais tu sais, les choses sont comme elles sont, et pour nous, le principal est d’aimer chaque instant de ce que nous faisons. Alors si nous commençons à booker 200 shows dans l’année, alors nous serons fatigués, lassés. C’est loin d’être aussi glamour que ce que peuvent croire les gens ! Donc on se réserve, afin d’en profiter au maximum. Bien sûr, si nous avons l’envie profonde de prolonger la tournée, alors nous le ferons. Autrement, nous disparaîtrons l’espace de deux ans.

Joel : Les gens qui viennent à nos concerts doivent ressentir que nous aimons vraiment ce que nous faisons. C’est important de garder cette fraîcheur, à nos yeux.

Metal-Eyes : Trop de concerts nuirait à cette fraîcheur…

Martin : Oui, comme tout ce que nous faisons. Nous voulons avant tout de la qualité. La vie ce n’est pas que courir la planète pour jouer ta musique. J’adore ça, mais nous avons nos propres vies et voulons faire tout ce qui est possible pour en profiter. LA vie est trop courte pour la passer dans un bus !

Metal-Eyes : Je vais terminer en posant à Martin la première question que je t’ai posée, Joel : quel est la signification du nom du groupe ?

Martin : Aucune. Nous ne voulions pas avoir un nom qui puisse avoir une relation quelconque avec la musique. Donc aucune signification particulière…

Interview: WITHIN TEMPTATION

Interview WITHIN TEMPTATION. Entretien avec Rudd Jolie (guitare) et Martin  Spierenburg (claviers). Propos recueillis à Pantin le 15 novembre 2018

Initialement prévue le 14 décembre 2018, ce n’est qu’à l’issue de cette interview que nous apprenons que la date de sortie de Resist était repoussée au 1er février 2019. Cela ne change rien au plaisir de cette interview avec des musiciens qui en présenteront quelques extraits le lendemain, au Zénith de Paris.

 

Metal-Eyes : 4 ans après sa sortie, quel regard portez-vous sur Hydra, votre précédent album ?

Rudd : Je l’aime encore beaucoup, vraiment. En fait, lorsque The reckoning est sorti, le nouveau single, j’ai lu certains commentaires de gens qui disaient… J’ai lu beaucoup de choses négatives au sujet de Hydra, de nombreux fans qui semblaient ne pas l’apprécier, mais il reste un album encore très fun, parce que très orienté guitares. Et d’un point de vue purement égocentré, c’est toujours plus fun pour un guitariste quand un album est orienté guitares, soyons réalistes ! Toute cette période était plaisante, la tournée, tout…

Martin : Pour moi, c’est pareil…

Metal-Eyes : En tant que guitariste ? D’accord… (rire général)

Martin : Oui ! Mais en tant que claviériste, c’est pareil, en fait ! Ce fut un travail très intéressant à fournir, et il y a des choses incroyables. Par exemple, notre collaboration avec Exhibit, ce qui est assez inhabituel quand tu réalises à un album metal. Il y a eut des choses vraiment intéressantes que j’aime encore beaucoup.

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous l’évolution de Within Temptation entre Hydra et ce nouvel album, Resist, qui sort dans quelques jours ?

Rudd : C’est encore assez différent. Et c’est ce que nous cherchons à faire, proposer un album qui soit différent du précédent. J’ai toujours tendance à dire que nous ne sommes pas AC/DC, sans leur manquer  de respect parce que c’est ce qu’ils font, que je les adore et que c’est ce que leurs fans attendent. Personne ne peut  dire que ça n’a pas marché pour eux, ils ont pas mal de succès (rires). Nous sommes le genre de groupe qui aime tenter différentes choses, et par conséquent, tous nos albums sont différents. Ce nouvel album est peut-être un peu moins orienté guitares, bien que Stefan et moi avons approché l’enregistrement différemment : des guitares à 8 cordes, une accordée plus bas, des sons un peu moins agressifs. Des choses un peu inhabituelles pour cet instrument. C’est ma contribution en tant que guitariste dans l’évolution du groupe. Je ne compose pas, donc je ne peux parler de l’évolution musicale, mais du jeu et des arrangements de guitares. (A Martin) : je ne sais pas ce que tu en penses…

Martin : Je pense que faire un disque différent à chaque fois est la base, une règle pour des musiciens, ceux de Within Temptation, afin d’évoluer. C’est une des raisons qui font que notre groupe continue d’exister. Parce que, musicalement, nous avons un très large spectre, si je puis m’exprimer ainsi. Nous nous intéressons à plein de genres musicaux différents. Je suis sûr que le groupe existerait encore si nous faisions depuis 20 ans la même chose, mais… on s’ennuierait ! Je pense que nous avons besoin de cette variété pour continuer de tourner, de nous amuser. C’est aussi un moyen, quand on sort des écrans radars et que nous faisons notre truc, de revenir, de retrouver de l’inspiration, de l’énergie.

Metal-Eyes : Ce qui se produit avec vous tous les 4 ans environ, comme un cycle…

Martin : Oui, absolument. Autrement, je pense que le groupe ne serait plus là.

Rudd : Ou alors, nous aurions perdu certains membres…

Metal-Eyes : J’ai écouté une partie de Resist qui n’est pas encore sorti. Alors que pourriez-vous en dire afin que les fans se précipitent pour l’acheter à sa sortie ?

Rudd : C’est un nouveau chapitre de Within Temptation. Je crois que c’est la chose la plus importante car, bien sûr, il y a de nouvelles choses musicalement, mais c’est toujours le cas. Donc, oui, c’est un nouveau chapitre.

Martin : Et je pense que c’est un album 50/50, en tout cas pour moi. Je peux toujours y penser objectivement, car il est encore assez neuf à mes yeux. Je crois que 5 chansons sont plus dans l’esprit de « l’ancien » Within Temptation, avec une approche un peu plus heavy, et les 5 autres sont plus fraiches…

Metal-Eyes : Poppy ?

Martin : Oui, « poppy »… J’ai toujours quelques appréhensions à utiliser ce mot dans la communauté metal, mais je pense que cela plaira à un large groupe de nouveau auditeurs, une large foule.

Metal-Eyes : Il semble que les textes restent proches de l’actualité. Certains titres parlent d’eux-mêmes, comme Endless war ou Mad world, mais il reste également une large place à l’optimisme, au positivisme. De quoi traite cet album ?

Rudd : Alors, tout d’abord, que ce soit clair : nous n’avons pas pris part à l’écriture des textes. C’est en général Sharon et Robert qui s’en chargent. Mais je pense que ce qui est sympa avec les textes, c’est qu’il y a souvent différentes interprétations possibles. Chacun peut y voir un message différent. Bien sûr, il y a certaines choses qui sont claires, mais… Tu sais, personnellement, je ne m’informe pas : je ne lis pas les journaux, je ne regarde pas la télé, je fais en sorte de rester aussi éloigné des infos que possible, parce qu’aujourd’hui, la manière dont sont présentées les infos rendent les choses très tristes… Tout est fait pour attirer l’auditeur, le lecteur, et les choses sont plus « sensationnelles » qu’humaines. Il y a 3 ou 4 ans, en prenant mon petit-déjeuner, je me suis rendu-compte, avant de terminé que je me sentait déjà déprimé, même si le mot est un peu fort, de toute cette merde qui nous entoure. Tu sais, c’est terrible qu’il y ait un tsunami quelque part, mais je ne peux rien y faire. Peut-être donner de l’argent, qui ne fini de toute façon pas là où il devrait se trouver… Un crash d’avion… Je ne peux rien y faire, même si c’est terrible. Je me sens simplement mal toute la journée, alors… Fuck it !

Metal-Eyes : Tu parles-là d’accidents, nous pourrions aussi évoquer les actes humains, les guerres, l’économie, la violence…

Rudd : C’est vrai… C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que je ne peux rien y faire… Je m’intéresse à la politique au moment des élections, parce que je sais qu’à ce moment je peux m’exprimer. Autrement, je ne veux rien savoir. Parfois, je me sens vraiment stupide quand j’entends les autres parler de ceci et cela. « Hein ? Non, j’en sais rien. De quoi tu parles ? » (rires) Mais au moins, j’ai fait un vrai travail sur moi.

Martin : Nous réalisons de pus en plus que les médias sont comme une loupe : ils ont accès aux informations et ils décident où placer la loupe, quoi nous dire… Un crash d’avion ou un millier de personnes tuées en Afrique, qu’est-ce qui est le plus important ? Quelles sont les vraies informations ?

Metal-Eyes : Ils ont le pouvoir de…

Rudd : Oui, de me faire savoir ce qu’ils veulent, et de me cacher le reste. Je déteste ça de plus en plus !

Metal-Eyes : Il semble que sur The reckoning il y ait des trompettes, il y a des inspiration amérindiennes sur Firelight. Y a-t-il une signification particulière ? Car les trompettes peuvent être interprétées comme celles de l’Archange Gabriel, l’apocalypse, tandis que l’inspiration indienne apporte beaucoup de lumière…

Rudd : Oh ! Je n’avais pas pensé à ça ! Une approche très intéressante…

Martin : Oui, mais je ne pense pas que ce fut l’idée au départ, cette approche.

Rudd : La chanson Firelight est en fait un reste du projet solo de Sharon, mais ne convenait pas à son album. En revanche, je trouve qu’elle colle parfaitement à Resist

Metal-Eyes : Vous allez de nouveau jouer au Zénith demain soir (le 11 novembre 2018). L’album n’est pas encore sorti, mais vous allez le présenter au public. Combien de chansons allez-vous en jouer ?

Rudd : 5.

Metal-Eyes : Vous allez les tester, voire en changer, en fonction des réactions du public ?

Martin : Non, elles font partie de la setlist régulière.

Rudd : On en a répétées 6, mais une, je ne sais plus pourquoi, a été mise de côté. Sur Firelight, nous avons un invité, qui vit en Belgique. Alors nous la jouerons probablement là-bas exclusivement. Mais les 5 autres font partie du set.

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’une chanson de Resist pour exprimer ce qu’est aujourd’hui Within Temptation, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Martin : Pour moi, ce serait The reckoning, pour la puissance qu’à toujours développé Within Temptation. Elle est puissante mais aussi plus directe, il y a moins de choses, elle va droit au but.

Rudd : Je suis d’accord, et c’est le titre d’ouverture. C’est une chanson très heavy, ce qui est dû aux guitares très graves. Un morceau explosif qui, en plus, fonctionne super bien sur scène.

Martin : Et ce rythme de batterie : simple et direct. Quelque chose de très simple mais les gens savent ce qu’ils vont avoir. C’est une chanson puissante, avec la voix de Sharon… C’est une bonne représentation de cet album et de ce qu’est aujourd’hui Within Temptation.

Metal-Eyes : Vous avez-joué à Paris à plusieurs reprises. Quel est votre salle préférée ? Vious avez joué à La Locomotive, Le Zénith, l’Elysée Montmartre, et aussi en ouverture d’Iron Maiden au Parc des Princes

Les deux : ah, oui, oui, oui !

Metal-Eyes : Des lieux différents, avec différentes capacités. Lequel a vos faveurs ?

Rudd : Je préfère le Zénith. Je trouve que ce type de salle, 6.000 personnes, est parfait pour nous. Nous pouvons offrir un gros show, très visuel, et pour le public, ce n’est pas trop gros. Si on joue dans un stade et que tu es assis au fond, tu vois ce petites figurines… (rires)

Metal-Eyes : Ou tu regardes les écrans…

Rudd : Oui, aussi, mais dans ce cas, reste chez toi, et regarde un DVD…

Martin : Je me souviens au Parc des Princes, j’ai eu le sentiment, alors que nous étions sur scène, que les gens à l’autre bout étaient ailleurs, à une fête foraine… Qu’ils s’intéressaient à autre chose que ce qu’il se passait sur scène. Comme un festival. Une salle de 6.000 personnes conserve cette intimité avec le public. Tu construis quelque chose avec les gens. Maintenant, je crois que ma salle préférée a été La Locomotive, petite, mais surtout parce que c’était la première fois, très excitant ! Première tournée en France, avec un bus qui avait fait le Paris-Dakar, que nous avons pu louer pour pas grand-chose. C’était super ! C’était la minute « retour dans le passé » !

Metal-Eyes : Un peu de nostalgie…

Rudd : Qu’en est-il de l’Elysée Montmartre ? Il a été détruit dans un incendie ?

Metal-Eyes : Oui, et il a réouvert il y a environ deux ans.

Rudd : Dans le même esprit ?

Metal-Eyes : Le même, la même architecture, rénovée, et le tout plus blanc et propre.

Rudd : J’ai parlé du Zénith, mais l’Elysée Montmartre est très chouette aussi. On y a joué, quoi ? 2 ou 3 fois, je crois…

Metal-Eyes : Maintenant, quel est l’endroit du monde où vous n’avez pas aimé joué, où vous ne retourneriez pour rien au monde ?

Rudd : Avec Within Temptation ou peu importe le groupe ?

Metal-Eyes : Peu importe, mais là où même avec une formation telle que la votre vous diriez « non ! » même si on vous payait…

Rudd : Alors… Je joue parfois avec un groupe acoustique Tribute à Iron Maiden qui s’appelle Maiden United, un de mes autres projets. J’ai joué dans un endroit qui s’appelle De Virlichte Geest à Roeselvare, en Belgique (NdMP : il le prononce avec un accent incompréhensible, je le regarde avec des yeux ronds…)

Metal-Eyes : OK, pourquoi j’ai posé cette question ? (rire général)

Rudd : Ah, ah ! Je te l’écrirais après ! Il y avait des fuites dans les loges, des trous dans les murs, il nous a fallu mettre un chauffage électrique… C’était pourri, sale, une vraie merde ! Tu sais, on ne peut pas faire grand-chose pour de vieux endroits, mais un endroit sale peut être nettoyé, tu vois… Il aurait suffit de deux ou trois personnes et d’un après-midi pour rendre cet endroit bien mieux, mais ils n’ont rien fait. Et je pense que c’est un vrai manque de respect. Jamais plus je n’y mettrais les pieds, jamais…

Martin : Avec Within Temptation, il y a eut un festival, je ne sais plus lequel, il n’y avait pas de loges pour les artistes. On a dû se changer derrière les arbres…

Rudd : Quoi ? J’étais là ?

Martin : Oui, je crois que tu étais là… Même Sharon, je me souviens de Robert qui tenait une grande serviette devant elle. Pas de loges ! Et la nourriture… On nous a remis des coupons pour la nourriture et on n’a eut droit qu’à du pain blanc ! Pas de boisson, rien du tout…

Rudd : Je crois que je m’en souviens, oui…

Metal-Eyes : Vous avez parlé de festival, y a t-il déjà des festivals prévus pour 2019 ?

Rudd : Oui, certains. On aura la tête d’affiche du Grasspop, il y a Wacken qui a été confirmé. On travaille sur quelques autres mais, honnêtement, je ne suis pas certains de ceux qui ont été confirmé. Il y en a mais certains n’ont pas encore été annoncés, alors nous ne pouvons rien en dire…

Metal-Eyes : J’aurai essayé…

Rudd : Mais c’est raté ! (rire général)

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Within Temptation pour 2019

Martin (sans hésiter) : Resist !

Rudd : Oui, « resist ! »

Metal-Eyes : Facile, c’est le titre de votre nouvel album…

Rudd : Euh… On approche de l’hiver, et je cite toujours Frank Zappa : « regarde où vont les huskies », où se trouve la neige… Mais ça ne fait aucun sens non plus (rires) !

Martin : C’est une question difficile…

Metal-Eyes : J’aime bien poser des questions difficiles…

Rudd : Et tu te débrouilles bien ! « Aime ton voisin » ? Non… Je reste avec Resist !

Metal-Eyes : On en reparlera une prochaine fois alors. Terminons avec ceci : quelle a été, jusqu’à présent, la meilleure question qu’on vous a posée, la plus étonnante ?

Rudd : « Quelle pourrait être la devise de Within Temptation » ! (rires)

Metal-Eyes : Tu sais quoi ? Mes prochaines interviews, je vais inverser ces questions !

Rudd : Non, sérieusement, j’ai bien aimé ta vision des trompettes de l’archange Gabriel. Ce n’est comme ça que je voyais les choses… Peut être que c’est ce que Daniel, le producteur avait en tête… Ou c’est toi qui y a pensé dans les arrangements ?

Martin : Je ne sais plus… Je fais tellement attention aux détails, je ne sais plus forcément qui a eu quelle idée. Peut être que j’ai posé ces trompettes, je ne sais plus.

Rudd : Pareil avec les guitares, on rajoute des choses, mais je ne sais plus…

Metal-Eyes : Il s’agit de toute façon d’un effort collectif.

Rudd : Absolument, nous faisons les choses ensemble.

Metal-Eyes : Merci à tous les deux pour cette interview, et bonne chance pour votre show de demain. Vous savez comment vous allez occuper votre soirée ?

Rudd : Peut-être que je vais faire un tour… On est où dans Paris ?

Metal-Eyes : Paris est juste de l’autre côté du pont. On voit le Zénith d’ici…

Rudd : Ah oui ? (Je lui montre par la fenêtre) On n’est même pas dans Paris ? Ben… Je crois que je vais rester ici et récupérer un peu de sommeil, alors…

Martin : Moi aussi, je n’ai pas bien dormi la nuit dernière, alors, un peu de repos fera du bien. En plus, il a fallu qu’on se lève au milieu de la nuit pour le contrôle de passeport en Angleterre… un bon dîner à l’hôtel et une bonne nuit !

 

Interview: YANN ARMELLINO & EL BUTCHO

Interview Yann ARMELLINO & El BUTCHO. Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 11 décembre 2018

Metal-Eyes : Commençons par faire un rapide retour sur le passé : Better way est sorti il y a maintenant deux ans. Quel regard portes-tu avec du recul sur ce premier album ?

Yann Armellino : Ouh là… ça c’est une question qu’on ne m’avait pas encore posée… Il faut que je réfléchisse un peu… Quel regard ? Better way, c’était le début d’un truc avec Butcho. La genèse de cet album, les compositions, ça s’est fait d’une manière différente, parce que j’avais déjà pas mal d’idées. Je les ai envoyées à Butcho, il a posé ses voix dessus. Il y avait moins d’échanges, moins d’affinités, alors qu’avec ce nouvel album, on a beaucoup plus échangé et travaillé ensemble. Ça, déjà, c’est la grosse différence. Après, le regard que j’en ai c’est surtout que ça nous a permis de faire quelques dates sympathiques, des showcases, et continuer à faire des choses un peu différentes. De sortir un peu de ce carcan de guitariste.

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous revenez avec 17. Est-ce que le titre a un rapport avec l’adolecence et les nombreux « teenage » qu’on peut entendre sur le premier titre, Mr Wish ?(Après ré-écoute du titre et lecture des textes, Butcho ne chante que « tonight, tonight »…)

Yann Armellino : Non. Alors, non, pas du tout.

Metal-Eyes : Alors quel est le mystère qu’il cache ? J’ai lu quelque part que c’est en rapport avec le nombre d’albums que vous avez enregistrés…

Yann Armellino : Oui, c’est ça ! En fait, il n’y avait pas un titre générique qu’on pouvait extraire pour appeler cet album. D’habitude, c’est plus facile. Better way, c’était plus facile, c’était le premier titre et on l’a tout de suite vu comme tel. On a eu l’idée, ou plutôt, je crois, j’ai eu l’idée. J’ai demandé à Butcho combien d’albums il avait fait, et moi aussi. On n’a compté Better way qu’une fois, sinon on l’aurait appelé 18 (rires). Je trouvais ça rigolo.

Metal-Eyes : Ca évoque aussi les hard américain des 80’s qui parlait beaucoup de jeunesse, et de jeunes filles. Comme Winger avec son titre, Seventeen. Tu nous as dit que vous aviez plus travaillé ensemble. Musicalement, comment analyses-tu votre évolution entre ces deux disques ?

Yann Armellino : J’ai pas pour habitude d’analyser et de regarder trop dans le rétro… Je vais u  peu où le vent me porte. Difficile de répondre à ça… Il y a des choses… Tout est perfectible, mais a un moment, il faut figer les choses, sinon…

Metal-Eyes : Avez-vous changé votre méthode de travail. La dernière fois que nous avions parlé, vous disiez avoir travaillé à distance, échangé des fichiers. Vous avez modifié les choses ?

Yann Armellino : Oui, là on s’est beaucoup plus vus. On a fait des séances de travail ensemble. Du coup, vu qu’on a beaucoup plus composé ensemble, j’espère que ça se ressent. Là, ça peut marquer une vraie évolution, parce qu’il y a plus de travail en commun, plus d’échanges, d’idées, un jeu de ping pong. Suite à ces séances de travail, j’avais un refrain, un couplet, et je me débrouillais pour en faire un titre. C’est vrai que c’est quelque chose qu’on ne faisait pas sur le premier album. Il y a des idées qui sont parties en studio de répétitions, un riff… Et puis Butcho a cette capacité à très vite poser des mélodies sur un riff… Tu sais, il est assez étonnant là-dessus. C’est le roi des mash up : tu lui demandes de faire Hot fot teacher de Van Halen sur Beat it de Michael Jackson, il te le fait. Ça vient comme ça, en fait, c’est assez naturel. Du coup, ça facilite le fait de pouvoir composer ensemble.

Metal-Eyes : Une question qui peut vous concerner tous les deux : au niveau des textes, y a-t-il des thèmes que vous souhaitez aborder, et d’autres que vous préférez éviter ?

Yann Armellino : Alors, là… Ben le voilà qui arrive, ça tombe bien. Il va pouvoir répondre. On parlait de tes textes !

Metal-Eyes : Je vais, juste avant,  revenir un peu en arrière et te poser la question précédente : comment analyses-tu l’évolution de votre collaboration entre vos deux albums ? 

El Butcho : … J’ai aucun mot pour ça ! (il rit) Non, l’évolution elle est vraiment cool, c’est un vrai partage. C’est une émulation entre lui et moi, ses riffs de guitare m’inspirent, je fais un truc par-dessus, un couplet, il enchaine…

Metal-Eyes : Yann me disait aussi que vous avez beaucoup plus travaillé ensemble.

Yann Armellino : Je disais aussi que tu poses des mélodies et des textes très rapidement quand je balance u  riff. Ce qui est très agréable pour un musicien.

El Butcho : Ce qui est important, c’est la ligne de chant. Dès que la ligne de chant est prête, c’est bon. Après, je m’occupe du texte à part, dans mon coin, mais il faut que je sois d’accord avec Yann sur la ligne de chant. Souvent, ça commence par le refrain.

Metal-Eyes : Au niveau des textes, j’ai l’impression qu’il y a deux lignes directrices…

El Butcho : Oui, lesquelles ?

Metal-Eyes : Une, personnelle, avec de l’introspection, beaucoup de sentiment, de sentimentalisme, d’amour aussi, et l’autre qui pose un regard sur notre monde, un regard un peu dépité.

El Butcho : Ben, ça se voit que tu as analysé mes textes, c’est exactement ça. Introspection, voyage interne et une invitation au voyage aussi, de liberté aussi, comme dans le titre Under my skin. C’est pour ça qu’on a fait la lyrics video où tu ne vois que des routes. C’est vraiment l’esprit voyage, à travers les Etats-Unis ou ailleurs, parce que c’est une musique qui se prête à ce genre de truc. Tu mets ça dans ta Chevrolet et tu fonces…

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes que tu souhaites ne pas aborder ?

El Butcho : Oui, tout ce qui est politique. Je garde ça pour moi, c’est des choses qui n’interessent personne, on s’en fout…

Metal-Eyes * : Est-ce qu’il y a des choses que tu ne sais pas écrire ?

Yann Armellino : En fait c’est pas ça. C’est la musique qui m’inspire, et pas la politique.

Metal-Eyes *: Tu t’inspires de ton expérience, d’accord, mais est-ce que tu pourrais aussi parler de la nature, de rencontres de voyages. Des choses autres que ton expérience ?

El Butcho : Bien sûr, et je l’ai fait sur le premier album : je racontais des histoires pas personnelles. Celui-ci est plus personnel.

Metal-Eyes : Ce que j’ai apprécié sur le disque, c’est ce mariage entre les guitares très aériennes à la « guitariste instrumental » avec ce chant typé hard rock 80’s. Avez-vous décidé d’une manière de composer spécifique ou de vous laisser inspirer par ce qui arrive ?

Yann Armellino : On a décidé en fait de rien du tout ! On ne se dit pas qu’on va composer à la manière de untel ou untel, on n’a pas de cahier des charges défini.

Metal-Eyes : Donc si ça vous plait à tous les deux, hop, ça part !

El Butcho : Oui, et c’est pour ça que c’était bien qu’on se retrouve toi et moi, guitare acoustique, voix. C’est primordial.

Metal-Eyes : Et vous avez eu un mot à dire l’un et l’autre au sujet de votre travail respectif ou êtes-vous plutôt d’accord ?

Yann Armellino : On est souvent d’accord, et quand on ne l’est pas, on se le dit.

El Butcho : On a changé quelques petites choses parce que moi, j’étais pas content avec ça…

Yann Armellino : Il y a pas mal de titres qui ne se sont pas retrouvés sur l’album parce que…

El Butcho : …avec du recul on s’est dit qu’on n’aimait pas

Metal-Eyes : Un processus assez naturel, finalement. Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un titre de 17 pour expliquer ce que vous êtes aujourd’hui, ce serait lequel ?

El Butcho : Moi, c’est le deuxième, Love ain’t easy to tame. Parce qu’il y a le côté nouveau, le côté sauvage, le côté liberté…

Yann Armellino : Moi aussi. Et il y a le côté blues, aussi. J’aime beaucoup ce titre.

El Butcho : Je pense que ça va être la transition, s’il y a un troisième album, entre celui-ci et le troisième.

Metal-Eyes : Pourquoi n’y en aurait-il pas ?

Yann Armellino : On verra… Déjà, en 2019, on va essayer de faire vivre celui-là et après, on verra.

Metal-Eyes : Un album, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets de ce côté ?

El Butcho : Sur scène… Malheureusement, ce n’est pas nous qui décidons. Si on s’écoutait, on donnerait des concerts tous les jours, voire deux ou trois… Mais ce sont les programmateurs des salles en France qui décident. C’est très difficile pour des groupes comme nous, en développement d’être programmés. Parce que les gens veulent la sécurité, des salles remplies, des artistes confirmés. Ils ne veulent plus du tout de groupes en développement…

Metal-Eyes : Il y a un risque financier derrière…

Yann Armellino : En même temps, il ne faut pas perdre de vue que c’est notre métier, on ne fait que de la musique…

El Butcho : Ouais, mais là, si je suis programmateur, je dis « OK, c’est bien, c’est votre métier, cool… Mais vous allez me remplir ma salle ou pas ? »  Alors on fait comment ?

Metal-Eyes : Donc, c’est les programmateurs qu’il faut séduire.

El Butcho : Pas qu’eux : le public aussi…

Metal-Eyes : Vous visez des salles de quelle capacité ?

El Butcho : Je dirai entre 200 et 400…

Yann Armellino : Oui, à peu près…

El Butcho : Même pas, pour l’instant…150 à 300. Mais ce n’est pas que les programmateurs, c’est le public aussi. Là… c’est un peu plus difficile. Les gens se réservent pour des gros évènements, de gros festivals…

Yann Armellino : C’est aussi lié au prix des places. Nous on n’a pas des tarifs chers, mais…

El Butcho : Mais même si on faisait des places à 2 €, je ne sais pas si les gens se déplaceraient. Tant que tu n’as pas un nom…

Yann Armellino : Quand les gens dépensent 80 ou 100 balles pour aller voir X ou Y à Bercy ou au Stade de France, ils y vont à 2 ou à 3. Taxi, repas, c’est une soirée à 500 balles alors après, ils ne vont pas dépenser, même si c’est un ticket à 15 €. Ils ne vont pas en faire des dizaines dans l’année.

Metal-Eyes : Même si on se trouve beaucoup plus près des musiciens, mais on connait le débat…

El Butcho : Et on ne va pas en faire une histoire, les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent. On ne va pas les forcer.

Metal-Eyes : Maintenant que vous vous connaissez mieux, que vous travaillez ensemble depuis quelques temps, on peut vous considérer comme un groupe à part entière. Alors, quelle pourrait être la devise de votre groupe ?

El Butcho : Mmhh… Euh… Never give up ! N’abandonnez pas.

Yann Armellino : Je signe. Ça me va !

Metal-Eyes : Vous êtes tous deux fans de guitare, de rock des années 70/80. Etes-vous allés voir Bohemian rhaps…

El Butcho : Bien sûr ! J’ai adoré. 2 fois ! 2 fois en une semaine !

Metal-Eyes : Et tu en as pensé quoi ?

El Butcho : Franchement, j’avoue : je ne connaissais pas trop Queen. J’y suis allé en tant que novice. Je connaissais comme tout le monde, We will rock you, We are the champions, et je me suis pris une grosse claque.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?

El Butcho : Tout ! Je ne connaissais pas son histoire. Les puristes doivent dire qu’il y a des erreurs, moi, je ne connais pas Queen…

Yann Armellino : A priori, il y a quand même des erreurs chronologiques…

El Butcho : Mais moi, j’ai rêvé pendant le film. 2 fois ! Ce que j’ai adoré, c’est le live à Wembley, au Live Aid. Du coup, en rentrant, je suis allé chercher ça sur internet, et le Live Aid, c’est le même. C’est la même chose !

Metal-Eyes : Oui, les images du groupe ont été ajoutées à celles originales du public…

El Butcho : Non ! (…) ça a été mis en…

Metal-Eyes : Oui, c’est un montage, avec les images d’origine.

El Butcho : Mais comment ils ont fait pour avoir cette qualité ? Image de ouf !

Metal-Eyes : On fait des choses magiques aujourd’hui…

El Butcho : Attends… je suis naïf ou quoi, là ?

Metal-Eyes : Oui ! (rire général)

El Butcho : Je pensais qu’ils avaient tout reconstitué au Live Aid…

Metal-Eyes : Va le voir une troisième fois : tu vois bien que ça a été monté.

El Butcho : Non mais, même si en 85 il y avait la vidéo, la qualité n’était pas pareille, c’est pas possible ! A l’époque, il n’y avait pas ça en caméra ! Ils ont reconstitué… Et là, vous dites que c’est des vraies images d’archives… C’est pas possible… A mon avis, ils ont reconstitué tout le Live Aid, avec les gens et tout, quoi…

Metal-Eyes : Pourquoi j’ai posé la question… Yann, tu l’as vu ?

Yann Armellino : Non. Pas d’avis, et je n’ai pas forcément envie d’aller le voir. Je ne suis pas très client des biopics, des nécros… Je le verrai peut-être, mais pas là.

El Butcho : L’acteur, il est génial ! J’en ai découvert un autre qui chante comme lui, Marc Martel. Tape ce nom sur internet…

Metal-Eyes : Je suis sûr que le premier qui sortira, c’est Charles Martel…Ceci dit, je te rejoins, j’ai aussi adoré. J’ai été bluffé, même si, en effet, le puristes disent qu’il y a des erreurs chronologiques. Une dernière chose : vous avez passé la journée en promo. Il y a encore quelques interviews à venir, mais, pour le moment, quelle a été la meilleure question qu’on vous ait posé, la plus surprenante, étonnante…

El Butcho : … Il n’y en a pas eu. Je n’ai pas été étonné.

Yann Armellino : Si, ta première, peut être…

El Butcho : C’était laquelle ?

Metal-Eyes : C’était : quel est le regard que vous portez aujourd’hui sur Better way, sorti il y a deux ans.

Yann Armellino : Regarder dans le rétro, c’est pas mon truc.

El Butcho : Ouais… Sur le moment, c’était bien. Maintenant, on passe à autre chose.

* Questions posées par Soniata

Merci à Roger Wessier et au Hard rock café d’avoir rendu un grand nombre d’interviews de 2018 tout autant possibles que sympathiques!

Interview: FOREST IN BLOOD

Interview FOREST IN BLOOD. Entretien avec Hervé (guitare). Propos recueillis au Black Dog de Paris le 7 décembre 2018

Bavards, bavards sont les pirates des Forest In Blood! Metal Eyes est allé rencontrer Hervé, guitariste du combo parisien au Black Dog afin de le faire monter sur la planche et répondre à toutes nos questions. Mission accomplie! En plus, les requins n’ayant pas voulu de lui, on a dû le faire revenir à bord…

Metal-Eyes : C’est la première fois qu’on se rencontre, je vais donc te poser la question la plus traditionnelle et la moins travaillée qui soit : peux-tu me raconter l’histoire de Forest In Blood ? Je crois que tout commence en 1998 ?

Hervé : Oui, ça a commencé en 98 avec Elie et Barth, le chanteur et le guitariste. Ils ont commencé la musique ensemble, au bout de deux ans ils ont sorti un premier EP, puis ont changé de guitariste – premier changement du line-up du groupe, d’une longue série… – et je suis arrivé en 2000 et depuis, on a continué l’aventure du groupe. Il y a eu toute une partie Forest In Blood, jusqu’en 2005, on a intégré Nicolas Bastos avant qu’il n’aille dans L’Esprit du Clan et Dagoba. On a écrit un album avec lui, qui allait s’appeler Confrontation with god, mais qui est sorti sous un autre nom de groupe après son départ. 2005, arrêt du groupe, 2010, on reprend Forest In Blood et on fait un Ep…

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui vous a fait arrêter en 2005 ?

Hervé : On en avait un peu marre du nom de Forest In Blood. On était en train de signer sur un label hollandais et le nom n’était pas très international, alors qu’on avait l’intention de s’exporter ; on était très dans le détail d’avoir un nom qui sonne bien anglais. Du coup, on a décidé de changer, ce qui était peut-être une erreur de notre part, et on a créé l’aventure Apocalypse Now qui a duré 4 ou 5 ans, on a sorti deux albums, avec le même line-up, sans Nicolas Bastos qui a enregistré l’album mais est parti juste après. Et on a enchaîné les tournées, on a joué en Allemagne, en… partout en Europe, on a tourné, tourné, jusqu’en 2009 où on en a eu marre.

Metal-Eyes : Il y avait une différence au niveau musical entre les deux groupes ou les deux avaient le même esprit ?

Hervé : C’était beaucoup plus metal, un peu moins hardcore. On a essayé de jouer un peu vite… On a changé, et avec la création d’un autre album, on est revenus à ce qu’on aime plus, des tempos plus rapides…

Metal-Eyes : Vous avez donc reformé, en 2010, Forest In Blood. Qu’est-ce qui a motivé cette reformation ?

Hervé : On avait envie de refaire de la musique, on a refait Forest In Blood entre guillemets « light »…

Metal-Eyes : Parce qu’Apocalypse Now, ce n’était pas de la musique ?

Hervé : Non, mais on avait arrêté pendant un an et demi…

Metal-Eyes : J’ai bien aimé ta surprise !

Hervé : Ouais, merci ! Apocalypse Now, on arrêté parce qu’on avait tous des contraintes de travail et familiales. Et à un moment, tu te rends compte qu’il te manque un truc, et la musique, c’est ce que tu aimes, donc… On a décidé de refaire une répète, puis 2, 3, 4… on a enregistré une démo, on a organisé des concerts, et les aléas de la vie font que ça s’est arr^été tout doucement. Jusque là, en 2018, où on nous a proposé de jouer, et voilà, on a sorti un album !

Metal-Eyes : Donc, c’est l’occasion qui fait le larron…

Hervé : Exactement.

Metal-Eyes : On vous propose de rejouer, Pirates arrive… Il vous a fallu combien de temps pour la composition de cet album ?

Hervé (il rit) : On s’est reformés en mars-avril, on a commencé les compos en mai-juin, et on était en studio en septembre. Ça a été très vite.

Metal-Eyes : Justement, puisque ça a été rapide, es-tu d’accord pour dire qu’il y a certains thèmes de guitare qui se répètent comme une récurrence ?

Hervé : Oui, on l’a composé dans cet esprit, un esprit de continuité. Du coup, on est vraiment allé à l’essentiel, à l’origine de notre façon d’écrire, sans se demander si ça ressemble à ça ou ça… Du coup, on est vraiment allés à l’essentiel de ce qu’on voulait.

Metal-Eyes : L’intro de My dues, et celle de Black Parrot, si je me souviens bien, sont pratiquement du copier-coller… Il y a une inspiration commune tant sur le rythme que sur le riff.

Hervé : Oui… Il y a quelques inspirations similaires dans la façons d’écrire les riffs, je suis d’accord.

Metal-Eyes : Vous l’avez enregistré chez Francis Caste, un producteur aujourd’hui incontournable dans le metal français. Il vous a apporté quoi ?

Hervé : Francis, il t’apporte l’écoute. Quand tu vas chez lui, tu peux écouter toutes ses productions, il n’y en a pas une qui sonne comme une autre. A un moment donné, en Europe, il y avait des gars qui enregistraient des groupes toujours de la même façon. Tu avais l’impression que la console était réglée de la même façon, que les gars jouaient sur les mêmes amplis, tu sortais avec la galette qui sonnait comme tout le reste… Francis, je trouve qu’il a le talent de comprendre les gens, de comprendre ce que tu veux et d’extraire le meilleur de toi. Il est hyper rigoureux, hyper difficile et exigeant. Du coup, il te challenge, il prend ce que tvu as et extraire le meilleur de toi-même. Il va aussi te dire qu’il a compris ce que tu veux, vers où tu veux aller, et il t’y accompagne. Avant tout, c’est un mec qui est super humain, super sympa et tu as envie de travailler avec des gens comme ça. Tu es à la maison. Entre deux albums, tu reviens, tu as l’impression de ne jamais être parti.

Metal-Eyes : Donc au-delà d’être à l’écoute, il est aussi force de proposition.

Hervé : Il t’écoute fortement et il propose. Et ça, c’est super important.

Metal-Eyes : Et ça entraîne beaucoup de changement entre votre composition du titre et le morceau final ?

Hervé : Il y a quelques variations, des choses très techniques dans le jeu de batterie, mas l’esprit global reste le même. Rajouter telle harmonie, jouer un peu plus comme ça sur la guitare… C’est intéressant.

Metal-Eyes : Il y a un truc que j’ai remarqué sur la pochette : les éclairs. Certains ressemblent au M de Metallica, c’est voulu ?

Hervé : On n’a pas fait gaffe… (il regarde la pochette que je lui tends) A ouais, peut-être… Tu vois, même les éclairs sont alignés ! C’est surtout une influence du bassiste, pas moi. J’aime ce qu’ils font, mais ça ne reste pas le groupe que j’écoute le plus…

Metal-Eyes : C’est quoi, vos influences ?

Hervé : Ouah ! Elie, au chant, c’est un fan ultime de Slayer, Sepultura, moi je suis plus Converge, Mastodon, Baroness… Du lourd, pas forcément speed. Nesh écoute un peu de folk… On a tous des influences différentes…

Metal-Eyes : Comment présenterais-tu votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Hervé : Notre musique, c’est du metal hardcore. Qui va recenser les influences de Slayer, le côté plus hardcore de Hatebreed, certains chœurs peuvent même te faire penser, en live, à la façon dont Biohazard faisait les chœurs en harmonie… Après, comment te décrire cet album ? C’est un concept album qui a été écrit autour du thème de la piraterie…

Metal-Eyes : Non ?

Hervé : Si !

Metal-Eyes : Il s’appelle comment ?

Hervé : Pirates…

Metal-Eyes : Ah, ben tiens !

Hervé : Ce qui est important, c’est de l’écouter d’une traite. On l’a écrit de façon à générer une ambiance spécifique, sur l’enchaînement, la composition des morceaux. On avait le thème avant d’écrire l’album, du coup, on a étoffé, établi les paroles, la musique, certaines récurrences. Le flottement de Seul au large au début de l’album, on voulait une impression de houle.

Metal-Eyes : Il est très doux d’ailleurs comme morceau.

Hervé : Oui, et on voulait ce sentiment et qu’après il y ait de la bataille, de la perte de bataille, des rencontres… Il y a James qui parle d’un mec qui se balade dans un bar, il est complètement saoul et il appelle un gars « James ! James ! » et tout le monde se demande « mais qui est ce gars ? ». En fait… c’est sa bouteille de rhum ! L’idée est là : la piraterie et tout ce qui va avec.

Metal-Eyes : Comment vous est venue cette idée ?

Hervé : C’est Barth qui l’a proposée, l’autre guitariste. On a discuté et on se disait que ce serait bien de composer un concept album, et il nous a dit qu’il avait le concept. Il a apporté l’idée et on s’est renseigné. On a découvert un monde hyper codifié, violent, agressif… Et la mer, j’aime beaucoup la mer… Au début, on s’est dit que tout le monde allait vouloir comparer à Pirates des Caraïbes, mais après, on s’est dit qu’on n’en avait rien à foutre et qu’il fallait travailler sur ce concept. Et voici l’album !

Metal-Eyes : 1518, ça évoque quoi ?

Hervé : C’est la mort de Barbe Rousse. C’est pour ça qu’elle est calme.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre pour décrire ce qu’est Forest In Blood, ce serait lequel ?

Hervé (il réfléchit) : Euh… My dues. Parce que la façon dont il est écrit, dont le riff est écrit, représente bien ce qu’est le groupe. C’est-à-dire des parties speed, agressive, avec une partie un peu plus rythmée au milieu du morceau et un petit interlude qui aère le morceau.

Metal-Eyes : C’est le morceau qui ouvre l’album après Seuls au large. Sur votre bio, il est mentionné que le groupe s’est formé en 1998, année de la victoire de l’a France en coupe du monde. Vous revenez en 2018 avec un nouvel album, la France a remporté sa deuxième étoile. Vous prévoyez quoi ? 20 ans pour revenir ? Vous suivez l’actualité du foot français ?

Hervé (il rit) : Elie la suit, Nesh aussi, les trois autres un peu moins. Mais on pourrait dire que c’est précurseur.

Metal-Eyes : On peu espérer que la sortie du prochain album corresponde avec…

Hervé : On peut l’envisager, oui (rires). On va essayer d’en faire un autre pour dans deux ans, pour la coupe d’Europe. Et deux ans après, pour la coupe du monde…

Metal-Eyes : Si tu pouvais imaginer une devise pour Forest in Blood à mettre sur votre album tous les deux ans, ce serait quoi ?

Hervé : L’amitié et la générosité. Parce qu’on est des potes avant tout, cet album a été enregistré comme ça, par des amis qui ont envie de se faire plaisir avant tout. Et la générosité parce qu’on adore donner des concerts et rencontrer des gens, en dehors de Paris.

Metal-Eyes : Un album ça se défend sur scène. Quels sont vos projets de concerts, en dehors de Paris ?

Hervé : Il y a quelques projets en cours, quelques dates en planification. On joue à… on joue à Viry Chatillon, on va aller à Nantes, à Colmar, Bordeaux… On est dessus… Après, on espère pouvoir choper des bons trucs en première partie… Il y a la tournée de Mass Hysteria, ça serait chan-mé de faire une date avec eux ! Ce serait génial de pouvoir tourner avec des groupes qui sont là depuis des années, qui respectent le public, la scène…

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter pour les lecteurs de Metal Eyes ?

Hervé : Oui, une chose : vous allez surfer sur internet, choper des morceaux à droite, à gauche. Ce que je vous conseille, c’est de prendre 40 minutes de votre temps, et écoutez l’album en entier. Fermez les yeux, imaginez que vous êtes sur un bateau, qu’il y a des batailles, la guerre… Vous n’aurez pas le mal de mer mais vous allez kiffer parce que c’est écrit autour de cette ambiance des pirates.

 

Interview: The Kris Barras Band

Interview The Kris Barras Band. Entretien avec Kris Barras (chant, guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 16 novembre 2018

Metal-Eyes : Tu es actuellement en tournée. Comment se passe-t-elle jusqu’ici ?

Kris Barras : C’est super ! C’est la première fois que je joue en France, et j’ai été stupéfait par les publics que nous avons vus. Fantastique.

Metal-Eyes : Cela avec une tête d’affiche particulière puisqu’il s’agit de Beth Hart. Comment t’es-tu retrouvé sur cette affiche ?

Kris Barras : Nous sommes sur le même label, et nous avons le même âge, aussi. Nous avons tourné au Royaume Uni avec Beth cette année, en avril, et avons eu l’opportunité de venir en France. Nous connaissions déjà Beth assez bien, ainsi que son équipe, nous savions où nous allions. Et nous avons décroché cette offre.

Metal-Eyes : Même si votre musique n’est pas similaire, elle reste basée sur le blues et complémentaire.

Kris Barras : Oui. Nous avons fait quelques arrangements pour que notre set se cale bien sur ce tour : nous avons un set purement acoustique. Lorsqu’on propose un concert électrique, on est bien plus du coté rock. Mais nos chansons fonctionnent vraiment bien en acoustique, alors…

Metal-Eyes : C’est notre première rencontre, alors dis m’en un peu plus à ton sujet : tu es Britanique, tu viens du monde du combat, du free fight. Alors je vais être sympa, tu es mon nouveau meilleur ami. Que peux-tu nous dire de plus ?

Kris Barras (il rit): J’ai commencé à jouer de la guitare vers l’âge de 5 ans, âge auquel j’ai aussi débuté les arts martiaux. J’ai fait les deux en parallèle. Vers l’âge de 20 ans, il se trouve que j’avais plus d’opportunités avec le combat que par la musique. Je me suis donc lancé dans la boxe thaï, et j’ai continué avec une combinaison d’arts martiaux. Ce que j’ai fait pendant 10 ans. Je me suis retiré du combat il y a 4 ans, j’ai recommencé à écrire de la musique et ai fondé le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Est-ce un vrai groupe, The Kris Barras Band, ou plutôt Kris Barras and band ?

Kris Barras : Eh bien, ça dépend de la manière de voir les choses. Je suis celui signé par Mascot, mais les gars sont ceux avec lesquels je travaille tout le temps. Donc c’est le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Ce premier album, The divine and the dirty, semble très influencé par ton ancienne vie. Des titres comme Kick me down, I don’t owe nobody nothing, probablement Wrong place wrong time… Il y a beaucoup de toi dans ce disque.

Kris Barras : Oui, oui, je fais en sorte d’explorer mes expériences passées. Pas sur toutes les chansons, certaines traitent de choses qui sont arrivées à des amis, ou de ce que j’ai vu aux nouvelles. Mais je cherche l’influence dans ce que j’ai pu vivre et expérimenter.

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder ?

Kris Barras : Non, pas particulièrement. What you know of me, le dernier titre de l’album, parle de la mort de mon père. Il est le premier à m’avoir enseigné la guitare. C’est sans doute le plus personnel des morceaux.

Metal-Eyes : Cet album est sorti il y a 6 mois, en mars. Quel regard portes-tu dessus, il a eu assez de temps pour trouver une bonne part de son public…

Kris Barras : Les retours ont été fantastiques. Il a grandi et s’est vendu bien mieux qu’on ne l’espérait. Nous avons eu de super critiques…

Metal-Eyes : Plus de ventes ? C’est à noter, pour une fois !

Kris Barras : Oui (rires) ! Ca a été super, vraiment.

Metal-Eyes : Et tu prévois déjà un second album ou il est encore trop tôt ?

Kris Barras : Non, c’est prévu. Il est déjà écrit. On doit programmer les choses très en avance parce que nous tournons tant… Pratiquement tout 2019 est déjà prévu, il reste quelques dates à confirmer, mais on est blindés.

Metal-Eyes : En guests ou en tête d’affiche ? Ou les deux ?

Kris Barras : Les deux. Le seul moment où l’on pourra enregistrer cet album est au mois de décembre. Alors dès que nous aurons bouclé cette tournée avec Beth, d’ici deux semaines, nous rentrons pour enregistrer le nouvel album. Je ne sais pas quand il sortira, sans doute vers la fin 2019, mais c’est le seul moment où nous pourrons enregistrer.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous êtes vraiment très occupés, ce qui en soit est plutôt positif. Tu as dis que c’est ton premier séjour en France. As-tu eu le temps de visiter un peu le pays, les villes que où vous avez joué ?

Kris Barras : Oui… La manière dont Beth prévoit ses tournées… Elle donne un concert un soir, et pas le lendemain. Donc on a eu beaucoup de temps pour nous. Ça fait trois jours que nous sommes à Paris, alors on a fait ce que font les touristes : on est allé à la tour Effeil, Notre-Dame, le Louvres. On y a vu la Joconde. C’était cool.

Metal-Eyes : Et quand vous n’êtes pas en tournée, comment t’occupes-tu ?

Kris Barras : Je ne suis jamais « pas en tournée ». Je ne me souviens pas d’une vie sans tournée (rires) ! Quand on est en tête d’affiche, on n’a pas beaucoup de temps off, on enchaine les concerts. Mais quand je suis à la maison, je rattrape le sommeil en retard, et avant que je ne m’en rende compte, on est de retour sur la route. Je n’ai pas beaucoup de distraction. Je suis à un moment capital de ma carrière, les choses arrivent si vite que je surfe sur la vague. Cette année, je n’ai vraiment pas eu beaucoup de temps.

Metal-Eyes : Tu prévois de revenir en France, j’imagine ?

Kris Barras : Oui, ce sera… courant avril, en tête d’affiche. Je reviens à Paris fin mai – le 25 ou le 26 – ave Johnny Lang et Walter Trout sur la tournée Rock the blues. Que des musiciens du label, Provogue / Mascot. Nous allons chacun jouer notre concert, avec nos groupes, et à la fin nous jouerons tous ensemble. On jouera à la Cigale. Ça va être cool à la faire.

Metal-Eyes : Un peu à la manière du G3, c’est le Blues G3 !

Kris Barras : C’est exactement ça ! (rires)

Metal-Eyes : Revenons à cet album. Si tu devais me décrire The divine and the dirty pour expliquer ce qu’est le Kris Barras Band, pour me le vendre, que me dirais-tu ?

Kris Barras : Hmm… C’est une bonne question. Je dirais qu’il est composé de bonnes chansons bien catchy, des chansons qui parlent à l’auditeur. Je pense que c’est un album de rock, sudiste, avec des touches de blues. C’est un peu comme ça que j’ai grandi : avec du blues, avant de m’intéresser à des choses plus rock. Les vrais fans de  blues diraient « nan… c’est pas du blues »… Mais c’est quoi, le blues ? Pour moi, c’est un feeling, une passion, un pouvoir venu de l’intérieur. Et même si on est plus rock, il y aura toujours cette touche de blues.

Metal-Eyes : Si mes souvenirs sont bons, je crois que je t’ai décris, lorsque j’ai fait la chronique du disque, comme le plus américain des bluesmen anglais. Ta musique est, selon moi, très américaine, mais tu est anglais avec les influences de ce pays.

Kris Barras : Oui, même chez moi, les gens pensent parfois que je suis Américain ! Certains me demandent quand je vais rentrer, mais je n’ai pas bougé, je suis là ! (rires)

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de musique US, mais quelles sont tes influences britanniques ?

Kris Barras : Il y en a : Gary Moore a été une grosse influence. Des groupes comme Deep Purple, The Rolling Stones…

Metal-Eyes : Si tu devais maintenant ne retenir qu’une chanson de The divine and the dirty pour décrire ce qu’est ton groupe, ce serait laquelle ?

Kris Barras : Euh.. Question difficile…

Metal-Eyes : La précédente était « bonne », celle-ci est « difficile »… Attends la suite !

Kris Barras (rires) : Ma préférée est What you know of me, très personnelle. J’adore la jouer live, elle signifie beaucoup pour moi. Mais ma préférée serait sans doute Hail Mary

Metal-Eyes : Pas ta préférée, celle qui te représente le plus…

Kris Barras : Sans doute Hail Mary, avec les riffs à la slide guitar, de gros refrains, que les gens peuvent reprendre en cœur.

Metal-Eyes : Et sur scène, à quoi doit-on s’attendre ?

Kris Barras : 110% d’énergie et de passion données à chaque concert ! Des chansons à reprendre en cœur et du bon temps.

Metal-Eyes : Quel a été, jusqu’à maintenant, ton concert préféré, celui dont tu te souviendras longtemps ?

Kris Barras : Oh, il y en trop pour les citer ! On a fait de bons festivals, comme le RavaBlues, en Pologne. Le public polonais est dingue ! Un autre au Royaume Uni… Avec le temps,  et le public qui grossit,ça a été très cool de pouvoir monter nos propres concerts en tête d’affiche. Les gens viennent et connaissent la moindre de nos paroles…

Metal-Eyes : A l’opposée, y at-il un endroit où tu ne te rendrais plus jamais ? (piste 13 – 13’30)

Kris Barras (il explose de rire) : Non, j’ai eu beaucoup de chance de ne pas vivre ce genre de chose !

Metal-Eyes : Nous sommes en 2018, tu vas enregistrer un album qui devrait sortir en 2019. Quelle pourrait la devise de ton groupe, que tu inscrirais sur ce disque.

Kris Barras : Je ne sais pas… Je ne sais pas si j’en aurais !

Metal-Eyes : Tu devrais, chaque groupe que je rencontre a une devise. Après cette question !

Kris Barras (rires) : Il y a une phrase que je disais souvent quand je me battais : « je ne suis pas ici pour gagner en partie, je suis ici pour tout remporter ». En tant qu’équipe on l’utilisait, sous entendant qu’on ne venait pas pour faire de la figuration mais pour gagner.

Metal-Eyes : Ça pourrait le faire…

Kris Barras : Oui, c’est une blague dans le groupe. On se répète ça en festival. C’est un peu une devise dans le groupe, mais on ne le prend pas trop sérieusement.

 

Interview: THE HEARD

Vous vous souvenez de Klara Force? La guitariste de feu Crucified Barbara revient, accompagnée de Nikki et Ida, avec son nouveau projet, The Heard. De passage à Paris, Metal Eyes est allé l’interroger ainsi que la chanteuse Pepper Potemkin. Interview fun, décontractée pour présenter un projet simplement hard rock… A découvrir et à soutenir, The island, le premier album sortant le 2 novembre.

Interview THE HEARD. Entretien avec Klara Force (guitare) et Pepper Potemkin (chant). Propos recueillis à Paris le 2 octobre 2018

 

Metal-Eyes : Nous n’allons pas parler des raisons qui ont mené au split de Crucified Barbara sauf si tu le souhaites. Le split a eu lieu en 2016, comment as-tu occupé ton temps depuis, Klara ?

Klara : Principalement en composant de la musique et en formant The Heard. Il y a eu d’autres choses : des études en religion et journalisme, mais le principal a été la musique.

Metal-Eyes : Tu avais déjà The Heard en tête ?

Klara : Non, j’avais de la musique en tête, pas spécialement The Heard qui a grandi pour devenir ce groupe au gré du temps. Mais j’avais véritablement encore beaucoup de musique en moi, et c’était pareil pour Nikki et Ida. On a un peu jammé, écrit quelques riffs qui sonnaient plutôt bien, alors pourquoi ne pas lancer un nouveau groupe ?

Metal-Eyes : Nous allons en parler dans un moment. Pepper, nous te connaissons peu, en dehors du cadre de tes performances en tant que « femme burlesque » (elle rit). Peux-tu nous en dire un peu plus à ton sujet ?

Pepper : Eh bien, je viens d’une petite ville à côté de Stockholm qui s’appelle Gustafsberg et j’ai toujours fait de la musique, principalement chanté, depuis que je suis toute jeune. Tu sais : chanter avec des groupes de reprises, aider à faire des démos. J’ai toujours voulu être sur scène, d’une manière ou d’une autre. Quand j’ai commencé à faire du burlesque, c’était le premier pas vers la scène. Ensuite, j’ai ajouté de la musique et maintenant me voici ici, avec The Heard.

Metal-Eyes : Alors comment vous êtes-vous trouvées ?

Klara : On se connait depuis quelques années, tu sais, des visages familiers que tu croises en concerts…

Pepper : Nous sommes toutes de Stockholm, alors on s’est toujours croisées, on se rencontrait de temps à autres. Un jour j’ai rencontré Ida dans le métro, et elle m’a demandé ce que je faisais. Je rentrais, et je lui ai dit que j’allais écouter des disques et chanter, me projeter dans la peau d’une chanteuse de rock. Elle m’a proposé de venir faire un saut à leur local de répétitions histoire d’écouter ce qu’elles faisaient. Pourquoi pas ? Elle m’a envoyé quelques titres, j’ai bien aimé et quelques jours plus tard, je les retrouvais au studio. Ce fut un coup de foudre visuel et auditif ! (Rires)

Metal-Eyes : Nikki et Ida te suivaient également depuis le split, elles aussi avaient encore beaucoup de musique en elles ?

Klara : Oui, c’était une période triste, mais en même temps une période de soulagement. Un temps de renouveau : ok, on n’en a pas terminé toutes les trois, continuons de répéter. Au fur et à mesure, ce projet devenait de plus en plus sérieux, il nous fallait trouver un chanteur et un second guitariste. « Ce qu’on fait sonne putain de bien, il faut qu’on monte un groupe ! »

Metal-Eyes : Et ce n’est pas un groupe entièrement féminin puisque le second guitariste Skinny de Deathstars. Etait-ce un choix ou était-il simplement la meilleure option à ce moment-là ?

Klara : En fait, je n’ai jamais pensé au genre lorsqu’il s’est agit de choisir les musiciens. Ça a toujours été le talent et les aspects humains, et Skinny se trouve être un vieil ami. Ce n’est pas qu’une question de talent – même si Skinny et moi en somme bourrés – il s’agit aussi de l’alchimie entre nous. Tu dois travailler avec des gens avec lesquels tu aimes traîner mais aussi qui partagent la même vision que toi. Et c’est pareil pour toi (elle s’adresse à Pepper), vous étiez, toi et Skinny, tous deux…

Pepper : … affamés (rires)

Klara : Oui, oui, mais vous étiez sur la même longueur d’ondes que nous en ce qui concerne l’orientation musicale. On a répété à quelques reprises avec Skinny et puis tu es arrivée.

Metal-Eyes : Comment avez-vous travaillé ce premier album, The island ?

Klara : Nous avons commencé à écrire de la musique sans savoir qu’il allait s’agir d’un album conceptuel. Mais après quelques chansons, on s’est dit qu’il y avait un lien entre ces chansons, quelque chose de plus. Alors on s’est dit « merde, on va faire un concept album ! ». Quelque chose que nous n’avions jamais fait auparavant.

Pepper : C’est également quelque chose de très intéressant que de réaliser un  album conceptuel.

Metal-Eyes : De quoi traite cet album ? une île, bien sûr, mais que s’y passe-t-il ?

Klara : Beaucoup de choses ! C’est un endroit imaginaire inspiré par une île de la mer Baltique, pas loin de Stockholm. On a lu et entendu beaucoup d’histoires effrayantes au sujet de cette île.

Pepper : Nous y avons ajouté des créatures et autres histoires…

Klara : Oui. On a utilisé cette histoire comme base et avons laissé notre imagination et nos fantasmes grandir : on a ajouté des personnages, les avons fait vivre nos aventures sur cette île. En fait, les chansons sont comme de courtes histoires.

Metal-Eyes : Tu as dit que tu avais notamment étudié la religion. As-tu mis une partie de ces études dans les paroles de ce disque ?

Klara : Oh oui (rires). Par exemple, la chanson Tower of silence est inspirée par l’ancienne religion zoroastrique. Une tour du silence est comme un cimetière où tu place tes défunts, en haut d’une tour plutôt que dans la terre. Le zoroastrisme considère la terre comme sacrée, alors on n’enterrait pas les morts car cela souillerait la terre. On les plaçait très haut, dans une tour où les oiseaux mangeaient les cadavres.

Metal-Eyes : Sympa comme concept (rire général)

Klara : Bien sûr, nous avons placé notre tour du silence sur notre île.

Pepper : Nous voulons une île propre.

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de monde sur cette île ?

Klara : Oh oui : il y a la reine Scarlett, la reine Dame de la Colline, le bourreau et toute ses victimes passées.

Metal-Eyes : Et il faudra que chacun meure à un moment… Musicalement, ce que j’ai entendu est du rock très inspiré par les années 70, ce n’est pas du hard rock aussi direct que ce que pouvait proposer Crucified Barbara. Y avait-il une volonté de ta part Klara, malgré le retour de 3 ex Crucified Barbara, de t’éloigner de ce hard rock, une façon de dire « ce n’est pas le même groupe » ?

Klara : Ce n’est pas le même groupe du tout, ce n’est pas un Crucified Barbara numéro 2. C’est quelque chose de complètement différent, c’est The Heard. Il ne s’agit pas non plus de changer pour changer, de prouver que nous pouvions faire quelque chose d’autre. Nous voulions changer et aller dans la direction que nous souhaitions suivre, en tant que groupe. La musique que nous jouons est celle que nous aimons, elle correspond à nos goûts.

Metal-Eyes : C’est à espérer !

Pepper : Ca n’aurait aucun sens autrement !

Metal-Eyes : Nous avons parlé du concept. L’album commence avec le morceau titre, The island et se termine avec Leaving the island. Une fois que vous avez quitté cette île, où pensez-vous que le groupe va atterrir ?

Klara : Euh, nous allons… Je ne sais pas où nous allons nous trouver ! (rires) Il est trop tôt pour le dire, mais il ne s’agit pas du seul album que nous allons faire. Nous avons déjà un paquet d’idées.

Pepper : Oui, il y a des chansons qui sont déjà bien avancées, alors…

Metal-Eyes : Ce dernier morceau est une ouverture vers quelque chose d’autre. En tant que groupe de rock, et tu le sais parfaitement, Klara, la musique se passe aussi sur scène : quels sont vos projet de concerts ?

Klara : Précisément, je ne sais pas… Mais on veut jouer.

Pepper : Jouer le plus possible. Les festivals d’étés seraient super, bien sûr, mais nous devons attendre que l’album soit sorti, le 2 novembre.

Klara : On a déjà donné quelques concerts, et c’était top.

Metal-Eyes : Vous avez un concept sur scène, également ?

Klara : D’être géniaux ! (rire général)

Metal-Eyes : Etre génial, c’est un fait ou ça ne l’est pas !

Pepper : Je sui vraiment dans le visuel, alors, pour moi, venir de la scène burlesque me donne cette pensée visuelle et j’essai vraiment d’atteindre le public jusqu’au fond, de telle sorte que chacun puisse se sentir faire partie de la fête. Ce n’est pas qu’une question de monter sur scène et d’interpréter les chansons de la meilleure manière possible, il faut aussi les lier entre-elles, raconter les histoires, les prendre à bras le corps… Comment raconter une histoire à chaque fois.

Klara : Et tu es très mobile, il y a beaucoup de mouvement avec toi. Ce n’est pas typique du metal, hard rock. C’est très intéressant pour moi d’observer tout cela : des robes amples, de grands gestes que je n’ai pas l’habitude de voir. C’est très sympa de voir quelque chose qui n’est pas que… du headbanging… C’est fun, différent.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous la musique de The Heard à quelqu’un qui ne vous connait pas encore ?

Klara (elle réfléchit): Je ne pourrais pas ne pas utiliser le terme de hard rock. Hard rock fera partie de la description (Pepper approuve).

Pepper : Beaucoup de personnes à qui on a parlé ont également mentionné le doom.

Klara : On n’a pas cherché à faire du doom, mais beaucoup le disent, alors on se trouve dans le spectre du doom, sans doute…

Pepper : C’est un peu comme du hard rock brillant, mystique et mystérieux…

Metal-Eyes : Mystique et mystérieux ?Le doom vient sans doute de cette influence 70’s que l’on retrouve…

Toutes deux : Oui, absolument.

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir chacune qu’une chanson de The island pour présenter le groupe, une qui soit typique de The Heard, laquelle serait-ce ?

Klara : Aucune… c’est impossible parce qu’il n’y en a pas une qui soit typique. Elles sont toutes représentatives du groupe mais pas une ne nous résume. C’est un album concept alors… Par exemple, Silence est très douce et calme. Je dirais volontiers « écoute Silence, j’adore cette chanson, mais elle n’est pas représentative de l’album. On pourrait aussi parler de Revenge qui est agressive, rapide. Je l’adore aussi. Il faudrait un peu de tout pour que tu puisses te faire une idée du groupe.

Metal-Eyes : Ce qui sous entend qu’il n’y a pas de single évident sur cet album…

Klara : Ça a été difficile de choisir. On a décidé de retenir Tower of silence comme premier extrait, mais ça a été difficile de faire un choix, à cause de ça.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui vous a fait opter pour Tower of silence ?

Klara : C’est une bonne chanson.

Pepper : Oui.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que les autres ne le sont pas ?

Klara : Non !

Pepper : Non, elles sont super bonnes (rire général) On a pensé qu’une chanson rapide serait un bon début.

Klara : Mais ce ne fut pas un choix facile. On en a beaucoup parlé.

Pepper : Il y avait toujours des discussions, « oh, celle-ci, non, celle-là ! Oh, laquelle, nom de Dieu ? » (rires)

Metal-Eyes : Comment avez-vous enregistré cet album ? Ensemble en studio, à l’ancienne, ou chacun de votre côté en vous envoyant vos pistes ?

Klara : On a beaucoup écrit ensemble au local de répétitions, mais aussi à la maison, et chacun venait avec ses idées. On a bien travaillé la pré-production à la maison. On a enregistré les démos à la maison en faisant attention aux détails, dans le mix, les arrangements, et ne pas laisser de place au hasard. Nous étions bien préparés en entrant en studio, même s’il y a eut quelques changements de dernière minute… Ensuite, on a enregistré la basse et la batterie ensemble, puis ce furent les guitares, et enfin, le chant, le melotron…

Pepper : Ton préféré ! (rires)

Metal-Eyes : Il vous a fallu combien de temps ?

Klara : Environ trois semaines. Mais pas d’affilée.

Pepper : On a beaucoup travaillé de nuit…

Klara : Notre budget était restreint, donc on a pu louer le studio que lorsque ceux qui payaient plus n’était pas là : en soirée et la nuit…

Metal-Eyes : Donc ils avaient le confort, vous aviez le dur labeur…Quelle pourrait être, en tant que nouveau groupe, la devise de The Heard, celel que vous écririez sur tous vos futurs albums ?

Klara : Hum… Question difficile… Ça pourrait être quoi ? « Guide-moi vers une suprême mort»… C’est une de nos chansons…

Pepper : Oui ! (rires) Je suis preneuse aussi.

Metal-Eyes : « Suprême mort », ce n’est pas « mort suprême »… Quelle en est la signification ?

Klara : C’est un hommage à l’album de John Coltrane, Love supreme. C’est aussi l’histoire de la femme folle de la colline qui vient sur l’île pour réaliser sa carrière créative, mais elle craque à cause de ses démons intérieurs, trop d’alcool… Elle craque et se laisse tenter par ces appels d’une « mort suprême » que lui lance l’île.

Metal-Eyes : Klara, la dernière fois que nous nous étions rencontré, c’était avec Crucified Babara, un groupe engagé dans la cause féministe. J’imagine que cette cause vit encore en toi. Comment l’intègres-tu dans The Heard ?

Klara : Elle est évidemment présente.

Metal-Eyes : Sur la couverture de l’album, d’ailleurs, ce n’est pas Jésus qui marche sur l’eau, c’est une femme.

Klara : C’est Pepper…

Pepper : C’est moi ! (rires) Je suis Jésus, tu ne l’as pas remarqué ?

Metal-Eyes : Ça tombe bien, on a besoin de quelques miracles en ce moment…

Pepper : Oui, je suis là pour vous sauver, tous ! (rires)

Klara : Par exemple, la chanson Revenge a été fortement inspirée par le mouvement MeToo qui parle des sorcières qui se vengent du bourreau qui les a condamnées à mort. Maintenant, il est temps pour les sorcières de se venger : « pendez le bourreau haut et court et brûlez le vivant ». C’est agressif, mais l’an dernier était l’époque qui a permis à certaines femmes de lancer ce mouvement et de prendre leur revanche. Obtenir justice, même si ce n’était pas par le biais de la justice.

Metal-Eyes : Pour terminer, quelle a été la meilleure question, la plus étonnante ou surprenante qui vous ait été posée aujourd’hui ?

Pepper : Oh waow… Pas évident… On en a tellement eu…

Klara : On a eu beaucoup de questions intéressantes, des thèmes différents. Avec toi, maintenant, au sujet de notre concept, de féminismes, mais quelqu’un a aussi voulu aborder le sens profond des paroles… Je trouve ça très sympa d’avoir ce type d’interviews qui nous sortent du «  super, rock’n’roll, c’est génial… » Ça change, et ça nous correspond.

Metal-Eyes : Donc pas de question plus surprenante qu’une autre ?

Pepper : Celle-ci ! (rire énorme)

Klara : Oui, celle-ci ! Elle nous force à nous rappeler. Tu sais, historiquement, les questions les plus dures sont généralement déplacées, et on n’en a pas eu de ce type, heureusement.

Pepper : Tu es celle qui a cette expérience, je n’y ai pas encore eu droit !

Klara : Les plus ennuyeuses sont du style « oh, Crucified Barbara, vous avez splitté… Quelle dommage… » Je le comprends, et ça ne me dérange pas trop, mais quand tu viens avec ce nouveau projet qui t’emballe tant et que quelqu’un veut revenir sur une période vraiment triste de ta vie, c’est dur.

Metal-Eyes : Une dernière chose à ajouter pour les lecteurs de Metal-Eyes ?

Klara : Soyez prêts à nous accueillir, et contactez nous sur les réseaux sociaux afin de nous laisser savoir ce que vous pensez de notre musique.

Pepper : Tenez-vous prêts pour la sortie de l’album , le 2 novembre !

Metal-Eyes : Comment vous retrouver ? Il y a plusieurs The Heard…

Klara : Oui, mais nous ne sommes pas le groupe de 1965 ! (rires)

Pepper : Ni celui du Canada !

Klara : La page facebook est Theheardofficial, sur instagram, pareil…

Metal-Eyes : Klara, une toute dernière chose : nous avons parlé concert, tu as joué plusieurs fois à Paris : quelle est la salle que tu préfères ?

Klara : On en parlait justement en nous promenant ce matin… Il y a cet endroit qui s’appelle le Divan du Monde. On a donné un super concert là-bas, mais j’ai cru comprendre qu’il n’y a plus de rock dans cette salle… C’est dommage…

Metal-Eyes : Mais il y a d’autres salles à Paris. Tu connais un peu la vilel Pepper ?

Pepper : J’y suis déjà venue, pour danser, mais je ne la connais pas assez bien…

Klara : Le public avait été super, ici. Quand tu penses à la France, ce n’est pas le hard rock qui vient à l’esprit. Mais les gens qui aiment le metal, en France, semblent vraiment s’y dévouer corps et âmes et donnent l’impression de vraiment le vivre à fond. Prendre du bon temps !

 

Merci à Him Media (Elodie et Julien) d’avoir rendu cette interview possible, et merci à Pepper et Klara pour leur gentillesse et leur spontanéité tout au long de cette interview rafraîchissante.

HELLTERVIEW: MALEMORT

Interview MALEMORT. Entretien avec Julien (guitare), Xavier (chant), JC (basse), Cédric, batterie. Propos recueillis au Hellfest le 23 juin 2018

Malemort @ Hellfest 2018

Metal-Eyes : Ball trap est sorti fin 2016, a reçu d’excellentes critiques dès sa sortie. On vous espérait au Hellfest l’an dernier, mais il a fallu attendre 2018 pour vous y retrouver. Qu’est-ce qui a demandé autant de temps d’après vous ?

Xavier : Je pense que c’est la montée du buzz, en fait. Quand tu travailles en auto production, les choses sont très progressives, parce qu’il n’y a pas de plan média. C’est à la sueur de ton front, aux preuves que tu peux apporter de ton implication. C’est vrai que les retours ont été très bons sur le deuxième album, et il a fallu que ça mature un peu. A la limite, je dirais même que c’est très bien, ça tombe bien que ça se produise cette année : l’année dernière, on n’aurait pas réussi à faire ce qu’on a fait cette année. Je considère que les choses arrivent finalement bien. D’expérience, par rapport à toute l’histoire de Malemort, j’ai appris à me rendre compte que tout ce qui t’arrive tombe au bon moment. Lire la suite

Interview: TURBOWOLF

Interview TURBOWOLF. Entretien avec Chris (chant). Propos recueillis à l’Alba Opéra Hotel, à Paris, le 16 mai 2018

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Metal-Eyes : Je découvre Turbowolf avec ce nouvel album, The free life. Il s’agit déjà de votre troisième album, mais peux-tu me raconter brièvement l’histoire de Turbowolf ?

Chris : Absolument. Nous avons débuté le groupe en 2006, à Bristol, Andy, le guitariste, et moi. Nous avons eu différents bassistes et batteurs à cette époque, mais je crois que nous avons un line-up stable désormais. Ça fait 6 ou 7 ans que nous avons le même bassiste. Notre vision, et notre « mission », dès le départ, est de créer quelque chose qui nous excite, nous, en musique rock. Pas seulement quelque chose de nouveau, quelque chose qui nous plaise. C’est encore ce que nous cherchons aujourd’hui.

Metal-Eyes : Quels sont, jusqu’à aujourd’hui, les grands moments vécus par le groupe ? Sans doute l’enregistrement du premier album ?

Chris : L’enregistrement du premier album, c’est certain ! Comme je l’ai dit, nous avons formé le groupe aux alentours de 2006 et notre premier album n’est sorti qu’en 2011. Entre temps, nous avons donné beaucoup de concerts, peaufiné notre son, travaillé et décidé quelles chansons allaient terminer sur l’album, celles que nous écartions. C’était un grand moment pour nous de faire ce premier album. De travailler avec un label, c’était la première fois que nous travaillions avec une maison de disques. Nous avons fait partie de groupes depuis que nous sommes ados, mais là c’était nouveau : il a fallu trouver qui allait sortir le disque, comment tourner plus professionnellement… Avant même la sortie de l’album, nous avons tourné, en 2010, avec Korn et Dimmu Borgir sur la même affiche. C’était une affiche très particulière mais ça a plutôt fonctionné. Nous faisions un peu tâche parce que nous ne sonnons comme aucun de ces deux groupes…

Metal-Eyes : Aucun des groupes ne sonne comme l’autre, ce sont 3 styles différents.

Chris : Exactement. C’était une affiche très diversifiée. C’était un grand moment pour nous parce que nous n’avions jamais joué devant autant de monde. Avant ça, nous jouions dans des caves, des petits clubs, et là, on joue dans des grandes salles… C’était cool. Ensuite, un autre grand moment a été l’enregistrement de notre second album avec notre ami Tom Dougherty, qui a travaillé avec Royal Blood, il vient de terminer le nouvel album de Ghost. A ce moment là Tom était simplement notre ami. Maintenant, il est ce producteur rock mondialement connu…. Mais il reste un super ami. Rabbits est devenu une sorte de hit pour nous, c’est notre chanson la plus connue aujourd’hui. Nous avons pur tourner en Amérique, où nous avons eu pas mal de passages radios et où nous avons été plutôt bien exposés… Nous avons aussi rencontré un de nos groupes préférés de tos temps, Death From Above, et avons même eu le plaisir que Sebastian, le chanteur du groupe, chante sur notre nouvel album. Voilà quelques grands moments qui nous mènent à aujourd’hui.

Metal-Eyes : Je n’ai pas pu écouter l’album entièrement, mais ce que j’en retire c’est du Black Sabbath, du psyché et beaucoup de choses heavy. Qu’avez-vous mis dans ce disque et quelles sont vos influences ?

Chris : Nos influences sont de ne pas nous laisser trop influencer. Comme je l’ai dit, dès le départ, nous avons voulu faire quelque chose de neuf dans la musique rock, trouver un son qui nous soit propre, trouver notre chemin. De nombreux groupes que nous apprécions n’entre dans aucune case : Rage Against The Machine, System Of A Down, Smashing Pumpkins… De nombreux groupes que les gens ont, plus tard, voulu catégoriser. Rap metal, grunge, neo metal… Ces groupes sont uniques, et nous souhaitons faire de même, que les gens aient du mal à nous définir. On aime ça, et si les gens ont du mal à classer notre musique, cela signifie, pour nous, que nous sommes sur la bonne voie.

Metal-Eyes : De quoi parlez-vous dans les chansons ?

Chris : J’essaye de ne pas faire de déclaration trop ouverte, littérale. De ne pas donner de réponse ouverte. Je préfère poser des questions et peindre autour d’un thème, laisser l’auditeur en tirer ce qu’il souhaite. Je trouve intéressant, en tant qu’auditeur, d’écouter un album et de me faire ma propre idée des ce qui est traité dans les paroles.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous ne souhaitez pas aborder ?

Chris : Nous voulons que le groupe soit une échappatoire de la réalité, nous ne voulons pas devenir trop politique dans notre musique.

Metal-Eyes : Pourquoi, parce que c’est trop personnel, ça marque trop une époque ?

Chris : Non, même si, évidemment, ce sont des facteurs. Nous ne voulons pas être attachés à ce monde, nous voulons créer un nouvel espace, une nouvelle dimension cosmique vers laquelle les gens puissent s’évader. Aller ailleurs avec notre musique.

Metal-Eyes : Vous ne souhaitez pas plus aborder des thèmes comme la religion ou d’autres choses intimes ?

Chris : J’ai le sentiment que je traite ces sujets en écrivant les paroles. Mais je les rends suffisamment abstraites pour que les gens y trouvent leur propre interprétation, y mettent un sens qui leur soit propre. Je trouve cela plus important de poser un sujet et d’être amené à y réfléchir, en parler, plutôt que de se voir imposer une vision. Si je peux inspirer une réflexion, je suis un homme heureux, j’ai fait mon travail !

Metal-Eyes : De même que si tu peux provoquer une discussion autour d’un sujet, j’imagine…

Chris : Bien sûr !

Metal-Eyes : Que pourrais-tu me dire pour me convaincre de filer acheter The free life dès la fin de cette entrevue ?

Chris : Je dirais… Tout d’abord, je te demanderais si tu aimes la musique bruyante. Tu pourrais me répondre que non. Je te répondrais alors : « Eh bien, même si tu n’aimes pas la musique bruyante, tu pourrais aimer ce que nous faisons. Parce la manière dont nous écrivons… nous cherchons à créer un pont entre le « bruit » et tous ces sons que les gens appellent horribles et de choses plus douces, les enrober dans du coton. Et tu devrais trouver des choses qui te plaisent dans notre groupe car il y a beaucoup de pop, de funk dans notre musique. Tu devrais donc trouver de quoi te satisfaire ». Et si tu aimes la musique bruyante, tu vas apprécier nos riffs et nos mélodies.

Metal-Eyes : Un groupe de rock joue aussi sur scène. Vous n’avez cependant pas été souvent à Paris…

Chris : On a joué à Paris… 3 ou 4 fois, je crois.

Metal-Eyes : Et y a-t-il une tournée prévue ?

Chris : Nous venons de terminer une tournée européenne, mais nous n’avons pas joué à Paris, ni en France. Je ne sais pas trop pour quelle raison… On a un agent. Il n’est plus notre agent, pas pour cette raison, mais aujourd’hui, on en a un autre. Pourquoi on n’a pas joué en France ? Nous avons donné 8 ou 9 concerts en Europe, ce qui n’est pas beaucoup. Paris, nous y jouerons en octobre. Je ne peux te donner de date, ni avec qui, mais c’est un groupe pour lequel nous ouvrirons. Dans une grande salle, mais nous ne pouvons l’annoncer pour le moment. Nous attendons que ce soit confirmer.

Metal-Eyes : Après 3 albums, et une stabilité de 8 ans, quelle pourrait être, aujourd’hui, la devise de Turbowolf ?

Chris : (il réfléchit)… Soyez différent ?

Metal-Eyes : Sympa, je prends. Maintenant si tu devais ne retenir qu’une chanson de The free life pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Turbowolf, laquelle serait-ce ?

Chris : Ok… Je choisirais… la chanson The free life, qui est la dernière chanson du disque. Parce que je pense que de nombreux sons, de nombreuses choses que nous faisons se trouvent sur ce titre. Les parties dures, un peu punk, celles un peu plus pop, des passages plus énervés…

Metal-Eyes : Et comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre vos deux derniers albums ?

Chris : Ok, d’accord. Le précédent, nous l’avons co-produit avec notre ami Tom Dougherty, celui-ci, Andy et moi l’avons produit et mixé. Nous avons pris les choses beaucoup plus au sérieux pour ce disque. Passer plus de temps afin d’obtenir les choses que nous voulions. C’est l’évolution principale, devenir de plus en plus autonomes. Musicalement et artistiquement, nous ne voulions pas répéter les deux premiers disques et en créer un qui rentre dans leur lignée. Je crois que nous y sommes parvenus.

Metal-Eyes : Une dernière choses : vous êtes ici depuis ce matin, vous répondez à de nombreuses questions : quelle a été selon toi la meilleure question, celle qui t’a le plus surpris, étonné, que tu as préféré ?

Chris : Ma question préférée ? En fait, jusqu’à présent, j’ai préféré ton interview…

Metal-Eyes : Je n’ai pas dit interview, seulement la question. Même si je suis le meilleur (rires)

Chris : Oui, tu es le meilleur, c’est ça ! Sérieusement, c’est jusqu’à présent la meilleur interview, alors bravo !

Metal-Eyes : Merci !

Chris : Je pense que parler de ce que nous ne souhaitons pas traiter directement dans nos textes était intéressant parce qu’on ne nous pose pas souvent ce genre de question. C’était une question différente.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour cette interview et bonne chance avec The free life qui est sorti en mars.

Chris : Merci à toi !

 

Interview: THE DEAD DAISIES

Interview THE DEAD DAISIES. Entretien avec John Corabi (chant). Propos recueillis au Trabendo, à Paris le 6 mai 2018

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, comment vas-tu, John ?

John Corabi : Bien, super ! Nous sommes en tournée et nous sommes prêts à prendre un peu de repos avant d’aller au Japon. Le public a été super, tous les shows au Royaume-Uni ont affiché complet et c’est presque partout complet ici en Europe. C’est assez incroyable…

Metal-Eyes : The Dead Daisies vient de sortir son 4ème album, Burn it down. Quels sont les premiers retours que vous avez eus à son sujet ?

John Corabi : Honnêtement, les retours ont été excellents. Tout le monde semble s’accorder sur le fait qu’il s’agit dune nouvelle étape, d’une progression logique pour les Daisies. Mais personnellement, je ne fais pas trop attention aux critiques car chacun aime des chansons différentes, voit différentes explications dans les paroles. Quelqu’un peut adorer le disque, quelqu’un d’autre le détester… J’essaie juste de faire au mieux et je croise mes doigts

Metal-Eyes : Tant que tu prends du plaisir à faire ce que tu fais…

John Corabi : Oui, oui, et la plupart des fans, je peux les voir chanter avec nous quand on monte sur scène. C’est génial !

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de The Dead Daisies entre Make some noise et Burn it down ?

John Corabi : Je pense que nous sommes simplement plus à l’aise les uns avec les autres, nous savons comment les choses fonctionnent, quoi faire en studio. Notre façon de faire est quelque peu inhabituelle…

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

John Corabi : Eh bien, quand on se retrouve en studio, nous n’avons pas de chanson finalisée, nous finissons tout dans ces moments. On débarque, l’un de nous suggère d’écouter tel riff, mais il y a 5 gars dans ce groupes, chacun compose, et il y a Marti Fredericksen, qui a produit plein de choses pour nous qui écrit aussi. Alors il y a 6 compositeurs qui passent leur temps à balancer des idées. C’est un process très rapide, et très étrange : quand on a fait Revolucion, il nous a fallu un mois. Pour le composer, l’enregistrer et le mixer. Make some noise, tout a été fait en, je crois, 5 semaines. Celui-ci nous a pris un peu plus de temps, Marti a pris quelques breaks parce qu’il était aussi en tournée avec Steven Tyler, mais il nous a fallu 7 semaines en tout, artwork compris. C’est rapide, mais je pense que maintenant, on sait que ça doit être fait, alors on met nos casquettes « enregistrement studio », et on donne le maximum pour le disque.

Metal-Eyes : Vous vous connaissez bien mieux, maintenant ? Quand quelqu’un a une idée qui ne vous plait pas, vous le dites simplement et l’oubliez ?

John Corabi : Tu sais, on a aussi de désaccords, mais on fait en sorte de trouver un point d’entente et, au bout  du compte, si je dis que je pense que la chanson devrait sonner ainsi mais que David, Doug ou Marco ne sont pas d’accord, alors Marti se pose comme le vote arbitraire. Il est le capitaine, le producteur, et, de toute évidence, nous faisons confiance à son expertise pour dire « John, Doug a raison », ou le contraire, tu me comprends ? C’est vraiment un process de dingue, mais c’est assez facile, somme toute.

Metal-Eyes : La dernière fois que nous nous sommes parlés, au Hellfest, tu avais justement donné des surnoms à tes camarades : Brian était le penseur, tu étais le joker et David, le pilote. Comment définis-tu les autres membres, et cette vision de vous a-t-elle évolué ?

John Corabi : Je dirais que c’est à peu près la même chose. Brian est, de toute évidence, parti, Deen est arrivé et… tu sais quoi ? Je dirais que Deen ressemble en de nombreux points à Brian : il est très énergique, il réfléchit beaucoup, c’est un super batteur doublé d’un excellent chanteur. C’est à peu de choses près pareil, mais quand on entre en studio pour enregistrer, nous avons chacun nos opinions, mais donnons tout pouvoir à Marti pour nous dire « je pense que nous devrions le faire ainsi ». Il est le producteur, nous l’engageons pour faire ça, il est une oreille extérieure et apporte ses idées sur une chose sur laquelle nous avons travaillée mais dont nous ne sommes pas sûrs. Il nous dira si on tient quelque chose… Soyons réalistes : il a eu beaucoup de succès en écrivant des chansons comme Jaded avec Steven Tyler, il a écrit avec Def Leppard, Ozzy… et tous ces grands artistes. Alors pourquoi ne l’écouterions nous pas ? Nous prenons son avis et parfois on lui donne notre point de vue. Il y réfléchit et prend une décision. Il est sans conteste le capitaine.

Metal-Eyes : Que serait Marco ?

John Corabi : Marco serait un joker, aussi. On se bat toujours pour être dans la lumière, et c’est tout bon !

Metal-Eyes : A mon avis, Burn it down est plus heavy que Make some noise. Plus sérieux, aussi. Quel est ton point de vue ?

John Corabi Je suis d’accord. Je pense qu’il est plus… politique, oui, mais il y a aussi des chansons qui traitent de nos vies, comme Set me free, Resurrected… Il est agressif un peu heavy, tout en étant plus éclectique que le précédent. Il est heavy, parfois, mais pas dans le sens dur… Je le vois plus heavy comme pouvait l’être Zeppelin ou le vieux Black Sabbath, tu vois ? Ce qui est du classic rock maintenant. Ce que tu dis est très vrai. C’est comme les paroles : beaucoup de gens nous demandent de quoi traite telle ou telle chanson. De la vie ! J’écris les paroles en dernier ; j’écoute la musique et j’écris. Rise up, par exemple, reflète la colère…

Metal-Eyes : Rise up, justement, semble comme si elle avait été écrite hier, un appel au réveil de la jeunesse. Comment réagis-tu au discours que vient d’avoir Donald Trump avec la NRA stipulant que si les Parisiens avaient été armés, il n’y aurait jamais eu autant de morts au Bataclan ?

John Corabi : Tu sais quoi ? Tout le monde se bat pour sa cause. La NRA, aux USA, donne à tous ces politiciens des centaines de milliers de dollars pour voter pour eux. Je ne suis pas forcément d’accord. Je suis simplement persuadé que ce serait le chaos total si un paquet de gens pouvaient se tirer dessus « voilà le mec, boom ! Oh, non, je me suis planté, pardon ! » C’est une situation complexe, je ne saurais pas comment en venir à bout. Je n’ai aucune envie de faire de la politique aujourd’hui, mais je ne suis pas du tout d’accord avec le président des Etats-Unis à ce sujet. Absolument pas.

Metal-Eyes : Tu conviens donc que Rise up, aujourd’hui, peut dénoncer cela, aussi ?

John Corabi : Je pense que, selon moi… Je ne fais absolument pas confiance à nos politiciens. Ma confiance envers les politiciens est identique à celle que je porte aux avocats. Ou aux vendeurs de voitures. C’est tout ce qu’ils sont. Rise up n’est pas contre Donald Trump, elle est contre les politiciens. Ma vision est que je vote, tu votes, nous les avons placés au pouvoir, leur avons donné leur poste. Si tu regardes ce qui se passe aux USA, et vraisemblablement tu t’intéresse à la politique étrangère, il y a 2 partis : les conservateurs, et les libéraux. Si tu prends une personne de chaque bord, tu  les places dans une pièce et leur dit « tout intérêt moral mis à part » – les intérêts gouvernementaux sont pour mois des intérêts moraux, le mariage gay, l’avortement, ce genre de débat j’en ai rien à foutre ! – pose leur la question « que voulez vous vraiment ? » Je pense que tous dirais vouloir travailler, gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille, pouvoir, disons, une fois par an, partir en vacances avec sa famille, avoir la sécurité sociale et en cas d’urgence, de pouvoir s’en occuper. La sécurité, tout simplement. Et je pense que c’est ce que tout le monde souhaite. Les gens souhaitent simplement une vie heureuse, ne pas payer trop d’impôts, payer des assurances sans rien obtenir en retour, tu vois ce que je veux dire ? Je suis certains que ces deux personnes découvriraient avoir beaucoup plus en commun que ce qu’elles pensent. Le reste, c’est moral, spirituel, religieux. Ça n’a rien à voir avec le gouvernement ! Je dis à tout le monde qu’ils ont votés, qu’ils ont élus ces gens, conservateurs ou libéraux, nous les avons mis au pouvoir ! Ils gagnent beaucoup d’argent à faire de la politique, alors si nous voulons que les choses changent, on ne reste pas assis à ne rien faire ou à se plaindre. On se lève, on sort, on va voter ou on se lève et on fait savoir que ça ne nous plait pas ! C’est tout ce dont traite cette chansons. Je vois des gens qui disent « merde, je déteste Trump, je le déteste ! ». Ok, tu as voté ? « non » Alors ferme ta putain de gueule !

Metal-Eyes : C’est exactement ce que je pense !

John Corabi : Tu ne te plains pas si tu ne fais pas entendre ta voix, si tu ne fais rien, même de simple, pour que ça change. A commencer par aller voter.

Metal-Eyes : Nous sommes d’accord. Vous reprenez, comme toujours, une chanson. Pourquoi avoir choisi Bitch, des Rolling Stones ?

John Corabi : Il y a un million de chansons des Stones qu’on aurait pu reprendre…

Metal-Eyes : Peut-être pas autant…

John Corabi : Non, tu as raison. Tu sais quoi? Tu viens de faire une autre remarque très juste : on adore les Stones, mais au regard de l’ensemble de notre album, le riff colle parfaitement au reste du disque. On l’a répété, on l’a rendu un peu plus heavy et ça fonctionne. Tu sais ce qui m’amuse, en revanche ?

Metal-Eyes : Dis moi…

John Corabi : Combien de personnes ne savent absolument pas qu’il s’agit d’une chanson des Rolling Stones ? Ils pensent que nous l’avons écrite… Maintenant, sur scène, je l’annonce : « OK, on va faire une chanson d’un des plus grands groupe de rock ! Vous aimez les Rolling Stones ? » Je dois leur faire savoir, parce que nombreux sont ceux qui ne savent pas que c’est une de leurs chansons. Je trouve ça dingue !

Metal-Eyes : Parlons de ce gars (je pointe Deen Castronovo, le nouveau batteur, qui est en interview à une table à côté de nous). Comment l’avez-vous sélectionné ?

John Corabi : Je ne connaissais pas Deen. J’en avais entendu parlé, mais Doug et Marco avaient travaillé avec lui. Ils l’ont appelé, il est venu, nous avons eu une très longue conversation au sujet de son passé et de certains évènements de sa vie. Il a été très honnête puis s’est assis à la batterie. Il est génial. Et pour moi, c’est super d’avoir en plus cette voix en backing vocals, il est extraordinaire au chant, tu m’entendras.

Metal-Eyes : Deux dernières choses : si tu devais retenir un seul titre de Burn it down pour expliquer ce qu’est The Dead Daisies aujourd’hui, ce serait laquelle ?

John Corabi : … Je réfléchis… Je pense que ça pourrait être soit Burn it down ou Judgement day, deux chansons qui couvrent tout le panel musical des Daisies. Elles ont beaucoup de couleurs différentes, d’ambiances aussi. L’une des deux, car elles démontrent qu’il y a plus à découvrir dans ce groupe que simplement du rock.

Metal-Eyes : Quel pourrait être la devise des Dead Daisies aujourd’hui ?

John Corabi : Mmh, mmh… Tu sais quoi ? « profites de ta vie ! » Nos vies sont si fragiles, on ne sait pas de quoi demain est fait. Le Bataclan l’a prouvé, beaucoup d’autres choses depuis, aussi. « Profites de ta vie, sois bon et amuses-toi. Et rocke ! » (rires)

Merci à Olivier Garnier et Roger Wessier (Replica promotion) d’avoir rendu cette interview possible.