Interview: VANDENBERG’S MOONKINGS

Interview VANDENBERG’S MOONKINGS : rencontre avec Adrian Vandenberg (guitares). Entretien mené le 26 octobre 2017 chez Gibson France, Paris.

Quand on vous demande en dernière minute si vous souhaitez faire l’interview d’un de vos héros d’adolescence, vous dites quoi ? Absent depuis 4 ans, Adrian Vandenberg vient assurer le service après vente du nouvel album de son Moonkings. Bavard ? Oui, et vous saurez tout sur ce nouveau disque

 

metal-eyes: Adrian, nous nous étions rencontrés lors de la sortie du premier album de Moonkings, comment te portes-tu depuis 4 ans ?

Adrian Vandenberg: Vraiment bien, et les choses s’améliorent de jour en jour parce que la date de sortie approche ! Nous allons, d’ici deux semaines, commencer la tourner, et nous avons hâte. Il y a eu des retards pris pour cet album, que j’espérais pouvoir publier il y a un an et demi, mais tu sais, on fait tous ces plans, et ça change tout le temps… Mais ça arrive !

metal-eyes: Le groupe lui-même a conservé le même line-up, cependant. Comment vous êtes vous occupés tout ce temps ?

Adrian Vandenberg: D’abord, on a donné beaucoup de concerts. Nous avons commencé à tourner juste après la sortie du premier album, en Europe, au Japon, et l’an dernier… Ce qui nous a mis en retard… J’ai contracté la maladie de Lyme, et il m’a fallu un an et demi pour m’en remettre. Une tique m’a mordu à la jambe. C’est une situation de merde parce que tu te sens fatigué, un peu ailleurs. Je suis vraiment heureux de m’en être débarrassé, beaucoup de personnes n’y parviennent pas. Ça m’a retardé, ainsi que tout le groupe. Tout : le studio, les répétitions, tout s’est rallongé. Mais au final, c’est une bonne chose parce que juste avant d’entrer en studio, j’ai pu écrire deux de mes chansons préférées de l’album, Walk away et If you can’t handle the heat, et elles ne se seraient pas retrouvées sur l’album sans ça…

metal-eyes: Vous avez soutenu le premier album sur scène. Quels sont tes souvenirs du concert parisien ?

Adrian Vandenberg: C’est une des plus belles salles que j’ai pu voir, le Divan du monde et sa déco unique des années 30. Ces canapés, et tout… C’était super. En réalité, nous voulions donner plus de concerts en France mais la tournée à commencé avant la sortie de l’album. Personne ne savait à quoi s’attendre, alors pourquoi booker des concerts ? Ce sera de l’instrumental, du rock ? Qui sait ? Maintenant, ce sera plus facile parce que le premier album a reçu un accueil fabuleux, et le nouveau, les gens se disent « ah, Vandenberg ? Il lui a fallu des années pour revenir, qui sait s’il ne lui faudra pas encore 30 ans pour revenir ? » (rires). Ce sera plus facile maintenant, avec le succès du premier album, d’organiser plus de concerts en France et ailleurs.

metal-eyes: Maintenant que les membres du groupe se connaissent mieux, y a-t-il eu des changements dans votre façon de travailler en studio ?

Adrian Vandenberg: D’une certaine manière, car nous nous sommes rapprochés en tant que groupe, grâce à tous ces concerts que nous avons donnés ensemble. On n’a pas vraiment beaucoup répété, ce que je souhaitais éviter pour ne pas trop « polir » les chansons. Ce que tu entends sur l’album est très dynamique et spontané. En réalité il y a quelques jams sur ce disque. Cet esprit me manque et je crois qu’il y a une raison pour laquelle les gens retournent vers la musique de Led Zeppelin, Free, tout cet esprit 70’S. Si tu écoutes leur musique chez toi, au casque, tu te retrouves en studios avec ces musiciens. Cette spontanéité, cette vibration me manque depuis… 25 ans, depuis que la musique est devenue un business, la musique de nombreux groupe est devenue, également, plus linéaire : tu entres en studio avec un super producteur, il y a toute cette technique pour que tu puisses réaliser un album « parfait », ce qui n’est pas, selon moi, ce que doit être un disuqe de rock. Il doit y avoir du feeling, de bonnes chansons, ce que je crois que nous faisons. Les qualités de musicien, que ce soit dans un groupe comme le notre ou ces groupes que les gens redécouvrent, il y a de très bons musiciens. Tu peux te fier à leur maitrise de la musique, tandis qu’aujourd’hui, c’est tellement facile pour un groupe médiocre d’enregistrer un bon album en se reposant sur la technologie. Ca explique aussi pourquoi beaucoup de gens sont déçus quand ils voient un groupe live : ils jouent avec un disque dur. Les groupes les plus populaires ont 80% de leur musique sur un disque dur, c’est un spectacle de marionnettes. Je fais partie de la vielle école : le show auquel tu assiste ce soir sera unique, tu n’en verras pas un second identique. Ce sera différent le lendemain : le public est différent, tu n’es pas dans le même état, la salle est différente… Rien ne peut être pareil. C’est plus aventureux, tu comprends ?

metal-eyes: Certains des grands groupes aujourd’hui, c’est vrai que tu les vois sur une tournée, tu n’as pas de surprise sur la suivante, même si le décor est différent. Parlons un peu de Mark II : pou moi, il semble qu’AC/DC a rencontré Whitesnake, Led Zeppelin et Jimi PaHendrixge, et toute cette vague vintage. Qu’avez-vous mis dans ce disque ?

Adrian Vandenberg: Quand j’ai lancé Moonkings avec le premier album, je me suis rendu compte que je voulais éviter de me coincer dans l’esprit des morceaux à succès que j’avais écrit dans les années 80, à cause de leur succès. Avec Vandenberg ou Whitesnake… A chaque fois qu’un label s’immisce dans le processus, ce qui est normal puisque c’est leur business. Mais en tant qu’artiste, tu veux éviter cela. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons signé avec Mascot, le premier label avec lequel j’ai discuté. Le patron du label m’a dit : « j’ai suivi toute ta carrière, tu n’as jamais fait un mauvais album. Avec nous, tu peux réaliser le disuqe que tu veux, personne n’interférera ». C’est plutôt un bon début, non ? J’ai donc réalisé le disque que je souhaiterai acheter – si, dans mon cas, je ne l’avais pas gratuitement (rires) ! Nous nous sommes vraiment concentrés sur la spontanéité, la dynamique. C’est la première chose qui frappe, plus que la technique, ou les capacités des musiciens. Si tu écoutes un vieil album des Stones, personne ne peut dire s’ils sont bons musiciens ou pas… Il y a du danger, une attitude, et si tu lisses trop le son, ce que j’ai vécu dans ma carrière, tu peux  te dire que la démo sonnait mieux. C’est dommage. J’ai aujourd’hui assez d’expérience pour savoir comment éviter cela. N’en fais pas trop en studio, laisses assez de place en studio pour les tripes… On n’a répété juste avant d’entrer en studio, à la dernière minute ou presque. Il y a beaucoup de spontanéité dans de nombreuses chansons, jouées sans filet. On n’a pas vraiment réfléchi, pour certains titres, à comment les terminer, on a joué et… Il s’est passé ce qu’il s’est passé, tout simplement ! The fire  ou If you can’t handle the heat se sont terminées en sessions jams dans le studio, comme dans les 70’s. J’en suis très fier ! J’ai dû les écouter 1000 fois, et elles me font toujours le même effet. Une chanson doit tenir d’elle-même, ensuite, en studio, c’est du bonus…

metal-eyes: Si la structure est solide, tu peux faire ce que tu veux autour…

Adrian Vandenberg: Exactement, tu peux en faire une chanson country ou pop, si tu veux ! Un bon refrain est très important… Je suis un grand fan des Beatles et… Les gens vont me tuer pour ça, mais je respecte aussi beaucoup Abba : ces gars faisaient de la pop mais avec tout ce qu’il faut. Tu peux en tirer une chanson de hard rock si tu veux ! Love runs out, sur notre album, et personne ne s’en est rendu compte, est une reprise d’une chanson de One Republic. On en a fait une chanson de Moonkings. La raison pour laquelle nous l’avons reprise est parce qu’une émission de télé hollandaise nous a demandé de jouer live. L’idée est de jouer un de tes titres et une reprise, à ta manière. C’était difficile parce qu’ill y a beaucoup de rap… Et j’ai entendu cette chanson de One Republic et j’ai réalisé que c’était presque une structure blues, et il n’a pas été trop complexe d’accélérer le tempo. On voulait que ce soit un titre bonus pour le Japon, qui veut toujours un peu plus… Mais quand Mascot l’a entendue, ils l’a voulaient sur l’album. Je leur ai dit que c’était à eux de se débrouiller avec les Japonais, je ne veux rien avoir à faire avec àa. Et je trouve qu’elle a toute se place sur l’album.

metal-eyes: Selon moi, Jan a, par instants, de plus en plus d’intonations à la David Coverdale. Vous en êtes vous rendu compte ?

Adrian Vandenberg: Pas forcément plus sur cet album que sur le précédentn d’ailleurs. Il a certains héros, et David en fait partie. Jan a 40 ans, et lorsqu’il était ado, il avait ses idoles : Robert Plant, Roy Rogers, Coverdale, Chris Cornell, Ray Gillan de Badlands, et aussi Rod Stewart, celui des débuts…

metal-eyes: Que des voix puissantes…

Adrian Vandenberg: Oh, oui, très puissantes, et il a ce type de voix. Chacun a un certain timbre, et ça ne change pas. Le sien peut évoquer David Coverdale, et même s’il chantait une chanson des Beatles, on entendrait ce timbre. C’est ainsi. Ce dont je suis ravi, c’est que, pour cet album, Jan a gagné en assurance. Il chante ces chansons avec plus d’assurance que sur le premier album. Il n’a pas chanté pendant deux ans. Sur le premier album, je l’ai beaucoup coaché pour qu’il se libère, et là, il est arrivé avec plus de certitudes. Une autre différence : sur le premier album, le chant a été enregistré avec un micro à 30.000 euros. Vintage… Il se tenait devant, et je me suis rendu compte que Jan… En tant que chanteur, tu ne dois pas te sentir vraiment à l’aise avec ça, pas en tant que chanteur de rock. Là, on a utilisé un micro bien moins cher, le genre qu’on utilise en radio. Il peut supprimer un maximum de sons d’arrière plan. Lors d’une émission de radio, tu écoutes l’animateur, tu n’as pas envie d’entendre les tasses de café dans le fond. Jan le tenait comme s’il chantait live, tu vois la position du chanteur de rock sur scène ? Je savais qu’il se sentait bien plus à l’aise. La différence entre ce micro et un micro à 30.000 euros s’entend dans son chant.

metal-eyes: Ca a donc changé son comportement lors de l’enregistrement.

Adrian Vandenberg: Absolument, c’est exactement ça.

metal-eyes: Comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre ces deux albums ? AU début, vous ne vous connaissiez pas beaucoup, depuis vous avez tourné, 4 années se sont écoulées…

Adrian Vandenberg: Je me suis rendu compte après les quelques premiers concerts, nous partagions tous le même bus et chaque soir je sentais que nous nous rapprochions, que nous pouvions compter les uns sur les autres. Par exemple, notre premier gros festival en Hollande se tenait devant 50.000 personnes. Les gars n’avaient jamais joué devant plsu de 100 personnes (rires). Et là, ils se retrouvent face à plusieurs milliers de spectateurs, sur une scène de 80 mètres de large, et je ne savais pas à quoi m’attendre. Mais ils ont agi comme s’ils avaient fait ça toute leur vie. Et soudain, ma guitare est tombée en panne, 4 fois. Il y avait un problème technique ou je ne sais quoi, et face à ce type de problème, un tiers du son qui disparait… Ils ont agit de la seule manière possible : en jouant les mêmes mesures, en occupant la scène, et le public s’est rendu compte que je ne pouvais rien faire. Ils ont vraiment assuré ce jour là. Aussi, je me demandais comment Jan allait s’en sortir vocalement live, car en studio il peut monter ou descendre, et il s’en est parfaitement sorti aussi. Maintenant, on est devenu si proches que quand il y a un problème, ce qui arrive naturellement de temps à autres, tu sais que les autres vont rattraper le coup. Et aussi, on a le même type d’humour, alors quand on va donner un concert, on passe toujours de bons moments. Tout le monde est détendu, il n’y a pas de drogues, ni d’alcool, ce qui est vraiment chouette et bien. Il n’y a pas de mauvaises surprises.

metal-eyes: J’ai vu la video de Tightrope, tournée en festival. Vous avez déjà interprété ce titre en festival ?

Adrian Vandenberg: Oui, nous l’avons jouée lors des 3 derniers festivals qu’on a donnés. Le public aime avoir un avant gout de ce qui arrive. Nous ne l’avions répétée qu’une ou deux fois avant, mais c’était un festival de taille moyenne, et ça nous a donné des repères.

metal-eyes: Justement, vous prévoyez de tourner en fin d’année puis au début du printemps, y at-il des festivals européens prévus ?

Adrian Vandenberg: J’espère, j’espère vraiment que nous pourrons jouer dans les festivals en Europe et en France, il y en a un bon paquet maintenant. C’est super de jouer dans des clubs, mais les festivals permettent de toucher un vaste public.

metal-eyes: Si tu devais ne retenir qu’une chanson de MKII pour définir ce qu’est Vandenberg’s Moonkings aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Adrian Vandenberg: Sans hésiter The fire car elle démarre tranquillement, Jan chante avec une certaine mélancolie, et elle monte en puissance avec de gros riffs… Et à la fin, tu peux nous entends jammer, je n’en fais pas beaucoup à la guitare, je n’ai plus rien à prouver aujourd’hui. Je pense que c’est une bonne introduction au groupe. Elle montre le type de chansons que nous jouons, nos racines blues rock…

metal-eyes: Quelle pourait être la devise du groupe aujourd’hui ?

Adrian Vandenberg: La devise ? Probablement… « Jouez avec tout votre cœur, sans aucune limite. »

metal-eyes: Une dernière chose : selon toi, quelle a été la meilleur question, la plus surprenante, étonnante qu’on t’a posée aujourd’hui ?

Adrian Vandenberg: Aujourd’hui ? Mmmh… Voyons… Tu peux dire que c’est une question difficile… J’ai du mal avec ça, avec le temps, j’ai entendu tellement de questions que plus rien ne me surprend vraiment ! Olivier (Garnier) m’en a posée une bonne hier : Nous étions avec Joe Bonamassa qui se plaignait que tout le monde lui pose les mêmes questions. Et il a eu une interview juste après et le journaliste lui a demandé s’il aime Britney Spears ! Ça l’a surpris, et il a demandé dans quel sens… «  Musicalement mais aussi physiquement » Il n’a pas su quoi répondre… Et le journaliste a continué en lui demandant s’il aimait es filles, il l’a emmené complètement ailleurs ! Je ne sais pas vraiment en fait. Tu l’as remarqué, quand quelqu’un me pose une question, je l’utilise comme un cadre pour parler de l’album, du groupe et parfois, une réponse peut, dans mon cas, nous entrainer complètement ailleurs ! (rires) En fait, c’est une de tes remarques : tu es le premier à dire que la voix de Jan s’approche plus aujourd’hui de celle de David Coverdale. Je trouve qu’il s’en est éloigné par rapport au premier album, et cela montre que chacun peut entendre des choses différentes. C’est ce qui est super avec la musique. Ma sœur est une pianiste classique – j’aime beaucoup le classique, aussi – et je lui explique depuis qu’elle a commencé à jouer à l’age de 6 ans, que j’ai toujours aimé le Moonshine de Sinatra. Je la vois comme une chanson pop de l’époque : elle n’est pas compliquée mais elle a ce feeling incroyable. Ma sœur me dit qu’il y a tant d’autres morceaux plus structurés parmi ses chansons. Oui, mais je lui explique que cette chanson me touche par sa simplicité. Il y a un dicton en Hollande qui dit que dans la simplicité, le maitre se révèle. C’est pareil avec la cuisine : c’est un art, comme la peinture, la musique… J’ai un ami qui est chef, et parfois, quand on se voit, je lui apporte une bouteille de bordeaux et lui dit « prépare un repas qui aille avec ça ! » Prépare quelque chose que tu voudrais manger, en France, dans un restaurant au milieu de nulle-part. Et il trouve toujours quelque chose d’assez simple, un peu de viande, du poisson et trouve la perfection avec beaucoup de poisson…

metal-eyes: Tu parles de peinture : tu continues de peindre, j’imagine ?

Adrian Vandenberg: Je n’ai plus vraiment le temps. J’ai un peu peint digitalement, mais pas de toile… Faire quelque chose d’un peu différent, même si je ne suis pas fondu d’informatique. L’an dernier je n’ai réalisé que deux peintures  par manque de temps. Mais je vais me rattraper.

Interview: MOLY BARON

Interview MOLY BARON : rencontre avec Gary (chant, guitare) et Raphaël (batterie). Entretien mené le 24 octobre 2017 au Hard Rock Cafe, Paris.

metal-eyes: Moly Baron a été formé en 2015 à Paris avec des musiciens français et un chanteur guitariste irlandais. Quelles ont été les moments importants dans la vie du groupe depuis ses débuts ?

Gary: En 2014, j’ai lancé ce projet depuis ma chambre, en réalité. Il y a eu quelques démos, dont la plupart des chansons figurent sur l’album, et je me suis mis en quête de musiciens. J’ai trouvé Steven, le guitariste, puis Seb, le bassiste, et il y a 6 mois, nous avons découvert Raph, qui a été le plus difficile à trouver. Trouver un bon batteur est compliqué, tous sont musiciens de session, n’importe quel bon batteur fait des sessions… C’est difficile de trouver un batteur de ce niveau.

metal-eyes: Ce qui est un beau compliment pour Raphaël.

Gary: Oui, bien sûr ! Il y a eu deux grandes réalisations jusqu’à aujourd’hui : finir cet album, ce qui nous a demandé à peu près 3 ans – nous avons tous un boulot au quotidien. Ensuite, être capable de chanter sur cet album. Je ne suis pas chanteur, je n’ai jamais eu l’intention de chanter. Il a fallu tellement de temps pour trouver un chanteur que je m’y suis mis.

metal-eyes: Ce qui signifie que trouver un bon batteur est plus facile que de trouver un bon chanteur ?

Gary: Euh… probablement, oui. J’ai donc chanté, ce qui a été une grande découverte. Nous avons donc fait cet album et c’est extraordinaire de le savoir publié. La seconde vraie réalisation est d’avoir joué à l’Elysée Montmartre en ouverture des Psychedelic Furs. J’étais si nerveux ! C’est à peu près tout, dans la mesure où on n’est exposé que depuis 5 ou 6 mois…

metal-eyes: Raphaël est dans le groupe depuis seulement 6 mois ce qui explique que vous ne soyez que 3 sur le CD et 4 sur votre site web.

Gary: Exactement. Raph est arrivé après. Quand on a enregistré l’album, j’ai programmé toute la batterie, tout y était, mais ça ne semblait pas naturel. J’ai donc cherché un batteur de studio, que j’ai trouvé à Nashville. Je lui ai envoyé toutes la programmation et il a tout rejoué. Raph a un style différent, et pour moi il est bien meilleur que ce batteur de session : il est plus lourd, a un feeling différent.

metal-eyes: Pour moi, la musique de Moly Baron mélange la mélodie du rock avec la lourdeur du metal, l’émotion, la mélancolie du blues. Comment décririez-vous la musique de Moly Baron, et qu’y mettez-vous ?

Gary: C’est assez difficile d’être objecif avec ta propre musique… Je pourrais la décrire en citant des noms de groupes. Nous incluons un peu de Metallica, dont j’ai toujours été fan, U2 aussi, tu peux entendre du vieux  Muse, du blues rock à la Thin Lizzy, Led Zeppelin… Un mélange de tout ça. C’est un peu incohérent mais pour certains, c’est assez sympa de changer de registre. Tous ces groupes que j’ai cités, et Rage Against The Machine, Red Hot Chili Peppers… sont de grosses influences. Mais j’imagine que si tu mélanges tout ça, le résultat est assez original aussi. Je crois qu’on a le son de Moly Baron.

metal-eyes: Ca sonne aussi familier à mes oreilles que différents, parce que toutes ces influences sont présentes. Je n’ai pas pris le temps de lire les paroles. De quoi parlez-vous, même si un titre comme Fear is better business than love parle de lui-même, ne parlez-vous que de ce qui se passe  dans le monde ?

Gary:  Je n’écris jamais les paroles avant, et je ne voulais pas sonner comme quelqu’un de prétentieux qui a un « important message ». J’ai vraiment écrit en fonction de ce qui me parlait : les élections américaines l’an dernier, c’était dingue… L’abus de pouvoir des grandes corporations, des médias qui diffusent leurs messages, à gauche comme à droite, ce qui est vraiment décevant. La seule manière d’avoir de l’information, de la vraie information, est d’aller sur le net trouver des médias indépendants. La plupart des gens ne font pas cet effort, allument simplement la télé, regardent les chaines nationales comme la BBC ou CNN, sans se rendre compte que c’est de la propagande d’Etat. J’ai écrit en fonction de l’époque et des événements que je vivais, et ça se ressent aussi dans la pochette, un peu dingue. Tout traite de perdre sa conscience, son esprit critique.

metal-eyes: Un fait qui remonte loin…

Gary: Ca a toujours été… George Orwell et 1984. Le morceau Incognito est quelque peu basé sur 1984, c’est la dernière chanson que nous ayons composée. Je devenais dingue, il fallait qu’on termine ce truc ! Je ne sais pas comment décrire ça : je me sentais comme emprisonné à la fin !

metal-eyes: Tu parles de George Orwell, qu’en est-il de Ray Bradubury et Fahrenheit 451, le fait de brûler des livres, détruire la culture ?

Gary: Tu sais ? C’était le nom de ma dernière entreprise, « 451 » ! (rires) C’est en rapport, mais loin de moi l’idée de marcher sur les plates bandes de quelqu’un avec un message… Ce qui s’est produit avec cet album était naturel, ça s’est fait comme ça. Peut-être que l a prochaine fois je parlerais d’environnement ou je ne sais quoi…

metal-eyes: Raphaël, comment as-tu intégré le groupe ? Tu peux répondre ne français, si tu le souhaites

Raphaël: Non, je vais répondre en anglais (note: l’interview se déroule en anglais et Raph, batteur français, répond en anglais de bout en bout. Bel effort et bel esprit !) Depuis que j’ai 14 ou 15 ans, j’ai toujours cherché à jouer au sein d’un groupe parce que c’est le meilleur moyen de s’améliorer musicalement. C’est mon rêve : j’ai vraiment envie de devenir musicien. Je n’ai jamais eu l’opportunité de rencontrer d’autres musiciens. Mes amis n’écoutent généralement pas de metal via des sites web et annonces. Il y a 6 ou 7 mois, j’ai vu sur un site l’annonce de Moly Baron qui était si professionnelle, j’ai su que je voulais jouer avec ce groupe, c’était un vrai défi. Je les ai contacté, on a fait une audition et j’étais assez stressé car je n’ai jamais joué avec un clic ou des samples. Je me suis lancé et il semble qu’ils aient apprécié mon style !

Gary: Je peux raconter une anecdote ? Avant qu’il n’arrive, nous avions rencontré un de ses… pas amis mais collègues de cours…

Raphaël: En fait, j’étudie au conservatoire de Paris, e un des élèves de ma classe de batterie a aussi contacté Moly Baron. On ne se connaissait pas, et quelques jours avant l’audition, on a échangé : « oh, je vais passer une audition avec un groupe, Moly Baron. – Ah, toi aussi ? »… On n’était pas en compétition mais on a joué comme on joue d’habitude et c’est à eux de décider.

Gary: Le premier qui est venu a joué et on s’est dit « chouette, c’est lui, nous l’avons trouvé. » Nous n’avions pas encore rencontré Raph et on se disait « oh… faut qu’on aille voir cet autre gars ! On vient de trouver notre batteur… » Raph est arrivé et on s’est dit « Merde ! Il est meilleur ! » Nous étions ravis de n’avoir pas annulé !

metal-eyes: J’imagine… Quel a été, pour chacun de vous, votre premier choc musical ? Le groupe ou le musicien qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire ! »

Gary: Si je remonte très loin, je dirais Bon Jovi. Slippery when wet, j’adore cet album. Ensuite c’est Metallica et …And justice for all. J’adore Harvester of sorrow, Blackened… Ca m’a soufflé comme jamais ! Je me suis dit, à ce moment là : « C’est ça que je veux faire ! » Pas Bon Jovi, vraiment plus Metallica !

Raphaël : The White Stripes. Ce n’est pas compliqué mais c’est si puissant ! Le chant, les guitares, il y a tant d’énergie que j’ai été vraiment emporté. J’écoute tous leurs albums depuis que j’ai… 7 ou 8 ans.

Gary: J’imagine un gamin de 7 ans écouter The White Stripes ! Pour nous, ils sont arrivés largement après nos 7 ans ! Ils ont commencé quand ? En 98 ?

Raphaël : Michel Gondry a réalisé certains de leur clips, dont Fell in love with a girl, je ne sais pas si tu le connais, il est entièrement fait avec des Lego. Je regardais ça quand j’étais vraiment jeune, toute la journée, et… Waow ! C’est ce qui a tout déclenché.

metal-eyes: Vous prévoyez de tourner un peu maintenant que le groupe est au complet?

Gary: On a quelques concerts prévus, et le but de cette journée promo est aussi de pouvoir en faire plus. On espère, maintenant que l’album est sorti, pouvoir nous concentrer sur les festivals d’été mais aussi aller en Allemagne et au Royaume Uni, des lieux où nous devons concentrer nos efforts si nous souhaitons grandir. C’est plus compliqué en France. Si tu crois en ta musique, tu peux réaliser des choses. Mais si personne n’en parle, si personne n’écoute ce que tu fais…

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’une chanson de ce premier album pour définir ce qu’est Moly Baron, ce serait laquelle ? En tant qu’auteur et en tant que nouveau membre ?

Gary: Laisse-moi réfléchir… Sans doute… Incognito : elle a une allure rock traditionnelle avec un riff final très thrash, cette sorte de voix mélodique et ces décors sonores divers, un peu comme Brian Eno. Un peu étrange, mais il y a une belle variété dans cette chanson. Et le chant n’est pas évident. On doit garder cette chanson pour la fin de nos concerts tellement ça use ! Il y a aussi ce groove funky, et ce solo très blues. Oui, Incognito est ma chanson !

Raphaël: Une qui représente bien Moly Baron est When darkenss holds : elle mélange toutes les ambiances sombres du metal avec des parties mélodiques, de belles harmonies. Même si ma chanson préférée est Incognito. On compose de nouvelles chansons, plus agressives qu’avant.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Moly Baron ?

Gary: Notre devise ? Oh, mon Dieu ! Ouf… Aucune idée… « Rock Metal Groove Paris Dublin » ? (rires) C’est dur, mec ! C’est la question la plus difficile de la journée !

Raphaël: Aucune idée…

metal-eyes: On y reviendra… Tu viens de dire que c’était la question la plus difficile du jour, mais quelle a été la meilleure, la plus surprenante ?

Gary: Oh… Merde, quelqu’un m’a posé une question aujourd’hui, je n’arrive pas à m’en souvenir !

Raphaël: J’en ai une : quelqu’un m’a demandé quelle œuvre d’art, hors musique j’ai apprécié récemment. Je trouve que c’est très intéressant parce que tu peux aborder différents arts : la peinture, la culture, la littérature qui expriment des émotions que tu peux ressentir. J’ai vraiment apprécié cette question.

Gary: Il y a eu un tel déluge de questions aujourd’hui que je ne parviens pas à m’en souvenir.

metal-eyes: C’est le genre de question qui te force à repasser la journée…

Gary: Je suis sûr que dès que tu vas partir je vais m’en souvenir ! Il y a eu de très bonnes questions aujourd’hui, celle-là en fait partie. Vos questions n’ont pas été répétitives, ce qui est une bonne chose. Parfois, on répond aux mêmes choses toute la journée, mais ce ne fut pas le cas aujourd’hui. J’ai apprécié.

Raphaël: Je reviens à la devise : « Exprime tes sentiments »

metal-eyes: Merci pour cette interview, j’espère qu’on vous verra bientôt sur scène !

Gary: Oh, oui. Le 16 décembre à Paris, au Batofar, et d’autres dates suivront. Merci à toi !

Interview: STOLEN MEMORIES

Interview STOLEN MEMORIES : rencontre avec Baptiste Brun (guitares) et Antoine Brun (batterie). Entretien mené le 02 octobre 2017 au Hard Rock Cafe Paris

 

Stolen Memories

A l’occasion de la sortie de son nouvel album, (Paradox, sorti le 27 octobre et chroniqué ici-même), Metal Eyes est allé rencontrer les frères Brun, moelle épinière du groupe lyonnais qui nous dévoilent presque tout sur la conception de ce troisième album.

metal-eyes: Stolen Memories a été formé à Lyon en 2007, vous publiez aujourd’hui Paradox, votre troisième album, ce qui fait un album trous les 3-4 ans… Ce n’est pas très rapide comme rythme si vous voulez sortir du lot. Comment vous expliquez ça ?

Baptiste: C’est vrai… On est un peu fainéants (rires) ! Non, en fait, au départ on voulait enchainer les disques mais on a eu pas mal de soucis de label entre le premier et le deuxième album, ensuite, on a eu des soucis de line-up, ce qui nous a pas mal retardés. Et au bout d’un moment, à la suite de tout ça, on a décidé de faire un petit break. On a mis le projet en stand-by, on ne savait pas si on allait réattaquer, dans 6 mois, un an, 5 ans… Ce n’était plus du tout notre priorité, et finalement, ça nous a vite manqué, et c’est reparti de plus belle. Depuis, on ne s’arrête plus !

metal-eyes: Vous êtes justement passés de 5 musiciens dans le groupe à 3. Que s’est-il passé ?

Baptiste: Dès le départ, on n’a toujours été que 3 véritablement impliqués dans le groupe : nous deux, les frangins, et Najib, le chanteur. On avait déjà joué ensemble quelques années auparavant. Entre les 2 premiers albums, on s’est séparés de notre claviériste qui avait intégré le groupe juste avant l’enregistrement. Il n’avait de toute façon pas composé, il a seulement réarrangé ces parties. Sur scène, bien qu’on ai un clavier, on utilisait déjà des samples. On s’est dit que de toute façon, on pouvait simplement jouer avec des samples. Ça ne changeait pas grand-chose pour nous, vu que c’est moi qui composais cette partie, qui les enregistrait sur album… On a décidé d’adapter ça pour la scène. Sur le dernier, on n’est que 3 parque, avant l’enregistrement, on n’avait pas trouvé de bassiste qui nous correspondait. Je me suis occupé de la basse, ensuite, on a cherché quelqu’un pour les concerts.

metal-eyes: C’était donc le côté pratique ?

Antoine: Oui, parce qu’on avait envie de l’enregistrer cet album. On ne va pas se mettre des freins sous prétexte qu’on n’est 3 au lieu de 4, au contraire !

Baptiste: On avait vraiment besoin d’un bassiste pour les concerts, pas pour l’album. Là on a retrouvé quelqu’un qui, en plus, est très bien, qu’on a intégré au groupe rapidement et qui, je l’espère va rester. On verra bien !

metal-eyes: Si vous deviez décrire votre musique pour quelqu’un qui ne vous connait pas, qu’en direz-vous ?

Antoine: Il y a quand même une base metal non négligeable. C’est, à la base, le style qui nous a réunis, en plus du prog. On a des influences assez thrash par moment – on est des gros fans de Megadeth depuis qu’n est gamins, Testament, ce genre de thrash « sophistiqué » dirons-nous – et il y a des éléments progressifs qui se sont ajoutés. Baptiste avait fait un album solo, qui était une sorte de démo pour le groupe, la base de ce qu’on allait faire. Dans l’esprit d’un groupe. Et on a appelé Najib pour ça. C’est un metal prog assez accessible. On a voulu en faire quelque chose d’efficace.

metal-eyes: Accessible, oui, tout en ayant beaucoup de couleurs musicales. Un morceaux n’est pas linéaire. Si on parle de jazz, vous êtes d’accord pour dire que ça rentre un peu dans votre musique ?

Antoine: On peut dire, oui, du free jazz…

Baptiste: Moi, je parlerai plus de fusion que de jazz. Mais oui, il y a des passages sans doute orienté un peu jazz. Ça vient de ce qu’on écoute, on a beaucoup d’influences, on écoute beaucoup de musiques différentes, d’artistes différents, et forcément ça se ressent dans les compos e t l’interprétation.

Antoine: Influences diverses et variées, il n’y a pas que du prog…

metal-eyes: Si vous deviez maintenant décrire l’évolution de Stolen Memories entre les deux derniers albums – en dehors du changement de line-up, du passage de 5 à 3 – qu’en diriez-vous ?

Antoine: Il y avait vraiment une volonté de rendre notre son plus actuel : l’ajout de cordes à la guitare pour la rendre un peu plus lourde, dans les graves, avec quelques rythmiques un peu typées djent, un courant actuellement populaire dans le metal, tout en restant sur nos bases progressives. L’album est accessible à un plus large public. Même s’il est plus prog que celui d’avant, on a essayé de faire en sorte d’avoir une partie « chanson » importante : que le chant soit l’l’élément clé du disque. Il y a de bons refrains qui restent en tête, la mélodie qui prime sur la technique, ce qui n’était pas forcément le cas avant.

metal-eyes: Je ne suis pas forcément d’accord avec le fait que les refrains restent facilement en tête : il faut écouter plusieurs fois l’album pour vraiment s’en imprégner…

Antoine: Oui, ça reste du prog, donc, forcément… Quand je dis « restent en tête », c’est pas des refrains de pop, 3 mots qui sont tournés en boucle. Je ne veux pas négliger la pop, c’est ce qui fait la force de ce style-là : le côté très facile et entêtant.

Baptiste: Malgré tout, pour du metal progressif, ça reste accessible

metal-eyes: Visuellement aussi, je note que vous avez évolué : Blind conséquences a une pochette très sombre, et celle-ci propose plus de couleur. Il y a une volonté de repartir vers la lumière ?

Baptiste: oui, et il y a une volonté d’avoir une pochette, comme l’album, plus ambitieuse, avec plus de classe… C’est pour ça qu’on a fait appel à un pro du genre.

Antoine: On a fait appel à Stan W. Decker pour le graphisme et c’est pas du tout le même style que Blind consequences

metal-eyes: ce n’est d’ailleurs pas non plus son style de dessin habituel…

Baptiste: C’est vrai, c’est d’ailleurs ce que les gens ont dit quand il a posté la pochette sur son site. Tant mieux !

Antoine: Parce qu’au final, ça veut dire que ça marche bien, il a vraiment des possibilités.

metal-eyes: Que me diriez-vous pour me convaincre d’acheter Paradox?

Baptiste: Déjà, si tu veux écouter un album avec une bonne production, actuelle, un son moderne où persiste une certaine recherché dans les arrangements, que tu aimes le metal un poil sophistiqué mais avant tout mélodique… tu peux aller l’acheter sans soucis.

Antoine:

metal-eyes: Il y a une force supplémentaire, c’est la maitrise plus que correcte de l’anglais.

Antoine: ça, tout le mérite revient Najib, du coup il n’est pas là pour en parler… (rires) Faut dire qu’il chante depuis un paquet d’années, il maitrise bien cette langue, déjà, même si écrire des textes et parler c’est différent. Je lui ai donné quelques coups de main sur un ou deux textes, mais c’est lui qui a le plus gros du mérite. Et il a un bon accent, mais après tout, on reste Français… C’est dur d’avoir du recul.

metal-eyes: Je pars du principe que si un groupe chante en anglais, c’est pour viser le marché étranger, et ce n’est pas faisable avec un accent franchouillard trop prononcé.

Antoine: Totalement, il faut faire des efforts, et il en a fait, toujours. Et il s’améliore avec le temps.

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical?

Baptiste: Oh, ça remonte… Je dirais Queen…

Antoine: Oui, Queen. En fait, notre père écoutait ça à donf’ et il nous l’a inculqué… Moi, qui suis plus jeune, ça m’a bien marqué quand j’étais petit. Peut-être plus l’album Innuendo, c’était plus la fin… Mais, oui, tout Queen.

Baptiste: Tout Queen, mais c’est vrai, peut-être un peu plus les derniers albums, qui restent plus modernes.

metal-eyes: Et quel musicien ou groupe vous a fait dire « c’est ce que je veux faire plus tard » ?

Antoine: pour la batterie, c’est Nick Menza, de Megadeth. Il m’a vraiment donné ce déclic pour la batterie. Il a apporté ce groove que Megadeth n’avait pas avant… À partir de Rust in peace, il y a eu ce truc en plus…

Baptiste: Moi, il y a plein de guitaristes, mais je dirais peut-être Eddie Van Halen. Je me suis mis à la guitare petit à petit, et c’est devenu une passion. Il y a toujours le musiciens qui te fait dire « oui, j’ai envie de m’y mettre mais j’ai envie de savoir maitriser mon instrument ». Quand j’ai entendu ses solos, j’ai pris une claque. Je ne savais même pas qu’on pouvait jouer de la guitare comme ça ! ça a bouleversé mes codes, je me suis dit tout est à refaire…

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de Paradox pour expliquer ce qu’est Stolen Memories aujourd’hui, ce serait lequel?

Baptiste: Celui qu’on a choisi pour le clip…

Antoine: le morceau Exile, c’était une évidence pour nous! On voulait faire un clip, la phase suivante de l’album. On y pensait déjà en faisant l’album, et ensuite, c’est celel qui s’est vraiment démarquée. Elle résume bien ce que l’on fait aujourd’hui, elle a aussi un bon format single.

Baptiste: Puissante, mélodique, ambiance… et efficace

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Stolen memories ?

Baptiste: Euh… « Patience et persévérance »

Antoine: Oui, restons passionnés, et patients.

Baptiste: On a les pieds sur terre, et on sait très bien qu’on ne s’en sort pas comme ça dans la musique. C’est un vieux rêve, on y croit quand même, donc on continue, à faire de la musique, essayer de proposer des albums de mieux en mieux, en étant patients parce qu’on sait qu’à chaque fois on doit évoluer, tout comme on peut exploser. Mais ça, c’est l’avenir qui le dira, le public qui choisit. Mais avant tout, on fait ça pour nous.

metal-eyes: Quelle est la meilleure question qui vous ai été posée aujourd’hui? Celle que vous avez préférée, qui vous a surpris ?

Antoine: C’est chaud…

Baptiste: Je m’en rappelle plus…

metal-eyes: C’est sympa pour ceux qui sont passés avant moi !

Baptiste: Il y en a eu un paquet..

Antoine: Il y a eu, forcément, un paquet de questions similaires, des bizarres aussi…

metal-eyes: Une bizarre, oui!

Antoine: la plus bizarre? (Au journaliste en question) : J’ai toujours pas compris donc, si tu lis ça, écris moi : on m’a dit « Si tu dois partir en mission avec 5 personnages fictifs, lequel tu choisis ? » j’ai choisi Jar-Jar Binks. Ne me demande pas pourquoi c’est sorti… Improbable. Il y avait Gollum et je sais plus qui, j’ai choisi Jar-Jar : il a l’air marrant, c’était mon critère ! (rires)

Baptiste: Et moi… Je pense que c’est « vous avez appelé l’album Paradox parce que c’est le fait qu’un groupe comme vous, passionné, qui persévère, soit encore obligé de travailler aujourd’hui ? » Et le mec a vraiment mis le doigt dessus. Ce n’est pas que pour ça, mais c’est un peu l’histoire du groupe : le paradoxe c’est qu’on adore ce qu’on fait mais on galère quand même.

metal-eyes: Qu’avez-vous prévu comme concerts pour défenre cet album ?

Baptiste: On commence avec une première date, le 24 novembre, à Décines-Charpieux, du côté de Lyon, ensuite, c’est en cours de bouclage. On attend des réponses…

Antoine: C’est la suite, on n’est pas que musiciens de studio, on veut aussi se frotter à la scène.

metal-eyes: Un dernière chose : vous avez choisi votre nom comment ? Pour que les initiales fassent « SM » ?

Antoine: Non, c’est une pure coïncidence !

Baptiste: En fait (il se racle la gorge)… C’est juste un loupé, ça. Ça n’a pas été calculé du tout et c’est pour ça qu’on ne fera jamais un logo avec le S et le M qui ressortent. C’est pas possible ! (rires)

 

 

 

Interview: DREAMCATCHER

Interview DREAMCATCHER : rencontre avec Chris (chant) et Geoffroy (guitare). Entretien mené le 26 septembre 2017 au Dr Feelgood des Halles

Tous ceux qui le connaissent le savent: Chris, le chanteur et fondateur de Dreamcatcher est un des plus gros fans d’Iron Maiden. Alors il n’est guère surprenant de le voir débarquer au Dr Feelgood vêtu d’un T-Shirt West Ham United. Ceux qui ne comprennent pas peuvent aller lire n’importe quelle bio consacrée à Steve Harris. Mais le gaillard n’est pas là pour parler de Maiden (quoique… Lancez le sur le sujet pour voir) mais pour présenter, avec son guitariste Geoffroy, son nouvel album, chroniqué ici même la semaine prochaine. Bavard, le Chris? Beuh non… Faut simplement savoir l’arrêter parfois!

Dreamcatcher

metal-eyes: Alors, tout d’abord, Chris… la remarque s’adresse à toi : Dreamcatcher a été formé en 2001,, vous avez publié un premier Ep en 2007, le premier album est sorti 5 ans plus tard, en 2012, et aujourd’hui, en 2017, arrive Blood on the snow. On ne peut pas dire que tu sois un foudre de travail…

Chris: Euh… je ne suis pas un foudre de travail… Disons qu’en fait, je suis peut-être quelqu’un qui est difficile à vivre. Depuis 2001, il y a eu beaucoup de changements de line-up, pour plusieurs raisons. D’abord, il y a un aspect économique : la scène metal, en France… au mieux, on est des semi-pro, mais la plupart, on est des amateurs. On est des artisans… C’est-à-dire qu’on a tous des boulots à côté, des vies de famille. Même si ce projet de Dreamcatcher me tient à cœur, ça fait 17 ans que ça existe, ben… Il y a plein de contingences autour, et ce n’est pas évident. C’est un groupe qui aime bien faire les choses, et on préfère, c’est facile à dire, la qualité à la quantité. On aime bien prendre notre temps et que ce soit bien fait.

metal-eyes: Toi qui est l’unique membre survivant des débuts, comment décrirais-tu l’évolution de Dreamcatcher entre Emerging from the shadows et Blood on the snow ?

Chris: La grosse différence entre les deux albums, c’est que Emerging from the shadows était déjà écrit quand il a été enregistré. Les membres qui m’ont rejoint on dû se l’approprier pour ensuite l’enregistrer.

Geoffroy: Il n’y a pas eu un travail de composition de groupe à proprement parler. Le line-up s’est recréé en 2008, et je suis le seul de cette époque. Tous les morceaux étaient déjà écrits, et, oui, il a fallu qu’on se les réapproprie avec notre style. C’est ce qui a amené à faire l’album : on avait déjà des colorations pour ces morceaux, qu’on a affinées avec nos influences personnelles. Tandis que ce nouvel album, on ne part plus avec des morceaux existants, il s’agit d’un véritable travail de composition de groupe.

Chris: On est parti d’une feuille blanche. Même si les gars avec lesquels je joue sont dans Dreamcatcher depuis un moment, ils ont mis leur style, leur patte et ont créé Dreamcatcher tel qu’il est aujourd’hui, ils n’avaient jamais écrit. Ce n’est plus la même façon de travailler… Il faut prendre en compte les influences, les avis de tout le monde et apprendre à travailler et composer avec d’autres…

Geoffroy: Sans perdre l’âme du groupe. Le son qui avait été fait doit évoluer.

metal-eyes: On est dans un monde de consensus et de compromis, donc…

Geoffroy: Exactement.

Chris: Ce qui est surtout intéressant, c’est qu’on a tous grandi ensemble. Et qu’à un moment donné on a arrêté de jouer, et on laissé de côté les batailles d’égo. Dans le groupe, il y a effectivement quelques forts tempéraments, mais on a décidé de mettre nos compétences, notre sensibilité artistique au service de la musique. Il n’est pas question de faire un solo, une ligne de chant, un cri simplement pour épater la galerie, ou pour la performance, l’idée étant, effectivement d’être dans le compromis, sans que ce soit du compromis : c’est un échange, on se nourrit des influences de l’autre pour créer quelque chose. La grosse différence, je la ressens comme ça, c’est le son que je trouve plus costaud. Globalement, l’album est sans doute plus sombre que le précédent, les textes sont plus travaillés, et l’album est plus thrash. Faire matcher les deux, ça correspondait à cet esprit progressif.

metal-eyes: Parlons justement des textes : d’où vient votre inspiration ? Es-tu le seul à les écrire ou, là aussi, c’est un travail de groupe ?

Geoffroy: Musicalement, c’est un travail collectif. Les textes c’est Chris.

metal-eyes: Alors ils viennent d’où ces textes : l’album commence et termine en parlant d’indiens, il y a du fantastique…

Chris: On s’auto inspire… C’est-à-dire que c’est la musique, les ambiances de Dreamcatcher qui peuvent parfois m’amener à écrire certains morceaux, et d’autres fois, c’est l’inverse, parce qu’ils savent les thèmes que j’aborde qu’ensemble…

Geoffroy:  Il y a des composantes musicales qui vont être en rapport, en tout cas l’image qu’on en a, avec des thèmes. Par exemple, The werewolf, on connait la thématique même si on ne sait pas ce qu’il a écrit. Donc on va commencer à composer. On a voulu ce morceau un peu progressif, c’est ce qu’il m’inspirait, et Chris a écrit tout un texte et quand on a

Chris: Ce qui m’inspire pour écrire ? C’est l’idée de raconter des histoires, comme pouvait le faire, je ne sais pas… Peut-être Iron Maiden…

metal-eyes: Tiens ? Chris qui parle d’Iron Maiden ?

Chris: Ou Phil Lynott avec Thin Lizzy, aussi… Ensuite, tu ne te refais pas, tu parles des choses qui t’intéressent, qui te passionnent… ça fait des années que je suis passionné par la culture amérindienne, d’où le nom du groupe, Dreamcatcher, et un jour je me suis regardé dans la glace et je me suis dit : « Chris, tu es un imposteur. Parce que tu appelles ton groupe Dreamcatcher, que ça fait des années qu’il existe et que tu n’as jamais eu le courage de prendre une plume et d’écrire un texte sur les amérindiens ». Et un jour, j’ai passé le cap, et le premier morceau qui est arrivé, c’est Blood on the snow, qui parle du massacre de Wounded knee.

metal-eyes: Thème qu’avait aussi abordé Satan Jokers, d’ailleurs ?

Chris: Oui, sauf qu’eux, ils parlent de Wounded Knee 73, c’est-à-dire le réveil de la conscience amérindienne qui correspond à toute cette montée du réveil de toutes les minorités : les black panthers, et autres… Wounded Knee 73 est très symbolique parce que les gens ont occupé la place où s’est déroulé le massacre de 1890. Il y a deux autres morceaux qui sont en relation avec les Amérindiens : Mother Earth, qui a une dimension plus écologique. On y dit que la terre ne nous appartient pas, qu’il faut la respecter sinon, un jour, elle nous le fera payer.

metal-eyes: Ce qu’elle est en train de faire…

Chris: C’est malheureusement un sujet d’actualité, oui. Quand on l’a écrit, il y avait aussi ce projet d’oléoduc… Et il y a aussi le morceau Dreamcatcher qui fait aussi référence à ce peuple et à la difficulté pour un Amérindien de s’adapter à la vie moderne tout en restant attaché à ses racines. S’agit-il d’un concept album ? Je ne sais pas, même avec 3 titres qui parlent des Amérindiens… Il y aussi 3 autres titres qui font référence à un autre de mes intérêts : les films fantastiques des années 50, 60, les films de la Hammer. The werewolf, Curse of the vampires et Dark is my soul. Ce morceau, Dark is my soul, est également inspiré par les choses qui m’intéressent et me passionnent, et dans ce cas, c’est la série Supernatural qui est une série avec des chasseurs de monstres, l’apocalypse, le combat entre le bien et le mal…

metal-eyes: Sur ce titre, il y a des guitares trépidantes qui m’ont particulièrement marqué. Je me suis dit « houla ! Là, il y a quelque chose ! ». Là, pas ailleurs, hein… (Rire général)

Geoffroy: Le reste est merdique… (rires) L’idée, avec cette thématiques de monstres en général, qui sortait complètement de la thématique des Amérindiens, on voulait avoir quelque chose qui soit musicalement cohérent avec l’ambiance du thème, et on a eu l’idée de faire de ces 3 morceaux un triptyque, et que la composition soit axée sur  cette notion, de passer d’un morceau à l’autre comme si c’était une seule et même pièce.

Chris: C’est pour cette raison qu’on s’accorde deux petites pauses avec deux titres qui sont moins « d’un seul bloc ». Il ne s’agit pas d’un concept album, mais toutes ces chansons ont un lien entre elles : le sang.

metal-eyes: Que pourriez vous me dire pour me convaincre de foncer acheter l’album dès sa parution ?

Geoffroy: Si tu as apprécié le premier album, tu vas adorer celui-ci. Je sais, ça fait tras cliché mais tout le travail a été beaucoup plus réfléchi, la production est meilleure, on a un ingé son qui a fait un boulot extraordinaire… On a vraiment le son qu’on espérait avoir, on n’a pas les erreurs d’un premier album… Aujourd’hui, on a un produit qui est beaucoup plus abouti, une musique qui nous parle beaucoup plus…

Chris: Et on a la prétention d’avoir quelque chose d’un peu différent : on est sur du heavy, sur du thrash, avec un chant clair, ce qui n’est pas forcément le cas d’autres groupes de ce style, et on a cette touche progressive qui est, je pense qu’on peut le dire, caractéristique du style Dreamcatcher

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical, et quel a été l’artiste ou le groupe qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire »

Geoffroy (Discrètement): Allez : 3… 2… 1…

Chris: Iron Maiden, en 1980… Je dirais même que Steve Harris est la personne qui m’a donné envie de faire de la musique, qui m’a inspiré…

metal-eyes: Attends, explique-moi : Steve Harris, bassiste, est celui qui t’a donné envie de chanter ???

Chris: Non, pas forcément (rires). Non, c’est plus sa volonté : c’est un type qui ne lâche jamais, qui maintient le cap. Avec le premier album, je me suis dit « cette musique, c’est moi, c’est mon groupe ». Il n’y avait rien autour qui aurait pu me détourner de ce style.

Geoffroy: Moi, ça a été Iron Maiden, aussi, mais le morceau Fear of the dark qui a été une grosse claque à un moment où je ne connaissais pas le metal. « C’est quoi ce son, non, ça, c’est un accident ! » UN copain m’a fait écouter ça, m’a rété l’album et j’ai trouvé ça démentiel. Du coup, j’ai foncé chez le disquaire du coin et j’ai acheté tout ce que je pouvais du groupe. Après, j’ai tellement écouté ça… Je voulais comprendre comment ces gars pouvaient obtenir un son pareil… Je suis devenu un énorme fan de Dave Murray, je suis devenu passionné de guitare grâce à ça. Je fais un peu de lutherie et je me suis fabriqué la guitare avec laquelle je joue dans Dreamcatcher, qui est une réplique de celle de Dave Murray.

metal-eyes: Maintenant, si vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Blood on the snow pour définir ce qu’est Dreamcatcher aujourd’hui, ce serait lequel ?

Chris: Je pense que ce serait Blood on the snow. Parce qu’il y a tout : l’ambiance, la référence aux amérindiens, l’aspect épique, heavy, thrash aussi, qu’on avait déjà mais qui est plus affirmé. C’est pas par hasard que l’album porte ce titre, et qu’il ouvre l’album…

Geoffroy: Je partage complètement cet avis, même si Dreamcatcher a aussi ces ambiances qu’on recherchait. En plus, en tant que guitariste, je suis forcément très mégalo, et Blood on the snow… Il n’y a pas de solo dessus… Forcément, je dois te parler d’un morceau avec un solo.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Dreamcatcher ?

Chris: (longue réfléxion…) Pfui…. Je ne m’y attendais pas à celle là !

metal-eyes: Alors là, tout d’un coup, il ne s’attendait pas à une question et il est beaucoup moins bavard, le gars… C’est un peu le but des interviews aussi… Pour vous laisser le temps d’y réfléchir, ceci : quelle a été la meilleure question qu’on vous a posée aujourd’hui, la plus surprenante, la plus marquante ?

Geoffroy: La question précédente… (rires) Sauf que je n’ai toujours pas la réponse !

Chris: C’est des clichés, mais j’ai vraiment l’impression qu’on est honnêtes dans notre démarche….

metal-eyes: Donc il n’y a pas eu de question qui se démarque ?

Chris: Qui se démarque ? Euh, non, j’essayais de répondre à l’autre question !

metal-eyes: Faut suivre !

Chris:  Un truc qui nous a interpellé et fait plaisir ? Déjà, celles des gens qui ont pris le temps d’écouter l’album et qui ont compris qu’il se passe quelque chose. Si, une que personne ne nous a posée : quelqu’un a comparé cet album à un disque de Black Sabbath. C’est quelque chose qui nous a interpelés parce que…

Geoffroy: C’est pas quelque chose qu’on aurait pensé comme ça, et ça amène à réfléchir…

metal-eyes: Allez, la devise : ce serait quoi ?

Geoffroy: On a essayé d’être vrais, d’être nous-mêmes. Alors « Soyez vrais, restez vous-mêmes ».

Chris: Quand je pense à tout ce que nous avons traversé depuis la création du groupe, de Dreamcrasher… de Dreamcatcher, pardon…

metal-eyes: Oh, le lapsus ! (rire général)

Chris: Dreamcatcher… Ma devise serait : « ce qui ne te tue pas te rend plus fort »

metal-eyes: Merci pour cette interview, et je vous souhaite bonne chance avec ce nouvel album!

 

Interview: JD SIMO

Interview SIMO : rencontre avec JD Simo (guitare et chant). Entretien mené le 25 septembre 2017 chez Gibson France

Simo

Il y a des personnes comme ça qu’on a plaisir à revoir. JD Simo en fait partie, et Metal Eyes a profité de l’occasion de la sortie du nouvel album de Simo, son groupe, et de sa présence à Paris pour faire parler le géant blond, sorte de gros nounours passionné par son art, son job, et la vie en général. Interview cool et zen…

metal-eyes: JD, pour commencer, nous devons parler de ce repère unique dans la carrière de Simo qui a eu lieu le 3 avril 2016 (il se met à rire). Ça t’évoque quoi ?

JD Simo: Je me souviens beaucoup d’excitation, parce qu’il s’agissait de notre première vraie tournée européenne. Une longue tournée de 6 semaines, je crois. La première date était à Paris, la salle était pleine, ce qui était super. Et, malheureusement, vers la fin du concert, mon genou m’a lâché et… Je ne m’étais jamais blessé avant, c’était assez chaotique.

metal-eyes: Surtout sur une petite scène…

JD Simo: Oui, et ça a vraiment été difficile de me faire sortir de là. Ensuite, il a fallu une heure pour arriver à l’hôpital. Je me souviens avoir eu très mal, avoir été blindé d’antidouleurs… J’ai l’impression que ce fut un gâchis de bons médicaments, car ça ne m’a pas vraiment soulagé ! (rires) Mais je suis sorti le lendemain, on a continué la tournée. Je n’ai pas pu marcher pendant des mois, mais…

metal-eyes: Que penses-tu de l’hospitalité des hôpitaux français ?

JD Simo: Ils se sont vraiment bien occupés de moi. Mon entrée et la sortie ont été assez rapides. Ils ont bien pris soin de moi, vraiment.

metal-eyes: Ce même jour, avant, le concert, nous avons discuté de plusieurs choses parmi lesquelles un peu de politique. A cette époque, tu avais placé quelques espoirs en un des candidats, mais depuis, le peuple américain a envoyé Donald Trump à la Maison Blanche. Quelle est ton opinion au sujet de ce qu’il s’est passé et de ce qu’il se passe actuellement ?

JD Simo: … C’est un monde de dingues dans lequel nous vivons… En ce qui concerne mon propre pays, ce fut assez choquant. C’est vraiment déchirant de voir à quel point mes concitoyens sont divisés, vraiment. Je pense qu’à la base, l’être humain recherche la même chose : la paix. SI nous pouvons aller au-delà de certaines choses, nous pourrions être en paix. Je trouve ça vraiment frustrant, humainement. Je crois vraiment que nous voulons tous la même chose. Notre intelligence – ou notre manque d’intelligence – brouille les pistes, trouble l’eau. C’est une époque frustrante. J’ai regardé vos élections, ici, en France et, ce qui s’est passé en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni… C’est sans aucun doute la période la plus difficile que j’ai vécue.

metal-eyes: Parrlons un peu de musique. Simo va bientôt publier Rise and shine, le troisième album du groupe. De ce que j’ai pu en écouter, l’ensemble reste très orienté 70’s, avec quelques touches psychédéliques, du rock. Qu’avez-vous mis dans ce disque qui arrive assez rapidement après votre dernier, Let love show the way.

JD Simo: L’an dernier, on était assez cramés par ce que nous avons vécu. On est parti environ 300 jours, et ça, c’et une expérience assez traumatisante, très difficile à décrire à moins de l’avoir vécue. Nous avons ensuite voulu développer, explorer différentes directions sans savoir ce que ça signifie. Personnellement, j’ai traversé divers problèmes personnels, que je suis parvenu à résoudre. Cela m’a également ouvert l’esprit, créativement, parce qu’il y a beaucoup de choses que je n’avais pas voulu affronter, et les affronter a affecté la manière dont je fais les choses. Il y aura toujours certaines influences dans notre musique, mais également l’introduction de choses que je n’aurais pas envisagé inclure à notre musique. Il y a du hip-hop, des sons expérimentaux… D’autres passages assez cinématographiques, liés à ma passion du cinéma. Il y a la rencontre avec les moyens modernes d’enregistrement.. Nous avons passé des mois entiers à mixer ce disque. Il y a beaucoup de détails dans cet album. Après le mix initial, nous avons tenté de retirer certaines choses afin qu’elles ne détournent pas l’attention. Il y a beaucoup d’attention apporté à chaque morceau. En fait, tout réside dans notre approche : notre album précédent a été enregistré en 2 jours. Nous avons pris 4 mois pour celui-ci. Le premier mois, nous l’avons consacré à travailler les chansons que j’avais composées. Nous avons bossé ensemble 8à 9 heures par jour. Cherché les arrangements, faire, refaire… En février, nous sommes entrés en studio où nous sommes restés un mois. On a enregistré un morceau à la fois, 5,6 ou 7 heures. Pour chaque chanson, nous installions le studio différemment parce que nous avions une idée très précise de ce que nous voulions. Nous avons beaucoup expérimenté. Certaines prises étaient très rapides, d’autres … Il y a une chanson qui a nécessité environ 30 prises, parce que nous cherchions un feeling particulier. Nous avons finalement trouvé ce que nous cherchions. Je me suis ensuite attaqué au chant, nous avons fait les overdubs titre par titre, qu’il nous faille une journée complète ou deux. Puis, on annule tout pour tout reprendre à 0 sur la chanson suivante…  

metal-eyes: L’évolution principale réside donc en ceci que vous avez travaillé beaucoup plus dur sur les chansons.

JD Simo: Et sur la composition aussi. C’est un processus épuisant.

metal-eyes: Quelle chanson de Rise and shine représente le mieux ce qu’est Simo aujourd’hui, si tu devais n’en retenir qu’une seule ?

JD Simo: Oh dieu… (il réfléchit longuement) Je crois que je retiendrais… I want love, je pense. Elle est au milieu du disque, et, oui, c’est une ballade, mais elle possède ces aspects différents : il y des parties tendres et d’autres plus directes, et ces harmonies vocales comme une partie de ping pong. C’est simplement quelque chose que nous ne pensions pas pouvoir réaliser il y a à peine un an. C’est venu d’où c’est venu, et c’est un morceau, celui-ci plus particulièrement, dont je suis vraiment fier. Tout l’album, chaque chanson a une signification particulière. Ce morceau là, je ne pensais pas pouvoir chanter de la sorte, faire ce que nous avons réalisé…

metal-eyes: Justement, en remontant dans ton histoire, quel a été ton premier choc musical ?

JD Simo: Ca peut signifier beaucoup de choses… Mon premier choc musical ? C’était Elvis Presley… Voir Elvis Presley à la télé, c’était choquant…

metal-eyes: Dans quel sens ?

JD Simo: J’avais 3 ou 4 ans, donc je n’avais pas été témoin de grand-chose, de tout ce cirque… Son aspect, la réaction des gens, le son… Je n’avais jamais rien vu de tel avant. Ca devait être à l’occasion d’un anniversaire de son décès, et la télé diffusait cette émission spéciale. C’était puissant, ça l’est encore

 metal-eyes: C’est lui qui t’a donné envie de devenir musicien ?

JD Simo: Absolument, oui, cette émission et Elvis.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Simo ?

JD Simo: … « Expérimentation »

metal-eyes: Un seul mot, simple et qui prendra tout son sens à l’écoute de votre nouvel album. Tu parlais de votre précédente tournée, épuisante. Quels sont vos projets de concerts pour défendre Rise and shine ?

JD Simo: Nous entamons la tournée européenne demain (donc le 26 septembre) à Londres, et resterons ici environ 3 semaines. Ensuite, nous rentrerons aux USA et prendrons quelques jours de repos avant d’entamer une tournée US. Ce qui nous mènera jusqu’à la fin de l’année. Ensuite, je pars en tourné seul, sans le groupe, avec un autre guitariste, avec qui nous ferons une tournée acoustique aux USA. C’est une nouvelle chose que je vais essayer, parceque j’aime le blue grass, le folk… Donc c’est une nouvelle expérience dans un environnement différent. Ensuite, Simo continuera sa tournée US avant de revenir en Europe, vers le mois de mars 2018. France, Espagne, Italie, Scandinavie…

metal-eyes: Avec des scènes plus grandes et pas d’accident cette fois

JD Simo: J’espère, oui ! (rires)

metal-eyes: Comment occupes-tu ton temps en dehors de tes activités avec Simo ?

JD Simo: Simo me prend la majeure partie de mon temps. J’aime lire, écouter de la musique, regarder des films.

metal-eyes: Quel genre de livres lis-tu ?

JD Simo: Principalement des livres d’histoire ou de nature. Je ne lis pas beaucoup de fiction, je ne sais pas pourquoi, mais je n’accroche pas. J’aime l’histoire, la seconde guerre mondiale, la guerre de sécession… Je suis fasciné par le XXème siècle, cette période de 1900 à nos jours où il s’est passé tant de choses… Mais j’aime aussi des choses un peu barrées, théorie du complot et ce genre de choses, le surnaturel, la métaphysique… Les extra terrestres et leur possible existence… UN mix de différentes choses en réalité.

metal-eyes: Quand tu viens en Europe, qui a une très riche histoire, trouves-tu le temps de visiter les villes ou des musées ?

JD Simo: Oui, parfois. J’ai fais un tri, principalement ici, à Paris. Je n’ai pas eu beaucoup de temps, mais je me suis assuré d’aller visiter le Louvres. J’ai eu un jour de repos complet et j’en ai vu… 3% seulement, comme beaucoup d’autres ! Ma femme était avec moi, ce qui était sympa. Elle nous a accompagnés sur la dernière tournée, nous avons flâné à Paris, sommes allés à Notre Dame… nous avons passé notre temps à sauter dans les transports et aller à droite et à gauche… EN général, en Europe, je tente de visiter, mais c’est difficile de s’éloigner du groupe. Certaines personnes s’en foutent, et sont simplement heureuses de retrouver leur chambre d’hôtel, ça dépend de chacun. En ce qui me concerne, j’adore visiter. Et c’est pareil aux Etats-Unis. Il y a des endroits que j’ai adoré visiter, d’autant plus s’il y a un lien avec la musique. On habite le Sud, tu sais, et il y a encore tous ces vestiges de ce qui s’est passé. La plupart des gens qui vivent dans ces endroits s’en foutent royalement… « Vous vous rendez compte que James Brown a enregistré tous ces disques dans ce bâtiment abandonné là-bas ? – Ah oui ? Vraiment ? » Laisse tomber ! (rires)

metal-eyes: Quelle a été la meilleure question qui t’ai été posée aujourd’hui ? ou la plus étonnante, surprenante ?

JD Simo: Aujourd’hui ? Par toi ?

metal-eyes: Aujourd’hui, de ce matin jusqu’à maintenant…

JD Simo: Ma préférée… Quelqu’un m’a fait remarqué plus tôt que la dernière fois que nous nous avions parlé, je faisais de nombreuses références à Dieu, de différentes manières. « Oh, mon Dieu » « Jesus »…

metal-eyes: Tu ne l’as fais qu’une fois avec moi…

JD Simo: Ben voilà… (rires) On en a plaisanté et ils m’ont fait remarquer qu’au cours de notre discussion d’aujourd’hui, je n’y avais pas fais référence. Je leur ai répondu que, depuis la dernière fois, je ne suis pas la même personne. Je suis plus… ouvert en ce qui concerne ce sujet. J’ai grandi à Chicago, au sein d’une famille italienne et catholique, je suis allé au catéchisme, j’ai fait ma première communion et tout… Maintenant, je vis dans le sud des Etats-Unis où aller à l’église le dimanche fait partie intégrante de la culture américaine, blanche ou noire. Maintenant, j’ai voyagé et vu beaucoup d’autres endroits. Et cet élément, celui de l’inconnu, qu’on peut appeler Dieu ou autrement, certains s’y réfèrent de manière très terre à terre ou scientifique, d’autres de façon mystique. D’autres voit cela comme une honte, et d’autres choisissent de ne pas croire, tout simplement. Les faits, point. Mais au final, c’est la même chose pour tout le monde, tout dépend de notre interprétation. Ça dépend de notre culture. Nous avons tous, je crois, envie de comprendre l’incompréhensible et, en vérité, on ne peut pas comprendre. J’ai apprécié cette question, et le fait de pouvoir en parler parce que ce n’est pas forcément de cette manière que j’aurais répondu à un autre moment.

metal-eyes: Merci beaucoup, JD, je te reverrais en mars, sur scène pour un concert complet.

JD Simo: Avec plaisir, super ! ça m’a fait plaisir de te revoir mon pote !

 

 

INTERVIEW: BULLRUN

Interview BULLRUN : rencontre avec Gaël (guitare), Mark (batterie) et Rémy (chant et basse). Entretien effectué le 22septembre 2017 au Hard Rock Cafe Paris

 

Bullrun

metal-eyes: Commençons par la question traditionnelle : racontez-nous brièvement l’histoire de Bullrun…

Rémy: L’histoire de Bullrun commence en 2011. Mark et moi sortions d’une autre formation, on rencontre Gaël, et on savait qu’on allait partir sur la base d’un trio. Dès 2011, on passe une année à composer, essayer de trouver notre style avant de monter sur scène.

metal-eyes: Dans votre bio, il est précisé que vous avez commencé à sévir à Orléans. Pourquoi Orléans ?

Mark: On est issu du 77, et tout ce qui se passe en matière de musique a lieu au dessus de Melun. Et on est quasiment à la même distance d’Orléans et de Melun. On a eu, d’abord, plus d’accroches, naturellement, sur Orléans. On a commencé par faire les scènes de la rue de Bourgogne, on a fait l’Infrared qui n’existe plus aujourd’hui…

metal-eyes: Qui a été remplacé par le Blue Devil’s

Mark: Exactement. Et c’est là qu’on s’est naturellement mêlé à la scène locale alors qu’on avait moins d’accroche dans le 77. Ce qui est moins le cas maintenant puisqu’on cherche plus de date sur Paris et dans le 77. Mais à l’époque, c’est à Orléans que ça s’est fait naturellement.

metal-eyes: Vous avez publié un premier album en 2014. Que s’est-il passé pendant les 3 années qui séparent ce premier disque de Dark amber (Chroniqué ici)?

Rémy: En 2014, c’était un album éponyme qu’on a fait parce qu’on cherchait surtout à avoir quelque chose à donner à la fin des concerts. C’était plus un moyen de promotion qu’on a tiré qu’à quelques exemplaires. Aujourd’hui, ça ne reflète plus ce que l’on fait, et c’est pour ça qu’on ne le propose plus. 9a nous a aussi servi à nous trouver, musicalement parlant, voir nos compos de l’extérieur. A partir de ça, un an après, on a commencé à recomposer des titres, vers 2016, et on s’est attaqué au chantier Dark Amber, pour lequel on avait 14 titres en maquette. De ces 14 pré-maquettes, on a rencontré Simérys et Jelly, et on a épuré, épuré, on s’est mis à choisir la crème de la crème qu’on a mis sur Dark amber en studio dernière.

metal-eyes: Alors comment définiriez-vous l’évolution de Bullrun entre ces deux disques ?Mark: Un plus gros travail sur les compositions, sur le son, grâce aussi à Simérys et Jelly. Je pense que nos compos sont plus homogènes, plus brutales, plus efficaces… Plus droit au but que ce qu’on faisait quelques années auparavant.

Gaël: Avant on se cherchait. Maintenant, on se connait mieux, en termes d’influences, qui vont un peu dans tous les sens… Moi, je suis très metal, Rémy aussi, très années 80, Mark avec Scorpions, machin… On arrive à s’entendre et à créer une sorte de gloubiboulga et assembler tout ça. Moi qui écoute du death, le mariage peut-être un peu compliqué au début…

Mark: L’alchimie est bien meilleure maintenant et ça se ressent sur Dark amber, parce qu’on se connait.

metal-eyes: Vous avez choisi, pour Dark amber le format Ep. Pour quelle raison ? Je précise tout de suite que j’ai déjà entendu des groupes dire « ça nous permet d’enregister plus souvent et donc de proposer plus souvent quelque chose, d’être médiatiquement présent ». Finalement, on se rend compte que ce n’est pas souvent le cas…Gaël: Avant tout, le support CD est un outil promotionnel. Bullrun , avant Dark amber, n’existait pas vraiment – on travaillait à côté. Comme l’a fit Mark, on a préféré épurer pour privilégier la qualité à la quantité. Quand on écoutait les 14 titres, il y en avait 6 qui ressortaient plus. On s’est demandé s’il ne serait pas judicieux de les embellir plus que les autres et les mettre en avant. Ne serait-ce que pour commencer à avoir un nom et savoir si ça plait. D’ailleurs, les 8 autres sont passés à la benne, parce qu’on veut passer à autre chose.

metal-eyes: Quand je l’ai écouté, j’ai ressenti beaucoup d’influences de grands noms du metal : Metallica, Motörhead parmi d’autres. Qu’avez-vous mis dans ce disque ?

Rémy: Il y a peut être un peu de Offspring sur les passages un peu plus chantants, pas mal d’influence des années 80, comme Maiden, par exemple, avec beaucoup de mélodie et d’harmonie. Burn a quelque chose de très Maiden, un côté épique.

Gaël: Il y a un peu de Volbeat, aussi, si tu connais. On aime beaucoup les influences qui viennent de l’ancien rock’n’roll, comme Elvis Presley, Jerry Lee Lewis et notre préféré, Johnny Cash.

Mark: Volbeat nous a surtout influencés par la démarche : amener une musique qui date un peu, avec un son vraiment actuel. On pense se reconnaitre dans cette démarche, en incluant des sons divers, les premiers Metallica, surtout, du Motörhead avec le son actuel, avec la batterie presque metal…

metal-eyes: Scéniquement, Bullrun ça donne quoi ?

Mark: Ca donne qu’on est 3 et qu’il faut qu’on paraissent 5…

Gaël: Disons que certaines scènes sont grandes, et qu’on de la place pour bouger, c’est chouette. On veut que ce soit punchy, un peu poing dans la gueule du public. Pour que ce soit punchy, il faut que ce soit actif, il faut beaucoup bouger et aller vers le public.

Rémy: Et aller vers le public, ne pas se concentrer sur sa setlist, même si extrêmement important et qu’on fait tout pour. Mais on est surtout là pour jouer pour les gens. On est juste là pour eux. Dickinson disait un truc qui est très vrai « moi, je joue pour le mec qui est au fond de la salle, celui qui m’apperçoit en tout petit ». C’est ce qu’on essaie de faire en concert.

metal-eyes: C’est bien dans les petites salles alors…

Rémy: Oui (rire général)

Gaël: Les petites salles, il y a le côté chaleureux, justement.

metal-eyes: Que me diriez vous, tous les trois, pour me convaincre de filer acheter votre disque dès la fin de cette interview ?

Gaël (sur un ton langoureux) : Une expérience inoubliable…

Mark: Viens juste nous voir en concert une fois, je pense que tu fonceras…

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical ?

Gaël: Master of puppets, Metallica. J’avais 13 ans

Mark: Blackout, de Scorpions…

Rémy: Surement l’album live, S&M de Metallica, aussi…

metal-eyes: Donc, en dehors de toi, Rémy, que des albums d’avant votre naissance….

Mark: Oui, c’est souvent les albums de nos parents qu’on écoutait à l’époque

metal-eyes: Donc la musique faisait partie de votre environnement familial ?

Gaël: Moi, non… J’ai découvert la musique avec le côté un peu plus mainstream, MTV, Marilyn Manson et ces trucs là. A l’époque il n’y avait pas encore internet. A l’époque, je trouvais ça cool à écouter, donc j’en écoutais beaucoup. Et un jour mon père me dit « tu connais ça ? » en me sortant un album de Black Sabbath, Paranoid, que j’ai suriné jusqu’à la mort. Il a ensuite continué à m’apporter des albums qu’il écoutait plus jeune, Sepultura et Master of puppets. Et c’est quand j’ai entendu l’intro de Battery que j’ai vraiment craqué…  Je ne sais pas comment l’expliquer, mais c’est ce qui m’a vraiment donné envie de faire de la guitare…

Mark: Mon père jouait de la guitare, mais il ne m’a pas initié à l’instrument. Il m’a laissé faire, pensant que si je voulais tester, j’irai. Pendant 6 mois, je lui ai répété que je voulais une batterie et un jour il m’a dit « OK, ça fait 6 mois que tu me serines avec ça » et il a craqué. Le déclencheur, c’était ce best of qu’il m’a enregistré sur cassette, Scorpions. La cassette était défoncée au milieu, mais j’écoutais Blackout tous les soirs. Ça rentre en toi…

Rémy: C’est à peu près pareil : il n’y a pas de musiciens dans la famille, mais beaucoup de musique, tout le temps.

Gaël: Et puis tu écoutes les mecs jouer, tu as 13 ans, tu ne vois même pas leurs têtes, tu les imagines, juste… T’as envie de faire pareil ! Quand on a eu internet, même si on avait deux images par minute, on pouvait enfin mettre un visage sur les musiciens que j’écoutais, et j’ai su pourquoi je voulais faire de la musique.

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de Dark amber pour définir ce qu’est Bullrun aujourd’hui, ce serait lequel et pourquoi ?

Mark: Moi, ce serait Dark amber, beaucoup à cause du refrain qui est très chantant et les chœurs qui inspirent le concert, qui crée l’ambiance. Si les gens devaient n’écouter qu’un titre, j’aimerai qu’ils se fassent une idée avec Dark amber

Rémy: Je dirais Dark amber, aussi. C’est un bon échantillon…

metal-eyes: Vous êtes frangins tous les deux ? C’est pas possible ! (rire général)

Gaël: J’ai rien à voir avec ces mecs là…

Rémy: C’est un bon échantillon qui définit bien l’album.

Gaël: Je vais être le mouton noir du groupe

Mark: C’est bien, c’est ton rôle !

Gaël : T’as vu ma gueule de toute façon ? J’ai beaucoup d’affection pour Burn, qui me rappelle beaucoup les années 70, avec des inspirations à la Kiss, sur God of thunder. Mais c’est vrai que si je devais représenter typiquement l’album, je choisirais, pour le coup, aussi Dark amber parce qu’elle typiquement ce qu’on veut représenter : elle est rapide, efficace et sans compromis.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Bullrun ?

Gaël: Euh… Toujours plus.

Rémy: Old school avec un gros son.

Mark: Brut épuré sans compromis.

metal-eyes: Pour terminer : quelle est la meilleure question qu’on vous ait posée aujourd’hui ? Ou la plus surprenante…

Mark: La thématique des paroles ?

Rémy: Oui, la thématique des paroles, c’était assez intéressant. Il y avait aussi où on se voit dans quelques années, et « qu’est-ce qu’il y aura sur prochain Ep », et c’est vrai que c’est intéressant parce qu’on fait la promo de celui-ci mais on est déjà en train d’écrire le prochain…

metal-eyes: Et ça prend du temps…

Gaël: Surtout quand on écrit 14 titres pour n’en garder que 6… Epurer, comme disait Mark. La question la plus intéressante ? Pour l’instant, le panel a été assez riche, j’ai été assez surpris. Mais c’est toujours difficile de retenir une chanson plus qu’une autre, en tout cas, pour ma part.

Rémy: La thématique, j’aime bien, parce que tu peux toujours y voir plein de sens en fonction de la personne qui pose la question ou qui a lu les paroles. C’est toujours intéressant à évoquer.

 

Interview: KLOGR

Interview KLOGR : rencontre avec Rusty. Entretien effectué le 20 septembre 2017 au Hard Rock Cafe de Paris

 

Klogr

metal-eyes: A l’origine, Klogr était présenté comme un groupe de neo metal. Cependant, l’écoute de Keystone me fait plus penser à du prog. Quel est ton point de vue?

Rusty: C’est très difficile de définir la musique que tu joues… C’est comme si quelqu’un devait dire si tu es un bel homme ou pas. J’aime la musique du grunge au prog, du metal au classic rock. Je pense que toutes ces influences se retrouvent dans notre musique. Peut-être y a-t-il des aspects plus progressifs, d’autre plus alternatifs. Le terme de neo metal n’est sans doute pas assez… large. Si, par “neo metal” tu entends Korn, Limp Bizkit et ce genre de groupes, alors, oui, mais je n’entends pas plus de neo metal que ça dans notre musique.

metal-eyes: Alors comment décrirais-tu l’évolution de votre musique entre les deux derniers albums?

Rusty: Nous avons grandi! Parce que nous avons changé de line-up il y a trois ans. Pietro, notre guitariste, nous a rejoints et tout notre équilibre s’en est trouvé modifié. J’ai, enfin, trouvé un vrai partenaire, nous partageons beaucoup. Avant, je voulais partager certaines choses avec les autres, mais, parfois, il n’y avait pas de réelle connexion. Il y avait un guide, moi, et les autres membres suivaient mes idées. Dans le cas présent, Pietro et moi nous battons pour une idée. Nous avons deux caractères forts et nous voulons créer une troisième idée qui est un mélange de nos idées.

metal-eyes: Une combinaison de visions, donc.

Rusty: Oui, et c’est ce que j’aime. La musique est un partage, de la création à la scène. Aujourd’hui, j’ai un vrai partenaire.

metal-eyes: Que me dirais-tu afin de me convaincre de filer acheter Keystone en sortant d’ici?

Rusty (avec un sourire): C’est le meilleur album de 2017… (rires) Non, je pense que c’est un disque que tu dois écouter de bout en bout. Ce n’est pas juste un disque avec 5 singles et 5 morceaux de remplissage. Nous avons cherché à mettre toute notre vision dans ce disque. A chaque fois que je réécoute un titre, je peux ressentir de nouveau ce qu’il se passait en studio… Pendant l’enregistrement et l’écriture du disque. Et quand je les interprète sur scène, je ressens également tout. Je crois que c’est un disque dans lequel il faut se plonger pour ressentir cela.

metal-eyes: Vous n’avez pas beaucoup tourné en France. Quels sont vos plans de tournée pour soutenir ce CD?

Rusty: Laisse-moi de raconter une histoire : un de nos premiers managers était Français. Il s’appelle Marc Fazio…

metal-eyes: Je crois que tu vas le voir dans quelques instants… Il gère United Rock Nations aujourd’hui.

Rusty: Oui, c’est Marc ! Nous avons fait deux petites tournées dans des clubs en France. Le plus gros show que nous ayons donné en France a eu lieu il y a 3 ans à Paris, avec Prong. Nous avons donné 23 concerts en Europe avec eux. Maintenant, nous serons en tournée en novembre avec The Rasmus, avec qui il y aura 10 concerts en Europe, dont 1 à Paris, le 18 novembre.

metal-eyes: Klogr est un groupe italien. Comment vous situez-vous sur la scène italienne et quels autres groupes me conseillerais-tu d’écouter ?

Rusty: Sans aucun doute, le groupe italien le plus connu : Lacuna Coil, dont la réputation est internationale. Je connais beaucoup d’autres groupes en Italie, mais c’est difficile de parler de la « scène italienne ». Nous sommes assez individualistes, chacun fait son boulot… Guizmet est un de ceux que je préfère, un petit groupe avec deux albums – je ne sais pas s’ils les ont sortis en Europe – mais je les aime, musicalement et humainement. Extrema, un groupe extrême qui joue un peu partout en Europe… Il y en a beaucoup, et c’est difficile de choisir. Je ne connais pas beaucoup de groupes italiens qui cherchent à sortir d’Italie.

metal-eyes: Comment occupes-tu ton temps entre deux albums ou tournées ?

Rusty: J’ai de la chance, parce que j’ai mon propre studio, Zeta Factory. Il y a un studio, une salle de répétition, une école de musique, et je vis juste au dessus. C’est très facile pour moi.

metal-eyes: Donc, la musique est ta vie. Quel a été ton premier choc musical ?

Rusty: 1991, les Monsters of Rock avec Metallica et AC/DC. J’y étais, j’avais 14 ans et à ce moment je me suis dit « voilà ce que je veux faire de ma vie ! » C’est Metallica surtout, car je n’ai pas vu tout le show d’AC/DC. J’étais avec mon frère qui avait un rendez-vous avec une nana, donc il m’a dit « on y va… Tu auras tout le temps d’écouter AC/DC plus tard ! »

metal-eyes: Si tu devais ne retenir qu’un titre de Keystone pour définir ce qu’est Klogr aujourd’hui, lequel serait-ce ?

Rusty:  Ce n’est sans doute pas la chanson la plus facile d’accès, mais je pense à Pride before the fall, qui est la connexion entre l’ancienne vision de notre musique et l’actuelle. Ce n’est pas une chanson catchy, il y a plusieurs ambiances, et les paroles sont, pour moi, la description parfaite de ce que nous voulons offrir au public avec ce disque. Nous ne vivons pas une période facile, la planète est en danger, et ça n’a rien d’une blague. Ça se passe maintenant, alors levez-vous et agissez, maintenant. J’ai vraiment peur de ce que nous réserve l’avenir…

metal-eyes: Quel serait la devise du groupe, selon toi ?

Rusty: (il réfléchit longuement) Euh… question suivante ? C’est difficile… Je ne sais pas…

metal-eyes: On y reviendra alors. Je pense que tu vas apprécier la suivante qui sera la dernière : quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui ? Ou la plus surprenante.

Rusty: (il réfléchit encore) Je ne sais pas ! La plus étrange ? « Pourquoi as-tu choisi Keystone comme titre de l’album ? » Hey ! C’est clairement décrit dans le livret ! Parfois tu rencontres des gens qui ont simplement jeté un œil à l’album, et qui doivent faire cette interview parce qu’elle a été planifiée… Mais ils ne cherchent pas à comprendre pourquoi nous sommes là, ce que nous voulons partager avec autrui. C’est comme si j’allais au ciné sans savoir quel type de film je vais voir !

metal-eyes: Justement, quel genre de cinéma aimes-tu ?

Rusty: Je suis un peu divisé… J’aime beaucoup l’heroic fantasy et j’aime aussi beaucoup, vraiment, les documentaires, quand la réalité rejoint la scène et l’écran. J’aime aussi les films d’action, mais c’est souvent un cirque identique. J’aime sortir de la vraie vie.

metal-eyes: Tu lis, aussi ? Et si oui, que lis-tu en ce moment ?

Rusty: Oui, je lis. Je viens de terminer. C’est une sorte de biographie de Paul Watson qui est le capitaine de Sea Shepard. C’est très réaliste : il explique nombre d’actions menées par son organisation. Tu as l’impression de voir un film d’espionnage, mais c’est la réalité. Ce n’est pas 007, c’est la réalité. Je le sais parce que je connais beaucoup de membres de son équipage et j’ai vu des photos de ces actions. C’est simplement extraordinaire !

metal-eyes: Ce qui signifie que tu te préoccupes vraiment de l’avenir de notre planète et que tu en es très proche.

Rusty: Absolument !

metal-eyes: Revenons à ma question de tout à l’heure, tu as dû avoir le temps d’y réfléchir : quelle pourrait être la devise de Klogr ?

Rusty: La devise… la raison pour laquelle on fait ça… Bon : ce n’est pas une « mission », ce serait trop. Il me faut plus de mots pour l’expliquer : pour moi, peut-être pas pour les autres membres du groupe, la musique est une promesse. J’ai fait cette promesse il y a 20 quand j’ai perdu mon frère, je lui ai promis que je serais un bon musicien, pas célèbre, simplement bon. Je veux faire mon boulot aussi bien que possible et je veux partager un message avec les gens : faire quelque chose aussi bien que l’on peut.

metal-eyes: La devise serait donc « la musique est une promesse »

Rusty:  Oui, ou si tu préfères : « la musique est MA promesse »

metal-eyes: Merci beaucoup, profite de ton séjour à Paris même si je sais que tu ne pourras pas voir grand-chose…

Rusty: Tu sais, j’ai passé du temps à Paris il y a quelques années… J’adore conduire la nuit, sans trafic. Je loue une voiture et je peux aller de la Tour Eiffel au Louvres en 10’ à peine. J’adore cette ville. Bon, les embouteillages des grandes villes ce n’est pas mon truc, mais la nuit, c’est sympa. Merci à toi, et viens nous voir le 18 novembre !

 

FESTIVAL INTERCEPTOR : Rencontre avec l’orga

Pour la première fois, la ville de Bordeaux va accueillir le nouveau festival Interceptor. Du 6 au 8 octobre, ce sont donc trois jours de rage et de fureur qu’on nous promet. Avec une affiche globalement orientée metal extreme – mais pas que – le festival se déroulera en deux lieux distincts: le Rockschool Barbey, incontournable salle d’une capacité de 700 personnes et, à quelques pas, le Void, qui peut accueillir 200 spectateurs. un peu de marche et d’air frais dont nous avons voulu nous entretenir avec les organisateurs. Nous avons donc rencontré Matt, maître du Rockschool Barbey et de sa programmation.

Vous l’aurez remarqué, l’Interceptor se commence un jeudi. Pourquoi ce choix? « On avait plusieurs solutions. Mais on a pensé qu’en faisant ce festival vendre à dimanche, le public pourrait avoir une barre pour reprendre le boulot le lundi. En commençant le jeudi, ceux qui viennent peuvent prendre deux ou trois jours de congés et reprendre le travail tranquillement le lundi ». Sur que vu sous cet angle, c’est plus jouable, surtout à cette période.  D’autant plus si l’on pense à l’hébergement ddes efstivaliers non locaux. « On a envisagé de demander à faire un camping en centre ville, mais ce n’est pas jouable. Alors on a recensé les différents hôtels, auberge de jeunesse… » D’accord, mais c’est situé où par rapport aux salles? « L’auberge de jeunesse – d’une capacité de plus de 150 lits – est juste à côté, on n’a qu’à ouvrir la porte et on est au Rockschool Barbey »

Un festival, cependant, c’est une affiche. Et l’on peut se demander – je ne me gêne pas pour poser la question à Matt – si, entre le nom retenu pour cette petite fête et le visuels qui évoquent Mad Max, on peut s’attendre à une déco post apocalyptique… « on n’a rien prévu pour cette année, mais les groupes qui viennent sont déjà dans cette mouvance ». Alors, justement, comment on réuni une telle affiche, principalement orientée metal extrême mais à laquelle sont associés des formations plus « soft », comme Swans ou Angel Witch? « On a commencé par contacter des groupes et d’autres nous ont demandé directement quand ils ont entendu parler de ce festival ». Cette affiche extrême rappelle quelque peu les premiers pas du Fury Fest, ancêtre du Hellfest. Interce^ptor a-t-il pour ambition de grandir comme le festival clissonnais? « Non, pour le moiment on va voir ce que ça donne, mais il y a de la place pour tout le monde. Et ce n’est pas parce qu’un festival a une marque plus extrême qu’on ne peux pas se lancer sur ce créneau ».

OK, mais une inquiétude me taraude. Rien qu’en  2017, on a vu le PMFF – réussite artistique mais catastrophe financière – un Fall Of Summer pas complet et un Ragnarock qui fait scandale. Matt n’a pas peur d’y laisser des plumes? « En fait, non, car ce festival s’inscrit dans la programmation générale du Rockschool Barbey. Si on se plante cette année, il y a le reste de la programmation pour équilibrer, même si on ne peut être sûrs de rien ».

Quand on organise un festival, il y a forcément des groupes qu’on tient absolument à voir. Quel groupe Matt est-il vraiment heureux d’avoir à l’affiche? Si on ne l’arrête pas, il les cite tous… Alors, je reformule: quel groupe ne ratera-t-il sous aucun prétexte? « Je me suis arrangé pour que tout ce qui doit être fait le soit comme il faut. Je vais tout éteindre, le portable, le talkie et me poser devant la scène et en profiter »

Vous aussi, non? Avec des pass 3 jours à 60 €, pourquoi hésiter?

Tous les renseignements sont dispos sur www.interceptorfest.com

INTERVIEW: SMASH HIT COMBO

Entretien SMASH HIT COMBO. Rencontre avec Brice (batterie) Propos recueillis à Paris le 10 juillet 2017

Metal-Eyes : Brice, c’est notre première rencontre, je découvre Smash Hit Combo avec ce disque ; Ce que je sais du groupe c’est vous êtes Alsacien, que le groupe s’est formé en 2004, et vous sortez votre 4ème album.

Brice : Jusque-là, tout va bien !

Metal-Eyes : OK. Alors, quels ont été les moments marquants de la carrière du groupe ?

Brice : on va commencer par raconteur que la création du groupe, c’est un peu un accident. On a commencé en 2004, mais Smash Hit Combo, tel qu’il est aujourd’hui, a commencé en 2007. Au début, on faisait du hardcore, death core, rien de vraiment très original…  Il n’y avait pas de rap. On partageait notre local avec Paul, notre chanteur, qui rappait à côté. De temps en temps, il passait nous voir et il posait son chant rap sur notre metal. Un jour ion lui a proposé de faire une chanson avec nous, en mélangeant son rap avec notre death core. On a fait une chanson, on l’a enregistrée et nos potes nous ont dit que c’était notre meilleur titre. On s’est rendu compte qu’on avait quelque chose de plus original à faire… À l’époque, c’était un genre un peu oublié, le neo metal… On s’est lancés dans l’aventure, on a un peu affiné le style au fil des ans pour devenir un peu plus proche du djent, neo metal.

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses, des événements qui vous ont marqués plus particulièrement ?

Brice : A partir du premier album, on a commencé à sortir des clips, à diffuser des vidéos. On habite un tout petit bled au fond de l’Alsace et, à l’époque, on demandait beaucoup d’aide aux labels, etc. Quand tu es un jeune groupe, tu essaies toujours de faire ce qu’on te dit, « va trouver un label, va trouver un booker, va trouver des gens qui vont bosser pour toi… »  et on s’est rendu compte que, la plupart du temps, si tu fais les choses toi-même, tu t’en sors aussi bien. On a commencé à bosser sur une com’ video, on a utilisé les réseaux sociaux, on a eu beaucoup de vues sur YouTube grâce à ça, et on a été contactés par des pays étrangers. Pour nous, c’était assez fou, en tant que Français, qu’on nous propose d’aller tourner dans des pays comme la Russie, le Canada. Au départ, pour nous, Smash Hit Combo n’était pas destiné à faire ce genre de carrière. Mais à partir de ce moment-là, on a commencé à se structurer, à vraiment bosser pour faire les choses bien. Donc, je dirais que c’est ça, les premiers voyages à l’étranger qui nous ont ouvert l’esprit.

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical ?

Brice : oh, j’en ai eu beaucoup… Le premier groupe qui m’a vraiment… Je pense que c’est quand j’ai écouté Eyeless de Slipknot. J’ai mon pote qui passait chez moi et qui m’a dit « tiens, il faut que je te fasse écouter ça ! » Je lui ai dit, après, « mec, ce CD… tu repars pas avec tant que je l’ai pas gravé ! » (rires). Je pense que c’est Slipknot, mon plus gros choc musical.

Metal-Eyes : Et l’artiste, le groupe ou l’album qui t’a fait dire “c’est ce que j’ai envie de faire”, c’est quoi?

Brice : Pff… C’est difficile… C’est venu progressivement, je ne peux pas dire que j’ai eu un déclic… Mudvayne a été super important. Le premier album de Mudvayne, ou le premier album de Limp Bizkit, aussi qui est vraiment le style qui m’a fait comprendre que le rap et le metal peuvent se marier. Rage Against The Machine, aussi, tous ces groupes qui ont osé mélanger des choses…

Metal-Eyes : Tu me parlais de vos premiers voyages en Russie, au Canada, et depuis vos débuts, vous avez aussi tourné avec de grosses pointures. On pense à Gojira, à Black Bomb A, vous avez été produits par Stéphane Buriez… Comment ça s’est fait, tout ça ? Travailler avec Bubu ?

Brice : En fait, on avait des amis qui faisaient partie d’un groupe, X-Vision, qui avaient travaillé avec Buriez. On avait écouté le disque, et on avait été scotchés par la prod. C’est à l’époque où commençait à se dire que si on voulait avancer, il fallait qu’on bosse avec des pros. À l’époque, et aujourd’hui encore, pour nous, Buriez était un des plus grand producteurs, il a produit de super groupes. On s’était dit on va tenter le tout pour le tout, mettre de l’argent de côté, et au lieu de faire notre truc dans notre coin, on va bosser avec des gens qui connaissent le boulot.

Metal-Eyes : Et ça a répondu à vos attentes ?

Brice : Carrément, oui ! Il nous a cadrés… Quand tu es jeune, t’es un peu fou fou, tu veux mettre ça et ça, et lui nous disait d’enlever ça, « mettez plus de ça, soyez plus concis, plus simpels… » Donc oui, il y a un vrai travail de prod qui a été fait.

Metal-Eyes : Et Gojira, comment vous avez été amenés à ouvrir pour eux ?

Brice : Gojira ? C’était déjà très impressionnant… Tu joues avec Gojira, quoi ! Et forcément, quand tu es jeune musicien, ça te met la pression, c’est pas comme si tu jouais au bar du coin, tu peux pas faire les mêmes conneries, tu sais que la salle va être remplie, de connaisseurs, de musiciens… Ce sont des dates qui sont importantes. Je me souviens, quand Gojira a commencé, j’ai pris une petite chaise, je me suis mis derrière Mario et j’ai passé mon concert à… J’ai pas bougé ! J’ai eu mon petit concert de Gojira perso, mon petit concert de Mario pour moi, en tant que batteur… Super ! On a pu les rencontrer, discuter avec eux – ce sont des gens adorables. Une super expérience, évidemment !

Metal-Eyes : Comment vous avez été retenus ?

Brice : Tout simplement, en fait : ils jouaient près de chez nous et on a demandé à la prog si on pouvait jouer avec eux, et ils ont accepté, tout simplement. Coup de bol, on y est allés au culot, c’est tout !

Metal-Eyes : Une des spécialités de Smash Hit Combo est que vous êtes tous passionnés de jeux vidéo, dont vous parlez beaucoup, et pas forcément des meilleurs aspects. Les titres des trois premiers albums font clairement référence à cet univers. Mais quelle est la signification de L33T ? On doit vous le demander souvent…

Brice : Oui, souvent… En fait, ça peut se dire « Leet », aussi. Ça vient de « leet speak », qui est un langage des années 90 qu’utilisaient les informaticiens pour communiquer entre eux. En fait, ils remplaçaient toutes lettres par des chiffres, ce qui rendait les messages plus difficiles à lire. C’est une espèce de code de hackers. Ce que l’on voulait dire ? On utilise des références de jeux vidéo, de mangas, et beaucoup de gens nous disent que, la première fois qu’on écoute nos disques, si on ne connait pas toutes les références, si on n’a pas joué à tel jeu, on ne comprend pas toujours les textes. C’est une manière de dire que c’est une musique un peu « pour l’élite », ceux qui comprennent cet univers…

Metal-Eyes : pour les geeks

Brice : Oui, voilà, pour les geeks.

Metal-Eyes : Tiens, on va reprendre le morceau de Trust: “les geeks sont entrés sans prévenir”…

Brice (Rires): Voilà! C’est une façon de s’adresser aux gens qui sont comme nous, de cet univers, et aussi une dédicace aux années 90, qui sont des années importantes.

Metal-Eyes : Tu vas me dire que je suis un peu con, mais ça vient aussi des années 90 : l’illustration évoque la 3D, alors j’ai mis une paire de lunettes 3D mais ça reste plat…

Brice (rires) : non, c’est juste des effets qu’on a rajouté pour donner un effet 3D.

Metal-Eyes : Et il y en a d’autres qui ont essayé ?

Brice : Euh, non, tu es le premier!

Metal-Eyes : La prochaine fois, il faudra ajouter les lunettes, alors…

Brice : mais tu sais quoi? C’est carrément une bonne idée, je n’y avais pas pensé… ça ne doit pas couter beaucoup plus cher en plus…

Metal-Eyes : Il s’agit d’un double album, ou plutôt d’un album simple, mais en version anglaise et en version française. Le message il est clair : il y a une approche du marché international. Votre objectif, c’est quoi ?

Brice : Oui… et non. On avait pour projet de faire un album en anglais depuis longtemps, mais le problème est que notre rappeur, Paul, est français français. Quand tu veux rapper en anglais alors que tu es Français, c’est très compliqué. Déjà, il y a le problème de l’accent – tu me diras, ça se travaille – mais après il faut avoir le vocabulaire, le flow… L’anglais a une musicalité qui est différente dans le rap, elle est beaucoup plus chantée. On a essayé de faire de l’anglais avec Paul, mais on s’est très vite rendu compte que ça n’allait pas fonctionner, si on voulait avoir un rendu crédible. Ça ne nous a pas plu. On a laissé tomber le projet, et on fait un featuring avec None Like Joshua sur l’album précédent, qui est un rappeur d’Atlanta. On s’est rendu compte qu’il avait les mêmes affinités que nous : c’est un geek, il fait beaucoup de vidéos sur internet et ne parle quasiment que de jeux vidéo, et c’est naturellement qu’on a commencé à bosser ensemble et le projet de l’album anglais est re-né de ses cendres. À partir de là, on s’est dit « pourquoi pas faire deux choses différentes, plutôt qu’une au rabais avec uniquement Paul au chant ? Nous, on l’a repéré, Josh, parce que c’est quelqu’un qui est capable de faire du rap sur du Meshugah, par exemple… Il est batteur, il adore le metal et il utilise le rap de manière assez spéciale, avec des structures complexes… Il est très musicien

Metal-Eyes : Alors, justement : comment décrirais tu la musique de Smash Hit Combo pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Brice : pour nous, c’est du rap metal, du neo metal… On pourrait dire que c’est du rap metal 2.0, c’est-à-dire que c’est du neo boosté aux hormones. Une mise à jour de ce que pourrait être le rap metal aujourd’hui. Il y a beaucoup de gens qui, après avoir écouté l’album, nous ont dit que c’est du Linkin Park 2.0, ce que Linkin Park aurait pu faire si… On va pas en discuter… Mais beaucoup de gens nous ont dit qu’ils auraient aimé que cet album soit le prochain Linkin Park au lieu de ce qu’ils ont sorti…

Metal-Eyes :Ben c’est dommage, c’est le votre ! pour moi, et je ne suis pas spécialiste de ce genre de metal,  mais il est violent, épyleptique, syncopé. J’entends des influences Rage Against The Machine et des rythmiques à la Five Finger Death Punch (il approuve). Vous avez mis quoi d’autre dans cet album ?

Brice : Comme références musicales ? Il y a un peu de Meshuggah, mine de rien, saupoudré avec finesse de prog djent, évidemment du Limp Bizkit… Du Slipknot, aussi ! Animal As Leaders aussi, si tu connais…

Metal-Eyes : Le nom me dit quelque chose… Le trio, sans basse, qui est passé cette année au Hellfest !

Brice : Exactement ! Je ne sais pas s’ils y étaient mais c’est incroyable ce qu’ils font.

Metal-Eyes : Si vous aviez une devise, ce serait quoi ?

Brice : … (il rit) : “Jamais j’admets d’être game over” ! On dit ça dans le texte… Et c’est un peu notre leit motiv, ne jamais laisser partir notre âme d’enfant. Tous nos textes parlent un peu de ça, ne pas laisser tomber. On reste de grands enfants ; Alors, c’est sûr, on ne joue plus 15 heures par jour à la console, mais je pense qu’il faut garder l’espèce d’émerveillement de la jeunesse, l’innocence et la bêtise de la jeunesse ! Essayer de rester de grands enfants ;

Metal-Eyes : Et sur scène, ça donne quoi, cette innocence? À quoi doit-on s’attendre quand on vient vous voir ?

Brice : El live, on essaie de laisser au gens un souvenir… Il faut qu’ils aient envie de revenir. Comme je te disais, on vient d’un petit bled, et le seul moyen de faire notre promo, c’était de faire des concerts. Donc on essaie d’être le plus chaotique possible, épileptique, comme sur le CD.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de L33T pour définir ce que vous êtes ce serait lequel ?

Brice : C’est difficile, parce qu’il y a deux versions… Allez, je peux t’en donner un de chaque ! Pour la version anglaise, ce serait Evil within, et pour la française… Arkam asylum. Parce que, même si tu ne connais pas les jeux, l’ambiance explique tout, les problèmes qu’on peut avoir dans sa tête… Les jeux vidéo expriment aussi, souvent, des choses plus personnelles.

Metal-Eyes : Il y a une tournée prévuie ?

Brice : oui : là, on part au Québec, et ensuite, on fera la première partie de la fin de la tournée d’adieux de The Arrs, il y a une quinzaine de dates, dont celle du 11 novembre au Trabendo. Après, retour en Russie, au Japon…

 

INTERVIEW: WHISKEY MYERS

Entretien WHISKEY MYERS. Rencontre avec Gary Brown (basse). Propos recueillis à Paris le 31 mai 2017

C’est quelques instants avant de monter sur scène que Gary Brown, le bassiste de Whiskey Myers, a accueilli Metal Eyes pour une interview quasi improvisée.

Metal-Eyes : Aujourd’hui, c’est le dernier jour de la tournée européenne de Whiskey Myers. Comment était cette tournée ?

Gary Brown : Bien, bien, de bons publics, une belle participation, oui, plutôt bien, jusqu’à présent….

Metal-Eyes : prêts à rentrer à la maison?

Gary Brown : Oui, ça vient. C’est une envie qui commence à se faire sentir. On a donné, je crois, 12 concerts en 15 jours, ce qui est plutôt bien.

Metal-Eyes : je viens de découvrir Whiskey Myers avec Mud, son dernier album. Peux-tu me dire ce qu’est ce groupe ?

Gary Brown : Simplement ce que nous sommes, ce que nous savons faire; On a grandi dans le Sud, au Texas, à la champagne… C’est un groupe qui dit “reste fidèle à ce que tu es, n’oublies pas tes racines…”

Metal-Eyes : C’est le son de votre musique qui, si je puis dire, dégage les odeurs du Sud…

Gary Brown : Ca sent chez nous, oui…

Metal-Eyes : Si je te dis “redneck”, ça évoque quoi, pour toi?

Gary Brown : Je ne sais pas… Ça me fait penser à ce personnage de la série Les rois du Texas…

Metal-Eyes : Sur Mud, on sent beaucoup de choses: la vie, de la religion, aussi. Qu’avez-vous mis d’autre dans ce disque ?

Gary Brown : Ce genre de choses, ce qui dit qui nous sommes… On pourrait traiter un peu de politique, mais c’est pas notre truc. On préfère parler de ce qu’on a appris en grandissant au Texas, ces choses qui nous ont forgés, fait de nous ce que nous sommes. Être fidèles à nous mêem.

Metal-Eyes : Alors, qu’êtes-vous donc?

Gary Brown : oh, des gens du Sud, mec, tu vois. On a grandi à la campagne, on devait apprendre à faire les choses par nous-mêmes, pêcher, chasser… respecter les autres, et tes origines, ceux qui t’ont élevés. Je crois que cela a construit une bonne partie de ce disque.

Metal-Eyes : En effet. Au sujet de ce disque, qui sont les choristes?

Gary Brown : il n’y en a qu’une, elle s’appelle Christine Rodgers. C’est une superbe chanteuse de Nashville. Elle est fantastique. Elle a aussi chanté sur Early mornig shakes, je ne sais plus quels titres, mais elle y est.

Metal-Eyes : C’est la première fois que vous allez jouer à Paris avec Whiskey Myers. Quattendez-vous du concert de ce soir,

Gary Brown : J’espère vivre ce que nous avons vécus sur cette tournée : on a joué en Allemagne et en Pologne pour la première fois, et j’espère toucher les gens. C’est complet, il va faire chaud, et énergique. J’espère simplement que les fans vont apprécier la musique.

Metal-Eyes : doit-on s’attendre à quelque chose de spécial ce soir ? Je m’explique : WASP avait pour habitude de balancer de la viande dans le public, Stryper, c’était des Bibles. Vous pensez jeter de la boue (Mud) au public ?

Gary Brown (rires): Non, non, on ne veut pas qu’ils nous jettent quoi que ce soit, alors on ne jettera rien ! Si, des médiators, mais rien de plus…

Metal-Eyes : vous vous appelez Whiskey Myers : quel est ton Whiskey préféré ?

Gary Brown : Je ne bois plus depuis maintenant 3 ans… Mais quand je buvais, j’aimais beaucoup el Crown Royal, du Canada.

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre disque : comme nous l’avons dit, Mud est plein de vie, de cette musique du Sud, avec du banjo, de beaux chœurs… Très rock, roots et heavy. Quelle était votre intention musicale avec ce disque ? Avez-vous voulu modifier ce que vous avez fait jusque-là?

Gary Brown : Non, pas vraiment. Je ne crois pas qu’on ai jamais envisagé d’entrer en studio et de tout changer. On évolue, il y a de nouveaux membres qui apportent leurs idées. Notre producteur, Dave, nous aide sur certains points, certaines décisions, comme quels instruments inclure, comment mieux construire les chansons pour qu’elles collent au son, comment permettre à chaque partie de soutenir les autres, ce qui fait une chanson. Je crois qu’en tant que groupe, nous avons appris à le faire de mieux en mieux, avons grandi. Bien sûr, nous disposons aujourd’hui, avec les nouveaux outils, de plus de moyens pour créer de nouveaux sons. C’est sans doute ce qui différencie ce disque des précédents.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Mud pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Whiskey Myers, ce serait laquelle ?

Gary Brown : C’est une excellente question!  (Il réfléchit) Sans doute Mud, ou On the river… Cette dernière parle d’un homme qui a fait une promesse et se bat pour l’honorer, et survivre à une époque où c’était très dur. Mud a aussi du feeling, et parle de cette fidélité à ce que tu es, ce qui a fait de toi ce que tu es. Je crois que ces choses valent le coup qu’on se batte, qu’on les garde dans notre cœur.

Metal-Eyes : Et si nous parlions un peu de votre président?

Gary Brown (rires): J’ai pas grand-chose à dire à son sujet…

Metal-Eyes : Une toute dernière chose, alors : quelle pourrait être la devise de Whiskey Myers ?

Gary Brown (il rit) : hum… Ne sois pas une lavette. Sois fort et bas toi pour ce qui vaut le coup.