ORPHEUM BLACK: nouvelle promesse orléanaise

 

Orpheum Black, un nom à retenir. Les amateurs de bons gros riffs frenchie made in Orléans se souviennent évidemment de Wild Dawn. Le quatuor avait, chose rare, célébré son enterrement en donnant un concert et en sortant un nouveau CD. Wild Dawn is dead…

Ok, mais quand on a la passion du rock chevillée au corps, on revient. Greg et Romain, les deux guitaristes se sont entourés d’une nouvelle équipe pour donner naissance à Orpheum Black. Mélodie, ex- No Sign, Nothing (claviers) partage le chant avec Greg et la section rythmique est tenue par Gauthier (basse) et Paskal (batterie). Qu’en est-il de ce nouveau combo? Vous pourrez, nous pourrons tous le découvrir dès le 1er octobre, date de la sortie du premier single et de la vidéo qui va avec. Sur sa page Facebook (https://www.facebook.com/OrpheumBlack/) le groupe indique évoluer dans le registre prog et atmosphérique.

Pour véritablement découvrir Orpheum Black, rendez-vous le 10 octobre à 20h au Blue Devils d’Orléans où le groupe ouvrira pour Hyeana. Un concert à 5€, ce serait dommage  de le rater!

CROBOT: Motherbrain

Stoner, USA (Mascot records, 2019)

J’avais découvert Crobot en ouverture d’un concert de Black Label Society et la prestation des Américains m’avait bluffé. Depuis, j’ai un peu perdu le fil mais voilà que les quatre affreux de Pennsylvanie reviennent avec un troisième album. Ce Motherbrain transpire l’amour du rock vintage de tous ses pores. C’est simple, Crobot expose son amour pour ce heavy des beaux jours à la Black Sabbath, mais se permet également de se faire plus moderne avec un titre comme Drown, varié et chantant, voire d’actualité tant les paroles de Low life évoquent notre époque…  Le chant de Brandon Yeagley est d’ailleurs aussi rageur que puissant et mélodique – la narration qui introduit le premier morceau, Burn, le positionne clairement comme maître du navire – tandis que les guitares de Bishop sont directes, parfois spatiales. Au travers des 11 chansons proposées, Crobot explore plus que le rock de nos anciens (Stoning the devil, presque doom). Le quatuor se fait visiblement plaisir en variant ses domaines d’exploration. Au final, Motherbrain est un album qui s’adresse à un large public, amateur de oldie but goodie et de sons plus actuels (Gasoline, Low life). Chacun trouvera matière à se faire plaisir.

KILLSWITCH ENGAGE: Atonement

Metalcore, USA (Metal blade, 2019)

Depuis ses débuts en 1998 et malgré quelques changements de line-up notables (on ne se défait pas aussi facilement de la figure de proue qu’est un chanteur…), Killswitch Engage a su s’imposer et demeurer dans le peloton de tête des groupes de metalcore. Et là où tant d’autres ont disparu, les Américains continuent d’avancer. Pour preuve, ce Atonement, 8ème album de la formation de Boston, et 3ème avec le hurleur Jessee Leech James. Si le visuel évoque quelque peu le Once more around the sun de Mastodon, le contenu musical est au moins aussi furieux. Killswitch Engage ne se limite pas à du vulgaire metalcore. Pour cela, le chant n’est pas que hurlé, Jesse Leech alternant avec du chant clair dans un bel exercice vocal etc’est bien ce qui différencie le groupe. Le thrash est omniprésent, au point qu’on pourrait redéfinir son genre en tant que thrashcore, cependant on note également des référence aux géants du genre, notamment des clins d’œil appuyés à Judas Priest. Si le groupe ne laisse guère le temps de souffler, c’est qu’il a décidé d’attaquer l’auditeur de front en lui assénant 11 déflagrations qui font taper du pied et secouer la tête. Atonement, sans aucun doute, trouvera son chemin entre les oreilles des fans du genre et du groupe. A voir, espérons le, bientôt sur scène.

MAGOYOND: Kryptshow

France, Metal (Autoproduction, 2019)

Kryptshow, le nouvel album (le 5ème, je crois, si l’on compte les sorties uniquement digitales) de Magoyond, est ma grosse claque de cette rentrée. Jamais je n’avais entendu parler de cette formation hexagonale née de l’union musicale de Le Mago (chant et guitare) et Yond (basse). Ce dernier semble cependant avoir quitté la formation avant l’enregistrement de ce double album. Le groupe a développé un concept très personnel en puisant son inspiration dans les séries télé fantastiques et horrifiques des années 70/80 dont, oh surprise!, les mythiques Contes de la crypte. Dès Le chapiteau des supplices (dont l’introduction m’évoque L’envers de Wormfood) le décor sonore est planté: le chant très narratif déclame des paroles et textes sur fond de rock hard rythmé, cinématographique, enjoué avec un fort esprit de cirque. Monsieur Loyal est ici inquiétant et positivement malveillant. Magoyond se plait à raconter des histoires de zombies, de suicides, de cimetière avec humour. Noir, forcément. J’ai parfois l’impression d’écouter la BO d’un Disney pour adultes (Aladin et son génie me viennent à l’esprit) ou de retrouver la Petite boutique des horreurs. La mise en son ressemble à une mise en scène sans images et lorsque les guitares se mettent à hurler, la rythmique décroche quelques cervicales. Si l’ensemble semble fun, tout est fait avec le plus grand sérieux. Magoyond s’attache au moindre détail dans le verbe et dans le son – véritable jeu de pistes de fines subtilités. C’est un univers à part dans lequel Magoyond nous invite à plonger, et dans lequel je me noie avec plaisir. Vous l’aurez compris, si vous voulez vous changer les idées et aller de surprise en étonnement, foncez découvrir Kryptshow et soutenir Magoyond. Une folie française que ne renierait pas Alice Cooper.

VOLBEAT: Rewind – replay – rebound

Hard rock, Danemark (Universal, 2019) – sorti le 2 août 2019

Le voici enfin ce nouvel album de Volbeat! Même si le groupe de Michael Poulsen semble avoir trouvé son rythme de croisière, un album tous les trois ans, c’est peu. Même si le fan est régulièrement rappelé à l’ordre avec un live. Maintenant, quoi de neuf sur ce Rewind-replay-rebound, nouvelle livraison de 14 morceaux? Tout d’abord, deux détails visuels: Volbeat illustre son album d’une photo et non d’un dessin. Si cette dernière évoque le film Il était une fois en Amérique, on ne retrouve pas les « voyous moustachus » à la Mike Hammer, ceux-ci apparaissent cependant à l’intérieur de la pochette. Toutefois, le second détail qui indique sans doute une nouvelle orientation est dans la couleur: pour la première fois, le marron disparaît au profit d’un simple noir et blanc. Ceci écrit, penchons nous sur le contenu musical. Si l’on retrouve avec bonheur ce mélange de rock vintage et de metal, Volbeat continue d’explorer des intonations plus pop sans trop se départir de ses aspects les plus metal.  Ainsi, Last day under the sun, premier titre, évoque au départ Bruce Springsteen avant de s’orienter vers un rock plus passe partout. Le refrain est immédiatement mémorisable, et sera sans aucun doute possible repris avec aisance en concert! La mélodie est maîtresse (Rewind the exit, la ballade nostalgique When we were kids, On retrouve cependant  un propos plus speed et rockabilly (Pelvis on fire, Die to live, Parasite – très court…), des aspects un peu « tarantinesques » avec Sorry sack of bones et parfois presque radio friendly (Cloud 9). Les fans ont pu découvrir sur le dernier live (Let’s boogie! live from Telia parken, 2018) The everlasting, avant dernier titre de l’album, dans une version sans doute un peu plus brute. Poulsen continue ainsi de chercher à séduire le plus grand nombre en faisant de Volbeat un groupe sans doute un peu moins rugueux qu’il ne le fut mais toujours d’une redoutable efficacité (les « woh oh, oh oh, oh » faciles de Maybe I believe donneront matière à faire chanter le public). Volbeat nous offre donc un album qui saura combler les fans, nombreux, avant de les satisfaire plus encore sur la scène parisienne de l’Olympia le 10 octobre prochain. Ne cherchez pas: c’est déjà complet!

Festival UN AUTRE MONDE (Orléans, parc Pasteur, le 30 août 2019)

L’association Défi fête 30 années d’existence et de militantisme en organisant une nouvelle édition du festival Un autre monde pendant 4 jours. Si les deux premiers – mercredi 28 et jeudi 29 août – sont consacrés à des apéros concerts, je me rends au Parc Pasteur pour cette soirée du vendredi qui accueille, sur deux scènes, 4 groupes. Notons également qu’une tente entière est consacrée à l’historique de l’association, ce qui permet de voir le travail énorme fait en faveur des jeunes orléanais, que les activités proposées soient locales ou extérieures. Un immense bravo à toute l’équipe pour son engagement sans failles.

Le parc Pasteur est situé à deux pas du centre ville d’Orléans, et le public présent est varié, familial, amateur de musique ou simplement venu passer un moment convivial dans une ambiance festive. Et en ce dernier week end avant la rentrée scolaire, non seulement les enfants sont en nombre mais un autre invité est bien présent: le soleil! Notons également un point négatif: si les chiens sont les bienvenus, d’autant plus que la musique n’est pas trop forte sur la majeure partie du terrain, certains traînent leurs animaux devant les scènes où, là, le volume n’est pas adapté pour nos amis quadrupèdes qui souffrent et se demandent ce qu’ils font là… Plus encore à la nuit tombée lorsqu’on ne les distingue plus et qu’ils se font bousculer ou marcher dessus. Chacun sa place…

A 19h30, Bérangère, une des membres de l’asso monte sur scène pour une annonce et rappelle que Defi fête ses 30 ans d’existence. Elle laisse la parole à Soufiane Sankhon, adjoint de la mairie d’Orléans, qui rappelle l’implication de Defi et le soutient de la mairie depuis des années, et pour longtemps encore. Puis, toute l’équipe s’en va sabrer le champagne avant que ne débutent les festivités musicales.

Sur la scène Est, la plus petite, le Gobson Groove Gang se lance un peu après 19h30. Pendant une heure, le groupe distille son reggae afro ultra groovy et rythmé. Il y a parfois des intonations de Bernard Lavilliers dans les airs proposés, et c’est assez sympathique. Le public, très réceptif, grandit rapidement et gigote tranquillement. La formation orléanaise s’est formée au studio Gobson avant de se séparer. Et de se reformer, avec visiblement beaucoup de plaisir, pour cet anniversaire. A la fin du set, Bérangère se remémore avoir vu, 30 ans plus tôt, l’un des guitaristes franchir la porte du studio de l’association disant « vouloir faire de la musique mais je sais pas comment faire »…  » Ben, entre » lui répondit-elle. Felwine Starr est aujourd’hui une vedette reconnue au Sénégal d’où il est revenu, lui aussi pour cet événement.

 

Le temps de rejoindre la scène Ouest (soit une grosse minute à pieds), alors que la nuit tombe, le public se prépare à accueillir Christian Olivier, figure des emblématiques Têtes Raides dont la carrière solo vaut vraiment le détour. Annoncé avec un temps de jeu d’1h30, la petite troupe jouera finalement pas loin de deux heures. Rapidement, Christian Olivier interpelle le public avec des « Orléans… oh! Orléans » sous entendant « bougez-vous, quoi! ».  C’est que le public, timide, laisse une jolie place entre lui et la scène. Espace qu’il ne tarde pas à remplir. Du chant qui rappelle le grand Jacques aux mimiques, regards et sourires en coin, en passant  par le sax et l’accordéon, le chanteur, parfaitement soutenu par des musiciens en phase (les deux guitaristes ont une attitude très rock, les autres restent plus en retrait mais on sent une réelle complicité) fait bouger la foule avec ses titres solos et ceux des Têtes Raides, dont un indispensable Ginette qui n’a pour unique ornement – évocation de la dite Ginette – qu’une lampe au plafond. Deux heures chaleureuses que l’artiste conclue en saluant le travail et l’investissement de l’association.

 

Retour vers la petite scène pour un peu de folie punk thrash. Cigany Möhawk est en effet la formation du jour la plus en phase avec l’esprit du webzine (cependant ouvert d’esprit, reconnaissons-le). Premier point d’étonnement, le quatuor sort des sentiers battus en incluant un accordéon. Le groupe, alors que le public arrive devant la scène, termine ses balances. A la fin, le chanteur lance un « merci! au revoir » alors que ses compagnons quittent la scène. Puis il rajoute « on s’en va et on revient quand même ». Sauf qu’au moment de revenir, le bassiste a disparu… Quelques minutes passent avant que Cigany Möhawk ne se retrouve enfin au complet pour distiller avec fureur et enthousiasme son punk direct et teinté de thrash inspiré des grands noms du genre. L’accordéon apporte une touche que ne renieraient pas les Roumains de Dirty Shirt. Ça dépote sévère et une partie du public pogote à cœur joie au grand dam des pauvres chiens qui n’y comprennent rien (voir ci-dessus ce que j’en pense).

 

La soirée se termine avec la troupe de bal musette enragé de Faut Qu’Ca Guinche. Et, devinez-quoi? L’instrument phare est encore un… accordéon! Ici, le groupe écolo et engagé invite et incite le public à danser, faire la chenille, s’enlacer… Bref, à prendre du bon temps au son des guitares (ah, ce guitariste en sandales), de la contrebasse et des textes généralement engagés. Oui, bal musette mais avec un esprit écolo et contestataire qui colle parfaitement à celui de l’association Défi. Le public a la surprise de voir se mêler à lui le guitariste et l’accordéoniste au milieu d’un moment de danse tel qu’on les imagine dans les bals populaires d’années passées. Et là est bien l’objectif de FQCG, de faire danser le public. Mission accomplie alors que la soirée arrive à son terme et que le public rentre tranquillement se reposer. C’est qu’il faut remettre ça demain pour la seconde partie de ce festival.

Vient donc le moment où je me pose une question et me fait une promesse: comment se fait-il que je ne le découvre que maintenant? Et, promis, je reviendrais l’année prochaine!

 

 

 

BLACKRAIN: Dying breed

France, Hard rock (Steamhammer, 2019)

Si, en 2016, Released (2016) marquait la renaissance de BlackRain, étrangement, la formation hexagonale semblait avoir disparu des écrans radars après sa tournée en compagnie de The Treatment. Il aura donc fallu à Swan et sa troupe pas moins de 3 années pour nous apporter à leurs fans une nouvelle offrande. Somme toute, le même délais qu’entre It begins (2013) et Released. Contrairement à ses deux précédents albums, Dying Breed est ici produit par Swan qui, également, compose la plupart des 10 titres et semble donc de plus en plus être seul maître à bord du navire BlackRain. Avec Dying breed, les Savoyards d’origine continuent de diversifier leur propos et savent surprendre. Oui, il y a des surprises sur ce disque, dont la reprise de Blast me up, un hit potentiel de… BlackRain paru en 2013. Perso, je préfère la version originelle et me demande quel est le bien fondé de ce choix.. Si l’empreinte musicale est toujours forgée dans ce hard rock qui les séduit tant, et si les références sont parfois évidentes (impossible de ne pas penser à Mötley Crüe sur Hellfire), Swan teste parfois le chant extrême et guttural, parfois proche du black metal (Nobody can change et son « I wasn’t born to follow rules ») tout en continuant de se faire plaisir avec des montées dans les notes les plus aiguës qu’il puisse atteindre, et toujours le groupe reste enjoué et entrainant (Nobody can change, Dying breed, Like me). Passage obligé de ce genre musical, la ballade All angels have gone évoque par instants Bon Jovi avant une reprise sérieuse We are the mayhem, suivi d’un Rock radio surprenant, aux rythmes cassés et à la mélodies moins évidentes malgré les choeurs qui frôlent le gospel. Public enemy est direct, rock sans fioritures, au refrain imparable, le type de morceau à écouter les cheveux au vent en traversant de vastes espaces, tandis que A call from the inside plus soft vient conclure, avec ses « oh oh » qui rappelle le morceau titre au début du disque, un album efficace mais dont aucun titre ne se démarque vraiment. Je ne parviens pas à définir quel chanson pourrait devenir un hit, quel est le morceau qui ferait passer ce Dying breed de bon à excellent album.  Reste que le plaisir de retrouver BlackRain est réel, et qu’on attend de retrouver le groupe sur scène. Ça tombe bien, ils seront bientôt en tournée avec leurs pairs allemands de Kissin’ Dynamite.

TYLER BRYANT &THE SHAKEDOWN: Truth and lies

Hard rock, USA (Spinefarm, 2019)

Tyler Bryant & The Shakedown semble, malheureusement, faire partie de ces éternels groupes challengers qui ne parviennent pas à exploser malgré les indiscutables qualités des albums offerts au public et/ou les groupes prestigieux pour lesquels il a ouvert ces dernières années. Dans ce club, on trouve des  formations comme The Answer ou The Treatment, parmi d’autres… Je ne fais ici que le même constat qu’il y a deux ans, lors de la sortie de l’album éponyme que je considérais comme un nouveau départ. Le groupe a depuis tourné mais, las, rien ne semble pouvoir les faire passer au niveau supérieur. Ce Truth and lies, nouvelle livraison des Américains, s’inscrit toujours dans le hard rock vintage, un rock empli de ce blues qui nous emporte et de ces mélodies qui nous font nous agiter. Le groupe varie les plaisirs en proposant différentes approches, approchant parfois Led Zeppelin (Shape I’m in) ou Dylan (Judgement day) mais parvient surtout à trouver sa propre identité musicale et sonore avec l’utilisation de sons et une production résolument modernes. TBSD a cependant le propos grave, cet album reflète d’une certaine manière la désillusion tout en se voulant rester positif (Drive me mad). Amoureux du hard rock dit « classique », faites vous plaisir; TBSD vaut le coup d’être soutenu autant que faire se peut.