Michael ROMEO: War of the worlds PT.1

Metal symphonique, Italie (Mascot, 2018)

Le guitariste de Symphony X, quand il n’enregistre ou ne tourne pas avec son groupe – absent depuis quelques temps déjà – se fait des petits plaisirs. Généreusement, il les partage avec nous, et c’est fort bien ainsi! Car ce War of the worlds – pt.1 est une opetite merveille de mélodie et d’efficacité. Bien sûr, on retrouve les clichés cher au metal symphonique, et Michael Romeo ne se renie en rien. Au contraire, il explore des univers très cinématographiques au travers de ces 10 morceaux, rendant un hommage à peine voilé aux géants de l’illustration sonore du cinéma tels John Williams. Rien de surprenant ici, le titre de l’album étant piqué à La guerre des mondes, roman de SF de HG Wells, qui est un terrain parfaitement adapté aux délires musicaux de Romeo. Fear the unknown, F*cking robots, War machine, Oblivion, s’ils évoquent aussi la dextérité d’un Malmsteen ou rappelle le… Symphony X du début du siècle, se révèlent d’une puissance et d’un envoûtement imparables. Jamais trop brutal malgré la rapidité d’exécution, ce disque est la perle de ce début d’été. Reste que ce disque s’intitule « pt. 1 », et cela laisse sous entendre une suite prochaine. Pourvu que ce soit plus rapidement!

SENDWOOD – First leaf

Metal, France (Autoproduction, 2018)

Sendwood est un groupe français composé de deux frères, Kriss W. Wood au chant et à la guitare et Alex Mc Wood aux chant, batterie et harmonica. Pas forcément frères dans la vie, en fait, mais on s’en fout. Comem eux: l’un vient de The Real Mc Coy, l’autre de Harmonic Generator. Les compères se retrouvant seuls en studio décident de monter ce projet à deux. L’important c’est que le nom du groupe des frères Wood (ça vous rappelle pas légèrement les Blues Brothers, ou les Ramones? Nous y reviendrons…) est explicite du contenu musical: ça défouraille sévère, ça balance mémé dans les orties, bref, ça envoie le bois grave. Le seul bémol, c’est l’anglais incompréhensible, pour le reste, rien à dire: Sendwood c’est l’sprit du punk mélé à la lourdeur du metal actuel, des influences qui vont des sus mentionnés Ramones à AC/DC en incluant tout ce qui peut faire s’agiter. Les voix sont graves et profondes, le riff direct et la rythmique… brute , sans fioritures. Le but visiblement est de faire taper du pied et de voir le public pogoter. Simple, direct et efficace pourraient être les 3 mots qui définissent le mieux ce premier essai de 10 titres pachydermiques.

Hellfest 2018: You can’t control it – Partie 3

Dimanche 24 juin

Ce dimanche est sans aucun doute la journée que j’attends avec le plus d’impatience. Pensez donc, une affiche très orientée heavy metal pur jus avec un bon nombre de de mes groupes préférés qui passent aujourd’hui: Megadeth, Accept, Iron Maiden et un Nightwish que je sais rater car, une année encore, je dois reprendre la route assez tôt.

J’arrive donc tôt sur place et il fait déjà chaud. ce dimanche est d’ailleurs annoncé comme étant la journée la plus chaude du week-end. pour les premiers groupes à se produire, c’est une bonne chose, car les températures sont encore raisonables. Je file donc voir The Raven Age qui ne m’avait que moyennement convaincu en ouverture d’Anthrax. Mais les conditions ne sont pas les mêmes: le groupe, qui vient d’intégrer un nouveau chanteur, se produit en plein jour sur une grande scène; Et la gnaque est là. Bien sûr, la présence du fils de Steve Harris attire moult regards, mais le talents n’est pas héréditaire, surtout celui d’écriture. Car le Metal de The Raven Age est somme toute classique et guère novateur. Un début de set sympathique mais pas forcément mémorable.

The Raven Age

J’abandonne toutefois les lieux pour aller découvrir live un des groupes français qui m’a récemment fait craquer. The Texas Chainsaw Dust Lovers évolue sous Temple et la surprise est de taille! Si je sais déjà que, musicalement, ce groupe est un ovni qui n’hésite jamais à inclure toutes ses influences, scéniquement, c’est pareil! Ça bouge et s’agite au rythme du groove irrésistible qu’insufflent les Français. Le public n’est pas en reste et clame son approbation en hurlant et dansant. Une franche réussite, variée et originale, à  soutenir d’urgence!

The Texas Chainsaw Dust Lovers

Retour devant la Main 1 pour découvrir Orden Ogan, les cow-boys allemands dont le dernier album, Gunmen s’est assez positivement fait remarquer. Sans surprise, c’est un public plutôt dense qui se masse  et accueille le groupe chaleureusement. Les connaisseurs sont de sortie, et profitent pleinement, une demi-heure durant, de ce hard rock mélodique simple et direct.

Orden Ogan

En retournant vers l’espace presse je m’arrête devant Altar. En fond de scène, j’aperçois un backdrop flanqué du logo de Crisix. Prévu au programme j’ai failli zapper le groupe espagnol de thrash dont on parle beaucoup ces temps-ci. Et grand bien m’a pris de me laisser guider par ma curiosité. Les espagnols dispensent un thrash old school d’une efficacité exemplaire et avec un humour et un sens de la dérision qui font de cette prestation un moment exceptionnel du festival. Les thrashers se font plaisir et ça se voit, et nous offrent un moment de pur bonheur lors d’un long medley pendant lequel tous changent d’instrument. Bien que le groupe existe depuis plusieurs années, c’est ma découverte et mon gros coup de coeur du fest.

Crisix

La Main 1, en cette matinée, pourrait presque être renommée German Stage, envahie qu’elle est par les autres Allemands de Primal Fear (plus tard, c’est Accept qui y jouera). 40′ de heavy pur jus, direct, parfois épique et sans concession. Il est quand même surprenant de voir la bande à Ralf Scheepers et Mat Sinner, qui tourne depuis deux bonnes décennies se produire aussi tôt. Qu’importent semblent-ils penser, ils profitent de ces 40′ pour se donner à fond.

Primal Fear

Ceux qui me lisent le savent: le metalcore et moi… Je passe sur la prestation de In This Moment, mené par une Maria Brink certes séduisante mais qui semble peu impliquée. de ce que j’en vois, en tous cas, car je file me restaurer pour mieux attaquer la suite qui promet d’être très active!

Je ne sais plus quand j’ai vu Jon Schaffer et son Iced Earth pour la dernière fois, mais ça remonte! J’avais cependant promis à Luke Appleton lors de son passage à Orléans avec Blaze Bailey d’aller soutenir son groupe principal. De toutes façons, je ne les aurais pas ratés! Alors retour devant les mains où la foule commence à se densifier pour presqu’une heure de heavy rugueux et pur jus. Jon est à fond, harangue le public autant qu’il le peux, largement soutenu par Stu Block son puissant vocaliste. le groupe rpésente un extrait de son nouvel album, toujours forgé dans ce heavy speedé et racé, aux évidentes influences maideniennes. The hunter recueille tous les suffrages avant que Walking over me ne vienne conclure un superbe set. Et l’on se prête à regretter que cette formation n’ait jamais vraiment percé… La prestation est un excellent apéritif pour ce qui qui suit!

Iced Earth

Annoncé comme le groupe d’ouverture de la tournée Legacy Of The Beast d’Iron Maiden – et remplacé par The Raven Age sur un bon nombre de dates Européennes, dommage… – Killswitch Engage dispense un metal core tendance heavy traditionnel avec un humour potache. Sérieux, s’abstenir… Si I will miss your always est dédié à Vinnie Paul, le fun revient vite et il est impossible de compter le nombre de « Fuck » et dérivés que prononce Jesse Leech James, le chanteur, lorsqu’il demande au public un nouveau circle pit. Environ un mot sur deux, et sa demande est longue! Le public en rit tant c’est exagéré. Le groupe se met tout le monde dans la poche en terminant son set avec un Holy diver repris par un très large public.

Killswitch Engage

Impossible pour l’amateur de heavy metal pur jus de rater la nouvelle venue d’Accept au Hellfest. Les Allemands ne peuvent que faire le choix de dézinguer avec un mini best of. Die by the sword, le seul extrait de The rise of chaos, son dernier album, a pour objectif de représenter ce disque. Après, c’est une rimbambelle de titres mythiques joués avec la hargne et la prestance que l’on attend de la bande de Peter Baltes et Wolf Hoffman. L’efficacité de leur duo, leur complicité, même, reste inébranlable. Véritable moelle épinière du combo, le « vieux couple » mène la danse au rythme des ses classiques indémodables (Restless and wild, Princess of the dawn, Fast as a shark, Metal heart et son indispensable solo) et de ses gros succès plus récents, ceux de l’ère Mark Tornillo, tout aussi efficaces (Pandemic, Teutonic terror) avant de conclure sur Balls to the wall. Accept fait définitivement partie des derniers grands du genre!

Accept

Bien que pas amateur de chant hurlé, je file découvrir live Arch Enemy, groupe emblématique que je n’ai pas encore vu sur scène. Et quelle claque! Dès Set flame to the night, je sais vivre là un grand concert. Tout est dit dans le titre même puisque le groupe attaque avec rage et force pyrotechnie. Ça chauffe devant, et Alissa White-Gulz s’agite avec son éternelle chevelure bleue. Comment diable un aussi petit gabarit peut-il sortir des sons aussi puissants et caverneux? La vocaliste s’adresse au public dans un français sans accent (Hellfest, est-ce qu’on s’amuse bien? ») ce qui finit de séduire un public qui slamme à tout va. Très belle prestation.

Arch Enemy

« Oh, pu****, il a sa gueule des mauvais jours! » C’est ma première réaction en voyant la mine renfrognée de Dave Mustaine lorsqu’il arrive sur scène pour le set de Megadeth. Et franchement, c’est loin d’être un bon signe. Est-ce lié au décès de Vinnie Paul, la veille, batteur auquel il dédiera My last words, « un titre qu’on n’a pas joué depuis des années, à part hier »? Reste que malgré les efforts de David Elefson et de  Kiko Loureiro (Dirk Verbeuren est difficile à appercevoir) et une superbe setlist (Symphony of destruction, A tout le monde, Holy wars, Peace sells, le plus récent Dystopia…) ce set est la grosse déception de la journée. Megadeth, c’est tout ou rien. Aujourd’hui, c’était, d’un point de vue scénique, tout… ce qu’on ne souhaitait pas. Ajoutez à cela de nombreux problèmes de micro – Dave changeant de poste pour en trouver un qui fonctionne. Je ne voudrais pas me retrouver backstage à la sortie de scène du rouquin en ce dimanche…

Megadeth

Je décide de ne pas aller shooter Jane’s Addiction afin de prendre position pour le concert suivant et assiste donc au show via l’écran géant. Jane’s Addiction a beau être le dernier représentant de la scène grunge, et offrir un set proportionnellement inverse au précédent, la chaleur, la pression de quelque dizaines de milliers de personnes derrière nous, l’impatience rendent le temps long. Heureusement que le set de Jane’s Addiction monte en puissance, musicalement et visuellement, car le début, je le trouve mou. Mais c’est de manière énergique qu’il se termine. Place maintenant à la tête d’affiche du jour!

Aux premières notes du désormais incontournable Doctor, doctor de UFO,  deux soldats viennent se poster au garde-à-vous avant de retirer les bâches cachant le décor de camouflage. Puis le discours de Churchill annonce la couleur: Iron Maiden déboule sur scène avec Aces high et donne le ton du concert: un avion, modèle Spitfire de la seconde guerre mondiale s’envole au dessus de la batterie et domine la scène et les musiciens. Suit la première surprise avec Where eagles dare, avec un nouveau backdrop. Chaque chanson a son backdrop, soit un total de 16, sans compter les décors, somptueux. Les chansons sont regroupées par thèmes: la guerre, la religion et… le reste! Nicko est planqué derrière une toile pendant les 5 premiers titres et heureusement que les caméras intéressent un peu à lui, autrement, il serait invisible! Bruce Dickinson est dans une forme resplendissante et particulièrement en voix et tient un long speach sur la guerre et la liberté afin d’introduire The Clansman. Deux chansons de l’époque Blaze seront d’ailleurs interprétées ce soir. Passage obligé, la venue d’Eddie se fait très tôt, sur The trooper, soit le 5ème morceau et le voit défier en duel Bruce Dickinson qui fini par gagner. La scène est plongée dans le noir et les camouflages sont retirés. Les lumières se rallument dévoilant un décor d’églises, avec piliers et vitraux et le groupe entame Revelations. Comme a son habitude, Steve Harris mène ses troupes, Dickinson saute partout, Gers danse et Murray et Smith s’appliquent. Iron Maiden propose ce soir rien moins que son meilleur spectacle depuis, selon moi, le Somewhere back on tour. La production est énorme, les décors et effets splendides, les surprises nombreuses. Si seul For the greater good of God me semble plus faible – le public est moins réactif aux sollicitations de Dickinson – la setlist est une merveille. Bien sûr on peut regretter de n’avoir pas eu d’extraits de Killers ou de Somewhere in time, mais pour le reste… Le public était à donf, les slammers de sortie (merci à vous! Vous nous avez permis par votre élan de nous retrouver, avec mon fils, dans les 5 premiers rangs!) Bref un concert magistral que nous retrouverons dix jours plus tard, avec quelques effets supplémentaires – et un Icare accidenté et absent le premier soir – dans une forme tout aussi extraordinaire. Maiden rules? Oh, que oui, et les gaillards en ont encore en réserve!

Alors que le public commence à se disperser, les enceintes craquent et crissent. Les écrans diffusent un message, rappelant que le Hellfest a été élu meilleur grand festival à trois reprises, que les Hellfest affiche complet avant même qu’un nom ne soit révélé, et que certains s’en plaignent. Alors, pour prouver écouter les critiques, Hellfest production dévoile quelques noms à l’affiche de l’année prochaine: Carcass, Mass Hysteria, Dropckick Murphys, Slayer, pour son ultime show français (on pouvait s’y attendre) et Manowar (on s’y attendait moins, la surprise est d’autant plus grande) dont l’annonce est officialisée par Joey de Maio en personne venu exprès pour! Et voilà qui ajoute de la folie à la folie. Vivement l’année prochaine, ça promet déjà!

 

Merci à Roger et Fabienne Wessier, Olivier Garnier, à toute l’équipe Hellfest prod, aux équipes du pit photos et à la sécu: vous avez encore fait un boulot remarquable avec sourire et bonne humeur!

 

HELLFEST 2018: You can’t control it – partie 2

Samedi 23 juin

Je n’ai pas pour habitude d’avoir des regrets. Mais après coup, je me dis que j’aurais mieux fait de me renseigner sur Redemption, le groupe vainqueur du concours Voice of hell » qui a donc le privilège d’ouvrir les hostilités sur la mainstage 2 ce samedi matin. Pourquoi j’aurai dû? Parce que ce groupe est une affaire de famille, papa et deux fistons de 16 et 10 ans! Oui, le batteur n’a que 10 ans et les enfants bénéficient d’un statut particulier pour pouvoir jouer. Maintenant, ce que ça donne, je n’en sais rien, pas encore, du moins, car je vais me rattraper!

Ma journée commence donc avec, dès mon arrivée sur le site, de la disparition de Vinnie PAul, le batteur frère de Dimebag Darrell et fondateur de Pantera et Hellyeah. Triste début de journée, une journée qui verra de nombreux artistes rendre hommage au batteur.

Je vais assister à la fin du show de Black Bomb Ä qui met le feu et donne le rythme de ce début de journée. Explosif et rugueux, le groupe sait parfaitement faire réagir le public qui offre moult circle pits.

Je ne connais pas Savage Messiah, mais du thrash old school made in the UK, ça me tente bien. Et je fais bien de m’intéresser à ce quatuor qui puise son inspiration chez les grands du genre. Une avancée de scène empêche les photographes de se placer à loisirs, mais le groupe n’hésite pas une seconde à investir les lieux afin d’être au plus près du public. Le capital sympathie additionné à l’efficacité musicale, et le tour est joué. Joff Bailey, le chanteur guitariste s’adresse un peu en français au public et ne tarde pas à rendre un bel hommage à Vinnie Paul, « une de (ses) plus grandes influences qui vient de mourir » avec le titre All seen eyes. Pourtant formé en 2007 et déjà auteur de 5 albums, Savage Messiah est un groupe à suivre de près. Une très belle découverte qui m’a fait une grosse impression!

Savage Messiah

Le temps d’une interview avec Malemort (que vous découvrirez bientôt), je retourne devant les Mains pour voir L7, une des dernières formations grunge venues de LA, au style post punk et déjà connue du Hellfest. Les filles – devant, à l’arrière, c’est un batteur – se donnent aussi sobrement qu’à fond, dans une bonne humeur communicative, surtout la bassiste, Jennifer Finch, pieds nus dans ses bas résilles. Très tôt dans le set, Donita Sparks interpelle le public, lui demandant sis c’est assez fort. « Non? Montez le son, c’est pas assez fort! C’est eux qui le disent, montez le son! » interpelle-t-elle les responsables de la console. Peu importe, ça danse sur scène et dans le public. Un set efficace et fun.

L7

Je passe rapidement sur Rise Of The North Star, groupe français qui se veut japonais, au hardcore rappé qui ne me parle pas du tout. S’il y a un vrai travail sur le visuel, musicalement, c’est pas ma came. Je m’abstient donc et laisse les amateurs en profiter.

Tremonti, en revanche, propose un set de rock raffiné et attendu. Le groupe de Mark Tremonti est attendu sur cette mainstage. Rappelez-vous, il y a deux ans, pour de sombres questions logistiques, Tremonti avait vu son set annulé sur la main stage et recalé ailleurs et plus tard. Cette fois, le rendez-vous est honoré et le quatuor présente son nouvel album, A dying machine, avec bonheur  et force sourires. Démarrant tranquillement, le set monte en puissance tout au long des 50 minutes allouées; un beau retour!

Tremonti

Venu cette fois en solo, Jonathan Davis, chanteur de Korn, se voit attribuer une place moins tardive que s’il jouait en tête d’affiche avec Korn. Son set est à son image, sobre et torturé. Pas de fioritures, ici, pas de place non plus pour autre chose  que son propre répertoire. Pas le set le plus marquant du festival, mais un moment sympathique et quelque peu intime.

Jonathan Davis

Bullet For My Valentine vient également présenter son dernier né que le public présent semble déjà parfaitement connaitre. Moi non, et franchement, le set proposé est haut en couleurs et attirant. Mais je ne parviens simplement pas à vibrer pour ce metal, au demeurant bien foutu…

Bullet For My Valentine

La dernière fois que Ice-T est venu à Clisson, la première fois, même!, la Warzone était tellement pleine que c’était la guerre rien que pour tenter de voir un pouce du set de Body Count. Nombre de médias avaient par la suite dit que ce set était digne d’une Main Stage, ce que l’orga du Hellfest a cette année visiblement pris en compte. Il y a du monde devant la Main 2, et une fois que Ice-T enfile ses gants, la gueule fermée qui donne l’air de vouloir en découdre, la folie reprend. Et quelle bonne idée d’entamer ce set avec le plus que fédérateur Raining blood de Slayer! Si une partie du discours reste le même, misogyne au possible (« vous avez remarqué qu’il pousse des vagins aux hommes? Je ne m’appelle plus Ice-T, je ne m’appelle plus Ice-Fuckin-T, je m’appelle maintenant Ice-T salope! »), il est également plus que critique vis-à-vis de Trump voire très lucide (« Je regarde parfois la télé et me demande ce que serait le monde sans un président comme Trump qui cherche à diriger la planète un tweet à la fois! »). Le thrash hard core fait son effet, le chanteur évoque ses souvenirs (« ce n’est pas la Warzone, mais pourtant, ça ressemble bien à une zine de guère ici! »), le public est ultra réactif, et séduit, aussi, lorsque le gros ours fait monter sur scène sa fille de deux ans, pas impressionnée pour un rond de tenir un micro, perchée sur les épaules d’un des musiciens. Deuxième venue au Hellfest, deuxième victoire par KO!

Body Count

Deftones, ça n’a jamais été mon truc. Le neo metal en général, d’ailleurs… N’empêche, chaque fois que j’ai eu l’occasion de les voir sur scène, j’ai été témoin d’une belle énergie communicative. Aujourd’hui n’échappe pas à la règle, bien que j’ai l’impression que Chino Moreno est habillé de la même manière. Doit bien se changer, parfois, non? Passons… Sous une apparente nonchalance, le gaillard donne de la voix à s’en exploser les cordes vocales, bien entrainé par ses compères, Stephen Carpenter (guitare) et Sergio Vega (basse), très dynamiques. Un set rageur et rugueux.

Deftones

 

Avenged Sevenfold

Je rate Limp Bizkit – que je m’étais pourtant promis d’aller voir – pour cause de… possibilité d’aller photographier la tête d’affiche du jour, Avenged Sevenfold. Et je fais bien d’attendre car ce type de proposition est suffisamment rare pour ne pas faire le bégueule. Juste avant le concert, un hommage est rendu à Vinnie Paul, les écrans demandant une minute de silence puis proposant un diaporama, quelques minutes durant avant que la place ne soit laissée à A7X. Quand bien même le dernier album, The stage, a su séduire beaucoup de monde, j’ai l’impression désagréable de voir jouer un groupe de boys band du metal. Cleans, propres, pas franchement souriants et changeant de tenues de scène très – trop – régulièrement, le set ne me convainc guère malgré de beaux artifices – flammes, mascotte à la Eddie qui apparait très tôt dans le set. En réalité, juste après une diatribe de M Shadows, le chanteur, se remémorant la première venue française du groupe en ouverture… d’Iron Maiden à Bercy où le groupe se fit royalement huer et siffler. Que de chemin parcouru depuis, certes, d’autant plus ici au Hellfest: si certains groupes reviennent régulièrement, c’est souvent à des positions similaires sur l’affiche. Avenged, lui, est sans doute le seul à être passé de milieu de journée à tête d’affiche sur une Main. Mais si une bonne partie du public est réceptive, pour moi, … y a pas photo: j’aime pas les Boys bands. Mais j’aime bien les feux d’artifices, et celui qui clot ce set est court mais sympathique.

Avenged Sevenfold

Même s’il font les choux gras des médias rock, je ne me laisse pas tenter par Parkway Drive, nouvelle sensation du moment qui débute, hommage à Vinnie Paul oblige, avec 15′ de retard; alors direction un peu de repos car demain, la journée s’annonce chargée et heavy comme j’aime: je dois être sur place dès les premiers concerts…