NIGHTWISH live à Paris Bercy (le 10 novembre 2018) – avec Beast In Black

La dernière fois que je suis allé voir Nightwish à Bercy, la salle était presque à moitié vide. Depuis, le groupe a changé de chanteuse, est parvenu à re-séduire son public et r- attirer les foules devant les scènes. Pour ce nouveau show, célébrant sa compilation Decades, les Finlandais rempliront-ils notre Bercy? LA réponse est « presque »: la fosse est blindée, les gradins se remplissent rapidement. Seule la partie haute reste vide. On peut donc estimer une affluence proche de 16.000 personnes, ce qui est plus qu’honorable.

Beast In Black, gros espoir du heavy finlandais, ouvre les hostilités. En guise d’intro, le groupe passe Night crawler de Judas Priest. Ce titre qui doit être celui annonçant son imminente arrivée sur scène est extrait de Painkiller et son refrain dit « Night crawler, beware of the beast in black ». Pas la peine de leur demander d’où leur a été inspiré leu nom du groupe. Ni à quel point Judas Priest est une influence. Pour preuve, les panneaux scéniques sur lesquels est écrit « The beast is back ». Ça vous rappelle quelque chose?

En tout cas, les 5 ont bien appris leurs leçons. Heavy metal et headbanging sont au programme, les poses qui vont de pair aussi. Ainsi que quelques surprises. Rien d’étonnant venant de l’ex-Battle Beast Anton Kabanen qui tient à prouver qu’il est loin d’être fini… Le chant haut perché de Yannis Papadopoulos fait des merveilles, tout autant que le metal ultra festif proposé. Le public, d’ailleurs, parait réceptif. Le chanteur s’exprime parfois en français, mais pas longtemps.

Beast In Black prend même le temps de proposer Ghost in the rain, une ballade pour laquelle Yannis demande au public d’allumer briquets et portables… Un moment romantique avant qu’il ne propose une autre chanson. « Peut être pas la plus heavy, ni la plus lente. Mais certainement la plus dingue que nous ayons écrite » annonce-t-il en intro de Crazy, mad, insane, titre plus dance floor qui voit les musiciens revêtir des lunettes noire à led. Immobiles et robotiques, on les croirait sortis de Kraftwerk meets Daft Punk.

Voilà une prestation qui ne laisse pas grand monde indifférent. Beast In Black aura sans doute marqué quelques points à Paris, ce soir. Yannis annonce d’ailleurs un retour l’an prochain, en tête d’affiche cette fois, et la sortie, en février de leur second album.

Sur l’écran géant qui trône en fond de scène, un message. Des images du passé. Un narrateur qui explique que, fut un temps, on regardait les concerts avec nos yeux. Apparaît un téléphone portable barré. En gros, « merci de les laisser dans vos poches… Profitez de ce que vous voyez et entendez ». « Etes-vous prêts à faire un voyage dans le temps? Alors préparez-vous » annonce la voix du narrateur. Nightwish nous invite à faire un voyage dans le temps et à dire « non » à l’esclavage numérique. Un compteur digital affiche 30 secondes. Puis le public compte à rebours, 5. 4. 3. 2. 1! Troy Donockley est seul sur scène avec sa flûte. Il sera présent tout au long de ce set, notamment à la seconde guitare. Une intro en douceur avant l’explosion.

Tout feu tout flamme… La pyro est impressionnante, cachant à peine l’arrivée de Floor Jansen – toujours vêtue comme une amazone, guerrière du metal, et du reste de la troupe. Dark chest of wonders ouvre les hostilités, et le public réagit comme un seul homme. Nightwish, ce soir, vient fêter 20 ans d’une carrière quasi exemplaire, déjà honorée avec cette double compilation Decades. Pourtant, contrairement à ce à quoi on pouvait s’attendre, cette compilation ne sera pas jouée dans son intégralité.

Chaque album, à l’exception de Dark passion plays est visité, Once particulièrement à l’honneur avec 4 extraits (Dark chest of wonders, Wish I had an angel, Nemo et le final Ghost love score qui clôt la soirée) ainsi que Oceanborn et Wishmaster qui voient chacun 3 extraits proposés. Nightwish nous offre ainsi certains de ses morceaux les plus emblématiques et forcément efficaces, exception faite, sans doute, de The carpenter qui laisse le public assez froid. Sans doute trop ancien et moins connu, ce titre offre toutefois un temps calme bienvenu.

Le groupe semble ici en forme. Floor Jansen est heureuse, souriante et dansante – particulièrement sur I want my tears back, très folk – sa complicité avec Marco Hietala semble évidente. Voire avec Tuomas Holopainen lorsque, sur la fin du set, elle va trinquer avec lui. Ce n’est pas un verre de vin rouge qu’il lui sert, mais 2. Et voilà qu’on discute un ballon à la main, comme si on était au bar du coin… Complicité mise en scène et téléphonée qui se passe au fond…

Pourtant, malgré les apparences de cette formation pro jusqu’au bout des ongles, je me demande jusqu’à quel point Nightwish est encore un groupe. Car, malgré l’excellence du spectacle – la pyro, le son, les animations et les effets sont simplement irréprochables – les musiciens semblent souvent en mode « automatique ». Malheureusement, aussi, sans doute est-ce lié à la saison, la voix de Floor semble s’affaiblir au gré des minutes qui passent. Espérons qu’il ne s’agissent que d’une faiblesse passagère tant la chanteuse est sympathique, toujours souriante et enjouée.

Au final, malgré l’ambiance et les confetti, c’est un bon concert que nous ont ce soir offert les Finlandais. Bon, mais pas, à mes yeux, excellent. Des musiciens pas aussi naturels et spontanés qu’on aurait pu le souhaiter malgré une setlist impeccable et une mise en scène irréprochable. Et puis, à titre personnel, je regrette que Nightwish n’ai pas proposé plus que 2 d’extraits de Endless forms most beautiful

ELYOSE: Reconnexion

Metal, France (Autoproduction, 2018) – sortie le 27 septembre 2018

Pour son troisième album (après Théogyne en 2012 et Ipso facto en 2015), les Parisiens de Elyose profitent d’un troisième album, Reconnexion, pour repenser leur approche musicale et offrir un son à la fois plus brut et direct et des mélodies pensées pour faire mouche. Elyose ne se contente en effet pas de chercher un style qui lui soit propre mais explore divers horizons, du metal symphonique aux intonations death metal, ou encore, à l’opposé, en visant la pop énergique. On reconnaîtra, naturellement l’influence d’Evanescence (le refrain de De tout là-haut semble plus qu’inspiré par un certain Wake me up inside…) ou d’Epica dont le guitariste chanteur Mark Jansen partage le chant sur le très énergique – et chanté en anglais – Psychosis. Les invités sont nombreux, d’ailleurs, puisque figurent rien moins que Raf Pener (T.A.N.K) sur Asyme’trie (qui me semble s’engager sur le terrain de la Syrie – dommage que les paroles ne soit pas plus compréhensibles, une des faiblesses de cet album…), Aurel sur Mes 100 ciels – premier single – ou encore Flo Lemonnier sur Les mots qui me viennent. Varié, enjoué, ce troisième album d’Elyose pourrait faire ressortir le groupe du lot des nombreux challengers, en tout cas, le placer dans le peloton de tête.

Michael ROMEO: War of the worlds PT.1

Metal symphonique, USA (Mascot, 2018)

Le guitariste de Symphony X, quand il n’enregistre ou ne tourne pas avec son groupe – absent depuis quelques temps déjà – se fait des petits plaisirs. Généreusement, il les partage avec nous, et c’est fort bien ainsi! Car ce War of the worlds – pt.1 est une opetite merveille de mélodie et d’efficacité. Bien sûr, on retrouve les clichés cher au metal symphonique, et Michael Romeo ne se renie en rien. Au contraire, il explore des univers très cinématographiques au travers de ces 10 morceaux, rendant un hommage à peine voilé aux géants de l’illustration sonore du cinéma tels John Williams. Rien de surprenant ici, le titre de l’album étant piqué à La guerre des mondes, roman de SF de HG Wells, qui est un terrain parfaitement adapté aux délires musicaux de Romeo. Fear the unknown, F*cking robots, War machine, Oblivion, s’ils évoquent aussi la dextérité d’un Malmsteen ou rappelle le… Symphony X du début du siècle, se révèlent d’une puissance et d’un envoûtement imparables. Jamais trop brutal malgré la rapidité d’exécution, ce disque est la perle de ce début d’été. Reste que ce disque s’intitule « pt. 1 », et cela laisse sous entendre une suite prochaine. Pourvu que ce soit plus rapidement!

MELTED SPACE: Darkening light

Metal symphonique, France (Sensory, 2018)

Il est vraiment épatant, ce Pierre LePape, jamais il ne lâche l’affaire. Son Melted Space revient aujourd’hui avec un 4ème album à l’ambition intacte, celle de produire un opera rock de haute, très haute volée. Comme à son habitude, Pierre s’est entouré d’une équipe tant de fidèles (Adrian Martinot, Brice Guillon, Mike Saccoman, Guillaume Bideau, Manuel Munoz, Ailyn Gimenez Garcia,Clémentine Delaunay et d’autres) que de nouveau venus parmi lesquels on remarque Jeff Scott Soto ou Black Messiah, sans oublier Pierre LePape him self qui, ici, s’invite pour la première fois au chant en interprétant le rôle pas pompeux pour un rond de l’Espace. On n’est plus étonné des arrangements et de l’orchestration de l’ensemble qui, bien que complexe, se révèle rapidement fascinant. Difficile de tout digérer en une seule fois, de reconnaître, repérer qui fait, qui chante quoi sans s’aider du livret. C’est ce type d’album qui nécessite une immersion, un disque qui exige de l’attention et du temps, et qui, une fois ce temps accordé, se transforme en un plaisir à partager. Un projet ambitieux, certes, et, au final, un projet réussi et fascinant.

 

ONIRIK ILLUSION: The 13th hour

Metal symphonique, France (Autoproduction, 2017)

Belle jaquette, beau livret, un groupe paritaire (3 hommes et 3 femmes le composent) qui travaille son image autant que sa musique. Ça commence plutôt bien. Après un prélude nous entraînant dans cette rue qu’illustre la pochette, Onirik Illusion, formé en 2006, entre dans le vif du sujet: The 13th hour est un condensé de metal symphonique qui évoque – naturellement – Nightwish, Evanscence, Lacuna Coil ou Within Temptation, avec ses grosses guitares, son chant lyrique qui rencontre la rage de growls, auxquels le groupe ajoute la mélancolie des violons et la douceur des marteaux du piano ou les bruitages d’ambiance. On retrouve aussi des traces des premières amours des fondateurs, Theater of Tragedy pour ne citer que les plus connues. Mais… Malgré le vrai et remarquable travail de composition, ce The 13th hour arrive peut être au mauvais moment, car, sans être dépassé, le genre n’est plus tout à fait d’actualité. Reste que cet album, sans révolutionner le genre, est plus qu’agréable et se laisse aisément écouter et place Onirik Illusion dans le peloton de tête des formations hexagonales du genre, et rien que pour ça, il mérite notre attention.

EDENBRIDGE: The great momentum

edenbridge 2017Metal symphonique, Autriche (Steamhammer/SPV, 2017)

Edenbridge revient avec un neuvième album studio. The great momentum est en réalité un album dédoublé puisqu’il est présenté sous deux formats : en versions électrique et instrumentale. 9 morceaux qui démarrent avec un Shiantara (sans doute la chanson la plus immédiatement mémorisable de tout le disque) introduit à la batterie aquatique et aux guitares tranchantes. La voix de Sabine Edelsbacher, cristalline et sensible, apporte toujours les accents pop  aux ambiances travaillées comme des BO de James Bond ou autre films d’action. On pense naturellement à la construction de Live and let die, mais pas que. La construction des chanson est souvent complexe, alternant entre une certaine furie des guitares au grain saturé de Dominik Sebastian et Arne Stockhammer et les paysages dessinés aux claviers par ce dernier. Et lorsque l’on sort de ces ambiances cinématographiques, on se retrouve ici plongé dans des paysages ensoleillés et là projetés dans l’espace, voire en orient (les accents prononcés de Return to grace). Deux chansons ralentissent nettement le tempo, In the end of time, tout d’abord avec son duo vocal sur lequel Sabine chante avec Erik Martensson, un air au piano qui monte en puissance, et A whiff of life, basé sur le même modèle voix/claviers. Seulement, si la production est claire, limpide, l’ensemble parfaitement réfléchi et interprété est trop propre. Le chant est sage, et manque d’une certaine singularité. Sabine est appliquée et semble éviter un petit grain de folie… C’est dommage car, bien que The great momentum soit bien fait, et survolé de l’esprit de 007 meets Nightwish, il reste trop traditionnel. Maintenant, le piège réside aussi sur le second CD qui n’est autre que la version instrumentale de l’album. Sans le chant, donc, ce qui approte uine réelle dimension cinématographique au disque. De là à dire que Edenbridge pourrait envisager un nouvel avenir, il y a un pas que je ne franchirais pas. Mais la démarche est pour le moins surprenante et le résultat agréable et intéressant.

Note: 7,5/10

BEYOND THE BLACK: Lost in forever – Tour edition

BEYOND-THE-BLACK_Lost-In-ForeverPower Symphonique, Allemagne (UDR, 2016)

Formé en Allemagne en 2014, Beyond The Black a déjà publié un album – Songs of love and death, en 2015 – avant ce Lost in forever, originellement paru sur AirForce1 Records il y a tout juste un an. Aujourd’hui, le sextet nous offre une réédition doté d’une nouvelle pochette et de 4 titres bonus. C’est l’occasion de découvrir ce qui, sans l’ombre d’un doute et si le destin le veut bien, l’un des futurs grands de la scène metal symphonique. Car tout est là, des compositions percutantes au mélodies irréprochables à la production riche et lumineuse. Beyond The Black propose un album varié, riche de mélodies immédiatement mémorisables sur des tempi variés (Lost in forever, Dies irae, Beautiful lies…) et alterne les plaisirs. Entre puissance pure et simple ballade pour guitare et voix (Love’s a burden). Les quatre titres bonus sont un peu moins intéressants, plus pop que metal, sauf qui mélange les voix masculine, féminines, des growls et des chœurs, pour conclure cet album sur un esprit épique. Mais Beyond The Black ne lasse pas. Si l’ombre de Nightwish, Epica ou Within Temptation plane un peu partout (dont Heaven in hell) il semble que White Lion soit aussi présent (Against the world). Beyond The Black offre de belles mélodies, attirantes et taillées pour séduire, un album ambitieux à l’efficacité indéniable. Lost in forever une véritable machine à hits. Imparable.

Note: 8,5/10

Live report: EPICA au Zénith Paris la Villette (le 4 février 2017) – avec Powerwolf et Beyond The Black

Epica sold out

Lors de notre entrevue, Mark Jansen et Simone Simons expliquaient qu’Epica travaillait sur le prototype d’un nouveau type d’éclairages pour la tournée The holographic principle. Depuis quelques temps, la technologie holographique est mise en avant et, au lendemain de ce concert, un candidat à la présidentielle se dédouble pour envoyer son égo holographique à un endroit où il ne se trouve pas. Alors, cette nouvelle technologie promise par Epica est elle basée sur l’utilisation d’hologrammes qui permettraient aux musiciens de se projeter dans la salle ? Patience

Pour le savoir, il faut que le public du Zénith, complet ce soir – une première pour un show des Hollandais jusque là habitués à des Elysée Montmartre et Bataclan, même si ce Zénith est en petite configuration – suivent les prestation des nouveaux Beyond The Black et de Powerwolf, très attendu.

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

Beyond The Black a donc pour mission de chauffer la salle, une demi heure durant. Bénéficiant de bonnes, d’excellentes conditions (les lumières sont généreuses et le son bien meilleur que pour nombre de premières parties) le sextet allemand signé par Universal et UDR propose un heavy symphonique assez efficace bien que classique. Et si l’envie est là, BTB a encore besoin de s’affirmer scéniquement. Sans doute la demi heure impartie est elle trop courte pour permettre au public de totalement apprécier la musique de Beyond The Black qui ne propose que 5 chansons. La chanteuse Jennifer Haben a beau sourire et posséder une belle voix, les cordistes (comprenez guitaristes et bassistes) afficher une belle complicité, bien que le groupe soit carré et bien en place, il manque cette petite étincelle qui ferait succomber le public. Pourtant, musicalement, le groupe en impose. Si l’ombre de Nightwish plane, la formation s’en distingue en apposant sa propre touche (l’album sera prochainement chroniqué) et pourrait devenir un futur grand du metal symphonique. Mais ce soir, malheureusement, avec ce qui arrive juste derrière…

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

 

POWERWOLF

POWERWOLF

Changement de plateau rapide, les techniciens font monter un rideau noir flanqué des lettres PW- pour Powerwolf. Derrière, on aperçoit un joli décor médiéval. Je n’ai jamais vu Powerwolf sur scène. Pire: je n’ai jamais écouté sa musique non plus. Je n’ai que vu des photos et lu des reports souvent enthousiastes. C’est donc une grande première. Dans le pit photo, la sécu demande aux photographes de ne pas s’approcher car il va y avoir des flammes. Inquiets, les gars? C’est prometteur. Et vlan!, le groupe monte sur scène sous le feu des flammes.

POWERWOLF

POWERWOLF

Pendant une heure et quart, les Allemands nous offrent une prestation tout simplement exemplaire. Parfaitement en place, chacun des musiciens connait son rôle et sait comment aller chercher ce public qui lui mange littéralement dans la main. Attila Dorn possède une voix puissante et lyrique et fait preuve d’un charisme sans pareil. S’adressant au public dans un français qu’il estime ne pas être bon, il fait tout pour que la température et les décibels augmentent. « Nous avons besoin d’une armée de heavy metal! Serez vous notre armée de Heavy metal? » annonce Army of the night, « Nous sommes ici car nous sommes possédés par le heavy metal! Etes-vous possédés par le Heavy metal?« . Très communicatif, il n’hésite jamais à faire participer le public et manie l’humour avec brio: « Je chante et vous répétez… Non, tu n’as pas compris: d’abord je chante, ensuite vous répétez!« . Falk Maria Schlegel, dont deux claviers entourent le set de batterie, descend dès qu’il le peut haranguer la foule, l’exciter.

POWERWOLF

POWERWOLF

Avec Attila, ils prennent quelques minutes pour faire chanter la foule divisée en deux, sur des « Ouh! Ah! » explosifs. Puis viennent les remerciements à l’équipe pour la scène et les éclairages et le chanteur annonce enfin que « nous sommes Powerwood… What, Powerwood? Powerwolf » et explose de rire. Setlist impeccable, mise en son et en lumière splendides, scénographie et attitude irréprochables… Powerwolf a ce soir donné le concert parfait et a recueilli nombre de nouveaux fans. Vivement le Hellfest!

POWERWOLF

POWERWOLF

Après une telle prestation, le pari est difficile pour Epica. On est à deux doigts d’une vedette volée de manière magistrale. Le décor est installé – des pyramides transparentes, backdrops et autres spots composés non pas de leds mais d’une multitude de bulles permettant de jouer sur l’orientation et la puissance des faisceaux. De nouveau, les photographes sont maintenus à l’écart de la scène et pour cause: les lumières éteintes, Epica débarque sur scène sous des explosions et jets de flammes. Pour sa première dans une salle de cette taille à Paris , la formation batave semble avoir mis les petits plats dans les grands.

EPICA

EPICA

The holographic principle, son dernier album, est particulièrement bien représenté avec 8 extraits (sur les 12 que comporte l’album), soit plus de la moitié du concert (bon, ok, si l’on excepte Eidola, l’intro, tout juste la moitié du show…), ce qui indique le niveau de confiance des 6 musiciens. Très vite on remarque que Coen Janssen s’amuse avec ses claviers, le kit installé sur des roulettes lui permettant de se déplacer de chaque côté de la batterie et de s’exposer à l’ensemble du public. Les guitaristes, Mark Jansen et Isaac Delahaye, sont en forme, souriants et… Simone Simons semble avoir quelque problèmes avec son retour interne. Et malheureusement, on constate que le son, s’il est puissant sans être trop fort, n’avantage pas le chant. Mal mixé, les voix de Simone, principalement, et de Mark ne sont pas assez en avant, quelque peu étouffées par les claviers et la basse… De plus, le chant de Simone est particulièrement aigu ce soir, ce qui n’est pas des plus agréables sur la longueur…

EPICA

EPICA

Et surtout, si les bretteurs s’amusent – Mark s’adressant régulièrement au public avec des « Vous en voulez plus? Nous sommes tous ici pour la liberté et le métal! » – il n’y a guère de folie dans ces crinières qui s’agitent en cadence, un mouvement trop conventionnel, calculé et qui manque de vie. Simone glisse sur scène dans des gestes eux aussi précis, trop précis… Heureusement, les lumières sont belles – jolis effets lasers au travers des pyramides – et la pyrotechnie irréprochable. Les flammes mobiles, les explosions d’artifices et de fumigènes, tout y est. Ce n’est cependant pas suffisant pour faire de ce concert un moment vraiment spécial, malgré la séquence émotion lorsque la chanteuse annonce vouloir porter un toast, une bouteille d’eau à la main: « depuis nos tous débuts, la France a toujours soutenu Epica. Je veux vous remercier pour cela!« . Tous quittent ensuite la scène, laissant le public éclairer la salle en brandissant portables et allumant briquets avant un solo de Coen muni de son clavier en arc de cercle. Solo qui se termine par les premières notes de notre hymne; il n’en fallait pas moins pour que le public chante une Marseillaise toujours aussi émouvante en ces conditions. Une bonne prestation mais pas exceptionnelle. Et un Powerwolf qui, sans conteste fut le roi de la soirée, et la découverte pour bon nombre de spectateurs.

EPICA

EPICA

 

TARJA live au Casino de Paris (le 9 novembre 2016)

tarja-paris-2016

Deux jours après avoir redécouvert cette belle salle qu’est le Casino de Paris – et pour un style à l’opposé de celui de Tarja (cf le report d’Amon Amarth), de nouvelles surprises attendent le public. Il avait été annoncé que les portes ouvraient à 18h30 pour un début de concert à 20h00. Qui ouvre? Aucune idée, mais je ne me suis pas particulièrement renseigné non plus. C’est donc, tranquillement, que j’arrive à la salle un peu après 19h00 pour découvrir le public dehors devant les rideaux toujours baissés. Ben… à quelle heure ils ouvrent? ers 19h30, le rideau se lève enfin, et, place en main, je me rends, avec les amis photographes vers les portes où un ouvreur nous demande d’attendre. Ce soir, le concert est assis, et placé. Pas complet, d’ailleurs. On nous rappelle gentiment que « les ouvreurs ne sont payés qu’au pourboire », phrase qu’on entendra plus que régulièrement. Mais quid pour les photos que nous devons faire? Depuis les sièges, éventuellement dans les allées mais sans gêner le public. OK, on se débrouillera. La sensation d’un concert de rock assis est étrange, d’autant avec un public bigarré – du couple sexagénaire de cadres au metalleux de base, tatoué, veste à patches et bière à la main, c’est un univers de contraste.

The Shiver

The Shiver

20h00, les lumières s’éteignent, des sons électroniques envahissent la salle. Un intro étrange qui cède la place à un groupe de rock qui est direct et énergique. The Shiver est un quatuor italien (semble-t-il) menée par Faith, chanteuse, occasionnelle guitariste et claviériste. Le groupe bénéficie de lights généreux et d’un son équilibré, et séduit rapidement le public. Le set d’une demi heure se termine comme il avait commencé, avec des sonorités électro, avant que les musiciens ne viennent saluer le public en lançant quelques T-shirts, baguettes et médiators. Sympa, d’autant que ce soir, sans explication, il n’y a aucun stand de merchandising.

SinHeresy

SinHeresy

Quinze minutes plus tard, la scène changée, floquée de chaque côté du logo du groupe, SinHeresy déboule. Etonnant de voir deux chanteurs littéralement opposés en tout sauf vocalement: une chanteuse, Cecillia Petrini, tout en finesse et un chanteur, Stefano Sain, une boule énorme. La surprise du clash physique passée, c’est la musique qui parle. Le groupe italien (encore? Oui) propose un heavy metal symphonique qui met largement en avant les voix puissantes et complémentaires de ses deux chanteurs, . Les autres musiciens occupent parfaitement un devant de scène en changeant de place, offrant des duos, présentant, tous, une belle complicité. Cecillia s’adresse au public avec quelques mots de français mais fait surtout souvent part de sa joie et s’enthousiasme facilement, comme après ce titre acoustique (aucune idée de la setlist, pardon) quand elle lance un « I’m happy! » le sourire jusqu’au oreilles. Sinheresy constitue ce soir une belle découverte qui donne envie d’en connaitre plus sur ce groupe prometteur. A suivre, donc.

TARJA

TARJA

Le public, toujours assis, accueille la maîtresse de cérémonie, qui, toute de noir vêtue, arrive après ses musiciens et ouvre son concert avec No bitter end. Comme à son habitude, Tarja sait, par sa gestuelle et l’expression de son regard, faire comprendre très rapidement au public à quelle point elle est touchée, heureuse d’être là, émue. Et le public lui donne raison, même s’il reste poliment assis! Il y a un peu de changement, toutefois à noter, principalement dans la disposition scénique puisque Max Lilja, le violoncelliste est désormais placé au centre de la scène, sans siège ce qui le rend plus mobile et visible. L’espace qu’il occupait précédement est quand à lui occupé par la claviériste Ckristian Kretshmarr. Tous deux, ainsi que l’inusable Alex Scholpp à la guitare, sont les plus fidèles lieutenants de Tarja. Car, oui, l’immense batteur Mike Terrana a quitté le navire et le bassiste est également nouveau. Huit titres extraits de son dernier album, The shadowself, sont proposés ce soir, c’est dire la confiance qu’a la belle en ce dernier album (No bitter end, Demons in you, The living end, Calling from the wild, Love to hate, Undertaker, Too many et Innocence), faisant la part belle au précédent opus également (500 letters, Lucid dreamer, Victim of ritual et d’autres sous forme de medley). Soit 11 titres plus deux medleys – dont un composé de 4 titres de Nightwish –  sur un total de

15 chansons interprétées. Reste 2 morceaux de ses autres albums. La mise en lumières est parfaite, le son, excellent sans être trop fort – agréable d’assister à un concert sans bouchons d’oreilles parfois… – et la complicité avec le public forte. Tarja aime lui parler, expliquer, comme pour introduire Calling from the wild, une chanson « pour notre

TARJA

TARJA

mère nature qui ne va pas bien. Je peux faire quelque chose pour l’aider, nous pouvons tous faire quelque chose pour l’aider ». Calling… se termine par un long final instrumental, brutal qui permet à la chanteuse d’aller se changer une première fois. Elle conserve son rythme de 3 tenues par concert, et ce soir (trois tenues sombres), en robe, parviendra, en sautant sur Victim of ritual, à casser un talon pour finir pieds nus. Le temps d’installer le set acoustique, Tarja remercie Paris de l’accueillir depuis 20 ans. Puis, après Too many, les musiciens quittent la scène l’un après l’autre avant de revenir l’espace d’un rappel de trois chansons qui, enfin, voit se lever le public. L’ambiance devient, enfin, celle d’un vrai concert de rock. Une nouvelle fois, Tarja a offert un beau concert, chaleureux et réussi.

DAVID SLAME: Still unbroken

slame-2016Metal symphonique, France (Autoproduction, 2016)

Il y a 4 ans, en 2012, je découvrais le premier album prometteur d’un jeune compositeur français, David Slame. Afterlife, ledit album, laissait entrevoir de jolies espérances malgré quelques écueils inhérents à toute première production, d’autant plus lorsqu’un artiste décide de prendre entre ses propres mains son destin. Il lui aura donc fallu un quinquennat (et pas de commentaires sur la qualité de ce dernier, svp) pour venir à bout de ce Still unbroken. Si l’on retrouve les grandes inspirations symphoniques, de grandes et ambitieuses orchestrations, un véritable amour du Metal sous toutes ses coutures, si David confirme maîtriser tant la langue anglaise que son sujet musical, on retrouve également, malheureusement, les mêmes faiblesses. A savoir un chant qui, parfois, frôle la justesse, mais surtout qui en fait des tonnes. Ou est donc passée la simplicité? Celle qui fait qu’aller droit au but, sans détour, rend un ensemble percutant et efficace? Still unbroken commence fort, pourtant: les trois premières chansons sont presque brillantes, aménagées pour accueillir ce metal symphonique exigeant, avec ce chant qui, par instant, évoque Freddie Mercury, ces ambiances particulières. Mais voilà, la suite sombre ici dans l’imitation, là dans l’approximation, et je me prend à me poser la question de savoir où le gaillard cherche à aller. Je ne sais pas si ce multi instrumentiste travaille seul, mais une chose me semble évidente, un regard, que dis-je? une oreille extérieure serait ici bienvenue pour avancer d’un grand pas. Pourtant, David s’est adjoint les services non négligeables de Terje Refsnes, mentionné pour l’enregistrement, le mix et les arrangements. Pas la prod. A-t-il eu son avis à donner ou fut-il un simple exécutant? Aujourd’hui, David semble empêtré au milieu de cette foultitude de talents prometteurs dont on ne sait comment ils peuvent exploser au grand jour.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Make my day