ONIRIK ILLUSION: The 13th hour

Metal symphonique, France (Autoproduction, 2017)

Belle jaquette, beau livret, un groupe paritaire (3 hommes et 3 femmes le composent) qui travaille son image autant que sa musique. Ça commence plutôt bien. Après un prélude nous entraînant dans cette rue qu’illustre la pochette, Onirik Illusion, formé en 2006, entre dans le vif du sujet: The 13th hour est un condensé de metal symphonique qui évoque – naturellement – Nightwish, Evanscence, Lacuna Coil ou Within Temptation, avec ses grosses guitares, son chant lyrique qui rencontre la rage de growls, auxquels le groupe ajoute la mélancolie des violons et la douceur des marteaux du piano ou les bruitages d’ambiance. On retrouve aussi des traces des premières amours des fondateurs, Theater of Tragedy pour ne citer que les plus connues. Mais… Malgré le vrai et remarquable travail de composition, ce The 13th hour arrive peut être au mauvais moment, car, sans être dépassé, le genre n’est plus tout à fait d’actualité. Reste que cet album, sans révolutionner le genre, est plus qu’agréable et se laisse aisément écouter et place Onirik Illusion dans le peloton de tête des formations hexagonales du genre, et rien que pour ça, il mérite notre attention.

EDENBRIDGE: The great momentum

edenbridge 2017Metal symphonique, Autriche (Steamhammer/SPV, 2017)

Edenbridge revient avec un neuvième album studio. The great momentum est en réalité un album dédoublé puisqu’il est présenté sous deux formats : en versions électrique et instrumentale. 9 morceaux qui démarrent avec un Shiantara (sans doute la chanson la plus immédiatement mémorisable de tout le disque) introduit à la batterie aquatique et aux guitares tranchantes. La voix de Sabine Edelsbacher, cristalline et sensible, apporte toujours les accents pop  aux ambiances travaillées comme des BO de James Bond ou autre films d’action. On pense naturellement à la construction de Live and let die, mais pas que. La construction des chanson est souvent complexe, alternant entre une certaine furie des guitares au grain saturé de Dominik Sebastian et Arne Stockhammer et les paysages dessinés aux claviers par ce dernier. Et lorsque l’on sort de ces ambiances cinématographiques, on se retrouve ici plongé dans des paysages ensoleillés et là projetés dans l’espace, voire en orient (les accents prononcés de Return to grace). Deux chansons ralentissent nettement le tempo, In the end of time, tout d’abord avec son duo vocal sur lequel Sabine chante avec Erik Martensson, un air au piano qui monte en puissance, et A whiff of life, basé sur le même modèle voix/claviers. Seulement, si la production est claire, limpide, l’ensemble parfaitement réfléchi et interprété est trop propre. Le chant est sage, et manque d’une certaine singularité. Sabine est appliquée et semble éviter un petit grain de folie… C’est dommage car, bien que The great momentum soit bien fait, et survolé de l’esprit de 007 meets Nightwish, il reste trop traditionnel. Maintenant, le piège réside aussi sur le second CD qui n’est autre que la version instrumentale de l’album. Sans le chant, donc, ce qui approte uine réelle dimension cinématographique au disque. De là à dire que Edenbridge pourrait envisager un nouvel avenir, il y a un pas que je ne franchirais pas. Mais la démarche est pour le moins surprenante et le résultat agréable et intéressant.

Note: 7,5/10

BEYOND THE BLACK: Lost in forever – Tour edition

BEYOND-THE-BLACK_Lost-In-ForeverPower Symphonique, Allemagne (UDR, 2016)

Formé en Allemagne en 2014, Beyond The Black a déjà publié un album – Songs of love and death, en 2015 – avant ce Lost in forever, originellement paru sur AirForce1 Records il y a tout juste un an. Aujourd’hui, le sextet nous offre une réédition doté d’une nouvelle pochette et de 4 titres bonus. C’est l’occasion de découvrir ce qui, sans l’ombre d’un doute et si le destin le veut bien, l’un des futurs grands de la scène metal symphonique. Car tout est là, des compositions percutantes au mélodies irréprochables à la production riche et lumineuse. Beyond The Black propose un album varié, riche de mélodies immédiatement mémorisables sur des tempi variés (Lost in forever, Dies irae, Beautiful lies…) et alterne les plaisirs. Entre puissance pure et simple ballade pour guitare et voix (Love’s a burden). Les quatre titres bonus sont un peu moins intéressants, plus pop que metal, sauf qui mélange les voix masculine, féminines, des growls et des chœurs, pour conclure cet album sur un esprit épique. Mais Beyond The Black ne lasse pas. Si l’ombre de Nightwish, Epica ou Within Temptation plane un peu partout (dont Heaven in hell) il semble que White Lion soit aussi présent (Against the world). Beyond The Black offre de belles mélodies, attirantes et taillées pour séduire, un album ambitieux à l’efficacité indéniable. Lost in forever une véritable machine à hits. Imparable.

Note: 8,5/10

Live report: EPICA au Zénith Paris la Villette (le 4 février 2017) – avec Powerwolf et Beyond The Black

Epica sold out

Lors de notre entrevue, Mark Jansen et Simone Simons expliquaient qu’Epica travaillait sur le prototype d’un nouveau type d’éclairages pour la tournée The holographic principle. Depuis quelques temps, la technologie holographique est mise en avant et, au lendemain de ce concert, un candidat à la présidentielle se dédouble pour envoyer son égo holographique à un endroit où il ne se trouve pas. Alors, cette nouvelle technologie promise par Epica est elle basée sur l’utilisation d’hologrammes qui permettraient aux musiciens de se projeter dans la salle ? Patience

Pour le savoir, il faut que le public du Zénith, complet ce soir – une première pour un show des Hollandais jusque là habitués à des Elysée Montmartre et Bataclan, même si ce Zénith est en petite configuration – suivent les prestation des nouveaux Beyond The Black et de Powerwolf, très attendu.

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

Beyond The Black a donc pour mission de chauffer la salle, une demi heure durant. Bénéficiant de bonnes, d’excellentes conditions (les lumières sont généreuses et le son bien meilleur que pour nombre de premières parties) le sextet allemand signé par Universal et UDR propose un heavy symphonique assez efficace bien que classique. Et si l’envie est là, BTB a encore besoin de s’affirmer scéniquement. Sans doute la demi heure impartie est elle trop courte pour permettre au public de totalement apprécier la musique de Beyond The Black qui ne propose que 5 chansons. La chanteuse Jennifer Haben a beau sourire et posséder une belle voix, les cordistes (comprenez guitaristes et bassistes) afficher une belle complicité, bien que le groupe soit carré et bien en place, il manque cette petite étincelle qui ferait succomber le public. Pourtant, musicalement, le groupe en impose. Si l’ombre de Nightwish plane, la formation s’en distingue en apposant sa propre touche (l’album sera prochainement chroniqué) et pourrait devenir un futur grand du metal symphonique. Mais ce soir, malheureusement, avec ce qui arrive juste derrière…

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

 

POWERWOLF

POWERWOLF

Changement de plateau rapide, les techniciens font monter un rideau noir flanqué des lettres PW- pour Powerwolf. Derrière, on aperçoit un joli décor médiéval. Je n’ai jamais vu Powerwolf sur scène. Pire: je n’ai jamais écouté sa musique non plus. Je n’ai que vu des photos et lu des reports souvent enthousiastes. C’est donc une grande première. Dans le pit photo, la sécu demande aux photographes de ne pas s’approcher car il va y avoir des flammes. Inquiets, les gars? C’est prometteur. Et vlan!, le groupe monte sur scène sous le feu des flammes.

POWERWOLF

POWERWOLF

Pendant une heure et quart, les Allemands nous offrent une prestation tout simplement exemplaire. Parfaitement en place, chacun des musiciens connait son rôle et sait comment aller chercher ce public qui lui mange littéralement dans la main. Attila Dorn possède une voix puissante et lyrique et fait preuve d’un charisme sans pareil. S’adressant au public dans un français qu’il estime ne pas être bon, il fait tout pour que la température et les décibels augmentent. « Nous avons besoin d’une armée de heavy metal! Serez vous notre armée de Heavy metal? » annonce Army of the night, « Nous sommes ici car nous sommes possédés par le heavy metal! Etes-vous possédés par le Heavy metal?« . Très communicatif, il n’hésite jamais à faire participer le public et manie l’humour avec brio: « Je chante et vous répétez… Non, tu n’as pas compris: d’abord je chante, ensuite vous répétez!« . Falk Maria Schlegel, dont deux claviers entourent le set de batterie, descend dès qu’il le peut haranguer la foule, l’exciter.

POWERWOLF

POWERWOLF

Avec Attila, ils prennent quelques minutes pour faire chanter la foule divisée en deux, sur des « Ouh! Ah! » explosifs. Puis viennent les remerciements à l’équipe pour la scène et les éclairages et le chanteur annonce enfin que « nous sommes Powerwood… What, Powerwood? Powerwolf » et explose de rire. Setlist impeccable, mise en son et en lumière splendides, scénographie et attitude irréprochables… Powerwolf a ce soir donné le concert parfait et a recueilli nombre de nouveaux fans. Vivement le Hellfest!

POWERWOLF

POWERWOLF

Après une telle prestation, le pari est difficile pour Epica. On est à deux doigts d’une vedette volée de manière magistrale. Le décor est installé – des pyramides transparentes, backdrops et autres spots composés non pas de leds mais d’une multitude de bulles permettant de jouer sur l’orientation et la puissance des faisceaux. De nouveau, les photographes sont maintenus à l’écart de la scène et pour cause: les lumières éteintes, Epica débarque sur scène sous des explosions et jets de flammes. Pour sa première dans une salle de cette taille à Paris , la formation batave semble avoir mis les petits plats dans les grands.

EPICA

EPICA

The holographic principle, son dernier album, est particulièrement bien représenté avec 8 extraits (sur les 12 que comporte l’album), soit plus de la moitié du concert (bon, ok, si l’on excepte Eidola, l’intro, tout juste la moitié du show…), ce qui indique le niveau de confiance des 6 musiciens. Très vite on remarque que Coen Janssen s’amuse avec ses claviers, le kit installé sur des roulettes lui permettant de se déplacer de chaque côté de la batterie et de s’exposer à l’ensemble du public. Les guitaristes, Mark Jansen et Isaac Delahaye, sont en forme, souriants et… Simone Simons semble avoir quelque problèmes avec son retour interne. Et malheureusement, on constate que le son, s’il est puissant sans être trop fort, n’avantage pas le chant. Mal mixé, les voix de Simone, principalement, et de Mark ne sont pas assez en avant, quelque peu étouffées par les claviers et la basse… De plus, le chant de Simone est particulièrement aigu ce soir, ce qui n’est pas des plus agréables sur la longueur…

EPICA

EPICA

Et surtout, si les bretteurs s’amusent – Mark s’adressant régulièrement au public avec des « Vous en voulez plus? Nous sommes tous ici pour la liberté et le métal! » – il n’y a guère de folie dans ces crinières qui s’agitent en cadence, un mouvement trop conventionnel, calculé et qui manque de vie. Simone glisse sur scène dans des gestes eux aussi précis, trop précis… Heureusement, les lumières sont belles – jolis effets lasers au travers des pyramides – et la pyrotechnie irréprochable. Les flammes mobiles, les explosions d’artifices et de fumigènes, tout y est. Ce n’est cependant pas suffisant pour faire de ce concert un moment vraiment spécial, malgré la séquence émotion lorsque la chanteuse annonce vouloir porter un toast, une bouteille d’eau à la main: « depuis nos tous débuts, la France a toujours soutenu Epica. Je veux vous remercier pour cela!« . Tous quittent ensuite la scène, laissant le public éclairer la salle en brandissant portables et allumant briquets avant un solo de Coen muni de son clavier en arc de cercle. Solo qui se termine par les premières notes de notre hymne; il n’en fallait pas moins pour que le public chante une Marseillaise toujours aussi émouvante en ces conditions. Une bonne prestation mais pas exceptionnelle. Et un Powerwolf qui, sans conteste fut le roi de la soirée, et la découverte pour bon nombre de spectateurs.

EPICA

EPICA

 

TARJA live au Casino de Paris (le 9 novembre 2016)

tarja-paris-2016

Deux jours après avoir redécouvert cette belle salle qu’est le Casino de Paris – et pour un style à l’opposé de celui de Tarja (cf le report d’Amon Amarth), de nouvelles surprises attendent le public. Il avait été annoncé que les portes ouvraient à 18h30 pour un début de concert à 20h00. Qui ouvre? Aucune idée, mais je ne me suis pas particulièrement renseigné non plus. C’est donc, tranquillement, que j’arrive à la salle un peu après 19h00 pour découvrir le public dehors devant les rideaux toujours baissés. Ben… à quelle heure ils ouvrent? ers 19h30, le rideau se lève enfin, et, place en main, je me rends, avec les amis photographes vers les portes où un ouvreur nous demande d’attendre. Ce soir, le concert est assis, et placé. Pas complet, d’ailleurs. On nous rappelle gentiment que « les ouvreurs ne sont payés qu’au pourboire », phrase qu’on entendra plus que régulièrement. Mais quid pour les photos que nous devons faire? Depuis les sièges, éventuellement dans les allées mais sans gêner le public. OK, on se débrouillera. La sensation d’un concert de rock assis est étrange, d’autant avec un public bigarré – du couple sexagénaire de cadres au metalleux de base, tatoué, veste à patches et bière à la main, c’est un univers de contraste.

The Shiver

The Shiver

20h00, les lumières s’éteignent, des sons électroniques envahissent la salle. Un intro étrange qui cède la place à un groupe de rock qui est direct et énergique. The Shiver est un quatuor italien (semble-t-il) menée par Faith, chanteuse, occasionnelle guitariste et claviériste. Le groupe bénéficie de lights généreux et d’un son équilibré, et séduit rapidement le public. Le set d’une demi heure se termine comme il avait commencé, avec des sonorités électro, avant que les musiciens ne viennent saluer le public en lançant quelques T-shirts, baguettes et médiators. Sympa, d’autant que ce soir, sans explication, il n’y a aucun stand de merchandising.

SinHeresy

SinHeresy

Quinze minutes plus tard, la scène changée, floquée de chaque côté du logo du groupe, SinHeresy déboule. Etonnant de voir deux chanteurs littéralement opposés en tout sauf vocalement: une chanteuse, Cecillia Petrini, tout en finesse et un chanteur, Stefano Sain, une boule énorme. La surprise du clash physique passée, c’est la musique qui parle. Le groupe italien (encore? Oui) propose un heavy metal symphonique qui met largement en avant les voix puissantes et complémentaires de ses deux chanteurs, . Les autres musiciens occupent parfaitement un devant de scène en changeant de place, offrant des duos, présentant, tous, une belle complicité. Cecillia s’adresse au public avec quelques mots de français mais fait surtout souvent part de sa joie et s’enthousiasme facilement, comme après ce titre acoustique (aucune idée de la setlist, pardon) quand elle lance un « I’m happy! » le sourire jusqu’au oreilles. Sinheresy constitue ce soir une belle découverte qui donne envie d’en connaitre plus sur ce groupe prometteur. A suivre, donc.

TARJA

TARJA

Le public, toujours assis, accueille la maîtresse de cérémonie, qui, toute de noir vêtue, arrive après ses musiciens et ouvre son concert avec No bitter end. Comme à son habitude, Tarja sait, par sa gestuelle et l’expression de son regard, faire comprendre très rapidement au public à quelle point elle est touchée, heureuse d’être là, émue. Et le public lui donne raison, même s’il reste poliment assis! Il y a un peu de changement, toutefois à noter, principalement dans la disposition scénique puisque Max Lilja, le violoncelliste est désormais placé au centre de la scène, sans siège ce qui le rend plus mobile et visible. L’espace qu’il occupait précédement est quand à lui occupé par la claviériste Ckristian Kretshmarr. Tous deux, ainsi que l’inusable Alex Scholpp à la guitare, sont les plus fidèles lieutenants de Tarja. Car, oui, l’immense batteur Mike Terrana a quitté le navire et le bassiste est également nouveau. Huit titres extraits de son dernier album, The shadowself, sont proposés ce soir, c’est dire la confiance qu’a la belle en ce dernier album (No bitter end, Demons in you, The living end, Calling from the wild, Love to hate, Undertaker, Too many et Innocence), faisant la part belle au précédent opus également (500 letters, Lucid dreamer, Victim of ritual et d’autres sous forme de medley). Soit 11 titres plus deux medleys – dont un composé de 4 titres de Nightwish –  sur un total de

15 chansons interprétées. Reste 2 morceaux de ses autres albums. La mise en lumières est parfaite, le son, excellent sans être trop fort – agréable d’assister à un concert sans bouchons d’oreilles parfois… – et la complicité avec le public forte. Tarja aime lui parler, expliquer, comme pour introduire Calling from the wild, une chanson « pour notre

TARJA

TARJA

mère nature qui ne va pas bien. Je peux faire quelque chose pour l’aider, nous pouvons tous faire quelque chose pour l’aider ». Calling… se termine par un long final instrumental, brutal qui permet à la chanteuse d’aller se changer une première fois. Elle conserve son rythme de 3 tenues par concert, et ce soir (trois tenues sombres), en robe, parviendra, en sautant sur Victim of ritual, à casser un talon pour finir pieds nus. Le temps d’installer le set acoustique, Tarja remercie Paris de l’accueillir depuis 20 ans. Puis, après Too many, les musiciens quittent la scène l’un après l’autre avant de revenir l’espace d’un rappel de trois chansons qui, enfin, voit se lever le public. L’ambiance devient, enfin, celle d’un vrai concert de rock. Une nouvelle fois, Tarja a offert un beau concert, chaleureux et réussi.

DAVID SLAME: Still unbroken

slame-2016Metal symphonique, France (Autoproduction, 2016)

Il y a 4 ans, en 2012, je découvrais le premier album prometteur d’un jeune compositeur français, David Slame. Afterlife, ledit album, laissait entrevoir de jolies espérances malgré quelques écueils inhérents à toute première production, d’autant plus lorsqu’un artiste décide de prendre entre ses propres mains son destin. Il lui aura donc fallu un quinquennat (et pas de commentaires sur la qualité de ce dernier, svp) pour venir à bout de ce Still unbroken. Si l’on retrouve les grandes inspirations symphoniques, de grandes et ambitieuses orchestrations, un véritable amour du Metal sous toutes ses coutures, si David confirme maîtriser tant la langue anglaise que son sujet musical, on retrouve également, malheureusement, les mêmes faiblesses. A savoir un chant qui, parfois, frôle la justesse, mais surtout qui en fait des tonnes. Ou est donc passée la simplicité? Celle qui fait qu’aller droit au but, sans détour, rend un ensemble percutant et efficace? Still unbroken commence fort, pourtant: les trois premières chansons sont presque brillantes, aménagées pour accueillir ce metal symphonique exigeant, avec ce chant qui, par instant, évoque Freddie Mercury, ces ambiances particulières. Mais voilà, la suite sombre ici dans l’imitation, là dans l’approximation, et je me prend à me poser la question de savoir où le gaillard cherche à aller. Je ne sais pas si ce multi instrumentiste travaille seul, mais une chose me semble évidente, un regard, que dis-je? une oreille extérieure serait ici bienvenue pour avancer d’un grand pas. Pourtant, David s’est adjoint les services non négligeables de Terje Refsnes, mentionné pour l’enregistrement, le mix et les arrangements. Pas la prod. A-t-il eu son avis à donner ou fut-il un simple exécutant? Aujourd’hui, David semble empêtré au milieu de cette foultitude de talents prometteurs dont on ne sait comment ils peuvent exploser au grand jour.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Make my day

Photo de la semaine: EPICA

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Oui, bon, je sais: encore une photo de festival! Et? L’avantage d’un tel événement est justement de pouvoir capter un maximum d’images et de décibels en un temps record. Et quand en plus Epica est sur scène… Simone Simons, au-delà d’être une grande vocaliste, est également une frontwoman efficace, qui sait jouer de sa longue chevelure sans pour autant se démonter la tête. Ce jour-là, 21 juin 2015, pour mon troisième Hellfest, le soleil radieux permet de capter, avec mon Sony A450, ce cliché à 1/500 de seconde, la sensibilité étant alors réglée à 400 ISO, et l’ouverture se calant à F/8. Si certains peuvent reprocher le cadrage qui coupe une bonne partie des cheveux de la belle, c’est justement une des choses qui me plaisent. L’autre étant cet équilibre qu’elle cherche avec ce pied de micro. Le visage de Simone, également, est détendu, la chanteuse visiblement très à l’aise, ne subissant aucune pression. On pourrait même croire qu’elle est en train de dormir… Simple, et efficace.

Interview: EPICA

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Rencontre avec Mark Jansen (Guitare) et Simone Simons (chant) (EPICA). Propos recueillis à Paris, le 1er juillet 2016

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Metal-Eyes : Nous n’allons pas revenir sur l’histoire d’Epica, simplement, je souhaite savoir ce qu’est Epica en 2016 ?

Mark : Pfou! Epica en 2016? C’est toujours un groupe de 6 personnes, comme nous l’étions à nos débuts, mais nous sommes aujourd’hui plus une « unité ». Quand je nous compare à notre passé, aujourd’hui, nous avons littéralement 5 compositeurs. 5 personnes qui contribuent, c’est plus un travail d’équipe que ça ne l’a jamais été. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’être effrayé si l’un d’entre nous est en manque d’inspiration : il y a 4 autres compositeurs.

Metal-Eyes : C’est un point de vue intéressant…

Mark : oui, mais souvent, dans un groupe, il y a un ou deux compositeurs, et tout repose sur eux. Pour notre nouvel album, tout le monde a contribué, c’est un effort collectif.

Metal-Eyes : En 2014, The quantum enigma avait été  présenté comme le résultat d’un travail collectif. Comment décrirais-tu la réalisation de The holographic principle en comparaison?

Mark : Plus encore que pour The quantum enigma, nous avons travaillé en tant que groupe. Nous sommes encore plus entrés dans les détails, les vrais instruments… Nous avons autant que possible évité les samples, les cuivres, les instruments à vent sont tous joués par des humains, et je pense que tu peux entendre la différence. L’enregistrement a aussi été assez intense car nous avions également des concerts à donner… Il y a des avantages et des inconvénients… Quand tu sors du studio pour jouer, tu te rafraichis les idées, mais d’un autre côté, c’est fatigant… Il nous faut trouver le juste équilibre entre les deux.

Metal-Eyes : Comment expliques-tu cette évolution dans l’investissement de chacun? Est-ce simplement dû au fait que le groupe se sent plus uni que jamasi ?

Mark : oui, mais c’est aussi une question d’opportunité. Je pourrais très bien ne pas autoriser les autres musiciens à composer, de nombreux groupes fonctionnent ainsi, mais d’une part les gens deviennent insatisfaits et ne sont plus motivés à faire partie du groupe, et, d’autre part, tu passes potentiellement à côté d’un très grand nombre de bonnes chansons. Alors, nous fonctionnons ainsi, ce qui motive tout le monde, chacun a envie de s’impliquer et nous avons une grande connexion avec l’album. Et on peut retenir les meilleures idées de chacun, n’avoir que le meilleur du meilleur ! Quand tu n’as qu’un gars qui écrit 13 titres, il y a toujours une récurrence.

Metal-Eyes : Comment comparerais-tu ce nouveau disque à The quantum enigma ?

Mark : Nous avons fait un pas en avant. Musicalement et littérairement. Comme je te l’ai dis, nous avons plus de vrais instruments, et nous avons donné plus de place aux guitares parce que nous pensons que ça rafraichit le son. Et il y a plein de choses intéressantes sur ce disque. C’est toujours plaisant de pouvoir écouter ce que tu joues. A chaque fois que tu veux mettre quelque chose en avant, c’est au détriment d’autre chose. Et il y a tant de pistes qui se conjuguent que tu ne peux pas tout distinguer d’un coup. Il faut toujours chercher le bon équilibre afin de ne pas léser tel ou tel effet…

Metal-Eyes : Ce qui signifie que si j’écoute l’album avec mon casque ou le tien, sur ma chaine ou une autre, j’entendrais des choses différentes à chaque fois ?

Mark : exactement, parce que tout ce matériel est différents, que le mix s’est fait avec tel matériel dont les réglages sont différents. Si tu écoutes ça  avec ces écouteurs bon marché de téléphone, tu perdras beaucoup.

Metal-Eyes : Parfois, tu peux découvrir des choses que tu n’avais pas entendues avant…

Mark : Oui, ça peut arriver aussi (rires). Certaines fréquences sont absentes, probablement, mais je suggère de ne pas les utiliser. Préférez une bonne chaine et un bon casque, c’est toujours préférable ! Notre album en profitera toujours !

Metal-Eyes : Une chose qui nécessite une explication est le titre de ce nouvel album: qu’est-ce que ce « principe holographique » ?

Mark : C’est une théorie dans la physique quantique qui traite du principe, très intéressant, que le monde entier pourrait être un hologramme. Cela me passionne vraiment, et nous sommes partis de cette théorie, prise au sérieux aujourd’hui par de nombreux scientifiques, même si ça parait étrange. Mais ça pourrait être vrai, et nous l’avons placé dans un concept, comme la réalité virtuelle, tu sais, tu mets un masque et tu te retrouves, avec d’autres, dans un monde virtuel. Tout le monde n’a pas encore testé ce principe, mais, un jour ou l’autre, tu revêtiras ce masque et tu pourras te trouver dans un monde comme celui-ci sans pouvoir faire la différence entre fiction et réalité. Te voilà allongé sur la plage, par exemple… Tout semble réel, et tu peux penser : « si tout semble réel, sans doute suis-je vraiment dans une réalité virtuelle ? Peut-être ne s’agit-il que d’une couche d’une réalité plus éloignée ». Les scientifiques étudient  la possibilité que ce soit réel, et possible. Ce qui nous effraierait sans doute, car cela remettrait en cause toutes nos certitudes. Mais d’un autre côté, c’est très excitant.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une chanson de The holographic principle pour decrier ce qu’est Epica aujourd’hui, quelle serait-elle ? Et c’est un album dont les chansons vont de 2’ à 11’, il y a une grande variété…

Mark : Oui, et c’est très difficile de choisir un morceau, mais je choisirais le morceau titre, qui résume bien l’ensemble. Tout ce que nous représentons, se que nous sommes se trouve dans ce morceau.

(Simone nous rejoint à ce moment)

Simone : Bonjour, ravie de te rencontrer…

Metal-Eyes : Je suis ravi aussi ! Nous parlions de votre album, et je te pose donc la même question : quelle chansons choisirais-tu pour décrire ce qu’est Epica aujourd’hui ?

Simone : Je pense que c’est la même : The holographic principle, mélangée avec Universal deat squad. The holographic principle contient le son traditionnel d’Epica, mêlé aux nouveaux riffs de guitare, un résumé de l’ensemble de l’album, dans un esprit très cinématographique.

Metal-Eyes : Epica est aussi un groupe de scène. Vous avez joué à Paris à de nombreuses reprises, mais vous allez vous produire pour la première fois au Zénith, qui est quatre fois plus grand que la plus grande salle où vous ayez joué à Paris. Qu’est-ce qui vous a poussés à vouloir évoluer à ce point ?

Mark : La démence ! (rires)

Simone : oui ! Je crois que nous avons, à Paris, évolué à chacun de nos passages. La famille française grandit rapidement et avec cet album nous avons voulu faire un pas de plus. Nous avons besoin, d’un point de vue scénique, production, de plus d’espace afin d’atteindre cet objectif. Les fans peuvent venir avec leur famille au complet car nous disposons maintenant de suffisamment de place pour accueillir tout le monde.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que le spectacle sera plus gros que jamais ?

Simone : oui.

Metal-Eyes : Y aura-t-il des éléments de surprise que vous pouvez révéler ou pas encore ?

Simone : Nous avons un nouveau prototype d’éclairages, qui ne sont pas encore sur le marché mais que nous avons déjà utilisé pour les sessions photos et vidéo et qui s’intègre parfaitement dans le thème du principe holographique.

Metal-Eyes : Comment s’est montée cette affiche commune avec Powerwolf ? Car il s’agit de deux univers musicaux totalement différents. Ne craignez-vous pas que les fans de Powerwolf quittent la salle après leur concert ?

Mark : Nous avons décidé de cette affiche parce que Powerwolf est gros dans des pays où nous sommes moins importants, et, inversement, nous sommes gros dans certains pays, comme la France, où Powerwolf est encore relativement méconnu. Il y a toujours le risque que les gens partent avant la tête d’affiche. Parfois c’est nous, d’autre, Powerwolf. Dans l’ensemble, nous aurons le public le plus important, mais il y aura malgré tout de nombreux fans de chaque groupe qui regarderont les autres, et c’est pour cetet raison que nous avons choisi cette combinaison. S’il y a deux groupes similaires, il y a le même type de public, or nous voulions vraiment réaliser un pont afin de jouer dans des salles plus importantes. C’est ce qui rend possible le fait de jouer au Zénith, ce qui n’était auparavant qu’un rêve irréaliste.

Metal-Eyes : Comment décidez-vous quelles nouvelles chansons seront incluses à la setlist ?S’agit-il d’une réflexion du groupe, y a-t-il certaines chansons que vous êtes persuadés devoir jouer, d’autres qui n’ont pas leur place…

Mark : Certaines chansons, comme Universal death squad… Je n’imagine pas ne pas les jouer ! Il y a en effet certains titres que tu sais devoir inclure et d’autres dont nous parlons. Nous testons chacune, toutes seront jouées, j’en suis sûr. Certaines passeront très bien, nous les garderons, d’autres ne nous apporterons pas la satisfaction que nous recherchons. Alors nous ne gardons que les meilleures chansons pour le concert.

Simone : Et elles doivent aussi trouver leur place aux côtés des chansons plus anciennes. Sur un concert de deux heures, il faut que la « courbe d’attention » soit juste. Parfois, nous interprétons deux titres qui sont connectés avant de parler au public, puis passons à autre chose. La connexion doit fonctionner. Nous avons nos morceaux préférés – et chaque membre du groupe à ses chansons préférées aussi, donc nous devons en parler – nous demandons aussi à nos fans ce qu’ils souhaitent entendre et combinons au mieux l’ensemble.

Metal-Eyes : Lorsque vous venez à Paris, pour un concert ou de la promo, y a-t-il un endroit où vous aimez vous rendre ?

Mark : Oui ! Le Sacré-Cœur. J’y vais à chaque fois, et aujourd’hui, nous sommes vraiment à côté. Lorsque nous sommes arrivés hier soir, je m’y suis rendu, j’ai admiré la vue, je suis entré dans l’église, j’ai pris un verre à une terrasse … J’adore cet endroit !

Simone : J’aime aussi me promener dans ce secteur, du côté de l’Elysée Montmartre où nous avons joué plusieurs fois.

Metal-Eyes : Qui rouvre à la fin de l’année…

Simone : oui, et c’est une excellente nouvelle. J’étais vraiment attristée lorsque j’ai appris qu’il avait été détruit par un incendie. J’aime aussi le Louvre où je suis allée deux fois… Je suis aussi venue à Paris en touriste, pas seulement pour le travail. J’y ai des amis, et j’adore la cuisine française. J’aime les douceurs culinaires, et je fais ma pâtisserie moi-même…

Metal-Eyes : Je prévois d’aller avec mon épouse aux Pays-bas où nous ne sommes jamais allés. Où devrions nous aller, que devrions nous aller voir et ou devrions nous diner ?

Mark : Ca dépend de ce que vous aimez: plutôt ville ou campagne ?

Metal-Eyes : Peu importe, nous sommes curieux de tout!

Mark : Tout? Alors il y a une très belle région pour la nature, dans l’Est de la Hollande. Mais je te conseille Maastricht qui est la « perle du sud ». C’est une très belle ville, surtout si tu y vas en été. Tu peux très bien y manger, si tu es gourmet, tu dois te laisser tenter par la Burgunian Dutch kitchen de Maastricht. C’est une ville très mignone, avec une ambiance très sympa. Amsterdam, tout le monde y va…

Simone : Si tu aimes les musées, il faut aller voir le Plura Dutch musea (NdMP : je crois…) qui est fabuleux. Amsterdam est culturellement international, mais nous avons également une vraie culture locale. Il y a partout des maisons typiques, dans tous les centre-ville, tu trouveras ces maisons hautes et rapprochées. Je dirais qu’Amstredam et Maastricht sont incontournables. Aussi, je pense que Zealand est intéressante… il y a beaucoup à voir§ et dans le sud, d’où nous sommes tous originaires, il y a plus de relief. Et il y a la frontière des trois pays : Pays-Bas, Belgique et Allemagne.

Mark : Si tu aimes le vélo, il y a de bons circuits, cyclables et pédestres… Très beau et sympa.

Simone : Et si tu aimes les parcs à thèmes, tu peux aller au Efteling, pas trop américanisé, il est resté très hollandais. Ça a commencé comme une forêt féérique, et ils l’ont agrandi régulièrement.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour tout ces conseils, je vous en reparlerais la prochaine fois que nous nus rencontrons !