SATRA: In tears of her reign

Finlande, Metal symphonique (M&O, 2025)

In tears of her reign est le second album des Finlandais de Satra. Dès les premières mesures de Into the ravenous sea, les influences sont évidentes: on navigue sur les traces d’Evanescence. La suite, sans surprise, rejoint rapidement les traces de Nightwish, les deux références ayant souvent – à tort – été comparées. Et clairement, il n’est pas évident de se défaire d’influences aussi importantes. Ici, tout est techniquement bien fait, mais, à l’image de cette pochette qui ressemble à une affiche de Disney – un esprit « princesse » assez enfantin – tellement déjà entendu. L’ensemble me donne cette impression, qui se répète de plus en plus, d’écouter des musiciens qui maitrisent parfaitement leurs instruments et la technique musicale mais ne parviennent pas à libérer leur créativité. Résultat: du déjà-vu et déjà-entendu… Où sont les tripes qui faisaient le charme et la réussite de My immortal, Wish I had an angel ou Elan des groupes phares mentionnés plus haut? Se défaire de ces influences par trop envahissantes est une nécessité.

WORLDS BEYOND: Rhapsody of life

Belgique, Prog metal symphonique (Autoproduction, 2025)

Formé en 2017, le groupe belge Worlds Beyond propose dès ses débuts un metal symphonique inspiré des grands noms du genre que sont Nightwish ou Evanescence. La formation propose fin 2020 un premier album, Symphony of dawn et peaufine son ouvrage jusqu’à revenir début 2025 avec Rhapsody of life. Ce second essai permet au sextet de trouver son identité sonore. Même si les influences restent évidentes, Worlds Beyond s’en détache par l’apport original de touches régulières de violon (Jakob Declercq) et des compositions très progressives dans l’âme. Le chant haut perché de Valerie De Kempe colle parfaitement au genre tandis que les guitares de Tijmen Matthys (également compositeur et producteur du combo) touchent là et comme il faut. Jamais envahissant ni inutilement démonstratif, le guitariste sait aller à l’essentiel, soutenu dans ses approches mélodiques par les claviers de Robbe Adriaens qui apporte ces ambiances progressives, aériennes et symphoniques. Enfin, la section rythmique pose les bases solides des structures de l’envoûtant Familiar skies ou du doux One with the stars. Avec Rhapsody of life, Worlds Beyond nous offre un voyage sonore varié et apaisant qui célèbre simplement la vie. Une très belle découverte à l’image de la superbe et sobre illustration de cet album (signée Elise Tack).

Séance de rattrapage: PANDORA’S KEY: Yet I remain

Pays-Bas, Metal symphonique (Autoproduction, 2024)

Forcément, avec un morceau introductif intitulé 1779, on a de quoi s’interroger, et aller explorer le net en quête de réponses. A quoi cette année correspond-elle donc du côté de nos amis néerlandais? Il semble qu’il s’agisse d’un traité signé avec la France révisant les limites territoriales des deux pays. Je n’en suis cependant pas certain, les bruits de canonnades et les chœurs d’église présent tout au long de cette introduction évoquant plus la guerre que la signature d’un tel document, mais la formation semble également, à la lecture des titres des chansons, versée dans l’histoire à plus, sur plus, même, d’un titre. Rapidement, on est plongé dans l’univers musical des Hollandais de Pandora’s Key qui, avec ce premier album, Yet I remain, propose une musique qui, naturellement pourrait-on penser, évoque un croisement entre Nightwish et Epica. Du metal symphonique à deux voix, celle féminine douce et bienveillante contrebalancée par une autre, masculine, plus sombre et rugueuse. De bockereyder démarre avec la narration d’un texte dans la langue natale du groupe avant d’introduire un chant anglais que Pandora’s key ne quittera plus. Tour à tour épique ou plus rentre dedans, les 10 morceaux de cet album varient les plaisirs et vont au-delà de la simple inspiration des groupes mentionnés. Parfois symphonique avec ses claviers et ses chœurs puissants, à d’autres moments plus foncièrement heavy, par instants plus soft folk, le groupe sait aussi casser les rythmes, démarrant pied au plancher pour appuyer brutalement sur le frein. La variété des compos empêche l’auditeur de se lasser et permet de remarquer quelques astuces originales, telles ce passage de relais entre The flying dutchman et, l’une des très grosses réussites de l’album, l’entrainant et metal Icarus – un enregistrement de l’autorisation de mise à feu d’une fusée, comme un lien futuriste entre modernité passé et mythologie ancienne. Avec Yet I remain, Pandora’s Key démontre que, non, le metal symphonique n’a pas encore dit son dernier mot! Une très belle découverte.

Séance de rattrapage: MALEVOLENT

Belgique/Espagne (Ep, Necktwister, 2023)

Nouvelle venue sur la scène du metal symphonique, Malevolent est une formation étonnante née entre la Belgique et l’Espagne, deux pays d’où ses membres sont originaires. Le groupe porpose un metal aux relents cinématiques dont les thèmes illustreraient tout aussi bien des scène pour le grand écran que pour des jeux vidéo. Les 5 titres de ce premier Ep autonommé puisent en effet dans ce registre musical très visuel. Toutefois, rapidement s’installe le sentiment d’un manque. Aussi bien exécutés soient Gaze ou Ways, l’ensemble me semble manquer de conviction. La production, qui plus est, n’offre pas les rondeurs gourmandes qu’exige ce genre musical. On pourrait penser que la participation de Mark Jansen (Epica), qui offre quelques grognements sur Creations, soit gage d’un avenir prometteur, mais au fil des titres, mon sentiment se confirme. Le chant de Celica Soldream, limpide et chaleureux, manque de puissance tandis que Nicolaas Van Riet (guitare, basss et growls) – accompagné à la guitare par Jan Verschueren et Koen Herfst à la batterie – semble ne pas parvenir à lâcher la bride, à libérer la puissance nécessaire pour que ses riffs passent à la vitesse supérieure. Les promesses sont pourtant là, bien présentes. Cet Ep a-t-il été enregistré à distance? Ceci expliquerait sans doute un manque d’unité, de liant entre les différentes pistes. Il faut simplement libérer la bête, la laisser s’exprimer librement, sans freins. Ce qui nous laissera peut-être envisager un futur grand du metal symphonique.

SATRA: Sands of time

Finlande, Metal symphonique (M&O music, 2024)

Le propos est clair dès les premières mesures de From the night, morceau d’ouverture de Sands of time: Satra évolue dans le registre du metal symphonique classieux, celui de Nightwish ou d’Evanscence, deux références immédiates. Le son est propre, le chant de Pilvi Tahkola clair et bienveillant. Mais loin de se contenter de naviguer sur les eaux des groupes précités, les Finlandais explorent des horizons orientaux, asiatiques… et s’amusent des différentes cultures intégrées à leur musique. Toutefois, malgré des compositions ultra carrées et entrainantes, il est difficile pour Satra de se défaire de ses influences, un peu encombrantes. Mais je me laisse entrainer dans cet univers apaisant avec bonheur tout au long des Golden city, Stars, Secret place et autres Shadow engine. Si le groupe a trouvé son registre mais pas encore tout à fait une identité sonore et musicale qui lui soit propre, Sands of time fait partie de ces albums vers lequel on revient facilement et avec plaisir. Pas étonnant que Therion les embarque sur les routes (à découvrir ce 25 février à la Machine du Moulin Rouge à Paris)

ORKHYS, HEVIUS et ARAE live à Orléans – Dropkick bar, le 27 mai 2023

Retrouvez ici la galerie du concert

C’est sans doute la première véritable journée complète de temps chaleureux et presque estival qui accompagne les Franciliens de Hevius, initiateurs de cette soirée metal varié, au Dropkick d’Orléans. Varié car ce sont ce soir trois groupes aux styles différents et complémentaires que le public va pouvoir écouter et voir. Un public qui va grossir très rapidement grâce à l’ambiance et la bonne humeur qui viennent de la salle en sous sol (qui, aujourd’hui, heureusement, propose un peu plus que d’affreuses lumières rouge – complètement disparues, d’ailleurs).

Orkhys @Dropkick Orléans, 27 mai 2023

C’est Orkhys qui ouvre le bal. Le quintette vient défendre son dernier album, A way (dont vous pouvez ici retrouver la chronique) et semble à la fois en forme et concentré. Le heavy de la formation « à la harpe » est plus direct et moins symphonique en live que sur disque, Laurène et ses compagnons se donnant à fond tout au long des 50 minutes allouées à chacun des groupes. L’ambiance se faisant plus légère et festive au gré des titres, le public croit en nombre et en personnalités. Impossible de ne pas remarquer ce presque septuagénaire qui fait ses doléances à la chanteuse et donne ses conseils et avis entre chaque titre! Impossible également de ne pas  le voir arriver, marteau en main et casque sur la tête, le phénomène Thor – ou sa version féminisée – qui lui aussi approuve chacun des morceaux proposés par un groupe en forme!

Orkhys @Dropkick Orléans, 27 mai 2023

Un groupe dont l’entente est visible – tant sur scène qu’en dehors – et la complémentarité entre les guitaristes – Brice et Henri – exemplaire. la section rythmique – Lancelot à la basse et Jean-Yves « PanPan » à la batterie apporte une solidité structurelle à cet ensemble plus que festif.

Orkhys @Dropkick Orléans, 27 mai 2023

A way est ce soir à l’honneur avec 4 des 8 morceaux originaux proposés – A way (en intro), Brand new world, The devil & the impudent et Blood Ties, son EP se voyant honoré par les deux tiers des compos (Guardians of our lives et The end of lies).

Orkhys @Dropkick Orléans, 27 mai 2023

La harpe de Laurène apporte une touche sonore des plus originales aux morceaux, harpe dont elle inaugure ce soir les éclairages led qui lui permettent de mieux voir les cordes et dont elle demande son avis au public. Oui, on garde, d’autant que les effets de lumière sont sympa.

Orkhys @Dropkick Orléans, 27 mai 2023

Avant de conclure ce concert, Lancelot, s’offre un petit tour dans le public avant que Laurène présente ses compagnons de jeu et interpelle le public lui ordonnant presque de chanter le dernier morceau, l’imparable The Clansman d’Iron Maiden dans une versions fidèle bien que plus teintée de folk grâce aux apports de la harpe.

Orkhys @Dropkick Orléans, 27 mai 2023

Les Parisiens de Hevius viennent quant à eux défendre leur dernier album, Millénaire (la chro est toujours ici) dont Julien Ferrier, le fondateur nous avait parlé en pleine crise sanitaire (voir ici l’interview débridée). Le style radicalement plus heavy metal de Hevius est contrebalancé par la bonne humeur tant des musiciens (sérieux s’abstenir, svp) que le côté festif de la musique (sans toutefois se transformer en parodie de Happy metal). La musique et le fun comme thérapie, en somme, et le public est très réceptif.

Hevius @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Le groupe démarre pied au plancher avec les speedé De l’autre côté du miroir, premier titre qui nous montre une formation très en place avec des gimmicks efficaces (balancements et mouvements de guitares simultanés) Julien haranguant le public bientôt et régulièrement, toujours avec le sourire.

Hevius @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Public au sein duquel on trouve également ses énergumènes, dont ce  jeune gars en costume qui s’agenouille à l’issue de chaque chanson comme pour vénérer les musiciens, scandant des « exceptionnel! » ou autre « extraordinaire! » dès qu’il le peut. Mais demandant aussi à interrompre le concert parce qu’il a… perdu un bouton! A chacun son public, hein!

Hevius @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Même si on circule aisément, le public fait la fête, pogotant, faisant une sorte de ronde avec Thor, sautant en tout sens… Le public est partie prenante de l’ambiance de ce set, réagissant à la bonne humeur des musiciens – le guitariste Olivier Louis-Servais souriant presque tout au long du concert, Ugo (basse) appliqué et complice en conneries, Florian (clavier) qui teste aujourd’hui sa Keytar, son nouveau jouet lui permettant plus de mobilité sur scène et Alex, seul coincé derrière sa batterie mais au sourire facile.

Hevius @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Le marteau de Thor et son casque – qu’il place sur la tête d’Olivier, ensuite récupéré par une Laurène très participative – sont sujets à amusement tout au long des festifs extraits de Millénaire (De l’autre côté du miroir, Millénaire, Une autre vie, Aux armes, Hevius et versa – la reprise du Vice versa des Inconnus!) Hevius nous fait aussi l’honneur de présenter ce soir deux nouveaux titres encore jamais joués live – l’engagé Ma Terre et Eternelle – avant de conclure avec un public qui chante à tue tête Nous sommes des rois, titre pendant lequel Laurène et Brice s’invitent sur scène pour une joyeuse zizanie.

Hevius @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Avec un public chaud comme la braise, Hevius a donné un concert impeccable de bout en bout. une ambiance comme on les aime qui se retrouve bientôt à l’extérieur, le temps de débarrasser le plateau pour laisser la place à Arae.

Hevius @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Le temps de discuter un peu avec les musiciens, je redescend pour une petite rasade de Death metal dispensé par les Tourangeaux d’Arae. A peine arrivé en bas, je découvre Nicolas Hirondelle, le guitariste soliste, qui prend la pose, à genoux ou presque sur la scène, sa guitare à plat sur ses jambes. Son compère Nicolas Macabrey, à la guitare et au chant, hurle ses paroles accompagné brutalement par Valentin Smolinski, au départ concentré sur sa basse et se lâchant rapidement, et Flo Aemeth qui fait souffrir ses peaux.

Arae @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Si le death n’est pas mon truc, nous ne pouvons que reconnaitre que les quatre sont appliqués, forgeant des riffs inspirés par les grands du thrash au death, des rythmes de plombs, Nicolas C. allant régulièrement chercher le public tandis que l’autre Nicolas (fut un temps, ils y en avait 3, des Nicolas… un critère de sélection?)reprend sa pose au sol… Mais la pose s’avère être plutôt de la souffrance, le guitariste ayant du mal à se relever et à tenir debout. Il terminera le concert assis sur une chaise, quelque peu soulagé.

Arae @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Brutal et efficace, je laisse Arae conclure cette soirée haute en couleurs dont on ne pourra que déplorer le manque de public, même si la salle était correctement fournie. On saluera la sympathie des groupes présents qui ont fait de cette première soirée estivale (les températures, pas la date) une soirée plus que festive.

Arae @Dropkick, Orléans, 27 mai 2023

Retrouvez ici la galerie du concert

ORKHYS: A way

France, Metal symphonique (Autoproduction, 2021)

A peine un an après nous avoir présenté les fruits de son travail via un Ep, Awakening, les frenchies d’Orkhys reviennent avec un premier album, A way. En deux mots, soit « un chemin ». Jean-Yves, le batteur de la formation à la harpe – belle manière de se distinguer, nous présente ce nouvel effort qui confirme les espoirs placés en son groupe. Huit titres composent ce petit album composé en plein confinement entre deux concerts (« on a eu la chance de pouvoir en donner« ). Le line up a évolué avec l’ajout de Henri, second guitariste, « ce qui va nous permettre de pouvoir faire sur scène ce que nous ne pouvions faire avant. sans compter que ses influences, plutôt thrash death vont se ressentir sur les prochaines compos. C’est quelqu’un avec qui, en plus, le courant passe très bien« . L’album propose des titres assez variés « dans la continuité de ce qu’on a proposé sur l’Ep tout en étant beaucoup plus riches« . On le sait désormais, la harpe est un élément qui distingue Orkhys, apportant une touche de cordes et un esprit celtique inhabituel. Plus encore, chaque morceau propose une ambiance particulière, du morceau éponyme, calme, qui introduit le disque à des passages plus speedés (A brand new world, The devil and the impudent), Blood ties réunissant au travers de ses 10′ un condensé de tout ce que le groupe peut proposer. Démarrant de manière légère et bucolique, le morceau monte en puissance, le chant n’arrivant qu’au bout de 4′. « Je pense que c’est en effet celui qui représente le mieux ce qu’on a voulu faire… Il y a du heavy, du pagan, du black, du death, des passages blastés… Et au niveau du texte, c’est un morceau très très violent » Les observateurs remarqueront que les deux disques commencent par la lettre A, mais le groupe a aussi voulu une continuité dans l’artwork. Et si les trois premier titres commencent aussi par un A, « c’est plus le fruit du hasard. on se penche sur les ambiances, et les morceaux, l’un à la suite de l’autre sont reliés« . démarrant avec le morceau éponyme, intro instrumentale, A way continue de manière plus speedée et brutale (A brand new world). Le groupe a varié les plaisirs et cherché « à mettre tout ce qu’on ne trouve pas chez les autres. Notre idée, c’est de faire la musique qu’on aimerait bien qu’on nous propose. Quand on compose, on voudrait bien que ça marque les gens, qu’ils vibrent. » On remarquera aussi cette reprise de The clansman revisité avec brio. Pourquoi cette reprise? « Il y a Brice qui est un grand fan de Maiden, et une chanteuse qui a craqué quand elle a vu le groupe sur scène. On a voulu le reprendre à notre sauce, avec de la cornemuse, de la harpe. Je trouve que ça fonctionne plutôt bien ». Le chant de Lorène est d’ailleurs ici plus grave et plus profond, plus fluide et passe partout, et lorsque je précise à Yves que je préfère cette manière de chanter au reste plus aigu – trop aigu pour moi, si haut que je le trouve agressif – il  me précise que « Lorène va en effet travailler cette voix plus grave, c’est une piste qu’on explore ces temps-ci, une piste qu’on a commencé à envisager« . Orkhys teste, ose et réussit à surprendre avec des titres variés et conclue avec The devil from a brand new world qui, s’il mélange deux titres de l’album se base sur les orchestrations de ces mêmes titres, sans chant, sans bases, simplement parce que ces arrangements fonctionnent. Original et bienvenu, Orkhys progresse. A way est à découvrir et Orkhys est à soutenir.

Propos recueillis le 22 octobre 2021 par téléphone.

ESQUYS: Instinct

Folk Metal Symphonique, France (Autoproduction 2021)

Nouveau venu sur la scène du metal, Esquys se montre avec Instinct, un premier album très ouvert d’esprit. Explorant tout à la fois les univers du metal symphonique que du folk metal, le « groupe » (?) nous propose 8 titres, dont 3 instrumentaux. Disons le tout de go: je suis bien plus sensible à ces derniers, fouillés et travaillés, qui entraînent l’auditeur dans des paysages médiévaux et bucoliques. Ah, qu’il est magnifique ce Ddansiwr! Si les chansons sont efficaces, variés et puissantes, elles souffrent trop souvent de comparaisons si évidentes qu’elles en perdent en qualité. Le chant d’Anna Fiori – chanteuse mexicaine déjà auteure de 2 albums – s’il est de très haut niveau, évoque d’une telle évidence Amy Lee (Evanescence) sur Open your Eyes, celui de la soprano Ranthiel ressemble comme deux gouttes d’eau à une certaine Tarja sur Ghosts, certaines parties de Frozen rappelant quant à elles Bon Jovi down tempo… de ces évidences résultent une perte d’efficacité. Dommage, car cet album préfigure de grandes possibilités musicales qui pourraient se résumer en trois mots: épique, médiéval et aérien. Hey, je retrouve même quelques traces de Mike Oldfield et de ses Tubular bells orchestra sur Your smile, mais c’est ici assez… hypnotique. Instinct nous propose donc une jolie variété de sons et tonalités et présente une formation plus que prometteuse qui pourrait trouver sa place en se démarquant de trop évidentes influences et, conséquence logique, en affirmant ou en se découvrant une identité vocale.

SURMA: The light within

Finlande, Metal symphonique (Metal Blade, 2020)

Démarrant et se concluant avec des instrumentaux symphoniques, ce premier album de Surma propose un metal à la fois symphonique (tiens donc?) et pop (attention à ne pas confondre ce Surma avec les Black metalleux du même nom, underground et également finlandais). Les cavalcades de grosses caisses n’y changent rien, on se trouve rapidement dans un univers à la Nightwish et Evansence – avec un chant encore un peu timide bien que cristallin et attirant. Le duo composé de Viktorie Surmova (chant) et Heri Joensen (guitare et chant) s’applique à bien faire. Le résultat de ce premier album, The light within, est impressionnant mais manque quelque peu d’âme. La production est certes impeccable et les arrangements, s’ils sont irréprochables, restent cependant sans réelle surprise, assez classiques sinon déjà entendus. Il faut attendre le troisième titre pour que le chant devienne mixte, genre Belle et la Bête, voix cristalline vs. chant rageur, sombre et guttural. Oui, l’ensemble est (très) bien fait, mais reste dans une veine somme toute habituelle. Le côté classieux n’a rien d’étonnant quand on connait le parcours des protagonistes, elle issue de Bohemian Metal Rhapsody et lui venant de Tyr. The light within est plus qu’agréable à l’écoute, sans que, pourtant, rien ne s’en démarque. Gageons que le titre se veuille être une lueur d’espoir en ces temps troublés…

ORKHYS: Awakening

Metal symphonique, France (Autoproduction, 2020)

Fondé sur les cendres de Nepenthys en 2018, Orkhys, quatuor mené par la chanteuse Laurène nous propose un premier Ep de trois titres (totalisant quand même 18’30), Awakening – « réveil » – qui nous plonge dans un metal certes symphonique mais qui étend plus loin son univers. Les influences celtiques et folkloriques ne sont jamais loin, pas plus éloignées que ne l’est une certaine forme de black metal, évoquées par des cavalcades de guitares de Brice, principal compositeur, et de doubles grosse caisses et autres blast beats insufflés par Jean-Yves, doyen du groupe. Si on ne peut que difficilement passer à côté des influences évidentes que sont Nightwish ou, plus discrètement, Iron Maiden, voire Helloween, Orkhys se démarque du reste de la scène par une utilisation judicieuse de la harpe, instrument cristallin qui trouve parfaitement sa place sous les doigts de Laurène, au chant tout aussi cristallin (attention à ne pas trop abuser des aigus…) Cette carte de visite ne souffre cependant que d’un défaut, de taille: on a envie d’aller plus loin et d’en écouter plus… Trois titres, c’est court,d’autant plus lorsque le temps passe vite. Alors… à quand un vrai Ep ou un album complet? En tout cas, Orkhys démontre qu’en France, aussi, on est capable du meilleur.