BLACK MOTH: Anatomical Venus

Stoner, Royaume-uni (Candlelight, 2018)

Formé à Leeds en 2010, les Anglais de Black Moth nous proposent un troisième album lourd, envoûtant et sombre. Puisant son inspiration autant chez Black Sabbath dans ses aspects heavy que dans Mastodon pour la puissance de feu de sa section rythmique, Black Moth n’hésite jamais, sur Anatomical Venus, à varier les tempi et les plaisirs en s’offrant même quelques divagations psychédéliques. Ca sent légèrement la fumette… Le chant de Harriet Bevan peut être aussi sec que séduisant, les guitares de Nico Carew et Jim Swainston sont saturées en diable et la section rythmique tenue par Dave Vachon (basse) et Dom McReady (batterie) rappellent les plus furieuses heures d’un Black Sabbath ou, plus récemment, Red Fang. Sisters of the stone, hypnotique, fait mouche dès la première écoute et m’impressionne. M’ensemble, d’ailleurs… Rien n’a ici été laissé au hasard, et chaque morceau fait son petit effet. Inconnu jusqu’àlors à mes oreilles, Black Moth est une des grosses surprises de ce début d’année.

SAXON: 1979-1988 – Decade of the eagle

Heavy metal, Royaume-Uni (BMG, 2017)

Quelques semaines avant la parution du nouvel album studio des vétérans anglais de Saxon, BMG publie 1979-1988, decade of the eagle, une compilation retraçant les dix premières années discographiques du groupe. Notons avant tout que Biff Byford a été associé à ce produit, dans la conception de sa pochette et la sélection des titres; Saxon ne se voit donc pas acculé ou trahit par de vils capitalistes voulant se faire du fric sur son dos. Un peu quand même, mais là n’est pas la question. Existant en version CD simple ou double et quadruple vinyle, BMG ne se moque de personne: ce sont ainsi 34 chansons extraites de la période Carrère et EMI qui nous sont ici offerts, soit la meilleur période et le début de la moins inspiré. La meilleure, c’est celle constitué de cette sainte trilogie Wheels of steel / Strong arm of the law / Denim and leather / Power and the glory. Je sais, ça en fait 4, et alors? Vous jetteriez lequel, vous? Le premier album se voit aussi mis à l’honneur, aux côtés de Crusader, tous deux indispensables également. A cette époque, Saxon et Iron Maiden sont au même niveau de popularité, et les choix faits pour les premiers seront malheureux. Car malgré leurs qualités, Rock the nations suivi de Destiny voient Saxon changer de son et, pire que tout, de look, dans le but managérial de séduire le marché US.  Opération raté qui décrédibilisent un groupe jusqu’alors irréprochable dans son approche prolétaire du metal. Pourtant, si le public tourne un peu le dos, certains morceaux méritent qu’on se repenchent dessus. les fans de la première heure ne découvriront sans doute pas grand chose, ceux qui rejoignent les rangs ont ici un beau résumé d’une carrière quasi exemplaire. En tout cas, celle d’un groupe qui n’a jamais rien lâché. Le livret, riche de textes et de photos (24 pages) est un plus à ce produit.

GHOST: Ceremony and devotion

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Qui a déjà vu Ghost live le sait: le groupe frise la perfection à chacune de ses apparitions. Et après seulement 3 albums studio, les Suédois nous offrent enfin un album live, double qui plus est. Le tracklisting de Ceremony and devotion est impeccable, chaque album étant représenté, rien n’étant à jeter. Allez, la seule que l’on puisse regretter? Le public « capté » à San Francisco, trop parfait pour être honnête. Ca sent simplement le travail en studio, tant les interventions tombent pile comme il faut. Mais ne nous arrêtons pas à si peu, la technique a été utilisée tant de fois qu’on n’en est plus surpris. Le principal reste bien le plaisir qu’on a à écouter les Per aspera ad inferi, From the pinacle to the pit, Year zero, Mummy dust… On pourrait tous les citer tant la setlist resseble à un défilé de hits. Ceremony and devotion est le témoignage d’une formation qui, comme d’autres avant elle, a traversé des épreuves qui pourraient remettre en cause son avenir. A suivre lors du prochain Download Paris, en juin prochain, où Ghost nous montrera sans doute un nouveau visage. En attendant délectons nous de cet album délicieusement subversif qui se termine avec l’incontournable speach de Papa Emeritus III précédant Monstrance clock. A savourer vous dis-je!

Interview: HOLISPARK

Interview HOLISPARK. Entretien avec Max (basse). Propos recueillis au Dr Feelgood des Halles, à Paris le 6r février 2018

Metal-Eyes : Je découvre Holispark avec cet album, Sonic bloom, alors commençons de manière classique : peux-tu me raconter l’histoire de Holispark dans ses grandes lignes ?

Max : Ca marche ! Holispark, c’est un trio qui a commencé avec Manon, la chanteuse, Roch, le batteur et Kevin, un des deux guitaristes qui s’est transformé en quintette…

Metal-Eyes : Qui ? Kevin ?

Max (il me regarde avec des yeux interrogateurs et explose de rire) : Non ! En gros, ils avaient besoin de gens pour venir jouer sur scène l’Ep qu’ils avaient enregistré, The harvest. Du coup, on a été embauché parce qu’ils avaient besoin d’une basse et d’une guitare. Au fur et à mesure des concerts, on est tombés d’accord sur le fait qu’on avait vraiment envie de construire quelque chose à 5. Puis on a enregistré cet album, Sonic bloom, tous ensemble.

Metal-Eyes : C’est donc le travail d’un groupe. Comment l’avez-vous conçu, cet album, avec deux nouvelles têtes ?

Max : Le process d’écriture est assez banal : on fait ça en répète, tous ensemble. Il y en a toujours un qui ramène une idée, un riff, un beat…et on rebondit tous là-dessus, avec les idées de tout le monde. Même si elles sont pas bonnes, et qu’on les transforme. Ensuite, Manon trouve la mélodie vocale et écrit ses paroles à tête reposée. Parfois, souvent, même, elle ébauche quelques mots et elle développe tout ça au calme. Souvent, ça se fait en une session, ça va relativement vite parce qu’on sait se parler, se dire quand c’est de la merde ou quand c’est cool.

Metal-Eyes : Je voudrais qu’on parle du nom du groupe, que je trouve être à l’image de la musique : multi-facettes. On peut le traduire de trois manières différentes : « l’étincelle sacrée », » le parc des saints » ou « le parc de Holy », puisque c’est aussi un prénom. Quelle est la véritable signification ?

Max : En fait il y en a deux : la première raison que tu as donnée est la meilleure : c’est vraiment l’étincelle sacrée. On a viré le « y » parce qu’on trouve ça plus joli avec un « i ». Mais « Holy », c’est aussi la fête du printemps en Inde, quand ils se balancent les poudres de couleurs. Le feu sacrée c’est une façon de dire qu’on a envie de jouer, d’enregistrer et de faire du rock. De se bouger où et quand on le peut…

Metal-Eyes : Tu parles de « feu sacré ». En réécoutant le disque, on entend sur The shadow les mots « I want to be a phoenix ». Le phénix est un oiseau qui renaît de ses cendres. Doit-on comprendre que vous voulez détruire Holispark pour mieux renaitre, transformer cette étincelle en feu sacré ?

Max : Si on prend le cas particulier des paroles, c’est des expériences qui sont toujours propres à Manon mais qui nous parlent à tous. Ce sont des expériences de vie qu’on peut ressentir. L’idée du phénix, c’est une façon de dire « quoiqu’il arrive, tu dois te relever et aller de l’avant ». Même les mauvaises expériences , tu peux en tirer profit et en revenir grandi. C’est aussi l’idée du nom de l’album, je ne sqis pas si on peut en parler maintenant…

Metal-Eyes : Vas-y, j’allais en parler aussi…

Max : Désolé, je t’enlève ton lien (rires) ! Sonic bloom, c’est l’idée de renaissance, celle à 5, Holispark en quintette. Une esthétique qui n’est pas complètement différente de l’Ep, mais qui a évolué. C’est quelque chose qu’on a pu faire à 5, ce renouveau dans notre musique.

Metal-Eyes : Tu parles du titre : quel est lien avec la pochette qui représente une serre avec des arbres exotiques. Il n’y a rien de très sonique, là-dedans, sauf si on trouve des oiseaux !

Max : Oui, ben en fait, c’est parce que moi, j’ai une formation de jardinier… Non, c’est pas vrai, j’ai essayé d’amener une blague mais… (NdMP : dommage que tu te sois arrêté, j’allais y croire !)

Metal-Eyes : Donc quand tu n’as pas ta basse, tu viens avec ta pelle et ton rateau…

Max : Voilà ! Non, l’idée de la serre, c’est un rapprochement avec la nature qui fleurit, la graine qui sort de terre. C’est l’idée de floraison qu’on a retenu. La serre, c’est une image qui, graphiquement, nous plaisait, et ce qui est végétal, ça nous parle, à Manon, aussi, beaucoup. C’est elle qui a été en contact avec le graphiste. Cette pochette c’est plus une mise en image de ,notre musique qu’un concept en lui-même.

Metal-Eyes : On peut aussi faire un lien entre cette étincelle qui est le point de départ de la vie et cette floraison, le renaissance. Parlons un peu de la musique : j’ai trouvé que l’album peut être aussi léger que brutal, plus rugueux. Par exemple, Emotionally et Failed escape sont très aériens, White flag a tout de l’hymne à faire chanter en concert… Quavez-vous mis dans cet album ? Quelles sont les influences, qu’aviez-vous envie de créer, quel était le propos ?

Max : Pour répondre, je vais devoir te parler du passé d’Holispark, celui qui me concerne : sur l’Ep, on était sur quelque chose de très pop rock, bien plus que sur Sonic bloom. On avait envie de sortir de cette image, c’était beaucoup plus gentillet qu’aujourd’hui. On avait envie de sortir de cette étiquette, d’autant plus avec une nana qui chante et, ça, c’est très vite catalogué. Quand on a composé à 5, chacun a apporté ses influences. Par exemple, moi, je viens du punk rock, je fais aussi du metal, j’aime beaucoup le hard core. Toutes ces influences font qu’il y a parfois des riffs hyper secs, et, en même temps, il y a indéniablement l’influence que la pop a sur Manon, son chant, son écriture, et aussi Roch, le batteur, qui a aussi grandi en écoutant Michael Jackson. La différence a été établie en fonction du sentiment qu’il y avait en composant le morceau. Un riff hyper serré comme Sunset, on avait envie de quelque chose qui donne envie de taper. En même temps, on est de grands amateurs de pop, et on a envie, comme sur Emotionaly, de faire des morceaux assez aériens, légers, Pour Failed escape, on avait envie d’une belle ballade… En fait, on n’a jamais cherché à conceptualiser les morceaux avant de les écrire. On a eu des idées, plein, et on a juste pris le meilleur de tout ça, qui restait dans l’esthétique de ce qu’on voulait. On a écrit des chansons qui ont fait un album, et ensuite, on les a organisées de façon à ce qu’elles soient cohérentes entre elles…

Metal-Eyes : Alors, justement, si tu devais ne retenir qu’un morceau de cet album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Holispark, ce serait lequel ?

Max : Ok. Ok, ok… Je pense que ce serait The shadow. Parce qu’il y a de gros accents pop, et aussi un riff bien vénère. Clairement, je pense que dans les paroles de Manon, il y a tout ce qu’on veut faire passer.

Metal-Eyes : Maintenant, quelle pourrait être la devise de Holispark ?

Max : Je pense que ce serait « Toujours apprendre de ses erreurs et ne rien lâcher »

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle a été la meilleure question qu’on tait posée aujourd’hui ?

Max : Ben.. Je n’ai pas envie de passer pour un fayot, mais je trouve que la question que tu m’as posée sur quelle chanson choisir pour résumer Holispark, c’est une putain de question parce que c’est la première fois qu’on me la pose et que c’est excellent pour résumer l’idée du groupe.

 

NIGHT DEMON : Darkness remains – expanded edition

Heavy metal, USA (SPV, 2018)

Face au succès rencontré par l’édition originale de Darkness remains, et plutôt que de proposer une nouvelle réédition sans rien, les Américains de Night Demon, sous l’influence de leur label, ont choisi de profiter de leur tournée en ouverture d’Accept de proposer une édition « expanded » de leur second album. Rappel, pour ceux qui ne connaissent pas le groupe: Night Demon est un trio californien qui excelle dans un Heavy metal totalement inspiré de la NWOBHM et de la dernière vague anglaise des années 70. L’album en entier, chant inclus, puise dans ces influences légendaires que sont Judas Priest, Iron Maiden (avec un titre comme Maiden hell, dire le contraire serait osé…) Def Leppard ou encore, par ses aspects bluesy, Thin Lizzy. Au delà du format power trio qui évoque Motörheéad, on pense aussi à la folie de Raven avec qui Night Demon a fait sa première tournée. Rien à dire de ce côté, donc, car si c’est musicalement daté, c’est volontaire et assumé. On se penchera donc sur le second CD qui propose les mêmes titres en versions brutes, ce qui en soit n’apporte pas grand chose, mais qui propose surtout un commentaire audio chanson par chanson. Alors si vous voulez tout connaitre des méandres de cet album remarqué, vous savez ce qu’il vous reste à faire! Metal rules!

STONE BROKEN: Ain’t always easy

Rock, Royaume-Uni (Spinefarm records, 2018)

Personne ne pourra nier l’influence de Nickelback sur ce second album des Anglais de Stone Broken (le premier est paru en 2016 ). La puissance, l’efficacité des compos, la production léchée tout est réuni sur Ain’t always easy pour séduire tant les radios que le grand public. Il y a juste ce qu’il faut de séduction dans le chant de Rich Moss – puissant et mélodieux, sans jamais trop en faire –  et un énorme sens du morceau accrocheur pour que succombent rapidement pucelles et tourtereaux… et nombre de médias en recherche d’audience. Worth fighting for, qui ouvre le propos promet de vivre de grands moments rock et Let me see it all, coquin en diable, confirme la bonne tenue de l’ensemble. En tout cas, sur la première partie de l’album. Car la seconde est plus téléphonée, classique et entendue. Comme me le confiait Rich, le chanteur, lors d’une récente interview, Stone Broken a placé, sur chacun de ses album, le titre le plus représentatif de la musique du groupe en premier. Doit-on alors s’attendre à moins d’inspiration par la suite? Ne parlons pas de la ballade racoleuse Anyone – déjà faite un million de fois, souvent en mieux. Si la recette est gourmande, on n’est guère plus surpris jusqu’au final The only thing I need qui relance la machine. En résumé, cet album s’écoute avec plaisir, malgré une baisse de régime qui pourrait presque faire penser à du remplissage. Il y a toutefois un incontestable savoir faire qui rappelle d’autres grands du genre : Alter Bridge, Volbeat ou même Black Stone Cherry font sans doute partie des influences alors ne boudez pas votre plaisir.

Interview: NIGHT DEMON

Interview NIGHT DEMON. Entretien avec Jarvis (chant, basse). Propos recueillis à l’Elysée Montmartre de Paris le 1er février 2018

Metal-Eyes : Jarvis, je ne connais pas très bien le groupe. D’après ce que j’en sais, Night Demon s’est formé en 2011, a publié un Ep et 2 albums. Que peux-tu me dire d’autre sur la genèse du groupe ?

Jarvis : On a formé le groupe en 2011 avec la simple intention d’enregistrer un Ep. Ce qui s’est fait très rapidement. On n’a pas rejoué véritablement avant 2012… On peut dire, alors, que le groupe a vraiment débuté en 2013, un simple trio heavymetal très influencé par la NWOBHM. Ensuite, on a tourné pendant 4 ans, ça a été super, venir en Europe a été génial… Tout se passe bien pour nous, vraiment !

Metal-Eyes : Comme tu viens de le dire, Night Demon est très influencé par la NWOBHM, tant dans le son, dans ta manière de chanter, également… les premiers groupes auxquels j’ai pensé sont, naturellement, Iron Maiden – il y a d’ailleurs un morceau intitulé Maiden hell sur votre dernier album – mais aussi Raven – vous avez d’ailleurs le même format de power trio –mais je ressens aussi des influences de Thin Lizzy dans ses aspects bluesy…

Jarvis : Absolument !

Metal-Eyes :Qu’y a-t-il d’autre ?Que mettez-vous de plus dans votre musique ?

Jarvis : Difficile à dire, on écrit ce qui nous vient… On écoute beaucoup de rock 70’s. Tout ce que tu as cité fait partie de nos influences. On a d’ailelurs fait notre toute première tournée avec Raven ! Quelques shows aux US, mais on a pas mal joué avec eux autour du monde, ils sont un peu comme nos grands frères.

Metal-Eyes : Parlons de Darkness remains, paru en 2017. Vous venez de le ressortir dans un format expanded. Pourquoi ce choix ?

Jarvis : Le label le souhaitait. En fait, ils voulaient sortir un « tour edition », pour cette tournée. L’album se vend vraiment bien, il est toujours en réimpression… On s’est dit qu’on pouvait sans doute faire les choses différemment, entre autre parce que sur cette tournée nous jouons devant de nombreux nouveaux fans. Je me suis demandé ce qu’est vraiment un » tour edition » : faut-il mettre des versions live ? C’est ce que je voudrais, mais on enregistre dans le cadre d’un live qui va paraitre cette année. Alors on s’est dit « faisons maintenant ce que les autres groupes mettent 20 ans à proposer aux fans ! On a ce qu’il faut, alors, allons-y ! » Tout simplement…

Metal-Eyes : Ce sont donc les mêmes chansons, dans des versions différentes…

Jarvis : … Avec des commentaires au sujet de chaque titre.

Metal-Eyes : Tu viens de dire que vous avez beaucoup tourné ces 4 dernières années. Alors comemnt décrirais-tu l’évolution de Night Demon entre vos deux albums ?

Jarvis : Pas tant dans un changement de style… Mais je pense que notre manière d’écrire et de composer est devenue plus mature. Avant, j’acrivais les chansons que je souhaitais, avec beaucoup d’imageire que je souhaitais utiliser, parfois un peu cliché, mais en avançant, c’est devenu un peu plus « réfléchi », tu vois ? La musique est devenue un tout petit peu plus « progressive », juste pour éviter de nous répeter, ce qui est assez facile àn faire.

Metal-Eyes : Comment enregistrez-vous vos albums ? A l’ancienne ou…

Jarvis : Oui, oui, on n’utilise pas de clic, d’isolation ou ces trucs là… On entre dans la pièce et on enregistre, c’est tout. Live, c’est la façon de faire !

Metal-Eyes :De quoi traitent vos chansons ? Tu viens de parler de clichés, alors…

Jarvis : Oui, on parle de plein de choses, plein de clichés metal ! Le mal et l’obscurité, principalement ? Ce genre de choses, des monstres, des fantômes, des choses bibliques…

Metal-Eyes :Y a-t-il, au contraire, des thèmes que tu ne souhaites pas aborder ?

Jarvis : Oui, je ne veux pas aborder des sujets religieux ou politiques, on laisse ça à d’autres. Je ne veux pas être une sorte d’influence, nous voulons être un groupe qui libère les gens de ce genre de choses!

Metal-Eyes : un groupe d’entertainement, donc?

Jarvis : Oui, totalement! On veut être un groupe important, et nous le sommes aux yeux de certains. Mais sans prise de tête, sans politique… Il y a trop de merde dans le monde. Tu sais, le monde se fout en l’air depuis qu’il existe, et ça ne va pas changer. Je n’ai pas le sentiment que nous, en tant que groupe, en faisons assez pour prétendre pouvoir précher à ce sujet. Il y a plein de gens qui pensent que sous prétexte de ma position, j’ai plus d’audience que mon voisin de pallier. Ce qui est vrai, mais je ne crois pas pour autant que j’ai suffisamment d’influence pour tenir ce genre de dsiscours. On vit nos vies, on essaye, jour après jour, de nous en sortir, pas de créer un changement social. Nous serions des hypocrites si nous tentions de faire autre chose.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Darkness remains pour expliquer à ceux qui ne connaissent pas Night Demon ce que vous êtes, ce serait laquelle?

Jarvis : Alors, je choisirais sans doute… Peut être Hollowed ground. Elle a beaucoup d’éléments different: des tempis varies, des harmonies vocals, de beaux solos, un bridge galopant…

Metal-Eyes :Si mes infos sont correctes, il s’agit ce soir de votre second concert à Paris, après un passage il y a quelques mois au Klub.

Jarvis : Oui… C’est peut-être notre troisième passage à Paris. Non, tu as raison. On est passé à cette emission télé, Un dose 2 metal il y a 3 ans. Donc, c’est notre second concert mais notre troisième passage.

Metal-Eyes : Et quells souvenirs gardes-tu du Klub?

Jarvis : Il faisait chaud! (rires) On était au sous sol, et c’était blindé!

Metal-Eyes :C’est une sale qui est blindée avec 30 personnes!

Jarvis : C’est vrai! Mais c’était cool… Tu sais, ce qui est dommage avec une ville de cette taille, c’est que la culture heavy metal a disparu. Pour le metal classique, c’est vraiment dommage, mais il y a le meme phenomena à Londres. Pour quelqu’un comme moi qui vient de Los Angeles, tout y est populaire, il n’y a pas un style qui domine, tous les genres ont leur public. Mais tu dois faire le boulot, et visiblement, le show de ce soir va être gros. On est ravis de jouer pour de nouvelles têtes!

Metal-Eyes : En fait, le metal n’est pas vraiment mort, en France; il n’a jamais vraiment été vivant, il a toujours été considéré comme une sous culture. On met en avant le rap, la musique facile à écouter, c’est ce que proposent les medias au public. Heureusement, en France, nous avons un bon nombre de festivals pour rattrapper ça. Vous allez tenter de participer à un festival en France cet été?

Jarvis : On adorerait ça, on en fait partout ailleurs. Tu sais, j’organise mon proper festival alors je sais ce que c’est! Nous sommes en contact avec de nombreuses personnes, le Hellfest serait super mais on n’a pas encore reçu d’appel de leur part.

Metal-Eyes :Comment vous-êtes vous retrouvés à l’affiche de cette tournée?

Jarvis : Un animateur radio de Cleveland a mis leur management en contact avec nous, ils ont voulu voir ce que nous donnions, leur agence nous a vus au Rock Hard festival en Allemagne et nous avons insisté. Les discussions ont commence là.

Metal-Eyes :A quoi devons nous nous attendre de la part de Night Demon ce soir?

Jarvis : Beaucoup d’énergie de la part de trios mecs épuisés! (rires)

Metal-Eyes : Parlons de toi: quell a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire “viola ce que je veux faire”?

Jarvis : Van Halen, que j’ai écouté vraiment, jeune. Deep Purple, Smoke on the water. And justice for all de Metallica, ce sont les principaux, ceux qui m’on donné une claque.

Metal-Eyes :Qu’est-ce qui t’a amené au chant, alors?

Jarvis : Pendant des années, j’ai joué dans tant de groupes, j’ai beaucoup tourney. Des groupes vraiment prometteurs qui se sont séparés parce que l’un des members principaux, comme le chanteur se barrait. Je mettais ma vie dans les mains de ces groupes, et tout reposait sur quelqu’un d’autre. A un moment je me suis dit” je vais être le gars qui ne peut être remplacé”. J’ai appris à faire les chose que le gars qui ne peut être remplacé fait, et j’ai appris à chanter et à écrire la musique.

Metal-Eyes : Une dernière question: quelle pourrait être la devise de Night Demon?

Jarvis : Oh… “Pas de scène trop grande, pas de scène trop petite”.

Metal-Eyes : J’aime bien! Merci et je vous verrais sur scène d’ici un peu plus d’une heure.

Jarvis : Avec plaisir!

 

HOLISPARK: Sonic bloom

Rock, France (Trepan records, 2018)

Allumé, léger et varié sont trois des adjectifs qui peuvent caractériser ce Sonic bloom, premier album des Lillois de Holispark. Le groupe s’offre en effet une exploration de divers horizons musicaux, à la fois légers (Emotionally, Failed escape) que plus brutal (Target, Trapped …) et se permet même quelques instants de folie douce (Hope) l’ensemble de cet album puise dans un rock pop suave et enjoué et tout semble réuni pour affoler le public (les sing alongs « oh, oh, ohohoh » sur White flag feront leur effet sur les plus jeunes en concert et je vois bien un paquet de vidéos où le public – plutôt féminin, j’imagine – sautille en agitant les bras en l’air). Cependant, malgré une bonne volonté affichée, on peut se demander en quoi Holispark diffère de la multitude de formations engouffrées dans ce rock à la fois propre et énervé. C’est bien foutu, oui, énergique, et malgré un chant pas toujours compréhensible et parfois un peu criard (Bitter boy m’agresse par instant les oreilles et The shadow m’amuse – on entend clairement « I wanna be a phoenix », Holispark souhaite-t-il déjà sa mort afin de renaître de ses cendres?), on a envie d’y croire. D’autant plus lorsqu’un groupe choisi pour patronyme étincelle sacrée ». Se transformera-t-elle en feu sacré?

Publié dans CD.

TARJA: From spirits and ghosts (Scores for a dark Christmas)

Finlande (E.a.r music, 2017)

Oui, bon, je vous vois venir: vous parler de chants de Noël alors qu’on est en février, quel intérêt? Ben, z’avez remarqué la neige dehors (c’est mieux qu’ailleurs, c’est vrai!) ? C’est celle qu’on n’a pas eu à Noël alors je reviens sur cet album avec la météo… Et comme ça, on aura un peu d’avance pour décembre prochain ^_^. Paru en novembre dernier ce disque nous propose la facette traditionnelle de Tarja. On sait que la chanteuse diversifie ses projets, navigue entre projets metal et lyrique, et propose régulièrement un gala de Noël. Elle revisite ici 12 chansons traditionnelles de cette période occidentale de fêtes en y apportant, comme une marque de fabrique, une touche légèrement gothique. Bien sûr, nombre de ces chansons parleront surtout aux Anglo-saxons, moins aux Français, qui écoutent d’autres choses en fin d’année (Petit papa Noël, par exemple) mais certains titres sont mondialement célébrés, quelle que soit la langue. O tannenbaum (Mon beau sapin), Amazing Grace, O come, o come Emmanuel ou We wish you a merry Christmas se mêlent avec bonheur à d’autres airs de fête. la pureté de la voix de Tarja, de son interprétation et la production claire font que ce From spirits and ghosts apporte un moment de tranquillité et d’apaisement bienvenu. Un disque à écouter pas tous les jours, mais pas seulement à Noël, non plus.

ACCEPT live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 1er février 2018)

On vit une époque formidable… La forme qu’affichent les anciens, les groupes à la carrière multi décennale est simplement bluffante. Je n’ai presque jamais été déçu par un concert d’Iron Maiden, Saxon ou Accept. Alors ces derniers de retour à Paris, dans un Elysée Montmartre qui célébrait en début de décennie leur résurrection, avec le chanteur Mark Tornillo en lieu et place de « l’indispensable » Udo Dirkschneider, eh ben… 9a ne se rate pas. J’arrive tôt à l’Elysée afin d’interviewer Night Demon, trio US qui ouvre ce soir pour les Germano Américains. Jarvis, le bassiste chanteur, a malheureusement la voix quelque peu enrouée, ce qui se ressentira sur la seconde moitié du set.

Losque le power trio – une configuration qui évoque le line-up de Raven ou Motörhead (un bassiste chanteur, un guitariste et un batteur) – monte sur scène, le public ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Night Demon est simplement habité de l’esprit de la NWOBHM et cela transpire tant dans sa musique qu’on sait que les amateurs du genre, nombreux ce soir, vont apprécier. Le groupe explore ses deux albums, faisiant une belle place à son petit dernier, Darkness remains, récemment réédité en format « expanded ». Les influences sont évidentes et l’on s’amuse de ce jeu de piste qui nous renvoit dans une époque qui continue d’en faire réver beaucoup. Maiden estde la partie (Maiden hell, facile), mais également Diamond Head ou, moins évident, Thin Lizzy dans les aspects les plus bluesy du combo. Le riff de Run for your life évoque ouvertement le Waisted de Def Leppard , période Pete Willis (sur son premier et superbe album, que le groupe a trop tendance à oublier, On through the night). Malheureusement, la voix de Jarvis commence à souffrir, et son chant devinet très limité… Un extrait de quelques mesures d’Overkill, en hommage à Fast Eddie récemment disparu, un final avec la venue d’une faucheuse qui rappelle quelques mascottes (Iron Maiden, Grave Digger ou Megadeth), et Night Demon s’en retourne backstage laissant un public ravi. Quelques couacs, mais un set efficace quinous a fait découvrir un groupe plus que sympathique.

Après une intrigante mais remarquée première partie de Sabaton l’an dernier, Peter Baltes et Wolf Hoffmann réinvestissent les planches avec bonheur. Accept fait en effet partie de ces groupes qui maîtrisent tant leur sujet qu’on sait ne pas pouvoir être décus par leur prestation. Même Mark Tornillo, habituellement silencieux entre deux chansons, est bavard ce soir. Les petits nouveaux ( le discret Uwe Lulis et le plus expansif Christopher Williams, respectivement guitariste et batteur) arrivés en 2015 sont parfaitement intégrés. On sent ce line-up particulièrement confiant et très enjoué: la complicité entre les musiciens fait plaisir à voir.

Sans surprise, Accept sort l’artillerie lourde dès le départ avec un décor militaire (à quand le retour des treillis? Non, je blague…), des fumigènes en pagaille et des lights irréprochables (enfin le retour des poursuites dans une salle moyenne!). En alternant titres speed et morceaux heavy, en piochant dans quelques raretés (Objection overruled est une belle surprise, notamment complété de ce duel entre les deux anciens – Wolf et Peter), en jouant avec un public tout acquis à sa cause, Accept prouve une nouvelle fois l’excellence de son professionnalisme. Il n’y a rien à redire, sauf ce petit écart qu’est l’interprétation en solo que fait maitre Wolf du Bolero de Ravel… Ce même Wolf Hoffmann ravi d’exhiber une collection de guitares toutes plus flashy les unes que les autres – on est au royaume des paillettes bleues et rouges! – est, comme à son habitude, le maitre des lieux.

Cependant, avec 5 titres d’affilée issus du dernier album (The rise of choas, Koolaid, No regrets, Analog man et The final journey), même si le groupe est là pour le défendre  (dont il aura présenté 6 titres sur 10), c’est peut-être beaucoup pour ceux qui ne connaissent pas The rise of chaos. Heureusement, c’est du lourd, et Accept a tout loisir de se concentrer sur ses classiques attendus (au hasard? Princess of the dawn, Balls to the wall, Restless and wild, Fast as a shark) ou ses morceaux les plus récents (Stalingrad, Shadow soldiers, Teutonic terror, Pandemic…), faisant la par belle à la période dorée que le groupe vit depuis son retour avec Tornillo.

Deux heures durant Accept séduit un public ravi avant que Mark ne lance un « Thank you Paris, we’ll see you at Hellfest ». Oui, Messieurs, le rendez-vous est noté et hors de question de rater ce rendez-vous avec l’un des derniers monstres sacrés du metal allemand!