MILS: We love, we fight

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mils, c’est qui? Formé à Montpellier en 2008, Mils est déjà auteur d’un album, Man is a lonely soldier, paru en 2012. Le chant (un peu partagé sur le nouvel Ep), les intonations électro font la particularité du groupe qui explore différents horizons musicaux.

We love, we fight, ça donne quoi? Prog, rock, new wave, electro… les 5 titres de ce Ep – chanté dans un anglais enfin compréhensible! – évoquent autant Blondie (c’est flagrant sur Escape!) ou la new wave par ses touches électroniques que le metal extrême dans certaines parties vocales hurlées en fond (No Body, chanté par Duja), et plus généralement le rock aérien aux sympathiques envolées vocales. Le chant, cependant, reste clair, puissant et mélodique, principalement féminin malgré l’échappée mentionnée plus haut qu’il serait d’ailleurs intéressant d’expérimenter encore plus. C’est assez rare pour qu’on le remarque, la vision du rock que propose Mils sort assez des sentiers battus pour qu’on lui donne une véritable chance. Un projet qu’il faut aller défendre sur la route, et qui nécessite une confirmation via un album complet!

Note: 8/10

 

ONE LAST SHOT: Even cowboys have sundays

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

One Last Shot, c’est qui? Groupe parisien formé en 2013 par une bande de potes, One Last Shot publie son premier méfait discographique – le Ep First gear – en 2015. Les 5 titres lui ouvrent les portes du Motocultor festival et le propulse en première partie des Spiritual Beggars…

Even cowboys have sundays, ça donne quoi? Dès le morceau d’ouverture, I’m a gambler, on sent cette envie d’en découdre, de se retrouver à la table des plus grands. La voix qui pue la cendre froide et le whisky, les guitares gui traficotent des riffs directs et sans prétention autre que celle d’aller droit au but, la rythmique qui se pose comme un mur de briques… Avec Even cowboys have sundays, One Last Shot intègre parfaitement ses amours musicales dans ses réalisations tout en se forgeant son identité sonore. Un bel hommage à Motörhead (ah, ce Join the club, ses changements de rythmes et sa double!), au rock sudiste, au thrash des débuts, au rock puissant et groovy qui s’écoute sur les routes désertes, cheveux au vent. On regrettera simplement une production un peu trop étouffée, qui gache un peu le résultat global. Et bien que OLS ne réeinvente pas le genre, le potentiel est là, volontaire, spontané et déterminé.

Note: 8/10

Sortie: avril 2017

DARKE COMPLEX: Point oblivion

Darke Complex, c’est qui? Formé à Houston en 2015, Darke Complex propose un metal moderne, teinté de sonorités rap et electro. Un esprit fusionnel et muliticulturel résolument d’actualité.

Point oblivion, ça donne quoi? Le premier album des Américains propose 12 titres explosifs, rageurs et variés. Le chant agressif est aussi mélodique que hurlé, les guitares bouillonnent d’impatience et les touches électroniques sont quasi omni présentes. L’ensemble évoque tout autant Linkin Park que Slipknot, c’est dire! On imagine volontiers Cameron séduit par ce disque pour en utiliser quelques extraits pour la BO d’un Terminator relooké! Bien que tout le monde n’apprécie pas forcément ces sonorités électros, force est de reconnaître que Darke Complex les intègre parfaitement à l’ensemble, puissante et déterminé de ce premier album, paru en Europe chez Spinefarm. Et ça non plus, ce n’est guère surprenant!

Note: 7,5/10

Sortie : le 21 avril 2017

BROTHER FIRETRIBE: Sunbound

Hard FM, Finlande (Spinefarm, 2017)

Brother Firetribe, c’est quoi? Formé en 1989 en Finlande, Brother Firetribe est un groupe de hard rock FM/AOR qui publie aujourd’hui son quatrième album studio (False metal en 2006, Heart full of fire en 2008, Diamond in the firepit en 2014 et ce Sunbound en 2017, ainsi qu’un Live at the Appolo en 2010)

Sunbound, ça donne quoi? C’est simple: les 12 titres de ce nouvel album nous renvoient aux meilleures heures du hard FM, de l’AOR au son léché et aux mélodies langoureuses et néanmoins imparables. Ce rock radio friendly qui fit les beaux jours de MTV. On y trouve tout: des références évidentes – l’hommage à Lemmy et Prince sur Indelible heroes, le clin d’ oeil au Eye of the tiger de Survivor avec Taste of a champion, les clichés par légions entières et totalement assumés (Give me tonight, Heart of the master ou Restless heart). La production propre et passe partout évoque autant Bon Jovi que Night Ranger, Winger, Poison ou Europe (cf. la ballade sirupeuse Shock), et le groupe met aussi en avant les cordes et les orchestrations qu’il aime ( Phantasmagoria). Brother Firetribe voit les choses en grand format et atteint parfaitement son objectif avec Sunbound , celui de remettre au gout du jour, avec brio et élégance, un genre loin d’être has been.

A noter : Brother Firetribe sera à La Maroquinerie de Paris pour une de ses trop rares apparitions françaises le 19 octobre 2017!

ANTIGONE PROJECT: Stellar machine

Progressif, France (Autoproduction, 2017)

C’est un voyage stellaire, et donc spatial, auquel nous invite Antigone Project, groupe formé au début des années 2000 par le chanteur et multi instrumentiste Frédéric Benmussa. Le voyage sonore nous entraîné au confins des sonorités rock, progressives et électro. Le chant presque mélancolique nous replonge au cœur de la New wave des années 80, un genre que je n’ai jamais aimé. Cependant, cette impression mise à part, force est de reconnaître que c’est construit, réfléchi et abouti. l’ensemble est solide, sinon immortel comme l’était, selon la mythologie grecque, l’âme de la fille qu’Oedipe, roi de Thèbes, eut avec sa propre mère, Jocatse. poison, qui introduit le disque avec force sons électroniques (qui évoquent les transmissions radios vers l’espace) voit guitares et batterie s’embrasser. Puissant, le titre est également, par le chant, mélancolique. Contrairement au joyeux et dancefloor Schizopolis. L’étrangeté de Mantra nabulae au guitares saturées et agressives est contrebalancé par le souffrant et langoureux Raphe nuclei. explorant l’univers de sons inhabituel, Antigone Project dérange autant qu’il peut fasciner.

Note : 7/10

HELL OR HIGH WATER – Vista (version chantée!)

Certains ne manqueront pas de remarquer que cet album a déjà été chroniqué et ils ont raison… Seulement, l’exemplaire de Vista, le dernier album de Hell Or High Water, reçu par www.metal-eyes.com comporte un léger oubli: le chant. une erreur de pressage du label que nous devons ici réparer. Alors, musicalement, je ne referais pas la chronique et vous invite à la relire (http://metal-eyes.com/hell-or-high-water-vista) et vous propose plutôt une relecture de ce joli Vista AVEC le chant. Fondamentalement, bien sûr, ça ne change pas. L’esprit musical, les riffs et les mélodies sont naturellement identiques. Cependant, la chaleur et la puissance vocale, les aspects très actuels du chant font de Vista un disque moderne, entraînant sinon envoûtant. Hell Or High Water, avec ou sans chant, nous invite à un voyage sonore varié, à explorer des univers différents; une belle réussite.

Note : 8/10

M.F. CREW: First ride

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

M.F. CREW, c’est qui? C’est un quatuor français qui pratique un hard rock groovy , déjà auteur d’un EP et justement remarqué lors du PMFF VI de janvier 2017.

First ride, ça donne quoi? Ces gars ont vraiment le sens du groove. Ce son metal, gras et biéreux, qui rappelle le bon gros hard US qui bouge et qui fait bouger. Ne serait-ce une pointe d’accent dans le chant, on ne pourrait a priori imaginer le quatuor M.F. Crew originaire de chez nous. Ne serait-ce, aussi, cette Intro de 4 gars qui discutent en français – pour ne pas dire grand chose, en vérité – avant d’attaquer les séances studio. Ensuite, c’est la poudre qui parle. Old friends, Paris is burning, No way in hell nous montrent un groupe inspiré par la puissance de feu de Metallica ou de Pantera, la voix grave et profonde de Boris est tout en puissance. Les riffs  développés par Boris et Couanos évoquent autant le hard rock US d’Ozzy ou, de fait, de Black Label Society que le heavy metal européen, ou le plus récent stoner. Ce First ride est varié, plein d’humour (euh, c’est quoi ce morceau Last beer(part 1) qui n’a pas de suite???), festif et compact (malgré un léger moment moins inspiré à mi parcours) et, je suis désormais impatient de voir de nouveau le groupe live. Un premier album très prometteur.

Note: 8/10

Sortie: le 23 mars 2017

ULTRA VOMIT: Panzer surprise!

Metal délirant, France (Verycords, 2017)

Ultra Vomit, c’est qui? Ultra Vomit, c’est un groupe de metal dingue, formé en 1999 à Nantes et auteur de trois albums: M. Patate en 2004 et Objectif: thunes en 2008. Comment ça, ça fait que 2? Et ce Panzer surprise, qui est sorti le 28 avril, ça fait 3, non? Faut suivre un peu…

Panzer Surprise! ça donne quoi? Eh bien, c’est une collection de 22 titres complètement barrés. Si Ultra Vomit a, à ses débuts, souvent été assimilé à la scène grindcore, les Nantais proposent avec ce troisième album – 9 ans de réflexion, quand, même, un clin d’oeil au film avec Marilyn Monroe? – un metal qui ratisse large et, surtout, donne une patate d’enfer. Entre parodie et humour potache, le groupe se – et nous – fend la poire à coup de Kammthar (à la Rammstein, en allemand, svp), Un chien géant (on s’y trouve tous, après tout) ou japoniaserie assumée (Tokoyaki), voire référence du film de SF (E-Tron (digital caca)). Le groupe lorgne ouvertement du côté de Gojira et Calogero (Calojira), Pantera (le très punk Pink Panthera)… bref, sur fond de délires pas minces du tout, de thrash, punk, heavy, Ultra Vomit nous offre un album aussi délirant que les dessins animés d’où sa pochette est inspirée. Alors un conseil, ne ratez pas leur passage près de chez vous, Ultra Vomit tourne jusqu’en décembre. Rendez-vous est pris pour Metal Eyes au Hellfest le 17 juin!

Note: 7,5/10

Sortie: le 28 avril 2017, c’est écrit plus haut, mardalors!

BARE TEETH: First the town, then the world

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

Avoir les dents longues et acérées, c’est normal pour un groupe de rock. Les Français de Bare Teeth l’ont bien compris pour intituler leur premier album First the town, then the world. Affichez votre ambition les gars! Et n’hésitez pas, en effet, à montrer les crocs à la concurrence histoire de la décourager. Pensez, au passage à ajouter quelques brûlots à cet album. Le morceau éponyme qui introduit donne une bonne idée de l’envie du quatuor: c’est explosif, assez punk limite thrash, et ça ne passe pas par quatre chemins. Les guitares sont aussi dynamiques que recherchées, la rythmique pose un mur sonore efficace, et le chant est puissant. Seulement, on n’y comprend rien sans avoir le texte sous les yeux! L’accent semble correct, mais cette voix n’est pas assez mise en avant, et se noie dans la masse sonore. Reste que l’ensemble puise ses guitares aussi bien du côté du punk US des années 90 que du metal classique d’Iron Maiden ou Metallica ainsi que, moins souvent mais plus remarquablement, d’AC/DC. Globalement, cependant, Bare Teeth veut se forger une identité  propre, et y parvient sans toutefois réussir à maintenir mon attention au delà des 4 premier titres. La suite donne l’impression de se répéter, de manquer d’aisance aussi, à l’exception du morceau bonus, une version acoustique de Behind the wall, dont l’original est explosif. Deux univers, en somme. Bare Teeth, s’il souhaite se distinguer, doit franchir un pas et trouver comment combler ce manque. En travaillant la voix, certes, mais aussi en osant être encore plus différent. De belle promesses qui n’attendent que leur transformation.

Note: 7/10

BABYLON PRESSION: Heureux d’être content

Punk, France (Autoproduction, 2017)

Formé en 2007 à Marseille, Babylon Pression revient avec Heureux d’être content, son 6ème album, taillé dans un punk explosif, enragé, aux paroles totalement décalées. Les guitares thrash évoquent naturellement le metal, mais la rage vocale et les propos je m’en foutistes sont clairement un héritage des Pistols et autres anarchistes de la fin des 70’s. Violent, direct, et, somme toute, distrayant – si je puis dire – on se laisse emporter par cet ensemble brut, brutal aux éructations et crachats (ah, ce glaviot qui introduit Toutes des mères sauf ma pute!) d’un autre temps! La production est, en revanche, totalement d’actualité, claire, grasse et d’une incontestable efficacité. Elle fait ressortir le côté crade et la volonté de Babylon Pression de déranger. Ca ne va pas bien loin, mais c’est globalement réussi.

Note: 7,5/10