ORKHYS: Awakening

Metal symphonique, France (Autoproduction, 2020)

Fondé sur les cendres de Nepenthys en 2018, Orkhys, quatuor mené par la chanteuse Laurène nous propose un premier Ep de trois titres (totalisant quand même 18’30), Awakening – « réveil » – qui nous plonge dans un metal certes symphonique mais qui étend plus loin son univers. Les influences celtiques et folkloriques ne sont jamais loin, pas plus éloignées que ne l’est une certaine forme de black metal, évoquées par des cavalcades de guitares de Brice, principal compositeur, et de doubles grosse caisses et autres blast beats insufflés par Jean-Yves, doyen du groupe. Si on ne peut que difficilement passer à côté des influences évidentes que sont Nightwish ou, plus discrètement, Iron Maiden, voire Helloween, Orkhys se démarque du reste de la scène par une utilisation judicieuse de la harpe, instrument cristallin qui trouve parfaitement sa place sous les doigts de Laurène, au chant tout aussi cristallin (attention à ne pas trop abuser des aigus…) Cette carte de visite ne souffre cependant que d’un défaut, de taille: on a envie d’aller plus loin et d’en écouter plus… Trois titres, c’est court,d’autant plus lorsque le temps passe vite. Alors… à quand un vrai Ep ou un album complet? En tout cas, Orkhys démontre qu’en France, aussi, on est capable du meilleur.

Concerts from home: MOTÖRHEAD

C’est désormais une habitude… Toujours privés de concerts, Metal Eyes continue de de revisiter certains albums live au travers de la rubrique nouvelle rubrique « Concerts from home ». Cette semaine, c’est un monstre sacré qui est décortiqué. Enjoy !

MOTÖRHEAD : Live ! 1978-1999 (Castle music, 2003)

Quoi, quoi, quoi ??? C’est quoi ce live ? Et pourquoi pas le chef d’œuvre No sleep ??? Hein ? Parce que ! voilà ! Les amateurs de Motörhead le savent et le connaissent bien ce Live ! 1978-1999 puisqu’il s’agit du cinquième disque de Stone deaf forever, l’indispensable coffret retraçant la carrière de Lemmy et de ses divers complices depuis la création du groupe. Et c’est bien dans cet esprit qu’il faut aborder ce CD qui contient 21 titres allant d’un On parole brut et rock n roll sous speed et du classique Train kept a rollin’, tous deux extraits du premier live What’s words worth paru en 1978 à trois extraits de Everything louder (On your feet or on your knees, I’m so bad baby I don’t care et un explosif Born to raise hell) datant de 1999. OK, jusque là, que du connu, me dires-vous… Certes, et chacun peut encore aisément trouver ces albums. L’intérêt est ailleurs, donc… Dans ces pépites, ces raretés que nous propose Lemmy parmi lesquelles 6 inédits soit piratés (la reprise de Nadine – prononcé Naydeene – et sa charmante introduction –« this is a French name after all » et Silver machine) ou récupérés auprès de la BBC dont le travail d’archivage sonore est plus qu’exemplaire (Too late too late, (I won’t) pay your price, Steal your face) ainsi que cette version de Metropolis parue sur un 45t grec et, pour l’occasion, renomée Acropolis. Rien que pour ça, ce live vaut plus que le détour, même si le râleur pourra se plaindre que les autres titres restent aisément trouvables puisque figurant déjà sur d’autres live officiels (l’incontournable No sleep ‘til Hammersmith dont nous reparlerons ici, The birthday party, Live at Brixton et les deux autres déjà mentionnés). Mais comment ne pas se délecter de la fureur de Mean machine, suivi par la hargne de ce No class avec Wendy O’ ? De ces deux décennies, on se rend compte que, toujours, Motörhead sur scène cassait la baraque. De plus, le groupe ne tombe pas dans le piège du live facile, celui qui reprend les classiques parmi les classiques (pas besoin de les nommer, n’est-ce pas ?) Non, il parle ici aux fans, ceux qui veulent de la matière, et il y en a dans ce coffret d’un réel intérêt historique puisque les 4 autres CD retracent tout le parcours de Motörhead, des débuts en 1975 jusqu’à 2002 au travers de 78 autres titres ! Le tout est agrémenté d’un superbe livre(t) de 60 pages, bourré d’info et de photos rares, d’une bio signée Mick Wall, d’illustrations de l’incontournable Joe Petagno et d’une reproduction d’une affiche de concert avec Morbid Angel en première partie… Si le groupe a continué avec beaucoup de matière jusqu’à la disparition de Lemmy, ce coffret apporte son lot de headbanging à n’importe quel motörheadbanger digne de ce nom. Indispensable ? Oui ! They are Motörhead and they play rock’n’roll !

 

Concerts from home: VAN HALEN

Eddie Van Halen, guitariste de génie, vient de nous quitter. Puisque nous sommes encore privés de concerts, et que, c’est désormais certain, Van Halen ne sera plus jamais tête d’affiche où que ce soit, replongeons nous dans ce premier live du quatuor US. RIP, Eddie.

VAN HALEN – Live : right here, right now. (Warner, 1993)

6 octobre 2020, la nouvelle tombe : Eddie Van Halen vient de mourir. Nouvelle victime de ce cancer qu’on n’ose pas appeler autrement que « une longue maladie ». Il n’avait que 65 ans. Pour autant, l’héritage musical et guitaristique qu’il laisse derrière lui est immense. Mais il existe malheureusement peu de témoignages des performances live du quatuor. Après la scission d’avec Diamond Dave, le groupe se réinvente avec le Red Rocker (qui, visiblement, a mis ce dada coloré de côté), Sammy Hagar avec qui les 2 premiers albums – 5150 et OU812 – font sensation mais seulement pour un temps. Le suivant, For Unlawful Carnal Knowledge replace VH parmi les groupes les plus importants de son époque. Il est grand temps, sans doute, de proposer un live aux fans, chose aisée puisque Van Halen n’a de cesse de tourner. Ou presque… Pour l’occasion, le quatuor sillonne son pays de long en large. La tournée F.U.C.K. démarre le 16 août 1991 à Atlanta, en Géorgie, et s’étire jusqu’au 24 mai 1992 avec deux date à Mexico city, avant de reprendre, l’année suivante, juste après la sortie de ce Live : right here right now qui parait le 23 février 1993 et qui donne son nom à ce nouveau segment. Puisque le groupe a décidé de tourner en soutien à son album live, le public connait par avance la setlist, sans surprise véritable…C’est toutefois, pour Van Halen, une bonne occasion de se refaire un nom sur le vieux continent. C’est le 30 mars 1993 (après un concert de reprise au Whisky a Gogo de LA le 3 mars) que, sous le nom de Right here right now tour, Van Halen retourne en Europe pour une quinzaine de dates, démarrant à Munich, en Allemagne, et se terminant en Angleterre par un Wembley arena de Londres le 29 avril. Le groupe retrouve sa terre natale qu’il revisite jusqu’au 28 août 1993. Mais revenons en arrière, sur la première partie de cette tournée…En 1992, le quatuor fait une halte de deux jours à Fresno, en Californie, et investit le Selland arena les, 14 et 15 mai. Construite en 1966, et depuis agrandie, la salle est, pour un groupe de l’envergure de VH, de capacité moyenne puisqu’elle peut accueillir, dans sa configuration « concerts », 11.000 spectateurs. A l’extérieur, se trouve un studio mobile, le Westwood one manipulé par Biff Dawes. La salle est comble, le public, qu’on devine légèrement retravaillé au mixage, chaud. Et le groupe se donne autant que possible, principalement, c’est dommage, sur l’ère Hagar, le chanteur étant plus que mis en avant. Hell ! il y a même certains de ses morceaux (One way to rock et Give to live). De l’ère David Lee Roth ? Impossible de faire l’impasse sur Panama ou Jump, issus de 1984 ou de Ain’t talkin’ bout love et de la reprise des Kinks, You really got me, des débuts du groupe. Van Halen surprend également en jouant When it’s love, semblant de ballade aux quelques relents enjoués, en guise de troisième morceau… A peine on chauffe la foule qu’il faut ralentir le tempo ? Etonnant choix… Cependant, chacun des musiciens a droit à son moment, Eddie, naturellement, avec ses envolées sans pareil, joue les maîtres de cérémonies, même si l’on souhaiterait parfois un peu plus de risque, de pêche aussi. Son frère Alex est à la fête avec un solo de batterie tel que seul lui sait (savait) les concocter – d’ailleurs, pourquoi n’y a-t-il pas une seule photo correcte de lui dans le livret ? – et Michael Anthony nous offre un moment d’Ultra bass. Répartis sur deux CD (avec respectivement 13 et 11 titres), l’album a clairement été réarrangé, réorganisé. Les setlists qui circulent sur le net de ces deux soirées n’ont pas le même ordonnancement. Que penser, dès lors ? Que comme tant d’autres formations, Van Halen veut se montrer sous son meilleur jour, et cela, c’est le résultat du travail commun réalisé entre le groupe et son producteur Andy Johns (décédé en 2013), qui a notamment travaillé sur le F.U.C.K de VH ainsi qu’avec les Rolling Stones, Led Zeppelin, Chickenfoot (tiens, un autre projet de Sammy H.) et, chez nous, Trust. Bref, un CV long comme le bras mais voilà… Sans doute, certainement, pas assez axé sur la première période de Van Halen (DLR, donc) le disque peine à vraiment trouver son public. Pas que Sammy ne plaise pas, au contraire, il a même parfaitement su trouver sa place, mais il manque cette petite flamme qui transforme un concert en un moment mémorable et magique. Il reste un musicien sérieux, là où David Lee Roth, même en solo, a toujours laissé exploser plus qu’un brin de folie. Right here right now est certes un album plaisant qui se laisse facilement écouter mais, ne serait-ce la flamboyance de Monsieur Eddie, il ne se démarque guère d’autres productions. D’autant plus qu’en 1991 la concurrence est rude, et le deviendra plus encore, discographiquement, en 1993 : Metallica a sorti son Black album et, décidé à conquérir le monde, n’a aucune pitié pour les anciens. Van Halen, en 1992/1993 n’a simplement plus cette même aura séductrice qui a émaillé ses jeunes années. Eddie Van Halen fait simplement désormais parties des légendes, des fondateurs, des incontournables pour tout amateur de rock et, plus encore, pour tout musiciens. Son héritage est immense, rien de moins.

BLACK BART: Pièce de huit

France, Heavy metal (Autoproduction, 2020)

Avant la publication de son nouvel album d’ici la fin de l’année, les pirates du navire Black Bart commandé par Babass nous envoient un nouveau coup de semonce avec cet alléchant Ep 4 titres, Pièce de huit. Un Ep qui fleure bon la ration de rhum. Ok, le groupe est typé 80’s (musicalement, certes, mais aussi dans le chant parfois, disons… « surprenant »), mais comme Black Bart est loin de s’en cacher et qu’il le fait avec tant de respect et d’amour, qu’on ne lui infligera pas le supplice de la planche. Pas aujourd’hui, en tous cas. On le sortira même avec plaisir de ce Panier de crabes qui transpire l’amour de Slayer, de Metallica et de Maiden. Une intro puissante et énergique qui donne envie d’en écouter plus. Chaloner ogle propose un rythme imparable, une invitation au headbanging cadencé, et à reprendre ses choeurs chanté dans le plus pur esprit pirate avant que la lenteur et la lourdeur doomesque de Le maître ne viennent plomber l’ambiance. Un coup de vent dans les voiles redonne de la vigueur au titre à mi parcours et lui insuffle même un esprit speed à la ADX avant que Mammon ne vienne amarrer au port le navire avec une réelle efficacité et même une certaine forme de classe. En navigant sur les flots des 80’s, Black Bart se fait simplement plaisir et cherche à nous embarquer dans son insouciance. Alors, moussaillon, prêt à vivre l’aventure? Allez, embarque avec nous, et tu auras bientôt double ration de tafia!

FURIES: Fortune’s gate

France, Heavy metal (Autoproduction, 2020)

Depuis le temps que Furies tourne, il arrive enfin, ce premier album, Fortune’s gate! Passé du quintette au quatuor 100% féminin à l’esprit glam à quatuor mixte a permis à Furies de se forger une belle identité musicale et sonore. Et que de chemin parcouru! Depuis ses débuts, le groupe n’a eu de cesse de se démarquer en proposant des actions originales: premier CD gracieusement offert, passage sur France Inter pour un hommage à Dalida, enregistrement et distribution d’une cassette… Bref, comment se démarquer en se faisant toujours plaisir? Car c’est bien le maitre mot, ici. Fana des 80’s et de tout le metal de cette époque – tout le metal, anglo-saxon ou français – Furies transmet sa passion au travers de 10 titres aussi puissant qu’entraînants. Franchement? Fortune’s gate sent bon les années 80, les transpire même de tous ses pores. La puissance de ce metal racé passe partout, emporte l’auditeur dans ce maelstrom de décibels et de mélodies bien ficelées, celle qui entrent dans la tête. La voix haut perchée de Lynda fait parfaitement l’affaire. Mais loin de se cantonner à une redite de cette époque que les musiciens ont à peine touchée du doigt, Furies modernise le propos en variant ses inspirations musicale. Alors, oui, on est séduit, d’autant plsu que les gros écueils qui décrédibilisaient alors le metal « made in France » sont évités: 1/ Lynda maîtrise parfaitement la langue anglaise (un seul morceau – Antidote – est interprété en français –  et 2/ la production est plus que soignée. Comme d’autres avant lui, Furies tente de raviver cette époque bénie avec un album riche et puissant. Comment ne pas succomber à You & I  et ses inspirations orientales, Voodoo chains ou Prince of the middle east? Un futur grand est né? Cela ne dépend que du soutien que le public pourra apporter à Furies. Cocorico!

Concerts from home: TRUST

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » ou intimistes nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre monde, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

 

Il est sans doute temps de rendre hommage à l’un des groupes français les plus influents de tous les temps. Trust est donc à l’honneur pour ce troisième volet de la rubrique Concerts from home avec son second live – le premier chronologiquement. Retour sur une époque explosive et révolue.

 

TRUSTTrust (Epic, 1992)

1980, la France cède sous le poids des mastodontes du rock qui, cette année-là, publient des classiques par palettes entières. Trust n’est pas en reste proposant un Répression qui confirme plus encore que son premier remarquable album paru l’année précédente et qui vient d’être certifié or, sa place en tête des groupes de rock français. Place uniquement disputée par un Téléphone également au mieux de ses capacités. Avant même la sortie de ce second album qui, rapidement, deviendra majeur et historique (cf le dossier 40 ans de Répression), Trust se lance dans une tournée qui le voit sillonner la France de long en large, de haut en bas et en travers du 7 juin (Créteil) au 6 décembre (Lyon) avec quelques longues pauses. Comme d’autres avant lui, Trust enregistre certains de ces concerts sans, pourtant, qu’un live ne soit prévu. Sur la route avec Dennis Weinrich, leur producteur d’alors, Trust capte les dates de Nice (23 et 24 octobre), Nantes (29 novembre) et Lyon (6 décembre). Le résultat est sans appel : aucun live ne témoigne de cette tournée. Les bandes, en effet, restent coincées dans les locaux du label Epic sans que personne ne s’en soucie. Ni n’y pense, d’ailleurs. Jusqu’à ce que quelqu’un aille fouiller dans les tiroirs « dans le sous-sol d’un immeuble à Neuilly » comme l’écrit Bernie dans le livret du CD. Il faut en effet attendre la fin de l’année 1992 pour voir apparaître ce témoignage de ce que fut Trust en 1980 : une machine de guerre. Entre temps, le groupe de Bernie aura eu le temps de se dissoudre (1985) avant de se reformer le temps de deux dates en ouverture d’Iron Maiden à Bercy, dans le cadre des Monsters of rock de 1988 et de proposer son tout premier album live, Paris by night, fin 1988 (chronique à venir aussi). De se dissoudre de nouveau… Mais Trust est entré dans les mémoires collectives et la sortie de cet album live auto intitulé fait écho. Bernie (chant), Nono (guitares) et Vivi (basse) se voient contraints, en août 80, d’accueillir Kevin Morris à la batterie en remplacement d’un Jeannot démissionnaire. C’est ce quatuor qui enregistrera donc ce qui deviendra ce live, accompagné, également, d’un second guitariste, Moho (après un passage éclair de Thibault Abrial en ce même mois d’août). C’est donc un quintette que captent les micros de Dennis Weinreich lors de ces 4 dates. Le résultat est explosif : Trust, accompagné de celui que Bernie appelle tendrement « Dynamite » (son public) démonte tout sur son passage. La hargne de la jeunesse, l’envie et la détermination de vaincre et de s’imposer font le reste : Trust est vrai, donne tout ce qu’il a dans sa position de pas encore « star », se livre et se met à nue, brut, sans fioritures. Démarrant avec Darquier, peu connu du grand public car « face B » d’un 45t du premier album, ses deux disques sont passés en revue avec force et détermination. Mieux, au milieu des classiques que sont désormais les Bosser 8 heures, Préfabriqués, Police milice, Antisocial ou Fatalité (oui, à l’évidence il manque L’élite…), Trust propose également une nouveauté, Les brutes, qui figurera sur son futur album, ainsi que, hommage évident à Bon Scott, Problem child et Live wire (AC/DC). 14 titres qui, parfois, craquent (l’usure de bandes mal ou pas entretenues), mais qui, toujours, montrent un Trust au mieux de sa forme, un Trust en train d’écrire l’histoire. Douze années auront été nécessaires avant que le grand public ne puisse découvrir ces enregistrements. D’autres ont depuis suivi, célébrant avec, sans doute, moins de bonheur, cette période, faisant de ce live un must du rock hard pas seulement français. Un monument, tout simplement.

Concerts from home: BARON ROJO

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » ou intimistes nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre monde, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

Pour le second volet de cette nouvelle série, je vous propose une rapide escapade chez nos chaleureux voisins espagnols et l’un de leurs étendards rock. Caramba!

BARON ROJODesde Baron a Bilbao (Santo Grial records, 2010)

Qui, au début des années 2000 oserait encore parier un billet sur le gang des frères de Castro (Carlos au chant, à la guitare et à l’harmonica, Arman à la guitare et, un peu moins, au chant aussi) ? Avec à peine quatre albums moyennement remarqués en 15 ans, le public lâche, au cours des années 90 un peu l’une des légendes du heavy hispanique qui, principalement, tournent en Amérique latine. Pourtant, Baron Rojo s’est imposé dans le paysage musical dès ses premiers albums des années 1980. La force des Larga vida al rock’n’roll, Volumen Brutal et Metalmorphosis, ses trois premiers essais, en ont fait un groupe star en Espagne, certes, mais également en Europe, et, naturellement, en Amérique du Sud. De cette période est tiré un premier superbe témoignage live, Baron Rojo al vivo, paru en 1984. Seulement, voilà… De dissensions internes en tensions palpables, le line-up varie au même rythme que le marché musical mute. Mais ce soir, le 23 août 2007, les Madrilènes investissent la scène de la Fiesta de aste Nagusia de Bilbao devant 10.000 spectateurs. Le Baron se donne pour mission de prouver qu’il n’a rien perdu de son énergie, de sa gnaque, de son envie de vaincre. Et ça pète du début à la fin de ce concert, Baron Rojo multipliant les références qui ont égrené son histoire avec ses classiques (Larga vida al rock’n’roll, Incomuicacion, Satanico plan, volumen brutal, Resistire…) et ses influences évidentes, souvent (Queen, Deep Purple, AC/DC, Iron Maiden) qu’il distille au milieu de ses titres qui, souvent, transpirent l’improvisation (ah, cette version imparable de Los rockeros van al infierno!). Baron Rojo est, ce soir, au meilleur de sa forme, se donne corps et âme à ce public qui porte ses héros. Cet album, publié en 2007, propose également le concert en DVD. Les images parlent d’elles-mêmes : c’est sous une pluie battante qu’est accueilli le quatuor et, bien qu’une armée de parapluies se dresse, le public fait bien savoir qu’il est présent. Les lights sont sobres, Baron Rojo continue encore aujourd’hui de tourner intensivement, presque uniquement dans les pays hispaniques. Cet album (publié sous forme d’un double CD/DVD avec la totalité des 28 titres de ce concert et un livret de 30 riches pages et en simple CD de 10 petits titres + DVD du concert complet) reste cependant le témoignage monumental d’un groupe qui a marqué son époque et qui, malheureusement, n’a jamais rencontré le succès international qu’il aurait mérité. Ça peut aussi donner envie d’aller les voir, à domicile, le 30 décembre 2020 pour leur concert d’adieu, avec la promesse de nombreux invités, d’une captation… Seulement si…

TRANK: The ropes

Rock, France (Autoproduction, 2020) – Sortie le 15 septembre 2020

Oh, cette claque! Une de celles d’autant plus appréciables quand on ne s’y attend pas… Trank, groupe fondé en 2016, a déjà publié 4 singles, tourné en première partie de groupes à l’influence discutable comme Anthrax ou Deep Purple, aux style opposés. C’est déjà dire l’intérêt que différents univers portent à Trank. Et, avec son premier album, The ropes, on se rend vite compte que la musique du quatuor est en effet difficilement étiquetable. Toujours puissant et mélodique, le groupe propose des morceaux puisant autant dans le metal actuel que dans une certaine forme de new wave, dans le punk US festif ou dans le rock au sens le plus large du terme. Parfois rentre dedans, à d’autres moments quelque peu mélancolique (Forever and a day), aucun des 12 morceaux ne se répète ou ne laisse indifférent. Les guitares sont enjouées, la batterie entraînante et variée, le chant – dans un anglais parfaitement compréhensible – la basse groovy… Comment dire? La musique de Trank est aussi attirante qu’un aimant, aussi goûteuse et alléchante qu’un plat concocté avec amour et passion. Voilà, « passion », c’est le fil conducteur de The ropes, album à découvrir d’urgence. Comment résister à Shining, Undress to kill ou au cinématique et quelque peu rammsteinien In troubled times ou Again ? Il y a de la rigueur et de l’envie, même dans le plus calme et aérien The road. Et lorsque les concerts reprendront… Pour l’heure, The ropes entre vite fait dans le cercle de mes grosses découvertes de l’année. A suivre, à soutenir. Nous avons sans doute avec Trank l’avenir du rock français, un rock d’envergure internationale!

CONCERTS FROM HOME: IRON MAIDEN – Live after death

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre univers, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

A tout seigneur, tout honneur…

IRON MAIDENLive after death (EMI, 1985)

Leur cinquième album studio n’est pas encore en bacs qu’Iron Maiden est déjà – de nouveau – sur les routes. Le World slavery tour démarre officiellement le 9 août 1984, à Varsovie, en Pologne. Une Pologne encore (« toujours » ?) sous le joug d’un envahisseur de plus en plus décrié. Signe des temps, malgré sa poigne de fer, l’Etat que dirige le général Jaruzelski accepte la tenue de quelques concerts de cette musique tant décriée à l’Est. Iron Maiden visitera ainsi 5 villes polonaises et ira poser ses flight cases en Hongrie et en Yougoslavie avant de s’attaquer à l’Europe, aux USA et à l’Asie dans une tournée qui prendra fin le 5 juillet 1985 en Californie.

Le 3 septembre 1984, Powerslave, le nouvel album de la vierge de fer parait enfin tandis que le groupe donne un concert à Madrid, en Espagne. Sans parler des qualités de cet album depuis entré dans l’histoire, on ne peut que remarquer qu’Iron Maiden semble avoir trouvé l’équilibre : il s’agit du second album d’un line up sans modification aucune. Un groupe qui, en plus, s’est uni, soudé, au cours de la précédente tournée. Et cela a un impact notable sur tout ce que fait Iron Maiden.

Ce groupe va bien au-delà des musiciens – Steve Harris (basse), Bruce Dickinson (chant), Dave Murray et Adrian Smith (guitares) et Nicko Mc Brain (batterie). C’est aussi tout l’entourage, toute l’équipe technique qui forme ce clan, cette famille, à commencer par l’indéboulonnable paire de managers que sont Rod Smallwood et Andy Taylor, mais aussi les fidèles Martin Birch (producteur des albums depuis Killers en 1981), Dave Lights (lumières), Dick Bell, Doug Hall ou encore, comment les oublier, l’illustrateur Derek Riggs et le photographe Ross Halfin.

C’est ce clan qui se retrouve à la maison, à Hammersmith Odeon de Londres les 8, 9, 10 et 12 octobre 1984 alors que l’album caracole en tête des charts (n°2). Le show est rodé et, à domicile, Martin Birch décide d’enregistrer ces concerts à l’aide du Rolling Stones Mobile. Une première étape avant le gros morceau, quelques mois plus tard, où les micros du Record Plant Mobile n°3 capteront les concerts donnés au Long Beach Arena de Los Angeles pendant 4 soirées – du 14 au 17 mars 1985. C’est la première fois qu’un groupe joue soirs d’affilée dans une même ville à guichets fermés ! Dans une salle d’une capacité d’environ 13.500 places… Alors non seulement ces concerts seront enregistrés, mais en plus ils seront filmés. Et il est grand temps pour la Vierge de Fer de proposer un premier live, car, en 1985, Motörhead, Saxon, Judas Priest et tant d’autres se sont déjà, depuis des années, prêtes à l’exercice avec succès. Au tour des nouveaux maitres du metal de se jouer le jeu.

Le résultat de ces captations se nomme Live after death, le tout premier album live d’Iron Maiden qui parait le 26 octobre 1985. Un double, même, composé de 17 titres (plus le speech de Churchill en intro). Martin Birch, en matière de live, n’en est pas à son premier essai. Comme il l’explique dans les notes du disque, le premier live auquel il a apporté son oreille est l’incontournable Maiden In Japan de Deep Purple, en 1972. Un double album, là encore.

Tout au long de ces deux galettes – les trois premières faces sont les enregistrements de Los Angeles, la dernière ceux de Londres) le public (re)découvre un groupe au sommet de sa forme. Iron Maiden va constamment chercher son public, et l’échange d’énergie, la réciprocité dégage une puissance de feu sans pareille. La vidéo, elle, montre, en plus des concerts, le groupe derrière le rideau de fer. Un témoignage rare, dont cette scène où la bande se retrouve embarquée dans un mariage… local.

Si le public se délecte des désormais classiques du genre (Aces High, 2 minutes to midnight, The trooper, Powerslave, The number of the beast…), son plaisir continue avec le produit en lui-même. Derek Riggs a, une nouvelle fois, créé une pochette au mille références et détails, une pochette qui occupe le regard des heures durant. Surtout, au-delà des pochettes papier des galettes, joliment illustrées de nombreuses photo, Iron Maiden offre un livret de 8 pages truffées d’informations diverses, allant de la liste complète des dates de cette tournée à des informations purement techniques. On y apprend ainsi que la tournée de 322 jours a vu le groupe visiter 24 pays ou occuper 7778 chambres d’hôtel…

Arrivé n°2 des charts anglais (la VHS sera n°1), Live after death s’impose bientôt dans la catégorie des live incontournables du rock et devient un témoignage historique. Il sera réédité en CD dans une première version tronquée des titres de l’Hammersmith, avec un livret plu sobre, voire dénué d’intérêt. Il faudra attendre 1998 et la vague de rééditions du back catalogue pour retrouver l’intégralité de ces enregistrements sur un double CD (agrémenté d’une illustration inédite de Riggs) ainsi qu’un livret reprenant l’ensemble des notes de l’album et d’une plage multimédia avec vidéos et autres documents. Si les photos sont moins nombreuses, quelques illustrations inédites viennent compléter le plaisir.

 

BLACK BART : Casnewydd Bach

France, Heavy metal (Autoproduction, 2018)

Le metal pirate arrive en France et il se nomme Black Bart! Les moussaillons, en pleine préparation de leur 4ème album, ont décidé de se rappeler à notre bon souvenir en redistribuant ce Casnewydd Bach, troisième album sorti en 2018. A-t-il vieilli? Non, car les pirates, en campagne depuis 2007 avec un équipage inchangé (Babass’ au chant et à la… basse, Rudd et Zozio aux guitares,et Marco à la batterie) puisent leur(s) inspiration(s) dans le metal traditionnel, mélodique et rythmé. Celui des 80’s. Le monde de la piraterie en a inspiré plus d’un, de Running Wild à Alestorm, et reste aussi une source d’inspiration intarissable. Et Black Bart, ce nom si souvent évoqué qui fut aussi le thème d’une face B de Maiden (Black Bart blues). Si les sources d’inspirations sont souvent évidentes – allez ne pas reconnaître une basse à la Steve Harris, une intro à la Master de Metallica ou des riffs à la Priest ou Accept sans compter la détermination « vent en poupe » de la bande à Rock n Rolf), le quatuor les intègre joyeusement dans ses compos. C’est parfois si évident qu’on n’a même pas envie d’évoquer le mot de plagiat tant c’est fait avec amour et envie. La production est elle aussi marquée du sceau des années 80, tout comme le chant en français, rugueux et plein de rhum, est parfois étonnant (voire limite et déroutant, comme sur Le dernier voyage). Mais il y a du cœur à l’ouvrage et rien que ça, cette musique faite pour le plaisir sans forcément se prendre trop au sérieux, ça donne envie d’aller plus loin. Alors, en attendant le nouvel album promis pour bientôt, laissons le sourire nous barrer le visage et profitons de cet album plaisant. A suivre: chronique du Ep Pièce de huit.