DEAD BY APRIL: Worlds collide

dead by april 2017Suède, Metal (Spinefarm, 2017)

Très moderne dans l’esprit, Dead By April propose un judicieux mélange de metal passe partout, basé sur des mélodies imparables, et d’intensité guitaristique et ryhmique alliée à une certaine rugosité vocale. Une recette somme toute assez commune aujourd’hui, mais exploitée avec talent par le chanteur (partagé avec Christoffer Andersson) guitariste et compositeur Pontus Hjelm, qui, accessoirement produit ce disque. Worlds collide n »est pas la première production du groupe. Les amateurs de la formation suédoise connaissent sans doute ses trois précédents méfaits (premier album éponyme en 2009, Incomparable en 2011 et Let the world know en 2014), tous trois remarqués pour leur modernité. Simplement, si le metalcore a eu son heure de gloire, le genre semble amené à se faire plus discret. Dead By April en a conscience et s’en démarque par des mélodies accrocheuses, du genre qui, par leurs accents popisants, visent, parfois, les passages radio. Les onze chansons forment un ensemble agréable, compact, et s’adressent à un public plutôt jeune. Worlds collide est à la fois accrocheur, sans être trop racoleur, et puissant. Du bon travail.

Note: 7,5/10

NEXT STEP: Legacy

NEXT STEP 2017Hard rock, Espagne (Rock Estatal records, 2017)

Voici un bout de temps que je ne me suis pas plongé dans l’univers du hard rock espagnol. Si Baron Rojo, Angeles Del Infierno ou, plus récemment, Magö de Oz sont incontournables, j’ai toujours bien aimé Lujuria, Saratoga, Obus ou, dans des styles opposés Los Suaves ou Angelus Apatrida, parmi d’autres. Dommage que cette scène n’ait jamais réussi à s’exposer autant que les Allemands, parce qu’il y existe un grande variété de genres, et une indéniable qualité. Aujourd’hui, Next Step pourrait inverser la donne. Le quatuor, composé de Guillermo Garcia (chant et guitare), Irene Génova (guitare), Jesus Hernandez (basse) et Diego Solana (batterie), propose Legacy, un premier album qui sent bon le metal à la fois moderne et traditionnel. Moderne par son son actuel, un usage modéré de double grosses caisses et quelques grognements qui viennent compléter un chant clair efficace et attirant. Traditionnel par ses lignes mélodiques musicales et vocales. Les compositions sont carrées, la ballade monte en puissance et les références variées. La plus évidente est, sans aucun doute possible, un Volbeat presque omniprésent dans les mélodies et le chant, un chant parfois aussi emprunté à James Hetfield ou des lignes de guitares qui évoquent les grandes heures du hair metal, Mötley Crüe en tête. Avec de telles références, on a envie d’en savoir plus. Et l’album défile à belle allure. malgré quelques faiblesses inhérentes à la jeunesses du combo, on sent tout de même la naissance de ce qui pourrait devenir un futur grand. Si seulement Next Step se défait de ces influences pour explorer et imposer sa véritable personnalité et si le marché international lui ouvre les bras. C’est cette seconde partie qui est la plus délicate…

Note: 7,5/10

 

MADJVE: Buisiness first

madjiveHard rock, France (Autoproduction, 2017)

« On va enfin pourvoir voir Madjive! » sont les paroles qui introduisent ce Business first, nouvel album de Madjive. Madjive? Inconnu chez moi, et pourtant… Le groupe, qui vient de l’est de la France, a déjà plusieurs enregistrements à son actif (3 Ep et 2 albums) et donné de nombreux concerts un peu partout en Europe. Distillant un hard rock joyeusement bordélique, Madjive évoque à la fois le punk irrévérencieux et je m’en foutiste que le rock fun et déjanté d’un Royal Republic. Pas sérieux, ne pas s’abstenir, svp! C’est marrant, direct et ça envoie bien le bois sur fond de critique ouverte, acerbe et corrosive du monde des affaires. 12 chansons où énergie rime avec bonne humeur. ça commence par un Ignition programme sous forme de narration de ce qui va suivre. Et ce qui suit est constitué à la fois de rock et de chansons à boire. Un vrai folklore d’amusement. C’est le mot qui semble le mieux résumer, expliquer l’esprit de ce groupe qui ne se prend pas une seconde au sérieux et , dans cet esprit, parvient à nous entraîner dans son délirant sillage. Le verso est bien pensé, aussi, puisque chaque titre bénéficie d’une ligne explicative. Claire, nette et précise. Un album à écouter entre potes autour d’un bon apéro. APÉRO?

Note: 7,5/10

THE RAVEN AGE: Darkness will rise

THE-RAVEN-AGE_Darkness-Will-RiseMetal, Royaume uni (BMG, 2017)

Si The Raven Age va faire parler de lui, c’est, déjà, parce que cette jeune formation a intensivement tourné en ouverture, entre autres, d’Iron Maiden, avec un simple Ep à son actif, mais également parce que l’un de ses guitaristes n’est autre que le (l’un des) fils de Steve Harris, George. Rien de surprenant que papa prenne ses ouailles sous son aile, Maiden l’a fait plus d’une fois (Lauren Harris, sur deux tournées, et le Rise To Remain d’Austin Dickinson). Simplement, maintenant qu’un album est là, il semblerait judicieux d’oublier le « fils de » afin de mieux se centrer sur la musique. Tirant son nom d’une légende populaire disant que les ténèbres s’abattront sur Londres lorsque les corbeaux de la Tour de Londres disparaîtront, le quintette nous offre 13 chansons taillées dans le metal passe partout. Le chant est harmonieux et puissant, tandis que les mélodies se font rapidement chantantes et entraînantes. La production est, dans l’ensemble correcte, et l’on sent, malgré quelques lignes qui évoquent « le groupe de papa », que The Raven Age veut créer son identité sonore. Une identité puisée au sein des influences évidentes que sont, par exemple, Killswitch Engaged ou Avenged Sevenfold, génération oblige. Simplement, malgré une évidente bonne volonté et un savoir faire indéniable, le groupe ne parvient guère à maintenir l’attention. Dès The merciful one, je commence à décrocher. C’est plaisant mais il manque une raison d’accrocher, chose qui, à n’en pas douter, sera corrigé à l’avenir car on a envie de chantonner et de bouger. Et si BMG parie sur The Raven Age, ce n’est pas seulement pour des raisons filiales. Peut-on imaginer…

Note: 7,5/10

STEEL PANTHER: Lower the bar

SteelPanther_2017mHard Rock, USA (Steel Panther Inc., 2017)

Quand Michael Starr et sa bande vont-ils arrêter leurs pitreries? 3 ans après un All you can eat exemplaire en presque tout, le quatuor parodisiaque (quoi? un mélange de « parodie » et « aphrodisiaque » ça ne vous plait pas?) nous propose un Lower the bar qui porte bien son nom. Car si l’esprit est toujours le même – un hard rock carré et des paroles réservées aux adultes – le niveau général du nouvel album de Steel Panther est bien en deçà de ce que l’on pouvait espérer des Américains. Se lasseraient-ils de chanter en dessous de la ceinture? De répéter à l’envi des riffs à la Van Halen, de singer Ratt, Mötley Crue et consort? Le chant de Michael Starr, s’il est toujours puissant, manque de cette conviction narquoise et de ces intonations outrageuses. Les guitares de Satchel ne s’enflamment pas comme hier… La basse de Lexxi Foxx est efficace sur Now the fun starts, un des titres qui se distinguent par une approche très groovy et bluesy. Mais rien ne fait tilt. La recette utilisée auparavant est ici identique, mais en deçà. Même l’illustration de l’album manque d’humour potache. C’est pas de sexe qu’il a envie, ce gars, c’est bien de boire… Là où celle de All you can eat était provocatrice et pleine d’humour, celle-ci semble avoir été faite à l’arrache…Musicalement, il n’y a pas trace ici d’un 17 girls in a row ou de Party like tomorrow is the end of the world. Même les ballades semblent peu inspirées.Un album sympathique mais loin de ce à quoi Steel Panther nous avait habitués. Il est sans doute temps de se renouveler. Attendons le  Hellfest et la tournée pour voir s’il y a du changement visuel…

Note: 6/10

Sortie 24 mars 2017

 

HEADCHARGER: Hexagram

HEADCHARGER 2017Hard rock, France (Verycords, 2017)

Il aura fallu trois ans à Headcharger pour proposer un successeur à Black diamond snake (2014). Aujourd’hui, Hexagram vient aujourd’hui conclure, ou simplement continuer, une trilogie magnifique entamée avec Slow motion desease (2012) avec lequel on pourra faire plusieurs parallèles. Tout d’abord, ces buffles de la couverture nous replongent dans les paysages sauvages américains qui illustraient déjà la pochette de Slow motion desease. Musicalement, et c’est le principal, Hexagram s’en rapproche également, s’éloignant du thème de l’histoire abordé avec Black diamond snake. Les guitares grasses, le chant embué, les ambiances… On ne trouve plus trace ici d’un metalcore qui permit pourtant aux Caennais de s’imposer sur la scène française. Je leur préfère – et de loin – ce hard rock, heavy aux guitares fulgurantes, à la grandiloquence exemplaire, cette maîtrise du rythme et de l’énergie qu’on ne retrouve que chez les plus grands. Parfaitement mis en son, Headcharger entraîne l’auditeur dans une furia maîtrisée aux sonorités variées (l’entraînant Coming back to life, le furieux Gusty move, le groovy A long wait…) Ici, l’énergie mise à part, pas un titre ne ressemble à un autre, plaçant l’ennui en dehors de l’équation. La basse imposante de Name your price domine les guitares furieuses que l’on retrouve avec un plaisir non feint sur The one you want to be. On se surprend même à entendre des guitares évoquant ici Maiden (Dirty like your memories), là Priest ou encore les 70’s (Load the dice). Une nouvelle fois, Headcharger nous propose un album réussit qu’on écoute comme on boit un bon calva: en le dégustant. Pour ce qui concerne les oreilles: sans modération!

Note: 9/10

STORM ORCHESTRA: Bite the bullet

VISUEL EP STORM-ORCHESTRA-Bite-The-Bullet-CoverHard rock, France (Autoproduction, 2017)

Storm Orchestra est un trio parisien composé de 3 ingénieurs du son. On y trouve Maxime Goudard (chant et guiare), Adrien Richard (basse) et Marc Familari (batterie). Déjà auteur d’un So?  qui m’est inconnu, c’est avec une certaine curiosité que j’écoute ce nouvel essai, Bite the bullet. Ce Ep propose 4 titres mêlant hargne et énergie, fureur et calme, metal et intonations modernes. Ce disque débute avec When I touch your et El Tyranno, deux chansons résolument hard rock, directes et puissantes. Survival est plus moderne, avec des influences rap/neo metal  et un groove efficace. Blown apporte une conclusion sous forme d’une rage contenue grâce à une basse qui ronfle et gronde. Si Storm Orchestra propose un metal moderne, bien fichu et réfléchi, il se trouve cependant face à une difficulté de taille: comment se démarquer de la masse? Ils sont nombreux, sur ce créneaux. Pourtant, ce trio est plein de belles promesses. On le sait, un Ep, outil à la mode, permet d’être régulièrement présent. Alors, maintenant, il faut persévérer et confirmer!

 

Note: 7/10

LAURA COX BAND: Hard blues shot

LAURA COX BAND 2017Hard rock, France (Verycords, 2017)

Elle a dû le lire ou l’entendre un bon million de fois: aussi mignonne, oui, mais Laura n’est pas la sœur de Courtney. C’est dit, on passe à autre chose, car ce qui nous intéresse ici, c’est bien cet album qui porte si bien son nom. Hard blues shot est le premier et très prometteur album du Laura Cox Band, qui, dès les premiers accords du morceau titre est clair: du hard rock vintage, des guitares qui craquent et rappellent sans aucun doute possible les débuts d’AC/DC. Et, tiens, le second morceau s’intitule The Australian way. Clair, non? Çà groove, ça riffe sec et ça fait bouger. Et le message est clair: comme elle le chante si bien sur Hard blues shot : « Radio is dead, TV is shit » et l’on ne saurait être plus d’accord. Si le propos musical est alléchant, on ne regrette que deux choses: on pourra déplorer un manque de hargne vocale, certes, mais ça va venir. Un peu de clopes et de whiskey fera l’affaire. Egalement, la production manque légèrement de relief, le son est un peu trop étouffé à mon goût. Pour le reste, rien à dire: Laura a des doigts en or, le blues dans la peau, celui qui fait se dresser les poils (Good ol’ days), sait aussi être réaliste (Too nice for rock’n’roll) et explore plusieurs univers, dont le bluegrass (Barefoot in the countryside). Bien sûr, sa musique évoque souvent AC/DC, mais on pense également aux grands du hard rock  (ZZ Top sur Morning road ou Led Zeppelin) ou leurs héritiers, tels Great White. Et, détail plus qu’important quand on parle de rock hexagonal: son anglais est parfait, et ça, c’est un vrai plus. D’autant plus lorsque, sur la ballade 13, qui clôt l’album en douceur, elle s’amuse à chanter quelques mots en français… Effet garanti. Un premier essai particulièrement réussi musicalement, qui donne envie de voir ce que le quatuor donne sur scène.

Note: 8/10

sortie le 10 mars 2017 – Site web: www.lauracoxband.com

TAGADA JONES: La peste et le cholera

tagada jones 2017Hardcore, France (At(h)ome, 2017)

Plus de 20 ans que ça dure! Deux décennies que Tagada Jones sillonne la France à coup de rage et de coups de gueule. Engagé comme jamais, le monde actuel est source d’une inspiration et prétexte à une colère qui servent d’exutoire à Niko et sa bande. On y va, direct, franco, carré. On enrage devant la bêtise d’une humanité de plus en plus inexistante, face à un monde de plus en plus individualiste. La peste et le choléra, ce sont 12 nouvelle dénonciations et autant de constats affligés de notre monde. La guerre en Syrie, le réfugiés refoulés, la crétinerie humaine, tout y passe au son et aux textes des La peste et le choléra, Le monde tourne à l’envers, Narcissique, Pas de futur, Enfant des rues. Bien sûr, il est impossible de ne pas débuter avec un hymne à la mémoire des victimes du Batacla, des terrasses et du SDF, Vendredi 13 clamant haut et fort NOTRE liberté et soif de vivre. Partout, le riff est rageur, le chant enragé, et Tagada Jones affiche une forme exemplaire. L’état de la planète est une source intarissable pour les Bretons qui nous offrent une de leurs meilleures productions de ces dernières années. Un must  du hardcore punk qui va faire pogoter la France entière.

Note: 8,5/10

CHICKENFOOT: Best + Live

Chickenfoot-2017Hard rock, USA (e.a.r music/Verycords, 2017)

On les connait, les « super groupes », on sait que le « coup » est souvent plus important que l’avenir. Pourtant, avec Chickenfoot, la donne est inversée. Depuis 2009, la bande de potes – c’est le cas à l’écoute de la partie Live de ce double CE, Best + Live – et ses trois albums nous offre enfin un condensé de la carrière de Chickenfoot. La partie Best débute par Divine termination, un nouveau morceau… Le premier nouveau titre que le quatuor nous offre depuis 5 ans et qui trouve parfaitement sa place en ouverture. Le rythme, le groove, l’entrain, la chaleur vocale, tout y est. La suite, les fans connaissent par cœur: L’humour côtoie l’amour, le fun se mêle à la vie tout au long des Soap on a rope, Sexy little thing, Get it up. Si, sans surprise on retrouve ces 4 titres sur le live, Chickenfoot nous fait aussi redécouvrir Future in the past, Big foot ou Dubai blues. Enfin, trois morceaux live viennent conclure ce Best: Highway star (Deep Purple), Bad motor scooter (du Montrose de Sammy Hagar) et My generation (The Who). Le CD Live, quand a lui intéressera ceux qui ne connaissent/possèdent pas le DVD enregistré à Phoenix en 2009. C’est en effet la version audio de Get your buzz on live qui nous est ici offerte avec un groupe qui prend son pied et s’amuse au son des Avenida revolution, My kinda girl ou Bitten by the wolf. En bref, Chickenfoot, comme à son habitude, nous ravit et nous entraîne dans son délire rock’n’roll. Quand les grands ne se prennent pas au sérieux…

Note: 8,5/10

Sortie le 10 mars 2017