PAPA ROACH: Crooked teeth

Neo metal, USA (Seven eleven music, 2017)

Profitons du récent passage de Papa Roach pour rattraper le retard… Car Crooked teeth, le dernier album de la bande est sorti il y a quelques temps déjà, au mois de mai dernier… Soyons clairs: il est urgent de faire l’impasse sur le morceaux d’ouverture, Break the fall, qui voit Papa Roach se revisiter sans grande conviction, genre « mode automatique ». Mais une fois franchi ce cap, on retrouve, en partie, le Papa Roach qui fit les grandes heures du genre au cours des années 2000.  En partie, tout du moins, car sans réinventer le neo metal, le quatuor en connait suffisamment bien les codes pour les utiliser au mieux. L’alternance des rythmes avec le chant rappé, les grosses guitares qui donnent une furieuse envie de bouger… Tout est là. A quelques exceptions près qui sentent le réchauffé. Alors on se délectera, simplement du morceau titre, My medication, ou Born for greatness, plus orienté pop. On notera également la présence de deux guests, Skylar Grey sur Periscope, et Machine Gun Kelly sur Sunrise trailer park, deux morceaux moins typés Papa Roach et plus centré sur les styles de ces musiciens. Au final, Crooked teeth est un album sympathique taillé pour les amateurs de neo metal.

TRAVELIN JACK: Commencing coutdown

Hard rock, Allemagne (SPV, 2017)

Punaise, c’est pas possib’ comment qu’il porte bien son nom, ce groupe! Certains parleraient de nostalgie, d’autres de passion, une chose est certaine, c’est que Travelin Jack nous entraîne des décennies en arrière. Vous vous rappelez cette série, Au cœur du temps, et sa spirale temporelle? C’est ce dernier élément qui manque pour voyager parce que sinon… Tout au long de ce Commencing coutdown (un pied de nez au décompte final de Europe?), second album des Allemands, le son des guitares, le chant, les riffs, les rythme, le look, tous est là pour séduire les amoureux du rock US et 60’s et hard rock US et british du début 70’s. Même les noms nous replongent dans ce glorieux passé: Alia Spaceface, dont le chant évoque à la fois la puissance et la fragilité d’une Janis Joplin, Flo The Fly, dont la guitare rappelle tout à la fois le jeu de Hendrix que celui de Uli Jon Roth ou Michael Schenker, la rythmique tenue par Steve Burner (basse) et Montgomery Shell (batterie) rappelle quant à elle l’envie des New York Dolls, la détermination de Thin Lizzy ou la fureur de The Who. Si l’époque du glam est évoquée par le look et certains airs à la T-Rex de Marc Bolan, l’ensemble rappelle aussi Slade ou David Bowie, autant que Scorpions (quelques références à Is there anybody there?volontairement placées), tout comme les influences précédemment mentionnées. Une belle réussite pour les amoureux du genre, ce Commencing countdown devrait voir Jumping… euh, Travellin Jack trouver aisément son public!

HIGHWAY: IV

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

Enfin! J’avais tant craqué sur United States of rock’n’roll, leur dernier album paru en 2011, que j’attendais avec une impatience non feinte le retour des sudistes de Highway. Six longues années après, le voici enfin arrivé ce quatrième album (d’où son titre IV…), et l’on reconnait instantanément la touche qui fait la spécificité du groupe: du rock, du groove, de la chaleur et pas de prise de tête. Paru le 29 septembre 2017, ce nouvel opus fait en effet la part belle aux riff simples (d’apparence…) et mélodies imparables et ce dès les premières mesures de ce Brotherhood tout droit sorti des bayous bluesy de Louisiane aux allures d’hommage à nos chers disparus. Highway est amoureux de ces sons US, du blues au hard rock, en passant par le heavy, le glam… et ça se sent. Sans doute moins produit que son prédécesseur, cet album, plus organique, se laisse écouter avec une aisance déconcertante. Pas étonnant que Jeff Scott Soto ait accepté l’invitation à un duo sur Wake up! Les 12 chansons de ce disque sont autant de pépites taillées à même le rock le plus efficace sans pour autant être simple. C’est chantant, entraînant et efficace en diable même si l’on aurait espéré une plus grosse surprise après une telle attente. N’empêche, les 4 se font avant tout plaisir et l’on retrouve cet esprit rock’n’roll festif et direct, et les thèmes habituels du genre. Besoin de détails? Cependant, faites attention à cette pochette plus travaillée qu’on ne le croirait de prime abord: le nourrisson se retrouve dans une pomme qui ressemble étrangement à un serpent. Et son tatouage ressemble à une tête de mort… Des références bibliques? Si Highway est rare sur disque, on les espère plus présents sur scène. A quand des concerts?

Publié dans CD.

CREMATORY: Live insurrection

Heavy metal, Allemagne (SPV, 2017)

Crematory fait partie de ces nombreux groupes à la carrière dépassant le quart de siècle et dont je ne suis absolument pas familier. Ce n’est pas un mal en soi, remarquez, tant les formations pullulent autour de notre petite planète. Et, comme de nombreux autres, Crematory tient à laisser une trace de son passage. Quoi de mieux que son concert au Bang Your Head festival pour ça? Nous sommes le 14 juillet 2016, le groupe est à la maison et dispose d’une place honorable sur l’affiche. Comme beaucoup d’autres, Crematory perd de précieuses minutes avec une longue intro – qui sert de générique sur le DVD de ce Live insurrection. Puis, une fois sur scène, ça joue. Bien. Parfois très heavy, parfois trop indus, à d’autre moment – allez comprendre pourquoi il s’agit des chansons en allemand – très rammsteinien, Crematory affirme son identité musicale. Oui, mais… Si les musiciens sont à l’aise, certains ne font que leur job. Katryn, derrière ses claviers, ne décroche pas un sourire, ne va pas haranguer le public, par exemple, contrairement à Jason (basse) qui occupe toute la scène. Le concert est bien mis en son et en lumière, mais je ne parviens pas à accrocher à ce mélange de guitares heavy (ça, j’aime!) de chant guttural (mouais… je préfère le partage vocal avec le chant clair de Tosse), le tout recouvert d’un nappage de claviers trop présents. Peu d’excitation, et ce sentiment me parait partagé par le public assez statique. Maintenant, les amateurs du groupe seront sans aucun doute possible ravis de ce produit qui répond à toutes les attentes, c’est à dire un concert carré, bien filmé et à la lumière et au son au top. Notez que le DVD propose en plus du concert 5 vidéos bonus, ce qui ne saurait que ravir les fans.

ONE LIFE ALL-IN: The A7 sessions

HardCore, France/USA (Rust and Blood, 2017)

Je n’ai jamais été très fan de la scène hardcore US… ça tombe bien, car One Life All In n’est pas entièrement américain. Pensez donc: Don Fosse, chanteur des Spudmonsters a décidé de s’acoquiner de 3 frenchies, Clem (guitare), Franco (basse) et Kevin Foley. Ce dernier nom vous évoque sans doute quelque chose si vous êtes amateur de metal extrême puisqu’il est batteur au sein de Benighted. Le mariage est sur ce The A7 sessions explosif, la rage vocale de Fosse, sans fioriture, allant droit au but, comme le veut la vieille tradition punk. Musicalement, l’ensemble est accrocheur, déterminé et incontestablement rentre dedans. Pas forcément aussi hard core qu’on aurait pu si attendre mais incontestablement explosif. Seulement, voilà, ce chant est, selon moi, trop sec et son mix ne permet par à Fosse de parfaitement se fondre à l’ensemble. Un ensemble constitué de riffs entraînants, et d’une rythmique en béton armé, et si c’est de l’énergie que vous voulez, vous trouverez ici votre compte! Même si l’on peut, légitimement, se demander quel avenir existe pour One Life All In.

 

APPICE: Sinister

Hard rock, USA (SPV, 2017)

Carmine et Vinny. Deux frangins, deux batteurs, deux légendes des fûts qui ont mis, au fil des ans, leurs baguettes au service des plus grands, parmi lesquels se distinguent, naturellement, Black Sabbath ou Dio. Il n’est dès lors guère surprenant que les frères Appice se réunissent le temps d’un album afin de mettre en avant leur instrument (c’est vrai qu’à de rares exceptions – Herman Rarebell, Phil Rudd et quelques autres – les batteurs ne se lancent pas dans une aventure solo). Ce Sinister viserait à prouver qu’un batteur c’est plus malin que quelqu’un qui ne sait compter que jusqu’à 4 qu’on n’en serait guère étonné. Mais dès le morceau titre, quelque chose coince… La fratrie a fait appel à divers musiciens et chanteurs pour l’accompagner et c’est très bien. Mais voilà, le chant de Jim Crean me gêne. Et je me rends compte qu’un élément essentiel manque à l’appel: la cohésion, celle d’une unité qui donne la pêche. Ce sentiment ne me quitte plus, malgré l’impatience d’écouter ce Drum wars, duel fratricide en vue qui se fait démonstration sans grande saveur, et la surprise d’un Riot, air qui me rappelle quelque chose. Ben oui! Le premier album, superbe, du Blue Murder de John Sykes, paru en 1989 et produit de main de maître par Bob Rock avec Carmine à la batterie. Mais voilà, encore, que, malgré le chant de Robin McAuley (seul Paul Shortino tire son épingle du jeu vocal), le résultat manque de pêche. Au final, si les intentions sont bonnes et l’exécution correcte, le résultat ne tient pas ses promesses. Dommage…

ALPHA TIGER

Heavy metal, Allemagne (SPV, 2017)

Prenez un groupe prometteur et voyez le frontman prendre a poudre d’escampette. Vous paririez volontiers sur la disparition de la formation dans un avenir proche, n’est-ce pas? C’est ce que d’aucuns ont prédi une fin rapide pour Alpha Tiger après le départ de Stefan Dietrich suivant la publication d’Identity en 2015. Seulement, les Allemands ne se sont pas découragés et ont recruté Benjamin Jaino qui s’est emparé du micro. Le groupe a multiplié les concerts avant de reprendre le chemin des studios et de décider de repartir de zéro. C’est bien le message de cet album éponyme au logo disparu, non? Ni titre, ni visuel qui pourrait rappeler le passé. Les nombreux concerts ont permis à la formation de mieux se connaitre et de fonctionner comme il faut ensemble, d’avancer sur la même voie. Le résultat s’en ressent au travers de compos carrée et entraînantes. Le chant est puissant, les guitares rageuses et l’apport d’un orgue Hammond aurait pu se faire plus discret. C’est d’ailleurs la prod dans son ensemble qui pêche: le rendu final est sec, vieux, ni assez gourmand ni suffisamment attirant. Il y a 30 ans, passe encore, mais les moyens actuels permettent à n’importe quel amateur de faire mieux. Et ça, ça gâche presque tout. Dommage, car musicalement, Alpha Tiger sait pondre de petites pépites d’originalité et d’efficacité.

PROPHETS OF RAGE

Rock, USA (Caroline records, 2017)

Je ne sais trop par où commencer avec ce premier album plus qu’attendu de Prophets Of Rage… Avec deux passages très remarqués dans l’Hexagone en juin dernier (Download Paris et Hellfest), on était impatients de découvrir l’album. Et, c’est une évidence, la réunion de ces furieux de Tom Morello à la guitare toujours aussi rageuse et fine à la fois avec Chuck D et B-Real au flow vocal souvent imité offre un résultat intriguant. On ne va pas revenir sur cette union a priori contre-nature d’ex-membres de Rage Against The Machine avec ceux de Public Ennemy et Cypress Hill. Rage était un groupe ouvert à tout, et intégrer des influences rap, rock ou metal semble ici naturel. Je n’ai jamais été fan de rap, cependant, je dois reconnaître que le mariage de ces monstres est efficace. Les titres sont variés dans les rythmes et ambiances. Du rageur Unfuck the world au psychédélique Legalize me, il y en a pour tous les goûts. POR parvient au gré des morceaux à rassurer quant à sa capacité à séduire. Et même si j’ai du mal avec le flow rap, l’ensemble se laisse plus que facilement écouter. Pas prise de tête pour un rond, engagé et critique de notre monde (et de leurs USA d’origine) Prophets Of Rage s’avère aussi efficace, groovy et entraînant sur CD que sur scène, ce qui n’est pas une mince affaire. Le groupe sera au Zénith de Paris la Villette le 10 novembre 2017, et ça va déménager sévère!

VITAL BREATH: Angels of light

France, Heavy rock (Target, 2017)

Les plus assidus d’entre nous, les plus amateurs de hard made in par chez nous et de metal « baguette-vin rouge-beret » connaissent déjà Vital Breath. Pour les autres, petite séance de rattrapage: Vital Breath est un groupe français (si vous ne l’aviez pas compris…) formé en 2011 à Lyon, le quatuor publie Duality en 2013 nous propose aujourd’hui son second album, Angels of light. Le groupe a fait appel au financement participatif pour produire ce Angels of light plein de surprises. A la fois mélodique et puissant, ce CD à la production soignée, propose 12 chansons au riff efficace et la mélodie subtile. On sent que l’on a à faire à des amoureux des 80’s, aux influences variées et riches, puisant autant du côté mélodique d’un Bon Jovi ou d’un Ratt que de l’efficacité directe d’un AC/DC qui sait coller au son et à la production de notre époque. De plus, et c’est aujourd’hui loin d’être négligeable, le produit fini est agréable: l’artwork est soigné, le livret de 12 pages est complet (textes – lisibles – et photos en nombre). Bref, Vital Breath revient en forme avec la promesse de nous séduire. Reste la scène et l’on espère retrouver le groupe sur de nombreuses dates.

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BLACK STONE CHERRY: Black to blues

Hard rock, USA (Mascot records, 2017)

Après avoir mystérieusement disparu des écrans radar (souvenez-vous l’annulation soudaine d’une partie de la tournée Kentucky, dont la date parisienne…) on a enfin des nouvelles des amis de Black Stone Cherry qui reviennent avec Black to blues, un Ep. Un simple Ep, composé, qui plus est, de reprises. Moitié Willie Dixon (Built for comfort, Hoochie coochie man et I want to be loved). Pourquoi des reprises? Pourquoi un Ep? Est-ce représentatif d’un état d’esprit du quatuor? Qui sait, mais ce n’est pas le principal. Ces 6 classiques du blues sont ici revisités à la sauce BSC, qui, tout en conservant l’essence même de chacun des chansons, gagnent en puissance, voire, merci la technologie moderne, en clarté. L’empreinte du quatuor est instantanément identifiable, et les chansons s’intègrent de fait parfaitement au répertoire déjà riche des gars du Kentucky. si ce Ep est une mise en bouche, on attend maintenant l’album avec impatience. Et les 4 dates françaises prévues en janvier prochain!