Album: Inconnu

Metal, provenance: ? (Label?, 2020 – je crois)

Voici un bel objet, un  superbe album d’un groupe intéressant. Le troisième titre dépote grave tandis que le suivant voit le groupe se calmer. On remarquera la puissance de feu et l’impertinence stylistique du 8ème titre, les envolées guitaristiques du 6ème et cette voix qui trouve toute sa démesure sur le 9ème morceau. En deux mots, voici un bien bel album que chacun devrait se procurer. Seul problème: la version promo que j’ai reçue ne contient aucune information: de quel groupe s’agit-il? Quel est le titre de l’album? Franchement, je n’en sais rien…

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SAXON: Inspirations

Hard rock, Angleterre (Silver lining, 2021)

Coincés, comme nous tous, à domicile, sans autre choix que de s’occuper comme ils peuvent, les 5 de Saxon se sont retrouvés autour d’un projet commun qui a germé à cause du confinement. Même si un nouvel album est prévu, pour le moment dans l’impossibilité de le défendre, Biff et sa bande ont choisi de se faire plaisir en enregistrant un album de reprises, celles qui furent, comme nous en informe le titre de l’album, leurs Inspirations. Sans surprise, on retrouve un bon paquet de hit des 70’s, et quelques extrapolations. Sans surprise non plus, ce sont de grands noms auxquels Saxon a choisi de rendre hommage: des Rolling Stones (Paint it black) à AC/DC (Problem child), le groupe pioche dans le lourd et l’efficace. De Motörhead à Led Zeppelin, en passant par Deep Purple (Bomber, Speed King, Immigrant song) ou la reprise version Black Sabbath de Evil woman font partie des plus heavy. POur se faire plus original, sans toutefois aller explorer des terres surprenantes – on reste dans la zone de confort et les repères du rock – Saxon reprend également les Beatles ou Thin Lizzy. Pas de gros risque, donc, pas de grande surprise non plus. Sauf cette version de Hold the line de Toto à laquelle d’aucun n’aurait pas forcément pensé. Ok, les Anglais choisissent la sécurité et ne prennent pas de risques particulier mais réussissent à respecter les VO tout en apportant un son typique de Saxon. Heavy, gras, on reconnait la patte du quintette même si on dirait que c’est Ozzy qui s’égosille sur Evil woman. Et, franchement, en plein lockdown, alors que personne ou presque ne peut voyager… quelle bonne idée de conclure sur ce See my friends. Un joli clin d’oeil plein de cet humour typiquement anglais, non?

SOEN: Imperial

Suède, Progressif (Silver Lining, 2020)

Le duo fondateur et pilier de Soen, Joel Ekelöf (chant) et Martin Lopez (batterie) a une nouvelle fois pu compter sur la participation du guitariste Cody Ford, déjà présent sur Lotus en 2019. Ce dernier voyait les Suédois (bon, la formation est aujourd’hui plus internationale que proprement suédoise…) faire un grand pas en avant. Lykaia (2017) avait déjà fait une quasi unanimité au sein de la communauté metal, et Lotus avançait encore plus vers la perfection, offrant des guitares plus rudes sur un fond tout aussi aérien. Ce chemin est tout aussi notable sur Imperial, nouvel album qui porte plus que bien son nom: Cody, désormais bien intégré, apporte un son plus rugueux encore, contrebalancé par la légèreté apparente des mélodies et la voix douce et envoûtante de Joel. Au travers de ces 8 titres, qui mêlent rage et douceur, tempête et accalmie, Soen démontre une nouvelle fois que puissance peut rimer avec excellence. Si l’univers progressif est incontestable, Soen a désormais son propre univers musical, très loin des cadors du genre dont il se détache avec brio. Et puis cette pochette est elle un signe? Imperial, avec sa pochette noire, sa signature vernie et son serpent, pourrait-il devenir à Soen ce qu’un certain Black album fut à vous savez-qui ? C’est en tout cas tout ce qu’on peut lui souhaiter tant Soen s’approche de la perfection. Si seulement ce pouvait être aussi simple…

JUNON: The shadows lengthen

France, Metal rugueux (Ep – Autoproduction, 2021)

Nouveau venu sur la scène du metal rugueux, Junon? Que nenni! Car le quintette est né des cendres d’un General Lee dont le post hardcore avait été suffisamment exploré. Revenant sous le nom de la déesse protectrice de la Rome antique, Junon propose un metal rugueux au chant aussi torturé que mélodique, aussi puissant que mélancolique. Au travers de The shadows lengthen, un Ep 4 titres – dont Carcosa qui a déjà été publié sous forme de single fin 2021 – le groupe explore une variétés d’horizons musicaux, alternant entre fureur explosive, guitares incisives, rythmiques en béton tout en proposant des moments plus calmes. Junon ne cherche jamais à réinventer le style, simplement il l’interprète avec force et conviction. Une carte de visite rageuse et efficace.

MASON HILL: Against the wall

Angleterre, Heavy rock (7Hz, 2021)

Voila des gens qui ont visiblement tout compris… Mason Hill est une formation anglaise qui propose un heavy rock traditionnel et très moderne. Un peu fourre tout et facile comme descriptif? Ecoutez donc ce Reborn qui introduit avec douceur Against the wall. Sa guitare légère bientôt doublée de claviers et d’un chant chaleureux pose l’ambiance sinon le cadrer avant d’entrer dans le vif du sujet avec No regret, titre que ne renierait aucune des formations actuelles de metal mélodique entraînant. Une basse au groove prenant et intemporel, des changements de rythmes en veux-tu, en voilà, une production au top… Mason Hill met les petits plats dans les grands et réussit un tour de force: il y a une véritable identité musicale dans ce Against the wall qui, pourtant reste toujours familier. Old school meets modern school pourrait-on dire… On ne s’ennuie pas un instant, Mason Hill parvient à nous maintenir attentif, donne envie de bouger, de chanter (ces « Oh oh » simples et imparables sur Broken son) et alimente au travers de 11 titres toujours la curiosité de son auditeur (11+une autoreprise de Reborn qui vient aussi clore l’album). Voilà le genre de groupe qui donne furieusement envie de retrouver encore plus vite les concerts…

EVANESCENCE: The bitter truth

USA, Rock (Columbia, 2021)

Si l’on fait exception de Synthetis et ses réinterprétations de ses propres titres paru en 2017, le dernier album d’Evanescence remonte à 2011. 10 ans, quand même… Autant dire que les attentes des fans peuvent être grandes, tout comme la frustration de voir la tournée en co-headlining avec Within Temptation une nouvelle fois repoussée. Attention, pas annulée, mais bien repoussée. En attendant, le groupe de Little Rock nous propose avec The bitter truth une nouvelle fournée de mélodies imparables. Oui, mais… Rapidement, il semble que le groupe soit en mode « pilotage automatique ». La voix reconnaissable d’Amy Lee ne surprend plus, et les mélodies, si elles sont variées, ne parviennent pas à vraiment étonner ou retenir l’attention. Si l’écoute des Broken pieces shine ou de The game is over – deux morceaux assez sombres – ou des plus engagés Use my voice, Blind belief ou encore de Better without you se fait sans effort, à la question J’en retiens quoi de cet album?  la réponse est Joker... Oh, certes, il n’y a rien à vraiment jeter ici mais… Quand on intitule son oeuvre L’amère vérité, il faut aussi savoir l’accepter, cette vérité… Nul doute que ces morceaux puissent prendre une autre dimension en live, mais ne nous mentons pas: on aurait souhaité du plus prenant pour un album que le public attend depuis 10 ans…

PRINCESSES LEYA: L’histoire sans fond

France, Metal parodique théâtral (Gambettes productions, 2021)

Le metal parodique, on connait de mieux en mieux. Pourquoi la musique devrait-elle toujours être sérieuse? Évoquer ce style en France, aujourd’hui, implique de citer inévitablement les Nantais de Ultra Vomit, mais voilà… La concurrence arrive en ce quatuor que sont les Princesses Leya. Ceux qui les ont vus sur scène le savent: sérieux de tous niveaux, passez votre chemin. Avec L’histoire sans fond, le groupe vise à le toucher, le fond… En mélangeant sketches au ridicule sublimé et chansons punki thrashisantes, en alignant conneries et jeux de mots improbables pendant 1h15, les « Princesses Leyettes » (c’est pas de moi, c’est d’eux) nous entraînent dans leur univers sans queue ni tête (bien qu’on parle beaucoup de cul quand même). La machine à claques fonctionne parfaitement bien, et on se marre de bout en bout. Musicalement, comme pour les autres rigolos mentionnés plus haut, la bande est irréprochable: ça joue et ça balance la purée genre méchant. Vous l’aurez compris: une bonne tranche de poilade et de rock brut vous attends ici. Tout est pensé pour faire comme si rien n’était pensé, comme si une bande de rigolos avait simplement décidé de mettre l’enregistreur en route et « on voit ce qui en sort ». Et ça marche. Incontournable pour tout amateur d’humour potache à prendre au 36ème degré.

SMITH/KOTZEN

Hard rock, Angleterre/USA (BMG, 2021)

Lorsque cette union sous le nom de Smith/Kotzen a été annoncée, ce fut une vraie surprise. Pensez donc, le guitariste d’Iron Maiden, Adrian Smith, qui va frayer avec l’Américain Richie Kotzen, connu pour ses participations avec Poison, The Winnery Dogs ou encore pour une prolifique discographie solo… Des styles à priori différents mais que les deux guitaristes chanteurs ont sagement contournés pour se concentrer sur d’autres aspects rock et hard rock. Les voix radicalement différentes se complètent, et le duo explore les sonorités très groovy, voire funky (Taking my chances, Some people), plus rock (Running) autant que des ballades bluesy (Scars) qui évoquent même la chaleur d’un Bonamassa. Au delà de la guitare et du chant, ils se partagent même la basse sur la moitié des morceaux, Kotzen se frayant un chemin vers la batterie, notamment sur Taking my chances et Glory road. A ce sujet, comment ne pas évoquer la frappe d’un certain Nicko Mc Brain (sur  le très enjoué et rythmé Solar fire)? La famille n’est jamais bien loin, au point que cet album a même été mixé par Kevin Shirley. Oui, vous savez, celui  a produit la plupart des albums de Maiden depuis le retour de Smith et Dickinson… Là encore, tous s’éloignent radicalement des repères que pourraient être le son de la vierge de fer pour proposer une identité sonore propre. Avec le passif de Shirley, qui a collaboré avec les plus grands et variés des groupes internationaux (The Black Crowes, Rush, Bonamassa, Beth Hart, Black Country Communion, Black Star Riders…), c’est heureux (d’ailleurs, c’est BMG et non Parlophone qui récupère le duo…). Au final, avec ses 9 titres, ce Smith/Kotzen est un plaisir qui mélange avec bonheur un panel d’influences musicales qui a bercé les deux musiciens. Un must de cette première moitié d’année.

KROKUS: Adios amigos – Live @ Wacken

Hard rock, Suisse (Sony, 2021)

Wacken, 2019, Faster stage. Une des dernières dates de la tournée d’adieux des Suisses de Krokus dont le premier méfait remonte à la fin des années 70. Si le groupe s’est fait remarquer dès 1978, les similitudes avec un certain AC/DC ne lui ont pas toujours été favorables. D’ailleurs, Krokus a continué sa carrière en se concentrant sur les marchés accueillants, comme les USA, se faisant rare en nos contrées. Pourtant, en choisissant d’introduire son concert avec le plus que heavy et speed Head hunter, on se souvient que la formation de Marc Storace et Chris Von Rorh va bien plus loin qu’une simple comparaison avec le gang des frères Young, on imaginerait même volontiers le titre joué par Accept! En cet après midi ensoleillé, les six membres originaux du groupe se donnent à fond une bonne heure durant, alignant ses classiques (Long stick goes boom, American woman, Hoodoo woman…) dans une variété que le public apprécie visiblement. Winning man, Chris Von Rorh l’annonce, est dédié à Lemmy. Les effets sont peu nombreux – étonnamment, pas de pyrotechnie sur Fire, sans doute est-ce dû à un vent défavorable qui pousse les flammes vers les musiciens sur Long stick… Le groupe se suffit à lui même même si les musiciens restent sobres, exception faite de Mandy Meyer, sans doute le plus poseur et enjoué des guitaristes. Le son et l’image sont impeccables – seuls quelques effets vieillissants ont été intégrés ci et là – et l’on pourra simplement regretter qu’avec une aussi riche discographie, Krokus ait fait le choix de deux reprises (le classique parmi les classiques Rockin’ in the free world de Neil Young et le moins connu The great Quinn de Bob Dylan qui vient mettre un terme au concert). Ce live – Adios amigos – Live @ Wacken est proposé en double version CD et DVD – propose un groupe en pleine forme qui prend sa retraite… La puissance de l’ensemble laisse regretter de ne les avoir jamais vus live et fait exploser ce manque de plus en plus important des concerts… Vivement, oui, vivement que la vie d’avant reprenne un cours normal.

THUNDER: All the right noises

Angleterre, Hard rock (BMG, 2021)

Les amoureux de hard rock classieux vont être servis. Les Anglais de Thunder, depuis leur retour de 2015 (Wonder days arrivait après un break de 8 longues années) sont d’une précision sans faille, proposant un nouvel effort tous les deux ans. Et dire que le groupe a, depuis quatre albums maintenant, suivi un parcours sans faute est un euphémisme. All the right noises s’ancre parfaitement dans la ligné de ses 3 prédécesseurs, qui, déjà, proposaient cetet touche si spéciale et reconnaissable. La voie de Danny Bowles semble ne pas faiblir malgré les années qui avancent, les guitares de Luke Morley et Ben Matthews sont complices comme jamais, la rythmique à la fois simple et plombée de l’impayable Harry James, victime involontaire de ses camarades de studio, et de Chris Child donnent cette structure autour solide et imparrable. Thunder, c’est simple, c’est du rock direct et sans fioriture, alternant entre titres directs et entraînants et ballades jamais gratuitement sirupeuse. Du nerf et du feeling, c’est ce qui fait la force de Thunder. Et puis on s’amuse avec ces paroles souvent à double sens comme ce « Shut up! I can’t hear another word another lie, Four years you been banging on and on » qui introduit l’album sur Last one out turns out the lights qu’on croirait volontiers être un message adressé à un certain Donald… Il y a aussi ces clins d’œil aux grands de ce monde, comme ce Going to sin city qui pourrait être signé AC/DC tant le riff et l’ambiance sont proches des premiers albums des Australiens. Le groupe sait aussi se faire taquin, comme sur You’re gonna be my girl. Une nouvelle fois, Thunder nous offre un album varié, aux chansons enjouées et toujours séduisantes. All the right noises tape dans le mille avec un rock classieux et sans autres prétention que celle de faire plaisir.