Hellfest 2018: You can’t control it – Partie 3

Dimanche 24 juin

Ce dimanche est sans aucun doute la journée que j’attends avec le plus d’impatience. Pensez donc, une affiche très orientée heavy metal pur jus avec un bon nombre de de mes groupes préférés qui passent aujourd’hui: Megadeth, Accept, Iron Maiden et un Nightwish que je sais rater car, une année encore, je dois reprendre la route assez tôt.

J’arrive donc tôt sur place et il fait déjà chaud. ce dimanche est d’ailleurs annoncé comme étant la journée la plus chaude du week-end. pour les premiers groupes à se produire, c’est une bonne chose, car les températures sont encore raisonables. Je file donc voir The Raven Age qui ne m’avait que moyennement convaincu en ouverture d’Anthrax. Mais les conditions ne sont pas les mêmes: le groupe, qui vient d’intégrer un nouveau chanteur, se produit en plein jour sur une grande scène; Et la gnaque est là. Bien sûr, la présence du fils de Steve Harris attire moult regards, mais le talents n’est pas héréditaire, surtout celui d’écriture. Car le Metal de The Raven Age est somme toute classique et guère novateur. Un début de set sympathique mais pas forcément mémorable.

The Raven Age

J’abandonne toutefois les lieux pour aller découvrir live un des groupes français qui m’a récemment fait craquer. The Texas Chainsaw Dust Lovers évolue sous Temple et la surprise est de taille! Si je sais déjà que, musicalement, ce groupe est un ovni qui n’hésite jamais à inclure toutes ses influences, scéniquement, c’est pareil! Ça bouge et s’agite au rythme du groove irrésistible qu’insufflent les Français. Le public n’est pas en reste et clame son approbation en hurlant et dansant. Une franche réussite, variée et originale, à  soutenir d’urgence!

The Texas Chainsaw Dust Lovers

Retour devant la Main 1 pour découvrir Orden Ogan, les cow-boys allemands dont le dernier album, Gunmen s’est assez positivement fait remarquer. Sans surprise, c’est un public plutôt dense qui se masse  et accueille le groupe chaleureusement. Les connaisseurs sont de sortie, et profitent pleinement, une demi-heure durant, de ce hard rock mélodique simple et direct.

Orden Ogan

En retournant vers l’espace presse je m’arrête devant Altar. En fond de scène, j’aperçois un backdrop flanqué du logo de Crisix. Prévu au programme j’ai failli zapper le groupe espagnol de thrash dont on parle beaucoup ces temps-ci. Et grand bien m’a pris de me laisser guider par ma curiosité. Les espagnols dispensent un thrash old school d’une efficacité exemplaire et avec un humour et un sens de la dérision qui font de cette prestation un moment exceptionnel du festival. Les thrashers se font plaisir et ça se voit, et nous offrent un moment de pur bonheur lors d’un long medley pendant lequel tous changent d’instrument. Bien que le groupe existe depuis plusieurs années, c’est ma découverte et mon gros coup de coeur du fest.

Crisix

La Main 1, en cette matinée, pourrait presque être renommée German Stage, envahie qu’elle est par les autres Allemands de Primal Fear (plus tard, c’est Accept qui y jouera). 40′ de heavy pur jus, direct, parfois épique et sans concession. Il est quand même surprenant de voir la bande à Ralf Scheepers et Mat Sinner, qui tourne depuis deux bonnes décennies se produire aussi tôt. Qu’importent semblent-ils penser, ils profitent de ces 40′ pour se donner à fond.

Primal Fear

Ceux qui me lisent le savent: le metalcore et moi… Je passe sur la prestation de In This Moment, mené par une Maria Brink certes séduisante mais qui semble peu impliquée. de ce que j’en vois, en tous cas, car je file me restaurer pour mieux attaquer la suite qui promet d’être très active!

Je ne sais plus quand j’ai vu Jon Schaffer et son Iced Earth pour la dernière fois, mais ça remonte! J’avais cependant promis à Luke Appleton lors de son passage à Orléans avec Blaze Bailey d’aller soutenir son groupe principal. De toutes façons, je ne les aurais pas ratés! Alors retour devant les mains où la foule commence à se densifier pour presqu’une heure de heavy rugueux et pur jus. Jon est à fond, harangue le public autant qu’il le peux, largement soutenu par Stu Block son puissant vocaliste. le groupe rpésente un extrait de son nouvel album, toujours forgé dans ce heavy speedé et racé, aux évidentes influences maideniennes. The hunter recueille tous les suffrages avant que Walking over me ne vienne conclure un superbe set. Et l’on se prête à regretter que cette formation n’ait jamais vraiment percé… La prestation est un excellent apéritif pour ce qui qui suit!

Iced Earth

Annoncé comme le groupe d’ouverture de la tournée Legacy Of The Beast d’Iron Maiden – et remplacé par The Raven Age sur un bon nombre de dates Européennes, dommage… – Killswitch Engage dispense un metal core tendance heavy traditionnel avec un humour potache. Sérieux, s’abstenir… Si I will miss your always est dédié à Vinnie Paul, le fun revient vite et il est impossible de compter le nombre de « Fuck » et dérivés que prononce Jesse Leech James, le chanteur, lorsqu’il demande au public un nouveau circle pit. Environ un mot sur deux, et sa demande est longue! Le public en rit tant c’est exagéré. Le groupe se met tout le monde dans la poche en terminant son set avec un Holy diver repris par un très large public.

Killswitch Engage

Impossible pour l’amateur de heavy metal pur jus de rater la nouvelle venue d’Accept au Hellfest. Les Allemands ne peuvent que faire le choix de dézinguer avec un mini best of. Die by the sword, le seul extrait de The rise of chaos, son dernier album, a pour objectif de représenter ce disque. Après, c’est une rimbambelle de titres mythiques joués avec la hargne et la prestance que l’on attend de la bande de Peter Baltes et Wolf Hoffman. L’efficacité de leur duo, leur complicité, même, reste inébranlable. Véritable moelle épinière du combo, le « vieux couple » mène la danse au rythme des ses classiques indémodables (Restless and wild, Princess of the dawn, Fast as a shark, Metal heart et son indispensable solo) et de ses gros succès plus récents, ceux de l’ère Mark Tornillo, tout aussi efficaces (Pandemic, Teutonic terror) avant de conclure sur Balls to the wall. Accept fait définitivement partie des derniers grands du genre!

Accept

Bien que pas amateur de chant hurlé, je file découvrir live Arch Enemy, groupe emblématique que je n’ai pas encore vu sur scène. Et quelle claque! Dès Set flame to the night, je sais vivre là un grand concert. Tout est dit dans le titre même puisque le groupe attaque avec rage et force pyrotechnie. Ça chauffe devant, et Alissa White-Gulz s’agite avec son éternelle chevelure bleue. Comment diable un aussi petit gabarit peut-il sortir des sons aussi puissants et caverneux? La vocaliste s’adresse au public dans un français sans accent (Hellfest, est-ce qu’on s’amuse bien? ») ce qui finit de séduire un public qui slamme à tout va. Très belle prestation.

Arch Enemy

« Oh, pu****, il a sa gueule des mauvais jours! » C’est ma première réaction en voyant la mine renfrognée de Dave Mustaine lorsqu’il arrive sur scène pour le set de Megadeth. Et franchement, c’est loin d’être un bon signe. Est-ce lié au décès de Vinnie Paul, la veille, batteur auquel il dédiera My last words, « un titre qu’on n’a pas joué depuis des années, à part hier »? Reste que malgré les efforts de David Elefson et de  Kiko Loureiro (Dirk Verbeuren est difficile à appercevoir) et une superbe setlist (Symphony of destruction, A tout le monde, Holy wars, Peace sells, le plus récent Dystopia…) ce set est la grosse déception de la journée. Megadeth, c’est tout ou rien. Aujourd’hui, c’était, d’un point de vue scénique, tout… ce qu’on ne souhaitait pas. Ajoutez à cela de nombreux problèmes de micro – Dave changeant de poste pour en trouver un qui fonctionne. Je ne voudrais pas me retrouver backstage à la sortie de scène du rouquin en ce dimanche…

Megadeth

Je décide de ne pas aller shooter Jane’s Addiction afin de prendre position pour le concert suivant et assiste donc au show via l’écran géant. Jane’s Addiction a beau être le dernier représentant de la scène grunge, et offrir un set proportionnellement inverse au précédent, la chaleur, la pression de quelque dizaines de milliers de personnes derrière nous, l’impatience rendent le temps long. Heureusement que le set de Jane’s Addiction monte en puissance, musicalement et visuellement, car le début, je le trouve mou. Mais c’est de manière énergique qu’il se termine. Place maintenant à la tête d’affiche du jour!

Aux premières notes du désormais incontournable Doctor, doctor de UFO,  deux soldats viennent se poster au garde-à-vous avant de retirer les bâches cachant le décor de camouflage. Puis le discours de Churchill annonce la couleur: Iron Maiden déboule sur scène avec Aces high et donne le ton du concert: un avion, modèle Spitfire de la seconde guerre mondiale s’envole au dessus de la batterie et domine la scène et les musiciens. Suit la première surprise avec Where eagles dare, avec un nouveau backdrop. Chaque chanson a son backdrop, soit un total de 16, sans compter les décors, somptueux. Les chansons sont regroupées par thèmes: la guerre, la religion et… le reste! Nicko est planqué derrière une toile pendant les 5 premiers titres et heureusement que les caméras intéressent un peu à lui, autrement, il serait invisible! Bruce Dickinson est dans une forme resplendissante et particulièrement en voix et tient un long speach sur la guerre et la liberté afin d’introduire The Clansman. Deux chansons de l’époque Blaze seront d’ailleurs interprétées ce soir. Passage obligé, la venue d’Eddie se fait très tôt, sur The trooper, soit le 5ème morceau et le voit défier en duel Bruce Dickinson qui fini par gagner. La scène est plongée dans le noir et les camouflages sont retirés. Les lumières se rallument dévoilant un décor d’églises, avec piliers et vitraux et le groupe entame Revelations. Comme a son habitude, Steve Harris mène ses troupes, Dickinson saute partout, Gers danse et Murray et Smith s’appliquent. Iron Maiden propose ce soir rien moins que son meilleur spectacle depuis, selon moi, le Somewhere back on tour. La production est énorme, les décors et effets splendides, les surprises nombreuses. Si seul For the greater good of God me semble plus faible – le public est moins réactif aux sollicitations de Dickinson – la setlist est une merveille. Bien sûr on peut regretter de n’avoir pas eu d’extraits de Killers ou de Somewhere in time, mais pour le reste… Le public était à donf, les slammers de sortie (merci à vous! Vous nous avez permis par votre élan de nous retrouver, avec mon fils, dans les 5 premiers rangs!) Bref un concert magistral que nous retrouverons dix jours plus tard, avec quelques effets supplémentaires – et un Icare accidenté et absent le premier soir – dans une forme tout aussi extraordinaire. Maiden rules? Oh, que oui, et les gaillards en ont encore en réserve!

Alors que le public commence à se disperser, les enceintes craquent et crissent. Les écrans diffusent un message, rappelant que le Hellfest a été élu meilleur grand festival à trois reprises, que les Hellfest affiche complet avant même qu’un nom ne soit révélé, et que certains s’en plaignent. Alors, pour prouver écouter les critiques, Hellfest production dévoile quelques noms à l’affiche de l’année prochaine: Carcass, Mass Hysteria, Dropckick Murphys, Slayer, pour son ultime show français (on pouvait s’y attendre) et Manowar (on s’y attendait moins, la surprise est d’autant plus grande) dont l’annonce est officialisée par Joey de Maio en personne venu exprès pour! Et voilà qui ajoute de la folie à la folie. Vivement l’année prochaine, ça promet déjà!

 

Merci à Roger et Fabienne Wessier, Olivier Garnier, à toute l’équipe Hellfest prod, aux équipes du pit photos et à la sécu: vous avez encore fait un boulot remarquable avec sourire et bonne humeur!

 

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