Hellfest 2018: You can’t control it – Partie 3

Dimanche 24 juin

Ce dimanche est sans aucun doute la journée que j’attends avec le plus d’impatience. Pensez donc, une affiche très orientée heavy metal pur jus avec un bon nombre de de mes groupes préférés qui passent aujourd’hui: Megadeth, Accept, Iron Maiden et un Nightwish que je sais rater car, une année encore, je dois reprendre la route assez tôt.

J’arrive donc tôt sur place et il fait déjà chaud. ce dimanche est d’ailleurs annoncé comme étant la journée la plus chaude du week-end. pour les premiers groupes à se produire, c’est une bonne chose, car les températures sont encore raisonables. Je file donc voir The Raven Age qui ne m’avait que moyennement convaincu en ouverture d’Anthrax. Mais les conditions ne sont pas les mêmes: le groupe, qui vient d’intégrer un nouveau chanteur, se produit en plein jour sur une grande scène; Et la gnaque est là. Bien sûr, la présence du fils de Steve Harris attire moult regards, mais le talents n’est pas héréditaire, surtout celui d’écriture. Car le Metal de The Raven Age est somme toute classique et guère novateur. Un début de set sympathique mais pas forcément mémorable.

The Raven Age

J’abandonne toutefois les lieux pour aller découvrir live un des groupes français qui m’a récemment fait craquer. The Texas Chainsaw Dust Lovers évolue sous Temple et la surprise est de taille! Si je sais déjà que, musicalement, ce groupe est un ovni qui n’hésite jamais à inclure toutes ses influences, scéniquement, c’est pareil! Ça bouge et s’agite au rythme du groove irrésistible qu’insufflent les Français. Le public n’est pas en reste et clame son approbation en hurlant et dansant. Une franche réussite, variée et originale, à  soutenir d’urgence!

The Texas Chainsaw Dust Lovers

Retour devant la Main 1 pour découvrir Orden Ogan, les cow-boys allemands dont le dernier album, Gunmen s’est assez positivement fait remarquer. Sans surprise, c’est un public plutôt dense qui se masse  et accueille le groupe chaleureusement. Les connaisseurs sont de sortie, et profitent pleinement, une demi-heure durant, de ce hard rock mélodique simple et direct.

Orden Ogan

En retournant vers l’espace presse je m’arrête devant Altar. En fond de scène, j’aperçois un backdrop flanqué du logo de Crisix. Prévu au programme j’ai failli zapper le groupe espagnol de thrash dont on parle beaucoup ces temps-ci. Et grand bien m’a pris de me laisser guider par ma curiosité. Les espagnols dispensent un thrash old school d’une efficacité exemplaire et avec un humour et un sens de la dérision qui font de cette prestation un moment exceptionnel du festival. Les thrashers se font plaisir et ça se voit, et nous offrent un moment de pur bonheur lors d’un long medley pendant lequel tous changent d’instrument. Bien que le groupe existe depuis plusieurs années, c’est ma découverte et mon gros coup de coeur du fest.

Crisix

La Main 1, en cette matinée, pourrait presque être renommée German Stage, envahie qu’elle est par les autres Allemands de Primal Fear (plus tard, c’est Accept qui y jouera). 40′ de heavy pur jus, direct, parfois épique et sans concession. Il est quand même surprenant de voir la bande à Ralf Scheepers et Mat Sinner, qui tourne depuis deux bonnes décennies se produire aussi tôt. Qu’importent semblent-ils penser, ils profitent de ces 40′ pour se donner à fond.

Primal Fear

Ceux qui me lisent le savent: le metalcore et moi… Je passe sur la prestation de In This Moment, mené par une Maria Brink certes séduisante mais qui semble peu impliquée. de ce que j’en vois, en tous cas, car je file me restaurer pour mieux attaquer la suite qui promet d’être très active!

Je ne sais plus quand j’ai vu Jon Schaffer et son Iced Earth pour la dernière fois, mais ça remonte! J’avais cependant promis à Luke Appleton lors de son passage à Orléans avec Blaze Bailey d’aller soutenir son groupe principal. De toutes façons, je ne les aurais pas ratés! Alors retour devant les mains où la foule commence à se densifier pour presqu’une heure de heavy rugueux et pur jus. Jon est à fond, harangue le public autant qu’il le peux, largement soutenu par Stu Block son puissant vocaliste. le groupe rpésente un extrait de son nouvel album, toujours forgé dans ce heavy speedé et racé, aux évidentes influences maideniennes. The hunter recueille tous les suffrages avant que Walking over me ne vienne conclure un superbe set. Et l’on se prête à regretter que cette formation n’ait jamais vraiment percé… La prestation est un excellent apéritif pour ce qui qui suit!

Iced Earth

Annoncé comme le groupe d’ouverture de la tournée Legacy Of The Beast d’Iron Maiden – et remplacé par The Raven Age sur un bon nombre de dates Européennes, dommage… – Killswitch Engage dispense un metal core tendance heavy traditionnel avec un humour potache. Sérieux, s’abstenir… Si I will miss your always est dédié à Vinnie Paul, le fun revient vite et il est impossible de compter le nombre de « Fuck » et dérivés que prononce Jesse Leech James, le chanteur, lorsqu’il demande au public un nouveau circle pit. Environ un mot sur deux, et sa demande est longue! Le public en rit tant c’est exagéré. Le groupe se met tout le monde dans la poche en terminant son set avec un Holy diver repris par un très large public.

Killswitch Engage

Impossible pour l’amateur de heavy metal pur jus de rater la nouvelle venue d’Accept au Hellfest. Les Allemands ne peuvent que faire le choix de dézinguer avec un mini best of. Die by the sword, le seul extrait de The rise of chaos, son dernier album, a pour objectif de représenter ce disque. Après, c’est une rimbambelle de titres mythiques joués avec la hargne et la prestance que l’on attend de la bande de Peter Baltes et Wolf Hoffman. L’efficacité de leur duo, leur complicité, même, reste inébranlable. Véritable moelle épinière du combo, le « vieux couple » mène la danse au rythme des ses classiques indémodables (Restless and wild, Princess of the dawn, Fast as a shark, Metal heart et son indispensable solo) et de ses gros succès plus récents, ceux de l’ère Mark Tornillo, tout aussi efficaces (Pandemic, Teutonic terror) avant de conclure sur Balls to the wall. Accept fait définitivement partie des derniers grands du genre!

Accept

Bien que pas amateur de chant hurlé, je file découvrir live Arch Enemy, groupe emblématique que je n’ai pas encore vu sur scène. Et quelle claque! Dès Set flame to the night, je sais vivre là un grand concert. Tout est dit dans le titre même puisque le groupe attaque avec rage et force pyrotechnie. Ça chauffe devant, et Alissa White-Gulz s’agite avec son éternelle chevelure bleue. Comment diable un aussi petit gabarit peut-il sortir des sons aussi puissants et caverneux? La vocaliste s’adresse au public dans un français sans accent (Hellfest, est-ce qu’on s’amuse bien? ») ce qui finit de séduire un public qui slamme à tout va. Très belle prestation.

Arch Enemy

« Oh, pu****, il a sa gueule des mauvais jours! » C’est ma première réaction en voyant la mine renfrognée de Dave Mustaine lorsqu’il arrive sur scène pour le set de Megadeth. Et franchement, c’est loin d’être un bon signe. Est-ce lié au décès de Vinnie Paul, la veille, batteur auquel il dédiera My last words, « un titre qu’on n’a pas joué depuis des années, à part hier »? Reste que malgré les efforts de David Elefson et de  Kiko Loureiro (Dirk Verbeuren est difficile à appercevoir) et une superbe setlist (Symphony of destruction, A tout le monde, Holy wars, Peace sells, le plus récent Dystopia…) ce set est la grosse déception de la journée. Megadeth, c’est tout ou rien. Aujourd’hui, c’était, d’un point de vue scénique, tout… ce qu’on ne souhaitait pas. Ajoutez à cela de nombreux problèmes de micro – Dave changeant de poste pour en trouver un qui fonctionne. Je ne voudrais pas me retrouver backstage à la sortie de scène du rouquin en ce dimanche…

Megadeth

Je décide de ne pas aller shooter Jane’s Addiction afin de prendre position pour le concert suivant et assiste donc au show via l’écran géant. Jane’s Addiction a beau être le dernier représentant de la scène grunge, et offrir un set proportionnellement inverse au précédent, la chaleur, la pression de quelque dizaines de milliers de personnes derrière nous, l’impatience rendent le temps long. Heureusement que le set de Jane’s Addiction monte en puissance, musicalement et visuellement, car le début, je le trouve mou. Mais c’est de manière énergique qu’il se termine. Place maintenant à la tête d’affiche du jour!

Aux premières notes du désormais incontournable Doctor, doctor de UFO,  deux soldats viennent se poster au garde-à-vous avant de retirer les bâches cachant le décor de camouflage. Puis le discours de Churchill annonce la couleur: Iron Maiden déboule sur scène avec Aces high et donne le ton du concert: un avion, modèle Spitfire de la seconde guerre mondiale s’envole au dessus de la batterie et domine la scène et les musiciens. Suit la première surprise avec Where eagles dare, avec un nouveau backdrop. Chaque chanson a son backdrop, soit un total de 16, sans compter les décors, somptueux. Les chansons sont regroupées par thèmes: la guerre, la religion et… le reste! Nicko est planqué derrière une toile pendant les 5 premiers titres et heureusement que les caméras intéressent un peu à lui, autrement, il serait invisible! Bruce Dickinson est dans une forme resplendissante et particulièrement en voix et tient un long speach sur la guerre et la liberté afin d’introduire The Clansman. Deux chansons de l’époque Blaze seront d’ailleurs interprétées ce soir. Passage obligé, la venue d’Eddie se fait très tôt, sur The trooper, soit le 5ème morceau et le voit défier en duel Bruce Dickinson qui fini par gagner. La scène est plongée dans le noir et les camouflages sont retirés. Les lumières se rallument dévoilant un décor d’églises, avec piliers et vitraux et le groupe entame Revelations. Comme a son habitude, Steve Harris mène ses troupes, Dickinson saute partout, Gers danse et Murray et Smith s’appliquent. Iron Maiden propose ce soir rien moins que son meilleur spectacle depuis, selon moi, le Somewhere back on tour. La production est énorme, les décors et effets splendides, les surprises nombreuses. Si seul For the greater good of God me semble plus faible – le public est moins réactif aux sollicitations de Dickinson – la setlist est une merveille. Bien sûr on peut regretter de n’avoir pas eu d’extraits de Killers ou de Somewhere in time, mais pour le reste… Le public était à donf, les slammers de sortie (merci à vous! Vous nous avez permis par votre élan de nous retrouver, avec mon fils, dans les 5 premiers rangs!) Bref un concert magistral que nous retrouverons dix jours plus tard, avec quelques effets supplémentaires – et un Icare accidenté et absent le premier soir – dans une forme tout aussi extraordinaire. Maiden rules? Oh, que oui, et les gaillards en ont encore en réserve!

Alors que le public commence à se disperser, les enceintes craquent et crissent. Les écrans diffusent un message, rappelant que le Hellfest a été élu meilleur grand festival à trois reprises, que les Hellfest affiche complet avant même qu’un nom ne soit révélé, et que certains s’en plaignent. Alors, pour prouver écouter les critiques, Hellfest production dévoile quelques noms à l’affiche de l’année prochaine: Carcass, Mass Hysteria, Dropckick Murphys, Slayer, pour son ultime show français (on pouvait s’y attendre) et Manowar (on s’y attendait moins, la surprise est d’autant plus grande) dont l’annonce est officialisée par Joey de Maio en personne venu exprès pour! Et voilà qui ajoute de la folie à la folie. Vivement l’année prochaine, ça promet déjà!

 

Merci à Roger et Fabienne Wessier, Olivier Garnier, à toute l’équipe Hellfest prod, aux équipes du pit photos et à la sécu: vous avez encore fait un boulot remarquable avec sourire et bonne humeur!

 

ANTHRAX et The Raven Age live à Paris (Elysée Montmartre, le 16 mars 2017)

anthrax europe 2017

L’annonce de ce concert a fait son effet… Pensez-vous, pouvoir écouter, en live, Among the living afin de célébrer son 30ème anniversaire, ça ne se refuse pas! D’autant plus que je ne garde qu’un souvenir moyen des deux prestations qu’Anthrax a donné l’été passé au Download et, bien que en meilleure forme, du Hellfest. Ajoutez à cela le fait que je n’ai pas eu l’opportunité de retourner à l’Elysée Montmartre depuis sa réouverture, et qu’en plus je vais pouvoir voir, après les avoir rencontrés pour une interview, ce que donne The Raven Age en conditions live, tous les éléments sont réunis pour passer une bonne soirée.

La salle rénovée est lumineuse, propre et très accueillante. Intérieurement, la configuration me semble identique, exception faite du vestiaire et d’un espace salon où l’on trouve le merch. Le concert n’est pas complet et, alors qu’il se murmure qu’il y a un peu de retard, The Raven Age monte sur scène avec un peu d’avance. Les Anglais donnent ce soir le dernier concert de la tournée européenne et ça se sent: Michael Burrough, le chanteur, n’est pas en place, sa vois est limite, et ses acolytes ont du mal à faire bouger un public qui reste poli. George Harris est malheureusement dans l’ombre, s’en échappant à de trop rares occasions.  Dan Wright (guitare) et Matt Cox (basse) ont beau se démener, il manque quelque chose. Musicalement, les morceaux sont ce soir moins denses et moins attirant que sur album… Bref, sans être raté, ce rendez-vous avec le public parisien n’est simplement pas des plus mémorables.

Avec Anthrax, on entre dans une autre dimension. Dès Among the living, le groupe est à fond,  Joey Belladona est en voix, Scott Ian toujours au taquet, et Frank Bello est partout! Le son est aussi puissant que les lights, ce qui participe entièrement à la réussite de ce concert exceptionnel. Le public slame dès les premiers morceaux en un flot continu qui ne cessera qu’à la fin du concert. Musicalement, c’est un défilé de classiques: la première partie du concert célèbre donc le trentième anniversaire de Among the living, album phare et culte interprété dans son intégralité. Ian clame même que A skeleton in the closet était son morceau favori il y a 30 ans, et qu’il le reste encore aujourd’hui. Efilnikufesin (N.F.L) est suivi d’un solo de guitare d’un Jonathan Donais parfaitement intégré. For all kings, dernier album en date, est représenté par deux titre en seconde partie (Breathing lightning et Blood eagle wings), le reste du set étant composé d’un choix assez évident allant de Madhouse à Antisocial qui marque un point final. La première fois que je les ai vus, Anthrax ouvrait pour Metallica au zénith de Paris, mettant les Horsemen en danger (mais pas très longtemps!). Ce soir, le groupe a été tout aussi impérial, et simplement magistral. Superbe soirée!

Merci à Valérie Reux et Nuclear Blast

Note: Disque dur HS… Il est malheureusement impossible aujourd’hui de vous proposer quelques photos de ce concert. Promis: dès que (si) je récupère les données, je vous offre un florilège de clichés live!

THE RAVEN AGE: Darkness will rise

THE-RAVEN-AGE_Darkness-Will-RiseMetal, Royaume uni (BMG, 2017)

Si The Raven Age va faire parler de lui, c’est, déjà, parce que cette jeune formation a intensivement tourné en ouverture, entre autres, d’Iron Maiden, avec un simple Ep à son actif, mais également parce que l’un de ses guitaristes n’est autre que le (l’un des) fils de Steve Harris, George. Rien de surprenant que papa prenne ses ouailles sous son aile, Maiden l’a fait plus d’une fois (Lauren Harris, sur deux tournées, et le Rise To Remain d’Austin Dickinson). Simplement, maintenant qu’un album est là, il semblerait judicieux d’oublier le « fils de » afin de mieux se centrer sur la musique. Tirant son nom d’une légende populaire disant que les ténèbres s’abattront sur Londres lorsque les corbeaux de la Tour de Londres disparaîtront, le quintette nous offre 13 chansons taillées dans le metal passe partout. Le chant est harmonieux et puissant, tandis que les mélodies se font rapidement chantantes et entraînantes. La production est, dans l’ensemble correcte, et l’on sent, malgré quelques lignes qui évoquent « le groupe de papa », que The Raven Age veut créer son identité sonore. Une identité puisée au sein des influences évidentes que sont, par exemple, Killswitch Engaged ou Avenged Sevenfold, génération oblige. Simplement, malgré une évidente bonne volonté et un savoir faire indéniable, le groupe ne parvient guère à maintenir l’attention. Dès The merciful one, je commence à décrocher. C’est plaisant mais il manque une raison d’accrocher, chose qui, à n’en pas douter, sera corrigé à l’avenir car on a envie de chantonner et de bouger. Et si BMG parie sur The Raven Age, ce n’est pas seulement pour des raisons filiales. Peut-on imaginer…

Note: 7,5/10

INTERVIEW: THE RAVEN AGE

Entretien avec Dan Wright et George Harris (guitares) – The Raven Age. Propos recueillis à Paris le 7 février 2017

logo raven age

Metal-Eyes : Je suis aujourd’hui, 7 février 2017, en présence de George Harris et Dan Wright, tous deux guitaristes au seine de The Raven Age. Tout d’abord, et je suis certains que des dizaines de personnes vous l’ont déjà demandé : c’est notre première rencontre, pouvez-vous nous raconter l’histoire de The Raven Age ?

George Harris : L’idée du groupe est née en 2009, lorsque nous nous sommes rencontrés, Dan et moi. Nous sommes devenus amis, jouons tous deux de la guitare et écoutons le même style de musique. Nous avons commencé à composer, et deux ans plus tard, nous avons décidé de monter notre propre groupe. On se débrouillait plutôt bien… Nous avons donné notre premier concert en 2013, et depuis tout s’est enclenché, sans contrôle, on a tourné à travers le monde et… c’est dingue depuis!

Metal-Eyes : A ce jour, vous avez sorti un Ep. Un album arrive, dont nous allons parler, mais tout d’abord, entre février et août 22016 vous avez tournés avec Iron Maiden. Nous connaissons la relation qui vous unis, toi et le bassiste d’Iron Maiden, qui se trouve être ton père, ce qui a certainement facilité l’accès du groupe à cette affiche. Toutefois, comment de jeunes et inexpérimentés musiciens tels que vous êtes, vivent-ils un tel périple, dans de telles conditions ? Il ne s’agit pas de jouer dans des clubs, mais bien dans des endroits énormes…

George Harris : Oui, énormes. Le plus gros endroit où nous ayons joués avant ça accueillait… 2300 personnes et le premier concert de cette tournée c’était devant 22.000 personnes. Le premier show ! C’était très éprouvant nerveusement, pour nous tous. Mais je pense que notre son, notre vision de ce que nous serons à l’avenir en tant que groupe… On s’est toujours projetés sur de grandes scènes. Nous avions une certaine idée de comment nous devrions nous comporter sur de telles scènes. Ensuite, il faut mettre cela à exécution. Les premiers shows sont angoissant, que va-ton-faire de cet espace ? Comment l’occuper ? Mais nous aimons ça, et même si nous étions nerveux, nous étions encore plus excités par ce défi et cette opportunité. C’était une expérience simplement extraordinaire.

Metal-Eyes : Maintenant, après avoir tourné à travers le monde, dans des conditions aussi bonnes pour un jeune groupe, de quoi pouvez-vous encore rêver ?

Dan Wright : C’est sûr que pour nous, c’est une belle étape, en tant que groupe.

George Harris : Je pense que, avant tout, nous devons avoir conscience que c’est notre rêve. Et autant nous avons la chance d’avoir pu vivre une telle expérience, le rêve ultime est de pouvoir le faire par nous-mêmes. En tête d’affiche. Nous sommes revenus de cette tournée plus motivés que jamais ! On a entendu des histoires au sujet de groupes qui ont vécu de telles tournées et qui ont eu beaucoup de mal à revenir à la réalité. Nous étions tous excités à la fin de cette tournée, et nous sommes remis au travail, avons sorti le matériel… Nous savons que si nous trvaillons dur, saisssons d’autres opportunités, tournons, nous pouvons continuer. C’est ce que nous allons faire sur cette tournée avec Anthrax. Il y a l’album qui sort sur BMG, une belle opportunité aussi. Tant que nous continuons de travailler dur, et réalisons que ces conditions sont superbes, alors notre travail paiera.

Metal-Eyes : Une dernière question concernant cette tournée : dans quelle mesure pensez-vous qu’elle ait impacté votre musique ? Votre manière de composer ou d’enregistrer ?

George Harris : Pour cet album, les chansons étaient composées avant la tournée. Mais nous composé pendant cette tournée. Mais je ne pense pas que ça ait modifié notre façon de composer. Nous sommes restés nous-mêmes en ce qui concerne la façon de composer. On se dit que nous devrions orienter ce titre de telle manière, inclure ceci parce qu’il sera joué live. Nous sentons qu’il faut faire telle ou telle chose afin d’amener cette chanson là où elle doit aller. Même si cette tournée a été gigantesque pour nous, nous avions déjà eu de grosses tournée avec Mastodon et Gojira. Et ça n’a pas changé notre manière de composer non plus.

Dan Wright : Je crois que ça nous a surtout donné du temps pour composer, plus. Il y avait tant de temps entre les shows, et après notre set-up, et soundcheck, il y a 4 ou 5 heures avant le show… Quand tu es sur la route, tu as plus de temps pour composer. Tu vois différents endroits, plein de choses te traversent l’esprit… Tu ne songes pas forcément à composer, mais certaines choses arrivent à certains endroits ou moments. Un riff de guitare, un environnement qui t’inspire… Ca aide vraiment d’être sur la route tant tu vois de choses, tu vis tant d’émotions… Tu appuies sur la détente, tu attrapes une guitare et écrit ton riff…

Metal-Eyes : Comment décrirez-vous Darkness will rise, votre album qui sera en bacs le 17 mars, pour me convaincre de l’acheter ?

George Harris : (rires) C’est un album très dynamique, je dirais. Ce n’est pas un album composé uniquement de metal rapide. Il y a plusieurs batteurs ce qui, je crois, le rend intéressant. De nombreuses chansons sont assez longues, l’album dure 77’ je crois… Chaque chanson est différentes, il y a des parties thrash, d’autres plus lentes… Il y a un peu de tout, ce qui peu plaire à plein de gens différents.

Metal-Eyes : Et si vous deviez ne retenir qu’un titre de cet album pour expliquer – à moi et à ceux qui vont vous découvrir – ce qu’est ce groupe, ce serait quel titre ?

Dan Wright : Satisfy, je dirais. Celle dont nous venons de publier une vidéo. Je crois que c’est la meilleures représentation de ce que nous sommes, de la manière dont nous racontons les histoires, avec des moments forts et d’autres plus calmes. Toutes nos chansons, selon moi, sont ainsi sur cet album, mais je pense que c’est la plus représentative.

George Harris : Je suis d’accord.

Metal-Eyes : Ok. Si George est d’accord (rires des deux). Une question pour toi, George: quand tu as décidé de te lancer dans le business de la musique, quel type d’avertissement ton père, qui, par le plus grand des hazards, est un des bassistes les plus appréciés de la planète, a-t-il put e donner? Il a une longue expérience dans de nombreux domaines, avant et après ta naissance…

George Harris : Le principal conseil qu’il m’ait donné, et c’est encore valable aujourd’hui, est de rester fidèle à moi-même. « Reste fidèle et intègre. Il y aura beaucoup de gens sur ta route, certains voudront te convaincre de jouer de telle manière, d’enregistrer de telle manière… Mais personne ne sait ce qui est bon pour ton groupe aussi bien que toi. Quelle que soit ta vision, accroches toi à elle ! » Tu sais, c’est avoir du caractère et ne laisser personne te dicter ce que tu dois faire et ce genre de chose

Metal-Eyes : Il t’a aussi conseillé, toi, ou les autres membres du groupe ?

Dan Wright : Oui, absolument! Il a été fantastique en matière de conseil. Il nous fait confiance en ce qui concerne la prise de décision, mais il a été de bon conseil pendant la tournée. Le meilleur conseil qu’il nous ait donné était comment attaquer cette scène ! Tu sais, elle était si grande que, pour nous, c’était effrayant bien qu’excitant. Avoir quelqu’un de présent pour nous conseiller avant de monter sur scène nous a été vraiment très bénéfique. Même d’un point de vue musical, il est une inspiration. Il ne nous a rien conseillé de ce point de vue, mais simplement le fait d’être là, sa présence, ça ne peut pas être mauvais.

Metal-Eyes : J’imagine… Revenons à votre album. Pouvez-vous nous parler de l’enregistrement: où a-t-il eu lieu, comment avez vous procédé?

George Harris : Nous l’avons enregistré au studio où nous répétions, chez nous, à Londres. Nous avons impliqué Matt Hight, il est venu, a enregistré les batteries. Ensuite, nous avons investit les studios et j’ai chapeauté l’enregistrement du reste : les guitares, la basse et les voix. C’était très relax, sans pression. Nous n’étions pas contraint par le temps, l’argent, d’avoir quelqu’un présent dont tu as l’impression que tu lui fais perdre du temps et ces trucs là. L’ambiance était très relaxe, ce qui a retiré pas mal de pression. Nous pouvions donc prendre le temps de faire les choses comme nous l’entendions. Et nous avions la tournée entre temps, entre deux sessions… Donc, l’enregistrement s’est étalé sur pas mal de temps, le mixage aussi… Le tout a pris environ un an.

Metal-Eyes : Qu’en est-il du deal avec BMG, comment l’avez-vous obtenu?

George Harris : En gros, après notre tournée avec Maiden, nous avons vraisemblablement attire pas mal de regards, nous avons aussi récolté de nombreux fans. Spotify a pris cela en compte et nous a ajoutés à sa playlist Metal et a vu les chiffres augmenter rien qu’avec ce qu’on pouvait dire à notre sujet. A partir de là, BMG a aussi entendu parler de nous, nous a contactés, a écouté l’album et, pendant une semaine environ, nous sommes restés discrets. Ensuite, nous les avons rencontrés et ils étaient si impressionnés par l’album, la manière dont il sonne, par notre organisation… Je crois que la raison pour laquelle nous avons choisi de travailler avec eux est qu’ils semblent vraiment adhérer à notre art, aux histoires que nous créons et à l’univers que nous voulons créer… Ils ne veulent pas s’investir dans l’aspect artistique mais simplement apporter leur expertise pour la commercialisation du disque.Une des raisons de ce choix est qu’ils nous font entièrement confiance en matière artistique : nous créons tous nous-mêmes, nous faisons tout en tant que groupe. C’est pour ça que nous avons choisi de travailler avec eux, et les derniers mois – les 6 prochaines semaines, en fait – ont été assez dingues !

Metal-Eyes : Oui, on y arrive.  La pochette de l’album évoque à la fois un casque et le crane d’un corbeau. Quelle relation existe-t-il entre cette illustration et le titre de l’album ?

George Harris : Darkness will rise est directement lié au nom du groupe, The Raven Age. Historiquement, les corbeaux étaient considérés comme les gardiens de la ville de Londres. Les tours, les exécutions… Les corbeaux protégeaient cela. La légende disait que si les corbeaux étaient amenés à disparaitre, alors l’Empire britannique tomberait. Darkenss will rise évoque donc  l’idée que les corbeaux ont les pleins pouvoirs parce qu’ils doivent être là pour empêcher l’Empire de disparaitre. C’est aussi un message pour nous, en tant que groupe, pour nous battre en ce début de carrière… L’artwork représente en effet un corbeau qui s’apprête à aller au combat. Pour nous, c’est nous lancer dans la bataille de cette industrie…

Metal-Eyes : Avez-vous entendu parler de cet autre groupe anglais…

Dan Wright : RavenEye ? Oui, ils nous ont d’ailleurs contactés il y a quelques mois, nous disant qu’on les avait pris pour nous et inversement !

Metal-Eyes : Le chanteur a apparemment une passion pour les oiseaux, dont les corbeaux, mais ce n’est pas votre cas ! En revanche, avez-vous choisi le nom du groupe en relation avec le roman Game of thrones ?

George Harris : Non, en fait, nous n’avions pas vu la série au moment où nous avons formé le groupe, en 2009. Elle est d’ailleurs sortie après…Non, c’est vraiment l’histoire liée à la Tour de Londres et la légende que cela créé…

Metal-Eyes : Quelques mots au sujet de votre éducation musicale. Pas l’apprentissage de la guitare, mais le développement de votre culture musicale. A priori, George, il y avait beaucoup de musique à la  maison, était-ce la même chose chez toi Dan ?

Dan Wright : Oui, les membres de ma familles jouaient aussi dans des groups et j’ai dû recevoir ma première guitare enfant ; Du style « tiens, voici une guitare, vois si ça te plait ». Mais je n’ai vraiment commencé à m’y intéresser qu’à l’âge de 13 ans… Après, je suis allé étudier la musique. J’ai toujours voulu aller étudier la composition à l’université, j’ai toujours été intéressé par les musiques de films, et je crois que tu peux entendre dans notre musique le côté épique du cinéma. Notre relation, George et moi, est évidemment liée à notre attrait pour ce genre de compositions. Oui, la musique a définitivement toujours fait partie de mon univers !

Metal-Eyes : Et votre culture musicale s’est-elle faite plus en fonction de ce que vous pouviez entendre à la maison ou au contact, comme c’est souvent le cas à l’adolescence, de vos amis ?

Dan Wright : Exactement ! Avec les copains, au lycée, nous regardions les chaines musicales, et il y avait ces vidéos de Funeral For A Friend, Bullet For My Valentine, Avenged Sevenfold, Killswitch Engaged et ces groupes là… Nous allions à des concerts ensemble, et, parce que je jouais de la guitare, je fréquentais pas mal de groupe et allais les voir. C’est devenu une part de ma vie. Et nous avons réalisé que nous avions les mêmes expériences et attentes…

George Harris : Pour moi, c’est pareil. J’ai été exposé au Heavy Metal dès ma naissance…

Metal-Eyes : Même avant ta naissance!

George Harris : Oui, oui! Bien avant (rires). Je crois que j’ai toujours évolué autour de l’industrie musicale. Il y avait de la musique partout, dans la voiture, pour aller à l’école, il y avait plein de musique, des BO de films, des choses plus obscures… J’ai assimilé tout cela inconsciemment et ça ressort aujourd’hui. Cela a sans aucun doute une influence sur ta construction. J’ai commencé avec des groupes vers 14 ans, et mes influences ont toujours eu un rôle à jouer.

Metal-Eyes : Une dernière chose, George: suis-tu ce que fait Austin Dickinson avec son groupe, As Lions?

George Harris : Je les suis sur Instagram pour savoir ce qu’ils font, oui.

Metal-Eyes : Je le vois dans quelques jours et lui poserai la même question !

George Harris : Ah, oui! Cool! (rires)… Non, je le suis, pour savoir comment ils se débrouillent. Ils viennent de soutenir Five Finger Death Punch aux USA et leur album vient de paraitre. On est tous assez occupés ces derniers temps. Je ne lui ai pas parlé depuis quelques temps, on s’était vus à des festivals… Mais oui, je le suis.

Metal-Eyes : Nous ne vous avons pas encore vus en France, en tout cas pas avec Iron Maiden. Quand nous verrons vous live en France ?

George Harris : Eh bien, nous allons jouer le 16 mars prochain en ouverture de Anthrax, à l’Esy..Elysée Montmartre (NdMP : il a un peu de mal à prononcer ce nom). C’est cet endroit qui est fait dans les mêmes matériaux que la tour Eiffel ?

Metal-Eyes : Exactement, une charpente en métal, avec des chevilles fusionnées. Une technologie développée au 19ème siècle. La salle a été fermée quelques années à la suite d’un incendie mais a rouvert tout récemment. Je vous y verrais, j’espère. Merci pour cet échange et bonne chance pour votre carrière.

Tous deux : Merci à toi !

theRavenAge