Interview: EPICA

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Rencontre avec Mark Jansen (Guitare) et Simone Simons (chant) (EPICA). Propos recueillis à Paris, le 1er juillet 2016

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Metal-Eyes : Nous n’allons pas revenir sur l’histoire d’Epica, simplement, je souhaite savoir ce qu’est Epica en 2016 ?

Mark : Pfou! Epica en 2016? C’est toujours un groupe de 6 personnes, comme nous l’étions à nos débuts, mais nous sommes aujourd’hui plus une « unité ». Quand je nous compare à notre passé, aujourd’hui, nous avons littéralement 5 compositeurs. 5 personnes qui contribuent, c’est plus un travail d’équipe que ça ne l’a jamais été. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’être effrayé si l’un d’entre nous est en manque d’inspiration : il y a 4 autres compositeurs.

Metal-Eyes : C’est un point de vue intéressant…

Mark : oui, mais souvent, dans un groupe, il y a un ou deux compositeurs, et tout repose sur eux. Pour notre nouvel album, tout le monde a contribué, c’est un effort collectif.

Metal-Eyes : En 2014, The quantum enigma avait été  présenté comme le résultat d’un travail collectif. Comment décrirais-tu la réalisation de The holographic principle en comparaison?

Mark : Plus encore que pour The quantum enigma, nous avons travaillé en tant que groupe. Nous sommes encore plus entrés dans les détails, les vrais instruments… Nous avons autant que possible évité les samples, les cuivres, les instruments à vent sont tous joués par des humains, et je pense que tu peux entendre la différence. L’enregistrement a aussi été assez intense car nous avions également des concerts à donner… Il y a des avantages et des inconvénients… Quand tu sors du studio pour jouer, tu te rafraichis les idées, mais d’un autre côté, c’est fatigant… Il nous faut trouver le juste équilibre entre les deux.

Metal-Eyes : Comment expliques-tu cette évolution dans l’investissement de chacun? Est-ce simplement dû au fait que le groupe se sent plus uni que jamasi ?

Mark : oui, mais c’est aussi une question d’opportunité. Je pourrais très bien ne pas autoriser les autres musiciens à composer, de nombreux groupes fonctionnent ainsi, mais d’une part les gens deviennent insatisfaits et ne sont plus motivés à faire partie du groupe, et, d’autre part, tu passes potentiellement à côté d’un très grand nombre de bonnes chansons. Alors, nous fonctionnons ainsi, ce qui motive tout le monde, chacun a envie de s’impliquer et nous avons une grande connexion avec l’album. Et on peut retenir les meilleures idées de chacun, n’avoir que le meilleur du meilleur ! Quand tu n’as qu’un gars qui écrit 13 titres, il y a toujours une récurrence.

Metal-Eyes : Comment comparerais-tu ce nouveau disque à The quantum enigma ?

Mark : Nous avons fait un pas en avant. Musicalement et littérairement. Comme je te l’ai dis, nous avons plus de vrais instruments, et nous avons donné plus de place aux guitares parce que nous pensons que ça rafraichit le son. Et il y a plein de choses intéressantes sur ce disque. C’est toujours plaisant de pouvoir écouter ce que tu joues. A chaque fois que tu veux mettre quelque chose en avant, c’est au détriment d’autre chose. Et il y a tant de pistes qui se conjuguent que tu ne peux pas tout distinguer d’un coup. Il faut toujours chercher le bon équilibre afin de ne pas léser tel ou tel effet…

Metal-Eyes : Ce qui signifie que si j’écoute l’album avec mon casque ou le tien, sur ma chaine ou une autre, j’entendrais des choses différentes à chaque fois ?

Mark : exactement, parce que tout ce matériel est différents, que le mix s’est fait avec tel matériel dont les réglages sont différents. Si tu écoutes ça  avec ces écouteurs bon marché de téléphone, tu perdras beaucoup.

Metal-Eyes : Parfois, tu peux découvrir des choses que tu n’avais pas entendues avant…

Mark : Oui, ça peut arriver aussi (rires). Certaines fréquences sont absentes, probablement, mais je suggère de ne pas les utiliser. Préférez une bonne chaine et un bon casque, c’est toujours préférable ! Notre album en profitera toujours !

Metal-Eyes : Une chose qui nécessite une explication est le titre de ce nouvel album: qu’est-ce que ce « principe holographique » ?

Mark : C’est une théorie dans la physique quantique qui traite du principe, très intéressant, que le monde entier pourrait être un hologramme. Cela me passionne vraiment, et nous sommes partis de cette théorie, prise au sérieux aujourd’hui par de nombreux scientifiques, même si ça parait étrange. Mais ça pourrait être vrai, et nous l’avons placé dans un concept, comme la réalité virtuelle, tu sais, tu mets un masque et tu te retrouves, avec d’autres, dans un monde virtuel. Tout le monde n’a pas encore testé ce principe, mais, un jour ou l’autre, tu revêtiras ce masque et tu pourras te trouver dans un monde comme celui-ci sans pouvoir faire la différence entre fiction et réalité. Te voilà allongé sur la plage, par exemple… Tout semble réel, et tu peux penser : « si tout semble réel, sans doute suis-je vraiment dans une réalité virtuelle ? Peut-être ne s’agit-il que d’une couche d’une réalité plus éloignée ». Les scientifiques étudient  la possibilité que ce soit réel, et possible. Ce qui nous effraierait sans doute, car cela remettrait en cause toutes nos certitudes. Mais d’un autre côté, c’est très excitant.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une chanson de The holographic principle pour decrier ce qu’est Epica aujourd’hui, quelle serait-elle ? Et c’est un album dont les chansons vont de 2’ à 11’, il y a une grande variété…

Mark : Oui, et c’est très difficile de choisir un morceau, mais je choisirais le morceau titre, qui résume bien l’ensemble. Tout ce que nous représentons, se que nous sommes se trouve dans ce morceau.

(Simone nous rejoint à ce moment)

Simone : Bonjour, ravie de te rencontrer…

Metal-Eyes : Je suis ravi aussi ! Nous parlions de votre album, et je te pose donc la même question : quelle chansons choisirais-tu pour décrire ce qu’est Epica aujourd’hui ?

Simone : Je pense que c’est la même : The holographic principle, mélangée avec Universal deat squad. The holographic principle contient le son traditionnel d’Epica, mêlé aux nouveaux riffs de guitare, un résumé de l’ensemble de l’album, dans un esprit très cinématographique.

Metal-Eyes : Epica est aussi un groupe de scène. Vous avez joué à Paris à de nombreuses reprises, mais vous allez vous produire pour la première fois au Zénith, qui est quatre fois plus grand que la plus grande salle où vous ayez joué à Paris. Qu’est-ce qui vous a poussés à vouloir évoluer à ce point ?

Mark : La démence ! (rires)

Simone : oui ! Je crois que nous avons, à Paris, évolué à chacun de nos passages. La famille française grandit rapidement et avec cet album nous avons voulu faire un pas de plus. Nous avons besoin, d’un point de vue scénique, production, de plus d’espace afin d’atteindre cet objectif. Les fans peuvent venir avec leur famille au complet car nous disposons maintenant de suffisamment de place pour accueillir tout le monde.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que le spectacle sera plus gros que jamais ?

Simone : oui.

Metal-Eyes : Y aura-t-il des éléments de surprise que vous pouvez révéler ou pas encore ?

Simone : Nous avons un nouveau prototype d’éclairages, qui ne sont pas encore sur le marché mais que nous avons déjà utilisé pour les sessions photos et vidéo et qui s’intègre parfaitement dans le thème du principe holographique.

Metal-Eyes : Comment s’est montée cette affiche commune avec Powerwolf ? Car il s’agit de deux univers musicaux totalement différents. Ne craignez-vous pas que les fans de Powerwolf quittent la salle après leur concert ?

Mark : Nous avons décidé de cette affiche parce que Powerwolf est gros dans des pays où nous sommes moins importants, et, inversement, nous sommes gros dans certains pays, comme la France, où Powerwolf est encore relativement méconnu. Il y a toujours le risque que les gens partent avant la tête d’affiche. Parfois c’est nous, d’autre, Powerwolf. Dans l’ensemble, nous aurons le public le plus important, mais il y aura malgré tout de nombreux fans de chaque groupe qui regarderont les autres, et c’est pour cetet raison que nous avons choisi cette combinaison. S’il y a deux groupes similaires, il y a le même type de public, or nous voulions vraiment réaliser un pont afin de jouer dans des salles plus importantes. C’est ce qui rend possible le fait de jouer au Zénith, ce qui n’était auparavant qu’un rêve irréaliste.

Metal-Eyes : Comment décidez-vous quelles nouvelles chansons seront incluses à la setlist ?S’agit-il d’une réflexion du groupe, y a-t-il certaines chansons que vous êtes persuadés devoir jouer, d’autres qui n’ont pas leur place…

Mark : Certaines chansons, comme Universal death squad… Je n’imagine pas ne pas les jouer ! Il y a en effet certains titres que tu sais devoir inclure et d’autres dont nous parlons. Nous testons chacune, toutes seront jouées, j’en suis sûr. Certaines passeront très bien, nous les garderons, d’autres ne nous apporterons pas la satisfaction que nous recherchons. Alors nous ne gardons que les meilleures chansons pour le concert.

Simone : Et elles doivent aussi trouver leur place aux côtés des chansons plus anciennes. Sur un concert de deux heures, il faut que la « courbe d’attention » soit juste. Parfois, nous interprétons deux titres qui sont connectés avant de parler au public, puis passons à autre chose. La connexion doit fonctionner. Nous avons nos morceaux préférés – et chaque membre du groupe à ses chansons préférées aussi, donc nous devons en parler – nous demandons aussi à nos fans ce qu’ils souhaitent entendre et combinons au mieux l’ensemble.

Metal-Eyes : Lorsque vous venez à Paris, pour un concert ou de la promo, y a-t-il un endroit où vous aimez vous rendre ?

Mark : Oui ! Le Sacré-Cœur. J’y vais à chaque fois, et aujourd’hui, nous sommes vraiment à côté. Lorsque nous sommes arrivés hier soir, je m’y suis rendu, j’ai admiré la vue, je suis entré dans l’église, j’ai pris un verre à une terrasse … J’adore cet endroit !

Simone : J’aime aussi me promener dans ce secteur, du côté de l’Elysée Montmartre où nous avons joué plusieurs fois.

Metal-Eyes : Qui rouvre à la fin de l’année…

Simone : oui, et c’est une excellente nouvelle. J’étais vraiment attristée lorsque j’ai appris qu’il avait été détruit par un incendie. J’aime aussi le Louvre où je suis allée deux fois… Je suis aussi venue à Paris en touriste, pas seulement pour le travail. J’y ai des amis, et j’adore la cuisine française. J’aime les douceurs culinaires, et je fais ma pâtisserie moi-même…

Metal-Eyes : Je prévois d’aller avec mon épouse aux Pays-bas où nous ne sommes jamais allés. Où devrions nous aller, que devrions nous aller voir et ou devrions nous diner ?

Mark : Ca dépend de ce que vous aimez: plutôt ville ou campagne ?

Metal-Eyes : Peu importe, nous sommes curieux de tout!

Mark : Tout? Alors il y a une très belle région pour la nature, dans l’Est de la Hollande. Mais je te conseille Maastricht qui est la « perle du sud ». C’est une très belle ville, surtout si tu y vas en été. Tu peux très bien y manger, si tu es gourmet, tu dois te laisser tenter par la Burgunian Dutch kitchen de Maastricht. C’est une ville très mignone, avec une ambiance très sympa. Amsterdam, tout le monde y va…

Simone : Si tu aimes les musées, il faut aller voir le Plura Dutch musea (NdMP : je crois…) qui est fabuleux. Amsterdam est culturellement international, mais nous avons également une vraie culture locale. Il y a partout des maisons typiques, dans tous les centre-ville, tu trouveras ces maisons hautes et rapprochées. Je dirais qu’Amstredam et Maastricht sont incontournables. Aussi, je pense que Zealand est intéressante… il y a beaucoup à voir§ et dans le sud, d’où nous sommes tous originaires, il y a plus de relief. Et il y a la frontière des trois pays : Pays-Bas, Belgique et Allemagne.

Mark : Si tu aimes le vélo, il y a de bons circuits, cyclables et pédestres… Très beau et sympa.

Simone : Et si tu aimes les parcs à thèmes, tu peux aller au Efteling, pas trop américanisé, il est resté très hollandais. Ça a commencé comme une forêt féérique, et ils l’ont agrandi régulièrement.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour tout ces conseils, je vous en reparlerais la prochaine fois que nous nus rencontrons !