
Interview HIGHWAY. Entretien avec Benjamin Floch (chant) et Ben Chambert (guitare). Propos recueillis le 27 mars 2026
Ben, on avait discuté assez longuement à la sortie de votre album acoustique, The journey, en 2023. Quels retours en avez-vous eus ?
Ben : Les retours ont été super. C’est un disque un peu à part dans notre discographie pusiqu’il est entièrement acoustique, un peu comme les MTV unplugged des années 90…
Benjamin : On a toujours voulu faire un album acoustique et on a eu cette occasion pendant cette période de Covid, l’occasion de bosser différemment, à distance et sur de l’acoustique, et on s’est dit « on le fait ». C’était le bon moment pour le faire.
Ben : On jouait déjà en acoustique de temps en temps, quelques morceaux. Là, on l’a enregistré…
Benjamin : On avait un peu peur des réactions… « Highway là où on ne l’attend pas, qui propose un album en acoustique, comment ça va être perçu ? »
Ben : La majorité des gens a trouvé ça super cool. Certains on moins aimé, c’est sûr, mais les plus ouverts ont apprécié. C’est nous, c’est la patte Highway…
Et c’est aussi vos morceaux déjà connus…
Ben : Oui, et trois ou quatre ans après, je le trouve toujours aussi bon.
Justement, il y a toujours un grand délai entre deux albums de Highway. Lorsqu’un groupe de rock a la possibilité de s’offrir quatre ans entre deux albums, en général, c’est que ce sont des rock stars, mais ce n’est pas votre cas ! (rires des deux)
Ben : Pas encore, mais…
Qu’est-ce qui explique ce temps entre deux albums ? United states of rock n roll en 2011, IV six ans après en 2017. Et on ne parle que des albums studio de compos originales…
Ben : On compte quand même The journey dedans parce que le processus d’enregistrement a été identique. Ok, on avait déjà composé les morceaux, mais on les a revisités et, pour nous, c’est le même processus que pour un album normal.
Benjamin : Aussi, quand on a enregistré The journey, on avait déjà des morceaux électriques qui n’avaient pas lieu d’être sur cet album mais qu’on a gardés pour après.
Ben : C’est vrai qu’on prend le temps, mais on a tous des vies bien remplies et il faut se laisser le temps de bien faire les choses, de proposer de bons morceaux.
C’est un peu l’idée que j’avais, vous n’êtes pas encore assez important pour prendre tout votre temps et…
Ben : Ça viendra… quand ? It’s a long way…
Oui, It’s a long way to the top… On doit avoir la référence quelque part ! Parlons maintenant de votre nouvel album, last call for rock n roll. Que pouvez-vous nous en dire ?
Benjamin : beaucoup de choses (rires) ! Il sort le 24 avril, il y a 12 morceaux, très différents… On a exploré des pistes très différentes, il y a des choses très groovy, d’autres plus metal, il y a un morceau acoustique… et c’est un album très mélodique.
Ben : C’est un peu la continuité électrique de The journey qui nous a ouvert la voie à des voix plus élaborées, des arrangements plus variés. Par exemple des cuivres qu’on retrouve sur The action, des claviers, des trucs qu’on ne faisait pas avant. Là on a voulu avoir le même process et faire des choses nouvelles. Ça reste évidemment du rock mais il se passe plein de trucs dans cet album. C’est un peu le Highway de maintenant.
Si on parle de vos deux derniers albums 100% électriques, comment chacun d’entre vous analyse-t-il l’évolution de Highway entre IV et Last call for rock n roll ?
Ben : Avec IV, on avait déjà un process de compo qui avait évolué par rapport à ce qu’on faisait avant…
Benjamin : Oui, on avait déjà beaucoup évolué par rapport à United states of rock n roll…
Mais ce n’est pas ma question ! Je vous parle de l’évolution entre IV et Last call…
Benjamin : En fait, cette évolution s’est poursuivie : il y a eu cette parenthèse acoustique qui nous a appris à travailler différemment. On a un peu plus poussé les curseurs là où on voulait les amener. Ce qu’on ne savait pas forcément faire avant.
Ben : Et puis on a appris, en tant que musiciens, on a progressé. Avec les concerts qu’on a donnés, on s’est imprégnés d’autres choses. Et, du coup, on a testé d’autres choses. La grosse différence aussi, c’est qu’on a, pour cet album, travaillé avec un vrai producteur, ce qu’on n’avait pas fait avant. On avait travaillé avec Brett Caldas-Lima sur IV pour le mix, mais là, on l’a vraiment intégré comme producteur. Ill a fait les maquettes, il a décortiqué les morceaux, il a mis sa patte. La grosse différence, c’est qu’il a placé la barre plus haut à tous les niveaux. Le vrai travail d’un producteur…
Benjamin : Le travail sur le son, aussi. Il a tout enregistré et beaucoup travaillé sur le son de Highway, qu’il soit le plus parfait possible.
Ben : Il a pris ce qu’on savait faire et il l’a sublimé.
Donc le Highway que j’aimais avant, aujourd’hui, je vais l’adorer ?
Les deux, ensemble : Ah ouais !
Comment décririez-vous la musique de Highway à quelqu’un qui ne vous connait pas afin de l’inciter à plonger dans votre discographie complète ?
Benjamin : Hey… C’est du hard rock, du hard rock très mélodique, que ce soit au niveau des instruments, des mélodies ou des voix, et c’est quelque chose qui peut toucher beaucoup de monde. Souvent, moi le premier, quand j’écoute de la musique, j’ai envie d’une mélodie qui percute et me reste dans la tête. Et ça, avec Highway, tous les morceaux sont efficaces.
Ben : il y a le côté catchy, mais il y a aussi cet esprit « good vibes ». On fait quand même de la musique qui nous ressemble, il y a de la joie de vivre, un côté positif…
Benjamin : Qu’on essaie de transmettre à tout le monde.
Ben : On vit dans un monde où il se passe beaucoup de trucs durs et on veut apporter un peut de joie de vivre à tout le monde…
« Beaucoup de trucs durs »… Je ne vois pas de quoi tu veux parler en ce moment ! C’est peut-être une question que je ne devrais pas poser, mais tu abordes le sujet, Ben. Que pensez-vous de la situation des USA en ce moment ?
Ben : Ben… on a honte d’aimer les États-Unis…
Benjamin : Là, on n’y remettra pas les pieds pendant un bon moment. J’ai pas de honte à le dire, c’est un pays que je trouve exceptionnel sur beaucoup de points mais, là, je n’ai pas envie d’y aller pendant quelques années…
Ben : Ce qu’on aime, c’est la culture américaine…
Benjamin : Aller manger dans un diner à 23h…
Ben : En écoutant les Guns !
Revenons à la musique. Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un seul titre de Last call for rock n roll pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Highway aujourd’hui, ce serait lequel ?
Benjamin : Ah, c’est très dur… Si je devais n’en choisir qu’un… ce serait Peace out, parce qu’il est très mélodique, il y a beaucoup de chœurs, il est léger, agréable, il est plaisant comme morceau. Il est aussi progressif, avec des changements des rythmes et d’ambiances. Moi, c’est un morceau qui me met de bonne humeur.
Peace out… ça colle bien à la question précédente en plus ! Et toi, Ben ?
Ben : Effectivement, c’est un morceau que j’adore, et les arrangements vocaux sont ouf. Mais si je devais retenir un seul morceau, mon préféré, mon petit chouchou, c’est (Don’t) look back, un morceau un peu ovni. Sa mélodie me transperce à chaque fois, je l’écoute, je suis bien. C’est un peu comme un nounours, mon morceau nounours… J’ai envie de me mettre en boule, et de lui faire un câlin…
Tu aimes tout sur ce morceau, mais est-ce celui que tu ferais écouter à quelqu’un pour lui dire « c’est ce que nous sommes aujourd’hui » ?
Ben : En effet, j’ai un peu digressé… C’est mon morceau préféré mais peut-être pas celui qui représente le mieux le groupe. Si je devais ne retenir qu’un titre qui nous représente, ce serait Hi-way, qui reprend ce que nous avons fait avant, avec les harmonies vocales, le gros son, et il s’appelle Hi-way, en deux mots, alors « this is Highway »… Oui, je dirai celui-là.
Quels sont vos projets de tournée pour défendre ce nouvel album ?
Benjamin : On a beaucoup de discussions autour de futures dates, on en a 5 qui sont confirmées et annoncées : il va y avoir Dijon le 18 avril, en mai ce sera le Brin de Zinc à Chambéry, notre release party au Rockstore de Montpellier le 30 mai, on laisse passer l’été et on sera au Backstage By The Mill à Paris le 19 septembre et retour du côté de Montpellier au Just N Fest le 2 octobre.
Paris, je ne pourrais pas y être, je suis sur un autre festival…
Ben : Le Crick ? Non, le Zik n dry (NdMP : le 19 septembre prochain, à Dry (45) avec en têtes d’affiche Crucified Barbara et H.E.A.T) ? Deux personnes qui nous ont interviewés avant nous ont dit qu’elles y seraient aussi…
Benjamin : Ce sera peut-être pour nous l’occasion de venir jouer sur Orléans, s’il y a des festivals comme ça…
Il n’y a pas que des festivals… Sur Orléans et alentours, il y a plein de super salles, de 200-400 places, avec des conditions d’accueil au top.
Benjamin : C’est bon à savoir… En tous cas, on travaille aussi les plans pour des festivals en 2027. A suivre !
J’ai aussi vu sur votre site qu’aujourd’hui vous n’êtes plus quatre mais cinq musiciens. C’est quand même un grand changement dans le groupe ! Qui est le cinquième membre ?
Benjamin : Déjà, on va demander « qui est le quatrième » ? On a changé un peu de line-up, on changé de bassiste, Sam Marshal a eu envie de faire d’autres choses avec ses nouveaux groupes. Du coup, on a recruté Cerise, notre nouvelle bassiste. C’est aussi une nouveauté pour nous de travailler avec une fille…
Ben : A la base, elle est guitariste et chanteuse, et elle s’est mise à bosser la base comme une dingue, les chœurs aussi parce qu’elle chante aussi… Elle a une super voix !
Benjamin : Elle a été pendant 12 ans leadeuse des Ladies Ballbreaker, elle a tourné plus d’une fois avec ce tribute…
Tribute d’un groupe que vous n’aimez pas du tout, d’ailleurs !
Ben : Non, pas du tout (rires). Elle nous apporte toute cette expérience et c’est vraiment intéressant. Maintenant, le cinquième…
Benjamin : On a muté, on est passés à cinq : on a recruté Flo à la guitare qui amène lui aussi sa guitare et sa voix – c’est aussi un excellent chanteur ! Pourquoi in est passé à cinq ? Parce qu’on voulait vraiment mettre en avant, sur scène, les guitares qu’il y a sur l’album.
Ben : On s’est un peu lâchés sur l’album et ça aurait été dommage d’amputer ces arrangements qu’il y a sur l’album. On aurait pu le faire mais sur le disque, c’est vrai qu’on est allés assez loin au niveau des grattes, donc on a pris ce guitariste avec qui, en plus, ça matche humainement. On le connait depuis longtemps, on a fait quelques concerts avec lui et quand Sam est parti, on s’est dit autant proposer une vraie nouvelle version du groupe. On écrit une nouvelle histoire, un nouveau chapitre. On apporte quelque chose de vraiment nouveau, avec des nouvelles guitares, de nouveaux chœurs…
Benjamin : Comme le dit Ben, on voulait cette nouveauté, et il y a cette fraicheur, cette énergie qui nous ont poussés à travailler différemment, amener un nouveau show sur scène, une nouvelle dynamique.
Ben : On a vraiment hâte de présenter ces morceaux sur scène, notre nouveau show, et que vous veniez nous voir…
Ou que vous veniez nous voir (rire général) ! Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un de vos albums avec le line-up actuel, ce serait lequel ?
Ben : Ah, dis… C’est dur comme question !
Benjamin : Peut-être U.S…
Ben : Oui, peut-être United States of rock n roll…
Benjamin : Il y a plein de trucs qu’on ne savait pas faire à l’époque et qui le ferait sonne bien mieux maintenant.
Il était déjà bien…
Benjamin : Mais le refaire avec des voix féminines, ça serait super. C’est un album que j’adore, mais ça lui donnerait une autre ampleur. Les morceaux sont vraiment cool, mais il mériterait quelque chose…
On sait qu’un groupe de rock en France ne vit que rarement de sa musique. Quels sont vos autres activités professionnelles ?
Ben : On a des statuts différents : le noyau dur, Ben, moi et mon frangin (Romain Chambert, batterie) on a des boulots à coté…
Benjamin : Moi, je suis directeur, je manage une équipe de sept personnes qui vend de la déco de maison, des tissus, du parquet…
Ben : Moi, je suis radiologue, en imagerie médicale. Romain, lui, est inspecteur du travail. C’est bien, parce que quand on n’est pas déclarés sur les concerts, il peut arranger les choses (rires). Flo et Cerise sont tous les deux dans la musique…
Benjamin : Flo est prof de guitare, Cerise est prof de chant.
Si vous deviez penser à une devise pour Highway, ce serait quoi ? Benjamain, je t’avais déjà posé la question…
Ben : Ah ? J’avais dit quoi ? En attendant, je dirai No limit (Benjamin acquiesce). C’était notre mantra en studio, No limit ! On fait ce qu’on veut, et on y va à fond…
A l’époque tu me disais « Enjoy, have fun »
Ben : Tu vois quand je te dis qu’on est good vibes ! C’est exactement ça ! Maintenant, c’est devenu « No limit » (rires) !