JUNON: The shadows lengthen

France, Metal rugueux (Ep – Autoproduction, 2021)

Nouveau venu sur la scène du metal rugueux, Junon? Que nenni! Car le quintette est né des cendres d’un General Lee dont le post hardcore avait été suffisamment exploré. Revenant sous le nom de la déesse protectrice de la Rome antique, Junon propose un metal rugueux au chant aussi torturé que mélodique, aussi puissant que mélancolique. Au travers de The shadows lengthen, un Ep 4 titres – dont Carcosa qui a déjà été publié sous forme de single fin 2021 – le groupe explore une variétés d’horizons musicaux, alternant entre fureur explosive, guitares incisives, rythmiques en béton tout en proposant des moments plus calmes. Junon ne cherche jamais à réinventer le style, simplement il l’interprète avec force et conviction. Une carte de visite rageuse et efficace.

PRINCESSES LEYA: L’histoire sans fond

France, Metal parodique théâtral (Gambettes productions, 2021)

Le metal parodique, on connait de mieux en mieux. Pourquoi la musique devrait-elle toujours être sérieuse? Évoquer ce style en France, aujourd’hui, implique de citer inévitablement les Nantais de Ultra Vomit, mais voilà… La concurrence arrive en ce quatuor que sont les Princesses Leya. Ceux qui les ont vus sur scène le savent: sérieux de tous niveaux, passez votre chemin. Avec L’histoire sans fond, le groupe vise à le toucher, le fond… En mélangeant sketches au ridicule sublimé et chansons punki thrashisantes, en alignant conneries et jeux de mots improbables pendant 1h15, les « Princesses Leyettes » (c’est pas de moi, c’est d’eux) nous entraînent dans leur univers sans queue ni tête (bien qu’on parle beaucoup de cul quand même). La machine à claques fonctionne parfaitement bien, et on se marre de bout en bout. Musicalement, comme pour les autres rigolos mentionnés plus haut, la bande est irréprochable: ça joue et ça balance la purée genre méchant. Vous l’aurez compris: une bonne tranche de poilade et de rock brut vous attends ici. Tout est pensé pour faire comme si rien n’était pensé, comme si une bande de rigolos avait simplement décidé de mettre l’enregistreur en route et « on voit ce qui en sort ». Et ça marche. Incontournable pour tout amateur d’humour potache à prendre au 36ème degré.

BURNT UNMBER: Petroleum

France, Rock (autoproduction, 2021)

C’est en 2018 que naît Burnt Umber. Après avoir consolidé le groupe, ses deux fondateurs, la chanteuse Abby et la batteur J-War, s’attaquent à la réalisation de ce Petroleum, un premier album aux sonorités variées. Puisant dans un rock énergique, saccadé voire même parfois syncopé, les guitares proposent des plans aussi saturés qu’aériens. La tessiture de la voix d’Abby lui permet de couvrir une large palette d’émotions, de la puissance à la douceur – même si, vous me connaissez, l’anglais reste encore à travailler, plus dans l’articulation (pas toujours compréhensible sur les moments les plus durs) que dans l’accent d’ailleurs… Les titres – dont une reprise de Calling you, popularisée par le succès du film Bagdad café, qui interpelle par ses aspects autant respectueux qu’explorateurs de l’original – proposent une palette rock riche et diversifiée. Un ensemble qui interpelle, attire l’oreille et fait taper du pied. Mais, car il y en a un, malgré toute la bonne volonté et la qualité indéniable des compostions et de l’interprétation, il manque cette étincelle qui me ferait vibrer vraiment, ce petit truc qui viendrait me chercher pour ne plus me lâcher. Attention: c’est bien foutu et bien écrit, seulement, il manque ce quelque chose qui fait qu’un groupe se distingue. Travailler avec un producteur pourrait sans doute, à l’avenir, permettre à Burnt Umber de trouver sa véritable identité, sonore sinon musicale.

SOL DRACONI SEPTEM: Hyperion

Black Metal, France (Autoproduction, 2021

Une fois n’est pas coutume, hein… Je n’ai jamais été attiré par le metal extrême ou plus généralement par le metal hurlé, gueulé ou vomi. Ce type de « chant » me rebute, point. Ce qui ne m’empêche pas, parfois, d’écouter et de découvrir quelques oeuvre interpelantes. C’est le cas de cet Hyperion, premier album de Sol Draconi Septem, trio hexagonal qui puise son inspiration musicale aux croisées du black et de l’indus et littéraire en fouillant et revisitant l’oeuvre de Dan Simmons, auteur de SF, prolifique et de multiple fois récompensé. Son premier roman Hyperion, paru en 1989, est donc au centre de ce premier méfait. Je ne m’étendrai pas sur le style vocal, mais irai à l’essentiel: musicalement, Sol Draconi Septem nous propose des univers sonores variés, aériens et lourds, intrigants et parfois espiègles, et je me (sur)prends à voyager dans cet univers qui évolue entre Dune et la mythologie grecque. Le tout se tient bien, la production limpide apportant la profondeur nécessaire à  l’ensemble de cet album réussi. Le concept sera-t-il adapté scéniquement? C’est une autre affaire…

HORSKH: Wire

France, Metal électro (autoproduction, 2021)

Ça s’appelle Wire, et ça porte bien son nom… les Français de Horskh on décidé de prendre la place d’un Daft Punk qui vient d’annoncer sa séparation. Oui, non, en fait… Wire est sorti avant cette annonce mais vient chasser sur le terrain de jeu des mecs casqués, en violent. Beaucoup plus violent. Les rythmes hypnotiques feront entrer n’importe quel amateur du genre dans une transe qui détachera son âme des réalités terrestres. Non, qui arrachera son âme. Brutal, électro les 12 titres nous entraînent au milieu d’une foule dansant sous les flashes stroboscopiques, de lumières agressives. Et les inspirations metal, là dedans? Ben, j’ai du mal à les trouver tant l’electro domine le sujet. C’est bien foutu, puissant, dansant sans doute aussi pour certains, mais ça s’adresse à un public amateur et avisé. Si ce n’est pas ma came, d’autres y trouveront sans aucun doute possible un défouloir à leur mesure.

Interview: SLEAZYZ

Interview Sleazyz : entretien avec Speed (batterie). Propos recueillis par téléphone le 29 janvier 2021

Metal-Eyes : Votre album March of the dead est sorti en octobre dernier. Première question : pourquoi en faire la promo aussi tard ?

Speed : Ben, la crise sanitaire n’a pas facilité les choses, tu as pu le constater. Il y a un an jour pour jour, nous étions encore en studio, Âme du temple, à Troyes…

 

Metal-Eyes : A Troyes ? Mais vous êtes quatre…

Speed : C’est ça (rires) ! On est de Troyes, mais nous sommes 4 et l’album a été enregistré en 5 jours (rires). Joli coup, hein ! Vu que ce sont des morceaux relativement court, l’album ne dure que 33 minutes. Tu as pu l’écouter ?

 

Metal-Eyes : Oui, la chronique est déjà parue, ça a été une très agréable surprise.

Speed : C’est vrai, je l’ai vue en plus ta chronique. Pour nous, ce qu’on recherche, c’est que ça dégomme, que ça envoi, et l’esprit, c’est aussi de trouver des refrains qu’on va pouvoir retenir, dans un esprit un peu festif.

 

Metal-Eyes : Un peu festif et aussi un peu shock rock. D’autant plus que Marche of teh dead est sorti juste à la période de Halloween.

Speed : Oui, même si cet album aurait dû sortir plus tôt. Mais avec le Covid, on a repoussé, encore et encore, il devait sortir au mois de novembre, on devait même, grâce à la ville de Troyes et La Maison du Boulanger en faire la promo à la Chapelle Argens, une très bonne salle de concert, mais c’est aussi repoussé, pour l’instant au mois d’avril.

 

Metal-Eyes : Revenons cependant sur l’histoire du groupe que je découvre avec ce nouvel album. Peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Speed : Alors, Sleazyz est un groupe d’horror metal qui a été créé en 2003 par Fred, le chanteur bassiste, à Saint Ouen, en région parisienne. Il y a eu deux albums single auto produits faits à cette période. En 2017, 2018, Fred est venu s’installer à Troyes et a reformé le groupe avec un nouveau line-up. Il y a donc Fred, l’auteur compositeur principal des morceaux, chanteur et bassiste du groupe, David « Ripper » à la guitare lead, « Pandemonium » Rodriguez, Illiana, aussi compositrice et arrangeuse, à la guitare rythmique et au chœurs, et moi à la batterie. Le premier album, une démo 12 titres, a été enregistré en 2014, et en 2016, Funhouse arrive, avant la reformation en région troyenne et l’enregistrement de March of the dead et 10 nouveaux morceaux.

 

Metal-Eyes : 10 nouveaux morceaux qui correspondent bien au nom du groupe, des morceaux assez glam rock aussi, mais pas que…

Speed : On a plein de monde autour de nous qui nous « au final, vous jouez du rock n roll ». Mais c’est la base, le rock ! Fred est fasciné par tout ce qui est horreur, films d’horreur des années 50 à 80. Sur scène, on a aussi toujours des montages de films de ces périodes-là. C’est super, parce que dans le public, les gens se font des petits quizz, c’est à qui reconnait tel ou tel extrait.

 

Metal-Eyes : Assez fun aussi, donc. J’allais te demander à quoi ressemble un concert de Sleazyz, mais tu viens d’en faire un rapide descriptif…

Speed : Oh, un concert de Sleazyz, tu as vu des photos, il y a du maquillage, un look, et le montage video avec, quand on le peut, sur des scènes un peu plus grandes, un visuel toujours en lien avec cet univers de l’horreur.

 

Metal-Eyes : Rock n roll, influences de film d’horreur… Mais si tu devais décrire votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas du tout, que lui dirais-tu ?

Speed : Oh, d’abord notre musique elle reste basée sur les influences que nous avons tous les quatre. On écoute du rock, du metal, du glam et aussi du speed et du thrash.

 

Metal-Eyes : Et si tu devais ne retenir qu’un seul morceau de March of the dead pour inciter la personne à écouter ce que vous faites, ce serait lequel ?

Speed : Pour l’inciter ? Je l’invite à regarder notre dernier clip, le morceau qui s’appelle Devil talking in my head. Je pense que ça retranscrit tout ce que je viens de te dire : ça commence avec un metal assez lourd, avec des saccades, un solo de guitare bien speed, il y a du groove, tout ça dans le même morceau. C’est assez représentatif de l’ambiance de Sleazyz. Même si, comme tu l’as écrit dans ta chronique, il y a des morceaux un peu plus glam, d’autres carrément punk ou indus. Mais en allant toujours droit au but. Ce qu’on cherche, c’est que le lendemain d’un concert, que quelqu’un se réveille en ayant toujours un ou deux refrains en tête.

 

Metal-Eyes : Ben ça, en ce moment, ce n’est pas gagné… Une question sur la pochette : à quoi correspondent les dates qui figurent sur le cercueil, au verso ?

Speed : Ah, alors là, c’est une bonne question ! Je ne pourrais pas te répondre… Je n’ai pas l’album devant moi….

 

Metal-Eyes : 1959, 1945, 1959 et 1968.

Speed : Je n’en ai aucune idée. Il faudra demander à Fred… C’est vrai que je n’avais pas tout décris sur cette pochette.

 

Metal-Eyes : Avais-tu eu l’opportunité d’écouter ce que faisait la première mouture de Sleazyz ?

Speed : Oui, reprenant certains de ces morceaux, j’ai écouté, et ça reste dans l’esprit de ce que fait Sleazyz.

 

Metal-Eyes : Alors comment pourrais-tu décrire l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums ? Il y a eu un changement radical de line-up, mais en dehors de ça ?

Speed : Quand je suis arrivé dans le groupe, il y avait déjà 6 morceaux de composés par Fred. Les arrangements finaux se font aussi en studio, mais j’espère que pour le prochain on pourra apporter un peu plus notre patte. Mais c’est vrai que depuis un an et demi, tout se passe toujours super bien, il y a une vraie symbiose entre nous. On est toujours un peu comme des gamins, et jusqu’à présent, je traverse ce groupe avec une impression assez virevoltante, et j’ai joué dans maints et maints groupes…

 

Metal-Eyes : Vous avez travaillé avec un producteur, l’album a un gros son. Il est sorti en fin d’année dernière, alors, quels sont les premiers retours ?

Speed : Toutes les chroniques qu’on a reçues vont au-delà de ce qu’on pouvait espérer… « du son direct qui rentre dedans », « Fun, fear et rock n roll », des choses comme ça. Je pense que tout a été très positif. Le problème, c’est que la distribution de l’album c’est… AUJOURD’HUI ! Sur toutes les plateformes streaming…

 

Metal-Eyes : Avec tous ces retours encourageants, avez-vous envie d’enfoncer le clou et de ne pas faire attendre le public trop longtemps avant un nouvel album ?

Speed : C’est assez difficile de se voir en ce moment. Mais on commence à composer, on a quelques bribes de titres qui prennent forme.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Sleazys ?

Speed (il rit) : comme dit le morceau Sleazyz qui figure sur un autre album : « One, two, fuck you ! »

 

Metal-Eyes : Soyons clairs : « One, two », comme « un deux », ou « Want to » comme « je veux » ?

Speed : Non, non, « un deux », « One two » ! En plus, sur scène, le morceau marche bien sur scène, le public réagit facilement et le reprend direct. En plus, avec la période qu’on vit, on est en plein dedans.

 

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter pour terminer ?

Speed : Je vais me répéter, mais « fun, fear, and rock n roll ».

 

 

Interview: JIRFYIA

Interview Jirfiya : entretien avec Pascal (basse). Propos recueillis par téléphone le 6 janvier 2021

Photo promo

Metal-Eyes : Jirfiya a sorti un second Ep il y a quelques mois, mais c’est la première fois que nous parlons. Peux-tu, demande très originale, tu en conviendras, raconter l’histoire du groupe ?

Pascal : Jirfiya est né il n’y a pas très longtemps. Ça fait environ 3 ans que nous nous sommes réunis. Jérôme et moi avions un autre groupe, Born From Lie, avec qui on a sorti 3 albums. Il ne voulait plus être seul à chanter. On a cherché, et trouvé Ingrid. Quand on l’a auditionnée, il y a eu la conjonction de plusieurs événements, le batteur déménageait, n’avait plus trop de temps pour le groupe… On a décidé avec Jérôme de faire un autre groupe et, avec l’arrivée d’Ingrid, Jirfiya est né.

 

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe ?

Pascal : C’est le nom d’une météorite martienne qui s’est écrasée en Lybie, dans la ville de Jrfiya, sans le i ce qui rend la prononciation encore plus difficile. On a donc rajouté une voyelle, et on aimait bien le nom oriental qui colle bien avec nos mélodies orientales.

 

Metal-Eyes : Le premier Ep est sorti il y a un peu plus d’un an. Quels retours avez-vous eus ?

Pascal : Les chroniques étaient très bonnes, mais je ne sais pas si on a pu faire une promo complète… On n’a pu donner qu’un concert avant de devoir arrêter.

 

Metal-Eyes : La situation sanitaire vous a-t-elle permis d’accélérer la réalisation de ce nouvel Ep, Still waiting ?

Pascal : Ça aurait pu, mais Jérôme, quand il s’y met, il s’y met… Il est intermittent du spectacle, donc parfois, il y a des périodes, en hiver, il ne travaille pas. Il compose et nous sort des morceaux pendant ce temps. Parole et musique, c’est principalement lui. Donc la situation sanitaire n’a pas vraiment joué. Il a simplement du temps…

 

Metal-Eyes : C’est une volonté de votre part que de sortir des Ep plutôt qu’un album avec 10 ou 11 titres ?

Pascal : Là, ça s’est fait un peu comme ça… Jérôme avait 6 morceaux. Les titres bonus viennent de Born From Lie, des titres qu’on voulait réadapter et rejouer. On en a donc profité, ce qui donne presque un album.

 

Metal-Eyes : Quelles différences fais-tu entre ces deux versions Born From Lie ?

Pascal : Ça change beaucoup avec la voix d’Ingrid. Mais on a tout réenregistré, on n’a pas pris les bandes son de l’album. Le son est plus puissant, on ne les avait pas fait mixer par Andrew G, elles sont beaucoup plus puissantes comme version.

 

Metal-Eyes : Comment analyses-tu l’évolution du groupe entre ces deux Ep, Wait for dawn et Still waiting ?

Pascal : Ah, très bonne question ! Je ne me suis pas posé cette question, mais je pense qu’il y a une évolution naturelle. C’est surtout au niveau de la voix d’Ingrid, parce que, musicalement, on retrouve notre patte, notre style. Ingrid a vraiment évolué entre ces deux disques. Pour le premier, ça ne faisait pas longtemps qu’on travaillait ensemble, tandis que là… Sur certains morceaux, elle est devenue plus agressive et plus douce aussi.

 

Metal-Eyes : Les influences orientales, elles viennent d’où ? Bon, tu vas me dire « d’orient »… (rires)

Pascal : On aime bien ces mélodies, dans le metal il y en a beaucoup aussi. Ça fait partie de nos influences.

 

Metal-Eyes : C’est Jérôme qui est à l’origine des compositions, mais est-ce que vous avez aussi votre mot à dire ?

Pascal : Oh, oui ! Mais comme ce qu’il nous propose est déjà presque bien…

 

Metal-Eyes : J’aime bien le « presque bien »…

Pascal : Oui, c’est « presque une blague » (rires). On discute toujours, mais les morceaux sont pratiquement finis, il est doué pour ça.

 

Metal-Eyes : Andew G avait déjà travaillé avec vous pour le premier Ep. Que vous apporte-t-il de plus qui n’existerait pas sans son oreille ?

Pascal : C’est surtout sa finition, son mixage, son mastering. Et c’est un batteur. Les ingénieurs du son / batteurs, c’est ce qui donne de la puissance à l’enregistrement.

 

Metal-Eyes : Wait for dawn, Still waiting… Vous avez déjà une idée du titre du prochain ?

Pascal : On attend encore et encore (rires) ! Oui, c’était un clin d’œil et les paroles sont assez d’actualité. Mais là, je pense qu’on va arrêter d’attendre… On va faire des paroles sur les chats, ça fonctionne bien sur Facebook (rires) !

 

Metal-Eyes : Justement, vos paroles abordent quoi ?

Pascal : Beaucoup d’actualité brûlante, bon, pas du Covid, ça n’existait pas encore… Mais tout ce qui est international, la dérive des multinationales qui polluent, des problèmes plus intimes, sur le pouvoir des sectes sur l’esprit humain…

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes qui n’ont pas lieu d’être dans Jirfiya ?

Pascal : Non, on n’aborde pas ça de cette manière… Jérôme parle de ce dont il veut parler. On ne fait pas de paroles à la… merde, je ne sais plus, ils sont marrant…

 

Metal-Eyes : Ultra Vomit ?

Pascal : Oui, Ultra Vomit, c’est rigolo ! Eux, la parodie, c’est leur truc et ils le font super bien. Nous, on ne pourrait pas, on est trop sérieux (rires) !

 

Metal-Eyes : Bon, ben, je vais éviter de te demander de raconter une blague (il rit) … En dehors des reprises de Still Waiting, si tu devais ne retenir qu’un seul titre qui voit représentatif de ce que vous faites, ce serait lequel ?

Pascal : Alors là… Tu poses une question comme ça à un Normand, je peux pas faire de choix (rires) !

 

Metal-Eyes : On ne m’a pas dit que tu étais Normand, j’aurai refusé…

Pascal : The hill of shame, peut-être ? Mais c’est vraiment parce que je l’adore, et puis pour les paroles qui me touchent. Entre la violence et la douceur, ça représente bien le contraste de tout ce que l’on peut faire en musique.

 

Metal-Eyes : Pour conclure, peux-tu imaginer une devise pour Jirfyia ? En dehors de still waiting, bien sûr…

Pascal : Je pense à… « engagé et confiant », c’est un peu nous.

AS A NEW REVOLT: Fares

France, Rap metal (Ep, KNT, 2021)

Rap et metal font bon ménage depuis quelques temps. As A New Revolt, duo formé par Manu Barrero (Chant, sampler, sound sysytem – pour ce que ça peut englober…) et Julien Lhuillier (batterie) propose avec ce premier Ep, Fares, 5 titres groovy et rythmés, enragés et engagés. Très inspirés de l’esprit US, le duo pose des bases Hip hop et rap metal qui évoquent aussi bien Deftones que Rage Against The Machine. Souvent hypnotiques (Desert eagle, New traditional), As A New Revolt trouve des rythmes efficaces et imparables. Ok, pour le fan de metal pur jus, ça manque sérieusement de guitares, mais l’énergie développée est telle qu’on ne peut qu’approuver. On est loin des standards d’une certaine forme de rap joué sans instruments, qui dégueule en français sur tout ce qui bouge. Ici, le choix de l’anglais se révèle un atout supplémentaire. La batterie joue également un rôle de premier plan – bien que parfois cachée derrière de l’electro omni présente – et l’on admire la performance sur Peplum qui clôt cet essai, très efficace carte de visite d’un groupe à suivre.

PSYKUP: Hello karma!

France, Metal barré (Les amis de l’autruche, 2021)

Amateur de metal déjanté joué en chemises à fleurs, les barjots de Psykup, deux ans après leur Live in Bikini, sont de retour avec Hello karma!. Avec ses 12 titres, le groupe propose un metal furieux, décallé et souvent irrévérencieux. La sauvagerie dont fait preuve Psykup est toute contrôlée, alternant entre fureur et temps calmes, hurlements et chant presque langoureux, voire même taquin. Difficile de tout suivre sereinement d’une traite, mais, ça, le groupe nous y a habitués, non? Hello karma! s’adresse à un public averti et pourrait même choquer quelques uns. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil aux titres, explicites et qui ne passeraient pas aux USA: Masturbation failed, Get laid, Lucifer is sleeping… Mais non, Psykup ne parle pas de sexe ou de religion. Le quatuor désire au contraire pointer du doigt certaines dérives de nos sociétés modernes, malades et malsaines. Si vous avez le cœur bien accroché, jetez vous dans cette furieuse spirale infernale et ces nouvelles déflagrations que nous balance à la gueule un Psykup en pleine forme! Franchement, Psykup, c’est des barjots… Ça démonte le boulot des pompes funèbres en déboîtant le lit de ma grand mère, ses pauvres rhumatismes avec. Un karma déjanté, quoi!

SNAP BORDER: Icons

France, Metal (Autoproduction, 2021)

Avec son album paru en 2016, Snap Border m’avait agréablement surpris. Depuis, silence radio jusqu’à l’arrivée de ce rappel: Icons, un Ep 5 titres forgé entre metal moderne et traditionnel. La recherche du refrain qui fait tilt est constante, les guitares, rugueuse, ne sont jamais trop agressives. Le rythme enlevé et varié et le chant qui mixe mélodie et rage. Dancing with the sharks, qui ouvre ce disque, semble en tout point être un message destiné à la profession. Newsfeed icons propose des sonorités très actuelles et variées – on passe de la syncope à la douceur avant reprise de vitesse. Ok, mais une question surgit: je retiens quoi? Les Nancéens semblent ne pas trouver le truc qui les feraient se lâcher vraiment, se distinguer d’une scène parfois trop répétitive et entendue. Il manque ce je ne sais quoi qui fait la différence… Puis, l’intro de Evil-tions vient répondre à la question avec son intro légère et aérienne, on tient quelque chose. Le titre monte en puissance sans jamais vraiment lâcher la bride. La puissance contenue est tout en retenu apportant un vrai plus à l’ensemble. Losing side reprend de la puissance avec une rythmique enlevée et entraînante qui ne peut laisser de marbre, avant que Endscape ne viennent clore le disque avec ses airs faciles à chanter – hurlement mis à part – et ses guitares nerveuses et efficaices. Alors