THERAPHOSA

France, Metal (Ep Autoproduit, 2018)

Theraphosa, pour les connaisseurs, est un type d’araignée particulièrement dangereuse.  D’où la représentation d’une arachnée blanche sur fond noir de ce second Ep du trio français venu de Chelles (le premier, Inject the venom, est paru en 2012, une éternité! D’où, sans doute, un nouveau départ en ne nommant pas ce disque.) Je ne suis pas connaisseur, donc, je me plonge dans les sonorités de ce disque éponyme qui propose 5 morceaux et découvre une prière en ouvrant le CD, une prière à la reine araignée. Serait-on tombée dans une secte aux malsains rituels? Non, simplement au cœur des aspirations et inspirations musical d’un groupe de rock. Le premier morceau, The king of vultures est un mid tempo presque doom, intrigant et attisant la curiosité. The god within accélère le tempo et propose un riff obsessionnel et hypnotique sur fond de chant guttural, en alternance avec plus de mélodie. Le plus de 6′ passent sans qu’on ne s’en aperçoive. Puis The butcher, avec son chant clair presque a capella, nous entraîne dans un univers tout aussi heavy, au royaume du headbanging. Malgré ses guitares speedées, Obsession se distingue avec un chant presque pop, et surtout très mélodique. Leeches conclue ce disque avec ce rythme imparable, celui qui fait s’agiter les tignasses et taper du pied en cadence. Sans aucun doute un futur classique en live. Theraphosa parvient à se distinguer de ce qui se fait actuellement sur la scène metal, et rejoint les espoirs parmi les groupes français. Prometteur, tout simplement.

FLAYED: III – Empty power parts

Hard rock, France (Overpowered records, 2018)

Avec XI million, son précédent opus, Flayed était parvenu à frustrer quelques auditeurs. Ce disque puissant et superbement rock n roll n’était qu’un « petit » Ep de 5 titre qui en avait laissés quelques uns sur leur faim. Dont je fais partie. ALors autant dire que l’arrivée de ce troisième CD est accueillie avec envie et curiosité. Il aura fallu presque 3 ans au groupe pour nous proposer enfin ce Empty power parts (sur le label Overpowered, fallait le faire, quand même!) et d’entrée le constat s’impose: Flayed est en forme. Les aspirations musicales de Renato – un des chanteurs les plus puissants en France aujourd’hui (chanteur, pas hurleur, soyons d’accord) – et sa bande (Julien, principal compositeur, et Rico aux guitares, Charly à la basse, JP à la batterie et Raf à l’orgue Hammond) – sont telels que jamais aucun des 10 titres ne ressemble à un autre. Puisant dans le rock et le heavy des 70’s et 80′, agrémentant les chansons d’un son résolument moderne, Flayed nous invite à un voyage sonore où se mêle puissance, mélodie, entrain et tendresse. Et confirme au passage ce que dont nous devrions tous nous persuader: la France tient de grandes formations (au hasard, Frantic Machine, Moly Baron, Disconnected, Melted Space ou Highway, bien que plus ancien) et Flayed en est un des illustres fleurons. Alors, on la soutient cette scène?

MONOLYTH: A bitter end / a brave new world

France, death mélodique (Autorpoduction, 2018) – sortie le 25 septembre 2018

L’an dernier au Hellfest, sous Temple, je suis allé jeter une oreille et un oeil au set de Monolith. Uee expérience brève tant l’ennui s’est emparé de moi rapidement. Alors, pensez, quand j’ai reçu cet album, ma première pensée a été « oh, non ». Mais un regard plus attentif me fait comprendre que, visiblement, il ne s’agit pas du même groupe. Non, celui-ci, ce Monolyth, s’écrit avec un Y salvateur! Je glisse donc le CD avec une curiosité attisée dans le lecteur pour y découvrir… du death metal. Premier constat, la pochette de A bitter end / A brave new world peut se regarder dans deux sens opposés. Un joli travail graphique qui me parle. Ensuite, en retournant la pochette, chaque titre est doublé d’un sous-titre genre mini résumé de la chanson. Original. Puis la musique démarre. Je passerai rapidement sur le « chant », style guttural hurlé qui, comme chacun sait, n’est pas du tout mon style, d’autant que c’est assez monocorde. En plus, j’ai la nette impression que l’anglais n’est guère maîtrisé. En ce qui concerne la musique, cependant, les morceaux sont travaillés et réfléchis, les mélodies incontestablement attirantes et efficaces. Monolythe propose avec A bitter end / A brave new world un disque extrême abouti que les amateurs découvriront avec plaisir.

ELYOSE: Reconnexion

Metal, France (Autoproduction, 2018) – sortie le 27 septembre 2018

Pour son troisième album (après Théogyne en 2012 et Ipso facto en 2015), les Parisiens de Elyose profitent d’un troisième album, Reconnexion, pour repenser leur approche musicale et offrir un son à la fois plus brut et direct et des mélodies pensées pour faire mouche. Elyose ne se contente en effet pas de chercher un style qui lui soit propre mais explore divers horizons, du metal symphonique aux intonations death metal, ou encore, à l’opposé, en visant la pop énergique. On reconnaîtra, naturellement l’influence d’Evanescence (le refrain de De tout là-haut semble plus qu’inspiré par un certain Wake me up inside…) ou d’Epica dont le guitariste chanteur Mark Jansen partage le chant sur le très énergique – et chanté en anglais – Psychosis. Les invités sont nombreux, d’ailleurs, puisque figurent rien moins que Raf Pener (T.A.N.K) sur Asyme’trie (qui me semble s’engager sur le terrain de la Syrie – dommage que les paroles ne soit pas plus compréhensibles, une des faiblesses de cet album…), Aurel sur Mes 100 ciels – premier single – ou encore Flo Lemonnier sur Les mots qui me viennent. Varié, enjoué, ce troisième album d’Elyose pourrait faire ressortir le groupe du lot des nombreux challengers, en tout cas, le placer dans le peloton de tête.

SIDILARSEN: Live – In Bikini dura Sidi

Metal, France (Verycords, 2018)

Avec le superbe Dancefloor bastards, paru en 2016, Sidilarsen entame une longue tournée qui célèbre ses 20 ans de carrière. 20 ans, 6 albums studio, un public fidèle(bien que pas assez important à mon goût). Sa tournée a mené le groupe toulousain un peu partout en France, et Sidi se souvient certainement de son passage en Russie, en compagnie de Severny Flot. Mais surtout, le quintette passe enfin au Hellfest en 2017 et immortalise son passage à domicile dans un Bikini blindé (la salle peut accueillir jusqu’à 1500 spectateurs sur 2 niveaux) et survolté. Si le CD comporte – naturellement, même si l’on aurait pu espérer un double CD… – moins de titres que le DVD, l’ambiance est parfaitement captée. Le groupe est au taquet, faisant participer le public qui ne se fait pas prier. Bien sûr, le dernier album est à l’honneur, les autres albums ne sont pas en reste. Naturellement, le concert se termine avec l’indispensable Des milliards et son public invité à s’asseoir avant de sauter symbolisant le réveil de la population. Frissons assurés. Le groupe plongé dans des couleurs bleues, rouges et mauve dominantes, on savoure de retrouver Sidi live, d’autant que les caméras sont autant focalisées sur le groupe que dans le public, véritable 6ème homme de ce concert. Toujours pleins d’énergie, les Toulousains se font plaisir en réservant quelques surprises au public, dont ce solo de batterie de Sam Cancel, accompagné par le bassiste de Severny Flot, Alexander Kulikov, la venue sur scène des furieux Arno et Poun de Black Bomb Ä ou celle de la chanteuse Béra ou, naturellement, de Sabash, venu célébrer cet anniversaire sur Teknotrone. Au delà de ce concert d’un groupe quasi irréprochable, l’intérêt du DVD se trouve dans le documentaire de 72 minutes qui voit les frères Cancel (Sam, donc, et David « Didou », le chanteur) et Benjamin « Viber » Bury, le guitariste/chanteur, ainsi que les autres et plus récents membres Benjamin Lartigue et Julien Soula (guitare et basse) raconter, sobrement, l’histoire de Sidilarsen. On fait ici le plein d’anecdotes, dont l’association avec Psykup et Delicatessen, deux autres formations locales, afin de monter une structures visant à faire avancer les groupes, ensemble. On trouve aussi un bel hommage au premier guitariste, Sabash, sa fidélité et son adoubement de son remplaçant. Hellfest, tournée en Russie, amitiés, équipe… tout y passe, avec émotion et sincérité jusqu’à arriver à ce Sidifest du Bikini, objet de ce live. Un beau document (« dédié au plubic », gag!)qui pose simplement la question: pourquoi Sidi n’est-il pas plus important? Une aventure à suivre pour les 20 prochaines années. Au moins!

TRUST: Dans le même sang

Hard rock, France (Verycords, 2018)

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. On en a parlé de ce disque lors de sa sortie, mais pas ici; alors profitons d’un peu de calme pour revenir sur Dans le même sang, le dernier album studio de Trust. Près de dix ans après un 13 à table de moyenne facture, le duo Bernie-Nono se retrouve, réintègre David Jacob à la basse – ce qui a bien fait rager Vivi, normal… – récupère Iso Diop à la seconde guitare et déniche un certain Christian Dupuy, un gamin adopté pour tenir les baguettes et rythmer le tout. Lire la suite

HELLTERVIEW: MALEMORT

Interview MALEMORT. Entretien avec Julien (guitare), Xavier (chant), JC (basse), Cédric, batterie. Propos recueillis au Hellfest le 23 juin 2018

Malemort @ Hellfest 2018

Metal-Eyes : Ball trap est sorti fin 2016, a reçu d’excellentes critiques dès sa sortie. On vous espérait au Hellfest l’an dernier, mais il a fallu attendre 2018 pour vous y retrouver. Qu’est-ce qui a demandé autant de temps d’après vous ?

Xavier : Je pense que c’est la montée du buzz, en fait. Quand tu travailles en auto production, les choses sont très progressives, parce qu’il n’y a pas de plan média. C’est à la sueur de ton front, aux preuves que tu peux apporter de ton implication. C’est vrai que les retours ont été très bons sur le deuxième album, et il a fallu que ça mature un peu. A la limite, je dirais même que c’est très bien, ça tombe bien que ça se produise cette année : l’année dernière, on n’aurait pas réussi à faire ce qu’on a fait cette année. Je considère que les choses arrivent finalement bien. D’expérience, par rapport à toute l’histoire de Malemort, j’ai appris à me rendre compte que tout ce qui t’arrive tombe au bon moment. Lire la suite

ACOD: The divine triumph

Death mélodique, France (Sony music, 2018)

L’ascension des abysses est une intro en trompe l’oreille. Cinématographique, légère, épique, cette ouverture laisse l’auditeur entrevoir de verts pâturages, des paysages féeriques et pacifiques. Pourtant, dès Omnes tenebrae, le décor change. La vitrine de l’enfer vous a attiré? La réalité est toute autre! L’univers des Marseillais d’Acod, qui signent avec The divine triumph son 4ème album depuis sa formation en 2006, Lire la suite

SENDWOOD – First leaf

Metal, France (Autoproduction, 2018)

Sendwood est un groupe français composé de deux frères, Kriss W. Wood au chant et à la guitare et Alex Mc Wood aux chant, batterie et harmonica. Pas forcément frères dans la vie, en fait, mais on s’en fout. Comem eux: l’un vient de The Real Mc Coy, l’autre de Harmonic Generator. Les compères se retrouvant seuls en studio décident de monter ce projet à deux. L’important c’est que le nom du groupe des frères Wood (ça vous rappelle pas légèrement les Blues Brothers, ou les Ramones? Nous y reviendrons…) est explicite du contenu musical: ça défouraille sévère, ça balance mémé dans les orties, bref, ça envoie le bois grave. Le seul bémol, c’est l’anglais incompréhensible, pour le reste, rien à dire: Sendwood c’est l’sprit du punk mélé à la lourdeur du metal actuel, des influences qui vont des sus mentionnés Ramones à AC/DC en incluant tout ce qui peut faire s’agiter. Les voix sont graves et profondes, le riff direct et la rythmique… brute , sans fioritures. Le but visiblement est de faire taper du pied et de voir le public pogoter. Simple, direct et efficace pourraient être les 3 mots qui définissent le mieux ce premier essai de 10 titres pachydermiques.

OVERCHARGER: Origin

Metal, France (Overpowered records, 2018)

Prenez une dose de rock sudiste, une poignée de metal, une (grosse) pincée de hardcore et mélangez le tout… Vous obtenez un metal moderne et rugueux qui se nomme Overcharger. Le groupe, formé à Bordeaux dans la première moitié des années 2010, le groupe enregistre un premier Ep « carte de visite » – Words for my enemies, en 2012 – tourne et publie son premier album, All that we had, qui parait en 2015. Overcharger se frotte aussi à la scène en ouvrant pour des pointures comme Black Bomb Ä avant de revenir avec Origin, nouvel album complet. Et ça dépote sévère! Le chant mis à part – trop hurlé à mon goût malgré une lueur d’espoir de chant clair en début de disque – les compos font mouche, ne tombent jamais dans la facilité ou le compromis. Les influences sudistes et metal de tous genres sont revendiquées et fièrement mises en avant, (Phil Anselmo n’est pas bien loin…) donnant à l’ensemble des 10 morceaux de ce disque une rugosité directe et pure.