DGM et Amon Sethis live au CrickFest V (avec Prima et Epitude – Espace Loire, Cléry Saint André, le 11 avril 2026)

Pour sa cinquième édition, le CrickFest innove une nouvelle fois. En effet, après avoir l’an dernier élargi l’affiche en ajoutant un groupe, cette année, l’association Crick For Zik invite pour la première fois un groupe étranger. C’est donc aux Italiens de DGM d’assurer la tête d’affiche de ce petit festival qui se tient à l’Espace Loire de la petite ville de Cléry Saint André, à quelques kilomètres d’Orléans. Outre les Italiens, nous retrouvons ce soir les Grenoblois d’Amon Sethis ainsi que les débutants locaux d’Epitude et les vétérans PrismA, à l’origine du festival. Avec 3 groupes estampillés dans le genre, la soirée s’annonce très progressive.

Crickfest5, Clery St Andre

Cette année, s’il y moins d’exposants – les groupes ont naturellement sorti leur merchandising – Metal-Eyes, partenaire du festival (et du Zik And Dry organisé par la même asso le 19 septembre prochain avec, notamment Crucified Barbara et H.E.A.T., nous en reparlerons) a organisé une mini expo photos dont un hommage à Bruno Ramos (« De Manigance à Sortilège, hommage à Bruno Ramos) qui avait enflammé la salle archi bondée ici même il y a deux ans avec Sortilège. Une initiative appréciée tant des spectateurs que de l’orga et des anciens compagnons de route de Bruno.

C’est avec quelques minutes de retard que Chris Acker, président de l’asso, monte sur scène pour inaugurer la soirée et remercier le public présent, rappelant qu’il y a eut quelques inquiétudes mais que, finalement, les préventes ont accéléré ces derniers jours. On circule très facilement dans cet Espace Loire qui accueillera au pic de la soirée environ 200 spectateurs tous âges confondus – d’ailleurs, les vacances viennent de commencer, ce qui peut en partie expliquer l’affluence moyenne.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Chris est rapidement suivi des jeunes musiciens locaux, Epitude, également bénévoles de l’association, qui rencontrent quelques soucis techniques. Quelques minutes suffisent pour régler le gros des couacs et lorsque le quatuor se lance, il est clair que ses musiciens sont très concentrés. Et on les comprends, car au-delà d’un naturel stress de jouer devant un vrai public, leur musique se révèle complexe tout en restant accessible.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Au gré des morceaux, les quatre, bien qu’encore assez peu mobiles sur scène, se détendent et s’attirent bientôt l’approbation du public. Tout de noir habillés, ils enchainent mélodies envoutantes et rage contenue. La musique, à la fois puissante et aérienne, séduit la petite mais attentive foule présente en ce début de soirée. Epitude est une jeune formation prometteuse qu’il va sans doute falloir surveiller de près;

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

C’est ensuite au tour des vétérans du coin, organisateurs de ce mini festival et habitués des lieux d’investir les planches. Avec une heure de jeu, PrismA a la bonne idée de proposer une setlist remaniée et d’offrir de nouveaux titres. Après une intro très martiale, la formation attaque avec un Crazy night enflammé suivi d’une doublette « découverte » composée de Masters of game et The power of wings, deux nouveautés plus que prometteuses (il y en aura ce soir quatre en tout avec Stay strong et Breaking the mirror, tous prometteurs d’un futur album enjoué et rentre dedans).

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Outre les titres inédits, nous rencontrons enfin le nouveau claviériste du groupe, concentré et tout à son ouvrage bien que visiblement assez détendu. Comme l’ensemble du groupe d’ailleurs dont un Philippe Sanfilipo souriant et qui dès le début du set va chercher le public pour ne jamais relâcher sa prise.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

No more tears, moment calme du set, est également annonciateur de l’approche de la fin du show. Trois morceaux enlevés se succèdent – le très chantant Freedom or war, Guilty of love et Tell me why avant que le groupe ne « s’absente » pour rapidement revenir pour un rappel. Rock now fait sauter le public et le voit lever les poings en cadence. Prisma a ce soir encore offert un set carré et simplement efficace.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Malgré une longue carrière, Amon Sethis reste encore trop confidentiel. Une fois le changement de plateau terminé, j’incite Ben, le batteur de Prisma à ne pas rater l’entrée des Grenoblois tant je garde un bon souvenir de leur passage à Châteauroux en 2022. Après une intro orientale, une ombre apparait en fond de scène jouant avec deux bâtons enflammés. Un masque hideux avance et met le feu au pupitre avant que la fureur de Lamentations ne se déclenche. Sous les acclamations du public déjà subjugué, public qui a compris qu’il va vivre quelque chose de spécial, Julien arrache ce maudit masque à la fin du titre.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Le set est ce soir principalement axé sur les deux derniers opus du groupe puisque 12 des titres interprétés en sont extraits – Part III: dawn of an apocalyptic world (avec 7 titres dont l’intro) et Part 0: the queen with the golden hair (avec 5 morceaux) – et tous se révèlent d’une belle efficacité sur scène, à la fois fins et brutaux.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Planqué sous la capuche de son sweat, Andréa Ricci a, dans ses attaques de sa six cordes, quelques attitudes qui me rappellent Yann Heurtaux (Mass Hysteria). Sa complice, la bassiste Laëtitia Bertrand, frappe du pied tandis que Sébastien Perrad s’occupe de maltraiter ses fûts.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Proposant un metal direct, Amon Sethis entraine le public dans son univers au cœur de la VIIème dynastie de l’Égypte antique. Lights et fumigènes font également bel effet, metant en lumières diverses ambiances au gré des titres. Julien, revêt son masque – ou un autre – à diverses reprises, Mask of wrath, en fin de show, étant prétexte à une lutte entre deux de ces entités quelque peu maléfiques.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Quand bien même il reste la tête d’affiche, Amon Sethis a, ce soir, marqué de nombreux esprits et, sans surprise, le public se rue vers le merch pour, au-delà de se fournir en musique et t-shirts, échanger avec tous les membres du groupe, serrer des pognes dans la bonne humeur et le plaisir de la découverte.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Si DGM existe depuis 1994, les Italiens ne jouent que trop rarement en France – une petite douzaine de dates seulement recensées par le site Setlist.fm. Comme nous l’expliquait le guitariste Simone Mularoni plus tôt, c’est grâce à Julien Tournoud, chanteur d’Amon Sethis qui a désormais sa boite de production, que les Italiens se retrouvent ici ce soir, et ils en semblent ravis. Même s’ils tournent partout dans le monde et dans toutes les conditions d’accueil (de son propre aveu, s’il y a un endroit dans le monde où le groupe ne jouera plus c’est dans un certains club souterrain parisien), ils sont séduit par la salle et se promettent de retrouner le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le set prévu doit durer à peine plus d’une heure, ce qui pourrait permettre de rattraper le retard. Et ce soir, je vais en profiter car je suis loin de vraiment connaître DGM autrement que par son nom et son dernier album, et c’est la première fois que je les vois sur scène. Dès l’arrivée des cinq, le message est clair: du heavy prog qui rentre dedans et ne compte laisser personne indifférent.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

On sent chacun des musiciens très à l’aise, même leur batteur, Michele Sanna (quelle frappe!), qui n’est pourtant là qu’en remplacement mais qui maitrise parfaitement le répertoire. Les autres – Andrea Arcangeli à la basse, Emanuel Casali aux claviers et à la flûte traversière (une influence Jethro Tull???) – sont à la fois concentrés et mobiles. Mais tous les regards se portent aussi sur Mark Basile, le chanteur imposant tant par son physique déterminé que par son regard perçant ou, surtout, cette voix puissante et mélodique qui entraine l’auditeur dans son sillage.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

DGM propose une setlist assez équilibrée entre ses cinq derniers albums – occultant toute la période avant 2010 – et offre au public une judicieuse sélection de titres généralement courts. et c’est tant mieux car quoi de plus difficile que de rester concentré 15′ parfois sur des parties techniques qui ne s’adressent au final qu’à un public de musiciens plus que d’amateurs de musique? Là, jamais le groupe ne perd son auditoire -hormis quelques parents qui, même si les vacances viennent de commencer, rentrent coucher leur progéniture.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Ghost of insanity voit Mark annoncer la venue d’un invité spécial pour l’accompagner au micro: il s’agit de Julien, d’Amon Sethis, qui remonte sur les planche le temps d’un duo enflammé et inquéiétant. Mark, les bras croisés et le regard sévère attend que Julien ui cède la parole pour ensuite partager un moment de plaisir et de complicité. un beau moment acclamé par le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le concert se termine ensuite avec Reason, le groupe, visiblement très satisfait, venant saluer le public avant de – c’est bien l’avantage de ces concerts de province – foncer vers le stand de merch pour, eux aussi, signer des autographes, prendre quelques photos, échanger avec les (nouveaux) fans prêts à acheter un ou deux albums ou t-shirts.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Si cette cinquième édition du Crick Fest n’a pas affiché complet (sans doute la faute au début des congés scolaires et/ou à la méconnaissance du public des deux têtes d’affiche), ce sont quand même quelque 200 spectateurs qui se sont, ce soir encore, éclatés dans cette salle de 350 places. L’association annonce être à l’équilibre et prévoit d’ores et déjà une sixième édition dont la tête d’affiche sera…,

DGM @Crickfest5, Cléry St André

… dévoilée plus tard car même Metal Eyes n’en sait rien aujourd’hui. Alors, avant un CrickFest 6, rendez-vous (rendons-nous) sur le site du superbe parc culturel du Val d’Ardoux, à Dry, à côté d’Orléans, pour la première édition du festival Zik N Dry qui accueillera rien moins que H.E.A.T. et Crucified Barbara le 19 septembre prochain – il reste moins de 300 tickets « early birds » à tarifs préférentiels disponibles sur le site de l’orga

Interview: HIGHWAY

Interview HIGHWAY. Entretien avec Benjamin Folch (chant) et Ben Chambert (guitare). Propos recueillis le 27 mars 2026

Ben, on avait discuté assez longuement à la sortie de votre album acoustique, The journey, en 2023. Quels retours en avez-vous eus ?

Ben : Les retours ont été super. C’est un disque un peu à part dans notre discographie pusiqu’il est entièrement acoustique, un peu comme les MTV unplugged des années 90…

Benjamin : On a toujours voulu faire un album acoustique et on a eu cette occasion pendant cette période de Covid, l’occasion de bosser différemment, à distance et sur de l’acoustique, et on s’est dit « on le fait ». C’était le bon moment pour le faire.

Ben : On jouait déjà en acoustique de temps en temps, quelques morceaux. Là, on l’a enregistré…

Benjamin : On avait un peu peur des réactions… « Highway là où on ne l’attend pas, qui propose un album en acoustique, comment ça va être perçu ? »

Ben : La majorité des gens a trouvé ça super cool. Certains on moins aimé, c’est sûr, mais les plus ouverts ont apprécié. C’est nous, c’est la patte Highway…

Et c’est aussi vos morceaux déjà connus…

Ben : Oui, et trois ou quatre ans après, je le trouve toujours aussi bon.

Justement, il y a toujours un grand délai entre deux albums de Highway. Lorsqu’un groupe de rock a la possibilité de s’offrir quatre ans entre deux albums, en général, c’est que ce sont des rock stars, mais ce n’est pas votre cas ! (rires des deux)

Ben : Pas encore, mais…

Qu’est-ce qui explique ce temps entre deux albums ? United states of rock n roll en 2011, IV six ans après en 2017. Et on ne parle que des albums studio de compos originales…

Ben : On compte quand même The journey dedans parce que le processus d’enregistrement a été identique. Ok, on avait déjà composé les morceaux, mais on les a revisités et, pour nous, c’est le même processus que pour un album normal.

Benjamin : Aussi, quand on a enregistré The journey, on avait déjà des morceaux électriques qui n’avaient pas lieu d’être sur cet album mais qu’on a gardés pour après.

Ben : C’est vrai qu’on prend le temps, mais on a tous des vies bien remplies et il faut se laisser le temps de bien faire les choses, de proposer de bons morceaux.

C’est un peu l’idée que j’avais, vous n’êtes pas encore assez important pour prendre tout votre temps et…

Ben : Ça viendra… quand ? It’s a long way

Oui, It’s a long way to the top… On doit avoir la référence quelque part ! Parlons maintenant de votre nouvel album, last call for rock n roll. Que pouvez-vous nous en dire ?

Benjamin : beaucoup de choses (rires) ! Il sort le 24 avril, il y a 12 morceaux, très différents… On a exploré des pistes très différentes, il y a des choses très groovy, d’autres plus metal, il y a un morceau acoustique… et c’est un album très mélodique.

Ben : C’est un peu la continuité électrique de The journey qui nous a ouvert la voie à des voix plus élaborées, des arrangements plus variés. Par exemple des cuivres qu’on retrouve sur The action, des claviers, des trucs qu’on ne faisait pas avant. Là on a voulu avoir le même process et faire des choses nouvelles. Ça reste évidemment du rock mais il se passe plein de trucs dans cet album. C’est un peu le Highway de maintenant.

Si on parle de vos deux derniers albums 100% électriques, comment chacun d’entre vous analyse-t-il l’évolution de Highway entre IV et Last call for rock n roll ?

Ben : Avec IV, on avait déjà un process de compo qui avait évolué par rapport à ce qu’on faisait avant…

Benjamin : Oui, on avait déjà beaucoup évolué par rapport à United states of rock n roll

Mais ce n’est pas ma question ! Je vous parle de l’évolution entre IV et Last call…

Benjamin : En fait, cette évolution s’est poursuivie : il y a eu cette parenthèse acoustique qui nous a appris à travailler différemment. On a un peu plus poussé les curseurs là où on voulait les amener. Ce qu’on ne savait pas forcément faire avant.

Ben : Et puis on a appris, en tant que musiciens, on a progressé. Avec les concerts qu’on a donnés, on s’est imprégnés d’autres choses. Et, du coup, on a testé d’autres choses. La grosse différence aussi, c’est qu’on a, pour cet album, travaillé avec un vrai producteur, ce qu’on n’avait pas fait avant. On avait travaillé avec Brett Caldas-Lima sur IV pour le mix, mais là, on l’a vraiment intégré comme producteur. Ill a fait les maquettes, il a décortiqué les morceaux, il a mis sa patte. La grosse différence, c’est qu’il a placé la barre plus haut à tous les niveaux. Le vrai travail d’un producteur…

Benjamin : Le travail sur le son, aussi. Il a tout enregistré et beaucoup travaillé sur le son de Highway, qu’il soit le plus parfait possible.

Ben : Il a pris ce qu’on savait faire et il l’a sublimé.

Donc le Highway que j’aimais avant, aujourd’hui, je vais l’adorer ?

Les deux, ensemble : Ah ouais !

Comment décririez-vous la musique de Highway à quelqu’un qui ne vous connait pas afin de l’inciter à plonger dans votre discographie complète ?

Benjamin : Hey… C’est du hard rock, du hard rock très mélodique, que ce soit au niveau des instruments, des mélodies ou des voix, et c’est quelque chose qui peut toucher beaucoup de monde. Souvent, moi le premier, quand j’écoute de la musique, j’ai envie d’une mélodie qui percute et me reste dans la tête. Et ça, avec Highway, tous les morceaux sont efficaces.

Ben : il y a le côté catchy, mais il y a aussi cet esprit « good vibes ». On fait quand même de la musique qui nous ressemble, il y a de la joie de vivre, un côté positif…

Benjamin : Qu’on essaie de transmettre à tout le monde.

Ben : On vit dans un monde où il se passe beaucoup de trucs durs et on veut apporter un peut de joie de vivre à tout le monde…

« Beaucoup de trucs durs »… Je ne vois pas de quoi tu veux parler en ce moment ! C’est peut-être une question que je ne devrais pas poser, mais tu abordes le sujet, Ben. Que pensez-vous de la situation des USA en ce moment ?

Ben : Ben… on a honte d’aimer les États-Unis…

Benjamin : Là, on n’y remettra pas les pieds pendant un bon moment. J’ai pas de honte à le dire, c’est un pays que je trouve exceptionnel sur beaucoup de points mais, là, je n’ai pas envie d’y aller pendant quelques années…

Ben : Ce qu’on aime, c’est la culture américaine…

Benjamin : Aller manger dans un diner à 23h…

Ben : En écoutant les Guns !

Revenons à la musique. Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un seul titre de Last call for rock n roll pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Highway aujourd’hui, ce serait lequel ?

Benjamin : Ah, c’est très dur… Si je devais n’en choisir qu’un… ce serait Peace out, parce qu’il est très mélodique, il y a beaucoup de chœurs, il est léger, agréable, il est plaisant comme morceau. Il est aussi progressif, avec des changements des rythmes et d’ambiances. Moi, c’est un morceau qui me met de bonne humeur.

Peace out… ça colle bien à la question précédente en plus ! Et toi, Ben ?

Ben : Effectivement, c’est un morceau que j’adore, et les arrangements vocaux sont ouf. Mais si je devais retenir un seul morceau, mon préféré, mon petit chouchou, c’est (Don’t) look back, un morceau un peu ovni. Sa mélodie me transperce à chaque fois, je l’écoute, je suis bien. C’est un peu comme un nounours, mon morceau nounours… J’ai envie de me mettre en boule, et de lui faire un câlin…

Tu aimes tout sur ce morceau, mais est-ce celui que tu ferais écouter à quelqu’un pour lui dire « c’est ce que nous sommes aujourd’hui » ?

Ben : En effet, j’ai un peu digressé… C’est mon morceau préféré mais peut-être pas celui qui représente le mieux le groupe. Si je devais ne retenir qu’un titre qui nous représente, ce serait Hi-way, qui reprend ce que nous avons fait avant, avec les harmonies vocales, le gros son, et il s’appelle Hi-way, en deux mots, alors « this is Highway »… Oui, je dirai celui-là.

Quels sont vos projets de tournée pour défendre ce nouvel album ?

Benjamin : On a beaucoup de discussions autour de futures dates, on en a 5 qui sont confirmées et annoncées : il va y avoir Dijon le 18 avril, en mai ce sera le Brin de Zinc à Chambéry, notre release party au Rockstore de Montpellier le 30 mai, on laisse passer l’été et on sera au Backstage By The Mill à Paris le 19 septembre et retour du côté de Montpellier au Just N Fest le 2 octobre.

Paris, je ne pourrais pas y être, je suis sur un autre festival…

Ben : Le Crick ? Non, le Zik n dry (NdMP : le 19 septembre prochain, à Dry (45) avec en têtes d’affiche Crucified Barbara et H.E.A.T) ? Deux personnes qui nous ont interviewés avant nous ont dit qu’elles y seraient aussi…

Benjamin : Ce sera peut-être pour nous l’occasion de venir jouer sur Orléans, s’il y a des festivals comme ça…

Il n’y a pas que des festivals… Sur Orléans et alentours, il y a plein de super salles, de 200-400 places, avec des conditions d’accueil au top.

Benjamin : C’est bon à savoir… En tous cas, on travaille aussi les plans pour des festivals en 2027. A suivre !

J’ai aussi vu sur votre site qu’aujourd’hui vous n’êtes plus quatre mais cinq musiciens. C’est quand même un grand changement dans le groupe ! Qui est le cinquième membre ?

Benjamin : Déjà, on va demander « qui est le quatrième » ? On a changé un peu de line-up, on changé de bassiste, Sam Marshal a eu envie de faire d’autres choses avec ses nouveaux groupes. Du coup, on a recruté Cerise Pouillart, notre nouvelle bassiste. C’est aussi une nouveauté pour nous de travailler avec une fille…

Ben : A la base, elle est guitariste et chanteuse, et elle s’est mise à bosser la basse comme une dingue, les chœurs aussi parce qu’elle chante aussi… Elle a une super voix !

Benjamin : Elle a été pendant 12 ans leadeuse des Ladies Ballbreaker, elle a tourné plus d’une fois avec ce tribute…

Tribute d’un groupe que vous n’aimez pas du tout, d’ailleurs !

Ben : Non, pas du tout (rires). Elle nous apporte toute cette expérience et c’est vraiment intéressant. Maintenant, le cinquième…

Benjamin : On a muté, on est passés à cinq : on a recruté Flo (Florian Arnaud) à la guitare qui amène lui aussi sa guitare et sa voix – c’est aussi un excellent chanteur ! Pourquoi in est passé à cinq ? Parce qu’on voulait vraiment mettre en avant, sur scène, les guitares qu’il y a sur l’album.

Ben : On s’est un peu lâchés sur l’album et ça aurait été dommage d’amputer ces arrangements qu’il y a sur l’album. On aurait pu le faire mais sur le disque, c’est vrai qu’on est allés assez loin au niveau des grattes, donc on a pris ce guitariste avec qui, en plus, ça matche humainement. On le connait depuis longtemps, on a fait quelques concerts avec lui et quand Sam est parti, on s’est dit autant proposer une vraie nouvelle version du groupe. On écrit une nouvelle histoire, un nouveau chapitre. On apporte quelque chose de vraiment nouveau, avec des nouvelles guitares, de nouveaux chœurs…

Benjamin : Comme le dit Ben, on voulait cette nouveauté, et il y a cette fraicheur, cette énergie qui nous ont poussés à travailler différemment, amener un nouveau show sur scène, une nouvelle dynamique.

Ben : On a vraiment hâte de présenter ces morceaux sur scène, notre nouveau show, et que vous veniez nous voir…

Ou que vous veniez nous voir (rire général) ! Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un de vos albums avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Ben : Ah, dis… C’est dur comme question !

Benjamin : Peut-être U.S…

Ben : Oui, peut-être United States of rock n roll…

Benjamin : Il y a plein de trucs qu’on ne savait pas faire à l’époque et qui le ferait sonne bien mieux maintenant.

Il était déjà bien…

Benjamin : Mais le refaire avec des voix féminines, ça serait super. C’est un album que j’adore, mais ça lui donnerait une autre ampleur. Les morceaux sont vraiment cool, mais il mériterait quelque chose…

On sait qu’un groupe de rock en France ne vit que rarement de sa musique. Quels sont vos autres activités professionnelles ?

Ben : On a des statuts différents : le noyau dur, Ben, moi et mon frangin (Romain Chambert, batterie) on a des boulots à coté…

Benjamin : Moi, je suis directeur, je manage une équipe de sept personnes qui vend de la déco de maison, des tissus, du parquet…

Ben : Moi, je suis radiologue, en imagerie médicale. Romain, lui, est inspecteur du travail. C’est bien, parce que quand on n’est pas déclarés sur les concerts, il peut arranger les choses (rires). Flo et Cerise sont tous les deux dans la musique…

Benjamin : Flo est prof de guitare, Cerise est prof de chant.

Si vous deviez penser à une devise pour Highway, ce serait quoi ? Benjamain, je t’avais déjà posé la question…

Ben : Ah ? J’avais dit quoi ? En attendant, je dirai No limit (Benjamin acquiesce). C’était notre mantra en studio, No limit ! On fait ce qu’on veut, et on y va à fond…

A l’époque tu me disais « Enjoy, have fun »

Ben : Tu vois quand je te dis qu’on est good vibes ! C’est exactement ça ! Maintenant, c’est devenu « No limit » (rires) !

DISCOZERO: It was capitalism all along

France, Rock (Autoproduction, 2026)

Nouveau venu sur la scène rock énervé, Discozero s’est formé en 2023 autour du chanteur Matthieu Miègeville, du guitariste Nicolas Foucaud, de la bassiste Katia Jacob et du batteur Zacharie Mizzi. Avec son premier album, It was capitalism all along, le quatuor nous propose un rock faisant fi des codes et des convenances. Au delà d’un chant anglais une nouvelle fois difficilement compréhensible, on sent que Discozero veut imposer au public une sorte d’irrévérence punk, un doigt envoyé à la face de cette industrie à recettes prédéfinies. Aussi dansants que remuants, les 8 morceaux de ce premier album font preuve de rage sinon de maturité, comme si les quatre refusaient de quitter leur enfance. J’ai parfois l’impression aussi qu’ils hésitent parfois, n’osent pas assez souvent, à lâcher la bride et laisser plus de place à une forme de folie enragée qui donnerait plus d’ampleur et d’énergie aux chansons. Un premier pas sympa mais qui ne me marque pas plus que ça. Dommage

Interview: MAGOYOND

Interview MAGOYOND. Entretien avec Julien « Le Mago » (chant). Propos recueillis le 17 mars 2026

Julien, une chose que j’ai remarquée avec vos derniers albums c’est qu’ils sortent maintenant à intervalles réguliers : Kryptshow est paru en 2019, Necropolis en 2022 et Zeppelin en 2025. Tous les 3 ans, c’est un rythme que vous vous imposez chez Magoyond ?

Pas vraiment, mais c’est vrai que cette régularité nous plait… On joue et on digère les morceaux sur scène et on a envie de nouveauté. C’est un bon ratio de temps mais, en même temps, si on regarde chacun de ces albums, de Kryptshow à Zeppelin, le nombre de morceaux diminue !

Il y a aussi une particularité parce que Magoyond ce n’est pas qu’un groupe, vous travaillez souvent avec un orchestre, ce qui nécessite du temps et de l’organisation. Comment combinez-vous tout ça, comment procédez-vous pour la composition et les arrangements ?

D’abord, le financement participatif nous aide à orienter la manière dont on travaille. On peut très bien travailler seuls dans nos studios avec nos instruments, comme on l’a fait pour Kryptshow, par exemple, sauf que pour avoir une plus grande liberté créative on a instauré le financement participatif autant pour le côté « précommandes » que pour la possibilité de dépasser le budget prévu et d’aller plus loin en termes de créativité, de fonctionnalité – enregistrer avec des chœurs, des orchestres… Il n’y aurait que nous, on fonctionnerait très bien aussi, mais, avec le financement participatif, la dimension… « grandiloquente » nous force à nous dire qu’il va falloir composer non pas avec quatre personnes mais avec cent à cent vingt personnes. A nous d’imaginer combien de temps cela peut nous prendre et on se laisse porter par le tout.

Les thèmes – l’esprit musical et l’esprit littéraire – du groupe restent ancrés dans le fantastique. Ça remonte au premier album, Pandemia, avec la SPZ – Société Protectrice des Zombies.

C’est exact, le fantastique nous nourrit mais, surtout, je ne sais écrire que des choses qui racontent des histoires dans des thèmes qui me parlent. J’ai beaucoup plus de mal à parler de mes déchirures, de ce qui me fait du mal… Je suis beaucoup plus à l’aise en développant un univers – à la base, c’est ce qu’on fait : développer un univers en l’agrémentant musicalement. Au fur et à mesure des albums, l’histoire s’étend, se complexifie, devient plus dense… On ajoute des protagonistes, des lieux, on se fait plaisir sur ce qu’on veut raconter. On voyage en même temps que l’auditeur, mais on a un an d’avance.

Vous projetez déjà sur ce qu’il va se passer avec le prochain album ?

C’est ça, on essaie toujours d’avoir des petits coups d’avance tant dans la composition que du point de vue de l’histoire. On fait tout pour surprendre. L’important c’est de ne pas faire du réchauffé et de surprendre avec de la nouveauté. Souvent, quand on termine un opus, je sais déjà ce qu’il va se passer. Parfois, même les membres du groupe ne sont pas au courant… J’ai plusieurs pistes, on en discute et celles qui fonctionnent le plus… on saute dedans !

L’un d’entre vous s’occupe plus particulièrement des arrangements finaux (il confirme). Musicalement, qui arrive avec les bases ? Toi, tu as l’histoire, le textes, mais le reste ? Je mets l’orchestre à part…

L’orchestre à part, ok. Magoyond fonctionne à quatre, et il est hyper important de se dire que si chacun fait quelque chose de son côté, ce n’est pas du Magoyond. Ça devient du Magoyond quand on travaille ensemble. Vito va travailler sur des riffs très rentre-dedans, Aspic sur les orchestrations, moi j’apporte en effet le côté textuel, narratif. J’écris des speaches pour que cette chanson soit plus dans telle ambiance ou tel esprit. Nobru, le batteur, s’occupe de toute la partie rythmique, et c’est en mettant tout ça en commun qu’on parvient à créer nos chansons. 90% du final proviennent de ce travail collectif, 10% par magie, au mix, en tranchant sur des idées parce qu’on n’arrive pas à se décider ou que c’est un peu compliqué… A un moment, ça peut coincer… C’est aussi ça la beauté de ce groupe parce qu’on fait tout ensemble.

Tu viens de dire « j’écris des speaches ». Te considères-tu plus comme chanteur ou comme narrateur ?

Eh bien, tu l’as dit : narrateur ! J’écris des histoires et je suis venu à la chanson parce qu’il fallait bien que quelqu’un chante mes textes… Au début de Magoyond, j’écrivais des chansons un peu humoristiques et je me suis dit que j’allais m’y coller, mais sans aucune prétention. Sans jamais avoir pris un cours de chant de ma vie, sans connaitre le solfège… après, au fur et à mesure des albums, j’ai compris que le projet prenait de l’ampleur et j’ai dû m’y mettre, très sérieusement. J’aime bien cette image du passeur d’histoires. D’ailleurs, je considère nos albums et nos chansons comme des nouvelles, des petites nouvelles dans une grande anthologie du fantastique, de l’horreur, comme tu veux, et j’en suis le principal conteur.

Aujourd’hui, je considère vos histoires plus comme du fantastique mais il peut y avoir, à l’avenir, des situations plus horrifiques…

Oui, c’est ça, en effet !

Cette évolution de l’histoire nous amène à l’organisation d’un voyage et vous avez des idées assez délirantes avec notamment cette carte d’embarquement qu’on retrouve dans le CD… Il est censé y avoir combien de voyageurs dans ce Zeppelin ?

Il y en a 10.000 – il n’y a pas 10.000 cartes d’embarquement, mais dans l’histoire on embarque 10.000 zombies de Necropolis avec nous. Peut-être qu’on en perdra en vol, on en récupèrera certainement d’autres en cours de route (il rit). Mais c’est ça qui est intéressant : on peut tout faire. Ce que tu soulignes, là, c’est vrai : on aime travailler les artefacts et quand on fait des produits dérivés, quand on travaille l’ambiance, l’immersion, vu qu’il y a deux graphistes dans le groupe, dont moi, c’est hyper jouissif de créer des artefacts qui auraient tout à fait pu se trouver dans cet univers. Un peu à la manière de Harry Potter ou du Seigneur des anneaux, on est bercés dans cette pop culture. Donc on crée des éléments graphiques qui rattachent directement aux chansons. Plutôt que d’avoir un t-shirt de groupe ou un décapsuleur ou autre, dès qu’on crée quelque chose, ce sera relié à notre univers, à une chanson. Et ça nous permet d’être palpable, les chansons prennent vie et ça va dans le processus de narration.

Ca se retrouve également sur votre site avec du merch qu’on n’a pas l’habitude de voir…

Oui, parce que, grâce à notre métier, on sait fabriquer des objets. L’idée pour moi, et pour l’équipe, c’est de pouvoir proposer des choses que les gens n’ont pas l’habitude de voir avec un très bon rapport qualité/prix. Et nous, ça nous permet, dès qu’on a une idée un peu et qu’elle est un peu farfelue, de se dire « est-ce que c’est réalisable ? Et pourquoi pas ? » Une petite parenthèse : vu la thématique du dernier album, Zeppelin, une de nos compagnes nous a suggéré l’idée de faire un passeport à faire tamponner lors des dédicaces en concert, avec un tampon différent pour chaque endroit où on va. Eh bien, plutôt que de faire des dédicaces sur un bout de papier comme ça, à l’arrache, on l’a matérialisé sur un passeport hyper immersif, passeport de Necropolis avec les tampons… Quand les gens viennent nous voir, on marque la ville, la date… Plus qu’une simple réflexion sur les produits dérivés, on se demande comment aller encore plus loin pour surprendre et pour que les gens adhèrent…

Justement, quels sont vos projets de concert pour défendre Zeppelin ?

On en a fait pas mal entre la fin et début pour commencer la promo de l’album. Tous étaient sold-out, c’était super, mais je ne te cache pas que, étant un groupe indépendant sur Paris, sans label et sans tourneur, ce n’est pas facile d’avoir des dates mais on se débrouille quand même. Prochainement, on va jouer en Belgique et puis il va y avoir quelques festivals cet été, le Volcanic Fest, Lyon, Lille, et d’autres dates. On aimerait plus défendre notre musique sur des grandes scènes, mais les places sont chères… Donc on va où le vent nous porte.

Tu disais que dans le groupe il y a deux graphistes. On sait qu’un groupe de rock ne vit pas de sa musique, quelles sont vos autres activités hors Magoyond ? Je crois qu’Aspic est totalement engagé dans la musique… On ne parle pas de l’orchestre, encore une fois !

Non, bien sûr, mais l’orchestre, c’est en effet le travail d’Arnaud – Aspic – qui est musicien professionnel, il consacre sa vie à ça. Il est bassoniste baroque, il a son orchestre baroque avec qui on a collaboré pour Zeppelin. Victor – Vito – est chef opérateur pour la télé, donc on fait nos propres images aussi bien en papier qu’en vidéo. Nobru et moi, nous sommes directeurs artistiques, moi, en free-lance. On arrive à coordonner nos emplois du temps puisque dans le groupe il y a des intermittents et que nos statures nous laissent un peu de place pour la création et notre projet qui prend de plus en plus d’ampleur. Quand tu vois nos quatre profils, on est presque une agence… On pourrait travailler pour Magoyond comme on le ferait pour un client professionnel ! On aime créer nos propres images, on le fait pour des gens – je le fais dans la pop culture, j’accompagne des groupes de musique, des gros projets de la pop culture, des youtubeurs, la télé… On a ce sens de la création et… on est bien tombés !

Revenons un peu à la musique, comment décrirais-tu la musique de Magoyond, notamment celle de Zeppelin, à quelqu’un qui ne vous connait pas du tout ?

C’est une question difficile, parce qu’il y a plusieurs styles… Je dirais d’abord qu’on se rapproche du metal symphonique. On a pleins de codes du genre mais on n’en est pas, on est assez avant-gardistes dans notre manière de composer avec, à la fois, du metal moderne, du symphonique, du cabaret metal. Souvent, quand on dit « cabaret metal », les gens int des images en tête… Le style qui n’est pas du tout référencé en France mais qui nous caractérise, c’est du cinematic metal, qui te fait avoir des images en tête. On en trouve beaucoup en Europe du Nord et aux Etats Unis, mais pas trop en France.

Zeppelin a la particularité d’être composé de deux parties : six chansons – ou six narrations – et leurs versions instrumentales. Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un seul des morceaux de cet album pour expliquer l’esprit de Magoyond aujourd’hui, ce serait lequel ?

Alors, je vais te citer le morceau que le public a posé en figure de proue de Zeppelin, c’est Pavillon noir. Ce n’est pas forcément ce qu’on avait prévu, même si c’est très difficile d’imaginer un seul titre… Pavillon noir a cette particularité d’être une peu consensuelle, d’avoir un refrain fédérateur, un gros riff, elle est dans le format de 3’30 qui passe bien partout, elle surfe entre le côté metal moderne et les aspects un peu plus symphoniques des refrains, donc je pense que c’est une bonne manière de présenter un one-shot de tout ce que Magoyond peut faire. A la base, j’aurai voulu te dire We come in peace qui se rapproche beaucoup de l’aspect théâtral, grandiloquent, mais il faut croire que Pavillon noir a su atteindre le public.

Maintenant, on l’a vu tout à l’heure, trois années séparent Necropolis de Zeppelin. Comment analyserais-tu l’évolution de Magoyond entre ces deux albums ?

Zeppelin a été vraiment pensé pour le live, pour que les chansons soient vraiment scandées, chatées, pour quelque chose qui soit plus direct. Necropolis, on a pris notre temps, c’est la première fois qu’on découvrait l’orchestre symphonique, le chœur, des morceaux plus lents, plus énormes, et c’est ce que certains peuvent nous reprocher en écoutant Zeppelin, « il manque un petit ingrédient ». Mais je pense que Zeppelin est plus efficace, plus rentre dedans. Necropolis est un album qu’on aime beaucoup, qu’on va continuer à jouer longtemps, mais il est moins un album de live. Aujourd’hui, on a trouvé une recette et tous les morceaux qu’on va faire évoluer dans cette veine-là, notre style s’affine.

Tu parles d’évolution ; comment travailles-tu ta voix qui est naturellement grave, profonde, mais il y a beaucoup de choses dans ta narration. Tu as une technique particulière ?

Depuis Zeppelin, j’ai un coach vocal pour tout ce qui est saturation et calage de la voix. Il y a des choses que je ne maitrisais pas forcément avant. Je fais du théâtre depuis qui j’ai 7 ans, je viens de la série audio et de la radio, où on apprend à jongler avec sa voix. C’est pour ça que dans Magoyond il y a ce « parlé-chanté » qui est une zone de confort pour moi. Je connais peu le chant, je le découvre encore après des années. Par contre, prendre des voix, incarner des personnages, c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire, et donc, on cherche, on regarde ce qui fonctionne ou pas… Certaines choses sont très naturelles, d’autres sont très compliquées à sortir.

Au-delà du fantastique dont nous parlions avant, quelles sont vos inspirations aux uns et aux autres ?

Je ne vais pas parler pour le groupe, mais nous avons tous un trait commun : des groupes qu’on écoute beaucoup comme Periphery, Tesseract, ou plus récemment Sleep Tolen ou Spiritbox qui nous rassemble. Pour les plus anciens, il y a la base d’Iron Maiden, Dream Theater, Aerosmith ou Sash, qui restent communs à tous. Après, on est tellement éclectiques que chacun a ses références. Aspic, qui est dans la musique baroque, a suivi un enseignement très strict et a des références que nous n’avons pas. Là où nous nous retrouvons tous, c’est la musique de films… Je pourrai te citer Hans Zimmer, John Williams, la BO de Matrix aussi. On s’est rapproché de ses groupes qui ont un fond très moderne, et on essaie de nous rapprocher de ça tout en gardant des codes « à l’ancienne ».

Cet Ep nous invite à un voyage, même à une fuite (il confirme). Tu disais avoir déjà un an d’avance, alors, la suite va ressembler à quoi et vous la prévoyez pour quand ? Dans trois ans ?

Pas forcément… Le format Ep nous intéresse beaucoup, plus que le format album qui est aujourd’hui un peu désuet, les labels sortant des singles et Ep à foison, l’album n’est finalement qu’un… assemblage de tout ce qui a été fait avant. On ne sait pas si on va continuer ce voyage sous la forme d’un Ep ou de petites capsules. Mais je sais déjà où on arrive et ce n’est pas qu’à un seul endroit. Necropolis nous a permis de partir, de prendre la fuite, mais on va probablement arriver n’importe où sur la planète et pas qu’à un seul endroit. Chaque chanson pourrait être à un endroit différent ou, si on fait un Ep, on pourrait se concentrer sur un endroit du monde… On a beaucoup d’idée, nous devons aussi nous structurer d’un point de vue musical. Avant, on était un peu bloqués, d’un point de vue narratif on pouvait difficilement faire des chansons avec des consonnances asiatiques ou africaines… ça aurait été bizarre alors que là, on pourrait très bien avoir du metal tribal à la Sepultura ou d’autres choses plus asiatiques, tout simplement parce que notre Zeppelin nous permet de nous déplacer n’importe où sur la planète. L’avantage, aussi, c’est qu’on ne sait pas si on va découvrir des gens qui ont, eux aussi, subi l’apocalypse ou n’ont pas encore été touchés. Cette ouverture, je la trouve fantastique parce que je peux tout écrire, on pourra se retrouver sur des endroits, des zones particulières… On pourra aussi traiter du zombie vaudou, le zombie originel qui pourra nous amener en Haiti. On a des personnages forts, et j’ai bien envie de voir à quoi va ressembler Magoyond dans quelques années. Je pense que ça va être intéressant !

J’espère que tu n’es pas le seul à avoir envie de voir où sera Magoyond dans quelques années ! Je pense que votre style reste particulier, on accroche ou pas, mais je crois que le public qui accroche reste fidèle.

On le voit beaucoup et je pense que tu as raison.

Autre chose que je remarque, c’est le côté monochrome de chaque pochette d’album : dans les tons gris/noir pour Kryptshow, marron pour Necroplois et violet pour Zeppelin. J’imagine qu’il y a là encore une volonté du graphiste ?

C’est vrai, chaque album a sa couleur, camaïeu. C’est un peu l’héritage un peu rétro, certains albums de Maiden, par exemple, avaient une couleur dominante. Nous, on conçoit nos albums et les illustrations comme une gamme de couleur qu’on fait évoluer, tel un camaïeu. Je pense que c’est l’héritage Maiden – tu sais qu’ils ont ressortis tous les albums et sur la tranche tu vois Eddie, un peu comme la collection des James Bond ou d’autres (NdMP : on pourrait citer Saxon et son aigle, Megadeth et Vic Rattlehead ou encore Scorpions et sa signature…). Quand tu prends le CD, tu sais qu’il fait partie d’un tout, et j’imagine nos albums comme ça. Il y a un dégradé de couleurs qui se fait assez naturellement, et on sait déjà que le prochain sera dans les tons bleus… ce qui en dit un peu plus sur la suite… C’est un peu gratuit. C’est beau, ça nous plait et on voit les époques. C’est d’ailleurs pour ça que quand on a refait Pandemia, notre premier album, qui était un peu vert, pas assumé, on l’a refait bien vert, acide comme on l’imaginait. Mais à l’époque, on n’avait pas les ressources pour le faire. On a édité une nouvelle version vinyle, ce qu’on n’avait jamais fait. Le financement participatif de Zeppelin nou s a permis de faire un sacré record et dans les paliers qu’on a débloqués, on s’est offert la réédition en vinyle collector de Pandemia. On a donc fait refaire l’illustration et on plus assumé les couleurs, le côté « comics », et là il rentre plus dans la collection.

Tu parles de Pandemia, votre premier album… Il y a eu une évolution du line-up de Magoyond au fil des ans, line-up aujourd’hui stable. Si tu devais réenregistrer un de vos albums avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Mmmhhhh… Eh bien je pense que ce serait Kryptshow, avec un orchestre, en ajustant quelques petits détails sur certaines chansons. Les chansons ont été composées entre 2012 et 2019, donc il y a déjà eu des évolutions, mais je pense que cet album, avec un orchestre comme on le fait aujourd’hui, ce serait top. Pandemia est beaucoup trop dans son jus, trop jeune, même si on trouve des éléments qu’on retrouve aujourd’hui, mais il part un peu dans tous les sens !

Pour terminer, si tu devais imaginer une devise pour Magoyond, ce serait quoi ?

Une devise… Ah, c’est pas facile comme question… Je dirai, c’est une anthologie de la fin du monde. Comme les Contes de la crypte ou les Chair de poule…

GRANDMA’S ASHES et SUN live à Paris (L’Élysée Montmartre, le 28 mars 2026)

Que de chemin parcouru depuis notre première rencontre il y a trois ans après leur passage au Hellfest! Après une signature chez Verycords et un nouvel album dans la foulée, elles sont retenues pour animer au travers de deux titres la cérémonie des Foudres au Bataclan en 2025 et bien que n’ayant que deux albums à leur actif, les filles de Grandma’s Ashes s’offrent maintenant une vaste tournée en France et ailleurs qui passe par l’Elysée Montmartre parisien. Un pari audacieux mais visblement payant puisque la salle est correctement remplie avec pas loin de 1.000 spectateurs.

Levo Evolove @L’Elysée Montmartre, Paris

Comme sur quelques autres dates, ce soir c’est Sun qui a la charge d’ouvrir les hostilités. Quoique… l’affiche locale annonce une « performance » de Levo Evolove, drag king comme il se nomme. La dite performance se résume à une chanson visiblement en playback, un blabla et la lecture de son téléphone pour annoncer Sun. Bref, tout sauf une « performance » mémorable, un moment dont on aurait pu se passer, même.

Levo Evolove @L’Elysée Montmartre, Paris
Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Enter donc Sun qui vient livrer ici sa Brutal Pop. Dès son arrivée, voilée dans sa robe en crinoline, on sent qu’on va vivre un grand moment. Si elle reste quelque peu immobile durant le premier titre, c’est pour mieux se déchainer sur sa guitare et à son micro dès qu’elle tombe voile et lunettes noires. Et là, une heure durant, entre changement de voix radical en un clin d’œil et harangue de la foule, Sun voit rapidement le public lui manger dans la main.

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Accompagnée d’un batteur qui martèle des rythmes aussi dansants qu’endiablés et un bassiste qui ne tient pas en place, Sun, si elle tarde un peu à s’adresser au public, devient très communicative expliquant ici qu’un gars lui a piqué la notion de Brutal pop qu’elle a inventée, là son expérience à Barcelone avec un moshpit au milieu duquel quelqu’un dansait la macarena, là encore elle explique le titre John and I (money), l’histoire d’un mec qui la suit partout…

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Jouant avec sa longue et blonde chevelure qu’elle fait voler au vent, Sun enchaine les titres aussi variés qu’enjoués lorsqu’elle aperçoit dans les premiers rangs du public des pancartes sur lesquelles on peut lire de simples « Merci Sun ». Elle en pour présenter et remercier ses musiciens et les personnes qui l’accompagnent dans cette aventure qu’on espère voir perdurer. Une première partie comme celle-là, on s’en souvient longtemps. Une future grande, très grande, à suivre de très près. Elle se rend rapidement après son set au stand de merch où une longue queue se forme pour échanger quelques mots. Elle y restera toute la soirée – en tenue de scène, svp!

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Le changement de plateau se fait rapidement, des panneaux de bandes en plastique rouge prenant place de chaque côté de la scène et des chaînes tombant du plafond. Grandma’s Ashes a aussi envie de marquer les esprits avec une scène travaillée. Et, au regard de la tournée à rallonge, les trois vont certainement voir leur fan base s’agrandir encore!

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Le style musical de Granma’s Ashes est bien différent de celui de la première partie. Evoluant dans un registre plus grungy et alternatif, le trio se montre très appliqué. Eva Hägen (chant et basse) séduit tout de suite avec son timbre de voix particulier, haut, parfois enragé, à d’autre moments plus mélancolique tandis que Myriam El Moumni reste concentrée sur sa guitare et que, perchée sur une belle estrade, Edith Séguier frappe ses futs avec précision.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Au gré des titres, toutes trois se détendent, viennent chercher le public, se montrent complices en riff et en idées. Myriam sourit à certaines remarques d’Eva, toutes deux investissant rapidement chaque espace libre de la scène.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

En une heure de temps – certes une durée un peu courte pour une tête d’affiche – Grandma’s Ashes délivre un set varié et puissant. Un seul moment m’a moins séduit, lorsque, sur (je crois) Army of me, reprise de Bjork, Eva s’empare d’un micro vocodé qui modifie, inutilement, son chant en ajoutant de désagréables échos. Mais pour le reste, une bonne dizaine de titres (tout Bruxism y passe, seul Aside est extrait de leur premier album, This too shall pass), les filles se montrent simplement impeccables.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Le concert se termine, après les remerciements d’usage au label (Verycords « qui nous a signées alors que personne ne s’intéressait à nous »), à leur manageuse (Angela Druffin de NRV Promotion) qui les accompagen et les soutient depuis le début, avec le retour, en ombre caché derrière un pare-vue rouge, de Levo Evolove qui les rejoint pour un dernier titre.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Si on peut reprocher un léger manque de lâcher prise, l’enjeu d’un tel concert, dans une salle aussi prestigieuse que l’Élysée Montmartre doit être générateur de pression. N’empêche, dans son style, Grandma’s Ashes a ce soir également marqué de nombreux points et il semble évident que nous entendrons de plus en plus parler de ce trio féminin, engagé et enragé.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Merci à Marine Honoré (Veryshow) et Angela Druffin (NRV Promotion) d’avoir rendu ce report possible

NO TERROR IN THE BANG: Existence

France, Metalcore (Klonosphere, 2026)

No Terror In The Bang, c’est un patronyme adapté d’une réplique de Sir Alfred Hitchckok qui affirmait qu' »il n’y a pas de terreur, seulement son anticipation » sous entendant que c’est chacun qui créé ses peurs et ses angoisses. Le groupe français du même nom a bien compris le principe et dès le premier grognement de Moon pourrait laisser penser que Sofia Bortoluzzi, la chanteuse, va dégueuler sa haine tout au long des 5 titres de cet Ep. Mais, non, il n’en est rien, quand bien même la vocaliste semble très inspirée par des Alicia White-Gulz (désormais ex-Arch Enemy) ou, plus encore sans doute, Tatiana Shmayluk (Jinjer). Le metalcore proposé par le groupe (également composé des guitaristes Etienne Cochin et Clément Bernard, du bassiste Brice Bouchard et du batteur/clavieriste Alexis Damien) navigue entre ombre et lumière, tendresse et virulence tout au long des 5 morceau de cet Ep vivant simplement nommé Existence. Un clin d’œil au monde actuel sans aucun doute. Efficace de bout en bout grâce à des morceaux courts et directs (de 3’16 à 4’31), Existence se veut tout simplement explosif, vindicatif et sans compromis. De ce point de vue, c’est réussi!

KORBO: Amnésiste

France, Metal progressif (Autoproduction, 2026)

Second album des progueux parisiens de Korbo, Amnésiste se veut une œuvre ambitieuse. très ambitieuse même. Avec ses 5 titres pour une durée totale de quelques 42′, on sait qu’on est dans l’univers du metal progressif avec tout ce que cela peut comporter. Composé de Aaron Djélà (chant et guitare), Léa Périgois (guitare), Tim Ansuz (basse) et Gabriel Jaboulay (batterie), le quatuor explore des univers aussi variés, denses et musicalement riches que torturés et sombres. pas étonnant quand on comprend que le thème de l’album traite de la maladie d’Alzheimer. Démarrant de manière assez soft avec une sorte de crissement mélancolique, Néant monte en puissance avant d’alterner avec des temps plus calmes allant même visiter la guitare hispano. Certaines intonations vocales m’évoque le NFL d’Anthrax tandis que les guitares, lorsqu’elles reprennent de l’ampleur me rappellent Maiden ou Metallica. Seulement voilà: si musicalement Korbo se veut irréprochable, ses compositions à tiroirs, faisant souvent le grand écart entre rage et calme plat, s’adressent avant tout, comme très souvent dans ce genre musical, plus à des musiciens ou musicologues qu’à de simples amateurs – dont je fais partie – qui vibrent plus avec des morceaux concis et directs. La palette musicale est ici si variée qu’il faut de nombreuses écoutes pour entrer dans ces univers torturés. Ensuite, le chant d’Aaron, s’il colle sans doute au thème, m’est difficilement supportable. Plaintif, souffrant, pas toujours clair – je n’ai réalisé qu’au second titre, Sans maintenant, le plus court, aussi (4’23), qu’il chantait en français! – il manque de rondeur et de puissance, cherchant parfois des effets « artistiques » auxquels je ne suis pas sensible (la répétition de « Si je ne sais pas alors j’inventerai » sur le morceau titre, par exemple). Enfin, la production assez étouffée ne parvient pas à vraiment apporter à chaque titre l’ampleur et la générosité voulue par le metal progressif. Les amateurs du genre y trouveront certainement de la matière car il y en a tout au long de cet album riche, intense et calme à la fois, plein d’envie et de volonté. Mais, à de rares exceptions, je n’ai jamais été fan de metal progressif trop intellectualisé pour mes oreilles. Pas pour moi, je passe…

Interview: HOLY FALLOUT

Interview HOLY FALLOUT. Entretien avec Paul Girardot (chant, guitare), propos recueillis le 13 février 2026

Paul, c’est la première fois que nous échangeons, commençons par une question classique : quelle est l’histoire du groupe ?

Holy Fallout s’est formé en 2018 et, comme beaucoup de groupes, il y a eu des changements de line up. La formation actuelle existe depuis environ deux ans maintenant. Il y a Flo à la guitare, Matt à la basse, Adrien à la batterie et moi au chant et à la guitare. On a un peu redirigé le style global de la musique, c’est-à-dire qu’on a commencé vraiment dans le prog et on conserve ces racines-là tout en, progressivement, nous en éloigner.

Comment décrirais-tu la musique de Holy Fallout à quelqu’un qui ne vous connait pas, justement ? Pour l’inciter à vous découvrir.

C’est marrant parce que c’est un peu ce qu’il s’est passé lors d’un concert du côté de Nantes : dans le public, il y avait des gens qui n’écoutent pas du tout de metal et qui ont apprécié ce qu’on fait. Je dirai que c’est une porte d’entrée au metal, quand on n’en écoute pas, dans le sens où… Pour moi, on fait du metal alternatif : on a une base metal, un son metal et des ingrédients mais on n’est pas non plus dans ce qui se fait de plus extrême. On mixe divers éléments, du rock, de la pop, parfois un peu d’électro à une base metal. C’est ce qui nous défini, je pense.

J’ai même détecté quelques influences rap…

Ouais, ça, c’est quelque chose qui vient du neo metal ! On en est tous un peu client, c’est ce qui a marqué notre adolescence. Je continue d’en écouter, je trouve que c’est un style qui est assez riche, tu mets autant Rammstein que Marilyn Manson dedans, c’est la première hybridation du metal avec une musique plus mainstream…

Dans ma chronique, je fais aussi une comparaison, pour le début de votre album, avec un autre groupe plus ancien, Headcharger. Vous avez des affinités avec cette formation ?

Pour tout te dire, on a découvert cette ressemblance avec a chronique. On connaissait ce groupe de nom, mais on n’a jamais… J’en ai écouté dernièrement parce qu’on participe à une compétition sur Twitch, le metal combat, et pour la phase des poules 3, une partie du jury a aussi trouvé qu’on avait quelques ressemblances avec Headcharger. Personnellement, je ne trouve pas du tout. Eux, il n’y a pas de samples, on est moins sur le neo metal… Vocalement, c’est possible, d’autres personnes du groupe ont écouté et m’ont dit qu’il y a quelque chose dans la voix. C’est marrant cette ressemblance, tu n’es pas le seul à nous en parler, je crois qu’il y a eut 2 chroniques qui l’ont noté, et le Metal Combat… On nous a même dit que ce serait bien de nous éloigner de cette influence alors que… ce n’est pas du tout une influence !

Après ce premier titre, vous vous éloignez de cette ressemblance. Quelles sont vos influences aux uns et aux autres ? Il y a du neo metal, de l’extrême, et du prog, OK…

On balaie pas mal de styles du metal, du prog à l’extrême, mais il n’y a pas que ça, en fait… Il y a du prog, Haken, Leprous ou même Dream Theater, que je n’écoute plus trop mais c’est le genre de groupe qui façonne ta manière de réfléchir, de composer. On écoute un peu de classic rock, du rock progressif comme Pink Floyd ou Steven Wilson. Personnellement, j’écoute un peu de rap, de jazz, de la musique de films… C’est très vaste, on écoute beaucoup de choses différentes.

Comment vous organisez vous pour la composition ? L’un de vous arrive-t-il avec une base ou est-ce plus un travail collectif ?

Il y a une base : je fais des maquettes, avec ou sans paroles. Après, on sélectionne les idées qui nous plaisent le plus, on les travaille individuellement – le batteur va refaire ses parties de batterie, le bassiste pareil avec la basse… N’importe qui peut proposer ce qu’il veut et on assemble. On déconstruit pour mieux construire, en somme. Pour 404, on est partis de mes maquettes, on travaillait avec un ingé son, Dany Letouchard qui nous a enregistrés et a produit l’album. Il avait lui aussi son mot à dire et a proposé quelques choses. On a eu une oreille externe au groupe et il a fait partie de l’aventure. Parfois, tu es le nez dans le guidon et tu ne vois pas le choix le plus judicieux. Il nous a bien aidé pour ça.

Pourquoi ce titre, 404 ?

J’aime bien ce côté un peu simpliste dans un titre mais qui peut aussi être bourré de significations. La première qu’on connait, c’est bien sûr l’erreur 404 en informatique, le néant… Et je trouvais intéressant de mettre ça en rapport avec notre société actuelle qui devient de plus en plus « technoïsée », on est de plus en plus tributaires de ces outils que nous créons au point de nous effacer devant… Nos téléphones portables, les réseaux sociaux qui prennent de plus en plus d’importance. Ne faisons-nous pas une erreur en leur accordant autant de place ?

Quel parallèle y a-t-il entre ce titre et l’illustration de couverture. On voit que c’est une mer déchainée, mais tournée à 90°, on peut y voir un géant de pierre, une montagne qui s’effondre…

Cédric Balait, notre graphiste, a son atelier, et on lui a passé les maquettes, qu’il a écoutées pendant des semaines et il est arrivé avec cette idée, nous disant « voila ce que ça m’inspire ». Quand tu es au beau milieu de l’océan, tu peux avoir ce sentiment d’être perdu. Quand tu retournes la photo, tu peux y voir autre chose. On aime beaucoup ce côté minimaliste, c’est une photo, mais ça fourmille d’idées et chacun peut y voir différentes choses !

Comment analyserais-tu l’évolution de Holy Fallout entre vos deux albums ?

On est dans des formats un peu plus courts, des morceaux un peu plus… « classique » dans les structures avec toujours ce point commun de chercher l’émotion, de chercher ces ascenseurs qui sont un peu notre marque de fabrique. Le côté doux et violent à la fois, on le retrouve dans les deux albums, mais les morceaux sont maintenant plus taillés pour le live. On prend beaucoup de plaisir à jouer et je pense que ça se ressent dans le public. On essaie de proposer quelque chose d’unique, avec des barres LED, on cherche à illustrer nos morceaux…

Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de 404 pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Holy Fallout, ce serait lequel ?

Crippled, je dirai. C’est le morceau d’ouverture, et c’est pas pour rien qu’il ouvre l’album. Il est rentre-dedans et il a aussi ce côté un peu… un peu plus original et fouillé. Il y a un travail sur les voix. Un mec nous a dit « c’est Pentatonix qui rencontre Sepultura ». Il y a effectivement un travail sur les voix avec un coté très rentre dedans. C’est difficile de résumer un groupe à un seul morceau, on n’a pas envie de se cantonner à un seul style. Tout ce qui nous plait en musique, on a envie de le faire, un peu à l’instar de Pain Of Salvation… A chaque album, ils proposent quelque chose de différent tout en étant reconnaissable. J’espère pouvoir m’approcher de cet esprit…

On sait bien qu’un groupe de rock aujourd’hui ne vit pas, ou très difficilement, de sa musique. Quelles sont vos autres activités pour subvenir à vos besoins du quotidien ?

On a des métiers à côté. Je suis prof d’anglais dans le secondaire, Adrien, le batteur, est ingénieur e électricité, notre guitariste est ingénieur dans une autre boite, Matt, notre bassiste, travaille à l’usine mais je ne sais plus quel poste… On a tous de l’alimentaire à côté.

Quelle pourrait être la devise de Holy Fallout ?

Il y en a plusieurs, dont une qui me vient en tête… C’est plus une private joke, mais on la trouve assez incroyable. C’est « une seule issue ». C’est un groupe qui s’appelle Seuil d’Alerte qui utilise ça. Il y en a une deuxième, plus en rapport avec notre côté humain, c’est « quand tu tombes de cheval, il faut remonter en selle ».

THE WOODEN PEARLS: Against the tide

France, Rock hard (M&O, 2026)

C’est frais, c’est rock, énergique et catchy. The Wooden Pearls est un trio palois qui déboule avec Against the tide, un premier album électrique et éclectique bourré de références chaleureuses qui font du bien. Si les premières mesures de Docile m’évoquent Niagara – une intonation vocale à la Muriel Moreno et une guitare qui rappelle celle de son complice Daniel Chevenez période Religion (1990)- TWP trouve rapidement sa personnalité en alternant les tempi et les ambiances. Ici direct, là plus aérien aux inspirations gothiques, le groupe ne se répète jamais offrant ainsi un album riche et varié. Alors oui, tout au long des Step away from the crowd, Brokenhearted, Détermine moi et autres Nothing left of me ou Surf report on retrouve des traces de Patti Smith, Stevie Nicks ou, parmi d’autres, Dolores O’Riordan. Musicalement, TWP se détache de ses influences (on peut évoquer Nada Surf ou PJ Harvey parmi les plus évidentes) et crée des univers sonores qui lui sont propres, avec des guitares incisives, des rythmiques entrainantes et un chant envoutant par sa variété. Surtout, voici enfin un groupe qui s’adresse à tous le publics, français et international, en faisant le choix plus que judicieux de chanter tant dans la langue de Molière que celle de Shakespeare. The Wooden Pearls ose et pourrait bien, grace à son audace et son talent, se frayer un chemein vers les espoirs à suivre de près – et plus encore. A découvrir d’urgence!

Interview: MESSALINE

Interview MESSALINE. Entretien le 13 mars 2026 avec Eric Martelat (Chant)

Ce qui est agréable avec Chatos – le surnom d’Eric Martelat, chanteur et fondateur de Messaline – c’est qu’un entretien n’en est pas vraiment un. C’est plus proche d’une conversation entre potes qui se retrouvent, quand bien même ces derniers ne se seraient pas vus depuis 10 ans. Alors discuter de (alias Lilith), le dernier album des Bressois est un moment de partage plus que sympathique.

Eric : Tu as reçu l’album quand ? On sent bien, quand on lit ta chronique – superbe, et je t’en remercie – que tu as pu l’écouter plusieurs fois, et ça, c’est cool.

Metal Eyes : Je ne sais plus exactement quand je l’ai reçu, mais, oui, je l’ai écouté plusieurs fois. Ça fait maintenant quelques temps que nous n’avons pas échangé, la dernière fois, c’était pour Illusions barbares, et il s’est passé plein de choses depuis… On ne va pas revenir sur 10 ans de vie, mais je voudrais que nous revenions un peu en arrière puisque vous avez publié un Ep, Braconniers du silence, qui a été enregistré en aout 2023 au parc des oiseaux lors d’un festival. Qu’est-ce qui vous a amenés à enregistrer ce disque dans ces conditions, lors d’un festival qui n’est pas du tout metal ?

C’était l’occasion… C’est un festival qui se déroule sur un mois avec une tête d’affiche par soirée. Parfois, il y a une première partie, parfois pas. Cette année-là, Stephan Eicher n’en avait pas. Donc, j’ai démarché en proposant que nous fassions un concert en acoustique, revisiter nos morceaux. J’ai trouvé un second guitariste qui était plutôt acoustique et qui nous a permis de faire beaucoup d’arrangements. On a enregistré une maquette qu’on a envoyé à l’organisateur qui nous a dit banco. Quelques jours avant, avec l’ingénieur du son, on a décidé d’enregistrer tout le concert en nous disant « ben, si c’est bien, tant mieux, sinon, tant pis ! » Ce soir-là, on jouait 30’, on a bien joué et quand on a écouté les bandes, on s’est dit qu’il avait quelque chose à faire avec… On l’a mixé, sorti en Ep. On sent bien la connivence entre les musiciens. Ce qui est rigolo, c’est que je voulais que, sur les 5 morceaux, il y ait des titres que le public connait très bien, et on a fait exprès de prendre quelques risques puisqu’il y avait 3 titres de Vieux démons qui venait de sortir, qu’on a réarrangés. C’était un beau challenge, mais on a aussi joué deux inédits, dont Geisha et Maistre Flamel qui étaient déjà composés et qu’on a proposé en goodies aux fans présents ce soir-là.

Tu dis que vous avez décidé de prendre des risques, mais pas tant que ça, avec des morceaux que le public connait déjà. Mais surtout, il y a eu un gros, gros changement de line-up. Qu’est-ce qui a amené ces changements ?

Le gros changement, ça a été en 2018 lorsque Mickael Colignon, le guitariste fondateur du groupe avec moi, a décidé d’arrêter complètement la musique, après Illusions barbare. Matthieu Gilbert, guitariste compositeur est arrivé, ainsi que Alain Blanc à la batterie. A la sortie de Vieux démons, le bassiste qui était avec nous depuis quelques années a décidé d’arrêter. Charlie est arrivé à la basse, et c’est à ce moment-là qu’on a décidé d’inclure Agnes Gilbert aux chœurs pour harmoniser encore plus les voix.

Il y a une période que nous avons tous vécu différemment, entre Illusions barbares et Vieux démons, la période de crise sanitaire…

Et la crise sanitaire nous a permis de composer Vieux démons, qui est sorti en 2022. On l’a composé avec Matthieu pendant le Covid. Ça nous a permis de nous poser, chacun de notre côté, d’écouter nos vieux vinyles et de nous dire que c’est bien les années 70 qu’on aimait dans l’histoire du rock. Finalement, ça nous a fait prendre un virage parce que Messaline est moins typé Heavy metal que ce qu’on faisait sur nos premiers albums. On est plus dans le hard rock, classic rock. Ça laisse plus de place au chant français. Ce style de rock, plus mélodique et plus posé met plus en valeur les textes. Ce changement de direction, finalement, c’est sur le fond – pour le coté musical – et sur la forme. Parce je trouve que les textes s’incorporent mieux à la musique.

Les gens qui suivent Messaline, ceux qui te connaissent et lisent les paroles savent à quel point tu es un amoureux des mots. Alors des mots, pas des maux… J’ai l’impression parfois qu’avec toi il vaut mieux toujours épeler ces mots, justement (il rit). On les retrouve tout le temps, ces jeux de mots, j’en veut simplement pour preuve le titre Les piqures d’Hades qui joue sur le coté Epicure, et les gens qui te connaissent savent que tu es aussi un bon vivant. Alors quel rapport entre l’épicurien que tu es et Hades, le dieu des enfers, certainement un bon vivant aussi, plus chaleureux que d’autres ?

Tu as la réponse dans ta question, c’est exactement ça… Quand je commence le texte, je dis que tout ce qui est bien est mal. J’ai l’impression que, maintenant, tout ce qui peut apporter du plaisir, l’épicurisme, est montré du doigt… La bonne bouffe, l’alcool, etc…

Un bon vin rouge aussi… A chaque fois qu’on s’est rencontré, tu avais un verre de vin à la main !

(Rires) Oui ! Oui, oui ! C’est exactement ça, et effectivement… Ne vaut-il mieux pas faire la fête aux enfers que de s’emmerder au paradis ? L’éternelle question… Les piqures d’Hades c’est ça… Il y a des hommes politique qui veulent passer pour des gens bien mais ce n’est pas forcément le cas… Où placer le curseur ? L’histoire des Alias de l’album, c’est exactement ça : on avance tous un peu masqués dans cette société, on a tous une double personnalité. Moi, ça m’intéresse d’autant plus que je suis gémeaux qui est réputé pour avoir une double personnalité. Mais je pense qu’on a tous un peu ça. Regarde les hardos : certains vont au boulot en costar-cravate et le soir, tu les retrouve en concert de metal extrême avec leurs vestes à patches… On a tous un alias…

Tu viens d’expliquer le pourquoi des changements de line-up, et il ya une chose qui me marque aussi, à l’inverse, c’est la fidélité de Messaline à Alain Ricard et son label Brennus music… Vous n’avez jamais changé de label…

Non, c’est vrai. Alain, c’est quelqu’un qui donne totalement sa confiance aux groupes qu’il travaille, il ne veut même pas écouter une seconde de ce que tu fais… Il n’y a pas de producteur ou de label manager qui nous dise qu’il faut plus de ceci ou moins de cela. C’est vrai que pour cet album on s’est posé la question de savoir si on n’allait pas chercher ailleurs parce qu’il y a certains titres qui sont carrément plus rock. Et finalement, on se dit qu’il y en a marre de mettre les gens dans des cases… Brennus est connoté metal ? On a toujours été bien chez Brennus, alors pourquoi changer maintenant ? La fidélité aussi, c’est quelque chose qu’on doit garder, surtout dans ce milieu où tu vois plus de personnes qui te poignardent dans le dos que de te rester fidèles… On en connait toi et moi quelques-uns, je pense… Autant continuer avec les personnes qu’on aime et avec qui on aime bien travailler…

Maintenant qu’on a parlé du label, parlons de la musique : comment décrirais-tu aujourd’hui la musique de Messaline à quelqu’un qui ne vous connait pas pour l’inciter à vous écouter ?

Je serai basique : je dirai que Messaline essaie de faire de la chanson rock. C’est-à-dire qu’on cherche à proposer de la mélodie qui soit entêtante avec des textes qui veulent dire quelque chose. Rock ou hard rock dans le sens où on est moins metal qu’avant avec une musique moins compressée qu’avant, pour faire vraiment respirer la musique. Chaque instrument a sa place et respire…

Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un seul titre de (Alias Lilith) pour inciter quelqu’un à écouter tout l’album, ce serait lequel ?

Je dirai Geisha parce qu’il y a plein d’atmosphère. L’intro est très chanson posée, et ça accélère avec un côté hyper baston hard rock. Il y a pleins de climats différents dans ce morceau qui reste hard rock, jamais progressif avec des passages à tiroirs.

C’est intéressant de t’entendre dire ça quand on connait ta relation avec Christian Descamps, de Ange…

Ouais… Ange, on est d’accord que ça a été une grosse influence pour moi, notamment au niveau des textes. J’aurai toujours ce background, mais je trouve qu’on s’en éloigne de plus en plus. C’est pour ça qu’on voulait aussi faire une reprise de Ange sur Vieux démons histoire de clore l’histoire… Depuis le début de Messaline, on nous parle de Ange, mais il y a d’autres influences. Sur (Alias Lilith), le côté sombre de mes textes n’a plus rien à voir avec le côté « solaire » d’avant. Je me retrouve plus sur le côté Thiefaine, tel qu’il écrit ces dix dernières années, voire avec Higelin. J’ai redécouvert beaucoup d’auteurs français, comme Jean-Louis Murat. Je me suis replongé dans sa discographie – après sa mort, comme souvent, malheureusement – et c’est un sacré artiste ! Il y a aussi des petits accents à la Black Sababth, Uriah Heep, aussi. Ccharlie, le bassiste qui nous a rejoint il y a trois ans – c’est son premier album avec nous – n’a jamais vraiment été fan de Ange. Il faisait partie de cover bands de Red Hot Chili Peppers et compagnie… Après, les gens continuent de parler de Ange, sans doute la tessiture de ma voix, mais je pense que, maintenant, tant textuellement que musicalement, on s’en est bien éloignés.

Ça fait maintenant quelques années que ce line up est en place, alors si tu devais – pas pouvais – réenregistrer un album de Messaline avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Super bonne question ! Elle est un peu chiante parce que dans tous les albums il y a eu des titres super forts, mais on se dit parfois « ah, celui-ci, je le referai bien ». Mais sur un album entier ? Sur les quatre de la première mouture, même si je pense que c’est le meilleur de tous, ce serait Eviscérer les dieux, parce que je pense qu’on peut aller encore plus loin. Il y a plein de mélodies sympas que je réenregistrerais bien avec le groupe actuel. Après, on a tellement d’autres choses à faire qu’on ne le fera pas.

On sait qu’un groupe de rock, c’est aussi la scène. Vous avez des projets de concerts ?

On a deux dates de calées, mais c’est vrai que, en France, c’est vraiment très compliqué d’enchainer beaucoup de dates. On a le cul entre deux chaises… On arrive à un stade où on est « trop gros » pour jouer dans les bars – et on ne veut pas (rires) – et trop petits pour, uniquement sur notre nom, jouer dans des SMAC à l’autre bout de la France. Déjà avec des groupes locaux, les Smac n’arrivent pas à remplir, alors… C’est pour ça qu’on essaie de temps en temps de choper des belles et grosses premières parties dans notre région. On n’a ni le tourneur ni la fan base qu’il faut pour pouvoir tourner comme on le voudrait…

On sait aussi qu’un groupe de rock, en France, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités professionnelles ?

On a un intermittent dans le groupe, notre bassiste Charlie, même si c’est évident qu’il ne fait pas ses cachets d’intermittence avec nous (rires) ! Si on fait cinq ou six concerts dans l’année, c’est une grosse année ! Alain, le batteur, est retraité. Matthieu, l’autre guitariste est responsable dans une boite, responsable de la déchèterie, c’est pas un vieux déchets, mais il recycle (rires) ! Agnès aussi bosse dans une boite, enfin… Sa boite puisqu’elle est auto-entrepreneuse et travaille auprès de personnes âgées, et moi, je suis enseignant dans un lycée pro en ce qu’on appelle arts appliqués.

Une toute dernière chose, pour conclure ; quelle pourrait être la devise de Messaline, que vous mettriez sur votre prochain album ?

C’est une autre bonne question ! La devise… c’est… euh… « Que vous aimiez ou que vous nous détestiez, merci de nous faire exister » !