CYLEW: Mot3l

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Cylew fait partie de ces groupes qui apportent une véritable crédibilité au rock français chanté en anglais, trop souvent décrié chez nos voisins anglo-saxons en premier lieu. Tout est pensé pour faire mouche. Le titre de cet album: Mot3l. Avec un 3 en guise de E comme « 3ème album » ou « 3 membres du groupe ». Cylew a déjà publié deux albums, Not so sleeping not so beauty en 2008 et Black lace prophecy en 2012. Mot3l nous offre une variété de tons, entre rock déterminé et balade romantique, avec quelques escapades du côté de la cold wave, de la soul et du rock US version LA. Rien que de très normal quand on sait que la chanteuse franco américaine, Lady Cylew, a grandi dans la cité des anges. Ce qui explique aussi cette diction anglaise sans reproche. La simplicité reste maitresse de l’oeuvre, et, comme tout acte simple, ce qui en ressort, c’est l’efficacité, le plaisir de donner et d’écouter. C’est tendre, rock, lumineux, envoûtant. Bref, on le (je me) laisse tomber sous le charme de ces instant sobres (Western sky, Sun), soul (Like a flare), simples et moqueurs (Take it all) qui égrainent cet album tout en finesse et détermination suave et veloutée.

Convaincus? Alors, pour ceux qui le pourront, rendez vous au Dr Feelgood des Halles (rue Quincampoix, à Paris) pour la realease party qui se tiendra le 15 décembre.

ATTRACTION THEORY: Principia

Metal, France (MII, 2017)

Certains ont pu découvrir Attraction Theory début janvier 2017, sur la petite scène du PMFF VI. Il aura donc fallu à Didier Chesneau (ex-Headline) près de 10 mois pour nous offrir ce Principia, premier opus du duo qu’il forme avec Constance Amelane qu’on avait pu découvrir au micro de Women In Iron Form lors d’un précédent PMFF, et qui a également tenu le micro au sein de Whyzdom… Cet Ep est en réalité plus un single agrémenté de titres bonus puisqu’il ne contient que 3 morceaux originaux, The Eye et Attraction Theory, auxquels le groupe (on retrouve le bassiste de Headline Christophe Babin, ainsi que le batteur John Macaluso) ajoute Silent signs, écrit par Sylvie Grare, chanteuse de Headline, et l’un des tubes de Mike Oldfield, To France, ainsi qu’une version alternative des 2 premiers morceaux originaux. L’ensemble est – naturellement – produit de main de maître par Didier Chesneau et est un appel à découvrir un album complet pour mieux pouvoir juger de la capacité de séduction publique d’Attraction Theory. Pour l’heur, le duo/groupe, nous propose un rock pêchu, à mi chemin entre prog et metal, avec de jolies et puissantes mélodies. Des débuts prometteurs dont vous pourrez bientôt découvrir les dessous, Didier nous ayant tout dévoilé lors d’une récente interview.

STONE OF A BITCH

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Oh, les gars, heureusement que musicalement Stone of a Bitch m’interpelle parce que le chant anglais en ferait rire plus d’un! Non, sérieusement: si on vise l’international (c’est bien pour ça qu’un groupe français chante en anglais, non?), autant se donner les moyens de ne pas se faire lapider sur la maîtrise de la langue de Shakespeare, je pense… D’autant plus que la voix de Chris Go est plus que sympathique. Cela dit, les 10 titres de ce premier album éponyme sont taillés dans un rock direct, teinté de punk, parfois un brin mélancolique. Romantisme quant tu nous tiens… Ajoutez à cela une belle dose de groove et d’impertinence, une variété de rythmes et vous aurez une petite idée de ce que vise SOAB. On notera également un livret sobre regorgeant de jolies illustrations. Un effort, et ça le fait.

TRUST live à Paris: le Bataclan, 8 octobre 2017

Pour son troisième concert de la série depuis longtemps annoncée de 5, Trust investit le Bataclan. La devanture annonce Trouble en première partie. Nom sympathique, voire prometteur qui, instantanément, m’évoque Deep Purple…

Un peu avant 19h30, Trust et son équipe montent sur scène. Bernie demande, simplement et sobrement au public encore peu nombreux de prendre la main de son voisin. « Nous allons faire une minute de silence à la mémoire de ceux qui sont tombés ici ».  Une minute naturellement respectée, puis applaudie. Sur un des retours, une bougie blanche est d’ailleurs allumée, et le restera tout au long du concert.

A 19h30, Trouble monte sur scène. Deux femmes aux basse et guitares, un gars, aux claviers. Et non… Le trio n’a rien de commun avec la légende mentionnée plus haut. Le groupe bruxellois nous propose un set new/cold wave, électro étrange mais poliment accueilli. La chanteuse communique aisément avec le public, et se met parfois à danser sans que l’on ne comprenne vraiment sur quel rythme…. Un truc dans sa tête qui fait effet, mais qui ne me touche pas du tout. A part le final de Revolution, son dernier morceau, Trouble n’est pas dangereux, et n’est pas mon truc. Passons.

Certains critiquent ce que Trust est devenu sur la base d’une prestation en demi teinte, sans superbe, au Hellfest, et d’un récent live quelque peu bousculé sur les réseaux sociaux… C’est la troisième fois que je vois Trust cette année et laissez moi simplement écrire ceci: si Trust n’est certes plus le grand groupe destructeur et dangereux qu’il fut naguère, celui des années 80, il a le mérite de ne pas proposer deux fois le même show, setlist mise à part. A Blois, Bernie était plus rappeur que rocker, enragé et engagé. Au Hellfest, étrangement réservé, sans doute parce que le show était enregistré et le temps limité. Ce soir, il est enjoué, dynamique et simplement en grande forme même si le vocaliste est plus… « raisonnable » dans sa relation avec le public, multi-générationnel mais surtout composé de sexagénaires venus saluer le mythe. Un détail me tracasse tout de même: là où, dans les années 80, Trust avait pour décor de scène un bulldozer, « symbole d’une jeunesse qui refuse vos magouilles politiques », le décor est aujourd’hui composés de chiens en peluche et d’une lampe de salon… Trust serait-il devenu un groupe pantouflard? C’était la blague que je ne pouvais rater, car, non, la tournée interminable et la pêche des frères ennemis Nono et Bernie tendent à prouver le contraire.

Mélangeant classiques (Préfabriqués, Au nom de la race, Marche ou crève, Fatalité et un plus que bienvenu Comme un damné ainsi que Certitude… solitude et l’indispensable Antisocial) à des titres plus récents (La mort rôde, Le temps efface tout) ou ceux que nous découvrirons sur le futur album (dont la sortie est désormais prévue – pourquoi? L’album est prêt – début 2018) et qui semblent prometteur d’un Trust très en forme. Il y a certes L’archange, presque un classique, qui ouvre chaque concert de ce Au nom de la rage tour, mais également le très groovy Démocrassie, ou un Exterminateur introduit par un joli discours de Bernie: « une chose est sure: nous sommes passés du stade de prédateurs à celui d’exterminateur. Ce morceau est dédié à tous les électeurs de Macron ». Euh, Bernie… Tu aurais préféré qu’on vote pour Marine? Ah, sans doute faisais-tu référence au premier tour !

En dehors de cela, il n’y a guère de saillie, Bernie est moins tranchant, moins vindicatifs que lors du concert de Blois, par exemple. L’humour est de rigueur, Bernie chariant son groupe lors de la présentation des musiciens: David Jacob, bassiste a pieds nus: « c’est ça, les bassistes, ça s’achète des instruments mais ça ne peux plus s’habiller », Christian Dupuy, le batteur: « on a adopté un enfant » (Nono avait parlé, à Blois, d’adoption de bébé), et Nono n’échappe pas à la règle, tout de blanc vêtu… La forme est là, cependant, et je ne formule qu’un regret: au regard de ce qui fut joué les deux jours précédents, la setlist ne bouge que peu. Deux-trois titres diffèrent alors que Trust aurait pu, comme l’a fait ADX lors du PMFF a chacun de ses 3 concerts en janvier dernier, proposer un tracklisting différent. D’autant plus pour ceux des fans ayant acheté les pass 5 jours proposés… On aurait bien voulu entendre des morceaux différents du reste de la tournée. L’élite est régulièrement joué, mais quid de Bosser 8 heures, Dialogue de sourds, Mr Comédie, Les sectes, Le mitard,  Paris, I shall return (plutôt que Surveille ton look). Et quid du tant décrié 4ème album? Par compromission, Idéal, Varsovie, Purgatoire? Ce disque ne mérite pas d’être oublié, mais bien redécouvert tant il recèle de pépites… Dommage, l’occasion aurait été vraiment belle d’enregistrer ces 5 concerts pour en faire un vrai document historique, complémentaire du Live Hellfest récent.

N’empêche, cela semble un choix de plus en plus judicieux que celui de faire le pari de salles de taille moyenne. La proximité avec le public est réelle, Bernie fustigeant ce soir ceux au balcon qui restent assis. « Et vous, là haut, levez vous! On est tous debout ici, c’est un concert de rock! » Trust est sans doute le groupe français qui aura, en 2017, joué – Hellfest mis à part – devant le plus grand nombre de spectateurs. Et personne ne semble pouvoir les concurrencer sur le nombre de salles visitées. Trust est en forme et ça fait plaisir à voir. Vivement le prochain album – et une autre tournée?

Ah, dernière chose: Bernie fut prompt à Blois – et sans doute ailleurs – à demander au public de regarder le concert avec ses yeux plutôt qu’à travers un téléphone. Ce soir, rien. Lassé de se répéter, le gaillard? ça ne rate pourtant pas, l’effet Antisocial, c’est ça :

La prochaine fois, tu veux rester tranquille avec tes fans, Trust? Commence avec Antisocial, ensuite on sera entre nous!

Merci à Sabrina et Veryshow d’avoir rendu ce report possible.

Interview: MOLY BARON

Interview MOLY BARON : rencontre avec Gary (chant, guitare) et Raphaël (batterie). Entretien mené le 24 octobre 2017 au Hard Rock Cafe, Paris.

metal-eyes: Moly Baron a été formé en 2015 à Paris avec des musiciens français et un chanteur guitariste irlandais. Quelles ont été les moments importants dans la vie du groupe depuis ses débuts ?

Gary: En 2014, j’ai lancé ce projet depuis ma chambre, en réalité. Il y a eu quelques démos, dont la plupart des chansons figurent sur l’album, et je me suis mis en quête de musiciens. J’ai trouvé Steven, le guitariste, puis Seb, le bassiste, et il y a 6 mois, nous avons découvert Raph, qui a été le plus difficile à trouver. Trouver un bon batteur est compliqué, tous sont musiciens de session, n’importe quel bon batteur fait des sessions… C’est difficile de trouver un batteur de ce niveau.

metal-eyes: Ce qui est un beau compliment pour Raphaël.

Gary: Oui, bien sûr ! Il y a eu deux grandes réalisations jusqu’à aujourd’hui : finir cet album, ce qui nous a demandé à peu près 3 ans – nous avons tous un boulot au quotidien. Ensuite, être capable de chanter sur cet album. Je ne suis pas chanteur, je n’ai jamais eu l’intention de chanter. Il a fallu tellement de temps pour trouver un chanteur que je m’y suis mis.

metal-eyes: Ce qui signifie que trouver un bon batteur est plus facile que de trouver un bon chanteur ?

Gary: Euh… probablement, oui. J’ai donc chanté, ce qui a été une grande découverte. Nous avons donc fait cet album et c’est extraordinaire de le savoir publié. La seconde vraie réalisation est d’avoir joué à l’Elysée Montmartre en ouverture des Psychedelic Furs. J’étais si nerveux ! C’est à peu près tout, dans la mesure où on n’est exposé que depuis 5 ou 6 mois…

metal-eyes: Raphaël est dans le groupe depuis seulement 6 mois ce qui explique que vous ne soyez que 3 sur le CD et 4 sur votre site web.

Gary: Exactement. Raph est arrivé après. Quand on a enregistré l’album, j’ai programmé toute la batterie, tout y était, mais ça ne semblait pas naturel. J’ai donc cherché un batteur de studio, que j’ai trouvé à Nashville. Je lui ai envoyé toutes la programmation et il a tout rejoué. Raph a un style différent, et pour moi il est bien meilleur que ce batteur de session : il est plus lourd, a un feeling différent.

metal-eyes: Pour moi, la musique de Moly Baron mélange la mélodie du rock avec la lourdeur du metal, l’émotion, la mélancolie du blues. Comment décririez-vous la musique de Moly Baron, et qu’y mettez-vous ?

Gary: C’est assez difficile d’être objecif avec ta propre musique… Je pourrais la décrire en citant des noms de groupes. Nous incluons un peu de Metallica, dont j’ai toujours été fan, U2 aussi, tu peux entendre du vieux  Muse, du blues rock à la Thin Lizzy, Led Zeppelin… Un mélange de tout ça. C’est un peu incohérent mais pour certains, c’est assez sympa de changer de registre. Tous ces groupes que j’ai cités, et Rage Against The Machine, Red Hot Chili Peppers… sont de grosses influences. Mais j’imagine que si tu mélanges tout ça, le résultat est assez original aussi. Je crois qu’on a le son de Moly Baron.

metal-eyes: Ca sonne aussi familier à mes oreilles que différents, parce que toutes ces influences sont présentes. Je n’ai pas pris le temps de lire les paroles. De quoi parlez-vous, même si un titre comme Fear is better business than love parle de lui-même, ne parlez-vous que de ce qui se passe  dans le monde ?

Gary:  Je n’écris jamais les paroles avant, et je ne voulais pas sonner comme quelqu’un de prétentieux qui a un « important message ». J’ai vraiment écrit en fonction de ce qui me parlait : les élections américaines l’an dernier, c’était dingue… L’abus de pouvoir des grandes corporations, des médias qui diffusent leurs messages, à gauche comme à droite, ce qui est vraiment décevant. La seule manière d’avoir de l’information, de la vraie information, est d’aller sur le net trouver des médias indépendants. La plupart des gens ne font pas cet effort, allument simplement la télé, regardent les chaines nationales comme la BBC ou CNN, sans se rendre compte que c’est de la propagande d’Etat. J’ai écrit en fonction de l’époque et des événements que je vivais, et ça se ressent aussi dans la pochette, un peu dingue. Tout traite de perdre sa conscience, son esprit critique.

metal-eyes: Un fait qui remonte loin…

Gary: Ca a toujours été… George Orwell et 1984. Le morceau Incognito est quelque peu basé sur 1984, c’est la dernière chanson que nous ayons composée. Je devenais dingue, il fallait qu’on termine ce truc ! Je ne sais pas comment décrire ça : je me sentais comme emprisonné à la fin !

metal-eyes: Tu parles de George Orwell, qu’en est-il de Ray Bradubury et Fahrenheit 451, le fait de brûler des livres, détruire la culture ?

Gary: Tu sais ? C’était le nom de ma dernière entreprise, « 451 » ! (rires) C’est en rapport, mais loin de moi l’idée de marcher sur les plates bandes de quelqu’un avec un message… Ce qui s’est produit avec cet album était naturel, ça s’est fait comme ça. Peut-être que l a prochaine fois je parlerais d’environnement ou je ne sais quoi…

metal-eyes: Raphaël, comment as-tu intégré le groupe ? Tu peux répondre ne français, si tu le souhaites

Raphaël: Non, je vais répondre en anglais (note: l’interview se déroule en anglais et Raph, batteur français, répond en anglais de bout en bout. Bel effort et bel esprit !) Depuis que j’ai 14 ou 15 ans, j’ai toujours cherché à jouer au sein d’un groupe parce que c’est le meilleur moyen de s’améliorer musicalement. C’est mon rêve : j’ai vraiment envie de devenir musicien. Je n’ai jamais eu l’opportunité de rencontrer d’autres musiciens. Mes amis n’écoutent généralement pas de metal via des sites web et annonces. Il y a 6 ou 7 mois, j’ai vu sur un site l’annonce de Moly Baron qui était si professionnelle, j’ai su que je voulais jouer avec ce groupe, c’était un vrai défi. Je les ai contacté, on a fait une audition et j’étais assez stressé car je n’ai jamais joué avec un clic ou des samples. Je me suis lancé et il semble qu’ils aient apprécié mon style !

Gary: Je peux raconter une anecdote ? Avant qu’il n’arrive, nous avions rencontré un de ses… pas amis mais collègues de cours…

Raphaël: En fait, j’étudie au conservatoire de Paris, e un des élèves de ma classe de batterie a aussi contacté Moly Baron. On ne se connaissait pas, et quelques jours avant l’audition, on a échangé : « oh, je vais passer une audition avec un groupe, Moly Baron. – Ah, toi aussi ? »… On n’était pas en compétition mais on a joué comme on joue d’habitude et c’est à eux de décider.

Gary: Le premier qui est venu a joué et on s’est dit « chouette, c’est lui, nous l’avons trouvé. » Nous n’avions pas encore rencontré Raph et on se disait « oh… faut qu’on aille voir cet autre gars ! On vient de trouver notre batteur… » Raph est arrivé et on s’est dit « Merde ! Il est meilleur ! » Nous étions ravis de n’avoir pas annulé !

metal-eyes: J’imagine… Quel a été, pour chacun de vous, votre premier choc musical ? Le groupe ou le musicien qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire ! »

Gary: Si je remonte très loin, je dirais Bon Jovi. Slippery when wet, j’adore cet album. Ensuite c’est Metallica et …And justice for all. J’adore Harvester of sorrow, Blackened… Ca m’a soufflé comme jamais ! Je me suis dit, à ce moment là : « C’est ça que je veux faire ! » Pas Bon Jovi, vraiment plus Metallica !

Raphaël : The White Stripes. Ce n’est pas compliqué mais c’est si puissant ! Le chant, les guitares, il y a tant d’énergie que j’ai été vraiment emporté. J’écoute tous leurs albums depuis que j’ai… 7 ou 8 ans.

Gary: J’imagine un gamin de 7 ans écouter The White Stripes ! Pour nous, ils sont arrivés largement après nos 7 ans ! Ils ont commencé quand ? En 98 ?

Raphaël : Michel Gondry a réalisé certains de leur clips, dont Fell in love with a girl, je ne sais pas si tu le connais, il est entièrement fait avec des Lego. Je regardais ça quand j’étais vraiment jeune, toute la journée, et… Waow ! C’est ce qui a tout déclenché.

metal-eyes: Vous prévoyez de tourner un peu maintenant que le groupe est au complet?

Gary: On a quelques concerts prévus, et le but de cette journée promo est aussi de pouvoir en faire plus. On espère, maintenant que l’album est sorti, pouvoir nous concentrer sur les festivals d’été mais aussi aller en Allemagne et au Royaume Uni, des lieux où nous devons concentrer nos efforts si nous souhaitons grandir. C’est plus compliqué en France. Si tu crois en ta musique, tu peux réaliser des choses. Mais si personne n’en parle, si personne n’écoute ce que tu fais…

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’une chanson de ce premier album pour définir ce qu’est Moly Baron, ce serait laquelle ? En tant qu’auteur et en tant que nouveau membre ?

Gary: Laisse-moi réfléchir… Sans doute… Incognito : elle a une allure rock traditionnelle avec un riff final très thrash, cette sorte de voix mélodique et ces décors sonores divers, un peu comme Brian Eno. Un peu étrange, mais il y a une belle variété dans cette chanson. Et le chant n’est pas évident. On doit garder cette chanson pour la fin de nos concerts tellement ça use ! Il y a aussi ce groove funky, et ce solo très blues. Oui, Incognito est ma chanson !

Raphaël: Une qui représente bien Moly Baron est When darkenss holds : elle mélange toutes les ambiances sombres du metal avec des parties mélodiques, de belles harmonies. Même si ma chanson préférée est Incognito. On compose de nouvelles chansons, plus agressives qu’avant.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Moly Baron ?

Gary: Notre devise ? Oh, mon Dieu ! Ouf… Aucune idée… « Rock Metal Groove Paris Dublin » ? (rires) C’est dur, mec ! C’est la question la plus difficile de la journée !

Raphaël: Aucune idée…

metal-eyes: On y reviendra… Tu viens de dire que c’était la question la plus difficile du jour, mais quelle a été la meilleure, la plus surprenante ?

Gary: Oh… Merde, quelqu’un m’a posé une question aujourd’hui, je n’arrive pas à m’en souvenir !

Raphaël: J’en ai une : quelqu’un m’a demandé quelle œuvre d’art, hors musique j’ai apprécié récemment. Je trouve que c’est très intéressant parce que tu peux aborder différents arts : la peinture, la culture, la littérature qui expriment des émotions que tu peux ressentir. J’ai vraiment apprécié cette question.

Gary: Il y a eu un tel déluge de questions aujourd’hui que je ne parviens pas à m’en souvenir.

metal-eyes: C’est le genre de question qui te force à repasser la journée…

Gary: Je suis sûr que dès que tu vas partir je vais m’en souvenir ! Il y a eu de très bonnes questions aujourd’hui, celle-là en fait partie. Vos questions n’ont pas été répétitives, ce qui est une bonne chose. Parfois, on répond aux mêmes choses toute la journée, mais ce ne fut pas le cas aujourd’hui. J’ai apprécié.

Raphaël: Je reviens à la devise : « Exprime tes sentiments »

metal-eyes: Merci pour cette interview, j’espère qu’on vous verra bientôt sur scène !

Gary: Oh, oui. Le 16 décembre à Paris, au Batofar, et d’autres dates suivront. Merci à toi !

GORGEOUS

Hard rock, France (EP autoproduit, 2017)

4 petits titres qui ont cette force de faire passer le message… Fondé en 2016, Gorgeous est un groupe fondu de ce hair metal qui fit les beaux jours de MTV dans les années 80. De grosses guitares, un peu de sleaze, un incontestable savoir faire, des riffs puissants et des airs qui tapent fort, à reprendre en cœur en concert… Voilà en gros ce qui attend l’auditeur amateur de décibel, de rock pour le fun et pour la vie. Des soli qui tranchent, des guitares aiguisées, un médiator qui charcute…  Voilà, en dehors d’un anglais pas facilement compréhensible, et d’un Bend over qui démarre sur des airs de déjà entendu (mais qui continue son chemin tranquillou) c’est dit: Gorgeous met du cœur à l’ouvrage et décrasse les oreilles. Une carte de visite marrante et sans prétention autre que celle d’amuser la galerie. C’est déjà bien!

AQME

Metal, France (At(h)ome, 2017)

Pour son nouvel album, annoncé un peu partout dès l’été dernier via affiches et pubs diverses, Aqme a décidé de remettre les compteurs à zéro avec un album sans titre. Comme un retour à la case départ, ce qui est étrange dans la mesure où il s’agit du second disque avec ce line-up: l’indéboulonnable duo des origine composé de la bassiste Charlotte Poiget et du batteur Etienne Sarthou (également responsable du son de ce disque), pour la seconde fois accompagnés du chanteur Vincent Peignart-Mancini et du guitariste Julien Hekking. Nouveau départ donc, pour lequel Aqme se fend d’un album superbement produit et surtout composé de 12 titres explosifs. Vocalement, Vincent a parfaitement trouvé sa place, entre rage et mélancolie. On s’amuse du choc lorsqu’il partage le micro avec Reuno (Lofofora) sur Rien ne nous arrêtera. Aqme a toujours su allier colère et groove, rage et crasse dans sa musique et franchit ici encore un nouveau pas. La variété fait plaisir à entendre: Aqme navigue entre lourdeur pachydermique et sombre mélancolie, heavy riffu et couillu et moments plus popisants. Bref, Aqme, en se renouvelant tout en restant lui-même, nous offre sans aucun doute un de ses meilleurs albums à se jour.

Interview: STOLEN MEMORIES

Interview STOLEN MEMORIES : rencontre avec Baptiste Brun (guitares) et Antoine Brun (batterie). Entretien mené le 02 octobre 2017 au Hard Rock Cafe Paris

 

Stolen Memories

A l’occasion de la sortie de son nouvel album, (Paradox, sorti le 27 octobre et chroniqué ici-même), Metal Eyes est allé rencontrer les frères Brun, moelle épinière du groupe lyonnais qui nous dévoilent presque tout sur la conception de ce troisième album.

metal-eyes: Stolen Memories a été formé à Lyon en 2007, vous publiez aujourd’hui Paradox, votre troisième album, ce qui fait un album trous les 3-4 ans… Ce n’est pas très rapide comme rythme si vous voulez sortir du lot. Comment vous expliquez ça ?

Baptiste: C’est vrai… On est un peu fainéants (rires) ! Non, en fait, au départ on voulait enchainer les disques mais on a eu pas mal de soucis de label entre le premier et le deuxième album, ensuite, on a eu des soucis de line-up, ce qui nous a pas mal retardés. Et au bout d’un moment, à la suite de tout ça, on a décidé de faire un petit break. On a mis le projet en stand-by, on ne savait pas si on allait réattaquer, dans 6 mois, un an, 5 ans… Ce n’était plus du tout notre priorité, et finalement, ça nous a vite manqué, et c’est reparti de plus belle. Depuis, on ne s’arrête plus !

metal-eyes: Vous êtes justement passés de 5 musiciens dans le groupe à 3. Que s’est-il passé ?

Baptiste: Dès le départ, on n’a toujours été que 3 véritablement impliqués dans le groupe : nous deux, les frangins, et Najib, le chanteur. On avait déjà joué ensemble quelques années auparavant. Entre les 2 premiers albums, on s’est séparés de notre claviériste qui avait intégré le groupe juste avant l’enregistrement. Il n’avait de toute façon pas composé, il a seulement réarrangé ces parties. Sur scène, bien qu’on ai un clavier, on utilisait déjà des samples. On s’est dit que de toute façon, on pouvait simplement jouer avec des samples. Ça ne changeait pas grand-chose pour nous, vu que c’est moi qui composais cette partie, qui les enregistrait sur album… On a décidé d’adapter ça pour la scène. Sur le dernier, on n’est que 3 parque, avant l’enregistrement, on n’avait pas trouvé de bassiste qui nous correspondait. Je me suis occupé de la basse, ensuite, on a cherché quelqu’un pour les concerts.

metal-eyes: C’était donc le côté pratique ?

Antoine: Oui, parce qu’on avait envie de l’enregistrer cet album. On ne va pas se mettre des freins sous prétexte qu’on n’est 3 au lieu de 4, au contraire !

Baptiste: On avait vraiment besoin d’un bassiste pour les concerts, pas pour l’album. Là on a retrouvé quelqu’un qui, en plus, est très bien, qu’on a intégré au groupe rapidement et qui, je l’espère va rester. On verra bien !

metal-eyes: Si vous deviez décrire votre musique pour quelqu’un qui ne vous connait pas, qu’en direz-vous ?

Antoine: Il y a quand même une base metal non négligeable. C’est, à la base, le style qui nous a réunis, en plus du prog. On a des influences assez thrash par moment – on est des gros fans de Megadeth depuis qu’n est gamins, Testament, ce genre de thrash « sophistiqué » dirons-nous – et il y a des éléments progressifs qui se sont ajoutés. Baptiste avait fait un album solo, qui était une sorte de démo pour le groupe, la base de ce qu’on allait faire. Dans l’esprit d’un groupe. Et on a appelé Najib pour ça. C’est un metal prog assez accessible. On a voulu en faire quelque chose d’efficace.

metal-eyes: Accessible, oui, tout en ayant beaucoup de couleurs musicales. Un morceaux n’est pas linéaire. Si on parle de jazz, vous êtes d’accord pour dire que ça rentre un peu dans votre musique ?

Antoine: On peut dire, oui, du free jazz…

Baptiste: Moi, je parlerai plus de fusion que de jazz. Mais oui, il y a des passages sans doute orienté un peu jazz. Ça vient de ce qu’on écoute, on a beaucoup d’influences, on écoute beaucoup de musiques différentes, d’artistes différents, et forcément ça se ressent dans les compos e t l’interprétation.

Antoine: Influences diverses et variées, il n’y a pas que du prog…

metal-eyes: Si vous deviez maintenant décrire l’évolution de Stolen Memories entre les deux derniers albums – en dehors du changement de line-up, du passage de 5 à 3 – qu’en diriez-vous ?

Antoine: Il y avait vraiment une volonté de rendre notre son plus actuel : l’ajout de cordes à la guitare pour la rendre un peu plus lourde, dans les graves, avec quelques rythmiques un peu typées djent, un courant actuellement populaire dans le metal, tout en restant sur nos bases progressives. L’album est accessible à un plus large public. Même s’il est plus prog que celui d’avant, on a essayé de faire en sorte d’avoir une partie « chanson » importante : que le chant soit l’l’élément clé du disque. Il y a de bons refrains qui restent en tête, la mélodie qui prime sur la technique, ce qui n’était pas forcément le cas avant.

metal-eyes: Je ne suis pas forcément d’accord avec le fait que les refrains restent facilement en tête : il faut écouter plusieurs fois l’album pour vraiment s’en imprégner…

Antoine: Oui, ça reste du prog, donc, forcément… Quand je dis « restent en tête », c’est pas des refrains de pop, 3 mots qui sont tournés en boucle. Je ne veux pas négliger la pop, c’est ce qui fait la force de ce style-là : le côté très facile et entêtant.

Baptiste: Malgré tout, pour du metal progressif, ça reste accessible

metal-eyes: Visuellement aussi, je note que vous avez évolué : Blind conséquences a une pochette très sombre, et celle-ci propose plus de couleur. Il y a une volonté de repartir vers la lumière ?

Baptiste: oui, et il y a une volonté d’avoir une pochette, comme l’album, plus ambitieuse, avec plus de classe… C’est pour ça qu’on a fait appel à un pro du genre.

Antoine: On a fait appel à Stan W. Decker pour le graphisme et c’est pas du tout le même style que Blind consequences

metal-eyes: ce n’est d’ailleurs pas non plus son style de dessin habituel…

Baptiste: C’est vrai, c’est d’ailleurs ce que les gens ont dit quand il a posté la pochette sur son site. Tant mieux !

Antoine: Parce qu’au final, ça veut dire que ça marche bien, il a vraiment des possibilités.

metal-eyes: Que me diriez-vous pour me convaincre d’acheter Paradox?

Baptiste: Déjà, si tu veux écouter un album avec une bonne production, actuelle, un son moderne où persiste une certaine recherché dans les arrangements, que tu aimes le metal un poil sophistiqué mais avant tout mélodique… tu peux aller l’acheter sans soucis.

Antoine:

metal-eyes: Il y a une force supplémentaire, c’est la maitrise plus que correcte de l’anglais.

Antoine: ça, tout le mérite revient Najib, du coup il n’est pas là pour en parler… (rires) Faut dire qu’il chante depuis un paquet d’années, il maitrise bien cette langue, déjà, même si écrire des textes et parler c’est différent. Je lui ai donné quelques coups de main sur un ou deux textes, mais c’est lui qui a le plus gros du mérite. Et il a un bon accent, mais après tout, on reste Français… C’est dur d’avoir du recul.

metal-eyes: Je pars du principe que si un groupe chante en anglais, c’est pour viser le marché étranger, et ce n’est pas faisable avec un accent franchouillard trop prononcé.

Antoine: Totalement, il faut faire des efforts, et il en a fait, toujours. Et il s’améliore avec le temps.

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical?

Baptiste: Oh, ça remonte… Je dirais Queen…

Antoine: Oui, Queen. En fait, notre père écoutait ça à donf’ et il nous l’a inculqué… Moi, qui suis plus jeune, ça m’a bien marqué quand j’étais petit. Peut-être plus l’album Innuendo, c’était plus la fin… Mais, oui, tout Queen.

Baptiste: Tout Queen, mais c’est vrai, peut-être un peu plus les derniers albums, qui restent plus modernes.

metal-eyes: Et quel musicien ou groupe vous a fait dire « c’est ce que je veux faire plus tard » ?

Antoine: pour la batterie, c’est Nick Menza, de Megadeth. Il m’a vraiment donné ce déclic pour la batterie. Il a apporté ce groove que Megadeth n’avait pas avant… À partir de Rust in peace, il y a eu ce truc en plus…

Baptiste: Moi, il y a plein de guitaristes, mais je dirais peut-être Eddie Van Halen. Je me suis mis à la guitare petit à petit, et c’est devenu une passion. Il y a toujours le musiciens qui te fait dire « oui, j’ai envie de m’y mettre mais j’ai envie de savoir maitriser mon instrument ». Quand j’ai entendu ses solos, j’ai pris une claque. Je ne savais même pas qu’on pouvait jouer de la guitare comme ça ! ça a bouleversé mes codes, je me suis dit tout est à refaire…

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de Paradox pour expliquer ce qu’est Stolen Memories aujourd’hui, ce serait lequel?

Baptiste: Celui qu’on a choisi pour le clip…

Antoine: le morceau Exile, c’était une évidence pour nous! On voulait faire un clip, la phase suivante de l’album. On y pensait déjà en faisant l’album, et ensuite, c’est celel qui s’est vraiment démarquée. Elle résume bien ce que l’on fait aujourd’hui, elle a aussi un bon format single.

Baptiste: Puissante, mélodique, ambiance… et efficace

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Stolen memories ?

Baptiste: Euh… « Patience et persévérance »

Antoine: Oui, restons passionnés, et patients.

Baptiste: On a les pieds sur terre, et on sait très bien qu’on ne s’en sort pas comme ça dans la musique. C’est un vieux rêve, on y croit quand même, donc on continue, à faire de la musique, essayer de proposer des albums de mieux en mieux, en étant patients parce qu’on sait qu’à chaque fois on doit évoluer, tout comme on peut exploser. Mais ça, c’est l’avenir qui le dira, le public qui choisit. Mais avant tout, on fait ça pour nous.

metal-eyes: Quelle est la meilleure question qui vous ai été posée aujourd’hui? Celle que vous avez préférée, qui vous a surpris ?

Antoine: C’est chaud…

Baptiste: Je m’en rappelle plus…

metal-eyes: C’est sympa pour ceux qui sont passés avant moi !

Baptiste: Il y en a eu un paquet..

Antoine: Il y a eu, forcément, un paquet de questions similaires, des bizarres aussi…

metal-eyes: Une bizarre, oui!

Antoine: la plus bizarre? (Au journaliste en question) : J’ai toujours pas compris donc, si tu lis ça, écris moi : on m’a dit « Si tu dois partir en mission avec 5 personnages fictifs, lequel tu choisis ? » j’ai choisi Jar-Jar Binks. Ne me demande pas pourquoi c’est sorti… Improbable. Il y avait Gollum et je sais plus qui, j’ai choisi Jar-Jar : il a l’air marrant, c’était mon critère ! (rires)

Baptiste: Et moi… Je pense que c’est « vous avez appelé l’album Paradox parce que c’est le fait qu’un groupe comme vous, passionné, qui persévère, soit encore obligé de travailler aujourd’hui ? » Et le mec a vraiment mis le doigt dessus. Ce n’est pas que pour ça, mais c’est un peu l’histoire du groupe : le paradoxe c’est qu’on adore ce qu’on fait mais on galère quand même.

metal-eyes: Qu’avez-vous prévu comme concerts pour défenre cet album ?

Baptiste: On commence avec une première date, le 24 novembre, à Décines-Charpieux, du côté de Lyon, ensuite, c’est en cours de bouclage. On attend des réponses…

Antoine: C’est la suite, on n’est pas que musiciens de studio, on veut aussi se frotter à la scène.

metal-eyes: Un dernière chose : vous avez choisi votre nom comment ? Pour que les initiales fassent « SM » ?

Antoine: Non, c’est une pure coïncidence !

Baptiste: En fait (il se racle la gorge)… C’est juste un loupé, ça. Ça n’a pas été calculé du tout et c’est pour ça qu’on ne fera jamais un logo avec le S et le M qui ressortent. C’est pas possible ! (rires)

 

 

 

DAISY DRIVER: Nulle part

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Forcément, les plus cinéphiles d’entre vous ont fait le lien avec le film Miss Daisy et son chauffeur. Et le titre de ce t album arrive comme un clin d’oeil: « On va où Miss Daisy? » « Nulle part« … Daisy Driver s’est formé en 2015 et les quatre ont mélangé leurs influences, variées, pour concocter cet album enlevé, diversifié, enragé et tendre à la fois… Le quatuor français nous offre une jolie plongée dans des univers torturés à la Noir Désir et enjoués et directs à la Rolling Stones, première période. C’est un ensemble prenant, principalement chanté (avec quelques intonations torturées à la Bruel!) en français auxquelles viennent, de temps à autres, se greffer quelques paroles en anglais. Un voyage sonore qui fait mouche, une invitation à parcourir un bout de chemin avec ces gars. Du beau travail qu’on espère voir sublimé par les gros médias… A noter, deux reprises figurent sur ce disque: Morgane de toi de Renaud et Elle a les yeux revolver de Marc Lavoine. Quand on vous disait que les influences de Daisy Driver sont variées…

DREAMCATCHER: Blood on the snow

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

Si vous aviez accroché à Emerging from the shadows, le premier album du groupe paru en 2012, vous avez sans doute cru Dreamcatcher disparu depuis belle lurette… Sauf que Chris Garrel, son chanteur, fondateur et unique membre d’origine a plutôt la passion chevillée au corps. La passion du metal en général (et de Maiden en particulier) et de son groupe, son bébé. Et s’il a pris son temps pour écrire et composer, avec la participation de Geoffroy Lacarrière, ce second album, Blood on the snow, c’est pour y mettre tout ce qu’il avait en lui. Si Blood on the snow, le morceau titre, traite d’un des massacres subis, au même titre que Dreamcatcher qui clôt le disque, par les indiens d’Amérique, les thèmes des chansons sont variés. On passe ainsi d’histoires vraie à d’autres inspirées par l’univers fantastique (The Werewolf, Curse of the vampires..) ou d’actualité (Mother earth, dont on regrettera seulement quelques paroles trop faciles et qui est également lié aux indiens d’Amérique) sur fond musical déterminé et puissant. Bien sûr, on retrouve des traces des géants du genre, Iron Maiden (un peu partout) ou Scorpions (Curse of the vampires), voire Metallica/Slayer, mais Dreamcatcher s’efforce d’ajouter sa propre touche, mélangeant heavy pur jus, parfois limite thrash, et prog. Ainsi, les ambiances inquiétantes sur le pont de The werewolf – et son chant black en fond – ou les cavalcades guitaristiques de Dark is my soul sont particulièrement réussies. Le mix final d’Alex Wursthorn est, comme à son habitude, efficace. Dreamcatcher doit maintenant passer à la vitesse supérieure en s’attaquant sérieusement à la scène. Mais ça, c’est une autre histoire…