Interview: HEADCHARGER

Entretien Headcharger. Rencontre avec Sébastien Pierre (chant) et Romain Neveu (basse). Propos recueillis au Hard Rock Café de Paris le 16 février 2017

Headcharger

 

C’est au Hard Rock Café du boulevard Montmartre à Paris que les Normands de Headcharger sont venus rencontrer les médias pour parler de Hexagram, leur nouvel album que vient de sortir Verycords. Les gaillards sont en forme, fier de ce sixième disque et, lien de cause à effet ?, très bavards. Si on ne nous avait pas arrêtés, nous y serions sans doute encore !

 

Metal-Eyes : Si vous le permettez, nous allons commencer avec un retour en arrière, et revenir à Slow Motion disease qui a marqué un véritable tournant dans la carrière de Headcharger. Pouvez-vous revenir sur les raisons qui vous ont motivés à suivre cette orientation ?

Romain : L’envie d’évoluer, en fait. Avant cet album, il y en a eu trois autres, et même avant Headcharger, avec Doggystyle, qui était beaucoup plus hardcore. C’est moi qui composais à l’époque, le groupe se mettait en place… On a voulu intégrer les influences de chacun, ce qui a pris un ou deux albums. Le premier, éponyme, et le suivant, Watch the sun encore assez typé chant saturé, grosses guitares, rentre dedans. Les influences de chacun ont vraiment pu se mettre en place à partir de The end starts here, qui, pour nous est un peu le tournant musical du groupe, et qu’on a vraiment poussé avec Slow motion disease, où on est parti sur quelque chose de plus rock : le chant gueulé était encore présent mais de moins en moins. Les influences de chacun se sont imbriquées, affinées, parce qu’on se connait depuis longtemps. Et c’est la musique qui nous plaisait au fond de nous, c’est pour cette musique que nous étions fait, pas pour faire du gros hardcore. Du gros rock, du gros son, mais pas quelque chose de bourrin…

Sébastien: On a pour habitude de dire que si tu écoutes le premier et le dernier album de Headcharger, tu as un côté schizophrène qui se dégage, alors que si tu prends le premier album, puis le second, le troisième, le quatrième… il y a une réelle évolution sur chaque album et l’ensemble parait plus cohérent et compréhensible.

Metal-Eyes : C’est une évolution naturelle.

Romain : Oui, et c’est vrai que tu écoutes le dernier et ensuite le premier, tu te demandes « c’est quoi ce bazar ? C’est pas le même groupe ! ». On en est totalement conscient, mais c’est vrai que si tu écoutes tout, pas tout d’affilée parce qu’il faut un peu de temps, le procédé est, là, procédé d’assagissement, ou plutôt d’affinement de style…

Metal-Eyes : Depuis trois albums, on a vraiment l’impression que le style Headcharger est trouvé.

Sébastien: Indiscutablement, et je pense que c’est encore plus vrai avec Hexagram.

Metal-Eyes : Nous allons en parler. Mais avant : trois années séparent Black diamond snake et Hexagram, ce qui n’est pas inhabituel chez vous. Comment occupez-vous votre temps entre deux albums ? Il y a les tournées, bien sûr…

Sébastien: Tournées, et la composition. Tu sais, on a tout le temps un processus de composition assez naturel. On ne se force jamais à composer, ça vient au fil du temps… Il se trouve que pour cet album, Hexagram, le maître mot était d’être complètement décomplexés.

Romain : Se faire plaisir, faire vraiment exactement ce que l’on veut.

Sébastien: Que nous fassions un album qui nous plaise à nous avant tout.

Metal-Eyes : Ce qui est le principal.

Sébastien: Oui, mais ce n’est pas toujours évident  dans la phase de composition.

Metal-Eyes : pourquoi ?

Sébastien: Parce que tu peux être influencé par les gens que tu rencontres sur une tournée, qui te disent que ce qu’ils ont aimé sur tel album c’est tel morceau et pourquoi, et machin, et tu te dis que c’est peut-être là que le groupe peut être tiré dans ses qualités… Et je pense que Black diamond snake est encore un peu comme ça, un peu « le cul entre deux chaises » : il a un côté qui commence à s’affiner, à s’assumer, mais pas encore à 100%.

Metal-Eyes : Justement: je rapproche Hexagram bien plus de Slow motion disease de Black diamond snake à plus d’un titre : d’une part, la pochette, malgré des couleurs différentes, et la présence de rochers et d’animaux, est plus claire, plus lumineuse et rappelle les grands espaces américains. Musicalement, aussi, et vous vous éloignez du concept qu’il y avait sur l’album précédent…

Sébastien: Exactement, il n’y a pas de concept. Il y a une ligne directrice qui est la musicalité mais il n’y a clairement pas de concept album.

Metal-Eyes : Avec le recul, que pensez-vous de Black diamond snake ?

Sébastien: C’était un album de transition, et le pense que c’était assez bien vu de ta part, entre Slow motion et Hexagram. On était vraiment à une étape : d’abord, l’album a été composé sans batteur – Rudy bous a rejoints à 4 mois de l’enregistrement de Black diamond, il a donc été juste un exécutant…

Romain : Il n’a pas eu le temps d’ajuster son jeu à nous, ni nous de nous adapter à son jeu, or, pour nous, la batterie est l’élément le plus important…

Metal-Eyes : A partir du moment où la rythmique est là, la structure est en place, on peut faire tout ce qu’on veut autour.

Sébastien: C’est exactement ça.

Romain : Et pour finir avec ce que Seb disait, il y avait encore ce petit côté influençable, avec ces choses qu’on pouvait nous dire. Il y a des harmonies de guitares, des choses qu’on aime beaucoup, mais on a peut-être trop cherché à faire ce genre de chose. Du coup, c’est un album qu’on adore, mais il y a des petites choses… On n’avait sans doute pas assez recentré le débat. Avec Hexagram, on a réussi à revenir à ce que doit être Headchargher, à ce que nous devons être aussi.

Sébastien: Et Hexagram a cette force que n’a pas Slow motion qui est l’ouverture. Ouverture sur la composition, sur la production… Un truc qui fait un peu… Tu parlais de grands espace, c’est ça, un truc où tu respires, tu te dis que le groupe est bien dans ses baskets, il a envie de passer un message te tu les sens sereins dans ce message. Ils ne se posent pas de questions. Je pense que sur Hexagram, on y est. Sur Slow motion, on le sentait venir. Je pense que c’est pour ça qu’il a été aussi bien accueilli, tout le monde sentait le potentiel  qui pouvait s’en dégager et sur Hexagram, on y est.

Metal-Eyes : Donc je ne dis pas que des conneries. J’ai réécouté Black diamond snake avant de venir et je l’ai trouvé beaucoup plus sombre, moins facile d’accès.

Romain : Oui, oui, c’est vrai. Mais, le son est plus brut de décoffrage, la production est moins lisible, moins claire, et c’est vrai que c’est la grosse différence. Du coup, tu as raison, Slow motion et Hexagram, les productions sont plus claires, plus propres, plus… « à l’américaine », avec ce gros son épais mais tout est distinct. Slow motion est un peu plus brut, on voulait quelque chose de plus organique, sans trop retravailler des choses derrière.

Metal-Eyes : Comment expliquez-vous le fait de passer d’un son clair et gras, sur Slow motion, à quelque chose de plus sombre avec Black diamond, pour revenir à du son plus gras ?

Romain : Justement, on s’est toujours dit que ce serait génial de pouvoir enregistrer un album live comme à l’époque, ce que Led Zep ou plein d’autres groupes pouvaient faire.

Metal-Eyes : Si c’était le cas, vous en sortiriez deux par an…

Romain : Oui, oui, mais ce ne serait plus drôle, ce serait de la chaîne ! ce serait dommage…

Sébastien: A moins d’être au stade de génie, ce que sont ces groupes…Led Zep, Elton John, ce sont des génies. On n’est pas des génies.

Romain : Sur Black diamond, on a voulu essayer parce que, si la prod de Slow motion était grosse, il y avait aussi plus de travail de production derrière. Il aurait fallu aller un peu plus loin pour trouver cette production qu’on souhaitait, mais il nous manquait ce petit côté un peu organique. Au final, on est partis un peu trop sur Black diamond snake mais qui est cool, sombre comme tu disais. La prod d’Hexagram, c’est ce qu’on voulait : gros, épais, fat, c’est distinct, c’est  clair, mais il y a quand même ce côté organique qu’on voulait. On n’a pas eu besoin de beaucoup retravailler.

Sébastien: Et on a appris. D’abord, on a appris de nos erreurs. Ensuite, un album, c’est juste un instantané, d’un moment T. C’est un peu comme une photo, un album

Metal-Eyes : C’est ce que vous êtes aujourd’hui.

Sébastien: Exactement, et comme aujourd’hui Hexagram est un album dont on est particulièrement fier- on en est fiers tout simplement parce qu’il est assumé.

Romain : On s’était bien préparés aussi en amont.

Metal-Eyes : Justement, comment avez-vous abordé la conception d’Hexagram.

Romain : Une partie des morceaux d’Hexagram est composé de petites chutes de Black diamond. Je ne te parle pas de morceaux complets, simplement de riffs qu’on trouvait cool à l’époque mais on n’avait pas réussi à en faire ce qu’on voulait, Seb en terme de chant, nous en terme de compositions globales…

Sébastien: Et qui ne rentraient pas forcément dans l’histoire qu’on voulait raconter sur Black diamond. Tu vois, il y a des titres qu’on met de côté, pas que ce soit de mauvais titres… C’est juste que par rapport à ce qu’on voulait dire, ça ne correspondait pas. Je crois qu’il y a deux titres… On les a repris, en se disant « tiens, si on faisait ça » ; et c’est venu naturellement. Le morceau sonne différemment, et voilà !

Romain : C’est un nouveau morceau

Sébastien: Il devient cohérent, logique et fidèle au message qu’on veut donner.

Metal-Eyes : Il y avait l’idée, mais ce n’était pas le bon moment.

Sébastien: Exactement.

Romain : C’est exactement ça. Après il y a aussi les autres morceaux qui sont arrivés, on a beaucoup bossé en pré-production ; maintenant, grâce aux nouvelles technologies, on peut faire plein de choses, on s’envoie les morceaux, on peut bidouiller des choses, on écoute… 6 mois avant, on avait 13, 14 morceaux, on les a gardés jusqu’à notre arrivée en studio et il y en a d’autres… Ça se trouve, ce sera pour le septième album… Mais on savait exactement avant ce qu’on voulait. On est arrivés en studio, on savait globalement le son qu’on voulait, les arrangements qu’on voulait – à la limite même de savoir quel matériel on voulait utiliser, avec l’aide de notre ingénieur du son live et celui du studio… On a eu qu’à enregistrer et apporter quelques arrangements supplémentaires et se faire plaisir. On savait exactement, tous, ce qu’on devait jouer et ça nous a apporté une liberté… pas complète mais presque. On a pris un mois pour vraiment tout faire

Sébastien: un album, on le prend un peu comme un écrivain ou un peintre qui fait des crioquis… Là, pour un album comme Hexagram, il y a dû y avoir quelque chose comme 40 ébauches. Et d’un seul coup, tout devient clair dans ta tête, tu te dis « non, celui-ci on en le garde pas parce qu’il ne correspond pas, celui-ci on le garde mais il faudrait… » D’un seul coup, tu rentres dans un processus qui est naturel, tu es sur des rails. Le maitre mot était de rendre un ensemble cohérent, je pense que c’est la force d’Hexagram.

Romain : C’est onze titres différents mais qui marchent ensemble.

Sébastien: On parlait de Slow motion et de Black diamond ? Hexagram a cette force qui le rend plus cohérent que ces deux albums.

Metal-Eyes : Alors que les titres sur Slow motion s’enchainent bien, il y a une vraie cohérence.

Romain : Il y a une cohérence, mais il y a des titres un peu plus rentre dedans parfois…

Sébastien: Et il y a peut-être une monotonie sur Slow motion que tu ne retrouves pas sur Hexagram qui a un côté – on est très fans de cinéma – un côté un peu road movie. Tu passes d’un truc plus speed et frontal à quelque chose de plus posé, tu prends le temps de regarder les paysages. Tout ça, c’est des images… Tout d’un coup, tu arrives sur quelque chose de plus happy… L’album a été composé en pensant à ces images-là.

Metal-Eyes : Vous parliez tout à l’heure d’évolution, ce qui est tout à fait naturel pour un groupe, d’autant plus avec ce résultat-là – pardon, mais « tout flatteur vivant aux dépends de celui qui l’écoute », j’en profite (rire général)…

Romain : Ouais ! Continue, c’est bien ça !

Metal-Eyes : Vos copains de Klone viennent de sortir un album entièrement acoustique. Est-ce que vous envisagez, à un moment de votre carrière, de faire quelque chose comme ça ?

Sébastien: On n’a pas barrières. Je pense à, simplement parce qu’on en avait envie il y a un an environ, on a sorti une reprise de Black Sabbath en acoustique. Children of the grave en version acoustique et totalement réarrangé…

Romain : Acoustique, et semi électrique. Une réadaptation complète du morceau.

Sébastien: Pour le moment, on n’a pas cette envie parce qu’on est sur Hexagram, mais pourquoi pas ? Ce n’est pas un truc qu’on trouve ridicule, et, en plus, j’ai eu l’occasion de jeter une oreille attentive sur l’album de Klone et c’est super ! Ils ont fait un super boulot. Ca pourrait aussi, pourquoi pas, être un album entier de nouvelles compositions, mais je ne sais pas le message qu’on voudra faire passer. Mais c’est un projet qu’on peut assez facilement envisager.

Romain : Sachant qu’on l’a déjà fait il y a quelques années : Sur The end starts here, il y avait un morceau acoustique, sur Slow motion le dernier morceau est acoustique avec des petites pointes électriques et on avait deux ou trois dates en set acoustique avec cinq ou six titres… Après, ça demande beaucoup de boulot, et on est avant tout un groupe électrique.

Metal-Eyes : Klone aussi…

Romain : Oui, aussi, et c’était certainement le moment où ils ont eu envie de le faire.

Metal-Eyes : Ils ont évolué aussi…

Romain : Oui, et ils font aussi une musique avec des atmosphères qui marchent très bien aussi. Pour nous, comme le dit Seb, aucune porte n’est fermée, et ça peut être très plaisant.

Metal-Eyes : Revenons à vous, quand même. On n’est pas là pour faire la pub de Klone !

Romain : Oh, on peut, c’est très bien !

Sébastien: On a d’ailleurs eu un batteur en commun sur des tournées, Morgan (Berthet).

Metal-Eyes : Je voudrais savoir le pourquoi de ce titre, Hexagram, et le rapport qu’il y a entre le titre et la pochette : commençons par le titre, Hexagram qui dénote dans le monde du metal qui ne jure que par le pentagramme…

Sébastien: On parlait à l’instant de ligne conductrice pour cet album. Et la ligne conductrice du thème de l’album ça a été la dualité depuis le début. Sur la pochette, la dualité est évidente avec ces deux buffles qui s’entre choquent. Ensuite, il y en a une qui est moins évidente entre ce côté primaire du choix de l’animal, qui est un bœuf musqué et le logo, qui est un hexagramme, un peu plus moderne dans ses formes rectilignes. Et, ensuite, l’hexagramme en soi est aussi une dualité, entre le Yin et le Yang, une question de combinaison de signes et autres de la culture chinoise. Du coup, on trouvait très intéressant de traiter, ce que tu retrouves aussi dans les textes, la dualité sous toutes ses formes.

Metal-Eyes : Avez-vous pensé au côté linguistique, étymologique : hexa signifie six, et c’est votre sixième album ?

Sébastien: Ecoutes, on n’y avait absolument pas pensé, mais une de tes collègues nous parlait de l’hexagone pour le côté français… On a l’habitude dans les textes de laisser un double degré de lecture, de la place pour l’interprétation, et là, c’en est la preuve, on est en plein dedans ! Après, la définition que je viens de te donner, c’est le message que nous avons apporté à tout ça. C’est pas forcément le bon message – il n’y a pas de bon message – et chacun y voit ce qu’il veut.

Romain : Et c’est esthétique, ça colle bien. C’est déclinable sur plein de choses. On n’a jamais eu un logo très fort, comme un AC/DC ou un Metallica, et c’est quelque chose assez caractéristique. Mais il ne faut pas non plus chercher trop loin : l’esthétique est bien, ça colle bien avec l’imagerie et les idées qu’on veut véhiculer.

Metal-Eyes : Si vous deviez chacun ne retenir qu’un titre pour illustrer ce qu’est Headcharger aujourd’hui, lequel serait-ce ?

Sébastien: (sans hésiter) Coming back to life.

Romain : Pareil. Ça représente bien ce qu’est le groupe en terme de son et de composition. Et c’est un morceau mid tempo, up tempo, là où on se place vraiment bien.

Sébastien: Il a un côté assumé. C’est le genre de morceau que tu ne peux pas faire si tu ne l’assumes pas.

Romain : Ce n’est pas le tube metal, c’est une chanson, qui nous représente. C’est pour ça qu’on la mise en premier.

Metal-Eyes : Une toute dernière chose : quelle est la meilleure question qu’on vous ait posée aujourd’hui ?

Sébastien: Euh… Qu’est-ce que vous voulez manger ? (rires)

Romain : C’était pas mal… Et c’était quoi où j’ai répondu un gremlins ?

Metal-Eyes :

Sébastien: C’était « qu’est-ce que tu aimerais être si tu n’étais pas ce que tu es ? »

Romain : Oui, je pense que c’était un animal ou quelque chose comme ça, et j’ai dit Gremlins.

Sébastien: Et ça te correspond bien…

 

MADJVE: Buisiness first

madjiveHard rock, France (Autoproduction, 2017)

« On va enfin pourvoir voir Madjive! » sont les paroles qui introduisent ce Business first, nouvel album de Madjive. Madjive? Inconnu chez moi, et pourtant… Le groupe, qui vient de l’est de la France, a déjà plusieurs enregistrements à son actif (3 Ep et 2 albums) et donné de nombreux concerts un peu partout en Europe. Distillant un hard rock joyeusement bordélique, Madjive évoque à la fois le punk irrévérencieux et je m’en foutiste que le rock fun et déjanté d’un Royal Republic. Pas sérieux, ne pas s’abstenir, svp! C’est marrant, direct et ça envoie bien le bois sur fond de critique ouverte, acerbe et corrosive du monde des affaires. 12 chansons où énergie rime avec bonne humeur. ça commence par un Ignition programme sous forme de narration de ce qui va suivre. Et ce qui suit est constitué à la fois de rock et de chansons à boire. Un vrai folklore d’amusement. C’est le mot qui semble le mieux résumer, expliquer l’esprit de ce groupe qui ne se prend pas une seconde au sérieux et , dans cet esprit, parvient à nous entraîner dans son délirant sillage. Le verso est bien pensé, aussi, puisque chaque titre bénéficie d’une ligne explicative. Claire, nette et précise. Un album à écouter entre potes autour d’un bon apéro. APÉRO?

Note: 7,5/10

HEADCHARGER: Hexagram

HEADCHARGER 2017Hard rock, France (Verycords, 2017)

Il aura fallu trois ans à Headcharger pour proposer un successeur à Black diamond snake (2014). Aujourd’hui, Hexagram vient aujourd’hui conclure, ou simplement continuer, une trilogie magnifique entamée avec Slow motion desease (2012) avec lequel on pourra faire plusieurs parallèles. Tout d’abord, ces buffles de la couverture nous replongent dans les paysages sauvages américains qui illustraient déjà la pochette de Slow motion desease. Musicalement, et c’est le principal, Hexagram s’en rapproche également, s’éloignant du thème de l’histoire abordé avec Black diamond snake. Les guitares grasses, le chant embué, les ambiances… On ne trouve plus trace ici d’un metalcore qui permit pourtant aux Caennais de s’imposer sur la scène française. Je leur préfère – et de loin – ce hard rock, heavy aux guitares fulgurantes, à la grandiloquence exemplaire, cette maîtrise du rythme et de l’énergie qu’on ne retrouve que chez les plus grands. Parfaitement mis en son, Headcharger entraîne l’auditeur dans une furia maîtrisée aux sonorités variées (l’entraînant Coming back to life, le furieux Gusty move, le groovy A long wait…) Ici, l’énergie mise à part, pas un titre ne ressemble à un autre, plaçant l’ennui en dehors de l’équation. La basse imposante de Name your price domine les guitares furieuses que l’on retrouve avec un plaisir non feint sur The one you want to be. On se surprend même à entendre des guitares évoquant ici Maiden (Dirty like your memories), là Priest ou encore les 70’s (Load the dice). Une nouvelle fois, Headcharger nous propose un album réussit qu’on écoute comme on boit un bon calva: en le dégustant. Pour ce qui concerne les oreilles: sans modération!

Note: 9/10

STORM ORCHESTRA: Bite the bullet

VISUEL EP STORM-ORCHESTRA-Bite-The-Bullet-CoverHard rock, France (Autoproduction, 2017)

Storm Orchestra est un trio parisien composé de 3 ingénieurs du son. On y trouve Maxime Goudard (chant et guiare), Adrien Richard (basse) et Marc Familari (batterie). Déjà auteur d’un So?  qui m’est inconnu, c’est avec une certaine curiosité que j’écoute ce nouvel essai, Bite the bullet. Ce Ep propose 4 titres mêlant hargne et énergie, fureur et calme, metal et intonations modernes. Ce disque débute avec When I touch your et El Tyranno, deux chansons résolument hard rock, directes et puissantes. Survival est plus moderne, avec des influences rap/neo metal  et un groove efficace. Blown apporte une conclusion sous forme d’une rage contenue grâce à une basse qui ronfle et gronde. Si Storm Orchestra propose un metal moderne, bien fichu et réfléchi, il se trouve cependant face à une difficulté de taille: comment se démarquer de la masse? Ils sont nombreux, sur ce créneaux. Pourtant, ce trio est plein de belles promesses. On le sait, un Ep, outil à la mode, permet d’être régulièrement présent. Alors, maintenant, il faut persévérer et confirmer!

 

Note: 7/10

LAURA COX BAND: Hard blues shot

LAURA COX BAND 2017Hard rock, France (Verycords, 2017)

Elle a dû le lire ou l’entendre un bon million de fois: aussi mignonne, oui, mais Laura n’est pas la sœur de Courtney. C’est dit, on passe à autre chose, car ce qui nous intéresse ici, c’est bien cet album qui porte si bien son nom. Hard blues shot est le premier et très prometteur album du Laura Cox Band, qui, dès les premiers accords du morceau titre est clair: du hard rock vintage, des guitares qui craquent et rappellent sans aucun doute possible les débuts d’AC/DC. Et, tiens, le second morceau s’intitule The Australian way. Clair, non? Çà groove, ça riffe sec et ça fait bouger. Et le message est clair: comme elle le chante si bien sur Hard blues shot : « Radio is dead, TV is shit » et l’on ne saurait être plus d’accord. Si le propos musical est alléchant, on ne regrette que deux choses: on pourra déplorer un manque de hargne vocale, certes, mais ça va venir. Un peu de clopes et de whiskey fera l’affaire. Egalement, la production manque légèrement de relief, le son est un peu trop étouffé à mon goût. Pour le reste, rien à dire: Laura a des doigts en or, le blues dans la peau, celui qui fait se dresser les poils (Good ol’ days), sait aussi être réaliste (Too nice for rock’n’roll) et explore plusieurs univers, dont le bluegrass (Barefoot in the countryside). Bien sûr, sa musique évoque souvent AC/DC, mais on pense également aux grands du hard rock  (ZZ Top sur Morning road ou Led Zeppelin) ou leurs héritiers, tels Great White. Et, détail plus qu’important quand on parle de rock hexagonal: son anglais est parfait, et ça, c’est un vrai plus. D’autant plus lorsque, sur la ballade 13, qui clôt l’album en douceur, elle s’amuse à chanter quelques mots en français… Effet garanti. Un premier essai particulièrement réussi musicalement, qui donne envie de voir ce que le quatuor donne sur scène.

Note: 8/10

sortie le 10 mars 2017 – Site web: www.lauracoxband.com

TAGADA JONES: La peste et le cholera

tagada jones 2017Hardcore, France (At(h)ome, 2017)

Plus de 20 ans que ça dure! Deux décennies que Tagada Jones sillonne la France à coup de rage et de coups de gueule. Engagé comme jamais, le monde actuel est source d’une inspiration et prétexte à une colère qui servent d’exutoire à Niko et sa bande. On y va, direct, franco, carré. On enrage devant la bêtise d’une humanité de plus en plus inexistante, face à un monde de plus en plus individualiste. La peste et le choléra, ce sont 12 nouvelle dénonciations et autant de constats affligés de notre monde. La guerre en Syrie, le réfugiés refoulés, la crétinerie humaine, tout y passe au son et aux textes des La peste et le choléra, Le monde tourne à l’envers, Narcissique, Pas de futur, Enfant des rues. Bien sûr, il est impossible de ne pas débuter avec un hymne à la mémoire des victimes du Batacla, des terrasses et du SDF, Vendredi 13 clamant haut et fort NOTRE liberté et soif de vivre. Partout, le riff est rageur, le chant enragé, et Tagada Jones affiche une forme exemplaire. L’état de la planète est une source intarissable pour les Bretons qui nous offrent une de leurs meilleures productions de ces dernières années. Un must  du hardcore punk qui va faire pogoter la France entière.

Note: 8,5/10

KLONE: Unplugged

KLONE 2017Rock, France (Klonosphère/Verycords, 2017)

Klone acoustique? Tant qu’à modifier ses comportements et sa personnalité, autant pousser l’expérience jusqu’au bout. Car Klone, aujourd’hui, n’a plus rien de commun avec le groupe de death metal qu’il fut naguère. Certes, depuis deux albums, le public s’est habitué à cette nouvelle identité, et l’on ne saurait par conséquent être surpris avec ce nouvel album Unplugged dont plus de la moitié des titres (Immersion, Fog, Grim dance, Nebulous, Gone up in flames, Come undone et Summertime) proviennent de Here comes the sun, son dernier album paru en 2015. En revanche, on ne trouve plus trace ici des premiers opus des Poitevins alors qu’il aurait été très intéressant de relever ce défi. Mais Klone n’est pas un groupe qui se repose sur ses acquis, il nous l’a assez démontré! Avec ce nçouvel album débranché, le groupe se met à nu. Une simple guitare accompagnerai la voix qu’on n’es serait pas déstabilisé. L’ensemble est simplement d’une magnifique pureté. Le son est clair, le chant doux comme la caresse du vent, un vent qui fait frissonner par instant. Klone est à fleur de peau et se dévoile comme jamais, prouvant une nouvelle fois que lorsqu’une chanson est bonne, il importe peu de quelle manière on l’interprète, elle reste et restera une bonne chanson. Les Français prennent des risques et c’est payant.

Note: 8/10

Sortie le 17 février 2017

RAPTOR KING: Dinocalypse

raptor king 2017 France, Thrash (Ep – Autoproduction, 2017)

Aux limites du thrash, du death et du black, Raptor King nous propose un Ep intéressant. Au delà de l’histoire (le roi Raptor se réveille après un somme de quelques dizaines de millions d’années qui fait suite à Dinocracy, inconnu à mes oreilles…) les cinq titres de ce disque nous montrent plusieurs facettes du groupe. Si le chant – les hurlements – black sont offerts en guise d’amuse gueule sur le morceau titre, la suite se fait plus variée, alternant entre double grosse caisse et heavy plus traditionnel. A ce titre, on secouera volontiers la tête sur Fight’n’roll, sans doute le morceau qui fait le plus taper du pied, tandis que Lonesome raptor surprend avec ses constructions imbriquées et alambiquées. Si l’on devine que l’humour a une large place, Raptor King ne parvient cependant pas à véritablement se démarquer malgré un production plus qu’honnête, et des idées attirantes. On s’amuse, et c’est déjà beaucoup!

Note: 7/10

Sortie: 13 février 2017 – Site web: www.raptorkingrocks.com

FRANTIC MACHINE: Peace of mind

FRANTIC MACHINE 2014 Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

J’ai découvert Frantic Machine au PMFF VI. La claque que j’ai reçue, je te dis que ça! Il fallait donc que je découvre version disque ce que donne le groupe afin de confirmer – ou d’infirmer – cette première impression. Merci tout d’abord au groupe de m’avoir spontanément proposé de m’envoyer ses deux albums dont voici le dernier en date. Peace of mind est paru en 2014 et la machine fonctionne à merveille. Voilà, c’est dit. Maintenant, comment ils font? Le propos est sans conteste possible celui d’un groupe de metal: la voix de Seb est rauque et étouffée, les guitares saturées et déterminées, la rythmique lourde. Simplement, tout au long de Peace of mind, Frantic Machine apporte cette touche de sonorités modernes, ici avec de simples notes de claviers, là avec des guitares plus claires et légères. Le morceau éponyme, s’il est passe partout, cache une série de headbangers: To you fait taper du pied, No freedom, rapide, possède cette détermination particulière aux hymnes en puissance et fait non pas se dresser les cheveux mais bien lever des poings révoltés, My needs plus modéré avec son riff obsessionnel devient vite hypnotisant. En l’espèce de quatre titre, Frantic Machine démontre la variété de ses envies dont le point commun se résume à « puissance et efficacité ». Et ça continue. Liar puissant, cède la place à une exceptionnelle détermination. Rajoutez à à cela une motivation sans failles, et l’on obtient l’album quasi parfait. Si Face to face est plus heavy, il est également plus oppressant et moins attirant. Si l’ombre de Metallica plane (le break de No Freedom, Brother…) Frantic Machine s’en détache pourtant trouvant son identité propre. Eh, les gars trouvent même le moyen de faire jouer Fred Duquesne sur le solo de Fantasy, qui (presque) clôt le disque. Car, loin des 16′ affichées, il cache une dernière chanson, toute en douceur. L’ensemble reste cependant très efficace, Peace of mind s’écoutant de bout en bout en tapant du pied. A quand la suite???

Note: 8,5/10

Paru en 2014 – Albums toujours disponibles via: https://franticmachine.bandcamp.com/ ou la page FB du groupe : https://www.facebook.com/franticmachine/?fref=ts

Interview: HIGH SCHOOL MOTHER-FUCKERS

Interview High School Mother-Fuckers. Rencontre avec Pamy (batterie) et Fuzzy (basse). Propos recueillis à Paris le 16 février 2017

 

High School MF 2 - Copie

Metal-Eyes : Commençons par un petit rappel : c’est en 2003 que s’est formé High School Mother-Fuckers, avant tout en hommage aux Ramones.

Pamy : C’est ça.

Metal-Eyes : Donc un côté punk rock et hard rock très affirmé, autant qu’un côté glam, visuel autant que musical. Votre actualité, c’est ce split avec The Joystix, Skulls out. Pourquoi avoir choisi ce format plutôt qu’un album tout court ou quelque chose sous votre propre nom ?

Pamy : En fait, un album… On s’est dit qu’on en a sorti un il n’y a pas longtemps. Enfin… « il n’y a pas longtemps… » Le format nous plaisait, et à la base, on voulait que ce soit un vinyle. Financièrement parlant, autant pour les Joystix que nous, ce n’était pas très rentable. Donc, on est partis sur le split CD. On ne voulait pas faire l’album tout de suite, Fuzzy vient juste d’entrer dans le groupe

Fuzzy: … 2 ans, quand meme!

Metal-Eyes :

Pamy : Oui, mais deux ans, pour nous, c’est pas énorme !

Fuzzy: La notion du temps n’est pas la même (rires)

Pamy :  C’est ça… C’était un peu prématuré, le temps qu’il se mette comme nous à l’alcool, la drogue et aux filles…

Metal-Eyes : Donc avant, il n’y avait ni l’un, ni l’autre ni le troisième, c’est ça?

Pamy : Non, il n’avait que deux chats.

Metal-Eyes : En 2017, HSMF, c’est quoi? Tiens, commençons justement par toi, Fuzzy…

Fuzzy: C’est quoi? C’est un groupe… A quel niveau?

Metal-Eyes : Ce que ça représente pour toi.

Fuzzy: J’ai arêté un groupe, en fait, deux autres, quand ils m’ont embauché. C’est un groupe de rock’n’roll français, donc on essaie tant bien que mal d’y arriver, mais c’est pas gagné, à la base. On s’éclate, je pense que c’est avant tout une bande de potes, on ne fait pas ça pour l’argent… Ça se saurait ! C’est prendre la route, boire des coups avec les potes, le rock’n’roll, quoi !

Metal-Eyes : Et pour toi Pamy ?

Pamy : pour moi, High Shool c’est les potes, c’est une famille, le rock’n’roll, c’est l’aventure, se marrer… Pas se prendre au sérieux… c’est un mélange de tout ça. On n’est pas des punks parceque on aime bien notre chez-soi en rentrant le soir. Mais c’est une famille. Une fois qu’on rentre dedans, on y est bien.

Metal-Eyes : Discographiquement, et scéniquement, vous êtes assez rares. N sait que c’est assez diffiocile en France, mais ce n’est pas non plus le plus évident pour se faire connaitre, d’être absents. Comment comptez-vous y remédier ? (3’48)

Pamy : On est en préparation d’un clip, par exemple, pour le titre Ride into the blue qui est sur le split. Ensuite, on va faire de plus en plus de split, je pense, avec des groupes qui nous tiennent à cœur. On a des noms qu’on garde pour nous car rien n’est établi, mais ce sera plus avec des groupes internationaux.

Metal-Eyes : Toujours sur Shootgun, j’imagine.

Pamy : Toujours sur Shootgun Generation Records.

Fuzzy: Il y a aussi un site internet qu’on n’avait pas avant (www.highschoolmotherfuckers.com).

Metal-Eyes : Comment décririez-vous l’un et l’autre l’évolution du groupe entre vos deux dernières productions ?

Pamy : Déjà, on a changé de bassiste. Aurèle est parti et Fuzzy est arrivé avec, finalement, un côté un peu plus punk dans son jeu. Et maintenant, on a aussi un peu de bouteille, on se connait tous par cœur. Au niveau de la composition, c’est bien plus facile qu’avant, on galérait parce que chacun composait dans son coin.

Metal-Eyes : Donc c’est principalement au niveau du travail qui devient plus collectif ? Et musicalement, Fuzzy, tu as apporté quoi de plus dans ton jeu de basse ? Quelles influences avez-vous mises en commun ?

Fuzzy: J’ai pas mal d’influences qui sont à la base des High School, que ce soit les Ramones, Motörhead, le punk ou des groupes plus glam, genre Hanoi Rocks. C’est pour ça que je suis venu jouer dans High School, parce que ces influences, c’est ce qui me plaisait.

Pamy : C’est aussi toujours ce qu’on a dit : dans High School, on est toujours un peu entre deux chaises… Pour les hard rockers, purs et durs, on est trop metal, et pour ce qui sont plus metal, on est trop punk…

Fuzzy: En même temps, c’est ce qui est très bien. On n’est pas les seuls : regarde les Sticky Boys, ils sont aussi le cul entre deux chaises, comme nous. Moi, j’aime bien les groupes qui mélangent ces influences…

Metal-Eyes : Puisqu’on parle de Skulls out, l’un et l’autre, si vous n’aviez qu’un seul titre à retenir pour expliquer ce qu’est HSMF aujourd’hui, ce serait lequel?

Fuzzy: Je pense que c’est assez compliqué. Chacun des 5 titres représente une facette de High School. A jouer…

Pamy : Moi, je l’ai: Still hungover in Hungary! C’est pour les paroles, et puis c’est nous, notre expérience des gueules de bois qu’on a eues en partant en tournée en Hongrie, et une fois qu’on est là-bas, on est nous. On ne se prend pas la tête, on se tape des murges à terminer par terre…

Fuzzy: Pourquoi tu me regardes??? (rires)

Pamy : …avec un œil au beurre noir… C’est ce côté Rock’n’roll, punk et je pense que Still hungover nous représente bien.

Fuzzy: Je suis un peu d’accord, ça représente bien High School Mother Fuckers.

Metal-Eyes : Vous allez bientôt vous produire à l’Empreinte de Savigny le Temple en ouverture des Backyard Babies le 20 mars prochain. C’est pas n’importe qui, ils sont aussi assez punks et glam dans l’esprit. Comment vous préparez-vous à ce type de concert ?

Pamy : Tout simplement, et déjà on est heureux de le faire. Quand on a vu la date, on s’est dit qu’il faut qu’on joue avec eux… On est super heureux de le faire, et on se prépare comme pour n’importe quel autre concert. On prend toujours très au sérieux la préparation d’un concert, et sur scène ce sera de l’énergie, du fun… C’est aussi ce qui nous représente, on n’est pas Dream Theater, on est là pour faire du rock, s’éclater et permettre aux gens de prendre du bon temps. (9’21)

Metal-Eyes : En dehors de cette date, il y en a d’autres de prévues?

Pamy : On est en train de prévoir une tournée en Hongrie/France, encore une fois, mais avec un groupe un ^peu plus important que les Joystix, en Hongrie en tout cas, qui s’appelle les Junkies; Mais qui reste dans le même esprit.

Metal-Eyes :En france, ce serait une vraie tournée, ou ce que j’appelle plus communéement une tournée “des week ends”?

Pamy : Ben, c’est ça le problème en France: on ne peut pas faire de varies tournées … Regardes, à part les Backyard Babies qui risquent de remplir un lundi soir à l’Empreinte, n’importe quel groupe joue un lundi soir, n’importe où, pas grand monde se déplace…Ce qui marche c’est jeudi, vendredi, samedi soir, mais déjà, le dimanche, c’est cuit: les gens travaillent le lendemain, et si on ne s’appelle pas Aerosmith, on déplace pas les foules.

Fuzzy: De toutes façons, la dernière tournée qu’on a faite, on a joué toute la semaine parce qu’on n’a pas non plus les moyens de se déplacer et revenir à Paris pour ne jouer qu’en week end. Après, c’est sûr qu’il y a des villes où on attire moins de monde en semaine, on n’est pas sur place pour faire la promo…

Metal-Eyes : En ce moment, vous écoutez quoi?

Pamy : Le nouveau Night Ranger !

Fuzzy: J’aime bien Bitters, ça représente bien ce que j’aime, ou le Michael Monroe. Mais il y en ade moins en moins ils disparaissent tous !

Pamy : Nouveau, il n’y en a pas beaucoup qui me font tripper… En nouveauté, je n’écoute pas grand-chose, à part Sticky Boys, les potes… J’ai pas accroché. Tout ce qui sort actuellement ne me touche pas forcément. Je préfère écouter des vieux trucs, même du death de l’époque, Entombed ou des trucs comme ça, mais j’ai du mal avec les nouveaux… Quand je vois un groupe comme In Flames qui sort des albums mortels, et le dernier, c’est une catastrophe ! Ils font de la pop ou je ne sais pas quoi…Un peu bizarre, quoi ! La nouvelle scène ? J’arrive pas à accrocher.

Metal-Eyes : Est-ce que ça peut être dû au fait qu’il y a tellement de choses qui sortent, qu’aujourd’hui, tout le monde peut se déclarer musicien et enregistrer à la maison…

Pamy : C’est ça, oui, aussi

Fuzzy: Après c’est noyé dans la masse, il y a peut-être des super trucs qui’on ne connait pas et ce qui sort, avec de la promotion, et qui arrive à mes oreilles, c’est pas forcément les meilleurs trucs non plus.

Pamy : Ce n’est pas évident de déceler et d’écouter de bons groupes parce que, justement, comme tu viens de le dire, il y a tellement de choses, c’est tellement inondé de groupes, je ne dirais pas mauvais opu moyen, je ne les connais pas, mais il y en tant que, effectivement, quelque chose fait maison ne va pas sonner pareil que le boulot de gars qui passent un mois ou deux en studio. Je pense que, malheureusement, c’est un peu pollué par tout ça. Le home studio, maintenant, tout le monde peut y avoir accès, et il n’y a plus vraiment d’ingénieur du son non plus…Le Davout, regarde, il est en train de fermer…

Fuzzy: Et il y a une fausse batterie…

Pamy : Trop de synthétique.

Metal-Eyes :Que faudrait-il en France, selon vous, pour que le marché change un peu, a delà du fait que le marché du disque soit moribond ?

Pamy : Déjà, je pense que tout le côté MP3, machin et tout ça a flingué le marché du disque.

Metal-Eyes : Donc on revient au vinyle?

Fuzzy: Ca revient, oui, mais je pense aussi que c’est une question d’éducation musicale. On écoute de la merde…

Metal-Eyes :

Pamy : Je travaille avec certains jeunes qui me disent « c’est quoi le nom de ton groupe ? Ah, cool, je vais voir si je peux le télécharger » ! C’est pas « tu peux me vendre le CD ? », il n’y a plus ce réflexe-là, et c’est dommage. Comme tu dis, à part le vinyle, je ne vois pas ce qui peut sauver l’industrie musicale.