HYPNOTIC DRIVE: Full throttle

Hypnotic Drive, c’est qui? Hypnotic Drive s’est formé en 2012 en région parisienne et publie son premier Ep, la carte de visite The ride, en 2013, ouvrant au groupe les portes de quelques premières parties scéniques. il faut cependant attendre 2017 pour que paraisse le premier album du groupe, Full throttle.

Full throttle, ça donne quoi?  De l’énergie à revendre, c’est la promesse de ce Full throttle quine souffre que d’une production moyenne, faisant ressortir le côté frenchie du groupe. Un accent pas top, mais en revanche, des guitares et une rythmique qui foncent, une détermination et une volonté qui font plaisir à entendre. Hypnotic drive nous propose avec ce premier album un heavy gras et bourru, inspiré autant par AC/DC que Metallica ou Clutch (deux références évidentes, un peu trop présentes d’ailleurs…), auxquels viennent se greffer une touche de stoner, voir de heavy psyché à la Black Sabbath, et du punk. On ne cherche pas les gros effets ni le riff qui tue, ici, simplement le gros riff qui tache  et fait taper du pied. On appuie à fond sur l’accélérateur sans regarder derrière. Mais… je ne le répéterais jamais assez, quelle crédibilité un groupe peut-il avoir sans un phrasé et un accent corrects, cela malgré une voix puissante et rocailleuse à souhaits ? Et là, le bât blesse grave… Il y a tout au long de ce disque de bonnes idées souvent, malheureusement, sous exploitées… En tout cas, pas assez pour me séduire vraiment. Il manque quelque chose, dommage.

Note: 6,5/10

INTERVIEW: SMASH HIT COMBO

Entretien SMASH HIT COMBO. Rencontre avec Brice (batterie) Propos recueillis à Paris le 10 juillet 2017

Metal-Eyes : Brice, c’est notre première rencontre, je découvre Smash Hit Combo avec ce disque ; Ce que je sais du groupe c’est vous êtes Alsacien, que le groupe s’est formé en 2004, et vous sortez votre 4ème album.

Brice : Jusque-là, tout va bien !

Metal-Eyes : OK. Alors, quels ont été les moments marquants de la carrière du groupe ?

Brice : on va commencer par raconteur que la création du groupe, c’est un peu un accident. On a commencé en 2004, mais Smash Hit Combo, tel qu’il est aujourd’hui, a commencé en 2007. Au début, on faisait du hardcore, death core, rien de vraiment très original…  Il n’y avait pas de rap. On partageait notre local avec Paul, notre chanteur, qui rappait à côté. De temps en temps, il passait nous voir et il posait son chant rap sur notre metal. Un jour ion lui a proposé de faire une chanson avec nous, en mélangeant son rap avec notre death core. On a fait une chanson, on l’a enregistrée et nos potes nous ont dit que c’était notre meilleur titre. On s’est rendu compte qu’on avait quelque chose de plus original à faire… À l’époque, c’était un genre un peu oublié, le neo metal… On s’est lancés dans l’aventure, on a un peu affiné le style au fil des ans pour devenir un peu plus proche du djent, neo metal.

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses, des événements qui vous ont marqués plus particulièrement ?

Brice : A partir du premier album, on a commencé à sortir des clips, à diffuser des vidéos. On habite un tout petit bled au fond de l’Alsace et, à l’époque, on demandait beaucoup d’aide aux labels, etc. Quand tu es un jeune groupe, tu essaies toujours de faire ce qu’on te dit, « va trouver un label, va trouver un booker, va trouver des gens qui vont bosser pour toi… »  et on s’est rendu compte que, la plupart du temps, si tu fais les choses toi-même, tu t’en sors aussi bien. On a commencé à bosser sur une com’ video, on a utilisé les réseaux sociaux, on a eu beaucoup de vues sur YouTube grâce à ça, et on a été contactés par des pays étrangers. Pour nous, c’était assez fou, en tant que Français, qu’on nous propose d’aller tourner dans des pays comme la Russie, le Canada. Au départ, pour nous, Smash Hit Combo n’était pas destiné à faire ce genre de carrière. Mais à partir de ce moment-là, on a commencé à se structurer, à vraiment bosser pour faire les choses bien. Donc, je dirais que c’est ça, les premiers voyages à l’étranger qui nous ont ouvert l’esprit.

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical ?

Brice : oh, j’en ai eu beaucoup… Le premier groupe qui m’a vraiment… Je pense que c’est quand j’ai écouté Eyeless de Slipknot. J’ai mon pote qui passait chez moi et qui m’a dit « tiens, il faut que je te fasse écouter ça ! » Je lui ai dit, après, « mec, ce CD… tu repars pas avec tant que je l’ai pas gravé ! » (rires). Je pense que c’est Slipknot, mon plus gros choc musical.

Metal-Eyes : Et l’artiste, le groupe ou l’album qui t’a fait dire “c’est ce que j’ai envie de faire”, c’est quoi?

Brice : Pff… C’est difficile… C’est venu progressivement, je ne peux pas dire que j’ai eu un déclic… Mudvayne a été super important. Le premier album de Mudvayne, ou le premier album de Limp Bizkit, aussi qui est vraiment le style qui m’a fait comprendre que le rap et le metal peuvent se marier. Rage Against The Machine, aussi, tous ces groupes qui ont osé mélanger des choses…

Metal-Eyes : Tu me parlais de vos premiers voyages en Russie, au Canada, et depuis vos débuts, vous avez aussi tourné avec de grosses pointures. On pense à Gojira, à Black Bomb A, vous avez été produits par Stéphane Buriez… Comment ça s’est fait, tout ça ? Travailler avec Bubu ?

Brice : En fait, on avait des amis qui faisaient partie d’un groupe, X-Vision, qui avaient travaillé avec Buriez. On avait écouté le disque, et on avait été scotchés par la prod. C’est à l’époque où commençait à se dire que si on voulait avancer, il fallait qu’on bosse avec des pros. À l’époque, et aujourd’hui encore, pour nous, Buriez était un des plus grand producteurs, il a produit de super groupes. On s’était dit on va tenter le tout pour le tout, mettre de l’argent de côté, et au lieu de faire notre truc dans notre coin, on va bosser avec des gens qui connaissent le boulot.

Metal-Eyes : Et ça a répondu à vos attentes ?

Brice : Carrément, oui ! Il nous a cadrés… Quand tu es jeune, t’es un peu fou fou, tu veux mettre ça et ça, et lui nous disait d’enlever ça, « mettez plus de ça, soyez plus concis, plus simpels… » Donc oui, il y a un vrai travail de prod qui a été fait.

Metal-Eyes : Et Gojira, comment vous avez été amenés à ouvrir pour eux ?

Brice : Gojira ? C’était déjà très impressionnant… Tu joues avec Gojira, quoi ! Et forcément, quand tu es jeune musicien, ça te met la pression, c’est pas comme si tu jouais au bar du coin, tu peux pas faire les mêmes conneries, tu sais que la salle va être remplie, de connaisseurs, de musiciens… Ce sont des dates qui sont importantes. Je me souviens, quand Gojira a commencé, j’ai pris une petite chaise, je me suis mis derrière Mario et j’ai passé mon concert à… J’ai pas bougé ! J’ai eu mon petit concert de Gojira perso, mon petit concert de Mario pour moi, en tant que batteur… Super ! On a pu les rencontrer, discuter avec eux – ce sont des gens adorables. Une super expérience, évidemment !

Metal-Eyes : Comment vous avez été retenus ?

Brice : Tout simplement, en fait : ils jouaient près de chez nous et on a demandé à la prog si on pouvait jouer avec eux, et ils ont accepté, tout simplement. Coup de bol, on y est allés au culot, c’est tout !

Metal-Eyes : Une des spécialités de Smash Hit Combo est que vous êtes tous passionnés de jeux vidéo, dont vous parlez beaucoup, et pas forcément des meilleurs aspects. Les titres des trois premiers albums font clairement référence à cet univers. Mais quelle est la signification de L33T ? On doit vous le demander souvent…

Brice : Oui, souvent… En fait, ça peut se dire « Leet », aussi. Ça vient de « leet speak », qui est un langage des années 90 qu’utilisaient les informaticiens pour communiquer entre eux. En fait, ils remplaçaient toutes lettres par des chiffres, ce qui rendait les messages plus difficiles à lire. C’est une espèce de code de hackers. Ce que l’on voulait dire ? On utilise des références de jeux vidéo, de mangas, et beaucoup de gens nous disent que, la première fois qu’on écoute nos disques, si on ne connait pas toutes les références, si on n’a pas joué à tel jeu, on ne comprend pas toujours les textes. C’est une manière de dire que c’est une musique un peu « pour l’élite », ceux qui comprennent cet univers…

Metal-Eyes : pour les geeks

Brice : Oui, voilà, pour les geeks.

Metal-Eyes : Tiens, on va reprendre le morceau de Trust: “les geeks sont entrés sans prévenir”…

Brice (Rires): Voilà! C’est une façon de s’adresser aux gens qui sont comme nous, de cet univers, et aussi une dédicace aux années 90, qui sont des années importantes.

Metal-Eyes : Tu vas me dire que je suis un peu con, mais ça vient aussi des années 90 : l’illustration évoque la 3D, alors j’ai mis une paire de lunettes 3D mais ça reste plat…

Brice (rires) : non, c’est juste des effets qu’on a rajouté pour donner un effet 3D.

Metal-Eyes : Et il y en a d’autres qui ont essayé ?

Brice : Euh, non, tu es le premier!

Metal-Eyes : La prochaine fois, il faudra ajouter les lunettes, alors…

Brice : mais tu sais quoi? C’est carrément une bonne idée, je n’y avais pas pensé… ça ne doit pas couter beaucoup plus cher en plus…

Metal-Eyes : Il s’agit d’un double album, ou plutôt d’un album simple, mais en version anglaise et en version française. Le message il est clair : il y a une approche du marché international. Votre objectif, c’est quoi ?

Brice : Oui… et non. On avait pour projet de faire un album en anglais depuis longtemps, mais le problème est que notre rappeur, Paul, est français français. Quand tu veux rapper en anglais alors que tu es Français, c’est très compliqué. Déjà, il y a le problème de l’accent – tu me diras, ça se travaille – mais après il faut avoir le vocabulaire, le flow… L’anglais a une musicalité qui est différente dans le rap, elle est beaucoup plus chantée. On a essayé de faire de l’anglais avec Paul, mais on s’est très vite rendu compte que ça n’allait pas fonctionner, si on voulait avoir un rendu crédible. Ça ne nous a pas plu. On a laissé tomber le projet, et on fait un featuring avec None Like Joshua sur l’album précédent, qui est un rappeur d’Atlanta. On s’est rendu compte qu’il avait les mêmes affinités que nous : c’est un geek, il fait beaucoup de vidéos sur internet et ne parle quasiment que de jeux vidéo, et c’est naturellement qu’on a commencé à bosser ensemble et le projet de l’album anglais est re-né de ses cendres. À partir de là, on s’est dit « pourquoi pas faire deux choses différentes, plutôt qu’une au rabais avec uniquement Paul au chant ? Nous, on l’a repéré, Josh, parce que c’est quelqu’un qui est capable de faire du rap sur du Meshugah, par exemple… Il est batteur, il adore le metal et il utilise le rap de manière assez spéciale, avec des structures complexes… Il est très musicien

Metal-Eyes : Alors, justement : comment décrirais tu la musique de Smash Hit Combo pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Brice : pour nous, c’est du rap metal, du neo metal… On pourrait dire que c’est du rap metal 2.0, c’est-à-dire que c’est du neo boosté aux hormones. Une mise à jour de ce que pourrait être le rap metal aujourd’hui. Il y a beaucoup de gens qui, après avoir écouté l’album, nous ont dit que c’est du Linkin Park 2.0, ce que Linkin Park aurait pu faire si… On va pas en discuter… Mais beaucoup de gens nous ont dit qu’ils auraient aimé que cet album soit le prochain Linkin Park au lieu de ce qu’ils ont sorti…

Metal-Eyes :Ben c’est dommage, c’est le votre ! pour moi, et je ne suis pas spécialiste de ce genre de metal,  mais il est violent, épyleptique, syncopé. J’entends des influences Rage Against The Machine et des rythmiques à la Five Finger Death Punch (il approuve). Vous avez mis quoi d’autre dans cet album ?

Brice : Comme références musicales ? Il y a un peu de Meshuggah, mine de rien, saupoudré avec finesse de prog djent, évidemment du Limp Bizkit… Du Slipknot, aussi ! Animal As Leaders aussi, si tu connais…

Metal-Eyes : Le nom me dit quelque chose… Le trio, sans basse, qui est passé cette année au Hellfest !

Brice : Exactement ! Je ne sais pas s’ils y étaient mais c’est incroyable ce qu’ils font.

Metal-Eyes : Si vous aviez une devise, ce serait quoi ?

Brice : … (il rit) : “Jamais j’admets d’être game over” ! On dit ça dans le texte… Et c’est un peu notre leit motiv, ne jamais laisser partir notre âme d’enfant. Tous nos textes parlent un peu de ça, ne pas laisser tomber. On reste de grands enfants ; Alors, c’est sûr, on ne joue plus 15 heures par jour à la console, mais je pense qu’il faut garder l’espèce d’émerveillement de la jeunesse, l’innocence et la bêtise de la jeunesse ! Essayer de rester de grands enfants ;

Metal-Eyes : Et sur scène, ça donne quoi, cette innocence? À quoi doit-on s’attendre quand on vient vous voir ?

Brice : El live, on essaie de laisser au gens un souvenir… Il faut qu’ils aient envie de revenir. Comme je te disais, on vient d’un petit bled, et le seul moyen de faire notre promo, c’était de faire des concerts. Donc on essaie d’être le plus chaotique possible, épileptique, comme sur le CD.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de L33T pour définir ce que vous êtes ce serait lequel ?

Brice : C’est difficile, parce qu’il y a deux versions… Allez, je peux t’en donner un de chaque ! Pour la version anglaise, ce serait Evil within, et pour la française… Arkam asylum. Parce que, même si tu ne connais pas les jeux, l’ambiance explique tout, les problèmes qu’on peut avoir dans sa tête… Les jeux vidéo expriment aussi, souvent, des choses plus personnelles.

Metal-Eyes : Il y a une tournée prévuie ?

Brice : oui : là, on part au Québec, et ensuite, on fera la première partie de la fin de la tournée d’adieux de The Arrs, il y a une quinzaine de dates, dont celle du 11 novembre au Trabendo. Après, retour en Russie, au Japon…

 

SMASH HIT COMBO: L33T

 Smash Hit Combo, c’est qui? Formé « par accident » en 2004 en Alsace, Smash Hit Combo prend sa forme actuelle – entendez « rap metal » ou « neo metal » en 2007. SHC s’offre les moyens de ses ambitions, ouvrant pour quelques pointures hexagonales (dont Gojira) et faisant appel à Stéphane Buriez pour la production d’un album. L33T est le quatrièeme album de la formation.

L33T, ça donne quoi? La vie en grand format… L33T (que l’on peut également prononcer « LEET ») est un album particulier puisqu’il s’agit non pas d’un double album mais du même disque en versions anglaise et française. Pour atteindre le meilleur résultat possible, Smash Hit Combo fait appel à un second chanteur, anglophone, Paul se chargeant de la version française. Le résultat est une explosion de sons syncopés, une énergie explosive, et un rendu déterminé. Bien sûr, c’est sa marque de fabrique, le groupe traite principaleemnt de jeux vidéo, et les amateurs reconnaitront aisément les références que sont Rise and fall, Evil within, RPG, Die and retry ou encore Arkham asylum… Au delà de visées internationale, l’intérêt de présenter cet album en deux versions réside en un phrasé vocal radicalement différent. On remarquera cependant que Smash Hit Combo ne se limite pas ici à une simple répétition de morceaux puisque, là aussi, il y a de notables différences entre les deux disques. L’ordonnancement est différents, certaines intros réarrangées, ceci dans le but évident d’offrir le meilleur rendu possible de chaque version. L33T est un (double) puissant, qui rappelle, évidemment, le Linkin Park des débuts, Slipknot ou plus récemment Five Finger Death Punch. Même si ce n’est pas mon style de prédilection, ce quatrième album de Smash Hit Combo est une vraie grosse surprise. Un conseil, allez découvrir cette formation en live lors de la tournée française de novembre prochain!

Note: 7,5/10

 

FREAK INJECTION: Freak is fashion

Metal barré, France (2017, autoproduction)

Freak Injection, c’est qui? Formé à Paris en 2016 à la suite  de la rencontre entre Mac-F (« adepte de masques de chiens ») et Charlie Red, chanteuse « addict aux crinières de feu et aux vestes à piques » , Freak Injection développe rapidement son concept musical, à la croisé du metal, du rock, de l’electro et de l’indus. Un programme défendu sur le premier Ep, Freak is fasion.

Freak is fashion, ça donne quoi? Barré comme il est écrit plus haut, cet Ep de 4 titres se laisse écouter avec étonnement et amusement. Toujours énergique, le chant souvent agressif, ou plutôt, déterminé, rappelle, dès le morceau titre, le coté déjanté d’une Nina Hagen shootée au punk industriel. Sex me est légèrement plus soft bien qu’explicite et volontairement provocateur. On se laisse surprendre et entraîner sur Crosses, le bien nommé, très électro hypnotique inspiré par le Blondie des années disco. La grande force de Freak Injection réside sans doute en ceci que le groupe ne se donne pas de limite. En ratissant large, en incluant à sa musique des influences variées et, à priori, incompatible, en y croyant dur comme fer, le groupe se fait plus qu’originale et crédible. Tout ça en ne se prenant pas au sérieux, la pochette et le sous titre (Alien sexfriends, pinkbloods & unicorns) parlant d’eux mêmes. La seule question qui se pose est: et sur un album complet, ce serait aussi efficace? C’est la prochaine étape et le plus gros pari de Freak Injection. A suivre, donc.&12

Note: 8/10

ICEBERGS: Requiem

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Icebergs, c’est qui? Rock, jazz, soul, aucun son ne semble limiter les 5 membres d’Icebergs, formation française qui se dévoile avec Requiem, un album composé de 10 chansons aux influences allant de Amy Winehouse et Led Zeppelin.

Requiem, ça donne quoi? Icebergs définit sa musique avec le terme de Power soul. On ne saurait qu’abonder en ce sens tant les 10 titres offrent un mix parfait de puissance et de lumière, d’énergie teintée de soul. Si le jazz n’est jamais loin (le piano et les claviers de Lorenzo Luizzi) les guitares de Elliott Stoltz rappellent les origines rock du combo. Les riffs sont acérés, taillés sur mesure pour accompagner la voix sensuelle de Mathilde Borsoni. loin du métal, Icebergs arrive comme une bouffé d’air frais, une douceur lumineuse, un moment d’évasion. un joli moment relaxant. un disque bien plus chaleureux, en somme, que ne le sous entend le nom du groupe. Mais un Iceberg ne dévoile-t-il pas qu’une infime partie de son tout?
Note: 7,5/10

OVERDRIVERS: Rockin’ hell

Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

Overdrivers, c’est qui? Formé en 2011 dans la Région des Hauts de France par Adrien Desquirez (chant et guitare) et Anthony Clay (guitare), Overdrivers ne se stabilise qu’en 2015 avec l’intégration du bassiste Sébastien Lorquet et du batteur Florian Morgano. Le quatuor, amoureux du gros rock australien, donne plusieurs concerts dans sa région et en Belgique avant d’entrer en studio pour autoproduire Rockin’ hell qui parait en 2016.

Rockin’hell, ça donne quoi? Avec Overdrivers, c’est simple, on peut le clamer haut et fort: la France tient là son Airbourne! Et comme beaucoup considèrent qu’Airbourne est le digne successeur d’AC/DC, osons le dire sans détour (comment ça, cette chronique commence par un joli détour???): la France tient son AC/DC! Simplement. Je vous vois venir avec vos sarcasmes, vous moquant déjà sous prétexte qu’AC/DC a des milliers de clones. Oui, c’est vrai. Mais tout comme un… Airbourne, justement, Overdrivers ne se contente pas d’être une pâle copie imitant ses mentors. Les guitares, les riffs, la gouaille du chanteur, avec ce premier album Rockin’ hell, tout ressemble au prestigieux groupe vénéré par des millions de fans. Mais Overdrivers va plus loin que d’autres: le chant, mélange de Bon Scott et d’Udo Dirkschneider, est mis en valeur par des guitares aussi déterminées qu’acérées. Les quatre vont droit au but, sans fioritures, et sans avoir d’autre prétention que de se faire plaisir avec les fameux trois accords. La simplicité mise au service de l’efficacité, c’est ce que l’on retrouve tout au long de ces 10 chansons qui parlent de filles, rock, bagnoles et autres gros engins (en tout genre, je vous laisse imaginer!) Overdrivers est assurément un groupe à soutenir!

Note: 8/10

Site web: www.overdirvers.com

Facebook: www.facebook.com/overdriversrocknroll/

ENDLESS SUNDOWN: Make sense

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Endless Sundown, c’est qui? Groupe lyonnais, Endless Sundown s’est formé en 2014. D’abord trio, le groupe enregistre un premier single avant de se doter d’un chanteur avec qui il publie Make sense, Ep paru en mai 2017.

Make sense, ça donne quoi? Ep de 5 titres, Make sense démarre calmement avec Down the rabbit hole avant de se faire plus énergique dès Dirty feet. Les guitares acérées accompagnent une voix puissante, chant dont on remarquera la variété d’expression. Barth Sky peut à la fois être doux, rageur, mélancolique, profond, apportant une jolie variété à chacune des chansons. Les amateurs de grunge apprécieront l’apparente simplicité des guitares doublée d’une rythmique pas toujours évidente mais efficace. Come(b)ack, qui conclue ce disque, regroupe tous les éléments précités au cours de 14 minutes. Un pari d’apparence osé, mais qui, comme souvent, cache 2 chansons: une première de moins de 5′ suivie, 2′ plus tard, d’une escapade mélancolique en terres celtes et d’un nouveau vide de 2’… Pourquoi, avec un Ep, cacher un titre, hein, dites? Si l’on peu regretter un son trop linéaire et pas assez gourmand, les 5 titres de Make sense sont cependant diversifiés et constituent une intéressante carte de visite. reste la question: en quoi Endless Sundown se démarque-t-il d’une scène hexagonale ultra active?

Note: 7/10

MALLORY: Sonora RF part II

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mallory, c’est qui? Groupe parisien, Mallory est composé de Phil (chant), jay (guitares), Mat (basse) et Twist (batterie).  C’est tout ce que j’en sais…

Sonora RF part II, ça donne quoi? Rageur et furieux, Sonora RF part II raconte l’histoire d’une Américaine perdue à Paris. Ça commence avec sa déclaration: « let’s burn this place down », tout un programme… Le premier titre, chanté en anglais, laisse place à cette rage destructrice, nihiliste dans un esprit punk. Puis, Mallory entame la partie francophone de son disque, dans un esprit rock et mélancolique, inspiré par Noir Désir, parfois aussi Pink Floyd (plus musicalement que vocalement) et nous entraîne dans son sillage.  Si on peut reprocher que rien ne permette vraiment à Mallory de se démarquer (ainsi que ces paroles reportées sur la jaquette intérieure que si t’as pas une loupe ben t’arrives pas à les lire…), on appréciera cependant l’effort de construction de l’histoire, les tempi variés (une judicieuse alternance de titres rageurs, plus lents, mélancoliques…) ainsi que la production, claire, qui va à l’essentiel, de ce disque qui s’écoute aisément.

Note: 7,5/10

BACKTRACK LANE: In fine

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Backtrack Lane, c’est qui? Un jeune groupe français qui ouvre pour des pointures comme Black Star Riders ou Gotthard, qui joue dans des Elysées Montmartre ou Trabendo, aux Festival de Lorient et celui de la guitare…. Un groupe qui se fait remarquer dès ses débuts en 2013 et publie divers albums et Ep remarqués avant ce In Fine.

In fine, ça donne quoi? Nouvelle signature discographique de Backtrack Lane, In fine est un Ep de 6 titres qui commence avec un Fifteen minutes (qui n’en dure qu’à peine plus de 3, logique!) pour continuer sur des sonorités plus simplement rock et grand public. Underground est, avec ces chœurs « Ouh ouh, ouh » particulièrement chantant. Une variété d’instrument est à découvrir tout au long de ce disque (euh, il y même un peu de triangle, non?) efficace sans pourtant prétendre casser la baraque. On se laisse facilement entrainer par la gentille furie des Perfect motion ou After the rain…Notons aussi que le chant anglais est très correctement  maîtrisé. Pour un premier essai, Backtrack Lane vise haut, évoque les grands de la pop rock énervée ou ceux du rock dur (on pense à Foo Fighters ou Deep Purple, par exemple) avec une belle efficacité. On regrettera seulement – mais c’est annexe – la pauvreté du site internet du groupe, désert incommensurable d’information… Heureusement, la musique est là!

Note : 7,5/10

BORN AGAIN: Strike with power

Heavy metal, France (Massacre records, 2017)

Born Again, c’est qui? Sans aucun rapport avec les « nouveaux chrétiens », ceux qui se découvrent, Born Again est un groupe franais formé en 2016. Influencé par les grands noms du genre – période NWOBHM – le quatuor dispense un heavy metal sans concession.

Strike with power, ça donne quoi?  Born Again propose avec son premier album 10 chansons puissantes et racées, forgées dans le metal des années 80. Au gré des morceaux, on reconnaîtra la patte de Saxon, Iron Maiden, le groove de Thin Lizzy, ou la rage de Venom, références évidentes parmi d’autres. Sans nostalgie aucune Born Again parvient à donner un souffle nouveau à un genre qui draine des générations d’amateurs. OK, ses membres ne sont plus tout jeunes, mais partagent cet passion avec tant de bonheur qu’ils parviennent presque à rafraîchir le genre. Le chant puissant et d’une profondeur inquiétante, les envolées de guitares ou la rythmique de plomb offrent des moments simplement imparables. On se laisse prendre au jeu facilement, d’autant plus avec cette reprise de No class d’un Motörhead irremplaçable. Une belle découverte, et un groupe à suivre, assurément!

Note: 8/10

Sortie: février 2017