Interview: REBEL ANGELS

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Interview REBEL ANGELS – Entretien avec Benjamin (batterie) le 6 novembre 2025

Nous allons évidemment parler de votre nouvel Ep, Hot Live, qui a été enregistré à Fisme, mais tout d’abord, peux-tu nous raconter l’histoire de Rebel Angels ?

Benjamin : L’histoire du groupe remonte à il y a quelques années. Mon fils joue de la guitare depuis assez jeune et, pour qu’il mette le pied à l’étrier, un de nos premiers concerts à été à la fête de la musique. A partir de là, on a continué à jouer ensemble dans Under Influence, qui était un groupe de covers – on reprenait du Beatles, Stones, AC/DC, Cat Stevens, Bob Dylan… On jouait principalement dans des bars en région parisienne. Au bout d’un moment, on a eu envie de composer nos morceaux, et on a transformé Under Influence en Rebel Angels. On a sorti, en 2022, un premier Ep, Rip it off, avec 3 morceaux qu’on retrouve sur l’Ep qui vient de sortir. Entre 2022 et aujourd’hui, il y a eu plusieurs changements de personnel, notamment au niveau de la voix. La mouture qui est sur Hot live est composée de mon fils, Jérémie, qui a repris le chant en février en plus de la guitare, moi-même à la batterie, et nous sommes accompagnés de Paul à la basse et on vient d’intégrer un nouveau guitariste, Morty, il y a un peu plus d’un mois.

Donc Morty n’apparait pas sur le Hot live.

Non, c’est Cyril, le précédent guitariste. Hot live est une bonne photographie du groupe à l’instant T.

Le groupe est originaire d’où en région parisienne ?

On est de Champigny sur Marne (94).

Il y a un peu plus d’un mois, vous avez sorti Hot live, un Ep de 4 titres. Pourquoi avoir choisi ce format alors que vous avez sans doute joué un peu plus longtemps ?

On avait en effet une demi-heure. On a dû jouer deux ou trois morceaux en plus. Pourquoi j’ai pris cette décision ? Parce que, après écoute des bandes, les 4 premiers morceaux étaient carrés, les autres un peu moins. C’est la première chose. Ensuite, les autres morceaux vont figurer sur l’album qui va sortir l’année prochaine et je voulais qu’il n’y ait qu’un seul titre avant-coureur. C’est She talks too much.

Vous avez aussi deux morceaux originaux plus la reprise Hair of the dog de Nazareth. Pourquoi avoir opté pour cette reprise plus qu’une autre ?

On jouait déjà cette reprise avec Under Influence. Au fur et à mesure qu’on la jouait, on recevait de bonnes réactions du public. En parallèle, j’adore ce groupe et ce morceau qui est une bonne représentation de là où on vient, de nos racines. Après, on l’a réinterprété à notre manière. Je pense que tu sais que ce morceau a été repris par Guns ‘n Roses dans une autre version…

En fait, non, pendant des années j’ai boycotté les Guns…

Ok…Ils l’ont repris sur The spaghetti incident, et Krokus le reprend aussi. En fait, on a vu que notre interprétation fonctionne bien donc on continue.

En même temps, sur 4 titres, c’est dommage de faire une reprise…

Oui, mais, clairement, les autres étaient moins bons. Il y a deux dimensions : celle quand tu es sur scène. A l’instant, il y a une dynamique, un partage avec le public… ça passe. Après, quand tu réécoutes les bandes dans le détail, tu te dis « ouais, non… là, il y a des trucs qui ne sont pas au cordeau ». On voulait se servir de cet Ep comme un trait-d’union entre l’Ep sorti en 2022 et l’album qui sort l’année prochaine. On a fait pas mal de dates et on voulait que la carte de visite soit la plus représentative de qui on est, de comment ça joue.

Une chose m’a marqué en écoutant cet Ep, c’est le public qui semble un peu éparpillé… Il y avait combien de personnes à ce concert ?

Je pense qu’il y avait entre 250 et 300 personnes dans la salle. Je pense que c’est aussi dû à la résonnance. C’est une salle des fêtes et il y a cette résonnance dans la salle. Il y avait des gens devant la scène, environ 150, et au fond, il y avait les exposants, des gens qui se baladait. Au niveau de la captation, je ne sais pas combien il y avait de micros d’ambiance. Et effectivement, il y a ce côté un peu « club », « famille », et c’est très bien. On aurait pu se dire qu’on allait rajouter du public au mix – c’est faisable aujourd’hui – mais on a préféré avoir cette photographie exacte de ce concert.

Comment décrirais-tu la musique de Rebel Angels à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Ça tient en deux mots : je considère qu’on fait, aujourd’hui, du classic rock. Des années 80, parce que je viens de là. Après, on est sur du rock sincère et on veut apporter de la variation dans nos morceaux, et de la mélodie. C’est un point très important pour nous. On a beaucoup de retours très positifs de She talks too much : le riff marque et reste en tête. Tout l’album va être fait sous ce prisme-là. Je veux que, quand tu éteints ta chaine, ton téléphone, peu importe… que le morceau te trotte en tête.

Avant de parler du futur album, vous avez également décidé d’éditer une édition limitée à 100 copies de Hot live en vinyle orange. Pourquoi ce choix ? Tu es des années 80, comme moi, on a grandi avec le vinyle, on aime l’objet…

Le sortir en vinyle… Au départ, je ne pensais qu’au CD. En échangeant, certaines personnes nous ont demandé si on allait le sortir en vinyle parce qu’elles n’achèteraient pas le CD. L’idée a continué de germer… En grand format, l’illustration de Will Argunas, elle est beaucoup plus sympa. J’ai une collection de vinyles et, comme tu viens de le dire, il y a un côté « objet ». Aussi, le vinyle a un son beaucoup plus chaud, qui nous correspond mieux. Du coup, j’ai donné mon accord et, j’ai été surpris, on a pas mal de demande pour un vinyle. Le faire en 100 exemplaires, je voulais qu’il reste un peu un objet « précieux ». Il a aussi le côté budgétaire qui nous limite…

Vous avez déjà le titre du futur album ?

Euh… on avait un titre mais je pense qu’il va changer (rires) ! Oui, il y a un titre, mais ça ne me va pas, donc je peux pas te le dire ! Il y aura 11 ou 12 morceaux, on aimerait qu’il sorte en octobre/novembre de l’année prochaine. Ce n’est pas un concept album mais… Nous on appelle ça un « road movie album ». Les chansons racontent une histoire et sont  dans un ordre de lecture bien précis.

Road movie à la Bonnie and Clyde ou découverte à la Kerrouac ?

Euh… Un peu plus à la Bonnie and Clyde ! Je ne vais pas tout te dire, j’aimerai qu’on puisse en reparler l’année prochaine, mais on a créé un personnage et on va le suivre dans ces différents tableaux qui racontent une séquence de sa vie. Ça se passe aux Etats-Unis, et chaque morceau est un tableau de la vie de ce héros. Les sujets sont larges : sa relation amoureuse, un côté rédemption… Il va faire une sorte de voyage intérieur, spirituel, mais aussi extérieur parce qu’il prend sa voiture pour tailler la route.

Ce sera une autoproduction ou vous avez un label ?

Je suis en contact avec un label, je vais sans doute en approcher d’autres. Aujourd’hui, tu vois bien que les albums physiques… Les gens écoutent majoritairement sur les plateformes. On a la chance d’évoluer dans un univers, une famille qui achète encore les objets, les vinyles, les CD, les coffrets. Il y a non seulement un attachement à la musique, mais également à l’objet. Je me rappelle dans les années 80, j’allais à la FNAC du forum ou à Juke Box et je revenais les bras chargés. Les couvertures de Maiden, je les décortiquais dans les moindre détails… Les doubles albums, j’ouvrais et je passais des heures à tout regarder. Il y avait un côté découverte avec toutes ces photos… Il y a des albums qui sont collés à certaines périodes, et aujourd’hui encore, tu mets tel album sur la platine, tu te souviens de où tu étais et ce que tu faisais…

On ne va pas parler du passer mais on va souhaiter ce mal là au futur album de Rebel Angels ! Aujourd’hui, on sait qu’un groupe de rock ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités à chacun ?

Le line-up actuel… Jérémie est prof de guitare et de basse dans différentes écoles. Il a aussi d’autres petits jobs à côté. Le nouveau guitariste, Morty, travaille dans une société d’export et de gestion d’import-export, le bassiste qui nous accompagne pour le moment est un vrai musicien et moi, j’ai ma société, une agence de communication.

Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Rebel Angels ? Devise que, naturellement, vous collerez sur votre futur album…

Bien sûr ! Je comprends tout à fait… La devise ? C’est, euh… Pour moi, c’est la passion, tout simplement. Travailler des compositions qu’on vit bien, qu’on vit quand on les joue, quand on les partage. Et la passion du graphisme, aussi… Je baigne dedans mais c’est savoir faire appel à un illustrateur pour la pochette, travailler sur différents éléments graphiques pour la pochette, pour nos concerts aussi. Une deuxième chose, je dirais que, dans l’environnement musical actuel, c’est de rester dans notre couleur musicale. L’album sera varié, il y aura du up tempo, des morceaux plus soft, il y a même un morceau qui s’approche de l’americana. Ouvrir le champ tout en restant fidèles à notre image.

As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?

J’invite simplement tous les auditeurs à aller écouter l’Ep et à nous faire des retours sur les réseaux. On est très à l’écoute de ça. Et puis je voudrai vous remercier, tous, pour votre passion et la manière dont vous faites vivre cette passion, dont vous la partagez. C’est un sacerdoce qu’il faut remettre en route tous les matins !

C’est aussi un partage qu’on vous doit, sans les musiciens, sans votre passion, nous ne serions pas là non plus…

C’est vrai, un partage commun.

PILEDRIVER: First nations rock

Allemagne, Hard rock (Fastball music, 2025)

Le dernier album de compos originales des Allemands de Piledriver remonte à 2018, avec Rockwall. Depuis, le groupe de heavy boogie a publié un énorme coffret – Live in Europe (2023) – bourré jusqu’à la gueule et vantant son amour pour Status Quo, tout en faisant honneur à son dernier album. Il était temps, cependant, de retrouver la bande de Michael Sommerhoof (chant et guitare) et Peter Wagner (guitares) avec de nouvelles créations. A l’exception de ces deux complices, la formation a été totalement remaniée, ce qui apporte sans doute un peu plus de rugosité à la musique du groupe. On découvre ainsi le bassiste Jens Heisterhagen, le batteur Dirk Sengotta et le claviériste Tom Frerich qui participe à l’enregistrement de ce First nations rock, produit – ça a peut-être aussi joué sur le son plus rugueux – par Stefan Kaufmann (ex-Accept). Les 14 titres de ce nouvel album sont à la fois entrainants et totalement faits pour être joués sur scène – impossible de ne pas taper du pied de bout en bout – et puisent autant chez les maitres à penser du groupe que sont Status Quo, mais aussi chez AC/DC voire Iron Maiden. Certains riffs ont une touche à la Adrian Smith. Il a certes fallu attendre 7 bonnes années (de réflexion?) avant d’avoir droit à ces nouveautés mais l’attente en valait la peine. First nations rock est un album plus que généreux, le genre de disque à partager. Piledriver pousse cette générosité jusqu’au packaging, l’album étant accompagné d’un maousse livret de 24 pages dans un bel écrin. Espérons maintenant que les cinq viennent un jour nous rendre visite on stage!

A noter, pour les collectionneurs: Piledriver propose également First rock nations en version vinyle – double ! – avec un titre bonus, Julia, en version acoustique. Chaque titre a été mixé en conséquence pour offrir plus de rondeur, de chaleur et de générosité à cette version vinyle. On trouvera également un poster sur papier épais reprenant la très belle pochette de l’album (une œuvre signée Thomas Ewerhard) en format 60×90. Un très bel objet en somme.

BAD RAIN: Louder than words

Allemagne, Hard rock (Fastball, 2025)

Bad Rain est un nouveau venu sur a scène Hard rock vintage. Formé en Allemagne, mené par un chanteur croate (Zoran Misic), le quintette puise son énergie au cœur du hard rock américain de la seconde partie des 80’s. Les 10 titres de Louder than words, leur premier album, alternent avec un réel bonheur morceaux rentre dedans et ballade/heavy ballad. Bad Rain m’évoque, à de nombreuse reprises, la puissance classieuse de Giant tout en apportant une certaine rugosité et sa propre personnalité. Les mélodies léchées côtoient une énergie contagieuse tout au long des High and above, Chasing the sun et autres Twisted love. Louder than words est le type même de premier album qui peut ouvrir des portes et donne envie d’en entendre encore davantage. Une très belle promesse pour les amoureux de rock vintage/old school.

REBEL ANGELS: Hot live

France, hard rock (Ep autoproduit, 2025)

On n’en a pas si souvent que ça des live enregistrés lors d’une convention rock et metal… Les Français de Rebel Angels ont su profiter de leur passage à la convention de Fismes le 2 mars 2025 pour y enregistrer les 4 titres de ce Hot live. Un rock simple, franc et direct émaillé tout au long des Rip it off et Rock’n’roll outlaws – deux extraits de leur précédent Ep. Le groupe se permet même le luxe de reprendre le mythique Hair of the dog de Nazareth. Que des morceaux connus, certes mais ce n’est pas tout puisque Rebel Angels nous offre en conclusion She talks too much, une nouveauté quelque peu influencée par AC/DC qui figurera sur son premier album, prévu en 2026. Avec un titre aussi prometteur, on attend cette sortie avec impatience. Pour le moment, on se contente de ce Hot live au son brut comme un live et suffisamment bien produit pour que chaque instrument soit en place. Il ne manque sans doute, reconnaissons-le, qu’un peu de cette niaque scénique, de cette électricité rageuse qui ferait passer cet Ep d’une simple carte de visite à une grosse promesse. La communication avec le public, sans doute peu nombreux mais en forme, se limite aussi à quelques mots mais on n’a guère de temps à perdre en palabres quand on ne dispose que d’aussi peu de titres pour convaincre. Hot live n’en reste pas moins une déclaration d’intention 100% rock’n’roll pur jus.

CHASING LANA: State of mind

Australie, Heavy rock (Ep, M&O, 2025)

Inconnu de nos service, ce State of mind, nouvel Ep de Chasing Lana, est une très agréable surprise. Formé à Melbourne, en Australie, le groupe qui se présente comme une formation de hard rock navigue plutôt sur les eaux plus modernes de Alter Bridge, The Offspring ou Nickelback que sur le terrain des Rose Tattoo, Angel City et consorts. Les cinq titres sont à la fois déterminés et pop, entrainants et chantants. Bref, on se surprend à se dandiner sur les riffs puissants de Sick like me ou de Sever, on se laisse entrainer dans le monde plus brutal de Crash and burn et de Queen of the night ou des bons sentiments de Light in the dark, une ballade acidulée qui monte comme il se doit en puissance. Du bon stadium rock, joyeux et populaire, celui qui uni les foules et les fait bouger en cadence, le genre qui fait mouche.

LUCIE SUE: Battlestation

Rock énervé, France (Autoproduction, 2025)

Après To sing in French qui nous avait déjà bien plu, Lucie Sue revient avec son nouvel album, Battlestation. On peut se demander quand elle a trouvé le temps de l’enregistrer, ce CD, elle qui d’une part a donné un joli coup de main à un Furies en pleine reconstruction mais a également dû se préparer pour remonter sur une scène du Hellfest, cette fois, contrairement à la précédente, pour donner un concert en son nom propre. On pourrait alors imaginer un album bâclé, mais il n’en est rien. Ceux qui ont pu rencontrer Lucie Sue, ne serait-ce que l’espace de cinq petites minutes, savent qu’elle est aussi haute en couleurs que débordante d’énergie. Là, elle a simplement décidé de battre le fer tant qu’il est chaud et Battle Station est un brûlot explosif et varié. Les 13 titres alternent entre énergie et mélodie dans un esprit grunge qui flirte avec le thrash et même parfois, souvent, une forme de mélancolie sans jamais se répéter. Pas un morceau ne ressemble à un autre, et les influences sont tout aussi variées, du punk au rock 90’s en passant par la musique orientale, et si d’aucuns seraient tentés de dire qu’on manque de repères, l’ensemble est d’une remarquable cohésion, d’une authenticité exemplaire. On a même – sans réelle surprise – droit à la participation de Satchel (guitariste de Steel Panther) qui signe le solo de Ride the wired wild tiger. On imagine volontiers la débauche d’énergie sur scène… Il est plus que temps de se pencher sérieusement sur le cas Lucie Sue.

PRÉVISIONS second semestre 2025

Même si le second semestre est déjà bien entamé – juillet est passé et août sera calme, profitons tous de ces moments de repos mérités – la rentrée et la fin d’année s’annoncent déjà très prometteuses, tant du point de vue des albums attendus que des concerts à venir.

On attendait tout d’abord le retour des mighty Saxon aux Zénith de Paris, Nantes et Toulouse les 11, 12 et 13 septembre. Mais les Anglais ont publié récemment le live Eagles over Hellfest et annoncé le Castles and eagles tour en France, promettant d’interpréter l’intégralité de l’incontournable Wheels of steel avant de se voir contraints d’annuler 10 concerts cet été, Biff Byford, le chanteur de 74 ans, ayant dû subir une opération d’urgence. Une opération cardiaque qui a révélé, comme il l’a annoncé ce 15 août sur les réseaux, que les médecins lui ont également découvert un cancer. Les prestations annoncées en Europe sont ainsi reportées au printemps 2026. Nous ne pouvons que souhaiter à Biff un prompt rétablissement, qu’il se soigne, prenne soin de lui et soit totalement rétabli pour ce cinquième Zénith de Paris (quatrième en tête d’affiche, cf. le récap de l’histoire du groupe avec la salle) avec Sortilège en guest de luxe et son nouveau membre permanent, Michaël Zurita (il a notamment travaillé avec Satan Jokers – et connait donc bien Olivier Spitzer, l’autre guitariste de Sortilège – Furious Zoo, Gogol 1er, Big Ben, Fiona Gelin…) qui remplace feu Bruno Ramos. Une superbe affiche proposée par GDP pour une belle reprise d’activité.

On se rattrapera alors avec le duo américain le plus barré du moment, j’ai nommé KrashKarma qui, sur son World on fire tour, propose rien moins que 5 dates en France entre le 4 septembre (à Fontenay le Comte) au 13 septembre (à Belfort)! Metal Eyes sera présent au Dropkick bar d’Orléans le 11 septembre pour un nouveau moment qu’on imagine à la fois festif et explosif. Ralf et Nikki iront-ils chercher le public jusque dans la rue? Seuls les présents le sauront !

On ira sans doute ensuite à l’Olympia à Paris le 11 octobre pour célébrer comme il se doit Sidilarsen qui vient clôre sa tournée soutenant son dernier album en date, Que la lumière soit, sorti il y a maintenant plus d’un an. Le concert produit par Veryshow promet d’être grandiose tant les Toulousains sont en forme.

Comment manquer la venue de Disturbed qui sera, accompagné d’une première partie de choix (Megadeth), au Zénith de Paris le lendemain, 12 octobre. Une soirée proposée par Live Nation, tout à la fois brute et pleine d’émotion à n’en pas douter. Le groupe propose en effet une soirée spéciale célébrant les 25 ans de son album The sickness qui sera joué dans son intégralité ainsi qu’un Best-of de sa très riche carrière.

C’est ensuite la venue de Paradise Lost qui pourrait nous tenter… Garmonbozia propose 3 dates des Anglais en France: le 19 octobre à l’Aéronef de Lille, le 20 à l’Élysée Montmartre de Paris et le 21 à la Rayonnerie de Lyon. Il seront pour l’occasion accompagnés de Messa et, sur les deux dernière dates, Lacrimas Profundere.

Décidément, 2025 et GDP célèbrent les anniversaires! Après la publication de son nouvel album, Giants and monsters, en bacs le 29 août, les Allemands de Helloween viennent célébrer 40 ans de carrière au Zénith de Paris le 22 octobre. Ils seront pour l’occasion accompagnés de Beast in Black. Les Allemands s’étant montrés très en forme ces dernières années, nul doute que le spectacle sera à la hauteur des attentes du public.

Nous retournerons sans doute au Zénith pour une touche plus explosive. Arch Enemy viendra enflammer la salle le 27 octobre prochain, quatre jours après son passage à Lyon (le 23 au Radiant Bellevue) avec, là encore, une affiche plus qu’alléchante puisque le Bloody Dynasty tour produit par AEG réunira Gatekeeper, Amorphis et Eluveitie autour de la tête d’affiche.

Direction ensuite Issoudun pour y retrouver la nouvelle édition de la Firemaster convention les 24, 25 et 26 octobre. Trois journées dédiées au metal, entre conférences, expos et concerts divers. Cette année, l’orga nous propose de retrouver rien moins que les Français de Shâarghot, Locomuerte, Les Tambours du Bronx, Lofofora, mais aussi de découvrir Sun et son Brutal Pop ainsi que retrouver le Chris Slade Timeline venu pour nous faire une nouvelle fois voyager dans le temps.

Le mois d’octobre pourrait se conclure avec la venue des Anglais de The Darkness à l’Élysée Montmartre de Paris le 29. Un concert proposé par Veryshow qui promet d’être haut en couleurs, voire même croustillant, comme son dernier album, Dreams on toast, sorti en mars dernier.

Le 2 novembre marquera le grand retour des Danois de Volbeat qui viendront, produits par GDP, présenter leur nouveau guitariste, Flemming C. Lund, ex-The Arcane Order au Zénith de Paris. Ensemble, ils célèbreront la sortie du nouvel album God of angels trust, accompagnés de Bush.

Quelques mois après avoir enflammé la cité de Carcassone, les Français de Gojira lancent leur nouvelle tournée française qui débute le 27 à l’Arena de Reims pour se terminer le 12 décembre au Zénith de Strasbourg. Une douzaine de dates produites par GDP, dont Paris (Accor Arena, le 30 novembre), Marseille (Le Dôme, le 6 décembre) ou Lyon (LDLC Arena, le 10 décembre).

Rien ne semble pouvoir arrêter la croissance de la popularité des guerriers de Sabaton qui reviennent avec The Legendary tour – faisant référence à leur nouvel album, Legends, disponible dès le 17 octobre prochain. Année après année, le public se fait plus massif, les fidèles permettant aux Suédois d’investir des salles de plus en plus importantes, passant, ne serait-ce qu’à Paris, en une quinzaine d’années de l’Alhambra au Zénith, investissant également le Bataclan, le Trianon ou l’Élysée Montmartre avant de se retrouver, cette fois, à l’Accor Arena de Paris (le 28 novembre) puis, le lendemain au LDLC de Lyon. On attend comme toujours un show, une nouvelle fois produit par GDP, haut en couleurs.

HEAVY WEEK END: report du samedi 7 juin

@Heavy Week End 2025

Après une première journée artistiquement plus que réussie, retour au Zénith de Nancy pour une seconde plus hard rock/prog metal/heavy metal. Une programmation qui, après coup, ressemble à un patchwork de styles qui peut dérouter. Seule ombre au tableau de ce samedi, la pluie capricieuse qui joue les trouble-fête intermittents tout au long de la journée, humide et presque froide… On fera avec.

Wings Of Steel @Heavy Week End 2025

J’ai beaucoup entendu parler des Américains de Wings of Steel ces derniers temps mais n’ai pas eu l’occasion d’écouter ce qu’ils font. Le jeune combo a déjà publié un Ep et un album ainsi qu’un live enregistré lors de son concert lillois en 2024 et lance aujourd’hui sa tournée 2025. Musicalement, la formation propose un heavy metal typé 80’s. Leo Unnermark, le chanteur d’origine suédoise, est aujourd’hui très en voix, quelque part entre Michael Kiske et Geoff Tate tandis que son compère, le guitariste Peter Halub, avec qui il a fondé le groupe, sait prendre la pose comme il le faut.

Wings Of Steel @Heavy Week End 2025

Clairement, ça joue, tant des instruments qu’avec le public. La jeune formation sait parfaitement quoi faire pour séduire le public et propose une variété de morceaux entrainants et séduisants, alternant entre puissance de feu (Fall in line, Cry of the damned, Wings of steel) et douceur à mi parcours avec She cries, ballade entrecoupée d’un grain de folie.

Wings Of Steel @Heavy Week End 2025

Wings Of Steel nous offre ainsi une jolie mise en bouche pour démarrer la journée. Si le groupe n’invente rien, il se donne avec coeur et passion et le public présent le lui rend bien.

Wings Of Steel @Heavy Week End 2025
Vanden Plas @Heavy Week End 2025

Place ensuite à un groupe plus que trentenaire. Les Allemands de Vanden Plas, en showcase à Paris lors de la conférence de presse donnée par GDP pour le HWE, reviennent armés de cette envie de renouer avec leur succès d’antan. Leurs dernières prestations en France remontant au festival de Raismes en 2017, le groupe a eut tout le temps d’être quelque peu oublié. Alors ce soir, les petits plats sont mis dans les grands;

Vanden Pas @Heavy Week End 2025

Andi Kuntz, très en voix et tout sourire, n’hésite jamais à faire participer le public pendant l’heure qui est allouée au groupe. En démarrant son set avec deux titres heavy, Push et Holes in the sky, Vanden Plas interpelle les moins connaisseurs mais, malgré des moments plus doux, continue son set avec des composition plus progressives qui peuvent dérouter les amateurs de rock direct qui se dirigent vers les bars et la restauration. Dommage, car Postcard to God, qui clôt les set a de quoi réunir tout le monde, mais le public reste quand même assez important.

Vanden Plas @Heavy Week End 2025
Europe @Heavy Week End 2025

Avec Europe, on change clairement de catégorie. Les amateurs de hard rock léché sont de sortie et Joey Tempest, très en forme, sait parfaitement comment caresser son public comme il faut. De manière aussi sensuelle qu’il le fait avec son pied de micro!

Europe @Heavy Week End 2025

Le groupe démarre son set avec deux classiques, On broken wings et Rock the night, qui enflamment le public avant de proposer le plus récent Walk the earth (issu de l’album du même nom datant de 2017). déjà le chanteur commence à s’amuser avec des « Merde » et des Putains » qu’il répète autant qu’un pur Français, pour le plus grand plaisir du public.

Europe @Heavy Week End 2025

Si John Leven (basse) semble tout aussi concentré qu’il prend du plaisir, tous les regards se portent également sur John Norum, très en forme ce soir. La pyro réchauffe d’ailleurs les Suédois et le public alors que la pluie commence à se faire dense. Les parapluies et poncho font une apparition remarquée tandis que le froid s’installe aussi.

Europe @Heavy Week End 2025

Fort heureusement, cet épisode ne dure qu’un gros quart d’heure et le public reste bien présent. Europe nous offre alors Hold your head up, un titre soit disant « enregistré récemment » datant cependant de 2023. Europe propose ensuite une sélection de titres couvrant toutes les époques du groupe. De Carrie à Superstitious, en passant par le superbe War of kings ou open your heart qui voit Joey s’emparer d’une guitare acoustique ou Last look at Eden où il empoigne une électrique et se la joue crooner, c’est un véritable Best of que Europe offre au public, chaud comme la braise.

Europe @Heavy Week End 2025

Puis Cherokee, avec un light show splendide, vient relancer les affaires sérieuses, celles annonciatrices d’un concert qui touche à sa fin. Sa fin? Non, bien sûr, et le public le sait. Dès les premières mesures, The final countdown voit une nuée de téléphones s’éclairer et la foule se lever et hurler sa joie (note personnelle: je comprend de plus en plus ces artistes bannissant le portable…) Peu importe le froid, c’est près de 8.000 personnes qui sont à l’unisson, accompagnant Europe jusqu’au dernières mesures de ce concert de très haute volée. Si la suite est à la hauteur de cette prestation…

Europe @Heavy Week End 2025
Dream Theater @Heavy Week End 2025

Le retour de Mike Portnoy (batterie) au sein de Dream Theater a fait couler, positivement, beaucoup d’encre. Le public amateur se masse devant la scène où un technicien vient retirer le voile cachant l’imposant kit du batteur. Puis chacun arrive tranquillement, prenant place pour attaquer avec le bien nommé Night terror. Rapidement, pourtant, on sent, on voit John Muyng concentré sur sa basse et la tablette à ses pieds, prompteur musical l’empêchant de sourire.

Dream Theater @Heavy Week End 2025

De son côté, John Petrucci, tout aussi concentré, se libère et retrouve ses poses de barbu bourru mais impressionne par son aisance guitaristique. Jordan Rudess, quant à lui, joue de ses claviers dont la façade change au gré des ambiance de ce premier long titre, affichant parfois des notes de musique, à d’autres moments un décor léopard, clavier mobile qui se penche (laissant ainsi voir les touches sur lesquelles il joue) et se déplaçant afin que chaque membre du public en profite.

@Heavy Week End 2025

Mais celui qui attire tous les regards reste le batteur, dont le set impressionne et le cache partiellement. Portnoy, pourtant, sait aller chercher le public, se levant pour haranguer la foule qui… diminue. Non seulement, bien que ce soit la fin du printemps, il fait froid, mais la musique, trop technique et destinée à un public connaisseur, ne séduit pas une partie de la foule que l’on voit quitter les lieux en formation régulière et en famille.

Dream Theater @Heavy Week End 2025

Une question se pose alors: Dream Theater est-il vraiment le meilleur choix de tête d’affiche? Sans doute eut-il été préférable d’inverser les places et de laisser Europe clore cette journée. Dommage, mais c’est ainsi. Demain est un autre jour dont l’affiche pré-visage d’un (tout petit) peu plus d’énergie.

Dream Theater @Heavy Week End 2025

HEAVY WEEK END: report du vendredi 6 juin

Quel énorme week end que cette seconde édition du Heavy Week End ! Malgré quelques couacs au lancement de cette seconde édition, notamment dans l’arrivée plus que tardive des annonces et de l’affiche complète, le bilan de ce premier week end du mois de juin au Zénith de Nancy, dans sa version open air, est plus que positif malgré une météo capricieuse et un démarrage quelque peu difficile. Mais ne nous emballons pas, commençons par le commencement.

Si on a pu quelque peu s’inquiéter quant à la fréquentation de cette seconde édition – Gérard Drouot Productions balançant sur les réseaux de très nombreux posts chaque jour qui ont pu ressembler à un appel au secours, annonçant tardivement une affiche a priori pas au niveau de la première édition (exceptionnelle, rappelons-le) entrainant nombre de commentaires peu enthousiastes – l’arrivée sur le site tend à confirmer cette inquiétude. Ce vendredi est loin, très loin d’afficher complet – à peine 6.000 personnes ont fait le déplacement – mais, d’une part, le public est bien présent dès l’ouverture des portes et, d’autre part, on constate rapidement deux grosses améliorations par rapport à l’an dernier: tout d’abord, un espace assez vaste est réservé aux lieux de soulagement individuels (les WC, donc). Mais surtout, c’est affiché en très grand à l’entrée du site, le placement est libre. A moins d’avoir un pass VIP ou Carré or, le public peut, « à l’ancienne », se positionner dans la fosse ou s’installer dans les gradins, au choix. Résultat: bien que démarrant plus tôt que l’an dernier – un groupe a été rajouté – j’ai l’impression que le public est, en ce début de festival, à peu près équivalent à celui de 2024. Pas génial, mais encourageant, et nous ne sommes que vendredi, certaines personnes travaillent encore.

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025

Adrian Vandenberg, qui inaugure cette édition, investit la scène à 17h30 devant un parterre bien fourni… Quel plaisir de pouvoir enfin revoir le guitariste sur scène. Et en forme! Le géant hollandais (1,98m des pieds à la tignasse) a fait le choix de proposer un set 100% axé sur sa période avec Whitesnake, soit la période 1987 et Slip of the tongue. S’il n’a particpé qu’à la tournée célébrant le premier, il n’a composé aucun des titres de 1987, contrairement à son successeur dont on retrouve ici deux extraits (Fool for your lovin’ qui remonte en réalité à Ready an’ willing, en 1980, et Judgement day). Les 5 autres titres sont des incontournables du légendaire 1987 (Bad boys, Give me all your love, Cryin’ in the rain*, Still of the night et Here I go again* – deux titres (*) remontant quant à eux à l’album Saint and sinners de 1982)

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025

Le groupe dans son ensemble est en forme. On apprécie la tessiture de la voix de Mats Lévin, que l’on connait déjà pour ses participation avec Yngwie J. Malmsteen ou Treat, parmi d’autres. Le vocaliste n’est peut-être pas au niveau d’un Coverdale des grands jours mais son timbre et la personnalité qu’il met dans chacun de ces morceaux rendent plus qu’hommage au Serpent blanc.

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025

Si déjà la paire Vandeberg et Levens chauffe le public, la section rythmique en rajoute une jolie couche également. En quarante minutes, le géant blond démontre être parfaitement en forme (il avait été victime de la maladie de Lyme, qui l’a empêché de revenir comme il l’eût souhaité sur le devant de la scène) et à sa place. Si on aurait volontiers apprécié quelques extraits autres que Whitesnake (de Vandenberg, ancienne ou nouvelle mouture, ou Vandenberg Moonkings), on ne peut que savourer ce qui nous a été offert. Le public le sait et a, au passage, posé les jalons de l’ambiance à venir.

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025
BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025

Après le hard rock, on passe au power metal finlandais. Non, pas Lordi… Si j’avais été peu sensible à Battle Beast lors du dernier passage du groupe au Hellfest, les conditions du jour me permettent de découvrir le groupe sous un autre angle. Force est de reconnaitre que les cinq se donnent à fond, la voix de Noora Louhimo faisant toujours office d’arme (plus vraiment) secrète.

BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025

On sent les musiciens concentrés et quelque peu statiques, malgré l’envie de Eero Sipilä (basse) d’haranguer le public. Mais tous les regards sont portés sur la chanteuse au casque corné. Au gré des titres, l’ensemble du groupe va chercher la foule qui répond là encore plus que positivement d’autant plus que Noora, visiblement heureuse d’être là communique avec le public aussi chaleureusement que les flammes qui viennent réchauffer l’atmosphère.

BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025

Battle Beast nous a offert une très belle prestation, celle qui ressemble à une jolie mise en bouche pour accueillir la tête d’affiche.

BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025
SAXON @Heavy Week End 2025

Mais avant, place à un monstre sacré du heavy metal. Saxon, du haut d’une carrière longue d’un demi siècle, est toujours bien présent. Les Anglais s’apprêtent à sortir leur nouveau live, Eagles over Hellfest, et se lancent ce soir dans leur nouvelle tournée européenne qui, rappelons-le, les verra revenir pour trois dates en France les 11, 12 et 13 septembre aux Zénith de Paris, Nantes et Toulouse (avec, exclusivité de ces dates, le show Castles and eagles. Nous y reviendrons.)

SAXON @Heavy Week End 2025

Bien qu’on sache à quoi s’attendre, on a toujours plaisir à retrouver Biff et sa bande qui jamais ne déçoivent. Les anciens se massent devant la scène et dès les premières mesures de Hell, fire and damnation, le ton est donné. Les bouches à feu crachent leurs flammes tandis que le public scande le refrain de ce futur classique avec entrain. Et Biff, majestueux observe avec sérieux et attention la foule devant lui.

SAXON @Heavy Week End 2025

Si Saxon a composé certains hymnes incontournables que l’on retrouve ce soir (besoin de les citer? Alors, en vrac, Motorcycle man, Strong arm of the law, Wheels of steel, Heavy metal thunder, Dallas 1pm, 747 (strangers in the night)…) le groupe nous dégaine quelques raretés qui font du bien.

SAXON @Heavy Week End 2025

On a ainsi droit à Power and the glory et Dogs of war, nouvellement réintroduit dans la set list ainsi que 1066, un des trois extraits du dernier album. Les connaisseurs le savent, ils sont en train de vivre un de ces grands moments, un de ces concerts francs et directs, sans chichi. Et même si Biff, qui referme régulièrement son manteau, semble avoir froid, le public lui mange dans la main. Le concert se termine magnifiquement avec Princess of the night, toujours aussi imparable.

SAXON @Heavy Week End 2025

Si Saxon ne surprend pas les fidèles, le groupe impressionne toujours par sa puissance et ses prestations toujours aussi solides. Désormais parfaitement intégré, Brian Tatler confirme être le meilleur choix possible pour remplacer Paul Quinn. On remarque aussi que, de son côté, Nibbs Carter est beaucoup plus calme qu’il y a quelques années, headbangant avec plus de raison. Reste que la machine de guerre est de sortie (malheureusement pas le Fuckin’ pigeon… mais ça, ce sera pour le mois de septembre !)

SAXON @Heavy Week End 2025
POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Elles sont là, elles sont de sortie les meutes de loups-garou, impatientes de répondre à l’appel d’Attila Dorn et de Falk Maria Schlegel. Qu’on aime ou pas sa musique, un concert de Powerwolf est toujours prometteur de bons moments. Au pluriel. Car plus que le show, c’est le partage, la communion entre le groupe et le public. Un grand voile cache la scène, et dès que ce dernier tombe, le public se libère.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Bless ’em with the blade lance les hostilités – Powerwolf débute également sa nouvelle tournée ce soir, le public du HWE a donc droit à l’exclusivité du show! – et, très vite, très tôt, Attila s’adresse au public. Toujours en français, délivrant son éternel message « heavy metal is religion ». Forcément, ceux qui découvrent ce soir Powerwolf ne peuvent qu’être séduits tant par cette communion que par l’excellence du show proposé. Pas une seconde ne se passe sans un clin d’œil, un sourire, une complicité tant entre les musiciens qu’avec, surtout, le public.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Les frères Greywolf monopolisent la scène lorsque Falk se retrouve coincé derrière ses claviers. Il est naturellement bien souvent présent en avant scène, accompagnant Attila, très en voix, dans cette grand-messe célébrant le heavy metal et son armée (Army of the night).

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

« On va faire bouger nos hanches« , annonce Attila. « Qui veut danser avec moi? Avec Falk? » Le teasing lancé, tous deux font deux pas de danse annonciateurs de Dancing with the dead et, crachés ses premières banderoles qui retombent légèrement sur le public.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Attila invite ensuite le public à chanter quelques mesures avec lui, le préparant ainsi à l’accompagner sur Armata strigoi. Chacun chante aux ordres d’Attila: tout le monde, puis les femmes puis les hommes (quelque peu plus nombreux) et même… « maintenant, la sécurité privée, allez, chantez avec nous la sécurité privée!« , rappelant que « je suis le maestro de cérémonie » lorsque le public s’élance avant son ordre. Communication, communion même, et humour font ce soir très bon ménage.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Un loup garou sur fond bleu blanc rouge accompagne La bête du Gévaudan, titre chanté en français pour le plus grand bonheur de tous, suivi par le classique Demons are a girl’s best friend. Jamais Powerwolf ne laisse retomber la pression, que ce soit avec la pyro et les confettis – encore – sur Fire and forgive ou en faisant – toujours – participer le public, qui ne se fait pas prier.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Le combat des « Uh » (coté Falk) et « Ah » (côté Attila) fait toujours son effet, et fonctionne à merveille, plus encore, une fois le « concours » terminé, lorsque 6.000 gorges reprennent le gimmick tout au long de Werwolves of Armenia, suivi de Heretic hunters.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Les festivités continuent jusqu’à la conclusion habituelle, l’incontournable We drink your blood. Clairement, ce soir, Powerwolf a brillamment lancé sa nouvelle tournée. Le public repart ravi, la bave de la meute s’étant transformée en sourires marquant des visages simplement heureux d’avoir vécu ce moment. Un grand, très grand concert qui, malgré le froid, vient clore une première journée plus que prometteuse d’un week end de très belle fête. On sera de retour demain, promis!

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Interview : TRANK

Interview TRANK. Entretien le 30 mai 2025 avec Michel André Jouveaux (chant)

Après une première rencontre avec le quatuor au complet pour parler de la sortie de The ropes, le premier album de Trank, puis un entretien avec Johann, leur batteur, fin 2021pour échanger au sujet de la version deluxe dudit album, c’est aujourd’hui avec Michel, l’intarrissable chanteur, que nous parlons (entres autres sujets) du second album, The maze, et de sa sortie en version vinyle. Il en a des choses à raconter!

The ropes remonte à fin 2020. Depuis, The maze est sorti fin 2024 ; quels retours en avez-vous eus ?

Les chroniques ont été très flatteuses jusqu’ici, toutes… Après, j’imagine qu’il y a des gens qui ont écouté cet album, l’ont trouvé tellement nul qu’ils n’ont pas voulu écrire à son sujet, mais on a eu des chroniques extraordinaires, et les chansons de l’album passent très bien sur scène, ce qui est un bon test pour nous. On passe beaucoup de temps à les peaufiner en studio – on est légèrement maniaques du son, de la production, on veut sortir des chansons dont on pense qu’elles sont les meilleures possible. Mais le but, c’est de les jouer sur scène. Les chroniques et l’accueil des chansons sur scène sont incroyablement positifs.

Si on se parle aujourd’hui, c’est parce que vous sortez maintenant une version vinyle de cet album. Déjà, pour The ropes, vous aviez sorti quelques mois plus tard, une version double de l’album avec un second CD de vos titres réarrangés par d’autres. Y a-t-il, avec cet album, des choses particulières ou doit-on arrêter maintenant cette interview ?

(Il explose de rire) C’est un vrai rêve de gosses pour nous ! Deux d’entre-nous sommes très fans du format vinyle… On aurait déjà voulu le faire pour The ropes, mais c’était un peu compliqué pour plein de raisons, pour la supervision… The ropes, c’est un album de 52’, qui est une durée batarde. Si on met plus de 44, 45’ sur un vinyle, la qualité du son s’en ressent vraiment. Au-delà de 50’, la dynamique est bâclée, le volume général est assez bas…

Et c’est trop court pour faire un double…

Voilà, et faire un double, ça coute deux fois plus cher. Ou alors, il fallait qu’on retire une chanson ou deux mais c’est comme te demander lequel de tes enfants tu veux mettre sur EBay ! A l’époque, on avait discuté et la sortie du vinyle n’était pas une priorité. Il y a beaucoup d’artistes, d’ingé sons… qui sont venus nous voir en nous disant qu’ils voudraient bien remixer tel ou tel morceau, en faire autre chose, de l’électro, de l’indus. On a priorisé ça et on a laissé tomber le vinyle, ce qui pour moi était un crève-cœur, mais il faut faire des choix. Du coup, quand on a attaqué ce nouvel album, je leur ai dit : « Ok, les mecs, mais on fait 44’ maximum ! Comme ça, on pourra faire le vinyle ! » (rires) Ça a entrainé un processus de sélection d’autant plus brutal pour savoir quels titres se retrouveraient sur l’album mais ça nous a permis de le sortir en vinyle. On en est très contents, d’autant plus qu’on a été très bien entourés pour la sortie de cet album, en particulier par Andy Van deck qui a fait le mastering. Il travaille à New York, il est très réputé en matière de mastering – il s’occupait notamment de celui de Porcupine Tree avant que ce soit Steven Wilson qu’i s’en occupe lui-même. Il est aussi réputé pour la qualité de ses mastering pour des albums vinyles, et quand il a masterisé l’album, il l’a fait en plusieurs versions : une version CD, une version plus haut débit pour le numérique, et une version pour le vinyle. La raison pour laquelle le vinyle sort un peu plus tard que le CD, c’est qu’on voulait aussi qu’il soit pressé dans une usine où on avait une garantie de qualité sur le résultat final. Les usines capables de très bien presser, il n’y en a que deux en Europe. Elles ont des listes d’attente assez longues, mais on espère que quand les gens vont écouter l’album, ils se diront que ça valait vraiment le coup d’attendre.

Encore faut-il avoir le matériel pour écouter le vinyle dans de bonnes conditions…              

C’est vrai, il vaut mieux avoir une bonne platine… L’intérêt du vinyle, il est là, sans passer par une numérisation du son qui ruine tout. Brancher un vinyle sur une enceinte connectée, non, ça marche pas, c’est un peu comme mettre un moteur de deux chevaux dans une Ferrari…

On n’avait pas eu l’occasion de discuter à la sortie de The maze, alors comment décrirais-tu la musique de Trank à quelqu’un qui ne vous connais pas encore ?

Oh, c’est la question la plus difficile… On a déjà du mal à la décrire nous-mêmes…

Je me rappelle que dans votre communiqué de presse de The ropes, vous aviez mentionné le fait que Deep Purple disait que s’ils se formait aujourd’hui, ils sonneraient comme Trank…

C’est vrai, ils avaient dit ça, c’est extraordinairement flatteur. Après… Je ne suis pas trop certain de savoir ce qu’ils voulaient dire par là (rires), mais ça nous a fait très plaisir. Du coup, ça nous a aussi mis la pression parce que dans le même communiqué, ils disaient à leur public de venir à l’heure, « on les a choisis, ils sont bien ». Donc, on s’est pointés, et là où d’habitude, en tant que première partie, tu commence à jouer avec une salle à moitié vide qui se remplit quand tu joues, on est monté sur scène à la Riga Arena, et la salle était blindée avec 16.000 personnes ! Des gens qui étaient là, les bras croisés, genre « vas-y, montre-moi ce que tu fais, on est venus pour ça… » Heureusement, ça s’est bien passé mais ils nous avaient bien mis la pression quand même (rires).

Revenons à ma question : comment tu décrirais la musique de Trank ?

La plaisanterie qu’on faisait au début, c’est de dire que c’est un peu comme si Soundgarden et Depeche Mode faisaient un bébé. Mais c’est un peu ça, il y a une base hard rock assez typée 90’s qu’on trouve dans la plupart des morceaux, avec une colonne vertébrale axée sur un gros riff, et des choses plus proche du rock alternatif, façon Muse des grandes années. Il y a cette base qui se mélange avec une influence post punk. Je suis le plus grand fan de Depeche Mode parmi les gens que je connais, et, forcément, ça s’entend, dans la façon d’utiliser l’électronique, par exemple. Là où les deux références se retrouvent, c’est dans ce qu’on trouve intéressant chez eux, cette capacité à composer de la musique avec une certaine noirceur et un côté très accrocheur et entrainant qui fait que tu rentre dedans immédiatement. Et ça, ça nous parle. A l’époque de The ropes, un chroniqueur avait commencé sa chronique en écrivant « gros son et émotions fortes », et ça nous va complètement. On ne fait pas de la musique extrême, avec du bruit non stop et des hurlements continus, on aime l’idée de susciter de l’émotion chez les gens. Le travail sur le son aussi est important. Mélanger des parties de guitares qui alternent entre une forme de puissance et une richesse de textures, d’ampleur d’atmosphère, avec de l’électronique va amplifier le côté « cinématographique » de la musique. Le fait d’avoir une rythmique basse batterie apporte aussi cette puissance et ces nuances. Johann, notre batteur, c’est le fan ultime de Toto, et a priori, tu ne va pas trouver cette référence chez la plupart des batteurs de metal ou de hard rock, souvent plus dans un style « tape-dur ». Cette étiquette de « gros son émotions fortes », ça nous va bien. Quand tu lis les chroniques de l’album, on cite un nombre de références incroyable. Certains ont parlé de A Perfect Circle, Nine Inch Nails, Disturbed, dont on avait aussi fait la première partie… Tout un tas de noms très flatteur, et ce que tous ces noms ont en commun, c’est une certaine façon de combiner une énergie intense avec une mélodie tout de suite accrocheuse. L’identité de Trank, c’est un peu ça.

On est d’accord que Trank ne se contente pas d’un style et puise dans de nombreuses références (il acquiesce). Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de The maze pour définir ce que Trank est aujourd’hui, ce serait lequel ?

C’est une très bonne question ! Comme ça, au débotté, je te dirais Miracle cure qui est une chanson qui résume pas mal la personnalité du groupe. Pour moi, c’est peut-être celle qui nous résume le mieux, d’abord parce qu’elle a ce côté accrocheur et sombre, elle est sur un mid tempo assez lourd et elle mélange des moments de très forte intensité au niveau guitare et voix – on se rapproche du metal, souvent – avec des moments qui relèvent beaucoup plus d’une forme d’électro planante. Et puis, il y a un passage inattendu, qui marche très bien sur scène, c’est quasiment du rap. C’est plus de la parole rythmée que du chant. Le résultat donne quelque chose de très cohérent et qui, pour nous, sonne comme un mini film de 4 ou 5’. Il résume assez bien tous les contraste qu’on peut trouver dans notre musique.

Je reviens sur ce mot de « contrastes ». C’est quelque chose qu’on retrouve sur les deux versions de votre premier album (l’original est blanc, la seconde édition rouge et noire) que sur The maze avec ce labyrinthe sombre traversé par ce couloir de lumière.

La notion de contraste et de paradoxe dans la musique et dans l’image est très intéressante pour nous. J’aime beaucoup l’idée d’écrire des chansons qui vont traiter de sujets par définition assez lourds, mais de chercher transformer ce matériau en quelque chose qui permette d’établir une connexion avec les gens. Il y a un côté « alchimie » dans la musique que j’aime beaucoup. Même si on n’est pas tous angoissé au même niveau dans le groupe, àA un moment ou un autre, tu vas forcément plonger au tréfonds de ton estomac, ressortir une espèce de nappe de goudron a=et toutes les saloperies – la peur, la colère, l’angoisse, l’anxiété – et tu en ressors quelque chose de particulier, surtout dans le chant. Je me trouve très privilégié dans la mesure où je peux faire ça. Tu transformes, tu transmutes tes propres angoisses en quelque chose de positif, et c’est quelque chose que les gens ressentent, ce qui crée une connexion entre eux et toi. Ce contraste est au centre de tout. De manière générale, dans le contraste on trouve les nuances. On aurait tous 22 ans, on ferait la musique qui correspond à l’âge, on serait peut-être plus monolithique, monocorde ou monocouche. On est tous passés par là, et on recherche maintenant cette notion de contraste. Oui, elle est au cœur de tout ce qu’on fait.

On sait aujourd’hui qu’un groupe de rock, qui plus est français, ne vit pas, ou très difficilement de sa musique. Quelles sont vos métiers autres ?

On a des métiers très variés : David, qui est un gros costaud, fait de la sécurité privée, Johann fait du marketing dans une grosse société, ce qui était aussi mon cas jusqu’à il y a une dizaine d’’années, maintenant je suis indépendant, consultant en stratégie le jour et musicien la nuit, et j’ai aussi une boite de musique de pubs, ce qui fait que j’ai trois métiers ! Pas toujours facile à gérer… Emma, notre manageuse, travaille pour une concession automobile à Genève. Arnaud est informaticien et Nico est financier. On a tous des métiers, et des familles, et on considère Trank comme un métier… qui nous coûte de l’argent et qui est financé avec nos autres métiers ! On fait Trank par passion. La dernière chose qu’on veut entendre c’est « si voulez que ça se vende, que votre clip soit diffusé, il faut faire ci et ça ». on a la chance de pouvoir faire les choses comme on le veut sans avoir à se demander si ça va se vendre ou pas.

On en a vu des artistes qui se sont fourvoyés parce que leur management ou label leur disait quoi faire et le public n’a pas répondu présent… Trank c’est un groupe de rock. Le rock, c’est aussi la scène. A quoi faut-il s’attendre avec Trank en concert ? Va-t-on pouvoir vous voir un peu partout en France ?

Oui… On aime beaucoup jouer dans les festivals, on vient d’en enchainer trois d’affilée, et il y en a quelques-uns qui arrivent cet été. On y croise des gens qui sont exactement comme nous, des mordus qui font ça par passion, pas pour s’enrichir. On se retrouve à jouer pour des gens très demandeurs de musique. On aime beaucoup jouer dans ce contexte-là aussi parce que les gens qui organisent ces trucs deviennent rapidement des potes. On a le même virus, et ça crée des liens.

Mais en dehors des festivals, vous allez visiter les villes de France ? Il y a des gens qui se déplacent aussi en clubs…

Alors laisse-moi dire ceci : appel aux bookers et aux tourneurs ! Nous, on va là où on nous demande, la seule contrainte, c’est que maintenant, on est 6 sur scène. L’album, on l’a fait à trois, puisqu’on a eu un gros changement de line-up puisque Julien (guitare), avec qui j’avais cofondé le groupe a décidé de se consacrer à sa vie perso, le rythme de Trank n’était plus compatible avec sa vie. Il a participé à trois chansons sur l’album, mais on l’a fini sans lui. Mais maintenant, sur scène, on est six : Emma, notre manageuse, joue des claviers et s’occupe des samples, Arnaud, notre nouveau bassiste qui nous a été recommandé et qui partage à la fois notre éthique de travail, notre niveau d’exigence et notre sens de l’humour de débiles… et on a un second guitariste, Nico, qui était avec moi dans un groupe de reprise. On voulait un son plus étoffé sur scène, ce qui implique d’avoir deux guitares. Lui et David se répartissent les guitares, on n’a pas de lead ou de soliste, chacun joue en fonction de ce qui lui correspond le mieux. Donc on est six, et la logistique est forcément plus compliquée. Et on met un point d’honneur à essayer de répondre positivement à toutes les demandes, mais ce n’est pas toujours possible… Après, à quoi s’attendre ? Sur scène, la formule est proche de ce que tu trouves sur album, l’esprit musical ne change pas. Si sur album l’équilibre entre noirceur et lumière est de 60/40, sur scène, c’est l’inverse, l’intensité est là mais on communique beaucoup avec le public, on fait beaucoup participer les gens.

On parle de contraste, mais il y a aussi un point commun à vos deux albums qui entraine une question sur le prochain : ils commencent par l’article « The » (il rit). Le prochain va aussi commencer ainsi ?

C’est vrai ! Je ne sais pas… J’ai plaisanté l’autre jour en disant que le prochain s’appellera The end, comme ça il y aura « The » dedans et on aura encore une lettre en moins – cinq, quatre puis trois ! En fait, le titre de chaque album est venu du lien thématique qui unit la presque totalité des chansons. Un lien pas intentionnel, à la base. C’est moi qui écris les paroles, et je les écris à la fin. On travail un instrumental ensemble, que je laisse, comme en cuisine, « je réserve », quelques semaines ou jusqu’à 5 ans… A un moment, je ressors le morceau et je cherche dans mon bloc note l’idée qui pourrait coller, sur la rythmique ou autre. A partir de là, le texte et la mélodie vocale s’écrivent autour de ce thème. Pour les deux albums, au bout de cinq ou six chansons écrites, je me suis rendu compte qu’elles étaient liées par un thème commun. Dans The maze, c’est la quête de l’identité. C’est un thème qu’on retrouve partout, il y a une obsession identitaire, tant dans les discours de la gauche que de la droite, d’ailleurs, qui n’a jamais été aussi forte et, paradoxalement, il n’a jamais été aussi difficile de trouver sa propre identité et de l’affirmer. On reçoit tellement d’injonctions contradictoires qu’on ne sait plus où aller… on vit une époque où les gens doivent, ils ne sont pas encourager, ils sont forcés de se définir non pas en fonction de ce qu’ils font ou accomplissent, ce qu’ils créent, mais en fonction de qui ils sont, que ce soit une origine ethnique, réelle ou supposée, une appartenance religieuse, réelle ou supposée, un propos qui suffit à les définir « entièrement » et à les réduire dans l’esprit de gens qui sont les premiers à les juger et les condamner… Tu dois naviguer en permanence dans cette espèce de tir de barrage d’injonctions contradictoires sans vraiment jamais savoir ce qui va passer ou pas dans l’affirmation de ton identité. En plus de la pression naturelle imposée aux enfants et aux ados… The maze, c’est ça, ce labyrinthe intérieur et extérieur dans lequel on se trouve aujourd’hui avant de pouvoir répondre à cette question fondamentale : « qui suis-je ? » Elle est beaucoup plus complexe que cette vision simpliste, manichéenne, binaire – le mot qui tue ! – on met les gens dans des cases d’une manière simpliste, c’est effarant !

Quelle pourrait aujourd’hui être la devise de Trank ?

C’est une question, un exercice que j’aime bien qui m’évoque Depeche Mode qui, à une certaine époque prenait une phrase tirée de son contexte, issue d’une chanson et qui était imprimée en bas de la pochette et qui résumait un peu l’album… une devise pour Trank ? Il y en a plein de possible, celle qui me vient à l’esprit tournerait autour de – allez, je vais faire le vieux con – je vais citer Yoda : « fait ou ne fait pas ». On est très jusqu’au-boutistes dans le groupe, on est très exigeant sur notre façon de faire les choses. Être passionné c’est en soi une bonne chose. On vit dans un monde où il y a une sorte de fénéantise, d’apathie, un monde post téléréalité qui depuis 20 ans te montre que le meilleur truc à faire c’est de reste assis en espérant qu’une équipe de télé débarque pour démontrer à quel point tu es extraordinaire ! Pour nous, nous sommes tous des passionnés, l’idée c’est de faire ce que tu fais à fond.

As-tu quelque chose à rajouter avant de terminer ?

Oui, on parlait de la sortie de l’album en vinyle. S’il y a des gens intéressés, le meilleur moyen de se le procurer, c’est d’aller directement sur le site trankmusic.com. Je crois qu’il reste aussi quelques copies du premier album, plus beaucoup, mais il en reste. On parlait de passion il y a deux minutes, et je crois que, ce qu’i y a de plus gratifiant pour nous, en studio ou sur scène, c’est qu’on rencontre des gens aussi mordus que nous. La musique n’est plus le phénomène de masse culturel que c’était quand on était gosses, et ça fait d’autant plus plaisir de connecter avec des gens qui écoutent notre musique. C’est une des choses les plus incroyables et on a vraiment le privilège de faire ce qu’on fait !