Si ça, ça ne sonne pas comme un appel à la nostalgie… 1966, c’est le titre du dernier album du guitariste Chris Savourey qui, s’il s’est un temps adonné aux plaisirs de l’instrumental, revient avec un album chanté, accompagné dans cet ouvrage par de nombreux invités. Si l’intro, 1966, peut sembler étonnante, on tombe rapidement dans un rock vintage qui navigue sur les trace des grands anciens. Ceux du rock, pas ceux de Lovecraft, entendons nous! De la pochette à la calligraphie 70’s au contenu, tout en effet transpire cet amour des années d’insouciance de la génération titre qui atteint aujourd’hui la soixantaine et est passée par l’explosion du disco, du funk, du hard rock et la naissance de toutes les vagues de heavy metal toujours d’actualité. Personne ne s’étonnera ici des clins d’œil tant aux Stones qu’à Thin Lizzy tout au long des neuf morceaux qui suivent. Il y a beaucoup d’amour et d’envie, l’ensemble est bien produit et la présence de voix variées apporte un plus. Ok, tous ne maitrisent pas l’anglais comme le style le voudrait, mais Chris Savourey nous replonge dans une époque pleine de vie, d’audace et de témérité musicale. On ne réinvente rien ici, mais le plaisir est présent, sans prise de tête. Un joli retour, en somme.
Un nouvel album des Troyens de Sleazyz c’est toujours la promesse de passer un bon moment de rock’n’roll fun et entraînant. Malgré une absence de 3 ans (Glitter ghoulz from hell remonte déjà à 2023), le groupe revient dans un format quelque peu remanié (au delà des deux membres historiques que sont le chanteur basiste Fred Dee Ceased et la guitariste Pandémonium Rodriguez, on retrouve sur l’album le batteur Fred El Rafale et le guitariste Thomas Healstone, depuis remplacé par Matt Bloodstring) avec un nouvel Ep qui dépote, Rock n roll digger qui porte très mal son titre. Car la bande toujours menée par son duo créateur et créatif nous a concocté 5 nouveaux morceaux de hard rock pur jus, tous différents les uns des autres. La galette démarre en trombe avec le plus qu’entrainant Dead in rock’n’roll sur lequel figurent également Stéphane Labas et Cyrille Hawlicki, tous deux de Charcoal, qui viennent pousser la chansonnette. La suite alterne entre heavy plus lent (Rock n’ roll digger), hard rock dansant (Cowboys in space) ou heavy rock franc du collier (Monster in my closet, See you in hell). La voix de Fred, roc(k)ailleuse à souhait et les ambiances évoquent les univers bien connus d’Alice Cooper ou de Rob Zombie, l’ambiance et l’entrain qui vont avec, le tout dans un anglais parfaitement maitrisé et compréhensible. Ce nouvel Ep se termine par une reprise des Ramones, l’incontournable Blitzkrieg pop et ses « Hey ho! Let’s go! », morceau sur lequel on retrouve nos deux invités. Ce disque est loin, très loin, de creuser la tomber du rock, très loin de l’enterrer tant on se dandine en on tape du pied et lève le poing avec bonheur. Maintenant, Sleazyz nous promet de nous retrouver sur les routes – dont une escapade de quelques dates à… Puerto Rico !
Interview HIGHWAY. Entretien avec Benjamin Folch (chant) et Ben Chambert (guitare). Propos recueillis le 27 mars 2026
Ben, on avait discuté assez longuement à la sortie de votre album acoustique, The journey, en 2023. Quels retours en avez-vous eus ?
Ben : Les retours ont été super. C’est un disque un peu à part dans notre discographie pusiqu’il est entièrement acoustique, un peu comme les MTV unplugged des années 90…
Benjamin : On a toujours voulu faire un album acoustique et on a eu cette occasion pendant cette période de Covid, l’occasion de bosser différemment, à distance et sur de l’acoustique, et on s’est dit « on le fait ». C’était le bon moment pour le faire.
Ben : On jouait déjà en acoustique de temps en temps, quelques morceaux. Là, on l’a enregistré…
Benjamin : On avait un peu peur des réactions… « Highway là où on ne l’attend pas, qui propose un album en acoustique, comment ça va être perçu ? »
Ben : La majorité des gens a trouvé ça super cool. Certains on moins aimé, c’est sûr, mais les plus ouverts ont apprécié. C’est nous, c’est la patte Highway…
Et c’est aussi vos morceaux déjà connus…
Ben : Oui, et trois ou quatre ans après, je le trouve toujours aussi bon.
Justement, il y a toujours un grand délai entre deux albums de Highway. Lorsqu’un groupe de rock a la possibilité de s’offrir quatre ans entre deux albums, en général, c’est que ce sont des rock stars, mais ce n’est pas votre cas ! (rires des deux)
Ben : Pas encore, mais…
Qu’est-ce qui explique ce temps entre deux albums ? United states of rock n roll en 2011, IV six ans après en 2017. Et on ne parle que des albums studio de compos originales…
Ben : On compte quand même The journey dedans parce que le processus d’enregistrement a été identique. Ok, on avait déjà composé les morceaux, mais on les a revisités et, pour nous, c’est le même processus que pour un album normal.
Benjamin : Aussi, quand on a enregistré The journey, on avait déjà des morceaux électriques qui n’avaient pas lieu d’être sur cet album mais qu’on a gardés pour après.
Ben : C’est vrai qu’on prend le temps, mais on a tous des vies bien remplies et il faut se laisser le temps de bien faire les choses, de proposer de bons morceaux.
C’est un peu l’idée que j’avais, vous n’êtes pas encore assez important pour prendre tout votre temps et…
Ben : Ça viendra… quand ? It’s a long way…
Oui, It’s a long way to the top… On doit avoir la référence quelque part ! Parlons maintenant de votre nouvel album, last call for rock n roll. Que pouvez-vous nous en dire ?
Benjamin : beaucoup de choses (rires) ! Il sort le 24 avril, il y a 12 morceaux, très différents… On a exploré des pistes très différentes, il y a des choses très groovy, d’autres plus metal, il y a un morceau acoustique… et c’est un album très mélodique.
Ben : C’est un peu la continuité électrique de The journey qui nous a ouvert la voie à des voix plus élaborées, des arrangements plus variés. Par exemple des cuivres qu’on retrouve sur The action, des claviers, des trucs qu’on ne faisait pas avant. Là on a voulu avoir le même process et faire des choses nouvelles. Ça reste évidemment du rock mais il se passe plein de trucs dans cet album. C’est un peu le Highway de maintenant.
Si on parle de vos deux derniers albums 100% électriques, comment chacun d’entre vous analyse-t-il l’évolution de Highway entre IV et Last call for rock n roll ?
Ben : Avec IV, on avait déjà un process de compo qui avait évolué par rapport à ce qu’on faisait avant…
Benjamin : Oui, on avait déjà beaucoup évolué par rapport à United states of rock n roll…
Mais ce n’est pas ma question ! Je vous parle de l’évolution entre IV et Last call…
Benjamin : En fait, cette évolution s’est poursuivie : il y a eu cette parenthèse acoustique qui nous a appris à travailler différemment. On a un peu plus poussé les curseurs là où on voulait les amener. Ce qu’on ne savait pas forcément faire avant.
Ben : Et puis on a appris, en tant que musiciens, on a progressé. Avec les concerts qu’on a donnés, on s’est imprégnés d’autres choses. Et, du coup, on a testé d’autres choses. La grosse différence aussi, c’est qu’on a, pour cet album, travaillé avec un vrai producteur, ce qu’on n’avait pas fait avant. On avait travaillé avec Brett Caldas-Lima sur IV pour le mix, mais là, on l’a vraiment intégré comme producteur. Ill a fait les maquettes, il a décortiqué les morceaux, il a mis sa patte. La grosse différence, c’est qu’il a placé la barre plus haut à tous les niveaux. Le vrai travail d’un producteur…
Benjamin : Le travail sur le son, aussi. Il a tout enregistré et beaucoup travaillé sur le son de Highway, qu’il soit le plus parfait possible.
Ben : Il a pris ce qu’on savait faire et il l’a sublimé.
Donc le Highway que j’aimais avant, aujourd’hui, je vais l’adorer ?
Les deux, ensemble : Ah ouais !
Comment décririez-vous la musique de Highway à quelqu’un qui ne vous connait pas afin de l’inciter à plonger dans votre discographie complète ?
Benjamin : Hey… C’est du hard rock, du hard rock très mélodique, que ce soit au niveau des instruments, des mélodies ou des voix, et c’est quelque chose qui peut toucher beaucoup de monde. Souvent, moi le premier, quand j’écoute de la musique, j’ai envie d’une mélodie qui percute et me reste dans la tête. Et ça, avec Highway, tous les morceaux sont efficaces.
Ben : il y a le côté catchy, mais il y a aussi cet esprit « good vibes ». On fait quand même de la musique qui nous ressemble, il y a de la joie de vivre, un côté positif…
Benjamin : Qu’on essaie de transmettre à tout le monde.
Ben : On vit dans un monde où il se passe beaucoup de trucs durs et on veut apporter un peut de joie de vivre à tout le monde…
« Beaucoup de trucs durs »… Je ne vois pas de quoi tu veux parler en ce moment ! C’est peut-être une question que je ne devrais pas poser, mais tu abordes le sujet, Ben. Que pensez-vous de la situation des USA en ce moment ?
Ben : Ben… on a honte d’aimer les États-Unis…
Benjamin : Là, on n’y remettra pas les pieds pendant un bon moment. J’ai pas de honte à le dire, c’est un pays que je trouve exceptionnel sur beaucoup de points mais, là, je n’ai pas envie d’y aller pendant quelques années…
Ben : Ce qu’on aime, c’est la culture américaine…
Benjamin : Aller manger dans un diner à 23h…
Ben : En écoutant les Guns !
Revenons à la musique. Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un seul titre de Last call for rock n roll pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Highway aujourd’hui, ce serait lequel ?
Benjamin : Ah, c’est très dur… Si je devais n’en choisir qu’un… ce serait Peace out, parce qu’il est très mélodique, il y a beaucoup de chœurs, il est léger, agréable, il est plaisant comme morceau. Il est aussi progressif, avec des changements des rythmes et d’ambiances. Moi, c’est un morceau qui me met de bonne humeur.
Peace out… ça colle bien à la question précédente en plus ! Et toi, Ben ?
Ben : Effectivement, c’est un morceau que j’adore, et les arrangements vocaux sont ouf. Mais si je devais retenir un seul morceau, mon préféré, mon petit chouchou, c’est (Don’t) look back, un morceau un peu ovni. Sa mélodie me transperce à chaque fois, je l’écoute, je suis bien. C’est un peu comme un nounours, mon morceau nounours… J’ai envie de me mettre en boule, et de lui faire un câlin…
Tu aimes tout sur ce morceau, mais est-ce celui que tu ferais écouter à quelqu’un pour lui dire « c’est ce que nous sommes aujourd’hui » ?
Ben : En effet, j’ai un peu digressé… C’est mon morceau préféré mais peut-être pas celui qui représente le mieux le groupe. Si je devais ne retenir qu’un titre qui nous représente, ce serait Hi-way, qui reprend ce que nous avons fait avant, avec les harmonies vocales, le gros son, et il s’appelle Hi-way, en deux mots, alors « this is Highway »… Oui, je dirai celui-là.
Quels sont vos projets de tournée pour défendre ce nouvel album ?
Benjamin : On a beaucoup de discussions autour de futures dates, on en a 5 qui sont confirmées et annoncées : il va y avoir Dijon le 18 avril, en mai ce sera le Brin de Zinc à Chambéry, notre release party au Rockstore de Montpellier le 30 mai, on laisse passer l’été et on sera au Backstage By The Mill à Paris le 19 septembre et retour du côté de Montpellier au Just N Fest le 2 octobre.
Paris, je ne pourrais pas y être, je suis sur un autre festival…
Ben : Le Crick ? Non, le Zik n dry (NdMP : le 19 septembre prochain, à Dry (45) avec en têtes d’affiche Crucified Barbara et H.E.A.T) ? Deux personnes qui nous ont interviewés avant nous ont dit qu’elles y seraient aussi…
Benjamin : Ce sera peut-être pour nous l’occasion de venir jouer sur Orléans, s’il y a des festivals comme ça…
Il n’y a pas que des festivals… Sur Orléans et alentours, il y a plein de super salles, de 200-400 places, avec des conditions d’accueil au top.
Benjamin : C’est bon à savoir… En tous cas, on travaille aussi les plans pour des festivals en 2027. A suivre !
J’ai aussi vu sur votre site qu’aujourd’hui vous n’êtes plus quatre mais cinq musiciens. C’est quand même un grand changement dans le groupe ! Qui est le cinquième membre ?
Benjamin : Déjà, on va demander « qui est le quatrième » ? On a changé un peu de line-up, on changé de bassiste, Sam Marshal a eu envie de faire d’autres choses avec ses nouveaux groupes. Du coup, on a recruté Cerise Pouillart, notre nouvelle bassiste. C’est aussi une nouveauté pour nous de travailler avec une fille…
Ben : A la base, elle est guitariste et chanteuse, et elle s’est mise à bosser la basse comme une dingue, les chœurs aussi parce qu’elle chante aussi… Elle a une super voix !
Benjamin : Elle a été pendant 12 ans leadeuse des Ladies Ballbreaker, elle a tourné plus d’une fois avec ce tribute…
Tribute d’un groupe que vous n’aimez pas du tout, d’ailleurs !
Ben : Non, pas du tout (rires). Elle nous apporte toute cette expérience et c’est vraiment intéressant. Maintenant, le cinquième…
Benjamin : On a muté, on est passés à cinq : on a recruté Flo (Florian Arnaud) à la guitare qui amène lui aussi sa guitare et sa voix – c’est aussi un excellent chanteur ! Pourquoi in est passé à cinq ? Parce qu’on voulait vraiment mettre en avant, sur scène, les guitares qu’il y a sur l’album.
Ben : On s’est un peu lâchés sur l’album et ça aurait été dommage d’amputer ces arrangements qu’il y a sur l’album. On aurait pu le faire mais sur le disque, c’est vrai qu’on est allés assez loin au niveau des grattes, donc on a pris ce guitariste avec qui, en plus, ça matche humainement. On le connait depuis longtemps, on a fait quelques concerts avec lui et quand Sam est parti, on s’est dit autant proposer une vraie nouvelle version du groupe. On écrit une nouvelle histoire, un nouveau chapitre. On apporte quelque chose de vraiment nouveau, avec des nouvelles guitares, de nouveaux chœurs…
Benjamin : Comme le dit Ben, on voulait cette nouveauté, et il y a cette fraicheur, cette énergie qui nous ont poussés à travailler différemment, amener un nouveau show sur scène, une nouvelle dynamique.
Ben : On a vraiment hâte de présenter ces morceaux sur scène, notre nouveau show, et que vous veniez nous voir…
Ou que vous veniez nous voir (rire général) ! Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un de vos albums avec le line-up actuel, ce serait lequel ?
Ben : Ah, dis… C’est dur comme question !
Benjamin : Peut-être U.S…
Ben : Oui, peut-être United States of rock n roll…
Benjamin : Il y a plein de trucs qu’on ne savait pas faire à l’époque et qui le ferait sonne bien mieux maintenant.
Il était déjà bien…
Benjamin : Mais le refaire avec des voix féminines, ça serait super. C’est un album que j’adore, mais ça lui donnerait une autre ampleur. Les morceaux sont vraiment cool, mais il mériterait quelque chose…
On sait qu’un groupe de rock en France ne vit que rarement de sa musique. Quels sont vos autres activités professionnelles ?
Ben : On a des statuts différents : le noyau dur, Ben, moi et mon frangin (Romain Chambert, batterie) on a des boulots à coté…
Benjamin : Moi, je suis directeur, je manage une équipe de sept personnes qui vend de la déco de maison, des tissus, du parquet…
Ben : Moi, je suis radiologue, en imagerie médicale. Romain, lui, est inspecteur du travail. C’est bien, parce que quand on n’est pas déclarés sur les concerts, il peut arranger les choses (rires). Flo et Cerise sont tous les deux dans la musique…
Benjamin : Flo est prof de guitare, Cerise est prof de chant.
Si vous deviez penser à une devise pour Highway, ce serait quoi ? Benjamain, je t’avais déjà posé la question…
Ben : Ah ? J’avais dit quoi ? En attendant, je dirai No limit (Benjamin acquiesce). C’était notre mantra en studio, No limit ! On fait ce qu’on veut, et on y va à fond…
A l’époque tu me disais « Enjoy, have fun »
Ben : Tu vois quand je te dis qu’on est good vibes ! C’est exactement ça ! Maintenant, c’est devenu « No limit » (rires) !
Interview MESSALINE. Entretien le 13 mars 2026 avec Eric Martelat (Chant)
Ce qui est agréable avec Chatos – le surnom d’Eric Martelat, chanteur et fondateur de Messaline – c’est qu’un entretien n’en est pas vraiment un. C’est plus proche d’une conversation entre potes qui se retrouvent, quand bien même ces derniers ne se seraient pas vus depuis 10 ans. Alors discuter de (alias Lilith), le dernier album des Bressois est un moment de partage plus que sympathique.
Eric : Tu as reçu l’album quand ? On sent bien, quand on lit ta chronique – superbe, et je t’en remercie – que tu as pu l’écouter plusieurs fois, et ça, c’est cool.
Metal Eyes : Je ne sais plus exactement quand je l’ai reçu, mais, oui, je l’ai écouté plusieurs fois. Ça fait maintenant quelques temps que nous n’avons pas échangé, la dernière fois, c’était pour Illusions barbares, et il s’est passé plein de choses depuis… On ne va pas revenir sur 10 ans de vie, mais je voudrais que nous revenions un peu en arrière puisque vous avez publié un Ep, Braconniers du silence, qui a été enregistré en aout 2023 au parc des oiseaux lors d’un festival. Qu’est-ce qui vous a amenés à enregistrer ce disque dans ces conditions, lors d’un festival qui n’est pas du tout metal ?
C’était l’occasion… C’est un festival qui se déroule sur un mois avec une tête d’affiche par soirée. Parfois, il y a une première partie, parfois pas. Cette année-là, Stephan Eicher n’en avait pas. Donc, j’ai démarché en proposant que nous fassions un concert en acoustique, revisiter nos morceaux. J’ai trouvé un second guitariste qui était plutôt acoustique et qui nous a permis de faire beaucoup d’arrangements. On a enregistré une maquette qu’on a envoyé à l’organisateur qui nous a dit banco. Quelques jours avant, avec l’ingénieur du son, on a décidé d’enregistrer tout le concert en nous disant « ben, si c’est bien, tant mieux, sinon, tant pis ! » Ce soir-là, on jouait 30’, on a bien joué et quand on a écouté les bandes, on s’est dit qu’il avait quelque chose à faire avec… On l’a mixé, sorti en Ep. On sent bien la connivence entre les musiciens. Ce qui est rigolo, c’est que je voulais que, sur les 5 morceaux, il y ait des titres que le public connait très bien, et on a fait exprès de prendre quelques risques puisqu’il y avait 3 titres de Vieux démons qui venait de sortir, qu’on a réarrangés. C’était un beau challenge, mais on a aussi joué deux inédits, dont Geisha et Maistre Flamel qui étaient déjà composés et qu’on a proposé en goodies aux fans présents ce soir-là.
Tu dis que vous avez décidé de prendre des risques, mais pas tant que ça, avec des morceaux que le public connait déjà. Mais surtout, il y a eu un gros, gros changement de line-up. Qu’est-ce qui a amené ces changements ?
Le gros changement, ça a été en 2018 lorsque Mickael Colignon, le guitariste fondateur du groupe avec moi, a décidé d’arrêter complètement la musique, après Illusions barbare. Matthieu Gilbert, guitariste compositeur est arrivé, ainsi que Alain Blanc à la batterie. A la sortie de Vieux démons, le bassiste qui était avec nous depuis quelques années a décidé d’arrêter. Charlie est arrivé à la basse, et c’est à ce moment-là qu’on a décidé d’inclure Agnes Gilbert aux chœurs pour harmoniser encore plus les voix.
Il y a une période que nous avons tous vécu différemment, entre Illusions barbares et Vieux démons, la période de crise sanitaire…
Et la crise sanitaire nous a permis de composer Vieux démons, qui est sorti en 2022. On l’a composé avec Matthieu pendant le Covid. Ça nous a permis de nous poser, chacun de notre côté, d’écouter nos vieux vinyles et de nous dire que c’est bien les années 70 qu’on aimait dans l’histoire du rock. Finalement, ça nous a fait prendre un virage parce que Messaline est moins typé Heavy metal que ce qu’on faisait sur nos premiers albums. On est plus dans le hard rock, classic rock. Ça laisse plus de place au chant français. Ce style de rock, plus mélodique et plus posé met plus en valeur les textes. Ce changement de direction, finalement, c’est sur le fond – pour le coté musical – et sur la forme. Parce je trouve que les textes s’incorporent mieux à la musique.
Les gens qui suivent Messaline, ceux qui te connaissent et lisent les paroles savent à quel point tu es un amoureux des mots. Alors des mots, pas des maux… J’ai l’impression parfois qu’avec toi il vaut mieux toujours épeler ces mots, justement (il rit). On les retrouve tout le temps, ces jeux de mots, j’en veut simplement pour preuve le titre Les piqures d’Hades qui joue sur le coté Epicure, et les gens qui te connaissent savent que tu es aussi un bon vivant. Alors quel rapport entre l’épicurien que tu es et Hades, le dieu des enfers, certainement un bon vivant aussi, plus chaleureux que d’autres ?
Tu as la réponse dans ta question, c’est exactement ça… Quand je commence le texte, je dis que tout ce qui est bien est mal. J’ai l’impression que, maintenant, tout ce qui peut apporter du plaisir, l’épicurisme, est montré du doigt… La bonne bouffe, l’alcool, etc…
Un bon vin rouge aussi… A chaque fois qu’on s’est rencontré, tu avais un verre de vin à la main !
(Rires) Oui ! Oui, oui ! C’est exactement ça, et effectivement… Ne vaut-il mieux pas faire la fête aux enfers que de s’emmerder au paradis ? L’éternelle question… Les piqures d’Hades c’est ça… Il y a des hommes politique qui veulent passer pour des gens bien mais ce n’est pas forcément le cas… Où placer le curseur ? L’histoire des Alias de l’album, c’est exactement ça : on avance tous un peu masqués dans cette société, on a tous une double personnalité. Moi, ça m’intéresse d’autant plus que je suis gémeaux qui est réputé pour avoir une double personnalité. Mais je pense qu’on a tous un peu ça. Regarde les hardos : certains vont au boulot en costar-cravate et le soir, tu les retrouve en concert de metal extrême avec leurs vestes à patches… On a tous un alias…
Tu viens d’expliquer le pourquoi des changements de line-up, et il ya une chose qui me marque aussi, à l’inverse, c’est la fidélité de Messaline à Alain Ricard et son label Brennus music… Vous n’avez jamais changé de label…
Non, c’est vrai. Alain, c’est quelqu’un qui donne totalement sa confiance aux groupes qu’il travaille, il ne veut même pas écouter une seconde de ce que tu fais… Il n’y a pas de producteur ou de label manager qui nous dise qu’il faut plus de ceci ou moins de cela. C’est vrai que pour cet album on s’est posé la question de savoir si on n’allait pas chercher ailleurs parce qu’il y a certains titres qui sont carrément plus rock. Et finalement, on se dit qu’il y en a marre de mettre les gens dans des cases… Brennus est connoté metal ? On a toujours été bien chez Brennus, alors pourquoi changer maintenant ? La fidélité aussi, c’est quelque chose qu’on doit garder, surtout dans ce milieu où tu vois plus de personnes qui te poignardent dans le dos que de te rester fidèles… On en connait toi et moi quelques-uns, je pense… Autant continuer avec les personnes qu’on aime et avec qui on aime bien travailler…
Maintenant qu’on a parlé du label, parlons de la musique : comment décrirais-tu aujourd’hui la musique de Messaline à quelqu’un qui ne vous connait pas pour l’inciter à vous écouter ?
Je serai basique : je dirai que Messaline essaie de faire de la chanson rock. C’est-à-dire qu’on cherche à proposer de la mélodie qui soit entêtante avec des textes qui veulent dire quelque chose. Rock ou hard rock dans le sens où on est moins metal qu’avant avec une musique moins compressée qu’avant, pour faire vraiment respirer la musique. Chaque instrument a sa place et respire…
Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un seul titre de (Alias Lilith) pour inciter quelqu’un à écouter tout l’album, ce serait lequel ?
Je dirai Geisha parce qu’il y a plein d’atmosphère. L’intro est très chanson posée, et ça accélère avec un côté hyper baston hard rock. Il y a pleins de climats différents dans ce morceau qui reste hard rock, jamais progressif avec des passages à tiroirs.
C’est intéressant de t’entendre dire ça quand on connait ta relation avec Christian Descamps, de Ange…
Ouais… Ange, on est d’accord que ça a été une grosse influence pour moi, notamment au niveau des textes. J’aurai toujours ce background, mais je trouve qu’on s’en éloigne de plus en plus. C’est pour ça qu’on voulait aussi faire une reprise de Ange sur Vieux démons histoire de clore l’histoire… Depuis le début de Messaline, on nous parle de Ange, mais il y a d’autres influences. Sur (Alias Lilith), le côté sombre de mes textes n’a plus rien à voir avec le côté « solaire » d’avant. Je me retrouve plus sur le côté Thiefaine, tel qu’il écrit ces dix dernières années, voire avec Higelin. J’ai redécouvert beaucoup d’auteurs français, comme Jean-Louis Murat. Je me suis replongé dans sa discographie – après sa mort, comme souvent, malheureusement – et c’est un sacré artiste ! Il y a aussi des petits accents à la Black Sababth, Uriah Heep, aussi. Ccharlie, le bassiste qui nous a rejoint il y a trois ans – c’est son premier album avec nous – n’a jamais vraiment été fan de Ange. Il faisait partie de cover bands de Red Hot Chili Peppers et compagnie… Après, les gens continuent de parler de Ange, sans doute la tessiture de ma voix, mais je pense que, maintenant, tant textuellement que musicalement, on s’en est bien éloignés.
Ça fait maintenant quelques années que ce line up est en place, alors si tu devais – pas pouvais – réenregistrer un album de Messaline avec le line-up actuel, ce serait lequel ?
Super bonne question ! Elle est un peu chiante parce que dans tous les albums il y a eu des titres super forts, mais on se dit parfois « ah, celui-ci, je le referai bien ». Mais sur un album entier ? Sur les quatre de la première mouture, même si je pense que c’est le meilleur de tous, ce serait Eviscérer les dieux, parce que je pense qu’on peut aller encore plus loin. Il y a plein de mélodies sympas que je réenregistrerais bien avec le groupe actuel. Après, on a tellement d’autres choses à faire qu’on ne le fera pas.
On sait qu’un groupe de rock, c’est aussi la scène. Vous avez des projets de concerts ?
On a deux dates de calées, mais c’est vrai que, en France, c’est vraiment très compliqué d’enchainer beaucoup de dates. On a le cul entre deux chaises… On arrive à un stade où on est « trop gros » pour jouer dans les bars – et on ne veut pas (rires) – et trop petits pour, uniquement sur notre nom, jouer dans des SMAC à l’autre bout de la France. Déjà avec des groupes locaux, les Smac n’arrivent pas à remplir, alors… C’est pour ça qu’on essaie de temps en temps de choper des belles et grosses premières parties dans notre région. On n’a ni le tourneur ni la fan base qu’il faut pour pouvoir tourner comme on le voudrait…
On sait aussi qu’un groupe de rock, en France, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités professionnelles ?
On a un intermittent dans le groupe, notre bassiste Charlie, même si c’est évident qu’il ne fait pas ses cachets d’intermittence avec nous (rires) ! Si on fait cinq ou six concerts dans l’année, c’est une grosse année ! Alain, le batteur, est retraité. Matthieu, l’autre guitariste est responsable dans une boite, responsable de la déchèterie, c’est pas un vieux déchets, mais il recycle (rires) ! Agnès aussi bosse dans une boite, enfin… Sa boite puisqu’elle est auto-entrepreneuse et travaille auprès de personnes âgées, et moi, je suis enseignant dans un lycée pro en ce qu’on appelle arts appliqués.
Une toute dernière chose, pour conclure ; quelle pourrait être la devise de Messaline, que vous mettriez sur votre prochain album ?
C’est une autre bonne question ! La devise… c’est… euh… « Que vous aimiez ou que vous nous détestiez, merci de nous faire exister » !
En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.
Kris Barras Band@Le Trianon, Paris
Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit doucement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont également investis et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.
Kris Barras Band@Le Trianon, Paris
J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.
Kris Barras Band@Le Trianon, Paris
Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.
Kris Barras Band@Le Trianon, Paris
Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.
Kris Barras Band@Le Trianon, Paris
Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.
Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris
Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.
Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris
Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.
Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris
Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).
Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris
Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.
Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris
Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.
Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris
Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.
Interview CRICKFEST 5 : Entretien le 24 janvier 2026 avec Chris Danacker, président de l’association
Cette année, la cinquième édition du Crick Fest se tiendra le 11 avril, toujours à l’espace Loire de Cléry Saint André, c’est bien ça ?
C’est ça, même endroit, et mêmes horaires : ouverture des portes à 18h30 pour finir à… quand on coupera le son !
Encore une fois, il y aura 4 groupes…
Oui, sur la troisième édition, il n’y avait que 3 groupes, mais je trouve que ça ne fait pas festival. C’est un gros concert, mais avec 4 groupes, comme l’an dernier, on est déjà plus dans l’esprit festival. On a avancé l’horaire sinon ça fait finir trop tard. Je pense que là, ça tient bien.
Il y a une grosse différence par rapport aux années précédentes, c’est que, pour la première fois, vous accueillez un groupe étranger, les Italiens de DGM.
Exactement.
Qu’est-ce qui a orienté ce choix ?
A la base, ça devait être un autre groupe. Étranger, mais pas italien…
Plus dans le nord ?
C’est ça (ndMP : je pense qu’il s’agit d’une formation assez rare en France dont j’ai couvert le premier concert donné en France en près de 6 années, à confirmer). Mais ils nous l’ont fait à l’envers, les prix ont été multipliés par 5 en 3 ans et, de là, on a commencé à chercher d’autres groupes ; J’ai regardé sur YouTube – je ne connaissais pas DGM – j’ai trouvé un lien et j’ai été scotché. J’ai pris contact avec pas mal de monde qui pouvais m’aider avec DGM, dont Julien, le chanteur de Amon Sethis. C’est lui qui s’est chargé du booking de DGM, et il jouera également avec son groupe. J’adore l’esprit du groupe, qui mélange les influences, metal, oriental…
Il y aura donc DGM, Amon Stehis, ton groupe, Prisma… Tu n’as pas peur que le public se lasse de Prisma à l’affiche ?
Ça dépend… Si on continue de composer à un rythme aussi soutenu qu’en ce moment, non. Et puis, il ne faut pas oublier qu’on a créé le Crick Fest pour que PrismA puisse se produire. Il y a une belle scène, et le CrickFest a aujourd’hui une belle scène.
Le premier groupe qui jouera, c’est Epitude.
Epitude, même si logo n’est pas forcément super clair ! Avant, ça s’appelait GDM. Il répétait dans mon studio et un jour, je leur ai demandé ce que signifiait « GDM ». Ils m’ont répondu « en fait, on ne trouvait pas = de nom, alors on a choisi GDM : Groupe De Merde » (rires) ! Je leur ai dit que tout allait bien, leur musique est nickel – c’est du rock prog, ils adorent Opeth et ce type de groupe, et c’est des bénévoles de l’asso. J’ai prévu des personnes supplémentaires pour les remplacer.
On sait que la jauge est limitée à 350 spectateurs. Vous en êtes où des ventes aujourd’hui ?
On en est à un peu plus d’une centaine de places vendues, ce qui est bien et plutôt rassurant. On est un peu au-dessus de ce qu’on avait fait l’an dernier à la même époque. Ce qui laisse entrevoir une nouvelle belle édition.
Et ce qui peut ouvrir d’autres portes à des groupes étrangers… En dehors de la présence d’un groupe étranger, y a-t-il d’autres nouveautés cette année ?
Mmh… On a plus de bénévoles, et ça devrait permettre plus de facilité, surtout pour le rangement. Le dimanche, on en bave, tout ranger, tout nettoyer pour rendre les lieux comme il faut ; On a passé des bons moments, mais on est tous flingués. A part ça… non. Je disais à notre première réunion que je ne vois pas pourquoi on changerait des choses qui fonctionnent. On a viré ce qui ne fonctionnait pas – la première année on a eu un sandwich trop compliqué qui n’a pas marché, on a viré. Il y aura une personne supplémentaire pour la vidéo. J été donne une exclu puisque PrismA compte utiliser les images et le son du CrickFest sur un ou deux titres pour en faire un futur clip.
Un dernier mot sur les tarifs du CrickFest ?
18€ en prévente pour les adultes, 15€ pour les mineurs de 12 à 18 ans, accompagnés d’un adulte, et sur place, s’il reste des places, ce sera 23 et 18€, et gratuit pour les moins de 12 ans, toujours accompagné d’un adulte.
Et notez bien la date: le 11 avril à Cléry Saint André, à côté d’Orléans. Nous, on se reverra bientôt pour parler d’un autre évènement, plus gros encore !
C’est une soirée très sympatique que nous propose ce soir le Dropkick Bar d’Orléans, un des trop rares lieux de vie et de décibels encore situé en plein centre ville. Ce samedi est en effet placé sous le signe du rock, mais du rock sous diverses formes.
La soirée débute avec un seul en scène étonnant. derrière le nom mystérieux de Order89, formation bordelaise et marseillaise déjà auteure de trois albums, se cache habituellement un duo, ce soir réduit de moitié. Seul Jordi Rodriguez se présente. Après avoir calé son ordi, il se saisit d’une basse et entame son set. Seulement… les bandes diffusent un son avec une basse bien mise en avant. Quel intérêt alors que de se présenter une basse à la main si tout est pré enregistré?
ORDER89 @Dropkick bar Orleans
La musique de Order89 est une sorte de cold wave/post new wave avec une attitude gentiment punk, un ensemble qui rappelle quelque peu Alain Bashung. Si le public présent, encore quelque peu épars, semble séduit, je ne suis pas sensible à ce qui est proposé. J’aime les groupes avec des instruments, pas les ordi. J’aime quand ça joue, pas quand ça suit, et là, il n’y a que du chant, sympa, un peu torturé, parfois mélancolique, mais ce n’est clairement pas mon style.
ORDER89 @Dropkick bar Orleans
Les Orléanais d’Orpheum Black suivent leur petit bonhomme de chemin. Après une pause salvatrice, le quintette s’est ressourcé et se retrouve en forme. Le look a légèrement changé – adieu la grosse doudoune blanche à plumes de Mélodie (chant et claviers) qui se présente dans une tenue beaucoup plus sobre. La tribu est désormais toute de noir vêtue et propose ce soir, pendant 45′, quelques nouveautés déjà parues sur les réseaux (Sara, Like a warrior, R.A.W. et, je crois, King with no crown) et qui passent facilement l’épreuve de la scène
ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans
Si la bonne ambiance au sein du groupe est palpable, quand bien même l’exiguïté de la scène empêche chacun de se libérer entièrement et de circuler comme il le souhaiterait, il y a une véritable alchimie entre Greg et Mélodie, les deux chanteurs qui communiquent de manière si complémentaire qu’on imagine mal un concert l’un sans l’autre.
ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans
Si Romain (guitare) ne descend plus comme il le faisait pour se promener dans le public, on le sent toujours totalement habité par son instrument, allant parfois jusqu’à se démonter les cervicales, tandis que, de l’autre coté de la scène, Nathan (basse) se montre aussi concentré que parfois déchainé sur sa basse. Clairement, nous avons à faire à une formation en totale harmonie.
ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans
La salle est désormais plus que bien remplie, et le public, clairement venu pour Orpheum Black, soutien ses héros avec bonne force et bonne humeur. Preuve en est lorsque Greg aperçoit un groupe de cinq spectateur dont chacun porte un T-shirt avec la photo d’un des membres du groupe représenté avec son animal « totem » (j’ai repéré un aigle et un gorille)!
ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans
La soirée se termine avec du rock plus « classique » et traditionnel proposé par Fool System. Entrainant, la formation évoque parfois Téléphone avec des touches plus modernes à la Foo Fighters, et le public – moins nombreux, on circule facilement dans la salle – semble réceptif.
FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans
Là encore, on se laisse emporter par ce rock franc du collier et le savoir faire du groupe formé il y a maintenant une bonne décennie. Les quatre, habitués des lieux, se font visiblement plaisir, et le public présent en profite pleinement.
FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans
Là encore, ce sont 45′ entrainantes que Fool System a offert au public du Dropkick, lieu de plus en plus emblématique et incontournable. Une soirée pendant laquelle le quatuor aura pu présenter son nouvel Ep, plein de promesse.
FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans
C’est une nouvelle bien belle soirée en ce début d’année qui est des plus prometteuses que nous a proposée la joyeuse équipe du Dropkick. D’autres sont à venir!
Désormais rodés avec le festival Crick Fest dont la cinquième édition se tiendra une nouvelle fois à l’Espace Loire le 11 avril 2026 – à l’affiche, on retrouvera PrismA, Epitude, Amon Sethis et les Italiens de DGM, toutes les information sont disponibles avec ce lien – les membres de l’association Crick For Zik ont décidé de relever un nouveau défi en organisant un festival d’envergure.
Le Zik ‘N Dry, c’est son nom en clin d’oeil à un certain High ‘n Dry de Def Leppard autant qu’au nom de l’asso ‘Crick for Zik (mais aussi du village de Dry (45)), verra ainsi sa première édition se tenir le 19 septembre prochain sur le site du Parc Culturel du val d’Ardoux à… Dry, justement. Le lieu est habitué aux spectacles puisqu’il reçoit depuis quelques années les sons et lumières retraçant des épisodes de l’histoire de France dans un cadre bien plus qu’agréable.
Pour cette première édition, l’asso frappe fort avec un festival Open air doté de deux scènes. L’affiche propose d’une part des tribute bands, certes, mais pas n’importe quoi. On aura ainsi droit à du haut niveau avec 5150, N4 et Kingdom Of Toto, qui reprendront respectivement les répertoires de Van Halen, Extreme et… euh…Toto. On retrouvera également, sans réelle surprise, PrismA, le groupe de l’organisateur qui ouvrira tranquillou les hostilités et nous proposera sans doute quelques nouveaux titres.
Les Français de Heartline, très en vue depuis quelques temps, débarqueront avec leur Big rock show dont on évoquera sous peu le principe. On notera également la venue des Bulgares de Sevi qui proposent un heavy rock mélodique et très éfficace et qui, à n’en pas douter, sera une des découvertes surprises les plus agréables pour les festivaliers.
Surtout, on se délecte d’avance de ces têtes d’affiche bien trop rares chez nous: tout d’abord, et les amateurs de belles mélodies vont être aux anges, H.E.A.T.. Les Suédois seront suivis par leurs compatriotes revenantes de… Crucified Barbara. La journée sera donc chaude et chaleureuse.
Du côté de l’orga, comme tout festival qui se respecte, les spectateurs trouveront à proximité du site un parking qui sera surveillé jour et nuit et un site, également surveillé, où les plus tardifs pourront planter leur tente. Il sera même proposé, pour les campeurs, un petit déjeuner complet le dimanche matin à un tarif raisonnable.
Du côté des tarifs, l’asso propose dans un premier temps 300 billets à tarif préférentiel, type « early birds » pour un montant de 45€ seulement. Une fois ces 300 billets partis, le tarif sera à peine plus élevé, à 55 €. Il y a également un pack VIP comprenant un accès privilégié, un parking dédié, un lot de goodies (dont un t-shirt, un ecocup, et plus encore), un apéro de bienvenue, une visite backstage et une place en tribune pour assister au festival dans les meilleures conditions.
Des sessions dédicaces seront-elles prévues? Rien n’est encore acté, mais l’équipe travaille aussi en ce sens, même si l’on imagine volontiers que certains artistes se plieront volontiers à ce jeu de rencontres éphémères. Le public pourra naturellement se faire plaisir tant d’un point de vue matériel avec les stands de merchandising que de produits culturels puisque le site prévoit d’accueillir diverses expos. On trouvera également stands de tatoueur et barbier, sans oublier, naturellement, la restauration, Crik For Zik mandatant des partenaires et artisans locaux pour la nourriture et la buvette. Produits frais garantis.
Toutes les infos sont disponibles en scannant le QR code ci-dessous ou en se connectant directement ici:
Interview REBEL ANGELS – Entretien avec Benjamin (batterie) le 6 novembre 2025
Nous allons évidemment parler de votre nouvel Ep, Hot Live, qui a été enregistré à Fisme, mais tout d’abord, peux-tu nous raconter l’histoire de Rebel Angels ?
Benjamin : L’histoire du groupe remonte à il y a quelques années. Mon fils joue de la guitare depuis assez jeune et, pour qu’il mette le pied à l’étrier, un de nos premiers concerts à été à la fête de la musique. A partir de là, on a continué à jouer ensemble dans Under Influence, qui était un groupe de covers – on reprenait du Beatles, Stones, AC/DC, Cat Stevens, Bob Dylan… On jouait principalement dans des bars en région parisienne. Au bout d’un moment, on a eu envie de composer nos morceaux, et on a transformé Under Influence en Rebel Angels. On a sorti, en 2022, un premier Ep, Rip it off, avec 3 morceaux qu’on retrouve sur l’Ep qui vient de sortir. Entre 2022 et aujourd’hui, il y a eu plusieurs changements de personnel, notamment au niveau de la voix. La mouture qui est sur Hot live est composée de mon fils, Jérémie, qui a repris le chant en février en plus de la guitare, moi-même à la batterie, et nous sommes accompagnés de Paul à la basse et on vient d’intégrer un nouveau guitariste, Morty, il y a un peu plus d’un mois.
Donc Morty n’apparait pas sur le Hot live.
Non, c’est Cyril, le précédent guitariste. Hot live est une bonne photographie du groupe à l’instant T.
Le groupe est originaire d’où en région parisienne ?
On est de Champigny sur Marne (94).
Il y a un peu plus d’un mois, vous avez sorti Hot live, un Ep de 4 titres. Pourquoi avoir choisi ce format alors que vous avez sans doute joué un peu plus longtemps ?
On avait en effet une demi-heure. On a dû jouer deux ou trois morceaux en plus. Pourquoi j’ai pris cette décision ? Parce que, après écoute des bandes, les 4 premiers morceaux étaient carrés, les autres un peu moins. C’est la première chose. Ensuite, les autres morceaux vont figurer sur l’album qui va sortir l’année prochaine et je voulais qu’il n’y ait qu’un seul titre avant-coureur. C’est She talks too much.
Vous avez aussi deux morceaux originaux plus la reprise Hair of the dog de Nazareth. Pourquoi avoir opté pour cette reprise plus qu’une autre ?
On jouait déjà cette reprise avec Under Influence. Au fur et à mesure qu’on la jouait, on recevait de bonnes réactions du public. En parallèle, j’adore ce groupe et ce morceau qui est une bonne représentation de là où on vient, de nos racines. Après, on l’a réinterprété à notre manière. Je pense que tu sais que ce morceau a été repris par Guns ‘n Roses dans une autre version…
En fait, non, pendant des années j’ai boycotté les Guns…
Ok…Ils l’ont repris sur The spaghetti incident, et Krokus le reprend aussi. En fait, on a vu que notre interprétation fonctionne bien donc on continue.
En même temps, sur 4 titres, c’est dommage de faire une reprise…
Oui, mais, clairement, les autres étaient moins bons. Il y a deux dimensions : celle quand tu es sur scène. A l’instant, il y a une dynamique, un partage avec le public… ça passe. Après, quand tu réécoutes les bandes dans le détail, tu te dis « ouais, non… là, il y a des trucs qui ne sont pas au cordeau ». On voulait se servir de cet Ep comme un trait-d’union entre l’Ep sorti en 2022 et l’album qui sort l’année prochaine. On a fait pas mal de dates et on voulait que la carte de visite soit la plus représentative de qui on est, de comment ça joue.
Une chose m’a marqué en écoutant cet Ep, c’est le public qui semble un peu éparpillé… Il y avait combien de personnes à ce concert ?
Je pense qu’il y avait entre 250 et 300 personnes dans la salle. Je pense que c’est aussi dû à la résonnance. C’est une salle des fêtes et il y a cette résonnance dans la salle. Il y avait des gens devant la scène, environ 150, et au fond, il y avait les exposants, des gens qui se baladait. Au niveau de la captation, je ne sais pas combien il y avait de micros d’ambiance. Et effectivement, il y a ce côté un peu « club », « famille », et c’est très bien. On aurait pu se dire qu’on allait rajouter du public au mix – c’est faisable aujourd’hui – mais on a préféré avoir cette photographie exacte de ce concert.
Comment décrirais-tu la musique de Rebel Angels à quelqu’un qui ne vous connait pas ?
Ça tient en deux mots : je considère qu’on fait, aujourd’hui, du classic rock. Des années 80, parce que je viens de là. Après, on est sur du rock sincère et on veut apporter de la variation dans nos morceaux, et de la mélodie. C’est un point très important pour nous. On a beaucoup de retours très positifs de She talks too much : le riff marque et reste en tête. Tout l’album va être fait sous ce prisme-là. Je veux que, quand tu éteints ta chaine, ton téléphone, peu importe… que le morceau te trotte en tête.
Avant de parler du futur album, vous avez également décidé d’éditer une édition limitée à 100 copies de Hot live en vinyle orange. Pourquoi ce choix ? Tu es des années 80, comme moi, on a grandi avec le vinyle, on aime l’objet…
Le sortir en vinyle… Au départ, je ne pensais qu’au CD. En échangeant, certaines personnes nous ont demandé si on allait le sortir en vinyle parce qu’elles n’achèteraient pas le CD. L’idée a continué de germer… En grand format, l’illustration de Will Argunas, elle est beaucoup plus sympa. J’ai une collection de vinyles et, comme tu viens de le dire, il y a un côté « objet ». Aussi, le vinyle a un son beaucoup plus chaud, qui nous correspond mieux. Du coup, j’ai donné mon accord et, j’ai été surpris, on a pas mal de demande pour un vinyle. Le faire en 100 exemplaires, je voulais qu’il reste un peu un objet « précieux ». Il a aussi le côté budgétaire qui nous limite…
Vous avez déjà le titre du futur album ?
Euh… on avait un titre mais je pense qu’il va changer (rires) ! Oui, il y a un titre, mais ça ne me va pas, donc je peux pas te le dire ! Il y aura 11 ou 12 morceaux, on aimerait qu’il sorte en octobre/novembre de l’année prochaine. Ce n’est pas un concept album mais… Nous on appelle ça un « road movie album ». Les chansons racontent une histoire et sont dans un ordre de lecture bien précis.
Road movie à la Bonnie and Clyde ou découverte à la Kerrouac ?
Euh… Un peu plus à la Bonnie and Clyde ! Je ne vais pas tout te dire, j’aimerai qu’on puisse en reparler l’année prochaine, mais on a créé un personnage et on va le suivre dans ces différents tableaux qui racontent une séquence de sa vie. Ça se passe aux Etats-Unis, et chaque morceau est un tableau de la vie de ce héros. Les sujets sont larges : sa relation amoureuse, un côté rédemption… Il va faire une sorte de voyage intérieur, spirituel, mais aussi extérieur parce qu’il prend sa voiture pour tailler la route.
Ce sera une autoproduction ou vous avez un label ?
Je suis en contact avec un label, je vais sans doute en approcher d’autres. Aujourd’hui, tu vois bien que les albums physiques… Les gens écoutent majoritairement sur les plateformes. On a la chance d’évoluer dans un univers, une famille qui achète encore les objets, les vinyles, les CD, les coffrets. Il y a non seulement un attachement à la musique, mais également à l’objet. Je me rappelle dans les années 80, j’allais à la FNAC du forum ou à Juke Box et je revenais les bras chargés. Les couvertures de Maiden, je les décortiquais dans les moindre détails… Les doubles albums, j’ouvrais et je passais des heures à tout regarder. Il y avait un côté découverte avec toutes ces photos… Il y a des albums qui sont collés à certaines périodes, et aujourd’hui encore, tu mets tel album sur la platine, tu te souviens de où tu étais et ce que tu faisais…
On ne va pas parler du passer mais on va souhaiter ce mal là au futur album de Rebel Angels ! Aujourd’hui, on sait qu’un groupe de rock ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités à chacun ?
Le line-up actuel… Jérémie est prof de guitare et de basse dans différentes écoles. Il a aussi d’autres petits jobs à côté. Le nouveau guitariste, Morty, travaille dans une société d’export et de gestion d’import-export, le bassiste qui nous accompagne pour le moment est un vrai musicien et moi, j’ai ma société, une agence de communication.
Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Rebel Angels ? Devise que, naturellement, vous collerez sur votre futur album…
Bien sûr ! Je comprends tout à fait… La devise ? C’est, euh… Pour moi, c’est la passion, tout simplement. Travailler des compositions qu’on vit bien, qu’on vit quand on les joue, quand on les partage. Et la passion du graphisme, aussi… Je baigne dedans mais c’est savoir faire appel à un illustrateur pour la pochette, travailler sur différents éléments graphiques pour la pochette, pour nos concerts aussi. Une deuxième chose, je dirais que, dans l’environnement musical actuel, c’est de rester dans notre couleur musicale. L’album sera varié, il y aura du up tempo, des morceaux plus soft, il y a même un morceau qui s’approche de l’americana. Ouvrir le champ tout en restant fidèles à notre image.
As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?
J’invite simplement tous les auditeurs à aller écouter l’Ep et à nous faire des retours sur les réseaux. On est très à l’écoute de ça. Et puis je voudrai vous remercier, tous, pour votre passion et la manière dont vous faites vivre cette passion, dont vous la partagez. C’est un sacerdoce qu’il faut remettre en route tous les matins !
C’est aussi un partage qu’on vous doit, sans les musiciens, sans votre passion, nous ne serions pas là non plus…
Le dernier album de compos originales des Allemands de Piledriver remonte à 2018, avec Rockwall. Depuis, le groupe de heavy boogie a publié un énorme coffret – Live in Europe (2023) – bourré jusqu’à la gueule et vantant son amour pour Status Quo, tout en faisant honneur à son dernier album. Il était temps, cependant, de retrouver la bande de Michael Sommerhoof (chant et guitare) et Peter Wagner (guitares) avec de nouvelles créations. A l’exception de ces deux complices, la formation a été totalement remaniée, ce qui apporte sans doute un peu plus de rugosité à la musique du groupe. On découvre ainsi le bassiste Jens Heisterhagen, le batteur Dirk Sengotta et le claviériste Tom Frerich qui participe à l’enregistrement de ce First nations rock, produit – ça a peut-être aussi joué sur le son plus rugueux – par Stefan Kaufmann (ex-Accept). Les 14 titres de ce nouvel album sont à la fois entrainants et totalement faits pour être joués sur scène – impossible de ne pas taper du pied de bout en bout – et puisent autant chez les maitres à penser du groupe que sont Status Quo, mais aussi chez AC/DC voire Iron Maiden. Certains riffs ont une touche à la Adrian Smith. Il a certes fallu attendre 7 bonnes années (de réflexion?) avant d’avoir droit à ces nouveautés mais l’attente en valait la peine. First nations rock est un album plus que généreux, le genre de disque à partager. Piledriver pousse cette générosité jusqu’au packaging, l’album étant accompagné d’un maousse livret de 24 pages dans un bel écrin. Espérons maintenant que les cinq viennent un jour nous rendre visite on stage!
A noter, pour les collectionneurs: Piledriver propose également First rock nations en version vinyle – double ! – avec un titre bonus, Julia, en version acoustique. Chaque titre a été mixé en conséquence pour offrir plus de rondeur, de chaleur et de générosité à cette version vinyle. On trouvera également un poster sur papier épais reprenant la très belle pochette de l’album (une œuvre signée Thomas Ewerhard) en format 60×90. Un très bel objet en somme.