HYPNOTIC DRIVE: Full throttle

Hypnotic Drive, c’est qui? Hypnotic Drive s’est formé en 2012 en région parisienne et publie son premier Ep, la carte de visite The ride, en 2013, ouvrant au groupe les portes de quelques premières parties scéniques. il faut cependant attendre 2017 pour que paraisse le premier album du groupe, Full throttle.

Full throttle, ça donne quoi?  De l’énergie à revendre, c’est la promesse de ce Full throttle quine souffre que d’une production moyenne, faisant ressortir le côté frenchie du groupe. Un accent pas top, mais en revanche, des guitares et une rythmique qui foncent, une détermination et une volonté qui font plaisir à entendre. Hypnotic drive nous propose avec ce premier album un heavy gras et bourru, inspiré autant par AC/DC que Metallica ou Clutch (deux références évidentes, un peu trop présentes d’ailleurs…), auxquels viennent se greffer une touche de stoner, voir de heavy psyché à la Black Sabbath, et du punk. On ne cherche pas les gros effets ni le riff qui tue, ici, simplement le gros riff qui tache  et fait taper du pied. On appuie à fond sur l’accélérateur sans regarder derrière. Mais… je ne le répéterais jamais assez, quelle crédibilité un groupe peut-il avoir sans un phrasé et un accent corrects, cela malgré une voix puissante et rocailleuse à souhaits ? Et là, le bât blesse grave… Il y a tout au long de ce disque de bonnes idées souvent, malheureusement, sous exploitées… En tout cas, pas assez pour me séduire vraiment. Il manque quelque chose, dommage.

Note: 6,5/10

NICKELBACK: Feed the machine

Nickelback, c’est qui? Est-il encore besoin de présenter Nickelback, le groupe canadien fondé en 1995 par les frangins Kroeger (Chad, guitare et chant et Mike, basse) et le guitariste Ryan Peake? Est-il nécessaire de rappeler que les groupe aux 50 millions d’albums vendus a composé en partie le titre Hero, de la BO du premier Spiderman en 2002, véritable booster de carrière, juste après avoir trusté les premières places des charts en Amérique du Nord? Non, non, pas vraiment…

Feed the machine, ça donne quoi? Pas de surprise, ni bonne ni mauvaise avec, Feed the machine, le nouvel album de Nickelback. Les Canadiens débutent avec le morceau titre,  puissant et aérien avant de continuer avec Coin for the ferryman, véritable hit en puissance au refrain imparable, typique du metal US des 90’s, débuts des années 2000. Puis arrive la première ballade, Song on fire, qui séduira toutes les midinettes… Trois morceaux, et tout Nickelback est là: mélange de bon sentiments et de puissance et bravoure au travers de 11 morceaux parfaitement produits et ordonnés. Pas de surprises, disais-je, et c’est sans doute ce qui manque ici: une surprise, et des risques, mais, malgré des moments téléphonés (le sirop dégoulinant de After the rain, par exemple…) force est de constater que l’on se délecte des Must be nice (ultra groovy!) et autres For the river et ses accents rap/scratch. Bon, soyons quand même surpris de la doublette The betrayal dont on retrouve deux actes, dans l’ordre Act III puis Act I, et demandons où donc est passé la seconde partie… Un bel album qui souffre de ce sentiment de déjà entendu.

Note 7,5/10

ZZ TOP live à Paris (le Zénith, le 11 juillet 2017)

Tous les deux ans, ZZ Top fait halte à Paris. Et tous les deux ans, c’est la même chose: ceux qui ne sont pas encore en congés viennent joyeusement prendre leur dose de blues rock à la sauce texane. Le Zénith est loin d’afficher complet (ce n’est pas la meilleure période pour les concerts…) et les quelques 3500 spectateurs circulent aisément au sein de ce Zénith en petite configuration. L’ambiance n’es est pas moins chaleureuse.

red Devils

En guise de première partie, ZZ Top a retenu les Red Devils, groupe californien de blues qui a décidé de revenir. Côté marketing, le groupe propose des T-shirts estampilllés « the return of the REd Devils ». il n’est pas aisé de trouver des infos concernant le groupe tant le nom est usité (équipes de foot, de supporters et autres…) mais la formation a sorti quelques albums avant de disparaître au cours des années 90.

red Devils

Ce retour doit donc les remettre sur les rails. Dès les premières notes, on sait à qui on a à faire: les Blues Brothers sont passés par là.  C’est sympa, mais les gaillards peinent à convaincre. Il manque un brin d’énergie et de folie pour que le public reste en nombre, ce qui n’est que moyennement le cas ce soir.

Red Devils

ZZ TOP

Il est 9 heures et le public commence à s’impatienter. Enfin les lumières s’éteignent, Franck Beard prenant place derrière ses fûts, allumant au passage une cigarette. j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça… La batterie ne change pas, comme d’autres choses, d’ailleurs. La scène quant à elle est sobre, sans fioriture autre que les amplis vert placés de part et d’autre de la batterie. Le concert démarre avec le trio Got me under pressure, Waitin’ for the bus et Jesus just left Chicago. C’est marrant, j’ai une nouvelle impression de déjà vu…

ZZ TOP

Allez, commençons par ça: la setlist est à deux ou trois titres près la même que celle de 2013 et 2015. Pire, les morceaux sont joués dans le même ordre ou presque (seules Pincushion et I’m bad, I’m nationwide, puis My head’s in Mississippi et la reprise Catfish blues sont inversées). 16 titres identiques sur 19 morceaux, ZZ Top prend peu de risque. Bon, d’accord, ils ne peuvent faire l’impasse sur nombre de classiques et le public attend les grands hits. Cependant, on peut regretter que les reprises ne changent pas: encore Foxy lady (Jimi Hendrix) et le sus mentionné Catfish blues (Robert Petway), mais on appréciera aussi la reprise de 16 tons (Tennessee Ernie Ford) et Act naturally (Buck Owens) sur lequel Elwood Francis vient jouer de la steel guitar assis sur une caisse, et enfin le Jailhouse rock (Elvis Presley) en guise de second rappel.

ZZ TOP

Pour le reste, ZZ Top connait parfaitement son affaire, et l’on sait aussi à quoi s’attendre: des pauses, Billy Gibbons et Dusty Hill connaissent par cœur. Se déplacer en glissant sur scène, tranquillement, aussi. Et si Gibbons n’est pas au mieux de sa forme vocalement (il donne parfois l’impression de tirer sur la corde), le son est limpide.

ZZ TOP

En revanche, si la musique opère naturellement – ça reste irrésistible, malgré tout – Gibbons se met le public dans la poche en lui adressant quelques mots de français aussi simples que « Yes, Merci! » ou un « C’est chouette! » après un solo dont il a le secret. Pas super bavard pour autant, mais le public est séduit. Ce qui compte, après tout, c’est d’en prendre plein les oreilles, et de ce côté, si elle ne présente guère de surprise, la setlist est imparable. En somme, ZZ Top nous a prouvé une fois encore qu’un bon concert, c’est avant tout de bonnes chansons interprétées avec coeur et qu’il n’est nul besoin de fioritures pour faire effet. une belle soirée, en somme qui se termine par les habituels La grange et Tush, complété du sus-mentionné Jailhouse rock d’un certain Elvis. On se retrouve dans deux ans?

ZZ TOP

INTERVIEW: WHISKEY MYERS

Entretien WHISKEY MYERS. Rencontre avec Gary Brown (basse). Propos recueillis à Paris le 31 mai 2017

C’est quelques instants avant de monter sur scène que Gary Brown, le bassiste de Whiskey Myers, a accueilli Metal Eyes pour une interview quasi improvisée.

Metal-Eyes : Aujourd’hui, c’est le dernier jour de la tournée européenne de Whiskey Myers. Comment était cette tournée ?

Gary Brown : Bien, bien, de bons publics, une belle participation, oui, plutôt bien, jusqu’à présent….

Metal-Eyes : prêts à rentrer à la maison?

Gary Brown : Oui, ça vient. C’est une envie qui commence à se faire sentir. On a donné, je crois, 12 concerts en 15 jours, ce qui est plutôt bien.

Metal-Eyes : je viens de découvrir Whiskey Myers avec Mud, son dernier album. Peux-tu me dire ce qu’est ce groupe ?

Gary Brown : Simplement ce que nous sommes, ce que nous savons faire; On a grandi dans le Sud, au Texas, à la champagne… C’est un groupe qui dit “reste fidèle à ce que tu es, n’oublies pas tes racines…”

Metal-Eyes : C’est le son de votre musique qui, si je puis dire, dégage les odeurs du Sud…

Gary Brown : Ca sent chez nous, oui…

Metal-Eyes : Si je te dis “redneck”, ça évoque quoi, pour toi?

Gary Brown : Je ne sais pas… Ça me fait penser à ce personnage de la série Les rois du Texas…

Metal-Eyes : Sur Mud, on sent beaucoup de choses: la vie, de la religion, aussi. Qu’avez-vous mis d’autre dans ce disque ?

Gary Brown : Ce genre de choses, ce qui dit qui nous sommes… On pourrait traiter un peu de politique, mais c’est pas notre truc. On préfère parler de ce qu’on a appris en grandissant au Texas, ces choses qui nous ont forgés, fait de nous ce que nous sommes. Être fidèles à nous mêem.

Metal-Eyes : Alors, qu’êtes-vous donc?

Gary Brown : oh, des gens du Sud, mec, tu vois. On a grandi à la campagne, on devait apprendre à faire les choses par nous-mêmes, pêcher, chasser… respecter les autres, et tes origines, ceux qui t’ont élevés. Je crois que cela a construit une bonne partie de ce disque.

Metal-Eyes : En effet. Au sujet de ce disque, qui sont les choristes?

Gary Brown : il n’y en a qu’une, elle s’appelle Christine Rodgers. C’est une superbe chanteuse de Nashville. Elle est fantastique. Elle a aussi chanté sur Early mornig shakes, je ne sais plus quels titres, mais elle y est.

Metal-Eyes : C’est la première fois que vous allez jouer à Paris avec Whiskey Myers. Quattendez-vous du concert de ce soir,

Gary Brown : J’espère vivre ce que nous avons vécus sur cette tournée : on a joué en Allemagne et en Pologne pour la première fois, et j’espère toucher les gens. C’est complet, il va faire chaud, et énergique. J’espère simplement que les fans vont apprécier la musique.

Metal-Eyes : doit-on s’attendre à quelque chose de spécial ce soir ? Je m’explique : WASP avait pour habitude de balancer de la viande dans le public, Stryper, c’était des Bibles. Vous pensez jeter de la boue (Mud) au public ?

Gary Brown (rires): Non, non, on ne veut pas qu’ils nous jettent quoi que ce soit, alors on ne jettera rien ! Si, des médiators, mais rien de plus…

Metal-Eyes : vous vous appelez Whiskey Myers : quel est ton Whiskey préféré ?

Gary Brown : Je ne bois plus depuis maintenant 3 ans… Mais quand je buvais, j’aimais beaucoup el Crown Royal, du Canada.

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre disque : comme nous l’avons dit, Mud est plein de vie, de cette musique du Sud, avec du banjo, de beaux chœurs… Très rock, roots et heavy. Quelle était votre intention musicale avec ce disque ? Avez-vous voulu modifier ce que vous avez fait jusque-là?

Gary Brown : Non, pas vraiment. Je ne crois pas qu’on ai jamais envisagé d’entrer en studio et de tout changer. On évolue, il y a de nouveaux membres qui apportent leurs idées. Notre producteur, Dave, nous aide sur certains points, certaines décisions, comme quels instruments inclure, comment mieux construire les chansons pour qu’elles collent au son, comment permettre à chaque partie de soutenir les autres, ce qui fait une chanson. Je crois qu’en tant que groupe, nous avons appris à le faire de mieux en mieux, avons grandi. Bien sûr, nous disposons aujourd’hui, avec les nouveaux outils, de plus de moyens pour créer de nouveaux sons. C’est sans doute ce qui différencie ce disque des précédents.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Mud pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Whiskey Myers, ce serait laquelle ?

Gary Brown : C’est une excellente question!  (Il réfléchit) Sans doute Mud, ou On the river… Cette dernière parle d’un homme qui a fait une promesse et se bat pour l’honorer, et survivre à une époque où c’était très dur. Mud a aussi du feeling, et parle de cette fidélité à ce que tu es, ce qui a fait de toi ce que tu es. Je crois que ces choses valent le coup qu’on se batte, qu’on les garde dans notre cœur.

Metal-Eyes : Et si nous parlions un peu de votre président?

Gary Brown (rires): J’ai pas grand-chose à dire à son sujet…

Metal-Eyes : Une toute dernière chose, alors : quelle pourrait être la devise de Whiskey Myers ?

Gary Brown (il rit) : hum… Ne sois pas une lavette. Sois fort et bas toi pour ce qui vaut le coup.

 

HELLTERVIEW: SKINDRED

Entretien Skindred. Rencontre avec Benji Weeb (chant) et  Dan (basse). Propos recueillis au Hellfest le 18 juin 2017

Skindred

Quelques heures avant que Skindred ne mette le feu au Hellfest, c’est un chanteur et un bassiste déjà au taquet qui répondent à Metal Eyes. Une petite idée de ce qui va se passer en live !

 

Metal-Eyes : Je vous ai découvert l’an dernier au Download, et c’est, je crois, votre seconde venue au Hellfest ?

Dan : On a joué en 2013 ou 2014, oui. On a ouvert sur une des mainstages

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous jouez un peu plus tard. Ça vous fait quoi de revenir au Hellfest ?

Benji Weeb : C’est un honneur! Ce festival est extraordinaire ! Tu sais, on joue dans des festivals à travers le monde et celui-ci est un des meilleurs.

Dan : C’est fabuleux de constater que la France propose aujourd’hui ce festival qui est une vitrine pour le monde. Un outil qui prouve que la France a une scène, une scène rock explosive !

Metal-Eyes : Quelles sont les nouvelles de Skindred ?  

Dan : On fait les festivals cet été, et ensuite on enregistrera un nouvel album qui devrait paraitre en 2018. Tu auras bientôt de nouveaux morceaux à écouter. D’abord, on va jouer au Japon, en Australie, ensuite, on enregistre.

Metal-Eyes : Donc il y aura une nouvelle tournée?

Dan : Nous sommes comme dans une roue de souris: on court et on s’arrête où on veut !

Metal-Eyes : Qu’attendez-vous de ce festival, aujourd’hui?

Benji Weeb : De l’argent!

Metal-Eyes : Et à part l’argent? Non, attends, ne me parle pas de sexe ou autres trucs du genre ?

Benji Weeb : Non, sérieusement: on espère séduire les Français et pouvoir donner des concerts dans des clubs. Et que ces concerts soit complets, à Paris, Nice, Bordeaux ou ailleurs. Nous avons toujours eu un retour extra du public, mais nous espérons pouvoir effectuer une tuornée à guichets fermés ici ! On se fout de savoir qu’il y  ait 300 personnes ou 2000, tant que c’est complet. Donc, ce qu’on attend, c’est que le public se souvienne de Skindred, du concert, qu’ils en parlent à leurs amis et qu’ils viennent aux concerts !

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous la musique de Skindred pour ceux qui ne vous connaissent pas?

Benji Weeb : Un peu de rock et un peu de reggae.

Dan : Et du groove. Une sorte de reggae agressif et de rock grovy.

Metal-Eyes : Quelques questions spéciales Hellfest: lequel des 7 péchés capitaux vous définirait le mieux, individuellement?

Benji Weeb : Tu es prêt? Incorruptible.

Metal-Eyes : Ce n’est pas un des sept péchés capitaix…

Benji Weeb : J’en ai rien à foutre, c’est mes 7 péchés! (rires)

Metal-Eyes : Donc je revois la liste, alors…

Benji Weeb : Oui, tu en fais une nouvelle!

Dan : Euh, l’apathie, c’en est un?

Metal-Eyes : La paresse, oui.

Dan : Non, pas la paresse, mais l’apathie oui!

Benji Weeb : On s’en tape des 7 péchés capitaux, on crée les nôtres !

Metal-Eyes : Pourriez-vous créer de nouvelles vertus cardinales, alors?

Benji Weeb : Tue s très religieux, dis! On n’est pas religieux, nous, on s’en fout ! (rires)

Metal-Eyes : Nous sommes au festival de l’enfer, je te rappelle!

Dan : La mauvaise attitude!

Benji Weeb : Exactement, on botte les culs! On est des vikings !

Metal-Eyes : Tu ressembles à un Viking, en effet!

Benji Weeb : Exactement! Je suis le premier Viking black que tu n’aies jamais rencontré!

Metal-Eyes : Y a-t-il quelque chose que vous regrettez l’un et l’autre d’avoir fait avec Skindred?

Dan : Tu as un papier et un crayon? La liste va être longue ! (rires) Être dans un groupe et jouer de la musique n’est pas traditionnel. Il faut que tu crées ton propre voyage. Ce faisant, tu vas faire des erreurs et en tirer des leçons…

Metal-Eyes : Comme quoi ?

Benji Weeb : Comme enregistrer des putains de morceaux electro ! ça c’était une erreur! (rires)

Dan : Dès que tu laisses quelqu’un s’occuper de tes affaires, comme les affaires créatives, ça se complique. Il s’agit de savoir ce que tu peux lâcher, ou pas. On ne fait pas partie de la scène traditionnelle : on n’est pas un groupe de rock cool, un groupe de metal dans le vent, ou de reggae… Emo, grunge… On ne fait partie de rien, et on a dû tracer notre propre route, sur laquelle il y a eu des détours. Et nous avons dû revenir sur le bon chemin.

Metal-Eyes : C’est ce que tu disais : pas de compromis…

Benji Weeb : Aucun. C’est comme quand nous avons fait ce truc, dub step, on l’a fait à notre manière. Et on excelle dans ce que l’on fait si on le fait à notre manière et ensemble.

Dan : Ton idée des 7 péchés capitaux, c’est un peu ça : si tu relâches ton attention un instant, eh bien, c’est là que les choses arrivent. On vieilli, et on a une meilleure vision des choses. Parfois, c’est douloureux, d’autres fois, c’est compliqué, mais au final, ça nous aide à retrouver le bon chemin.

Metal-Eyes : Merci beaucoup, je vous vois tout à l’heure sur scène !

Benji Weeb : Merci à toi. C’était bien ! Tu sais quoi : tes questions sont bonnes ! Tu poses de bonnes questions, tu provoques de bonnes réponses, j’ai adoré. Maintenant, fous le camp, bordel ! (rires)

Merci à Elodie Jouault et Pauline (Him Media)

 

HELLTERVIEW: THE DEAD DAISIES

Entretien THE DEAD DAISIES. Rencontre avec John Corabi (chant), David Lowy (guitare) et Brian Tichy (batterie) Propos recueillis au Hellfest le 17 juin 2017

The Dead Daisies

C’est en dernière minute ou presque que The Dead Daisies, au départ prévu pour ne donner qu’une conférence de presse, a décidé de rencontrer quelques journalistes sur place au Hellfest, dans une ambiance détendue. Une rencontre improvisée, dans la bonne humeur, avec l’un des groupes les plus chaleureux du moment !

 

Metal-Eyes : C’est votre premier Hellfest, quelles sont vos premières impressions, à chaud après votre concert?

John Corabi : Honnêtement, c’est un super festival. Je me suis baladé, j’ai regardé les décors, les bars, les tentes, la piscine, ici… C’est… C’est putain de génial, c’est vraiment cool. Je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est ma première fois, et j’ai vraiment adoré. On a eu un retour fantastique du public, la scène est superbe… j’ai hâte de revenir !

David Lowy : J’en avais déjà beaucoup entendu parler, mais ça dépasse tout ce que j’avais pu entendre… C’est géant : un super public, des installations superbes… C’est un privilège d’être ici.

Brian Tichy : J’ai pris une claque, mec ! Beaucoup de monde tôt dans la journée, du soleil, les gens sont très rock. J’ai passé un super moment !

Metal-Eyes : Bien ! Vous avez publié il y a quelques semaines Live & louder, qui est votre premier album live. Tout d’abord, merci d’avoir inclus au moins deux chansons enregistrées à Paris. Comment avez-vous choisi les chansons et les lieux qui figurent sur ce disque ?

John Corabi : Nous aurions sans doute pu simplement le faire avec un seul show, mais Doug (Aldrich, guitare) a tout écouté, chaque show, et on s’est dit que ce serait assez sympa de publier quelques chansons de cette ville, d’autres enregistrées ailleurs… Nous avons pris les meilleures versions et avons cherché à représenter l’Europe, et pas seulement une ville. Il y a Paris, Vienne, Londres, une ville en Allemagne aussi. Il y a 4 ou 5 shows sur ce disque. Nous voulions montrer l’énergie entre un groupe qui tire dans tous les sens et le public qui grossit à une vitesse incroyable en ce moment. Je pense que c’est le bon moment pour nous.

Metal-Eyes : Puisque nous parlons de Doug, la première fois que nous nous sommes rencontrés…

John Corabi : Ne parlons pas de Doug, parlons de moi! (rires)

Metal-Eyes : Nous allons parler de chacun d’entre vous… Au départ, donc, The Dead Daisies était présenté comme un groupe à configuration variable, musicalement, en fonction des disponibilités des musiciens. Il semble que Doug ait une place de plus en plus importante aujourd’hui, s’implique de plus en plus et que le line-up se stabilise, devenant ainsi un vrai groupe. Diriez-vous que The Dead Daisies est aujourd’hui un groupe à part entière ?

John Corabi : Honnêtement, c’est David qui devrait te répondre. Mais, de mon point de vue, quand j’ai intégré ce truc, il voulait vraiment fonder un groupe. Il a démarré ce groupe avec un gars qui s’appelle John Stevens, un chanteur incroyable, mais John était avec INXS, David faisait partie de différents groupes populaires en Australie. Je pense que quand ils se sont réunis, ils ont composé quelques chansons, ont utilisé les services de musiciens de sessions en studio et ont décidé, plus tard, de partir en tournée. En gros, ils ont fait les choses à l’envers. D’habitude, tu montes un groupe, tu jammes, tu composes, chacun apprend à connaitre les autres et, ensuite, tu enregistres un disque. En ce sens, il y a eu des souffrances, et la liste s’est allongée. Certains des noms de cette liste sont de très bons amis qui, pour une raison ou une autre, ne pouvait être là. La première tournée que j’ai faite avec le groupe, Brian ne pouvait être là, alors on a fait appel à Tommy Cluefedos, Richard (Fortus) a eu un accident de moto, on a fait appel à  Dave Leslie de Baby animals. Tous sont des potes qui sont venus donner quelques concerts. Mais David voulait un groupe et, aujourd’hui, il l’a ! Il en est très heureux, comme nous tous !

David Lowy : Oui, très. C’est très confortable. Il faut un peu de temps pour former et construire un nouveau groupe, que les choses s’imbriquent els unes aux autres. Je crois que la meilleure manière de décrire tout ça, c’est que nous adorons jouer ensemble, nous sommes très à l’aise. Nous avons composé de bonnes chansons, les avons enregistrées ensemble, tournons ensemble… Il a fallu un peu de temps, mais nous sommes parvenus à forger une équipe soudée. L’ensemble est bien plus agréable que la somme de ses parties, si tu comprends ce que je veux dire.

Metal-Eyes : Comme nous venons de le rappeler, deux chansons, au moins ont été captées à Paris. Quels sont vos souvenirs de ce concert parisien, au Trabendo, fin 2016 ?

John Corabi : C’est marrant, et surtout malheureux, mais nous avons joué deux fois en France, chaque fois quelque temps après une tragédie. Nous avons joué environ 10 jours après le Bataclan, et nous ne savions pas si nous devions jouer ou pas. C’est David qui a pris la décision, genre « on y va ! Merde, on ne laissera personne diminuer notre envie de jouer en France ! A chaque fois, nous avons eu un retour public extraordinaire. Je crois que les gens avaient besoin d’un peu d’amusement et de musique dans leur vie. La première fois, c’était après le Bataclan, la seconde, après les attaques de Nice. Nous avons été très surpris par la réaction du public. J’en ai parlé à notre management. Après notre premier voyage, j’ai reç cette lettre absolument incroyable d’un fan de Paris. Il disait, en gros : « marci beaucoup, vous êtes à mes yeux mes héros, pour venir jouer aussi rapidement après les attaques du Bataclan et jouer pour nous. » Il en avait besoin, et il a continué en m’expliquant qu’il était l’un des otages du Bataclan. Là j’ai pris ma claque, et je lui ai répondu en lui écrivant « Toi, tu es notre héros ! » Je lui ai envoyé plein de choses, des t-shirts, des machins en le remerciant, lui, d’être venu nous voir. Je ne sais pas si j’en aurais été capable. Paris a toujours été super, et il nous fallait représenter Paris sur ce disque.

Brian Tichy : Je me souviens de beaucoup de passion, et le fait que les gens soient ressortis après tous les événements dont a parlé John. Le concert en lui-même ? Paris rock, et nous sommes un groupe de rock, alors …

Metal-Eyes : Puisqu nous sommes au Hellfest, je vous ai préparé quelques questions sur l’enfer et le paradis. Tout d’abord, lequel des 7 péchés capitaux vous représente-t-il le mieux ?

David Lowy : Les 7 péchés capitaux ? Que sont-ils ???

Metal-Eyes : Allez, je savais qu’il faudrait les rappeler : la luxure, l’avarice, la gourmandise, la colère, l’envie, la paresse et l’orgueil.

David Lowy : Check, check, check… Tous!

John Corabi : Moi j’étais plus dans la luxure! Mais les autres aussi!

Metal-Eyes : Mais si vous deviez n’en retenir qu’un seul, ce serait lequel?

David Lowy : Ben, en réalité, comme tu le sais, ce sont les 7 premières chansons de notre prochain album ! Tu as trouvé les titres, c’est bien, bravo !

Brian Tichy : Pour définir le péché le plus correspondant, il faudrait déjà croire au péché.. Je n’ai pas envie de parler de religion aujourd’hui, alors je passe !

John Corabi : Et moi, je reste avec la luxure ! (rires)

Metal-Eyes : Ne parlons pas de religion, d’accord. De quoi va-t-on parler ? De politique ? Vous pensez quoi de votre nouveau président ?

John Corabi : Bon, ben… Euh, tu sais quoi? Parlons de religion ! (rires) Ce thème-là est un peu comme la religion…On oublie, on passe à autre chose !

Metal-Eyes : Y a-t-il une chose que chacun d’entre vous regrette avoir faite, avec The Dead Daisies ?

David Lowy (il rit) : Ce que je regrette ? Tu sais, c’est un voyage que j’ai entamé il y a un bon moment, et j’ai l’honneur que ces gars m’ait rejoint. Un voyage, c’est comme tout : il y a de bons moments, d’autres moins bons, ennuyeux, des joies et des regrets. Mais la meilleure partie de ce voyage, c’est que les fans soient avec nous. Nous voyons les choses ainsi : ce n’est pas nous sur scène, ce sont les fans dans le public, et ils participent, avec nous, à ce voyage de rock’n’roll.

John Corabi : J’ai volontairement retiré tous les rétroviseurs de ma voiture : je ne regarde pas en arrière, je regarde devant.

Brian Tichy : Je n’ai pas de regret ; Si je crois que je peux regretter quelque chose, je ne la fait pas, c’est tout.

John Corabi : Brian est un penseur, il ne fait jamais rien, il réfléchit toujours! Il est sans doute…bah… Il ne regrette rien parce qu’il ne commet pas d’erreurs !

Metal-Eyes : S’il est le penseur du groupe, vous êtes quoi, tous les deux,

John Corabi : Je suis le blagueur. David est le, le…

David Lowy : Je suis le pilote!

John Corabi : Ou Dieu, l’un des deux!

Metal-Eyes : Non, on vient de dire « pas de religion»! Vous aimez reprendre des chansons, si vous deviez ne choisir qu’une chanson à jouer à chaque concert jusqu’à la fin, ce serait laquelle ?

John Corabi : Waow! Je n’en sais rien, il faut que j’y réfléchisse! Il y a tellement de bonnes chansons… J’ai traversé la fin des 60’s et les 70’s, il y a tant de bonnes chansons, c’est impossible de répondre à cette question !

Brian Tichy : Je reprendrais Freebird (Lynyrd Skynyrd)tous les soirs. Si je devais reprendre une seule chanson, je reprendrais la meilleure, c’est tout.

Metal-Eyes : Tu as raison, John, c’est le penseur !

John Corabi : Tu me le demandais, et je peux te dire qu’il ne regrettera pas cette réponse.

Metal-Eyes : Dernière chose, vous allez profiter un peu du Hellfest ?

John Corabi : Honnêtement? On joue demain au Grasspop, alors nous allons terminer avec les medias, grignoter quelque chose et filer à l’aéroport. Nous avons une mission ! On a donné, je crois, 2 concerts en 12 heures…

David Lowy : On a fini de signer les autographes au concert d’hier à 1h du matin, et nous étions sur scène à midi trente aujourd’hui…

Metal-Eyes : Et vous ne refusez jamais les séances dédicaces…

John Corabi : Non !

David Lowy : Comme je l’ai dit, on fait, les fans et nous, le même voyage.

Metal-Eyes : Merci pour tout, et j’espère écouter bientôt un nouvel album…

John Corabi : Nous commençons à enregistrer le 1er novembre prochain, l’album sortira début 2018, et la tournée suivra.

Merci à Roger Wessier d’avoir pensé à Metal-Eyes !

VIRIDANSE: Hansel, Gretel e la strega cannibale

Hard rock psyché, Italie (Fonoarte, 2017)

ViridAnse, c’est qui? Venu tout droit d’Italie, ViridAnse s’est formé en 1983. Actif au cours des années qui suivent le groupe a disparu pour revenir en 2014 avec un album éponyme.

Hansel, Gretel e la strega cannibale, ça donne quoi? Euh, franchement, je n’ai pas tout compris… Et cela n’est pas du fait du chant en italien. Ce disque m’a vraiment pris par surprise tant par sa puissance que par l’exploration sonore de contrées étonnantes. C’est à la fois puissant, irritant, intriguant. Quelques aspects prog accompagnent des sonorités légèrement psychédéliques et un chant torturé. On est replongé dans un esprit très imprégné des années 80, version new wave énervée, rock direct, avec, en prime quelques explorations et tentatives rythmiques intéressantes.  Les 7 titres totalisant une heure de sons variés, d’ambiances diverses et, si le thème des contes de fée est clair, son traitement horrifique ajoute au mystère. Ames sensibles, attention, mais si vous êtes curieux, foncez! Même si je ne comprends pas tout, il y a dans ce disque une volonté de ne ressembler à personne tout en semant le parcours de références communes.

Note 7/10

 

OVERDRIVERS: Rockin’ hell

Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

Overdrivers, c’est qui? Formé en 2011 dans la Région des Hauts de France par Adrien Desquirez (chant et guitare) et Anthony Clay (guitare), Overdrivers ne se stabilise qu’en 2015 avec l’intégration du bassiste Sébastien Lorquet et du batteur Florian Morgano. Le quatuor, amoureux du gros rock australien, donne plusieurs concerts dans sa région et en Belgique avant d’entrer en studio pour autoproduire Rockin’ hell qui parait en 2016.

Rockin’hell, ça donne quoi? Avec Overdrivers, c’est simple, on peut le clamer haut et fort: la France tient là son Airbourne! Et comme beaucoup considèrent qu’Airbourne est le digne successeur d’AC/DC, osons le dire sans détour (comment ça, cette chronique commence par un joli détour???): la France tient son AC/DC! Simplement. Je vous vois venir avec vos sarcasmes, vous moquant déjà sous prétexte qu’AC/DC a des milliers de clones. Oui, c’est vrai. Mais tout comme un… Airbourne, justement, Overdrivers ne se contente pas d’être une pâle copie imitant ses mentors. Les guitares, les riffs, la gouaille du chanteur, avec ce premier album Rockin’ hell, tout ressemble au prestigieux groupe vénéré par des millions de fans. Mais Overdrivers va plus loin que d’autres: le chant, mélange de Bon Scott et d’Udo Dirkschneider, est mis en valeur par des guitares aussi déterminées qu’acérées. Les quatre vont droit au but, sans fioritures, et sans avoir d’autre prétention que de se faire plaisir avec les fameux trois accords. La simplicité mise au service de l’efficacité, c’est ce que l’on retrouve tout au long de ces 10 chansons qui parlent de filles, rock, bagnoles et autres gros engins (en tout genre, je vous laisse imaginer!) Overdrivers est assurément un groupe à soutenir!

Note: 8/10

Site web: www.overdirvers.com

Facebook: www.facebook.com/overdriversrocknroll/

42 DECIBEL: Overloaded

Heavy rock, Argentine (Spv/Steamhammer, 2017)

42 Decibel, c’est qui?  Formé en 2010 et aujourd’hui composé de junior figueroa (chant, guitare), Billy Bob riley (guitare), Chris Marck Towers (basse) et nicko Cambiasso (batterie), 42 Decibelvient de Buenos Aires, en Argentine. Overloaded est son troisième album. Hard rock n roll, 2013 et Rolling in town, 2015 ont commencé à forger la réputation du quatuor.

Overloaded, ça donne quoi? Sale, biéreux, crade… Dès Whiskey joint, le morceau d’ouverture, le ton est donné. Punk, irrespectueux, rock’n’roll direct et sans fioriture. Energique à souhait, cet album varie les tempi, passant avec Dangerous mess à quelque chose de plus 70’s, . La gouaille du chanteur évoque le chant de Bon Scott, les guitares, celles d’Angus et Malcolm Young pré 80. Impossible, en effet, de ne pas faire le lien tant cette influence est évidente. En évoquant sa passion pour la première mouture du groupe Autralien, 42 Decibel se démarque d’Airbourne, plus moderne. C’est à la fois une force et son contraire tant c’est bien fait. Maintenant, les Argentins savent-ils se faire originaux au cours de cet album? Là n’est pas, semble-t-il leur propos. Est-ce ce qu’on demande aux clones cités plus haut? Non. C’est bien la seule faiblesse de ce disque irrévérencieux qui évoque aussi le punk anglais des années 70 et fait quelques clins d’oeil au Motörhead période Eddie Clark. En proposant un produit qui sonne à l’ancienne, avec des guitares qui craquent, une rythmique simple et directe, un rock sans prétention ni fioriture, 42 Decibel parvient à nous faire faire un bond dans le passé. Une jolie surprise, guère originale mais rafraîchissante.

Note : 7,5/10

THE DEFIBRILATORS: Electric fist

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

The Defibrilators, c’est qui? Formé en Haute Savoie en 2009, The Defibrilators se fait remarquer sur de nombreuses scènes grâce à son rock hard à la AC/DC et punk à la Pistols ou Iggy Pop. APrès avoir remporté le tremplin Guitare en Scène en 2012, le groupe ouvre sur quelques dates de la tournée de Burning Heads. Après 2 Ep parus en 2013c et 2015, The Defibrilators publie en 2016 son premier album The truth about the Defibrilators, justement remarqué.

Electric fist, ça donne quoi? Volontairement crades et décalés, les 11 titres de Electric fist sont du genre à écouter au fond d’un bouge enfumé. ça rote, ça crache, c’est insolent et rien n’est jamais vraiment plus sérieux qu’une folle envie de s’amuser, de tout, de rien. Riff for glory met les choses au clair: The Defibrilators ne fait pas dans la dentelle, et pas dans la finesse non plus. Ca riffe sec, ça groove juste ce qu’il faut et, surtout, ça fait taper du pied en allant droit au but. Et l’humour potache s’invite tout au long du disque: Monster girl, Adultery, Chemical gas, Prostitute (bonne idée d’inverser les rôles, au passage), Dentist blues sont autant de déclaration à la necessité de mener une vie de déconne. Alors, oui, si musicalement The Defibrilators ne casse pas trois patte à un canard manchot, ce Electric fist mérite d’être simplement écouté entre potes, autour d’une chopine ou deux, dégustant un bon bbq. Ou dans un bouge enfumé, aussi…

Note: 7/10