Interview: MICHAEL MONROE

Interview MICHAEL MONROE(chant, harmonica). Propos recueillis au Hard Rock Cafe le 18 septembre 2019

L’homme est rare en France. Alors lorsqu’une invitation est lancée pour rencontrer Michael Monroe, le fondateur de Hanoi Rocks qui vit aujourd’hui une carrière en solo, impossible de refuser. Le chanteur est bavard, très, presque intarissable même. Pas facile de l’interrompre pour tenter de poser d’autres questions. Rencontre avec une pile électrique branchée sur une batterie atomique.

 

Metal-Eyes: Michael, comment vas-tu aujourd’hui ?

Michael Monroe :Je vais bien, juste un instant ! (NdMP : Il joue quelques notes à l’harmonica me regarde avec un large sourire.) Maintenant, je vais encore mieux !

 

Metal-Eyes: Tu es ici pour parler de ton nouvel album…

Michael Monroe : One man gang, oui, qui sortira le 18 octobre.

 

Metal-Eyes: Ton album précédent remonte à environ quatre ans. Comment t’es-tu occupé pendant tout ce temps ?

Michael Monroe : Facile ! Comment je trouve le temps de faire tout ce que je fais, c’est plutôt ça la question ! Je fais plein de choses, et avec ce groupe, qui se nomme Michael Monroe… One man gang, c’est un titre parfait pour cet album. Ecrire des chansons pour cet album m’a occupé pendant un ou deux ans, et tourner m’occupe beaucoup aussi, mais, la raison pour laquelle j’ai voulu attendre un peu plus longtemps était que je voulais m’assurer d’avoir une bonne équipe pour s’occuper de cet album, pour qu’il ne parte pas à la poubelle. Jusqu’à l’an dernier, nous n’avions pas un management décent…

 

Metal-Eyes: Donc tu parles plus de l’équipe qui gère tes affaires que de l’équipe musicale ?

Michael Monroe : Oui, je parle de l’aspect business. Toutes ces années, nous n’avions ni label, ni agent ni management décents. Maintenant, grâce au nouveau management, je travaille avec une super agence, UTA, et un excellent label, Silver Lining qui va sortir l’album. Ce disque est terminé depuis décembre 2018. Il me fallait vraiment la bonne équipe pour le travailler parce qu’il s’agit d’un album trop bon pour être relégué aux oubliettes.

 

Metal-Eyes: Comment analyserais-tu l’évolution de Michael Monroe, le groupe, entre Black out states et One man gang ?

Michael Monroe : OK… Sur Black out states, Rich Jones avait remplacé Dregen à la guitare. Ce line-up était le meilleur pour cet album. One man gang est le second album avec ce même line up, avec Rich Jones à la guitare, ce qui est assez significatif pour ce groupe. Il ne fait pas de doute désormais que Rich Jones est le second guitariste du groupe. On a sorti la compilation Best of en 2017, et ce disque comportait quelques nouveautés. One foot out of the grave qui était le single pour cet album – même si on n’a jamais terminé la vidéo… Il y avait quelques autres inédits aussi, donc un peu de nouveau matériel. En comparaison à Black out states, One man gang a sa propre identité, avec beaucoup de dynamiques, une grande variété en termes de sons, de couleurs musicales. Ce n’est pas que du pur hard rock qui rocke, avec une ballade sirupeuse… On tente de rester éloignés des clichés. Il y a plein de trucs sympa à découvrir, comme Heaven is a free state, on a pensé à différents trucs pour que cet album reste intéressant. On a enregistré 18 chansons pour ce disque, et n’avons retenu que les 12 meilleures pour donner envie à l’auditeur de l’écouter encore. Et encore… Musicalement, on retrouve tous nos groupes préférés, comme The Clash, The Damned, Mott The Hoople. Je ne prévois jamais rien dans ma vie, on fait les choses et on voit ce que ça donne. Par exemple, Nasty Suicide joue sur Wasted years. Ce n’était pas prévu, simplement, il l’a fait et c’était parfait sur ce titre.

 

Metal-Eyes: Comme tu viens de le rappeler, c’est le second album avec le même line-up. Pense-tu que cette stabilité a influencé ta manière de composer ?

Michael Monroe : Oui ! Je donne a chacun la possibilité de s’exprimer librement dans ce groupe. Je ne suis pas un maniaque du contrôle, je n’ai pas un gros ego comme, semble-t-il, la plupart des chanteurs peuvent en avoir… J’ai toujours préféré collaborer plutôt que d’imposer. J’ai toujours pensé « groupe ». Je pourrais tout écrire et composer seul, je saurais quel résultat attendre, mais j’ais toujours préféré le travail commun où chacun peut s’exprimer.

 

Metal-Eyes: Du travail d’équipe, quoi…

Michael Monroe : Oui, du travail d’équipe. « Teamwork to do the  dreamwork » (Travail d’équipe pour faire le travail de rêve).

 

Metal-Eyes: Sympa…

Michael Monroe : Oui, j’aime bien ! On se connait si bien maintenant, ça fait bientôt dix ans qu’on travaille ensemble. Et ce que j’aime aussi, c’est que Rich Jones et Steve Conte écrivent aussi des paroles. Et quand ils le font, c’est comme s’ils étaient dans ma tête. Je lis leurs textes et je me dis « attends… je peux assumer chacun de ces mots ». Ca m’enlève aussi une certaine pression, ne pas avoir à tout écrire moi-même.

 

Metal-Eyes: Tu viens de dire que tu n’es pas le boss. Cependant, le groupe porte ton nom, Michael Monroe, et le nouvel album s’appelle One man gang. Ce qui donne quand même une bonne idée de qui est le patron !

Michael Monroe : On est quand même en démocratie, c’est très rare qu’on ne soit pas d’accord. Untel voudrait ceci, tel autre cela, alors, à ce moment, c’est moi qui tranche. C’est mon nom qui est sur le disque, quand même.

 

Metal-Eyes: Donc on sait qui est le patron.

Michael Monroe : Oui, oui, il faut que quelqu’un sache dire « ok, pause, on arrête et voilà ce qu’on fait. Fin de discussion ! » (rires)

 

Metal-Eyes: Si tu devais ne retenir qu’un titre de ce nouvel album, One man gang, pour expliquer ce qu’est Michael Monroe, le groupe, en 2019, ce serait lequel ?

Michael Monroe : Woaw…Ca c’est une question…

 

Metal-Eyes: Merci !

Michael Monroe : (il réfléchit) Je dirais… une chanson qui définirait Michael Monroe… Je dirais Final train to Tokyo, le single. Ce titre nous représente bien, sans trop en faire non plus. Il y a plein de titres plus profonds, comme Low life in high places, mais celui là est cool. Last train est assez représentatif, même si j’aurais pu dire Junk planet, mais non, ça en ferait trop !(rires)

 

Metal-Eyes:Un groupe de rock, c’est aussi des concerts. Tu as toujours été très rare en France… Je me souviens t’avoir vu à Cannes en 2001 avec Hanoi Revisited…

Michael Monroe : Ah ouaissss!

 

Metal-Eyes : tu es également venu une fois à Vauréal, mais à part ça, je  ne trouve pas beaucoup de trace de passages en France. Comment expliques-tu cela ? Tu es un homme rare…

Michael Monroe : C’est vrai, mais je n’ai aucun contrôle là-dessus. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurai joué en France dès les années 80. Nous n’avons jamais joué en Europe, ou presque… Hanoi Rocks n’a jamais joué en Italie, en Espagne, en France alors que nous sommes Européens, qu’il y a un énorme marché. N’importe qui penserait que le management se pencherait sur l’Europe. On a joué en Israël, à Bangkok, en Inde et plein d’endroits bizarres. Je ne sais pas pourquoi, mais crois-moi : si j’avais le choix, je jouerais plus en France. On a maintenant un super agent et j’espère qu’il va nous trouver des dates pour rétablir la situation. Le show que tu as cité, à Cannes… Je l’avais oublié. J’ai beaucoup aimé y jouer mais cette période était compliquée…C’était en 2001, c’est ça ? La même année que celle où mon épouse est décédée. Je m’occupais autant que possible pour ne pas y penser, j’étais dans une sorte de nuage, toujours occupé à travailler. Tout va tellement mieux maintenant ! J’ai été marié avec ma première femme pendant 16 ans, j’ai trouvé une autre compagne qui partage ma vie, on est mariés depuis 17 ans maintenant. J’ai beaucoup de chance… Ce concert, c’était un vrai cauchemar à mes yeux, tout allait de travers. L’orga pensait qu’on était que des branleurs sleaze, Andy Mc Coy et moi. Mais je m’en fous, des étiquettes… Ils sont venus nous voir, disant qu’il fallait raccourcir le show, on enlève quelques titres et ils reviennent : « non, finalement, on va vous donner plus de temps ». T’avais l’impression que personne ne savait ce qu’il faisait. Backstage, le mec qui s’occupait des guitares… C’était son premier concert. Ça va être un désastre… Et, aussi, on n’a pas eu de balance ! Pas de soundcheck, comment on va pouvoir jouer ? Un vrai bordel. Juste avant le début du concert, le mec revient nous voir pour nous dire qu’on doit retirer 2 ou 3 titres… FUCK YOU !!!C’était n’importe quoi !

 

Metal-Eyes : Donc tu as encore des souvenirs de ce concert ! J’ai cru comprendre que tu vas bientôt jouer en France…

Michael Monroe : Le 29 octobre à la Maroquinerie. Je veux que tout le monde vienne, on va passer un super moment et on va tenter de rattraper le temps perdu. J’adore la France, j’adore Paris, je voudrais pouvoir jouer plus souvent chez vous. J’ai même étudié le français à l’école. C’est vraiment fascinant de pouvoir enfin être ici…

 

Metal-Eyes : Tu es Finlandais. Comment vois-tu la scène finlandaise actuelle. Il y a de grands noms, d’autres émergents…

Michael Monroe : Il y a plein de choses sympa avec les groupes finlandais. Ville Vallo de Him m’a dit que Hanoi Rocks avait ouvert les portes à la scène rock finlandaise, permettant à d’autres groupes de jouer à l’étranger. The Rasmus, Nightwish – Tarja est une de mes très bonnes amies – Apocalyptica, ce sont des pionniers, aussi…

 

Metal-Eyes : Steve N Seagulls ?

Michael Monroe : Je suis moins familier avec ce qu’ils font. Il y a beaucoup de bon groupes de rock en Finlande, mais malheureusement, il y a ces effets de mode dans le monde et, au final, les groupes finlandais copient trop souvent ce qui se fait ailleurs, principalement aux USA. La mode du hip hop – et il y a un paquet de groupes de hip hop complètement inutiles en Finlande. Ils ne contribuent en rien à l’évolution de la musique. Mais il y a aussi de très bons groupes et je vous encourage à aller les découvrir.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Michael Monroe, le groupe encore, en 2019 ?

Michael Monroe : Toujours « aucun cliché autorisé, pas de remplissage que de la tuerie (No clichés allowed, no fillers all killers) du rock authentique qui botte les culs »

 

Metal-Eyes : Ce n’est plus une devise, c’est un roman !

Michael Monroe (rires) : Exact! C’est un de mes surnoms!

 

Metal-Eyes : Une dernière chose puisqu’il nous reste quelques minutes…

Michael Monroe : Bien ! Ritchie Blackmore, l’origine du metal ! Le metal vient d’où ? Du rock. Et regarde ces guitaristes qui parlent pour ne rien dire ! Ils mettent trop de notes partout, c’est pas ça ! Le meilleur solo que Ritchie Blackmore ait joué, c’est celui de No, no, no, sur Fireball. Si on parle de solo, c’est ça ! Même le solo de Smoke on the water, sa façon de lever ses cordes. Il a ce toucher unique… Je me demande pourquoi tous ces guitaristes aujourd’hui ne cherchent qu’à jouer le plus de notes possible, ils passent à côté de ces trucs si cool…

 

Metal-Eyes : Il y a aujourd’hui un renouveau important de la scène des 70’s et 80’s, du rock sudiste, du hard vintage. Penses-tu que ce que les gens nomment Hair metal ou glam metal pourrait tirer bénéfice de ce revival ?

Michael Monroe : Quoi que l’on puisse mettre derrière l’étiquette de Hair metal, de glam ou même de sleaze rock – je ne sais même pas ce que ça veut dire, je n’ai rien à voir avec ça, je ne veux souiller personne ! Ceux qui pense que se laquer les cheveux permet de savoir jouer n’ont rien pigé ! C’est un crime, c’est une putain de perte de temps. Tu trompes les gens… Ils peuvent vendre des millions d’albums, ça ne signifie pas qu’ils soient bons. Il y a quelques groupes sympas de cette période, mais, en général, les effets de mode, ça pue. Je n’aime pas les étiquettes. Avec Hanoi Rocks, et depuis, on joue de tout, ça va du punk eu rock. On n’a jamais dit qu’on était glam. Tous les genres peuvent aller en enfer, le rock n’a pas besoin d’être classifié. La bonne musique restera de la bonne musique, sans étiquette.

 

Metal-Eyes : Nous conclurons donc là-dessus. Merci beaucoup, Michael, et je te verrais sur scène à Paris dans un mois.

Michael Monroe : Merci à toi et… Metal Eyes, garde un œil sur… euh… toi! (rires)

Michael Monroe sera le 29 octobre sur la scène de la Maroquinerie à Paris. Concert événement en vue!

Merci à Roger Wessier d’avoir rendu cette rencontre possible

 

 

ORPHEUM BLACK et HYAENA live à Orléans – Blue Devils, le 10 octobre 2019

Le 31 mai 2018, à Saint Jean de Braye (45), j’assistais au dernier concert  de Wild Dawn qui jouait en tête d’affiche en lieu et place d’un No One Is Innocent se trouvant bien et à l’aise entre deux groupes. Depuis, quelques news sur Facebook d’un Romain offrant quelques démonstrations à la guitare, de retrouvailles avec Greg et d’autres musiciens dans le cadre d’un projet qui ne voit pas le jour.

Jusqu’à la naissance de cet Orpheum Black qui voit Greg (chant et guitare) et Romain (guitare) s’unir à Mélodie (chant et claviers), ex-No Sign Nothing (si je me souviens bien, elle tenait alors la guitare), qui avait croisé la route de Wild Dawn à quelques reprises. Ils sont rejoint par la section rythmique composée de l’ex bassiste de The Lunatiks, Gauthier, et du batteur Paskal. Ensemble, les 5 s’éloignent des influences ancestrales de chacun pour tenter de se forger une nouvelle identité sonore et visuelle.

Après une résidence à Blois, ce concert au Blue Devil’s d’Orléans est la première véritable représentation d’Orpheum Black en ses terres. Un test grandeur nature pour voir si le public répondra présent. Il semble bien que oui, car, en ce 10 octobre, hormis les familles de chacun, ce sont environ 150 spectateurs qui se retrouvent en ce temple du rock qu’est le Blue Devil’s. Si c’est le premier concert d’Orpheum Black dans cette salle, ce n’est pas la première fois que les musiciens jouent en ces lieux puisqu’ils y ont donnés plusieurs représentations à l’époque de l’Infrared.

A 21h, le groupe monte enfin sur scène. Adieu les chemise à carreaux qui faisait la particularité visuelle des bûcherons de Wild Dawn. Bonjour, cependant, la chemise noire ouverte sur un T-shirt blanc. Rien de tel que la sobriété. Seulement, au lieu de balancer directement un bon gros riff, le concert commence par un mauvais branchement… Montée de stress qui voit Greg, Romain, Mélo chercher d’où ça vient. Quelques minutes qui prennent fin. Le groupe se recentre et s’offre 50′ de plaisir avec un public présent et réceptif, qui se fait plus massif encore dès que résonnent les premières notes.

Dès ses premières notes, Romain se lâche. Habité par son jeu, il déploie une énergie sans pareille et maltraite sa guitare, tapant du pied, tournoyant, allant se coller à Mélodie, Greg, arpentant la (petite) scène de long en large. Le chant, ceux qui ont vu la première vidéo le savent, les autres le découvrent, est partagé entre la voix puissante de Greg et celle plus douce de Mélodie. Un choix qui permet d’offrir une plus large palette émotionnelle pour un rock qui se révèle rapidement plus progressif que purement hard.

D’ailleurs, Orpheum Black – c’est osé et courageux sur un premier concert, même si le répertoire n’est pas assez fourni pour ne proposer que du matériel original – offre au public une reprise de Untouchable d’Anathema. Pas le groupe le plus aisé à reprendre mais le toucher de Romain, léger et aérien, fait le job. Et si, au cours du concerts, quelques couacs et pains viennent perturber les musiciens, Greg a tôt fait de rappeler que c’est une première, rien de grave.

Et pour une première, Orpheum Black a su séduire son auditoire, démontrer être en capacité à sortir du carcan Wild Dawn (d’ailleurs Romain n’est pas descendu dans le public au cours de son solo comme il le faisait systématiquement naguère) et d’offrir un concert efficace et dynamique. Une affaire à suivre.

Le temps de changer le plateau, ce sont d’autres Orléanais qui investissent la scène. La tête d’affiche de ce soir a beau être plus ancienne (le groupe s’est formé en 2010), Hyaena semble attirer moins de monde que sa première partie. Bien que la salle se remplisse de nouveau dès les premiers accords et hurlements du chanteurs, on circule assez facilement dans la fosse.

Hyaena propose un metal hard core assez technique. Peut-on pour autant parler de hard core progressif? On pourrait, teinté de death, de hard core et autres styles extrêmes. Nathan, le bassiste qui évolue pieds nus, exhibe une belle 6 cordes. Il est le seul dont le look attire, avec le chauve batteur Christophe, les autres étant ce soir vêtus comme à la ville. Rien de visuellement marquant, donc. Les guitaristes sont très concentrés sur leur jeu, et le résultat s’en fait sentir: il y a un manque de partage, de complicité avec les gens présents. Un peu plus de spontanéité serait à ce stade bienvenue.

 

Vocalement, le style de Kevin, le nouveau chanteur, est extrême. Lui n’hésite pas à chercher le public, et s’adresse à ceux présents: « Vous êtes prêts pour la bagarre? Orléans, vous êtes prêts à retourner le Blue Devils? » Oui, mais la salle est-elle suffisamment remplie pour cela?

Je n’ai jamais, à quelques exceptions près, aimé le chant hurlé, grunté, le vocaux gutturaux. Le death n’est pas mon truc. Même si le groupe est présent pou présenter son nouvel album, Poison pen, je ne parviens pas à accrocher. Je remonte donc prendre l’air, constate que du monde s’abreuve au bar et en terrasse. Le connaisseurs et amateurs restent en bas, profitant de ce concert. Clairement, le public est ce soir venu découvrir Orpheum Black. Chose faite, il a déserté la salle au détriment de Hyeana. Un tel plateau, en semaine, se révèle à double tranchant. Tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres…

 

TRUST: Fils de lutte

Hard rock, France (Verycords, 2019)

Malgré une carrière en forme de montagnes russes, Trust reste une des valeurs sûres du hard rock français. Aujourd’hui plus rock que hard, d’ailleurs, ce que Bernie a toujours clamé haut et fort. Depuis les retrouvailles avec Nono et l’enregistrement du remarqué Europe et haines en 1996, Trust a trouvé une nouvelle voie musicale, franche et directe. Cette voie s’est retrouvée sur l’album « interdit » paru en 2000, le splendide Ni dieu ni maître, et bien plus récemment sur Dans le même sang, le dernier album en date du gang paru seulement l’an dernier. Un an seulement sépare deux albums studios de Trust! Comme à ses débuts, en somme. Et Trust nous l’avait prouvé lors de sa dernière tournée qui a sillonné la France, en passant, enfin, par le Hellfest: le groupe est en forme. La niaque est bien présente alors tant qu’à faire, « battons le fer tant qu’il est chaud ». D’autant que, engagé comme toujours, la période est propice pour nourrir la colère de Bernie. Fils de lutte propose aujourd’hui 12 titres, parfaitement mis en son par Mike Fraser. De Portez vos croix à Delenda, chaque titre fonce droit au but. Le verbe haut, Bernie continue de dire ce qu’il a a dire, sans détour. On sourit avec Miss Univers, qui a tout de la diatribe anti Macron, on approuve cette vérité que l’on veut cacher qu’est « la saloperie humaine, on n’en fera jamais le tour » sur Y’a pas le feu mais faut brûler, les éternelles excuses trouvées par tout un chacun sur C’n’est pas ma faute. Bernie est vindicatif, et il y en a pour tout le monde, de la droite qu’il exècre à la gauche qu’il ne tiens pas – plus – en très haute estime. Les gilets jaunes alimentent d’ailleurs une bonne partie de l’album, eux désignés par Bernie comme « le peuple des ronds-points », et illustrés dans le masque à gaz de la pochette. Avec Fils de lutte, Trust démontre simplement être très en forme. D’ailleurs, ça fait combien de temps qu’un batteur n’a pas joué sur deux albums successifs de Trust? De mémoire, ça doit remonter à… 1979 et 1980, soit les deux premiers méfaits. Ici, c’est encore plus fort puisque c’est le line-up même qui reste inchangé! Un bel exploit, rarissime, donc qui semble montrer que le groupe a trouvé un juste équilibre. Il le prouve tout au long de ces 12 titres finalement imparables composés en quelques semaines et enregistrés dans l’urgence en 3 jours. A l’ancienne, afin de garder une certaine spontanéité. C’est réussi.

BLACK STONE CHERRY: Black to blues 2

Hard rock, USA (Mascot records, 2019) – Sortie le 18 octobre 2019

Black Stone Cherry, les fans le savent bien, est composé d’amoureux de rock et de blues. Après un premier Black to blues, Ep paru en 2017, très axé sur l’oeuvre de Willie Dixon on s’attendait à voir un second volume apparaître.  Les Américains reviennent aujourd’hui avec un second volet, Black to blues 2, toujours sous le format Ep, en revisitant plus d’artistes. Démarrant avec une énergique version du Big legged woman de Freddie King, Chris Robertson et sa bande continuent avec le classique intemporel du légendaire Robert Johnson, Me & the devil blues avant de revisiter l’un des titres les plus connus d’Otis Rush, All your love (I miss loving). A mi parcours, BSC se montre plus curieux; Musicalement, ben… Quand une chanson est bonne, si les interprètes sont bons, la chanson reste bonne, quelle que soit la moulinette à laquelle on la passe. Ici, le son est plus moderne et plus dynamique, et la voix de Robertson colle parfaitement à ce blues plus que quinqua. Le groupe s’amuse tout autant avec Down in the bottom, création originale d’un des maîtres du genre, Howlin’ Wolf, avant de s’attaquer au Early one morning d’Elmore James, déjà très déjanté et ici légèrement « punk ». Le disque se termine sur Death letter blues, de Son House. En continuant d’explorer et de revisiter ces chansons à sa sauce, Black Stone Cherry permet à chacun de (re)découvrir un pan parfois oublié de l’histoire de la musique américaine. Et de se rendre compte de ces tripes qui ont, depuis des décennies, fait bouger les foules. Black to blues 2 est un intermède entre deux albums d’un des plus sympathiques groupes d’outre-Atlantique. Et si le groupe trouvait-là un rythme de croisière album original, Ep de reprises?

THUNDER: The greatest hits

Hard rock, Royaume-Uni (BMG, 2019) – Sortie le 27 septembre 2019

Thunder… Les amateurs de hard rock le savent, ils peuvent compter sur les Anglais pour leur apporter leur lot de décibels et de mélodies. Car c’est bien la marque de fabrique de Thunder: un hard rock pur jus, sans fioriture, du genre qui prend au tripe et donne cette irrésistible envie de gigoter et/ou d’enlacer son/sa chéri(e). Les amateurs le savent aussi, ce n’est pas la première compilation que Thunder nous offre, même si celle-ci est présentée comme telle par son label. Mais il suffit de visiter le site du groupe pour se rendre compte que c’est loin d’être le cas! Sa discographie est d’ailleurs plus fournie en live et compilations qu’en albums studio qui n’en compte « que » 12! Ce qui n’enlève rien à la richesse de ce The greatest hits, double album (ou triple, pour la version dotée dun bonus live de 6 titres) qui retrace une bonne partie de la carrière du combo. En deux CD et un bonus live de 6 titres, Thunder représente certains de ses plus grands classiques sans faire l’impasse sur certaines périodes, même si certains albums sont moins représentés (Robert Johnson’s tombstone ne propose qu’un extrait – pas des moindres puisqu’il s’agit du superbe The devil made me do it – tout comme Bang! avec On the radio). Si l’on se délecte des morceaux plus rock (Backstreet symphony, Dirty love, le nostalgique – et tellement vrai – Wonder days, Rip it up…) le néophyte peut également découvrir l’aspect le plus sentimental de Thunder au travers de ses ballades (de Love walked in, The rain) qui n’ont pas grand chose à envier à certains arthropodes allemands… Thunder en profite également pour rendre hommage à deux de ses groupes fétiches (The Rolling Stones et Led Zeppelin) avec deux reprises, Gimme shelter et Your time is gonna come. Le fan aura tout loisir de se replonger dans la machine à souvenirs, richement illustrée des propos de l’incontournable biographe des stars, Joel McIver, tandis que le néophyte prendra une simple leçon de rock’n’roll. En attendant de retrouver Ben Matthews, Luke Morley et leur bande sur scène. Thunder est bien trop rare en nos contrées…

DOG N STYLE : Only stronger

Hard rock, France (Autoproduction, 2019)

Après un Pub’s calling (2016) arrivé comme une surprise dans la paysage metallique français, le dingos de Dog N Style remettent le couvert avec Only stronger, leur nouvel album qui fleure bon le délire musical et visuel. Toujours très influencé par la scène glam/sleaze américaine, le groupe peaufine cette approche sonore (les grands du genre sont de la partie – Mötley Crüe, Ratt, Dokken, Great White, doublés des incontournables Motörhead et AC/DC) avec un visuel tout aussi délirant autant inspiré du manga que du western ou du comics. Si, de prime abord, Gamble to gain (bonjour le clin d’oeil à Ace of spades!), Feed your devil (avec plaisir!) Bad man et autres Come on in ne réinventent pas l’eau tiède, Only stronger entre dans la catégorie des albums qui s’écoute sans faim, au volant, pour le plaisir et le fun. Avec rock’n’roll, fun est le maître mot qui semble guider Dog N Style. Et ça fait du bien!

Interview: LAST TEMPTATION

Interview LAST TEMPTATION. Entretien avec Butcho (chant). Propos recueillis au pub King George à Paris le 10 septembre 2019

Alors que Peter Scheithauer est en train de faire un démo à la guitare pour un magazine spécialisé, je retrouve Butch Vukovic pour parler de ce nouveau projet à l’envergure internationale. Last Temptation pourrait être « the next big thing » en matière de heavy mélodique. Et quand des Américains viennent dégoter un chanteur français, c’est un signe…

 

Metal-Eyes : Ce n’est pas notre première rencontre, en revanche, c’est la première fois que tu vas me parler de Last Temptation. Question classique : comment s’est formé le groupe ?

Butcho : En fait, ça s’est formé, avec Peter et moi, il y a presque 10 ans. C’était une autre formation. A l’époque, j’étais avec Hellectrokuters et il m’avait contacté sur Facebook. Il voulait absolument un chanteur français. Il a regardé plein de vidéo, il en a vu 800, à la lettre H, il est tombé sur Hellectrokuters et il a fait « waow, je veux ce chanteur ! C’est qui ? » Il me contacte, à l’époque il ne connaissait pas Watcha – il était aux Etats Unis. Il me contacte sur Facebook, et à cette époque je lui dit non, parce que j’avais un autre deal qui arrivait avec Hellectrokuters.

 

Metal-Eyes : Qui était, pour rappel, un groupe typiquement hard rock 80’s comme tu aimes tant.

Butcho : Voilà, AC/DC, Motörhead… Je lui ai dit non. Il est revenu plusieurs fois à la charge, et le plan que je devais avoir ne s’est pas fait. Je lui ai demandé de m’envoyer ses morceaux, ce qu’il fait. Je trouve ça super bien, et le jour même, je lui ai enregistré les 3 morceaux. Il a adoré, et c’est parti comme ça. Mais ce n’était pas du tout cette formation de Last Temptation, c’était autre chose. Plus à la Mötley Crüe, des trucs comme ça, et pas du tout le même line-up. Le line-up actuel s’est mis en place il y a à peu près 3 ans. Ça a pris beaucoup de temps parce qu’il y avait des contrats avec les autres : Vinnie Appice qui était avec Last In Line, Bob Daisley, en Australie…

 

Metal-Eyes : Vous êtes tous les deux passionnés par le gros hard rock des années 80. Comment définirais-tu la musique de Last Temptation ?

Butcho : On n’a absolument rien inventé, c’est du hard rock old school des années 70/80, à la Black Sabbath, Ozzy, Dio… C’est du old school, tout simplement.

 

Metal-Eyes : Vous avez joué au Hellfest cette année. C’était ton premier, je crois ?

Butcho : Non, non : j’y ai joué il y a très longtemps, en 2007, avec un groupe de death metal, Scarve.

 

Metal-Eyes : Et ce n’était pas le même esprit qu’aujourd’hui, en 2007.

Butcho : Non, c’était pratiquement les débuts du Hellfest ! Après j’ai joué plusieurs fois avec Showtime, groupe de reprises, mais sur des scènes annexes. Ma première scène, mainstage, sans avoir sorti d’album… c’est juste… incroyable.

 

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

Butcho : Ben… Il y a plein de groupes qui rêveraient de jouer au Hellfest en Main, qui ont déjà plusieurs albums, et qui n’y arrivent pas. Nous, on arrive, sans album et on a réussi à dégoter la Mainstage.

 

Metal-Eyes : Justement, comment avez-vous réussi à dégoter cette place, comment ça s’est fait ?

Butcho : Alors… Il faut dire que Peter a le bras très long. Il connait beaucoup de monde, et un de ses meilleurs potes, c’est Gérard Drout. Qui a une petite partie du Hellfest.

 

Metal-Eyes : C’est donc du relationnel…

Butcho : Oui, et ça ne marche que comme ça. Soit tu connais des gens, soit tu as de l’argent. Je vais te donner mon cas, avec Helelctrokutters : on n’a ni argent, ni relation. Donc, évidemment…

 

Metal-Eyes : Message pour Ben Barbaud : si tu es intéressé, l’année prochaine, Hellectrokuters est dispo ! Quand tu es monté sur scène, tu as ressenti quoi ?

Butcho : Waow ! J’étais… Je me suis dis « c’est juste trop énorme » ; rien que la scène, elel est plus grande qu’un terrain de foot ! C’est énorme !

 

Metal-Eyes : En plus, maintenant, même a cette heure là, il y a du monde.

Butcho : Oui, il y avait du monde. Groupe inconnu, le public était à fond. On a même réussi à les faire chanter ! Super expérience, vraiment.

 

Metal-Eyes : Comment vous êtes-vous préparés pour un événement de cette envergure ?

Butcho : J’ai envie de te dire que c’est un concert. Que ce soit là où dans un plus petit club, c’est beaucoup de répèts. On n’a pas eu beaucoup de temps, là, on a juste eu une semaine avec tout le groupe en studio pour répéter. On ne se connaissait pas encore vraiment, on a vraiment travaillé.

 

Metal-Eyes : Ça veut dire que tu as pu rencontrer certaines de tes idoles des années 80…

Butcho : Oui… J’ai pu rencontrer Stet (Howland) qui joue de la batterie avec Lita Ford, Wasp, il est maintenant ave Metal Church, Steve (Unger, basse) qui est aussi dans Metal Church. Et sur l’album, il y a Bob Daisley, le légendaire Bob Daisley, Vinnie Appice à la batterie, James Lomenzo à la basse… Il y en a tellement, en fait !

 

Metal-Eyes : Revenons justement à cet album, très typé années 80 : que trouves-tu dans cette période que tu ne retrouves pas aujourd’hui ?

Butcho : Je sais pas… Tout se ressemble un peu, soit extrême, soit… J’ai l’impression d’écouter toujours la même chose, sans doute parce que je n’ai pas l’oreille assez aiguisée ppour ça. J’aime bien les trucs avec de la mélodie, du chant… J’ai de la chance, parce que Stet et Steve savent chanter. Ce sont de vrais chanteurs lead, et s’ils me remplacent, aucun problème. Les mecs, ils font des chœurs de malade !

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous choisi le nom du groupe ? Pour moi, lorsque j’entends « Last Temptation », ça m’évoque le film de Scorcese, La dernière tentation du Christ.

Butcho : Non, il n’y a aucune connotation religieuse chez nous…

 

Metal-Eyes : La pochette y fait pourtant référence plus d’une fois…

Butcho : En fait, le nom a été trouvé par Peter. Toutes ces personnes qui se disent, avec regrets  « si j’avais su, j’aurais fait ça… Dans ma jeunesse, j’aurais dû faire ça… » En fait, nous, on décide de faire, de prendre des risques. On ne se pose pas de question, on y va. C’est un esprit beaucoup plus positif.

 

Metal-Eyes : Il y a quand même pas mal de références à la religion : le diable, le serpent qui pourrait être Seth, les éclairs dans les nuages qui évoquent la colère divine, le croissant de lune…

Butcho : Oui, mais c’est quoi, le diable, le serpent ? Ca évoque juste la tentation, oui, mais il n’y a aucun texte qui soit connoté religion. Je voulais juste quelque chose qui soit un peu mystique, parce que j’aime ces choses-là. Mais dans les textes, on parle beaucoup de remise en question, de ce qui est existentiel, savoir se battre jusqu’au bout. Ou, parfois, comme Bob Daisley m’a demandé, j’aborde une thématique : lui adore tout qui traite de conspiration, de manipulation des masses… En plus, je la trouve super esthétique, c’est le genre de pochette qui, pour moi, ne vieillira pas. Après, c’est juste l’interprétation de chacun.

 

Metal-Eyes : Et le symbole central, c’est quoi ?

Butcho : En fait, ce ne sont que des L et des T dans tous les sens… Tu peux tourner la roue, tu les trouveras toujours.

 

Metal-Eyes : Avec le signe de l’infini au centre. Autre chose : la dernière fois qu’on s’est vus, tu a fait preuve de beaucoup de naïveté au sujet d’un film, tu t’en souviens ?

Butcho : euh… peut-être… Rappelles-moi…

 

Metal-Eyes : La scène de Wembley, dans Bohemian Rhapsody.

Butcho : Oui ! Je reconfirme, j’ai adoré ce film ! Je l’ai revu, et pour moi, je suis sûr qu’ils ont reconstitué, le public est venu remplir Wembley, j’en suis sûr !

 

Metal-Eyes : Même époque, même réalisateur – en tout cas, il a participé à une partie de Bohemian rhapsody : as-tu vu Rocket man ?

Butcho : Oui, je l’ai vu. J’ai vraiment beaucoup aimé. J’adore l’acteur qui joue Elton John (Taron Egerton), il avait joué dans Kingsman. Mais le seul truc, c’est que j’ai du mal avec les comédies musicale, j’aime moins quand l’histoire est racontée en chantant. J’ai préféré Bohemian Rhapsody parce que l’histoire est racontée. Il y a les concerts, mais le reste est parlé. Jai aimé, mais moins que Bohemian rhapsody. J’adore Elton John, et j’ai découvert des choses. Je ne le connaissais qu’avec I’m still standing ou presque, le reste j’ai fait « waow ». Je redécouvre plein de choses ! Quand t’es jeune, tu n’écoutes qu’un type de chose, et avec l’âge, je m’ouvre beaucoup plus, je découvre, je redécouvre plein de choses. Je redécouvre des trucs que tout le monde connait sauf moi ! Je surprends certaines personnes… « Mais tu sors d’où, là ? Evidemment c’est un super chanteur Elton John ! » Oui, mais bon, je le connaissais pas !

 

Metal-Eyes : Un groupe de rock, c’est aussi la scène, alors quels sont vos projets ? Vous habitez sur des continents différents, logistiquement ce n’est pas évident ?

Butcho : Début octobre, on a une vingtaine de dates aux USA. On y retournera d’ailleurs en janvier et février. Entre les deux, il y aura l’Europe, avec plein de dates, en Allemagne, et un peu partout.

 

Metal-Eyes : Excité à l’idée de jouer aux USA ?

Butcho : Ben ouais, carrément ! En plus ce sera en tête d’affiche. Dans des petits clubs, comme le Whisky-a-gogo, on va à Las Vegas, aussi. En plus, il y a plein d’invités de prestiges qui viendront nous voir, donc ça va être incroyable.

 

Metal-Eyes : Je me souviens de ce que je voulais te demander : Peter voulait un chanteur français. Pour quelle raison, te l’a-t-il expliqué ?

Butcho : Oui, déjà il est Français, même s’il vit aux USA. Il ne voulait pas d’un chanteur déjà connoté, il voulait quelqu’un qui chante bien. Bob Daisley ne voulait pas de quelqu’un déjà connu, même s’il a plein de potes chanteurs. Ils voulaient quelqu’un avec de l’expérience mais pas connu, et Peter voulait que ce soit un Français. Et Bob Daisley a adoré ma voix, il a dit « c’est lui que je veux ! » Il m’a dit, il a dit à Peter : « Butcho me rappelle Ozzy jeune. Mais Ozzy qui chante juste » (rires).

 

Metal-Eyes : La comparaison est flatteuse !

Butcho : Oui, et ça fait d’autant plus plaisir que ça vient d’une personne qui a écrit la plupart des textes d’Ozzy. C’est une légende.

 

 

ORPHEUM BLACK: nouvelle promesse orléanaise

 

Orpheum Black, un nom à retenir. Les amateurs de bons gros riffs frenchie made in Orléans se souviennent évidemment de Wild Dawn. Le quatuor avait, chose rare, célébré son enterrement en donnant un concert et en sortant un nouveau CD. Wild Dawn is dead…

Ok, mais quand on a la passion du rock chevillée au corps, on revient. Greg et Romain, les deux guitaristes se sont entourés d’une nouvelle équipe pour donner naissance à Orpheum Black. Mélodie, ex- No Sign, Nothing (claviers) partage le chant avec Greg et la section rythmique est tenue par Gauthier (basse) et Paskal (batterie). Qu’en est-il de ce nouveau combo? Vous pourrez, nous pourrons tous le découvrir dès le 1er octobre, date de la sortie du premier single et de la vidéo qui va avec. Sur sa page Facebook (https://www.facebook.com/OrpheumBlack/) le groupe indique évoluer dans le registre prog et atmosphérique.

Pour véritablement découvrir Orpheum Black, rendez-vous le 10 octobre à 20h au Blue Devils d’Orléans où le groupe ouvrira pour Hyeana. Un concert à 5€, ce serait dommage  de le rater!

VOLBEAT: Rewind – replay – rebound

Hard rock, Danemark (Universal, 2019) – sorti le 2 août 2019

Le voici enfin ce nouvel album de Volbeat! Même si le groupe de Michael Poulsen semble avoir trouvé son rythme de croisière, un album tous les trois ans, c’est peu. Même si le fan est régulièrement rappelé à l’ordre avec un live. Maintenant, quoi de neuf sur ce Rewind-replay-rebound, nouvelle livraison de 14 morceaux? Tout d’abord, deux détails visuels: Volbeat illustre son album d’une photo et non d’un dessin. Si cette dernière évoque le film Il était une fois en Amérique, on ne retrouve pas les « voyous moustachus » à la Mike Hammer, ceux-ci apparaissent cependant à l’intérieur de la pochette. Toutefois, le second détail qui indique sans doute une nouvelle orientation est dans la couleur: pour la première fois, le marron disparaît au profit d’un simple noir et blanc. Ceci écrit, penchons nous sur le contenu musical. Si l’on retrouve avec bonheur ce mélange de rock vintage et de metal, Volbeat continue d’explorer des intonations plus pop sans trop se départir de ses aspects les plus metal.  Ainsi, Last day under the sun, premier titre, évoque au départ Bruce Springsteen avant de s’orienter vers un rock plus passe partout. Le refrain est immédiatement mémorisable, et sera sans aucun doute possible repris avec aisance en concert! La mélodie est maîtresse (Rewind the exit, la ballade nostalgique When we were kids, On retrouve cependant  un propos plus speed et rockabilly (Pelvis on fire, Die to live, Parasite – très court…), des aspects un peu « tarantinesques » avec Sorry sack of bones et parfois presque radio friendly (Cloud 9). Les fans ont pu découvrir sur le dernier live (Let’s boogie! live from Telia parken, 2018) The everlasting, avant dernier titre de l’album, dans une version sans doute un peu plus brute. Poulsen continue ainsi de chercher à séduire le plus grand nombre en faisant de Volbeat un groupe sans doute un peu moins rugueux qu’il ne le fut mais toujours d’une redoutable efficacité (les « woh oh, oh oh, oh » faciles de Maybe I believe donneront matière à faire chanter le public). Volbeat nous offre donc un album qui saura combler les fans, nombreux, avant de les satisfaire plus encore sur la scène parisienne de l’Olympia le 10 octobre prochain. Ne cherchez pas: c’est déjà complet!

BLACKRAIN: Dying breed

France, Hard rock (Steamhammer, 2019)

Si, en 2016, Released (2016) marquait la renaissance de BlackRain, étrangement, la formation hexagonale semblait avoir disparu des écrans radars après sa tournée en compagnie de The Treatment. Il aura donc fallu à Swan et sa troupe pas moins de 3 années pour nous apporter à leurs fans une nouvelle offrande. Somme toute, le même délais qu’entre It begins (2013) et Released. Contrairement à ses deux précédents albums, Dying Breed est ici produit par Swan qui, également, compose la plupart des 10 titres et semble donc de plus en plus être seul maître à bord du navire BlackRain. Avec Dying breed, les Savoyards d’origine continuent de diversifier leur propos et savent surprendre. Oui, il y a des surprises sur ce disque, dont la reprise de Blast me up, un hit potentiel de… BlackRain paru en 2013. Perso, je préfère la version originelle et me demande quel est le bien fondé de ce choix.. Si l’empreinte musicale est toujours forgée dans ce hard rock qui les séduit tant, et si les références sont parfois évidentes (impossible de ne pas penser à Mötley Crüe sur Hellfire), Swan teste parfois le chant extrême et guttural, parfois proche du black metal (Nobody can change et son « I wasn’t born to follow rules ») tout en continuant de se faire plaisir avec des montées dans les notes les plus aiguës qu’il puisse atteindre, et toujours le groupe reste enjoué et entrainant (Nobody can change, Dying breed, Like me). Passage obligé de ce genre musical, la ballade All angels have gone évoque par instants Bon Jovi avant une reprise sérieuse We are the mayhem, suivi d’un Rock radio surprenant, aux rythmes cassés et à la mélodies moins évidentes malgré les choeurs qui frôlent le gospel. Public enemy est direct, rock sans fioritures, au refrain imparable, le type de morceau à écouter les cheveux au vent en traversant de vastes espaces, tandis que A call from the inside plus soft vient conclure, avec ses « oh oh » qui rappelle le morceau titre au début du disque, un album efficace mais dont aucun titre ne se démarque vraiment. Je ne parviens pas à définir quel chanson pourrait devenir un hit, quel est le morceau qui ferait passer ce Dying breed de bon à excellent album.  Reste que le plaisir de retrouver BlackRain est réel, et qu’on attend de retrouver le groupe sur scène. Ça tombe bien, ils seront bientôt en tournée avec leurs pairs allemands de Kissin’ Dynamite.