BLACK STONE CHERRY Live à Paris (Elysée Montmartre, le 3 décembre 2018, avec Monster Truck)

Black Stone Cherry, c’est la quasi garantie, pour tous les amateurs de Hard rock teinté sudiste, de passer un bon, voire un excellent moment, que ce soit sur disque mais plus encore sur scène. Et ce soir, les frangins du Kentucky, qui viennent soutenir leur dernier et très réussi dernier album, Family tree, sont accompagné des Canadiens de plus en plus en voguer de Monster Truck. Lire la suite

JASON BECKER: Triuphant hearts

Hard rock, USA (Music theories, 2018) – Sortie le 7 décembre 2018

On va le lire des centaines de fois ce proverbe qui, aujourd’hui, prend tout son sens: « A cœur vaillant, rien d’impossible ». Jason Becker, atteint d’une maladie qui le paralyse, l’empêche de se mouvoir ou de parler, nous démontre à quel point courage et persévérance peuvent soulever des montagnes. Il lui aura fallu des années de courage et de ténacité pour finaliser ce Triumphant hearts, composé avec les yeux, à l’aide  de son père qui lui a créé un ordinateur réagissant au regard. Alors, bien sûr, cet album risque de faire parler de lui pour les mauvaises raisons: c’est le résultat du travail d’un musicien talentueux incapable de tenir un instrument, le travail d’un handicapé totalement dépendant. Mais c’est avant tout le travail d’un musicien brillant, ayant croisé le fer avec Marty Friedman (futur, et désormais ex, Megadeth) au sein de Cacophony, souvent comparé au génial mais ténébreux Yngwie Malmsteen qui n’a jamais voulu ne serait-ce que lui parler. Si on est à des années lumières de Speed metal symphony, Triumphant hearts est surtout un album de musique, rock et populaire. Jason s’est ici entouré de tous ceux qui ont répondu présent à son appel, et ils sont nombreux: Marty Friedman, évidemment, mais aussi Uli Jon Roth, Mickael Lee Firkins, Steve Vai, Joe Bonamassa, Paul Gilbert, Neil Schon, Steve Morse, Joe Satriani et j’en passe. L’album est plein de mélodies qui ouvrent toutes une porte sur l’espérance et le positivisme. Pas un instant sombre n’a ici sa place. Si Triumphant heart, qui ouvre l’album, est orienté pop et si certains passages peuvent évoquer le all star We are the world, Becker pose partout sa marque de compositeur et offre de vrais moments de joie, et de rock. Laissez-vous simplement entraîner par ces Fantasy weaver, Magic woman ou ce Valley of fire et ses plus de 9′ wagons de musiciens solidaires (appelés « The magnificent 13 »), et faites de ce disque un succès. Car il s’agit d’un travail remarquable qui va bien au delà d’un « simple » album de rock: ce disque célèbre la vie, tout simplement. Un album pas comme les autres d’un musicien vraiment pas comme les autres. Comme il est si bien écrit au dos de la pochette (et chanté sur Hold on to love): I can’t speak. I can’t play. But this flesh has much more to say…

Interview: The Kris Barras Band

Interview The Kris Barras Band. Entretien avec Kris Barras (chant, guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 16 novembre 2018

Metal-Eyes : Tu es actuellement en tournée. Comment se passe-t-elle jusqu’ici ?

Kris Barras : C’est super ! C’est la première fois que je joue en France, et j’ai été stupéfait par les publics que nous avons vus. Fantastique.

Metal-Eyes : Cela avec une tête d’affiche particulière puisqu’il s’agit de Beth Hart. Comment t’es-tu retrouvé sur cette affiche ?

Kris Barras : Nous sommes sur le même label, et nous avons le même âge, aussi. Nous avons tourné au Royaume Uni avec Beth cette année, en avril, et avons eu l’opportunité de venir en France. Nous connaissions déjà Beth assez bien, ainsi que son équipe, nous savions où nous allions. Et nous avons décroché cette offre.

Metal-Eyes : Même si votre musique n’est pas similaire, elle reste basée sur le blues et complémentaire.

Kris Barras : Oui. Nous avons fait quelques arrangements pour que notre set se cale bien sur ce tour : nous avons un set purement acoustique. Lorsqu’on propose un concert électrique, on est bien plus du coté rock. Mais nos chansons fonctionnent vraiment bien en acoustique, alors…

Metal-Eyes : C’est notre première rencontre, alors dis m’en un peu plus à ton sujet : tu es Britanique, tu viens du monde du combat, du free fight. Alors je vais être sympa, tu es mon nouveau meilleur ami. Que peux-tu nous dire de plus ?

Kris Barras (il rit): J’ai commencé à jouer de la guitare vers l’âge de 5 ans, âge auquel j’ai aussi débuté les arts martiaux. J’ai fait les deux en parallèle. Vers l’âge de 20 ans, il se trouve que j’avais plus d’opportunités avec le combat que par la musique. Je me suis donc lancé dans la boxe thaï, et j’ai continué avec une combinaison d’arts martiaux. Ce que j’ai fait pendant 10 ans. Je me suis retiré du combat il y a 4 ans, j’ai recommencé à écrire de la musique et ai fondé le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Est-ce un vrai groupe, The Kris Barras Band, ou plutôt Kris Barras and band ?

Kris Barras : Eh bien, ça dépend de la manière de voir les choses. Je suis celui signé par Mascot, mais les gars sont ceux avec lesquels je travaille tout le temps. Donc c’est le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Ce premier album, The divine and the dirty, semble très influencé par ton ancienne vie. Des titres comme Kick me down, I don’t owe nobody nothing, probablement Wrong place wrong time… Il y a beaucoup de toi dans ce disque.

Kris Barras : Oui, oui, je fais en sorte d’explorer mes expériences passées. Pas sur toutes les chansons, certaines traitent de choses qui sont arrivées à des amis, ou de ce que j’ai vu aux nouvelles. Mais je cherche l’influence dans ce que j’ai pu vivre et expérimenter.

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder ?

Kris Barras : Non, pas particulièrement. What you know of me, le dernier titre de l’album, parle de la mort de mon père. Il est le premier à m’avoir enseigné la guitare. C’est sans doute le plus personnel des morceaux.

Metal-Eyes : Cet album est sorti il y a 6 mois, en mars. Quel regard portes-tu dessus, il a eu assez de temps pour trouver une bonne part de son public…

Kris Barras : Les retours ont été fantastiques. Il a grandi et s’est vendu bien mieux qu’on ne l’espérait. Nous avons eu de super critiques…

Metal-Eyes : Plus de ventes ? C’est à noter, pour une fois !

Kris Barras : Oui (rires) ! Ca a été super, vraiment.

Metal-Eyes : Et tu prévois déjà un second album ou il est encore trop tôt ?

Kris Barras : Non, c’est prévu. Il est déjà écrit. On doit programmer les choses très en avance parce que nous tournons tant… Pratiquement tout 2019 est déjà prévu, il reste quelques dates à confirmer, mais on est blindés.

Metal-Eyes : En guests ou en tête d’affiche ? Ou les deux ?

Kris Barras : Les deux. Le seul moment où l’on pourra enregistrer cet album est au mois de décembre. Alors dès que nous aurons bouclé cette tournée avec Beth, d’ici deux semaines, nous rentrons pour enregistrer le nouvel album. Je ne sais pas quand il sortira, sans doute vers la fin 2019, mais c’est le seul moment où nous pourrons enregistrer.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous êtes vraiment très occupés, ce qui en soit est plutôt positif. Tu as dis que c’est ton premier séjour en France. As-tu eu le temps de visiter un peu le pays, les villes que où vous avez joué ?

Kris Barras : Oui… La manière dont Beth prévoit ses tournées… Elle donne un concert un soir, et pas le lendemain. Donc on a eu beaucoup de temps pour nous. Ça fait trois jours que nous sommes à Paris, alors on a fait ce que font les touristes : on est allé à la tour Effeil, Notre-Dame, le Louvres. On y a vu la Joconde. C’était cool.

Metal-Eyes : Et quand vous n’êtes pas en tournée, comment t’occupes-tu ?

Kris Barras : Je ne suis jamais « pas en tournée ». Je ne me souviens pas d’une vie sans tournée (rires) ! Quand on est en tête d’affiche, on n’a pas beaucoup de temps off, on enchaine les concerts. Mais quand je suis à la maison, je rattrape le sommeil en retard, et avant que je ne m’en rende compte, on est de retour sur la route. Je n’ai pas beaucoup de distraction. Je suis à un moment capital de ma carrière, les choses arrivent si vite que je surfe sur la vague. Cette année, je n’ai vraiment pas eu beaucoup de temps.

Metal-Eyes : Tu prévois de revenir en France, j’imagine ?

Kris Barras : Oui, ce sera… courant avril, en tête d’affiche. Je reviens à Paris fin mai – le 25 ou le 26 – ave Johnny Lang et Walter Trout sur la tournée Rock the blues. Que des musiciens du label, Provogue / Mascot. Nous allons chacun jouer notre concert, avec nos groupes, et à la fin nous jouerons tous ensemble. On jouera à la Cigale. Ça va être cool à la faire.

Metal-Eyes : Un peu à la manière du G3, c’est le Blues G3 !

Kris Barras : C’est exactement ça ! (rires)

Metal-Eyes : Revenons à cet album. Si tu devais me décrire The divine and the dirty pour expliquer ce qu’est le Kris Barras Band, pour me le vendre, que me dirais-tu ?

Kris Barras : Hmm… C’est une bonne question. Je dirais qu’il est composé de bonnes chansons bien catchy, des chansons qui parlent à l’auditeur. Je pense que c’est un album de rock, sudiste, avec des touches de blues. C’est un peu comme ça que j’ai grandi : avec du blues, avant de m’intéresser à des choses plus rock. Les vrais fans de  blues diraient « nan… c’est pas du blues »… Mais c’est quoi, le blues ? Pour moi, c’est un feeling, une passion, un pouvoir venu de l’intérieur. Et même si on est plus rock, il y aura toujours cette touche de blues.

Metal-Eyes : Si mes souvenirs sont bons, je crois que je t’ai décris, lorsque j’ai fait la chronique du disque, comme le plus américain des bluesmen anglais. Ta musique est, selon moi, très américaine, mais tu est anglais avec les influences de ce pays.

Kris Barras : Oui, même chez moi, les gens pensent parfois que je suis Américain ! Certains me demandent quand je vais rentrer, mais je n’ai pas bougé, je suis là ! (rires)

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de musique US, mais quelles sont tes influences britanniques ?

Kris Barras : Il y en a : Gary Moore a été une grosse influence. Des groupes comme Deep Purple, The Rolling Stones…

Metal-Eyes : Si tu devais maintenant ne retenir qu’une chanson de The divine and the dirty pour décrire ce qu’est ton groupe, ce serait laquelle ?

Kris Barras : Euh.. Question difficile…

Metal-Eyes : La précédente était « bonne », celle-ci est « difficile »… Attends la suite !

Kris Barras (rires) : Ma préférée est What you know of me, très personnelle. J’adore la jouer live, elle signifie beaucoup pour moi. Mais ma préférée serait sans doute Hail Mary

Metal-Eyes : Pas ta préférée, celle qui te représente le plus…

Kris Barras : Sans doute Hail Mary, avec les riffs à la slide guitar, de gros refrains, que les gens peuvent reprendre en cœur.

Metal-Eyes : Et sur scène, à quoi doit-on s’attendre ?

Kris Barras : 110% d’énergie et de passion données à chaque concert ! Des chansons à reprendre en cœur et du bon temps.

Metal-Eyes : Quel a été, jusqu’à maintenant, ton concert préféré, celui dont tu te souviendras longtemps ?

Kris Barras : Oh, il y en trop pour les citer ! On a fait de bons festivals, comme le RavaBlues, en Pologne. Le public polonais est dingue ! Un autre au Royaume Uni… Avec le temps,  et le public qui grossit,ça a été très cool de pouvoir monter nos propres concerts en tête d’affiche. Les gens viennent et connaissent la moindre de nos paroles…

Metal-Eyes : A l’opposée, y at-il un endroit où tu ne te rendrais plus jamais ? (piste 13 – 13’30)

Kris Barras (il explose de rire) : Non, j’ai eu beaucoup de chance de ne pas vivre ce genre de chose !

Metal-Eyes : Nous sommes en 2018, tu vas enregistrer un album qui devrait sortir en 2019. Quelle pourrait la devise de ton groupe, que tu inscrirais sur ce disque.

Kris Barras : Je ne sais pas… Je ne sais pas si j’en aurais !

Metal-Eyes : Tu devrais, chaque groupe que je rencontre a une devise. Après cette question !

Kris Barras (rires) : Il y a une phrase que je disais souvent quand je me battais : « je ne suis pas ici pour gagner en partie, je suis ici pour tout remporter ». En tant qu’équipe on l’utilisait, sous entendant qu’on ne venait pas pour faire de la figuration mais pour gagner.

Metal-Eyes : Ça pourrait le faire…

Kris Barras : Oui, c’est une blague dans le groupe. On se répète ça en festival. C’est un peu une devise dans le groupe, mais on ne le prend pas trop sérieusement.

 

Interview: THE HEARD

Vous vous souvenez de Klara Force? La guitariste de feu Crucified Barbara revient, accompagnée de Nikki et Ida, avec son nouveau projet, The Heard. De passage à Paris, Metal Eyes est allé l’interroger ainsi que la chanteuse Pepper Potemkin. Interview fun, décontractée pour présenter un projet simplement hard rock… A découvrir et à soutenir, The island, le premier album sortant le 2 novembre.

Interview THE HEARD. Entretien avec Klara Force (guitare) et Pepper Potemkin (chant). Propos recueillis à Paris le 2 octobre 2018

 

Metal-Eyes : Nous n’allons pas parler des raisons qui ont mené au split de Crucified Barbara sauf si tu le souhaites. Le split a eu lieu en 2016, comment as-tu occupé ton temps depuis, Klara ?

Klara : Principalement en composant de la musique et en formant The Heard. Il y a eu d’autres choses : des études en religion et journalisme, mais le principal a été la musique.

Metal-Eyes : Tu avais déjà The Heard en tête ?

Klara : Non, j’avais de la musique en tête, pas spécialement The Heard qui a grandi pour devenir ce groupe au gré du temps. Mais j’avais véritablement encore beaucoup de musique en moi, et c’était pareil pour Nikki et Ida. On a un peu jammé, écrit quelques riffs qui sonnaient plutôt bien, alors pourquoi ne pas lancer un nouveau groupe ?

Metal-Eyes : Nous allons en parler dans un moment. Pepper, nous te connaissons peu, en dehors du cadre de tes performances en tant que « femme burlesque » (elle rit). Peux-tu nous en dire un peu plus à ton sujet ?

Pepper : Eh bien, je viens d’une petite ville à côté de Stockholm qui s’appelle Gustafsberg et j’ai toujours fait de la musique, principalement chanté, depuis que je suis toute jeune. Tu sais : chanter avec des groupes de reprises, aider à faire des démos. J’ai toujours voulu être sur scène, d’une manière ou d’une autre. Quand j’ai commencé à faire du burlesque, c’était le premier pas vers la scène. Ensuite, j’ai ajouté de la musique et maintenant me voici ici, avec The Heard.

Metal-Eyes : Alors comment vous êtes-vous trouvées ?

Klara : On se connait depuis quelques années, tu sais, des visages familiers que tu croises en concerts…

Pepper : Nous sommes toutes de Stockholm, alors on s’est toujours croisées, on se rencontrait de temps à autres. Un jour j’ai rencontré Ida dans le métro, et elle m’a demandé ce que je faisais. Je rentrais, et je lui ai dit que j’allais écouter des disques et chanter, me projeter dans la peau d’une chanteuse de rock. Elle m’a proposé de venir faire un saut à leur local de répétitions histoire d’écouter ce qu’elles faisaient. Pourquoi pas ? Elle m’a envoyé quelques titres, j’ai bien aimé et quelques jours plus tard, je les retrouvais au studio. Ce fut un coup de foudre visuel et auditif ! (Rires)

Metal-Eyes : Nikki et Ida te suivaient également depuis le split, elles aussi avaient encore beaucoup de musique en elles ?

Klara : Oui, c’était une période triste, mais en même temps une période de soulagement. Un temps de renouveau : ok, on n’en a pas terminé toutes les trois, continuons de répéter. Au fur et à mesure, ce projet devenait de plus en plus sérieux, il nous fallait trouver un chanteur et un second guitariste. « Ce qu’on fait sonne putain de bien, il faut qu’on monte un groupe ! »

Metal-Eyes : Et ce n’est pas un groupe entièrement féminin puisque le second guitariste Skinny de Deathstars. Etait-ce un choix ou était-il simplement la meilleure option à ce moment-là ?

Klara : En fait, je n’ai jamais pensé au genre lorsqu’il s’est agit de choisir les musiciens. Ça a toujours été le talent et les aspects humains, et Skinny se trouve être un vieil ami. Ce n’est pas qu’une question de talent – même si Skinny et moi en somme bourrés – il s’agit aussi de l’alchimie entre nous. Tu dois travailler avec des gens avec lesquels tu aimes traîner mais aussi qui partagent la même vision que toi. Et c’est pareil pour toi (elle s’adresse à Pepper), vous étiez, toi et Skinny, tous deux…

Pepper : … affamés (rires)

Klara : Oui, oui, mais vous étiez sur la même longueur d’ondes que nous en ce qui concerne l’orientation musicale. On a répété à quelques reprises avec Skinny et puis tu es arrivée.

Metal-Eyes : Comment avez-vous travaillé ce premier album, The island ?

Klara : Nous avons commencé à écrire de la musique sans savoir qu’il allait s’agir d’un album conceptuel. Mais après quelques chansons, on s’est dit qu’il y avait un lien entre ces chansons, quelque chose de plus. Alors on s’est dit « merde, on va faire un concept album ! ». Quelque chose que nous n’avions jamais fait auparavant.

Pepper : C’est également quelque chose de très intéressant que de réaliser un  album conceptuel.

Metal-Eyes : De quoi traite cet album ? une île, bien sûr, mais que s’y passe-t-il ?

Klara : Beaucoup de choses ! C’est un endroit imaginaire inspiré par une île de la mer Baltique, pas loin de Stockholm. On a lu et entendu beaucoup d’histoires effrayantes au sujet de cette île.

Pepper : Nous y avons ajouté des créatures et autres histoires…

Klara : Oui. On a utilisé cette histoire comme base et avons laissé notre imagination et nos fantasmes grandir : on a ajouté des personnages, les avons fait vivre nos aventures sur cette île. En fait, les chansons sont comme de courtes histoires.

Metal-Eyes : Tu as dit que tu avais notamment étudié la religion. As-tu mis une partie de ces études dans les paroles de ce disque ?

Klara : Oh oui (rires). Par exemple, la chanson Tower of silence est inspirée par l’ancienne religion zoroastrique. Une tour du silence est comme un cimetière où tu place tes défunts, en haut d’une tour plutôt que dans la terre. Le zoroastrisme considère la terre comme sacrée, alors on n’enterrait pas les morts car cela souillerait la terre. On les plaçait très haut, dans une tour où les oiseaux mangeaient les cadavres.

Metal-Eyes : Sympa comme concept (rire général)

Klara : Bien sûr, nous avons placé notre tour du silence sur notre île.

Pepper : Nous voulons une île propre.

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de monde sur cette île ?

Klara : Oh oui : il y a la reine Scarlett, la reine Dame de la Colline, le bourreau et toute ses victimes passées.

Metal-Eyes : Et il faudra que chacun meure à un moment… Musicalement, ce que j’ai entendu est du rock très inspiré par les années 70, ce n’est pas du hard rock aussi direct que ce que pouvait proposer Crucified Barbara. Y avait-il une volonté de ta part Klara, malgré le retour de 3 ex Crucified Barbara, de t’éloigner de ce hard rock, une façon de dire « ce n’est pas le même groupe » ?

Klara : Ce n’est pas le même groupe du tout, ce n’est pas un Crucified Barbara numéro 2. C’est quelque chose de complètement différent, c’est The Heard. Il ne s’agit pas non plus de changer pour changer, de prouver que nous pouvions faire quelque chose d’autre. Nous voulions changer et aller dans la direction que nous souhaitions suivre, en tant que groupe. La musique que nous jouons est celle que nous aimons, elle correspond à nos goûts.

Metal-Eyes : C’est à espérer !

Pepper : Ca n’aurait aucun sens autrement !

Metal-Eyes : Nous avons parlé du concept. L’album commence avec le morceau titre, The island et se termine avec Leaving the island. Une fois que vous avez quitté cette île, où pensez-vous que le groupe va atterrir ?

Klara : Euh, nous allons… Je ne sais pas où nous allons nous trouver ! (rires) Il est trop tôt pour le dire, mais il ne s’agit pas du seul album que nous allons faire. Nous avons déjà un paquet d’idées.

Pepper : Oui, il y a des chansons qui sont déjà bien avancées, alors…

Metal-Eyes : Ce dernier morceau est une ouverture vers quelque chose d’autre. En tant que groupe de rock, et tu le sais parfaitement, Klara, la musique se passe aussi sur scène : quels sont vos projet de concerts ?

Klara : Précisément, je ne sais pas… Mais on veut jouer.

Pepper : Jouer le plus possible. Les festivals d’étés seraient super, bien sûr, mais nous devons attendre que l’album soit sorti, le 2 novembre.

Klara : On a déjà donné quelques concerts, et c’était top.

Metal-Eyes : Vous avez un concept sur scène, également ?

Klara : D’être géniaux ! (rire général)

Metal-Eyes : Etre génial, c’est un fait ou ça ne l’est pas !

Pepper : Je sui vraiment dans le visuel, alors, pour moi, venir de la scène burlesque me donne cette pensée visuelle et j’essai vraiment d’atteindre le public jusqu’au fond, de telle sorte que chacun puisse se sentir faire partie de la fête. Ce n’est pas qu’une question de monter sur scène et d’interpréter les chansons de la meilleure manière possible, il faut aussi les lier entre-elles, raconter les histoires, les prendre à bras le corps… Comment raconter une histoire à chaque fois.

Klara : Et tu es très mobile, il y a beaucoup de mouvement avec toi. Ce n’est pas typique du metal, hard rock. C’est très intéressant pour moi d’observer tout cela : des robes amples, de grands gestes que je n’ai pas l’habitude de voir. C’est très sympa de voir quelque chose qui n’est pas que… du headbanging… C’est fun, différent.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous la musique de The Heard à quelqu’un qui ne vous connait pas encore ?

Klara (elle réfléchit): Je ne pourrais pas ne pas utiliser le terme de hard rock. Hard rock fera partie de la description (Pepper approuve).

Pepper : Beaucoup de personnes à qui on a parlé ont également mentionné le doom.

Klara : On n’a pas cherché à faire du doom, mais beaucoup le disent, alors on se trouve dans le spectre du doom, sans doute…

Pepper : C’est un peu comme du hard rock brillant, mystique et mystérieux…

Metal-Eyes : Mystique et mystérieux ?Le doom vient sans doute de cette influence 70’s que l’on retrouve…

Toutes deux : Oui, absolument.

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir chacune qu’une chanson de The island pour présenter le groupe, une qui soit typique de The Heard, laquelle serait-ce ?

Klara : Aucune… c’est impossible parce qu’il n’y en a pas une qui soit typique. Elles sont toutes représentatives du groupe mais pas une ne nous résume. C’est un album concept alors… Par exemple, Silence est très douce et calme. Je dirais volontiers « écoute Silence, j’adore cette chanson, mais elle n’est pas représentative de l’album. On pourrait aussi parler de Revenge qui est agressive, rapide. Je l’adore aussi. Il faudrait un peu de tout pour que tu puisses te faire une idée du groupe.

Metal-Eyes : Ce qui sous entend qu’il n’y a pas de single évident sur cet album…

Klara : Ça a été difficile de choisir. On a décidé de retenir Tower of silence comme premier extrait, mais ça a été difficile de faire un choix, à cause de ça.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui vous a fait opter pour Tower of silence ?

Klara : C’est une bonne chanson.

Pepper : Oui.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que les autres ne le sont pas ?

Klara : Non !

Pepper : Non, elles sont super bonnes (rire général) On a pensé qu’une chanson rapide serait un bon début.

Klara : Mais ce ne fut pas un choix facile. On en a beaucoup parlé.

Pepper : Il y avait toujours des discussions, « oh, celle-ci, non, celle-là ! Oh, laquelle, nom de Dieu ? » (rires)

Metal-Eyes : Comment avez-vous enregistré cet album ? Ensemble en studio, à l’ancienne, ou chacun de votre côté en vous envoyant vos pistes ?

Klara : On a beaucoup écrit ensemble au local de répétitions, mais aussi à la maison, et chacun venait avec ses idées. On a bien travaillé la pré-production à la maison. On a enregistré les démos à la maison en faisant attention aux détails, dans le mix, les arrangements, et ne pas laisser de place au hasard. Nous étions bien préparés en entrant en studio, même s’il y a eut quelques changements de dernière minute… Ensuite, on a enregistré la basse et la batterie ensemble, puis ce furent les guitares, et enfin, le chant, le melotron…

Pepper : Ton préféré ! (rires)

Metal-Eyes : Il vous a fallu combien de temps ?

Klara : Environ trois semaines. Mais pas d’affilée.

Pepper : On a beaucoup travaillé de nuit…

Klara : Notre budget était restreint, donc on a pu louer le studio que lorsque ceux qui payaient plus n’était pas là : en soirée et la nuit…

Metal-Eyes : Donc ils avaient le confort, vous aviez le dur labeur…Quelle pourrait être, en tant que nouveau groupe, la devise de The Heard, celel que vous écririez sur tous vos futurs albums ?

Klara : Hum… Question difficile… Ça pourrait être quoi ? « Guide-moi vers une suprême mort»… C’est une de nos chansons…

Pepper : Oui ! (rires) Je suis preneuse aussi.

Metal-Eyes : « Suprême mort », ce n’est pas « mort suprême »… Quelle en est la signification ?

Klara : C’est un hommage à l’album de John Coltrane, Love supreme. C’est aussi l’histoire de la femme folle de la colline qui vient sur l’île pour réaliser sa carrière créative, mais elle craque à cause de ses démons intérieurs, trop d’alcool… Elle craque et se laisse tenter par ces appels d’une « mort suprême » que lui lance l’île.

Metal-Eyes : Klara, la dernière fois que nous nous étions rencontré, c’était avec Crucified Babara, un groupe engagé dans la cause féministe. J’imagine que cette cause vit encore en toi. Comment l’intègres-tu dans The Heard ?

Klara : Elle est évidemment présente.

Metal-Eyes : Sur la couverture de l’album, d’ailleurs, ce n’est pas Jésus qui marche sur l’eau, c’est une femme.

Klara : C’est Pepper…

Pepper : C’est moi ! (rires) Je suis Jésus, tu ne l’as pas remarqué ?

Metal-Eyes : Ça tombe bien, on a besoin de quelques miracles en ce moment…

Pepper : Oui, je suis là pour vous sauver, tous ! (rires)

Klara : Par exemple, la chanson Revenge a été fortement inspirée par le mouvement MeToo qui parle des sorcières qui se vengent du bourreau qui les a condamnées à mort. Maintenant, il est temps pour les sorcières de se venger : « pendez le bourreau haut et court et brûlez le vivant ». C’est agressif, mais l’an dernier était l’époque qui a permis à certaines femmes de lancer ce mouvement et de prendre leur revanche. Obtenir justice, même si ce n’était pas par le biais de la justice.

Metal-Eyes : Pour terminer, quelle a été la meilleure question, la plus étonnante ou surprenante qui vous ait été posée aujourd’hui ?

Pepper : Oh waow… Pas évident… On en a tellement eu…

Klara : On a eu beaucoup de questions intéressantes, des thèmes différents. Avec toi, maintenant, au sujet de notre concept, de féminismes, mais quelqu’un a aussi voulu aborder le sens profond des paroles… Je trouve ça très sympa d’avoir ce type d’interviews qui nous sortent du «  super, rock’n’roll, c’est génial… » Ça change, et ça nous correspond.

Metal-Eyes : Donc pas de question plus surprenante qu’une autre ?

Pepper : Celle-ci ! (rire énorme)

Klara : Oui, celle-ci ! Elle nous force à nous rappeler. Tu sais, historiquement, les questions les plus dures sont généralement déplacées, et on n’en a pas eu de ce type, heureusement.

Pepper : Tu es celle qui a cette expérience, je n’y ai pas encore eu droit !

Klara : Les plus ennuyeuses sont du style « oh, Crucified Barbara, vous avez splitté… Quelle dommage… » Je le comprends, et ça ne me dérange pas trop, mais quand tu viens avec ce nouveau projet qui t’emballe tant et que quelqu’un veut revenir sur une période vraiment triste de ta vie, c’est dur.

Metal-Eyes : Une dernière chose à ajouter pour les lecteurs de Metal-Eyes ?

Klara : Soyez prêts à nous accueillir, et contactez nous sur les réseaux sociaux afin de nous laisser savoir ce que vous pensez de notre musique.

Pepper : Tenez-vous prêts pour la sortie de l’album , le 2 novembre !

Metal-Eyes : Comment vous retrouver ? Il y a plusieurs The Heard…

Klara : Oui, mais nous ne sommes pas le groupe de 1965 ! (rires)

Pepper : Ni celui du Canada !

Klara : La page facebook est Theheardofficial, sur instagram, pareil…

Metal-Eyes : Klara, une toute dernière chose : nous avons parlé concert, tu as joué plusieurs fois à Paris : quelle est la salle que tu préfères ?

Klara : On en parlait justement en nous promenant ce matin… Il y a cet endroit qui s’appelle le Divan du Monde. On a donné un super concert là-bas, mais j’ai cru comprendre qu’il n’y a plus de rock dans cette salle… C’est dommage…

Metal-Eyes : Mais il y a d’autres salles à Paris. Tu connais un peu la vilel Pepper ?

Pepper : J’y suis déjà venue, pour danser, mais je ne la connais pas assez bien…

Klara : Le public avait été super, ici. Quand tu penses à la France, ce n’est pas le hard rock qui vient à l’esprit. Mais les gens qui aiment le metal, en France, semblent vraiment s’y dévouer corps et âmes et donnent l’impression de vraiment le vivre à fond. Prendre du bon temps !

 

Merci à Him Media (Elodie et Julien) d’avoir rendu cette interview possible, et merci à Pepper et Klara pour leur gentillesse et leur spontanéité tout au long de cette interview rafraîchissante.

DROP DEAD: Mayhem Inc.

Hard rock, France ( Autoproduction, 2018)

Les amateurs de hard rock un peu vintage et glam vont être aux anges. Des guitares qui crissent, des riffs entraînants, une rythmique franche et directe, une voix forgée aux clopes et au whisky… Voilà quelques uns des ingrédients qu’on retrouve tout au long de ce Mayhem Inc., le nouvel album des Français de Drop Dead. Le groupe puise son inspirations dans le gros son du southern rock, dans l’irrévérence du punk, un peu de tendresse ci et là, et s’amuse avec ce qui fit les beaux jours des 80’s et une partie des 90’s, version heavy ou grunge américains. Sans aucun doute, d’ailleurs, le quatuor lorgne-t-il secrètement vers de lointaines terres outre-Atlantique. Drop Dead réserve même quelques surprises et étonnement comme ce Anarchy qu’on aurait, a priori, imaginé violent. Mais non, c’est le contraire. Les Taste of money, Fuck you (I’m a rock star), Path to the reason et autres High school font taper du pied, inlassablement. L’ensemble est attirant, séduisant même, et ne laisse pas indifférent l’amateur de riffs couillus, d’effets wah wah et de morceaux francs et directs. Un album à découvrir, et un groupe prometteur à soutenir.

FLAYED: III – Empty power parts

Hard rock, France (Overpowered records, 2018)

Avec XI million, son précédent opus, Flayed était parvenu à frustrer quelques auditeurs. Ce disque puissant et superbement rock n roll n’était qu’un « petit » Ep de 5 titres qui en avait laissés quelques uns sur leur faim. Dont je fais partie. Alors autant dire que l’arrivée de ce troisième CD est accueillie avec envie et curiosité. Il aura fallu presque 3 ans au groupe pour nous proposer enfin ce Empty power parts (sur le label Overpowered, fallait le faire, quand même!) et d’entrée le constat s’impose: Flayed est en forme. Les aspirations musicales de Renato – un des chanteurs les plus puissants en France aujourd’hui (chanteur, pas hurleur, soyons d’accord) – et sa bande (Julien, principal compositeur, et Rico aux guitares, Charly à la basse, JP à la batterie et Raf à l’orgue Hammond) – sont telels que jamais aucun des 10 titres ne ressemble à un autre. Puisant dans le rock et le heavy des 70’s et 80′, agrémentant les chansons d’un son résolument moderne, Flayed nous invite à un voyage sonore où se mêle puissance, mélodie, entrain et tendresse. Et confirme au passage ce que dont nous devrions tous nous persuader: la France tient de grandes formations (au hasard, Frantic Machine, Moly Baron, Disconnected, Melted Space ou Highway, bien que plus ancien) et Flayed en est un des illustres fleurons. Alors, on la soutient cette scène?

ACE FREHLEY: Spaceman

Hard rock, USA (SPV, 2018)

C’est avec une régularité exemplaire que Ace Frehley nous propose une nouvelle galette: 2016 Origins vol.1, 2017 et la réédition de Anomaly… et le voici de retour avec Spaceman, son surnom de scène alors qu’il était au sein du mythique Kiss. Un passé qui, décidément ne le quittera jamais. Comment pourrait-ce être le cas, d’ailleurs, lui qui a participé pendant presque une décennie à forger cette légende? En démarrant avec Without you I’m nothing, comme un hommage à ce public qui ne l’a jamais vraiment quitté, et une introspection rock simple et directe qui marque le reste de l’album. Un premier titre au groove étonnant et une basse qui rappelle… Ben oui, les crédits le mentionnent bien: Gene Simmons tient ici la basse, tout comme il le fait sur Your wish is my command. Un signe? D’autant plus au moment où Kiss annonce une dernière tournée, on peut vite délirer et imaginer une nouvelle réunion. Mais, revenons à ce nouvel album de (seulement) 9 titres. Le rock est omni présent, les riffs saillants qu’a toujours aimé composer Ace également. Pas de prise de tête, pas de fioriture, on se dandine sur les Rockin’with the boys, ou l’autre hommage à son quartier avec Bronx Boy. Pursuit of rock’n’roll parle de lui même, suivi d’un I wanna go back très 70’s et quelque peu nostalgique (ben oui, on vieillit tous!). Bien sûr, ne pas faire allusion à la SF serait plus qu’étonnant. C’est donc chose faite avec Mission to mars, titre explosif et déterminé, et le long Quantum flux (presque 6’30) qui clôt ce nouvel album. Alors on ne cherche pas le grand chanteur qu’Ace n’a jamais été, mais il y a tant de conviction, d’envie et de joie de vivre dans cet album qu’on espère, au minimum, une tournée et un nouveau passage au Hellfest. En solo ou/et avec Kiss. On peut rêver, non?

ALICE IN CHAINS: Rainier fog

Hard rock, USA (BMG, 2018) – Sortie le 24 août 2018

Après un passage remarqué au Hellfest 2017, juste avant Iron Maiden, les fans attendaient avec impatience le nouvel album d’un des derniers représentants de la vague grunge de Seattle, Alice In Chains. Rainier fog, paru à la fin de l’été vient donc satisfaire ce public toujours présent. Le groupe prend régulièrement son temps, et ce troisième album avec Warren DuVall au chant nous est proposé 5 années après The devil put dinausaurs here (2013).  Toujours aussi affûtée, la guitare de Jerry Cantrell va droit au but, franche, directe et incisive. Les 10 titres de ce disque sont à la fois lourds, oppressants (Red giant, Drone) et entraînants (The one you know, Rainier fog, Deaf ears, blind eyes) ou plus légers (Fly, Maybe). Sans jamais en faire trop, la production fait ressortir les ambiances recherchées faisant de cet album une nouvelle franche réussite. Bon, faut pas être à la limite de la dépression, bien au contraire. Amis du lourd, Rainier fog vous apportera sans aucun doute son lot de belles sensations! Et puis, les amateurs se laisseront également séduire par cette pochette  aux mille facettes. Le plaisir de l’objet…

SHINING: Animal

Heavy rock, Norvège (Spinefarm, 2018)

Oh que voilà un album qui risque de faire parler de lui! Faut dire que Shining ne nous avait pas franchement habitués. Ce Animal puise carrément dans le hard rock des 80’s, voire dans le dance metal comme le laisse entendre le Take me qui ouvre cet album, très éloigné du black jazz sur fond de cuivres. Ça chante et ça bouge du popotin. Si le morceau titre se veut plus direct, les ambiances restent proches d’un metal electro de (très) bonne facture. Mais rien à voir avec la rage déjantée d’antan… On retrouve un peu de rage vocale au cours de Fight song, et beaucoup de douceur dans le très bien nommé When the lights go down. Smash it up réhausse le tempo, mais bon, il faut s’y faire: cet album est marqué du sceau electro. Metal, mais electro. Bien foutu pour ceux qui aiment danser, Animal présage-t-il de la voie que suivra désormais Shining?

TURBOWOLF: The free life

Hard rock psyché et déjanté, Royaume-Uni (So recordings, 2018)

Il y a quelques mois, nous sommes allés à la rencontre de Chris, le chanteur de Turbowolf, afin de discuter de ce nouvel album, paru juste avant l’été (cf. interview). Le titre de ce disque, The free life, résume parfaitement l’esprit des Anglais qui ne s’imposent ici aucune limite. Ils explorent d’improbables sonorités, puisent dans le psyché des années 70, le heavy de la même période, s’inspirent des Hawkwind, Black Sabbath et imposent leur propre style à ce mélange original. No no no, Capital X, Cheap magic proposent d’hallucinantes guitares saturées, une énergie rythmique explosive que l’on retrouve tout au long des 11 titres du disque. Bien sûr, on a l’impression de faire un voyage dans le temps, trois ou quatre décennies en arrière, mais comment résister à l’efficacité de ces Half secret, un peu disco, Domino (rien à voir avec le morceau de Kiss) ou Blackhole? Le morceau titre, avant dernier du disque, est proche du doom tant il est lent et lourd, mais évolue vers un speed quasi incontrôlable et hypnotique. Alors pour peu qu’on aime les guitares toujours saturées, les ambiances à la fois oldies et modernes, les inspirations bruitistes, on se penchera sur ce disue hors du temps et intriguant.