BALLS OUT: Volume 2 – Hot mom

France, Hard rock (Ep, Balls out rec., 2023)

Les voici de retour les furieux hard rockers de Balls out, un nouvel Ep sous le bras. Ce Hot Mom, volume 2 (ou l’inverse) reprend les choses où elles s’étaient arrêtées et nous propose 4 titres d’un rock furieux et sulfureux, qui démarre, étonnamment, à la Bon Jovi. Have a seat on me (clin d’oeil évident au Have a drink on me d’AC/DC) débute avec un riff qui évoque un certain Dead or alive. Le titre dans son ensemble est très américain, évoquant de grands espaces désertiques. Le morceau titre lui, retrouve l’univers tant apprécié du quatuor, rencontre toujours appréciée entre AC/DC et Motörhead avant de changer de registre. Bite the pillow est quand à lui speedé au possible, et la voix éraillée et enrouée du bassiste chanteur Patrick Gioan se fait également directe et agressive, parfaitement adaptée au genre. Blinded by the shot vient conclure cet trop bref amuse-gueule avec un imparable groove, et un break digne de ZZ Top. Hot mom, sous ses airs débonnaires de « on ne se prend pas la tête et on fait ce qu’on aime », nous entraine au fond d’un bouge mal aéré qui sent la bière tiède et les relents de cendres froides de cendriers jamais vidés. La variété de ces morceaux d’une complexe simplicité fait du bien à entendre. Du rock qui fait taper du pied et bouger du popotin avec efficacité.

PROJECT: The awakening

France, Metal (Blue lagoon records, 2023)

Troisième album pour les Frenchies de Project qui nous proposent avec The awakening un disque de metal progressif au démarrage tellement épileptique que l’on peut se demander quelle est l’intention du groupe. Heureusement, Down and dirty remet les choses au clair: un ensemble simple, rock n roll et direct. C’est chantant, entrainant et l’ensemble ne souffre que d’un air de légèrement « dépassé ». Cependant, le trio s’éclate et son propos, qui puise autant dans le rock 60’s que dans le hard de Deep Purple des 70’s ou le heavy 80’s. Fidèle au genre, Project varie ses – et nos – plaisirs avec 10 morceaux enlevés et entrainants, des guitares shreddées, un chant efficace et des ballades , un cocktail que les amateurs de classic hard rock apprécieront à sa juste valeur. Formé dans le courant des 90’s, il serait peut-être temps que le groupe dépasse le simple statut de Proje(c)t et qu’il s’offre une vraie projection (ouais, deux d’affilée, je suis en forme en ce début d’année!) vers un plus vaste public, car les amateurs de ce genre de heavy rock, il y en a.

HIGHWAY: The journey

France, Hard rock (Autoproduction, 2022)

Le plus américain des groupes français de classic hard rock, j’ai nommé Highway, revient avec sa cinquième production, The journey. Un album volontairement étonnant car acoustique. Etonnant aussi car on aurait pu s’attendre à plus d’électricité de la part d’un groupe qui sort un album tous les… trop rarement. Mais voilà, Highway a cette classe qui fait les grands (qu’il na malheureusement toujours pas réussi à rejoindre). On trouve sur ce The journey des titres originaux – Like a rockstar et ses cuivres, One, super mélodique et plein de belles émotions, The journey – ainsi que des titres déjà présentés sur ses précédentes productions. Alors c’est vrai qu’avec les sudistes il faut s’armer de patience. IV, le précédent album date de 2017 (son prédécesseur de… 2011!) mais une nouvelle fois, l’attente en valait (largement et plus que cela!) la peine. Car tout ici fleure bon le travail soigné, sérieux et plus que pro. Les arrangements, les chœurs sont dignes de ce qui, dans le genre, se fait de mieux outre Atlantique. La voix de Ben Folch est toujours aussi profonde, superbement accompagnée par Morgane Cadre à la douceur bienveillante (écoutez ces canons sur One, si vous ne fondez pas, vous n’êtes pas humains!), la guitare de Ben Chambert reste simple et directe superbement accompagnée par la rythmique de son frère Romain à la batterie et de Sam Marshal à la basse. Le blues est aussi de sortie car on se refait pas. Highway revisite ses albums depuis Have a beer, son Ep de 2002, avec Motel in Alabama (qui évoque un certains Black velvet d’Alanah Myleset Have a beer ). In the circus of madness, ses accents hispanisant et clins d’oeil au flamenco vient lui de Goodbye money (2005), freedom (ah ces choeurs gospels et bluesy!) revisite le superbe United States of Rock n Roll (2011) tandis que Chemical trip représente le dernier en date, IV. L’album se termine sur le morceau titre, ballade à fleur de peau, superbe de bout en bout avec ses arrangements très cinématographiques. En nous proposant ce type de production, fun, plus que généreuse et sincère, Highway s’offre la possibilité de toucher un vaste public, amateur de rock, de grands espace, d’acoustique et de chansons ultra efficaces (en tout cas qui me touchent comme et là où il faut) et de bonne humeur constante, l’invitant à se plonger dans sa (trop courte) discographie passée qui mérite plus que d’être redécouverte. On ne peut qu’espérer que Highway trouve enfin un vaste public pour lui apporter cette fraicheur et cet enthousiasme communicatif qui reste l’apanage des grands. Allez, il est temps qu’une vraie bonne fée se penche sur ce groupe et le porte aux sommets! A quand de grandes scènes?

Tous les albums sont disponibles sur le site du groupe: http://www.highwayrocks.com/ ou directement sur le shop (https://www.highwayshop.kingeshop.com/Albums-CD-Vinyle-cbbaaaaaa.asp) alors faites vous plaisir en soutenant un des meilleurs groupes du genre made in chez nous!

SAXON live à Paris: Le Trianon, 9 décembre 2022 (avec Victory)

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La file qui s’étend sur plus de 150m devant le Trianon à 30′ du début du concert est impressionnante. Pourtant, les agents de sécurité font leur inspection rapidement et il ne faut au final que quelques minutes pour se retrouver à l’intérieur de cette superbe salle. Initialement programmé le 2 octobre dernier, le concert de Saxon a été repositionné en ce 9 décembre la salle ayant subi des fuites forçant le groupe à annuler sa prestation initiale. Fort heureusement, les fans – multigénérationnels – sont présents en nombre, le Trianon affichant complet ou presque, les dernières places se vendant directement au guichet.

VICTORY

Initialement prévus en ouverture, les Anglais de Diamond Head qui ont ouvert pour leurs compatriotes sur le reste de la tournée n’ont pu ce soir rejoindre la bande de Biff Byford et Paul Quinn. Vraiment dommage mais Saxon a trouvé un remplaçant de choix avec Victory, groupe allemand formé en 1984 récemment (re)reformé (encore un groupe au parcours quelque peu chaotique) qui a publié en 2021 le superbe Gods of tomorrow, quelque peu, naturellement, mis à l’honneur ce soir.

VICTORY

Là encore, nous voici en présence d’un groupe multigénérationnel: la jeune garde, fraiche et affamée, est représenté par Gianni Pontillo, chanteur à la voix d’or puissante et chaleureuse, le guitariste Mike Pesin et le bassiste « à fond dans ce que je fais » Malte Burkert, tous trois affichant une belle complicité et soutenant le travail d’orfèvre du concentré batteur Mike Stein, et du guitariste bien connu des fans de Sinner et d’Accept – entre autres – Herman Franck, tous deux membres historique et piliers actuels de la maison Victory.

VICTORY

Contrairement à d’autres, Saxon a été particulièrement généreux avec Victory qui bénéficie d’une superbe mise en son et de lumières magnifiques. Les Allemands bénéficient également de 45 bonnes minutes pour séduire et convaincre le public qui grossit au fil du temps, malgré de nombreux absents bien massés devant le stand de merchandising.

VICTORY

Victory propose un heavy metal traditionnel et varié, inspiré du metal US des 80’s avec ses superbes mélodies et ses refrains entrainants et du Heavy européen (allemand autant qu’anglais) et sa puissance de feu. La diversités des rythmes se révèle rapidement d’une grande efficacité – il y a de la place pour tout, mid et soft-tempo inclus – et le public présent se montre bientôt très réceptif.

VICTORY

Les musiciens sont très mobiles et Herman Frank semble particulièrement heureux de retrouver le public parisien, affichant sourires et envie d’aller chercher de nouveaux fans. Etant donné l’accueil et les réactions, on peut dire que c’est, ce soir, mission accomplie!

SAXON

Le kit de batterie étant déjà installé, le changement de plateau est assez rapide. Il est 20h15 lorsque les lumière s’éteignent et que l’intro du dernier album envahit le Trianon. Nigel Glocker s’installe discrètement derrière son kit, acclamé par la foule, rapidement suivi, dans la pénombre, de Tim Nibbs Carter, Doug Scarrat et Paul Quinn avant que Biff Byford ne déboule tel un père tranquille prêt à attaquer son public.

SAXON

Si Saxon fait ce soir naturellement honneur à son dernier superbe album, Carpe diem, en en proposant pas moins de 6 titres, si les classiques sont aussi, naturellement, de sortie (au nombre de 9), le groupe surprend avec une setlist osée qui propose aussi de jolies surprises et raretés faisant de ce concert, classique dans sa forme (Nibbs qui se démonte les cervicales, Doug reste concentré et appliqué…), un moment rare dans la carrière des ancêtres du British Heavy Metal. Car, oui, quel plaisir de pouvoir écouter The Thin red line, issu de Unleash the beast ou encore Metalhead que le groupe a récemment remis au goût du jour en le réintégrant à sa setlist!

SAXON

La scène est aux couleurs du dernier album, la batterie surélevée et Saxon a même prévu quelques effets, dont de beaux jets de fumée sur un Sacrifice teinté d’un rouge, donnant à Biff un regard quelque peu maléfique. Peu d’artifices au delà de celui-ci, la fumée revenant régulièrement au gré des titres dont les plus attendus sont judicieusement placés entre deux nouveautés/raretés.

SAXON

Si les Anglais affichent une forme resplendissante, le show est aussi dans le public. Rarement ai-je pu assister à des pogos et (mini) circles pit avec Saxon. Que penser de ce parterre qui ressemble rapidement à un trampoline tant le public saute ! Public qui comprend, Biff le note à quelques reprises, différentes générations, et ça, ça fait plaisir pour un groupe de cette ancienneté.

SAXON

Après And the bands played on, le chanteur tend le bras vers un spectateur qui lui donne un tissus flanqué de la couveture de l’album mythique (un des…) Wheels of steel avant d’annoncer que « c’est justement le prochain morceau ». Las une fois ce classique indémodable terminé, le groupe quitte la scène. A peine une heure et quinze minutes se sont écoulées depuis le début du show mais…

SAXON

Rapidement les 5 réinvestissent les lieux pour un long rappel. Unique rappel mais suffisamment long pour décocher quelques dernières perles classiques de chez classiques. The pilgrammage, superbe, précède ainsi Strong arm of the law, Solid ball of rock, 747 (strangers in the night), denim and leather et Princess of the night qui achèvent de nous convaincre tous que, même si la fin est plus proche que le début, Saxon a encore de très belles années devant lui. Je rajoute un pari sur le Hellfest en 2023…

SAXON

Plus de 40 ans de carrière, imaginez un peu! Et toujours pas de retraite annoncée! Une superbe soirée que celle que nous ont offerts les 5 Anglais, et une très belle manière de terminer cette année de reprise de concerts.

Merci à Olivier Garnier (réplica promo) et GDP d’avoir rendu ce report possible.

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AIRBOURNE live au Zénith Paris la Villette – le 28 novembre 2022 (avec Blues Pills)

Oh, la, la… Attention les cocos… On nous avait parlé d’embouteillages au portillon, on ne nous avait pas menti. Après deux années de disette, les voici tous qui déboulent pour donner des concerts et le choix est rude… La veille, Bercy accueillait Evanscence et Within Temptation tandis que le Zénith recevait Powerwolf,  Deux concerts apparemment complets sans compter que, le lendemain, c’est Nightwish qui investit aussi Bercy…. Et ce soir, oh, ce soir! Ce soir, dès l’approche du Zénith Paname La Villette, ça sent la testostérone, la bière et le poil viril dans ce Zénith qui accueille, en petite configuration, les Australiens d’Airbourne. Un groupe qu’on ne vient pas voir par hasard. Airbourne, c’est la garantie d’une soirée rock’n’roll simple et directe, et on sait ce qu’on vient chercher.

Initialement annoncés, Crobot n’est pas à l’affiche de ce soir. Heureusement, le peu de douceur féminine prévue est bien présent avec les Suédois de Blues Pills mené par Une Elin Larsson en toujours très grande forme. La chanteuse se dépense sans compter dès ses premiers pas sur scène, allant chercher le public où il se trouve avec force sourire et pêche énergisante.

Et une tenue quelque peu plus sobre que celle portée au Hellfest en juin dernier (rappelez-vous ce superbe justaucorps rouge transparent!) Toute de noire habillée, Elin danse, chante et se déhanche sur ces morceaux ultra groovy que sont Low kiss, Kiss my past goodbye ou Devil man.

Les 45 minutes allouées au quatuor passent à grande vitesse. A peine le temps d’interpréter 9 titres, soit une chanson de plus qu’au sus mentionné Hellfest, les 8 autres identiques mais joués dans un autre ordre, à peine le temps de se mettre en jambe que déjà, les 4 tirent leur révérence sous les acclamations d’un public largement conquis. Une belle et très joviale prestation, en somme. Et on se demande vraiment quand ce groupe passera au stade supérieur et sera autre chose qu’une simple première partie…

Mais le public est avant tout là pour Airbourne. La musique de Terminator et les balayages rouges annoncent l’arrivée des frangins O’Keefe et de leurs compagnons de jeu. Comme (presque) toujours, c’est sans surprise Ready to rock qui ouvre les hostilités (autrement, c’est Raise the flag. Pas d’autre choix…).

Si Joel O’Keefe, toujours simplement vêtu d’un jean noir arraché aux genoux, attire à lui la très grande majorité des regards, Justin Street (basse) et Harry Harrison (guitare) se démènent pour ne pas être en reste. Ca headbangue, ça tape du pied et ça court dans tous les sens, déployant une énergie folle, Joel s’offrant même, ça nous rappelle l’ancien temps de qui vous savez, un tour dans le public perché sur les épaules d’un roadie.

La setlist a quelque peu évolué depuis les deux passage au Hellfest d’Airbourne en juin dernier puisque la veille, à Tourcoing, deux titres ont été interprétés pour la première fois: Firepower et Rock n roll for life et sont intégrés aux désormais classiques du groupe. Des classiques qui, eux, n’évoluent guère en live, puisqu’on retrouve, pêle-mêle, Girls in black, Too much, too young, too fast, Breakin’ outta hell, Stand up for rock n roll parmis d’autres.

Tout au long du concert, Joel interpelle Paris et rappelle à quel point il est heureux, ils sont heureux, d’être de retour. En France et sur les routes en général. Si on sait à quoi s’attendre, Airbourne me surprend avec ce roadie qui monte sur scène en poussant un trolley sur lequel sont posés gobelets et bouteilles. Et voici Joel qui pose sa guitare, demande une première fois au public s’il a soif, s’empare d’une bouteille de Jack qu’il vide dans 4 gobelets. Puis s’empare d’une canette de coca qu’il vide également avant de tendre un gobelet à chacun des musiciens qu’il présente. Voici les 4 qui s’avancent devant la scène, lèvent leurs verres et se mettent à boire. Une gorgée symbolique avant de tendre les gobelets à des personnes dans le public.

Dans la série fun, plus tard ce sera un lancer de gobelets pleins – Jack ou bière? qui sait – dans le public. Certains, plus habiles ou mieux placés, réussissent à rattraper un des ovnis avant qu’il ne se soit entièrement vidé, mais c’est rare… Les autres terminent en éclaboussant le public dont certains membres ont dû se faire sermonner en rentrant… « Mais ma moumoune, non, je te jure, j’étais pas au bar, c’est ce con de Joel qui a balancé des seaux de bibine dans le public… – Mais oui, bien sûr, va te laver et me touche pas! – Mais moumoune… – Au lit et dodo, crasseux! » Fun, et rock n roll.

Stand up for rock n roll à peine terminé, Airbourne quitte la scène. Je regarde ma montre. Naaaan…! il est seulement 22 heures, ils se barrent après à peine une heure de concert? Ok, ils courent partout, mais une petite heure de jeu, c’est court pour une tête d’affiche dans une salle comme le Zénith. Ca me rappelle les derniers concerts d’un Motörhead en fin de course, d’un Girlschool essoufflé, d’anciens (que j’admire cependant) quoi. Mais pas d’un groupe dans la fleur de l’âge. D’autres anciens, Saxon, Maiden, Megadeth et consorts quittent la scène après 90’…

Naturellement, le rappel est là et Ryan O’Keefe vient taquiner la sirène d’alarme annonciatrice d’un Live it up qui voit son frangin s’installer en hauteur. Efficace artifice mais désormais incontournable. La surprise du chef, c’est l’introduction (déjà joué la veille pour la première fois) du nouveau crédo du groupe, Rock n roll for life, imparable, avant un conclusif Runing wild. Sans conteste Airbourne fait le job, et le fait bien. Simplement, malgré toute l’énergie et le fun développé ce soir, on pourrait s’attendre à 1/ un concert qui dépasse les 90′ syndicales et 2/un peu plus de spectacle dans ce type d’enceinte. A peine plus de titres interprétés que lors de son second passage au Hellfest cette année… Déceptions cependant compensées par la qualité de cette prestation plus qu’énergique de nos trois mousquetaires du rock pur jus qui nous ont offert une belle soirée.

Merci à Olivier Garnier (Replica promo) et Olympia Production d’avoir rendu ce report possible.

BAD KINGZ: Take me into your kingdom

France/UK, Hard rock (M&O music, 2022)

Accrochez-vous les amis! Bad Kingz – avec un Z en guise de pluriel – déboule avec son premier album, Take me into your kingdom qui sort le 21 octobre. Si la pochette évoque le rock psyché, le contenu est une déclaration d’amour au hard rock vintage, varié, entrainant, généreux et foutrement efficace. Formé en 2021, Bad Kingz est un trio composé du guitariste Chris Savourey et du bassiste Alex qui se sont adjoint les services du chanteur Tomas, un anglais pure souche, et ça s’entend! L’introductif They came here to stay, sans doute le plus psyché/stoner du lot – sonne comme une déclaration d’intentions. Le « They » aurait très bien pu être un « We » tant le message est clair, message qui se confirme au gré de titres qui varient entre 3 et 4 minutes. Le groupe va droit au but sans fioriture et clame son amour pour le hard rock de Led Zeppelin – ces guitares graveleuse et ce chant (un effort sera cependant apprécié sur l’anglais, mais quelle voix!) – le rock groovy de Thin Lizzy ou encore celui devenu blues de Gary Moore -celui-là même qui a composé un certain Led clones… Bad Kingz sait varier ses plaisirs, proposant des titres rock (le morceau éponyme, Fire all I need, It’s a long way down),  aussi bien que proposant des moments plus intimistes (I’m seing blue, très… bluesy!, Friend, superbe), modernes (The mirror à l’intro très satrianesque et au reste très rentre dedans). L’album se termine avec Horizon de hoce, un instrumental qui m’a immédiatement projeté en concert, un titre que j’imagine volontiers joué en premier avant l’arrivée du chanteur. Avec ce premier album, Bad Kingz pourrait bien voir son royaume commencer à exister. Ce n’est pas à nous de vous conduire au notre, Messieurs, mais bien à vous de nous y accueillir. Reste à transformer ce premier essai

BLACK STONE CHERRY : Paris, le Trianon, le 5 octobre 2022

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A peine trois jours plus tôt, Saxon a dû annuler son concert, ce même Trianon où nous nous rendons ce soir ayant été quelque peu inondé, semble-t-il à cause des fortes pluies ayant entrainé une rupture d’une bouche incendie. Mais ce soir, tout est de nouveau opérationnel et les Américains de Black Stone Cherry peuvent sereinement s’y produire. Ce qui fait plaisir c’est que la salle est plus que bien fournie. Il ne reste que quelques places en vente, c’est très bon signe. Le public semble désormais vraiment être de retour en salles.

The Georgia Thunderbolts

Ce soir, c’est un concert un peu particulier et pas seulement parce qu’il s’agit de la dernière date européenne. Nous y reviendrons. Pour le moment, un léger soucis à régler en arrivant sur place: c’est la dernière date de la tournée et un micmac fait que le pass photo qui m’était réservé a disparu et que le groupe n’en a plus un seul à disposition… Je rate donc quelques minutes de la première partie avant de décider d’aller, à défaut de shooter, écouter et voir The Georgia Thunderbolts. Le groupe de bikers propose un rock sudiste simple et efficace. L’influence des géants du genre est réelle. Le groupe qui a sorti son premier album l’an dernier ne semble cependant pas tout à fait rodé à la scène. Certes, les guitaristes, Riley Couzzourt et Logan Tolbert, secouent leurs tignasses mais le bassiste, Zach Everett, très discret, ne quitte que rarement son poste. On remarque cependant la plus que remarquable voix, puissante et chaleureuse, de Lyle TJ, véritable machine à faire frissonner. Pendant un peu plus d’une demi heure, The Georgia Thunderbolts aura toutefois su séduire le public réceptif et varié.

The Georgia Thunderbolts

Il a fallu qu’Olivier Garnier explique à la régisseuse ma situation pour qu’enfin,  sans pass photo, je puisse accéder au pit le temps des « 3 premiers titres sans flash ». Si BSC est un habitué des salles parisiennes, c’est son premier passage au Trianon, sa dernière venue ayant permis de visiter la salle voisine, l’Elysée Montmartre. Et qui a déjà vu Chris Robertson et sa bande live le sait bien; Black Stone Cherry c’est la garantie d’un concert plus qu’énergique. Si l’on connait la pile sur pate qu’est Ben Wells, les regards se portent également sur Steve Jewell Jr., son nouveau bassiste ayant déjà laissé sa trace sur le Live from the royal Albert hall…y’all. Et le gaillard cherche à se donner autant que Jon Lawhorn, son prédécesseur pouvait le faire. Mais, malgré l’envie et la complicité avec les autres musiciens, il manque un petit quelque chose qui le distinguerait vraiment. Il se donne à fond, pourtant.

Black Stone Cherry

Pendant plus d’une heure trente, le quatuor revisite son catalogue, explorant chacun de ses albums. Démarrant avec Me and Mary Jane, seul extrait du mésestimé (ou trop décalé, c’est selon) Magic mountain, le groupe donne le ton d’un show puissant et coloré. Le très ZZ Top (tiens donc, le groupe qu’arbore Steve sur sin t-shirt) Burnin’, là aussi seul extrait de Familly tree. Étonnamment, d’ailleurs, alors qu’habituellement les concerts mettent en avant le dernier né d’un groupe, BSC n’accorde que peu de place à The human condition. Avec 2 extraits – Again puis Ringin’ in my head – on peut se demander si le groupe en est vraiment satisfait. Mais le public est aussi là pour entendre des classiques , et il va en avoir un paquet, dont certains joliment revisités.

Black Stone Cherry

 

On commence avec Blind man et Like I roll, suivi par une intervention de Ben Wells qui interpelle le public. On aura naturellement remarqué cette troupe typiquement américaine et ces filles blondes habillées d’une robe rose du meilleur mauvais goût – ces messieurs étaient plus sobres, reconnaissons-le. Cette troupe n’est rien moins que la famille de Ben dont c’est aujourd’hui l’anniversaire. « Je vous demande simplement, à 3, de vous retourner et de crier « Happy birthday Annie ». Je suis sûr que ça va lui coller le frisson! un, deux, trois! » et le public, qui regarde déjà le balcon, s’exécute avec joie. Les affaires reprennent dans la foulée avec Cheaper to drink alone et le plus ancien Hell or high water.

Black Stone Cherry

Le public est chaud – quelques pogos dans la fosse et un vêtement qui vole et revole, de l’eau qui gicle d’on ne sait où – et le revoilà mis à contribution sur l’imparable Soul creek et ses imparables « yeaheaheah, yeaheaheah ». Devil’s queen précède un impressionnant solo de batterie – comment pourrait-il en être autrement avec un batteur de la trempe de John Fred Young? – racé, explicite et pas trop long qui permet aux autres de souffler un peu. Le retour se fait avec la vidéo du moment, Ringing in my head avant un In my blood plus soft. Puis annonciateur de l’approche de la fin, Black Stone Cherry dégaine sa doublette incontournable – White trash millionnaire et Blame it on the boom boom – puis quitte le public après Lonely train.

Black Stone Cherry

C’est un rappel pauvre et riche à la fois que le groupe nous offre. Pauvre avec un seul titre, le pacifique et unificateur Peace is free. Riche parce que Black Stone Cherry est accompagné sur scène par les gars de The Georgia Thunderbolts. Ca en fait du monde pour chanter, avec le public, ce morceau qui fut, est et sera toujours d’actualité. Ce soir, Black Stone Cherry nous a de nouveau offert un concert de rock comme il sait le faire, simple, direct et efficace, le genre de concert qu’on a envie de revivre – et j’aimerai bien enfin les retrouver vous savez où et vous savez quand en 2023. C’est une autre histoire, à suivre.

Black Stone Cherry

Merci à Olivier « 100% garanti » Garnier et Live Nation d’avoir rendu ce report possible.

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BLACK STONE CHERRY live à Paris 2022: la galerie

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MICHAEL MONROE: I live too fast to die young

Finlande, Hard rock (Silver lining, 2022)

Que ça fait plaisir de le voir revenir autant en forme, Michael Monroe. Il y a un peu plus de deux ans, il nous offrait un One man gang impeccable de bout en bout, un concert explosif à la Maroquinerie de Paris et il revient cette année avec une claque live au Hellfest et ce nouveau disque de pur rock, I live to fast to die young. Avec la vie que le gaillard a menée, on peu se demander ce qui le maintient encore parmi nous, mais ne nous en plaignons pas. Ce nouveau disque est taillé dans ce hard rock 80’s qu’il aime temps, à la fois simpel, direct, vrai, entrainant et chantant. Efficace et passe partout, l’ensemble de ce disque s’écoute avec un plaisir non feint. Chacun a mis la main à la pâte, participant tant à la composition qu’à l’écriture des textes. Même si c’est le nom du chanteur qui apparait, on a ici à faire à un vrai groupe. Le morceau titre voit même un certain Slash taper le solo, ce qui semble naturel quand on connait les liens – parfois plus que compliqués – qui unissent ces musiciens. I live too fast to die young est, comme son prédécesseur, un album qu’on écoutera partout et de toujours avec plaisir. Monroe est de retour! Rock it dude!

SOHO RIOT: Square one

France, Hard rock (Mistiroux, 2022)

Pour le moins ambitieux les gars de Soho Riot? En tout cas, ils ont le rock chevillé au corps. Formé en 2019 par le bassiste François C. Delacoudre que certains connaissent déjà pour sa collaboration avec Laura Cox, le jeune groupe enregistre rapidement un premier Ep en 2020 avant de s’attaquer à ce premier album, Square one. Dès le premier morceau, Don’t believe the screen, le ton est donné: le groupe puise ses influences dans le gros rock 70’s, les mélodies percutantes des 80’s et le côté plus franc du collier des 90’s. Dès ses premiers envols vocaux, Edouard Dornier fait penser à Myles Kennedy (Alter Bridge, Slash…) mais également par instants à Michael Kiske (Helloween, Unisonic), et l’esprit musical n’y est sans doute pas étranger, même si l’on peut aussi penser à de grands classiques comme Led Zeppelin… Le groupe parvient cependant à diversifier son propos en explorant divers univers sonores allant du rock direct au groove ultra dansant en passant par des moments plus bluesy ou des fulgurances guitaristiques ou rythmiques imparables (Water rain, You’re mine, Blame it…). Avec ce premier album, ce n’est pas peu dire que Soho Riot frappe fort et si les prestations scéniques sont aussi enflammées et dynamiques que ce Square One, alors c’est plus que prometteur. A suivre de près…