LOFOFORA: Vanités

Hardcore, France (At(h)ome, 2019)

Après un Simple appareil venu comme un moment d’accalmie, une parenthèse entre deux colères, Lofofora remet les potards au maximum et laisse exploser sa rage. Vanités pose une nouvelle fois un regard sévère et juste sur nos sociétés modernes au travers de 11 titres enragés. Reuno est au mieux de sa forme vocale et son engagement humain et humanitaire s’en ressent tout au long de ce disque coup de poing. Faut dire que ce que vit notre monde aujourd’hui a tout pour ne pas calmer sa colère ni freiner son inspiration. De l’économie aux migrations, de la politique aux égoïsmes de plus en plus individualistes, le chanteur à la voix rauque laisse exploser sa colère. Il n’est cependant pas seul, Daniel Descieux apportant son lot de riffs tranchants, hurlants et tout aussi explosifs tandis que la rythmique tenue par l’inchangeable bassiste Phil Curty et le batteur désormais bien en place Vincent Hernault tient en place l’ensemble avec une solide assurance. Vanités reste dans la veine de ce que Lofo sait si bien nous offrir et c’est ainsi qu’on les aime. Ne changez rien!

AQME: Requiem

France, Metal (At(h)ome, 2019)

Formé en 1999, Aqme nous offre un neuvième album studio avant de définitivement tirer sa révérence. Requiem est donc le chant du cygne d’un des fleurons de la scène hexagonale, un de ces groupes qui fit renaître l’espoir, baignant sa musique entre rock mélodique et brutalité directe. Il y a deux ans, pourtant, Aqme semblait vouloir, avec un album sans titre, repartir à zéro. Mais le message est clair: quand on chante dès l’introductif Entre les mains « il n’y a plus personne pour y croire », tout est dit. La rage de n’avoir pu devenir plus qu’un éternel espoir?  C’est, vous l’aurez compris, une étrange sensation que de rédiger quelques lignes au sujet de ce que l’on sait être la fin. Les titres, d’ailleurs, ne sont pas le fruit du hasard: Enfer, Un adieu, Illusion, Sous d’autres cieux… Tout est fait pour noyer l’espoir d’une possible survie.  Alternant entre groove et puissance, chant doux et enrager, Aqme signe ici ce qui sera sans doute retenu comme une de ses plus belles productions. Efficace de bout en bout, varié, ce disque sera défendu sur scène au cours d’une tournée au long cours, tournée d’adieu qui, sans nul doute, fera salle comble.

LES TAMBOURS DU BRONX: W.O.M.P

Metal, France (At(h)ome, 2018) – sorti: octobre 2018

Depuis leur naissance en 1987, les Tambours du Bronx (ce Bronx imageant leur quartier de cheminots de la Nièvre) n’ont eu de cesse d’avancer au son des rythmes créés de toutes pièces avec le matériel à portée de mains, et de pieds. Pour ce nouvel album, W.O.M.P, la formation s’adjoint les services d’un Frankie Constanza (ex-Dagoba et serial batteur par excellence notamment chez Blazing War Machine) et des chanteurs Reuno et Stephane Buriez (Lofofora et Loudblast) marquant ainsi un vrai virage vers le metal. Toujours expérimental, ce Weapons Of Mass Percussion explore en effet le metal le plus rugueux et y adjoint guitares et claviers en plus de textes engagés et enragés, en français (majoritairement) et en anglais. Malin, pour qui voudrait s’exporter tout autant que séduire à domicile. Puissants et directs, les 20 titres de cet album destructeur (au bon sens du terme) s’écoutent en tapant du pied. Superbe virage parfaitement négocié, W.O.M.P alliant expérimentation, musique industriel et metal rugueux 20 titres durant. Superbe!

LOFOFORA: Simple appareil

Rock, France (At(h)ome, 2018)

Simple appareil… Un titre qui évoque une mise à nu, et cette promesse venant de Lofofora, ça sonne plutôt bien. Une voix, une guitare, une rythmique simple… Lofofora a choisi de se livrer corps et âmes au travers de 11 morceaux dépouillés de tout artifice. Comme le dit Reuno dès l’introductif Les boites, le groupe a enlevé les doigts de la prise. Ce dépouillement n’ôte en rien la puissance des paroles et des rythmiques concoctées par le groupe qui prouve, une fois de plus, que peu importe l’interprétation, si une chanson est bonne, elle reste bonne! Reuno, dans ce fatras dépouillé de décibels explosifs, se met ici plus qu’à nu, il se met en danger, et c’est appréciables. Alors, bien sûr, ce simple appareil ne saurait être l’objet d’une tournée à lui seul, mais proposera à n’en pas douter des moments de répit au cœur de la fureur des shows de Lofo. Un interlude posé que propose un groupe qui n’a jamais renié son parcours. Un pari relevé même si certains fans seront déstabilisés par ces 11 morceaux envoûtants, au final.

AQME

Metal, France (At(h)ome, 2017)

Pour son nouvel album, annoncé un peu partout dès l’été dernier via affiches et pubs diverses, Aqme a décidé de remettre les compteurs à zéro avec un album sans titre. Comme un retour à la case départ, ce qui est étrange dans la mesure où il s’agit du second disque avec ce line-up: l’indéboulonnable duo des origine composé de la bassiste Charlotte Poiget et du batteur Etienne Sarthou (également responsable du son de ce disque), pour la seconde fois accompagnés du chanteur Vincent Peignart-Mancini et du guitariste Julien Hekking. Nouveau départ donc, pour lequel Aqme se fend d’un album superbement produit et surtout composé de 12 titres explosifs. Vocalement, Vincent a parfaitement trouvé sa place, entre rage et mélancolie. On s’amuse du choc lorsqu’il partage le micro avec Reuno (Lofofora) sur Rien ne nous arrêtera. Aqme a toujours su allier colère et groove, rage et crasse dans sa musique et franchit ici encore un nouveau pas. La variété fait plaisir à entendre: Aqme navigue entre lourdeur pachydermique et sombre mélancolie, heavy riffu et couillu et moments plus popisants. Bref, Aqme, en se renouvelant tout en restant lui-même, nous offre sans aucun doute un de ses meilleurs albums à se jour.

TAGADA JONES: La peste et le cholera

tagada jones 2017Hardcore, France (At(h)ome, 2017)

Plus de 20 ans que ça dure! Deux décennies que Tagada Jones sillonne la France à coup de rage et de coups de gueule. Engagé comme jamais, le monde actuel est source d’une inspiration et prétexte à une colère qui servent d’exutoire à Niko et sa bande. On y va, direct, franco, carré. On enrage devant la bêtise d’une humanité de plus en plus inexistante, face à un monde de plus en plus individualiste. La peste et le choléra, ce sont 12 nouvelle dénonciations et autant de constats affligés de notre monde. La guerre en Syrie, le réfugiés refoulés, la crétinerie humaine, tout y passe au son et aux textes des La peste et le choléra, Le monde tourne à l’envers, Narcissique, Pas de futur, Enfant des rues. Bien sûr, il est impossible de ne pas débuter avec un hymne à la mémoire des victimes du Batacla, des terrasses et du SDF, Vendredi 13 clamant haut et fort NOTRE liberté et soif de vivre. Partout, le riff est rageur, le chant enragé, et Tagada Jones affiche une forme exemplaire. L’état de la planète est une source intarissable pour les Bretons qui nous offrent une de leurs meilleures productions de ces dernières années. Un must  du hardcore punk qui va faire pogoter la France entière.

Note: 8,5/10

LE BAL DES ENRAGES – TriptyK live

le-bal-des-enrages-triptik cd1-2016Punk, Rock, Metal… France (At(h)ome, 2016)

C’est désormais un rendez-vous incontournable que Le Bal Des Enragés nous propose. Tous les 3 ans, la joyeuse troupe composée de musiciens d’horizons variés (Lofofora, Tagada Jones, Parabellum, Loudblast…) se retrouve pour foutre le bordel sur un peu toutes les scènes possible au son de nombre de standards du rock énervé. Lire la suite