FIREMASTER CONVENTION – Châteauroux, du 21 au 23 février

La capitale de l’Indre, Châteauroux, accueille du 21 au 23 février une convention dédiée à l’univers du metal. Pendant 3 jours, le metalheads comme les curieux pourront assister à des conférences, des animations et des concerts. Ainsi se succèderont Black Bomb Ä, ADX – qui célèbre la sortie de son explosif nouvel album Bestial – Vulcain, Chris Holmes, l’ancien guitariste de W.A.S.P. venu avec ses Mean Men. Les conférences porteront quant à elles sur des thèmes portant sur notre pélerinage annuel qu’est le Hellfest, le développement de la scène rock et metal en France, ainsi qu’un mode d’emploi du metal animé par rien moins que Steph Buriez et Fred Leclerq.

Comme toute conventions, les visiteurs trouveront également un market, pourront voir des expos, participer à différentes animations dont un incontournable concours de air guitar.

Le programme complet est consultable sur le site de la Firemaster Convention ainsi que toutes les informations nécessaire à votre bonne organisation. Rendez-vous dès le 21 février à 10 h au Hall des Expositions de Belle-Isle – 1, avenue Daniel Bernardet à 36000 Châteauroux. Et pensez à effectuer vos réservations sur le site qui propose différentes formules: convention 1, 2 ou 3 jours, concerts 1 ou 2 jours et autres possibilités de 5 à 30 euros.

Interview: SWARM

Interview SWARM : rencontre avec Antoine (guitare). Propos recueillis à Paris, Black Dog, le 8 janvier 2020

Metal-Eyes : Antoine, tu es guitariste au sein de Swan, et vous êtes présents pour assurer la promotion de Anathema, votre second album paru fin 2019. S’agissant de notre première rencontre, peux-tu raconter l’histoire du groupe ? Je sais que Swan s’est formé en 2012/2013, à Antibes, que votre premier album, Division and disharmony, est paru en 2017 et 2 ans plus tard vous publiez donc Anathema. Quelles sont les autres grandes étapes de votre parcours ?

Antoine : Oui, c’est exact. On a formé le groupe dans ces eaux-là, on a enregistré notre premier album, ce qui nous a pris du temps parce qu’il y a eu pas mal de péripéties…

 

Metal-Eyes : De quell genre?

Antoine : On a eu pas mal de problèmes avec la personne avec qui on enregistrait. L’enregistrement a duré environ un an. Entre-temps, notre premier chanteur a décidé de quitter le groupe, et Rémy est arrivé pendant l’enregistrement. On a fait le mixage chez Sébastien Camhi, studio Art music qui nous a un peu rattrapé le projet qui n’était pas en bonne voie pour plein de raisons. Il s’est retrouvé avec un truc à reconstruire et il nous a super bien rattrapé le coup. On a fait deux tournées pour supporter ce premier album, on a sorti trois clips. On est rentrés en studio en février 2019, chez Sébastien Camhi, où on a enregistré et mixé l’album. On a fait le mastering en Allemagne. On a sorti un premier clip pour le titre Frontiers, et on a fait une tournée en octobre novembre derniers.

 

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences respectives, et qu’avez-vous mis dans ce second album ?

Antoine : L’idée de base du groupe, dès sa formation, c’était de faire du groove metal. Il n’y a pas tant de groupes que ça qui ont existé dans ce genre, et le peu qu’il y a, c’est soit des très gros comme Pantera, soit des tout petits groupes. Mais finalement, il n’y a pas tant de groupes qui ont développé ce style. C’est dionc une base intéressante pour développer un son varié…

 

Metal-Eyes : Et qui vous sort un peu de l’étiquette metalcore qu’on vous colle assez souvent et qui reste très limitative…

Antoine : Oui, on dit souvent qu’on fait du metalcore, j’aime beaucoup ça, on est pas mal dans le groupe à apprécier ça, pas tous, mais pour moi, le metalcore, c’est plus des groupes comme Killswitch Engaged, et ce n’est pas vraiment notre musique. Nous, on va plus se baser sur des groupes comme Pantera, Machine Head, et faire notre sauce sur ces bases. Après, on a d’autres influences, parfois on va plus dans le hardcore, d’autres fois on est un peu plus prog…

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous travaillé ce second album? Notes-tu une évolution, et comment analyses-tu l’évolution entre vos deux albums ?

Antoine : Déjà, on a changé de second guitariste et il apporté sa patte. Au niveau du chant, puisqu’il s’occupe du chant screamé et growlé, et au niveau de la guitare, il a apporté ses influences. Après, au niveau du style en soi, ce qui a changé, c’est que le premier album était assez monolithique. C’était un pavé, beaucoup de batterie au taquet, de doubles croches… et là, on a voulu prendre un peu plus de risque, aérer un peu l’album avec des guitares en retrait sur certains passages, comme le couplet de Frontiers. Plus de guitare clean, aussi, on a fait une power ballad. On a fait des choses un peu différentes et on prend quelques risques. On a fait un premier morceau qui dure 8 minutes, New sun, un morceau à tiroirs, c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas souvent…

 

Metal-Eyes : C’est un risqué, pour un jeune groupe comme vous d’ouvrir un album avec un titre aussi long…

Antoine : On en a conscience, oui. Après, ça peut payer  ou pas, maintenant, on a voulu le faire comme ça parce que c’était dans la logique de la composition de l’album. Et le thème de l’intro se retrouve à la fin de l’album, arrangé différemment, ce qui fait une boucle.

 

Metal-Eyes : Si on ne devait retenir que deux mots pour expliquer l’évolution entre ces deux albums, ce serait « plus aéré »

Antoine : Oui.

 

Metal-Eyes : Vous aviez des intentions plus particulières avec ce second album ?

Antoine : Comme je disais, le premier à pose les bases de Swarm. Avec celui-là, on approfondi les choses. Rémy, le chanteur, qui écrit aussi les paroles, avait d’autres choses à dire. C’est un concept album au sens large, qui se base sur la dualité, l’opposition, ce qu’on peut trouver partout : la pochette est réversible avec d’un côté la lumière, de l’autre, le sombre, l’homme qui domine la femme et la femme qui domine l’homme…

 

Metal-Eyes : un côté enchainé, l’autre désenchainé…

Antoine : Exactement… L’idée, était vraiment de travailler là-dessus, même au niveau des paroles.

 

Metal-Eyes : Justement, je n’ai pas tout lu, cependant j’ai l’impression qu’il y a de votre part non pas un engagement politique mais plutôt un constat de l’état de la planète, de l’humanité – ou plutôt, comme je le dis aujourd’hui, de l’inhumanité actuelle. Vous traitez de quoi, plus précisément ?

Antoine : C’est assez bien résumé. Notre but n’est pas de nous engager genre « votez à gauche ou votez à droite ! », c’est plus, comme tu disais, une idée de constat. L’album est basé là-dessus, que ce soit un constat écologique ou sociétal, c’est plus un bilan de là où en est l’humanité en 2019-2020. On se place plus en observateur, du côté des paroles.

 

Metal-Eyes : Sans donner de leçons….

Antoine : On n’est pas là pour  dire aux autres ce qu’il faut faire. On fait des constats, c’est tout. Un morceau comme Frontiers traite des frontières que l’on va se poser les uns les autres. Le clip, qui peut paraitre en total décalage avec la musique – le morceau est assez hardcore, le clip est plus rap 90’s, old schhol – évoque cette idée : casser un peu l’image du méchant metalleux qui est là, dans un garage, qui tourne la tête et qui n’est pas content…

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre d’Ananthema pour expliquer ce qu’est Swarm aujourd’hui, ce serait lequel et pourquoi ?

Antoine : Je trouve que Life on hold est un très bon résumé de ce qu’on peut faire, ce qu’on sait faire : il y a un riff principal très groovy, un couplet/riff très entraînant et à côté de ça un pont mélodique avec des soli avec un peu plus d’émotion. C’est un peu l’idée générale du groupe, et il y a une patte un peu différente. Je trouve que c’est une bonne introduction.

 

Metal-Eyes : Un album se défend sur scène : quels sont vos projets de tournée et de concerts à venir ?

Antoine : Alors, on joue au Rock and Eat le 1er février à Lyon, on sera à Nice en mars. On a aussi une date en juillet dans un petit festival dans le Var, et on est en train de préparer une tournée en mai.

 

Metal-Eyes : Vous venez d’Antibes : comment se porte la scène du sud de la France, de la Région PACA, et où vous situez-vous sur cette scène ?

Antoine : La scène de la Région Paca… Ce n’est pas forcément le terreau du metal, mais il y a un public, des groupes aussi. Où on se situe ? On est des petits jeunes en comparaison de groupes comme Heart Attack qui existe depuis un bout de temps, qui font de belles choses, des tournées, des festivals. Mais il y a des salles, un public, même s’il n’en a pas beaucoup. Il y a quand même une vie pour le metal dans le sud. On a pas mal écumé ces scène, on continue de le faire, mais maintenant, on cherche à s’exporter un peu plus, sortir de la région, jouer ailleurs.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait-être la devise de Swarm en 2020 ?

Antoine : Euh… Je dirais « Stay close to the swarm ». Swarm, c’est un essaim, et il y a ce côté un peu fédérateur parce qu’on a tendance, tous, à se tirer un peu dans les pattes alors que, sans aller dans la caricature « on est une grande famille du metal, on est des bisounours », on est souvent dans l’opposition. C’est dommage.

 

Metal-Eyes : Une dernière chose: l’année 2020 ne faisant que débuter, quelles sont tes resolutions?

Antoine : C’est de ne pas avoir de résolutions, parce qu’on ne les tient jamais ! (rires)

 

Metal-Eyes : Bien vu! Merci beaucoup, plein de bonnes choses avec cet album qui, a priori n’est pas mon genre de musique mais quand je me suis plongé dedans, j’ai eu beaucoup d’agréables surprises.

Antoine : Ben, merci, ça, ça me fait plaisir, avoir des retours d’un public autre que le nôtre de base. C’est super cool.

 

 

CARCARIASS: Planet chaos

France, Metal (Great dane records, 2019)

Réputé pour son passé death technique, Carcariass revient dix ans après son dernier essai. E-xtinction remonte en effet déjà à 2009, et n’est qu’une étape dans un parcours assez chaotique. Planet chaos, clôt avec une efficace brutalité l’année 2019. Portant un regard sévère sur l’état de notre monde, Carcariass apporte même quelques touches de SF sur Solar invasion qui introduit de belle manière ce nouveau disque. Ultime escape démarre sur des tons plus traditionnellement heavy avant de s’enfoncer dans un thrash rapide et mélodique à la fois. Jerôme Thomas propose un chant guttural mais varie ses plaisirs avec des moments clairs, comme sur Star implosion, facilitant l’écoute. Apophis impact est un instrumental qui laisse tout loisir d’apprécier la maîtrise dont fait preuve Pascal Lanquetin au toucher à faire pâlir Malmsteen, mais d’apprécier le travail rythmique et technique de Raphaël Couturier et Bertrand Simonin, respectivement à la basse et à la batterie, qui font preuve d’une solide complicité. Loin de n’être qu’un simple groupe de death, Carcarias propose un metal résolument actuel, technique et mélodique et nous offre une vision apocalyptique de notre monde. Pas forcément à tort, d’ailleurs. Combien sont-ils ces musiciens à faire ce triste constat de notre inhumanité? Mais qui les écoute? Pas grand monde semble-t-il. Alors profitons simplement de ce metal somme toute enjoué, et certainement efficace. L’heure de Carcariass serait-elle (enfin) arrivée?

Interview: APOCALYPTICA

Interview Apocalyptica. Rencontre avec Mikko Sirén (batterie). Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra à Paris le 27 novembre 2019

Metal-Eyes : Tout d’abord, comment vas-tu aujourd’hui ?

Miko : Je vais bien, merci. C’est super d’être de retour à Paris.

 

Metal-Eyes : Ça fait un bout de temps, en effet…

Miko : Trop longtemps, oui. J’ai vraiment être ici. A chaque fois que je viens… Les vibrations de cette ville sont vraiment différentes de ce que je peux trouver ailleurs, c’est un endroit unique, j’aime vraiment venir à Paris.

 

Metal-Eyes : Beaucoup de temps s’est également écoulé entre vos deux derniers albums puisque Shadowmaker est paru il y a maintenant cinq ans (il confirme). Qu’avez-vous fait durant ces cinq années ?

Miko (il rit) : Que diable avons-nous fait ? C’est ça le truc, c’est pas notre faute (rires) ! Shadowmaker est sorti il y a environ cinq ans, et on a tourné pour le défendre pendant environ deux ans. Ensuite, nous avons eu l’idée d’organiser une tournée anniversaire pour célébrer les vingt ans de notre premier album, Plays Metallica by four cellos. Au départ, nous ne voulions donner qu’une vingtaine de concerts : dans les plus grandes villes Européennes, quelques dates aux USA, une ou deux en Amérique du sud et en Russie. On a organisé ces concerts en pensant qu’après nous rentrerions en studio pour le nouvel album. Lorsque ces concerts ont été annoncés, nous avons reçu d’autres demandes et ça a continué jusqu’à ce que tout échappe à notre contrôle. Encore et encore… Je ne me plains pas, nous avons adoré donner ces concerts pour ce public demandeur. Mais l’idée de ne donner que vingt concerts s’est transformée et nous avons fini par en donner 230 dans 45 pays !

 

Metal-Eyes : Onze fois plus…

Miko : Exactement, et cette tournée a duré plus de deux ans et demi. Après deux ans à promouvoir Shadowmaker, nous avons pris un mois de congés et avons attaqué directement cette tournée pendant deux ans et demi. Au final, il n’y avait aucune possibilité pour nous de nous retrouver en studio, c’est pour cela qu’il nous a fallu autant de temps. Nous avons dû trouver le temps et avons interdit à notre agent de continuer de booker des dates durant l’hiver dernier. Nous avons eu environs 7 mois off. Nous avions composé deux titres pendant la tournée, et avons consacré 5 mois à la composition et l’enregistrement du reste. Le bon côté des choses, c’est que nous avons pu constater, pendant cette tournée instrumentale, à quel point les gens étaient enthousiastes à l’idée de retrouver Apocalyptica sous cette forme : quatre violoncelles et un batteur. Ça nous a donné l’impression que c’est ce que le public attendait. Je ne veux pas dénigrer les chanteurs avec qui nous avons collaboré, chacun des cinq derniers albums avait un chanteur, mais on s’est dit qu’il était sans doute temps d’apporter quelque chose de spécial à nos fans hardcore, une façon de les remercier. Plus nous y pensions, mieux ça sonnait, et les concerts confirmaient ce sentiment. Tout comme pour la production : nous avons travaillé avec de super producteurs avec qui nous avons beaucoup appris, et nous nous sommes dit que, partant du principe que, si nous retrouvions les bases de ce que nous sommes, alors nous devions tout faire nous-mêmes, dont nous charger de la production. Le meilleur producteur du monde pour réaliser cet album c’est Apocalyptica. Nous ne voulions subir aucune influence extérieure. C’est ainsi que nous avons également produit ce disque nous-mêmes. Bref, une super longue histoire pour expliquer cette attente… Il nous a fallu tout ce temps pour réaliser que, maintenant, en 2020, nous souhaitions sortir un nouvel album instrumental, et nous remercions les fans d’avoir attendu si longtemps.

 

Metal-Eyes : Et retrouver les racines d’Apocalyptica.

Miko : Absolument. Et, encore une fois, nous ne dénigrons aucun des chanteurs, d’autant plus que nous allons de nouveau collaborer avec des chanteurs, sous peu…

 

Metal-Eyes : Tu viens de nous expliquer votre approche toute particulière de la notion de paresse (il rit). Où avez-vous trouvé l’énergie de composer après autant de concerts ?

Miko : Pour moi c’est facile, je crois que cette fois, tout le monde était si enthousiaste de la réponse du public de nous retrouver sous cette forme, et ça nous a apporté cette énergie, cette envie de recomposer. Et quand le besoin, l’envie sont en toi, même si tu es épuisé, l’énergie vient d’elle-même. Également, en donnant ces 230 concerts, nous avons senti le besoin de proposer d’autres choses, même si nous nous sommes vraiment amusés. Mais répéter un show aussi souvent te fait ressentir le besoin, parfois, de nouveauté.

 

Metal-Eyes : Jouer quelque chose qui puisse aussi être un peu plus excitant pour vous.

Miko : Oui, pour un certain temps, en tout cas. Peut être que dans cinq ans nous pourrons redonner des concerts « Metallica », mais pour le moment nous avons besoin de nouveauté.

 

Metal-Eyes : Dans votre récente biographie sur votre site internet, vous écrivez « nous avons abordé l’écriture de Cell-O comme une œuvre artistique à part entière ». Comment avez-vous abordé la composition de cet album ?

Miko : Je crois que chaque fois que nous entrons en studio, nous y allons enrichi, plus expérimentés. Grâce à nos rencontres avec d’autres musiciens, notre expérience scénique, nos expériences précédentes. Cette fois, nous sommes arrivés avec un peu plus de savoir, notamment sur les aspects techniques, comment approcher l’enregistrement. Nous savions que nous avions la capacité à le faire, à nous produire nous-mêmes, et ce fut le plus gros changement. Et Cell-Zero…

 

Metal-Eyes : Ah, c’est donc Cell-Zero et pas Cell-O… Nous allons en reparler.

Miko : Oui, on dit Cell-Zero. Dans notre histoire, nous avons créé une particule qui est la cellule Zéro. Une particule imaginaire, le plus petit atome que tu puisses imagine, invisible, mais qui est dans notre ADN. Indéfinissable… Mais qui est le commencement de tout. Un peu comme un morceau, qui n’est qu’un assemblage de particules infimes, des notes, des mélodies, des breaks, et quand tu les assembles, elles donnent une chanson. L’essence même de la chanson, tu ne peux la créer comme ça, elle vient de ton âme, de ton cœur, c’est la particule initiale, la cellule Zéro. Ceci combiné à tout ce que nous avons constaté au cours de nos voyages… C’est dingue de voir comment les gens pensent environnement, comment les gens se traitent les uns les autres, de constater de quelle manière nous plongeons dans cette sorte de chaos… Ces évènement imprévisibles… Par exemple, il y a dix ans, personne ne pensait que le fascisme allait ressurgir. Tout le monde semblait penser que ça faisait partie de l’histoire, mais en un claquement de doigts, ça revient. En même temps, la Terre hurle sa souffrance, nous dit que nous devons changer nos façons de faire. Nous pensions aussi que cette cellule zéro pouvait être cet élément qui a fait perdre aux gens leur connexion à la planète, aux autres. Nous n’avons plus d’empathie envers autrui, nous préférons nous concentrer sur l’augmentation des profits des entreprises plutôt que sur la manière de nous auto-suffire, de produire en fonction de nos besoins. L’idée de cet album est aussi politique, environnementale. En dehors de la musique et du titre de l’album, que tu comprends maintenant, nous avons voulu donner à chaque morceau un titre explicite, une sorte de portrait. Et, tu ne l’as pas encore vu, mais l’artwork illustre tout cela. Dans le livret, nous avons voulu une illustration spécifique pour chaque morceau. Ces peintures, associés à chaque titre, donnent une vision différente.

 

Metal-Eyes : Il s’agit bien de Cell-Zero, ça n’a donc rien à voir avec le célèbre dessert améericain Jell-O (il explose de rire) ou avec l’intrument, principal du groupe. Cependant, ce titre pourrait également faire penser à une cellule de prison…

Miko : Et ça c’est la partie cool… Nous, en tant que groupe de musiciens, nos seuls outils sont la musique, les titres de chansons et de l’album. C’est tout ce qu’on offre aux gens. Ensuite, à chacun de faire sa propre histoire, d’interpréter comme il le souhaite.

Metal-Eyes : Alors je vais rester avec mon interprétation de Jell-o (rires)

Miko : Oui, reste avec celle-là ! Ce truc gélatineux et translucide ! Souvent, quand on discute avec les gens, c’est beaucoup plus intéressant de savoir quel est ton ressenti plutôt que d’explique ce que nous avons voulu faire. Nous n’avons donné que l’étincelle, ensuite, ça démarre avec les gens.

 

Metal-Eyes : Je vais t’en parler dans un instant, mais avant, comment analyses-tu l’évolution d’Apocalyptica entre vos deux derniers albums, Shadowmaker et Cell-O, en dehors de l’aspect production dont nous avons parlé ?

Miko : Je crois que Shadowmaker représente la fin d’un cycle. Nous avons commencé un cycle très orienté sur le chant, nous voulions enregistrés des titres qui puissent passer en radio, et y sommes parvenus avec succès. Ce que nous avons fait également avec Shadowmaker. Ces quatre albums d’affilés sont comme une entité. Quand nous avons terminé Shadowmaker et sommes entrés dans ce cycle interminable de tournée, nous avons réalisé que ça avait été super cool de faire ces albums, mais que nous devions passer à autre chose. Revenir au côté originel d’Apocalyptica, à savoir du metal progressif instrumental.

 

Metal-Eyes : Selon moi, cet album est très cinématique, il pourrait servir de bande son au cinéma, notamment dans le registre heroic fantasy. Que reste-t-il de metal chez Apocalyptica ?

Miko : Ce qu’il reste de metal ? Je crois qu’Apocalyptica a toujours voulu récolter des iodées de partout dans le monde et les réunir autour d’une table. Le point de départ est simple : des instruments classiques et de la musique metal. Tu combines deux univers. Plus nous aavons avancé dans ce monde de violoncelles, en ajoutant des riffs, du chant…, nous avons ajouté diverses influences, tout en conservant la base : les instruments, et l’attitude. Selon moi, le metal devrait toujours être à 50% basé sur l’attitude. Pas sur le son. Mais après 20 ans, il y a plein de choses sur cette table. Tu peux encore entendre l’influence de Slayer, de tous ces groupes que nous aimons, et cette manière si particulière, unique de jouer du violoncelle. Personne d’autre n’en joue comme ça ! Selon moi, c’est ce qui reste du metal. Je crois aussi que le metal actuel a tant de règles… C’est une musique très conservatrice : pour jouer du metal, il doit y avoir ceci et cela. Et merde, quoi encore ? Le metal doit faire tomber les codes, les barrières, pas en ériger ! J’ai du mal à m’extasier avec le metal actuel, je le trouve ennuyeux, très répétitif…

Metal-Eyes : Il y a tant de groupes, aussi, et les musiciens ont un tel niveau, partout dans le monde…

Miko : Oui, c’est ahurissant ! Mais où est passé le punk, ce qui éveillerait mon intérêt ?

 

Metal-Eyes : Où est la différence ?

Miko : Exactement, la différence… J’ai beaucoup de mal à trouver quelque chose d’excitant dans le metal. Gojira reste exceptionnel, selon moi, ils ont su garder leur style originel, et c’est super. Mais c’est rare…

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Cell-O pour expliquer ce qu’est Apocalyptica aujourd’hui, lequel serait-ce ?

Miko : Ce serait Cell-O, le second titre de l’album. Nous avons tous le sentiment que c’est ce titre qui représente le mieux l’album. Il est très long, 11 minutes avec des parties variées, différentes, ça change tout le temps comme un organisme vivant. Eicca a composé ce titre et il voulait faire ressortir tout ce qu’il avait en tête à ce moment-là. J’adore ce morceau qui va du silence au hurlement, de quelque chose de mélodique au thrash le plus brutal et tout ce qui va avec.

 

Metal-Eyes : Vous restez un groupe de rock, vous allez tourner, en Europe vous serez avec Sabaton. A quoi devons nous nous attendre au cours de cette tournée, et prévoyez-vous une tournée en tête d’affiche ?

Miko : La tournée avec Sabaton n’est composée que de 25 concerts, sur les 200 que nous prévoyons. Ce sera une tournée exceptionnelle parce que l’approche de Sabaton est très particulière : ce sont des gens très inspirants, pas seulement parce qu’ils sont Suédois. Ils nous ont contacté en nous disant que ce n’était pas qu’un package avec des groupes qui jouent leur set. Ce qu’ils veulent, c’est que chaque groupe joue avec les autres. Un de nos violoncellistes ira jouer avec eux, la chanteuse d’Amaranthe viendra jouer avec nous, nous irons jouer ensemble avec Sabaton. Nous avons joué Fields of Verdun, de Sabaton, nous allons créer de la musique ensemble au cours de cette tournée, ce sera vraiment un échange… Après ça, nous allons aux USA, tourner avec Lacuna Coil, puis retour en Europe à l’automne, nous ferons la tournée des festivals cet été…

 

Metal-Eyes : Il y aura donc une réelle interactivité entre les groupes… Une dernière chose : quelle pourrait être la devise d’Apocalyptica en 2020 ?

Miko : Oh, mon dieu ! C’est ta dernière question ? Je suis un batteur ! Euh….

 

Metal-Eyes : Oui, mais tu connais la différence entre un batteur et un ingé son ?

Miko : Non…

 

Metal-Eyes : Un batteur sait compter jusqu’à 4, eux s’arrêtent à 2 (ouf, ça le fait marrer)

Miko : Attends, une pour toi : tu sais pourquoi Stevie Wonder ne voit plus ses amis ?

 

Metal-Eyes : En dehors du fait qu’il soit aveugle ?

Miko : Oui… Parce qu’il est marié (rires) ! J’essaie de trouver une porte de sortie… Euh… Une devise ? Ne renonce jamais !

 

Metal-Eyes : Ok ! Le temps est écoulé alors nous allons renoncer à cette interview. Merci pour toutes ces informations, nous te retrouverons le 27 février au Zénith de Paris avec Sabaton, et avant cela, avec le nouvel album qui parait en janvier 2020

Miko : Merci à toi !

MASS HYSTERIA: Live Hellfest 2019

France, (plus que du) Metal (Verycords, 2019)

N’ayant pu assister au concert parisien de Mass ce 6 décembre à Paris à cause de la grève des transport, et n’ayant pas encore pris le temps d’en parler, sans doute est-il temps de revenir sur ce Live Hellfest 2019. Annoncé depuis 2018 comme le plus grand concert de Mass Hysteria de tous les temps, la formation de Mouss ne pouvait se permettre de ne pas immortalisé l’événement. La scène cachée derrière un énorme ride blanc flanqué du logo du groupe, le public s’impatiente et exulte lorsqu’est annoncé le nom du groupe. Reprendre mes esprit installe le quintette avant un explosif Positif à bloc sur lequel Mouss invite le public à « tournez, tournez et ramassez ceux qui tombent ». Et d’enchaîner avec World on fire, qu’il dédie « aux gilets jaunes authentiques, et pas à ces enfoirés de black blocks ».
Mass Hysteria bénéficie d’un avantageux créneau – de 22 à 23h05 – lui permettant de jouer alors que la nuit ne s’est pas totalement installée et que le public n’est pas encore tout à fait cramé. Mais cette grosse heure force le groupe à proposer une setlist qui va à l’essentiel. Tous les plus importants titres y passent. De Vae Soli à Contradiction en passant par L’enfer des Dieux (toujours dédié aux victimes du terrorisme et qui me file toujours autant le frisson) et Chiens de la casse, rien n’est laissé au hasard, certainement pas le final composé de Plus que du metal et Furia, classique certes, mais toujours aussi efficace. Les moyens techniques sont sortis pour capturer le plus de scènes possible: chaque musiciens, comme toujours au Hellfest, est au centre des images, au même titre que le public grâce à de belles plongées de Louma et des vues de la grande roue. Mouss cherche le public avec énergie. Une énergie décuplée grâce à des effets de lumière, de fumées et une pyrotechnie omniprésents. Le feu et le Hellfest, c’est une longue histoire, et à la tombée de la nuit, le rendu est encore plus impressionnant.
Si ce CD/DVD est indispensable ne serait-ce que par sa puissance de feu et parce que Mass est aujourd’hui un des meilleurs groupes français de tous les temps, le DVD propose également le concert de Mass au Hellfest en 2013 ainsi qu’un lien vers le concert de 2019 en réalité virtuelle. Une expérience unique qui attirera les plus curieux. Et comme les fêtes approchent eh bien, ce Live Hellfest 2019 constitue un cadeau idéal pour tout amateur de décibels.

LINDEMANN: F&M

Allemagne, Metal (Universal, 2019)

Quelques semaines après une tournée des stades de son autre groupe, Till Lindemann revient avec un nouvel album de Lindemann, F&M, pour Frau & Mann – Femme et Homme. Cette nouvelle collaboration avec Peter Tätgren (Pain, Hypocrisy) qui s’est chargé de toute la composition, Till se concentrant sur les textes et le chant. Pour cette seconde collaboration, le duo a opté pour le chant en allemand, ce qui, immanquablement fait penser à Rammstein. Mais pas que: les mélodies, froides et puissantes aussi. Sauf que F&M est tout sauf un nouvel album de Rammstein. Lindemann trouve, malgré des similitudes (froideur, esprit SM, imagerie malsaine – regardez le livret intérieur, superbe et décadent), son identité et son univers sonore. Et surprend, parfois, comme avec cette intro de Knebel, simple guitare sèche et voix grave sur chant populaire. Un étonnement qui apporte un peu de calme (relatif, attention à l’explosion) au milieu des Steh auf, Ich weiss es nicht ou Blut, particulièrement enjoués. Le morceau titre, fun, démarre avec des « Aïe, aïe, aïe » (sans doute pas écrits à la française…) qui laissent pensif. Ce morceau dénote cependant avec l’univers sombre que le duo met en avant, et introduit l’autre facette de cet album, piochant dans le bal musette (Ach so gern) et autre sentimentalisme romantique (Schlaf ein) avant de retrouver ce qu’on connait si bien ce ce metal mécanique avec Gummi. Une vraie réussite qu’on attend de retrouver sur scène en début d’année. Attention, la date parisienne de la Cigale est déjà complète. F&M est un beau cadeau en cette fin d’année.

HELL OF A RIDE: Nine of cups

France, Heavy rock (Autoproduction, 2019)

Prenez des cow-boys moderne, de grosses bagnoles et un esprit castagneur à la Tarantino. Vous aurez une idée de ce rock lourd et direct que nous propose Hell Of A Ride avec son second album, Nine of cups. Le groupe reprend les aventures de leurs héros déjantés. John Ringsdale, « Mad Dog », a disparu, et les Pussy Riders (!) partent à sa recherche. Sur fond de metal moderne très influencé par le gros son US actuel, HOAR parvient une nouvelle fois à créer un univers sonore puissant et enjoué, chantant et entraînant. Dès les premières mesures de Stand up, le ton est donné: de la rage et de la puissance qui, après quelques hurlements de colère, font place à une voix puissante, rauque et rugueuse. Certains titres évoquent ouvertement Sixx A.M., d’autres lorgnent plus du côté d’un punk US stylé, mais toujours HOAR vise l’efficacité. Reste un mystère: la signification de ce titre, Nine of cups, forcément lié à l’univers du tarot… Reste qu’on embarque volontiers à bord de cet amas de metal, de bruit et de fureur. Hell Of A Ride a un vrai potentiel international, alors faisons croire que le groupe est américain et bénéficie du soutien d’un gros label, voulez-vous?

LES ROCKEURS ONT DU COEUR: The Lunatiks, Missing et So More Chains live

Samedi 30 novembre la salle des fêtes de Saint Jean de Braye, commune voisine d’Orléans dans le Loiret (dans le 45 pour ceux qui préfèrent) accueillait pour la cinquième année consécutive l’association Art’Scenik, organisatrice, au profit des Resto du cœur, de la soirée Les rockeurs ont du cœur. Le principe est simple: 3 groupes sont invités à donner un concert, les sessions inter-plateaux étant animées par un musicien ou un groupe. Et pour pouvoir pénétrer en ces lieux, le tarif est un simple jouet neuf. Une bonne action pour une bonne soirée.

Ce soir sont prévus dans la salle d’une capacité de 300 places The Lunatiks (pop rock), Missing (rock) et So More Chains (metal). Dans le hall, une estrade est installée qui accueille Swing K 1000, trio de jazz manouche qui fait… swinguer le public sur des reprises de tous horizons. Une variété de genres qui attire malheureusement à peine une centaine de personnes. Doit y avoir un truc à la télé…

Avec quelques minutes de retard, Mamirock, organisatrice de la soirée et, accessoirement chanteuse de Missing, ouvre le bal avec un rapide discours remerciant le public présent puis annonçant le premier groupe, The Lunatiks, « dont le chanteur vous sera peut-être familier. On l’a vu à la télé il y a peu ».  Nous y reviendrons.

Composé de 4 jeunes musiciens, The Lunatiks propose un rock pop moderne bien que teinté du son anglais des 60’s. Clem, le chanteur, se fait remarquer par sa voix douce et puissante à la fois, et propose une vaste palette montant souvent et aisément dans les aigus. Multi facettes, il joue également de la guitare et du piano et est accompagné à la guitare du discret et concentré Aymeric, de Lauraine à la batterie et d’un nouveau bassiste qui donne ce soir son premier concert avec le groupe, Max, dont le look de dandy excentrique à la Willy Deville ne passe pas inaperçu.

Du rock à la pop, le groupe séduit un public attentif, et malgré de nombreuses relance, Clem ne parvient pas à faire vraiment se rapprocher les gens de la scène. Il s’amuse des cordons fluo des bouchons d’oreilles, seule chose qui lui permette de distinguer le public. Un léger moment de froid se fait sentir lorsqu’il demande si quelqu’un l’a vu cette année à The Voice, télé-crochet auquel il a participé. Mais non, apparemment personne, ou presque, ne l’a vu. Dommage sans doute que l’asso n’ait pas fait plus de pub autour de ça, cela aurait sans doute attiré plus de gens, plus de jeunes… Reste que The Lunatiks a donné un premier concert des plus sympathiques et fait preuve d’entrain et d’originalité dans son propos musical.

 

Avec Missing, on passe à un autre propos. Le groupe mené par Mamirock (organisatrice de la soirée, faut-il le rappeler?), femme au caractère bien trempé et d’une joyeuseté à toute épreuve, propose un set de reprises d’horizons divers. La grande force de Missing, ce sera dit, est de ne pas proposer de simples reprises mais de retravailler avec soin et humour chacun des titres proposés.  Et pour le coup, il y a bon nombre de morceaux qui forment un véritable jeu de piste, qui sont un mystère jusqu’au déclic qui fait dire: « mais oui! c’est… »

En toute vraisemblance, le groupe est là uniquement pour s’amuser. La paire de guitariste David « le sérieux » et Philippe « le gai-luron » fait des merveilles, ce derniers virevoltant parfois tel Jannick Gers, va chercher le public dans la fosse quitte à se faire rappeler à l’ordre (« Philippe, non! On joue, là » lui lance David) et revenir tel un enfant pris sur le fait (« ben quoi, j’ai rien fait… »)

Le public est plus massif pour acclamer les Shout (Tears For Fears), Billie Jean (Michael Jackson), Hush (Deep Purple) et autre Another one bites the dust (Queen). une mention spéciale sera cependant portée à cette revisitation du titre phare de Eurythmics, Sweet dreams qui voit Mamirock habitée et démoniaque, donnant une toute autre interprétation, à la fois malsaine et très sexuelle, à ce hit intemporel. Là encore, Missing nous a offert une prestation enjouée, fun et entraînante. Un groupe à découvrir ou retrouver le 14 décembre au Blue Devil’s à Orléans.

 

En troisième position, nous découvrons So More Chains, un groupe de metal à la fois thrash et moderne formé il y a deux ans à peine. Le chant est partagé entre Thomas, guitariste et principal vocaliste au chant clair et puissant et Vincent, le batteur, qui apporte quelques touches extrêmes avec des growls bien sentis.

Si les musiciens sont concentrés, chacun fait le job, seul Michael, le guitariste lead, semble se donner à fond. Il reste encore des marques à trouver. La puissance des compos originales jouées rappelle parfois les débuts des grands du thrash, Metallica en tête et j’admire Bring the hell et son intro aux sonorités égyptiennes qui m’évoque The last in line de Dio.

 

Malheureusement, le concert se déroule devant un parterre au public épars. Les jeunes parents sont rentrés coucher les enfants, certains plus expérimentés restent et observent, apprécient. Les titres s’enchaînent avec comme un sentiment de manque de motivation, et c’est bien dommage, car les musiciens envoient sévère, et l’amateur de ce style que je suis se laisse facilement emporter par les riffs puissants et efficaces proposés une bonne heure durant.

Si l’on peut regretter le fait que plus de monde aurait pu se déplacer, on ne peut que saluer l’initiative d’Art’Scenik et la générosité tant des bénévoles de l’association que du public présent et, naturellement, des musiciens venus animer cette soirée. On remet ça dans un an, Mamirock?

 

SWARM: Anathema

Metalcore, France (Autoproduction, 2019)

Après un premier album paru en 2017, Division & disharmony, les Français de Swarm reviennent avec Anathema, un second essais qui pourraient bien les faire passer dans la cour des grands. Même si metalcore n’est pas mon truc, force est de reconnaître que la rage et la puissance qui se dégagent de ce disque sont exemplaires. Après une introduction aux faux airs de Judas Priest, New sun rentre dans le vif du sujet. Les guitares grasses et speed accompagnent un chant enragé plus que simplement hurlé, même si ce dernier fait nombre d’apparitions en arrière plan. L’ensemble est, à la grâce d’une rythmique qui martèle et s’emballe, syncopé et explosif. Les références au metal et au thrash sont nombreuses. Et avec ses 7’49, ce premier titre semble résumer l’esprit de l’album. Frontiers pioche également du côté de Rage Against The Machine et du rap, avec quelques clins d’œil à Slayer. Intifada parle de lui même. Le titre est guerrier, hardcore et engagé. « J’ai vu le jour alors que nous étions frères »… Oui, le monde change, il ne semble plus n’y avoir qu’ennemis partout… D’où cette référence à l’anathème, à la sentence d’excommunication…  Swarm nous apporte ici 11 morceaux qui ne se ressemblent qu’en l’énergie qu’ils dégagent. Et même si le rythme est plus qu’enlevé, les mélodies, alternant speed et lourdeur, l’auditeur est emporté dans un univers entraînant et, somme toute, lumineux. Les jalons positifs se retrouvent un peu partout, ce qui apporte sans doute ce côté frais qui manque à tant d’autres (comme ce quatrain en français qui vient clore The deed is done. Une piste à suivre? ou, juste après cette intro de Spoutnik explorer à la guitare claire qui évoque indéniablement Metallica). Brutal, efficace et… enjoué. Une belle découverte de fin d’année, en tous les cas, une belle promesse..

HYPNO5E – A distant (dark) source

Metal, France (Pelagic records, 2019)

Avec Shores of the abstract line, paru en 2016, Hypno5e avait réussi à surprendre, séduire, étonner l’auditeur en l’emmenant dans des univers inimaginés et des sonorités envoûtantes. Trois ans plus tard, les Montpellierains reviennent avec un album tout aussi travaillé et séduisant. A distant (dark) source continue d’explorer les univers musicaux variés et intrigants et opposant brutalité pure et douceur bienveillante. Les morceaux sont longs (dépassant souvent les 10′) et pourtant le temps passe vite, chaque instant étant réfléchi pour ne pas perdre l’auditeur. Long, mais efficace, ce nouvel album s’écoute d’une traite. On remarque que, comme d’autres avant lui, Emmanuel Jessua s’éloigne peu à peu du chant purement hurlé pour se découvrir de nouvelles possibilités vocales, et le groupe y gagne vraiment en efficacité. Avec A distant (dark) source, Hypno5e devrait ainsi  parvenir à séduire un plus vaste public, qu’il retrouvera très bientôt en live. Laissez-vous emporter par ce flot de sensations uniques.