AVANTASIA live à l’Olympia (le 10 avril 2019)

Tobias Sammet ne fait jamais les choses à moitié. Ses fans le savent et il le leur rend bien avec Avantasia, projet qui lui a toujours permis plus de folie scénique que Edguy, sa formation « traditionnelle ». Un concert d’Avantasia, c’est la garantie de passer un bon moment de metal, avec toutes les couleurs musicales du genre. Du heavy à la ballade, en passant par le power ou le symphonique, il y en a pour tous les amateurs de metal mélodique. Lire la suite

Mark MORTON: Anesthetics

Metal, USA (WPP records, 2019)

Mark Morton nous en a parlé de cet album solo, Anesthetics (cf. l’interview de Mark), composé de titres qui ne rentrent pas dans le carcan de son groupe, Lamb Of God. L’écoute de ces 10 morceaux confirme en effet que le bûcheron sait aussi avoir d’autres facettes, et en nombre. Si sa dextérité guitaristique est mise en avant dès le très heavy Cross off, chanté par Chester Benington (Linkin Park),  Sworn apart se fait plus mélodique et chantant, titre sur lequel on reconnait aisément Jacoby Shaddix (Papa Roach). La première surprise vient avec le très doux et bluesy Axis chanté par Mark Lanegan (Screaming Trees, Mad Season, Queens Of The Stone Age…) au timbre si particulier, entre grave et rauque, et Myles Kennedy (Alter Bridge, Slash). Mark Morton se permet même un solo très sudiste à la ZZ Top des 70’s. Forcément, cela donne envie d’aller plus loin. La lecture des crédits indique que l’on va retrouver un peu d’énergie: Chuck Billy (Testament) s’empare du micro sur The never, speed et agressif. On retrouve Myles Kennedy avec un Self defiance plus mélodique et orienté hard rock. Blur, qui n’a rien à voir avec le groupe du même nom, voit l’arrivée du moins notoire Mark Morales, chanteur de Sons of Texas dont le dernier album a fat l’objet d’une chronique ici même, est un morceau plus sombre, aux relents stoner avec quelques influences sudistes.  L’intervention de Joss Todd (Buckcherry) marque un autre retour presque thrash avec le bien nommé Back from the dead, rapide et déterminé. La seconde surprise arrive avec la ballade blues/soul Reveal chantée par Naeemiah Maddox. Une pause qui monte en rage et en puissance avant que Mark Morton ne s’exprime enfin vocalement (en compagnie de Mark Morales) sur Imaginary days, titre puissant, hard rock et déterminé à souhait avec sa mélodie presque orientale. L’album se conclut avec  The truth is dead, titre qui démarre avec douceur, permettant d’entendre Alyssa White-Gulz sous un autre jour, plus doux et mélancolique. Cependant, le morceau s’envole et devient très trhash avec l’intervention brutale de Randy Blythe, complice de Mark au sein de Lamb Of God. Pour résumer, il est difficile d’extraire un seul morceau de cet album varié qui s’adresse à tout amateur de metal multi facettes, et chacun y trouvera son compte. Une belle réussite.

AQME: Requiem

France, Metal (At(h)ome, 2019)

Formé en 1999, Aqme nous offre un neuvième album studio avant de définitivement tirer sa révérence. Requiem est donc le chant du cygne d’un des fleurons de la scène hexagonale, un de ces groupes qui fit renaître l’espoir, baignant sa musique entre rock mélodique et brutalité directe. Il y a deux ans, pourtant, Aqme semblait vouloir, avec un album sans titre, repartir à zéro. Mais le message est clair: quand on chante dès l’introductif Entre les mains « il n’y a plus personne pour y croire », tout est dit. La rage de n’avoir pu devenir plus qu’un éternel espoir?  C’est, vous l’aurez compris, une étrange sensation que de rédiger quelques lignes au sujet de ce que l’on sait être la fin. Les titres, d’ailleurs, ne sont pas le fruit du hasard: Enfer, Un adieu, Illusion, Sous d’autres cieux… Tout est fait pour noyer l’espoir d’une possible survie.  Alternant entre groove et puissance, chant doux et enrager, Aqme signe ici ce qui sera sans doute retenu comme une de ses plus belles productions. Efficace de bout en bout, varié, ce disque sera défendu sur scène au cours d’une tournée au long cours, tournée d’adieu qui, sans nul doute, fera salle comble.

David SLAME: Follow the butterfly

Metal, France (Autoproduction, 2017)

Il est étonnant, surprenant même, de recevoir, le jour du printemps 2019, un album « copyrighté » 2017 et paru en 2018. Non seulement au regard de l’écart de dates – mais après tout, pourquoi ne pas étaler la promo sur la durée et faire vivre ce disque autant que possible? – mais également par son titre justement printanier: Follow the butterfly. Il s’agit là du troisième album du compositeur français David Slame. Si les compositions font toujours la part belle à la puissance et la mélodie, David s’éloigne quelque peu du metal symphonique des débuts pour se rapprocher d’un heavy progressif. Les orchestrations, bien que marquées par la modernité de notre millénaire et aussi souvent marquées du sceau des années 80, sont efficaces, enrobées de claviers et de chœurs judicieusement utilisés. Démarrant avec le mélodique A life in vain, constat des difficultés du musicien?, l’album continue avec un Slaves qui semble plus engagé (« We are the slaves of their system », « I feel  like a prisonner »…), tout autant qu’un Circles of pain II. Comme en d’autres moments, le morceau titre permet à David de démontrer l’étendue de sa maîtrise instrumentale et vocale. Les guitares, électriques et acoustiques, sont mise en avant avec une impressionnante technique, parfois doublée de shred et autres effets (les influences celtiques sur Freedom, ballade à mi parcours). Si Follow the butterfly souffre, malgré une mise en son efficace, d’un certain manque de profondeur (principalement dans le chant, pourtant clair et maîtrisé), il s’avère également être l’album le plus aboutit de David Slame à ce jour. Reste à franchir le cap de la séduction du public.

Interview: WELCOME X

Entretien avec Philippe (basse) et Sam Kün (chant). Propos recueillis à Paris, Hard Rock Cafe, le 22 janvier 2019

Metal-Eyes : Une question simple, directe : Welcome-X, c’est quoi ?

Philippe : C’est un groupe de rock’n’roll, à la base. C’est une idée qu’on a depuis longtemps, qui a pris forme il y a un peu plus d’un an.

Metal-Eyes : Le « on », c’est qui ?

Philippe : Sam et moi. On est les initiateurs de cette chose là.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a déclenché, pour tous les deux, l’envie de monter ce groupe ?

Philippe : On a tous les deux une grosse sensibilité pour le rock au sens large, du metal au blues, en passant par le rock des années 60. On s’est retrouvés avec des goûts communs et une volonté commune de monter ce groupe. Quand on a commencé à travailler sur les compos, il s’est avéré qu’on avait une optique complémentaire qui fonctionnait très bien. Quelque part, ça a été très facile.

Metal-Eyes : Et vous vous êtes rencontrés comment ?

Sam : Je travaillais dans les bars jazz à Paris, le caveau des oubliettes, ioù on recevait pas mal dartistes, jazz, blues. Philippe venait jammer, il y avait beaucoup de musiciens, moi, j’allais beaucoup chanter, aussi. On a fait des bœufs ensemble et on s’est dit qu’un jour, il faudrait qu’on fasse quelque chose.

Metal-Eyes : Donc vous vous êtes rencontrés via l’alcool…

Sam (il explose de rire) : C’est exactement ça ! Ouais !

Metal-Eyes : Welcome-X est composé de Welcome qui veut dire « bienvenue ». Mais le X… Quelle est la signification du nom du groupe ?

Philippe : Justement : le X représente une inconnue. Au sens mathématiques, ou au sens humain, X étant tout le monde et n’importe qui, sur la planète entière. Le Welcome-X a 2 signification, selon le point de vue : du notre, c’est ce que l’on découvre en faisant notre musique ensemble. Musique qui fini par exister d’elle-même et qui nous échappe. Donc on découvre ce qu’on est en train de faire avec un grand plaisir. Un peu comme un explorateur. « Bienvenue à ce que l’on est en train de découvrir », cette aventure qu’on est en train de vivre. D’un autre point de vue, ça signifie « bienvenue à tous ceux qui veulent participer à cette aventure », ceux qui ont la sensibilité pour écouter ça, qui ont certaines sensibilité pour y trouver du plaisir musical, à qui ça peut réchauffer le cœur, peut-être.

Sam : C’est vraiment bienvenue à tout le monde, c’est pour ça qu’on n’a pas envie d’avoir une étiquette de style : le spectre est très large.

Metal-Eyes : Moi, si j’ai une étiquette à mettre c’est « barré » (rire général). On va y revenir.

Philippe : C’est une grosse étiquette !

Sam : C’est vraiment ouvert à tout le monde…

Philippe : Et puis, il y a un petit jeu de mots : si on le découpe autrement, ça peut devenir Well, qui veut dire « bien » et Comics…

Metal-Eyes : Je découvre le groupe et ce qui est mis en avant, c’est bien évidemment ta présence, Philippe, bassiste de Magma. Vous venez de deux univers musicaux différents mais complètement barrés. Sur le papier, il y a un univers assez jazz fusion, un autre un peu plus metal. J’entends dans ton chant, Sam, quelques influences extrêmes (il approuve), d’autres à la Rage Against The Machine (il approuve aussi). Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Philippe : On a mis notre propre goût, nos goûts au sens large. On voulait que ça nous plaise, que ça nous excite à jouer cette musique. Après, je pense qu’on a chacun une culture musicale très large. En ce qui me concerne, j’écoute toutes sortes de musiques  des années 50 à aujourd’hui, et je ne me suis pas fixé de barrières dans le sens où je n’ai pas voulu, en tant que compositeur, faire une musique qui ressemble à untel ou untel. Il y a trop de choses qui me plaisent et tellement différentes que je ne voulais pas me rapprocher d’un pôle plutôt que d’un autre. Je me suis vraiment fié à mon instinct et mo goût pour élaborer la base des compositions, et ensuite, Sam a posé sa voix, ça a commencé à prendre forme. Il n’y avait pas de cahier des charges, pas d’objectif autre que ça nous plaise. Qu’on soit heureux de le faire, de le faire avec d’autres, que jour après jour on puisse se faire plaisir.

Metal-Eyes : Le premier album m’a emporté dans un univers étrange, parfois assez oppressant, parfois mélancolique… Vous ne vous fixez pas de limites, mais quelle est votre intention musicale ?

Sam : C’est ça, ce que tu viens de dire : procurer des émotions. Qu’elles soient comme ce que tu as ressenti là, mais ça peut être plein d’autres choses : le côté heureux, voyage. C’est ça, c’est ce qui nous nourris. On me dit parfois que « ça m’a fait penser à ça, j’ai telle image dans la tête »… Ca c’est cool, ça veut dire qu’on a fait notre taf, qu’on t’a emmené ailleurs

Metal-Eyes : Il y a un aspect assez osé aussi, quand on regarde la durée des titres de ce premier album… Il y a le côté fusion, progressif, un peu jazz de Magma qui explique ça, c’est beaucoup moins fréquent dans le rock. Là aussi on voit que les barrières tombent. Il n’y a aucune intention de passage sur des radios « traditionnelles »

Sam : On n’a pas pensé à ça, ni au style, ni à la durée, ni au fait qu’on puisse passer ou pas en radio. En fait, les morceaux se sont imposés d’eux-mêmes. Après, on se retrouve avec des pièces qui font telle ou telle durée, mais ce n’est pas quelque chose qu’on a cherché à contrôler.

Philippe : D’une façon assez curieuse, au départ, je n’avais pas dans l’idée de faire des morceaux longs, un peu progressifs. L’idée c’était plutôt de faire des morceaux simples, accessibles, de façon relativement instinctive, immédiate. A priori, ce serait plutôt un format assez court. En creusant, une dois que les idées apparaissent, quand on commence à manipuler ça dans tous les sens, quand les morceaux prennent forme – parce que ça ne commence pas toujours par le début, parfois, on commence par le milieu ou la fin, le début arrive après, il n’y a pas de règle en plus. Au final, on s’est retrouvés avec des morceaux longs, de 8, 9 minutes, mais c’était un peu une surprise pour moi.

Metal-Eyes : Il y a aussi ce Behold your karma qui atteint les 10’. En écoutant l’album, j’ai l’impression que vous vous faites plaisir, d’entendre un groupe « à l’ancienne » qui se retrouve en studio, qui jamme et…

Sam : C’est exactement ça, ce qu’il se passait dans les années 70. Les premiers Black Sabbath, Purple, comme quand tu es gamin et que tu te retrouves dans ton garage. C’est le même plaisir.

Philippe : C’est vraiment ce qui s’est produit parce que la musique on l’a écrite relativement vite,en 6 mois. Après, les répétitions, quand le groupe a été monté, ça s’est fait très vite, tout le monde a participé, s’est approprié la musique, a apporté sa touche – je parle des guitariste et du batteur qui sont arrivés après…

Metal-Eyes : Donc Joesph Champagnon et Thomas Coeuriot, et Yohan Serra.

Philippe : Exactement, et comem on répétait au Triton à ce moment-là, ils nous ont proposé de faire un album au mois de juillet. Moi, je n’y avait pas pensé, je me disais qu’un album, ce serait, peut-être, pour l’année prochaine. Et en fait, le studio est fermé au mois de juillet, il a été réouvert pour ça, et on s’est dit « pourquoi pas ? » On a pris le risque et en fait, c’était une très bonne idée parce qu’il y avait encore cette fraîcheur. ET on a enregistré, comme dit Sam, un peu à l’ancienne. On n’a pas fait d’abord tel instrument puis tel autre, non : on a tout fait, ensemble, pas au clic.

Sam : On était dans la même pièce, on se regardait dans les yeux. C’est très différent de ce qui se fait aujourd’hui où t’a un mec qui arrive en studio une semaine, puis c’est au tour d’un autre. On a vraiment fait les choses ensemble.

Metal-Eyes : Le bœuf, donc…

Philippe : Ca peut s’assimiler à ça, oui : on était tous les 4 dans la même pièce – on ne pouvait pas faire la voix en même temps parce qu’il aurait fallu une cabine pour isoler les voix, mais on a fait toutes les prises instrumentales d’abord et tout était plié en une semaine.

Metal-Eyes : Il y a autre chose qui m’intrigue dans votre album, ce sont les illustrations. Elles sont barrées, elles font très comics, mais le rapport avec les chansons…

Sam : SI elles sont en rapport, il y a des clés de compréhension. Il y a un rapport avec la musique et les textes.

Metal-Eyes : Il y avait un cahier des charges ?

Philippe : Non, pas du tout…

Sam : Il a écouté les chansons, il est venu nous voir en répète, c’est un ami. Je lui ai donné les clés des paroles et il a proposé des choses, des croquis…

Philippe : En fait, il a fait un peu ce que nous on fait quand on écrit, c’est-à-dire qu’il s’est imprégné de ce qu’on était en train de faire. Il est venu en studio, il est passé souvent à la maison quand on maquettait, il a passé des soirées avec nous. Quand on a commencé à répéter, il était avec nous en studio. En fait, il était là souvent et il connait les morceaux aussi bien que nous. Pour lui, ça a été assez naturel. Quand on lui a dit qu’on allait faire un album, il nous a dit qu’il voudrait bien faire les illustrations, une par chanson. J’avais envie qu’il nous le propose, et c’était génial qu’il le fasse. Chaque illustration reprend le thème de chaque chanson.

Sam : Après, c’est avec son univers graphique. On aurait demandé à quelqu’un d’autre, ç’aurait été complètement différent.

Philippe : Sur tout ce que tu peux voir, il y a eu deux trois retouches, on lui a proposé de faire ça ou ça à la place, mais c’était vraiment très peu de choses.

Metal-Eyes : Si l’un et l’autre vous ne deviez retenir qu’un seul morceau de cet album pour illustrer ce qu’est Welcome-X à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel et pourquoi ?

Philippe : C’est quasiment impossible… Parce que tout ça, c’est comme une pièce de théâtre avec différents actes : tu peux difficilement en isoler un. Après, si on voulait vraiment, je dirais peut-être Behold your karma, parce qu’il est plus long, qu’il est écrit en plusieurs parties et qu’il est peut être un peu plus riche que les autres. Et encore… Ou alors I am life qui est complètement barré, basé sur l’improvisation, avec un canevas très léger

Sam : Un côté un peu psyché, un peu barré avec, à la fin, une explosion très metal. Maintenant, je pourrais te répondre aujourd’hui telle chanson et demain telle autre…Maintenant, le Karma, c’est quelque chose qui synthétise un peu tout ce qu’on est… I am life, c’est pareil, une espèce de montée. Dans ces deux titres là, on retrouve ce qu’on est. Pareil en live, on joue des titres qui ne sont pas sur l’album, et qui sont tous très différents les uns des autres. Très difficile d’en isoler un.

Metal-Eyes : Vous nous promettez quoi, justement, sur scène ? Il faut s’attendre à quoi ?

Philippe :

Sam : Ben, moi, j’espère qu’à partir du moment où on commence, tu rentres dans notre univers, de la première à la dernière note, que tu ne penses plus à rien. Emporter dans notre milieu… Welcome-X c’est ça, t’emporter sur notre planète, puis une autre. J’espère vraiment que les gens qui viendront nous voir ne penserons qu’à ça, à rien d’autre que l’expérience qu’ils sont en train d’écouter et de voir. C’ets très théâtral rien n’est écrit. Moi, je monterais sur scène chaque fois comme si c’était le premier jour que je monte sur scène.

Metal-Eyes : Et si tu le faisais comme si c’était la dernière fois que tu montais sur scène ?

Philippe :

Sam :  Ca aussi, comme le disait le mec de Pearl Jam, c’est génial !

Metal-Eyes : Vous avez été en promo toute la journée, séparément principalement. Quelle est la question la plus surprenante, la meilleure qu’on vous ait posée aujourd’hui ? (Sam se marre…)

Philippe : La question la plus étonnante c’était : « quelle est la question que tu ne voudrais pas qu’on te pose ? » J’ai pas su répondre ?

Sam : La plus surprenante ? « Pourquoi tu ne chantes pas en français ? »… Parce que déjà, je suis bilingue. Ensuite, en français, il y a des mots pour tout dire, c’est très cru, une langue magnifique. L’anglais te permet beaucoup plus de liberté. Peut-être qu’un jour je chanterai en japonais si le langage s’y prête…

Metal-Eyes : Quelle pourriat être la devise de Welcome-X ?

Philippe : « Toujours nouveau, toujours inconnu »

Sam :  « Prendre son pied ». Ne pas se lasser, prendre des chemins qu’on ne connait pas…

Philippe : C’est vraiment ce que je ressens : j’ai l’impression que ça m’échappe, et c’ets une bonne impression. Quand c’est pas le cas, que j’ai l’impression que ça m’appartient – « c’est ma musique, mon riff, je le fais comme ci ou comme ça » – je m’en lasse très vite. Quand ce n’est pas le cas, que je le redécouvre chaque jour, c’est vachement excitant, vivant, et on garde cette envie de faire les choses en commun.

 

Interview: Mark MORTON

Entretien avec Mark Morton (guitares). Propos recueillis à Paris, Hôtel Alba Opéra le 27 février 2019

 

Metal-Eyes : Mark, tu es le guitariste de Lamb Of God, mais tu n’es pas ici pour parler de ton groupe mais de ton album « solo ». Comment se déroule cette tournée promo jusqu’à présent ?

Mark Morton : Bien ! On a réussi à caser de nombreuses interviews en peu de temps. J’ai commencé avant-hier en Suède, où j’ai passé une journée complète, je suis arrivé à Paris hier et repars demain. Je me sens honoré et très privilégié de voir qu’autant de personnes souhaitent me parler au sujet de ce projet. Jolie montre que tu as là…

Metal-Eyes : Merci ! C’est un cadeau de mon épouse.

Mark Morton : Elle a bon goût. En matière de montres en tout cas !

Metal-Eyes : Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’écouter ton album, mais il semble que tu aies commencé à travaillé sur Anesthetics il y a un bon moment. Quand l’idée de ce premier album solo a-t-elle émergé ?

Mark Morton : Je crois que les chansons ont émergé avant l’idée d’un album solo. Ce qu’il s’est passé c’est que je me suis retrouvé avec toutes ces chansons qui ne vont pas avec mon groupe habituel, Lamb Of God, et je me suis demandé ce que j’allais en faire. J’ai commencé à les travailler avec Josh Weaver, mon producteur de longue date et très bon ami, et Jake se lançait aussi dans son label, WPP Records. On a commencé à discuter de tout ce qu’il se passait et les choses se sont mises en place. C’est ce qui a lancé le process du projet Anesthetic.

Metal-Eyes : Ca remonte à quoi ? 3 ans ?

Mark Morton : En fait, les premières préproductions en studio ont eut lieu en septembre 2016.

Metal-Eyes : C’est un album qui est bourré d’invité. La première chose que l’n peut remarquer, c’est qu’il débute avec Cross off qui est chanté par Chester Benington, qui est mort en juillet 2017. Cette première place sur l’album, le fait d’ouvrir Anesthetic est-il à comprendre comme un hommage que tu lui rends.

Mark Morton : Non, j’étais presque certain que cette chanson ouvrirait l’album, de toutes les manières. Cross off, avant même l’implication de Chester, on savait que c’était une chanson particulière. Tu écris un certain nombre de chansons – et elles sont toutes sur l’album, parce qu’elles ont chacune une personnalité différente – et Cross off a cette énergie, même en instrumental, qui nous faisait dire que c’est une chanson particulière. Nous avions commencé à écrire le refrain, et quand Chester est arrivé, il a beaucoup apporté dans les textes et dans le chant, les lignes vocales. Il a vraiment apporté sa touche, et en ce sens, c’est une vraie participation. C’est un honneur d’avoir pu travailler avec lui. Je suis cependant à peu près certain qu’elle aurait été la première chanson de l’album, même si Chester était encore parmi nous.

Metal-Eyes : Tu as travaillé avec des musiciens d’horizons variés pour cet album. Comment as-tu réussi à les convaincre tous de participer ?

Mark Morton : Beaucoup d’appels téléphoniques, d’emails… Simplement en les contactant.

Metal-Eyes : Certains sont des amis…

Mark Morton : Oui, certains sont des amis, et ce fut assez facile. Quelqu’un m’a demandé plus tôt qui a été le plus facile à convaincre. C’était Randy Blythe, un de mes meilleurs amis au monde. Il se trouve qu’il est le meilleur hurleur metal au monde aussi, alors il me suffisait de lui envoyer le texte. Il y en a d’autres que je ne connaissais pas, dont j’étais simplement fan. Je voulais simplement pouvoir leur présenter ma musique, voir s’ils pouvaient être intéressés. Mark Lanigan, par exemple : c’est un de mes chanteurs préférés, je n’avais aucune idée s’il avait entendu parlé de moi, et je ne sais toujours pas s’il connait mon travail (rires)… mais il m’a fait savoir qu’il était très content du résultat, et moi aussi ! Dans certains cas, tu connais les gens et ça aide, dans d’autre, c’est juste une tentative pour voir si ça peut les intéresser, s’ils peuvent envisager une collaboration avec moi, dans d’autres cas, il s’agit d’amis, comme Jacoby Shaddix, Chuck Billy que je connais depuis un certain temps.

Metal-Eyes : Il faut, j’imagine, les approcher avec une certaine humilité pour convaincre certains musiciens de participer…

Mark Morton : Il n’a pas vraiment fallu les « convaincre », tout s’est passé dans je les appels. En matière d’humilité… Le projet en lui-même force cette humilité, le fait d’avoir l’opportunité de collaborer avec autant de musiciens de ce niveau, de me rendre compte, de prendre conscience que ces gens étaient intéressés à l’idée de travailler avec moi, c’est un véritable honneur.

Metal-Eyes : Comme je n’ai pas eu la possibilité d’écouter cet album, qu’est-ce qui le rend si différent d’un disque de Lamb Of God ?

Mark Morton : Stylistiquement, d’abord, artistiquement, les chansons dévient de ce que les gens ont l’habitude d’écouter. Je suis un des guitaristes et compositeurs de Lamb Of God qui est typiquement un groupe de thrash. Nous sommes au meilleur de notre forme créative, notre nouveau matériel est ce que nous avons fait de mieux. Il nous reste beaucoup à dire, et je suis fier de ce que nous avons fait. Mais en tant que compositeur, guitariste et musicien, je fais les choses différemment, depuis longtemps. Je me suis toujours considéré comme un guitariste de blues qui se trouve à la mauvaise période… Les guitaristes que je préfère sont des gens comme Billy Gibbons, Jimi Hendrix, Jimi Page. Je viens d’un univers très rock, blues, classic rock. Tu entendras ces fondations sur l’album, ainsi que du rock 90’s, comme le grunge. Une période assez spéciale pour le rock. Au-delà, il y a du metal ainsi que du hard rock bien fichu, un style dont je suis fan : une bonne chanson, de jolies mélodies. J’ai eu la chance de pouvoir explorer ça avec ce disque, plus qu’avec Lamb Of God, simplement parce que le genre ne s’y prête pas. Je dirais qu’au moins 80% du matériel de cet album ne pourrais jamais se trouver sur un album de Lamb Of God. J’ai pu élargir un peu mon horizon.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que certains titre auraient pu se trouver sur un album de Lamb Of God.

Mark Morton : Sans pour autant dire que c’était du matériel potentiel pour Lamb Of God, ou des résidus de travail de Lamb Of God, mais il y a certains titres de cet album que j’aurais pu, j’imagine, présenter au groupe. Mais je les ai gardés. Initialement, je n’avais pas prévu d’inclure du thrash sur cet album. Mais mon producteur m’a suggéré de le faire, parce que certains fans de Lamb Of God vont écouter Anesthetic, et voudront écouter un peu de ce qu’ils connaissent. C’est ce que nous avons fait !

Metal-Eyes : Donc, c’est une variété de genres, toujours basés sur le blues, le rock et le hard rock ?

Mark Morton : Oui, on peut le résumer ainsi.

Metal-Eyes : Justement, avec un album aussi varié, si tu devais ne retenir qu’une chanson pour expliquer ce qu’est to projet solo, laquelle serait-ce ?

Mark Morton : C’est impossible… Quand tu écouteras l’album tu comprendras : il est si diversifié qu’il est impossible de n’en extraire qu’une chanson… Il y a 3 chansons que nous avons déjà sorties, et elles représentent déjà 3 facettes de la variété : Cross off, avec Chester Benington, Truth is dead avec Randy Blythe et Alyssa White-Gulz, et Self defiance avec Myles Kennedy. Truth is dead est une chanson assez thrash, avec un refrain mélodique mais une base distinctement thrash, et je dirais que Self defiance est plus dans la lignée traditionnelle du hard rock. Ces 3 extraits sont déjà variés, mais l’album est encore plus diversifié.

Metal-Eyes : Parlons un peu de Lamb Of God : si mes compte sont corrects, vous allez vous produire pour la troisième fois au Hellfest, après 2012 et 2015 et vous serez à l’affiche, sur la main 2, le dimanche , sur une scène 100% thrash. Comment vous préparez-vous pour ce type d’évenement ?

Mark Morton : On répète… Le truc avec les festivals c’est qu’on y va et on balance la sauce. Nous n’avons pas une grosse production, pas comme dans des grandes salles où nous pouvons avoir des effets spéciaux, de la fumée, du feu, des lights, ce genre de choses. En festival, tu as les conditions du festival : tu as droit à une show très brut et direct de Lamb Of God. En général, on ne joue pas aussi longtemps qu’en tête d’affiche, on est poussé sur scène… On va frapper fort et vite, et… Voilà !

Metal-Eyes : Vous allez jouer à d’autres festivals cet été avec Slayer, qui donnera ses derniers concerts en France, en Belgique… Ce qui sera de toute façon une tournée spéciale pour eux, et nous.

Mark Morton : Je ne sais vraiment pas. J’imagine que oui. On a  tourné avec eux ces derniers 12-18 mois, on a fait une tournée en Europe avec eux en novembre et décembre– je ne crois pas que nous soyons passés en France. On s’apprête à repartir avec eux en mai en Amérique diu Nord. Je ne peux pas imaginer que nous ne soyons pas à l’affiche de festivals avec eux. Voilà le truc : je en sais même pas dans quelle ville je me trouve ce jour en particulier…

Metal-Eyes : Surtout quand la ville est un village de province…

Mark Morton : En plus, oui ! On va se recroiser, j’en suis sûr. Slayer nous a invités sur plusieurs parties de cette tournée d’adieux, et c’est un honneur pour nous d’en faire partie.

Metal-Eyes : Revenons à ton projet solo : il y a tant d’invités qu’il semble difficile de présenter ce projet sur scène. As-tu quelque chose de prévu en ce sens ?

Mark Morton : Oui, nous commençons une tournée américaine en mars

Metal-Eyes : Et combien serez-vous sur scène ?

Mark Morton : Juste un groupe, un groupe live avec Mark Morales qui sera mon chanteur live, ainsi que d’autres musiciens pour cette tournée.

Metal-Eyes : L’Europe sera au programme ?

Mark Morton : Pas encore, mais j’adorerais pouvoir venir. L’année prochaine  sans doute. Ça dépend aussi de comment l’album sera reçu.

Metal-Eyes : Tu as été en promotion ici, à Paris, tout cela journée. Jusqu’à maintenant, quelle a été la meilleure question qu’on t’a posée, la plus étonnante ?

Mark Morton : C’était hier, en fait, puisque j’étais ici aussi. Une jeune femme m’a interrogé  sur la mode, ce qui m’a semblé à propos puisque nous sommes ici à Paris, en France, pays de la mode. N’importe quelle personne qui passe 5 minutes avec moi sait que la mode n’est pas mon truc (rires). Ça m’a un peu surpris qu’elle me pose cette question. J’apprécie de regarder la mode, mais je ne m’y plie pas. Je porte les mêmes vêtements tous les jours (rires).

Metal-Eyes : Ben… Ne parlons pas de ça !

Mark Morton (il explose de rire) : je les lave quand même tous les quelque jours !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être ta devise en 2019 ? En tant que Mark Morton, pas Lamb Of God…

Mark Morton (il réfléchit) : « Rester serin ». Il se passe  beaucoup de choses pour moi, beaucoup de voyages, de musique, ce chemin, cette carrière musicale qui est la mienne bouge très rapidement. J’en suis au stade de ma vie où je profite du moment présent, et j’apprécie la vie pour ce qu’elle est. Il va se passer beaucoup de choses cette année, on va beaucoup jouer, rencontrer plein de gens dans des endroits différents et je ferais de mon mieux pour rester serin.

Metal-Eyes : Ceci m’évoque quelque chose qui s’est passé avec un autre groupe américain pour lequel nous avions reçu des consignes : y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder en interview ?

Mark Morton : Ben… S’ils font surface, je te le ferais savoir. Je n’empêche personne de m’interroger, même s’il y a des sujets plus délicats à traiter…

Metal-Eyes : Comme la situation politique actuelle aux USA ?

Mark Morton : Oh, on peut en parler si tu veux. Bien sûr, on peut en parler ! Que veux-tu savoir ?

Metal-Eyes : Quelle est ton opinion au sujet de la politique américaine actuelle ?

Mark Morton : C’est une question complexe. Je pense que le système politique américain se trouve à la croisée des chemins, il est en train de se réinitialiser, d’une certaine manière. Ce process va être douloureux, et pas forcément joli à voir. J’aimerai croire que, plus tard, lorsqu’on pensera à ce que nous traversons actuellement en tant que nation, on verra une douleur grandissante, forçant les gens à devoir choisir, repenser la manière dont nous élisons nos candidats. C’est comme un serpent qui mue : un procédé sans doute douloureux pour l’animal, mais cela lui permet de grandir, de devenir meilleur qu’il n’est.

Metal-Eyes : On vit un peu la même chose en France…

Mark Morton : Oui, c’est assez moche partout, n’est-ce pas ?

 

MASS HYSTERIA live à Blois (le 28 février au Chato d’O)

Mass Hysteria, live, c’est toujours explosif. Pas étonnant que les fans soient surnommés « les Furieuses et les Furieux ». Et cela semble une telle évidence pour qui a déjà assisté à un show des parisiens… Même si on se frotte les mains à l’idée de retrouver Mouss et sa bande en juin au Hellfest, comment rater le passage des 5 à Blois, à côté de chez moi, hein? Petite mise en jambes pré-estivale qui permet de prendre la température.

Prévu à 20h30, le groupe de première partie m’est, comme à beaucoup d’autres semble-t-il, inconnu. Sbrbs – pour « suburbs », les voyelles en moins comme vous l’aurez compris – est un trio breton basé à Rennes. Musicalement, le groupe surprend dès le départ car il est à l’opposé de ce que propose la tête d’affiche: un rock doux et léger. Le public reste quelque peu à l’écart de la scène, en observation, et approuve poliment ce qu’il entend.

Si Sbrbs est « tout petit », la chanteuse est à l’aise malgré un trac palpable. Ce qui ne l’empêche nullement d’aller chercher le public, de le remercier ou de lui raconter son histoire. Celle quand, habitant chez ses grands parents, elle trouve des CD dans une boite, parmi lesquels Master of puppets, Gojira, Lofofora et… Contradiction de Mass Hysteria. « Et maintenant on est là! » Le trio, après ce petit speach, propose un final de deux titres plus brutaux, plus foncièrement rock et rentre-dedans avant de quitter la scène, tout sourires. Une mise en bouche étonnante et néanmoins sympathique.

 

Le staff s’active pour le changement de plateau cependant que le public comble le vide et s’amasse devant la scène. Les « ego risers », ces estrades sur lesquelles les Mass Hysteria aiment se positionner tout au long de leurs prestations, sont placés derrière les retours. C’est une scène sobre qu’investissent les 5 musiciens à 22h – eh, oui, nous sommes en province, à l’écart des habitations. On joue un peu plus tard, ici! Et les gaillards attaquent fort, avec un Reprendre mes esprits qui dynamite le public. Mouss, qui a naturellement salué « les Furieux et les Furieuses », arpente la scène de long en large, Yann est toujours aussi concentré et agresse son instrument pour le moment encore caché sous la capuche de son sweat (il ne tardera pas, tout comme Mouss, à s’en défaire, tant la chaleur monte).

Les (2) photographes sont mis à l’épreuve, la scène baignée de lumières bleues et rouges – tout ce qu’on n’aime pas – et les musiciens étant haut perchés obligeant les dos, nuques et épaules à forcer dans des positions contraintes inhabituelles. Mais on fait avec et on s’adapte. Fin de parenthèse.

Après Vae soli!, le chanteur offre une bière à un spectateur puis va en chercher plusieurs qu’il distribue tout en remerciant le public d’être aussi nombreux. « Vous êtes vraiment des Furieux pour venir ici un jeudi soir! » Une somme de détails suit, et Mass Hysteria nous offre un défilé de classiques mêlés à ses plus récents morceaux extraits de Maniac, dernier album en date (Reprendre mes esprits, Chaman acide, Se brûler sûrement, Arômes complexes).

Mouss est en forme, comme toujours, et offre quelques saillies à la politique actuelle (Chaman acide est « une spéciale dédicace à Trump, Macron et tous les cons qui nous gouvernent », tandis que Positif à bloc est sujet à faire un mini Hellfest avec un mini circle pit (dans une salle de 600 personnes, c’est un peu le rayon d’un compas de collégien!). Après Se brûler sûrement, Mouss interpelle avec le sourire le chef plateau, lui réclamant des bières: « Faut dire, j’ai tout distribué sur les premiers titres. Le con, il donne tout dès le premier morceau! Maintenant j’en ai plus! » L’enfer des dieux est quant à lui dédié « à tous ceux qui sont partis trop tôt parce qu’ils étaient libres ».

Ne faisant pas comme tout le monde, Mass place un de ses nouveaux titres au cours du rappel (Arômes complexes) suivi de l’incontournable Plus que du metal. Le public qui a encore de l’énergie à revendre continue de sauter sur Donnez vous la peine et Furia qui vient conclure un concert, le quatrième passage de Mass Hysteria dans cette salle depuis les débuts du groupe, qui n’est qu’une mise en bouche: vivement que l’on retrouve Mass Hysteria au Hellfest,  pour une journée du vendredi 100% metal français, avant de retourner le Zénith de Paris le 6 décembre prochain. En attendant, Mass continue de sillonner la France, il y en aura donc pour tout le monde, dont une « Nuit de l’enfer » qui viendra cloturer le Warm-up Hellfest le 30 avril prochain au Zénith de Nantes.

 

Merci à Verycords d’avoir rendu ce report possible.

 

ROYAL TUSK: Tusk II

Canada, Metal (eOne, 2018)

Certains albums arrivent en décallage et profitent d’une opportunité pour se dévoiler au grand jour. C’est le cas de ce Tusk II, second album des Canadiens de Royal Tusk qui vont bientôt tourner en Europe en première partie de leurs compatriotes de Monster Truck. Car Tusk II est déjà sorti en Amérique du Nord il y a quelque temps, et eOne se décide enfin à nous le proposer. « Enfin », car le groupe présente de nombreux atouts pour séduire un large public: des rythmes explosifs, une approche du metal très actuelle, une voix forgée à coup de clopes et papier de verre… Les First time, Aftermath, Reflection et autres Freedom ou Long shot évoquent tout autant Soundgarden ou Mudhoney que les plus récents Avenged Sevenfold, par exemple, et reflètent aussi l’esprit d’une certaine vague punk US des années 90. C’est à la fois rugueux et entraînant, très musical – la recherche du beat efficace et du refrain qui fait mouche – et authentique. Alors pour ceux qui le pourront, rendez-vous les 10 et 11 mai à l’Empreinte de Savigny le Temple et au Forum de Vauréal, ça risque d’être une jolie fête ! Pour les autres, vous voulez un bain d’une chaleureuse fraîcheur? Foncez découvrir Royal Tusk!

PARAD1GM

France, Metal (Autoproduction, 2019) – Sortie le8 mars 2019

Parlez d’un « super-groupe » à la française! Parad1gm, formé en 2015, réuni sous le commandement de Farès (chant), AlukardX (guitares) et Julien (batterie), tous 3 ex-membres de Spirited, Matthieu, ex-Conscience aus claviers et un certain Betov, roi de la 6 cordes (ou7) au sein du fleuron incontournable ADX qui prend ici la charge de la basse. Et le résultat est à la hauteur des promesses: du metal progressif teinté d’électro et d’indus. L’esprit de Rammstein plane au dessus de l’ovni Qalbik, celui de Pink Floyd au dessus de From the other side. La presque noirceur de Burried, augmentée par les touches électro  évoque également le côté sombre d’un Paradise Lost des grands jours. Les envolées de guitares , les rythmiques déterminées, les ambiances à la fois aériennes et mélancoliques, le chant rageur et profond fond de ce disque une découverte plus qu’agréable. Un groupe à découvrir, suivre et soutenir.

DIRTY SHIRT: Letchology

Roumanie, Metal (Apathia, 2019) – sortie le 8 mars

Si la scène rock roumaine reste assez méconnue en nos contrée, la donne risque bien de changer avec cette déflagration, cette folie douce ou furieuse, que nous apporte Dirty Shirt qui signe, avec Letchology, son dixième album. Et ça va dans tous les sens, une fête généralisée qui vire au joyeux bordel très organisé. La formation qualifie elle même sa musique de folk metal, sur fond de hardcore et d’une touche de punk. Mais si Dirty Shirt vient de Transylvanie, ne vous attendez pas à du folklore horrifique qui évoquerait Dracula. Bien au contraire, le groupe sait être à la fois sérieux lorsqu’il aborde des thèmes politiques – les morceaux les plus hardcore sont les plus engagés (Fake, Nem loptam…) – mais conserve surtout l’esprit slave, festif et coloré du folklore local (Latcho drown, Palinca, et les dingueries que sont Killing spree et Starea najiei). Les guitares se battent avec les accordéons, flûtes à bec et traversière. Les gars se sont mis à plus de 20 pour réaliser ce disque de… dingues qui part et fuse en tous sens. Une folie douce s’empare de la Roumanie et risque fort de déferler sur l’Europe. A ne pas rater!