PROPHETS OF RAGE live à l’Olympia le 8 aôut 2019 (avec Nova Twins)

C’est un concert exceptionnel à plus d’un titre auquel je me rends ce soir: 1/Prophets Of Rage revient en France sans grosse campagne de com’, et 2/ un concert de cette envergure en plain mois d’août, c’est rare! Et franchement, en cette période estivale, seconde semaine du mois où Paris est la plus vide de l’année, ben… l’Olympia est complet ou presque.

Après un petit moment de doute (les photographes accrédités ne seront pas autorisées à rester après les 3 premiers titres de POR) vite réglé par l’ami Roger, nous découvrons les Anglaises de Nova Twins qui avaient  déjà ouvert pour Prophets au Zénith de Paris il y a moins de 2 ans, le 10 novembre 2017 et qui se sont fait remarquer lors de leur passage au dernier Hellfest, jouant tôt face à plus de 20.000 spectateurs. D’autres les auront déjà vues en 2017 au Zénith de Paris en ouverture de… Prophets Of Rage. Seraient-elles devenues, en quelque sorte, les protégées des Américains? Et si j’ai pu apprécié la surprenante courtoisie et gentillesse des deux jeunes femmes qui se réclament, entre autre, du punk au cours d’une interview deux heures plus tôt (à découvrir bientôt), je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter leur musique.

Georgia South (basse) et Amy Love (chant et guitare), accompagnées d’un discret batteur, montent sur scène habillées d’une improbable tenue vert fluo. Concentrées au départ, les filles proposent un rock électro groovy à la fois dansant et hargneux. Un style qui emprunte autant au funk qu’au rock, au heavy ou au punk. Indéfinnissable, la musique de Nova Twins est à l’image de ses musiciennes: un ovni indéfinissable.

 

Annoncés à 20h50, Prophets Of Rage ne démarre finalement son concert que 15 bonnes minutes plus tard. Et c’est DJ Lord (Public Enemy) qui se charge de chauffer le public avec un set… de DJ rappant et scratchant sur divers airs du metal ou US et populaires (de l’hymne américain à Slayer en passant par La marche impériale de Star Wars). Mais que cette intro est longue! 20 bonnes minutes qui finissent par lasser et laisser penser que le groupe ne fait que rogner sur le vrai temps de jeu. Car le public attend tout un groupe, et certains commencent à siffler cette trop longue prestation.

Enfin, la salle est replongée dans le noir pour accueillir Prophet Of Rage dont les musiciens se postent devant la scène, poing levé à la manière de Tommie Smith et John Carlos. Mais personne, ce soir, ne disqualifiera B-Real (Cypress Hill, en survêtement, comme à la maison…), Chuck D (Public Enemy), Tom Morello et Tim Commerford (Rage Against The Machine, Audioslave). Puis la machine se met en branle et les gaillards s’énervent, font sauter un Olympia qui se transforme rapidement en un gigantesque trampoline tant le sol bouge et rebondit.

Si le groupe avait retourné le Zénith deux ans auparavant, il est sur le point de faire de même ce soir. L’efficacité de la setlist imparable fait son oeuvre. Setlist sont on pourra simplement remarquer que 8 titres au minimum sont identiques à celle d’il y a deux ans (dans le désordre: Testify, Living on the 110, Fight the power, Unfuck the world, Guerilla radio, Know your enemy…).

La recette est efficace, un medley en milieu de set permet de caser d’autres titres… Un gimmick que l’on retrouve parmi d’autres comme ce message plaqué derrière la guitare de Morello (pour la France c’est « Soutenir les gilets jaunes », pour les autres pays, ce sera quoi?) L’énergie est présente, l’entente entre musiciens parfaite. On ne regrettera finalement que ce manque de communication avec le public, communication qui aurait pu transformer cette soirée en communion. Mais on ne chipotera pas plus loin, tant ce concert fut explosif de bout en bout.

Le groupe prend congé sur l’indispensable Killing in the name of (bon sang, que c’est encore d’une cruelle actualité!) avant de revenir pour un unique rappel avec le non moins incontournable Bombtrack. Prophets Of Rage n’est pas prêt à dire son dernier mot, c’est une évidence!

 

Merci à Gérard Drout Production et à Roger Wessier (Replica promotion) d’avoir rendu ce report possible

HERRSCHAFT: Le festin du lion

France, Metal indus (Les noires productions, 2019)

OK, dès Technosatan, le message, pour celui qui, comme moi, découvre le groupe, semble clair: les Français de Herrschaft pratiquent un metal électro et industriel violent, brutal et direct. Marylin Manson, Ministry, Rob Zombie et consorts n’ont qu’à bien se tenir… La prod est soignée, le rythme est épileptique. Impossible de ne pas imaginer qu’un morceau pareil ne fasse pas fureur dans une boite de nuit! Les dix titres de ce Le festin du lion font preuve d’une rage non contenue – le chant hargneux de Max est parfois effrayant, les machines bastonnent à tous les étages et les guitares de Zoé H. charcutent genre boucherie héroïque. Heureusement, pour atténuer cette furie, le groupe s’accorde, pardon, nous accorde quelques moments de rare répit, afin de nous laisser souffler. On sent que le groupe sait où il va, et ce quatrième album démontre aussi qu’il sait comment y aller. Le festin du lion est un album puissant à conseiller à tous les amateurs de metal indus et electro surpuissant. Une vraie baffe dont Zoé vous dira tout ce qu’il en pense dans une interview que vous découvrirez très prochainement.

JIRFIYA: Wait for dawn

France, Metal (Ep, autoproduction, 2019)

Sur fond de guitares furieuses et d’un partage vocal masculin (Jérôme Thellier, également guitariste et co-fondateur) et féminin (Ingrid Denis, co-fondatrice) Jirfiya, quatuor hexagonal, nous invite, avec ce premier Ep, Wait for dawn, dans son univers sonore qui explore aussi bien des tonalités orientales (The report card), la fureur metal pure et dure, s’engage également sur les terres progressives (Under control) . La rage vocale de Jérome Thellier, également membre de Born From Lie (ainsi que le bassiste Patrick Davoury) apporte une touche extrême contrebalancée par la douceur de celle d’Ingrid. Le propos est diversifié (To be saved est aussi speed et furieux que mélodique, suivi de son opposé, la ballade A part of light, titre qui monte en puissance et en hargne sur sa seconde partie). Waiting for your fall, qui clôt ce premier essai, est un parfait mix de tout ce que Jirfiya a présenté. Ingrid en profite même pour présenter une facette vocale bien plus hargneuse… En 5 morceaux, les Français démontre l’étendue de leurs influence et prouvent un réel savoir faire, doté d’une vraie personnalité.

Interview: IRON BASTARDS

Interview IRON BASTARDS. Entretien avec David (guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 11 juin 2019

 

Metal-Eyes : J’imagine qu’on a dû vous poser de nombreuses fois cette question, mais commençons par le début : peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

David : Iron Bastards est né en 2013 à Strasbourg. A la base c’est une formation qui existait sous le nom de No Class qui faisait exclusivement des reprises de Motörhead. A un moment, on a décidé de passer à la composition et de changer le nom du groupe. On a sorti trois albums, dont le dernier qui s’appelle Coppa Cadabra, qui vient de sortir. Les deux premiers sont sortis en 2015 et 2016.

Metal-Eyes : Elle est comment la scène strasbourgeoise ?

David : Elle est cool, vraiment. Enfin… ça veut tout dire et rien dire. Elle est assez émergente et vivante. Il y a un bon renouvellement en termes de groupes.

Metal-Eyes : Vous vous situez comment sur cette scène strasbourgeoise ?

David : Sur Strasbourg, on est plutôt bien placés en termes de notoriété.

Metal-Eyes : Vous avez tourné avec pas mal de groupes, dont Phil Campbell. Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours ?

David : Tout d’abord, la sortie de notre premier album ; là, on a décidé de mettre les bouchées doubles, faire plus de scène et de concerts. Ensuite, on a joué au Hellfest – au Metal Corner. C’est très impressionnant. En 2017, toujours, notre tournée de 3 mois en Angleterre, et en 2018, année de création du dernier album.

Metal-Eyes : Iron Bastards, ça ressemble à un mélange de Iron Fist et Bastards, deux albums de Motörhead…

David : ça ne vient pas de là… On a choisi ce nom parce que « bâtard », je le considère vraiment comme notre style musical : on mélange diverses influences. Une musique bâtarde par le mélange de beaucoup de genres, tout en restant rock n roll. Et Iron, pour le côté amical de la chose…On est trois amis avec des liens très forts, fraternels. Bien sûr, ça nous a effleuré l’esprit, ces deux albums, mais le nom du groupe ne vient pas de là.

Metal-Eyes : Comment définirais-tu la musique de Iron Bastards pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

David : Ben, je dirais que c’est du « Motörhead plus plus », dans le sens où…

Metal-Eyes : ça fait pas frime du tout ça !

David (il rit) : Non, non ! Je ne voulais pas le dire dans ce sens là ! Mais plus en termes d’enrichissement et de développement. Certes, c’est clair, on est vraiment influencés par Motörhead, mais on a réussi à enrichir cette influence par d’autres influences.

Metal-Eyes : Quelles sont-elles justement ?

David : On peut citer des groupes comme Black Sabbath, Deep Purple, Iron Maiden, Thin Lizzy, Ted Nugent, même du rock progressif, psychédélique…

Metal-Eyes : Tu portes d’ailleurs un T-Shirt Pink Floyd… Il y a quand même une forte influence du rock des années 70 dans votre musique.

David : Oui, on va dire que c’est la tranche de rock n roll qui reste la plus présente dans notre musique. Après, je ne te cache Pas que je suis un gros fan de Van Halen, ou même de ce qui se fait actuellement, avec des groupes comme Horizon

Metal-Eyes : Vous êtes influencés par cette scène, et aujourd’hui, il y a un vrai revival de la scène des 70’s.

David : Oui, mais on arrive à le réinterpréter. A se le réapproprier aussi. Dans le sens où on adapte des motifs musicaux des années 70 de façon moderne. On les retravaille, les réarrange à notre sauce, selon nos envies. On n’essaie pas de faire un copier-coller, on cherche aussi notre propre identité musicale là-dedans.

Metal-Eyes : Ce qui se ressent à l’écoute de l’album. On ressent bien vos influences, mais il y a cette personnalité qui vous est propre.

David : Oui, c’est ça. Si j’ai envie de composer un truc à la Motörhead, ben… Je préfère directement écouter du Motörhead ! Ou faire de la reprise. Après, je peux composer un morceau dans cet esprit, ça ne me dérange pas, mais je préfère développer mon propre esprit, la manière dont je pourrais interpréter ma musique.

Metal-Eyes : Justement, quelle est ton éducation musicale ?

David : A la base, je viens du blues et de la country. Après, je me suis orienté vers le metal. J’ai aussi fait la NAI, lécole de musique à Nancy où j’ai pu étudier d’autres genres musicaux, tels que la fusion et le jazz, par exemple. Toutes ces influences s’assemblent, se sont intégrées dans la musique d’Iron Bastards. Même si on les entend peu, elles sont bien présentes.

Metal-Eyes : Comment en es-tu venu à la guitare ?

David : Euh… En écoutant Motörhead, tout simplement. Je suis fan depuis que je suis tout petit, depuis que j’ai découvert l’album Ace of spades. Je t’avoue que j’aime beaucoup aussi la période avec Robertson, Another perfect day.

Metal-Eyes : Une courte période, et un album qu’on redécouvre aujourd’hui.

David : Oui, un excellent album. Je n’ai pas de préférence particulière pour les albums, à par ceux qui se sont fait avant les années 90. Après, j’ai un peu plus de mal, mais des albums comme Motorizer, et ce qui s’est fait récemment, je les trouve excellent. A partir de Inferno, c’est excellent.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un morceau de votre troisième album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Iron Bastards, ce serait lequel ?

David : Je pense Speed machine. Les harmonies au niveau des guitares, la puissance et l’agressivité du morceau, qui reste très rentre dedans mais avec cet enrichissement en termes d’harmonie. Il est assez représentatif de cet album. Il réunit tout ce qu’on a pu faire depuis les débuts du groupe.

Metal-Eyes : Et tu me dirais quoi pour me convaincre de courir acheter l’album, tu me dirais quoi ?

David : Euh… Comment je pourrais expliquer ça ? Ecoutes : si tu as envie de musique rentre dedans avec des parties musicales un peu plus complexes, vas-y, lâche-toi, vas acheter notre album  (rires)! Après, c’est un peu difficile pour moi de convaincre quelqu’un d’aller l’acheter… Si tu es à la recherche d’agressivité, d’harmonies et de groove, vient écouter notre musique.

Metal-Eyes : Vous êtes 3 dans le groupe, comment vous travaillez ? A l’ancienne ou chacun envoie ses fichiers ?

David : A l’ancienne. Cet album a été enregistré en live. On n’a pas enregistré chaque instrument séparément, tout a été fait en live. Après, il y a les arrangements, les guitares et les voix qui ont été rajoutées. Normal, quand tu veux faire des arrangements… La base a été enregistrée en live. En termes de composition, il n’y a rien de standard. C’est plus ce que l’on se propose, ce qui nous parle. David vient me voir, me disant qu’en ce moment il écoute ça, qu’il ferait bien un truc dans le genre. Moi, j’ai comme une banque de riffs, que j’ai en stock et que j’alimente dès que j’ai une idée. Parfois, je pioche dedans, mais la plupart du temps, ça vient de jams : on arrive en répète, on balance un truc et les autres suivent, Anthony (batterie) balance un rythme et on y va !

Metal-Eyes : J’ai quand même besoin d’avoir la photo du groupe sous les yeux pour me repérer, même si vous n’êtes que trois. Il y a deux David… ça n’aurait pas été plus pratique d’en choisir un troisième ?

David (rires) : C’est vrai que ça aurait été plus pratique, mais quand même, on va abuser. On se serait appelés Iron Davids !

Metal-Eyes : En 2019, quelle pourrait être la devise d’Iron Bastards ?

David : La devise ? Faire la musique qui te plait, en gros… « Fais ce qui te plait avec authenticité et sincérité ».

Metal-Eyes : EN dehors du groupe, justement, tu aimes faire quoi avec authenticité et simplicité ?

David : J’aime jouer d’autres instruments : du lap steel, du banjo, ma vie est principalement axée autour de la musique. Mais j’adore aussi faire de la randonnée, je suis un gros passionné d’histoire, principalement l’histoire de la religion… Je m’intéresse à pas ma de choses.

Metal-Eyes : Ces instruments dont tu parles, il y a possibilité de les retrouver au sein du groupe ?

David : Non. Pas aujourd’hui. Peut-être plus tard, mais pour l’instant, je n’ai pas eu la chance de pouvoir intégrer de la mandoline dans Iron Bastards… Je pourrais faire une petite intro, un interlude, mais je ne me considère pas assez expérimenté pour pouvoir apporter cette touche là dans notre musique.

Metal-Eyes : Je n’ai pas eu le temps de me plonger dans les textes. De quoi parlez-vous ?

David : Principalement des aventures qui nous arrivent sur la route, très rock n roll, quoi ! Ensuite, des choses plus personnelles qui arrivent à David, qui écrit les paroles. Son ressenti, sa situation. Il a un espèce de filtre sur la société, te c’est la troisième façon dont un texte peut être écrit, un aspect un peu plus politisé.

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes que vous souhaitez ne pas aborder parce que ça ne colle pas avec l’image d’Iron Bastards ?

David : Je dirais les thèmes un peu trop “idéalisés”, genre sorciers, chasseurs de dragons… Ca ne me branche pas du tout en termes de rock n roll. Peut-être dans un autre registre, mais il y a des thèmes qui ne sont pas appropriés, adéquats pour notre musique. Bien sûr qu’on peut parler d’amour dans le rock, mais il faut que, pour notre musique, ça reste très spontané, très instinctif. Si on parle d’amour, ce serait de la manière la plus spontanée. Réaliste. Oui, « réaliste », c’est le mot exact. On n’essaie pas de faire de la musique trop idéalisée comme ça peut être le cas dans le rock progressif, on cherche à rester proches de la réalité, à la retranscrire telle qu’on l’interprète, via la musique.

Metal-Eyes : Un groupe de rock, c’est fait pour être sur scène. Il y a des dates prévues en dehors de votre région ?

David : On joue beaucoup en Allemagne, on aurait voulu l’Espagne. En France, on est toujours à la recherche de dates. Qu’est-ce qu’on a, On joue pas mal dans le Nord, on va jouer dans le Jura ; On peut trouver les dates sur notre Facebook, tu tapes le nom du groupe. Je t’avoue que jouer en Allemagne, c’est plus facile pour nous, les dates qu’on nous propose en Allemagne sont plus proches que celles qu’on nous propose en France…

Metal-Eyes : Vous avez une vidéo qui tourne en ce moment pour Days of rage où on vous voit tous les trois tourner autour d’un canapé, genre chaises musicales. Mais ce n’est pas ce qui est intéressant, c’est le contenu, avec toutes ces images de violences à travers l’histoire et la planète. C’est un autre constat de société, qui sous-entend que rien n’a changé

David : C’est ça, on a voulu mettre en avant les gros parallèles de l’histoire, et faire des liens avec ce qu’il se passait et certains mouvements contestataires qu’on retrouve de nouveau aujourd’hui. Et qu’on retrouvera aussi demain. Il y a des similitudes à différentes époques.

Metal-Eyes : Merci David, je vous souhaite bonne chance avec ce nouveau disque.

David : merci à toi… C’est vrai… J’ai repensé au “Motörhead plus plus”, c’est vrai que ça fait vachement péteux (rires)

Metal-Eyes : Mais, c’est bien, je vais le garder.

David : ok, ok (rires)

 

WILD MIGHTY FREAKS: Rhythm ‘n blood

France, Metal (Bemavo records, 2019)

Wild Mighty Freaks parlera sans doutes aux plus fidèles d’entre vous qui ont découvert ce groupe déjanté en 2017 avec son premier Ep, Guns n’cookies. Si les guitares furieuses sont toujours, sur ce premier album, Rhythm ‘n blood, présentes, au même titre que les inspirations rap/hip hop, les Franciliens font un pas en avant de plus en incluant d’autres sonorités, plus dance, électro et lorgnent même du côté du metal extrême et de toute la fureur qu’on peut y trouver. Dix titres variés, avec des arrangements parfois contre nature mais qui marchent! Body Count n’est pas loin, même si WMF se démarque de cette illustre comparaisons avec un look complètement déjanté qui promet un show haut en couleurs. On rêverait presque d’un festival regroupant tous ces groupes français qui développent le visuel autant que le propose musical. Remarquons enfin que le groupe a trouver une solution au gros écueil de sa précédente production: Crazy Joe a su travailler son anglais, et même si son accent reste perfectible, ses mots sont déjà plus compréhensibles. Et la prod sait mettre sa voix en valeur. Une vraie progression qui mérite qu’on se penche sur ces freaks là.

LOADED GUN: First round

France, Heavy metal (Autoproduction, 2019)

Euh…. comment dire? Comment aborder cet album qui veut nous replonger au coeur du hair metal insolent et déjanté des années 80? Comment dire que les Français de Loaded Gun nous font part de leur nostalgie des frasques des Mötley Crüe, Gun’s n Roses, Cinderella, Ratt et autres Poison? Le riff assuré, les guitares volontaires, les thèmes purement sexuels, tout, de Stay on me à Last bullet, en passant par Bitch (pas celui des Stones repris récemment par The Dead Daisies, non..) à Dirty night pourrait séduire l’auditeur si ce n’est ce chant dont je ne comprends pas un traître mot. Le chant yaourt ne passe pas le cap de mes oreilles… Et là, oui, on est bien de retour dans la France des 80’s qui faisait écrire à Martin Popoff  dans son Collector’s guide to heavy metal volune 2: « Que quelqu’un frappe ces gars avec leurs bérets » (chronique de l’album Never too late de de Stators, p. 337)…  Encore une fois, groupes français: si vous décidez de chanter en anglais, respectez vos auditeurs anglophones. Perso… Je passe.

Interview: SIDILARSEN

Interview SIDILARSEN. Entretien avec Benjamin « Vyber » (guitare, chant) et David  « Didou » (chant) Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra à Paris, le 10 avril 2019

Metal-Eyes : Commençons par un saut en arrière puisque vous avez rencontré un franc succès avec votre précédent album, Dancefloor bastards, cycle qui s’est conclu par un album/DVD live qui a été enregistré chez vous, au Bikini de Toulouse. Quel regard portez-vous sur ces trois dernières années ?

Didou: Des années très riches…

Metal-Eyes : Elles vous ont vus voyager, aller en Russie, notamment.

Vyber: Elles nous ont permis de franchir des étapes importantes : le Hellfest, le DVD, comme tu disais qui célèbre nos 20 ans de carrière, et aussi la Russie, avec la découverte de la portée musicale… Une émotion particulière…

Metal-Eyes : Tu parles de « portée musicale » ; vous l’avez vécu comment ce voyage ?

Vyber: Il y avait vraiment un accueil chaleureux, extrêmement franc et direct, alors qu’on se demandait comment on allait être perçus parce qu’on chante en français… Et en fait ça a largement dépassé les barrières, c’était très fraternel avec le public.

Metal-Eyes : Comme quoi, un groupe français qui chante en français peut rencontrer le public à l’étranger… Je crois qu’il y a des Allemands qui l’ont prouvé dans leur langue mais je ne sais plus trop qui…

Didou: On se base beaucoup sur cet exemple…

Metal-Eyes : C’est aussi, je pense, une question de se donner les moyens, de prendre des risques (ils acquiescent tous les deux) plutôt que de se cantonner à jouer le week end, avec des boulots à côté parce qu’il faut aussi se nourrir. Vous allez y retourner ?

Didou: On espère, c’est même probable… C’est une belle histoire.

Metal-Eyes : Venons en au présent : On va tous crever – enfin, ça c’est l’avenir, c’est une évidence… Que s’est-il passé ? Vous êtes passés d’une certaine joie de vivre avec Dancefloor bastards à un côté beaucoup plus sombre et brutal sur ce nouvel album…

Vyber: En fait, il y avait déjà du sombre sur Dancefloor, et on avait envie d’exploiter cet aspect là. L’époque nous y a amenés, et c’est aussi ce qu’on sent autour de nous, la réflexion mondiale tourne autour de ça et on a été influencés par tout ça, c’est ce qu’on ressent. Et on avait aussi envie d’une couleur plus metal. Je pense, je suis sûr même que ça correspond à ce que dégageait notre live dans la sélection des morceaux. Il se dégage une vraie couleur metal et on avait envie d’enfoncer le clou là-dessus. Rebondir, donner de l’excitation dans un nouveau Sidi… On a bientôt 22 ans… Par le jeu, aussi, il y a plus de guitare basse batterie, un son plus massif te sombre. C’est aussi parce que le reste, on l’a déjà fait. Ca n’efface rien.

Didou: Et ça ne renie rien du tout, non plus. C’est un besoin actuel pour nous. Il y avait déjà cette face sombre dans un titre comme Guerres à vendre. Là, on avait envie d’aller dans une seule direction, un concept – enfin, concept… C’est un bien grand mot… Et une production homogène, droit au but. On voulait moins s’éparpiller. Une envie qu’on avait depuis un moment de faire un album compact… Après, c’est aussi nos vies personnelles, la confrontation avec la mort… On revient aux fondamentaux : on fait du metal et on se confronte à la mort.

Metal-Eyes : Ca répond en partie à ma question suivante qui est de savoir comment vous analysez l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums. Vous retournez vers le metal avec des sujets sombres, même si vous avez toujours été engagés dans vos textes (ils approuvent) et que la situation du monde fait que ça entretien votre colère…

Vyber (il rit) : c’est ça…

Didou: On n’y est pour rien

Vyber: Ca ne l’a pas calmée… On voudrait bien être très apaisés, mais pour le coup, ça nous arrange, ça colle avec nos volontés musicales. Il y a de quoi être enragés, mettre de grosses guitares acvec de la colère véritable et sincère…

Metal-Eyes : Vous chantez tous les deux ; comment vous répartissez-vous le chant ?

Vyber: Complètement à l’arrache ! (rires)

Didou: C’est vrai, on le fait à l’arrache mais en fait, c’est une science, c’est notre propre science…

Vyber: C’est vraiment une alchimie particulière qui est devenue instinctive au fil du temps…

Didou: On se connait bien tous les deux, c’est assez naturel. Ca peut paraitre étonnant pour certaines personnes parce qu’on est deux à écrire. Mais il n’y a pas d’importance réelle de savoir qui a écrit quoi, parce qu’on s’aime, on s’apprécie suffisamment pour se donner ce beau cadeau qu’est la création, l’écriture. Qu’elle soit chantée par l’un où l’autre ne nous pose aucun problème. C’est même très intéressant d’interpréter un texte qui n’est pas le sien. Il n’y a pas de logique…

Vyber: A de rares exceptions près… Il y a un morceau qui s’appelle Dans tes bras qui a été écrit par David et qui est tellement personnel que ça n’aurait pas de sens que je chante.

Didou: J’en ai parlé avec Benjamin qui a entendu ma requête. C’est arrivé dans le passé qu’il y ait des choses un peu plus personnelles. Il y a eu un titre où je suis venu saupoudrer parce que je n’ai pas d’instrument, autre que vocal. J’étais juste là en appoint, et c’était une chanson très forte de Sidi. Ca pourra arriver dans un sens comme dans l’autre à l’avenir, mais ce n’est pas la priorité. La priorité , c’est un collectif, un ensemble, mais c’est important aussi d’avoir cette liberté, cet espace de liberté pour mettre un peu de piment et varier les plaisirs. Parce que si nous prenons du plaisir, a priori l’auditeur en aura aussi.Après c’est aussi l’insiration, on ne se force pas, il n’y a pas de règle. Ca s’est fait comme ça pour Dans tes bras, mais le reste de l’album est clairement marqué par cette entité Vyber/Didou qui est notre empreinte. Moi, j’adore ça, ça me rend plus fort d’avoir quelqu’un à qui donner le change. Tu peux soulever des montagnes comme ça.

Metal-Eyes : D’un autre côté, ça vous ôte la problématique de la question : « avec qui je vais chanter en duo ce soir » ! (Rires général)

Didou: Voilà ! Il y a un filtre permanent et ça donne beaucoup de force d’être deux. C’est puissant. C’est peut être parfois plus compliqué dans la compo parce qu’il faut créer des espaces, trouver une cohérence pour que ce soit agréable à l’écoute et pas « il a fallu caser le passage Didou, le passage Vyber »…

Metal-Eyes : Tu parles de compo ; vous avez eu deux années très occupées après Dancefloor bastards, ce qui signifie que ce nouvel album a été enregistré et composé assez vite. Est-ce que vous avez changé votre méthodologie de travail ?

Vyber: C’est pas vraiment la méthode entière, c’est surtout pour l’enregistrement où on avait une idée précise en tête. C’était vraiment un son de guitare, un son de batterie, on ne voulait pas partir dans tous les sens. Comme le disait David, on voulait quelque chose de compact. On a profité aussi du fait que Sylvain soit arrivé pour s’écouter jouer, jouer ensemble, mettre en perspective nos manières de faire. Trouver la juste place de chaque instrument, même des machines. La basse est beaucoup moins saturée que ce qu’on a pu faire dans le passé, ça s’approche plus d’un son naturel pour du metal, la batterie aussi prend plus de place… Faire un mixage complet pour créer de la largeur et de la puissance.

Didou: On voulait que Sylvain puisse s’exprimer dans la compo, qu’il puisse mettre sa patte dans le cadre Sidilarsen avec tout le passif qui est lourd, puissant mais ça faisait aussi écho à nos envies. Sa façon d’écrire, ajoutée à la notre, a amené un petit vent frais qui correspondait à nos envies.

Vyber: Et pour la première fois, avec la sortir du DVD qui nous permet de nous arrêter et de regarder où on en est, on a pu se dire collectivement « voilà ce qu’on a fait : tel style, telles ambiances… On a déjà fait, faisons autre chose »

Metal-Eyes : « On n’est pas AC/DC »

Vyber: C’est ça.

Metal-Eyes : Que me diriez vous, l’un et l’autre, pour me convaincre d’aller acheter l’album dès sa sortie ?

Didou: Le problème, c’est que le 26 avril, on va tous crever… Donc il vaut mieux l’écouter très vite…

Vyber: (il rit) c’est ça… Après, je pense que ça va en surprendre quelques uns et ceux qui se sont endormis sur Sidi pensant que ça ne bougerait jamais, ben… Vous allez prendre une gifle ! Positive, la gifle. Ceux qui aiment ne seront pas choqués.

Metal-Eyes : Non, parce que depuis quelques albums il y a eut une évolution et, comme vous le disiez, vous retournez vers le metal, vers vos racines. Maintenant, si vous ne deviez, l’un et l’autre, ne retenir qu’un seul titre de On va tous crever pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Sidilarsen, ce serait lequel, et pour quelle raison ?

Didou: Ah c’est chaud… Pour moi c’est chaud parce que j’ai toujours du mal à choisir un titre… Elle est vache comme question…

Vyber: J’aurais dit On va tous crever parce que c’est le titre éponyme, mais… Oui, il y a ces grosses rythmique très binaires dans le couplet mais ce n’est pas très dépaysant pour du Sidi, mais du gros refrain avec de la voix…

Didou: Assez frontal le refrain, et il est 100% français celui-là, il nous ressemble bien.

Vyber: Du bon gros metal français…

Metal-Eyes : Alors puisque vous parlez de metal français : vous n’êtes pas sans savoir que la Main 2 du Hellfest, le vendredi, sera 100% française

Les deux: Ouais, c’est chouette !

Metal-Eyes : Vous aviez posé votre candidature ?

Didou: Non, parce qu’on n’a pas cherché à arriver tout de suite sur un Hellfest alors qu’on l’a fait il y a deux ans

Metal-Eyes : Pourtant, il est marquant, ce Hellfest…

Didou: Oui, pourtout, il y a eut un avant et un après Hellfest 2017 pour Sidi. Avec ce public, ça a été énorme, fabuleux. Maintenant, deux ans après, en pleine sortie d’album, c’était un peu trop tôt pour revenir. On a tellement tourné sur Danceflor bastards qu’on a besoin de laisser vivre cet album et le premier clip, sachant qu’il va y en avoir un second, on laisse infusé. L’idée, c’est de revenir sur un Hellfest en 2020, on aura déjà bien commencé à écumer les clubs, les salles et les festivals, on sera bien en forme, et là, on voudra mettre une bonne rouste, ou comme on dit à Toulouse, « une bonne roustade »…

Metal-Eyes : En plus, ce serait pour le 15ème anniversaire, ce qui est un autre symbole…

Vyber: Ben voilà ! en plus !

Metal-Eyes : Tu dis qu’il y a un avant et un après Hellfest… Quel est votre souvenir le plus prégnant de ce Hellfest justement ?

Didou: Pour moi, le fait de jouer en plein jour. Peu de groupes le disent, mais le monde, ces visages… J’aime bien l’exercice du plein jour parce qu’on a un show très visuel et on est habitués à jouer la nuit, dans des salles fermées, ou dans des festivals la nuit…Il est très rare qu’on joue en journée et c’est un exercice différent, très intéressant parce qu’il n’y a plus aucun filtre. Là, en plus, c’est complètement démesuré, tu pourrais te dire qu’on est loin du public, que c’est impalpable, mais au contraire : c’est une confrontation directe, en plein jour, et c’est… énorme !

Metal-Eyes : Vous étiez passés assez tôt, avec un temps de jeu limité…

Vyber: Oui, ça permet de te lâcher dès le départ

Didou: T’as pas le temps de passer par 4 chemins, il faut y aller tout de suite… Mais le public nous y  a particulièrement aidés, les gars étaient chauds, directs…

Vyber: Le public nous a transportés… Incroyable…

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Sidilasrsen en 2019 ?

Didou: Elle est évidente : On va tous crever… (rire général)

Metal-Eyes : Donc on va pouvoir la placer sans cesse… Ca veut dire qu’il n’y aura pas d’autre album de Sidilarsen…

Didou: « L’ardeur du vivant »… On en a traversé des tempêtes, ensemble. Et à chaque fois, l’humain l’a emporté.

Vyber: On profite du présent. On se dit que maintenant, le temps passe, il serait temps de profiter de tout, pas seulement des aboutissements des projets, mais aussi profiter de la route, tout le temps

Metal-Eyes : Profiter de tout, ça veut dire aussi pouvoir profiter d’une journée promo à Paris pour aller visiter, mais non… Ça fait deux jours que vous êtes coincés ici … (ils explosent de rire)

Vyber: On profite des gens…

Didou: On profite de cet instant avec toi, et c’est bien. On est bien là et pas à moitié sur des smartphones…

Metal-Eyes : Vous avez encore une interview après, mais jusqu’à présent, quelle est la meilleure question qu’on vous ait posée, la plus étonnante, ou la plus surprenante, décalée ?

Vyber: Waow…

Didou: Il y en a eut quelques unes d’intéressantes… C’est peut-être celle que tu viens de poser…

Metal-Eyes : Ça c’est facile…

Didou: Oui, c’est facile… Alors… Il y a eu des débats intéressants, plus que des questions. Des débats où on est même sortis du cadre musical, on est partis assez loin…

Vyber: Les questions étaient « assez classiques », les gens ont cherché à vraiment parler de l’album…

Didou: On a trouvé qu’il y avait une belle qualité d’interviews par rapport à ce dont on se souvient pour les albums précédents. Il y a eu une constance, parfois il y a, sans jugements, sans se poser en juges, des interviews qualitatives, d’autres un peu moins, mais c’était aassez profond tout au long de ces deux journées. On ne s’attendait ps à ce que les médias prennent autant au sérieux cet album et son titre. On savait qu’il y aurait un peu de ricanement avec ce titre, et on provoque un peu. Mais chaque intervenant a bien saisi le sens et ne la pas pris comme si on était juste un groupe de punks anars. Peut-êttre que la pochette y est aussi pour beaucoup…

Vyber: Ca reste un objet artistique, ce n’est pas un manifeste politique. Il y a effectivement cette dimension d’entertainment, et quand tu achète un album de metal, c’est pour du gros son avant tout.

Didou: Il ya effectivement cette dimension de plaisir, et dans un second temps, chacun va creuser…

Metal-Eyes : Creuser, avec un « s » (rires général)

Vyber: Oui, en effet, dans un second temps on va tous crever… euh creuser !

Metal-Eyes : Merci à tout les deux, j’espère qu’on vous verra bientôt sur scène, et bonne route avec ce nouvel album !

Didou: Alors, déjà: une date, le 23 novembre, à la Maroquinerie. Il y en aura plein d’autre bientôt annoncées. Merci à toi !

 

NINE SHRINES: Retribution therapy

Metal, USA (Mascot, 2019) – sortie le 26 avril 2019

Formé en 2014 dans l’Ohio sur les cendres d’Attack! Attack!, Nine Shrines débarque aujourd’hui avec Retribution Therapy, un premier album brutal et chantant. Heavy, thrash, proche souvent du metalcore aussi, les 12 titres sont directs et sans concession. La batterie propose de jolies cavalcades pas évidentes à suivre, comme sur le morceau titres, tandis que les guitares hurlent leur souffrance. NS se cache parfois derrière un faux calme, comme avec les parties aériennes de Chain reaction (dont la partie narrée rappelle un certain énorme hit de Metallica). La force de cet album réside en ce que Nine Shrines parvient à allier avec une remarquable efficacité des rythmes brutaux et des mélodies vocales impeccables. Un contraste qui se retrouve tout au long de l’album, avec des passages parfois teintée de claviers, évoquant d’autres temps (Happy happy), d’électro aussi. Il y a sur Retribution therapy suffisamment de matière pour satisfaire un large panel d’amateurs de décibels. Chacun pourra y trouver son compte.

ASYLUM PYRE: N°4

France, Metal (M&O music, 2019) – sortie le 26 avril 2019

Quelle claque! Ce N°4, quatrième album (ah, ouais?) d’Asylum Pyre doit – pas « devrait » – doit faire exploser le groupe parisien et l’imposer au grand public, et pas que à domicile. Rien ici ne peut laisser l’amateur de belles et puissantes mélodies indifférent. Ni la voix envoûtante d’Oxy Hart – qui a intégré le groupe en 2016 – ni les riffs puissants et imparables de Johann Cadot et Steve. La rythmique, fondamentale base de toute construction, tenue par l’ex Heavenly Pierre Emmanuel Pélisson (basse) et Thomas Calegari (batterie) est à l’avenant, déterminée, rapide, enlevée et entraînante, et les claviers enrobent l’ensemble avec efficacité et discrétion (quelques influences OMD?). Asylum Pyre parvient à trouver, tout au long des One day (silence, part 2: daydreaming) , Lady Ivy, Into the wild et plus encore Sex, drugs and scars, titre auquel participe le très en vue Yanis Papadopoulos, chanteur de Beast In Black – le plus gros hit potentiel de ce disque qui pourtant en regorge! mais ce morceau… aaargh! (cf. la lyrics video ci dessous) – , le refrain mémorable qui tue, la mélodie qui, à coup sûr, te fait sauter et trépigner. Même (D)ea(r)th avec la brutale participation de Raf Pener, hurleur de T.A.N.K. fait s’agiter les crinières. Et chaque titre recèle des trésors plus ou moins cachés (comme cette rythmique tribale et variée sur MQC Drama) et propose une variétés de rythmes et ambiances qui surprennent toujours (ah! ce chant dingo sur le bien nommé Borderline…) Voici donc une collection de hits en puissance qu’on ne peut qu’espérer voir être la proie des radios. Et comme on frise la perfection, la production est irréprochable et le visuel gothiquement sublime. Asylum Pyre signe avec N°4 rien moins que le meilleur album français que j’ai pu écouter en ce début d’année, un des meilleurs toutes nationalités confondues, et il va être compliqué de le détrôner. Un must dont l’avenir n’est désormais plus entre les mains des parisiens mais dans celui du public (nous) et des médias qui peuvent en faire le succès qu’il mérite.

AVANTASIA live à l’Olympia (le 10 avril 2019)

Tobias Sammet ne fait jamais les choses à moitié. Ses fans le savent et il le leur rend bien avec Avantasia, projet qui lui a toujours permis plus de folie scénique que Edguy, sa formation « traditionnelle ». Un concert d’Avantasia, c’est la garantie de passer un bon moment de metal, avec toutes les couleurs musicales du genre. Du heavy à la ballade, en passant par le power ou le symphonique, il y en a pour tous les amateurs de metal mélodique. Lire la suite