Interview: TRANK

Ils ont osé! Après à peine un (superbe) premier album, ben… vous savez quoi? Les quatre Trank, ils (oh, facile le jeu de mots pourri, mais j’assume!) ressortent The ropes en une version dite Monolith composée de l’album original pour ceux qui l’auraientt raté et d’un second sur lequel on trouve des remixes version généralement électro (mais pas que) de certains titre dudit premier effort. Même si Metal Eyes est revenu sur cette édition (chro ici), une question se pose: pourquoi aussi tôt? Il fallait en découvrir le pourquoi et le comment, ainsi que le comment du pourquoi , chose qui se fit avec Johann, le batteur le 20 décembre dernier qui nous explique que « l’idée de faire une version deluxe, on l’avait dès le départ, avant la sortie de l’album. On se disait que de moins en moins de gens achètent des albums physique alors tant qu’à faire, offrons leur quelque chose qui soit le plus riche possible, une version un peu plus élaborée (…) Pour le CD bonus, on avait plusieurs options, dont faire des versions acoustiques des morceaux. Et, ne fait, assez rapidement après la sortie de l’album, on a été contactés par des producteurs électro nous disant avoir entendu tel titre et vouloir en faire un remix. On dit quoi par rapport à ça? Bien évidemment, on a dit Oui! Au final, 4 producteurs extérieurs ont retravaillé les morceaux et quand on a entendu le résultat, ça nous a beaucoup plu, ça donnait une relecture différentes des versions originales et ça marchait très bien. On s’est dit qu’on n’allait pas refaire un album entier de remixes faits par d’autres – déjà il faut les trouver les autres, et jusque là, c’est les autres qui sont venus jusqu’à nous et ça nous allait bien – donc on s’est dit qu’on pouvait s’y mettre. Michel, notre chanteur, est un énorme fan de tout ce qui est claviers, électronique, etc. Il s’est mis aux manettes, et on a commencé à travailler en se disant qu’un jour, ce serait pas mal de faire une version comme ça de ce titre. Si ça marche, on garde, sinon, on passe à autre chose. En tout cas, ça n’était pas un calcul, ça s’est fait naturellement. Quand on nous a proposé de faire des remixes, chose à laquelle on ne s’attendait pas du tout, on a trouvé l’approche intéressante. La plupart des gens qui nous écoute a une culture musicale très variée, et ça nous va très bien de ne pas être catalogués dans une case restrictive, on s’est dit qu’on pouvait pousser le curseur plus loin. »

Quel regard les musiciens de Trank ont-ils porté sur la création de ces nouvelles versions? « Les gens sont venus à nous nous disant être intéressés par tel morceau. On a eu une ou deux discussions avec eux pour avoir une idée de ce qu’ils voulaient en faire, une idée vague. Mais chacun a fait à sa sauce. Les 4 qui nous ont proposés des remixes, à chaque fois, la première version, on leur a dit qu’on adore. C’est plutôt bon signe. » Ok, c’est bien beau, mais y a-t-il eu des morceaux que Trank ait refusé parce que ça ne le fait pas? » Non, en revanche il y a un remix, la première version qui nous a été proposée on lui a dit qu’il pouvait aller encore plus loin, s’écarter encore plus de l’original. Au final, si la musique fonctionne, peu importe si ça ressemble à notre musique d’origine. Si ça marche, ça marche! »

En effet, certains remixes sont totalement exploratoires, mais l’ensemble reste surprenant. « C’était le but du jeu… Si c’est pour faire une version où on change deux trucs, ça ne sert pas à grand chose. Que ce soit nous ou des producteurs externes, on a pris les pistes de base et on est repartis de zéro en nous demandant comment on pouvait retravailler le son, les ambiances. C’était un travail intéressant. L’électro, il n’y a pas beaucoup de guitares, ou de batterie, il y a du rythme et c’est souvent « basique » – et je dis ça dans le bon sens du terme. Une fois que tu enlèves ça, il reste quoi? Comment garder l’intérêt de l’auditeur afin qu’il ne se dise pas « j’aurai bien aimé un peu plus de ça » mais qu’il prenne le morceau tel quel. » Force est de constater que le projet est une réussit. Quiconque a craqué pour l’album original se penchera sur les nouvelles versions et devrait se laisser emporter par ces versions électro et revisitées.

Chacun remarquera que seuls certains titres sont remixés, certains deux ou trois fois. « Les titres finalisés sont sur l’album, d’autres ne sont pas terminés parce qu’on pensait que ce nouveau traitement n’était pas assez bon pour finir sur l’album. Mais on travaille comme ça sur les albums dits classiques. On ne va pas composer 50 chansons, les enregistrer pour n’en garder que 15 sur album. L’écrémage se fait au fur et à mesure. Il y a certains morceaux qui sont toujours dans les tiroirs depuis 3,4 ou 5 ans. Il y en a certains, il y a une idée intéressante mais on n’a toujours pas trouvé le truc. On les met de côté, on les réessaye plus tard. Pour les remixes, comme pour les originales, si au départ il y a un peu de prise de tête pour se demander ce qui marche c’est probablement que, au départ, l’idée n’est pas bonne….Les bons morceaux, chez nous, se composent assez vite. Je ne dit pas que c’est facile, simplement que ça nous inspire tous les 4. »

On ne pourra que remarquer que, au-delà des chansons, c’est tout le visuel qui a subit un lifting. La pochette passe du blanc au noir, comme un effet de négatif. Apparaissent même quelques signes « cabalistiques » qui ne sont pas sans évoquer Led Zep. Levons le mystère sur la signification de ces symboles: « Les deux design sont l’œuvre d’Alban Verneret, notre directeur créatif qui travaille avec nous depuis 4 ans, qui nous a fait 5 clips. Il avait créé ces 12 icones, une par chanson, mais elles étaient un peu cachées dans le livret de la version originale. De façon assez discrète. On s’est dit, pour la version Monolith, que ce serait sympa de les voir plus. J’aime l’idée de pouvoir (il sourit) créer un alphabet pour Trank… Vous avez 12 symboles qui, aujourd’hui, représentent l’univers de Trank. Il y en aura d’autres par la suite – en tout cas, des chansons, c’est sûr, des symboles, on ne sait pas, mais l’idée nous plait bien« . Lorsque je lui suggère l’idée de remplacer les titres des chansons de leurs setlists par ces symboles, ce qui serait sympa pour ceux qui les photographient au début des concerts, Johann se marre. « C’est une très bonne idée, je n’y avais pas pensé… « Ils parlent quoi comme langue ces gens »… »

Un remix qui puisse être représentatif de ce Trank version remix, un titre qui convaincrait un non amateur d’électro de se plonger dans ces versions? « C’est une question difficile… Je dirai Shining. J’ai un faible pour cette version. D’une part parce que c’est Michel, notre chanteur, qui l’a faite à peu près du sol au plafond, et aussi parce qu’il y a un côté assez électro mais pas agressif comme on peut parfois l’avoir dans l’électro. Un truc sur lequel on peut sautiller mais pas forcément quelque chose qu’on doit écouter à 4h du mat’ en rave party avec 18 grammes dans le sang! Je vais même me permettre une entrave à ta règle: le dernier morceau, Refugee, qui lui aussi a été fait par Michel, pour les gens qui n’aiment pas l’électro, c’est une version assez orientale. Au départ, Refugee, c’est des samples de gens qui communiquent par radio des années 70, les boat people, au même type de communication en 2015 avec les migrants. 40 nas d’intervalles et les mêmes discussions. Je trouve qu’avoir ajouté ces arrangements orientaux, avec des instruments africains, nord africains, ça donne une couleur supplémentaire, et j’aime beaucoup celle-là. »

Question finale désormais habituelles, quelle devise Johann peut-il imaginer pour Trank? « Alors… La devise que nous avons, qu’on utilise avant de monter sur scène, c’est une devise des samouraïs qui disaient « on n’a rien à perdre, on est déjà morts ». Je sais que c’est un peu morbide, mais ça me convient parfaitement. On est déjà là alors on y va à fond! » Je le rassure en lui rappelant que lors de notre précédente rencontre (oui, une interview en vrai, ça remonte…) c’est déjà ce que Michel avait dit. Ces gars sont fidèles à eux mêmes, même si « on reçoit pas mal de demandes d’interview par mail, souvent d’Angleterre. Parfois, il y a des questions qui se répètent et, souvent, c’est Michel qui y répond. Je vois, au fil du temps, qu’il prend de plus en plus de liberté avec la réponse et maintenant, ça me fait bien rire. » Fidèles à eux-mêmes et fun, Trank est vraiment un groupe à suivre de très très prêt. Vivement la scène! Johann confirme en ajoutant « qu’il y a des nouveaux morceaux déjà prêts, pas encore un album, mais on avance. 2022 devrait, si tout va bien, être une année plutôt sympa. »

 

 

VOLBEAT: Servant of the mind

Danemark, Metal (Universal, 2021)

Même si j’avais, à sa sortie en 2019, apprécié Rewind, replay, rebound, force est de reconnaitre que les aspects moins metal manquaient. Avec Servant of the mind, son nouvel opus, Volbeat revient à ses amours et ses racines. La puissance du metal, ses rythmiques, ses riffs de guitares côtoient avec bonheur – c’est bien ce qui fait la spécificité du groupe de Michael Poulsen, les mélodies rock des débuts du genre, 50’s et 60’s. Si l’accroche est moins évidente sur Dagen for, un duo chanté avec Stine Bramsen (vocaliste pop danoise qui sévit avec Alphabet) car trop sirupeuse, les Temple of Ekur, Say no more, Step into light ou Shotgun blues, single imparable, se font irrésistibles de puissance et de mélodie. Tout n’est pas parfait (Step into light a ce refrain prenant mais un couplet qui peine parfois, Wait a minute girl stagne quelque peu, dommage, c’est le second titre…) mais on ne pourra que saluer cette gnaque retrouvée, cette pêche renouvelée (cette patate sur l’intro de Becoming!), ce sens de la mélodie doublée d’accents orientaux (Temple of Ekur, Lasse’s Birgitta) et ces chœurs imparables qui nous manquaient quelque peu. Les effets de la pandémie? Oui, Volbeat renoue avec ce qu’il proposait avant son dernier live, retrouve puissance et efficacité. C’est simple, après une période de semi flottement, Volbeat parvient à retrouver cette flamme magique qui caractérise sa musique, une alchimie entre genres parfaitement compatibles. On attend quoi maintenant? Le retour de Poulsen et sa bande sur les routes!

SANDSTONE: Epsylon Sky

Irlande, Metal (Limb music, 2021)

Quatrième album des Irlandais de Sandstone, Epsylon sky propose 8 morceaux (plus 1 bonus sur la version CD) à la fois complexes et accessible. Epsylon sky se révèle rapidement un album ambitieux et plein de surprises. Malgré un chant parfois un peu forcé, le groupe fondé en 2003 (son premier album n’est sorti que 6 ans plus tard) puise dans le rock tendance heavy (I know why et son refrain entêtant, Worn soul), dans la pop énergique (Cuts to you), le proche du doom (Dies irae, un titre décidément à la mode!), et se laisse influencer par des sonorités jazzy (Silouhette drawn) ou les beaux sentiments (la douceur de Critical), parfois en mêlant différents genres (Fractured time qui navigue entre heavy et pop). Sandstone nous propose donc un album varié et attirant, même si pas toujours d’un accès très aisé. Il faut plus d’une écoute pour se l’approprier, certes, mais c’est très bien foutu et le groupe mérite d’être plus exposé. Devons-nous évoquer ce clin d’œil de la pochette: une créature portant un masque humain lui même orné d’un masque qu’on ne connait aujourd’hui que trop bien? Non, bine sûr…

WONDERS: The fragments of wonder

Italie, Power metal (Limb music, 2021)

Wonders, c’est le nouveau projet des frangins Giorgio et Pietro Paolo Lunesu (ex EvenFlow), respectivement batteur et guitare,  et de l’ex-Firewind Bob Katsionis aux claviers, également producteur à ses heures. Le trio se lance en 2020 dans l’aventure du power metal, inspiré de ce que pouvait proposer Stratovarius dans ses anciens jours. Le résultat de leur premier album, The fragments of wonder (remarquez le singulier qui ne peut se confondre avec le nom pluriel de la formation), est un condensé de puissance et de mélodie au travers de 10 titres hauts en couleurs, aux tempi variés et accrocheurs. Pour atteindre ce résultat de haute volé, Wonders s’est adjoint les services du bassiste Luca Negro et du chanteur Marco Pastorani, tous deux issus de Temperance. Les envolées lyriques côtoient allègrement les rythmes martelés à coup de double grosse caisse sans que Wonders ne se perde dans de futiles démonstrations techniques. The fragments of wonder  est un album puissant qui entraîne son auditeur dans une variété mélodique irréprochable. Puissance et mélodie font de ce premier album une pépite d’efficacité.

BLACK HELLEBORE: Disorder

France, Metal (autoproduction, 2021)

Au départ, c’est un projet solo. Celui de la chanteuse guitariste Cyrielle Duval qui sort un premier ep (sous la houlette de Stephan Forté – Adagio) en 2018. « Cet album, Disorder, devait être la continuité de ce projet solo » explique Cyrielle. Mais voilà… Rien ne se passe comme prévu: la belle se demande qui recruter pour enregistrer son album et rencontre Anthony Osché, multi instrumentiste comme elle élève de Stéphan avec qui le courant passe tant et si bien que le projet se transforme en groupe. « Anthony est également un excellent compositeur et il a apporté énormément d’idées sur les arrangements, les mélodies, et il a même composé deux titres. C’est comme ça qu’est né Black Hellebore: d’un projet solo, on s’est retrouvé à trois – Anthony, moi et  Jelly Cardarelli (le batteur). Il y a quelque chose de plus humain et chaleureux dans un groupe qu’en solo, on peut tout partager, nos idées, nos émotions. Black hellebore est né comme ça, pendant la phase d’enregistrement ». Le groupe emprunte son nom à la botanique. « L’hellebore nous attire par sa dualité: c’est une fleur qui existe en blanc et en noir. Et c’est une plante qui pousse en plein hiver. Ces deux dualités représentent bien le groupe, tant musicalement que sur nos personnalités ». Pourtant, la pochette de Disorder est très colorée… « Oui, mais on ne se limite pas qu’au noir. On est sensibles à diverses formes d’art, notamment la peinture, un art très coloré. On aime beaucoup les couleurs, pas forcément les mêmes, mais Anthony et moi, on aime beaucoup le rose. On avait envie de proposer quelque chose qui casse quelque peu les codes traditionnels du metal ». justement, il y a musicalement beaucoup de chose, alors comment Cyrielle définit-elle la musique de Black Hellebore? « C »est très compliqué, on aime beaucoup de choses. Je serai incapable de coller Black Hellebore dans une case. » En effet, il y a beaucoup de choses dans cet album, avec des influences aussi diversifiées que Arch Enemy ou Amaranthe – je remarque une autre dualité avec ces deux groupes à l’opposé, l’un rugueux au chant explosif, l’autre dansant et « boite de nuit », ce que Cyrielle approuve. Anthony, lui, est plus prog et neo classique « forcément, il aime beaucoup Malmsteen, et surtout la musique classique« .  L’album est court – 7 morceaux – et varié. Si Cyrielle devait n’en retenir qu’un qui puisse définir ce qu’est son groupe, lequel serait-ce? « C’est super compliqué, c’est la question qui tue (rires)! Je pense que je ferai écouter My difference, un des deux morceaux qu’on a clipés. Il y a de tout dans ce morceaux, du prog, des trucs limite hard rock, du sympho… Je pense que ce serait celui-là« . L’autre morceaux clipé, Open up your mind, a attiré en quelque jours plusieurs dizaines de milliers de curieux. « On a été les premiers surpris par ces chiffres. je pense qu’on peut dire qu’on croit en ce que nous faisons, c’est solide mais ça ne suffit pas pour attirer autant de monde. Mais ce n’est pas assez. Il faut aussi mentionner Roger de Replica qui fait un travail énorme en promo pour nous. on travaille aussi beaucoup via Instagram et Facebook, les deux principaux réseaux sociaux« .  L’album a été enregistré sous le regard de Stephan Forté. Qu’a-t-il apporté au groupe? « C’est un peu notre mentor… Ce qu’il nous a apporté? Je ne parlerai pas pour Anthony, mais pour moi, il m’a permis de faire les premiers pas dans le monde professionnel de la musique. Il a un univers musical qui me plait énormément et je pense qu’il a aussi apporté cette facette assez sombre et mélodieuse« . Mais la production est signée Cyrielle: un son clair et puissant, très moderne. « Je voulais un son moderne, qui s’inscrive dans son temps. Dans le mix, je souhaitais faire ressortir les sonorités électroniques, mais aussi les guitares parce qu’on reste un groupe metal. C’est beaucoup de travail – surtout quand il y en a un autre en parallèle – mais une très bonne expérience qui permet de voir toutes les facettes de la production d’un album. Pour le futur, nous aimerions travailler avec un label, mais je pense que c’est toujours utile pour un artiste de savoir comment ça se passe. Je suis contente de cette expérience« . Maintenant, si Cyrielle devait penser à une devise pour Black Hellebore, que pourrait-ce être? « Une devise? Waow! Elle presque plus compliquée cette question que de choisir un titre (rires)! Je pense que s’il devait y avoir une devise, ce ne serait pas à moi de la choisir seule… Il faudrait qu’on la réfléchisse à deux, avec Anthony« . Ok, on fera sans devise cette fois-ci, en attendant que le groupe soit vraiment au complet pour aborder la route. En attendant, délectons nous de ces 7 titres puissants, metal, électro, qui puisent dans de nombreux styles musicaux colorés et entrainant. Black Hellebore c’est une belle promesse pour l’avenir, un vrai challenger du metal made in chez nous qui m’rite attention et soutient.

Propos de Cyrielle recueillis le 22 novembre.

Interview: EXHORTED

Interview EXHORTED – Entretien avec Yves (chant). Propos recueillis par téléphone le 15 octobre 2021

Metal-Eyes : Je ne connais aucun de vos dix albums précédents (il se marre), par conséquent, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Yves : En fait, c’est le premier album… C’est un nouveau projet qu’on a monté il y a trois ans, juste avant le Covid. C’est un projet qu’on a monté à deux, d’où la pochette, l’illustration. On a pris le processus à l’inverse : on s’est dit qu’on était deux, qu’on avait ce qu’il faut pout au moins enregistrer une bonne démo, ce qu’on a fait et le reste a suivi. On a composé à deux, et ensuite, on s’est lancé dans les autres étapes avec Lionel. Eduardo est arrivé après. C’est Kevin, de Benighted, qui s’est occupé des batteries. Eduardo est arrivé après, mais c’est un membre à part entière du groupe, et c’est lui qui va assurer le live.

 

Metal-Eyes : Sur l’album, il est fait mention de 3 membres, chant, basse et batterie. Pourtant, sur ce disque, il y a quelques guitares, pas trop (il se marre de nouveau), qui s’en est chargé ?

Yves : Un guitariste de session. Pour le moment, le line-up n’est pas complet, on est en cours de recrutement. On se donne encore un mois pour trouver le bon.

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu la musique d’Exhorted à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Yves : On inclut différents styles, mais, puisqu’il faut une étiquette, on est death metal. C’est du death, avec des influences diverses. Maintenant, quand on a composé, on l’a fait de manière totalement libre, en nous demandant simplement ce qu’on aime, ce qu’(on voudrait faire. On n’a pas vraiment réfléchi au style…

 

Metal-Eyes : Je trouve que, aussi bien dans le visuel que dans la musique, c’est aussi très hardcore…

Yves : Ah, oui ? intéressant ! Je pense que chacun peut avoir une perception différente du style. L’important, c’est que ça tape du pied et que ça secoue la tête !

 

Metal-Eyes : A mon avis, jusqu’à casser des nuques !

Yves (il explose de rire) : C’est ce qui se dit sur les réseaux sociaux, en ce moment, « casser des nuques » !

 

Metal-Eyes : Qu’avez-vous voul mettre dans cet album ?

Yves : Laisse-moi te dire : nous, on est des vrais fans de metal. On a voulu mettre ce qu’on aime, mais pas n’importe comment, pas dans un patchwork, non. On a voulu créer des atmosphères et des ambiances. On a mis des blast beats et des choses plus lourdes, on a mis ce qu’on aime, mais surtout, on les a équilibrées. Tu ne m’as pas encore posé la question, mais on l’a composé pendant la période Covid en nous demandant comment, pendant cette période pas drôle, on pouvait aller vers du positif.

 

Metal-Eyes : Je ne t’ai pas posé la question, mais en fait, je n’allais pas le faire, je n’y avais même pas pensé… Mais c’est bien, tu apportes la réponse. D’ailleurs, si tu veux, tu peux faire les questions et les réponses, c’est ton album !

Yves (rires) : C’est mieux si ça vient de toi !

 

Metal-Eyes : Il y a 9 titres sur cet album. Si tu devais n’en retenir qu’un pour expliquer ce qu’est Exhorted à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Yves : Oh, dur… J’adore les 9 titres. Chacun a un rôle à jouer…

 

Metal-Eyes : Je le comprends, mais tu dois inciter quelqu’un à aller plus loin. Un titre, tu lui dis : « écoute-ça, c’est ce qu’on fait ». Lequel ?

Yves (il réfléchit) : Ecoute, j’opterai pour Haunted house. C’est un peu un mix de tout ce qu’on a voulu mettre sur cet album, les atmosphères, les ambiances, on a voulu les faire cohabiter de manière naturelle. Même si Haunted house a un démarrage ultra bourrin, il est représentatif de ce qu’on fait, même s’il manque un peu de ce côté death mélo qu’on retrouve quand même. Ouais, ouais, Haunted house !

 

Metal-Eyes : Je trouve que, comme tu le disais, il n’y a pas que des parties speed et brutales, il y a des ambiances variées, lourdes et plus calmes, qui permettent aussi de respirer un peu.

Yves : Absolument. Il faut ça. On voulait faire cohabiter ces ambiances qui ouvrent sur d’autres choses, ça a fait partie de notre manière de travailler. Le Covid, tout ce temps qu’on avait à notre disposition pour composer, ça nous a drôlement aidés ! On a pu tester un tas de choses.

 

Metal-Eyes : Vous avez donc pu optimiser cette période compliquée pour tester et choisir ce qui finirait sur l’album.

Yves : Tout à fait, c’est complètement ça. On a fait les choses à l’envers, et ça a surpris des gens : on a travaillé avec un guitariste de sessions, un batteur de sessions, aujourd’hui on a un batteur, et le guitariste c’est pour bientôt. On a su utiliser la situation qui existait à ce moment-là…

 

Metal-Eyes : Vous parlez de quoi dans vos textes ?

Yves : De la vie… j’écris sur ce que je ressens, l’amitié, Haunted house parle des gens qui se barricadent derrière des murs infranchissables, God is mine, comme son nom l’indique, dénonce les côtés malfaisants de la religion, You’re my world est un morceau que j’ai écrit pour nos enfants… C’est un morceau que je voulais mettre sur l’album parce que quand on devient papa on n’est plus le même homme. Tous les thèmes qu’on aborde, c’est du quotidien.

 

Metal-Eyes : Y at-il des thèmes que vous souhaitez ne pas aborder, qui n’ont pas leur place au sein d’Exhorted ?

Yves : Non… non, je ne vois pas. L’intolérance n’a pas sa place, mais on estime que si tout le monde était un peu plus heureux, on aurait une société qui serait un peu plus heureuse…

 

Metal-Eyes : C’est une belle philosophie un peu utopiste…

Yves : Je suis d’accord. C’est un peu ce que je pensais quand j’avais 20 ans : « oh, dit, ce sera super dans 20 ou 30 ans ! On aura dégagé ça, ce sera plus pareil » et on se rend compte que c’est toujours là et c’est pas cool…

 

Metal-Eyes : Donc tu fais partie de ces personnes qui, comme moi, pensent que Les resto du cœur c’est quelque chose qui ne devrait plus exister ?

Yves : On est bien d’accord. Ça me fait mal au cœur de voir que les choses empirent…Pour revenir à ta question, on peu aborder tous les sujets. Je m’interdis de dire que je n’aborderai pas ça ou ça…

 

Metal-Eyes : Donc tu pourrais même aborder Donjons et dragons…

Yves (rires) : Oui, ce serait possible dans un prochain morceau : l’apport de Game of thrones, de ce que j’aime dans les TV shows, oui, pourquoi pas !

 

Metal-Eyes : Peux-tu penser à une devise qui serait représentative d’Exhorted ?

Yves : Euh… Puissant, généreux. On joue de la musique puissante et on veut tout donner sur scène. Mais une devise ???

 

Metal-Eyes : On peut garder les deux mots et dire « puissance et générosité ».

Yves : Puissance et générosité, voilà, on garde ça !

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : qui sont ces vieux bâtards qui ne meurent jamais ?

Yves : C’est le titre de l’album. En fait, c’est un titre à deux niveaux : c’était pour marquer le retour des deux vieux que nous sommes, qui ont eu des expériences musicales antérieures. Pour marquer notre « retour aux affaires ». Et aussi pour marquer le fait que beaucoup de belles personnes, de bonnes personnes partent trop tôt, contrairement à certaines saloperies qui restent trop longtemps.

TOWARD THE THRONE: Vowed to decline

Metal, France (Metal East, 2021)

Les Alsaciens de Toward the throne viennent de sortir leur premier album, Vowed to decline. Formé en 2012, le groupe, tout d’abord death mélodique, évolue et muri pour se définir « parce qu’il faut bien mettre une étiquette, comme death mélo. Mais en fait, nos goûts ont évolué et on peu mettre du death, ou à d’autres moments, du black. Aujourd’hui on propose une musique qui est assez éclectique sur un seul album« , comme l’explique le guitariste du quartet, Jérémy Binsinger. Et en effet, même si cet album reste dans une veine extrême, on y trouve une variété de tempi, des chœurs, des moments plus aériens ou léger. Composé de 11 titres, l’album ne speede pas systématiquement et se révèle très varié, voire cinématique. « On ne s’est pas demandé ce qu’on voulait faire, on était dans ce move à ce moment là. Et six mois après, on est plus dans un trip Sceptic Flesh, ou plus orchestral« . même si c’est « une question hyper difficile  » que de savoir quel titre est le plus représentatif de ce que fait TTT, parce que le groupe « a pensé album global et que chaque morceau a ses spécificités » un titre comme The sorrow est d’ailleurs assez représentatif de cet esprit qui laisse venir les choses. Contrairement à d’autres formations, Toward The Throne n’a pas été affecté par la pandémie, sauf en ce qui concerne les concerts: « comme pour d’autres, les groupes qui n’ont pas pu tourner pendant deux ans veulent tourner maintenant et il y a encore de salles soit qui ont fermé soit qui sont encore frileuses« . Mais donnant des concerts avant le confinement, le groupe a pu finaliser ses compositions avant d’enregistrer ce premier méfait – sur le « label Metal East fondé par Laurent, membre de Deficiency » – qui évoque, tant dans le nom du groupe que dans l’illustration de la couverture -signée « Costin Chioreanu, qui a notamment travaillé avec Ghost, mais le choix de l’artiste a été hyper difficile » – l’univers de l’heroic fantasy – un certain Game of thrones en tête. Cependant, selon le guitariste, « il n’y a aucun rapport. On a cette volonté de laisser l’imagination de chacun faire son travail. Le nom du groupe, c’est une métaphore pour exprimer ce vers quoi on se dirige. Le trône reste le but que chacun a. On laisse cette part d’abstrait pour que chacun se fasse son idée« .  Alors justement, certains morceaux font des incursions dans le monde cinématographique, alors, quel est le rapport de TTT avec le monde du cinéma? « On n’est pas tous des passionnés de cinéma, mais on essaye de créer, au delà d’une chanson, une atmosphère, une ambiance générale. Je pense que tu n’as pas tord de penser que certains passages pourraient servir au cinéma« . Mais ce n’est pas prémédité. Les deux compositeurs principaux du groupe, Jérémy et Gauthier ressel (chant et basse), proposent généralement des « morceaux composés à 80% et les proposent au groupe. Parfois, il y a des choses qui ne passent as, mais la base est toujours là, les ambiances, l’idée générale. Ensuite, chacun apporte sa touche en fonction de ses compétences« . Lorsqu’on lui demande quelle pourrait être la devise de Toward The Throne, la réponse est simple: « c’est une question intéressante qu’on ne m’a jamais posée. je dirais « que chacun se laisse porter par la musique »… Que chacun se laisse emmener là où il a envie d’aller. Certaines personnes nous ont dit que ce n’est pas un album qu’on écoute dans la voiture parce qu’il faut se concentrer dessus, d’autres au contraire, se laissent simplement porter. C’est le ressenti de chacun« . Ce premier album, malgré un chant enragé difficilement compréhensible » a tout pour plaire aux fans de metal extême, du death mélodique au black. Une jolie première claque qui, contrairement à son titre, présente un groupe assez peu voué au déclin.

Les propos de Jérémy ont été recueillis le 1er Octobre grâce à Roger Wessier (Replica promotion)

CARBONIC FIELDS: Ite est

France, metal (autoproduction, 2021)

Faites comme la bonne fée, et penchez vous sur Carbonic Fields. Ce groupe formé au Havre en 2018 par le guitariste protéiforme Mathieu Méheust  bientôt rejoint par le vocaliste Thomas d’Herbomez. Le duo est ensuite rejoint par un certain Franky Constanza (le temps de cet album), batteur qu’on ne présente plus, dont le seul nom devrait être un gage de qualité du groupe où figurent également aujourd’hui  Elliot Raveau (basse) et JB Romeo (guitare). Dès les premières mesures de ce premier album Ite est, il est clair que les Havrais visent de lointains horizons. Puisant dans le metal pur et dur, le groupe varie les plaisir. L’introductif Terria et ses influences orientales ouvre le bal d’un metal furieux et rageur. Tout au long des Sad words, invitation à une correction des cervicales, A bluer shade rentre dedans ou même de la reprise explosive C’est toi que je t’aime (Les Inconnus), rien n’est laissé au hasard. Carbonic Fields joue sur les ambiances lourdes, speed, oppressantes, s’inspirant autant des Slayer ou Judas Priest pour ne laisser place à aucun ennui. Même le look qui évoque un Malemort flirtant avec Slipknot, c’est dire… Le morceau titre – seul morceau chanté en français – évoque même Lofofora. Premier essai qu’on espère voir vite être transformé avec une pochette aussi belle en plus.

 

 

Interview: 6:33

Interview 6:33 – Entretien avec Flo « Rorschach » (chant). Propos recueillis par téléphone le 8 octobre 2021

Photo promo

Metal-Eyes : Nous nous étions rencontrés lors de votre passage en ouverture des locaux de Wild Dawn en 2016 à la salle Eiffel d’Orléans. Votre précédent album remonte à 2015. Que s’est-il passé depuis ?

Rorschach : Il s’est passé deux-trois enfants qui sont arrivés, Nico a aussi déménagé, il a monté son studio, cela plus un confinement, plus une musique assez complexe à composer et à enregistrer… Voilà, ça passe finalement assez vite… On a décidé de se lancer dans la compo fin 2017. Après Deadly scenes, on s’est concentrés sur le live et en 2017 on s’est mis sur les premiers morceaux. Après ça, comme je te le disais, j’ai eu mes enfants, Nico aussi, et on ne peut pas se retrouver à faire autant de musique… On ne s’est, en plus, pas mis de barrière de temps, on voulait aller au bout de ce processus complexe. C’est vrai que sur la fin, le confinement n’a pas arrangé les choses, mais voilà…

 

Metal-Eyes : Que peux-tu nous dire de ce nouvel album, Feary tales for strange lullabies ?

Rorschach : C’est un album qui est dans la continuité de ce que nous avions commencé à créer sur l’album précédent. C’est le troisième album auquel je collabore avec 6:33. Sur The stench from the swelling, il y avait Arno Strobl qui faisait l’intérim entre le premier chanteur et mon arrivée, je n’ai écrit que deux morceaux sur The stench, et c’est pour ça, je pense, qu’on a rapidement voulu écrire plus, Nico et moi et Deadly scenes est né assez vite. Sur cet album, il y a déjà les prémices d’une ville, d’un univers parallèle et on a continué dans ce délire, on a créé cette mégalopole qu’on a appelé The dome. On a monté un nouveau concept, on a raconté l’histoire de ce jeune homme qui monte de sa province et qui veut devenir une star de la musique, essayer, en tout cas. Il va rencontrer des personnages hauts en couleurs. Ça me fait un peu penser à Sin city, avec une histoire et des spin off, des personnages qui forment l’histoire. On a écrit cet album dans cet esprit-là, avec des images et un son très années 80/90 parce qu’est ce qui nous a construits en tant que personnes et en tant qu’artistes. Toute cette pop culture vec laquelle on a grandi, on a voulu la retransmettre à notre manière.

 

Metal-Eyes : C’est ce qui est écrit sur le CD : « un jeune homme en quête de gloire et son voyage initiatique dans le monde du show-biz » : est-ce que c’est autobiographique ?

Rorschach : Complètement ! C’est moi qui écris les textes. Moi aussi, je suis monté de ma province de Haute Savoie, d’un village qui s’appelle Chamonix où la musique n’était pas un sport national. Je suis allé faire une école de musique à Nancy avant de venir à Paris. Oui, c’est autobiographique, mais en même temps les thèmes que j’ai voulu aborder sont aussi différents, même s’il y en a que j’avais à cœur d’exprimer, comme les femmes, ou un groupe de transsexuels qui deviennent des super-héros la nuit pour venger la veuve et l’orphelin… Il y a des thèmes qu’on voulait aborder et qu’on traite de manière un peu parallèle… On raconte des histoires, quoi !

 

Metal-Eyes : sur fond de musique assez indescriptible, ce qui est un peu votre marque de fabrique. Alors, justement, comment décrirais-tu la musique de 6:33 à quelqu’un qui ne vous connais pas pour l’inciter à vous découvrir ?

Rorschach : Ah, c’est toute la question ! Le terme que j’aime bien en ce moment, c’est fun et prog : il y a une base prog avec des trucs qui partent assez loin, mais toujours sur fond joyeux. Il y en a d’autres qui vont appeler ça du nawak metal, une sorte de metal un peu fourre-tout, mais c’est difficile de donner un terme.

 

Metal-Eyes : Et comment analyserais-tu l’évolution de 6:33 entre Deadly scenes et Feary tales ?

Rorschach : On se découvrais vraiment, Nico et moi, avec Deadly scenes, là on se connait mieux, au niveau de la composition. On a affiné tout ça et je pense que la patte du groupe se définit de mieux en mieux, un peu plus léchée, directe aussi. L’album commence avec Wacky world qui entre directement dans le sujet, il n’y a plus de morceau fleuve de 12’ comme on avait avant, donc plus direct, okus accessible tout en étant aussi chargé en information et en… bordel.

 

Metal-Eyes : Je confirme, les deux termes ! C’est aussi ce qui fait que vous maintenez l’auditeur en éveil. C’est aussi très cartoonesque à la Looney tunes… Il ne faut chercher ni le sérieux ni le ridicule, mais il ne faut pas non plus en avoir peur.

Rorschach : C’est exactement ça, le Looney tunes sont dans Whacky world avec du Tim Burton, du Sin City.

 

Metal-Eyes : Le titre de l’album se termine par « : the dome ». Ça évoque la possibilité d’une suite…

Rorschach : Oui, il y aura une suite. Il y aura bientôt les paroles sur internet, utiles parce qu’on comprend mieux ce qu’il se passe, et, en effet, il y aura une suite, un second album qui clôturera l’histoire. Je ne peux pas t’en dire beaucoup plus car on sort à peine de celui-là et on ne s’est pas encore penchés sur la suite. On ne s’est pas encore penché sur le ragga ou le reggae, mais je ne pense pas non plus…

 

Metal-Eyes :  En même temps, vous êtes spécialisés dans les mélanges de genres, alors si ça matche et que ça vous plait…

Rorschach : Exactement, tant que ça nous parle, on y va.

 

Metal-Eyes : Musicalement, les gens qui vous connaissent savent que vous proposez une musique barrée, ceux qui vous ont vus sur scène savent que votre spectacle est très visuel. Vous portiez des masques avec un côté Watchmen, zombie, Anonymous… c’est toujours le cas ?

Rorschach : On a tombé les masques. Il y a plein de raisons, mais surtout, ça nous coupait du public sur scène, ça mettait une sorte de barrière entre nous qui commençait à nous peser. Et il y a eu le Covid, on porte tous des masques, ça a joué aussi. Le line-up a changé un peu et on s’est orienté vers quelque chose de plus… authentique, plus dans l’esprit de groupe – on a un batteur maintenant…

 

Metal-Eyes : Mais vous gardez le même esprit ? J’ai ressorti le report de votre concert d’Orléans et à un moment, tu dis au public « Maintenant qu’on se connait un peu mieux, voici une chanson d’amour. Parce qu’on vous aime et que… on a envie de baiser ! » C’est toujours le même esprit ?

Rorschach : Grave ! L’amour et l’envie de baiser, c’est toujours là (rires) !

 

Metal-Eyes : ce n’est pas que lié à la personnalité un peu schizo de Rorschach ?

Rorschach : Non, les masque faisaient partie du show, on était des super-héros un peu chelous, un peu à la Watchmen. Ce qu’on a créé sur The dome, c’est une esthétique assez visuelle.

 

Metal-Eyes : Alors aujourd’hui, à quoi faut-il s’attendre sur scène ?

Rorschach : On garde l’écran sur scène, mais on s’adapte un peu. Avec des couleurs 80’s, 90’s, des boules à facettes, des néons qui claquent… Au niveau des fringues, on a développé quelque chose d’assez… universitaire. Au niveau du dôme, on a quelque chose avec des casquettes, un logo 6:33…

 

Metal-Eyes : On retrouve ces influences 80’s et 90’s, et la pochette m’évoque même Blade runner…

Rorschach : Ouais, génial ! C’est exactement ça, un mélange de Blade Runner, Metropolis, du Gotham de Tim Burton avec une ambiance pesante un peu à la Ghost in the shell. On voit bien que cette ville est énorme.

 

Metal-Eyes : Et ce personnage, même s’il est plus imposant que les autres, on le sent perdu face à l’immensité de ce dôme devant lui…

Rorschach : C’est ça, l’immensité de la ville de cette mégalopole écrasante. Je suis ravi que ça te parle, c’est exactement ça.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de cet album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est le groupe aujourd’hui, ce serait lequel ?

Rorschach : Oh, la, la ! La vache… c’est pas simple de répondre à ça… J’ai envie de te dire Rabbit in the hat, parce qu’il y a un peu de tout dans ce morceau. Il y a un bon tempo au début et ensuite ça part dans l’aérien, il y a beaucoup d’émotion dedans. Si tu demandes à Nico, il te répondra autre chose…

 

Metal-Eyes : Pour le moment, on laisse Nico de côté, c’est avec toi que je parle

Rorschach : Ah, ah ! Oui, alors Rabbit in the hat !

 

Metal-Eyes : Une toute dernière chose, si tu devais penser à une devise pour 6:33, ce serait quoi?

Rorschach : Ah… « Ne vous prenez pas au sérieux mais faites-le sérieusement ».

 

Metal-Eyes : Ok, ça me parle, on garde ! Merci pour cet échange, j’espère vous retrouver bientôt sur scène !

Rorschach : Merci à toi, pour ton temps, merci d’apprécier l’album aussi. Ca fait du bien d’avoir ce type de retour de votre part à tous.

 

 

SPIRIT BOMB: Tight

France, Metal (Music records, 2021)

Spirit Bomb, c’est un projet qui remonte à presque loin… Marseille, 2015. Un guitariste et un dessinateur ont l’ambition de faire cohabiter leurs formes d’expressions respectives. C’est ainsi qu’Arnaud et Pierre se lancent à la recherche d’autres musiciens afin de composer tant bien que mal ce Tight  qui prend son envol avec l’arrivée du chanteur Valérian. BD, SF, rock, le projet prend forme et est promis à un double destin: musical, tout d’abord avec l’arrivée de ce CD de 13 chansons entrainantes et enjouées, qui mêlent à loisir groove imparable et sonorités hip hop ou electro. L’énergie est de mise avec une ligne directrice très cinématique. Car Tight se veut avant tout la bande son efficace d’un BD attendue en 2022. Les amateurs de Gorillaz y trouveront leur compte tout autant que ceux de Rage Against The Machine.  Plus encore, même, car si la production est moderne, on trouvent aussi des traces de classic rock efficaces. Oui, ça groove sec, ça balance des riffs sur fond de chant puissant et mélodique. Les amateurs de bon(s) son(s) vont prendre leur pied.