NOTHING BUT ECHOES: The sixth extinction

France, Metal (Autoproduction, 2022)

Un message apocalyptique… Only waste démarre calmement, dans un esprit très progressif et mélancolique. Il démarre plutôt bien, cet album de Nothing But Echoes. The sixth extinction, c’est son titre, nous offre, en plus d’une superbe illustration de couverture, 8 morceaux qui alternent entre passages aériens et tempi plus relevés. Le chant est à l’avenant, ici rassurant, là rageur et explosif. Bon, on passera sur l’anglais, de nouveau mal maitrisé – faudrait que je m’y habitue avec les groupes français, mais je ne peux pas… Le mix des voix s’avère assez efficace bien qu’aujourd’hui peu original. Alors penchons nous plus sur le contenu musical qui puise autant dans le rock progressif (plus de la moitié des titres dépasse les 6’30, allant même jusqu’à presque 11′!) que dans le metal rugueux sinon core. Les constructions souvent alambiquées interpellent et étonnent pour un résultat dans l’ensemble réussi. Certains moments sont tribaux, martiaux même, d’autres évoquent la SF de 2001, l’Odyssée de l’espace, c’est dire la palette de couleurs de ce disque qui pourrait séduire un public assez large. A découvrir et à suivre.

DO(e): Serial killer

France, Metal (M&o music, 2022)

Voilà un album d’approche peu évidente. Do(e), groupe originaire de Créteil, nous propose avec son second album, Serial killer, un disque protéiforme aux inspirations musicales variées. Les 9 titres de ce disque racontent l’histoire, je vous laisse deviner?, d’un tueur en série. Démarrant sur le narratif Just another night, Do(e) se lance dans son propos avec le très hard rock et syncopé The first time. puis arrive une variété de styles et d’influences qui vont du prog avec le long Dream at dusk (plus de 9’15) qui propose diverses ambiances et permet une mise en scène vocale intéressante entre voie masculine et féminine. Seulement, je ne trouve pas de point qui accroche particulièrement mon attention. Sans doute est-ce lié à la construction même des morceaux, peut-être trop « jazz » et pas assez directs pour moi. Les guitares se font cependant plus agressives sur The chase, incisives même, et accompagnent une section rythmique enlevée. Cet instrumental est un pont entre deux parties, la seconde démarrant avec Fame, titre heavy et mélodique. Si Do(e) pêche parfois – ou pour certaines sensibilités comme la mienne – par une forme de approche musicale quelque peu intellectualisée, il propose cependant une musique variée qui fait que chacun des 9 titres peut être pris séparément. En cela, il s’adresse à et peut toucher positivement divers publics.

Interview: MAGOYOND

Entretien avec Bruno (MAGOYOND) – entretien réalisé le 9 novembre 2022

Photo promo

Metal-Eyes.com: Kryptshow est sorti en 2019, c’est un double album et celui avec lequel j’ai découvert votre univers. Justement, comment le décrire, cet univers de Magoyond ?

Bruno: C’est une bonne question parce qu’on n’arrive pas nous-mêmes à nous mettre dans une case… On est très fans de tout ce qui est « horreur » ou horrifique, que ce soient des choses qui font peur ou d’autres plus légères comme l’univers de Tim Burton…

Un peu « Contes de la crypte »…

Complètement, et le nom du précédent album vient entièrement de là, entièrement inspiré de cette série qu’on regardait à la télé étant gamin, avec sa mascotte en plastique qui veniat et présentait les épisodes. Magoyond, je le classerais dans le metal, le cinéma d’horreur et fantastique. C’est plusieurs choses qui font que ce groupe est aujourd’hui.

Si tu devais décrire la musique de Magoyond à quelqu’un qui ne vous connait pas du tout, tu en dirais quoi ? Il y a ce côté légèrement horrifique, mais la musique ?

On s’efforce maintenant d’envisager chaque chanson comme une histoire différente. Une histoire dans laquelle on cherche à faire rentrer l’auditeur ; On reste dans la thématique metal, avec des grosses guitares, un gros chant, mais avec un petit plus. Il va y avoir de l’orchestration, une petite chorale… On inclut plusieurs styles et quelqu’un qui, à la base, n’écoute pas de metal va pouvoir être transporté. On pense un peu notre musique comme une BO de film, on essaie de transporter l’auditeur vers ce que lui va pouvoir imaginer.

Il y a effectivement ce que lui peut imaginer, mais Necropolis est surtout une histoire qui lui est racontée, il y a de la narration. Julien met en place tout l’univers un peu inquiétant et accessible à tous les publics.

Exactement, et tu fais bien de le préciser parce qu’on s’en rend vraiment compte avec les concerts, on a aussi bien des enfants que des parents… Il y a toutes les tranches d’âge possible. On n’a pas encore eu de morts-vivants… l’album est sorti le 28 octobre, et il nous a semblé évident de faire une double date pour halloween pour la release party. Ça s’est fait au Zèbre de Belleville à Paris, les 31 octobre et 1er novembre dans une thématique qui correspond à 100% à ce qu’on veut faire.

Justement, un concert de Magoyond, il faut s’attendre à quoi ? C’est tellement imagé comme musique qu’on peut imaginer que vous développez un univers particulier sur scène…

Oui, on est un peu obligés… Il y a plus que de la batterie/basse/guitare et chant, et sur scène, malheureusement, on ne peut pas faire entrer tout le monde, sinon il faudrait le Stade De France, et on n’en est pas encore là. Magoyond sur scène ? En gros, on reproduit ce qu’on a sur album, avec un show lumières et des ambiances pour accompagner notre musique. Aussi, tout ce qu’on entend sur l’album, on va le retrouver sur scène : ce qu’on ne peut pas faire directement en live – les chœurs, l’orchestre – on le fait sur bandes, que tout soit vraiment callé à la perfection. On veut coller au maximum à ce qu’on a enregistré.

Puisque nous avons abordé le sujet, Necropolis est sorti il y a quelques jours. Trois mots : vends-le-moi.

Alors… Folie, émotion, allez un troisième…

Non, « en trois mots » : Vends. Le. Moi. Toi, tu peux utiliser des phrases si tu veux ! Je me suis mal exprimé !

Oui, c’est toi qui as dit 3 mots ! Alors, pour faire simple, avec Kryptshow, on avait placé la barre assez haute, on est aussi passé par le financement participatif pour l’album. On avait pensé avoir atteint un palier musicalement, et en fait, le guide de Necropolis c’était de faire mieux et plus aboutit, et faire ce dont on rêvait depuis des années : travailler avec l’orchestre. Là, c’est du Magoyond puissance 1000 parce qu’il y a eu un travail de fignolage tel… Quelqu’un qui découvrirait, je dirais « venez écouter et découvrir le travail de gens passionnés ». On s’efforce de faire mieux à chaque album.

Alors « mieux » et « plus abouti », « du Magoyond puissance 1000 » ; vous voulez faire mieux à chaque album… C’est le troisième, vous avez de l’ambition et c’est très bien. Mais si on a là du Magoyond puissance 1000, le prochain, ça va donner quoi ?

Ben, Magoyond puissance 10.000 ! On fera tout pour, en tous cas. Là, on est déjà super contents du résultat et on réfléchit déjà à la suite, mais pour le moment, l’heure est à défendre Necropolis sur scène. Ce sera déjà une belle chose.

Tu viens de nous parler de l’esprit de Magoyond. Si tu devais ne retenir qu’un titre de Necropolis pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Magoyond, lequel serait-ce ? Pas to préféré, le plus représentatif.

Avec un seul titre ? Je t’en aurais bien donné deux…

C’est pour ça que je ne t’en demande qu’un.

Oui, bien sûr. Je pense que ce serait la chanson éponyme, Necropolis, qui reprend des thèmes de nos anciens albums autant que de celui-ci, tant musicalement que dans la narration. Ce n’est pas le morceau le plus complexe mais je pense que c’est celui qui vient le plus s’inscrire dans la ligné de ce qu’on a fait depuis nos débuts et ce vers quoi on se dirige. Il y a le côté narration, le côté metal…. Necropolis serait le plus représentatif de ce qu’on fait aujourd’hui.

Une chose m’intrigue, vous l’avez depuis longtemps, c’est ce Z. Il représente quoi ?

Ça remonte à Pandemia, notre premier album et c’est lié à l’histoire avec notre mascotte Hector Zam. C’est en fait le virus Z, qu’on pourrait décrire comme un virus zombie, mais aussi, on retrouve le Z de Zam. C’est le fameux virus qui a commencé a décimé la population dans tout l’ordre Magoyond décrit dans nos trois albums.

Et il y a un autre « virus » qui veut décimer la population ukrainienne et qui s’identifie aussi avec un Z…

Ça, malheureusement… Nous, on était là avant… C’est le fruit malheureux du hasard, les Russes se sont approprié cette lettre, mais que les gens soient rassurés, nous n’avons aucune affiliation, nous ne faisons que de la musique, pas de la politique (rires) !

Vous avez travaillé avec un orchestre sur plusieurs morceaux. Comment avez-vous travaillé ensemble et comment les avez-vous convaincus de travailler avec vous ?

Dans le groupe, on a Aspic, le bassiste actuel, qui, en dehors de Magoyond, est un vrai musicien professionnel. Ce qui implique qu’il sait aussi bien diriger un ensemble, un orchestre que, et c’est lui qui s’en occupe, de se charger de la prod, des enregistrements aux arrangements. Aspic, c’est vraiment l’homme à tout faire. Pour cet album, on est passé d’un orchestre numérique à du « full » orchestration. Il a tout simplement écrit les partitions. On a démarché des centres où on peut enregistrer des orchestres. Là, c’était à la Seine Musicale qui a des orchestres à disposition avec qui on se met d’accord sur le nombre de musiciens nécessaires, la durée de jeu… Ça s’est fait comme ça. Le jour de l’enregistrement, Aspic arrive avec les partitions, les musiciens sont briefés, il enregistre le tout depuis sa cabine, il écoute, est-ce bien joué comme ce qu’il imaginait, il va voir les musiciens pour quelques directives… C’est vraiment lui qui a dirigé toute cette partie symphonique et sans lui, on n’aurait pas ce résultat.

Contrairement à ce que tu disais, là, c’est plus qu’une « petite chorale »…

Non, en effet, mais je ne sais pas exactement combien de musiciens il y avait. Tu peux les compter, si tu veux, ils sont sur le livret…

On peut imaginer que vous souhaitiez, à terme, pouvoir présenter un concert avec tout ce monde sur scène. Y a-t-il quelque chose de prévu en ce sens ?

De prévu, malheureusement, avec les moyens que sont les nôtres aujourd’hui, on est un peu limités. Et d’un point de vue logistique, c’est une organisation qui est très gourmande, autant financièrement que pour réunir tout le monde. Mais, oui, c’est un rêve qu’on a de pouvoir réunir tout ce monde, tout comme c’était un rêve d’enregistrer avec un vrai orchestre, qui date de notre premier album… Il a fallu 10 ans pour le faire. Monter sur scène avec un vrai orchestre, c’est un rêve, mais pas possible aujourd’hui. Magoyond, c’est nous 4, on fait tout nous-mêmes, de A à Z…

Le voilà ce fameux Z !

Oui, bien vu, très bon rebond ! Si un jour on devait faire un concert comme ça, il faudrait la garantie d’une structure et des moyens pour gérer ça. Peut-être une date unique pour un énorme concert…

Comment décrirais-tu l’évolution de Magoyond entre Kryptshow en 2019 et Necropolis en 2022 ?

Eh bien, c’est une suite logique. On a tous un peu grandi avec ce qu’on a vécu et le temps passé chez soi avec cette pandémie… On n’était pas précurseurs, mais le thème s’y prêtait bien ! Petit à petit, autant dans nos attentes musicales que visuelles, on s’est vraiment posés pour faire évoluer le projet dans le bon sens et surtout offrir une œuvre à la hauteur de la contribution des gens qui nous ont fait confiance et de ce que nous nous avions en tête depuis un bon moment, l’orchestre, la chorale, toutes ces choses qui ont permis à notre son d’évoluer et proposer des choses de meilleure qualité que ce qu’on a fait jusque-là.

Kryptshow était déjà de grande qualité…

Oui, oui, on ne le renie pas du tout mais on a voulu faire mieux. Et on en est satisfaits, on espère que le public le sera aussi…

Si tu devais penser à une devise pour Magoyond, ce serait quoi ?

Ouh là là ! C’est les petites questions piège…

Non, non, il n’y a pas de piège…

Non, c’est vrai, c’est bien ces questions un peu inopinées… Une devise pour Magoyond ? « Mangez sain, mangez des humains » ? En rapport avec les zombies, on va rester sur une petite note d’humour…

 

WISEWOLF: In void

France, Metal (M&O, 2022)

Wisewolf a été formé à Lyon et a publié un premier Ep en 2019. Les 5 reviennent avec In void, un voyage au cœur du metal moderne composé de 7 titres. Wisewolf est ici accompagné d’un nouveau chanteur. Mais… oh, rage, oh, désespoir! Une voix claire, puissante et déterminée qui, malheureusement, chante dans un anglais ‘patate dans la bouche’. C’est simplement incompréhensible et c’en devient rapidement difficilement écoutable pour tout auditeur un tant soit peu anglophone. Ce… « détail » linguistique mis à part, on ne peut nier les qualités évidentes de la musique, énergique, puissante, menée par des guitares et une rythmiques entrainantes et originales qui lorgnent du côté du metal moderne. Mais bon… je ne parviens simplement pas à passer le cap de ce chant qui ferait plus qu’entièrement le job s’il était dans la langue de Molière, Corneille, Hugo, Zola, Werber ou même Djian…

THE FOXY LADIES: Not sorry

Heavy rock/Punk, France (Autoproduction, 2022)

Ils sont quatre, viennent de Lyon et visiblement, se foutent royalement des codes et des règles, voire de l’ordre établi. The Foxy Ladies – si le nom évoque un certain Jimi Hendrix, rien d’étonnant – déboulent en force avec Not sorry, leur troisième livraison (après Ignition en 2015 et Backbone en 2017). La nouvelle offrande mélange avec un réel bonheur puissance et irrévérence au travers de 11 titres explosifs et rageurs. Les guitares de Lucianne Wallace évoquent autant Motörhead  (voire Iron Maiden sur l’intro du premier titre, Blossom with the moon) que les grandes heures du punk ou du ska (Vulture dance), allant droit au but sans fioriture soutenues par une rythmique solide signée Emilie Mathey (batterie) et Alexis Parison (basse). On remarquera également le chant parfois enragé, parfois taquin, voire coquin, de Gabi Sam à qui on pourrait demander de travailler un peu sa diction anglaise, mais c’est bien tout tant elle éructe et dégueule avec bonheur sa rage. Au delà des groupes mentionnés, le résultat final fait aussi penser à Girlschool ou Siouxie and the Banshees. C’est crade – à l’image de la pochette – et généreux. Du rugueux simple comme « on n’en fait plus ». La preuve que si, on en fait encore, c’est ce Not Sorry des Foxy Ladies à découvrir d’urgence.

VOLBEAT live à Paris, le 31 octobre 2022 – avec Bad Wolves et Skindred

Retrouvez ici la galerie du concert

C’est un Zénith en petite configuration qui accueille ce soir une affiche internationale. Toute petite configuration, même, puisque la scène dispose d’une gigantesque avancée dans la fosse allant presque toucher les premiers gradins… C’est dire si les groupes seront ce soir au contact du public, tous s’appropriant avec plaisir cette massive excroissance. La scène est déjà presque entièrement installée, les 3 sets de batteries déjà en place réduisant quelque peu l’espace.Seulement… Si les concerts en plus petites salles auxquels j’ai récemment assisté ont affiché complet, ce n’est pas le cas du Zénith où l’on circule ce soir très facilement.

BAD WOLVES

Les Américains de Bad Wolves, qui se sont fait remarquer avec leur reprise de Zombie (The Cranberries) ouvrent le bal à 19h dans un Zénith tristement vide. A peine 1500 personnes sont déjà sur place, mais il est encore tôt en cette soirée d’Halloween (on croise des spectateurs maquillés, mais rien sur scène n’indique quel jour on est), et nul doute que le public va arriver. Chauffer la petite foule présente est toutefois compliqué pour Daniel Laskiewicz, nouveau chanteur du gang qui remplace depuis 2021 Tommy Vext (de nouveau récemment parti remplacer Ivan Moody au sein de 5FDP). Une petite demi heure à tenter de fédérer par ses harangues et invitations à jumper. Ca doit faire bizarre de se retrouver là face à nombre de sièges vides, mais les gaillards s’en sortent finalement bien, et pas seulement grâce à la reprise mentionnée plus haut, n’hésitant pas à arpenter la plateforme centrale. Sympathique entrée en matière même si pas mémorable.

BAD WOLVES

SKINDRED

Il faut peu de temps pour changer le plateau afin qu’à 19h45 le délirant Benji Weeb débarque de son univers sur fond de BO de La guerre des étoiles et embarque ses compères anglais de Skindred dans une (re)conquête du public. Le ragga metal du groupe n’est pas forcément celui que tout un chacun écoute à la maison mais en concert, avec la prêche du grand chanteur noir, ça le fait de bout en bout. La salle est désormais plus correctement remplie et le public est assez réactifs. Si Benji hésite à s’aventurer sur l’avancée de scène, préférant poser un pied sur sa plateforme perso, ça ne dure pas. Il y va, se l’approprie et fait participer le public dès que possible.

SKINDRED

Oh, cette rage, cette énergie communicative, que ça fait du bien, surtout agrémentées de cet humour pince sans rire du gaillard comme lorsqu’il revient sur scène avec un mini claviers aux couleurs tant aimées d’Eddie Van Halen faisant croire qu’il joue l’intro de Jump… à un doigt (en faut-il vraiment plus?) On retiendra aussi le duel vocal côté cour et côté jardin en plus de la bonne humeur communicative tout au long de ce show. Skindred remporte la palme du groupe bulldozer du soir. Un retour au Hellfest en juin prochain? En attendant, ils ouvriront en janvier 2023 pour la tournée de Royal Republic qui passera par la France.

SKINDRED

 

VOLBEAT

Difficile d’imaginer un demi Zénith pas complet pour accueillir les danois de Volbeat, mais pourtant. Ce ne sont qu’environ 2500 personnes qui sont ce soir présentes pour acclamer Michael Poulsen et ses compagnons, dont un Rob Caggiano qui a enfin lâché ses cheveux se transformant par instants en capitaine Caverne. La scène est vaste, les lights superbes et les écrans s’animent ici d’images variées (photos, dessins animés, extraits de clips), là des images captées live du public et des musiciens. Ouvrant comme c’est désormais son habitude avec The devil’s bleeding crown, le groupe enchaine sur un autre désormais classique, Pelvis on fire, issu de son précédent album, avant d’enfin commencer à présenter son dernier né, Servant of the mind (« un album vraiment metal« , comme le précisera Michael Poulsen) via Temple of Ekur.

VOLBEAT

Trois titres, et le public est déjà conquis, tant les musiciens se donnent – tranquillement, le concert de ce soir ne verra pas trop de sueur – pour chacun, et savent aller à la rencontre de tous. Le chanteur guitariste remercie le public présent d’être venu et rappelle les moments difficiles que nous avons tous vécus et les difficultés à retrouver des salles pleines. Mais il faut continuer.

VOLBEAT

Le dernier album sera au final représenté par 5 morceaux dont un The devil rages on précédé d’un discours de Poulsen, clair dans ses idées: « Oh, oui, le diable existe. Et il est Russe… » Aucun doute de qui il vise mais heureusement, le concert est teinté de bonne humeur, de convivialité et de sourires. Avant de lancer Shotgun blues, il demande au public qui a le dernier album de Volbeat et compte… 5 mains levées, et fait mine d’être dépité, mais il y en a heureusement plus.

VOLBEAT

L’humour est au rendez-vous d’ailleurs, lorsqu’il évoque sa fille qui lui demande s’il peut jouer je ne sais pas quoi, (mais un truc de son âge) avant d’avouer qu’il ne devrait pas dire ça en tant que père mais… « non, je ne peux pas« … « Papa… tu peux jouer Johnny Cash? – Johnny Cash? Putain, ça oui, je peux! » et c’est parti pour un peu de rock vintage. Jerry Lee Lewis nous ayant quittés il y a peu, on aurait apprécié un peu de spontanéité avec ce même type d’hommage, mais bon…

VOLBEAT

Doc Holiday vient majestueusement clore ce concert avant que Volbeat ne revienne pour un unique rappel. unique mais comprenant tout de même 4 titres – Sacred stones, dernier extrait de Servant, Die to live, For Evygt et l’incontournable et intemporel Still counting. S’ils nous ont offert un concert carré, chaleureux aux lights impeccables, bien que sans réelle surprise, Volbeat est une vraie machine de scène qui se donne comme il faut. Malgré le public qu’on aurait souhaité plus nombreux, c’est une très belle soirée que Volveat nous a offert. Merci!

VOLBEAT

Merci à Olivier Garnier (Replica promo) et Olympia production d’avoir rendu ce report possible.

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VOLBEAT live à Paris – 31 octobre 2022: la galerie

Retrouvez ici le live report complet

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DEVILSBRIDGE: Sense of…

Suisse, Metal (Fastball, 2022)

Jolie découverte que ce Sense of… de DevilsBridge. L’album explore le concept de la recherche de LA sensation au travers d’une intro de présentation et de 11 titres heavy, rugueux et racés. Une sensation, un mot, une chanson. On est bien au delà des 7 péchés capitaux ou des 7 vertus cardinales avec ces 11 sensations. De l’Illusion à la mort, en passant par la douleur, la réalité, l’Instinct ou la recherche de la Perfection, les Suisses, menés par la chanteuse Dani nous offrent une petite heure de ce métal puissant, enragé et compact. Musicalement, le groupe n’a rien de commun avec ses compatriotes de Krokus ou de Gotthard mais pourrait bien creuser le sillon avec autant de succès qu’eux. Le quintette explore divers univers du metal tout en gardant une ligne directrice avec pour mot d’ordre « efficacité ». Le chant peut être aussi agressif que teigneux ou narquois – à la manière d’une Robbie Zane (du regretté Shadow Queen) ou Joan Jett – soutenu par des guitares aussi incisives qu’agressives. DevilsBridge est sans doute la découverte metal de ce second semestre 2022. A suivre de près!

MAGOYOND: Necropolis

France, Metal (M&O music, 2022)

J’adore. Tout pourrait être dit avec ce simple mot, mais est-ce vraiment suffisant? Certes non, alors laissez moi développer ma pensée concernant Necropolis, la nouvelle oeuvre des Parisiens de Magoyond. Rappelez-vous, en 2019, le groupe nous avait épatés avec Kryptshow, un double album puisant son inspiration dans les séries TV et contes horrifiques dignes d’Halloween. Necropolis, la nouvelle œuvre de Magoyond est sans doute plus aboutie encore que son prédécesseur. Au travers de 10 titres et un bonus, le quatuor, qui s’est adjoint les services de l’orchestre philarmonique de Necropolis, du Neko brass band, d’un orchestre symphonique et d’un quintettes à cordes voit, c’est le moins qu’on puisse dire, les choses en grand. Conçu comme un conte horrifique, cet album s’écoute d’une traite avec un bonheur réel. La voix grave et profonde de Julien Escalas « Le Mago » fait des merveilles, alternant entre narration et chant inquiétant, et, si l’histoire n’est pas faite pour les enfants, il parvient à faire retomber l’auditeur en enfance. Les compositions suffiraient à elles seules, variées et cinématiques, puisant autant dans le heavy pur jus que dans l’alternatif ou le metal symphonique, mais les orchestrations et les arrangements les expédient clairement dans une autre dimension. C’est grand, superbement bien mené et produit et il n’y a simplement jamais rien de trop. Il y a même un esprit Disney qui émaille ce Necropolis – impossible de ne pas penser à Aladin et la chanson Ton meilleur ami en écoutant Goliath paradise…  J’avais déjà évoqué ce même film et son génie sur Kryptshow – ainsi que Harry Potter (un certain mot de passe…) Necropolis est une merveille à écouter et réécouter, un disque qui regorge d’idées généreuses et de trouvailles étonnantes. Un vrai bonheur auditif. Maintenant, avoir autant de monde sur scène est-il simplement imaginable? En tout cas, Necropolis est la parfaite bande son de votre week-end d’Halloween (si vous soutenez cette « fête » commerciale purement made in USA, mais c’est un autre débat)… Je ne sais pas si je l’ai déjà écrit, mais… j’adore!

SCARLEAN: Silence

France, Metal (Autoproduction, 2022)

Avec Soulmates, son premier album paru il y a un peu plus d’un an, Scarlean avait fait forte impression. Proposant un metal hybride, mêlant des sonorités classiques et modernes, puisant autant dans le heavy metal que dans le neo, Scarlean revient avec un album tout aussi original, puissant et varié. Silence nous offre 9 titres taillés dans le roc et forgés dans le rock. Rageur, vindicatif, l’ensemble est agrémenté de guitares hypnotiques, de breaks plus légers et l’ensemble est simplement attirant. Quelques passages s’inspirent – vocalement – du punk mais l’ensemble est plutôt un patchwork d’influences et d’envies. Et ça marche franchement bien! Avec Silence, Scarlean confirme son grand potentiel et se positionne comme un vrai challenger de la nouvelle scène metallique française. A suivre de près!