Interview : DUSK OF DELUSION

Interview DUSK OF DELUSION. Entretien avec Matthieu Morand (guitare). Propos recueillis au Black Dog de Paris le 9 mars 2018

 

Metal-Eyes : Dusk of Delusion a été formé en 2016 par des musiciens issus de différents univers du metal. Comment en êtes-vous venus à former ce groupe ?

Matthieu Morand : Julien, le bassiste, et moi on se connait depuis une trentaine d’années puisqu’on était au collège ensemble. On a formé notre premier groupe au lycée en 1993, un groupe qui s’appelle Elvaron et qui est toujours en activité après 25 ans – on a sorti 5 albums déjà…

Metal-Eyes : Et qui est plutôt metal progressif, d’ailleurs.

Matthieu Morand : Carrément, c’est très très technique, complexe à réaliser sur scène. C’est technique, et en plus, j’assure également le chant. Ça fait depuis 2008 que je ne fais plus de scène avec Elvaron parce que c’est une musique qui est trop complexe à restituer. Avec Julien, on avait envie de revenir à quelque chose de plus immédiat, à une musique qui peut rapidement aller sur scène, et qui ne nous demande pas une concentration au détriment de l’énergie pure. Attention, je ne dis pas « qui ne nous mette pas en danger », au contraire.

Metal-Eyes : Donc vous préférez mettre en avant cette énergie plutôt que de devoir rester concentrés et figés sur scène…

Matthieu Morand : Exactement.

Metal-Eyes : Elvaron, c’est une chose, mais il y a également des membres de Louka dans ce nouveau groupe…

Matthieu Morand : Effectivement, Julien et moi étions membres de Louka, dans un autre registre, rock, et assez axé sur la scène. La distance géographique – on était un peu éclatés en France, le chanteur habite à Brest… –  c’était un peu complexe de se retrouver pour faire des concerts. Ça a fonctionné un temps, un temps qui nous a permis de faire trois albums. Mais ça a vécu, et avec Julien, on avait vraiment cette volonté de faire quelque chose qui soit un peu dans la continuité de Louka mais en plus immédiat.

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe ?

Matthieu Morand : Dusk Of Delusion, ça veut dire « le crépuscule des illusions ».  Pourquoi ce nom ? On trouvait que ça avait une belle consonance, et on cherchait aussi un nom qui soit unique, qui ne soit pas utilisé par d’autres groupes, nulle part ailleurs sur la planète. Et il n’y a personne d’autre avec ce nom !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous avez des ambitions internationales, vous voulez aller partout…

Matthieu Morand (il sourit): Oui, oui… L’album va sortir en France et en Europe en version physique, et on a une distribution internationale en digital. Après, toute prétention gardée, si opn peut s’exporter, ce sera bien. Mais déjà, notre ambition, c’est de se faire connaitre en France.

Metal-Eyes : Cet album, Funfair, ou Unfair puisque le F est tombé et est éteint, vous l’avez travaillé comment, vous les vieux routards ?

Matthieu Morand : Ce qu’on voulait, c’est faire une musique assez immédiate. Julien et moi avons composé des chansons pour pouvoir les tester en répétition, pour pouvoir, aussi, recruter les autres musiciens. C’est plus facile de proposer à des gens de rejoindre un groupe quand des choses sont déjà écrites, ça permet de leur faire voir la direction musicale qu’on veut suivre. On savait qu’on allait certainement travailler avec Romuald, notre batteur, puisque ça fait déjà plusieurs années qu’on était en contact avec lui. Au début on s’est demandé si on faisait ça en trio, mais je n’avais pas envie de chanter, Julien non plus, donc on a recruté un chanteur et Benoit est vraiment parfait pour le style. Lui et Romuald avait déjà enregistré pour le groupe Redline, ils étaient sans engagement musical, libre. On a commencé comme ça, à 4 pendant quelques semaines et, pour aborder  la scène, on s’est dit qu’il nous fallait un second guitariste. Et moi, pour la scène, j’avais envie d’aller vers une écriture à deux guitares, un peu à la Maiden.

Metal-Eyes : J’ai écouté l’album une première fois, et ce qui m’est venu à l’esprit c’est que ce disuqe est très visuel. Quelle est votre intention musicale ?

Matthieu Morand : Au-delà de la scène ?

Metal-Eyes : Parlons-en, alors, de la scène… Vous avez pas mal d’expérience, et un groupe de rock, ça se défend sur scène. A quoi faut-il s’attendre live et quels sont vos projets de tournée ?

Matthieu Morand : Alors, sur scène, on reste sur quelque chose d’assez brut, on mise avant tout sur l’énergie et la communication avec le public. C’est un show très communicatif, qui permet de capter le public. On tente, même si ce n’est pas toujours facile, de le faire bouger, participer, chanter… Ça fonctionne assez bien, c’est vraiment ce qu’on voulait faire. On sera en tournée fin avril – elle démarre le 21 avril à Nancy, on va jouer, ensuite, à Paris, au Klub, à Lille, Strasbourg, en Belgique…. Après on aura quelques festivals, et on a quelques projet pour l’automne, une captation vidéo pour un live. On est dans cette dynamique de concerts.

Metal-Eyes : Tu parles de show ; faut-il s’attendre à un spectacle particulier ? Sans tout dévoiler, bien sûr. Tu parles beaucoup d’énergie, mais vos concerts sont-ils aussi visuels ?

Matthieu Morand : Non, pour le moment, on n’a pas de décors… Il y a, c’est vrai, un concept autour des fêtes foraines, mais on veut que ce concept soit temporel : il est sur cet album, mais on ne veut pas s’enfermer dans une imagerie 1900 comme pourrait avoir Avatar ou des groupes comme ça. On ne veut pas s’enfermer dans un trip, on veut vraiment privilégier quelque chose de simple et de brut, même si on a une cohérence visuelle dans nos vêtements, nos costumes de scène. Mais il  n’y aura pas de décors, en tout cas, pas sur cette tournée.

Metal-Eyes : C’est intéressant que tu parles d’Avatar… A quel point ce groupe est-il une influence ?

Matthieu Morand : Ce n’est pas du tout une influence, même si ces derniers temps, quand on est en interview, c’est un groupe qui revient souvent. Et pourtant, à aucun moment on n’a voulu se rapprocher de cet univers-là. En tous cas, pas consciemment. C’est d’ailleurs un groupe que je connais mal, très peu…

Metal-Eyes : Pourtant, c’est le seul nom de groupe que tu aies cité…

Matthieu Morand : Oui, parce que je suis de près tout ce qui se fait, je suis actif, je lis beaucoup, je suis toujours abonné à des magazines. Mais écouter un titre ou voir un clip, ça ne suffit pas pour en faire une influence.

Metal-Eyes : Tu parles justement d’un titre… Si tu devais ne retenir qu’un titre d’Unfair pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Dusk of Delusion, ce serait lequel ?

Matthieu Morand : Euh… Celui qu’on a sorti en clip, White worlds, concentre pas mal l’univers et ce qu’est Dusk Of Delusion. Il y a des riffs très percutants, il est très groovy, avec des rythmes basse batterie… Il y a une partie centrale un peu… Pas atmosphérique, mais qui permet de redescendre pour repartir après, il y a un refrain catchy… Ce titre là résume assez bien notre univers.

Metal-Eyes : Et comment décrirais-tu votre musique pour quelqu’un qui vous découvres ? En gros, quels arguments utiliser pour me vendre ton album ?

Matthieu Morand : Alors… Je suis très mauvais commercial, j’ai travaillé 11 ans dans ces aspects… Je suis un passionné de musique, ce n’est pas notre métier… Tout est une question de point de vue mais on a la chance de pouvoir en faire. On travaille, on peut investir de l’argent sur notre passion sans que ça mette en péril notre vie quotidienne, donc pour nous, c’est super. On est libres de nos choix artistiques…

Metal-Eyes : D’accord, mais tout ça ne me convainc pas d’aller l’acheter !

Matthieu Morand : Oui, mais je sais pas quoi te dire moi (rires) !

Metal-Eyes : Qu’est-ce que je vais trouver dans ce disque ?

Matthieu Morand : Je pense que tu vas trouver des influences qu’il n’y a pas ailleurs. On vient tous d’univers différents : je viens du prog, Julien est un gros fan de Korn, peut-on imaginer quelque chose entre Korn et Dream Theater ? On a un concept autour des fêtes foraines, et dans le neo metal, ça n’existe pas, un album conceptuel. Et là, on est en plein dedans, alors, est-ce que ça peut convaincre les gens de jeter une oreille ? On ne révolutionne pas la roue, peut être y a-t-il quelque chose de plus moderne, de plus frais ?

Metal-Eyes : Si tu devais imaginer une devise pour Dusk Of Delusion, ce serait quoi ?

Matthieu Morand : La livre sterling ! (rires)

Metal-Eyes : Alors là, celle-là, on ne me l’a pas encore faite !

Matthieu Morand : Non, pas une monnaie… Une phrase choc ? Waow….C’est dur comme question… L’énergie ? C’est ce qui nous définit…

Metal-Eyes : Oui, mais ce n’est qu’un mot…

Matthieu Morand : « L’énergie au service de la musique » alors ?

Metal-Eyes : Que rêvez-vous de faire avec ce groupe ?

Matthieu Morand : Nos rêves ? De pouvoir commencer à toucher de plus grosses scènes, voire de plus gros festivals, et pouvoir continuer sur cette lancée.

Metal-Eyes : Tu as passé une bonne partie de la journée en promo. Jusqu’à présent, quelle a été ta question préférée, celle qui t’a le plus surpris, étonné ?

Matthieu Morand : On a eu une question, tout à l’heure de quelqu’un qui est vraiment allé au fond des textes et qui nous a posé une question très précise sur le thème abordé dans Strings on your arms, et qui reprend le thème du marionnettiste et fait une analogie avec l’endoctrinement. Benoit a écrit ce texte au moment des attentats de Paris.. Et ce gars a fait un parallèle avec les croisades qui se sont déroulées il y a 800 ans. Et finalement, les problématiques sont les mêmes : ce ne sont pas les mêmes religions, mais il s’agit d’obliger les gens à adhérer à une vision qui n’est pas la leur, jusque sur leurs terres. Quand les croisés arrivent à Jérusalem et passent au fil de l’épée 10.000 musulmans… Aujourd’hui, ce n’est pas la même religion, mais c’est finalement la même chose. C’était intéressant d’avoir ce point de vue.

 

DISCONNECTED: White colossus

Metal, France (Apathia records, 2018)

Disconnected est le projet fondé en 2012 par Adrian Martinot, également compagnon de route de Pierre le Pape au sein de son Melted Space. Aujourd’hui signé par Apathia records, Disconnected se présente au grand public avec un puissant et varié premier album sous les bras. White colossus est à la fois un disque intrigant et intéressant. Si Living incomplete est un titre d’ouverture brutal et rugueux, au chant growlé et si Blind faith confirme une réelle attirance pour le metal tendance heavy, la suite se fait plus légère, limite pop et joue avec divers univers musicaux. Car Wounded heart ou Feodora évoquent un Muse aérien, des Beattles entrainants, ce malgré des doubles grosses caisses et quelques interventions vocales plus musclées. For all our sakes débute avec des sonorités orientales et se transforme vite en un déluge de notes et de rythmes syncopés. Ça, ils aiment bien: débuter calmement, monter en puissance, parfois là où l’on ne s’y attend pas. Avec ce premier disque, Adrian démontre l’étendue de son savoir faire guitaristique et ne se complait jamais dans la facilité. Au contraire, en variant ses plaisirs, il parvient à surprendre l’auditeur (quelques plans shredder sur Blind faith et… quel solo étonnant sur Blame shifter!), preuve qu’il y a là un vrai potentiel. White colossus est un disque varié qui s’apprivoise pleinement avec plusieurs écoutes. Une première plus que réussie!

RED MOURNING: Under punishment’s tree

Metal, France (Bad reputation, 2018)

Voici 4 ans que Red Mourning a livré sa dernière offrande explosive… Mélangeant un chant aussi hargneux que ses riffs et des voix plus bluesy, des riffs tranchants et des rythmes rentre dedans, les 13 titres de ce nouvel opus, Under punishment’s tree, ne font pas dans la dentelle.  Dès A whole different life, le message est clair: ça taille dans le gras, directement et sans concession. Et jamais Red Mourning ne relâche la pression. Si l’on a parfois l’impression de se retrouver au milieu d’un Oh brother déjanté, la virulence vocale nous ramène à la réalité. Cependant, malins, les Français parviennent à lier ce maelstrom auditif à des mélodies sous-jacentes inspirées d’un blues lumineux. Ce mélange d’ombre et de lumière, de violence et de douceur est à la fois détonnant et attirant. Difficile à suivre d’une traite quand on n’aime pas les voix gutturales, mais pour ceux qui apprécient, c’est un vrai défouloir. Red Mourning n’a décidément pas dit son dernier mot!

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL. Entretien avec Haley Cramer (Batterie). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 25 janvier 2018

Metal-Eyes : Commençons avec le nouvel album : pourquoi avoir choisi de ne pas lui donner de titre autre que le nom du groupe, C’est une sorte de renaissance ?

Haley Cramer : Oui, on pourrait le voir ainsi, une renaissance. Tu sais, le groupe existe depuis 12 ans, ils ont sillonné les routes pendant 10 ans et je crois que c’était important pour eux de prendre un peu de recul, et se recentrer sur les raisons qui nous poussent à faire ce que nous faisons, pourquoi nous avons commencés tout ça. Et il y a moi, qui suis la plus récente dans le groupe. Je suis arrivée au milieu du cycle du dernier album, je suis allée sur la route avec eux, j’ai donné des concerts avec eux, mais nous n’avons jamais vraiment répété ensemble, alors il était important de s’écarter des concerts et simplement… jammer ensemble, s’amuser. Ce fut vraiment enrichissant et je pense que cela se ressent sur ce nouvel album. Prendre le temps de composer, définir les différentes tonalités, rassembler tout cela de manière cohérente, tout ça était important. Mais cette renaissance ne concerne pas que les compositions, le chant ou la musique : elle touche aussi la manière dont l’album a été produit, notre approche du studio a été différente, ça n’a pas été fait dans l’urgence. Tu sais, comme ils étaient toujours sur les routes, le travail en studio se faisait différemment : le batteur faisait son truc, les autres rentraient chez eux… Donc, ils n’étaient jamais tous ensemble. Cette fois-ci, nous avons tous pris des congés et nous sommes retrouvés en studio. Je pense vraiment que ça s’entend, ce disque a été fait de manière très organique. En ce qui concerne la batterie, oui, je dois sonner comme du Pop Evil, mais il y a beaucoup plus qui peut entre dans le sion de ce groupe. Tout ce qui est électronique… Il n’y a rien de programmé, tout a été joué, live. J’avais 3 kits de batterie prêts à servir à tout moment, H24. Un kit rock traditionnel, un autre accordé plus bas, des cymbales entassées partout et un kit électronique. C’était mon univers un peu étrange, tu vois ? Chaque chanson, si elle ne sonnait pas comme on voulait, je sautais sur un autre kit pour tester autre chose, d’autres sons. C’est quelque chose qu’ils n’on jamais fait avant. J’ai vraiment eu beaucoup de chance, chaque jour en studio, non pas d’avoir un kit de batterie, mais d’avoir une véritable palette sur laquelle travailler.

Metal-Eyes : Ceci répond en partie à ma question suivante qui était de savoir quelle est, selon toi, l’évolution de Pop Evil entre ses deux derniers albums… Vraisemblablement, la manière d’enregistrer en fait partie.

Haley Cramer : Up avait certaines de leurs meilleures chansons, mais certains anciens fans l’ont trouvé moins heavy que ce qu’ils souhaitaient. Il fallait donc trouver un compromis entre Up et ses mélodies et ce que les fans attendent, pour ce nouvel album. On adore les deux aspects de Pop Evil, et j’espère que ce nouvel album est un parfait mix de ces deux univers.

Metal-Eyes : Des concerts et festivals ont été annoncés, mais la France n’en fait pas partie. Y a-t-il une chance pour que Pop Evil vienne chez nous ?

Haley Cramer : oui, c’est plus que possible. Je crois que le Download a été confirmé, et on voudrait pouvoir trouver quelques dates à cette période en support d’un autre groupe. On voudrait vraiment, à terme, parvenir à tourner en tête d’affiche en France afin d’avoir plus de contrôle sur nos affaires. Jusque là, c’est assez délicat de faire venir les gars des USA pour jouer ici (NdMP : Hayley est Anglaise, le groupe américain. Les distances ne sont pas les mêmes…) On sent que l’intérêt grandi en France et en Allemagne, donc on veut vraiment venir plus souvent.

Metal-Eyes : Je n’ai pas eu le temps d’écouter l’album plus d’une fois, mais ce que j’en tire c’est un bon mélange entre heavy, rap, électro, des guitares dingues, une batterie folle… Comment définirais-tu la musique de Pop Evil aujourd’hui ?

Haley Cramer : Je dirais que son but est d’unir les gens. C’est une des raisons pour lesquelles je voulais rejoindre ce groupe. Pour moi, c’est une musique vraiment positive, et les paroles sont toujours écrites avec beaucoup de cœur, et la volonté de donner de la force à l’auditeur. Même les chansons dures ont un message positif.

Metal-Eyes : D’après ce que j’ai vu, Pop Evil aborde aussi des sujets sérieux, comme la politique ou l’économie…

Haley Cramer : Oui, aussi… Nous vivons une étrange période dans le monde aujourd’hui. Socialement… Je pense que les réseaux sociaux sont très difficiles à cerner, c’est dur de naviguer là-dedans. C’est très facile pour les gens de se persuader que tout le monde pense comme eux. Ce que tu vois sur ton mur te convient parce que ça vient des « amis » que tu a sélectionnés. Quand on en vient à voter, les gens se disent «  oh, oui, c’est facile, allez, on sort et on va voter ! »Ben oui, mais vas-y ! Ion ne veut pas être anti-gouvernement ou quoi que ce soit, on veut simplement que les gens se rappellent que ces gens ont le pouvoir parce que nous avons laissé cette situation se produire.

Metal-Eyes : Je ne voulais pas parler du Brexit, mais s’agissant d’un groupe américain, quelle est leur opinion, ou la tienne en tant qu’Anglaise, sur ce qu’il se passe aux USA depuis un an

Haley Cramer : Principalement, je crois que la plupart des gens sont toujours sous le choc de ce qu’il se passe. Comment on en est arrivés là ? Je crois que nombreux sont ceux qui râlent qui auraient mieux fait de s’impliquer plus tôt… Il reste une grande partie du pays qui est en accord avec ce qu’il se passe, et c’est pareil avec le Brexit : c’est dur… Est-ce que je voulais la séparation ? Non. Est-ce que je souhaite la division ? Non…. Est-ce que…

Metal-Eyes : C’est un peu ce que l’on dit en France : on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on récupère…

Haley Cramer : Exactement.

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que le groupe ne souhaite pas aborder ?

Haley Cramer : Non, je crois que si des sujets méritent un débat, alors il faut en parler. C’est le boulot d’un musicien, d’un artiste : la représentation d’un moment présent.

Metal-Eyes : Concernant l’album, il s’agit, comme nous l’avons évoqué, d’une renaissance. Pourquoi alors avoir choisi un lion et non un phœnix ?

Haley Cramer : Le lion évoque le courage de prendre une décision, quand tu te trouves à la croisée des chemins. Il y a tant de négativisme dans le monde actuel que beaucoup de personnes ont besoin de ce courage pour avancer. Et pour renaitre, le courage du lion est nécessaire.

Metal-Eyes : Il y a de nombreux symboles sur cette tête de lion : des visages humains, des aliens, d’autres symboles… Y-a-til un message derrière tout cela ?  

Haley Cramer : Je crois qu’il se passé beaucoup de choses dans l’esprit d’un lion ! Du bon et du moins bon…

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical? Le groupe ou l’artiste, l’événement, qui t’a fait dire : « voilà ce que je veux faire ! » ?

Haley Cramer : Avant tout, découvrir un kit de batterie, ça, ça a été quelque chose qui a changé ma vie. Ensuite, une équipe, c’est ce qui fait vraiment de toi ce que tu es. Skunk Anasie et No Doubt sont les deux groupes qui ont changé ma vie. Deux groupes totalement différents mais les sections rythmique, la batterie, m’ont secouée. Je voulais atteindre ce niveau. Vite, punk… Et ces deux groupes ont des femmes au caractère très affirmé. Me retrouver dans un groupe de mecs, j’ai intérêt à m’affirmer aussi !

Metal-Eyes : Comment ces gars acceptent-ils ton « britishness » (elle explose de rire) ? On connait tous l’humour anglais, comment passe-t-il avec des américains ?

Haley Cramer : Bien sûr, parfois c’est un peu « Lost in translation » et on trouve ça très drôle. Il y a des choses que je ne supporte pas, pareil de leur côté, mais on en rit très facilement !

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de l’album pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Pop Evil laquelle serait-ce et pourquoi ?

Haley Cramer : Attends que je réfléchisse un peu… Je pense que la chanson Ex-machina est assez représentative de ce que nous sommes aujourd’hui : les textes qui traitent des réseaux sociaux, et musicalement, chaque son est ce que nous voulons être aujourd’hui.

Metal-Eyes : Comment occupes-tu ton temps en dehors du groupe ?

Haley Cramer : Comment? Je promène mon chien, je cuisine beaucoup, j’adore la nouriture…

Metal-Eyes : Qu’aimes-tu cuisiner ?

Haley Cramer : En ce moment je suis à fond dans le curry… Ca fait un mois que j’en fais, mais hier soir, j’ai gouté une tajine, et je pense que je vais m’y mettre bientôt. Version rock ! Et puis j’aime simplement aller au pub. Tu sais, en Amérique il y a beacoup de bar sportifs, mais pas de pub…  J’aime vraiment aller au pub, pas pour boire et me souler, simplement pour être avec les gens ! Avec de la musique !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Pop Evil?

Haley Cramer : Oh mon dieu… “Grimper encore”. Je sais, ce sont les paroles d’une chanson, mais ça veut dire vouloir se perfectionner, faire mieux, aller chercher et atteindre tes rêves.

Metal-Eyes : Une dernière chose: quelle a été la meilleure question du jour, la plus surprenante?

Haley Cramer : Tu sais quoi? On nous a demandé plus tôt si nous allions faire un DVD live. Et la question semble normale, mais ça a entrainé une discussion assez « massive ». J’adorerais ça, mais Leigh se demande pourquoi dépenser de l’argent, nous ou le label, sur un produit qui se retrouvera instantanément sur YouTube… Tout est déjà fait, Facebook live, et tout. La question est de savoir s’il y a un intérêt pour un DVD. Oui, bien sûr ! J’aimerais pouvoir profiter des bonus, des interview, à la maison…Passer deux heures avec ce groupe que tu aimes tant ! Rien à voir avec Spotify et autre système qui te permettent de zapper facilement !

Metal-Eyes : Merci beaucoup, et j’espère vous retrouver au moins au Download!

Haley Cramer : J’espère aussi, merci à toi pour ton temps.

INSOLVENCY: Antagonism of the soul

Metal, France (Send the wood, 2018)

C’est un album puissant que nous proposent les Parisiens de Insolvency. Antagonism of the soul, leur premier essai, s’inscrit dans la droite lignée d’un metal moderne, aux facettes multiples. Si le groupe se dit inspiré par le metalcore (cf l’interview de Bruno Blackstard), le projet est en réalité un peu plus complexe et fouillé. Le mélange de voix (3 par instants) donne des résultats intéressants, d’autant plus lorsque celles-ci sont agrémentée d’un duel entre des guitares claires et aériennes et une rythmique genre tir de barrage de la seconde guerre. Jour et nuit, puissance et mélodie, cet album joue en effet sur les antagonismes sonores ainsi que littéraires. De ce point de vue, les chansons abordent différents aspects de la psychologie humaine, des côtés optimistes aux aspects les plus pessimistes et auto destructeurs.  La production fait ressortir les différentes couleurs de ce projet ambitieux. La naissance d’un gros espoir?

Interview: INSOLVENCY

Interview INSOLVENCY. Entretien avec Bruno Blackstard (guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 12 janvier 2018

Insolvency, Paris, 12 janvier 2018

 

Metal-Eyes : Antagonism of the soul est votre premier album, alors commençons par le traditionnel : peux-tu nous raconter l’histoire du groupe ?

Bruno : A l’origine, je n’étais pas présent dans le groupe qui a été fondé en 2012, le line up actuel date de 2014. Insolvency a été fondé par Valentin (Gondoun, guitare et chant) et un autre guitariste, et plus tard Mickael (Tamario, batterie) et Pierre (Challouet, basse et chant) les ont rejoint, et j’ai intégré le groupe en 2014 au départ de l’autre guitariste.

Metal-Eyes : Donc Valentin est le seul membre originel.

Bruno : Membre fondateur, plutôt, oui.

Metal-Eyes : Quelles ont été les grandes étapes depuis ton arrivée ?

Bruno : L’enreistrement de l’Ep – j’avais une petite expérience de l’enregistrement avec un précédent groupe. On a partagé nos expérience, on s’est super bien entendus et, du coup, on a décidé d’enregistrer cet Ep ensemble. Ensuite, on a vite voulu passer à autre chose, un album plus pro.

Metal-Eyes : Album qui est ce Antagonism of the soul. Je l’ai écouté, et je trouve qu’il est plein d’antagonismes : le chant, d’une part, qui est très agressif mais qui a 3 voix – une death une autre enragé et une plus douce. Et il y a cette violence rythmique de la batterie qui rencontre des guitares plus légères et aériennes, bien que déterminées. Qu’aviez-vous en tête en composant cet album ?

Bruno : On a tous des influences différentes, on aime différents styles de metal : du metal core, du heavy, certains aime le death, et d’autres choses qui n’ont rien à voir avec le metal. On essaye de tout combiner et de faire plaisir à chacun… Pierre et Valentin ont apporté le plus gros des compos et ensuite on arrange ensemble, on fait des tests, on voit ce qui colle ou pas, ce qu’il faut modifier et on avance.Chacun apporte des ingrédients pour apporter une variété, un mix de styles pour ne pas rester cantonné à un style en particulier.

Metal-Eyes : Ca se sent, puisqu’on entend du heavy du death, aisni qu’un peu de prog, voire du jazz…

Bruno : Effectivement, à partir du moment où c’est cohérent avec la musique. Il y a des parties qui évoluent, auxquelles on ne s’attend pas. C’est venu assez naturellement, on a voulu faire plaisir à chacun et aussi se faire plaisir.

Metal-Eyes : Vous avez choisi un nom de groupe qui est plutôt financier – insolvabilité – et un titre d’album plutôt psychologique – antagonisme de l’esprit. Vous savez où vous allez ?

Bruno (il sourit) : En fait, le nom du groupe – Insolvency – a été pensé par Valentin et son pote. Mais on n’avait aucune notion de tout ce qui est financier ; en tous cas, ce n’est pas notre volonté de faire référence à ça, même si ça y fait référence indirectement. On est plutôt philosophes, comme l’indique le titre de l’album. S’il faut retenir quelque chose, ce sont les contradictions de tous les jours, qui nous animent et qui font partie de la vie en général.

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical, ce qui t’a amené à la musique?

Bruno : J’avais des potes au collège qui m’ont fait écouter du rock et du metal. J’ai découvert The Offspring à 13 ou 14 ans et j’ai commencé à m’intéresser à d’autres choses que ce qui passe à la radio ou la télé. Ensuite, ça a été Slipknot, Nightwish, Children of Bodom et je suis tombé amoureux du metal, et du rock en général.

Metal-Eyes : Quel est le musicien ou le groupe qui t’a fait dire “voilà ce que je veux faire”?

Bruno : ça a pas mal évolué: au départ j’adorais Nightwish, notamment l’album Oceanborn – j’aimais bien le côté gothique, metal. Après, à la guitare, ce qui m’a donné un coup de peps c’est Children Of Bodom. Bullet For My Valentine, aussi… J’adore le côté à la fois technique et mélodieux des guitares. Mon groupe préféré, c’est Children Of Bodom, ce qui doit s’entendre dans mes solos…

Metal-Eyes : Quand vous avez travaillé la composition de l’album, est-ce que quelqu’un arrive avec des compos toutes prêtes ou chacun vient-il avec ses idées que vous mélangez et testez ensemble ?

Bruno : Il y a un peu des deux. Pour cet album, Pierre et Valentin avaient déjà la structure de la plupart des morceaux. Eux ont proposé leurs idées et les structures, qu’on a ensuite retravaillés ensemble, peaufiner les détails, on a modifié quelques riffs et deux trois choses ; au fil des enregistrements, chacun apporte sa touche, on voit ce qu’il faut réarranger, refaire.

metal eyes : Ce qui n’empêche pas qu’à l’avenir tu puisse arriver avec un morceau bien structuré et que vous décidiez de travailler dessus ?

Bruno : Bien sûr, aucune porte n’est fermée. Simplement, ça va dépendre de l’inspiration de chacun et du style du groupe. Il faut que ça colle. Pendant une dizaine d’année, j’étais très heavy et metal symphonique, du coup, j’ai composé mes solo, apporté mes riffs. Mais ce que j’avais de mon côté ne collait pas, je ne pouvais pas intégrer des trucs de ce style-là. De manière mesurée, ça aurait pu le faire, mais pas sur les structures principales. Mais, effectivement, la porte est ouverte et chacun peut librement apporter ses idées. On prend les meilleures idées de chacun.

metal eyes : Je devrais peut-être poser la question à Pierre : y avait-il des thèmes que vous souhaitiez aborder d’un point de vue textuel ou littéraire sur cet album ?

Bruno : C’est assez général, les textes illustrent des sentiments de la vie et nous, on a exploré un peu plus le côté sombre, notamment Death wish, En fait, dans la vie, on traverse tous des moments plus ou moins facile et nous, on aime bien mettre en illustration le côté un peu… dark de la vie.

metal eyes : Comme un exutoire ?

Bruno : C’est exactement ça. Sans no plus en faire une fatalité… Il y a le côté obscur, mais aussi le bon côté, l’espoir, la volonté de s’en sortir, notamment dans Death wish où, on le voit dans le clip, le gamin maltraité par son père n’arrive pas à se suicider, il repense à ses souvenirs de gamin et c’est ce qui le rattache à la vie et l’empêche de passer à l’acte. On aime bien illustrer ce genre de choses, tout simplement.

metal eyes : Y a-t-il des sujets que vous souhaitez, au contraire, ne pas traiter ?

Bruno : Pas directement, mais tout ce qui est économie, politique, on ne veut pas rentrer dedans. On veut faire de la musique, on ne veut pas être porte-parole de quoi que ce soit. Le but, c’est de se faire plaisir : on fait de la musique, ok, il y a un côté exutoire, mais on veut rester… Il y a toujours un message, indirectement, mais on ne veut pas être porte-parole d’un parti politique, d’une cause en particulier.

metal eyes : Si tu devais expliquer à quelqu’un qui va découvrir votre album la musique que vous faites, tu lui dirais quoi ?

Bruno : Musique à la fois metal core et heavy metal. Celui qui aime le côté technique, les riffs, qui aime la variation devrait se retrouver dans notre musique. On aime combiner différents styles, Arch Enemy, Children Of Bodom ou Architects et mélanger le tout.On essaie de combiner tout ça dans notre musique, c’est un style assez ouvert.

metal eyes : Si tu devais trouver les mots pour me convaincre de sortir d’ici et d’aller acheter l’album ?

Bruno : Si tu as pu voir nos clip, Black moon et Death wish, l’album devrait te plaire parce qu’il est dans la continuité.

metal eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul morceau de l’album pour expliquer ce que vous êtes, ce serait lequel ?

Bruno : Personnellement, mon titre préféré c’est Black moon. Ce qui revient assez souvent… Ce titre, c’est un des derniers qu’on a composes. Les autres étaient déjà pas mal avancés, alors que Black Moon a été concocté avec une autre approche. Du coup, il apporte plus de modernité sans doute que les autres : il y a à la fois des riffs assez lourds et une mélodie à la guitare, et le sentiment qui s’en dégage est plus metal core que les autres, qui, du coup, sonnent sans doute plus heavy.

metal eyes : Quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui?

Bruno : Franchement, c’est pas évident… Surtout que tu poses la question à quelqu’un qui incarne la contradiction…

metal eyes : Si tu devais trouver une devise pour le groupe, ce serait quoi?

Bruno : Persévérer et vivre ses rêves, tout en gardant les pieds sur terre.

metal eyes : Une dernière chose: un album, ça se défend sur scène. Vous avez des projets de tournée ?

Bruno : Oui, on organise une release party le 16 février à Paris, au Klub, on a également prévu de jouer à Reims, à Nancy, et à Troyes. On essaie d’organiser des dates un peu partout en France et après, il y a un projet de tournée, encore au stade de discussion.

 

SHAÂRGHOT: Break your body

Electro/Indus, France (Autoproduction, 2017)

Si un jour on m’avait dit que je chroniquerai, ici ou ailleurs, un CD d’électro, je ne l’aurai pas cru. Pourtant, ce nouvel Ep des Parisiens de Shaârghot, Break your body, a tout pour faire bouger l’auditeur. Je vous explique même pas l’effet en boite de nuit! Ça castagne sec, c’est hypnotique, agressif et d’une froideur sans pareille. Mention spéciale au plus que bien nommé Kill your god et au morceau titre. L’école Rob Zombie meets Rammstein est plus qu’intégrée, et les 5 titres défilent à une vitesse oppressante et vertigineuse. Alors, oui, on peut ne pas être sensible à l’elecro, mais reconnaissons que, l’anglais de Shaârghot mis à part (encore un avec une patate dans la bouche…), c’est redoutable, même si ça me fatigue rapidement. Cependant, les amateurs de stroboscopes et de syncopes s’y retrouveront plus qu’aisément. De toute façons, ce visuel à la Orange mécanique vous dit tout de l’esprit de ce disque…

THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS: Film noir

Metal, France (Besta records, 2017)

J’ai découvert The Texas Chainsaw Dust Lovers en 2014 avec son impressionnant Ep The wolf is rising. Depuis, le groupe a publié un album – Me and the devil (que je n’ai pas eu l’occasion d’écouter) – et revient aujourd’hui avec Film noir, nouvel opus complet. Au départ, le groupe prétendait jouer du « stoner spaghetti à la sauce fuzz ». Avec un titre comme celui retenu pour cet album, on imagine bien que l’esprit cinéma est toujours présent… Gagné: ça commence avec l’introductif Thank you for the song qui évoque autant Pulp fiction qu’Ennio Morricone avant que TCDL se lance dans une course explosive et effrénée. Pas de répit, les morceaux s’enchainent avec lourdeur et détermination, toujours dans un esprit de cinéphilie exacerbée. Car même si la puissance musicale n’a rien à voir avec l’esprit tranquille qui berçait le « cinéma de genre », le polar noir des années 50 et 60, le groupe crée des ambiances uniques, glauques et attirantes à la fois. Come to the river se démarque d’autant plus qu’il s’agit d’un blues vocal puisé dans les champs de coton du sud des USA ou chez les frères Cohen et leur Oh Brother. On repart ensuite sur un joyeux bordel avant de terminer comme l’album a commencé. Vous l’aurez compris, TCDL confirme ses capacités à créer un univers sonore et visuel qui lui est particulier. Un groupe à suivre de près et à soutenir autant que faire se peut. Rendez-vous en tout état de cause à Clisson puisque le groupe est programmé au Hellfest 2018!

NOTHING MORE: The stories we tell ourselves

Metal, USA (Better Noise, 2017)

Les Texans de Nothing More reviennent en force et particulièrement énervés. Seul membre d’origine avec le guitariste Mark Vollelunga, Jonny Hawkins a définitivement laisser les baguettes de côté – à quelques rares exceptions près – pour se consacrer au chant. Un chant à la fois fluide et puissant et résolument moderne puisqu’il évoque autant la heavy pop moderne et l’arrogance gentiment punk, alliée à un phrasé rap. Musicalement, c’est dans le même moule: moderne, entrainant à l’esprit popisant autant que metalcore. Les 18 titres affichés sont en réalité une alternance de chansons et des textes/sons liant l’ensemble. Peut on toutefois parler de concept avec ce The stories we tell ourselves? Pas forcément, mais l’album saura toucher son public grâce à un sens du rythme efficace et une production n’effaçant personne. Si l’ensemble évoque par instants 5FDP, Nothing More s’en distingue aussi en travaillant son univers peut être plus accessible. Plus varié, sans doute, moins direct, certains passages peuvent parfois lasser quelque peu. Mais l’ensemble est taillé pour un public jeune et avide de décibels. Alors, de quoi se plaindre? Pas vraiment!

ONLAP: Running

Metal, France (Autoproduction, 2017)

Attention: surprise et grosse claque en vue. Onlap, découvert en 2012 avec un premier Ep, revient avec un premier mini album, Running. Et dès le premier titre, Tribute (now or never), la messe semble dite: les Français nous proposent rien moins qu’un des albums les plus efficaces et puissants de cette fin d’année. Tous les codes du metal moderne sont parfaitement intégrés: le chant puissant et rageur qui contraste quelque peu avec des chœurs enjoués et doux, la production parfaite pour le genre, les compositions énervées et enlevées, le riff tranchant et la rythmique syncopée. Tout est là et l’on se plait à croire que ce groupe vient droit des USA. Et non, Onlap est bien de chez nous et n’a pas à rougir tant son Running a tout pour faire la nique aux formations d’outre Atlantique, accent inclus. Ce disque est seulement trop court: 7 chansons, dont 2 en versions électrique et acoustiques et 2 autres en acoustique. Franchement, ça dépote grave, tout en restant pop et rock. Il est temps qu’une bonne fée se penche sur Onlap pour changer le cours de son destin.