SPIRIT BOMB: Tight

France, Metal (Music records, 2021)

Spirit Bomb, c’est un projet qui remonte à presque loin… Marseille, 2015. Un guitariste et un dessinateur ont l’ambition de faire cohabiter leurs formes d’expressions respectives. C’est ainsi qu’Arnaud et Pierre se lancent à la recherche d’autres musiciens afin de composer tant bien que mal ce Tight  qui prend son envol avec l’arrivée du chanteur Valérian. BD, SF, rock, le projet prend forme et est promis à un double destin: musical, tout d’abord avec l’arrivée de ce CD de 13 chansons entrainantes et enjouées, qui mêlent à loisir groove imparable et sonorités hip hop ou electro. L’énergie est de mise avec une ligne directrice très cinématique. Car Tight se veut avant tout la bande son efficace d’un BD attendue en 2022. Les amateurs de Gorillaz y trouveront leur compte tout autant que ceux de Rage Against The Machine.  Plus encore, même, car si la production est moderne, on trouvent aussi des traces de classic rock efficaces. Oui, ça groove sec, ça balance des riffs sur fond de chant puissant et mélodique. Les amateurs de bon(s) son(s) vont prendre leur pied.

Festival 666: les survivants

Située à 45′ au nord de Bordeaux et à 30′ de St Emilion, entre Cognac et Bordeaux, la petite ville de Cercoux (Charente Maritime, 17) accueille depuis 2018 le festival 666. Comme tous les autres évenements, ce festival s’est vu annulé l’an dernier pour les raisons que l’on connait. Mais il en faudrait plus à Victor, son jeune fondateur (19 ans) pour baisser les bras. Cercoux accueillera donc la troisième édition du festival entre le 20 et le 22 août prochains et il y aura de quoi faire: des têtes d’affiches de haute volée (No One Is Innocent, Mass Hysteria et Phil Campbell) côtoieront une vingtaine d’autres formations, principalement fançaises, et pas des moindres: Loudblast, Sidilarsen, Shâarghot, Smash Hit Control, Psykup… Une affiche riche et variée. Nous avons pu en discuter longuement avec son fondateur, Victor, qui nous dit tout de son bébé en commençant par « on a vraiment hâte de pouvoir organiser cette troisième édition. Même moi, à titre perso, j’ai hâte de pouvoir aller pogoter dans le pit et retrouver les festivaliers. »

Bien sûr, 2020 fut une année noire. Mais plutôt que de proposer un remboursement ou un report de l’affiche initialement prévue, l’organisation « a préféré ajouter une journée supplémentaire. Ainsi, les gens qui ont acheté leur billet pour 2020 entreront gratuitement sur la troisième journée« , et n’ont rien de plus à débourser pour assister à un festival plus long. Une belle initiative qui pourrait plomber le budget du festival? Non, une des fiertés de Victor est d’avoir, dès la seconde année, atteint l’équilibre, sans perte financière.

Mais comment est né le festival? « J’ai créé l’association Festival 666 en septembre 2017 alors que j’avais 15 ans, dans le but de faire notre première édition en 2018. L’idée m’est venue en allant au Hellfest, notamment celui de en 2017. Je me suis demandé comment faisaient les porteurs de projets pour créer un tel évenement. je me suis demandé ce que ça donnerait à Cercoux, bien sûr à plus petite échelle. J’ai contacté la mairie, je leur ai parlé de mon projet de festival metal et ils ont tout de suite été partants. Elle a tout de suite soutenu le projet, nous a accompagné… Notre passion du metal, ça peut faire peur – les clichés… En septembre 2017, je suis allé voir Nico de Tagada Jones, après un concert à Angoulême. Je lui ai proposé d’être la première tête d’affiche de mon premier festival. L’idée lui a plu, aider un petit jeune qui se lance lui pas plu. Il m’a proposé deux autres groupes et on a pu faire notre première édition en 2018. »

L’annulation de 2020 n’a pas pour autant inquiété l’organisation: « quand on a reporté le festival, on avait pas avancé de fonds. En plus, on n’est que des bénévoles, il n’y a pas de salaires à payer. Le réel enjeu, c’est qu’on est en pleine période de pérennisation, de consolidation du festival, et l’enjeu c’est de faire en sorte que les festivaliers se souviennent de nous. »

Et pou cela, rien de tel qu’un peu d’intimité: une jauge à 1.000 personnes par jour, des groupes qui « descendent de scène pour aller au stand de merch et rencontrer les festivalier, signer des autographes, prendre des photos... » alors que la capacité est de 2.500 personnes /jour. La raison? « On se met dans la pire des situations, il y a un variant qui arrive… Si on peut faire plus, tant mieux, autrement, nous serons prêts« .

En tout cas, les têtes d’affiches sont belles: « Mass Hysteria, pour moi, c’était un objectif, dès la première année. Mais , c’était encore un peu tôt. Pour ce qui est de Phil Campbell, en revanche, c’est assez marrant: il s’est abonné à notre compte Instagram et je lui ai écrit pour le remercier parce que j’étais assez honoré. Il m’a répondu qu’il serait prêt à venir jouer à mon festival et demandé de contacter son agent. En fait, c’est lui qui a demandé à venir! C’est très motivant pour la suite. Mon challenge « ultime » c’est de pouvoir un jour accueillir Gojira, mais là, c’est à un autre niveau. »

Quelles sont les relations avec les riverains? « Au début, ils se méfiaient, mais maintenant, tout le monde apprécie et se respecte. On travaille beaucoup avec les commerces locaux, la boulangerie, la superette… et tout le monde y gagne ».  Et quid de l’hébergement? « On propose un bivouac sur un champs, à côté du site. A une minute à pieds... » Avec une plage horaire musicale qui s’étend de 15h à 2h, avec la mer située pas trop loin, des distillerie et caves à visiter, forcément, les relations commerciales peuvent être bonnes.

Il reste des places pour l’édition de 2020, alors à 66,6€, pour quoi se priver d’une fin d’été rock’n’roll? Toutes les infos sont ici : billetterie Festival 666.

Vous ne savez pas comment terminer vos vacances? Maintenant si!

 

POP EVIL: Versatile

Metal, USA (eOne, 2021)

Guitare rugueuses en guise de colère introductive, le nouvel album de Pop Evil démarre sur les chapeaux de roues avec Let the chaos reign, explosif à souhaits. Si le reste est à l’avenant, alors on tient là une belle promesse. Résolument moderne, Versatile plonge dans le metal pur jus autant que dans le punk US festif et rentre dedans ou encore dans l’esprit metalcore et plus encore. Il y a de la colère et de la chanson tout au long des 12 titres de ce nouvel album des Américains. Et si les thèmes abordés semblent puiser dans l’actualité (Covid, George Floyd, au hasard…), rien n’était prémédité puisque l’album fut composé avant ces évènements. Si l’ensemble est bien foutu et varié – on passe du rock au metalcore à l’electro, cela sans complexe – et si cette variété montre un groupe très ouvert d’esprit, curieux, on peut se demander s’il y a une ligne directrice ou si Pop Evil cherche à ratisser le plus large possible. Certains passages interpellent particulièrement comme l’hypnotique et oppressant Work, rendant l’ensemble intriguant. Versatile, au final porte très bien son nom, montrant de nombreuses facettes d’un groupe éclectique. Un album intriguant qui pourrait permettre à Pop Evil d’enfin trouver un large public? Pas si facile quand on ne parvient pas à sortir un single évident, qu’on s’adresse à tout le monde et personne à la fois. Reste un album réussi et très agréable à écouter.

LAST ADDICTION: Inner abyss

France, Metal (M&O, 2021)

Depuis 2016, les Français de Last Addiction rôdent leur metal rugueux et chantant à travers la France. Ayant débuté à 4 (Dylan Fournet au chant, Gaël Augier à la guitare, Will Guinet (basse) et Thomas Chaverondier (batterie), le quatuor est coaché et décroche ainsi quelques premières parties sympathiques (Audrey Horne, parmi d’autres), produit un premier Ep en 2019 avant d’étoffer son son avec l’intégration au mois de septembre de l’année suivante (bon, si tu n’as pas suivi, l’an dernier, donc 2020…) d’un second guitariste en la personne de Vincent Delphin. Le quintette s’attelle à la réalisation de son premier album, Inner abyss, paru au mois d’avril. Démarrant avec des guitares claires, The skin on my bones introduit rapidement les différents éléments qui caractérisent Last Addiction: des rythmes entraînants, un chant qui alterne entre power metal, black et death, une batterie rapide… Plutôt que d’hésiter entre heavy traditionnel, metal moderne et extrême, le groupe a fait le choix, judicieux, d’intégrer l’ensemble de ses influences dans chacun de ses titres. Mais, voilà, il manque un petit quelque chose pour que Last Addiction m’entraîne totalement dans son univers sonore: peut-être le chant clair est-il trop… « pop », peut-être les riffs, aussi agréables puissent-ils être, manquent-ils de prise de risque, se faisant ainsi trop conventionnels? L’ensemble est bien fait, les textes creusent et explorent diverses théories et Last Addiction cherche à se démarquer grâce à des influences qui s’étalent des années 80 à nos jours. Un large panel qui rend ce premier album agréable sans pour autant lui permettre de se démarquer entièrement. Un essai à confirmer et sans doute une formation à suivre.

PARPAING PAPIER: Croire au printemps

France, Rock/Punk/Metal (Autoproduction, 2021)

Ils sont de retours nos Frenchies frapadingues de Parpaing Papier! De retour avec un album complet, le très bien nommé Croire au printemps, qui débarque le 18 juin. « Très bien nommé » parce que 1/ le mois de mai a été si pourri qu’on espère vraiment que le beau temps va revenir et 2/ parce que la vie elle même, paralysée par la crise sanitaire, à besoin de retrouver un printemps, un nouvelle jeunesse. Sont-ce là les préoccupations premières de PP/PP? Certes non! Nous avions eu droit à une belle carte de visite avec l’Ep Tester des casques et les gars continuent dans cette veine d’un rock furieusement entraînant aux textes d’un humour fin et recherché. Rien ne peut ici laisser indifférents, le sourire pointe à chaque riff et chaque parole. Démarrant avec le morbide imparable et impayable de Entrée plat décès que ne renierait certainement pas Hannibal L. Parpaing Papier donne le ton. Son mélange de rock, de punk et de metal fait mouche. Et derrière un fun apparent se cache un sérieux sans pareil. Oui, il semble aisé d’écrire des « débilités » comme Acheter un œil, Dans ma fusée (clin d’œil – justement ^_^ – à Thomas Pesquet?), Cadeau de cowboy, ou après les casques, ce sont maintenant le vestes que le quatuor veut tester, mais il y a beaucoup plus que ça. « Metal marrant »? A rapprocher d’Ultra Vomit ou des Princesses Leya? Non, même si PP/PP ne dénoterait nullement sur une affiche avec ces deux groupes. Fun, sérieux et efficace en diable, ce Croire au printemps est une vraie bouffée d’air frais et de bonne humeur dans le paysage actuel.

Interview: BLIND CHANNEL

Une quinzaine d’années après la victoire d’un groupe monstrueux, la Finlande envoie une nouvelle salve métallique la représenter sur les planches de l’Eurovision. En arrivant 6ème, Blind Channel s’est joliment fait remarquer et a pu avancer de très belle manière ses pions sur l’échiquier mondial. C’est donc avec un réel plaisir que Metal Eyes a pu s’entretenir avec Niko, un des deux chanteurs au cours d’une interview plus que sympathique. Une très jolie découverte!

Interview BLIND CHANNEL : entretien avec Niko (chant). Propos recueillis par Skype le 10 juin 2021

Metal-Eyes : Niko, tout d’abord, Blind Channel, c’est quoi ?

Niko : Blind Channel est un groupe de metal qui a vu le jour en Finlande en 2013. Nous décrivons notre musique comme de la pop violente (« Violent pop »)

 

Metal-Eyes : Ce qui est le titre de votre dernier album…

Niko : Oui, c’est son titre.

 

Metal-Eyes : Vous vous êtes donc formés en 2013… Comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui ne connais pas le groupe, au-delà de simplement Violent Pop ?

Niko : C’est là qu’est justement née l’idée de pop violente : nous avions plusieurs démos de prêtes que nous devions envoyer à des radios locales. « Nu metal » nous paraissait trop ancien, démodé, « rock alternatif » nous semble être la manière la plus ennuyeuse de décrire ta musique, tu ne sais pas quoi en dire… Nous voulions quelque chose de court et catchy. C’est alors que j’ai suggéré cette idée de Violent pop, ce qui est le moyen le plus court de nous décrire. C’est du rock direct avec une touche mainstream. Nous sommes clairement un groupe de rock, mais nous aimons tout ce qui est mainstream : nous adorons la pop, le rock, le rap, le hip hop, l’électro. Si nous aimons une chanson à la radio, nous avons envie de faire la même chose en y apportant une touche de rock. Nous sommes un groupe de 6 musiciens, chacun apporte sa touche, nous mélangeons tout et nous voyons ce qui en ressort. Voilà ce qu’est la pop violent.

 

Metal-Eyes : Violent pop est sorti en 2020, c’est votre troisième album. Avant, vous avez publié Revolutions en 2016, trois ans après la formation du groupe, puis Blood brothers en 2018. C’est un bon rythme que de sortir un album tous les deux ans ?

Niko : Oui, c’est bien.

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de Blind Channel entre Blood brothers et Violent pop ?

Niko : Notre premier album, Revolutions, c’était la découverte, la première fois que nous enregistrions un disque. Tu peux entendre que c’est assez sauvage, sans retenue… Il y a certaines de mes chansons préférées, et on entend bien l’orientation musicale. Blood brothers, nous avions un peu plus d’expérience. Les paroles étaient plus personnelles, plus osées. Après cet album, nous avons écrit beaucoup de chansons et avions le sentiment que ce concept de pop violente avait atteint ce que nous recherchions. Nous avons donc appelé cet album ainsi, et si quelqu’un nous demande « mais c’est quoi cette idée de pop violente », on peut lui tendre l’album et lui dire d’écouter.

 

Metal-Eyes : Donc, l’évolution entre les deux derniers albums, c’est la réelle définition de votre identité musicale de pop violent.

Niko : Oui, définitivement. Et, aussi, nous étions assez jeunes lorsque nous avons enregistré les deux premiers albums, et entre Blood brothers et Violent pop, il s’est passé beaucoup de choses, nous avons eu des moments sombres. Nous avions la vingtaine, et il se passe de choses pas toujours drôles à cet âge. J’écris les paroles, et j’ai abordé des choses très personnelles. Je vivais des moments sombres, et c’est là que j’ai pu composer. « Putain, ouais, c’est Violent pop tout ça ! » Nous voulions écrire de chansons vraiment catchy… Beaucoup de choses nous sont arrivées depuis…

 

Metal-Eyes : Nous ne vous connaissons pas vraiment en France (il confirme). Comment vous êtes-vous rencontrés et réunis, tous les 6 ?

Niko : Nous fréquentions la même école de musique dans le nord de la Finlande. Je savais qui était ces gars, mais je ne les fréquentais pas. C’était des rockers, moi, un rappeur. Les gars jouaient dans des groupes, tournaient dans des bars en Finlande, leurs groupes se sont séparés… Ils voulaient former un nouveau groupe. Et il y a eu cette fête où nous étions tous, ils m’ont dit monter un groupe mais ne voulaient pas être un simple groupe de rock. Ils voulaient faire quelque chose de frais, neuf. Ils savaient que j’évoluais dans le rap et ont pensé que je pouvais apporter quelque chose de neuf. Je me suis dit : « pourquoi pas ? », on s’est retrouvé au local de répétition et là, tout s’est mis en place tout seul. C’était génial, ça sonnait nouveau. Nous avons commencé à composer. Alexis, le dernier arrivé, le 6ème membre, est un de nos vieux amis qui a une réputation en tant que DJ ici, en Finlande. Il est assez connu. Il est tombé amoureux de notre musique et, il y a environ un an, il nous a dit : « de toutes façons, je suis coincé ici, pourquoi ne pas m’intégrer au groupe ? » Il est officiellement le sixième membre et nous avons enfin le sentiment que Blind Channel est au complet.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Violent pop pour expliquer à quelqu’un ce qu’est votre musique, laquelle serait-ce ?

Niko : De Violent pop ? Sans hésiter, ce serait Over my dead body. C’était le premier single, et une des premières chansons que nous avons composées pour cet album et celle qui nous a permis de nous faire un nom.

 

Metal-Eyes : Es-tu fatigué de parler du concours Eurovision ou pas encore ?

Niko : Eh bien… (il agite la main et rigole). Allez, on peut parler de l’Eurovision si tu le souhaites.

 

Metal-Eyes : Certains vous ont découverts lors de votre passage à l’Eurovision. Comment un groupe comme Blind Channel se retrouve-t-il impliqué dans un tel concours ?

Niko : Ben, on ne savait pas quoi faire d’autre (rire général). Nous avons sorti Violent pop, avions une grosse tournée européenne prévue et, soudain, tout a été annulé…Nous savons tous pourquoi. Nous étions dans notre local et nous nous sommes dit que nous avions construit quelque chose pendant 7 ans, et n’avions aucune envie d’attendre. Notre guitariste nous a dit : « les gars… On devrait aller à l’Eurovision ». La plupart d’entre nous lui a dit que nous sommes un groupe de rock, que nous n’avons rien à faire là-bas…et on a commencé à y réfléchir : « et pourquoi pas, ça pourrait être top ! » Nous connaissions l’Eurovision, mais aucun de nous ne l’avait jamais regardé. Il fallait que nous y allions pour savoir ce que c’était. Et c’était une super fête, une des plus belles expériences de ma vie ! Je pourrais en parler quand je serai un vieil homme. Et ça a propulsé notre carrière : maintenant, l’Europe entière connait Blind Channel. Même si nous étions sceptiques au départ, je crois que c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver cette année.

 

Metal-Eyes : Je peux l’imaginer. Te rends-tu compte que depuis la création de l’Eurovision en 1961, la Finlande a presque toujours été représentée mais que seuls 12 groupes ou artistes ont fini dans les 10 premiers du classement. Parmi eux, seuls 2 viennent du rock/metal : vous cette année et Lordi qui est arrivé premier en 2006. Tu crois que le concours Eurovision devrait plus se tourner vers le rock que la variété ?

Niko : Absolument, regarde qui a gagé : Maneskin, un groupe rock. C’est la meilleure chose qui puisse arriver : qu’un groupe de rock gagne ce concours, et que nous soyons parmi les 10 premiers ! Les gens ont besoin de rock ! Ce n’est pas que le rock, peu importe le genre : une bonne chanson est une bonne chanson, que ce soit du jazz, de la musique classique, de l’électro… C’est avant tout un concours de pop, avec de bonnes chansons. Mais s’il y avait un spectre plus large, une plus grande représentativité des genres… Une chanson pop et une autre et une autre encore… ça devient vite lassant. Tu ne peux pas regarder ça pendant deux heures !

 

Metal-Eyes : En 2006, lorsque Lordi est rentré en Finlande, ils ont été accueillis en héros. Comment s’est passé votre retour ?

Niko : C’était très cool… un peu comme des héros aussi, bien que nous ne soyons partis que 48 heures. Mais nous étions saouls de fatigue ! A part cela, je crois que les gens étaient très contents de notre position. Un moment historique pour la Finlande qui n’a pas tant de top 10 que ça. Les gens étaient sceptiques au départ « ces gars ne vont jamais y arriver, l’Eurovision n’est pas faite pour ce genre de groupe… » ! On était content de pouvoir leur prouver le contraire. Oui, l’accueil a été assez héroïque, mais je ne m’en souviens pas tant que ça. C’était fun !

 

Metal-Eyes : Vous êtes arrivés 6èmes. Il y a 6 membres dans le groupe. Que ce serait-il passé si tu t’étais débarrassé des 5 autres membres ?

Niko : Oh, mon dieu, je n’y avais pas pensé sous cet angle… Merde, je sais que j’aurais dû le faire en solo (rires) !

 

Metal-Eyes : Le concours Eurovision a permis à Blind Channel de grossir et de toucher un plus vaste public à travers les stations de streaming ou les ventes en lignes. Comment allez-vous gérer votre image à l’issue de ce concours ?

Niko : Eh, bien… nous allons proposer de la nouvelle musique, et surtout un nouvel album. Pendant l’Eurovision, nous avons signé un gros contrat de disque, alors nous devons enregistrer un super album qui sortira l’année prochaine. Nous n’allons pas nous arrêter là. Comme je l’ai dit, l’Eurovision n’a jamais été un rêve, mais ça représente une étape dans notre carrière, un peu décalée, mais nous n’avions rien d’autre à faire. Maintenant, nous sommes vraiment reconnaissants envers tout ce que l’Eurovision a pu nous apporter, nous avons plus de followers, de fans. Mais le travail continue, notre rêve était de tourner à travers le monde avec notre musique. C’est toujours notre but. L’Eurovision fait que les attentes du public sont importantes, et c’est une bonne chose, on a faim, et on va prouver aux gens ce dont nous sommes capables !

 

Metal-Eyes : Tu disais que tout avait été annulé en 2020 alors que vous aviez une grosse tournée prévue. Où deviez-vous vous produire ?

Niko : Nous devions jouer partout en Europe. Nous étions en pleine tournée qui a commencée en janvier. Nous étions en train de tourner quand nous avons commencé à entendre parler de ce truc, « le coronavirus ». On se demandait « Mais de quoi ils parlent ? » et alors que nous faisions route vers la Finlande, il semble que toutes les frontières fermaient les unes après les autres juste derrière nous ! Là, nous avons pris conscience que ce coronavirus était réel. On pensait que ça n’arriverait jamais en Finlande, non, c’est trop loin la Finlande (rires). Nous nous préparions à la sortie de l’album avec un gros concert en tête d’affiche quand nous avons reçu cet appel nous annonçant que ce concert était annulé… On s’est sentis vraiment mal… Nous recommençons à prévoir de tourner, doucement.

 

Metal-Eyes : Tu nous a dit que tu viens du rap, mais quelles sont tes influences en matière de rock ?

Niko : Linkin Park, c’est le point commun à tous les membres du groupe. Notre amour pour Linkin Park est ce qui nous a réunis à cette fête. Je n’aimais pas les mecs qui écoutent du rock, ils n’aimaient pas les mes qui écoutent du rap et un jour, quelqu’un nous a conseillé d’couter Linkin Park. Ça nous a tous mis d’accord ! Maintenant, j’aime beaucoup Bring Me The Horizon, ils sont extra. Sur la scène pop, j’aime beaucoup Pauls Malone (ndMP : pas sûr de l’orthographe…), j’aime beaucoup depuis quelques années. Il ne fait pas que du rap, il mixe beaucoup de choses et j’aime vraiment le résultat. Plus jeune, j’écoutais Eminem, le king of rap…

 

Metal-Eyes : La Finlande figure déjà sur la carte du rock avec quelques groupes mondialement célèbres. Comment comptez-vous faire pour monter sur le podium ?

Niko : Simplement en cherchant à faire toujours mieux, repousser les barrières. Si tu te contentes de ce que tu as fait, ça ne sert à rien : va plus loin, donne-toi des défis et relève-les ! Tu as donné un super concert ? Le prochain doit être meilleur encore. Tu as écrit une bonne chanson ? Fais mieux encore ! Nous sommes nos premiers critiques. Ce n’est pas une compétition avec d’autres groupes, c’est une compétition avec nous-mêmes. Nous voulons simplement faire toujours mieux. Jusqu’à présent ça fonctionne, et nous allons continuer ainsi. Peut-être un jour en récolterons-nous les fruits. Tu sais, nous venons d’une petite ville de Finlande, et toute notre carrière a été rythmée par l’industrie de la musique, des maisons de disques, des représentants… Personne ne croyait que quoi que ce soit de bon puisse venir de Finlande… On leur dit d’aller se faire foutre et de nous regarder…

 

Metal-Eyes : Quelle est alors ta définitions d’une « bonne » chanson et d’un « bon » concert ?

Niko : Une bonne chanson, c’est celle dont tu ne te lasses pas, que tu as envie d’écouter encore et encore. Peu importe le genre… Un bon concert… Nous sommes un groupe de scène, il faut nous voir live. Nous bougeons tout le temps, nous voulons vraiment avoir un show marquant, avec de la pyrotechnie, des explosions, que le public se demande ce qu’il se passe… Qu’il ait quelque chose à voir et écouter.

 

Metal-Eyes : Une chanson comme Dark side (présentée à l’Eurovision), pourrait-elle devenir un hymne à reprendre live, en chœur ?

Niko : Beaucoup de gens le disent, je ne sais pas, je suis trop proche de cette chanson (rires) !

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle pourrait être la devise de Blind Channel ?

Niko : Nous avons une devise, mais c’est en finnois… En anglais, ça donnerait quelque chose comme « mets-toi au boulot ! »

 

Metal-Eyes : Ce qui va de pair avec votre esprit de dépassement. As-tu quelque chose à rajouter pour le public français ?

Niko : Disons… Merci pour votre soutien, et si vous ne nous connaissez pas encore, allez découvrir notre musique et rejoignez la « violent pop revolution ».

HELLFEST 2022: le plus grand festival du monde?

Ça y est, c’est officiel: la rumeur circule depuis quelques jours, Hellfest Production vient de confirmer que le Hellfest 2022 se déroulera sur 2 week-ends! un total de 7 jours de festival entre le vendredi 17 et le dimanche 26 juin avec pour point d’orgue le rêve qui deviendra réalité puisque Metallica envahira Clisson! 7 jours avec 350 groues (dont très peu de doublons)

Bien sûr, certains commençaient à râler disant que Metallica devrait être programmé le premier week end pour remercier tous ceux qui n’ont pas revendu leur billets, mais le HF a trouvé une autre solution: une journée de prévente pour tous ceux encore en possession de leurs achetés en 2019. Cette prévente durera 24 heures et débutera le 6 juillet à 13h. Dès le lendemain, le solde de places sera à disposition du public également à partir de 13 heures.

Délectez-vous de l’affiche, purement monstrueuse, et faisons, ensemble, tout ce qu’il faut pour que ce soit la réalité!

Toutes les infos sur www.hellfest.fr

Un conseil pour les non campeurs: jetez-vous sur les hébergements, déjà rares…

 

HELLFEST FROM HOME revient!

Nouveau report oblige, le Hellfest a décidé de nous proposer une édition 2021 depuis la maison.

Du 17 au 20 juin, Hellfest From Hom permettra à tout un chacun d’assister à des concerts inédits, filmés sur le site du festival quelle que soit la scène. Nous pourrons ainsi assister à des prestations de groupes aussi variés que Jinjer, Shaârghot, E,fiserum, Tagada Jones, Crisix, Laura Cox, No One  Is Innocent, Black Bomb Ä (sur les mainstages) ou 7Weeks, Hangman’s Chair, Loudblast, Karras, Horskh, The Great Old Ones et d’autres sur ALtar, Temple, Valley et Warzone.

Mais ce n’est pas tout! Le Hellfest est une expérience complète et peu importe que cette année se passe depuis notre salon, l’expérience e doit rester unique. Ainsi, nous retrouverons des archives Arte concerts, des conseils culinaires avec Hell’s food et Hell’s drink , un documentaire inédit (Kingdom of muscadet) ainsi qu’une visite interactive du festival.

Pour couronner le tout, un merch exclusif vous est également proposé sur le Hellfest shop!

Toutes les infos sur le site du Hellfest

 

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL : entretien avec Leigh Kakatay (chant). Propos recueillis par Zoom le 10 mai 2021

Pop Evil by ASHLEY OSBORN

Magie de la technologie, Skype, Zoom et autres plateformes nous permettent de nous entretenir à travers la planète plus aisément que jamais. En attendant de pouvoir nous retrouver en face à face, depuis plus d’un an maintenant, nous nous sommes réinventés et avons modifié nos manières de mener un entretien. « Clic », on allume la caméra et on peut avoir un semblant de face à face. Il est 11 heures du matin dans le Michigan d’où Leigh Kakatay, le fondateur et chanteur de Pop Evil assure la promotion du nouvel album du groupe. Pourtant… surprise ! J’allume ma caméra et lui m’annonce encore être en pyjama… Ça commence bien… Tu en fais souvent toi des promos imprévues encore en pyjama ? Allez, c’est parti pour un simple phoner. Mais agréable avec un bavard de chez bavard…

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, Leigh, comment te portes-tu ?

Leigh KAKATAY : Je vais très bien ! C’est une période assez excitante, les shows commencent à être reprogrammés… Il semble que nous retournions vers quelque chose de plus normal… Et ça me va très bien.

 

Metal-Eyes : Versatile, votre nouvel album, suit l’auto-nommé Pop Evil paru en 2018. Quand avez-vous débuté l’écriture de ce disque ?

Leigh KAKATAY : Je crois que nous avons commencé début 2019 à enregistrer quelques démos. Jusqu’au produit fini qui sort maintenant il s’est passé pas mal de temps…

 

Metal-Eyes : Haley, votre batteuse, est Anglaise. Elle vit en Angleterre ?

Leigh KAKATAY : Oui, elle vit là-bas.

 

Metal-Eyes : Alors comment avez-vous travaillé pour cet album ? Il y a des moyens techniques qui le permettent aujourd’hui, mais la période ne se prête pas vraiment au voyages, depuis plus d’un an.

Leigh KAKATAY : C’est vrai, répéter est toujours un défi… Avant le Covid, nous avons pu le faire. Mais elle est si perfectionniste, même sur le back catalog de Pop Evil, elle veut que tout soit parfait. Elle répète et s’entraîne beaucoup. C’est avant tout du travail, mais quand ça matche avec quelqu’un, peu importe d’où vient cette personne. OK, les répètes sont délicates, mais on y arrive. Elle vient ici pour un bon moment afin de répéter, ensuite, nous partons en tournée. Nous voulions quelqu’un qui puisse jouer ces morceaux, qui soit un peu différent. Avant, c’était vraiment un club de gars du Michigan… Quand notre précédent batteur est parti, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire de différent. Nous l’avons trouvée à Londres, et ça l’a fait. C’est notre second album avec elle, elle fait maintenant entièrement partie du groupe.

 

Metal-Eyes : C’est son second album avec vous. Comment analyserais-tu l’évolution du groupe entre Pop Evil et Versatile ?

Leigh KAKATAY : D’abord, je dirai qu’il est pus organique. Il y a cinq personnes dans le groupe et autant d’influences. Comme avec n’importe quel groupe, tu nous mets tous dans un studio, dans un esprit de répétition et voilà ce qui en ressort. Du point de vue « Pop Evil », nous avons repoussé nos limites. Nous faisons des meet and greet, là nous étions plus dans une approche « tête à tête », demandant à nos fans ce qu’ils attendent de nous. Il y a eu plus de demande de heavy et d’utilisation de guitare acoustique, et même des demande d’album entièrement acoustique. Des demandes opposées mais c’est cool… Avec cet album, nous avons voulu concentrer toute cette énergie que l’on retrouve sur les autres disques. Quand nous enregistrons des démos, nous y trouvons de l’énergie et ça nous plaît. Un jour, tu trouves un producteur qui ne connait peut-être pas ton groupe, et qui te demande de tout réenregistrer, de casser cette énergie. C’est quelque chose que je n’aime vraiment pas – l’expérience des albums passés. Nous avons voulu corriger cela et transformer cette énergie pour la scène. C’est une chose dont nous parlons toujours au sein du groupe : les concerts. Comment nous améliorer encore en concert, faire de notre expérience de tournées quelque chose d’encore plus excitant pour nos fans. Avec Versatile, nous savions que nous voulions quelque chose de différent. Cette énergie des démos… Quand tu es emballé par une démo, tu sais que c’est le résultat que tu veux obtenir. Et que nous enregistrions ici, dans le Michigan, ou à LA, c’est là-dessus que nous voulions nous concentrer. Nous ne voulions pas qu’un producteur entre et casse tout cela. Pour ma voix, nous avons enregistrer deux ou trois prises, nous avons pris de mes précédentes sessions aussi. Initialement, le chant est la partie la plus excitante pour moi, je n’intellectualise pas trop, je prends les choses comme elles viennent, je laisse ma voix aller là où les mélodies l’emportent. La plupart des prises de chant que tu entends proviennent des premières prises. Il n’y aurait sans doute pas la même sensation d’urgence dans mon chant s’il avait fallu faire plus de prises…

 

Metal-Eyes : Tu as dit que vous vouliez pousser vos limites mais aussi que les fans vous demandent des choses opposées. Vous vous appelez Pop Evil, tout est dit dans votre nom… De ce que j’ai pu entendre de votre nouvel album, il y a des passages très heavy et agressifs, d’autres plus pop. Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Leigh KAKATAY : L’album est similaire aux hauts et aux bas de la vie… Je ne suis pas toujours en colère, ni toujours heureux… Il y a beaucoup d’entre deux. Nous jouons avec les émotions. Nous ne sommes pas le genre de groupe à toujours jouer la même chose. Il y a des tonnes de choses qui nous influencent. C’est pareil pour chacun des membres du groupe. Et puis, nous avons grandi, nous avons des familles, nous écoutons plein de musiques différentes ce qui a un gros impact sur nous. La musique du Michigan particulièrement. Si tu comprends, outre-Atlantique, les origines de la musique du Michigan, tu sais qu’il s’agit d’un marché test – comme tout le mid-West en réalité – pour la musique. Il se passe beaucoup de choses ici. Nous avons grandi sans beaucoup d’argent et sans réelles opportunités de faire des choses, avant tout parce qu’il fait froid six ou sept mois dans l’année… Tout ce que nous avions à faire en grandissant, c’était d’aller en concerts. Chaque fois que quelqu’un venait en ville, nous allions le voir live, il n’y avait rien d’autre à faire ! Ça nous a permis de regarder les groupes. Nous avons été très influencés par de nombreux groupes des années 90… Des groupes très mélodiques, groovy, mais on écoutait aussi des choses plus heavy, Metallica, ou d’autres plus metalcore. Quand nous avons monté ce groupe, la question était de savoir comment nous pouvions intégrer toutes ces influences, comment faire ressortir tout ce spectre d’influences et donner des concerts différents de ce à quoi le public est habitué.

 

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de choses, là… Si tu devais résumer, et jouer ton rôle de vendeur, que dirais-tu pour me convaincre de courir acheter cet album à sa sortie ?

Leigh KAKATAY : Eh bien, je te dirais que c’est un album plein d’énergie, plein de groove. Si tu veux de la musique puissante sur laquelle tu puisses chanter, alors cet album est fait pour toi ! Et si tu es déjà fan de Pop Evil, alors, il s’agit là du meilleur album de Pop Evil

 

Metal-Eyes : Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un titre de Versatile pour m’expliquer ce qu’est Pop Evil aujourd’hui, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Leigh KAKATAY : Sans hésiter, je choisirai Breathe again. Cette pandémie nous a vraiment tous mis à genoux et rappelé ce qui est important dans la vie : faire ce qu’on aime. En ce qui nous concerne, écouter de la musique, découvrir de nouveaux groupes, continuer d’aimer les groupes que nous aimons… Simplement réapprendre à respirer de nouveau et ç a, c’est la camaraderie et fréquenter des gens. Aller à des concerts avec des gens que tu ne connais pas, découvrir des gens qui, eux aussi, aiment Pop Evil. Espérons que nous puissions nous retrouver, faire ce que nous aimons : aller en concerts, s’amuser…

 

Metal-Eyes : L’album débute avec Let the chaos reign. Y a-t-il un message particulier derrière ce titre ou est-ce lié à la pandémie ?

Leigh KAKATAY : En fait, il a été écrit avant la pandémie. Let the chaos reign fait référence à nos concerts : quand tu y viens, c’est un mosh-pit, un chaos contrôlé. Pop Evil est un croisé du metal, nous n’aimons pas le monde de la pop, c’est pour cela que nous avons choisi ce nom. Au début des 90’s, le rock perdait beaucoup de terrain, remplacé par la pop… Pour moi, Pop Evil était une sorte de leitmotiv qui me poussait à me lever le matin, à faire partie d’un groupe de rock pour lutter contre la pop… Je crois que ce nom nous a beaucoup aidé à trouver notre place, et à ne jamais prendre « non » comme une réponse. Le rock est très vivant, c’est une évidence ! Tu as assisté à un festival en Europe, alors tu sais de quoi je parle !

 

Metal-Eyes : Breathe again, comme tu l’as dit, semble avoir été plus inspirée par la pandémie que par la mort de George Floyd, par exemple…

Leigh KAKATAY : En fait, tout l’album a été écrit avant la pandémie. Mais c’est assez dingue de voir à quel point tout peut aujourd’hui avoir un sens différent, maintenant que nous vivons cette pandémie.

 

Metal-Eyes : De quoi traitent tes paroles ?

Leigh KAKATAY : J’aime transmettre des messages positifs. C’est quelque chose de commun au groupe. Aider une personne, le faire quand nous sommes en tournée, loin de nos familles et amis. Si nous parvenons à rendre une situation plus vivable pour quelqu’un à travers notre musique, c’est clairement une réussite.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il au contraire des thèmes que tu ne souhaites pas aborder avec Pop Evil, des sujets que tu préfères éviter ?

Leigh KAKATAY : Je ne crois pas… Je suis toujours prêt à écrire si quelque chose de positif peut en ressortir. Nous essayons d’aider. Avec la pandémie et toutes les controverses actuelles, ça va être intéressant de voir ce nous allons pouvoir en tirer. Les sujets de la pandémie vont impacter beaucoup de monde, y compris les membres du groupe. Haley a été confinée en Grande Bretagne, j’ai à peine vu les autres membres du groupe…Nous ne nous sommes pas retrouvés depuis… janvier 2020 ! Ça va vraiment être intéressant de ressentir ces émotions quand nous allons nous retrouver pour écrire… Pour le moment, nous voulons simplement retrouver la scène.

 

Metal-Eyes : Il sera aussi intéressant de voir quelle sera votre énergie scénique une fois que vous rejouerez live (il approuve). Tu as justement dit que la situation s’améliore aux USA…

Leigh KAKATAY : Oui, je veux voir les choses positivement. Notre Etat a été gravement affecté par la pandémie, mais tout semble redevenir normal, les gens ressortent… J’espère retrouver une vie normale, comme tout le monde. Nous avons des dates bookées à partir de juillet, une tournée avec Shinedown. Des dates uniquement aux USA, des festivals. C’est un bon début.

 

Metal-Eyes : Quels souvenirs gardent-tu de votre dernier concert parisien, au Trabendo ?

Leigh KAKATAY : Je me souviens de beaucoup d’énergie. J’étais, pendant notre dernière tournée en France, super malade, j’avais une bronchite carabinée et il fallait que nous fassions avec ! Je me souviens de cette énergie, du public qui chantait les paroles avec nous. Notre public croît en France, c’est une bonne chose. Il nous a fallu du temps pour venir en Europe : nous étions coincés par un contrat discographique et il nous a fallu nous en tirer après le second album. Notre label actuel, eOne, est venu à notre secours, il a fallu négocier notre sortie. Nous n’avions pas les moyens financiers de venir en Europe à nos débuts, il nous a donc fallu du temps pour venir. Je suis très reconnaissant de cette croissance en Europe, nos fans y sont extraordinaires. Et la France nous a si bien accueillis que nous sommes impatients d’y revenir. Ce qui se fera vraisemblablement avec le nouvel album. L’Europe est terre de rock et nous sommes honorés d’y apporter notre petite touche.

 

Metal-Eyes : C’est intéressant de constater que de ton côté, américain, tu considères l’Europe comme un marché important alors que pour les Européens, le marché à conquérir, c’est les USA…

Leigh KAKATAY : Etant issu d’un groupe américain, nous voyons en effet l’Europe comme une terre de rock. Il y a une passion pour le rock et pour le metal différente de ce qu’il y a aux USA. Aux Etats Unis, il y a de plus grandes foules, de plus grands… tout est plus grand, mais ça peut ne pas être une bonne chose parce qu’il y a tellement « plus ». Les fans, avant la pandémie, avaient tendance à prendre les choses pour acquises : « oh, on ira voir ce groupe la prochaine fois qu’il passe » … J’ai l’impression que les Européens apportent vraiment leur soutien aux groupes qu’ils vont voir, ils comprennent les implications, financières ou autres, et je crois qu’ils ont plus de sympathie et de passion pour les groupes américains qu’ils soutiennent. Si nous donnons 3 ou 4 concerts en France, le public sera présent. C’est pareil en Allemagne, en Angleterre et partout en Europe. Je pense que la passion des Européens pour le rock et le metal est vécue différemment, et j’aime vraiment cela. Nous devions venir l’été dernier, pour la saison des festivals, mais le Covid a frappé et ça a ruiné pas mal d’opportunités de voir le groupe grandir outre-Atlantique. Je ne pense pas que nous puissions revenir avant 2022, à cause des restrictions de voyage… Personne ne sait vraiment ce qu’il en sera. Si nous pouvons venir avant 2022, tant mieux ! Il n’y a pas de meilleur endroit pour moi que les festivals en Europe !

 

Metal-Eyes : Tu constates aussi la différence de réactions entre les fans européens et d’autres ?

Leigh KAKATAY : Les fans français, anglais et allemands nous ont toujours super bien accueillis, avec passion. C’est sans doute parce qu’ils connaissent bien notre musique… Je compare toujours avec les groupes américains où nous avons toujours tournés, deux fois par an depui 2007. J’ai l’impression qu’ici c’est « montre-moi ce que tu sais faire » tandis qu’en Europe c’est « donne-moi ce que tu as » !

 

Metal-Eyes : J’aime cette façon de voir les choses !

Leigh KAKATAY : Tu sais, nous n’avons pas rencontré le succès rapidement aux USA, nous avons tourné dans des circuits… LA première fois que nous sommes allés en Australie, les salles étaient blindées… Notre premier concert à Paris, je me souviens d’avoir rencontré des journalistes qui m’ont averti : « ne le prend pas mal, mais le public parisien est très exigeant ». Ça m’a un peu foutu la trouille, je me disais que le concert allait être très difficile mais ça a été tout le contraire…

 

Metal-Eyes : Le public parisien a cette réputation : si le public ne t’apprécie pas, tu le sauras vite, autant que s’il t’apprécie… Je me souviens, il y a une vingtaine d’années, Sting a entamé sa nouvelle tournée par une semaine à Paris, déclarant que si ça ne marchait pas ici, il n’allait pas plus loin…

Leigh KAKATAY (il rit) : J’adore, vraiment ! Mais c’est vrai. La France en général est comme ça. J’ai toujours appris le Français à l’école. Du côté de ma mère, ma famille est canadienne, ils parlent tous français. J’étais le fainéant de la famille, mon français était pitoyable, un peu comme un touriste ! Je pouvais le comprendre, mais… J’ai toujours fantasmé « j’ai envie d’aller à Paris, visiter la France ». Et maintenant que j’ai eu l’occasion de venir y jouer, il y a beaucoup de choses que j’aime dans ce pays : la culture, les gens, les paysages… Quand tu es en tournée, il y a toujours ces paysages qui résonnent en toi, te frappent, et la France en fait partie.

 

Metal-Eyes : Nous arrivons à la fin de notre interview, alors quelle pourriat être la devise de Pop Evil ?

Leigh KAKATAY : Positivité, mon ami ! Tu sais, on a commencé il y a quelques temps, et nous voyons maintenant des gamins venir avec leurs parents. On a pu tourner avec des groupes légendaires comme Judas Priest, Poison et d’autres et tous disent la même chose : « nos fans ont grandi avec nous et ils élèvent leurs enfants avec nous ». Cela a toujours fait écho en moi. Que les groupes avec lesquels j’ai grandi disent cela…  Nous avons toujours voulu avoir du succès et avoir des fans à travers la planète… Mais notre véritable ambition, c’est simplement de pouvoir apporter quelque chose aux fans, partout dans le monde… Nous avons déjà tant voyagé à travers le monde, nous avons déjà eu tant de succès… Il faut mettre les choses en perspective : pourquoi tu voyages aussi loin, pourquoi tu passes autant de temps loin des tiens… Et quand tu vois les gens venir en famille, le gamin sur les épaules de son père, horns up en train de hurler, de chanter toutes les paroles, là, ça te donne un sourire intérieur, si large et profond que ça me rappelle moi, sur les épaules de mon père à un concert de Lynnyrd Skynnyrd chantant Freebird… C’est si spécial… Quand ta musique franchit les époques, que tu peux l’écouter avec tes enfants, c’est très cool…

 

Metal-Eyes : Une dernière chose, et c’est uniquement ta faute puisque tu l’as évoqué tout à l’heure (il rit) : quelle serait ta conclusion en français

Leigh KAKATAY : Ah, man… (En français) : Je voudrais jouer un concert – ou des concerts – en France.