MERZHIN: BabeLive

France, Rock (Verycords, 2017)

Voici déjà 20 années que Merzhin tourne partout dans le monde et enregistre ses albums. 6, au total, auxquels il convient de rajouter 2 live. Deux décennies, déjà, et je ne découvre qu’aujourd’hui ce groupe breton grâce à ce nouvel enregistrement public qui n’est, parmi ceux que je connais, rien moins qu’un des meilleurs albums live français de tous les temps. Quelle claque! Des premières notes de Babel à la conclusion Nains de jardins, je découvre un groupe à la fois rageur et festif, engagé et convivial, chaleureux et direct. Les titres évoquent (beaucoup) Noir Désir et piochent du côté du rock celtique et de la rage déterminée d’un Tagada Jones. 15 titres aussi enjoués qu’entraînants composent ce nouveau témoignage live qui célèbre une carrière ininterrompue. Les Brestois ont d’ailleurs décidé de célébrer cet anniversaire en grandes pompes puisque cet album sort également en version « coffret » contenant un DVD supplémentaire, bourré à ras la gueule de live, clips et autre documentaires. BabeLive est un album à découvrir d’urgence, et pour ceux qui, comme moi, n’en connaissent rien, Merzhin est un groupe à découvrir encore plus urgemment! Une pure merveille d’authenticité.

Note: 9,5/10

Sortie: le 14 avril 2017

ROYAL THUNDER: Wick

Hard rock, USA (Spinefarm, 2017)

Revival 70’s not dead! Royal Thunder, encore quasiment inconnu en France, propose sa quatrième production, Wick, taillée dans le rock psyché des années 70. A la fois simple et complexe, ce  disque mélange avec brio les influences variées. Ca va de Patti Smith à Black Sabbath, en passant par le rock engagé de la fin des années 60. Burning trees est une introduction lente et lourde, presque doom, qui contraste avec les guitares claires de April showers ou la rapidité d’un Tied tandis que le mid tempo Plans, sur fond de guitares acoustiques et de batterie lourde, offre une alternance à des titres plus rock – le rapide et colérique The sinking chair et le direct Anchor. Non content de proposer un album varié et efficace, le quatuor d’Atlanta se distingue également par l’excellence de l’instrumentalité et de la voix rauque, étouffée, puissante et parfois douce de Mlny, qui place, semble-t-il, l’amour au cœur de ses paroles (Tied, We slipped, Plans…) quand elle n’est pas, comme les guitares déterminées, enragée et hargneuse (April showers). Wick est un album certes vintage mais également difficilement descriptible et qui ne peut être classé que dans la catégorie Rock. S’il est un peu difficile de tenir sur la longueur, on saura apprécier chaque chanson à sa juste valeur, rasade par rasade. Une belle découverte qu’on attend de voir live!

Note: 7,5/10

 

QUICK & DIRTY: Falling down

Quick-Dirty-Falling-DownFrance, Rock (Autoproduction, 2017)

Vulgaire, la pochette l’est sans conteste. Au delà de sa vilaine mimique et de ses tatouages, cette nana, les seins à l’air, évoque la pochette du premier King Lizard, album raté dont on a plus parlé de la pochette que du contenu musical. Sera-ce la même chose avec Falling down, premier Ep 5 titres de Quick & Dirty? Peut-être pas, et tant mieux pour eux! Car le groupe joue un rock énergique avec quelques relent hard, et propose cn=inq chansons variées. Le fun est le maître mot, et les quatre ne s’en privent pas. Ne parlons pas des titres qui semblent avoir été imprimés dans un ordre qui n’est pas celui du CD (par exemple, le troisième morceau semble être, à l’écoute I was born mais la pochette indique East west…) mais d’impressions générales: les guitares sont claires bien que parfois les cordes s’énervent. Le chant, malheureusement mixé un peu trop en retrait selon moi, est à l’image des chansons: varié, narquois et se fond dans un ensemble canaille et coquin. J’ai même, à certains moments, l’impression d’entendre un Tears For Fears énervé! Rien de sale ni de rapide, rien de très neuf non plus, mais une simple envie de partager un moment de vie.

RICH ROBIN: Trigger

rich-robin-2017France, Rock, (Autoproduction, 2017)

Déterminé et léger à la fois, Trigger, nouvel album de Rich Robin, est empli de jolies mélodies chantantes et entêtantes. Puisant son inspiration dans le rock des années 70 autant que dans la rage d’un neo punk ou d’un rock actuel, le groupe parvient, en alliant harmonie et énergie à maintenir l’attention. Le chant (dans un anglais parfaitement compréhensible) est étouffé et chaleureux, les guitares claires et aérienne et la rythmique, si elle reste traditionnelle, pose une structure imparable, renforcé par une production limpide donnant sa place à chaque instrument. Cette collection de 10 chansons atteint aisément son objectif et constitue une très, très jolie surprise. Jamais la tension ne baisse, exception faite du titre de clôture, Liza. Une gourmandise auditive qui met l’eau à la bouche.

Note: 8,5/10

MADJVE: Buisiness first

madjiveHard rock, France (Autoproduction, 2017)

« On va enfin pourvoir voir Madjive! » sont les paroles qui introduisent ce Business first, nouvel album de Madjive. Madjive? Inconnu chez moi, et pourtant… Le groupe, qui vient de l’est de la France, a déjà plusieurs enregistrements à son actif (3 Ep et 2 albums) et donné de nombreux concerts un peu partout en Europe. Distillant un hard rock joyeusement bordélique, Madjive évoque à la fois le punk irrévérencieux et je m’en foutiste que le rock fun et déjanté d’un Royal Republic. Pas sérieux, ne pas s’abstenir, svp! C’est marrant, direct et ça envoie bien le bois sur fond de critique ouverte, acerbe et corrosive du monde des affaires. 12 chansons où énergie rime avec bonne humeur. ça commence par un Ignition programme sous forme de narration de ce qui va suivre. Et ce qui suit est constitué à la fois de rock et de chansons à boire. Un vrai folklore d’amusement. C’est le mot qui semble le mieux résumer, expliquer l’esprit de ce groupe qui ne se prend pas une seconde au sérieux et , dans cet esprit, parvient à nous entraîner dans son délirant sillage. Le verso est bien pensé, aussi, puisque chaque titre bénéficie d’une ligne explicative. Claire, nette et précise. Un album à écouter entre potes autour d’un bon apéro. APÉRO?

Note: 7,5/10

KLONE: Unplugged

KLONE 2017Rock, France (Klonosphère/Verycords, 2017)

Klone acoustique? Tant qu’à modifier ses comportements et sa personnalité, autant pousser l’expérience jusqu’au bout. Car Klone, aujourd’hui, n’a plus rien de commun avec le groupe de death metal qu’il fut naguère. Certes, depuis deux albums, le public s’est habitué à cette nouvelle identité, et l’on ne saurait par conséquent être surpris avec ce nouvel album Unplugged dont plus de la moitié des titres (Immersion, Fog, Grim dance, Nebulous, Gone up in flames, Come undone et Summertime) proviennent de Here comes the sun, son dernier album paru en 2015. En revanche, on ne trouve plus trace ici des premiers opus des Poitevins alors qu’il aurait été très intéressant de relever ce défi. Mais Klone n’est pas un groupe qui se repose sur ses acquis, il nous l’a assez démontré! Avec ce nçouvel album débranché, le groupe se met à nu. Une simple guitare accompagnerai la voix qu’on n’es serait pas déstabilisé. L’ensemble est simplement d’une magnifique pureté. Le son est clair, le chant doux comme la caresse du vent, un vent qui fait frissonner par instant. Klone est à fleur de peau et se dévoile comme jamais, prouvant une nouvelle fois que lorsqu’une chanson est bonne, il importe peu de quelle manière on l’interprète, elle reste et restera une bonne chanson. Les Français prennent des risques et c’est payant.

Note: 8/10

Sortie le 17 février 2017

THE ANGRY CATS et Red Is Dead live au Dr. Feelgood de Halles – le 16 février 2017

Si je commence à bien connaitre les Dr Feelgood pour régulièrement y rencontrer des musiciens en promo, je n’ai pas encore eu l’occasion d’y assister à un concert. Le passage de l’ovni rock’n’roll The Angry Cats (dont vous pouvez retrouver la chronique de leur dernier né, Outmonster the monster) est donc la bonne occasion pour remédier à ce manque. Lieux chaleureux par son sa décoration et son ambiance rock, le Dr. Feelgood propose régulièrement des concerts variés dans des conditions assez sympathiques pour les groupes.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

La petite salle en sous sol accueille ce soir quelques dizaines de personnes , certaines venues assister à la représentation du trio Red Is Dead qui, en ouverture, joue une bonne heure. Si l’on a l’impression que les morceaux sont taillés dans le même bois – un peu de grunge, du punk, de rock – on retiendra l’attitude désinvolte et l’humour potache du bassiste chanteur (notons que le chant est partagé avec le batteur) qui balance des vannes à tout va. Bonne humeur et poilades garanties: « Vous êtes loin… et pourtant vous êtes si près. ça me rappelle la relation que j’avais avec mon père »… « Approchez-vous, faites un pas en avant. Pensez à Christopher Reeves: y peut pas, lui! » « Elle mesure 1m53, Gaëlle! Elle lèche les tétons debout! » Bref, on s’amuse et on boit des bières sur un fond sonore grungy.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

 

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

Quelques minutes après, c’est un autre trio, The Angry Cats, qui investit les lieux, plus denses de quelques spectateurs. Les pieds chaussés d’un étonnant orange, armé d’une Gretsch tout aussi flamboyante, Fred Alpi lance les premières mesures de The invisible hand et, déjà, le trio commence à s’agiter sur scène, comme pris de spasmes. Premier extrait de son dernier album en date dont tous les titres seront ce soir interprété, il pose le cadre: un rock clair aux forts accents de l’ouest américain – quelque part entre hillbilly et rockabilly – une voix suave et une énergie communicative seront le fil de la soirée. On pense ici aux Stray Cats (tiens donc…), là à Chris Isaak qui, tous, auraient flirté avec un peu de stoner rock. Et si The Angry Cats est moins communicatif que ses prédécesseurs, il parvient à développer une belle énergie et à la maintenir tout au long de ces 75′. Si la salle n’est pas pleine, le public présent semble heureux. Il trépigne, encourage, s’agite et profite de cette soirée de potes qui dépotent. Un excellent moment en somme et un groupe qu’on espère retrouver sur des scènes plus grandes, à Paris et ailleurs.

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

 

GREYWIND: Afterthoughts

greywind-2016Rock, Irlande (Spinefarm/Search and Destroy, 2017)

Les groupes irlandais, en général, j’aime bien. De U2 à The Cranberries, en passant, naturellement (évidemment!) par Thin Lizzy, et Greywind se positionne quelque part entre. Une chanteuse, parfois douce, parfois furieuse, qui se met en avant sans empiéter sur le travail de ses comparses, le groupe dispense tout au long de ce Afterthoughts, son premier album à paraître le 27 janvier 2017, une belle énergie mêlée à de la pop tout au long de ces 10 chansons. Oui, pop, mais pas soupe: l’impertinence du punk n’est jamais loin – et souvent présente dans le chant teigneux de la miss. Elle sait aussi se faire partiellement douce et/ou mystérieuse. En explorant les différents aspects de la condition et de l’âme humaines, Greywind visites divers univers sonores, rendant l’ensemble à la fois intrigant, attrayant et… inquiétant.  Les titres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes (Safe haven, Desolate, In autumn, Wander…). Pour un premier essai, malgré quelques faiblesses guère surprenantes à ce niveau de carrière, Greywind a tout pour marquer quelques points auprès d’un public varié. A suivre.

Note: 7,5/10

MOTHER’S CAKE: No rhyme, no reason

mothers-cake-2017Rock, Autriche (Membrane, 2017)

Parfois inspiré par le côté aérien de Pink Floyd (Big girls), à d’autres moments revisitant Hendrix (Street Ja man), Mother’s Cake se positionne sur la scène rock en clamant haut, fort et clair, son amour du rock bien fait, et au delà. Car on touche aussi bien à l’univers psychédélique que rock, funk que progressif tout au long de ce No rhyme, no reason, son troisième album.  Mother’s Cake ne s’impose de barrières que celles qu’ils entend ne pas franchir, et elles semblent peu nombreuses. Peu importe l’époque, le trio autrichien est aussi moderne que fondu de vintage. Si l’on peu regretter ne pas comprendre l’anglais du chanteur Yves Krisner, on appréciera en revanche la variété des genres présents au sein de ces 10 chansons. Le groupe explore et teste, comme cet étrange passage au milieu du déjà mentionné Street Ja man (z’ont fumé quoi???) qui en dit long sur la maturité des musiciens. Il est une faiblesse, cependant: des longueurs lors des passages les plus allumés. Dans un monde où tout va très – trop – vite, on a le sentiment, parfois, de se perdre en route. Mais le travail et la volonté sont là. Il n’est guère étonnant de découvrir que sur ses deux réalisations précédentes (Creation’s fines en 2012 et Love the filth en 2015) on trouve de prestigieux participants, comme Ikey Owens, ex-claviériste de The Mars Volta, autre influence, ou Jack White. Un troisième album est souvent décisif dans une carrière – sans doute une vérité moins évidente de nos jours, mais quand même – et ce No rhyme no reason pourrait permettre une meilleure exposition publique à Mother’s Cake. C’est en tout cas tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Note : 7,5/10

 

STARSET: Vessels

starset-2016Pop Rock  (Spinefarm/Razor & Tie, 2017)

On prend les paris? Starset pourrait frapper fort, très fort, même, avec ce Vessels. Mais pas dans la sphère metal. Qu’est-ce qui a donc bien pu chatouiller l’échine de Spinefarm pour signer ce groupe américain, originaire de l’Ohio, plus pop qu’autre chose, je me pose la question. Car c’est bien de pop rock qu’il s’agit. Oh, bien fait, du chant correct, mielleux et doux avec, parfois, quelques accents extrêmes, genre « on est des bad boys », des sonorités electro, et des mélodies, parfois dégoulinantes et qui, souvent, visent les radios, des mélodies, en résumé qui vont plaire aux jeunes filles pré pubères, voire pubères. Un peu d’énergie sur les refrains, de la mélodies partout, des voix qui passent partout… Rien de neuf et tout pour plaire. Top 50 visé, pas forcément assuré.

 

Note: 5/10