EDENYA: Another place

France, Rock (M&O, 2023)

Commencer, ou presque commencer, cette année avec la douceur des paysages musicaux bucoliques de Edenya, quoi de mieux? Le groupe nous propose de découvrir Another place, un album composé de 10 titres aussi apaisants qu’aériens, légers et parfois mélancoliques. Romantique? Certes, mais pas que cela tant la formation explore des univers variés, folkloriques, celtiques, mélangeant aussi colère et complainte. Inside your walls, par exemple, ressemble à un règlement de comptes d’après une relation difficile avec un harceleur et la montée en puissance du titre évoque la saine colère libératoire d’une femme anciennement battue. La variété des instruments – voix et guitare, bien sûr, mais également cordes, piano… – transforme ce disque en un voyage doux et bienveillant, un voyage aux limites du rock, du prog et du folk. Un album reposant.

GRANDMA’S ASHES: This too shall pass

France, Rock/Stoner (2023, Autoproduction)

Allez, disons le tout net: si la bonne fée pouvait se pencher sur les cendres de grand-mère… Dès la première écoute de ce This too shall pass, Grandma’s Ahses, trio féminin formé en 2018 et déjà auteur d’un premier Ep, The fates, paru en 2021, se démarque d’une scène aujourd’hui par trop lisse et consensuelle. Les 13 titres de ce premier essais (dont 3 interludes absents de la version vinyle) explorent sans complexes divers horizons musicaux, allant du rock garage au stoner enfumé, en passant par un heavy rock aux limites du doom. Et quand ça castagne parfois, ben… ça pête sévère! On trouve aussi bien des traces du metal froid d’un Blue Oÿster Cult que le rock énervé de 4 Non Blondes. Le chant – dans un anglais plus que maitrisé – passe par des phases de douceur bienveillante comme il sait se faire langoureux ou mélancolique, souvent envoûtant et toujours soutenu par une basse ronflante et une batterie syncopée. Il y a dans cet album plus que de la simple complicité et complémentarité musicales. Avec This too shall pass, un album qui sait prendre des risques et sortir des sentiers battus (la réalisation de Fred Leblanc, impliqué avec Pogo Car Crash Control ou Toybloïd y est sans doute aussi pour quelque chose) Grandma’s Ashes se distingue de la jeune garde, interpelle et surprend. Et dans le paysage musical actuel – français ou international – ça fait du bien.

SUN: Brutal pop 2

France, euh… ben, « Brutal pop », c’est écrit dessus… (autoproduction, 2022)

Brutal pop 2, le nouvel Ep de Sun, sous-entend qu’il y a eu une première salve. Bon, eh bien lançons nous dans cet Ep à la pochette aux couleurs de bonbon acidulé et… Comment dire? La miss possède une voix grave très agréable qui, lors de ses passages en un clin d’oeil de douceur à fureur, peut évoquer Mother’s Finest ou, plus contemporainement, Jinger. Car elle ratisse large, Sun. De la pop rageuse et acidulée à un rock nerveux, en passant par de la pop énervée ou sur fond de rythmes répétitifs et hypnotiques, sur fond de mélodies entrainantes ou de rythmes martiaux, Sun pourrait bien entrainer dans son monde un public varié et hétéroclite. Les influences sont en effet variées, allant de la dance 70’s (on trouve de belles influences Abba) au RnB d’aujourd’hui en passant par des choses bien plus heavy et brutales, grungy et punky. En voici une qui mérite de se faire connaitre, alors allez découvrir son Ep dont la sortie est prévue le 13 janvier !

MIND AFFECT: Deep marks

France, Rock (Autoproduction, 2022)

Mind Affect, trio parisien déboule avec son premier album, Deep Marks, et nous propose 11 titres d’un rock à la fois soft, aérien et obsédant. Si le groupe cherche avant tout à travailler les ambiances, sa musique peut parfois présenter des guitares énervées et des rythmes plus enlevés. Je retrouve l’influence de grands du genre, de U2 à the Police pour les plus anciens, Muse ou Coldplay pour les plus récents, toutes parfaitement ingérées et intégrées. S’ajoutent à cela un chant légèrement torturé, mélancolique, parfois doublé d’une douce voix féminine, et des sonorités électro qui apportent à l’ensemble une touche moderne, cinématique et spatiale tout en restant sobrement festif. Une jolie bande son de soirée entre potes, somme toute. Ce premier essai autoproduit et financé via Kisskissbankbank est une jolie carte de visite et une jolie promesse pour les amateurs du genre.

THE RASMUS: Rise

Finlande, rock (Playground, 2022)

Cinq ans après la publication de Dark matters, (lui même publié 5 ans après son prédécesseur…) les Finlandais de The Rasmus reviennent avec Rise, un album, disons-le dès maintenant, plus  pop que rock. L’introductif Live and never die est très naïf, voire enfantin. Mais ce titre seul ne donne pas la couleur de l’album qui continue avec un Rise qui mélange rock, pop et l’ajout de cordes, ainsi qu’un refrain entrainant rassurent quant aux aspects plus rock du groupe (voir le clip ci-dessous). Toujours dansant, le groupe se fait plaisir avec des sonorités électro, des bruitages étranges (genre miaulements  de chat), échos et réverbs à foison. A ce niveau, je me dis que si The Rasmus fut un jour assimilé à la scène rock, le quatuor en est aujourd’hui assez éloigné. Bien sûr, il y a de la guitare et de la batterie, et les mélodies sirupeuses qui accompagnent un chant acidulé ont tout pour séduire un public jeune qui découvre la musique amplifiée  ou qui est amateur de jolie série juvéniles. Rien à dire sur la production, efficace et généreuse. seulement, l’ensemble se veut si… « émotionnel » que je ne peux m’empêcher de penser que trop de bons sentiments noient les bons sentiments (la répétition des « I love you » et « I hate you » sur Odyssey…) Oh, il y a tout ce qu’il faut pour faire agiter les bras en cadence en concert mais… est-ce bien suffisant? Nul doute cependant que Rise saura trouver son public mais les amateurs de rock plus dur s’en éloigneront certainement…

NHIMALIA: Rules of the game

France, Rock (M&O, 2022)

Dans le marasme actuel, écouter un EP comme ce Rules of the game fait du bien. Nhimalia, l’auteur de ces 5 titres, nous propose un rock à la fois énervé et calme, puissant et relaxant. La voix alterne entre chant narquois et rassurant proposant sur chacun des morceaux des ambiances entrainantes et joyeuses. Démarrant avec Don’t cry, un morceau énergique qui fait office de menu: au programme, des guitares claires, enjouées et entraînantes, un chant anglais déterminé et une rythmique solide. Les guitares trépidantes sur le morceau titre évoquent aussi bien AC/DC qu’Iron Maiden (écouter ce final, vous comprendrez) en moins hard. Leave me and pray se fait doux et  presque tendre, avant que And you’re dancing, le titre le plus long, ne s’oriente vers un peu de mélancolie avec ses accents hispanos. Help me clôt cette carte de visite en introduisant piano et cordes pour un morceau tendre et presque triste. Nhimalia montre avec cet Ep un groupe multifacettes qui s’adresse de fait à un public varié. Une jolie introduction qu’on espère voir rapidement suivie d’un album complet.

WINTER: Fire rider

Allemagne, AOR (Wintergothic records, 2022)

J’ai récemment découvert Winter via son album Looking Back qui proposait des réenregistrements de certains titres de ses publications précédentes. L’artiste s’y montre profondément attiré, amoureux et inspiré par le rock FM/AOR des années 80 et revient aujourd’hui avec Fire Rider, un CD comprenant 16 titres taillés dans le même moule 80’s (on ne parle pas de la pochette, clin d’œil évident au héros Marvel, Ghost Rider, j’adore!). On passe de chansons entrainantes et taillées pour faire bouger à d’autres plus rentre dedans qui bénéficient toutes de ce chant doux et bienveillant. Winter propose un rock dynamique aux riffs et soli efficaces, teintés de claviers qui évoquent cette new wave dansante. Il ne cache jamais son amour de cette décennie révolue, et le clame clairement sur Child of the 80’s. Ce Fire Rider séduira sans aucun doute les amoureux de ce hard FM, ce pop rock aux mélodies léchées qu’on écoute partout.

O’TEMPO FESTIVAL: retour sur la journée du 26 août 2022

Retrouvez ici la galerie photo dédiée O’Tempo Festival

Si l’an dernier la première édition du festival O’Tempo n’a attiré que 1500 spectateurs par jour, sans doute à cause de la « fin  » de la période de crise sanitaire et des craintes du public, c’est « complet » que l’évènement affiche cette année, au grand dam de quelques spectateurs venus dans l’espoir d’acheter une place en dernière minute. Compliqué, surtout que l’organisation a fait les choses intelligemment en proposant des préventes à tarifs réduits disponibles en ligne jusqu’à la veille du festival.

Localisé à Boigny sur Bionne, petite ville de 2000 habitants à quelques kilomètres d’Orléans, le festival propose 2 parkings publics, dont un proche de l’entrée pour les covoitureurs qui arrivent la voiture pleine. Une belle initiative écolo que je réévoquerai sous peu. Les transports en commun sont également prévus notamment réorganisés pour le dimanche afin de permettre aux festivaliers non motorisés d’arriver et retourner à Orléans.

Pendant 3 jours, le site – qui ressemble à un terrain de sport – a accueilli dans une poussière festivalière des artistes de tous horizons, ou presque, allant de la chanson française au set électro en passant par de la soul, de la variété ou du rock progressif.

Le terrain est divisé en trois partie: l’arrivée se fait dans le village où chacun peut charger son cashless (seul point noir à revoir l’an prochain tant les files d’attentes se sont allongées rapidement) afin de se restaurer auprès d’un des nombreux et variés food trucks. (Idée écolo pour l’an prochain: pourquoi ne pas exiger des restaurateurs de n’utiliser que du matériel biodégradable? La plupart le font mais certaines barquettes de frites économiques étaient en plastique non recyclable. Poussez l’esprit « vert » du parking co-voit jusqu’au bout, sans être pour autant jusqu’au boutiste!) C’est également cette partie qui accueille un espace détente très agréable avec ses transats et ses aires de jeux, l’espace sanitaire qui ne pue pas (en fin de première journée en tout cas) et la petite scène qui permet aux artistes de jouer devant un public somme toute assez important. Qu’il se déplace pour voir le groupe, s’abreuve, se restaure ou attende de pouvoir charger son cashless, il y a foule. Le village donne via deux entrées accès à la scène principale, seule au fond d’un terrain qui peut aisément accueillir plus que 5000 personnes (mais espérons que l’orga se limite à ces chiffres, voire ne dépasse pas les 7000 – on se marcherait dessus)

ORPHEUM BLACK

Si l’on va en festival, d’autant plus localement, c’est autant pour l’ambiance que pour croiser des amis, voisins, collègues… que pour y voir des groupes. Aujourd’hui, c’est simple: l’affiche est rock et populaire et la soirée commence dès 19h30 avec les Orléanais de Orpheum Black qui propose un hard rock très progressif. La formation est menée par un duo de chanteurs – Mélodie (Ex No Sign, Nothing), également aux claviers, et Greg, également à la guitare – et propose une musique assez aérienne en rien comparable à celle, beaucoup plus foncièrement rock, que proposait Wild Dawn, ancien groupe de Greg et de son complice, le guitariste épileptique, voire autiste, Romain.

ORPHEUM BLACK

Si j’évoque ce groupe défunt c’est parce que, même si la communication avec le publique est réelle, j’ai connu un Greg qui allait bien plus le chercher et le prendre à la gorge. Ce soir, c’est un leader assez doux qui, lorsqu’il s’adresse au public, parle simplement et sa voix est malheureusement couverte par les quelques notes de claviers.

ORPHEUM BLACK

Romain, quant à lui, est partout, s’agitant dès qu’il joue une note, arpentant la scène dans ce qui peut sembler être son univers. Bien que chacun de ses membres soit à l’aise et en place, sans doute manque-t-il une forme de complicité scénique pour rendre cette expérience vraiment différente. Le public semble réceptif, cependant, preuve en est le monde au merch après le concert, et c’est bien là le principal.

ORPHEUM BLACK

Quelques minutes de pause permettent au public de rejoindre la scène principale et acclamer rapidement les manouches de La Rue Kétanou. Honnêtement, si j’ai entendu beaucoup de bien de cette formation, je n’en suis pas un familier. Alors ce soir, pour moi, c’est une découverte. Et c’est fun.

LA RUE KÉTANOU

Le quatuor propose une musique populaire à base d’accordéon, d’harmonica, de guitares et diverses percussions, ensemble qui rend la musique joyeuse, entrainante et dansante. Très rapidement, les quatre dérivent et parlent de leur chorégraphe et critique n°1 qu’ils invitent sur scène.

LA RUE KÉTANOU

Arrivent une femme et une jeune fille bientôt rejointes par une foule de bénévoles du festival que La Rue Kétanou tient à remercier autant que le public. Parce qu’aujourd’hui, si le festival est complet, c’est grâce à vous, public, et grâce à eux, les bénévoles et l’orga ». Un concert festif, jovial et entrainant très apprécié par l’ensemble du public.

LA RUE KÉTANOU

Une pause permet à Cycix de jouer sur la petite scène avec ses platines. Ici, on s’appelle Metal Eyes et la musique de DJ et de boite de nuit, c’est pas mon truc. Le temps est venu de se restaurer et j’en profite pour écouter de loin et… ça ne m’attire pas. Je le laisse aux amateurs.

TRYO

Il est 22h lorsque Tryo déboule face à un public massif et multigénérationnel déjà tout acquis à sa cause. Qui a déjà vu le groupe live le sait: Tryo, c’est la fête assurée grâce à des hymnes forts et fédérateurs que tout le monde attends – et aura (Désolé pour hier soir, L’hymne de nos campagne, Ce que l’on sème, Yakamonéyé, La main verte…) – des nouveautés (Aimer)et une communion avec le public que Guizmo et Christophe Mali attrapent à la gorge -gentiment dès leur entrée sur scène.

TRYO

Les anecdotes foisonnent, la bonne humeur est de mise, le public est réactif et récréatif sautant, dansant et chantant de concert. Il fait sans doute plus de bruit que la sono, d’ailleurs et ça fait du bien! Les chanteurs sont complices comme jamais, et l’on sent un groupe simplement heureux d’être sur scène face à un public important.

TRYO

Si les gars savent tenir une scène et un public, on ne peut qu’admirer les lights colorées et l’engagement sans faille pour toutes les causes humaines. Cette clameur lorsque Christophe brandit un gigantesque drapeau aux couleurs LGBT! Les tubes défilent et voilà que déjà, programmation oblige, une petite heure et quinze minute plus tard, Tryo quitte la scène. Les demandes de rappel n’y feront rien, les lumières reviennent invitant le public à rejoindre le village où Cycix rejoue avec ses platines jusqu’à la fermeture du site à 1 heure du matin.

TRYO

Cette seconde édition a, pour sa première journée, tenu toutes ses promesses. O’Tempo est un festival à suivre pour qui aime divers styles musicaux, et l’on se doit de féliciter l’organisation pour la tenue d’une après-midi sans faille, parfaitement réglée (malgré un système Cashless à améliorer pour l’an prochain – pourquoi pas installer des bornes à l’accueil du site?) grâce au travail de tous et, notons le, surtout à celui des bénévoles.

Merci à Elodie Berneron d’avoir rendu ce report possible

Retrouvez ici la gallerie photo dédiée O’Tempo Festival

 

DEF LEPPARD: diamond star halos

Angleterre, rock (Univesal, 2022)

En 2015, Def Leppard revenait avec un album auto nommé explosif qui avait tout pour le remettre sur les rails d’un énorme succès international, même si, oui, le groupe ne s’éloignait guère de ces accents pop qu’il a depuis longtemps intégrés dans son rock léché. Presque 7 ans plus tard – même s’il semble que cet album fut déjà prêt en 2020 et que le groupe aie préféré ne pas le sortir en pleine pandémie, personne ne s’étonne plus de cette éternité qui sépare deux albums du Lep’, heureusement il y a eu deux coffrets dont le superbe Early years 79-81! – voici les Anglais qui reviennent avec Diamond star halos, nouvel album plein de bonnes intentions produit par le groupe et Ronan McHugh. Le groupe voit les choses en grand avec pas moins de 15 titres. Démarrant avec 3 morceaux rock – dont le très efficace Kick et l’introductif Take what you want au refrain imparable – Def Leppard tombe rapidement dans la ballade téléphonée  – This guitar saved my life et ses accents country – et et le mid tempo ou dans la pop bien faite mais sans grand intérêt. Ok, ça entraine mais au final, que retient-on? Hormis celui mentionné plus haut, pas un refrain qui rentre vraiment en tête, qui donne envie de bouger et de sauter. Lorsque, au cours d’une interview récemment publier par la presse, le groupe évoque le fait que Mutt Lange en ait fait des vrais musiciens, sans doute le groupe en fait-il ici un peu trop… Explorant des champs electro (U rock mi), utilisant d’autres cordes (piano et violoncelles sur les ballades Goodbye for good this time et Angels), Def Leppard fait preuve d’audace avec une vraie volonté de grandes orchestrations et d’exploration mais… Même s’il y a des clins d’oeil à son passé – quelques références aux albums Hysteria, Euphoria et même Slang, ainsi que sur l’illustration de la (très jolie) pochette (High ‘n dry y figure aussi), avec un bon tiers de ballades, Diamond star halos est clairement en dessous de son prédécesseur, retour assumé aux sources de son succès.  Pas le meilleur album du Lep, c’est une évidence. Pas le pire non plus, reconnaissons le.

THE FLYING BRICKS: Chimeric

France, Rock (M&O music, 2022)

Formé au Mans en 2015, The Flying Bricks propose un rock aérien qui se dit alternatif et sort rapidement après avoir stabilisé son line-up (Benoit au chant et à la guitare, Arthur à la guitare, Alfonse à la batterie et Numa à la basse), un premier Ep – The fake empire – en mars 2019, et se retrouve à le défendre sur scène tout aussi rapidement. Avec un tel patronyme, on pourrait s’attendre à un rock dans ta face, mais non: Chimeric, le nouvel Ep de 6 titres offres des chansons qui alternent entre calme et puissance.  Arthur définit la musique de son groupe comme « du rock alternatif, un peu progressif. On ajoute un peu de metalcore ce qui donne ce mélange un peu… « atmosphérique », même si je ne pense pas que ce soit la meilleure définition« .  le groupe a-t-il des thèmes de prédilection pour ses textes, « Oui, on parle de nos craintes, dans un monde incertain, face aux crises géopolitiques, économiques, l’incertitude face à l’avenir. les textes étaient écrit avant Covid, donc on ne parle pas de la crise sanitaire, mais c’est là. On a beaucoup retravailler l’Ep pendant le confinement« . Allez, c’est un Ep, alors allons y titre par titre… « Sleepy Hollow, l’idée c’est d’alterner des refrains et des ponts très énergiques avec des couplets plus atmosphériques« . Le chant – en anglais à perfectionner, svp – est léger, parfois doublé d’une compagne vocale comme sur le morceau titre. « Il s’agit de Mélina Farcy, qui est également la danseuse du clip… » Le chant est globalement doux, pas du tout typé metalcore sur ce disque d’ailleurs. Arthur confirme que « ça se ressent beaucoup plus dans les morceaux, sur la fin de Chimeric avec une partie un peu beatdown. Mais pas dans le chant. Là où on va plus le ressentir dans le chant, c’est sur le dernier morceau, Surrounded, un morceau beaucoup plus direct » – chanson dont nous reparlerons. Vient ensuite Daydream « est un titre écrit par le batteur, une chanson d’amour, d’amour triste. On fait passer ce sentiment d’abandon. C’est un morceau très progressif, qui commence doucement avant de monter en puissance jusqu’à l’outro, où c’est moi qui chante; d’ailleurs« . Si Arthur ne chante que sur l’outro, il occupe l’espace vocal tout au long du dernier morceau de ce disque, Surrounded, notons-le. « C’est la seconde chanson d’amour, un morceau que j’avais écrit en quittant Paris, te qui parle d’une rupture, aussi. Le texte était dans un placard et quand on a composé le morceau, j’ai ressorti le texte qui collait vraiment bien à l’ambiance. Un texte mélancolique mais qui veut aussi aller de l’avant. « Something new, quant à lui, parle de l’abandon parental « un thème qu’on avait déjà abordé sur le précédent Ep avec le morceau Father et on voulait en reparler. C’est un sujet qui nous tient à coeur mais on avait envie de mettre plus de tristesse et de mélancolie sans tomber dans le pessimisme. »  L’ensemble musical, alliant à des ambiances légères et tendres un peu de mélancolie, voire de contemplation, est doux et efficace quand il ne se veut pas simplement dansant et très rythmé (Underclub) Pour celui là « on voulait un morceau vraiment pêchu et efficace. C’est Benoit qui est arrivé avec ce morceau quasiment fini, et on s’est demandé quelle pouvait être sa place sur l’Ep. On l’a retravaillé et finalement,  On l’a adoré, ce côté rythmé, le message simple – on veut aller en boite et s’amuser« . Une belle variété de tons et de sons,  Chimeric est la bande son d’une soirée agréable entre amis. Plus que sympathique, The Flying Bricks est très prometteur.

Entretien avec Arthur (guitare) – le 30 mai 2022