JIMM: Distorsion cérébrale

France, Rock (Juste une trace, 2018) – sortie le 30 novembre 2018

Avec déjà deux albums au compteur (Jimm en 2013 et In(can)décence en 2015) Francis Caste et Fred Duquesne, le guitariste chanteur Jimm revient en 2018 avec un troisième album, Distorsion cérébrale. Composé de  11 titres, ce disque, foncièrement rock, explore différentes facettes énervées du genre. Les thèmes abordés sont sérieux et sombre, allant de la politique à la religion, Jimm éructant ses paroles à la manière d’un Brel du rock, enragé et engagé. Si Ton blues dans la peau et Je ne veux jamais vieillir sont plus personnels, Jimm s’emporte littéralement sur les aspects politiques avec L’ivresse du pouvoir, Prêt à penser ou Nos élites, titres sur lesquelles ressortent quelques influences punk bienvenues. Prisonnier de dieu semble inspiré par les tragédies de 2013 et toute forme de violence commises au nom de dieu. « Mais dieu n’existe pas » comme le chante, le plus simplement du monde et avec conviction, Jimm. Pas sûr que ça plaise à tout le monde, mais on reste dans un pays libre et laïque, ou la liberté de pensée et d’expression restent sacrées. Si le rendu est entraînant, une certaine naïveté se dégage de l’ensemble, faisant de ce disque une oeuvre simple et vraie. Pas de prise de tête, du rock, franc et direct. Comme cela devrait l’être tout le temps.

THE MAGPIE SALUTE: High water 1

Rock, USA (Provogue, 2018) – sorti le 10 août 2018

C’est en 2016 que se forme The Magpie Salute sous l’impulsion de Rich Robinson. Oui, celui là même qui fit les beaux jours des Black Crowes et qui revient aujourd’hui avec High water 1. On ne s’étonnera guère dès lors des influences du groupe, qui puise inlassablement dans le rock – qu’il soit hard ou pas – des années 70. Si Mary the gypsy démarre avec de faux airs « d’entrez dans l’arène », High water qui suit lorgne du côté de Led Zeppelin, tout comme ce superbe blues lancinant et légèrement psyché sur For the wind, la gouaille de Plant en moins. Mais le chant reste tout au long prenant, sensuel et s’accorde parfaitement aux guitares décalées, blues et envoûtantes. Parfois, comme sur Send me an omen, la rage évoque les Stones. The Magpie Salute surprend aussi lorsque, sur Sister moon, les guitares cèdent quasiment la place au piano. Le rock pur jus est également de la partie (Take it all). Cet album, vintage sans être nostalgique, respire entièrement la musique populaire américaine, du rock à la country et s’adresse à tous les amoureux de choses simples.

Richie Sambora + Orianthi: Radio free America

Rock/Pop, USA (BMG, 2018)

Richie Sambora, le mythique guitariste de Bon Jovi, et sa compagne Orianthi, qui l’a accompagné sur sa dernière tournée solo et a sévi auprès d’Alice Cooper il y a quelque temps, se réunissent sous le nom de RSO – Richie Sambora + Orianthi, sans surprises, et nous offrent aujourd’hui Radio free America, un disque produit par Bob Rock. En démarrant avec Making history, un titre foncièrement rock, entrainant et dansant, on se prend à espérer que la suite va monter en puissance. Lire la suite

PERFECT LINE: Seeds

France, Rock (Autoproduction, 2018) – Déjà sorti

Après 2 EP respectivement parus en 2012 et 2013, le trio parisien Perfect Line passe à l’étape de l’album complet et cherche à raviver un certain esprit rock noisy, parfois grunge, souvent heavy. Seeds, ledit album, se compose de 12 chansons rapides et mélodiques, aux rythmes variés, à la fois aériens, chantants et foncièrement rock. Dès Everything, morceau d’ouverture qui monte en puissance, le power trio met les choses au clair: le rock de Perfect Line, chanté dans un anglais convaincant et rageur, est direct et sans fioriture. What you won’t do, Red coach, Afraid vont droit au but, tandis que Free, plus lent, explore des aspects plus inquiétants, sombres et presque oppressants. On appréciera d’ailleurs l’apport de cordes donnant des sonorités symphoniques à ce titre ainsi qu’ Afraid. Seeds se révèle un album varié, énervé et efficace. Perfect Line entre dans cette catégorie de groupes à découvrir et à soutenir tant son album est efficace et diversifié.

FIDJI: Let the good times roll

Rock, France (Ep, Autoproduction, 2018) – sorti le 6 avril 2018

Cet Ep est rafraichissant, comme les îles du Pacifique sud que le nom du groupe francais évoque. Les 5 titres de ce Let the good times roll sont légers, aériens et entrainant et se laissent écouter avec une déconcertante facilité. Le morceau titre, qui ouvre cet Ep, à la guitare cristalline et au chant fédérateur, évoque Pink Floyd et une certaine idée de la new wave. Jungle continue dans une veine plus « dure » avec des guitares toujours claires mais plus déterminées tandis que Rebirth se fait plus groovy, voire légèrement funky tout en conservant une touche de rock léger et moderne. Whispers in the Wind, le morceau le plus long de ce disque, explore des horizons plus softs, à la fois tendres et intrigants. Pas oppressants, seulement mélancolique, c’est le titre le plus étrange – et, accessoirement, celui avec lequel j’accroche le moins facilement. Débutant par un chant presque a capella, The tide conclue ce premier essai « à la Muse », avec des ambiances joyeuses et dansantes. Si l’ensemble est éloigné du rock le plus énervé, on ne peut que saluer cette volonté de sortir des sentiers battus en proposant 5 morceaux variés qui reflètent une jolie palette d’envies musicales très sympathiques.

 

ROOM ME: Anaon

Rock, France (Autoproduction, 2018)

Room Me, c’est le projet solo de Anne-Sophie Rémy qui s’est chargée, aidée ci et là de Fabien Pillard et bénéficiant du mix de Julien Rosenberg, de mettre en boite ce mystérieux Anaon. Heureusement, la pochette intérieure explique la signification de ce titre: « Anaon est l’ensemble des âmes des morts et le lieux où elles se retrouvent: le monde après la mort« . Ambiance? Sombrement, oui! Car ce disque est à l’image de ces paroles: oppressant et fantomatique. Anne-Sophie joue sur les ambiances mélancoliques et sombres, alternant entre lenteur et lourdeur. Des ambiances aériennes mais chargée d’humidité se dégagent de ce disque qu’on pourrait presque qualifier de doom mais qui est surtout et avant tout gothique, inquiétant et oppressant. Bref, un album qui se déguste de préférence au soleil – pour équilibrer l’ensemble et ne pas sombrer dans la dépression! – aussi attirant que le vide d’un gouffre vertigineux. Ça impressionne et donne envie de plonger au fond des choses. A découvrir avec prudence.

NOT SCIENTISTS: Golden staples

France, Rock (Kidnap music, 2018) – sortie mai 2018

Chacun des membres de Not Scientists, groupe formé à Lyon, a forgé ses armes dans différents groupes d’univers variés. Sons Of Buddah, No Guts No Glory, un parcours semé de punk et de rock et marqué par l’énergie brute et directe qui permet au groupe de donner naissance à un premier album en 2015, Destroy to rebuilt. Aujourd’hui, Not Scientists est de retour avec Golden staples, un nouvel album composé de 10 titres dépouillés, au son clair qui évoquent souvent plus la New Wave de The Cure ou de Tears For Fears dans une configuration énervée que les Buzzcocks auxquels fut comparé le premier album. On pense aussi à toute la vague rock indé des 90’s. Les guitares sont entraînantes, le son propre et le chant anglais clair, bien que parfois difficile à déchiffrer. L’envie, cependant est telle que l’on se prend au jeu de ce disque rafraîchissant et chaleureux. Alors bien sûr, on peut se demander quel rapport entre le titre – « agrafes dorées » – et cette pochette en noir et blanc représentant une paire de gants dont les mailles (métalliques et aimantées?) se défont… Mais le groupe le dit: ils ne sont pas scientifiuque, alors, pourquoi se faire des nœuds au cerveau? Ecoutez, simplement!

Interview: FURIAPOLIS

Interview FURIAPOLIS. Entretien avec Robin (basse), Nico (batterie), Brice (chant, guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 22 février 2018

Metal-Eyes : Dans l’album, vous écrivez que cet album est « l’aboutissement d’un long projet ».  Question classique : devinez ce que je vais vous demander ?

Robin : « Racontez-nous l’histoire de Furiapolis » ?

Metal-Eyes : Par exemple !

Brice : Perspicace… Comment tu as fait pour deviner ? On devrait inventer une histoire…

Robin : Ouais, un truc un peu plus sexy…

Brice : C’est vrai que c’est pas très sexy… En fait, on a fait un groupe en 2009 et le seul but c’était de faire des reprises pour jouer dans des pubs, du Red Hot Chilli Peppers, Arctic Monkeys… Et petit à petit on a décidé de faire de la compo, et le line-up a un peu changé. On a recruté sur internet. Nico, on te connaissait par Simon, donc le bouche à oreille… On cherchait un batteur et Nico est arrivé en 2010. Depuis, le line-un n’a plus jamais changé, on a composé, on a sorti des Eps, et aujourd’hui, un album.

Metal-Eyes : Et vous vous êtes formés où ?

Brice : Marseille.

Metal-Eyes : A Marseille. Ok… Faut pas que je dise de conneries alors…

Brice : Non (rire général)

Metal-Eyes : Donc je ne vous dirais pas que c’est la ville du monde où j’ai eu le plus froid !

Brice : A Marseille ?

Robin : C’est sûr qu’avec 364 jours par an de soleil tu as dû venir le seul jour de mistral…

Metal-Eyes : Non, j’y ai passé 2 semaines de froid !

Brice : C’est vrai que si tu es venu avec le mistral, tu peux y aller !

Metal-Eyes : Ne dérivons pas… Vous écrivez aussi dans le livret cette citation de John Lennon qui dit que « le rock français, c’est comme le bon vin anglais ». Vous en êtes où par rapport à ça ?

Brice : J’espère qu’on a fait du bon rock français. On a rajouté une phrase juste derrière qui dit que c’est « à nous de lui prouver le contraire ».

Metal-Eyes : Et, d’après vous, vous y êtes parvenus ?

Brice : Ben… C’est à vous de nous le dire !

Robin : On, attend justement la critique pour voir si on y est arrivés…. ?

Metal-Eyes : C’est vrai que depuis quelques années, le niveau général, technique ou musical, a évolué et il n’y a pas de raison qu’on reste aussi loin derrière. Mais il n’était pas le seul le penser… Comment décririez-vous votre musique pour quelqu’un qui ne vous connait pas du tout ?

Brice : … C’est du rock, du vrai rock, avec de la distorsion, du chant soutenu mais pas crié, et c’est chanté en français. Donc du rock genre…

Metal-Eyes : Qu’est-ce que tu appelles du « vrai rock » ?

Brice : « Du vrai rock » ? C’est pas du metal, c’est pas du hard core, c’est pas non plus du pop rock avec des guitares clean et des voix fluettes, c’est du rock style Foo Fighters, Nickelback….

Nico : On parle souvent de rock alternatif

Brice : Oui, « alternatif ». Disons qu’on est un peu la version frenchie des gros standards US.

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences ? J’entends du Police, du Nickelback mais aussi par instants du Indochine (Note : deux des inteviewés me diront après en off que tous « détestent » Indochine et n’ont pas osé réagir. Dommage….) Il y a ces airs catchy et chantants, mais quelles sont vos principales influences individuelles ?

Robin : Individuelles ? Moi, c’est assez vintage parce que j’ai été élevé par un papa fan de Jimi Hendrix. Après pour ce qui est de la basse, je suis un peu plus dans le domaine du funky et compagnie, j’ai pas mal d’influences du style Les Claypool, de Primus, Markus Miller, donc là, on est carrément dans le jazz, jazz rock, et ensuite, j’adore des groupes comme Led Zeppelin, les Red Hot Chili Peppers, une influence assez majeure. Flea m’a donné envie de me mettre à la basse.

Nico : Moi, c’est… J’en ai pas du tout… Non, je déconne ! Je viens plutôt de la vague neo metal, parce que quand j’avais 14 ans, c’est ce qu’on écoutait en boucle, Linkin Park, System Of A Down, Korn… Après je suis venu vers le punk, punk rock, rock alternatif, type Blink 182, Biffy Clyro, Paramore, j’ai eu ma période Nirvana… Mais en tant que batteur, il n’y a pas forcément que des groupes, il y a aussi des batteurs, il en a plein, des pros, qui n’ont pas de groupe…Je pense notamment à Bennie Grave ou Thomas Lang qui sont dans plusieurs formations. Il y en a plein qui m’ont influencé.

Brice : Moi, j’ai été élevé avec des groupes comme Deep Purple ou Status Quo, c’est mon père qui écoutait ces groupes. Il n’y avait que des vinyles de ce type qui trainaient à la maison, et j’ai appris avec ça. J’apprenais les morceaux de guitares avec ça, je mettais le disque et je ‘entrainais à imiter. Après je suis tombé dans la dance des années 90 (il rit) et ensuite, j’ai été ramené à la réalité avec Nevermind de Nirvana. On me l’a mis entre les mains, et là, je me suis dit « OK, je reprends la guitare que j’avais laissée trainée » et je me suis remis à la musique pour de vrai.

Metal-Eyes : Votre son est d’ailleurs assez pur, parfois assez sec. Comment avez-vous travaillé l’enregistrement de ce disque ?

Brice : On travaille énormément en amont, avant le studio . On enregistre tout sur ordinateur, on travaille nos pistes séparément, on enregistre et on revoit nos arrangements de guitares – il y en a 2, donc il faut qu’on travaille les interactions pour pas qu’elles se mangent… Ce qui fait que quand on arrive en studio, c’est déjà réfléchi pour que ce soit propre et que ça sorte bien. Au-delà de ça, on a travaillé avec un ingé son qui est génial, Laurent Soluce, qui a su faire en sorte que tout soit bien dissocié. MA gratte est plus grasse, celle de Simon, plus aiguë, et au final, il nous a sorti un son très propre. Il y a du travail en amont et le savoir-faire d’un ingé son.

Robin : On a ce résultat grâce, aussi, à tout le travail de pré prod qu’on a fait.

Metal-Eyes : Ce qui est important puisque ça prouve que le live, c’est bien, mais ça se travaille aussi avant. Justement, un album de rock, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets ?

Brice : Le 3 mars on a une grosse release party sur Marseille, on part jouer à Grenoble, Toulon, et on a d’autre dates qui sont dans les tuyaux.

Nico : On a déjà 5 ou 6 dates, et d’autres arrivent.

Brice : Notre projet  c’est que, la compo et l’enregistrement, c’est derrière nous, aujourd’hui, on est sur la promo, et rapidement, on doit être sur le projet tournée. Le but du jeu, étant donné qu’on défend un album chanté en français, c’est de pouvoir rapidement aller le défendre en France et dans les pays limitrophes.

Metal-Eyes : Il faut s’attendre à quoi, avec Furiapolis sur scène ?

Robin : … Une explosion de… D’oreilles (rires)

Brice : Non… On est un groupe de live, on pense nos chansons « live ». On aime avoir une interaction avec les gens et c’est aussi pour ça qu’on a écrit nos chansons en français, pour pouvoir toucher encore plus les gens. On a énormément de plaisir après le concert à rester là et discuter avec le public, avoir leur ressenti. Si tu viens nous voir en concert, j’espère que tu auras toi aussi ce ressent, avoir autant de plaisir que nous.

Metal-Eyes : C’est important pour le public.

Brice : Oui, c’est primordial !

Metal-Eyes : Vous chantez en français, il y a quelques phrases en anglais. Quels sont les thèmes de prédilection ? Y a-t-il une ligne directrice dans vos textes ?

Robin : Les textes délivrent un message. Après, dire qu’il y a une ligne directrice, pas nécessairement/ Chaque morceau a son message et l’interprétation qui peut en découler. Chaque personne en écoutant en fait son interprétation…

Brice : C’est vrai, et ça reste de messages positifs. Il y a des chansons qui parlent d’environnement, d’autres de paix, d’amour, de respect des femmes, d’autres de chocolat, de gourmandise et d’addiction. Un peu tous les thèmes, mais à chaque fois, des sujets auquels les gens sont sensibles…

Metal-Eyes : « Tous les thèmes »… Pas plus de 13, quand, même, c’est le nombre de chansons !

Brice : Oui, c’est vrai…

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous souhaitez ne pas aborder ?

Robin : La religion, et la politique, pas si si c’est trop engagé politiquement. Hors de question… On n’est pas là pour faire de la propagande, formater le cerveau des gens et leur dire comment ils doivent penser, c’est pas notre truc.

Brice : Il n’y aura pas de couleur politique dans nos album, ni d’orientation religieuse vraiment dédiée. On reste dans des généralités.

Metal-Eyes : Donc du général, mais rien de ce qui relève des convictions ou de l’intime ?

Robin : Voilà, ça, ça appartient à tout un chacun.

Nico : Chacun est libre…

Brice : C’est moi qui écrit les textes et je sais que je n’ai pas du tout envie d’écrire au sujet de la religion… Dire « les juifs ceci, les chrétiens cela, les musulmans, ça » non, pas du tout ! Tu l’entends, d’entrée de jeu, je ne suis pas à l’aise… Pour moi, c’est quelque chose de tellement personnel, que ce n’est pas un sujet que j’ai envie de traiter. J’ai envie de traiter de sujets plus larges… L’amour, on est tous touchés par ça, en bien ou en mal.

Metal-Eyes : C’est votre premier album, mais ça fait quelques années que le groupe existe et que la formation est stable. Quelle pourrait être la devise de Furiapolis ?

Brice : Pfiu… Bonne question, ça…

Robin : Partage ? Je sais pas…

Nico : Très bonne question…

Metal-Eyes : Je l’aime bien celle-là !

Robin : Ah, ouais, et elle est très importante !

Brice : « Donner du plaisir » On en fait une vraie priorité : on ne va pas en live comme ça, on passe par une phase de résidence, on se met dans une salle de spectacle où on est juste entre nous, avec un ingé son et un régisseur lumières. On travaille le show et le seul mot d’ordre c’est « donner du plaisir aux gens ». Il faut qu’ils ne s’ennuient pas !

Robin : C’est la devise, normalement de tous les artistes. Bon, certains vont te dire « faire du fric »…

Nico : Tu crois que c’est ça, la devise de Marilyn Manson ?

Metal-Eyes : Que révez-vous de réaliser avec Furiapolis ?

Robin : Pour moi ? C’est la reconnaissance internationale (Nico rit). Je vais peut-être un peu loin, mais…

Metal-Eyes : International, c’est déjà 2 pays…

Robin : C’est vrai… On prend la France, la Suisse et la Belgique, c’est parfait ! Après, c’est sûr qu’on recherche une certaine reconnaissance, que le public soit sensible à ce qu’on fait…

Brice : Qu’on soit référencés parmi les bons groupes de rock français… « Il y a des bons groupes de rock, en France ? Oui, il y a untel, untel et aussi Furiapolis ». Ca, ce serait cool…

Nico : Ensuite, il y a aussi le fait que les gens découvrent notre musique et l’apprécient. C’est ce qu’on attend. Je trouve que c’est important parce que c’est important que les gens découvrent notre musique, et l’apprécient.

Metal-Eyes : Alors pour ceux qui vont découvrir votre musique, si chacun de vous ne devait retenir qu’un seul titre de Déesses pour expliquer ce qu’est Furiapolis, ce serait lequel ?

Brice : Je prendrais Emigrate, parce que le message est large, il parle de l’amour entre les peuples. Et d’un point de vue musical, c’est celle qui se situe au milieu de tout ce qu’on peut faire, entre le plus calme et le plus énervé, ça donne une bonne idée de ce qu’est Furiapolis. Mais ça n’engage que moi.

Nico : Dur choix, je les aime toutes… Celle qui nous représente le mieux ? C’est vrai qu’Emigrate, ça marche bien. Après, je pense essentiellement à SNCT qui est un mélange de ce qu’on faisait avant et de ce qu’on veut faire maintenant. C’est la base de ce morceau là. Les fondations, c’est de l’ancien Furiapolis, et c’est chanté en français avec un texte qui est assez marrant, qui parle de chocolat, ce qu’on ne faisait jamais avant. Oui, c’est un bon équilibre entre ce qu’on faisait avant et ce qu’on veut faire maintenant, avec cette notion d’humour..

Robin : Moi, pareil, mon cœur balance entre Emigrate et SNCT.

Metal-Eyes : Donc Emigrate arrive en premier, le titre d’ouverture. Vous avez passé pratiquement toute la journée en promo : quelle a été la meilleure question qu’on vous a posée, la plus étonnante, surprenante ?

Brice : Euh…

Robin : « Quelle est votre devise ? »

Brice : Est-ce que 007 est la BO du prochain James Bond ? On nous a posé cette question, à laquelle j’ai répondu « oui, bien sûr. Le seul truc, c’est que les producteurs du film ne le savent pas encore… » Mais on va leur dire !

Robin : Essaye de repenser à tes entretiens téléphoniques…

Nico : Oui, c’est ce que je fais… On m’a aussi posé des questions sur 007… Il y a plutôt des gens qui m’ont parlé d’un titre en particulier, De la coco, ils ont trouvé ça très drôle, et c’était le but…

Robin : Et moi… Attends, je réfléchis…

Metal-Eyes : Ca veut dire que tout à l’heure, tu fayotais vraiment ?

Robin : Quand ?

Metal-Eyes : Quand tu disais « la devise »…

Robin : Ouais, clairement !

Brice : En même temps, on ne nous l’a jamais posée celle-là, et c’est bien !

Robin : Pour l’instant, c’est vrai que c’est celle qui m’a le plus étonné, je ne m’y attendais pas. Le reste, avec les antisèches, ça aide… Mais faut pas le dire ! C’est vrai qu’il y a beaucoup de question qui sont évidente « parlez-moi de votre histoire, de l’album, que représente telle chanson ». Maintenant, c’est vrai que des questions comme ça, un peu plus philosophiques…

Metal-Eyes : Philosophique ? Ca on ne me l’a jamais fait ! Il fayote vraiment !

Brice : Il le veut son article !

Robin : Non, mais c’est vrai que c’est important, parce que ça conditionne un peu le groupe, là où on veut aller. Cette question m’a agréablement surpris, donc voilà : félicitations ! Tu es l’heureux gagnant ! (rires général)

 

LOFOFORA: Simple appareil

Rock, France (At(h)ome, 2018)

Simple appareil… Un titre qui évoque une mise à nu, et cette promesse venant de Lofofora, ça sonne plutôt bien. Une voix, une guitare, une rythmique simple… Lofofora a choisi de se livrer corps et âmes au travers de 11 morceaux dépouillés de tout artifice. Comme le dit Reuno dès l’introductif Les boites, le groupe a enlevé les doigts de la prise. Ce dépouillement n’ôte en rien la puissance des paroles et des rythmiques concoctées par le groupe qui prouve, une fois de plus, que peu importe l’interprétation, si une chanson est bonne, elle reste bonne! Reuno, dans ce fatras dépouillé de décibels explosifs, se met ici plus qu’à nu, il se met en danger, et c’est appréciables. Alors, bien sûr, ce simple appareil ne saurait être l’objet d’une tournée à lui seul, mais proposera à n’en pas douter des moments de répit au cœur de la fureur des shows de Lofo. Un interlude posé que propose un groupe qui n’a jamais renié son parcours. Un pari relevé même si certains fans seront déstabilisés par ces 11 morceaux envoûtants, au final.

BLACK MAMBA: Heritage

Rock, Italie (Autoproduction, 2017)

Paru fin 2017, Heritage, premier album de Black Mamba aurait pu passer inaperçu ne serait-ce cette pochette qui, forcément, retient l’attention, et les origines du combo. La pochette, tout d’abord… On pourrait croire avoir à faire à un groupe de midinettes japonaises accros à l’univers manga. Ben, non, même si tout l’artwork évoque cet univers… On est au contraire confronté à un trio italien, originaire de Viterbo pour ceux qui connaissent (pour les autres, c’est au centre de l’Italie). Forcément, on pense à Klogr, mais la réalité est ailleurs: composé de Irma Mirtilla à la guitare et au chant, Cecilia Nappo à la basse et Frederico Maragoni à la batterie, Black Mamba a du mordant, si ce n’est celui, mortel, du serpent à qui le groupe s’identifie. L’univers du trio s’inspire autant de la pop et du funk – les rythmes dansants, la basse groovy et slappée y sont pour beaucoup – que du rock progressif et/ou enervé. Les guitares évoquent souvent celles d’Alex Lifeson (Rush), et lorgnent aussi du côté des Foo Fighters et, mix de cet ensemble, des Red Hot Chilli Peppers. Le chant d’Irma est puissant, varié, son timbre au trémolo unique emporte l’auditeur dans ses errances et douceurs, et les guitares de Cecilia sont tranchantes, à la fois aériennes et déterminées. Impossible de rester de marbre, chacun, amateur de prog, de groove ou de metal, y trouvera son compte. Une jolie découverte à suivre.