TOYBLOÏD: Modern love

France, Rock (Toybloid/KMS, 2020)

Ils sont trois. Trois à se répartir les rôles au sein de Toybloïd, deux filles et un gars. Si toutes deux chantent, Lou tient également la guitare tandis que Madeleine se charge de la basse. Après le départ de Pierre, leur premier batteur, les filles recrutent Grégoire. Initialement prévue le 24 avril, la sortie de Modern love, leur nouvel album, se fait finalement le 26 juin 2020. Inutile de vous en expliquer les raisons, n’est-ce pas? Lire la suite

DUST LOVERS: Fangs

France, Rock (Besta records, 2020)

Les amateurs de heavy français seront sans doute interpellés par le nom du groupe. Oui, Texas Chainsaw Dust Lovers a décidé de rétrécir son nom et devient donc simplement Dust Lovers. Les Nantais, en amputant ainsi leur patronyme, dénaturent-ils aussi leur propos musical? Fangs, leur nouvel album – et premier sous ce nom – apporte la preuve du contraire. Joyeux, rock n roll, varié, l’ensemble des 11 titres continuent de puiser dans cet esprit cinématographique et populaire. Impossible de rester immobile sur Born to lose, de ne pas se laisser interpeller par les deux parties de Higher desire, de ne pas voyager dans le temps avec le groovy Night cruising, de ne pas tomber sous le charme du son coquin et séducteur de l’ensemble. Les êtres de la nuit envahissent les rues avec des sons étonnants, des textures improbables et, par conséquent, surprenantes. Fangs est un disque inventif, qui repousse les limites et se  laisse écouter avec autant de plaisir que de curiosité. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour s’approprier cet ensemble improbable, imaginatif et réussi.

NEEDLE SHARP: Dark lies effects

France, Rock (Ep – M&O music, 2020)

La pochette – une poupée de chiffon destroy, une araignée squelettique qui l’observe – évoque l’univers visuel de Tim Burton, gothique, étrange et sombre. Les premières notes de Feel it, qui introduit Dark lies effects, nouvel Ep de Needle Sharp, avec sa guitare lente et son chant tremblotant, va dans ce même sens. Mais c’est un trompe l’oreille, car les 5 titres de ce disque, paradoxalement, s’ils gardent cet esprit goth sombre, sont souvent joyeux, puisant dans des sonorités orientales et dans un esprit plus lumineux qu’il n’y parait. Les guitares se font trépidantes, le ton enjoué plus qu’à son tour. Needle Sharp parvient ainsi à se distinguer d’une scène souvent répétitive. C’est son originalité et, par conséquent, sa force.

PEARL JAM: Gigaton

Rock, USA (Monkeyrench, 2020) – sorti le 27 mars.

Sept ans après son dernier album, Pearl Jam revient faire un petit coucou. Sorti alors que la France est en plein confinement, ce Gigaton aura, comme nous, dû patienter. Pas le meilleur moment pour une résurrection mais il n’est jamais trop tard pour se rattraper. Eddie Vedder et sa bande s’éloignent encore et toujours de cette vague grunge à laquelle ils ont si souvent été affiliés. Pearl Jam est plus que ça. Groovy et rythmé à souhait, les 12 nouvelles chansons lorgnent du côté des 70’s et d’une partie des 80’s new wave, du The Police, du Springsteen,du U2 aussi mais pas que. Si les dernières productions pouvaient – et ont – laissé certains fans perplexe, Pearl Jam rassurent quant à ses capacités créatives. Le feeling des guitares de Mike McCready et Stone Gossard, la voix envoûtante d’Eddie Vedder, la basse entraînante de Jeff Ament (la base inamovible du groupe qui n’a jamais que changé de batteur) et la sensibilité des baguettes de Matt Cameron font de cet album une exploration de sons et d’ambiances. L’ensemble est varié, doux, engagé, puissant et entrainant. Toujours inspirés par l’humain et la planète, le groupe nous offre sans doute un de ses meilleurs albums. Paix intérieure retrouvée? Une seule déception, pourtant: rares sur scène, on attendait Pearl Jam au festival Lollapalooza… Annulé, comme tant d’autres événements. Délectons nous alors de ces tableaux que nous peignent les Américains en espérant un retour scénique. Gigaton est simplement une grande réussite.

TYLER AND THE CREW: #1

France, Blues (Autoproduction, 2020)

On n’aura de cesse de le dire: en matière de rock et de blues, de musique qui vient simplement des tripes, on sait vraiment y faire en France. Tyler and the crew vient de nouveau en apporter la preuve avec ce premier Ep, sobrement et simplement intitulé #1. Cinq titres originaux de ce blues rock direct et sans fioriture, cinq chansons qu’on écoute en se dandinant, sans se poser de questions. Plus une reprise de All along the watchtower de Bob Dylan (reprise un nombre incalculable de fois) dans une version toute personnelle autant que respectueuse de l’originale. Démarrant avec Hell of a woman, la guitare de Tyler crie son blues avant que n’intervienne le chant rauque du bouffeur de papier de verre. Chaleureux et entraînant, comme le blues aérien qui suit (Leaving this all behind) qui évoque par instant Aerosmith. That’s all right est plus foncièrement rock et me fait penser aux Australiens de Shadow Queen, tandis que le chant de la reprise ressemble par instant au Bon Jovi séducteur des premiers albums. Dead est plus mélancolique, normal pour un titre qui parle d’amour décue, tandis que Aaron’s song est une ballade, véritable déclaration d’amour à son enfant (Aaron, sans doute?) Un titre émouvant en diable dont une sobre guitare vient apporter une conclusion pendant deux bien trop courtes minutes. Tyler And The crew a tout pour séduire un large public. C’est maintenant à vous de jouer!

STONE OF A BITCH: IntimAlicious

France, Rock (Autoproduction, 2020)

J’avais quelque peu égratigné Stone Of A Bitch avec sa précédente production, pas à cause de la musique mais de l’accent anglais. Eh bien, il semble qu’un vrai travail ait été fait de ce côté car ce nouveau disque est compréhensible de bout en bout. Cela ne rend ce Intimalicious que plus agréable à écouter. Cinq chansons d’un rock léger et varié, inspiré de divers mouvements – new et cold wave, électro et metal indus parmi d’autres – composent ce Ep au son propre. Démarrant avec quelques coups donnés à la porte, Roses est léger, mystérieux, coquin et mélancolique. Une guitare saillante rappelle quand même qu’il s’agit d’un groupe de rock. Poison namaste est plus inspiré par la New wave et il semble exister une logique toute particulière à la musique de Stone Of A Bitch, quelque peu saccadée et décousue, mais fortement attirante. Bien plus entraînant et dansant, presque joyeux, Pulp me in se révèle rapidement le morceau le plus efficace et direct. Impossible de rester de marbre avec son refrain qui te lâche pas, tandis que Silk & silver, avec son riff obsessionnel et son chant langoureux, est une invitation à se lover sous la couette. A-twin et ses touches électro, sa guitare à la Rammstein, conclue joliment ce nouvel essais, au chant, je le répète, bien plus convainquant que précédemment.

NAKED SIX: Lost art of conversation

Rock énervé, Angleterre (Silver lining, 2020)

Naked Six, c’est quoi? Déjà, c’est un trio. Avouez que, dans ce contexte, se nommer « les 6 nus » c’est étonnant… Ensuite, il suffit d’ouvrir le livret pour qu’un nom sonne familier: Seb Byford. Ah, merde! encore le groupe d’un fils de… Pff… Oui, mais, seulement voilà: le groupe de Seb , fils de Biff, chanteur de Saxon, tient ici le micro et la guitare aux côtés des frangins Witts, Callum  à la basse et Tom à la batterie.Les trois débarquent, que dis-je?, déboulent avec Lost art of conversation, un premier album énervé à souhaits. Dès l’introductif  21st century brawl, on sait que fiston et copains ont décidé de s’éloigner du heavy rugueux, prolo et populaire de Saxon. Impossible de comparer ce titre aérien (du Pink Floyd sous amphèts…), lent et sombre à la joie de vivre à fond de papa. La suite se rapproche plus du rock enragé des 70’s, voire du punk de la fin de cette même décennie. Noisy et catchy, l’ensemble, qui par instants se rapproche de l’esprit festif d’un Royal Republic en plus crade, déménage en allant droit au but. Pas de fioritures, pas de chichis, Naked Six a la gnaque, vise l’urgence simple et efficace. Plus l’album défile, plus il est évident qu’il s’agit bien du projet d’un groupe et non de celui d’un fils de. Naked Six a une vraie personnalité et il y a urgence à les découvrir.

Interview: ROYAL REPUBLIC

Juste avant leur concert parisien de l’Elysée Montmartre, Metal Eyes est allé discuter avec Jonas et Hannes ravis de se retrouver à Paris, malgré les mouvements de grève. Deux gaillards toujours aussi gentils et passionné avec qui il est toujours agréable de parler.

Interview ROYAL REPUBLIC. Rencontre avec Hannes (guitare) et Jonas (basse). Propos recueillis à l’Elysée Montmartre à Paris le 10 décembre 2019

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, Club Majesty, votre dernier album est sorti il y a quelques mois. Quels sont les retours jusqu’à présent ?

Hannes : On a eu de très bons retours. On ne fait pas trop attention aux critiques, mais le public semble aimer ce disque, ce qui est sans doute le plus important, et plus important encore, c’est que nous l’aimons vraiment, nous en sommes super fiers.

 

Metal-Eyes : C’est sans doute plus facile de défendre un album sur scène quand on l’aime…

Hannes : Oui, et les gens le savent quand tu n’es pas à fond. Tu ne peux pas le défendre correctement, ils le savent, tu peux pas leur faire croire des conneries de ce genre…

Jonas : Et nous savions dès le départ, comme pour chaque album, que nous sommes ceux qui resterons coincés avec ces chansons jusqu’à notre mort. Alors, si tu n’aimes pas ce que tu fais… Certaines chansons n’ont pas fini sur l’album parce que nous devons être persuadé que chacun d’entre nous s’amusera à les interpréter. On écrit donc avant tout de la musique pour nous, et tant mieux si les gens l’apprécient.

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous composez avec la scène en tête.

Jonas : Oui, mais aussi dans le sens de l’écoute. Si on trouve une chanson bonne, avons-nous plaisir à la réécouter, aussi ? Mais évidemment, une fois que nous l’avons enregistrée, la question est de savoir comment nous allons l’interpréter live. Ce qu’on va y apporter. Et sur cette tournée, on a presque tout fait avec une guitare synthé (il affiche un large sourire).

Hannes : Mais en effet, je dirais que oui, nous écrivons vraiment en vue de la scène. C’est ce que nous faisons, et c’est ce que nous faisons le mieux. C’est ce qui nous a permis d’arriver là où nous sommes. Nous avons parcouru tout ce chemin en tournant, en jouant live. On n’a jamais eu de hit important, de grosse diffusion radio, non… Nous sommes ici grâce à nos tournées intensives depuis presque onze ans. Alors si ça ne fonctionne pas en live, ça ne nous fera aucun bien.

 

Metal-Eyes : Cela signifie-t-il que vous testez vos chansons live avant d’entrer en studio pour les enregistrer ? 

Hannes : Non, et je crois que c’est une des choses que nous devrions faire. Un des axes de progrès, nous retrouver dans un studio de répétition et travailler nos chansons ensemble.

 

Metal-Eyes : Avec du public, pour voir ses réactions ?

Hannes : Oui, ça aussi, mais avant tout, nous quatre et jouer ensemble. Pour cet album, par exemple, nous n’avons jamais joué ces chansons avant de déclencher l’enregistrement. Ce qui est étrange : chacun de son côté enregistre des démos, les envois aux autres, on est soit d’accord soit pas, et si les pouces sont levés, nous continuons de travailler les chansons. Mais toujours à l’ordinateur, programmant des trucs – évidemment, la basse et la guitare, on doit jouer – mais je crois que nous devons (à Jonas) et c’est mon opinion, je crois que nous devrions commencer à jouer nos chansons ensemble dans une même salle avant d’enregistrer (Jonas approuve). Pour nous assurer que ça fonctionne comme nous le voulons, que nous nous sentons bien avec, et, accessoirement, nous les approprier, trouver « accidentellement » ces petites choses qui feront la différence. Les accidents, ça arrive, et parfois, c’est très positif.

 

Metal-Eyes : Comment analyseriez vous l’évolution de Royal Republic entre vos deux dernier albums, Week end man et Club majesty ?

Jonas : Il y a un point commun : il y a toujours eu chez nous ce côté Rock meets disco, un esprit assez dansant

 

Metal-Eyes : Ce qui est encore plus flagrant sur Club majesty…

Jonas : Depuis le premier album, ça a toujours été le cas. Le titres les plus dansants sont ceux qui marchent le mieux, les préférés du public. A partir de là, on s’est dit, après Week-end man, que nous devions aller encore plus dans cette direction dansante. Nous apprécions vraiment ça…

 

Metal-Eyes : C’est plus que simplement du rock’n’roll…

Jonas : Oui, oui !

Hannes : C’est une évolution permanente depuis la toute première chanson que nous avons écrite. Beaucoup de critiques disent que nous avons changé notre son. Je les comprends, mais je ne suis pas d’accord : si tu écoute notre premier album, il y a Full steam space machine avec ce rythme très disco. Depuis le début. Je ne dirais pas que nous avons changé de voie mais que c’est une évolution naturelle depuis le premier jour de notre rencontre, de la formation du groupe. Et je crois que nous avons créé un foyer. Nous sommes vraiment bien avec ce que nous jouons. Nous ne sommes pas un groupe progressif dans le sens où nous aimons tenter des choses, développer… Qui sais, peut-être que le prochain album sera du death metal core ! (rires)

 

Metal-Eyes : Au moins, vous ne vous répétez jamais, il y a toujours quelque chose de nouveau. Et en tant qu’auditeur, je trouve ça important d’être

Hannes : Je le crois aussi, et c’est valable aussi pour nous quatre : tester, nous surprendre… Si nous restons coincés dans une routine, ce ne serait pas bon…

 

Metal-Eyes : Ce qui peut être un des éléments de réponse de ma question suivante. La première fois que nous nous sommes rencontrés, Hannes, c’était dans un hôtel à Paris et Adam (chant, guitare) était présent. Il avait dit que votre première rencontre entre lui et toi, était assez bizarre, que vous n’étiez pas dans le même monde. Comment expliques-tu, et la question s’adresse aussi à toi, Jonas, que presque 15 ans après vos débuts vous soyez toujours ensemble là où tant d’autres formations connaissent de réguliers changements de line-up ?

Hannes : C’est une très bonne question… En fait, c’est assez drôle : Per, Adam et moi étions dans le bus hier soir. Nous disions exactement ce que tu viens de dire : nous sommes quatre personnalités complètement différentes, on se disait que c’est quand même hallucinant que onze ans après on s’entende toujours aussi bien, que nous soyons les meilleurs amis du monde. Et c’est dingue, parce que comme tu l’as dit, notre première rencontre était plus que bizarre. Nous n’avions rien de commun les uns avec les autres, nous étions si différents. La seule chose commune c’était notre amour de la musique et quand nous jouions ensemble ça sonnait si bien !

 

Metal-Eyes : Alors comment expliquez-vous être encore ensemble onze ans après ?

Jonas (il écarquille les yeux) : Du respect mutuel…

 

Metal-Eyes : J’adore le regard de Jonas, ces gros yeux intrigués ! (rire général)

Jonas : Oui, mais il faut dire que le temps passe vite quand tu t’amuses. Ça fait de nombreuses années passées ensemble, mais nous avons été chanceux, bénis, de trouver cette harmonie au sein du groupe, avec le crew sur la route aussi. On est souvent séparés de nos familles, mais sur la route, nous sommes avec notre seconde famille. Et c’est comme dans toute famille, parfois c’est difficile, mais la plupart du temps tu passes de bons moments. Nous sommes comme des frères. J’ai un vrai frère, et parfois on se dispute, d’autres, on est solides. (A Hannes) Comme tu l’as dit, la musique nous lie, c’est notre colle magique.

Hannes : Oui, et nos différences, personnelles et musicales – il y a beaucoup de désaccords et de disputes quand on enregistre, des pleurs… Au final, nous sommes capables de ne retenir que le meilleur de chacun, des opinions, avis, apports et nous finissons toujours par réaliser quelque chose que nous pouvons soutenir, que chacun de nous aime vraiment et dont nous sommes fiers. On s’est demandé comment nous étions parvenus à intégrer autant de disco, mais j’en suis arrivé au point où je n’ai pas envie d’en changer, j’ai peur de ce qu’il pourrait se produire. Tout comme s’il y avait plus de mélodie… Mais une chose est sûre et doit être dite, c’est que nous nous aimons vraiment tous les quatre (Jonas approuve) et nous somme des amis très proches.

Jonas : Aussi parce que chacun de nous aime tant la musique que personne ne veut faire les choses à moitié. Il y a quelque chose de plus que de simplement composer…

 

Metal-Eyes : Alors, si chacun de vous devait ne retenir qu’une chanson de Club majesty pour expliquer ce qu’est Royal Republic aujourd’hui, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Jonas : Je dirais… Can’t fight the disco est assez représentative de ce qu’est cet album. Il y a un message dans la chanson, mais aussi ce côté dansant et très rock à la fois. On ne veut que proposer quelque chose d’irrésistible au public. Et le côté dansant est un très bon moyen de voir le gens se dandiner, lever les bras et sourire. On ne veut pas lancer des mosh pits ou des… comment ça s’appelle ? Des wall of death, on ne veut que voir les gens heureux et sourire. Leur énergie nous est transmise, et c’est si bon parce que le pouvoir de la musique est là, même quand quelque chose va mal. Alors on leur rend cette énergie.

Hannes : Pour moi, ce serait… Fire man and dancer est aussi un bon morceau. Je crois que ces deux titres sont ce que nous faisons vraiment de mieux aujourd’hui.

 

Metal-Eyes : Les deux chansons ont trait à la danse… La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, au Cabaret sauvage en 2017, tous trois, Per était avec nous, me disiez que ce type de salle correspondait parfaitement à Royal Republic. Vous jouez ce soir à l’Elysée Montmartre qui a une plus grande capacité. Que pensez-vous de cette salle ?

Jonas : J’adore cet endroit ! Je trouve cette salle superbe, l’architecture est belle, et en France, les salles sont généralement très belles. On est très heureux de la manière dont nous sommes accueillis et traités… Il y a des toilettes, des douches… On ne demande pas la lune, mais il y a des endroits où quand on demande si on peut se doucher, la réponse est « oui, à l’hôtel. 4 kilomètres » ! Et c’est aussi un bon indicateur du fait que le travail paie.

Hannes : C’est plus ou moins la taille idéale pour nous. Quelque part entre 1600 et 2500 personnes, c’est l’idéal : assez grand mais on peu toujours interagir avec le public. Le premier rang n’est pas à 10 mètres de toi.

 

Metal-Eyes : Vous avez pu visiter un peu les alentours ? Pas en métro puisque tout est fermé…

Jonas : Je me suis promené dans le quartier, oui. J’ai trouvé ça super cosy, avec toutes ces boutiques où j’ai pu faire quelques achats pour Noël. Nous sommes venus plusieurs fois à Paris, les deux premières fois nous avons fait les choses typiquement touristiques comme la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe. On a pu voir des choses très touristiques et des bars où les gens vont mourir (rires) !

Hannes : Je suis monté pour voir le Sacré cœur, que j’ai visité pendant une demi-heure. C’est très beau, et une belle balade.

 

Metal-Eyes : Une belle balade, une sacrée montée des marches aussi. La dernière fois que je suis monté, nous avons dû le faire deux fois.

Hannes : Non, pourquoi ?

 

Metal-Eyes : Les personnes avec qui j’ai fait la visite voulaient voir certaines choses. Et une fois redescendus, l’une d’elles me dit « oh, non ! On a oublié d’aller Place du Tertre ». On est repartis, à pieds…

Hannes : Oh non (rire général) ! En plus c’est crevant comme montée !

 

Metal-Eyes : Les concerts ont toujours été très visuels. Qui se charge de vos tenus et de la scène ?

Hannes : Nous créons nos vêtements nous-mêmes. On y réfléchi ensemble, et les lumières, c’est Tommy qui travaille avec nous.

Jonas : Nous, on a l’idée, un budget, on lui en fait part et lui nous dit si c’est faisable ou pas.

 

Metal-Eyes : Dernière question : quelle pourrait être la devise de Royal Republic en 2020

Jonas : « On n’est peut être plus un groupe de rock mais quand on joue, ça rocke ! »

Hannes : C’est pas un peu prétentieux ?

 

Metal-Eyes : Allez, c’est parti pour une dispute !

Hannes : Oui, tu vois ! Tu vois, on y arrive (rires). C’est une question difficile. J’aime bien ça… Attends, quelque chose d’intelligent…

 

Metal-Eyes : Celle de Jonas est catchy, la tienne sera intelligente.

Hannes : Ah, je n’ai rien de court… comme je l’ai dit, j’aime ce que nous faisons et c’est ainsi que je veux continuer car je me sens comme à la maison. Mais je pense que…

 

Metal-Eyes : Ça pourrait être « continuons de faire ce que nous faisons de mieux »

Jonas : Oui, merci ! C’est ça… Nous allons continuer d’évoluer et de nous améliorer.

Hannes : Exactement.

 

ROYAL REPUBLIC: Live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 10 décembre 2019)

En pleine période de grève des transports qui affecte surtout les Franciliens, je parviens avec patience à rallier la Gare du Nord avant de me rendre à pieds à l’Elysée Montmartre. Une vingtaine de minutes de marche pour retrouver Royal Republic que je dois interviewer avant le concert (interview à découvrir bientôt). Autant dire qu’une fois sur place, j’adopte le principe du « J’y suis, j’y reste ».

La salle se remplit lentement (la foule est encore en train de faire la queue au vestiaire, plus longue que jamais) alors que Blackout Problems entre en scène. Le quatuor allemand – que les fans ont déjà pu découvrir au Forum de Vauréal un gros mois plus tôt, toujours en ouverture de RR – propose un soft rock qui mèle entrain et énergie. Mario Radetski, le chanteur guitariste ne tarde d’ailleurs pas à se mettre le public dans la poche en sautant les barrières de sécurité, avec sa guitare et son pied de micro, pour s’installer au milieu du public qui l’entoure et n’a plus d’yeux que pour lui jusqu’à ce qu’il remonte sur scène.

Souriant et charmeur, le chanteur s’adresse au public dans un français qu’il préfère abandonner, et fait preuve de beaucoup d’humour (j’adore lorsqu’il demande à tout le monde de participer, « même vous là haut, au balcon! – vide, le balcon!) Et il sait s’y prendre, le gaillard lançant, juste avant Queen, des « One two » repris par le public avant d’y aller un français avec des « Un deux » qui ont pour écho « Un deux, un deux trois quatre » de tout un parterre qui saute et danse au rythme de ce rock aux sonorités électro.

Ce concert n’est que le second que donne le groupe à Paris. Mais Mario en profite pour annoncer que Blackout Problems y jouera bientôt en tête d’affiche, le 7 février, au 1999, une nouvelle salle située rue Saint Maur.

 

Si la queue au vestiaire commence à réduire, le public se tasse en salle. Les morceaux choisis pour l’entracte sont assez explicite de la soirée à venir, et en lien avec l’esprit du dernier album de Royal Republic, plus disco que jamais: tous les grands tubes disco des 70’s sont

de sortir, de Upside down à Born to be alive en passant par Heart of glass et Le freak)

Un peu avant l’heure, la salle est plongée dans le noir avec en guise d’intro You sexy thing (Hot Chocolate). Puis le quatre Suédois entrent en scène en costards rutilants,  avec un doublé du dernier album, Fireman & dancer suivi de Can’t fight the disco qui mettent tout le monde d’accord. Le public saute et commence à danser. Adam est en voix et prouvera toute la soirée être dans une forme resplendissante, Jonas très énergique, Hannes plus concentré se lâche avec plaisir, tandis que Per se la joue cool et puissant derrière son kit.

Sur Underwear, Adam fait venir un technicien sur scène pour lui envoyer sa guitare avant de rejoindre Per et s’empare d’une baguette. Les deux proposent ainsi un duo de batterie très sympathique. Puis c’est le trépidant Full steam spacemachine pour lequel Adam incite le public à sauter.

Jonas s’empare d’une guitare synthé pour proposer les intros de Jump (Van Halen) et de The final coutdown (Europe) avant un Stop movin’ irrésistible. Qui a déjà vu Royal Republic le sait, ce groupe donne au public autant que ce dernier lui envoie en retour. C’est un perpétuel échange d’énergie, de fun et de bonne humeur. Adam rapidement présente ses compagnons: « mon ami Jonas, à la basse. Mon ami Per. Et Hannes… l’ami de tout le monde! » avant de se présenter pour la première fois d’un simple : « My name is Adam ».

Tommy Gun débute avec l’invitation que lance Adam à une jeune femme à le rejoindre sur scène. Il lui passe sa guitare, elle joue, lui ne se chargeant que de plaquer les accords. Quelques pas de danse avant la question: « quel est ton nom?  – Julie! – Je m’appelle Adam! » un bisou, et au revoir!

Le concert touche à sa fin et Adam propose au public de faire semblant. Le message est en gros: « On va faire comme si on partait, parce que le rappel est obligatoire. Si on n’en fait pas, on n’est pas payés. Alors on s’en va, vous criez, on revient ». Dont acte, et un final de trois chansons suivie d’un Ace of spades (Motörhead) chanté par Jonas (ça fait drôle de voir un Lemmy aussi classe!) avant que Baby ne sonne la fin des festivités.

Comme à son habitude, le quatuor a transformé ce concert en une vraie fête. Le parterre est devenu dancefloor, et c’est un public heureux qui s’en retourne… faire la queue pour récupérer ses affaire au vestiaire. Un superbe dernier concert de 2019 pour Metal Eyes. Que 2020 nous en apporte plein des comme ça.

Merci à Live Nation et à Roger Wessier.

LES ROCKEURS ONT DU COEUR: The Lunatiks, Missing et So More Chains live

Samedi 30 novembre la salle des fêtes de Saint Jean de Braye, commune voisine d’Orléans dans le Loiret (dans le 45 pour ceux qui préfèrent) accueillait pour la cinquième année consécutive l’association Art’Scenik, organisatrice, au profit des Resto du cœur, de la soirée Les rockeurs ont du cœur. Le principe est simple: 3 groupes sont invités à donner un concert, les sessions inter-plateaux étant animées par un musicien ou un groupe. Et pour pouvoir pénétrer en ces lieux, le tarif est un simple jouet neuf. Une bonne action pour une bonne soirée.

Ce soir sont prévus dans la salle d’une capacité de 300 places The Lunatiks (pop rock), Missing (rock) et So More Chains (metal). Dans le hall, une estrade est installée qui accueille Swing K 1000, trio de jazz manouche qui fait… swinguer le public sur des reprises de tous horizons. Une variété de genres qui attire malheureusement à peine une centaine de personnes. Doit y avoir un truc à la télé…

Avec quelques minutes de retard, Mamirock, organisatrice de la soirée et, accessoirement chanteuse de Missing, ouvre le bal avec un rapide discours remerciant le public présent puis annonçant le premier groupe, The Lunatiks, « dont le chanteur vous sera peut-être familier. On l’a vu à la télé il y a peu ».  Nous y reviendrons.

Composé de 4 jeunes musiciens, The Lunatiks propose un rock pop moderne bien que teinté du son anglais des 60’s. Clem, le chanteur, se fait remarquer par sa voix douce et puissante à la fois, et propose une vaste palette montant souvent et aisément dans les aigus. Multi facettes, il joue également de la guitare et du piano et est accompagné à la guitare du discret et concentré Aymeric, de Lauraine à la batterie et d’un nouveau bassiste qui donne ce soir son premier concert avec le groupe, Max, dont le look de dandy excentrique à la Willy Deville ne passe pas inaperçu.

Du rock à la pop, le groupe séduit un public attentif, et malgré de nombreuses relance, Clem ne parvient pas à faire vraiment se rapprocher les gens de la scène. Il s’amuse des cordons fluo des bouchons d’oreilles, seule chose qui lui permette de distinguer le public. Un léger moment de froid se fait sentir lorsqu’il demande si quelqu’un l’a vu cette année à The Voice, télé-crochet auquel il a participé. Mais non, apparemment personne, ou presque, ne l’a vu. Dommage sans doute que l’asso n’ait pas fait plus de pub autour de ça, cela aurait sans doute attiré plus de gens, plus de jeunes… Reste que The Lunatiks a donné un premier concert des plus sympathiques et fait preuve d’entrain et d’originalité dans son propos musical.

 

Avec Missing, on passe à un autre propos. Le groupe mené par Mamirock (organisatrice de la soirée, faut-il le rappeler?), femme au caractère bien trempé et d’une joyeuseté à toute épreuve, propose un set de reprises d’horizons divers. La grande force de Missing, ce sera dit, est de ne pas proposer de simples reprises mais de retravailler avec soin et humour chacun des titres proposés.  Et pour le coup, il y a bon nombre de morceaux qui forment un véritable jeu de piste, qui sont un mystère jusqu’au déclic qui fait dire: « mais oui! c’est… »

En toute vraisemblance, le groupe est là uniquement pour s’amuser. La paire de guitariste David « le sérieux » et Philippe « le gai-luron » fait des merveilles, ce derniers virevoltant parfois tel Jannick Gers, va chercher le public dans la fosse quitte à se faire rappeler à l’ordre (« Philippe, non! On joue, là » lui lance David) et revenir tel un enfant pris sur le fait (« ben quoi, j’ai rien fait… »)

Le public est plus massif pour acclamer les Shout (Tears For Fears), Billie Jean (Michael Jackson), Hush (Deep Purple) et autre Another one bites the dust (Queen). une mention spéciale sera cependant portée à cette revisitation du titre phare de Eurythmics, Sweet dreams qui voit Mamirock habitée et démoniaque, donnant une toute autre interprétation, à la fois malsaine et très sexuelle, à ce hit intemporel. Là encore, Missing nous a offert une prestation enjouée, fun et entraînante. Un groupe à découvrir ou retrouver le 14 décembre au Blue Devil’s à Orléans.

 

En troisième position, nous découvrons So More Chains, un groupe de metal à la fois thrash et moderne formé il y a deux ans à peine. Le chant est partagé entre Thomas, guitariste et principal vocaliste au chant clair et puissant et Vincent, le batteur, qui apporte quelques touches extrêmes avec des growls bien sentis.

Si les musiciens sont concentrés, chacun fait le job, seul Michael, le guitariste lead, semble se donner à fond. Il reste encore des marques à trouver. La puissance des compos originales jouées rappelle parfois les débuts des grands du thrash, Metallica en tête et j’admire Bring the hell et son intro aux sonorités égyptiennes qui m’évoque The last in line de Dio.

 

Malheureusement, le concert se déroule devant un parterre au public épars. Les jeunes parents sont rentrés coucher les enfants, certains plus expérimentés restent et observent, apprécient. Les titres s’enchaînent avec comme un sentiment de manque de motivation, et c’est bien dommage, car les musiciens envoient sévère, et l’amateur de ce style que je suis se laisse facilement emporter par les riffs puissants et efficaces proposés une bonne heure durant.

Si l’on peut regretter le fait que plus de monde aurait pu se déplacer, on ne peut que saluer l’initiative d’Art’Scenik et la générosité tant des bénévoles de l’association que du public présent et, naturellement, des musiciens venus animer cette soirée. On remet ça dans un an, Mamirock?