Interview: FURIAPOLIS

Interview FURIAPOLIS. Entretien avec Robin (basse), Nico (batterie), Brice (chant, guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 22 février 2018

Metal-Eyes : Dans l’album, vous écrivez que cet album est « l’aboutissement d’un long projet ».  Question classique : devinez ce que je vais vous demander ?

Robin : « Racontez-nous l’histoire de Furiapolis » ?

Metal-Eyes : Par exemple !

Brice : Perspicace… Comment tu as fait pour deviner ? On devrait inventer une histoire…

Robin : Ouais, un truc un peu plus sexy…

Brice : C’est vrai que c’est pas très sexy… En fait, on a fait un groupe en 2009 et le seul but c’était de faire des reprises pour jouer dans des pubs, du Red Hot Chilli Peppers, Arctic Monkeys… Et petit à petit on a décidé de faire de la compo, et le line-up a un peu changé. On a recruté sur internet. Nico, on te connaissait par Simon, donc le bouche à oreille… On cherchait un batteur et Nico est arrivé en 2010. Depuis, le line-un n’a plus jamais changé, on a composé, on a sorti des Eps, et aujourd’hui, un album.

Metal-Eyes : Et vous vous êtes formés où ?

Brice : Marseille.

Metal-Eyes : A Marseille. Ok… Faut pas que je dise de conneries alors…

Brice : Non (rire général)

Metal-Eyes : Donc je ne vous dirais pas que c’est la ville du monde où j’ai eu le plus froid !

Brice : A Marseille ?

Robin : C’est sûr qu’avec 364 jours par an de soleil tu as dû venir le seul jour de mistral…

Metal-Eyes : Non, j’y ai passé 2 semaines de froid !

Brice : C’est vrai que si tu es venu avec le mistral, tu peux y aller !

Metal-Eyes : Ne dérivons pas… Vous écrivez aussi dans le livret cette citation de John Lennon qui dit que « le rock français, c’est comme le bon vin anglais ». Vous en êtes où par rapport à ça ?

Brice : J’espère qu’on a fait du bon rock français. On a rajouté une phrase juste derrière qui dit que c’est « à nous de lui prouver le contraire ».

Metal-Eyes : Et, d’après vous, vous y êtes parvenus ?

Brice : Ben… C’est à vous de nous le dire !

Robin : On, attend justement la critique pour voir si on y est arrivés…. ?

Metal-Eyes : C’est vrai que depuis quelques années, le niveau général, technique ou musical, a évolué et il n’y a pas de raison qu’on reste aussi loin derrière. Mais il n’était pas le seul le penser… Comment décririez-vous votre musique pour quelqu’un qui ne vous connait pas du tout ?

Brice : … C’est du rock, du vrai rock, avec de la distorsion, du chant soutenu mais pas crié, et c’est chanté en français. Donc du rock genre…

Metal-Eyes : Qu’est-ce que tu appelles du « vrai rock » ?

Brice : « Du vrai rock » ? C’est pas du metal, c’est pas du hard core, c’est pas non plus du pop rock avec des guitares clean et des voix fluettes, c’est du rock style Foo Fighters, Nickelback….

Nico : On parle souvent de rock alternatif

Brice : Oui, « alternatif ». Disons qu’on est un peu la version frenchie des gros standards US.

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences ? J’entends du Police, du Nickelback mais aussi par instants du Indochine (Note : deux des inteviewés me diront après en off que tous « détestent » Indochine et n’ont pas osé réagir. Dommage….) Il y a ces airs catchy et chantants, mais quelles sont vos principales influences individuelles ?

Robin : Individuelles ? Moi, c’est assez vintage parce que j’ai été élevé par un papa fan de Jimi Hendrix. Après pour ce qui est de la basse, je suis un peu plus dans le domaine du funky et compagnie, j’ai pas mal d’influences du style Les Claypool, de Primus, Markus Miller, donc là, on est carrément dans le jazz, jazz rock, et ensuite, j’adore des groupes comme Led Zeppelin, les Red Hot Chili Peppers, une influence assez majeure. Flea m’a donné envie de me mettre à la basse.

Nico : Moi, c’est… J’en ai pas du tout… Non, je déconne ! Je viens plutôt de la vague neo metal, parce que quand j’avais 14 ans, c’est ce qu’on écoutait en boucle, Linkin Park, System Of A Down, Korn… Après je suis venu vers le punk, punk rock, rock alternatif, type Blink 182, Biffy Clyro, Paramore, j’ai eu ma période Nirvana… Mais en tant que batteur, il n’y a pas forcément que des groupes, il y a aussi des batteurs, il en a plein, des pros, qui n’ont pas de groupe…Je pense notamment à Bennie Grave ou Thomas Lang qui sont dans plusieurs formations. Il y en a plein qui m’ont influencé.

Brice : Moi, j’ai été élevé avec des groupes comme Deep Purple ou Status Quo, c’est mon père qui écoutait ces groupes. Il n’y avait que des vinyles de ce type qui trainaient à la maison, et j’ai appris avec ça. J’apprenais les morceaux de guitares avec ça, je mettais le disque et je ‘entrainais à imiter. Après je suis tombé dans la dance des années 90 (il rit) et ensuite, j’ai été ramené à la réalité avec Nevermind de Nirvana. On me l’a mis entre les mains, et là, je me suis dit « OK, je reprends la guitare que j’avais laissée trainée » et je me suis remis à la musique pour de vrai.

Metal-Eyes : Votre son est d’ailleurs assez pur, parfois assez sec. Comment avez-vous travaillé l’enregistrement de ce disque ?

Brice : On travaille énormément en amont, avant le studio . On enregistre tout sur ordinateur, on travaille nos pistes séparément, on enregistre et on revoit nos arrangements de guitares – il y en a 2, donc il faut qu’on travaille les interactions pour pas qu’elles se mangent… Ce qui fait que quand on arrive en studio, c’est déjà réfléchi pour que ce soit propre et que ça sorte bien. Au-delà de ça, on a travaillé avec un ingé son qui est génial, Laurent Soluce, qui a su faire en sorte que tout soit bien dissocié. MA gratte est plus grasse, celle de Simon, plus aiguë, et au final, il nous a sorti un son très propre. Il y a du travail en amont et le savoir-faire d’un ingé son.

Robin : On a ce résultat grâce, aussi, à tout le travail de pré prod qu’on a fait.

Metal-Eyes : Ce qui est important puisque ça prouve que le live, c’est bien, mais ça se travaille aussi avant. Justement, un album de rock, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets ?

Brice : Le 3 mars on a une grosse release party sur Marseille, on part jouer à Grenoble, Toulon, et on a d’autre dates qui sont dans les tuyaux.

Nico : On a déjà 5 ou 6 dates, et d’autres arrivent.

Brice : Notre projet  c’est que, la compo et l’enregistrement, c’est derrière nous, aujourd’hui, on est sur la promo, et rapidement, on doit être sur le projet tournée. Le but du jeu, étant donné qu’on défend un album chanté en français, c’est de pouvoir rapidement aller le défendre en France et dans les pays limitrophes.

Metal-Eyes : Il faut s’attendre à quoi, avec Furiapolis sur scène ?

Robin : … Une explosion de… D’oreilles (rires)

Brice : Non… On est un groupe de live, on pense nos chansons « live ». On aime avoir une interaction avec les gens et c’est aussi pour ça qu’on a écrit nos chansons en français, pour pouvoir toucher encore plus les gens. On a énormément de plaisir après le concert à rester là et discuter avec le public, avoir leur ressenti. Si tu viens nous voir en concert, j’espère que tu auras toi aussi ce ressent, avoir autant de plaisir que nous.

Metal-Eyes : C’est important pour le public.

Brice : Oui, c’est primordial !

Metal-Eyes : Vous chantez en français, il y a quelques phrases en anglais. Quels sont les thèmes de prédilection ? Y a-t-il une ligne directrice dans vos textes ?

Robin : Les textes délivrent un message. Après, dire qu’il y a une ligne directrice, pas nécessairement/ Chaque morceau a son message et l’interprétation qui peut en découler. Chaque personne en écoutant en fait son interprétation…

Brice : C’est vrai, et ça reste de messages positifs. Il y a des chansons qui parlent d’environnement, d’autres de paix, d’amour, de respect des femmes, d’autres de chocolat, de gourmandise et d’addiction. Un peu tous les thèmes, mais à chaque fois, des sujets auquels les gens sont sensibles…

Metal-Eyes : « Tous les thèmes »… Pas plus de 13, quand, même, c’est le nombre de chansons !

Brice : Oui, c’est vrai…

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous souhaitez ne pas aborder ?

Robin : La religion, et la politique, pas si si c’est trop engagé politiquement. Hors de question… On n’est pas là pour faire de la propagande, formater le cerveau des gens et leur dire comment ils doivent penser, c’est pas notre truc.

Brice : Il n’y aura pas de couleur politique dans nos album, ni d’orientation religieuse vraiment dédiée. On reste dans des généralités.

Metal-Eyes : Donc du général, mais rien de ce qui relève des convictions ou de l’intime ?

Robin : Voilà, ça, ça appartient à tout un chacun.

Nico : Chacun est libre…

Brice : C’est moi qui écrit les textes et je sais que je n’ai pas du tout envie d’écrire au sujet de la religion… Dire « les juifs ceci, les chrétiens cela, les musulmans, ça » non, pas du tout ! Tu l’entends, d’entrée de jeu, je ne suis pas à l’aise… Pour moi, c’est quelque chose de tellement personnel, que ce n’est pas un sujet que j’ai envie de traiter. J’ai envie de traiter de sujets plus larges… L’amour, on est tous touchés par ça, en bien ou en mal.

Metal-Eyes : C’est votre premier album, mais ça fait quelques années que le groupe existe et que la formation est stable. Quelle pourrait être la devise de Furiapolis ?

Brice : Pfiu… Bonne question, ça…

Robin : Partage ? Je sais pas…

Nico : Très bonne question…

Metal-Eyes : Je l’aime bien celle-là !

Robin : Ah, ouais, et elle est très importante !

Brice : « Donner du plaisir » On en fait une vraie priorité : on ne va pas en live comme ça, on passe par une phase de résidence, on se met dans une salle de spectacle où on est juste entre nous, avec un ingé son et un régisseur lumières. On travaille le show et le seul mot d’ordre c’est « donner du plaisir aux gens ». Il faut qu’ils ne s’ennuient pas !

Robin : C’est la devise, normalement de tous les artistes. Bon, certains vont te dire « faire du fric »…

Nico : Tu crois que c’est ça, la devise de Marilyn Manson ?

Metal-Eyes : Que révez-vous de réaliser avec Furiapolis ?

Robin : Pour moi ? C’est la reconnaissance internationale (Nico rit). Je vais peut-être un peu loin, mais…

Metal-Eyes : International, c’est déjà 2 pays…

Robin : C’est vrai… On prend la France, la Suisse et la Belgique, c’est parfait ! Après, c’est sûr qu’on recherche une certaine reconnaissance, que le public soit sensible à ce qu’on fait…

Brice : Qu’on soit référencés parmi les bons groupes de rock français… « Il y a des bons groupes de rock, en France ? Oui, il y a untel, untel et aussi Furiapolis ». Ca, ce serait cool…

Nico : Ensuite, il y a aussi le fait que les gens découvrent notre musique et l’apprécient. C’est ce qu’on attend. Je trouve que c’est important parce que c’est important que les gens découvrent notre musique, et l’apprécient.

Metal-Eyes : Alors pour ceux qui vont découvrir votre musique, si chacun de vous ne devait retenir qu’un seul titre de Déesses pour expliquer ce qu’est Furiapolis, ce serait lequel ?

Brice : Je prendrais Emigrate, parce que le message est large, il parle de l’amour entre les peuples. Et d’un point de vue musical, c’est celle qui se situe au milieu de tout ce qu’on peut faire, entre le plus calme et le plus énervé, ça donne une bonne idée de ce qu’est Furiapolis. Mais ça n’engage que moi.

Nico : Dur choix, je les aime toutes… Celle qui nous représente le mieux ? C’est vrai qu’Emigrate, ça marche bien. Après, je pense essentiellement à SNCT qui est un mélange de ce qu’on faisait avant et de ce qu’on veut faire maintenant. C’est la base de ce morceau là. Les fondations, c’est de l’ancien Furiapolis, et c’est chanté en français avec un texte qui est assez marrant, qui parle de chocolat, ce qu’on ne faisait jamais avant. Oui, c’est un bon équilibre entre ce qu’on faisait avant et ce qu’on veut faire maintenant, avec cette notion d’humour..

Robin : Moi, pareil, mon cœur balance entre Emigrate et SNCT.

Metal-Eyes : Donc Emigrate arrive en premier, le titre d’ouverture. Vous avez passé pratiquement toute la journée en promo : quelle a été la meilleure question qu’on vous a posée, la plus étonnante, surprenante ?

Brice : Euh…

Robin : « Quelle est votre devise ? »

Brice : Est-ce que 007 est la BO du prochain James Bond ? On nous a posé cette question, à laquelle j’ai répondu « oui, bien sûr. Le seul truc, c’est que les producteurs du film ne le savent pas encore… » Mais on va leur dire !

Robin : Essaye de repenser à tes entretiens téléphoniques…

Nico : Oui, c’est ce que je fais… On m’a aussi posé des questions sur 007… Il y a plutôt des gens qui m’ont parlé d’un titre en particulier, De la coco, ils ont trouvé ça très drôle, et c’était le but…

Robin : Et moi… Attends, je réfléchis…

Metal-Eyes : Ca veut dire que tout à l’heure, tu fayotais vraiment ?

Robin : Quand ?

Metal-Eyes : Quand tu disais « la devise »…

Robin : Ouais, clairement !

Brice : En même temps, on ne nous l’a jamais posée celle-là, et c’est bien !

Robin : Pour l’instant, c’est vrai que c’est celle qui m’a le plus étonné, je ne m’y attendais pas. Le reste, avec les antisèches, ça aide… Mais faut pas le dire ! C’est vrai qu’il y a beaucoup de question qui sont évidente « parlez-moi de votre histoire, de l’album, que représente telle chanson ». Maintenant, c’est vrai que des questions comme ça, un peu plus philosophiques…

Metal-Eyes : Philosophique ? Ca on ne me l’a jamais fait ! Il fayote vraiment !

Brice : Il le veut son article !

Robin : Non, mais c’est vrai que c’est important, parce que ça conditionne un peu le groupe, là où on veut aller. Cette question m’a agréablement surpris, donc voilà : félicitations ! Tu es l’heureux gagnant ! (rires général)

 

LOFOFORA: Simple appareil

Rock, France (At(h)ome, 2018)

Simple appareil… Un titre qui évoque une mise à nu, et cette promesse venant de Lofofora, ça sonne plutôt bien. Une voix, une guitare, une rythmique simple… Lofofora a choisi de se livrer corps et âmes au travers de 11 morceaux dépouillés de tout artifice. Comme le dit Reuno dès l’introductif Les boites, le groupe a enlevé les doigts de la prise. Ce dépouillement n’ôte en rien la puissance des paroles et des rythmiques concoctées par le groupe qui prouve, une fois de plus, que peu importe l’interprétation, si une chanson est bonne, elle reste bonne! Reuno, dans ce fatras dépouillé de décibels explosifs, se met ici plus qu’à nu, il se met en danger, et c’est appréciables. Alors, bien sûr, ce simple appareil ne saurait être l’objet d’une tournée à lui seul, mais proposera à n’en pas douter des moments de répit au cœur de la fureur des shows de Lofo. Un interlude posé que propose un groupe qui n’a jamais renié son parcours. Un pari relevé même si certains fans seront déstabilisés par ces 11 morceaux envoûtants, au final.

BLACK MAMBA: Heritage

Rock, Italie (Autoproduction, 2017)

Paru fin 2017, Heritage, premier album de Black Mamba aurait pu passer inaperçu ne serait-ce cette pochette qui, forcément, retient l’attention, et les origines du combo. La pochette, tout d’abord… On pourrait croire avoir à faire à un groupe de midinettes japonaises accros à l’univers manga. Ben, non, même si tout l’artwork évoque cet univers… On est au contraire confronté à un trio italien, originaire de Viterbo pour ceux qui connaissent (pour les autres, c’est au centre de l’Italie). Forcément, on pense à Klogr, mais la réalité est ailleurs: composé de Irma Mirtilla à la guitare et au chant, Cecilia Nappo à la basse et Frederico Maragoni à la batterie, Black Mamba a du mordant, si ce n’est celui, mortel, du serpent à qui le groupe s’identifie. L’univers du trio s’inspire autant de la pop et du funk – les rythmes dansants, la basse groovy et slappée y sont pour beaucoup – que du rock progressif et/ou enervé. Les guitares évoquent souvent celles d’Alex Lifeson (Rush), et lorgnent aussi du côté des Foo Fighters et, mix de cet ensemble, des Red Hot Chilli Peppers. Le chant d’Irma est puissant, varié, son timbre au trémolo unique emporte l’auditeur dans ses errances et douceurs, et les guitares de Cecilia sont tranchantes, à la fois aériennes et déterminées. Impossible de rester de marbre, chacun, amateur de prog, de groove ou de metal, y trouvera son compte. Une jolie découverte à suivre.

CRUSKIN: Time to rise

Rock/Pop, France (Autoproduction, 2018)

Etrange, ce Cruskin. Formé en 2009 par la chanteuse / guitariste / pianiste Sabrina, le bassiste Mike et Samuel, le batteur, le trio se distingue en explorant divers horizons, à la fois rock et électro. Les forts accents pop de ce Time to rise, troisième album du combo évoquent la new wave et, naturellement, l’univers des musiques électro. A priori, ça colle pas dans ce webzine… Mais voilà, la corne de brume du morceau titre qui ouvre ce disque est suffisamment lourde pour m’intriguer. En plus, c’est bien produit, bien foutu dans l’ensemble, chanté dans un anglais enfin compréhensible et surtout, le rock n’est jamais très loin… Ok, I found you est trop « boite de nuit » pour que j’accroche, tout comme Burning away. Cependant, ce dernier visite des sonorités plus rock et énervées, variant les rythmes, rendant l’ensemble intéressant. Je m’arrête en revanche sur ce No regrets aux furieuses guitares, presque punk, ou The runner qui m’évoque le Blondie des 80’s. En revanche, les boites à rythme de Let me see your love me font fuir, tandis que Frozen puise dans le pop rock chantant et entraînant. Bref, Cruskin se fait plaisir en jouant ce qui lui plait, et, au passage, ratisse large. Pas révolutionnaire, mais digne d’intérêt car ce disque s’adresse, sinon aux amateurs de metal, autant aux amateurs de musiques électroniques que de rock.

THE DAMNED: Evil spirits

Rock, Royaume-uni (Search and destroy, 2018) – Sortie le 13 avril 2018

Fut une époque, lointaine, très lointaine, où lorsque j’entendais le mot « punk », je l’associais à la vulgarité grossière des Sex Pistols, à la violence verbale ou visuelle des GBH et des Exploited.  Puis on a associé le rock teinté de reggae des Clash ou le Blondie de Heart of glass au mouvement punk… Le punk, finalement, ce n’est pas un genre musical, c’est une façon d’être, un mode de vie qui refuse le système. The Damned est passé par toutes les époques et a évolué au fil du temps. Aujourd’hui, exit les bad boys qui ouvrirent pour les Sex Pistols, le nouvel album n’a de Evil que son titre: Evil spirits évoque plus le pop rock bien fichu que le no future… Dès Standing on the edge of tomorrow, s’impose l’impression d’être dans un espace de fête ou de boite tant le titre est facile et chantant. La voix suave continue sur The devil in disguise, et la suite est à l’identique: du soft, du chantant et de l’entrainant. C’est efficace, mais au final, qu’ai-je retenu? Un bon moment, une détente musicale, guère plus. Un album sympathique sans pour autant être mémorable.

BLACK FOXXES: Reidi

Rock, Royaume-Uni (Search and destroy, 2018) – Sortie le 16 mars 2018

J’avais découvert Black Foxxes lors de la seconde édition du Download Paris. Et le trio ne m’avait alors pas convaincu. Pas assez dur pour être à sa place dans un festival prienté metal, et trop statique pour emporter l’adhésion du public, Black Foxxes me surprend aujourd’hui avec un album tout en finesse et douceur. Breath, qui ouvre ce Reidi, second album des Anglais, invite à la détente: le son est clair, pas brutal pour un kopeck, et la bienveillance semble être le maître mot de cet ouvrage. Tout au long des 10 chansons flotte un léger esprit irlandais, à la Cranberries. Manic in me, Joy, Oh, it had to be you ou encore Take me home se laissent écouter avec aisance et tendresse. Des instants de calme à partager. Marrant que cet album sorte sur le label Search and destroy…

FURIAPOLIS: Déesses

Rock, France (Autoproduction, 2018)

Démarrant sur des intonations folk teintées d’électro, Déesses s’oriente rapidement vers un rock pop, simple et direct. Le livret cite John Lennon qui disait, simplement et il y a quelques décennies que « le rock français c’est comme le bon vin anglais ». Furiapolis décide donc de relever le défi, bien que les époques ne soient plus du tout les mêmes. Donc? Emigrate, chanté principalement en français, évoque la scène nationale des années contemporaines et des 90’s. Et même si le propos peut se vouloir rebelle (« vivre comme un juif en Palestine », ça risque d’en faire réagir certains…), l’ensemble reste simplement entraînant, chantant et dansant. Ici et ailleurs possède ce refrain que le public chantera avec plaisir, au même titre que Le bruit des anges, et bien d’autres où les « na na na » sont en nombre. Déesses séduira les amateurs de rock français, version années 80 avec quelques traces de The Police, le tout mélangé à quelques guitares énervées plus modernes qui évoquent, par exemple,Nickelback. Bien que l’ensemble reste loin de réinventer le genre, Déesses recèle quelques agréables surprises et se révèle aussi plein d’un humour léger, comme ce 007 qui retrace, en anglais, la vie de James Bond en reprenant les titres des films (je n’ai pas entendu Moonraker, sont-ils tous cités?) ou ce SNCT qui dévoile l’addiction du groupe au chocolat (faut oser, quand même « I love Swiss and chocolate »!). John Lennon, sans être aussi extrême, arbore sans doute encore un sourire en coin, mais certainement moins prononcé.

LIZZARD: Shift

Rock, France (Metalville, 2018)

Etrange sensation que l’écoute de ce Shift, premier album de Lizzard. Indiscutablement rock, cet album puise dans les années 80 et 90, m’évoque The Police ou Sting en solo, REM et INXS. Je ne m’étendrais pas sur le chant qui me gêne. La voix est claire, précise, mais l’intonation ne me plait pas. Sans doute évoque-t-elle cette new wave que je trouvais insupportable. Musicalement, cependant, le riff est saillant, les mélodies efficaces, et j’admire cet instrumental, le morceau titre, qui est d’une finesse, d’une variété et d’une originalité remarquables. En bref, Lizzard nous offre un premier album attirant et réussi.

Interview: STONE BROKEN

Interview STONE BROKEN. Entretien avec Rich Moss ( chant). Propos recueillis à Gibson France, à Paris le 8 février 2018

Metal-Eyes : Rich, parlons un peu de Stone Broken :w Ain’t always easy est votre second album, mais c’est la première fois que nous nous rencontrons. Peux-tu me raconter brièvement l’histoire de Stone Broken ?

Rich : Nous avons débuté en 2013. Il s’agissait en fait de la réunion de deux groupes, Robyn, notre batteuse et moi venions d’un groupe, Kera, le bassiste et Chris dans un autre. Robyn et moi avions un studio, un peu d’espace de répétitions, et nous avons intégré les deux autres. Nous avons passé environ un an à définir notre son, à composer et écrire des chansons et nous avons enregistré un Ep qui s’est plutôt bien vendu. Nous sommes retournés en studio, avons enregistré ce qui devait être un autre Ep, mais au final, nous avons réunis ces deux disques qui sont devenus notre premier album, qui est sorti en 2016 et a très bien marché. Ça nous a permis d’obtenir des diffusions radio au niveau national, ce qui nous a fait passer du statut de « groupe local » à celui de « groupe national ». Ensuite, nous avons eu l’opportunité de tourner en support de Glenn Hugues, l’an dernier, ce qui nous a fait passer au  statut « international » (il rit). Nous avons pu donner des concerts un peu partout, au Forum de Vauréal qui est un super lieu. On s’est beaucoup amusés, nous avons participé à pas mal de festivals, et… nous voici prêt pour ce second album.

Metal-Eyes : D’après ce que j’en ai entendu, l’album a de forts accents pop, il y a du rock, du heavy, aussi, des chansons « sing along »…  Comment décrirais-u le groupe à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Rich : Mmh… Je dirais que nous sommes  un groupe de rock avec un tranchant moderne. Il y a des riffs, mais aussi des refrains accrocheurs, comme tu le dit, des parties à chanter ensemble, beaucoup p de groove. On veut que les gens aient envie d’écouter notre disque ou de venir nous voir en concert et qu’ils aient les idées changées en partant.

Metal-Eyes : J’entends des traces de Nickelback, de The Police, également parmi d’autres choses. Quelles sont vos influences principales ? Ne me dis pas « Pas Nickelback », c’est pas possible !

Rich (il rit): Non on ne peut pas supporter Nickelback ! Beaucoup de gens font cette comparaison, et je pense que c’est lié au timbre de voix.

Metal-Eyes : Ca aide, mais ce n’est pas tout…

Rich : Beaucoup de choses que nous écoutons dans le groupe viennent des USA, des groupes comme Alter Bridege, Shinedown, Alestorm… Ils ne sont pas Américains, ces derniers, mais on aime. On ne cherche pas à cacher nos influences, on préfère les laisser s’exprimer. On écrit les chansons qu’on aimerait écouter nous-mêmes.

Metal-Eyes : Dans son ensemble, l’album transpire de joie. Où puisez-vous cette énergie et cet optimisme ?

Rich : Je pense que tout réside dans le fait de rester positif. L’album s’appelle « Ain’t always easy », ce qui, en soit, npeut ne pas paraitre positif, puisqu’au fond on dit que tout n’est pas toujours facile. Mais tu dois te relever et persévérer, c’est ça le message, on peut s’en sortir. Il y a des gens qui traversent des moments difficiles, et ne peuvent sans doute voir d’issue, mais à un moment, la solution, la sortie arrivera. Aidons les gens à s’en sortir. Il y a des personnes qui, dans le passé, sont venues nous voir pour nous dire qu’une chanson les a aidés. Le fait de traverser des moments difficiles n’est pas bon, mais d’avoir pu de cette manière aider des personnes nous affectent. Il y a cette connexion avec nos fans et nous souhaitons que cela dure, nous assurer que chaque chanson a un message.

Metal-Eyes :  Je voudrais que tu m’expliques le nom du groupe, Stone Broken. La première image qui me soit venue en tête est celle de Moïse tenant les tables de la loi, brisées. Y a-t-il un rapport, ou est-ce complètement différent ?

Rich : Le nom du groupe vient en fait d’un mot anglais qui dit que si tu es « broke » tu n’as pas d’argent. Stone Broken, signifie ruiné de chez ruiné ! En fait, avant d’enregistrer notre Ep, nous avons fait une liste de nos besoins : ce que nous devions acheter, le temps de studio, le matos, et nous avons tout additionné. J’ai dit « We’re gonna be broke » (On va être sur la paille), et Robyn a ajouté « stone broke » (complètement ruiné ». On a rajouté le N et ça fait !

Metal-Eyes : Mais vous avez pu trouver comment enregistrer deux albums et tourner ! Y at-il des thèmes que vous souhaitez aborder dans le groupe ?

Rich : Oui… Il y a une chanson sur l’labum qui traite des violences familiales, un chanson qui m’est personnelle. Je n’en ai pas été victime, mais je suis proche de personnes qui ont été victimes de violences familiales. J’ai eu le  sentiment qu’il fallait que j’en parle, parce que c’est un sujet qui reste tabou. Les gens n’osent pas en parler, et pourtant le devraient. Ça peur devenir dramatique si on n’alerte pas. Je voulais que ce soit sur l’album, et les autres étaient d’accord. C’est une chanson assez agressive, avec des paroles explicites. Il fallait qu’elle soit sur l’album. Comme je l’ai dit, on souhaite véhiculer des messages. Comme Worth fighting for, qui dit, en substance, qu’il faut te battre pour ce en quoi tu crois. Les gens peuvent l’interpréter comme un message politique, soit, mais s’il y a une cause pour laquelle tu crois valable de te battre, fais le ! On essaye de faire en sorte que chaque chanson ait un sens.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous ne voulez pas aborder ?

Rich : Pas vraiment. On ne parle pas trop de politique, simplement parce que ça peut être un peu… Risqué. Je crois que nous sommes assez ouverts à tout, il n’y a rien que nous voulions éviter. Et s’il y a un sujet que nous n’avons pas aborder, ça signifie que nous n’avons pas assez de chansons ! (rires)

Metal-Eyes : Ce qui laisse entendre qu’il y aura un troisième album ! Quel a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire « voilà ce que je veux faire » ? Quel âge as-tu ?

Rich : J’ai 29 ans. Je pense que c’est arrivé par étapes. Un des ex de ma mère jouaitb de la guitare acoustique. Il y a toujours eu de la musique autour de moi. Nous avions un piano droit, aussi, bien que je ne savais jouer d’aucun instrument. Ensuite, j’ai écouté beaucoup de rock au lycée, des choses comme Linkin Park. J’ai commencé à jouer de la batterie – me parents ne voulaient pas que j’ai une batterie à la maison…

Metal-Eyes : On se demande pourquoi !

Rich : Oui ! (rires) Je suis ensuite passé à la guitare, dont je suis tombé amoureux. C’est sans doute lié au fait qu’il y en avait à la maison quand j’étais gamin. Donc c’est une sorte de mélange de cet environnement.

Metal-Eyes : Tu as appris la guitare, et le piano ?

Rich : Un peu, pas énormément, en fait. Tu vois, j’ai tendance  à apprendre seul les instruments dont je souhaite jouer… Je joue un peu de guitare, un peu de piano, un peu de saxophone…

Metal-Eyes : Comment écrivez-vous les chansons ? Est-ce un travail de groupe, en commun, chacun vient-il avec ses idées, l’un d’entre vous propose –t-il plus que les autres ?

Rich : C’est principalement moi qui écris et compose. Ça me vient à divers moments, je peux être entrain de conduire ma voiture, de faire autre chose… Toutes les lignes instrumentales viennent ensemble. J’aurai un riff ainsi qu’un rythme basse et la batterie… Les autres ajoutent le reste. En règle générale, je propose 90% des morceaux, les autres ajoutent ou proposent des modifications. Chris compose la guitare lead. Le principe est que nous devons tous apprécier la chanson, si 3 d’entre nous l’aimons et le dernier non, alors soit on la retire ou on la retravaille. C’est important, surtout avec 4 personnes qui portent le même intérêt au groupe. Nous devons être sur la même longueur d’ondes pour tout ce que nous faisons, sinon, ça peut coincer.

Metal-Eyes : Surtout en montant sur scène, où là, ça se ressentirait tout de suite. Donc, c’est dans l’intérêt de tous.

Rich : Absolument.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Ain’t always easy pour décrire  à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Stone Broken, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Rich : Je dirais sans doute Worth fighting for, le morceau d’ouverture. Sur chacun de nos albums, nous mettons en premier la chanson qui, musicalement, nous représente le mieux. Lorsque les gens insèrent le CD, ils savent c e à quoi s’attendre.Il y a un message positif, le riff, le rythme et un refrain accrocheur.

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Stone Broken ?

Rich : Ouh, ça c’est une bonne question… attends… « Une seule vie, vis la ! »

Metal-Eyes :  Tu as passé ta journée en promo,  alors maintenant, quelle a été la meilleur question du jour, la plus étonnante, surprenante ?

Rich : La dernière, la devise ! (rires) Je ne m’y attendais pas du tout !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que tu t’attendais aux autres…

Rich : (il rit) Non, m  is celle-là ne m’a jamais été posée, vraiment !

Metal-Eyes : C’est mon copyright, ma propriété !

Rich : Oui, c’est sûr ! Il y a eu beaucoup de bonnes questions, intéressantes, aujourd’hui, mais celle-là m’a fait plus réfléchir. C’est bien de sortir de son confort aussi.

Interview: HOLISPARK

Interview HOLISPARK. Entretien avec Max (basse). Propos recueillis au Dr Feelgood des Halles, à Paris le 6r février 2018

Metal-Eyes : Je découvre Holispark avec cet album, Sonic bloom, alors commençons de manière classique : peux-tu me raconter l’histoire de Holispark dans ses grandes lignes ?

Max : Ca marche ! Holispark, c’est un trio qui a commencé avec Manon, la chanteuse, Roch, le batteur et Kevin, un des deux guitaristes qui s’est transformé en quintette…

Metal-Eyes : Qui ? Kevin ?

Max (il me regarde avec des yeux interrogateurs et explose de rire) : Non ! En gros, ils avaient besoin de gens pour venir jouer sur scène l’Ep qu’ils avaient enregistré, The harvest. Du coup, on a été embauché parce qu’ils avaient besoin d’une basse et d’une guitare. Au fur et à mesure des concerts, on est tombés d’accord sur le fait qu’on avait vraiment envie de construire quelque chose à 5. Puis on a enregistré cet album, Sonic bloom, tous ensemble.

Metal-Eyes : C’est donc le travail d’un groupe. Comment l’avez-vous conçu, cet album, avec deux nouvelles têtes ?

Max : Le process d’écriture est assez banal : on fait ça en répète, tous ensemble. Il y en a toujours un qui ramène une idée, un riff, un beat…et on rebondit tous là-dessus, avec les idées de tout le monde. Même si elles sont pas bonnes, et qu’on les transforme. Ensuite, Manon trouve la mélodie vocale et écrit ses paroles à tête reposée. Parfois, souvent, même, elle ébauche quelques mots et elle développe tout ça au calme. Souvent, ça se fait en une session, ça va relativement vite parce qu’on sait se parler, se dire quand c’est de la merde ou quand c’est cool.

Metal-Eyes : Je voudrais qu’on parle du nom du groupe, que je trouve être à l’image de la musique : multi-facettes. On peut le traduire de trois manières différentes : « l’étincelle sacrée », » le parc des saints » ou « le parc de Holy », puisque c’est aussi un prénom. Quelle est la véritable signification ?

Max : En fait il y en a deux : la première raison que tu as donnée est la meilleure : c’est vraiment l’étincelle sacrée. On a viré le « y » parce qu’on trouve ça plus joli avec un « i ». Mais « Holy », c’est aussi la fête du printemps en Inde, quand ils se balancent les poudres de couleurs. Le feu sacrée c’est une façon de dire qu’on a envie de jouer, d’enregistrer et de faire du rock. De se bouger où et quand on le peut…

Metal-Eyes : Tu parles de « feu sacré ». En réécoutant le disque, on entend sur The shadow les mots « I want to be a phoenix ». Le phénix est un oiseau qui renaît de ses cendres. Doit-on comprendre que vous voulez détruire Holispark pour mieux renaitre, transformer cette étincelle en feu sacré ?

Max : Si on prend le cas particulier des paroles, c’est des expériences qui sont toujours propres à Manon mais qui nous parlent à tous. Ce sont des expériences de vie qu’on peut ressentir. L’idée du phénix, c’est une façon de dire « quoiqu’il arrive, tu dois te relever et aller de l’avant ». Même les mauvaises expériences , tu peux en tirer profit et en revenir grandi. C’est aussi l’idée du nom de l’album, je ne sqis pas si on peut en parler maintenant…

Metal-Eyes : Vas-y, j’allais en parler aussi…

Max : Désolé, je t’enlève ton lien (rires) ! Sonic bloom, c’est l’idée de renaissance, celle à 5, Holispark en quintette. Une esthétique qui n’est pas complètement différente de l’Ep, mais qui a évolué. C’est quelque chose qu’on a pu faire à 5, ce renouveau dans notre musique.

Metal-Eyes : Tu parles du titre : quel est lien avec la pochette qui représente une serre avec des arbres exotiques. Il n’y a rien de très sonique, là-dedans, sauf si on trouve des oiseaux !

Max : Oui, ben en fait, c’est parce que moi, j’ai une formation de jardinier… Non, c’est pas vrai, j’ai essayé d’amener une blague mais… (NdMP : dommage que tu te sois arrêté, j’allais y croire !)

Metal-Eyes : Donc quand tu n’as pas ta basse, tu viens avec ta pelle et ton rateau…

Max : Voilà ! Non, l’idée de la serre, c’est un rapprochement avec la nature qui fleurit, la graine qui sort de terre. C’est l’idée de floraison qu’on a retenu. La serre, c’est une image qui, graphiquement, nous plaisait, et ce qui est végétal, ça nous parle, à Manon, aussi, beaucoup. C’est elle qui a été en contact avec le graphiste. Cette pochette c’est plus une mise en image de ,notre musique qu’un concept en lui-même.

Metal-Eyes : On peut aussi faire un lien entre cette étincelle qui est le point de départ de la vie et cette floraison, le renaissance. Parlons un peu de la musique : j’ai trouvé que l’album peut être aussi léger que brutal, plus rugueux. Par exemple, Emotionally et Failed escape sont très aériens, White flag a tout de l’hymne à faire chanter en concert… Quavez-vous mis dans cet album ? Quelles sont les influences, qu’aviez-vous envie de créer, quel était le propos ?

Max : Pour répondre, je vais devoir te parler du passé d’Holispark, celui qui me concerne : sur l’Ep, on était sur quelque chose de très pop rock, bien plus que sur Sonic bloom. On avait envie de sortir de cette image, c’était beaucoup plus gentillet qu’aujourd’hui. On avait envie de sortir de cette étiquette, d’autant plus avec une nana qui chante et, ça, c’est très vite catalogué. Quand on a composé à 5, chacun a apporté ses influences. Par exemple, moi, je viens du punk rock, je fais aussi du metal, j’aime beaucoup le hard core. Toutes ces influences font qu’il y a parfois des riffs hyper secs, et, en même temps, il y a indéniablement l’influence que la pop a sur Manon, son chant, son écriture, et aussi Roch, le batteur, qui a aussi grandi en écoutant Michael Jackson. La différence a été établie en fonction du sentiment qu’il y avait en composant le morceau. Un riff hyper serré comme Sunset, on avait envie de quelque chose qui donne envie de taper. En même temps, on est de grands amateurs de pop, et on a envie, comme sur Emotionaly, de faire des morceaux assez aériens, légers, Pour Failed escape, on avait envie d’une belle ballade… En fait, on n’a jamais cherché à conceptualiser les morceaux avant de les écrire. On a eu des idées, plein, et on a juste pris le meilleur de tout ça, qui restait dans l’esthétique de ce qu’on voulait. On a écrit des chansons qui ont fait un album, et ensuite, on les a organisées de façon à ce qu’elles soient cohérentes entre elles…

Metal-Eyes : Alors, justement, si tu devais ne retenir qu’un morceau de cet album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Holispark, ce serait lequel ?

Max : Ok. Ok, ok… Je pense que ce serait The shadow. Parce qu’il y a de gros accents pop, et aussi un riff bien vénère. Clairement, je pense que dans les paroles de Manon, il y a tout ce qu’on veut faire passer.

Metal-Eyes : Maintenant, quelle pourrait être la devise de Holispark ?

Max : Je pense que ce serait « Toujours apprendre de ses erreurs et ne rien lâcher »

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle a été la meilleure question qu’on tait posée aujourd’hui ?

Max : Ben.. Je n’ai pas envie de passer pour un fayot, mais je trouve que la question que tu m’as posée sur quelle chanson choisir pour résumer Holispark, c’est une putain de question parce que c’est la première fois qu’on me la pose et que c’est excellent pour résumer l’idée du groupe.