Flogging Molly live à Paris (le Bataclan, 4 juillet 2017) – avec Celkilt

Ce concert de Flogging Molly est quelque peu particulier puisque je n’ai pas encore eu l’opportunité de remettre les pieds au Bataclan depuis sa réouverture. Sensation étrange, mais y retourner pour voir un groupe dont le dernier album s’intitule Life is good a tout du symbole positif, non? Flogging Molly ne nous est pas inconnu puisque le dit album a été chroniqué ici même, et surtout apprécié. Et cette soirée va rapidement se transformer en révélation.

Première partie annoncée tardivement, les français de Celkilt arrivent alors que le Bataclan est encore assez vide. La configuration du groupe est en elle-même intéressante: une violoniste, un barbu amateur de cornemuse et de flûte, un guitariste chanteur, un bassiste et un batteur, tous ayant revêtu un kilt (d’où la question: Quel kilt?… Bon, svp,pas de mauvais jeux de mots avec la prononciation anglaise du patronyme… ). Quelques renseignements pris, il semble que le groupe soit le vainqueur d’un télé-crochet. Cependant, je ne le sais pas au moment où Celkilt se produit devant un public peu nombreux (la salle sera plus que correctement remplie en fin de set), mais un public qui semble bien connaitre. C’est joyeux, le chanteur, jovial, le bassiste, entraînant, et la violoniste, charmante, apportent une belle énergie à ce set. Le viking à la cornemuse en impose, simplement.

En gros, si la case télé crochet peut être un marche pied ou un handicap selon ce qu’en fait le groupe, ce soir, nous avons à faire à une formation professionnelle qui ne met pas cette expérience en avant. Beaucoup de communication, de fun et, côté chanteur, la preuve de la légende des porteurs de kilt… Initialement, la formation devait jouer 30′, mais dépasse largement ce temps de jeu avec un set de 45′. Sans difficulté apparente, et avec beaucoup de plaisir.

Le changement de plateau se fait rapidement, et lorsque les lumières s’éteignent, ce sont quelques 750  personnes qui accueillent Flogging Molly. Les Américains ont une solide fan-base, pas assez importante au vu de ce qui nous attends, cependant. Dès le premier morceau, John L. Sullivan, le ton est donné: rock’n’roll! La guitare du chanteur Dave King fait des siennes, mais peu importe! Un roadie lui en apporte une autre et c’est parti comme si de rien n’était! Et clairement, tous les membres semblent simplement heureux d’être là. Dave King, très bavard, présent bientôt quelques personnes tranquillement placées au balcon à qui il décoche rapidement, avec le sourire, un joli doigt, avant de saluer, de l’autre côté, un monsieur à qui il souhaite dédier la chanson suivante. « Cette chanson s’appelle Selfish man« !

L’ambiance est fun et bon enfant, au point que King balance à plusieurs reprises des canettes de Guiness dans le public. « It’s Guiness time » annonce-t-il, demandant plus de canettes, félicitant un spectateur de ce superbe rattrapage… « Je sais que vous tous, en France, êtes de bons catholiques, comme en Irlande… » annonce avec humour Saints and sinners. King, cependant, semble vouloir complimenter tout le monde, sa merveilleuse épouse, la violoniste Bridget Regan, membre le plus réservé du groupe, et salue régulièrement les Français, qui sont passés par de très dures épreuves. Merci, Monsieur King, mais d’autres peuples aussi ont souffert, de la terreur ou autre. Reste qu’en ce lieu, ça a une résonace particulière, d’autant plus lorsqu’il dédie, sur fond de lumières bleu-blanc-rouge, World alive aux victimes des attentats de Paris de 2015.

Cependant, malgré ces instants plus graves, rien ne semble pouvoir assombrir la joie de vivre qui émane de ce concert! Pas un moment faible, des éclairages et un son au top, une ambiance extra-ordinaire… Une soirée simplement superbe qui fut, pour moi, le meilleur medium pour revenir au Bataclan. Flogging Molly entre dans cette catégorie de groupes que je retournerai voir live dès que possible, et pas seul de préférence. Une expérience à partager!

Merci à Roger Wessier et Live Nation d’avoir rendu ce report possible

ICEBERGS: Requiem

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Icebergs, c’est qui? Rock, jazz, soul, aucun son ne semble limiter les 5 membres d’Icebergs, formation française qui se dévoile avec Requiem, un album composé de 10 chansons aux influences allant de Amy Winehouse et Led Zeppelin.

Requiem, ça donne quoi? Icebergs définit sa musique avec le terme de Power soul. On ne saurait qu’abonder en ce sens tant les 10 titres offrent un mix parfait de puissance et de lumière, d’énergie teintée de soul. Si le jazz n’est jamais loin (le piano et les claviers de Lorenzo Luizzi) les guitares de Elliott Stoltz rappellent les origines rock du combo. Les riffs sont acérés, taillés sur mesure pour accompagner la voix sensuelle de Mathilde Borsoni. loin du métal, Icebergs arrive comme une bouffé d’air frais, une douceur lumineuse, un moment d’évasion. un joli moment relaxant. un disque bien plus chaleureux, en somme, que ne le sous entend le nom du groupe. Mais un Iceberg ne dévoile-t-il pas qu’une infime partie de son tout?
Note: 7,5/10

ENDLESS SUNDOWN: Make sense

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Endless Sundown, c’est qui? Groupe lyonnais, Endless Sundown s’est formé en 2014. D’abord trio, le groupe enregistre un premier single avant de se doter d’un chanteur avec qui il publie Make sense, Ep paru en mai 2017.

Make sense, ça donne quoi? Ep de 5 titres, Make sense démarre calmement avec Down the rabbit hole avant de se faire plus énergique dès Dirty feet. Les guitares acérées accompagnent une voix puissante, chant dont on remarquera la variété d’expression. Barth Sky peut à la fois être doux, rageur, mélancolique, profond, apportant une jolie variété à chacune des chansons. Les amateurs de grunge apprécieront l’apparente simplicité des guitares doublée d’une rythmique pas toujours évidente mais efficace. Come(b)ack, qui conclue ce disque, regroupe tous les éléments précités au cours de 14 minutes. Un pari d’apparence osé, mais qui, comme souvent, cache 2 chansons: une première de moins de 5′ suivie, 2′ plus tard, d’une escapade mélancolique en terres celtes et d’un nouveau vide de 2’… Pourquoi, avec un Ep, cacher un titre, hein, dites? Si l’on peu regretter un son trop linéaire et pas assez gourmand, les 5 titres de Make sense sont cependant diversifiés et constituent une intéressante carte de visite. reste la question: en quoi Endless Sundown se démarque-t-il d’une scène hexagonale ultra active?

Note: 7/10

MALLORY: Sonora RF part II

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mallory, c’est qui? Groupe parisien, Mallory est composé de Phil (chant), jay (guitares), Mat (basse) et Twist (batterie).  C’est tout ce que j’en sais…

Sonora RF part II, ça donne quoi? Rageur et furieux, Sonora RF part II raconte l’histoire d’une Américaine perdue à Paris. Ça commence avec sa déclaration: « let’s burn this place down », tout un programme… Le premier titre, chanté en anglais, laisse place à cette rage destructrice, nihiliste dans un esprit punk. Puis, Mallory entame la partie francophone de son disque, dans un esprit rock et mélancolique, inspiré par Noir Désir, parfois aussi Pink Floyd (plus musicalement que vocalement) et nous entraîne dans son sillage.  Si on peut reprocher que rien ne permette vraiment à Mallory de se démarquer (ainsi que ces paroles reportées sur la jaquette intérieure que si t’as pas une loupe ben t’arrives pas à les lire…), on appréciera cependant l’effort de construction de l’histoire, les tempi variés (une judicieuse alternance de titres rageurs, plus lents, mélancoliques…) ainsi que la production, claire, qui va à l’essentiel, de ce disque qui s’écoute aisément.

Note: 7,5/10

FLOGGING MOLLY: Life is good

Rock folklorique, USA (Spinefarm, 2017)

Flogging Molly, c’est qui? Formé à Los Angeles en 1997, Flogging Molly abandonne petit à petit ses aspirations punk originelles pour s’orienter vers un rock folklorique, inspirée autant par la musique celtique que par la country américaine.

Life is good, ça donne quoi? Une belle surprise pour qui ne connait pas le groupe. Life is good, c’est 12 morceaux qui célèbre la vie et la joie de vivre. Le folk celtique est partout présent, le fun aussi. Le groupe n’oublie cependant pas ses origines américaines par la présence – moins prépondérante – de country music. Mais, sous cette façade « la vie est belle » les textes sont graves, s’inspirant d’une actualité triste et sévère. LA mélancolie, c’est la force des violons et de l’accordéon, n’est jamais loin, cédant le pas à un rayon de soleil. Le chant fait penser à celui de Michael Slattery (souvenez vous de The Shoulders et leur superbe Trashman shoes en 92!) en moins… trash, justement. Voila un album qui ne peut laisser de marbre, pour peu qu’on apprécie un tant soit peu ce folklore irlandais qui respire la joie de vivre.

Flogging Molly sera en concert au Bataclan de Paris le 4 juillet 2017

Note: 8,5/10

Sortie: le 2 juin 2017

 

BACKTRACK LANE: In fine

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Backtrack Lane, c’est qui? Un jeune groupe français qui ouvre pour des pointures comme Black Star Riders ou Gotthard, qui joue dans des Elysées Montmartre ou Trabendo, aux Festival de Lorient et celui de la guitare…. Un groupe qui se fait remarquer dès ses débuts en 2013 et publie divers albums et Ep remarqués avant ce In Fine.

In fine, ça donne quoi? Nouvelle signature discographique de Backtrack Lane, In fine est un Ep de 6 titres qui commence avec un Fifteen minutes (qui n’en dure qu’à peine plus de 3, logique!) pour continuer sur des sonorités plus simplement rock et grand public. Underground est, avec ces chœurs « Ouh ouh, ouh » particulièrement chantant. Une variété d’instrument est à découvrir tout au long de ce disque (euh, il y même un peu de triangle, non?) efficace sans pourtant prétendre casser la baraque. On se laisse facilement entrainer par la gentille furie des Perfect motion ou After the rain…Notons aussi que le chant anglais est très correctement  maîtrisé. Pour un premier essai, Backtrack Lane vise haut, évoque les grands de la pop rock énervée ou ceux du rock dur (on pense à Foo Fighters ou Deep Purple, par exemple) avec une belle efficacité. On regrettera seulement – mais c’est annexe – la pauvreté du site internet du groupe, désert incommensurable d’information… Heureusement, la musique est là!

Note : 7,5/10

MILS: We love, we fight

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mils, c’est qui? Formé à Montpellier en 2008, Mils est déjà auteur d’un album, Man is a lonely soldier, paru en 2012. Le chant (un peu partagé sur le nouvel Ep), les intonations électro font la particularité du groupe qui explore différents horizons musicaux.

We love, we fight, ça donne quoi? Prog, rock, new wave, electro… les 5 titres de ce Ep – chanté dans un anglais enfin compréhensible! – évoquent autant Blondie (c’est flagrant sur Escape!) ou la new wave par ses touches électroniques que le metal extrême dans certaines parties vocales hurlées en fond (No Body, chanté par Duja), et plus généralement le rock aérien aux sympathiques envolées vocales. Le chant, cependant, reste clair, puissant et mélodique, principalement féminin malgré l’échappée mentionnée plus haut qu’il serait d’ailleurs intéressant d’expérimenter encore plus. C’est assez rare pour qu’on le remarque, la vision du rock que propose Mils sort assez des sentiers battus pour qu’on lui donne une véritable chance. Un projet qu’il faut aller défendre sur la route, et qui nécessite une confirmation via un album complet!

Note: 8/10

 

BAGDAD RODEO: Trois

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Impertinent, fun, engagé, enragé, décalé… Rock, punk, alternatif… Autant d’adjectifs qui ne donnent qu’une brève idée de ce qu’est ce troisième album (ah, bon? Il s’intitule Trois?) des Français de Bagdad Rodeo. On se croirait repartis dans les années 80 lorsque les groupes hexagonaux de rock dit alternatifs, ou neo punk, osaient. Jouer des accords simples rythmés par la rage et la joie de foutre le bordel, éructer des paroles engagées et réfléchies. Cracher à la gueule d’un système immuable… cette impertinence et cet engagement, Bagdad Rodeo s’en fait le digne héritier, ajoutant le ridicule à son analyse sociétale, tout en s’inspirant d’autres grands plus contemporains, dont un Tryo qui semble évident. Au milieu de chansons « à textes » on se – je me – délecte de paroles rigolotes et décalées, et on se – je me – poile avec cette reprise inattendue du Jésus reviens immortalisé par le film La vie est un long fleuve tranquille d’Etienne Chatilliez.

Note: 9/10

MERZHIN: BabeLive

France, Rock (Verycords, 2017)

Voici déjà 20 années que Merzhin tourne partout dans le monde et enregistre ses albums. 6, au total, auxquels il convient de rajouter 2 live. Deux décennies, déjà, et je ne découvre qu’aujourd’hui ce groupe breton grâce à ce nouvel enregistrement public qui n’est, parmi ceux que je connais, rien moins qu’un des meilleurs albums live français de tous les temps. Quelle claque! Des premières notes de Babel à la conclusion Nains de jardins, je découvre un groupe à la fois rageur et festif, engagé et convivial, chaleureux et direct. Les titres évoquent (beaucoup) Noir Désir et piochent du côté du rock celtique et de la rage déterminée d’un Tagada Jones. 15 titres aussi enjoués qu’entraînants composent ce nouveau témoignage live qui célèbre une carrière ininterrompue. Les Brestois ont d’ailleurs décidé de célébrer cet anniversaire en grandes pompes puisque cet album sort également en version « coffret » contenant un DVD supplémentaire, bourré à ras la gueule de live, clips et autre documentaires. BabeLive est un album à découvrir d’urgence, et pour ceux qui, comme moi, n’en connaissent rien, Merzhin est un groupe à découvrir encore plus urgemment! Une pure merveille d’authenticité.

Note: 9,5/10

Sortie: le 14 avril 2017

ROYAL THUNDER: Wick

Hard rock, USA (Spinefarm, 2017)

Revival 70’s not dead! Royal Thunder, encore quasiment inconnu en France, propose sa quatrième production, Wick, taillée dans le rock psyché des années 70. A la fois simple et complexe, ce  disque mélange avec brio les influences variées. Ca va de Patti Smith à Black Sabbath, en passant par le rock engagé de la fin des années 60. Burning trees est une introduction lente et lourde, presque doom, qui contraste avec les guitares claires de April showers ou la rapidité d’un Tied tandis que le mid tempo Plans, sur fond de guitares acoustiques et de batterie lourde, offre une alternance à des titres plus rock – le rapide et colérique The sinking chair et le direct Anchor. Non content de proposer un album varié et efficace, le quatuor d’Atlanta se distingue également par l’excellence de l’instrumentalité et de la voix rauque, étouffée, puissante et parfois douce de Mlny, qui place, semble-t-il, l’amour au cœur de ses paroles (Tied, We slipped, Plans…) quand elle n’est pas, comme les guitares déterminées, enragée et hargneuse (April showers). Wick est un album certes vintage mais également difficilement descriptible et qui ne peut être classé que dans la catégorie Rock. S’il est un peu difficile de tenir sur la longueur, on saura apprécier chaque chanson à sa juste valeur, rasade par rasade. Une belle découverte qu’on attend de voir live!

Note: 7,5/10