O’TEMPO FESTIVAL: retour sur la journée du 26 août 2022

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Si l’an dernier la première édition du festival O’Tempo n’a attiré que 1500 spectateurs par jour, sans doute à cause de la « fin  » de la période de crise sanitaire et des craintes du public, c’est « complet » que l’évènement affiche cette année, au grand dam de quelques spectateurs venus dans l’espoir d’acheter une place en dernière minute. Compliqué, surtout que l’organisation a fait les choses intelligemment en proposant des préventes à tarifs réduits disponibles en ligne jusqu’à la veille du festival.

Localisé à Boigny sur Bionne, petite ville de 2000 habitants à quelques kilomètres d’Orléans, le festival propose 2 parkings publics, dont un proche de l’entrée pour les covoitureurs qui arrivent la voiture pleine. Une belle initiative écolo que je réévoquerai sous peu. Les transports en commun sont également prévus notamment réorganisés pour le dimanche afin de permettre aux festivaliers non motorisés d’arriver et retourner à Orléans.

Pendant 3 jours, le site – qui ressemble à un terrain de sport – a accueilli dans une poussière festivalière des artistes de tous horizons, ou presque, allant de la chanson française au set électro en passant par de la soul, de la variété ou du rock progressif.

Le terrain est divisé en trois partie: l’arrivée se fait dans le village où chacun peut charger son cashless (seul point noir à revoir l’an prochain tant les files d’attentes se sont allongées rapidement) afin de se restaurer auprès d’un des nombreux et variés food trucks. (Idée écolo pour l’an prochain: pourquoi ne pas exiger des restaurateurs de n’utiliser que du matériel biodégradable? La plupart le font mais certaines barquettes de frites économiques étaient en plastique non recyclable. Poussez l’esprit « vert » du parking co-voit jusqu’au bout, sans être pour autant jusqu’au boutiste!) C’est également cette partie qui accueille un espace détente très agréable avec ses transats et ses aires de jeux, l’espace sanitaire qui ne pue pas (en fin de première journée en tout cas) et la petite scène qui permet aux artistes de jouer devant un public somme toute assez important. Qu’il se déplace pour voir le groupe, s’abreuve, se restaure ou attende de pouvoir charger son cashless, il y a foule. Le village donne via deux entrées accès à la scène principale, seule au fond d’un terrain qui peut aisément accueillir plus que 5000 personnes (mais espérons que l’orga se limite à ces chiffres, voire ne dépasse pas les 7000 – on se marcherait dessus)

ORPHEUM BLACK

Si l’on va en festival, d’autant plus localement, c’est autant pour l’ambiance que pour croiser des amis, voisins, collègues… que pour y voir des groupes. Aujourd’hui, c’est simple: l’affiche est rock et populaire et la soirée commence dès 19h30 avec les Orléanais de Orpheum Black qui propose un hard rock très progressif. La formation est menée par un duo de chanteurs – Mélodie (Ex No Sign, Nothing), également aux claviers, et Greg, également à la guitare – et propose une musique assez aérienne en rien comparable à celle, beaucoup plus foncièrement rock, que proposait Wild Dawn, ancien groupe de Greg et de son complice, le guitariste épileptique, voire autiste, Romain.

ORPHEUM BLACK

Si j’évoque ce groupe défunt c’est parce que, même si la communication avec le publique est réelle, j’ai connu un Greg qui allait bien plus le chercher et le prendre à la gorge. Ce soir, c’est un leader assez doux qui, lorsqu’il s’adresse au public, parle simplement et sa voix est malheureusement couverte par les quelques notes de claviers.

ORPHEUM BLACK

Romain, quant à lui, est partout, s’agitant dès qu’il joue une note, arpentant la scène dans ce qui peut sembler être son univers. Bien que chacun de ses membres soit à l’aise et en place, sans doute manque-t-il une forme de complicité scénique pour rendre cette expérience vraiment différente. Le public semble réceptif, cependant, preuve en est le monde au merch après le concert, et c’est bien là le principal.

ORPHEUM BLACK

Quelques minutes de pause permettent au public de rejoindre la scène principale et acclamer rapidement les manouches de La Rue Kétanou. Honnêtement, si j’ai entendu beaucoup de bien de cette formation, je n’en suis pas un familier. Alors ce soir, pour moi, c’est une découverte. Et c’est fun.

LA RUE KÉTANOU

Le quatuor propose une musique populaire à base d’accordéon, d’harmonica, de guitares et diverses percussions, ensemble qui rend la musique joyeuse, entrainante et dansante. Très rapidement, les quatre dérivent et parlent de leur chorégraphe et critique n°1 qu’ils invitent sur scène.

LA RUE KÉTANOU

Arrivent une femme et une jeune fille bientôt rejointes par une foule de bénévoles du festival que La Rue Kétanou tient à remercier autant que le public. Parce qu’aujourd’hui, si le festival est complet, c’est grâce à vous, public, et grâce à eux, les bénévoles et l’orga ». Un concert festif, jovial et entrainant très apprécié par l’ensemble du public.

LA RUE KÉTANOU

Une pause permet à Cycix de jouer sur la petite scène avec ses platines. Ici, on s’appelle Metal Eyes et la musique de DJ et de boite de nuit, c’est pas mon truc. Le temps est venu de se restaurer et j’en profite pour écouter de loin et… ça ne m’attire pas. Je le laisse aux amateurs.

TRYO

Il est 22h lorsque Tryo déboule face à un public massif et multigénérationnel déjà tout acquis à sa cause. Qui a déjà vu le groupe live le sait: Tryo, c’est la fête assurée grâce à des hymnes forts et fédérateurs que tout le monde attends – et aura (Désolé pour hier soir, L’hymne de nos campagne, Ce que l’on sème, Yakamonéyé, La main verte…) – des nouveautés (Aimer)et une communion avec le public que Guizmo et Christophe Mali attrapent à la gorge -gentiment dès leur entrée sur scène.

TRYO

Les anecdotes foisonnent, la bonne humeur est de mise, le public est réactif et récréatif sautant, dansant et chantant de concert. Il fait sans doute plus de bruit que la sono, d’ailleurs et ça fait du bien! Les chanteurs sont complices comme jamais, et l’on sent un groupe simplement heureux d’être sur scène face à un public important.

TRYO

Si les gars savent tenir une scène et un public, on ne peut qu’admirer les lights colorées et l’engagement sans faille pour toutes les causes humaines. Cette clameur lorsque Christophe brandit un gigantesque drapeau aux couleurs LGBT! Les tubes défilent et voilà que déjà, programmation oblige, une petite heure et quinze minute plus tard, Tryo quitte la scène. Les demandes de rappel n’y feront rien, les lumières reviennent invitant le public à rejoindre le village où Cycix rejoue avec ses platines jusqu’à la fermeture du site à 1 heure du matin.

TRYO

Cette seconde édition a, pour sa première journée, tenu toutes ses promesses. O’Tempo est un festival à suivre pour qui aime divers styles musicaux, et l’on se doit de féliciter l’organisation pour la tenue d’une après-midi sans faille, parfaitement réglée (malgré un système Cashless à améliorer pour l’an prochain – pourquoi pas installer des bornes à l’accueil du site?) grâce au travail de tous et, notons le, surtout à celui des bénévoles.

Merci à Elodie Berneron d’avoir rendu ce report possible

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DEF LEPPARD: diamond star halos

Angleterre, rock (Univesal, 2022)

En 2015, Def Leppard revenait avec un album auto nommé explosif qui avait tout pour le remettre sur les rails d’un énorme succès international, même si, oui, le groupe ne s’éloignait guère de ces accents pop qu’il a depuis longtemps intégrés dans son rock léché. Presque 7 ans plus tard – même s’il semble que cet album fut déjà prêt en 2020 et que le groupe aie préféré ne pas le sortir en pleine pandémie, personne ne s’étonne plus de cette éternité qui sépare deux albums du Lep’, heureusement il y a eu deux coffrets dont le superbe Early years 79-81! – voici les Anglais qui reviennent avec Diamond star halos, nouvel album plein de bonnes intentions produit par le groupe et Ronan McHugh. Le groupe voit les choses en grand avec pas moins de 15 titres. Démarrant avec 3 morceaux rock – dont le très efficace Kick et l’introductif Take what you want au refrain imparable – Def Leppard tombe rapidement dans la ballade téléphonée  – This guitar saved my life et ses accents country – et et le mid tempo ou dans la pop bien faite mais sans grand intérêt. Ok, ça entraine mais au final, que retient-on? Hormis celui mentionné plus haut, pas un refrain qui rentre vraiment en tête, qui donne envie de bouger et de sauter. Lorsque, au cours d’une interview récemment publier par la presse, le groupe évoque le fait que Mutt Lange en ait fait des vrais musiciens, sans doute le groupe en fait-il ici un peu trop… Explorant des champs electro (U rock mi), utilisant d’autres cordes (piano et violoncelles sur les ballades Goodbye for good this time et Angels), Def Leppard fait preuve d’audace avec une vraie volonté de grandes orchestrations et d’exploration mais… Même s’il y a des clins d’oeil à son passé – quelques références aux albums Hysteria, Euphoria et même Slang, ainsi que sur l’illustration de la (très jolie) pochette (High ‘n dry y figure aussi), avec un bon tiers de ballades, Diamond star halos est clairement en dessous de son prédécesseur, retour assumé aux sources de son succès.  Pas le meilleur album du Lep, c’est une évidence. Pas le pire non plus, reconnaissons le.

THE FLYING BRICKS: Chimeric

France, Rock (M&O music, 2022)

Formé au Mans en 2015, The Flying Bricks propose un rock aérien qui se dit alternatif et sort rapidement après avoir stabilisé son line-up (Benoit au chant et à la guitare, Arthur à la guitare, Alfonse à la batterie et Numa à la basse), un premier Ep – The fake empire – en mars 2019, et se retrouve à le défendre sur scène tout aussi rapidement. Avec un tel patronyme, on pourrait s’attendre à un rock dans ta face, mais non: Chimeric, le nouvel Ep de 6 titres offres des chansons qui alternent entre calme et puissance.  Arthur définit la musique de son groupe comme « du rock alternatif, un peu progressif. On ajoute un peu de metalcore ce qui donne ce mélange un peu… « atmosphérique », même si je ne pense pas que ce soit la meilleure définition« .  le groupe a-t-il des thèmes de prédilection pour ses textes, « Oui, on parle de nos craintes, dans un monde incertain, face aux crises géopolitiques, économiques, l’incertitude face à l’avenir. les textes étaient écrit avant Covid, donc on ne parle pas de la crise sanitaire, mais c’est là. On a beaucoup retravailler l’Ep pendant le confinement« . Allez, c’est un Ep, alors allons y titre par titre… « Sleepy Hollow, l’idée c’est d’alterner des refrains et des ponts très énergiques avec des couplets plus atmosphériques« . Le chant – en anglais à perfectionner, svp – est léger, parfois doublé d’une compagne vocale comme sur le morceau titre. « Il s’agit de Mélina Farcy, qui est également la danseuse du clip… » Le chant est globalement doux, pas du tout typé metalcore sur ce disque d’ailleurs. Arthur confirme que « ça se ressent beaucoup plus dans les morceaux, sur la fin de Chimeric avec une partie un peu beatdown. Mais pas dans le chant. Là où on va plus le ressentir dans le chant, c’est sur le dernier morceau, Surrounded, un morceau beaucoup plus direct » – chanson dont nous reparlerons. Vient ensuite Daydream « est un titre écrit par le batteur, une chanson d’amour, d’amour triste. On fait passer ce sentiment d’abandon. C’est un morceau très progressif, qui commence doucement avant de monter en puissance jusqu’à l’outro, où c’est moi qui chante; d’ailleurs« . Si Arthur ne chante que sur l’outro, il occupe l’espace vocal tout au long du dernier morceau de ce disque, Surrounded, notons-le. « C’est la seconde chanson d’amour, un morceau que j’avais écrit en quittant Paris, te qui parle d’une rupture, aussi. Le texte était dans un placard et quand on a composé le morceau, j’ai ressorti le texte qui collait vraiment bien à l’ambiance. Un texte mélancolique mais qui veut aussi aller de l’avant. « Something new, quant à lui, parle de l’abandon parental « un thème qu’on avait déjà abordé sur le précédent Ep avec le morceau Father et on voulait en reparler. C’est un sujet qui nous tient à coeur mais on avait envie de mettre plus de tristesse et de mélancolie sans tomber dans le pessimisme. »  L’ensemble musical, alliant à des ambiances légères et tendres un peu de mélancolie, voire de contemplation, est doux et efficace quand il ne se veut pas simplement dansant et très rythmé (Underclub) Pour celui là « on voulait un morceau vraiment pêchu et efficace. C’est Benoit qui est arrivé avec ce morceau quasiment fini, et on s’est demandé quelle pouvait être sa place sur l’Ep. On l’a retravaillé et finalement,  On l’a adoré, ce côté rythmé, le message simple – on veut aller en boite et s’amuser« . Une belle variété de tons et de sons,  Chimeric est la bande son d’une soirée agréable entre amis. Plus que sympathique, The Flying Bricks est très prometteur.

Entretien avec Arthur (guitare) – le 30 mai 2022

 

SPOUT BIG SPACE: Terrestrial love call

Belgique, Rock Punk (M&O music, 2022)

Un peu barrés les gars de Spout Big Space, combo bruxellois ? Grave… Terrestrial love est leur nouvel Ep doté de 6 titres aussi allumés que variés. Fricotant avec les choses de l’espace, le groupe peut aisément être vu comme un ovni musical tant ses compositions sont étonnantes, déjantées décalées. Si Cloclo tape dans un punk énergiques, Spout Big Space sait aussi se faire plus directement rock (All song long, l’irresistible et très chantant Gone gone), doux (Candy queen) ou tout simplement inclassable (U-babe). Bref un groupe pas sérieux pour un rond mais très sérieux dans sa façon de faire et dont e résultat musical interpelle. C’est frais, complètement déjanté, ça déride, et rien que ça, c’est du tout bon. Un groupe à découvrir et à soutenir d’urgence!

ENLIGHTENMENT: Strange stars

Allemagne, Rock (Autoproduction, 2022)

Inconnu jusqu’à présent, je découvre Enlightenment, un quatuor rock allemand qui porte très bien son nom. Avec Strange stars, le groupe propose un rock varié, puissant qui sonne à la fois moderne et vintage. Normal, les accents parfois un peu psyché font mouche grace à des guitares inventives, des arrangements mêlant avec bonheur mélodies chantantes et rage puissante (Spines). Joyeuse comme ce Bojando, quelque peu hypnotique comme ce Freakshow instrumental, la formation ne se répète jamais maintenant l’attention de l’auditeur tout au long des 9 titres (plus intro et outro) et démontre savoir exactement où il va, alternant entre rock moderne et sonorités 70’s, prog ou psychédéliques. Un album au potentiel énorme à découvrir sans hésiter.

BIRDSTONE: Loss

France, rock (Autoproduction, 2022)

Du blues psychédélique, c’est la promesse musicale que nous fait le trio français Birdstone formé en 2015. Le groupe se penche sur la complexité humaine, le combat intérieur de chacun, l’ésotérisme et aborde au travers de son précédent CD, Seer en 2019, le parcours initiatique d’un prophète jusqu’à sa mort. Trois ans plus tard, Loss porte sur son prédécesseur le regard désabusé d’un enfant spirituel qui remet en cause les préceptes u dit prophète. Démarrant avec l’envoûtant Pyre, ce nouveau disque propose 7 chansons qui montent en puissance, captent et attrapent l’auditeur pour ne plus le lâcher. Les titres sont dans l’ensemble longs mais taillés dans un rock en effet bluesy aux forts accents psychédéliques le tout accompagné d’une rythmique imparable. S’il n’est pas évident de rentrer dans le propos de Birdstone en une écoute, la seconde rend l’ensemble addictif et donne une furieuse envie d’appuyer sur la touche « Replay ». Laissez-vous simplement tenter et séduire.

JULIEN BITOUN & THE ANGELS: Little ones

France, rock (Mistiroux, 2022)

C’est frais, c’est léger, ça sent l’arrivée des jours insouciants… Julien Bitoun, d’ordinaire individualiste, s’entoure de ses Angels – Paul Iron (basse) et Swanny Elzingre (batterie) et le trio nous offre ce premier essai revigorant, Little ones. Les 12 titres de ce Cd explore un rock enjoué allant de la country au rock’n’roll pur jus en passant par la ballade. Ok, si l’anglais n’est pas très compréhensible, l’ensemble fait taper du pied et donne une furieuse envie de se trémousser, de chanter en choeur et tout simplement de se laisser aller. On est souvent en terrain familier avec quelques inspirations classic rock (on pense aussi bien aux Stones, The Who, qu’à Credence Clearwater Revival ou même à un jeune Bryan Adams, aux pionniers du rock énervé, du psyché  voire même au folklore irlandais par instants) mais le jeu de guitare de Bitoun s’inspire aussi de la pure tradition de chansonnier des deux côtés de l’Atlantique. On passe d’un titre à l’autre avec un bonheur non feint, bonheur que le trio semble partager (cf. les photos du livret) dans une forme de simplicité (cette précision intérieure « Julien joue sur des guitares X et Y, des amplis K…, (…). Et il est assez content du résultat. ») Décidément, Mistiroux devient le label qui monte, découvreur de talents et un gage de qualité. Amateur de rock au sens large, fais toi plaisir!

DIRTY SHIRT: Get your dose now!

Roumanie, metal punk folklorique (Autoproduction, 2022)

Surfant sur la « vague pandémie », Dirty Shirt revient 3 ans après Letchology avec Get your dose now! qui se révèle rapidement addictif. Après une intro qui évoque à la fois westerns et Pulp fiction, le groupe roumain entre dans le vif de son sujet avec un rock teinté de punk et, surtout, doublé de cet esprit folklorique ultra dansant et entrainant. C’est festif de bout en bout et jamais la chemise sale ne lasse. Les rythmes hypnotiques proches parfois de la techno se mêlent à des guitares à la fois sautillante, trépidantes et syncopées sur fond de rythmes joyeux. Les voix se mêlent et se démêlent au gré des titres. On n’est pas étonné, d’ailleurs, de la participation de Beni Webb, le chanteur allumé de Skindred (Pretty faces) tant le style lui ressemble. Passant de titres très folk (Dope-a-min) à un esprit plus heroic metal (la première partie de Hot for summer qui sombre vite dans une folie ravageuse), Dirty Shirt se plonge même dans le bel exercice de la ballade (Cand-s-o-imparit norocu’ (part 1)).Impossible de rester de marbre face à cette déferlante de puissance et de bonne humeur qui se termine avec quelques bonus « spécial pandémie ». Trop sérieux, s’abstenir. Et tu sais quoi, lecteur? Les Roumains seront au Hellfest – part 2, sous Temple, le vendredi 24 juin. pour moi, rendez-vous est pris!

BRYAN ADAMS: So happy it hurts

Canada, Rock (BMG, 2022)

J’ai toujours beaucoup aimé la musique de Bryan Adams , cette puissance des Cuts like a knife et autres Reckless (on parle du Live! Live! Live!?) mais je l’ai moins suivi après ses errances en BO cinématographiques. Le gaillard  a cependant toujours su composer des chansons qui se retiennent et font bouger. Même si ses attirances pour le rock tendance pop, c’est toujours un plaisir de le retrouver. So happy it hurts, son dernier album en date, ne déroge pas à la règle, proposant des morceaux allant du rock à la ballade, variant ses plaisirs et ceux de l’auditeur. Premier constat: aucun des 12 titres  de ce nouveau disque ne ressemble à un autre. Alors, tout s’écoute, d’une traite, et lorsqu’on se plonge dans les paroles, on se dit qu’Adams a laissé parler ses tripes, qu’il a puisé son inspiration dans une (nouvelle?) déception amoureuse et règle ici quelques comptes (le morceau titre et Never gonna rain) avant de renouer avec l’espérance (You lift me up, I’ve been looking for you). Et aussi, il se souvient de qui il est, un musicien de rock qui a été, comme tant d’autres, privé des plaisirs de la route qu’il retrouve enfin, cette route où il est vraiment lui-même (On the road). Et il s’amuse avec « Dieu », redéfinissant la création. Non, non, Kick ass n’est pas une chanson de bigot mais bien la prise de conscience que ce soi-disant créateur a pris conscience que quelque chose manquait, que l’Homme s’était quelque part fourvoyé. Et ce n’est rien d’autres que cette musique rock qui te botte le cul. bref, Bryan Adams nous offre un album vrai, simple et qui ressemble à celui qu’il est aujourd’hui avec ses plaisirs et ses souffrances. Un beau retour qui, espérons le, nous permettra aussi de le retrouver sur scène. Ouais, j’aime bien Bryan Adams.

EDDIE VEDDER: Earthling

USA, Rock (Seattle surf, 2022)

De temps à autres, il y a des surprises qui arrivent comme ça. Le nouvel album solo du chanteur de Pearl Jam qui a publié Gigaton il y a à peine deux ans – arrivent dans les bacs. Earthling nous propose 13 titres d’un rock ici doux et léger, là plus énervé et qui puise son inspiration chez les grands classiques. Rien de particulièrement original mais les Invicible (un pied de nez au Covid?), Brother the cloud et autres The haves rappellent tout autant David Bowie que les premières heures de ce mouvement appelé grunge. Eddie Vedder n’a rien perdu de sa voix charismatique et chaleureuse et sait se faire plaisir avec des titres aisément mémorisables. Earthling se laisse écouter d’une traite sans aucune prise de tête. Un joli retour solo mais si certains attendent un retour à la BO de Into the wild ou une répétition de Pearl Jam, attention: on est sur un registre plus personnel bien que très généreux. Du EdDie Vedder comme on l’aime.