MADJVE: Buisiness first

madjiveHard rock, France (Autoproduction, 2017)

« On va enfin pourvoir voir Madjive! » sont les paroles qui introduisent ce Business first, nouvel album de Madjive. Madjive? Inconnu chez moi, et pourtant… Le groupe, qui vient de l’est de la France, a déjà plusieurs enregistrements à son actif (3 Ep et 2 albums) et donné de nombreux concerts un peu partout en Europe. Distillant un hard rock joyeusement bordélique, Madjive évoque à la fois le punk irrévérencieux et je m’en foutiste que le rock fun et déjanté d’un Royal Republic. Pas sérieux, ne pas s’abstenir, svp! C’est marrant, direct et ça envoie bien le bois sur fond de critique ouverte, acerbe et corrosive du monde des affaires. 12 chansons où énergie rime avec bonne humeur. ça commence par un Ignition programme sous forme de narration de ce qui va suivre. Et ce qui suit est constitué à la fois de rock et de chansons à boire. Un vrai folklore d’amusement. C’est le mot qui semble le mieux résumer, expliquer l’esprit de ce groupe qui ne se prend pas une seconde au sérieux et , dans cet esprit, parvient à nous entraîner dans son délirant sillage. Le verso est bien pensé, aussi, puisque chaque titre bénéficie d’une ligne explicative. Claire, nette et précise. Un album à écouter entre potes autour d’un bon apéro. APÉRO?

Note: 7,5/10

KLONE: Unplugged

KLONE 2017Rock, France (Klonosphère/Verycords, 2017)

Klone acoustique? Tant qu’à modifier ses comportements et sa personnalité, autant pousser l’expérience jusqu’au bout. Car Klone, aujourd’hui, n’a plus rien de commun avec le groupe de death metal qu’il fut naguère. Certes, depuis deux albums, le public s’est habitué à cette nouvelle identité, et l’on ne saurait par conséquent être surpris avec ce nouvel album Unplugged dont plus de la moitié des titres (Immersion, Fog, Grim dance, Nebulous, Gone up in flames, Come undone et Summertime) proviennent de Here comes the sun, son dernier album paru en 2015. En revanche, on ne trouve plus trace ici des premiers opus des Poitevins alors qu’il aurait été très intéressant de relever ce défi. Mais Klone n’est pas un groupe qui se repose sur ses acquis, il nous l’a assez démontré! Avec ce nçouvel album débranché, le groupe se met à nu. Une simple guitare accompagnerai la voix qu’on n’es serait pas déstabilisé. L’ensemble est simplement d’une magnifique pureté. Le son est clair, le chant doux comme la caresse du vent, un vent qui fait frissonner par instant. Klone est à fleur de peau et se dévoile comme jamais, prouvant une nouvelle fois que lorsqu’une chanson est bonne, il importe peu de quelle manière on l’interprète, elle reste et restera une bonne chanson. Les Français prennent des risques et c’est payant.

Note: 8/10

Sortie le 17 février 2017

THE ANGRY CATS et Red Is Dead live au Dr. Feelgood de Halles – le 16 février 2017

Si je commence à bien connaitre les Dr Feelgood pour régulièrement y rencontrer des musiciens en promo, je n’ai pas encore eu l’occasion d’y assister à un concert. Le passage de l’ovni rock’n’roll The Angry Cats (dont vous pouvez retrouver la chronique de leur dernier né, Outmonster the monster) est donc la bonne occasion pour remédier à ce manque. Lieux chaleureux par son sa décoration et son ambiance rock, le Dr. Feelgood propose régulièrement des concerts variés dans des conditions assez sympathiques pour les groupes.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

La petite salle en sous sol accueille ce soir quelques dizaines de personnes , certaines venues assister à la représentation du trio Red Is Dead qui, en ouverture, joue une bonne heure. Si l’on a l’impression que les morceaux sont taillés dans le même bois – un peu de grunge, du punk, de rock – on retiendra l’attitude désinvolte et l’humour potache du bassiste chanteur (notons que le chant est partagé avec le batteur) qui balance des vannes à tout va. Bonne humeur et poilades garanties: « Vous êtes loin… et pourtant vous êtes si près. ça me rappelle la relation que j’avais avec mon père »… « Approchez-vous, faites un pas en avant. Pensez à Christopher Reeves: y peut pas, lui! » « Elle mesure 1m53, Gaëlle! Elle lèche les tétons debout! » Bref, on s’amuse et on boit des bières sur un fond sonore grungy.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

 

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

Quelques minutes après, c’est un autre trio, The Angry Cats, qui investit les lieux, plus denses de quelques spectateurs. Les pieds chaussés d’un étonnant orange, armé d’une Gretsch tout aussi flamboyante, Fred Alpi lance les premières mesures de The invisible hand et, déjà, le trio commence à s’agiter sur scène, comme pris de spasmes. Premier extrait de son dernier album en date dont tous les titres seront ce soir interprété, il pose le cadre: un rock clair aux forts accents de l’ouest américain – quelque part entre hillbilly et rockabilly – une voix suave et une énergie communicative seront le fil de la soirée. On pense ici aux Stray Cats (tiens donc…), là à Chris Isaak qui, tous, auraient flirté avec un peu de stoner rock. Et si The Angry Cats est moins communicatif que ses prédécesseurs, il parvient à développer une belle énergie et à la maintenir tout au long de ces 75′. Si la salle n’est pas pleine, le public présent semble heureux. Il trépigne, encourage, s’agite et profite de cette soirée de potes qui dépotent. Un excellent moment en somme et un groupe qu’on espère retrouver sur des scènes plus grandes, à Paris et ailleurs.

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

 

GREYWIND: Afterthoughts

greywind-2016Rock, Irlande (Spinefarm/Search and Destroy, 2017)

Les groupes irlandais, en général, j’aime bien. De U2 à The Cranberries, en passant, naturellement (évidemment!) par Thin Lizzy, et Greywind se positionne quelque part entre. Une chanteuse, parfois douce, parfois furieuse, qui se met en avant sans empiéter sur le travail de ses comparses, le groupe dispense tout au long de ce Afterthoughts, son premier album à paraître le 27 janvier 2017, une belle énergie mêlée à de la pop tout au long de ces 10 chansons. Oui, pop, mais pas soupe: l’impertinence du punk n’est jamais loin – et souvent présente dans le chant teigneux de la miss. Elle sait aussi se faire partiellement douce et/ou mystérieuse. En explorant les différents aspects de la condition et de l’âme humaines, Greywind visites divers univers sonores, rendant l’ensemble à la fois intrigant, attrayant et… inquiétant.  Les titres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes (Safe haven, Desolate, In autumn, Wander…). Pour un premier essai, malgré quelques faiblesses guère surprenantes à ce niveau de carrière, Greywind a tout pour marquer quelques points auprès d’un public varié. A suivre.

Note: 7,5/10

MOTHER’S CAKE: No rhyme, no reason

mothers-cake-2017Rock, Autriche (Membrane, 2017)

Parfois inspiré par le côté aérien de Pink Floyd (Big girls), à d’autres moments revisitant Hendrix (Street Ja man), Mother’s Cake se positionne sur la scène rock en clamant haut, fort et clair, son amour du rock bien fait, et au delà. Car on touche aussi bien à l’univers psychédélique que rock, funk que progressif tout au long de ce No rhyme, no reason, son troisième album.  Mother’s Cake ne s’impose de barrières que celles qu’ils entend ne pas franchir, et elles semblent peu nombreuses. Peu importe l’époque, le trio autrichien est aussi moderne que fondu de vintage. Si l’on peu regretter ne pas comprendre l’anglais du chanteur Yves Krisner, on appréciera en revanche la variété des genres présents au sein de ces 10 chansons. Le groupe explore et teste, comme cet étrange passage au milieu du déjà mentionné Street Ja man (z’ont fumé quoi???) qui en dit long sur la maturité des musiciens. Il est une faiblesse, cependant: des longueurs lors des passages les plus allumés. Dans un monde où tout va très – trop – vite, on a le sentiment, parfois, de se perdre en route. Mais le travail et la volonté sont là. Il n’est guère étonnant de découvrir que sur ses deux réalisations précédentes (Creation’s fines en 2012 et Love the filth en 2015) on trouve de prestigieux participants, comme Ikey Owens, ex-claviériste de The Mars Volta, autre influence, ou Jack White. Un troisième album est souvent décisif dans une carrière – sans doute une vérité moins évidente de nos jours, mais quand même – et ce No rhyme no reason pourrait permettre une meilleure exposition publique à Mother’s Cake. C’est en tout cas tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Note : 7,5/10

 

STARSET: Vessels

starset-2016Pop Rock  (Spinefarm/Razor & Tie, 2017)

On prend les paris? Starset pourrait frapper fort, très fort, même, avec ce Vessels. Mais pas dans la sphère metal. Qu’est-ce qui a donc bien pu chatouiller l’échine de Spinefarm pour signer ce groupe américain, originaire de l’Ohio, plus pop qu’autre chose, je me pose la question. Car c’est bien de pop rock qu’il s’agit. Oh, bien fait, du chant correct, mielleux et doux avec, parfois, quelques accents extrêmes, genre « on est des bad boys », des sonorités electro, et des mélodies, parfois dégoulinantes et qui, souvent, visent les radios, des mélodies, en résumé qui vont plaire aux jeunes filles pré pubères, voire pubères. Un peu d’énergie sur les refrains, de la mélodies partout, des voix qui passent partout… Rien de neuf et tout pour plaire. Top 50 visé, pas forcément assuré.

 

Note: 5/10

BY’CE: Reset to zero

by-ce-2016Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

By’Ce? Ni Beyonce, ni Brice de Nice, mais visiblement – audiblement, serait plus juste – un amoureux de la six cordes. Ça fuse en tous sens, le morceau éponyme, qui ouvre ce disque de 8 chansons, frappe vite et fort, à un détail près: le chant. Non! Ce n’est pas du chant… C’est une voix qui croit chanter… Merde, comment gâcher ces compositions au demeurant originale par une torture vocale. Vous savez ce qu’on reproches aux critiques? Ce dont on les accuse le plus souvent, c’est de n’écouter que les premières secondes d’un morceau pour se faire une idée. Pour le coup, je confirme que c’est ce que je fais avec ce disque… By’Ce sait pourtant varier les tempos, comme sur cet intriquant et varié Reality splinters, sur le doux et reposant instrumental Serenity  ou ce You must hang on aux relents Pink Floyd meets Gary Moore, l’explosif Self control… mais ce gars qui pleure ou qui souffre, je ne sais, gâche tout. Je retenterai l’écoute avec un vrai chanteur, quelqu’un formé pour. Chacun son boulot après tout.

Note: 5/10

THE RED BARONS: Together

the-red-baronsRock, France (Autoproduction, 2016)

Douceur, guitare légère et aérienne… Voici comment débute le morceau éponyme de ce Ep de The Red Barons. Puis arrive la voix langoureuse et amoureuse d’Oriane, avant que la chanson ne se fasse plus enjouée, dansante. Livio, à la guitare, aime les grands du genre, d’Angus à Blackmore,  BB King et autres… Le chant, malgré un anglais peu compréhensible, est à la fois puissant et doux, évoquant par instant la folie douce d’une Baby Jean (Mother’s Finest) apportant une couleur particulière à l’ensemble, somme toute classique. Mais bien fait. The Red Barons, en 6 titres, visite, entraîne et nous entraîne da&ns divers univers musicaux. no futur, très rock, est suivi d’un surprenant Brunch à la basse groovy et aux relents orientaux. Top. Réduire la musique de The Red Barons à du simple hard rock, ou de la world, ou du folk metal ou, ou ou… serait injuste. Après tout, le Baron Rouge, aviateur, en a visité du pays. Il est naturel pour un groupe de faire de même en reprenant ce patronyme. Together est une jolie carte de visite, un apéritif qui donne envie d’en connaître d’avantage sur cette formation prometteuse, qui bénéficierait d’une meilleure mise en son et d’une identité plus affirmée. Ce qui viendra à n’en pas douter.

Note: 7,5/10

BLINDING SPARKS: Renaissance insipide deluxe edition

blinding-sparks-2016Rock, France (Season of Mist, 2016)

Etrange double CD que ce Renaissance insipide – Deluxe edition. Au départ, il s’agit du premier Ep des Français de Blinding Sparks qui ont décidé de le ressortir agrémenté d’un disque bonus, BS Soldiers 1. Choix étrange car l’Ep contient 5 chansons tandis que le disque bonus est composé de 9 titres et 1 vidéo. Les choix de chacun ne sont pas toujours évidents. Musicalement, Blinding Sparks m’est tout aussi étrange. Renaissance et Insipide, les deux premiers morceaux sont à la fois doux et rock, romantiques et mélancoliques. Le chant est particulièrement dérangeant, souvent à la limite du faux et de l’inintéressant, n’apportant rien à cet ensemble décousu. « Heureusement »,  on retrouve également les versions instrumentales en fin de disque. La complainte de Jack, en revanche, m’éveille et m’émerveille. Monté comme une véritable pièce théâtrale d’un style déjanté, Blinding Sparks parvient enfin à titiller les esprits. Le chant n’est plus faux, il est simplement décalé et déjanté. La chanson se transforme en un univers digne de L’étrange de Noël de Mr Jack, le film d’animation de Tim Burton. Le second CD, Soldiers, évoque une certaine chanson française que je n’ai jamais su apprécier… Le chant « torturé »de Jérémy Conrad me gêne car il ne me semble jamais juste. Ni sur la déclaration Sandra, ni sur L’avocat, ou le plus punk Un jour je signerai, speedé et impertinent… En revanche, le dynamique et enjoué I regret my life me plait. Note: c’est un instrumental. Musicalement, le groupe se tient, alternant rock, punk, blues, bref, offrant une jolie variété. Vocalement, Blinding Sparks s’adresse à un public dont je ne fais pas partie. Un peu de folie, soit, de la rage, oui. Du chant aussi. Ce que je ne trouve pas ici. Dommage. Sans doute le groupe élargirait-il ses possibilité avec un vrai vocaliste, car Jérémy se révèle un guitariste fin et inspiré (X.X).

Note: 6,5/10

Titre que je retiens: La complainte de Jack

OUR BLOND COVERS: Die and retry

our-blond-covers-2016Rock, France (autoproduction, 2016)

Il y a quelque mois, nous découvrions Our Blond Covers par le biais de son premier effort, The lost side of the world (chroniqué ici même). Quelques mois à peine, là où la plupart des groupes mettent deux ans à sortir un nouvel album! Rien que pour cet effort « à l’ancienne » OBC mérite toute notre attention et nos félicitations. Maintenant, qu’en est-il musicalement? Le groupe évolue dans un registre rock 90’s dans lequel se glissent quelques influences new wave. OBC propose une variété de genres, alternant entre morceaux mid tempo ou lents et chansons plus hard, rapides et directes.  Le morceau titre, qui introduit cet album, est à la fois léger tout en proposant un refrain dynamique et chantant. Il est suivi d’un Maniac plus rentre dedans, plus hard, au chant rageur, tandis que Left away without a trace se rapproche de la ballade romantique US. Deaf tones mixe lourdeur et lenteur – sans que l’on puisse parler de doom, loin s’en faut! Artificial est syncopé et hypnotique avec ses parties répétitives, tandis que Something wrong tape à l’opposé avec ses aspirations plus jazzy. Enfin, Voices, s’il évoque ouvertement AC/DC au démarrage se fait rapidement simple et direct, allant à l’essentiel. Malgré cette variété qui peut en dérouter certains – prétextant que le groupe ne sait pas quel style choisir? – Our Blond Covers semble savoir où se diriger: vers un public large et varié, malgré un chant anglais difficilement compréhensible (bien que le phrasé soit agréable). Si l’on excepte un livret absolument inutile (seule la page 4 sert pour les crédits, le reste n’est même pas du remplissage), on appréciera justement cette variété et ces vocaux qui ratissent large. Il y en a pour tous les goûts. C’est, finalement, à la fois la force et la faiblesse de ce disque.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Artificial