Interview: ROYAL REPUBLIC

Juste avant leur concert parisien de l’Elysée Montmartre, Metal Eyes est allé discuter avec Jonas et Hannes ravis de se retrouver à Paris, malgré les mouvements de grève. Deux gaillards toujours aussi gentils et passionné avec qui il est toujours agréable de parler.

Interview ROYAL REPUBLIC. Rencontre avec Hannes (guitare) et Jonas (basse). Propos recueillis à l’Elysée Montmartre à Paris le 10 décembre 2019

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, Club Majesty, votre dernier album est sorti il y a quelques mois. Quels sont les retours jusqu’à présent ?

Hannes : On a eu de très bons retours. On ne fait pas trop attention aux critiques, mais le public semble aimer ce disque, ce qui est sans doute le plus important, et plus important encore, c’est que nous l’aimons vraiment, nous en sommes super fiers.

 

Metal-Eyes : C’est sans doute plus facile de défendre un album sur scène quand on l’aime…

Hannes : Oui, et les gens le savent quand tu n’es pas à fond. Tu ne peux pas le défendre correctement, ils le savent, tu peux pas leur faire croire des conneries de ce genre…

Jonas : Et nous savions dès le départ, comme pour chaque album, que nous sommes ceux qui resterons coincés avec ces chansons jusqu’à notre mort. Alors, si tu n’aimes pas ce que tu fais… Certaines chansons n’ont pas fini sur l’album parce que nous devons être persuadé que chacun d’entre nous s’amusera à les interpréter. On écrit donc avant tout de la musique pour nous, et tant mieux si les gens l’apprécient.

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous composez avec la scène en tête.

Jonas : Oui, mais aussi dans le sens de l’écoute. Si on trouve une chanson bonne, avons-nous plaisir à la réécouter, aussi ? Mais évidemment, une fois que nous l’avons enregistrée, la question est de savoir comment nous allons l’interpréter live. Ce qu’on va y apporter. Et sur cette tournée, on a presque tout fait avec une guitare synthé (il affiche un large sourire).

Hannes : Mais en effet, je dirais que oui, nous écrivons vraiment en vue de la scène. C’est ce que nous faisons, et c’est ce que nous faisons le mieux. C’est ce qui nous a permis d’arriver là où nous sommes. Nous avons parcouru tout ce chemin en tournant, en jouant live. On n’a jamais eu de hit important, de grosse diffusion radio, non… Nous sommes ici grâce à nos tournées intensives depuis presque onze ans. Alors si ça ne fonctionne pas en live, ça ne nous fera aucun bien.

 

Metal-Eyes : Cela signifie-t-il que vous testez vos chansons live avant d’entrer en studio pour les enregistrer ? 

Hannes : Non, et je crois que c’est une des choses que nous devrions faire. Un des axes de progrès, nous retrouver dans un studio de répétition et travailler nos chansons ensemble.

 

Metal-Eyes : Avec du public, pour voir ses réactions ?

Hannes : Oui, ça aussi, mais avant tout, nous quatre et jouer ensemble. Pour cet album, par exemple, nous n’avons jamais joué ces chansons avant de déclencher l’enregistrement. Ce qui est étrange : chacun de son côté enregistre des démos, les envois aux autres, on est soit d’accord soit pas, et si les pouces sont levés, nous continuons de travailler les chansons. Mais toujours à l’ordinateur, programmant des trucs – évidemment, la basse et la guitare, on doit jouer – mais je crois que nous devons (à Jonas) et c’est mon opinion, je crois que nous devrions commencer à jouer nos chansons ensemble dans une même salle avant d’enregistrer (Jonas approuve). Pour nous assurer que ça fonctionne comme nous le voulons, que nous nous sentons bien avec, et, accessoirement, nous les approprier, trouver « accidentellement » ces petites choses qui feront la différence. Les accidents, ça arrive, et parfois, c’est très positif.

 

Metal-Eyes : Comment analyseriez vous l’évolution de Royal Republic entre vos deux dernier albums, Week end man et Club majesty ?

Jonas : Il y a un point commun : il y a toujours eu chez nous ce côté Rock meets disco, un esprit assez dansant

 

Metal-Eyes : Ce qui est encore plus flagrant sur Club majesty…

Jonas : Depuis le premier album, ça a toujours été le cas. Le titres les plus dansants sont ceux qui marchent le mieux, les préférés du public. A partir de là, on s’est dit, après Week-end man, que nous devions aller encore plus dans cette direction dansante. Nous apprécions vraiment ça…

 

Metal-Eyes : C’est plus que simplement du rock’n’roll…

Jonas : Oui, oui !

Hannes : C’est une évolution permanente depuis la toute première chanson que nous avons écrite. Beaucoup de critiques disent que nous avons changé notre son. Je les comprends, mais je ne suis pas d’accord : si tu écoute notre premier album, il y a Full steam space machine avec ce rythme très disco. Depuis le début. Je ne dirais pas que nous avons changé de voie mais que c’est une évolution naturelle depuis le premier jour de notre rencontre, de la formation du groupe. Et je crois que nous avons créé un foyer. Nous sommes vraiment bien avec ce que nous jouons. Nous ne sommes pas un groupe progressif dans le sens où nous aimons tenter des choses, développer… Qui sais, peut-être que le prochain album sera du death metal core ! (rires)

 

Metal-Eyes : Au moins, vous ne vous répétez jamais, il y a toujours quelque chose de nouveau. Et en tant qu’auditeur, je trouve ça important d’être

Hannes : Je le crois aussi, et c’est valable aussi pour nous quatre : tester, nous surprendre… Si nous restons coincés dans une routine, ce ne serait pas bon…

 

Metal-Eyes : Ce qui peut être un des éléments de réponse de ma question suivante. La première fois que nous nous sommes rencontrés, Hannes, c’était dans un hôtel à Paris et Adam (chant, guitare) était présent. Il avait dit que votre première rencontre entre lui et toi, était assez bizarre, que vous n’étiez pas dans le même monde. Comment expliques-tu, et la question s’adresse aussi à toi, Jonas, que presque 15 ans après vos débuts vous soyez toujours ensemble là où tant d’autres formations connaissent de réguliers changements de line-up ?

Hannes : C’est une très bonne question… En fait, c’est assez drôle : Per, Adam et moi étions dans le bus hier soir. Nous disions exactement ce que tu viens de dire : nous sommes quatre personnalités complètement différentes, on se disait que c’est quand même hallucinant que onze ans après on s’entende toujours aussi bien, que nous soyons les meilleurs amis du monde. Et c’est dingue, parce que comme tu l’as dit, notre première rencontre était plus que bizarre. Nous n’avions rien de commun les uns avec les autres, nous étions si différents. La seule chose commune c’était notre amour de la musique et quand nous jouions ensemble ça sonnait si bien !

 

Metal-Eyes : Alors comment expliquez-vous être encore ensemble onze ans après ?

Jonas (il écarquille les yeux) : Du respect mutuel…

 

Metal-Eyes : J’adore le regard de Jonas, ces gros yeux intrigués ! (rire général)

Jonas : Oui, mais il faut dire que le temps passe vite quand tu t’amuses. Ça fait de nombreuses années passées ensemble, mais nous avons été chanceux, bénis, de trouver cette harmonie au sein du groupe, avec le crew sur la route aussi. On est souvent séparés de nos familles, mais sur la route, nous sommes avec notre seconde famille. Et c’est comme dans toute famille, parfois c’est difficile, mais la plupart du temps tu passes de bons moments. Nous sommes comme des frères. J’ai un vrai frère, et parfois on se dispute, d’autres, on est solides. (A Hannes) Comme tu l’as dit, la musique nous lie, c’est notre colle magique.

Hannes : Oui, et nos différences, personnelles et musicales – il y a beaucoup de désaccords et de disputes quand on enregistre, des pleurs… Au final, nous sommes capables de ne retenir que le meilleur de chacun, des opinions, avis, apports et nous finissons toujours par réaliser quelque chose que nous pouvons soutenir, que chacun de nous aime vraiment et dont nous sommes fiers. On s’est demandé comment nous étions parvenus à intégrer autant de disco, mais j’en suis arrivé au point où je n’ai pas envie d’en changer, j’ai peur de ce qu’il pourrait se produire. Tout comme s’il y avait plus de mélodie… Mais une chose est sûre et doit être dite, c’est que nous nous aimons vraiment tous les quatre (Jonas approuve) et nous somme des amis très proches.

Jonas : Aussi parce que chacun de nous aime tant la musique que personne ne veut faire les choses à moitié. Il y a quelque chose de plus que de simplement composer…

 

Metal-Eyes : Alors, si chacun de vous devait ne retenir qu’une chanson de Club majesty pour expliquer ce qu’est Royal Republic aujourd’hui, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Jonas : Je dirais… Can’t fight the disco est assez représentative de ce qu’est cet album. Il y a un message dans la chanson, mais aussi ce côté dansant et très rock à la fois. On ne veut que proposer quelque chose d’irrésistible au public. Et le côté dansant est un très bon moyen de voir le gens se dandiner, lever les bras et sourire. On ne veut pas lancer des mosh pits ou des… comment ça s’appelle ? Des wall of death, on ne veut que voir les gens heureux et sourire. Leur énergie nous est transmise, et c’est si bon parce que le pouvoir de la musique est là, même quand quelque chose va mal. Alors on leur rend cette énergie.

Hannes : Pour moi, ce serait… Fire man and dancer est aussi un bon morceau. Je crois que ces deux titres sont ce que nous faisons vraiment de mieux aujourd’hui.

 

Metal-Eyes : Les deux chansons ont trait à la danse… La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, au Cabaret sauvage en 2017, tous trois, Per était avec nous, me disiez que ce type de salle correspondait parfaitement à Royal Republic. Vous jouez ce soir à l’Elysée Montmartre qui a une plus grande capacité. Que pensez-vous de cette salle ?

Jonas : J’adore cet endroit ! Je trouve cette salle superbe, l’architecture est belle, et en France, les salles sont généralement très belles. On est très heureux de la manière dont nous sommes accueillis et traités… Il y a des toilettes, des douches… On ne demande pas la lune, mais il y a des endroits où quand on demande si on peut se doucher, la réponse est « oui, à l’hôtel. 4 kilomètres » ! Et c’est aussi un bon indicateur du fait que le travail paie.

Hannes : C’est plus ou moins la taille idéale pour nous. Quelque part entre 1600 et 2500 personnes, c’est l’idéal : assez grand mais on peu toujours interagir avec le public. Le premier rang n’est pas à 10 mètres de toi.

 

Metal-Eyes : Vous avez pu visiter un peu les alentours ? Pas en métro puisque tout est fermé…

Jonas : Je me suis promené dans le quartier, oui. J’ai trouvé ça super cosy, avec toutes ces boutiques où j’ai pu faire quelques achats pour Noël. Nous sommes venus plusieurs fois à Paris, les deux premières fois nous avons fait les choses typiquement touristiques comme la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe. On a pu voir des choses très touristiques et des bars où les gens vont mourir (rires) !

Hannes : Je suis monté pour voir le Sacré cœur, que j’ai visité pendant une demi-heure. C’est très beau, et une belle balade.

 

Metal-Eyes : Une belle balade, une sacrée montée des marches aussi. La dernière fois que je suis monté, nous avons dû le faire deux fois.

Hannes : Non, pourquoi ?

 

Metal-Eyes : Les personnes avec qui j’ai fait la visite voulaient voir certaines choses. Et une fois redescendus, l’une d’elles me dit « oh, non ! On a oublié d’aller Place du Tertre ». On est repartis, à pieds…

Hannes : Oh non (rire général) ! En plus c’est crevant comme montée !

 

Metal-Eyes : Les concerts ont toujours été très visuels. Qui se charge de vos tenus et de la scène ?

Hannes : Nous créons nos vêtements nous-mêmes. On y réfléchi ensemble, et les lumières, c’est Tommy qui travaille avec nous.

Jonas : Nous, on a l’idée, un budget, on lui en fait part et lui nous dit si c’est faisable ou pas.

 

Metal-Eyes : Dernière question : quelle pourrait être la devise de Royal Republic en 2020

Jonas : « On n’est peut être plus un groupe de rock mais quand on joue, ça rocke ! »

Hannes : C’est pas un peu prétentieux ?

 

Metal-Eyes : Allez, c’est parti pour une dispute !

Hannes : Oui, tu vois ! Tu vois, on y arrive (rires). C’est une question difficile. J’aime bien ça… Attends, quelque chose d’intelligent…

 

Metal-Eyes : Celle de Jonas est catchy, la tienne sera intelligente.

Hannes : Ah, je n’ai rien de court… comme je l’ai dit, j’aime ce que nous faisons et c’est ainsi que je veux continuer car je me sens comme à la maison. Mais je pense que…

 

Metal-Eyes : Ça pourrait être « continuons de faire ce que nous faisons de mieux »

Jonas : Oui, merci ! C’est ça… Nous allons continuer d’évoluer et de nous améliorer.

Hannes : Exactement.

 

ROYAL REPUBLIC: Live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 10 décembre 2019)

En pleine période de grève des transports qui affecte surtout les Franciliens, je parviens avec patience à rallier la Gare du Nord avant de me rendre à pieds à l’Elysée Montmartre. Une vingtaine de minutes de marche pour retrouver Royal Republic que je dois interviewer avant le concert (interview à découvrir bientôt). Autant dire qu’une fois sur place, j’adopte le principe du « J’y suis, j’y reste ».

La salle se remplit lentement (la foule est encore en train de faire la queue au vestiaire, plus longue que jamais) alors que Blackout Problems entre en scène. Le quatuor allemand – que les fans ont déjà pu découvrir au Forum de Vauréal un gros mois plus tôt, toujours en ouverture de RR – propose un soft rock qui mèle entrain et énergie. Mario Radetski, le chanteur guitariste ne tarde d’ailleurs pas à se mettre le public dans la poche en sautant les barrières de sécurité, avec sa guitare et son pied de micro, pour s’installer au milieu du public qui l’entoure et n’a plus d’yeux que pour lui jusqu’à ce qu’il remonte sur scène.

Souriant et charmeur, le chanteur s’adresse au public dans un français qu’il préfère abandonner, et fait preuve de beaucoup d’humour (j’adore lorsqu’il demande à tout le monde de participer, « même vous là haut, au balcon! – vide, le balcon!) Et il sait s’y prendre, le gaillard lançant, juste avant Queen, des « One two » repris par le public avant d’y aller un français avec des « Un deux » qui ont pour écho « Un deux, un deux trois quatre » de tout un parterre qui saute et danse au rythme de ce rock aux sonorités électro.

Ce concert n’est que le second que donne le groupe à Paris. Mais Mario en profite pour annoncer que Blackout Problems y jouera bientôt en tête d’affiche, le 7 février, au 1999, une nouvelle salle située rue Saint Maur.

 

Si la queue au vestiaire commence à réduire, le public se tasse en salle. Les morceaux choisis pour l’entracte sont assez explicite de la soirée à venir, et en lien avec l’esprit du dernier album de Royal Republic, plus disco que jamais: tous les grands tubes disco des 70’s sont

de sortir, de Upside down à Born to be alive en passant par Heart of glass et Le freak)

Un peu avant l’heure, la salle est plongée dans le noir avec en guise d’intro You sexy thing (Hot Chocolate). Puis le quatre Suédois entrent en scène en costards rutilants,  avec un doublé du dernier album, Fireman & dancer suivi de Can’t fight the disco qui mettent tout le monde d’accord. Le public saute et commence à danser. Adam est en voix et prouvera toute la soirée être dans une forme resplendissante, Jonas très énergique, Hannes plus concentré se lâche avec plaisir, tandis que Per se la joue cool et puissant derrière son kit.

Sur Underwear, Adam fait venir un technicien sur scène pour lui envoyer sa guitare avant de rejoindre Per et s’empare d’une baguette. Les deux proposent ainsi un duo de batterie très sympathique. Puis c’est le trépidant Full steam spacemachine pour lequel Adam incite le public à sauter.

Jonas s’empare d’une guitare synthé pour proposer les intros de Jump (Van Halen) et de The final coutdown (Europe) avant un Stop movin’ irrésistible. Qui a déjà vu Royal Republic le sait, ce groupe donne au public autant que ce dernier lui envoie en retour. C’est un perpétuel échange d’énergie, de fun et de bonne humeur. Adam rapidement présente ses compagnons: « mon ami Jonas, à la basse. Mon ami Per. Et Hannes… l’ami de tout le monde! » avant de se présenter pour la première fois d’un simple : « My name is Adam ».

Tommy Gun débute avec l’invitation que lance Adam à une jeune femme à le rejoindre sur scène. Il lui passe sa guitare, elle joue, lui ne se chargeant que de plaquer les accords. Quelques pas de danse avant la question: « quel est ton nom?  – Julie! – Je m’appelle Adam! » un bisou, et au revoir!

Le concert touche à sa fin et Adam propose au public de faire semblant. Le message est en gros: « On va faire comme si on partait, parce que le rappel est obligatoire. Si on n’en fait pas, on n’est pas payés. Alors on s’en va, vous criez, on revient ». Dont acte, et un final de trois chansons suivie d’un Ace of spades (Motörhead) chanté par Jonas (ça fait drôle de voir un Lemmy aussi classe!) avant que Baby ne sonne la fin des festivités.

Comme à son habitude, le quatuor a transformé ce concert en une vraie fête. Le parterre est devenu dancefloor, et c’est un public heureux qui s’en retourne… faire la queue pour récupérer ses affaire au vestiaire. Un superbe dernier concert de 2019 pour Metal Eyes. Que 2020 nous en apporte plein des comme ça.

Merci à Live Nation et à Roger Wessier.

LES ROCKEURS ONT DU COEUR: The Lunatiks, Missing et So More Chains live

Samedi 30 novembre la salle des fêtes de Saint Jean de Braye, commune voisine d’Orléans dans le Loiret (dans le 45 pour ceux qui préfèrent) accueillait pour la cinquième année consécutive l’association Art’Scenik, organisatrice, au profit des Resto du cœur, de la soirée Les rockeurs ont du cœur. Le principe est simple: 3 groupes sont invités à donner un concert, les sessions inter-plateaux étant animées par un musicien ou un groupe. Et pour pouvoir pénétrer en ces lieux, le tarif est un simple jouet neuf. Une bonne action pour une bonne soirée.

Ce soir sont prévus dans la salle d’une capacité de 300 places The Lunatiks (pop rock), Missing (rock) et So More Chains (metal). Dans le hall, une estrade est installée qui accueille Swing K 1000, trio de jazz manouche qui fait… swinguer le public sur des reprises de tous horizons. Une variété de genres qui attire malheureusement à peine une centaine de personnes. Doit y avoir un truc à la télé…

Avec quelques minutes de retard, Mamirock, organisatrice de la soirée et, accessoirement chanteuse de Missing, ouvre le bal avec un rapide discours remerciant le public présent puis annonçant le premier groupe, The Lunatiks, « dont le chanteur vous sera peut-être familier. On l’a vu à la télé il y a peu ».  Nous y reviendrons.

Composé de 4 jeunes musiciens, The Lunatiks propose un rock pop moderne bien que teinté du son anglais des 60’s. Clem, le chanteur, se fait remarquer par sa voix douce et puissante à la fois, et propose une vaste palette montant souvent et aisément dans les aigus. Multi facettes, il joue également de la guitare et du piano et est accompagné à la guitare du discret et concentré Aymeric, de Lauraine à la batterie et d’un nouveau bassiste qui donne ce soir son premier concert avec le groupe, Max, dont le look de dandy excentrique à la Willy Deville ne passe pas inaperçu.

Du rock à la pop, le groupe séduit un public attentif, et malgré de nombreuses relance, Clem ne parvient pas à faire vraiment se rapprocher les gens de la scène. Il s’amuse des cordons fluo des bouchons d’oreilles, seule chose qui lui permette de distinguer le public. Un léger moment de froid se fait sentir lorsqu’il demande si quelqu’un l’a vu cette année à The Voice, télé-crochet auquel il a participé. Mais non, apparemment personne, ou presque, ne l’a vu. Dommage sans doute que l’asso n’ait pas fait plus de pub autour de ça, cela aurait sans doute attiré plus de gens, plus de jeunes… Reste que The Lunatiks a donné un premier concert des plus sympathiques et fait preuve d’entrain et d’originalité dans son propos musical.

 

Avec Missing, on passe à un autre propos. Le groupe mené par Mamirock (organisatrice de la soirée, faut-il le rappeler?), femme au caractère bien trempé et d’une joyeuseté à toute épreuve, propose un set de reprises d’horizons divers. La grande force de Missing, ce sera dit, est de ne pas proposer de simples reprises mais de retravailler avec soin et humour chacun des titres proposés.  Et pour le coup, il y a bon nombre de morceaux qui forment un véritable jeu de piste, qui sont un mystère jusqu’au déclic qui fait dire: « mais oui! c’est… »

En toute vraisemblance, le groupe est là uniquement pour s’amuser. La paire de guitariste David « le sérieux » et Philippe « le gai-luron » fait des merveilles, ce derniers virevoltant parfois tel Jannick Gers, va chercher le public dans la fosse quitte à se faire rappeler à l’ordre (« Philippe, non! On joue, là » lui lance David) et revenir tel un enfant pris sur le fait (« ben quoi, j’ai rien fait… »)

Le public est plus massif pour acclamer les Shout (Tears For Fears), Billie Jean (Michael Jackson), Hush (Deep Purple) et autre Another one bites the dust (Queen). une mention spéciale sera cependant portée à cette revisitation du titre phare de Eurythmics, Sweet dreams qui voit Mamirock habitée et démoniaque, donnant une toute autre interprétation, à la fois malsaine et très sexuelle, à ce hit intemporel. Là encore, Missing nous a offert une prestation enjouée, fun et entraînante. Un groupe à découvrir ou retrouver le 14 décembre au Blue Devil’s à Orléans.

 

En troisième position, nous découvrons So More Chains, un groupe de metal à la fois thrash et moderne formé il y a deux ans à peine. Le chant est partagé entre Thomas, guitariste et principal vocaliste au chant clair et puissant et Vincent, le batteur, qui apporte quelques touches extrêmes avec des growls bien sentis.

Si les musiciens sont concentrés, chacun fait le job, seul Michael, le guitariste lead, semble se donner à fond. Il reste encore des marques à trouver. La puissance des compos originales jouées rappelle parfois les débuts des grands du thrash, Metallica en tête et j’admire Bring the hell et son intro aux sonorités égyptiennes qui m’évoque The last in line de Dio.

 

Malheureusement, le concert se déroule devant un parterre au public épars. Les jeunes parents sont rentrés coucher les enfants, certains plus expérimentés restent et observent, apprécient. Les titres s’enchaînent avec comme un sentiment de manque de motivation, et c’est bien dommage, car les musiciens envoient sévère, et l’amateur de ce style que je suis se laisse facilement emporter par les riffs puissants et efficaces proposés une bonne heure durant.

Si l’on peut regretter le fait que plus de monde aurait pu se déplacer, on ne peut que saluer l’initiative d’Art’Scenik et la générosité tant des bénévoles de l’association que du public présent et, naturellement, des musiciens venus animer cette soirée. On remet ça dans un an, Mamirock?

 

MICHAEL MONROE live à Paris (la Maroquinerie, le 29 octobre 2019)

Michael Monroe à Paris, c’est un événement rare. La Maroquinerie qui l’accueille aujourd’hui est plus que correctement remplie bien que n’affichant pas sold out. Peu importe, car ce soir, l’adage disant que les absents ont toujours tort va de nouveau prendre tout son sens. Et ceux qui croient que ce public n’est composé que d’anciens se trompent. De nombreux jeunes sont ce soir présents, certaines ayant découvert le phénomène au travers du biopic The Dirt. Et ont craqué pour le dandy électrique au point de vouloir le découvrir en vrai.

D’abord, ce sont les Polonais de Chemia qui ont pour mission de chauffer la salle. Si les trois premiers titres ne me parlent guère, la suite, rock et groovy, se fait plus intéressante. Il s’avère difficile pour les 5 de se déplacer sur cette petite scène qui voit la batterie reléguée côté cour. Un espace restreint qui n’empêche pas le chanteur Luke Drapala d’afficher un grand sourire.

Naturellement orienté sur le second album, Chemia démarre toutefois avec Bondage of love, extrait de son premier album de 2013. Et tout au long des 10 morceaux interprétés, le groupe réserve une ou deux exclu au public parisien, dont ce Gotta love me (si ma mémoire est juste) que Chemia joue pour la première fois. Et Luke de rajouter que, de toutes façons, c’est la première fois pour toutes les chansons puisqu’ils ne sont jamais encore venus à Paris. Un peu d’humour qui indique sans doute que l’homme est détendu.

Détendu et à sa place lorsqu’il invite, à deux reprises, le public à participer, d’une part sur le susmentionné Gotta love me puis, à la fin du set sur I love you so much au rythme ultra groovy, entraînant et dansant, auquel le public répond d’ailleurs très positivement. Sans révolutionner le genre, Chemia se révèle une agréable mise en bouche.

La salle rétrécit petit à petit. Ou plutôt, le public se fait plus dense. Les attentes sont nombreuses ce soir et l’on peut comprendre pourquoi. Son dernier passage « parisien » remonte au mois d’octobre 2015, au Forum de Vauréal. Et je me souviens avoir vu l’ex-leader d’Hanoi Rock à Cannes avec Hanoi Revisited, au début du millénaire. Rare, vous dit-on.

Entouré de son fidèle bassiste Samy Yaffa, Steve Conte à la guitare et Karl Rockfist à la batterie, Michael est également accompagné par Rich Jones venu remplacé Dregen rentré chez ses Backyard Babies. L’entrée sur scène voit le chanteur – à la voix ce soir quelque peu éraillée – attaquer, une sorte de lampion à son effigie à la main (certains voient un godemichet lumineux, je ne suis pas spécialiste…), avec 3 extraits de son dernier album en date, One man gang: le titre éponyme, le superbe Last train to Tokyo et Junk planet qui a tout du hit potentiel. Le public bouge, se serre et met rapidement une ambiance de feu.

Michael, lui, fait le show sans avoir besoin de se faire prier. Entre accessoires lumineux, chapeaux et casquettes diverses, le gaillard affiche une forme quasi olympique. Il saute,danse, transpire et n’hésite pas à faire le grand écart devant un public ébahi par tant d’énergie. Et ce n’est là qu’un début. S’emparant dès que possible d’un harmonica, il souffle également dans les bronche d’un superbe sax rouge.

Passant en revue l’ensemble de sa carrière – qui n’attend pas de pouvoir enfin écouter du Hanoi Rocks en live? – Michael Monroe s’inquiète, après ’78, pour deux jeunes filles écrasées par un public un peu trop enthousiaste : « Soyez sympa, ne poussez pas trop, ces deux jeunes filles n’arrivent pas à respirer ».  Et ça repart pour un tour dès Black ties and red tape.

Hard, rock, punk, avec Michael Monroe, tout y passe. Entre sa désormais riche carrière solo, son brillant passé avec Hanoi Rocks, son passage moins remarqué avec Demolition 23, il y a l’embarras du choix. Ce qui ne l’empêche nullement de proposer quelques reprises de classiques, tels que Up around the bend (Credence Clearwater Revival) ou une conclusion simplement superbe avec I feel alright (The Stooges).

En un peu plus d’une heure trente, le dandy dégingandé a conquis le public qui repart ravi et avec une promesse qu’on espère voir se concrétiser, celle d’un retour prochain en nos terres. En cette période de paris, peut-on rêver d’un passage à Clisson?

THE FAIM: State of mind

Australie, Rock (BMG, 2019)

Quand on parle de rock australien, on pense souvent à Airbourne pour les plus récents des hard rockers, à AC/DC, The Angels, Rose Tattoo pour la partie historique la plus rock, à INXS ou Midnight Oil pour le rock plus pop ou au Easybeats pour nous faire autant aimer le vendredi. On pourrait ajouter aussi le disco des Bee Gees ou le torturé Nick Cave. Bref, l’Australie est terre de musique et de rock. The Faim, quatuor arrivant de Perth, pourrait rejoindre cette grande famille grâce à son premier album, State of mind. Composé de 10 chansons qui piochent dans divers univers musicaux, The Faim se positionne dans ce que l’on pourrait déterminer comme du soft punk ou du heavy pop. Les mélodies douces font penser au Blink 182 le plus récent, et si l’on creuse un peu, l’auditeur note des traces tant de jazz que de rock (un peu) plus énervé. Les guitares évoquent parfois une rencontre entre U2 et Metallica. Cependant, les aspects popisants omniprésents freinent quelque peu l’énergie que le groupe pourrait développer. State of mind est un album passe-partout, aux formules déjà entendues qui ne me marquent pas particulièrement. Les mélodies sont sympa, cependant, aucune ne s’insinue dans mon esprit. Il manque selon moi une touche de rage ou d’énergie pour me donner envie de réécouter ce disque dans la foulée. Dommage, car il y a de belles intentions mais cet album a un goût d’inachevé…

JOE BONAMASSA: Live at the Sydney opera house

Blues rock, USA (Provogue, 2019) – Sortie le 25 octobre 2019

Il est inusable, infatigable, ce Joe Bonamassa… Tout est bon pour offrir à son public un nouvel album. Studio ou, plus souvent pourrait-on croire – live. Et ce qui est extraordinaire, c’est que ses offrandes ne se ressemblent pas. Le chanteur guitariste au doigté unique ne se répète jamais et profite donc de la richesse et de la variété de ses concerts pour les immortaliser. Live at the Sydney opera house fait suite à British Blues explosion (2018) et, contrairement à ce dernier se concentre presque exclusivement sur Blues Of Desperation, paru en 2016. Il y a pourtant eu un autre album depuis, Redemption en 2018, mais… ce disque concert date en réalité du 30 septembre 2016. Ce « nouvel » album live a donc été enregistré dans ce superbe hall de de Sydney originellement construit pour y abriter des opéras. Loin de l’univers du blues et encore plus éloigné de celui du rock. Cependant, nombre de musiciens aiment aujourd’hui se produire dans ces lieux qui, eux, les accueillent avec bonheur également. Joe Bonamassa se concentre donc sur son avant dernier album studio et revisite ses propres morceaux au travers de soli improvisés. Sur les 9 chansons que compte Live at the Sydney opera house, 7 sont extraites de Blues of desperation. Reste Love ain’t a love song, originellement paru sur Different shades of blues en 2014 et sa version de Mainline Florida, reprise du morceau que Clapton enregistra en 1974 et que Bonamassa nous avait déjà proposé sur son British blues explosion live de 2018. Démarrant sur les chapeau de roues avec le plus qu’entraînant This train, le chanteur repositionne son blues avec Mountain climbing. On sent le public entièrement acquis et totalement réceptif, admiratif de chaque intervention – donc nombreuses – du six cordiste qui ne laisse jamais retomber la tension. Bien sûr, cet album fait l’impasse sur nombre de titres interprétés lors de ce concert, mais les absents sont principalement des reprises, qui feront sans doute l’objet d’une autre édition ou d’un album différent. Pour l’instant, délectons nous simplement de ces 9 interprétations sublimes d’un des derniers géants du genre.

 

PARPAING PAPIER: Tester des casques

France, Rock, Punk et Heavy (Real Marty, 2019)

Parpaing Papier, c’est un peu de fraîcheur apportée dans notre univers musical aux décibels parfois un peu trop uniformisés. Les Français s’efforcent de porter une certaine forme de ridicule au niveau d’art. Tester des casques? Ben voilà, tout est dit dans le titre de cet Ep de 5 chansons… Faut être un peu débile pour vouloir foncer tête baissée contre des murs de planches, de briques et autre matériau pas très mou, non? Cependant, ce « ridicule » des textes (Robinet d’eau tiède qui réinvente la machine à courber les bananes, l’hilarant Champions du patin, Tempête je t’aime) sur fond de rock énervé, le quatuor travaille des textes et des mélodies qui ne visent qu’à emporter l’auditeur sur les chemins de la surprise, de l’étonnement et du fun. Impossible, sauf si on a une âme trop sérieuse pour prêter attention aux petits plaisirs de la vie, de résister, de ne pas sentir un brin de rigolade ou d’euphorie. Et ces textes, pour comiques qu’ils soient, sont travaillés, réfléchis. La rage vocale évoque l’irrévérence du punk, les rythmes et mélodies rappellent le rock indépendant de la fin des 80’s. Il ne fait aucun doute que la famille Papier (Martin au chant, Clo à la guitare, Fa à la basse et Coco à la batterie – d’autres font les choses en famille aussi, les Ramones ou les Telliers) mette un maximum de cœur à son ouvrage, bourré de références (qui vont du Marsupilami au Seigneur des anneaux sont des évidences sur Premières neiges, et plein d’autres littéraires ou musicales se trouvent ci-et-là). En un mot comme en deux, écouter Parpaing Papier c’est comme s’offrir un moment de détente, un sourire accroché au visage tout au long de ces 5 chansons qui dépotent, décoiffent, surprennent. Du fun et du bonheur!

THE MAGPIE SALUTE: High water II

Rock, USA (Provogue, 2019) – Sortie le 16 octobre 2019

Rappelez-vous: il y a à peine plus d’un an, Rich Robinson et sa bande de The Magpie Salute surprenaient leur petit monde avec leur second album, High water I, titre qui, forcément, appelait un second volume. Eh bien, amis amoureux de rock vintage aux relents sudistes, le voici qui débarque dans les bacs, ce High water II. Le premier constat est visuel: si la pochette du I montrait les 5 membres du groupes au milieu de champs campagnards ensoleillés, ce second chapitre met en avant 6 musiciens sur un fond beaucoup plus sombre et indéfini. Un message pour ce qui concerne le contenu musical? Si Sooner or later confirme que The Magpie Salute est avant tout un groupe de rock, la suite pourrait sombrer dans un propos plus grave. Mais non, la première moitié de ce disque est entraînante, chaleureuse, presque flamboyante, même. Parfois. Par la chaleur de la voix et des guitares, la simplicité apparente de rythmes terriens, solidement ancrés dans la tradition du genre – Black Sabbath autant que les Stones ou Led Zeppelin ne sont jamais loin – mais la dernière partie de l’album me lasse un peu. Le groupe tombe alors dans une sorte de démonstration improvisée, ou d’improvisation démonstrative, je ne sais pas. Mais j’ai le sentiment que le principal a été dit avant. 9 ou 10 morceaux auraient sans doute suffit à me satisfaire. Il faut savoir profiter des choses simples qui se passent au début de ce (presque) superbe album.

Festival du PAYS DE BIERE: Louis Bertignac, Manu Lanvin et Clara live

Ce 21 septembre, dernier jour de l’été, aura souri au Festival du Pays de Bière. Pour sa 18ème édition, c’est un soleil plus que radieux qui accueille bénévoles, spectateurs et musiciens et éclaire le stade de Perthes en Gâtinais (77). Il fait chaud, 29°, alors que la veille n’affichait que 22°, et que le lendemain, c’est une rechute doublée de pluie que la météo prévoit. Mais en ce samedi, tout est réuni pour transformer cette journée que les locaux connaissent bien en une vraie fête. Lire la suite

Festival UN AUTRE MONDE (Orléans, parc Pasteur, le 30 août 2019)

L’association Défi fête 30 années d’existence et de militantisme en organisant une nouvelle édition du festival Un autre monde pendant 4 jours. Si les deux premiers – mercredi 28 et jeudi 29 août – sont consacrés à des apéros concerts, je me rends au Parc Pasteur pour cette soirée du vendredi qui accueille, sur deux scènes, 4 groupes. Notons également qu’une tente entière est consacrée à l’historique de l’association, ce qui permet de voir le travail énorme fait en faveur des jeunes orléanais, que les activités proposées soient locales ou extérieures. Un immense bravo à toute l’équipe pour son engagement sans failles.

Le parc Pasteur est situé à deux pas du centre ville d’Orléans, et le public présent est varié, familial, amateur de musique ou simplement venu passer un moment convivial dans une ambiance festive. Et en ce dernier week end avant la rentrée scolaire, non seulement les enfants sont en nombre mais un autre invité est bien présent: le soleil! Notons également un point négatif: si les chiens sont les bienvenus, d’autant plus que la musique n’est pas trop forte sur la majeure partie du terrain, certains traînent leurs animaux devant les scènes où, là, le volume n’est pas adapté pour nos amis quadrupèdes qui souffrent et se demandent ce qu’ils font là… Plus encore à la nuit tombée lorsqu’on ne les distingue plus et qu’ils se font bousculer ou marcher dessus. Chacun sa place…

A 19h30, Bérangère, une des membres de l’asso monte sur scène pour une annonce et rappelle que Defi fête ses 30 ans d’existence. Elle laisse la parole à Soufiane Sankhon, adjoint de la mairie d’Orléans, qui rappelle l’implication de Defi et le soutient de la mairie depuis des années, et pour longtemps encore. Puis, toute l’équipe s’en va sabrer le champagne avant que ne débutent les festivités musicales.

Sur la scène Est, la plus petite, le Gobson Groove Gang se lance un peu après 19h30. Pendant une heure, le groupe distille son reggae afro ultra groovy et rythmé. Il y a parfois des intonations de Bernard Lavilliers dans les airs proposés, et c’est assez sympathique. Le public, très réceptif, grandit rapidement et gigote tranquillement. La formation orléanaise s’est formée au studio Gobson avant de se séparer. Et de se reformer, avec visiblement beaucoup de plaisir, pour cet anniversaire. A la fin du set, Bérangère se remémore avoir vu, 30 ans plus tôt, l’un des guitaristes franchir la porte du studio de l’association disant « vouloir faire de la musique mais je sais pas comment faire »…  » Ben, entre » lui répondit-elle. Felwine Starr est aujourd’hui une vedette reconnue au Sénégal d’où il est revenu, lui aussi pour cet événement.

 

Le temps de rejoindre la scène Ouest (soit une grosse minute à pieds), alors que la nuit tombe, le public se prépare à accueillir Christian Olivier, figure des emblématiques Têtes Raides dont la carrière solo vaut vraiment le détour. Annoncé avec un temps de jeu d’1h30, la petite troupe jouera finalement pas loin de deux heures. Rapidement, Christian Olivier interpelle le public avec des « Orléans… oh! Orléans » sous entendant « bougez-vous, quoi! ».  C’est que le public, timide, laisse une jolie place entre lui et la scène. Espace qu’il ne tarde pas à remplir. Du chant qui rappelle le grand Jacques aux mimiques, regards et sourires en coin, en passant  par le sax et l’accordéon, le chanteur, parfaitement soutenu par des musiciens en phase (les deux guitaristes ont une attitude très rock, les autres restent plus en retrait mais on sent une réelle complicité) fait bouger la foule avec ses titres solos et ceux des Têtes Raides, dont un indispensable Ginette qui n’a pour unique ornement – évocation de la dite Ginette – qu’une lampe au plafond. Deux heures chaleureuses que l’artiste conclue en saluant le travail et l’investissement de l’association.

 

Retour vers la petite scène pour un peu de folie punk thrash. Cigany Möhawk est en effet la formation du jour la plus en phase avec l’esprit du webzine (cependant ouvert d’esprit, reconnaissons-le). Premier point d’étonnement, le quatuor sort des sentiers battus en incluant un accordéon. Le groupe, alors que le public arrive devant la scène, termine ses balances. A la fin, le chanteur lance un « merci! au revoir » alors que ses compagnons quittent la scène. Puis il rajoute « on s’en va et on revient quand même ». Sauf qu’au moment de revenir, le bassiste a disparu… Quelques minutes passent avant que Cigany Möhawk ne se retrouve enfin au complet pour distiller avec fureur et enthousiasme son punk direct et teinté de thrash inspiré des grands noms du genre. L’accordéon apporte une touche que ne renieraient pas les Roumains de Dirty Shirt. Ça dépote sévère et une partie du public pogote à cœur joie au grand dam des pauvres chiens qui n’y comprennent rien (voir ci-dessus ce que j’en pense).

 

La soirée se termine avec la troupe de bal musette enragé de Faut Qu’Ca Guinche. Et, devinez-quoi? L’instrument phare est encore un… accordéon! Ici, le groupe écolo et engagé invite et incite le public à danser, faire la chenille, s’enlacer… Bref, à prendre du bon temps au son des guitares (ah, ce guitariste en sandales), de la contrebasse et des textes généralement engagés. Oui, bal musette mais avec un esprit écolo et contestataire qui colle parfaitement à celui de l’association Défi. Le public a la surprise de voir se mêler à lui le guitariste et l’accordéoniste au milieu d’un moment de danse tel qu’on les imagine dans les bals populaires d’années passées. Et là est bien l’objectif de FQCG, de faire danser le public. Mission accomplie alors que la soirée arrive à son terme et que le public rentre tranquillement se reposer. C’est qu’il faut remettre ça demain pour la seconde partie de ce festival.

Vient donc le moment où je me pose une question et me fait une promesse: comment se fait-il que je ne le découvre que maintenant? Et, promis, je reviendrais l’année prochaine!