EXHORTED: Old bastards never die

France, Hardcore (M&O, )

Oh punaise, hardcore de derrière les fagots qui déménage, c’est tout ce que propose Exhorted! La rage explosive s’exprime par des rythmiques plombées, un chant guttural furieux, des guitares directes et sans concessions. Quoique, il y a dans tout ce maelstrom une certaine recherche de mélodie qui, par instants, dans les soli ou quelques intros, permet de se poser et reprendre son souffle. Help me introduit ce Old bastards never die (j’adore ce titre!) comme un avertissement bien plus qu’un appel au secours. Les 9 titres qui figurent sur cet album sont d’une brutalité exemplaire et il y a fort à parier que certaines nuques risquent de céder. Lorsque le propos n’est pas speed, il se fait lourd comme un temps d’orages (God is mine, Let me go) mais la rage reprend vite le dessus. Les guitares charcutent comme jamais et il est étonnant de ne voir les noms de ces instrumentistes dans le line up du groupe. Groupe? Ne figurent ici que Yves Balandret (chant), Lionel Marquez ((basse) et Edoardo Panepinto (batterie). Un mystère de plus à résoudre mais une situation qui ne saurait perdurer. En tout cas, jetez une oreille à cet album, promesse sportive pour tout amateur de pogo!

FISHING WITH GUNS: Under the silver lake

France, Hardcore (Autoproduction, 2021)

Forcément, quand on décide d’aller pêcher avec des flingues, il ne faut guère être pressé de se sustenter. Les coreux parisiens de Fishing With Guns mettent en pratique le nom qu’ils ont choisi. Il leur aura cette fois fallu pas loin de 6 ans pour que les poissons dispersés ne se retrouvent dans ce lac argenté. Une production tous les 5 ans, c’est un bon rythme, non? D’autant qu’il s’agit ici d’un Ep 5 titres qui mélangent brutalité et détermination. un ensemble magnifiquement mis en son par Francis Caste décidément incontournable magicien sonore sans pareil. Aussi speed et rageur que plus aérien, Under the silver lake (un titre qui pourrait être celui d’une série à suspense) nous entraîne dans un univers sombre et riche en émotions. Le chant, puissant, enragé, explosif, ne faiblit jamais, les guitares taillent dans le vif et la section rythmique bombarde autant qu’elle le peut. C’est puissant et pourrait, si le groupe avait opté pour un album entier, être usant. On ressort proprement lessivé de cette courte expérience, un  véritable condensé de rage dans ta face.

Interview: PRIMAL AGE

Interview PRIMAL AGE : entretien avec Benoit (guitare). Propos recueillis par téléphone le 7 juin 2021

Metal-Eyes : Benoit, Primal Age, en 2021, c’est quoi ?

Benoit : Déjà, en 2021, Primal Age c’est un groupe qui est toujours là, qui n’a pas succombé à la pandémie. C’est la sortie d’un nouvel album. C’est surtout les précurseurs du metal hardcore en France, un groupe qui a apporté le mix entre ces deux genres…

 

Metal-Eyes : Mais ça c’était hier. Tu viens de le dire, votre nouvel album sort ce mois-ci. Il s’appelle Masked enemy, ce qui se traduit par Ennemi masqué. Il sort un an après le début de la pandémie. Question quelque peu évidente : s’agit-il d’un hasard, d’une coïncidence une y a-t-il une volonté de votre part de l’intituler ainsi ?

Benoit : C’est un pur hasard… Il faut savoir que la composition a démarré il y a 3 ou 4 ans, que les textes et les titres ont été trouvé en amont. On nous le dit à chaque fois, mais, non, c’est un pur hasard…

 

Metal-Eyes : En même temps, vous parlez d’un ennemi masqué alors qu’aujourd’hui, c’est nous qui sommes masqués… Quels thèmes abordez-vous sur cet album ?

Benoit : Comme depuis les débuts du groupe : on aborde les thèmes de l’écologie, de la cause animale, de la politique, tout ce dont on a pu parler sur les albums précédents, on reste sur ces thèmes.

 

Metal-Eyes : Vous abordez également le thème du végétarisme (il confirme), ce qui est assez contradictoire avec le nom du groupe qui signifie « âge primaire ». Nos ancêtres étaient assez peu végétariens ou végétariens…

Benoit (il rit) : C’est sûr… Il y a 3 végé/végan dans le groupe, ce n’est pas moi qui pourrait le mieux t’en parler…

 

Metal-Eyes : Alors tu leur diras que le nom n’est pas cohérent par rapport à l’histoire du groupe. Tu es arrivé en 2015 avec Flo, le batteur. Tu as enregistré A silent wound et The light to purify avant celui-ci.

Benoit : Exact. Sur A silent wound, c’est Sylvain des Seekers of the truth, un ami de longue date, qui nous a dépannés sur la tournée japonaise – il a pris la place de Yohann à la guitare sur la tournée japonaise et m’a remplacé sur la tournée brésilienne.

 

Metal-Eyes : Comment me vendrais-tu Masked ennemy ?

Benoit : Je pourrais te dire que c’est un bon mix de tous les genre metal edge hard core à l’ancienne, qu’on a pu retravailler pour le moderniser, avec un bon gros son de Guillaume Doussaud au mixage et Alan Douches au mastering. On a beaucoup de retours médias positif et on attend avec impatience les retours des personnes qui ont précommandé l’album. Pour nous, c’est certainement le meilleur album produit par Primal Age ?

 

Metal-Eyes : Le meilleur album, de quel point de vue ? Compositions, production, efficacité… ?

Benoit : A tout point de vue !

 

Metal-Eyes : OK, on va faire simple, alors…

Benoit : On va faire simple et efficace ! Il y unanimité là-dessus.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Primal Age entre The light to purify et Maked enemy, toi qui a justement participé aux deux ?

Benoit : Beaucoup de modernité due aux nouvelles technologies qui ont pu arriver, dans mon cas, en ce qui concerne les amplis de guitare, mais aussi dans les micros, les techniques d’enregistrement… On s’est un peu servis de tous ce qu’on aime en matière d’effets par exemple. Je pense que notre arrivée, à Flo et moi, ça a aussi apporté un coup de « refresh » aux composition. Mais le groupe continue avec la même rage.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de ce nouvel album pour expliquer ce qu’est le groupe aujourd’hui, ce serait lequel ?

Benoit : Euh… Je vais te dire I warn you, mon titre préféré. Pour le côté bien pêchu de certains riffs, mais aussi pour le côté très technique de certains sons. Il y a aussi le côté un peu punk, c’est un peu un mix de plusieurs genres, mais que du meilleur.

 

Metal-Eyes : ça veut dire que les autres sont moins bons.

Benoit : Ah, non ! Non, ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit (rire) ! Je vais me faire taper sur les doigts après ! C’est sur ce titre-là, qu’on répète toujours en studio, que j’ai vraiment envie de sortir de mes gonds !

 

Metal-Eyes : Ça fait 6 ans que tu es dans ce groupe qui s’est formé en 1993. Comment décrirais-tu la musique de Primal Age à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Benoit : Je dirais que c’est avant tout une musique de passionnés, une musique qui transmet… Je compare ça à un défouloir, pour certains c’est le sport, nous c’est la musique. Les retours que nous avons, c’est que les gens nous disent qu’on sent qu’on vit la musique quand on la joue, c’est sincère. Même entre nous, on a beau être de plusieurs générations, on est en osmose, tous ensemble sur un même bateau. Une déferlante de rage, mais de rage positive.

 

 Metal-Eyes : Depuis sa formation, Primal Age a donné 700 concerts, a tourné au Japon, au Brésil, au Mexique, a joué en festivals mais au regard de l’ancienneté du groupe, ça fait un nombre de concerts trop peu nombreux pour que le nom de Primal Age s’impregne dans l’esprit des gens (Il approuve). Que manque-t-il à Primal Age pour passer à l’étape supérieur ?

Benoit : Ça, c’est une bonne question ! Je vais te donner mon avis : pour moi, ce serait la communication et augmenter notre présence sur scène, plus de dates, de festivals. On n’est pas un groupe professionnel, on a tous un boulot, on doit s’adapter… Peut-être que le manque de communication via les médias ou les réseaux sociaux, pas assez fait depuis le début, a freiné certaines choses. On essaye de se rattraper. Depuis que je suis arrivé dans le groupe, j’ai proposé de gérer les médias. Je suis le plus jeune du groupe – je vais avoir 24 ans – je pense connaitre un peu mieux que Didier ou Dimitri le fonctionnement des réseaux. Pour l’instant, ça porte ses fruits, même si on ne pourra jamais rattraper le temps perdu.

 

Metal-Eyes : Ce que je constate aussi c’est que, malgré un gros trou dans votre parcours, vous semblez avoir trouvé un rythme dans la sortie de vos productions avec une nouveauté tous les deux ans environ. Sans doute, en effet, que le nom du groupe s’ancrerait plus avec la communication dont tu parles.

Benoit : Oui, c’est sûr.

 

Metal-Eyes : Ce qui pourrait être un message, comme d’autres le font, c’est de repartir de zéro avec un album auto nommé.

Benoit : Oui, c’est vrai, toute idée est bonne à prendre, je n’y avais pas pensé…

 

Metal-Eyes : Si tu devais envisager une devise pour Primal Age, quelle serai-elle ?

Benoit : Mmmmhhhh…. Alors là… tu me poses une colle, terrible… J’y réfléchis, je vais te dire dans un instant…

 

Metal-Eyes : On va y revenir. Parlons de l’illustration de ce nouvel album : il s’intitule Ennemi masqué, nous voyons un cadavre dont les yeux sont bandés – on aperçoit aussi un troisième œil – et au-dessus de lui, une créature cornue qui a une capuche qui lui couvre la tête. Lequel des deux est le véritable ennemi ?

Benoit : Ça … c’est à chacun de l’imaginer après écoute de l’album… C’est Greg, de Visual Injuries, qui travaille avec nous depuis 2015. Il fait notamment des designs pour le Hellfest et il connait très bien le groupe. On lui donnait des directives, on lui demandait quelques modifications, mais pour cet album, on lui a laissé carte blanche. On lui a envoyé les textes, les sons, il nous a fait un premier envoi et ça a été du one-shot. Il nous a dit qu’il s’était senti vachement inspiré. Quand tu lis les paroles, que tu écoutes certains sons, tu fais tout de suite le lien avec certains détails.

 

Metal-Eyes : Cet album a été finalisé en pleine période de pandémie. Comment avez-vous procédé pour son enregistrement ? Vous avez modifié vos habitudes ?

Benoit : Oh, oui… Oui. Comme je te le disais, la composition a commencé il y a 3 ou 4 ans On avait encore Mehdi à la batterie, on a repris le tout premier batteur avec qui on a tourné mais quand on a commencé à penser nouvelles compositions, il nous a expliqué qu’avec son changement de travail, ça allait être compliqué. On a retrouvé un batteur, Toki de The Arrs (Note : Vincent Bertuit), qui a fait une tournée avec nous. Mais arrivés à la composition, on n’était pas sur la même longueur d’ondes. Là, on a cherché une solution, on a envoyé quelques sons à notre pote, Rudy, d’Explicit Silence, en lui demandant si ça lui parlait. Il nous a envoyé un premier son et ça l’a fait direct. On lui a proposé d’enregistrer l’album avec nous et ça nous a enlevé une grosse épine du pied. Tout ce qui est compositions, Dimitri, le bassiste, avait écrit une bonne moitié de l’album. Quand il a un son e n ête, il l’a en entier – chant, basse, guitare – et Flo a su s’imprégner de l’univers de Primal Age et il a composé l’autre partie des sons.

 

Metal-Eyes : La situation sanitaire semble commencer à s’améliorer : est-ce que vous avez commencé à ré-envisager des dates ?

Benoit : Oui, absolument. Notre tour manager a commencé à en caler quelques-unes. Si tout se passe bien, on devrait faire notre rentrée scénique en octobre. Après, je ne peux pas encore parler des projets de 2022, mais tout commence à se décanter. Ça commence à sentir bon.

 

PRIMAL AGE: Masked enemy

France, Hardcore (WTF records, 2021)

Avec Masked Enemy, leur nouvel album – cinquième méfait, les Français de Primal Age, que certains ont pu découvrir lors de la dernière édition du Hellfest (2019) veulent frapper un grand coup . Fidèles à leurs brutales convictions musicales, les 5 nous délivrent un hardcore sans concession, direct et dans ta face. La rage est présente de bout en bout, cachée par une intro faussement rassurante. Les thèmes abordés sont actuels – défense de l’écologie et de la cause animale, végétarisme, consommation de masse… – et l’on imagine volontiers le groupe s’engager auprès d’ONG et d’associations diverses. Alors certes, les amateurs de colère vont être servis, la brutalité est à l’image d’une charge de cavalerie syncopée et épileptique – Rollins & Co. n’ont qu’à bien se tenir, croyez moi ! – mais il est difficile de suivre cet album d’une traite. A mi parcours, une pause s’impose afin de mieux repartir. C’est que 11 morceaux, 11 bastos, plutôt, ça ne se digère pas en un claquement de doigts. Non, il faut un peu de temps pour tout assimiler. Sensations fortes assurées.

Interview: FOREST IN BLOOD

Interview FOREST IN BLOOD : entretien avec Hervé (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 13 novembre 2020

Metal-Eyes : Tu n’as pas l’impression d’avoir 18 ans d’avance pour ce nouvel entretien ?

Hervé (il reste muet quelques secondes) : … Pourquoi 18 ans d’avance ?

 

Metal-Eyes : Parce que lorsque nous nous étions rencontrés il y a deux ans, nous avions fait le récapitulatif : votre premier album est sorti en 1998, le second en 2018, soit chaque fois que l’équipe de France remporte la coupe du monde, et nous nous étions donnés rendez-vous « dans 20 ans »…

Hervé (il rit) : Ouais, ben, tu vois… Il y a des choses qui peuvent changer et évoluer. Comme quoi, l’avenir est imprévisible.

 

Metal-Eyes : Vos deux premiers albums sont sortis avec 20 ans d’écart, et le troisième arrive à peine deux ans plus tard. Que vous est­-il arrivé ?

Hervé (il rit) : En fait, je vais peut être rappeler à 16 heures… J’en sais rien… On a peut-être trouvé la formule qui est de se dire qu’on ne se prend pas trop la tête sur la façon de faire, et d’aller plus directement sur les choses. C’est un peu le résultat qu’il y a. Il y a eu Forest In Blood, puis on a monté Apocalyse Now avec qui on a sorti deux albums. Il fallait que tout soit parfait. Là, on a remonté Forest In Blood, on est retournés en studio, tout n’était pas forcément prêt à 100%, on a peaufiné en arrivant. On a passé plus de temps en studio, ce que nous avions prévu. On a refait la même chose, ce qui fait, je pense, que ça s’est passé plus rapidement que prévu.

 

Metal-Eyes : Quels retours avez-vous eu de Pirates, votre précédent album ?

Hervé : Ils étaient assez bons… On a été assez surpris de voir que, en live, les formules de chants qu’on a mise de manière à avoir quelque chose de plus fédérateur, ça prenait. En live, les gens connaissaient et suivaient, donc, ça, ça a été une grande surprise et c’est très positif. On ne va pas se mentir : quand tu vois que ce que tu fais plaît, c’est agréable, encourageant. C’est peut être ce qui nous a donné envie de faire celui-ci. On verra ce que donne Haut et court, parce qu’on n’aura peut-être pas l’occasion de le défendre sur scène…

 

Metal-Eyes : Pour quelle raison, enfin ?

Hervé : Ben… je sais pas si tu vois le contexte, mais nous on est bloqués à la maison… Tu te rends compte que tout est bloqué… On avait de super dates qui étaient prévues, à Paris, au Hellfest, un Day off hardcore avec 800 personnes, un concert avec Archangel dans le Nord, un autre festival à Tours… Plein de trucs, et tout est tombé à l’eau. Les perspectives futures ? Il n’y a rien. Rien…

 

Metal-Eyes : Votre précédent album a été enregistré au studio Sainte Marthe avec Francis Caste. Qu’en est-il de Haut et court ?

Hervé : Celui-là a été enregistré au Hybrid studio avec Andrew Guillautin. Ça se trouve à Fontenay sous Bois. On avait fait quelques prises avec lui chez Francis sur l’album précédent, quelques ajustements, et là, on a tout fait chez lui. C’est quelqu’un qu’on connait bien, qui a beaucoup travaillé avec Pierre de The Arrs, qui répétait chez lui. Andrew, c’est comme Francis. Il nous a manqué sur cet album, mais Andrew nous a apporté d’autres trucs.

 

Metal-Eyes : Francis vous a manqué en quoi, et Andrew vous a apporté quoi ?

Hervé : Francis nous a manqués parce qu’il est très rigoureux sur plein de choses, il est de bon conseil, il te demande de réajuster des trucs, des petits arrangements. Andrew, il est plus dans la spontanéité, et dans le direct ? C’est-à-dire, par exemple, dans la façon d’enregistrer les batteries, Andrew veut ressentir le côté hardcore, il a une approche différente et ça a apporté quelque chose de différent. Surtout, on avait plus de temps avec Andrew…

 

Metal-Eyes : Oh, vous n’aviez que deux ans, alors qu’avant, vous avez eu 20 ans !

Hervé : … C’est vrai (rires) Là, le temps en studio a été un peu plus long, mais pour le précédent, il nous a fallu plus de temps.

 

Metal-Eyes : a situation sanitaire a-t-il eu un impact sur la réalisation de l’album ?

Hervé : Absolument pas ! Il s’est même rallongé car l’album devait sortir plus tôt. Il devait sortir entre juin et juillet.

 

Metal-Eyes : Comment analyses-tu l’évolution de Forest In Blood entre Pirates et Haut et court ?

Hervé : Comment je pourrais te dire ? n est restés sur les mêmes thématiques, en tout cas au niveau des paroles. Musicalement, je dirais qu’il n’y a pas eu beaucoup d’évolution sauf qu’on est allés encore plus dans la spontanéité., on s’est moins pris la tête, le chant, je le trouve encore plus fédérateur. On fait aussi un titre en français, ce qu’on n’a jamais fait.

 

Metal-Eyes : Pourquoi n’avoir choisi de faire qu’un seul titre en français ?

Hervé : Initialement, il ne devait pas y en avoir, parce que ce n’est pas ce qu’on fait. Mais le fait de faire un truc avec Nico de The Arrs, lui il ne chante qu’en français, donc on s’est dit qu’on allait faire quelque chose de nouveau. Nico a écrit son texte, on a fait les choses dans un esprit de partage, et on se rend compte que ça a plutôt bien fonctionné.

 

Metal-Eyes : Ce morceau, c’est Haut et court, le morceau titre. En écoutant le texte, j’ai l’impression que ça s’adresse aux terroriste qui sévissent en France, mais c’est aussi un texte qui fait référence à la pure piraterie. Vous avez voulu exprimer quoi, avec ce titre ? Quand vous dites « ces fils de chiens, ces lâches, pendez-les haut et court ! », ça peut désigner beaucoup de personnes.

Hervé : Oui, ça peut s’adresser à beaucoup de personnes, sauf qu’on ne le prend pas dans ce sens là. C’est la vision du chanteur, qui prend la place du bourreau qui dit « pendez les haut et court ! ». Et le bourreau, c’est plutôt Nico, Elie, se comporte plus en victime… L’idée, c’est « on ne te laisse pas aller au bout de tes idées et on te pend », et c’est ce qui arrivait souvent aux pirates quand ils étaient attrapés. L’idée c’est de vivre les choses à 100%. Dans nos messages, il y a aussi un aspect de fraternité, basée sur des codes. Les gens se basaient sur des codes, sur des valeurs, du respect.

 

Metal-Eyes : Tu dis que c’est le seul titre en français, mais c’est faux : il y a votre interlude avec ce cri « vive la liberté ! ». Ça fait deux titres en français…

Hervé : Oui, c’est vrai.

 

Metal-Eyes : Vous allez revenir à du chant français à l’avenir ?

Hervé : Est-ce qu’on va y revenir ? je n’en sais rien. Déjà, je ne sais pas ce qu’on va devenir, ce qu’on va faire. Mais pourquoi pas ? C’est venu tellement par instinct… Déjà quand on l’a écrit, on ne pensait même pas le faire, c’est l’opportunité de l’instant. Nico qui arrive avec des textes, ils ont géré leur truc tous les deux et nous, on n’a pu que dire « OK ! ».

 

Metal-Eyes : Vous revenez à cette idée sur Never surrender où vous dites « Fight for your rights ». Quels sont les thèmes principaux que vous abordez dans vos textes.

Hervé : On parle du refus de la domination, de la liberté, qui est mise en avant, la fraternité, le respect, et surtout de vivre, de vivre les choses.

 

Metal-Eyes : Musicalement, est-ce que tu es d’accord avec moi – tu ne peux pas ne pas être d’accord, il s’agit de mon ressenti (il rit) – je retrouve aussi bien du Sepultura tribal, du Slayer, du hardcore. Vous avez mis quoi d’autres ?

Hervé : Tu as entièrement raison, ce sont les messages qu’on veut faire passer. Ce que tu décris, c’est exactement ça : Sepultura vieille époque, Slayer, Biohazrd, c’est vraiment ça. C’est la bande son qui a accompagné notre jeunesse. Quand tu composes un album rapidement, soit tu vas chercher des trucs loin, de nouvelles inspirations, soit tu fais comme nous : tu prends la guitare et tu vois ce qui sort. La batterie, c’est pareil, on n’a pas cherché à creuser, ce n’est que du brut.

 

Metal-Eyes : Si je suis quelqu’un qui ne connait pas du tout Forest In Blood, comment me décrirais-tu votre musique pour me donner envie de l’écouter ?

Hervé : C’est une batterie bien assise, avec des speeds très clairs, des mosh parts et des passages lents clairs et très aérés. Deux guitares – on n’a enregistré que deux guitares, . C’est de la stéréo pure – Barth à droite et moi à gauche. Actuellement, quand tu écoutes des albums, il y a vingt guitares, nous on a une stéréo qui est énorme. On a mis quelques petites choses au milieu, quand il y a des arrangements, mais sinon, quand tu écoutes l’album au casque, c’est énorme !

 

Metal-Eyes : Mais là, tu ne me convaincs pas d’aller écouter votre musique, la stéréo, ça fait longtemps que ça existe !

Hervé : Alors… ça fait longtemps que ça existe, mais ça fit longtemps que ce n’est plus utilisé. Nous, on est revenus aux basiques : deux guitares, une rythmique et du chant avec du flow, du couplet et du refrain, des refrains fédérateurs, capables d’être repris en chœur en concert, quand ça pourra se faire.

 

Metal-Eyes : Je parlais de l’influence de Slayer : ils ont écrit sur Reign in blood un morceau qui s’intitule Raining blood, vous avez carrément Raining rum… Dis moi que c’est involontaire…

Hervé (rires) : Voilà… Ben, je vais être obligé de te dire la vérité : pas du tout. En plus on l’a positionné en dernier comme Raining blood était le dernier titre de l’album. C’est un clin d’œil.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de l’album pour définir ce que vous êtes aujourd’hui, ce serait lequel ? Evite Echafaud, ce n’est pas un bon choix…

Hervé : Je pense que Real game of gallows nous représente bien aujourd’hui. C’est un peu notre marque de fabrique.

 

Metal-Eyes : Si tu devais maintenant penser à une devise pour le groupe, ce serait quoi ?

Hervé : Vivre intensément… Aujourd’hui, on a décidé de faire cet album, de le sortir malgré le confinement. Peu importe ce qu’il se passe, cet album il doit vivre sa vie.

 

Metal-Eyes : On peut se procurer où votre album en ce moment ?

Hervé : Franchement, il faut nous le commander en direct… Quelques distributeurs doivent l’avoir, mais en ce moment, il faut passer par nous en direct. Et je t’avoue que de passer directement par nous, c’est une façon de nous soutenir…

 

Metal-Eyes : L’argent vous revient directement…

Hervé : Exactement, on n’a pas d’intermédiaire. En plus, on a un pack avec CD et T-shirt super sympa, on va en proposer un autre plus gros. A commander sur notre site (www.forestinblood.com), notre bandcamp ou notre page facebook. Si les gens veulent qu’on le dédicace, il suffit de le noter dans les messages et on le signe avec plaisir !

 

Metal-Eyes : Ce sera précisé. Merci en tout cas pour cet échange, Hervé.

Hervé : Merci à vous ! C’est vous qui faites le boulot, malgré la situation on le voit : les webzines, les magazines, les radios, on voit que ça soutient, que ça partage, que ça aime… Merci à vous parce que, au final, c’est vous qui faites le boulot !

 

FOREST IN BLOOD: Haut et court

France, Hardcore (1054 records, 2020)

L’accueil reçu par Pirates, le précédent album des Français de Forest In Blood, semble avoir été suffisamment chaleureux pour que les gaillards se décident à ne pas nous faire patienter 20 ans avant de pouvoir découvrir du nouveau matériel, comme ce fut le cas entre leurs deux précédents albums…  Alors c’est en forme qu’ils entrent en studio et déboulent avec ce Haut et court de très belle facture. Après une intro aux sonorités d’usine de chaudronnerie, FIB entre dans le vif du sujet avec un Stay on course à la rythmique tribale version Sepultura des vieux jours. La rage du chant ne cède que sous le poids de ces guitares incisives qui empruntent également à Slayer (il y a du Dead skin mask et du Raining blood dans ce Real game of gallons) et de ces rythmes purement hardcore. Impossible de résister à la furie d’un Never surrender ou à la variété d’un Liquor of tears qui précède un lourd et oppressant Resistance, instrumental de belle facture. Bien sûr, on sourit avec ce Reign in rum, judicieusement placé en clôture de ce nouveau méfait, clin d’oeil évident ou hommage à Slayer. La vraie surprise vient cependant du morceau éponyme, premier titre chanté en français par Forest In Blood (second si l’on considère l’interlude Echafaud comme un morceau). Les paroles peuvent laisser croire à un appel « Ces fils de chiens, ces lâches, pendez les haut et court ») mais se recentrent vite sur la piraterie tant appréciée des Franciliens. Un gros morceau, bien produit, efficace qui aurait dû sortir il y a quelque mois déjà mais que chacun peut se procurer directement sur le site du groupe (www.forestinblood.com)

NEW FAVORITE

France, Hardcore (Ep – Autoproduction, 2020)

La rage que dégage ce trio! Composé d’Alex Diaz (The Prestige, chant et guitare), Aurélien Bignon (chant et batterie) et Pierre Thureau (chant et basse), New Favorite déboule avec un premier Ep furieux de 5 titres chaotiques à souhaits! Les amoureux de guitares saturée, de rage et d’énergie vont être servis! En à peine plus de 18′, les gaillards parviennent à tout retourner, à foutre un joyeux bordel. Tape worms lance avec fougue la machine. Rugueux, agressif et intense, les guitares saturées au delà du raisonnable, ce premier titre pose le cadre. Et si Holy eyes qui suit est un peu plus lent, il reste tout aussi intense, tandis que Lust friend se fait plus lourd, sombre et légèrement vicieux. (Yeah these ain’t no) love killers refonce dans le tas et le joyeux bordel se conclue avec Neons explosif. Les lignes vocales, qui alternent entre rage et un forme de mélancolie, proposent des refrains entraînants et chantant. Avec cette carte de visite, New Favorite se glisse dans la lignée des Franck Carter et ses Rattlesnakes avec un rock direct, énergique et simple qui dynamite tout sur son passage. A suivre de près!

Interview: ONE LIFE ALL IN

Interview ONE LIFE ALL IN: entretien avec Clem (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 24 avril 2020

Photo promo

 

Metal-Eyes : Peux-tu commencer par raconter l’histoire du groupe qui est né de votre rencontre avec Don Fosse, chanteur de Spudmonsters, et qui a participé à un titre de ton groupe, Seekers Of The Truth en 2015 ? Vous l’avez par la suite sollicité pour participer à ce nouveau projet qu’est One Life All In.

Clem : Exactement. Au tout début, Franck et moi jouions avec Seekers Of The Truth. On a fait une date avec les Spudmonsters, l’ancien groupe de Don, sur Lyon en 2014. Ca s’est très bien passé, on a un peu échangé durant la soirée et quelques jours plus tard, Franck l’a recroisé au Hellfest puisque les Spudmonsters y jouaient aussi. Ils ont passé pas mal de temps ensemble, Don et lui, et tout s’est super bien passé. Quand on a enregistré l’album de Seekers, on voulait faire un morceau avec un featuring et on a tout de suite pensé à Don qui a accepté d’enregistrer un titre avec nous. Il l’a fait à distance, de chez lui à Cleveland, nous a tout envoyé et nous, on a remis ça au studio à Lyon. On a gardé contact, continué d’échanger. Pour moi, ça en restait là, mais pas dans la tête de Franck qui avait des morceaux en tête. On était encore avec Seekers à l’époque et il m’a demandé de lui donner un coup de main avec l’ordinateur. Il avait les idées mais il ne savait pas forcément faire. Au début, je pensais que c’était des morceaux pour Seekers, mais un peu plus tard, il m’a dit que c’était pour un autre projet, sans trop savoir qui il y aurait comme batteur, comme chanteur mais il m’a demandé de continuer de l’aider à enregistrer.

 

Metal-Eyes : A la base, c’est donc vous deux, Franco et toi ?

Clem : A la base, oui. Quand on a fini d’enregistrer les 6 premiers morceaux, on a demandé à Don si ça l’interssait de chanter dessus. On lui a envoyé les démos, ça lui a plu, il a enregistré son chant sur les 6 titres et nous les a renvoyés. On était super contents.

 

Metal-Eyes : C’est donc ce qui a donné votre premier Ep, The A7 session ?

Clem : Oui, c’est ça. On a ensuite demandé à Kevin (Foley, ex Benighted) s’il voulait nous rejoindre, il a accepté, est rentré en studio et a très rapidement enregistré la batterie. Don est venu en France pour enregistrer ses parties en studio. On a profité des quelques jours de sa présence pour enregistrer un clip.

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous fait la connaissance de Kevin ?

Clem : Il assiste à beaucoup de concert, et on se croise régulièrement. Là, c’est Franck qui a pris contact avec lui, par l’intermédiaire d’un autre ami commun. C’est arrivé à un moment où Kevin avait envie de faire autre chose que du metal extrême. Il a joué dans beaucoup de groupes, dont le plus gros est Sepultura. Dernièrement, il a joué avec Lofofora, Black Bomb A et il y en aura certainement d’autres !

 

Metal-Eyes : C’est le syndrome du batteur d’aller taper un peu partout ! Comment définirais-tu la musique de One Life All In, sachant que sur votre bio vous vous définissez déjà comme un groupe de hardcore positif. Vous entendez quoi par là ?

Clem : Je la définirais de punk hardcore, et « positif » par rapport à l’attitude et surtout aux paroles. On n’est pas du genre à dire qu’on est les meilleurs, les plus tatoués… Ce n’est pas notre nature…

 

Metal-Eyes : Vous n’êtes pas un groupe grande gueule, quoi…

Clem : Non, c’est pas notre genre, humainement, et ce n’est pas ce qu’on veut faire de notre musique, assez ouverte. Et on essaie d’avoir une attitude qui va avec notre caractère.

 

Metal-Eyes : C’est quelque chose qu’on retrouve au sein de ton précédent groupe, Seekers of The Truth, qui avait un discours très positif…

Clem : Oui. Oui, c’est quelque chose d’important. Surtout dans le style de hardcore qu’on voit maintenant, qui est beatdown, très revendicatif…

 

Metal-Eyes : Justement : il y a des thèmes que vous privilégiez dans vos paroles ?

Clem : Pas vraiment. C’est Don qui écrit les paroles, il y a beaucoup d’expériences personnelles. Il y a quelque chose qui ressort beaucoup de ses paroles, c’est quelqu’un de très positif, qui essaie toujours de voir le bon côté des choses, même quand il y a quelque chose de négatif au premier abord, il cherche à en tirer quelque chose de positif. Ce qui nous apporte beaucoup, nous pousse à tenter des choses. De toutes façons, si on n’essaie pas on ne saura jamais…

 

Metal-Eyes : Et y a-il des choses que vous préférez ne pas aborder, qui ne font pas partie de votre univers ?

Clem : Je dirais tout ce qui est négatif, politique. Musicalement, ce n’est pas un aspect qu’on aborde. On a des convictions, mais on n’en parle pas.

 

Metal-Eyes : Vous évitez tout ce qui peut être clivant pour vous concentrer sur les aspects positifs de la vie.

Clem : Oui, c’est mon ressenti. Don te dirait peut-être autre chose, il a pris le parti d’écrire des paroles plus personnelles, ce qui n’était pas le cas avec les Spudmonsters, où il pointait du doigt des choses comme la pauvreté. Je pense qu’il est peut-être dans une période de sa vie où il a besoin d’exprimer des choses plus personnelles.

 

Metal-Eyes : Vous continuez de travailler à distance, j’imagine ?

Clem : Oui, même si on a modifié certaines choses : on lui envoie la musique et lui peut corriger des passages, les raccourcir, modifier une mélodie qui ne l’accroche pas trop, qui prend trop de place. On compose de notre côté, on envoie, on modifie, déplace, enlève certains arrangements…

 

Metal-Eyes : Est-il possible que Don vous envoie des lignes de chants et que vous travaillez la musique ensuite ?

Clem : Ça pourrait arriver. Ça ne s’est pas encore produit mais, on en avait parlé, c’est quelque chose que j’aimerai bien faire : pouvoir composer un morceau en fonction d’une mélodie de chant.

 

Metal-Eyes : Eh bien voilà un projet pour le troisième CD !

Clem : Voilà !

 

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe, One Life All In ?

Clem : C’est un peu le… « carpe diem ». Faire en sorte de faire plein de choses et être bien avec ce que l’on fait. Remplir sa vie avec les meilleurs éléments possibles.

 

Metal-Eyes : Votre esprit est positif. Votre nouveau disque s’appelle Letter of forgiveness – Lettre de pardon. Vous voulez pardonner quoi et à qui ?

Clem : C’est un titre que Don a écrit… Il en parlerait mieux que moi, mais je vais tenter : il a fait certaines choses dans sa vie dont il n’est pas fier, il a des regrets, des remords. Il a eu besoin d’écrire ce titre pour lui, pour accepter de n’avoir pas fait les bons choix aux bons moments. « Excusez-moi pour le mal que j’ai pu faire, parce que j’en ai fait », c’est son message…

 

Metal-Eyes :  Tu peux parler un peu de la pochette aussi ? Une princesse un peu tribale avec cette couronne de fleurs et de fer…

Clem : Moi, ce que j’aime, c’est le côté un peu ambivalent : un visage un peu fermé, qui contraste beaucoup avec les fleurs du dessus…

 

Metal-Eyes : Elle a un regard très mélancolique, je trouve…

Clem : En plus, oui, exactement. Une courrone et des fleurs, c’est pas quelque chose qu’on trouve souvent, en tout cas, pas dans mon esprit, et j’aime bien ce paradoxe. Au départ, c’est une illustration qu’a faite Dave Pickel, un tatoueur américain ami de Don. Don avait ce visuel dans un coin, dans son ordinateur, je sais pas où mais il l’avait ! Il nous l’a proposé, on a dit OK, il a demandé à Dave si on pouvait l’utiliser, et il a accepté mais a demandé à retoucher, peaufiner certaines choses. La pochette du CD, c’est lui, le reste de l’artwork, c’est Sylvain, de Seekers, qui est aussi graphiste. Je trouve cette pochette, le contraste qu’il peut y avoir avec l’imagerie habituelle du hardcore. Ça va bien avec notre esprit et ce qu’on veut transmettre.

 

Metal-Eyes : Il y a aussi ce contraste avec votre premier CD sur lequel il n’y avait que le nom. Comment analyses-tu l’évolution de One Life All In entre vos deux disques ?

Clem : On pourrait presque croire qu’il s’agit de deux groupes différents… Sur le premier, les morceaux étaient assez basiques, directs, sans fioritures. Pour le second, on a beaucoup travaillé les mélodies, on a ajouté une seconde guitare qui apporte pas mal de choses. Au niveau de la structure des morceaux, on sort du schéma couplet-refrain. Au niveau des sonorités on a ajouté des choses un peu plus punk, sur certains morceaux, on s’est même amusés à changer de tonalités, ce que je n’avais jamais fait avec les autres groupes, avant.

 

Metal-Eyes : Vous vous connaissez mieux aussi, vous avez plus de repères communs (il acquièsce). Il y a un mot qui ressort quand j’écoute Letter of forgiveness, c’est que je le trouve plus tribal. Es-tu d’accord avec ce terme ?

Clem : Tu entends quoi par tribal ?

 

Metal-Eyes : Dans les rythmiques, surtout, que je trouve assez sèches, parfois martiales…

Clem : D’accord, ce n’est pas forcément faux.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Letter of forgiveness pour présenter à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est One Life All In, ce serait lequel ?

Clem : Je pense que ce serait 83rd dream, la reprise de The Cult. Je pense qu’elle reprend tout l’esprit du groupe. Une intro assez épurée, puis une partie un peu plus mélodique, une autre assez rentre dedans, et une fin assez metal, à la Lamb Of God. Oui, c’est un morceau qui reprend tout ce qu’on aime.

 

Metal-Eyes : Pour terminer : quelle pourrait être la devise de One Life All In, sans parler de confinement, Bien sûr !

Clem : Il y a une chose qu’on se dit souvent avec Franck : « on continue la mission ». On va continuer, l’album qui est en préparation, alors on continue et on se fait plaisir.

 

Metal-Eyes : As-tu une dernière chose à ajouter ?

Clem : Oui, je voudrai en profiter pour vous remercier, vous, webzines, de partager cette passion, en rédigeant des chroniques, en faisant des interviews. En relayant l’information et en faisant vivre la musique. Je pense aussi, surtout en ce moment, aux magazines qui vivent des moments difficiles et qu’il faut soutenir, surtout en ce moment, comme les organisateurs de concerts… C’est important aussi de se déplacer à un concert, local ou pas, c’est ce qui fait vivre la scène, toute la scène. D’acheter des CD, des T Shirts, c’est aussi ça qui fait vivre les groupes.

 

ONE LIFE ALL IN: Letter of forgiveness

Hardcore, France/USA (Rust and blood, 2020)

Une peu plus de deux ans après un premier EP remarqué, The A7 sessions, les franco américains de One Life All In reviennent avec leur happy hardcore. Happy, parce que le groupe se refuse de tomber dans le trip de la critique facile et négative. Cet esprit transparait naturellement dans les paroles et, naturellement, dans sa musique. Don Fosse trouve des lignes de chant aussi rentre dedans qu’entrainantes et son chant, entre joyeux et rageur, évoque parfois Mike Muir et son intarissable sourire. Au travers des 6 titres, ce Letter of forgiveness nous emporte dans une spirale dansante, une danse festive et brute, une sorte de transe hypnotique (bon, Hey, man! et sa minute vingt rentre dans le lard, point barre). Le morceau titre qui ouvre permet à Don Foose de faire une sorte de mea-culpa. 83rd dream montre une facette plus douce de OLAI, démarrant comme une ballade avant de devenir plus tribale et explosive. One Life All In ne se défait jamais vraiment de sa facette énergique et puise dans toutes ses influences pour simplement se faire plaisir. Et à nous aussi au passage. Avec une seule frustration qu’il faudra à l’avenir corriger: un Ep de 6 titres c’est un peu court!

HAUMEA: Leaving

Hardcore, France (Kulpa, 2020)

Des guitares sans fioriture, un chant rapeux et enragé, nul doute: nous sommes en terres hardcore punk. Hauméa, groupe normand venant d’Alençon, ayant emprunté son nom à une planète naine transneptunienne,  propose son premier album, un Leaving bien nommé en ces temps de confinement général. Sept titres qui démarrent avec l’explosif Sick et ses éructations « destruction! » Rapidement, cependant, Hauméa montre une autre facette. Breath est plus aérien et insouciant, nous plongeant dans le rock des années 90. Pas forcément plus léger mais en tout cas un peu moins violent. Mais le naturel revient au galop, et la rage se fait de nouveau entendre. Le chant semble parfois inspiré par Rammstein, mais voilà… L’accent est souvent faiblard, trop frenchie pour être vraiment pris au sérieux à l’étranger. Hors ce « détail », les guitares d’Andy cisaillent, parfois punk, parfois thrash. Bones introduit une nouvelle et intéressante option, Niko chantant ses textes en anglais comme en français. Le mélange fait mouche et se répète sur I know them et Marbre. Ce Leaving est un bel effort, énergique et dynamique qui fait bouger les cheveux et taper du pied. Difficile de ne pas se laisser entraîner par ces sept chansons prometteuses.