Interview RED MOURNING

Interview RED MOURNING. Entretien le 31 mai 2024 avec JC (chant) et Seb (basse)

Red Mourning revient deux ans après Flowers and feathers avec ce nouvel album, Acoustic. Avant que nous n’en parlions, que s’est-il passé ces deux dernières années, comment avez-vous défendu votre précédent album sur scène ?

JC : Ce cinquième album électrique, metal a été un gros jalon dans la vie du groupe. Il y a eu les concerts, le Hellfest, des clips… C’était vraiment une super réussite pour le groupe. Derrière ça, on a développé notre facette acoustique. Sur Flowers and feathers, il y avait des morceaux entièrement acoustiques et on s’est décidé à se lancer dans ce filon qui nous plaisait. On a sorti un Ep de 5 titres acoustiques, et on a décidé d’aller au bout de l’exercice. On adore cette possibilité de nous exprimer comme ça, donc on est allés au bout de cette envie.

Flowers and feathers a reçu un accueil important, tu viens de le rappeler. Pourquoi avoir voulu sortir cet album acoustique maintenant ? Vous aviez besoin de vous ressourcer, de retourner vers vos racines blues et les faire sortir du bayou ?

Seb : Non, il n’y avait pas de volonté absolue de sortir un album acoustique, mais, comme le disais JC, on a sorti un Ep, juste avant Flowers and feathers, il n’est sorti qu’en streaming. On était plutôt contents du résultat et on trouvait qu’il n’était peut-être pas suffisamment mis en valeur. On a décidé d’enregistrer 5 titres supplémentaires qu’on allait rajouter à cet Ep pour avoir un album complet. Ce qui s’apparentait jusque-là à une sorte de parenthèses dans la carrière du groupe est devenu un album à part entière, aussi importante que les autres albums. C’est une phase de Red Mourning qu’on a poussée un peu plus loin comme on avait pu le faire sur d’autres aspects sur les albums précédents, en termes de prod, par exemple. La démarche est toujours la même, il y a une volonté de nous dépasser artistiquement et de donner un sens un peu inattendu à la démarche finale.

De surprendre le public. Il s’agit en fait de deux Ep que vous avez réunis…

Seb : Disons qu’on a élargi l’Ep précédent. On n’a pas sorti un deuxième Ep, on a complété le précédent. Mais, comme je te le disais, à part le streaming et quelques plateformes, il n’avait aucune visibilité. Là, on l’a sorti en physique, un vrai CD qui le met à égalité avec les autres albums du groupe.

Comment avez-vous sélectionné les titres que vous avez repris ?

Seb : C’est le fruit de différents tests, d’essais, de pertinence par rapport au résultat en acoustique. Par exemple, Come to bury : il y a eu plusieurs versions proposées par différents membres du groupe avec des réussites plus ou moins heureuses. En fonction de ce qui était proposé et des résultats, on sélectionnait ce qui nous plaisait. Le fil conducteur, c’était de faire des morceaux suffisamment originaux et indépendant de leurs sources électriques pour en faire de vraies entités qui soient écoutées telle quelle, sans forcément faire référence à la version électrique. Si tu ne connais pas le groupe, tu peux très bien supporter de les écouter et même les apprécier.

J’aime bien le terme de « supporter » … JC, tu as quelque chose à rajouter ?

JC : Il y a le fait de surprendre le public, mais c’est aussi plus la volonté de notre part d’explorer d’autres choses, de nous challenger, de garder des bols d’air frais en faisant de nouvelles choses, des choses originales, nous réinventer plus que de dire qu’on va surprendre le public ou lui plaire. On est très content de trouver des gens qui aiment ce qu’on fait, mais on le fait avant tout pour nous. Si quelque chose ne marche pas pour nous, on le met de côté.

Tu as retravaillé ta voix aussi, JC, elle est beaucoup moins agressive, beaucoup plus blues. As-tu dû fournir un travail vocal particulier ?

JC : C’est sûr que c’est une manière de chanter totalement différente. On a travaillé en studio avec Francis Caste qui nous aide beaucoup, sur chacun de nos albums, et qui m’a beaucoup guidé et poussé à découvrir une façon de chanter que je n’avais jamais utilisée. Il me disait de moins forcer, de mettre moins de grain, de chanter moins fort… et c’est vers ça qu’on s’est orientés. Je lui suis reconnaissant parce que c’est vraiment ce que je trouve beau, et c’est une vraie nouveauté dans ma manière de chanter.

Il y a beaucoup d’émotion dans ce que tu dis !

JC : Oui, mais une émotion contenue, par petites touches, avec moins de lâcher prise. Ou un lâcher prise différent, parce que quand on hurle dans le micro, on a certaines habitudes, on peut tout lâcher, tandis que là, c’est totalement différent.

Il y a une fidélité au producteur, Francis Caste, mais également au label, Bad Reputation…

JC : Oui, on est toujours avec le même label. Eric (Coubard, responsable du label) nous est fidèles, on lui est fidèle aussi. C’est comme ça qu’on envisage la musique : la vie du groupe, c’est des collaborations avec des gens de confiance, on a aussi croisé tout un tas de gens pas forcément recommandables qu’on a abandonnés au fil des années. On bosse avec des gens qu’on aime bien et qui bossent bien…

En gros, On ne change pas une équipe qui gagne.

Ensemble : C’est ça.

JC : Et de gens humains, des gens sympas, aussi.

Un groupe de rock, c’est aussi la scène. Comment envisagez-vous de défendre ces nouvelles versions tout en en proposant des versions plus rugueuses ?

Seb : En fait, ça fait déjà deux ans qu’on travaille le versant acoustique du groupe sur scène. On a fait pas mal de concerts, dont une grosse dizaine de concerts acoustiques. On a bossé notre son, on a accordé nos instruments un peu différemment, et on arrive à quelque chose d’assez concluant. On a fait une date pour la release party au Hellfest corner qui était plutôt concluante. Jusque-là, on était dans un processus amélioratif et là on est assez satisfaits de notre prestation. On va enchainer pas mal de dates qui nous permettront de pousser encore plus loin : plus d’émotion, la voix de JC, le feeling dans les cordes et les perçus…

Est-ce que, sur scène, vous vous dites parfois que tel morceau ne fonctionne pas aussi bien que ce que vous aviez prévu et vous le retirez de votre setlist ?

Seb : Oui, bien sûr. On s’y est accoutumés au fil des années, c’est un échange avec le public et avec nous-mêmes. On se rend bien compte s’il y a des choses qui marchent ou pas. On retente, parfois on réadapte et là, pour l’acoustique, c’est pareil : il y a des morceaux qu’on a déjà écartés et d’autres qu’on met plu sen avant. On va continuer de le faire à l’avenir. La dynamique humaine d’un concert acoustique n’est pas du tout la même que celle d’un concert metal. Le rythme est différent, on peut faire des pauses et papoter… C’est comme le reste, on est tout le temps en train d’expérimenter, de découvrir de nouvelles choses, d’apprendre…

Même si cet album acoustique ne représente qu’une parenthèse dans la vie du groupe, si vous deviez, chacun, ne retenir qu’un seul titre d’Acoustic pour expliquer ce qu’est Red Mourning aujourd’hui, ce serait lequel ?

JC : J’ai mon idée… Il y a un titre que j’adore, c’est White line. J’adorais la version électrique, mais je trouve cette version acoustique très réussie. Je trouve que c’est très relativement original d’un point de vue instrumental, il y a les guitares, l’harmonica et beaucoup d’émotion.

Seb : Moi, je dirai Come to bury parce que c’est un titre qui figurait sur le premier album et c’est un morceau, en électrique, relativement sauvage, qui ne baisse pas d’intensité du début à la fin. Ce qu’on en a fait en acoustique est tout aussi intense mais avec un versant totalement différent, avec un ajout de clarinette, et c’est assez inattendu. C’est un morceau qui fonctionne très bien sur album et en live. Il y a un mariage d’harmonies vocales qui lui rend vraiment justice. Je ne sais pas laquelle des deux versions est la plus intense…

Un groupe de rock, on le sait, ne vit que très rarement de sa musique. Quelles sont vos activités dans vos autres vies ?

JC : Je vais commencer par la blague : dans le groupe, il y a un acousticien. C’est Aurélien, notre batteur.

Seb : Il y a un coach sportif, Alexandre, notre guitariste, un électricien, JC, et moi, infirmier en psychiatrie.

Des métiers assez variés…

JC : Oui, mais c’est ce qui nous permet d’assurer un minimum de finance dans ce projet assez couteux en temps, en énergie et financièrement. C’est pas avec ce que Red Mourning nous rapporte qu’on pourrait ne pas bosser…

Question classique, JC, tu y as déjà eu droit : quelle pourrait être la devise de Red Mourning ?

JC : Euh… pour vivre heureux vivons cachés ? Non, c’est ma devise personnelle. Pour le groupe, il y a une recette pour la longévité du groupe, c’est qu’on se dit franchement les choses. En devise, on pourrait dire Pour vivre heureux, disons les choses.

C’est à peu près ce que tu me disais il y a deux ans : Soyons fidèles à nous-mêmes… C’est dans le même ordre d’idées.

JC : Oui, c’est vrai, et c’est ce qui fait qu’on fait quelque chose d’un peu différent.

Seb : Pour moi, « le roseau plie mais ne casse pas » !

Souhaitez-vous ajouter quelque chose à ajouter pour terminer ?

JC : Soutenez l’Ukraine !

Je ne sais pas si on a la solution, maintenant, si tu vas sur le site, tu verras que le logo est aux couleurs de l’Ukraine.

JC : Ah super ! Merci pour eux. Je ne suis pas Ukrainien, mais il faut les soutenir.

Interview: RED MOURNING

Interview RED MOURNING – Entretien téléphonique avec JC (chant) le 11 octobre 2022

En regardant votre discographie, on se rend compte que vos 3 derniers albums sont séparés de 4 ans. Tu ne peux pas utiliser l’excuse Covid pour les précédents, alors c’est dû à quoi ? De la flemme, manque de créativité, autre chose ?

Non, non (il rit)… Ce n’est pas de la flemme… On est plutôt des bosseurs, des compositeurs acharnés. Nous, ce qui nous intéresse, c’est de sortir de beaux albums. On passe beaucoup de temps à fignoler, on est extrêmement exigeants avec nous-mêmes, on bosse avec Francis Caste qui est lui-même exigeant… On ne se permet pas de dire tous les ans ou tous les deux ans on va sortir des morceaux au kilomètre, on en peaufine un ou deux et le reste c’est du « filler ». On préfère prendre plus de temps et faire les choses bien.

Peux-tu nous raconter la genèse de ce nouvel album, Flowers and feathers ?

C’est le 5ème album du groupe, et c’est un peu la continuité du reste. Comme je te le disais, on compose beaucoup, on a continué à avancer, à sélectionner nos morceaux – on compose pas mal, mais on en jette pas mal aussi. Et puis, on a bien réfléchi aux différents arrangements – pendant la période de confinement, on s’est bien concentrés là-dessus. A un moment, comme on a fait sur les précédents, on s’est arrêtés, regardés et on s’est dit « ok, là on a vraiment de quoi faire un bel album ». Il fa fallu ensuite booker le studio, voire quand Francis était disponible et mettre tout ça en boite avec les changements qu’il peut y avoir en enregistrant aussi.

Tu dis que vous prenez le temps nécessaire pour fignoler et donc être totalement satisfaits de votre album (il confirme). Le précédent, Under punishment’s tree, est sorti il y a 4 ans – devrais-je le rappeler ? Comment analyserais-tu l’évolution de Red Mourning entre ces deux albums, Punishment et Flowers and feathers ?

Chacun d’entre nous a évolué, dans sa pratique et dans sa vie perso, naturellement. Mais au-delà, il y a eu un changement de line up il y a maintenant 5 ans. Ce nouvel album est le premier qu’on a composé et enregistré avec le nouveau guitariste, Alex. Forcément, ça change les choses… Aurélien aussi, notre batteur, s’est beaucoup plus impliqué dans la phase de composition, donc avec des compositeurs un peu différents on retrouve des structures de morceaux qui sont aussi différentes avec notamment des structures rythmiques un peu plus complexes, des structures de morceaux un peu plus progressives, plus compliquées… Et on a aussi continué d’expérimenter avec différents instruments comme l’harmonica, l’orgue, le piano, le banjo, etc. On a aussi ajouté de nouveaux instruments. Ce sont des « petites » choses qui font qu’on a un album qui marque une vraie évolution par rapport au précédent. En tout cas, c’est notre ressenti.

Je ressens une plus grande liberté d’expression dans des tonalités bluesy. Sur les albums précédents, c’était plus « doom des bayous ». Il y a ici des morceaux plus blues tout comme ton chant, tu te permets plus de variété et d’exploration vocale.

Oui… avec la maturité, personnelle et de groupe, on se laisse plus de libertés, les barrières, souvent psychologiques, tombent les unes après les autres. On se rend compte que, parfois, on s’obligeait à faire comme ça parce que c’est les codes du metal. Mais en fait, il n’y a aucune raison de se restreindre et il faut se libérer de ces carcans et expérimenter, faire avancer le schmilblick…

Pour ces nouvelles expérimentations, vous avez changé votre manière de composer au cours de ces 4 dernières années ?

Oui, ça a un peu évolué. Aurélien et Alex on beaucoup plus composé sur cet album et leur manière de faire c’est de composer un morceau en entier chez eux. Après, il y a des phases d’adaptation, de retravail, mais ils ont plus l’habitude d’arriver avec des choses toutes faites. Dans le passé, on composait beaucoup en répètes, on jamait et il en ressortait des choses qu’on modifiait sur place. Là il y a peut-être une approche plus réfléchie, un peu moins…

Bourrine…

(Rires) oui, moins bourrine, moins « on fait les choses au hasard et on verra ce qu’il en ressort ». Je caricature, mais il y a un peu de ça, c’est une approche différente.

J’ai écouté l’album plusieurs fois et, pour moi, il y a10 titres et 10 ambiances différentes. C’est très varié, d’où une question pas évidente : si tu devais ne retenir qu’un titre de Flowers and feathers à faire écouter à quelqu’un qui ne vous connais pas, lui dire « écoute ce morceau, c’est ce que nous sommes », lequel serait-ce ?

Ah, ah, ah ! Bon, dans ta question, il y a une partie de la réponse…  C’est forcément impossible. Il y a des questions de préférence, d’ambiance…

Au-delà de tes préférences… Tu as 5 minutes pour me convaincre d’écouter le reste…

Elle est très difficile ta question… Je vais essayer de te répondre quand même : un titre comme Six pointed star, je le trouve très original : il est entièrement joué au lap-steel, y compris les parties metal. Il y a des harmonies vocales, de la violence aussi, donc je mettrais sans doute celui-là… Mais, comme tu le disais, l’album est très varié, donc la réponse est difficile.

Je suis assez d’accord avec toi, il vous représente bien. En revanche, un morceau qui n’est pas représentatif de l’esprit Red Mourning mais qui peut indiquer ce vers quoi vous tendez, c’est Blue times…

C’est marrant, parce que ce morceau-là est le seul qu’Aurélien a composé de A à Z, y compris les paroles. C’est moi qui le chante, mais oui, il change un peu. On s’autorise l’acoustique, et on aime intégrer ce genre de choses de plus en plus. Il est beau, ce titre…

Et ton chant est beaucoup plus « passe partout », ta voix est plus douce…

Oui, je me suis aventuré un peu sur d’autres façons de chanter. D’ailleurs, on sort un clip pour ce morceau en novembre.

La pochette également est assez sobre. Il y a une volonté de votre part de montrer une Red Mourning plus sobre ?

Oui, tout à fait. On avait envie aussi de montrer qu’on explore autre chose dans notre identité visuelle, que là aussi on veut s’affranchir des codes. On a voulu quelque chose de plus clair tout en restant organique, quelque chose de simple et agréable, qui soit chaud, on en sent la matière. On a travaillé avec Morgane qui est graphiste et qui avait déjà fait des designs pour nous, des T-Shirts… Oui, il y a une volonté d’aller vers quelque chose de plus clair et différent.

Au niveau des textes, il y avait un thème assez clair sur l’album précédent, y a-t-il ici aussi un thème, y a-t-il des choses qui ressortent plus particulièrement ?

Oui, il y a des thèmes qui ressortent. Ça reste principalement des sujets de préoccupations personnelles qu’on retrouve sur tous les albums. Les textes sont écrits par rapport à des expériences personnelles à différents moments de ma vie, qui tournent autour de choses qui changent, qui disparaissent, qui n’ont plus de sens… Avec l’expérience du Covid, il y a plein de gens qui se sont posés des questions sur leur vie, sur ce qui avait du sens pour eux… et c’est un questionnement qui peut toucher tout le monde : qui on est, pourquoi on accorde de l’importance à certaines choses.

Et y a t-il, au contraire, des thèmes que vous n’aborderiez pas, qui n’ont pas leur place dans le groupe ?

(Il réfléchit) En fait, on ne s’est jamais vraiment posé la question… C’est moi qui arrive avec mes textes et, systématiquement, quand j’écris, c’est toujours sur des ressentis personnels. On n’est pas un groupe politique, donc on ne va pas aborder de thématiques politique contemporaine, même si on a naturellement nos convictions – là, j’ai mon T-shirt Ukraine, je le porte sur scène mais ce ne sont pas des sujets que j’aborde.

Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Red Mourning ?

Euh… « Soyons fidèles à nous-mêmes ». Cette musique qu’on fait, on s’exprime et on laisse s’exprimer qui nous sommes. Il faut se regarder en face et pas essayer d’aller reproduire autre chose que ce qui nous correspond.

 

RED MOURNING: Flowers and feathers

France, Metal (Bad reputation, 2022)

Ils ne sont pas pressés les gars de Red Mourning. Un album tous les 4 ans, c’est peu. Mais on ne leur en veut pas car 1/la crise sanitaire est passée par là (mais on va commencer à arrêter d’utiliser ça comme excuse, non?) et 2/ le groupe parvient à se réinventer et ça, c’est bien! Rappelez-vous, leur précédent album était brutal et taillait directement dans le gras. Ici, avec Flowers and feathers, Red Mourning nous propose une dizaine de titres qui savent explorer diverses ambiances, du brutal –  on ne se refait pas – au plus calme, du heavy aux ambiances plus rassurantes et intimistes. Leur nouvel opus, Flowers and feathers, est tout aussi barré qu’intrigant. OK, les deux vont souvent de pair, simplement, cette fois -ci, les gars ont délaissé, en partie tout du moins, ce hardcore aux tonalités parfois sudistes qui les caractérisait au profit d’un doom des bayous dans lequel il fait bon s’enfoncer. 10 titres, 10 ambiances avec un chant ( JC Hoogendoorn) souvent graveleux voire guttural mais souvent, aussi, chaleureux et doux comme sur Blue times. Alors que l’on pouvait avoir l’impression de se sentir dans les bayous de Louisiane, Red Mourning nous entraine aujourd’hui sur des sentiers stoners et bluesy. Les constructions, parfois alambiquées, intriguent et entraînent l’auditeur dans le sillage un peu dingo, parfois criard, souvent lourd mais toujours – à quelques hurlements près – efficaces. Je n’ai pas le souvenir d’avoir trouvé Red Mourning aussi ouvert musicalement qu’il l’est aujourd’hui. La variété des morceaux fait toute la richesse de ce nouvel album, à la fois brutal et doux, enragé et mélancolique. Avec Flowers and feathers, et sans jamais se renier, Red Mourning semble avoir vraiment trouvé sa voie, celle d’un heavy brutal et bluesy doublé d’accents sudistes enjoués. Un cap est franchi, brillamment. Bravo!

RED MOURNING: Under punishment’s tree

Metal, France (Bad reputation, 2018)

Voici 4 ans que Red Mourning a livré sa dernière offrande explosive… Mélangeant un chant aussi hargneux que ses riffs et des voix plus bluesy, des riffs tranchants et des rythmes rentre dedans, les 13 titres de ce nouvel opus, Under punishment’s tree, ne font pas dans la dentelle.  Dès A whole different life, le message est clair: ça taille dans le gras, directement et sans concession. Et jamais Red Mourning ne relâche la pression. Si l’on a parfois l’impression de se retrouver au milieu d’un Oh brother déjanté, la virulence vocale nous ramène à la réalité. Cependant, malins, les Français parviennent à lier ce maelstrom auditif à des mélodies sous-jacentes inspirées d’un blues lumineux. Ce mélange d’ombre et de lumière, de violence et de douceur est à la fois détonnant et attirant. Difficile à suivre d’une traite quand on n’aime pas les voix gutturales, mais pour ceux qui apprécient, c’est un vrai défouloir. Red Mourning n’a décidément pas dit son dernier mot!