DEADLINE: Nothing beside remains

Hard rock, France (Bad reputation, 2018)

Depuis sa formation en 2009, les Français de Deadline se sont donné les moyens de parvenir à leurs fins, en embauchant Beau Hill pour le premier album paru en 2012, en tournant en ouverture de Gotthard ou Quireboys, en évoquant ouvertement ses influences (classic hard and heavy rock). Bref, tout pourrait aller pour le mieux mais voilà: Deadline est Français… Et en France, on ne s’intéresse guère aux groupes français, à quelques rares exceptions près. En 2017, l’arrivée d’un nouveau guitariste redonne la pêche à la formation qui enregistre Nothing beside remains, son quatrième album, si l’on inclus le Acoustic session paru en 2015. Nouvelle pêche, nouvelle envie, cela se ressent dans cet opus qui transpire AC/DC, Guns, Scorpions et consorts. Du gros, du lourd qu’on retrouve tout au long des 12 morceaux, au cours desquels figurent de jolis et trépidants riffs. Les musiciens le savent, si la structure rythmique tient la route, on peut tout faire autour. Et là, ça marche plutôt bien: des rythmes solides, des riffs entraînants, des invités, un hommage aux victimes du 13 novembre 2015… Ça fonctionne « plutôt » bien, musicalement en tout cas, et pour commencer, la seconde moitié de l’album surprenant moins. Car le chant me gêne: j’ai l’impression que Arnaud ne réussit jamais à trouver sa propre identité vocale, ses influences « axliennes » prenant trop facilement le dessus,. Mais n’est pas Axl qui veut… De plus, le timbre aigu peut lasser sur la durée. C’est la grande faiblesse de cet album par ailleurs efficace et original, qui lorgne même par instant vers le psyché des 70’s. Dommage…

RED MOURNING: Under punishment’s tree

Metal, France (Bad reputation, 2018)

Voici 4 ans que Red Mourning a livré sa dernière offrande explosive… Mélangeant un chant aussi hargneux que ses riffs et des voix plus bluesy, des riffs tranchants et des rythmes rentre dedans, les 13 titres de ce nouvel opus, Under punishment’s tree, ne font pas dans la dentelle.  Dès A whole different life, le message est clair: ça taille dans le gras, directement et sans concession. Et jamais Red Mourning ne relâche la pression. Si l’on a parfois l’impression de se retrouver au milieu d’un Oh brother déjanté, la virulence vocale nous ramène à la réalité. Cependant, malins, les Français parviennent à lier ce maelstrom auditif à des mélodies sous-jacentes inspirées d’un blues lumineux. Ce mélange d’ombre et de lumière, de violence et de douceur est à la fois détonnant et attirant. Difficile à suivre d’une traite quand on n’aime pas les voix gutturales, mais pour ceux qui apprécient, c’est un vrai défouloir. Red Mourning n’a décidément pas dit son dernier mot!