TRANK: The ropes

Rock, France (Autoproduction, 2020) – Sortie le 15 septembre 2020

Oh, cette claque! Une de celles d’autant plus appréciables quand on ne s’y attend pas… Trank, groupe fondé en 2016, a déjà publié 4 singles, tourné en première partie de groupes à l’influence discutable comme Anthrax ou Deep Purple, aux style opposés. C’est déjà dire l’intérêt que différents univers portent à Trank. Et, avec son premier album, The ropes, on se rend vite compte que la musique du quatuor est en effet difficilement étiquetable. Toujours puissant et mélodique, le groupe propose des morceaux puisant autant dans le metal actuel que dans une certaine forme de new wave, dans le punk US festif ou dans le rock au sens le plus large du terme. Parfois rentre dedans, à d’autres moments quelque peu mélancolique (Forever and a day), aucun des 12 morceaux ne se répète ou ne laisse indifférent. Les guitares sont enjouées, la batterie entraînante et variée, le chant – dans un anglais parfaitement compréhensible – la basse groovy… Comment dire? La musique de Trank est aussi attirante qu’un aimant, aussi goûteuse et alléchante qu’un plat concocté avec amour et passion. Voilà, « passion », c’est le fil conducteur de The ropes, album à découvrir d’urgence. Comment résister à Shining, Undress to kill ou au cinématique et quelque peu rammsteinien In troubled times ou Again ? Il y a de la rigueur et de l’envie, même dans le plus calme et aérien The road. Et lorsque les concerts reprendront… Pour l’heure, The ropes entre vite fait dans le cercle de mes grosses découvertes de l’année. A suivre, à soutenir. Nous avons sans doute avec Trank l’avenir du rock français, un rock d’envergure internationale!

BLACK BART : Casnewydd Bach

France, Heavy metal (Autoproduction, 2018)

Le metal pirate arrive en France et il se nomme Black Bart! Les moussaillons, en pleine préparation de leur 4ème album, ont décidé de se rappeler à notre bon souvenir en redistribuant ce Casnewydd Bach, troisième album sorti en 2018. A-t-il vieilli? Non, car les pirates, en campagne depuis 2007 avec un équipage inchangé (Babass’ au chant et à la… basse, Rudd et Zozio aux guitares,et Marco à la batterie) puisent leur(s) inspiration(s) dans le metal traditionnel, mélodique et rythmé. Celui des 80’s. Le monde de la piraterie en a inspiré plus d’un, de Running Wild à Alestorm, et reste aussi une source d’inspiration intarissable. Et Black Bart, ce nom si souvent évoqué qui fut aussi le thème d’une face B de Maiden (Black Bart blues). Si les sources d’inspirations sont souvent évidentes – allez ne pas reconnaître une basse à la Steve Harris, une intro à la Master de Metallica ou des riffs à la Priest ou Accept sans compter la détermination « vent en poupe » de la bande à Rock n Rolf), le quatuor les intègre joyeusement dans ses compos. C’est parfois si évident qu’on n’a même pas envie d’évoquer le mot de plagiat tant c’est fait avec amour et envie. La production est elle aussi marquée du sceau des années 80, tout comme le chant en français, rugueux et plein de rhum, est parfois étonnant (voire limite et déroutant, comme sur Le dernier voyage). Mais il y a du cœur à l’ouvrage et rien que ça, cette musique faite pour le plaisir sans forcément se prendre trop au sérieux, ça donne envie d’aller plus loin. Alors, en attendant le nouvel album promis pour bientôt, laissons le sourire nous barrer le visage et profitons de cet album plaisant. A suivre: chronique du Ep Pièce de huit.

QUAMELTO: Sors

France, Rock (Autoproduction, 2020)

« Qu’on aime ou pas, Qamelto est là… » Ainsi se conclue, sous forme de gentille provocation, la bio envoyée par le groupe avec Sors, son premier Ep 6 titres. J’aurai aussi pu commencer par le début de cette même bio: « Quand tu ne trouves pas ce que tu cherches, crées-le ». Ainsi donc, Qamelto, groupe formé à Clermont Ferrant en 2019, ne trouves pas de satisfaction dans la scène musicale actuelle? Et souhaite la réinventer? Vaste programme et belle ambition. Alors tentons le coup en 6 titres. Cogne – tout un programme – démarre avec des guitares rapides, une rythmique plombée et entraînante et une invitation extraite de Raging Bull (ou Rocky?). La basse hypnotique donne le rythme de ce combat de boxe. Puissant, proche du metal par instant, cette intro donne envie d’aller plus loin. Juste fais-le se fait puissant et plus mélodique avant de dévier vers quelque chose de plus aérien avec une basse qui évoque par instants Survivor. Un intermède propose un ordre en anglais qui reprend le principe du groupe (« ne laisse pas des rêves n’être que des rêves (…) juste fais-le! »). Cette répétition de « Just do it » , bien qu’à des années lumières, rappelle le procès intenté à Judas Priest et les soit-disant messages subliminaux ayant mené, à la fin des 80’s aux USA, 2 jeunes au suicide… Le voyage est beaucoup plus léger, accompagné d’une guitare acoustique sur un rythme joyeux. Peace. Avec F.T.G! l’énergie reprend du service. Je ne sais pas après qui ils en ont, mais le mec ferait mieux de ne pas la ramener… Et puis, gueuler un bon coup « ferme ta gueule », ça défoule. Le morceau titre, le plus long (6’31) est une poésie pour voix et guitare acoustique qui monte en puissance sans jamais trop s’éloigner de la ballade/power ballad romantique.  Ce premier essai se clôt sur Enchorus, une rapide outro au piano qui évoque tout autant Chopin que la campagne ou l’univers du cinéma. Alors, sans réinventer le rock, Qamelto parvient à séduire, attirer et donne envie d’en écouter plus. A suivre.

DESPITE THE END: Butterfly effect

France, Metal (Ep autoproduit, 2020)

Les influences orientales, voire égyptiennes, que l’on trouve sur Despite the begining cachent à peine la réalité qui va suivre. Butterfly effect, le premier Ep des Français de Despite The End, est un disque mature de bout en bout. Le groupe récemment formé s’est attelé à la tâche de manière acharné, comme nous l’explique son guitariste Ludovic dans l’interview récemment accordée à Metal Eyes. Quand on pense qu’aucun des musicien ne se connaissait il y a quelques mois à peine, le résultat est bluffant. Lire la suite

THERAPHOSA: Transcendance

France, Metal (Autoproduction, 2020)

Après un Ep remarquable, le trio francilien Theraphosa revient avec un album complet. Transcendence, produit par l’incontournable Francis Caste, un gage de qualité, démarre avec Stigmata of the purest pain, un titre lent doom, au chant torturé qui alterne entre gouffre profond et sombre et clarté sérieuse. La suite explore divers univers, parfois rock, à d’autres moments proches du prog. Lire la suite

NEW FAVORITE

France, Hardcore (Ep – Autoproduction, 2020)

La rage que dégage ce trio! Composé d’Alex Diaz (The Prestige, chant et guitare), Aurélien Bignon (chant et batterie) et Pierre Thureau (chant et basse), New Favorite déboule avec un premier Ep furieux de 5 titres chaotiques à souhaits! Les amoureux de guitares saturée, de rage et d’énergie vont être servis! En à peine plus de 18′, les gaillards parviennent à tout retourner, à foutre un joyeux bordel. Tape worms lance avec fougue la machine. Rugueux, agressif et intense, les guitares saturées au delà du raisonnable, ce premier titre pose le cadre. Et si Holy eyes qui suit est un peu plus lent, il reste tout aussi intense, tandis que Lust friend se fait plus lourd, sombre et légèrement vicieux. (Yeah these ain’t no) love killers refonce dans le tas et le joyeux bordel se conclue avec Neons explosif. Les lignes vocales, qui alternent entre rage et un forme de mélancolie, proposent des refrains entraînants et chantant. Avec cette carte de visite, New Favorite se glisse dans la lignée des Franck Carter et ses Rattlesnakes avec un rock direct, énergique et simple qui dynamite tout sur son passage. A suivre de près!

TYLER AND THE CREW: #1

France, Blues (Autoproduction, 2020)

On n’aura de cesse de le dire: en matière de rock et de blues, de musique qui vient simplement des tripes, on sait vraiment y faire en France. Tyler and the crew vient de nouveau en apporter la preuve avec ce premier Ep, sobrement et simplement intitulé #1. Cinq titres originaux de ce blues rock direct et sans fioriture, cinq chansons qu’on écoute en se dandinant, sans se poser de questions. Plus une reprise de All along the watchtower de Bob Dylan (reprise un nombre incalculable de fois) dans une version toute personnelle autant que respectueuse de l’originale. Démarrant avec Hell of a woman, la guitare de Tyler crie son blues avant que n’intervienne le chant rauque du bouffeur de papier de verre. Chaleureux et entraînant, comme le blues aérien qui suit (Leaving this all behind) qui évoque par instant Aerosmith. That’s all right est plus foncièrement rock et me fait penser aux Australiens de Shadow Queen, tandis que le chant de la reprise ressemble par instant au Bon Jovi séducteur des premiers albums. Dead est plus mélancolique, normal pour un titre qui parle d’amour décue, tandis que Aaron’s song est une ballade, véritable déclaration d’amour à son enfant (Aaron, sans doute?) Un titre émouvant en diable dont une sobre guitare vient apporter une conclusion pendant deux bien trop courtes minutes. Tyler And The crew a tout pour séduire un large public. C’est maintenant à vous de jouer!

DUALITY: Elements

France, Metal (Autoproduction, 2020)

Quatuor de metal dit « moderne » (étiquette fourre-tout par excellence…), Duality a déjà un album et un Ep à son actif (140 waves en 2016 et Archeology en 2017) avant ce nouvel Ep, Elements, daté de mai 2020. Au travers des 5 titres, le groupe explore diverses facettes du genre, honorant ainsi son nom. Car la dualité est effectivement de mise tout au long du disque. Démarrant avec un In the sun aux guitares rageuses et au chant doux, Duality m’évoque un mélange de Seether et de Soen, avant de plonger dans le navire Ship avec des guitares appuyées, des growls bien sentis accompagnés de quelques touches légères de claviers. Mais il manque quelque chose, le titre peine à me convaincre totalement. Les touches orientales qui s’égrainent au fil de Buried – et ses guitares aériennes – et Fluffy cloud apportent certes une autre couleur musicale mais, là encore, il manque quelque chose. Sans doute la facette prog de Duality mériterait-elle moins de hurlements? Solace, justement, m’attire. Autant par la construction que par la force de ce texte à mi parcours, non plus chanté mais simplement, sobrement narré. Une narration accompagnée de quelques vocalises avant qu’une longue partie instrumentale ne vienne joliment conclure ce nouvel essai qui, vous l’aurez compris, ne m’a qu’a moitié séduit. Trop d’explorations, sans doute, un chant qui mériterait moins de cris aussi, en tout cas, selon mes goûts… Mais,malgré tout, un disque prometteur aux compositions réfléchies pour interpeller. De ce point de vue, misson accomplie.

STONE OF A BITCH: IntimAlicious

France, Rock (Autoproduction, 2020)

J’avais quelque peu égratigné Stone Of A Bitch avec sa précédente production, pas à cause de la musique mais de l’accent anglais. Eh bien, il semble qu’un vrai travail ait été fait de ce côté car ce nouveau disque est compréhensible de bout en bout. Cela ne rend ce Intimalicious que plus agréable à écouter. Cinq chansons d’un rock léger et varié, inspiré de divers mouvements – new et cold wave, électro et metal indus parmi d’autres – composent ce Ep au son propre. Démarrant avec quelques coups donnés à la porte, Roses est léger, mystérieux, coquin et mélancolique. Une guitare saillante rappelle quand même qu’il s’agit d’un groupe de rock. Poison namaste est plus inspiré par la New wave et il semble exister une logique toute particulière à la musique de Stone Of A Bitch, quelque peu saccadée et décousue, mais fortement attirante. Bien plus entraînant et dansant, presque joyeux, Pulp me in se révèle rapidement le morceau le plus efficace et direct. Impossible de rester de marbre avec son refrain qui te lâche pas, tandis que Silk & silver, avec son riff obsessionnel et son chant langoureux, est une invitation à se lover sous la couette. A-twin et ses touches électro, sa guitare à la Rammstein, conclue joliment ce nouvel essais, au chant, je le répète, bien plus convainquant que précédemment.

HEVIUS: Millenaire

Heavy metal, France (Autoproduction, 2020)

Amateurs de heavy français chanté en français, attention: Hevius déboule avec Millénaire son second album. Les amateurs du genre connaissent déjà le groupe qui, en 2005, avait proposé un Derrière la lumière qui n’avait pas totalement trouvé sa voie. Venant de Seine et Marne (77), le groupe propose un heavy traditionnel, à la fois puissant et mélodique qui lui permet, notamment, d’ouvrir pour Sabaton mais ne fait guère parler de lui par la suite. Quelques changements de personnel ont lieu entre 2008 et 2013, et Hevius revient, en 2020, avec ce nouvel album. Une nouvelle fois autoproduit, Millénaire ne surprend que peu par le style musical. Le chant puissant et clair évoque ouvertement les années 80 et 90, celles de Sortilège (tiens, on en reparle en ce moment…) et de Manigance pour le côté frenchie. Les claviers et les guitares évoquent toute la vague métal symphonique sans que Maiden ou Priest, éternel gardiens du temple, ne soient jamais loin. Hevius se fait simplement plaisir bien que jouant avec le plus grand sérieux – à l’opposé de son site web (www.hevius.com) qui présente le groupe avec un flagrant manque de sérieux. Les 11 titres (plus 2 bonus) taillent dans le vif avec bonheur, flirtant parfois avec une certaine forme de pop puissante. La joyeuse bande nous offre un album joyeux et entraînant. Une moment festif et léger bienvenu.