DEMENTIA: Persona

Metal, France (Autoproduction, 2017)

Introduit par Blur – rien à voir avec le groupe – une sorte de complainte mélancolique, Persona prend tout son envol dès le bien nommé Speedball. Francis Caste, magicien des manettes, gourou de la prod hexagonale, est, encore une fouis parvenu à obtenir le meilleur des musiciens de Dementia, qui restent cependant producteurs de leur projet. Enregistrés aux studios sainte Marthe entre mars et avril de cette année, les 14 titres chantés dans un anglais très honorable et avec une rage salutaire, font la part belle à l’énergie, la puissance d’exécution et la mélodie. Persona est un album qui sonne résolument moderne, qui puise cependant dans l’histoire du metal, du hard rock et du prog; c’est ce qui fait la force de ce disque, une belle introduction à l’univers sonore de Dementia, pas si dément que ça! Une alliance savamment orchestrée, une exploration de sons et d’horizons variés qui se laisse écouter sans sourciller.

HOWLIN’ MACHINES: Fever

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

Qui peut nier que la scène hexagonale est active? De plus en plus de (bons) musiciens s’adonnant au plaisir de former un groupe, il n’est guère étonnant de trouver au milieu de cette foultitude innombrable de petites pépites prenant la forme de jolies promesses. Originaire du sud de Paris, de Villeneuve Saint George dont on évitera la confusion avec le fameux nuit du même saint, Howlin’ Machines est le fruit de la réunion en 2015 de copains de lycées; deux années de travail plus tard, le groupe nous offre ce premier Ep. Des jeunots, donc, et ça donne quoi? Bien que jeune, ça sent l’amour des anciens, AC/DC première période et le hard rock naissant en tête, un soupçon de blues, du Stooges d’Iggy Pop ou  du Motörhead aussi. Le son  de Fever, leur premier Ep (avec 7 titres, on pourrait parler d’album, non?) est oldie, volontairement, les guitares saturées et le riff simple et direct – certains appelleraient ça du stoner…. Howlin’ Machines ne s’encombre pas de fioriture et reste terre à terre. Dans le bon sens du terme, car le trio n’en fait jamais trop, tout au long des 7 titres qu’il nous propose (un petit travail sur l’anglais, correct mais pas au top, sera cependant à envisager.) C’est simplement chantant et entraînant. En concert, ça doit être  genre brut de décoffrage, super efficace!

BULLRUN: Dark Amber

Heavy Metal, France (Autoproduction, 2017)

Franciliens d’origine, le trio de Bullrun (eh oui, ils sont trois à se réunir en 2011: au chant et à la basse: Rémy Gohard – pseudo? – à la guitare, Gaël Berton, et à la batterie, Mark Dezafit) fait ses premières armes à Orléans, qui n’en avait pas demandé autant! Largement influencés par les géant du genre que sont Motörhead ou Metallica – influences évidente à l’écoute des compos – le groupe peaufine son identité et propose aujourd’hui Dark amber, un premier Ep de 6 titres libéré au mois d’avril dernier. Premier constat, plus que la marque Metallica, c’est l’empreinte vocale de James Hetfield qui rappelle l’influence des Horsemen, et ce dès The devil in me. C’est puissant, direct, et l’anglais est plus que maîtrisé. Les morceaux qui suivent tiendront-ils la distance? On est en droit de se le demander… Si, musicalement, She’s coming se démarque avec une approche plus saccadée, la ligne vocale est similaire, et c’est dommage. Mais c’est le seul bémol que je trouve ici…  Faster than light s’enfonce dans un heavy 80’s mélodique et efficace en diable dont on note ce refrain très (trop?) chantant. Highway glory fait en revanche secouer les cheveux et taper du pied, et le groove imparable de Burn fait bouger le popotin. Reste le morceau éponyme qui clôt ce premier Ep pied au plancher. Dark amber est une grosse surprise (le gros son bien crade est à noter) qu’on a plaisir à écouter et réécouter. Pigé? Tout plein d’infos à découvrir sur www.bullrunofficial.com et sur facebook.com/bullrunofficial.com

 

HYPNOTIC DRIVE: Full throttle

Hypnotic Drive, c’est qui? Hypnotic Drive s’est formé en 2012 en région parisienne et publie son premier Ep, la carte de visite The ride, en 2013, ouvrant au groupe les portes de quelques premières parties scéniques. il faut cependant attendre 2017 pour que paraisse le premier album du groupe, Full throttle.

Full throttle, ça donne quoi?  De l’énergie à revendre, c’est la promesse de ce Full throttle quine souffre que d’une production moyenne, faisant ressortir le côté frenchie du groupe. Un accent pas top, mais en revanche, des guitares et une rythmique qui foncent, une détermination et une volonté qui font plaisir à entendre. Hypnotic drive nous propose avec ce premier album un heavy gras et bourru, inspiré autant par AC/DC que Metallica ou Clutch (deux références évidentes, un peu trop présentes d’ailleurs…), auxquels viennent se greffer une touche de stoner, voir de heavy psyché à la Black Sabbath, et du punk. On ne cherche pas les gros effets ni le riff qui tue, ici, simplement le gros riff qui tache  et fait taper du pied. On appuie à fond sur l’accélérateur sans regarder derrière. Mais… je ne le répéterais jamais assez, quelle crédibilité un groupe peut-il avoir sans un phrasé et un accent corrects, cela malgré une voix puissante et rocailleuse à souhaits ? Et là, le bât blesse grave… Il y a tout au long de ce disque de bonnes idées souvent, malheureusement, sous exploitées… En tout cas, pas assez pour me séduire vraiment. Il manque quelque chose, dommage.

Note: 6,5/10

FREAK INJECTION: Freak is fashion

Metal barré, France (2017, autoproduction)

Freak Injection, c’est qui? Formé à Paris en 2016 à la suite  de la rencontre entre Mac-F (« adepte de masques de chiens ») et Charlie Red, chanteuse « addict aux crinières de feu et aux vestes à piques » , Freak Injection développe rapidement son concept musical, à la croisé du metal, du rock, de l’electro et de l’indus. Un programme défendu sur le premier Ep, Freak is fasion.

Freak is fashion, ça donne quoi? Barré comme il est écrit plus haut, cet Ep de 4 titres se laisse écouter avec étonnement et amusement. Toujours énergique, le chant souvent agressif, ou plutôt, déterminé, rappelle, dès le morceau titre, le coté déjanté d’une Nina Hagen shootée au punk industriel. Sex me est légèrement plus soft bien qu’explicite et volontairement provocateur. On se laisse surprendre et entraîner sur Crosses, le bien nommé, très électro hypnotique inspiré par le Blondie des années disco. La grande force de Freak Injection réside sans doute en ceci que le groupe ne se donne pas de limite. En ratissant large, en incluant à sa musique des influences variées et, à priori, incompatible, en y croyant dur comme fer, le groupe se fait plus qu’originale et crédible. Tout ça en ne se prenant pas au sérieux, la pochette et le sous titre (Alien sexfriends, pinkbloods & unicorns) parlant d’eux mêmes. La seule question qui se pose est: et sur un album complet, ce serait aussi efficace? C’est la prochaine étape et le plus gros pari de Freak Injection. A suivre, donc.&12

Note: 8/10

ICEBERGS: Requiem

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Icebergs, c’est qui? Rock, jazz, soul, aucun son ne semble limiter les 5 membres d’Icebergs, formation française qui se dévoile avec Requiem, un album composé de 10 chansons aux influences allant de Amy Winehouse et Led Zeppelin.

Requiem, ça donne quoi? Icebergs définit sa musique avec le terme de Power soul. On ne saurait qu’abonder en ce sens tant les 10 titres offrent un mix parfait de puissance et de lumière, d’énergie teintée de soul. Si le jazz n’est jamais loin (le piano et les claviers de Lorenzo Luizzi) les guitares de Elliott Stoltz rappellent les origines rock du combo. Les riffs sont acérés, taillés sur mesure pour accompagner la voix sensuelle de Mathilde Borsoni. loin du métal, Icebergs arrive comme une bouffé d’air frais, une douceur lumineuse, un moment d’évasion. un joli moment relaxant. un disque bien plus chaleureux, en somme, que ne le sous entend le nom du groupe. Mais un Iceberg ne dévoile-t-il pas qu’une infime partie de son tout?
Note: 7,5/10

OVERDRIVERS: Rockin’ hell

Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

Overdrivers, c’est qui? Formé en 2011 dans la Région des Hauts de France par Adrien Desquirez (chant et guitare) et Anthony Clay (guitare), Overdrivers ne se stabilise qu’en 2015 avec l’intégration du bassiste Sébastien Lorquet et du batteur Florian Morgano. Le quatuor, amoureux du gros rock australien, donne plusieurs concerts dans sa région et en Belgique avant d’entrer en studio pour autoproduire Rockin’ hell qui parait en 2016.

Rockin’hell, ça donne quoi? Avec Overdrivers, c’est simple, on peut le clamer haut et fort: la France tient là son Airbourne! Et comme beaucoup considèrent qu’Airbourne est le digne successeur d’AC/DC, osons le dire sans détour (comment ça, cette chronique commence par un joli détour???): la France tient son AC/DC! Simplement. Je vous vois venir avec vos sarcasmes, vous moquant déjà sous prétexte qu’AC/DC a des milliers de clones. Oui, c’est vrai. Mais tout comme un… Airbourne, justement, Overdrivers ne se contente pas d’être une pâle copie imitant ses mentors. Les guitares, les riffs, la gouaille du chanteur, avec ce premier album Rockin’ hell, tout ressemble au prestigieux groupe vénéré par des millions de fans. Mais Overdrivers va plus loin que d’autres: le chant, mélange de Bon Scott et d’Udo Dirkschneider, est mis en valeur par des guitares aussi déterminées qu’acérées. Les quatre vont droit au but, sans fioritures, et sans avoir d’autre prétention que de se faire plaisir avec les fameux trois accords. La simplicité mise au service de l’efficacité, c’est ce que l’on retrouve tout au long de ces 10 chansons qui parlent de filles, rock, bagnoles et autres gros engins (en tout genre, je vous laisse imaginer!) Overdrivers est assurément un groupe à soutenir!

Note: 8/10

Site web: www.overdirvers.com

Facebook: www.facebook.com/overdriversrocknroll/

ENDLESS SUNDOWN: Make sense

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Endless Sundown, c’est qui? Groupe lyonnais, Endless Sundown s’est formé en 2014. D’abord trio, le groupe enregistre un premier single avant de se doter d’un chanteur avec qui il publie Make sense, Ep paru en mai 2017.

Make sense, ça donne quoi? Ep de 5 titres, Make sense démarre calmement avec Down the rabbit hole avant de se faire plus énergique dès Dirty feet. Les guitares acérées accompagnent une voix puissante, chant dont on remarquera la variété d’expression. Barth Sky peut à la fois être doux, rageur, mélancolique, profond, apportant une jolie variété à chacune des chansons. Les amateurs de grunge apprécieront l’apparente simplicité des guitares doublée d’une rythmique pas toujours évidente mais efficace. Come(b)ack, qui conclue ce disque, regroupe tous les éléments précités au cours de 14 minutes. Un pari d’apparence osé, mais qui, comme souvent, cache 2 chansons: une première de moins de 5′ suivie, 2′ plus tard, d’une escapade mélancolique en terres celtes et d’un nouveau vide de 2’… Pourquoi, avec un Ep, cacher un titre, hein, dites? Si l’on peu regretter un son trop linéaire et pas assez gourmand, les 5 titres de Make sense sont cependant diversifiés et constituent une intéressante carte de visite. reste la question: en quoi Endless Sundown se démarque-t-il d’une scène hexagonale ultra active?

Note: 7/10

MALLORY: Sonora RF part II

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mallory, c’est qui? Groupe parisien, Mallory est composé de Phil (chant), jay (guitares), Mat (basse) et Twist (batterie).  C’est tout ce que j’en sais…

Sonora RF part II, ça donne quoi? Rageur et furieux, Sonora RF part II raconte l’histoire d’une Américaine perdue à Paris. Ça commence avec sa déclaration: « let’s burn this place down », tout un programme… Le premier titre, chanté en anglais, laisse place à cette rage destructrice, nihiliste dans un esprit punk. Puis, Mallory entame la partie francophone de son disque, dans un esprit rock et mélancolique, inspiré par Noir Désir, parfois aussi Pink Floyd (plus musicalement que vocalement) et nous entraîne dans son sillage.  Si on peut reprocher que rien ne permette vraiment à Mallory de se démarquer (ainsi que ces paroles reportées sur la jaquette intérieure que si t’as pas une loupe ben t’arrives pas à les lire…), on appréciera cependant l’effort de construction de l’histoire, les tempi variés (une judicieuse alternance de titres rageurs, plus lents, mélancoliques…) ainsi que la production, claire, qui va à l’essentiel, de ce disque qui s’écoute aisément.

Note: 7,5/10

BACKTRACK LANE: In fine

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Backtrack Lane, c’est qui? Un jeune groupe français qui ouvre pour des pointures comme Black Star Riders ou Gotthard, qui joue dans des Elysées Montmartre ou Trabendo, aux Festival de Lorient et celui de la guitare…. Un groupe qui se fait remarquer dès ses débuts en 2013 et publie divers albums et Ep remarqués avant ce In Fine.

In fine, ça donne quoi? Nouvelle signature discographique de Backtrack Lane, In fine est un Ep de 6 titres qui commence avec un Fifteen minutes (qui n’en dure qu’à peine plus de 3, logique!) pour continuer sur des sonorités plus simplement rock et grand public. Underground est, avec ces chœurs « Ouh ouh, ouh » particulièrement chantant. Une variété d’instrument est à découvrir tout au long de ce disque (euh, il y même un peu de triangle, non?) efficace sans pourtant prétendre casser la baraque. On se laisse facilement entrainer par la gentille furie des Perfect motion ou After the rain…Notons aussi que le chant anglais est très correctement  maîtrisé. Pour un premier essai, Backtrack Lane vise haut, évoque les grands de la pop rock énervée ou ceux du rock dur (on pense à Foo Fighters ou Deep Purple, par exemple) avec une belle efficacité. On regrettera seulement – mais c’est annexe – la pauvreté du site internet du groupe, désert incommensurable d’information… Heureusement, la musique est là!

Note : 7,5/10