DOG N STYLE : Only stronger

Hard rock, France (Autoproduction, 2019)

Après un Pub’s calling (2016) arrivé comme une surprise dans la paysage metallique français, le dingos de Dog N Style remettent le couvert avec Only stronger, leur nouvel album qui fleure bon le délire musical et visuel. Toujours très influencé par la scène glam/sleaze américaine, le groupe peaufine cette approche sonore (les grands du genre sont de la partie – Mötley Crüe, Ratt, Dokken, Great White, doublés des incontournables Motörhead et AC/DC) avec un visuel tout aussi délirant autant inspiré du manga que du western ou du comics. Si, de prime abord, Gamble to gain (bonjour le clin d’oeil à Ace of spades!), Feed your devil (avec plaisir!) Bad man et autres Come on in ne réinventent pas l’eau tiède, Only stronger entre dans la catégorie des albums qui s’écoute sans faim, au volant, pour le plaisir et le fun. Avec rock’n’roll, fun est le maître mot qui semble guider Dog N Style. Et ça fait du bien!

ALLUSINLOVE: It’s OK to talk

Rock, Royaume-Uni (Autoproduction, 2019)

Après un premier Ep, les 4 garçons de Leeds de Allusinlove continuent d’explorer l’univers du rock, hard rock, tendance déjanté. Dès Full Circle, le groupe semble inspiré par les Beatles tant le propos se fait presque pop. Puis, sur fond d’un rock furieux, All my love évoque un Black Sabbath qui aurait fauté avec le punk. En gros, si quelqu’un espère trouver dans cepremier album It’s OK to talk une véritable identité musicale, ben… c’est rapé. Le groupe n’a posé aucune limite, se faisant ici légèrement (carrément) psyché, là plus pop et ici encore romantique, voire mélancolique. Ce nouvel album semble vouloir s’adresser au public le plus large possible. Des calmes et des furieux, et tout au long de ce disque on reconnait, posés comme des jalons, quelques clins d’œil en références aux nombreuses sources d’inspirations des Anglais. Comme dirait l’autre, c’est de la belle ouvrage.

JIRFIYA: Wait for dawn

France, Metal (Ep, autoproduction, 2019)

Sur fond de guitares furieuses et d’un partage vocal masculin (Jérôme Thellier, également guitariste et co-fondateur) et féminin (Ingrid Denis, co-fondatrice) Jirfiya, quatuor hexagonal, nous invite, avec ce premier Ep, Wait for dawn, dans son univers sonore qui explore aussi bien des tonalités orientales (The report card), la fureur metal pure et dure, s’engage également sur les terres progressives (Under control) . La rage vocale de Jérome Thellier, également membre de Born From Lie (ainsi que le bassiste Patrick Davoury) apporte une touche extrême contrebalancée par la douceur de celle d’Ingrid. Le propos est diversifié (To be saved est aussi speed et furieux que mélodique, suivi de son opposé, la ballade A part of light, titre qui monte en puissance et en hargne sur sa seconde partie). Waiting for your fall, qui clôt ce premier essai, est un parfait mix de tout ce que Jirfiya a présenté. Ingrid en profite même pour présenter une facette vocale bien plus hargneuse… En 5 morceaux, les Français démontre l’étendue de leurs influence et prouvent un réel savoir faire, doté d’une vraie personnalité.

TUNGS10: The lost manuscript

France, Metal indus (Autoproduction, 2019)

Un look post apocalyptique à la Mad Max, un titre aussi mystérieux qu’un roman de Dan Brown… Il ne fait guère de doute, dans mon esprit, que Tungs10 évolue dans un domaine indus, sans doute influencé par Ministry, Marily Manson et consorts. The lost manuscript, l’album des Français qui vient de paraître, confirme rapidement cette impression. Les machines sont judicieusement utilisées, les guitares et la section rythmique sont hypnotique et saccadées. Et le chant surprend. De prime abord, tu n’irais pas lui chercher des noises à Madeleine Kowalczyk… Cependant, sa voix douce et enfantine donnerait parfois l’impression d’une échappée de Barbie girl… Cette douceur est contrebalancée par la rage vocale du compositeur et guitariste Cédric Andreolli, qui vient quand même rappeler qu’il s’agit de metal. Si l’ensemble est bien fait, si le son est pile comme il faut pour le genre, je n’arrive cependant pas à accrocher sur la durée. Sans doute parce qu’il ne s’agit pas de mon genre de prédilection… Mais les amateurs d’indus sauront trouver dans ce The lost manuscript ce qu’il faut pour les satisfaire. Et confirmer qu’il existe, en France, des groupes dignes d’intérêt tant visuellement (une affiche avec Tungs10, Punish Yourself et Shaârghot, ça pourrait le faire, non?) que musicalement.

TIGERLEECH: The edge of the end

France, Stoner (Autoproduction, 2019)

Formé à Paris en 2013, Tigerleech évolue dans un rock stoner, lourd et pas fin – dans le bon sens du terme, s’entend. Avec The edge of the end, son premier album, Tigerleech travaille des ambiances pesante sinon oppressantes. Seul le chant, pourtant puissant, manque de précision. Pour le reste, les guitares saturées laissent une large place aux power chords et la section rythmique bourine sévère. Les gars (Sheby au chant, Fabien à la guitare, Gabor à la basse et Oliv à la batterie) parviennent à diversifier leur propos comme sur ce An experience called life qui mêle guitares claires et hurlantes. Et comment passer à côté d’un titre aussi évocateur que Sexe dur sans s’interroger? Pourquoi ce titre alors que l’ensemble de l’album est chanté en anglais, hein? Tigerleech s’affranchit cependant des codes du genres en incluant diverses influences à ses compos, principalement piochées dans la musique extrême, et le punk n’est pas en reste. Ce qui l’en différencie toutefois, c’est la durée des chansons: sur 10 titres, seul Jungle punk s’affiche crânement, avec 3’30, sous la barre des 5’45. Il semble que le seul objectif des Parisiens soit de proposer un défouloir hypnotique à son auditoire. En l’occurrence, c’est réussi et l’ensemble me rappelle quelque peu Already Salted (d’autres irrévérencieux franciliens légèrement déjantés). Un groupe direct, sans concession, certainement à découvrir sur scène.

LOADED GUN: First round

France, Heavy metal (Autoproduction, 2019)

Euh…. comment dire? Comment aborder cet album qui veut nous replonger au coeur du hair metal insolent et déjanté des années 80? Comment dire que les Français de Loaded Gun nous font part de leur nostalgie des frasques des Mötley Crüe, Gun’s n Roses, Cinderella, Ratt et autres Poison? Le riff assuré, les guitares volontaires, les thèmes purement sexuels, tout, de Stay on me à Last bullet, en passant par Bitch (pas celui des Stones repris récemment par The Dead Daisies, non..) à Dirty night pourrait séduire l’auditeur si ce n’est ce chant dont je ne comprends pas un traître mot. Le chant yaourt ne passe pas le cap de mes oreilles… Et là, oui, on est bien de retour dans la France des 80’s qui faisait écrire à Martin Popoff  dans son Collector’s guide to heavy metal volune 2: « Que quelqu’un frappe ces gars avec leurs bérets » (chronique de l’album Never too late de de Stators, p. 337)…  Encore une fois, groupes français: si vous décidez de chanter en anglais, respectez vos auditeurs anglophones. Perso… Je passe.

IRON BASTARDS: Cobra cadabra

France, Heavy metal (Autoproduction, 2019)

Dès les premières mesures de Inside the nest, le nom du groupe prend tout sons sens: un mélange de Iron fist et Bastards, deux références à Motörhead… Et le chant biéreux et rugueux, les guitares et la batterie ainsi que la formule trio infernal évoquent immanquablement le groupe de Lemmy, version 80’s. Avec Cobra cadabra, son second album, les Français de Iron Bastards visent à se poser comme les dignes successeurs de leurs incontestable mentors. D’ailleurs, ils ont partagé la scène avec Motörhead et plein d’autres au travers de 250 concerts qui les ont aidés à se forger un sale caractère, sans parler de l’image: Rickenbaker pour le bassiste chanteur obligatoire semble-il! La prod de l’album est sale comme il faut, et on se laisse emporter dans cet univers si familier. On pourrait même se demander, avec une chanson comme Days of rage, quel est cet inédit de la bande à Lemmy tant l’esprit est là, présent. Presque pareil avec With the world on your side (clin d’oeil presque trop évident à The wörld is yours...) qui se termine avec une partie digne des premières heures de la NWOBHM, notamment avec quelques guitares à la Maiden/Priest… Alors ensuite vient la question: plagiat ou hommage? Mais se pose-t-on encore cette question avec un groupe comme Airbourne? Non, alors laissons donc Iron Bastards se distinguer et trouver sa voie comme digne successeur, fils illégitime… D’autant que le trio joue aussi l’autodérision avec l’amusant You only live twice. Puissance, énergie, speed, tout est réuni, alors, fans de Motörhead, voire de Nashville Pussy et consorts, laissez vous tenter

WARFAITH: Pint of pils

Thrash, France (Autoproduction, 2019)

C’est toujours agréable de recevoir un album avec un message personnalisé écrit à la main. Une invitation à découvrir l’objet. Et dans le cas de Warfaith, avec son Ep Pint of pills (le groupe a déjà publié un album en 2015, Wise man is dead), je n’ai pas eu beaucoup d’efforts à fournir pour adhérer au thrash  des Français. Après une intro instrumentale, carte de visite sur laquelle est écrit « Metallica, Slayer, Exodus, Testament, Death Angel, Anthrax…. » ainsi que « Thrash, Hardcore, Punk » on passe dans le vif du sujet: le son est propre, le chant hargneux, très punk, à la fois hargneux et haineux. Les guitares jouent sur les rythmes, le riff ici subtil cède le pas à du speed sans concession. La section rythmique est tout le temps explosive. Les 8 titres ne cherchent nullement à réinventer le thrash, vont droit au but (5 morceaux durent moins de 3’… Amis photographes, faudra pas les voir au Hellfest ^_^) et immanquablement font s’agiter les crinières… Les Lorrains se font plaisir, et cela s’entend de bout en bout, ce qui peut s’avérer une vraie force. A suivre, et à voir en live. Ça doit être un joyeux bordel!

WORST DNA: Saturday night

Rock, France (EpAutoproduction, 2019)

Fondé en 2012 par le batteur Andrew D. Gorth, Worst DNA a publié son premier album en 2016 et revient aujourd’hui avec Saturday night, Ep aux sonorités rock et cold wave. Les 5 titres proposent une variété de sonorité, allant de la folie (Take me out of here) à la douceur (Soft kiss). Si les influences affichées vont de Depeche Mode à Nine Inch Nails en passant par Moby, une chanson comme Paranoid évoque également dans son phrasé et sa construction Eurithmics. Saturday night est une carte de visite plus que sympathique d’un groupe dont l’avenir pourrait dépendre d’une présence plus fréquente tant discographiquement que scéniquement. A suivre.

SPHERES: Iono

France, Metal progressif (Autoproduction, 2019) – sortie le 10 mai 2019

Certains groupes ambitionnent de devenir, d’autres mettent en oeuvre leurs ambitions. Spheres fait partie de cette seconde catégorie et le démontre avec ce premier album varié, musical, et mélodique, Iono. Le groupe a finalisé son line up en 2018: Jonathan Lino, fondateur au chant et à la guitare est rejoint par le Hollandais Tommi P à la batterie, Camille à la seconde guitare et Lek à la basse. Le groupe travaille particulièrement les ambiances (orientales sur The Cimmerian ghost, une très belle introduction à l’univers du groupe, brutales à la Gojira ou Mastodon…) La basse et les guitares sur Television nation évoquent aussi Maiden, mais cela ne dure qu’un temps, tant Spheres parvient à se défaire de ses influences pour trouver sa voie propre. La dualité du chant clair et guttural ou hurlé, apporte une couleur supplémentaire à cet ensemble plus que prometteur. Ajoutons à cela une pochette très mythologique et fantastique. Iono est une très belle carte de visite présentant un groupe plus que prometteur.