HYPNOTIC DRIVE: Full throttle

Hypnotic Drive, c’est qui? Hypnotic Drive s’est formé en 2012 en région parisienne et publie son premier Ep, la carte de visite The ride, en 2013, ouvrant au groupe les portes de quelques premières parties scéniques. il faut cependant attendre 2017 pour que paraisse le premier album du groupe, Full throttle.

Full throttle, ça donne quoi?  De l’énergie à revendre, c’est la promesse de ce Full throttle quine souffre que d’une production moyenne, faisant ressortir le côté frenchie du groupe. Un accent pas top, mais en revanche, des guitares et une rythmique qui foncent, une détermination et une volonté qui font plaisir à entendre. Hypnotic drive nous propose avec ce premier album un heavy gras et bourru, inspiré autant par AC/DC que Metallica ou Clutch (deux références évidentes, un peu trop présentes d’ailleurs…), auxquels viennent se greffer une touche de stoner, voir de heavy psyché à la Black Sabbath, et du punk. On ne cherche pas les gros effets ni le riff qui tue, ici, simplement le gros riff qui tache  et fait taper du pied. On appuie à fond sur l’accélérateur sans regarder derrière. Mais… je ne le répéterais jamais assez, quelle crédibilité un groupe peut-il avoir sans un phrasé et un accent corrects, cela malgré une voix puissante et rocailleuse à souhaits ? Et là, le bât blesse grave… Il y a tout au long de ce disque de bonnes idées souvent, malheureusement, sous exploitées… En tout cas, pas assez pour me séduire vraiment. Il manque quelque chose, dommage.

Note: 6,5/10

FREAK INJECTION: Freak is fashion

Metal barré, France (2017, autoproduction)

Freak Injection, c’est qui? Formé à Paris en 2016 à la suite  de la rencontre entre Mac-F (« adepte de masques de chiens ») et Charlie Red, chanteuse « addict aux crinières de feu et aux vestes à piques » , Freak Injection développe rapidement son concept musical, à la croisé du metal, du rock, de l’electro et de l’indus. Un programme défendu sur le premier Ep, Freak is fasion.

Freak is fashion, ça donne quoi? Barré comme il est écrit plus haut, cet Ep de 4 titres se laisse écouter avec étonnement et amusement. Toujours énergique, le chant souvent agressif, ou plutôt, déterminé, rappelle, dès le morceau titre, le coté déjanté d’une Nina Hagen shootée au punk industriel. Sex me est légèrement plus soft bien qu’explicite et volontairement provocateur. On se laisse surprendre et entraîner sur Crosses, le bien nommé, très électro hypnotique inspiré par le Blondie des années disco. La grande force de Freak Injection réside sans doute en ceci que le groupe ne se donne pas de limite. En ratissant large, en incluant à sa musique des influences variées et, à priori, incompatible, en y croyant dur comme fer, le groupe se fait plus qu’originale et crédible. Tout ça en ne se prenant pas au sérieux, la pochette et le sous titre (Alien sexfriends, pinkbloods & unicorns) parlant d’eux mêmes. La seule question qui se pose est: et sur un album complet, ce serait aussi efficace? C’est la prochaine étape et le plus gros pari de Freak Injection. A suivre, donc.&12

Note: 8/10

ICEBERGS: Requiem

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Icebergs, c’est qui? Rock, jazz, soul, aucun son ne semble limiter les 5 membres d’Icebergs, formation française qui se dévoile avec Requiem, un album composé de 10 chansons aux influences allant de Amy Winehouse et Led Zeppelin.

Requiem, ça donne quoi? Icebergs définit sa musique avec le terme de Power soul. On ne saurait qu’abonder en ce sens tant les 10 titres offrent un mix parfait de puissance et de lumière, d’énergie teintée de soul. Si le jazz n’est jamais loin (le piano et les claviers de Lorenzo Luizzi) les guitares de Elliott Stoltz rappellent les origines rock du combo. Les riffs sont acérés, taillés sur mesure pour accompagner la voix sensuelle de Mathilde Borsoni. loin du métal, Icebergs arrive comme une bouffé d’air frais, une douceur lumineuse, un moment d’évasion. un joli moment relaxant. un disque bien plus chaleureux, en somme, que ne le sous entend le nom du groupe. Mais un Iceberg ne dévoile-t-il pas qu’une infime partie de son tout?
Note: 7,5/10

OVERDRIVERS: Rockin’ hell

Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

Overdrivers, c’est qui? Formé en 2011 dans la Région des Hauts de France par Adrien Desquirez (chant et guitare) et Anthony Clay (guitare), Overdrivers ne se stabilise qu’en 2015 avec l’intégration du bassiste Sébastien Lorquet et du batteur Florian Morgano. Le quatuor, amoureux du gros rock australien, donne plusieurs concerts dans sa région et en Belgique avant d’entrer en studio pour autoproduire Rockin’ hell qui parait en 2016.

Rockin’hell, ça donne quoi? Avec Overdrivers, c’est simple, on peut le clamer haut et fort: la France tient là son Airbourne! Et comme beaucoup considèrent qu’Airbourne est le digne successeur d’AC/DC, osons le dire sans détour (comment ça, cette chronique commence par un joli détour???): la France tient son AC/DC! Simplement. Je vous vois venir avec vos sarcasmes, vous moquant déjà sous prétexte qu’AC/DC a des milliers de clones. Oui, c’est vrai. Mais tout comme un… Airbourne, justement, Overdrivers ne se contente pas d’être une pâle copie imitant ses mentors. Les guitares, les riffs, la gouaille du chanteur, avec ce premier album Rockin’ hell, tout ressemble au prestigieux groupe vénéré par des millions de fans. Mais Overdrivers va plus loin que d’autres: le chant, mélange de Bon Scott et d’Udo Dirkschneider, est mis en valeur par des guitares aussi déterminées qu’acérées. Les quatre vont droit au but, sans fioritures, et sans avoir d’autre prétention que de se faire plaisir avec les fameux trois accords. La simplicité mise au service de l’efficacité, c’est ce que l’on retrouve tout au long de ces 10 chansons qui parlent de filles, rock, bagnoles et autres gros engins (en tout genre, je vous laisse imaginer!) Overdrivers est assurément un groupe à soutenir!

Note: 8/10

Site web: www.overdirvers.com

Facebook: www.facebook.com/overdriversrocknroll/

ENDLESS SUNDOWN: Make sense

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Endless Sundown, c’est qui? Groupe lyonnais, Endless Sundown s’est formé en 2014. D’abord trio, le groupe enregistre un premier single avant de se doter d’un chanteur avec qui il publie Make sense, Ep paru en mai 2017.

Make sense, ça donne quoi? Ep de 5 titres, Make sense démarre calmement avec Down the rabbit hole avant de se faire plus énergique dès Dirty feet. Les guitares acérées accompagnent une voix puissante, chant dont on remarquera la variété d’expression. Barth Sky peut à la fois être doux, rageur, mélancolique, profond, apportant une jolie variété à chacune des chansons. Les amateurs de grunge apprécieront l’apparente simplicité des guitares doublée d’une rythmique pas toujours évidente mais efficace. Come(b)ack, qui conclue ce disque, regroupe tous les éléments précités au cours de 14 minutes. Un pari d’apparence osé, mais qui, comme souvent, cache 2 chansons: une première de moins de 5′ suivie, 2′ plus tard, d’une escapade mélancolique en terres celtes et d’un nouveau vide de 2’… Pourquoi, avec un Ep, cacher un titre, hein, dites? Si l’on peu regretter un son trop linéaire et pas assez gourmand, les 5 titres de Make sense sont cependant diversifiés et constituent une intéressante carte de visite. reste la question: en quoi Endless Sundown se démarque-t-il d’une scène hexagonale ultra active?

Note: 7/10

MALLORY: Sonora RF part II

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mallory, c’est qui? Groupe parisien, Mallory est composé de Phil (chant), jay (guitares), Mat (basse) et Twist (batterie).  C’est tout ce que j’en sais…

Sonora RF part II, ça donne quoi? Rageur et furieux, Sonora RF part II raconte l’histoire d’une Américaine perdue à Paris. Ça commence avec sa déclaration: « let’s burn this place down », tout un programme… Le premier titre, chanté en anglais, laisse place à cette rage destructrice, nihiliste dans un esprit punk. Puis, Mallory entame la partie francophone de son disque, dans un esprit rock et mélancolique, inspiré par Noir Désir, parfois aussi Pink Floyd (plus musicalement que vocalement) et nous entraîne dans son sillage.  Si on peut reprocher que rien ne permette vraiment à Mallory de se démarquer (ainsi que ces paroles reportées sur la jaquette intérieure que si t’as pas une loupe ben t’arrives pas à les lire…), on appréciera cependant l’effort de construction de l’histoire, les tempi variés (une judicieuse alternance de titres rageurs, plus lents, mélancoliques…) ainsi que la production, claire, qui va à l’essentiel, de ce disque qui s’écoute aisément.

Note: 7,5/10

BACKTRACK LANE: In fine

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Backtrack Lane, c’est qui? Un jeune groupe français qui ouvre pour des pointures comme Black Star Riders ou Gotthard, qui joue dans des Elysées Montmartre ou Trabendo, aux Festival de Lorient et celui de la guitare…. Un groupe qui se fait remarquer dès ses débuts en 2013 et publie divers albums et Ep remarqués avant ce In Fine.

In fine, ça donne quoi? Nouvelle signature discographique de Backtrack Lane, In fine est un Ep de 6 titres qui commence avec un Fifteen minutes (qui n’en dure qu’à peine plus de 3, logique!) pour continuer sur des sonorités plus simplement rock et grand public. Underground est, avec ces chœurs « Ouh ouh, ouh » particulièrement chantant. Une variété d’instrument est à découvrir tout au long de ce disque (euh, il y même un peu de triangle, non?) efficace sans pourtant prétendre casser la baraque. On se laisse facilement entrainer par la gentille furie des Perfect motion ou After the rain…Notons aussi que le chant anglais est très correctement  maîtrisé. Pour un premier essai, Backtrack Lane vise haut, évoque les grands de la pop rock énervée ou ceux du rock dur (on pense à Foo Fighters ou Deep Purple, par exemple) avec une belle efficacité. On regrettera seulement – mais c’est annexe – la pauvreté du site internet du groupe, désert incommensurable d’information… Heureusement, la musique est là!

Note : 7,5/10

THE DEFIBRILATORS: Electric fist

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

The Defibrilators, c’est qui? Formé en Haute Savoie en 2009, The Defibrilators se fait remarquer sur de nombreuses scènes grâce à son rock hard à la AC/DC et punk à la Pistols ou Iggy Pop. APrès avoir remporté le tremplin Guitare en Scène en 2012, le groupe ouvre sur quelques dates de la tournée de Burning Heads. Après 2 Ep parus en 2013c et 2015, The Defibrilators publie en 2016 son premier album The truth about the Defibrilators, justement remarqué.

Electric fist, ça donne quoi? Volontairement crades et décalés, les 11 titres de Electric fist sont du genre à écouter au fond d’un bouge enfumé. ça rote, ça crache, c’est insolent et rien n’est jamais vraiment plus sérieux qu’une folle envie de s’amuser, de tout, de rien. Riff for glory met les choses au clair: The Defibrilators ne fait pas dans la dentelle, et pas dans la finesse non plus. Ca riffe sec, ça groove juste ce qu’il faut et, surtout, ça fait taper du pied en allant droit au but. Et l’humour potache s’invite tout au long du disque: Monster girl, Adultery, Chemical gas, Prostitute (bonne idée d’inverser les rôles, au passage), Dentist blues sont autant de déclaration à la necessité de mener une vie de déconne. Alors, oui, si musicalement The Defibrilators ne casse pas trois patte à un canard manchot, ce Electric fist mérite d’être simplement écouté entre potes, autour d’une chopine ou deux, dégustant un bon bbq. Ou dans un bouge enfumé, aussi…

Note: 7/10

COTTON BELLY’S: Live session vol. 1

Blues, France (Autoproduction, 2017)

Cotton Belly’s c’est qui? Le blues à l’état pur, version frenchy, ça s’appelle Cotton Belly’s. Issu de la réunion en 2005 de Yann Malek (chant, harmonica, guitare), Jérôme Perraut (guitare électrique), Christophe Etienne (basse, contrebasse) et Aurélie Simenel (batterie), Cotton Belly’s alterne Ep et albums, se place sur divers podiums musicaux partout en France, dont la première place du 3ème blues challenge en 2016.

Live sessions vol. 1, ça donne quoi? 6 titres composent ce Live sessions vol 1 (qui promet donc une suite!) enregistré sans public mais en prise directe. Exception faite de sa patate dans la bouche, le chant de Yann est chaleureux, rauque et envoûtant. Broken line, Reason transportent l’auditeur directement dans le sud des USA, le gospel Three times se chante au milieu des champs de coton et aurait même sa place à l’église…Oh yeah!  Superstition, Greatness, chaque titre est un hommage aux grands du blues, de la soul, de cette musique noire américaine légendaire et irrésistible. L’humour pointe aussi le bout de son nez avec Mr Bedman, qui clôt en douceur un superbe disque. On en redemande! A soutenir sur scène lors de la tournée française de juin (dates sur www.cottonbellys.com)

Note: 9/10

 

MILS: We love, we fight

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mils, c’est qui? Formé à Montpellier en 2008, Mils est déjà auteur d’un album, Man is a lonely soldier, paru en 2012. Le chant (un peu partagé sur le nouvel Ep), les intonations électro font la particularité du groupe qui explore différents horizons musicaux.

We love, we fight, ça donne quoi? Prog, rock, new wave, electro… les 5 titres de ce Ep – chanté dans un anglais enfin compréhensible! – évoquent autant Blondie (c’est flagrant sur Escape!) ou la new wave par ses touches électroniques que le metal extrême dans certaines parties vocales hurlées en fond (No Body, chanté par Duja), et plus généralement le rock aérien aux sympathiques envolées vocales. Le chant, cependant, reste clair, puissant et mélodique, principalement féminin malgré l’échappée mentionnée plus haut qu’il serait d’ailleurs intéressant d’expérimenter encore plus. C’est assez rare pour qu’on le remarque, la vision du rock que propose Mils sort assez des sentiers battus pour qu’on lui donne une véritable chance. Un projet qu’il faut aller défendre sur la route, et qui nécessite une confirmation via un album complet!

Note: 8/10