BLACK 7: Look inside

Allemagne, instrumental (Autoproduction, 2021)

Black 7, c’est le projet du guitariste et multi instrumentiste allemand Lars Totzke. Originaire de Hannovre (oui, comme… mais qui n’est pas une influence), le gaillard a grandi dans les années 80 et 90 au son de ceux qui ont fait du hard rock et du metal ce que le genre est devenu. Au travers de Look inside (une belle invitation que ce titre…) ce premier album de 14 titres – un multiple de 7… – Black 7 (un hommage à la guitare noire 7 cordes de Lars) explore divers univers, ici influencé par Iron Maiden, là par Dream Theater, tout en incluant des touches de Slipknot ou korn. Unleashed ouvre le bal avec force mélodie, suivi d’un Lead the way qui évoque autant Ritchie Blackmore qu’Iron Maiden. Le plus soft Lift up, léger et aérien est une pause qui arrive un peu tôt mais en trois titres, le ton est donné: Black 7, c’est la recherche de la mélodie et de l’énergie. Awakening cumule tous ces plaisirs, tout comme le bien nommé In my dreams. Discover lorgne quant à lui du côté hispanique avec brio tandis que Out of the box nous replonge dans le son des boites à musiques de notre enfance. Bref, Lars Totzke se fait plaisir, évoque ceux qui l’ont influencé – même le grand Gary Moore semble revenir du royaume des morts – et explore des univers aussi lumineux que parfois sombres et lourds (le morceau titre). Une très belle réussite d’un musicien expérimenté (il a fondé Madrigal au milieu des 90’s, un trio acoustique au début des années 2000) tente de nouveau sa chance avec ce projet instrumental de très bonne facture à découvrir. Toutes les infos sur www.black-seven.net15

FISHING WITH GUNS: Under the silver lake

France, Hardcore (Autoproduction, 2021)

Forcément, quand on décide d’aller pêcher avec des flingues, il ne faut guère être pressé de se sustenter. Les coreux parisiens de Fishing With Guns mettent en pratique le nom qu’ils ont choisi. Il leur aura cette fois fallu pas loin de 6 ans pour que les poissons dispersés ne se retrouvent dans ce lac argenté. Une production tous les 5 ans, c’est un bon rythme, non? D’autant qu’il s’agit ici d’un Ep 5 titres qui mélangent brutalité et détermination. un ensemble magnifiquement mis en son par Francis Caste décidément incontournable magicien sonore sans pareil. Aussi speed et rageur que plus aérien, Under the silver lake (un titre qui pourrait être celui d’une série à suspense) nous entraîne dans un univers sombre et riche en émotions. Le chant, puissant, enragé, explosif, ne faiblit jamais, les guitares taillent dans le vif et la section rythmique bombarde autant qu’elle le peut. C’est puissant et pourrait, si le groupe avait opté pour un album entier, être usant. On ressort proprement lessivé de cette courte expérience, un  véritable condensé de rage dans ta face.

ROZEDALE: Rozedale

France, rock (Autoproduction, 2021)

Déjà auteur de deux albums studio – dont un Wide awake élu « album blues de 2018 » en (…non, je ne vous ferai pas l’affront!), c’est pas rien – Rozedale, le groupe, revient avec Rozedale, son nouvel album concocté au cœur de la pandémie et enregistré à l’ICP studio. Le duo Amandyn Roses (chant) et Charlie Fabert (guitares) nous livre 10 titres d’un rock varié, des chansons aussi acidulées que parfois rugueuses qui puisent dans un blues classieux autant que dans le rock. C’est soft et efficace, l’ensemble se laissant écouter avec une facilité déconcertante. Les guitares de Charlie, fines et racées, accompagnent avec brio la voix envoutante d’Amandyn. Si l’anglais est majoritaire, on notera également un titre en français, Ce soir je t’aime, écrit par Cali, chanson qui s’intègre parfaitement à l’album. Si Ghost ouvre le propos de manière très soft, on se prend vite à chantonner ces mélodies entrainantes et l’album monte progressivement en puissance sans jamais s’éloigner de ce fil conducteur et moteur mélodique. Sobre et efficace, voici un album à défendre live. D’ailleurs, vérifiez les dates sur le site du groupe, il y en a un paquet. Une tournée qui pourrait placer Rozedale dans le peloton de tête national. Bien joué!

PARPAING PAPIER: Croire au printemps

France, Rock/Punk/Metal (Autoproduction, 2021)

Ils sont de retours nos Frenchies frapadingues de Parpaing Papier! De retour avec un album complet, le très bien nommé Croire au printemps, qui débarque le 18 juin. « Très bien nommé » parce que 1/ le mois de mai a été si pourri qu’on espère vraiment que le beau temps va revenir et 2/ parce que la vie elle même, paralysée par la crise sanitaire, à besoin de retrouver un printemps, un nouvelle jeunesse. Sont-ce là les préoccupations premières de PP/PP? Certes non! Nous avions eu droit à une belle carte de visite avec l’Ep Tester des casques et les gars continuent dans cette veine d’un rock furieusement entraînant aux textes d’un humour fin et recherché. Rien ne peut ici laisser indifférents, le sourire pointe à chaque riff et chaque parole. Démarrant avec le morbide imparable et impayable de Entrée plat décès que ne renierait certainement pas Hannibal L. Parpaing Papier donne le ton. Son mélange de rock, de punk et de metal fait mouche. Et derrière un fun apparent se cache un sérieux sans pareil. Oui, il semble aisé d’écrire des « débilités » comme Acheter un œil, Dans ma fusée (clin d’œil – justement ^_^ – à Thomas Pesquet?), Cadeau de cowboy, ou après les casques, ce sont maintenant le vestes que le quatuor veut tester, mais il y a beaucoup plus que ça. « Metal marrant »? A rapprocher d’Ultra Vomit ou des Princesses Leya? Non, même si PP/PP ne dénoterait nullement sur une affiche avec ces deux groupes. Fun, sérieux et efficace en diable, ce Croire au printemps est une vraie bouffée d’air frais et de bonne humeur dans le paysage actuel.

THE LOSTS: Mystery of depths

France, Heavy metal (Autoproduction, 2021)

Cinq années séparent Mystery of depths de son prédécesseur, …Of shades and deadlands, paru en 2016. C’est long, mais j’imagine que The Losts aurait volontiers sorti cet album un peu plus tôt si un certain virus n’avait pas foutu le binz un peu partout… Les nordistes continuent d’explorer leur thème de prédilection en narrant la suite des aventures du peuple des Egarés, qui a donné son nom au groupe (oh?). Et la grande force de The Losts est d’avoir trouvé un juste équilibre entre ses influences et les divers genres qui font la richesse du metal. Fondamentalement heavy, le groupe navigue au travers de divers univers sonores, passant avec un réel bonheur du heavy pur jus au metal extrême. Le chant et les guitares nous proposent de nombreuses envolées dignes ici des fleurons du power mélodique, là des belles heures du heavy speedé. Le chant – un anglais parfaitement maîtrisé – est également puissant et varié. The Losts sait diversifier les plaisirs avec des influences sombres, racées voire même orientales… et parvient à conserver de bout en bout l’attention de son auditeur. 12 morceaux qui, si certains proposent des structures complexes et des rythmes variés, tapent juste là où il faut. Maintenant, une question: combien de temps faudra-t-il attendre la suite des errances sans fin de ce peuple perdu? Parce que Mystery of depths est dans la parfaite continuité de son prédécesseur, reprenant les mêmes ingrédients en les améliorant encore.

REDEMPTION: Three of a kind

France, Hard rock (Autoproduction, 2021)

Bien sûr, si on vous parle, aux plus anciens amateurs de hard rock et de heavy metal principalement, de Mama’s Boys, Van Halen, Rock Goddess ou, ceux là peuvent parler aux plus jeunes, DeWolff, vous comprenez le lien. Des fratries et sororités sont la base de ces formations. Redemption va plus loin encore puisqu’à la paire de frangins vient s’ajouter un papa. Une histoire de famille? Un chaperon de noir vêtu? Redemption, ceux qui y étaient s’en souviennent, a remporté le tremplin Voice of Hell et a eu le privilège de fouler la Mainstage 2 du Hellfest 2018. Aujourd’hui, après deux Ep, le trio nous offre Three of a kind, leur premier album autoproduit et attendu. De bout en bout cet album fleure bon le heavy rock vintage, gras et direct. Bien sûr, la forme trio et l’esprit crade et dans ta face fais penser à Motörhead, mais on n’a pas à faire à une pâle copie. Non, la famille Kuhn propose un condensé de heavy rock qui pue la bière et les relents de clopes, du genre qu’on joue au fond d’un pub malfamé. Bon, ça, c’est la version 70’s du genre qui a depuis évolué, mais l’idée est là. Au travers de 11 titres chantés avec une voix grave, puissante et profonde dans un anglais perfectible mais déjà très correct, le trio se lance corps et âmes dans l’aventure, pied au plancher sans regarder dans le rétro. Digne héritier de Motörhead, des Ramones ou encore de Danko Jones, Redemption fonce pied au plancher. Pas de fioritures, que du gros, du gras, du lourd, du direct. D’aucuns pourraient croire à un coup de pub, mais non, Redemption est un groupe à prendre très au sérieux, un de ceux qui risquent de redonner un sens au terme rock’n’roll.

JUNON: The shadows lengthen

France, Metal rugueux (Ep – Autoproduction, 2021)

Nouveau venu sur la scène du metal rugueux, Junon? Que nenni! Car le quintette est né des cendres d’un General Lee dont le post hardcore avait été suffisamment exploré. Revenant sous le nom de la déesse protectrice de la Rome antique, Junon propose un metal rugueux au chant aussi torturé que mélodique, aussi puissant que mélancolique. Au travers de The shadows lengthen, un Ep 4 titres – dont Carcosa qui a déjà été publié sous forme de single fin 2021 – le groupe explore une variétés d’horizons musicaux, alternant entre fureur explosive, guitares incisives, rythmiques en béton tout en proposant des moments plus calmes. Junon ne cherche jamais à réinventer le style, simplement il l’interprète avec force et conviction. Une carte de visite rageuse et efficace.

BURNT UNMBER: Petroleum

France, Rock (autoproduction, 2021)

C’est en 2018 que naît Burnt Umber. Après avoir consolidé le groupe, ses deux fondateurs, la chanteuse Abby et la batteur J-War, s’attaquent à la réalisation de ce Petroleum, un premier album aux sonorités variées. Puisant dans un rock énergique, saccadé voire même parfois syncopé, les guitares proposent des plans aussi saturés qu’aériens. La tessiture de la voix d’Abby lui permet de couvrir une large palette d’émotions, de la puissance à la douceur – même si, vous me connaissez, l’anglais reste encore à travailler, plus dans l’articulation (pas toujours compréhensible sur les moments les plus durs) que dans l’accent d’ailleurs… Les titres – dont une reprise de Calling you, popularisée par le succès du film Bagdad café, qui interpelle par ses aspects autant respectueux qu’explorateurs de l’original – proposent une palette rock riche et diversifiée. Un ensemble qui interpelle, attire l’oreille et fait taper du pied. Mais, car il y en a un, malgré toute la bonne volonté et la qualité indéniable des compostions et de l’interprétation, il manque cette étincelle qui me ferait vibrer vraiment, ce petit truc qui viendrait me chercher pour ne plus me lâcher. Attention: c’est bien foutu et bien écrit, seulement, il manque ce quelque chose qui fait qu’un groupe se distingue. Travailler avec un producteur pourrait sans doute, à l’avenir, permettre à Burnt Umber de trouver sa véritable identité, sonore sinon musicale.

HORSKH: Wire

France, Metal électro (autoproduction, 2021)

Ça s’appelle Wire, et ça porte bien son nom… les Français de Horskh on décidé de prendre la place d’un Daft Punk qui vient d’annoncer sa séparation. Oui, non, en fait… Wire est sorti avant cette annonce mais vient chasser sur le terrain de jeu des mecs casqués, en violent. Beaucoup plus violent. Les rythmes hypnotiques feront entrer n’importe quel amateur du genre dans une transe qui détachera son âme des réalités terrestres. Non, qui arrachera son âme. Brutal, électro les 12 titres nous entraînent au milieu d’une foule dansant sous les flashes stroboscopiques, de lumières agressives. Et les inspirations metal, là dedans? Ben, j’ai du mal à les trouver tant l’electro domine le sujet. C’est bien foutu, puissant, dansant sans doute aussi pour certains, mais ça s’adresse à un public amateur et avisé. Si ce n’est pas ma came, d’autres y trouveront sans aucun doute possible un défouloir à leur mesure.

Kiko LOUREIRO: Open source

Metal instrumental, Brésil (Autoproduction, 2020)

Malgré son intégration remarquable et remarqué au sein d’un Megadeth en pleine forme (Dystopia a fait l’unanimité), Kiko Loureiro, l’ancien guitariste d’Angra a trouvé le temps de composer et produire (via une campagne de crowdfunding version éclair) un nouvel album instrumental. Je me livre ici à une séance de rattrapage, l’album étant sorti au mois de juillet dernier. Le guitariste se livre ici à un exercice d’un nouveau genre, puisque, comme le titre – Open source – l’indique, il compte sur la communauté métal et ou musicienne pour améliorer son oeuvre qu’il a mis à disposition du public sur le net. Onze titres qui résultent d’un travail d’orfèvre, et démontrent, si besoin était, la classe du musicien. De Overflow à Du monde (un clin d’oeil à la France?), la finesse de ses errances sur le manche ont de quoi dégoûter les guitaristes en herbe. Cependant, malgré tout, Loureiro parvient à ne jamais tomber dans le piège de la démonstration pure et dure. Loin de la technique et de la frime, la mélodie reste le maître mot de cette oeuvre riche et complète que chacun aura plaisir à découvrir encore et encore. Allez voir sur le net ce que certains morceaux sont devenus, fruits des ajouts de fans… Et même sans ces ajouts, cet album est une merveille du genre. Quand, en plus, sans rien avoir demandé, tu reçois cet album signé de la main du maître…