BLACK STONE CHERRY Live à Paris (Elysée Montmartre, le 3 décembre 2018, avec Monster Truck)

Black Stone Cherry, c’est la quasi garantie, pour tous les amateurs de Hard rock teinté sudiste, de passer un bon, voire un excellent moment, que ce soit sur disque mais plus encore sur scène. Et ce soir, les frangins du Kentucky, qui viennent soutenir leur dernier et très réussi dernier album, Family tree, sont accompagné des Canadiens de plus en plus en voguer de Monster Truck. Lire la suite

MONSTER TRUCK: True rocker

Hard Rock, Canada (Mascot records, 2018) – Sortie le 14 septembre 2018

Sittin’ heavy, le précédent album des Canadiens de Monster Truck paru en 2016, avait démontré que le hard rock vintage a encore de beaux jours devant lui. Une tournée plus tard – dont un passage remarqué à la Maroquinerie de Paris – et voilà que le quatuor remet le couvert et nous offre True rockers, un cocktail musical rock’n’rollesque de 11 chansons. Cocktail parce que Monster Truck ne se contente pas de ne jouer que du rock à 3 accords irrésistibles mais varie ses plaisirs (True rocker, Thunderstruck, Being cool is over…). Bien sûr, le morceau titre, puissant, direct et simple met les pendules à l’heure et surprend avec ce speech digne d’un télé évangéliste qui semble éructé par un clone de Dee Snider. Ben, non, par Dee Snider himself qui semble ainsi adouber Monster Truck. La suite évoque des univers sonores aussi variés que le rock sudiste, un peu de psyché 70’s, du heavy actuel digne de remplir des stades  (Evolution), le blues (Devil don’t care) et fait même quelques clins d’oeil au punk US des 90’s de The Offspring (Young city hearts). La ballade Undone apporte un peu de calme au milieu de cette tempête qu’on s’empresse pourtant d’accueillir les oreilles grande ouvertes. L’énergie et la mélodie sont ici toujours mises au service de l’efficacité d’un rock direct et pas forcément aussi simple qu’il le laisse paraître. C’est donc avec impatience et plaisir qu’on retrouvera Monster Truck en première partie de Black Stone Cherry à l’Elysée Montmartre le 3 décembre prochain qui nous présentera, en live, un de mes albums de cette rentrée.

Interview: ANVIL

Interview ANVIL. Entretien avec Lips (chant, guitare). Propos recueillis au Trabendo de Paris le 25 février 2018

Jamais trop tard pour bien faire, dit-on? Ben tant mieux, car bien c’est au mois de février que cet entretien avec le furieux leader d’Anvil a eu lieu. Pounding the pavement est encore chaud, alors retrouvons Anvil en interview avec un Lips en pleine forme juste avant de rencontrer, pour la toute première fois de l’histoire du groupe, son public parisien!

Metal-Eyes :Lips, merci de me recevoir jsute avant votre concert de ce soir. Nous allons parler de votre album, de scène et de Anvil, naturellement ! Pounding the pavement est sorti il y a un mois. Quels sont les premiers retours que tu en as ?

Lips : J’en sais rien ! Comment le pourrais-je ?

Metal-Eyes :En lisant les critiques….

Lips : Je ne lis pas la presse ! La presse ne signifie rien pour moi, absolument rien ! ça a toujours été comme ça ! depuis 40, ça ne veut absolument rien dire, ça n’a jamais rien changé, et il en sera sans doute toujours ainsi !

Metal-Eyes : Le titre de votre album peut avoir plusieurs significations…

Lips : Hein ?

Metal-Eyes : Oui, en français, « battre le pavé » peut aussi faire référence aux prostituées qui arpentent le trottoir…

Lips : Non, non ! Faire le trottoir ? Non, fuck ! C’est incroyable ce que les gens peuvent avoir l’esprit tordu ! C’est tellement à côté de la plaque, je ne peux pas le croire ! Aw ! Battre le pavé signifie simplement que tu va chercher du boulot. C’est aussi simple que ça ! C’est ce que ça veut dire, je ne sais pas où tu es allé chercher cette idée… Quoi ?

Metal-Eyes : Ben, c’est aussi ce que font certaines, arpenter les rues pour bosser…

Lips : Ce que ça veut dire, c’est comme le VRP qui vend des aspirateurs au porte à porte. Tu vas de porte en porte pour essayer de vendre ton truc. C’est en gros ce que nous faisons, on le fait depuis 40, du porte à porte, de club en club, de ville en ville, tenter de convaincre les gens que nous sommes suffisamment bons pour qu’ils achètent nos CD, t-shirts et pour qu’ils viennent  à nos concerts.

Metal-Eyes :Anvil a toujours été considéré comme un porte-parole du heavymetal classique, voire du speed metal, mais les temps ont changés en 40 ans. Alors, sans refaire l’histoire du groupe, quelle a été votre évolution entre vos deux derniers albums.

Lips : Un grand cycle… On a commencé en n’ayant pas idée de ce qu’on faisait, on a fait un paquet de découverte accidentellement exprès, avons développé un public, pas reconnu ce que nous avions créé… Des membres du groupes ont perdu de vue qui et ce que nous sommes, ont créé des tensions, sont partis, ne laissant que Robb (Reiner, batterie) et moi. Tu sais, notre guitariste originel a voulu s’approprier le crédit de « l’importance » qu’avait pris le groupe sur les 3 premiers albums sans pour autant prendre une once de responsabilité d’avoir tout foutu en l’air… Les bonnes choses mais pas les mauvaises ! Tu as le choix entre bosser avec Johnny Z., le patron de Megaforce, ou avec David Krebs, qui s’occupait de Scorpions, Aerosmith… Eh bien, tu ne vas pas t’acoquiner de ce genre de type qui s’occupe de Scorpions ou Aerosmith si tu fait du heavymetal ! Ce mec ne savait même pas qui diable nous étions. Tu te retrouve sur scène à jouer 666 et le mec vient te voir en disant « vous n’allez nulle part avec ça ! » Maintenant, 40 ans plus tard, devine quelle chanson a servi dans le film qui a fait un carton (The story of Anvil, 2008) ? 666 ! Ouais, on va nulle part avec ça ! Le guitariste à l’époque… on devait écouter tout ce qu’il disait : il nous a mis sur des dates avec Bryan Adams et Aerosmith, nous dit « voilà ce qu’on doit devenir » Hein ? Quoi ? A ce même moment, Johnny Z. prend des paris en signant Metallica, Anthrax, Testament et tous ces groupes de metal ! Il voulait signer Anvil, mais Dave ne voulait pas bosser avec lui ! Il a quitté le groupe, mais avant ça, a tout saboté. On a pu jouer avec Aerosmith devant des responsables de label, et le mec se défonçait sur cette putain de cocaïne, l’alcool, baisait n’importe où et… s’est planté en foutant en l’air toutes nos opportunités. Mais ça, il n’en assume rien ! Maintenant, on fait ce qu’on souhaite faire ! C’est pour ça que je parle de cycles : aujourd’hui, je sais exactement ce qu’on doit faire et avec qui le faire !

Metal-Eyes : Mais tu es toujours resté le même ?

Lips : Oui, et maintenant, en gros, on continue dans l’esprit dans lequel nous avons débuté, et on fonce. C’est ce que je fais !

Metal-Eyes : En 1983, Anvil connaissait une popularité similaire à celle de Metallica. Comment expliques-tu ces succès opposés par la suite ?

Lips : Parce que, entre 1983 et 1987, il n’yavait pas de disque ! Au moment le plus important de notre carrière, lorsque nous devrions proposer de nouveaux disques, partir en tournée, on fait quoi ? On reste assis et on ne fait rien ! On fait quoi ? On prépare un disque qui n’aurait jamais dû arriver. Et au moment où sort cet album, ce n’est pas le bon type de disque ! On peut toujours voir les choses avec du recul : ce qu’on aurait dû faire, c’est se séparer de cette mauvaise graine (Dave Allison), et si nous voulions avoir un second guitariste, aller chercher quelqu’un comme Marty Friedman, ou avoir un second lead guitariste comme nous l’avions fait pour l’album Worth the weight, et sortir ce disque au lieu de Strength of steel !

Metal-Eyes :Strength of steel, c’était votre choix ou vous avez subi l’influence de gens extériers?

Lips : On a été influencés ! Par David Krebs, et par Dave Allison qui a tout foutu en l’air ! C’était contre ma volonté… Tout était contre moi, j’avais à faire face à une mutinerie. Et j’avais le choix entre partir – ce que mon premier  label m’encourageait à faire : « barre toi et monte un nouveau groupe » ! – ou continuer et sombrer avec le navire. Eh bien, j’ai sombré avec le navire !

Metal-Eyes : Parce que tu en es le capitaine.

Lips : J’en suis le capitaine et… Que pouvais-je faire? Je les ai laissé monter à bord.

Metal-Eyes : Tu as sombré avec le navire, cependant, tu n’a jamais fait machine arrière.

Lips :non!

Metal-Eyes: En 2008, il y a eu le film The story of Anvil. Ressentez-vous encore les effets que ce film a eu sur votre carrière ?

Lips : Oh, bien sûr… Tu vois, ça fait partie d’un tout. Quand tout a merdé dans les années 80, je me suis dit que je continuais, que je savais ce que je devais faire et comment le faire. Je me disais qu’un jour, un de mes fans allait grandir, devenir un responsable de maisons de disques ou quelque chose, et que j’allais enfin signer un contrat, que tout irait mieux, plus tard. C’est ainsi que je voyais les choses. Je sais que je suis un bon, très bon compositeur, je savais ce que j’avais en moi, ce que j’ai créé, ce qui est à moi que personne ne peut avoir : ma voix, mon jeu de guitare, tout cela est vraiment unique et, au bout du compte, ce sera reconnu. Si je travaille suffisamment et que j’en suis vraiment convaincu, c’est ce qui se passera ! Je raconte tout ça à Johnny Z. sur un parking et il me dit que je suis complètement dingue. « On cherche d’autres gars et on met le feu maintenant ! » Mais je ne pouvais le faire à ce moment, il fallait que je laisse toute cette tension retomber. Finalement, ce gamin qu’on a rencontré en 1992 au Marquee de Londres devient… scénariste pour Steven Spielberg. 25 ans plus tard, il revient dans ma vie et me dit « je vais faire un film ! » Moi ? « Bingo !Voilà le gars que j’attendais!” Ce que je disais à Johnny Z. s’est produit ! Et pas seulement ça, mais ce gars est allé voir Johnny Z., lui a parlé et Johnny Z. est dans ce putain de film ! Tout arrive pour une raison… Le film a-t-il eu un impact ? Oui, je le savais, même avant qu’il ne soit tourné ! Aussitôt que le réalisateur a dit – et on ne parle pas d’un rigolo avec une caméra vidéo, on parle d’un mec qui travaille à Hollywood ! – dès qu’il a dit on le fait, je savais que mon moment était enfin arrivé ! ce qui est triste en revanche, c’est le fait que les gens sont stupides, le grand public est vraiment stupide : ils viennent nous dire que la seule raison pour laquelle on est célèbres c’est le film… Allons ! La raison pour laquelle je suis connu, c’est la musique ! Il n’y aurait jamais eu de film s’il n’y avait pas d’abord eu la musique ! C’est clair, non ? Mais c’est facile à oublier parce que les gens oublient le passé, ils ne voient que le présent… Et ils ne regardent pas plus loin que ça ! Maintenant… après le film, le groupe serait mort sur place s’il n’avait pas de crédibilité. Si nous n’étions pas un bon groupe, notre histoire serait morte aussi rapidement que le film est arrivé. Mais ce n’est pas le cas. Nous sommes sortis, avons tourné et battu le pavé comme jamais nous ne l’avions fait de nos vie ! Le groupe est aujourd’hui 10 fois plus important qu’il ne l’a jamais été, même au plus haut des années 80 ! Ce qui est génial pour moi ! Ça ne pouvait tomber à un meilleur moment, dans le sens où… je ne peux plus aller bosser comme livreur, c’est fini, mon dos est flingué, je ne peux plus faire ce genre de boulot ! j’en ai fini avec ces boulots, mais ce avec quoi je n’ai pas fini, c’est le rock n roll. Tu n’en finis jamais ! Tu le fais, jusqu’à ta mort ! Maintenant, je finis par faire ce que j’étais supposé faire. J’ai dû emprunter cette route difficile – qui n’était pas si difficile… Ce qu’elle m’a apporté ? Une famille, ma propre maison, la sécurité pour le reste de ma putain de vie. Il y a des musiciens qui peuvent travailler une vie entière sans jamais rien obtenir ; J’ai tout obtenu, alors il n’y a aucune amertume.

Metal-Eyes : Je n’entends aucune amertume…

Lips : Non, non… Je veux simplement que le message soit clair : le groupe ne s’est pas planté parce qu’on était mauvais, le groupe s’est planté parce qu’on s’est fait baiser. Baisés comment ? Venons-y : en 1982, Attic records a vendu nos droits à un label français, je ne sais plus lequel. Ils ont pressé, piraté, des centaines de milliers de picture discs de Hard and heavy et Metal on metal, les ont distribués à travers la planète sans nous verser un putain de centime ! Anvil a vendu des centaines de milliers d’albums qui n’ont jamais été comptabilisés.

Metal-Eyes : C’est vraiment l’histoire d’Anvil…

Lips : Oui, et personne ne peut dire qu’on pue et qu’on n’a jamais rien vendu, rien de tout ça n’est vrai. Ce sont des faits !

Metal-Eyes : Comment expliques-tu le fait de n’avoir que rarement joué en France, et jamais à Paris ?

Lips : Peut-être qu’il y a un rapport avec ces bootlegs ? Peut-être que les gens dans ce business, ici, en France, sont des branleurs malhonnêtes…J’en sais rien, pour tout te dire. Mais j’ai une punaise dans les fesses qui me gêne, et qui m’a gêné pendant des années : on a signé des dates un bon nombre de fois, et elles ont été annulées. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Metal-Eyes : Mais ce soir, vous êtes ici…

Lips : Nous sommes ici, j’en suis reconnaissant et super content, et je vais donner au public ce qu’il est venu : un spectacle que personne ne sera prêt d’oublier ! C’est ce qui va se passer ! (rires)

Metal-Eyes : Il y a deux ans, vous étiez censés jouer à Paris, mais encore une fois, ça a été annulé, mais pas la date de Lyon… Tu te souviens de la raison de l’annulation…

Lips : Non… Il y a toujours une raison, mais on ne me la donne jamais. En 1983, on devait déjà jouer au Moulin Rouge avec Overkill… Ça avait aussi été annulé ! Je ne sais pas si on déjà joué à Paris ! En 1982, on devait ouvrir pour Accept ! La veille du concert, un des gars d’Accept est tombé de scène et s’est cassé la jambe ! Ce concert aussi a été annulé ! Malchance, j’en sais rien !

Metal-Eyes : Tu a vécu beaucoup de choses avec Anvil, quels sont encore tes rêves de réalisation avec Anvil ?

Lips : il ne s’agit pas de savoir ce dont je peux rêver ; tous mes rêves sont devenus réalité, tout ce que je voulais est arrivé. Si je meurs demain, ça roule. Ma place est un bon endroit, j’adore ce que je fais et je profite de chaque instant de ma vie, à 100%.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une chanson de votre dernier album pour expliqer aux gens ce qu’est Anvil aujourd’hui, ce serait laquelle ?

Lips:Doing what I want !

Metal-Eyes : Pour quelle raison ?

Lips : Parce que je fais ce que je veux ! (rires)

 

ANVIL: Pounding the pavement

Heavy metal, Canada (SPV, 2018)

Si Anvil a connu, au cours des années 80, un joli début de gloire pour mieux sombrer dans un injuste oubli, il fait aujourd’hui, depuis le film qui lui a été consacré, partie des éternels challengers. Sans aucun doute le capricieux succès restant à la porte a-t-il inspiré le titre de ce nouvel album. Car Anvil ne lâche rien et continue de battre le pavé (Pounding the pavement, en anglais, et accessoirement le titre de son nouvel album) en rongeant son frein. L’envie est toujours présente, et cela s’entend dès Bitch in the box, un heavy carré et entraînant à la mélodie mémorisable. La voix de Lips est puissante et rugueuse et sied parfaitement. Anvil s’amuse par la suite avec les rythmes proposant ici du speed (Ego), de la lente oppression (Smash your face, pas totalement convainquant), un instrumental efficace (Pounding the pavement, qui m’évoque Accept), du rock n roll débridé à la Motörhead (Rock that shit, le bien nommé), du heavy pur jus, mais toujours teinté de mélodies variées et puissantes. Pounding the pavement est un album qui sent le plaisir de jouer, et parfaitement adapté pour les concerts. Espérons seulement qu’Anvil puisse, sans morceau immédiat, trouver un public plus large, ce qu’il mérite vraiment.

ANNIHILATOR: For the demented

Thrash, Canada (Silver lining, 2017)

Annihilator n’a pas dit son dernier mot. ça sonne comme une conclusion? Ben oui, et alors? A la première écoute, ce For the demented, nouveau disque du groupe de Jeff Waters me semble plus efficace que le précédent opus studio, Suicide society, trop orienté Megadeth et Metallica. Ici, Waters se concentre sur ce qu’il sait faire de mieux: du thrash old school, aux rythmes endiablés. Forcément, on trouve des traces de ses mentors, mais pas que: certaines (rares) ambiances évoquent même Ghost, c’est dire! L’ensemble est compact, brutal et direct, tout au long des ces 10 morceaux d’une puissance sans pareille. dernière tournée et sur Triple threat, CD/DVD paru l’an dernier. Bien sûr, s’il chante toujours « à la » Mustaine, il semble avoir beaucoup progressé et gagné en confiance. PLutôt que de courir derrière la perle rare, autant se faire confiance, non? D’autant plus que ses accompagnants prennent un certains pouvoir, notamment Fabio Alessandrini qui s’impose comme un des meilleurs batteurs de sa génération. Mais non! Un coup d’oeil aux crédits montre qu’une fois encore, Jeff Waters s’est chargé de tout, jusqu’à la programmation de la batterie… Et ses rythmes son épileptiques et accompagnent merveilleusement un ensemble syncopé, digne d’une crise cardiaque. Vous voulez savoir? Ça sent le Hellfest à plein nez, tant ça cartonne de bout en bout… On en redemande!

NICKELBACK: Feed the machine

Nickelback, c’est qui? Est-il encore besoin de présenter Nickelback, le groupe canadien fondé en 1995 par les frangins Kroeger (Chad, guitare et chant et Mike, basse) et le guitariste Ryan Peake? Est-il nécessaire de rappeler que les groupe aux 50 millions d’albums vendus a composé en partie le titre Hero, de la BO du premier Spiderman en 2002, véritable booster de carrière, juste après avoir trusté les premières places des charts en Amérique du Nord? Non, non, pas vraiment…

Feed the machine, ça donne quoi? Pas de surprise, ni bonne ni mauvaise avec, Feed the machine, le nouvel album de Nickelback. Les Canadiens débutent avec le morceau titre,  puissant et aérien avant de continuer avec Coin for the ferryman, véritable hit en puissance au refrain imparable, typique du metal US des 90’s, débuts des années 2000. Puis arrive la première ballade, Song on fire, qui séduira toutes les midinettes… Trois morceaux, et tout Nickelback est là: mélange de bon sentiments et de puissance et bravoure au travers de 11 morceaux parfaitement produits et ordonnés. Pas de surprises, disais-je, et c’est sans doute ce qui manque ici: une surprise, et des risques, mais, malgré des moments téléphonés (le sirop dégoulinant de After the rain, par exemple…) force est de constater que l’on se délecte des Must be nice (ultra groovy!) et autres For the river et ses accents rap/scratch. Bon, soyons quand même surpris de la doublette The betrayal dont on retrouve deux actes, dans l’ordre Act III puis Act I, et demandons où donc est passé la seconde partie… Un bel album qui souffre de ce sentiment de déjà entendu.

Note 7,5/10

Interview: DANKO JONES

Entretien avec Danko Jones (chant et guitare). Propos recueillis à Paris le 25 janvier 2017.

C’est dans le cadre feutré du salon d’un hôtel parisien que Danko Jones, le musicien, reçoit les médias pour parler de Wild Cat, le nouvel album de Danko Jones, le groupe. Le musicien est calme, doux même, mais surtout déterminé. Et parlez-lui de sujet qui fâchent, il devient intarissable. Interview fleuve à lire jusqu’au bout!

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Metal-Eyes : Merci Danko de recevoir Metal Eyes. Tu es à Paris pour la promotion de Wild Cat, votre huitième album studio. Tout d’abord, nous sommes toujours en janvier, bonne année, et, donc, quels sont les souhaits, résolutions et attentes de Danko Jones en 2017 ?

Danko Jones : Eh bien, nous avons un nouvel album qui arrive, Wild Cat, donc nous allons consacrer beaucoup de temps à le promouvoir – ça va nous prendre presque toute l’année. C’est la première chose, nous allons tourner et le promouvoir, principalement. D’un autre côté, il y a des projets annexes sur lesquels nous travaillons JC et moi, dont un magazine appelé Iron Magazine, avec deux membres de Circle, en Finlande. C’est un groupe qui existe depuis… 25 ans, qui sort constamment des albums. Nous avons collaboré l’an dernier et un Ep de 4 titres va paraître le mois prochain (février). J’ai aussi enregistré avec Lebby Walker et, j’espère, ce single sortira cette année. Il y a Mike Mc Creedy de Mark Lanegan de Screaming Trees, Duff McKagan des Guns, et ils ont fait appel à plusieurs chanteurs. J’ai interprété deux chansons. Et je suis en train de monter une anthologie de mes écrits pour différents magazines que j’espère publier d’ici cet été. J’ai pas mal de personnes qui y collaborent, pour des illustrations, dont certains de mes dessinateurs de comics préférés, Larry Fleener, Gary Dumm…

Metal-Eyes : J’allais te demander plus tard comment tu t’occupes entre deux albums de Danko Jones, mais tu viens de répondre…

Danko Jones : En fait, j’ai un podcast que j’alimente toutes les deux semaines. Ça fait 5 ans maintenant, pour un total de 143 épisodes.

Metal-Eyes : Revenons au groupe : Danko Jones en 2017, c’est quoi ?

Danko Jones : La même chose que ce que nous avons toujours été : un groupe de rock, qui publie des albums et tournons. En espérant que le public apprécie les disques.

Metal-Eyes : Il devrait apprécier celui-ci. JC (basse) et toi travaillez ensemble depuis maintenat 20 ans. Comment décrirais-tu la relation qui vous uni tous les deux ?

Danko Jones : Comme tu l’as dit, nous nous connaissons depuis si longtemps… Ça fait 21 ans qu’on travaille ensemble. Tu vis et tu apprends à travailler avec l’autre, surtout dans une relation aussi confidente. Ce qui fait que notre relation perdure est le respect mutuel, le fait de permettre à l’autre de faire ce qu’il fait. Il est très bon dans certaines choses, et je suis très bon dans d’autres et on a confiance l’un et l’autre dans nos domaines respectifs. Je pense que cela permet d’entretenir une vraie bonne relation. Le message est simplement « ne sois pas un trou du cul » Sois simplement cool avec tout le monde et les choses se feront d’elles même. Tu sais, la relation que j’ai avec JC est la même avec Rich (batterie) et avec notre équipe. Traitez les gens avec respect… C’est souvent difficile à faire dans l’industrie musicale, qui est bourrée de faux semblants, de bravades, d’égo et… L’égo est, je crois, ce qui entraine beaucoup de gens dans ce business. Ou le manque d’égo…

Metal-Eyes : Le groupe publie un album tous les deux ans, environs. Vous restez occupé entre temps. Comment est né Wild Cat ?

Danko Jones : Un peu comme Fire Music, de manière naturelle et relax. On a commencé le travail il y a un an, environ et, je ne sais plus, fin avril ou début mai nous avions presque tout écrit, démo enregistré et pré produit… Il y a eu les festivals d’été qui nous ont permis de passer l’été en festivals et à ces enregistrements de se reposer et s’ancrer en nous. A la fin de l’été, on s’est dit qu’il nous fallait deux ou trois chansons de plus, que celle-ci n’était pas assez puissante, celle-là devait être remplacée. Alors, nous avons enregistré trois nouvelles chansons, deux ont fini sur l’album et en septembre nous étions en studio pour l’enregistrement. Même si ça parait très rapide, ça s’est fait en douceur. Tu sais, quand tu fais les choses dans le confort et tranquillement, sans la pression de date butoir ou de délai… on atteint de bons résultats. Prends le temps de respirer… Nous avions le luxe du temps pour nous, pour cet album et le précédent. Avant, ce n’était pas le cas. Le  deadline arrivait très vite, et nous n’avions que peu de temps pour composer, enregistrer… Maintenant, nous pourrions nous imposer une limite, mais, grâce au succès de Fire Music, et la manière dont nous avons réalisé ce disque, nous n’allons rien changer ! Et c’est moins de pression. On avait une putain de pression sur les épaules, qui veut vire comme ça ? La tournée est assez stressante, tu sais qu’elle arrive, alors pourquoi en rajouter ? Quand quelque chose va vire longtemps, pourquoi ajouter de la pression ? Moins tu te mets de pression, plus facilement tu atteins de bons résultats.

Metal-Eyes : j’ai pu écouter Wild Cat qui, selon mes premières impressions, mélange diverses influences; On retrouve du Green Day sur I gotta rock, Ramones sur Going out tonight, Thin Lizzy sur You are my woman, et je peux même entendre du Jimi Hendrix sur Revolution. Cela te semble-t-il correct, et qu’avez-vous mis d’autre dans cet album ?

Danko Jones : La majeure partie est correcte. Green Day ne fait pas partie de nos références (rires). I gotta rock est simplement un morceau de rock traditionnel, je n’entends pas ce soit disant punk… Mais, si tu l’entends, soit ! Ce n’est pas un groupe… Ils sont bons, mais je n’écoute pas ce groupe, pas assez pour qu’ils m’influencent. Pour le reste… You are my woman est définitivement un clin d’oeil à Thin Lizzy, tout comme Going out tonight fait référence aux Misfits, c’est évident. Des chansons comme Wild Cat font référence à Van Halen – Hot for teacher, Fools, Top Jimmy. Let’s start dancing mélange Van Halen et Bad Brains… Oui, parfois il y a de nouvelles influences mais rien de vraiment neuf, en réalité. On n’a jamais eu de chanson qui sonne entièrement comme du Van Halen, on n’a même jamais composé dans cet esprit ! C’est nouveau pour nous, et tout est fait sous couvert de « Rock n Roll »…

Metal-Eyes : Au niveau des textes, tu parles de Rock n Roll, sur scène, sur la banquette arrière d’une voiture, s’amuser, faire l’amour à l’arrière d’une voiture. Il n’y a rien de très neuf ou ai-je raté quelque chose ?

Danko Jones : Le rock est sans doute le seul genre musical qui puisse faire référence à lui-même, c’est devenu une sorte de tradition. Avec des chansons comme I gotta rock, ça fait sens. Le metal ne peut pas le faire sans être vu comme un paria, le jazz ne le fait pas, le rap non plus… En termes de paroles et de thématiques, oui, ça traite toujours d’amour, de sexe, de filles, de femmes, de relations… Je ne sais pas quoi d’autre chanter avec ces riffs-là. En tere de politique ou de prise de conscience sociale ? Ce ne sont pas des riffs fait pour cela, ils ne se marient pas avec ces thèmes. Je crois aussi que l’idée d’écrire des chansons sur le même thème, encore et encore, avec le même type de musique fait qu’on décrédibilise ce type musical. Mais je pense qu’il y a aussi une forme d’art à réarranger en permanence les trois mêmes accords avec les mêmes thèmes. Les groupes qui veulent toujours avancer et utilisent des termes comme « progression » et « aller de l’avant » ou « être plus mature » feront tout ce qui est en leur pouvoir pour atteindre cet objectif. Vu de l’extérieur, ça semble très artistique, très créatif. Mais, à mes yeux, ce n’est qu’une illusion, d’écrire de la sorte, alors que c’est bien plus difficile artistiquement de te confiner et voir comment tu peux tirer quelque chose… pas de neuf, mais de différent, plus frais d’un thème récurrent. Je crois qu’on fait beaucoup trop attention à ces choses… Les gens me disent toujours qu’on sort le même album, que je parle toujours de femmes… Oui, mais je l’ai fait de 100 manières différentes ces 20 derniers années, et je n’arrêterais pas ! Je crois que s’il y a une forme d’art qui ne reçoit pas l’attention mérité, c’est ça. Je pense que c’est parce que les gens se braquent sur la présentation du thème… Tu parles de femmes, de rock… Ce ne sont pas des sujets « sérieux », et les gens pensent que ce n’est rien de plus que… boire de la bière et s’écorcher les genoux avec une musique de faible intérêt. Mais je ne vois pas les choses ainsi, surtout en travaillant encore et encore les arrangements de ce sujet. C’est très satisfaisant d’écrire une chanson dans cette tradition mais de manière différente. Wild cat n’a rien à voir avec Sound of love, totalement différente de Love travel ou First date… Elles sonnent toutes différemment bien que traitant du même thème. C’est ce qui fait de cet art quelque chose d’amusant et de créatif. Les gens ne s’en rendent pas toujours compte. D’un autre côté, pourquoi le feraient-ils ? Nous nous présentons comme un groupe léger, de fêtards… Mais quand tu t’intéresses au making of, à ce qui se passe en coulisses, tu ne peux nier qu’il y a une forme d’art, sans conteste.

Metal-Eyes : Justement, aujourd’hui, tu te considères plus comme un musicien ou un artiste ?

Danko Jones : Oh, mon dieu, non, je déteste ce mot d’artiste ! Même le fait d’utiliser l’expression « il y a une forme d’art à faire ça » me gêne… Les personnes qui se croient artistes se sont sans doute masturbé le cerveau. Je trouve ça vraiment prétentieux et je n’ai pas de temps pour ça. Qui que ce soit qui se dit « artiste » devant moi… généralement, je me renferme… (rires) Je n’y fais pas attention ; Je ne suis qu’un gars dans un groupe de rock.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de Danko Jones, le groupe, entre Foire music et Wild cat ?

Danko Jones : C’est une continuité de Fire music. Pas une seconde partie, mais bien une continuation dans le sens où nous avons utilisé les mêmes studios, avons travaillé avec le même producteur. Ce qui est, vraiment, la première fois que nous faisons cela dans notre carrière : enregistrer des disques avec la même équipe. Depuis Born a lion et de disque en disque, il y avait toujours une chose qui changeait. Le line up, le studio, le producteur, l’un de ces éléments, deux ou tous changeait. D’une certaine manière, c’est sans doute parce que mes oreilles sont faites à ce groupe, je peux sentir le changement venir. C’est une bonne chose.Je ne regrette rien de ce que nous avons fait auparavant mais j’ai l’impression que nous tenons quelque chose. Et je pars du principe qui dit « pourquoi réparer quelque chose qui n’est pas cassé ? ». Une fois que nous avons compris les marqueurs de Fire music et les avons réalignés pour Wild cat, eh bien, pourquoi en changer ? Rich… Enregistrer avec Rich, qui est dans le groupe depuis 4 ans… Ça a été tellement plaisant d’enregistrer avec lui, de travailler avec lui ces 4 dernières années, ça ne va pas changer… C’était plaisant avec Eric, et il avait un tel son… pourquoi parier sur quelqu’un que nous ne connaissons pas… C’est un rocker, nous savons comment chacun travaille… pourquoi changer cela ? Eric a tendance à travailler dans certains studios parce qu’il les connaît, il sait quel son il obtiendra et où. Nous avons procédé de la même manière pour Fire music et Wild cat.

Metal-Eyes : Pourrait-on dire que l’évolution du groupe réside dans sa stabilité, alors ?

Danko Jones : Oui, tu as raison. Même si Fire music était plus « colérique », il n’y a pas de revanche ici. Toutes les chansons de Wild cat sont énergique, elles rockent et… expliquent bien ce que nous sommes en tant que groupe. On ne cherche rien. Avec Fire music, nous sortions d’une situation très tumultueuse avec le  line up précédent. Oui, il y a des résidus de cette expérience sur Fire music. Mais depuis, nous avons rencontré notre plus gros succès commercial, et il n’y a pas de colère. Les albums sont un reflet de ce que nous sommes à un moment précis.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Wild cat pour expliquer ce qu’est Danko Jones à quelqu’un qui ne vous connais pas, ce serait quelle chanson ?

Danko Jones : Sans doute Wild cat. J’étais si content quand nous avons choisi d’en faire le titre de l’album, parce qu’il y a tant d’éléments dans cette chanson. Autrement, My little rock n roll qui est aussi une de mes préférés de l’album. Je choisirais l’une de ces deux-là, mais plus le morceau titre.

Metal-Eyes : Il y a quelques concerts prévus en mars, et j’imagine que d’autres dates vont être annncées à la sortie de l’album.

Danko Jones : Sans doute, oui… Pour l’instant, on y travaille. Bien sûr, chaque semaine des festivals sont annoncés, ce qui va nous occuper de juin à août, mai est en cours… On travaille sur l’automne… Généralement, on commence avec une tournée d’échauffement de deux ou trois semaines avant de revenir jusqu’en automne. Je suis à peu près certain que nous reviendrons à l’automne prochain en France pour quelques concerts avant de rentrer et revenir…

Metal-Eyes: On connait le musicien, mais on connait moins Danko Jones, l’homme. Quels sont tes passe-temps ?

Danko Jones : Mes passe-temps ? eh bien, je fais mon podcast. Je ne le fais pas pour l’argent ou comme un boulot. Je n’ai pas de délais, je réponds à moi-même, j’invite les gens que je veux inviter… ca m’occupe toutes les deux semaines, et il y a de quoi. C’est exigeant, mais je ne pense pas que ça prenne le pas sur le groupe. Je connais d’autres personnes qui sont dans des groupes et publient deux ^podcasts par semaine. Même un seul, c’est beaucoup. Deux en une semaine ? ça peut être cool ; je vais prendre un mois de repos une fois l’album sorti et l’utiliserai pour préparer des podcatss en nombre, ce qui me permettra de pouvoir tenir jusqu’à la période des festivals cet été. C’est un hobby. J’écris aussi. Des articles pour des magazines. Ils me laissent écrire ce que je veux et je le ^prend comme un exercice d’écriture la plupart du temps. C’est fun. Je n’ai pas de hobbies comme le tennis ou collectionner ceci ou cela… Si, je collectionne des disques, on peut considérer ça comme un hobby. Il m’arrive d’organiser des voyages pour ça, parfois. Mais je l’ai toujours fait. Je considère mon podcast comme mon hobby principal.

Metal-Eyes : Terminons avec une question sérieuse : il y a quelque jours, votre voisin a investi la maison Blanche d’un nouvel occupant. Il n’a pas seulement décidé de construire un mur à la frontière mexicaine, j’ai aussi entendu dire qu’il envisageait d’en construire un à la frontière canadienne…

Danko Jones : Oh, j’espère qu’il va le faire (rires) Qu’il construise son putain de mur… Il ne… il ne veut pas construire un mur au Canada, d’où tu tiens ça ?

Metal-Eyes : Ce sont des musiciens canadiens qu’i m’en ont parlé…

Danko Jones : Non, non, non, ils ne savent pas de quoi ils parlent ! Quels musiciens canadiens t’ont dit ça ?

Metal-Eyes : Pas de nom !

Danko Jones : Ok, j’appelle ça de la désinformation, ou de la manipulation de faits.

Metal-Eyes : Comment considères-tu ce qu’il se passe aujourd’hui aux USA ?

Danko Jones : Ah… c’est une blague. Donald Trump est un porc fasciste. J’ai peur de le dire, mais ça devient, à la minute, de plus en plus une nation fasciste. Je suis Canadien, je pense que je suis en sûreté, mais qui sait ? Quand la plus grande puissance du monde devient fasciste, qui est en sécurité ? Je te dirais cela : il n’y a pas de mur prévu entre les USA et le Canada ! Quel que soit le musicien qui t’a dit ça, il doit vraiment avoir la tête dans le cul… S’il plaisantait, c’est une chose, mais s’il est sérieux… Il y a une réalité de construction entre les USA et le Mexique, oui. Mais ça ne va pas se produire. Ça ne peut pas se produire. Si ça se fait, ce ne sera que temporaire. Tout ça n’est fait que pour nous distraire. Et c’est là-dessus que, je pense, nous devons tous nous concentrer : de quoi cherche-t-il à nous distraire ? Avec ses tweets démentiels que personne sain d’esprit n’oserai dire ? Pourquoi dit-il ces choses ahurissantes ? Je n’ai ni les moyens ni les moyens intellectuels pour comprendre quelle est la cause de ce s choses. Mais, j’en suis persuadé : il ne s’agit que de détourner notre attention. De quoi ? Ses investissements, ses conflits d’intérêts ? Il a annulé son rendez-vous sur les conflits d’intérêts pour rencontrer Kanye West… Il n’a toujours pas expliqué ses réformes sur les impôts. Je suis Canadien, mais ses décisions vont directement nous affecter, en tant qyue Canadiens…

Metal-Eyes : Et les Europpéens aussi…

Danko Jones : Oui, oui , d’un point de vue global et économique ! Ses positions sur le changement climatique – « ça n’existe pas » – ça va affecter l’avenir de l’humanité ! Ils sont déjà en train d’envisager de quitter les accords de Paris. Cela va affecter la planète entière. Il démembre le NAFTA, les accords de libre-échange nord-américains… Cela va affecter des personnes que je connais, des familles entières. Ce ne sont pas des choses que je lis dans les journaux, ce sont des personnes que je peux nommer qui vont se trouver au chômage. J’ai tweeté au sujet de Donald Trump et je suis choqué lorsque des Américains n’ont pour seule réponse : « en quoi cela t’intéresse-t-il ? tu es Canadiens ? Tu devrais même ne pas t’y intéresser ! Comment cela te touche-t-il, tu es Canadien ! Ne te mêle pas de notre politique… » et je me dis : mais les gars, vous ne vous rendez même pas compte, vous vivez dans une telle bulle que vous ne réalisez pas à quel point cela va vous toucher. Un niveau d’ignorance mêlé à encore plus d’ignorance… C’est tellement facile de détourner l’attention que c’en est parfois difficile de s’en rendre compte. Pourquoi balance-t-il des tweets sur un spectacle de Broadway, Ok, mais ce n’est qu’un putain de spectacle à Broadway, que vise-t-il, bordel !  Et là, tu réalises que le système éducatif aux USA est juste… déplorable. C’est pire que tout.. Mais bon…

Metal-Eyes : en tout cas, merci Danko pour cet échange et bonne chance avec la sortie de Wild Cat, qui paraît le 3 mars prochain.

 Merci à Roger Wessier pour l’organisation de cette rencontre. 

 

ANNIHILATOR: Triple threat

annihilator triple threat 2017Thrash, Canada (UDR, 2017)

C’est dans un superbe fourreau que Jeff Waters nous propose le nouveau méfait d’Annihilator. Et les fans sont servis! Pensez donc, un triple album – d’où, imagine-t-on, le titre Triple threat – qui contient 2 CD et un DVD. Comme on en fait de plus en plus souvent, les CD sont la bande son du DVD, ou l’inverse: le DVD est la mise en images des pistes audio. Le premier CD nous propose 11 morceaux enregistrés lors du dernier festival Bang your head, le 15 juillet 2016. Le cadre des festivals n’est pas idéal pour défendre un dernier album. Ainsi, on ne retrouve qu’n titre extrait de Suicide society, l’inquiétant Creeping again. Le reste est composé d’indémodables classiques  (faut-il les citer? Allez, quelques uns: King of the kill, Never, neverland, Set the world on fire, Refresh the demon, Alisson Hell...) parfaitement joués ce jour là, malgré quelques faiblesse vocales du sieur Waters. Le second CD propose quant à lui des versions acoustiques de 10 chansons. C’est sans doute la partie la plus intéressante de ce combo, car on écoute une autre facette de l’oeuvre d’un groupe habituellement radical. Jeff partage ici le chant avec Matc La France, et c’est un choix judicieux tant l’homme met d’émotion dans son verbe. L’ensemble confirme, s’il en était encore besoin, le talent du guitariste canadien, aussi à l’aise en électrique furieuse qu’en acoustique. Le DVD commence d’ailleurs, étonnamment, par la partie acoustique. l’intérêt n’est ici que musical, les musiciens étant simplement sagement assis en rang d’oignons dans le Watersound studio devant un backdrop au nom du groupe. Ok, on peut constater que les prises ont été faite en plusieurs fois, les fringues des zicos sont là pour le prouver. Non, l’intérêt de ce DVD est bien sûr la prestation du Bang your head où le groupe évolue en plein jour et semble parfaitement à l’aise. Les images sont propres, nettes et le son digne d’un événement de cette ampleur. Un troisième partie propose un mini documentaire capté durant ce même été 2016 alors que le groupe répétait et se préparait pour son set acoustique. Une sorte d’immersion dans la vie du groupe, toujours sympa comme témoignage. Avec Triple threat, Annihilator pourrait indiquer clore un chapitre et orienter sa carrière sur une nouvelle voie. Attendons la suite, mais d’ici là, ne boudons pas notre plaisir de retrouver un groupe en forme.

Note: 8/10

Site web: Annihilator

RIK EMMETT & RESOLUTION 9: Res 9

rik-emmett-2016Hard rock, Canada (Provogue, 2016)

Rik Emmett, pour les amateurs de hard rock classieux, c’est le fondateur, chanteur du mythique trio canadien Triumph qui s’est distingué à la fin des années 70, débuts des années 80. C’est donc avec plaisir que nous le retrouvons accompagné de Resolution 9 (Dave Dunlop à la guitare, Steve Kingsley à la basse et aux claviers, et Paul Delong à la batterie). Il s’adjoint également les services de quelques prestigieux invités que sont James Labrie (Dream Theater), Alex Lifeson (Rush) ou encore Gil Moore et Mike Levine, ses deux anciens complices de Triumph. Emmett nous propose 10 chansons (plus un bonus) de ce hard rock passe partout, sobre et efficace. Stand still, Human race, I sing, donnent le ton, entraînant l’auditeur sur des sentiers aux mélodies efficaces. Le démarrage est dynamique avant de se faire plus bluesy et doux. Un beau triptyque introductif. Simplement, Rik Emmett, rapidement, nous achemine vers des sonorités familières et, si elles sont très agréablement produites, semblent parfois sombrer dans la nostalgie. Une nostalgie toujours teintée de blues, ce blues qui lui est cher et qui nous fait vibrer. Reste que les amateurs de jolies mélodies, de sonorités hard ou AOR prendront leur pied car le gaillard n’a rien perdu de sa voix ni de ses doigts. Et une chose domine ces My cathedral, Heads up, End of the line ou encore le titre bonus, Grand parade, c’est un amour sans faille de la vie et de la musique. Ce Res 9, c’est l’album d’une bande de potes qui se font plaisir. Point.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: End of the line

SAGA: Live in Hamburg

saga-2016Rock progressif, Canada (e.a.r. music, 2016)

Les amoureux de rock progressif vont être aux anges: Saga propose ce Live in Hamburg, double album enregistré en public en avril 2015. Loin du véritable best of que les Canadiens auraient facilement pu proposer, cet enregistrement – assez brut au niveau de la production avec des guitares un peu en retrait et un chant bien en avant – voit Saga s’avancer en terrain familier – le public semble tout acquis – et se permet quelques prises de risques, dès le début de ce concret ouvert avec (Goodbye) once upon a time, long de 11′. Un titre rare en live, et ce n’est pas le seul, d’où l’intérêt de ce second enregistrement public en trois ans, (le précédent paru en 2013 avait également été enregistré en Allemagne…) 16 morceaux figurent sur ce nouveau live. Difficile de résumer une si longue carrière en un seul concert – Rush ou Springsteen peuvent se permettre des concerts de 3 heures, mais pas tout le monde, bien que ce double totalise pas loin de 100′. Mais Saga reste un groupe à part qu’il faut apprivoiser tant ses compositions sont travaillées. Et je ne fais pas partie de ce public-là. Je ne suis pas un amoureux de rock progressif, n’ai jamais accroché à nombre de groupes de cette famille et m’ennuie rapidement, malgré excellence de l’interprétation qui saura séduire et satisfaire les fans, grâce à la présence d’indispensables classiques du groupe et, surtout de nombre .

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: You’re not alone