BLACK FOXXES: Reidi

Rock, Royaume-Uni (Search and destroy, 2018) – Sortie le 16 mars 2018

J’avais découvert Black Foxxes lors de la seconde édition du Download Paris. Et le trio ne m’avait alors pas convaincu. Pas assez dur pour être à sa place dans un festival prienté metal, et trop statique pour emporter l’adhésion du public, Black Foxxes me surprend aujourd’hui avec un album tout en finesse et douceur. Breath, qui ouvre ce Reidi, second album des Anglais, invite à la détente: le son est clair, pas brutal pour un kopeck, et la bienveillance semble être le maître mot de cet ouvrage. Tout au long des 10 chansons flotte un léger esprit irlandais, à la Cranberries. Manic in me, Joy, Oh, it had to be you ou encore Take me home se laissent écouter avec aisance et tendresse. Des instants de calme à partager. Marrant que cet album sorte sur le label Search and destroy…

FURIAPOLIS: Déesses

Rock, France (Autoproduction, 2018)

Démarrant sur des intonations folk teintées d’électro, Déesses s’oriente rapidement vers un rock pop, simple et direct. Le livret cite John Lennon qui disait, simplement et il y a quelques décennies que « le rock français c’est comme le bon vin anglais ». Furiapolis décide donc de relever le défi, bien que les époques ne soient plus du tout les mêmes. Donc? Emigrate, chanté principalement en français, évoque la scène nationale des années contemporaines et des 90’s. Et même si le propos peut se vouloir rebelle (« vivre comme un juif en Palestine », ça risque d’en faire réagir certains…), l’ensemble reste simplement entraînant, chantant et dansant. Ici et ailleurs possède ce refrain que le public chantera avec plaisir, au même titre que Le bruit des anges, et bien d’autres où les « na na na » sont en nombre. Déesses séduira les amateurs de rock français, version années 80 avec quelques traces de The Police, le tout mélangé à quelques guitares énervées plus modernes qui évoquent, par exemple,Nickelback. Bien que l’ensemble reste loin de réinventer le genre, Déesses recèle quelques agréables surprises et se révèle aussi plein d’un humour léger, comme ce 007 qui retrace, en anglais, la vie de James Bond en reprenant les titres des films (je n’ai pas entendu Moonraker, sont-ils tous cités?) ou ce SNCT qui dévoile l’addiction du groupe au chocolat (faut oser, quand même « I love Swiss and chocolate »!). John Lennon, sans être aussi extrême, arbore sans doute encore un sourire en coin, mais certainement moins prononcé.

LIZZARD: Shift

Rock, France (Metalville, 2018)

Etrange sensation que l’écoute de ce Shift, premier album de Lizzard. Indiscutablement rock, cet album puise dans les années 80 et 90, m’évoque The Police ou Sting en solo, REM et INXS. Je ne m’étendrais pas sur le chant qui me gêne. La voix est claire, précise, mais l’intonation ne me plait pas. Sans doute évoque-t-elle cette new wave que je trouvais insupportable. Musicalement, cependant, le riff est saillant, les mélodies efficaces, et j’admire cet instrumental, le morceau titre, qui est d’une finesse, d’une variété et d’une originalité remarquables. En bref, Lizzard nous offre un premier album attirant et réussi.

Interview: STONE BROKEN

Interview STONE BROKEN. Entretien avec Rich Moss ( chant). Propos recueillis à Gibson France, à Paris le 8 février 2018

Metal-Eyes : Rich, parlons un peu de Stone Broken :w Ain’t always easy est votre second album, mais c’est la première fois que nous nous rencontrons. Peux-tu me raconter brièvement l’histoire de Stone Broken ?

Rich : Nous avons débuté en 2013. Il s’agissait en fait de la réunion de deux groupes, Robyn, notre batteuse et moi venions d’un groupe, Kera, le bassiste et Chris dans un autre. Robyn et moi avions un studio, un peu d’espace de répétitions, et nous avons intégré les deux autres. Nous avons passé environ un an à définir notre son, à composer et écrire des chansons et nous avons enregistré un Ep qui s’est plutôt bien vendu. Nous sommes retournés en studio, avons enregistré ce qui devait être un autre Ep, mais au final, nous avons réunis ces deux disques qui sont devenus notre premier album, qui est sorti en 2016 et a très bien marché. Ça nous a permis d’obtenir des diffusions radio au niveau national, ce qui nous a fait passer du statut de « groupe local » à celui de « groupe national ». Ensuite, nous avons eu l’opportunité de tourner en support de Glenn Hugues, l’an dernier, ce qui nous a fait passer au  statut « international » (il rit). Nous avons pu donner des concerts un peu partout, au Forum de Vauréal qui est un super lieu. On s’est beaucoup amusés, nous avons participé à pas mal de festivals, et… nous voici prêt pour ce second album.

Metal-Eyes : D’après ce que j’en ai entendu, l’album a de forts accents pop, il y a du rock, du heavy, aussi, des chansons « sing along »…  Comment décrirais-u le groupe à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Rich : Mmh… Je dirais que nous sommes  un groupe de rock avec un tranchant moderne. Il y a des riffs, mais aussi des refrains accrocheurs, comme tu le dit, des parties à chanter ensemble, beaucoup p de groove. On veut que les gens aient envie d’écouter notre disque ou de venir nous voir en concert et qu’ils aient les idées changées en partant.

Metal-Eyes : J’entends des traces de Nickelback, de The Police, également parmi d’autres choses. Quelles sont vos influences principales ? Ne me dis pas « Pas Nickelback », c’est pas possible !

Rich (il rit): Non on ne peut pas supporter Nickelback ! Beaucoup de gens font cette comparaison, et je pense que c’est lié au timbre de voix.

Metal-Eyes : Ca aide, mais ce n’est pas tout…

Rich : Beaucoup de choses que nous écoutons dans le groupe viennent des USA, des groupes comme Alter Bridege, Shinedown, Alestorm… Ils ne sont pas Américains, ces derniers, mais on aime. On ne cherche pas à cacher nos influences, on préfère les laisser s’exprimer. On écrit les chansons qu’on aimerait écouter nous-mêmes.

Metal-Eyes : Dans son ensemble, l’album transpire de joie. Où puisez-vous cette énergie et cet optimisme ?

Rich : Je pense que tout réside dans le fait de rester positif. L’album s’appelle « Ain’t always easy », ce qui, en soit, npeut ne pas paraitre positif, puisqu’au fond on dit que tout n’est pas toujours facile. Mais tu dois te relever et persévérer, c’est ça le message, on peut s’en sortir. Il y a des gens qui traversent des moments difficiles, et ne peuvent sans doute voir d’issue, mais à un moment, la solution, la sortie arrivera. Aidons les gens à s’en sortir. Il y a des personnes qui, dans le passé, sont venues nous voir pour nous dire qu’une chanson les a aidés. Le fait de traverser des moments difficiles n’est pas bon, mais d’avoir pu de cette manière aider des personnes nous affectent. Il y a cette connexion avec nos fans et nous souhaitons que cela dure, nous assurer que chaque chanson a un message.

Metal-Eyes :  Je voudrais que tu m’expliques le nom du groupe, Stone Broken. La première image qui me soit venue en tête est celle de Moïse tenant les tables de la loi, brisées. Y a-t-il un rapport, ou est-ce complètement différent ?

Rich : Le nom du groupe vient en fait d’un mot anglais qui dit que si tu es « broke » tu n’as pas d’argent. Stone Broken, signifie ruiné de chez ruiné ! En fait, avant d’enregistrer notre Ep, nous avons fait une liste de nos besoins : ce que nous devions acheter, le temps de studio, le matos, et nous avons tout additionné. J’ai dit « We’re gonna be broke » (On va être sur la paille), et Robyn a ajouté « stone broke » (complètement ruiné ». On a rajouté le N et ça fait !

Metal-Eyes : Mais vous avez pu trouver comment enregistrer deux albums et tourner ! Y at-il des thèmes que vous souhaitez aborder dans le groupe ?

Rich : Oui… Il y a une chanson sur l’labum qui traite des violences familiales, un chanson qui m’est personnelle. Je n’en ai pas été victime, mais je suis proche de personnes qui ont été victimes de violences familiales. J’ai eu le  sentiment qu’il fallait que j’en parle, parce que c’est un sujet qui reste tabou. Les gens n’osent pas en parler, et pourtant le devraient. Ça peur devenir dramatique si on n’alerte pas. Je voulais que ce soit sur l’album, et les autres étaient d’accord. C’est une chanson assez agressive, avec des paroles explicites. Il fallait qu’elle soit sur l’album. Comme je l’ai dit, on souhaite véhiculer des messages. Comme Worth fighting for, qui dit, en substance, qu’il faut te battre pour ce en quoi tu crois. Les gens peuvent l’interpréter comme un message politique, soit, mais s’il y a une cause pour laquelle tu crois valable de te battre, fais le ! On essaye de faire en sorte que chaque chanson ait un sens.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous ne voulez pas aborder ?

Rich : Pas vraiment. On ne parle pas trop de politique, simplement parce que ça peut être un peu… Risqué. Je crois que nous sommes assez ouverts à tout, il n’y a rien que nous voulions éviter. Et s’il y a un sujet que nous n’avons pas aborder, ça signifie que nous n’avons pas assez de chansons ! (rires)

Metal-Eyes : Ce qui laisse entendre qu’il y aura un troisième album ! Quel a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire « voilà ce que je veux faire » ? Quel âge as-tu ?

Rich : J’ai 29 ans. Je pense que c’est arrivé par étapes. Un des ex de ma mère jouaitb de la guitare acoustique. Il y a toujours eu de la musique autour de moi. Nous avions un piano droit, aussi, bien que je ne savais jouer d’aucun instrument. Ensuite, j’ai écouté beaucoup de rock au lycée, des choses comme Linkin Park. J’ai commencé à jouer de la batterie – me parents ne voulaient pas que j’ai une batterie à la maison…

Metal-Eyes : On se demande pourquoi !

Rich : Oui ! (rires) Je suis ensuite passé à la guitare, dont je suis tombé amoureux. C’est sans doute lié au fait qu’il y en avait à la maison quand j’étais gamin. Donc c’est une sorte de mélange de cet environnement.

Metal-Eyes : Tu as appris la guitare, et le piano ?

Rich : Un peu, pas énormément, en fait. Tu vois, j’ai tendance  à apprendre seul les instruments dont je souhaite jouer… Je joue un peu de guitare, un peu de piano, un peu de saxophone…

Metal-Eyes : Comment écrivez-vous les chansons ? Est-ce un travail de groupe, en commun, chacun vient-il avec ses idées, l’un d’entre vous propose –t-il plus que les autres ?

Rich : C’est principalement moi qui écris et compose. Ça me vient à divers moments, je peux être entrain de conduire ma voiture, de faire autre chose… Toutes les lignes instrumentales viennent ensemble. J’aurai un riff ainsi qu’un rythme basse et la batterie… Les autres ajoutent le reste. En règle générale, je propose 90% des morceaux, les autres ajoutent ou proposent des modifications. Chris compose la guitare lead. Le principe est que nous devons tous apprécier la chanson, si 3 d’entre nous l’aimons et le dernier non, alors soit on la retire ou on la retravaille. C’est important, surtout avec 4 personnes qui portent le même intérêt au groupe. Nous devons être sur la même longueur d’ondes pour tout ce que nous faisons, sinon, ça peut coincer.

Metal-Eyes : Surtout en montant sur scène, où là, ça se ressentirait tout de suite. Donc, c’est dans l’intérêt de tous.

Rich : Absolument.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Ain’t always easy pour décrire  à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Stone Broken, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Rich : Je dirais sans doute Worth fighting for, le morceau d’ouverture. Sur chacun de nos albums, nous mettons en premier la chanson qui, musicalement, nous représente le mieux. Lorsque les gens insèrent le CD, ils savent c e à quoi s’attendre.Il y a un message positif, le riff, le rythme et un refrain accrocheur.

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Stone Broken ?

Rich : Ouh, ça c’est une bonne question… attends… « Une seule vie, vis la ! »

Metal-Eyes :  Tu as passé ta journée en promo,  alors maintenant, quelle a été la meilleur question du jour, la plus étonnante, surprenante ?

Rich : La dernière, la devise ! (rires) Je ne m’y attendais pas du tout !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que tu t’attendais aux autres…

Rich : (il rit) Non, m  is celle-là ne m’a jamais été posée, vraiment !

Metal-Eyes : C’est mon copyright, ma propriété !

Rich : Oui, c’est sûr ! Il y a eu beaucoup de bonnes questions, intéressantes, aujourd’hui, mais celle-là m’a fait plus réfléchir. C’est bien de sortir de son confort aussi.

Interview: HOLISPARK

Interview HOLISPARK. Entretien avec Max (basse). Propos recueillis au Dr Feelgood des Halles, à Paris le 6r février 2018

Metal-Eyes : Je découvre Holispark avec cet album, Sonic bloom, alors commençons de manière classique : peux-tu me raconter l’histoire de Holispark dans ses grandes lignes ?

Max : Ca marche ! Holispark, c’est un trio qui a commencé avec Manon, la chanteuse, Roch, le batteur et Kevin, un des deux guitaristes qui s’est transformé en quintette…

Metal-Eyes : Qui ? Kevin ?

Max (il me regarde avec des yeux interrogateurs et explose de rire) : Non ! En gros, ils avaient besoin de gens pour venir jouer sur scène l’Ep qu’ils avaient enregistré, The harvest. Du coup, on a été embauché parce qu’ils avaient besoin d’une basse et d’une guitare. Au fur et à mesure des concerts, on est tombés d’accord sur le fait qu’on avait vraiment envie de construire quelque chose à 5. Puis on a enregistré cet album, Sonic bloom, tous ensemble.

Metal-Eyes : C’est donc le travail d’un groupe. Comment l’avez-vous conçu, cet album, avec deux nouvelles têtes ?

Max : Le process d’écriture est assez banal : on fait ça en répète, tous ensemble. Il y en a toujours un qui ramène une idée, un riff, un beat…et on rebondit tous là-dessus, avec les idées de tout le monde. Même si elles sont pas bonnes, et qu’on les transforme. Ensuite, Manon trouve la mélodie vocale et écrit ses paroles à tête reposée. Parfois, souvent, même, elle ébauche quelques mots et elle développe tout ça au calme. Souvent, ça se fait en une session, ça va relativement vite parce qu’on sait se parler, se dire quand c’est de la merde ou quand c’est cool.

Metal-Eyes : Je voudrais qu’on parle du nom du groupe, que je trouve être à l’image de la musique : multi-facettes. On peut le traduire de trois manières différentes : « l’étincelle sacrée », » le parc des saints » ou « le parc de Holy », puisque c’est aussi un prénom. Quelle est la véritable signification ?

Max : En fait il y en a deux : la première raison que tu as donnée est la meilleure : c’est vraiment l’étincelle sacrée. On a viré le « y » parce qu’on trouve ça plus joli avec un « i ». Mais « Holy », c’est aussi la fête du printemps en Inde, quand ils se balancent les poudres de couleurs. Le feu sacrée c’est une façon de dire qu’on a envie de jouer, d’enregistrer et de faire du rock. De se bouger où et quand on le peut…

Metal-Eyes : Tu parles de « feu sacré ». En réécoutant le disque, on entend sur The shadow les mots « I want to be a phoenix ». Le phénix est un oiseau qui renaît de ses cendres. Doit-on comprendre que vous voulez détruire Holispark pour mieux renaitre, transformer cette étincelle en feu sacré ?

Max : Si on prend le cas particulier des paroles, c’est des expériences qui sont toujours propres à Manon mais qui nous parlent à tous. Ce sont des expériences de vie qu’on peut ressentir. L’idée du phénix, c’est une façon de dire « quoiqu’il arrive, tu dois te relever et aller de l’avant ». Même les mauvaises expériences , tu peux en tirer profit et en revenir grandi. C’est aussi l’idée du nom de l’album, je ne sqis pas si on peut en parler maintenant…

Metal-Eyes : Vas-y, j’allais en parler aussi…

Max : Désolé, je t’enlève ton lien (rires) ! Sonic bloom, c’est l’idée de renaissance, celle à 5, Holispark en quintette. Une esthétique qui n’est pas complètement différente de l’Ep, mais qui a évolué. C’est quelque chose qu’on a pu faire à 5, ce renouveau dans notre musique.

Metal-Eyes : Tu parles du titre : quel est lien avec la pochette qui représente une serre avec des arbres exotiques. Il n’y a rien de très sonique, là-dedans, sauf si on trouve des oiseaux !

Max : Oui, ben en fait, c’est parce que moi, j’ai une formation de jardinier… Non, c’est pas vrai, j’ai essayé d’amener une blague mais… (NdMP : dommage que tu te sois arrêté, j’allais y croire !)

Metal-Eyes : Donc quand tu n’as pas ta basse, tu viens avec ta pelle et ton rateau…

Max : Voilà ! Non, l’idée de la serre, c’est un rapprochement avec la nature qui fleurit, la graine qui sort de terre. C’est l’idée de floraison qu’on a retenu. La serre, c’est une image qui, graphiquement, nous plaisait, et ce qui est végétal, ça nous parle, à Manon, aussi, beaucoup. C’est elle qui a été en contact avec le graphiste. Cette pochette c’est plus une mise en image de ,notre musique qu’un concept en lui-même.

Metal-Eyes : On peut aussi faire un lien entre cette étincelle qui est le point de départ de la vie et cette floraison, le renaissance. Parlons un peu de la musique : j’ai trouvé que l’album peut être aussi léger que brutal, plus rugueux. Par exemple, Emotionally et Failed escape sont très aériens, White flag a tout de l’hymne à faire chanter en concert… Quavez-vous mis dans cet album ? Quelles sont les influences, qu’aviez-vous envie de créer, quel était le propos ?

Max : Pour répondre, je vais devoir te parler du passé d’Holispark, celui qui me concerne : sur l’Ep, on était sur quelque chose de très pop rock, bien plus que sur Sonic bloom. On avait envie de sortir de cette image, c’était beaucoup plus gentillet qu’aujourd’hui. On avait envie de sortir de cette étiquette, d’autant plus avec une nana qui chante et, ça, c’est très vite catalogué. Quand on a composé à 5, chacun a apporté ses influences. Par exemple, moi, je viens du punk rock, je fais aussi du metal, j’aime beaucoup le hard core. Toutes ces influences font qu’il y a parfois des riffs hyper secs, et, en même temps, il y a indéniablement l’influence que la pop a sur Manon, son chant, son écriture, et aussi Roch, le batteur, qui a aussi grandi en écoutant Michael Jackson. La différence a été établie en fonction du sentiment qu’il y avait en composant le morceau. Un riff hyper serré comme Sunset, on avait envie de quelque chose qui donne envie de taper. En même temps, on est de grands amateurs de pop, et on a envie, comme sur Emotionaly, de faire des morceaux assez aériens, légers, Pour Failed escape, on avait envie d’une belle ballade… En fait, on n’a jamais cherché à conceptualiser les morceaux avant de les écrire. On a eu des idées, plein, et on a juste pris le meilleur de tout ça, qui restait dans l’esthétique de ce qu’on voulait. On a écrit des chansons qui ont fait un album, et ensuite, on les a organisées de façon à ce qu’elles soient cohérentes entre elles…

Metal-Eyes : Alors, justement, si tu devais ne retenir qu’un morceau de cet album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Holispark, ce serait lequel ?

Max : Ok. Ok, ok… Je pense que ce serait The shadow. Parce qu’il y a de gros accents pop, et aussi un riff bien vénère. Clairement, je pense que dans les paroles de Manon, il y a tout ce qu’on veut faire passer.

Metal-Eyes : Maintenant, quelle pourrait être la devise de Holispark ?

Max : Je pense que ce serait « Toujours apprendre de ses erreurs et ne rien lâcher »

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle a été la meilleure question qu’on tait posée aujourd’hui ?

Max : Ben.. Je n’ai pas envie de passer pour un fayot, mais je trouve que la question que tu m’as posée sur quelle chanson choisir pour résumer Holispark, c’est une putain de question parce que c’est la première fois qu’on me la pose et que c’est excellent pour résumer l’idée du groupe.

 

SCORPIONS: Born to touch your feelings

Rock, Allemagne (RCA/Sony music, 2017)

Scorpions sans ballades ne serait pas Scorpions. Alors quoi de mieux que de célébrer l’arrivée de Mikkey Dee à la batterie que de proposer une nouvelle compilation de ballades? Un peu contrasté, non? Voire contradictoire, pour l’ex bucheron de Motörhead! Ce Born to touch your feelings présente la particularité de proposer des morceaux remasterisés (principalement en 2015) ou présentés dans des versions plus récentes. Bien sûr figurent au tracklisting les indispensables que sont Always somewhere, Holiday, Lady starlight, When the smoke is going down, Wind of change ou Still loving you. Ce disque est cependant l’occasion de (re)découvrir d’autres morceaux comme Follow your ehart, Melrose avenue, The best is yet to come… 17 titres, 17 ballades variées et souvent enchanteresses. Seulement, 17 ballades, c’est long pour l’amateur de rock. Ok… ce n’est sans doute pas la cible commerciale, le public visé étant plus celui qui ne connait Scorpions que via, pour, ses ballades. Le produit final est toutefois réussi, et présente l’énorme avantage, en soirée, de ne pas chercher des heures durant une jolie ballade pour un moment de douceur. Un beau produit, une belle compilation, pas du tout représentative de ce qu’est Scorpions. Mais ça sent quand même le futur album… Plus rock, sans aucun doute! En attendant, si vous n’avez pas encore trouvé comment faire plasir à votre douce, il est encore temps!

Interview: ROYAL REPUBLIC

Interview ROYAL REPUBLIC : rencontre avec Jonas (basse), Per (batterie) et Hannes (guitare). Entretien mené le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage (Paris).

C’est avec Royal Republic presque au complet que nous nous retrouvons coincés dans une des petites loges du Cabaret Sauvage. Seul Adam, le guitariste chanteur préfère regarder la télé, afin de préserver sa voix, un peu sensible avec le froid. Les autres sont en pleine forme ce qui se ressentira moins de deux heures plus tard sur scène. 

metal-eyes: Weekend man est sorti il y a maintenant un an et demi et vous beaucoup de choses se sont produites pour Royal Republic depuis. QuelSs ont été les moments les plus excitants de ces derniers 18 mois ?

Jonas: Wouf… Il s’est passé plein de choses… Nous avons donné nos plus gros concerts en tête d’affiche, et ce soir est notre plus grosse tête d’affiche en France. On est super contents. Mettons les choses ainsi : l’album a été très bien reçu, les gens l’ont vraiment apprécié.

Per: Et ils viennent aux concerts !

Hannes: Je crois que c’est notre troisième concert devant plus de 1.000 personnes. C’est le troisième pays où nous jouons devant plus de 1.000 personnes.

metal-eyes: D’après ce que j’ai vu, vous rentrez tout juste d’une importante tournée américaine. C’était votre premier séjour là-bas ?

Jonas: Non, le second…

Hannes: Mais la première fois qui compte vraiment. C’était super, là, on ouvrait pour Theory Of A Dead Man, la dernière fois, c’était pour Frank Carter, ce qui était super, différent, mais super. Vraiment. Et on a aussi un titre qui est entré au Billboard, ce qui, pour nous, est extraordinaire !

metal-eyes: Vous y avez donné combien de concerts ?

Per: On y est restés 3 semaines, on a dû donner 14 concerts.

Jonas: On a commencé au centre, puis on est allés à l’Est avant de rejoindre Seattle et revenir vers l’Est…

metal-eyes: Et la première fois, c’était quand ?

Jonas: En mars-avril dernier.

Per: En gros on a ouvert pour Frank Carter, mais on y était principalement pour 3 festivals. Ils ont ajouté la tournée, ce qui était parfait.

metal-eyes: C’était donc aussi sur la tournée Weekend Man, et, par conséquent c’est le premier album que vous avez soutenu là-bas.

Tous: Exact, oui.

metal-eyes: Quel a été votre show préféré aux USA ?

Jonas: Pour Hannes, ça a dû être Seattle parce que c’est de là que viennent ses héros…

Hannes: Oui, c’était extra. Je crois, que le Texas nous a aussi super bien accueilli, je ne m’y attendais pas du tout.

Per: Il y avait aussi ce concert à… Izula, ou quelque chose comme ça. On avait l’impression d’être tête d’affiche… Non, Boise, dans l’Idaho ! Ils ont des patates, là-bas, c’est tout ce qu’ils ont : des patates et un excellent public ! (rires)

metal-eyes: En dehors de Royal Republic, comment occupez vous votre temps ?

Per il rit): On n’a pas de temps pour nous ! Royal Republic nous occupe tout le temps. On a simplement eu un mois de repos en septembre, et nous sommes allés passés 3-4 semaines aux USA. Puis 2 semaines de repos et nous sommes de retour pour une tournée européenne de 3 semaines.

Jonas: Et il y a eu les festivals d’été, un autre séjour aux USA, un peu de repos… On tourne toujours.

metal-eyes: L’été dernier, vous avez joué au festival Rock en Seine et au Musilac. Vous prévoyez d’autres festivals en France pour l’été prochain ? (NdMP : au moins un fest sera bientôt annoncé, mais… chut !)

Jonas: Non, pas de festivals, on déteste ça ! (rires)

metal-eyes: Bon, alors, on passe à autre chose ! Parlons des endroits où vous avez joué : vous avez visité, à Paris, plusieurs salles : le Divan du Monde, le Trabendo, vous avez commencé au Zénith,la Flèche d’Or, ce soir vous êtes au Cabaret Sauvage… Laquelle de ces salles préférez-vous ?

Jonas: Celle-ci, j’espère !

Per: Oui, celle-ci.

Hannes: ça promet d’être épique… Elle est tellement jolie, elle ressemble à l’esprit de Royal Republic, avec ses draperies rouge, très royales…

metal-eyes: Elle va influer votre jeu, ce soir ?

Per: Sans doute, et ça pourrait devenir notre lieu de prédilection à Paris. Peut-être que nous pourrions y élire domicile.

metal-eyes: Black Stone Cherry va y jouer pour la troisième fois, ils adorent venir ici…

Jonas: On connait leur backliner, il travaille aussi pour nous.

Per: Aux USA…

metal-eyes: Parlons de différents endroits où vous avez joué : quel a été le lieu le plus grand où vous vous êtes produits ?

Hannes: Le Palladium de Cologne. Si on parle de salles en tête d’affiche…

metal-eyes: Ou festivals…

Jonas: Musilac était grand !

Per: Oui… Mais pas autant que le Rock Am Ring

Hannes: Il devait y avoir 80.000 personnes…

Per: On a donné des concerts avec Die Toten Hosen, c’est un gros groupe en Allemagne, vous ne les connaissez pas ici.

metal-eyes: Si, si, on les connais un peu…

Per: Oh, bien ! On a tourné 2 semaines avec eux, et on faisait des salles de 17-20.000 personnes. C’était étrange : chaque soir, on jouait dans un stade ! Ici, on a fait deux soirs avec The Offspring, au Zenith, environ 6.000 personnes. Pour nous, cette dernière tournée s’est faite devant 4000, 3500 personnes, à Cologne, Berlin, au Columbia Hall. On arrive au niveau d’un Zénith, doucement.

metal-eyes: Quel est le lieu le plus petit où vous ayez joué ?

Jonas: C’était… Bruneau ?

Per: Non, c’était à Prague.

Hannes: Non, le plus petit endroit, c’était une cabine téléphonique à Berlin ! (rire général) Un ascenseur aussi, pour un tournage. Mais la cabine téléphonique, il y avait 5 personnes dedans. Nous, et un fan.

Jonas: Un gigantesque et chanceux gagnant d’un concours.

Per: Nous espérions que ce soit une petite nana mignonne mais ce fut ce gars grand et baraqué comme une bête ! Genre « je suis ravi d’être là ! »

metal-eyes: C’était dans le cadre d’une vidéo, d’une performance quelconque ?

Per: C’était pour une station de radio qui a pensé ce gag. Humour allemand…

Jonas: Et dehors, il y avait 2 ou 300 personnes qui regardaient.

Hannes: Une autre fois, il y avait aussi 200 personnes, mais il n’y avait en réalité que 2 fans, les autres travaillaient pour l’équipe…

Jonas: Une fois, on a joué devant à peine 10 personnes… Il y avait un autre groupe avant nous et tous leurs copains sont venus. Quand ils sont partis faire la fête, leurs copains ont suivi…On a fini devant 5 ou 10 personnes.

Hannes: C’est très étrange car après avoir donné ces shows en tête d’affiche à Berlin, et vendu 3.500 billets, on devait donner un autre concert et notre manager nous appelle pour nous dire que le show est annulé « car vous n’avez vendu que 10 billets ! » Ca a été une petite descente.

metal-eyes: Quelle est la pire expérience vécue en salle de concert ?

Jonas: C’était hier, à Londres. J’étais censé jouer de la batterie ! Je n’y ai pas touché depuis 10 ans, et soudain, voilà que je suis censé donné ce rythme funky et groovy mais je n’ai aucune idée de ce que je fais !

Per: J’étais en train de chanter et je te voyais, au dessus de mon épaule, en train de chercher le rythme (rires) ! Mais je peux aussi voir dans ton regard le désespoir !

metal-eyes: C’était à Londres, c’est ça ?

Jonas: Oui, et ça fait partie de mon top 3 des pires expériences ! Il y a aussi eu Stockholm.

Per: Oh… oui, tu étais furax !

Jonas: Oh oui, on n’avait aucune idée d’où nous devions jouer lorsque quelqu’un nous dit « voici votre scène ! » Hein, c’est quoi ça ? Le gars du son a branché tout mon matos sur celui de Hannes, je me branche et… Merde, rien ne fonctionne ! J’étais furieux, je me suis soulé après mais…

metal-eyes: Et vous, votre pire expérience ?

Hannes: Notre pire expérience c’est quand Jonas fout tout en l’air ! (Rire général)

Per: Ou quand il joue de la batterie !

metal-eyes: Tu vas jouer de la batterie, ce soir ?

Jonas: J’espère que non ! Vraiment !

metal-eyes: Et si je reste devant et que je crie « va jouer de la batterie ! »

Jonas: Je t’enverrai une baguette au visage !

metal-eyes: Où rêveriez de jouer ?

Jonas:  Mmhh… Une île tropicale…

Per: Je ne sais pas, un gigantesque stade, est-ce trop grand pour quelqu’un ?

Hannes: Le Royal Albert Hall à Londres. Ça pourrait se faire, c’est là où ont eut lieu certains des concerts les plus mythiques : Bob Dylan, tant d’autres… Et c’est une salle de bonne taille.

Jonas: Moi, je verrai bien un endroit différent, en haut de la tour Eiffel. Il y a un restaurant, là haut ?

Per: Juste pour ajouter une chose, j’adorerai faire une tournée des stade en Suède. Le Globe, sold-out !

metal-eyes: Y a-t-il un endroit où, au contraire, vous ne souhaitez jouer pour rien au monde ?

Hannes: Oui, il y a quelques salles où nous ne jouerons jamais, au Royaume-Uni. On n’y retournera pas…

metal-eyes: Des noms ?

Jonas: Non…

Per: Je crois que l’une d’elle a fermé, alors, ça va : il y avait cet endroit appelé The Well, à Leeds. Elle portait bien son nom : la première fois que nous y sommes allés, la salle était glaciale, humide comme des marais. On est allé aux toilettes et c’est comme si personne ne les avait nettoyées depuis la veille, vraiment dégueulasse. Il y avait même une bouteille de bière coincée au fond…

Jonas: Il y a des endroits que nous avons blacklistés.

Per: Ils sont tous au Royaume-Uni…

metal-eyes: Et si on vous donne un million d’euros pour y jouer, vous dites non ?

Tous: Pour un million, on y va !

metal-eyes: Revenons à la musique : Weekend man est sorti il y a un an et demi, avez-vous travaillé sur de nouveaux morceau et quand prévoyez-vous un nouvel album ?

Per: Dès que possible. Nous allons rentrer et j’espère commencer à composer rapidement.

Hannes: Nous voudrions dire l’année prochaine, mais nous connaissant, il vaut mieux ne pas nous avancer. Nous y travaillons mais ne nous engageons pas.

Per: J’ai le sentiment que, cette fois, nous allons travailler plus vite. Mais on ne sait pas

Jonas: Tu es le premier à l’entendre : « l’album est retardé ! » (rires)

Per: Oui, on va attendre deux ans !

Jonas: C’est comme l’album des Guns, il a été retardé, quoi ??? 16 ans. Mais quand il est sorti…  Allez, 2 ans pour nous !

metal-eyes: Merci pour cette interview, et je vous retrouve dans la salle tout à l’heure.

Jonas: Super, merci à toi !

 

10 YEARS: (how to live) as ghosts

Rock, USA (Mascot, 2017)

Les amateurs du groupe le savent depuis longtemps: 10 Years propose ce style de rock passe partout qui fait aisément mouche. Souvent affiliés à la scène post grunge, 10 Years s’en distingue pourtant grâce à des mélodies qui puisent autant dans le rock que dans la new wave. (How to live) as ghosts évoque souvent l’univers si particulier de Tears For Fears, en version légèrement plus énervée. Au regard du titre de l’album, il n’est guère surprenant de constater que les chansons traitent, à différents niveaux, d’autres formes de vie – ou de non vie: l’au-delà, la mort, les vampires, le tout sur des mélodies joyeuses et entrainantes. Parfaitement produit, ce disque nous éloigne du blues auquel nous a habitués ces derniers temps le label Mascot. Profondément rock, tout en restant cependant pop, cet album chantant, lumineux, aérien et pesant à la fois, s’avère rapidement très efficace, voire contagieux.

ROYAL REPUBLIC live à Paris (le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage)

 

Le Cabaret Sauvage affiche ce soir complet pour le second passage parisien des Suédois de Royal Republic. Et ce n’est que justice tant le quatuor met le feu à chacun de ses concerts.

En ouverture, Aaron Buchanan and The Cult Classics est un groupe anglais qui donne dans un rock puissant et tendu. Le chanteur, Aaron, est une pile électrique qui cherche à chauffer le public. Si, musicalement, il n’y a guère de nouveauté, le gaillard et son bassiste atteignent aisément cet objectif. Mais les deux guitariste, dont miss Buchanan – sa sœur, je crois, visage planqué sous un chapeau – restent assez statiques… Dommage, d’autant plus lorsque, en fin de set, le chanteur annonce – pas démago – que Paris est le meilleur public et qu’il demande à ce même public de s’approcher pour tenter quelque chose de jamais encore fait: Aaron, tel Frank Carter (il en a le look, pas encore les tatouages) marche sur le public qui tend les bras pour le porter… Rouler-bouler, retour sur scène, le gaillard s’est bien débrouillé, son groupe a offert une sympathique prestation amuse-gueule. Mais, honnêtement, avec ce qui arrive ensuite…

 

Les lumières s’éteignent alors que résonnent les premiers accords de When I see you dance with another. Royal Republic sur scène, c’est la garantie d’une ambiance du feu de diou. Sapés comme des princes, Adam et sa bande jouent face à un public déchaîné. Au point que les barrières crash, vraisemblablement non scellées, avancent, forçant un agent de sécu à les repousser. Seul… Pendant une heure trente, le groupe évolue sous de superbes lumières (comme quoi, même au Cabaret Sauvage c’est possible!) et toujours plein d’humour.

En introduisant Make love not war – je vous fait grâce de la fin du titre – Adam annonce avoir besoin d’un homme, français. « Quelqu’un qui s’appelle Gaston. Tu t’appelles Gaston? Toi? Non plus… » expliquant ce qu’est un Weekend man: « c’est ce qui te donne la force, plutôt que de boire une bière… d’en boire deux! Ce qui te fais aller au lit à 10h plutôt qu’à 9h »…  Il dédouane son groupe prétendant qu’aucun autre groupe n’écrit aussi lentement que RR. « Mais certaines chansons viennent naturellement. Celle-ci, par exemple, c’est moi qui l’ai écrite… Elle parle de… moi » et c’est parti pour un People say I’m over the top explosif.

Le groupe se fend d’une superbe version acoustique de Addictive, pile dans l’esprit de la soirée: variée, dansante, lumineuse – les éclairs qui entourent la batterie sont du plus bel effet – et surprenante car très crooner et dans l’esprit de Noël. Autre moment fort, alors que Jonas m’avouait en interview (que vous découvrirez la semaine prochaine) que le concert de la veille au Koko de Londres l’avait vu vivre sa pire expérience, il se retrouve plongé dans la même situation: Per lui tend ses baguettes, forçant le bassiste à s’asseoir sur le tabouret, s’empare d’une guitare tandis qu’Adam se saisit de la basse sur je ne sais plus quel titre… Bon, tant pis! C’est significatif de l’état d’esprit du quatuor qui puise on ne sait où cette énergie communicative.

Adam évoque ce moment, vers minuit, lorsque tes doigts ressentent ce besoin de heavy metal… Le public hurle son approbation et le chanteur offre le choix entre Iron Maiden et Metallica. La veille, à Londres, RR a interprété un extrait de Fear of the dark, ce soir, la clameur publique impose les horsemen. Va pour un rapide et efficace Battery, suivi du plus que fédérateur Roxanne de Police avant de conclure avec le méga funky rock Full steam spacemachine sur lequel le public continue de danser.

 

Bien sûr, ce n’est pas fini, Royal Republic revenant pour un gigantesque rappel de 5 (cinq!) titres dont une reprise de X qui sonne comme un message puisqu’il s’agit de I don’t wanna go out. Ben nous non plus, et on en reprendrait bien une dose! Baby vient pourtant mettre un terme à cette soirée simplement gigantesque, cette fête comme on en souhaite plus. Ça, c’est un concert de rock, dans les règles! Quelle soirée, mais quelle soirée!

ALTAVILLA: The conquest of gravity

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Voilà un album singulier, original s’il en est, qui se laisse écouter avec une déconcertante facilité, exception faite d’un chant anglais à chier car incompréhensible. Ce premier album des Français d’AltavillaThe conquest of gravity navigue quelque part entre  le jazz, lerock 70’s, la new wave, l’électro, le rock 80’s, toujours en gardant cet esprit simplement rock qu’on retrouve chez Blur ou Metronomy. Les intonations vocales sont à la fois légères et mélancoliques, évoquent  par instants The Cure tandis que les guitares légères, aériennes, trépidantes ou sautillantes échangent intelligemment avec les claviers, bavards sans être gonflants. Les 12 chansons explorent, ratissent, innovent sans inventer, et donnent simplement envie d’avancer et d’écouter.