NOTHING BUT REAL: lost in the world

France, Metal (M&O music, 2021)

Un riff rock et entrainant introduit ce Lost in the world, second album des Français de Nothing But Real, déjà auteur d’un premier essai éponyme paru en 2020. Une arrivée sur Terre qui va explorer ses divers horizons musicaux. Le groupe propose avant tout un mélange de rock traditionnel (est-ce volontaire? On entend même des guitare à la Qu’on me laisse le temps d’Océan en intro de Snake eyes, un morceau soft qui monte moins en puissance cependant – il y a plein de références au rock des 80’s et après), de fusion, d’alternatif, dans esprit souvent jazzy, prog et légèrement heavy qui laisse de la place à chaque instrument. Mais voilà, je ne peux que déplorer de ne pas comprendre un mot (ou très peu, si peu, « m’enfin!« …) du chant anglais, chant pourtant agréable et puissant.  Le groove est toujours présent, la formation aime d’ailleurs présenter sa musique comme « du rock alternatifs avec des mangas ». Tout un programme qui passe donc de la douceur à l’énervement tribal (Untold), alliant rock et électro sans hésiter (Scars and burden) et dont certains visuels laissent entrevoir une certaine attirance pour le monde de Hollywood Undead. Cet album a tout de visuel, d’ailleurs, de la pochette aux paroles, puisqu’il raconte l’histoire de Sakar qui débarque sur Terre et croit arriver dans un monde amical. Que nenni, et il va aller de découvertes en déceptions… Lost in this world est un album entrainant et joyeux, qui s’écoute tranquillement sans jamais se ou nous prendre la tête.

BREATH FROM THE VOID

France, Metalcore (M&O, 2022)

Formé en 2020, Breath From The Void déboule aujourd’hui avec un premier Ep – presque un album en réalité – éponyme. Proposant 7 chansons, le groupe navigue entre groove metal et metalcore. Après une intro soft (Immersion), le groupe crache sa rage avec un Discomfort bien nommé. Une rage et une énergie qui se révèlent tout au long de ce premier essai. Dès lors, le ton est donné. Les cinq ont grandi et ont été éduqué au son des Gojira, Lamb of God ou, dans un autre registre, Hypno5e. BFTV cherche à varier les ambiances et les plaisirs (cette intro sabbathienne et doom et cette ambiance presque mélancolique de Ocean eyes valent le détour), alternant entre chant clair puissant et colère peu contenue. Loin de bourriner à tout va, Breath Frolm The Void sait faire respirer son propos. Les guitares qui charcutent et cisaillent cherchent également une forme de mélodie en se faisant par instant plus aériennes tandis que des rythmes répétitifs et quelque peu hypnotiques parsèment ce premier essai qui s’adresse clairement aux amateurs de puissance, vélocité et breakdowns mêlées à une certaine recherche de mélodies.

PRIMAL RAGE: Awakening the masses

France, Thrash/Hardcore (M&O, 2021)

On ne va pas passer par 4 chemins: Awakening the masses, le premier album de Primal Rage depuis deux décennies, est un de ces putains de crochets qui te mettent genoux à terre en moins d’un round. Le groupe Savoyard a décidé de refaire parler la poudre et nous propose un album coup de maitre. Le thrash hardcore que propose le groupe est simplement redoutable. L’efficacité réside, au delà de la qualité des composition, dans les refrains et les chœurs qui présentent un groupe à l’unisson, une formation avec pour objectif commun d’entrainer l’auditeur et/ou le spectateur dans cette tempête de rage contrôlée. Putain, ces mec ont leur place à la Warzone direct! Zou, allez me faire des circle pits et des wall of death! Ca bastonne et ça dézingue à tout va! On pourrait faire l’analyse de chaque titre qu’on en reviendrait à la même chose: de Repression au morceau éponyme en passant par FFF (un rapport avec le groupe? mais non…) Racial hate, No cure for hate ou… bref, une conclusion s’impose: « ça le fait grave et sévère ». C’est certes brutal mais c’est également, surtout, salvateur. Alors, simplement, tout simplement, laissez-vous tenter et entrez dans cette massez que Primal Rage veut réveiller. Espérons simplement qu’il ne faille pas une nouvelle double décennie pour un nouvel album, mais laissons celui-ci vivre pleinement sa vie!

 

FEED THE SHARKS

France, Heavy metal (Ep, M&O, 2021)

Ils sont originaires de la station balnéaire de Thonon les Bains, en Haute Savoie, et si le nom du groupe, autant que l’illustration de ce premier Ep, peut laisser croire à du metal saignant, il n’en est rien (et, notons le, de toutes façons, on ne trouve pas de requins dans le Léman ^_^). Feed The Sharks propose un metal carré, puissant, au chant clair, un metal qui s’inspire de la vague heavy américaine avec tous les codes du genre. C’est super efficace, d’autant plus d’ailleurs que tout est réuni pour que ce groupe puisse exploser: une production grasse à souhait, un chant anglais parfaitement maitrisé, des guitares rageuses et tranchantes, une rythmiques genre char d’assaut et 5 titres aux mélodies groovy et redoutables taillées pour des passages en radio sans être « friendly ». Ces gars ont été biberonnés au son des guitars heros de groupes, avant d’être plongés dans le bain du renouveau metallique des années 2000. Parler de la scène metalcore semble trop limitateur, mais oui, il y a cette rage à la Killswitch Engage ou cette puissance et ce sens de la mélodie chères à Avenged Sevenfold. C’est moderne et bigrement réussi. un premier essai  imparable, point. A découvrir d’urgence. Bravo! Euh… un album, c’est possible?

BURNING DEAD: Fear and devastation

France, Heavy Thrash (M&O, 2022) – sortie le 25 février 2022

Fear & devastation, c’est le titre du premier album des Frenchies de Burning Dead qui avait annoncé « avec grand plaisir » sur son site « devoir retarder la sortie » de ce, Fear & devastation, premier album au 25 février. Etre heureux de voir la sortie de son bébé repoussée, mais quelle en est la cause? Une signature avec le label M&O ouvrant de fait plus de portes qu’une sortie indépendante. Cela valait-il le coup d’attendre?  Clairement, oui. Doté de 10 titres d’une puissance explosive, démarrant avec Fear et se concluant avec Devastation (original, mais, oui, il y a bien 8 autre morceaux entre ces deux là!), le groupe propose un heavy metal carré et burné doublé d’accents thrash d’une redoutable efficacité. Alternant entre chant clair et rage guerrière, les Fear, Their coming, Eternal war, Army of darkness se révèlent d’une grande efficacité. Si certaines références semblent évidentes (Maiden période Powersalve sur Their coming ou The warrior, Exodus ou Nuclear Assault dans les explosions thrash brutales), Burning Dead sait aussi se faire plus soft comme sur She, pause bienvenue au milieu de cette déferlante de fureur contenue. Les guitares qui cisaillent à tout va et la rythmique efficace enrobent un ensemble varié et puissant. Burning Dead saura incontestablement séduire les amateurs de gros riffs et de mélodies bien plus explosives que simplement et gratuitement brutales.

TIGERLEECH: Melancholy bridge

France, stoner (M&O music, 2021)

Nous avions pu découvrir Tigerleech en 2019 avec leur premier album lourd et intrigant. La sangsue tigre – c’est ce que signifie le nom du groupe – revient avec ce Melancholy bridge au titre et au contenu aussi lourds que l’illustration est déprimante (et ce verso dans la même veine… On dirait des travailleurs de l’uranium enrichi de l’ancien temps). Les onze titres de ce nouvel essai confirment l’orientation musicale de Sheby (chant) et sa bande: un stoner proche du doom grave et saisissant. The messenger – bonne idée que de démarrer l’album avec ce titre annonciateur de ce qui suit – donne la ligne directrice sur un fond oppressant. La lenteur des riffs évoque la noirceur du monde, ambiance parfois contrebalancée par un blues triste et mélancolique (Melancholy bridge) ou par un We. As we are plus up tempo mais tout aussi pesant. La production d’Andrew Guillotin – on ne change pas une équipe qui gagne – de retour derrière les manettes apporte à cet ensemble gravité et sérieux. Dans son style, avec Melancholy bridge, Tigerleech se fraye un chemin vers les sommets.

DEAFBROOD: Hell reel

France, Hard rock (M&O music, 2021)

Glisser le CD dans le lecteur. Appuyer sur « play ». Courir vers le coffre à souvenirs et se saisir de la guitare en carton. Se poser devant le miroir puis sauter et gratter à s’en bruler les ongles fraichement manucurés. C’est gros, c’est gras, c’est direct et c’est simplement rock’n’roll. Deafbrood, c’est un quatuor de dignes descendant de ce qui se fait de plus basique et efficace en matière de hard rock. Tout sur ce Hell reel, premier album du groupe composé de Julien Hoarse (chant et basse), Aymeric Quidu et Martin Arzh (guitares) et Cyrille Chevalier (batterie), évoque avec le plus grand respect possible les Motörhead, AC/DC et Ramones des années 70’s, avec quelques lignes de guitares qui évoquent le metal d’un jeune Maiden. Les groupe est franc du collier, ne cherchant qu’une chose: une puissante efficacité. Mais se limiter à ces références est trop limitatif tant Deafbrood se plait à pondre des pépites entrainantes et brutes de décoffrage. Simples et efficaces, les 12 morceaux sont taillés dans ce rock indémodable qui te fait sauter et t’emporte dans un univers d’insouciance enfantine. La voix de Julien, grave et profonde au possible, rassure par sa chaleur autant qu’elle inquiète par sa puissance. Les thèmes abordés ne surprendront personne, de la fête à l’alcool en passant par la fête et les filles et laissant un peu de place au rock et à la fête. Simple, certes, mais pas tant que ça, le groupe cherchant partout le petit truc qui surprend et interpelle. Vulcain ayant pris sa retraite, Deafbrood pourrait aisément combler le siège laissé vacant. Une sacré belle découverte à soutenir d’urgence!

BLACKBEARD: New horizon

France, Stoner/Hardcore (M&O music, 2021)

La légende prétend que le pirate Barbe Noire aurait caché son trésor, ou une partie, quelque part au milieu des Outer Banks, cette série d’iles et presqu’îles qui longent les côtes américaines de Caroline du Nord. Son héritage de bruit et de fureur, il semble aussi l’avoir laissé trainer quelque part en France et placé en partie dans les mains des stoners punkisants de BlackBeard. Ou pas, va savoir. On s’en fout après tout…  Reste que le quatuor français nous offre un New horizon explosif et enragé, teinté de bout en bout d’un irrésistible groove, résultat du travail d’une basse imparable. Dès Vultures, ce groove fait mouche, interpelant l’auditeur avant de le prendre à la gorge avec une rage hardcore directe et sans merci. La ligne directrice est donnée, Helpless continuant avec un riff hypnotique de guitares aux limites de la techno. Alternant chant clair et rageur, groove et colère, Black Beard ne laisse guère indifférent comme il le démontre avec Addicted to. Le groupe sait aussi se faire plus heavy, lourd et presque doom, lorgannt du côté de Candlemass (Sorry). Et finir avec le morceau titre, New horizon, franchement… Une pépite, véritable invitation au voyage dominée par le chant clair. un final lumineux et envoûtant qui donne simplement envie d’en entendre plus. BlackBeard, c’est la belle découverte parue en fin d’année 2021. Il est encore plus que temps de découvrir et soutenir New horizon.

DEATH DECLINE: The silent path

Death, France (M&O, 2021)

Il porte bien son nom, ce troisième album des Français de Death Decline. The silent path, troisième album, voit le groupe s’enfoncer dans son univers en proposant plus que de la simple bourrinerie bien orchestrée. Comme dirait Raoul Volfoni, « Faut bien r’connaître, c’est du brutal… » Fabien, le guitariste du combo décrit The silent path comme étant « plus diversifié, plus catchy, plus… tout, en fait. Lebut n’était pas de faire un Thousand faces of lies part 2. Mais il garde vraiment ce qui fait le son de Death Decline« . Et cette brutalité? « Pourquoi pas. On sait qu’on propose une musique rapide, directe, tranchante, mais on a aussi voulu inclure cette part de nuances à notre musique. » Si un troisième album est toujours celui du défi, il permet ici au groupe d’aller « plus loin au niveau des compositions et du rendu sonore« . Force est de constater que la production rend hommage au propos de l’album et sait jouer avec chacun des instruments. On remarquera évidemment le chant si varié d’Alexis Fleury qu’on pourrait croire qu’ils sont plusieurs à jouter vocalement. Mais non, il n’y a bien qu’un seul vocaliste à la palette si large qu’il s’adresse aux amateurs de chant hurlé, growlé, clair, bref à toutes les sensibilités. « C’est aussi quelque chose qu’on a voulu travailler, cette versatilité vocale. Ne pas se borner à un seul type de chant. Le but c’est de rendre justice à la musique« . Le groupe a travaillé avec Arnaud, un nouveau batteur qui « a une approche différente de la batterie, il ne vient pas de la même scène que César. Son style de jeu a forcément contribué à faire de The silent path ce qu’il est par son approche plus groovy, plus percutante te directe« . Résumer la musique de DD à du death est trop réducteur. On y retrouve aussi du thrash old schoo à la Slayer, Testament, Exodus, d’autres moments plus foncièrement hardcore. « ces groupes que tu cites sont très importants pour moi, que ça transpire dans la musique, c’est naturel. On n’a pas forcé les choses, le but était d’écrire les meilleurs morceaux possible, et qu’ils nous plaisent avant tout ». Au delà de la musique, il existe un trait d’union visuel entre chaque album du groupe: cette mascotte, sorte de déesse maléfique, cornue, imposante qui n’a pas de nom. « C’est vrai qu’on a tenu à garder l’identité visuelle qu’on a développée dès le premier album. ça passait par ce personnage qui est ici représenté sous une forme différente de nos deux premiers albums. ça me fait plaisir que tu reconnaisses cette identité visuelle en tout cas! On est tous un peu fan de ces groupes qui ont ce même type de démarches, inutile de les citer, tu t’en doutes… » Sans surprise, c’est encore l’œuvre d’un certain Stan W. Decker avec qui DD travaille depuis les débuts du groupe. Le groupe a terminé l’enregistrement quelque jours avant le second confinement: « Il a fallu rentrer assez vite chez nous… Mais on a pu terminer dans les temps et atteindre l’objectif qu’on s’était fixé, malgré le contexte« . S’il est un titre qui est « peut-être le plus représentatif de l’album, celui qui brasse le plus d’influences, ce serait Jackals. On y retrouve le riffing typique de la scène thrash, des influences plus mélodiques. C’est un morceau qui correspond bien à l’album« .  ça tombe bien, c’est le véritable premier morceau, celui qui suit une intro plus symphonique et qui lance la machine de guerre. une guerre qui trouve une pause avec un Exile plus clame et nuancé, ballon d’air frais au milieu d’une salve d’explosions sans merci. Death Decline est un groupe soudé dont la devise pourrait être celle des mousquetaire : « un pour tous, tous pour un! C’est un peu con, mais ça nous ressemble bien… » Avec The silent path, les amateurs de heavy direct et burné vont se prendre une vraie baffe, celle qui réveille et remet les neurones en place. Imparable!

EXHORTED: Old bastards never die

France, Hardcore (M&O, )

Oh punaise, hardcore de derrière les fagots qui déménage, c’est tout ce que propose Exhorted! La rage explosive s’exprime par des rythmiques plombées, un chant guttural furieux, des guitares directes et sans concessions. Quoique, il y a dans tout ce maelstrom une certaine recherche de mélodie qui, par instants, dans les soli ou quelques intros, permet de se poser et reprendre son souffle. Help me introduit ce Old bastards never die (j’adore ce titre!) comme un avertissement bien plus qu’un appel au secours. Les 9 titres qui figurent sur cet album sont d’une brutalité exemplaire et il y a fort à parier que certaines nuques risquent de céder. Lorsque le propos n’est pas speed, il se fait lourd comme un temps d’orages (God is mine, Let me go) mais la rage reprend vite le dessus. Les guitares charcutent comme jamais et il est étonnant de ne voir les noms de ces instrumentistes dans le line up du groupe. Groupe? Ne figurent ici que Yves Balandret (chant), Lionel Marquez ((basse) et Edoardo Panepinto (batterie). Un mystère de plus à résoudre mais une situation qui ne saurait perdurer. En tout cas, jetez une oreille à cet album, promesse sportive pour tout amateur de pogo!