Interview: VANDENBERG’S MOONKINGS

Interview VANDENBERG’S MOONKINGS : rencontre avec Adrian Vandenberg (guitares). Entretien mené le 26 octobre 2017 chez Gibson France, Paris.

Quand on vous demande en dernière minute si vous souhaitez faire l’interview d’un de vos héros d’adolescence, vous dites quoi ? Absent depuis 4 ans, Adrian Vandenberg vient assurer le service après vente du nouvel album de son Moonkings. Bavard ? Oui, et vous saurez tout sur ce nouveau disque

 

metal-eyes: Adrian, nous nous étions rencontrés lors de la sortie du premier album de Moonkings, comment te portes-tu depuis 4 ans ?

Adrian Vandenberg: Vraiment bien, et les choses s’améliorent de jour en jour parce que la date de sortie approche ! Nous allons, d’ici deux semaines, commencer la tourner, et nous avons hâte. Il y a eu des retards pris pour cet album, que j’espérais pouvoir publier il y a un an et demi, mais tu sais, on fait tous ces plans, et ça change tout le temps… Mais ça arrive !

metal-eyes: Le groupe lui-même a conservé le même line-up, cependant. Comment vous êtes vous occupés tout ce temps ?

Adrian Vandenberg: D’abord, on a donné beaucoup de concerts. Nous avons commencé à tourner juste après la sortie du premier album, en Europe, au Japon, et l’an dernier… Ce qui nous a mis en retard… J’ai contracté la maladie de Lyme, et il m’a fallu un an et demi pour m’en remettre. Une tique m’a mordu à la jambe. C’est une situation de merde parce que tu te sens fatigué, un peu ailleurs. Je suis vraiment heureux de m’en être débarrassé, beaucoup de personnes n’y parviennent pas. Ça m’a retardé, ainsi que tout le groupe. Tout : le studio, les répétitions, tout s’est rallongé. Mais au final, c’est une bonne chose parce que juste avant d’entrer en studio, j’ai pu écrire deux de mes chansons préférées de l’album, Walk away et If you can’t handle the heat, et elles ne se seraient pas retrouvées sur l’album sans ça…

metal-eyes: Vous avez soutenu le premier album sur scène. Quels sont tes souvenirs du concert parisien ?

Adrian Vandenberg: C’est une des plus belles salles que j’ai pu voir, le Divan du monde et sa déco unique des années 30. Ces canapés, et tout… C’était super. En réalité, nous voulions donner plus de concerts en France mais la tournée à commencé avant la sortie de l’album. Personne ne savait à quoi s’attendre, alors pourquoi booker des concerts ? Ce sera de l’instrumental, du rock ? Qui sait ? Maintenant, ce sera plus facile parce que le premier album a reçu un accueil fabuleux, et le nouveau, les gens se disent « ah, Vandenberg ? Il lui a fallu des années pour revenir, qui sait s’il ne lui faudra pas encore 30 ans pour revenir ? » (rires). Ce sera plus facile maintenant, avec le succès du premier album, d’organiser plus de concerts en France et ailleurs.

metal-eyes: Maintenant que les membres du groupe se connaissent mieux, y a-t-il eu des changements dans votre façon de travailler en studio ?

Adrian Vandenberg: D’une certaine manière, car nous nous sommes rapprochés en tant que groupe, grâce à tous ces concerts que nous avons donnés ensemble. On n’a pas vraiment beaucoup répété, ce que je souhaitais éviter pour ne pas trop « polir » les chansons. Ce que tu entends sur l’album est très dynamique et spontané. En réalité il y a quelques jams sur ce disque. Cet esprit me manque et je crois qu’il y a une raison pour laquelle les gens retournent vers la musique de Led Zeppelin, Free, tout cet esprit 70’S. Si tu écoutes leur musique chez toi, au casque, tu te retrouves en studios avec ces musiciens. Cette spontanéité, cette vibration me manque depuis… 25 ans, depuis que la musique est devenue un business, la musique de nombreux groupe est devenue, également, plus linéaire : tu entres en studio avec un super producteur, il y a toute cette technique pour que tu puisses réaliser un album « parfait », ce qui n’est pas, selon moi, ce que doit être un disuqe de rock. Il doit y avoir du feeling, de bonnes chansons, ce que je crois que nous faisons. Les qualités de musicien, que ce soit dans un groupe comme le notre ou ces groupes que les gens redécouvrent, il y a de très bons musiciens. Tu peux te fier à leur maitrise de la musique, tandis qu’aujourd’hui, c’est tellement facile pour un groupe médiocre d’enregistrer un bon album en se reposant sur la technologie. Ca explique aussi pourquoi beaucoup de gens sont déçus quand ils voient un groupe live : ils jouent avec un disque dur. Les groupes les plus populaires ont 80% de leur musique sur un disque dur, c’est un spectacle de marionnettes. Je fais partie de la vielle école : le show auquel tu assiste ce soir sera unique, tu n’en verras pas un second identique. Ce sera différent le lendemain : le public est différent, tu n’es pas dans le même état, la salle est différente… Rien ne peut être pareil. C’est plus aventureux, tu comprends ?

metal-eyes: Certains des grands groupes aujourd’hui, c’est vrai que tu les vois sur une tournée, tu n’as pas de surprise sur la suivante, même si le décor est différent. Parlons un peu de Mark II : pou moi, il semble qu’AC/DC a rencontré Whitesnake, Led Zeppelin et Jimi PaHendrixge, et toute cette vague vintage. Qu’avez-vous mis dans ce disque ?

Adrian Vandenberg: Quand j’ai lancé Moonkings avec le premier album, je me suis rendu compte que je voulais éviter de me coincer dans l’esprit des morceaux à succès que j’avais écrit dans les années 80, à cause de leur succès. Avec Vandenberg ou Whitesnake… A chaque fois qu’un label s’immisce dans le processus, ce qui est normal puisque c’est leur business. Mais en tant qu’artiste, tu veux éviter cela. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons signé avec Mascot, le premier label avec lequel j’ai discuté. Le patron du label m’a dit : « j’ai suivi toute ta carrière, tu n’as jamais fait un mauvais album. Avec nous, tu peux réaliser le disuqe que tu veux, personne n’interférera ». C’est plutôt un bon début, non ? J’ai donc réalisé le disque que je souhaiterai acheter – si, dans mon cas, je ne l’avais pas gratuitement (rires) ! Nous nous sommes vraiment concentrés sur la spontanéité, la dynamique. C’est la première chose qui frappe, plus que la technique, ou les capacités des musiciens. Si tu écoutes un vieil album des Stones, personne ne peut dire s’ils sont bons musiciens ou pas… Il y a du danger, une attitude, et si tu lisses trop le son, ce que j’ai vécu dans ma carrière, tu peux  te dire que la démo sonnait mieux. C’est dommage. J’ai aujourd’hui assez d’expérience pour savoir comment éviter cela. N’en fais pas trop en studio, laisses assez de place en studio pour les tripes… On n’a répété juste avant d’entrer en studio, à la dernière minute ou presque. Il y a beaucoup de spontanéité dans de nombreuses chansons, jouées sans filet. On n’a pas vraiment réfléchi, pour certains titres, à comment les terminer, on a joué et… Il s’est passé ce qu’il s’est passé, tout simplement ! The fire  ou If you can’t handle the heat se sont terminées en sessions jams dans le studio, comme dans les 70’s. J’en suis très fier ! J’ai dû les écouter 1000 fois, et elles me font toujours le même effet. Une chanson doit tenir d’elle-même, ensuite, en studio, c’est du bonus…

metal-eyes: Si la structure est solide, tu peux faire ce que tu veux autour…

Adrian Vandenberg: Exactement, tu peux en faire une chanson country ou pop, si tu veux ! Un bon refrain est très important… Je suis un grand fan des Beatles et… Les gens vont me tuer pour ça, mais je respecte aussi beaucoup Abba : ces gars faisaient de la pop mais avec tout ce qu’il faut. Tu peux en tirer une chanson de hard rock si tu veux ! Love runs out, sur notre album, et personne ne s’en est rendu compte, est une reprise d’une chanson de One Republic. On en a fait une chanson de Moonkings. La raison pour laquelle nous l’avons reprise est parce qu’une émission de télé hollandaise nous a demandé de jouer live. L’idée est de jouer un de tes titres et une reprise, à ta manière. C’était difficile parce qu’ill y a beaucoup de rap… Et j’ai entendu cette chanson de One Republic et j’ai réalisé que c’était presque une structure blues, et il n’a pas été trop complexe d’accélérer le tempo. On voulait que ce soit un titre bonus pour le Japon, qui veut toujours un peu plus… Mais quand Mascot l’a entendue, ils l’a voulaient sur l’album. Je leur ai dit que c’était à eux de se débrouiller avec les Japonais, je ne veux rien avoir à faire avec àa. Et je trouve qu’elle a toute se place sur l’album.

metal-eyes: Selon moi, Jan a, par instants, de plus en plus d’intonations à la David Coverdale. Vous en êtes vous rendu compte ?

Adrian Vandenberg: Pas forcément plus sur cet album que sur le précédentn d’ailleurs. Il a certains héros, et David en fait partie. Jan a 40 ans, et lorsqu’il était ado, il avait ses idoles : Robert Plant, Roy Rogers, Coverdale, Chris Cornell, Ray Gillan de Badlands, et aussi Rod Stewart, celui des débuts…

metal-eyes: Que des voix puissantes…

Adrian Vandenberg: Oh, oui, très puissantes, et il a ce type de voix. Chacun a un certain timbre, et ça ne change pas. Le sien peut évoquer David Coverdale, et même s’il chantait une chanson des Beatles, on entendrait ce timbre. C’est ainsi. Ce dont je suis ravi, c’est que, pour cet album, Jan a gagné en assurance. Il chante ces chansons avec plus d’assurance que sur le premier album. Il n’a pas chanté pendant deux ans. Sur le premier album, je l’ai beaucoup coaché pour qu’il se libère, et là, il est arrivé avec plus de certitudes. Une autre différence : sur le premier album, le chant a été enregistré avec un micro à 30.000 euros. Vintage… Il se tenait devant, et je me suis rendu compte que Jan… En tant que chanteur, tu ne dois pas te sentir vraiment à l’aise avec ça, pas en tant que chanteur de rock. Là, on a utilisé un micro bien moins cher, le genre qu’on utilise en radio. Il peut supprimer un maximum de sons d’arrière plan. Lors d’une émission de radio, tu écoutes l’animateur, tu n’as pas envie d’entendre les tasses de café dans le fond. Jan le tenait comme s’il chantait live, tu vois la position du chanteur de rock sur scène ? Je savais qu’il se sentait bien plus à l’aise. La différence entre ce micro et un micro à 30.000 euros s’entend dans son chant.

metal-eyes: Ca a donc changé son comportement lors de l’enregistrement.

Adrian Vandenberg: Absolument, c’est exactement ça.

metal-eyes: Comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre ces deux albums ? AU début, vous ne vous connaissiez pas beaucoup, depuis vous avez tourné, 4 années se sont écoulées…

Adrian Vandenberg: Je me suis rendu compte après les quelques premiers concerts, nous partagions tous le même bus et chaque soir je sentais que nous nous rapprochions, que nous pouvions compter les uns sur les autres. Par exemple, notre premier gros festival en Hollande se tenait devant 50.000 personnes. Les gars n’avaient jamais joué devant plsu de 100 personnes (rires). Et là, ils se retrouvent face à plusieurs milliers de spectateurs, sur une scène de 80 mètres de large, et je ne savais pas à quoi m’attendre. Mais ils ont agi comme s’ils avaient fait ça toute leur vie. Et soudain, ma guitare est tombée en panne, 4 fois. Il y avait un problème technique ou je ne sais quoi, et face à ce type de problème, un tiers du son qui disparait… Ils ont agit de la seule manière possible : en jouant les mêmes mesures, en occupant la scène, et le public s’est rendu compte que je ne pouvais rien faire. Ils ont vraiment assuré ce jour là. Aussi, je me demandais comment Jan allait s’en sortir vocalement live, car en studio il peut monter ou descendre, et il s’en est parfaitement sorti aussi. Maintenant, on est devenu si proches que quand il y a un problème, ce qui arrive naturellement de temps à autres, tu sais que les autres vont rattraper le coup. Et aussi, on a le même type d’humour, alors quand on va donner un concert, on passe toujours de bons moments. Tout le monde est détendu, il n’y a pas de drogues, ni d’alcool, ce qui est vraiment chouette et bien. Il n’y a pas de mauvaises surprises.

metal-eyes: J’ai vu la video de Tightrope, tournée en festival. Vous avez déjà interprété ce titre en festival ?

Adrian Vandenberg: Oui, nous l’avons jouée lors des 3 derniers festivals qu’on a donnés. Le public aime avoir un avant gout de ce qui arrive. Nous ne l’avions répétée qu’une ou deux fois avant, mais c’était un festival de taille moyenne, et ça nous a donné des repères.

metal-eyes: Justement, vous prévoyez de tourner en fin d’année puis au début du printemps, y at-il des festivals européens prévus ?

Adrian Vandenberg: J’espère, j’espère vraiment que nous pourrons jouer dans les festivals en Europe et en France, il y en a un bon paquet maintenant. C’est super de jouer dans des clubs, mais les festivals permettent de toucher un vaste public.

metal-eyes: Si tu devais ne retenir qu’une chanson de MKII pour définir ce qu’est Vandenberg’s Moonkings aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Adrian Vandenberg: Sans hésiter The fire car elle démarre tranquillement, Jan chante avec une certaine mélancolie, et elle monte en puissance avec de gros riffs… Et à la fin, tu peux nous entends jammer, je n’en fais pas beaucoup à la guitare, je n’ai plus rien à prouver aujourd’hui. Je pense que c’est une bonne introduction au groupe. Elle montre le type de chansons que nous jouons, nos racines blues rock…

metal-eyes: Quelle pourait être la devise du groupe aujourd’hui ?

Adrian Vandenberg: La devise ? Probablement… « Jouez avec tout votre cœur, sans aucune limite. »

metal-eyes: Une dernière chose : selon toi, quelle a été la meilleur question, la plus surprenante, étonnante qu’on t’a posée aujourd’hui ?

Adrian Vandenberg: Aujourd’hui ? Mmmh… Voyons… Tu peux dire que c’est une question difficile… J’ai du mal avec ça, avec le temps, j’ai entendu tellement de questions que plus rien ne me surprend vraiment ! Olivier (Garnier) m’en a posée une bonne hier : Nous étions avec Joe Bonamassa qui se plaignait que tout le monde lui pose les mêmes questions. Et il a eu une interview juste après et le journaliste lui a demandé s’il aime Britney Spears ! Ça l’a surpris, et il a demandé dans quel sens… «  Musicalement mais aussi physiquement » Il n’a pas su quoi répondre… Et le journaliste a continué en lui demandant s’il aimait es filles, il l’a emmené complètement ailleurs ! Je ne sais pas vraiment en fait. Tu l’as remarqué, quand quelqu’un me pose une question, je l’utilise comme un cadre pour parler de l’album, du groupe et parfois, une réponse peut, dans mon cas, nous entrainer complètement ailleurs ! (rires) En fait, c’est une de tes remarques : tu es le premier à dire que la voix de Jan s’approche plus aujourd’hui de celle de David Coverdale. Je trouve qu’il s’en est éloigné par rapport au premier album, et cela montre que chacun peut entendre des choses différentes. C’est ce qui est super avec la musique. Ma sœur est une pianiste classique – j’aime beaucoup le classique, aussi – et je lui explique depuis qu’elle a commencé à jouer à l’age de 6 ans, que j’ai toujours aimé le Moonshine de Sinatra. Je la vois comme une chanson pop de l’époque : elle n’est pas compliquée mais elle a ce feeling incroyable. Ma sœur me dit qu’il y a tant d’autres morceaux plus structurés parmi ses chansons. Oui, mais je lui explique que cette chanson me touche par sa simplicité. Il y a un dicton en Hollande qui dit que dans la simplicité, le maitre se révèle. C’est pareil avec la cuisine : c’est un art, comme la peinture, la musique… J’ai un ami qui est chef, et parfois, quand on se voit, je lui apporte une bouteille de bordeaux et lui dit « prépare un repas qui aille avec ça ! » Prépare quelque chose que tu voudrais manger, en France, dans un restaurant au milieu de nulle-part. Et il trouve toujours quelque chose d’assez simple, un peu de viande, du poisson et trouve la perfection avec beaucoup de poisson…

metal-eyes: Tu parles de peinture : tu continues de peindre, j’imagine ?

Adrian Vandenberg: Je n’ai plus vraiment le temps. J’ai un peu peint digitalement, mais pas de toile… Faire quelque chose d’un peu différent, même si je ne suis pas fondu d’informatique. L’an dernier je n’ai réalisé que deux peintures  par manque de temps. Mais je vais me rattraper.

VANDENBERG’S MOONKINGS: MK II

Hard rock, pays bas (Mascot, 2017)

Démarrant sur des intonations AC/DCesques, Thightrope, qui ouvre ce MKII, second disque du Moonkings d’Adrian Vandenberg, donne le ton. Pas de surprises ici, on est en plein hard rock puissant, bluesy et empli de feeling. On n’en attend pas moins de celui qui, après quelques fulgurances sous son nom propre au début des années 80, s’est distingué au sein du Whitesnake de David Coverdale. On a d’ailleurs parfois l’impression de l’entendre chanter, mais, non, c’est bien Jan Hoving qui officie tout au long de ce disque. 12 chansons taillées dans le rock, efficaces en diable. Les références culturelles sont nombreuses. Si AC/DC est évoqué à plusieurs reprises, on trouve également des traces du susmentionné serpent blanc, ainsi que quelques clins d’œil à Jimi Hendrix (All or nothing) parmi d’autres incontournables. Mais point trop, Vandenberg ayant depuis longtemps trouvé sa voie propre. Le groupe qui l’entoure (outre le chanteur Jan, Sem Christoffel s’occupe de la basse et Martin Jenes de la batterie) est resté stable depuis la création de Moonkings en 2013. Cette stabilité se ressent dans les compositions, hautes en couleurs, même si la ballade What doesn’t kill you est quelque peu prévisible. Ce titre mis à part (et encore…), on a de quoi s’émerveiller tout au long de ces 12 morceaux traditionnels et entraînants. J’adore! On pourra dire que 4 ans, c’est long, cependant, vous aurez bientôt en quasi exclu webzinesque (la plupart étaient consacrée aux magazines de guitare…) l’interview de Monsieur Adrian Vandenberg qui revient sur cette si longue absence due à la contraction de la maladie de Lyme. Il va bien, et est prêt à reprendre la route. On l’attend impatiemment !