P.O.D: Circles

USA,  (Mascot records, 2018)

Je ne suis pas spécialiste de POD. Alors quand je glisse ce Circles dans mon mange-disque et que retentissent les premiers sons de Rockin’ with the best, je me demande où je vais: le mélange rap metal ne me séduit guère. Mais la suite, Always southern California, est plus nuancé, chantant et flirte même avec une sorte de heavy pop séduisante sans être racoleuse. Puis POD renoue avec une sorte de rap/RnB et, bon… ça ne me parle décidément pas. Alors, oui, il y a cette version un peu trashy de On the radio qui secoue bien, et les gars se disent dotés d’un Metal heart sur Panic attack. One chanson qui n’a toutefois rien de commun avec le coeur de metal de vous savez qui… Bien sûr, il y a tout au long de ce Circles de la recherche, du travail et un vrai sens de la composition, cependant, je n’accroche pas du tout. Ce dixième album des Californiens n’est pas mon genre. En revanche, il est incontestable que les amateurs du genre vont trouver là de quoi se satisfaire, car la prod est soignée, les compositions, quels que soient mes goûts, efficaces et rentre dedans. Pas mon genre, mais bien foutu quand même…

VANDENBERG’S MOONKINGS: Rugged and unplugged

Acoustique, Hollande (Mascot, 2018) – sortie le 2 novembre 2018 (Europe)

Adrian Vandenberg n’a sans doute plus rien à prouver à qui que ce soit. Une carrière clairsemée mais exemplaire a confirmé son énorme talent musical, tant à la composition qu’à la guitare. Revenant depuis quelques années avec son groupe, Vandenberg’s Moonkings, déjà auteur de deux joyaux du hard rock de haut vol, il se permet, en guise de troisième album – le plus risqué, historiquement, car celui du grand virage (dans les deux sens du terme) – de nous offrir ce Rugged and unplugged, compilation de reprises de ses créations en version acoustiques. Les 8 titres proposés couvrent une belle partie de sa carrière de la plus sobre et simple des manières. Du plus ancien Burning heart (figurant sur son album bleu de 1982) à What doesn’t kill you ou Walk away, deux extraits de MKII, en passant par Sailing ships, reprise de Whitesnake qui figurait déjà sur le premier album de Moonkings, dans une version superbe et épurée – sans doute le plus poignant des titres de ce disque avec le sus mentionné Burning heart – la sobriété est de mise, partout. Malgré un léger passage à vide sur One step behind, et un certain manque de puissance vocale par instants, le reste s’écoute avec douceur. Une simple guitare accompagnée d’une voix puissante, avec parfois une incursion de rythmique discrète, ce disque est d’une émouvante, bienveillante  et apaisante réussite. Non, il n’a rien à prouver ce gigantesque guitariste…

MONSTER TRUCK: True rocker

Hard Rock, Canada (Mascot records, 2018) – Sortie le 14 septembre 2018

Sittin’ heavy, le précédent album des Canadiens de Monster Truck paru en 2016, avait démontré que le hard rock vintage a encore de beaux jours devant lui. Une tournée plus tard – dont un passage remarqué à la Maroquinerie de Paris – et voilà que le quatuor remet le couvert et nous offre True rockers, un cocktail musical rock’n’rollesque de 11 chansons. Cocktail parce que Monster Truck ne se contente pas de ne jouer que du rock à 3 accords irrésistibles mais varie ses plaisirs (True rocker, Thunderstruck, Being cool is over…). Bien sûr, le morceau titre, puissant, direct et simple met les pendules à l’heure et surprend avec ce speech digne d’un télé évangéliste qui semble éructé par un clone de Dee Snider. Ben, non, par Dee Snider himself qui semble ainsi adouber Monster Truck. La suite évoque des univers sonores aussi variés que le rock sudiste, un peu de psyché 70’s, du heavy actuel digne de remplir des stades  (Evolution), le blues (Devil don’t care) et fait même quelques clins d’oeil au punk US des 90’s de The Offspring (Young city hearts). La ballade Undone apporte un peu de calme au milieu de cette tempête qu’on s’empresse pourtant d’accueillir les oreilles grande ouvertes. L’énergie et la mélodie sont ici toujours mises au service de l’efficacité d’un rock direct et pas forcément aussi simple qu’il le laisse paraître. C’est donc avec impatience et plaisir qu’on retrouvera Monster Truck en première partie de Black Stone Cherry à l’Elysée Montmartre le 3 décembre prochain qui nous présentera, en live, un de mes albums de cette rentrée.

VOLA: Applause of a distant crowd

Danemark, Prog (Mascot, 2018) – sortie le 12 octobre 2018

Il y a bientôt deux ans, Vola surprenait son petit monde avec la sortie de Inmazes, une réussite qui devait permettre aux Danois de se faire remarquer dans le select univers du rock progressif. Depuis, le groupe est resté assez discret – je ne crois pas que nous l’ayons vu en France – et c’est donc avec plaisir que je découvre ce Applause of a distant crowd, nouvelle galette pleine de jolies pépites. L’approche musicale n’a pas changé: on retrouve ce rock planant, cette voix claire, et ces mélodies aériennes à la fois sobres et d’une technicité de prime abord aisée. Car c’est la grande force de Vola, ne pas offrir un prog trop réfléchi qui ne s’adresse qu’à une élite. Non, les gars veulent séduire le plus grand nombre, et dès We are thin air (marrant de débuter avec ce titre alors que la pochette nous montre une nageuse sous l’eau…) il est clair que ça fonctionne. Ghosts, Alien shivers, Whaler font tout autant mouche grâce à des mélodies envoûtantes. Vertigo, plus « sombre » ou le morceau titre entraînent l’auditeur dans des contrées tout aussi attirantes. Maintenant, il est nécessaire de défendre cet album sur scène devant le plus large public possible si Vola souhaite franchir un nouveau cap.

Michael ROMEO: War of the worlds PT.1

Metal symphonique, USA (Mascot, 2018)

Le guitariste de Symphony X, quand il n’enregistre ou ne tourne pas avec son groupe – absent depuis quelques temps déjà – se fait des petits plaisirs. Généreusement, il les partage avec nous, et c’est fort bien ainsi! Car ce War of the worlds – pt.1 est une opetite merveille de mélodie et d’efficacité. Bien sûr, on retrouve les clichés cher au metal symphonique, et Michael Romeo ne se renie en rien. Au contraire, il explore des univers très cinématographiques au travers de ces 10 morceaux, rendant un hommage à peine voilé aux géants de l’illustration sonore du cinéma tels John Williams. Rien de surprenant ici, le titre de l’album étant piqué à La guerre des mondes, roman de SF de HG Wells, qui est un terrain parfaitement adapté aux délires musicaux de Romeo. Fear the unknown, F*cking robots, War machine, Oblivion, s’ils évoquent aussi la dextérité d’un Malmsteen ou rappelle le… Symphony X du début du siècle, se révèlent d’une puissance et d’un envoûtement imparables. Jamais trop brutal malgré la rapidité d’exécution, ce disque est la perle de ce début d’été. Reste que ce disque s’intitule « pt. 1 », et cela laisse sous entendre une suite prochaine. Pourvu que ce soit plus rapidement!

BLACK STONE CHERRY: Family tree

Hard rock, USA (Mascot, 2018) – sorti le 1er avril 2018

Cet album est une petite merveille de southern hard rock. Si Black Stone Cherry a brutalement disparu des écrans radar à l’aube de sa dernière tournée européenne pour soutenir Kentucky (en 2016), les frangins ont su surmonter leurs difficultés personnelles et se rappeler, l’an dernier, à notre bon souvenir avec un EP de reprises de blues. Histoire de dire « coucou, on est toujours là! » Rassurant, certes, et l’espoir de voir un nouvel album resurgi. Family tree est le résultat de ce repos – qui ne le fut pas tant que ça (cf. l’interview) – est aujourd’hui entre nos oreilles. Dès les premières mesures de Bad habit, on sait que BSC est en forme. Du heavy rock teinté de blues tel que les 4 savent si bien le faire. Instantanément, je tape du pied attendant la suite. Burnin’, véritable hit en puissance, sonne comme du ZZ Top période Eliminator. Voyez le topo? ça swingue, ça balance et ça groove comme jamais! Et ça continue avec le festif New kinda feeling et ce superbe mid tempo, véritable déclaration d’amour, qu’est My last breath. On remarque aussi, bien sûr, la chaleur vocale du guest Warrel Haynes sur  Dancin’ in the rain, le clin d’oeil groovy et funky au possible James Brown, hommage à qui vous savez (non, pas Lemmy, rooh…)… Bref, jusqu’au morceau titre qui vient clore ce nouvel album, cette nouvelle réussite, Black Stone Cherry nous embarque comme il sait si bien le faire dans un voyage rock n roll sans prétention et surtout bigrement bien fait. Imparable, tout simplement.

AYREON: Universe

Metal Prrgressif, Hollande (Mascot, 2018)

« Ayreon n’est pas un projet pour la scène, je n’ai jamais joué live avec Ayreon. Mais, pour la première fois, nous avons décidé de donner quelques concerts avec Ayreon, en septembre 2017″ m’informait Arjen Lucassen le 22 février 2017 en interview. Ce Universe – Best of Ayreon live – est donc le résultat attendu d’un projet scénique rarissime. Personne ne s’étonnera donc que les 3 shows néerlandais affichent complets rapidement. La salle O13 a une capacité de 3000 places, et se révèle de la taille qu’il faut pour le projet, même si Lucassen aurait pu, fort probablement, attirer 5000 spectateurs. Cependant, le maître du contrôle réussit un exploit à plus d’un titre: d’abord, réunir le casting le plus complet possible des chanteurs ayant, à un moment ou un autre, collaboré au projet Ayreon. Bien sûr, tous ne sont pas là, mais quel casting! Et quelle mise en scène! Tout est prévu, planifié, tant visuellement que d’un point de vue sonore. Les écrans sont un véritable complément à chaque chanson, l’ensemble de la prestation est agrémentée d’effets, pyrotechniques ou fumigènes, variés et le temps passe à une allure folle. On s’étonne cependant de l’absence plus que remarquable du maître de cérémonie. Arjen Lucassen n’intervient que très tardivement, sur les deux derniers morceaux (sur les 28 de ce concert fleuve de presque 2h30). Timidité? Ce serait surprenant au regard de sa présence scénique, où il semble dans son élément. Mettre en avant les autres musiciens et artistes? Certes, mais ce Ayreon reste l’oeuvre de sa vie, alors? Il n’empêche, ce Universe retrace un exceptionnel moment de l’histoire de ce groupe à part. Moment complété d’un DVD bonus qui s’attache à évoquer dans le détail la genèse de ces 3 concerts, la logistique, l’organisation et les répétitions. Les témoignages des chanteurs – unanimes pour proclamer avoir dit « oui » sans réfléchir – sont nombreux. Un vrai document, riche d’information et de scènes « envers du décors ».  Universe – Best of Ayreon live est un must qui se décline également en version audio double CD. Nul doute que ce moment rare marque un tournant dans l’histoire de Lucassen et, a fortiori, entre dans l’Histoire d’Ayreon.

DE WOLFF: Thrust

Hollande, Hard rock (Mascot, 2018)

Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, dit-on. Mais aussi, c’est dans les vielles marmites qu’on fait les meilleurs plats » ou « ce n’est pas un vieux bluesman qui va apprendre le blues ». Sauf que… DeWolff n’a rien de commun avec ces adages puisque le trio ne s’est formé qu’en 2007. En à peine une décennie, le groupe néerlandais nous offre déjà son cinquième album. Et franchement, il semble que les gaillards n’aient plus grand chose à apprendre. Leur rock est empli de ce blues teinté de psyché qui se pratiquait outre Atlantique au cours des 70’s. ça sent la voix forgée à la clope, le timbre rocailleux collant parfaitement à cet esprit léger et embrumé qu’on retrouve tout au long de Thrust. Si California burning a cet aspect immédiat, on se laisse tout autant emporter par les Big talk, Double crossing man et autres Freeway light. Light, lumière…. Oui, cet album nous propose un blues lumineux et enjoué. A quand la scène, la vraie?

10 YEARS: (how to live) as ghosts

Rock, USA (Mascot, 2017)

Les amateurs du groupe le savent depuis longtemps: 10 Years propose ce style de rock passe partout qui fait aisément mouche. Souvent affiliés à la scène post grunge, 10 Years s’en distingue pourtant grâce à des mélodies qui puisent autant dans le rock que dans la new wave. (How to live) as ghosts évoque souvent l’univers si particulier de Tears For Fears, en version légèrement plus énervée. Au regard du titre de l’album, il n’est guère surprenant de constater que les chansons traitent, à différents niveaux, d’autres formes de vie – ou de non vie: l’au-delà, la mort, les vampires, le tout sur des mélodies joyeuses et entrainantes. Parfaitement produit, ce disque nous éloigne du blues auquel nous a habitués ces derniers temps le label Mascot. Profondément rock, tout en restant cependant pop, cet album chantant, lumineux, aérien et pesant à la fois, s’avère rapidement très efficace, voire contagieux.

GALACTIC COWBOYS: Long way to the moon

Heavy metal, USA (Mascot, 2017)

Ils reviennent de loin, ceux-là, dis donc! 17 ans après avoir disparus des écrans radar, après une carrière prometteuse musicalement mais trop tôt avortée, les Américains de Galactic Cowboys réapparaissent comme par magie. Et, hasard ou volonté, c’est le 17 novembre 2017 qu’ils ont décidé de lâcher leur nouveau bébé. Ça en fait des 17, non? Serait-ce leur triple 6 à eux? Si AC/DC chantait « it’s a long way to the top », Galactic Cowboys vise la lune. Pourquoi pas après tout? Sauf que, aussi sympathique que puissent être les 13 morceaux de ce Long way to the moon, une étrange sensation s’impose rapidement: le quatuor est resté scotché au son des années 90. Et, forcément, ce n’est plus d’actualité, malgré la bonne volonté affichée des compositions. L’ensemble fait daté et prête quelque peu à sourire. Bien sûr, nos cowboys ne cherchent pas à réinventer la machine à courber les bananes et se fait avant tout simplement, et principalement, plaisir. Tant mieux, surtout si cela nous permet de les retrouver live. Amusez-vous, c’est fun, sans prétention, même si c’est daté.