BLACK STONE CHERRY: Family tree

Hard rock, USA (Mascot, 2018) – sorti le 1er avril 2018

Cet album est une petite merveille de southern hard rock. Si Black Stone Cherry a brutalement disparu des écrans radar à l’aube de sa dernière tournée européenne pour soutenir Kentucky (en 2016), les frangins ont su surmonter leurs difficultés personnelles et se rappeler, l’an dernier, à notre bon souvenir avec un EP de reprises de blues. Histoire de dire « coucou, on est toujours là! » Rassurant, certes, et l’espoir de voir un nouvel album resurgi. Family tree est le résultat de ce repos – qui ne le fut pas tant que ça (cf. l’interview) – est aujourd’hui entre nos oreilles. Dès les premières mesures de Bad habit, on sait que BSC est en forme. Du heavy rock teinté de blues tel que les 4 savent si bien le faire. Instantanément, je tape du pied attendant la suite. Burnin’, véritable hit en puissance, sonne comme du ZZ Top période Eliminator. Voyez le topo? ça swingue, ça balance et ça groove comme jamais! Et ça continue avec le festif New kinda feeling et ce superbe mid tempo, véritable déclaration d’amour, qu’est My last breath. On remarque aussi, bien sûr, la chaleur vocale du guest Warrel Haynes sur  Dancin’ in the rain, le clin d’oeil groovy et funky au possible James Brown, hommage à qui vous savez (non, pas Lemmy, rooh…)… Bref, jusqu’au morceau titre qui vient clore ce nouvel album, cette nouvelle réussite, Black Stone Cherry nous embarque comme il sait si bien le faire dans un voyage rock n roll sans prétention et surtout bigrement bien fait. Imparable, tout simplement.

AYREON: Universe

Metal Prrgressif, Hollande (Mascot, 2018)

« Ayreon n’est pas un projet pour la scène, je n’ai jamais joué live avec Ayreon. Mais, pour la première fois, nous avons décidé de donner quelques concerts avec Ayreon, en septembre 2017″ m’informait Arjen Lucassen le 22 février 2017 en interview. Ce Universe – Best of Ayreon live – est donc le résultat attendu d’un projet scénique rarissime. Personne ne s’étonnera donc que les 3 shows néerlandais affichent complets rapidement. La salle O13 a une capacité de 3000 places, et se révèle de la taille qu’il faut pour le projet, même si Lucassen aurait pu, fort probablement, attirer 5000 spectateurs. Cependant, le maître du contrôle réussit un exploit à plus d’un titre: d’abord, réunir le casting le plus complet possible des chanteurs ayant, à un moment ou un autre, collaboré au projet Ayreon. Bien sûr, tous ne sont pas là, mais quel casting! Et quelle mise en scène! Tout est prévu, planifié, tant visuellement que d’un point de vue sonore. Les écrans sont un véritable complément à chaque chanson, l’ensemble de la prestation est agrémentée d’effets, pyrotechniques ou fumigènes, variés et le temps passe à une allure folle. On s’étonne cependant de l’absence plus que remarquable du maître de cérémonie. Arjen Lucassen n’intervient que très tardivement, sur les deux derniers morceaux (sur les 28 de ce concert fleuve de presque 2h30). Timidité? Ce serait surprenant au regard de sa présence scénique, où il semble dans son élément. Mettre en avant les autres musiciens et artistes? Certes, mais ce Ayreon reste l’oeuvre de sa vie, alors? Il n’empêche, ce Universe retrace un exceptionnel moment de l’histoire de ce groupe à part. Moment complété d’un DVD bonus qui s’attache à évoquer dans le détail la genèse de ces 3 concerts, la logistique, l’organisation et les répétitions. Les témoignages des chanteurs – unanimes pour proclamer avoir dit « oui » sans réfléchir – sont nombreux. Un vrai document, riche d’information et de scènes « envers du décors ».  Universe – Best of Ayreon live est un must qui se décline également en version audio double CD. Nul doute que ce moment rare marque un tournant dans l’histoire de Lucassen et, a fortiori, entre dans l’Histoire d’Ayreon.

DE WOLFF: Thrust

Hollande, Hard rock (Mascot, 2018)

Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, dit-on. Mais aussi, c’est dans les vielles marmites qu’on fait les meilleurs plats » ou « ce n’est pas un vieux bluesman qui va apprendre le blues ». Sauf que… DeWolff n’a rien de commun avec ces adages puisque le trio ne s’est formé qu’en 2007. En à peine une décennie, le groupe néerlandais nous offre déjà son cinquième album. Et franchement, il semble que les gaillards n’aient plus grand chose à apprendre. Leur rock est empli de ce blues teinté de psyché qui se pratiquait outre Atlantique au cours des 70’s. ça sent la voix forgée à la clope, le timbre rocailleux collant parfaitement à cet esprit léger et embrumé qu’on retrouve tout au long de Thrust. Si California burning a cet aspect immédiat, on se laisse tout autant emporter par les Big talk, Double crossing man et autres Freeway light. Light, lumière…. Oui, cet album nous propose un blues lumineux et enjoué. A quand la scène, la vraie?

10 YEARS: (how to live) as ghosts

Rock, USA (Mascot, 2017)

Les amateurs du groupe le savent depuis longtemps: 10 Years propose ce style de rock passe partout qui fait aisément mouche. Souvent affiliés à la scène post grunge, 10 Years s’en distingue pourtant grâce à des mélodies qui puisent autant dans le rock que dans la new wave. (How to live) as ghosts évoque souvent l’univers si particulier de Tears For Fears, en version légèrement plus énervée. Au regard du titre de l’album, il n’est guère surprenant de constater que les chansons traitent, à différents niveaux, d’autres formes de vie – ou de non vie: l’au-delà, la mort, les vampires, le tout sur des mélodies joyeuses et entrainantes. Parfaitement produit, ce disque nous éloigne du blues auquel nous a habitués ces derniers temps le label Mascot. Profondément rock, tout en restant cependant pop, cet album chantant, lumineux, aérien et pesant à la fois, s’avère rapidement très efficace, voire contagieux.

GALACTIC COWBOYS: Long way to the moon

Heavy metal, USA (Mascot, 2017)

Ils reviennent de loin, ceux-là, dis donc! 17 ans après avoir disparus des écrans radar, après une carrière prometteuse musicalement mais trop tôt avortée, les Américains de Galactic Cowboys réapparaissent comme par magie. Et, hasard ou volonté, c’est le 17 novembre 2017 qu’ils ont décidé de lâcher leur nouveau bébé. Ça en fait des 17, non? Serait-ce leur triple 6 à eux? Si AC/DC chantait « it’s a long way to the top », Galactic Cowboys vise la lune. Pourquoi pas après tout? Sauf que, aussi sympathique que puissent être les 13 morceaux de ce Long way to the moon, une étrange sensation s’impose rapidement: le quatuor est resté scotché au son des années 90. Et, forcément, ce n’est plus d’actualité, malgré la bonne volonté affichée des compositions. L’ensemble fait daté et prête quelque peu à sourire. Bien sûr, nos cowboys ne cherchent pas à réinventer la machine à courber les bananes et se fait avant tout simplement, et principalement, plaisir. Tant mieux, surtout si cela nous permet de les retrouver live. Amusez-vous, c’est fun, sans prétention, même si c’est daté.

VON HERTZEN BROTHERS: War is over

AOR / Progressif, Finlande (Mascot, 2017)

Ils sont trois: Mikko, Jonne et Kie. Trois frères qui partagent la même passion pour le hard, ou plutot le rock progressif version Journey et l’AOR dans tous ses états. De la mélodie, beaucoup, des guitares aériennes, un chant pop et des refrains facilement mémorisables constituent la base de ce War is over (quelle bonne nouvelle! Ou quel optimisme…), nouvel et 7ème album des Finlandais de Von Hertzen Brothers. Loin d’être des novices les gars, et fiers d’avoir pondu rien moin que 3 albums qui se sont classés N°1 à domicile (et, accessoirement, un en N°2…) entre 2008 et 2015. Et le groupe reste pourtant méconnu chez nous. Oui, je découvre Von Hertzen Brothers et le morceau éponyme, long, est d’une festive luminosité. Le groupe alterne ensuite entre moments plus rock ou pop, toujours entraînants et joviaux. Les guitares parfois très saturées sont une façade cachant d’imparables mélodies, parfois un peu trop prévisibles. C’est sans doute la faiblesse de cet album par ailleurs enjoué, vivant et très bien produit. Même s’il est parfois – souvent – clairement destiné à la diffusion radio, War is over a tout pour se distinguer sur la scène prog/AOR où il a su se construire une personnalité à part.

VANDENBERG’S MOONKINGS: MK II

Hard rock, pays bas (Mascot, 2017)

Démarrant sur des intonations AC/DCesques, Thightrope, qui ouvre ce MKII, second disque du Moonkings d’Adrian Vandenberg, donne le ton. Pas de surprises ici, on est en plein hard rock puissant, bluesy et empli de feeling. On n’en attend pas moins de celui qui, après quelques fulgurances sous son nom propre au début des années 80, s’est distingué au sein du Whitesnake de David Coverdale. On a d’ailleurs parfois l’impression de l’entendre chanter, mais, non, c’est bien Jan Hoving qui officie tout au long de ce disque. 12 chansons taillées dans le rock, efficaces en diable. Les références culturelles sont nombreuses. Si AC/DC est évoqué à plusieurs reprises, on trouve également des traces du susmentionné serpent blanc, ainsi que quelques clins d’œil à Jimi Hendrix (All or nothing) parmi d’autres incontournables. Mais point trop, Vandenberg ayant depuis longtemps trouvé sa voie propre. Le groupe qui l’entoure (outre le chanteur Jan, Sem Christoffel s’occupe de la basse et Martin Jenes de la batterie) est resté stable depuis la création de Moonkings en 2013. Cette stabilité se ressent dans les compositions, hautes en couleurs, même si la ballade What doesn’t kill you est quelque peu prévisible. Ce titre mis à part (et encore…), on a de quoi s’émerveiller tout au long de ces 12 morceaux traditionnels et entraînants. J’adore! On pourra dire que 4 ans, c’est long, cependant, vous aurez bientôt en quasi exclu webzinesque (la plupart étaient consacrée aux magazines de guitare…) l’interview de Monsieur Adrian Vandenberg qui revient sur cette si longue absence due à la contraction de la maladie de Lyme. Il va bien, et est prêt à reprendre la route. On l’attend impatiemment !

BLACK STONE CHERRY: Black to blues

Hard rock, USA (Mascot records, 2017)

Après avoir mystérieusement disparu des écrans radar (souvenez-vous l’annulation soudaine d’une partie de la tournée Kentucky, dont la date parisienne…) on a enfin des nouvelles des amis de Black Stone Cherry qui reviennent avec Black to blues, un Ep. Un simple Ep, composé, qui plus est, de reprises. Moitié Willie Dixon (Built for comfort, Hoochie coochie man et I want to be loved). Pourquoi des reprises? Pourquoi un Ep? Est-ce représentatif d’un état d’esprit du quatuor? Qui sait, mais ce n’est pas le principal. Ces 6 classiques du blues sont ici revisités à la sauce BSC, qui, tout en conservant l’essence même de chacun des chansons, gagnent en puissance, voire, merci la technologie moderne, en clarté. L’empreinte du quatuor est instantanément identifiable, et les chansons s’intègrent de fait parfaitement au répertoire déjà riche des gars du Kentucky. si ce Ep est une mise en bouche, on attend maintenant l’album avec impatience. Et les 4 dates françaises prévues en janvier prochain!

TRIGGERFINGER: Colossus

Rock allumé, Belgique (Mascot, 2017)

Je les avais découverts par surprise avec leur précédent album, By absence of the sun, paru en 2014, et confirmé la folie du trio belge lors de son passage au Hellfest en 2015. Et si d’aucuns attendent ce nouvel album, Colossus, le déjà cinquième du groupe!, la surprise risque, de nouveau, d’être de taille. Pensez-donc, Ruben Paul (chant et guitare), Monsieur Paul (basse) et Mario Gossens (batterie) poussant plus loin le délire sonore dans lequel ils se sont lancés dès leurs débuts en 2003. Même si on n’est plus vraiment étonné par l’univers de Triggerfinger, on à plaisir à s’y replonger. Tout y passe, de la lourdeur hypnotique du morceau titre au rock plus « traditionnel » de Breathlessness, en passant par la ballade Afterglow. La dinguerie musicale est partout présente, de Candy Killer à Bring me back a live wild one (référence à la série Game of thrones, sans doute?). Le coups de génie de Triggerfinger reste cependant cette irréprochable maîtrise musicale. Car au delà de la sensation que les trois ne sont pas en possession totale de leurs moyens – on a l’impression que les compagnons de studios se nomment fumette et picole… – il est évident que le trio sait parfaitement où il va, comment il y va et quel but il veut atteindre. Que l’on soit amateur de rock, de psychédélisme, de chant clair envoûtant, chacun y trouvera son compte. Difficile de tout ingurgiter d’une traite, mais avec le temps, ce disque peut vite devenir une obsession.

SHAMAN’S HARVEST: Red hands black deeds

Metal, USA (Mascot records, 2017)

Ca devient une habitude que de découvrir un groupe qui a déjà quelques albums à son actif… Au cours de l’année passée, ce furent Royal Thunder, Whiskey Meyers ou Flogging Molly, issus de pays et d’univers musicaux différents; Et ça continue… Que peut être le havre du shaman? Un calumet de la paix sans doute vissé à la bouche, les Américains de Shaman’s Harvest – groupe formé en 1996 dans le Missouri – nous proposent aujourd’hui Red hands black deeds, leur 6ème album qui navigue sur plusieurs eaux et nous etraine, de fait, vers différents rivages. Le morceau titre, tribal, cède la place à Broken ones bien plus dur et déterminé. Puis vient The come up qui lorgne plus du côté du rock direct; Nathan Hunt en profite pour démonter l’étendue de son spectre vocal, aussi rugueux que doux et profond (A longer view, ballade mélancolique). Dès lors, on attend la suite avec intérêt, espérant que cette variété continue. Shaman’s Harvest puise, par la suite dans le blues, la soul, le rock, la country… sans lasser un instant. La variété proposée sur cet album allié à la voix si particulière du sus mentionné chanteur (et cette choriste sur Soul crusher et Off the tracks!) permet à Red hands black deeds ne ne jamais lasser l’auditeur; une véritable force pour un album (presque) envoûtant de bout en bout – allez y d’ailleurs, jusqu’au bout, il y a un morceau caché assez fun! Amateur de rock 70’s, vous savez ce qu’il vous reste à faire!