Z: No loose behaviour

Hard rock, Belgique (Autoproduction, 2017)

Allez savoir pourquoi, mais Z se prononce Z-Band… Après, on va se demander pour quelle raison nos voisins belges font l’objet de moqueries… N’empêche, Z vaut le détour: le hard rock proposé par les 4 sur No loose behaviour est plein de ce feeling et de ce groove qui sont la marque des grands. Pas de chichi, la formation ne cherche qu’à faire bouger les popotins et agiter les nuques en cadences. Si l’anglais de Mr Woody au chant n’est pas toujours aisément compréhensible, ses montées dans les aigus et sa puissance font plaisir à entendre. Et là encore, le gaillard n’en fait jamais trop. Hard rock, stoner, empreint de cette efficacité 70’s, ce premier album fait mouche. Le son est gras à souhait, les mélodies entêtantes, et l’esprit est généralement old school sans être nostalgique. Z aime le bon gros rock, ça s’entend et ça décrasse. Les mecs ont la frite. Et celle-là, même si on la leur a fait 1000 fois le coup, je ne peux la laisser passer.

site web: www.z-bandofficial.com 

DRAKKAR: Diabolical empathy

Heavy metal, Belgique (Autoproduction, 2017)

On les a (re)découverts en début d’année, lors de leur explosive prestation au PMFF. Les Belges de Drakkar reviennent aujourd’hui avec Diabolical empathy, un album forgé dans le plus traditionnel metal, celui qui les a vus grandir au cours des années 80 (Drakkar s’est formé en 1983 et a depuis publié, en dépit d’une longue pause, 5 albums avant celui-ci). Puissant, racé, efficace, cet album, introduit par une belle minute tribale, déboule comme une claque. Si l’on peut évoquer l’influence d’Accept, les Belges cherchent cependant ailleurs leur identité. Ainsi, les breaks et rythmes de The wiches dance s’apparentent plus au folk celtique énervé, Plague or cholera flirtant avec le thrash, avant que le groupe ne file vers la heavy ballad Stay with me, en duo avec Julie Colin d’Ethernity. On remarquera également la présence sur plusieurs morceaux de Filip Lemmens, chanteur de FireForce (qu’on a également retrouvé au PMFF…) Et tout est à l’avenant, n’offrant ni répit ni ennui. Je n’ai qu’un regret, c’est l’absence des paroles, car au regard des sources d’inspiration, il y a de la matière (Dante, Michel Ange, Gustave Doré – pas Julien, hein…) L’ensemble est compact, doté d’une production efficace qui fait honneur au chant rageur et puissant, aux guitares acérées et à une rythmique en béton armé. Trois ans après un remarqué Once upon a time… in hell, ce Diabolical empathy a tout pour asseoir Drakkar et confirmer un retour gagnant. Headbang!

TRIGGERFINGER: Colossus

Rock allumé, Belgique (Mascot, 2017)

Je les avais découverts par surprise avec leur précédent album, By absence of the sun, paru en 2014, et confirmé la folie du trio belge lors de son passage au Hellfest en 2015. Et si d’aucuns attendent ce nouvel album, Colossus, le déjà cinquième du groupe!, la surprise risque, de nouveau, d’être de taille. Pensez-donc, Ruben Paul (chant et guitare), Monsieur Paul (basse) et Mario Gossens (batterie) poussant plus loin le délire sonore dans lequel ils se sont lancés dès leurs débuts en 2003. Même si on n’est plus vraiment étonné par l’univers de Triggerfinger, on à plaisir à s’y replonger. Tout y passe, de la lourdeur hypnotique du morceau titre au rock plus « traditionnel » de Breathlessness, en passant par la ballade Afterglow. La dinguerie musicale est partout présente, de Candy Killer à Bring me back a live wild one (référence à la série Game of thrones, sans doute?). Le coups de génie de Triggerfinger reste cependant cette irréprochable maîtrise musicale. Car au delà de la sensation que les trois ne sont pas en possession totale de leurs moyens – on a l’impression que les compagnons de studios se nomment fumette et picole… – il est évident que le trio sait parfaitement où il va, comment il y va et quel but il veut atteindre. Que l’on soit amateur de rock, de psychédélisme, de chant clair envoûtant, chacun y trouvera son compte. Difficile de tout ingurgiter d’une traite, mais avec le temps, ce disque peut vite devenir une obsession.