SPOUT BIG SPACE: Terrestrial love call

Belgique, Rock Punk (M&O music, 2022)

Un peu barrés les gars de Spout Big Space, combo bruxellois ? Grave… Terrestrial love est leur nouvel Ep doté de 6 titres aussi allumés que variés. Fricotant avec les choses de l’espace, le groupe peut aisément être vu comme un ovni musical tant ses compositions sont étonnantes, déjantées décalées. Si Cloclo tape dans un punk énergiques, Spout Big Space sait aussi se faire plus directement rock (All song long, l’irresistible et très chantant Gone gone), doux (Candy queen) ou tout simplement inclassable (U-babe). Bref un groupe pas sérieux pour un rond mais très sérieux dans sa façon de faire et dont e résultat musical interpelle. C’est frais, complètement déjanté, ça déride, et rien que ça, c’est du tout bon. Un groupe à découvrir et à soutenir d’urgence!

CRAZY HAMMER: Roll the dice

France, Heavy metal (M&O music, 2022)

Etonnant parcours que celui de Crazy Hammer. Le groupe a vu le jour en 1987 à Tarbes en 1987, se sépare en 1991 avant de revenir en 2015. Ce n’est pourtant qu’en 2020 qu’il enregistre Résurrection avant de nous proposer aujourd’hui ce Roll the dice explosif. Oh, oui! Loin de renier ses racines, Crazy Hammer propose un heavy metal pur jus, pur 80’s, piochant à loisir dans la grande période du metal teuton et, aussi, européen. Oh, oui, il y en a des influences, Accept et Helloween en tête. Running Wild n’est sans doute pas très loin ni même d’autres européens géants du genre (Maiden, Priest, au hasard…) et reconnaissons que c’est puissant, super bien foutu et carrément entrainant. Si les références sont nombreuses, le groupe ne s’en cache pas, les revendique même, et compose des titres taillés pour la scène (imparable refrain à faire chanter au public que celui de ce We fight qui ferme le ban!) Les guitares speedées rappellent le Helloween période Keeper (Another way, Never show) et l’efficacité brute d’Accept période Metal heart est présente sur Walking over you. All for one (rien à voir avec Raven, et pourtant… ça speede sec) se rapproche sans frémir des premières heures du thrash. Alors Crazy hammer 2022, c’est késakok’sékoi? Le groupe est aujourd’hui composé de Karim Alkama et Matthieu Papon aux guitares, accompagnés du chanteur Didier Delsaux, du bassiste Marc Duffau et du batteur Daniel Pouylau. Oui, 3 anciens Manigance qui ont vécu la très grande époque du groupe – de Signe de vie à Récidive. Trois copains qui se retrouvent, avec l’envie, dans un projet qui pourrait devenir rapidement plus qu’un hobby. Notons ici que le chant anglais de Didier est plus que compréhensible, ouf! Superbement produit, doté d’une illustration remarquable, de 10 titres que tout amateur de metal classique s’empressera de fredonner, Roll the dice est un pari qu’on espère gagnant. Bingo!

TRANK: The ropes – monolith edition

France, rock (M&O, 2021)

Ils osent tout ces gars de Trank! Un album à peine et voici déjà une version de The ropes en « monolith edition » dotée du CD original – je vous en rappelle tout le « mal » que j’ai pu en écrire ici même? – et d’une seconde galette composée de versions alternatives, étonnantes et originales de certains morceaux de l’album. Plutôt que de reprendre l’ensemble des titres de The ropes, Trank a sélectionné des remix variés, travaux de divers ingés son, DJ et tripoteurs de manettes. In troubled times est ainsi revisité deux fois, tout comme Take the money and run ou Bend or brake.  Quel intérêt me demanderez-vous? Eh bien, ceci: Trank propose des versions alternatives plus techno, plus indus aussi sans pour autant renier son propos d’origine. Alors, certes, il faut être amateur de ces styles plus hypnotiques et « dancefloor » pour totalement adhérer à la démarche. Et reconnaissons que c’est un excellent moyen de s’attirer les faveurs d’un public de boites de nuit! Mais pas que, écoutez cette versions très rock/indus/punk – j’y entends même un peu de The Clash – de Take the money and run dans sa version police and thieves, sa basse et son rythme irrésistibles! Ceux qui, comme moi, ont craqué pour The ropes seront forcément interpellés par ces versions alternatives, qui, avouons le, me séduisent assez. Force est de reconnaitre que Trank a une approche originale et joliment décalée de sa musique – et ça fonctionne comme pas deux!

NEEDLE SHARP: Dark lies effects

France, Rock (Ep – M&O music, 2020)

La pochette – une poupée de chiffon destroy, une araignée squelettique qui l’observe – évoque l’univers visuel de Tim Burton, gothique, étrange et sombre. Les premières notes de Feel it, qui introduit Dark lies effects, nouvel Ep de Needle Sharp, avec sa guitare lente et son chant tremblotant, va dans ce même sens. Mais c’est un trompe l’oreille, car les 5 titres de ce disque, paradoxalement, s’ils gardent cet esprit goth sombre, sont souvent joyeux, puisant dans des sonorités orientales et dans un esprit plus lumineux qu’il n’y parait. Les guitares se font trépidantes, le ton enjoué plus qu’à son tour. Needle Sharp parvient ainsi à se distinguer d’une scène souvent répétitive. C’est son originalité et, par conséquent, sa force.

SILENCE OF THE ABYSS: Unease & unfairness

Thrash, France (M&O music, 2020)

Après avoir publié, en 2017, un premier Ep, les Corses de Silence Of The Abyss nous proposent leur premier album, Unease & unfairness. Ce premier essai complet puise aux sources du heavy, carré, puissant et organique. Le son est gras et efficace, le chant est dans un anglais plus que correct. Ok, ça commence bien, d’autant que Amok alterne passages lourds, clames et plus saccadés. Dès ce premier morceau, Silence Of The Abyss met, avec coeur et efficacité beaucoup d’influences. De celles qui ne laissent pas de marbre. Le ton de Nothing at all fait penser à une marche forcée, marche alourdie par les chaines ou autres handicaps. Et c’est un trio qui parvient à ce résultat! Composé du chanteur Jean-Bernard Flores, du guitariste David Santucci et de la batteuse Diane Gianelli, le groupe corse explore le metal sous toutes ses formes, à la fois « traditionnelles » et modernes, visitant autant le heavy metal que le prog ou le thrash. See Arcturus, intermède aux accents plus organiques et orientaux, introduit My fair fury, rapide et enragé. Là aussi, une touche orientale dans le chant nous fait traverser la méditerranée. Matando est un autre intermède, plus hispanisant avant que le groupe ne reparte sur les chapeaux de roues avec The colour of walls, brutal et direct. La guitare cisaille et charcute, la batterie gronde, le break apporte un temps calme bienvenu.  God is dead le bien nommé, est plus heavy, et, malgré le chant parfois enragé, se rapproche d’un doom franc et oppressant. Weak!! relance la machine hypnotique, lourde, rythmée et martiale. Enfin,  Lunar, avec son intro plus légère,  distordue, monte en puissance. Étonnamment, Silence Of The Abyss a choisi cette longue épopée instrumentale, apocalyptique, qui évoque parfois Orion de Metallica. Pour autant, Silence Of The Abysse développe tout au long de Unease & unfairness une vraie personnalité, puissante, mélodique et rugueuse à la fois, et se place dans le peloton des formations prometteuse à suivre. Une belle promesse.

BALLS OUT: Let me in (I know someone inside)

France, Hard rock (M&O music, 2019)

Balls out, groupe parisien, propose avec Let me in (I know someone inside) un album qui puise dans le hard rock brut , franc et direct des années 70. Pas de fioritures, une voix forgée à coup de papier de verre, de clopes, rauque et graveleuse, des guitares saturées aux riffs imparables, une rythmique entraînante. Pas de doute, il y a l’énergie d’un AC/DC et d’un Motörhead, la fougue d’un Ramones, l’impertinence d’un Sex Pistols. On trouve un peu de Black Sabbath aussi, à mi parcours… Thèmes abordés? Pas de surprise de ce côté là: le rock, le fun et la fête. Un album simplement rock et festif qui n’a pas d’autre prétention que celle de passer un bon moment. Balls out? Un groupe qui en a une bonne paire (je pense que personne n’a dû la faire celle-là…)

THE T.A.W.S.: Beyond the path

the taws 2017Hard rock, France (M&O music, 2017)

The T.A.W.S. ? Derrière ce mystérieux acronyme (qui signifie Travel Across  the Windmills State – donc littéralement « Voyage à travers le pays des moulins à vent ») se cache une jeune formation hexagonale de Hard rock grandement influencée par le rock pop énergique contemporain. Tout au long des 11 titres de Beyond the path, le quintette (Elodie Jouault au chant, Rémy Baty et Ben Pubert aux guitares, Pierre-Yves Sabirou à la basse et Alexandre Bonnet à la batterie) nous offre un voyage non pas en Hollande – malgré la référence évidente du patronyme et de l’illustration qui sous entend que le groupe, comme tant d’autres, se bat contre des moulins à vent afin de tenter de survivre – mais bien une échappée aux pays des guitares. Rapides, rageuses, elle ne sont adoucies que par le chant plus popisant d’Elodie, pourtant déterminé et volontaire, parfois limite punk (Welcome to hell). Les riffs et échappées guitaristiques évoquent autant les groupes actuels (Avenged Sevenfold, parmi d’autres) que plus anciens (on pioche dans le thrash de Metallica?) et impose une ambiance à la fois joyeuse et explosive. Certes, The T.A.W.S. ne cherche pas à transmettre un négativisme musical mais simplement sa vision de la joie de vivre. C’est une bonne surprise, entraînante et joviale qui (même si ce n’est pas mon style musical de prédilection, avouons le!) parvient à se démarque de nombre de groupes que l’on peut « découvrir » ici et là qui se disent « différents ». The T.A.W.S.? Un groupe à suivre.

Note: 7,5/10

Sortie: le 31 mars 2017

ALEX CORDO: Origami

AlexCordo-2017Instrumental, France (M&O music, 2016)

Vous connaissez les origamis, cet art, ce jeu, ce passe temps qui consiste à créer des personnages, animaux ou autres objets à base de savants pliages d’une feuille de papier? Pas facile, ça demande de la patience et de l’attention. Pas facile non plus, aujourd’hui, de se lancer dans le rock instrumental pur sans qu’automatiquement Joe Satriani, Steve Vai, Patrick Rondat et consorts ne soient évoqués. C’est pourtant le parti pris et le pari pris par Alex Cordo avec son album Origami. 9 morceaux aériens, légers ou rapides, d’une durée parfaitement raisonnable pour éviter de tomber dans la démonstration inutile (le plus long, Himalaya, dure un peu plus de 6′). Bien sûr, Straight, Above the clouds ou Prism évoquent les maîtres mentionnés plus haut. Seulement, Alex Cordo pose sa patte, son toucher et sa personnalité. Chaque titre se distingue du précédent, évitant sagement la lassitude de l’auditeur. C’est toute la générosité musicale du guitariste qui est ici exploitée pour un rendu simplement convainquant car le musicien évite de ne s’adresser qu’à ses pairs. Au contraire, c’est à un public bien plus vaste qu’il offre ces mélodies, et ça, ça fait du bien.

Note: 8/10

SPIRIT: Ni dieux ni maîtres

SPIRIT 2017Heavy Metal, France (Emanes metal, 2016)

Spirit nous revient avec un troisième album, son second avec le chanteur Arnaud Ducrocq, qui permet à Thierry Tripenne de se concentrer sur la guitare. Il est cette fois accompagné d’un nouveau guitariste, Aurélien Pauchet, qui vient se joindre à Christophe Tripenne (basse) et Jean-François Chapelet (batteur). Ce Ni dieux ni maitres se veut engagé, direct et puissant. Aux frontières du thrash, le morceau éponyme qui ouvre ce disque (après l’introduction de chœurs d’église) nous met dans le bain. La voix est puissante, grave, les guitares rugueuses taillent dans le vif. Triades, qui suit, est forgé dans le metal des années 80, au son modernisé, inspiré par des échanges maidenesques ou priestiens. Lourd et efficace, on veut en savoir plus. Si les Prophètes, Nuova malizia (Metallica n’est pas très loin!) entraînent l’auditeur dans leur sillage, si Spirit connait son affaire, si les chansons alternent entre titres speedés et thrashisant et chansons plus lourdes et lentes, la voix fini par me lasser: elle est profonde, puissante , certes mais, à mon goût, pas assez variée, et ne parvient pas à me maintenir en éveil tout au long de l’album. Attention, elle colle parfaitement à l’esprit musical, mais là où les rythmes changent, étonnent, attirent, le chant peut, malgré quelques instants de rage, passer pour quelque peu linéaire. Ça fonce, ça cogne, c’est entraînant, l’ensemble de ce Ni dieux ni maîtres est, une nouvelle fois engagé. Le disque aborde des thèmes de société et d’actualité, qu’elle soit politique ou religieuse. Un retour qu’on espère gagnant. Reste à nous proposer des concerts partout et enfoncer le clou avant que 4 nouvelles années – une éternité dans l’univers musical – ne s’écoulent.

Note: 7,5/10