Interview: ROYAL REPUBLIC

Interview ROYAL REPUBLIC : rencontre avec Jonas (basse), Per (batterie) et Hannes (guitare). Entretien mené le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage (Paris).

C’est avec Royal Republic presque au complet que nous nous retrouvons coincés dans une des petites loges du Cabaret Sauvage. Seul Adam, le guitariste chanteur préfère regarder la télé, afin de préserver sa voix, un peu sensible avec le froid. Les autres sont en pleine forme ce qui se ressentira moins de deux heures plus tard sur scène. 

metal-eyes: Weekend man est sorti il y a maintenant un an et demi et vous beaucoup de choses se sont produites pour Royal Republic depuis. QuelSs ont été les moments les plus excitants de ces derniers 18 mois ?

Jonas: Wouf… Il s’est passé plein de choses… Nous avons donné nos plus gros concerts en tête d’affiche, et ce soir est notre plus grosse tête d’affiche en France. On est super contents. Mettons les choses ainsi : l’album a été très bien reçu, les gens l’ont vraiment apprécié.

Per: Et ils viennent aux concerts !

Hannes: Je crois que c’est notre troisième concert devant plus de 1.000 personnes. C’est le troisième pays où nous jouons devant plus de 1.000 personnes.

metal-eyes: D’après ce que j’ai vu, vous rentrez tout juste d’une importante tournée américaine. C’était votre premier séjour là-bas ?

Jonas: Non, le second…

Hannes: Mais la première fois qui compte vraiment. C’était super, là, on ouvrait pour Theory Of A Dead Man, la dernière fois, c’était pour Frank Carter, ce qui était super, différent, mais super. Vraiment. Et on a aussi un titre qui est entré au Billboard, ce qui, pour nous, est extraordinaire !

metal-eyes: Vous y avez donné combien de concerts ?

Per: On y est restés 3 semaines, on a dû donner 14 concerts.

Jonas: On a commencé au centre, puis on est allés à l’Est avant de rejoindre Seattle et revenir vers l’Est…

metal-eyes: Et la première fois, c’était quand ?

Jonas: En mars-avril dernier.

Per: En gros on a ouvert pour Frank Carter, mais on y était principalement pour 3 festivals. Ils ont ajouté la tournée, ce qui était parfait.

metal-eyes: C’était donc aussi sur la tournée Weekend Man, et, par conséquent c’est le premier album que vous avez soutenu là-bas.

Tous: Exact, oui.

metal-eyes: Quel a été votre show préféré aux USA ?

Jonas: Pour Hannes, ça a dû être Seattle parce que c’est de là que viennent ses héros…

Hannes: Oui, c’était extra. Je crois, que le Texas nous a aussi super bien accueilli, je ne m’y attendais pas du tout.

Per: Il y avait aussi ce concert à… Izula, ou quelque chose comme ça. On avait l’impression d’être tête d’affiche… Non, Boise, dans l’Idaho ! Ils ont des patates, là-bas, c’est tout ce qu’ils ont : des patates et un excellent public ! (rires)

metal-eyes: En dehors de Royal Republic, comment occupez vous votre temps ?

Per il rit): On n’a pas de temps pour nous ! Royal Republic nous occupe tout le temps. On a simplement eu un mois de repos en septembre, et nous sommes allés passés 3-4 semaines aux USA. Puis 2 semaines de repos et nous sommes de retour pour une tournée européenne de 3 semaines.

Jonas: Et il y a eu les festivals d’été, un autre séjour aux USA, un peu de repos… On tourne toujours.

metal-eyes: L’été dernier, vous avez joué au festival Rock en Seine et au Musilac. Vous prévoyez d’autres festivals en France pour l’été prochain ? (NdMP : au moins un fest sera bientôt annoncé, mais… chut !)

Jonas: Non, pas de festivals, on déteste ça ! (rires)

metal-eyes: Bon, alors, on passe à autre chose ! Parlons des endroits où vous avez joué : vous avez visité, à Paris, plusieurs salles : le Divan du Monde, le Trabendo, vous avez commencé au Zénith,la Flèche d’Or, ce soir vous êtes au Cabaret Sauvage… Laquelle de ces salles préférez-vous ?

Jonas: Celle-ci, j’espère !

Per: Oui, celle-ci.

Hannes: ça promet d’être épique… Elle est tellement jolie, elle ressemble à l’esprit de Royal Republic, avec ses draperies rouge, très royales…

metal-eyes: Elle va influer votre jeu, ce soir ?

Per: Sans doute, et ça pourrait devenir notre lieu de prédilection à Paris. Peut-être que nous pourrions y élire domicile.

metal-eyes: Black Stone Cherry va y jouer pour la troisième fois, ils adorent venir ici…

Jonas: On connait leur backliner, il travaille aussi pour nous.

Per: Aux USA…

metal-eyes: Parlons de différents endroits où vous avez joué : quel a été le lieu le plus grand où vous vous êtes produits ?

Hannes: Le Palladium de Cologne. Si on parle de salles en tête d’affiche…

metal-eyes: Ou festivals…

Jonas: Musilac était grand !

Per: Oui… Mais pas autant que le Rock Am Ring

Hannes: Il devait y avoir 80.000 personnes…

Per: On a donné des concerts avec Die Toten Hosen, c’est un gros groupe en Allemagne, vous ne les connaissez pas ici.

metal-eyes: Si, si, on les connais un peu…

Per: Oh, bien ! On a tourné 2 semaines avec eux, et on faisait des salles de 17-20.000 personnes. C’était étrange : chaque soir, on jouait dans un stade ! Ici, on a fait deux soirs avec The Offspring, au Zenith, environ 6.000 personnes. Pour nous, cette dernière tournée s’est faite devant 4000, 3500 personnes, à Cologne, Berlin, au Columbia Hall. On arrive au niveau d’un Zénith, doucement.

metal-eyes: Quel est le lieu le plus petit où vous ayez joué ?

Jonas: C’était… Bruneau ?

Per: Non, c’était à Prague.

Hannes: Non, le plus petit endroit, c’était une cabine téléphonique à Berlin ! (rire général) Un ascenseur aussi, pour un tournage. Mais la cabine téléphonique, il y avait 5 personnes dedans. Nous, et un fan.

Jonas: Un gigantesque et chanceux gagnant d’un concours.

Per: Nous espérions que ce soit une petite nana mignonne mais ce fut ce gars grand et baraqué comme une bête ! Genre « je suis ravi d’être là ! »

metal-eyes: C’était dans le cadre d’une vidéo, d’une performance quelconque ?

Per: C’était pour une station de radio qui a pensé ce gag. Humour allemand…

Jonas: Et dehors, il y avait 2 ou 300 personnes qui regardaient.

Hannes: Une autre fois, il y avait aussi 200 personnes, mais il n’y avait en réalité que 2 fans, les autres travaillaient pour l’équipe…

Jonas: Une fois, on a joué devant à peine 10 personnes… Il y avait un autre groupe avant nous et tous leurs copains sont venus. Quand ils sont partis faire la fête, leurs copains ont suivi…On a fini devant 5 ou 10 personnes.

Hannes: C’est très étrange car après avoir donné ces shows en tête d’affiche à Berlin, et vendu 3.500 billets, on devait donner un autre concert et notre manager nous appelle pour nous dire que le show est annulé « car vous n’avez vendu que 10 billets ! » Ca a été une petite descente.

metal-eyes: Quelle est la pire expérience vécue en salle de concert ?

Jonas: C’était hier, à Londres. J’étais censé jouer de la batterie ! Je n’y ai pas touché depuis 10 ans, et soudain, voilà que je suis censé donné ce rythme funky et groovy mais je n’ai aucune idée de ce que je fais !

Per: J’étais en train de chanter et je te voyais, au dessus de mon épaule, en train de chercher le rythme (rires) ! Mais je peux aussi voir dans ton regard le désespoir !

metal-eyes: C’était à Londres, c’est ça ?

Jonas: Oui, et ça fait partie de mon top 3 des pires expériences ! Il y a aussi eu Stockholm.

Per: Oh… oui, tu étais furax !

Jonas: Oh oui, on n’avait aucune idée d’où nous devions jouer lorsque quelqu’un nous dit « voici votre scène ! » Hein, c’est quoi ça ? Le gars du son a branché tout mon matos sur celui de Hannes, je me branche et… Merde, rien ne fonctionne ! J’étais furieux, je me suis soulé après mais…

metal-eyes: Et vous, votre pire expérience ?

Hannes: Notre pire expérience c’est quand Jonas fout tout en l’air ! (Rire général)

Per: Ou quand il joue de la batterie !

metal-eyes: Tu vas jouer de la batterie, ce soir ?

Jonas: J’espère que non ! Vraiment !

metal-eyes: Et si je reste devant et que je crie « va jouer de la batterie ! »

Jonas: Je t’enverrai une baguette au visage !

metal-eyes: Où rêveriez de jouer ?

Jonas:  Mmhh… Une île tropicale…

Per: Je ne sais pas, un gigantesque stade, est-ce trop grand pour quelqu’un ?

Hannes: Le Royal Albert Hall à Londres. Ça pourrait se faire, c’est là où ont eut lieu certains des concerts les plus mythiques : Bob Dylan, tant d’autres… Et c’est une salle de bonne taille.

Jonas: Moi, je verrai bien un endroit différent, en haut de la tour Eiffel. Il y a un restaurant, là haut ?

Per: Juste pour ajouter une chose, j’adorerai faire une tournée des stade en Suède. Le Globe, sold-out !

metal-eyes: Y a-t-il un endroit où, au contraire, vous ne souhaitez jouer pour rien au monde ?

Hannes: Oui, il y a quelques salles où nous ne jouerons jamais, au Royaume-Uni. On n’y retournera pas…

metal-eyes: Des noms ?

Jonas: Non…

Per: Je crois que l’une d’elle a fermé, alors, ça va : il y avait cet endroit appelé The Well, à Leeds. Elle portait bien son nom : la première fois que nous y sommes allés, la salle était glaciale, humide comme des marais. On est allé aux toilettes et c’est comme si personne ne les avait nettoyées depuis la veille, vraiment dégueulasse. Il y avait même une bouteille de bière coincée au fond…

Jonas: Il y a des endroits que nous avons blacklistés.

Per: Ils sont tous au Royaume-Uni…

metal-eyes: Et si on vous donne un million d’euros pour y jouer, vous dites non ?

Tous: Pour un million, on y va !

metal-eyes: Revenons à la musique : Weekend man est sorti il y a un an et demi, avez-vous travaillé sur de nouveaux morceau et quand prévoyez-vous un nouvel album ?

Per: Dès que possible. Nous allons rentrer et j’espère commencer à composer rapidement.

Hannes: Nous voudrions dire l’année prochaine, mais nous connaissant, il vaut mieux ne pas nous avancer. Nous y travaillons mais ne nous engageons pas.

Per: J’ai le sentiment que, cette fois, nous allons travailler plus vite. Mais on ne sait pas

Jonas: Tu es le premier à l’entendre : « l’album est retardé ! » (rires)

Per: Oui, on va attendre deux ans !

Jonas: C’est comme l’album des Guns, il a été retardé, quoi ??? 16 ans. Mais quand il est sorti…  Allez, 2 ans pour nous !

metal-eyes: Merci pour cette interview, et je vous retrouve dans la salle tout à l’heure.

Jonas: Super, merci à toi !

 

ROYAL REPUBLIC live à Paris (le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage)

 

Le Cabaret Sauvage affiche ce soir complet pour le second passage parisien des Suédois de Royal Republic. Et ce n’est que justice tant le quatuor met le feu à chacun de ses concerts.

En ouverture, Aaron Buchanan and The Cult Classics est un groupe anglais qui donne dans un rock puissant et tendu. Le chanteur, Aaron, est une pile électrique qui cherche à chauffer le public. Si, musicalement, il n’y a guère de nouveauté, le gaillard et son bassiste atteignent aisément cet objectif. Mais les deux guitariste, dont miss Buchanan – sa sœur, je crois, visage planqué sous un chapeau – restent assez statiques… Dommage, d’autant plus lorsque, en fin de set, le chanteur annonce – pas démago – que Paris est le meilleur public et qu’il demande à ce même public de s’approcher pour tenter quelque chose de jamais encore fait: Aaron, tel Frank Carter (il en a le look, pas encore les tatouages) marche sur le public qui tend les bras pour le porter… Rouler-bouler, retour sur scène, le gaillard s’est bien débrouillé, son groupe a offert une sympathique prestation amuse-gueule. Mais, honnêtement, avec ce qui arrive ensuite…

 

Les lumières s’éteignent alors que résonnent les premiers accords de When I see you dance with another. Royal Republic sur scène, c’est la garantie d’une ambiance du feu de diou. Sapés comme des princes, Adam et sa bande jouent face à un public déchaîné. Au point que les barrières crash, vraisemblablement non scellées, avancent, forçant un agent de sécu à les repousser. Seul… Pendant une heure trente, le groupe évolue sous de superbes lumières (comme quoi, même au Cabaret Sauvage c’est possible!) et toujours plein d’humour.

En introduisant Make love not war – je vous fait grâce de la fin du titre – Adam annonce avoir besoin d’un homme, français. « Quelqu’un qui s’appelle Gaston. Tu t’appelles Gaston? Toi? Non plus… » expliquant ce qu’est un Weekend man: « c’est ce qui te donne la force, plutôt que de boire une bière… d’en boire deux! Ce qui te fais aller au lit à 10h plutôt qu’à 9h »…  Il dédouane son groupe prétendant qu’aucun autre groupe n’écrit aussi lentement que RR. « Mais certaines chansons viennent naturellement. Celle-ci, par exemple, c’est moi qui l’ai écrite… Elle parle de… moi » et c’est parti pour un People say I’m over the top explosif.

Le groupe se fend d’une superbe version acoustique de Addictive, pile dans l’esprit de la soirée: variée, dansante, lumineuse – les éclairs qui entourent la batterie sont du plus bel effet – et surprenante car très crooner et dans l’esprit de Noël. Autre moment fort, alors que Jonas m’avouait en interview (que vous découvrirez la semaine prochaine) que le concert de la veille au Koko de Londres l’avait vu vivre sa pire expérience, il se retrouve plongé dans la même situation: Per lui tend ses baguettes, forçant le bassiste à s’asseoir sur le tabouret, s’empare d’une guitare tandis qu’Adam se saisit de la basse sur je ne sais plus quel titre… Bon, tant pis! C’est significatif de l’état d’esprit du quatuor qui puise on ne sait où cette énergie communicative.

Adam évoque ce moment, vers minuit, lorsque tes doigts ressentent ce besoin de heavy metal… Le public hurle son approbation et le chanteur offre le choix entre Iron Maiden et Metallica. La veille, à Londres, RR a interprété un extrait de Fear of the dark, ce soir, la clameur publique impose les horsemen. Va pour un rapide et efficace Battery, suivi du plus que fédérateur Roxanne de Police avant de conclure avec le méga funky rock Full steam spacemachine sur lequel le public continue de danser.

 

Bien sûr, ce n’est pas fini, Royal Republic revenant pour un gigantesque rappel de 5 (cinq!) titres dont une reprise de X qui sonne comme un message puisqu’il s’agit de I don’t wanna go out. Ben nous non plus, et on en reprendrait bien une dose! Baby vient pourtant mettre un terme à cette soirée simplement gigantesque, cette fête comme on en souhaite plus. Ça, c’est un concert de rock, dans les règles! Quelle soirée, mais quelle soirée!

ROYAL REPUBLIC: Weekend man

royal-republic-2016Rock, Suède (?, 2016)

J’ai découvert Royal Republic alors que le groupe ouvrait pour The Offspring à Paris en 2011. J’ai depuis suivi les aventures musicales de ce groupe qui s’amuse avec sa musique. Quatre ans séparent Save The Nation (2012) et ce troisième album, généralement un pivot dans la carrière d’un groupe, Weekend man. Quatre ans de travail, certes, mais également de repos, nécessaire, le groupe ayant tourné de manière particulièrement intensive depuis ses débuts pour se faire connaitre. Lire la suite

Interview: ROYAL REPUBLIC

Rencontre avec Adam Grahn (chant) et Hannes Irengard (guitare). Propos recueillis à Paris, le 18 mai 2016

C’est dans le cadre feutré des salons d’un hôtel parisien que deux des principaux acteurs de Royal Republic nous ont reçus pour parler de leur nouvel album, le superbe Weekend Man. Fun, détente et bavardage, cette rencontre est à l’image du rock enjoué des Suédois.

Royal Republic 180516 - Copie Lire la suite