DEAD BY APRIL: Worlds collide

dead by april 2017Suède, Metal (Spinefarm, 2017)

Très moderne dans l’esprit, Dead By April propose un judicieux mélange de metal passe partout, basé sur des mélodies imparables, et d’intensité guitaristique et ryhmique alliée à une certaine rugosité vocale. Une recette somme toute assez commune aujourd’hui, mais exploitée avec talent par le chanteur (partagé avec Christoffer Andersson) guitariste et compositeur Pontus Hjelm, qui, accessoirement produit ce disque. Worlds collide n »est pas la première production du groupe. Les amateurs de la formation suédoise connaissent sans doute ses trois précédents méfaits (premier album éponyme en 2009, Incomparable en 2011 et Let the world know en 2014), tous trois remarqués pour leur modernité. Simplement, si le metalcore a eu son heure de gloire, le genre semble amené à se faire plus discret. Dead By April en a conscience et s’en démarque par des mélodies accrocheuses, du genre qui, par leurs accents popisants, visent, parfois, les passages radio. Les onze chansons forment un ensemble agréable, compact, et s’adressent à un public plutôt jeune. Worlds collide est à la fois accrocheur, sans être trop racoleur, et puissant. Du bon travail.

Note: 7,5/10

SOEN: Lykaia

SOEN_LykaiaMetal progressif, Suède (UDR, 2017)

Soen est un groupe à part. Pas seulement sur la scène suédoise, mais au niveau international. Une de ces formations qui semblent divinement inspirées, capables d’offrir des chansons envoûtantes et hypnotisantes. Lykaia, dans son ensemble, entraîne l’auditeur dans un voyages aux horizons multiples, des paysages sonores d’une irrésistible sensualité. C’est à la fois doux et lourd, brillant et agréablement oppressant. Le ton grave du chant de Joel Ekelöf complète la lourdeur d’une basse omniprésente, celle de Stefan Stenberg, qui, tous deux, voient s’opposer les guitares légères et joyeuses de Marcus Jidell. Tout au long des Sectarian, Orison, Lucidity, tout au long de l’album, en réalité, on retrouve des traces de Tool , de Pink Floyd, de Paradise Lost, même, voire d’Iron Maiden période Di’Anno (Paragon) ainsi que des accents jazzy ou des influences orientales. Après un Jinn qui, malgré une petite montée en puissance se veut léger avec son chant typé perse, Sister est un choc transitionnel brutal puis distant… Sur Stray, les guitares se font heavy et déterminées, fulgurantes même. God’s acre est une parfaite conclusion qui démarre avec un simple duo guitare/voix pour se conclure en un heavy rock explosif. Avec Lykaia, Soen s’impose parmi ces groupes progressifs et inclassables, ceux qui ne s’imposent aucune limite et force l’auditeur à se poser pour écouter, réécouter sa musique afin d’en découvrir les multiples subtilités. Un must du genre.

Note: 9/10

BLUES PILLS: Lady in gold

blues pills 2016Suède, Hard rock (Nuclear Blast, 2016)

On en parle depuis quelque temps de ce Blues Pills, formation suédoise de hard rock un peu psyché et totalement inspirée par le rock des 70’s. Je ne découvre qu’aujourd’hui ce Lady in gold, le dernier album du groupe, paru à la fin de l’été 2016. Dès le départ, le charme de la voix grave de Elin Larsson fait son effet. Profonde, envoûtante, elle attire et séduit dès le morceau éponyme. Et dès ce premier titre un premier constat – pourquoi ne suis-je pas surpris? Origines, quand tu nous tiens – sur les influences. Oui, les années 70 sont omniprésentes sans qu’une once de nostalgie n’affecte l’ensemble. Blues Pills est parvenu à moderniser son son tout en conservant cet esprit un peu déjanté et défoncé – ce qui explique peut être une des seules faiblesses de ce disque, un anglais difficilement compréhensible. Mais surtout, les lignes de chant et les chœurs, sur les deux ou trois premiers morceaux, évoquent les compatriotes roi du disco, l’incontournable et inoubliable Abba, tout autant qu’elles s’inspirent sur l’ensemble de ce CD de la puissance soul d’une Aretha Franklin. La ballade I felt a chance, tout en sensiblité avec une simple voix et des claviers flirte avec la puissance d’un Rejection et ses « I’m running » haletants. Et l’on s’émerveille à l’écoute du solo sur Elements and things… C’est sans doute ce qui fait une des forces de Blues Pills, ne pas se contenter du rock mais aller puiser ailleurs et allier le tout dans un ensemble aussi hypnotique qu’entraînant. Un joli mélange qui émaille l’ensemble des 10 chansons de ce disque. Un joli moment de plaisir à partager.

Note: 8/10

 

ACCEPT et SABATON live à Paris! – L’Olympia, le 6 janvier 2017

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Bon, sur l’affiche il y a écrit Accept et Sabaton. Sur le site de l’Olympia, il est écrit que ça commence à 19 heures. Oui, mais… arrivé tranquillou à 18h30, je passe les 3 contrôles de sécurité – fouille du sac, détection de métaux puis palpation de sécurité – et vais déposer mon manteau au vestiaire, d’où j’entends qu’un groupe est déjà en train de jouer. Ben, oui, il ne reste à Twilight Force que 10′ lorsque j’arrive dans la salle pour y découvrir un chanteur masqué et capé, des tenues de scènes qui, pourtant, auraient pu m’intéresser. Tant pis, je verrai le groupe une autre fois.

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Accept en première partie de Sabaton, ça peut en surprendre plus d’un. Cependant, sans actualité discographique autre que le récent Restless and live, ce peut être un choix judicieux pour  1/ attirer deux publics intergénérationnels et 2/ rappeler à tous qu’Accept est toujours actif. La salle est bien remplie lorsque les Allemands montent sur scène éclairés comme s’ils brillaient de mille soleils. A l’image de la pochette de leur dernier album studio, le groupe frappe directement au ventre avec Stampede, un des deux extraits de Blind rage. Priorité est donnée ce soir aux anciens titres et c’est une véritable débauche d’énergie que nous offrent le quintette très en forme. Accept utilise au mieux l’heure qui lui est allouée. Les classiques imparables défilent – Restless and wild, London leatherboys… Sur l’indémodable Princess of the dawn, le public accompagne le solo de Wolf en scandant son nom, ce qui se répétera sur la démonstration – la leçon – qu’il donne avec Metal heart.

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Bien que complices, on sent que la vielle garde (Wolf Hoffman, Peter Baltes et Mark Tornillo) éclipsent totalement les « petits nouveaux ». Tous, cependant prennent autant de plaisir qu’ils en donnent, même si Mark ne s’adresse pas au public. Même si on peut le regretter, ce n’est qu’un détail tant la musique parle d’elle même. Le show est aussi dans la salle: le public n’a en effet pas besoin d’être poussé pour participer au point que, c’est toujours impressionnant, tout le plancher bouge au rythme des sauts.  Une heure, c’est trop court, on en redemande, mais il ne fait ce soir pas de doute qu’Accept est loin de ranger les guitares et sera bientôt de retour, et en tête d’affiche!

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Clairement, quand on va voir Sabaton en concert, on sait ce que l’on va avoir: des musiciens en treillis militaire et haut noir, un Joakim Broden vêtu de son éternel T shirt à miroirs, volubile et toujours prêt à rigoler, un décor guerrier… Bref, on va voir Sabaton pour passer un bon moment. Mais voilà: j’étais assez certain que je n’aurais pas de surprise. Tu veux savoir? Tout faux. Tout. sans doute est-ce le challenge de la présence d’Accept, sans doute sont-ils particulièrement en forme, mais ce soir, les Suédois m’ont séduit, surpris et entièrement satisfait. Certains commentaire stipulant que le public de la veille, à Lille, commençait à déserter la salle au bout de 30′ n’ont pas trouvé écho à Paris. Ce ne sont pas, alors que retenti In the army now (qui remplace The final countdown en guise d’intro),  les deux roadies un peu pitres qui viennent déminer le terrain qui font fuir qui que ce soit. Ni, sur Spartan, la présence de soldats en cape et culotte. Non, le public reste, saute, slame un peu. La salle est très correctement remplie, et le public est à fond. Sabaton consacre un bon tiers des titres à The last stand, son nouvel album (Sparta, Blood of Bannockburn, Winged hussars, The last stand, The lost battalion et, en rappel Shiroyama) et accorde une large place à ses classiques, parmi lesquels Carolus Rex, Sweedish pagans ou The lion from the north. Après un superbe Far from the fame, Joakim explique que le groupe n’a failli jouer qu’à 4 ce soir, Chris Rörland s’étant fait mal à la nuque et les médecins lui ayant conseillé de ne pas jouer. Inutile, mais le gaillard reste sage,  et ne headbague pas comme il en a l’habitude.

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Puis,après Winged hussars, la salle est plongée dans le noir , un clavier est approché et Joakim s’en saisi. Séquence humour le chanteur se faisant royalement jeter par le guitariste Chris, avant la séquence émotion: une version acoustique de The final solution qui voit tous les musiciens en devant de scène. Les choses sérieuses reprennent avec un explosif Resist and bite qui, ce soir, dans mon ressenti, prend une tout autre dimension. Le chanteur s’est emparé d’une guitare – dont cette fois les cordes ne sont pas découpées par un roadie… – et la repose pour les derniers titres avant un rappel un peu tôt, à 22H. Le public s’écarte, se scinde en deux camps, scandant des « ahou! ahou! » guerrier, et lorsque Primo Victoria débute, les guerrier se lancent dans un joyeux assaut. Braveheart ou Wall of death, au choix, qui voit quelques participant tomber et être aussi rapidement relevés. Joakim, qui semble toujours étonné des réaction du public, s’adresse à lui: « Après 17 ans avec ce groupe, après plus de 1000 concerts donnés avec ce groupe, 50 pays visités… Je peux honnêtement dire que je n’ai jamais vu un public pareil! » Caresse le public dans le sens du poil et tu auras une explosion telle qu’on n’entend plus que ça. Ce soir, Sabaton nous a offert un spectacle épatant, énergique et enjoué. Une telle affiche ne pouvait se rater. Superbe soirée (qui se termine avec un joli gag: le public ayant laissé des affaires au vestiaires doit d’abord parvenir à avancer pour rejoindre l’autre bout de la file d’attente… à la sortie, revenir aux vestiaires pour enfin pouvoir repartir… )

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GHOST: Popestar

ghost-2016Hard rock, sU7DE(Ep – Spinefarm, 2016)

Après l’engouement suscité par son dernier album, le très réussi Meliora et la confirmation de son potentiel scénique (même si on voudrait bien que Papa Emeritus III soit moins bavard…), Ghost revient avec Popestar, Ep au titre facile mais de circonstances. Car ce Ep est constitué d’un titre original et de 4 reprises, des classiques du rock et de la pop. Ce sont ces dernières qui sont l’objet de toutes les attentions. Si l’on connait la capacité de Ghost à écrire des chansons hard et pop sur fond de textes subversifs, nous ne pouvons guère nous étonner de les voir s’attaquer à des classiques. Revisiter Echo and the Bunnymen (Nocturnal me) ou Eurythmics (Missionnary man) pour les plus populaires, ou Simian Mobile Disco (I believe) et Imperiet (Bible) apporte-t-il quelque chose au groupe? Non, en fait. Si les morceaux sont parfaitement interprétés, on n’y voit guère d’intérêt. Enfoncer le clou de Meliora? Une confirmation par le biais de nouveautés eut été préférable. Ici, on a plus l’impression d’opportunisme visant à séduire un autre public. Démarche commerciale logique mais guère appréciable tant cela ressemble à du racolage. Se pourrait-il que Ghost ne soit pas si subversif que ça, que le groupe soit simplement opportuniste? Attendons le prochain album…

Note: 6,5/10

Titre que je retiens: Missionnary man

AMARANTHE: Maximalism

amaranthe-maximalismHard rock, Suède (Spinefarm, 2016)

L’air de rien, Amaranthe continue son petit bonhomme de chemin et propose rien moins que son quatrième album en 5 ans (sans compter la compilation parue l’an dernier). Et l’air de rien, toujours, il tente d’imposer son metal dansant qui ne départirait pas en boite de nuit. Maximize, qui introduit ce Maximalism, donne le ton:  nous voici lancés sur les pistes de danse d’un quelconque nightclub, malgré le chant à deux / trois voix.  » Quelconque » car, si le chant d’Elize Ryd et de Jake E Berg sont complémentaires (douceur et rugosité de mise), la mise en son générale ne met pas assez à l’honneur, selon moi, les  aspirations metal du groupe. Elles sont pourtant là, mais noyées dans un ensemble trop « boite de nuit ». Trop de boum-boum, de fuzz, de… house desservent un ensemble qui pourraient être bien plus attirant, accrocheur même si les guitares étaient plus mises en avant, plus agressives, malgré des riffs présents. J’avais déjà eu ce sentiment avec l’album précédent et celui confirme un certain éloignement metallique. Dommage, car Amaranthe, qui cherche à avoir une vraie identité sonore, ne parvient pas à réellement décoller et s’élever au dessus de la foule.

Note: 6/10

Titre que je retiens

THE ANGRY CATS: Outmonster the monster

the-angry-cats-2016Rock, Europe (Autoproduction, 2016)

The Angry Cats, un avatar du jeu avec des oiseaux? En tout cas, les cochons voleurs d’œufs sont ici remplacés par un chien. Voila. Maintenant que vous connaissez l’étendue de ma culture en matière de jeux, entrons dans le vrai sujet: The Angry Cats est un groupe européen (ses membres sont Français, Suédois et Hollandais) formé en 2010 par le guitariste chanteur Fred Alpi, le bassiste Tom Decaestecker et le batteur Chris Gianorsi. Le trio explore diverses facettes du rock, celles avec lesquelles il a grandi. Ce premier album, Outmonster the monster, reflète autant les influences rock basique que d’autres plus sombre ou piochées dans la new wave, et m’évoque par instants les Français de No Man’s Land. Le chant, grave et profond, ajoute à une certaine lourdeur oppressive qui se dégage de l’ensemble. « Fun » parfois, en tout cas d’apparence (A piece of steak, inspiré d’une nouvelle de Jack London), lent et lourd à d’autres moments (Outmonster the monster), l’énergie presque punk est toujours présente. Les 11 titres (plus une intro) explorent différent thèmes, la production est sobre, le livret complet pour un résultat général assez réussi. Certains morceaux ne sont pas à écouter si l’on a un coup de blues (Information, lent, lent et lourd et qui monte en puissance). Une jolie découverte qu’on espère voir se transformer. reste une question: qu’a-t-il de si « monstrueux », ce chien???

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: A piece of steak

Site web: www.theangrycats.com

Interview: SONIC SYNDICATE

Rencontre avec Nathan Biggs (chant) (SONIC SYNDICATE). Propos recueillis à Paris, le 27 septembre 2016

Quel changement chez Sonic Syndicate! Karin, la bassiste partie, le groupe se fait moins death et rugueux et plus catchy, poppy. Lien de cause à effet ou évolution naturelle, nouvelles aspirations? Nathan nous dit tout au sujet de ce nouvel album.

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Metal-Eyes : Comment vas-tu Nathan ?

Nathan : Assez bien, malgré une journée très chargée. Je me suis levé ce matin à 4 heures pour me rendre à l’aéroport et venir à Paris, depuis Stockholm, et je me rends demain à Londres pour vous parler de notre nouvel album !

Metal-Eyes : Nous allons en parler, mais revenons un peu en arrière : en 2014, Son ic Syndicate a publié un album éponyme, ce qui pouvait laisser croire à une sorte de renaissance du groupe. A quel point avez-vous changés pendant cette période. 

Nathan : Oui, 2014 est l’année de cet album qui porte le nom du groupe. C’était une sorte d’hommage à notre passé. Une célébration des racines du groupe, celles d’où nous venons, ce metal suédois… Ca incluait beaucoup de choses, Soilwork, In Flames, Dark Tranquillity… ce son de Göteborg, d’où nous venons. Nous savions que le groupe ne suivrait pas toujours cette voie, et nous avons voulu boucler la boucle dans ce genre musical. Simplement pour prouver que nous y sommes toujours liés, que nous faisons toujours partie de cette scène. C’était une manière d’honorer cette période, tandis que ce nouvel album regarde dans une autre direction, regarde l’avenir dans les yeux.

Metal-Eyes : Confessions est donc votre nouvel album, le 6ème depuis 2005. Le groupe a connu quelques changements, le plus récent étant le départ de Karine, votre bassiste, en 2015. Qu’est-ce qui, selon toi, pourrait aider Sonic Syndicate à stabiliser son line-up ?

Nathan : Ce nouvel album résume bien où en est le groupe aujourd’hui : un nouveau point de départ. Un nouveau label, un nouvel album. On est vraiment dans le présent. Karin était un membre très important du groupe, mais sur la dernière tournée, nous avons accueilli un nouveau frère d’armes, Michael, à la basse, et désormais, c’est nous trois, Robin, Michael et moi. Nous avons trouvé une nouvelle stabilité dans la mesure où nous sommes tous trois à 110% impliqués. Je n’ai jamais ressenti une telle cohésion, une telle éthique de travail au sein du groupe avant. Robin et moi avons été inséparables depuis que je suis arrivé dans le groupe en 2009. Nous avons cette relation particulière et, bien que nous ayons eu de grands moments de complicité avec les membres des line-ups précédents, Michael est sur la même longueur d’onde que nous, et ça, c’est génial.

Metal-Eyes : Cela signifie que, même s’il est le dernier membre du groupe originel, Robin n’a pas toute la charge de travail sur ses épaules, toute la responsabilité musicale, il s’agit vraiment d’un travail collectif à trois ?

Nathan : Oui. A vrai dire, depuis que je travaille avec Robin, nous avons toujours été comme une équipe. Pour tout ce que nous avons écrit. Ce nouvel album sonne vraiment comme une création de nous tous.

Metal-Eyes : J’ai pu écouter une partie de Confessions. Sonic Syndicate est généralement présenté comme un groupe de metalcore, or je n’ai rien écouté qui se rapproche du « core ».

Nathan : Non, tu sais nous avons toujours été assez autonomes malgré nos racines. Il y a toujours eu des éléments plus mainstream, catchy, d’autres plus foncièrement rock. L’album éponyme était plus un retour aux sources. Mais nous avons déjç fait cela, nous connaissons tous les aspects de ce genre musique, metalcore, comme les gens aiment appeler ça, ou death mélodique, d’où nous venons. Nous sommes vraiment fiers de ce que nous avons fait, mais pour rester créatifs et toujours être… amoureux de la musique, nous avons voulu,Robin et moi, ainsi que Michael aujourd’hui, trouver de nouveaux défis en tant que musiciens, et rester vrais envers nous-mêmes. Nous écoutons toujours plein de styles différents, du metal, de la house, du hip-hop, du rap, du rock… Notre palette musicale est si variée. Je pense que si nous restions sur ce chemin « metalcore » nous n’apporterions rien de neuf. Il y a plein de groupes dans ce domaine, et je pense que c’est un genre qui commence à se répéter. Il n’y a rien de vraiment neuf dans le style, il commence à se répéter. Or, pour pouvoir avancer en musique, si tu veux en faire ta carrière, tu dois aimer la musique et trouver de nouveaux défis, les relever. Autrement, tu te retrouves avec un certain confort, à avancer sur le même chemin et tu commences à te répéter. En cela, je pense que, si tu es dans cet esprit-là, jamais tu ne pourras ressortir ton meilleur album, tu rendras simplement hommage à ce que tu as déjà fait. Sans doute auras-tu quelques hits en chemin, ou ton son deviendra simplement plus actuel, mais on a déjà fait ça. Aujourd’hui, nous voulons simplement repousser nos limites en tant que groupe, voir jusqu’où nous pouvons aller tout en restant honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes.

Metal-Eyes : Il ne s’agit donc pas d’enterrer votre passé – comme tu l’as dit, Sonic Syndicate est un hommage à votre histoire – simplement vous explorer en restant intègres. Et votre public, comment va-t-il réagir face à ce changement radical d’après toi ?

Nathan : Nous savons qu’il va y avoir des divisions… Tu sais, la communauté metal peut être très dure… Les fans ultimes… Si tu es fan de death, ce sera à vie… Certaines personnes sont dans cet esprit  et mon message à leur encontre est « profitez des anciens albums de Sonic Syndicate et si vous pouvez trouver dans ce nouvel album quelque chose que vous appréciez, tant mieux, on cherche simplement à écrire de bonnes chansons. » Mais, nous, nous grandissons. Nous avons commencé avec in Flammes, Pantera, Slayer, comme n’importe quel autre metalhead. La musique évolue, aujourd’hui. Les gens écoutent tant de choses différentes et sont influencés par un tel nombre de groupes… Je pense qu’il s’agit avant tout de comprendre notre manière d’écouter et de consommer la musique. Nous ne sommes que des fans de musique qui faisons de la musique. Nous ne sommes pas différent de n’importe quel auditeur de musique, nous créons simplement notre truc en utilisant ce qui nous influence. Et faisons ce que nous aimons. Dans les faits, j’ai parlé à des fans de Sonic Syndicate, ils évoluent aussi. Avant, tu économisais et tu te rendais chez ton disquaire pour acheter un album que tu passais en boucle, avec tes potes. Aujourd’hui, tu es chez toi, on t’envoie un lien, tu écoutes, puis tu t’interresse aux artistes similaires proposés par la plate-forme… Et au final, tu t’écartes de plus en plus de ce que fait le groupe originel. Le neuvième morceau que tu vas écouter ne seras pas ton préféré, mais sans doute vas-tu te dire « j’aime vraiment cette chanson ». Et avant même de t’en rendre compte, tu te retrouves avec un playlist de genres complètement diversifié. C’est ce que nous faisons : être un groupe moderne qui diversifie ses horizons. Il y a de la place pour ça dans l’industrie musicale aujourd’hui.

Metal-Eyes : C’est ce qu’on appelle être ouvert d’esprit, je pense. Comment décrirais-tu ce nouvel album à ceux qui découvrent Sonic Syndicate avec Confessions ?

Nathan : C’est un album très mélodique. Nous avons cherché à écrire de bonnes chansons de rock. Au départ, nous sommes un groupe de metal et il y aura toujours de traces de cela, dans nos chansons ou dans nos performances scéniques. En gros c’est de la musique moderne pour les amateurs de musique moderne qui aime le rock et le metal.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retrenir qu’un seul morceau de Confessions pour illustrer ce qu’est Sonic Syndicate aujourd’hui, ce serait lequel ?

Nathan : Je dirais That’s why we really start a war, le premier single qui donne le ton de l’album mais aussi qui a un sens plus profond que le reste de l’album. L’album traite d’honnêteté vis-à-vis de soi, de nos carrières, de faire ce qui te plait. Mais, nous avons découvert que la vie est courte et qu’il est primordial de faire ce que tu aimes. Comme je l’ai dit plus tôt, nous trouvons tous un certain confort à marcher le long du même chemin. Cela peut être moi, dans la musique, ou toi, dans ton travail quotidien, tu ne vis pas ta vie à fond, tu n’es qu’un passager de cette vie. Parfois, tu peux te rendre compte que tu ne fais pas exactement ce que tu veux faire. Il faut avoir une sorte de révélation pour pouvoir  sortir du moule , être heureux et prendre les rennes pour aller où tu veux te rendre. Autrement, ce sont les autres qui prennent le volant pour toi. That’s why we really start a war, c’est nous, dans nos guerres interieure et exterieure, simplement en tenatnt de faire ce que nous rend heureux. Ce message s’adresse à n’importe qui, pas satisfait : la vie ne fait que passer devant nous, si vous voulez  changer, la seule personne qui le puisse est vous-mêems, à la condition de commencer cette guerre.

Metal-Eyes : Vous allez tourner avec Amaranthe en France. Comment avez-vous monté cette affiche commune ?

Nathan : Nous les avons simplement contactés… Nous sommes amis, à Helsinki nous trainions ensemble backstage, nous avons joué sur quelque festivals ensemble en Suède, et nous nous sommes découverts des points communs: notre cursus “metal”, par exemple, et chacun ose faire son propre truc. Eux écrivent des chansons très catchy, dansantes, appelles ça comme tu veux… Je ne pense pas que les étiquettes aident l’auditeur… Et nous faisons pareil, ce que nous voulons, et nous savons que nos fan-bases aiment explorer différents types de musique. Les fans d’Amaranthe ne vont pas écouter seulement du Slayer, ils s’intéressent aussi à Katy Perry, Brintney Spears, mais aussi Soilwork, Mnemic… C’est pareil pour les notres, et je pense que ça va être un super package pour les spectateurs.

Metal-Eyes : Quels sont vos projets à l’issue de cette tournée ?

Nathan : La tournée va durer jusqu’à Noël, nous prendrons un break, et j’espère pouvoir passer du temps en famille en Angleterre, et ensuite, on a déjà des dates prévues pour 2017 : une petite tournée en Finlande, les festivals d’été commencent à arriver aussi… Notre label a un bon réseau de distribution – Sony gain – et ils nous poussent vraiment à nous investir aux USA. J’étais à Los Angeles il y a quelques semaines, et nous voulons vraiment tenter d’y percer. C’est un de nos gros objectifs.

Metal-Eyes : Une dernière chose, puisque nous parlons de lieux que vous souhaitez connaitre : y a-t-il des endroits où tu voudrais vraiment pouvoir te produire, ou simplement visiter ?

Nathan : Tu peux facilement voir où les gens écoutent notre musique, via Facebook, par exemple. On a des contact au Mexique, en Amérique du Sud, et tout le monde dans le groupe voudrait vraiment aller en Amérique du Sud et voir comment ça se passe là-bas. J’adore aller dans des endroits différents, les fans sont différents partout, en France, en Allemagne… Nous n’étions jamais allés en Chine, et nous y étions le mois dernier. Une belel expérience. La première fois que nous sommes allés en Russie, ça a été une vraie claque. Oui, l’Amérique du Sud serait vraiment bien !

 

ZODIAC, RAVENEYE, et HONEYMOON DISEASE à La Flèche d’Or, le 3 octobre 2016

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Les amoureux de sonorités 7O’s sont servis ce soir, avec la présence de trois formations typées Roots qui se livrent à la Flèche d’or, pour une soirée européenne.

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Les Suédois de Honeymoon Disease ouvrent le bal à 19h30 et nous livrent une bonne demi-heure durant un set énergique qui évoque autant AC/DC que le boogie chaleureux de Status Quo. La chanteuse/guitariste, Jenna, s’exprime souvent dans un Français plus que correct, présentant le nouveau bassiste du groupe, Cédric, un français, justement, qui accompagne l’autre guitariste, Acid (à la Flying V presque plus grande qu’elle) qui n’hésite pas à venir fendre le public – seulement freinée par un cable bien trop court pour s’écarter de plus d’un mètre de la scène! – et le batteur Jimi une demi heure durant. Un set efficace et une mise en bouche très agréable.

RavenEye

RavenEye

J’avais rencontré Oli (chant et guitare) et Aaron (basse) lors du dernier Hellfest, et ai, ce soir, pu interviewer le groupe au complet (avec, donc, le batteur récemment arrivé, Adam). RavenEye vient de publier son premier album, Nova, et est très en forme au moment de le présenter au public. Pendant près de 45′, le trio assène son hard rock 70’s teinté de relents de ce grunge qui a accompagné les musiciens qui le forment. Olie pose sa guitare, laissant, le temps d’une chanson, Aaron s’occuper de l’aspect « cordes » avec sa seule basse, puis, plus tard, monte sur les épaules d’un Aaron décidément très sollicité afin de faire, eux aussi, une petite escapade dans le public. Même si ce premier album ne reflète pas encore toute la personnalité de RavenEye, les Anglais sont parfaitement à l’aise sur scène.

 

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Zodiac

Cette dernière est rapidement débarrassée de la batterie des premières parties, laissant plus de place aux maîtres de cérémonie, Zodiac. A 21h30, les Allemands investissent les lieux sur une intro à la Terminator. Puis démarrent sur les chapeaux de roues avec un Rebirth by fire à deux voix rentre dedans. Cinq ou six morceaux durant, les gars rentrent dans le lard, Staphen Gall s’entrainant, dès que possible et de manière fort sympathique, au français qu’il maîtrise plus que bien. Animal, Free, Ain’t coming back… cèdent la place à Blue jean blues, une reprise de ZZ Top, un… blues qui ralentit le tempo permettant à chacun de souffler un peu. Horror visison, plus roots et rageur suit avant que Zodiac ne freine de nouveau avec une autre reprise: Cortez the killer, originellement écrite par Neil Young. Cette ballade qui monte en puissance offre aussi quelques longueurs, mais c’est bien le seul faux pas de ce concert qui repart de plus belle avec le très rock Diamond shoes, sur lequel deux couple se mettent à danser un rock endiablé. Le quatuor dépoussière ensuite Upon the stone, un titre de son premier album, avant de faire le grand écart et conclure avec le morceau éponyme de son dernier album, Grain of soul, dont pas moins de 6 titres auront été présentés ce soir. Enfin, après un long rappel (Coming home), Zodiac salue ce public  venu trop peu nombreux. Encore une fois, les absents ont eu tort car non seulement l’affiche valait le détour, mais en plus, découverte pour moi ce soir, la Flèche d’Or est une salle très agréable.

 

 

Interview: HAMMERFALL

Rencontre avec Joacim Cans (chant) et Pontus Norgren (guitare) (HAMMERFALL). Propos recueillis à Paris, le 6 septembre 2016

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Metal-Eyes : Selon vous, Hammerfall en 2016, c’est quoi ?

Joacim : Ouh… Je pense que nous sommes en réalité plus forts que jamais. (r)Evolution était une vrai claque, même pour nous, et revenir avec autant de…hargne, tant d’énergie. Nous avons conservé cette énergie et l’avons retranscrite sur ce nouvel album, et je crois que c’est ce que nous sommes. C’est ici et maintenant. Nous sommes une bande de jeunes hommes en pleine forme, voilà ce que nous sommes.

Pontus : Pour moi, c’est pareil. Nous avons trouvé une recette pour conserver cette énergie. Comme l’a dit Joacim, après le break, nous avons trouvé ce rythme, et cette formule, pour renforcer cette énergie, éviter de retomber dans les vieilles habitudes, et ce genre de choses. Faire un pas en avant.

Metal-Eyes : Ce break était donc nécessaire pour la survie de Hammerfall ?

Joacim : Plus qu’on ne pourrait jamais l’imaginer…

Metal-Eyes : Dans deux ans, Hammerfall célèbrera son quart de siècle, Joacim, tu fais partie du groupe depuis maintenant 20 ans. Pouvais-tu imaginer toujours faire partie de Hammerfall il y a 20 ans ?

Joacim : Non… En fait, ce n’est pas évident… J’essaie de vivre une année à la fois. Quand nous avons publié le second album (Legacy of kings en 1998) je me suis rendu compte que quelque chose de spécial se passait. J’ai pris, dès lors, les choses un album à la fois. Je ne pense pas qu’on s’attendait à être à ce niveau, en tout cas. Que Hammerfall soit toujours présent, oui, mais continuer de tourner à travers le monde, pour des gens qui nous aiment vraiment… Nous avons su nous distinguer, faire évoluer ce genre, c’est ce que nous sommes. Je suis toujours aussi fier d’être présent après 20 ans !

Metal-Eyes : Dans quel sens vous distinguez vous?

Joacim : Nous faisons la musique que les gens veulent entendre. Notre dernière tournée est celle qui a rencontré le plus de succès. Aujourd’hui, il y a déjà beaucoup de places vendues pour notre tournée à venir… Les gens ont envie de vois Hammerfall.

Metal-Eyes : A ce sujet, il n’y a pas de date prévue en France. J’imagine que d’autres concerts vont être ajoutés ?

En choeur : Oui !

Joacim : Le Stade de France n’était pas libre… (rires) On veut garder un certain niveau, et ce n’est pas toujours facile. On a une grosse production, un camion… Et dans certaines salles, on ne peut rien utiliser. C’est très frustrant, tant pour nous que pour les fans. Il vaut mieux qu’ils se déplacent, pas trop loin, parfois. On cherche une salle de bonne taille à Paris. Il reste une date libre sur le planning, pour Paris.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous, tous les deux, l’évolution de Hammerfall entre (r)Evolution et Built to last ? Le break fut nécessaire, vous êtes revenus avec énergie, cependant, il y a une évolution entre ces albums.

Joacim : C’est comme un bon champagne (rires)! Nous avons mûri pendant deux ans, maintenant nous sommes devenus vintage (rires des deux) !

Metal-Eyes : Bon, au revoir alors!

Joacim : Non, sérieusement…Je pense que… C’est difficile à décrire. On vieilli et plus on vieilli, mieux on sait ce que l’on souhaite faire et obtenir. Je pense que nous avons simplement développé… La formule que nous avions développée sur (r)Evolution, nous l’avons reprise et poussée plus loin. Disons à tous les niveaux : la composition, les différents producteurs impliqué… Qui fait quoi, à quel moment, qui s’occupe de la batterie, de la guitare, du chant ? Qui s’occupe du mixage ? Et, aussi, le fait que nous ayons changé de label nous a donné une nouvelle énergie. Nous avons besoin d’un label qui croit que Hammerfall est encore un groupe d’avenir. La différence principale, c’est qu’aujourd’hui nous savons ce que nous voulons faire pour le reste de nos vies en tant que musiciens.

Metal-Eyes : Au sein de Hammerfall ? J’imagine que cette « recette » dont vous parlez ne serait pas utilisée au sein d’un autre projet.

Joacim : Au sein de Hamerfall, oui. Hammerfall, c’est Hammerfall. Oskar a formé ce groupe en 1993, je suis arrivé en 1996 et nous avons en quelques sortes tout redémarré. Nous l’avons fait parce que nous adorons le heavy metal. On nous demande souvent « pourquoi ne jouez-vous pas la musique que le public veut entendre ? » Eh bien, parce que nous jouons la musique que nous aimons. A mon avis, c’est ça, cette recette, celle du succès.

Metal-Eyes :Une nouvelle fois, le titre de l’album sonne comme un message, « Hammerfall n’est pas près de disparaitre ».

Joacim : Oui, mais pas que… L’album est constitué de 10 chansons solides, 10 chansons qui ne seront pas oubliées de si tôt. Cet album, je l’espère, est là pour rester, et on s’en souviendra après la disparition du groupe. Hammerfall a pour principe de se battre pour le metal et rien d’autre. Cela aussi est fait pour durer. Ça fait 20 ans que ça dure.

Metal-Eyes : Comme je vous l’ai dit avant de débuter cette interview, je n’ai pas encore eu le temps de vraiment écouter Built to last. Que pouvez-vous me dire pour me convaincre de l’acheter ?

Joacim : Dans ce cas, normalement, tu sais ce qu’est Hammerfall. Mais si tu n’as jamais écouté le groupe auparavant, alors, voici : il s’agit de pur heavy metal, avec des mélodies, de l’émotion. Si tu veux des chansons accrocheuse, des mélodies entraînantes, de solos de guitares bien exécutés, du gros son, alors tu devrais écouter Hammerfall. Nous sommes un de ces groupes qui étaient présents au milieu des années 90 pour ouvrir les portes à une nouvelle vague de… à la « nouvelle vague de la nouvelle vague du heavy metal » pour ainsi dire !

Pontus : Hammerfall a toujours fait la même chose, a publié son premier album taillé dans le roc, et ce fut comme une déclaration : du metal avec des mélodies.

Metal-Eyes : Il y a en effet des chansons qui sont taillées pour la scène et écrites pour faire participer le public.

Joacim : Oui, le premier single qui sort en septembre, Hammer high, est selon moi un titre très efficace. Quand le public écoutera cette batterie au début puis la mélodie, les fans vont devenir dingues !

Metal-Eyes : Si vous ne deviez retenir qu’un titre de ce nouvel album pour décrire ce qu’est Hammerfall aujourd’hui, quel serait-il?

Joacim : Encore une question difficile… Nous avons publié cette lyric video il y a quelques semaines, pour Sacred vow. Je pense que ce morceau possède l’énergie, la variété, les chœurs, le chant haut perché, je pense que cela résume plutôt bien ce que nous sommes aujourd’hui.

Metal-Eyes : Pontus, ton avis?

Pontus : Je suis d’accord, parce que cela donne une bonne idée de ce qui arrive. De ce que les fans vont découvrir, bientôt.

Joacim : oui, Sacred vow représente bien le groupe.

Metal-Eyes : PArlons de vos concerts: il y a toujours un spectacle avec Hammerfall, prévoyiez vous quelque chose de spécial ? Pour votre passage au Stade de France ?

Joacim : (rires) Nous devons rester simples… Comme tu l’as dit, nous avons toujours quelque chose de particulier, de théâtral. Quand nous avons commencé à tourner, en tête d’affiche, nous utilisions de la pyrotechnie, ce que personne, à l’époque, ne faisait. Maintenant, tout le monde es’en sert, alors on s’est dit « trouvons autre chose ». Alors, bien sûr, nous défendons un nouvel album, nous allons inclure de nouveaux titres, et c’est une bonne chose pour de nombreuses personnes. Il y a toujours une nouvelle génération de fan qui assiste à nos concerts, des gens qui voient Hammerfall pour la première fois. Nous devons simplement leur montrer ce qu’est Hammerfall : de l’énergie, et nous invitons les fans à participer, à faire partie du spectacle, ce qui est, je pense nécessaire. Car ils nous donnent quelque chose, et nous leur rendons, ça nous booste tous. C’est un échange. Si tu ne comprends pas le concept, sans doute devrais-tu plus participer, t’investir…

Metal-Eyes : Qui dessine vos costumes? Et comment décidez-vous de ce que vous porterez sur scène ?

Joacim : (à Pontus) Comment choisis-tu, toi ?

Pontus : Moi, un string en cuir ! (rires) avec des piques !

Joacim : à l’intérieur !

Pontus : On travaille avec plusieurs designers. Bien sûr, nous avons des idées, chacun de nous ; Je travaille, Joacim aussi, avec un gars de Malmö, en Suède, qui nous aide à finaliser nos idées. A la base, les idées viennent de nous, plus ou moins. Même s’il s’agit de cuir. Nos costumes de scène sont individuels, mais partent d’une idée, plusieurs que l’on met en commun.

Metal-Eyes : Toujours, j’imagine, dans l’esprit visuel de ce qu’est Hammerfall?

Joacim : Oui, nous avons besoin de… On ne pourrait pas monter sur scène n’importe comment.

Metal-Eyes : Vous ne pourriez pas monter sur scène en string…

Joacim : Sous nos pantalons en cuir, oui! On doit trouver ce qui correspond à l’image de Hammerfall. Plus tu vieillis, plus délicat tu deviens… Je ne peux pas ressembler à quelqu’un qui va au carnaval !

Metal-Eyes : Certains l’ont fait…

Joacim : Et beaucoup se sont plantés… Dans le groupe, nous avons des personnalités très différentes. Oskar aime porter du cuir, des chaines et ce genre de choses, et ça marche pour lui. Si je portais ça, j’aurai l’air ridicule, parce que je suis un peu plus… disons bien habillé, version metal.

Metal-Eyes : Conventionnel, donc?

Joacim : Oui, c’est ça.

Metal-Eyes : Hammerfall dispose désormais de 10 albums dans lesquels choisir ses morceaux. Comment décidez-vous de votre setlist ?

Joacim : Autour d’un verre de champagne et de gants de boxe !

Metal-Eyes : Et celui qui gagne…

Joacim : Impose aux autres!

Metal-Eyes : J’imagine que pour votre plaisir, il faut renouveller les chansons, certaines doivent être jouées, parce que le public les attends. Comment choisissez vous les autres ?

Joacim : Parfois, tu dois faire des sacrifices. Pour moi, on se pose la question : allons-nous faire une tournée « greatest hits » ? Chaque tournée est un « greatest hits tour », car nous jouons au moins une chanson de chaque album, ou deux. Evidemment, nous mettons en avant le dernier album, avec deux chansons au début du concert, pour ensuite explorer les morceaux plus anciens, et le concert termine avec cette explosion de hits – si on a des hits…J’aime aussi surprendre le public comme sur la dernière tournée ou nous avons joué This enemy is necessary qui est un de nos gros succès. Elle a été jouée en seconde position, ce qui a fait délirer les gens. Maintenant, avec 10 albums, nous devons retirer quelques chansons, mais on doit rendre les gens contents, nous devons trouver de la satisfaction…

Pontus : et garder assez d’énergie sur l’ensemble du concert.

Joacim : Les gens doivent être surpris.

Metal-Eyes : Techniquement, y a-t-il des chansons que tu ne peux plus interpréter ? Et, pour tous les deux, y a-t-il des chansons que vous voudriez ne plus jouer car vous vous en lassez ?

Joacim : Je ne suis lassé d’aucune chanson. On a joué Hearts of fire tant de fois, mais, à chaque fois que nous la jouons, les fans deviennent dingues. Et cette réaction, ils chantent, dansent, c’est pour ça que nous avons écrit cette chanson. Et nous en sommes fiers !  Bien sûr, il y en a qui sont plus compliquées à interpréter live, comme celles avec un chant très haut. Elles pourraient me faire du mal vocalement, mais…

Metal-Eyes : Tu peux encore toutes les chanter aujourd’hui, donc ?

Joacim : Oui… Peut-être pas Sacred vow, en fait

Metal-Eyes : Pontus, ça fait moins longtemps que tu es dans le groupe, y a-il des chansons, auxquelles tu n’as pas participé, par exemple, que tu voudrais ne plus interpreter?

Pontus : Ca n’a pas d’importance… Je suis arrive dans le groupe en 2009, et, si je regarde les anciens titres… Il y en a tant! Et je ne crois pas que nous ayons tout interprété.

Joacim : Il y a encore des chansons qui n’ont pas été jouées live…

Metal-Eyes : Ca pourrait constituer une belle surprise pour le public…

Joacim : Oui, ça pourrait l’être. On en a parlé récemment, d’ailleurs…

Pontus : Jouer des morceaux que personne ne veut entendre !

Joacim : Exactement (rires) !

Metal-Eyes : Sans doute le public apprécierait-il de les entendre live aussi.

Pontus : Nous pourrions jouer n’importe quelle chanson live, aujourd’hui, sans probleme mais, comme nous l’vons dit, trouver une setlist signifie trouver le bon rythme, le bon équilibre. On ous reprochera toujours de n’avoir pas joué telle chanson, on nous demandera pourquoi telle autre n’a pas été jouée, et c’est normal : nous avons désormais presque… 120 chansons ! Le truc c’est de trouver… Je crois que nous avons surpris le public la dernière fois en jouant un medley, ce que nous n’avions jamais fait avant. Extraire de très bonnes parties de chansons que nous n’aurions pas le temps de jouer en entier…

Joacim : Et là, il s’agissait principalement d’un medley de riffs de guitars, sans chant, et le public, malgré tout, est devenenu dingue.

Pontus : Et ils ont pug outer des chansons impossible à jouer, ells durent 6, 7 minutes et ça bouffe trop  de temps. Il y a des obligations, un timing, et ce genre de choses. On verra ce que nous ferons pour la prochaine tournée. Peut-être ferons  quelque chose de similaire…

Joacim : Au moins, nous devons montrer que nous osons tenter quelque chose de neuf, live. On n’a pas besoin d’ajouter de la pyrotechnie, des explosions de gaz, il y a d’autres moyens d’innover pour un spectacle.

Metal-Eyes : Quand vous n’êtes pas en tournée, comment aimez-vous occupier votre temps?

Joacim :Boire du champagne, beaucoup de champagne! (rires)

Metal-Eyes : Celui-ci est ton champagne, c’est ça? (je désigne sa pinte de bière)

Pontus : (rires) Oui, c’est mon champagne!

Joacim : Un très mauvais champagne…. Je cours beaucoup, j’essaie de courir trois fois par sempaine pour rester en forme. J’ai vu mes amis, à l’age de 45 ans, grossir, vraiment… Avoir des problèmes  cardiaques, de cholestérol… ; J’ai décidé de m’assagir et de prendre soin de moi. Mais : j’adore le champagne et c’est devenu un nouveau hobby.

Metal-Eyes : (à Pontus, toujours en désignant sa bière) Et toi, comme le dissent les Américains, tu pourrais dire “Older, Budweiser”…

Pontus : Excatement, exactement. (rires)

Metal-Eyes : Qu’aimes-tu faire?

Pontus : Je suis un dingue de technologie, je m’occupe beaucoup de musique: je produis beaucoup, j’ai mon proper studio, je fais beaucoup d’enregistrements live en accompagnant d’autres groupes. Je suis dans le business tout le temps quand je suis  off. Lorsque je suis à la maison, je travaille avec des entreprises spécialisées dans le son…

Metal-Eyes : Une dernière chose: y-a-t-il des endroits dans Paris où vous aimez passer un peu de temps quand vous avez un peu de repos?

Joacim : On n’a jamais de pause quand on vient à Paris, malheureusement. J’aime marcher dans Paris, flaner, c’est une ville faite pour marcher. A chaque fois que je veux aller aux catacombes, c’est fermé ! Mais c’est un lieu que je veux vraiment visiter. J’aime marcher le long de la Seine, observer, c’est… superbe.

Pontus : Oui, Paris est une ville faite pour la marche, c’est vrai. On a vu Montmartre, mais n’avons jamais visité…

Joacim : Ah, si, j’adore les terrasses d’angles de Paris, c’est genial!

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui les rend si particulières?

Joacim : Parce que ça n’existe pas en Suède! Tous les bars, petits restaurants avec ces terrasses en angles, ou même, ces tables intérieures qui te permettent d’observer deux côtés… On n’a pas ça en Suède. C’est limité, « non, non, non … »

Metal-Eyes : Merci à tous les deux. Avez-vous une dernière chose à dire pour nos lecteurs ?

Joacim : J’espère que vous aimerez le nouvel album. Dans le cas contraire…. « Shit happens ! » (rires). Non, comme je l’ai dit, nous sommes encore jeunes d’esprits et…

Pontus : … avons la chance de pouvoir continuer de faire ce que nous faisons.

Joacim : Mais jamais sans les fans !