KNOTFEST: Une raison de plus de se rendre à Clisson

L’an prochain, le 20 juin 2018, à la veille de l’ouverture des portes de la cathédrale de notre pèlerinage annuel,  le Hellfest accueillera sur ses Mainstages le Knotfest. Les deux scènes principales seront consacrées pour l’une aux groupes américains (Sick of it all, Ministry, Papa Roach, Rob Zombie et Slipknot) et pour l’autre aux formations européennes (Amaranthe, Behemoth, Amon Amarth, Powerwolf et Sabaton). Du grand spectacle en perspective.

Le festival est ouvert à tous, les billets, en ventes depuis le 7 décembre, toujours disponibles au tarif de 66,60€ sur le site www.knotfestfrance.com. La capacité est limitée au public des Mainstages, à savoir 40.000 spectateurs maxi. Il n’y aura donc pas de place pour tout le monde!

Attention également: le camping ne sera ouvert qu’aux détenteurs d’un pass Hellfest valable pour minimum la première journée du festival. Le Hellcity Square, Metal Market et autres lieux seront toutefois accessibles à tous.

Quelques habitudes seront changées afin de faciliter la circulation: la pose bracelets commencera dès le jeudi 20 juin à 10h. Les portes de la cathédrales ouvriront à 16h et le premier groupe du Knotfest sera sur scène à 17h. Rendez-vous le 20 juin, donc!

 

AMON AMARTH: The pursuit of vikings

Death mélodique, Suède (Sony music/Metal Blade records, 2018)

25 ans! Voici un quart de siècle que sévissent les vikings de Amon Amarth. Et ça, les amis, ça se fête. Les Suédois nous offrent pour l’occasion The pursuit of vikings, un superbe Blu Ray et CD bourré de son et d’images. Le CD retrace le concert que le groupe a donné au Summer Breeze festival le 17 août 2017 (sur la mainstage, comme précisé un peu partout). 15 titres puissants, parfaitement exécutés et produits. Bien sûr, le dernier album studio, Jomsviking, est mis en avant avec pas moins de 5 titres, le reste de la discographie étant également bien représenté. Cependant, malgré toutes les indéniables qualités du CD, c’est surtout le BluRay qui vaut le détour: Amon Amarth, via chacun de ses membres, se dévoile et raconte l’histoire du groupe dont on découvre nombre de détails. On retiendra ainsi l’épisode du tape trading des débuts, époque à laquelle « quand tu écrivais une lettre, tu y mettais toute ton énergie », ou celui de ces premiers concerts foirés car les jeunes musiciens étaient trop bourrés pour arriver à la salle. Electrochoc et première leçon de professionnalisme…  Les nombreux témoignages apportent également un autre éclairage; on retrouve Brian Slagel ou Peter Tägtgren parmi d’autres moins connus. Les images d’époques rappellent à quel point ce groupe de death metal, brutal et extrême, a su évoluer vers un heavy metal racé et puissant tout en restant fidèle à ses aspirations originelles.  Le reportage nous permet aussi de rentrer dans l’intimité des musiciens: des témoignages sur les début du groupe aux premiers jobs, en passant par les apparts dans des tours, rien ne semble caché ou oublié. Certainement pas le travail et l’application que met chacun afin de faire grandir Amon. Travail dont le résultat se retrouve sur scène, et le Summer Breeze en est un superbe témoignage. Le groupe y met tout son cœur, la setlist aussi puissante que la pyro est efficace. Les image et le son sont irréprochable. En un mot comme en cent, ce live est un superbe produit qui devrait faire des heureux à Noël. C’est bientôt, alors…

Interview: THE HEARD

Vous vous souvenez de Klara Force? La guitariste de feu Crucified Barbara revient, accompagnée de Nikki et Ida, avec son nouveau projet, The Heard. De passage à Paris, Metal Eyes est allé l’interroger ainsi que la chanteuse Pepper Potemkin. Interview fun, décontractée pour présenter un projet simplement hard rock… A découvrir et à soutenir, The island, le premier album sortant le 2 novembre.

Interview THE HEARD. Entretien avec Klara Force (guitare) et Pepper Potemkin (chant). Propos recueillis à Paris le 2 octobre 2018

 

Metal-Eyes : Nous n’allons pas parler des raisons qui ont mené au split de Crucified Barbara sauf si tu le souhaites. Le split a eu lieu en 2016, comment as-tu occupé ton temps depuis, Klara ?

Klara : Principalement en composant de la musique et en formant The Heard. Il y a eu d’autres choses : des études en religion et journalisme, mais le principal a été la musique.

Metal-Eyes : Tu avais déjà The Heard en tête ?

Klara : Non, j’avais de la musique en tête, pas spécialement The Heard qui a grandi pour devenir ce groupe au gré du temps. Mais j’avais véritablement encore beaucoup de musique en moi, et c’était pareil pour Nikki et Ida. On a un peu jammé, écrit quelques riffs qui sonnaient plutôt bien, alors pourquoi ne pas lancer un nouveau groupe ?

Metal-Eyes : Nous allons en parler dans un moment. Pepper, nous te connaissons peu, en dehors du cadre de tes performances en tant que « femme burlesque » (elle rit). Peux-tu nous en dire un peu plus à ton sujet ?

Pepper : Eh bien, je viens d’une petite ville à côté de Stockholm qui s’appelle Gustafsberg et j’ai toujours fait de la musique, principalement chanté, depuis que je suis toute jeune. Tu sais : chanter avec des groupes de reprises, aider à faire des démos. J’ai toujours voulu être sur scène, d’une manière ou d’une autre. Quand j’ai commencé à faire du burlesque, c’était le premier pas vers la scène. Ensuite, j’ai ajouté de la musique et maintenant me voici ici, avec The Heard.

Metal-Eyes : Alors comment vous êtes-vous trouvées ?

Klara : On se connait depuis quelques années, tu sais, des visages familiers que tu croises en concerts…

Pepper : Nous sommes toutes de Stockholm, alors on s’est toujours croisées, on se rencontrait de temps à autres. Un jour j’ai rencontré Ida dans le métro, et elle m’a demandé ce que je faisais. Je rentrais, et je lui ai dit que j’allais écouter des disques et chanter, me projeter dans la peau d’une chanteuse de rock. Elle m’a proposé de venir faire un saut à leur local de répétitions histoire d’écouter ce qu’elles faisaient. Pourquoi pas ? Elle m’a envoyé quelques titres, j’ai bien aimé et quelques jours plus tard, je les retrouvais au studio. Ce fut un coup de foudre visuel et auditif ! (Rires)

Metal-Eyes : Nikki et Ida te suivaient également depuis le split, elles aussi avaient encore beaucoup de musique en elles ?

Klara : Oui, c’était une période triste, mais en même temps une période de soulagement. Un temps de renouveau : ok, on n’en a pas terminé toutes les trois, continuons de répéter. Au fur et à mesure, ce projet devenait de plus en plus sérieux, il nous fallait trouver un chanteur et un second guitariste. « Ce qu’on fait sonne putain de bien, il faut qu’on monte un groupe ! »

Metal-Eyes : Et ce n’est pas un groupe entièrement féminin puisque le second guitariste Skinny de Deathstars. Etait-ce un choix ou était-il simplement la meilleure option à ce moment-là ?

Klara : En fait, je n’ai jamais pensé au genre lorsqu’il s’est agit de choisir les musiciens. Ça a toujours été le talent et les aspects humains, et Skinny se trouve être un vieil ami. Ce n’est pas qu’une question de talent – même si Skinny et moi en somme bourrés – il s’agit aussi de l’alchimie entre nous. Tu dois travailler avec des gens avec lesquels tu aimes traîner mais aussi qui partagent la même vision que toi. Et c’est pareil pour toi (elle s’adresse à Pepper), vous étiez, toi et Skinny, tous deux…

Pepper : … affamés (rires)

Klara : Oui, oui, mais vous étiez sur la même longueur d’ondes que nous en ce qui concerne l’orientation musicale. On a répété à quelques reprises avec Skinny et puis tu es arrivée.

Metal-Eyes : Comment avez-vous travaillé ce premier album, The island ?

Klara : Nous avons commencé à écrire de la musique sans savoir qu’il allait s’agir d’un album conceptuel. Mais après quelques chansons, on s’est dit qu’il y avait un lien entre ces chansons, quelque chose de plus. Alors on s’est dit « merde, on va faire un concept album ! ». Quelque chose que nous n’avions jamais fait auparavant.

Pepper : C’est également quelque chose de très intéressant que de réaliser un  album conceptuel.

Metal-Eyes : De quoi traite cet album ? une île, bien sûr, mais que s’y passe-t-il ?

Klara : Beaucoup de choses ! C’est un endroit imaginaire inspiré par une île de la mer Baltique, pas loin de Stockholm. On a lu et entendu beaucoup d’histoires effrayantes au sujet de cette île.

Pepper : Nous y avons ajouté des créatures et autres histoires…

Klara : Oui. On a utilisé cette histoire comme base et avons laissé notre imagination et nos fantasmes grandir : on a ajouté des personnages, les avons fait vivre nos aventures sur cette île. En fait, les chansons sont comme de courtes histoires.

Metal-Eyes : Tu as dit que tu avais notamment étudié la religion. As-tu mis une partie de ces études dans les paroles de ce disque ?

Klara : Oh oui (rires). Par exemple, la chanson Tower of silence est inspirée par l’ancienne religion zoroastrique. Une tour du silence est comme un cimetière où tu place tes défunts, en haut d’une tour plutôt que dans la terre. Le zoroastrisme considère la terre comme sacrée, alors on n’enterrait pas les morts car cela souillerait la terre. On les plaçait très haut, dans une tour où les oiseaux mangeaient les cadavres.

Metal-Eyes : Sympa comme concept (rire général)

Klara : Bien sûr, nous avons placé notre tour du silence sur notre île.

Pepper : Nous voulons une île propre.

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de monde sur cette île ?

Klara : Oh oui : il y a la reine Scarlett, la reine Dame de la Colline, le bourreau et toute ses victimes passées.

Metal-Eyes : Et il faudra que chacun meure à un moment… Musicalement, ce que j’ai entendu est du rock très inspiré par les années 70, ce n’est pas du hard rock aussi direct que ce que pouvait proposer Crucified Barbara. Y avait-il une volonté de ta part Klara, malgré le retour de 3 ex Crucified Barbara, de t’éloigner de ce hard rock, une façon de dire « ce n’est pas le même groupe » ?

Klara : Ce n’est pas le même groupe du tout, ce n’est pas un Crucified Barbara numéro 2. C’est quelque chose de complètement différent, c’est The Heard. Il ne s’agit pas non plus de changer pour changer, de prouver que nous pouvions faire quelque chose d’autre. Nous voulions changer et aller dans la direction que nous souhaitions suivre, en tant que groupe. La musique que nous jouons est celle que nous aimons, elle correspond à nos goûts.

Metal-Eyes : C’est à espérer !

Pepper : Ca n’aurait aucun sens autrement !

Metal-Eyes : Nous avons parlé du concept. L’album commence avec le morceau titre, The island et se termine avec Leaving the island. Une fois que vous avez quitté cette île, où pensez-vous que le groupe va atterrir ?

Klara : Euh, nous allons… Je ne sais pas où nous allons nous trouver ! (rires) Il est trop tôt pour le dire, mais il ne s’agit pas du seul album que nous allons faire. Nous avons déjà un paquet d’idées.

Pepper : Oui, il y a des chansons qui sont déjà bien avancées, alors…

Metal-Eyes : Ce dernier morceau est une ouverture vers quelque chose d’autre. En tant que groupe de rock, et tu le sais parfaitement, Klara, la musique se passe aussi sur scène : quels sont vos projet de concerts ?

Klara : Précisément, je ne sais pas… Mais on veut jouer.

Pepper : Jouer le plus possible. Les festivals d’étés seraient super, bien sûr, mais nous devons attendre que l’album soit sorti, le 2 novembre.

Klara : On a déjà donné quelques concerts, et c’était top.

Metal-Eyes : Vous avez un concept sur scène, également ?

Klara : D’être géniaux ! (rire général)

Metal-Eyes : Etre génial, c’est un fait ou ça ne l’est pas !

Pepper : Je sui vraiment dans le visuel, alors, pour moi, venir de la scène burlesque me donne cette pensée visuelle et j’essai vraiment d’atteindre le public jusqu’au fond, de telle sorte que chacun puisse se sentir faire partie de la fête. Ce n’est pas qu’une question de monter sur scène et d’interpréter les chansons de la meilleure manière possible, il faut aussi les lier entre-elles, raconter les histoires, les prendre à bras le corps… Comment raconter une histoire à chaque fois.

Klara : Et tu es très mobile, il y a beaucoup de mouvement avec toi. Ce n’est pas typique du metal, hard rock. C’est très intéressant pour moi d’observer tout cela : des robes amples, de grands gestes que je n’ai pas l’habitude de voir. C’est très sympa de voir quelque chose qui n’est pas que… du headbanging… C’est fun, différent.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous la musique de The Heard à quelqu’un qui ne vous connait pas encore ?

Klara (elle réfléchit): Je ne pourrais pas ne pas utiliser le terme de hard rock. Hard rock fera partie de la description (Pepper approuve).

Pepper : Beaucoup de personnes à qui on a parlé ont également mentionné le doom.

Klara : On n’a pas cherché à faire du doom, mais beaucoup le disent, alors on se trouve dans le spectre du doom, sans doute…

Pepper : C’est un peu comme du hard rock brillant, mystique et mystérieux…

Metal-Eyes : Mystique et mystérieux ?Le doom vient sans doute de cette influence 70’s que l’on retrouve…

Toutes deux : Oui, absolument.

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir chacune qu’une chanson de The island pour présenter le groupe, une qui soit typique de The Heard, laquelle serait-ce ?

Klara : Aucune… c’est impossible parce qu’il n’y en a pas une qui soit typique. Elles sont toutes représentatives du groupe mais pas une ne nous résume. C’est un album concept alors… Par exemple, Silence est très douce et calme. Je dirais volontiers « écoute Silence, j’adore cette chanson, mais elle n’est pas représentative de l’album. On pourrait aussi parler de Revenge qui est agressive, rapide. Je l’adore aussi. Il faudrait un peu de tout pour que tu puisses te faire une idée du groupe.

Metal-Eyes : Ce qui sous entend qu’il n’y a pas de single évident sur cet album…

Klara : Ça a été difficile de choisir. On a décidé de retenir Tower of silence comme premier extrait, mais ça a été difficile de faire un choix, à cause de ça.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui vous a fait opter pour Tower of silence ?

Klara : C’est une bonne chanson.

Pepper : Oui.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que les autres ne le sont pas ?

Klara : Non !

Pepper : Non, elles sont super bonnes (rire général) On a pensé qu’une chanson rapide serait un bon début.

Klara : Mais ce ne fut pas un choix facile. On en a beaucoup parlé.

Pepper : Il y avait toujours des discussions, « oh, celle-ci, non, celle-là ! Oh, laquelle, nom de Dieu ? » (rires)

Metal-Eyes : Comment avez-vous enregistré cet album ? Ensemble en studio, à l’ancienne, ou chacun de votre côté en vous envoyant vos pistes ?

Klara : On a beaucoup écrit ensemble au local de répétitions, mais aussi à la maison, et chacun venait avec ses idées. On a bien travaillé la pré-production à la maison. On a enregistré les démos à la maison en faisant attention aux détails, dans le mix, les arrangements, et ne pas laisser de place au hasard. Nous étions bien préparés en entrant en studio, même s’il y a eut quelques changements de dernière minute… Ensuite, on a enregistré la basse et la batterie ensemble, puis ce furent les guitares, et enfin, le chant, le melotron…

Pepper : Ton préféré ! (rires)

Metal-Eyes : Il vous a fallu combien de temps ?

Klara : Environ trois semaines. Mais pas d’affilée.

Pepper : On a beaucoup travaillé de nuit…

Klara : Notre budget était restreint, donc on a pu louer le studio que lorsque ceux qui payaient plus n’était pas là : en soirée et la nuit…

Metal-Eyes : Donc ils avaient le confort, vous aviez le dur labeur…Quelle pourrait être, en tant que nouveau groupe, la devise de The Heard, celel que vous écririez sur tous vos futurs albums ?

Klara : Hum… Question difficile… Ça pourrait être quoi ? « Guide-moi vers une suprême mort»… C’est une de nos chansons…

Pepper : Oui ! (rires) Je suis preneuse aussi.

Metal-Eyes : « Suprême mort », ce n’est pas « mort suprême »… Quelle en est la signification ?

Klara : C’est un hommage à l’album de John Coltrane, Love supreme. C’est aussi l’histoire de la femme folle de la colline qui vient sur l’île pour réaliser sa carrière créative, mais elle craque à cause de ses démons intérieurs, trop d’alcool… Elle craque et se laisse tenter par ces appels d’une « mort suprême » que lui lance l’île.

Metal-Eyes : Klara, la dernière fois que nous nous étions rencontré, c’était avec Crucified Babara, un groupe engagé dans la cause féministe. J’imagine que cette cause vit encore en toi. Comment l’intègres-tu dans The Heard ?

Klara : Elle est évidemment présente.

Metal-Eyes : Sur la couverture de l’album, d’ailleurs, ce n’est pas Jésus qui marche sur l’eau, c’est une femme.

Klara : C’est Pepper…

Pepper : C’est moi ! (rires) Je suis Jésus, tu ne l’as pas remarqué ?

Metal-Eyes : Ça tombe bien, on a besoin de quelques miracles en ce moment…

Pepper : Oui, je suis là pour vous sauver, tous ! (rires)

Klara : Par exemple, la chanson Revenge a été fortement inspirée par le mouvement MeToo qui parle des sorcières qui se vengent du bourreau qui les a condamnées à mort. Maintenant, il est temps pour les sorcières de se venger : « pendez le bourreau haut et court et brûlez le vivant ». C’est agressif, mais l’an dernier était l’époque qui a permis à certaines femmes de lancer ce mouvement et de prendre leur revanche. Obtenir justice, même si ce n’était pas par le biais de la justice.

Metal-Eyes : Pour terminer, quelle a été la meilleure question, la plus étonnante ou surprenante qui vous ait été posée aujourd’hui ?

Pepper : Oh waow… Pas évident… On en a tellement eu…

Klara : On a eu beaucoup de questions intéressantes, des thèmes différents. Avec toi, maintenant, au sujet de notre concept, de féminismes, mais quelqu’un a aussi voulu aborder le sens profond des paroles… Je trouve ça très sympa d’avoir ce type d’interviews qui nous sortent du «  super, rock’n’roll, c’est génial… » Ça change, et ça nous correspond.

Metal-Eyes : Donc pas de question plus surprenante qu’une autre ?

Pepper : Celle-ci ! (rire énorme)

Klara : Oui, celle-ci ! Elle nous force à nous rappeler. Tu sais, historiquement, les questions les plus dures sont généralement déplacées, et on n’en a pas eu de ce type, heureusement.

Pepper : Tu es celle qui a cette expérience, je n’y ai pas encore eu droit !

Klara : Les plus ennuyeuses sont du style « oh, Crucified Barbara, vous avez splitté… Quelle dommage… » Je le comprends, et ça ne me dérange pas trop, mais quand tu viens avec ce nouveau projet qui t’emballe tant et que quelqu’un veut revenir sur une période vraiment triste de ta vie, c’est dur.

Metal-Eyes : Une dernière chose à ajouter pour les lecteurs de Metal-Eyes ?

Klara : Soyez prêts à nous accueillir, et contactez nous sur les réseaux sociaux afin de nous laisser savoir ce que vous pensez de notre musique.

Pepper : Tenez-vous prêts pour la sortie de l’album , le 2 novembre !

Metal-Eyes : Comment vous retrouver ? Il y a plusieurs The Heard…

Klara : Oui, mais nous ne sommes pas le groupe de 1965 ! (rires)

Pepper : Ni celui du Canada !

Klara : La page facebook est Theheardofficial, sur instagram, pareil…

Metal-Eyes : Klara, une toute dernière chose : nous avons parlé concert, tu as joué plusieurs fois à Paris : quelle est la salle que tu préfères ?

Klara : On en parlait justement en nous promenant ce matin… Il y a cet endroit qui s’appelle le Divan du Monde. On a donné un super concert là-bas, mais j’ai cru comprendre qu’il n’y a plus de rock dans cette salle… C’est dommage…

Metal-Eyes : Mais il y a d’autres salles à Paris. Tu connais un peu la vilel Pepper ?

Pepper : J’y suis déjà venue, pour danser, mais je ne la connais pas assez bien…

Klara : Le public avait été super, ici. Quand tu penses à la France, ce n’est pas le hard rock qui vient à l’esprit. Mais les gens qui aiment le metal, en France, semblent vraiment s’y dévouer corps et âmes et donnent l’impression de vraiment le vivre à fond. Prendre du bon temps !

 

Merci à Him Media (Elodie et Julien) d’avoir rendu cette interview possible, et merci à Pepper et Klara pour leur gentillesse et leur spontanéité tout au long de cette interview rafraîchissante.

AMARANTHE: Helix

Metal mélodique, Suède (Spinefarm, 2018) – Sortie le 19 octobre 2018

En 2016, Maximalism m’avait quelque peu déçu. Trop dance et racoleur à mon goût. Avec ce cinquième album, Helix, les Suédois d’Amaranthe parviennent à retrouver ma sympathie. Si l’ambiance dancefloor metal est toujours présente, le propos de Helix se fait aussi plus rugueux. On trouve tout au long de cet album des influuences aussi variées qu’Epica (un peu partout), Beyond The Black (Dream), voire même, par instants, de Metallica (les premières mesures de GG6) ou du Rammstein (Breakthrough starshot). Une certaine forme de brutalité ressort des guitares autant que des voix et, naturellement, Helix est émaillé de ces rythmes particulièrement dansants qui font la particularité d’Amaranthe. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter Countdown ou le déjà mentionné Breakthrough starshot au refrain irrésistible. My haven, plus froid et quelque peu prévisible, est moins attirant mais Amaranthe retrouve avec ce nouvel album un peu de sa superbe. A retrouver sur scène avec Powerwolf le 25 octobre prochain au Bataclan!

GHOST: Prequelle

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2018)

Bon, maintenant que la guerre est finie, revenons sur ce dernier opus de Ghost, ce Prequelle qui a fait tant couler d’encre. Pro, anti? Peu importe, après-tout, car depuis quelques années, Ghost se fait plus populaire que jamais. Son hard rock teinté de pop est, reconnaissons le, efficace, enjoué en entraînant en diable. Papa Emeritus a cédé le pas au Cardinal Copia, se dévoilant désormais quasiment sous son vrai visage, celui de Tobias Forge. Musicalement, Ghost continue de suivre le chemin creusé sur les deux derniers albums, et les Rats, Faith, Dance macabre et autres Life etrernal font mouche à tous les coups. On peut être surpris par la douceur de See the light, forgé dans une pop délicate sinon mielleuse. Ou s’interroger sur la nécessité de ce Miasma instrumental – qui par instants évoque Rush. Pile le genre de morceaux qui ont fait jaser il y a encore peu. Les nouvelles goules font le job, c’est le moins que l’on pouvait attendre après la violente séparation d’il y a quelques mois. Bref, si l’image a changé, la musique progresse et continue de se faire séduisante. On attend maintenant de voir le résultat sur scène. Un spectacle qu’on imagine grandiose.

SPIDERS: Killer machine

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2018),

Qu’ils ont le vent en poupe, les groupes suédois! Spinefarm ne s’est sans doute pas trompé en signant les heavy rockers de Spiders, menés par la charmante vocaliste Ann-Sophie Hoyles qui mènent ses compagnons à la baguette. Mélodieux, doux et puissant, son chant est déterminé à séduire l’auditeur. Spiders, avec son nouvel album Killer machine, propose un hard rock typique de ce qui se faisait dans les 70’s. Look inclus. Il suffit en effet de jeter un rapide coup d’œil à la pochette pour comprendre que la période glam est chère au groupe. Alors, bien sûr, la musique évoque Suzy Quatro, un peu de Joan Jett – la « vulgarité » articulaire en moins – et on pense, aussi, au compatriotes de Blues Pills, et, dans sa musicalité dansante et entraînante, à Abba. Le hard rock vintage des Shock and awe ou Burning for you se marient à la tendresse de titres plus rock comme Dead or alive, voire à tendance disco tel Like a wild child, voire au rock direct de Steppenwolf ou, plus récemment de Royal Republic. L’intro – double grosse caisse et guitare dépouillée – de Swan song évoque une version soft du Overkill de Motörhead, en moins rugueux et plus psyché… Une variété parfaitement assumée et maîtrisée.Même le son semble volontairement minimaliste, sans fioritures inutiles. En allant à l’essentiel, Spiders tape dans le mille. Un groupe qu’on espère bientôt découvrir sur scène.

GHOST: Ceremony and devotion

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Qui a déjà vu Ghost live le sait: le groupe frise la perfection à chacune de ses apparitions. Et après seulement 3 albums studio, les Suédois nous offrent enfin un album live, double qui plus est. Le tracklisting de Ceremony and devotion est impeccable, chaque album étant représenté, rien n’étant à jeter. Allez, la seule que l’on puisse regretter? Le public « capté » à San Francisco, trop parfait pour être honnête. Ca sent simplement le travail en studio, tant les interventions tombent pile comme il faut. Mais ne nous arrêtons pas à si peu, la technique a été utilisée tant de fois qu’on n’en est plus surpris. Le principal reste bien le plaisir qu’on a à écouter les Per aspera ad inferi, From the pinacle to the pit, Year zero, Mummy dust… On pourrait tous les citer tant la setlist resseble à un défilé de hits. Ceremony and devotion est le témoignage d’une formation qui, comme d’autres avant elle, a traversé des épreuves qui pourraient remettre en cause son avenir. A suivre lors du prochain Download Paris, en juin prochain, où Ghost nous montrera sans doute un nouveau visage. En attendant délectons nous de cet album délicieusement subversif qui se termine avec l’incontournable speach de Papa Emeritus III précédant Monstrance clock. A savourer vous dis-je!

AVATAR: Avatar country

Heavy metal, Suède (Sony music, 2018)

Depuis quelques albums, Avatar réussit à se diversifier, ne pas se répéter ou tomber dans le piège de la formule. Et si le groupe sait se faire remarquer pour ses prestations scéniques hautes en couleurs, prestations fédératrices s’il en est, il lui reste à franchir le cap de la réalisation de l’album qui fera craquer le grand public. Avatar country pourrait bien être celui-là, plus joyeux qu’un Feathers and flesh sombre. Construit autour de l’histoire d’un roi – chaque chanson et instrumental contient le mot « king » – l’album explore divers horizons, très mélodiques ou plus brutaux. Le chant de Johannes Eckerstöm est plus varié que jamais et le gaillard excelle dans les vocaux  clairs autant que cette rage qui anime sa folie. Les guitares de Jonas « Kungen » – qui tient ici le rôle du roi (cf interview) – et de Tim Öhrström illuminent l’ensemble des chansons, également très variées. Du très heavy metal Legend of the king – véritable introduction après le chant glorificateur Glory to our king – au final instrumental  (les deux parties de Silent songs of the king), en passant par le folklorique The king welcomes you ou le délirant The kings speaks, tout est éblouissant, entraînant, voire fascinant. Même s’il est très « culte de la personnalité », c’est avant tout un disque d’autodérision et de critique acerbe du pouvoir en place. Avatar frappe fort et Avatar country me donne ma première grosse claque de l’année.

Interview: AVATAR

Interview AVATAR : rencontre avec Jonas « Kungen » (guitares). Entretien mené le 11 décembre 2017 au siège de Sony music France, Paris.

 

Être convié à une audience royale ne se refuse pas. D’autant moins lorsque la tête couronnée en question se nomme Jonas « Kungen » Jalsby, guitariste et fondateur d’Avatar, dont le prochain album, Avatar country risque fort de marque durablement l’année 2018. On ne s’adresse pas à un roi comme à n’importe qui d’autre, alors, une fois n’est pas coutume, prenons le ton adéquat et respectueux qui sied.

metal-eyes: Avant de commencer, dois-je t’appeler Votre Majesté, Votre grandeur ou tout simpelment Jonas ?

Sa Majesté Kungen: Mmmhhh… « Votre Majesté » ou « Votre Grandeur » me semble approprié.

metal-eyes: Très bien… Avatar semble avoir trouvé sa vitesse de croisière en publiant un album tous les deux ans. Est-ce une volonté de votre Majesté ou une envie commune du groupe ?

Sa Majesté Kungen: Selon moi, c’est un assez bon rythme car lorsque vous préparez un album, vous plongez tant en vous-même que, lorsque l’enregistrement est terminé, c’est toujours agréable d’avoir un peu de répit, de faire un break pour se vider l’esprit avant de se remettre au travail.

metal-eyes: Et de remonter sur scène également j’imagine.

Sa Majesté Kungen: Bien sûr.

metal-eyes: Comment votre Grandeur décrirait-elle l’évolution d’Avatar entre Feathers and flesh et Avatar country ?

Sa Majesté Kungen: Eh bien, Feathers and flesh est un album très sombre et très sérieux. Ce nouvel album est sérieux aussi, mais il a une touche plus joyeuse. Il est un peu plus entrainant.

metal-eyes: Avatar country mélange joyeusement rugosité, cris, chant clair, du groove, des riffs hypnotiques… J’ai entendu des touches de Joe satriani ou ian Gillan… Qu’avez-vous mis dans ce disque, votre Majesté ?   

Sa Majesté Kungen: Merci… Nous avons mis beaucoup de choses. Lorsque mes ministres et moi nous asseyons pour composer, nous mélangeons toutes nos influences. En ce qui me concerne, il y a beaucoup d’Iron Maiden et du death metal extrême. C’est de là que proviennent les aspects techniques. Ensuite, Tim écoute beaucoup D.A.D qui a beaucoup d’influences country. Tim a beaucoup écouté Van Halen, également, et Ed Van Halen l’a beaucoup influencé pour ses solos. De mon côté, j’ai beaucoup emprunté à Zakk Wylde, dans sa manière de tirer mes cordes, de les attaquer. Ce sont des moments, évidemment… un autre guitariste que j’écoute beaucoup s’appelle Guthrie Govan. C’est un fabuleux  guitariste écossais.

metal-eyes: Et comment travaillez-vous, concrètement ? Est-ce que chacun arrive avec des bout des chansons, des riffs, des idées et vous mélangez le tout pour voir ce qui en ressort ou y at-t-il une direction générale sur laquelle vous travaillez tous ?

Sa Majesté Kungen: D’abord, chacun enregistre toutes les idées qui lui passe par la tête. Ensuite, nous écoutons ensemble et sélectionnons les meilleures parties. Certaines peuvent être plus proche d’une chanson, et Johannes peut alors travailler ses textes

metal-eyes: La musique précède donc les paroles ?

Sa Majesté Kungen: Oui. Lorsque Johannes compose, il peut lui arriver d’écrire d’abord les lignes de chant s’il a une idée de texte, mais normalement c’est d’abord la musique, et nous assemblons les pièces du puzzle.

metal-eyes: Avatar country est un puzzle très épique et cinématographique…

Sa Majesté Kungen: Merci.

metal-eyes: L’labum est très visuel. Pensez-vous que ce visuel peut vivre sans la musique, ou, inversement, que la musique d’Avatar country puisse vivre sans son pendant visuel ?

Sa Majesté Kungen: J’espère que la musique survivra à l’image. Cependant, cela ajoute énormément, c’est certains ! Ce serait beaucoup plus facile pour nous de mionter sur scène et de jouer sans nos costumes.

metal-eyes: j’imagine que pour cette nouvelle tournée Avatar a créé un nouveau spectacle. Qu’a suggéré votre Majesté à vos ministres ?

Sa Majesté Kungen: C’est en cours… Nous allons répéter et je suis certain d’imaginer ce qu’ils pourront faire de mieux.

metal-eyes: La statue du roi fera-t-elle partie du décor ?

Sa Majesté Kungen: Je n’en suis pas certain, ce sera compliqué de la faire venir. Mais, d’une manière ou d’une autre, elle fera partie du spectacle.

metal-eyes: Avatar country est un album conceptuel : il raconte l’histoire d’un roi, sa vie et sa mort, comment vous est venue cette idée.

Sa Majesté Kungen: En l’occurrence, j’ai toujours été un Roi.

metal-eyes: Certes, mais vous n’êtes pas encore décédé…

Sa Majesté Kungen: Vrai. En réalité, la façon dont fonctionnent mes réincarnation fait que je n’ai aucun souvenir de mes vies passées. Je ne peux parler de mes successeurs, mais Avatar country traite de ce qui fait un Roi, naturellement. Ce qui l’officialise au yeux du monde, ce qui informe les gens de son existence afin qu’ils luii soient fidèles.

metal-eyes: Et nous y arrivons, car lorsqu’on voit le public qui vient vous voir, souvent en festival, qui hurle « Avatar ! Avatar », on en est persuadé.

Sa Majesté Kungen: C’est très bien. Éducation culturelle.

metal-eyes: une nouvelle tournée est annoncée. Vous allez passer par 6 villes Françaises, dont des endroits moins souvent visités, comme Cognac. Mais étonnamment, vous ne passerez pas à Reims, ville de couronnement des rois… Pourquoi votre management n’a-t-il pas organisé cette étape ?

Sa Majesté Kungen: Je dirais que c’est parce que notre management est américain. Et ils ne connaissent ni la géographie ni l’histoire de l’Europe…

metal-eyes: Vous ne les reverrez pas à cause de cela ?

Sa Majesté Kungen: Non… Tout le monde peut faire une erreur. Il faudra simplement la corriger pour la prochaine fois.

metal-eyes: Si votre majesté devait de retenir qu’une chanson d’Avatar country pour expliquer, à quelqu’un qui ne vous connait pas encore, ce qu’est Avatar aujourd’hui, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Sa Majesté Kungen: C’est une question difficile… Vraiment difficile, car les chansons sont toutes différentes. Par exemple, Legend of the king est un morceau épique de 8’, comme un vieil anthem du metal ; The king wants you est plus dur, direct… King after king pourrait se rapprocher de choses que nous faisions avant… La construction des riffs, l’assemblage des parties de cette chanson. Je dirai King after king

metal-eyes: King after king qui clot presque l’album puisqu’il précède deux morceaux instrumentaux.

Sa Majesté Kungen: Absolument.

metal-eyes: A ce sujet, je souhaitais poser une question à votre Majesté : avez-vous pris un bain ce matin, et était-il tiède comme vous aimez ?

Sa Majesté Kungen: J’ai bien peur que je n’en ai pas eu le temps.

metal-eyes: Cela fait partie de votre discours, très humoristique, d’ailleurs…

Sa Majesté Kungen: merci. J’ai pris une bonne douche hier. Cela devra suffire pour aujourd’hui…

metal-eyes: Et qu’en est-il de vos soucis de digestion ?

Sa Majesté Kungen (il rit) : Tout va bien, aujourd’hui.

metal-eyes: Revenons à la tournée : qu’y aura-t-il de neuf, de différent ?

Sa Majesté Kungen: D’abord les costumes. Nous montons une toute nouvelle production, nous faisins fabriquer une scène différente de celle que nous utilisons depuis deux ans. C’est très excitant pour nous tous…

metal-eyes: tout est déjà prêt ?

Sa Majesté Kungen: Elle est prête, mais pas terminée. Nous allons aux USA le 3 janvier pour répéter, et il faut qu’elle soit prête à ce moment-là.

metal-eyes: Vous étiez d’ailleurs récemment aux Etats-Unis, en tournée. Quelle est aujourd’hui votre position là-bas ?

Sa Majesté Kungen: Nous sommes revenus il y a environ un mois. Je crois qu’il s’agit de notre premier marché, as par choix, mais parce que les gens nous apprécient là-bas. Ce qui nous offre la possibilité d’y retourner. C’est un rêve aussi de voir que l’Europe se rattrape.

metal-eyes: Il y a 4 ans, John Alfredsson, votre batteur, me disait qu’Avatar ne vivait pas encore de sa musiqe. Au regard de votre planning très chargé, avez-vous le temsp de faire autre chose aujourd’hui que de vous consacrer au groupe ?

Sa Majesté Kungen: Johannes et Henrik ont encore un travail à coté, mais je ne crois pas qu’ils travaillent autant qu’ils le faisaient. En ce qui me concerne, je consacre tout mon temps hors route à composer, répéter, m’entrainer, faire des choses pour le groupe.

metal-eyes: Ce qui semble naturel car vous avez à vous occuper d’un peuple, et probablement faut-il également le soumettre… pouvons-nous espérer voir votre Majesté et Avatar participer à des festivals en France l’été prochain ?

Sa Majesté Kungen: Je ne peux rien dire pour l’instant car je ne sais pas ce qui est officiel. Nous allons participer à beaucoup de festivals, l’été prochain, en Europe et aux USA. Alors… Peut-être… (Note: les affiches du Hellfest et du Download Paris ayant été dévoilées, il semble qu’Avatar ne sera présent à aucun de ces festivals. Tout peut cependant changer.)

metal-eyes: Je dirais même : probablement. Le show d’Avatar est très visuel, quiconque ayant vu le groupe ne pourra que confirmer, qu’on aime ou pas votre musique. Tout semble prévu ne laissant pas beaucoup de place à l’improvisation. Comment réussir à surprendre un fan qui vous suivrait sur plusieurs dates ?

Sa Majesté Kungen: Eh, bien, telles que sont les choses aujourd’hui, nous ne prévoyons pas tant de choses que cela : nous planifions notre entrée, certaines transitions entre les chansons, et notre sortie. Mais tout le reste est fait au feeling.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise d’Avatar, aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Mmhhh… « Un pour tous ! », me semble bien.

metal-eyes: Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires. Mais vous êtes 5 dans le groupe ! Non, pardon : il y a votre grandeur, et les 3 mousquetaires !

Sa Majesté Kungen  (rires) : exact…

metal-eyes: une dernière chose, pour conclure : quelle a été la question la plus surprenante, étonnante qu’on vous ait posée aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Oh… Maintenant il faut que je me rappelle de tout !

metal-eyes: C’est un bon moyen de vous remémorer la journée !

Sa Majesté Kungen: Oui ! (Il réfléchit) J’ai une mémoire si petite… Vraiment à court terme !

metal-eyes: Ca peut être génant sur scène…

Sa Majesté Kungen: Oui, mais là, c’est dans mon sang, ma moelle… Ah, peut-être la question au sujet de ma constipation… La question la plus surprenant a été de savoir si j’avais pris un bain ce matin !

metal-eyes: Personne d’autre ne l’a posée cette question ? C’est dans The king speaks, pourtant. Ou personne n’a osé vous le demander.

Sa Majesté Kungen: C’est probable…

metal-eyes: Votre Majesté a-t-elle une dernière chose à dire à ses admirateurs français ? 

Sa Majesté Kungen (en français) : Ça roule !

 

Interview: ROYAL REPUBLIC

Interview ROYAL REPUBLIC : rencontre avec Jonas (basse), Per (batterie) et Hannes (guitare). Entretien mené le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage (Paris).

C’est avec Royal Republic presque au complet que nous nous retrouvons coincés dans une des petites loges du Cabaret Sauvage. Seul Adam, le guitariste chanteur préfère regarder la télé, afin de préserver sa voix, un peu sensible avec le froid. Les autres sont en pleine forme ce qui se ressentira moins de deux heures plus tard sur scène. 

metal-eyes: Weekend man est sorti il y a maintenant un an et demi et vous beaucoup de choses se sont produites pour Royal Republic depuis. QuelSs ont été les moments les plus excitants de ces derniers 18 mois ?

Jonas: Wouf… Il s’est passé plein de choses… Nous avons donné nos plus gros concerts en tête d’affiche, et ce soir est notre plus grosse tête d’affiche en France. On est super contents. Mettons les choses ainsi : l’album a été très bien reçu, les gens l’ont vraiment apprécié.

Per: Et ils viennent aux concerts !

Hannes: Je crois que c’est notre troisième concert devant plus de 1.000 personnes. C’est le troisième pays où nous jouons devant plus de 1.000 personnes.

metal-eyes: D’après ce que j’ai vu, vous rentrez tout juste d’une importante tournée américaine. C’était votre premier séjour là-bas ?

Jonas: Non, le second…

Hannes: Mais la première fois qui compte vraiment. C’était super, là, on ouvrait pour Theory Of A Dead Man, la dernière fois, c’était pour Frank Carter, ce qui était super, différent, mais super. Vraiment. Et on a aussi un titre qui est entré au Billboard, ce qui, pour nous, est extraordinaire !

metal-eyes: Vous y avez donné combien de concerts ?

Per: On y est restés 3 semaines, on a dû donner 14 concerts.

Jonas: On a commencé au centre, puis on est allés à l’Est avant de rejoindre Seattle et revenir vers l’Est…

metal-eyes: Et la première fois, c’était quand ?

Jonas: En mars-avril dernier.

Per: En gros on a ouvert pour Frank Carter, mais on y était principalement pour 3 festivals. Ils ont ajouté la tournée, ce qui était parfait.

metal-eyes: C’était donc aussi sur la tournée Weekend Man, et, par conséquent c’est le premier album que vous avez soutenu là-bas.

Tous: Exact, oui.

metal-eyes: Quel a été votre show préféré aux USA ?

Jonas: Pour Hannes, ça a dû être Seattle parce que c’est de là que viennent ses héros…

Hannes: Oui, c’était extra. Je crois, que le Texas nous a aussi super bien accueilli, je ne m’y attendais pas du tout.

Per: Il y avait aussi ce concert à… Izula, ou quelque chose comme ça. On avait l’impression d’être tête d’affiche… Non, Boise, dans l’Idaho ! Ils ont des patates, là-bas, c’est tout ce qu’ils ont : des patates et un excellent public ! (rires)

metal-eyes: En dehors de Royal Republic, comment occupez vous votre temps ?

Per il rit): On n’a pas de temps pour nous ! Royal Republic nous occupe tout le temps. On a simplement eu un mois de repos en septembre, et nous sommes allés passés 3-4 semaines aux USA. Puis 2 semaines de repos et nous sommes de retour pour une tournée européenne de 3 semaines.

Jonas: Et il y a eu les festivals d’été, un autre séjour aux USA, un peu de repos… On tourne toujours.

metal-eyes: L’été dernier, vous avez joué au festival Rock en Seine et au Musilac. Vous prévoyez d’autres festivals en France pour l’été prochain ? (NdMP : au moins un fest sera bientôt annoncé, mais… chut !)

Jonas: Non, pas de festivals, on déteste ça ! (rires)

metal-eyes: Bon, alors, on passe à autre chose ! Parlons des endroits où vous avez joué : vous avez visité, à Paris, plusieurs salles : le Divan du Monde, le Trabendo, vous avez commencé au Zénith,la Flèche d’Or, ce soir vous êtes au Cabaret Sauvage… Laquelle de ces salles préférez-vous ?

Jonas: Celle-ci, j’espère !

Per: Oui, celle-ci.

Hannes: ça promet d’être épique… Elle est tellement jolie, elle ressemble à l’esprit de Royal Republic, avec ses draperies rouge, très royales…

metal-eyes: Elle va influer votre jeu, ce soir ?

Per: Sans doute, et ça pourrait devenir notre lieu de prédilection à Paris. Peut-être que nous pourrions y élire domicile.

metal-eyes: Black Stone Cherry va y jouer pour la troisième fois, ils adorent venir ici…

Jonas: On connait leur backliner, il travaille aussi pour nous.

Per: Aux USA…

metal-eyes: Parlons de différents endroits où vous avez joué : quel a été le lieu le plus grand où vous vous êtes produits ?

Hannes: Le Palladium de Cologne. Si on parle de salles en tête d’affiche…

metal-eyes: Ou festivals…

Jonas: Musilac était grand !

Per: Oui… Mais pas autant que le Rock Am Ring

Hannes: Il devait y avoir 80.000 personnes…

Per: On a donné des concerts avec Die Toten Hosen, c’est un gros groupe en Allemagne, vous ne les connaissez pas ici.

metal-eyes: Si, si, on les connais un peu…

Per: Oh, bien ! On a tourné 2 semaines avec eux, et on faisait des salles de 17-20.000 personnes. C’était étrange : chaque soir, on jouait dans un stade ! Ici, on a fait deux soirs avec The Offspring, au Zenith, environ 6.000 personnes. Pour nous, cette dernière tournée s’est faite devant 4000, 3500 personnes, à Cologne, Berlin, au Columbia Hall. On arrive au niveau d’un Zénith, doucement.

metal-eyes: Quel est le lieu le plus petit où vous ayez joué ?

Jonas: C’était… Bruneau ?

Per: Non, c’était à Prague.

Hannes: Non, le plus petit endroit, c’était une cabine téléphonique à Berlin ! (rire général) Un ascenseur aussi, pour un tournage. Mais la cabine téléphonique, il y avait 5 personnes dedans. Nous, et un fan.

Jonas: Un gigantesque et chanceux gagnant d’un concours.

Per: Nous espérions que ce soit une petite nana mignonne mais ce fut ce gars grand et baraqué comme une bête ! Genre « je suis ravi d’être là ! »

metal-eyes: C’était dans le cadre d’une vidéo, d’une performance quelconque ?

Per: C’était pour une station de radio qui a pensé ce gag. Humour allemand…

Jonas: Et dehors, il y avait 2 ou 300 personnes qui regardaient.

Hannes: Une autre fois, il y avait aussi 200 personnes, mais il n’y avait en réalité que 2 fans, les autres travaillaient pour l’équipe…

Jonas: Une fois, on a joué devant à peine 10 personnes… Il y avait un autre groupe avant nous et tous leurs copains sont venus. Quand ils sont partis faire la fête, leurs copains ont suivi…On a fini devant 5 ou 10 personnes.

Hannes: C’est très étrange car après avoir donné ces shows en tête d’affiche à Berlin, et vendu 3.500 billets, on devait donner un autre concert et notre manager nous appelle pour nous dire que le show est annulé « car vous n’avez vendu que 10 billets ! » Ca a été une petite descente.

metal-eyes: Quelle est la pire expérience vécue en salle de concert ?

Jonas: C’était hier, à Londres. J’étais censé jouer de la batterie ! Je n’y ai pas touché depuis 10 ans, et soudain, voilà que je suis censé donné ce rythme funky et groovy mais je n’ai aucune idée de ce que je fais !

Per: J’étais en train de chanter et je te voyais, au dessus de mon épaule, en train de chercher le rythme (rires) ! Mais je peux aussi voir dans ton regard le désespoir !

metal-eyes: C’était à Londres, c’est ça ?

Jonas: Oui, et ça fait partie de mon top 3 des pires expériences ! Il y a aussi eu Stockholm.

Per: Oh… oui, tu étais furax !

Jonas: Oh oui, on n’avait aucune idée d’où nous devions jouer lorsque quelqu’un nous dit « voici votre scène ! » Hein, c’est quoi ça ? Le gars du son a branché tout mon matos sur celui de Hannes, je me branche et… Merde, rien ne fonctionne ! J’étais furieux, je me suis soulé après mais…

metal-eyes: Et vous, votre pire expérience ?

Hannes: Notre pire expérience c’est quand Jonas fout tout en l’air ! (Rire général)

Per: Ou quand il joue de la batterie !

metal-eyes: Tu vas jouer de la batterie, ce soir ?

Jonas: J’espère que non ! Vraiment !

metal-eyes: Et si je reste devant et que je crie « va jouer de la batterie ! »

Jonas: Je t’enverrai une baguette au visage !

metal-eyes: Où rêveriez de jouer ?

Jonas:  Mmhh… Une île tropicale…

Per: Je ne sais pas, un gigantesque stade, est-ce trop grand pour quelqu’un ?

Hannes: Le Royal Albert Hall à Londres. Ça pourrait se faire, c’est là où ont eut lieu certains des concerts les plus mythiques : Bob Dylan, tant d’autres… Et c’est une salle de bonne taille.

Jonas: Moi, je verrai bien un endroit différent, en haut de la tour Eiffel. Il y a un restaurant, là haut ?

Per: Juste pour ajouter une chose, j’adorerai faire une tournée des stade en Suède. Le Globe, sold-out !

metal-eyes: Y a-t-il un endroit où, au contraire, vous ne souhaitez jouer pour rien au monde ?

Hannes: Oui, il y a quelques salles où nous ne jouerons jamais, au Royaume-Uni. On n’y retournera pas…

metal-eyes: Des noms ?

Jonas: Non…

Per: Je crois que l’une d’elle a fermé, alors, ça va : il y avait cet endroit appelé The Well, à Leeds. Elle portait bien son nom : la première fois que nous y sommes allés, la salle était glaciale, humide comme des marais. On est allé aux toilettes et c’est comme si personne ne les avait nettoyées depuis la veille, vraiment dégueulasse. Il y avait même une bouteille de bière coincée au fond…

Jonas: Il y a des endroits que nous avons blacklistés.

Per: Ils sont tous au Royaume-Uni…

metal-eyes: Et si on vous donne un million d’euros pour y jouer, vous dites non ?

Tous: Pour un million, on y va !

metal-eyes: Revenons à la musique : Weekend man est sorti il y a un an et demi, avez-vous travaillé sur de nouveaux morceau et quand prévoyez-vous un nouvel album ?

Per: Dès que possible. Nous allons rentrer et j’espère commencer à composer rapidement.

Hannes: Nous voudrions dire l’année prochaine, mais nous connaissant, il vaut mieux ne pas nous avancer. Nous y travaillons mais ne nous engageons pas.

Per: J’ai le sentiment que, cette fois, nous allons travailler plus vite. Mais on ne sait pas

Jonas: Tu es le premier à l’entendre : « l’album est retardé ! » (rires)

Per: Oui, on va attendre deux ans !

Jonas: C’est comme l’album des Guns, il a été retardé, quoi ??? 16 ans. Mais quand il est sorti…  Allez, 2 ans pour nous !

metal-eyes: Merci pour cette interview, et je vous retrouve dans la salle tout à l’heure.

Jonas: Super, merci à toi !