GHOST: Ceremony and devotion

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Qui a déjà vu Ghost live le sait: le groupe frise la perfection à chacune de ses apparitions. Et après seulement 3 albums studio, les Suédois nous offrent enfin un album live, double qui plus est. Le tracklisting de Ceremony and devotion est impeccable, chaque album étant représenté, rien n’étant à jeter. Allez, la seule que l’on puisse regretter? Le public « capté » à San Francisco, trop parfait pour être honnête. Ca sent simplement le travail en studio, tant les interventions tombent pile comme il faut. Mais ne nous arrêtons pas à si peu, la technique a été utilisée tant de fois qu’on n’en est plus surpris. Le principal reste bien le plaisir qu’on a à écouter les Per aspera ad inferi, From the pinacle to the pit, Year zero, Mummy dust… On pourrait tous les citer tant la setlist resseble à un défilé de hits. Ceremony and devotion est le témoignage d’une formation qui, comme d’autres avant elle, a traversé des épreuves qui pourraient remettre en cause son avenir. A suivre lors du prochain Download Paris, en juin prochain, où Ghost nous montrera sans doute un nouveau visage. En attendant délectons nous de cet album délicieusement subversif qui se termine avec l’incontournable speach de Papa Emeritus III précédant Monstrance clock. A savourer vous dis-je!

AVATAR: Avatar country

Heavy metal, Suède (Sony music, 2018)

Depuis quelques albums, Avatar réussit à se diversifier, ne pas se répéter ou tomber dans le piège de la formule. Et si le groupe sait se faire remarquer pour ses prestations scéniques hautes en couleurs, prestations fédératrices s’il en est, il lui reste à franchir le cap de la réalisation de l’album qui fera craquer le grand public. Avatar country pourrait bien être celui-là, plus joyeux qu’un Feathers and flesh sombre. Construit autour de l’histoire d’un roi – chaque chanson et instrumental contient le mot « king » – l’album explore divers horizons, très mélodiques ou plus brutaux. Le chant de Johannes Eckerstöm est plus varié que jamais et le gaillard excelle dans les vocaux  clairs autant que cette rage qui anime sa folie. Les guitares de Jonas « Kungen » – qui tient ici le rôle du roi (cf interview) – et de Tim Öhrström illuminent l’ensemble des chansons, également très variées. Du très heavy metal Legend of the king – véritable introduction après le chant glorificateur Glory to our king – au final instrumental  (les deux parties de Silent songs of the king), en passant par le folklorique The king welcomes you ou le délirant The kings speaks, tout est éblouissant, entraînant, voire fascinant. Même s’il est très « culte de la personnalité », c’est avant tout un disque d’autodérision et de critique acerbe du pouvoir en place. Avatar frappe fort et Avatar country me donne ma première grosse claque de l’année.

Interview: AVATAR

Interview AVATAR : rencontre avec Jonas « Kungen » (guitares). Entretien mené le 11 décembre 2017 au siège de Sony music France, Paris.

 

Être convié à une audience royale ne se refuse pas. D’autant moins lorsque la tête couronnée en question se nomme Jonas « Kungen » Jalsby, guitariste et fondateur d’Avatar, dont le prochain album, Avatar country risque fort de marque durablement l’année 2018. On ne s’adresse pas à un roi comme à n’importe qui d’autre, alors, une fois n’est pas coutume, prenons le ton adéquat et respectueux qui sied.

metal-eyes: Avant de commencer, dois-je t’appeler Votre Majesté, Votre grandeur ou tout simpelment Jonas ?

Sa Majesté Kungen: Mmmhhh… « Votre Majesté » ou « Votre Grandeur » me semble approprié.

metal-eyes: Très bien… Avatar semble avoir trouvé sa vitesse de croisière en publiant un album tous les deux ans. Est-ce une volonté de votre Majesté ou une envie commune du groupe ?

Sa Majesté Kungen: Selon moi, c’est un assez bon rythme car lorsque vous préparez un album, vous plongez tant en vous-même que, lorsque l’enregistrement est terminé, c’est toujours agréable d’avoir un peu de répit, de faire un break pour se vider l’esprit avant de se remettre au travail.

metal-eyes: Et de remonter sur scène également j’imagine.

Sa Majesté Kungen: Bien sûr.

metal-eyes: Comment votre Grandeur décrirait-elle l’évolution d’Avatar entre Feathers and flesh et Avatar country ?

Sa Majesté Kungen: Eh bien, Feathers and flesh est un album très sombre et très sérieux. Ce nouvel album est sérieux aussi, mais il a une touche plus joyeuse. Il est un peu plus entrainant.

metal-eyes: Avatar country mélange joyeusement rugosité, cris, chant clair, du groove, des riffs hypnotiques… J’ai entendu des touches de Joe satriani ou ian Gillan… Qu’avez-vous mis dans ce disque, votre Majesté ?   

Sa Majesté Kungen: Merci… Nous avons mis beaucoup de choses. Lorsque mes ministres et moi nous asseyons pour composer, nous mélangeons toutes nos influences. En ce qui me concerne, il y a beaucoup d’Iron Maiden et du death metal extrême. C’est de là que proviennent les aspects techniques. Ensuite, Tim écoute beaucoup D.A.D qui a beaucoup d’influences country. Tim a beaucoup écouté Van Halen, également, et Ed Van Halen l’a beaucoup influencé pour ses solos. De mon côté, j’ai beaucoup emprunté à Zakk Wylde, dans sa manière de tirer mes cordes, de les attaquer. Ce sont des moments, évidemment… un autre guitariste que j’écoute beaucoup s’appelle Guthrie Govan. C’est un fabuleux  guitariste écossais.

metal-eyes: Et comment travaillez-vous, concrètement ? Est-ce que chacun arrive avec des bout des chansons, des riffs, des idées et vous mélangez le tout pour voir ce qui en ressort ou y at-t-il une direction générale sur laquelle vous travaillez tous ?

Sa Majesté Kungen: D’abord, chacun enregistre toutes les idées qui lui passe par la tête. Ensuite, nous écoutons ensemble et sélectionnons les meilleures parties. Certaines peuvent être plus proche d’une chanson, et Johannes peut alors travailler ses textes

metal-eyes: La musique précède donc les paroles ?

Sa Majesté Kungen: Oui. Lorsque Johannes compose, il peut lui arriver d’écrire d’abord les lignes de chant s’il a une idée de texte, mais normalement c’est d’abord la musique, et nous assemblons les pièces du puzzle.

metal-eyes: Avatar country est un puzzle très épique et cinématographique…

Sa Majesté Kungen: Merci.

metal-eyes: L’labum est très visuel. Pensez-vous que ce visuel peut vivre sans la musique, ou, inversement, que la musique d’Avatar country puisse vivre sans son pendant visuel ?

Sa Majesté Kungen: J’espère que la musique survivra à l’image. Cependant, cela ajoute énormément, c’est certains ! Ce serait beaucoup plus facile pour nous de mionter sur scène et de jouer sans nos costumes.

metal-eyes: j’imagine que pour cette nouvelle tournée Avatar a créé un nouveau spectacle. Qu’a suggéré votre Majesté à vos ministres ?

Sa Majesté Kungen: C’est en cours… Nous allons répéter et je suis certain d’imaginer ce qu’ils pourront faire de mieux.

metal-eyes: La statue du roi fera-t-elle partie du décor ?

Sa Majesté Kungen: Je n’en suis pas certain, ce sera compliqué de la faire venir. Mais, d’une manière ou d’une autre, elle fera partie du spectacle.

metal-eyes: Avatar country est un album conceptuel : il raconte l’histoire d’un roi, sa vie et sa mort, comment vous est venue cette idée.

Sa Majesté Kungen: En l’occurrence, j’ai toujours été un Roi.

metal-eyes: Certes, mais vous n’êtes pas encore décédé…

Sa Majesté Kungen: Vrai. En réalité, la façon dont fonctionnent mes réincarnation fait que je n’ai aucun souvenir de mes vies passées. Je ne peux parler de mes successeurs, mais Avatar country traite de ce qui fait un Roi, naturellement. Ce qui l’officialise au yeux du monde, ce qui informe les gens de son existence afin qu’ils luii soient fidèles.

metal-eyes: Et nous y arrivons, car lorsqu’on voit le public qui vient vous voir, souvent en festival, qui hurle « Avatar ! Avatar », on en est persuadé.

Sa Majesté Kungen: C’est très bien. Éducation culturelle.

metal-eyes: une nouvelle tournée est annoncée. Vous allez passer par 6 villes Françaises, dont des endroits moins souvent visités, comme Cognac. Mais étonnamment, vous ne passerez pas à Reims, ville de couronnement des rois… Pourquoi votre management n’a-t-il pas organisé cette étape ?

Sa Majesté Kungen: Je dirais que c’est parce que notre management est américain. Et ils ne connaissent ni la géographie ni l’histoire de l’Europe…

metal-eyes: Vous ne les reverrez pas à cause de cela ?

Sa Majesté Kungen: Non… Tout le monde peut faire une erreur. Il faudra simplement la corriger pour la prochaine fois.

metal-eyes: Si votre majesté devait de retenir qu’une chanson d’Avatar country pour expliquer, à quelqu’un qui ne vous connait pas encore, ce qu’est Avatar aujourd’hui, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Sa Majesté Kungen: C’est une question difficile… Vraiment difficile, car les chansons sont toutes différentes. Par exemple, Legend of the king est un morceau épique de 8’, comme un vieil anthem du metal ; The king wants you est plus dur, direct… King after king pourrait se rapprocher de choses que nous faisions avant… La construction des riffs, l’assemblage des parties de cette chanson. Je dirai King after king

metal-eyes: King after king qui clot presque l’album puisqu’il précède deux morceaux instrumentaux.

Sa Majesté Kungen: Absolument.

metal-eyes: A ce sujet, je souhaitais poser une question à votre Majesté : avez-vous pris un bain ce matin, et était-il tiède comme vous aimez ?

Sa Majesté Kungen: J’ai bien peur que je n’en ai pas eu le temps.

metal-eyes: Cela fait partie de votre discours, très humoristique, d’ailleurs…

Sa Majesté Kungen: merci. J’ai pris une bonne douche hier. Cela devra suffire pour aujourd’hui…

metal-eyes: Et qu’en est-il de vos soucis de digestion ?

Sa Majesté Kungen (il rit) : Tout va bien, aujourd’hui.

metal-eyes: Revenons à la tournée : qu’y aura-t-il de neuf, de différent ?

Sa Majesté Kungen: D’abord les costumes. Nous montons une toute nouvelle production, nous faisins fabriquer une scène différente de celle que nous utilisons depuis deux ans. C’est très excitant pour nous tous…

metal-eyes: tout est déjà prêt ?

Sa Majesté Kungen: Elle est prête, mais pas terminée. Nous allons aux USA le 3 janvier pour répéter, et il faut qu’elle soit prête à ce moment-là.

metal-eyes: Vous étiez d’ailleurs récemment aux Etats-Unis, en tournée. Quelle est aujourd’hui votre position là-bas ?

Sa Majesté Kungen: Nous sommes revenus il y a environ un mois. Je crois qu’il s’agit de notre premier marché, as par choix, mais parce que les gens nous apprécient là-bas. Ce qui nous offre la possibilité d’y retourner. C’est un rêve aussi de voir que l’Europe se rattrape.

metal-eyes: Il y a 4 ans, John Alfredsson, votre batteur, me disait qu’Avatar ne vivait pas encore de sa musiqe. Au regard de votre planning très chargé, avez-vous le temsp de faire autre chose aujourd’hui que de vous consacrer au groupe ?

Sa Majesté Kungen: Johannes et Henrik ont encore un travail à coté, mais je ne crois pas qu’ils travaillent autant qu’ils le faisaient. En ce qui me concerne, je consacre tout mon temps hors route à composer, répéter, m’entrainer, faire des choses pour le groupe.

metal-eyes: Ce qui semble naturel car vous avez à vous occuper d’un peuple, et probablement faut-il également le soumettre… pouvons-nous espérer voir votre Majesté et Avatar participer à des festivals en France l’été prochain ?

Sa Majesté Kungen: Je ne peux rien dire pour l’instant car je ne sais pas ce qui est officiel. Nous allons participer à beaucoup de festivals, l’été prochain, en Europe et aux USA. Alors… Peut-être… (Note: les affiches du Hellfest et du Download Paris ayant été dévoilées, il semble qu’Avatar ne sera présent à aucun de ces festivals. Tout peut cependant changer.)

metal-eyes: Je dirais même : probablement. Le show d’Avatar est très visuel, quiconque ayant vu le groupe ne pourra que confirmer, qu’on aime ou pas votre musique. Tout semble prévu ne laissant pas beaucoup de place à l’improvisation. Comment réussir à surprendre un fan qui vous suivrait sur plusieurs dates ?

Sa Majesté Kungen: Eh, bien, telles que sont les choses aujourd’hui, nous ne prévoyons pas tant de choses que cela : nous planifions notre entrée, certaines transitions entre les chansons, et notre sortie. Mais tout le reste est fait au feeling.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise d’Avatar, aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Mmhhh… « Un pour tous ! », me semble bien.

metal-eyes: Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires. Mais vous êtes 5 dans le groupe ! Non, pardon : il y a votre grandeur, et les 3 mousquetaires !

Sa Majesté Kungen  (rires) : exact…

metal-eyes: une dernière chose, pour conclure : quelle a été la question la plus surprenante, étonnante qu’on vous ait posée aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Oh… Maintenant il faut que je me rappelle de tout !

metal-eyes: C’est un bon moyen de vous remémorer la journée !

Sa Majesté Kungen: Oui ! (Il réfléchit) J’ai une mémoire si petite… Vraiment à court terme !

metal-eyes: Ca peut être génant sur scène…

Sa Majesté Kungen: Oui, mais là, c’est dans mon sang, ma moelle… Ah, peut-être la question au sujet de ma constipation… La question la plus surprenant a été de savoir si j’avais pris un bain ce matin !

metal-eyes: Personne d’autre ne l’a posée cette question ? C’est dans The king speaks, pourtant. Ou personne n’a osé vous le demander.

Sa Majesté Kungen: C’est probable…

metal-eyes: Votre Majesté a-t-elle une dernière chose à dire à ses admirateurs français ? 

Sa Majesté Kungen (en français) : Ça roule !

 

Interview: ROYAL REPUBLIC

Interview ROYAL REPUBLIC : rencontre avec Jonas (basse), Per (batterie) et Hannes (guitare). Entretien mené le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage (Paris).

C’est avec Royal Republic presque au complet que nous nous retrouvons coincés dans une des petites loges du Cabaret Sauvage. Seul Adam, le guitariste chanteur préfère regarder la télé, afin de préserver sa voix, un peu sensible avec le froid. Les autres sont en pleine forme ce qui se ressentira moins de deux heures plus tard sur scène. 

metal-eyes: Weekend man est sorti il y a maintenant un an et demi et vous beaucoup de choses se sont produites pour Royal Republic depuis. QuelSs ont été les moments les plus excitants de ces derniers 18 mois ?

Jonas: Wouf… Il s’est passé plein de choses… Nous avons donné nos plus gros concerts en tête d’affiche, et ce soir est notre plus grosse tête d’affiche en France. On est super contents. Mettons les choses ainsi : l’album a été très bien reçu, les gens l’ont vraiment apprécié.

Per: Et ils viennent aux concerts !

Hannes: Je crois que c’est notre troisième concert devant plus de 1.000 personnes. C’est le troisième pays où nous jouons devant plus de 1.000 personnes.

metal-eyes: D’après ce que j’ai vu, vous rentrez tout juste d’une importante tournée américaine. C’était votre premier séjour là-bas ?

Jonas: Non, le second…

Hannes: Mais la première fois qui compte vraiment. C’était super, là, on ouvrait pour Theory Of A Dead Man, la dernière fois, c’était pour Frank Carter, ce qui était super, différent, mais super. Vraiment. Et on a aussi un titre qui est entré au Billboard, ce qui, pour nous, est extraordinaire !

metal-eyes: Vous y avez donné combien de concerts ?

Per: On y est restés 3 semaines, on a dû donner 14 concerts.

Jonas: On a commencé au centre, puis on est allés à l’Est avant de rejoindre Seattle et revenir vers l’Est…

metal-eyes: Et la première fois, c’était quand ?

Jonas: En mars-avril dernier.

Per: En gros on a ouvert pour Frank Carter, mais on y était principalement pour 3 festivals. Ils ont ajouté la tournée, ce qui était parfait.

metal-eyes: C’était donc aussi sur la tournée Weekend Man, et, par conséquent c’est le premier album que vous avez soutenu là-bas.

Tous: Exact, oui.

metal-eyes: Quel a été votre show préféré aux USA ?

Jonas: Pour Hannes, ça a dû être Seattle parce que c’est de là que viennent ses héros…

Hannes: Oui, c’était extra. Je crois, que le Texas nous a aussi super bien accueilli, je ne m’y attendais pas du tout.

Per: Il y avait aussi ce concert à… Izula, ou quelque chose comme ça. On avait l’impression d’être tête d’affiche… Non, Boise, dans l’Idaho ! Ils ont des patates, là-bas, c’est tout ce qu’ils ont : des patates et un excellent public ! (rires)

metal-eyes: En dehors de Royal Republic, comment occupez vous votre temps ?

Per il rit): On n’a pas de temps pour nous ! Royal Republic nous occupe tout le temps. On a simplement eu un mois de repos en septembre, et nous sommes allés passés 3-4 semaines aux USA. Puis 2 semaines de repos et nous sommes de retour pour une tournée européenne de 3 semaines.

Jonas: Et il y a eu les festivals d’été, un autre séjour aux USA, un peu de repos… On tourne toujours.

metal-eyes: L’été dernier, vous avez joué au festival Rock en Seine et au Musilac. Vous prévoyez d’autres festivals en France pour l’été prochain ? (NdMP : au moins un fest sera bientôt annoncé, mais… chut !)

Jonas: Non, pas de festivals, on déteste ça ! (rires)

metal-eyes: Bon, alors, on passe à autre chose ! Parlons des endroits où vous avez joué : vous avez visité, à Paris, plusieurs salles : le Divan du Monde, le Trabendo, vous avez commencé au Zénith,la Flèche d’Or, ce soir vous êtes au Cabaret Sauvage… Laquelle de ces salles préférez-vous ?

Jonas: Celle-ci, j’espère !

Per: Oui, celle-ci.

Hannes: ça promet d’être épique… Elle est tellement jolie, elle ressemble à l’esprit de Royal Republic, avec ses draperies rouge, très royales…

metal-eyes: Elle va influer votre jeu, ce soir ?

Per: Sans doute, et ça pourrait devenir notre lieu de prédilection à Paris. Peut-être que nous pourrions y élire domicile.

metal-eyes: Black Stone Cherry va y jouer pour la troisième fois, ils adorent venir ici…

Jonas: On connait leur backliner, il travaille aussi pour nous.

Per: Aux USA…

metal-eyes: Parlons de différents endroits où vous avez joué : quel a été le lieu le plus grand où vous vous êtes produits ?

Hannes: Le Palladium de Cologne. Si on parle de salles en tête d’affiche…

metal-eyes: Ou festivals…

Jonas: Musilac était grand !

Per: Oui… Mais pas autant que le Rock Am Ring

Hannes: Il devait y avoir 80.000 personnes…

Per: On a donné des concerts avec Die Toten Hosen, c’est un gros groupe en Allemagne, vous ne les connaissez pas ici.

metal-eyes: Si, si, on les connais un peu…

Per: Oh, bien ! On a tourné 2 semaines avec eux, et on faisait des salles de 17-20.000 personnes. C’était étrange : chaque soir, on jouait dans un stade ! Ici, on a fait deux soirs avec The Offspring, au Zenith, environ 6.000 personnes. Pour nous, cette dernière tournée s’est faite devant 4000, 3500 personnes, à Cologne, Berlin, au Columbia Hall. On arrive au niveau d’un Zénith, doucement.

metal-eyes: Quel est le lieu le plus petit où vous ayez joué ?

Jonas: C’était… Bruneau ?

Per: Non, c’était à Prague.

Hannes: Non, le plus petit endroit, c’était une cabine téléphonique à Berlin ! (rire général) Un ascenseur aussi, pour un tournage. Mais la cabine téléphonique, il y avait 5 personnes dedans. Nous, et un fan.

Jonas: Un gigantesque et chanceux gagnant d’un concours.

Per: Nous espérions que ce soit une petite nana mignonne mais ce fut ce gars grand et baraqué comme une bête ! Genre « je suis ravi d’être là ! »

metal-eyes: C’était dans le cadre d’une vidéo, d’une performance quelconque ?

Per: C’était pour une station de radio qui a pensé ce gag. Humour allemand…

Jonas: Et dehors, il y avait 2 ou 300 personnes qui regardaient.

Hannes: Une autre fois, il y avait aussi 200 personnes, mais il n’y avait en réalité que 2 fans, les autres travaillaient pour l’équipe…

Jonas: Une fois, on a joué devant à peine 10 personnes… Il y avait un autre groupe avant nous et tous leurs copains sont venus. Quand ils sont partis faire la fête, leurs copains ont suivi…On a fini devant 5 ou 10 personnes.

Hannes: C’est très étrange car après avoir donné ces shows en tête d’affiche à Berlin, et vendu 3.500 billets, on devait donner un autre concert et notre manager nous appelle pour nous dire que le show est annulé « car vous n’avez vendu que 10 billets ! » Ca a été une petite descente.

metal-eyes: Quelle est la pire expérience vécue en salle de concert ?

Jonas: C’était hier, à Londres. J’étais censé jouer de la batterie ! Je n’y ai pas touché depuis 10 ans, et soudain, voilà que je suis censé donné ce rythme funky et groovy mais je n’ai aucune idée de ce que je fais !

Per: J’étais en train de chanter et je te voyais, au dessus de mon épaule, en train de chercher le rythme (rires) ! Mais je peux aussi voir dans ton regard le désespoir !

metal-eyes: C’était à Londres, c’est ça ?

Jonas: Oui, et ça fait partie de mon top 3 des pires expériences ! Il y a aussi eu Stockholm.

Per: Oh… oui, tu étais furax !

Jonas: Oh oui, on n’avait aucune idée d’où nous devions jouer lorsque quelqu’un nous dit « voici votre scène ! » Hein, c’est quoi ça ? Le gars du son a branché tout mon matos sur celui de Hannes, je me branche et… Merde, rien ne fonctionne ! J’étais furieux, je me suis soulé après mais…

metal-eyes: Et vous, votre pire expérience ?

Hannes: Notre pire expérience c’est quand Jonas fout tout en l’air ! (Rire général)

Per: Ou quand il joue de la batterie !

metal-eyes: Tu vas jouer de la batterie, ce soir ?

Jonas: J’espère que non ! Vraiment !

metal-eyes: Et si je reste devant et que je crie « va jouer de la batterie ! »

Jonas: Je t’enverrai une baguette au visage !

metal-eyes: Où rêveriez de jouer ?

Jonas:  Mmhh… Une île tropicale…

Per: Je ne sais pas, un gigantesque stade, est-ce trop grand pour quelqu’un ?

Hannes: Le Royal Albert Hall à Londres. Ça pourrait se faire, c’est là où ont eut lieu certains des concerts les plus mythiques : Bob Dylan, tant d’autres… Et c’est une salle de bonne taille.

Jonas: Moi, je verrai bien un endroit différent, en haut de la tour Eiffel. Il y a un restaurant, là haut ?

Per: Juste pour ajouter une chose, j’adorerai faire une tournée des stade en Suède. Le Globe, sold-out !

metal-eyes: Y a-t-il un endroit où, au contraire, vous ne souhaitez jouer pour rien au monde ?

Hannes: Oui, il y a quelques salles où nous ne jouerons jamais, au Royaume-Uni. On n’y retournera pas…

metal-eyes: Des noms ?

Jonas: Non…

Per: Je crois que l’une d’elle a fermé, alors, ça va : il y avait cet endroit appelé The Well, à Leeds. Elle portait bien son nom : la première fois que nous y sommes allés, la salle était glaciale, humide comme des marais. On est allé aux toilettes et c’est comme si personne ne les avait nettoyées depuis la veille, vraiment dégueulasse. Il y avait même une bouteille de bière coincée au fond…

Jonas: Il y a des endroits que nous avons blacklistés.

Per: Ils sont tous au Royaume-Uni…

metal-eyes: Et si on vous donne un million d’euros pour y jouer, vous dites non ?

Tous: Pour un million, on y va !

metal-eyes: Revenons à la musique : Weekend man est sorti il y a un an et demi, avez-vous travaillé sur de nouveaux morceau et quand prévoyez-vous un nouvel album ?

Per: Dès que possible. Nous allons rentrer et j’espère commencer à composer rapidement.

Hannes: Nous voudrions dire l’année prochaine, mais nous connaissant, il vaut mieux ne pas nous avancer. Nous y travaillons mais ne nous engageons pas.

Per: J’ai le sentiment que, cette fois, nous allons travailler plus vite. Mais on ne sait pas

Jonas: Tu es le premier à l’entendre : « l’album est retardé ! » (rires)

Per: Oui, on va attendre deux ans !

Jonas: C’est comme l’album des Guns, il a été retardé, quoi ??? 16 ans. Mais quand il est sorti…  Allez, 2 ans pour nous !

metal-eyes: Merci pour cette interview, et je vous retrouve dans la salle tout à l’heure.

Jonas: Super, merci à toi !

 

ROYAL REPUBLIC live à Paris (le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage)

 

Le Cabaret Sauvage affiche ce soir complet pour le second passage parisien des Suédois de Royal Republic. Et ce n’est que justice tant le quatuor met le feu à chacun de ses concerts.

En ouverture, Aaron Buchanan and The Cult Classics est un groupe anglais qui donne dans un rock puissant et tendu. Le chanteur, Aaron, est une pile électrique qui cherche à chauffer le public. Si, musicalement, il n’y a guère de nouveauté, le gaillard et son bassiste atteignent aisément cet objectif. Mais les deux guitariste, dont miss Buchanan – sa sœur, je crois, visage planqué sous un chapeau – restent assez statiques… Dommage, d’autant plus lorsque, en fin de set, le chanteur annonce – pas démago – que Paris est le meilleur public et qu’il demande à ce même public de s’approcher pour tenter quelque chose de jamais encore fait: Aaron, tel Frank Carter (il en a le look, pas encore les tatouages) marche sur le public qui tend les bras pour le porter… Rouler-bouler, retour sur scène, le gaillard s’est bien débrouillé, son groupe a offert une sympathique prestation amuse-gueule. Mais, honnêtement, avec ce qui arrive ensuite…

 

Les lumières s’éteignent alors que résonnent les premiers accords de When I see you dance with another. Royal Republic sur scène, c’est la garantie d’une ambiance du feu de diou. Sapés comme des princes, Adam et sa bande jouent face à un public déchaîné. Au point que les barrières crash, vraisemblablement non scellées, avancent, forçant un agent de sécu à les repousser. Seul… Pendant une heure trente, le groupe évolue sous de superbes lumières (comme quoi, même au Cabaret Sauvage c’est possible!) et toujours plein d’humour.

En introduisant Make love not war – je vous fait grâce de la fin du titre – Adam annonce avoir besoin d’un homme, français. « Quelqu’un qui s’appelle Gaston. Tu t’appelles Gaston? Toi? Non plus… » expliquant ce qu’est un Weekend man: « c’est ce qui te donne la force, plutôt que de boire une bière… d’en boire deux! Ce qui te fais aller au lit à 10h plutôt qu’à 9h »…  Il dédouane son groupe prétendant qu’aucun autre groupe n’écrit aussi lentement que RR. « Mais certaines chansons viennent naturellement. Celle-ci, par exemple, c’est moi qui l’ai écrite… Elle parle de… moi » et c’est parti pour un People say I’m over the top explosif.

Le groupe se fend d’une superbe version acoustique de Addictive, pile dans l’esprit de la soirée: variée, dansante, lumineuse – les éclairs qui entourent la batterie sont du plus bel effet – et surprenante car très crooner et dans l’esprit de Noël. Autre moment fort, alors que Jonas m’avouait en interview (que vous découvrirez la semaine prochaine) que le concert de la veille au Koko de Londres l’avait vu vivre sa pire expérience, il se retrouve plongé dans la même situation: Per lui tend ses baguettes, forçant le bassiste à s’asseoir sur le tabouret, s’empare d’une guitare tandis qu’Adam se saisit de la basse sur je ne sais plus quel titre… Bon, tant pis! C’est significatif de l’état d’esprit du quatuor qui puise on ne sait où cette énergie communicative.

Adam évoque ce moment, vers minuit, lorsque tes doigts ressentent ce besoin de heavy metal… Le public hurle son approbation et le chanteur offre le choix entre Iron Maiden et Metallica. La veille, à Londres, RR a interprété un extrait de Fear of the dark, ce soir, la clameur publique impose les horsemen. Va pour un rapide et efficace Battery, suivi du plus que fédérateur Roxanne de Police avant de conclure avec le méga funky rock Full steam spacemachine sur lequel le public continue de danser.

 

Bien sûr, ce n’est pas fini, Royal Republic revenant pour un gigantesque rappel de 5 (cinq!) titres dont une reprise de X qui sonne comme un message puisqu’il s’agit de I don’t wanna go out. Ben nous non plus, et on en reprendrait bien une dose! Baby vient pourtant mettre un terme à cette soirée simplement gigantesque, cette fête comme on en souhaite plus. Ça, c’est un concert de rock, dans les règles! Quelle soirée, mais quelle soirée!

EUROPE: Walk the earth

Hard rock, Suède (Hell&back recordings, 2017)

Il y a des groupes comme ça, injustement maudits… Parce que dépendants d’une notoriété liée à un seul titre, un gigantesque hit, et que le public, injuste lui aussi, ne se souvient que de ça. Trust et Antisocial, Scorpions et Still loving you, Deep Purple et Smoke on the water ou Europe et The final coutdown. Europe qui depuis 3 décennies traine ce morceau comme un fardeau, bien qu’il lui assure de confortables royalties… Quelques mois après un live célébrant, tiens donc, les 30 dudit Countdown, Europe nous offre Walk the earth, un album qui mérite bien plus qu’une attention polie et courtoise. C’est un Europe au meilleur de sa forme qui revient. Sans doute plus en forme encore que sur War of kings, son précédent album studio. Plus dur dans son propos, le groupe suédois, qui évoque parfois Deep Purple (The siege, Election day) s’éloigne de son pré carré, de sa zone de confort, et explore encore de nouveaux horizons, la mélodie toujours en avant. 10 morceaux rock, enlevés, enjoués, aux mélodies imparables, un John Norum inspiré qui nous offre des soli irréprochables, une ballade, Pictures, plus qu’émouvante, du rythme, du groove…  Europe nous offre un album à la hauteur de nos attentes, impeccable de bout en bout. Mettez de côté un certain album trentenaire et jetez vous sur ce Walk the earth. Bravo!

DIABLO SWING ORCHESTRA: Pastifisticuffs

Rock barré, Suède (Spinefarm, 2017)

Certains appellent ça du metal avant-gardiste, je dis que c’est un mélange complètement barré de différents genres musicaux. Incontestablement rock, Diablo Swing Orchestra, joue sur les genre en nous proposant sur ce troisième album, un joyeux mélange de genres. On retrouve un bel esprit country « à la » Steve’n’Seagulls, un chant féminin totalement énervant, des rythmiques enlevées, proche du ska, des influences slaves et tziganes, le tout dans un esprit très cirque et cartoonesque, inspiré par l’univers Disney des années 50 et 60. Le jazz est omni présent, les swing aussi. Remarquable, le chant, masculin et féminin, est aussi traditionnel que dingue – pas de hurlements, non, mais de la profondeur abyssale masculine à une certaine dinguerie narquoise féminine, tout y passe. Déjanté à souhaits, complètement décalé, ce Pacifisticuffs (c’est pas un titre à la Mary Poppins, ça?) s’écoute avec délectation et plaisir. Une joyeuse détente de 13 chansons destinées à égayer nos fêtes de fin d’années? Une chose est certaine: cet album donne la pêche!

EUROPE: The final countdown 30th anniversary show

Hard Rock, Suède (Hell & back recordings, 2017)

Europe, entre 2015 et 2017, a intensivement tourné à travers le monde, en invité « de luxe » de Scorpions, tout d’abord, puis en tête d’affiche afin de promouvoir, d’une part, son dernier album studio, War of kings, mais surtout pour célébrer le trentième anniversaire de son plus gigantesque et éclatant succès, The final countdown. Quelle meilleure occasion, en effet, que cette célébration pour remettre Europe sur les rails du succès que le groupe suédois retrouve depuis quelques années? Ce live, enregistré au Roundhouse de Londres le 12 novembre 2016, est divisé, comme ce fut le cas tout au long de ladite tournée, en deux parties distinctes: le premier CD se consacre au dernier album studio, dont tous les titres sont interprétés, les 5 premiers dans l’ordre du disque – le morceau éponyme étant réservé pour la fin – la suite étant mélangée. Le son est parfait, au point de se demander quelles retouches a subi ce concert. Le second CD reprend quant à lui l’intégralité de The final countdown, dans l’ordre initial de l’album. Autant dire que le succès est garanti, le public répondant présent à chacun des hits de 1986, c’est à dire la presque totalité de l’album. Inutile de vous expliquer la folie qui s’empare de la salle dès que retentissent les premières notes du clavier de Mic Michaeli… Europe a naturellement profité de cette tournée anniversaire pour mettre en boite un BluRay live. Nous ne reviendrons pas sur le choix des titres. Les images rendent justice à chacun des musiciens. Comme je l’avais constaté lors du passage à Bercy fin 2015, c’est véritablement Joey Tempest qui, en poseur connaissant son affaire, fait le show, John Norum, excellent guitariste s’il en est, et le bassiste John Leven se démenant assez peu, ce qui est dommage à ce niveau. Heureusement, les éclairages sont simplement superbes, le public du Roundhouse (d’une capacité de 1700 personnes) est tout acquis au groupe. Les deux écrans, postés de chaque côté de la scène, diffusant, sur la seconde partie moult photos d’poque dans une jolie et longue séquence nostalgie. Europe fait, avec ce nouveau live, honneur à son statut et honore son public avec un produit dont on ne pourra que déplorer le manque de bonus. Un beau live, en somme, avec des morceaux qui presque tous, les plus récents inclus, semblent intemporels (un ou deux ont mal vieilli…) De la belle ouvrage.

CYRHA: Letters to myself

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Quand on prend un ex-Amaranthe (le chanteur Joacim Lundberg), qu’on ajoute 2 ex In Flames (le guitariste jester Strömblad qui a aussi sévi chez Hammerfall ou Dimension Zero parmi d’autres, et le bassiste Peter Iwers), pas étonnant que l’on écoute un album à la fois puissant et mélodique. Et « mélodie » semble êtyre le maitre mot de Letters to myself, le premier album de Cyrha, groupe formé il y a moins d’un an! Tout est ici attirant et suave sans tomber dans la guimauve… Les chansons sont entraînantes, parfaitement produites, et ne visent qu’à faire se trémousser et chanter le public. Karma, Heartrage, Muted life, Holding your breath… Tout est séduisant et carré (sauf la ballade trop prévisible Closure trop sirupeuse, mielleuse à mon goût…) La puissance que l’on retrouve généralement en ouverture cède la place à un chant très AOR, doublé d’une batterie effrénée sur fond de guitares rageuses, grasses et lorgnant parfois du côté du sleaze. Une recette qui a fait ses preuves et qui a encore de beaux jours devant elle. Car même une si cet album est une mer de bons sentiments, quand c’est bien fait, ben… ça le fait!

GHOST live à Paris (L’Olympia, le 11 avril 2017)

ghost paris 2017

C’est la foule des grands soirs qui investit la mythique salle parisienne de l’Olympia. Une foule venue assister à sa grand messe, à un concert subversif, spécialité de Ghost… Sur scène trônent la batterie et les claviers masqués par des larges draps sombres. Devant, un petit set de batterie et des claviers attendent Zombie, le groupe de première partie. A 20h00, le batteur et le claviériste prennent tranquillement possession de leurs instruments. Dès les premières notes, l’influence de Rush se fait sentir, puis viendra celle de Jean-Michel Jarre, parmi d’autres. Pas de chant, et pas d’autre musicien… Zombie, ce n’est qu’un duo qui balance un variété un peu rock qui s’inscrit dans l’optique de cette tournée de Ghost intitulée le Popestar tour. Difficile à deux de remplir l’espace, ce qui ne semble pas être l’idée du jour même lorsque le pianiste s’empare d’une basse (bien trop forte à mon goût). Malgré le groove  et un accueil dans l’ensemble positif et sympathique, une bonne partie du public préfère se retrouver au bar. C’est simple, l’antichambre offre le spectacle d’une foule dense et bigarrée, qui assit et qui debout, mais une foule qui piaille, saute, s’assied, boit, partage, rit, s’écoute et se sourit dans un joyeux brouhaha qui se fait l’écho d’une certaine vision de la vie.

Lorsque Zombie termine à 20h45, les rideaux se referment sur la scène (chose rarement vue lors d’un concert rock ici). Petit à petit, la salle se remplit de nouveau. Le public est familial et multi-générationnel (de 6 à 77 ans, à l’aise!, mais rappelons-nous que les Parisiens sont en vacances). La musique d’entracte prépare l’ambiance: sonate au piano puis chants liturgiques et chœurs sacrés.

Enfin, les lumières s’éteignent. On aperçoit les pieds de Ghoul qui prend place derrière ses claviers puis arrivent ses compagnons de jeu. Les premières notes de Square hammer résonnent et des lumières de fond de scène éblouissent le public afin d’offrir une entrée soudaine et magique à Papa Emeritus III, vêtu de sa tenue des grandes occasions. C’est une forêt de mains levées qui l’accueille, des mains qui ne seront remplacées tout au long du concert que par les sauts cadencés du public ultra réceptif. On aperçoit même Steph Buriez, leader de Loudblast, headbangant comme pas deux. Les plus belles offrandes défilent comment autant de d’hosties noires (From the pinnacle to the pit, Secular haze, Body and blood, Devil church, Absolution, Cirice, He is…) Le chanteur se rendant compte de la présence de nombreux enfants promet de faire attention à son langage, promet, bienveillant, de ne pas jurer et de contrôler le nombre de « fuck » et « shit ». Bien sûr, Ghost propose un show assez similaire à ce que l’on a pu voir ces derniers mois, Papa changeant de tenue une fois, discutant paisiblement avec ses ouailles, Ghoul (basse) et Ghoul (guitare) s’offrant un pas de deux tandis que le pape noir invite deux jeunes nonnes à venir sur scène, informant le public des premiers rangs qu’elles vont venir faire une offrande. « Prenez ce cadeau, mais rien de plus! On ne lèche pas les doigts… » Mais une chose est évidente: même si le spectacle reste assez similaire et sans surprise, ça marche! C’est carré, hors du temps et passe partout. Au rappel, Papa seul sur scène énonce toutes les villes où Ghost a joué en France. Nombreuses… Et demande qui a déjà vu le groupe live. Tout le monde semble-t-il. Puis qui n’a pas vu Ghost. une personne, semble-t-il à laquelle papa explique toujours terminer par la même chanson. Monstrance clock annonce donc la fin du show, à l’ambiance explosive et chaleureuse. Une très belle soirée!

Devant le nombre important de demandes, Metal-Eyes n’a pu être accrédité pour les photos. Ce live report est donc sans illustration. Merci cependant à Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.