AMON AMARTH live à Paris (Le Zénith, 25 novembre 2019)

C’est un Zénith en petite configuration qui accueille le grand – et brutal – cirque viking ce soir. Une affiche 100% suédoise (OK, exception faite d’une chanteuse et d’un batteur…) débarque à Paris: Hypocrisy, Arch Enemy et Amon Amarth! Mais avant de pénétrer dans ce si fameux Zénith du parc de la Villette, quelques surprises nous attendent: Peet se voit interdire de fumer une cigarette sur le gigantesque parvis en plein air tandis que je me vois invité à quitter ce même endroit où l’on n’a plus le droit de traîner et de passer un simple appel… Il y aura mieux plus tard: alors que Hypocrisy en est au milieu de son set, Phiphi, mon ami créateur du logo de Metal Eyes, erre dans les coursives pour entrer dans la salle. Les rideaux des escaliers tirés, on lui interdit le passage. Comme on le fait au théâtre une fois la pièce commencée. Pour un concert de rock, où l’on est censés circuler librement, les restrictions deviennent lourdingues…

Passons sur ce coup de gueule pour entrer dans le vif du sujet: c’est donc un Zénith en configuration presque minimaliste qui accueille quelques 3.000 spectateurs. La scène a même été très avancée, les crash également, laissant un vaste espace entre la scène et le public. Mais quand on voit la gueule des bouches à feu, on se dit que c’est sans doute mieux ainsi! Si Amon Amarth n’a pas, en France et hors festival, la capacité à remplir un Zénith, la salle s’avérera bientôt une nécessité au regard de la gigantesque production de ce soir (ce qui pourrait bien être le cas aussi pour Sabaton, en février prochain pour une autre affiche en jaune et bleu).

 

Trois groupes sont ce soir à l’affiche. Tout d’abord Hypocrisy qui ouvre les hostilités avec son death rageur. Mais voilà: la scène est noyée sous la fumée, une fumée blanche épaisse comme un mur qui empêche le public de voir une quelconque forme de spectacle. Et lorsqu’enfin ce fog se dissipe, on peu distinguer les musiciens dans une belle lumière verte ou d’un blanc sec, avant que le technicien appuie de nouveau longuement sur le bouton… Alors que dire? Superbe prestation? Loin d’être un fan invétéré du combo de Peter Tägtgren, je préfère écouter de loin, monter dans les gradins, constater qu’il y a encore beaucoup de brouillard. Une bière s’impose.

Le changement de plateau se fait en moins d’une demi-heure. Arch Enemy est visiblement très attendu. La scène est très métallique, des spots enfermés dans des cages du plus bel effet projettent l’ombre des barreaux qu’ils balayent. Michael Amott et sa bande sont certes concentrés mais sont en forme. Il faut dire que Paris, ils connaissent bien, que le public a toujours été présent. Si les regards se tournent naturellement vers Alissa White-Gulz, la vocaliste sait comment séduire ce public: comme elle le fait toujours, avec douceur et en français. Mais quelle puissance quand elle se met à growler!

Pendant près de 45′, le quintette dispense une setlist des plus puissantes superbement mise en lumières. Evidemment, certains titres résonnent plus que d’autres en ces heures troubles (War eternal, No gods, no masters) mais on se délecte des Ravenous, Under the black flag we march et autres Dead bury their dead. Arch Enemy nous a offert une très belle prestation, belle mise en bouche avant le gros morceau qui arrive!

Une immense toile noire cache la scène qu’on imagine déjà énorme. Casque ou drakkar en guise d’estrade de batterie, peu importe, ce qui compte ce soir c’est le spectacle que nous promet Amon Amarth. Cela fait maintenant plus de 3 ans que les Suédois n’ont pas mis les pieds dans notre ville, leur dernière venue remontant au 7 novembre 2016, au Casino de Paris. Le public est chaud lorsque la salle est une nouvelle fois plongée dans le noir et que retentissent les premiers couplets d’un certain Run to the hills.

Puis, dès que tombe le rideau, dès qu’apparaissent Olavi et sa bande, c’est une débauche d’énergie. De la lumière, du bruit et de la fureur pendant une heure trente. Le casque de viking sur lequel trône la batterie est désormais agrémenté de deux écrans en lieu et place des yeux. Ecrans qui permettent quelques judicieuses animations venant compléter celles in vivo. Car dès Runes to my memory, Amon plonge son public dans un enfer de flammes et de fumées, à commencer par le logo du groupe qui, disposé de chaque côté de la batterie, s’embrase et brûle tout au long de cet imparable titre. Puis les bouches à feu entrent en action. Disposées un peu partout sur scène, des colonnes de feu égaillent Death in fire.

Si chaque membre est à fond et connait parfaitement sa partition – on notera particulièrement l’acharnement de bûcheron de Jocke Wallgren, le « petit » dernier à la batterie – Johann Hegg semble particulièrement heureux d’être de retour dans notre capitale. Plus que ses paroles qui caressent le public dans le sens du poil (les classiques « Que c’est bon d’être enfin de retour à Paris! » et autre compliments), c’est son large sourire qui en dit le plus sur son état. Le chanteur semble aujourd’hui complètement remis de accident de cascade dont il avait été victime en mars dernier.

Il joue avec le public, grimpe sur son « ego riser » se prenant un jet de fumée en pleine face, ne laissant apparaître que ses bras. Et, prenant le public à contre pied, c’est en plein milieu du concert que les canons à confettis entrent en oeuvre, émaillant la salle de scintillements du plus bel effet.

Si visuellement le show est énorme, musicalement, le public est aussi servi. Naturellement orienté sur les deux derniers albums, les grands classiques d’Amon Amarth sont aussi, heureusement, de la partie. Une set list irrésistible qui résume bien la carrière des vikings. First kill, Deceiver of the gods, The way of the vikings, Guardians of Asgaard, tout y passe. Et le désormais incontournable Raise your horns annoncé par un Johann qui s’empare de sa corne « judicieusement » placée à sa ceinture, au cas où. On se doutera que ce titre ne fera plus partie de la setlist le jour où le chanteur n’en sera plus équipé…

Le rappel constitue peut-être le seul point de frustration du concert: après tant d’énergie, les deux titres finaux (The way of the vikings et Twilight of the thunder god)  passent à une vitesse folle. Mais une chose est certaine, c’est que ce soir Amon Amarth a livré un concert exemplaire et dantesque de bout en bout. Superbe soirée!

 

SABATON: The great war

Heavy metal, Suède (Nuclear Blast, 2019)

En quelques années, grâce à des albums impeccables et des concerts exemplaires, Sabaton s’est imposé comme un des fers de lance de la scène metal actuelle, ce malgré une carrière  qui voit la bande à Joakim Broden et Pär Sundstrom célébrer cette année son 20ème anniversaire. Force est cependant de reconnaître que les deux fondateurs ont pris la décision qu’il fallait en remodelant complètement le groupe avant l’enregistrement de Heroes. Depuis, Sabaton navigue de succès en succès et sa double prestation en roue de secours du Hellfest (on rappelle pourquoi?) ne fera qu’embellir encore l’aura des Suédois. Après avoir conté des épisodes de bravoures au cours de l’Histoire avec The last stand, Sabaton se plonge aujourd’hui, avec The great war, dans la première guerre mondiale. Toujours sur fond de ce metal joyeux, enjoué et entraînant, le groupe nous emporte dans ces sombres années de la grande guerre. The future of warfare, qui introduit l’album, déroute quelque peu par ses aspects lents et sérieux. Les touches plus prononcées d’électro – qu’on retrouve de façon plus importante que dans les derniers albums – y sont pour beaucoup. Heureusement, dès Seven pillars of wisdom – qui traite d’un certain Lawrence d’Arabie – on retrouve la recette qui fait mouche. La suite est une fête non stop composée de ces refrains imparables (The attack of the dead men et son refrain saccadé, Devil dogs et ses choeurs…) The red baron (de son vrai nom Manfred von Richtofen, pilote de légende) explore avec efficacité de nouveaux horizons et ses claviers typés orgue d’église et un rythme qui accélère subrepticement. L’album se conclue avec le mélancolique et lourd The end of the war to end all wars mais surtout avec le superbe chant In flanders fields. Une prière émouvante qui vient clore un album qui, sans conteste, divisera de nouveau; les anti vont le détester – il y en a encore, qu’ils passent leur chemin – les fans vont adorer – il y en a de plus en plus. La preuve? The great war est déjà entré dans les char(t)s mondiaux. On notera aussi, comme ce fut déjà le cas sur l’album précédent, la richesse des notes qui accompagnent chaque chanson. Alors pour le metal, le show et le fun: vivement le Zénith à Paris! Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez retrouver l’interview que Joakim a accordée à Metal Eyes ici: Interview Sabaton

 

 

ROYAL REPUBLIC: Club majesty

Rock, Suède (Nuclear Blast, 2019)

Depuis ses débuts, Royal Republic est parvenu, avec chacun de ses 3 précédents albums, à surprendre ses fans avec des chansons foncièrements rock, entraînantes à souhaits, joyeuses et vivantes. Et le quatuor ne s’est jamais géné pour proposer des morceaux complètement déjantés (Underwear ou Full stream speed machine, sur We are the royal, Everybody wants to be an astronaut sur Save the nation ou encore People say I’m over the top ou Kung fu lovin sur Week end man, parmi d’autres). Avec leur nouvel opus, Club Majesty – qui aurait pu être le nom du groupe, grand bien leur a pris! – les Suédois réussissent encore à surprendre. En fait, tout est dit dans le titre. La notion de club est en effet prédominante tout au long des 11 nouveaux morceaux proposés, et cela dès Fireman & dancer, malgré le hurlement introductif d’Adam. Malgré l’omni présence de guitares, l’esprit disco domine. Celui des 70’s, pas celui de techno actuelle… Le dancefloor est en feu, et le titre suivant confirme l’orientation générale de l’album. Comment pourrait-il en être autrement quand on nomme une chanson Can’t fight the disco? Seulement voilà: Royal Republic a sans doute trop orienté ce nouvel album et si l’on reconnait sa marque de fabrique, un peu plus de rock direct aurait été bienvenu. On retrouve cependant tout au long de l’album les « gimmicks » propres aux Suédois: ce chant si particulier, ces guitares claires et saccadées, ces refrains qui tournent comme un manège, ces mélodies qui ne laissent pas de marbre. Royal Republic explore et tente, garde son identité même s’il se perd quelque peu dans son propos. A voir en live, car sur scène, le groupe est imbattable. Et c’est sans doute là que ces nouveaux titres prendront toute leur dimension.

Interview: SABATON

Interview SABATON. Entretien avec JoakimBroden (chant).Propos recueillis chez Warner France à Paris le 15 mai 2019

Metal-Eyes : Joakim, tu es de retour à Paris pour nous parler de The great war, le nouvel album de Sabaton. Vous étiez récemment à Verdun pour un voyage de presse de deux jours, mais vous étiez sur place avant. Comment était ce voyage ?

Joakim: Eh bien… les gens nous demandent si nous avons été surpris et, étonnamment, tristement aussi, pas tant que ce à quoi je pouvais m’attendre. Je crois que le plus dur a été de faire toutes nos recherches. Factuellement, ce sont des histoires dont nous n’avions pas connaissances. Pas autant que ce que nous avons pu traiter auparavant, mais l’impact émotionnel était plus fort, plus dur, si tu vois ce que je veux dire. Nous sommes allés à Fleury, cette petite ville qui n’existe plus aujourd’hui… Il n’y a plus qu’une enseigne, celle de la boulangerie. Tu imagines marcher dans une ville qui n’existe plus ? C’est étrange. On te dit qu’ici il y avait ce bâtiment, là cet autre. Je crois que cette visite est celle qui a été la plus… rabat-joie

Metal-Eyes :Vous avez découvert des choses là-bas, j’imagine ?

Joakim: oh, oui… surtout quand nous sommes allés à la citadelle, qui se trouve, je crois, aux limites de la ville.C’était sympa parce qu’ils avaient une sorte de… je ne dirais pas « manège à la Disney », mais il y a une sorte de train qui fait un parcours intérieur et qui nous éclaire un peu plus sur le quotidien des soldats, quotidien qu’on oublie un peu souvent, je pense. Il y a cette scène où l’on voit un homme échanger des cigarettes contre un out ça. Les locaux pourraient être lassés des « touristes de guerre », mais non… de pain supplémentaire. Si le soldat ne peut se nourrir, il ne peut pas se battre… A grande échelle, dans ce type de conflit, il y a des milliers de personnes, et ça peut devenir assez impersonnel. Dès que tu vois des visages, que tu y colle un nom, c’est plus personnel. C’est une approche sympa. J’ai vraiment apprécié ce séjour, peu importe que nous soyons en ville à manger de la bonne nourriture et boire de bons vins, on  a pu visiter ce mémorial et voir quel respect la population porte à t

Metal-Eyes : J’entends à ta voix que tu es encore sous le coup de l’émotion. L’album a été écrit et enregistré avant cette visite, penses-tu pouvoir, à un moment ou un autre pour un futur album, utiliser ces sentiments dans l’expression de ce que les soldats peuvent ressentir ?

Joakim: Oui, mais je ne sais pas trop comment, parce que, où que tu ailles, il y a quelque chose à apprendre. Et chaque lieu est différent. Je pourrais utiliser cela dans une chanson qui traite d’autre chose… Ce n’est pas la première fois que nous visitons un mémorial de guerre ou un musée, même si, parfois, on peut avoir l’impression de les avoir tous visités ! (rires) Mais on a à peine gratté la surface ! Oui et non, en fait : on pourrait utiliser ces sentiments pour des sujets qui traitent de guerre en occident, mais pas concernant des conflits au moyen orient. Mais si nous sommes amenés à revisiter un épisode de la grande guerre, absolument, oui.

Metal-Eyes : The great war, l’album traite de la grande guerre, la première guerre mondiale. Mais il ne s’agit pas d’un album conceptuel. Il est plus dans la veine de vos deux précédents albums : une collection d’histoires. Comment avez-vous choisi ces histoires ?

Joakim: Parfois, c’est la musique qui choisit pour nous. Ce qui est parfois super, et à d’autres moment une plaie… parce que certains de nos sujets préférés ne trouvent pas de place dans l’album. J’étais certain que Harlem hellfighters trouverait sa place, mais non…Il est très important pour nous que les textes et la musique dégagent la même puissance émotionnelle, musicalement.

Metal-Eyes : Est-ce que, de nouveau, vous avez opté pour des histoires moins connues, comme vous l’aviez précédemment fait ?

Joakim: Oui, et je dirais que l’une des histoires la plus connue est celle de A ghost in the trenches, qui traite de cet indien canadien natif, qui n’a même pas la nationalité canadienne…Le gouvernement devait croire qu’ils devaient rester dans les réserves… Ce gars a passé beaucoup de temps sur le front occidental et reste l’un des snipers les plus célèbres. Les histoires à son sujet sont extraordianaires… Il se faufilait dans les lignes allemandes la nuit pour leur voler du matériel. Les indiens du Canada sont très connectés à la nature, alors il avait en permanence des totems, des gri-gris… Quand ils étaient attaqués au gaz, et croyaient tout perdu, il arrivait avec cette poudre de tabac qu’il distribuait et qu’il a invoqué les cieux pour que les vents tournent. La légende raconte que les vents se sont inversés… Certainement une légende… (rire) Pour tout te dire, il n’y a pas beaucoup de choses à son sujet en ligne, c’est difficile de trouver des infos. Mais c’est une histoire fantastique et je crois que même les historiens les plus acharnés ne la connaissent pas. Bien sûr, les gens de sa ville, sa famille connaissent son histoire.

Metal-Eyes : Comment analyses-tu l’évolution de Sabaton entre The last stand et The great war ?

Joakim: « Evolution » est un excellent mot parce que nous ne sommes pas un groupe révolutionnaire. D’un album à l’autre tu vas entendre des différences, mais pas te dire qu’on a tout changé. Maintenant, si tu écoutes The last stand ou The great war et tu passes ensuite à Metalizer, il y a une énorme différence ! Je dirais que sur The great war tu trouveras plus de surprises que d’habitude. Il peut être plus hard, plus progressif, plus… bizarre aussi. LA chanson A war to end all wars, par exemple, n’est pas structurée comme une chanson classique. C’est une de ces rares fois où j’ai été suffisamment chanceux pour écrire les paroles pendant que je composais. Et, comme beaucoup d’autre choses, ça m’a emporté dans un voyage tel que je ne pouvais pas réduire ce titre à une chanson de 3’30, intro, coupler, refrain… Elle est différente pas seulement dans sa structure, mais aussi parce qu’elle est plus dure, plus sombre.

Metal-Eyes : La dernière fois que nous nous étions rencontrés, tu m’avais fait part de ton souhait de visiter le muse des Invalides. As-tu trouvé le temps de le faire?

Joakim: Nous étions censes y être aujourd’hui, l’idée était d’y faire la promo, mais les évenements ont fait qu’il y a cetet cérémonie en l’honneur des soldats français morts récemment. Naturellement, nous ne voulions pas être ceux auraient perturbé cette cérémonie.

Metal-Eyes : Mais même sans cela, vous n’auriez pas pu visiter le muse en étant en promo…

Joakim: Non, non… On y serait entrés une heure plus tôt pour visiter, voire une heure après la promo pour visiter. On trouve des moyens…

Metal-Eyes :J’étais récemment en visite au chateau de Fontainebleau, lieu de residence de Napoléon. As-tu visité ce lieu?

Joakim: Non, pas encore…

Metal-Eyes :Ca pourrait être empli de sources d’inspiration pourtant…

Joakim: Toutes l’histoire de Napoléon fait partie de mes projets. Lui, ALexandre le grand… Il y a quelques personnes “iconiques” que je souhaite traiter. Mais Napoléon… Une chanson, ce n’est pas assez…

Metal-Eyes : Sans doute un album n’est –il pas suffisant.

Joakim: Sans doute, mais peut-être pouvons nous envisage trios ou quatre chansons. C’est le problem du format album, parfois, ç ate limite. Il faut qu’il y ait entre 9 et 14 chansons pour qu’on appelle ça un album, mais, d’un autre côté, cela signifie que tu ne sors quelque chose que tous les trios ans… Ce serait sympa de pouvoir entrer en studio et composer quand on veut, meme en tournée…”OK, voila 3 chansons sur Napoléon…” Et on les sort quand on veut. Je ne suis pas vraiment fan de ce format…

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de The great war pour presenter Sabaton à quelqu’un qui ne vous connais pas, ce serait lequel?

Joakim: D’accord… Je choisirais… Seven pillars of wisdom, la seconde chanson de l’album. Elle traite de Laurence d’Arabie. Ce n’est pas une des plus étonante chansons que nous ayons, c’est clair qu’il s’agit d’une chanson de Sabaton. Nous l’avons écrite, Chris Rohr et moi, et je suis très fier du résultat, d’un point de vue “composition”: il n’y a pas 2000 instruments, c’est le groupe, et uniquement le groupe et je crois qu’on y trouve le meilleur travail de guitar et de batterie qu’on ait jamais entendu sur une chanson de Sabaton.

Metal-Eyes : Vous allez bientôt repartir en tournée pour cet album. En dehors du Knotfest sur lequel je vais revenir dans un instant, quells sont vos plans actuels?

Joakim: Je voudrais pouvoir te le dire…

Metal-Eyes : Ok, question suivante, s’il te plait!

Joakim: Exactement (rires). Le truc c’est que les promoteurs de festivals préfèrent généralement que l’on ne parlent pas des autres plans pour leur pays avant le festival.

Metal-Eyes :Alors, revenons en France, donc, puisque vous allez jouer au Knotfest qui aura lieu sur les terres du Hellfest la veille de ce festival. Ca :te fait quoi d’être un amuse-gueule du Hellfest?

Joakim (il explose de rire): Amuse-gueule! Excellent! Je ne l’avais encore jamais entendue celle-là! Ca me convient, j’aime les lieux, la foule, les décors. Cette fois, nous allons pouvoir venir avec notre tout nouveau décor de scène, rien à voir avec ce que nous avons pu proposer dans le passé. Et il déchire. Il y aura plusieurs surprises que nous ne proposerons que sur quelques concerts.

Metal-Eyes : Don’t le Knotfest?

Joakim: Oui.

Metal-Eyes : Alors nous devrons y être, quoiqu’il en soit! Quels sont tes souvenirs du dernier Hellfest? Je n’ai pas vu Sabaton très souvent, mais à chaque fois, le show était different. En dehors du fait que Laurent Fabisz, le chanteur de Kryzees soit venu te remplacer sur scène, ce qu’il a très bien fait…

Joakim: Oui, il a été très bon… (il rit) On se demandait comment ça allait fonctionner, il était si nerveux, et il est monté et ça l’a fait!

Metal-Eyes :Alors quells sont tes souvenirs de ce dernier Hellfest?

Joakim: Il n’y a que de bons souvenirs de chaque show du Hellfest, principalement les deux derniers, où nous étions sur les main stages. Nous ne sommes pas un si gros groupe que ça en France, et j’ai remarqué, sur ces deux derniers shows, que nous rallions de plus en plus de fans. C’ets aussi un festival international, qui attire plein de gens du monde entire, et son profil musical n’est pas vraiment dans notre style musical, il est beaucoup plus dur. La plupart des visiteurs ne viennent pas pour nous voir, certains ont entendu parler de nous comme d’un groupe de power metal et ils s’attendent à Donjons et dragons… Ensuite, s’ils assistant au concert, ils se rendent compte que nous sommes un vrai groupe de metal.

Metal-Eyes :Avec un super show, même si je connais des gens qui n’aiment pas et vous trouvent ridicules…

Joakim: Ce qui me va tout autant…

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Sabaton en 2019? Quelque chose que vous mettriez sur votre prochain album…

Joakim: Ouh… Je ne sais pas. Je ne peux pas dire “plus vite, plus fort”… Je dirais plutôt “Plus grand et meilleur”

Metal-Eyes : Je garde. On se revoit au Knotfest, alors.

 

AMON AMARTH: Berserker

Suède, Death mélodique (Sony music, 2019)

Après un Jomsviking splendide ayant définitivement placé Amon Amarth en orbite dans le monde du death mélodique, les fans étaient en droit de placer leurs plus gros espoirs dans le groupe suédois. Qui ne les a pas déçus avec la récente sortie du live (BluRay, DVD, CD…) The pursuit of vikings, qui vient conclure le cycle Jomsviking. Et rapidement après, c’est Berserker, le nouvel album studio, qui fait son apparition en bacs. Comme on pouvait s’y attendre, Amon Amarth reprend la formule qui a fait le succès de Jomsviking: le groupe s’éloigne quelque peu du death de ses débuts pour se concentrer sur des morceau ici plus foncièrement thrash ou speed (Fafner’s gold, après une intro acoustique et calme, Shield wall, Ironside, Skoll and hati) ou là carrément heavy metal mélodique (Crack in the sky, Mjölner, hammer of Thor, Valkyria, The berserker at Stampford bridge…) On relève la présence de quelques vieilles influences, Iron Maiden et Judas Priest (Raven’s flight) en tête. Le chant de Johann Hegg, toujours guttural, reste une des marques de fabriques du quintette qui, comme me confiait, en off après notre entrevue (à retrouver ici), le guitariste Olavi Mikkonen, Amon Amarth peut aujourd’hui être affilié aux scènes Death, Thrash et Heavy. « Le meilleur des mondes, en somme ». Bien sûr, les Suédois vont conquérir de nouveau fans, simplement on aurait aimé un peu plus de surprises avec ce nouvel album qui semble parfois se satisfaire de la « recette » Jomsviking. Berserker n’en propose pas moins de superbes déflagrations (comme ce Wings of eagles, superbe) dans la lignée « amarthienne » et 12 prétextes à de nouveau se décrocher la nuque. Et avec les belles promesses d’un nouveau show complet, on ne peut qu’espérer être à Clisson pour le Knotfest!

Interview: AMON AMARTH

Interview AMON AMARTH. Entretien avec Olavi MIKKONEN (guitare) Propos recueillis au siège de Sony music France à Paris, le 12 mars 2019

Une rencontre avec Olavi Mikkonen, l’un des fondateurs d’Amon Amarth ne se refuse pas. Et l’on comprend vite qu’entre le groupe et le blond guitariste, c’est « Olavi, à la mort ». Alors même si j’aurai préféré que cette interview d’Amon Amarth se passe « à mon appart » (mauvais jeu de mots, j’habite une maison…), c’est au siège de Sony France que nous nous retrouvons pour parler, naturellement, de Berserker, successeur de Jomsviking, mais également de l’état de santé de Johan, le chanteur, qui n’a pu faire le déplacement à cause de… On commence par ça!

Un vrai tendre cet Olavi, la douceur d’une barre chocolatée. Amon Amarth, et ça repart !

 

Metal-Eyes : Ma première question concerne ton chanteur, Johann Hegg, qui devait t’accompagner pour la promo mais qui a eu un accident. Comment se prote-t-il ?

Olavi: Il s’est fait une très vilaine blessure de combat, il a pris un coup d’épée dans sa jambe, un coup de hache dans le dos… Il est chez lui, en train de cicatriser, mais il va s’en sortir, c’est un grand viking !

Metal-Eyes : Il lui faudra combien de temps pour être de nouveau sur pieds ?

Olavi: Oh… Quelques jours !

Metal-Eyes : Un vrai viking, et comme tu l’as dis juste avant, les vikings n’attrapent pas la grippe, il faut donc que quelque chose de sérieux l’ait empêché de venir…

Olavi: Exactement !

Metal-Eyes : Votre précédent album, Jomsviking, est sorti en 2016. Il a rencontré un grand succès au niveau mondial, et a été doublé par le récent live The pursuit if vikings, CD et DVD. Quel regard portes-tu sur ces trois années dingues pour le groupe ?

Olavi: Je crois que ça a été super. Le cycle de l’album et la tournée sont les plus grands succès que nous ayons connus, c’est extraordinaire. Et faire The pursuit of vikings plus spécialement le documentaire, a été très fun. Le concert, c’est ce que nous faisons au quotidien, donc, il n’y avait rien de particulier pour nous, on a donné un concert normal, qui a été filmé. Mais ça a été super et, surtout pour moi, en tant que compositeur, je suis inspiré lorsque les choses vont bien pour nous. Nous avons clôt le cycle Jomsviking après la tournée, en rentrant chez nous. D’habitude, en rentrant, je ne touche pas une guitare pendant quelques mois, là, dès le lendemain j’étais dans mon studio en train de composer de nouvelles chansons. Mon inspiration est facilitée quand tout va bien pour nous, et je crois que ça se traduit sur Berserker. De mon point de vue, cet album sera un nouveau succès, cela grâce à un cycle précédent qui a rencontré le succès aussi.

Metal-Eyes : Berserker sortira le 3 mai. C’était votre volonté qu’il sorte aussi rapidement après l’album live ?

Olavi: Non, en fait, The pursuit of vikings aurait dû sortir beaucoup plus tôt mais il a été retardé. Au lieu de nous presser, nous avons préféré prendre notre temps afin d’en être à 100% satisfaits. Berserker sort dans les temps.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution d’Amon Amarth entre vos deux derniers albums studio ?

Olavi: Je ne crois pas que nous ayons tant évolué… Pour chacun de nos albums, nous apprenons un peu plus, devenons meilleurs, et je crois que ça se ressent sur l’album suivant. Ce n’est pas comme si nous décidions d’un changement radical… Il y a 20 ans, mes groupes préférés étaient Slayer, Iron Maiden et Deicide. Aujourd’hui, mes groupes préférés sont Iron Maiden, Slayer et Deicide. Je n’ai donc pas changé et en tant que l’un des principaux compositeurs du groupe, je crois que c’est une des raisons qui font que nous n’avons pas tant changé. Nous nous sommes améliorés, oui. Le travail sur les chansons est aujourd’hui, heureusement, meilleur, il y a plus d’harmonies, les chansons sont, je pense, plus réfléchies. Il n’y a pas de partie inutile. Je crois que c’est ça, nous sommes meilleurs aujourd’hui, les chansons aussi. Nous évoluons avec chaque album.

Metal-Eyes : Tu viens de parler de Slayer : allez-vous jouer ou tourner avec eux au cours de leur tournée d’adieux ?

Olavi: Oui, en mai, ils vont donner leur dernière tournée aux USA, et nous serons avec eux. C’est vraiment super !

Metal-Eyes : Toi, en tant que fans, que penses-tu de ces adieux de Slayer ?

Olavi: Je crois qu’ils le font comme il faut : il s annoncent qu’ils vont arrêter, donc les fans, comme moi, avons une chance de pouvoir aller les voir au lieu d’avoir un groupe qui annonce simplement arrêter, et tu n’a pas la chance de pouvoir les voir… C’est super d’avoir la possibilité de les voir. Bien sûr, en tant que fan, je crois qu’ils vont sérieusement nous manquer. Qui peut remplacer Slayer ? Selon moi, personne ! Tu sais, nous sommes tous humains. Si nous éprouvons le besoin de passer à autre chose, alors faisons-le. Ils vont me manquer en tant que fan, mais je leur suis reconnaissant de nous avoir offert tant de musique incroyable.

Metal-Eyes : Revenons à votre nouvel album. En tant que compositeur principal, comment as-tu travaillé la composition de l’album ? Tu as changé tes habitudes ?

Olavi: J’ai ma propre formule, qui reste la même… Comme je te l’ai dit, dès le lendemain du dernier show du cycle Jomsviking, je me suis remis au travail. Donc, j’ai eu beaucoup de temps. Et pour moi, le temps, c’est la meilleure chose. La méthode que je préfère est de travailler sur 3 chansons à la fois. La première chanson, celle pour laquelle j’ai le plus d’idée, est ma première priorité. C’est avec elle que je commence ma journée de travail. Ensuite, quand je sens que je ne peux rien y apporter de plus, je la mets de côté et attaque la seconde. Le lendemain, ce dont je me souviens, ce sont les deux dernières chansons sur lesquelles je travaillais. J’ai donc quelque peu oublié la première, ma priorité. C’est donc la première chose que j’écoute le matin. Une seule fois, et je prends des notes de ce qui doit être modifié. Puis je la mets de nouveau de côté, travaille les deux autres. Je continue jusqu’à ce que la première chanson soit parfaite, à mes yeux. Ensuite, je l’envoie aux gars et nous la travaillons en tant que groupe. Cela signifie que j’ai besoin de temps. Si tu as un riff, sur lequel tu travaille toute la journée, il va te sembler super, mais, honnêtement, tu ne peux savoir s’il est bon que si tu l’oublies pour le retravailler.

Metal-Eyes : Ce qui permet au cycle de rester frais…

Olavi: Oui, et l’idéal serait de pouvoir mettre tout de côté pendant un mois. Tu réécoutes ensuite et tu peux dire d’office ce qui est bon, ce qui marche ou pas. Le temps est pour moi le meilleur allié.

Metal-Eyes : Je trouve que c’est une méthode de composition très intéressante, personne ne m’en avait parlé ainsi avant. Que pourrais-tu me dire pour me convaincre de courir acheter Berserker dès sa sortie le 3 mai? 

Olavi: Eh bien, si tu as entendu parler de notre groupe et que tu apprécie ce que nous avons fait dans le passé… il n’y a aucune raison de en pas l’écouter ! (rires) Mais si tu n’as jamais entendu parler d’Amon Amarth, que tu aimes la musique heavy, écoute ce que nous faisons. Je crois que nous avons ce truc qui met tout le monde d’accord.

Metal-Eyes : Ce que je trouve intéressant avec cet album c’est qu’il débute avec le calme, avant la tempête. Une vraie tempête qui continue et qui se termine par un autre temps calme. Le reste est totalement heavy, doublé de la voix de Johann qui n’est plus aussi death qu’auparavant mais reste très puissante. Comment avez-vous développé l’ordonnancement des morceaux ?

Olavi: Nous avions ces chansons depuis un certain temps, avant de les enregistrer. Nous les connaissions déjà bien parce que nous avons travaillé très dur dessus. Quand nous avons terminé l’enregistrement, nous avions déjà une bonne idée de ce qui pourrait ouvrir l’album, se trouver au milieu… Ensuite, on modifie les positions afin de trouver le bon rythme. C’est un peu comme un concert : la dynamique doit monter en pression et se calmer. Je crois que le flow sur l’album est excellent, et je crois que les autres gars du groupe me suivent dans ma passion. Ou n’osent pas s’opposer à moi…

Metal-Eyes : Peut-être que c’est parce que tu es le big guy du groupe !

Olavi: Naaaan ! Ils sont juste sympa avec moi, je ne sais pas (rires) !

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Berserker pour expliquer ce qu’est Aman Amarth aujourd’hui, quelle serait cette chanson et pourquoi ?

Olavi (sans hésitation) : Raven’s flight. Ce n’est peut-être pas la meilleur chanson, mais je pense qu’elle montre bien où se situe Amon Amarth aujourd’hui. Il y a de nouveaux éléments qui se mêlent à ceux plus traditionnels d’Amon Amarth. Sa construction n’est pas typique du couplet refrain couplet, c’est un peu différent. Oui, c’est une bonne chanson pour une première impression.

Metal-Eyes : J’ai l’impression qu’au-delà de vos influences habituelles, il y a des guitares à la Judas Priest, bien plus qu’Iron Maiden, d’ailleurs.

Olavi: Oh, oui, sans doute bien plus ! J’ai beaucoup écouté Judas Priest ces derniers temps. Les deux groupes, Judas Priest et Iron Maiden ont ces guitares jumelles, ces duels, mais ils ne jouent pas sur les mêmes notes.Je pense que tu fais référence à Mjölner, hammer of Thor. Je ne le nie pas, c’est mon hommage à Judas Priest. C’était mon but, aussi, ouvertement. Bien sûr, les riffs sont du Amon Amarth, mais je leur rends hommage, et pour moi, le heavy metal, c’est ça.

Metal-Eyes : Et ils reviennent en forme !

Olavi: Oh, oui ! Le dernier album de Judas Priest botte des putains de culs ! Incroyable!

Metal-Eyes : Parlons un peu de scène : Amon Amarth est un groupe de scène, y a-t-il une tournée prévue en dehors des festivals d’étés ?

Olavi: Oui, la tournée en tête d’affiche est prête et nous sommes actuellement en pleine production de la scène et des effets. On a plein d’idées cool. Je n’en dirait rien, mais vous allez en prendre plein les yeux, ce c=sera cool, massif et meilleur que ce que nous avons fait dans le passé !

Metal-Eyes : Vous avez joué dans plusieurs salles parisiennes – le Casino de Paris, l’Olympia, le Bataclan, l’Elysée Montmartre, le Trabendo, le Zénith… Quelle est la salle que tu as préférée ?

Olavi: L’Olympia est un endroit très spécial. Une salle vraiment spéciale. L’Elysée Montmartre aussi mais il y a un problème : le plafond n’est pas très haut. L’endroit est super, pourtant. Je me rappelle y avoir joué 2 fois en 2007 avec Dimmu Borgir, c’était fantastique. Le Casino était sympa, la première fois qu’on a joué au Bataclan a été extraordianaire !Il faisait si chaud dedans, l’air était si humide… Je me souviens, au moment du rappel, on est tous allés prendre l’air à la porte de derrière tellement nous transpirions ! Je crois que vous avez des salels vraiment super ici !

Metal-Eyes : Donc aucune n’est ta préférée, tu les apprécies toutes…

Olavi:  Elles sont toutes mes préférées ! (rires)

Metal-Eyes : Y a-t-il un endroit dans le monde où tu ne jouerais plus jamais. Pour des raisons techniques ou humaines…

Olavi: Pour des questions humaines, sans doute. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a jamais vraiment rencontré de situations… On a joué dans les plus petits endroits merdiques et dans les plus grands endroits. Mais jamais je ne me suis dit « plus jamais nous ne reviendrons ici ». Même si une salle craint, les fans restent des fans, ce n’est pas leur faute. Parfois, quand il y a des problèmes de courant, d’ampli… tous les groupes qui jouent dans cet endroit rencontrent les mêmes difficultés. Nous essayons toujours d’en tirer et de donner le meilleur.

Metal-Eyes : Toujours au sujet des concerts, Amon Amarth sera à l’affiche du Knotfest, qui se tiendra à Clisson la veille du Hellfest. Quel effet ça fait de jouer à Clisson, où vous avez déjà donné des concerts, en tant qu’amuse-gueule du Hellfest ?

Olavi (il sourit) : Ça va être super. L’affiche du Knotfest est incroyable, ça va être une super mise en bouche.

Metal-Eyes : Vous aurez votre set complet ?

Olavi: Oh oui, nous sortirons tout l’attirail, grâce à Slipknot. Ils sont très généreux avec nous.

Metal-Eyes : Ca va être une belle journée. Jusqu’à présent, quelle a été la meilleure question, la plus étonnante, surprenante qu’on t’ai posée aujourd’hui ?

Olavi: Ah… Il n’y a rien eu qui sorte vraiment de l’ordinaire. Vous tous, les gars, êtes sympa et amicaux, et vous ne posez pas de questions vraiment complexes.

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise d’Amon Amarth en 2019 ?

Olavi: Une devise ? Ca pourrait être : « Spinal Tap, ils sont montés à 11. Nous allons pousser à 12 ! » (rires)

Live report: FREAK KITCHEN à Paris (le 7 mars, La Maroquinerie)

 

Freak Kitchen, pour son dernier passage parisien, jouait dans un Divan du Monde plein comme un oeuf qui, depuis, a fermé ses porte à tout ce qui ressemble peu ou prou à du hard/metal. C’est donc à la Maroquinerie, une salle de capacité quasi identique que les Suédois trouvent ce soir refuge. Une Maroq’ pas pleine puisque un peu plus de 300 personnes se sont donné rendez-vous pour assister à cette date du Confusion on the road.

C’est sans doute le manque de monde qui explique que Freak Kitchen attaque ce concert sans s’encombrer d’une première partie. Mais peu importe, car c’est un concert jovial tout autant que chaleureux que nous offre le trio. Difficile pour Christer Örtefors, le bassiste toujours casqué – saviez-vous que ce gimmick est le résultat de son « traumatisme » subit après avoir vu la scène du film The Blues brothers où le groupe est obligé de jouer derrière un grillage pour éviter les jets de projectiles divers ? –  de se déplacer sur cetet scène exiguë, presqu’autant que pour son comparse guitariste chanteur Matthias Eklundh qui le rejoint de temps à autres.

Ce dernier peut tabler sur un vrai capital sympathie, échangeant souvent avec le public, et avec humour: « bon, il nous faut en général entre 65 et 70 chansons pour nous mettre en jambes. Alors oubliez ce que vous aviez de prévu ce vendredi! » Les échanges sont fréquents tant pour vanter son amour de Paris que pour présenter les nouveaux titres.

Malgré la bonne ambiance et la bonne humeur qui règne ce soir, Freak Kitchen ampute sa setlist: Alone with my phone et Vaseline Bizniz disparaissent. Le public ressort cependant séduit de ce concert simplement rock. Une belle soirée.

Ah, au fait: si vous avez cru mon histoire de casque mentionnée plus haut, oubliez… J’ai aussi un peu d’imagination.

Merci à Base production et Roger Wessier d’avoir rendu ce report possible.

Yngwie MALMSTEEN: Blue lightning

Hard rock, Suède (Mascot, 2019)

Comme beaucoup d’autres personnes de ma génération, j’ai admiré le prodige qu’était ce guitariste suédois au nom alors imprononçable. Yngwie Malmsteen se sait doué, et a su imposer un style. Ce qui ne l’a pas empêché de succomber à la pression des nouveaux venus, souvent plus modestes verbalement que lui. Mais Malmsteen, s’il a connu des périodes de vache maigres, n’a jamais lâché et même si ses deux dernières productions ne sont sorties qu’au Japon, il reste dans le paysage musical. La signature avec Mascot lui permettra-elle de revenir sur le devant de la scène? En partie peut-être, car ce Blue lightning surprend à plus d’un titre: tout d’abord, exception faite de 4 morceaux originaux, il s’agit d’un album de reprises. On peut se demander pour quelle raison Yngwie reprend des classiques intemporels tels que FoxEy lady, Smoke on the water, Demon’s eye ou pourquoi il décide de s’attaquer à While my guitar gently weeps en rajoutant sa touche perso: du shred et une avalanche de notes, son dada, qui n’apportent rien de plus qu’une déformation du propos originel… On le sait qu’il est rapide, on connait sa vélocité et sa précision… Pire encore: pourquoi faire de Paint it black, ce classique des Stones, un morceau presque insipide? Sur ce coup, le gaillard a mal joué. Les nouveau titres (le morceau titre, mid tempo loin du blues contrairement à 15, la ballade instrumentale Peace please, et le plus énergique 1911 strut). La bonne surprise, cependant, reste de découvrir que le guitar hero légendaire est aussi capable de plutôt bien chanter. Au final, Blue lightning est un album sympa qui se laisse écouter. Un de plus…

KNOTFEST: Une raison de plus de se rendre à Clisson

L’an prochain, le 20 juin 2018, à la veille de l’ouverture des portes de la cathédrale de notre pèlerinage annuel,  le Hellfest accueillera sur ses Mainstages le Knotfest. Les deux scènes principales seront consacrées pour l’une aux groupes américains (Sick of it all, Ministry, Papa Roach, Rob Zombie et Slipknot) et pour l’autre aux formations européennes (Amaranthe, Behemoth, Amon Amarth, Powerwolf et Sabaton). Du grand spectacle en perspective.

Le festival est ouvert à tous, les billets, en ventes depuis le 7 décembre, toujours disponibles au tarif de 66,60€ sur le site www.knotfestfrance.com. La capacité est limitée au public des Mainstages, à savoir 40.000 spectateurs maxi. Il n’y aura donc pas de place pour tout le monde!

Attention également: le camping ne sera ouvert qu’aux détenteurs d’un pass Hellfest valable pour minimum la première journée du festival. Le Hellcity Square, Metal Market et autres lieux seront toutefois accessibles à tous.

Quelques habitudes seront changées afin de faciliter la circulation: la pose bracelets commencera dès le jeudi 20 juin à 10h. Les portes de la cathédrales ouvriront à 16h et le premier groupe du Knotfest sera sur scène à 17h. Rendez-vous le 20 juin, donc!

 

AMON AMARTH: The pursuit of vikings

Death mélodique, Suède (Sony music/Metal Blade records, 2018)

25 ans! Voici un quart de siècle que sévissent les vikings de Amon Amarth. Et ça, les amis, ça se fête. Les Suédois nous offrent pour l’occasion The pursuit of vikings, un superbe Blu Ray et CD bourré de son et d’images. Le CD retrace le concert que le groupe a donné au Summer Breeze festival le 17 août 2017 (sur la mainstage, comme précisé un peu partout). 15 titres puissants, parfaitement exécutés et produits. Bien sûr, le dernier album studio, Jomsviking, est mis en avant avec pas moins de 5 titres, le reste de la discographie étant également bien représenté. Cependant, malgré toutes les indéniables qualités du CD, c’est surtout le BluRay qui vaut le détour: Amon Amarth, via chacun de ses membres, se dévoile et raconte l’histoire du groupe dont on découvre nombre de détails. On retiendra ainsi l’épisode du tape trading des débuts, époque à laquelle « quand tu écrivais une lettre, tu y mettais toute ton énergie », ou celui de ces premiers concerts foirés car les jeunes musiciens étaient trop bourrés pour arriver à la salle. Electrochoc et première leçon de professionnalisme…  Les nombreux témoignages apportent également un autre éclairage; on retrouve Brian Slagel ou Peter Tägtgren parmi d’autres moins connus. Les images d’époques rappellent à quel point ce groupe de death metal, brutal et extrême, a su évoluer vers un heavy metal racé et puissant tout en restant fidèle à ses aspirations originelles.  Le reportage nous permet aussi de rentrer dans l’intimité des musiciens: des témoignages sur les début du groupe aux premiers jobs, en passant par les apparts dans des tours, rien ne semble caché ou oublié. Certainement pas le travail et l’application que met chacun afin de faire grandir Amon. Travail dont le résultat se retrouve sur scène, et le Summer Breeze en est un superbe témoignage. Le groupe y met tout son cœur, la setlist aussi puissante que la pyro est efficace. Les image et le son sont irréprochable. En un mot comme en cent, ce live est un superbe produit qui devrait faire des heureux à Noël. C’est bientôt, alors…