TRUST: Dans le même sang

Hard rock, France (Verycords, 2018)

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. On en a parlé de ce disque lors de sa sortie, mais pas ici; alors profitons d’un peu de calme pour revenir sur Dans le même sang, le dernier album studio de Trust. Près de dix ans après un 13 à table de moyenne facture, le duo Bernie-Nono se retrouve, réintègre David Jacob à la basse – ce qui a bien fait rager Vivi, normal… – récupère Iso Diop à la seconde guitare et déniche un certain Christian Dupuy, un gamin adopté pour tenir les baguettes et rythmer le tout. La troupe s’engage sur une – longue – tournée de salles de moyenne capacité qui, presque chaque soir, affichent complet, avant de se retrouver – enfin – au Hellfest, concert immortalisé sur un CD/DVD décortiqué ici-même, avant de conclure ce périple par 5 concerts parisiens dans 5 salles différentes dont un Bataclan complet. Cette vaste tournée, sans doute une revanche sur celle dite « des 100 jours » qui fut un fiasco, a permis à Trust de présenter au public ses nouveaux travaux, que l’on retrouve sur ce dernier album. Mes impressions live se confirment: Ni dieu ni maitre (clin d’oeil à l’album du même nom à l’origine d’une nouvelle brouille de nos inséparables frères ennemis?), Démocrassie, L’exterminateur sont des titres taillés pour la scène, d’une redoutable efficacité car dotés de mélodies imparables, de riffs hard sans être heavy, d’un esprit mélangeant l’irrévérence du punk à l’esprit originel d’un AC/DC période 70’s. On retrouve également F-Haine au refrain que Bernie, avant les élections présidentielles, avait eu quelques difficultés à faire reprendre au public de Blois mais au texte si vrai… Les textes, justement: Bernie est en forme – le monde actuel a de quoi attiser son imagination – et tape sur tout ce qui « l’inspire ». La politique, bien sûr, la religion, aussi, mais Trust se permet aussi quelque digressions bluesy (J’men fous pas mal) et autres explorations plus douces. Si l’ensemble indique que Nono et la bande ont trouvé une sorte de ligne directrice – l’album évoque plus, tant dans sa musicalité que dans le phrasé verbal, Europe et haines ou Ni dieu ni maître que la vénérée trilogie des débuts (d’ailleurs, même le légendaire logo a disparu…) – Trust se révèle dans une forme presque olympique. Alors, après cette tournée marathon et ce nouvel album de haut niveau, de nouveau la scène, dans des salles plus grandes, ou une nouvelle séparation?

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