SIDILARSEN: Live – In Bikini dura Sidi

Metal, France (Verycords, 2018)

Avec le superbe Dancefloor bastards, paru en 2016, Sidilarsen entame une longue tournée qui célèbre ses 20 ans de carrière. 20 ans, 6 albums studio, un public fidèle(bien que pas assez important à mon goût). Sa tournée a mené le groupe toulousain un peu partout en France, et Sidi se souvient certainement de son passage en Russie, en compagnie de Severny Flot. Mais surtout, le quintette passe enfin au Hellfest en 2017 et immortalise son passage à domicile dans un Bikini blindé (la salle peut accueillir jusqu’à 1500 spectateurs sur 2 niveaux) et survolté. Si le CD comporte – naturellement, même si l’on aurait pu espérer un double CD… – moins de titres que le DVD, l’ambiance est parfaitement captée. Le groupe est au taquet, faisant participer le public qui ne se fait pas prier. Bien sûr, le dernier album est à l’honneur, les autres albums ne sont pas en reste. Naturellement, le concert se termine avec l’indispensable Des milliards et son public invité à s’asseoir avant de sauter symbolisant le réveil de la population. Frissons assurés. Le groupe plongé dans des couleurs bleues, rouges et mauve dominantes, on savoure de retrouver Sidi live, d’autant que les caméras sont autant focalisées sur le groupe que dans le public, véritable 6ème homme de ce concert. Toujours pleins d’énergie, les Toulousains se font plaisir en réservant quelques surprises au public, dont ce solo de batterie de Sam Cancel, accompagné par le bassiste de Severny Flot, Alexander Kulikov, la venue sur scène des furieux Arno et Poun de Black Bomb Ä ou celle de la chanteuse Béra ou, naturellement, de Sabash, venu célébrer cet anniversaire sur Teknotrone. Au delà de ce concert d’un groupe quasi irréprochable, l’intérêt du DVD se trouve dans le documentaire de 72 minutes qui voit les frères Cancel (Sam, donc, et David « Didou », le chanteur) et Benjamin « Viber » Bury, le guitariste/chanteur, ainsi que les autres et plus récents membres Benjamin Lartigue et Julien Soula (guitare et basse) raconter, sobrement, l’histoire de Sidilarsen. On fait ici le plein d’anecdotes, dont l’association avec Psykup et Delicatessen, deux autres formations locales, afin de monter une structures visant à faire avancer les groupes, ensemble. On trouve aussi un bel hommage au premier guitariste, Sabash, sa fidélité et son adoubement de son remplaçant. Hellfest, tournée en Russie, amitiés, équipe… tout y passe, avec émotion et sincérité jusqu’à arriver à ce Sidifest du Bikini, objet de ce live. Un beau document (« dédié au plubic », gag!)qui pose simplement la question: pourquoi Sidi n’est-il pas plus important? Une aventure à suivre pour les 20 prochaines années. Au moins!

TRUST: Dans le même sang

Hard rock, France (Verycords, 2018)

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. On en a parlé de ce disque lors de sa sortie, mais pas ici; alors profitons d’un peu de calme pour revenir sur Dans le même sang, le dernier album studio de Trust. Près de dix ans après un 13 à table de moyenne facture, le duo Bernie-Nono se retrouve, réintègre David Jacob à la basse – ce qui a bien fait rager Vivi, normal… – récupère Iso Diop à la seconde guitare et déniche un certain Christian Dupuy, un gamin adopté pour tenir les baguettes et rythmer le tout. Lire la suite

NO ONE IS INNOCENT: Frankenstein

Hardcore, France (Verycords, 2018) -sortie le 30 mars 2018

Après un très remarqué Barricades live célébrant, entre autre, son précédent album studio, Propaganda qui vit le jour avec les attaques contre Charlie hebdo en janvier 2015, et sorti juste avant les attaques du sanglant 13 novembre de cette même année, No One Is Innocent revient avec un album tout aussi puissant, enragé et engagé. C’est simple, A la gloire du marché fonce dans le tas et déglingue avec une ironie mordante le monde actuel qui ne jure que par le fric. Fric sur lequel tout le monde crache mais dont tout un chacun rêve d’en accumuler plus que de raison… Ali King of the ring rend hommage avec un groove trépidant au mythique boxeur Muhamed Ali. Kemar est en voix, et le groupe plus rock que jamais. Elle est loin l’époque électro, et l’apport de Poppy, guitariste venu seconder Shanka, y est sans doute pour quelque chose. Le morceau éponyme (ou comment le créateur s’est amusé à jouer aux apprentis-sorcier en créant notre « humanité ») démontre la complémentarité des deux fretteus, qui varient les plaisirs et les tempi. Les revenants, inquiétant et oppressant au début, monte en puissance pour terminer en furie tandis que Teenage demo ou What the fuck, qui démonte les USA d’aujourd’hui, rentrent dans le tas sans pitié. Frankenstein montre un No One en pleine forme, la rage et l’envie d’en découdre intactes. Un album marquant qui se termine avec la reprise d’un certain Paranoid, de circonstance ici….

 

MANIGANCE: Machine nation

Heavy metal, France (Verycords, 2018)

Les fans le savent depuis la sortie de ce nouveau disque: Machine nation est le dernier album auquel Didier Delaux, chanteur historique de Manigance, pose sa voix. A peine ce CD est-il sorti qu’on a appris son départ, volontaire, et son remplacement par une chanteuse, Carine Pinto. En quelques années, ce sont donc deux des formations masculines qui font ce choix, Nightmare ayant décidé de collaborer avec Maggie Luyten. Mais il est une différence de taille: ces derniers ont toujours chanté en anglais, Manigance conserve le chant français.
Mais revenons à la musique, voulez-vous? Machine nation est, comme chaque album de Manigance, à la hauteur des attentes: mélodique en diable, le travail des deux guitaristes est toujours d’une précision chirurgicale (ah, ces soli de Bruno Ramos! Et cette efficacité rythmique de François Merle!), le chant de Didier toujours aussi puissant. Les textes sont d’une saisissante actualité, et les apports novateurs. Carine Pinto semble un choix évident, sa participation sur Face contre terre, qui ouvre l’album, est plus que convaincante, son timbre semblable à celui qu’elle remplace. Machination surprend aussi par des growls inhabituels chez les Palois. D’ailleurs, quelques riffs thrash (Loin d’ici) accompagnent des airs presque FM (La donne doit changer). En bref, Manigance nous offre un nouvel album de haute volée, diversifié et enchanteur, et Didier Delsaux peut partir l’esprit tranquille: le boulot est fait, et bien fait, jusqu’au bout!

TRUST: Live Hellfest 2017

Hard rock, France (Verycords, 2017)

Il en aura fallu du temps pour que Trust se produise au Hellfest. Nous ne reviendrons pas sur le premier rendez-vous raté qui devait voir notre fleuron national jouer en tête d’affiche, ni même sur cette prestation en demi-teinte qui, d’un commun accord, ne fut guère représentative de ce qu’est vraiment Trust. Nous n’en aurons jamais confirmation, mais je reste persuadé que le concert étant enregistré pour ce live, le groupe a reçu pour consigne de ne pas s’emporter et Bernie de laisser ses humeurs au vestiaire. Même si ce Live Hellfest 2017 a, depuis sa sortie fin 2017, été disséqué, décortiqué et critiqué sous toutes ses coutures, même si le look de vacancier plagiste de Bernie surprend toujours autant, même si, même si… on reste surpris par l’étonnant choix que fait Trust, face à quelques dizaines de milliers de spectateurs, de démarrer son set par L’archange, titre d’une remarquable efficacité mais encore inconnu de ceux qui n’ont pas vu les Parisiens sur scène lors de leur récente tournée marathon. Ce morceau, tout comme le non moins efficace Democrassie, figurera sur le nouvel album à paraître cette année. Le reste de la setlist est quasi impeccable: on aurait pu se passer d’un Surveille ton look au profit d’un Idéal ou d’un Par compromission par exemple (il est urgent de réhabiliter ce quatrième album trop injustement décrié!) et gagner un peu de temps au lieu d’imposer un rappel. Car, sur l’heure qui lui est allouée, Trust offre un set d’à peine plus de 57′. Franchement, malgré le souvenir mitigé que m’a laissé cette prestation, si l’on s’en tient à l’audio (les images confirment le rôle purement musical et figuratif de David Jacob et Iso Diop à la mobilité limitée, mais montrent un Christian Dupuy simplement  heureux de battre le rythme), Trust confirme que sa musique se suffit à elle même. Un rock puissant, direct, d’une efficacité redoutable et remarquable. On pouvait s’attendre à pire, et le résultat est, finalement, une agréable surprise (même si un livret manque cruellement…)

ULTRA VOMIT: Panzer surprise!

Metal délirant, France (Verycords, 2017)

Ultra Vomit, c’est qui? Ultra Vomit, c’est un groupe de metal dingue, formé en 1999 à Nantes et auteur de trois albums: M. Patate en 2004 et Objectif: thunes en 2008. Comment ça, ça fait que 2? Et ce Panzer surprise, qui est sorti le 28 avril, ça fait 3, non? Faut suivre un peu…

Panzer Surprise! ça donne quoi? Eh bien, c’est une collection de 22 titres complètement barrés. Si Ultra Vomit a, à ses débuts, souvent été assimilé à la scène grindcore, les Nantais proposent avec ce troisième album – 9 ans de réflexion, quand, même, un clin d’oeil au film avec Marilyn Monroe? – un metal qui ratisse large et, surtout, donne une patate d’enfer. Entre parodie et humour potache, le groupe se – et nous – fend la poire à coup de Kammthar (à la Rammstein, en allemand, svp), Un chien géant (on s’y trouve tous, après tout) ou japoniaserie assumée (Tokoyaki), voire référence du film de SF (E-Tron (digital caca)). Le groupe lorgne ouvertement du côté de Gojira et Calogero (Calojira), Pantera (le très punk Pink Panthera)… bref, sur fond de délires pas minces du tout, de thrash, punk, heavy, Ultra Vomit nous offre un album aussi délirant que les dessins animés d’où sa pochette est inspirée. Alors un conseil, ne ratez pas leur passage près de chez vous, Ultra Vomit tourne jusqu’en décembre. Rendez-vous est pris pour Metal Eyes au Hellfest le 17 juin!

Note: 7,5/10

Sortie: le 28 avril 2017, c’est écrit plus haut, mardalors!

MERZHIN: BabeLive

France, Rock (Verycords, 2017)

Voici déjà 20 années que Merzhin tourne partout dans le monde et enregistre ses albums. 6, au total, auxquels il convient de rajouter 2 live. Deux décennies, déjà, et je ne découvre qu’aujourd’hui ce groupe breton grâce à ce nouvel enregistrement public qui n’est, parmi ceux que je connais, rien moins qu’un des meilleurs albums live français de tous les temps. Quelle claque! Des premières notes de Babel à la conclusion Nains de jardins, je découvre un groupe à la fois rageur et festif, engagé et convivial, chaleureux et direct. Les titres évoquent (beaucoup) Noir Désir et piochent du côté du rock celtique et de la rage déterminée d’un Tagada Jones. 15 titres aussi enjoués qu’entraînants composent ce nouveau témoignage live qui célèbre une carrière ininterrompue. Les Brestois ont d’ailleurs décidé de célébrer cet anniversaire en grandes pompes puisque cet album sort également en version « coffret » contenant un DVD supplémentaire, bourré à ras la gueule de live, clips et autre documentaires. BabeLive est un album à découvrir d’urgence, et pour ceux qui, comme moi, n’en connaissent rien, Merzhin est un groupe à découvrir encore plus urgemment! Une pure merveille d’authenticité.

Note: 9,5/10

Sortie: le 14 avril 2017

HEADCHARGER: Hexagram

HEADCHARGER 2017Hard rock, France (Verycords, 2017)

Il aura fallu trois ans à Headcharger pour proposer un successeur à Black diamond snake (2014). Aujourd’hui, Hexagram vient aujourd’hui conclure, ou simplement continuer, une trilogie magnifique entamée avec Slow motion desease (2012) avec lequel on pourra faire plusieurs parallèles. Tout d’abord, ces buffles de la couverture nous replongent dans les paysages sauvages américains qui illustraient déjà la pochette de Slow motion desease. Musicalement, et c’est le principal, Hexagram s’en rapproche également, s’éloignant du thème de l’histoire abordé avec Black diamond snake. Les guitares grasses, le chant embué, les ambiances… On ne trouve plus trace ici d’un metalcore qui permit pourtant aux Caennais de s’imposer sur la scène française. Je leur préfère – et de loin – ce hard rock, heavy aux guitares fulgurantes, à la grandiloquence exemplaire, cette maîtrise du rythme et de l’énergie qu’on ne retrouve que chez les plus grands. Parfaitement mis en son, Headcharger entraîne l’auditeur dans une furia maîtrisée aux sonorités variées (l’entraînant Coming back to life, le furieux Gusty move, le groovy A long wait…) Ici, l’énergie mise à part, pas un titre ne ressemble à un autre, plaçant l’ennui en dehors de l’équation. La basse imposante de Name your price domine les guitares furieuses que l’on retrouve avec un plaisir non feint sur The one you want to be. On se surprend même à entendre des guitares évoquant ici Maiden (Dirty like your memories), là Priest ou encore les 70’s (Load the dice). Une nouvelle fois, Headcharger nous propose un album réussit qu’on écoute comme on boit un bon calva: en le dégustant. Pour ce qui concerne les oreilles: sans modération!

Note: 9/10

LAURA COX BAND: Hard blues shot

LAURA COX BAND 2017Hard rock, France (Verycords, 2017)

Elle a dû le lire ou l’entendre un bon million de fois: aussi mignonne, oui, mais Laura n’est pas la sœur de Courtney. C’est dit, on passe à autre chose, car ce qui nous intéresse ici, c’est bien cet album qui porte si bien son nom. Hard blues shot est le premier et très prometteur album du Laura Cox Band, qui, dès les premiers accords du morceau titre est clair: du hard rock vintage, des guitares qui craquent et rappellent sans aucun doute possible les débuts d’AC/DC. Et, tiens, le second morceau s’intitule The Australian way. Clair, non? Çà groove, ça riffe sec et ça fait bouger. Et le message est clair: comme elle le chante si bien sur Hard blues shot : « Radio is dead, TV is shit » et l’on ne saurait être plus d’accord. Si le propos musical est alléchant, on ne regrette que deux choses: on pourra déplorer un manque de hargne vocale, certes, mais ça va venir. Un peu de clopes et de whiskey fera l’affaire. Egalement, la production manque légèrement de relief, le son est un peu trop étouffé à mon goût. Pour le reste, rien à dire: Laura a des doigts en or, le blues dans la peau, celui qui fait se dresser les poils (Good ol’ days), sait aussi être réaliste (Too nice for rock’n’roll) et explore plusieurs univers, dont le bluegrass (Barefoot in the countryside). Bien sûr, sa musique évoque souvent AC/DC, mais on pense également aux grands du hard rock  (ZZ Top sur Morning road ou Led Zeppelin) ou leurs héritiers, tels Great White. Et, détail plus qu’important quand on parle de rock hexagonal: son anglais est parfait, et ça, c’est un vrai plus. D’autant plus lorsque, sur la ballade 13, qui clôt l’album en douceur, elle s’amuse à chanter quelques mots en français… Effet garanti. Un premier essai particulièrement réussi musicalement, qui donne envie de voir ce que le quatuor donne sur scène.

Note: 8/10

sortie le 10 mars 2017 – Site web: www.lauracoxband.com

CHICKENFOOT: Best + Live

Chickenfoot-2017Hard rock, USA (e.a.r music/Verycords, 2017)

On les connait, les « super groupes », on sait que le « coup » est souvent plus important que l’avenir. Pourtant, avec Chickenfoot, la donne est inversée. Depuis 2009, la bande de potes – c’est le cas à l’écoute de la partie Live de ce double CE, Best + Live – et ses trois albums nous offre enfin un condensé de la carrière de Chickenfoot. La partie Best débute par Divine termination, un nouveau morceau… Le premier nouveau titre que le quatuor nous offre depuis 5 ans et qui trouve parfaitement sa place en ouverture. Le rythme, le groove, l’entrain, la chaleur vocale, tout y est. La suite, les fans connaissent par cœur: L’humour côtoie l’amour, le fun se mêle à la vie tout au long des Soap on a rope, Sexy little thing, Get it up. Si, sans surprise on retrouve ces 4 titres sur le live, Chickenfoot nous fait aussi redécouvrir Future in the past, Big foot ou Dubai blues. Enfin, trois morceaux live viennent conclure ce Best: Highway star (Deep Purple), Bad motor scooter (du Montrose de Sammy Hagar) et My generation (The Who). Le CD Live, quand a lui intéressera ceux qui ne connaissent/possèdent pas le DVD enregistré à Phoenix en 2009. C’est en effet la version audio de Get your buzz on live qui nous est ici offerte avec un groupe qui prend son pied et s’amuse au son des Avenida revolution, My kinda girl ou Bitten by the wolf. En bref, Chickenfoot, comme à son habitude, nous ravit et nous entraîne dans son délire rock’n’roll. Quand les grands ne se prennent pas au sérieux…

Note: 8,5/10

Sortie le 10 mars 2017