SAXON: le making of de Wheels of steel

En 2025, Saxon devait célébrer en grandes pompes le 45ème anniversaire de la sortie de son second album paru en 1980, l’incontournable pierre angulaire du heavy metal britannique Wheels of steel. Seulement, voilà: les plans ont été quelque peu contrariés. Biff Byford, le chanteur historique et dernier membre fondateur du groupe, a dû subir en urgence un traitement afin de lutter contre un cancer, désormais, semble-t-il, soigné. Les dates annulées ont été reportées, et Saxon conserve son programme dont ses trois dates françaises du Castles and Eagles tour, avec Sortilège en première partie et Overdrivers plus récemment ajouté. Nous retrouverons donc Biff et sa bande à Nantes, Toulouse et Paris les 15, 16 et 17 mai 2026 pour des concerts qui s’annoncent d’ores et déjà historiques (retrouvez ici l’article consacré à Saxon et le Zénith de Paris, paru en 2025 et mis à jour).

Mais… Saxon promettant de jouer l’intégralité de son mythique album, Metal-Eyes vous propose de revenir sur la naissance de Wheels of steel et de ses hymnes intemporels.

Effectuons cependant un rapide retour en arrière, à la fin des années 70. C’est après avoir assisté à un de leurs concerts que Pete Hinton, qui travaille alors pour le prestigieux label EMI (The Beatles, The Animals, Queen, Deep Purple, David Bowie, Kate Bush pour ne citer que quelques noms d’alors du label auxquels se sont joint, dans les années 80, Iron Maiden, Red Hot Chili Peppers, Whitesnake…), approche Son Of A Bitch promettant de reprendre contact avec eux. Seulement, comme le rappelle Biff Byford dans son auto biographie, silence radio. « Apparemment, lui et Freddie Cannon, également d’EMI, avaient été recrutés pour diriger la section anglaise de ce qui semblait alors un obscur label français, Carrère (…) Ils nous ont fait une offre : une avance de 30.000 £ pour deux albums avec une option pour d’autres. On s’est dit : « pourquoi pas ». Pete Hinton venait de chez EMI, et, à vrai dire, nous étions un peu déçus (…) de nous retrouver sur ce label que nous ne connaissions même pas ». Chacun des musiciens reçoit également 40 £ pour aller acheter des fringues correctes…

C’est également Pete Hinton qui suggère au groupe, insiste même, de trouver un autre patronyme, pensant que Son Of A Bitch ne passera jamais sur les ondes. Ainsi naquit Saxon (originellement « Anglo Saxon », mais, nouvelle suggestion de Hinton, réduit au simple patronyme actuel), alors composé de Biff au chant, Paul Quinn et Graham Oliver aux guitares, Steve Dawson à la basse et Pete Gill à la batterie.

Produit par John Verity, le premier album auto nommé parait le 21 mai 1979 chez Carrère. Concis – l’album ne dure qu’à peine une demi-heure – Saxon propose une diversité de titres qui peut ressembler à un patchwork mêlant heavy rock et progressif. Si l’identité du groupe n’est pas encore clairement définie, quand bien même on trouve des traces de ce qui va faire sa réputation, l’album se vend tout de même à quelques 15.000 exemplaires au Royaume-Uni, un score pour le moins encourageant.

Avant la sortie de son premier album, Saxon se lance dans une tournée anglaise qui débute le 7 février 79 à Bradford pour se terminer le 19 décembre de cette même année au célèbre Hammersmith de Londres. Ce ne sont en réalité que 37 dates – on ne peut parler de tournée que sur la dernière partie, période pendant laquelle le groupe commence à jouer ses nouveaux titres, dont Wheels of steel qui, selon le site Setlist.fm, aurait été joué en public pour la première fois le 13 octobre 1979 à Manchester pour intégrer plus que régulièrement les setlists de Saxon par la suite, aujourd’hui encore.

L’année 1980 commence avec la participation du groupe au Friday Rock Show, émission incontournable de la BBC. L’enregistrement a lieu le 23 janvier 1980 et sera diffusée le 15 février (l’émission figure entre autres sur la réédition de 2009 du premier album publié par… EMI, ainsi que sur la version booklet de 2018 de BMG). Saxon se produit également le 2 février au Electric Ballroom de Londres où le groupe, tête d’affiche, est accompagné par AngelWitch et Sledgehammer avant d’investir pour le reste du mois le Ramport Studio situé au sud de Londres. Initialement initialement conçu en 1973 par The Who qui envisageaient d’y mettre en boite l’incontournable Quadrophenia, le lieu accueille un bon nombre de vedettes de l’époque dont, parmi bien d’autres, Supertramp qui y enregistre Crime of the century en 1974. Thin Lizzy puis Judas Priest s’y installent respectivement pour Johnny the fox (1976) et Sin after sin (1977).

Pete Hinton propose de produire ce second album, dernière livraison contractuelle pour Carrère, rappelons-le… Cependant, c’est sans pression que les Anglais entament cette nouvelle période qui va s’avérer décisive dans la carrière du combo. Le budget alloué n’étant pas extensible, les sessions se passent vite, la post production, mixage et mastering également.

A peine sortis des studios, Biff, Paul, Graham, Steve et Pete lancent, le 21 avril au City Hall de Newcastle, le Wheels of steel tour qui se terminera le 23 décembre au Hull City Hall de Kingston upon Hull. Une longue tournée dont les dates se multiplient dès la parution de l’album.

La sortie de Wheels of steel est prévue pour le 5 mai 1980, une sortie qui aurait pu être mise à mal tant la concurrence est dense : le premier album de Def Leppard, On through the night, est arrivé le 14 mars et a trouvé son chemin en 15ème place des charts. Iron Maiden publie son premier album le 14 avril et rate le podium de peu (n°4). Les anciens sont aussi de la partie, dont Black Sabbath (Heaven and hell, le 25 avril) et Whitesnake (Ready n willing, le 3 mai).

A peine deux jours après, le public découvre donc Wheels of steel. Le guerrier du premier album a cédé sa place à un aigle métallique juché sur une roue de moto. Le logo devenu mythique du groupe est la seule marque rouge de cet album. Au verso, cinq mecs assis, voire tranquillement affalés sur un canapé, tous revêtant l’incontournable Perfecto. Pas de frime, un look de prolo rockers. Et l’on va rapidement découvrir le même esprit dans la musique, brute et directe, et les textes des chansons qui parlent simplement de la vie – les excès en moins.

Le morceau titre fait l’objet d’un premier single (avec, en face B, Stand up and be counted). Si le morceau est apprécié des radios, c’est l’album dans son entièreté qui donne des claques.

Une radio qui ressemble à celle de la police de la route (dont Saxon reparlera sous peu) en bruit de fond, des motos qui déboulent et s’éloignent en trombe introduisent Motorcycle man. Dès ce titre introductif, Saxon déclare son amour pour les belles mécaniques et les grosses cylindrées. Le morceau est à la fois fougueux et aérien, doté de guitares sans fioritures, d’un chant puissant et mélodique et d’une rythmique entrainante et de paroles simples et populaires, des paroles qui, en gros, disent « si tu me vois rouler, ne tentes pas de m’arrêter, le suis un motard ». Un clin d’œil à peine masqué à un certain Easy rider et son hymne intemporel Born to be wild (Steppenwolf), et aux motards en général.

Tout au long de l’album, Saxon se montre ambitieux en variant les plaisirs et les tempi. Exit donc les envies progressives, place au rock heavy, speedé et mélodique. Et toujours populaire. Stand up and be counted s’adresse ainsi, sur un rythme imparable, au public qui ne peut que lever le poing et secouer les cheveux.

Objet du second single (qui paraitra à la fin du mois de juin de cette même année), 747 (strangers in the night) mêle brillamment lourdeur, celle d’un avion de ligne et un refrain à faire chanter le public. Biff explique que ce titre ne raconte pas que l’histoire d’un avion perdu en vol (un numéro et un routing complètement imaginaires, d’ailleurs) mais qu’il évoque aussi une panne d’électricité générale qui a plongé New York dans les ténèbres, panne qui a forcé des avions à devoir être déroutés vers d’autres destinations. Il s’agit aussi du premier de nombreux autres titres traitant d’avions, moyen de transport que, comme il me l’expliquait en 2018 (http://metal-eyes.com/interview-saxon), Biff n’apprécie pas, qu’il subit plus qu’autre chose.

Puis arrive le morceau titre qui en un clin d’œil se transforme en hymne intemporel. Wheels of steel, on le sait moins, a pour origine une vielle voiture que possédait Biff. Il explique même que ce titre devait être la base de ce qui allait devenir plus tard Princess of the night. Avec son mid tempo lourd, son refrain sec que chacun continue aujourd’hui encore de chanter en concerts, son ambiance générale, Wheels of steel a tout pour mériter son statut intemporel.

Rien que pour cette première face où rien n’est à jeter, Saxon entre dans la légende. La face B, quant à elle, débute avec le furieux Freeway mad, encore un morceau dédié à la route. Un titre rapide et claquant aux guitares enragées et aux rythmes épileptiques. Un morceau expéditif qui est d’ailleurs le plus court de l’album (2’41 !)

Avec trois titres traitant de bécanes et moteurs, on pourrait penser que Saxon cherchait alors à s’adresser à un public précis.  Mais comme le rappelle aussi Steve Dawson, Biff et lui possédaient chacun une moto, ce qui les a « inspirés pour des chansons comme Stallions of the highway ou Motorcycle man (…) Mais le lien avec le monde des motards ne vient pas de nous. Les bikers, Hell’s Angels et autres motards se sont emparés du titre et en ont fait des hymnes ». Il note également que s’ils ne faisaient pas partie du même monde, les bikers les ont toujours traités avec respect. Pas étonnant, Saxon ayant toujours été respectueux d’autrui également.

See the light shining, appuie un peu sur le frein. Le morceau, direct et rapide, ne voit sa détermination calmée que par le break plus lent mais tout aussi déterminé qui évoque la lumière du titre. Sans doute celle des étoiles qui commencent à briller dans les yeux des musiciens, celle, aussi, qui éclaire la scène. Si le morceau peut parfois ressembler à un assemblage de différentes idées, comme c’est d’ailleurs très souvent le cas, le résultat est mémorable et rentre lui aussi dans la tête.

Prolo jusqu’au bout, rock band uni, Street fighting gang évoque les souvenirs d’enfance de Biff, gamin qui n’avait cure de l’école et préférait passer la nuit dehors. Là encore, la production sèche et claquante colle à l’esprit de la chanson.

Vient ensuite le moment « émotion ». Suzie hold on, titre le plus soft de l’ensemble, relate l’histoire d’une amie du groupe (prénommée… Suzie) atteinte d’un cancer. Au travers de ses textes, Biff encourage son amie à se battre, à faire ce qu’elle croit être juste pour s’en sortir. Suzie hold on sera choisi comme troisième single, et paraitra sous ce format, accompagné en face B de Judgement day (live), en septembre 1980.

Après le calme, la tempête. Vraisemblablement inspiré par leurs amis de Motörhead et la double de Phil Taylor, Saxon appuie à fond sur l’accélérateur avec Machine gun qui canarde et défonce tout sur son passage. Une conclusion explosive qui m’a toujours laissé sur ma faim.

Wheels of steel ne serait peut-être pas ce qu’il est devenu sans la production de Pete Hinton. Les musiciens se souviennent de lui comme étant quelqu’un proposant des idées. Les moyens de l’époque ne permettaient certes pas d’avoir un son gras comme aujourd’hui, mais le résultat est là : 9 morceaux au son organique, brut de décoffrage, franc du collier, qui n’ont rien à cacher et se veulent simplement directs et directement efficace. Wheels of steel est le résultat d’un groupe qui ne cherche pas à frimer, un groupe droit dans ses bottes qui, sans le savoir encore, vient de signer un chef d’œuvre qui, naturellement, grimpe dans les charts et trouve une jolie 5ème place dans les charts anglais.

Si quatre de ces morceaux font encore régulièrement partie des setlists du groupe – ne cherchez pas, c’est toute la face A dont on parle – on attend avec impatience de pouvoir réentendre l’album entier joué live. Le temps n’a pas de prise sur un tel disque. Carrère a eu le nez creux, et, comme Biff l’expliquait, à l’époque, les maisons de disques misaient beaucoup sur le single et « si tu vendais 500.000 singles, alors tu vendais autant d’albums ». Wheels of steel ne s’est pas autant vendu mais a tout de même atteint la certification Or au Royaume-Uni, soit 100.000 exemplaires ayant trouvé preneur. L’histoire a fait le reste, au travers, entre autres, de nombreuses rééditions.

Parmi celles-ci, la naissance du CD a naturellement fait l’objet d’une première livraison via EMI/Parlophone (chez qui Saxon a finalement trouvé refuge au milieu des années 80, pas forcément pour son plus grand bien, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire et un autre débat). Rien de plus que l’album vinyle, la pochette étant simplement plus foncée que l’originale. On se penchera cependant d’avantage sur les autres livraisons dont celle qu’EMI propose en 2009 (avec 8 morceaux supplémentaires : 2 démos de 1980 (Suzie hold on, Wheels of steel) et la version live de Stallions of the highway ainsi que 5 titres de la prestation désormais entrée dans l’histoire que le groupe a donnée aux Monsters of rock en 1980. L’album est complété d’un livret de 8 pages dont de longs explicatifs signés Jerry Erwing du magazine Metal Hammer et d’un patchwork de diverses affiches de concert et pochettes des 45t. On retrouve ces mêmes titres sur la version « booklet » éditée en 2018 par BMG dotée, comme les autres albums de Saxon ayant fait l’objet de ce même format, de 26 pages richement illustrées ainsi que des textes des chansons. Ce même label a également proposé cette même année une réédition en version double vinyle (d’autres albums en ont également été l’objet) ainsi qu’une édition limitée célébrant le 45ème anniversaire de la bête (uniquement pour le record store day de 2025) avec un double vinyle bleu et rouge, dont un propose les 9 titres joués lors des Monsters of rock de 1980. Bref, Wheels of steel est un album légendaire qui n’a pas fini de séduire jeunes et moins jeunes amateurs de décibels !

Rendez-vous maintenant, rendons-nous même!, dans ces Zénith qui accueillent Saxon (avec Sortilège et Overdrivers) dont celui de Paris qui a fait l’objet l’an dernier d’un article dédié par votre webzine, à retrouver avec ce lien: Saxon au Zénith de Paris

Sources : Never surrender (or nearly good looking), Biff Byford and John Tucker, Iron pages books, 2007, Wheels of steel : The explosive early years of the NWOBHM, Martin Popoff, Wymer publishing, 2019, NWOBHM encyclopedia fifth edition, Malc Macmillan, Iron pages books, 2020, ainsi que diverses éditions de l’album, setlist.fm, saxon747.com et autres sites internet, entretien avec Biff au Bataclan (2011).

CONCERTS FROM HOME: IRON MAIDEN – Live after death

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre univers, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

A tout seigneur, tout honneur…

IRON MAIDENLive after death (EMI, 1985)

Leur cinquième album studio n’est pas encore en bacs qu’Iron Maiden est déjà – de nouveau – sur les routes. Le World slavery tour démarre officiellement le 9 août 1984, à Varsovie, en Pologne. Une Pologne encore (« toujours » ?) sous le joug d’un envahisseur de plus en plus décrié. Signe des temps, malgré sa poigne de fer, l’Etat que dirige le général Jaruzelski accepte la tenue de quelques concerts de cette musique tant décriée à l’Est. Iron Maiden visitera ainsi 5 villes polonaises et ira poser ses flight cases en Hongrie et en Yougoslavie avant de s’attaquer à l’Europe, aux USA et à l’Asie dans une tournée qui prendra fin le 5 juillet 1985 en Californie.

Le 3 septembre 1984, Powerslave, le nouvel album de la vierge de fer parait enfin tandis que le groupe donne un concert à Madrid, en Espagne. Sans parler des qualités de cet album depuis entré dans l’histoire, on ne peut que remarquer qu’Iron Maiden semble avoir trouvé l’équilibre : il s’agit du second album d’un line up sans modification aucune. Un groupe qui, en plus, s’est uni, soudé, au cours de la précédente tournée. Et cela a un impact notable sur tout ce que fait Iron Maiden.

Ce groupe va bien au-delà des musiciens – Steve Harris (basse), Bruce Dickinson (chant), Dave Murray et Adrian Smith (guitares) et Nicko Mc Brain (batterie). C’est aussi tout l’entourage, toute l’équipe technique qui forme ce clan, cette famille, à commencer par l’indéboulonnable paire de managers que sont Rod Smallwood et Andy Taylor, mais aussi les fidèles Martin Birch (producteur des albums depuis Killers en 1981), Dave Lights (lumières), Dick Bell, Doug Hall ou encore, comment les oublier, l’illustrateur Derek Riggs et le photographe Ross Halfin.

C’est ce clan qui se retrouve à la maison, à Hammersmith Odeon de Londres les 8, 9, 10 et 12 octobre 1984 alors que l’album caracole en tête des charts (n°2). Le show est rodé et, à domicile, Martin Birch décide d’enregistrer ces concerts à l’aide du Rolling Stones Mobile. Une première étape avant le gros morceau, quelques mois plus tard, où les micros du Record Plant Mobile n°3 capteront les concerts donnés au Long Beach Arena de Los Angeles pendant 4 soirées – du 14 au 17 mars 1985. C’est la première fois qu’un groupe joue soirs d’affilée dans une même ville à guichets fermés ! Dans une salle d’une capacité d’environ 13.500 places… Alors non seulement ces concerts seront enregistrés, mais en plus ils seront filmés. Et il est grand temps pour la Vierge de Fer de proposer un premier live, car, en 1985, Motörhead, Saxon, Judas Priest et tant d’autres se sont déjà, depuis des années, prêtes à l’exercice avec succès. Au tour des nouveaux maitres du metal de se jouer le jeu.

Le résultat de ces captations se nomme Live after death, le tout premier album live d’Iron Maiden qui parait le 26 octobre 1985. Un double, même, composé de 17 titres (plus le speech de Churchill en intro). Martin Birch, en matière de live, n’en est pas à son premier essai. Comme il l’explique dans les notes du disque, le premier live auquel il a apporté son oreille est l’incontournable Maiden In Japan de Deep Purple, en 1972. Un double album, là encore.

Tout au long de ces deux galettes – les trois premières faces sont les enregistrements de Los Angeles, la dernière ceux de Londres) le public (re)découvre un groupe au sommet de sa forme. Iron Maiden va constamment chercher son public, et l’échange d’énergie, la réciprocité dégage une puissance de feu sans pareille. La vidéo, elle, montre, en plus des concerts, le groupe derrière le rideau de fer. Un témoignage rare, dont cette scène où la bande se retrouve embarquée dans un mariage… local.

Si le public se délecte des désormais classiques du genre (Aces High, 2 minutes to midnight, The trooper, Powerslave, The number of the beast…), son plaisir continue avec le produit en lui-même. Derek Riggs a, une nouvelle fois, créé une pochette au mille références et détails, une pochette qui occupe le regard des heures durant. Surtout, au-delà des pochettes papier des galettes, joliment illustrées de nombreuses photo, Iron Maiden offre un livret de 8 pages truffées d’informations diverses, allant de la liste complète des dates de cette tournée à des informations purement techniques. On y apprend ainsi que la tournée de 322 jours a vu le groupe visiter 24 pays ou occuper 7778 chambres d’hôtel…

Arrivé n°2 des charts anglais (la VHS sera n°1), Live after death s’impose bientôt dans la catégorie des live incontournables du rock et devient un témoignage historique. Il sera réédité en CD dans une première version tronquée des titres de l’Hammersmith, avec un livret plu sobre, voire dénué d’intérêt. Il faudra attendre 1998 et la vague de rééditions du back catalogue pour retrouver l’intégralité de ces enregistrements sur un double CD (agrémenté d’une illustration inédite de Riggs) ainsi qu’un livret reprenant l’ensemble des notes de l’album et d’une plage multimédia avec vidéos et autres documents. Si les photos sont moins nombreuses, quelques illustrations inédites viennent compléter le plaisir.