SAXON: le making of de Wheels of steel

En 2025, Saxon devait célébrer en grandes pompes le 45ème anniversaire de la sortie de son second album paru en 1980, l’incontournable pierre angulaire du heavy metal britannique Wheels of steel. Seulement, voilà: les plans ont été quelque peu contrariés. Biff Byford, le chanteur historique et dernier membre fondateur du groupe, a dû subir en urgence un traitement afin de lutter contre un cancer, désormais, semble-t-il, soigné. Les dates annulées ont été reportées, et Saxon conserve son programme dont ses trois dates françaises du Castles and Eagles tour, avec Sortilège en première partie et Overdrivers plus récemment ajouté. Nous retrouverons donc Biff et sa bande à Nantes, Toulouse et Paris les 15, 16 et 17 mai 2026 pour des concerts qui s’annoncent d’ores et déjà historiques (retrouvez ici l’article consacré à Saxon et le Zénith de Paris, paru en 2025 et mis à jour).

Mais… Saxon promettant de jouer l’intégralité de son mythique album, Metal-Eyes vous propose de revenir sur la naissance de Wheels of steel et de ses hymnes intemporels.

Effectuons cependant un rapide retour en arrière, à la fin des années 70. C’est après avoir assisté à un de leurs concerts que Pete Hinton, qui travaille alors pour le prestigieux label EMI (The Beatles, The Animals, Queen, Deep Purple, David Bowie, Kate Bush pour ne citer que quelques noms d’alors du label auxquels se sont joint, dans les années 80, Iron Maiden, Red Hot Chili Peppers, Whitesnake…), approche Son Of A Bitch promettant de reprendre contact avec eux. Seulement, comme le rappelle Biff Byford dans son auto biographie, silence radio. « Apparemment, lui et Freddie Cannon, également d’EMI, avaient été recrutés pour diriger la section anglaise de ce qui semblait alors un obscur label français, Carrère (…) Ils nous ont fait une offre : une avance de 30.000 £ pour deux albums avec une option pour d’autres. On s’est dit : « pourquoi pas ». Pete Hinton venait de chez EMI, et, à vrai dire, nous étions un peu déçus (…) de nous retrouver sur ce label que nous ne connaissions même pas ». Chacun des musiciens reçoit également 40 £ pour aller acheter des fringues correctes…

C’est également Pete Hinton qui suggère au groupe, insiste même, de trouver un autre patronyme, pensant que Son Of A Bitch ne passera jamais sur les ondes. Ainsi naquit Saxon (originellement « Anglo Saxon », mais, nouvelle suggestion de Hinton, réduit au simple patronyme actuel), alors composé de Biff au chant, Paul Quinn et Graham Oliver aux guitares, Steve Dawson à la basse et Pete Gill à la batterie.

Produit par John Verity, le premier album auto nommé parait le 21 mai 1979 chez Carrère. Concis – l’album ne dure qu’à peine une demi-heure – Saxon propose une diversité de titres qui peut ressembler à un patchwork mêlant heavy rock et progressif. Si l’identité du groupe n’est pas encore clairement définie, quand bien même on trouve des traces de ce qui va faire sa réputation, l’album se vend tout de même à quelques 15.000 exemplaires au Royaume-Uni, un score pour le moins encourageant.

Avant la sortie de son premier album, Saxon se lance dans une tournée anglaise qui débute le 7 février 79 à Bradford pour se terminer le 19 décembre de cette même année au célèbre Hammersmith de Londres. Ce ne sont en réalité que 37 dates – on ne peut parler de tournée que sur la dernière partie, période pendant laquelle le groupe commence à jouer ses nouveaux titres, dont Wheels of steel qui, selon le site Setlist.fm, aurait été joué en public pour la première fois le 13 octobre 1979 à Manchester pour intégrer plus que régulièrement les setlists de Saxon par la suite, aujourd’hui encore.

L’année 1980 commence avec la participation du groupe au Friday Rock Show, émission incontournable de la BBC. L’enregistrement a lieu le 23 janvier 1980 et sera diffusée le 15 février (l’émission figure entre autres sur la réédition de 2009 du premier album publié par… EMI, ainsi que sur la version booklet de 2018 de BMG). Saxon se produit également le 2 février au Electric Ballroom de Londres où le groupe, tête d’affiche, est accompagné par AngelWitch et Sledgehammer avant d’investir pour le reste du mois le Ramport Studio situé au sud de Londres. Initialement initialement conçu en 1973 par The Who qui envisageaient d’y mettre en boite l’incontournable Quadrophenia, le lieu accueille un bon nombre de vedettes de l’époque dont, parmi bien d’autres, Supertramp qui y enregistre Crime of the century en 1974. Thin Lizzy puis Judas Priest s’y installent respectivement pour Johnny the fox (1976) et Sin after sin (1977).

Pete Hinton propose de produire ce second album, dernière livraison contractuelle pour Carrère, rappelons-le… Cependant, c’est sans pression que les Anglais entament cette nouvelle période qui va s’avérer décisive dans la carrière du combo. Le budget alloué n’étant pas extensible, les sessions se passent vite, la post production, mixage et mastering également.

A peine sortis des studios, Biff, Paul, Graham, Steve et Pete lancent, le 21 avril au City Hall de Newcastle, le Wheels of steel tour qui se terminera le 23 décembre au Hull City Hall de Kingston upon Hull. Une longue tournée dont les dates se multiplient dès la parution de l’album.

La sortie de Wheels of steel est prévue pour le 5 mai 1980, une sortie qui aurait pu être mise à mal tant la concurrence est dense : le premier album de Def Leppard, On through the night, est arrivé le 14 mars et a trouvé son chemin en 15ème place des charts. Iron Maiden publie son premier album le 14 avril et rate le podium de peu (n°4). Les anciens sont aussi de la partie, dont Black Sabbath (Heaven and hell, le 25 avril) et Whitesnake (Ready n willing, le 3 mai).

A peine deux jours après, le public découvre donc Wheels of steel. Le guerrier du premier album a cédé sa place à un aigle métallique juché sur une roue de moto. Le logo devenu mythique du groupe est la seule marque rouge de cet album. Au verso, cinq mecs assis, voire tranquillement affalés sur un canapé, tous revêtant l’incontournable Perfecto. Pas de frime, un look de prolo rockers. Et l’on va rapidement découvrir le même esprit dans la musique, brute et directe, et les textes des chansons qui parlent simplement de la vie – les excès en moins.

Le morceau titre fait l’objet d’un premier single (avec, en face B, Stand up and be counted). Si le morceau est apprécié des radios, c’est l’album dans son entièreté qui donne des claques.

Une radio qui ressemble à celle de la police de la route (dont Saxon reparlera sous peu) en bruit de fond, des motos qui déboulent et s’éloignent en trombe introduisent Motorcycle man. Dès ce titre introductif, Saxon déclare son amour pour les belles mécaniques et les grosses cylindrées. Le morceau est à la fois fougueux et aérien, doté de guitares sans fioritures, d’un chant puissant et mélodique et d’une rythmique entrainante et de paroles simples et populaires, des paroles qui, en gros, disent « si tu me vois rouler, ne tentes pas de m’arrêter, le suis un motard ». Un clin d’œil à peine masqué à un certain Easy rider et son hymne intemporel Born to be wild (Steppenwolf), et aux motards en général.

Tout au long de l’album, Saxon se montre ambitieux en variant les plaisirs et les tempi. Exit donc les envies progressives, place au rock heavy, speedé et mélodique. Et toujours populaire. Stand up and be counted s’adresse ainsi, sur un rythme imparable, au public qui ne peut que lever le poing et secouer les cheveux.

Objet du second single (qui paraitra à la fin du mois de juin de cette même année), 747 (strangers in the night) mêle brillamment lourdeur, celle d’un avion de ligne et un refrain à faire chanter le public. Biff explique que ce titre ne raconte pas que l’histoire d’un avion perdu en vol (un numéro et un routing complètement imaginaires, d’ailleurs) mais qu’il évoque aussi une panne d’électricité générale qui a plongé New York dans les ténèbres, panne qui a forcé des avions à devoir être déroutés vers d’autres destinations. Il s’agit aussi du premier de nombreux autres titres traitant d’avions, moyen de transport que, comme il me l’expliquait en 2018 (http://metal-eyes.com/interview-saxon), Biff n’apprécie pas, qu’il subit plus qu’autre chose.

Puis arrive le morceau titre qui en un clin d’œil se transforme en hymne intemporel. Wheels of steel, on le sait moins, a pour origine une vielle voiture que possédait Biff. Il explique même que ce titre devait être la base de ce qui allait devenir plus tard Princess of the night. Avec son mid tempo lourd, son refrain sec que chacun continue aujourd’hui encore de chanter en concerts, son ambiance générale, Wheels of steel a tout pour mériter son statut intemporel.

Rien que pour cette première face où rien n’est à jeter, Saxon entre dans la légende. La face B, quant à elle, débute avec le furieux Freeway mad, encore un morceau dédié à la route. Un titre rapide et claquant aux guitares enragées et aux rythmes épileptiques. Un morceau expéditif qui est d’ailleurs le plus court de l’album (2’41 !)

Avec trois titres traitant de bécanes et moteurs, on pourrait penser que Saxon cherchait alors à s’adresser à un public précis.  Mais comme le rappelle aussi Steve Dawson, Biff et lui possédaient chacun une moto, ce qui les a « inspirés pour des chansons comme Stallions of the highway ou Motorcycle man (…) Mais le lien avec le monde des motards ne vient pas de nous. Les bikers, Hell’s Angels et autres motards se sont emparés du titre et en ont fait des hymnes ». Il note également que s’ils ne faisaient pas partie du même monde, les bikers les ont toujours traités avec respect. Pas étonnant, Saxon ayant toujours été respectueux d’autrui également.

See the light shining, appuie un peu sur le frein. Le morceau, direct et rapide, ne voit sa détermination calmée que par le break plus lent mais tout aussi déterminé qui évoque la lumière du titre. Sans doute celle des étoiles qui commencent à briller dans les yeux des musiciens, celle, aussi, qui éclaire la scène. Si le morceau peut parfois ressembler à un assemblage de différentes idées, comme c’est d’ailleurs très souvent le cas, le résultat est mémorable et rentre lui aussi dans la tête.

Prolo jusqu’au bout, rock band uni, Street fighting gang évoque les souvenirs d’enfance de Biff, gamin qui n’avait cure de l’école et préférait passer la nuit dehors. Là encore, la production sèche et claquante colle à l’esprit de la chanson.

Vient ensuite le moment « émotion ». Suzie hold on, titre le plus soft de l’ensemble, relate l’histoire d’une amie du groupe (prénommée… Suzie) atteinte d’un cancer. Au travers de ses textes, Biff encourage son amie à se battre, à faire ce qu’elle croit être juste pour s’en sortir. Suzie hold on sera choisi comme troisième single, et paraitra sous ce format, accompagné en face B de Judgement day (live), en septembre 1980.

Après le calme, la tempête. Vraisemblablement inspiré par leurs amis de Motörhead et la double de Phil Taylor, Saxon appuie à fond sur l’accélérateur avec Machine gun qui canarde et défonce tout sur son passage. Une conclusion explosive qui m’a toujours laissé sur ma faim.

Wheels of steel ne serait peut-être pas ce qu’il est devenu sans la production de Pete Hinton. Les musiciens se souviennent de lui comme étant quelqu’un proposant des idées. Les moyens de l’époque ne permettaient certes pas d’avoir un son gras comme aujourd’hui, mais le résultat est là : 9 morceaux au son organique, brut de décoffrage, franc du collier, qui n’ont rien à cacher et se veulent simplement directs et directement efficace. Wheels of steel est le résultat d’un groupe qui ne cherche pas à frimer, un groupe droit dans ses bottes qui, sans le savoir encore, vient de signer un chef d’œuvre qui, naturellement, grimpe dans les charts et trouve une jolie 5ème place dans les charts anglais.

Si quatre de ces morceaux font encore régulièrement partie des setlists du groupe – ne cherchez pas, c’est toute la face A dont on parle – on attend avec impatience de pouvoir réentendre l’album entier joué live. Le temps n’a pas de prise sur un tel disque. Carrère a eu le nez creux, et, comme Biff l’expliquait, à l’époque, les maisons de disques misaient beaucoup sur le single et « si tu vendais 500.000 singles, alors tu vendais autant d’albums ». Wheels of steel ne s’est pas autant vendu mais a tout de même atteint la certification Or au Royaume-Uni, soit 100.000 exemplaires ayant trouvé preneur. L’histoire a fait le reste, au travers, entre autres, de nombreuses rééditions.

Parmi celles-ci, la naissance du CD a naturellement fait l’objet d’une première livraison via EMI/Parlophone (chez qui Saxon a finalement trouvé refuge au milieu des années 80, pas forcément pour son plus grand bien, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire et un autre débat). Rien de plus que l’album vinyle, la pochette étant simplement plus foncée que l’originale. On se penchera cependant d’avantage sur les autres livraisons dont celle qu’EMI propose en 2009 (avec 8 morceaux supplémentaires : 2 démos de 1980 (Suzie hold on, Wheels of steel) et la version live de Stallions of the highway ainsi que 5 titres de la prestation désormais entrée dans l’histoire que le groupe a donnée aux Monsters of rock en 1980. L’album est complété d’un livret de 8 pages dont de longs explicatifs signés Jerry Erwing du magazine Metal Hammer et d’un patchwork de diverses affiches de concert et pochettes des 45t. On retrouve ces mêmes titres sur la version « booklet » éditée en 2018 par BMG dotée, comme les autres albums de Saxon ayant fait l’objet de ce même format, de 26 pages richement illustrées ainsi que des textes des chansons. Ce même label a également proposé cette même année une réédition en version double vinyle (d’autres albums en ont également été l’objet) ainsi qu’une édition limitée célébrant le 45ème anniversaire de la bête (uniquement pour le record store day de 2025) avec un double vinyle bleu et rouge, dont un propose les 9 titres joués lors des Monsters of rock de 1980. Bref, Wheels of steel est un album légendaire qui n’a pas fini de séduire jeunes et moins jeunes amateurs de décibels !

Rendez-vous maintenant, rendons-nous même!, dans ces Zénith qui accueillent Saxon (avec Sortilège et Overdrivers) dont celui de Paris qui a fait l’objet l’an dernier d’un article dédié par votre webzine, à retrouver avec ce lien: Saxon au Zénith de Paris

Sources : Never surrender (or nearly good looking), Biff Byford and John Tucker, Iron pages books, 2007, Wheels of steel : The explosive early years of the NWOBHM, Martin Popoff, Wymer publishing, 2019, NWOBHM encyclopedia fifth edition, Malc Macmillan, Iron pages books, 2020, ainsi que diverses éditions de l’album, setlist.fm, saxon747.com et autres sites internet, entretien avec Biff au Bataclan (2011).

SMITH/KOTZEN live à Paris (le 6 février 2026 à Paris, le Trianon)

En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit doucement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont également investis et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.

IRON MAIDEN: Infinite dreams

Biographie visuelle (Thames & Hudson, 2025)

Alors qu’Iron Maiden a célébré en cette année 2025 un demi siècle d’activité avec une petite mais monstrueuse tournée (Run for your lives tour), le groupe fondé par Steve Harris en 1975 n’en reste pas là. Au-delà d’une nouvelle tournée annoncée pour 2026 (dont deux dates en France, le 22 juin à l’Arena de Paris La Défense et le 28 du même mois au Groupama stadium de Lyon), cet anniversaire est également célébré avec la publication de Iron Maiden: Infinite dreams, un pavé de plus de 2,5 kilos qui nous propose un voyage à travers le temps.

Des débuts de la vierge de fer à la dernière tournée en date, cet ouvrage, bourré jusqu’à la gueules d’illustrations et de memorabilia, retrace disque par disque, tournée après tournée, les différentes étapes de la carrière exemplaire de la formation londonienne.

Au travers de 352 pages, le fan peut ainsi retrouver des documents déjà connus mais surtout découvrir des raretés qu’on n’aurait pas imaginer voir ou lire un jour. Steve Harris nous présente ainsi certains de ses agendas annotés remontant aux années… 70! Chaque membre du groupe raconte également ses souvenirs, époque par époque.

Le fan ultime pourra/devra de son côté envisager de se faire soigner de sa collectionnite aiguë en découvrant le nombre incalculable d’articles officiels édité par la multinationale Iron Maiden. Entre T-shirts, tour programs, éditions diverses de sa production discographique et autre goodies c’est un musée qu’il faudrait ouvrir.

La version originale éditée par Thames & Hudson est proposée dans des versions normale ou numéroté avec fourreau reprenant le visuel de la dernière tournée. Une version française, publiée par les éditions Chêne, est également disponible. Un cadeau de noël parfait qui pourra rejoindre les autres ouvrages incontournables consacrés à Iron Maiden en attendant de retrouver les 6 sur scène en juin prochain.

Infinite dreams, version française – Éditions du Chêne

PRÉVISIONS second semestre 2025

Même si le second semestre est déjà bien entamé – juillet est passé et août sera calme, profitons tous de ces moments de repos mérités – la rentrée et la fin d’année s’annoncent déjà très prometteuses, tant du point de vue des albums attendus que des concerts à venir.

On attendait tout d’abord le retour des mighty Saxon aux Zénith de Paris, Nantes et Toulouse les 11, 12 et 13 septembre. Mais les Anglais ont publié récemment le live Eagles over Hellfest et annoncé le Castles and eagles tour en France, promettant d’interpréter l’intégralité de l’incontournable Wheels of steel avant de se voir contraints d’annuler 10 concerts cet été, Biff Byford, le chanteur de 74 ans, ayant dû subir une opération d’urgence. Une opération cardiaque qui a révélé, comme il l’a annoncé ce 15 août sur les réseaux, que les médecins lui ont également découvert un cancer. Les prestations annoncées en Europe sont ainsi reportées au printemps 2026. Nous ne pouvons que souhaiter à Biff un prompt rétablissement, qu’il se soigne, prenne soin de lui et soit totalement rétabli pour ce cinquième Zénith de Paris (quatrième en tête d’affiche, cf. le récap de l’histoire du groupe avec la salle) avec Sortilège en guest de luxe et son nouveau membre permanent, Michaël Zurita (il a notamment travaillé avec Satan Jokers – et connait donc bien Olivier Spitzer, l’autre guitariste de Sortilège – Furious Zoo, Gogol 1er, Big Ben, Fiona Gelin…) qui remplace feu Bruno Ramos. Une superbe affiche proposée par GDP pour une belle reprise d’activité.

On se rattrapera alors avec le duo américain le plus barré du moment, j’ai nommé KrashKarma qui, sur son World on fire tour, propose rien moins que 5 dates en France entre le 4 septembre (à Fontenay le Comte) au 13 septembre (à Belfort)! Metal Eyes sera présent au Dropkick bar d’Orléans le 11 septembre pour un nouveau moment qu’on imagine à la fois festif et explosif. Ralf et Nikki iront-ils chercher le public jusque dans la rue? Seuls les présents le sauront !

On ira sans doute ensuite à l’Olympia à Paris le 11 octobre pour célébrer comme il se doit Sidilarsen qui vient clôre sa tournée soutenant son dernier album en date, Que la lumière soit, sorti il y a maintenant plus d’un an. Le concert produit par Veryshow promet d’être grandiose tant les Toulousains sont en forme.

Comment manquer la venue de Disturbed qui sera, accompagné d’une première partie de choix (Megadeth), au Zénith de Paris le lendemain, 12 octobre. Une soirée proposée par Live Nation, tout à la fois brute et pleine d’émotion à n’en pas douter. Le groupe propose en effet une soirée spéciale célébrant les 25 ans de son album The sickness qui sera joué dans son intégralité ainsi qu’un Best-of de sa très riche carrière.

C’est ensuite la venue de Paradise Lost qui pourrait nous tenter… Garmonbozia propose 3 dates des Anglais en France: le 19 octobre à l’Aéronef de Lille, le 20 à l’Élysée Montmartre de Paris et le 21 à la Rayonnerie de Lyon. Il seront pour l’occasion accompagnés de Messa et, sur les deux dernière dates, Lacrimas Profundere.

Décidément, 2025 et GDP célèbrent les anniversaires! Après la publication de son nouvel album, Giants and monsters, en bacs le 29 août, les Allemands de Helloween viennent célébrer 40 ans de carrière au Zénith de Paris le 22 octobre. Ils seront pour l’occasion accompagnés de Beast in Black. Les Allemands s’étant montrés très en forme ces dernières années, nul doute que le spectacle sera à la hauteur des attentes du public.

Nous retournerons sans doute au Zénith pour une touche plus explosive. Arch Enemy viendra enflammer la salle le 27 octobre prochain, quatre jours après son passage à Lyon (le 23 au Radiant Bellevue) avec, là encore, une affiche plus qu’alléchante puisque le Bloody Dynasty tour produit par AEG réunira Gatekeeper, Amorphis et Eluveitie autour de la tête d’affiche.

Direction ensuite Issoudun pour y retrouver la nouvelle édition de la Firemaster convention les 24, 25 et 26 octobre. Trois journées dédiées au metal, entre conférences, expos et concerts divers. Cette année, l’orga nous propose de retrouver rien moins que les Français de Shâarghot, Locomuerte, Les Tambours du Bronx, Lofofora, mais aussi de découvrir Sun et son Brutal Pop ainsi que retrouver le Chris Slade Timeline venu pour nous faire une nouvelle fois voyager dans le temps.

Le mois d’octobre pourrait se conclure avec la venue des Anglais de The Darkness à l’Élysée Montmartre de Paris le 29. Un concert proposé par Veryshow qui promet d’être haut en couleurs, voire même croustillant, comme son dernier album, Dreams on toast, sorti en mars dernier.

Le 2 novembre marquera le grand retour des Danois de Volbeat qui viendront, produits par GDP, présenter leur nouveau guitariste, Flemming C. Lund, ex-The Arcane Order au Zénith de Paris. Ensemble, ils célèbreront la sortie du nouvel album God of angels trust, accompagnés de Bush.

Quelques mois après avoir enflammé la cité de Carcassone, les Français de Gojira lancent leur nouvelle tournée française qui débute le 27 à l’Arena de Reims pour se terminer le 12 décembre au Zénith de Strasbourg. Une douzaine de dates produites par GDP, dont Paris (Accor Arena, le 30 novembre), Marseille (Le Dôme, le 6 décembre) ou Lyon (LDLC Arena, le 10 décembre).

Rien ne semble pouvoir arrêter la croissance de la popularité des guerriers de Sabaton qui reviennent avec The Legendary tour – faisant référence à leur nouvel album, Legends, disponible dès le 17 octobre prochain. Année après année, le public se fait plus massif, les fidèles permettant aux Suédois d’investir des salles de plus en plus importantes, passant, ne serait-ce qu’à Paris, en une quinzaine d’années de l’Alhambra au Zénith, investissant également le Bataclan, le Trianon ou l’Élysée Montmartre avant de se retrouver, cette fois, à l’Accor Arena de Paris (le 28 novembre) puis, le lendemain au LDLC de Lyon. On attend comme toujours un show, une nouvelle fois produit par GDP, haut en couleurs.

Celebrating 50 years of LYNYRD SKYNYRD: Le Zénith de Paris, 10 juillet 2025 (avec Simon McBride)

C’est un Zénith de Paris presque complet qui accueille ce soir une version étonnante de Lynyrd Skynyrd qui vient célébrer le 50 ans du groupe. Etonnant car, d’une part, il ne reste aujourd’hui du groupe original que le nom, et le sentiment d’avoir plus à faire à un tribute band de luxe est assez légitime. Mathématiquement, aussi: LS a débuté sa carrière en… 1964! Ok, il y a eu une décennie de break mais les calculs restent faussés… Le premier album (Pronounced ‘lĕh-‘nérd ‘skin-‘nérd), peut-être? Il est sorti en 1973… Alors, je tente ceci: Gary Rossington, le dernier membre fondateur, est mort en 2023. Pourquoi pas se rabattre sur une tournée célébrant un demi siècle entre la sortie dudit premier album et la disparition de Rossington? Perso, ça me convient comme explication, mais on est surtout présent ce soir pour célébrer le southern rock plus que pour faire des calculs mathématiques, n’est-ce pas?

Simon McBride @Paris, le Zénith

C’est Simon Mc Bride qui ouvre le bal. Le guitariste désormais mondialement connu pour avoir rejoint – avec beaucoup de talent – les rangs de Deep Purple, se présente ce soir sous forme de trio. Il propose un blues rock à la fois enjoué et énergique et l’on a aussi le plaisir de découvrir le chanteur qui se cache derrière le guitariste. Une voix chaleureuse accompagne une musique variée.

Simon McBride @Paris, le Zénith

Le trio offre au public une alternance de titres originaux issus de l’album The fighter (Don’t dare, High stakes, king of the hill, just take time, Show me how to love) tous différents, allant du blues au rock, en passant par la ballade, et des reprises (The stealer de Free, Love song de The Cure). Mais il le sait, une partie du public veut entendre d’autres choses…

Simon McBride @Paris, le Zénith

Alors, tout en réaccordant sa guitare, Simon rappelle que « la dernière fois que je suis venu ici, c’était avec un autre groupe.. ».) Puis il entame la mondialement connue intro de Smoke on the water, ses compagnons de jeu disant « non, non, non » de la tête et des mains… Cependant, arrivé au deux tiers de son concert, il propose un medley explosif et instrumental de Black night, Child in time et Speed king du Pourpre Profond. Reprendre ces titres arrangés à la sauce guitare/basse/batterie se révèle très efficace, franc et direct.

Simon McBride @Paris, le Zénith

La formule « reprise » semble fonctionner, alors il enchaine avec un tout aussi explosif Kids wanna rock (hymne incontournable de Bryan Adams) qui fait mouche, avant de conclure son set avec Show me how to love, blues rock entrainant qui n’est pas sans évoquer un Bonamassa énervé. Simon McBride et ses compagnons de jeu ont bien chauffé le public avec un set efficace qui est monté en puissance. On attend maintenant les maitre de cérémonie de la soirée.

Simon McBride @Paris, le Zénith

Un film récapitulatif de l’histoire des Floridiens apparait sur l’écran. Puis la scène est voilée par des jets de fumée et de vives lumières laissant ensuite apparaitre un message in memoriam: la photo d’anciens membres avec la mention Their legacy lives on. Ce soir, la le Lynyrd Skynyrd actuel est bien là pour rendre un vibrant hommage à tous ses anciens membres disparus.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Rapidement, on entre dans le vif du sujet. Les tubes défilent et sont magnifiquement interprétés – on ne regrettera que le mix mettant trop en avant le chant des choristes avec des ouh ouh parfois trop agressifs. Le groupe débute avec le classique Working for MCA (qui mettait certaines choses au point avec le label à l’époque de sa sortie) suivi du dynamique What’s your name. Déjà, le public est à fond bien que très observateur, profitant de chaque instants.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

La communication avec le public est d’ailleurs fréquente, même si on ne comprend pas un traitre mot de ce qui sort de la bouche du chanteur, Johnny Van Zant dont l’accent sudiste est vraiment à couper au couteau – et c’est un gars originaire du sud des USA qui l’écrit! Ce qui n’empêche nullement le vocaliste d’haranguer le public et d’aller le chercher, sillonnant la scène avec son pied de micro orné d’un drapeau US.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Au moment où je me dis qu’il est dommage que l’écran ne fasse que diffuser des images du groupe sur scène, voici qu’apparaissent des scènes de bayous et d’alligators qui viennent animer Down south juckin’ qui précède Gimme back my bullets. Puis, après le poignant The needle and the spoon arrive l’instant émotions avec une vidéo relatant une bonne partie de la vie de Gary Rossignton, dernier membre fondateur disparu il y a maintenant deux ans. Un très bel hommage rendu tout au long du très émouvant Tuesday’s gone.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Très beaux aussi sont les éclairages, remarquables de couleurs chaudes et variées tout au long du set. Les premières notes de Simple man voient une foule de portable sortis pour mieux filmer l’instant et le public acclamer encore plus fort les sudistes lorsque le drapeau français est projeté. Facile, mais toujours efficace de séduire le public avec ce type d’artifice.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Si l’ambiance est chaude, la température monte d’un cran supplémentaire avec l’incontournable hymne Sweet home Alabama qui annonce déjà la fin du concert. Les musiciens quittent quelques instants la scène et reviennent pour un superbe final, autre classiques parmi les classiques, Freebird qui monte en puissance pour clore ce concert festif et célébratif. Décidément, les anciens en ont encore beaucoup sous le pied et savent offrir de très belles soirées. Ce fut encore le cas aujourd’hui avec ce concert plein de souvenirs et d’émotions.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Merci à Anne-Lyse Rieu (Gérard Drout Productions) d’avoir rendu ce live report possible.

EUROCKEENNES DE BELFORT: Iron Maiden, Avatar et The Raven Age: report de la première journée – jeudi 3 juillet 2025.

Pour fêter son 35ème anniversaire, l’incontournable festival Les Eurockéennes a décroché la timbale avec une tête d’affiche de choix, Iron Maiden, qui, de son côté, célèbre 50 ans d’existence. C’était pour Metal Eyes l’occasion de se déplacer pour la première fois à Belfort et découvrir ce mythique festival. J’arrive malheureusement trop tard pour faire l’interview prévue de The Raven Age (qui va s’avérer être mon groupe maudit de la journée!)

@EUROCKEENNES 2025

Après une longue route, c’est une très tout aussi longue file de voitures qui s’étend le long d’une simple voie. Une fois enfin installés sur le parking – le terrain de l’aérodrome transformé comme tous les ans en lieu d’accueil de véhicules – nous rejoignons une autre file, celles des festivaliers qui attendent tranquillement de pouvoir monter dans une des très nombreuses navettes nous menant à l’entrée du site. Arrivé sur place, je découvre un lieu qui, en temps normal, doit être paisible. La presqu’île du Malsaucy est située sur un vaste plan d’eau qui offre un décor exceptionnel.

@EUROCKEENNES 2025

Jusque-là, l’organisation est parfaite. Avant même d’entamer le voyage, l’accueil et la communication sont au top. C’est ma première venue, et à peine ai-je demandé à Ephélide, en charge des RP du festival (et aussi de Rock en Seine, de Solidays et d’autres évènements) s’il était possible de venir couvrir le festival que je reçois une réponse des plus chaleureuses. Puis, quelques jours avant, je reçois par mail confirmation des interviews planifiées. La veille au soir, c’est un mail expliquant les conditions photos et, enfin, le jeudi matin, premier jour du festival, une des attachées de presse d’Ephélide communique les noms des photographes accrédités pour le concert d’Iron Maiden. Des réponses par mail rapides, pas de stress, pas d’attente, c’est clair, efficace, et plus qu’appréciable et apprécié. plus encore, bien que nous soyons, médias, privilégiés, nous sommes tous conviés, le premier soir, à un « pot metal ». L’occasion de faire connaissance avec les journalistes et photographes que nous ne connaissons pas encore, d’échanger avec Kem, l’organisateur et de passer un moment simplement convivial.

@EUROCKEENNES 2025

Alors que je m’apprête à aller photographier The Raven Age, premier des 3 groupes à jouer aujourd’hui, je réalise que l’accueil ne m’a pas donné mon pass photo… Il faut donc qu’un des membres du service médias file à vélo pour le récupérer à l’autre bout du site mais… Lorsqu’il me remet enfin le sésame, il est trop tard, les trois premiers titres sont terminés. Dommage car si musicalement The Raven Age propose un metal à la fois moderne et classique, la formation a travaillé son look, les musiciens apparaissant tous le corps grimé de noir, du torse jusque sous la mâchoire. L’effet interpelle sans détourner pour autant l’attention du propos musical.

Le public semble réceptif mais, on le sait, même s’il s’agit du groupe fondé par George Harris, le fils de Steve, la foule est présente uniquement pour Iron Maiden. Tant et si bien que, le lendemain, L’Est Républicain rapportera cet « incident surprise » (et, heureusement, sans conséquence) lié à l’ouverture des portes: c’est devenu une tradition que le directeur du festival accueille le premier festivalier à accéder aux Eurockéennes pour lui offrir des cadeaux. Là, il s’est retrouvé face à des fans courant pour arriver au premier rang lui disant « on n’a pas le temps« ! Le sac de goodies sera donc offert au premier festivalier le lendemain.

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

Ceux qui sont au premier rang ne bougent pas. Le reste de la foule s’éparpille quelque peu le temps du changement de plateau. La colline faisant face à la Grande Scène se remplit de nouveau à l’approche de l’heure tant attendue. Quelques spectateurs, proches du malaise ou simplement trop serrées par la foule compacte, sont évacués par la sécu juste avant que ne retentissent les premières mesures de Doctor, doctor (UFO). C’est parti, la folie s’empare de la marée humaine qui hurle sa joie. Puis, en intro, The ides of march, l’instrumental qui introduit l’album Killers retentit tandis que le gigantesque écran de fond de scène diffuse des animations relatant les premières années de la Vierge de Fer.

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

La folie s’empare du public dès l’arrivée des six sur scène pour un premier moment d’anthologie, un Murders in the rue Morgue pas joué depuis 2005 suivi de Wrathchild, quant à lui bien intégré aux setlists. Puis c’es au tour de Killers, plus rare encore puisque sorti des setlist depuis… 1999! Et voici la première apparition d’Eddie, gigantesque monstre en colère qui vient, armé d’une hache, tenter de s’en prendre aux musiciens. Heureusement, super Bruce est là qui vient lui glisser une main dans l’entrejambe, ce qui perturbe la mascotte qui se plie et se retire.

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

Bruce s’adresse ensuite au public, annonçant, en français évidemment, que « ce soir, c’est une naissance et un anniversaire! Une naissance parceque c’est la première fois qu’on joue à ce festival, et un anniversaire parce qu’on fête les 50 ans d’Iron Maiden« . En faut-il plus pour que le public entame un « Joyeux anniversaire » avant que Maiden enchaine sur Phantom of the opera pas joué depuis une bonne décennie?

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

Chacun se montre dans une forme éblouissante, Janick Gers toujours aussi virevoltant, Adrian Smith concentré dans un esprit « force tranquille », Steve Harris, maitre de cérémonie, allant chercher le public, Dave Murray toujours souriant et simplement heureux d’être là, et, s’il saute moins dans tous les sens qu’il y a quelques années, Bruce Dickinson continue d’arpenter la scène en tous sens et d’haranguer la foule qui lui mange dans la main! Et puis, aussi, il y a le nouveau batteur, Simon Dawson que les fans connaissent déjà pour être le compagnon de scène de Steve Harris au sein de British Lion. Si j’ai maintenant vu le groupe plus de 20 fois, c’est mon premier témoignage avec ce line-up (la seule formation que je n’ai jamais vue est celle de 1981 marquant l’arrivée de Smith), et on ne peux que constater que si le batteur n’a pas le charisme ni la côte de popularité de Nicko McBrain, sa frappe est redoutable et efficace. Mieux, il apporte de temps à autres une touche personnelle.

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

L’écran géant diffuse des animations complémentaires aux chansons et pendant deux heures, Iron Maiden revisite ses premières années, de Iron Maiden jusqu’à Fear of the dark. Powerslave est particulièrement à l’honneur avec 4 titres (d’affilée, Powerslave avec un énorme Eddie sphinx en 3D qui envahi l’écran tandis que Bruce revêt un masque à plumes comme sur le World slavery tour de 84/85, 2 minutes to midnight, sur lequel la pluie commence à tomber, et le gigantesque Rime of the ancient mariner, Aces high arrivant quant à lui en rappel). Killers fait part égale avec The number of the beast, ce dernier alignant également 3 extraits ( le morceau titre, Run to the hills et Hallowed be thy name avec Bruce enfermé dans une cage sombre et inquiétante).

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

Iron Maiden a certes décidé de ressortir quelques morceaux plus joués depuis des lustres, dont The Clairvoyant de nouveau disparu après la tournée Maiden England de 2014, mais reste fidèle à ses classiques. The trooper voit un nouvel Eddie tunique rouge débouler, celui-ci, bien connu du public, Bruce portant la même tunique mais allant échanger son drapeau anglais pour revenir avec celui de notre pays, ce qui ne manque naturellement pas de faire hurler la foule.

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

Avec Iron Maiden, on le sait, le concert touche à sa fin. Le groupe quitte quelques instants la scène, puis le discours de Churchill annonce la rappel qui débute avec Aces high. Là encore, Iron Maiden surprend en interprétant Fear of the dark à la suite, là où cet hymne faisait partie du corps principal du show. Mais plus encore, le concert se termine, étonnamment selon moi, avec le superbe Wasted years… Que veut nous dire Iron Maiden? Que ces 50 ans ont été gâchés? ou alors que cette tournée marque un nouveau départ? Peu impporte au final, car Iron Maiden a livré ce soir, pour sa première date française du Run for your lives tour, un concert dantesque qui prouve une fois de plus que le groupe est encore dans une forme olympique. Superbe concert de bout en bout!

IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025

Alors que retentit le désormais incontournable Always look on the bright side of life qui accompagne les spectateurs vers la sortie, nous filons vers la Plage pour le concert d’Avatar. Au fil des ans et de leurs nombreux concerts en France, les Suédois se sont eu aussi forgés une solide fan base. Une bonne partie du public est grimée comme le Joker représenté par le chanteur Johannes Eckestrom. Qui a déjà vu Avatar live le sait, là encore, le spectacle est plus qu’une promesse.

AVATAR @EUROCKEENNES 2025

Un serviteur (ou serait-ce un bourreau?) quelque peu mal à l’aise arrive sur scène transportant une grosse boite cadeau, la pose devant la batterie. Satisfait, il en retire le chapeau, le pose et se retourne vers le public, incitant ce dernier à applaudir. résultat: un ballon rouge s’élève au bout d’une corde, suivi d’un chapeau et du chanteur qui sort tranquillement, le regard à la fois interpellé et narquois. Il s’avance vers le micro, malaxe le ballon qui explose, transformant instantanément le personnage en fou furieux incontrôlable. Dance devil dance lance les hostilités et donne le top départ aux slammers qui vont occuper la sécu tout le long du concert.

AVATAR @EUROCKEENNES 2025

The eagle has landed (et ses « ladies and gentlemen… » chantants et repris en chœur par le public) offre un premier moment plus… calme suivi d’une nouveauté étonnante et efficace, Captain goat, titre à l’issue duquel Johannes informe le public que, ce soir, c’est le premier concert d’Avatar depuis bientôt 9 mois et que c’est la première fois qu’ils interprètent ce morceau sur scène. « On n’a jamais joué ce morceau live… Peut-être devrions nous en jouer un autre? » In the airwaves, vraisemblablement prévu au prochain album est une exclu du soir et se révèle tout aussi efficace et furieux que ce qu’on attend maintenant d’Avatar.

AVATAR @EUROCKEENNES 2025

Les désormais classiques sont aussi au rendez-vous, principalement issus du gigantesque Hail the apocalypse (Bloody angel, Tower et le morceau titre qui vient clore le concert) mais c’est l’ensemble de la discographie du groupe qui est passée en revue, même le quelque peu décalé Avatar country qui lance le rappel avec, après le chant fédérateur Glory to our king, Welcome to Avatar country.

AVATAR @EUROCKEENNES 2025

Ce soir encore, Avatar a livré une prestation exceptionnelle, un spectacle de haut niveau comme le groupe en a désormais l’habitude. Et si ce premier concert n’était qu’un « tour de chauffe », alors on attend la suite avec impatience. rendez-vous au Zénith de Paris? En tout cas, ce set d’Avatar est une très belle manière de terminer cette longue journée. Un dodo s’impose avant de revenir demain!

AVATAR @EUROCKEENNES 2025

Report de la seconde journée à suivre…

HEAVY WEEK END: report du vendredi 6 juin

Quel énorme week end que cette seconde édition du Heavy Week End ! Malgré quelques couacs au lancement de cette seconde édition, notamment dans l’arrivée plus que tardive des annonces et de l’affiche complète, le bilan de ce premier week end du mois de juin au Zénith de Nancy, dans sa version open air, est plus que positif malgré une météo capricieuse et un démarrage quelque peu difficile. Mais ne nous emballons pas, commençons par le commencement.

Si on a pu quelque peu s’inquiéter quant à la fréquentation de cette seconde édition – Gérard Drouot Productions balançant sur les réseaux de très nombreux posts chaque jour qui ont pu ressembler à un appel au secours, annonçant tardivement une affiche a priori pas au niveau de la première édition (exceptionnelle, rappelons-le) entrainant nombre de commentaires peu enthousiastes – l’arrivée sur le site tend à confirmer cette inquiétude. Ce vendredi est loin, très loin d’afficher complet – à peine 6.000 personnes ont fait le déplacement – mais, d’une part, le public est bien présent dès l’ouverture des portes et, d’autre part, on constate rapidement deux grosses améliorations par rapport à l’an dernier: tout d’abord, un espace assez vaste est réservé aux lieux de soulagement individuels (les WC, donc). Mais surtout, c’est affiché en très grand à l’entrée du site, le placement est libre. A moins d’avoir un pass VIP ou Carré or, le public peut, « à l’ancienne », se positionner dans la fosse ou s’installer dans les gradins, au choix. Résultat: bien que démarrant plus tôt que l’an dernier – un groupe a été rajouté – j’ai l’impression que le public est, en ce début de festival, à peu près équivalent à celui de 2024. Pas génial, mais encourageant, et nous ne sommes que vendredi, certaines personnes travaillent encore.

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025

Adrian Vandenberg, qui inaugure cette édition, investit la scène à 17h30 devant un parterre bien fourni… Quel plaisir de pouvoir enfin revoir le guitariste sur scène. Et en forme! Le géant hollandais (1,98m des pieds à la tignasse) a fait le choix de proposer un set 100% axé sur sa période avec Whitesnake, soit la période 1987 et Slip of the tongue. S’il n’a particpé qu’à la tournée célébrant le premier, il n’a composé aucun des titres de 1987, contrairement à son successeur dont on retrouve ici deux extraits (Fool for your lovin’ qui remonte en réalité à Ready an’ willing, en 1980, et Judgement day). Les 5 autres titres sont des incontournables du légendaire 1987 (Bad boys, Give me all your love, Cryin’ in the rain*, Still of the night et Here I go again* – deux titres (*) remontant quant à eux à l’album Saint and sinners de 1982)

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025

Le groupe dans son ensemble est en forme. On apprécie la tessiture de la voix de Mats Lévin, que l’on connait déjà pour ses participation avec Yngwie J. Malmsteen ou Treat, parmi d’autres. Le vocaliste n’est peut-être pas au niveau d’un Coverdale des grands jours mais son timbre et la personnalité qu’il met dans chacun de ces morceaux rendent plus qu’hommage au Serpent blanc.

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025

Si déjà la paire Vandeberg et Levens chauffe le public, la section rythmique en rajoute une jolie couche également. En quarante minutes, le géant blond démontre être parfaitement en forme (il avait été victime de la maladie de Lyme, qui l’a empêché de revenir comme il l’eût souhaité sur le devant de la scène) et à sa place. Si on aurait volontiers apprécié quelques extraits autres que Whitesnake (de Vandenberg, ancienne ou nouvelle mouture, ou Vandenberg Moonkings), on ne peut que savourer ce qui nous a été offert. Le public le sait et a, au passage, posé les jalons de l’ambiance à venir.

Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025
BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025

Après le hard rock, on passe au power metal finlandais. Non, pas Lordi… Si j’avais été peu sensible à Battle Beast lors du dernier passage du groupe au Hellfest, les conditions du jour me permettent de découvrir le groupe sous un autre angle. Force est de reconnaitre que les cinq se donnent à fond, la voix de Noora Louhimo faisant toujours office d’arme (plus vraiment) secrète.

BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025

On sent les musiciens concentrés et quelque peu statiques, malgré l’envie de Eero Sipilä (basse) d’haranguer le public. Mais tous les regards sont portés sur la chanteuse au casque corné. Au gré des titres, l’ensemble du groupe va chercher la foule qui répond là encore plus que positivement d’autant plus que Noora, visiblement heureuse d’être là communique avec le public aussi chaleureusement que les flammes qui viennent réchauffer l’atmosphère.

BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025

Battle Beast nous a offert une très belle prestation, celle qui ressemble à une jolie mise en bouche pour accueillir la tête d’affiche.

BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025
SAXON @Heavy Week End 2025

Mais avant, place à un monstre sacré du heavy metal. Saxon, du haut d’une carrière longue d’un demi siècle, est toujours bien présent. Les Anglais s’apprêtent à sortir leur nouveau live, Eagles over Hellfest, et se lancent ce soir dans leur nouvelle tournée européenne qui, rappelons-le, les verra revenir pour trois dates en France les 11, 12 et 13 septembre aux Zénith de Paris, Nantes et Toulouse (avec, exclusivité de ces dates, le show Castles and eagles. Nous y reviendrons.)

SAXON @Heavy Week End 2025

Bien qu’on sache à quoi s’attendre, on a toujours plaisir à retrouver Biff et sa bande qui jamais ne déçoivent. Les anciens se massent devant la scène et dès les premières mesures de Hell, fire and damnation, le ton est donné. Les bouches à feu crachent leurs flammes tandis que le public scande le refrain de ce futur classique avec entrain. Et Biff, majestueux observe avec sérieux et attention la foule devant lui.

SAXON @Heavy Week End 2025

Si Saxon a composé certains hymnes incontournables que l’on retrouve ce soir (besoin de les citer? Alors, en vrac, Motorcycle man, Strong arm of the law, Wheels of steel, Heavy metal thunder, Dallas 1pm, 747 (strangers in the night)…) le groupe nous dégaine quelques raretés qui font du bien.

SAXON @Heavy Week End 2025

On a ainsi droit à Power and the glory et Dogs of war, nouvellement réintroduit dans la set list ainsi que 1066, un des trois extraits du dernier album. Les connaisseurs le savent, ils sont en train de vivre un de ces grands moments, un de ces concerts francs et directs, sans chichi. Et même si Biff, qui referme régulièrement son manteau, semble avoir froid, le public lui mange dans la main. Le concert se termine magnifiquement avec Princess of the night, toujours aussi imparable.

SAXON @Heavy Week End 2025

Si Saxon ne surprend pas les fidèles, le groupe impressionne toujours par sa puissance et ses prestations toujours aussi solides. Désormais parfaitement intégré, Brian Tatler confirme être le meilleur choix possible pour remplacer Paul Quinn. On remarque aussi que, de son côté, Nibbs Carter est beaucoup plus calme qu’il y a quelques années, headbangant avec plus de raison. Reste que la machine de guerre est de sortie (malheureusement pas le Fuckin’ pigeon… mais ça, ce sera pour le mois de septembre !)

SAXON @Heavy Week End 2025
POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Elles sont là, elles sont de sortie les meutes de loups-garou, impatientes de répondre à l’appel d’Attila Dorn et de Falk Maria Schlegel. Qu’on aime ou pas sa musique, un concert de Powerwolf est toujours prometteur de bons moments. Au pluriel. Car plus que le show, c’est le partage, la communion entre le groupe et le public. Un grand voile cache la scène, et dès que ce dernier tombe, le public se libère.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Bless ’em with the blade lance les hostilités – Powerwolf débute également sa nouvelle tournée ce soir, le public du HWE a donc droit à l’exclusivité du show! – et, très vite, très tôt, Attila s’adresse au public. Toujours en français, délivrant son éternel message « heavy metal is religion ». Forcément, ceux qui découvrent ce soir Powerwolf ne peuvent qu’être séduits tant par cette communion que par l’excellence du show proposé. Pas une seconde ne se passe sans un clin d’œil, un sourire, une complicité tant entre les musiciens qu’avec, surtout, le public.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Les frères Greywolf monopolisent la scène lorsque Falk se retrouve coincé derrière ses claviers. Il est naturellement bien souvent présent en avant scène, accompagnant Attila, très en voix, dans cette grand-messe célébrant le heavy metal et son armée (Army of the night).

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

« On va faire bouger nos hanches« , annonce Attila. « Qui veut danser avec moi? Avec Falk? » Le teasing lancé, tous deux font deux pas de danse annonciateurs de Dancing with the dead et, crachés ses premières banderoles qui retombent légèrement sur le public.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Attila invite ensuite le public à chanter quelques mesures avec lui, le préparant ainsi à l’accompagner sur Armata strigoi. Chacun chante aux ordres d’Attila: tout le monde, puis les femmes puis les hommes (quelque peu plus nombreux) et même… « maintenant, la sécurité privée, allez, chantez avec nous la sécurité privée!« , rappelant que « je suis le maestro de cérémonie » lorsque le public s’élance avant son ordre. Communication, communion même, et humour font ce soir très bon ménage.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Un loup garou sur fond bleu blanc rouge accompagne La bête du Gévaudan, titre chanté en français pour le plus grand bonheur de tous, suivi par le classique Demons are a girl’s best friend. Jamais Powerwolf ne laisse retomber la pression, que ce soit avec la pyro et les confettis – encore – sur Fire and forgive ou en faisant – toujours – participer le public, qui ne se fait pas prier.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Le combat des « Uh » (coté Falk) et « Ah » (côté Attila) fait toujours son effet, et fonctionne à merveille, plus encore, une fois le « concours » terminé, lorsque 6.000 gorges reprennent le gimmick tout au long de Werwolves of Armenia, suivi de Heretic hunters.

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

Les festivités continuent jusqu’à la conclusion habituelle, l’incontournable We drink your blood. Clairement, ce soir, Powerwolf a brillamment lancé sa nouvelle tournée. Le public repart ravi, la bave de la meute s’étant transformée en sourires marquant des visages simplement heureux d’avoir vécu ce moment. Un grand, très grand concert qui, malgré le froid, vient clore une première journée plus que prometteuse d’un week end de très belle fête. On sera de retour demain, promis!

POWERWOLF @Heavy Week End 2025

THE SILENT ERA: Wide and deep and cold

Angleterre, Metal (M&o, 2024)

Après une introduction évoquant l’aventure d’Ulysse et des sirènes, une mer à la fois inquiétante et attirante, The Silent Era nous invite à plonger dans son univers qui s’étend tout au long de Wide and deep and cold de l’océan à l’espace. Le groupe anglais nous propose un album certes sombre et froid, mais aussi un disque aux ambiances variées, parfois proche du gothique, à d’autres moments plus foncièrement pop. Avec des envolées vocales qui évoquent Kate Bush ou le ton narquois de Robbie Zana (Shadow Queen), des rythmiques qui parfois me rappellent Dio, le groupe explore divers horizons par des sonorités qui alternent entre spatial (la fin allumée et hypnotique de On the run), invocation indienne de mère nature, des rythmes à la à la fois bruts et martiaux, des influences doom et new wave… Le groupe interpelle et se faufile même du côté du cinéma avec cet interlude horrifique très bien nommé Peur. Mais… Si les idées sont là, la prod est quelque peu absente… Le son, trop étouffé à mon goût, ne rend pas justice à l’originalité recherchée par The Silent Era qui a pourtant de nombreux atouts à mettre en avant.

HEAVY WEEK END: report du dimanche 23 juin

Judas Priest @HEAVY WEEK END

Cette troisième journée promet d’être aussi passionnante que diversifiée avec 4 groupes d’horizons variés mais de nationalités plus restreintes puisque nous avons trois groupes américains (Ayron Jones, Tom Morello et Alice Cooper) et un seul anglais (Judas Priest).

Ayron Jones @HEAVY WEEK END

Décidément très en vue et très présent en nos contrées, c’est un Ayron Jones concentré qui a l’honneur de lancer la journée. Bob Lovelace, son bassiste est quant à lui, et comme à son habitude, une véritable pile électrique qui va chercher le public tandis que le guitariste Matthew Jaquette (absent lors du concert à l’Elysée Montmartre en octobre dernier) use de ses charmes et de son sourire pour séduire le public, malheureusement encore peu présent en ce milieu d’après midi.

Ayron Jones @HEAVY WEEK END

Ayron Jones a choisi d’aller à l’essentiel en concentrant son set sur les principaux morceaux de ses deux derniers albums en date, favorisant même Child of the state dont il présente pas moins de 5 extraits (Boys from the pugget sound, Emily, Supercharged, Mercy et Take me away), les trois autres morceaux (On two feet I satnd, Otherside – et sa partie reprise de Smells like teen spirit de Nirvana – et Blood in the water) provenant quant à eux du plus récent Child of the state.

Ayron Jones @HEAVY WEEK END

A force de fréquenter l’Hexagone, Ayron se plie au jeu de l’apprentissage de la langue, et, après On two feet I stand, s’adresse au public en Français: « Comment ça va? Ca va bien? » suffisant pour être acclamé avant de présenter ses compagnons de scène.

Ayron Jones @HEAVY WEEK END

Si une bonne partie du public semble découvrir la formation, elle semble également réceptive à sa musique, savant mélange de rock, de blues et de soul, qui puise autant chez Lenny Kravitz que Jimi Hendrix en passant par Prince ou Michael Jackson. Oui, il y en a pour tous les goûts et Ayron Jones se retire avec le sentiment du devoir accompli.

Ayron Jones @HEAVY WEEK END
Tom Morello @HEAVY WEEK END

Tom Morello prend la suite devant un public plus dense. Arrivant sur scène le poing levé, le guitariste engagé attaque son instrument sans pitié. L’attitude de l’Américain, comme à son habitude, mélange sérieux, engagement et rage.

Tom Morello @HEAVY WEEK END

On admirera tout au long de son set les immenses portraits projetés en fond de scène mais les spectateurs peuvent également se demander qui sont ces personnages, principalement africains ou afro-américains, et quel message Morello veut transmettre. Sans doute l’a-t-il verbalisé pendant son concert, et si tel est le cas, je ne l’ai pas entendu…

Tom Morello @HEAVY WEEK END

Pendant une heure, le quatuor délivre certains de ses titres les plus emblématiques que ce soit avec RATM, Audioslave, des reprises, ou encore sous son nom. Soldier in the army of love, Vigilante nocturno côtoient ainsi les classiques que sont Killing in the name, les medleys Bombtrack/Know your enemy… ou encore The ghost of Tom Joad et Power to the people. Le public est conquis et l’on ne peut que regretter un temps de jeu trop court… Tom Morello remercie ensuite Ayron Jones d’avoir ouvert et fait part de son honneur de partager la scène avec Alice Cooper et Judas Priest, « deux de mes groupes préférés de tous temps » et cède la place pour la suite.

Tom Morello @HEAVY WEEK END
Alice Cooper @HEAVY WEEK END

On attaque avec l’un des gros morceaux de la soirée. Alice Cooper joue ce soir pour la toute première fois de sa carrière à Nancy et réserve la surprise du décor, un gigantesque voile noir cachant la scène aux yeux du public. Puis, deux êtres masqués font sonner leurs cloches avant de s’emparer chacun d’un des cotés du voile, le faisant tomber. Une gigantesque une de journal apparaît, annonçant qu’Alice Cooper est banni de France, mais le héros sanguinaire apparait enfin.

Alice Cooper @HEAVY WEEK END

Le show est lancé et, si la setlist reste sans surprise, si le spectacle regorge des effets désormais classiques, le show et la mise en place des chacun des musiciens sont simplement impeccables et dantesques. Chacun des musiciens connait naturellement son rôle sur le bout des doigts, proposant une mise en scène énorme, qui emporte tous les suffrages.

Alice Cooper @HEAVY WEEK END

Là encore, les classiques – No more Mr. nice guy, I’m eighteen, Billion dollar babies, Welcome to my nightmare, Elected, Poison, Hey stupid!… – sont de sortie mais Alice nous réserve quelques surprises, se faisant notamment accompagner par son boa sur Snakebite.

Alice Cooper @HEAVY WEEK END

Les artifices classiques sont toujours d’une redoutable efficacité: le paparazzo trop insistant qui fini par se faire planter par Alice, l’infirmière assassinée, la femme SM prise à son propre jeu fouettée par Alice qui, un meurtre de trop, fini par être décapité sur la place publique avant de revenir, le monstre de Frankenstein… Le public est tellement aux anges que, contrairement aux soirs précédents, et profitant de l’absence d’un agent de sécu, un puis deux puis une dizaine de spectateurs décident de rejoindre la fosse. De l’autre côté, certains se voient empêchés ce même accès mais l’agent présent voit déferler des dizaines de spectateurs qui envahissent la fosse. Le pauvre bougre, dépassé par les évènements, semble lancer un appel au secours à l’orga qui fini par demander qu’on fasse sauter les chainettes…

Alice Cooper @HEAVY WEEK END

Retour au concert où tous les ingrédients attendus sont présents permettant à ce concert de remporter tous les suffrages. Sans aucun doute le meilleur concert de ce week end, à ce stade en tout cas!

Judas Priest @HEAVY WEEK END

Car il reste maintenant la tête d’affiche. Judas Priest est, depuis quelques temps, dans une forme remarquable comme les Anglo-américains l’ont encore démontré à Paris. Alors que le fort à propos War Pigs de Black Sabbath résonne (« generals gathering their masses… ») le public se masse devant la scène. Même si le spectacle prévu est identique à ceux de Lyon et de Paris – le groupe réuni devant le kit de batterie avant d’investir la scène.

Judas Priest @HEAVY WEEK END

Là encore, on n’a pas de surprise, la setlist présentant cependant quelques différences avec celle proposée à Paris en avril dernier. Ainsi, ce soir, Judas Priest a retiré Lightning strikes, Love bites, Saints in hell ou encore Crown of thorns les remplaçant par Riding on the wind, Sinner et Invicible shield. Cependant, les classiques sont fort heureusement au rendez-vous, le public reprenant avec force Breaking the law, Turbo lover Electric eye ou Living after midnight.

Judas Priest @HEAVY WEEK END

Rob Halford est dans une remarquable forme, tant vocale que physique, arpentant plus la scène que tournant tel un lion en cage, Richie Faulkner et Andy Sneap occupent chaque espace de la scène et ian Hill tabasse son espace comme jamais. Seul Scott Travis, malgré sa remarquable frappe, est un peu moins enthousiaste surtout lorsqu’il s’agit, comme c’est son rôle depuis longtemps, de demander au public s’il veut encore une chanson. C’est un faiblard « Nancy, what do you wanna hear? » qui est lancé avant de démarrer un Painkiller annonciateur de la fin du show.

Judas Priest @HEAVY WEEK END

Sans surprise, The Hellion/Electric eye est le premier titre du rappel et Faulkner nous gratifie même, sur Hell bent for leather et l’arrivée à moto de Halford d’un solo inattendu à ce stade du concert, avant que Judas Priest ne conclue la soirée avec le classique parmi les classiques Living after midnight.

Judas Priest @HEAVY WEEK END

Ce soir encore, Judas Priest a récolté tous les suffrages et mis tout le monde d’accord. Le groupe en a encore sous le pied et on espère bien pouvoir les retrouver encore une fois dans cette même forme.

Judas Priest @HEAVY WEEK END

Au moment de partir – et de clore ce report – un rapide bilan s’impose: le Heavy week end, malgré une trop faible fréquentation, a tenu toutes ces promesse: un lieu idéal, une capacité qui reste largement humaine pour un festival, un rythme permettant de voir l’intégralité des concerts… Les deux seuls points qu’il faudra revoir l’an prochain sont les tarifs des places en fosse qui, cette année, ont certainement freiné les envies d’une partie du public qui a préféré s’abstenir – et une beaucoup plus importante capacité en… WC, à répartir tout autour du site, sans doute, ce qui permettra, espérons-le, d’éviter que le public ne se rue pour se soulager à la fin des concerts, dans des files interminables, préférant se soulager le long de toutes les barrières possibles… Pour le reste, on ne peut que remercier et féliciter toutes les équipes présentes, GDP, sécurité, accueil, commerces… pour une organisation sans faille.

Judas Priest @HEAVY WEEK END

On attend maintenant avec impatience de connaitre les dates de l’édition 2025 ainsi que l’affiche. Les noms déjà retenus seraient du lourd… Comptez sur Metal Eyes pour se faire le relais de ces prochaines informations!

Merci à Anne-Lyse Rieu et Nicolas le Bouedec (GDP), Olivier Garnier (Replica promotion) et Sabrina Cohen Aiello (Verygroup) d’avoir rendu ce report possible

FIREMASTER CONVENTION: Back in the game!

La voici de retour! C’est Issoudun (36) qui, cette année accueillera la Firemaster Convention du 25 au 27 octobre 2024. Située e plein cœur de la Région Centre Val de Loire, entre Bourges et Châteauroux, Issoudun est facilement accessible par la route.

Au programme, des conférences, des expositions, un market, des masterclass et, naturellement, des concerts. Car c’est ce qui fait la force de cette convention quelque peu bousculées par la crise sanitaire et une part de doute. Alors, adieux – ou n’est-ce qu’un « au revoir’? – Châteauroux, bonjour Issoudun.

Les premiers noms annoncés ont de quoi donner envie, jugez-en plutôt: du heavy metal de Airforce – le groupe fondé par Doug Samson, le premier batteur d’Iron Maiden, au très brutal Beyond The Styx, en passant par Nightmare, les fiers « ancêtres » du heavy metal tricolore, et les heavy punks de Tagada Jones, la fête promet d’être belle. Très belle!

Toutes les infos sont à découvrir sur le site de la Firemaster Convention, qui propose un accès direct à la billetterie. Comme pour les précédentes éditions, il existe deux formules: un pass journée (journée individuelle – 4,90€ – ou pass 3 jours – 12,90€) donnant accès l’ensemble de la convention, hors concerts des têtes d’affiches, ou un Night&day pass (22,90€ par jour ou 44,90€ pour les 3 jours – soit même pas le prix de deux jours complets!) qui donne accès à toutes les activités et tous les concerts du festival. A ce prix-là, il serait dommage de se priver.

Alors, à tous ceux – et celles – qui se plaignent du fait que, en dehors de Paris, Lyon et Clisson il ne se passe jamais rien… ben, vous savez ce qu’il vous reste à faire: se rendre à l’adresse suivante:

Palais des Expositions et des Sports d’Issoudun – Rue Georges Brassens, 36100 Issoudun pour assister à trois journées festives avec des concerts à taille humaine !