BRING ME THE HORIZON: Post human: survival horror

Angleterre, Metal (Sony music, 2020)

Violent, brutal, électro sont trois termes qui reviennent tout au long de ce Post Human: survival horror, nouvel album des Anglais de Bring Me The Horizon qui avaient réussi à surprendre avec son précédent opus, Amo (2019). Ca castagne dès Dear diary, qui démarre avec des hurlement explicite: la rage est là, la nécessité de se défouler aussi. Le groupe mélange tout au long des 9 morceaux metalcore rageur, rythmes électro et phrasé autant metal que rap, un mariage réussi. Teardrops, puissant, entraîne l’auditeur au cœur de mélodies efficaces et variées. C’est d’ailleurs une des forces de ce nouvel album: mélanger les influences au sein de ses morceaux, ne jamais aller à l’évidence, casser le rythme et les codes. Oliver Sykes fait des merveilles vocales, passant de hurlements de souffrance à un timbre fluet, alternant colère et puissance. Obey, deux syllabes qui sonnent comme un ordre, nous invite dans un univers violemment électro. Invitée à clore ce nouveau méfait, Amy Lee (Evancence) vient poser son chant sur One day the only butterflies left will be in your chest as you march towards your death pour un duo tout aussi puissant et efficace. Cet album sonne comme une alerte post apocalyptique et cependant parvient à tracer de nouvelles voies musicales. Un savant mélange de sonorités familières et futuristes. Brutal et efficace en diable, on n’attend qu la scène…

Interview: THE LUKA STATE

Interview THE LUKA STATE : entretien avec Conrad (chant, guitare) et Lewis (guitare). Propos recueillis par Skype le 26 janvier 2021

L’attitude, la fougue de la jeunesse, l’envie, la rage… Avec leur premier album, Fall in fall out, qui vient de sortir, les jeunes Anglais de The Luka State pourraient devenir « the next big thing ». Au capital énergie s’ajoute le capital sympathie, comme nous l’ont démontré avec une vraie bonne humeur, Conrad (chant et guitare) et Lewis (guitare) lors de notre récent entretien. Incontestablement, The Luka State est un groupe à découvrir et à suivre de près. Quatre garçons en confinement…

Metal-Eyes : D’après ce que je sais, The Luka State a été formé en 2013. Vous avez publié un paquet de singles, 2 Ep, et vous sortez maintenant votre premier album. Pour quelle raison vous a-t-il fallu aussi longtemps pour publier ce premier album, Fall in fall out ?

Conrad : On a monté The Luka State à l’école, ce n’était pas le même groupe. Lewis nous a rejoints, et The Luka State que tu vois est le vrai groupe. En réalité, ce premier album ressemble au travail de toute une vie.

 

Metal-Eyes : Toute une vie ? Vous avez quel âge ?

Lewis (rires) : 21 ans !

Conrad : Ce que je veux dire, c’est qu’on avait tant de chansons déjà composées… Pour cet album, il y en avait 75 ! Il a fallu que nous les repassions toutes en revue pour n’es retenir que 12 pour l’album. Cela a demandé beaucoup de temps. Les chansons devaient être assez puissantes, avant tout, et lorsque nous tenions enfin ce que nous pensons être un album assez puissant, nous voulions le sortir par le biais d’un gros label. Je ne saurais expliquer pour quelles raisons il a fallu autant de temps, mais je suis content de cela, parce que maintenant, nous avons l’impression que le voyage commence vraiment.

 

Metal-Eyes : J’aime cette vision « le voyage démarre vraiment maintenant » … Votre backdrop est juste derrière vous, pouvez-vous expliquer la signification de ces différents éléments ?

Conrad : Bien sûr ! Chacun de ces emblèmes représente une personne du groupe. Lewis, je te laisse parles de ceux de ton côté.

Lewis : En haut, il y a les aiguilles d’une horloge qui représente le temps. C’est la représentation de notre batteur, Jake, pour qui le temps, dans tous les sens du terme, est important. En dessous, il y a le visage d’Icare. C’est mon choix, qui vient de mon grand-père qui me racontait plein d’histoires, me conseillait de ne pas trop m’approcher du soleil… l’industrie dans laquelle nous travaillons…

Conrad : En bas, de mon côté, c’est un papillon, qui représente la grand-mère de Murphy, qui est décédée. Le mien, au-dessus, est un pin. Ma mère est morte d’un cancer quand j’avais 16 ans, et nous avons planté un pin en sa mémoire. Il nous donne tous les ans des pommes de pin fraiche que nous conservons chez nous ou dans nos voitures. Chaque symbole représente donc l’un d’entre nous et, ensemble, font de nous ce que nous sommes en tant que The Luka State. Et il est assez cool…

 

Metal-Eyes : Merci pour cette explication, elle valait le coup d’être donnée. Votre premier album sera en bacs le 29 janvier. Comment le décririez-vous à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Conrad : C’est un album de rock, avant tout. C’est énergique, nerveux, il décrit un peu ce que c’est que d’être un jeune qui grandit dans une ville ouvrière du nord de l’Angleterre… Les combats que tu mènes en tant que jeune homme. Les gens peuvent s’y reconnaitre, c’est assez facile de s’emballer en l’écoutant, de chanter, de danser ! Tous les éléments sont réunis pour passer du bon temps.

 

Metal-Eyes : J’ai écouté l’album et j’ai le sentiment qu’il y a un mélange de punk et de Beatles. Pas seulement, mais c’est ce qui me saute aux oreilles…

Conrad : Waow, c’est un super compliment ! Nous sommes de super fans des Beatles, et de très grands amateurs de punk ! Lewis adore The Clash, The Jam et The Sex Pistols, et vraiment, les Beatles, c’est un de nos groupes de chevet. C’est cool que tu ais reconnus ça !

 

Metal-Eyes : Vous êtes originaires de Winsford, dans le Cheshire. Je ne connais pas beaucoup les groupes de cette région, qui d’autre y a-t-il ?

Lewis : C’est une petite ville d’où nous venons… Souvent, les groupes du coin se présentent comme venant de Manchester, dans notre région. Mais nous sommes fiers de nos origines, nous sommes fiers de dire que nous venons d’une ville ouvrière, pas de Manchester sous prétexte que nous venons de sortir un album…

 

Metal-Eyes : D’autres groupes qui ont percé sont issus de villes ouvrières… Birmingham, Sheffield…

Lewis : C’est clair !

 

Metal-Eyes : Revenons à votre album qui sort bientôt. Au-delà du premier single – avec sa vidéo, Feel it – il y a cette chanson Fake news. C’est un clin d’œil au départ de Trump ?

Conrad (il rit) : Bon parallèle mais non… Elle traite du fait de venir d’une petite ville ouvrière, comme c’est notre cas. Il y a ce que j’appelle « la mentalité des petites villes ouvrières » où les gens parlent, jalousent ce que tu es lorsque tu évolues dans la vie. Parfois, ça va jusqu’à colporter des choses pour dénigrer ton entourage, ton nom. Les gens qui disent de la merde à ton sujet, qui colportent de fausses infos à ton sujet. Et ça a un impact sur le bien être des gens concernés. C’est plus de cela que traite cette chanson, bien plus que de Donald Trump…

 

Metal-Eyes : Y at-il un lien avec un de vos singles, Lies ! Lies ! Lies !?

Lewis : En réalité Lies ! Lies ! Lies ! est sans doute le morceau le plus engagé politiquement que nous ayons écrit.

Conrad : C’est vrai, et en ce moment, je fais en sorte de rester aussi loin que possible de la politique dans mes textes. Jusqu’à ce que j’ai quelque chose à dire. Mais en ce moments, je n’en ressens pas le besoin.

Lewis : Il se passe tant de choses en ce moment que nous préférons nous concentrer sur le fait de donner du plaisir aux gens plutôt que de ressasser ce qu’il se passe…

 

Metal-Eyes : Alors doit-on parler du Brexit ?

Lewis : Je pourrais t’en parler longtemps, mais ça ne nous amènera nulle part…

 

Metal-Eyes : On vous souhaite bonne chance en tout cas.

Tous les deux : Merci ! On va vraiment en avoir besoin !

 

Metal-Eyes : Venons-en au nom du groupe : y a-t-il un lien avec la chanson de Suzanne Vega, Luka ?

Conrad : Non… (il rit) The Luka State signifie « avoir une attitude mentale positive ». En gros, Sam, le bassiste du groupe, et moi avons vécu quelques temps à Toronto. Nous habitions dans un studio où un gars venait nous rendre visite de temps en temps. Ce studio appartenait à un gars fans des Beatles, alors il y a avait toujours quelque chose en lien avec les Beatles quelque part. Ce gars, Luka, qui venait nous rendre visite, avait toujours une attitude très positive, quoi qu’il se passe, et sa présence à réellement eu un impact sur nous, moi, principalement. C’est ce qui nous a poussé à appeler ce groupe The Luka State, l’état d’esprit de Luka, un état d’esprit que nous nous efforçons d’adopter et d’appliquer.

 

Metal-Eyes : Le 30 janvier, vous avez annoncé une tournée US virtuelle. On connait les concerts en streaming, mais une tournée US… C’est quoi l’idée ?

Conrad : En fait, on a déjà fait ce genre de choses en ligne parce que nous souhaitons simplement rester en contact avec le public, les gens qui découvrent le groupe… Je crois que nous vivons une époque où tout se fait… On ne peut plus se réunir, aller en concerts, faire la fête, toutes ces choses nous manquent. On ne se rend pas compte à quel point nous étions chanceux de pouvoir sortir avec nos potes, boire un verre, hurler à en perdre la voix en concert… Que nous soyons sur scène ou devant. Nous voulons seulement montrer à nos fans que nous ne baisserons pas les bras, la pandémie ne nous fera pas reculer. On a fait équipe avec des promoteurs ici, au Royaume uni, et aussi aux USA. Même si nous préférerions jouer dans une petite salle à guichets fermés – ce qui n’est pas réaliste aujourd’hui., nous pouvons aussi utiliser la technologie moderne pour donner ces concerts.

Lewis : Et les Américains nous ont offert quelques bons moments, alors on s’est dit que c’est à notre tour de leur faire plaisir ! (rires)

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que si je veux assister à cette tournée virtuelle des USA, il faudra que je m’adapte au décallage horaire ?

Lewis : Malheureusement pour toi, oui (rires). Ils l’ont fait de leur côté, à notre tour de leur faciliter les choses…

Conrad : Mais, non, ce sera sur Youtube après, tu pourras le regarder quand tu veux !

 

Metal-Eyes : Conrad, tu as dit que, pour le moment, tu ne veux pas aborder la politique dans tes chansons. Alors, de quoi traitent les paroles ?

Conrad : Sur ce premier album, je parle surtout du fait de grandir, en tant que jeune homme de 20 ans, dans une ville ouvrière en Angleterre, de l’envie de s’évader. ça parle d’évasion, de colère, de passion, de luxure et de sexe, de drogues, de sorties nocturnes…

 

Metal-Eyes : Attends un instant… « de sexe, de drogues » mais pas de rock’n’roll ?

Conrad (rires) : Oh si, le rock, c’est la musique ! En fait, le thème tourne autour du fait de grandir à 20 ans, de ce que tu peux expérimenter. Je pense que beaucoup de gens pourront se reconnaitre, que tu aies 20 ans ou que tu sois plus vieux. C’est ce que je cherche à retranscrire dans mes paroles.

 

Metal-Eyes : D’un point de vue musical, comment travaillez-vous ? Est-ce que l’un d’entre vous arrive avec ses idées et vous en discutez tous les quatre ou est-ce un travail plus collectif ?

Conrad : On travaille de ces deux manières en fait. D’un côté, j’arrive avec mes idées et chacun ajoute ce qu’il souhaite, on en parle et ça devient une chanson de The Luka State, pas une « chanson de Conrad ». La basse, la batterie trouvent leur place et s’imbriquent naturellement. Mais nous travaillons aussi en groupe, les idées naissent de détails, un riff, un rythme, une ligne de basse, une mélodie. Il y a toujours un moment au sein du groupe où chacun propose quelque chose. C’est sain de pouvoir travailler ensemble et de ne pas dépendre simplement d’un compositeur qui arrive avec ses morceaux…

 

Metal-Eyes : Lewis, toi, tu apportes quoi à ce groupe ?

Lewis : Le bon goût vestimentaire (rires)…

 

Metal-Eyes : Tu as entendu ça, Conrad ? En fait, dans la vidéo Feel it, votre batteur a un look affreux… On dirait qu’il a débarqué à la bourre et n’a pas pris le temps d’enlever son pull… (rire général)

Lewis : Je vais lui dire (rires) !

Conrad : Oui, on va lui dire !

 

Metal-Eyes : En dehors du bon goût ?

Lewis : Sérieusement, en dehors d’idées qui naissent d’un riff ou en grattant la guitare, j’apporte sans doute la partie la plus heavy au groupe. Mais ça reste un travail collectif. La table est ouverte, toutes les idées sont les bienvenues.

 

Metal-Eyes : Vous avez travaillé avec un producteur pour l’enregistrement de l’album. Que vous a-t-il apporté ?

Conrad : Oh, il est arrivé avec son regard, et il nous a fait enregistrer en live. Il n’y a pas de séquences, même si le chant a été capté à part. Ce que tu entends, ce sont 4 gars qui jouent live dans la même pièce. Avant, nous ne nous rendions pas compte de ça, même si nous dégageons beaucoup d’énergie live. On a enregistré plusieurs choses sans jamais réussir à capter vraiment cette énergie. Nous ne pouvions pas obtenir le résultat que nous voulions. On enregistrait, on se disait « ouais, ça sonne super bien », et quand nous le faisions écouter à quelqu’un, la réponse était « non, ce n’est pas vous ». Il nous a donc fallu un producteur qui nous dise « non, vous n’allez pas enregistrer séparément, vous allez jouer live. Vous êtes suffisamment bons musiciens pour trouver cette énergie ». C’est le rôle d’un producteur, de faire ressortir le meilleur de chacun et du groupe.

 

Metal-Eyes : Si chacun de vous devait ne retenir qu’un seul titre de Fall in fall out pour expliquer à quelqu’un ce qu’est The Luka State, lui dire « voilà ce que nous faisons », ce serait quel titre ?

Conrad : Pour moi, ce serait Bury me. Un titre direct, punk, qui va droit au but, rock n roll, rageur, 3 minutes qui ne laissent pas de place au doute.

Lewis : Pour moi, ce serait [insert girls name here]. C’est aussi un morceau très punky, mais il y a un super refrain poppy et facile à retenir. Oui, nous sommes agressifs, mais nous apprécions aussi la mélodie efficace.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de The Luka State ?

Conrad : Mmh… « ne jamais renoncer », je pense. Nous sommes à ce stade de notre carrière parce que nous n’avons jamais renoncé, nous avons toujours continué, et ça ne fait que commencer. Ne jamais renoncer à croire en nos rêve, c’est ce que chacun devrait vivre ! C’est valable dans tous les aspects de la vie.

Lewis : Je suis d’accord. Et je dirais aussi « rien n’est suffisamment bon que le meilleur ».

 

Metal-Eyes : Quels sont vos projets immédiats ? Vous ne pouvez pas tourner, partir en promo…

Conrad : Le bon côté de cette situation, c’est que nous avons du temps pour composer. Nous avons commencé à nous pencher sur le second album… Nous prévoyons aussi de tourner à compter du mois de septembre, et nous croisons les doigts pour que ça se produise. Nous passerions par Paris. Mais d’ici là, nous composons.

 

Metal-Eyes : Merci beaucoup à tous les deux, j’espère aussi avoir l’opportunité de vous voir sur scène en France bientôt. Bonne chance avec ce premier album en tout cas.

Conrad : Merci beaucoup, on espère nous aussi !

Lewis (en français) : A la prochaine !

 

DIAMOND HEAD: Lightning to the nations 2020

Heavy metal, Angleterre (Silver lining, 2020)

Certains célèbrent l’anniversaire d’un album en en proposant une version remastérisée, rehaussée de faces B et raretés, d’autres en organisant un tournée dédiée pour jouer l’album dans son intégralité. Plus rares sont les formations qui choisissent de réenregistrer l’opus dans sa totalité. C’est ce que nous propose aujourd’hui Diamond Head, pilier de la NWOBHM, avec ce Lightning to the nations 2020. Ce choix s’avère rapidement plus que judicieux. Bien plus « coup de jeune » que « lifting », cette nouvelle version s’avère fidèle à l’originale – d’abord connue sous le nom de White album à sa sortie en 1980 avant d’être rebaptisées Lighning to the nations au détour d’une réédition – désormais introuvable. DH a démontré avec ses dernières livraisons (impossible de passer à côté de The coffin train paru l’an dernier) être en forme et ses musiciens unis. Le chant de Rasmus Bom Andersen est plus juste que ne pouvait l’être la version originale chantée par Sean Harris, c’est la différence la plus notable. L’esprit originel est conservé et embelli, et la production renforce et modernise la puissance de ces titres. Diamond Head ne se contente pas seulement de reprendre ses propres titres, il en rajoute 4, et non des moindres. Bouclant la boucle, c’est au tour de Brian Tatler (guitare), fondateur du groupe et seul membre originel, de reprendre Metallica avec un morceau emblématique de son premier album, No remorse. Un juste retour des choses lorsqu’on se souvient que Lars Ulrich et James Hetfield, fans ultimes du combo anglais, ont repris avec Metallica une bonne moitié des titres de cet album (Am I Evil?, Helpless, It’s electric). On y trouve également le légendaire Immigrant song (Led Zeppelin), Sinner (Judas Priest) et le moins connu Rat Bat Blue (Deep Purple). Des défis au regard de la popularité et de la variété des chanteurs d’origine, défi dont se sort brillamment Rasmus. Ce Ligntning to the nations 2020 est une parfaite opportunité pour redécouvrir un des mythes qui a construit ce Heavy metal qui nous est cher, alors pourquoi se priver? Superbe de bout en bout. Joyeux Noël!

Concerts from home: WHITESNAKE

Faire le tour du monde sans bouger de chez soi, sans passeport ni frontières, c’est l’invitation de Metal Eyes à travers la (re)découverte de ces albums live, mythiques ou moins connus, décortiqués en cette période sans concerts. Cette semaine, Concerts from home vous emmène au pays de sa Gracieuse Majesté, outre-manche. On est partis? Lire la suite

Concerts from home: MOTÖRHEAD

C’est désormais une habitude… Toujours privés de concerts, Metal Eyes continue de de revisiter certains albums live au travers de la rubrique nouvelle rubrique « Concerts from home ». Cette semaine, c’est un monstre sacré qui est décortiqué. Enjoy !

MOTÖRHEAD : Live ! 1978-1999 (Castle music, 2003)

Quoi, quoi, quoi ??? C’est quoi ce live ? Et pourquoi pas le chef d’œuvre No sleep ??? Hein ? Parce que ! voilà ! Les amateurs de Motörhead le savent et le connaissent bien ce Live ! 1978-1999 puisqu’il s’agit du cinquième disque de Stone deaf forever, l’indispensable coffret retraçant la carrière de Lemmy et de ses divers complices depuis la création du groupe. Et c’est bien dans cet esprit qu’il faut aborder ce CD qui contient 21 titres allant d’un On parole brut et rock n roll sous speed et du classique Train kept a rollin’, tous deux extraits du premier live What’s words worth paru en 1978 à trois extraits de Everything louder (On your feet or on your knees, I’m so bad baby I don’t care et un explosif Born to raise hell) datant de 1999. OK, jusque là, que du connu, me dires-vous… Certes, et chacun peut encore aisément trouver ces albums. L’intérêt est ailleurs, donc… Dans ces pépites, ces raretés que nous propose Lemmy parmi lesquelles 6 inédits soit piratés (la reprise de Nadine – prononcé Naydeene – et sa charmante introduction –« this is a French name after all » et Silver machine) ou récupérés auprès de la BBC dont le travail d’archivage sonore est plus qu’exemplaire (Too late too late, (I won’t) pay your price, Steal your face) ainsi que cette version de Metropolis parue sur un 45t grec et, pour l’occasion, renomée Acropolis. Rien que pour ça, ce live vaut plus que le détour, même si le râleur pourra se plaindre que les autres titres restent aisément trouvables puisque figurant déjà sur d’autres live officiels (l’incontournable No sleep ‘til Hammersmith dont nous reparlerons ici, The birthday party, Live at Brixton et les deux autres déjà mentionnés). Mais comment ne pas se délecter de la fureur de Mean machine, suivi par la hargne de ce No class avec Wendy O’ ? De ces deux décennies, on se rend compte que, toujours, Motörhead sur scène cassait la baraque. De plus, le groupe ne tombe pas dans le piège du live facile, celui qui reprend les classiques parmi les classiques (pas besoin de les nommer, n’est-ce pas ?) Non, il parle ici aux fans, ceux qui veulent de la matière, et il y en a dans ce coffret d’un réel intérêt historique puisque les 4 autres CD retracent tout le parcours de Motörhead, des débuts en 1975 jusqu’à 2002 au travers de 78 autres titres ! Le tout est agrémenté d’un superbe livre(t) de 60 pages, bourré d’info et de photos rares, d’une bio signée Mick Wall, d’illustrations de l’incontournable Joe Petagno et d’une reproduction d’une affiche de concert avec Morbid Angel en première partie… Si le groupe a continué avec beaucoup de matière jusqu’à la disparition de Lemmy, ce coffret apporte son lot de headbanging à n’importe quel motörheadbanger digne de ce nom. Indispensable ? Oui ! They are Motörhead and they play rock’n’roll !

 

Concerts from home: SAXON

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » ou intimistes nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre monde, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

Saxon fut un acteur majeur de l’histoire de la NWOBHM. Il est naturel de retrouver le grand Biff et sa bande pour ce quatrième volet de notre série avec un album depuis entré dans l’histoire des meilleurs enregistrements publics de tous les temps.

SAXONThe eagle has landed (Carrère, 1982)

En 1981, Saxon a déjà publié 4 albums (Saxon en 79, Wheels of steel et Strong arm of the law en 1980 et Denim and leather en 1981). Biff Byford (chant), Paul Quinn et Graham Oliver (guitares), Steve Dawson (basse) et le récemment intégré Nigel Glocker (batterie) qui remplace Pete Gill, croyant bien faire en allant rejoindre Motörhead, sont au top de leur forme et de leur créativité. Saxon et Iron Maiden se tirent la bourre dans une saine concurrence, ces derniers n’ayant, lorsque Saxon part sur les routes européennes en 1981, que 2 albums à leur actif. Le monde du metal est en pleine renaissance et Saxon, soutenu par le label français Carrère, trop heureux d’avoir signé les Anglais, veut sa part du gâteau. Quoi de mieux pour enfoncer le clou que de faire rugir les moteurs et mettre son public, croissant, à genou ? Dans le même esprit que ses grands frères de Motörhead, Saxon décide d’enregistrer plusieurs dates de sa tournée de 1981 et d’en conserver les meilleurs moments, les plus intenses. La tournée démarre le 7 octobre 1981 à Brighton, en Angleterre. Elle prendra fin un an plus tard avec une date à l’incontournable Hammersmith Odeon de Londres après presque 120 concerts (dont un passage aux Monsters of rock le 21 août 1982, festival pour lequel Saxon fait un saut éclair en plein milieu de sa tournée US – entre Dallas, le 18, et New York, le 23…) Saxon démarre sur les terres du vieux continent et visite, jusqu’au 16 décembre le Royaume-Uni, la Belgique , les Pays-Bas, la France, l’Allemagne et l’Italie avant de s’envoler, son show désormais bien rodé (show dont le point d’orgue est un gigantesque aigle aux ailes bardées de spots – artifice qui évoque le bombardier de Motörhead – et que le groupe surnommera bientôt son « fuckin’ pigeon »). En direction des USA pour une soixantaine de dates sur deux segments (février/mars puis mai à août 1982). Saxon s’attelle à la sélection des meilleures versions, les plus puissantes, ses préférées de ses morceaux devenus emblématiques. Lorsque The eagle has landed parait au mois de mai 1982, le succès est immédiat – seulement freiné dans sa conquête du podium par un certain The number of the beast, paru un mois plus tôt et qui est grimpé à la première place…. L’album live, qui propose 10 déflagrations d’une irréprochable efficacité, se hisse à la 5ème place des charts. Ceux qui sont déjà des classiques du metal international sont de la fête : Motorcycle man, 747 (strangers in the night), Princess of the night, Strong arm of the law… Tout n’y est pas, bien sûr, un double album aurait été nécessaire mais qu’importe ! Mieux vaut un album simple et explosif de bout en bout sur lequel l’auditeur se sent faire partie de ce public ? Dommage seulement que ne figurent pas plus d’informations que ces données techniques (qui ont sans doute inspiré Maiden trois années plus tard sur son premier live – cf. le premier live de cette rubrique) qui stipulent entre autres : « Mission : Saxon live volume number one ». Bien vu : quelques décennies plus tard, les Eagle has landed sont au nombre de 4 et Saxon a publié une ribambelle d’autres enregistrements publics, qui ne retrouverons jamais toute la puissance d’un groupe alors touché par la grâce, au sommet de sa forme. Ce premier The eagle has landed bénéficie cependant de toute cette énergie juvénile d’un Saxon encore débutant, affamé et enragé. S’il existe une version picture disc publié à la sortie, l’album fut réédité une première fois par EMI (qui a signé le groupe depuis Crusader) sans aucun document complémentaire au début des années 90, c’est surtout la version de 2018 sous format livret ou booklet proposé par BMG qui retiendra l’attention pour ses photos, textes, quelques commentaires du groupe mais surtout pour les 6 titres supplémentaires enregistrés à l’Hammersmith Odeon en fin de tournée, titres qui viennent parfaitement compléter cette expérience dantesque d’une époque où le metal se réinventait. NWOBHM ? On est en plein dedans !

CONCERTS FROM HOME: IRON MAIDEN – Live after death

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre univers, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

A tout seigneur, tout honneur…

IRON MAIDENLive after death (EMI, 1985)

Leur cinquième album studio n’est pas encore en bacs qu’Iron Maiden est déjà – de nouveau – sur les routes. Le World slavery tour démarre officiellement le 9 août 1984, à Varsovie, en Pologne. Une Pologne encore (« toujours » ?) sous le joug d’un envahisseur de plus en plus décrié. Signe des temps, malgré sa poigne de fer, l’Etat que dirige le général Jaruzelski accepte la tenue de quelques concerts de cette musique tant décriée à l’Est. Iron Maiden visitera ainsi 5 villes polonaises et ira poser ses flight cases en Hongrie et en Yougoslavie avant de s’attaquer à l’Europe, aux USA et à l’Asie dans une tournée qui prendra fin le 5 juillet 1985 en Californie.

Le 3 septembre 1984, Powerslave, le nouvel album de la vierge de fer parait enfin tandis que le groupe donne un concert à Madrid, en Espagne. Sans parler des qualités de cet album depuis entré dans l’histoire, on ne peut que remarquer qu’Iron Maiden semble avoir trouvé l’équilibre : il s’agit du second album d’un line up sans modification aucune. Un groupe qui, en plus, s’est uni, soudé, au cours de la précédente tournée. Et cela a un impact notable sur tout ce que fait Iron Maiden.

Ce groupe va bien au-delà des musiciens – Steve Harris (basse), Bruce Dickinson (chant), Dave Murray et Adrian Smith (guitares) et Nicko Mc Brain (batterie). C’est aussi tout l’entourage, toute l’équipe technique qui forme ce clan, cette famille, à commencer par l’indéboulonnable paire de managers que sont Rod Smallwood et Andy Taylor, mais aussi les fidèles Martin Birch (producteur des albums depuis Killers en 1981), Dave Lights (lumières), Dick Bell, Doug Hall ou encore, comment les oublier, l’illustrateur Derek Riggs et le photographe Ross Halfin.

C’est ce clan qui se retrouve à la maison, à Hammersmith Odeon de Londres les 8, 9, 10 et 12 octobre 1984 alors que l’album caracole en tête des charts (n°2). Le show est rodé et, à domicile, Martin Birch décide d’enregistrer ces concerts à l’aide du Rolling Stones Mobile. Une première étape avant le gros morceau, quelques mois plus tard, où les micros du Record Plant Mobile n°3 capteront les concerts donnés au Long Beach Arena de Los Angeles pendant 4 soirées – du 14 au 17 mars 1985. C’est la première fois qu’un groupe joue soirs d’affilée dans une même ville à guichets fermés ! Dans une salle d’une capacité d’environ 13.500 places… Alors non seulement ces concerts seront enregistrés, mais en plus ils seront filmés. Et il est grand temps pour la Vierge de Fer de proposer un premier live, car, en 1985, Motörhead, Saxon, Judas Priest et tant d’autres se sont déjà, depuis des années, prêtes à l’exercice avec succès. Au tour des nouveaux maitres du metal de se jouer le jeu.

Le résultat de ces captations se nomme Live after death, le tout premier album live d’Iron Maiden qui parait le 26 octobre 1985. Un double, même, composé de 17 titres (plus le speech de Churchill en intro). Martin Birch, en matière de live, n’en est pas à son premier essai. Comme il l’explique dans les notes du disque, le premier live auquel il a apporté son oreille est l’incontournable Maiden In Japan de Deep Purple, en 1972. Un double album, là encore.

Tout au long de ces deux galettes – les trois premières faces sont les enregistrements de Los Angeles, la dernière ceux de Londres) le public (re)découvre un groupe au sommet de sa forme. Iron Maiden va constamment chercher son public, et l’échange d’énergie, la réciprocité dégage une puissance de feu sans pareille. La vidéo, elle, montre, en plus des concerts, le groupe derrière le rideau de fer. Un témoignage rare, dont cette scène où la bande se retrouve embarquée dans un mariage… local.

Si le public se délecte des désormais classiques du genre (Aces High, 2 minutes to midnight, The trooper, Powerslave, The number of the beast…), son plaisir continue avec le produit en lui-même. Derek Riggs a, une nouvelle fois, créé une pochette au mille références et détails, une pochette qui occupe le regard des heures durant. Surtout, au-delà des pochettes papier des galettes, joliment illustrées de nombreuses photo, Iron Maiden offre un livret de 8 pages truffées d’informations diverses, allant de la liste complète des dates de cette tournée à des informations purement techniques. On y apprend ainsi que la tournée de 322 jours a vu le groupe visiter 24 pays ou occuper 7778 chambres d’hôtel…

Arrivé n°2 des charts anglais (la VHS sera n°1), Live after death s’impose bientôt dans la catégorie des live incontournables du rock et devient un témoignage historique. Il sera réédité en CD dans une première version tronquée des titres de l’Hammersmith, avec un livret plu sobre, voire dénué d’intérêt. Il faudra attendre 1998 et la vague de rééditions du back catalogue pour retrouver l’intégralité de ces enregistrements sur un double CD (agrémenté d’une illustration inédite de Riggs) ainsi qu’un livret reprenant l’ensemble des notes de l’album et d’une plage multimédia avec vidéos et autres documents. Si les photos sont moins nombreuses, quelques illustrations inédites viennent compléter le plaisir.

 

DEF LEPPARD: The early years 1979-1981

Hard rock, Angleterre (2020) – Sorti le 20 mars 2020

« Enfin! » dirons certains dont je fais partie. Enfin Def Leppard se souvient d’avoir eu une vie avant Pyromania! Et le prouve avec la sortie de ce sublime coffret The Early years 1979-1981. Sublime tant par son contenu que par son contenant. Jugez plutôt: d’un format de 24 cm – à mi chemin entre le CD et le vinyle, ça va pas être facile de lui trouver une place dans la discothèque – ce coffret propose 5 CD présentés dans un fourreau sobre et joliment illustré ainsi qu’un livre de 42 pages richement agrémenté de photos et documents d’époque. Les fans et amateurs se délecteront aussi – surtout – de ces documents sonores que nous offrent Joe Eliott, Rick Savage et Rick Allen, les 3 membres du groupe d’alors (OK, il y avait Frank Noon au tout début…). Si l’on redécouvre avec plaisir les deux premiers albums originaux remasterisés en 2019 (On through the night, 1980, et High ‘n’ dry, 1981) et la puissance qui s’en dégageait alors, on découvre avec un bonheur réel ces raretés, voire ces inédits présents sur les 3 autres disques. Tout d’abord, When the walls came tumbling down, un live explosif enregistré à Oxford en 1980. 16 titres – dont certains qui figureront sur le second album mais ne sont pas encore finalisés – interprétés par de jeunes affamés, menés par une paire de guitaristes incisifs et agressifs. Un groupe qui a envie d’en découdre sur scène…Ensuite, Too many jitterburgs, un album de raretés. On y retrouve les titres du Def Leppard Ep de 1979 ainsi que des versions de travail de certains morceaux qui atterriront sur le premier album et autres pépites. Si certains de ces morceaux ont déjà fait l’objet d’une réédition (The Def Leppard Ep figurait déjà dans le premier volume du coffret de l’intégrale du groupe (consacré aux années 80 et paru en 2018) et d’autres furent des bonus, la plupart restent méconnus du grand public. Une belle occasion de se rattraper. Enfin, Raw nous propose 3 documents enregistrés par l’incontournable BBC (deux sessions de 79 et le Reading festival de 80).  Alors bien sûr, on pourra se plaindre des doublons que représentent les 3 premières productions avec le coffret mentionné, mais c’est bien là le seul reproche à faire.  Car, dans l’ensemble, ce coffret et les 64 morceaux proposés se déguste de bout en bout et rappelle à quel point Def Leppard avait de quoi figurer en haut du podium aux côtés de vous savez qui. Un must incontournable pour tout fan digne de ce nom qui ne se lassera pas de découvrir et redécouvrir ces classiques du genre.

BLAZE BAYLEY: Live in Czech

Angleterre, Heavy metal (Blaze Bayley recordings, 2020)

C’est qu’il est très actif ces derniers temps, Blaze Bayley! Après avoir publié, l’an dernier, un Live in France, le chanteur a continué de tourner intensivement pour, d’une part, mettre un terme à sa trilogie centrée sur William Black et, d’autre part, célébrer le 25ème anniversaire de la sortie de The X-Factor, l’album de son intégration à Iron Maiden dont il reste, depuis – et sera sans doute, malheureusement – toujours l’éternel ex-chanteur. Un raccourci un peu impoli au regard du parcours de Blaze, de ses débuts avec Wolfsbane à l’après Maiden. Un quart de siècle quand même pendant lequel il a enregistré une quantité industrielle d’album sans jamais rencontrer le succès qu’il mérite. Car Blaze est un amoureux de la musique, du metal. Après une période en demi-teinte, sa rencontre avec la famille Appleton lui redonne le goût et l’envie de la route. Non seulement Chris l’accompagne à la guitare (ainsi que son frangin Luke lorsque leur projet commun Absolva ouvre pour Bayley) mais les affaires de Blaze sont aujourd’hui entre les mains de Mark Appleton. Une histoire de famille, donc (famille que je remercie au passage d’avoir sélectionné trois de mes photos pour illustrer ce Live in Czech). Les conditions de tournées sont « à l’ancienne », le groupe visitant nombre de petite salle pour aller à la rencontre de son public. Et ce qui marque avec ce double live – ceux qui ont récemment vu Blaze Bayley live le savent – c’est la détermination du groupe. Peu importe le succès, tout indique que le quatuor – parfois quintette – se donne au maximum. La discographie complète du chanteur est passée en revue, avec force explication. Blaze, d’ailleurs, est toujours pédagogue et positif dans son discours, ne parlant jamais trop vite afin que tout le monde puisse le comprendre, se remémorant son passé et la création de certains morceaux. Ce Live in Czech permet à chacun de (re)découvrir une formation bien trop mésestimée, qui se donne à 100% et qui sait proposer des compositions efficaces et populaires. Allez, redonnez une chance à Blaze Bayley et à son oeuvre post vous savez qui…

NAKED SIX: Lost art of conversation

Rock énervé, Angleterre (Silver lining, 2020)

Naked Six, c’est quoi? Déjà, c’est un trio. Avouez que, dans ce contexte, se nommer « les 6 nus » c’est étonnant… Ensuite, il suffit d’ouvrir le livret pour qu’un nom sonne familier: Seb Byford. Ah, merde! encore le groupe d’un fils de… Pff… Oui, mais, seulement voilà: le groupe de Seb , fils de Biff, chanteur de Saxon, tient ici le micro et la guitare aux côtés des frangins Witts, Callum  à la basse et Tom à la batterie.Les trois débarquent, que dis-je?, déboulent avec Lost art of conversation, un premier album énervé à souhaits. Dès l’introductif  21st century brawl, on sait que fiston et copains ont décidé de s’éloigner du heavy rugueux, prolo et populaire de Saxon. Impossible de comparer ce titre aérien (du Pink Floyd sous amphèts…), lent et sombre à la joie de vivre à fond de papa. La suite se rapproche plus du rock enragé des 70’s, voire du punk de la fin de cette même décennie. Noisy et catchy, l’ensemble, qui par instants se rapproche de l’esprit festif d’un Royal Republic en plus crade, déménage en allant droit au but. Pas de fioritures, pas de chichis, Naked Six a la gnaque, vise l’urgence simple et efficace. Plus l’album défile, plus il est évident qu’il s’agit bien du projet d’un groupe et non de celui d’un fils de. Naked Six a une vraie personnalité et il y a urgence à les découvrir.