CONCERTS FROM HOME: IRON MAIDEN – Live after death

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre univers, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

A tout seigneur, tout honneur…

IRON MAIDENLive after death (EMI, 1985)

Leur cinquième album studio n’est pas encore en bacs qu’Iron Maiden est déjà – de nouveau – sur les routes. Le World slavery tour démarre officiellement le 9 août 1984, à Varsovie, en Pologne. Une Pologne encore (« toujours » ?) sous le joug d’un envahisseur de plus en plus décrié. Signe des temps, malgré sa poigne de fer, l’Etat que dirige le général Jaruzelski accepte la tenue de quelques concerts de cette musique tant décriée à l’Est. Iron Maiden visitera ainsi 5 villes polonaises et ira poser ses flight cases en Hongrie et en Yougoslavie avant de s’attaquer à l’Europe, aux USA et à l’Asie dans une tournée qui prendra fin le 5 juillet 1985 en Californie.

Le 3 septembre 1984, Powerslave, le nouvel album de la vierge de fer parait enfin tandis que le groupe donne un concert à Madrid, en Espagne. Sans parler des qualités de cet album depuis entré dans l’histoire, on ne peut que remarquer qu’Iron Maiden semble avoir trouvé l’équilibre : il s’agit du second album d’un line up sans modification aucune. Un groupe qui, en plus, s’est uni, soudé, au cours de la précédente tournée. Et cela a un impact notable sur tout ce que fait Iron Maiden.

Ce groupe va bien au-delà des musiciens – Steve Harris (basse), Bruce Dickinson (chant), Dave Murray et Adrian Smith (guitares) et Nicko Mc Brain (batterie). C’est aussi tout l’entourage, toute l’équipe technique qui forme ce clan, cette famille, à commencer par l’indéboulonnable paire de managers que sont Rod Smallwood et Andy Taylor, mais aussi les fidèles Martin Birch (producteur des albums depuis Killers en 1981), Dave Lights (lumières), Dick Bell, Doug Hall ou encore, comment les oublier, l’illustrateur Derek Riggs et le photographe Ross Halfin.

C’est ce clan qui se retrouve à la maison, à Hammersmith Odeon de Londres les 8, 9, 10 et 12 octobre 1984 alors que l’album caracole en tête des charts (n°2). Le show est rodé et, à domicile, Martin Birch décide d’enregistrer ces concerts à l’aide du Rolling Stones Mobile. Une première étape avant le gros morceau, quelques mois plus tard, où les micros du Record Plant Mobile n°3 capteront les concerts donnés au Long Beach Arena de Los Angeles pendant 4 soirées – du 14 au 17 mars 1985. C’est la première fois qu’un groupe joue soirs d’affilée dans une même ville à guichets fermés ! Dans une salle d’une capacité d’environ 13.500 places… Alors non seulement ces concerts seront enregistrés, mais en plus ils seront filmés. Et il est grand temps pour la Vierge de Fer de proposer un premier live, car, en 1985, Motörhead, Saxon, Judas Priest et tant d’autres se sont déjà, depuis des années, prêtes à l’exercice avec succès. Au tour des nouveaux maitres du metal de se jouer le jeu.

Le résultat de ces captations se nomme Live after death, le tout premier album live d’Iron Maiden qui parait le 26 octobre 1985. Un double, même, composé de 17 titres (plus le speech de Churchill en intro). Martin Birch, en matière de live, n’en est pas à son premier essai. Comme il l’explique dans les notes du disque, le premier live auquel il a apporté son oreille est l’incontournable Maiden In Japan de Deep Purple, en 1972. Un double album, là encore.

Tout au long de ces deux galettes – les trois premières faces sont les enregistrements de Los Angeles, la dernière ceux de Londres) le public (re)découvre un groupe au sommet de sa forme. Iron Maiden va constamment chercher son public, et l’échange d’énergie, la réciprocité dégage une puissance de feu sans pareille. La vidéo, elle, montre, en plus des concerts, le groupe derrière le rideau de fer. Un témoignage rare, dont cette scène où la bande se retrouve embarquée dans un mariage… local.

Si le public se délecte des désormais classiques du genre (Aces High, 2 minutes to midnight, The trooper, Powerslave, The number of the beast…), son plaisir continue avec le produit en lui-même. Derek Riggs a, une nouvelle fois, créé une pochette au mille références et détails, une pochette qui occupe le regard des heures durant. Surtout, au-delà des pochettes papier des galettes, joliment illustrées de nombreuses photo, Iron Maiden offre un livret de 8 pages truffées d’informations diverses, allant de la liste complète des dates de cette tournée à des informations purement techniques. On y apprend ainsi que la tournée de 322 jours a vu le groupe visiter 24 pays ou occuper 7778 chambres d’hôtel…

Arrivé n°2 des charts anglais (la VHS sera n°1), Live after death s’impose bientôt dans la catégorie des live incontournables du rock et devient un témoignage historique. Il sera réédité en CD dans une première version tronquée des titres de l’Hammersmith, avec un livret plu sobre, voire dénué d’intérêt. Il faudra attendre 1998 et la vague de rééditions du back catalogue pour retrouver l’intégralité de ces enregistrements sur un double CD (agrémenté d’une illustration inédite de Riggs) ainsi qu’un livret reprenant l’ensemble des notes de l’album et d’une plage multimédia avec vidéos et autres documents. Si les photos sont moins nombreuses, quelques illustrations inédites viennent compléter le plaisir.

 

DEF LEPPARD: The early years 1979-1981

Hard rock, Angleterre (2020) – Sorti le 20 mars 2020

« Enfin! » dirons certains dont je fais partie. Enfin Def Leppard se souvient d’avoir eu une vie avant Pyromania! Et le prouve avec la sortie de ce sublime coffret The Early years 1979-1981. Sublime tant par son contenu que par son contenant. Jugez plutôt: d’un format de 24 cm – à mi chemin entre le CD et le vinyle, ça va pas être facile de lui trouver une place dans la discothèque – ce coffret propose 5 CD présentés dans un fourreau sobre et joliment illustré ainsi qu’un livre de 42 pages richement agrémenté de photos et documents d’époque. Les fans et amateurs se délecteront aussi – surtout – de ces documents sonores que nous offrent Joe Eliott, Rick Savage et Rick Allen, les 3 membres du groupe d’alors (OK, il y avait Frank Noon au tout début…). Si l’on redécouvre avec plaisir les deux premiers albums originaux remasterisés en 2019 (On through the night, 1980, et High ‘n’ dry, 1981) et la puissance qui s’en dégageait alors, on découvre avec un bonheur réel ces raretés, voire ces inédits présents sur les 3 autres disques. Tout d’abord, When the walls came tumbling down, un live explosif enregistré à Oxford en 1980. 16 titres – dont certains qui figureront sur le second album mais ne sont pas encore finalisés – interprétés par de jeunes affamés, menés par une paire de guitaristes incisifs et agressifs. Un groupe qui a envie d’en découdre sur scène…Ensuite, Too many jitterburgs, un album de raretés. On y retrouve les titres du Def Leppard Ep de 1979 ainsi que des versions de travail de certains morceaux qui atterriront sur le premier album et autres pépites. Si certains de ces morceaux ont déjà fait l’objet d’une réédition (The Def Leppard Ep figurait déjà dans le premier volume du coffret de l’intégrale du groupe (consacré aux années 80 et paru en 2018) et d’autres furent des bonus, la plupart restent méconnus du grand public. Une belle occasion de se rattraper. Enfin, Raw nous propose 3 documents enregistrés par l’incontournable BBC (deux sessions de 79 et le Reading festival de 80).  Alors bien sûr, on pourra se plaindre des doublons que représentent les 3 premières productions avec le coffret mentionné, mais c’est bien là le seul reproche à faire.  Car, dans l’ensemble, ce coffret et les 64 morceaux proposés se déguste de bout en bout et rappelle à quel point Def Leppard avait de quoi figurer en haut du podium aux côtés de vous savez qui. Un must incontournable pour tout fan digne de ce nom qui ne se lassera pas de découvrir et redécouvrir ces classiques du genre.

BLAZE BAYLEY: Live in Czech

Angleterre, Heavy metal (Blaze Bayley recordings, 2020)

C’est qu’il est très actif ces derniers temps, Blaze Bayley! Après avoir publié, l’an dernier, un Live in France, le chanteur a continué de tourner intensivement pour, d’une part, mettre un terme à sa trilogie centrée sur William Black et, d’autre part, célébrer le 25ème anniversaire de la sortie de The X-Factor, l’album de son intégration à Iron Maiden dont il reste, depuis – et sera sans doute, malheureusement – toujours l’éternel ex-chanteur. Un raccourci un peu impoli au regard du parcours de Blaze, de ses débuts avec Wolfsbane à l’après Maiden. Un quart de siècle quand même pendant lequel il a enregistré une quantité industrielle d’album sans jamais rencontrer le succès qu’il mérite. Car Blaze est un amoureux de la musique, du metal. Après une période en demi-teinte, sa rencontre avec la famille Appleton lui redonne le goût et l’envie de la route. Non seulement Chris l’accompagne à la guitare (ainsi que son frangin Luke lorsque leur projet commun Absolva ouvre pour Bayley) mais les affaires de Blaze sont aujourd’hui entre les mains de Mark Appleton. Une histoire de famille, donc (famille que je remercie au passage d’avoir sélectionné trois de mes photos pour illustrer ce Live in Czech). Les conditions de tournées sont « à l’ancienne », le groupe visitant nombre de petite salle pour aller à la rencontre de son public. Et ce qui marque avec ce double live – ceux qui ont récemment vu Blaze Bayley live le savent – c’est la détermination du groupe. Peu importe le succès, tout indique que le quatuor – parfois quintette – se donne au maximum. La discographie complète du chanteur est passée en revue, avec force explication. Blaze, d’ailleurs, est toujours pédagogue et positif dans son discours, ne parlant jamais trop vite afin que tout le monde puisse le comprendre, se remémorant son passé et la création de certains morceaux. Ce Live in Czech permet à chacun de (re)découvrir une formation bien trop mésestimée, qui se donne à 100% et qui sait proposer des compositions efficaces et populaires. Allez, redonnez une chance à Blaze Bayley et à son oeuvre post vous savez qui…

NAKED SIX: Lost art of conversation

Rock énervé, Angleterre (Silver lining, 2020)

Naked Six, c’est quoi? Déjà, c’est un trio. Avouez que, dans ce contexte, se nommer « les 6 nus » c’est étonnant… Ensuite, il suffit d’ouvrir le livret pour qu’un nom sonne familier: Seb Byford. Ah, merde! encore le groupe d’un fils de… Pff… Oui, mais, seulement voilà: le groupe de Seb , fils de Biff, chanteur de Saxon, tient ici le micro et la guitare aux côtés des frangins Witts, Callum  à la basse et Tom à la batterie.Les trois débarquent, que dis-je?, déboulent avec Lost art of conversation, un premier album énervé à souhaits. Dès l’introductif  21st century brawl, on sait que fiston et copains ont décidé de s’éloigner du heavy rugueux, prolo et populaire de Saxon. Impossible de comparer ce titre aérien (du Pink Floyd sous amphèts…), lent et sombre à la joie de vivre à fond de papa. La suite se rapproche plus du rock enragé des 70’s, voire du punk de la fin de cette même décennie. Noisy et catchy, l’ensemble, qui par instants se rapproche de l’esprit festif d’un Royal Republic en plus crade, déménage en allant droit au but. Pas de fioritures, pas de chichis, Naked Six a la gnaque, vise l’urgence simple et efficace. Plus l’album défile, plus il est évident qu’il s’agit bien du projet d’un groupe et non de celui d’un fils de. Naked Six a une vraie personnalité et il y a urgence à les découvrir.

BUFFALO SUMMER: Desolation blue

Pays de Galles, Hard rock (Silver lining, 2019)

Ce groove! Cette voix! Buffalo Summer revient quatre ans après un Second sun à tomber avec Desolation Blue, un album teinté de blues et de rock sudiste, de cet esprit 70’s teinté de funk. Le message est clair dès The power & the greed qui introduit ce nouveau disque: on prend les mêmes et on recommence. Après tout, pourquoi changer une formule qui marque des points? Ok, une question s’impose: pourquoi a-t-il fallu 4 longues années pour donner naissance à un troisième enfant? A voir quand ils pourront en parler. Hit the ground running a de faux airs de Thunder, If walls could speak, plus speed, lorgne plus du côté des hard rockers des 70’s et fait mouche avec son refrain chantant et imparable. La voix d’Andrew Hunt, chaleureuse et envoûtante, fait des étincelles à chaque instant. Variant les plaisirs, Buffalo Summer sait aussi explorer des sonorités qui lui sont inhabituelles, comme sur When you walk away avec quelques tentatives… « électro ».  Last to know est plus proche de la complainte acoustique qui se fait électrique à la moitié du morceau, tandis que Dark valentine plonge directement dans le blues accompagné d’un orgue Hammond et évoque Deep Purple période Jon Lord. Seulement, si c’est bien foutu, ce titre manque de personnalité, trop déjà entendu. Deep water plonge dans un hard rock classique, Everybody’s out for number 1 taille dans le vif. Buffalo Summer se fait plaisir en variant ses plaisirs mais toujours tape dans la musique des 70’s. Sans doute un ton en dessous de Second sun, ce Desolation blue, bien que plein de bonnes surprises, aurait peut-être trouvé avantage à enregistrer avec plus de spontanéité. Mais n’empêche… ça groove sérieux chez les Anglais!

BIFF BYFORD: School of hard knocks

Hard rock, Angleterre (Silver lining, 2020) – En bacs le 21 février 2020

Annoncé depuis un bout temps, le voici enfin arrivé ce premier album solo de Biff Byford, le mythique chanteur de Saxon. Ce School of hard knocks arrive à point pour rassurer les fans après les problèmes de santé qu’a connu le grand Biff. Car le gaillard et très en voix, qui se bonnifie avec le temps. Dès le premier titre, Welcome to show, et comme pour faire la nique à certains qui perdent un peu de puissance avec l’âge, il se permet même quelques envolées dans les aigus (il conclue de la même manière avec Black or white, d’ailleurs…) Puis entre dans une phase autobiographique avec le très rock titre éponyme, entraînant, évoquant autant AC/DC que le classic rock puissant des 70’s. C’est d’ailleurs une constante tout au long de ce disque qui regarde plus du côté du hard rock que du heavy metal de Saxon, même si la voix de Biff ne laisse aucun doute quant à savoir de qui il s’agit… Certes, les chansons ne correspondent pas entièrement à l’esprit Saxon, et sont l’oeuvre de diverses collaboration. On se plonge ainsi avec plaisir dans l’hispanique Inquisitor au texte d’Edgar Poe narré qui précède l’inquiétant The pit and the pendulum,  ou dans la version particulièrement chaleureuse de Scarborough fair (Simon & Garfunkel). S’il s’est entouré de nombreux invités – on retrouve notamment Frederik Akesson (Opeth) à la guitare et Christian Lundqvist (The Poodles) à la batterie, personne n’est surpris de la participation du fidèle Nibbs Carter, son habituel bassiste au sein de Saxon, sur Pedal to the metal et Hearts of steel, qui sont avec Worlds collide les morceaux les plus heavy du lot. On n’est pas plus surpris de la participation de l’ami de longue date qu’est Phil Campbell, parmis les noms les plus connus.  Comment, également ne pas être touché par Me and you, véritable déclaration d’amour qu’il fait à son plus fidèle compagnon musical, le guitariste Paul Quinn qui signe d’ailleurs la musique à la simple guitare folk accompagné d’une rythmique discrète. Biff Byford nous propose ici de découvrir d’autres inspirations musicales, sans toutefois s’éloigner fondamentalement de son terrain de prédilection. Un bel album, personnel et plus confidentiel que son habituel groupe, un intermède de remise en forme également. Le gaillard n’a, heureusement, pas dit son dernier mot!

DRAGONFORCE live à Paris (La Machine, le 11 février 2020)

DragonForce semble attendu en cette froide et pluvieuse soirée… La file qui s’étend devant l’entrée de la Machine du Moulin Rouge indique que les Anglais sont, malgré le départ du jovial et frenchie bassiste Fred Leclerc, parti chez Kreator (mais ça, qui ne le sait pas?), sur une pente ascendante. Le mystère reste cependant de savoir qui ouvre ce soir. Il y a en fait deux groupes, les Américains de Athanasia ainsi que les Italiens de Frozen Crown.

La difficulté de cette salle, pour les photographes mais aussi pour une grande partie du public, réside en sa configuration. C’est simple, si tu n’arrives pas suffisamment tôt, tu te retrouve en haut des marches et tu ne voies rien. Donc, on fonce pour s’installer sur les entresols d’où 1/ nous pouvons voir le show et 2/ nous pouvons obtenir quelques clichés*.

A 19h, l’hymne américain retentit totalement désaccordé mais reconnaissable entre mille. Puis Athanasia, dont le nom s’inscrit sur l’énorme écran de fond de scène, investit les lieux. Le trio de Los Angeles prend place de chaque côté de l’estrade . La formation pourrait évoquer une sorte de Venom avec ses tenues de cuir (souple) clouté. Pendant trente minute, le trio délivre un heavy classique au chant parfois presque black, à d’autres moments plus traditionnel, avec beaucoup d’envie mais pas toujours convainquant. Sans doute est-ce le résultat de trop peu d’espace, bien que le bassiste, Brandon Miller décide à plusieurs reprises de grimper sur l’estrade afin de taquiner le public, parfois rejoint par Caleb Bingham, le chanteur guitariste. Athanasia nous offre un set sympatique sans être extraordinaire d’un heavy grandement inspiré des 80’s.

*Dommage que ma carte mémoire m’ait joué des tours et rendu impossible de shooter ce groupe au look travaillé… Les techniciens s’affairent sur scène afin de, semble-t-il réparer la batterie. Temps pendant lequel Virginie devient ma nouvelle best friend forever lorsque, alors que je lui montre ma carte mémoire, plonge la main dans son sac afin de me tendre une carte SD vide qui va sauver le reste de ma soirée. Mille merci pour ce coup de main quelque peu inespéré.

Reste que Frozen Crown prend du retard et monte sur scène avec un bon quart d’heure de retard. Bien que disposant d’un double atout charme (la chanteuse Giada Etro et la guitariste Talia Bellazecca qui la détrône rapidement au niveau de la prestance), le groupe est serré sur cetet scène, mais saura utiliser tout l’espace autant que possible. Son Heavy très mélodique séduit rapidement une grande partie du public et, au regard du nombre de mains levées et de signes d’approbation divers, ce second groupe séduit bien plus que le trio qui a précédé. Formé en 2017, Frozen Crown, qui a déjà deux albums à son actif, est encore parfois mal à l’aise sur scène (Giada gagnerait à être plus détendue et naturelle) mais laisse entrevoir un bel avenir.

Un groupe à suivre, incontestablement. On saluera également la bienveillante attention de DragonForce qui permet à Frozen Crown de jouer, malgré son retard, l’intégralité de son set, grignotant ainsi sur l’horaire de la tête d’affiche.

Le changement de plateau se fait par conséquent bien plus rapidement que prévu. Coté jardin trône une immense tête de… ben oui, on ne va pas se la jouer « mystère et compagnie », une tête de dragon, tandis que la scène est entourée de chaque côté de gigantesques consoles de jeu vidéo, celles qu’on trouvait dans les bars à la fin des années 80 pour jouer à Donkey Kong, Pac Man et autres sources d’inspiration pour les maîtres de cérémonies, DragonForce.

Le fond de scène est doté d’un écran géant qui va diffuser tout au long du concert des images d’époques, des extraits de jeux et des pubs de consoles. Tron n’a qu’à bien se tenir, d’autant que ce soir, les Anglais, accompagnés de la bassiste Alicia Vigil (son intégration n’est pas encore officialisée, elle n’est là que le temps de la tournée, pour le moment) sont très en forme. Herman Li nous en parlera plus tard.

Dès Highway to Oblivion, premier des 5 extraits de Extreme power metal, le dernier album en date, il est clair que la bande est en joyeuse forme. Postés en haut des consoles géantes qui servent de plateformes, Sam Totman, toujours caché derrière ses lunettes et Herman Li dominent un public déjà en transe. D’ailleurs, pour mettre les choses au clair, ce premier titre est accompagné de jets de confettis et de fumées, artifices que l’on retrouvera tout au long du concert – ainsi que quelques feux de Bengale – comme pour dire « pas la peine d’attendre la fin pour faire la fête ».  La suite ne sera, comme toujours, que démonstration de facilité et d’agilité instrumentale, toujours au service d’une bonne humeur simplement contagieuse.

Les écrans diffusent nombre de jeux vidéo que les moins de 40 ans ne peuvent pas avoir physiquement connu, le groupe s’offre quelques pauses, intermèdes pendant lesquels sont projetées de vieilles pub Sega (« c’est plus fort que toi », vous vous souvenez? ») et autre propositions commerciales prônant telle console. Souvenirs souvenirs…

Alors que les musiciens s’offrent une nouvelle courte pause, Herman prend la parole, s’adressant au public dans un français impeccable. Il évoque le souvenir de Fred (« c’était plus marrant quand il était là, non? ») et rappelant que lui aussi a passé quelques années en région parisienne, à Clamart. Quelques minutes de détente avant que le gaillard demande si le public se souvient de tel et tel jeu. Et c’est au tour de Marc Hudson, le chanteur, de s’emparer d’une guitare le temps d’interpréter quelques airs tirés de jeux video.

Puis le moment délire… L’arrivée d’un joueur de banjo en bottes vertes, suivi des deux guitaristes de Frozen Crown après que Herman rappelle quel est le jeu n°1 en Allemagne… Et les voilà tous partis pour cette interprétation de Farming simulator… Bonne ambiance garantie! Un autre moment fun et mémorable.

Mémorable comme ce premier rappel, toujours dans l’esprit « trop sérieux s’abstenir ». Une reprise toute personnelle de My heart will go on, popularisé par Céline Dion, et suivi du classique Through the fire and flames. DragonForce a ce soir mis les petits plats dans les grands et clairement mérite de jouer dans des environnements plus vastes devant une foule plus importante. Quand on se proclame amuseur public et apporteur de joyeuse humeur, c’est mérité. Merci pour cette belle soirée!

Merci à Sabrina, Anne-Lyse et l’équipe de Veryshow 

 

 

 

SAXON: The eagle has landed – 40 live

Heavy metal, Angleterre (Silver lining, 2019)

Saxon est sans doute plus fidèle à ses fans que ses fans ne l’ont été au fil des décennies. Le groupe de Biff Byford (dont la santé semble retrouvée et qui proposera en février 2020 son premier album solo) tourne inlassablement, enregistrant de nombreux témoignages. Alors que le groupe de Barnsley célèbre cette année 40 ans de carrière, Silver lining a publié au milieu de l’été ce superbe triple album qui reprend la série des live d’origines: The eagle has landed 40 live. Trois CD  regroupant la bagatelle symbolique de 40 titres enregistrés lors de divers concerts et festivals entre 2007 et 2018 (chaque CD couvrant respectivement les périodes 2007-2011, 2013-2014 et 2015-2018). Si ce nouveau live renferme évidemment les indispensables classiques des années 80 (principalement sur le second CD avec un gros morceau du Wacken de 2014 doté d’orchestrations symphoniques),  l’album se concentre aussi sur les réalisations les plus récentes du groupe, depuis son retour en force depuis Lionheart en 2004, et plus encore depuis le retour à la stabilité du line-up en 2007, année de sortie de The inner sanctum. Mais on n’en veut pas à Saxon de zapper quelque peu les « années sans » tant sa carrière est riche et Saxon très en forme ces dernières années. Le groupe reste même une des plus sûres valeurs du circuit. Normal, me direz-vous, ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace. Quiconque a vu Saxon live sait quelle claque on peut prendre, et cette compilation est là pour nous le rappeler. 40 titres donc pour 40 ans de bons et loyaux loyaux services avec une seule incartade (qui aurait presque pu être proposée en bonus): une reprise de Ace of spades de Moörhead interprétée en compagnie de Fast Eddie. Un morceau qui sonne comme un hommage. Saxon, un des derniers monstres sacrés de la planète Heavy metal? Cela ne fait aucun doute!

HELLTERVIEW: SKINDRED

Entretien Skindred. Rencontre avec Benji Weeb (chant) et  Dan (basse). Propos recueillis au Hellfest le 18 juin 2017

Skindred

Quelques heures avant que Skindred ne mette le feu au Hellfest, c’est un chanteur et un bassiste déjà au taquet qui répondent à Metal Eyes. Une petite idée de ce qui va se passer en live !

 

Metal-Eyes : Je vous ai découvert l’an dernier au Download, et c’est, je crois, votre seconde venue au Hellfest ?

Dan : On a joué en 2013 ou 2014, oui. On a ouvert sur une des mainstages

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous jouez un peu plus tard. Ça vous fait quoi de revenir au Hellfest ?

Benji Weeb : C’est un honneur! Ce festival est extraordinaire ! Tu sais, on joue dans des festivals à travers le monde et celui-ci est un des meilleurs.

Dan : C’est fabuleux de constater que la France propose aujourd’hui ce festival qui est une vitrine pour le monde. Un outil qui prouve que la France a une scène, une scène rock explosive !

Metal-Eyes : Quelles sont les nouvelles de Skindred ?  

Dan : On fait les festivals cet été, et ensuite on enregistrera un nouvel album qui devrait paraitre en 2018. Tu auras bientôt de nouveaux morceaux à écouter. D’abord, on va jouer au Japon, en Australie, ensuite, on enregistre.

Metal-Eyes : Donc il y aura une nouvelle tournée?

Dan : Nous sommes comme dans une roue de souris: on court et on s’arrête où on veut !

Metal-Eyes : Qu’attendez-vous de ce festival, aujourd’hui?

Benji Weeb : De l’argent!

Metal-Eyes : Et à part l’argent? Non, attends, ne me parle pas de sexe ou autres trucs du genre ?

Benji Weeb : Non, sérieusement: on espère séduire les Français et pouvoir donner des concerts dans des clubs. Et que ces concerts soit complets, à Paris, Nice, Bordeaux ou ailleurs. Nous avons toujours eu un retour extra du public, mais nous espérons pouvoir effectuer une tuornée à guichets fermés ici ! On se fout de savoir qu’il y  ait 300 personnes ou 2000, tant que c’est complet. Donc, ce qu’on attend, c’est que le public se souvienne de Skindred, du concert, qu’ils en parlent à leurs amis et qu’ils viennent aux concerts !

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous la musique de Skindred pour ceux qui ne vous connaissent pas?

Benji Weeb : Un peu de rock et un peu de reggae.

Dan : Et du groove. Une sorte de reggae agressif et de rock grovy.

Metal-Eyes : Quelques questions spéciales Hellfest: lequel des 7 péchés capitaux vous définirait le mieux, individuellement?

Benji Weeb : Tu es prêt? Incorruptible.

Metal-Eyes : Ce n’est pas un des sept péchés capitaix…

Benji Weeb : J’en ai rien à foutre, c’est mes 7 péchés! (rires)

Metal-Eyes : Donc je revois la liste, alors…

Benji Weeb : Oui, tu en fais une nouvelle!

Dan : Euh, l’apathie, c’en est un?

Metal-Eyes : La paresse, oui.

Dan : Non, pas la paresse, mais l’apathie oui!

Benji Weeb : On s’en tape des 7 péchés capitaux, on crée les nôtres !

Metal-Eyes : Pourriez-vous créer de nouvelles vertus cardinales, alors?

Benji Weeb : Tue s très religieux, dis! On n’est pas religieux, nous, on s’en fout ! (rires)

Metal-Eyes : Nous sommes au festival de l’enfer, je te rappelle!

Dan : La mauvaise attitude!

Benji Weeb : Exactement, on botte les culs! On est des vikings !

Metal-Eyes : Tu ressembles à un Viking, en effet!

Benji Weeb : Exactement! Je suis le premier Viking black que tu n’aies jamais rencontré!

Metal-Eyes : Y a-t-il quelque chose que vous regrettez l’un et l’autre d’avoir fait avec Skindred?

Dan : Tu as un papier et un crayon? La liste va être longue ! (rires) Être dans un groupe et jouer de la musique n’est pas traditionnel. Il faut que tu crées ton propre voyage. Ce faisant, tu vas faire des erreurs et en tirer des leçons…

Metal-Eyes : Comme quoi ?

Benji Weeb : Comme enregistrer des putains de morceaux electro ! ça c’était une erreur! (rires)

Dan : Dès que tu laisses quelqu’un s’occuper de tes affaires, comme les affaires créatives, ça se complique. Il s’agit de savoir ce que tu peux lâcher, ou pas. On ne fait pas partie de la scène traditionnelle : on n’est pas un groupe de rock cool, un groupe de metal dans le vent, ou de reggae… Emo, grunge… On ne fait partie de rien, et on a dû tracer notre propre route, sur laquelle il y a eu des détours. Et nous avons dû revenir sur le bon chemin.

Metal-Eyes : C’est ce que tu disais : pas de compromis…

Benji Weeb : Aucun. C’est comme quand nous avons fait ce truc, dub step, on l’a fait à notre manière. Et on excelle dans ce que l’on fait si on le fait à notre manière et ensemble.

Dan : Ton idée des 7 péchés capitaux, c’est un peu ça : si tu relâches ton attention un instant, eh bien, c’est là que les choses arrivent. On vieilli, et on a une meilleure vision des choses. Parfois, c’est douloureux, d’autres fois, c’est compliqué, mais au final, ça nous aide à retrouver le bon chemin.

Metal-Eyes : Merci beaucoup, je vous vois tout à l’heure sur scène !

Benji Weeb : Merci à toi. C’était bien ! Tu sais quoi : tes questions sont bonnes ! Tu poses de bonnes questions, tu provoques de bonnes réponses, j’ai adoré. Maintenant, fous le camp, bordel ! (rires)

Merci à Elodie Jouault et Pauline (Him Media)

 

Interview: AS LIONS

Entretien As Lions. Rencontre avec Austin Dickinson (chant) et Connor O’Keefe (guitare, piano). Propos recueillis à Paris le 16 février 2017

AS LIONS

 

Metal-Eyes : Tous deux faisiez auparavant partie de Rise To Remain qui s’est séparé en 2015. Trois de ses membres – vous deux et Will – avez décidé de continuer en formant As lions. Lorsque vous avez décidé de fonder ce groupe, quelles étaient vos intentions et vision de As Lions ?

Austin Dickinson : Nous voulions faire la musique qui nous ressemble plus, en tant que personnes. Pas tant en tant que simples compositeurs, ce qui nous excitait vraiment c’est cette position de compositeurs et d’auditeur. Ce que nous écrivions à l’époque… La moitié correspondait à l’album de Rise To Remain que nous devions enregistrer, mais l’autre moitiéne ne convenait pas du tout. C’est devenu la base de As Lions. Nous voulions créer quelque chose qui soit, selon nous, plus dynamique, plus intéressant pour nous et qui soit plus en rapport avec les raisons qui font que nous adorons faire de la musique. Un groupe contemporain avec des influences classiques, la musique que nous adorons et avec laquelle on a grandi. Nous voulions nous l’approprier, y apporter notre touche, créer notre propre son et évoluer en tant que compositeurs, aussi.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous votre musique à quelaqu’un qui vous découvrirait aujourd’hui?

Connor O’Keefe : Je dirais qu’elle est très “cinématique”, ça sonne grand et, très certainement, très mélodique

Austin Dickinson : Exactement. C’est dynamique, je… ça sonne comme du cinéma. Tu sais, nous voulons créer de la musique qui pourrait (il rit) conclure le plus épique des films de la planète, ou quelque chose qui puisse susciter l’imaginaire. Nous voulons que tu puisses explorer des univers inattendus. On essaie d’apporter quelque chose de différent à table. C’est la partie excitante : explorer de nouvelles choses, trouver un moyen de créer… des putains de nouveaux sons ! (rires)

Metal-Eyes : A l’époque de Rise to Remain, le groupe a beaucoup tourné à travers le monde, entre autres avec Iron Maiden. Comment des musiciens jeunes et «inexpérimentés » vivent-ils ce genre d’expérience ? Qu’est-ce que ça vous a apporté en tant que musiciens ?

Austin Dickinson : On n’a fait qu’une tournée avec Iron Maiden.

Metal-Eyes : Mais sur des scènes gigantesques…

Austin Dickinson : Oui, et je crois que cette tournée a beaucoup fait parler du groupe. On a aussi tourné avec Funeral For A Friend, Trivium, in Flammes… Beaucoup de groupes différents, ainsi que des festivals. L’Europe a très bien accueilli Rise To Remain et nous avons, j’ai doré tourner : le sens de la communauté, être dans le même bateau, il n’y a rien de comparable. Je crois que ce que ça m’a apporté, c’est que ça m’a aidé à forgé mon instinct sur la manière de tourner, d’écrire, pour ce type d’audiences, très bruyante souvent, et j’adore ça ! Tout le monde a son opinion, c’est évident, mais tout le monde ne parvient pas à sortir du « J’aime beaucoup ce que vous faites » ou « j’adore ton groupe ! » Mais j’apprécie et j’accueille cela avec plaisir parce que ça reste exceptionnel. Les fans m’ont permis d’apprendre à les comprendre et ce que la musique représente pour eux. C’est pour ça, en partie, que je suis ici, dans ce boulot. Je suis avant tout un fan de metal, et tu ne peux pas oublier d’où tu viens.ni que tu es partie de quelque chose de plus grand que ton groupe.

Connor O’Keefe : Pareil…

Metal-Eyes : ok, merci (rire général)

Connor O’Keefe : Avec As Lions, on vient de tourner avec Shinedown et Five Finger Death Punch, donc on redécouvre ces choses avec eux. On expérimente des choses avec eux, en adaptons, nous en approprions et en laissons de côté…

Metal-Eyes : Dites m’en plus au sujet du nom du groupe, As Lions. C’est connu, les lions rugissent beaucoup, ils ont pour habitudes de laisser leur femelles chasser pour eux, éduquer leurs petits – quand ils ne les tuent pas. C’est ce que vous êtes : apresseux et de nature violente ?

Austin Dickinson : Nous sommes exactement cela: bouffer nos petits…

Connor O’Keefe : … Laisser les filles aller chercher la bouffe…

Austin Dickinson : Nous sommes paresseux et des trous du cul à l’égo surdimensionné. Tu peux entendre tout ça dans notre musique (il explose de rire) ! Non… Le nom ? Nous voulions nous démarquer d’un genre : si nous n’étions qu’un groupe de rock, nous serions The Lions ou si nous étions un putain de groupe de death metal, nous serions Sceptic Lions ou un truc du genre (rires) … Nous voulions nous démarquer d’un genre spécifique, passer pour un groupe de rock, de metal, un peut tout, sans qu’on puisse avoir une idée préconçue. Aussi, les lions sont assez symboliques, contrairement à des animaux… « fonctionnels ». Ils sont symboliques de bruit et de fierté. Ça nous ressemble, on pourrait dire, écrire des choses comme ça !

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre musique. La première qui m’a marqué, c’est ton chant qui est loin, très loin de ce que tu faisais avec Rise To Remain. Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir ce type de chant plutôt que le chant metalcore ?

Austin Dickinson : Je pense que quand tu changes d’orientation, de chemin, il est important de te poser quelques questions. La première, ça a été : « hurler. Est-ce une part fondamentale de mon identité, selon moi ? Non, pas vraiment. » Quand ta technique est assez bonne pour limiter les dégâts, c’est bien, mais tu ne peux faire ça pendant 50 ans, et je ne le veux pas ! Est-ce une partie de mon identité ? Pas forcément. Est-ce ce en quoi je crois ? Pas nécessairement. Est-ce que je souhaite tenter de nouvelles choses ? Absolument ! Est-ce que je souhaite m’améliorer en tant qu’auteur ? Putain, oui ! J’ai tenté d’avancer, et je crois qu’il y a beaucoup plus d’émotions que tu peux travailler, et je crois aussi que, avec le hurlement, on passe à côté de beaucoup de choses. Tu ne touches pas autant les gens avec le hurlement. Et, avec cet album et les suivants, j’ai vraiment envie d’être le plus proche possible de l’auditeur. Comme si j’étais juste à côté. Tu sais, le contenu et les paroles de nos chansons ne seraient pas là si ce n’était important à nos yeux. J’adore avoir ce type de connexion avec les gens. Je ne dis pas que je ne hurlerai plus jamais, je pense seulement que j’en ai fait le tour et je voulais vraiment démarquer ce chant entre Rise To Remain et As Lions.

Metal-Eyes : Et ce nouveau chant a-t-il affecté ta façon de jouer ?

Connor O’Keefe : Au sein de Rise To Remain, je jouais de la basse. Mais aussi du piano. Nous avons simplement pu baisser le ton et adapter, à la guitare acoustique et au piano, le musique au chant. En ce qui concerne la guitare, nous voulions simplement qu’elle soit énorme, pleine de riff et qu’elle puisse crée une ambiance. C’était une adaptation assez facile. Même assez naturelle, dirais-je.

Metal-Eyes : Nous vivons dans une époque égoïste, qui est le titre de votre album qui reflète assez bien ce dont nous pouvons être les témoins. Quels sont les thèmes que vous avez abordés et y a-t-il des sujets que vous ne souhaitez pas traiter avec As Lions ?

Austin Dickinson : Je voulais vraiment parler de la consommation, de l’image, de ces obsessions personnelles que nous avons aujourd’hui. Je ne pourrais pas en parler si je n’en étais pas coupable moi-même. Je crois que ce n’est que partie de notre existence dans le cadre de nos sociétés modernes. J’ai aussi l’impression que nous nous sentons obligés de nous présenter tels que nous ne sommes pas. Que nous avons besoin de remplir le moindre espace de silence ou de temps libre avec ces choses qui nous marquent. Et cela efface l’individualité, qui devrait être célébrée, je pense. Nous sommes tous des individualités. En même temps, je vois beaucoup de gens qui ne sont pas égoïste. A toute action correspond une réaction… Peut-être que c’est moi qui me fait l’écho de ce qui se passe dans le vrai monde, mais je vois beaucoup de personnes qui se battent pour des causes, s’élèvent contre la bigoterie, le racisme, l’homophobie, je vois beaucoup de gens qui se bougent pour éradiquer ça, et c’est vraiment magnifique ! Parallèlement on a vu tous ces phénomènes croitre, tout ces préjudices sont égoïstes. C’est un monde qui change et els gens réagissent. Comme cet album qui est trrès réactionnaire. La musique, en tant que telle, est unificatrice, c’est un langage universel. Il est important pour moi d’aborder ces thèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Et si nou s pouvons permettre à 2 personnes de s’unir, ou à 20.000, nous le considèreront comme une réussite. Maintenant, il n’y a pas de thèmes que je ne voudrais aborder. Plus je traite de sujets, plus je suis épanoui ! (rires)

Metal-Eyes : Si vous ne deviez retenir, chacun d’entre vous, qu’une chanson de Selfish age pour expliquer ce qu’est As Lions, laquelle serait-ce ?

Connor O’Keefe : White flags, je pense…

Austin Dickinson : White flags, oui. Je pense qu’elle contient tout, même si ce n’est pas ma préférée, qui serait plutôt World on fire. Mais White flags a un peu de tout ce que nous faisons.

Metal-Eyes : Austin, quand tu as décidé de travailler dans l’industrie de la musique, as-tu reçu des conseils particuliers de la part de ton père qui a une longue expérience dans ce domaine ? Des conseils sur quoi faire ou pas ?

Austin Dickinson : Quand j’ai commencé, on allait donner un concert et plein de gens du business étaient présent. Il m’a attrapé par les épaules, m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit que je devais m’assurer que tous les verrous étaient bien fermés en quittant la maison. C’est tout ! (rires)

Metal-Eyes : Et toi, t’a-t-il conseillé, Connor ?

Connor O’Keefe : Pas vraiment. C’est un homme vraiment charmant !

Austin Dickinson : Il est simplement mon père, c’est tout !

Connor O’Keefe :

Metal-Eyes : Mais tu es plus grand que lui!

Austin Dickinson : Je suis le plus grand de la famille, oui, mais je ne suis pas vraiment grand! On est une famille de hobbits ! (rires)

Metal-Eyes : Une dernière chose: vous suivez ce que fait George Harris avec son propre groupe, The Raven Age ?

Austin Dickinson : Oui, oui, nous avons grandis ensemble, n’avons jamais été très éloignés. Je sais qu’il était sur la tournée The Book Of Souls, avec The Raven Age. Leur batteur, Jay, en fait…

Connor O’Keefe : Je le connais depuis très longtemps. On a joué dans plusieurs groupes ensemble et il nous a même dépannés avec Rise To Remain sur quelques concerts…

Austin Dickinson : Oui, il nous a vraiment aidés, il a balancé la sauce, c’était génial !

Connor O’Keefe : Il joue depuis tellement longtemps, je l’ai vraiment vu progresser.

Austin Dickinson : C’est vraiment le batteur qu’il faut pour The Raven Age !

Metal-Eyes : Merci à vous deux, et j’espère vous voir bientôt sur scène !

Austin Dickinson : Merci à toi de nous avoir reçus!

AS LIONS