Interview: Mark MORTON

Entretien avec Mark Morton (guitares). Propos recueillis à Paris, Hôtel Alba Opéra le 27 février 2019

 

Metal-Eyes : Mark, tu es le guitariste de Lamb Of God, mais tu n’es pas ici pour parler de ton groupe mais de ton album « solo ». Comment se déroule cette tournée promo jusqu’à présent ?

Mark Morton : Bien ! On a réussi à caser de nombreuses interviews en peu de temps. J’ai commencé avant-hier en Suède, où j’ai passé une journée complète, je suis arrivé à Paris hier et repars demain. Je me sens honoré et très privilégié de voir qu’autant de personnes souhaitent me parler au sujet de ce projet. Jolie montre que tu as là…

Metal-Eyes : Merci ! C’est un cadeau de mon épouse.

Mark Morton : Elle a bon goût. En matière de montres en tout cas !

Metal-Eyes : Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’écouter ton album, mais il semble que tu aies commencé à travaillé sur Anesthetics il y a un bon moment. Quand l’idée de ce premier album solo a-t-elle émergé ?

Mark Morton : Je crois que les chansons ont émergé avant l’idée d’un album solo. Ce qu’il s’est passé c’est que je me suis retrouvé avec toutes ces chansons qui ne vont pas avec mon groupe habituel, Lamb Of God, et je me suis demandé ce que j’allais en faire. J’ai commencé à les travailler avec Josh Weaver, mon producteur de longue date et très bon ami, et Jake se lançait aussi dans son label, WPP Records. On a commencé à discuter de tout ce qu’il se passait et les choses se sont mises en place. C’est ce qui a lancé le process du projet Anesthetic.

Metal-Eyes : Ca remonte à quoi ? 3 ans ?

Mark Morton : En fait, les premières préproductions en studio ont eut lieu en septembre 2016.

Metal-Eyes : C’est un album qui est bourré d’invité. La première chose que l’n peut remarquer, c’est qu’il débute avec Cross off qui est chanté par Chester Benington, qui est mort en juillet 2017. Cette première place sur l’album, le fait d’ouvrir Anesthetic est-il à comprendre comme un hommage que tu lui rends.

Mark Morton : Non, j’étais presque certain que cette chanson ouvrirait l’album, de toutes les manières. Cross off, avant même l’implication de Chester, on savait que c’était une chanson particulière. Tu écris un certain nombre de chansons – et elles sont toutes sur l’album, parce qu’elles ont chacune une personnalité différente – et Cross off a cette énergie, même en instrumental, qui nous faisait dire que c’est une chanson particulière. Nous avions commencé à écrire le refrain, et quand Chester est arrivé, il a beaucoup apporté dans les textes et dans le chant, les lignes vocales. Il a vraiment apporté sa touche, et en ce sens, c’est une vraie participation. C’est un honneur d’avoir pu travailler avec lui. Je suis cependant à peu près certain qu’elle aurait été la première chanson de l’album, même si Chester était encore parmi nous.

Metal-Eyes : Tu as travaillé avec des musiciens d’horizons variés pour cet album. Comment as-tu réussi à les convaincre tous de participer ?

Mark Morton : Beaucoup d’appels téléphoniques, d’emails… Simplement en les contactant.

Metal-Eyes : Certains sont des amis…

Mark Morton : Oui, certains sont des amis, et ce fut assez facile. Quelqu’un m’a demandé plus tôt qui a été le plus facile à convaincre. C’était Randy Blythe, un de mes meilleurs amis au monde. Il se trouve qu’il est le meilleur hurleur metal au monde aussi, alors il me suffisait de lui envoyer le texte. Il y en a d’autres que je ne connaissais pas, dont j’étais simplement fan. Je voulais simplement pouvoir leur présenter ma musique, voir s’ils pouvaient être intéressés. Mark Lanigan, par exemple : c’est un de mes chanteurs préférés, je n’avais aucune idée s’il avait entendu parlé de moi, et je ne sais toujours pas s’il connait mon travail (rires)… mais il m’a fait savoir qu’il était très content du résultat, et moi aussi ! Dans certains cas, tu connais les gens et ça aide, dans d’autre, c’est juste une tentative pour voir si ça peut les intéresser, s’ils peuvent envisager une collaboration avec moi, dans d’autres cas, il s’agit d’amis, comme Jacoby Shaddix, Chuck Billy que je connais depuis un certain temps.

Metal-Eyes : Il faut, j’imagine, les approcher avec une certaine humilité pour convaincre certains musiciens de participer…

Mark Morton : Il n’a pas vraiment fallu les « convaincre », tout s’est passé dans je les appels. En matière d’humilité… Le projet en lui-même force cette humilité, le fait d’avoir l’opportunité de collaborer avec autant de musiciens de ce niveau, de me rendre compte, de prendre conscience que ces gens étaient intéressés à l’idée de travailler avec moi, c’est un véritable honneur.

Metal-Eyes : Comme je n’ai pas eu la possibilité d’écouter cet album, qu’est-ce qui le rend si différent d’un disque de Lamb Of God ?

Mark Morton : Stylistiquement, d’abord, artistiquement, les chansons dévient de ce que les gens ont l’habitude d’écouter. Je suis un des guitaristes et compositeurs de Lamb Of God qui est typiquement un groupe de thrash. Nous sommes au meilleur de notre forme créative, notre nouveau matériel est ce que nous avons fait de mieux. Il nous reste beaucoup à dire, et je suis fier de ce que nous avons fait. Mais en tant que compositeur, guitariste et musicien, je fais les choses différemment, depuis longtemps. Je me suis toujours considéré comme un guitariste de blues qui se trouve à la mauvaise période… Les guitaristes que je préfère sont des gens comme Billy Gibbons, Jimi Hendrix, Jimi Page. Je viens d’un univers très rock, blues, classic rock. Tu entendras ces fondations sur l’album, ainsi que du rock 90’s, comme le grunge. Une période assez spéciale pour le rock. Au-delà, il y a du metal ainsi que du hard rock bien fichu, un style dont je suis fan : une bonne chanson, de jolies mélodies. J’ai eu la chance de pouvoir explorer ça avec ce disque, plus qu’avec Lamb Of God, simplement parce que le genre ne s’y prête pas. Je dirais qu’au moins 80% du matériel de cet album ne pourrais jamais se trouver sur un album de Lamb Of God. J’ai pu élargir un peu mon horizon.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que certains titre auraient pu se trouver sur un album de Lamb Of God.

Mark Morton : Sans pour autant dire que c’était du matériel potentiel pour Lamb Of God, ou des résidus de travail de Lamb Of God, mais il y a certains titres de cet album que j’aurais pu, j’imagine, présenter au groupe. Mais je les ai gardés. Initialement, je n’avais pas prévu d’inclure du thrash sur cet album. Mais mon producteur m’a suggéré de le faire, parce que certains fans de Lamb Of God vont écouter Anesthetic, et voudront écouter un peu de ce qu’ils connaissent. C’est ce que nous avons fait !

Metal-Eyes : Donc, c’est une variété de genres, toujours basés sur le blues, le rock et le hard rock ?

Mark Morton : Oui, on peut le résumer ainsi.

Metal-Eyes : Justement, avec un album aussi varié, si tu devais ne retenir qu’une chanson pour expliquer ce qu’est to projet solo, laquelle serait-ce ?

Mark Morton : C’est impossible… Quand tu écouteras l’album tu comprendras : il est si diversifié qu’il est impossible de n’en extraire qu’une chanson… Il y a 3 chansons que nous avons déjà sorties, et elles représentent déjà 3 facettes de la variété : Cross off, avec Chester Benington, Truth is dead avec Randy Blythe et Alyssa White-Gulz, et Self defiance avec Myles Kennedy. Truth is dead est une chanson assez thrash, avec un refrain mélodique mais une base distinctement thrash, et je dirais que Self defiance est plus dans la lignée traditionnelle du hard rock. Ces 3 extraits sont déjà variés, mais l’album est encore plus diversifié.

Metal-Eyes : Parlons un peu de Lamb Of God : si mes compte sont corrects, vous allez vous produire pour la troisième fois au Hellfest, après 2012 et 2015 et vous serez à l’affiche, sur la main 2, le dimanche , sur une scène 100% thrash. Comment vous préparez-vous pour ce type d’évenement ?

Mark Morton : On répète… Le truc avec les festivals c’est qu’on y va et on balance la sauce. Nous n’avons pas une grosse production, pas comme dans des grandes salles où nous pouvons avoir des effets spéciaux, de la fumée, du feu, des lights, ce genre de choses. En festival, tu as les conditions du festival : tu as droit à une show très brut et direct de Lamb Of God. En général, on ne joue pas aussi longtemps qu’en tête d’affiche, on est poussé sur scène… On va frapper fort et vite, et… Voilà !

Metal-Eyes : Vous allez jouer à d’autres festivals cet été avec Slayer, qui donnera ses derniers concerts en France, en Belgique… Ce qui sera de toute façon une tournée spéciale pour eux, et nous.

Mark Morton : Je ne sais vraiment pas. J’imagine que oui. On a  tourné avec eux ces derniers 12-18 mois, on a fait une tournée en Europe avec eux en novembre et décembre– je ne crois pas que nous soyons passés en France. On s’apprête à repartir avec eux en mai en Amérique diu Nord. Je ne peux pas imaginer que nous ne soyons pas à l’affiche de festivals avec eux. Voilà le truc : je en sais même pas dans quelle ville je me trouve ce jour en particulier…

Metal-Eyes : Surtout quand la ville est un village de province…

Mark Morton : En plus, oui ! On va se recroiser, j’en suis sûr. Slayer nous a invités sur plusieurs parties de cette tournée d’adieux, et c’est un honneur pour nous d’en faire partie.

Metal-Eyes : Revenons à ton projet solo : il y a tant d’invités qu’il semble difficile de présenter ce projet sur scène. As-tu quelque chose de prévu en ce sens ?

Mark Morton : Oui, nous commençons une tournée américaine en mars

Metal-Eyes : Et combien serez-vous sur scène ?

Mark Morton : Juste un groupe, un groupe live avec Mark Morales qui sera mon chanteur live, ainsi que d’autres musiciens pour cette tournée.

Metal-Eyes : L’Europe sera au programme ?

Mark Morton : Pas encore, mais j’adorerais pouvoir venir. L’année prochaine  sans doute. Ça dépend aussi de comment l’album sera reçu.

Metal-Eyes : Tu as été en promotion ici, à Paris, tout cela journée. Jusqu’à maintenant, quelle a été la meilleure question qu’on t’a posée, la plus étonnante ?

Mark Morton : C’était hier, en fait, puisque j’étais ici aussi. Une jeune femme m’a interrogé  sur la mode, ce qui m’a semblé à propos puisque nous sommes ici à Paris, en France, pays de la mode. N’importe quelle personne qui passe 5 minutes avec moi sait que la mode n’est pas mon truc (rires). Ça m’a un peu surpris qu’elle me pose cette question. J’apprécie de regarder la mode, mais je ne m’y plie pas. Je porte les mêmes vêtements tous les jours (rires).

Metal-Eyes : Ben… Ne parlons pas de ça !

Mark Morton (il explose de rire) : je les lave quand même tous les quelque jours !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être ta devise en 2019 ? En tant que Mark Morton, pas Lamb Of God…

Mark Morton (il réfléchit) : « Rester serin ». Il se passe  beaucoup de choses pour moi, beaucoup de voyages, de musique, ce chemin, cette carrière musicale qui est la mienne bouge très rapidement. J’en suis au stade de ma vie où je profite du moment présent, et j’apprécie la vie pour ce qu’elle est. Il va se passer beaucoup de choses cette année, on va beaucoup jouer, rencontrer plein de gens dans des endroits différents et je ferais de mon mieux pour rester serin.

Metal-Eyes : Ceci m’évoque quelque chose qui s’est passé avec un autre groupe américain pour lequel nous avions reçu des consignes : y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder en interview ?

Mark Morton : Ben… S’ils font surface, je te le ferais savoir. Je n’empêche personne de m’interroger, même s’il y a des sujets plus délicats à traiter…

Metal-Eyes : Comme la situation politique actuelle aux USA ?

Mark Morton : Oh, on peut en parler si tu veux. Bien sûr, on peut en parler ! Que veux-tu savoir ?

Metal-Eyes : Quelle est ton opinion au sujet de la politique américaine actuelle ?

Mark Morton : C’est une question complexe. Je pense que le système politique américain se trouve à la croisée des chemins, il est en train de se réinitialiser, d’une certaine manière. Ce process va être douloureux, et pas forcément joli à voir. J’aimerai croire que, plus tard, lorsqu’on pensera à ce que nous traversons actuellement en tant que nation, on verra une douleur grandissante, forçant les gens à devoir choisir, repenser la manière dont nous élisons nos candidats. C’est comme un serpent qui mue : un procédé sans doute douloureux pour l’animal, mais cela lui permet de grandir, de devenir meilleur qu’il n’est.

Metal-Eyes : On vit un peu la même chose en France…

Mark Morton : Oui, c’est assez moche partout, n’est-ce pas ?

 

MASS HYSTERIA live à Blois (le 28 février au Chato d’O)

Mass Hysteria, live, c’est toujours explosif. Pas étonnant que les fans soient surnommés « les Furieuses et les Furieux ». Et cela semble une telle évidence pour qui a déjà assisté à un show des parisiens… Même si on se frotte les mains à l’idée de retrouver Mouss et sa bande en juin au Hellfest, comment rater le passage des 5 à Blois, à côté de chez moi, hein? Petite mise en jambes pré-estivale qui permet de prendre la température.

Prévu à 20h30, le groupe de première partie m’est, comme à beaucoup d’autres semble-t-il, inconnu. Sbrbs – pour « suburbs », les voyelles en moins comme vous l’aurez compris – est un trio breton basé à Rennes. Musicalement, le groupe surprend dès le départ car il est à l’opposé de ce que propose la tête d’affiche: un rock doux et léger. Le public reste quelque peu à l’écart de la scène, en observation, et approuve poliment ce qu’il entend.

Si Sbrbs est « tout petit », la chanteuse est à l’aise malgré un trac palpable. Ce qui ne l’empêche nullement d’aller chercher le public, de le remercier ou de lui raconter son histoire. Celle quand, habitant chez ses grands parents, elle trouve des CD dans une boite, parmi lesquels Master of puppets, Gojira, Lofofora et… Contradiction de Mass Hysteria. « Et maintenant on est là! » Le trio, après ce petit speach, propose un final de deux titres plus brutaux, plus foncièrement rock et rentre-dedans avant de quitter la scène, tout sourires. Une mise en bouche étonnante et néanmoins sympathique.

 

Le staff s’active pour le changement de plateau cependant que le public comble le vide et s’amasse devant la scène. Les « ego risers », ces estrades sur lesquelles les Mass Hysteria aiment se positionner tout au long de leurs prestations, sont placés derrière les retours. C’est une scène sobre qu’investissent les 5 musiciens à 22h – eh, oui, nous sommes en province, à l’écart des habitations. On joue un peu plus tard, ici! Et les gaillards attaquent fort, avec un Reprendre mes esprits qui dynamite le public. Mouss, qui a naturellement salué « les Furieux et les Furieuses », arpente la scène de long en large, Yann est toujours aussi concentré et agresse son instrument pour le moment encore caché sous la capuche de son sweat (il ne tardera pas, tout comme Mouss, à s’en défaire, tant la chaleur monte).

Les (2) photographes sont mis à l’épreuve, la scène baignée de lumières bleues et rouges – tout ce qu’on n’aime pas – et les musiciens étant haut perchés obligeant les dos, nuques et épaules à forcer dans des positions contraintes inhabituelles. Mais on fait avec et on s’adapte. Fin de parenthèse.

Après Vae soli!, le chanteur offre une bière à un spectateur puis va en chercher plusieurs qu’il distribue tout en remerciant le public d’être aussi nombreux. « Vous êtes vraiment des Furieux pour venir ici un jeudi soir! » Une somme de détails suit, et Mass Hysteria nous offre un défilé de classiques mêlés à ses plus récents morceaux extraits de Maniac, dernier album en date (Reprendre mes esprits, Chaman acide, Se brûler sûrement, Arômes complexes).

Mouss est en forme, comme toujours, et offre quelques saillies à la politique actuelle (Chaman acide est « une spéciale dédicace à Trump, Macron et tous les cons qui nous gouvernent », tandis que Positif à bloc est sujet à faire un mini Hellfest avec un mini circle pit (dans une salle de 600 personnes, c’est un peu le rayon d’un compas de collégien!). Après Se brûler sûrement, Mouss interpelle avec le sourire le chef plateau, lui réclamant des bières: « Faut dire, j’ai tout distribué sur les premiers titres. Le con, il donne tout dès le premier morceau! Maintenant j’en ai plus! » L’enfer des dieux est quant à lui dédié « à tous ceux qui sont partis trop tôt parce qu’ils étaient libres ».

Ne faisant pas comme tout le monde, Mass place un de ses nouveaux titres au cours du rappel (Arômes complexes) suivi de l’incontournable Plus que du metal. Le public qui a encore de l’énergie à revendre continue de sauter sur Donnez vous la peine et Furia qui vient conclure un concert, le quatrième passage de Mass Hysteria dans cette salle depuis les débuts du groupe, qui n’est qu’une mise en bouche: vivement que l’on retrouve Mass Hysteria au Hellfest,  pour une journée du vendredi 100% metal français, avant de retourner le Zénith de Paris le 6 décembre prochain. En attendant, Mass continue de sillonner la France, il y en aura donc pour tout le monde, dont une « Nuit de l’enfer » qui viendra cloturer le Warm-up Hellfest le 30 avril prochain au Zénith de Nantes.

 

Merci à Verycords d’avoir rendu ce report possible.

 

ROYAL TUSK: Tusk II

Canada, Metal (eOne, 2018)

Certains albums arrivent en décallage et profitent d’une opportunité pour se dévoiler au grand jour. C’est le cas de ce Tusk II, second album des Canadiens de Royal Tusk qui vont bientôt tourner en Europe en première partie de leurs compatriotes de Monster Truck. Car Tusk II est déjà sorti en Amérique du Nord il y a quelque temps, et eOne se décide enfin à nous le proposer. « Enfin », car le groupe présente de nombreux atouts pour séduire un large public: des rythmes explosifs, une approche du metal très actuelle, une voix forgée à coup de clopes et papier de verre… Les First time, Aftermath, Reflection et autres Freedom ou Long shot évoquent tout autant Soundgarden ou Mudhoney que les plus récents Avenged Sevenfold, par exemple, et reflètent aussi l’esprit d’une certaine vague punk US des années 90. C’est à la fois rugueux et entraînant, très musical – la recherche du beat efficace et du refrain qui fait mouche – et authentique. Alors pour ceux qui le pourront, rendez-vous les 10 et 11 mai à l’Empreinte de Savigny le Temple et au Forum de Vauréal, ça risque d’être une jolie fête ! Pour les autres, vous voulez un bain d’une chaleureuse fraîcheur? Foncez découvrir Royal Tusk!

PARAD1GM

France, Metal (Autoproduction, 2019) – Sortie le8 mars 2019

Parlez d’un « super-groupe » à la française! Parad1gm, formé en 2015, réuni sous le commandement de Farès (chant), AlukardX (guitares) et Julien (batterie), tous 3 ex-membres de Spirited, Matthieu, ex-Conscience aus claviers et un certain Betov, roi de la 6 cordes (ou7) au sein du fleuron incontournable ADX qui prend ici la charge de la basse. Et le résultat est à la hauteur des promesses: du metal progressif teinté d’électro et d’indus. L’esprit de Rammstein plane au dessus de l’ovni Qalbik, celui de Pink Floyd au dessus de From the other side. La presque noirceur de Burried, augmentée par les touches électro  évoque également le côté sombre d’un Paradise Lost des grands jours. Les envolées de guitares , les rythmiques déterminées, les ambiances à la fois aériennes et mélancoliques, le chant rageur et profond fond de ce disque une découverte plus qu’agréable. Un groupe à découvrir, suivre et soutenir.

DIRTY SHIRT: Letchology

Roumanie, Metal (Apathia, 2019) – sortie le 8 mars

Si la scène rock roumaine reste assez méconnue en nos contrée, la donne risque bien de changer avec cette déflagration, cette folie douce ou furieuse, que nous apporte Dirty Shirt qui signe, avec Letchology, son dixième album. Et ça va dans tous les sens, une fête généralisée qui vire au joyeux bordel très organisé. La formation qualifie elle même sa musique de folk metal, sur fond de hardcore et d’une touche de punk. Mais si Dirty Shirt vient de Transylvanie, ne vous attendez pas à du folklore horrifique qui évoquerait Dracula. Bien au contraire, le groupe sait être à la fois sérieux lorsqu’il aborde des thèmes politiques – les morceaux les plus hardcore sont les plus engagés (Fake, Nem loptam…) – mais conserve surtout l’esprit slave, festif et coloré du folklore local (Latcho drown, Palinca, et les dingueries que sont Killing spree et Starea najiei). Les guitares se battent avec les accordéons, flûtes à bec et traversière. Les gars se sont mis à plus de 20 pour réaliser ce disque de… dingues qui part et fuse en tous sens. Une folie douce s’empare de la Roumanie et risque fort de déferler sur l’Europe. A ne pas rater!

POP EVIL live à Paris (Le Trabendo, le 20 février 2019, avec Sweet Needles et Fallen State

Arrivé Porte de Pantin, une foule se presse dans la même direction que moi. Mais ce n’est pas en direction du Trabendo que se rendent ces gens, non, ils s’alignent sagement en direction du Zénith. Pop Evil, ce soir, joue de malchance car, d’une part, le Trabendo est à moitié plein – et encore – mais en plus,  on s’en rendra vite compte, Leigh Kakaty est malade… Nous y reviendrons.

Pourtant, ce soir, 3 groupes sont annoncés. Tout d’abord, Sweet Needles, une formation parisienne qui a remporté un concours lui offrant cette opportunité de jouer en ouverture des Anglais. Formé en 2012, le groupe évolue ce soir sur une scène ultra réduite (les kits de batterie des 2 premières formations sont placées sur le côté de la scène) ce qui n’empêche guère les frères Bonnot – Oscar au chant et Arthur à la guitre – et leurs comparses de se donner à fond. Proposant un heavy rock varié et entrainant, Sweet Needles, par sa musique et son attitude, se met rapidement le public dans la poche. Une jolie découverte à suivre de plus près.

 

Bénéficiant également de 25′, les Anglais de The Fallen State proposent un heavy carré, parfois agrémenté d’une touche plus rugueuse, limite thrash. Le groupe, lui aussi, séduit rapidement, le charisme du chanteur Ben Stenning, jovial de bout en bout, jouant beaucoup. Le gaillard s’excuse de ne pas parler un mot de français, mais se voit secouru par son guitariste qui nous dit que c’est la première fois que le groupe vient en France. Tout au long du show, Ben interagit avec le public, le faisant s’approcher pour avoir une impression de foule compacte, ou l’invitant à s’asseoir en fin de set. Là aussi, une jolie découverte

 

La scène est rapidement vidée de ce qui l’encombre, retours inclus, ne lassant qu’une estrade surplombée de la batterie de Haley Cramer, qui, l’an dernier, avait accueilli Metal Eyes pour une interview (à retrouver ici), elle même surmontée de jolies colonnes de lumières. Lorsque les musiciens de Pop Evil montent sur scène, on les sent concentrés. Très… Rapidement, Leigh, qui tousse beaucoup, fera part de problèmes de voix mais « pas question », dira-t-il, « d’annuler. Je vais donner tout ce que j’ai ». Et si au passage le public pouvait l’aider, ce serait bienvenu. Il se préserve donc pour aller au bout, ce dont on ne peut que le féliciter. Nick Fuelling est tout aussi concentré, rarement souriant, et Haley semble devoir gérer des problèmes de tenue de sa batterie… Bref, tout n’est pas au top, pourtant…

La set list fait mouche, Pop Evil puisant dans l’ensemble de sa discographie et proposant même une reprise revisitée d’un certain Eye of the tiger de Survivor. Le public bouge bien, soutient tant que faire se peut les Anglais, qui malheureusement, se voient forcé d’écourter le set. Paris n’aura ce soir pas droit aux rappels. La santé passe avant tout, et c’est ce qui semble avoir forcé cette décision. Mais Leigh aura tenu au maximum, et rien que pour cela, on peut l’en remercier.

Merci à Olivier Garnier et à GDP d’avoir rendu ce report possible

REVOLVE : Sin cara

France, Metal (Ep, Music Records, 2018)

Sombre et inquiétant comme la pochette de ce Ep, Artemisia, qui ouvre Sin Cara, travaille les ambiances oppressantes. Le chant me rappelle l’esprit gothique du début des années 90, sentiment bien vite oublié dès les premiers hurlements de Checkpoint 19, heavy et déterminé. Il ne s’agit pourtant pas que de bourriner, la mélodie s’invite aussi! Sur Tokkotai, Pierre Cozien prend une voix plus profonde et grave (un léger travail sur l’anglais sera à envisager…) et nous plonge dans l’univers de No Man’s Land, période Conteste – pour ceux qui se souviennent de ce groupe – s’éloignant ainsi du metal pour se faire rock. Et puis… Cette intro digne d’un film d’épouvante du morceau éponyme qui vient lourdement et tout en variations de thèmes, conclure ces courtes 20′. Revolve, avec ce premier essai, nous offre une jolie carte de visite qui ne mérite que confirmation. A suivre.

Interview: PORN

Interview PORN. Entretien avec Philippe, aka Mr Strangler  (chant, compositeur, producteur). Propos recueillis à Paris, Doctor Feelgood le 29 janvier 2019

C’est un Mr Strangler heureux et bavard qui nous reçoit pour nous parler du second volet de sa trilogie racontant l’oeuvre de Mr Strangler. The darkest of human desires sera dans les bacs dès le 22 février et c’est tout un programme…

Metal-Eyes : Le groupe s’est formé à Lyon en 1999…

Mr Strangler : Oui, plus précisément à Grenoble, mais la genèse s’est faite à Lyon.

Metal-Eyes : Votre parcours a été depuis à la fois remarqué – notamment par le nom du groupe volontairement provocateur, mais également accidenté. Comment résumerais-tu l’histoire de Porn ?

Mr Strangler : Je dirais qu’on n’en est qu’au début ! Pour moi, on ne peut pas définir la carrière d’un groupe par le temps, par une histoire de longévité, mais plus par la concrétisation de l’œuvre artistique. Pour moi, une carrière musicale, c’est un marathon, elle se finit à la fin. Beaucoup de gens pensent que c’est un sprint, et pourtant… Tu peux aller vite à un moment, ensuite, tu stagnes, et puis tu peux repartir assez rapidement. Par exemple, en France… C’est un groupe que je n’écoute pas forcément, mais la carrière d’Indochine : ils ont cartonné au début, puis ils sont tombés dans les oubliettes de chez « les oubliettes », et là, ils sont revenus, doucement pour exploser. Je pense que c’est une histoire de marathon et d’endurance. C’est une discipline, plus qu’un métier. Comme quand tu veux faire un sport de combat, c’est dur. Je pense que j’aurais plus un jugement subjectif sur la qualité de ma musique plus que sur la notoriété ou ce genre de chose.

Metal-Eyes : Quelles ont été pour toi les principales étapes de votre carrière ?

Mr Strangler : Il y a eu le premier album (2004), puis The ogre inside (2017).

Metal-Eyes : Porn est un groupe qui a toujours voulu interpeler, à commencer par le nom du groupe… ça ne passe pas partout, tu fais une recherche sur internet… Merci

Mr Strangler : On a du mal à nous trouver, oui !

Metal-Eyes : Non, mais il faut rajouter quelques informations. Et ne pas avoir d’enfant à proximité ! Vous revenez aujourd’hui avec l’acte 2 de The darkest sides of human desires. Je n’ai pas réussi à trouver l’acte 1.

Mr Strangler : La première partie ? C’est The ogre inside

Metal-Eyes : D’où la numérotation des morceaux qui démarre à 10.Pourtant, il n’y a aucun titre sur The ogre inside qui s’’appelle « The darkest of human desires »…

Mr Strangler : Non, non… C’est le concept global, en fait, qui n’a pas de nom. Ca pourrait être « la vie et l’œuvre de Mr Strangler ». C’est une histoire en 3 actes, et je n’ai pas encore trouvé le nom de la troisième partie même si l’album est quasiment fini. The ogre inside, ce serait l’adolescence du personnage : c’est quelqu’un qui se découvre des pulsions meurtrières, et découvre qu’elles sont inadéquates, face à la famille, la société. Il va y avoir un biais entre les pulsions et comment les assouvir. Assouvir des pulsions meurtrières ? Ca ne le fait pas. Donc c’est quelqu’un qui comprend cela et qui est tiraillé par ses pulsions et qui est dans le refoulement. Dans l’acte 2, il est question du meurtre, le plus sombre des désirs humains. Et dans cette partie de sa vie, il est plutôt adulte et il s’assume. Il se dit « j’y vais, je vais tuer des gens ». Dans l’acte 3, il se fait attraper et là, on va parler de psychiatrie et d’emprisonnement.

Metal-Eyes : Ce qui explique aussi le lien qu’il y a entre les pochettes. J’imagine une continuité avec le troisième…

Mr Strangler : Oui, c’est la même personne qui va travailler dessus, avec la thématique de l’emprisonnement, et la psychiatrie.

Metal-Eyes : Même s’il n’y a pas eu beaucoup de temps entre ces deux derniers albums, comment analyserais-tu l’évolution de Porn ? 

Mr Strangler : Il n’y en a pas. En fait, on ne s’est jamais arrêtés dans la composition. A partir du moment, en 2016, où on a commencé à travailler sur The ogre inside, on ne s’est jamais arrêtés. Tout est fait dans la foulé. Quand on a bouclé les 10 morceaux qui, pour moi, était finalisés pour The ogre inside, ils sont partis le lendemain au mastering et dans la foulée, j’ai commencé à bosser sur le nouvel album. Celui-ci est fini depuis 2 mois, et j’ai déjà fini la composition du troisième. On va enregistrer dans pas longtemps et tous les morceaux sont quasiment finalisés. S’il y a une évolution, ben… comme j’ai la tête dans le guidon, je ne la vois pas ! Si, dans la recherche des ambiances : The ogre inside est plus sombre, mélancolique, parce que je voulais vraiment illustrer le tiraillement, la personne se sent vidée de l’intérieur. The darkest of human desire est plus exalté, plus speed, malgré de la mélancolie.

Metal-Eyes : Justement, les ambiances, il y en a plein, pas forcément du metal ou du rock, mais plein de choses typées des années 80, 90, et des choses plus électro. Qu’est-ce qui vous influence ?

Mr Strangler : Je dirais tout simplement les vieux groupes de metal industriel et de rock gothique. Type O Negative, The Cure, Paradise Lost… J’espère que comme eux, on va réussir à devenir nous-mêmes. Etre dépositaire d’un style, reconnus comme étant quelque chose d’unique, musicalement. Pour moi, c’est ça, « réussir sa carrière », c’est vers ça que je tends.

Metal-Eyes : Tu es quelqu’un de très actif, artisiquement, puisque, au-delà de lamusique tu écris. Les activités littéraires et musicales s’auto-alimentent-elles ?

Mr Strangler : Oui, totalement, et à chaque fois, k’un est venu de l’autre. Par exemple, lorsque j’ai commencé à travailler sur le deuxième album de Porn, From the void to infinite, j’étais en fait vachement inspiré par un poème de TS Elliott qui s’appelle Les hommes creux. Et c’est de là qu’est venu le concept de The ogre inside : quand je lisais et relisais ce poème, pour moi, ces hommes creux, c’est comme s’ils avaient été mangés de l’intérieur. From the void, pour moi, c’était ce vide intérieur. Et j’ai voulu développé ce concept, ce que j’ai fait dans un roman qui s’appelle Contoyen, mais qui ne parle pas que de ça. Le personnage principal dit cependant qu’il est mangé de l’intérieur par un ogre qui prend le pouvoir. Parti de la musique, c’est devenu un roman, qui a créé l’ogre intérieur, et c’est revenu à la musique. En travaillant là-dessus, j’ai inventé Mr Strangler. Peut-être qu’après la trilogie, je vais arrêter la musique un moment pour me consacrer à un comics dont le héros sera Mr Strangler !

Metal-Eyes : Tout à l’heure, tu me disais que tu ne dessines pas bien et là, tu me parles de comics…

Mr Strangler : Non, non, je ne ferais qu’écrire ! Je ne sais vraiment pas dessiner, c’est une catastrophe !

Metal-Eyes : Au-delà de la fiction, j’ai l’impression que tu portes un regard assez sombre sur la société…

Mr Strangler : Oui… Quand je parle de ce personnage, j’essais de montrer qu’en fait, i ; s’agit de tout le monde : le gamin qui a des pulsions homosexuelles, qui comprends qu’il faut les refouler avant que ça ne reprenne le dessus et que, comme certains l’ont fait, il décide d’aller tuer d’autres homosexuels. Une manière de tuer sa propre homosexualité va choisir un chemin qui ne sera pas le tien, ou pas accepter, et il y aura toujours cette forme de mélancolie, de regret : « peut-être que ça aurait pu se passer autrement… » Ici, j’exagère une situation pour qu’elle soit compréhensible. On vit dans une société normative, et quand on n’est pas normé, on va entrer en interaction et c’est là que, souvent, on est considérés comme des malades mentaux. Pour moi, la trilogie est le bon format, parce que je peux parler de ces trois étapes : l’enfance, le moment où on assume, et la fin, la phase de psychiatrisation. Est-ce qu’elle sert à quelque chose ?

Metal-Eyes : Si aujourd’hui, pour explique à quelqu’un ce qu’est Porn, tu devais ne retenir qu’un seul titre, ce serait lequel ?

Mr Strangler : Sans hésitation, je dirais Last of a million. Je pense qu’il y a un peu de tout, que c’est, à mon sens, un des plus réussis, tant esthétiquement qu’artistiquement.

Metal-Eyes : Quelle a été la meilleure question qui t’ai été posée aujourd’hui ?

Mr Strangler : Euh… Une question toute simple, en fait : « qui est Mr STrangler ». Dit comme ça, je n’ai pas su trop quoi répondre. Elle ne m’avait jamais été posée comme ça, de but en blanc, ça m’a amené à réfléchir. C’est un personnage quii est un peu en chacun de nous, je ne lui ai pas fait d’état civil…

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Porn en 2019 ?

Mr Strangler : … Quelque chose qui est en filigrane : l’émancipation. Gagner en émancipation, intellectuelle ou physique, financière. Devenir celui qu’on est… Reprendre ce vieux truc d’Aleister Crowley : Fais ce que tu veux sera la loi. Mis à côté de Rousseau : « ta liberté s’arrête où commence celle des autres ». « Deviens toi-même mais sans faire chier les autres ! »

Metal-Eyes : Crowley et Rousseau côte-à-côte, c’est original !

 

FREEHOWLING: A frightful piece of hate

Metal, France (Silver medal, 2018)

Dès les premières mesures de ce premier album (court, 7 titres) des Français de Freehowling, on sait qu’on a à faire à du sérieux. Lourd et oppressant, Children of society, qui ouvre A frightful piece of hate, propose des ambiances directes et inquiétantes avant de se tourner vers du plus classique sur Crushed world. Tout du moins dans les guitares parfois à la Maiden, ou dans le chant à la Slayer. Sepultura, Machine Head ne sont jamais bien loin, et la suite, Deathline – et ses rythmes cassés et cassant – ou Master of thought – et son introduction en français – La ligue des justiciers, lourd et lent à la Black Sabbath, étonnamment chanté en anglais, apportent leur dose de fraîcheur à un genre qui parfois a tendance à se répéter. Le groupe ne tombe jamais, il faut le remarquer, dans la facilité, lorgnant même vers quelques inspirations progressives. Très heavy, mais progressives…  Pas étonnant dès lors d’avoir des titres majoritairement longs, en majorité plus de 5′, l’un d’eux, Freedom, flirtant avec les 8’30! Osé pour un premier essais dans un genre plutôt extrême. Une belle découverte à soutenir.

BLACK JUJU INC.: Crosses and crossroads

France, Metal (Music records, 2018)

Les amateurs de sensations étranges vont être servis… Présenté comme un groupe de cold wave metal, les Français de Black Juju Inc. proposent avec Crosses and crosroads un metal puissant loin d’être froid. S’il s’adresse aux « amateurs d’Alice Cooper, Prong, Alice In Chains », d’autres se laisseront également séduire par la détermination musicale de ces 8 titres (plus une reprise acoustique du Rude awakening de Prong). Je me délecte, à l’approche de Noël de Satan Claus (ça vous étonne que je publie cette chro le 24 décembre???), et me réjouis de l’oppressant Green, lent, lourd et joyeux en même temps. Le rythme imparable de cette basse (tenue par Jean-François Badie)! Le chant puissant de Lionel Ryckenwaert est parfaitement mis en avant par les guitares de Yannis Geenens et Guillaume Marka et la batterie de l’autre Jean-François, Serveaux. Si Black Juju Inc. ne révolutionne pas le genre, il a au moins le mérite de proposer un album varié, d’explorer ses diverses influences afin de ne pas lasser l’auditeur. Un troisième album mature qui transpire le plaisir de jouer ensemble.