Interview: JOHN DIVA AND THE ROCKETS OF LOVE

Entretien avec John Diva (chant). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris, le 11 mars 2019

Metal-Eyes : John, comment se passe cette journée promo à Paris ?

John Diva : Superbement bien. Tu sais, je suis arrivé hier de Berlin, après 3 jours de fête non stop. Mon avion est arrivé hier avec 2 heures de retard à cause d’un orage, mais je me suis levé ce matin, pris mon café au lait (en français), ai été récupéré par une Mercedes noire, suis arrivé ici et ai eu de très intéressantes conversations avec des gens sympa. J’ai maintenant la certitude que le rock vit encore en France.

Metal-Eyes : Commençons avec cette première question : qui est John Diva ?

John Diva : John Diva est un gars qui a grandi au son du rock, avec un cœur qui bat au rythme du hard rock, grâce à une mère très branchée heavy. Elle a tout fait pour que je trouve mon chemin, que je devienne quelqu’un. Entre temps, je me suis égaré comme toute personne qui tente de grandir et veut devenir une rock star.

Metal-Eyes : OK. Et tu as grandi en Allemagne, c’est bien cela ?

John Diva : Non, aux USA. A San Diego.

Metal-Eyes : Donc John Diva and the Rockets of Love est un groupe américain.

John Diva : Oui.

Metal-Eyes : Mais il y a eu beaucoup d’activité en Allemagne. Explique-moi un peu…

John Diva : C’est parce que les gens du Wacken se sont très tôt épris de nous et ils nous ont accueillis pour la première fois à l’affiche du festival en 2013, puis à nouveau en 2015 et 2018. Entre temps, ils nous ont faits venir sur de plus petits événements, le Metal Cruise, le Metal Mountain, un festival où on skie quelque part dans les Alpes, Metal… Je ne sais plus, à Palma de Majorque. On a été assez en contact avec la scène metal allemande, qui est très active. On a été un peu comme des paons : cet univers est assez sombre, et nous, on est plutôt rose, vert, on apporte de la couleur au programme.

Metal-Eyes : Nous allons parler de la couleur, justement. Tu as dit que tu as été élevé par une mère amatrice de metal. Il semble que tu as été élevé au son du hair metal . Quelle a été ton éducation musicale ?

John Diva : Mon éducation musicale ? Principalement le son de Californie, fin des années 70 et années 80.

Metal-Eyes : Ce qui exclut donc Bon Jovi qui vient du New Jersey…

John Diva : En effet, mais incontestablement Diamond Dave et Van Halen, par exemple (Note de MP : il y a pourtant de fortes influences du Bon Jovi des débuts, tant musicalement que vocalement…) C’est un groupe auquel je me réfère facilement.

Metal-Eyes : Great White ? Ratt ?

John Diva : Oui, aussi, toute cette génération. Poison, Cinderella. Egalement des groupes anglais, comme Def Leppard, Whitesnake.

Metal-Eyes : Whitesnake… à partir de 1987 j’imagine ?

John Diva : Oui, oui. J’étais aussi fan de Deep Purple. Mon père m’a laissé plein de disques de Deep Purple dont j’ai été fan jusqu’en 1981 ou 1982. J’étais fan de Coverdale et je l’ai suivi jusqu’à ce qu’il explose, avec Steve Vai. Toute cette scène a été importante à mes yeux, et à ceux de mes amis, The Rockets of Love. C’est avec cette musique que nous avons grandis. C’est ce qui a créé nos goûts musicaux.

Metal-Eyes : Ta mère, fan de rock, a-t-elle vraiment dit que le rock est mort (Note : en référence au titre de l’album : Mama said rock is dead)

John Diva : Tu sais, c’est un de ces jours où quelque chose l’avait frustrée, je en sais pas quoi. Moi, je sortais, ma guitare sous le bras, et elle m’a dit « Johnny, ne perd pas ton temps avec le rock. Il est mort selon moi »

Metal-Eyes : C’était quand ? Dans les années 90, à l’explosion du grunge ?

John Diva : Oui, j’avais… 14 ans. J’ai oublié cet épisode pendant longtemps, mais en écrivant ce disque, ça m’est revenu. Ecrire, c’est un voyage en toi, c’est un peu comme une thérapie, spécialement avec le glam rock qui a été important et qui a disparu pendant longtemps. Alors les choses ont changé, on cherchait un titre pour l’album, et, je crois que c’était Lee et Snake (tous deux présents mais ne participants pas à cette interview) qui m’ont dit « tu dis ce truc, dans Rock n roll heaven : Mama said rock is dead ». Plus on a utilisé ce titre, plus c’est devenu un mantra : je voulais prouver à ma mère qu’elle avait tort, et me prouver aussi que j’avais tort : plus tu t’investis, plus tu perds la foi.

Metal-Eyes : Or il te faut trouver la force de continuer quelque part, positiver…

John Diva : Oui, tu as tout à fait raison. C’est, je crois, ce que nous avons fait avec ce groupe, en live, et nous avons développé une certaine réputation en tant que groupe de scène. Après quelques années, on s’est dit que nous pouvions réaliser un nouveau disque, écrire de nouvelles chansons. Tu ne peux pas réinventer le rock, mais tu peux contribuer, en faire partie en écrivant de nouvelles chansons, en créant de nouveaux spectacles, et c’est ce que nous avons fait ces deux dernières années.

Metal-Eyes : On ne peut pas éviter de faire une comparaison avec Steel Panther. Mais c’est principalement dan le look glam, plus que dans la musique. Comment décrirais-tu ce qui vous différencie ? Vous semblez un peu plus sérieux…

John Diva : Exact. Tu sais, Steel Panther est un bon groupe, ils ont réussi à créer une vitrine pour le glam, qui renoue avec le succès. En même temps, ils font partie de ces groupes qui parodie un genre, en rient, ce qui est complètement cool, mais ce n’est pas notre façon de voir les choses. Notre message est de n’exclure personne, d’accueillir toute personne qui veut s’habiller, devenir dingue, qui pourrait avoir honte de son look, mais si tu viens chez nous, tu te fringues comme tu veux, tu peux être un paon et tu seras bienvenu !

Metal-Eyes (lui montrant la photo du livret de l’album) : et tu peux te balader dans un pyjama blanc en compagnie de tes potes habillés normalement !

John Diva : (il rit) oui, tu peux ! C’est une communauté, ça n’a rien à voir avec le sexe mais avec l’amour, celui qu’on partage, donner les uns aux autres assez de force pour délirer, devenir celui que tu as toujours voulu être. Ce qui n’est pas facile, de nos jours…

Metal-Eyes : De quoi traitent vos textes ?

John Diva : Principalement, on parle d’amour, de romance, de te réinventer en amour. L’amour est sans doute le meilleur moyen de se réinventer : tu peux très bien te balader sur un boulevard parisien, croiser une superbe fille et une minute après, tu la perds de vue. Mais pendant une minute, tu as été amoureux. Je suis un grand romantique, et tant que tu es là dedans, c’est dans ton pouvoir masculin, mais ça peut te quitter. Le réalisme de l’amour est si puissant que, selon moi, il y a beaucoup de choses à écrire à son sujet. C’est mon message : soyons positifs les uns avec les autres.

Metal-Eyes : Ce positivisme est partout puisque tu chante qu’il n’y a pas de place pour le rock en enfer. D’habitude, on dit le contraire…

John Diva : Tu sais, il doit y avoir une de ces fêtes en enfer, mais j’imagine aussi que c’est blindé de monde, en ce moment… Moi, je préfère les bons hôtels, avec de grandes piscines dans lesquelles je peux me baigner seul… Alors j’imagine un grand endroit accueillant où on puisse aussi jouer du rock le paradis du rock. J’imagine que David Bowie s’y trouve, et d’autres aussi.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une seule chanson de ton album pour expliquer à quelqu’un qui ne connait pas John Diva And The Rockets Of Love ce que vous êtes, ce serait laquelle, et pourquoi ?

John Diva : Evidemment, si tu veux nous comprendre, il faut voir l’image dans son ensemble… Nous avons choisi Lolita comme premier single parce qu’elle décrit ce que nous visons : passer du bon temps, avec amour, la Californie ensoleillée, du rock. Vivre, et apprécier la vie. Une journée sur la plage, avec les copains, deux ou trois bières, commencer à te sentir bien alors que le soleil couchant apporte une superbe lumière…

Metal-Eyes : Devrions nous nous attendre à vous voir live, en France et en Europe ?

John Diva : Vous devriez, et c’est la raison de notre présence : nous avons eu de très bons retours de France, mais nous n’avons pu y jouer. Olivier (Garnier), qui nous a fait venir, est en contact depuis quelque temps avec notre management, et il y a une possibilité de faire venir le groupe en France, sur des festivals et autres, et, espérons-le, pouvoir organiser une tournée.

Metal-Eyes : A quoi doit-on s’attendre lors d’un concert du groupe ?

John Diva : Beaucoup d’énergie, et, si tu t’ennuies, si tu en as marre de ta garde robe, de ta vie, de Netflix, de tes addictions internet et que tu veux sortir le vendredi soir pour rencontrer des gens qui te ressemblent ou quoi sont ton opposé, alors, unissons-nous et créons un lien fort pendant deux heures.

Metal-Eyes : Tu as répondu à des questions toute la journée. Jusqu’à présent, quelle a été la meilleure question, la plus surprenante, qui t’a été posée ?

John Diva : J’ai une très mauvaise mémoire, tu sais… Il y a eu ces deux femmes, qui se nomme The 80’s babies. Elles sont venues avec des cartes, qu’elles ont retournées sur la table et il fallait que j’en choisisse. Au dos, il y avait une question. J’ai trouvé que c’est une bonne idée. Il y a une question « De quoi te souviens-tu des années 80 ? » J’ai répondu que je n’en sais rien, j’étais bourré !

Metal-Eyes : Tu étais trop jeune pour être bourré !

John Diva : Ouais, c’est ce que ma mère disait aussi (rires)

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de John Diva And The Rockets Of Love en 2019 ?

John Diva (il réfléchit) : Prouvons à nos mères qu’elles ont tort. Faisons en sorte de devenir ce que nous avons toujours voulu être.

Metal-Eyes : Attends, il faut éclaircir un point : ce gars (je désigne le barbu stylé) est Lee. Celui-ci (le plus grand) est Snake, exact ? Alors comment se fait-il que ce soit Lee qui soit habillé avec ce qui ressemble à de la peau de serpent ? (John explose de rire) En tout cas, merci beaucoup, et j’espère que nous aurons bientôt l’occasion de vous voir sur scène. Profitez de votre séjour ici, à Paris.

John Diva : Merci beaucoup, et n’hésitez pas à venir nous rejoindre sur facebook – facebook.com/johndivarocks – on a plein de choses à partager

Snake : Aa fait (il me montre la pointe de ses bottes) : ça c’est de la vraie peau de serpent, pas comme ses fringues (il désigne Lee)…

 

EMIGRATE: A million degrees

Allemagne, Metal (Universal/Vertigo, 2018) – Sortie le 30 novembre 2018

Initialement prévu en 2015, ce troisième album d’Emigrate, le groupe formé par Richard Z. Kruspe, fut retardé pour diverses raisons, dont, pas la moindre, le retour en activité de Rammstein… Et l’on se souvient encore des concerts d’anthologie que nos Allemands technoïdes favoris ont donné un peu partout. Mais aujourd’hui, ce A million degrees arrive enfin en bacs, et les fans de metal de tous bords vont s’en délecter. Car le guitariste chanteur se laisse guider par l’envie de proposer de belles mélodies, variées et envoûtantes. C’est simple: si la technologie est présente, si l’on trouve des traces de divers géants comme des jalons posés ici et là (de U2 à… Rammstein en passant par Tears For Fears), Emigrate développe une véritable identité musicale, un univers varié aux reflets chatoyants, aux rythmes dansant et enjoués, à l’esprit forain et festif. Malgré le sérieux de propos sévères et quelque peu désemparés (le monde, l’enfance, l’écologie), l’optimisme est toujours présent. Quelques invités apportent une tonalité différentes à quelques titres: Ben Kowalewicz (Billy Talent) sur 1234, Till Lidemann (Rammstein) sur Let’s go (un peu d’allemand, quand même!) et le Cardinal Copia (Ghost) sur I’m not afraid ou encore la française (cocorico!) Margaux Bossieux (Dirty Mary) qui apporte un peu de féminité sur Lead on you. Tout au long de cet album, on appréciera la variété des thèmes sonores, de l’oppressant War aux touches orientales au plus brutal Spitfire ou la douceur de You are so beautiful  cet album ne présente aucun moment de faiblesse. La musique d’Emigrate parle d’elle même et A million degrees entre dans mon top 5 des albums de 2018. Un must.

KNOTFEST: Une raison de plus de se rendre à Clisson

L’an prochain, le 20 juin 2018, à la veille de l’ouverture des portes de la cathédrale de notre pèlerinage annuel,  le Hellfest accueillera sur ses Mainstages le Knotfest. Les deux scènes principales seront consacrées pour l’une aux groupes américains (Sick of it all, Ministry, Papa Roach, Rob Zombie et Slipknot) et pour l’autre aux formations européennes (Amaranthe, Behemoth, Amon Amarth, Powerwolf et Sabaton). Du grand spectacle en perspective.

Le festival est ouvert à tous, les billets, en ventes depuis le 7 décembre, toujours disponibles au tarif de 66,60€ sur le site www.knotfestfrance.com. La capacité est limitée au public des Mainstages, à savoir 40.000 spectateurs maxi. Il n’y aura donc pas de place pour tout le monde!

Attention également: le camping ne sera ouvert qu’aux détenteurs d’un pass Hellfest valable pour minimum la première journée du festival. Le Hellcity Square, Metal Market et autres lieux seront toutefois accessibles à tous.

Quelques habitudes seront changées afin de faciliter la circulation: la pose bracelets commencera dès le jeudi 20 juin à 10h. Les portes de la cathédrales ouvriront à 16h et le premier groupe du Knotfest sera sur scène à 17h. Rendez-vous le 20 juin, donc!

 

Live at Wacken 2017

Metal, international (Wacken records/Silver lining, 2018)

Le Wacken Open Air -WOA pour les intimes – est, sans aucun doute possible, le plus important – par sa taille et son ancienneté – festival metal européen, et se classe aisément parmis les plus célèbres au monde. Et il compte bien le demeurer, en se rappelant à notre bon souvenir. Que vous ayez participé ou non à cette édition 2017, la 28ème!, le WOA nous propose une nouvelle immersion en son cœur, avec ce monstre composé de 2 DVD et 2 CD. Lire la suite

THE DEAD DAISIES live à Paris (avec The New Roses, le Trabendo, le 6 mai 2018)

Quelle soirée! Pas étonnant, avec une affiche réunissant deux des groupes à l’esprit des plus rock’n’roll du moment. Avant de retrouver The New Roses, découvert au Hellfest 2017, je rencontre une nouvelle fois, sous un radieux soleil, John Corabi pour une interview détendue que vous découvrirez bientôt. Lire la suite

ACCEPT live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 1er février 2018)

On vit une époque formidable… La forme qu’affichent les anciens, les groupes à la carrière multi décennale est simplement bluffante. Je n’ai presque jamais été déçu par un concert d’Iron Maiden, Saxon ou Accept. Alors ces derniers de retour à Paris, dans un Elysée Montmartre qui célébrait en début de décennie leur résurrection, avec le chanteur Mark Tornillo en lieu et place de « l’indispensable » Udo Dirkschneider, eh ben… 9a ne se rate pas. J’arrive tôt à l’Elysée afin d’interviewer Night Demon, trio US qui ouvre ce soir pour les Germano Américains. Jarvis, le bassiste chanteur, a malheureusement la voix quelque peu enrouée, ce qui se ressentira sur la seconde moitié du set.

Losque le power trio – une configuration qui évoque le line-up de Raven ou Motörhead (un bassiste chanteur, un guitariste et un batteur) – monte sur scène, le public ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Night Demon est simplement habité de l’esprit de la NWOBHM et cela transpire tant dans sa musique qu’on sait que les amateurs du genre, nombreux ce soir, vont apprécier. Le groupe explore ses deux albums, faisiant une belle place à son petit dernier, Darkness remains, récemment réédité en format « expanded ». Les influences sont évidentes et l’on s’amuse de ce jeu de piste qui nous renvoit dans une époque qui continue d’en faire réver beaucoup. Maiden estde la partie (Maiden hell, facile), mais également Diamond Head ou, moins évident, Thin Lizzy dans les aspects les plus bluesy du combo. Le riff de Run for your life évoque ouvertement le Waisted de Def Leppard , période Pete Willis (sur son premier et superbe album, que le groupe a trop tendance à oublier, On through the night). Malheureusement, la voix de Jarvis commence à souffrir, et son chant devinet très limité… Un extrait de quelques mesures d’Overkill, en hommage à Fast Eddie récemment disparu, un final avec la venue d’une faucheuse qui rappelle quelques mascottes (Iron Maiden, Grave Digger ou Megadeth), et Night Demon s’en retourne backstage laissant un public ravi. Quelques couacs, mais un set efficace quinous a fait découvrir un groupe plus que sympathique.

Après une intrigante mais remarquée première partie de Sabaton l’an dernier, Peter Baltes et Wolf Hoffmann réinvestissent les planches avec bonheur. Accept fait en effet partie de ces groupes qui maîtrisent tant leur sujet qu’on sait ne pas pouvoir être décus par leur prestation. Même Mark Tornillo, habituellement silencieux entre deux chansons, est bavard ce soir. Les petits nouveaux ( le discret Uwe Lulis et le plus expansif Christopher Williams, respectivement guitariste et batteur) arrivés en 2015 sont parfaitement intégrés. On sent ce line-up particulièrement confiant et très enjoué: la complicité entre les musiciens fait plaisir à voir.

Sans surprise, Accept sort l’artillerie lourde dès le départ avec un décor militaire (à quand le retour des treillis? Non, je blague…), des fumigènes en pagaille et des lights irréprochables (enfin le retour des poursuites dans une salle moyenne!). En alternant titres speed et morceaux heavy, en piochant dans quelques raretés (Objection overruled est une belle surprise, notamment complété de ce duel entre les deux anciens – Wolf et Peter), en jouant avec un public tout acquis à sa cause, Accept prouve une nouvelle fois l’excellence de son professionnalisme. Il n’y a rien à redire, sauf ce petit écart qu’est l’interprétation en solo que fait maitre Wolf du Bolero de Ravel… Ce même Wolf Hoffmann ravi d’exhiber une collection de guitares toutes plus flashy les unes que les autres – on est au royaume des paillettes bleues et rouges! – est, comme à son habitude, le maitre des lieux.

Cependant, avec 5 titres d’affilée issus du dernier album (The rise of choas, Koolaid, No regrets, Analog man et The final journey), même si le groupe est là pour le défendre  (dont il aura présenté 6 titres sur 10), c’est peut-être beaucoup pour ceux qui ne connaissent pas The rise of chaos. Heureusement, c’est du lourd, et Accept a tout loisir de se concentrer sur ses classiques attendus (au hasard? Princess of the dawn, Balls to the wall, Restless and wild, Fast as a shark) ou ses morceaux les plus récents (Stalingrad, Shadow soldiers, Teutonic terror, Pandemic…), faisant la par belle à la période dorée que le groupe vit depuis son retour avec Tornillo.

Deux heures durant Accept séduit un public ravi avant que Mark ne lance un « Thank you Paris, we’ll see you at Hellfest ». Oui, Messieurs, le rendez-vous est noté et hors de question de rater ce rendez-vous avec l’un des derniers monstres sacrés du metal allemand!

RUNNING WILD: Rééditions

Heavy metal, Allemagne (BMG, 2017)

Souvenez-vous: en 2016, BMG publiait une série de doubles compilations de groupes qui figuraient, au cours des années 80, sur le mythique label allemand indépendant Noise. Intitulées Nosie lebt! ces compilations résumaient la carrière de groupes aussi variés que Helloween, Kreator, Grave Digger, Tankard, ou encore Running Wild. Eh, bien, les inventeurs du metal pirate sont aujourd’hui à l’honneur puisque BMG a décidé de rééditer pas moins de 5 albums aussi légendaires que le label qui mit au jour le groupe de Rock n Wolfe. 5 albums dans des versions expanded – rallongées, donc – bénéficiant chacun de titres supplémentaires et d’un lifting du livret, dont les notes retracent en profondeur la genèse de l’album et l’histoire du groupe. Under Jolly Roger, sans doute l’album le plus marquant puisque inventeur du genre, est le seul présenté sous la forme d’un double CD – et dispose sans doute du livret le moins attractif du lot . On se délecte à l’écoute – la redécouverte pourrait-on dire – du metal fortement influencé par Maiden, Priest ou Motörhead, légèrement diabolique aux débuts jusqu’à ce coup de génie qui vit le groupe devenir les pirates du metal. les versions réenregistrées de certains morceaux valent au moins autant que leurs versions originales, et sont au goût du jour. Aucun fan ne passera à côté de ces documents dont on regrette seulement le manque d’enregistrements live inédit ou d’un bonus vidéo/DVD. N’empêche, vous savez ce qu’il vous reste à faire, moussaillons!

DIRKSCHNEIDER live à Paris (La Machine du Moulin Rouge, le 13 décembre 2017)

Avec son projet Back to the roots qui propose de revenir « une dernière fois » sur les meilleures chansons qu’il a pu écrire en compagnie d ‘Accept, Udo Dirkschneider retrouve avec bonheur de nombreuses scènes mondiales. Paris en fait partie, et c’est un vrai plaisir que de pouvoir réécouter ces classiques parmi les classiques interprétés par leur chanteur originel, accompagné de ses compagnons d’UDO.

Rendez-vous est donc pris à la Machine du Moulin Rouge – l’ex-locomotive – pour une affiche 100% heavy metal vintage puisque le maître de cérémonie à convié les Anglais de Raven à venir ouvrir. Rares en France, une telle opportunité devrait attirer du monde, mais… Ce ne sont qu’environ 400 personnes qui se présentent, assez pour créer une bonne ambiance, trop peu au regard des artistes présents.

Raven déploie, comme d’habitude pour qui les a vu auparavant, une extraordinaire énergie. Et que l’on soit ou non fan de ce metal si particulier, du chant hallucinant de John Gallagher, surtout, on ne peut que reconnaître que le trio pête la forme; un détail, cependant, et pas des moindres: le batteur a changé. Malheureusement victime d’une crise cardiaque, Joe Hasselvander a dû jeter l’éponge. La tournée a tout de même pu être assurée grâce à la participation, des deux côtés de l’Atlantique, de différents batteurs venus spontanément donner un coup – de très nombreux coups – de baguettes. Raven a beau ne plus attirer autant qu’avant, son statut reste intact auprès des musiciens.

Le public présent dans la fosse ce soir ne peut qu’être épaté par l’énergie développé sur scène par les frangins Gallagher. John est toujours équipé de son micro mobile, lui permettant d’envahir, avec son frère la scène et d’aller voir le public partout. Sa voix est toujours aussi puissante et son chant hallucinant. Et cette collection de basses a de quoi impressionner! Mark, quant à lui, est parfaitement remis de l’accident qui, en 2001, a failli lui coûter ses jambes. Sans toutefois sauter comme un cabris, il se démène, courant dans tous les sens, grimaçant à l’envi tout en délivrant des parties de guitares d’une redoutable efficacité. La setlist, courte, propose des classiques tels que All for one, Hell patrol, ou Rock until you drop. Le groupe nous propose même une rareté qui n’aurait pu être jouée à certaines époques sans risquer de s’attirer les foudres. Mais « this is a fucked up world with fucked up politics », et Hung, drawn and quatered est parfaitement approprié.

Avant de terminer avec le dingue Crash bang wallop – un des morceaux qui valu à la musique de Raven le surnom d’Athletic rock – un mini medley est proposé avec un extrait du It’s a long way to the top (if you wanna rock n roll) dédié à Malcolm Young. La vie n’a pas été tous les jours facile avec Raven, et c’est bien dommage, car, malgré le poids des ans qui se fait visible, le groupe est toujours aussi pêchu.

Après une intro tribale, les musiciens de Dirkschneider entrent sur scène sur The beast inside. Le chanteur, lui, soigne son entrée. Sa voix rauque résonne et, lorsqu’enfin, il apparait, le public est aux anges. Le chanteur se pose devant la scène, agrippé à son micro, et recule régulièrement lors des aprties instrumentales, mettant en avant ses musiciens. Ces derniers se connaissent parfaitement puisque ce sont ceux qui l’accompagnent déjà au sein de UDO dont de vastes tentures annoncent le retour en 2018.

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Rapidement, un constat s’impose: Udo Dirkschneider s’est empâté, et il a du mal a se mouvoir. s’il n’a jamais été particulièrement mobile sur scène du temps d’Accept, ce soir, il bouge à peine. Certes, il vient faire l’accolade à ses gars, mais tranquillement. Eux, en revanche, semblent s’éclater comme des gamins (qu’ils sont, d’ailleurs) et profitent pleinement de chaque instant.

C’est donc la setlist qui vaut le détour. Bien sûr, il n’est pas possible de faire l’impasse sur les indispensables classiques que sont London leatherboys, Princess of the dawn, Breaker, Fast as a shark ou Metal Heart. Et bien que l’on puisse s’attendre à d’autres classiques, Dirkschneider préfère jouer la carte de la surprise avec de vraies raretés, celles qu’on a oublies, ou presque. Quel plaisir en réalité d’écouter Bulletproof, Slaves to metal, Another second to be, Protectors of terror, Stone evil ou XTC! Bien qu’ayant moins marqué l’histoire d’Accept, ces morceaux se révèlent simplement très efficaces. Udo a dû se faire plaisir en réexplorant son passé, en le redécouvrant, même, et propose là matière à un troisième volet de son projet Back to the roots – qui pourrait même se nommer Farewell accepted.

Le groupe est, de son côté parfaitement en place, aidé par un light show impeccable. Si les attaques frontales à 4 rapellent évidemment Accept, chacun dispose de son espace partagé, du soutien d’Udo et de son moment, ses moments d’expression en solo. L’histoire d’un groupe qui revisite celle d’un autre groupe, en somme.

Bien sûr, on aurait apprécié – plus que ça, même, Starlight, Burning, Restless and wild, Flesh rockin man, Up to the limit, Head over heels et/ou Loosers and winners et d’autres encore, mais ça ferait un show de 4 heures! Alors à ceux que j’ai entendu râler au bar disant qu’il s’agissait « d’une setlist de merde », je répond que non! C’est le concept même de cette tournée Back to the roots – A farewall to Accept   que de sortir de vieux titres d’Accept rarement ou jamais joués. Et le groupe s’est parfaitement approprié ce répertoire pas évident. Udo Dirkschneider aurait facilement pu capitaliser sur les classiques, il a préféré choisir le risque, et rien que pour ça, il mérite le respect.

 

Merci à Roger Wessier et Base prod d’avoir rendu ce report possible

SCORPIONS: Born to touch your feelings

Rock, Allemagne (RCA/Sony music, 2017)

Scorpions sans ballades ne serait pas Scorpions. Alors quoi de mieux que de célébrer l’arrivée de Mikkey Dee à la batterie que de proposer une nouvelle compilation de ballades? Un peu contrasté, non? Voire contradictoire, pour l’ex bucheron de Motörhead! Ce Born to touch your feelings présente la particularité de proposer des morceaux remasterisés (principalement en 2015) ou présentés dans des versions plus récentes. Bien sûr figurent au tracklisting les indispensables que sont Always somewhere, Holiday, Lady starlight, When the smoke is going down, Wind of change ou Still loving you. Ce disque est cependant l’occasion de (re)découvrir d’autres morceaux comme Follow your ehart, Melrose avenue, The best is yet to come… 17 titres, 17 ballades variées et souvent enchanteresses. Seulement, 17 ballades, c’est long pour l’amateur de rock. Ok… ce n’est sans doute pas la cible commerciale, le public visé étant plus celui qui ne connait Scorpions que via, pour, ses ballades. Le produit final est toutefois réussi, et présente l’énorme avantage, en soirée, de ne pas chercher des heures durant une jolie ballade pour un moment de douceur. Un beau produit, une belle compilation, pas du tout représentative de ce qu’est Scorpions. Mais ça sent quand même le futur album… Plus rock, sans aucun doute! En attendant, si vous n’avez pas encore trouvé comment faire plasir à votre douce, il est encore temps!

Pumpkins United: HELLOWEEN live à Paris (Zénith Paris la Villette, le 15 novembre 2017)

Les fans le savent et attendaient cet événement depuis longtemps: le retour de Michael Kiske, le second chanteur mais celui qui a vu la carrière du groupe décoller, et de Kai Hansen, premier chanteur guitariste, dans la famille Helloween. Mieux encore, les deux ex ne prennent la place de personne puisqu’ils viennent compléter le line up composé depuis des lustres par Andi Deris (chant), Mickael Weikath et Sascha Gerstner (guitares), Markus Grosskopf (basse) et Dani Löble (batterie) pour un spectacle à 7 visages. On le sait depuis quelques temps, les chanteurs alterneront entre duo/trio et parties individuelles, pour le plus grand bonheur de tous.

Personne ne sait encore s’il une première partie est prévue. En arrivant sur place, le public découvre un Zénith en petite configuration, et un gigantesque backdrop célébrant cette réunion. Le concert n’est pas complet mais il y a suffisamment de monde pour que la soirée soit chaude. le temps passe, et il est clair que Helloween sera seul ce soir. Pas plus mal avec un concert annoncé de près de 3 heures… Plongée dans le noir à 20h, la salle résonne d’une ovation publique et des premières notes de Halloween. Séparés par la batterie, les deux chanteurs ne tardent pas à utilisée l’avancée de scène, accompagnés de Kai Hansen, où, sans surprise, ils reçoivent une ovation explosive. Les enfants prodigues sont de retour, et la famille se réunit rapidement autour, affichant – ce qui sera une constante – une complicité retrouvée. Les photographes ne savent plus où donner de la tête tant il y a de monde sur scène… Ces mêmes photographes vivent même une petite galère, les consignes données aux agents de sécu changeant d’un agent à l’autre: « vous pouvez rester », « non, la sortie, c’est ici… Ah, ben, en fait, vous pouvez rentrer avec vos pass photos, mais de l’autre côté » « Non, ici, sans billet, vous n’entrez pas… » Bon, les gars, vous avez le choix: gradins ou fosse? » Ce petit intermède nous fait rater 3 chansons, mais, allez, ça fait partie des gentilles galères. Merci, Fabienne de nous avoir fait, finalement, entrer!

 

Les 7 sur scène donnent rapidement l’impression non seulement d’avoir, en vrai pros qu’ils sont, trouvé leur marques, mais aucun des musiciens ne cherchent à s’imposer. L’esprit de groupe, ce soir, a éjecté royalement égos et conflits d’intérêts. Tous affichent une belle complicité et une réelle joie d’être là.

En fond de scène, un écran diffuse des animations de circonstances, citrouilles, Dr Stein et autres créatures, dont le duo de citrouilles déconnantes Seth et Doc qui animent les divers intermèdes du set. Nombreux, d’ailleurs, ces intermèdes cassent un peu le rythme mais avec un show aussi long, les musiciens ont sans doute besoin de souffler et de récupérer au calme.

L’un des moments forts arrive rapidement, Kai Hansen se posant devant son micro pour interpréter, en compagnie de ses anciens compères, 3 titres des débuts de Helloween. Autant dire que le public est aux anges avec ce triptyque composé de Starlight, Ride the sky et Judas (encore un titre d’actualité tellement nos politicards puent à travers le monde), suivis de Heavy metal (is the law). Un grand moment salué comme il le mérite !

Le décor est à la fois sobre (une citrouille découpée et des marches de part et d’autres de la batterie), tandis que les lumières sont remarquables et parfaitement réfléchies pour mettre en valeur tous les musiciens à tour de rôle – ni trop ni trop peu – et chaque chanson bénéficie d’un traitement spécifique. Le moment calme voit Sasha Gerstner accompagner, seul, Deris et Kiske sur les ballades Forever and one et A tale that wasn’t right avant que les hostilités ne reprennent avec le très enjoué et optimiste I can qui précède un superbe solo de batterie. Dani Löble frappe ses fûts quelques minutes avant que l’écran ne projette les images d’une main glissant une VHS dans un magnétoscope. Su la tranche est inscrit « Ingo drum solo ». Ingo Schwichtenberg est, lui aussi, à l’honneur ce soir grâce à ces images d’archives qui deviennent le prétexte d’une bataille de batterie entre Ingo et Dani. Beau, impressionnant et, surtout, émouvant.

Why ? est sujet à un petit moment de flottement lorsque Kai Hansen s’approche de Michael Kiske, vraisemblablement pour lui dire qu’il chante un ton trop bas, ce qui fait rire le chanteur qui se reprend vite avant le retour de Deris pour un Soul survivor d’enfer. C’est le seul titre, d’ailleurs, qui voit ces 2 mots (Soul et Survivor, pour ceux qui ne suivent pas…) projetés en fond de scène…

Juste après Power, Andi Deris se fend d’un petit speach avant d’introduire How many tears chanté à 3 voix. Sur les côtés de la scène, je remarque les secouristes qui s’affairent, tentant apparemment d’extraire un slammer mal tombé. Il y en a peu, ce soir, et les agents de sécurité sont gênes par la disposition de la scène…Les choses semblent bien se terminer. Reste que How many tears ressemble à s’y méprendre à un final. Mais non, c’est trop tôt… Pourtant, non, Helloween quitte la scène et revient pour un premier rappel.

C’est Kiske qui s’y colle pour un Eagle fly free bienvenu, suivi d’une joli « accusation » : « ce morceau dure 15’… C’est Michael Weikath qui en est coupable » introduisant l’intégrale de Keeper of the seven keys. Un vrai grand moment de concert durant lequel le chant est partagé judicieusement. Et c’est fini… Jusqu’au retour du susmentionné Weiki qui se fend d’un joli solo et, ce qui n’apparaît pas sur les concert précédent, un bel extrait de Blue suede shoes. Enfin, final dantesque, Future world est explosif, autant que le public sur I want out, message à peine nécessaire après près de 3 heures d’un show qui se conclue avec des cotillons et confettis.

Ce soir, Helloween était au mieux de sa forme. Dommage que le public ne fut pas plus nombreux, mais c’est ainsi. Les présents ont passé rien moins qu’une des meilleurs soirées de l’année. Ni plus, ni moins. Superbe !

 

Merci à GDP, Olivier Garnie, Fabienne et Roger Wessier d’avoir rendu ce report possible.