Séance de rattrapage: BEHIND BARS: As I wait for death

Belgique, Hardcore (Deathwake records/Ondergrond records, 2025)

Formé en 2015 au nord de la Belgique, Behind Bars se forge une telle réputation que le groupe se retrouve invité en 2018 par le Wacken Open Air, ce qui lui offre une visibilité jamais envisagée. Après un premier Ep, la formation décide d’enregistrer son premier album. Las… Free at last vit le jour en plein Covid et en subit les conséquences. En 2023, un nouveau chanteur intègre BB, Ian « Husky Kuyskens qui apporte une rage nouvelle au son de la formation qui nous propose fin 2025 As I wait for death. Les 5 titres de cet Ep sont tous aussi enragés qu’enjoués et entrainants. Si l’ensemble tabasse sévère, la rage vocale de Husky, les riffs de Steven Vandermosten et les rythmiques puissantes du bassiste Andy Philips et du batteur Bjorn Van Olmen ne peuvent laisser l’amateur de puissance indifférents. On tape du pied dès l’attaque rageuse de P.A.I.N. en levant le poing et en pogotant jusqu’aux derniers « oh, ohoh! » de Anthem. Cinq titres dont aucun ne se répète qui donnent une telle pêche qu’on en voudrait encore plus. Cinq titres hardcore aussi brutaux que joyeux et bigrement efficaces. Behind Bars est un groupe à découvrir d’urgence. Au fait, on traduit comment le nom du groupe ? « Derrière les barreaux » ou « Derrière les bars »? Au pays de la bière, j’opterai bien pour la seconde version, mais vu le style du groupe, la première me semble plus juste…

EPINIKION: The force of nature

Pays-Bas, Metal symphonique (Autoproduction, 2026)

Le metal symphonique a, semble-t-il, encore de beaux jours devant lui. Alors qu’un certain souhait nocturne s’est mis en pause pour une durée indéterminée, les prétendants au trône se font connaitre. Epinikion est de ceux-là et propose, avec son second album, The force of nature, une oeuvre aboutie et ambitieuse. Formé aux Pays-Bas par Renate de Boer (claviers) et Robert Tangeman (guitare), deux anciens athlètes en reconversion qui ambitionnaient, sans aucun cursus musical, d’écrire un album d’opera rock qui vit le jour sous le nom de Inquisition. Ils complètent leur line-up avec la chanteuse Kimberley Jongen, un second guitariste, Marten Junschläger, le bassiste Rutger Klijn et le batteur Michal Gis. « Le chant du vainqueur« , c’est la signification grecque du nom du groupe, réussi, avec The force of nature, à se démarquer des habituelles références du genre. La voix profonde de Kimberley est portée par les guitares déterminées et les ambiances aux rythmiques souvent envoutantes sont à la fois épiques et aventureuses. The sun, the moon and the stars qui introduit l’album ne reflète pas forcément ce qui suit. Au contraire, la douceur des paysages musicaux épiques cèdent la place à un fureur contrôlée qui vient donner ses couleurs au morceau titre, à Come into my world ou autre Don’t wake up the dead. Thought you were on my side apporte un peu de douceur dans ces univers déterminés. Avec The force of nature, Epinikion fait preuve d’une grande maturité tant musicale qu’esthétique – la mise en son, superbe production, ou le visuel – superbe pochette signée Giannis Nakos pour Remedy art design – et pourrait bien se frayer un chemin vers les sommets. Un groupe à découvrir sans hésiter.

MESSALINE: (alias lilith)

France, Metal progressif (Brennus, 2026)

Les amateurs de Messaline le savent bien, un nouvel album est très souvent la promesse d’un bon moment tant musical que littéraire. (alias lilith), le dernier né de la bande à Chatos (Eric Martelat, chant), ne déroge pas à la règle. Le groupe nous offre neuf titres qui s’articulent comme les pièces d’un puzzle autour d’un mystérieux concept, celui de la « mordorée lilith ». Un jeu de pistes aux innombrables jeux de mots griffonnés autours de personnages variés dont les maux divers forment la base de ce concept. Chaque titre de chanson est sous titré d’un alias – pour Lilith c’est « alias Messaline » – qui donne le la et le ton de l’œuvre. Avec ses compagnons de jeu (de scène cette fois-ci) – le line up est celui ayant enregistré l’Ep live Braconniers du silence en 2024, soit Mathieu Gilbert aux guitares, Didier Schoepflin à la basse, Alain Blanc à la batterie et Agnès Gilbert aux chœurs et percussions, chacun ayant également son propre alias que je vous laisse découvrir – Chatos nous entraine dans ses univers angéliques et démoniaques (Ange n’est en effet jamais très loin de ces esprits métalliques infernaux). Progressif dans l’âme, foncièrement heavy rock plus que purement metal, ce nouvel album se laisse écouter d’une traite et interpelle l’auditeur par ces riffs acérés autant que par ses bons mots dont on ne se lasse pas.