FREEHOWLING: A frightful piece of hate

Metal, France (Silver medal, 2018)

Dès les premières mesures de ce premier album (court, 7 titres) des Français de Freehowling, on sait qu’on a à faire à du sérieux. Lourd et oppressant, Children of society, qui ouvre A frightful piece of hate, propose des ambiances directes et inquiétantes avant de se tourner vers du plus classique sur Crushed world. Tout du moins dans les guitares parfois à la Maiden, ou dans le chant à la Slayer. Sepultura, Machine Head ne sont jamais bien loin, et la suite, Deathline – et ses rythmes cassés et cassant – ou Master of thought – et son introduction en français – La ligue des justiciers, lourd et lent à la Black Sabbath, étonnamment chanté en anglais, apportent leur dose de fraîcheur à un genre qui parfois a tendance à se répéter. Le groupe ne tombe jamais, il faut le remarquer, dans la facilité, lorgnant même vers quelques inspirations progressives. Très heavy, mais progressives…  Pas étonnant dès lors d’avoir des titres majoritairement longs, en majorité plus de 5′, l’un d’eux, Freedom, flirtant avec les 8’30! Osé pour un premier essais dans un genre plutôt extrême. Une belle découverte à soutenir.

BLACK JUJU INC.: Crosses and crossroads

France, Metal (Music records, 2018)

Les amateurs de sensations étranges vont être servis… Présenté comme un groupe de cold wave metal, les Français de Black Juju Inc. proposent avec Crosses and crosroads un metal puissant loin d’être froid. S’il s’adresse aux « amateurs d’Alice Cooper, Prong, Alice In Chains », d’autres se laisseront également séduire par la détermination musicale de ces 8 titres (plus une reprise acoustique du Rude awakening de Prong). Je me délecte, à l’approche de Noël de Satan Claus (ça vous étonne que je publie cette chro le 24 décembre???), et me réjouis de l’oppressant Green, lent, lourd et joyeux en même temps. Le rythme imparable de cette basse (tenue par Jean-François Badie)! Le chant puissant de Lionel Ryckenwaert est parfaitement mis en avant par les guitares de Yannis Geenens et Guillaume Marka et la batterie de l’autre Jean-François, Serveaux. Si Black Juju Inc. ne révolutionne pas le genre, il a au moins le mérite de proposer un album varié, d’explorer ses diverses influences afin de ne pas lasser l’auditeur. Un troisième album mature qui transpire le plaisir de jouer ensemble.

LES TAMBOURS DU BRONX: W.O.M.P

Metal, France (At(h)ome, 2018) – sorti: octobre 2018

Depuis leur naissance en 1987, les Tambours du Bronx (ce Bronx imageant leur quartier de cheminots de la Nièvre) n’ont eu de cesse d’avancer au son des rythmes créés de toutes pièces avec le matériel à portée de mains, et de pieds. Pour ce nouvel album, W.O.M.P, la formation s’adjoint les services d’un Frankie Constanza (ex-Dagoba et serial batteur par excellence notamment chez Blazing War Machine) et des chanteurs Reuno et Stephane Buriez (Lofofora et Loudblast) marquant ainsi un vrai virage vers le metal. Toujours expérimental, ce Weapons Of Mass Percussion explore en effet le metal le plus rugueux et y adjoint guitares et claviers en plus de textes engagés et enragés, en français (majoritairement) et en anglais. Malin, pour qui voudrait s’exporter tout autant que séduire à domicile. Puissants et directs, les 20 titres de cet album destructeur (au bon sens du terme) s’écoutent en tapant du pied. Superbe virage parfaitement négocié, W.O.M.P alliant expérimentation, musique industriel et metal rugueux 20 titres durant. Superbe!

Yann ARMELLINO & El BUTCHO : 17

Hard rock, France (Autoproduction, 2018)

Il y a deux ans, nous découvrions le duo étonnant qu’avaient décidé de composer le guitariste Yann Armellino & El Butcho, le chanteur heavy glam de Showtime, et accessoirement ex-Watcha. Ils reviennent aujourd’hui avec 17, un album composé et enregistré ensemble, et le résultat s’en ressent. Le duo se fait simplement plaisir. Mr Wish, le morceau d’ouverture, donne le ton: la guitare typée « rock instrumental » de Yann trouve en la voix de Butcho un chant un parfait allié. Bien que clairement influencé par le hard rock des années 80, cette collection de 10 chanson + un instrumental entraîne l’auditeur sur les vastes routes américaines sur fond d’inspiration évidentes: hair metal – Mötley Crüe et Van Halen en tête, AC/DC, Satriani… Alors on pourra reprocher un manque d’inventivité, mais est-ce ce que l’on cherche? Si les morceaux sont d’une apparente facilité, une écoute approfondie fait ressortir des guitares moins évidentes que de prime abord. Butcho chante la vie et l’amour, pose un regard introspectif sur ses sentiments et un autre plus inquiet sur l’évolution de notre monde. On retrouve tous les ingrédients qui ont fait de genre ce qu’il est devenu: une voix puissante, des mélodies imparables (exception faite de Drawn in my fears, qui me semble un peu trop « vite fait »), deux ballades, et, surtout, du rock. Tout pour passer un bon moment. On attend maintenant que le groupe tourne afin de retrouver ces deux très sympathiques musiciens en live.

EXCEPT ONE: Fallen

Death mélodique, France (Autoproduction, 2018)

Bon, allez… Je n’aime pas ce type de chant. Ça gueule, je n’y trouve pas de finesse ni de variation. Puissant, mais ce n’est définitivement pas mon truc. Ça n’engage que moi, alors, passons à la musique de Except One qui, elle, est forgé dans un metal puissant, direct et brutal. Les guitares  de ce Fallen proposent des riffs entraînants, explorant différents aspects metalliques, du léger et très clair au rapide et précis comme un scalpel. La batterie est franche, et impose un tapage de pied et headbanging de conséquence. Petite touche sympatique à noter dans les crédit « Drum: Naty ». Euh, au singulier? Drum = tambour, or il semble bien qu’il s’agisse ici de plusieurs tambours… Donc « drums » serait plus approprié… Passons. On sent Expect one inspiré par les grands noms du metal, du heavy au thrash, en passant par le death et le black. De Maiden à Machine Head, en passant par Cradle of Filth et consorts. Qu’on sort, en fait… Encore une fois, si j’accroche musicalement, les hurlements m’empêchent d’aller, d’une traite, au bout. Il reste un album à découvrir, sans doute, que les amateurs sauront apprécier.

Interview: FOREST IN BLOOD

Interview FOREST IN BLOOD. Entretien avec Hervé (guitare). Propos recueillis au Black Dog de Paris le 7 décembre 2018

Bavards, bavards sont les pirates des Forest In Blood! Metal Eyes est allé rencontrer Hervé, guitariste du combo parisien au Black Dog afin de le faire monter sur la planche et répondre à toutes nos questions. Mission accomplie! En plus, les requins n’ayant pas voulu de lui, on a dû le faire revenir à bord…

Metal-Eyes : C’est la première fois qu’on se rencontre, je vais donc te poser la question la plus traditionnelle et la moins travaillée qui soit : peux-tu me raconter l’histoire de Forest In Blood ? Je crois que tout commence en 1998 ?

Hervé : Oui, ça a commencé en 98 avec Elie et Barth, le chanteur et le guitariste. Ils ont commencé la musique ensemble, au bout de deux ans ils ont sorti un premier EP, puis ont changé de guitariste – premier changement du line-up du groupe, d’une longue série… – et je suis arrivé en 2000 et depuis, on a continué l’aventure du groupe. Il y a eu toute une partie Forest In Blood, jusqu’en 2005, on a intégré Nicolas Bastos avant qu’il n’aille dans L’Esprit du Clan et Dagoba. On a écrit un album avec lui, qui allait s’appeler Confrontation with god, mais qui est sorti sous un autre nom de groupe après son départ. 2005, arrêt du groupe, 2010, on reprend Forest In Blood et on fait un Ep…

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui vous a fait arrêter en 2005 ?

Hervé : On en avait un peu marre du nom de Forest In Blood. On était en train de signer sur un label hollandais et le nom n’était pas très international, alors qu’on avait l’intention de s’exporter ; on était très dans le détail d’avoir un nom qui sonne bien anglais. Du coup, on a décidé de changer, ce qui était peut-être une erreur de notre part, et on a créé l’aventure Apocalypse Now qui a duré 4 ou 5 ans, on a sorti deux albums, avec le même line-up, sans Nicolas Bastos qui a enregistré l’album mais est parti juste après. Et on a enchaîné les tournées, on a joué en Allemagne, en… partout en Europe, on a tourné, tourné, jusqu’en 2009 où on en a eu marre.

Metal-Eyes : Il y avait une différence au niveau musical entre les deux groupes ou les deux avaient le même esprit ?

Hervé : C’était beaucoup plus metal, un peu moins hardcore. On a essayé de jouer un peu vite… On a changé, et avec la création d’un autre album, on est revenus à ce qu’on aime plus, des tempos plus rapides…

Metal-Eyes : Vous avez donc reformé, en 2010, Forest In Blood. Qu’est-ce qui a motivé cette reformation ?

Hervé : On avait envie de refaire de la musique, on a refait Forest In Blood entre guillemets « light »…

Metal-Eyes : Parce qu’Apocalypse Now, ce n’était pas de la musique ?

Hervé : Non, mais on avait arrêté pendant un an et demi…

Metal-Eyes : J’ai bien aimé ta surprise !

Hervé : Ouais, merci ! Apocalypse Now, on arrêté parce qu’on avait tous des contraintes de travail et familiales. Et à un moment, tu te rends compte qu’il te manque un truc, et la musique, c’est ce que tu aimes, donc… On a décidé de refaire une répète, puis 2, 3, 4… on a enregistré une démo, on a organisé des concerts, et les aléas de la vie font que ça s’est arr^été tout doucement. Jusque là, en 2018, où on nous a proposé de jouer, et voilà, on a sorti un album !

Metal-Eyes : Donc, c’est l’occasion qui fait le larron…

Hervé : Exactement.

Metal-Eyes : On vous propose de rejouer, Pirates arrive… Il vous a fallu combien de temps pour la composition de cet album ?

Hervé (il rit) : On s’est reformés en mars-avril, on a commencé les compos en mai-juin, et on était en studio en septembre. Ça a été très vite.

Metal-Eyes : Justement, puisque ça a été rapide, es-tu d’accord pour dire qu’il y a certains thèmes de guitare qui se répètent comme une récurrence ?

Hervé : Oui, on l’a composé dans cet esprit, un esprit de continuité. Du coup, on est vraiment allé à l’essentiel, à l’origine de notre façon d’écrire, sans se demander si ça ressemble à ça ou ça… Du coup, on est vraiment allés à l’essentiel de ce qu’on voulait.

Metal-Eyes : L’intro de My dues, et celle de Black Parrot, si je me souviens bien, sont pratiquement du copier-coller… Il y a une inspiration commune tant sur le rythme que sur le riff.

Hervé : Oui… Il y a quelques inspirations similaires dans la façons d’écrire les riffs, je suis d’accord.

Metal-Eyes : Vous l’avez enregistré chez Francis Caste, un producteur aujourd’hui incontournable dans le metal français. Il vous a apporté quoi ?

Hervé : Francis, il t’apporte l’écoute. Quand tu vas chez lui, tu peux écouter toutes ses productions, il n’y en a pas une qui sonne comme une autre. A un moment donné, en Europe, il y avait des gars qui enregistraient des groupes toujours de la même façon. Tu avais l’impression que la console était réglée de la même façon, que les gars jouaient sur les mêmes amplis, tu sortais avec la galette qui sonnait comme tout le reste… Francis, je trouve qu’il a le talent de comprendre les gens, de comprendre ce que tu veux et d’extraire le meilleur de toi. Il est hyper rigoureux, hyper difficile et exigeant. Du coup, il te challenge, il prend ce que tvu as et extraire le meilleur de toi-même. Il va aussi te dire qu’il a compris ce que tu veux, vers où tu veux aller, et il t’y accompagne. Avant tout, c’est un mec qui est super humain, super sympa et tu as envie de travailler avec des gens comme ça. Tu es à la maison. Entre deux albums, tu reviens, tu as l’impression de ne jamais être parti.

Metal-Eyes : Donc au-delà d’être à l’écoute, il est aussi force de proposition.

Hervé : Il t’écoute fortement et il propose. Et ça, c’est super important.

Metal-Eyes : Et ça entraîne beaucoup de changement entre votre composition du titre et le morceau final ?

Hervé : Il y a quelques variations, des choses très techniques dans le jeu de batterie, mas l’esprit global reste le même. Rajouter telle harmonie, jouer un peu plus comme ça sur la guitare… C’est intéressant.

Metal-Eyes : Il y a un truc que j’ai remarqué sur la pochette : les éclairs. Certains ressemblent au M de Metallica, c’est voulu ?

Hervé : On n’a pas fait gaffe… (il regarde la pochette que je lui tends) A ouais, peut-être… Tu vois, même les éclairs sont alignés ! C’est surtout une influence du bassiste, pas moi. J’aime ce qu’ils font, mais ça ne reste pas le groupe que j’écoute le plus…

Metal-Eyes : C’est quoi, vos influences ?

Hervé : Ouah ! Elie, au chant, c’est un fan ultime de Slayer, Sepultura, moi je suis plus Converge, Mastodon, Baroness… Du lourd, pas forcément speed. Nesh écoute un peu de folk… On a tous des influences différentes…

Metal-Eyes : Comment présenterais-tu votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Hervé : Notre musique, c’est du metal hardcore. Qui va recenser les influences de Slayer, le côté plus hardcore de Hatebreed, certains chœurs peuvent même te faire penser, en live, à la façon dont Biohazard faisait les chœurs en harmonie… Après, comment te décrire cet album ? C’est un concept album qui a été écrit autour du thème de la piraterie…

Metal-Eyes : Non ?

Hervé : Si !

Metal-Eyes : Il s’appelle comment ?

Hervé : Pirates…

Metal-Eyes : Ah, ben tiens !

Hervé : Ce qui est important, c’est de l’écouter d’une traite. On l’a écrit de façon à générer une ambiance spécifique, sur l’enchaînement, la composition des morceaux. On avait le thème avant d’écrire l’album, du coup, on a étoffé, établi les paroles, la musique, certaines récurrences. Le flottement de Seul au large au début de l’album, on voulait une impression de houle.

Metal-Eyes : Il est très doux d’ailleurs comme morceau.

Hervé : Oui, et on voulait ce sentiment et qu’après il y ait de la bataille, de la perte de bataille, des rencontres… Il y a James qui parle d’un mec qui se balade dans un bar, il est complètement saoul et il appelle un gars « James ! James ! » et tout le monde se demande « mais qui est ce gars ? ». En fait… c’est sa bouteille de rhum ! L’idée est là : la piraterie et tout ce qui va avec.

Metal-Eyes : Comment vous est venue cette idée ?

Hervé : C’est Barth qui l’a proposée, l’autre guitariste. On a discuté et on se disait que ce serait bien de composer un concept album, et il nous a dit qu’il avait le concept. Il a apporté l’idée et on s’est renseigné. On a découvert un monde hyper codifié, violent, agressif… Et la mer, j’aime beaucoup la mer… Au début, on s’est dit que tout le monde allait vouloir comparer à Pirates des Caraïbes, mais après, on s’est dit qu’on n’en avait rien à foutre et qu’il fallait travailler sur ce concept. Et voici l’album !

Metal-Eyes : 1518, ça évoque quoi ?

Hervé : C’est la mort de Barbe Rousse. C’est pour ça qu’elle est calme.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre pour décrire ce qu’est Forest In Blood, ce serait lequel ?

Hervé (il réfléchit) : Euh… My dues. Parce que la façon dont il est écrit, dont le riff est écrit, représente bien ce qu’est le groupe. C’est-à-dire des parties speed, agressive, avec une partie un peu plus rythmée au milieu du morceau et un petit interlude qui aère le morceau.

Metal-Eyes : C’est le morceau qui ouvre l’album après Seuls au large. Sur votre bio, il est mentionné que le groupe s’est formé en 1998, année de la victoire de l’a France en coupe du monde. Vous revenez en 2018 avec un nouvel album, la France a remporté sa deuxième étoile. Vous prévoyez quoi ? 20 ans pour revenir ? Vous suivez l’actualité du foot français ?

Hervé (il rit) : Elie la suit, Nesh aussi, les trois autres un peu moins. Mais on pourrait dire que c’est précurseur.

Metal-Eyes : On peu espérer que la sortie du prochain album corresponde avec…

Hervé : On peut l’envisager, oui (rires). On va essayer d’en faire un autre pour dans deux ans, pour la coupe d’Europe. Et deux ans après, pour la coupe du monde…

Metal-Eyes : Si tu pouvais imaginer une devise pour Forest in Blood à mettre sur votre album tous les deux ans, ce serait quoi ?

Hervé : L’amitié et la générosité. Parce qu’on est des potes avant tout, cet album a été enregistré comme ça, par des amis qui ont envie de se faire plaisir avant tout. Et la générosité parce qu’on adore donner des concerts et rencontrer des gens, en dehors de Paris.

Metal-Eyes : Un album ça se défend sur scène. Quels sont vos projets de concerts, en dehors de Paris ?

Hervé : Il y a quelques projets en cours, quelques dates en planification. On joue à… on joue à Viry Chatillon, on va aller à Nantes, à Colmar, Bordeaux… On est dessus… Après, on espère pouvoir choper des bons trucs en première partie… Il y a la tournée de Mass Hysteria, ça serait chan-mé de faire une date avec eux ! Ce serait génial de pouvoir tourner avec des groupes qui sont là depuis des années, qui respectent le public, la scène…

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter pour les lecteurs de Metal Eyes ?

Hervé : Oui, une chose : vous allez surfer sur internet, choper des morceaux à droite, à gauche. Ce que je vous conseille, c’est de prendre 40 minutes de votre temps, et écoutez l’album en entier. Fermez les yeux, imaginez que vous êtes sur un bateau, qu’il y a des batailles, la guerre… Vous n’aurez pas le mal de mer mais vous allez kiffer parce que c’est écrit autour de cette ambiance des pirates.

 

OVER NEMESIS: Wink

Heavy metal, France (Music records, 2018) – sorti le 31 août 2018

A la première écoute de Wink, ma réaction ne se fait pas attendre longtemps: ok, c’est du metal, mais le mec, ben il hurle… Encore un… Et puis, une seconde écoute, après avoir lu le dossier de presse qui précise que Over Nemesis, inspiré par le hard des années 70 à 90, s’adresse aux fans de Led Zeppelin, Black Label Society et Black Stone Cherry. Allez, second essai. Le morceau introductif est simple, le batteur frappant ses cymbales à la manière d’un John Bonham, puis, la guitare heavy et déterminée de Vault of blindness fait écho avant que ne résonne le chant rageur de Nicolas, fondateur du groupe. 70’s? Bof, mais le propos est si heavy et direct que je me laisse entrainer. Et puis vient ce Mario & Sergio aux relents d’un AC/DC doublé de Nirvana, la guitare évoquant Hell’s bells et le chant, un Cobain torturé. Puis Accross the star me surprend: le morceau démarre avec une cloche. ENcore, me dis-je? Je reviens en arrière, puis débute chaque morceau pour me rendre compte de cette originalité: chaque chanson de Wink débute avec cette même cloche, fil conducteur de cet ouvrage finalement plus que sympathique. Les guitares sonnes comme celle d’un certain Zakk Wylde, les rythmes sont variés, les riffs rageurs et entraînant. Difficile, au final, de ne pas se laisser emporter par ce tourbillon efficace qui laisse une joli place à la mélodie et à la puissance. A découvrir, il est encore largement temps.

 

JIMM: Distorsion cérébrale

France, Rock (Juste une trace, 2018) – sortie le 30 novembre 2018

Avec déjà deux albums au compteur (Jimm en 2013 et In(can)décence en 2015) Francis Caste et Fred Duquesne, le guitariste chanteur Jimm revient en 2018 avec un troisième album, Distorsion cérébrale. Composé de  11 titres, ce disque, foncièrement rock, explore différentes facettes énervées du genre. Les thèmes abordés sont sérieux et sombre, allant de la politique à la religion, Jimm éructant ses paroles à la manière d’un Brel du rock, enragé et engagé. Si Ton blues dans la peau et Je ne veux jamais vieillir sont plus personnels, Jimm s’emporte littéralement sur les aspects politiques avec L’ivresse du pouvoir, Prêt à penser ou Nos élites, titres sur lesquelles ressortent quelques influences punk bienvenues. Prisonnier de dieu semble inspiré par les tragédies de 2013 et toute forme de violence commises au nom de dieu. « Mais dieu n’existe pas » comme le chante, le plus simplement du monde et avec conviction, Jimm. Pas sûr que ça plaise à tout le monde, mais on reste dans un pays libre et laïque, ou la liberté de pensée et d’expression restent sacrées. Si le rendu est entraînant, une certaine naïveté se dégage de l’ensemble, faisant de ce disque une oeuvre simple et vraie. Pas de prise de tête, du rock, franc et direct. Comme cela devrait l’être tout le temps.

FOREST IN BLOOD: Pirates

Thrash/Hardcore, France (Autoproduction, 2018)

Forest In Blood est un groupe parisien formé en 1998 qui nous revient aujourd’hui avec Pirates, son… second album! Dans sa bio, le groupe note s’être formé l’année où l’équipe de France de foot devint championne du monde. Nous ne pourrons que remarquer que ce second album arrive alors que la France a remporté sa seconde étoile… Y a t-il un lien de cause à effet? Rien n’est moins sûr tant les goûts musicaux de nos joueurs sont à l’opposé de ce que nous propose Forest in Blood qui puise son inspiration dans le thrash de Slayer ou de Metallica (certains éclairs rouge sang de la pochette ressemblent à s’y méprendre au M des Horsemen…) et dans le hardcore d’un Hatebreed débridé. Les rythmiques sont d’une réelles efficacité, de celle qui fait taper du pied, et si je dois relever un défaut, c’est la redondance des guitares. Les riffs, à quelques exceptions près, semblent se répéter, parfois (écoutez les intros de My dues et Black parrot) même être identiques. Pourtant, ça marche, et le chant enragé provenant de la gorge profonde de Eric Florentin accompagne avec une brutalité défouloir les guitares rageuses de Barthélémy Vaudon et Hervé Marguet. La section rythmique, jamais en reste est à l’avenant (la basse vrombissante de Pierre Acedo soutient la batterie guerrière de Cédric Sénéchal). Heureusement, FIB nous offre également quelques intermèdes plus légers bien que pas forcément indispensable. Qui s’étonnera dès lors de lire que la production est signée de l’incontournable Francis Caste, un des meilleurs producteurs metal de son temps? Pirates est un de ces albums qui risque fort de prendre toute sa mesure sur scène. A bon entendeur…

DROP DEAD: Mayhem Inc.

Hard rock, France ( Autoproduction, 2018)

Les amateurs de hard rock un peu vintage et glam vont être aux anges. Des guitares qui crissent, des riffs entraînants, une rythmique franche et directe, une voix forgée aux clopes et au whisky… Voilà quelques uns des ingrédients qu’on retrouve tout au long de ce Mayhem Inc., le nouvel album des Français de Drop Dead. Le groupe puise son inspirations dans le gros son du southern rock, dans l’irrévérence du punk, un peu de tendresse ci et là, et s’amuse avec ce qui fit les beaux jours des 80’s et une partie des 90’s, version heavy ou grunge américains. Sans aucun doute, d’ailleurs, le quatuor lorgne-t-il secrètement vers de lointaines terres outre-Atlantique. Drop Dead réserve même quelques surprises et étonnement comme ce Anarchy qu’on aurait, a priori, imaginé violent. Mais non, c’est le contraire. Les Taste of money, Fuck you (I’m a rock star), Path to the reason et autres High school font taper du pied, inlassablement. L’ensemble est attirant, séduisant même, et ne laisse pas indifférent l’amateur de riffs couillus, d’effets wah wah et de morceaux francs et directs. Un album à découvrir, et un groupe prometteur à soutenir.