LOADED GUN: First round

France, Heavy metal (Autoproduction, 2019)

Euh…. comment dire? Comment aborder cet album qui veut nous replonger au coeur du hair metal insolent et déjanté des années 80? Comment dire que les Français de Loaded Gun nous font part de leur nostalgie des frasques des Mötley Crüe, Gun’s n Roses, Cinderella, Ratt et autres Poison? Le riff assuré, les guitares volontaires, les thèmes purement sexuels, tout, de Stay on me à Last bullet, en passant par Bitch (pas celui des Stones repris récemment par The Dead Daisies, non..) à Dirty night pourrait séduire l’auditeur si ce n’est ce chant dont je ne comprends pas un traître mot. Le chant yaourt ne passe pas le cap de mes oreilles… Et là, oui, on est bien de retour dans la France des 80’s qui faisait écrire à Martin Popoff  dans son Collector’s guide to heavy metal volune 2: « Que quelqu’un frappe ces gars avec leurs bérets » (chronique de l’album Never too late de de Stators, p. 337)…  Encore une fois, groupes français: si vous décidez de chanter en anglais, respectez vos auditeurs anglophones. Perso… Je passe.

Interview: SHAÂRGHOT

Interview SHAÂRGHOT. Entretien avec Bruno (guitares). Propos recueillis hard Rock Café de  Paris, le 13 mai 2019

Metal-Eyes : Comme il s’agit de notre première rencontre, peux-tu me raconter l’histoire de Shaârghot ?

Bruno: En fait, Shaârghot est un personnage qui est né d’une expérience qui a mal tourné, en s’injectant un produit. Ce produit révèle les faces les plus sombres du personnage, qui deviennent principales, et qui, en plus, développe un parasite qui rend sa peau noire et luisante.

Metal-Eyes : Le groupe est né quand ?

Bruno: Il est né il y a 5 ans, et on est sur scène depuis 4 ans. Sinon, l’histoire est née il y a 7 ans. Ça fait 7 ans qu’Étienne a l’histoire du groupe en tête. C’est Etienne qui a eut l’idée du concept et qui détient toutes les clés de l’histoire. Aujourd’hui, je n’en connais pas la suite…

Metal-Eyes : Visuellement, c’est très marquant, mais quelle est l’idée générale que vous souhaitez développer ?

Bruno: C’est d’offrir aux gens, au public, de a musique et plus que ça. Le projet est né en se demandant ce qu’on aime quand on va voir un concert. On aime la musique, certes, mais aujourd’hui il y a une grande part de show. Il faut offrir, à mon sens plus que de la musique, sans tomber dans le cirque rock’n’roll, mais offrir une histoire, une  atmosphère. Que le public puisse s’évader, s’immerger dans un autre monde. Comme quand on va au cinéma. Là on cherche à poser une ambiance.

Metal-Eyes : Votre musiqeu est très metal, très indus et électro. Elle est assez violente, à l’image du visuel des disques. Comment la décrirais-tu pour quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Bruno: Quelqu’un qui a des références musicales, d’éclectique ? Je mettrais en avant le coté électro avec des renforts guitares, le chant en anglais, mais je reviendrais sur le côté visuel, qui, en fin de compte, est la base du groupe. Le spectateur, s’il vient en concert, verra différents tableaux, en fonction des titres. S’il a envie d’acouter une musique très énergique, qu’il vienne tenter.

Metal-Eyes : The advent of shadows… que peux-tu m’en dire pour me convaincre d’aller l’acheter en sortant d’ici ? En dehors de me menacer avec la batte de base-ball…

Bruno: Ah, c’est ce que je voulais faire… Non, elle n’est pas là, c’est relâche aujourd’hui. C’est encore assez délicat parce que pour aller courir l’acheter, il faut venir nous voir. On a beaucoup d’exemples de gens qui sont allés voir un groupe dont on faisait la première partie et après… leur vie n’a plus du tout été comme avant. Ils sont vraiment devenus fans.

Metal-Eyes : Donc c’est l’expérience scénique qui va convaincre le fan…

Bruno: Exactement, le convaincre d’aller acheter le disque.

Metal-Eyes : Scéniquement, je peux imaginer ce à quoi on peut s’attendre, beaucoup d’énergie, un show très visuel… Quels sont vos projets de tournée ? Il y a déjà le Hellfest…

Bruno: On a déjà une date par mois, le Hellfest en juin, la guerre du son en juillet, et ensuite, le festival 666, un festival metal à côté de Bordeaux, où joue Dagoba, et en octobre, on a une date parisienne. Il y en a d’autres qui suivent. C’est sur scène qu’on s’exprime le mieux. Et aussi par l’intermédiaire des clips qui nous permet de communiquer notre visuel.

Metal-Eyes : Le Hellfest est un gros événement. Comment vous préparez vous ?

Bruno: Comme on se prépare pour les autres concerts. Pour nous, c’est une belle étape de faire le Hellfest, ce n’est pas neutre… Là on a 30’ pour convaincre, sous une tente et en plein jour. Alors nous qui privilégions le côté sombre… On l’a déjà fait, et ça met encore plus en valeur nos personnages.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de The advent of shadows pour expliquer ce que vous êtes aujourd’hui, ce serait lequel ?

Bruno: Je dirais Kill your god. Parce qu’il mélange les côtés metal, indus, électro et énergique.

Metal-Eyes : Pour le message ?

Bruno: Non, pour le message, ce serait plus Shadows. Un titre rassembleur. Notre force, c’est qu’on commence à avoir une fan base, et on implique nos fans. C’est une chanson qu’on a fait pour eux…

Metal-Eyes : Au niveau de la composition, vous avez une méthode particulière de travail ?

Bruno: Oui. Il y a toute une histoire, et c’est Etienne seul qui en détient les clés. C’est lui qui sait quoi raconter sur quel album. Ensuite, la méthodologie de travail est simple : il a les idées, ensuite, quand il a commencé à les travailler, j’interviens pour voir si la voie est la bonne, et chacun ajoute sa patte. Parfois il y a des choses à changer, à rajouter, certaines choses peuvent être gênantes, donc je l’exprime. C’est un travail qui est très collectif parce qu’on intervient tous.

Metal-Eyes : On fait souvent le lien avec des groupes comme Punish Yourself, avec qui vous avez tourné. Ça fait quoi de voir les deux groupes sur une même scène ? Ca doit être un joyeux bordel…

Bruno: C’est un joyeux bordel, et on se dit… Au début, on avait quelques craintes, nous en noir, eux en couleurs… Quand on a commencé avec eux, ils ont fait leur tournée noir et blanc. Et en fait, on s’est aperçu  qu’on était dans deux univers complètement différent malgré quelques point communs, comme le coté cyber punk, un peu fluo. Mais on sent qu’on n’est pas pareil. On est plutôt complémentaires, en fait. Et c’est deux groupes français. Ce qui montre qu’en France, on peut avoir des groupes atypiques, créatifs, avec un show, un visuel. Donc oui, c’est un joyeux bordel ! (rires)

Metal-Eyes : En 2019, quelle pourrait être la devise de Shaârghot ?

Bruno: Tu as des questions… Ma devise serait « ne rien lâcher. Et toujours continuer avec passion »

IRON BASTARDS: Cobra cadabra

France, Heavy metal (Autoproduction, 2019)

Dès les premières mesures de Inside the nest, le nom du groupe prend tout sons sens: un mélange de Iron fist et Bastards, deux références à Motörhead… Et le chant biéreux et rugueux, les guitares et la batterie ainsi que la formule trio infernal évoquent immanquablement le groupe de Lemmy, version 80’s. Avec Cobra cadabra, son second album, les Français de Iron Bastards visent à se poser comme les dignes successeurs de leurs incontestable mentors. D’ailleurs, ils ont partagé la scène avec Motörhead et plein d’autres au travers de 250 concerts qui les ont aidés à se forger un sale caractère, sans parler de l’image: Rickenbaker pour le bassiste chanteur obligatoire semble-il! La prod de l’album est sale comme il faut, et on se laisse emporter dans cet univers si familier. On pourrait même se demander, avec une chanson comme Days of rage, quel est cet inédit de la bande à Lemmy tant l’esprit est là, présent. Presque pareil avec With the world on your side (clin d’oeil presque trop évident à The wörld is yours...) qui se termine avec une partie digne des premières heures de la NWOBHM, notamment avec quelques guitares à la Maiden/Priest… Alors ensuite vient la question: plagiat ou hommage? Mais se pose-t-on encore cette question avec un groupe comme Airbourne? Non, alors laissons donc Iron Bastards se distinguer et trouver sa voie comme digne successeur, fils illégitime… D’autant que le trio joue aussi l’autodérision avec l’amusant You only live twice. Puissance, énergie, speed, tout est réuni, alors, fans de Motörhead, voire de Nashville Pussy et consorts, laissez vous tenter

WARFAITH: Pint of pils

Thrash, France (Autoproduction, 2019)

C’est toujours agréable de recevoir un album avec un message personnalisé écrit à la main. Une invitation à découvrir l’objet. Et dans le cas de Warfaith, avec son Ep Pint of pills (le groupe a déjà publié un album en 2015, Wise man is dead), je n’ai pas eu beaucoup d’efforts à fournir pour adhérer au thrash  des Français. Après une intro instrumentale, carte de visite sur laquelle est écrit « Metallica, Slayer, Exodus, Testament, Death Angel, Anthrax…. » ainsi que « Thrash, Hardcore, Punk » on passe dans le vif du sujet: le son est propre, le chant hargneux, très punk, à la fois hargneux et haineux. Les guitares jouent sur les rythmes, le riff ici subtil cède le pas à du speed sans concession. La section rythmique est tout le temps explosive. Les 8 titres ne cherchent nullement à réinventer le thrash, vont droit au but (5 morceaux durent moins de 3’… Amis photographes, faudra pas les voir au Hellfest ^_^) et immanquablement font s’agiter les crinières… Les Lorrains se font plaisir, et cela s’entend de bout en bout, ce qui peut s’avérer une vraie force. A suivre, et à voir en live. Ça doit être un joyeux bordel!

WORST DNA: Saturday night

Rock, France (EpAutoproduction, 2019)

Fondé en 2012 par le batteur Andrew D. Gorth, Worst DNA a publié son premier album en 2016 et revient aujourd’hui avec Saturday night, Ep aux sonorités rock et cold wave. Les 5 titres proposent une variété de sonorité, allant de la folie (Take me out of here) à la douceur (Soft kiss). Si les influences affichées vont de Depeche Mode à Nine Inch Nails en passant par Moby, une chanson comme Paranoid évoque également dans son phrasé et sa construction Eurithmics. Saturday night est une carte de visite plus que sympathique d’un groupe dont l’avenir pourrait dépendre d’une présence plus fréquente tant discographiquement que scéniquement. A suivre.

Interview: SIDILARSEN

Interview SIDILARSEN. Entretien avec Benjamin « Vyber » (guitare, chant) et David  « Didou » (chant) Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra à Paris, le 10 avril 2019

Metal-Eyes : Commençons par un saut en arrière puisque vous avez rencontré un franc succès avec votre précédent album, Dancefloor bastards, cycle qui s’est conclu par un album/DVD live qui a été enregistré chez vous, au Bikini de Toulouse. Quel regard portez-vous sur ces trois dernières années ?

Didou: Des années très riches…

Metal-Eyes : Elles vous ont vus voyager, aller en Russie, notamment.

Vyber: Elles nous ont permis de franchir des étapes importantes : le Hellfest, le DVD, comme tu disais qui célèbre nos 20 ans de carrière, et aussi la Russie, avec la découverte de la portée musicale… Une émotion particulière…

Metal-Eyes : Tu parles de « portée musicale » ; vous l’avez vécu comment ce voyage ?

Vyber: Il y avait vraiment un accueil chaleureux, extrêmement franc et direct, alors qu’on se demandait comment on allait être perçus parce qu’on chante en français… Et en fait ça a largement dépassé les barrières, c’était très fraternel avec le public.

Metal-Eyes : Comme quoi, un groupe français qui chante en français peut rencontrer le public à l’étranger… Je crois qu’il y a des Allemands qui l’ont prouvé dans leur langue mais je ne sais plus trop qui…

Didou: On se base beaucoup sur cet exemple…

Metal-Eyes : C’est aussi, je pense, une question de se donner les moyens, de prendre des risques (ils acquiescent tous les deux) plutôt que de se cantonner à jouer le week end, avec des boulots à côté parce qu’il faut aussi se nourrir. Vous allez y retourner ?

Didou: On espère, c’est même probable… C’est une belle histoire.

Metal-Eyes : Venons en au présent : On va tous crever – enfin, ça c’est l’avenir, c’est une évidence… Que s’est-il passé ? Vous êtes passés d’une certaine joie de vivre avec Dancefloor bastards à un côté beaucoup plus sombre et brutal sur ce nouvel album…

Vyber: En fait, il y avait déjà du sombre sur Dancefloor, et on avait envie d’exploiter cet aspect là. L’époque nous y a amenés, et c’est aussi ce qu’on sent autour de nous, la réflexion mondiale tourne autour de ça et on a été influencés par tout ça, c’est ce qu’on ressent. Et on avait aussi envie d’une couleur plus metal. Je pense, je suis sûr même que ça correspond à ce que dégageait notre live dans la sélection des morceaux. Il se dégage une vraie couleur metal et on avait envie d’enfoncer le clou là-dessus. Rebondir, donner de l’excitation dans un nouveau Sidi… On a bientôt 22 ans… Par le jeu, aussi, il y a plus de guitare basse batterie, un son plus massif te sombre. C’est aussi parce que le reste, on l’a déjà fait. Ca n’efface rien.

Didou: Et ça ne renie rien du tout, non plus. C’est un besoin actuel pour nous. Il y avait déjà cette face sombre dans un titre comme Guerres à vendre. Là, on avait envie d’aller dans une seule direction, un concept – enfin, concept… C’est un bien grand mot… Et une production homogène, droit au but. On voulait moins s’éparpiller. Une envie qu’on avait depuis un moment de faire un album compact… Après, c’est aussi nos vies personnelles, la confrontation avec la mort… On revient aux fondamentaux : on fait du metal et on se confronte à la mort.

Metal-Eyes : Ca répond en partie à ma question suivante qui est de savoir comment vous analysez l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums. Vous retournez vers le metal avec des sujets sombres, même si vous avez toujours été engagés dans vos textes (ils approuvent) et que la situation du monde fait que ça entretien votre colère…

Vyber (il rit) : c’est ça…

Didou: On n’y est pour rien

Vyber: Ca ne l’a pas calmée… On voudrait bien être très apaisés, mais pour le coup, ça nous arrange, ça colle avec nos volontés musicales. Il y a de quoi être enragés, mettre de grosses guitares acvec de la colère véritable et sincère…

Metal-Eyes : Vous chantez tous les deux ; comment vous répartissez-vous le chant ?

Vyber: Complètement à l’arrache ! (rires)

Didou: C’est vrai, on le fait à l’arrache mais en fait, c’est une science, c’est notre propre science…

Vyber: C’est vraiment une alchimie particulière qui est devenue instinctive au fil du temps…

Didou: On se connait bien tous les deux, c’est assez naturel. Ca peut paraitre étonnant pour certaines personnes parce qu’on est deux à écrire. Mais il n’y a pas d’importance réelle de savoir qui a écrit quoi, parce qu’on s’aime, on s’apprécie suffisamment pour se donner ce beau cadeau qu’est la création, l’écriture. Qu’elle soit chantée par l’un où l’autre ne nous pose aucun problème. C’est même très intéressant d’interpréter un texte qui n’est pas le sien. Il n’y a pas de logique…

Vyber: A de rares exceptions près… Il y a un morceau qui s’appelle Dans tes bras qui a été écrit par David et qui est tellement personnel que ça n’aurait pas de sens que je chante.

Didou: J’en ai parlé avec Benjamin qui a entendu ma requête. C’est arrivé dans le passé qu’il y ait des choses un peu plus personnelles. Il y a eu un titre où je suis venu saupoudrer parce que je n’ai pas d’instrument, autre que vocal. J’étais juste là en appoint, et c’était une chanson très forte de Sidi. Ca pourra arriver dans un sens comme dans l’autre à l’avenir, mais ce n’est pas la priorité. La priorité , c’est un collectif, un ensemble, mais c’est important aussi d’avoir cette liberté, cet espace de liberté pour mettre un peu de piment et varier les plaisirs. Parce que si nous prenons du plaisir, a priori l’auditeur en aura aussi.Après c’est aussi l’insiration, on ne se force pas, il n’y a pas de règle. Ca s’est fait comme ça pour Dans tes bras, mais le reste de l’album est clairement marqué par cette entité Vyber/Didou qui est notre empreinte. Moi, j’adore ça, ça me rend plus fort d’avoir quelqu’un à qui donner le change. Tu peux soulever des montagnes comme ça.

Metal-Eyes : D’un autre côté, ça vous ôte la problématique de la question : « avec qui je vais chanter en duo ce soir » ! (Rires général)

Didou: Voilà ! Il y a un filtre permanent et ça donne beaucoup de force d’être deux. C’est puissant. C’est peut être parfois plus compliqué dans la compo parce qu’il faut créer des espaces, trouver une cohérence pour que ce soit agréable à l’écoute et pas « il a fallu caser le passage Didou, le passage Vyber »…

Metal-Eyes : Tu parles de compo ; vous avez eu deux années très occupées après Dancefloor bastards, ce qui signifie que ce nouvel album a été enregistré et composé assez vite. Est-ce que vous avez changé votre méthodologie de travail ?

Vyber: C’est pas vraiment la méthode entière, c’est surtout pour l’enregistrement où on avait une idée précise en tête. C’était vraiment un son de guitare, un son de batterie, on ne voulait pas partir dans tous les sens. Comme le disait David, on voulait quelque chose de compact. On a profité aussi du fait que Sylvain soit arrivé pour s’écouter jouer, jouer ensemble, mettre en perspective nos manières de faire. Trouver la juste place de chaque instrument, même des machines. La basse est beaucoup moins saturée que ce qu’on a pu faire dans le passé, ça s’approche plus d’un son naturel pour du metal, la batterie aussi prend plus de place… Faire un mixage complet pour créer de la largeur et de la puissance.

Didou: On voulait que Sylvain puisse s’exprimer dans la compo, qu’il puisse mettre sa patte dans le cadre Sidilarsen avec tout le passif qui est lourd, puissant mais ça faisait aussi écho à nos envies. Sa façon d’écrire, ajoutée à la notre, a amené un petit vent frais qui correspondait à nos envies.

Vyber: Et pour la première fois, avec la sortir du DVD qui nous permet de nous arrêter et de regarder où on en est, on a pu se dire collectivement « voilà ce qu’on a fait : tel style, telles ambiances… On a déjà fait, faisons autre chose »

Metal-Eyes : « On n’est pas AC/DC »

Vyber: C’est ça.

Metal-Eyes : Que me diriez vous, l’un et l’autre, pour me convaincre d’aller acheter l’album dès sa sortie ?

Didou: Le problème, c’est que le 26 avril, on va tous crever… Donc il vaut mieux l’écouter très vite…

Vyber: (il rit) c’est ça… Après, je pense que ça va en surprendre quelques uns et ceux qui se sont endormis sur Sidi pensant que ça ne bougerait jamais, ben… Vous allez prendre une gifle ! Positive, la gifle. Ceux qui aiment ne seront pas choqués.

Metal-Eyes : Non, parce que depuis quelques albums il y a eut une évolution et, comme vous le disiez, vous retournez vers le metal, vers vos racines. Maintenant, si vous ne deviez, l’un et l’autre, ne retenir qu’un seul titre de On va tous crever pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Sidilarsen, ce serait lequel, et pour quelle raison ?

Didou: Ah c’est chaud… Pour moi c’est chaud parce que j’ai toujours du mal à choisir un titre… Elle est vache comme question…

Vyber: J’aurais dit On va tous crever parce que c’est le titre éponyme, mais… Oui, il y a ces grosses rythmique très binaires dans le couplet mais ce n’est pas très dépaysant pour du Sidi, mais du gros refrain avec de la voix…

Didou: Assez frontal le refrain, et il est 100% français celui-là, il nous ressemble bien.

Vyber: Du bon gros metal français…

Metal-Eyes : Alors puisque vous parlez de metal français : vous n’êtes pas sans savoir que la Main 2 du Hellfest, le vendredi, sera 100% française

Les deux: Ouais, c’est chouette !

Metal-Eyes : Vous aviez posé votre candidature ?

Didou: Non, parce qu’on n’a pas cherché à arriver tout de suite sur un Hellfest alors qu’on l’a fait il y a deux ans

Metal-Eyes : Pourtant, il est marquant, ce Hellfest…

Didou: Oui, pourtout, il y a eut un avant et un après Hellfest 2017 pour Sidi. Avec ce public, ça a été énorme, fabuleux. Maintenant, deux ans après, en pleine sortie d’album, c’était un peu trop tôt pour revenir. On a tellement tourné sur Danceflor bastards qu’on a besoin de laisser vivre cet album et le premier clip, sachant qu’il va y en avoir un second, on laisse infusé. L’idée, c’est de revenir sur un Hellfest en 2020, on aura déjà bien commencé à écumer les clubs, les salles et les festivals, on sera bien en forme, et là, on voudra mettre une bonne rouste, ou comme on dit à Toulouse, « une bonne roustade »…

Metal-Eyes : En plus, ce serait pour le 15ème anniversaire, ce qui est un autre symbole…

Vyber: Ben voilà ! en plus !

Metal-Eyes : Tu dis qu’il y a un avant et un après Hellfest… Quel est votre souvenir le plus prégnant de ce Hellfest justement ?

Didou: Pour moi, le fait de jouer en plein jour. Peu de groupes le disent, mais le monde, ces visages… J’aime bien l’exercice du plein jour parce qu’on a un show très visuel et on est habitués à jouer la nuit, dans des salles fermées, ou dans des festivals la nuit…Il est très rare qu’on joue en journée et c’est un exercice différent, très intéressant parce qu’il n’y a plus aucun filtre. Là, en plus, c’est complètement démesuré, tu pourrais te dire qu’on est loin du public, que c’est impalpable, mais au contraire : c’est une confrontation directe, en plein jour, et c’est… énorme !

Metal-Eyes : Vous étiez passés assez tôt, avec un temps de jeu limité…

Vyber: Oui, ça permet de te lâcher dès le départ

Didou: T’as pas le temps de passer par 4 chemins, il faut y aller tout de suite… Mais le public nous y  a particulièrement aidés, les gars étaient chauds, directs…

Vyber: Le public nous a transportés… Incroyable…

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Sidilasrsen en 2019 ?

Didou: Elle est évidente : On va tous crever… (rire général)

Metal-Eyes : Donc on va pouvoir la placer sans cesse… Ca veut dire qu’il n’y aura pas d’autre album de Sidilarsen…

Didou: « L’ardeur du vivant »… On en a traversé des tempêtes, ensemble. Et à chaque fois, l’humain l’a emporté.

Vyber: On profite du présent. On se dit que maintenant, le temps passe, il serait temps de profiter de tout, pas seulement des aboutissements des projets, mais aussi profiter de la route, tout le temps

Metal-Eyes : Profiter de tout, ça veut dire aussi pouvoir profiter d’une journée promo à Paris pour aller visiter, mais non… Ça fait deux jours que vous êtes coincés ici … (ils explosent de rire)

Vyber: On profite des gens…

Didou: On profite de cet instant avec toi, et c’est bien. On est bien là et pas à moitié sur des smartphones…

Metal-Eyes : Vous avez encore une interview après, mais jusqu’à présent, quelle est la meilleure question qu’on vous ait posée, la plus étonnante, ou la plus surprenante, décalée ?

Vyber: Waow…

Didou: Il y en a eut quelques unes d’intéressantes… C’est peut-être celle que tu viens de poser…

Metal-Eyes : Ça c’est facile…

Didou: Oui, c’est facile… Alors… Il y a eu des débats intéressants, plus que des questions. Des débats où on est même sortis du cadre musical, on est partis assez loin…

Vyber: Les questions étaient « assez classiques », les gens ont cherché à vraiment parler de l’album…

Didou: On a trouvé qu’il y avait une belle qualité d’interviews par rapport à ce dont on se souvient pour les albums précédents. Il y a eu une constance, parfois il y a, sans jugements, sans se poser en juges, des interviews qualitatives, d’autres un peu moins, mais c’était aassez profond tout au long de ces deux journées. On ne s’attendait ps à ce que les médias prennent autant au sérieux cet album et son titre. On savait qu’il y aurait un peu de ricanement avec ce titre, et on provoque un peu. Mais chaque intervenant a bien saisi le sens et ne la pas pris comme si on était juste un groupe de punks anars. Peut-êttre que la pochette y est aussi pour beaucoup…

Vyber: Ca reste un objet artistique, ce n’est pas un manifeste politique. Il y a effectivement cette dimension d’entertainment, et quand tu achète un album de metal, c’est pour du gros son avant tout.

Didou: Il ya effectivement cette dimension de plaisir, et dans un second temps, chacun va creuser…

Metal-Eyes : Creuser, avec un « s » (rires général)

Vyber: Oui, en effet, dans un second temps on va tous crever… euh creuser !

Metal-Eyes : Merci à tout les deux, j’espère qu’on vous verra bientôt sur scène, et bonne route avec ce nouvel album !

Didou: Alors, déjà: une date, le 23 novembre, à la Maroquinerie. Il y en aura plein d’autre bientôt annoncées. Merci à toi !

 

SPHERES: Iono

France, Metal progressif (Autoproduction, 2019) – sortie le 10 mai 2019

Certains groupes ambitionnent de devenir, d’autres mettent en oeuvre leurs ambitions. Spheres fait partie de cette seconde catégorie et le démontre avec ce premier album varié, musical, et mélodique, Iono. Le groupe a finalisé son line up en 2018: Jonathan Lino, fondateur au chant et à la guitare est rejoint par le Hollandais Tommi P à la batterie, Camille à la seconde guitare et Lek à la basse. Le groupe travaille particulièrement les ambiances (orientales sur The Cimmerian ghost, une très belle introduction à l’univers du groupe, brutales à la Gojira ou Mastodon…) La basse et les guitares sur Television nation évoquent aussi Maiden, mais cela ne dure qu’un temps, tant Spheres parvient à se défaire de ses influences pour trouver sa voie propre. La dualité du chant clair et guttural ou hurlé, apporte une couleur supplémentaire à cet ensemble plus que prometteur. Ajoutons à cela une pochette très mythologique et fantastique. Iono est une très belle carte de visite présentant un groupe plus que prometteur.

SPLIT BRAIN: Discours idylliques

Thrash/Death, France (Juste une trace, 2019)

Split Brain s’est formé en 2006 sous l’impulsion du guitariste Nico et du batteur  Aco. Plusieurs Ep et quelques concerts plus tard, les voici qui proposent un premier album puissant, Discours idylliques. Ce qui marque d’emblée, après une intro légère qui sombre dans une noirceur annonçant la suite, c’est le mélange maîtrisé des genres. Les vocaux gutturaux sont chanté dans un français limpide et compréhensible, et la langue en elle même apporte une véritable originalité au projet, et la variété vocale donne à l’ensemble un aspect assez théâtral. Ensuite, on passe du power metal à du speed, doublé de thrash et de heavy pur jus. Il semble évident que ces cinq là ont grandi au son des classiques allemands (je note des traces d’Accept et de Kreator) et de la scène scandinave, In Flames et Amon Amarth en tête. Mais ce n’est pas tout. Ici et là, on note des constructions empruntées au jazz, parmi d’autres. Les discours engagés rappellent inévitablement No One Is Innocent ou Mass Hysteria. Une variété d’influences que l’on retrouve tout au long de ces 9 chansons (je ne compte pas l’intro). Puissant et explosif, ce premier album devrait positivement marquer quelques esprits. Un groupe à suivre

PRESS GANG METROPLOL: Point blank

Rock, France (Autoproduction, 2019)

Formé en 2006, Press Gang Metropol a publié un premier album, CheckPoint, et un Ep avant de revenir avec ce Point blank qui fleure bon la New Wave de la fin des 80’s. Autant le dire tout de go: j’avais une aversion sans nom pour ces sonorités, ce chant torturé, ces voix graves que je trouvait sans relief, ces médiators qui répètent à l’envie une note sur X mesures avant de changer de victime, ces gens qui dansaient en se roulant contre les murs… Depuis, je m’y suis un peu fait, mais bon… Ici, on retrouve les mêmes ingrédients que ce qui naguère fit le succès d’Indochine et d’autres que je connais moins. Les mélodies sont jolies, le chant anglais plus varié que simplement grave ou mélancolique, la rythmique simple et efficace, les guitares claires. L’ensemble se laisse facilement écouter mais, à part le très enjoué Eternally, je ne retiens aucun titre spontanément, cela malgré une production soignée qui donne sa place à chaque instrument. Même si ce n’est toujours pas mon truc, l’ensemble, agrémenté d’un son plus moderne, se révèle sympathique et plein de bonne volonté. les amateurs du genre apprécieront certainement ces 12 chansons qui nous replongent dans un passé qui continue de nous faire rêver. Au fait, après Check point et Point blank… Chaque album de PGM doit-il comporter le mot « point »?

DREAMCATCHER live à Orléans (Blue Devil’s, le 27 mai 2019)

Dreamcatcher nous ayant offert un très bon second album l’an dernier, il était temps de retrouver le combo parisien sur scène. C’est de nouveau le Blue Devil’s à Orléans qui accueille une formation hexagonale. Enfin, lui loue la salle, plutôt. Car il semble que les concert ne soient pas si rentables que cela et Hervé, le patron des lieux, s’en décharge, chaque groupe devenant responsable de sa promo.

Dreamcatcher, tête d’affiche, a convié deux autres formations à le rejoindre. Mais, étonnamment, la tête d’affiche joue en second. Va comprendre…

La soirée démarre avec Acoustic Wild, groupe qui s’est formé il y a quatre mois à peine et qui s’est spécialisé das les reprises revisitées.  Forcés à l’immobilité sur leurs tabourets, les musiciens proposent un joli panel de reprises allant de Black Sabbath à Kiss, en passant par Judas Priest, Skid Row Led Zeppelin ou encore Pat Benatar. Les versions de Heaven and hell et Electric eye, au tempo ralenti, jouées à la guitare acoustique surprennent et interpellent. L’exercice est osé et passe finalement bien. Acoustic Wild s’attaque même à You shock me all night long d’AC/DC et s’aventure à triturer l’intouchable Whole lotta love de Led Zeppelin avant de terminer sur Heartbreaker, originellement interprété par Pat Benatar.

Même si la chanteuse, Laëticia, se sent obligée d’expliquer que le groupe n’existe que depuis 4 mois et donne ce soir son premier concert, on sent chez ces cinq là un vrai amour du métal et l’aspect osé de l’exercice rend le résultat d’autant plus intéressant. Même si la concentration est de mise, c’est une jolie découverte à suivre.

 

Après cet amuse gueule des plus sympathique, Dreamcatcher entre dans le vif du sujet et électrise la soirée. Le public bien que parsemé se rapproche bientôt de la scène sur laquelle Chris, le chanteur, semble bien décidé à occuper le moindre recoin. Il est en forme, et ne compte pas laisser le public de marbre. A plus d’une reprise, il descend dans la fosse, propose même un wall of death qu’il organise et met toute son énergie au service de son heavy thrash. Geoff, son complice indiscutable, le soutient de bout en bout.

Car, de l’autre côté de la scène, il semble y avoir une anomalie. On dirait des musiciens de session… Vincent, le bassiste, dénote vestimentairement avec son T shirt qui sera pointé du doigt par Chris à la fin du set. Djo de Keiser, l’autre guitariste, est soutenu par un tabouret… On apprendra à la fin du concert que le gaillard s’est cassé la clavicule, alors tout s’explique. Chapeau bas d’avoir joué malgré la douleur que l’on peut imaginer. Reste qu’une unité visuelle serait un plus donnant une force supplémentaire à cette prestation plus qu’efficace.

Dreamcatcher aurait gagné à jouer devant plus de monde car sa setlist est d’une redoutable efficacité. Démarrant avec Fire and ice, le groupe pioche principalement dans son dernier album, Blood on the snow (voir la chronique ici). Les très inquiétants The werewolf et Curse of the vampirespassent superbement bien l’épreuve de la scène. Chris s’amuse aussi à faire comme les grands, qui « ont tous un hymne… Motörhead, c’est Motörhead, Iron Maiden, c’est Iron Maiden, et Dreamcatcher, c’est… Dreamcatcher ». Tiens, il aurait été surprenant de ne pas entendre parler de Maiden… C’est chose faite avec la reprise bienvenue de Children of the damned.

 

La soirée se clôt avec Blood in Paradise, groupe mixte – entre vieux briscards et jeunes loups – qui nous propose une flopée de reprises et deux compositions originales. Nico, le « chanteur », semble quelque peu éméché. Ce soir, c’est le dernier concert qu’il donne avec le groupe, ce qui explique sans doute cela. Reste que, Paranoid (Black Sabbath) est attaqué pied au plancher, et les hurlements enragés surprennent.

Le groupe s’en prends ensuite à Breaking the law, classique de Judas Priest et là, ma première pensée est « pauvre Rob Halford »…  Il ne mérite pas un tel traitement, non…Sans parler de la reprise de Zombie des Cranberries (superbe intro, au passage), hurlée…  Nico descend dans le public et tend le micro pour faire participer quelques spectateurs. Musicalement, rien à dire, même si on sent les musiciens pas toujours en place, avec quelques approximations, mais ils savent poser et faire le show.

Sur les deux titres originaux, Nico sort son smartphone pour se souvenir des paroles. Forcément, ça casse le rythme. Mais heureusement, le groupe est venu pour s’amuser, et les sourires constants de Ricky Hardwood (^_^) le bassiste, semblent confirmer que le groupe prend du bon temps. La soirée se termine sur un joli triptyque composé de Balls to the wall (Accept), Seek and destroy (Metallica) et Killed by death (Motörhead).

Si Dreamcatcher a dépassé de la tête et des épaules les deux autres groupes, la soirée s’est avérée plus qu’agréable et originale. Et ça, c’est déjà beaucoup!