THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS: Film noir

Metal, France (Besta records, 2017)

J’ai découvert The Texas Chainsaw Dust Lovers en 2014 avec son impressionnant Ep The wolf is rising. Depuis, le groupe a publié un album – Me and the devil (que je n’ai pas eu l’occasion d’écouter) – et revient aujourd’hui avec Film noir, nouvel opus complet. Au départ, le groupe prétendait jouer du « stoner spaghetti à la sauce fuzz ». Avec un titre comme celui retenu pour cet album, on imagine bien que l’esprit cinéma est toujours présent… Gagné: ça commence avec l’introductif Thank you for the song qui évoque autant Pulp fiction qu’Ennio Morricone avant que TCDL se lance dans une course explosive et effrénée. Pas de répit, les morceaux s’enchainent avec lourdeur et détermination, toujours dans un esprit de cinéphilie exacerbée. Car même si la puissance musicale n’a rien à voir avec l’esprit tranquille qui berçait le « cinéma de genre », le polar noir des années 50 et 60, le groupe crée des ambiances uniques, glauques et attirantes à la fois. Come to the river se démarque d’autant plus qu’il s’agit d’un blues vocal puisé dans les champs de coton du sud des USA ou chez les frères Cohen et leur Oh Brother. On repart ensuite sur un joyeux bordel avant de terminer comme l’album a commencé. Vous l’aurez compris, TCDL confirme ses capacités à créer un univers sonore et visuel qui lui est particulier. Un groupe à suivre de près et à soutenir autant que faire se peut. Rendez-vous en tout état de cause à Clisson puisque le groupe est programmé au Hellfest 2018!

LAST AVENUE: Identity

Metal industriel, France (Marmelade production, 2017)

Même si l’indus n’est pas mon kif du tout, force est reconnaitre que les Français de Last Avenue mettent du cœur à l’ouvrage. Rageur et déterminé, ce Identity, troisième galette du combo orléanais formé en 2009, porte bien son nom. On reconnait la variété d’influences du metal moderne (Stone Sour, Korn, Slipknot) au metal industriel (Rammstein) à l’électro pure de Daft Punk ou, par instants plus brefs, au prog des 80’s de Rush. Les 8 titres de cet album sont hypnotiques, travaillés pour faire s’agiter les corps démembrés en boite de nuit… Bref, pour faire bouger. Et c’est efficace, redoutable, même! Avec Identity, Last Avenue trouve une place complètement à part sur la scène metal (au sens large du terme) française et internationale. Pas mon kif, peut-être mais ça envoi grave le bois!

ONLAP: Running

Metal, France (Autoproduction, 2017)

Attention: surprise et grosse claque en vue. Onlap, découvert en 2012 avec un premier Ep, revient avec un premier mini album, Running. Et dès le premier titre, Tribute (now or never), la messe semble dite: les Français nous proposent rien moins qu’un des albums les plus efficaces et puissants de cette fin d’année. Tous les codes du metal moderne sont parfaitement intégrés: le chant puissant et rageur qui contraste quelque peu avec des chœurs enjoués et doux, la production parfaite pour le genre, les compositions énervées et enlevées, le riff tranchant et la rythmique syncopée. Tout est là et l’on se plait à croire que ce groupe vient droit des USA. Et non, Onlap est bien de chez nous et n’a pas à rougir tant son Running a tout pour faire la nique aux formations d’outre Atlantique, accent inclus. Ce disque est seulement trop court: 7 chansons, dont 2 en versions électrique et acoustiques et 2 autres en acoustique. Franchement, ça dépote grave, tout en restant pop et rock. Il est temps qu’une bonne fée se penche sur Onlap pour changer le cours de son destin.

DISCO-NECTED: Vision/Division

Metal, France (Ep – Ten to one, 2017)

En alliant la puissance de riffs résolument modernes à des sonorités puisées dans l’univers du neo metal et d’un certain rap énervé, les Français de Disco-Nected attirent l’attention via les 5 morceaux de ce Vision/Division. c’est brut, direct et sans concession, exception faite de Waves and lies, d’une sobriété exemplaire et par instants dérangeante. Démarrant par un simple duo guitare/voix, le morceau monte en puissance pour terminer en une explosion sonore et chantante. Les autres titres explorent différents univers rythmiques (toujours puissants, souvent dansants) et sonores et font chacun mouche. Voilà le genre d’Ep qu’on aurait préféré être un album… A suivre?

Site web: www.disconectedband.com

THE WIGGAR OVERDOSE: Bwesh

Fusion, France (Autoproduction)

Les gars viennent de New York sous Bois. Autant dire la banlieue parisienne qui a grandi au son du rap enragé US et des grosses guitares. Et, malins, The Wiggar Overdose risquent fort de profiter de l’effet Prophets of Rage pour se faire un nom. Le chant en français et en anglais est hargneux et agressif, limite punk, les rythmes concoctés rapent et frappent. On appréciera les textes à la fois directs et réfléchis, ainsi que les références à l’univers du funk de James Brown, par exemple. Plein d’arguments qui, sans surprise, ont su séduire Francis Caste, qui a joyeusement mis en son ce Bwesh, Ep 5 titres franchement réussis. Une curiosité qui sonne comme une jolie promesse. Vivement la suite et la scène!

RUFUS BELLEFLEUR: Electricity for the Coliseum

Crossover, France (Dooweet, 2017)

Que voilà une jolie surprise! Rufus Bellefleur fait partie de ces groupes qui osent braver les interdits et parviennent, chemin faisant, à se distinguer d’une scène aujourd’hui trop sclérosée par des étiquettes malvenues. Avec Electricity for the Coliseum, RB nous plonge dans les USA des années d’entre deux guerres avant de se lâcher et de nous offrir des escapades dans divers univers musicaux. Tout y passe, musicalement, rythmiquement et visuellement. Car le groupe parvient, à partir de ses chansons, à nous plonger dans un certain cinéma noir. Musicalement, on trouve des traces de rock, de heavy, de blues des bayous, de hip hop, et RB ne se prive pas pour utiliser des instruments inhabituels. J’ai même l’impression d’entendre du kazoo par instants! Une petite merveille d’originalité qui se déguste sans modération.

ALTAVILLA: The conquest of gravity

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Voilà un album singulier, original s’il en est, qui se laisse écouter avec une déconcertante facilité, exception faite d’un chant anglais à chier car incompréhensible. Ce premier album des Français d’AltavillaThe conquest of gravity navigue quelque part entre  le jazz, lerock 70’s, la new wave, l’électro, le rock 80’s, toujours en gardant cet esprit simplement rock qu’on retrouve chez Blur ou Metronomy. Les intonations vocales sont à la fois légères et mélancoliques, évoquent  par instants The Cure tandis que les guitares légères, aériennes, trépidantes ou sautillantes échangent intelligemment avec les claviers, bavards sans être gonflants. Les 12 chansons explorent, ratissent, innovent sans inventer, et donnent simplement envie d’avancer et d’écouter.

ONIRIK ILLUSION: The 13th hour

Metal symphonique, France (Autoproduction, 2017)

Belle jaquette, beau livret, un groupe paritaire (3 hommes et 3 femmes le composent) qui travaille son image autant que sa musique. Ça commence plutôt bien. Après un prélude nous entraînant dans cette rue qu’illustre la pochette, Onirik Illusion, formé en 2006, entre dans le vif du sujet: The 13th hour est un condensé de metal symphonique qui évoque – naturellement – Nightwish, Evanscence, Lacuna Coil ou Within Temptation, avec ses grosses guitares, son chant lyrique qui rencontre la rage de growls, auxquels le groupe ajoute la mélancolie des violons et la douceur des marteaux du piano ou les bruitages d’ambiance. On retrouve aussi des traces des premières amours des fondateurs, Theater of Tragedy pour ne citer que les plus connues. Mais… Malgré le vrai et remarquable travail de composition, ce The 13th hour arrive peut être au mauvais moment, car, sans être dépassé, le genre n’est plus tout à fait d’actualité. Reste que cet album, sans révolutionner le genre, est plus qu’agréable et se laisse aisément écouter et place Onirik Illusion dans le peloton de tête des formations hexagonales du genre, et rien que pour ça, il mérite notre attention.

Interview: ATTRACTION THEORY

Interview ATTRACTION THEORY : rencontre avec Didier Chesneau (guitares). Entretien mené le 7 novembre 2017 au Hard Rock Cafe Paris.

metal-eyes: Didier, tu es ici pour assurer la promotion du premier disque de Attraction Theory, commençons par quelque chose de très original : peux-tu raconter en quelques mots l’histoire de ce nouveau groupe ?

Didier Chesneau: Oui, je peux le faire…

metal-eyes: Merci ! Passons donc à la question suivante…

Didier Chesneau: C’est ça ! (rires général) Le groupe s’est monté à l’initiative de Constance (Amelane, chant) et moi. Nous nous sommes rencontrés par le biais d’un ami commun qui est artist relation chez Ibanez et qui faisait des « hapy hours » où il invitait des musiciens, producteurs, plein de gens, pour qu’ils se rencontrent. J’ai rencontré Constance comme ça : elle est venue me voir en me disant qu’elle devait enregistrer avec un groupe que je devais produire. Finalement, ce projet n’a pas aboutit et elle m’a rappelé quelques mois après pour enregistrer des voix qu’elle devait faire avec un groupe anglais, et là, je l’ai découverte en studio. Je me suis dit « euh, ça chante plutôt vachement bien », et on a décidé de commencer à faire des titres, sans but précis, voir un peu ce qui allait se passer. Ça a évolué, le but au départ c’était de laiser des ouvertures, de collaborer avec les uns et les autres et petit à petit, chacun a commencé à vouloir mettre son grain de sel, des amis musiciens voulaient mettre une basse, « tiens, j’ai des idées, j’ai un riff, j’ai un texte »… et le groupe s’est constitué comme ça.

metal-eyes: On peut dater la naissance du groupe à quand ?

Didier Chesneau: Officiellement à l’année dernière puisqu’on a réellement commencé à enregistrer quelques titres l’année dernière, le premier concert, c’était en janvier 2017. C’est tout frais.

metal-eyes: Ce premier concert, c’était le PMFF VI. Il y a quelques personnes, pas très nombreuses, qui ont pu vous découvrir sur la petite scène..

Didier Chesneau: Oh, il y avait du monde quand même…

metal-eyes: Oui, mais c’était la petite salle qui était bien remplie, c’est vrai. Mais petite. Quels sont les souvenirs que tu gardes de ce premier concert ?

Didier Chesneau: UN super souvenir, parce que, déjà, le PMFF, c’est très familial. Phil (‘em All, l’organisateur et présentateur du Rock Fort Show) fait tout ce qu’il peut pour défendre la scène française, et c’est toujours cool. Là, c’était le premier concert du groupe, il y avait plein de potes qui jouaient dans les autres groupes autour, c’était la première confrontation avec un public, en électrique – on avait déjà joué des titres avant, tous les deux, mais dans un autre contexte. C’était en début d’année, une bonne inauguration de l’année !

metal-eyes: Aujourd’hui, vous arrivez avec Principia composé de 3 morceaux originaux, dont 2 sont en 2 versions et 1 reprise. Pourquoi avoir choisi le format plus proche du single que du Ep pour commencer plutôt que de vous lancer dans l’aventure.

Didier Chesneau: Je viens d’une époque où c’était normal de présenter les groupes avec un single ou un Ep, et en plus, aujourd’hui, on est dans une manière de consommer la musique qui est clairement différente. C’est-à-dire que les albums n’ont plus la même valeur npour certains auditeurs qu’à une certaine époque : les gens sont plus prêts à consommer des titres un par un sur itunes et ces trucs là plutôt qu’un album complet. Et du fait de nos passé respectifs, on avait plus envie de présenter le groupe pour ensuite, lorsque l’album va arriver, parler de la musique. Au moins, la question « présentation » est évacuée, et on va pouvoir parler du groupe et de l’album à ce moment là.

metal-eyes: Comment décrirais-tu la musique d’Attraction Theory pour quelqu’un qui ne connais pas le groupe ?

Didier Chesneau: Je ne la décrirais pas… Je dirais que c’est un mélange de metal, de rock… Mais c’est difficile à mettre dans une case. Comme je te l’expliquais, quand on a écris, on ne s’est pas tellement posé de questions sur le format, etc. On a d’abord écrit les titres, certains en acoustiques, d’autres guitare voix, on a envie d’un peu d’énergie, on branche… On ne s’est jamais dit qu’il fallait que ça rentre dans telle case, que ça devait être formaté de telle manière. Du rock, du metal, du prog…

metal-eyes: Il y a même de la pop…

Didier Chesneau: Oui, voilà ! Le but, c’est que ça sonne le plus personnel possible sans avoir la prétention de réinventer quoi que ce soit. Ça reste du rock, un peu énervé, mais accessible.

metal-eyes: Vous avez choisi le chant anglais. Il y aune raison particulière à ça ?

Didier Chesneau: La première raison, c’est que c’est  ce qui est venu naturellement. On a tous beaucoup tourné à l’étranger dans nos projets respectifs. En plus, la première fois qu’on a joué des titres qui allaient devenir ceux de Attraction Theory, c’était au Etats-Unis… Donc l’anglais s’est imposé comme ça, pour le côté communication. On a tous joué beaucoup à l’étranger, on a un batteur américain, il n’y avait pas forcément la volonté de se fermer, et aussi, écrire en français, il faut pouvoir le faire ! Tu n’as pas forcément les mêmes choses, les mêmes doubles-sens, le langage ne se prête pas forcément de la même manière, avec la même facilité. On est un groupe français, mais il n’est pas certains d’avoir besoin de la langue française pour s’exporter…

metal-eyes: C’est quoi, justement, cette Théorie de l’attraction ?

Didier Chesneau: Ah, ben c’est ce que tu veux y voir… C’est quoi, pour toi, la théorie de l’attraction ?

metal-eyes: (long silence…) C’est moi qui pose les questions !

Didier Chesneau: Tiens, c’est marrant, tu es le deuxième à me faire ça ! « C’est moi qui pose les questions » (Rires). C’est un peu pour ça qu’on a choisi ce nom là : selon les personne, l’appréhension ne sera pas la même/ Certains vont y voir les connotations philosophiques en premier – tu attires à toi ce que tu es, ce que tu aimes… – c’est souvent les femmes qui voient ce côté-là, ou alors, c’est Newton, concret, je prends un truc, je le lâche et ça tombe. C’est souvent plus masculin comme réflexion, plus cartésien, et pour un groupe construit autour d’un homme et d’une femme, on avait trouvé assez amusant de jouer là-dessus.

metal-eyes: D’autant plus que cet homme et cette femme sont en couple et je me souviens que Constance était enceinte au PMFF.

Didier Chesneau: Ah ouais, comment tu as vu ça ??? (rires) Il faut garder un peu de secret, mais au PMFF, ça se voyait un petit peu… Ce qui a rendu ce concert d’autant plus particulier.

metal-eyes: Pourquoi avez-vous attendu 10 mois entre le PMFF et la sortie de ce disque ?

Didier Chesneau: Parce qu’il y avait des choses à préparer… Une partie des titres n’était pas enregistrée, mais on a vraiment voulu jouer les morceaux sur scène, voir comment ça se passait, savoir ce que nous alliions en faire. Et comme tu le disais, Constance était déjà enceinte de 8 mois, ce qui était déjà… assez amusant de faire un concert dans ce contexte là…

metal-eyes: Je me souviens avoir vu une tasse avec une tisane et une paille posée là, devant la scène… Très rock n’roll !

Didier Chesneau: (rires) C’est ça ! Il fallait aussi que le temps passe, et maintenant on a un bébé rock n’roll qu’on peut se permettre de laisser un peu par moments, pour pouvoir s’occuper un peu du groupe, ce qu’on n’aurait, évidemment, pas pyu faire tout de suite après le PMFF.

metal-eyes: Rappeler Christophe Babin (Headline) à la basse, c’était une évidence pour toi ?

Didier Chesneau: Ca l’a souvent été. On a travaillé, même depuis Headline, sur beaucoup de projets ensemble. On ne s’est jamais vraiment quittés, même avec Aymeric Ribot. A partir du moment où tu inities un nouveau projet qui se veut ouvert – parce que c’est vraiment ça – tu as des amis musiciens, talentueux, amis de longue date… Pourquoi les exclure ? Il m’a appelé, il m’a demandé ce qu’on faisait, de lui faire écouter… « ah, oui, c’est bien ce que tu fais, là… Mais euh… T’as pas besoin de basse ? » Evidemment. Evidemment, c’est un excellent musicien, c’est un ami de longue date et, oui, c’est une évidence parce qu’il y a forcément des automatismes et je qais qu’avec lui, il y a une telle complicité que ça devient évident.

metal-eyes: Quel a été ton premier choc musical, le premier musicien, le premier groupe qui t’a fait dire « voilà ce que je veux faire plus tard » ?

Didier Chesneau: Je ne sais pas si c’est le « premier choc musical », mais en tous cas, à la guitare, ça a été Van Halen. Avant je jouais un peu de guitare, acoustique avec Hotel California et Jeux interdits. Et il y a eu Eruption et je me suis demandé ce que c’était que ce truc là. J’ai essayé de le jouer sur une acoustique et c’était compliqué, quand même (il sourit). J’ai un ami qui est arrivé avec une guitare électrique et une pédale de distorsion et il m’a dit « mais non, voilà comment ça se joue ! » Ah ouais… Par rapport à la guitare, ça a été ça, mon premier choc. Avant j’écoutais déjà Foreigner, AC/DC, mais le premier qui a fait un lien entre le rock et la guitare électrique, c’est Van Halen. Gary Moore et Malmsteen, le trio maléfique.

metal-eyes: Ou bénéfique…

Didier Chesneau: Ou bénéfique. Les trois conjugué font que j’ai du mal à me passer d’une guitare.

metal-eyes: Beaucoup plus pop, vous avez choisi sur Principia de faire une reprise de Mike Oldfield, To France. Pourquoi ce titre là ?

Didier Chesneau: Pareil, une sorte d’évidence : Constance était venue nous rejoindre avec Headline à l’occasion du PMFF V, et on avait clairement envie de faire la fête avec des amis. On avait joué To France, pour notre ami Phil – on est au Paris Metal France Festival… Les gens avaient aimé la version, la voix de Constance s’y prête, aussi : ça permet d’aborder deux choses qui sont dans notre musique, le côté chanson avec une mélodie pop et le côté rock. Entre le début vocalement pop et la fin où elle s’énerve un peu… Comme je te disais, on a joué certaines de nos compos à l’étranger et, finalement, à chaque fois, contrairement à l’idée préconçue, ce n’est pas préjudiciable d’être Français. Les Américains ont écouté, et c’est « Paris, France Tour Eiffel » ! Tout l’Est, aussi, on est allé à Nashville pour le NAM, on a fait la route du rock, et dès que tu arrives dans un club ou dans une boutique de musique au milieu du Tennessee, ben… le fait que tu viennes de la région parisienne, il y a un espèce de côté… Ils en sont restés à Lafayette : la France a libéré les Etats-Unis, c’est un côté assez marrant pour nous parce qu’on ne s’attend pas du tout à ça ! Surtout moi, qui n’ai pas de culture américaine particulière, je n’y suis pas beaucoup allé… On a vu beaucoup d’Etats pendant ce voyage et le fait d’être Français fait qu’il y avait déjà un a priori positif. Je m’attendais à un accueil un peu austère, surtout dans le Sud des Etats-Unis, et on n’a pas du tout ressenti ça. Finalement présenter un nouveau groupe avec ce morceau était une manière d’afficher notre origine. Et musicalement, Mike Oldfield a aussi cette ambivalence : on ne sait pas si c’est un artiste de pop, de prog, il peut faire To France et Tubular bells. Il y a cette largeur d’esprit, cette ouverture musicale qui nous intéressait. C’est un choix qui, en tout cas, nous amusait.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise du groupe ?

Didier Chesneau (sans hésiter): « Be attracted » ! (rires) Forcément !

metal-eyes: Y a-t-il encore un avenir pour Headline ou le groupe est-il définitivement enterré ?

Didier Chesneau: Il n’est pas définitivement enterré. Il est en sommeil depuis longtemps..

metal-eyes: L’avant dernier PMFF, j’ai l’impression.

Didier Chesneau: Oui, l’avant dernier PMFF, parce qu’il y a un album qui était en cours mais on a tous des envies différentes, pas forcément au même moment et chacun a un peu fait sa vie en dehors de Headline. Aymeric qui est à la fois claviers et arrangeur et surtout un super chanteur et il a exploité ce côté-là en jouant Van Helsing dans la comédie musicale Dracula pendant un an et demi. Il a fait The voice après, Christophe a fait beaucoup de sessions, il a accompagné Magalie Luyten (Nightmare) Dans des projets pédagogique, il est avec Pat O’May maintenant… Il a récemment joué avec Ian Paice (Deep Purple) et avec Ron Thal… Sylvie a fait son école de chant, et est plus portée sur l’écriture… Dirk… Soilwork et Megadeth, ça occupe un peu… Je pense qu’en plus on n’a sincèrement pas vu le temps passer, on est très proches, on a travaillé ensemble sur la plupart de ces projets, on est toujours en contact. Les choses se sont passées naturellement après Duality, on a fait les concerts, la promo et les choses int un peu trainé. Moi, j’ai ouvert un autre studio, j’ai passé du tems à l’aménager, à faire de la production pour d’autres et à un moment, j’ai eu envie de refaire de la scène, de retrouver les gens, mais le timing ‘est pas forcément le même pour tous. On n’est pas nostalgiques – Escape, ça fera bientôt 20 ans qu’il est sorti… Headline n’est pas enterré, il n’y a jamais eut de split officiel, de fâcherie… Peut être qu’un jour on surgira su bois pour faire quelque chose, mais pour le moment, c’est en sommeil.

metal-eyes: Une dernière chose, qui va te permettre de faire un petit retour sur la journée : quelle a été la meilleure question posée aujourd’hui, la plus étonnante, bizarre, surprenante ?

Didier Chesneau (il réfléchit quelques instants) : J’ai eu une question qui était très intéressante sur l’attraction et la physique dans la musique. Je ne m’attendais effectivement pas à ça dans une interview : l’impact de la physique sur les ondes, l’interaction qu’il peut y avoir. La musique est à la fois mathématique et quantique, mais ça c’était… surprenant. Ça touche effectivement à une certaine ambivalence entre les techniciens de la musique et les autodidactes, le ressenti de chacun est différent te les effets peuvent être identiques.

 

FABULAE DRAMATIS: Solar time fables

Metal, France (Autoproduction, 2017)

Premièrement, le doute m’assaille: pourquoi avoir écrit clairement le nom du groupe sous sa signature figurant sur la pochette de ce premier disque? C’est un peu comme quelqu’un qui porte bretelle et ceinture, un manque de confiance en soi? N’empêche, elle me parle cette illustration, alors glissons ce CD et écoutons. D’abord, des doubles grosses caisses, puis des growls. On n’est pourtant pas dans l’univers du black ou du death, ni tout à fait dans celui du metal symphonique. Et pourtant, Fabulae Dramatis s’en approche, tout en restant ancré dans un heavy metal sans concessions. Un  mélange de trois ou quatre voix rend la chose intéressante, alors j’avance. L’intro complètement décalée de Stone me fait penser que quelque chose va se passer. En réalité, oui, mais… la prod m’agresse, j’entends une sorte de fourre-tout jusqu’à l’arrivée du chant lyrique qui, pour le coup m’agresse plus encore,  et me stresse… Je zappe… Heresy introduit un monde enfantin avant de sombrer dans un rock enlevé mais, encore, ce chant lyrique féminin me stresse… Je n’arrive pas à aller plus loin, et c’est dommage car musicalement, ce  Solar time fables me semble varié, travaillé et réfléchi. Seulement, je n’ai jamais aimé les voix suraiguës… Et malgré la légèreté aérienne des guitares de Sati (fire II) qui parfois évoquent Metallica, avant que le groupe n’appuie sur l’accélérateur, je décroche… Pas ma came du tout…