Dernier concert de WILD DAWN: St Jean de Braye, le 31 mars 2018 (avec Irya et No One Is Innocent)

Il y a quelques semaines, Wild Dawn avait annoncé cesser ses activités et mettre un terme à sa carrière après un quatrième album et un ultime concert. C’est la salle des fêtes de Saint Jean de Braye, à côté d’Orléans, qui accueille la troupe, censée jouer entre Irya et la tête d’affiche annoncée No One Is Innocent. Pourtant, c’est bien Wild Dawn qui se retrouvera en tête d’affiche. La raison? Vous la découvrirez bientôt, au cours de l’interview que les gars aux chemises à carreaux ont accordée à Metal Eyes. Et elle est pour le moins surprenante…

C’est donc Irya qui ouvre les hostilités. Les Orléanais proposent un metalcore rugueux et leur concert est visuellement surprenant: le bassiste Djow a les pieds illuminés de bleu et le batteur, Cebrou, est vêtu d’un peignoir de boxeur. Les trois autres musiciens sont comme à la ville. Etonnant choix, selon moi, alors que les deux autres groupes de la soirée ont, à l’instar de nombreuses autres formations,  développé une identité visuelle.

Je n’ai jamais été sensible au metalcore. Trop rugueux, trop hurlé à mon goût, mais force est de reconnaître que le quintette est fougueux, même si les musiciens donnent l’impression de sauter un peu n’importe quand… Mais les 5 se donnent à fond tout au long de 40 minutes de leur set malheureusement mal éclairé mais bien mis en son.

 

La salle se remplit avec l’arrivée de No One Is Innocent qui débute un peu après 20h30 avec un Djihad puissant. Le nouvel album, Frankenstein, sorti la veille, est à l’honneur avec pas moins de 5 titres qui en sont extraits (La gloire du marché, Desperado, Les revenants, Frankenstein et Ali (king of the ring)) qui accompagnent les plus récents classiques du groupe que sont Silencio, Kids are on the run ou Nomenklatura.

Kemar et Shanka, comme à leur habitude, font des sauts de cabris attendus, et, même si Bertrand reste discret tout en venant régulièrement appuyer ses comparses en devant de scène, le groupe est dans une forme resplendissante. Une heure trente d’un concert à l’énergie communicative. Après avoir remarqué que ce soir toutes les générations sont présentes (« mais je vois beaucoup de cheveux gris »…) Kemar fait monter sur scène un fan, sexagénaire, qui termine navigant sur une armée de bras.

Puis, comme à son habitude, No One invite, sur 20 ans, le public à monter sur scène pour un joyeux bordel avant de conclure avec un rappel composé de Ali (King of the ring), et l’indispensable Charlie qui précède Chili. Si No One est en train de rôder sa tournée, il ne fait aucun doute que les Parisiens sont en forme et réservent de jolis moments à leurs publics à venir.

 

Le changement de plateau se fait rapidement et le public reste. Nombreux sont ceux, d’ailleurs, qui sont venus faire leurs adieux à Wild Dawn. Et si les locaux sont nombreux, certains sont venus d’aussi loin que la Bretagne pour assister à ce moment. Qui a vu les Orléanais live le sait: Wild Dawn sur scène c’est toujours la promesse de passer un grand moment, de vivre un concert explosif. Et le groupe a promis de tout donner ce soir.  En loge, un simple « on y est, les gars, 20 minutes! » me fait comprendre que ce soir sera vraiment particulier. Le quatuor a eu beau jouer au Metal corner du Hellfest, en ouverture de Gotthard, Grilschool Koritni et plein d’autres, a beau avoir sorti 3 albums d’un rock stoner et hard puissants et efficaces, le sort a empêché Wild Dawn de trouver son public et de percer.

Mais, peu importe. Si certains pensaient que le public se dissiperait après le passage de No One Is Innocent, il n’en est rien: lorsque les bûcherons arrivent, la salle est encore très remplie. Devenus tête d’affiche pour leur dernier concert (quasiment sold out, s’il vous plait, et le nombreux public encore présent prouve que ce n’est pas forcément – ou uniquement – pour No One qu’il est venu), Greg, Romain Alex et Morgan, toujours en chemises à carreaux (marque de fabrique proposée par, pas peu fier, votre serviteur autour d’une bière la veille du PMFF 2013) dévastent tout sur leur passage.

Parfaitement en place, occupant chaque centimètre carré de la scène, changeant de place à un rythme infernal, Wild Dawn sait ce que c’est que de tenir son public et développe une incroyable énergie qui dès le premier titre, Decay, fait comprendre à tous que ce soir, c’est grand soir.

Chaque album est exploré, même le dernier dont un titre est extrait (The Herd) qui accompagne à merveille les SAD, Plague of the century, Back on track, Bloody Jane’s shore ou autres indispensables Ain’t life grand et I’ve got the rock. Même si on l’aurait apprécié, il eut sans doute été malvenu, ou simplement ironique, pour Wild Dawn de nous jouer le traditionnel Now or never qui a ouvert nombre de concerts du gang…

Explosif, dantesque, énergique… Quel adjectif peut-il qualifier ce concert mémorable? « Garder le meilleur pour la fin » semble être le leitmotiv de la soirée. Au point que Wild Dawn s’offre même le luxe d’un rappel justifié et propose un Old School Machine pas joué live depuis… Bref, à soirée spéciale, concert plus spécial encore. Un de ceux dont on se souviendra. Une belle soirée, et sans doute l’un des meilleurs concerts de Wild Dawn auxquels j’ai pu assister.

Bravo, bon vent à tous les quatre et… Merci pour ces  dix années d’un rock n roll pur, dur et qui vient des tripes. Et pour ce concert d’adieux, véritable bouquet final d’un feu d’artifices.

La Wild Team

NO ONE IS INNOCENT: Frankenstein

Hardcore, France (Verycords, 2018) -sortie le 30 mars 2018

Après un très remarqué Barricades live célébrant, entre autre, son précédent album studio, Propaganda qui vit le jour avec les attaques contre Charlie hebdo en janvier 2015, et sorti juste avant les attaques du sanglant 13 novembre de cette même année, No One Is Innocent revient avec un album tout aussi puissant, enragé et engagé. C’est simple, A la gloire du marché fonce dans le tas et déglingue avec une ironie mordante le monde actuel qui ne jure que par le fric. Fric sur lequel tout le monde crache mais dont tout un chacun rêve d’en accumuler plus que de raison… Ali King of the ring rend hommage avec un groove trépidant au mythique boxeur Muhamed Ali. Kemar est en voix, et le groupe plus rock que jamais. Elle est loin l’époque électro, et l’apport de Poppy, guitariste venu seconder Shanka, y est sans doute pour quelque chose. Le morceau éponyme (ou comment le créateur s’est amusé à jouer aux apprentis-sorcier en créant notre « humanité ») démontre la complémentarité des deux fretteus, qui varient les plaisirs et les tempi. Les revenants, inquiétant et oppressant au début, monte en puissance pour terminer en furie tandis que Teenage demo ou What the fuck, qui démonte les USA d’aujourd’hui, rentrent dans le tas sans pitié. Frankenstein montre un No One en pleine forme, la rage et l’envie d’en découdre intactes. Un album marquant qui se termine avec la reprise d’un certain Paranoid, de circonstance ici….

 

NO ONE IS INNOCENT: Barricades live

No on is innocent live 2016Hardcore, France (Verycords, 2016)

Je ne suis pas un grand fan de No One Is Innocent. Par conséquent, j’en suis encore moins spécialiste que connaisseur. Mais ça risque de changer bientôt, surtout après avoir écouté et visionné ce Barricades Live, double CD agrémenté d’un DVD 100% convaincants. Enregistré lors d’un concert donné à Paris dans une Cigale blindée le 30 novembre 2015, ce témoignage, particulièrement explosif, reflète ce besoin commun de se retrouver ensemble pour faire la fête et du bruit  Lire la suite