Interview: DEFICIENCY

Entretien DEFICIENCY. Rencontre avec Laurent (chant, guitare), Sébastien (guitare) et Vianney (basse). Propos recueillis à Paris le 11 avril 2017

 

 

Metal-Eyes : Quatre années séparent vos deux derniers albums, The dawn of counsciousness qui vient de sortir et The prodigal child paru en 2013. Que s’est-il passé depuis 2013 ?

Laurent : Beaucoup de choses… The prodigal child, comme tu viens de le dire, est sorti en 2013, ça a été un peu l’album tremplin pour nous afin de nous faire un peu plus connaitre en dehors de notre région. Il nous a vraiment donné la possibilité de tourner un peu plus intensément à notre niveau, en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg, en Espagne, en Allemagne… Que du bonheur, sur ces deux trois années de tournées avec des dates mémorables pour le groupe.

Metal-Eyes : Comme, par exemple ?

Vianney : Première partie de Machine Head, à la Laiterie, à Strasbourg, la première date de leur tournée…

Laurent : Première partie de Testament, le Motocultor.

Jérôme : Testament, aussi. En plus, sur cette date, il y avait Evile, qui est un groupe, jeune, il s ont notre âge, mais c’est un groupe anglais de thrash que j’adore.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous, tous, l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums ?

Vianney : Ben… déjà, il y a eu des changements de line-up puisque notre ancien batteur, Anthony Thomas, a décidé de changer de vie – il est parti s’installer en Nouvelle Zélande avec sa copine pour faire un road trip. Ensuite, notre style de musique est sensiblement resté le même. On a tous un peu évolué au niveau de nos compos, de ce qu’n écoute, aussi, et ce qu’on inclut à notre musique. Mais je pense qu’on a gardé les mêmes bases que sur le précédent album, avec des structures un peu moins compliquées et des mélodies un peu plus accrocheuses. Et catchy.

Laurent : Je rejoins ce que dit Vianney. Après, on a aussi évolué dans nos vie perso, ce qui joue aussi, indirectement, sur la préparation d’un album, le temps qu’on y consacre et la manière dont on voit les choses aujourd’hui. C’est un tout, il n’y a pas que la musique.

Jérôme : Il y a l’expérience de la scène, aussi. Avant The prodigal child et après, il y a une grosse différence.

Vianney : Des connaissances par rapport au milieu. Comme le dit Laurent, c’est un tout, il y a beaucoup de facteurs qui forment un ensemble et qui véhiculent le groupe de telle ou telle façon.

Metal-Eyes : Après avoir écouté The dawn of cousciousness, ce que j’entends est un mélange de thrash traditionnel et d’influences plus extrêmes. Etes-vous d’accord avec ça et qu’avez-vous mis dans ce disque ?

Vianney: Oui, je pense que nous sommes d’accord avec ça: on part d’une base thrash old school, c’esr de là que partent nos influences. Pour ma part, je suis venu au metal en écoutant Slayer, Metallica, etc. Mais on n’est pas fermés sur un seul style. Je suis assez ouvert dans ce que j’écoute, et je pense que mes collègues partagent cet avis. On est assez éclectiques. Que ce soit dans ou hors metal. Il peut y a voir du death, du djent…

Laurent : Du progressif, du hardcore,du metal symphonique, et je pense que ça se ressent dans ce qu’on fait.

Metal-Eyes : Et vous avez réussi à mélanger toutes ces influences sur ce nouvel album ?

Laurent : Franchement ? Je trouve que le résultat de toutes nos influences transparait au gré des morceaux.

Jérôme : Et c’est naturel pour nous, on ne se force pas à faire comme ci ou ça. On écoute des choses qui nous influencent sans qu’on y pense. C’est inconscient.

Metal-Eyes : Alors, comment avez-vous abordé la conception de ce nouvel album ?

Laurent : de manière assez classique, comme pour les précédents : c’est-à-dire que l’essentiel du travail se fait en amont, avant les répètes. J’apporte souvent le gros des squelettes des morceaux, et ensuite on les bosse ensemble. Pendant les répètes, chacun apporte sa pierre à l’édifice, et  on finalise les morceaux ensemble. Chacun participe, même si c’est parfois peu parce que j’arrive avec de grosses structures de morceau, mais chacun participe aux arrangements, aux idées qui s’imbrique les unes dans les autres pour avoir un résultat dense et, je pense cohérent. En tout cas, cohérent par rapport à ce qu’on cherche.

Metal-Eyes : Donc c’est toi, Laurent qui arrive avec les idées de base, mais il y a un fonctionnement démocratique dans le groupe ?

Laurent : Est-ce qu’on peut parler de démocratie ? pour moi, le groupe n’est pas une entité politique, c’est juste qu’on est quatre dans le groupe et chacun a son mot à dire. Ils n’hésiteront pas à dire que mon riff est dégueulasse, que ça, ça n’a pas sa place là…

Metal-Eyes : Et c’est pour ça que tu les mets dehors après?

Laurent : non, non (rire général).

Metal-Eyes : Au niveau scénique, que prévoyez-vous maintenant? Vous avez pas mal tourné pour The prodigal child, vous remettez ça pour The dawn of cousciousness ? 

Vianney : On a déjà fait la release party le 1er avril, donc samedi dernier, on a encore 2 dates, les 7 et 8 en Alsace, on en a deux autres qui arrivent dans le Sud, le 21 et 22 avril…

Metal-Eyes : Pardon: par rapport à l’Alsace, le sud, c’est vaste…

Vianney : Oui (rires), Sud Est! J’y venais : Marseille, enfin, Miramas, juste à côté, et Fréjus. On jouera également au Lions Metal Fest près de Lyon, à  Montagny, où seront, parmi d’autres, en tête d’affiche, Onslaught et Darkhain, deux groupes qu’on affectionne particulièrement. Ça nous fait très plaisir de fouler les planches avec eux. Il y a encore quelques dates prévues pour l’été et un rythme un peu plus soutenu pour la rentrée en septembre.

Metal-Eyes : Si chacun d’entre vous ne devait retenir qu’un titre de The dawn of counsciousness pour expliquer ce qu’est Deficiency aujourd’hui, lequel serait-ce?

Vianney : Je dirais Newborns awakening, celui qu’on a utilisé pour le clip, dans la mesure où c’est un morceau assez rentre dedans et qui représente bien Deficiency ; on sent vraiment la patte de notre groupe. Autrement, un autre morceau qui me tient à cœur, c’est Another fail to come, qui est aussi assez représentatif de ce qu’on fait.

Laurent : The post knowledge day, l’avant dernier morceau… Je trouve que c’est un des morceaux les plus aboutis de l’album, avec son intro symphonique, les passages thrash, super mélodiques, des refrains accrocheurs… pour moi, c’est un des meilleurs titres du groupe, avec Newborn’s awakening.

Jérôme : Newborn’s awakening, pour moi, c’est le titre qui nous représente le mieux. Thrash, direct, et en ouverture d’album…

Metal-Eyes : C’est peut-être pour ça qu’il est en ouverture de l’album…

Laurent : Oui, d’entrée on annonce la couleur!

Metal-Eyes : A part lorsqu’on a pris votre commande aujourd’hui pour le déjeuner, quelle a été la meilleure question qu’on vous ai posée depuis ce matin?

Vianney (Rires) : Quelle sauce? (Rire général)

Laurent : Ah, j’en ai une pas mal, je en sais plus qui c’était… Mais c’était “si tu devais partir  sur une ile déserte avec tout un tas de nom genre le lapin d’Alice au pays des merveilles et Jar-Jar Binks ? ”, j’ai choisi Jar-Jar Binks. On risque de bien se fendre la gueule.

Vianney : je ne sais pas, j’ai pas eu de question farfelue pendant les interviews…

Metal-Eyes : Celle qui t’a le plus marqué alors?

Vianney : C’est un peu difficile… Je ne sais plus comment elle était formulée, mais… demande à Jérôme, ça va revenir…

Jérôme : Pas une question, c’était une sorte de portarait chinois, un peu différent et plus personnel.

Metal-Eyes : Ca t’est revenue, Vianney?

Vianney : Non, mais une autre m’est revenue: on nous demandait trois termes à chacun pour décrire le groupe. C’était assez difficile et les réponses de chacun étaient assez intéressantes, en fait.

 

OPALIZED: Rising from the ashes

opalized 2017Thrash Death, France (Autoproduction, 2017)

Après The fall, une intro calme et légère, la furie contrôlée déboule. Give it back sonne comme un avertissent, et claque comme un fouet, marquant la rencontre d’envolées de guitares et de grosses rythmiques. Puis arrive le choc de deux voix masculines. L’une claire, l’autre gutturale, version death metal. L’ensemble constitue un énorme mur de son contre lequel on a envie de foncer et de ne pas s’écraser. The end of human reign continue sur un tempo rapide tandis que la voix claire se fait également agressive. L’efficacité est de sortie mais… Dès Unity, l’étrange impression d’avoir à faire à une version frenchie d’Amon Amarth se pose et s’impose. Très – trop? – proche de l’esprit des vikings, Opalized? Sans doute. Cependant, les compositions sont efficaces et l’apport d’un mix vocal fait la différence et donne envie d’aller au bout, permettant ainsi de découvrir la puissance de feu d’un groupe à suivre. Opalized a la force de ses guitares: à la fois modernes et vintages, le groupe puise son inspiration sans limites temporelles (Black Flag zyeute même du côté des années 40 avant de devenir aussi explicite que son titre, les soli évoquent souvent le metal des années 80…). Rising from the ashes est, malgré un sérieux label « Amon A. » un disque puissant, carré et efficace à conseiller et à soutenir.

Note: 8/10

EXTRAVASION: Origins of magma

extravasion 2017  Thrash, France (Autoproduction, 2017)

Extravasion a commencé à voir le jour en 2011 sous l’impulsion du guitariste Baptiste. Il lui faudra 4 années pour réunir autour de lui le line-up actuel composé du chanteur Emil (également dessinateur de l’illustration de couverture), le bassiste Clément et le batteur Guillaume. Bien qu’intitulé Orgins of magma, ce premier Ep, long de 7 titres n’a rien à voir avec l’histoire du groupe Magma… Bien au contraire, Extravasion propose un thrash sans concession qui évoque aussi bien Voivod que Forbidden ou, naturellement Slayer ou Metallica (Consume emprunte quelques riffs à Creeping death) ou encore Sepultura. Du sérieux, du lourd dans un ensemble parfaitement assimilé. Le chant, souvent proche du black metal, est agressif et déterminé. La production de l’ensemble rappelle le son d’une époque révolue, en plus moderne, et ce disque s’écoute sans fléchir. Ni réfléchir, d’ailleurs. ça file et ça cogne, ça décrasse les oreilles. Une belle promesse pour les amateurs de sensations fortes en somme.

Note: 8/10

Sortie: le 2 mars 2017

Pour toute info ou commande de ce CD, vous pouvez contacter: Extravasion@gmail.com

ANTHRAX et The Raven Age live à Paris (Elysée Montmartre, le 16 mars 2017)

anthrax europe 2017

L’annonce de ce concert a fait son effet… Pensez-vous, pouvoir écouter, en live, Among the living afin de célébrer son 30ème anniversaire, ça ne se refuse pas! D’autant plus que je ne garde qu’un souvenir moyen des deux prestations qu’Anthrax a donné l’été passé au Download et, bien que en meilleure forme, du Hellfest. Ajoutez à cela le fait que je n’ai pas eu l’opportunité de retourner à l’Elysée Montmartre depuis sa réouverture, et qu’en plus je vais pouvoir voir, après les avoir rencontrés pour une interview, ce que donne The Raven Age en conditions live, tous les éléments sont réunis pour passer une bonne soirée.

La salle rénovée est lumineuse, propre et très accueillante. Intérieurement, la configuration me semble identique, exception faite du vestiaire et d’un espace salon où l’on trouve le merch. Le concert n’est pas complet et, alors qu’il se murmure qu’il y a un peu de retard, The Raven Age monte sur scène avec un peu d’avance. Les Anglais donnent ce soir le dernier concert de la tournée européenne et ça se sent: Michael Burrough, le chanteur, n’est pas en place, sa vois est limite, et ses acolytes ont du mal à faire bouger un public qui reste poli. George Harris est malheureusement dans l’ombre, s’en échappant à de trop rares occasions.  Dan Wright (guitare) et Matt Cox (basse) ont beau se démener, il manque quelque chose. Musicalement, les morceaux sont ce soir moins denses et moins attirant que sur album… Bref, sans être raté, ce rendez-vous avec le public parisien n’est simplement pas des plus mémorables.

Avec Anthrax, on entre dans une autre dimension. Dès Among the living, le groupe est à fond,  Joey Belladona est en voix, Scott Ian toujours au taquet, et Frank Bello est partout! Le son est aussi puissant que les lights, ce qui participe entièrement à la réussite de ce concert exceptionnel. Le public slame dès les premiers morceaux en un flot continu qui ne cessera qu’à la fin du concert. Musicalement, c’est un défilé de classiques: la première partie du concert célèbre donc le trentième anniversaire de Among the living, album phare et culte interprété dans son intégralité. Ian clame même que A skeleton in the closet était son morceau favori il y a 30 ans, et qu’il le reste encore aujourd’hui. Efilnikufesin (N.F.L) est suivi d’un solo de guitare d’un Jonathan Donais parfaitement intégré. For all kings, dernier album en date, est représenté par deux titre en seconde partie (Breathing lightning et Blood eagle wings), le reste du set étant composé d’un choix assez évident allant de Madhouse à Antisocial qui marque un point final. La première fois que je les ai vus, Anthrax ouvrait pour Metallica au zénith de Paris, mettant les Horsemen en danger (mais pas très longtemps!). Ce soir, le groupe a été tout aussi impérial, et simplement magistral. Superbe soirée!

Merci à Valérie Reux et Nuclear Blast

Note: Disque dur HS… Il est malheureusement impossible aujourd’hui de vous proposer quelques photos de ce concert. Promis: dès que (si) je récupère les données, je vous offre un florilège de clichés live!

RAPTOR KING: Dinocalypse

raptor king 2017 France, Thrash (Ep – Autoproduction, 2017)

Aux limites du thrash, du death et du black, Raptor King nous propose un Ep intéressant. Au delà de l’histoire (le roi Raptor se réveille après un somme de quelques dizaines de millions d’années qui fait suite à Dinocracy, inconnu à mes oreilles…) les cinq titres de ce disque nous montrent plusieurs facettes du groupe. Si le chant – les hurlements – black sont offerts en guise d’amuse gueule sur le morceau titre, la suite se fait plus variée, alternant entre double grosse caisse et heavy plus traditionnel. A ce titre, on secouera volontiers la tête sur Fight’n’roll, sans doute le morceau qui fait le plus taper du pied, tandis que Lonesome raptor surprend avec ses constructions imbriquées et alambiquées. Si l’on devine que l’humour a une large place, Raptor King ne parvient cependant pas à véritablement se démarquer malgré un production plus qu’honnête, et des idées attirantes. On s’amuse, et c’est déjà beaucoup!

Note: 7/10

Sortie: 13 février 2017 – Site web: www.raptorkingrocks.com

ASSENT: We are the new black

assent 2017Heavy/Thrash, France (Autoproduction, 2017)

Deux. Ce groupe n’est composé que de deux musiciens, Aurélien Fouet-Barak qui s’occupe de tout sauf des guitares tenues par Grégoire Debord. C’est ça, en gros, Assent, qui nous propose aujourd’hui un Ep, We are the new black. 6 titres aussi variés que le tonnerre peut gronder avant de disparaître. Ca craque, ça pète et ça se calme, voilà comment on pourrait résumer ce disque. Mais ce serait aussi quelque peu réducteur. Assent sait placer ce qu’il faut d’énergie et de mélodie, et sait aussi surprendre. Preuve en est l’utilisation de cordes (violons, violoncelles) dès le début de The dust & the screaming. Les ambiances sont travaillées et réfléchies, on passe du brutal à du Rock’n’Roll sous adrénaline (Insomnia) en passant par de sérieuses inspirations thrashisantes old school (We are the new black) ou le chantant, malgré ses égorgements black metal, Remain in darkness… Aurélien propose une variété des styles vocaux, démontrant la maîtrise de son organe. Des hurlements blacks, il passe à la douceur d’un chant clair qu’il fait parfois un peu crooner. Si We are the new black explore différents espaces, il intrigue justement par cette variété. Dense, quelque peu décousu, il s’adresse à un public varié qui n’a pas peur de se frotter, en quelques minutes, à plusieurs styles. Ni thrash, ni black, ni purement heavy, ni totalement rock, Assent nous offre un peu de tout cela en version condensée.

Note: 7,5

DEFICIENCY: The dawn of counsciousness

deficiency 2017Thrash, France (Apathia, 2017)

Il y a quatre ans, en 2013, Defeciency avait craché à la face du monde son second album, The prodigal son. Un concentré de thrash, de guitares enragées, et de rage vocale qui lui fit passer un cap non négligeable. Vraisemblablement satisfaits des retours, les Lorrains (de Forbach) remette cette année le couvert avec The dawn of counsciousness qui mélange les mêmes ingrédients et les poussent plus loin encore. Malin, Laurent Grisonna ne fait pas que cracher sa rage. Il parvient à moduler sa voix, lui donner des intonations variées, plus en tout cas que les simples hurlement de haine qu’on entend trop souvent. Une variété qu’on retrouve dans les joutes guitaristiques, six cordes qui parfois, comme sur Another fail to come, propose un rapide break, divagation hispanique étonnante, et dans le travail rythmique; on remarquera à ce titre le travail d’Anthony Thomas qui propose bien plus que de la simple double grosse caisse ou blast beats éculés. Alors autant de rage peut, sur la longueur, quelque peu lasser. Seulement Deficiency commence à maîtriser cet art qui permet aux oreilles de se reposer avant un retour d’énergie pure. Sans surprise, on retrouve certains invités de marque, tel Alain Clément (No Return) qui propose un solo sur The upriser. Certes, ce n’est pas l’album dont je me saisis spontanément, il n’empêche que les amateurs du genre y trouveront leur compte: une bonne dose de décibels et de quoi faire tourner non pas les serviettes mais les tignasses à se rompre le coup! Sans doute possible, avec The dawn of counsciouness Deficiency trouve sa place parmi les grands challengers du thrash metal hexagonal.

Note: 8/10

ANNIHILATOR: Triple threat

annihilator triple threat 2017Thrash, Canada (UDR, 2017)

C’est dans un superbe fourreau que Jeff Waters nous propose le nouveau méfait d’Annihilator. Et les fans sont servis! Pensez donc, un triple album – d’où, imagine-t-on, le titre Triple threat – qui contient 2 CD et un DVD. Comme on en fait de plus en plus souvent, les CD sont la bande son du DVD, ou l’inverse: le DVD est la mise en images des pistes audio. Le premier CD nous propose 11 morceaux enregistrés lors du dernier festival Bang your head, le 15 juillet 2016. Le cadre des festivals n’est pas idéal pour défendre un dernier album. Ainsi, on ne retrouve qu’n titre extrait de Suicide society, l’inquiétant Creeping again. Le reste est composé d’indémodables classiques  (faut-il les citer? Allez, quelques uns: King of the kill, Never, neverland, Set the world on fire, Refresh the demon, Alisson Hell...) parfaitement joués ce jour là, malgré quelques faiblesse vocales du sieur Waters. Le second CD propose quant à lui des versions acoustiques de 10 chansons. C’est sans doute la partie la plus intéressante de ce combo, car on écoute une autre facette de l’oeuvre d’un groupe habituellement radical. Jeff partage ici le chant avec Matc La France, et c’est un choix judicieux tant l’homme met d’émotion dans son verbe. L’ensemble confirme, s’il en était encore besoin, le talent du guitariste canadien, aussi à l’aise en électrique furieuse qu’en acoustique. Le DVD commence d’ailleurs, étonnamment, par la partie acoustique. l’intérêt n’est ici que musical, les musiciens étant simplement sagement assis en rang d’oignons dans le Watersound studio devant un backdrop au nom du groupe. Ok, on peut constater que les prises ont été faite en plusieurs fois, les fringues des zicos sont là pour le prouver. Non, l’intérêt de ce DVD est bien sûr la prestation du Bang your head où le groupe évolue en plein jour et semble parfaitement à l’aise. Les images sont propres, nettes et le son digne d’un événement de cette ampleur. Un troisième partie propose un mini documentaire capté durant ce même été 2016 alors que le groupe répétait et se préparait pour son set acoustique. Une sorte d’immersion dans la vie du groupe, toujours sympa comme témoignage. Avec Triple threat, Annihilator pourrait indiquer clore un chapitre et orienter sa carrière sur une nouvelle voie. Attendons la suite, mais d’ici là, ne boudons pas notre plaisir de retrouver un groupe en forme.

Note: 8/10

Site web: Annihilator

RANGER: Speed and violence

ranger-2016Speed metal, Finlande (Spinefarm, 2016)

Les speedeux/thrashers finlandais de Ranger sont tombés dans la marmite du speed metal naissant des années 80. Speed & violence, leur second album en est la preuve par 9. De l’illustration de la pochette qui rappelle celle du Heavy metal maniac des Canadiens d’Exciter au contenu musical, on peut se demander si cet album n’est pas, en réalité, une trouvaille de fonds de tiroirs, au bon sens de l’expressiondu terme. Les 9 titres qui suivent l’intro sont taillés dans le moule du speed metal allemand et du thrash américain d’il y a 30 ans : rapide, agressif, fait de sang et de sueur, sans compassion ni compromis. tout ici parraitvolontairement « cliché ». Même la production sonne d’époque, ce qui peut soit être considéré comme nostalgique ou, au contraire – ce qui semble être le cas – totalement et volontairement minimaliste. Les textes sont empreints de cet esprit « satanique » (Demon wind, Satanic panic, Evil barrier) ou sanglants et guerriers (Speed & violence, Without warning, Lethal force, Night slasher, Shock troops, Last breath) qui fit tant couler d’encre. Après une grosse vague de groupes typés 70’s, Ranger marque-t-il le retour (encore) d’un esprit 80’s, décennie extraordinaire d’exploration et d’anticonformisme musical ?  Si l’énergie et l’envie sont bien présents, on a malheureusement l’impression d’avoir déjà tout entendu. Pour se démarquer, Ranger doit trouver son originalité, ce qui, tout en restant ancré dans ses influences 80’s, lui forgera une identité propre. Speed & violence reste cependant un album à découvrir et Ranger un groupe à suivre.

Note : 7/10

Titre que je retiens : Night slasher

AMON AMARTH live au Casino de Paris (le 7 novembre 2016)

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Après un Jomsviking particulièrement remarquable et deux prestations festivalières (Download Paris et Hellfest) en juin dernier, il devenait urgent de pouvoir retrouver les vikings d’Amon Amarth sur scène en salle. Le 7 novembre, rendez-vous est pris au Casino de Paris, salle dans laquelle je n’avais pas remis les pieds depuis, si mes souvenirs sont bons, 1986 avec Twisted Sister. Velours rouge, lustres et jolies lumières, le lieu dénote quelque peu avec le public présent, c’est évident. Metal et belles salles font pourtant souvent bon ménage. Seuls hics – auquel il faudra remédier: aucun lieu n’a été prévu pour les fumeurs qui se retrouvent parqués à l’intérieur. Toute sortie est définitive… Ensuite, il n’y a qu’un seul bar qui est rapidement saturé et, surtout, qui se retrouve, avant même que la tête d’affiche ne monte sur scène, dans l’impossibilité de servir ne serait-ce qu’une bière! Les stocks de canettes sont épuisés ! Jamais vu ça depuis 40 ans de concert! Passons.

Grand Magus

Grand Magus

L’affiche de ce soir est attirante (environ 1500 fans se sont donnés rendez-vous) puisque, tout d’abord, sont invités à ouvrir les Suédois de Grand Magus. Le trio bénéficie de peu d’espace scénique – la batterie est collé en devant de scène, forçant chacun des protagonistes à demeurer dans son pré carré – mais s’en tire cependant avec les honneurs à plus d’un titre. D’abord, le trio propose un heavy metal traditionnel, entraînant, chantant bien que parfois teinté d’influences doom. Janne Christoffersson (chant et guitare) est en voix et se charge d’augmenter le capital sympathie acquis auprès du public en s’adressant toujours à lui avec le sourire et très souvent en français. Sword Songs, le dernier album en date paru en 2016, n’est pas particulièrement mis en avant – un seul titre en est extrait – plus du fait du peu de temps dont dispose Grand Magus qu’à cause de l’album lui même. Les 7 titres joués ce soir reflète cependant l’ensemble de la carrière d’un groupe qu’on aimerait voir bientôt plus haut sur l’affiche. En tout cas, l’amuse-gueule met en appétit!

Testament

Testament

On pourrait penser la même chose de Testament qui suit. Les Américains connaissent bien la France mais n’y jouent pas assez en tête d’affiche. Tant pis, on se contente de ce que l’on a, car à chaque fois, les thrashers d’Oakland mettent le feu. Ce soir, personne n’échappe à la règle. Avec un album de la trempe de Brotherhood of the snake, ce serait d’ailleurs dommage… D’ailleurs, la sécu est rapidement débordée, tant et si bien que le responsable décide de faire sortir les photographes après deux chansons seulement au lieu des 3 habituellement accordées. Car dès l’arrivée sur scène de Chuck Billy et les siens, dès que démarre Brotherhood of the snake, ça slame dans tous les sens. Difficile de ne pas se méfier de ce qui arrive au dessus de nos têtes! L’espace de dix morceaux – dont on regrettera l’absence de Pratcice what you preach, classique parmi les classiques (on ne peut contenter tout le monde en 50′) – malgré des lumières pas toujours optimisées, Testament s’est une nouvelle fois donné à fond, explosant tout sur son passage. Sur Into the pit, Chuck Billy demande au public un circle pit. Exécution, malgré l’étroitesse de la fosse! Un belle bonne grosse claque. Qui donne soif, mais… la queue devant le bar décourage et, aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a déjà plus une goutte de bière!

AMON AMARTH

AMON AMARTH

Avant que la salle ne soit replongée dans le noir, LA question consiste à savoir quel sera le support de la batterie? Drakar? Dragon? Non, il serait étonnant de pouvoir ne faire tenir que l’un de ces monstres vus l’été passé sur scène… Le décor et dévoilé, et c’est un gigantesque casque qui fait office de promontoire et de chemin de ronde dont les orifices diffusent une lumière aux couleurs variantes. Le concert sera de plus animé de diverses manières, dont de nombreux – une demi douzaine au bas mots – backdrops. Le décor est certes important dans la scénographie d’un groupe comme Amon Amarth, cela ne se fait toutefois pas au détriment d’une setlist de qualité ou du spectacle proposé au public. Le son, d’abord est énorme, les lumières splendides. Ensuite, il semble évident que le groupe est fier de son dernier album puisque ce sont 6 extraits qui sont ce soir proposés au public (dans l’ordre d’interprétation: First kill, The way of the vikings, At dawn’s first light, On a sea of blood, On thousand burning 

AMON AMARTH

AMON AMARTH

arrows et Raise your horns en premier rappel) soit plus de la moitié de Jomsviking. Enfin, tout au long du show, des vikings interviennent, illustrant certains titres: combat d’hommes en cotes de mailles sur The way of the vikings, deux archers sur One thousand burning arrows, une représentation de Loki, le maléfique demi frère du dieu Thor, sur Fatherof the wolf et, pour terminer, un gigantesque serpent de mer (gonflable) sur le dernier rappel, Twilight of the thunder god. plein les oreilles, plein les yeux, Amon Amarth est de plus en plaine forme. Johann Hegg très en voix est royalement soutenu par Olavi Mikkoonen, Johan Söderberg et Ted Lundström (respectivement aux guitares et à la basse) qui, tous 4, investissent chaque recoin de la scène, utilisent le chemin de ronde en allant saluer régulièrement Tobbias Gustafsson au dessus de sa batterie, haranguant la foule en (plus que) délire qui donne aux 4 gars de la sécu le tournis à force de surfer sur le public. Show impeccable, public à fond, ambiance du feux des dieux nordiques, Odin et les siens peuvent être fiers et satisfaits. Un concert impeccable!