AMON AMARTH: The pursuit of vikings

Death mélodique, Suède (Sony music/Metal Blade records, 2018)

25 ans! Voici un quart de siècle que sévissent les vikings de Amon Amarth. Et ça, les amis, ça se fête. Les Suédois nous offrent pour l’occasion The pursuit of vikings, un superbe Blu Ray et CD bourré de son et d’images. Le CD retrace le concert que le groupe a donné au Summer Breeze festival le 17 août 2017 (sur la mainstage, comme précisé un peu partout). 15 titres puissants, parfaitement exécutés et produits. Bien sûr, le dernier album studio, Jomsviking, est mis en avant avec pas moins de 5 titres, le reste de la discographie étant également bien représenté. Cependant, malgré toutes les indéniables qualités du CD, c’est surtout le BluRay qui vaut le détour: Amon Amarth, via chacun de ses membres, se dévoile et raconte l’histoire du groupe dont on découvre nombre de détails. On retiendra ainsi l’épisode du tape trading des débuts, époque à laquelle « quand tu écrivais une lettre, tu y mettais toute ton énergie », ou celui de ces premiers concerts foirés car les jeunes musiciens étaient trop bourrés pour arriver à la salle. Electrochoc et première leçon de professionnalisme…  Les nombreux témoignages apportent également un autre éclairage; on retrouve Brian Slagel ou Peter Tägtgren parmi d’autres moins connus. Les images d’époques rappellent à quel point ce groupe de death metal, brutal et extrême, a su évoluer vers un heavy metal racé et puissant tout en restant fidèle à ses aspirations originelles.  Le reportage nous permet aussi de rentrer dans l’intimité des musiciens: des témoignages sur les début du groupe aux premiers jobs, en passant par les apparts dans des tours, rien ne semble caché ou oublié. Certainement pas le travail et l’application que met chacun afin de faire grandir Amon. Travail dont le résultat se retrouve sur scène, et le Summer Breeze en est un superbe témoignage. Le groupe y met tout son cœur, la setlist aussi puissante que la pyro est efficace. Les image et le son sont irréprochable. En un mot comme en cent, ce live est un superbe produit qui devrait faire des heureux à Noël. C’est bientôt, alors…

MONOLYTH: A bitter end / a brave new world

France, death mélodique (Autorpoduction, 2018) – sortie le 25 septembre 2018

L’an dernier au Hellfest, sous Temple, je suis allé jeter une oreille et un oeil au set de Monolith. Uee expérience brève tant l’ennui s’est emparé de moi rapidement. Alors, pensez, quand j’ai reçu cet album, ma première pensée a été « oh, non ». Mais un regard plus attentif me fait comprendre que, visiblement, il ne s’agit pas du même groupe. Non, celui-ci, ce Monolyth, s’écrit avec un Y salvateur! Je glisse donc le CD avec une curiosité attisée dans le lecteur pour y découvrir… du death metal. Premier constat, la pochette de A bitter end / A brave new world peut se regarder dans deux sens opposés. Un joli travail graphique qui me parle. Ensuite, en retournant la pochette, chaque titre est doublé d’un sous-titre genre mini résumé de la chanson. Original. Puis la musique démarre. Je passerai rapidement sur le « chant », style guttural hurlé qui, comme chacun sait, n’est pas du tout mon style, d’autant que c’est assez monocorde. En plus, j’ai la nette impression que l’anglais n’est guère maîtrisé. En ce qui concerne la musique, cependant, les morceaux sont travaillés et réfléchis, les mélodies incontestablement attirantes et efficaces. Monolythe propose avec A bitter end / A brave new world un disque extrême abouti que les amateurs découvriront avec plaisir.

ACOD: The divine triumph

Death mélodique, France (Sony music, 2018)

L’ascension des abysses est une intro en trompe l’oreille. Cinématographique, légère, épique, cette ouverture laisse l’auditeur entrevoir de verts pâturages, des paysages féeriques et pacifiques. Pourtant, dès Omnes tenebrae, le décor change. La vitrine de l’enfer vous a attiré? La réalité est toute autre! L’univers des Marseillais d’Acod, qui signent avec The divine triumph son 4ème album depuis sa formation en 2006, Lire la suite

KERA: Hysteresis

Death mélodique/progressif, France (Autoproduction, 2017)

Allez, pour terminer l’année de manière explosive, je vous propose une rareté chez Metal Eyes: du Death metal. Pas bourrin, mais plus que rugueux! Voici un peu plus de 3 ans que Kera s’est formé, fin 2014. Les Parisiens ont depuis publié plusieurs Ep avant de s’attaquer à l’enregistrement de ce Hysteresis, premier album d’une formation déjà repérée sur les routes hexagonales. Kera s’est en effet rôdé et frotté au public en ouvrant pour des formations aussi diverses que Beyond The Styx, Hypno5e ou Eloyse, parmi d’autres. Ce premier album de 9 titres est mature, c’est évident. Rugueux par son chant growlé typique du death, Ryan Mc Haggis, le chanteur, a aussi la bonne idée de proposer des voix claires, ce qui rend le propos plus aisé. Les compositions sont, de leur côté, souvent directes et piochent volontiers du côté planant du prog. Les constructions évoquent ce même style et plus de la moitié des titres dépassent allègrement les 7′. Kera parvient ainsi à éviter l’écueil du « on fonce dans le tas et on tape ». Les codes de ces deux styles ne sont finalement pas aussi antinomiques qu’on pourrait a priori le croire. Avec Hysteresis, Kera attise la curiosité et donne envie d’en connaitre un peu plus.

ANCIENT ASCENDANT: Raise the torch

Black/Death mélodique, Royaume Uni (Spinefarm, 2017)

Passez outre vos a priori, Ancient Ascendant a de quoi vous en convaincre! présenté comme un groupe puisant son inspiration au coeur du death et du black metal avait tout pour ne pas trouver sa place ici. Mais, grâce à un e saine curiosité, ce Raise the torch trouve son chemin vers la platine. Et… Après une intro aux sonorités religieuses et sacrées, Our way envoie ses riff forgés dans le plus pur metal, celui des Judas Priest et Metallica. Oui, mais… arrivent rapidement les growls typiques du death et les hurlements du black qui peuvent effrayer. D’autres ont cependant déjà démontrer pouvoir allier ces styles a priori incompatibles avec brio. Les guitares sont ici claires, les riffs acérés, la section rythmique se révèle très efficace. Si, vocalement, Ancient Ascendant s’adresse à un public plus réceptif que moi, musicalement, les Anglais réussissent leur pari et passent franchissent, avec ce troisième album, un nouveau cap.   Un album déterminé, brutal et mélodique à la fois.