Concerts from home: AEROSMITH – Live! Bootleg

C’est désormais une habitude… Toujours privés de concerts, Metal Eyes continue de de revisiter certains albums live au travers de la rubrique nouvelle rubrique « Concerts from home ». Cette semaine, un nouveau grand classique vous est proposé.

Pour ce nouveau volet, restons aux USA. Plus précisément dans le Massachusetts dont la capitale, Boston, a vu naître un des plus gigantesques groupe de tous les temps avec Aerosmith. Revenons alors sur leur premier album live, le mythique Live! Bootleg

AEROSMITHLive Bootleg ! (Columbia, 1978)

En 1978, alors que le groupe se noie dans la dope et l’égo, Aerosmith (son label et son management aussi) décide qu’il est temps de sortir son premier album live. Le groupe de Boston a déjà 5 disques à son actif, le dernier en date, très justement ou ironiquement nommé Draw the line (1977) n’ayant pas rencontré le même succès (double platine aux USA, quand même) que ses deux prédécesseurs, les remarquables Toys in the attic et Rocks (1975 et 1976) qui ont transformé Aerosmith en un monstre sacré du rock made in USA. Steven Tyler (chant), Joe Perry et Brad Whitford (guitares), Tom Hamilton (basse) et Joey Kramer (batterie), soit la version idéale –idéalisée ? – du groupe, s’embarquent alors dans une tournée qui démarre le 27 juin 1977 à Fort Worth, à côté de Dallas, au Texas. Elle prendra fin une centaine de dates plus tard, le 23 juillet 1978, lors du Day on the green festival d’Oakland en Californie. Aerosmith aura principalement sillonné le territoire américain, malgré une rapide escapade en Europe (2 semaines en août 1977 qui, après l’Allemagne et la Belgique, se concluent au festival de Reading le 27 août) et quelques dates en décembre de cette même année au Canada. Mais le reste du monde ? Le succès du groupe est cependant tel que de nombreux albums « pirate » viennent polluer le marché, ce qui pousse les 5 à publier ce Live ! Bootleg à la pochette épurée et tenter de lutter contre ce marché parallèle, qui, sans doute, leur ôte de précieux deniers qui, plus encore que de payer leurs factures, pourraient bien mieux les alimenter en substances prohibées (les Toxic twins, ça vous dit quelque chose ?). 16 titres sur 4 faces composent ce premier live dont les chansons ont été enregistrées en divers lieux au cours de la tournée Draw the line, à l’exception, cependant des reprises I ain’t got you (Calvin Carter) et Mother popcorn (James Brown), qui, elles, remontent à 1973. Le son des clubs est particulièrement notable sur la reprise de Brown, étonnamment couplée sur le tracklisting à Draw the line qui, lui, fut enregistré 5 ans plus tard, en mars 78 à Philadelphie… Plus étonnant encore, ce dernier n’est même pas mentionné sur la pochette (originale ou réédition). L’album, une nouvelle fois produit par Jack Douglas, véritable 6ème membre, surprend par son intensité et la variété des publics. Clairement, le groupe est, sinon en forme, plein de gnaque et de tensions. C’est palpable par instanst, tant le groupe semble parfois en roue libre sur certains de ses titres emblématiques (la version de Dream on peut étonner). Mais ces tensions se traduisent bien souvent par une énergie sans pareille – la quasi séance d’impro sur Lords of the things est impressionnante – Tyler s’égosillant au point que l’on peut se demander comment il a pu préserver sa voix tout au long de la tournée… Euh, en fait, non, certaines substances l’y ont sans doute aidé! Et que penser de cette « baston » que se livrent Tyler et Perry sur l’explosive version de Walk this way ? Si Aerosmith implose quasiment en pleine gloire en 79 avec le départ de Joe Perry (après l’enregistrement de l’album suivant, Night in the ruts), ce live, publié à sa sortie par Columbia aux USA et par CBS en Europe s’inscrit bientôt parmi les classiques du genre, les indispensables de toute discothèque qui se respecte. S’il fut naturellement réédité en format CD (simple), le disque –vinyle et CD – propose son lot de photos en divers lieux, d’infos et d’affiches qui occupent le lecteur autant, ou presque, que les 75 minutes de ce rock explosif et entraînant. Certains préfèrent les Classics live parus plus tard ? Qu’importe ! En 1977/78 Aerosmith en impose, point. Dream on ? Non, rock on !

Concerts from home: VAN HALEN

Eddie Van Halen, guitariste de génie, vient de nous quitter. Puisque nous sommes encore privés de concerts, et que, c’est désormais certain, Van Halen ne sera plus jamais tête d’affiche où que ce soit, replongeons nous dans ce premier live du quatuor US. RIP, Eddie.

VAN HALEN – Live : right here, right now. (Warner, 1993)

6 octobre 2020, la nouvelle tombe : Eddie Van Halen vient de mourir. Nouvelle victime de ce cancer qu’on n’ose pas appeler autrement que « une longue maladie ». Il n’avait que 65 ans. Pour autant, l’héritage musical et guitaristique qu’il laisse derrière lui est immense. Mais il existe malheureusement peu de témoignages des performances live du quatuor. Après la scission d’avec Diamond Dave, le groupe se réinvente avec le Red Rocker (qui, visiblement, a mis ce dada coloré de côté), Sammy Hagar avec qui les 2 premiers albums – 5150 et OU812 – font sensation mais seulement pour un temps. Le suivant, For Unlawful Carnal Knowledge replace VH parmi les groupes les plus importants de son époque. Il est grand temps, sans doute, de proposer un live aux fans, chose aisée puisque Van Halen n’a de cesse de tourner. Ou presque… Pour l’occasion, le quatuor sillonne son pays de long en large. La tournée F.U.C.K. démarre le 16 août 1991 à Atlanta, en Géorgie, et s’étire jusqu’au 24 mai 1992 avec deux date à Mexico city, avant de reprendre, l’année suivante, juste après la sortie de ce Live : right here right now qui parait le 23 février 1993 et qui donne son nom à ce nouveau segment. Puisque le groupe a décidé de tourner en soutien à son album live, le public connait par avance la setlist, sans surprise véritable…C’est toutefois, pour Van Halen, une bonne occasion de se refaire un nom sur le vieux continent. C’est le 30 mars 1993 (après un concert de reprise au Whisky a Gogo de LA le 3 mars) que, sous le nom de Right here right now tour, Van Halen retourne en Europe pour une quinzaine de dates, démarrant à Munich, en Allemagne, et se terminant en Angleterre par un Wembley arena de Londres le 29 avril. Le groupe retrouve sa terre natale qu’il revisite jusqu’au 28 août 1993. Mais revenons en arrière, sur la première partie de cette tournée…En 1992, le quatuor fait une halte de deux jours à Fresno, en Californie, et investit le Selland arena les, 14 et 15 mai. Construite en 1966, et depuis agrandie, la salle est, pour un groupe de l’envergure de VH, de capacité moyenne puisqu’elle peut accueillir, dans sa configuration « concerts », 11.000 spectateurs. A l’extérieur, se trouve un studio mobile, le Westwood one manipulé par Biff Dawes. La salle est comble, le public, qu’on devine légèrement retravaillé au mixage, chaud. Et le groupe se donne autant que possible, principalement, c’est dommage, sur l’ère Hagar, le chanteur étant plus que mis en avant. Hell ! il y a même certains de ses morceaux (One way to rock et Give to live). De l’ère David Lee Roth ? Impossible de faire l’impasse sur Panama ou Jump, issus de 1984 ou de Ain’t talkin’ bout love et de la reprise des Kinks, You really got me, des débuts du groupe. Van Halen surprend également en jouant When it’s love, semblant de ballade aux quelques relents enjoués, en guise de troisième morceau… A peine on chauffe la foule qu’il faut ralentir le tempo ? Etonnant choix… Cependant, chacun des musiciens a droit à son moment, Eddie, naturellement, avec ses envolées sans pareil, joue les maîtres de cérémonies, même si l’on souhaiterait parfois un peu plus de risque, de pêche aussi. Son frère Alex est à la fête avec un solo de batterie tel que seul lui sait (savait) les concocter – d’ailleurs, pourquoi n’y a-t-il pas une seule photo correcte de lui dans le livret ? – et Michael Anthony nous offre un moment d’Ultra bass. Répartis sur deux CD (avec respectivement 13 et 11 titres), l’album a clairement été réarrangé, réorganisé. Les setlists qui circulent sur le net de ces deux soirées n’ont pas le même ordonnancement. Que penser, dès lors ? Que comme tant d’autres formations, Van Halen veut se montrer sous son meilleur jour, et cela, c’est le résultat du travail commun réalisé entre le groupe et son producteur Andy Johns (décédé en 2013), qui a notamment travaillé sur le F.U.C.K de VH ainsi qu’avec les Rolling Stones, Led Zeppelin, Chickenfoot (tiens, un autre projet de Sammy H.) et, chez nous, Trust. Bref, un CV long comme le bras mais voilà… Sans doute, certainement, pas assez axé sur la première période de Van Halen (DLR, donc) le disque peine à vraiment trouver son public. Pas que Sammy ne plaise pas, au contraire, il a même parfaitement su trouver sa place, mais il manque cette petite flamme qui transforme un concert en un moment mémorable et magique. Il reste un musicien sérieux, là où David Lee Roth, même en solo, a toujours laissé exploser plus qu’un brin de folie. Right here right now est certes un album plaisant qui se laisse facilement écouter mais, ne serait-ce la flamboyance de Monsieur Eddie, il ne se démarque guère d’autres productions. D’autant plus qu’en 1991 la concurrence est rude, et le deviendra plus encore, discographiquement, en 1993 : Metallica a sorti son Black album et, décidé à conquérir le monde, n’a aucune pitié pour les anciens. Van Halen, en 1992/1993 n’a simplement plus cette même aura séductrice qui a émaillé ses jeunes années. Eddie Van Halen fait simplement désormais parties des légendes, des fondateurs, des incontournables pour tout amateur de rock et, plus encore, pour tout musiciens. Son héritage est immense, rien de moins.

ROBERT JON & THE WRECK: Last light on the highway

Rock sudiste, USA (autoproduction, 2020)

Le rock sudiste a cette force de savoir être un genre transgénérationnel. Pour peu que l’on aime le rock, le blues, la soul, alors il est aisé de se laisser emporter par des riffs simples et vraies. Robert Jon & The Wreck (RJTW) viennent encore nous le prouver avec Last light on the highway, leur Xème album. Voici encore une formation obscure connue des seuls initiés et qui mérite vraiment de trouver un plus large public… Mais ces mecs en veulent! Ce nouvel album sort un an à peine après leur dernier effort, Take me higher. Les 11 titres évoquent toute l’histoire du Southern rock surprennent par instants en évoquant Phil Collins ou John Cougar Mellencamp. Tant dans le chant que musicalement, d’ailleurs, le groupe puisant dans le royaume du bon gout populaire, entraînant, rythmé et joyeux. Avec ses inspiration soul, rock et pop, ses guitares qui craquent ici et se font légères, ses chœurs chaleureux, ses claviers discrets et sa rythmique directe et efficaces, RJTW va plus loin que le simple rock sudiste et s’adresse à un large public avec l’envie de le faire bouger. Impossible de rester de marbre… Un album sans autre prétention que de se faire et de faire plaisir, Last light on the highway s’écoute au volant sur une longue route et aide à faire défiler les paysage. Un disque pour s’évader.

ALCATRAZZ: Born innocent

USA, Hard rock (Silver Lining, 2020)

Lorsqu’on évoque Alcatrazz, on pense soit à la prison d’où « on ne s’évade pas », une île à quelques encablures de San Francisco – mais suffisamment éloignée des terres et cernée de courants forts et contraires pour décourager les meilleurs nageurs – une prison désormais devenue lieu de visites touristiques, soit au groupe fondé au début des années 1980 par Graham Bonnet, chanteur passé au sein du Rainbow de Richie Blackmore ou du MSG de Michael Schenker. La première mouture du groupe avait accueilli un jeune Yngwie Malmsteen, prodige de la guitare devenu référence de nombreux six cordistes, amateurs ou professionnels. Mais avec un line-up instable, et malgré 3 albums de qualité, jamais Alcatrazz ne réussit à franchir le cap des challengers. Aujourd’hui, à plus de 70 ans, Graham Bonnet reprend son micro et s’entoure d’une équipe efficace avec laquelle il propose, 34 ans après le dernier album studio, Born innocent, un album qui fleure bon le bon vieux temps. Celui où les manches de guitares déversaient un flot de notes et de mélodies, où le chant signifiait quelque chose, où l’efficacité et l’attitude primaient sur le reste. Les 13 titres de ce nouvel album renouent avec ce passé lointain mais pourtant si familier et proche. C’est sans doute la seule faiblesse de ce disque varié, à la production irréprochable: être trop nostalgique, proposer une musique quelque peu datée. Mais la voix de Bonnet est bluffante, tout comme le jeu de Joe Stump, un guitariste à suivre de près. La mélodie omni présente et le refrain qui fait mouche parviennent aisément à faire de cet album « sans prétention » un moment de plaisir simple et intense. Ne vous attendez pas à une révolution, Born innocent entre simplement dans la catégorie des albums rafraichissants. A l’image du sourire que Bonnet affiche dans le livret intérieur.

PEARL JAM: Gigaton

Rock, USA (Monkeyrench, 2020) – sorti le 27 mars.

Sept ans après son dernier album, Pearl Jam revient faire un petit coucou. Sorti alors que la France est en plein confinement, ce Gigaton aura, comme nous, dû patienter. Pas le meilleur moment pour une résurrection mais il n’est jamais trop tard pour se rattraper. Eddie Vedder et sa bande s’éloignent encore et toujours de cette vague grunge à laquelle ils ont si souvent été affiliés. Pearl Jam est plus que ça. Groovy et rythmé à souhait, les 12 nouvelles chansons lorgnent du côté des 70’s et d’une partie des 80’s new wave, du The Police, du Springsteen,du U2 aussi mais pas que. Si les dernières productions pouvaient – et ont – laissé certains fans perplexe, Pearl Jam rassurent quant à ses capacités créatives. Le feeling des guitares de Mike McCready et Stone Gossard, la voix envoûtante d’Eddie Vedder, la basse entraînante de Jeff Ament (la base inamovible du groupe qui n’a jamais que changé de batteur) et la sensibilité des baguettes de Matt Cameron font de cet album une exploration de sons et d’ambiances. L’ensemble est varié, doux, engagé, puissant et entrainant. Toujours inspirés par l’humain et la planète, le groupe nous offre sans doute un de ses meilleurs albums. Paix intérieure retrouvée? Une seule déception, pourtant: rares sur scène, on attendait Pearl Jam au festival Lollapalooza… Annulé, comme tant d’autres événements. Délectons nous alors de ces tableaux que nous peignent les Américains en espérant un retour scénique. Gigaton est simplement une grande réussite.

Interview: ONE LIFE ALL IN

Interview ONE LIFE ALL IN: entretien avec Clem (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 24 avril 2020

Photo promo

 

Metal-Eyes : Peux-tu commencer par raconter l’histoire du groupe qui est né de votre rencontre avec Don Fosse, chanteur de Spudmonsters, et qui a participé à un titre de ton groupe, Seekers Of The Truth en 2015 ? Vous l’avez par la suite sollicité pour participer à ce nouveau projet qu’est One Life All In.

Clem : Exactement. Au tout début, Franck et moi jouions avec Seekers Of The Truth. On a fait une date avec les Spudmonsters, l’ancien groupe de Don, sur Lyon en 2014. Ca s’est très bien passé, on a un peu échangé durant la soirée et quelques jours plus tard, Franck l’a recroisé au Hellfest puisque les Spudmonsters y jouaient aussi. Ils ont passé pas mal de temps ensemble, Don et lui, et tout s’est super bien passé. Quand on a enregistré l’album de Seekers, on voulait faire un morceau avec un featuring et on a tout de suite pensé à Don qui a accepté d’enregistrer un titre avec nous. Il l’a fait à distance, de chez lui à Cleveland, nous a tout envoyé et nous, on a remis ça au studio à Lyon. On a gardé contact, continué d’échanger. Pour moi, ça en restait là, mais pas dans la tête de Franck qui avait des morceaux en tête. On était encore avec Seekers à l’époque et il m’a demandé de lui donner un coup de main avec l’ordinateur. Il avait les idées mais il ne savait pas forcément faire. Au début, je pensais que c’était des morceaux pour Seekers, mais un peu plus tard, il m’a dit que c’était pour un autre projet, sans trop savoir qui il y aurait comme batteur, comme chanteur mais il m’a demandé de continuer de l’aider à enregistrer.

 

Metal-Eyes : A la base, c’est donc vous deux, Franco et toi ?

Clem : A la base, oui. Quand on a fini d’enregistrer les 6 premiers morceaux, on a demandé à Don si ça l’interssait de chanter dessus. On lui a envoyé les démos, ça lui a plu, il a enregistré son chant sur les 6 titres et nous les a renvoyés. On était super contents.

 

Metal-Eyes : C’est donc ce qui a donné votre premier Ep, The A7 session ?

Clem : Oui, c’est ça. On a ensuite demandé à Kevin (Foley, ex Benighted) s’il voulait nous rejoindre, il a accepté, est rentré en studio et a très rapidement enregistré la batterie. Don est venu en France pour enregistrer ses parties en studio. On a profité des quelques jours de sa présence pour enregistrer un clip.

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous fait la connaissance de Kevin ?

Clem : Il assiste à beaucoup de concert, et on se croise régulièrement. Là, c’est Franck qui a pris contact avec lui, par l’intermédiaire d’un autre ami commun. C’est arrivé à un moment où Kevin avait envie de faire autre chose que du metal extrême. Il a joué dans beaucoup de groupes, dont le plus gros est Sepultura. Dernièrement, il a joué avec Lofofora, Black Bomb A et il y en aura certainement d’autres !

 

Metal-Eyes : C’est le syndrome du batteur d’aller taper un peu partout ! Comment définirais-tu la musique de One Life All In, sachant que sur votre bio vous vous définissez déjà comme un groupe de hardcore positif. Vous entendez quoi par là ?

Clem : Je la définirais de punk hardcore, et « positif » par rapport à l’attitude et surtout aux paroles. On n’est pas du genre à dire qu’on est les meilleurs, les plus tatoués… Ce n’est pas notre nature…

 

Metal-Eyes : Vous n’êtes pas un groupe grande gueule, quoi…

Clem : Non, c’est pas notre genre, humainement, et ce n’est pas ce qu’on veut faire de notre musique, assez ouverte. Et on essaie d’avoir une attitude qui va avec notre caractère.

 

Metal-Eyes : C’est quelque chose qu’on retrouve au sein de ton précédent groupe, Seekers of The Truth, qui avait un discours très positif…

Clem : Oui. Oui, c’est quelque chose d’important. Surtout dans le style de hardcore qu’on voit maintenant, qui est beatdown, très revendicatif…

 

Metal-Eyes : Justement : il y a des thèmes que vous privilégiez dans vos paroles ?

Clem : Pas vraiment. C’est Don qui écrit les paroles, il y a beaucoup d’expériences personnelles. Il y a quelque chose qui ressort beaucoup de ses paroles, c’est quelqu’un de très positif, qui essaie toujours de voir le bon côté des choses, même quand il y a quelque chose de négatif au premier abord, il cherche à en tirer quelque chose de positif. Ce qui nous apporte beaucoup, nous pousse à tenter des choses. De toutes façons, si on n’essaie pas on ne saura jamais…

 

Metal-Eyes : Et y a-il des choses que vous préférez ne pas aborder, qui ne font pas partie de votre univers ?

Clem : Je dirais tout ce qui est négatif, politique. Musicalement, ce n’est pas un aspect qu’on aborde. On a des convictions, mais on n’en parle pas.

 

Metal-Eyes : Vous évitez tout ce qui peut être clivant pour vous concentrer sur les aspects positifs de la vie.

Clem : Oui, c’est mon ressenti. Don te dirait peut-être autre chose, il a pris le parti d’écrire des paroles plus personnelles, ce qui n’était pas le cas avec les Spudmonsters, où il pointait du doigt des choses comme la pauvreté. Je pense qu’il est peut-être dans une période de sa vie où il a besoin d’exprimer des choses plus personnelles.

 

Metal-Eyes : Vous continuez de travailler à distance, j’imagine ?

Clem : Oui, même si on a modifié certaines choses : on lui envoie la musique et lui peut corriger des passages, les raccourcir, modifier une mélodie qui ne l’accroche pas trop, qui prend trop de place. On compose de notre côté, on envoie, on modifie, déplace, enlève certains arrangements…

 

Metal-Eyes : Est-il possible que Don vous envoie des lignes de chants et que vous travaillez la musique ensuite ?

Clem : Ça pourrait arriver. Ça ne s’est pas encore produit mais, on en avait parlé, c’est quelque chose que j’aimerai bien faire : pouvoir composer un morceau en fonction d’une mélodie de chant.

 

Metal-Eyes : Eh bien voilà un projet pour le troisième CD !

Clem : Voilà !

 

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe, One Life All In ?

Clem : C’est un peu le… « carpe diem ». Faire en sorte de faire plein de choses et être bien avec ce que l’on fait. Remplir sa vie avec les meilleurs éléments possibles.

 

Metal-Eyes : Votre esprit est positif. Votre nouveau disque s’appelle Letter of forgiveness – Lettre de pardon. Vous voulez pardonner quoi et à qui ?

Clem : C’est un titre que Don a écrit… Il en parlerait mieux que moi, mais je vais tenter : il a fait certaines choses dans sa vie dont il n’est pas fier, il a des regrets, des remords. Il a eu besoin d’écrire ce titre pour lui, pour accepter de n’avoir pas fait les bons choix aux bons moments. « Excusez-moi pour le mal que j’ai pu faire, parce que j’en ai fait », c’est son message…

 

Metal-Eyes :  Tu peux parler un peu de la pochette aussi ? Une princesse un peu tribale avec cette couronne de fleurs et de fer…

Clem : Moi, ce que j’aime, c’est le côté un peu ambivalent : un visage un peu fermé, qui contraste beaucoup avec les fleurs du dessus…

 

Metal-Eyes : Elle a un regard très mélancolique, je trouve…

Clem : En plus, oui, exactement. Une courrone et des fleurs, c’est pas quelque chose qu’on trouve souvent, en tout cas, pas dans mon esprit, et j’aime bien ce paradoxe. Au départ, c’est une illustration qu’a faite Dave Pickel, un tatoueur américain ami de Don. Don avait ce visuel dans un coin, dans son ordinateur, je sais pas où mais il l’avait ! Il nous l’a proposé, on a dit OK, il a demandé à Dave si on pouvait l’utiliser, et il a accepté mais a demandé à retoucher, peaufiner certaines choses. La pochette du CD, c’est lui, le reste de l’artwork, c’est Sylvain, de Seekers, qui est aussi graphiste. Je trouve cette pochette, le contraste qu’il peut y avoir avec l’imagerie habituelle du hardcore. Ça va bien avec notre esprit et ce qu’on veut transmettre.

 

Metal-Eyes : Il y a aussi ce contraste avec votre premier CD sur lequel il n’y avait que le nom. Comment analyses-tu l’évolution de One Life All In entre vos deux disques ?

Clem : On pourrait presque croire qu’il s’agit de deux groupes différents… Sur le premier, les morceaux étaient assez basiques, directs, sans fioritures. Pour le second, on a beaucoup travaillé les mélodies, on a ajouté une seconde guitare qui apporte pas mal de choses. Au niveau de la structure des morceaux, on sort du schéma couplet-refrain. Au niveau des sonorités on a ajouté des choses un peu plus punk, sur certains morceaux, on s’est même amusés à changer de tonalités, ce que je n’avais jamais fait avec les autres groupes, avant.

 

Metal-Eyes : Vous vous connaissez mieux aussi, vous avez plus de repères communs (il acquièsce). Il y a un mot qui ressort quand j’écoute Letter of forgiveness, c’est que je le trouve plus tribal. Es-tu d’accord avec ce terme ?

Clem : Tu entends quoi par tribal ?

 

Metal-Eyes : Dans les rythmiques, surtout, que je trouve assez sèches, parfois martiales…

Clem : D’accord, ce n’est pas forcément faux.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Letter of forgiveness pour présenter à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est One Life All In, ce serait lequel ?

Clem : Je pense que ce serait 83rd dream, la reprise de The Cult. Je pense qu’elle reprend tout l’esprit du groupe. Une intro assez épurée, puis une partie un peu plus mélodique, une autre assez rentre dedans, et une fin assez metal, à la Lamb Of God. Oui, c’est un morceau qui reprend tout ce qu’on aime.

 

Metal-Eyes : Pour terminer : quelle pourrait être la devise de One Life All In, sans parler de confinement, Bien sûr !

Clem : Il y a une chose qu’on se dit souvent avec Franck : « on continue la mission ». On va continuer, l’album qui est en préparation, alors on continue et on se fait plaisir.

 

Metal-Eyes : As-tu une dernière chose à ajouter ?

Clem : Oui, je voudrai en profiter pour vous remercier, vous, webzines, de partager cette passion, en rédigeant des chroniques, en faisant des interviews. En relayant l’information et en faisant vivre la musique. Je pense aussi, surtout en ce moment, aux magazines qui vivent des moments difficiles et qu’il faut soutenir, surtout en ce moment, comme les organisateurs de concerts… C’est important aussi de se déplacer à un concert, local ou pas, c’est ce qui fait vivre la scène, toute la scène. D’acheter des CD, des T Shirts, c’est aussi ça qui fait vivre les groupes.

 

ONE LIFE ALL IN: Letter of forgiveness

Hardcore, France/USA (Rust and blood, 2020)

Une peu plus de deux ans après un premier EP remarqué, The A7 sessions, les franco américains de One Life All In reviennent avec leur happy hardcore. Happy, parce que le groupe se refuse de tomber dans le trip de la critique facile et négative. Cet esprit transparait naturellement dans les paroles et, naturellement, dans sa musique. Don Fosse trouve des lignes de chant aussi rentre dedans qu’entrainantes et son chant, entre joyeux et rageur, évoque parfois Mike Muir et son intarissable sourire. Au travers des 6 titres, ce Letter of forgiveness nous emporte dans une spirale dansante, une danse festive et brute, une sorte de transe hypnotique (bon, Hey, man! et sa minute vingt rentre dans le lard, point barre). Le morceau titre qui ouvre permet à Don Foose de faire une sorte de mea-culpa. 83rd dream montre une facette plus douce de OLAI, démarrant comme une ballade avant de devenir plus tribale et explosive. One Life All In ne se défait jamais vraiment de sa facette énergique et puise dans toutes ses influences pour simplement se faire plaisir. Et à nous aussi au passage. Avec une seule frustration qu’il faudra à l’avenir corriger: un Ep de 6 titres c’est un peu court!

WHISKEY MYERS

Rock sudiste, USA (Spinefarm, 2019)

Horreur! Je ne découvre que maintenant cet album paru au mois d’octobre dernier… Et pourtant, j’avais tant craqué sur Mud, le précédent album des Texans de Whiskey Myers que je m’étais rapidement informé de leurs autres méfaits. Leur passage au club les Etoiles à Paris avait vu une foule de connaisseurs se masser devant la scène. Maintenant que voici ce nouvel album entre les oreilles, que puis-je en dire? Aussi blanc que le White album des Beatles, ce nouvel album éponyme pourrait-il connaitre le même « triste » sort? Les époques ont changé et la bande à Cody Cannon le sait bien, ce qui ne l’empêche nullement de nous offrir un petit chef d’oeuvre de rock mêlant sudiste, country, hard et autres influences parfois proches du funk. C’est simple, il y en a pour tous les goûts, avec parfois des clins d’œil appuyés, tant culturels que politique (Mona Lisa et son « on paye nos impôts et ils n’en veulent que plus »). Whiskey Myers met les pendules à l’heure en démarrant avec l’énergique Die rockin. Je m’amuse de voir accolés Rolling Stone, très country (que rejoignent Houston country sky, et Little more money et sa steel guitar), et Bitch, plus bluegrass et rock, ce dernier étant également une chanson des Stones. Mais il s’agit bien d’un morceau original, pas la chanson reprise par The Dead Daisies. Gasoline, furieux et enragé, pourrait servir à la bande son d’un Mad Max. Les chœurs féminins éparpillés tout au long de l’album apportent une touche soul parfaitement complémentaire. Il n’y a pas deux titres ici qui se ressemblent sans que pour autant Whiskey Myers ne s’éparpille. Bien au contraire, cette variété transforme cet album blanc en pur bijou de rock sudiste varié et enjoué. Un must qui, je l’espère, permettra aux Texans de franchir, en Europe et ailleurs, le cap du simple groupe underground.

FIREMASTER CONVENTION: Châteauroux, du 21 au 23 février 2020

La semaine dernière, le Hall des expositions de Châteauroux (Indre) a ouvert ses portes à la première Firemaster convention consacrée au metal et au rock. Réunissant sur 3 jours amateurs et professionnels, la convention a proposé des conférences et de nombreux concerts, ainsi qu’un market varié.

Si le public a fait honneur à cette initiative, il a, comme tous les participants de cet événement – organisateurs, exposants et musiciens – souffert d’un froid humide, les lieux – un ancien gymnase fait de tôle et de béton – n’étant pas chauffés. Ceci est d’autant plus dommage que le département de l’Indre et la ville de Châteauroux soutiennent cette initiative. Et ce type d’initiative n’attire pas encore suffisamment de monde pour que l’organisation puisse débourser les sommes demandées. Peut-être serait-il judicieux d’envisager de décaler le prochain Firemaster à des jours plus cléments.

Metal Eyes ne s’est déplacé que le samedi. Ce jour là, la convention avait prévu des activités variées, dont une bourse d’échange pour collectionneurs avertis, une masterclass animée par le nouveau guitariste d’ADX, Néo. Le happening qui a clairement attiré le plus de monde – hors concerts – est la conférence animée par Elodie, attachée de presse et patronne de l’agence qui monte Ellie Promotion qui évoque avec la participation de Michel Bosseau (ex-Garance Production et Directeur chez Les Formation d’Issoudun) et Phil ‘Em All, ancien animateur du Rock Fort Show, fondateur du Paris Metal France Festival et (actuel) manager d’ADX. Le jeu des questions-réponses a permis de faire ressurgir nombre de souvenir de ces folles années 80, souvenirs qui voit le public approuver, hocher de la tête et frémir à l’évocation de certains événements qui font ressortir une once – mais toute petite once – de nostalgie.

Malheureusement, bien qu’annoncées, les séances dédicaces prévues avec les groupes du soir n’ont pas eut lieu – bien que les musiciens se soient avec plaisir et simplicité prêtés au jeu en croisant les fans – ni même le France Metal Awards que devait animer Khermit, fondateur de France Metal et organisateur de la convention. Le temps a manqué pour organiser les votes et réunir les musiciens concernés. L’an prochain, peut-être?

Au delà des stands variés où l’on trouve disques, CD, sculptures, créations diverses, la convention c’est aussi des concerts. Arrivés trop tard pour voir les progueux de Overstrange Mood, mais dans les temps pour les autres. Cependant, alors que j’entame une interview des copains de Vulcain, pas vus depuis une éternité, c’est Loaded Gun qui balance la purée. Impossible de discuter, sauf dans le camion des frangins Puzio où nous trouvons refuge.

Loaded Gun, que j’avais un peu démonté sur disque, c’est un look et une attitude scénique. Malgré un son un peu compliqué – la structure n’est pas la plus adaptée pour du rock – Loaded Gun fait le job. Avec son bon gros hard rock teinté 80’s – ça tombe bien, c’était le thème de la conférence…

D’ailleurs les groupes à suivre sont tous issus de cette période – Max coincé entre sa barbe et son kilt, harangue le public, tandis que derrière ses fûts, la crête de T.misterift gigote au rythme de ses martèlements. L’avant scène est à l’avenant bien que l’on sente une certaine concentration doublée d’une envie de bien faire. Le public de la journée semble apprécier.

Il est 18h lorsque la sécurité demande au public de bien vouloir quitter les lieux… Tous les billets ne donnant pas accès aux concerts du soir, il faut une nouvelle fois filtrer les entrées. La file s’allonge ainsi dans le froid avant que le public ne pénètre de nouveau dans ce hangar.

Les trois groupes de la soirée bénéficient du même temps de concert, soit 1h10.  Ce qui, naturellement, force chacun à peaufiner sa setlist. Le trio est en forme, ce soir, et Vulcain, comme à son habitude, balance un Rock’n’roll secours immédiatement acclamé et repris par un public connaisseur. Quelques « anciens » sont venus en famille (et je suis choqué de voir encore aujourd’hui des enfants sans protection auditive. Vous direz quoi quand votre marmaille se plaindra trop tôt d’acouphènes?) et savoure ces moments rares.

D’autant plus que Vulcain parvient à surprendre et faire plaisir. Si son set est, comme souvent, axé sur l’indémodable Rock ‘n’ roll secours, il fait aussi la part belle au dernier né, Vinyle, dont le trio joue pas moins de 3 morceaux (Vinyle, Motör et Héros). Si Avec vous (de V8) et Blueberry blues (Desperados) fonctionnent à coup sûr, la surprise vient de deux cartouches presque jamais jouées: tout d’abord Le soviet suprême (Big brother), toujours efficace, qui voit un certain Stephane Buriez (Loudblast, Sinsaenum) rejoindre Vulcain.

Le bougre parvient même à faire rire Daniel. Puis vient Derrière les cartes (Transition) qui voit les plus connaisseurs se transformer en piles électriques. Vulcain est en forme, est loin d’avoir dit son dernier mot et chauffe la salle comme il faut, avec un classique conclusion L’enfer/Vulcain et La digue du cul, moins efficaces que d’habitude, mais le public est conquis.

Changement de plateau rapide et voilà le gigantesque Chris Holmes qui investit les lieux accompagné de ses Mean Men. Gigantesque par la taille car, avouons-le, le guitariste est assez peu reconnu en France depuis son départ de W.A.S.P. Ses albums sortent assez confidentiellement, et le bonhomme est rarissime sur scène, en nos contrées en tout cas.

Alors le concert de ce soir pourrait bien prendre une tournure événementielle. Accompagné d’un tout nouveau bassiste français (dont le nom m’échappe mais qui n’a eu que 2 semaines pour apprendre le répertoire), Holmes met son répertoire en avant, mais sait qu’il ne peut passer à côté de certains morceaux de son ancien groupe. Ce sont ainsi les classiques L.O.V.E machine, 95 nasty ou Blind in Texas qui sont offert en pâture au public.

Ce qui est certain, c’est que le répertoire passe bien, très bien l’épreuve de la scène, malgré quelques soucis de son pas très vite arrangés. La guitare craque par instants, mais peu importe, on se satisfait de l’instant.

La prestation de Chris Holmes and Mean Men finit de séduire le public grâce à la doublette finale: Keep on rocking in the free world (Neil Young) suivi du non moins imparable War Pigs (Black Sabbath). Étrange de terminer avec des reprises, mais un choix somme toute plus que fédérateur au regard des réactions du public. Et quand on voit comment Neo s’échauffe à la guitare backstage, on se dit que la suite va être tout aussi dynamique!

La soirée se termine avec ADX, dernier bastion de cette French speed metal division. Le temps de faire quelques vérifications, et voilà que débute un concert imparable. Le groupe fait honneur à Bestial, son remarquable dernier album qui vient de sortir, en proposant d’office deux titres. Au dessus des croix noires et Les sanguinaires sont taillés pour la scène, même si le public en connait pas encore bien ce disque.

Alors on se rattrape avec les classiques que sont Déesse du crime, L’étranger (Exécution), Notre Dame de Paris (Suprématie) ou les plus récents La mort en face (Non serviam) ou Red cap (Ultimatum). Neo, le plus récemment arrivé au sein d’ADX est aussi facétieux sur scène qu’en dehors, tandis que son complice Niklaus reste concentré, tout en arpentant la scène tandis que Julien secoue sa crinière et harangue le public. La jeune garde apporte cette fraîcheur et Phil en profite. Toujours doté d’un bon mot, le chanteur séduit le public comme toujours tandis que son compère de toujours, Dog, martèle ses fûts comme jamais. Avec ADX, l’ambiance est festive, comme toujours.

Je n’assiste pas à la fin du concert – froid et route cumulés ne font pas bon ménage – et apprends que le plus que sympathique Fred Leclerc, ex DragonForce désormais chez Kreator – rejoint les 5 le temps de l’indispensable Caligula. Pas grave, ce qui rassure, c’est de voir que nos anciens sont toujours là, vaillant, et que la fin est encore loin.

Au final, si le froid représente le seul bémol, cette première édition de Firemaster Rock & Metal convention est une réussite. Une entreprise à réitérer l’année prochaine, avec un peu plus de chaleur, svp…

 

 

DEMONS & WIZARDS: III

Heavy metal, USA/Allemagne (Century media, 2020) – en bacs le 21 février 2020

Il aura fallu à Jon Schaeffer (Iced Earth, guitare, basse, etc) et Hansi Kürsch (Blind Guardian, chant) pas moins de 15 ans pour accoucher d’un troisième album de Demons & Wizards. Autant dire que toute une nouvelle génération va pouvoir découvrir ce « super groupe » qui n’en est pas tant que ça et son univers à la fois traditionnel et moderne. Dès Diabolic, et ses guitares rapides, le groupe – pardon, le duo – nous rappelle sa passion pour les univers fantastiques et quelque peu démoniaques. S’éloignant des standards du genre avec 3 titres longs (Diabolic dépasse 8′, Timeless spirit atteint les 9’20 et Children of Cain va au delà des 10′), D&W parvient toutefois à ne pas lasser, notamment en alternant rythmes rapides et plus lents ainsi qu’ambiances sombre et plus lumineuses. Invincible a parfois des accents assez pop, tandis que d’autres titres sont foncièrement plus heavy et inquiétants, à l’instar de Wolves in winter ou New dawn. Étonnamment, Final warning ressemble à Wolves au niveau des guitares, assez similaires, il faut le reconnaître. Dommage que les deux se suivent, c’est sans doute la seule faute de goût de l’album… Les moments plus calmes sont aussi présents, comme au travers de Timeless spirit qui monte cependant en puissance tout au long de ses plus de 9′, tout comme Children of Cain. Bien qu’évoluant dans un autre registre, Dark side of her majesty m’évoque l’univers de Ghost, en moins pop, tandis que les guitares du splendide Midas disease rappellent celui d’AC/DC. La voix s’en éloigne cependant, et le riff hypnotique  nous replonge dans le heavy US de la fin des années 80. Au travers de ces 11 morceaux, Demons & Wizards parvient à explorer des univers à la fois familiers – on ne se défait pas aussi facilement de ses groupes de prédilection – et variés, du sombre à l’enjoué, à l’instar de Split. L’association américano allemande fonctionne ici à merveille et l’on espère simplement qu’il ne faille pas attendre encore plus de dix ans pour avoir un nouvel album. Je comprends mieux maintenant les difficultés que m’exprimait Hansi lorsque je lui ai demandé quel titre de l’album était, selon lui, le plus représentatif… Tous et aucun à la fois, en fait, et c’est, au final, tant mieux!