ZZ TOP live à Paris (le Zénith, le 11 juillet 2017)

Tous les deux ans, ZZ Top fait halte à Paris. Et tous les deux ans, c’est la même chose: ceux qui ne sont pas encore en congés viennent joyeusement prendre leur dose de blues rock à la sauce texane. Le Zénith est loin d’afficher complet (ce n’est pas la meilleure période pour les concerts…) et les quelques 3500 spectateurs circulent aisément au sein de ce Zénith en petite configuration. L’ambiance n’es est pas moins chaleureuse.

red Devils

En guise de première partie, ZZ Top a retenu les Red Devils, groupe californien de blues qui a décidé de revenir. Côté marketing, le groupe propose des T-shirts estampilllés « the return of the REd Devils ». il n’est pas aisé de trouver des infos concernant le groupe tant le nom est usité (équipes de foot, de supporters et autres…) mais la formation a sorti quelques albums avant de disparaître au cours des années 90.

red Devils

Ce retour doit donc les remettre sur les rails. Dès les premières notes, on sait à qui on a à faire: les Blues Brothers sont passés par là.  C’est sympa, mais les gaillards peinent à convaincre. Il manque un brin d’énergie et de folie pour que le public reste en nombre, ce qui n’est que moyennement le cas ce soir.

Red Devils

ZZ TOP

Il est 9 heures et le public commence à s’impatienter. Enfin les lumières s’éteignent, Franck Beard prenant place derrière ses fûts, allumant au passage une cigarette. j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça… La batterie ne change pas, comme d’autres choses, d’ailleurs. La scène quant à elle est sobre, sans fioriture autre que les amplis vert placés de part et d’autre de la batterie. Le concert démarre avec le trio Got me under pressure, Waitin’ for the bus et Jesus just left Chicago. C’est marrant, j’ai une nouvelle impression de déjà vu…

ZZ TOP

Allez, commençons par ça: la setlist est à deux ou trois titres près la même que celle de 2013 et 2015. Pire, les morceaux sont joués dans le même ordre ou presque (seules Pincushion et I’m bad, I’m nationwide, puis My head’s in Mississippi et la reprise Catfish blues sont inversées). 16 titres identiques sur 19 morceaux, ZZ Top prend peu de risque. Bon, d’accord, ils ne peuvent faire l’impasse sur nombre de classiques et le public attend les grands hits. Cependant, on peut regretter que les reprises ne changent pas: encore Foxy lady (Jimi Hendrix) et le sus mentionné Catfish blues (Robert Petway), mais on appréciera aussi la reprise de 16 tons (Tennessee Ernie Ford) et Act naturally (Buck Owens) sur lequel Elwood Francis vient jouer de la steel guitar assis sur une caisse, et enfin le Jailhouse rock (Elvis Presley) en guise de second rappel.

ZZ TOP

Pour le reste, ZZ Top connait parfaitement son affaire, et l’on sait aussi à quoi s’attendre: des pauses, Billy Gibbons et Dusty Hill connaissent par cœur. Se déplacer en glissant sur scène, tranquillement, aussi. Et si Gibbons n’est pas au mieux de sa forme vocalement (il donne parfois l’impression de tirer sur la corde), le son est limpide.

ZZ TOP

En revanche, si la musique opère naturellement – ça reste irrésistible, malgré tout – Gibbons se met le public dans la poche en lui adressant quelques mots de français aussi simples que « Yes, Merci! » ou un « C’est chouette! » après un solo dont il a le secret. Pas super bavard pour autant, mais le public est séduit. Ce qui compte, après tout, c’est d’en prendre plein les oreilles, et de ce côté, si elle ne présente guère de surprise, la setlist est imparable. En somme, ZZ Top nous a prouvé une fois encore qu’un bon concert, c’est avant tout de bonnes chansons interprétées avec coeur et qu’il n’est nul besoin de fioritures pour faire effet. une belle soirée, en somme qui se termine par les habituels La grange et Tush, complété du sus-mentionné Jailhouse rock d’un certain Elvis. On se retrouve dans deux ans?

ZZ TOP

INTERVIEW: WHISKEY MYERS

Entretien WHISKEY MYERS. Rencontre avec Gary Brown (basse). Propos recueillis à Paris le 31 mai 2017

C’est quelques instants avant de monter sur scène que Gary Brown, le bassiste de Whiskey Myers, a accueilli Metal Eyes pour une interview quasi improvisée.

Metal-Eyes : Aujourd’hui, c’est le dernier jour de la tournée européenne de Whiskey Myers. Comment était cette tournée ?

Gary Brown : Bien, bien, de bons publics, une belle participation, oui, plutôt bien, jusqu’à présent….

Metal-Eyes : prêts à rentrer à la maison?

Gary Brown : Oui, ça vient. C’est une envie qui commence à se faire sentir. On a donné, je crois, 12 concerts en 15 jours, ce qui est plutôt bien.

Metal-Eyes : je viens de découvrir Whiskey Myers avec Mud, son dernier album. Peux-tu me dire ce qu’est ce groupe ?

Gary Brown : Simplement ce que nous sommes, ce que nous savons faire; On a grandi dans le Sud, au Texas, à la champagne… C’est un groupe qui dit “reste fidèle à ce que tu es, n’oublies pas tes racines…”

Metal-Eyes : C’est le son de votre musique qui, si je puis dire, dégage les odeurs du Sud…

Gary Brown : Ca sent chez nous, oui…

Metal-Eyes : Si je te dis “redneck”, ça évoque quoi, pour toi?

Gary Brown : Je ne sais pas… Ça me fait penser à ce personnage de la série Les rois du Texas…

Metal-Eyes : Sur Mud, on sent beaucoup de choses: la vie, de la religion, aussi. Qu’avez-vous mis d’autre dans ce disque ?

Gary Brown : Ce genre de choses, ce qui dit qui nous sommes… On pourrait traiter un peu de politique, mais c’est pas notre truc. On préfère parler de ce qu’on a appris en grandissant au Texas, ces choses qui nous ont forgés, fait de nous ce que nous sommes. Être fidèles à nous mêem.

Metal-Eyes : Alors, qu’êtes-vous donc?

Gary Brown : oh, des gens du Sud, mec, tu vois. On a grandi à la campagne, on devait apprendre à faire les choses par nous-mêmes, pêcher, chasser… respecter les autres, et tes origines, ceux qui t’ont élevés. Je crois que cela a construit une bonne partie de ce disque.

Metal-Eyes : En effet. Au sujet de ce disque, qui sont les choristes?

Gary Brown : il n’y en a qu’une, elle s’appelle Christine Rodgers. C’est une superbe chanteuse de Nashville. Elle est fantastique. Elle a aussi chanté sur Early mornig shakes, je ne sais plus quels titres, mais elle y est.

Metal-Eyes : C’est la première fois que vous allez jouer à Paris avec Whiskey Myers. Quattendez-vous du concert de ce soir,

Gary Brown : J’espère vivre ce que nous avons vécus sur cette tournée : on a joué en Allemagne et en Pologne pour la première fois, et j’espère toucher les gens. C’est complet, il va faire chaud, et énergique. J’espère simplement que les fans vont apprécier la musique.

Metal-Eyes : doit-on s’attendre à quelque chose de spécial ce soir ? Je m’explique : WASP avait pour habitude de balancer de la viande dans le public, Stryper, c’était des Bibles. Vous pensez jeter de la boue (Mud) au public ?

Gary Brown (rires): Non, non, on ne veut pas qu’ils nous jettent quoi que ce soit, alors on ne jettera rien ! Si, des médiators, mais rien de plus…

Metal-Eyes : vous vous appelez Whiskey Myers : quel est ton Whiskey préféré ?

Gary Brown : Je ne bois plus depuis maintenant 3 ans… Mais quand je buvais, j’aimais beaucoup el Crown Royal, du Canada.

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre disque : comme nous l’avons dit, Mud est plein de vie, de cette musique du Sud, avec du banjo, de beaux chœurs… Très rock, roots et heavy. Quelle était votre intention musicale avec ce disque ? Avez-vous voulu modifier ce que vous avez fait jusque-là?

Gary Brown : Non, pas vraiment. Je ne crois pas qu’on ai jamais envisagé d’entrer en studio et de tout changer. On évolue, il y a de nouveaux membres qui apportent leurs idées. Notre producteur, Dave, nous aide sur certains points, certaines décisions, comme quels instruments inclure, comment mieux construire les chansons pour qu’elles collent au son, comment permettre à chaque partie de soutenir les autres, ce qui fait une chanson. Je crois qu’en tant que groupe, nous avons appris à le faire de mieux en mieux, avons grandi. Bien sûr, nous disposons aujourd’hui, avec les nouveaux outils, de plus de moyens pour créer de nouveaux sons. C’est sans doute ce qui différencie ce disque des précédents.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Mud pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Whiskey Myers, ce serait laquelle ?

Gary Brown : C’est une excellente question!  (Il réfléchit) Sans doute Mud, ou On the river… Cette dernière parle d’un homme qui a fait une promesse et se bat pour l’honorer, et survivre à une époque où c’était très dur. Mud a aussi du feeling, et parle de cette fidélité à ce que tu es, ce qui a fait de toi ce que tu es. Je crois que ces choses valent le coup qu’on se batte, qu’on les garde dans notre cœur.

Metal-Eyes : Et si nous parlions un peu de votre président?

Gary Brown (rires): J’ai pas grand-chose à dire à son sujet…

Metal-Eyes : Une toute dernière chose, alors : quelle pourrait être la devise de Whiskey Myers ?

Gary Brown (il rit) : hum… Ne sois pas une lavette. Sois fort et bas toi pour ce qui vaut le coup.

 

HELLTERVIEW: THE DEAD DAISIES

Entretien THE DEAD DAISIES. Rencontre avec John Corabi (chant), David Lowy (guitare) et Brian Tichy (batterie) Propos recueillis au Hellfest le 17 juin 2017

The Dead Daisies

C’est en dernière minute ou presque que The Dead Daisies, au départ prévu pour ne donner qu’une conférence de presse, a décidé de rencontrer quelques journalistes sur place au Hellfest, dans une ambiance détendue. Une rencontre improvisée, dans la bonne humeur, avec l’un des groupes les plus chaleureux du moment !

 

Metal-Eyes : C’est votre premier Hellfest, quelles sont vos premières impressions, à chaud après votre concert?

John Corabi : Honnêtement, c’est un super festival. Je me suis baladé, j’ai regardé les décors, les bars, les tentes, la piscine, ici… C’est… C’est putain de génial, c’est vraiment cool. Je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est ma première fois, et j’ai vraiment adoré. On a eu un retour fantastique du public, la scène est superbe… j’ai hâte de revenir !

David Lowy : J’en avais déjà beaucoup entendu parler, mais ça dépasse tout ce que j’avais pu entendre… C’est géant : un super public, des installations superbes… C’est un privilège d’être ici.

Brian Tichy : J’ai pris une claque, mec ! Beaucoup de monde tôt dans la journée, du soleil, les gens sont très rock. J’ai passé un super moment !

Metal-Eyes : Bien ! Vous avez publié il y a quelques semaines Live & louder, qui est votre premier album live. Tout d’abord, merci d’avoir inclus au moins deux chansons enregistrées à Paris. Comment avez-vous choisi les chansons et les lieux qui figurent sur ce disque ?

John Corabi : Nous aurions sans doute pu simplement le faire avec un seul show, mais Doug (Aldrich, guitare) a tout écouté, chaque show, et on s’est dit que ce serait assez sympa de publier quelques chansons de cette ville, d’autres enregistrées ailleurs… Nous avons pris les meilleures versions et avons cherché à représenter l’Europe, et pas seulement une ville. Il y a Paris, Vienne, Londres, une ville en Allemagne aussi. Il y a 4 ou 5 shows sur ce disque. Nous voulions montrer l’énergie entre un groupe qui tire dans tous les sens et le public qui grossit à une vitesse incroyable en ce moment. Je pense que c’est le bon moment pour nous.

Metal-Eyes : Puisque nous parlons de Doug, la première fois que nous nous sommes rencontrés…

John Corabi : Ne parlons pas de Doug, parlons de moi! (rires)

Metal-Eyes : Nous allons parler de chacun d’entre vous… Au départ, donc, The Dead Daisies était présenté comme un groupe à configuration variable, musicalement, en fonction des disponibilités des musiciens. Il semble que Doug ait une place de plus en plus importante aujourd’hui, s’implique de plus en plus et que le line-up se stabilise, devenant ainsi un vrai groupe. Diriez-vous que The Dead Daisies est aujourd’hui un groupe à part entière ?

John Corabi : Honnêtement, c’est David qui devrait te répondre. Mais, de mon point de vue, quand j’ai intégré ce truc, il voulait vraiment fonder un groupe. Il a démarré ce groupe avec un gars qui s’appelle John Stevens, un chanteur incroyable, mais John était avec INXS, David faisait partie de différents groupes populaires en Australie. Je pense que quand ils se sont réunis, ils ont composé quelques chansons, ont utilisé les services de musiciens de sessions en studio et ont décidé, plus tard, de partir en tournée. En gros, ils ont fait les choses à l’envers. D’habitude, tu montes un groupe, tu jammes, tu composes, chacun apprend à connaitre les autres et, ensuite, tu enregistres un disque. En ce sens, il y a eu des souffrances, et la liste s’est allongée. Certains des noms de cette liste sont de très bons amis qui, pour une raison ou une autre, ne pouvait être là. La première tournée que j’ai faite avec le groupe, Brian ne pouvait être là, alors on a fait appel à Tommy Cluefedos, Richard (Fortus) a eu un accident de moto, on a fait appel à  Dave Leslie de Baby animals. Tous sont des potes qui sont venus donner quelques concerts. Mais David voulait un groupe et, aujourd’hui, il l’a ! Il en est très heureux, comme nous tous !

David Lowy : Oui, très. C’est très confortable. Il faut un peu de temps pour former et construire un nouveau groupe, que les choses s’imbriquent els unes aux autres. Je crois que la meilleure manière de décrire tout ça, c’est que nous adorons jouer ensemble, nous sommes très à l’aise. Nous avons composé de bonnes chansons, les avons enregistrées ensemble, tournons ensemble… Il a fallu un peu de temps, mais nous sommes parvenus à forger une équipe soudée. L’ensemble est bien plus agréable que la somme de ses parties, si tu comprends ce que je veux dire.

Metal-Eyes : Comme nous venons de le rappeler, deux chansons, au moins ont été captées à Paris. Quels sont vos souvenirs de ce concert parisien, au Trabendo, fin 2016 ?

John Corabi : C’est marrant, et surtout malheureux, mais nous avons joué deux fois en France, chaque fois quelque temps après une tragédie. Nous avons joué environ 10 jours après le Bataclan, et nous ne savions pas si nous devions jouer ou pas. C’est David qui a pris la décision, genre « on y va ! Merde, on ne laissera personne diminuer notre envie de jouer en France ! A chaque fois, nous avons eu un retour public extraordinaire. Je crois que les gens avaient besoin d’un peu d’amusement et de musique dans leur vie. La première fois, c’était après le Bataclan, la seconde, après les attaques de Nice. Nous avons été très surpris par la réaction du public. J’en ai parlé à notre management. Après notre premier voyage, j’ai reç cette lettre absolument incroyable d’un fan de Paris. Il disait, en gros : « marci beaucoup, vous êtes à mes yeux mes héros, pour venir jouer aussi rapidement après les attaques du Bataclan et jouer pour nous. » Il en avait besoin, et il a continué en m’expliquant qu’il était l’un des otages du Bataclan. Là j’ai pris ma claque, et je lui ai répondu en lui écrivant « Toi, tu es notre héros ! » Je lui ai envoyé plein de choses, des t-shirts, des machins en le remerciant, lui, d’être venu nous voir. Je ne sais pas si j’en aurais été capable. Paris a toujours été super, et il nous fallait représenter Paris sur ce disque.

Brian Tichy : Je me souviens de beaucoup de passion, et le fait que les gens soient ressortis après tous les événements dont a parlé John. Le concert en lui-même ? Paris rock, et nous sommes un groupe de rock, alors …

Metal-Eyes : Puisqu nous sommes au Hellfest, je vous ai préparé quelques questions sur l’enfer et le paradis. Tout d’abord, lequel des 7 péchés capitaux vous représente-t-il le mieux ?

David Lowy : Les 7 péchés capitaux ? Que sont-ils ???

Metal-Eyes : Allez, je savais qu’il faudrait les rappeler : la luxure, l’avarice, la gourmandise, la colère, l’envie, la paresse et l’orgueil.

David Lowy : Check, check, check… Tous!

John Corabi : Moi j’étais plus dans la luxure! Mais les autres aussi!

Metal-Eyes : Mais si vous deviez n’en retenir qu’un seul, ce serait lequel?

David Lowy : Ben, en réalité, comme tu le sais, ce sont les 7 premières chansons de notre prochain album ! Tu as trouvé les titres, c’est bien, bravo !

Brian Tichy : Pour définir le péché le plus correspondant, il faudrait déjà croire au péché.. Je n’ai pas envie de parler de religion aujourd’hui, alors je passe !

John Corabi : Et moi, je reste avec la luxure ! (rires)

Metal-Eyes : Ne parlons pas de religion, d’accord. De quoi va-t-on parler ? De politique ? Vous pensez quoi de votre nouveau président ?

John Corabi : Bon, ben… Euh, tu sais quoi? Parlons de religion ! (rires) Ce thème-là est un peu comme la religion…On oublie, on passe à autre chose !

Metal-Eyes : Y a-t-il une chose que chacun d’entre vous regrette avoir faite, avec The Dead Daisies ?

David Lowy (il rit) : Ce que je regrette ? Tu sais, c’est un voyage que j’ai entamé il y a un bon moment, et j’ai l’honneur que ces gars m’ait rejoint. Un voyage, c’est comme tout : il y a de bons moments, d’autres moins bons, ennuyeux, des joies et des regrets. Mais la meilleure partie de ce voyage, c’est que les fans soient avec nous. Nous voyons les choses ainsi : ce n’est pas nous sur scène, ce sont les fans dans le public, et ils participent, avec nous, à ce voyage de rock’n’roll.

John Corabi : J’ai volontairement retiré tous les rétroviseurs de ma voiture : je ne regarde pas en arrière, je regarde devant.

Brian Tichy : Je n’ai pas de regret ; Si je crois que je peux regretter quelque chose, je ne la fait pas, c’est tout.

John Corabi : Brian est un penseur, il ne fait jamais rien, il réfléchit toujours! Il est sans doute…bah… Il ne regrette rien parce qu’il ne commet pas d’erreurs !

Metal-Eyes : S’il est le penseur du groupe, vous êtes quoi, tous les deux,

John Corabi : Je suis le blagueur. David est le, le…

David Lowy : Je suis le pilote!

John Corabi : Ou Dieu, l’un des deux!

Metal-Eyes : Non, on vient de dire « pas de religion»! Vous aimez reprendre des chansons, si vous deviez ne choisir qu’une chanson à jouer à chaque concert jusqu’à la fin, ce serait laquelle ?

John Corabi : Waow! Je n’en sais rien, il faut que j’y réfléchisse! Il y a tellement de bonnes chansons… J’ai traversé la fin des 60’s et les 70’s, il y a tant de bonnes chansons, c’est impossible de répondre à cette question !

Brian Tichy : Je reprendrais Freebird (Lynyrd Skynyrd)tous les soirs. Si je devais reprendre une seule chanson, je reprendrais la meilleure, c’est tout.

Metal-Eyes : Tu as raison, John, c’est le penseur !

John Corabi : Tu me le demandais, et je peux te dire qu’il ne regrettera pas cette réponse.

Metal-Eyes : Dernière chose, vous allez profiter un peu du Hellfest ?

John Corabi : Honnêtement? On joue demain au Grasspop, alors nous allons terminer avec les medias, grignoter quelque chose et filer à l’aéroport. Nous avons une mission ! On a donné, je crois, 2 concerts en 12 heures…

David Lowy : On a fini de signer les autographes au concert d’hier à 1h du matin, et nous étions sur scène à midi trente aujourd’hui…

Metal-Eyes : Et vous ne refusez jamais les séances dédicaces…

John Corabi : Non !

David Lowy : Comme je l’ai dit, on fait, les fans et nous, le même voyage.

Metal-Eyes : Merci pour tout, et j’espère écouter bientôt un nouvel album…

John Corabi : Nous commençons à enregistrer le 1er novembre prochain, l’album sortira début 2018, et la tournée suivra.

Merci à Roger Wessier d’avoir pensé à Metal-Eyes !

FLOGGING MOLLY: Life is good

Rock folklorique, USA (Spinefarm, 2017)

Flogging Molly, c’est qui? Formé à Los Angeles en 1997, Flogging Molly abandonne petit à petit ses aspirations punk originelles pour s’orienter vers un rock folklorique, inspirée autant par la musique celtique que par la country américaine.

Life is good, ça donne quoi? Une belle surprise pour qui ne connait pas le groupe. Life is good, c’est 12 morceaux qui célèbre la vie et la joie de vivre. Le folk celtique est partout présent, le fun aussi. Le groupe n’oublie cependant pas ses origines américaines par la présence – moins prépondérante – de country music. Mais, sous cette façade « la vie est belle » les textes sont graves, s’inspirant d’une actualité triste et sévère. LA mélancolie, c’est la force des violons et de l’accordéon, n’est jamais loin, cédant le pas à un rayon de soleil. Le chant fait penser à celui de Michael Slattery (souvenez vous de The Shoulders et leur superbe Trashman shoes en 92!) en moins… trash, justement. Voila un album qui ne peut laisser de marbre, pour peu qu’on apprécie un tant soit peu ce folklore irlandais qui respire la joie de vivre.

Flogging Molly sera en concert au Bataclan de Paris le 4 juillet 2017

Note: 8,5/10

Sortie: le 2 juin 2017

 

WHISKEY MYERS Live à Paris (Les Etoiles, le 31 mai 2017)

Ils n’étaient pas annoncés ( à part sur le flyer à peine diffusé…), mais les Anglais de Buffalo Summer ont été forcés d’annuler leurs concerts prévus en première partie de Whiskey Myers sur les dates allemandes, hollandaises et française. La faute à une panne de camion les empêchant de facto de circuler. Ils n’étaient pas annoncés, mais c’est dommage quand même…

Ce désistement laisse donc la possibilité aux Texans de Whiskey Myers de proposer un concert de plus de deux heures. Ce n’était sans doute pas prévu, et c’est une bonne chose tant le dernier album en date, Mud, a marqué votre serviteur. C’est la première fois que je me rends aux Etoiles, salle parisienne proche de la gare de l’Est, sa capacité est d’environ 300 personnes. Ce soir, Les Etoiles, ou plutôt Whiskey Myers, affiche complet. Faut-il croire que le public parisien attendait cette première apparitions des Américains dans la capitale avec impatience! Car, oui, c’est le premier concert que donnent Whiskey Myers à Paris. C’est également la dernière date de la tournée européenne.

La scène est aussi étroite que profonde. Devant, le trio de guitaristes. Derrière, le batteur est entouré du claviériste/saxophoniste/violoniste et, relégué au fond, du bassiste. Forcément, autant de monde sur une scène aussi petite, ça limite la mobilité. Mais les deux heures qui suivent sont roots. Simplement. Whiskey Myers se concentre naturellement sur le superbe Mud, son dernier album en date dont sont extraits plusieurs morceaux (In the river, Mud, Frogmand, Stone...). Bien qu’il manque un peu de communication avec le public, ce concert est chaleureux, terrien, plein de feeling et de jolis moments d’impro.

Whiskey Myers s’impose live, même si l’on regrette quelques moments un peu faibles (sans doute une ballade de trop qui a casé un rythme enlevé), et l’on attend maintenant un retour en nos contrées dès que possible. Une belle soirée, roots et rock comme on aime!

 

THE DEAD DAISIES: Live & louder

USA, Hard rock (SPV, 2017)

The Dead Daisies, c’est qui? Oh, oh! Il y a peu, groupe à géométrie variable en fonction de la disponibilité de ses membres, The Dead Daisies semble désormais devenir un groupe stable. John Corabi, Marco Mendoza, Brian Tichy et David Lowy ayant accueilli au sein de leur formation Doug Aldrich et ayant largement tourné en 2016 publient aujourd’hui leur premier album live.

Live & louder, ça donne quoi? Un CD live et un DVD de témoignages, qui, ce dernier confirme le statut de « groupe de The Dead Daisies (cf les mots de David Lowy concernant l’intégration de Doug Aldrich). Le CD relate la tournée européenne – au moins deux titres ont été captés au Trabendo de Paris – et donne une bonne idée de ce que donne le groupe live, en club ou en salles plus grandes. The Dead Daisies ayant joué des reprises sur chacun de ses trois albums studio, on n’est pas surpris d’en retrouver ici. Seulement, ces dernières représentent plus d’un tiers du CD (6 morceaux sur 15, quand même) et l’on est surpris d’entendre un son identique tout du long, alors que plusieurs villes – et donc plusieurs conditions sonores – sont représentées. Le DVD est, quant à lui, divisé en 2 parties: la première permet à chacun des membres du groupe de répondre à quelques questions relatives à l’intégration de Doug Aldrich, la genèse de ce live, la nervosité avant de monter sur scène… Sympathique, mais rien d’extraordinaire. La seconde partie relate les différents concerts de cette tournée qui a permis à The Dead Daisies de se produire en club, en festivals, en ouverture de Kiss, et de jouer devant plus d’un million de personnes en 2016! C’est rapide, chaotique parfois, mais toutes les villes visitées semblent y passer. Notons également la présence de bonus: deux diaporamas bourrés de photos des lieux visités et avec les fans. Il y a de fortes chances, si vous avez été photographiés avec le groupe que vous vous y retrouviez! En somme, The Dead Daisies enfonce le clou avec un disque enjoué, un live efficace qui devrait ouvrir de nouvelles portes au quintette qu’on attend de revoir avec impatience au Hellfest!

Note: 8/10

Sortie: mai 2017

THE SWORD: Greetings from…

Stoner, USA (Razor & Tie/Spinefarm, 2017)

The Sword, c’est qui? Encore un groupe texan. Formé à Austin en 2003, The Sword, est un quatuor furieux (composé de JD Cronise au chant et à la guitare, du gruitariste Kyle Shutt, du bassiste Brian Ritchie et du batteur Santiago Vela II) déjà responsable de 6 albums  qui publie aujourd’hui son tout premier témoignage live, Greetings from…

Greetings from…, ça donne quoi? Profitant de sa tournée en compagnie d’Opeth, The Sword enregistre les 9 titres de Greetings from… sur diverses dates. Saturées, les guitares crachent le feu, évoquant souvent, sans surprise, Black Sabbath (The chronomancer 1: Hubris), ou plus proche de nous, la vague stoner. C’est lourd, parfois trop saturé pour tenir la distance, mais le groupe est au top de sa forme et a envie de s’amuser en foutant un peu le bordel tout en se faisant par instant simplement irrésistible (Maiden, mother & crone). Le public est réceptif et clame son approbation. Séance de rattrapage pour qui ne connait pas le groupe, trop rare en nos contrées…

Note: 7,5/10

Sortie: le 5 mai 2017

DARKE COMPLEX: Point oblivion

Darke Complex, c’est qui? Formé à Houston en 2015, Darke Complex propose un metal moderne, teinté de sonorités rap et electro. Un esprit fusionnel et muliticulturel résolument d’actualité.

Point oblivion, ça donne quoi? Le premier album des Américains propose 12 titres explosifs, rageurs et variés. Le chant agressif est aussi mélodique que hurlé, les guitares bouillonnent d’impatience et les touches électroniques sont quasi omni présentes. L’ensemble évoque tout autant Linkin Park que Slipknot, c’est dire! On imagine volontiers Cameron séduit par ce disque pour en utiliser quelques extraits pour la BO d’un Terminator relooké! Bien que tout le monde n’apprécie pas forcément ces sonorités électros, force est de reconnaître que Darke Complex les intègre parfaitement à l’ensemble, puissante et déterminé de ce premier album, paru en Europe chez Spinefarm. Et ça non plus, ce n’est guère surprenant!

Note: 7,5/10

Sortie : le 21 avril 2017

DAYSHELL: Nexus

Metal, USA (Spinefarm records, 2016)

Paru à la fin de l’année dernière, je redécouvre Nexus, le second album des Américains de Dayshell aujourd’hui. Et ce qui me semblait peu attirant se révèle au final assez efficace. Pour les plus jeunes en tout cas. Car Dayshell est parfaitement actuel, contemporain et moderne. En mélangeant des sonorités électro à des guitares aussi furieuses que parfois calmes, un chant doux à des hurlements hystériques, travail impressionnant de Shayley Bourget, et une batterie toujours énervée, Dayshell s’inscrit dans cette catégorie furieuse des formations metal actuelles qui réinventent le genre en incluant à la fureur ambiante des sonorités pop, RnB… Nexus propose un mix de metal rugueux et syncopé et de mélodies pop et chantantes sur fond de batterie syncopée et de guitares rageuses. Dayshell, t’es pas mon genre, mais t’es bien fichue !

Note: 7,5/10

HE IS LEGEND: Few

Metal, USA (Spinefarm, 2017)

Mine de rien, He Is Legend poursuit son petit bonhomme de chemin. Fondé en 2003 en Caroline du Nord, les Américains encore méconnus en France, nous proposent Few, leur 6ème album studio, qui s’éloigne du hardcore originel qu’ils affectionnaient. Aujourd’hui, la voix rageuse de Schuylar Croom se fait parfois, comme les guitares d’Adam Tanbouz, plus douce et « crooneuse »et douce (Silent gold, Gold dust qui se fait plus explosif sur la longueur), mais reste cependant toujours déterminée. L’ensemble est entraînant et rageur, vengeur parfois (Air raid, Beaufort), et d’une efficacité que ne renieraient pas certaines formations des années 90, l’ombre d’Alice In Chains n’est jamais vraiment loin. Il y a dans  ce Few, de la rage et de la colère (Jordan), une douceur bienveillante (Call ins) ainsi qu’une détermination sans faille puisée dans le hardcore et le punk que l’on sent pourtant s’éloigner dans un passé, cédant la place à une maturité plus adulte. Malgré quelques flottements, quelques légères faiblesses, l’ensemble reste assez efficace et sombre.

Note:7,5/10