BLACK STONE CHERRY: Black to blues 2

Hard rock, USA (Mascot records, 2019) – Sortie le 18 octobre 2019

Black Stone Cherry, les fans le savent bien, est composé d’amoureux de rock et de blues. Après un premier Black to blues, Ep paru en 2017, très axé sur l’oeuvre de Willie Dixon on s’attendait à voir un second volume apparaître.  Les Américains reviennent aujourd’hui avec un second volet, Black to blues 2, toujours sous le format Ep, en revisitant plus d’artistes. Démarrant avec une énergique version du Big legged woman de Freddie King, Chris Robertson et sa bande continuent avec le classique intemporel du légendaire Robert Johnson, Me & the devil blues avant de revisiter l’un des titres les plus connus d’Otis Rush, All your love (I miss loving). A mi parcours, BSC se montre plus curieux; Musicalement, ben… Quand une chanson est bonne, si les interprètes sont bons, la chanson reste bonne, quelle que soit la moulinette à laquelle on la passe. Ici, le son est plus moderne et plus dynamique, et la voix de Robertson colle parfaitement à ce blues plus que quinqua. Le groupe s’amuse tout autant avec Down in the bottom, création originale d’un des maîtres du genre, Howlin’ Wolf, avant de s’attaquer au Early one morning d’Elmore James, déjà très déjanté et ici légèrement « punk ». Le disque se termine sur Death letter blues, de Son House. En continuant d’explorer et de revisiter ces chansons à sa sauce, Black Stone Cherry permet à chacun de (re)découvrir un pan parfois oublié de l’histoire de la musique américaine. Et de se rendre compte de ces tripes qui ont, depuis des décennies, fait bouger les foules. Black to blues 2 est un intermède entre deux albums d’un des plus sympathiques groupes d’outre-Atlantique. Et si le groupe trouvait-là un rythme de croisière album original, Ep de reprises?

THE MAGPIE SALUTE: High water II

Rock, USA (Provogue, 2019) – Sortie le 16 octobre 2019

Rappelez-vous: il y a à peine plus d’un an, Rich Robinson et sa bande de The Magpie Salute surprenaient leur petit monde avec leur second album, High water I, titre qui, forcément, appelait un second volume. Eh bien, amis amoureux de rock vintage aux relents sudistes, le voici qui débarque dans les bacs, ce High water II. Le premier constat est visuel: si la pochette du I montrait les 5 membres du groupes au milieu de champs campagnards ensoleillés, ce second chapitre met en avant 6 musiciens sur un fond beaucoup plus sombre et indéfini. Un message pour ce qui concerne le contenu musical? Si Sooner or later confirme que The Magpie Salute est avant tout un groupe de rock, la suite pourrait sombrer dans un propos plus grave. Mais non, la première moitié de ce disque est entraînante, chaleureuse, presque flamboyante, même. Parfois. Par la chaleur de la voix et des guitares, la simplicité apparente de rythmes terriens, solidement ancrés dans la tradition du genre – Black Sabbath autant que les Stones ou Led Zeppelin ne sont jamais loin – mais la dernière partie de l’album me lasse un peu. Le groupe tombe alors dans une sorte de démonstration improvisée, ou d’improvisation démonstrative, je ne sais pas. Mais j’ai le sentiment que le principal a été dit avant. 9 ou 10 morceaux auraient sans doute suffit à me satisfaire. Il faut savoir profiter des choses simples qui se passent au début de ce (presque) superbe album.

FLYING COLORS – Third degree

Progressif, USA (Music theories, 2019) – Sortie le 4 octobre 2019

Le voici donc ce troisième effort du super groupe de rock progressif Flying Colors. Avec un line-up identique depuis ses début, le combo donne l’impression de simplement se faire plaisir. Third degree nous entraîne dans les méandres des amours musicales de chacun de ses membres. On reconnait le toucher de guitare unique de Steve Morse, qui semble tellement avoir pris son pied avec le final de Birds of prey (sur Infinite de Deep Purple, 2017) qu’il s’en sert à de multiple reprises avec le même bonheur. C’est notamment remarquable sur Cadence, mais pas seulement. Mike Portnoy s’amuse également avec des rythmes qui paraissent simples mais peuvent monter en rage et en puissance, comme sur Guardian. La voix de Neal Morse est toute en finesse et en émotion, le chanteur se faisant parfois émouvant ou à fleur de peau (You are not alone), à d’autres moments plus direct. Sans jamais tomber dans le piège du prog qui veut en faire trop en n’étant que démonstratif, Flying Colors parvient à proposer une musique accessible à tous, bien que parfois plus complexe (cette montée en puissance sur la partie instrumentale de Last train home parle d’elle même). Les inspirations sont à la fois rock (plus Deep Purple que Dream Theater), funk (Geronimo), médiévales, orientales permettant à chacun des 9 titres,  The loss inside, Cadence, You are not alone ou le final Crawl de trouver aisément son public.  Les amateurs de belles mélodies et de grandes et simples orchestrations vont rugir de bonheur.

Interview: LAST TEMPTATION

Interview LAST TEMPTATION. Entretien avec Butcho (chant). Propos recueillis au pub King George à Paris le 10 septembre 2019

Alors que Peter Scheithauer est en train de faire un démo à la guitare pour un magazine spécialisé, je retrouve Butch Vukovic pour parler de ce nouveau projet à l’envergure internationale. Last Temptation pourrait être « the next big thing » en matière de heavy mélodique. Et quand des Américains viennent dégoter un chanteur français, c’est un signe…

 

Metal-Eyes : Ce n’est pas notre première rencontre, en revanche, c’est la première fois que tu vas me parler de Last Temptation. Question classique : comment s’est formé le groupe ?

Butcho : En fait, ça s’est formé, avec Peter et moi, il y a presque 10 ans. C’était une autre formation. A l’époque, j’étais avec Hellectrokuters et il m’avait contacté sur Facebook. Il voulait absolument un chanteur français. Il a regardé plein de vidéo, il en a vu 800, à la lettre H, il est tombé sur Hellectrokuters et il a fait « waow, je veux ce chanteur ! C’est qui ? » Il me contacte, à l’époque il ne connaissait pas Watcha – il était aux Etats Unis. Il me contacte sur Facebook, et à cette époque je lui dit non, parce que j’avais un autre deal qui arrivait avec Hellectrokuters.

 

Metal-Eyes : Qui était, pour rappel, un groupe typiquement hard rock 80’s comme tu aimes tant.

Butcho : Voilà, AC/DC, Motörhead… Je lui ai dit non. Il est revenu plusieurs fois à la charge, et le plan que je devais avoir ne s’est pas fait. Je lui ai demandé de m’envoyer ses morceaux, ce qu’il fait. Je trouve ça super bien, et le jour même, je lui ai enregistré les 3 morceaux. Il a adoré, et c’est parti comme ça. Mais ce n’était pas du tout cette formation de Last Temptation, c’était autre chose. Plus à la Mötley Crüe, des trucs comme ça, et pas du tout le même line-up. Le line-up actuel s’est mis en place il y a à peu près 3 ans. Ça a pris beaucoup de temps parce qu’il y avait des contrats avec les autres : Vinnie Appice qui était avec Last In Line, Bob Daisley, en Australie…

 

Metal-Eyes : Vous êtes tous les deux passionnés par le gros hard rock des années 80. Comment définirais-tu la musique de Last Temptation ?

Butcho : On n’a absolument rien inventé, c’est du hard rock old school des années 70/80, à la Black Sabbath, Ozzy, Dio… C’est du old school, tout simplement.

 

Metal-Eyes : Vous avez joué au Hellfest cette année. C’était ton premier, je crois ?

Butcho : Non, non : j’y ai joué il y a très longtemps, en 2007, avec un groupe de death metal, Scarve.

 

Metal-Eyes : Et ce n’était pas le même esprit qu’aujourd’hui, en 2007.

Butcho : Non, c’était pratiquement les débuts du Hellfest ! Après j’ai joué plusieurs fois avec Showtime, groupe de reprises, mais sur des scènes annexes. Ma première scène, mainstage, sans avoir sorti d’album… c’est juste… incroyable.

 

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

Butcho : Ben… Il y a plein de groupes qui rêveraient de jouer au Hellfest en Main, qui ont déjà plusieurs albums, et qui n’y arrivent pas. Nous, on arrive, sans album et on a réussi à dégoter la Mainstage.

 

Metal-Eyes : Justement, comment avez-vous réussi à dégoter cette place, comment ça s’est fait ?

Butcho : Alors… Il faut dire que Peter a le bras très long. Il connait beaucoup de monde, et un de ses meilleurs potes, c’est Gérard Drout. Qui a une petite partie du Hellfest.

 

Metal-Eyes : C’est donc du relationnel…

Butcho : Oui, et ça ne marche que comme ça. Soit tu connais des gens, soit tu as de l’argent. Je vais te donner mon cas, avec Helelctrokutters : on n’a ni argent, ni relation. Donc, évidemment…

 

Metal-Eyes : Message pour Ben Barbaud : si tu es intéressé, l’année prochaine, Hellectrokuters est dispo ! Quand tu es monté sur scène, tu as ressenti quoi ?

Butcho : Waow ! J’étais… Je me suis dis « c’est juste trop énorme » ; rien que la scène, elel est plus grande qu’un terrain de foot ! C’est énorme !

 

Metal-Eyes : En plus, maintenant, même a cette heure là, il y a du monde.

Butcho : Oui, il y avait du monde. Groupe inconnu, le public était à fond. On a même réussi à les faire chanter ! Super expérience, vraiment.

 

Metal-Eyes : Comment vous êtes-vous préparés pour un événement de cette envergure ?

Butcho : J’ai envie de te dire que c’est un concert. Que ce soit là où dans un plus petit club, c’est beaucoup de répèts. On n’a pas eu beaucoup de temps, là, on a juste eu une semaine avec tout le groupe en studio pour répéter. On ne se connaissait pas encore vraiment, on a vraiment travaillé.

 

Metal-Eyes : Ça veut dire que tu as pu rencontrer certaines de tes idoles des années 80…

Butcho : Oui… J’ai pu rencontrer Stet (Howland) qui joue de la batterie avec Lita Ford, Wasp, il est maintenant ave Metal Church, Steve (Unger, basse) qui est aussi dans Metal Church. Et sur l’album, il y a Bob Daisley, le légendaire Bob Daisley, Vinnie Appice à la batterie, James Lomenzo à la basse… Il y en a tellement, en fait !

 

Metal-Eyes : Revenons justement à cet album, très typé années 80 : que trouves-tu dans cette période que tu ne retrouves pas aujourd’hui ?

Butcho : Je sais pas… Tout se ressemble un peu, soit extrême, soit… J’ai l’impression d’écouter toujours la même chose, sans doute parce que je n’ai pas l’oreille assez aiguisée ppour ça. J’aime bien les trucs avec de la mélodie, du chant… J’ai de la chance, parce que Stet et Steve savent chanter. Ce sont de vrais chanteurs lead, et s’ils me remplacent, aucun problème. Les mecs, ils font des chœurs de malade !

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous choisi le nom du groupe ? Pour moi, lorsque j’entends « Last Temptation », ça m’évoque le film de Scorcese, La dernière tentation du Christ.

Butcho : Non, il n’y a aucune connotation religieuse chez nous…

 

Metal-Eyes : La pochette y fait pourtant référence plus d’une fois…

Butcho : En fait, le nom a été trouvé par Peter. Toutes ces personnes qui se disent, avec regrets  « si j’avais su, j’aurais fait ça… Dans ma jeunesse, j’aurais dû faire ça… » En fait, nous, on décide de faire, de prendre des risques. On ne se pose pas de question, on y va. C’est un esprit beaucoup plus positif.

 

Metal-Eyes : Il y a quand même pas mal de références à la religion : le diable, le serpent qui pourrait être Seth, les éclairs dans les nuages qui évoquent la colère divine, le croissant de lune…

Butcho : Oui, mais c’est quoi, le diable, le serpent ? Ca évoque juste la tentation, oui, mais il n’y a aucun texte qui soit connoté religion. Je voulais juste quelque chose qui soit un peu mystique, parce que j’aime ces choses-là. Mais dans les textes, on parle beaucoup de remise en question, de ce qui est existentiel, savoir se battre jusqu’au bout. Ou, parfois, comme Bob Daisley m’a demandé, j’aborde une thématique : lui adore tout qui traite de conspiration, de manipulation des masses… En plus, je la trouve super esthétique, c’est le genre de pochette qui, pour moi, ne vieillira pas. Après, c’est juste l’interprétation de chacun.

 

Metal-Eyes : Et le symbole central, c’est quoi ?

Butcho : En fait, ce ne sont que des L et des T dans tous les sens… Tu peux tourner la roue, tu les trouveras toujours.

 

Metal-Eyes : Avec le signe de l’infini au centre. Autre chose : la dernière fois qu’on s’est vus, tu a fait preuve de beaucoup de naïveté au sujet d’un film, tu t’en souviens ?

Butcho : euh… peut-être… Rappelles-moi…

 

Metal-Eyes : La scène de Wembley, dans Bohemian Rhapsody.

Butcho : Oui ! Je reconfirme, j’ai adoré ce film ! Je l’ai revu, et pour moi, je suis sûr qu’ils ont reconstitué, le public est venu remplir Wembley, j’en suis sûr !

 

Metal-Eyes : Même époque, même réalisateur – en tout cas, il a participé à une partie de Bohemian rhapsody : as-tu vu Rocket man ?

Butcho : Oui, je l’ai vu. J’ai vraiment beaucoup aimé. J’adore l’acteur qui joue Elton John (Taron Egerton), il avait joué dans Kingsman. Mais le seul truc, c’est que j’ai du mal avec les comédies musicale, j’aime moins quand l’histoire est racontée en chantant. J’ai préféré Bohemian Rhapsody parce que l’histoire est racontée. Il y a les concerts, mais le reste est parlé. Jai aimé, mais moins que Bohemian rhapsody. J’adore Elton John, et j’ai découvert des choses. Je ne le connaissais qu’avec I’m still standing ou presque, le reste j’ai fait « waow ». Je redécouvre plein de choses ! Quand t’es jeune, tu n’écoutes qu’un type de chose, et avec l’âge, je m’ouvre beaucoup plus, je découvre, je redécouvre plein de choses. Je redécouvre des trucs que tout le monde connait sauf moi ! Je surprends certaines personnes… « Mais tu sors d’où, là ? Evidemment c’est un super chanteur Elton John ! » Oui, mais bon, je le connaissais pas !

 

Metal-Eyes : Un groupe de rock, c’est aussi la scène, alors quels sont vos projets ? Vous habitez sur des continents différents, logistiquement ce n’est pas évident ?

Butcho : Début octobre, on a une vingtaine de dates aux USA. On y retournera d’ailleurs en janvier et février. Entre les deux, il y aura l’Europe, avec plein de dates, en Allemagne, et un peu partout.

 

Metal-Eyes : Excité à l’idée de jouer aux USA ?

Butcho : Ben ouais, carrément ! En plus ce sera en tête d’affiche. Dans des petits clubs, comme le Whisky-a-gogo, on va à Las Vegas, aussi. En plus, il y a plein d’invités de prestiges qui viendront nous voir, donc ça va être incroyable.

 

Metal-Eyes : Je me souviens de ce que je voulais te demander : Peter voulait un chanteur français. Pour quelle raison, te l’a-t-il expliqué ?

Butcho : Oui, déjà il est Français, même s’il vit aux USA. Il ne voulait pas d’un chanteur déjà connoté, il voulait quelqu’un qui chante bien. Bob Daisley ne voulait pas de quelqu’un déjà connu, même s’il a plein de potes chanteurs. Ils voulaient quelqu’un avec de l’expérience mais pas connu, et Peter voulait que ce soit un Français. Et Bob Daisley a adoré ma voix, il a dit « c’est lui que je veux ! » Il m’a dit, il a dit à Peter : « Butcho me rappelle Ozzy jeune. Mais Ozzy qui chante juste » (rires).

 

Metal-Eyes : La comparaison est flatteuse !

Butcho : Oui, et ça fait d’autant plus plaisir que ça vient d’une personne qui a écrit la plupart des textes d’Ozzy. C’est une légende.

 

 

CROBOT: Motherbrain

Stoner, USA (Mascot records, 2019)

J’avais découvert Crobot en ouverture d’un concert de Black Label Society et la prestation des Américains m’avait bluffé. Depuis, j’ai un peu perdu le fil mais voilà que les quatre affreux de Pennsylvanie reviennent avec un troisième album. Ce Motherbrain transpire l’amour du rock vintage de tous ses pores. C’est simple, Crobot expose son amour pour ce heavy des beaux jours à la Black Sabbath, mais se permet également de se faire plus moderne avec un titre comme Drown, varié et chantant, voire d’actualité tant les paroles de Low life évoquent notre époque…  Le chant de Brandon Yeagley est d’ailleurs aussi rageur que puissant et mélodique – la narration qui introduit le premier morceau, Burn, le positionne clairement comme maître du navire – tandis que les guitares de Bishop sont directes, parfois spatiales. Au travers des 11 chansons proposées, Crobot explore plus que le rock de nos anciens (Stoning the devil, presque doom). Le quatuor se fait visiblement plaisir en variant ses domaines d’exploration. Au final, Motherbrain est un album qui s’adresse à un large public, amateur de oldie but goodie et de sons plus actuels (Gasoline, Low life). Chacun trouvera matière à se faire plaisir.

KILLSWITCH ENGAGE: Atonement

Metalcore, USA (Metal blade, 2019)

Depuis ses débuts en 1998 et malgré quelques changements de line-up notables (on ne se défait pas aussi facilement de la figure de proue qu’est un chanteur…), Killswitch Engage a su s’imposer et demeurer dans le peloton de tête des groupes de metalcore. Et là où tant d’autres ont disparu, les Américains continuent d’avancer. Pour preuve, ce Atonement, 8ème album de la formation de Boston, et 3ème avec le hurleur Jessee Leech James. Si le visuel évoque quelque peu le Once more around the sun de Mastodon, le contenu musical est au moins aussi furieux. Killswitch Engage ne se limite pas à du vulgaire metalcore. Pour cela, le chant n’est pas que hurlé, Jesse Leech alternant avec du chant clair dans un bel exercice vocal etc’est bien ce qui différencie le groupe. Le thrash est omniprésent, au point qu’on pourrait redéfinir son genre en tant que thrashcore, cependant on note également des référence aux géants du genre, notamment des clins d’œil appuyés à Judas Priest. Si le groupe ne laisse guère le temps de souffler, c’est qu’il a décidé d’attaquer l’auditeur de front en lui assénant 11 déflagrations qui font taper du pied et secouer la tête. Atonement, sans aucun doute, trouvera son chemin entre les oreilles des fans du genre et du groupe. A voir, espérons le, bientôt sur scène.

TYLER BRYANT &THE SHAKEDOWN: Truth and lies

Hard rock, USA (Spinefarm, 2019)

Tyler Bryant & The Shakedown semble, malheureusement, faire partie de ces éternels groupes challengers qui ne parviennent pas à exploser malgré les indiscutables qualités des albums offerts au public et/ou les groupes prestigieux pour lesquels il a ouvert ces dernières années. Dans ce club, on trouve des  formations comme The Answer ou The Treatment, parmi d’autres… Je ne fais ici que le même constat qu’il y a deux ans, lors de la sortie de l’album éponyme que je considérais comme un nouveau départ. Le groupe a depuis tourné mais, las, rien ne semble pouvoir les faire passer au niveau supérieur. Ce Truth and lies, nouvelle livraison des Américains, s’inscrit toujours dans le hard rock vintage, un rock empli de ce blues qui nous emporte et de ces mélodies qui nous font nous agiter. Le groupe varie les plaisirs en proposant différentes approches, approchant parfois Led Zeppelin (Shape I’m in) ou Dylan (Judgement day) mais parvient surtout à trouver sa propre identité musicale et sonore avec l’utilisation de sons et une production résolument modernes. TBSD a cependant le propos grave, cet album reflète d’une certaine manière la désillusion tout en se voulant rester positif (Drive me mad). Amoureux du hard rock dit « classique », faites vous plaisir; TBSD vaut le coup d’être soutenu autant que faire se peut.

PROPHETS OF RAGE live à l’Olympia le 8 aôut 2019 (avec Nova Twins)

C’est un concert exceptionnel à plus d’un titre auquel je me rends ce soir: 1/Prophets Of Rage revient en France sans grosse campagne de com’, et 2/ un concert de cette envergure en plain mois d’août, c’est rare! Et franchement, en cette période estivale, seconde semaine du mois où Paris est la plus vide de l’année, ben… l’Olympia est complet ou presque.

Après un petit moment de doute (les photographes accrédités ne seront pas autorisées à rester après les 3 premiers titres de POR) vite réglé par l’ami Roger, nous découvrons les Anglaises de Nova Twins qui avaient  déjà ouvert pour Prophets au Zénith de Paris il y a moins de 2 ans, le 10 novembre 2017 et qui se sont fait remarquer lors de leur passage au dernier Hellfest, jouant tôt face à plus de 20.000 spectateurs. D’autres les auront déjà vues en 2017 au Zénith de Paris en ouverture de… Prophets Of Rage. Seraient-elles devenues, en quelque sorte, les protégées des Américains? Et si j’ai pu apprécié la surprenante courtoisie et gentillesse des deux jeunes femmes qui se réclament, entre autre, du punk au cours d’une interview deux heures plus tôt (à découvrir bientôt), je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter leur musique.

Georgia South (basse) et Amy Love (chant et guitare), accompagnées d’un discret batteur, montent sur scène habillées d’une improbable tenue vert fluo. Concentrées au départ, les filles proposent un rock électro groovy à la fois dansant et hargneux. Un style qui emprunte autant au funk qu’au rock, au heavy ou au punk. Indéfinnissable, la musique de Nova Twins est à l’image de ses musiciennes: un ovni indéfinissable.

 

Annoncés à 20h50, Prophets Of Rage ne démarre finalement son concert que 15 bonnes minutes plus tard. Et c’est DJ Lord (Public Enemy) qui se charge de chauffer le public avec un set… de DJ rappant et scratchant sur divers airs du metal ou US et populaires (de l’hymne américain à Slayer en passant par La marche impériale de Star Wars). Mais que cette intro est longue! 20 bonnes minutes qui finissent par lasser et laisser penser que le groupe ne fait que rogner sur le vrai temps de jeu. Car le public attend tout un groupe, et certains commencent à siffler cette trop longue prestation.

Enfin, la salle est replongée dans le noir pour accueillir Prophet Of Rage dont les musiciens se postent devant la scène, poing levé à la manière de Tommie Smith et John Carlos. Mais personne, ce soir, ne disqualifiera B-Real (Cypress Hill, en survêtement, comme à la maison…), Chuck D (Public Enemy), Tom Morello et Tim Commerford (Rage Against The Machine, Audioslave). Puis la machine se met en branle et les gaillards s’énervent, font sauter un Olympia qui se transforme rapidement en un gigantesque trampoline tant le sol bouge et rebondit.

Si le groupe avait retourné le Zénith deux ans auparavant, il est sur le point de faire de même ce soir. L’efficacité de la setlist imparable fait son oeuvre. Setlist sont on pourra simplement remarquer que 8 titres au minimum sont identiques à celle d’il y a deux ans (dans le désordre: Testify, Living on the 110, Fight the power, Unfuck the world, Guerilla radio, Know your enemy…).

La recette est efficace, un medley en milieu de set permet de caser d’autres titres… Un gimmick que l’on retrouve parmi d’autres comme ce message plaqué derrière la guitare de Morello (pour la France c’est « Soutenir les gilets jaunes », pour les autres pays, ce sera quoi?) L’énergie est présente, l’entente entre musiciens parfaite. On ne regrettera finalement que ce manque de communication avec le public, communication qui aurait pu transformer cette soirée en communion. Mais on ne chipotera pas plus loin, tant ce concert fut explosif de bout en bout.

Le groupe prend congé sur l’indispensable Killing in the name of (bon sang, que c’est encore d’une cruelle actualité!) avant de revenir pour un unique rappel avec le non moins incontournable Bombtrack. Prophets Of Rage n’est pas prêt à dire son dernier mot, c’est une évidence!

 

Merci à Gérard Drout Production et à Roger Wessier (Replica promotion) d’avoir rendu ce report possible

SAMMY HAGAR & THE CIRCLE: Space between

USA, Rock (BMG, 2019)01

Jadis surnommé le Red rocker,  qui avait débuté sa carrière avec Montrose et est également connu pour être l’ex-chanteur de Van Halen (ou plutôt comme celui qui succéda brillamment à DLR) et pour sa participation plus que remarquée au sein du sublime Chickenfoot, revient aujourd’hui avec The Circle, super groupe composé de Sammy Hagar (chant et guitare), Vic Johnson (guitare), Michael Anthony, son ancien comparse de Van Halen (basse) ainsi que Jason Bonham à la batterie qui s’est formé en 2014. L’album que nous offre aujourd’hui le groupe, Space between, est présenté comme un album concept « à écouter dans son intégralité pour une meilleure expérience » – c’est ce qu’affirme le sticker apposé sur le disque en tout cas. Et c’est bien ce qu’il faut faire… Alternant entre morceaux bluesy et tranquilles et titres foncièrement rock  et rentre dedans, mixant le tout avec du boogie à la presque Status Quo, Sammy Hagar & The Cricle parvient à redorer un genre pas tout à fait disparu sans se ridiculiser. Le groove est immense, le blues et la soul omni présents, la prod est léchée et le résultat global est simplement impeccable. Comment résister à Free man ou No worries? Comment ne pas penser à led Zep ou AC/DC sur Trust fund baby? Space between est une pure réussite rock, un disque vibrant et entraînant. L’écouter sans bouger semble impossible tant ça balance à tous les étages. A 71 ans, on peut affirmer que le rock conserve ! J’adore.

HOLLIS BROWN: Ozone park

USA, Rock (Cool green recordings, 2019)

Il est des disques, des chansons comme ça dont le message apporte un éclairage à son auditeur. Hollis Brown, groupe New Yorkais formé en 2009 par le chanteur guitariste Mike Montali et le guitariste Jonathan Bonilla. Le nom du groupe vient d’une chanson de Bob Dylan (The ballad of Hollis Brown… Ça ne vous rappelle pas quelque chose, plus metal?) Signés sur Cool Green Recordings, la nouvelle (je crois) branche du prolifique label Mascot, Hollis Brown nous offre un Ozone park (titre étonnemment en lien avec le nom de son label…) d’une fraîcheur revigorante. Les 10 chansons proposées sont pleines de tendresse, de légèreté aussi, tout en restant profondément ancrées dans ce rock romantique qui fait rêver. Mike Montalli, au travers des Blood from a stone, Stuborn man, Forever in me, fait preuve d’une touchante sensibilité vocale qui évoque à tous les coups les grands malheureux de la soul. Oui, Ozone park est un album pleins de ces sentiments qui font de la vie ce qu’elle est: l’amour et les souffrances qu’il nous inflige.