JOHN DIVA AND THE ROCKETS OF LOVE: Mama said rock is dead

Hard rock, USA  (Steamhammer, 2019)

Allez, franchement, si vous foncez sur le livret de Mama said rock is dead, ou sur les photos promos offertes sur le web, la première idée susceptible de surgir de votre esprit pourrait bien être du style: « Y a déjà Steel Panther, alors… » Voui, et c’est vrai que le message visuel est clair: glam still lives! John Diva and the Rockets of Love ont baigné dans le son des années 80, c’est évident. L’influence des Van Halen, Bon Jovi (des années 80, on est bien d’accord!), Ratt, Mötley Crüe, Poison et autres Great White est omni-présente, tant dans la recherche de la mélodie qui fait se dandiner les popotins, et incite les filles à se découvrir que dans l’esprit général: le chant limpide et les guitares franches, les mains qui battent la cadence, le message positif (« there ain’t no place for rock n roll in hell » sur Rock n roll heaven), le groove imparable et les histoires racontées. Les jalons sont nombreux: écoutez le phrasé de Wild wild life; s’il ne vous rappelle le Whitesnake de 1987… Ou encore le chant sur Fire eyes à la Bon Jovi. Bien sûr, on n’échappera pas, avec ces références, à la ballade au piano à mi-parcours (Just a night away)… Home sweet home n’est pas loin! Mama said rock is dead a tout de l’album de potes, un disque festif pas sérieux et rudement bien fichu. A des années lumières du quatuor de potaches mentionné plus haut.

SKYHARBOR: Sunshine dust

Inde/USA, Rock progressif (2018, eOne)

A la fois puissant, léger et aérien, Skyharbor nous propose aujourd’hui un troisième album. Originellement formé en Inde, le groupe propose, après avoir stabilisé son line-up un premier album aux ambitions affichées: débuter avec un double, il fallait oser. Toutefois, le groupe parvient à travailler avec un certain Marty Friedman, qui apparaît sur deux titres, et… la machine est lancée. Sunshine dust puise son inspiration chez les grands du rock, et du metal, progressif. Rush, Dream Theater pour ne citer qu’eux, sont de la partie sans oublier, naturellement, les influences indiennes qui apportent cette légèreté et cette détermination toujours zen. Dim, Out of time, Disengage/evaluate, The reckoning… Chaque chanson réserve son lot de surprises. Skyharbor mérite qu’on prête un peu plus attention à son oeuvre. Un groupe à (re)découvrir.

HIGH ON FIRE: Electric messiah

Heavy metal, USA (SPV, 2018)

Rugueux, sale, franc du collier… Electric messiah, le nouvel album des Américains de High On Fire, frappe fort. La voix enfumée de Matt Pike fait de ce huitième album (eh, oui! le groupe s’est formé à Oakland, en Californie, en 1998) un condensé de lourdeur et de brutalité contenues. Proche de ‘esprit enfumé et stoner, les 9 titres de ce disques entraînent l’auditeur dans un univers électrique et presque oppressant. « Presque » parce que l’envie de taper du pied est omni présente. C’est la grande force des Spew from the earth, Sanctionned annihilation et autres God of the godless (réfléchissons un instant au sens profond de ce titre, voulez-vous?). Direct et brutal, cet album, sorti en octobre 2018, ne fera pas passer High On Fire au statut de valeur sure, mais le confirme parmi les challengers les plus sérieux et déterminés du genre qu’on espère vraiment voire franchir un pallier. Metal up!

TORQUE

Thrash, USA (Mascot, 2019réédition de l’album de 1996)

Initialement formé en 1994 par Phil Demmel, ex-Vio-lence et Machine Head, qui se lance dans ce projet crade, direct, engagé et enragé nommé Torque. Phil, pour la première fois, s’attribue le mérite du chant lead, sale comme savaient le faire les premiers punk anglais: il éructe et dégueule son propos plus qu’il n’y cherche de la finesse. En cela, on retrouve des traces des Pistols qui ont aussi influencé Pantera. Musicalement, le thrash de la Bay area de Slayer, Exodus et Metallica est omni-présent. Les guitares de Ray Vegas charcutent, la basse de Deen Dell et la batterie de Mark Hernandez pilonnent sans répit et l’ensemble de ces 11 morceaux sont simplement sans pitié. A l’image de cette pochette, inquiétante, oppressante et répressive, rien, de H.L.S. à Breed, en passant par Nothing, Dead you lay ou Forgotten ne laisse de répit, pas même le lourd et oppressant Shhoter. Mascot ressort cet unique album en CD ainsi que dans une version vinyle rouge limitée à 1.000 exemplaires. Brutal et sanglant!

 

I DON’T KNOW HOW BUT THEY FOUND ME: 1981 extended play

Rock, USA (Fearless records, 2018) – Sortie le 9 novembre 2018

Voilà un Ep qui réveille et met en forme… I Don’t Kow How But The Found Me – pour les connaisseurs, IDK How, nous nous y tiendrons – a vu le jour à Salt Lake City et semble déterminé à réintroduire le rock/new wave des années 80. Machines, boite à rythmes, ambiances fun et déjantées… Tout est réuni pour titiller les zygomatiques et passer un bon moment. Les connaisseurs sont déjà familiers de certaines chansons, déjà publiées, comme Choke en 2017 que l’on retrouve sur ce 1981 extended play qui porte vraiment bien son nom. On retrouve quelques traces rock à la Royal Republic, d’autres plus funk à la Prince. Les clins d’œil sont nombreux, les textes funs et l’interprétation donne simplement envie d’en entendre plus. Pas metal pour un rond, ce disque mérite cependant la meilleure attention tant il respire la joie de vivre.

BLACK STONE CHERRY Live à Paris (Elysée Montmartre, le 3 décembre 2018, avec Monster Truck)

Black Stone Cherry, c’est la quasi garantie, pour tous les amateurs de Hard rock teinté sudiste, de passer un bon, voire un excellent moment, que ce soit sur disque mais plus encore sur scène. Et ce soir, les frangins du Kentucky, qui viennent soutenir leur dernier et très réussi dernier album, Family tree, sont accompagné des Canadiens de plus en plus en voguer de Monster Truck. Lire la suite

KNOTFEST: Une raison de plus de se rendre à Clisson

L’an prochain, le 20 juin 2018, à la veille de l’ouverture des portes de la cathédrale de notre pèlerinage annuel,  le Hellfest accueillera sur ses Mainstages le Knotfest. Les deux scènes principales seront consacrées pour l’une aux groupes américains (Sick of it all, Ministry, Papa Roach, Rob Zombie et Slipknot) et pour l’autre aux formations européennes (Amaranthe, Behemoth, Amon Amarth, Powerwolf et Sabaton). Du grand spectacle en perspective.

Le festival est ouvert à tous, les billets, en ventes depuis le 7 décembre, toujours disponibles au tarif de 66,60€ sur le site www.knotfestfrance.com. La capacité est limitée au public des Mainstages, à savoir 40.000 spectateurs maxi. Il n’y aura donc pas de place pour tout le monde!

Attention également: le camping ne sera ouvert qu’aux détenteurs d’un pass Hellfest valable pour minimum la première journée du festival. Le Hellcity Square, Metal Market et autres lieux seront toutefois accessibles à tous.

Quelques habitudes seront changées afin de faciliter la circulation: la pose bracelets commencera dès le jeudi 20 juin à 10h. Les portes de la cathédrales ouvriront à 16h et le premier groupe du Knotfest sera sur scène à 17h. Rendez-vous le 20 juin, donc!

 

JASON BECKER: Triuphant hearts

Hard rock, USA (Music theories, 2018) – Sortie le 7 décembre 2018

On va le lire des centaines de fois ce proverbe qui, aujourd’hui, prend tout son sens: « A cœur vaillant, rien d’impossible ». Jason Becker, atteint d’une maladie qui le paralyse, l’empêche de se mouvoir ou de parler, nous démontre à quel point courage et persévérance peuvent soulever des montagnes. Il lui aura fallu des années de courage et de ténacité pour finaliser ce Triumphant hearts, composé avec les yeux, à l’aide  de son père qui lui a créé un ordinateur réagissant au regard. Alors, bien sûr, cet album risque de faire parler de lui pour les mauvaises raisons: c’est le résultat du travail d’un musicien talentueux incapable de tenir un instrument, le travail d’un handicapé totalement dépendant. Mais c’est avant tout le travail d’un musicien brillant, ayant croisé le fer avec Marty Friedman (futur, et désormais ex, Megadeth) au sein de Cacophony, souvent comparé au génial mais ténébreux Yngwie Malmsteen qui n’a jamais voulu ne serait-ce que lui parler. Si on est à des années lumières de Speed metal symphony, Triumphant hearts est surtout un album de musique, rock et populaire. Jason s’est ici entouré de tous ceux qui ont répondu présent à son appel, et ils sont nombreux: Marty Friedman, évidemment, mais aussi Uli Jon Roth, Mickael Lee Firkins, Steve Vai, Joe Bonamassa, Paul Gilbert, Neil Schon, Steve Morse, Joe Satriani et j’en passe. L’album est plein de mélodies qui ouvrent toutes une porte sur l’espérance et le positivisme. Pas un instant sombre n’a ici sa place. Si Triumphant heart, qui ouvre l’album, est orienté pop et si certains passages peuvent évoquer le all star We are the world, Becker pose partout sa marque de compositeur et offre de vrais moments de joie, et de rock. Laissez-vous simplement entraîner par ces Fantasy weaver, Magic woman ou ce Valley of fire et ses plus de 9′ wagons de musiciens solidaires (appelés « The magnificent 13 »), et faites de ce disque un succès. Car il s’agit d’un travail remarquable qui va bien au delà d’un « simple » album de rock: ce disque célèbre la vie, tout simplement. Un album pas comme les autres d’un musicien vraiment pas comme les autres. Comme il est si bien écrit au dos de la pochette (et chanté sur Hold on to love): I can’t speak. I can’t play. But this flesh has much more to say…

P.O.D: Circles

USA,  (Mascot records, 2018)

Je ne suis pas spécialiste de POD. Alors quand je glisse ce Circles dans mon mange-disque et que retentissent les premiers sons de Rockin’ with the best, je me demande où je vais: le mélange rap metal ne me séduit guère. Mais la suite, Always southern California, est plus nuancé, chantant et flirte même avec une sorte de heavy pop séduisante sans être racoleuse. Puis POD renoue avec une sorte de rap/RnB et, bon… ça ne me parle décidément pas. Alors, oui, il y a cette version un peu trashy de On the radio qui secoue bien, et les gars se disent dotés d’un Metal heart sur Panic attack. One chanson qui n’a toutefois rien de commun avec le coeur de metal de vous savez qui… Bien sûr, il y a tout au long de ce Circles de la recherche, du travail et un vrai sens de la composition, cependant, je n’accroche pas du tout. Ce dixième album des Californiens n’est pas mon genre. En revanche, il est incontestable que les amateurs du genre vont trouver là de quoi se satisfaire, car la prod est soignée, les compositions, quels que soient mes goûts, efficaces et rentre dedans. Pas mon genre, mais bien foutu quand même…

FROM ASHES TO NEW: The future

Metal, USA (Eleven Seven, 2018)

Paru juste avant l’été, ce second album des heavy rappers américains de From Ashes To New pourrait avoir de quoi réchauffer vos soirées hivernales. Car The future, bien que débutant avec un Wake up prévisible dans son genre et sans réelle saveur, parvient rapidement à diversifier le propos musical. Sauf que… Sauf qu’à trop vouloir séduire on fini par s’éloigner de son objectif. Les chœurs, presque omni présents, sont trop nombreux et mièvres, les mélodies imparables sont téléphonées. From Ashes To New a-t-il eu son mot à dire sur sa création ou s’est-il laissé influencé par son label et/ou son producteur? Car, au final, malgré un ou deux titres efficaces (je pense notamment à Broken) ce second album éloigne le groupe des espoirs nés avec son premier effort prometteur. Le patronyme relatif à l’éternel retour du phénix renaissant de ses cendres n’est pas de mise… Dommage.