ANTI-FLAG: American fall

Neo punk, USA (Spinefarm, 2017)

Ils ont quoi, tous ces groupes US nés dans les 90’s qui se disent issus de la mouvance punk à nous pondre des albums aujourd’hui tout sauf dangereux? Anti-Flag semble suivre les traces des Sum 41, The Offspring ou autres Green Day. C’est efficace, certes, mais trop popisant pour être vraiment l’oeuvre d’un groupe encore en colère. Attention: le chant de Justin Shane a toujours ces intonations narquoises et irrévérencieuses, les influences punks ou ska sont bien présentes un peu partout, cependant le son est trop propre pour le genre, manque de crasse. Selon mes critères, évidemment! Les Ohohoh que l’on retrouve partout sont toutefois une invitation à faire la fête et foutre un gentil bordel. American fall est un album festif, efficace, loin du punk mais, après tout, bigrement entraînant.

JOE BONAMASSA: Live at Carnegie Hall – An acoustic evening

Blues, USA (Provogue, 2017)

Après un superbe Blues of desperation, Joe Bonamassa nous offre un album live acoustique enregistré au cours de la tournée qui a suivi. Et c’est un double album, paru fin juin, qui nous apporte le plein de blues et de feeling. A ce niveau, c’est un minimum. Démarrant avec le dynamique This train, suivi d’un Drive tout en émotion, Bonamassa se livre très vite à l’exercice du blues acoustique avec une aisance et un bonheur sans pareil. Sa voix chaleureuse sublime le travail de son doigté unique, magique. Les cordes sont léchées, aimées, les choeurs profonds et envoûtants, la sélection des chansons impeccable. Du blues des champs de coton (partout) aux sonorités irlandaises (Black lung heartache), du rock retravaillé à la chanson populaire (Blue and evil), tout y passe avec un extraordinaire feeling. Ce gars est un magicien de la six cordes. Et un double album n’est guère suffisant pour assouvir le fan. Ce Live at Carnegie hall, produit de main, pardon, d’oreille de maitre, par Kevin Shirley, est présenté sous divers formats, du CD au DVD ou Blu Ray, sans compter le triple vinyle. Il y a de quoi faire pour satisfaire tout le monde. Musicalement, s’entend!

TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN

Hard rock, USA (Snakefarm records, 2017)

Tyler Bryant & The Shakedown serait-il logé à la même enseigne que The Answer ou The Treatment? Tout semble le laisser penser. Malheureusement pour les jeunes Américains. Car, comme leurs ainés irlandais et les jeunes Anglais, TB&TS (faisons simple, voulez-vous?) a ouvert pour de grosses pointures telles AC/DC ou Guns ‘n Roses, en France, mais aussi pour d’autres géants tels Deep Purple ou Aerosmith (OK, le guitariste Graham n’est autre que le fils de Brad Whitford, mais le groupe reste discret à ce sujet, ce qui est tout à son honneur. Mais ça peut aider quand même). Au-delà de ces prestations, ces trois groupes ont en commun de pratiquer un hard rock vintage carré et ultra bien fichu.  ‘Scusez du peu, mais normalement, ça devrait être des gages de qualité et permettre d’ouvrir les portes du succès. Sauf qu’aujourd’hui, dans le monde de la musique, plus rien n’est normal. Et même si, je le reconnais, j’ai eu du mal avec les premières livraisons de TB&TS, cet album éponyme sonne comme le véritable début d’une carrière qu’on souhaite explosive. Tout y est, des guitares old school au chant langoureux, des riffs et rythmes qui te rentrent dans la tête, des effets parfois psychédéliques, des références à Hendrix, à toute la scène blues du Sud des USA ou aux Black Crowes, sans parler de ce look et ces poses lascives… Voici une formation prometteuse qui mérite le plus grand soutien public et médiatique. Spinefarm, est-ce un hasard, a décidé de lancer sa nouvelle branche – Snakefarm records – avec ce CD, c’est un beau pari sur l’avenir. En tout cas, si le hard rock vintage, teinté sudiste, vous plait, vous savez vers qui vous tourner!

ACE FREHLEY: Anomaly deluxe

Hard rock, USA (SPV, 2017)

On attendait le volume 2 de Origins, l’album précédent du spaceman… Ace Frehley a préféré revenir avec un album de compositions originales, Anomaly. exception faite de Fox on the run (Sweet), Ace Frehley est à l’origine des 11 autres titres, tous taillés dans ce hard rock 70’s qui fit sa réputation. Mais les plus fans d’entre-vous le savent déjà: Anomaly est le 5ème album solo d’Ace et il est originellement paru en 2009. Cette réédition, même pas 10 ans après – on aurait pu envisager une édition anniversaire, mais non – qu’a-t-elle de particulier? Ben, rien, si ce n’est un packaging différent, et quelques titres bonus: Hard for me, Pain in the neck dans une version ralentie, The return of the spacebear. Alors rien d’extraordinaire, un album de rock bien fichu et chanté… comme Ace chante. Et l’on se plonge dans les crédits avec quelques surprises comme la présence de Brian Tichy qui, dpuis, a sévit au sein de Whitesnake et, surtout, The Dead Daisies. La réédition d’Anomaly, dans une version « deluxe » séduira donc principalement les fans du spaceman mais est une belle occasion pour les autres de découvrir ce disque qui, lors de sa sortie, était grimpé à la 20ème place du Billboard. Non sans raisons.

PAPA ROACH: Crooked teeth

Neo metal, USA (Seven eleven music, 2017)

Profitons du récent passage de Papa Roach pour rattraper le retard… Car Crooked teeth, le dernier album de la bande est sorti il y a quelques temps déjà, au mois de mai dernier… Soyons clairs: il est urgent de faire l’impasse sur le morceaux d’ouverture, Break the fall, qui voit Papa Roach se revisiter sans grande conviction, genre « mode automatique ». Mais une fois franchi ce cap, on retrouve, en partie, le Papa Roach qui fit les grandes heures du genre au cours des années 2000.  En partie, tout du moins, car sans réinventer le neo metal, le quatuor en connait suffisamment bien les codes pour les utiliser au mieux. L’alternance des rythmes avec le chant rappé, les grosses guitares qui donnent une furieuse envie de bouger… Tout est là. A quelques exceptions près qui sentent le réchauffé. Alors on se délectera, simplement du morceau titre, My medication, ou Born for greatness, plus orienté pop. On notera également la présence de deux guests, Skylar Grey sur Periscope, et Machine Gun Kelly sur Sunrise trailer park, deux morceaux moins typés Papa Roach et plus centré sur les styles de ces musiciens. Au final, Crooked teeth est un album sympathique taillé pour les amateurs de neo metal.

Interview: JD SIMO

Interview SIMO : rencontre avec JD Simo (guitare et chant). Entretien mené le 25 septembre 2017 chez Gibson France

Simo

Il y a des personnes comme ça qu’on a plaisir à revoir. JD Simo en fait partie, et Metal Eyes a profité de l’occasion de la sortie du nouvel album de Simo, son groupe, et de sa présence à Paris pour faire parler le géant blond, sorte de gros nounours passionné par son art, son job, et la vie en général. Interview cool et zen…

metal-eyes: JD, pour commencer, nous devons parler de ce repère unique dans la carrière de Simo qui a eu lieu le 3 avril 2016 (il se met à rire). Ça t’évoque quoi ?

JD Simo: Je me souviens beaucoup d’excitation, parce qu’il s’agissait de notre première vraie tournée européenne. Une longue tournée de 6 semaines, je crois. La première date était à Paris, la salle était pleine, ce qui était super. Et, malheureusement, vers la fin du concert, mon genou m’a lâché et… Je ne m’étais jamais blessé avant, c’était assez chaotique.

metal-eyes: Surtout sur une petite scène…

JD Simo: Oui, et ça a vraiment été difficile de me faire sortir de là. Ensuite, il a fallu une heure pour arriver à l’hôpital. Je me souviens avoir eu très mal, avoir été blindé d’antidouleurs… J’ai l’impression que ce fut un gâchis de bons médicaments, car ça ne m’a pas vraiment soulagé ! (rires) Mais je suis sorti le lendemain, on a continué la tournée. Je n’ai pas pu marcher pendant des mois, mais…

metal-eyes: Que penses-tu de l’hospitalité des hôpitaux français ?

JD Simo: Ils se sont vraiment bien occupés de moi. Mon entrée et la sortie ont été assez rapides. Ils ont bien pris soin de moi, vraiment.

metal-eyes: Ce même jour, avant, le concert, nous avons discuté de plusieurs choses parmi lesquelles un peu de politique. A cette époque, tu avais placé quelques espoirs en un des candidats, mais depuis, le peuple américain a envoyé Donald Trump à la Maison Blanche. Quelle est ton opinion au sujet de ce qu’il s’est passé et de ce qu’il se passe actuellement ?

JD Simo: … C’est un monde de dingues dans lequel nous vivons… En ce qui concerne mon propre pays, ce fut assez choquant. C’est vraiment déchirant de voir à quel point mes concitoyens sont divisés, vraiment. Je pense qu’à la base, l’être humain recherche la même chose : la paix. SI nous pouvons aller au-delà de certaines choses, nous pourrions être en paix. Je trouve ça vraiment frustrant, humainement. Je crois vraiment que nous voulons tous la même chose. Notre intelligence – ou notre manque d’intelligence – brouille les pistes, trouble l’eau. C’est une époque frustrante. J’ai regardé vos élections, ici, en France et, ce qui s’est passé en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni… C’est sans aucun doute la période la plus difficile que j’ai vécue.

metal-eyes: Parrlons un peu de musique. Simo va bientôt publier Rise and shine, le troisième album du groupe. De ce que j’ai pu en écouter, l’ensemble reste très orienté 70’s, avec quelques touches psychédéliques, du rock. Qu’avez-vous mis dans ce disque qui arrive assez rapidement après votre dernier, Let love show the way.

JD Simo: L’an dernier, on était assez cramés par ce que nous avons vécu. On est parti environ 300 jours, et ça, c’et une expérience assez traumatisante, très difficile à décrire à moins de l’avoir vécue. Nous avons ensuite voulu développer, explorer différentes directions sans savoir ce que ça signifie. Personnellement, j’ai traversé divers problèmes personnels, que je suis parvenu à résoudre. Cela m’a également ouvert l’esprit, créativement, parce qu’il y a beaucoup de choses que je n’avais pas voulu affronter, et les affronter a affecté la manière dont je fais les choses. Il y aura toujours certaines influences dans notre musique, mais également l’introduction de choses que je n’aurais pas envisagé inclure à notre musique. Il y a du hip-hop, des sons expérimentaux… D’autres passages assez cinématographiques, liés à ma passion du cinéma. Il y a la rencontre avec les moyens modernes d’enregistrement.. Nous avons passé des mois entiers à mixer ce disque. Il y a beaucoup de détails dans cet album. Après le mix initial, nous avons tenté de retirer certaines choses afin qu’elles ne détournent pas l’attention. Il y a beaucoup d’attention apporté à chaque morceau. En fait, tout réside dans notre approche : notre album précédent a été enregistré en 2 jours. Nous avons pris 4 mois pour celui-ci. Le premier mois, nous l’avons consacré à travailler les chansons que j’avais composées. Nous avons bossé ensemble 8à 9 heures par jour. Cherché les arrangements, faire, refaire… En février, nous sommes entrés en studio où nous sommes restés un mois. On a enregistré un morceau à la fois, 5,6 ou 7 heures. Pour chaque chanson, nous installions le studio différemment parce que nous avions une idée très précise de ce que nous voulions. Nous avons beaucoup expérimenté. Certaines prises étaient très rapides, d’autres … Il y a une chanson qui a nécessité environ 30 prises, parce que nous cherchions un feeling particulier. Nous avons finalement trouvé ce que nous cherchions. Je me suis ensuite attaqué au chant, nous avons fait les overdubs titre par titre, qu’il nous faille une journée complète ou deux. Puis, on annule tout pour tout reprendre à 0 sur la chanson suivante…  

metal-eyes: L’évolution principale réside donc en ceci que vous avez travaillé beaucoup plus dur sur les chansons.

JD Simo: Et sur la composition aussi. C’est un processus épuisant.

metal-eyes: Quelle chanson de Rise and shine représente le mieux ce qu’est Simo aujourd’hui, si tu devais n’en retenir qu’une seule ?

JD Simo: Oh dieu… (il réfléchit longuement) Je crois que je retiendrais… I want love, je pense. Elle est au milieu du disque, et, oui, c’est une ballade, mais elle possède ces aspects différents : il y des parties tendres et d’autres plus directes, et ces harmonies vocales comme une partie de ping pong. C’est simplement quelque chose que nous ne pensions pas pouvoir réaliser il y a à peine un an. C’est venu d’où c’est venu, et c’est un morceau, celui-ci plus particulièrement, dont je suis vraiment fier. Tout l’album, chaque chanson a une signification particulière. Ce morceau là, je ne pensais pas pouvoir chanter de la sorte, faire ce que nous avons réalisé…

metal-eyes: Justement, en remontant dans ton histoire, quel a été ton premier choc musical ?

JD Simo: Ca peut signifier beaucoup de choses… Mon premier choc musical ? C’était Elvis Presley… Voir Elvis Presley à la télé, c’était choquant…

metal-eyes: Dans quel sens ?

JD Simo: J’avais 3 ou 4 ans, donc je n’avais pas été témoin de grand-chose, de tout ce cirque… Son aspect, la réaction des gens, le son… Je n’avais jamais rien vu de tel avant. Ca devait être à l’occasion d’un anniversaire de son décès, et la télé diffusait cette émission spéciale. C’était puissant, ça l’est encore

 metal-eyes: C’est lui qui t’a donné envie de devenir musicien ?

JD Simo: Absolument, oui, cette émission et Elvis.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Simo ?

JD Simo: … « Expérimentation »

metal-eyes: Un seul mot, simple et qui prendra tout son sens à l’écoute de votre nouvel album. Tu parlais de votre précédente tournée, épuisante. Quels sont vos projets de concerts pour défendre Rise and shine ?

JD Simo: Nous entamons la tournée européenne demain (donc le 26 septembre) à Londres, et resterons ici environ 3 semaines. Ensuite, nous rentrerons aux USA et prendrons quelques jours de repos avant d’entamer une tournée US. Ce qui nous mènera jusqu’à la fin de l’année. Ensuite, je pars en tourné seul, sans le groupe, avec un autre guitariste, avec qui nous ferons une tournée acoustique aux USA. C’est une nouvelle chose que je vais essayer, parceque j’aime le blue grass, le folk… Donc c’est une nouvelle expérience dans un environnement différent. Ensuite, Simo continuera sa tournée US avant de revenir en Europe, vers le mois de mars 2018. France, Espagne, Italie, Scandinavie…

metal-eyes: Avec des scènes plus grandes et pas d’accident cette fois

JD Simo: J’espère, oui ! (rires)

metal-eyes: Comment occupes-tu ton temps en dehors de tes activités avec Simo ?

JD Simo: Simo me prend la majeure partie de mon temps. J’aime lire, écouter de la musique, regarder des films.

metal-eyes: Quel genre de livres lis-tu ?

JD Simo: Principalement des livres d’histoire ou de nature. Je ne lis pas beaucoup de fiction, je ne sais pas pourquoi, mais je n’accroche pas. J’aime l’histoire, la seconde guerre mondiale, la guerre de sécession… Je suis fasciné par le XXème siècle, cette période de 1900 à nos jours où il s’est passé tant de choses… Mais j’aime aussi des choses un peu barrées, théorie du complot et ce genre de choses, le surnaturel, la métaphysique… Les extra terrestres et leur possible existence… UN mix de différentes choses en réalité.

metal-eyes: Quand tu viens en Europe, qui a une très riche histoire, trouves-tu le temps de visiter les villes ou des musées ?

JD Simo: Oui, parfois. J’ai fais un tri, principalement ici, à Paris. Je n’ai pas eu beaucoup de temps, mais je me suis assuré d’aller visiter le Louvres. J’ai eu un jour de repos complet et j’en ai vu… 3% seulement, comme beaucoup d’autres ! Ma femme était avec moi, ce qui était sympa. Elle nous a accompagnés sur la dernière tournée, nous avons flâné à Paris, sommes allés à Notre Dame… nous avons passé notre temps à sauter dans les transports et aller à droite et à gauche… EN général, en Europe, je tente de visiter, mais c’est difficile de s’éloigner du groupe. Certaines personnes s’en foutent, et sont simplement heureuses de retrouver leur chambre d’hôtel, ça dépend de chacun. En ce qui me concerne, j’adore visiter. Et c’est pareil aux Etats-Unis. Il y a des endroits que j’ai adoré visiter, d’autant plus s’il y a un lien avec la musique. On habite le Sud, tu sais, et il y a encore tous ces vestiges de ce qui s’est passé. La plupart des gens qui vivent dans ces endroits s’en foutent royalement… « Vous vous rendez compte que James Brown a enregistré tous ces disques dans ce bâtiment abandonné là-bas ? – Ah oui ? Vraiment ? » Laisse tomber ! (rires)

metal-eyes: Quelle a été la meilleure question qui t’ai été posée aujourd’hui ? ou la plus étonnante, surprenante ?

JD Simo: Aujourd’hui ? Par toi ?

metal-eyes: Aujourd’hui, de ce matin jusqu’à maintenant…

JD Simo: Ma préférée… Quelqu’un m’a fait remarqué plus tôt que la dernière fois que nous nous avions parlé, je faisais de nombreuses références à Dieu, de différentes manières. « Oh, mon Dieu » « Jesus »…

metal-eyes: Tu ne l’as fais qu’une fois avec moi…

JD Simo: Ben voilà… (rires) On en a plaisanté et ils m’ont fait remarquer qu’au cours de notre discussion d’aujourd’hui, je n’y avais pas fais référence. Je leur ai répondu que, depuis la dernière fois, je ne suis pas la même personne. Je suis plus… ouvert en ce qui concerne ce sujet. J’ai grandi à Chicago, au sein d’une famille italienne et catholique, je suis allé au catéchisme, j’ai fait ma première communion et tout… Maintenant, je vis dans le sud des Etats-Unis où aller à l’église le dimanche fait partie intégrante de la culture américaine, blanche ou noire. Maintenant, j’ai voyagé et vu beaucoup d’autres endroits. Et cet élément, celui de l’inconnu, qu’on peut appeler Dieu ou autrement, certains s’y réfèrent de manière très terre à terre ou scientifique, d’autres de façon mystique. D’autres voit cela comme une honte, et d’autres choisissent de ne pas croire, tout simplement. Les faits, point. Mais au final, c’est la même chose pour tout le monde, tout dépend de notre interprétation. Ça dépend de notre culture. Nous avons tous, je crois, envie de comprendre l’incompréhensible et, en vérité, on ne peut pas comprendre. J’ai apprécié cette question, et le fait de pouvoir en parler parce que ce n’est pas forcément de cette manière que j’aurais répondu à un autre moment.

metal-eyes: Merci beaucoup, JD, je te reverrais en mars, sur scène pour un concert complet.

JD Simo: Avec plaisir, super ! ça m’a fait plaisir de te revoir mon pote !

 

 

ONE LIFE ALL-IN: The A7 sessions

HardCore, France/USA (Rust and Blood, 2017)

Je n’ai jamais été très fan de la scène hardcore US… ça tombe bien, car One Life All In n’est pas entièrement américain. Pensez donc: Don Fosse, chanteur des Spudmonsters a décidé de s’acoquiner de 3 frenchies, Clem (guitare), Franco (basse) et Kevin Foley. Ce dernier nom vous évoque sans doute quelque chose si vous êtes amateur de metal extrême puisqu’il est batteur au sein de Benighted. Le mariage est sur ce The A7 sessions explosif, la rage vocale de Fosse, sans fioriture, allant droit au but, comme le veut la vieille tradition punk. Musicalement, l’ensemble est accrocheur, déterminé et incontestablement rentre dedans. Pas forcément aussi hard core qu’on aurait pu si attendre mais incontestablement explosif. Seulement, voilà, ce chant est, selon moi, trop sec et son mix ne permet par à Fosse de parfaitement se fondre à l’ensemble. Un ensemble constitué de riffs entraînants, et d’une rythmique en béton armé, et si c’est de l’énergie que vous voulez, vous trouverez ici votre compte! Même si l’on peut, légitimement, se demander quel avenir existe pour One Life All In.

 

APPICE: Sinister

Hard rock, USA (SPV, 2017)

Carmine et Vinny. Deux frangins, deux batteurs, deux légendes des fûts qui ont mis, au fil des ans, leurs baguettes au service des plus grands, parmi lesquels se distinguent, naturellement, Black Sabbath ou Dio. Il n’est dès lors guère surprenant que les frères Appice se réunissent le temps d’un album afin de mettre en avant leur instrument (c’est vrai qu’à de rares exceptions – Herman Rarebell, Phil Rudd et quelques autres – les batteurs ne se lancent pas dans une aventure solo). Ce Sinister viserait à prouver qu’un batteur c’est plus malin que quelqu’un qui ne sait compter que jusqu’à 4 qu’on n’en serait guère étonné. Mais dès le morceau titre, quelque chose coince… La fratrie a fait appel à divers musiciens et chanteurs pour l’accompagner et c’est très bien. Mais voilà, le chant de Jim Crean me gêne. Et je me rends compte qu’un élément essentiel manque à l’appel: la cohésion, celle d’une unité qui donne la pêche. Ce sentiment ne me quitte plus, malgré l’impatience d’écouter ce Drum wars, duel fratricide en vue qui se fait démonstration sans grande saveur, et la surprise d’un Riot, air qui me rappelle quelque chose. Ben oui! Le premier album, superbe, du Blue Murder de John Sykes, paru en 1989 et produit de main de maître par Bob Rock avec Carmine à la batterie. Mais voilà, encore, que, malgré le chant de Robin McAuley (seul Paul Shortino tire son épingle du jeu vocal), le résultat manque de pêche. Au final, si les intentions sont bonnes et l’exécution correcte, le résultat ne tient pas ses promesses. Dommage…

PROPHETS OF RAGE

Rock, USA (Caroline records, 2017)

Je ne sais trop par où commencer avec ce premier album plus qu’attendu de Prophets Of Rage… Avec deux passages très remarqués dans l’Hexagone en juin dernier (Download Paris et Hellfest), on était impatients de découvrir l’album. Et, c’est une évidence, la réunion de ces furieux de Tom Morello à la guitare toujours aussi rageuse et fine à la fois avec Chuck D et B-Real au flow vocal souvent imité offre un résultat intriguant. On ne va pas revenir sur cette union a priori contre-nature d’ex-membres de Rage Against The Machine avec ceux de Public Ennemy et Cypress Hill. Rage était un groupe ouvert à tout, et intégrer des influences rap, rock ou metal semble ici naturel. Je n’ai jamais été fan de rap, cependant, je dois reconnaître que le mariage de ces monstres est efficace. Les titres sont variés dans les rythmes et ambiances. Du rageur Unfuck the world au psychédélique Legalize me, il y en a pour tous les goûts. POR parvient au gré des morceaux à rassurer quant à sa capacité à séduire. Et même si j’ai du mal avec le flow rap, l’ensemble se laisse plus que facilement écouter. Pas prise de tête pour un rond, engagé et critique de notre monde (et de leurs USA d’origine) Prophets Of Rage s’avère aussi efficace, groovy et entraînant sur CD que sur scène, ce qui n’est pas une mince affaire. Le groupe sera au Zénith de Paris la Villette le 10 novembre 2017, et ça va déménager sévère!

BLACK STONE CHERRY: Black to blues

Hard rock, USA (Mascot records, 2017)

Après avoir mystérieusement disparu des écrans radar (souvenez-vous l’annulation soudaine d’une partie de la tournée Kentucky, dont la date parisienne…) on a enfin des nouvelles des amis de Black Stone Cherry qui reviennent avec Black to blues, un Ep. Un simple Ep, composé, qui plus est, de reprises. Moitié Willie Dixon (Built for comfort, Hoochie coochie man et I want to be loved). Pourquoi des reprises? Pourquoi un Ep? Est-ce représentatif d’un état d’esprit du quatuor? Qui sait, mais ce n’est pas le principal. Ces 6 classiques du blues sont ici revisités à la sauce BSC, qui, tout en conservant l’essence même de chacun des chansons, gagnent en puissance, voire, merci la technologie moderne, en clarté. L’empreinte du quatuor est instantanément identifiable, et les chansons s’intègrent de fait parfaitement au répertoire déjà riche des gars du Kentucky. si ce Ep est une mise en bouche, on attend maintenant l’album avec impatience. Et les 4 dates françaises prévues en janvier prochain!