Interview: ANTI FLAG

A quelques jours de la sorti de 2020 vision, nouvel album des punks américains de Anti Flag qui sera en bacs le 17 janvier 2020, Metal Eyes est allé parler, pour cette dernière interview de 2019, de politique, du monde et du reste avec Justin Sane, guitariste chanteur d’une douceur et d’un engagement sans pareils.

Interview Anti-Flag. Rencontre avec Justin Sane (chant, guitare). Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra à Paris le 3 décembre 2019

 

 

Metal-Eyes : Je suis en présence de… j’allais dire Justin Time, non, Justin Sane de Anti Flag

Justin Sane (il rit) : Non, tu es juste à l’heure ! Moi, je suis Justin Sane !

 

Metal-Eyes : Tu es là pour nous parler de votre nouvel album, qui arrive le 17 janvier 2020. Tout d’abord, American fall est votre dernier album studio paru en 2017, suivi de American reckoning, en 2018, qui est un album acoustique de reprises de vos deux précédents albums. Quel était l’objectif de réaliser cette compilation acoustique ?

Justin Sane : Je pourrais en parler longtemps…

 

Metal-Eyes : On ne dispose que d’une demi-heure…

Justin Sane : Alors, je vais à l’essentiel. Nous avons joué en acoustique de plus en plus souvent et certaines chansons que nous jouions ainsi n’avaient jamais été enregistrées. Certaines personnes les avaient simplement entendues en concerts, et on a voulu les proposer aux autres. Ça, c’était le point principal. On a enregistré quelques reprises, chacun avait un morceau en tête qu’il voulait enregistrer depuis longtemps – moi, c’était Cheap Trick. Le projet s’est affiné mais il n’y avait pas de véritable travail, nous n’étions pas à fond dedans. A cette époque, ma mère avait été diagnostiquée avec un cancer et je voulais faire quelque chose de créatif mais je n’avais pas l’énergie de me dire que j’allais composer un album. Je me suis dit que ce serais cool de pouvoir travailler sur un disque qui avait déjà été écrit pour moi, et on s’est attaquer à ces versions acoustiques.

 

Metal-Eyes : Le résultat était intéressant et surprenant.

Justin Sane : Oui, c’était intéressant. Je ne dirais pas que c’est notre meilleur album, mais c’était une expérience différente.

 

Metal-Eyes : Ce disque a en quelque sorte clôt la trilogie « American » qui avait débuté avec American Spring en 2015, un an avant l’élection de Donald Trump.

Justin Sane : Exact, oui, oui…

 

Metal-Eyes : Maintenant, nous arrivons en 2020. La pochette de votre nouvel album est assez explicite – 2020 vision, avec un Trump complètement brouillé. Une question : qui penses-tu pourrait affronter Donald Trump lors des prochaines présidentielles ?

Justin Sane : Et gagner ?

 

Metal-Eyes : Simplement s’opposer à lui… Il y a Bernie Sanders qui revient, mais à part lui ?

Justin Sane : Je pense que Bernie pourrait remporter ces élections. La raison principale… Nous habitons à Pittsburg, en Pennsylvanie. Il y a un mélange culturel très intéressant, et Pittsburg est surnommé le Paris des Appalaches (il rit). Où en étais-je ??? Ah oui, ce que je veux dire c’est que nous habitons dans les Appalaches, et beaucoup de gens pauvres vinent là-bas. C’est une résultante du système économique dans lequel nous vivons, beaucoup de gens sont restés sur le carreau. Il est très intéressant de voir que 20 ans après les manifestations anti accords mondiaux du commerce à Seattle et Washington qui ont vu des gens s’élever contre cette mondialisation économique pensant que ça allait affecter beaucoup de gens, l’économie et la planète. Nous voici 20 ans plus tard et on se rend compte que ces prévisions sont exactes : la planète meurt, il y a des gens comme Donald Trump qui sont parvenus à exploiter le système économique pour avoir plus de pouvoir – et finir à la Maison blanche…Beaucoup de personnes qui ont voté pour lui l’ont fait pas parce qu’elles sont racistes ou autre, mais parce qu’il disait que « le système est corrompu, Hillary Clinton fait partie du system, je n’en fais pas partie et je vais travailler pour vous ». Quand tu parles avec les gens des Appalaches te dirons qu’elles ont voté soit pour Trump, soit pour Sanders, parce qu’ils étaient tous deux vus comme des outsiders. Ils auraient voté pour n’importe quelle personne vue comme un populiste extérieur au système. Je crois que Bernie Sander est un de ces outsiders qui a vraiment envie de se battre pour les plus démunis là où Trump est arrivé avec ce côté faussement populaire, et ses idées d’extrême droite, néo fascistes et on a maintenant un suprémaciste blanc à la Maison blanche… C’est pour cela que je pense que Sanders peut le battre.

 

Metal-Eyes : Mais il y a de fortes probabilités pour que Trump soit réélu…

Justin Sane : De très fortes possibilités, oui. Comme Bush a été réélu. Et il était très peu populaire quand il é été réélu…

 

Metal-Eyes : De ce que j’ai pu écouter de l’album, 2020 vision est plus heavy que vos deux précédents efforts (il confirme). Où avez-vous puisé l’inspiration pour retrouver cette énergie et la repositionner dans votre musique ?

Justin Sane : Tu sais, ça vient sans doute du fait que nous avons décidé d’écrire un album qui traite de maintenant. Souvent, sur nos albums précédents, on parlait de choses plus généralistes, et même si on abordait des sujets d’actualité, nous ne mentionnions pas George Bush ou Barak Obama. Maintenant, nous pouvions parler de leur politique intérieure ou extérieure… Nous sentons, avec Trump, que nous passons à autre chose : dans notre histoire moderne, on n’a jamais vu un néo fasciste de son niveau entrer à la Maison Blanche. Ce disque devait traiter de lui, de lui en tant qu’icône de poster pour tous ces extrémistes qui gagnent du terrain partout dans le monde. Mais si nous devions composer un disque qui traite de « maintenant » alors donnons lui le son d’aujourd’hui. Nous ne voulions pas répéter nos deux derniers albums, nous avions l’intention, volontairement, d’aller explorer d’autres horizons qui feraient que les gens puissent dirent que c’est bien un disque de la fin des années 2020.

 

Metal-Eyes : Alors comment analyserais-tu l’évolution musicale de Anti Flag entre vos deux derniers albums ?

Justin Sane : Mmh… Clairement, il y a un certain nombre de choses. Trump pourrait n’être que le symptôme d’un problème beaucoup plus vaste. Mais s’il n’est qu’un symptôme, il est toujours LE symptôme. Je veux dire qu’il représente vraiment le pire de tout ce qu’il représente.

 

Metal-Eyes : Le pire, et sans doute aussi le plus comique de ce qu’il veut représenter…

Justin Sane (il rit) : Oui, c’est vrai ! Ce serait tellement distrayant de voir ce type de comédie ! Mais c’est une comédie, d’une certaine manière. Sauf que cela affecte vraiment la vie des gens, et c’est là que c’est vraiment douloureux. Je crois que ce que nous avons voulu faire avec ce disque, c’est de laisser les gens considérés comme des boucs-émissaires, les persécutés, les membres de la communauté LGBT, les pauvres, les femmes… Laisser savoir aux gens qui se sentent persécutés qu’il y a d’autres personnes qui sont à même de prendre leur défense. Nous, on est quatre mecs blancs dans un groupe, et cela nous donne un privilège que beaucoup de gens, dans notre société, n’ont pas. Nous voulons que les gens persécutés sachent que nous sommes là pour eux ; « nous sommes là pour vous, pour prendre votre défense, nous élever avec vous si vous avez besoin de nous pour vous aider ». Il s’agit bien de solidarité, parce que nous savons bien que, nous aussi, nous pourrons avoir besoin de l’aide d’autrui à certains moments. C’est vraiment le message que nous voulons faire passer avec ce disque, vous pouvez compter sur nous.

 

Metal-Eyes : Ce qui semble être très clair. Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de 2020 vision pour expliquer ce qu’est Anti Flag aujourd’hui, lequel serait-ce et pour quelle raison ?

Justin Sane : J’adore Don’t let the bastards beat you down, parce qu’il s’agit, en effet, uniquement de solidarité. Nous prenons en compte le fait que le monde actuel connait beaucoup de problèmes. Pour moi, ce morceau nous ramène aux tout débuts du groupe, à la raison pour laquelle on a monté ce groupe : nous avons cette musique, elle est celle d’une communauté de gens, s’adresse à tout le monde. Si tu es inadapté, cette musique est pour toi. Si tu es plus dans le courant, mainstream, mais que tu crois en l’entraide, que tu es emphatique, alors, notre musique est aussi pour toi. Si tu es quelqu’un qui s’intéresse à quelqu’un d’autre que ta petite personne, notre communauté est faite pour toi.

 

Metal-Eyes : Si tu veux construire des ponts plutôt que des murs…

Justin Sane : Exactement ! Pour moi, cette chanson est fun, elle est dynamique, mais témoigne du fait que les problèmes existent mais que nous pouvons lutter ensemble. Si nous remontons à nos origines, la raison pour laquelle je me suis investi dans le punk c’est que c’était fun ! Je m’intéressais à la politique, mais le fait est que lorsque j’allais en concert, on s’amusait avant tout. Si les gens ne se sentent pas bienvenus dans un endroit, ils n’auront aucune envie d’y rester. Cette chanson couvre un peu tous ces aspects.

 

Metal-Eyes : Tu parles de concerts. Vous serez en juin à l’affiche du Hellfest. La dernière fois que vous y avez joué c’était en 2013. Mais vous allez cette fois jouer assez bas sur l’affiche. N’est-ce pas un peu frustrant pour toi ?

Justin Sane : C’est juste un défi, on a intérêt à tout donner ! On a 40 minutes, donc à nous de prouver que nous méritons d’être là.

 

Metal-Eyes : Et vous allez jouer sur la nouvelle Warzone, que vous n’avez pas encore vue…

Justin Sane : Oui, j’ai entendu qu’elle est vraiment super. Tu sais, on ne fait pas vraiment attention à notre position sur l’affiche d’un festival. Si tu joues tôt, les gens sont en forme et excités, prêts à foncer ! Et ils ne sont pas encore bourrés ! Alors parfois, c’est positif de jouer tôt. Au milieu de la journée, le public peut avoir un coup de mou, et en fin de nuit, ils sont rincés. Et nous avons joué sur tous ces créneaux… En festival, j’aime bien jouer tôt. Et ça a un avantage : une fois que tu a donné ton concert, la pression retombe, tu peux aller voir les concerts des autres, boire, prendre du bon temps.

 

Metal-Eyes : Donc on se retrouvera là bas !

Justin Sane : Et à la fin de la journée, il y a de fortes chances que je sois bourré ! (rires)

 

Metal-Eyes : Il n’y a pas que le Hellfest, quels sont vos autres projets de tournée ?

Justin Sane : Nous commençons à tourner en Europe le 7 janvier et l’album sortira le 17. Ensuite, nous retournons aux USA, puis ce sera les festivals d’été, et nous resterons ensuite en Europe, donc beaucoup de concerts en vue. Je ne sais pas encore quand nous serons en France, j’espère à l’automne 2020.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Anti Flag en 2020 ?

Justin Sane (avec un large sourire, avant d’ éclater de rire) : Ne laissez pas les bâtards vous abattre !

 

Metal-Eyes : Facile, mais elle est efficace !

Justin Sane : Oui, mais on s’en sert… On a fait des bannières qui le disent. Je veux rappeler aux gens qu’il ne faut pas baisser les bras. Les gens au pouvoir conservent leur pouvoir en nous faisant croire, de manière cynique, que nous n’avons aucune chance. Je ne ferais pas tout ça, je n’écrirais pas ces chansons si je croyais que nous n’avions aucune chance. C’est marrant, on en parlait plus tôt : en France il y a eu mai 1968, et là, il y a ces grosses manifestations qui arrivent mardi (NdMP : l’interview a eu lieu avant la première mobilisation contre la réforme des retraites du 5 décembre). En 1968, beaucoup de gens pensait que ça n’allait être qu’un week end de manifestations, mais ça a complètement changé la société. Il se pourrait qu’il ne s’agisse pas que « d’une autre grève », ça pourrait être à l’origine de quelque chose de plus important. L’étincelle qui embrase tout, et c’est cela dont les pouvoirs en place ont toujours peur. C’est pour cela que ce type de mouvement puisse mettre le feu, et que tout change, que cela leur fasse perdre leurs pouvoirs. C’est pour cela qu’il faut toujours pousser plus loin, résister, car quand il y aura cette ouverture, ça peut donner quelque chose de très grand.

 

Metal-Eyes : Quelle est alors ta vision du monde en 2020 ?

Justin Sane : Je crois que notre album traite simplement du fait que nous vivons dans une sorte de dystopie. Il existe littéralement des camps de concentration aux frontières américaines, il y a des camps de concentration en Chine, il y en a beaucoup un peu partout dans le monde. Regarde de quelle manière les réfugiés ont été traités en Europe. Que se passe-t-il aujourd’hui, d’un point de vue écologique, économique, humain ? C’est insoutenable et je crois que notre vision est de dire que les enjeux du monde de actuel sont tels que la sortie ne peut pas être positive… Il faut une nouvelle vision de comment faire les choses, et cela commence par reconnaitre que tout le monde a droit à la dignité, à l’humanité. Ce serait un bon point de départ…

 

Metal-Eyes : Allez, cessons d’être sérieux et terminons avec ceci : quelle est ta blague préférée ?

Justin Sane : Ma blague ? Ah, fuck !!!

 

Metal-Eyes : Non, ça, ce n’est pas une blague…

Justin Sane : Comme ça, j’en sais rien…

 

Metal-Eyes : C’est la première fois que je la pose celle là…

Justin Sane : Elle est super, j’adore. Mon frère est un magicien, et il est aussi maitre en arts martiaux, une sorte de ninja. Il donne un spectacle où il mélange les deux c’est impressionnant, moi ça me fait rire. Ce n’est pas une blague, je sais, m’ais si mon frère était là, il aurait une très bonne blague à te raconter (il explose de rires). Et toi, c’est quoi ta blague préférée…

 

Metal-Eyes : Merde, comme toi, j’en ai aucune qui me vienne ! J’aurai dû m’y préparer aussi ! En tout cas, merci pour cette interview et nous nous reverrons au Hellfest.

Justin Sane : Si on se croise au Hellfest, viens prendre un pot avec moi. Je ne suis jamais trop bourré pour un autre verre (nouvelle explosion de rires) !

 

 

BLINK 182: Nine

Rock, USA (Columbia records, 2019)

Bon… alors, par où commencer avec ce nouvel album coloré des Américains ex-punks et désormais pop un peu rock de Blink 182? Je n’avais que moyennement accroché au précédent effort, California, paru en 2016 et cette fois je me demande pourquoi il a fallu 3 ans pour pondre Nine. Le virage pop pris ne surprend sans doute plus grand monde, le punk est devenu, il y a quelques années, comme c’est le cas pour d’autres formations de cette même génération, soft punk. Ici, bien que quelques moments se fassent plus énervés, les 15 titres sont acidulés et colorés comme cet artwork digne des passages piétons du quartier de Castro à San Francisco. Rien que la pochette pourrait, avec tout le respect que j’ai pour les uns et les autres (qu’on évitera de mélanger s’il vous plaît…), attirer en nombre aussi bien les enfants que les gays ! Nine s’écoute facilement, certes. Cependant, j’ai l’impression d’écouter la B.O d’une série US pour ados. Un album facile et presque évident. C’est léger, passe partout, légèrement sirupeux et dansant juste ce qu’il faut, plein de bonnes intentions, mais au final, je retiens quoi? Mouais…

STEEL PANTHER: Heavy metal rules

Hard rock, USA (Autoproduction, 2019) – sorti le 27 septembre 2019

Voici des années que Steel Panther nous propose le même plat: une parodie de tout ce qui fit les grandes heures du glam ou hair metal US des années 80. De grosses guitares, une voix en or, des mélodies au petit soin pour le déhanché de tout un chacun. Et bien sûr, Steel Panther ne serait pas Steel Panther si le groupe ne parlait pas que d’une seule chose: de sexe et de ses dérivés. Bite, couilles, cul, chatte et nichons sont une nouvelle fois passés en revue sous tous les angles possibles. On aurait pu croire que Steel Panther avait fait le tour de la question mais non. Michael Starr étonne encore avec sa poésie obsessionnelle et ce dès le premier titre. Mais d’où sort-il tous ces délires? Tous les clichés y passent, de la guitare sleaze au gros riff qui tâche, en passant par la ballade Always gonna be ho. On ne s’amuse pas à compter le nombre de « Fuck » prononcés tout au long de l’album – c’est l’avantage de s’autoproduire, SP échappant à une certaine censure tellemeent bienséante et moralisatrice qu’elle lui collerait automatiquement un gros sticker Parental advisory sur la gueule.  Alors, non, on n’est pas surpris. Steel Panther ne présente absolument rien de nouveau avec ce cinquième album. Mais c’est tellement bien foutu qu’on se laisse prendre au jeu. Et personne ne peut ôter une chose aux Américains: Michael Starr est un grand chanteur, Satchel un super guitariste, Lexxi Foxx un excellent bassiste et Stix Zadina un batteur d’une redoutable efficacité. Et puis, d’autres se répètent bien depuis des décennies sans que personne ne trouve rien à y redire. C’est ce que le public attend de Steel Panther qui ne se fait pas prier pour lui offrir sur un plateau de luxure. Reste une question: le groupe sera-t-il capable de se renouveler en concert? Pour l’instant, continuons de nous amuser avec Heavy metal rules!

BLACK STONE CHERRY: Black to blues 2

Hard rock, USA (Mascot records, 2019) – Sortie le 18 octobre 2019

Black Stone Cherry, les fans le savent bien, est composé d’amoureux de rock et de blues. Après un premier Black to blues, Ep paru en 2017, très axé sur l’oeuvre de Willie Dixon on s’attendait à voir un second volume apparaître.  Les Américains reviennent aujourd’hui avec un second volet, Black to blues 2, toujours sous le format Ep, en revisitant plus d’artistes. Démarrant avec une énergique version du Big legged woman de Freddie King, Chris Robertson et sa bande continuent avec le classique intemporel du légendaire Robert Johnson, Me & the devil blues avant de revisiter l’un des titres les plus connus d’Otis Rush, All your love (I miss loving). A mi parcours, BSC se montre plus curieux; Musicalement, ben… Quand une chanson est bonne, si les interprètes sont bons, la chanson reste bonne, quelle que soit la moulinette à laquelle on la passe. Ici, le son est plus moderne et plus dynamique, et la voix de Robertson colle parfaitement à ce blues plus que quinqua. Le groupe s’amuse tout autant avec Down in the bottom, création originale d’un des maîtres du genre, Howlin’ Wolf, avant de s’attaquer au Early one morning d’Elmore James, déjà très déjanté et ici légèrement « punk ». Le disque se termine sur Death letter blues, de Son House. En continuant d’explorer et de revisiter ces chansons à sa sauce, Black Stone Cherry permet à chacun de (re)découvrir un pan parfois oublié de l’histoire de la musique américaine. Et de se rendre compte de ces tripes qui ont, depuis des décennies, fait bouger les foules. Black to blues 2 est un intermède entre deux albums d’un des plus sympathiques groupes d’outre-Atlantique. Et si le groupe trouvait-là un rythme de croisière album original, Ep de reprises?

THE MAGPIE SALUTE: High water II

Rock, USA (Provogue, 2019) – Sortie le 16 octobre 2019

Rappelez-vous: il y a à peine plus d’un an, Rich Robinson et sa bande de The Magpie Salute surprenaient leur petit monde avec leur second album, High water I, titre qui, forcément, appelait un second volume. Eh bien, amis amoureux de rock vintage aux relents sudistes, le voici qui débarque dans les bacs, ce High water II. Le premier constat est visuel: si la pochette du I montrait les 5 membres du groupes au milieu de champs campagnards ensoleillés, ce second chapitre met en avant 6 musiciens sur un fond beaucoup plus sombre et indéfini. Un message pour ce qui concerne le contenu musical? Si Sooner or later confirme que The Magpie Salute est avant tout un groupe de rock, la suite pourrait sombrer dans un propos plus grave. Mais non, la première moitié de ce disque est entraînante, chaleureuse, presque flamboyante, même. Parfois. Par la chaleur de la voix et des guitares, la simplicité apparente de rythmes terriens, solidement ancrés dans la tradition du genre – Black Sabbath autant que les Stones ou Led Zeppelin ne sont jamais loin – mais la dernière partie de l’album me lasse un peu. Le groupe tombe alors dans une sorte de démonstration improvisée, ou d’improvisation démonstrative, je ne sais pas. Mais j’ai le sentiment que le principal a été dit avant. 9 ou 10 morceaux auraient sans doute suffit à me satisfaire. Il faut savoir profiter des choses simples qui se passent au début de ce (presque) superbe album.

FLYING COLORS – Third degree

Progressif, USA (Music theories, 2019) – Sortie le 4 octobre 2019

Le voici donc ce troisième effort du super groupe de rock progressif Flying Colors. Avec un line-up identique depuis ses début, le combo donne l’impression de simplement se faire plaisir. Third degree nous entraîne dans les méandres des amours musicales de chacun de ses membres. On reconnait le toucher de guitare unique de Steve Morse, qui semble tellement avoir pris son pied avec le final de Birds of prey (sur Infinite de Deep Purple, 2017) qu’il s’en sert à de multiple reprises avec le même bonheur. C’est notamment remarquable sur Cadence, mais pas seulement. Mike Portnoy s’amuse également avec des rythmes qui paraissent simples mais peuvent monter en rage et en puissance, comme sur Guardian. La voix de Neal Morse est toute en finesse et en émotion, le chanteur se faisant parfois émouvant ou à fleur de peau (You are not alone), à d’autres moments plus direct. Sans jamais tomber dans le piège du prog qui veut en faire trop en n’étant que démonstratif, Flying Colors parvient à proposer une musique accessible à tous, bien que parfois plus complexe (cette montée en puissance sur la partie instrumentale de Last train home parle d’elle même). Les inspirations sont à la fois rock (plus Deep Purple que Dream Theater), funk (Geronimo), médiévales, orientales permettant à chacun des 9 titres,  The loss inside, Cadence, You are not alone ou le final Crawl de trouver aisément son public.  Les amateurs de belles mélodies et de grandes et simples orchestrations vont rugir de bonheur.

Interview: LAST TEMPTATION

Interview LAST TEMPTATION. Entretien avec Butcho (chant). Propos recueillis au pub King George à Paris le 10 septembre 2019

Alors que Peter Scheithauer est en train de faire un démo à la guitare pour un magazine spécialisé, je retrouve Butch Vukovic pour parler de ce nouveau projet à l’envergure internationale. Last Temptation pourrait être « the next big thing » en matière de heavy mélodique. Et quand des Américains viennent dégoter un chanteur français, c’est un signe…

 

Metal-Eyes : Ce n’est pas notre première rencontre, en revanche, c’est la première fois que tu vas me parler de Last Temptation. Question classique : comment s’est formé le groupe ?

Butcho : En fait, ça s’est formé, avec Peter et moi, il y a presque 10 ans. C’était une autre formation. A l’époque, j’étais avec Hellectrokuters et il m’avait contacté sur Facebook. Il voulait absolument un chanteur français. Il a regardé plein de vidéo, il en a vu 800, à la lettre H, il est tombé sur Hellectrokuters et il a fait « waow, je veux ce chanteur ! C’est qui ? » Il me contacte, à l’époque il ne connaissait pas Watcha – il était aux Etats Unis. Il me contacte sur Facebook, et à cette époque je lui dit non, parce que j’avais un autre deal qui arrivait avec Hellectrokuters.

 

Metal-Eyes : Qui était, pour rappel, un groupe typiquement hard rock 80’s comme tu aimes tant.

Butcho : Voilà, AC/DC, Motörhead… Je lui ai dit non. Il est revenu plusieurs fois à la charge, et le plan que je devais avoir ne s’est pas fait. Je lui ai demandé de m’envoyer ses morceaux, ce qu’il fait. Je trouve ça super bien, et le jour même, je lui ai enregistré les 3 morceaux. Il a adoré, et c’est parti comme ça. Mais ce n’était pas du tout cette formation de Last Temptation, c’était autre chose. Plus à la Mötley Crüe, des trucs comme ça, et pas du tout le même line-up. Le line-up actuel s’est mis en place il y a à peu près 3 ans. Ça a pris beaucoup de temps parce qu’il y avait des contrats avec les autres : Vinnie Appice qui était avec Last In Line, Bob Daisley, en Australie…

 

Metal-Eyes : Vous êtes tous les deux passionnés par le gros hard rock des années 80. Comment définirais-tu la musique de Last Temptation ?

Butcho : On n’a absolument rien inventé, c’est du hard rock old school des années 70/80, à la Black Sabbath, Ozzy, Dio… C’est du old school, tout simplement.

 

Metal-Eyes : Vous avez joué au Hellfest cette année. C’était ton premier, je crois ?

Butcho : Non, non : j’y ai joué il y a très longtemps, en 2007, avec un groupe de death metal, Scarve.

 

Metal-Eyes : Et ce n’était pas le même esprit qu’aujourd’hui, en 2007.

Butcho : Non, c’était pratiquement les débuts du Hellfest ! Après j’ai joué plusieurs fois avec Showtime, groupe de reprises, mais sur des scènes annexes. Ma première scène, mainstage, sans avoir sorti d’album… c’est juste… incroyable.

 

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

Butcho : Ben… Il y a plein de groupes qui rêveraient de jouer au Hellfest en Main, qui ont déjà plusieurs albums, et qui n’y arrivent pas. Nous, on arrive, sans album et on a réussi à dégoter la Mainstage.

 

Metal-Eyes : Justement, comment avez-vous réussi à dégoter cette place, comment ça s’est fait ?

Butcho : Alors… Il faut dire que Peter a le bras très long. Il connait beaucoup de monde, et un de ses meilleurs potes, c’est Gérard Drout. Qui a une petite partie du Hellfest.

 

Metal-Eyes : C’est donc du relationnel…

Butcho : Oui, et ça ne marche que comme ça. Soit tu connais des gens, soit tu as de l’argent. Je vais te donner mon cas, avec Helelctrokutters : on n’a ni argent, ni relation. Donc, évidemment…

 

Metal-Eyes : Message pour Ben Barbaud : si tu es intéressé, l’année prochaine, Hellectrokuters est dispo ! Quand tu es monté sur scène, tu as ressenti quoi ?

Butcho : Waow ! J’étais… Je me suis dis « c’est juste trop énorme » ; rien que la scène, elel est plus grande qu’un terrain de foot ! C’est énorme !

 

Metal-Eyes : En plus, maintenant, même a cette heure là, il y a du monde.

Butcho : Oui, il y avait du monde. Groupe inconnu, le public était à fond. On a même réussi à les faire chanter ! Super expérience, vraiment.

 

Metal-Eyes : Comment vous êtes-vous préparés pour un événement de cette envergure ?

Butcho : J’ai envie de te dire que c’est un concert. Que ce soit là où dans un plus petit club, c’est beaucoup de répèts. On n’a pas eu beaucoup de temps, là, on a juste eu une semaine avec tout le groupe en studio pour répéter. On ne se connaissait pas encore vraiment, on a vraiment travaillé.

 

Metal-Eyes : Ça veut dire que tu as pu rencontrer certaines de tes idoles des années 80…

Butcho : Oui… J’ai pu rencontrer Stet (Howland) qui joue de la batterie avec Lita Ford, Wasp, il est maintenant ave Metal Church, Steve (Unger, basse) qui est aussi dans Metal Church. Et sur l’album, il y a Bob Daisley, le légendaire Bob Daisley, Vinnie Appice à la batterie, James Lomenzo à la basse… Il y en a tellement, en fait !

 

Metal-Eyes : Revenons justement à cet album, très typé années 80 : que trouves-tu dans cette période que tu ne retrouves pas aujourd’hui ?

Butcho : Je sais pas… Tout se ressemble un peu, soit extrême, soit… J’ai l’impression d’écouter toujours la même chose, sans doute parce que je n’ai pas l’oreille assez aiguisée ppour ça. J’aime bien les trucs avec de la mélodie, du chant… J’ai de la chance, parce que Stet et Steve savent chanter. Ce sont de vrais chanteurs lead, et s’ils me remplacent, aucun problème. Les mecs, ils font des chœurs de malade !

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous choisi le nom du groupe ? Pour moi, lorsque j’entends « Last Temptation », ça m’évoque le film de Scorcese, La dernière tentation du Christ.

Butcho : Non, il n’y a aucune connotation religieuse chez nous…

 

Metal-Eyes : La pochette y fait pourtant référence plus d’une fois…

Butcho : En fait, le nom a été trouvé par Peter. Toutes ces personnes qui se disent, avec regrets  « si j’avais su, j’aurais fait ça… Dans ma jeunesse, j’aurais dû faire ça… » En fait, nous, on décide de faire, de prendre des risques. On ne se pose pas de question, on y va. C’est un esprit beaucoup plus positif.

 

Metal-Eyes : Il y a quand même pas mal de références à la religion : le diable, le serpent qui pourrait être Seth, les éclairs dans les nuages qui évoquent la colère divine, le croissant de lune…

Butcho : Oui, mais c’est quoi, le diable, le serpent ? Ca évoque juste la tentation, oui, mais il n’y a aucun texte qui soit connoté religion. Je voulais juste quelque chose qui soit un peu mystique, parce que j’aime ces choses-là. Mais dans les textes, on parle beaucoup de remise en question, de ce qui est existentiel, savoir se battre jusqu’au bout. Ou, parfois, comme Bob Daisley m’a demandé, j’aborde une thématique : lui adore tout qui traite de conspiration, de manipulation des masses… En plus, je la trouve super esthétique, c’est le genre de pochette qui, pour moi, ne vieillira pas. Après, c’est juste l’interprétation de chacun.

 

Metal-Eyes : Et le symbole central, c’est quoi ?

Butcho : En fait, ce ne sont que des L et des T dans tous les sens… Tu peux tourner la roue, tu les trouveras toujours.

 

Metal-Eyes : Avec le signe de l’infini au centre. Autre chose : la dernière fois qu’on s’est vus, tu a fait preuve de beaucoup de naïveté au sujet d’un film, tu t’en souviens ?

Butcho : euh… peut-être… Rappelles-moi…

 

Metal-Eyes : La scène de Wembley, dans Bohemian Rhapsody.

Butcho : Oui ! Je reconfirme, j’ai adoré ce film ! Je l’ai revu, et pour moi, je suis sûr qu’ils ont reconstitué, le public est venu remplir Wembley, j’en suis sûr !

 

Metal-Eyes : Même époque, même réalisateur – en tout cas, il a participé à une partie de Bohemian rhapsody : as-tu vu Rocket man ?

Butcho : Oui, je l’ai vu. J’ai vraiment beaucoup aimé. J’adore l’acteur qui joue Elton John (Taron Egerton), il avait joué dans Kingsman. Mais le seul truc, c’est que j’ai du mal avec les comédies musicale, j’aime moins quand l’histoire est racontée en chantant. J’ai préféré Bohemian Rhapsody parce que l’histoire est racontée. Il y a les concerts, mais le reste est parlé. Jai aimé, mais moins que Bohemian rhapsody. J’adore Elton John, et j’ai découvert des choses. Je ne le connaissais qu’avec I’m still standing ou presque, le reste j’ai fait « waow ». Je redécouvre plein de choses ! Quand t’es jeune, tu n’écoutes qu’un type de chose, et avec l’âge, je m’ouvre beaucoup plus, je découvre, je redécouvre plein de choses. Je redécouvre des trucs que tout le monde connait sauf moi ! Je surprends certaines personnes… « Mais tu sors d’où, là ? Evidemment c’est un super chanteur Elton John ! » Oui, mais bon, je le connaissais pas !

 

Metal-Eyes : Un groupe de rock, c’est aussi la scène, alors quels sont vos projets ? Vous habitez sur des continents différents, logistiquement ce n’est pas évident ?

Butcho : Début octobre, on a une vingtaine de dates aux USA. On y retournera d’ailleurs en janvier et février. Entre les deux, il y aura l’Europe, avec plein de dates, en Allemagne, et un peu partout.

 

Metal-Eyes : Excité à l’idée de jouer aux USA ?

Butcho : Ben ouais, carrément ! En plus ce sera en tête d’affiche. Dans des petits clubs, comme le Whisky-a-gogo, on va à Las Vegas, aussi. En plus, il y a plein d’invités de prestiges qui viendront nous voir, donc ça va être incroyable.

 

Metal-Eyes : Je me souviens de ce que je voulais te demander : Peter voulait un chanteur français. Pour quelle raison, te l’a-t-il expliqué ?

Butcho : Oui, déjà il est Français, même s’il vit aux USA. Il ne voulait pas d’un chanteur déjà connoté, il voulait quelqu’un qui chante bien. Bob Daisley ne voulait pas de quelqu’un déjà connu, même s’il a plein de potes chanteurs. Ils voulaient quelqu’un avec de l’expérience mais pas connu, et Peter voulait que ce soit un Français. Et Bob Daisley a adoré ma voix, il a dit « c’est lui que je veux ! » Il m’a dit, il a dit à Peter : « Butcho me rappelle Ozzy jeune. Mais Ozzy qui chante juste » (rires).

 

Metal-Eyes : La comparaison est flatteuse !

Butcho : Oui, et ça fait d’autant plus plaisir que ça vient d’une personne qui a écrit la plupart des textes d’Ozzy. C’est une légende.

 

 

CROBOT: Motherbrain

Stoner, USA (Mascot records, 2019)

J’avais découvert Crobot en ouverture d’un concert de Black Label Society et la prestation des Américains m’avait bluffé. Depuis, j’ai un peu perdu le fil mais voilà que les quatre affreux de Pennsylvanie reviennent avec un troisième album. Ce Motherbrain transpire l’amour du rock vintage de tous ses pores. C’est simple, Crobot expose son amour pour ce heavy des beaux jours à la Black Sabbath, mais se permet également de se faire plus moderne avec un titre comme Drown, varié et chantant, voire d’actualité tant les paroles de Low life évoquent notre époque…  Le chant de Brandon Yeagley est d’ailleurs aussi rageur que puissant et mélodique – la narration qui introduit le premier morceau, Burn, le positionne clairement comme maître du navire – tandis que les guitares de Bishop sont directes, parfois spatiales. Au travers des 11 chansons proposées, Crobot explore plus que le rock de nos anciens (Stoning the devil, presque doom). Le quatuor se fait visiblement plaisir en variant ses domaines d’exploration. Au final, Motherbrain est un album qui s’adresse à un large public, amateur de oldie but goodie et de sons plus actuels (Gasoline, Low life). Chacun trouvera matière à se faire plaisir.

KILLSWITCH ENGAGE: Atonement

Metalcore, USA (Metal blade, 2019)

Depuis ses débuts en 1998 et malgré quelques changements de line-up notables (on ne se défait pas aussi facilement de la figure de proue qu’est un chanteur…), Killswitch Engage a su s’imposer et demeurer dans le peloton de tête des groupes de metalcore. Et là où tant d’autres ont disparu, les Américains continuent d’avancer. Pour preuve, ce Atonement, 8ème album de la formation de Boston, et 3ème avec le hurleur Jessee Leech James. Si le visuel évoque quelque peu le Once more around the sun de Mastodon, le contenu musical est au moins aussi furieux. Killswitch Engage ne se limite pas à du vulgaire metalcore. Pour cela, le chant n’est pas que hurlé, Jesse Leech alternant avec du chant clair dans un bel exercice vocal etc’est bien ce qui différencie le groupe. Le thrash est omniprésent, au point qu’on pourrait redéfinir son genre en tant que thrashcore, cependant on note également des référence aux géants du genre, notamment des clins d’œil appuyés à Judas Priest. Si le groupe ne laisse guère le temps de souffler, c’est qu’il a décidé d’attaquer l’auditeur de front en lui assénant 11 déflagrations qui font taper du pied et secouer la tête. Atonement, sans aucun doute, trouvera son chemin entre les oreilles des fans du genre et du groupe. A voir, espérons le, bientôt sur scène.

TYLER BRYANT &THE SHAKEDOWN: Truth and lies

Hard rock, USA (Spinefarm, 2019)

Tyler Bryant & The Shakedown semble, malheureusement, faire partie de ces éternels groupes challengers qui ne parviennent pas à exploser malgré les indiscutables qualités des albums offerts au public et/ou les groupes prestigieux pour lesquels il a ouvert ces dernières années. Dans ce club, on trouve des  formations comme The Answer ou The Treatment, parmi d’autres… Je ne fais ici que le même constat qu’il y a deux ans, lors de la sortie de l’album éponyme que je considérais comme un nouveau départ. Le groupe a depuis tourné mais, las, rien ne semble pouvoir les faire passer au niveau supérieur. Ce Truth and lies, nouvelle livraison des Américains, s’inscrit toujours dans le hard rock vintage, un rock empli de ce blues qui nous emporte et de ces mélodies qui nous font nous agiter. Le groupe varie les plaisirs en proposant différentes approches, approchant parfois Led Zeppelin (Shape I’m in) ou Dylan (Judgement day) mais parvient surtout à trouver sa propre identité musicale et sonore avec l’utilisation de sons et une production résolument modernes. TBSD a cependant le propos grave, cet album reflète d’une certaine manière la désillusion tout en se voulant rester positif (Drive me mad). Amoureux du hard rock dit « classique », faites vous plaisir; TBSD vaut le coup d’être soutenu autant que faire se peut.