Reese WYNANS and friends: Sweet release

USA, Blues (Provogue, 2019) – Sorti le 1er mars 2019

Douce sortie… Reese Wynans, ce nom vous est peut-être étranger. Ce claviériste américain, né en 1947, s’est distingué par sa participation au milieu des 70’s à Captain Beyond, et plus encore celle, plus longue et fructueuse, avec Double Trouble, groupe de rock sudiste aux influences country. Depuis, il n’a jamais eu de cesse de composer, d’enregistrer, de collaborer. Il revient aujourd’hui avec Sweet realease, un album qu’il a enregistré avec… plein d’amis. Le résultat est à la hauteur des espérances, car le bonhomme, le blues, il le vit, il l’a dans la peau. Imaginez un peu: un liste d’invités longue comme un générique de film, avec, dans le désordre, Warren Haynes, Sam Moore, Jack Pearson, Kenny Wayne Shepperd et j’en passe… Chacun des 13 morceaux transpire cet amour du blues, de la soul et de la country, des USA et de ses immenses décors de far west. Dès Crossfire, l’esprit des Blues Brothers plane, rapidement suivi de cet esprit gospel qu’on pourrait retrouver au cours d’une messe dans le sud des USA. Du blues, du feeling, de l’amour… C’est tout ce que contient cet album enjoué et entraînant. Amoureux du genre, ne passez pas à côté!

JORDAN RUDESS: Wired for madness

Prog, USA (Music theories, 2019) – Sortie le 19 avril

Si Jordan Rudess est un des membres incontournables de Dream Theater, l’écouter en solo est une belle expérience. Car le claviériste laisse libre cours à ses délires et ses explorations musicales. Il nous propose aujourd’hui Wired for madness qui, dès le premier morceau – Wired for madness part 1 – le voit nous présenter tout son univers. Et celui-ci est étendu, allant de l’électro au metal progressif en passant par les années folles et le jazz. Tout est d’ailleurs dit sur la pochette: de la technologie futuriste et du rêve dans un univers coloré. Jordan Rudess surprend dès ce premier titre de plus de 11′, morceau qu’on croirait instrumental mais qui voit le chant n’apparaître qu’au bout de 9’30… Un long morceau tellement travaillé que le temps passe vite. Tant mieux, car la seconde partie du morceau titre, qui évoque le monde de Fritz Lang ayant flirté avec Pink Floyd, entre autres, dépasse les 20′. A la fois doux et rugueux, ce morceau explore encore d’autres horizons sonores. L’univers du cinéma – aventure autant que déjanté – n’est jamais très loin. La suite est composée de titres plus courts (4’10 à 6’03), permettant à l’auditeur de souffler un peu. Si les Off the ground (qui évoque par instants Ghost) et Just for today, légers et aériens,  Perpetual shine, un ovni prog mais parfois presque disco et souvent déjantées, Just can’t win très crooner et bluesy, l’ensemble est aussi varié, curieux que séduisant, intriguant ou surprenant.Chaque invité – dont James La Brie et John Petrucci (de Dream Theater), Vinnie Moore ou Joe Bonamassa – a son espace d’expression et en profite autant que possible. Les amateurs de sensations fortes en seront pour leurs frais, les esprits curieux et ouverts risquent fort de tomber sous le charme de cet album hors normes et hors du temps. Wired for madness est un album superbe qui porte bien son nom.

Mark MORTON: Anesthetics

Metal, USA (WPP records, 2019)

Mark Morton nous en a parlé de cet album solo, Anesthetics (cf. l’interview de Mark), composé de titres qui ne rentrent pas dans le carcan de son groupe, Lamb Of God. L’écoute de ces 10 morceaux confirme en effet que le bûcheron sait aussi avoir d’autres facettes, et en nombre. Si sa dextérité guitaristique est mise en avant dès le très heavy Cross off, chanté par Chester Benington (Linkin Park),  Sworn apart se fait plus mélodique et chantant, titre sur lequel on reconnait aisément Jacoby Shaddix (Papa Roach). La première surprise vient avec le très doux et bluesy Axis chanté par Mark Lanegan (Screaming Trees, Mad Season, Queens Of The Stone Age…) au timbre si particulier, entre grave et rauque, et Myles Kennedy (Alter Bridge, Slash). Mark Morton se permet même un solo très sudiste à la ZZ Top des 70’s. Forcément, cela donne envie d’aller plus loin. La lecture des crédits indique que l’on va retrouver un peu d’énergie: Chuck Billy (Testament) s’empare du micro sur The never, speed et agressif. On retrouve Myles Kennedy avec un Self defiance plus mélodique et orienté hard rock. Blur, qui n’a rien à voir avec le groupe du même nom, voit l’arrivée du moins notoire Mark Morales, chanteur de Sons of Texas dont le dernier album a fat l’objet d’une chronique ici même, est un morceau plus sombre, aux relents stoner avec quelques influences sudistes.  L’intervention de Joss Todd (Buckcherry) marque un autre retour presque thrash avec le bien nommé Back from the dead, rapide et déterminé. La seconde surprise arrive avec la ballade blues/soul Reveal chantée par Naeemiah Maddox. Une pause qui monte en rage et en puissance avant que Mark Morton ne s’exprime enfin vocalement (en compagnie de Mark Morales) sur Imaginary days, titre puissant, hard rock et déterminé à souhait avec sa mélodie presque orientale. L’album se conclut avec  The truth is dead, titre qui démarre avec douceur, permettant d’entendre Alyssa White-Gulz sous un autre jour, plus doux et mélancolique. Cependant, le morceau s’envole et devient très trhash avec l’intervention brutale de Randy Blythe, complice de Mark au sein de Lamb Of God. Pour résumer, il est difficile d’extraire un seul morceau de cet album varié qui s’adresse à tout amateur de metal multi facettes, et chacun y trouvera son compte. Une belle réussite.

Walter TROUT: Survivor blues

Blues rock, USA (Provogue, 2018) – sorti le 25 janvier 2019

Quel plaisir de retrouver Walter Trout pour un nouvel album studio. Survivor blues débute avec Me, my guitar and the blues planant qui met en avant un musicien à fleur de peau. Totalement bluesy, évoquant par instant le regretté Gary Moore dans son jeu, Trout semble indiquer la voie qui va suivre. Pourtant, non, car dès Be careful how you vote, il se fait plus rock et direct, légèrement engagé aussi. On aurait sans doute apprécié un peu plus de prise de risque das les paroles assez répétitives et convenues (« Attention pour qui tu votes à chaque élection car celui que tu choisis pourrais bien te laisser tomber », on a lu mieux, non?) Mais peu importe au final, car Trout a la guitare qui démange et fait tout pour se soulager, passant d’une énergie à une autre avec un chant soul et sensible. on apprécie le duo avec Sugaray Rayford, autre bluesman américain à la voix en or (Woman don’t lie).  Tout au long de cet album Trout alterne blues, rock et soul, émotion et énergie. Please love me, Red sun, It takes time sont un coup de pied aux fesses, tandis que Nature’s disappearing, Something inside of me ou Out of bad luck sonnent plus comme une douce et tendre caresse. Voila donc un album qu’on écoute avec un réel plaisir, tendrement enlacés au coin du feu.

BADFLOWER: OK, I’m sick

USA, Rock (Big machine, 2019)

Badflower serait-il « the next big thing »? A l’écoute de son premier album, OK, I’m sick, on serait tenté de lui souhaiter. Car le groupe formé à Los Angeles se démarque avec un rock énergique et très varié. Puissant et rugueux au démarrage avec X Ana X, cet album se tourne rapidement vers la mélodie presque pop (The Jester), avant de plonger dans une douceur aérienne sur le titre Ghost qui fait des ravages sur le net. Alors, oui, on reconnaîtra aisément les influences de ce heavy américain taillé sur mesure pour séduire les radios, mélange de rock mélodique et de grunge, parfois allumé et spacial (24) ou pesant (Heroin, Cry) et on remarquera également une certaine irrévérence verbale (avec moult versions de « fuck » placées ci et là). Le chant est clair tout en reflétant une certaine tristesse, sans tomber dans la mélancolie et sait se faire rageur (écoutez ce contraste sur We’re in love…), émouvant ou directif.  Surtout, on apprécie cette diversité des rythmes, cette recherche d’une variété qui maintient l’auditeur en éveil. En ratissant large, OK, I’m sick présente tous les atouts pour placer Badflower parmi les espoirs sur lesquels il faudra garder une oreille.

Beth HART: Live at the Royal Albert Hall

Blues / soul, USA (Provogue, 2018) – sorti le 30 novembre 2018

Comme son ami Joe Bonamassa, Beth Hart est un bourreau de travail. On se demande quand elle arrête de jouer, de tourner, et de publier des albums. Ce Live at the Royal Albert Hall est un double qui n’a rien de commun avec son précédent live (Front and center – Live from New York city) également paru l’an dernier. 2 live en moins d’un an, il faut pouvoir le justifier… Ici, Beth nous colle le frisson dès le morceau introductif, As long as I have a song, chanté a capella avant d’annoncer que ce soir, sa mère (dont elle parlera tout au long du concert) est dans la salle avec un enthousiasme et un amour non feints, tout comme lorsqu’elle évoque sa défunte sœur en présentant Sister heroin. Le blues électrique arrive juste après avec un For my friends explosif. La dame chauffe le public, l’invite à se lever et à bouger, interagit en permanence… Beth Hart est sur scène comme un poisson dans l’eau. Les décibels et le rythme en plus. Je ne rentrerai pas dans le détail de sa performance qui reste simplement bluffante, impressionnante. Quelle énergie! Et quelle voix! Blues à souhait, parfois miaulante et surprenante, Beth Hart parvient à surprendre à chaque instant. Les 23 chansons de ce double album filent à belle allure, entraînant dans leur sillage le public, et l’auditeur n’ayant pas assisté à ce concert donné dans la célèbre salle londonienne le 4 mai 2018. Concert pour lequel Beth Hart (chant, piano, guitare et basse acoustique) était entourée de Jon Nichols (guitare) Bob Marinelli (basse) et Bill Ransom (batterie et percussion), compagnons qu’elle présente au fur et à mesure de ce show, plus rock et blues, moins jazzy aussi, que le précédent live. Même si cet album est sorti en fin d’année dernière, il est toujours temps de le découvrir et de, simplement, prendre une nouvelle leçon de blues live… Imparable!

Interview: JOHN DIVA AND THE ROCKETS OF LOVE

Entretien avec John Diva (chant). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris, le 11 mars 2019

Metal-Eyes : John, comment se passe cette journée promo à Paris ?

John Diva : Superbement bien. Tu sais, je suis arrivé hier de Berlin, après 3 jours de fête non stop. Mon avion est arrivé hier avec 2 heures de retard à cause d’un orage, mais je me suis levé ce matin, pris mon café au lait (en français), ai été récupéré par une Mercedes noire, suis arrivé ici et ai eu de très intéressantes conversations avec des gens sympa. J’ai maintenant la certitude que le rock vit encore en France.

Metal-Eyes : Commençons avec cette première question : qui est John Diva ?

John Diva : John Diva est un gars qui a grandi au son du rock, avec un cœur qui bat au rythme du hard rock, grâce à une mère très branchée heavy. Elle a tout fait pour que je trouve mon chemin, que je devienne quelqu’un. Entre temps, je me suis égaré comme toute personne qui tente de grandir et veut devenir une rock star.

Metal-Eyes : OK. Et tu as grandi en Allemagne, c’est bien cela ?

John Diva : Non, aux USA. A San Diego.

Metal-Eyes : Donc John Diva and the Rockets of Love est un groupe américain.

John Diva : Oui.

Metal-Eyes : Mais il y a eu beaucoup d’activité en Allemagne. Explique-moi un peu…

John Diva : C’est parce que les gens du Wacken se sont très tôt épris de nous et ils nous ont accueillis pour la première fois à l’affiche du festival en 2013, puis à nouveau en 2015 et 2018. Entre temps, ils nous ont faits venir sur de plus petits événements, le Metal Cruise, le Metal Mountain, un festival où on skie quelque part dans les Alpes, Metal… Je ne sais plus, à Palma de Majorque. On a été assez en contact avec la scène metal allemande, qui est très active. On a été un peu comme des paons : cet univers est assez sombre, et nous, on est plutôt rose, vert, on apporte de la couleur au programme.

Metal-Eyes : Nous allons parler de la couleur, justement. Tu as dit que tu as été élevé par une mère amatrice de metal. Il semble que tu as été élevé au son du hair metal . Quelle a été ton éducation musicale ?

John Diva : Mon éducation musicale ? Principalement le son de Californie, fin des années 70 et années 80.

Metal-Eyes : Ce qui exclut donc Bon Jovi qui vient du New Jersey…

John Diva : En effet, mais incontestablement Diamond Dave et Van Halen, par exemple (Note de MP : il y a pourtant de fortes influences du Bon Jovi des débuts, tant musicalement que vocalement…) C’est un groupe auquel je me réfère facilement.

Metal-Eyes : Great White ? Ratt ?

John Diva : Oui, aussi, toute cette génération. Poison, Cinderella. Egalement des groupes anglais, comme Def Leppard, Whitesnake.

Metal-Eyes : Whitesnake… à partir de 1987 j’imagine ?

John Diva : Oui, oui. J’étais aussi fan de Deep Purple. Mon père m’a laissé plein de disques de Deep Purple dont j’ai été fan jusqu’en 1981 ou 1982. J’étais fan de Coverdale et je l’ai suivi jusqu’à ce qu’il explose, avec Steve Vai. Toute cette scène a été importante à mes yeux, et à ceux de mes amis, The Rockets of Love. C’est avec cette musique que nous avons grandis. C’est ce qui a créé nos goûts musicaux.

Metal-Eyes : Ta mère, fan de rock, a-t-elle vraiment dit que le rock est mort (Note : en référence au titre de l’album : Mama said rock is dead)

John Diva : Tu sais, c’est un de ces jours où quelque chose l’avait frustrée, je en sais pas quoi. Moi, je sortais, ma guitare sous le bras, et elle m’a dit « Johnny, ne perd pas ton temps avec le rock. Il est mort selon moi »

Metal-Eyes : C’était quand ? Dans les années 90, à l’explosion du grunge ?

John Diva : Oui, j’avais… 14 ans. J’ai oublié cet épisode pendant longtemps, mais en écrivant ce disque, ça m’est revenu. Ecrire, c’est un voyage en toi, c’est un peu comme une thérapie, spécialement avec le glam rock qui a été important et qui a disparu pendant longtemps. Alors les choses ont changé, on cherchait un titre pour l’album, et, je crois que c’était Lee et Snake (tous deux présents mais ne participants pas à cette interview) qui m’ont dit « tu dis ce truc, dans Rock n roll heaven : Mama said rock is dead ». Plus on a utilisé ce titre, plus c’est devenu un mantra : je voulais prouver à ma mère qu’elle avait tort, et me prouver aussi que j’avais tort : plus tu t’investis, plus tu perds la foi.

Metal-Eyes : Or il te faut trouver la force de continuer quelque part, positiver…

John Diva : Oui, tu as tout à fait raison. C’est, je crois, ce que nous avons fait avec ce groupe, en live, et nous avons développé une certaine réputation en tant que groupe de scène. Après quelques années, on s’est dit que nous pouvions réaliser un nouveau disque, écrire de nouvelles chansons. Tu ne peux pas réinventer le rock, mais tu peux contribuer, en faire partie en écrivant de nouvelles chansons, en créant de nouveaux spectacles, et c’est ce que nous avons fait ces deux dernières années.

Metal-Eyes : On ne peut pas éviter de faire une comparaison avec Steel Panther. Mais c’est principalement dan le look glam, plus que dans la musique. Comment décrirais-tu ce qui vous différencie ? Vous semblez un peu plus sérieux…

John Diva : Exact. Tu sais, Steel Panther est un bon groupe, ils ont réussi à créer une vitrine pour le glam, qui renoue avec le succès. En même temps, ils font partie de ces groupes qui parodie un genre, en rient, ce qui est complètement cool, mais ce n’est pas notre façon de voir les choses. Notre message est de n’exclure personne, d’accueillir toute personne qui veut s’habiller, devenir dingue, qui pourrait avoir honte de son look, mais si tu viens chez nous, tu te fringues comme tu veux, tu peux être un paon et tu seras bienvenu !

Metal-Eyes (lui montrant la photo du livret de l’album) : et tu peux te balader dans un pyjama blanc en compagnie de tes potes habillés normalement !

John Diva : (il rit) oui, tu peux ! C’est une communauté, ça n’a rien à voir avec le sexe mais avec l’amour, celui qu’on partage, donner les uns aux autres assez de force pour délirer, devenir celui que tu as toujours voulu être. Ce qui n’est pas facile, de nos jours…

Metal-Eyes : De quoi traitent vos textes ?

John Diva : Principalement, on parle d’amour, de romance, de te réinventer en amour. L’amour est sans doute le meilleur moyen de se réinventer : tu peux très bien te balader sur un boulevard parisien, croiser une superbe fille et une minute après, tu la perds de vue. Mais pendant une minute, tu as été amoureux. Je suis un grand romantique, et tant que tu es là dedans, c’est dans ton pouvoir masculin, mais ça peut te quitter. Le réalisme de l’amour est si puissant que, selon moi, il y a beaucoup de choses à écrire à son sujet. C’est mon message : soyons positifs les uns avec les autres.

Metal-Eyes : Ce positivisme est partout puisque tu chante qu’il n’y a pas de place pour le rock en enfer. D’habitude, on dit le contraire…

John Diva : Tu sais, il doit y avoir une de ces fêtes en enfer, mais j’imagine aussi que c’est blindé de monde, en ce moment… Moi, je préfère les bons hôtels, avec de grandes piscines dans lesquelles je peux me baigner seul… Alors j’imagine un grand endroit accueillant où on puisse aussi jouer du rock le paradis du rock. J’imagine que David Bowie s’y trouve, et d’autres aussi.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une seule chanson de ton album pour expliquer à quelqu’un qui ne connait pas John Diva And The Rockets Of Love ce que vous êtes, ce serait laquelle, et pourquoi ?

John Diva : Evidemment, si tu veux nous comprendre, il faut voir l’image dans son ensemble… Nous avons choisi Lolita comme premier single parce qu’elle décrit ce que nous visons : passer du bon temps, avec amour, la Californie ensoleillée, du rock. Vivre, et apprécier la vie. Une journée sur la plage, avec les copains, deux ou trois bières, commencer à te sentir bien alors que le soleil couchant apporte une superbe lumière…

Metal-Eyes : Devrions nous nous attendre à vous voir live, en France et en Europe ?

John Diva : Vous devriez, et c’est la raison de notre présence : nous avons eu de très bons retours de France, mais nous n’avons pu y jouer. Olivier (Garnier), qui nous a fait venir, est en contact depuis quelque temps avec notre management, et il y a une possibilité de faire venir le groupe en France, sur des festivals et autres, et, espérons-le, pouvoir organiser une tournée.

Metal-Eyes : A quoi doit-on s’attendre lors d’un concert du groupe ?

John Diva : Beaucoup d’énergie, et, si tu t’ennuies, si tu en as marre de ta garde robe, de ta vie, de Netflix, de tes addictions internet et que tu veux sortir le vendredi soir pour rencontrer des gens qui te ressemblent ou quoi sont ton opposé, alors, unissons-nous et créons un lien fort pendant deux heures.

Metal-Eyes : Tu as répondu à des questions toute la journée. Jusqu’à présent, quelle a été la meilleure question, la plus surprenante, qui t’a été posée ?

John Diva : J’ai une très mauvaise mémoire, tu sais… Il y a eu ces deux femmes, qui se nomme The 80’s babies. Elles sont venues avec des cartes, qu’elles ont retournées sur la table et il fallait que j’en choisisse. Au dos, il y avait une question. J’ai trouvé que c’est une bonne idée. Il y a une question « De quoi te souviens-tu des années 80 ? » J’ai répondu que je n’en sais rien, j’étais bourré !

Metal-Eyes : Tu étais trop jeune pour être bourré !

John Diva : Ouais, c’est ce que ma mère disait aussi (rires)

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de John Diva And The Rockets Of Love en 2019 ?

John Diva (il réfléchit) : Prouvons à nos mères qu’elles ont tort. Faisons en sorte de devenir ce que nous avons toujours voulu être.

Metal-Eyes : Attends, il faut éclaircir un point : ce gars (je désigne le barbu stylé) est Lee. Celui-ci (le plus grand) est Snake, exact ? Alors comment se fait-il que ce soit Lee qui soit habillé avec ce qui ressemble à de la peau de serpent ? (John explose de rire) En tout cas, merci beaucoup, et j’espère que nous aurons bientôt l’occasion de vous voir sur scène. Profitez de votre séjour ici, à Paris.

John Diva : Merci beaucoup, et n’hésitez pas à venir nous rejoindre sur facebook – facebook.com/johndivarocks – on a plein de choses à partager

Snake : Aa fait (il me montre la pointe de ses bottes) : ça c’est de la vraie peau de serpent, pas comme ses fringues (il désigne Lee)…

 

Interview: Mark MORTON

Entretien avec Mark Morton (guitares). Propos recueillis à Paris, Hôtel Alba Opéra le 27 février 2019

 

Metal-Eyes : Mark, tu es le guitariste de Lamb Of God, mais tu n’es pas ici pour parler de ton groupe mais de ton album « solo ». Comment se déroule cette tournée promo jusqu’à présent ?

Mark Morton : Bien ! On a réussi à caser de nombreuses interviews en peu de temps. J’ai commencé avant-hier en Suède, où j’ai passé une journée complète, je suis arrivé à Paris hier et repars demain. Je me sens honoré et très privilégié de voir qu’autant de personnes souhaitent me parler au sujet de ce projet. Jolie montre que tu as là…

Metal-Eyes : Merci ! C’est un cadeau de mon épouse.

Mark Morton : Elle a bon goût. En matière de montres en tout cas !

Metal-Eyes : Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’écouter ton album, mais il semble que tu aies commencé à travaillé sur Anesthetics il y a un bon moment. Quand l’idée de ce premier album solo a-t-elle émergé ?

Mark Morton : Je crois que les chansons ont émergé avant l’idée d’un album solo. Ce qu’il s’est passé c’est que je me suis retrouvé avec toutes ces chansons qui ne vont pas avec mon groupe habituel, Lamb Of God, et je me suis demandé ce que j’allais en faire. J’ai commencé à les travailler avec Josh Weaver, mon producteur de longue date et très bon ami, et Jake se lançait aussi dans son label, WPP Records. On a commencé à discuter de tout ce qu’il se passait et les choses se sont mises en place. C’est ce qui a lancé le process du projet Anesthetic.

Metal-Eyes : Ca remonte à quoi ? 3 ans ?

Mark Morton : En fait, les premières préproductions en studio ont eut lieu en septembre 2016.

Metal-Eyes : C’est un album qui est bourré d’invité. La première chose que l’n peut remarquer, c’est qu’il débute avec Cross off qui est chanté par Chester Benington, qui est mort en juillet 2017. Cette première place sur l’album, le fait d’ouvrir Anesthetic est-il à comprendre comme un hommage que tu lui rends.

Mark Morton : Non, j’étais presque certain que cette chanson ouvrirait l’album, de toutes les manières. Cross off, avant même l’implication de Chester, on savait que c’était une chanson particulière. Tu écris un certain nombre de chansons – et elles sont toutes sur l’album, parce qu’elles ont chacune une personnalité différente – et Cross off a cette énergie, même en instrumental, qui nous faisait dire que c’est une chanson particulière. Nous avions commencé à écrire le refrain, et quand Chester est arrivé, il a beaucoup apporté dans les textes et dans le chant, les lignes vocales. Il a vraiment apporté sa touche, et en ce sens, c’est une vraie participation. C’est un honneur d’avoir pu travailler avec lui. Je suis cependant à peu près certain qu’elle aurait été la première chanson de l’album, même si Chester était encore parmi nous.

Metal-Eyes : Tu as travaillé avec des musiciens d’horizons variés pour cet album. Comment as-tu réussi à les convaincre tous de participer ?

Mark Morton : Beaucoup d’appels téléphoniques, d’emails… Simplement en les contactant.

Metal-Eyes : Certains sont des amis…

Mark Morton : Oui, certains sont des amis, et ce fut assez facile. Quelqu’un m’a demandé plus tôt qui a été le plus facile à convaincre. C’était Randy Blythe, un de mes meilleurs amis au monde. Il se trouve qu’il est le meilleur hurleur metal au monde aussi, alors il me suffisait de lui envoyer le texte. Il y en a d’autres que je ne connaissais pas, dont j’étais simplement fan. Je voulais simplement pouvoir leur présenter ma musique, voir s’ils pouvaient être intéressés. Mark Lanigan, par exemple : c’est un de mes chanteurs préférés, je n’avais aucune idée s’il avait entendu parlé de moi, et je ne sais toujours pas s’il connait mon travail (rires)… mais il m’a fait savoir qu’il était très content du résultat, et moi aussi ! Dans certains cas, tu connais les gens et ça aide, dans d’autre, c’est juste une tentative pour voir si ça peut les intéresser, s’ils peuvent envisager une collaboration avec moi, dans d’autres cas, il s’agit d’amis, comme Jacoby Shaddix, Chuck Billy que je connais depuis un certain temps.

Metal-Eyes : Il faut, j’imagine, les approcher avec une certaine humilité pour convaincre certains musiciens de participer…

Mark Morton : Il n’a pas vraiment fallu les « convaincre », tout s’est passé dans je les appels. En matière d’humilité… Le projet en lui-même force cette humilité, le fait d’avoir l’opportunité de collaborer avec autant de musiciens de ce niveau, de me rendre compte, de prendre conscience que ces gens étaient intéressés à l’idée de travailler avec moi, c’est un véritable honneur.

Metal-Eyes : Comme je n’ai pas eu la possibilité d’écouter cet album, qu’est-ce qui le rend si différent d’un disque de Lamb Of God ?

Mark Morton : Stylistiquement, d’abord, artistiquement, les chansons dévient de ce que les gens ont l’habitude d’écouter. Je suis un des guitaristes et compositeurs de Lamb Of God qui est typiquement un groupe de thrash. Nous sommes au meilleur de notre forme créative, notre nouveau matériel est ce que nous avons fait de mieux. Il nous reste beaucoup à dire, et je suis fier de ce que nous avons fait. Mais en tant que compositeur, guitariste et musicien, je fais les choses différemment, depuis longtemps. Je me suis toujours considéré comme un guitariste de blues qui se trouve à la mauvaise période… Les guitaristes que je préfère sont des gens comme Billy Gibbons, Jimi Hendrix, Jimi Page. Je viens d’un univers très rock, blues, classic rock. Tu entendras ces fondations sur l’album, ainsi que du rock 90’s, comme le grunge. Une période assez spéciale pour le rock. Au-delà, il y a du metal ainsi que du hard rock bien fichu, un style dont je suis fan : une bonne chanson, de jolies mélodies. J’ai eu la chance de pouvoir explorer ça avec ce disque, plus qu’avec Lamb Of God, simplement parce que le genre ne s’y prête pas. Je dirais qu’au moins 80% du matériel de cet album ne pourrais jamais se trouver sur un album de Lamb Of God. J’ai pu élargir un peu mon horizon.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que certains titre auraient pu se trouver sur un album de Lamb Of God.

Mark Morton : Sans pour autant dire que c’était du matériel potentiel pour Lamb Of God, ou des résidus de travail de Lamb Of God, mais il y a certains titres de cet album que j’aurais pu, j’imagine, présenter au groupe. Mais je les ai gardés. Initialement, je n’avais pas prévu d’inclure du thrash sur cet album. Mais mon producteur m’a suggéré de le faire, parce que certains fans de Lamb Of God vont écouter Anesthetic, et voudront écouter un peu de ce qu’ils connaissent. C’est ce que nous avons fait !

Metal-Eyes : Donc, c’est une variété de genres, toujours basés sur le blues, le rock et le hard rock ?

Mark Morton : Oui, on peut le résumer ainsi.

Metal-Eyes : Justement, avec un album aussi varié, si tu devais ne retenir qu’une chanson pour expliquer ce qu’est to projet solo, laquelle serait-ce ?

Mark Morton : C’est impossible… Quand tu écouteras l’album tu comprendras : il est si diversifié qu’il est impossible de n’en extraire qu’une chanson… Il y a 3 chansons que nous avons déjà sorties, et elles représentent déjà 3 facettes de la variété : Cross off, avec Chester Benington, Truth is dead avec Randy Blythe et Alyssa White-Gulz, et Self defiance avec Myles Kennedy. Truth is dead est une chanson assez thrash, avec un refrain mélodique mais une base distinctement thrash, et je dirais que Self defiance est plus dans la lignée traditionnelle du hard rock. Ces 3 extraits sont déjà variés, mais l’album est encore plus diversifié.

Metal-Eyes : Parlons un peu de Lamb Of God : si mes compte sont corrects, vous allez vous produire pour la troisième fois au Hellfest, après 2012 et 2015 et vous serez à l’affiche, sur la main 2, le dimanche , sur une scène 100% thrash. Comment vous préparez-vous pour ce type d’évenement ?

Mark Morton : On répète… Le truc avec les festivals c’est qu’on y va et on balance la sauce. Nous n’avons pas une grosse production, pas comme dans des grandes salles où nous pouvons avoir des effets spéciaux, de la fumée, du feu, des lights, ce genre de choses. En festival, tu as les conditions du festival : tu as droit à une show très brut et direct de Lamb Of God. En général, on ne joue pas aussi longtemps qu’en tête d’affiche, on est poussé sur scène… On va frapper fort et vite, et… Voilà !

Metal-Eyes : Vous allez jouer à d’autres festivals cet été avec Slayer, qui donnera ses derniers concerts en France, en Belgique… Ce qui sera de toute façon une tournée spéciale pour eux, et nous.

Mark Morton : Je ne sais vraiment pas. J’imagine que oui. On a  tourné avec eux ces derniers 12-18 mois, on a fait une tournée en Europe avec eux en novembre et décembre– je ne crois pas que nous soyons passés en France. On s’apprête à repartir avec eux en mai en Amérique diu Nord. Je ne peux pas imaginer que nous ne soyons pas à l’affiche de festivals avec eux. Voilà le truc : je en sais même pas dans quelle ville je me trouve ce jour en particulier…

Metal-Eyes : Surtout quand la ville est un village de province…

Mark Morton : En plus, oui ! On va se recroiser, j’en suis sûr. Slayer nous a invités sur plusieurs parties de cette tournée d’adieux, et c’est un honneur pour nous d’en faire partie.

Metal-Eyes : Revenons à ton projet solo : il y a tant d’invités qu’il semble difficile de présenter ce projet sur scène. As-tu quelque chose de prévu en ce sens ?

Mark Morton : Oui, nous commençons une tournée américaine en mars

Metal-Eyes : Et combien serez-vous sur scène ?

Mark Morton : Juste un groupe, un groupe live avec Mark Morales qui sera mon chanteur live, ainsi que d’autres musiciens pour cette tournée.

Metal-Eyes : L’Europe sera au programme ?

Mark Morton : Pas encore, mais j’adorerais pouvoir venir. L’année prochaine  sans doute. Ça dépend aussi de comment l’album sera reçu.

Metal-Eyes : Tu as été en promotion ici, à Paris, tout cela journée. Jusqu’à maintenant, quelle a été la meilleure question qu’on t’a posée, la plus étonnante ?

Mark Morton : C’était hier, en fait, puisque j’étais ici aussi. Une jeune femme m’a interrogé  sur la mode, ce qui m’a semblé à propos puisque nous sommes ici à Paris, en France, pays de la mode. N’importe quelle personne qui passe 5 minutes avec moi sait que la mode n’est pas mon truc (rires). Ça m’a un peu surpris qu’elle me pose cette question. J’apprécie de regarder la mode, mais je ne m’y plie pas. Je porte les mêmes vêtements tous les jours (rires).

Metal-Eyes : Ben… Ne parlons pas de ça !

Mark Morton (il explose de rire) : je les lave quand même tous les quelque jours !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être ta devise en 2019 ? En tant que Mark Morton, pas Lamb Of God…

Mark Morton (il réfléchit) : « Rester serin ». Il se passe  beaucoup de choses pour moi, beaucoup de voyages, de musique, ce chemin, cette carrière musicale qui est la mienne bouge très rapidement. J’en suis au stade de ma vie où je profite du moment présent, et j’apprécie la vie pour ce qu’elle est. Il va se passer beaucoup de choses cette année, on va beaucoup jouer, rencontrer plein de gens dans des endroits différents et je ferais de mon mieux pour rester serin.

Metal-Eyes : Ceci m’évoque quelque chose qui s’est passé avec un autre groupe américain pour lequel nous avions reçu des consignes : y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder en interview ?

Mark Morton : Ben… S’ils font surface, je te le ferais savoir. Je n’empêche personne de m’interroger, même s’il y a des sujets plus délicats à traiter…

Metal-Eyes : Comme la situation politique actuelle aux USA ?

Mark Morton : Oh, on peut en parler si tu veux. Bien sûr, on peut en parler ! Que veux-tu savoir ?

Metal-Eyes : Quelle est ton opinion au sujet de la politique américaine actuelle ?

Mark Morton : C’est une question complexe. Je pense que le système politique américain se trouve à la croisée des chemins, il est en train de se réinitialiser, d’une certaine manière. Ce process va être douloureux, et pas forcément joli à voir. J’aimerai croire que, plus tard, lorsqu’on pensera à ce que nous traversons actuellement en tant que nation, on verra une douleur grandissante, forçant les gens à devoir choisir, repenser la manière dont nous élisons nos candidats. C’est comme un serpent qui mue : un procédé sans doute douloureux pour l’animal, mais cela lui permet de grandir, de devenir meilleur qu’il n’est.

Metal-Eyes : On vit un peu la même chose en France…

Mark Morton : Oui, c’est assez moche partout, n’est-ce pas ?

 

JOHN DIVA AND THE ROCKETS OF LOVE: Mama said rock is dead

Hard rock, Allemagne  (Steamhammer, 2019)

Allez, franchement, si vous foncez sur le livret de Mama said rock is dead, ou sur les photos promos présentées sur le web, la première idée susceptible de surgir de votre esprit pourrait bien être du style: « Y a déjà Steel Panther, alors…un autre groupe de glam… » Voui, et c’est vrai que le message visuel est clair: glam still lives! John Diva and the Rockets of Love ont baigné dans le son des années 80, c’est évident. L’influence des Van Halen, Bon Jovi (des années 80, on est bien d’accord!), Ratt, Mötley Crüe, Poison et autres Great White est omni-présente, tant dans la recherche de la mélodie qui fait se dandiner les popotins, et, au passage, incite les filles à se découvrir, que dans l’esprit général: le chant limpide et les guitares franches, les mains qui battent la cadence, le message positif (« there ain’t no place for rock n roll in hell » sur Rock n roll heaven), le groove imparable et les histoires racontées. Les jalons sont nombreux: écoutez le phrasé de Wild wild life; s’il ne vous rappelle le Whitesnake de 1987… Ou encore le chant sur Fire eyes à la Bon Jovi. Bien sûr, on n’échappera pas, avec ces références, à la ballade au piano à mi-parcours (Just a night away)… Home sweet home n’est pas loin! Mama said rock is dead a tout de l’album de potes, un disque festif pas sérieux et cependant rudement bien fichu. A des années lumières du quatuor de potaches mentionné plus haut.

SKYHARBOR: Sunshine dust

Inde/USA, Rock progressif (2018, eOne)

A la fois puissant, léger et aérien, Skyharbor nous propose aujourd’hui un troisième album. Originellement formé en Inde, le groupe propose, après avoir stabilisé son line-up un premier album aux ambitions affichées: débuter avec un double, il fallait oser. Toutefois, le groupe parvient à travailler avec un certain Marty Friedman, qui apparaît sur deux titres, et… la machine est lancée. Sunshine dust puise son inspiration chez les grands du rock, et du metal, progressif. Rush, Dream Theater pour ne citer qu’eux, sont de la partie sans oublier, naturellement, les influences indiennes qui apportent cette légèreté et cette détermination toujours zen. Dim, Out of time, Disengage/evaluate, The reckoning… Chaque chanson réserve son lot de surprises. Skyharbor mérite qu’on prête un peu plus attention à son oeuvre. Un groupe à (re)découvrir.