DEREK SMALLS: Smalls change

Hard rock, Royaume-Uni (BMG, 2018)

Une gueule comme ça, ça ne s’oublie pas. Pour ceux qui se demandent qui est ce vieillard aux yeux verts à l’air surpris, Derek Smalls a crevé l’écran avec le cultissime film This is Spinal Tap, en inventant les potards à 11 et autres (oui, j’ai envie de faire comme un certain Manu…) rocambolesqueries loufoques. Lire la suite

Interview: TURBOWOLF

Interview TURBOWOLF. Entretien avec Chris (chant). Propos recueillis à l’Alba Opéra Hotel, à Paris, le 16 mai 2018

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Metal-Eyes : Je découvre Turbowolf avec ce nouvel album, The free life. Il s’agit déjà de votre troisième album, mais peux-tu me raconter brièvement l’histoire de Turbowolf ?

Chris : Absolument. Nous avons débuté le groupe en 2006, à Bristol, Andy, le guitariste, et moi. Nous avons eu différents bassistes et batteurs à cette époque, mais je crois que nous avons un line-up stable désormais. Ça fait 6 ou 7 ans que nous avons le même bassiste. Notre vision, et notre « mission », dès le départ, est de créer quelque chose qui nous excite, nous, en musique rock. Pas seulement quelque chose de nouveau, quelque chose qui nous plaise. C’est encore ce que nous cherchons aujourd’hui.

Metal-Eyes : Quels sont, jusqu’à aujourd’hui, les grands moments vécus par le groupe ? Sans doute l’enregistrement du premier album ?

Chris : L’enregistrement du premier album, c’est certain ! Comme je l’ai dit, nous avons formé le groupe aux alentours de 2006 et notre premier album n’est sorti qu’en 2011. Entre temps, nous avons donné beaucoup de concerts, peaufiné notre son, travaillé et décidé quelles chansons allaient terminer sur l’album, celles que nous écartions. C’était un grand moment pour nous de faire ce premier album. De travailler avec un label, c’était la première fois que nous travaillions avec une maison de disques. Nous avons fait partie de groupes depuis que nous sommes ados, mais là c’était nouveau : il a fallu trouver qui allait sortir le disque, comment tourner plus professionnellement… Avant même la sortie de l’album, nous avons tourné, en 2010, avec Korn et Dimmu Borgir sur la même affiche. C’était une affiche très particulière mais ça a plutôt fonctionné. Nous faisions un peu tâche parce que nous ne sonnons comme aucun de ces deux groupes…

Metal-Eyes : Aucun des groupes ne sonne comme l’autre, ce sont 3 styles différents.

Chris : Exactement. C’était une affiche très diversifiée. C’était un grand moment pour nous parce que nous n’avions jamais joué devant autant de monde. Avant ça, nous jouions dans des caves, des petits clubs, et là, on joue dans des grandes salles… C’était cool. Ensuite, un autre grand moment a été l’enregistrement de notre second album avec notre ami Tom Dougherty, qui a travaillé avec Royal Blood, il vient de terminer le nouvel album de Ghost. A ce moment là Tom était simplement notre ami. Maintenant, il est ce producteur rock mondialement connu…. Mais il reste un super ami. Rabbits est devenu une sorte de hit pour nous, c’est notre chanson la plus connue aujourd’hui. Nous avons pur tourner en Amérique, où nous avons eu pas mal de passages radios et où nous avons été plutôt bien exposés… Nous avons aussi rencontré un de nos groupes préférés de tos temps, Death From Above, et avons même eu le plaisir que Sebastian, le chanteur du groupe, chante sur notre nouvel album. Voilà quelques grands moments qui nous mènent à aujourd’hui.

Metal-Eyes : Je n’ai pas pu écouter l’album entièrement, mais ce que j’en retire c’est du Black Sabbath, du psyché et beaucoup de choses heavy. Qu’avez-vous mis dans ce disque et quelles sont vos influences ?

Chris : Nos influences sont de ne pas nous laisser trop influencer. Comme je l’ai dit, dès le départ, nous avons voulu faire quelque chose de neuf dans la musique rock, trouver un son qui nous soit propre, trouver notre chemin. De nombreux groupes que nous apprécions n’entre dans aucune case : Rage Against The Machine, System Of A Down, Smashing Pumpkins… De nombreux groupes que les gens ont, plus tard, voulu catégoriser. Rap metal, grunge, neo metal… Ces groupes sont uniques, et nous souhaitons faire de même, que les gens aient du mal à nous définir. On aime ça, et si les gens ont du mal à classer notre musique, cela signifie, pour nous, que nous sommes sur la bonne voie.

Metal-Eyes : De quoi parlez-vous dans les chansons ?

Chris : J’essaye de ne pas faire de déclaration trop ouverte, littérale. De ne pas donner de réponse ouverte. Je préfère poser des questions et peindre autour d’un thème, laisser l’auditeur en tirer ce qu’il souhaite. Je trouve intéressant, en tant qu’auditeur, d’écouter un album et de me faire ma propre idée des ce qui est traité dans les paroles.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous ne souhaitez pas aborder ?

Chris : Nous voulons que le groupe soit une échappatoire de la réalité, nous ne voulons pas devenir trop politique dans notre musique.

Metal-Eyes : Pourquoi, parce que c’est trop personnel, ça marque trop une époque ?

Chris : Non, même si, évidemment, ce sont des facteurs. Nous ne voulons pas être attachés à ce monde, nous voulons créer un nouvel espace, une nouvelle dimension cosmique vers laquelle les gens puissent s’évader. Aller ailleurs avec notre musique.

Metal-Eyes : Vous ne souhaitez pas plus aborder des thèmes comme la religion ou d’autres choses intimes ?

Chris : J’ai le sentiment que je traite ces sujets en écrivant les paroles. Mais je les rends suffisamment abstraites pour que les gens y trouvent leur propre interprétation, y mettent un sens qui leur soit propre. Je trouve cela plus important de poser un sujet et d’être amené à y réfléchir, en parler, plutôt que de se voir imposer une vision. Si je peux inspirer une réflexion, je suis un homme heureux, j’ai fait mon travail !

Metal-Eyes : De même que si tu peux provoquer une discussion autour d’un sujet, j’imagine…

Chris : Bien sûr !

Metal-Eyes : Que pourrais-tu me dire pour me convaincre de filer acheter The free life dès la fin de cette entrevue ?

Chris : Je dirais… Tout d’abord, je te demanderais si tu aimes la musique bruyante. Tu pourrais me répondre que non. Je te répondrais alors : « Eh bien, même si tu n’aimes pas la musique bruyante, tu pourrais aimer ce que nous faisons. Parce la manière dont nous écrivons… nous cherchons à créer un pont entre le « bruit » et tous ces sons que les gens appellent horribles et de choses plus douces, les enrober dans du coton. Et tu devrais trouver des choses qui te plaisent dans notre groupe car il y a beaucoup de pop, de funk dans notre musique. Tu devrais donc trouver de quoi te satisfaire ». Et si tu aimes la musique bruyante, tu vas apprécier nos riffs et nos mélodies.

Metal-Eyes : Un groupe de rock joue aussi sur scène. Vous n’avez cependant pas été souvent à Paris…

Chris : On a joué à Paris… 3 ou 4 fois, je crois.

Metal-Eyes : Et y a-t-il une tournée prévue ?

Chris : Nous venons de terminer une tournée européenne, mais nous n’avons pas joué à Paris, ni en France. Je ne sais pas trop pour quelle raison… On a un agent. Il n’est plus notre agent, pas pour cette raison, mais aujourd’hui, on en a un autre. Pourquoi on n’a pas joué en France ? Nous avons donné 8 ou 9 concerts en Europe, ce qui n’est pas beaucoup. Paris, nous y jouerons en octobre. Je ne peux te donner de date, ni avec qui, mais c’est un groupe pour lequel nous ouvrirons. Dans une grande salle, mais nous ne pouvons l’annoncer pour le moment. Nous attendons que ce soit confirmer.

Metal-Eyes : Après 3 albums, et une stabilité de 8 ans, quelle pourrait être, aujourd’hui, la devise de Turbowolf ?

Chris : (il réfléchit)… Soyez différent ?

Metal-Eyes : Sympa, je prends. Maintenant si tu devais ne retenir qu’une chanson de The free life pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Turbowolf, laquelle serait-ce ?

Chris : Ok… Je choisirais… la chanson The free life, qui est la dernière chanson du disque. Parce que je pense que de nombreux sons, de nombreuses choses que nous faisons se trouvent sur ce titre. Les parties dures, un peu punk, celles un peu plus pop, des passages plus énervés…

Metal-Eyes : Et comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre vos deux derniers albums ?

Chris : Ok, d’accord. Le précédent, nous l’avons co-produit avec notre ami Tom Dougherty, celui-ci, Andy et moi l’avons produit et mixé. Nous avons pris les choses beaucoup plus au sérieux pour ce disque. Passer plus de temps afin d’obtenir les choses que nous voulions. C’est l’évolution principale, devenir de plus en plus autonomes. Musicalement et artistiquement, nous ne voulions pas répéter les deux premiers disques et en créer un qui rentre dans leur lignée. Je crois que nous y sommes parvenus.

Metal-Eyes : Une dernière choses : vous êtes ici depuis ce matin, vous répondez à de nombreuses questions : quelle a été selon toi la meilleure question, celle qui t’a le plus surpris, étonné, que tu as préféré ?

Chris : Ma question préférée ? En fait, jusqu’à présent, j’ai préféré ton interview…

Metal-Eyes : Je n’ai pas dit interview, seulement la question. Même si je suis le meilleur (rires)

Chris : Oui, tu es le meilleur, c’est ça ! Sérieusement, c’est jusqu’à présent la meilleur interview, alors bravo !

Metal-Eyes : Merci !

Chris : Je pense que parler de ce que nous ne souhaitons pas traiter directement dans nos textes était intéressant parce qu’on ne nous pose pas souvent ce genre de question. C’était une question différente.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour cette interview et bonne chance avec The free life qui est sorti en mars.

Chris : Merci à toi !

 

WITCHSORROW: Hexenhammer

Doom, Royaume-Uni (Candlelight/Spinefarm, 2017) – Sortie le 25 mai 2018

Bien que formé en 2005, Hexenhammer n’est que le quatrième album des Anglais de Witchsorrow, le désespoir des sorcières… De désespoir il est bel et bien question tout au long des 7 morceaux de ce nouvel album, aussi lourd qu’une enclume dépressive. Le propos musical est sombre et fait ressortir toute la noirceur de l’âme de ses compositeurs (Demons of the mind) qui, pourtant, ont pris le temps qu’il faut pour penser cet album. Si, quand on parle doom, on pense avant tout à Black Sabbath, c’est principalement Candlemass et Cathedral qui se démarquent ici. Dès Maleficius, le cadre est posé: malaise ambiant, envie de lumière, épaisseur et lourdeur du son… Hexenhammer fait partie de ces albums à déconseiller aux dépressifs mais que les « sains d’esprits » s’approprieront avec bonheur.  Mieux qu’une marche funèbre, un accompagnement vers la nuit éternelle qui suit le bûcher.

WINTERFYLLETH: The hallowing of heirdom

Pagan/Folk, Royaume-Uni (Candlelight, 2018) – sortie le 18 avril 2018

Quelle grosse surprise que ce nouvel album des Anglais de Winterfylleth! A priori, je n’aurai pas chroniqué ce groupe qui nous a jusqu’ici habitués à des album rugueux, black et hurlés comme je n’aime pas… Seulement, comme d’autres, Winterfylleth sait surprendre et se remettre en question et propose aujourd’hui avec The hallowing of heirdom un album acoustique de folk pagan. Une introspection et une visitation de la nature. Pile au moment où je me dis « sortez les guitares et allumez un feu de joie », Embers débute avec ses crépitement de bûches qui se consument. La douceur de l’ensemble, des chants de The sheperd qui évoquent l’heroic fantasy du Seigneur des anneaux à la douceur des guitares de Frithgeard, Elder mother, A gleeman’s volt, jusqu’aux ambiances variées et jamais oppressantes du morceau titre, presque fleuve avec ses plus de 7 minutes, tout ici est une invitation au voyage, à l’introspection et à la communion avec la nature. Winterfylleth ne nous propose ni headbang ni excitation mais nous invite à la contemplation béate et pacifique. Une réussite.

JUDAS PRIEST: Fire power

Heavy metal, Royaume-Uni (Columbia, 2018)

J’ai tellement lu, ces derniers temps, sur les webzines ou la presse écrite que « The Priest is back! » que j’en arrive à me méfier. Ce Fire power, nouvel album des metal gods est-il vraiment à la hauteur des rumeurs? Bien sûr, le groupe avait satisfait une grande majorité de fans avec, pour le sixième live Battle cry, le retour aux manettes de Tom Allom, producteur des plus grands albums du Priest au cours des années 80, de British steel à Ram it down. L’annonce de sa nouvelle collaboration en studio pour ce Fire power ravive forcément de nombreux souvenirs et fait naître de grands espoirs. Et si Judas Priest n’a rien à prouver depuis longtemps, force est de constater que ce nouvel opus est d’une puissance remarquable et à toute épreuve. 14 titres – ou 13 plus un interlude – variés dans l’historique esprit des Anglais, un son remarquable et une créativité intacte. Du morceau titre, qui ouvre les hostilités avec rage et fureur au final d’une inquiétante douceur Sea of red, rien, absolument rien, n’est à jeter. Si Evil never dies ralentit le tempo, il est forgé dans un esprit lourd et oppressant. Never the heroe se fait plus chantant et est une invitation à trépigner en headbangant. On s’attarde volontiers sur ce Necromancer varié pour retomber dans la lourdeur chantante de Children of the sun. Guardians propose un court interlude avant l’explosion de Rising from the ruins au riff mélodique imparable. La suite pourrait se radoucir, mais le Priest n’en fait rien, ni sur Bolt thrower – qui n’est pas un hommage au groupe du même nom – ni même sur Traitor’s gate qui monte en puissance. Lone wolf – qui n’a rien d’un hommage au groupe français du même nom – est peut-être le titre le plus faible du lot mais propose cependant des guitares différentes de ce à quoi le Priest nous a habitués. Avec Fire power, Judas Priest revisite son parcours sans toutefois donner l’impression de nous offrir un album testamentaire. Même si, on le sait maintenant, c’est Andy Sneap qui jouera à la place de Glenn Tipton de plus en plus affecté par la maladie de Parkinson. Fire power est un album à classer aux côtés des British steel, Screaming for vengeance et autres Painkiller. Un must qui fait dire que, oui: « the Priest is back! »

THE DAMNED: Evil spirits

Rock, Royaume-uni (Search and destroy, 2018) – Sortie le 13 avril 2018

Fut une époque, lointaine, très lointaine, où lorsque j’entendais le mot « punk », je l’associais à la vulgarité grossière des Sex Pistols, à la violence verbale ou visuelle des GBH et des Exploited.  Puis on a associé le rock teinté de reggae des Clash ou le Blondie de Heart of glass au mouvement punk… Le punk, finalement, ce n’est pas un genre musical, c’est une façon d’être, un mode de vie qui refuse le système. The Damned est passé par toutes les époques et a évolué au fil du temps. Aujourd’hui, exit les bad boys qui ouvrirent pour les Sex Pistols, le nouvel album n’a de Evil que son titre: Evil spirits évoque plus le pop rock bien fichu que le no future… Dès Standing on the edge of tomorrow, s’impose l’impression d’être dans un espace de fête ou de boite tant le titre est facile et chantant. La voix suave continue sur The devil in disguise, et la suite est à l’identique: du soft, du chantant et de l’entrainant. C’est efficace, mais au final, qu’ai-je retenu? Un bon moment, une détente musicale, guère plus. Un album sympathique sans pour autant être mémorable.

BLACK FOXXES: Reidi

Rock, Royaume-Uni (Search and destroy, 2018) – Sortie le 16 mars 2018

J’avais découvert Black Foxxes lors de la seconde édition du Download Paris. Et le trio ne m’avait alors pas convaincu. Pas assez dur pour être à sa place dans un festival prienté metal, et trop statique pour emporter l’adhésion du public, Black Foxxes me surprend aujourd’hui avec un album tout en finesse et douceur. Breath, qui ouvre ce Reidi, second album des Anglais, invite à la détente: le son est clair, pas brutal pour un kopeck, et la bienveillance semble être le maître mot de cet ouvrage. Tout au long des 10 chansons flotte un léger esprit irlandais, à la Cranberries. Manic in me, Joy, Oh, it had to be you ou encore Take me home se laissent écouter avec aisance et tendresse. Des instants de calme à partager. Marrant que cet album sorte sur le label Search and destroy…

Interview: STONE BROKEN

Interview STONE BROKEN. Entretien avec Rich Moss ( chant). Propos recueillis à Gibson France, à Paris le 8 février 2018

Metal-Eyes : Rich, parlons un peu de Stone Broken :w Ain’t always easy est votre second album, mais c’est la première fois que nous nous rencontrons. Peux-tu me raconter brièvement l’histoire de Stone Broken ?

Rich : Nous avons débuté en 2013. Il s’agissait en fait de la réunion de deux groupes, Robyn, notre batteuse et moi venions d’un groupe, Kera, le bassiste et Chris dans un autre. Robyn et moi avions un studio, un peu d’espace de répétitions, et nous avons intégré les deux autres. Nous avons passé environ un an à définir notre son, à composer et écrire des chansons et nous avons enregistré un Ep qui s’est plutôt bien vendu. Nous sommes retournés en studio, avons enregistré ce qui devait être un autre Ep, mais au final, nous avons réunis ces deux disques qui sont devenus notre premier album, qui est sorti en 2016 et a très bien marché. Ça nous a permis d’obtenir des diffusions radio au niveau national, ce qui nous a fait passer du statut de « groupe local » à celui de « groupe national ». Ensuite, nous avons eu l’opportunité de tourner en support de Glenn Hugues, l’an dernier, ce qui nous a fait passer au  statut « international » (il rit). Nous avons pu donner des concerts un peu partout, au Forum de Vauréal qui est un super lieu. On s’est beaucoup amusés, nous avons participé à pas mal de festivals, et… nous voici prêt pour ce second album.

Metal-Eyes : D’après ce que j’en ai entendu, l’album a de forts accents pop, il y a du rock, du heavy, aussi, des chansons « sing along »…  Comment décrirais-u le groupe à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Rich : Mmh… Je dirais que nous sommes  un groupe de rock avec un tranchant moderne. Il y a des riffs, mais aussi des refrains accrocheurs, comme tu le dit, des parties à chanter ensemble, beaucoup p de groove. On veut que les gens aient envie d’écouter notre disque ou de venir nous voir en concert et qu’ils aient les idées changées en partant.

Metal-Eyes : J’entends des traces de Nickelback, de The Police, également parmi d’autres choses. Quelles sont vos influences principales ? Ne me dis pas « Pas Nickelback », c’est pas possible !

Rich (il rit): Non on ne peut pas supporter Nickelback ! Beaucoup de gens font cette comparaison, et je pense que c’est lié au timbre de voix.

Metal-Eyes : Ca aide, mais ce n’est pas tout…

Rich : Beaucoup de choses que nous écoutons dans le groupe viennent des USA, des groupes comme Alter Bridege, Shinedown, Alestorm… Ils ne sont pas Américains, ces derniers, mais on aime. On ne cherche pas à cacher nos influences, on préfère les laisser s’exprimer. On écrit les chansons qu’on aimerait écouter nous-mêmes.

Metal-Eyes : Dans son ensemble, l’album transpire de joie. Où puisez-vous cette énergie et cet optimisme ?

Rich : Je pense que tout réside dans le fait de rester positif. L’album s’appelle « Ain’t always easy », ce qui, en soit, npeut ne pas paraitre positif, puisqu’au fond on dit que tout n’est pas toujours facile. Mais tu dois te relever et persévérer, c’est ça le message, on peut s’en sortir. Il y a des gens qui traversent des moments difficiles, et ne peuvent sans doute voir d’issue, mais à un moment, la solution, la sortie arrivera. Aidons les gens à s’en sortir. Il y a des personnes qui, dans le passé, sont venues nous voir pour nous dire qu’une chanson les a aidés. Le fait de traverser des moments difficiles n’est pas bon, mais d’avoir pu de cette manière aider des personnes nous affectent. Il y a cette connexion avec nos fans et nous souhaitons que cela dure, nous assurer que chaque chanson a un message.

Metal-Eyes :  Je voudrais que tu m’expliques le nom du groupe, Stone Broken. La première image qui me soit venue en tête est celle de Moïse tenant les tables de la loi, brisées. Y a-t-il un rapport, ou est-ce complètement différent ?

Rich : Le nom du groupe vient en fait d’un mot anglais qui dit que si tu es « broke » tu n’as pas d’argent. Stone Broken, signifie ruiné de chez ruiné ! En fait, avant d’enregistrer notre Ep, nous avons fait une liste de nos besoins : ce que nous devions acheter, le temps de studio, le matos, et nous avons tout additionné. J’ai dit « We’re gonna be broke » (On va être sur la paille), et Robyn a ajouté « stone broke » (complètement ruiné ». On a rajouté le N et ça fait !

Metal-Eyes : Mais vous avez pu trouver comment enregistrer deux albums et tourner ! Y at-il des thèmes que vous souhaitez aborder dans le groupe ?

Rich : Oui… Il y a une chanson sur l’labum qui traite des violences familiales, un chanson qui m’est personnelle. Je n’en ai pas été victime, mais je suis proche de personnes qui ont été victimes de violences familiales. J’ai eu le  sentiment qu’il fallait que j’en parle, parce que c’est un sujet qui reste tabou. Les gens n’osent pas en parler, et pourtant le devraient. Ça peur devenir dramatique si on n’alerte pas. Je voulais que ce soit sur l’album, et les autres étaient d’accord. C’est une chanson assez agressive, avec des paroles explicites. Il fallait qu’elle soit sur l’album. Comme je l’ai dit, on souhaite véhiculer des messages. Comme Worth fighting for, qui dit, en substance, qu’il faut te battre pour ce en quoi tu crois. Les gens peuvent l’interpréter comme un message politique, soit, mais s’il y a une cause pour laquelle tu crois valable de te battre, fais le ! On essaye de faire en sorte que chaque chanson ait un sens.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous ne voulez pas aborder ?

Rich : Pas vraiment. On ne parle pas trop de politique, simplement parce que ça peut être un peu… Risqué. Je crois que nous sommes assez ouverts à tout, il n’y a rien que nous voulions éviter. Et s’il y a un sujet que nous n’avons pas aborder, ça signifie que nous n’avons pas assez de chansons ! (rires)

Metal-Eyes : Ce qui laisse entendre qu’il y aura un troisième album ! Quel a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire « voilà ce que je veux faire » ? Quel âge as-tu ?

Rich : J’ai 29 ans. Je pense que c’est arrivé par étapes. Un des ex de ma mère jouaitb de la guitare acoustique. Il y a toujours eu de la musique autour de moi. Nous avions un piano droit, aussi, bien que je ne savais jouer d’aucun instrument. Ensuite, j’ai écouté beaucoup de rock au lycée, des choses comme Linkin Park. J’ai commencé à jouer de la batterie – me parents ne voulaient pas que j’ai une batterie à la maison…

Metal-Eyes : On se demande pourquoi !

Rich : Oui ! (rires) Je suis ensuite passé à la guitare, dont je suis tombé amoureux. C’est sans doute lié au fait qu’il y en avait à la maison quand j’étais gamin. Donc c’est une sorte de mélange de cet environnement.

Metal-Eyes : Tu as appris la guitare, et le piano ?

Rich : Un peu, pas énormément, en fait. Tu vois, j’ai tendance  à apprendre seul les instruments dont je souhaite jouer… Je joue un peu de guitare, un peu de piano, un peu de saxophone…

Metal-Eyes : Comment écrivez-vous les chansons ? Est-ce un travail de groupe, en commun, chacun vient-il avec ses idées, l’un d’entre vous propose –t-il plus que les autres ?

Rich : C’est principalement moi qui écris et compose. Ça me vient à divers moments, je peux être entrain de conduire ma voiture, de faire autre chose… Toutes les lignes instrumentales viennent ensemble. J’aurai un riff ainsi qu’un rythme basse et la batterie… Les autres ajoutent le reste. En règle générale, je propose 90% des morceaux, les autres ajoutent ou proposent des modifications. Chris compose la guitare lead. Le principe est que nous devons tous apprécier la chanson, si 3 d’entre nous l’aimons et le dernier non, alors soit on la retire ou on la retravaille. C’est important, surtout avec 4 personnes qui portent le même intérêt au groupe. Nous devons être sur la même longueur d’ondes pour tout ce que nous faisons, sinon, ça peut coincer.

Metal-Eyes : Surtout en montant sur scène, où là, ça se ressentirait tout de suite. Donc, c’est dans l’intérêt de tous.

Rich : Absolument.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Ain’t always easy pour décrire  à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Stone Broken, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Rich : Je dirais sans doute Worth fighting for, le morceau d’ouverture. Sur chacun de nos albums, nous mettons en premier la chanson qui, musicalement, nous représente le mieux. Lorsque les gens insèrent le CD, ils savent c e à quoi s’attendre.Il y a un message positif, le riff, le rythme et un refrain accrocheur.

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Stone Broken ?

Rich : Ouh, ça c’est une bonne question… attends… « Une seule vie, vis la ! »

Metal-Eyes :  Tu as passé ta journée en promo,  alors maintenant, quelle a été la meilleur question du jour, la plus étonnante, surprenante ?

Rich : La dernière, la devise ! (rires) Je ne m’y attendais pas du tout !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que tu t’attendais aux autres…

Rich : (il rit) Non, m  is celle-là ne m’a jamais été posée, vraiment !

Metal-Eyes : C’est mon copyright, ma propriété !

Rich : Oui, c’est sûr ! Il y a eu beaucoup de bonnes questions, intéressantes, aujourd’hui, mais celle-là m’a fait plus réfléchir. C’est bien de sortir de son confort aussi.

BLACK MOTH: Anatomical Venus

Stoner, Royaume-uni (Candlelight, 2018)

Formé à Leeds en 2010, les Anglais de Black Moth nous proposent un troisième album lourd, envoûtant et sombre. Puisant son inspiration autant chez Black Sabbath dans ses aspects heavy que dans Mastodon pour la puissance de feu de sa section rythmique, Black Moth n’hésite jamais, sur Anatomical Venus, à varier les tempi et les plaisirs en s’offrant même quelques divagations psychédéliques. Ca sent légèrement la fumette… Le chant de Harriet Bevan peut être aussi sec que séduisant, les guitares de Nico Carew et Jim Swainston sont saturées en diable et la section rythmique tenue par Dave Vachon (basse) et Dom McReady (batterie) rappellent les plus furieuses heures d’un Black Sabbath ou, plus récemment, Red Fang. Sisters of the stone, hypnotique, fait mouche dès la première écoute et m’impressionne. M’ensemble, d’ailleurs… Rien n’a ici été laissé au hasard, et chaque morceau fait son petit effet. Inconnu jusqu’àlors à mes oreilles, Black Moth est une des grosses surprises de ce début d’année.

STONE BROKEN: Ain’t always easy

Rock, Royaume-Uni (Spinefarm records, 2018)

Personne ne pourra nier l’influence de Nickelback sur ce second album des Anglais de Stone Broken (le premier est paru en 2016 ). La puissance, l’efficacité des compos, la production léchée tout est réuni sur Ain’t always easy pour séduire tant les radios que le grand public. Il y a juste ce qu’il faut de séduction dans le chant de Rich Moss – puissant et mélodieux, sans jamais trop en faire –  et un énorme sens du morceau accrocheur pour que succombent rapidement pucelles et tourtereaux… et nombre de médias en recherche d’audience. Worth fighting for, qui ouvre le propos promet de vivre de grands moments rock et Let me see it all, coquin en diable, confirme la bonne tenue de l’ensemble. En tout cas, sur la première partie de l’album. Car la seconde est plus téléphonée, classique et entendue. Comme me le confiait Rich, le chanteur, lors d’une récente interview, Stone Broken a placé, sur chacun de ses album, le titre le plus représentatif de la musique du groupe en premier. Doit-on alors s’attendre à moins d’inspiration par la suite? Ne parlons pas de la ballade racoleuse Anyone – déjà faite un million de fois, souvent en mieux. Si la recette est gourmande, on n’est guère plus surpris jusqu’au final The only thing I need qui relance la machine. En résumé, cet album s’écoute avec plaisir, malgré une baisse de régime qui pourrait presque faire penser à du remplissage. Il y a toutefois un incontestable savoir faire qui rappelle d’autres grands du genre : Alter Bridge, Volbeat ou même Black Stone Cherry font sans doute partie des influences alors ne boudez pas votre plaisir.