ROBIN TROWER: Coming closer to the day

Royaume-Uni, Blues (Provogue, 2019)

Avec un CV long comme le bras, une carrière quasi exemplaire, que ce soit en solo, avec Procol Harum, Bryan Ferry ou Jack Bruce, Robin Trower n’a rien à prouver à qui que ce soit. Du haut de ses presque 75 ans, le bluesman anglais se fait simplement plaisir avec un album tendre et personnel. Bien sûr, la patte d’un certain Jimi Hendrix est presque omni présente (à commencer par l’introductif Diving bell), mais on retrouve aussi les Beatles (le morceau titre évoque ouvertement Come together). Mais c’est surtout le blues qui transpire, celui des bayous, celui avec lequel Trower, né en 1945, a grandit. On y trouve aussi quelques touches empruntées au jazz (Ghosts). Sensible et à fleur de peau, il n’est guère étonnant que ce soit Provogue qui héberge Monsieur Trower…  Alors si pour moi ce Coming closer to the day se révèle trop calme, il saura séduire tout amateur de blues, de jazz blues plus que ceux de rock, malgré quelques passages légèrement plus dynamiques.

DIAMOND HEAD: The coffin train

Heavy metal, Royaume-Uni (2019, Silver lining) – Sortie le 24 mai 2019

Chantre de la NWOBHM, groupe de chevet toujours soutenu par Metallica, Lars et James en tête, Diamond Head a connu plus de moments de galère que d’heures de gloire mais Brian Tatler, son fondateur, n’a jamais entièrement lâché l’affaire. C’est la passion chevillée au corps qu’il mène sa barque et revient aujourd’hui avec ce The coffin train, un album qui démarre de la plus explosive des manières avec Belly of the beast, un titre puissant, rapide, au chant rageur. On remarque immédiatement la puissance vocale de Rasmus Bom Andersen, vocaliste du groupe depuis 2014 et qui se révèle encore une fois d’une remarquable efficacité. Il montre la variété de ses capacités tout au long de l’album, se faisant mélodique, enragé ou plus sensible.  En tout cas, le groupe de Tatler ne se contente pas de foncer pour foncer. Diamond Head varie les ambiances et diversifie les tempi à l’instar du morceau titre ou de Shades of black et leurs influences orientales ou des plus progressifs Sepparated love ou Until we burn, superbe conclusion d’un album exemplaire. Brian Tatler concocte des riffs aux petits oignons aussi bien empreints de modernité qu’évoquant les débuts du groupes (Death by design et son tricotage exemplaire). Une mention spéciale est à porter au crédit de ce superbe et très bien nommé The phoenix. Avec The coffin train, Diamond Head nous offre sans doute son album le plus abouti depuis deux décennies,. Superbe re-révélation, superbe renaissance aussi, Diamond Head est surtout définitivement immanquable au Hellfest où le groupe se produira, pour la première fois sous Temple le vendredi 21 juin à 16h45. La tente risque fort de n’être pas assez grande pour l’occasion…

BAND OF SKULLS: Love is all you love

Royaume-Uni, Rock (So recordings, 2019) – Sorti le 12 avril 2019

Trois ans après la sortie de By default, les Anglais de Band Of Skulls reviennent avec Love is all you love.  Les 10 titres qui composent ce ciquième album alterne entre rock moderne et sonorités pop. Band Of Skulls s’éloigne sans complexe de ce rock énergique et énervé de ses débuts pour expérimenter la voie pop, voire electro pop tout en conservant une base rock. Si l’on reconnait dans ce domaine les influences que sont The Beatles ou The Pretenders, en passant par Fleetwood Mac, BOS intègre avec un réel plaisir des éléments plus soft, quelques sucreries pop qui évoquent ici la période disco de Blondie et là toute la scène actuelle pop et électro. Le chant est toujours judicieusement partagé entre Emma Richardson (basse et chant) et Russell Marsden (guitare et chant) qui ouvrent tous deux dans les divers styles. Richard X, qui a produit l’album, a poussé le duo à tester et tenter, expérimenter, forçant chacun à sortir de sa zone de confort. La prise de risque paye, Band Of Skulls parvenant à agréablement surprendre l’auditeur. Love is all you love, album expérimental ou réorientation radicale vers une nouvelle voie moins rock?

POP EVIL live à Paris (Le Trabendo, le 20 février 2019, avec Sweet Needles et Fallen State

Arrivé Porte de Pantin, une foule se presse dans la même direction que moi. Mais ce n’est pas en direction du Trabendo que se rendent ces gens, non, ils s’alignent sagement en direction du Zénith. Pop Evil, ce soir, joue de malchance car, d’une part, le Trabendo est à moitié plein – et encore – mais en plus,  on s’en rendra vite compte, Leigh Kakaty est malade… Nous y reviendrons.

Pourtant, ce soir, 3 groupes sont annoncés. Tout d’abord, Sweet Needles, une formation parisienne qui a remporté un concours lui offrant cette opportunité de jouer en ouverture des Anglais. Formé en 2012, le groupe évolue ce soir sur une scène ultra réduite (les kits de batterie des 2 premières formations sont placées sur le côté de la scène) ce qui n’empêche guère les frères Bonnot – Oscar au chant et Arthur à la guitre – et leurs comparses de se donner à fond. Proposant un heavy rock varié et entrainant, Sweet Needles, par sa musique et son attitude, se met rapidement le public dans la poche. Une jolie découverte à suivre de plus près.

 

Bénéficiant également de 25′, les Anglais de The Fallen State proposent un heavy carré, parfois agrémenté d’une touche plus rugueuse, limite thrash. Le groupe, lui aussi, séduit rapidement, le charisme du chanteur Ben Stenning, jovial de bout en bout, jouant beaucoup. Le gaillard s’excuse de ne pas parler un mot de français, mais se voit secouru par son guitariste qui nous dit que c’est la première fois que le groupe vient en France. Tout au long du show, Ben interagit avec le public, le faisant s’approcher pour avoir une impression de foule compacte, ou l’invitant à s’asseoir en fin de set. Là aussi, une jolie découverte

 

La scène est rapidement vidée de ce qui l’encombre, retours inclus, ne lassant qu’une estrade surplombée de la batterie de Haley Cramer, qui, l’an dernier, avait accueilli Metal Eyes pour une interview (à retrouver ici), elle même surmontée de jolies colonnes de lumières. Lorsque les musiciens de Pop Evil montent sur scène, on les sent concentrés. Très… Rapidement, Leigh, qui tousse beaucoup, fera part de problèmes de voix mais « pas question », dira-t-il, « d’annuler. Je vais donner tout ce que j’ai ». Et si au passage le public pouvait l’aider, ce serait bienvenu. Il se préserve donc pour aller au bout, ce dont on ne peut que le féliciter. Nick Fuelling est tout aussi concentré, rarement souriant, et Haley semble devoir gérer des problèmes de tenue de sa batterie… Bref, tout n’est pas au top, pourtant…

La set list fait mouche, Pop Evil puisant dans l’ensemble de sa discographie et proposant même une reprise revisitée d’un certain Eye of the tiger de Survivor. Le public bouge bien, soutient tant que faire se peut les Anglais, qui malheureusement, se voient forcé d’écourter le set. Paris n’aura ce soir pas droit aux rappels. La santé passe avant tout, et c’est ce qui semble avoir forcé cette décision. Mais Leigh aura tenu au maximum, et rien que pour cela, on peut l’en remercier.

Merci à Olivier Garnier et à GDP d’avoir rendu ce report possible

BRING ME THE HORIZON: Amo

Rock electro, Royaume-uni (Sony music, 2019)

Totalement planant, I apologize if you feel something  (« Ce n’est rien, Pierre… Je n’ai rien senti », une référence du groupe?) introduit ce nouvel album des Anglais de Bring Me The Horizon. Si le groupe a toujours évolué, le son proposé aujourd’hui sur Amo est à des années lumières de ses débuts, brutaux et deathcore. Certains fans vont être surpris. C’est chantant, entraînant et très mélodique. Heureusement, les racines ne disparaissent pas entièrement, et BMTH nous réserve quelques surprises, comme ce Heavy metal auquel participe Rahze pour une jolie séance de beatbox sur un titre à l’opposé du metal. Surprises, étonnement, BMTH assume totalement ce virage electro, voire dance, ce qui pourrait  rebuter certains de ses admirateurs. Ça va même jusqu’à cette pochette de CD pleine de cœurs et au livret tronqué. Mais les plus ouverts d’esprits sauront reconnaître la prise de risques des Anglais, ce qui, en soi, marque une réelle volonté de ne jamais se répéter.

JUDAS PRIEST live au Zénith de Paris (avec Disconnected, 27 janvier 2019)

 

Annoncé presque en dernière minute, Disconnected a l’honneur et le plaisir d’ouvrir pour Judas Priest. Autant dire que certains doivent les jalouser tant cette opportunité permet aux Français de toucher un vaste public, même si le backdrop fait ridiculement petit sur cette scène dépouillée au possible. Profitant d’une demi-heure de scène, Ivan et sa bande, pardon, Adrian Martinot et sa bande (oui, c’est son projet après tout) se donnent à fond et le vocaliste ne se gêne jamais pour communiquer sa joie et son émotion au public: dès la fin du premier titre Ivan prend le temps d’expliquer: « on revient d’une tournée avec Tremonti, et là, on est les mecs les plus chanceux du monde ». Plus tard : »vous pouvez pas imaginer comme on kiffe d’être là! » Tu m’étonnes…. Le public, qu’il remercie pour son accueil, son soutien au Metal français et son ouverture d’esprit, Disconnected  n’ayant que « peu en commun avec Judas Priest » – c’est un peu vite oublier que les Metal Gods ont connu leur période thrash et extrême – est conquis. La preuve en sera flagrante à l’issue du concert: plus un seul CD n’est disponible au merch. Alors même si 30′ c’est court, les gars, nous ne pouvons que vous dire un immense bravo!

 

Allez, je vous vois venir: j’avais un peu descendu un Judas Priest  roboratif lors de son dernier passage au Hellfest. Ce soir, première date de la tournée 2019, la donne a changé. Non seulement les Metal Gods sont en forme, mais ils nous proposent une setlist du feu de dieu. Et même si on a l’impression qu’on va aller se coucher à l’heure des poules (le concert débute à 20h…), même si le discours est identique (« The Priest is back », « Are you ready for some Judas Priest style Heavy metal », « Breaking the what? »…) le reste est simplement imparable: décors, lumières, son, set list et… Surprises! Pensez-donc: rien que la présence de Running wild ou Desert plains fait rêver. Mais quand Judas Priest propose Killing Machine, pas joué depuis des décennies, c’est plus qu’un cadeau fait aux plus anciens et fervents fans!

Si le groupe est en forme, c’est sans doute lié au fait que ce soir marque le lancement d’une nouvelle tournée. Tout le monde est reposé, mais il faut également constater que si Ritchie Faulkner est désormais entièrement adopté et à la maison, son nouveau coéquipier Andy Sneap, qui continue de remplacer Glenn Tipton – atteint de la maladie de Parkinson – a également trouvé ses marques. La nouvelle paire de bretteurs est complémentaire et fait aisément oublier le duo de duellistes originel. Finalement, seul Ian Hill reste scotché dans son mètre carré. Halford est, quant à lui, bien moins robotique que ces derniers temps. Mobile, arpentant la scène, le Metal God est bien présent!

Et puis ces décors qui changent au rythme des chansons: coupures de presse sur The ripper, robot cadencés sur Metal gods, Union Jack et images de manif d’une terrible actualité (chez nous, en tous les cas) sur Breaking the law… Judicieusement utilisé, le fond de scène ne fait apparaitre les visages des musiciens et du public qu’après une bonne heure de concert.

Naturellement, le dernier album est bien représenté avec 3 extraits (Firepower, Lightning strikes, Rising from ruins), même si j’aurais bien pris un p’tit Evil never dies. Les classiques aussi sont de sortie. Grinder, Sinner, The Green Manalishi, Turbo lover, Freewheel burning, Electric eye, You’ve got another thing comin’, Hell bent for leather… Rob Halford, très en voix, a plaisir à annoncer que ce premier concert de la tournée 2019, il est ravi de le donner à Paris, ravi d’être de retour auprès de ce public. Scott Travis, plus tard, abonde en ce sens: « Paris! On a fini une tournée en Australie, en Indonésie, dans ces coins là. Quand on nous a demandé quelle est la ville ou nous voudrions prendre notre pied pour la nouvelle tournée, on a répondu : Paris! » Flatteur, va! Et taquin aussi, quand il dit: « on a le temps pour une chanson supplémentaire… ou 7! Que voulez vous qu’on joue? » Painkiller, bien sûr, avant un rappel de 4 titres pour un concert qui se conclue avant 22h. Et un Living after midnight un peu déplacé (il est 21h45…), mais la fête continue. Le public patiente dans les gradins, la salle toujours plongée dans le noir… L’espoir d’un nouveau rappel avec l’apparition de Glen Tipton ne durera pas… Les lumières se rallument et le public a du mal à partir.

Vraiment, ce soir, Judas Priest a donné un de ses meilleurs concerts auxquels j’ai assisté depuis longtemps. Et, contrairement à ce que j’écrivais l’été dernier, le groupe n’a pas dit son dernier mot. Et l’affiche avec un gigantesque « The Priest will be back ». Vivement la suite!

Merci à Olivier Garnier, Roger et Fabienne Wessier et toute l’équipe de Gérard Drouot Production.

PUPPY: The goat

Hard rock, Royaume-Uni (Spinefarm, 2019) – sortie le 29 janvier

C’est sympa de débuter l’année avec un album aussi cool que The goat de Puppy. Déjà, porter pour patronyme le nom de « chiot » c’est tout mignon, en plus proposer une pochette rose, ça pose l’ambiance. Ok, celle-ci est agrémentée de bougies noires et d’un crane parmi d’autres objets, mais c’est cool. Tout autant que le contenu musical qui pioche autant dans le heavy traditionnel, lourd, gras et saturé de Black Sabbath, que dans celui plus moderne et chantant d’un Ghost, par exemple, en passant par une certaine idée du psychédélisme des 70’s. Les 44 minutes que durent ces 12 morceaux passent à une vitesse folle, Puppy nous entraînant avec une déconcertante facilité dans son univers. D’accord, Black hole, And so I burn, Bathe in blood ne réinventent pas la machine à courber les bananes mais il y a tant de plaisirs simples qu’on ne peut s’empêcher de trépigner, de chantonner et de suivre le mouvement. The goat est un vrai bon moment qui, si ça continue, annonce une belle année bien rock et roots. Bravo!

AS IT IS : The great depression

Mea culpa… Le troisième album de As It Is, The great depression est sorti depuis le mois d’août dernier. Mais comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, revenons sur ce disque marqué par le choix délibéré des Anglais qui nous propose un concept album. Bien sûr le punk pop n’est jamais loin, mais les accents plus foncièrement rock permettent au groupe de faire encore un (grand) pas en avant. Le concept? Le groupe décide de traiter du suicide sous ses aspects « romantiques »… Sombre sujet, délicat s’il en est, mais qui a le mérite de poser de vraies question sur le mal-être qui mène à de tels actes. Heureusement, les 12 compositions sont loin d’être sombre et apporte même un peu de lumière et d’espérance malgré la gravité du sujet. Direct ou sobre, chaque chanson s’imbrique dans cet ensemble. The great depression n’est sans doute pas à mettre entre les mains d’un dépressif, mais les autres y trouveront de l’énergie et de la variété. As It Is ose, prend des risques et ça pourrait bien s’avérer payant. Next?

Interview: The Kris Barras Band

Interview The Kris Barras Band. Entretien avec Kris Barras (chant, guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 16 novembre 2018

Metal-Eyes : Tu es actuellement en tournée. Comment se passe-t-elle jusqu’ici ?

Kris Barras : C’est super ! C’est la première fois que je joue en France, et j’ai été stupéfait par les publics que nous avons vus. Fantastique.

Metal-Eyes : Cela avec une tête d’affiche particulière puisqu’il s’agit de Beth Hart. Comment t’es-tu retrouvé sur cette affiche ?

Kris Barras : Nous sommes sur le même label, et nous avons le même âge, aussi. Nous avons tourné au Royaume Uni avec Beth cette année, en avril, et avons eu l’opportunité de venir en France. Nous connaissions déjà Beth assez bien, ainsi que son équipe, nous savions où nous allions. Et nous avons décroché cette offre.

Metal-Eyes : Même si votre musique n’est pas similaire, elle reste basée sur le blues et complémentaire.

Kris Barras : Oui. Nous avons fait quelques arrangements pour que notre set se cale bien sur ce tour : nous avons un set purement acoustique. Lorsqu’on propose un concert électrique, on est bien plus du coté rock. Mais nos chansons fonctionnent vraiment bien en acoustique, alors…

Metal-Eyes : C’est notre première rencontre, alors dis m’en un peu plus à ton sujet : tu es Britanique, tu viens du monde du combat, du free fight. Alors je vais être sympa, tu es mon nouveau meilleur ami. Que peux-tu nous dire de plus ?

Kris Barras (il rit): J’ai commencé à jouer de la guitare vers l’âge de 5 ans, âge auquel j’ai aussi débuté les arts martiaux. J’ai fait les deux en parallèle. Vers l’âge de 20 ans, il se trouve que j’avais plus d’opportunités avec le combat que par la musique. Je me suis donc lancé dans la boxe thaï, et j’ai continué avec une combinaison d’arts martiaux. Ce que j’ai fait pendant 10 ans. Je me suis retiré du combat il y a 4 ans, j’ai recommencé à écrire de la musique et ai fondé le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Est-ce un vrai groupe, The Kris Barras Band, ou plutôt Kris Barras and band ?

Kris Barras : Eh bien, ça dépend de la manière de voir les choses. Je suis celui signé par Mascot, mais les gars sont ceux avec lesquels je travaille tout le temps. Donc c’est le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Ce premier album, The divine and the dirty, semble très influencé par ton ancienne vie. Des titres comme Kick me down, I don’t owe nobody nothing, probablement Wrong place wrong time… Il y a beaucoup de toi dans ce disque.

Kris Barras : Oui, oui, je fais en sorte d’explorer mes expériences passées. Pas sur toutes les chansons, certaines traitent de choses qui sont arrivées à des amis, ou de ce que j’ai vu aux nouvelles. Mais je cherche l’influence dans ce que j’ai pu vivre et expérimenter.

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder ?

Kris Barras : Non, pas particulièrement. What you know of me, le dernier titre de l’album, parle de la mort de mon père. Il est le premier à m’avoir enseigné la guitare. C’est sans doute le plus personnel des morceaux.

Metal-Eyes : Cet album est sorti il y a 6 mois, en mars. Quel regard portes-tu dessus, il a eu assez de temps pour trouver une bonne part de son public…

Kris Barras : Les retours ont été fantastiques. Il a grandi et s’est vendu bien mieux qu’on ne l’espérait. Nous avons eu de super critiques…

Metal-Eyes : Plus de ventes ? C’est à noter, pour une fois !

Kris Barras : Oui (rires) ! Ca a été super, vraiment.

Metal-Eyes : Et tu prévois déjà un second album ou il est encore trop tôt ?

Kris Barras : Non, c’est prévu. Il est déjà écrit. On doit programmer les choses très en avance parce que nous tournons tant… Pratiquement tout 2019 est déjà prévu, il reste quelques dates à confirmer, mais on est blindés.

Metal-Eyes : En guests ou en tête d’affiche ? Ou les deux ?

Kris Barras : Les deux. Le seul moment où l’on pourra enregistrer cet album est au mois de décembre. Alors dès que nous aurons bouclé cette tournée avec Beth, d’ici deux semaines, nous rentrons pour enregistrer le nouvel album. Je ne sais pas quand il sortira, sans doute vers la fin 2019, mais c’est le seul moment où nous pourrons enregistrer.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous êtes vraiment très occupés, ce qui en soit est plutôt positif. Tu as dis que c’est ton premier séjour en France. As-tu eu le temps de visiter un peu le pays, les villes que où vous avez joué ?

Kris Barras : Oui… La manière dont Beth prévoit ses tournées… Elle donne un concert un soir, et pas le lendemain. Donc on a eu beaucoup de temps pour nous. Ça fait trois jours que nous sommes à Paris, alors on a fait ce que font les touristes : on est allé à la tour Effeil, Notre-Dame, le Louvres. On y a vu la Joconde. C’était cool.

Metal-Eyes : Et quand vous n’êtes pas en tournée, comment t’occupes-tu ?

Kris Barras : Je ne suis jamais « pas en tournée ». Je ne me souviens pas d’une vie sans tournée (rires) ! Quand on est en tête d’affiche, on n’a pas beaucoup de temps off, on enchaine les concerts. Mais quand je suis à la maison, je rattrape le sommeil en retard, et avant que je ne m’en rende compte, on est de retour sur la route. Je n’ai pas beaucoup de distraction. Je suis à un moment capital de ma carrière, les choses arrivent si vite que je surfe sur la vague. Cette année, je n’ai vraiment pas eu beaucoup de temps.

Metal-Eyes : Tu prévois de revenir en France, j’imagine ?

Kris Barras : Oui, ce sera… courant avril, en tête d’affiche. Je reviens à Paris fin mai – le 25 ou le 26 – ave Johnny Lang et Walter Trout sur la tournée Rock the blues. Que des musiciens du label, Provogue / Mascot. Nous allons chacun jouer notre concert, avec nos groupes, et à la fin nous jouerons tous ensemble. On jouera à la Cigale. Ça va être cool à la faire.

Metal-Eyes : Un peu à la manière du G3, c’est le Blues G3 !

Kris Barras : C’est exactement ça ! (rires)

Metal-Eyes : Revenons à cet album. Si tu devais me décrire The divine and the dirty pour expliquer ce qu’est le Kris Barras Band, pour me le vendre, que me dirais-tu ?

Kris Barras : Hmm… C’est une bonne question. Je dirais qu’il est composé de bonnes chansons bien catchy, des chansons qui parlent à l’auditeur. Je pense que c’est un album de rock, sudiste, avec des touches de blues. C’est un peu comme ça que j’ai grandi : avec du blues, avant de m’intéresser à des choses plus rock. Les vrais fans de  blues diraient « nan… c’est pas du blues »… Mais c’est quoi, le blues ? Pour moi, c’est un feeling, une passion, un pouvoir venu de l’intérieur. Et même si on est plus rock, il y aura toujours cette touche de blues.

Metal-Eyes : Si mes souvenirs sont bons, je crois que je t’ai décris, lorsque j’ai fait la chronique du disque, comme le plus américain des bluesmen anglais. Ta musique est, selon moi, très américaine, mais tu est anglais avec les influences de ce pays.

Kris Barras : Oui, même chez moi, les gens pensent parfois que je suis Américain ! Certains me demandent quand je vais rentrer, mais je n’ai pas bougé, je suis là ! (rires)

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de musique US, mais quelles sont tes influences britanniques ?

Kris Barras : Il y en a : Gary Moore a été une grosse influence. Des groupes comme Deep Purple, The Rolling Stones…

Metal-Eyes : Si tu devais maintenant ne retenir qu’une chanson de The divine and the dirty pour décrire ce qu’est ton groupe, ce serait laquelle ?

Kris Barras : Euh.. Question difficile…

Metal-Eyes : La précédente était « bonne », celle-ci est « difficile »… Attends la suite !

Kris Barras (rires) : Ma préférée est What you know of me, très personnelle. J’adore la jouer live, elle signifie beaucoup pour moi. Mais ma préférée serait sans doute Hail Mary

Metal-Eyes : Pas ta préférée, celle qui te représente le plus…

Kris Barras : Sans doute Hail Mary, avec les riffs à la slide guitar, de gros refrains, que les gens peuvent reprendre en cœur.

Metal-Eyes : Et sur scène, à quoi doit-on s’attendre ?

Kris Barras : 110% d’énergie et de passion données à chaque concert ! Des chansons à reprendre en cœur et du bon temps.

Metal-Eyes : Quel a été, jusqu’à maintenant, ton concert préféré, celui dont tu te souviendras longtemps ?

Kris Barras : Oh, il y en trop pour les citer ! On a fait de bons festivals, comme le RavaBlues, en Pologne. Le public polonais est dingue ! Un autre au Royaume Uni… Avec le temps,  et le public qui grossit,ça a été très cool de pouvoir monter nos propres concerts en tête d’affiche. Les gens viennent et connaissent la moindre de nos paroles…

Metal-Eyes : A l’opposée, y at-il un endroit où tu ne te rendrais plus jamais ? (piste 13 – 13’30)

Kris Barras (il explose de rire) : Non, j’ai eu beaucoup de chance de ne pas vivre ce genre de chose !

Metal-Eyes : Nous sommes en 2018, tu vas enregistrer un album qui devrait sortir en 2019. Quelle pourrait la devise de ton groupe, que tu inscrirais sur ce disque.

Kris Barras : Je ne sais pas… Je ne sais pas si j’en aurais !

Metal-Eyes : Tu devrais, chaque groupe que je rencontre a une devise. Après cette question !

Kris Barras (rires) : Il y a une phrase que je disais souvent quand je me battais : « je ne suis pas ici pour gagner en partie, je suis ici pour tout remporter ». En tant qu’équipe on l’utilisait, sous entendant qu’on ne venait pas pour faire de la figuration mais pour gagner.

Metal-Eyes : Ça pourrait le faire…

Kris Barras : Oui, c’est une blague dans le groupe. On se répète ça en festival. C’est un peu une devise dans le groupe, mais on ne le prend pas trop sérieusement.

 

SHVPES:Greater than

Metal, Royaume-Uni (search and destroy/Spinefarm, 2018) – Sorite le 9 septembre 2018

Avec Greater than, les Anglais de Shvpes pourraient bien franchir un pallier et devenir plus que de simples outsiders. Si je n’avais guère accroché avec le premier album du groupe d’un des fils de Bruce Dickinson, en l’occurrence le vocaliste Griffin, je dois bien reconnaître que ce nouvel opus est plus attirant à de nombreux égards. Tout d’abord, le gaillard a décidé de varier ses performances vocales. exit les cris constants, place à plus d’ouverture. Bien sûr la rage est présente, mais on retrouve de nombreux passages plus ambiancés, doux et même une forte influence rap « à la » Prophets Of Rage, ce dès Calloused hands. Et puis, on ne boude pas son plaisir à l’écoute de clins d’oeil à nombre de formations en vue. Comment ne pas penser au Raining Blood de Slayer en écoutant le riff en arrière plan de Someone else? La semi ballade de Two wrongs , no rights séduira les jeunes filles tandis que les « oh oh » de Afterlife laissent penser que le groupe vise haut tant les backings vocs sont aisées à faire reprendre par une foule juvénile en concert. Rap, thrash, metal core, Shvpes serait en train de redéfinir son identité sonore qu’on n’en serait guère surpris. Shvpes propose ici un album puissant, bien produit et surtout varié et s’offre le luxe de convier de prestigieux invités (Matt Heafy de Trivium sur Rain et Rosanne Hamilton, chanteuse folk, sur War). même s’il n’est pas évident à écouter d’une traite, Greater than reste unalbum à découvrir.