SAXON: Thunderbolt

Heavy  metal, Royaume-Uni (Silver lining, 2018)

Saxon reste sans aucun doute le dernier grand représentant de la NWOBHM. Je vous vois déjà vous offusquer et hurler: « Et Maiden, alors? » Si ces derniers sont le symbole même de cette vague qui fit renaître le genre, ils ont aujourd’hui une image et un style qui n’a plus grand chose de commun avec cet esprit prolo qui caractérise toujours Saxon. Donc, je reprends: Saxon reste sans doute le dernier grand représentant de la NWOBHM. L’attitude scénique et/ou musicale continue de rattacher Biff, Paul et la bande à cette époque. A quelques innovations près, Thunderbolt ne déroge pas à la règle qui fait le succès de Saxon. Un peu plus de deux ans après la publication du plus que remarqué Battering ram, les Anglais reviennent avec un nouveau méfait. Soyons clairs, si Thunderbolt ne surprend pas, il apporte toute satisfaction au fan. La marque de fabrique des 5 est reconnaissable – une intro idéale pour les concerts, une déflagration, une explosion, un peu de nostalgie… tous les éléments que  Saxon maîtrise à merveille. En revanche, ce sont les thèmes abordés qui surprennent: rarement Saxon avait exploré le champs du fantastique ou du mythologique. Ici, le pas est brillamment franchi avec Nosferatu, Sons of Odin ou encore A wizard’s tale. Les hommages sont également de la partie: bien sûr, Lemmy, disparu juste après la publication de Battering ram, est au centre de They played rock and roll, mais pas dans le sens premier, puisque ce morceau raconte l’histoire de la première tournée que firent ensemble, en 1979, ces deux groupes devenus légendaires depuis. Predator est une grosse surprise avec le doublage vocal: Biff est accompagné d’un growleur à l’esprit death metal. Et ça marche! On note également ce clin d’oeil à We are the road crew – sans être aussi marquant – qu’est Roadie’s song. Saxon est en grande forme et Thunderbolt en est la preuve. Ce n’est pas demain la veille que nos guerriers de la route préférés diront leur dernier mot!

ANNIHILATOR: For the demented

Thrash, Canada (Silver lining, 2017)

Annihilator n’a pas dit son dernier mot. ça sonne comme une conclusion? Ben oui, et alors? A la première écoute, ce For the demented, nouveau disque du groupe de Jeff Waters me semble plus efficace que le précédent opus studio, Suicide society, trop orienté Megadeth et Metallica. Ici, Waters se concentre sur ce qu’il sait faire de mieux: du thrash old school, aux rythmes endiablés. Forcément, on trouve des traces de ses mentors, mais pas que: certaines (rares) ambiances évoquent même Ghost, c’est dire! L’ensemble est compact, brutal et direct, tout au long des ces 10 morceaux d’une puissance sans pareille. dernière tournée et sur Triple threat, CD/DVD paru l’an dernier. Bien sûr, s’il chante toujours « à la » Mustaine, il semble avoir beaucoup progressé et gagné en confiance. PLutôt que de courir derrière la perle rare, autant se faire confiance, non? D’autant plus que ses accompagnants prennent un certains pouvoir, notamment Fabio Alessandrini qui s’impose comme un des meilleurs batteurs de sa génération. Mais non! Un coup d’oeil aux crédits montre qu’une fois encore, Jeff Waters s’est chargé de tout, jusqu’à la programmation de la batterie… Et ses rythmes son épileptiques et accompagnent merveilleusement un ensemble syncopé, digne d’une crise cardiaque. Vous voulez savoir? Ça sent le Hellfest à plein nez, tant ça cartonne de bout en bout… On en redemande!