SHINING: Animal

Heavy rock, Norvège (Spinefarm, 2018)

Oh que voilà un album qui risque de faire parler de lui! Faut dire que Shining ne nous avait pas franchement habitués. Ce Animal puise carrément dans le hard rock des 80’s, voire dans le dance metal comme le laisse entendre le Take me qui ouvre cet album, très éloigné du black jazz sur fond de cuivres. Ça chante et ça bouge du popotin. Si le morceau titre se veut plus direct, les ambiances restent proches d’un metal electro de (très) bonne facture. Mais rien à voir avec la rage déjantée d’antan… On retrouve un peu de rage vocale au cours de Fight song, et beaucoup de douceur dans le très bien nommé When the lights go down. Smash it up réhausse le tempo, mais bon, il faut s’y faire: cet album est marqué du sceau electro. Metal, mais electro. Bien foutu pour ceux qui aiment danser, Animal présage-t-il de la voie que suivra désormais Shining?

AMARANTHE: Helix

Metal mélodique, Suède (Spinefarm, 2018) – Sortie le 19 octobre 2018

En 2016, Maximalism m’avait quelque peu déçu. Trop dance et racoleur à mon goût. Avec ce cinquième album, Helix, les Suédois d’Amaranthe parviennent à retrouver ma sympathie. Si l’ambiance dancefloor metal est toujours présente, le propos de Helix se fait aussi plus rugueux. On trouve tout au long de cet album des influuences aussi variées qu’Epica (un peu partout), Beyond The Black (Dream), voire même, par instants, de Metallica (les premières mesures de GG6) ou du Rammstein (Breakthrough starshot). Une certaine forme de brutalité ressort des guitares autant que des voix et, naturellement, Helix est émaillé de ces rythmes particulièrement dansants qui font la particularité d’Amaranthe. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter Countdown ou le déjà mentionné Breakthrough starshot au refrain irrésistible. My haven, plus froid et quelque peu prévisible, est moins attirant mais Amaranthe retrouve avec ce nouvel album un peu de sa superbe. A retrouver sur scène avec Powerwolf le 25 octobre prochain au Bataclan!

ANTI FLAG: American reckoning

Punk acoustique, USA (Spinefarm, 2018)

Anti Flag a décidé de prendre son public un peu de court… Les punks anarchistes américains sont de retour avec un nouveau volet de la série « American »: après American spring et American fall, ils nous offrent aujourd’hui American reckoning. Il s’agit en réalité de versions acoustiques des deux albums précités, et le résultat est plus qu’intéressant. Si le chant garde ce côté narquois qui sied tant au punk, le reste est dépouillé et sobre. 7 chansons sont ainsi revisitées, Anti flag leur apportant une autre couleur. Puis, le groupe décide d’un contre pied total avec 3 reprises retravaillées à leur sauce. Autant dire que s’il est surprenant d’entendre Gimme some truth de Lennon aussi électrifiée, la chanson en devient rageusement séduisante, au même titre que For what it’s worth (Buffalo Springfield) et Surender (Cheap Trick). Judicieux et efficace, comme choix qui permet à ce disque de se démarquer de la concurrence. American reckoning, s’il doit être la conclusion d’une trilogie, vient superbent la clôre.

SHVPES:Greater than

Metal, Royaume-Uni (search and destroy/Spinefarm, 2018) – Sorite le 9 septembre 2018

Avec Greater than, les Anglais de Shvpes pourraient bien franchir un pallier et devenir plus que de simples outsiders. Si je n’avais guère accroché avec le premier album du groupe d’un des fils de Bruce Dickinson, en l’occurrence le vocaliste Griffin, je dois bien reconnaître que ce nouvel opus est plus attirant à de nombreux égards. Tout d’abord, le gaillard a décidé de varier ses performances vocales. exit les cris constants, place à plus d’ouverture. Bien sûr la rage est présente, mais on retrouve de nombreux passages plus ambiancés, doux et même une forte influence rap « à la » Prophets Of Rage, ce dès Calloused hands. Et puis, on ne boude pas son plaisir à l’écoute de clins d’oeil à nombre de formations en vue. Comment ne pas penser au Raining Blood de Slayer en écoutant le riff en arrière plan de Someone else? La semi ballade de Two wrongs , no rights séduira les jeunes filles tandis que les « oh oh » de Afterlife laissent penser que le groupe vise haut tant les backings vocs sont aisées à faire reprendre par une foule juvénile en concert. Rap, thrash, metal core, Shvpes serait en train de redéfinir son identité sonore qu’on n’en serait guère surpris. Shvpes propose ici un album puissant, bien produit et surtout varié et s’offre le luxe de convier de prestigieux invités (Matt Heafy de Trivium sur Rain et Rosanne Hamilton, chanteuse folk, sur War). même s’il n’est pas évident à écouter d’une traite, Greater than reste unalbum à découvrir.

GHOST: Prequelle

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2018)

Bon, maintenant que la guerre est finie, revenons sur ce dernier opus de Ghost, ce Prequelle qui a fait tant couler d’encre. Pro, anti? Peu importe, après-tout, car depuis quelques années, Ghost se fait plus populaire que jamais. Son hard rock teinté de pop est, reconnaissons le, efficace, enjoué en entraînant en diable. Papa Emeritus a cédé le pas au Cardinal Copia, se dévoilant désormais quasiment sous son vrai visage, celui de Tobias Forge. Musicalement, Ghost continue de suivre le chemin creusé sur les deux derniers albums, et les Rats, Faith, Dance macabre et autres Life etrernal font mouche à tous les coups. On peut être surpris par la douceur de See the light, forgé dans une pop délicate sinon mielleuse. Ou s’interroger sur la nécessité de ce Miasma instrumental – qui par instants évoque Rush. Pile le genre de morceaux qui ont fait jaser il y a encore peu. Les nouvelles goules font le job, c’est le moins que l’on pouvait attendre après la violente séparation d’il y a quelques mois. Bref, si l’image a changé, la musique progresse et continue de se faire séduisante. On attend maintenant de voir le résultat sur scène. Un spectacle qu’on imagine grandiose.

UNDEROATH: Erase me

Metal, USA (Fearless records/Spinefarm, 2018)

Formé en Floride en 1997, Underoath  développe rapidement une réputation le définissant comme un groupe de Metal chrétien. Aucun lien autre que la religion avec la vague white metal version Stryper ne vient interférer, car Underoath se distingue musicalement, par une brutalité et un modernisme typiquement américains. Erase me, son seulement sixième album, dans son ensemble, donne l’impression que le groupe, et c’est tout à son honneur, vise les stades. Le chant est à la fois hurlé, enragé et entraînant, aidé en cela par une rythmique hypnotique et des riffs très mélodiques. Mais Underoath ne perd pas de vue ses racines hardcore pour autant. Bien que doté de titres actuels, Erase me ne se démarque que difficilement des albums du même genre – post hard core, neo metal –  et peine à me convaincre. Même s’il s’écoute facilement, grâce à une variété musicale incontestable, rien ne se démarque vraiment. Un album à écouter sur la route, sur le chemin de retour des vacances.

GODSMACK: When legends rise

Metal, USA (2018, Spinefarm)

Godsmack a toujours su trouver le juste équilibre pour proposer des albums à la fois puissants et enjoués, sans jamais perdre de vue son esprit joyeux et direct. Avec When legends rise, les Américains ne dérogent pas à la règle, franchissant même un pas supplémentaire qui pourrait – enfin – leur permettre de percer vraiment en France. Car le groupe y retse méconnu alors que, back home, il affiche une palette de hits incontournable et que chacun de ses disque rencontre un franc succès.Qu’est-ce qui, ici, peut les freiner? Les 11 morceaux font mouche, l’auditeur étant aisément entraîné dans le sillage de ces mélodies d’une remarquable efficacité. Direct et doté d’un son d’une lumineuse clarté, parfois, aussi, « radio friendly », tout est réussi. On se prend à chanter en chœur les Bulletproof, Take it to the edge ou Unforgettable, à taper du pied sur le morceau titre ou Say my name… Bien sûr, on n’est guère surpris par le track listing qui propose une ballade (Under your scars) en milieu d’album avant de repartir de plus belle. Godsmack nous propose du Godsmack flamboyant et gourmand, en pleine forme et When legends rise, semble loin de conclure une carrière déjà bien riche. Une ouverture vers la reconnaissance en France, peut-être?

SPIDERS: Killer machine

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2018),

Qu’ils ont le vent en poupe, les groupes suédois! Spinefarm ne s’est sans doute pas trompé en signant les heavy rockers de Spiders, menés par la charmante vocaliste Ann-Sophie Hoyles qui mènent ses compagnons à la baguette. Mélodieux, doux et puissant, son chant est déterminé à séduire l’auditeur. Spiders, avec son nouvel album Killer machine, propose un hard rock typique de ce qui se faisait dans les 70’s. Look inclus. Il suffit en effet de jeter un rapide coup d’œil à la pochette pour comprendre que la période glam est chère au groupe. Alors, bien sûr, la musique évoque Suzy Quatro, un peu de Joan Jett – la « vulgarité » articulaire en moins – et on pense, aussi, au compatriotes de Blues Pills, et, dans sa musicalité dansante et entraînante, à Abba. Le hard rock vintage des Shock and awe ou Burning for you se marient à la tendresse de titres plus rock comme Dead or alive, voire à tendance disco tel Like a wild child, voire au rock direct de Steppenwolf ou, plus récemment de Royal Republic. L’intro – double grosse caisse et guitare dépouillée – de Swan song évoque une version soft du Overkill de Motörhead, en moins rugueux et plus psyché… Une variété parfaitement assumée et maîtrisée.Même le son semble volontairement minimaliste, sans fioritures inutiles. En allant à l’essentiel, Spiders tape dans le mille. Un groupe qu’on espère bientôt découvrir sur scène.

GHOST: Ceremony and devotion

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Qui a déjà vu Ghost live le sait: le groupe frise la perfection à chacune de ses apparitions. Et après seulement 3 albums studio, les Suédois nous offrent enfin un album live, double qui plus est. Le tracklisting de Ceremony and devotion est impeccable, chaque album étant représenté, rien n’étant à jeter. Allez, la seule que l’on puisse regretter? Le public « capté » à San Francisco, trop parfait pour être honnête. Ca sent simplement le travail en studio, tant les interventions tombent pile comme il faut. Mais ne nous arrêtons pas à si peu, la technique a été utilisée tant de fois qu’on n’en est plus surpris. Le principal reste bien le plaisir qu’on a à écouter les Per aspera ad inferi, From the pinacle to the pit, Year zero, Mummy dust… On pourrait tous les citer tant la setlist resseble à un défilé de hits. Ceremony and devotion est le témoignage d’une formation qui, comme d’autres avant elle, a traversé des épreuves qui pourraient remettre en cause son avenir. A suivre lors du prochain Download Paris, en juin prochain, où Ghost nous montrera sans doute un nouveau visage. En attendant délectons nous de cet album délicieusement subversif qui se termine avec l’incontournable speach de Papa Emeritus III précédant Monstrance clock. A savourer vous dis-je!

STONE BROKEN: Ain’t always easy

Rock, Royaume-Uni (Spinefarm records, 2018)

Personne ne pourra nier l’influence de Nickelback sur ce second album des Anglais de Stone Broken (le premier est paru en 2016 ). La puissance, l’efficacité des compos, la production léchée tout est réuni sur Ain’t always easy pour séduire tant les radios que le grand public. Il y a juste ce qu’il faut de séduction dans le chant de Rich Moss – puissant et mélodieux, sans jamais trop en faire –  et un énorme sens du morceau accrocheur pour que succombent rapidement pucelles et tourtereaux… et nombre de médias en recherche d’audience. Worth fighting for, qui ouvre le propos promet de vivre de grands moments rock et Let me see it all, coquin en diable, confirme la bonne tenue de l’ensemble. En tout cas, sur la première partie de l’album. Car la seconde est plus téléphonée, classique et entendue. Comme me le confiait Rich, le chanteur, lors d’une récente interview, Stone Broken a placé, sur chacun de ses album, le titre le plus représentatif de la musique du groupe en premier. Doit-on alors s’attendre à moins d’inspiration par la suite? Ne parlons pas de la ballade racoleuse Anyone – déjà faite un million de fois, souvent en mieux. Si la recette est gourmande, on n’est guère plus surpris jusqu’au final The only thing I need qui relance la machine. En résumé, cet album s’écoute avec plaisir, malgré une baisse de régime qui pourrait presque faire penser à du remplissage. Il y a toutefois un incontestable savoir faire qui rappelle d’autres grands du genre : Alter Bridge, Volbeat ou même Black Stone Cherry font sans doute partie des influences alors ne boudez pas votre plaisir.