GODSMACK: When legends rise

Metal, USA (2018, Spinefarm)

Godsmack a toujours su trouver le juste équilibre pour proposer des albums à la fois puissants et enjoués, sans jamais perdre de vue son esprit joyeux et direct. Avec When legends rise, les Américains ne dérogent pas à la règle, franchissant même un pas supplémentaire qui pourrait – enfin – leur permettre de percer vraiment en France. Car le groupe y retse méconnu alors que, back home, il affiche une palette de hits incontournable et que chacun de ses disque rencontre un franc succès.Qu’est-ce qui, ici, peut les freiner? Les 11 morceaux font mouche, l’auditeur étant aisément entraîné dans le sillage de ces mélodies d’une remarquable efficacité. Direct et doté d’un son d’une lumineuse clarté, parfois, aussi, « radio friendly », tout est réussi. On se prend à chanter en chœur les Bulletproof, Take it to the edge ou Unforgettable, à taper du pied sur le morceau titre ou Say my name… Bien sûr, on n’est guère surpris par le track listing qui propose une ballade (Under your scars) en milieu d’album avant de repartir de plus belle. Godsmack nous propose du Godsmack flamboyant et gourmand, en pleine forme et When legends rise, semble loin de conclure une carrière déjà bien riche. Une ouverture vers la reconnaissance en France, peut-être?

SPIDERS: Killer machine

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2018),

Qu’ils ont le vent en poupe, les groupes suédois! Spinefarm ne s’est sans doute pas trompé en signant les heavy rockers de Spiders, menés par la charmante vocaliste Ann-Sophie Hoyles qui mènent ses compagnons à la baguette. Mélodieux, doux et puissant, son chant est déterminé à séduire l’auditeur. Spiders, avec son nouvel album Killer machine, propose un hard rock typique de ce qui se faisait dans les 70’s. Look inclus. Il suffit en effet de jeter un rapide coup d’œil à la pochette pour comprendre que la période glam est chère au groupe. Alors, bien sûr, la musique évoque Suzy Quatro, un peu de Joan Jett – la « vulgarité » articulaire en moins – et on pense, aussi, au compatriotes de Blues Pills, et, dans sa musicalité dansante et entraînante, à Abba. Le hard rock vintage des Shock and awe ou Burning for you se marient à la tendresse de titres plus rock comme Dead or alive, voire à tendance disco tel Like a wild child, voire au rock direct de Steppenwolf ou, plus récemment de Royal Republic. L’intro – double grosse caisse et guitare dépouillée – de Swan song évoque une version soft du Overkill de Motörhead, en moins rugueux et plus psyché… Une variété parfaitement assumée et maîtrisée.Même le son semble volontairement minimaliste, sans fioritures inutiles. En allant à l’essentiel, Spiders tape dans le mille. Un groupe qu’on espère bientôt découvrir sur scène.

GHOST: Ceremony and devotion

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Qui a déjà vu Ghost live le sait: le groupe frise la perfection à chacune de ses apparitions. Et après seulement 3 albums studio, les Suédois nous offrent enfin un album live, double qui plus est. Le tracklisting de Ceremony and devotion est impeccable, chaque album étant représenté, rien n’étant à jeter. Allez, la seule que l’on puisse regretter? Le public « capté » à San Francisco, trop parfait pour être honnête. Ca sent simplement le travail en studio, tant les interventions tombent pile comme il faut. Mais ne nous arrêtons pas à si peu, la technique a été utilisée tant de fois qu’on n’en est plus surpris. Le principal reste bien le plaisir qu’on a à écouter les Per aspera ad inferi, From the pinacle to the pit, Year zero, Mummy dust… On pourrait tous les citer tant la setlist resseble à un défilé de hits. Ceremony and devotion est le témoignage d’une formation qui, comme d’autres avant elle, a traversé des épreuves qui pourraient remettre en cause son avenir. A suivre lors du prochain Download Paris, en juin prochain, où Ghost nous montrera sans doute un nouveau visage. En attendant délectons nous de cet album délicieusement subversif qui se termine avec l’incontournable speach de Papa Emeritus III précédant Monstrance clock. A savourer vous dis-je!

STONE BROKEN: Ain’t always easy

Rock, Royaume-Uni (Spinefarm records, 2018)

Personne ne pourra nier l’influence de Nickelback sur ce second album des Anglais de Stone Broken (le premier est paru en 2016 ). La puissance, l’efficacité des compos, la production léchée tout est réuni sur Ain’t always easy pour séduire tant les radios que le grand public. Il y a juste ce qu’il faut de séduction dans le chant de Rich Moss – puissant et mélodieux, sans jamais trop en faire –  et un énorme sens du morceau accrocheur pour que succombent rapidement pucelles et tourtereaux… et nombre de médias en recherche d’audience. Worth fighting for, qui ouvre le propos promet de vivre de grands moments rock et Let me see it all, coquin en diable, confirme la bonne tenue de l’ensemble. En tout cas, sur la première partie de l’album. Car la seconde est plus téléphonée, classique et entendue. Comme me le confiait Rich, le chanteur, lors d’une récente interview, Stone Broken a placé, sur chacun de ses album, le titre le plus représentatif de la musique du groupe en premier. Doit-on alors s’attendre à moins d’inspiration par la suite? Ne parlons pas de la ballade racoleuse Anyone – déjà faite un million de fois, souvent en mieux. Si la recette est gourmande, on n’est guère plus surpris jusqu’au final The only thing I need qui relance la machine. En résumé, cet album s’écoute avec plaisir, malgré une baisse de régime qui pourrait presque faire penser à du remplissage. Il y a toutefois un incontestable savoir faire qui rappelle d’autres grands du genre : Alter Bridge, Volbeat ou même Black Stone Cherry font sans doute partie des influences alors ne boudez pas votre plaisir.

MY TICKET HOME: Unreal

Metal, USA (Spinefarm, 2017)

Formé en 2008 dans la tristement célèbre ville de Columbus, dans l’Ohio, My Ticket Home propose un metal alternant entre heavy et neo. Se rapprochant parfois du metalcore, surtout dans les lignes de chant, Unreal, s’il est dans l’ensemble carré et réfléchi, ne parvient que rarement à se démarquer du reste de cette scène qui commence à se répéter. Les guitares sont, à mon goût, sous mixées, pas assez mises en avant pour être vraiment percutantes, et le chant, alternant entre agressivité et clarté, manque de ce quelque chose qui ferait la différence, alorsque les mélodies présentent de nombreux atouts, dont une réelle capacité à faire se bouger les corps. Seulement, l’impression de déjà entendu, de tourner en rond, de répétition du genre s’impose rapidement. Un essai sympa, mais qu’il faudra distinguer de tout ce qui peut se faire dans le genre.

DIABLO SWING ORCHESTRA: Pastifisticuffs

Rock barré, Suède (Spinefarm, 2017)

Certains appellent ça du metal avant-gardiste, je dis que c’est un mélange complètement barré de différents genres musicaux. Incontestablement rock, Diablo Swing Orchestra, joue sur les genre en nous proposant sur ce troisième album, un joyeux mélange de genres. On retrouve un bel esprit country « à la » Steve’n’Seagulls, un chant féminin totalement énervant, des rythmiques enlevées, proche du ska, des influences slaves et tziganes, le tout dans un esprit très cirque et cartoonesque, inspiré par l’univers Disney des années 50 et 60. Le jazz est omni présent, les swing aussi. Remarquable, le chant, masculin et féminin, est aussi traditionnel que dingue – pas de hurlements, non, mais de la profondeur abyssale masculine à une certaine dinguerie narquoise féminine, tout y passe. Déjanté à souhaits, complètement décalé, ce Pacifisticuffs (c’est pas un titre à la Mary Poppins, ça?) s’écoute avec délectation et plaisir. Une joyeuse détente de 13 chansons destinées à égayer nos fêtes de fin d’années? Une chose est certaine: cet album donne la pêche!

ANTI-FLAG: American fall

Neo punk, USA (Spinefarm, 2017)

Ils ont quoi, tous ces groupes US nés dans les 90’s qui se disent issus de la mouvance punk à nous pondre des albums aujourd’hui tout sauf dangereux? Anti-Flag semble suivre les traces des Sum 41, The Offspring ou autres Green Day. C’est efficace, certes, mais trop popisant pour être vraiment l’oeuvre d’un groupe encore en colère. Attention: le chant de Justin Shane a toujours ces intonations narquoises et irrévérencieuses, les influences punks ou ska sont bien présentes un peu partout, cependant le son est trop propre pour le genre, manque de crasse. Selon mes critères, évidemment! Les Ohohoh que l’on retrouve partout sont toutefois une invitation à faire la fête et foutre un gentil bordel. American fall est un album festif, efficace, loin du punk mais, après tout, bigrement entraînant.

CYRHA: Letters to myself

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Quand on prend un ex-Amaranthe (le chanteur Joacim Lundberg), qu’on ajoute 2 ex In Flames (le guitariste jester Strömblad qui a aussi sévi chez Hammerfall ou Dimension Zero parmi d’autres, et le bassiste Peter Iwers), pas étonnant que l’on écoute un album à la fois puissant et mélodique. Et « mélodie » semble êtyre le maitre mot de Letters to myself, le premier album de Cyrha, groupe formé il y a moins d’un an! Tout est ici attirant et suave sans tomber dans la guimauve… Les chansons sont entraînantes, parfaitement produites, et ne visent qu’à faire se trémousser et chanter le public. Karma, Heartrage, Muted life, Holding your breath… Tout est séduisant et carré (sauf la ballade trop prévisible Closure trop sirupeuse, mielleuse à mon goût…) La puissance que l’on retrouve généralement en ouverture cède la place à un chant très AOR, doublé d’une batterie effrénée sur fond de guitares rageuses, grasses et lorgnant parfois du côté du sleaze. Une recette qui a fait ses preuves et qui a encore de beaux jours devant elle. Car même une si cet album est une mer de bons sentiments, quand c’est bien fait, ben… ça le fait!

36 CRAZYFISTS: Lanterns

Metalcore, USA (Spinefarm, 2017)

Jamais je n’ai été un grand amateur de metalcore, ni de neo metal, les deux « étiquettes » qui collent comme de la glu au dos des Américains de 36 Crazyfists. pour son huitième méfait, Lanterns, Brock Lindow seul membre originel, semble toujours aussi déterminé. Si Death eater attque sévère, Wars to walk away from, explosif, est plus ambiancé, un signe encourageant. Mais on ne se refait pas: si 36 Crazyfists sait apporter une savante dose de mélodies à ses compos, le maître mot demeure « brutale efficacité ». Metalcore est sans doute restrictif, mais on reste dans le « core ». Même la power ballad Sea and smoke se fait brutale, contrairement à l’acoustique Where revenge ends, temps calme et doux avant le retour de la furie. Doté d’une belle production, l’album se laisse, finalement, écouter avec plasir. Même si des pauses sont, dans mon cas, nécessaires…

IN SEARCH OF SUN: Virgin funk mother

Rock, Royaume-Uni (Spinefarm records, 2017)

Quel nom judicieusement trouvé! Cela pour deux raisons: d’abord le groupe est anglais et tout le monde connait la météo outre-Manche (ah! c’te blague: la dernière fois que je suis allé à Londres le temps était radieux!). Ensuite parce que, ici, en France – dans sa majeure partie – ce soleil, on l’a cherché cet été… Passons sur ces conditions estivales, et revenons à l’objet du sujet: In Search Of Sun.

Formé en Angleterre en 2011 et déjà auteur d’un album (The world is yours en 2014), le groupe surprend, étonne, intrigue. Si les bases musicales sont clairement hard rock, In Search Of Sun teste et explore, inclut à sa musique divers éléments. La mélodie toujours présente est parfois agrémentée d’influences purement bruitistes (le pont sur Bad Girl) ou, à l’opposée, funky (Mother Funk, un titre qui parle de lui-même). L’esprit explorateur, pas forcément d’un abord aisé, fait par instant penser au rock progressif et/ou au jazz rock. On peut toutefois se demander l’utilité d’un titre comme Little wolf, composé de 55 secondes de… silence, suivies de sons étranges… Une intro à Never dont le groupe aurait pu se passer. Reste qu’en ratissant aussi large (il y a même un titre qui s’intitule In the garden…) pourrait attirer un large public, rock plus que metal, mais large quand même.