STORM THE ARENA: l’affiche dévoilée

Comme annoncé, Live Nation révèle aujourd’hui la programmation du premier festival Strom The Arena qui se tiendra à l’Accor Arena les 11 et 12 décembre prochains.

Du lourd et du varié, des groupes européens de toute envergure viendront raviver la flamme festivalière, si tant est que… Mais décembre est encore assez loin pour espérer que la pandémie fasse enfin partie du passé. Lire la suite

THERAPHOSA: Transcendance

France, Metal (Autoproduction, 2020)

Après un Ep remarquable, le trio francilien Theraphosa revient avec un album complet. Transcendence, produit par l’incontournable Francis Caste, un gage de qualité, démarre avec Stigmata of the purest pain, un titre lent doom, au chant torturé qui alterne entre gouffre profond et sombre et clarté sérieuse. La suite explore divers univers, parfois rock, à d’autres moments proches du prog. Lire la suite

Interview: HELL OF A RIDE

Interview HELL OF A RIDE : entretien avec Franck (basse). Propos recueillis par téléphone, le 20 mai 2020

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Metal-Eyes : Franck appelle pour nous parler du nouvel album de Hell Of A Ride, Nine of cups. Il est sorti quand exactement, ça fait un petit moment ?

Franck : Il est sorti en septembre dernier.

 

Metal-Eyes : Ca fait donc un peu plus de 6 mois qu’il est sorti. Quels sont les retours que vous avez eus ?

 Franck : Dans l’ensemble, extrêmement positif. On a eu quelques retours négatifs de personnes assez déstabilisées par le nouveau son. Mais dans 95% des cas, c’est extrêmement positif. « Grosses production, grosses composition, extrêmement accrocheur », donc, oui, dans l’ensemble, très positif.

 

Metal-Eyes : C’est le second album qui parle des aventures de Mad Dog qui, cette fois, a disparu. Peux-tu nous parler des circonstances de sa disparition ?

Franck : Mad Dog disparait, en fait, ça fait suite à pas mal de tergiversations au sein du groupe… On avait du mal à savoir s’il fallait continuer avec lui, il y avait un débat sur le fait que c’est une mascotte mais qu’en même temps on ne savait pas trop comment gérer son image. Du coup, il a disparu pendant quelques temps, on a laissé parler le groupe, et on l’a fait réapparaitre pour ce nouvel album en le mettant encore plus en valeur sur ce disque et sur les clips. Comme Echoes et Never give up par exemple.

 

Metal-Eyes : En dehors de ces difficultés, qu’est-ce qui l’a fait revenir ? Les Pussy Riders y sont pour quelque chose…

Franck : Oui, tout à fait. On a pris la décision qu’il serait notre mascotte. Un peu comme pour Maiden ou Megadeth. Il nous semblait intéressant de le remettre sur le devant et d’avoir une sorte de fil directeur, un guide pour tout ce qui artwork et clips.

 

Metal-Eyes : Comment définirais-tu la musique de Hell Of A Ride pour quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Franck : La définir précisément en disant que c’est du hard rock ou du heavy metal, non. Ce n’est ni l’un ni lautre, c’est une musique à la croisée de pas mal de styles différents. Je dirai que ça se rapproche de Godsmack, de Papa Roach, aussi. Sous certains aspects, ça se rapproche de Nickelback. On pourrait dire que c’est soit du gros rock, soit du rock alternatif. Mais avec la profusion aujourd’hui de groupes et de styles, c’est difficile. Hard rock, c’est sûr.

 

Metal-Eyes : C’était un peu une question piège, pour bien commencer (il rit) puisque, il y a 5 ans, en en parlant avec vous, je crois que c’est Lo qui définissait votre musique comme du heavy stunt rock…

Franck : Oui, oui, ça pourrait être ça. « Stunt » dans le sens où Mad Dog est cascadeur, donc le stunt peut s’y retrouver. Sur le premier album, le côté voitures avait été pas mal mis en avant. On n’est pas dans du rock anglais, plutôt dans un style heavy américain, californien, donc ça peut se définir aussi comme ça. Le dernier album ayant encore plus d’influences différentes, je dirais plus rock alternatif…

 

Metal-Eyes : Il y a une grosse imagerie dans votre musique, ce qui la rend assez cinématique. Ça fait très Tarantino. Est-il une référence ou une influence, ce réalisateur ?

Franck : C’est peut-etre un peu des deux. C’est évident sur le premier Ep, un peu moins sur Bête noire, le premier album, mais ça a tendance à disparaître sur Nine of cups. Il nous a beaucoup influencé au début mais on a commencé à vouloir trouver nos propres marques en mettant en scène nos propres références et nos univers.

 

Metal-Eyes : Alors comment analyserais-tu l’évolution de Hell Of A Ride entre Bête noire et Nine of cups ?

Franck : Sur Bête noire, on avait fait un travail de composition interne au groupe. Uniquement nous-mêmes. La grosse différence c’est que, sur Nine of cups, on a fait appel à des personnes extérieures au groupe. Des personnes dont on apprécie le travail soit pour la composition, soit pour des arrangements ou des paroles. On a demandé à Charles « Kallaghan » Massabo qui a produit nos précédents disques – c’est un Français qui s’est installé à Los Angeles en 2011, je crois – et qui commence à connaitre pas mal de monde là-bas. On lui a demandé si on pouvait lui donner quelques noms et s’il était possible qu’il nous mette en contact afin de savoir si ces personnes seraient prêtes à travailler sur l’album avec nous. C’est la différence majeure entre les deux albums : l’ouverture à la composition à des personnes extérieures au groupe.

 

Metal-Eyes : Ce qui a, j’imagine, un impact sur votre musicalité et les ambiances en général ?

Franck : Tout à fait. Bête noire avait, je pense, un côté assez rock’n’roll, tandis que Nine of cups a un côté plus complexe et élaboré, dû, en effet, à ces collaborations.

 

Metal-Eyes : Cinq ans, ou presque, entre deux albums, c’est long. Tu l’expliques comment ? C’est de la paresse ou la complexité de votre musique ?

Franck (il rit) : Les deux ! En fait, il y a pas mal de choses : déjà, il faut qu’on se mette d’accord à 5, ce qui n’est pas toujours facile. Il y a beaucoup de discussions, ce qui peut causer pas mal de perte de temps. Ensuite, il y a le travail sur les dates, sur l’univers musical… Il y a pas mal de boulot. Alors, c’est vrai, c’est un peu long entre deux album et on va travailler là-dessus puisque on est déjà en train de travailler sur les idées de compos du prochain album. Ce qui évitera de réitérer cette erreur de trop de temps entre deux albums.

 

Metal-Eyes : Peux-tu nous parler du titre de l’album ? Ça fait très univers du tarot…

Franck : Mais le Neuf de coupe est en effet la carte la plus forte du jeu de tarot qui, en fonction de son sens, a des significations extrêmement positives ou extrêmement négatives. C’est un peu le thème de cet album qu’on a axé du côté ésotérique et fantastique avec le clip de Never give up. Il est inspiré du minotaure et du fil d’Ariane. La carte Nine of cups annonce clairement le côté ésotérique, assez fantastique.

 

Metal-Eyes : Il y a aussi une forme de dualité…

Franck : Elle est mise en valeur dans les clips, où notre personnage principal, John Ringsdale, Mad Dog, fait face à ses propres démons. C’est la dualité de cette personne avec la carte du neuf de coupe.

 

Metal-Eyes : Maintenant que les magasins ont rouvert, je vais te demander d’être commercial et de me vendre cet album…

Franck : Très bonne demande (il rit) … Je pense que la personne qui a écouté le premier album risque d’être assez surprise. Par la production, déjà, dont la qualité est, franchement, énorme. C’est ce que l’on voulait faire mais c’est allé au-delà de nos aspirations dans le sens où la production est vraiment professionnelle. Ensuite la qualité des compositions : elles sont assez complexes, il y a pas mal d’arrangements assez riches au niveaux des voix, des samples, puisqu’on en utilise pour enrichir le tout. Donc ça donne un album assez riche et complexe, et agréable à entendre.

 

Metal-Eyes : Vous avez déjà envisagé la suite des aventures de Mad Dog ?

Franck : Oui, on les a envisagées dans les grandes lignes, donc je ne peux absolument pas être précis à ce sujet. Mais a priori on va continuer avec lui. On a déjà commencé à travailler sur les compositions sans avoir vraiment dégagé l’univers musical. Mais, oui, a priori, on va continuer avec Mad Dog.

 

Metal-Eyes : Ben… Si c’est votre mascotte, ce serait dommage de l’enterrer tout de suite…

Franck : Exactement, ou alors, il faudrait expliquer sa disparition. On n’en est pas encore là.

 

Metal-Eyes : Ce sera une bonne raison pour que les Pussy Riders continuent d’aller le chercher !

Franck : Exactement (rires) ! Bien vu !

 

Metal-Eyes : Vous pourrez aussi faire des Pussy Riders vos mascottes à la place de ce looser de Mad Dog…

Franck : J’avoue que ce serait complexe parce qu’elles sont nombreuses mais ça pourrait être pas mal !

 

Metal-Eyes : Et sur scène, ça peut donner un bon visuel. Ça ferait du monde, mais ça pourrait être sympa… Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Nine of cups pour expliquer ce qu’est Hell Of A Ride aujourd’hui, ce serait lequel ?

Franck : Sans hésiter Never give up, never surrender, donc le clip qu’on a sorti il y a une semaine. C’est un morceau très accrocheur : un riff d’intro qui annonce le morceau et qui devient ensuite vraiment très puissant avec un refrain extrêmement accrocheur qu’on retient facilement. Sans aucun doute, c’est celui-ci.

 

Metal-Eyes : Et toi, à titre personnel, quel est le morceau que tu attends vraiment de pouvoir jouer lorsque vous pourrez redonner des concerts ?

Franck : Je pense que c’est aussi Never give up… Oui

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise aujourd’hui de Hell Of A Ride ?

Franck : En gros, c’est « Never give up, never surrender », encore une fois. En gros, quels que soient les obstacles, les difficultés, ne jamais rester à terre. C’est ce qui fait la force du groupe : on sait que faire de la musique à un niveau assez élevé ou pro, c’est assez compliqué parce qu’il y a une profusion de groupes. Il y a Instagram, Facebook, tout le monde a son soundcloud, tout le monde s’y met. Le fait de se détacher, de pouvoir trouver des dates et de jouer son album, se détacher sur scène, c’est, parfois, difficile. Il y en a dans le groupe qui peuvent doute, se poser des questions. Le fait de douter n’est pas grave, ce qu’il faut, c’est pouvoir se relever par la suite.

 

Metal-Eyes : Sur ma chronique je dis que votre album a un potentiel international. Ça ne vous tenterait pas de faire croire que vous êtes un groupe étranger soutenu par un très gros label ? (NdMP : je pense à ce moment aux Allemands de John Diva qui veulent persuader tout le monde qu’ils sont Américains)

Franck : Euh… si, avoir ce genre d’atout avec nous ce serait énorme. On cherche avant tout un tourneur, plus qu’un label, pour pouvoir nous exporter ou, au moins, commencer par la France et l’Europe avant d’aller un peu partout. Faire croire qu’on est un groupe américain, ce serait quelque chose à faire tenir… Au bout d’un moment, les gens se rendraient compte que nous sommes Français, même si l’univers musical est clairement de culture américaine. C’est évident.

 

Interview: SURVIVAL ZERO

Interview SURVIVAL ZERO : entretien avec Thibault (Batterie). Propos recueillis par téléphone, le 4 mai 2020

Photo promo

Metal-Eyes : Je découvre Survival Zero avec cet album. Peux-tu me raconter l’histoire du groupe.

Thibault : On s’est formés fin 2007 sous l’impulsion de Pierre, le chanteur. Il m’a contacté, m’a envoyé quelques projets de compos qui m’ont accroché. Ensuite, on a démarché les autres membres du groupe.

 

Metal-Eyes : Vous vous connaissiez déjà, avant ?

Thibault : Tout le monde se connaissait déjà, sauf moi. Les autres ont tous déjà eut des groupes ensemble, ont travaillé sur différents projets. Moi, j’étais dans un groupe de death mélodique pendant 10 ans, groupe qui a splitté. Mais je connaissais Pierre de vue. Ça a matché, on s’est lancés à fond. L’idée, c’était de présenter quelque chose de carré dès le début.En termes de visuel, de son, d’environnement du groupe.

 

Metal-Eyes : Vous êtes basés où ?

Thibault : Sur Troyes.

 

Metal-Eyes : Vous sortez votre premier album, The ascension. Le titre est assez explicite, la

Thibault : Après une chute, les épreuves de la vie…

 

Metal-Eyes : Oui, mais le groupe est encore jeune, j’imagine qu’il n’y a pas eu énormément d’épreuves…

Thibault : Oui, après on en a tous eu dans nos vies.

 

Metal-Eyes : Comment en êtes-vous venus à cet album ? Chacun arrive avec ses idées et vous travaillez autour ? Vous travaillez ensemble ?

Thibault : Comme chaque membre est arrivé au fur et à mesure… La base des compos, c’est Pierre, qui avait pas mal de compos, mais chacun y a mis sa patte. On a d’abord travaillé la rythmique, et ensuite, avec l’arrivée de Régis, on a travaillé les ambiances. Nous, on conçoit un groupe où chacun apporte ses idées.

 

Metal-Eyes : Le nom du groupe est un peu osé en ce moment…

Thibault (rires) : ben, c’était pas voulu ! C’est inspiré de Patient zéro, donc je te laisse imaginer ce que ça représente. On est partis de ça, on a un peu inversé le sens pour avoir un côté… un peu plus positif.

 

Metal-Eyes : Euh… « Positif » en parlant de Zéro survivance ?

Thibault : Pas de survie, oui…

 

Metal-Eyes : On trouve beaucoup de choses dans votre musique, du death, du thrash, des choses plus mélodique. Pareil dans le chant de Pierre. Quelles sont vos influences ?

Thibault : On a voulu partir sur une base Machine Head / Lamb Of God, avec l’idée d’utiliser les influences de tout le monde. Benoit, il a plus un côté hardcore, moi, c’est plus le death technique, Pierre, il est plus prog. Tant que ça nous parle…

 

Metal-Eyes : La pochette, elle représente quoi ?

Thibault : On en a parlé avec l’illustrateur, on lui a montré des bouquins, des BD de SF, on lui a montré les paroles, et il nous a sorti ces premiers plans de pochette. Et ça nous a vraiment plu.

 

Metal-Eyes : Plus mystérieux que la pochette, il y a votre logo, une sorte d’enclume dans un hexagone. Quelle en est la signification ?

Thibault : C’est juste un symbole pour représenter le groupe… Avec le S et le Z du nom du groupe… On voulait quelque chose d’un peu mystérieux.

 

Metal-Eyes : Maintenant que tu me dis S et Z, je les vois, ça me parait évident. Ça me fait penser à celui de Twisted Sister, avec aussi un T et un S.

Thibault : Ça ne saute pas forcément aux yeux.

 

Metal-Eyes : De quoi parlez vous dans les textes ? C’est peut-être une question à poser à Pierre…

Thibault : Il t’en parlerait mieux, mais on aborde principalement des sujets comme la dépression, de SM… Des choses sur l’espace, notre place dans tout ça.

 

Metal-Eyes : Basé sur des expériences personnelles ?

Thibault : Ben, lui a fait une dépression et il l’a retranscrite en texte. Mais il l’a fait de façon très imagée pour laisser ouverte l’interprétation de chacun. Il ne veut pas que ce soit une autobiographie.

 

Metal-Eyes : Et y a-t-il des thèmes que vous préférez ne pas aborder ?

Thibault : La Politique, c’est sûr ! On ne mettra jamais les pieds là-dedans. Après, tout reste ouvert. Ce sera assez sentimental, imagé. Des sentiments que chacun peut ressentir.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de The ascension, le plus représentatif de ce qu’est Survival Zero, ce serait lequel selon toi ?

Thibault : Le dernier… The other verse. Je pense qu’elle balaye bien toutes nos influences. C’est une compo qui est assez ouverte sur la fin. Il y a tout ce qu’on peut trouver sur l’album.

 

Metal-Eyes : Et toi, en tant que batteur, sur laquelle tu t’éclates le plus ?

Thibault : Glorious nemesis. Elle est rentre-dedans, et c’est assez plaisant à jouer.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise pour Survival Zero ? Quelque chose que vous imprimeriez sur vos T-shirts et vos albums à venir ?

Thibault : Oh, t’es méchant là (rires) ! Il y a un truc qui revient souvent, c’est « bagarre ». Maintenant, je ne sais pas si sur un T-shirt… Mais c’est vrai, quand on balance un riff, si ça nous plaît, on dit « Bagarre ! », « C’est la bagarre ! »

 

 

Interview: THERAPHOSA

Interview THERAPHOSA : entretien avec Matthieu (basse). Propos recueillis par téléphone, le 11 mai 2020

Theraphosa by Denis Goria – photo promo

Metal-Eyes : Vous êtes originaires de Chelles, en région parisienne et avez déjà enregistré deux Ep, en 2012 et en 2018. Peux-tu compléter votre histoire ?

Matthieu : C’est bien ça. Theraphosa est né en 2007. La formation n’a pas changé depuis, elle est composée de Vincent, mon frère, à la guitare et au chant, moi, à la basse et aux chœurs et du batteur, Martin. On a toujours joué en banlieue parisienne. On a effectivement sorti 2 Ep, Inject the venom en 2012 et un autre en 2018, et nous sortons aujourd’hui notre premier album.

 

Metal-Eyes : Quels ont été les grands marqueurs pour le groupe ?

Matthieu : Pour le moment, je ne pense pas que nous ayons de grands marqueurs.. Si, peut-être en 2016, lorsqu’on est allé enregistrer notre deuxième Ep à Helsinki. C’est grace au photographe Denis Coria : en enregistrant dans un studio, l’ingé son connaissait Denis avec qui il nous a mis en contact. S’en est suivie une collaboration et lorsque l’on voulait enregistrer notre premier Ep, il nous a mis en contact avec Jan d’Amorphis.  C’est ainsi que nous sommes allés l’enregistrer à Helsinki. C’était notre premier réel contact avec la sphère professionnelle de la musique, et ça a été très formateur.

 

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre musique : comment pourrais-tu définir la musique de Theraphosa pour quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Matthieu : Je dirais qu’elle est sombre et élégante, marquée de mélodies qui évoquent un tiraillement entre le bien et le mal, l’ombre et la lumière, et que le tout baigne dans une atmosphère religieuse.

 

Metal-Eyes : « Religieuse » dans le sens pieu du terme ou dans le sens spirituel ?

Matthieu : On peut y voir les deux. Personnellement, j’y vois un sens pieu, mais vous pouvez y voir le côté spirituel. Avec Vincent, nous essayons de trouver un socle commun à nos deux visions, mais aussi à celle de ceux qui nous écoutent. Qu’ils soient croyants ou non, quelle que soit leur religion, d’ailleurs

 

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences ?

Matthieu : Elles sont assez variées… Notamment du Ghost. Vous pouvez retrouver dans certaines lignes de chant et de chœurs cette ambiance que sait créer Ghost.

 

Metal-Eyes : Que peux-tu me dire de ce premier album complet ?

Matthieu : On a enrichi notre musique, on y a ajouté des influences classiques. Aussi bien romantiques que sacrées ou liturgiques. Au niveau des thèmes abordés, on a approfondi notre réflexion de sujets qu’on avait déjà abordés, notamment la transcendance. Bien sûr, et c’est un thème récurrent dans Theraphosa, on traite de la condition humaine. The curse of Cronos, par exemple, traite du temps et de la relation que l’homme entretien avec le temps. C’est un album je pense assez spirituel. Cet aspect, je pense qu’il sera récurrent, voire qu’il définira le groupe.

 

Metal-Eyes : Alors quelle est la part de la religion, de la spiritualité dans le groupe ?

Matthieu : Personnellement ? Je suis croyant, catholique pratiquant, mon frère, lui, est athée, profondément athée, comme le batteur. On peut très bien le ressentir sur ce premier album. Les influences de la musique sacrée, le côté liturgique que peut avoir le groupe. Pour ce qui concerne les thèmes abordés, la transcendance est un très bon exemple car il s’agit d’une notion théologique. Mais elle a été reprise par des philosophes athées. Dans ce cas, on parle « d’immanence ». Ce sont deux notions opposée, mais qui convergent vers la même finalité : le dépassement de soi, de sa condition. D’un point de vue moral, physique et intellectuel. Ce sont ces différences que nous avons dans le groupe qui, je crois, enrichissent ces notions que nous abordons. Bien sûr, quand vous faites de la musique, vous êtes vecteurs d’un message. Et nous faisons en sorte que ce message ne pose pas de problème aux membres du groupe.

 

Metal-Eyes : Donc sans pratiquer de prosélytisme quel qu’il soit ?

Matthieu : Exactement. On essaye d’avoir un double sens dans nos paroles. Parfois, certains morceaux sont plus orientés que d’autres, plus teintés de notions religieuses, d’autres plus athées. Mais il y a un double sens et nous espérons que chacun peut y trouver ce qu’il souhaite.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Theraphosa entre votre Ep et ce nouvel album ?

Matthieu : Du point de vue musical, je trouve que le style de Theraphosa se précise, qu’il a évolué vers quelque chose de plus riche et complexe. Je pense qu’il commence à prendre sa vraie forme. Dans nos relations et nos méthodes de travail, là aussi, les choses ont évolué par le fait que le batteur et moi nous prenions plus part au processus de création, musique et écriture. Nous avons dû développer un processus de travail principalement pour l’écriture. Je n’interférais pas avec ce qu’écrivais mon frère, je ne regardais que une fois terminé. Pour cet album, nous produisons chacun des textes que nous nous présentons, nous jugeons ceux que nous considérons de bonne qualité, ceux avec des notions de ce qu’on aimerait aborder. Ensuite, nous on voit s’il y a des retouches à faire, des choses qui ne représentent pas notre façon de penser et on fait avec.

 

Metal-Eyes : Donc il y a plus une ouverture à la discussion entre vous là où, avant, c’était imposé ?

Matthieu : C’était de fait imposé parce que Martin et moi, n’avion pas le même bagage musical que mon frère. Il avait deux ans de musique derrière lui, et nous, rien. Naturellement, il a pris en charge la composition et l’écriture. Il avait une maturité que nous n’avions pas. On est restés comme ça, naturellement. Maintenant, nous avons tous vieilli, accumulé un peu d’expérience et nous souhaitons participer plus au processus de création. Vincent n’y voit aucun inconvénient.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes que vous ne souhaitez pas aborder, qui n’ont pas leur place au sein de Theraphosa ?

Matthieu : Comme ça, il n’y pas de thème qui me semble inabordable. C’est surtout la façon dont on en parle et le message final. Je vais te donner un exemple : sur Morning star, mon frère tenait à dépeindre la noirceur de l’humanité, ce en quoi, je suis d’accord, car les faits sont là, l’homme a une part d’ombre en lui, et il est le principal créateur de ses souffrances. Seulement, je tiens à y laisser une note d’espoir. Mon but n’est pas de dépeindre la noirceur de l’humanité, de dire que l’homme est mauvais et nous liguer les uns contre les autres, mais plutôt dire que nous sommes tous gris, l’être humain est tout en nuances et qu’il faut l’accepter, accepter la réalité du conflit pour accéder à cette transcendance et accepter la réalité, trouver le moyen d’obtenir ce que l’on désire. Si, les sujets qui pourraient être interdits : ceux qui imposent Dieu ou qui l’insultent. En tant que croyant, je ne peux pas laisser faire ça. Et Vincent, qui n’est pas croyant, ne peut pas laisser un message « missionnaire ». Ce sont des terrains dans lesquels on ne s’aventurera pas dans Theraphosa, ceux qui atteignent directement nos idéaux. On peut en parler, on le fait très régulièrement entre nous, mais pas dans le groupe.

 

Metal-Eyes :  Vous n’êtes ni un groupe chrétien, ni anti chrétien, pro ou anti religieux, donc…

Matthieu : Exactement.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de votre album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Theraphosa, ce serait lequel ?

Matthieu : Ah… C’est un choix assez difficile. J’opterais pour The curse of Cronos. Parce qu’il évoque la condition humaine, sa condition par rapport au temps. C’est un thème récurrent au sein du groupe, donc vous pouvez avoir une idée de ce que le groupe peut aborder comme sujets. Musicalement, il y a beaucoup d’influences : le refrain qui est assez technique rythmiquement, assez pop aussi, dans mon rythme de basse. Dans le pont, il y a des références aussi bien classiques que black metal. Ce titre, avec tous ces mélanges, est assez progressif. Je pense que ce titre peut être le héros de l’album.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un titre que tu attends de jouer avec impatience ?

Matthieu : Tout à fait, c’est Dies irae. Parce que, déjà, j’ai participé à sa création. De plus, la ligne de chant est très agréable et la chanson est vraiment agréable à jouer. J’adore jouer ce morceau, donc en concert, ce sera vraiment un plaisir de la jouer et voir les réactions des gens.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Theraphosa ?

Matthieu : Mhh… La devise ? Pour l’instant, je ne vois pas… Si, peut-être une : ce serait cette symbolique que nous tirons de l’araignée qui est « l’élégance et la résilience »a

DUALITY: Elements

France, Metal (Autoproduction, 2020)

Quatuor de metal dit « moderne » (étiquette fourre-tout par excellence…), Duality a déjà un album et un Ep à son actif (140 waves en 2016 et Archeology en 2017) avant ce nouvel Ep, Elements, daté de mai 2020. Au travers des 5 titres, le groupe explore diverses facettes du genre, honorant ainsi son nom. Car la dualité est effectivement de mise tout au long du disque. Démarrant avec un In the sun aux guitares rageuses et au chant doux, Duality m’évoque un mélange de Seether et de Soen, avant de plonger dans le navire Ship avec des guitares appuyées, des growls bien sentis accompagnés de quelques touches légères de claviers. Mais il manque quelque chose, le titre peine à me convaincre totalement. Les touches orientales qui s’égrainent au fil de Buried – et ses guitares aériennes – et Fluffy cloud apportent certes une autre couleur musicale mais, là encore, il manque quelque chose. Sans doute la facette prog de Duality mériterait-elle moins de hurlements? Solace, justement, m’attire. Autant par la construction que par la force de ce texte à mi parcours, non plus chanté mais simplement, sobrement narré. Une narration accompagnée de quelques vocalises avant qu’une longue partie instrumentale ne vienne joliment conclure ce nouvel essai qui, vous l’aurez compris, ne m’a qu’a moitié séduit. Trop d’explorations, sans doute, un chant qui mériterait moins de cris aussi, en tout cas, selon mes goûts… Mais,malgré tout, un disque prometteur aux compositions réfléchies pour interpeller. De ce point de vue, misson accomplie.

SURVIVAL ZERO: The ascension

France, Thrash/Death (M&O, 2020)

L’echo du sonar d’un sous-marin retentit, un sous marin faisant écho au bleu de la pochette- en perdition? – ainsi qu’au titre de ce premier album de Survival Zero: The ascension. Une ambition brutalement affichée et alimentée d’un mélange de death, thrash assaisonné d’un trait de hardcore. Brutal dès Old man’s path, le groupe se fait pourtant mélodique sur le morceau éponyme, titre qui monte en puissance et en brutalité tout en gardant une forme de fraîcheur grâce à un riff entraînant. Alternant, comme d’autres, entre chant ragé et clair, on remarque la variété vocale de Pierre Lebaillif qui sait être aussi hurleur enragé que gorge profonde ou dérangeant avec un timbre sombre et presque inquiétant. Toujours puissant, Survival Zero ne se cantonne pas cependant à être simplement brutal. Les titres s’enchaînent sans pour autant se ressembler. Briseurs de nuques, appel à headbang, breakdowns, les ingrédients sont tous au rendez-vous dans une joyeuse et judicieuse alternance. Si les cinq gaillards représentés sur la pochette sont les membres du groupe, s’il s’agit de leur ascension, alors faites gaffe: les amateurs de metal extrême risquent bien de se faire choper par Survival Zero.

Interview: SCARLEAN

Scarlean / Photo promo

 

Interview SCARLEAN : entretien avec Alex (chant). Propos recueillis par téléphone, le 27 mars 2020.

 

Metal-Eyes : Pour commencer Alex, comment se passe ton confinement ?

Alex : Bien… Comme tout le monde. On voudrait sortir un peu plus, mais, bon…

 

Metal-Eyes : Pour commencer, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Alex : On peut dater les débuts du groupe vers 2012. Geo nous a rejoints et c’est à partir de là qu’on a vraiment commencé à trouver notre son. On a enregistré un premier album, Ghost, en 2016, en autoproduction, et fait quelques scènes. Puis le line-up a changé, puisque Olivier nous a rejoints à la basse et Fabien à la batterie. Entre temps, on a rejoint Mystyk prod et on a pu ressortir Ghost en 2018 qui a été distribué par Season Of Mist, ce qui nous a donné une autre exposition.

 

Metal-Eyes : Ça a changé quoi pour vous ?

Alex : Déjà, le soutien d’un label. Avoir un label, ça change beaucoup de choses. Déjà, on a eu une exposition plus importante. Et puis la distribution par Season Of Mist, ça signifie que l’album se trouve sur tout le territoire, dans les FNAC, à l’étranger aussi. Nous, seuls, on ne peut pas faire ça ! Ensuite, comme je te disais, Olivier et Fabien nous ont rejoints en 2018, on a composé assez rapidement et enregistré le nouvel album en 2019.

 

Metal-Eyes : Cette nouvelle section rythmique, ça apporte quoi de plus à Scarlean ?

Alex : Ça apporte beaucoup ! On est sur la même longueur d’indes, même si on a des goûts différents. Ils sont tous les deux arrivés avec leurs idées, leurs envies, on s’est très bien entendus à tout point de vue rapidement. Et là, avec Soulmates, je crois que nous avons vraiment trouvé notre voie. Mais note que Fabien n’a pas enregistré la batterie sur cet album, c’est Eric Lebailly, qui a été le batteur d’Adagio, qui s’en est chargé. Ce qui a permis à Fabien de se concentrer sur l’enregistrement, d’apporter son oreille à l’ensemble.

 

Metal-Eyes : Ce qui répond à ma question suivante, en fait. C’est cet apport de la section rythmique qui constitue la plus importante évolution entre vos deux albums…

Alex : Oui, c’est évident. L’apport de Fabien et d’Olivier a été plus qu’important. On s’entend vraiment bien et les influences musicales de chacun trouvent leur place dans Scarlean.

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que chacun a son mot à dire dans le processus d’enregistrement ?

Alex : Oui, tout le monde participe. Tu peux trouver des traces de metal, de hip-hop ; de trip-hop, de hardcore… Si ça fonctionne, c’est bon. Tu sais, j’écoute de tout, à partir du moment où la musique que j’écoute me parle, si elle me touche, ça me va. Et quand on compose, c’est pareil. On a pu mettre un peu de toutes les influences de chacun, et je pense que nous irons encore plus loin sur le prochain album !

 

Metal-Eyes : Justement, parlons un peu de Soulmates. Tout semble en opposition sur ce disque, de la pochette – fille / homme, jeune / adulte, naturelle / maquillé, faible / fort, habillée / nu – au titre – âmes sœurs qui se tournent le dos… Qu’elles étaient vos intentions avec ce disque ?

Alex : Tu as mis le doigt dessus : nous avons voulu travailler la dualité sous tous ces aspects que tu as cités. Aussi bien dans les contradictions que dans les oppositions. Le visuel est important et on y a vraiment réfléchi.

 

Metal-Eyes : Vos influences respectives ont dû aussi nourrir cette dualité ? Comment ça s’est traduit dans le cadre de la composition de l’album ?

Alex : Complètement. Comme on est tous assez ouverts musicalement, chaque chose différente a créé beaucoup d’engouement. Quand Olivier est arrivé avec ses parties de basses slappées, très groove, on s’est regardés, on a dit « woaw, trop bien ! On va pouvoir mettre ça en avant, faire quelque chose avec ! » Michel est arrivé avec des parties de guitare un peu… différentes, innovantes, des arythmies, des choses comme ça. Quand on a maquetté, pareil… Du coup, toutes les influences, on les a digérées, on les appréciées tout au long du process de composition. Du coup, on n’a pas vraiment senti les différences. On a plus pris ça comme une richesse globale, on s’est dit que ça sortait un peu du cadre. Mais, nous, on n’a pas de cadre, on fait de la musique comme on la veut, comme on l’entend. Tant qu’elle sonne à nos oreilles, on ne se pose pas de questions. C’est pas parce qu’on fait du metal qu’on ne peut pas intégrer des choses comme le hip-hop, par exemple. Il y a des choses très bien dans le hip-hop…

 

Metal-Eyes : Et c’est quelque chose qui s’est déjà fait. Comme tu le disais, j’imagine que vous, déjà, vous devez vous faire plaisir, que votre musique doit vous parler, et ensuite, si elle touche d’autres personnes, c’est du bonus.

Alex : Complètement ! L’idée, c’est de faire de la musique avant tout pour nous. On prend ça comme un exutoire, donc c’est avant tout un plaisir. Ensuite, on ne cherche pas à rentrer dans les cases, donc on ne cherche pas à savoir ce qui marche en ce moment pour imiter. On a tous des familles, un travail, on ne vit pas de la musique, donc on n’a aucun intérêt à chercher à en vivre. Nous, ce qu’on veut, c’est que ça reste toujours un plaisir, qu’à aucun moment on ne soit restreints par des obligations de… je sais pas, de tour manager qui te dit qu’il faut aller jouer là-bas, dans une salle pourrave. On veut garder notre liberté, notre individualité musicale. Si ça plait aux gens, et c’est un peu le cas en ce moment, c’est super, parce que ça nous permet de creuser un peu plus cet univers, d’aller un peu plus loin, de nous faire plaisir sur scène, parce que, l’aboutissement, c’est la scène.

 

Metal-Eyes : Justement, un groupe de rock c’est aussi la scène. En ce moment c’est un peu compromis partout, mais j’imagine que dès que possible vous allez tourner. Vous cherchez à tourner où, et dans quel type de salles ?

Alex : Nous, ce qu’on essaie de faire, c’est de jouer dans des conditions… Déjà, on ne joue pas dans les bars. J’adore les lieux avec des jauges à 2-300 personnes parce que je trouve que ça reste à taille humaine. Tu arrives à avoir une vraie complicité avec le public, et j’aime beaucoup ça. Après, on a fait des scènes à 1000-15000 personnes, et c’est intéressant parce qu’on joue sur une grande scène, où on peut vraiment s’exprimer. Globalement, je pense que notre musique est faite pour des grandes scènes, parce qu’on a besoin de lumières et d’autres choses pour mettre en valeur notre musique. Donc ce qu’on vise aujourd’hui, c’est des premières parties dans de belles salles et des festivals. C’est vraiment notre objectif aujourd’hui.

 

Metal-Eyes : Je crois que, malheureusement, les festivals, ce sera pour l’année prochaine…  

Alex : C’est aussi ce qu’on se dit, mais c’est pas grave. On continue de chercher à nous développer, à nous placer sur certaines choses. On est sur le tremplin de la MetalHead Convention à Paris, sur le Motocultor, aussi, où on est sélectionnés en finalistes.

 

Metal-Eyes : Celui-là, c’est au mois d’aout, ce qui laisse encore un peu de temps.

Alex : Voilà, et si c’est reporté, c’est pas grave, on aura au moins été là, on aura entendu parlé de nous, on aura existé à un endroit où on n’aurait pas imaginé exister… La MetalHead convention, on est assez bien placés : ça fait deux semaines qu’ils rentrent des résultats où on est dans les sélections. Ils ont une sélection de 5 genres, et ils nous ont classés dans la sélection « Djent/Prog » (rires). On est toujours dans le flow donc on va aller au bout.

 

Metal-Eyes : Il y a un autre sujet dont on doit parler, ou plutôt une personne puisqu’il s’agit de quelqu’un qui se nomme Annecke qui chante avec toi sur votre version réarrangée mais tout à fait reconnaissable de Wonderful life. Comme s’est fait cette collaboration ?

Alex : On avait décidé de faire une reprise. On a choisi Wonderful life qu’on a maquetté, et en fin de maquette, on a lancé ça en rigolant. Ça fait 25 ans que je suis fan d’Annecke, que je suis depuis son premier album, et je lance, comme ça « eh ! on pourrait faire un featuring ! Demain, j’appelle Annecke ! » Le lendemain, j’étais au téléphone avec Michel, mon guitariste et je lui dis que j’ai envie de le faire, que je vais voir si je peux trouver un mail… On sait jamais, ça pourrait le faire. De là, j’ai envoyé un mail à Stricly creative, qui est tenu par Rob Snijders, son mari qui est aussi l’ancien batteur de The Gathering et de Celestial Season. J’ai envoyé la maquette, en lui expliquant que je souhaitais faire un featuring avec Annecke… J’ai envoyé ça un peu comme une bouteille à la mer, et quelques heures après, j’ai reçu un mail me disant qu’elle adore la chanson originale et qu’elle adore notre proposition d’adaptation, donc… « on y va » ! J’ai relu le mail 30 fois (rires) en me diants que je m’étais planté quelque part, que c’était un pote qui me faisait une blague, mais non, c’e=était bien ça. A partir de là, on est entrés en studio, on a fait notre enregistrement, on lui a envoyé les bandes, elle a enregistré chez elle et 5 jours après on avait les bandes chez nous, avec sa voix posée sur le morceau. Je m’en rappelle parce qu’on était tous dans le studio et quand on a lancé la bande, il y avait un silence… d’écoute. A la fin, on s’est tous regardés en se disant « on a Annecke sur l’album ! » (rires). On est super contents de ce qu’elle a fait.

 

Metal-Eyes : En fait, ça s’est fait de la manière la plus simple qui soit. Qui ne tente rien n’a rien, vous avez osé, vous avez obtenu.

Alex : Exactement. Avant d’envoyer, j’y croyais un peu : on avait un projet qui tenait la route, une chanson pas trop mal, assez sympa. J’y croyais… On était super content, et du coup, sur le prochain album, on espère faire une autre collaboration avec quelqu’un d’autre. On a quelques idées… Le rêve absolu, serait de faire quelque chose avec Lisa Gerrard de Dead Can Dance, ce serait dingue !

 

Metal-Eyes : Pour le moment, il faut faire vivre Soulmates. Alors si tu devais ne retenir qu’un seul titre de l’album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Scarlean, ce serait lequel ?

Alex : Pour moi, ce serait Perfect demon qui est le morceau le plus progressif de l’album, qui part de quelque chose de très suave, très doux et qui, progressivement, monte vers quelque chose de beaucoup plus violent et qui finit en apothéose sur quelque chose de presque black metal, avec un côté très orchestré, une batterie à la double pédale, des guitares en accords inversés, typique du black metal. Parce que, aussi, je trouve que le texte commence avec un couplet pour continuer avec quelque chose qui dit l’opposé du premier et je trouve qu’il rassemble pas mal de facettes : un solo, des parties metal qui rentrent dedans, des parties plus douces, plus doom. Il y a un mélange d’influences dans ce morceau qui est vraiment conséquent et qui nous ressemble le plus, je pense. Il y a un autre titre que j’adore, c’est The smell of the blood, le tout dernier, parce que en plus, il y a une chanteuse qui n’est autre que ma femme, et ça apporte autre chose, d’encore plus personnel.

 

Metal-Eyes : Si tu devais imaginer une devise pour Scarlean en 2020 – quelque chose que vous pourriez mettre sur votre prochain album – ce serait quoi ?

Alex : Une devise ? Notre devise, pour celui-là, c’était… euh … C’était quoi d’ailleurs (rires) ? Ah, oui ! C’était Puissant-Emotionnel-Original, donc la devise en 2020 ce serait « Plus puissant, plus émotionnel et plus original » ! On va creuser l’univers et creuser encore plus ces aspects.

 

Metal-Eyes :  Ca me parrait être une bonne devise.

Alex : Ouais, allez, on valide ! (rires)

 

Metal-Eyes : As-tu d’autres choses à rajouter, Alex ?

Alex : Avec le climat actuel, j’ai envie de dire « restez chez vous, ne faites pas els cons ». Il faut rester optimiste, ce ne sera que mieux quand on pourra enfin se réunir dans les salles de concerts. J’espère que ça fera réagir les gens et qu’ils se déplaceront encore plus pour la scène locale. J’en profite aussi pour remercier tous les webzines et les radios qui parlent de gens comme nous, car sans ça, on n’est pas grand-chose. Et remercier notre fan-base qui grandit de plus en plus. On est toujours étonnés par certains retours. On a récemment fait une édition vinyle de Soulmates par le crowdfunding et on a halluciné de voir qu’il yavait autant de personnes qui adhéraient au projet. On espère que ça va continuer comme ça et qu’on va faire de belles choses en 2020, 2021 et après.

 

DUSK OF DELUSION: Watch your 6

France, Metal (Fantaizic, 2020)

Formé par les guitaristes Matthieu Morand et Claude Colmars ainsi que par le vocaliste Julien Skorka en 2015, Dusk Of Delusion a pour ambition de proposer une musique plus directe que le progressif technique que pratiquent habituellement ses membres. Déjà auteur d’un premier album paru en 2016 ((F)unfair) les Nancéens reviennent avec Watch your 6. L’album se base sur la première guerre mondiale vue par différents yeux, de différentes nationalités, sexes et conditions. Un point de vue qui évite de tomber dans le parti pris. Seulement, dès les premiers mots – qui suivent une intro légère avant un déchaînement dans l’esprit du thème – il est évident que Julien n’est pas anglophone. L’accent rend l’écoute complexe, et lorsqu’il choisi la route du chant, ben… ça n’arrange pas forcément les choses. Un point à travailler si DOD veut franchir les frontières. Musicalement, Dusk Of Delusion bénéficie de la technicité que ses membres ont pu acquérir auprès de leurs autres groupes de la sphère prog – Elvaron ou Akroma parmi d’autres – tout en allant plus facilement droit au but. Cependant, il y a un réel travail sur les ambiances, calmes ou brutales en fonction des besoins du propos. Propos qui mettent en relation un personnage ou événement et un sentiment, une approche qui se révèle rapidement efficace.  Watch your 6 reste cependant un album puissant et l’on attend que de retrouver les 5 sur scène.

FIREMASTER CONVENTION – Châteauroux, du 21 au 23 février

La capitale de l’Indre, Châteauroux, accueille du 21 au 23 février une convention dédiée à l’univers du metal. Pendant 3 jours, le metalheads comme les curieux pourront assister à des conférences, des animations et des concerts. Ainsi se succèderont Black Bomb Ä, ADX – qui célèbre la sortie de son explosif nouvel album Bestial – Vulcain, Chris Holmes, l’ancien guitariste de W.A.S.P. venu avec ses Mean Men. Les conférences porteront quant à elles sur des thèmes portant sur notre pélerinage annuel qu’est le Hellfest, le développement de la scène rock et metal en France, ainsi qu’un mode d’emploi du metal animé par rien moins que Steph Buriez et Fred Leclerq.

Comme toute conventions, les visiteurs trouveront également un market, pourront voir des expos, participer à différentes animations dont un incontournable concours de air guitar.

Le programme complet est consultable sur le site de la Firemaster Convention ainsi que toutes les informations nécessaire à votre bonne organisation. Rendez-vous dès le 21 février à 10 h au Hall des Expositions de Belle-Isle – 1, avenue Daniel Bernardet à 36000 Châteauroux. Et pensez à effectuer vos réservations sur le site qui propose différentes formules: convention 1, 2 ou 3 jours, concerts 1 ou 2 jours et autres possibilités de 5 à 30 euros.