DUSK OF DELUSION: Watch your 6

France, Metal (Fantaizic, 2020)

Formé par les guitaristes Matthieu Morand et Claude Colmars ainsi que par le vocaliste Julien Skorka en 2015, Dusk Of Delusion a pour ambition de proposer une musique plus directe que le progressif technique que pratiquent habituellement ses membres. Déjà auteur d’un premier album paru en 2016 ((F)unfair) les Nancéens reviennent avec Watch your 6. L’album se base sur la première guerre mondiale vue par différents yeux, de différentes nationalités, sexes et conditions. Un point de vue qui évite de tomber dans le parti pris. Seulement, dès les premiers mots – qui suivent une intro légère avant un déchaînement dans l’esprit du thème – il est évident que Julien n’est pas anglophone. L’accent rend l’écoute complexe, et lorsqu’il choisi la route du chant, ben… ça n’arrange pas forcément les choses. Un point à travailler si DOD veut franchir les frontières. Musicalement, Dusk Of Delusion bénéficie de la technicité que ses membres ont pu acquérir auprès de leurs autres groupes de la sphère prog – Elvaron ou Akroma parmi d’autres – tout en allant plus facilement droit au but. Cependant, il y a un réel travail sur les ambiances, calmes ou brutales en fonction des besoins du propos. Propos qui mettent en relation un personnage ou événement et un sentiment, une approche qui se révèle rapidement efficace.  Watch your 6 reste cependant un album puissant et l’on attend que de retrouver les 5 sur scène.

Interview: VULCAIN à la Firemaster convention

Interview VULCAIN : rencontre avec Daniel Puzio (chant et guitare) et Vincent Puzio (basse). Propos recueillis lors de la première Firemaster convention, à Châteauroux, le 22 février 2020

 

Après avoir commencé cette interview dans la loge de Vulcain, Loaded Gun monte sur scène et balance la sauce… nous empêchant d’aller plus loin. Daniel, Vincent et moi décidons de nous réfugier dans le van du groupe où se déroule une interview express que je vous livre aujourd’hui. Même s’ils ne sont pas les plus gais lurons de la terre, retrouver les frangins Puzio est toujours un plaisir, alors ne le boudons pas !

 

Metal-Eyes : Ça fait un bout de temps qu’on ne s’est pas vus, alors première chose : comment allez-vous tous les deux ?

Daniel : Ça va très bien… On est toujours sur la route, alors ça va vraiment.

 

Metal-Eyes : Voici bientôt 18 mois que Vinyle, votre dernier album, est sorti. Quelque part, c’est un retour aux sources. Comme se porte-t-il ?

Daniel : Les retours que l’on a c’est qu’apparemment, il a plu…

 

Metal-Eyes : « Il a plu », donc il ne plaît plus ? (rire général)

Daniel : Si, si, il plait ! On a bien tourné avec. Tout se passe comme prévu, le public est réceptif

Vincent : On a un bon accueil du public un peu partout.

 

Metal-Eyes : Ce disque a bien vécu, alors comment analysez-vous l’évolution de Vulcain entre vos deux derniers albums, V8, qui marquait votre retour aux affaires discographiques et Vinyle ?

Daniel : Peut-être qu’avec Vinyle on est allés un peu plus loin au niveau du travail, on s’est un peu plus penchés sur les compos pour faire en sorte de mieux satisfaire tout le monde…

 

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

Daniel : Comme tu as dit, c’est un peu un retour aux sources… Ce n’est pas comme ça qu’on l’envisageait, mais on est contents que les gens le prennent comme ça. On a tout fait pour revenir pas à nos origines mais à ce que sait faire Vulcain.

 

Metal-Eyes : Rien qu’avec le titre de l’album, il est clair que vous n’allez pas taper dans le trop moderne.

Vincent : Non, ce serait pas nous…

 

Metal-Eyes : Si l’un et l’autre vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Vinyle pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Vulcain en 2020, ce serait lequel ?

Daniel : Je dirais le premier titre, Vinyle, parce qu’il redonne bien l’énergie que déploie le groupe. Ce n’est pas un titre trop speed, mais on sent qu’il y a de l’énergie, de l’agressivité dedans. Ça débouche sur plein d’autres titres de cet album.

Vincent : Je suis d’accord, c’est aussi pour ça qu’on l’a choisi pour ouvrir l’album. Et pour le clip…

 

Metal-Eyes : Il y a un morceau qui est assez représentatif aussi, c’est Backline music. Ça me rappelle un endroit vers Pigalle où on peut acheter du matériel de musique, qui est dirigé par un certain bassiste, d’un certain Vulcain…

Vincent : Comme par hasard (rires) ! Le magasin fait partie de nous, tu sais…

 

Metal-Eyes : C’était quoi l’idée de ce morceau, justement ?

Daniel : Oh, tu sais, il fait partie de l’histoire du groupe, ce magasin. C’est un petit hommage…

 

Metal-Eyes : Donc ce n’était pas pour attirer du monde. D’ailleurs, Vincent, tu as eu des visites à la suite de ça ?

Vincent : Non, non, je ne crois pas…Ça n’a pas influencé le chiffre d’affaires.

Daniel : Pas mal de ces compos ont été faites dans le magasin, justement.

 

Metal-Eyes : Lesquelles n’on pas été faites au magasin, alors ?

Daniel : Je ne sais plus lesquelles… Mais j’y suis moins qu’avant, maintenant que j’ai quitté Paris. Quand j’étais à Paris, on se retrouvait le soir, et on travaillait 3 ou 4 heures les titres….

 

Metal-Eyes : C’est un bon endroit aussi pour tester du matériel et différentes choses.

Vincent : Oui, et pas que…

 

Metal-Eyes : Il y a un autre titre qui me marque, beaucoup plus engagé, qui est très proche de la triste actualité : c’est L’arnaque…

Daniel : Ouai… C’est un hommage au 13 novembre, au Bataclan. Je voulais faire un titre fort dessus, mais je ne voulais pas que le mot « terrorisme » et des trucs comme ça apparaissent. Je parle plus de religion que de terrorisme. C’était pour marquer ce drame, il n’y a pas d’autre mot, mon hommage au Bataclan.

 

Metal-Eyes : C’est plus pour dénoncer la religion dans son ensemble, aussi.

Daniel : En plus, oui. Et le fait qu’on y ait joué avec Motörhead, on voit bien ce qui a pu se passer. Quand tu ne connais pas la salle… Les escaliers qui montent backstage, des gens en panique là-dedans, ça devait être l’horreur…

 

Metal-Eyes : Avec des issues que d’un seul côté, cette salle était un piège à lapin… Mais on continue et on avance… Alors, en 2020, quelle pourrait être la devise de Vulcain ?

Daniel (il réfléchissent tous deux) : Là, tu nous demande un truc…

Vincent : Une devise ???

Daniel : « En 2020, on reste dans le bain ! » (rire général)

 

Metal-Eyes : Vincent, une autre idée ?

Vincent : Euh, non, dans le bain, ça me va bien…

 

 

Metal-Eyes : Ah, c’est dommage, mon épouse n’est pas là ! Pourtant, ça la concerne directement : ce soir, avec Trust, Vulcain devient le groupe français qu’elle aura vu le plus souvent…

Daniel : C’est cool, c’est sympa et flatteur.

 

Metal-Eyes : Ça ne fait que deux fois, je précise (rires).

Daniel : Deux fois, ah, bon… (il rit)

Vincent : Mais c’est cool quand même !

 

Metal-Eyes : Ce soir, vous jouez à la Firemaster convention. Doit-on s’attendre à quelque chose de particulier ? La dernière fois que je vous ai vus, vous fêtiez le 35 ans de Rock’n’roll secours, ce n’est plus le cas aujourd’hui…

Daniel : Non, ce soir on va faire un panaché de Rock’n’roll secours, de Desperados, on a des titres de Vinyle, aussi. Un morceau de V8 et un de Transition, et on joue aussi Le soviet suprême de Big brother

Vincent : Mais en même temps, on ne joue pas longtemps, une heure dix, alors on ne peut pas tout jouer non plus.

 

Metal-Eyes : Merci encore, je vous retrouve tout à l’heure sur scène.

Tous deux : Avec plaisir !

 

 

 

 

 

 

DELTA TEA: The chessboard

France, Prog (Autoproduction, 2020)

Dès les premières mesures de Chessboard, mon esprit est interpellé. Les ambiances imaginées par Delta Tea, groupe francilien formé en 2018, évoquent tout autant le Rush des grands jours (autant dire Rush, tout court…) que le jazz. Les envolées et harmonies de cette guitare légère et sautillante, joyeuse et entraînante, captent immédiatement l’attention et donnent envie d’en écouter plus. Si le CD ne contient que 5 titres, peut-on, pour autant le nommer Ep? En partie, The Chessboard totalisant 34 minutes, soit la durée d’un album d’antan, mais pas encore suffisamment long pour notre époque moderne. Ce premier titre ressemble à un long instrumental jusqu’à l’arrivée de chœurs vers 4’45. Complexe et envoûtant, tel est ce titre d’ouverture. Avec ses claviers planants et ses guitares d’un autre monde, Delocalised, le bien nommé, nous entraîne dans l’espace. La rythmique vient apporter une autre dimension. Les changements de tons et d’ambiances découpent chacun des titres de ce disque en une fresque grandiose, et pas forcément facile d’accès à la première écoute. Je verrai bien The chessboard joué sous la forme d’un ciné concert, tant à la mode ces derniers temps. Until dust continue dans une veine plus déterminée, avec toujours autant de tiroirs et de recoins. Le puzzle lorgne vers des sonorités hispanisantes, voire orientales, autant qu’occidentales. Delta Tea, avec ce premier disque signe une oeuvre complexe, peut-être même un chef d’oeuvre progressif, jazz, rock aux guitares aériennes et furieuses, un disque qui ne peut laisser les amateurs du genre indifférent. Jamais lassant, toujours intriguant, ce disque varié ne mérite qu’une étiquette: Musique. Ni plus ni moins. Une superbe découverte.

7 WEEKS: Sisyphus

France, Metal (F2M Planet, 2020)

Quatre années d’attente. Une longue période qui sépare A farewell to dawn (2016) de ce nouvel album, Sisyphus. La route a été longue et semée de doutes, de ceux qui font même penser à jeter l’éponge. Mais 7 Weeks se remet à l’ouvrage, à l’image du mythologique personnage de Sisyphe qui est condamné à éternellement pousser un rocher en haut d’une montagne. Cette montagne d’épreuves, les Limougeots l’ont vraisemblablement surmontée et nous proposent un album riche, puissant et varié. Que les chansons soient plus directes (Solar ride, Magnificent loser, le cauchemardesque Insomniac) ou ambiancées (Gone, Sisyphus), voire aériennes (Idols) ou quasi psyché (Breathe et son solo très 70’s, The crying river également très southern rock), le groupe se fait plaisir en explorant divers univers sonores. C’est efficace, le chant de Julien Bernard colle parfaitement à l’esprit rock embué et enfumé du groupe qui taille dans le vif  avec un album court (à peine plus de 36′). La tournée a commencé, espérons qu’elle se rallonge!

PORN: No monsters in god’s eyes

France, Metal indus (Les disques Rubicon, 2020)

A peine plus d’un an aura passé depuis le second volet de la biographie de Mr Strangler. Voici donc le gamin morbide devenu adulte psychopathe revenir pour le dernier acte de son histoire. Avec ce No Monsters in god’s eyes – Act III, Porn met un terme à ce récit grandiloquent et décadent. Les 13 morceaux narrent,  sur fond de metal industriel inspiré autant par Ministry que Rammstein, les derniers jours sur Terre de Mr Strangler. Après l’enfant se découvrant une attirance pour la mort, le second volet le voyait passer à l’acte et prendre du plaisir à tuer. Ici, Mr Strangler est arrêté, interné et exécuté. La froideur des sons industriels, le rythme lourd, oppressant le chant lent posent le cadre dès Dead in every eyes. Dans un délire qui lui est propre, Philippe, le père de Mr Strangler et chanteur de Porn, décomposent certains morceaux (High summer day et Low winter hope) en plusieurs parties qu’il éparpille, tel un corps dépecé, tout au long de l’album. Un jeu de piste qui ajoute encore au mystère de cette sombre histoire. Des touches de Paradise Lost ressortent sur le très sombre Low winter hope, tandis que In an endless dream lorgne plutôt du côté de la cold wave, et certains passages évoquent même l’univers sonore de Pink Floyd… En variant les ambiances et les rythmes, non seulement Porn parvient à maintenir l’attention mais également à dépeindre les différents tableaux de cette oeuvre – car il s’agit bien de cela. Bien que ce troisième acte s’écoute de bout en bout avec plaisir, c’est ensemble que The ogre inside (2016), The darkest of human desires (2019) et No monsters in god’s eyes (2020), les trois volets de cette « aventure », doivent être écoutés pour prendre toute la mesure de cette oeuvre unique, ambitieuse et particulièrement réussie. Ça tombe bien, Porn nous promet un package réunissant l’ensemble de ce « gorepéra » metal.

Exposition photos: Yann CHARLES à la Maroquinerie

ANNULE !

Les amateurs le savent: Yann Charles, en plus d’être un bon vivant légèrement grande gueule, est surtout un incontournable des pits photos de Paris et de Picardie.

La Maroquinerie accueillera à partir du lundi 23 mars le photographe dans le cadre d’une exposition de certaines de ses œuvres que le public pourra découvrir aux horaires d’ouverture de la salle, dans la partie bar restaurant (au fond de la cour, si vous ne connaissez pas).

Si vous souhaitez voir et/ou rencontrer Yann, le vernissage se fera le vendredi 27 mars à partir de 19h. Dans un premier temps, l’exposition sera en place jusqu’à fin avril, et pourrait reprendre en juin.

Les amateurs de beaux clichés et de metal (rock et blues sont aussi de la partie) pourront se procurer un tirage original et/ou le livre que Yann va consacrer à l’ensemble de son travail.

DEMONS & WIZARDS: III

Heavy metal, USA/Allemagne (Century media, 2020) – en bacs le 21 février 2020

Il aura fallu à Jon Schaeffer (Iced Earth, guitare, basse, etc) et Hansi Kürsch (Blind Guardian, chant) pas moins de 15 ans pour accoucher d’un troisième album de Demons & Wizards. Autant dire que toute une nouvelle génération va pouvoir découvrir ce « super groupe » qui n’en est pas tant que ça et son univers à la fois traditionnel et moderne. Dès Diabolic, et ses guitares rapides, le groupe – pardon, le duo – nous rappelle sa passion pour les univers fantastiques et quelque peu démoniaques. S’éloignant des standards du genre avec 3 titres longs (Diabolic dépasse 8′, Timeless spirit atteint les 9’20 et Children of Cain va au delà des 10′), D&W parvient toutefois à ne pas lasser, notamment en alternant rythmes rapides et plus lents ainsi qu’ambiances sombre et plus lumineuses. Invincible a parfois des accents assez pop, tandis que d’autres titres sont foncièrement plus heavy et inquiétants, à l’instar de Wolves in winter ou New dawn. Étonnamment, Final warning ressemble à Wolves au niveau des guitares, assez similaires, il faut le reconnaître. Dommage que les deux se suivent, c’est sans doute la seule faute de goût de l’album… Les moments plus calmes sont aussi présents, comme au travers de Timeless spirit qui monte cependant en puissance tout au long de ses plus de 9′, tout comme Children of Cain. Bien qu’évoluant dans un autre registre, Dark side of her majesty m’évoque l’univers de Ghost, en moins pop, tandis que les guitares du splendide Midas disease rappellent celui d’AC/DC. La voix s’en éloigne cependant, et le riff hypnotique  nous replonge dans le heavy US de la fin des années 80. Au travers de ces 11 morceaux, Demons & Wizards parvient à explorer des univers à la fois familiers – on ne se défait pas aussi facilement de ses groupes de prédilection – et variés, du sombre à l’enjoué, à l’instar de Split. L’association américano allemande fonctionne ici à merveille et l’on espère simplement qu’il ne faille pas attendre encore plus de dix ans pour avoir un nouvel album. Je comprends mieux maintenant les difficultés que m’exprimait Hansi lorsque je lui ai demandé quel titre de l’album était, selon lui, le plus représentatif… Tous et aucun à la fois, en fait, et c’est, au final, tant mieux!

ELFIKA: Secretum secretorum

Metal symphonique, France (Valkyrie rising, 2020) – Sortie le 28 février 2020

Quand on parle de metal symphonique, impossible de ne pas penser à Nightwish, Within Temptation ou encore Therion. Difficile également de ne pas penser au chant féminin. Et en France, on pense à qui? Adagio, aux sonorités parfois extrêmes? Benighted Soul, qui malgré la meilleure volonté du monde ne trouve pas son public? Tout comme Whyzdom? L’arrivée d’Elfika pourrait modifier quelque peu la donne. Lire la suite

BIFF BYFORD: School of hard knocks

Hard rock, Angleterre (Silver lining, 2020) – En bacs le 21 février 2020

Annoncé depuis un bout temps, le voici enfin arrivé ce premier album solo de Biff Byford, le mythique chanteur de Saxon. Ce School of hard knocks arrive à point pour rassurer les fans après les problèmes de santé qu’a connu le grand Biff. Car le gaillard et très en voix, qui se bonnifie avec le temps. Dès le premier titre, Welcome to show, et comme pour faire la nique à certains qui perdent un peu de puissance avec l’âge, il se permet même quelques envolées dans les aigus (il conclue de la même manière avec Black or white, d’ailleurs…) Puis entre dans une phase autobiographique avec le très rock titre éponyme, entraînant, évoquant autant AC/DC que le classic rock puissant des 70’s. C’est d’ailleurs une constante tout au long de ce disque qui regarde plus du côté du hard rock que du heavy metal de Saxon, même si la voix de Biff ne laisse aucun doute quant à savoir de qui il s’agit… Certes, les chansons ne correspondent pas entièrement à l’esprit Saxon, et sont l’oeuvre de diverses collaboration. On se plonge ainsi avec plaisir dans l’hispanique Inquisitor au texte d’Edgar Poe narré qui précède l’inquiétant The pit and the pendulum,  ou dans la version particulièrement chaleureuse de Scarborough fair (Simon & Garfunkel). S’il s’est entouré de nombreux invités – on retrouve notamment Frederik Akesson (Opeth) à la guitare et Christian Lundqvist (The Poodles) à la batterie, personne n’est surpris de la participation du fidèle Nibbs Carter, son habituel bassiste au sein de Saxon, sur Pedal to the metal et Hearts of steel, qui sont avec Worlds collide les morceaux les plus heavy du lot. On n’est pas plus surpris de la participation de l’ami de longue date qu’est Phil Campbell, parmis les noms les plus connus.  Comment, également ne pas être touché par Me and you, véritable déclaration d’amour qu’il fait à son plus fidèle compagnon musical, le guitariste Paul Quinn qui signe d’ailleurs la musique à la simple guitare folk accompagné d’une rythmique discrète. Biff Byford nous propose ici de découvrir d’autres inspirations musicales, sans toutefois s’éloigner fondamentalement de son terrain de prédilection. Un bel album, personnel et plus confidentiel que son habituel groupe, un intermède de remise en forme également. Le gaillard n’a, heureusement, pas dit son dernier mot!

ADX: Bestial

France, Heavy metal (Ultim records, 2020)

Les voici de retour nos défenseurs du speed metal à la française! Malgré de réguliers mouvements de personnels, ADX a toujours su maintenir le cap. Le départ de Betov, figure historique du groupe aurait pu marquer un vrai tournant mais il n’en est rien. Neo, le bien nommé nouveau guitariste qui le remplace, a aujourd’hui un vrai défi à relever. Mais on peut compter sur l’épine dorsale du combo que sont Dog et Phil, batteur et chanteur aux commandes depuis le début, pour ne pas faire un choix à la va-vite. Julien Rousseau (basse, arrivé en 2014 pour Ultimatum) puis Nicklaus (2016 sur Non serviam) ont tous deux su apporter leur personnalité et un vrai capital sympathie tout en donnant un nouveau souffle aux anciens et apporté un renouveau d’énergie scénique. Et voici que ça se répète avec Neo pour ce nouvel album Bestial qui n’est là que grâce à la levée de fonds réussie via Ulule. ADX sonne comme à ses débuts, speed, enragé, tout en ayant un son totalement moderne. Phil n’a rien perdu de sa voix, les guitares de Neo et Nicklaus rivalisent d’énergie, mélodie et vélocité, la basse de Julien claque et bastonne sec, et Dog… Punaise, rien ne va en venir à bout de ce batteur! Il bûcheronne et martèle comme un diable en cage! Il reste sans aucun doute un des plus efficaces et puissants batteurs en matière de metal et n’a rien à envier aux plus jeunes. Ce serait même plutôt le contraire! Le style d’ADX est certes immédiatement reconnaissable dès Au dessus des croix noires, mais on se plait à découvrir des rugissements proches du black en fond, des cris discrets et justifiés. Et textuellement, le groupe continue de diversifier son propos, explorant mythes et légendes (Au dessus des croix noires, Collecteur de chair au refrain pourtant d’actualité), de faits divers (Les sanguinaires) ou historiques (Overlord). Mais on se penchera également sur cette longue pièce qui a donné son nom à l’album: Bestial, conte d’heroic fantasy, est divisé en trois chapitres de deux parties chacun. Un morceau épique, varié, puissant et, parfois oppressant et inquiétant. Nos vétérans et ardents défenseurs d’une certaine idée du metal sont loin, très loin d’avoir dt leur dernier mot. Car Bestial porte bien son titre et se place dans la ligné de ses meilleures productions, toute époque confondue. Un must!