ATREYU: In our wake

Metalcore, USA (Razor & Tie, 2018) – Sortie le 12 octobre 2018

Atreyu revient avec In our wake, un nouvel album pas piqué des vers. Les vers de la poésie, s’entend! Le metalcore sans concession des Américains a depuis longtemps fait ses preuves et, que l’on soit sensible ou non au genre, une chose est sure: les gaillards cartonnent! Produit par John Feldman, déjà aux manettes de Lead sails and paper anchor en 2007, les amateurs retrouveront des traces de cette époque. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, car en faisant de nouveau appel à ce producteur, Atreyu  replonge dans son passé. Un passé qui, semble-t-il a été réclamé par les fans sur la route et qui a rallumé une flamme pas encore éteinte. Bien sûr, cet album n’est en rien passéiste, il reste moderne tant dans ses compositions, brutes et directes, que dans sa production, puissante et claire à la fois. Bien que n’étant pas sensible au genre, je dois reconnaître l’efficacité de morceaux comme Terrified, Into the open ou le morceau titre. La violence d’un Nothing will ever change ne déplairait sans doute pas à un Slayer des premiers jours… Metalcoreux, vous savez ce qu’il vous reste à faire!

ANTI FLAG: American reckoning

Punk acoustique, USA (Spinefarm, 2018)

Anti Flag a décidé de prendre son public un peu de court… Les punks anarchistes américains sont de retour avec un nouveau volet de la série « American »: après American spring et American fall, ils nous offrent aujourd’hui American reckoning. Il s’agit en réalité de versions acoustiques des deux albums précités, et le résultat est plus qu’intéressant. Si le chant garde ce côté narquois qui sied tant au punk, le reste est dépouillé et sobre. 7 chansons sont ainsi revisitées, Anti flag leur apportant une autre couleur. Puis, le groupe décide d’un contre pied total avec 3 reprises retravaillées à leur sauce. Autant dire que s’il est surprenant d’entendre Gimme some truth de Lennon aussi électrifiée, la chanson en devient rageusement séduisante, au même titre que For what it’s worth (Buffalo Springfield) et Surender (Cheap Trick). Judicieux et efficace, comme choix qui permet à ce disque de se démarquer de la concurrence. American reckoning, s’il doit être la conclusion d’une trilogie, vient superbent la clôre.

JOE BONAMASSA: British blues explosion live

Blues Rock, USA (Provogue, 2018)

Mais il ne s’arrête jamais, le gaillard! Studio, live, collaborations diverses… Joe Bonamassa passe le plus clair de son temps à jouer au point qu’on peut se demander s’il a d’autres centres d’intérêts. Il joue. Pour son plaisir, et celui de partager. Et pour le nôtre, aussi. Car loin de Joe l’idée de se répéter, de se reposer sur son répertoire, pourtant déjà très riche. Ici, avec British blues explosion live, Joe nous propose non pas un double album live, mais un double album live hommage aux grands du genre. Il se fait plaisir en reprenant du Jeff Beck, Eric Clapton, Jimmy Page… Ce disque a été capté lors de son concert donné le 7 juillet 2016 à Londres. Pas de lézard, le son est irréprochable, tout autant que l’interprétation de ces 14 titres qu’on souhaiterait entendre s’étirer encore et encore… Est-il utile de se plonger dans le détail de ce disque, d’extraire un morceau plutôt qu’un autre? Non, car les amateurs du guitariste savent qu’ils peuvent, les yeux fermés, se procurer l’un, l’autre ou la totalité des formats de ce British blues explosion live: double CD, DVD, Blu-ray ou même triple vinyle bleu-blanc-rouge. Pas de cocorico ici, non, non… il s’agit bien des couleurs du drapeau britannique, pour honorer l’héritage rock et blues que laisse ce pays. Un must, à consommer sans modération.

FIVE FINGER DEATH PUNCH: And justice for none

Metal, USA (Eleven seven, 2018) – Sortie mai 2018Aau regard des événements de l’an passé – le départ brutal d’Ivan Moody en cure de désintox et son remplacement sur le pouce par Tommy Vext, chanteur de Bad Wolves – on peut se demander où Five Finger Death Punch (5FDP pour les intimes) a trouvé le temps d’enregistrer ce septième album, paru juste avant l’été. Mais il est bien là, et Moody en forme. Le groupe va droit au but, proposant 13 chansons qui, pour la plupart, durent moins de 4′. Recherche d’efficacité oblige. Fake et Top of the world sont une introduction brutale et agressive – quelqu’un peut s’amuser à compter le nombre de « fuck »  et dérivés crachés par Moody sur le premier morceau, svp? avant que 5FDP ne varie ses plaisirs. Blue on black, une ballade qui monte en puissance, sonne comme une confession du chanteur. Puis les affaires sérieuses reprennent avec des tonalités qui évoquent les albums qui ont permis au groupe de vraiment commencer à percer en Europe, les deux volets de Wrong side of heaven. Un peu de piano sur I refuse introduit la seconde power ballad un peu sirupeuse bien que dotée d’une jolie mélodie (tout comme la troisième, When the seasons change). La paire de guitaristes – Zoltan Bathory et Jason Hook – tricotent des riffs puissants qui tranchent dans le vif. On regrettera simplement un peu trop de morceaux « doux », même si Will the sun ever rise qui clôt ce disque propose différents tempi, du lent au rageur. Si 5FDP tient ce rythme, et espérons que la cure d’Ivan ait été, malgré sa rapidité, efficace et sera durable, il ne fait guère de doute que le groupe franchisse un nouveau palier grâce à cet album varié et plus que réussi.

BAD WOLVES: Disobey

Metal, USA (Eleven seven, 2018) – Sorti le 11 mai 2018

Tommy Vext s’est fait remarquer l’an dernier en remplaçant, au pied levé, Ivan Moody, démissionnaire temporaire (filant en cure de désintox) et depuis revenus au sein d’un 5FDP sous les feux de la rampe. C’est en cette même année 2017 que se forme Bad Wolves avec le même Vext au chant, accompagné des guitaristes Chris Cain et Doc Coyle, du bassiste Kyle Konkiel et du batteur John Boecklin, tous ayant déjà un solide passé musical au sein de, en vrac, Devil Driver, Vext, God Forbid, In This Moment et j’en passe. Bad Wolves est donc une sorte de super groupe dont on peut attendre le meilleur avec Disobey, son premier album paru en mai (tient, comme le dernier 5FDP!) chez Eleven seven (tiens, comme le dernier 5FDP, quelle coïncidence étonnante!). Alors, oui, la puissance est là – l’ensemble est bien plus rugueux que 5FDP, par exemple – et les surprises au rendez-vous. Bien sûr, on ne peut que s’attarder sur cette reprise savamment retravaillée du Zombie des Cranberries, véritable hommage à sa chanteuse brutalement disparue, Dolores O’Riordan. C’est le morceau le plus calme de cet album qui se rapproche souvent du metalcore. Sauf que le chant est ici plus mélodique que ce que nous propose habituellement ce genre explosif. Ici, après les deux premiers titre rentre dedans (Officer down, Learn to live), les mélodies se veulent imparables (No masters, Remember when, ou la ballade Hear me now), les airs facilement mémorisables ou les riffs épileptiques (Better the devil, Jesus slaves) mais… Mais tout semble tellement travaillé pour faire mouche que je me demande combien de temps ils peuvent tenir ces gars de L.A. Et puis, quand tu vas sur le site et qu’en guise de page d’accueil tu tombes sur le merch avec un maillot de basketball à plus de 100 USD, pour un jeune groupe, il y a de quoi se poser des questions, non? Au final, Bad Wolves nous offre un premier album puissant, varié, qui s’écoute d’une traite avec plaisir. C’est un bon début.

SUICIDAL TENDENCIES: STill cyco punk after all these years

Crossover, USA (The Orchard, 2018) – Sortie le 7 septembre 2018

Pratiquement deux ans jour pour jour après la sortie de l’excellent World gone mad, Suicidal Tendencies revient avec STill cyco punk after all these years. ST en majuscule, détail qui a son importance. Pourquoi? Parce que si, à l’évidence, il s’agit d’un clin d’oeil aux initiales du groupe de Mike Muir, et que le mot en entier – « still » signifie « toujours » ou « encore » – le reste, en minuscules – « ill » donc – signifie « malade ». Alors le groupe est-il toujours cyco punk après toutes ces années ou au contraire ST est il malade, découragé de ce genre? Faut dire qu’avec les nombreux changements de line-up – Muir reste le seul membre originel du combo californien de Venice – ce ne serait guère étonnant. Une seule solution, cependant, pour trouver la réponse: écouter cet album. Et dès l’introductif I love destruction, le message est clair: le skate punk, ou plus simplement crossover des Américains fait mouche. On sent même une certaine joie et un vrai plaisir à se retrouver. Chacun des musiciens à son espace d’expression, à l’instar de Dave Lombardo qui se lâche littéralement sur All kinda crazy dès que son tour est annoncé. Lost my brain… once again fait évidemment référence à l’album que Mike Muir a enregistré sous le patronyme de Cyco Miko en 1996. Et là, je me dis (les fans de longue date, que je ne suis pas, auront vite fait le lien): « oui mais… attends, y a un truc ». Et en effet, ce STill cyco punk ressemble à s’y méprendre à un réenregistrement dudit Lost my brain, l’ordonnancement des titres variant quelque peu. Seul Sippin’ from the insanitea ne figure pas sur l’album de 1996. Alors si ST est en forme, j’en reviens à ma question: doit-on traduire le titre de cet album par « toujours en forme » ou « ST malade »?

THE MAGPIE SALUTE: High water 1

Rock, USA (Provogue, 2018) – sorti le 10 août 2018

C’est en 2016 que se forme The Magpie Salute sous l’impulsion de Rich Robinson. Oui, celui là même qui fit les beaux jours des Black Crowes et qui revient aujourd’hui avec High water 1. On ne s’étonnera guère dès lors des influences du groupe, qui puise inlassablement dans le rock – qu’il soit hard ou pas – des années 70. Si Mary the gypsy démarre avec de faux airs « d’entrez dans l’arène », High water qui suit lorgne du côté de Led Zeppelin, tout comme ce superbe blues lancinant et légèrement psyché sur For the wind, la gouaille de Plant en moins. Mais le chant reste tout au long prenant, sensuel et s’accorde parfaitement aux guitares décalées, blues et envoûtantes. Parfois, comme sur Send me an omen, la rage évoque les Stones. The Magpie Salute surprend aussi lorsque, sur Sister moon, les guitares cèdent quasiment la place au piano. Le rock pur jus est également de la partie (Take it all). Cet album, vintage sans être nostalgique, respire entièrement la musique populaire américaine, du rock à la country et s’adresse à tous les amoureux de choses simples.

UNDEROATH: Erase me

Metal, USA (Fearless records/Spinefarm, 2018)

Formé en Floride en 1997, Underoath  développe rapidement une réputation le définissant comme un groupe de Metal chrétien. Aucun lien autre que la religion avec la vague white metal version Stryper ne vient interférer, car Underoath se distingue musicalement, par une brutalité et un modernisme typiquement américains. Erase me, son seulement sixième album, dans son ensemble, donne l’impression que le groupe, et c’est tout à son honneur, vise les stades. Le chant est à la fois hurlé, enragé et entraînant, aidé en cela par une rythmique hypnotique et des riffs très mélodiques. Mais Underoath ne perd pas de vue ses racines hardcore pour autant. Bien que doté de titres actuels, Erase me ne se démarque que difficilement des albums du même genre – post hard core, neo metal –  et peine à me convaincre. Même s’il s’écoute facilement, grâce à une variété musicale incontestable, rien ne se démarque vraiment. Un album à écouter sur la route, sur le chemin de retour des vacances.

TRAUMA: As the world dies

Thrash, USA (Rivet records, 2018)

Forcément, pour les anciens comme moi, quand un groupe s’appelle Trauma, le nom évoque certainement le premier combo d’un certain Cliff Burton. Mais, bon, As the world dies parait en 2018, alors il y a peu de chance pour qu’il s’agisse du même. Et pourtant, si: les crédits indiquent bien que le chanteur est un certain Donny Hillier, et que le batteur se nomme Kris Gustofson, deux membres de la formation d’origine. Et quand je glisse le CD dans mon lecteur, je me prend une jolie claque: Lire la suite

Richie Sambora + Orianthi: Radio free America

Rock/Pop, USA (BMG, 2018)

Richie Sambora, le mythique guitariste de Bon Jovi, et sa compagne Orianthi, qui l’a accompagné sur sa dernière tournée solo et a sévi auprès d’Alice Cooper il y a quelque temps, se réunissent sous le nom de RSO – Richie Sambora + Orianthi, sans surprises, et nous offrent aujourd’hui Radio free America, un disque produit par Bob Rock. En démarrant avec Making history, un titre foncièrement rock, entrainant et dansant, on se prend à espérer que la suite va monter en puissance. Lire la suite