Interview: Mark MORTON

Entretien avec Mark Morton (guitares). Propos recueillis à Paris, Hôtel Alba Opéra le 27 février 2019

 

Metal-Eyes : Mark, tu es le guitariste de Lamb Of God, mais tu n’es pas ici pour parler de ton groupe mais de ton album « solo ». Comment se déroule cette tournée promo jusqu’à présent ?

Mark Morton : Bien ! On a réussi à caser de nombreuses interviews en peu de temps. J’ai commencé avant-hier en Suède, où j’ai passé une journée complète, je suis arrivé à Paris hier et repars demain. Je me sens honoré et très privilégié de voir qu’autant de personnes souhaitent me parler au sujet de ce projet. Jolie montre que tu as là…

Metal-Eyes : Merci ! C’est un cadeau de mon épouse.

Mark Morton : Elle a bon goût. En matière de montres en tout cas !

Metal-Eyes : Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’écouter ton album, mais il semble que tu aies commencé à travaillé sur Anesthetics il y a un bon moment. Quand l’idée de ce premier album solo a-t-elle émergé ?

Mark Morton : Je crois que les chansons ont émergé avant l’idée d’un album solo. Ce qu’il s’est passé c’est que je me suis retrouvé avec toutes ces chansons qui ne vont pas avec mon groupe habituel, Lamb Of God, et je me suis demandé ce que j’allais en faire. J’ai commencé à les travailler avec Josh Weaver, mon producteur de longue date et très bon ami, et Jake se lançait aussi dans son label, WPP Records. On a commencé à discuter de tout ce qu’il se passait et les choses se sont mises en place. C’est ce qui a lancé le process du projet Anesthetic.

Metal-Eyes : Ca remonte à quoi ? 3 ans ?

Mark Morton : En fait, les premières préproductions en studio ont eut lieu en septembre 2016.

Metal-Eyes : C’est un album qui est bourré d’invité. La première chose que l’n peut remarquer, c’est qu’il débute avec Cross off qui est chanté par Chester Benington, qui est mort en juillet 2017. Cette première place sur l’album, le fait d’ouvrir Anesthetic est-il à comprendre comme un hommage que tu lui rends.

Mark Morton : Non, j’étais presque certain que cette chanson ouvrirait l’album, de toutes les manières. Cross off, avant même l’implication de Chester, on savait que c’était une chanson particulière. Tu écris un certain nombre de chansons – et elles sont toutes sur l’album, parce qu’elles ont chacune une personnalité différente – et Cross off a cette énergie, même en instrumental, qui nous faisait dire que c’est une chanson particulière. Nous avions commencé à écrire le refrain, et quand Chester est arrivé, il a beaucoup apporté dans les textes et dans le chant, les lignes vocales. Il a vraiment apporté sa touche, et en ce sens, c’est une vraie participation. C’est un honneur d’avoir pu travailler avec lui. Je suis cependant à peu près certain qu’elle aurait été la première chanson de l’album, même si Chester était encore parmi nous.

Metal-Eyes : Tu as travaillé avec des musiciens d’horizons variés pour cet album. Comment as-tu réussi à les convaincre tous de participer ?

Mark Morton : Beaucoup d’appels téléphoniques, d’emails… Simplement en les contactant.

Metal-Eyes : Certains sont des amis…

Mark Morton : Oui, certains sont des amis, et ce fut assez facile. Quelqu’un m’a demandé plus tôt qui a été le plus facile à convaincre. C’était Randy Blythe, un de mes meilleurs amis au monde. Il se trouve qu’il est le meilleur hurleur metal au monde aussi, alors il me suffisait de lui envoyer le texte. Il y en a d’autres que je ne connaissais pas, dont j’étais simplement fan. Je voulais simplement pouvoir leur présenter ma musique, voir s’ils pouvaient être intéressés. Mark Lanigan, par exemple : c’est un de mes chanteurs préférés, je n’avais aucune idée s’il avait entendu parlé de moi, et je ne sais toujours pas s’il connait mon travail (rires)… mais il m’a fait savoir qu’il était très content du résultat, et moi aussi ! Dans certains cas, tu connais les gens et ça aide, dans d’autre, c’est juste une tentative pour voir si ça peut les intéresser, s’ils peuvent envisager une collaboration avec moi, dans d’autres cas, il s’agit d’amis, comme Jacoby Shaddix, Chuck Billy que je connais depuis un certain temps.

Metal-Eyes : Il faut, j’imagine, les approcher avec une certaine humilité pour convaincre certains musiciens de participer…

Mark Morton : Il n’a pas vraiment fallu les « convaincre », tout s’est passé dans je les appels. En matière d’humilité… Le projet en lui-même force cette humilité, le fait d’avoir l’opportunité de collaborer avec autant de musiciens de ce niveau, de me rendre compte, de prendre conscience que ces gens étaient intéressés à l’idée de travailler avec moi, c’est un véritable honneur.

Metal-Eyes : Comme je n’ai pas eu la possibilité d’écouter cet album, qu’est-ce qui le rend si différent d’un disque de Lamb Of God ?

Mark Morton : Stylistiquement, d’abord, artistiquement, les chansons dévient de ce que les gens ont l’habitude d’écouter. Je suis un des guitaristes et compositeurs de Lamb Of God qui est typiquement un groupe de thrash. Nous sommes au meilleur de notre forme créative, notre nouveau matériel est ce que nous avons fait de mieux. Il nous reste beaucoup à dire, et je suis fier de ce que nous avons fait. Mais en tant que compositeur, guitariste et musicien, je fais les choses différemment, depuis longtemps. Je me suis toujours considéré comme un guitariste de blues qui se trouve à la mauvaise période… Les guitaristes que je préfère sont des gens comme Billy Gibbons, Jimi Hendrix, Jimi Page. Je viens d’un univers très rock, blues, classic rock. Tu entendras ces fondations sur l’album, ainsi que du rock 90’s, comme le grunge. Une période assez spéciale pour le rock. Au-delà, il y a du metal ainsi que du hard rock bien fichu, un style dont je suis fan : une bonne chanson, de jolies mélodies. J’ai eu la chance de pouvoir explorer ça avec ce disque, plus qu’avec Lamb Of God, simplement parce que le genre ne s’y prête pas. Je dirais qu’au moins 80% du matériel de cet album ne pourrais jamais se trouver sur un album de Lamb Of God. J’ai pu élargir un peu mon horizon.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que certains titre auraient pu se trouver sur un album de Lamb Of God.

Mark Morton : Sans pour autant dire que c’était du matériel potentiel pour Lamb Of God, ou des résidus de travail de Lamb Of God, mais il y a certains titres de cet album que j’aurais pu, j’imagine, présenter au groupe. Mais je les ai gardés. Initialement, je n’avais pas prévu d’inclure du thrash sur cet album. Mais mon producteur m’a suggéré de le faire, parce que certains fans de Lamb Of God vont écouter Anesthetic, et voudront écouter un peu de ce qu’ils connaissent. C’est ce que nous avons fait !

Metal-Eyes : Donc, c’est une variété de genres, toujours basés sur le blues, le rock et le hard rock ?

Mark Morton : Oui, on peut le résumer ainsi.

Metal-Eyes : Justement, avec un album aussi varié, si tu devais ne retenir qu’une chanson pour expliquer ce qu’est to projet solo, laquelle serait-ce ?

Mark Morton : C’est impossible… Quand tu écouteras l’album tu comprendras : il est si diversifié qu’il est impossible de n’en extraire qu’une chanson… Il y a 3 chansons que nous avons déjà sorties, et elles représentent déjà 3 facettes de la variété : Cross off, avec Chester Benington, Truth is dead avec Randy Blythe et Alyssa White-Gulz, et Self defiance avec Myles Kennedy. Truth is dead est une chanson assez thrash, avec un refrain mélodique mais une base distinctement thrash, et je dirais que Self defiance est plus dans la lignée traditionnelle du hard rock. Ces 3 extraits sont déjà variés, mais l’album est encore plus diversifié.

Metal-Eyes : Parlons un peu de Lamb Of God : si mes compte sont corrects, vous allez vous produire pour la troisième fois au Hellfest, après 2012 et 2015 et vous serez à l’affiche, sur la main 2, le dimanche , sur une scène 100% thrash. Comment vous préparez-vous pour ce type d’évenement ?

Mark Morton : On répète… Le truc avec les festivals c’est qu’on y va et on balance la sauce. Nous n’avons pas une grosse production, pas comme dans des grandes salles où nous pouvons avoir des effets spéciaux, de la fumée, du feu, des lights, ce genre de choses. En festival, tu as les conditions du festival : tu as droit à une show très brut et direct de Lamb Of God. En général, on ne joue pas aussi longtemps qu’en tête d’affiche, on est poussé sur scène… On va frapper fort et vite, et… Voilà !

Metal-Eyes : Vous allez jouer à d’autres festivals cet été avec Slayer, qui donnera ses derniers concerts en France, en Belgique… Ce qui sera de toute façon une tournée spéciale pour eux, et nous.

Mark Morton : Je ne sais vraiment pas. J’imagine que oui. On a  tourné avec eux ces derniers 12-18 mois, on a fait une tournée en Europe avec eux en novembre et décembre– je ne crois pas que nous soyons passés en France. On s’apprête à repartir avec eux en mai en Amérique diu Nord. Je ne peux pas imaginer que nous ne soyons pas à l’affiche de festivals avec eux. Voilà le truc : je en sais même pas dans quelle ville je me trouve ce jour en particulier…

Metal-Eyes : Surtout quand la ville est un village de province…

Mark Morton : En plus, oui ! On va se recroiser, j’en suis sûr. Slayer nous a invités sur plusieurs parties de cette tournée d’adieux, et c’est un honneur pour nous d’en faire partie.

Metal-Eyes : Revenons à ton projet solo : il y a tant d’invités qu’il semble difficile de présenter ce projet sur scène. As-tu quelque chose de prévu en ce sens ?

Mark Morton : Oui, nous commençons une tournée américaine en mars

Metal-Eyes : Et combien serez-vous sur scène ?

Mark Morton : Juste un groupe, un groupe live avec Mark Morales qui sera mon chanteur live, ainsi que d’autres musiciens pour cette tournée.

Metal-Eyes : L’Europe sera au programme ?

Mark Morton : Pas encore, mais j’adorerais pouvoir venir. L’année prochaine  sans doute. Ça dépend aussi de comment l’album sera reçu.

Metal-Eyes : Tu as été en promotion ici, à Paris, tout cela journée. Jusqu’à maintenant, quelle a été la meilleure question qu’on t’a posée, la plus étonnante ?

Mark Morton : C’était hier, en fait, puisque j’étais ici aussi. Une jeune femme m’a interrogé  sur la mode, ce qui m’a semblé à propos puisque nous sommes ici à Paris, en France, pays de la mode. N’importe quelle personne qui passe 5 minutes avec moi sait que la mode n’est pas mon truc (rires). Ça m’a un peu surpris qu’elle me pose cette question. J’apprécie de regarder la mode, mais je ne m’y plie pas. Je porte les mêmes vêtements tous les jours (rires).

Metal-Eyes : Ben… Ne parlons pas de ça !

Mark Morton (il explose de rire) : je les lave quand même tous les quelque jours !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être ta devise en 2019 ? En tant que Mark Morton, pas Lamb Of God…

Mark Morton (il réfléchit) : « Rester serin ». Il se passe  beaucoup de choses pour moi, beaucoup de voyages, de musique, ce chemin, cette carrière musicale qui est la mienne bouge très rapidement. J’en suis au stade de ma vie où je profite du moment présent, et j’apprécie la vie pour ce qu’elle est. Il va se passer beaucoup de choses cette année, on va beaucoup jouer, rencontrer plein de gens dans des endroits différents et je ferais de mon mieux pour rester serin.

Metal-Eyes : Ceci m’évoque quelque chose qui s’est passé avec un autre groupe américain pour lequel nous avions reçu des consignes : y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder en interview ?

Mark Morton : Ben… S’ils font surface, je te le ferais savoir. Je n’empêche personne de m’interroger, même s’il y a des sujets plus délicats à traiter…

Metal-Eyes : Comme la situation politique actuelle aux USA ?

Mark Morton : Oh, on peut en parler si tu veux. Bien sûr, on peut en parler ! Que veux-tu savoir ?

Metal-Eyes : Quelle est ton opinion au sujet de la politique américaine actuelle ?

Mark Morton : C’est une question complexe. Je pense que le système politique américain se trouve à la croisée des chemins, il est en train de se réinitialiser, d’une certaine manière. Ce process va être douloureux, et pas forcément joli à voir. J’aimerai croire que, plus tard, lorsqu’on pensera à ce que nous traversons actuellement en tant que nation, on verra une douleur grandissante, forçant les gens à devoir choisir, repenser la manière dont nous élisons nos candidats. C’est comme un serpent qui mue : un procédé sans doute douloureux pour l’animal, mais cela lui permet de grandir, de devenir meilleur qu’il n’est.

Metal-Eyes : On vit un peu la même chose en France…

Mark Morton : Oui, c’est assez moche partout, n’est-ce pas ?

 

JOHN DIVA AND THE ROCKETS OF LOVE: Mama said rock is dead

Hard rock, Allemagne  (Steamhammer, 2019)

Allez, franchement, si vous foncez sur le livret de Mama said rock is dead, ou sur les photos promos présentées sur le web, la première idée susceptible de surgir de votre esprit pourrait bien être du style: « Y a déjà Steel Panther, alors…un autre groupe de glam… » Voui, et c’est vrai que le message visuel est clair: glam still lives! John Diva and the Rockets of Love ont baigné dans le son des années 80, c’est évident. L’influence des Van Halen, Bon Jovi (des années 80, on est bien d’accord!), Ratt, Mötley Crüe, Poison et autres Great White est omni-présente, tant dans la recherche de la mélodie qui fait se dandiner les popotins, et, au passage, incite les filles à se découvrir, que dans l’esprit général: le chant limpide et les guitares franches, les mains qui battent la cadence, le message positif (« there ain’t no place for rock n roll in hell » sur Rock n roll heaven), le groove imparable et les histoires racontées. Les jalons sont nombreux: écoutez le phrasé de Wild wild life; s’il ne vous rappelle le Whitesnake de 1987… Ou encore le chant sur Fire eyes à la Bon Jovi. Bien sûr, on n’échappera pas, avec ces références, à la ballade au piano à mi-parcours (Just a night away)… Home sweet home n’est pas loin! Mama said rock is dead a tout de l’album de potes, un disque festif pas sérieux et cependant rudement bien fichu. A des années lumières du quatuor de potaches mentionné plus haut.

SKYHARBOR: Sunshine dust

Inde/USA, Rock progressif (2018, eOne)

A la fois puissant, léger et aérien, Skyharbor nous propose aujourd’hui un troisième album. Originellement formé en Inde, le groupe propose, après avoir stabilisé son line-up un premier album aux ambitions affichées: débuter avec un double, il fallait oser. Toutefois, le groupe parvient à travailler avec un certain Marty Friedman, qui apparaît sur deux titres, et… la machine est lancée. Sunshine dust puise son inspiration chez les grands du rock, et du metal, progressif. Rush, Dream Theater pour ne citer qu’eux, sont de la partie sans oublier, naturellement, les influences indiennes qui apportent cette légèreté et cette détermination toujours zen. Dim, Out of time, Disengage/evaluate, The reckoning… Chaque chanson réserve son lot de surprises. Skyharbor mérite qu’on prête un peu plus attention à son oeuvre. Un groupe à (re)découvrir.

HIGH ON FIRE: Electric messiah

Heavy metal, USA (SPV, 2018)

Rugueux, sale, franc du collier… Electric messiah, le nouvel album des Américains de High On Fire, frappe fort. La voix enfumée de Matt Pike fait de ce huitième album (eh, oui! le groupe s’est formé à Oakland, en Californie, en 1998) un condensé de lourdeur et de brutalité contenues. Proche de ‘esprit enfumé et stoner, les 9 titres de ce disques entraînent l’auditeur dans un univers électrique et presque oppressant. « Presque » parce que l’envie de taper du pied est omni présente. C’est la grande force des Spew from the earth, Sanctionned annihilation et autres God of the godless (réfléchissons un instant au sens profond de ce titre, voulez-vous?). Direct et brutal, cet album, sorti en octobre 2018, ne fera pas passer High On Fire au statut de valeur sure, mais le confirme parmi les challengers les plus sérieux et déterminés du genre qu’on espère vraiment voire franchir un pallier. Metal up!

TORQUE

Thrash, USA (Mascot, 2019réédition de l’album de 1996)

Initialement formé en 1994 par Phil Demmel, ex-Vio-lence et Machine Head, qui se lance dans ce projet crade, direct, engagé et enragé nommé Torque. Phil, pour la première fois, s’attribue le mérite du chant lead, sale comme savaient le faire les premiers punk anglais: il éructe et dégueule son propos plus qu’il n’y cherche de la finesse. En cela, on retrouve des traces des Pistols qui ont aussi influencé Pantera. Musicalement, le thrash de la Bay area de Slayer, Exodus et Metallica est omni-présent. Les guitares de Ray Vegas charcutent, la basse de Deen Dell et la batterie de Mark Hernandez pilonnent sans répit et l’ensemble de ces 11 morceaux sont simplement sans pitié. A l’image de cette pochette, inquiétante, oppressante et répressive, rien, de H.L.S. à Breed, en passant par Nothing, Dead you lay ou Forgotten ne laisse de répit, pas même le lourd et oppressant Shhoter. Mascot ressort cet unique album en CD ainsi que dans une version vinyle rouge limitée à 1.000 exemplaires. Brutal et sanglant!

 

I DON’T KNOW HOW BUT THEY FOUND ME: 1981 extended play

Rock, USA (Fearless records, 2018) – Sortie le 9 novembre 2018

Voilà un Ep qui réveille et met en forme… I Don’t Kow How But The Found Me – pour les connaisseurs, IDK How, nous nous y tiendrons – a vu le jour à Salt Lake City et semble déterminé à réintroduire le rock/new wave des années 80. Machines, boite à rythmes, ambiances fun et déjantées… Tout est réuni pour titiller les zygomatiques et passer un bon moment. Les connaisseurs sont déjà familiers de certaines chansons, déjà publiées, comme Choke en 2017 que l’on retrouve sur ce 1981 extended play qui porte vraiment bien son nom. On retrouve quelques traces rock à la Royal Republic, d’autres plus funk à la Prince. Les clins d’œil sont nombreux, les textes funs et l’interprétation donne simplement envie d’en entendre plus. Pas metal pour un rond, ce disque mérite cependant la meilleure attention tant il respire la joie de vivre.

BLACK STONE CHERRY Live à Paris (Elysée Montmartre, le 3 décembre 2018, avec Monster Truck)

Black Stone Cherry, c’est la quasi garantie, pour tous les amateurs de Hard rock teinté sudiste, de passer un bon, voire un excellent moment, que ce soit sur disque mais plus encore sur scène. Et ce soir, les frangins du Kentucky, qui viennent soutenir leur dernier et très réussi dernier album, Family tree, sont accompagné des Canadiens de plus en plus en voguer de Monster Truck. Lire la suite

KNOTFEST: Une raison de plus de se rendre à Clisson

L’an prochain, le 20 juin 2018, à la veille de l’ouverture des portes de la cathédrale de notre pèlerinage annuel,  le Hellfest accueillera sur ses Mainstages le Knotfest. Les deux scènes principales seront consacrées pour l’une aux groupes américains (Sick of it all, Ministry, Papa Roach, Rob Zombie et Slipknot) et pour l’autre aux formations européennes (Amaranthe, Behemoth, Amon Amarth, Powerwolf et Sabaton). Du grand spectacle en perspective.

Le festival est ouvert à tous, les billets, en ventes depuis le 7 décembre, toujours disponibles au tarif de 66,60€ sur le site www.knotfestfrance.com. La capacité est limitée au public des Mainstages, à savoir 40.000 spectateurs maxi. Il n’y aura donc pas de place pour tout le monde!

Attention également: le camping ne sera ouvert qu’aux détenteurs d’un pass Hellfest valable pour minimum la première journée du festival. Le Hellcity Square, Metal Market et autres lieux seront toutefois accessibles à tous.

Quelques habitudes seront changées afin de faciliter la circulation: la pose bracelets commencera dès le jeudi 20 juin à 10h. Les portes de la cathédrales ouvriront à 16h et le premier groupe du Knotfest sera sur scène à 17h. Rendez-vous le 20 juin, donc!

 

JASON BECKER: Triuphant hearts

Hard rock, USA (Music theories, 2018) – Sortie le 7 décembre 2018

On va le lire des centaines de fois ce proverbe qui, aujourd’hui, prend tout son sens: « A cœur vaillant, rien d’impossible ». Jason Becker, atteint d’une maladie qui le paralyse, l’empêche de se mouvoir ou de parler, nous démontre à quel point courage et persévérance peuvent soulever des montagnes. Il lui aura fallu des années de courage et de ténacité pour finaliser ce Triumphant hearts, composé avec les yeux, à l’aide  de son père qui lui a créé un ordinateur réagissant au regard. Alors, bien sûr, cet album risque de faire parler de lui pour les mauvaises raisons: c’est le résultat du travail d’un musicien talentueux incapable de tenir un instrument, le travail d’un handicapé totalement dépendant. Mais c’est avant tout le travail d’un musicien brillant, ayant croisé le fer avec Marty Friedman (futur, et désormais ex, Megadeth) au sein de Cacophony, souvent comparé au génial mais ténébreux Yngwie Malmsteen qui n’a jamais voulu ne serait-ce que lui parler. Si on est à des années lumières de Speed metal symphony, Triumphant hearts est surtout un album de musique, rock et populaire. Jason s’est ici entouré de tous ceux qui ont répondu présent à son appel, et ils sont nombreux: Marty Friedman, évidemment, mais aussi Uli Jon Roth, Mickael Lee Firkins, Steve Vai, Joe Bonamassa, Paul Gilbert, Neil Schon, Steve Morse, Joe Satriani et j’en passe. L’album est plein de mélodies qui ouvrent toutes une porte sur l’espérance et le positivisme. Pas un instant sombre n’a ici sa place. Si Triumphant heart, qui ouvre l’album, est orienté pop et si certains passages peuvent évoquer le all star We are the world, Becker pose partout sa marque de compositeur et offre de vrais moments de joie, et de rock. Laissez-vous simplement entraîner par ces Fantasy weaver, Magic woman ou ce Valley of fire et ses plus de 9′ wagons de musiciens solidaires (appelés « The magnificent 13 »), et faites de ce disque un succès. Car il s’agit d’un travail remarquable qui va bien au delà d’un « simple » album de rock: ce disque célèbre la vie, tout simplement. Un album pas comme les autres d’un musicien vraiment pas comme les autres. Comme il est si bien écrit au dos de la pochette (et chanté sur Hold on to love): I can’t speak. I can’t play. But this flesh has much more to say…

P.O.D: Circles

USA,  (Mascot records, 2018)

Je ne suis pas spécialiste de POD. Alors quand je glisse ce Circles dans mon mange-disque et que retentissent les premiers sons de Rockin’ with the best, je me demande où je vais: le mélange rap metal ne me séduit guère. Mais la suite, Always southern California, est plus nuancé, chantant et flirte même avec une sorte de heavy pop séduisante sans être racoleuse. Puis POD renoue avec une sorte de rap/RnB et, bon… ça ne me parle décidément pas. Alors, oui, il y a cette version un peu trashy de On the radio qui secoue bien, et les gars se disent dotés d’un Metal heart sur Panic attack. One chanson qui n’a toutefois rien de commun avec le coeur de metal de vous savez qui… Bien sûr, il y a tout au long de ce Circles de la recherche, du travail et un vrai sens de la composition, cependant, je n’accroche pas du tout. Ce dixième album des Californiens n’est pas mon genre. En revanche, il est incontestable que les amateurs du genre vont trouver là de quoi se satisfaire, car la prod est soignée, les compositions, quels que soient mes goûts, efficaces et rentre dedans. Pas mon genre, mais bien foutu quand même…