Interview: NIGHT DEMON

Interview NIGHT DEMON. Entretien avec Jarvis (chant, basse). Propos recueillis à l’Elysée Montmartre de Paris le 1er février 2018

Metal-Eyes : Jarvis, je ne connais pas très bien le groupe. D’après ce que j’en sais, Night Demon s’est formé en 2011, a publié un Ep et 2 albums. Que peux-tu me dire d’autre sur la genèse du groupe ?

Jarvis : On a formé le groupe en 2011 avec la simple intention d’enregistrer un Ep. Ce qui s’est fait très rapidement. On n’a pas rejoué véritablement avant 2012… On peut dire, alors, que le groupe a vraiment débuté en 2013, un simple trio heavymetal très influencé par la NWOBHM. Ensuite, on a tourné pendant 4 ans, ça a été super, venir en Europe a été génial… Tout se passe bien pour nous, vraiment !

Metal-Eyes : Comme tu viens de le dire, Night Demon est très influencé par la NWOBHM, tant dans le son, dans ta manière de chanter, également… les premiers groupes auxquels j’ai pensé sont, naturellement, Iron Maiden – il y a d’ailleurs un morceau intitulé Maiden hell sur votre dernier album – mais aussi Raven – vous avez d’ailleurs le même format de power trio –mais je ressens aussi des influences de Thin Lizzy dans ses aspects bluesy…

Jarvis : Absolument !

Metal-Eyes :Qu’y a-t-il d’autre ?Que mettez-vous de plus dans votre musique ?

Jarvis : Difficile à dire, on écrit ce qui nous vient… On écoute beaucoup de rock 70’s. Tout ce que tu as cité fait partie de nos influences. On a d’ailelurs fait notre toute première tournée avec Raven ! Quelques shows aux US, mais on a pas mal joué avec eux autour du monde, ils sont un peu comme nos grands frères.

Metal-Eyes : Parlons de Darkness remains, paru en 2017. Vous venez de le ressortir dans un format expanded. Pourquoi ce choix ?

Jarvis : Le label le souhaitait. En fait, ils voulaient sortir un « tour edition », pour cette tournée. L’album se vend vraiment bien, il est toujours en réimpression… On s’est dit qu’on pouvait sans doute faire les choses différemment, entre autre parce que sur cette tournée nous jouons devant de nombreux nouveaux fans. Je me suis demandé ce qu’est vraiment un » tour edition » : faut-il mettre des versions live ? C’est ce que je voudrais, mais on enregistre dans le cadre d’un live qui va paraitre cette année. Alors on s’est dit « faisons maintenant ce que les autres groupes mettent 20 ans à proposer aux fans ! On a ce qu’il faut, alors, allons-y ! » Tout simplement…

Metal-Eyes : Ce sont donc les mêmes chansons, dans des versions différentes…

Jarvis : … Avec des commentaires au sujet de chaque titre.

Metal-Eyes : Tu viens de dire que vous avez beaucoup tourné ces 4 dernières années. Alors comemnt décrirais-tu l’évolution de Night Demon entre vos deux albums ?

Jarvis : Pas tant dans un changement de style… Mais je pense que notre manière d’écrire et de composer est devenue plus mature. Avant, j’acrivais les chansons que je souhaitais, avec beaucoup d’imageire que je souhaitais utiliser, parfois un peu cliché, mais en avançant, c’est devenu un peu plus « réfléchi », tu vois ? La musique est devenue un tout petit peu plus « progressive », juste pour éviter de nous répeter, ce qui est assez facile àn faire.

Metal-Eyes : Comment enregistrez-vous vos albums ? A l’ancienne ou…

Jarvis : Oui, oui, on n’utilise pas de clic, d’isolation ou ces trucs là… On entre dans la pièce et on enregistre, c’est tout. Live, c’est la façon de faire !

Metal-Eyes :De quoi traitent vos chansons ? Tu viens de parler de clichés, alors…

Jarvis : Oui, on parle de plein de choses, plein de clichés metal ! Le mal et l’obscurité, principalement ? Ce genre de choses, des monstres, des fantômes, des choses bibliques…

Metal-Eyes :Y a-t-il, au contraire, des thèmes que tu ne souhaites pas aborder ?

Jarvis : Oui, je ne veux pas aborder des sujets religieux ou politiques, on laisse ça à d’autres. Je ne veux pas être une sorte d’influence, nous voulons être un groupe qui libère les gens de ce genre de choses!

Metal-Eyes : un groupe d’entertainement, donc?

Jarvis : Oui, totalement! On veut être un groupe important, et nous le sommes aux yeux de certains. Mais sans prise de tête, sans politique… Il y a trop de merde dans le monde. Tu sais, le monde se fout en l’air depuis qu’il existe, et ça ne va pas changer. Je n’ai pas le sentiment que nous, en tant que groupe, en faisons assez pour prétendre pouvoir précher à ce sujet. Il y a plein de gens qui pensent que sous prétexte de ma position, j’ai plus d’audience que mon voisin de pallier. Ce qui est vrai, mais je ne crois pas pour autant que j’ai suffisamment d’influence pour tenir ce genre de dsiscours. On vit nos vies, on essaye, jour après jour, de nous en sortir, pas de créer un changement social. Nous serions des hypocrites si nous tentions de faire autre chose.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Darkness remains pour expliquer à ceux qui ne connaissent pas Night Demon ce que vous êtes, ce serait laquelle?

Jarvis : Alors, je choisirais sans doute… Peut être Hollowed ground. Elle a beaucoup d’éléments different: des tempis varies, des harmonies vocals, de beaux solos, un bridge galopant…

Metal-Eyes :Si mes infos sont correctes, il s’agit ce soir de votre second concert à Paris, après un passage il y a quelques mois au Klub.

Jarvis : Oui… C’est peut-être notre troisième passage à Paris. Non, tu as raison. On est passé à cette emission télé, Un dose 2 metal il y a 3 ans. Donc, c’est notre second concert mais notre troisième passage.

Metal-Eyes : Et quells souvenirs gardes-tu du Klub?

Jarvis : Il faisait chaud! (rires) On était au sous sol, et c’était blindé!

Metal-Eyes :C’est une sale qui est blindée avec 30 personnes!

Jarvis : C’est vrai! Mais c’était cool… Tu sais, ce qui est dommage avec une ville de cette taille, c’est que la culture heavy metal a disparu. Pour le metal classique, c’est vraiment dommage, mais il y a le meme phenomena à Londres. Pour quelqu’un comme moi qui vient de Los Angeles, tout y est populaire, il n’y a pas un style qui domine, tous les genres ont leur public. Mais tu dois faire le boulot, et visiblement, le show de ce soir va être gros. On est ravis de jouer pour de nouvelles têtes!

Metal-Eyes : En fait, le metal n’est pas vraiment mort, en France; il n’a jamais vraiment été vivant, il a toujours été considéré comme une sous culture. On met en avant le rap, la musique facile à écouter, c’est ce que proposent les medias au public. Heureusement, en France, nous avons un bon nombre de festivals pour rattrapper ça. Vous allez tenter de participer à un festival en France cet été?

Jarvis : On adorerait ça, on en fait partout ailleurs. Tu sais, j’organise mon proper festival alors je sais ce que c’est! Nous sommes en contact avec de nombreuses personnes, le Hellfest serait super mais on n’a pas encore reçu d’appel de leur part.

Metal-Eyes :Comment vous-êtes vous retrouvés à l’affiche de cette tournée?

Jarvis : Un animateur radio de Cleveland a mis leur management en contact avec nous, ils ont voulu voir ce que nous donnions, leur agence nous a vus au Rock Hard festival en Allemagne et nous avons insisté. Les discussions ont commence là.

Metal-Eyes :A quoi devons nous nous attendre de la part de Night Demon ce soir?

Jarvis : Beaucoup d’énergie de la part de trios mecs épuisés! (rires)

Metal-Eyes : Parlons de toi: quell a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire “viola ce que je veux faire”?

Jarvis : Van Halen, que j’ai écouté vraiment, jeune. Deep Purple, Smoke on the water. And justice for all de Metallica, ce sont les principaux, ceux qui m’on donné une claque.

Metal-Eyes :Qu’est-ce qui t’a amené au chant, alors?

Jarvis : Pendant des années, j’ai joué dans tant de groupes, j’ai beaucoup tourney. Des groupes vraiment prometteurs qui se sont séparés parce que l’un des members principaux, comme le chanteur se barrait. Je mettais ma vie dans les mains de ces groupes, et tout reposait sur quelqu’un d’autre. A un moment je me suis dit” je vais être le gars qui ne peut être remplacé”. J’ai appris à faire les chose que le gars qui ne peut être remplacé fait, et j’ai appris à chanter et à écrire la musique.

Metal-Eyes : Une dernière question: quelle pourrait être la devise de Night Demon?

Jarvis : Oh… “Pas de scène trop grande, pas de scène trop petite”.

Metal-Eyes : J’aime bien! Merci et je vous verrais sur scène d’ici un peu plus d’une heure.

Jarvis : Avec plaisir!

 

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL. Entretien avec Haley Cramer (Batterie). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 25 janvier 2018

Metal-Eyes : Commençons avec le nouvel album : pourquoi avoir choisi de ne pas lui donner de titre autre que le nom du groupe, C’est une sorte de renaissance ?

Haley Cramer : Oui, on pourrait le voir ainsi, une renaissance. Tu sais, le groupe existe depuis 12 ans, ils ont sillonné les routes pendant 10 ans et je crois que c’était important pour eux de prendre un peu de recul, et se recentrer sur les raisons qui nous poussent à faire ce que nous faisons, pourquoi nous avons commencés tout ça. Et il y a moi, qui suis la plus récente dans le groupe. Je suis arrivée au milieu du cycle du dernier album, je suis allée sur la route avec eux, j’ai donné des concerts avec eux, mais nous n’avons jamais vraiment répété ensemble, alors il était important de s’écarter des concerts et simplement… jammer ensemble, s’amuser. Ce fut vraiment enrichissant et je pense que cela se ressent sur ce nouvel album. Prendre le temps de composer, définir les différentes tonalités, rassembler tout cela de manière cohérente, tout ça était important. Mais cette renaissance ne concerne pas que les compositions, le chant ou la musique : elle touche aussi la manière dont l’album a été produit, notre approche du studio a été différente, ça n’a pas été fait dans l’urgence. Tu sais, comme ils étaient toujours sur les routes, le travail en studio se faisait différemment : le batteur faisait son truc, les autres rentraient chez eux… Donc, ils n’étaient jamais tous ensemble. Cette fois-ci, nous avons tous pris des congés et nous sommes retrouvés en studio. Je pense vraiment que ça s’entend, ce disque a été fait de manière très organique. En ce qui concerne la batterie, oui, je dois sonner comme du Pop Evil, mais il y a beaucoup plus qui peut entre dans le sion de ce groupe. Tout ce qui est électronique… Il n’y a rien de programmé, tout a été joué, live. J’avais 3 kits de batterie prêts à servir à tout moment, H24. Un kit rock traditionnel, un autre accordé plus bas, des cymbales entassées partout et un kit électronique. C’était mon univers un peu étrange, tu vois ? Chaque chanson, si elle ne sonnait pas comme on voulait, je sautais sur un autre kit pour tester autre chose, d’autres sons. C’est quelque chose qu’ils n’on jamais fait avant. J’ai vraiment eu beaucoup de chance, chaque jour en studio, non pas d’avoir un kit de batterie, mais d’avoir une véritable palette sur laquelle travailler.

Metal-Eyes : Ceci répond en partie à ma question suivante qui était de savoir quelle est, selon toi, l’évolution de Pop Evil entre ses deux derniers albums… Vraisemblablement, la manière d’enregistrer en fait partie.

Haley Cramer : Up avait certaines de leurs meilleures chansons, mais certains anciens fans l’ont trouvé moins heavy que ce qu’ils souhaitaient. Il fallait donc trouver un compromis entre Up et ses mélodies et ce que les fans attendent, pour ce nouvel album. On adore les deux aspects de Pop Evil, et j’espère que ce nouvel album est un parfait mix de ces deux univers.

Metal-Eyes : Des concerts et festivals ont été annoncés, mais la France n’en fait pas partie. Y a-t-il une chance pour que Pop Evil vienne chez nous ?

Haley Cramer : oui, c’est plus que possible. Je crois que le Download a été confirmé, et on voudrait pouvoir trouver quelques dates à cette période en support d’un autre groupe. On voudrait vraiment, à terme, parvenir à tourner en tête d’affiche en France afin d’avoir plus de contrôle sur nos affaires. Jusque là, c’est assez délicat de faire venir les gars des USA pour jouer ici (NdMP : Hayley est Anglaise, le groupe américain. Les distances ne sont pas les mêmes…) On sent que l’intérêt grandi en France et en Allemagne, donc on veut vraiment venir plus souvent.

Metal-Eyes : Je n’ai pas eu le temps d’écouter l’album plus d’une fois, mais ce que j’en tire c’est un bon mélange entre heavy, rap, électro, des guitares dingues, une batterie folle… Comment définirais-tu la musique de Pop Evil aujourd’hui ?

Haley Cramer : Je dirais que son but est d’unir les gens. C’est une des raisons pour lesquelles je voulais rejoindre ce groupe. Pour moi, c’est une musique vraiment positive, et les paroles sont toujours écrites avec beaucoup de cœur, et la volonté de donner de la force à l’auditeur. Même les chansons dures ont un message positif.

Metal-Eyes : D’après ce que j’ai vu, Pop Evil aborde aussi des sujets sérieux, comme la politique ou l’économie…

Haley Cramer : Oui, aussi… Nous vivons une étrange période dans le monde aujourd’hui. Socialement… Je pense que les réseaux sociaux sont très difficiles à cerner, c’est dur de naviguer là-dedans. C’est très facile pour les gens de se persuader que tout le monde pense comme eux. Ce que tu vois sur ton mur te convient parce que ça vient des « amis » que tu a sélectionnés. Quand on en vient à voter, les gens se disent «  oh, oui, c’est facile, allez, on sort et on va voter ! »Ben oui, mais vas-y ! Ion ne veut pas être anti-gouvernement ou quoi que ce soit, on veut simplement que les gens se rappellent que ces gens ont le pouvoir parce que nous avons laissé cette situation se produire.

Metal-Eyes : Je ne voulais pas parler du Brexit, mais s’agissant d’un groupe américain, quelle est leur opinion, ou la tienne en tant qu’Anglaise, sur ce qu’il se passe aux USA depuis un an

Haley Cramer : Principalement, je crois que la plupart des gens sont toujours sous le choc de ce qu’il se passe. Comment on en est arrivés là ? Je crois que nombreux sont ceux qui râlent qui auraient mieux fait de s’impliquer plus tôt… Il reste une grande partie du pays qui est en accord avec ce qu’il se passe, et c’est pareil avec le Brexit : c’est dur… Est-ce que je voulais la séparation ? Non. Est-ce que je souhaite la division ? Non…. Est-ce que…

Metal-Eyes : C’est un peu ce que l’on dit en France : on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on récupère…

Haley Cramer : Exactement.

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que le groupe ne souhaite pas aborder ?

Haley Cramer : Non, je crois que si des sujets méritent un débat, alors il faut en parler. C’est le boulot d’un musicien, d’un artiste : la représentation d’un moment présent.

Metal-Eyes : Concernant l’album, il s’agit, comme nous l’avons évoqué, d’une renaissance. Pourquoi alors avoir choisi un lion et non un phœnix ?

Haley Cramer : Le lion évoque le courage de prendre une décision, quand tu te trouves à la croisée des chemins. Il y a tant de négativisme dans le monde actuel que beaucoup de personnes ont besoin de ce courage pour avancer. Et pour renaitre, le courage du lion est nécessaire.

Metal-Eyes : Il y a de nombreux symboles sur cette tête de lion : des visages humains, des aliens, d’autres symboles… Y-a-til un message derrière tout cela ?  

Haley Cramer : Je crois qu’il se passé beaucoup de choses dans l’esprit d’un lion ! Du bon et du moins bon…

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical? Le groupe ou l’artiste, l’événement, qui t’a fait dire : « voilà ce que je veux faire ! » ?

Haley Cramer : Avant tout, découvrir un kit de batterie, ça, ça a été quelque chose qui a changé ma vie. Ensuite, une équipe, c’est ce qui fait vraiment de toi ce que tu es. Skunk Anasie et No Doubt sont les deux groupes qui ont changé ma vie. Deux groupes totalement différents mais les sections rythmique, la batterie, m’ont secouée. Je voulais atteindre ce niveau. Vite, punk… Et ces deux groupes ont des femmes au caractère très affirmé. Me retrouver dans un groupe de mecs, j’ai intérêt à m’affirmer aussi !

Metal-Eyes : Comment ces gars acceptent-ils ton « britishness » (elle explose de rire) ? On connait tous l’humour anglais, comment passe-t-il avec des américains ?

Haley Cramer : Bien sûr, parfois c’est un peu « Lost in translation » et on trouve ça très drôle. Il y a des choses que je ne supporte pas, pareil de leur côté, mais on en rit très facilement !

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de l’album pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Pop Evil laquelle serait-ce et pourquoi ?

Haley Cramer : Attends que je réfléchisse un peu… Je pense que la chanson Ex-machina est assez représentative de ce que nous sommes aujourd’hui : les textes qui traitent des réseaux sociaux, et musicalement, chaque son est ce que nous voulons être aujourd’hui.

Metal-Eyes : Comment occupes-tu ton temps en dehors du groupe ?

Haley Cramer : Comment? Je promène mon chien, je cuisine beaucoup, j’adore la nouriture…

Metal-Eyes : Qu’aimes-tu cuisiner ?

Haley Cramer : En ce moment je suis à fond dans le curry… Ca fait un mois que j’en fais, mais hier soir, j’ai gouté une tajine, et je pense que je vais m’y mettre bientôt. Version rock ! Et puis j’aime simplement aller au pub. Tu sais, en Amérique il y a beacoup de bar sportifs, mais pas de pub…  J’aime vraiment aller au pub, pas pour boire et me souler, simplement pour être avec les gens ! Avec de la musique !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Pop Evil?

Haley Cramer : Oh mon dieu… “Grimper encore”. Je sais, ce sont les paroles d’une chanson, mais ça veut dire vouloir se perfectionner, faire mieux, aller chercher et atteindre tes rêves.

Metal-Eyes : Une dernière chose: quelle a été la meilleure question du jour, la plus surprenante?

Haley Cramer : Tu sais quoi? On nous a demandé plus tôt si nous allions faire un DVD live. Et la question semble normale, mais ça a entrainé une discussion assez « massive ». J’adorerais ça, mais Leigh se demande pourquoi dépenser de l’argent, nous ou le label, sur un produit qui se retrouvera instantanément sur YouTube… Tout est déjà fait, Facebook live, et tout. La question est de savoir s’il y a un intérêt pour un DVD. Oui, bien sûr ! J’aimerais pouvoir profiter des bonus, des interview, à la maison…Passer deux heures avec ce groupe que tu aimes tant ! Rien à voir avec Spotify et autre système qui te permettent de zapper facilement !

Metal-Eyes : Merci beaucoup, et j’espère vous retrouver au moins au Download!

Haley Cramer : J’espère aussi, merci à toi pour ton temps.

HOGJAW: Way down yonder

Rock sudiste, USA (Snakefarm, 2018)

Amoureux de rock sudiste, offrez donc une oreille à ce Way down yonder, septième album des Américains de Hogjaw, littéralement traduit par « mâchoire de porc ». Rien que ça, ça a du mordant, version le supplice que promet Mason Verger à Hannibal Lecter. Revoyez vos classiques. La guitare est sautillante, trépidante, évoque parfois sans complexe le ZZ  Top des 70’s/80’s, le Blackfoot première période, et pioche volontiers du côté des Allman Brothers, Lynyrd Skynyrd et autres Molly Hatchet. On ne la fait pas aux gars de Peoria, en Arizona. Leur rock sent le soleil, le mauvais whiskey, le crottin de cheval, bref, ça sent le vécu, le vrai, les tripes. Si Dark horse se démarque avec un tempo ralenti comme un cheval essoufflé et un chant à la Michael Poulsen (Volbeat, oui, la comparaison est osée!), si l’on se demande ce qu’est ce North Carolina way (vu par des gens de l’Arizona, ça intrigue), si l’on se plait à parler pêche (Talk about fishin’) ou de Redemption et donc de religion, Hogjaw nous offre simplement un album « nature », varié et dépouillé. Pas de gros effets, pas de frime, du direct, de la gratte, une basse et une batterie et c’est tout. Efficace, sobre, Way down yonder est une réussite qui enchante ce début d’année.

Interview: HOGJAW

Interview HOGJAW : rencontre avec JB (chant, guitare) et Elvis (basse). Entretien mené le 14 novembre 2017 chez Gibson France, Paris.

 

metal-eyes: Pour ne rien vous cacher, je viens de découvrir Hogjaw avec l’album à venir, Way down younder. Il s’agit de votre 6ème album déjà, mais quelle est votre situation en France ?

Elvis: On a joué quelques fois en France, au moins une fois sur chaque tournée. On nous connait un peu par endroits. Nous sommes un groupe de rock qui joue fort. On est principalement connus pour faire partie de la scène rock sudiste, grâce au magazine Dixie qui nous a consacré un article en 2008, et ça a servi notre réputation.

JB: Ca c’était au début, oui… Depuis, il y a des fans en France que nous avons appris à connaitre, directement ou via Facebook, les réseaux sociaux. Ils nous ont beaucoup soutenus au fil des ans et certains nous ont conviés à venir jouer ici, en France.

Elvis: On a joué au Festi Rock festival, qui ne regroupait que des groupes de rock sudiste.

metal-eyes: Comment décririez-vous l’évolution de Hogjaw entre Rise to the mountains, votre album précédent, et Way down yonder, qui parait début 2018 ?

JB: Chacun de ces disques  été fait avec Jimmy Dows. On a travaillé en tant qu’équipe avec lui, à mettre les choses en place. Maintenant, je pense que le principal avec Way down yonder est que nous testons plus de choses vocalement, et nous avons « tenté » de maintenir les guitares autant que possible du point de vue de leur puissance pour faire de la place au travail sur le chant. Sur certains des morceaux…

Elvis: Je n’y avais pas pensé comme ça, c’est intéressant…

JB: Je pense que c’est une progression naturelle, comme on dit. On souhaite vraiment explorer les capacités vocales…

Elvis: C’est la première fois qu’il y a 3 chanteurs lead sur un de nos albums. Ça apporte de la variété, qui n’était pas là avant. Jimmy a un style qu’il n’y avait pas sur les albums précédents, et les morceaux qu’il a écrits apportent, beaucoup de gens nous le disent, une touche différente.

JB: Ce n’est que l’évolution du groupe au fil du temps. Pourquoi le nier ?

metal-eyes: Certains groupes s’en sortent très bien en faisant toujours la même chose…

JB: Oui.. On fait plus ou moins la même musique, mais on tente des choses. On cherche à rester nous-même, rester intègres par rapport à nos valeurs, mais en cherchant un peu de nouveauté. Donc, il faut tester les capacités du groupe.

metal-eyes: L’album propose une variété de thèmes et de tempi. Qu’avez-vous mis dedans ? En dehors de ces nouveautés vocales, dont vous venez de parler.

JB: Je ne sais pas s’il y a une formule pour l’expliquer, mais notre musique est née de jams. Tout dépend de l’esprit général lorsqu’on a commencé à écrire. Telle chanson est un peu plus sombre, telle autre plus rapide, plus lente… Je ne dirais pas que nous avons planifié ce que nous souhaitions composer, nous terminons avec ce que nous avons ! Le temps qu’il faut pour composer, arranger, et c’est fait !

Elvis: On ne commence presque jamais avec une personne qui écrit une chanson et demande au reste d’entre nous de jouer dessus. Tout commence par une idée, puis une autre vient s’y greffer… JB écrit la plupart des textes, j’en écris certains, le batteur, Kowalski, aussi et tout cela contribue à l’ensemble. Kowalski a une très bonne approche et n’hésite pas à nous dire de couper tel partie en deux, de virer ça ou de travailler ça…

JB: En ce qui concerne les guitares, c’est nous, guitaristes qui trouvons des riffs cool, et le batteur nous dit « cool, essayons ça ! » C’est vraiment un effort de groupe, collectif, on ne peut pas dire que c’est principalement le travail de l’un ou l’autre. Ca ne fonctionnerait pas…

metal-eyes: Si vous estimez qu’une idée est bonne, tout le monde travaille dessus.

JB: Exact. Ça a fonctionné depuis nos débuts et c’est une chose que nous ne changerons jamais.

metal-eyes: Parlons de quelques chansons : To hell with the rest débute en sonnant comme du ZZ Top des années 80. (JB rit et acquiesce). Quelle importance a ce groupe dans la vie de Hogjaw ?

JB: ZZ Top ? Une très grosse influence, je dirais. On cherche à choper ce truc qui les distinguait à la fin des 70’s, début 80’s. Cette chanson de Hogjaw débute avec ce type de riff et c’était incontestablement volontaire ! On adore simplement le groove qui en ressort. Il y a peu de groupes qui osent jouer de vrais riffs à la guitare, aujourd’hui. Il y en a, mais pas autant que dans les années 80.

Elvis: Et c’était une décision consciente et commune de chercher des tonalités passées, des 80’s, fin 70’s.

metal-eyes: Et comment avez-vous atteint ce son ? En enregistrant sur du vieux matériel analogique ou plutôt moderne ?

JB: La technologie est moderne, mais nous avons utilisé de vieux amplis et une approche de l’enregistrement « à l’ancienne ».

Elvis: oins de gains, ce qui permet à plus de sons de passer…

JB: ET pas de post production. On cherche à trouver la bonne tonalité, et quand on la trouve, on fonce. Pas d’égalisation à mort, on appuie sur le bouton et ça roule !

Elvis: Les guitares ressortent vraiment bien sur le CD.

metal-eyes: C’est quoi, le North Carolina way ? Je suis originaire de cet Etat, alors, expliquez moi !

JB: C’est une longue histoire que je vais raccourcir : cette chanson parle d’un de nos bons amis qui vit en Caroline du Nord. Il s’appelle, on l’appelle, Uncle Buck, de son vrai nom Scott Howard. Aux débuts du groupe, en 2009/2010, on a organisé une tournée, nous-mêmes. Il nous a dit « allez, venez jouer ici, je vais m’occuper de vous ! » On ne connaissait pas le gars, on ne l’avait jamais rencontré et il nous a traités comme si on faisait partie de la famille. Depuis cette toute première rencontre, il nous traite comme sa famille. On retourne chez lui pour jouer…

metal-eyes: Elvis: Tous les ans, ou une année sur deux, il nous fait venir en Caroline du Nord poru jouer. Et entre ces moments, c’est lui qui vient en Arizona pour nous rendre visite. On a passé des vacances ensemble, on a assisté à des concerts ensemble, on l’a emmené avec nous en tournée en 2015 pendant un mois… Il partageait notre van…

JB: En gros, c’est tout le respect qu’on doit à cet homme, tant il a fait pour nous. C’est une ode à la vie, au rock’n’roll way of life, la vie simple près d’un lac, comme la sienne…

Elvis: Un lac qui s’appelle High rock lake.

JB: Tout ça a été inspiré par sa vie, son mode de vie. Qui est exactement notre façon de vivre en Arizona. Trouver quelqu’un comme ça, dans le monde de la musique, c’est assez spécial.

metal-eyes: Et ça correspond à ce que vous mettez en avant sur votre site, cet esprit familial, une bande de pote qui font les choses comme on les fait en famille.

JB: C’est comme ça que ça devrait toujours être.

metal-eyes: Dark horse est un titre plus lent, Presque doom…

JB (il rit): En effet, oui! Il y a ce feeling… Tu le décrivais bien, tout à l’heure, Elvis…

Elvis: On ne fait pas que jouer du rock sudiste, c’est une ligne directrice, ok. Quelqu’un nous demandais quel genre de groupe nous sommes. Eh bien, nous ne sommes pas un groupe de rap, ni de stoner, nous sommes un groupe de rock sudiste. Seulement, nous jouons différentes choses : du heavy rock, du rock, de la country, du country rock… Et parfois notre côté metal ressort, comme c’est el cas sur Dark horse. C’est une chanson qui a ce feeling qui me fait penser à un vieux morceau d’AC/DC : tempo plus lent, thème plus sombre…

metal-eyes: AC/DC qui aurait rencontré Black Sabbath…

JB: oui, Black Sabbath, bien sûr!

Elvis: On l’a laissé s’exprimer sur ce titre, et JB a ensuite écrit les paroles, qui sont sombres et collent à la musique. Dès le départ, on savait que ce titre devait se retrouver sur l’album, parce qu’il est vraiment différent. Certains de nos fans vont adorer ce morceaux, d’autres risquent de le zapper quand ce sera son tour… Mais je crois qu’un bon nombre de nos fans vont l’adore, parce que, comme nous, ils aiment aussi des choses plus heavy. Et on le met sur notre album si on le souhaite !

metal-eyes: On vit toujours dans des pays libres !

JB: Oh oui, on vit dans des pays libres, et la musique devrait aller partout.

metal-eyes: Redemption est, par son titre, très biblique et la religion a une place très importante dans le sud des USA. Quelle est la place de la religion dans votre musique ?

JB: Je ne dirais pas que la religion a une part importante. Nous sommes spirituels, mais pas vraiment religieux, pas dans un sens organisé, en tout cas.

Elvis: Cette chanson parle plus de la rédemption individuelle de chacun.

JB: Elle parle de ce que nous cherchons tous, individuellement. C’est comme… comment dire ? Comment je pourrais me repentir, de quoi ? Et comment le ferait Elvis, ou toi. Nous l’avons plus abordé comme une expérience, voir ce que nous pouvions en faire

Elvis: Avec 3 chanteurs dans la même chanson…

JB: Oui, et les paroles qui traitent de rédemption, de ce que ça signifie pour nous. Elle n’est pas censée avoir de connotation religieuse. Mais nous ne sommes pas du tout un groupe religieux. Spirituel, oui, pas religieux. Nous avons tous des passés différents, j’étais catholique, baptiste comme mon père, j’ai grandi avec, et j’ai choisi en grandissant de ne pas suivre ces préceptes. Je crois en ce en quoi je crois, et c’est tout. Aucun de nous ne veut imposer quoi que ce soit aux autres. Ça te concerne, c’est personnel.

metal-eyes: Un autre sujet : Brown water traite du whisky.

JB: Absolument !

metal-eyes: Et tu en bois en ce moment. Je ne connais pas de whisky d’Arizona, alors êtes-vous plus Jack du Tennessee, Jim du Kentucky ou un autre ?

JB: Je préfère jack du Tennessee. Je suis né en Caroline du Nord, mais j’ai vécu pas mal de temps dans le Tennessee. Nous sommes des rats de l’air force, nos parents en faisaient partie et j’ai pas mal bougé. Le whisky nous a suivis… On a plusieurs chansons à ce sujet, plutôt le côté festif.

Elvis: Dans le rock sudiste, le whisky est une constante… regarde combine de chanson lui a consacré Lynyrd Skynyrd!

JB: Quelle que soit la manière d’en parler, ça me va! Attention, je ne prône pas la consommation d’alcool, simplement le fun.

Elvis: On l’appelait « eau de vie » avant ! Et c’est exactement ce que c’est, la vie.

metal-eyes: Vous parlez beaucoup de vie, de plusieurs manières. Talk about fishing, qui clôt l’album, est une pure chanson country.

Elvis: Chaque album a une chanson qui n’a que pour but de s’amuser.

JB: On s’enregistre, et on l’offre en bonus, sit u veux.

Elvis: En général, on les enregistre en dehors du studio.

metal-eyes: il y a une raison à ça?

Elvis: oui, parce que nous l’avions fait sur le premier album avec une chanson qui s’appelle Cheap whisky, que nous avions enregistrée après.

JB: Sur un vieux magnéto 4 pistes!

Elvis: Et on a continué de proposer, comme un projet en totale autonomie, sans producteur, rien que pour nous, le fun.

JB: Et cette chanson a été faite chez un ami, avec plein d’instruments. J’ai appris un peu de banjo pour l’occasion, c’est simplement fun.

metal-eyes: ça l’est, et ça dit en filigrane, « voilà, l’album se termine ». Quel a été, pour chacun de vous, le premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire » ?

JB: C’est une super question…

Elvis: Pour moi, c’était Kiss: j’étais gamin, et j’ai vu Kiss à la télé. Mes parents et mes grands-parents ont détesté. Je ne le savais pas à l’époque… C’était en 76, lors d’une émission spéciale halloween et ils ont joué God of thunder et Detroit rock city. J’ai dit « voilà, c’est ce que je veux faire, quoi qu’il arrive ». j’ai acheté les disques de Kiss, les figurines ; les lunch boxes… Tout. Ma sœur et mon oncle étaient musiciens, ils jouaient tout le temps de la musique et me donnaient des disques de Pink Floyd, Led Zepelin, les Doobie Brothers. J’écoutais tout, mais le premier qui m’a vraiment marqué, c’est Kiss. Je voulais faire ce que ces gars faisaient.

JB: Étrangement, moi ce serait plus Hank Jr. Étrangement parce que c’est de la country. Mais là où j’ai grandi, c’est ce que nous écoutions. Mon père était un grand fan et il y avait toujours de la musique. Quand tu es jeune, tu ne fais pas le tri, tu écoutes ce que tes parents écoutent. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à jouer de la guitare que je me suis plus intéressé à ce que faisaient les autres, dans les 80’s. Ensuite, il y a eu AC/DC, et là, le choc… C’est devenu de plus en plus heavy, Iron Maiden et autres.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Hogjaw aujourd’hui ?

Elvis: La devise? Intéressant…

JB: On ne nous l’a pas encore posée, celle-là, c’est bien. Garde quelques armes secrètes, c’est bien !

Elvis: Ce n’est pas vraiment une devise, mais on dit souvent « get some ! » C’est le titre d’une de nos chansons qui dit « fonce, et fais les choses »

JB: Aujourd’hui… « Fais ce que tu veux ! » On a eu des devises en tournée, du style « ne le fais pas » ou « pourquoi le faire si ce n’est pas fun ». Le diable est dans les détails, alors positivons.

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un titre de Way down yonder pour décrire ce qu’est Hogjaw aujourd’hui, ce serait laquelle ? (ils réfléchissent tous deux quelques instants)

Elvis: Je choisirai Way down yonder

JB: Moi aussi, juste parce qu’il y a tout dedans.

Elvis: Oui, elle est puissante, il y a différents passages, elle raconte une histoire…

JB: On y a mis un peu tout ce qu’il y a sur ce disque, c’est pour ça qu’on l’a choisie comme titre, aussi.

metal-eyes: Comme je découvre le groupe : Hogjaw m’évoque le sort que voulait faire subir Mason à  Hannibal Lecter. Y a-t-il un lien ou le nom du groupe n’a rien à voir,

JB: Aucun rapport, mais c’est intéressant. Hogjaw est un vieux terme du sud qui a deux significations : un, c’est une façon de dire que quelqu’un mange trop, sans penser aux autres. Deux, c’est vivre avec excès : manger, boire, se marier, vivre, le tout avec excès.

metal-eyes: Une toute dernière chose : Quelle a été la meilleure question, la plus surprenante, que l’on vous ait posée aujourd’hui ?

JB: Aujourd’hui ? La devise, mon gars ! Pas forcément la meilleure mais la plus intéressante. Ça nous change et nous force à réfléchir un peu…

Elvis: Oui, je le rejoins…On va peut être adopter cette devise.

BLACK LABEL SOCIETY: Grimmest hits

Hard rock, USA (Spinefarm, 2018)

Ce n’est pas parce qu’apparaît le mot « hits » que Grimmest hits, nouvel album du Black Label Society de Zakk Wylde est un best of… Non,non, non… Rien à voir! Il s’agit bel et bien du successeur de Catacombs of the black Vatican paru en 2014. Et là encore, les amateurs de BLS seront simplement comblés, sans pour autant, reconnaissons-le, être surpris. Car les 12 morceaux de ce disque sont le reflet de ce que Zakk fait de mieux: de jolies et puissantes mélodies, de gros riffs de guitares et la ballade qui va bien. C’est carré, chanté avec cette voix profonde et grave qui est typique au guitariste. Grimmest hits se révèle rapidement être un de ces albums profondément honnêtes qu’on a beaucoup de plaisir à écouter, même si on ne retient pas tout spontanément. Pas de révolution, mais un vrai bon moment que nous offre, une nouvelle fois, Black Label Society – qui sera de passage au Bataclan de Paris le 8 mars, et au Bikini de Toulouse le lendemain, 9 mars. Rendez-vous est pris avec l’un des plus sympathique guitaristes bourru comme un ours de sa génération.

SUPERSONIC BLUES MACHINE: Californisoul

Hard blues, USA (Provogue, 2017)

Paru en octobre 2017, Californisoul, le second album des Americains de Supersonic Blues Machine, tourne encore sur ma platine. Clairement inspiré par les grands noms du blues et du rock sudiste, la formation n’hésite cependant jamais à explorer d’autres univers musicaux comme le funk et plus encore la soul. Ce que l’on n’hésitait jamais à faire dans les 70’s, époque où les étiquettes commençaient à apparaître mais avaient moins d’importance. Car, ici, ce qui compte, c’est le groove et le feeling. Californisoul, s’il évoque souvent les Blues Brothers, entraîne l’auditeur de bout en bout. Supesonic Blues Machine se permet même le luxe, sur ce seulement second album, d’avoir non pas un invité de marque mais 5! Si la participation de Steve Lukather, Billy Gibbons, Walter Trout, Robben Ford ou Eric Gales n’est pas un gage de qualité… Les guitares qui craquent, une rythmique simple et directe, une voix enivrante, cet album, plus que séduisant et chaleureux, est une réussite dont on ne se (je ne me) lasse pas.

NOTHING MORE: The stories we tell ourselves

Metal, USA (Better Noise, 2017)

Les Texans de Nothing More reviennent en force et particulièrement énervés. Seul membre d’origine avec le guitariste Mark Vollelunga, Jonny Hawkins a définitivement laisser les baguettes de côté – à quelques rares exceptions près – pour se consacrer au chant. Un chant à la fois fluide et puissant et résolument moderne puisqu’il évoque autant la heavy pop moderne et l’arrogance gentiment punk, alliée à un phrasé rap. Musicalement, c’est dans le même moule: moderne, entrainant à l’esprit popisant autant que metalcore. Les 18 titres affichés sont en réalité une alternance de chansons et des textes/sons liant l’ensemble. Peut on toutefois parler de concept avec ce The stories we tell ourselves? Pas forcément, mais l’album saura toucher son public grâce à un sens du rythme efficace et une production n’effaçant personne. Si l’ensemble évoque par instants 5FDP, Nothing More s’en distingue aussi en travaillant son univers peut être plus accessible. Plus varié, sans doute, moins direct, certains passages peuvent parfois lasser quelque peu. Mais l’ensemble est taillé pour un public jeune et avide de décibels. Alors, de quoi se plaindre? Pas vraiment!

10 YEARS: (how to live) as ghosts

Rock, USA (Mascot, 2017)

Les amateurs du groupe le savent depuis longtemps: 10 Years propose ce style de rock passe partout qui fait aisément mouche. Souvent affiliés à la scène post grunge, 10 Years s’en distingue pourtant grâce à des mélodies qui puisent autant dans le rock que dans la new wave. (How to live) as ghosts évoque souvent l’univers si particulier de Tears For Fears, en version légèrement plus énervée. Au regard du titre de l’album, il n’est guère surprenant de constater que les chansons traitent, à différents niveaux, d’autres formes de vie – ou de non vie: l’au-delà, la mort, les vampires, le tout sur des mélodies joyeuses et entrainantes. Parfaitement produit, ce disque nous éloigne du blues auquel nous a habitués ces derniers temps le label Mascot. Profondément rock, tout en restant cependant pop, cet album chantant, lumineux, aérien et pesant à la fois, s’avère rapidement très efficace, voire contagieux.

MY TICKET HOME: Unreal

Metal, USA (Spinefarm, 2017)

Formé en 2008 dans la tristement célèbre ville de Columbus, dans l’Ohio, My Ticket Home propose un metal alternant entre heavy et neo. Se rapprochant parfois du metalcore, surtout dans les lignes de chant, Unreal, s’il est dans l’ensemble carré et réfléchi, ne parvient que rarement à se démarquer du reste de cette scène qui commence à se répéter. Les guitares sont, à mon goût, sous mixées, pas assez mises en avant pour être vraiment percutantes, et le chant, alternant entre agressivité et clarté, manque de ce quelque chose qui ferait la différence, alorsque les mélodies présentent de nombreux atouts, dont une réelle capacité à faire se bouger les corps. Seulement, l’impression de déjà entendu, de tourner en rond, de répétition du genre s’impose rapidement. Un essai sympa, mais qu’il faudra distinguer de tout ce qui peut se faire dans le genre.

GALACTIC COWBOYS: Long way to the moon

Heavy metal, USA (Mascot, 2017)

Ils reviennent de loin, ceux-là, dis donc! 17 ans après avoir disparus des écrans radar, après une carrière prometteuse musicalement mais trop tôt avortée, les Américains de Galactic Cowboys réapparaissent comme par magie. Et, hasard ou volonté, c’est le 17 novembre 2017 qu’ils ont décidé de lâcher leur nouveau bébé. Ça en fait des 17, non? Serait-ce leur triple 6 à eux? Si AC/DC chantait « it’s a long way to the top », Galactic Cowboys vise la lune. Pourquoi pas après tout? Sauf que, aussi sympathique que puissent être les 13 morceaux de ce Long way to the moon, une étrange sensation s’impose rapidement: le quatuor est resté scotché au son des années 90. Et, forcément, ce n’est plus d’actualité, malgré la bonne volonté affichée des compositions. L’ensemble fait daté et prête quelque peu à sourire. Bien sûr, nos cowboys ne cherchent pas à réinventer la machine à courber les bananes et se fait avant tout simplement, et principalement, plaisir. Tant mieux, surtout si cela nous permet de les retrouver live. Amusez-vous, c’est fun, sans prétention, même si c’est daté.