NIGHT DEMON : Darkness remains – expanded edition

Heavy metal, USA (SPV, 2018)

Face au succès rencontré par l’édition originale de Darkness remains, et plutôt que de proposer une nouvelle réédition sans rien, les Américains de Night Demon, sous l’influence de leur label, ont choisi de profiter de leur tournée en ouverture d’Accept de proposer une édition « expanded » de leur second album. Rappel, pour ceux qui ne connaissent pas le groupe: Night Demon est un trio californien qui excelle dans un Heavy metal totalement inspiré de la NWOBHM et de la dernière vague anglaise des années 70. L’album en entier, chant inclus, puise dans ces influences légendaires que sont Judas Priest, Iron Maiden (avec un titre comme Maiden hell, dire le contraire serait osé…) Def Leppard ou encore, par ses aspects bluesy, Thin Lizzy. Au delà du format power trio qui évoque Motörheéad, on pense aussi à la folie de Raven avec qui Night Demon a fait sa première tournée. Rien à dire de ce côté, donc, car si c’est musicalement daté, c’est volontaire et assumé. On se penchera donc sur le second CD qui propose les mêmes titres en versions brutes, ce qui en soit n’apporte pas grand chose, mais qui propose surtout un commentaire audio chanson par chanson. Alors si vous voulez tout connaitre des méandres de cet album remarqué, vous savez ce qu’il vous reste à faire! Metal rules!

MAGNUM: Lost on the road to eternity

Hard rock, Royaume-Uni (SPV, 2017)

Si le titre de ce nouvel album de Magnum se veut prémonitoire, son contenu pourrait bien transformer ce rêve en réalité. De bout en bout, en effet, ce Lost on the road to eternity, enthousiasme, entraine ou/et émerveille l’auditeur. Les mélodies sont simplement toutes d’une simplicité et d’une efficacité à nulle autre pareille, avec des airs immédiats, des mélodies et des refrains qu’on s’amuse à siffloter en choeur sans prendre le temps de se demander ce qu’il se passe. La légèreté de l’ensemble confirme tout le talent de ce groupe qui, tout en restant fidèle à ses origines, taille de véritables hits en puissance. C’est que depuis sa création en 1972, Magnum en a vu et vécu des choses… De Preachers and cream – très réaliste – à King of the wold – très optimiste et positif – chacune des 11 chansons de ce disque fait mouche. A une époque où la violence est à chaque coin de rue, Lost on the road to eternity choisit le chemin de la bienveillance, tant dans ses constructions musicales que dans ses propos. Une totale réussite qui s’adresse à tous les amateurs de belles mélodies.
A noter : SPV propose une version de l’album agrémentée d’un CD bonus contenant 4 titres live enregistrés en 2017. Certes, c’est court mais en attendant un nouveau live intégral, on s’en contentera!

ANVIL: Pounding the pavement

Heavy metal, Canada (SPV, 2018)

Si Anvil a connu, au cours des années 80, un joli début de gloire pour mieux sombrer dans un injuste oubli, il fait aujourd’hui, depuis le film qui lui a été consacré, partie des éternels challengers. Sans aucun doute le capricieux succès restant à la porte a-t-il inspiré le titre de ce nouvel album. Car Anvil ne lâche rien et continue de battre le pavé (Pounding the pavement, en anglais, et accessoirement le titre de son nouvel album) en rongeant son frein. L’envie est toujours présente, et cela s’entend dès Bitch in the box, un heavy carré et entraînant à la mélodie mémorisable. La voix de Lips est puissante et rugueuse et sied parfaitement. Anvil s’amuse par la suite avec les rythmes proposant ici du speed (Ego), de la lente oppression (Smash your face, pas totalement convainquant), un instrumental efficace (Pounding the pavement, qui m’évoque Accept), du rock n roll débridé à la Motörhead (Rock that shit, le bien nommé), du heavy pur jus, mais toujours teinté de mélodies variées et puissantes. Pounding the pavement est un album qui sent le plaisir de jouer, et parfaitement adapté pour les concerts. Espérons seulement qu’Anvil puisse, sans morceau immédiat, trouver un public plus large, ce qu’il mérite vraiment.

ACE FREHLEY: Anomaly deluxe

Hard rock, USA (SPV, 2017)

On attendait le volume 2 de Origins, l’album précédent du spaceman… Ace Frehley a préféré revenir avec un album de compositions originales, Anomaly. exception faite de Fox on the run (Sweet), Ace Frehley est à l’origine des 11 autres titres, tous taillés dans ce hard rock 70’s qui fit sa réputation. Mais les plus fans d’entre-vous le savent déjà: Anomaly est le 5ème album solo d’Ace et il est originellement paru en 2009. Cette réédition, même pas 10 ans après – on aurait pu envisager une édition anniversaire, mais non – qu’a-t-elle de particulier? Ben, rien, si ce n’est un packaging différent, et quelques titres bonus: Hard for me, Pain in the neck dans une version ralentie, The return of the spacebear. Alors rien d’extraordinaire, un album de rock bien fichu et chanté… comme Ace chante. Et l’on se plonge dans les crédits avec quelques surprises comme la présence de Brian Tichy qui, dpuis, a sévit au sein de Whitesnake et, surtout, The Dead Daisies. La réédition d’Anomaly, dans une version « deluxe » séduira donc principalement les fans du spaceman mais est une belle occasion pour les autres de découvrir ce disque qui, lors de sa sortie, était grimpé à la 20ème place du Billboard. Non sans raisons.

TRAVELIN JACK: Commencing coutdown

Hard rock, Allemagne (SPV, 2017)

Punaise, c’est pas possib’ comment qu’il porte bien son nom, ce groupe! Certains parleraient de nostalgie, d’autres de passion, une chose est certaine, c’est que Travelin Jack nous entraîne des décennies en arrière. Vous vous rappelez cette série, Au cœur du temps, et sa spirale temporelle? C’est ce dernier élément qui manque pour voyager parce que sinon… Tout au long de ce Commencing coutdown (un pied de nez au décompte final de Europe?), second album des Allemands, le son des guitares, le chant, les riffs, les rythme, le look, tous est là pour séduire les amoureux du rock US et 60’s et hard rock US et british du début 70’s. Même les noms nous replongent dans ce glorieux passé: Alia Spaceface, dont le chant évoque à la fois la puissance et la fragilité d’une Janis Joplin, Flo The Fly, dont la guitare rappelle tout à la fois le jeu de Hendrix que celui de Uli Jon Roth ou Michael Schenker, la rythmique tenue par Steve Burner (basse) et Montgomery Shell (batterie) rappelle quant à elle l’envie des New York Dolls, la détermination de Thin Lizzy ou la fureur de The Who. Si l’époque du glam est évoquée par le look et certains airs à la T-Rex de Marc Bolan, l’ensemble rappelle aussi Slade ou David Bowie, autant que Scorpions (quelques références à Is there anybody there?volontairement placées), tout comme les influences précédemment mentionnées. Une belle réussite pour les amoureux du genre, ce Commencing countdown devrait voir Jumping… euh, Travellin Jack trouver aisément son public!

CREMATORY: Live insurrection

Heavy metal, Allemagne (SPV, 2017)

Crematory fait partie de ces nombreux groupes à la carrière dépassant le quart de siècle et dont je ne suis absolument pas familier. Ce n’est pas un mal en soi, remarquez, tant les formations pullulent autour de notre petite planète. Et, comme de nombreux autres, Crematory tient à laisser une trace de son passage. Quoi de mieux que son concert au Bang Your Head festival pour ça? Nous sommes le 14 juillet 2016, le groupe est à la maison et dispose d’une place honorable sur l’affiche. Comme beaucoup d’autres, Crematory perd de précieuses minutes avec une longue intro – qui sert de générique sur le DVD de ce Live insurrection. Puis, une fois sur scène, ça joue. Bien. Parfois très heavy, parfois trop indus, à d’autre moment – allez comprendre pourquoi il s’agit des chansons en allemand – très rammsteinien, Crematory affirme son identité musicale. Oui, mais… Si les musiciens sont à l’aise, certains ne font que leur job. Katryn, derrière ses claviers, ne décroche pas un sourire, ne va pas haranguer le public, par exemple, contrairement à Jason (basse) qui occupe toute la scène. Le concert est bien mis en son et en lumière, mais je ne parviens pas à accrocher à ce mélange de guitares heavy (ça, j’aime!) de chant guttural (mouais… je préfère le partage vocal avec le chant clair de Tosse), le tout recouvert d’un nappage de claviers trop présents. Peu d’excitation, et ce sentiment me parait partagé par le public assez statique. Maintenant, les amateurs du groupe seront sans aucun doute possible ravis de ce produit qui répond à toutes les attentes, c’est à dire un concert carré, bien filmé et à la lumière et au son au top. Notez que le DVD propose en plus du concert 5 vidéos bonus, ce qui ne saurait que ravir les fans.

APPICE: Sinister

Hard rock, USA (SPV, 2017)

Carmine et Vinny. Deux frangins, deux batteurs, deux légendes des fûts qui ont mis, au fil des ans, leurs baguettes au service des plus grands, parmi lesquels se distinguent, naturellement, Black Sabbath ou Dio. Il n’est dès lors guère surprenant que les frères Appice se réunissent le temps d’un album afin de mettre en avant leur instrument (c’est vrai qu’à de rares exceptions – Herman Rarebell, Phil Rudd et quelques autres – les batteurs ne se lancent pas dans une aventure solo). Ce Sinister viserait à prouver qu’un batteur c’est plus malin que quelqu’un qui ne sait compter que jusqu’à 4 qu’on n’en serait guère étonné. Mais dès le morceau titre, quelque chose coince… La fratrie a fait appel à divers musiciens et chanteurs pour l’accompagner et c’est très bien. Mais voilà, le chant de Jim Crean me gêne. Et je me rends compte qu’un élément essentiel manque à l’appel: la cohésion, celle d’une unité qui donne la pêche. Ce sentiment ne me quitte plus, malgré l’impatience d’écouter ce Drum wars, duel fratricide en vue qui se fait démonstration sans grande saveur, et la surprise d’un Riot, air qui me rappelle quelque chose. Ben oui! Le premier album, superbe, du Blue Murder de John Sykes, paru en 1989 et produit de main de maître par Bob Rock avec Carmine à la batterie. Mais voilà, encore, que, malgré le chant de Robin McAuley (seul Paul Shortino tire son épingle du jeu vocal), le résultat manque de pêche. Au final, si les intentions sont bonnes et l’exécution correcte, le résultat ne tient pas ses promesses. Dommage…

ALPHA TIGER

Heavy metal, Allemagne (SPV, 2017)

Prenez un groupe prometteur et voyez le frontman prendre a poudre d’escampette. Vous paririez volontiers sur la disparition de la formation dans un avenir proche, n’est-ce pas? C’est ce que d’aucuns ont prédi une fin rapide pour Alpha Tiger après le départ de Stefan Dietrich suivant la publication d’Identity en 2015. Seulement, les Allemands ne se sont pas découragés et ont recruté Benjamin Jaino qui s’est emparé du micro. Le groupe a multiplié les concerts avant de reprendre le chemin des studios et de décider de repartir de zéro. C’est bien le message de cet album éponyme au logo disparu, non? Ni titre, ni visuel qui pourrait rappeler le passé. Les nombreux concerts ont permis à la formation de mieux se connaitre et de fonctionner comme il faut ensemble, d’avancer sur la même voie. Le résultat s’en ressent au travers de compos carrée et entraînantes. Le chant est puissant, les guitares rageuses et l’apport d’un orgue Hammond aurait pu se faire plus discret. C’est d’ailleurs la prod dans son ensemble qui pêche: le rendu final est sec, vieux, ni assez gourmand ni suffisamment attirant. Il y a 30 ans, passe encore, mais les moyens actuels permettent à n’importe quel amateur de faire mieux. Et ça, ça gâche presque tout. Dommage, car musicalement, Alpha Tiger sait pondre de petites pépites d’originalité et d’efficacité.

42 DECIBEL: Overloaded

Heavy rock, Argentine (Spv/Steamhammer, 2017)

42 Decibel, c’est qui?  Formé en 2010 et aujourd’hui composé de junior figueroa (chant, guitare), Billy Bob riley (guitare), Chris Marck Towers (basse) et nicko Cambiasso (batterie), 42 Decibelvient de Buenos Aires, en Argentine. Overloaded est son troisième album. Hard rock n roll, 2013 et Rolling in town, 2015 ont commencé à forger la réputation du quatuor.

Overloaded, ça donne quoi? Sale, biéreux, crade… Dès Whiskey joint, le morceau d’ouverture, le ton est donné. Punk, irrespectueux, rock’n’roll direct et sans fioriture. Energique à souhait, cet album varie les tempi, passant avec Dangerous mess à quelque chose de plus 70’s, . La gouaille du chanteur évoque le chant de Bon Scott, les guitares, celles d’Angus et Malcolm Young pré 80. Impossible, en effet, de ne pas faire le lien tant cette influence est évidente. En évoquant sa passion pour la première mouture du groupe Autralien, 42 Decibel se démarque d’Airbourne, plus moderne. C’est à la fois une force et son contraire tant c’est bien fait. Maintenant, les Argentins savent-ils se faire originaux au cours de cet album? Là n’est pas, semble-t-il leur propos. Est-ce ce qu’on demande aux clones cités plus haut? Non. C’est bien la seule faiblesse de ce disque irrévérencieux qui évoque aussi le punk anglais des années 70 et fait quelques clins d’oeil au Motörhead période Eddie Clark. En proposant un produit qui sonne à l’ancienne, avec des guitares qui craquent, une rythmique simple et directe, un rock sans prétention ni fioriture, 42 Decibel parvient à nous faire faire un bond dans le passé. Une jolie surprise, guère originale mais rafraîchissante.

Note : 7,5/10

THE DEAD DAISIES: Live & louder

USA, Hard rock (SPV, 2017)

The Dead Daisies, c’est qui? Oh, oh! Il y a peu, groupe à géométrie variable en fonction de la disponibilité de ses membres, The Dead Daisies semble désormais devenir un groupe stable. John Corabi, Marco Mendoza, Brian Tichy et David Lowy ayant accueilli au sein de leur formation Doug Aldrich et ayant largement tourné en 2016 publient aujourd’hui leur premier album live.

Live & louder, ça donne quoi? Un CD live et un DVD de témoignages, qui, ce dernier confirme le statut de « groupe de The Dead Daisies (cf les mots de David Lowy concernant l’intégration de Doug Aldrich). Le CD relate la tournée européenne – au moins deux titres ont été captés au Trabendo de Paris – et donne une bonne idée de ce que donne le groupe live, en club ou en salles plus grandes. The Dead Daisies ayant joué des reprises sur chacun de ses trois albums studio, on n’est pas surpris d’en retrouver ici. Seulement, ces dernières représentent plus d’un tiers du CD (6 morceaux sur 15, quand même) et l’on est surpris d’entendre un son identique tout du long, alors que plusieurs villes – et donc plusieurs conditions sonores – sont représentées. Le DVD est, quant à lui, divisé en 2 parties: la première permet à chacun des membres du groupe de répondre à quelques questions relatives à l’intégration de Doug Aldrich, la genèse de ce live, la nervosité avant de monter sur scène… Sympathique, mais rien d’extraordinaire. La seconde partie relate les différents concerts de cette tournée qui a permis à The Dead Daisies de se produire en club, en festivals, en ouverture de Kiss, et de jouer devant plus d’un million de personnes en 2016! C’est rapide, chaotique parfois, mais toutes les villes visitées semblent y passer. Notons également la présence de bonus: deux diaporamas bourrés de photos des lieux visités et avec les fans. Il y a de fortes chances, si vous avez été photographiés avec le groupe que vous vous y retrouviez! En somme, The Dead Daisies enfonce le clou avec un disque enjoué, un live efficace qui devrait ouvrir de nouvelles portes au quintette qu’on attend de revoir avec impatience au Hellfest!

Note: 8/10

Sortie: mai 2017