GODSMACK: When legends rise

Metal, USA (2018, Spinefarm)

Godsmack a toujours su trouver le juste équilibre pour proposer des albums à la fois puissants et enjoués, sans jamais perdre de vue son esprit joyeux et direct. Avec When legends rise, les Américains ne dérogent pas à la règle, franchissant même un pas supplémentaire qui pourrait – enfin – leur permettre de percer vraiment en France. Car le groupe y retse méconnu alors que, back home, il affiche une palette de hits incontournable et que chacun de ses disque rencontre un franc succès.Qu’est-ce qui, ici, peut les freiner? Les 11 morceaux font mouche, l’auditeur étant aisément entraîné dans le sillage de ces mélodies d’une remarquable efficacité. Direct et doté d’un son d’une lumineuse clarté, parfois, aussi, « radio friendly », tout est réussi. On se prend à chanter en chœur les Bulletproof, Take it to the edge ou Unforgettable, à taper du pied sur le morceau titre ou Say my name… Bien sûr, on n’est guère surpris par le track listing qui propose une ballade (Under your scars) en milieu d’album avant de repartir de plus belle. Godsmack nous propose du Godsmack flamboyant et gourmand, en pleine forme et When legends rise, semble loin de conclure une carrière déjà bien riche. Une ouverture vers la reconnaissance en France, peut-être?

THE IRON TROOPERS

Heavy metal, France (Autoproduction, 2018)

Les Orléanais les connaissent bien No Mad Musik, ceux qui animent diverses soirées, Tribute et autres concerts, dans la région. Et toi, lecteur, ne sera guère surpris de le lire: The Iron Troopers est un tribute band à la vierge de fer, Iron Maiden, donc, monté par une bande de potes passionnés. Le line up? Dans le rôle de Bruce Dickinson: Arno Walden. Steve Harris: Fred. Dave Murray et Adrian Smith : Chris Dannacker et Nono (non, pas celui-là…). Enfin Nicko Mc Brain is Thomas Lemaire. On ne s’étonnera pas, au vu du track-listing principalement axé sur les années 80 – une exception avec Speed of light – de l’absence de clone pour Jannick Gers. Les Troopers s’amusent avec ce disque à reprendre, live en studio, de grands classiques de Maiden: The trooper, The number of the beast, Waysted years, The evil that men do et Powerslave sont ainsi proposés dans des versions brutes. Les guitares craquent tout en respectant les partitions d’origine presqu’à la note près, et l’on se prend à headbanguer et taper du pied. Maintenant, sans se prétendre Dickinson, le chant d’Arno Walden est puissant mais parfois limite. Peut être veut-il trop en faire et perd en efficacité ce qu’il pourrait gagner avec plus de simplicité vocale. La saturation des guitares, aussi, me gêne. Même si les moyens techniques sont d’un autre niveau, ce côté direct manque quelque peu de finesse alors que les mélodies de guitares maideniennes sont essentielles au son du groupe. Ce disque, sympathique mais sans autre prétention, est  cependant celui d’un groupe qui se fait plaisir, et c’est bien là le principal! Pas facile d’être (l’un des – très – nombreux) Tribute bands d’une des plus grosses légendes du Metal que la Terre ait portée!

BLACK STONE CHERRY: Family tree

Hard rock, USA (Mascot, 2018) – sorti le 1er avril 2018

Cet album est une petite merveille de southern hard rock. Si Black Stone Cherry a brutalement disparu des écrans radar à l’aube de sa dernière tournée européenne pour soutenir Kentucky (en 2016), les frangins ont su surmonter leurs difficultés personnelles et se rappeler, l’an dernier, à notre bon souvenir avec un EP de reprises de blues. Histoire de dire « coucou, on est toujours là! » Rassurant, certes, et l’espoir de voir un nouvel album resurgi. Family tree est le résultat de ce repos – qui ne le fut pas tant que ça (cf. l’interview) – est aujourd’hui entre nos oreilles. Dès les premières mesures de Bad habit, on sait que BSC est en forme. Du heavy rock teinté de blues tel que les 4 savent si bien le faire. Instantanément, je tape du pied attendant la suite. Burnin’, véritable hit en puissance, sonne comme du ZZ Top période Eliminator. Voyez le topo? ça swingue, ça balance et ça groove comme jamais! Et ça continue avec le festif New kinda feeling et ce superbe mid tempo, véritable déclaration d’amour, qu’est My last breath. On remarque aussi, bien sûr, la chaleur vocale du guest Warrel Haynes sur  Dancin’ in the rain, le clin d’oeil groovy et funky au possible James Brown, hommage à qui vous savez (non, pas Lemmy, rooh…)… Bref, jusqu’au morceau titre qui vient clore ce nouvel album, cette nouvelle réussite, Black Stone Cherry nous embarque comme il sait si bien le faire dans un voyage rock n roll sans prétention et surtout bigrement bien fait. Imparable, tout simplement.

BETH HART: Front and center – live from New York City

Blues, USA (Provogue, 2018)

Le blues, tel que chanté et joué par Beth Hart -un cocktail de blues, de soul et de jazz – prend toute sa dimension sur scène. C’est là que sa voix envoutante et ses caresses instrumentales peuvent le mieux s’exprimer. Ce Front and center -Live from New York city parait 4 ans après son dernier témoignage public, Live in Amsterdam, enregistré avec son complice Joe Bonamassa. Entre temps, elle a enregistré  Better than home et Fire on the floor, deux albums entrés dans le top français et justement représentés ici. La plus « noire » des chanteuses « blanches » mets le feu sur chacune des 15 chansons de ce disque. De Let’s get together, introduction parfaite à l’union qu’elle souhaite avoir avec le public, à la ballade No place like home, conclusion parfaite d’un concert mené tambour battant avant de retrouver ses pénates, on ne se lasse pas des Jazz man, Delicious surprise, Isolation et autres Leave the lights on dont les moments d’improvisation rappellent les plus grands moments live des premiers blues men autant que les envolées délirantes deHendrix ou Led Zep . Un album à écouter sans modération.

 

 

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NOT SCIENTISTS: Golden staples

France, Rock (Kidnap music, 2018) – sortie mai 2018

Chacun des membres de Not Scientists, groupe formé à Lyon, a forgé ses armes dans différents groupes d’univers variés. Sons Of Buddah, No Guts No Glory, un parcours semé de punk et de rock et marqué par l’énergie brute et directe qui permet au groupe de donner naissance à un premier album en 2015, Destroy to rebuilt. Aujourd’hui, Not Scientists est de retour avec Golden staples, un nouvel album composé de 10 titres dépouillés, au son clair qui évoquent souvent plus la New Wave de The Cure ou de Tears For Fears dans une configuration énervée que les Buzzcocks auxquels fut comparé le premier album. On pense aussi à toute la vague rock indé des 90’s. Les guitares sont entraînantes, le son propre et le chant anglais clair, bien que parfois difficile à déchiffrer. L’envie, cependant est telle que l’on se prend au jeu de ce disque rafraîchissant et chaleureux. Alors bien sûr, on peut se demander quel rapport entre le titre – « agrafes dorées » – et cette pochette en noir et blanc représentant une paire de gants dont les mailles (métalliques et aimantées?) se défont… Mais le groupe le dit: ils ne sont pas scientifiuque, alors, pourquoi se faire des nœuds au cerveau? Ecoutez, simplement!

THE KRIS BARRAS BAND: The divine and the dirty

Hard blues, Royaume-Uni (Provogue, 2018)

Quelle claque que ce second album du plus américain des bluesmen anglais du moment (là, j’espère que vous m’avez suivi parce que la suite n’est pas aussi complexe, voire même, elle est plus directe et simple…)! OK, je reprends? A première vue, on pourrait jurer que Kris Barras a été élevé dans un des Etats du Sud des USA ou en plein milieu des bayous de Louisiane (oui, je sais, c’est un des Etats du Sud des USA, la Louisiane…) tant ce The divine and the dirty transpire le rock sudiste de tous ses pores. Rock sudiste et blues, permettez moi d’être plus précis, svp. Guitares joyeuses à la ZZ Top des 70’s, chœurs irréprochables, mélodies (et quelques intonations) dignes d’un Bon Jovi aussi, (qui nous entraînent donc plus au Nord, vers le New Jersey…) Oui, le gaillard vise haut, et, à la force des Kick me down, I don’t owe nobody nothing ou autres Lovers or losers, son pari est gagné haut la main. Reste à transformer l’essai. Car quelques intonations vocales qui font penser à Bon Jovi ne suffisent pas à classer le bonhomme ou son ouvrage. Son timbre chaleureux et embué, l’utilisation simples et bien placés de – classiques – effets de guitares, un sens du rythme et de la mélodie, des choristes aux voix d’or… Ce The divine and the dirty fait mouche à chaque titre. J’adore.
Mais ça… vous l’aviez compris.

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WITCHSORROW: Hexenhammer

Doom, Royaume-Uni (Candlelight/Spinefarm, 2017) – Sortie le 25 mai 2018

Bien que formé en 2005, Hexenhammer n’est que le quatrième album des Anglais de Witchsorrow, le désespoir des sorcières… De désespoir il est bel et bien question tout au long des 7 morceaux de ce nouvel album, aussi lourd qu’une enclume dépressive. Le propos musical est sombre et fait ressortir toute la noirceur de l’âme de ses compositeurs (Demons of the mind) qui, pourtant, ont pris le temps qu’il faut pour penser cet album. Si, quand on parle doom, on pense avant tout à Black Sabbath, c’est principalement Candlemass et Cathedral qui se démarquent ici. Dès Maleficius, le cadre est posé: malaise ambiant, envie de lumière, épaisseur et lourdeur du son… Hexenhammer fait partie de ces albums à déconseiller aux dépressifs mais que les « sains d’esprits » s’approprieront avec bonheur.  Mieux qu’une marche funèbre, un accompagnement vers la nuit éternelle qui suit le bûcher.

WINTERFYLLETH: The hallowing of heirdom

Pagan/Folk, Royaume-Uni (Candlelight, 2018) – sortie le 18 avril 2018

Quelle grosse surprise que ce nouvel album des Anglais de Winterfylleth! A priori, je n’aurai pas chroniqué ce groupe qui nous a jusqu’ici habitués à des album rugueux, black et hurlés comme je n’aime pas… Seulement, comme d’autres, Winterfylleth sait surprendre et se remettre en question et propose aujourd’hui avec The hallowing of heirdom un album acoustique de folk pagan. Une introspection et une visitation de la nature. Pile au moment où je me dis « sortez les guitares et allumez un feu de joie », Embers débute avec ses crépitement de bûches qui se consument. La douceur de l’ensemble, des chants de The sheperd qui évoquent l’heroic fantasy du Seigneur des anneaux à la douceur des guitares de Frithgeard, Elder mother, A gleeman’s volt, jusqu’aux ambiances variées et jamais oppressantes du morceau titre, presque fleuve avec ses plus de 7 minutes, tout ici est une invitation au voyage, à l’introspection et à la communion avec la nature. Winterfylleth ne nous propose ni headbang ni excitation mais nous invite à la contemplation béate et pacifique. Une réussite.

AYREON: Universe

Metal Prrgressif, Hollande (Mascot, 2018)

« Ayreon n’est pas un projet pour la scène, je n’ai jamais joué live avec Ayreon. Mais, pour la première fois, nous avons décidé de donner quelques concerts avec Ayreon, en septembre 2017″ m’informait Arjen Lucassen le 22 février 2017 en interview. Ce Universe – Best of Ayreon live – est donc le résultat attendu d’un projet scénique rarissime. Personne ne s’étonnera donc que les 3 shows néerlandais affichent complets rapidement. La salle O13 a une capacité de 3000 places, et se révèle de la taille qu’il faut pour le projet, même si Lucassen aurait pu, fort probablement, attirer 5000 spectateurs. Cependant, le maître du contrôle réussit un exploit à plus d’un titre: d’abord, réunir le casting le plus complet possible des chanteurs ayant, à un moment ou un autre, collaboré au projet Ayreon. Bien sûr, tous ne sont pas là, mais quel casting! Et quelle mise en scène! Tout est prévu, planifié, tant visuellement que d’un point de vue sonore. Les écrans sont un véritable complément à chaque chanson, l’ensemble de la prestation est agrémentée d’effets, pyrotechniques ou fumigènes, variés et le temps passe à une allure folle. On s’étonne cependant de l’absence plus que remarquable du maître de cérémonie. Arjen Lucassen n’intervient que très tardivement, sur les deux derniers morceaux (sur les 28 de ce concert fleuve de presque 2h30). Timidité? Ce serait surprenant au regard de sa présence scénique, où il semble dans son élément. Mettre en avant les autres musiciens et artistes? Certes, mais ce Ayreon reste l’oeuvre de sa vie, alors? Il n’empêche, ce Universe retrace un exceptionnel moment de l’histoire de ce groupe à part. Moment complété d’un DVD bonus qui s’attache à évoquer dans le détail la genèse de ces 3 concerts, la logistique, l’organisation et les répétitions. Les témoignages des chanteurs – unanimes pour proclamer avoir dit « oui » sans réfléchir – sont nombreux. Un vrai document, riche d’information et de scènes « envers du décors ».  Universe – Best of Ayreon live est un must qui se décline également en version audio double CD. Nul doute que ce moment rare marque un tournant dans l’histoire de Lucassen et, a fortiori, entre dans l’Histoire d’Ayreon.

DEADLINE: Nothing beside remains

Hard rock, France (Bad reputation, 2018)

Depuis sa formation en 2009, les Français de Deadline se sont donné les moyens de parvenir à leurs fins, en embauchant Beau Hill pour le premier album paru en 2012, en tournant en ouverture de Gotthard ou Quireboys, en évoquant ouvertement ses influences (classic hard and heavy rock). Bref, tout pourrait aller pour le mieux mais voilà: Deadline est Français… Et en France, on ne s’intéresse guère aux groupes français, à quelques rares exceptions près. En 2017, l’arrivée d’un nouveau guitariste redonne la pêche à la formation qui enregistre Nothing beside remains, son quatrième album, si l’on inclus le Acoustic session paru en 2015. Nouvelle pêche, nouvelle envie, cela se ressent dans cet opus qui transpire AC/DC, Guns, Scorpions et consorts. Du gros, du lourd qu’on retrouve tout au long des 12 morceaux, au cours desquels figurent de jolis et trépidants riffs. Les musiciens le savent, si la structure rythmique tient la route, on peut tout faire autour. Et là, ça marche plutôt bien: des rythmes solides, des riffs entraînants, des invités, un hommage aux victimes du 13 novembre 2015… Ça fonctionne « plutôt » bien, musicalement en tout cas, et pour commencer, la seconde moitié de l’album surprenant moins. Car le chant me gêne: j’ai l’impression que Arnaud ne réussit jamais à trouver sa propre identité vocale, ses influences « axliennes » prenant trop facilement le dessus,. Mais n’est pas Axl qui veut… De plus, le timbre aigu peut lasser sur la durée. C’est la grande faiblesse de cet album par ailleurs efficace et original, qui lorgne même par instant vers le psyché des 70’s. Dommage…